Faut-il couper les ponts avec certains amis ?

Source: The Conversation – in French – By Gio Dolcecore, Assistant Professor, Social Work, Mount Royal University

Face à un ami jugé « toxique », les réseaux sociaux proposent souvent une réponse simple : couper les ponts. Or, les amitiés difficiles ne se résument pas toujours à un choix entre tout endurer ou tout laisser tomber : certaines peuvent être réparées ou réajustées. Voici comment distinguer les relations à réparer, à réajuster ou à quitter.


Ces messages sont omniprésents sur les médias sociaux et s’inscrivent désormais dans une « culture de la rupture » plus large, qui encourage les gens à se détourner des relations qu’ils jugent épuisantes sur le plan émotionnel ou néfastes.

Établir des limites et reconnaître les schémas relationnels malsains peuvent constituer d’importantes formes d’autoprotection. Mais lorsqu’elle s’applique aux amitiés, cette approche peut réduire une relation complexe à deux choix : tolérer la situation ou y mettre fin.

Avant de décider quoi faire avec un « ami toxique », il vaut la peine de se poser une question plus fondamentale : qu’est-ce qu’une amitié, et qu’attendons-nous d’elle ?


25-35 ans : vos enjeux, est une série produite par La Conversation/The Conversation.

Chacun vit sa vingtaine et sa trentaine à sa façon. Certains économisent pour contracter un prêt hypothécaire quand d’autres se démènent pour payer leur loyer. Certains passent tout leur temps sur les applications de rencontres quand d’autres essaient de comprendre comment élever un enfant. Notre série sur les 25-35 ans aborde vos défis et enjeux de tous les jours.


Pourquoi l’amitié est importante

Les amitiés de qualité contribuent de manière significative à notre santé, notre bonheur et notre bien-être général.

C’est à travers nos relations avec les autres que nous apprenons à nous connaître. Comme les amitiés sont le fruit d’un choix, elles nous offrent l’occasion de rechercher des personnes qui nous poussent à nous dépasser, nous font découvrir de nouvelles expériences et nous soutiennent dans des situations difficiles.

Cela revêt une importance particulière à une époque où la solitude et l’isolement social sont devenus des enjeux majeurs de santé publique. Des recherches décrivent la solitude comme une expérience subjective qui peut survenir même lorsque nous sommes entourés d’autres personnes. Tant la quantité que la qualité des relations comptent.




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Une enquête a révélé que 21 % des adultes déclaraient éprouver un profond sentiment de solitude. Parmi ceux qui se sentaient seuls, 57 % ont indiqué qu’ils se sentaient incapables de se dévoiler tel qu’ils sont vraiment aux autres.

La solitude n’est pas seulement un problème individuel. Il existe des conditions politiques, sociales et environnementales plus larges qui peuvent rendre plus difficiles les liens significatifs et le sentiment d’appartenance.

Le fait d’être entouré de gens ne signifie pas nécessairement que l’on se sente en lien avec eux. Les relations d’amitié dans lesquelles on se sent compris, soutenu et libre d’être soi-même revêtent une importance cruciale.

Le contrat d’amitié

Nous ne sommes pas toujours d’accord sur ce qu’implique l’amitié. Contrairement aux relations amoureuses, les amitiés reposent sur un contrat social beaucoup plus souple.

Deux personnes peuvent se considérer comme des amis proches tout en ayant des idées très différentes sur ce que cela signifie. À quelle fréquence devrions-nous communiquer ? Dans quel délai faut-il répondre à un texto ? Quel genre de soutien pouvons-nous attendre ?

Le mot « ami » désigne de nombreux types de relations différentes. Certains amis sont ceux qu’on appelle en cas de crise. D’autres sont liés au travail, au sport ou à des passe-temps. Certains, qu’on voit rarement, n’en restent pas moins extrêmement importants, tandis que d’autres, qui occupaient autrefois une place centrale dans notre vie, assument progressivement un rôle différent.

Une femme est assise à une table, faisant défiler son téléphone en souriant, tandis qu’une autre femme fouille dans un réfrigérateur tout en lui parlant
Les amitiés prennent de nombreuses formes, allant des relations de toute une vie aux liens qui évoluent avec le temps.
(Unsplash)

Recherchez les tendances, pas les incidents isolés

Vivre une situation difficile avec un ami ne signifie pas nécessairement que cet ami est problématique. Une amitié toxique se caractérise par des tendances récurrentes qui nuisent au bien-être d’une personne. On peut citer, par exemple, les schémas de manipulation, les atteintes aux limites personnelles, le mépris ou les manœuvres visant à culpabiliser.

Il est important de se rappeler que les gens évoluent constamment et qu’un épisode isolé ne dit pas grand-chose de la capacité d’une personne à changer. L’une des distinctions les plus importantes est celle entre un incident isolé et un schéma récurrent.

Le fait qu’un ami annule un souper une fois n’est pas la même chose que le fait qu’il ne tienne constamment pas compte de votre temps. Le fait qu’un ami soit moins disponible pendant une période difficile n’est pas la même chose qu’une relation où le soutien est systématiquement à sens unique.




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Les conflits, les déceptions et les attentes non comblées font partie des relations. Le tort causé, c’est autre chose.

Les questions les plus utiles sont les suivantes : que se passe-t-il réellement dans cette amitié ? S’agit-il d’un conflit ponctuel ou d’un schéma récurrent ? Comment devrais-je réagir à ce schéma ?


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Réparer lorsque c’est possible

Lorsqu’une amitié devient difficile, trois possibilités s’offrent à nous : réparer, réajuster ou lâcher prise. Dans Big Friendship, Aminatou Sow et Ann Friedman remettent en question l’idée selon laquelle les amitiés profondes devraient se vivre sans effort.

Au contraire, elles soutiennent que les amitiés étroites exigent de l’attention et une capacité d’adaptation, car les gens et les circonstances changent. La perfection et la facilité sont des objectifs irréalistes pour l’amitié ; les malentendus et les conflits sont inévitables, et il est important de trouver la capacité de guérir.

La réparation prend tout son sens lorsqu’un problème est survenu, mais que les deux personnes accordent toujours de l’importance à la relation. Cela ne signifie pas faire comme si de rien n’était. Cela peut impliquer d’exprimer ce qui nous a blessés, d’écouter le point de vue de l’autre, d’assumer nos responsabilités le cas échéant et de trouver une voie à suivre.

Cela exige également de reconnaître que le malaise n’est pas toujours le signe d’un préjudice. Un ami qui formule une remarque franche peut faire preuve de bienveillance plutôt que de critique.




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Quand les amitiés doivent évoluer

Il arrive parfois qu’une amitié ait tout simplement changé. Le sociologue William Rawlins explique comment les amitiés peuvent rester actives, devenir dormantes ou conserver leur importance même lorsqu’elles ne font plus partie de notre quotidien.

Une amitié peut passer d’une catégorie à l’autre à mesure que nos vies évoluent, ce qui nous oblige à ajuster nos attentes. Se réajuster, c’est permettre à une amitié de prendre une nouvelle forme plutôt que de considérer le changement comme un échec.

Un ami proche peut devenir quelqu’un que l’on voit de temps à autre. Une amitié au travail peut s’estomper après qu’une personne a changé d’emploi. Une amitié d’enfance peut perdurer, mais avec des attentes différentes.

Parfois, la question n’est pas de savoir si quelqu’un doit rester dans nos vies, mais quelle place cette personne peut réellement y occuper. Mettre des mots sur ce qui change permet aux deux amis d’avoir leur mot à dire sur l’évolution de la relation.

Deux jeunes hommes assis sur un banc. L’un détourne le regard de l’autre
Des conversations franches peuvent aider les gens à décider si une amitié peut être réparée ou doit évoluer.
(Unsplash)

Quand il faut mettre fin à une amitié

Prendre l’amitié au sérieux ne signifie pas préserver toutes les relations. Des préjudices persistants, des violations répétées des limites ou un refus constant d’assumer ses responsabilités peuvent rendre la réparation d’une relation dangereuse.

Parfois, il est nécessaire de lâcher prise. La capacité de l’amitié à s’étirer et à s’adapter ne signifie pas qu’elle doive s’étirer indéfiniment.

Lâcher prise peut signifier mettre fin explicitement à une amitié ou prendre davantage de distance.

Mais même lorsqu’il est nécessaire de mettre fin à une amitié, cette perte peut tout de même faire mal. Les amitiés peuvent prendre fin de manière active, par exemple à la suite d’un conflit, ou se dissoudre plus passivement à mesure que les personnes s’éloignent progressivement l’une de l’autre.

Ces deux formes de perte peuvent susciter des émotions complexes, notamment des sentiments de solitude, de tristesse, de remords ou même de soulagement.

Une amitié mérite qu’on la pleure

Lorsque nous avons le choix quant à la manière dont une amitié prend fin, nos valeurs peuvent guider nos actions suivantes. Dans la mesure du possible, une conversation peut permettre aux gens de tourner la page plutôt que de laisser des ressentiments inexprimés : c’est l’occasion d’être entendu, de reconnaître ce que l’amitié a signifié et de dire au revoir.

Bien sûr, il n’est pas toujours possible ni sans risque de clore la relation ensemble. Dans ces cas-là, nous pouvons tout de même trouver des moyens de parler de ce deuil avec une personne de confiance ou un thérapeute.

Prendre l’amitié au sérieux, c’est aussi prendre sa perte au sérieux. On peut décider qu’une amitié ne peut plus durer tout en faisant le deuil de ce qu’elle a été, de ce qu’on espérait qu’elle devienne ou de la place que cette personne occupait autrefois dans notre vie.

