La course aux corridors de transport renforce la concurrence au détriment de l’intégration en Afrique australe

Source: The Conversation – in French – By Thierry Vircoulon, Chercheur associé au Centre Afrique de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité

Si le secteur minier est un enjeu stratégique international depuis le début du siècle, le secteur du transport est en train de le devenir. Pourtant, ces deux secteurs sont indissociables. Les compagnies minières ont besoin d’un système de transport fiable et efficace pour exporter leur production.

Construits pour certains dès l’époque coloniale, en même temps que les premières mines, les corridors de transport d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle, un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et de futurs corridors sont à l’étude. Malgré un succès apparent, la politique de corridorisation de l’Afrique australe est loin d’avoir atteint ses objectifs d’intégration régionale et de développement local.

Mes recherches au cours des vingt dernières années ont couvert plusieurs domaines en Afrique, dont les liens entre ressources minières, conflits et pouvoir. Dans une récente étude, j’analyse la forte dépendance des corridors d’Afrique australe au secteur minier et les limites de leurs retombées en matière de développement.

Les corridors ferroviaires

Dès la fin du XIXe siècle, les pouvoirs coloniaux ont construit des corridors afin d’ouvrir l’intérieur du continent. Le modèle dominant était le corridor ferro-portuaire. Une voie ferrée conduisait à un port afin de permettre d’importer des biens nécessaires au développement de la colonie et d’exporter ce que la colonie produisait (minerais, produits agricoles).

À cette époque, le port était plutôt le début que la fin de la ligne ferroviaire et le corridor avait à la fois un objectif d’ouverture et d’exploitation de l’hinterland africain. La Transvaalienne, qui dès la fin du XIXe siècle reliait le port portugais de Lourenço Marques (aujourd’hui Maputo, au Mozambique) à Pretoria, correspondait à ce modèle.

Il en allait de même du corridor ferroviaire de Lobito, entre la côte angolaise et les mines du Katanga, construit de 1903 à 1928, ainsi que des corridors de Beira et de Nacala, au Mozambique, bâtis entre les années 1920 et 1950.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, ces corridors ont été sérieusement perturbés, voire interrompus par une géopolitique conflictuelle. Les guerres de décolonisation en Angola et au Mozambique, dans les années 1970, suivies de longues guerres civiles, et la rupture entre l’Afrique du Sud de l’apartheid et ses voisins de la ligne de front ont fortement affecté leur fonctionnement.

Ces longs conflits ont remis en cause le système de transport hérité de la colonisation. Une autre mutation économico-technologique est venue remettre en cause ce système de transport : la route a progressivement remplacé le rail pour une grande partie du fret.

Les initiatives de développement spatial

La fin du régime d’apartheid en 1994 a conduit à la réconciliation des ennemis d’hier et à la fin de la fracturation politique de la région. Après s’être tournés le dos pendant des décennies, Pretoria et ses voisins ont renoué des relations de coopération économique et politique incarnées par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

La SADC a élaboré une planification régionale des transports basée sur l’idée que les corridors de transport devaient être des « initiatives de développement spatial » (SDI) ayant un double objectif : l’intégration économique régionale et le développement de territoires pauvres.

Le corridor de Maputo a été le premier corridor d’Afrique australe à être reconstruit à partir de 1997. Conçu comme une SDI, le corridor de Maputo est constitué par d’axes routiers et ferroviaires ainsi qu’un port. Il a été complété par une zone économique spéciale accueillant l’usine d’aluminium de Mozal, un investissement conjoint de BHP Billiton et de Mitsubishi.

Pionnier en son temps, la reconstruction et la modernisation du corridor de Maputo grâce à des partenariats public-privé (PPP) l’ont érigé en modèle dans la région.

Fort de ce premier succès, le Mozambique et la Namibie ont vu dans la politique des corridors un moyen de développer leurs territoires et de devenir la porte d’entrée maritime de la région. Le Mozambique a rapidement trouvé des partenaires financiers pour la rénovation des corridors de Beira et Nacala.

La Namibie a affirmé l’objectif de devenir le hub logistique de l’Afrique australe en modernisant le port de Walvis Bay et en développant un corridor routier régional jusqu’aux mines du sud de la République démocratique du Congo (RDC), le corridor Walvis Bay-Ndola-Lubumbashi.

De son côté, grâce à son partenariat avec la Chine, l’Angola a remis en service le corridor ferroviaire de Lobito de 2004 à 2014.

Extractivisme international versus intégration régionale

En Afrique australe, les développements portuaires, ferroviaires et routiers depuis 25 ans se chiffrent en milliards de dollars. Ces importants investissements ont abouti à la multiplication des corridors (8 actuellement) et d’autres sont à l’étude. Paradoxalement, cette multiplication est à la fois un succès et un échec.

Un succès car la connectivité interne et externe de la région a été améliorée, et un échec car les corridors n’ont pas eu les retombées escomptées. Alors qu’ils devaient former un système de transport intégré et complémentaire favorisant l’intégration économique régionale, les corridors régionaux d’Afrique australe ressemblent à une addition de projets nationaux concurrents.

Loin d’être un gage de leur complémentarité, la multiplication désordonnée des corridors accroît leur concurrence, qui est multidimensionnelle. En effet, celle-ci se manifeste :

  • au niveau géopolitique : concurrence entre le corridor de Lobito géré par des concessionnaires occidentaux et le corridor prochainement rénové de Tazara, qui sera géré par des concessionnaires chinois;

  • entre pays de la région : la Namibie, le Mozambique et l’Afrique du Sud, qui possède les deux plus importants ports de la région (Richards Bay et Durban), veulent tous être la porte d’entrée maritime de la région.

De même le prolongement du corridor de Lobito et la rénovation de la Tazara vont sérieusement concurrencer le corridor Durban-Lubumbashi. A l’intérieur d’un même pays : les corridors de Beira et de Nacala au Mozambique desservent tous les deux le bassin houiller de Moatize – et au sein d’un même corridor, la route peut concurrencer le rail.

Carte des corridors en Afrique australe (source : IFRI)
Fourni par l’auteur

Une coordination insuffisante

Les corridors régionaux nécessitent une forte coordination interétatique aussi bien pour leur conception que pour leur gestion. Or, l’objectif de la SADC (créer un système de transport régional intégré) n’a guère été suivi par ses États membres, qui ont presque tous investi dans des corridors de manière individuelle en escomptant d’importantes retombées économiques nationales.

Cette stratégie de maximisation nationale des corridors régionaux a eu pour contrepartie une coordination insuffisante entre les États. Les entités de gouvernance conjointe des corridors sont souvent plus virtuelles que réelles, le principal corridor de la région (Durban-Lubumbashi) n’en ayant même pas. De ce fait, l’harmonisation des procédures douanières et des politiques commerciales est très en retard par rapport aux infrastructures de transport.

Par ailleurs, la géopolitique des corridors régionaux peut être fluctuante. En effet, ces derniers combinent des intérêts étatiques et privés très divers, ils dépendent de plusieurs gouvernements et de plusieurs entreprises qui peuvent changer de postures politiques et de stratégies commerciales.

Reconstruit et géré par des entreprises chinoises, le corridor de Lobito a changé de concessionnaire en 2023. Le gouvernement angolais a octroyé sa gestion à un consortium occidental appuyé financièrement par les États-Unis et l’Union européenne. Le contrôle du corridor peut donc échapper aussi bien à ses constructeurs qu’à ses concessionnaires. De même, la réforme en cours du secteur du transport en Afrique du Sud est un pari politique risqué.

L’élan réformiste actuel peut être remis en cause par une nouvelle majorité politique moins pro-business.

La logique d’extraction minière

Enfin, encore plus qu’à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe sont essentiellement extractivistes. Leur développement repose sur le dynamisme du secteur minier, y compris du secteur charbonnier ! Ce n’est pas la croissance du marché de consommation en Afrique australe qui est le moteur économique du développement des corridors, mais bien les investissements substantiels dans les mines.

La plupart des corridors de la région sont des segments de chaînes de valeur mondialisées reliant les zones minières de l’Afrique australe aux centres de transformation industrielle situés sur d’autres continents. Les tentatives de stimuler le développement agricole dans les provinces rurales traversées par les corridors (Beira et Nacala) se sont soldés par des échecs.

La logique d’extraction minière qui prévaut en Afrique australe contredit les objectifs affichés de diversification économique, de développement local et d’aménagement territorial.

