Comment prendre soin de ses reins (et savoir reconnaître les signaux d’alerte) ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Nicola Thomas, Professor of Kidney Care, London South Bank University


L’ESSENTIEL

  • Boire suffisamment, éviter de manger trop salé, pratiquer une activité physique ou encore surveiller son poids font partie des gestes qui permettent de limiter les risques d’atteintes rénales.

  • Les symptômes d’une atteinte rénale ne se manifestent que tardivement, quand les reins sont très abîmés : si l’on est à risque, il faut se faire dépister.

  • Certaines catégories de la population sont davantage touchées par les problèmes rénaux.


Des reins en bonne santé sont essentiels à notre bien-être. En effet, non seulement ces organes débarrassent l’organisme de ses déchets en les évacuant dans les urines, mais ils contribuent aussi à réguler la pression artérielle, à maintenir un taux correct de globules rouges et à préserver la santé des os. Pour les garder en bon état, quelques gestes simples sont à connaître.

Veillez à boire suffisamment chaque jour afin que vos reins soient correctement hydratés. Si boire de l’eau reste le meilleur moyen d’y parvenir, du thé ou des boissons aromatisées aux fruits peuvent aussi convenir. Efforcez-vous de boire au moins huit tasses ou verres de liquide par jour, soit environ 1,5 litre au total.

Pensez aussi à votre alimentation. Saler ses plats fait monter la pression artérielle. Or, une hypertension qui s’installe dans la durée peut endommager les reins. L’objectif doit être de consommer moins d’une cuillère à café de sel par jour.

S’il est facile d’estimer la quantité de sel que l’on ajoute directement dans son assiette ou en cuisinant, une bonne partie du sel que l’on consomme se cache en réalité dans les aliments eux-mêmes. Parmi les plus salés figurent bien évidemment les hamburgers, les saucisses, le bacon, le fromage, le poisson fumé et les chips. Les sauces et les plats préparés peuvent également être très salés, tout comme les « bouillons cubes ».

Le tabac est lui aussi néfaste pour les reins : il resserre les vaisseaux sanguins rénaux et fait, en outre, grimper la pression artérielle.

À l’inverse, l’activité physique leur est bénéfique. Nul besoin de fréquenter une salle de sport : l’essentiel est de faire quotidiennement accélérer votre rythme cardiaque, par exemple en marchant d’un bon pas ou en montant des escaliers.

Maintenir votre poids de forme aide également vos reins à rester en bonne santé. Un repère simple consiste à veiller à ce que votre tour de taille soit inférieur à la moitié de votre stature. Cette mesure est précieuse, car elle témoigne de la quantité de graisse qui s’accumule au niveau du ventre par rapport au reste du corps. Une simple longueur de ficelle suffit pour la vérifier : tendez-là de votre tête à vos pieds pieds, puis coupez-la en deux. Si vous ne parvenez pas à l’utiliser pour faire le tour de votre taille, c’est que vous présentez un excès de graisse abdominale.

Comment savoir que vos reins vont mal ?

Les troubles rénaux ne sont pas toujours faciles à déceler et, bien souvent, les premiers signes n’apparaissent qu’une fois les reins déjà sérieusement atteints.

La maladie rénale chronique évolue en cinq stades, du plus léger au plus grave. Ce n’est qu’à partir du stade 4 qu’une fatigue inhabituelle peut se faire sentir.

Certaines personnes peuvent souffrir de maux de tête ou s’apercevoir que leur vision se trouble, mais ces symptômes sont souvent dus à l’hypertension artérielle. Aux stades plus avancés, des nausées ou une perte d’appétit peuvent survenir.




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Il est difficile de repérer soi-même un problème rénal. Pour cette raison, il faut déterminer si vous avez des raisons de faire contrôler régulièrement vos reins, ce qui passe par la réalisation d’un bilan. Les personnes diabétiques, hypertendues, souffrant de problèmes cardiaques ou ayant des antécédents familiaux de maladie rénale devraient demander à leur médecin de leur prescrire un tel dépistage. Établi à partir d’une simple prise de sang et d’une analyse d’urine, celui-ci permettra de savoir si une surveillance régulière ou un traitement doit être mis en place.

Il faut aussi savoir que certaines populations sont plus exposées que d’autres à l’insuffisance rénale. Un rapport publié en 2023 par la UK Kidney Association (association britannique de néphrologie) montre que les personnes d’ascendance africaine ou appartenant à certaines minorités ethniques (notamment asiatiques) présentent des taux plus élevés d’insuffisance rénale et sont touchées plus jeunes. Si vous appartenez à l’un de ces groupes, il est d’autant plus important de savoir comment prendre soin de vos reins.




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Au Royaume-Uni, divers plans de prévention ont été mis en place afin de sensibiliser à cette problématique les personnes qui ne consultent pas régulièrement de médecin, afin qu’ils fassent contrôler leur tension ou leurs reins. L’une de ces initiatives a, par exemple, impliqué les barbiers, demandant à ceux qui participaient de proposer à leurs clients une mesure de leur tension artérielle, assortie de différents conseils (en France, la mesure initiale de la tension artérielle ainsi que son suivi devrait prochainement être mis en place dans les pharmacies, NdT). De notre côté, mes collègues et moi-même avons étudié la faisabilité d’analyses rénales réalisées à domicile à l’aide d’un smartphone.

The Conversation

Nicola Thomas a bénéficié d’un financement de la part du NHS England, de Kidney Care UK, de la Health Foundation, du Burdett Trust et de Kidney Research UK. Elle est membre de l’UK Kidney Association et de l’Association of Nephrology Nurses UK.

– ref. Comment prendre soin de ses reins (et savoir reconnaître les signaux d’alerte) ? – https://theconversation.com/comment-prendre-soin-de-ses-reins-et-savoir-reconnaitre-les-signaux-dalerte-294747