Il ne faut pas fuir les sentiments difficiles et complexes. Il y a quelque chose d’admirable à aimer de tout son cœur malgré la possibilité d’un chagrin futur. Les amitiés méritent d’être aimées – parfois l’espace d’un instant, parfois toute une vie, et parfois quelque part entre les deux.

La Conversation Canada

Gio Dolcecore ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Faut-il couper les ponts avec certains amis ? – https://theconversation.com/faut-il-couper-les-ponts-avec-certains-amis-293272

Une hypothèse a longtemps exclu les femmes des études sur la santé. Et si elle était fausse ?

Source: The Conversation – in French – By Maureen MacDonald, Professor of Kinesiology and Provost and Vice President Academic, McMaster University

Nous faudra-t-il remettre en question une grande partie de ce que nous croyons savoir sur la santé et la condition physique des femmes ?

Après des décennies pendant lesquelles les femmes étaient totalement exclues d’un grand nombre d’études, ou leur participation à celles-ci était considérablement réduite, les chercheurs de plusieurs domaines scientifiques, dont le mien (la physiologie de l’exercice), devront répondre à cette question.

Ces pratiques ont longtemps orienté notre compréhension d’enjeux allant de la performance sportive aux bienfaits de l’exercice. Nous avons en effet supposé qu’il était acceptable de généraliser aux femmes les résultats d’études menées auprès d’hommes.

Il ne s’agit pas seulement d’anciennes études datant d’une époque où les femmes étaient systématiquement exclues de nombreux domaines, mais aussi d’études effectuées au cours des 20 dernières années, alors que beaucoup de gens croyaient que la recherche avait comblé son retard sur cet aspect.

Pourquoi les femmes ont-elles été écartées des études ?

L’exclusion des femmes des études est principalement due à l’incertitude quant à la manière de prendre en compte les fluctuations liées aux menstruations ou à la contraception hormonale.

Ne sachant pas comment ni dans quelle mesure ces facteurs pouvaient influer sur la fonction musculaire, par exemple, les chercheurs ont tout simplement inclus moins de femmes, voire aucune, dans leurs études, en se fondant sur des hypothèses erronées.

Cette situation rappelle l’époque plus lointaine où les femmes n’étaient pas autorisées à participer aux Jeux olympiques et où on les dissuadait de pratiquer des sports, sous prétexte que cela pouvait nuire à leur santé physique ou à leur fertilité.

Une étude récente a notamment permis de sortir de l’impasse dans mon domaine : elle a révélé que les cycles menstruels n’avaient généralement pas d’incidence significative sur le fonctionnement des vaisseaux sanguins et qu’il n’existait pas de différences notables au niveau musculaire ou en matière de performance entre les femmes qui utilisent une contraception hormonale et celles qui n’en utilisent pas.

Grâce à ces résultats, nous avons pu dépasser les conclusions d’une étude de 1995 qui avait abouti à la conclusion inverse et que les chercheurs de mon domaine citaient pour justifier l’exclusion des femmes, prétextant que les variables étaient trop complexes et impossibles à exploiter. Je faisais partie de ces chercheurs.

Remise en question

En 2018, la proposition d’évaluer la validité de ce raisonnement est venue d’étudiants, comme c’est souvent le cas pour les idées novatrices. Ninette Shenouda et Stacey Priest, toutes deux inscrites au cycle supérieur, ont voulu savoir sur quoi reposaient ces hypothèses. Nous avons alors décidé de les examiner de plus près.

Nous avons considéré toutes les variables étudiées dans le cadre de nos travaux, telles que la santé des vaisseaux sanguins et du cœur pendant l’exercice, et avons mesuré l’influence de la phase du cycle menstruel ou de la contraception orale sur celles-ci. Nous avons observé qu’il n’y avait pas de différences significatives selon le jour du cycle.

Des résultats similaires ont depuis été constatés dans plusieurs autres domaines de la physiologie de l’exercice, notamment en ce qui concerne le lien entre la phase du cycle menstruel et les réponses à la musculation.

Nous avions écarté les femmes sans raison, et personne n’avait pris la peine de vérifier si cela se justifiait. J’étais alors doyenne de la faculté des sciences de mon université, et il a fallu qu’une étudiante intervienne pour que nous remettions en question notre façon de faire. Cela m’a rappelé que la diversité des points de vue enrichit la science.

Cette nouvelle perspective nous confronte à une lacune importante dans nos connaissances, puisque nous ignorons dans quels domaines les hommes et les femmes se ressemblent et dans lesquels ils sont très différents.

Je pense à nos collègues en médecine et à ce qu’ils ont appris lorsqu’ils ont revu certaines hypothèses concernant la recherche sur les crises cardiaques. Pendant trop longtemps, nous ne savions pas que les symptômes et les résultats cliniques pouvaient varier considérablement entre les femmes et les hommes. Maintenant qu’ils en sont conscients, les médecins améliorent la façon dont on soigne les femmes… ainsi que les hommes.

Que nous reste-t-il à découvrir ?




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Combler les lacunes

Pour les chercheurs, c’est l’occasion d’approfondir leurs connaissances et de découvrir des informations susceptibles d’améliorer la vie de chacun d’entre nous.

Tout comme beaucoup de nos collègues d’autres établissements, nous travaillons aujourd’hui à combler d’énormes lacunes dans les données scientifiques et à élaborer de nouvelles données dont tout le monde pourra profiter.

Certaines de ces données révèlent des différences importantes entre les femmes et les hommes. D’autres concluent à l’absence de différences significatives dans certains domaines. Toutes ces connaissances sont essentielles.


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Maintenant que nous nous attaquons aux obstacles à l’inclusion des femmes dans les études de recherche, nous pouvons commencer à élargir notre champ d’action en comparant, par exemple, des femmes à toutes les étapes de leur vie.

J’encourage tous les chercheurs de différents domaines scientifiques à faire l’effort, eux aussi, de vérifier s’ils ne sont pas passés à côté de certains aspects importants.

La science a toujours évolué à mesure que de nouvelles données devenaient disponibles. Grâce à ces nouvelles informations, nous pouvons continuer nos recherches, et ce, dans l’intérêt de tous.

La Conversation Canada

Maureen MacDonald bénéficie d’un financement du Conseil des sciences naturelles et de l’ingénierie du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation canadienne pour l’innovation et de l’université McMaster.

– ref. Une hypothèse a longtemps exclu les femmes des études sur la santé. Et si elle était fausse ? – https://theconversation.com/une-hypothese-a-longtemps-exclu-les-femmes-des-etudes-sur-la-sante-et-si-elle-etait-fausse-292039

Cómo organizar una empresa familiar para facilitar su salida a los mercados de internacionales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lucía Garcés Galdeano, Profesora Titular de Universidad. Departamento de Gestión de empresas, Universidad Pública de Navarra

Cherdchai101/Shutterstock

En España, las empresas familiares son la columna vertebral de la economía: representan el 92 % del tejido empresarial, generan el 70 % del empleo privado y aportan el 57,8 % del valor añadido bruto del país. Tienen fortalezas que pocas organizaciones pueden igualar: visión a largo plazo, compromiso con el legado y una cultura de confianza que favorece la inversión sostenida en innovación.

Y, sin embargo, hay un dato que llama la atención: solo exporta el 10 % de las empresas familiares españolas, frente al 13 % de las no familiares. ¿Significa esto que innovan menos o que son menos competitivas que las de fuera? Hemos investigado al respecto y los resultados apuntan a una explicación distinta: el problema no es la capacidad de innovar sino cómo se organiza la familia dentro de la empresa.

Innovar no basta

La textos sobre internacionalización empresarial han asumido durante décadas que innovar es el principal empujón hacia el exterior: mejores productos o procesos generan ventajas que se pueden explotar en otros mercados. El modelo de Upsala describe el proceso como una secuencia progresiva de detección de oportunidades y compromiso de recursos fuera del país.

Pero hay un paso que se suele pasar por alto: en una empresa familiar, decidir comprometer esos recursos no es una cuestión puramente económica. Pesa también lo que los investigadores llaman la “riqueza socioemocional”: el control sobre el negocio, la identidad familiar, el legado y la reputación.

Lejos de ser un lastre, estos valores son parte de lo que hace especiales a estas empresas. La cuestión es cómo se canalizan.

No importa cuánta familia hay, sino dónde está

Analizamos cerca de 8 000 observaciones de más de 1 500 pymes familiares manufactureras españolas entre 1996 y 2020 para intentar contestar a la pregunta: ¿cómo la presencia de la familia en distintos niveles directivos modera la relación entre innovar y exportar?

El resultado es claro: la implicación familiar ayuda a internacionalizarse, pero el efecto depende de dónde se concentra esa implicación, no de cuánta haya. Cuando los familiares ocupan puestos operativos el efecto es muy positivo pues actúan como bisagra entre la visión estratégica y la operación diaria, y eso hace que la innovación se traduzca en más ventas internacionales. Su compromiso con el legado, su conocimiento del día a día del negocio y su implicación directa generan mayor confianza interna y una ejecución más sólida de las estrategias.

En cambio, cuando los familiares dominan el equipo directivo prevalece una lógica más protectora: preservar el control y la autonomía puede pesar más que arriesgarse a la incertidumbre de salir fuera. No es que la familia no quiera crecer: es que el instinto de proteger lo construido compite con el impulso de expandirse. Ese freno se vuelve estadísticamente significativo cuando los familiares superan el 67 % del equipo directivo.