Une politique de corridorisation plus cohérente et plus efficace implique deux changements d’orientation :

  • les États d’Afrique australe devraient sortir de leur logique de compétition pour se coordonner davantage et miser sur des complémentarités économiques,

  • les États et entreprises devraient se focaliser davantage sur le “soft”, autrement dit sur l’harmonisation des procédures douanières et des politiques commerciales, car l’intégration économique n’est pas seulement une question de transport.

The Conversation

Thierry Vircoulon receives funding from the French Institute for International Affairs and is teaching at Sciences-Po Lille.

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Promesses électorales d’efficacité : la fracture numérique, un enjeu oublié

Source: The Conversation – in French – By Émilie Michaud, Candidate au doctorat sur mesure en inclusion numérique, action publique et médiations, Institut national de la recherche scientifique (INRS)

Au cours de la présente campagne électorale, le recours aux technologies est très souvent mis de l’avant comme solution presque magique pour améliorer les services et augmenter l’efficacité de l’État. Pourtant, dans les faits, les citoyens peinent de plus en plus à accéder en ligne aux services publics.


Parmi les promesses électorales rapidement énoncées après le déclenchement des élections, plusieurs concernent des enjeux liés à l’usage du numérique. Le Parti conservateur promet d’importantes économies, réalisées entre autres grâce à « une accélération majeure de la numérisation de l’État ». Le Parti québécois compte entre autres sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) pour « gagner en efficacité » et améliorer les services publics.

La promesse de couper dans la bureaucratie, notamment en accélérant la transition numérique, fait aussi partie du discours de la Coalition Avenir Québec, le parti du gouvernement sortant.

Le déclenchement de la campagne électorale a aussi coïncidé avec la sortie de l’enquête sur la fracture numérique NETendances. Or, les chiffres présentés sont directement en contradiction avec de telles promesses électorales. Pour commencer, quatre adultes sur dix mentionnent avoir besoin d’autrui pour utiliser les technologies numériques dans les tâches du quotidien. Ce qui inclut les services déjà en ligne.




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Comment l’accompagnement aux démarches en ligne peut-il contribuer à maintenir la relation entre l’État et le citoyen, dans un contexte de dématérialisation des services publics ? Dans quelle mesure aiderait-il à répondre aux inégalités sociales et numériques ? Tant dans ma recherche doctorale en inclusion numérique, action publique et médiations que dans le cadre de mon travail, mes projets ont comme dénominateur commun la communication entre l’État et le citoyen, autant du côté de l’émetteur que du destinataire.

La fracture numérique au Québec

Six adultes sur dix n’ont jamais entendu parler de la fracture numérique. Par fracture numérique, on entend les diverses inégalités qui peuvent exister entre les personnes quant à l’accès et l’utilisation de la technologie.

Elle est généralement représentée sur une échelle à trois niveaux. Au premier niveau, les inégalités sont d’ordre matériel : l’absence d’accès à un ordinateur, par exemple. Le deuxième niveau concerne les compétences, c’est-à-dire la capacité à se servir d’un ordinateur. Le troisième niveau, concerne les inégalités de bénéfices : ne pas vouloir utiliser les services en ligne, par exemple, revient à se priver de certains droits et de certains avantages économiques.

Des gens, incluant un malvoyant avec une canne blanche, manifestent devant un bureau
L’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain a manifesté le 29 juin 2026 contre les ratés de l’algorithme du projet UNIR, devant le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale à Québec, avec un robot baptisé « PUNIR ».
(Site web de l’ADDSQM)

D’ailleurs peu plus tôt cette année, dans une autre enquête NETendances, on apprenait que près de 30 % des personnes interrogées n’avaient pas interagi en ligne avec le gouvernement. Cela représente, en chiffres absolus, près de 2 millions de Québécois et Québécoises de 18 ans et plus. Et les personnes qui l’ont fait ont jugé ces interactions de moins en moins simples.

Les risques associés au virage numérique de l’administration publique font l’objet de plus en plus de recherche scientifique : augmentation du fardeau administratif, non-recours aux droits, perte de pouvoir d’agir.

Ratés, biais et inégalités

Les ratés des services en ligne, eux, ne sont pas passés inaperçus ces dernières années : la plateforme SAAQClic ; la plateforme UNIR pour l’aide sociale… Pour minimiser les effets négatifs de la numérisation des services, le Protecteur du citoyen a conçu un guide pour des services inclusifs. À cela s’ajoute le travail de sensibilisation des organismes communautaires, comme la campagne Traversons l’écran, élaborée par le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ), qui plaide depuis quelques années pour des services moins numériques et plus humains.

Quant à l’IA, son usage dans les services publics n’est pas sans conséquence, comme le résume le mémoire déposé en juillet 2026 par l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia).




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Entre autres, l’intelligence artificielle est biaisée, ce qui peut amplifier certaines inégalités. C’est notamment le cas avec l’algorithme implanté en mars 2025 l’aide sociale par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (le projet UNIR), dont les problèmes ont fait l’objet de reportages au printemps 2026.

Numériser sans exclure

La promesse électorale d’améliorer les services pour l’aide au numérique met de l’avant deux visions du monde : du côté de l’État, la volonté de simplifier les services et de réduire les coûts. Du côté de la population et des organismes qui la soutiennent, la volonté de ne laisser personne derrière, en s’assurant que tous et toutes obtiennent les services et accèdent à leurs droits.

Bien sûr, on ne songe pas à remettre en question l’aspect pratique des services en ligne, comme le montre entre autres cette revue de littérature de 2022. Le virage numérique ne devrait toutefois pas nous faire oublier les citoyens et les citoyennes qui ne peuvent ou ne veulent pas les utiliser. L’âge, le revenu, le niveau de scolarité et le lieu où l’on vit sont autant de facteurs susceptibles de nous rendre plus vulnérables aux inégalités numériques.

Pour bénéficier pleinement de la transformation numérique déjà amorcée, ces citoyens et citoyennes plus vulnérables ont besoin d’être accompagnés. La présence d’une tierce partie jouerait un rôle d’amplification des bénéfices en plus d’améliorer l’inclusion sociale et numérique. Il existe un domaine de recherche naissant, mais en pleine expansion, qui vise à comprendre le rôle de ces tierces parties.


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Augmentation des besoins d’accompagnement

Vers qui se tournent les citoyens et citoyennes du Québec lorsqu’ils rencontrent des enjeux pour utiliser les services en ligne ? Au-delà des cours d’initiation aux outils technologiques, peu d’initiatives existent en matière d’accompagnement à cet égard.

Jusqu’ici, la littérature suggère que ce sont des proches aidants, des travailleurs sociaux ou des bibliothécaires qui endossent ce rôle. Le problème est que cette aide est éparse et n’est pas organisée ou professionnalisée. Or, « [l]’augmentation des besoins d’accompagnement au numérique suppose la structuration de l’écosystème de l’inclusion numérique et la professionnalisation des métiers qui en découlent », comme le souligne ce rapport produit par l’INRS.

Ailleurs dans la francophonie, on peut compter sur des conseillers numériques ou des informaticiens publics.

Alors même que l’État québécois rappelle l’importance de replacer la population au centre de la transformation numérique, ce n’est pas l’accélération de la numérisation des services qui devrait être priorisée. Dans cette course électorale qui s’amorce, la vraie question devrait être : sommes-nous prêts à accepter l’exclusion d’une partie de la population, au nom du principe de l’efficience de l’État ?

La Conversation Canada

Émilie Michaud ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Promesses électorales d’efficacité : la fracture numérique, un enjeu oublié – https://theconversation.com/promesses-electorales-defficacite-la-fracture-numerique-un-enjeu-oublie-290481

Décadas después del 11 de septiembre, el polvo tóxico y el trastorno de estrés postraumático podrían estar acelerando el envejecimiento cerebral entre los socorristas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Roberto Lucchini, Professor of Occupational and Environmental Health Sciences, Florida International University

Las secuelas de los ataques al World Trade Center dejan una larga sombra sobre los sobrevivientes. Adam Gray/Getty Images

Cientos de socorristas me han dicho que recuerdan exactamente cómo se sintieron durante los ataques al World Trade Center, incluso 25 años después.

Me cuentan que recuerdan no haber podido pensar, ver ni oler nada. Solo podían concentrarse en cavar y retirar los escombros del camino. No podían descansar porque quienes estaban atrapados bajo los escombros no podían esperar. La muerte los rodeaba por todos lados, y lo único que podían hacer era dar lo mejor de sí para contenerla.