La combinación que funciona

Nuestros resultados no sugieren que la familia deba alejarse de la dirección. Su implicación sigue siendo una ventaja real: las relaciones de confianza y los vínculos emocionales generan un capital social interno que facilita compartir conocimiento y reduce la incertidumbre ante los mercados exteriores. De hecho, cuando se combina con capacidad innovadora, la implicación familiar refuerza la internacionalización.

El problema no es la familia en sí, sino dónde se concentra dentro de la estructura de gobierno de la empresa. Lo que proponemos es una estructura de gobernanza que combine dos piezas:

  1. Un equipo directivo con presencia de profesionales externos, que aporten conocimiento de los mercados internacionales y experiencia en la gestión de la incertidumbre global.

  2. Una presencia familiar fuerte en los puestos operativos para que la cultura organizacional y el compromiso se transformen en ejecución de calidad.

Esta combinación no diluye el carácter familiar de la empresa: lo refuerza. Si los directivos externos aportan perspectiva, los familiares aportan, en el día a día, cohesión y compromiso a largo plazo.

Juntos consiguen que la innovación se convierta en crecimiento internacional sostenido.

Diseño organizacional y políticas públicas

Las administraciones públicas ofrecen programas de apoyo a la internacionalización, que suelen centrarse en proporcionar financiación o información sobre los mercados exteriores. Pero si el freno real para salir a los mercados exteriores está en cómo se organiza el gobierno de la empresa, llega un punto en que esas medidas ya no avanzan.

De ahí la necesidad de que existan programas de mentoring para aquellos miembros de la familia que quieren asumir roles operativos de peso, incentivos para atraer talento directivo externo, o talleres de gobernanza familiar pensados específicamente para la internacionalización.

Mirada a largo plazo y paciencia

Las empresas familiares tienen algo que pocas organizaciones logran replicar: un compromiso genuino con el proyecto, una mirada que va más allá del corto plazo y una cohesión interna que es, en sí misma, una ventaja competitiva. Son justo los ingredientes que exige la internacionalización: paciencia, tolerancia a la incertidumbre y capacidad de ejecución sostenida.

El reto, entonces, no es cambiar la naturaleza de la empresa familiar, sino organizar mejor su talento. Cuando la familia ocupa el lugar adecuado dentro de la estructura, la salida hacia los mercados internacionales fluye de manera natural. Y eso, en el fondo, es lo que distingue a las empresas familiares que mejor compiten en los mercados.

The Conversation

Lucía Garcés Galdeano recibe fondos de proyecto de investigación TED2021-132446B-I00 (MICIN/AEI/10.13039/501100011033) y de la Unión Europea NextGenerationEU/PRTR y del proyecto de investigación PID2020-115018RB-C31 (AEI/FEDER, UE) financiado por el Ministerio de ciencia, Innovación y Universidad y FEDER.

Alfonso Hernández Vivanco recibe fondos del proyecto de investigación PID2022-141597NA-I00 (MICIU/AEI /10.13039/501100011033) financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades de España.

Claudio Cruz Cázares recibe fondos del proyecto de investigación PID2022-141597NA-I00 (MICIU/AEI /10.13039/501100011033) financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades de España.

Diana-Andreea Filipescu no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cómo organizar una empresa familiar para facilitar su salida a los mercados de internacionales – https://theconversation.com/como-organizar-una-empresa-familiar-para-facilitar-su-salida-a-los-mercados-de-internacionales-286976

No todo lo que es posible es deseable: lo que la filosofía aporta a la ingeniería

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Beatriz Rayón Viña, Investigadora Postdoctoral Severo Ochoa en el departamento de Filosofía, Universidad de Oviedo

Andrey_Popov/Shutterstock

Imaginemos el siguiente problema: estamos intentando enviar basura al espacio para evitar que siga acumulándose en la Tierra, pero todavía no somos capaces de hacerlo de manera eficiente. ¿Cómo podríamos solucionarlo?

Cuando planteé esta pregunta a mi alumnado de grado en Ingeniería, durante la asignatura de Ecodiseño, una de las soluciones propuestas fue construir ascensores que pudieran propulsar los residuos fuera de la Tierra. Desde una lógica estrictamente técnica, la respuesta tenía sentido: habían identificado un problema y diseñado una posible solución.

Pero entonces les dije que quizá el problema no era cómo enviar mejor la basura al espacio. Quizá el problema era que generábamos tanta basura que habíamos llegado a considerar razonable expulsarla del planeta.

El ejercicio, claramente, tenía “trampa”. No pretendía comprobar si podían imaginar mejores tecnologías, sino si podían cuestionar el problema que se les había entregado. Y lo planteé porque estaban cursando el módulo de ética ecológica de la asignatura.

Los límites del diseño

Cuando hablamos de los límites de la tecnología, desde la ingeniería se piensa en aquellas cosas que aún no somos capaces de construir, de desarrollar, de optimizar. Sin embargo, desde la perspectiva de la filosofía, cuando hablamos de los límites de la tecnología nos referimos a aquellas cosas que, aunque se puedan hacer, quizás no se deben hacer.

Una parte importante de la formación técnica enseña a optimizar soluciones dentro de unas condiciones dadas. La filosofía introduce otra posibilidad: detenerse, antes de resolver el problema, a analizar si debemos abordar el problema de raíz. Porque podemos ser extraordinariamente buenos resolviendo un problema y, aun así, estar resolviendo el problema equivocado.




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Lo que la filosofía aporta a la ingeniería

Esto resulta especialmente relevante en un momento de la historia en el que la innovación tecnológica avanza a gran velocidad. Ante la inteligencia artificial, la movilidad eléctrica, los coches autónomos o la transición energética, buena parte de la conversación pública gira en torno a cómo conseguir tecnologías más eficientes, más rápidas o más potentes, pero no siempre nos paramos a pensar si estamos resolviendo, o quizás alimentando más el problema.

La formación técnica necesita también de la filosofía porque esta aporta, al menos, tres habilidades especialmente valiosas para quienes diseñan y desarrollan tecnología.

Una mirada crítica al problema

La primera es aprender a cuestionar el problema antes de intentar resolverlo. En ingeniería, muchas tareas llegan ya formuladas para buscar eficiencia, velocidad o rendimiento. La filosofía nos enseña, no obstante, que estos planteamientos no son neutrales: conviene preguntarse quién ha definido el problema, qué objetivos se han dado por supuestos, qué alternativas han quedado fuera y quiénes se verán afectados por la solución.

Pensemos, por ejemplo, en la inteligencia artificial: podemos preguntarnos cómo construir modelos más rápidos, precisos o potentes. Pero también podemos detenernos un instante y pensar: ¿qué decisiones queremos realmente automatizar? ¿Y a quién afecta? [¿Qué recursos necesita?] ¿Qué usos queremos priorizar y de cuáles podríamos prescindir?

Mirar más allá de la eficacia

La segunda enseñanza es aprender a mirar más allá de la eficacia. Una solución puede funcionar perfectamente y, al mismo tiempo, vulnerar derechos o desplazar sus costes hacia personas, comunidades o ecosistemas que apenas aparecen en el proceso de diseño. Las teorías éticas permiten introducir preguntas que una especificación técnica no siempre recoge: ¿quién se beneficia? ¿Quién asume los riesgos? ¿Qué daños estamos dispuestos a aceptar? ¿Hay límites que no debemos cruzar?

En las clases de ecodiseño trabajamos con la idea de que un diseño no debe evaluarse solo por lo que consigue, sino también por cómo distribuye sus efectos. Aprenden que toda decisión tiene una consecuencia más allá de lo técnico, y que la tecnología no es ajena al mundo en el que se implanta, sino que es una parte importante de ella porque transforma el mundo social, político y ambiental del que forma parte.




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¿Quién asume los costes de un diseño?

La tercera enseñanza es aprender a cambiar de perspectiva. Quien diseña o utiliza una tecnología ocupa a veces una posición muy distinta de quien asumirá sus costes, sobre todo, ambientales. Lo estamos viendo, por ejemplo, en la implantación de centros de datos.

Cambiar de perspectiva significa preguntarse qué ocurre si dejamos de mirar únicamente desde el lugar de quien disfruta del servicio y nos situamos también en el de quienes viven en los territorios donde se instalan esas infraestructuras, de quienes proporcionan la energía o los materiales necesarios para mantenerlas, o de quienes asumirán sus consecuencias ambientales a largo plazo.

La pregunta deja entonces de ser únicamente cuánto puede hacer una tecnología y pasa a ser también cómo se distribuyen sus beneficios y sus costes.

Un diálogo imprescindible y constante

Nada de esto significa, no obstante, que la filosofía deba situarse por encima de la ingeniería. La primera también necesita de la segunda para imaginar futuros posibles. Los grandes desafíos contemporáneos difícilmente pueden abordarse desde una sola disciplina.

Necesitamos profesionales de la ingeniería que sean capaces de preguntarse qué merece la pena construir, y filósofos capaces de dialogar con quienes pueden convertir otras formas de imaginar el mundo en soluciones reales. El encuentro entre ambas disciplinas es imprescindible si queremos no solo imaginar sociedades más justas, sino también construirlas.

The Conversation

Beatriz Rayón Viña no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. No todo lo que es posible es deseable: lo que la filosofía aporta a la ingeniería – https://theconversation.com/no-todo-lo-que-es-posible-es-deseable-lo-que-la-filosofia-aporta-a-la-ingenieria-291892

¿Qué significa que Woody Allen vaya a rodar su nueva película en Madrid?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marta de Miguel Zamora, Profesora e investigadora en Comunicación Audiovisual y Publicidad, Facultad de Ciencias de la Información, Universidad Complutense de Madrid

Woody Allen, en la presentación de su nuevo proyecto que rueda en Madrid durante el otoño de 2026. Wanda Visión

Octubre de 2026. Comienza el rodaje de la nueva película de Woody Allen en un territorio que todavía no ha conquistado: Madrid. Es la única capital de los cuatro países europeos en los que ha rodado –Reino Unido, Francia, Italia y España– que no sale en sus filmes. Quizá no había encontrado el director en Madrid un aliciente narrativo, identitario o estético, aunque lo más probable es que no tuviera dinero para ello.

La búsqueda de financiación ha sido uno de los grandes lastres de la trayectoria de Woody Allen, que ha empeorado tras la resurrección de la denuncia que su hija adoptiva hizo, a principios de los 90, acusándole de haber abusado sexualmente de ella. Aunque la investigación no logró encontrar pruebas concluyentes de ello –y él rodó múltiples películas tras el caso– la aparición del #MeToo y nuevas declaraciones de sus hijos complicaron su carrera.

Él mismo declaró, en 2023, que buscar presupuesto es algo tedioso y carente de glamour y que si, de pronto, surgiera alguien de la nada y le dijera “te daré el dinero para hacer tu película”, este sería un factor decisivo para hacer otro filme.

Y cuidado con lo que uno desea, porque a veces se hace realidad.

Se hizo la magia

En octubre de 2025, la Comunidad de Madrid ofreció, mediante patrocinio institucional, 1,5 millones de euros para la producción de la nueva película del director. La finalidad es proyectar la región internacionalmente. El Ayuntamiento de Madrid también se sumó a la iniciativa y aportó la misma cantidad que la comunidad.

En España, el Instituto de la Cinematografía y de las Artes Audiovisuales (ICAA) promueve ayudas a proyectos cinematográficos que se publicitan, licitan y evalúan en igualdad jurídica. Además, ofrece incentivos fiscales para producciones extranjeras vinculados a determinados gastos de producción realizados en territorio español, una fórmula que se utiliza ya en numerosos países para atraer rodajes internacionales.

Sin embargo, este caso es diferente. Para Woody Allen hay adjudicación directa de financiación. Como entre las dos instituciones patrocinadoras suman el 25 % del presupuesto para la producción, la cuantía parece suficiente como para definir algunos requisitos de la obra:

  • Que la palabra “Madrid” se incluya en el título definitivo, ya que es uno de los principales reclamos y elementos identitarios.

  • Que muestre el paisaje cultural, arquitectónico, histórico y cosmopolita de la región, recurso habitual en las películas urbanas del director.

  • Que el rodaje se haga íntegramente en la Comunidad de Madrid. Debe contar con un mínimo del 15 % de las escenas en localizaciones exteriores de la ciudad y, al menos, otra localización identificable fuera de la capital.

  • Que se mencione a las instituciones patrocinadoras en los créditos.

  • Que el filme se presente en un festival internacional de cine y tenga preestrenos en diferentes enclaves.

Este acuerdo busca un retorno en la generación de empleo y en la promoción turística internacional de la región.

La ciudad como escenario

La propia historia del cine se vincula a la de la publicidad, incluso de destino. Pero el fenómeno que tratamos parte de las teorías del uso del espacio urbano –o de cualquier localidad– como activo estratégico a través del cine. Su finalidad es la de potenciar el turismo, atraer capital externo y fomentar la región como hub audiovisual. En este sentido, las ciudades adquieren una funcionalidad que va más allá de ejercer como set de rodaje natural en la propia película.

La ciudad da a las películas los entornos donde transcurre la acción. Su selección como localización de rodaje obedece a las necesidades de la producción, a criterios estéticos o a su concepción desde el guion, entre otros factores. Sin espacio no hay película, sea cual sea la ciudad elegida.

Esto fue lo que sucedió de manera notoria, especialmente, en los años 40, cuando los hermanos Séeberger proporcionaron imágenes de localizaciones parisinas a los equipos norteamericanos. Fue entonces cuando se fomentó la construcción de la identidad fílmica de la capital francesa.

La ciudad como identidad

Desde el inicio de su filmografía, Woody Allen ha utilizado una misma fórmula –retratando mayoritariamente su ciudad, Nueva York– que maduró durante su etapa de rodajes europeos. La ciudad adquiere una función sustancial en la historia hasta el punto de convertirse en un elemento narrativo de significación propia. Cuenta con potencial para hacer avanzar la narración, como si se tratara de un personaje.

Este modelo ha tenido efectos sugerentes para el sector turístico, ya que el valor narrativo de la localización traspasa la pantalla y el espectador desea vivir la experiencia cinematográfica en el propio territorio. El turismo cinematográfico ya define a dónde viajamos. Un ejemplo claro es el de París que, siguiendo el modelo de sus antiguos itinerarios, ofrece recorridos de localizaciones.

A estas formas de representación se le suma la modalidad que Allen ha explorado mediante la financiación por patrocinio institucional. Es decir, se financia la película a cambio de que la ciudad obtenga visibilidad internacional mediante una representación urbana sujeta a unas condiciones negociadas.

Su precedente más claro en España –aunque no el único– está en Vicky Cristina Barcelona, cuyo patrocinio por parte de la ciudad condal y la Generalitat de Catalunya tenía el objetivo de aprovechar la proyección del director para promocionar la región como destino turístico.

Gracias a esta modalidad, Woody Allen puede mantener su ritmo (y sed) de hacer películas. Sin embargo, han pasado dieciocho años desde Vicky Cristina Barcelona y el contexto en España –y en Madrid– es ahora distinto.

Tráiler de Vicky Cristina Barcelona, rodada en Cataluña y Asturias.

¿Qué esperar de la mirada de Woody Allen sobre Madrid?

Allen ha retratado las ciudades europeas bajo el filtro de una mirada ajena desconocedora de la realidad local.

Así, representó a la capital francesa en Medianoche en París como una urbe cuya identidad visual se basaba en el diálogo entre el pasado y el presente y en la que se retrata lo reconocible. Asimismo, en A Roma con amor retrató la metrópoli italiana como una ciudad regida por sus referentes históricos arquitectónicos (aquellos fácilmente identificables por el turista). Todo ello –que se sepa– sin atenerse a unos condicionantes previos de la producción.

Entonces, ¿cuál será la imagen que proyectará de Madrid con un pliego de condiciones de base? Lo único que sabemos de momento es que se trata de una comedia en el entorno diplomático y de los negocios.

Este patrocinio abre cuestiones sobre la libertad creativa, puesto que las exigencias del rodaje pueden no coincidir con las necesidades del relato, aunque Allen tiene experiencia en darle la vuelta a las cosas y hacerlas verosímiles.

Además, cabe plantearse por qué financiar una mirada ajena sobre Madrid cuando otros cineastas españoles ya contribuyen a construir su imagen internacional. La cuestión, por tanto, no es solo qué Madrid va a representar Woody Allen, sino por qué Madrid ha elegido a Woody Allen para representarla en este momento. Quizá lo sepamos cuando veamos el filme.

Resulta, además, paradójico que el rodaje comience en un momento de protestas sociales por el acceso a la vivienda, la gentrificación y turistificación de sus barrios, que están ocupando el espacio urbano presumiblemente filmable. Mientras Madrid invierte en proyectar internacionalmente su imagen, persisten los problemas internos que afectan a su ciudadanía. Parece dudoso que el retorno de la inversión de la película vaya a solucionar los problemas de los madrileños.

Quizá las instituciones, antes de gastar el dinero, deban preguntarse qué ciudad quieren construir, si una ciudad de cine o una ciudad para residir.


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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿Qué significa que Woody Allen vaya a rodar su nueva película en Madrid? – https://theconversation.com/que-significa-que-woody-allen-vaya-a-rodar-su-nueva-pelicula-en-madrid-293163

Psicodélicos sin alucinaciones: ¿podemos separar el ‘viaje’ de sus efectos terapéuticos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan F. López Giménez, Científico Titular CSIC, Instituto de Parasitología y Biomedicina López-Neyra (IPBLN-CSIC)

Los científicos investigan el potencial terapéutico de sustancias como la psilobicina, extraída de ciertos hongos. Golden Shrimp/Shutterstock

Los psicodélicos clásicos, como el LSD, la psilocibina o la dimetiltriptamina (DMT), han regresado con fuerza a la investigación biomédica. Tras décadas prácticamente fuera de los laboratorios, hoy se estudia su posible utilidad para trastornos como la depresión, la ansiedad o las adicciones.

Uno de los aspectos más interesantes de estos compuestos es que sus efectos terapéuticos pueden prolongarse durante semanas o incluso meses después de una o unas pocas administraciones. Esto plantea una pregunta: ¿qué ocurre en el cerebro durante unas pocas horas para producir cambios que persisten mucho después de que el efecto psicodélico haya desaparecido?

Un receptor, muchas respuestas

Los psicodélicos clásicos o serotoninérgicos actúan principalmente sobre el receptor del neurotransmisor serotonina 5-HT2A. Pero que varias moléculas actúen sobre el mismo receptor no significa que produzcan la misma respuesta celular.