Aunque lo que ocurrió el 11 de septiembre no tuvo precedentes, tragedias similares ocurren con bastante frecuencia. Como médico especialista en salud ocupacional que trabaja con los socorristas del 11 de septiembre, Me resulta fácil imaginar que otros bomberos, paramédicos y trabajadores de la construcción que intentaban salvar vidas tras los mortíferos terremotos del verano de 2026 en Venezuela, Colombia e Indonesia o las desastrosas inundaciones en Nepal.

Es posible que estos socorristas también tengan que recuperar restos humanos de entre los escombros. Estos momentos de profundo dolor están rodeados de polvo, gases tóxicos y gritos de auxilio. Y este trauma pasa factura.

Vista aérea de los escombros del World Trade Center, con multitudes de equipos de primera respuesta que intentan rescatar y sacar a los sobrevivientes de entre los escombros
La destrucción del World Trade Center no tuvo precedentes, pero este tipo de desastres no son infrecuentes en todo el mundo.
Mario Tama/Getty Images

Ya se trate de desastres industriales o nucleares, fenómenos climáticos extremos, incendios forestales, erupciones volcánicas, guerras o ataques terroristas, los equipos de primera respuesta y las comunidades afectadas pueden sufrir efectos significativos en su salud física y mental tanto durante las operaciones de rescate y recuperación como durante los años posteriores. Todos son vulnerables a sufrir daños físicos y mentales, sin importar qué tan bien entrenados estén.

Las investigaciones de mi equipo sugieren que, entre estos riesgos, se encuentra el trastorno de estrés postraumático, que puede hacer que su cerebro envejezca más rápido.

El trastorno de estrés postraumático entre los socorristas

El trastorno de estrés postraumático, también conocido como TEPT, es un trastorno de salud mental complejo que puede desarrollarse después de vivir o presenciar un evento traumático. El trauma psicológico se refiere a los efectos emocionales duraderos de la exposición directa o indirecta a circunstancias que ponen en peligro la vida o a la violencia.

El TEPT puede manifestarse con recuerdos intrusivos, evitación, estado de alerta elevado, problemas para dormir y cambios en el estado de ánimo y el pensamiento. La ansiedad y la depresión suelen presentarse junto con el TEPT.

Alrededor del 23 % de los socorristas del World Trade Center han sido diagnosticados con TEPT. En comparación, se estima que alrededor del 6 % de la población general de EE. UU. ha padecido TEPT a lo largo de su vida.

Cuando hablo con los socorristas del 11 de septiembre, describen su TEPT y sus dificultades cognitivas como problemas interrelacionados que siguen afectando sus vidas hasta el día de hoy. Esos recuerdos traumáticos siguen siendo vívidos, y algunos socorristas continúan experimentando ansiedad, depresión, pensamientos intrusivos, problemas para dormir y dificultad para controlar sus emociones.

El trauma acelera el envejecimiento cerebral

A medida que envejecen, muchos de los socorristas del 11 de septiembre también han notado que su memoria, concentración y agudeza mental se deterioran. Cada vez les preocupa más perder su independencia. En lugar de presentarse como afecciones separadas, las enfermedades físicas, los cambios cognitivos y el malestar emocional a menudo se refuerzan entre sí.

En otro estudio, investigadores de mi equipo monitorearon la función cognitiva de más de 5,000 socorristas del World Trade Center sin demencia entre 2014 y 2022. A lo largo de aproximadamente cinco años, 228 desarrollaron demencia antes de los 65 años. Los socorristas con la exposición más grave al polvo y escombros potencialmente neurotóxicos en la zona cero presentaron una incidencia de demencia sustancialmente mayor que aquellos con exposición mínima o que utilizaron de manera constante equipo de protección personal, como respiradores. Esta relación se mantuvo después de controlar los factores demográficos, de estilo de vida, médicos y genéticos.

Antes de empezar a estudiar los efectos del 11 de septiembre en la salud, estaba investigando a trabajadores expuestos a metales neurotóxicos y contaminación industrial en el norte de Italia. Al conocer las toxinas dañinas presentes en el polvo del World Trade Center, comencé a preguntarme si los socorristas del 11 de septiembre podrían enfrentar riesgos similares a largo plazo para su cerebro. Esa preocupación se intensificó cuando las tomografías cerebrales de ambos grupos mostraron un aumento similar en los depósitos de una proteína relacionada con la enfermedad de Alzheimer y el deterioro cognitivo llamada beta-amiloide.

Persona que mira directamente a la cámara, con un casco de construcción adornado con varios parches, entre ellos uno con un grabado de las Torres Gemelas y la leyenda «NUNCA OLVIDEMOS»
CEl trabajador de la construcción James Nolan es uno de los socorristas del 11 de septiembre que enfermaron a causa del polvo tóxico y los escombros del World Trade Center.
AP Photo/David Goldman

Una investigación de mi equipo también reveló que los cerebros de los hombres que participaron en las labores de rescate del 11 de septiembre y que padecían TEPT presentaban resultados de resonancia magnética que indicaban cerebros de mayor edad en comparación con los que no padecían TEPT.

En ese estudio de 2025, medimos las estructuras cerebrales mediante resonancias magnéticas y un modelo de inteligencia artificial para estimar la edad cerebral de cada participante. El modelo de inteligencia artificial había sido entrenado para predecir la edad cronológica de una persona a partir de la estructura general de su cerebro, basándose en datos de más de 11 500 resonancias magnéticas cerebrales de personas sanas de entre 5 y 95 años. Utilizamos la diferencia entre la edad cerebral predicha de una persona y su edad real como medida del envejecimiento cerebral acelerado.

También observamos que los socorristas con TEPT tenían cerebros que parecían aproximadamente tres años más viejos que su edad cronológica. Por el contrario, la edad cerebral estimada de los socorristas sin TEPT coincidía aproximadamente con su edad cronológica real. Cada mes adicional que un socorrista pasó trabajando en la Zona Cero se asoció con aproximadamente cuatro a cinco meses adicionales de envejecimiento cerebral aparente, lo que sugiere que el tiempo de exposición al desastre desempeñó un papel clave en este proceso de envejecimiento.

Cuidado de los socorristas

Las experiencias de los socorristas demuestran que los efectos del 11 de septiembre siguen siendo un problema de salud actual. Estas consecuencias para la salud evolucionan a medida que las personas envejecen, y siguen requiriendo apoyo coordinado en los ámbitos mental, cognitivo, físico y social décadas después.

Cada aniversario del 11 de septiembre trae de vuelta recuerdos vívidos de la tragedia, junto con la misma inquietud, frustración y dolor de haber estado allí. Sin embargo, muchos de los que estuvieron en primera línea me han dicho que sienten orgullo y un sentido de pertenencia al saber que ayudaron a personas que lo necesitaban desesperadamente. Su servicio sigue siendo un ejemplo perdurable de solidaridad humana en un momento de crisis.

Honrar ese legado también significa proteger a quienes acuden en nuestro auxilio durante una emergencia. Creo que, como sociedad, los estadounidenses tienen la responsabilidad de salvaguardar, proteger y cuidar su salud a lo largo de toda su vida. Ellos estuvieron ahí para Estados Unidos en uno de sus momentos más oscuros; los estadounidenses deben estar ahí para ellos en los años venideros.

The Conversation

Roberto Lucchini recibe fondos para investigación de los NIH y el CDC/NIOSH.

ref. Décadas después del 11 de septiembre, el polvo tóxico y el trastorno de estrés postraumático podrían estar acelerando el envejecimiento cerebral entre los socorristas – https://theconversation.com/decadas-despues-del-11-de-septiembre-el-polvo-toxico-y-el-trastorno-de-estres-postraumatico-podrian-estar-acelerando-el-envejecimiento-cerebral-entre-los-socorristas-291747

¿Realmente ha resuelto OpenAI el “problema matemático del milenio” de Navier-Stokes?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Víctor Javier Llorente Lázaro, Profesor Ayudante Doctor en Matemática Aplicada, Universidad de Zaragoza

El “problema del milenio” está relacionado con la velocidad de fluidos llamados “incompresibles” (un _jet_, como el que muestra la imagen). Wikimedia commons, CC BY

El 8 de septiembre de 2026, la empresa OpenAI anunció en su cuenta de X una solución a las ecuaciones de Navier-Stokes, uno de los siete “problemas matemáticos del milenio”, cuya resolución sería premiada por el Clay Mathematics Institute con la suma de un millón de dólares.