Durante mucho tiempo, imaginamos los receptores como interruptores: una molécula se une a uno de ellos y este se enciende o se apaga. Hoy sabemos que la realidad es más compleja: un mismo receptor puede activar distintas rutas de señalización dependiendo de la molécula que se una a él. Es como si diferentes llaves abrieran la misma puerta, pero activaran mecanismos diferentes al otro lado. Este fenómeno se denomina selectividad funcional o agonismo sesgado.

Pues bien, nuestros trabajos muestran que distintos agonistas del receptor 5-HT2A activan combinaciones diferentes de mecanismos intracelulares (en el interior de la célula) y, sin embargo, pueden converger en efectos biológicos comunes. Uno de ellos es la plasticidad neuronal.

Cambiar las conexiones sin provocar alucinaciones

La plasticidad neuronal o neuroplasticidad es la capacidad de las neuronas para modificar su estructura y sus conexiones. Incluye el crecimiento de sus prolongaciones y la formación o reorganización de sinapsis, los puntos de comunicación entre ellas. En nuestros modelos experimentales hemos observado que varios psicodélicos serotoninérgicos favorecen estos procesos.

Además, encontramos algo especialmente revelador: moléculas estructuralmente muy similares a los compuestos alucinógenos pero que carecen de esa actividad psicoactiva también pueden promover plasticidad neuronal. Esto indica que modificar la arquitectura de las neuronas no está necesariamente ligado a producir una experiencia psicodélica.

Ambos fenómenos pueden compartir un punto de partida, la activación del citado receptor 5-HT2A, y luego depender de mecanismos parcialmente diferentes. Es un hallazgo que conecta con una de las grandes controversias de este campo de investigación: ¿es necesaria la experiencia subjetiva producida por los psicodélicos para obtener un beneficio terapéutico duradero?

Ilustración realizada por los autores.

Mientras que algunas hipótesis sostienen que esa vivencia constituye una parte esencial del tratamiento –especialmente cuando se integra en un contexto psicoterapéutico–, otras plantean que podrían existir mecanismos biológicos capaces de generar efectos beneficiosos persistentes incluso sin alucinaciones. Nuestros resultados no resuelven el debate, pero muestran que neuroplasticidad y alucinación no son necesariamente fenómenos inseparables.

Una huella molecular del efecto psicodélico

Surge entonces otra pregunta: si las moléculas alucinógenas y las no alucinógenas pueden promover plasticidad, ¿qué las diferencia dentro de la célula? Mediante el análisis de miles de modificaciones en proteínas celulares hemos identificado una huella bioquímica de señalización capaz de distinguir entre ambas. Aunque actúen sobre el mismo receptor, la célula responde de manera diferente según la molécula que lo active.

Parte de esta huella está relacionada con rutas que regulan el metabolismo celular. En concreto, nuestros resultados apuntan a cambios en la glucólisis, el proceso mediante el cual las células utilizan glucosa para obtener energía. También hemos observado que los psicodélicos alucinógenos aumentan la liberación de lactato en los modelos celulares, mientras que varios equivalentes no alucinógenos no producen la misma respuesta. Estos resultados sugieren que las propiedades alucinógenas se asocian con una señalización celular específica que incluye un componente metabólico hasta ahora poco estudiado.

El verdadero misterio empieza después del “viaje”

Estos hallazgos permiten separar experimentalmente dos fenómenos considerados con frecuencia inseparables: la capacidad de inducir plasticidad neuronal y la de producir efectos psicodélicos. Pero queda resolver una incógnita más importante, como planteábamos al principio del artículo. Los efectos perceptivos del LSD o la psilocibina duran unas horas, mientras que sus posibles beneficios terapéuticos pueden prolongarse durante semanas: entre ambos acontecimientos debe existir, pues, algún mecanismo capaz de transformar una señal farmacológica transitoria en cambios duraderos del funcionamiento cerebral.

Probablemente ahí se encuentre uno de los próximos grandes retos de la investigación sobre psicodélicos. Necesitamos comprender cómo una activación breve del receptor 5-HT2A puede desencadenar modificaciones persistentes en la expresión génica, el metabolismo, la organización de las sinapsis y los circuitos neuronales. Y, sobre todo, debemos averiguar qué componentes de esa cascada contribuyen al efecto terapéutico y cuáles están vinculados a la experiencia psicodélica, si ambos pueden separarse.

Conocer estas diferencias permitiría diseñar fármacos capaces de conservar determinados efectos beneficiosos sobre la plasticidad cerebral reduciendo o eliminando sus efectos alucinógenos. Pero también podría ocurrir que la experiencia subjetiva desempeñara un papel que no pueda reproducirse únicamente mediante cambios celulares. Por ahora, a la espera de nuevos hallazgos, la pregunta permanece abierta.

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Juan F. López Giménez ha recibido fondos de la Agencia Estatal de Investigación perteneciente al Ministerio de Ciencia e Innovación del Gobierno de España.

Marco Taddei Tardón recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación perteneciente al Ministerio de Ciencia e Innovación del Gobierno de España.

– ref. Psicodélicos sin alucinaciones: ¿podemos separar el ‘viaje’ de sus efectos terapéuticos? – https://theconversation.com/psicodelicos-sin-alucinaciones-podemos-separar-el-viaje-de-sus-efectos-terapeuticos-288851

Saturados de política y peor informados: la paradoja del 29-N

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Oliver Serrano León, Director y profesor del Máster de Psicología General Sanitaria, Universidad Europea

Master1305/Shutterstock

La convocatoria de elecciones generales en España para el 29 de noviembre no pone en marcha únicamente un proceso electoral. También intensifica todo un ecosistema de comunicación política en el que partidos, candidatos, medios de comunicación, tertulianos, creadores de contenido y ciudadanos tratarán de colocar determinados temas, mensajes e interpretaciones en el espacio público.

Durante las próximas semanas será difícil no encontrarnos con declaraciones, respuestas, encuestas, entrevistas, vídeos, memes o polémicas relacionadas con la campaña. La información política ocupará cada vez más espacio en periódicos, televisiones, redes sociales y pantallas.

Pero estar más expuestos a la política no significa necesariamente estar mejor informados sobre ella. De hecho, puede ocurrir justo lo contrario.

Una campaña también es una competición por nuestra atención

La comunicación política siempre ha intentado captar la atención de los ciudadanos. Lo que ha cambiado es el entorno en el que esa competición se produce.

A los mensajes de partidos y candidatos y a su cobertura en prensa, radio y televisión se suma ahora un flujo continuo de contenidos digitales. Una declaración puede convertirse en pocos minutos en titular, vídeo, publicación en redes sociales, fragmento viral, meme, comentario de un creador de contenido y mensaje reenviado por WhatsApp.

El ciudadano no recibe, por tanto, únicamente más información. Recibe más versiones, interpretaciones, reacciones y reformulaciones del mismo contenido político. Y nuestra capacidad para atender a todo ello sigue siendo limitada.

Cuando la cantidad de información que debemos procesar aumenta, necesitamos decidir qué leemos, qué ignoramos y a qué dedicamos nuestros recursos cognitivos. En un periodo electoral, esta presión puede desembocar en sobrecarga informativa: la sensación de recibir más información política de la que podemos procesar adecuadamente.

Un estudio publicado en 2026 en American Politics Research analizó precisamente la sobrecarga de noticias electorales. A partir de datos de la campaña presidencial estadounidense de 2016, encontró que cuanto mayor era la percepción de saturación, mayor era también la probabilidad de evitar deliberadamente las noticias relacionadas con las elecciones.

Es una paradoja importante para la comunicación política: la enorme cantidad de mensajes destinados a informar, persuadir o movilizar puede contribuir también a que una parte de la ciudadanía decida desconectar.

Cuando protegernos de la campaña significa dejar de informarnos

Es fácil reconocer esa sensación. Después de escuchar durante días hablar de un mismo asunto podemos cambiar de canal, dejar de abrir determinadas noticias o deslizar rápidamente una publicación cuando advertimos que vuelve a tratar sobre política.

Desde el punto de vista psicológico tiene sentido. Si la exposición continuada a información política empieza a producir cansancio, estrés o frustración, evitarla reduce inmediatamente ese malestar.

El problema aparece cuando dejamos de evitar solamente el ruido y empezamos a esquivar también información que podría ser relevante para comprender las opciones políticas entre las que debemos decidir.

Una investigación sobre evitación de noticias en España señala precisamente el estrés, la sobrecarga informativa, el escepticismo hacia los medios y la polarización política entre los elementos que intervienen en este fenómeno.

Y no hablamos de un comportamiento marginal. El informe Digital News Report 2026, elaborado por el Reuters Institute y la Universidad de Oxford, indica que el 37 % de los encuestados españoles evita las noticias en alguna medida.

La información política nos encuentra

Hay otra transformación fundamental para entender las campañas actuales. Hace unas décadas era relativamente sencillo decidir cuándo exponernos a información política: podíamos comprar un periódico, escuchar la radio, ver un informativo o seguir un debate electoral.

Había, al menos en parte, una decisión consciente de entrar en contacto con esos contenidos. Sin embargo, las redes sociales han difuminado esa frontera.

Podemos entrar en Instagram para ver qué hacen nuestros amigos y encontrarnos con un vídeo de un candidato. Abrir TikTok buscando entretenimiento y recibir una pieza sobre una propuesta electoral. Entrar en X por cualquier otro motivo y toparnos con una polémica política. O consultar WhatsApp y descubrir un mensaje sobre las elecciones enviado por un familiar.

La investigación denomina a este fenómeno “exposición incidental a información política”: encontrarnos con ese tipo de contenidos sin haberlos buscado deliberadamente.

Un trabajo sobre información política y exposición incidental en España, Argentina, Chile y México señalaba ya cómo el consumo informativo había dejado de constituir una actividad separada para integrarse en nuestra conexión cotidiana al entorno digital.

Esta exposición puede tener ventajas: permite que personas que no buscan información política entren en contacto con ella. Sin embargo, la evidencia sobre sus efectos en el aprendizaje no es uniforme.

Algunos estudios encuentran ganancias de conocimiento, mientras que otros observan efectos nulos o incluso negativos. Los resultados parecen depender de la plataforma y, especialmente, de cómo procesamos el contenido encontrado. Encontrarnos accidentalmente con información política no garantiza, por sí solo, que aprendamos sobre ella.

“Si pasa algo importante, ya me enteraré”

Este nuevo ecosistema comunicativo ha generado incluso otra percepción estudiada por los investigadores: la news-finds-me perception, que podríamos traducir como la sensación de que “las noticias me encontrarán”.

Consiste en pensar que no hace falta buscar activamente información porque, si sucede algo importante, acabaremos enterándonos a través de las redes sociales, amigos, familiares o compañeros.

Aplicado a una campaña electoral, supone confiar en que los mensajes políticos verdaderamente relevantes terminarán apareciendo en nuestro entorno digital.
El problema es que esa sensación de estar suficientemente informado puede ser engañosa.

Un estudio longitudinal (realizado a lo largo de un periodo prolongado) encontró que quienes confiaban más en que las noticias acabarían llegando hasta ellos utilizaban menos las fuentes informativas tradicionales y, con el tiempo, presentaban también un menor conocimiento político.

Podemos, por tanto, estar constantemente rodeados de comunicación política y al mismo tiempo saber poco sobre las cuestiones políticas que se están discutiendo.

Nuestro muro no es un programa electoral

A ello se añade otro cambio importante: cuando dejamos de buscar activamente información política y dependemos de las plataformas para encontrarla, delegamos parte de nuestra dieta política en sus sistemas de selección y recomendación.

Nuestro muro no constituye un resumen neutral de las posiciones de los partidos, ni está diseñado para ofrecernos una representación ordenada de los principales asuntos de una campaña electoral.

Encontrarnos con veinte contenidos políticos a lo largo del día tampoco significa haber recibido veinte informaciones diferentes. Podemos haber visto veinte versiones de la misma polémica. Esta distinción es fundamental: exposición política, información política y conocimiento político no son necesariamente lo mismo.

Podemos sentirnos saturados de política porque hemos visto continuamente nombres de candidatos, declaraciones, enfrentamientos y vídeos y, sin embargo, saber poco sobre sus propuestas concretas, los problemas que pretenden resolver o las consecuencias de las políticas que plantean.

Aquí, la alfabetización informacional adquiere también una dimensión política. Una investigación publicada en Computers in Human Behavior encontró que determinadas competencias para navegar, seleccionar, valorar y comprender información en redes sociales se relacionan con una menor sensación de sobrecarga informativa.

Informarse más no siempre es comprender mejor la política

La respuesta tampoco parece consistir en permanecer conectados permanentemente a la campaña. Podemos comenzar el día consultando titulares políticos, recibir notificaciones durante la mañana, escuchar una tertulia, encontrar vídeos electorales en las redes sociales y terminar la jornada leyendo la última polémica. Nada garantiza que esa exposición constante nos ayude a comprender mejor las alternativas políticas.

Quizá resulte más útil cambiar cantidad por calidad. Elegir deliberadamente algunas fuentes, reservar momentos concretos para informarnos, buscar las propuestas originales cuando un asunto nos interese y diferenciar entre una información política y las múltiples reacciones que genera puede ayudarnos a recuperar cierto control sobre nuestra atención.

Es algo parecido a lo que plantea el JOMO, o “alegría de desconectarse”: desconectar durante determinados periodos no significa necesariamente desentenderse de aquello que ocurre.

Aplicado a una campaña electoral, podríamos hablar incluso de una suerte de JOMO político. No necesitamos conocer cada declaración, cada enfrentamiento y cada reacción en tiempo real para tomar una decisión informada.

El reto no consiste en dejar de informarnos sobre política, sino en conseguir que el enorme volumen de comunicación política no termine sustituyendo la comprensión por la simple exposición.

Porque quizá una de las paradojas de las campañas contemporáneas sea precisamente esa: nunca habíamos tenido tanta información política a nuestro alcance y, al mismo tiempo, tanta necesidad de aprender a decidir a cuál merece la pena prestar atención.

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Oliver Serrano León no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Saturados de política y peor informados: la paradoja del 29-N – https://theconversation.com/saturados-de-politica-y-peor-informados-la-paradoja-del-29-n-293594

Epidemias y pandemias: guía para prevenirlas y gestionar sus riesgos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antoni Trilla, Médico Epidemiólogo. Catedrático de Medicina Preventiva y Salud Pública. Facultad de Medicina i Ciencias de la Salud, Universitat de Barcelona

loha Hawaii/Shutterstock

Las epidemias y pandemias han acompañado a la humanidad a lo largo de la historia. Una epidemia se produce cuando una enfermedad se propaga rápidamente en una región o país, mientras que una pandemia afecta a varios países o continentes al mismo tiempo. Aunque ahora muchas personas asocian este riesgo únicamente a la covid-19, existen numerosos ejemplos como la gripe española de 1918, que causó millones de muertes en todo el mundo, o la epidemia de enfermedad por virus del Ébola en África occidental. El cólera, la mpox, el sarampión, la meningitis, la fiebre tifoidea y el dengue también causan brotes epidémicos en diferentes partes del mundo.

Pese a los recientes avances de la medicina, las enfermedades infecciosas continúan representando una amenaza para la salud pública. La globalización, los viajes internacionales, el crecimiento de las ciudades y los cambios ambientales favorecen su aparición y propagación. Sabemos que en el futuro se producirán nuevas epidemias y que también es probable que surjan pandemias. Lo que desconocemos es cuándo aparecerán, dónde lo harán y cuál será su gravedad.

Cómo se gestionan y cómo se previenen

Aunque la mejor forma de afrontar una epidemia sería prepararse antes de que ocurra, no siempre es posible adelantarse. Como afirmó el político estadounidense Donald Rumsfeld, “hay cosas que sabemos que sabemos, hay cosas que sabemos que no sabemos y hay cosas que no sabemos que no sabemos”.

En cualquier caso, la gestión de cualquier medida preventiva en salud pública requiere una planificación adecuada y una comunicación clara. Un buen ejemplo lo encontramos en la epidemia anual de gripe, una enfermedad que, aunque es estacional (otoño-invierno), siempre resulta imprevisible hasta cierto punto: no podemos adelantar qué tipo o tipos concretos de virus van a circular, ni el número de casos, ni tampoco la gravedad de los mismos, ni por supuesto la efectividad real de las vacunas en cada temporada.

Manejando estas incertidumbres, cada otoño los sistemas sanitarios ponen en marcha campañas de vacunación de la gripe dirigidas a los grupos más vulnerables. Las vacunas antigripales, que se actualizan periódicamente para adaptarse lo mejor posible a las cepas que parece más probable que circulen, reducen el riesgo de enfermedad grave, complicaciones, hospitalización y muerte.

Al mismo tiempo, se recomienda a la población tomar medidas preventivas básicas como la higiene de manos, la ventilación de espacios cerrados, quedarse en casa mientras duran los síntomas y, en determinadas circunstancias como el transporte público, el uso de mascarillas efectivas.

Que estas intervenciones contribuyan o no a reducir el riesgo de transmisión del virus depende, en buena medida, de cómo se transmiten a la población. Hay que explicar qué se recomienda pero también por qué se recomienda y cómo llevarlo a cabo correctamente. Cuando la información es comprensible y coherente, aumenta la aceptación de las medidas propuestas.

La experiencia anual con la gripe demuestra que la salud pública consiste en buena parte en lograr que la sociedad comprenda, confíe e incorpore las medidas recomendadas a su vida cotidiana. Una buena comunicación es fundamental.

Screenshot.
Infografía del ISCIII para la campaña de gripe 2026-2027.

Qué riesgos implican y para quién

Obviamente, el riesgo principal de una epidemia es la enfermedad y, en los casos más graves, la hospitalización, discapacidad o, incluso, fallecimiento del paciente. Pero también tienen “efectos colaterales” como la saturación de los servicios sanitarios (que no dan abasto para atender otras patologías, quedando enfermos desatendidos), el aumento de problemas de salud mental o el absentismo laboral y escolar.

Aunque normalmente cualquier persona puede contagiarse, existen grupos más vulnerables. Entre ellos se incluyen los niños de corta edad, las personas mayores, los enfermos crónicos, las personas inmunodeprimidas, las embarazadas y algunos profesionales especialmente más expuestos a los agentes infecciosos, como los sanitarios. Dar pautas claras a estos colectivos resulta esencial.

La ciencia es fundamental

La ciencia es la base tanto de la prevención como de la gestión de epidemias y pandemias. Gracias a la investigación biomédica podemos identificar nuevos microorganismos, estudiar cómo se transmiten las enfermedades y desarrollar pruebas diagnósticas, tratamientos y vacunas.

La ciencia también permite evaluar qué medidas son más eficaces en cada situación y proporciona a los responsables políticos la evidencia necesaria para tomar mejores decisiones. Invertir en preparación y prevención es comparable a contratar una póliza de seguros a todo riesgo: esperamos no tener que utilizarla, pero resulta esencial cuando surge una emergencia.