Para lograrlo, OpenAI empleó alrededor de 10 000 agentes de IA trabajando en paralelo durante 88 horas.

El problema del flujo “incompresible”

¿En qué consiste este problema y qué posibles consecuencias arrojan los resultados?

Las ecuaciones de Navier-Stokes intentan responder con matemáticas a una pregunta cuya respuesta es mucho más compleja de lo que puede parecer: de qué manera se mueve un fluido –como el agua–, el humo de un cigarro, etc.

El físico francés Claude-Louis Marie Navier derivó las ecuaciones en 1822 y el matemático irlandés George Gabriel Stokes les dio su formulación definitiva en 1845. De ahí que el nombre del modelo lleve sus apellidos.

El “problema del milenio” está planteado respecto a las ecuaciones Navier-Stokes “incompresibles”, es decir, referidas a fluidos que tienen una densidad constante, tan cotidianos como el agua, la sangre que corre por nuestras venas o la leche. En estos fluidos, el movimiento no altera su densidad, y por eso se llama flujo incompresible. Por el contrario, en fluidos como el aire la densidad sí se ve alterada con el movimiento.

Pero existe la posibilidad teórica de que, con el tiempo, el fluido incompresible se concentre tanto en un solo punto que la velocidad o la presión se vuelvan infinitas. Explotaría. No es algo que veamos en la realidad, pero sí en los modelos matemáticos. Estos puntos de velocidad infinita o presión infinita los llamamos “singularidades”.

Si algo se vuelve infinito en el mundo real, la ecuación “se rompe” y deja de funcionar para predecir el futuro.

¿Cuál es el problema del milenio que se plantea?

Lo que hay que resolver es si las ecuaciones dan lugar en algún momento a esas singularidades que llevarían a que la velocidad o la presión del fluido incompresible fueran infinitos, y estallara. Es lo que se conoce como el problema de existencia y regularidad de Navier-Stokes.

Demostrar la regularidad establecería que las ecuaciones de Navier-Stokes incompresibles están matemáticamente bien planteadas cuando las variables del fluido (como su velocidad o presión) cambian de forma continua, gradual y sin saltos bruscos ni picos.

Nadie ha presentado una demostración que haya sido aceptada oficialmente por la comunidad científica mundial. ¿Hasta hoy?

Cómo ganar el premio

La resolución, y llevarse el millón de dólares, requiere probar una de cuatro afirmaciones contempladas en el modelo matemático. Son las que el problema del milenio llama “afirmaciones A, B, C y D”, que se resumen aquí:

  • El primer reto es demostrar la regularidad global, es decir, probar que, para cualquier condición inicial suave (sin picos ni explosiones), si la fuerza externa es cero, la solución matemática permanece suave para todo instante de tiempo (afirmaciones A y B).

  • El segundo desafío es construir un modelo que pueda funcionar en aquellos casos en las que tanto las condiciones iniciales del fluido como las fuerzas externas son suaves, pero se producen singularidades; por ejemplo, una velocidad infinita (afirmaciones C y D).

Dónde se ha llegado

En el artículo de 166 paginas presentado por OpenAI, aparecen “supuestamente” demostradas dos de las cuatro afirmaciones que requerían ser probadas (C y D).

Dejando a un lado las acusaciones de plagio que ha recibido OpenAI, y suponiendo que los resultados son aceptados por la comunidad científica, ¿qué consecuencias tendrían?

De momento no ha sido revisado por científicos externos (algo que exige cualquier trabajo científico) y una revisión de esta importancia suele tardar meses.

Aparentemente, la demostración presentada por OpenAI indica que fluidos forzados (aquellos a los que se les aplica una fuerza externa, como la gravedad actuando sobre el agua) pueden desarrollar singularidades, es decir, un punto donde las reglas se rompen porque algo se vuelve infinito. Si dicha demostración es válida, que lo parece, les dan el premio.

Sin embargo, el trabajo de OpenAI no ofrece solución si se trata de fluidos no forzados y tampoco ha probado la existencia y regularidad de las soluciones de Navier-Stokes sin la intervención de fuerzas externas. Es decir, aunque ha resuelto dos de las cuestiones, otras quedan aún abiertas. Aún así, a priori podemos decir que se han cumplido los criterios del “problema del milenio”.

Falta por saber qué ocurrirá con el millón de dólares que promete el Mathematics Institute.

Una advertencia matemática

Por otro lado, que una ecuación diferencial, como es el caso del modelo Navier-Stokes, desarrolle una singularidad en tiempo finito, es una señal de advertencia matemática: las hipótesis realizadas cuando se construyeron el modelo han alcanzado su límite, y el modelo no es capaz de representar la realidad física bajo dichas condiciones extremas.

El misticismo alrededor de las ecuaciones de Navier-Stokes es solo la punta del iceberg de una de las cuestiones abiertas en física: el problema de la turbulencia.

Aún a día de hoy, matemáticos, físicos e ingenieros difieren en lo que significa encontrar una solución: para los matemáticos, sería demostrar su existencia, unicidad y regularidad global. Para los físicos, sería deducir teóricamente las leyes estadísticas universales, el comportamiento anómalo y la intermitencia a pequeñas escalas. Para los ingenieros, sería buscar modelos turbulentos y métodos computacionales precisos para predecir flujos aerodinámicos, geofísicos e industriales en un tiempo razonable (horas o minutos).

El problema de la turbulencia no se resolverá con un único descubrimiento deslumbrante o una fórmula cerrada única, sino cuando se logren explicar y conectar satisfactoriamente diferentes subproblemas matemáticos (como la regularidad), físicos (como la intermitencia) e ingenieriles (por ejemplo, los modelos turbulentos). Hasta entonces, aún queda trabajo por delante.

The Conversation

Víctor Javier Llorente Lázaro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Realmente ha resuelto OpenAI el “problema matemático del milenio” de Navier-Stokes? – https://theconversation.com/realmente-ha-resuelto-openai-el-problema-matematico-del-milenio-de-navier-stokes-291596

¿Qué supondría para Europa la llegada al poder de la ultraderecha en Alemania?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Andrea Betti, Profesor Teoría de las Relaciones Internacionales, Universidad Pontificia Comillas, ICAI-ICADE, Universidad Pontificia Comillas

AfD celebrando su victoria el pasado domingo. RTVE

La victoria de Alternativa para Alemania (AfD) en las elecciones de Sajonia-Anhalt del pasado domingo supone un nuevo salto cualitativo para la derecha radical-populista alemana. Según los resultados, con el 43,8 % de los votos, AfD ha quedado muy por delante de la centroderecha de la CDU (la Unión Demócrata Cristiana), que obtuvo el 17,2 %, mientras que la centroizquierda del SPD (el Partido Socialdemócrata) se situó en el 9,3 %. AfD no dispone, sin embargo, de mayoría absoluta: cuenta con 39 de los 83 escaños del Parlamento regional.

El cordón sanitario puede romperse

El cordón sanitario (Brandmauer) mantenido por los principales partidos alemanes dificulta su acceso al gobierno, pero esta vez existe una novedad importante. El BSW de Sahra Wagenknecht, formación populista de izquierda soberanista, ha obtenido cinco escaños y cuestiona abiertamente el aislamiento de AfD.

Aunque el BSW no plantea por ahora una coalición formal, su disposición a romper el cordón sanitario podría abrir a AfD las puertas del gobierno regional: sus cinco diputados, sumados a los 39 de AfD, proporcionarían una mayoría absoluta de 44 escaños. El resultado adquiere además especial relevancia porque el 20 de septiembre se celebrarán elecciones en Berlín y Mecklemburgo-Pomerania Occidental.

Conviene, al mismo tiempo, no exagerar la trascendencia inmediata del resultado. Sajonia-Anhalt tiene poco más de dos millones de habitantes y un peso económico relativamente reducido dentro de Alemania. No es Baviera ni Renania del Norte-Westfalia, dos Länder (estados federales) cuya dimensión demográfica y económica les confiere una influencia muy superior.

Unas elecciones regionales en Sajonia-Anhalt no van a cambiar por sí solas la política exterior de Berlín. Sin embargo, sí plantean una pregunta que trasciende ampliamente las fronteras del Land: ¿qué significaría para Europa una Alemania en la que AfD llegase algún día al Gobierno federal?

Posible giro franco-alemán hacia la derecha extrema **(PONDRÍA radical-populista, en lugar de extrema) *

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Las consecuencias serían potencialmente profundas. Alemania es la mayor economía de la Unión Europea y uno de los Estados imprescindibles para cualquier avance significativo de la integración. AfD defiende una concepción mucho más soberanista de Europa, se opone al actual apoyo militar a Ucrania y mantiene posiciones considerablemente más favorables a Rusia que los principales partidos alemanes.

Una Alemania gobernada por AfD no necesitaría siquiera abandonar la Unión Europea para transformarla. Desde dentro, podría utilizar su enorme peso político y económico para debilitar progresivamente consensos, normas y políticas comunes construidas durante décadas.

La combinación con una eventual victoria de la derecha radical-populista en Francia multiplicaría este efecto. Y no se trata de un horizonte lejano: la primera vuelta de las próximas elecciones presidenciales francesas tendrá lugar el 18 de abril de 2027 y, de ser necesaria, la segunda el 2 de mayo.

Si las dos principales potencias de la UE estuvieran simultáneamente gobernadas por fuerzas nacionalistas y soberanistas, el problema dejaría de ser la presencia de partidos euroescépticos en algunos Estados miembros y afectaría al propio núcleo francoalemán alrededor del cual se ha construido buena parte del proceso de integración europea.

Alemania se está rearmando

Existe además una dimensión que merece especial atención: Alemania se está rearmando. Tras décadas de contención militar, Berlín está acometiendo una transformación extraordinaria de sus capacidades de defensa.

Su presupuesto ordinario de Defensa asciende en 2026 a unos 82 700 millones de euros, a los que se añaden 25 500 millones procedentes del fondo especial para la Bundeswehr. El objetivo gubernamental es alcanzar aproximadamente el 3,5 % del PIB en gasto militar en 2029. Para facilitar este esfuerzo, Alemania reformó en 2025 su Constitución, permitiendo financiar, al margen de las restricciones ordinarias del “freno de la deuda”, el gasto en defensa y otras partidas de seguridad que excedan el 1 % del PIB.

La Alemania que está construyendo estas capacidades sigue siendo europeísta y firmemente comprometida con la OTAN. Su rearme se concibe fundamentalmente como una respuesta a la amenaza rusa y como una contribución a la seguridad colectiva europea. Por ello, incluso países como Polonia, históricamente sensibles ante el poder militar alemán, respaldan hoy un fortalecimiento de las capacidades europeas de defensa frente a Rusia y una cooperación más estrecha con Berlín.




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Las tres áreas clave que Europa no debe pasar por alto si quiere mejorar su seguridad


Pero las capacidades militares sobreviven a los gobiernos que deciden crearlas. Los tanques, sistemas de defensa aérea, infraestructuras y recursos presupuestarios que Alemania está adquiriendo hoy seguirán existiendo bajo futuros gobiernos. ¿Cómo percibirían Polonia y otros vecinos una Alemania mucho más poderosa militarmente si estuviera gobernada algún día por una fuerza nacionalista, soberanista, crítica con la integración europea y favorable a una relación diferente con Rusia? La cuestión puede parecer hoy remota, pero el resultado de Sajonia-Anhalt obliga al menos a plantearla.

El efecto AfD en los partidos tradicionales

En cualquier caso, AfD no necesita conquistar la Cancillería para influir sobre la política internacional alemana. El crecimiento sostenido de una fuerza que cuestiona el apoyo a Ucrania, la inmigración, determinadas políticas europeas y algunos compromisos internacionales puede modificar los incentivos electorales de los partidos tradicionales. Su influencia empieza cuando los demás partidos consideran necesario adaptar sus propias posiciones para evitar perder más votantes. El poder político no consiste únicamente en gobernar: también consiste en alterar los límites de lo que los demás consideran electoralmente posible.

Esto no significa que los partidos democráticos alemanes deban abandonar el cordón sanitario. Que AfD pueda utilizar su aislamiento para presentarse como víctima del sistema no constituye por sí solo una razón suficiente para normalizarla políticamente. Pero el Brandmauer no puede convertirse en un sustituto de la política.

Los partidos centristas y europeístas de Alemania –y del resto de Europa– necesitan abandonar polarizaciones improductivas que pueden proporcionar ventajas electorales a corto plazo, pero que dificultan la construcción de respuestas duraderas. Frente al populismo, excluir del poder no basta: hacen falta ideas, reformas y resultados. Eso exige recuperar la lógica de los pactos de Estado entre fuerzas políticas diferentes pero comprometidas con unos consensos básicos, para ofrecer respuestas creíbles a cuestiones como el crecimiento económico, la inmigración o la seguridad.

De esos resultados depende también la política exterior. Una Alemania capaz de liderar Europa, mantenerse firme frente a Rusia y seguir siendo un socio fiable dentro de la OTAN necesita capital político doméstico para poder hacerlo. Reconstruirlo mediante acuerdos y resultados concretos es, por tanto, una de las principales tareas geopolíticas de los partidos europeístas alemanes. Y debería ser también la consecuencia más importante de lo ocurrido en Sajonia-Anhalt.

The Conversation

Andrea Betti no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué supondría para Europa la llegada al poder de la ultraderecha en Alemania? – https://theconversation.com/que-supondria-para-europa-la-llegada-al-poder-de-la-ultraderecha-en-alemania-291714

25 años del 11-S: cómo ha cambiado nuestra percepción del terrorismo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio García Magariño, Associate Professor, Sociology and Political Science, Universidad Pública de Navarra

Polvo y escombros en las inmediaciones de las Torres Gemelas. New York District Attorney,s office/Wikimedia Commons, CC BY

Una máxima de las ciencias sociales es que las percepciones que tienen las personas sobre la realidad, con independencia de lo ancladas que aquellas estén en los hechos, tienen consecuencias reales y alteran dicha realidad. Por ello, 25 años después de los dramáticos atentados de Al-Qaeda contra las Torres Gemelas, examinaremos en este artículo la evolución, por un lado, de la percepción social sobre el terrorismo en España, y por el otro, de la naturaleza de esa amenaza.

El miedo al yihadismo

La percepción de los ciudadanos acerca del terrorismo ha cambiado en los últimos 25 años en base a cuatro ejes: el tipo de terrorismo que preocupa; el grado de preocupación que supone; la conexión que tiene con la polarización, y la fuente de la que proviene.

El tipo de terrorismo que hoy inquieta es el yihadista, en primer lugar, y el de extrema derecha, en segundo lugar, aunque mucho más lejanamente. Este rasgo no es exclusivo de España, sino que es compartido en los países occidentales.

Sin embargo, en España existe una particularidad muy importante: el terrorismo que seguía preocupando principalmente tras los atentados del 11-S era el de ETA. Tras su disolución, esta inquietud se ha ido disipando y la preocupación por la amenaza yihadista ha escalado hasta la primera posición.

Además, los estudios que se han realizado sobre el nivel de conocimiento del terrorismo de ETA de las nuevas generaciones indican que este es prácticamente inexistente.

El grado de preocupación también ha cambiado. Las encuestas del CIS ofrecen una perspectiva clara del patrón. Hasta 2005, el terrorismo era una de las principales inquietudes de los españoles, alcanzando cerca del 80 %. ETA era la principal preocupación. Pero, tras los atentados yihadistas en Madrid el 11-M de 2004, que dejaron 192 muertos y 1 856 heridos, el yihadismo también se veía como una amenaza.

A partir de entonces, y con la sola excepción de un pico de preocupación excepcional tras los atentados yihadistas de Cambrils (Tarragona) y de Barcelona en 2017, que dejaron 16 muertos y más de 120 heridos, el terrorismo ha dejado de preocupar a los españoles. Actualmente, menos del 2 % considera lo considera una de los problemas importantes del país.

El peligro de la extrema derecha

En Europa, en general, y en España, en particular, la polarización y el terrorismo se consideraban dos fenómenos inconexos, a pesar de que en Estados Unidos se percibieran como emparentados. Esta perspectiva también ha cambiado. En los últimos años, en Europa y en España se ha comenzado a pensar que puede haber un eslabón que los une, especialmente en lo relativo al terrorismo de extrema derecha y a la polarización ideológica y de los afectos. A mayor distancia emocional entre grupos ideológicos, menos sensibilidad de unos hacia otros, más deshumanización y más posibilidad de captar personas resentidas que puedan emprender acciones violentas con fines políticos.