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Qué idea del riesgo debe transmitirse

Comunicar correctamente el riesgo es siempre un desafío. La población debe comprender que las epidemias son una amenaza real, pero sin generar alarmismo innecesario. El experto en comunicación de riesgos Peter Sandman resumió esta idea en una fórmula: Riesgo = Peligro + Indignación.

En una crisis sanitaria suelen coexistir ambos elementos: existe una amenaza real para la salud y, al mismo tiempo, preocupación, incertidumbre o desconfianza entre la población. Además, las situaciones de crisis alteran la forma en que las personas reciben y procesan la información. La atención disminuye, los mensajes negativos adquieren más peso y la capacidad de comprensión puede verse reducida. Por ello, los mensajes deben ser breves, relevantes, indicar claramente qué acciones se recomiendan y repetirse de forma consistente.




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Generar confianza resulta esencial. Autoridades y profesionales deben comunicar con rapidez y transparencia, explicando qué se sabe, qué se desconoce y qué medidas se están tomando. Es muy importante escuchar y respetar las preocupaciones de la ciudadanía y, cuando corresponda, rectificar, reconocer errores y pedir disculpas.

En una crisis sanitaria, la comunicación no es un complemento de la respuesta: forma parte de ella. De hecho, una crisis mal comunicada puede llegar a causar más daño social que el propio problema sanitario.

La importancia de informar y formar a la ciudadanía

Una población bien informada es una de las mejores defensas frente a las epidemias. Es importante que sepamos identificar fuentes fiables de información y distinguirlas de rumores o noticias falsas. Las epidemias suelen ir acompañadas de desinformación.

Algunos de los bulos más habituales son negar su existencia o gravedad, recomendar supuestos tratamientos milagrosos sin evidencia científica, afirmar que las vacunas son innecesarias o peligrosas sin pruebas o atribuir las epidemias a conspiraciones o intereses ocultos. Estos mensajes reducen la confianza en las medidas de prevención y dificultan el control de una epidemia. En salud pública, la falsa ciencia y la desinformación producen siempre daños reales.




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Qué podemos mejorar

Podemos y debemos reforzar los sistemas de vigilancia epidemiológica, invertir en investigación biomédica, fortalecer los servicios sanitarios, coordinar mejor la respuesta internacional, mejorar la comunicación clara y basada en evidencias, aumentar la educación sanitaria de la población y combatir activamente la desinformación.

Las epidemias y pandemias forman parte de los riesgos globales del siglo XXI: tenemos un solo mundo y una sola salud. La mejor forma de reducir sus potenciales consecuencias es combinar preparación, ciencia, comunicación eficaz y participación ciudadana. Una ciudadanía bien informada y unos sistemas de vigilancia y de salud sólidos y preparados constituyen la mejor defensa para proteger la salud colectiva.


Este artículo forma parte de una serie dedicada a comprender mejor los riesgos, las crisis y las emergencias, y el papel clave de la comunicación para afrontarlos. Es fruto de la colaboración con la Cátedra Universitat de Barcelona-Diputació de Barcelona sobre Comunicación clara aplicada a las Administraciones Públicas.

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Antoni Trilla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Epidemias y pandemias: guía para prevenirlas y gestionar sus riesgos – https://theconversation.com/epidemias-y-pandemias-guia-para-prevenirlas-y-gestionar-sus-riesgos-293084

En la fiebre del oro de la IA, la rentabilidad no está en el oro sino en los picos y las palas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José María López de Pedro, Profesor de Estrategia Corporativa, Universidad Villanueva

IM Imagery/Shutterstock

A mediados del siglo XIX se descubrió oro en los ríos de California y cientos de miles de personas lo dejaron todo para ir en su búsqueda. Muy pocas se hicieron ricas. Las grandes fortunas de aquella fiebre no las amasaron los buscadores de oro, sino aquellos comerciantes que les vendían picos, palas y ropa. Estos cobraban siempre, ganase quien ganase en la carrera del oro.

Casi dos siglos después, la industria de la inteligencia artificial está repitiendo el guión. Los agentes que se están enriqueciendo no son los que crean los modelos que todos conocemos –ChatGPT, Claude, Gemini– sino aquellos que les venden las herramientas para diseñarlos y desarrollarlos, es decir, chips, máquinas para la fabricación de chips y almacenamiento en la nube.

En pleno auge de la inteligencia artificial, las empresas más visibles gastan mucho más de lo que ingresan y, aun así, el sector genera fortunas. Entonces, ¿a dónde va la mayor parte de ese dinero?

Quién aporta el valor y quién se lo queda

Si analizamos la industria de la inteligencia artificial como un ecosistema –un conjunto de entidades que dependen unas de otras– descubrimos rápidamente una asimetría: crear valor ya no garantiza capturarlo.

El ecosistema se articula en torno a dos posiciones estratégicas. En un lado está la posición más visible: los desarrolladores de los grandes modelos –OpenAI, Anthropic, Google–, que los distribuyen a gran escala y con quienes interactúan los usuarios. En el otro lado, está la posición de la captura efectiva de la riqueza generada: los proveedores de infraestructuras (CPUs, redes, servidores, entre otros), que permanecen a la sombra pero retienen el dinero.

Los primeros son los grandes protagonistas del relato. Los segundos, los que se están enriqueciendo: entre abril y julio de 2026 NVIDIA duplicó sus ingresos, y TSMC (la primera fundición de semiconductores del mundo) y ASML (el mayor proveedor del mundo de sistemas de fotolitografía para semiconductores) aumentaron su beneficio un 77 % y un 27 % respecto al mismo trimestre del año anterior.

Lo llamativo es que los actores más visibles operan como intermediarios. Cobran por el uso de sus modelos y, a pesar de ello, no consiguen retener el valor: el dinero entra por una puerta (el cobro a sus clientes) y sale por otra (el pago a sus proveedores).

Quién ingresa y quién se queda el dinero

Periodo Ingresos Resultado Margen
Buscan oro
OpenAI Año 2025 13 000 M$ −20 900 M$ −161 %
Anthropic 2T 2026 10 900 M$ +559 M$ 5 %
Venden picos y palas
NVIDIA Año fiscal 2025-26 215 900 M$ +120 100 M$ 56 %
TSMC Año 2025 119 700 M$ +53 900 M$ 45 %
ASML Año 2025 32 700 M€ +9 600 M€ 29 %
Fuente: cuentas anuales de NVIDIA, TSMC y ASML; OpenAI y Anthropic no cotizan y su resultado es de explotación

Los que venden los picos y las palas

Tres razones que se refuerzan entre ellas provocan este resultado:

  1. Concentración extrema: cada eslabón de la cadena que fabrica un chip de inteligencia artificial depende de un número reducido de actores. NVIDIA concentra el 81 % del mercado de esos chips y ASML fabrica el 100 % de las máquinas de litografía ultravioleta extrema que permiten producirlos. TSMC produce el 72 % de los chips fabricados por encargo, y los tres grandes proveedores de servicios en la nube –Amazon, Microsoft y Google– controlan cerca de dos tercios de ese eslabón. Basta con que uno de esos eslabones se tense para condicionar a todos los demás.

  2. Dependencia técnica: quien usa los chips de NVIDIA no puede cambiar de proveedor sin pagar un precio muy alto. La razón es CUDA, el lenguaje propio de NVIDIA con el que se programan sus chips. Casi todo el software de inteligencia artificial se ha escrito para él y abandonarlo obligaría a reescribir años de trabajo. Esto no es casualidad: NVIDIA lleva veinte años cultivando esa dependencia.

  3. Circularidad del capital: los gigantes proveedores de la nube invierten miles de millones en los desarrolladores de modelos. Esos desarrolladores, a su vez, les devuelven buena parte de la inversión comprándoles capacidad de cómputo. Es el mismo dinero: lo que sale como inversión vuelve luego como ingreso. Alphabet (Google) es el único que juega en los dos lados del tablero: desarrolla el modelo, diseña el chip y vende la nube. Puede permitirse perder dinero con Gemini porque lo recupera vendiendo la infraestructura sobre la que funciona.

Estas tres razones no son circunstanciales: definen la estructura del sector.

Los buscadores de oro

Este contraste es fácil de apreciar si nos fijamos en dos actores clave en la industria de la inteligencia artificial.

OpenAI es una de las empresas más visibles del sector. En 2025, esta empresa ingresó unos 13 000 millones de dólares, gastó más del doble (cerca de 34 000 millones de dólares), y no espera ser rentable hasta 2030. La empresa que todos asocian con la inteligencia artificial es también la que más dinero pierde con ella.

NVIDIA, en cambio, ingresó más de 89 000 millones de dólares solo con su negocio de centros de datos en un único trimestre, un 117 % más que el año anterior. Esto es más de lo que OpenAI gasta en todo un año.

Y así, la asimetría se refuerza a sí misma. Los grandes de la nube no esperan a que surja la competencia: la financian ellos mismos. Microsoft en OpenAI, Amazon y Google en Anthropic. De este modo se aseguran el negocio antes de que nadie pueda disputárselo.

Mientras tanto, ¿qué hace Europa?

Europa dedica a la inteligencia artificial una fracción de lo que dedican Estados Unidos y China. Concentra el 7 % de la inversión mundial, frente al 40 % estadounidense y el 32 % chino. En capacidad de cómputo la distancia es aún mayor: controla en torno al 5 % de esa capacidad, frente al 74 % y el 14 %, respectivamente. Y no es por falta de intención.