La percepción sobre la fuente de la que proviene el terrorismo y de los colectivos más susceptibles de ser captados y convertidos en terroristas ha variado. Al inicio del siglo XXI, los vascos y, más en particular, los nacionalistas vascos, eran percibidos como la fuente medular del terrorismo en España. ETA se nutría de ellos y la amenaza, por tanto, era interna.

Hoy, los migrantes del norte de África, los menores no acompañados y los musulmanes son los colectivos más estigmatizados, percibidos, además, como vulnerables ante los agentes de radicalización violenta.

La fuente, por tanto, es exterior. Los grupos más movilizados en ambos polos del espectro ideológico, aunque poco representativos, también perciben a las personas de ultraderecha (si se encuentran en el extremo izquierdo) o a las vinculadas al socialismo más militante (si encuentran en el polo derecho) como potenciales terroristas; o, al menos, como filoterroristas.

La pregunta lógica que se desprende de este análisis es la siguiente: ¿hasta qué punto se corresponden estas percepciones con la realidad?

Naturaleza de la amenaza

España y la Unión Europea, desde el 2015, tienen un sistema que evalúa el potencial de atentados terroristas basado en una escala de cinco niveles, siendo el primer nivel “riesgo bajo” y el quinto “riesgo muy alto”. Desde su creación, España se ha mantenido en el Nivel de Alerta Antiterrorista (NAA) 4: “riesgo alto”. Además, en momentos puntuales, como tras los atentados de 2017, la alerta ascendió a “Nivel 4 reforzado”.

Es importante tener en cuenta que el quinto nivel implica la presencia del ejército en las calles. Antes de 2015, la escala que usaban las fuerzas y cuerpos de seguridad del Estado era diferente, pero siempre se mantuvo en niveles bastante altos.

Los expertos creen que la amenaza terrorista está más cerca de España que nunca, aunque la población y los representantes políticos la subestimen. Esta apreciación se fundamenta en el hecho de que la presencia de grupos yihadistas en el norte de África ha crecido considerablemente.

Aquí radica una de las claves de por qué España y Europa se han mostrado tibios en la respuesta ante actitudes y comportamientos de Marruecos que pueden interpretarse como desleales: es un aliado esencial en la lucha antiterrorista y la contención geográfica de terroristas.

El tipo de amenaza real también ha cambiado. Durante la primera década del siglo XXI, ETA era la principal amenaza, aunque el terrorismo yihadista de corte internacional ya había ocupado un espacio propio. Actualmente, el terrorismo yihadista, tal como se ha indicado, constituye la principal amenaza.

Los servicios de inteligencia de España y Europa también alertan acerca del riesgo de atentados terroristas de extrema derecha, ya que existen ciertos grupos operando en Europa. El peligro, no obstante, es notablemente menor. Por último, dichos análisis también mencionan la operación de ciertos grupos ecologistas extremos que pueden haber estado planeando acciones reivindicativas violentas.

En cuanto a la procedencia del riesgo, los estudios indican que en España ha pasado de ser eminentemente interna (nacional), en tiempos de ETA, a ser externa, en lo que concierne al terrorismo yihadista. Sin embargo, este último está comenzando a ser un fenómeno endógeno, ya que el lugar y procedencia de quienes se radicalizan actualmente es mayoritariamente es España.

Menos terrorismo, pero más letal

Finalmente, cabe mencionar una paradoja en lo que respecta al terrorismo global: mientras que los índices reconocidos muestran una caída drástica del terrorismo en el mundo, en Occidente se ha producido un gran incremento en su grado de letalidad. Además, el Sahel, no tan lejos de Europa ni de España, se ha consolidado como el epicentro del terrorismo global.

Lo expuesto muestra que, aunque la percepción ciudadana de la amenaza que constituye el terrorismo ha cambiado y se ha reducido hasta casi desaparecer, esta percepción no se corresponde con la realidad. Los hechos son tozudos: el terrorismo en el mundo ha caído, pero en Europa es más letal que antes y el epicentro del terrorismo global, localizado en el norte de África, se sitúa cada vez más cerca del sur de España y, por lo tanto, de la Unión Europea.

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Sergio García Magariño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. 25 años del 11-S: cómo ha cambiado nuestra percepción del terrorismo – https://theconversation.com/25-anos-del-11-s-como-ha-cambiado-nuestra-percepcion-del-terrorismo-291436

De fumar en la cabina al control biométrico: así ha cambiado la seguridad en los aviones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pere Suau-Sanchez, Catedrático de Gestión del Transporte Aéreo, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

A mediados de los años noventa, cuando aún era un chavalín, volé desde Barcelona al aeropuerto de Londres-Heathrow sentado en la cabina de mando de un avión de Iberia. El comandante, que estaba en la puerta dando la bienvenida al pasaje, me invitó a pasar. Dentro estaba el copiloto, que me recibió ofreciéndome un cigarrillo, que rechacé. Hice todo el vuelo sentado en el transportín de la cabina de mando y solo salí para comer.

Aquel viaje me marcó para siempre, y probablemente explica a qué dedico mi investigación hoy. Pero en 2026 es también un relato imposible. Por el tabaco y porque hoy en día nadie ajeno a la tripulación cruza la puerta de la cabina de mando, que está blindada y su acceso está reglado.

La seguridad aérea ha evolucionado y se ha endurecido, como reacción a eventos dramáticos que son historia de la aviación.

Antes de 2001, secuestros y los primeros filtros

Existe la creencia de que la seguridad en los aeropuertos nació el 11 de septiembre de 2001, con los atentados de las Torres Gemelas de Nueva York. No hay nada más alejado de la realidad.

En los años sesenta y principios de los setenta, ante la ausencia de controles de seguridad en los aeropuertos se produjo una oleada de secuestros de aviones por parte de grupos terroristas. Como resultado, las máquinas de rayos X para equipaje de mano y los arcos detectores de metales para personas se convirtieron en requisito obligatorio a partir de 1973 en Estados Unidos. Más tarde, y después de la tragedia de Lockerbie (1988) cuando una maleta facturada explotó en la bodega del vuelo 103 de Pan Am, se impuso la conciliación de equipajes, es decir, las maletas no volaban si el pasajero no embarcaba.

Así, las medidas de seguridad hasta ese momento fueron implementándose para dar respuesta a una amenaza que se centraba en los secuestros y en controlar la entrada de objetos peligrosos. En los secuestros, el avión era básicamente un vehículo de negociación y el enfoque de tripulaciones y pasajeros era la cooperación pasiva y la no confrontación para avanzar con la negociación durante el secuestro.

Las consecuencias del 11-S para la seguridad aérea

Los ataques a las Torres Gemelas del 11 de septiembre de 2001 orientaron la seguridad aérea hacia nuevos aspectos.

En primer lugar, la puerta de la cabina de mando se blindó y pasó a estar gobernada por un protocolo de apertura. Por otro lado, el principio de cooperación aplicada hasta entonces en los secuestros dejó de ser el principal enfoque de la tripulación de cabina. El uso de la fuerza militar con aviones de combate ha pasado a ser una práctica más común.

En segundo lugar, dos meses después de los atentados, el gobierno federal de Estados Unidos asumió el control de la seguridad de los aeropuertos con la creación de la Administración de Seguridad en el Transporte (TSA, por sus siglas en inglés). En Europa se respondió con el Reglamento (CE) 2320/2002, que estableció la obligación de realizar inspecciones de seguridad a todos los pasajeros y equipaje de la bodega, así como reguló el acceso a las zonas restringidas de seguridad de los aeropuertos.

El principal objetivo era, por primera vez, armonizar las normas de seguridad básicas.

Después de 2001, más capas de seguridad

Aunque el 11-S significó cambios regulatorios estructurales, el enfoque reactivo de la seguridad aérea ha seguido manteniéndose. Cada nuevo intento de atentado ha comportado una nueva capa de seguridad. De esta manera, empezamos a sacarnos los zapatos en el control de seguridad después de que, en diciembre de 2001, Richard Reid subiera en París a un vuelo de American Airlines con una mezcla de explosivos en la suela hueca de sus zapatos.

Más tarde, en 2006, después de frustrarse otro intento de atentado aéreo, este en Reino Unido con explosivos líquidos, nació la regla de los botes con una capacidad máxima de 100 ml guardados en bolsas transparentes en el equipaje de mano.

Con todos estos cambios, en 2008 se decidió renovar el reglamento europeo de 2002 y sustituirlo con el Reglamento (CE) 300/2008, para modernizarlo y cubrir de forma más precisa varios aspectos de la seguridad en vuelo y los controles en tierra.

Poco después, en 2009, hubo otro intento de atentado aéreo. Los explosivos iban ocultos en la ropa interior del terrorista, en un vuelo de Northwest Airlines entre Ámsterdam y Detroit. Tras el incidente, se inició el despliegue de los escáneres corporales, comenzando en 2010 en Estados Unidos, coordinado por la TSA, y en 2011 en Europa, mediante el Reglamento (UE) 1141/2011.

Ahora: seguridad preventiva y reducir la fricción

En los últimos años el enfoque ha pasado de reactivo a preventivo. Desde 2016, se requiere información anticipada de los pasajeros para construir un registro de nombres y una lista de exclusión. Por otro lado, desde abril de este año está en funcionamiento el Sistema de Entradas y Salidas (EES) que requiere un registro biométrico de los pasajeros que entren en el espacio Schengen. Además, en un futuro próximo también será necesario enviar un formulario digital, el ETIAS (similar al ESTA de EE. UU.), antes del viaje.

Otro aspecto que está cambiando es que se comienza a reconocer que las múltiples medidas de seguridad que se han ido tomando generan molestias a los pasajeros. Además, ante el creciente número de viajeros aéreos, se hace necesario reducir la fricción (cualquier obstáculo o retraso que interrumpa, ralentice o empeore la experiencia del viajero) y los tiempos de procesamiento (la duración de cada uno de los trámites y controles que deben realizar los pasajeros). De esta manera, por primera vez en unas cuantas décadas, con los escáneres de tomografía computarizada de los equipajes de mano se retira una medida de seguridad aérea. Estos escáneres permiten detectar explosivos líquidos por lo que ya no se hace necesario sacar botellas ni ordenadores del equipaje de mano. Aunque el despliegue está siendo lento, cada vez más aeropuertos ofrecen este avance para la experiencia del pasajero.

El futuro que dibuja la industria es un viaje seguro y con menores fricciones. Esto permite absorber más pasajeros y también tenerlos más contentos, lo que se traduce en más ventas en las tiendas del aeropuerto una vez cruzado el control de seguridad.

Satisfechos pero vigilados

Sin embargo, menos fricción no significa menos seguridad o que no se puedan producir otros incidentes. Por un lado, la reducción de las fricciones en la experiencia del pasajero conllevará mayor uso de los datos personales y de la identidad biométrica. Compartir más información, incluso antes de llegar al aeropuerto, puede garantizar al pasajero tener puertas francas, pero representa un importantes reto desde el punto de vista de la privacidad.

Por otro lado, existen muchos otros tipos de ataques al sector aéreo, como los ataques con drones de 2018 al aeropuerto de Londres-Gatwick, o el más reciente, este verano, en el aeropuerto de Leipzig, en Alemania. Por no hablar de los ciberataques a grandes aeropuertos.

Aquel copiloto que me ofreció un cigarrillo en una cabina de mando pertenece a un mundo impensable ahora y que ya no volverá. Pero el actual, con seguridad anticipada, automatizada e invisible, también requiere de debates sobre cuánto saben de mí el sistema y las empresas, y quién audita todo el proceso.

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Pere Suau-Sanchez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De fumar en la cabina al control biométrico: así ha cambiado la seguridad en los aviones – https://theconversation.com/de-fumar-en-la-cabina-al-control-biometrico-asi-ha-cambiado-la-seguridad-en-los-aviones-291495

Sabor, salud, conexión social, creatividad… En busca de la receta de la felicidad gastronómica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sofía Blanco Moreno, Profesor ayudante doctor, Área de Comercialización e Investigación de Mercados, Universidad de León

Barra de un bar de San Sebastián (España). MikeDotta/Shutterstock

Comer es mucho más que alimentarse. El sabor, los aromas, la presentación de un plato, la compañía o incluso la historia que hay detrás de una receta pueden transformar una comida cotidiana en una experiencia memorable. ¿Podemos entonces hablar de una “gastronomía de la felicidad”? Y, en caso afirmativo, ¿podemos utilizarla para diseñar nuevas experiencias gastronómicas y turísticas?

Pocas actividades cotidianas movilizan tantos sentidos, recuerdos y emociones como comer. Un determinado aroma puede devolvernos a la cocina de nuestra infancia; un plato compartido puede convertirse en el centro de una celebración; y una receta tradicional puede conectarnos con la historia y la identidad de un territorio.

Por eso, cuando elegimos un restaurante ya no valoramos únicamente si la comida es buena o si el precio es adecuado. También importan la presentación del plato, el ambiente, el trato recibido, la originalidad de la propuesta y, cada vez más, cuestiones como el origen de los ingredientes, la sostenibilidad o su relación con unos hábitos de vida saludables.

Esta transformación ha abierto la puerta a un concepto todavía emergente, al que ya hemos hecho referencia al principio de este artículo: la gastronomía de la felicidad.

La felicidad no es un ingrediente

Hablar de gastronomía de la felicidad no significa que exista un alimento capaz de hacernos felices automáticamente. La relación entre alimentación y bienestar es bastante más compleja. Algunos nutrientes intervienen en procesos fisiológicos relacionados con el funcionamiento cerebral. El triptófano, por ejemplo, es un aminoácido esencial necesario para la síntesis de serotonina. También se estudia el papel de los patrones dietéticos, la microbiota intestinal y otros mecanismos en la relación entre alimentación y salud mental.

Pero reducir la felicidad que experimentamos al comer a una reacción química sería olvidar buena parte de lo que ocurre alrededor de la mesa.

Comemos con todos los sentidos. La investigación ha mostrado que elementos visuales como el color, la forma o la presentación pueden influir en nuestra percepción del sabor, aunque los efectos dependen del contexto. Y comer es, además, un acto social. Las personas que comen acompañadas con mayor frecuencia muestran, en diversos estudios observacionales, mayores niveles de satisfacción vital y vinculación.

Por tanto, un plato feliz no tendría por qué ser simplemente aquel que incorpora determinados ingredientes, sino aquel capaz de integrar nutrición, placer, creatividad, experiencia, sostenibilidad y conexión social.

Esta es precisamente la idea que inspira la gastronomía de la felicidad: aplicar los principios del happiness management (gestión de la felicidad) al ámbito de la restauración para pensar el bienestar como parte de la propuesta de valor gastronómica.

¿Cómo sabemos si un plato es feliz?

Aquí aparece un problema: la felicidad es fácil de mencionar, pero bastante más difícil de medir. Por ello, existe un marco conceptual que intenta traducir esta idea en elementos evaluables: el Índice de Alimentos Felices (IAF). Se trata de un modelo registrado como propiedad intelectual que se basa en tres grandes dimensiones:.

  • Valor intrínseco del plato: se pregunta por el propio plato: ¿tiene una composición nutricional adecuada?, ¿resulta visualmente atractivo?, ¿es creativo?

  • Valor empresarial: ¿existe una relación razonable entre precio y valor?, ¿el plato encaja con la identidad del establecimiento?, ¿su elaboración y presentación aportan algo diferencial?

  • Valor social y de bienestar: ¿utiliza productos de proximidad o temporada?, ¿incorpora prácticas responsables?, ¿es coherente con unos hábitos alimentarios saludables?

El modelo integra ocho indicadores y otorga mayor peso a las características intrínsecas del plato.

La cuestión relevante no es, por tanto, encontrar el ingrediente secreto de la felicidad. Es preguntarse qué combinación de elementos puede hacer que una experiencia gastronómica contribuya al bienestar de quien la disfruta y, al mismo tiempo, genere valor para el restaurante y su entorno.

Por ahora, este índice es una propuesta conceptual y no una escala empíricamente validada. Precisamente, su siguiente reto será comprobarlo en restaurantes reales, incorporar la percepción de consumidores y profesionales y determinar si sus indicadores y ponderaciones funcionan como esperamos.

Del concepto a las calles: la “Ruta de la Tapa Feliz”

Pero ¿cómo trasladamos todas estas ideas a algo que cualquier persona pueda experimentar?