La Unión Europea se comprometió por escrito alcanzar el 20 % del mercado mundial de semiconductores en 2030, pero hoy está aún en el 9 %. Los grandes modelos son estadounidenses o chinos. La nube y el diseño de los chips, estadounidenses.

Europa tiene dos excepciones, sin que ninguna llegue a cambiar en exceso el escenario. Vende una pala: la holandesa ASML, que fabrica las máquinas para la fabricación de microchips, es un eslabón crítico, pero uno solo. Y busca algún lingote suelto: Mistral, francesa, es el desarrollador de modelos de IA de mayor peso de Europa. Vale más de diez veces menos que OpenAI o Anthropic, y compra a NVIDIA los chips con los que se entrena.

En la fiebre del oro de la inteligencia artificial, el dinero está en las palas. Europa fabrica una de las mejores, y aun así compra casi todo lo demás.

Beatriz Pou Chesa es coautora de este artículo, que tiene su origen en su investigación: “El ecosistema de la inteligencia artificial: análisis estructural y tendencias emergentes”, Universidad Villanueva, 2026.

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José María López de Pedro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. En la fiebre del oro de la IA, la rentabilidad no está en el oro sino en los picos y las palas – https://theconversation.com/en-la-fiebre-del-oro-de-la-ia-la-rentabilidad-no-esta-en-el-oro-sino-en-los-picos-y-las-palas-289002

Mi experiencia en IceCube, el observatorio de neutrinos antártico que acaba de ganar el Nobel de Física

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Pobes, Investigador en el Instituto de Nanociencia y Materiales de Aragón (INMA) — CSIC/Universidad de Zaragoza, Universidad de Zaragoza

El físico Carlos Pobes durante su estancia en la Antártida, al cuidado de IceCube.

Hace unas semanas se hicieron virales vídeos en los que bebés con problemas de visión o audición recuperan estos sentidos gracias a unos implantes. Sus reacciones de asombro son conmovedoras. ¿Qué se siente al ver u oír por primera vez? Yo tuve la oportunidad de vivir, como investigador y físico, una experiencia que guarda cierta semejanza con esa sensación de descubrir un mundo nuevo que siempre había estado ahí, pero que nos había resultado invisible.

En 2011 viajé al Polo Sur como winter-over, es decir, para permanecer aislado durante el invierno en uno de los lugares más remotos del mundo. Pasé allí ocho meses, a temperaturas que llegaron a caer por debajo de los -60 ºC, cuidando de un instrumento que nos ha permitido abrir una nueva ventana al universo: el telescopio de neutrinos IceCube. La misión de los winter-over es garantizar que el detector siga funcionando cuando ningún avión puede llegar a la base.

estructura de un observatorio sobre el hielo y bajo un cielo nocturno.
El laboratorio de IceCube, situado en la Estación Amundsen-Scott del Polo Sur, en la Antártida.
Felipe Pedreros, IceCube/NSF, CC BY

El desconocido universo nos ofrece la oportunidad de experimentar algo parecido a ver u oír por primera vez. Nuestros sentidos son insensibles a una gran parte de la información que nos llega del cosmos, pero los científicos se las han ingeniado para desarrollar “implantes” que nos están abriendo nuevos ojos y oídos con los que descubrir, con asombro, algunos de los fenómenos astrofísicos más violentos.

El Premio Nobel de Física de 2026 reconoce la visión y el liderazgo de Francis Halzen, profesor de la Universidad de Wisconsin-Madison, al concebir y guiar la construcción de uno de los “implantes” más sofisticados que existen: el telescopio de neutrinos IceCube.

Las partículas fantasma

dos investigadores en el Polo Sur
Con Sven Lidstrom, mi compañero en el IceCube Neutrino Observatory durante el crudo invierno antártico de 2012.

Me inicié en la investigación estudiando cosas como los neutrinos y la materia oscura. Aparte de ser asuntos de por sí interesantísimos, los experimentos en física de astropartículas se llevan a cabo generalmente en lugares exóticos, como laboratorios subterráneos, islas tropicales, e incluso el Polo Sur. Y había llegado mi oportunidad de participar en un ingenio capaz de detectar neutrinos, partículas sumamente esquivas, en el corazón de la Antártida.

Los neutrinos se generan en una gran cantidad de procesos nucleares, desde el interior del Sol a los entornos de los agujeros negros. Pero también se generan en la Tierra, en los reactores nucleares, y los produce nuestro propio cuerpo en un proceso totalmente natural, la desintegración del potasio. Las energías implicadas cubren además un amplio abanico: en el rango superior, hay neutrinos miles de millones de veces más energéticos que las partículas aceleradas en los aceleradores de partículas de la Tierra.

Hasta la construcción de IceCube, éramos ciegos a estas partículas, que nos hablan de los procesos físicos más extremos del universo.

A -60 ºC

Garantizar que el instrumento toma datos de manera ininterrumpida, en particular durante el invierno polar en que la base Amundsen-Scott queda aislada, es la labor de esos winter-overs de los que formé parte.

Era diciembre de 2011 y justamente se cumplía el centenario de la llegada de los exploradores Roald Amundsen y Robert Falcon Scott a aquel lugar con el que yo solo había podido soñar. Las primeras semanas fueron frenéticas, aprovechando las 24 horas de luz y las temperaturas amables, de -20 a -30 ºC, para actualizar equipos y aprender todo lo necesario.

En febrero, con la partida del último avión, comenzaban los meses de aislamiento, y las temperaturas comenzaron a caer por debajo de los -60 ºC. Se impuso una noche perpetua. Fue entonces cuando se desveló la verdadera magia del lugar: auroras increíbles, vistas al corazón de la Vía Láctea y paseos acompañados únicamente por el sonido de tu propio aliento y el crujir de la nieve hueca, para inmortalizar esos momentos antes de que el frío congelara la cámara.

El día que observamos a “Epi”

La construcción de IceCube, que finalizó en 2010, no fue nada sencilla. Requirió perforar más de 80 agujeros de 2,5 kilómetros de profundidad en el hielo del Polo Sur para colocar más de 5 000 sensores de luz que observan lo que ocurre en las profundidades. Cada segundo, miles de partículas atraviesan el hielo, pero solo unas pocas al año son realmente neutrinos de interés, y un conjunto de ordenadores en un edificio en superficie se encarga de tratar de encontrar la aguja en el pajar.

Uno de los momentos clave de mi estancia allí se produjo durante las celebraciones de Nochevieja y Año Nuevo, cuando dábamos la bienvenida a 2012. Un apagón masivo en el edificio de control requirió horas de intenso trabajo para devolver los instrumentos a su funcionamiento normal. Ignorábamos que, en ese instante, un neutrino ultraenergético, que llevaba muy seguramente varios millones de años vagando por el cosmos, se dirigía directo al detector e impactó en él tan sólo unas horas después de haberlo recuperado. Los análisis posteriores encontraron a “Epi”, como fue bautizado, junto a otro neutrino también muy energético y al que se llamó, obviamente, “Blas”. Era el comienzo de la astronomía de neutrinos.

No fue posible identificar el origen de Epi o Blas, pero en los años posteriores se ha avanzado en la identificación de los lugares donde se generan neutrinos como ellos. Proceden de regiones cercanas a agujeros negros supermasivos que aceleran partículas cargadas hasta energías inconcebibles. En el proceso generan neutrinos que viajan prácticamente inalterados hasta nuestros instrumentos para revelarnos lo que allí ocurre. Aún hay muchas de esas partículas cuyo origen no podemos identificar, así que queda mucho por descubrir.

El enorme mérito de Francis Halzen

Durante el entrenamiento en Madison tuve la oportunidad de conocer a Francis Halzen, premio Nobel de física 2026, y me sorprendió su cercanía. Como curiosidad, él nunca ha viajado al Polo Sur. Siempre ha defendido que no tiene allí una labor específica que realizar y que el viaje es demasiado caro para los siempre ajustados presupuestos en investigación, por lo que cede su puesto a compañeros con responsabilidades en la construcción o el mantenimiento.

Pero es indiscutiblemente suyo el mérito de concebir un instrumento como IceCube e inyectar su entusiasmo al suficiente número de personas como para hacer realidad un proyecto que ha requerido más de tres décadas de paciente trabajo científico antes de dar sus frutos. Sus primeras palabras, de hecho, han sido para reconocer la contribución de todas las personas que lo han hecho posible.

Un futuro ampliado

IceCube ha abierto nuevos sentidos al universo, pero esto es solo el principio. Varios instrumentos similares están actualmente en construcción; entre ellos, KM3NeT, un gemelo de IceCube, pero submarino. Está ubicado en el Mediterráneo y cuenta con participación española.

Además, IceCube ha completado este año una actualización de su zona central para mejorar la sensibilidad a las energías más bajas, y está proyectada una ampliación para hacerlo hasta ocho veces más grande, aunque aún no está aprobada.

Esperemos que el reconocimiento del Nobel de este año dé el apoyo definitivo a esa ampliación, que permitirá mejorar la nitidez de nuestros nuevos ojos.

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Fui contratado por la universidad de Madison en 2011 para cuidar el telescopio IceCube durante una campaña.

– ref. Mi experiencia en IceCube, el observatorio de neutrinos antártico que acaba de ganar el Nobel de Física – https://theconversation.com/mi-experiencia-en-icecube-el-observatorio-de-neutrinos-antartico-que-acaba-de-ganar-el-nobel-de-fisica-293735