Una posible respuesta es la “Ruta de la Tapa Feliz”, una iniciativa de la Red Universitaria de la Felicidad, que convierte un itinerario gastronómico en algo más que un concurso para elegir la tapa más sabrosa. Actualmente participan en esta red 30 investigadores doctores de 20 universidades de 8 países diferentes (Brasil, Colombia, Costa Rica, Ecuador, El Salvador, España, Reino Unido y México).

La iniciativa plantea implicar a establecimientos hosteleros, administraciones públicas, profesionales del sector, investigadores y ciudadanía. Los restaurantes diseñarían sus propias tapas incorporando creatividad, calidad, productos locales y elementos vinculados al bienestar, mientras los participantes recorrerían los establecimientos y valorarían las propuestas.

Así, además del sabor, pueden entrar en juego la calidad de los ingredientes, la presentación, la presencia de productos locales o la calidad del servicio. La propuesta contempla que la evaluación combine la valoración de un comité científico-profesional y la de las personas participantes en la ruta.

Pero hay otro elemento especialmente interesante: medir la experiencia. La ruta prevé recoger información sobre el bienestar percibido de quienes participan, e incluso sobre la experiencia de los trabajadores implicados en la elaboración y el servicio de las tapas. Esto permitiría transformar una actividad promocional en un pequeño laboratorio ciudadano de gastronomía, emociones y bienestar.

Una ruta gastronómica también puede construir destino

Una iniciativa así no tendría únicamente implicaciones para los restaurantes.
Las rutas gastronómicas llevan a las personas a recorrer una localidad, descubrir nuevos establecimientos, probar productos locales y asociar sabores con lugares concretos. Por eso, también pueden convertirse en herramientas de promoción territorial.

En este caso, la propuesta persigue dinamizar la economía local, reforzar la colaboración entre restauradores, administraciones y ciudadanía, visibilizar la gastronomía del territorio e identificar el destino con experiencias positivas y de bienestar.

Y aquí quizá aparece la dimensión más interesante de la gastronomía de la felicidad: pasar de preguntarnos si una comida nos hace felices a preguntarnos cómo diseñar ecosistemas gastronómicos que generen bienestar.

Eso significa pensar en el consumidor, pero también en quien cocina y sirve. De hecho, la investigación en happiness management aplicada a la gastronomía ha mostrado que factores organizativos como el apoyo recibido o la calidad de las relaciones laborales también son relevantes para el bienestar de los chefs.

Entonces, ¿existe realmente la tapa feliz?

Todavía no podemos establecer científicamente una receta universal de la felicidad gastronómica. Probablemente nunca exista: aquello que para una persona evoca bienestar puede dejar indiferente a otra.

Y quizá ahí esté precisamente lo interesante. La felicidad gastronómica no está escondida en un ingrediente. Puede encontrarse en la combinación de un plato bien elaborado, una presentación atractiva, una historia que contar, productos vinculados al territorio, un servicio agradable y, sobre todo, una experiencia que merece ser recordada.

Una tapa no puede prometer hacernos felices. Pero sí puede intentar crear las condiciones para que disfrutemos un poco más.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Sabor, salud, conexión social, creatividad… En busca de la receta de la felicidad gastronómica – https://theconversation.com/sabor-salud-conexion-social-creatividad-en-busca-de-la-receta-de-la-felicidad-gastronomica-290127

Medir la desigualdad sin contar la pobreza distorsiona el retrato de la realidad económica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Xavier Perafita Basart, Profesor, Universitat de Girona

SORN340 Studio/Shutterstock

¿Cómo se mide la desigualdad económica de un país o de una ciudad? La herramienta más utilizada a nivel mundial es el índice de Gini, un indicador que resume en una sola cifra cómo se distribuye la renta entre la población. Sin embargo, dos territorios pueden tener el mismo índice de Gini y afrontar realidades sociales muy distintas. Incorporar la tasa de pobreza en el cálculo del índice puede aportar una visión más completa de la desigualdad territorial.

Cómo se calcula el índice de Gini

El cálculo del índice de Gini parte de una idea sencilla: si toda la población tuviera exactamente los mismos ingresos estaríamos ante una situación de igualdad perfecta. Esa situación ideal puede representarse como una línea recta. Sin embargo, en la realidad, la distribución de la renta se desvía de esa línea: algunas personas concentran una parte mayor de los ingresos y otras una parte menor.

El índice de Gini mide, precisamente, cuánto se aleja esa distribución real (que conocemos como la curva de Lorenz) de la igualdad perfecta. El resultado se expresa entre 0 y 1 (aunque también 0 a 100): cuanto más alto es el valor, mayor es la desigualdad. Un valor de 0 significaría que todos disponen de la misma renta. Un valor de 1 (o 100), que una sola persona concentra toda la renta.

En azul claro, la figura formada por la línea diagonal representa una situación de igualdad perfecta (toda la población con los mismos ingresos). En azul, la curva de Lorenz que muestra cómo se distribuye realmente la renta. Cuanto mayor es el área entre ambas líneas (A), mayor es la desigualdad y, por tanto, más elevado es el índice de Gini.
Elaboración propia, CC BY

El índice de Gini permite a los gobiernos, los organismos internacionales y los medios de comunicación comparar la desigualdad en países y regiones. España, por ejemplo, presenta un índice relativamente elevado dentro de Europa: 31,2 en 2024.

El problema de medir la desigualdad con una sola cifra

El índice de Gini tiene una gran ventaja: es sencillo de calcular e interpretar. Sin embargo, esta capacidad de síntesis es también una de sus principales limitaciones.

Vamos a explicarlo. Imaginemos dos regiones con un índice de Gini prácticamente idéntico. A simple vista, podríamos pensar que ambas presentan niveles similares de desigualdad. Sin embargo, la realidad puede ser muy distinta: en una de ellas una parte importante de la población puede vivir en situación de pobreza, mientras que en la otra la mayoría de los residentes puede que disponga de ingresos relativamente elevados. Aunque ambas compartan un valor de Gini similar, sus necesidades sociales, y las prioridades de las políticas públicas, serían muy diferentes.

Esta limitación resulta especialmente relevante cuando analizamos la desigualdad a escala municipal. Los municipios pequeños suelen presentar estimaciones más inestables: unos pocos hogares con rentas extremas pueden alterar mucho el resultado.

Se trata de un problema estadístico bien conocido, ya que en áreas pequeñas el índice es especialmente sensible a valores extremos y pequeñas variaciones en la distribución de la renta. De hecho, esta fue una de las motivaciones de nuestro trabajo. Al analizar el índice de Gini a escala municipal observamos un patrón inesperado: municipios con mayor renta aparecían sistemáticamente como más desiguales que municipios de renta mucho más baja.

Incorporar la tasa de pobreza cambia el mapa

Para superar esta limitación, planteamos una adaptación del índice de Gini que incorpora la pobreza local en su cálculo, el índice de Gini normalizado. De este modo, en lugar de interpretar la desigualdad de cada municipio de forma aislada, la relacionamos con una referencia común para toda España.

Concretamente, utilizamos la proporción de población que vive por debajo del umbral de pobreza y analizamos si el nivel de desigualdad observado es superior o inferior al que cabría esperar dado ese contexto. En otras palabras, no evaluamos los municipios de forma aislada, sino en relación con un contexto socioeconómico común para toda España.

Para mejorar la precisión de las estimaciones, especialmente en municipios pequeños donde los resultados suelen ser más inestables, utilizamos modelos estadísticos que combinan datos georreferenciados con información previa y distribuciones de probabilidad para aprovechar también la información disponible de municipios cercanos (modelos bayesianos espaciales).

Aplicamos este método a 8 043 municipios españoles utilizando datos del Atlas de Distribución de la Renta de los Hogares del Instituto Nacional de Estadística (INE) correspondientes a 2022. Con el índice de Gini original, el mapa de España aparece relativamente homogéneo con diferencias entre municipios, pero sin un patrón territorial claro. Con el índice normalizado, en cambio, surge un patrón mucho más definido: Andalucía, Extremadura y Murcia muestran niveles de desigualdad más altos de lo esperado para su nivel de pobreza, mientras que Cataluña, País Vasco, Madrid y Baleares presentan niveles más bajos de lo esperado.

Es decir, algunas regiones que aparentemente parecían muy desiguales dejan de serlo cuando se tiene en cuenta su estructura socioeconómica, mientras que otras emergen como territorios especialmente vulnerables.

Distribución geográfica en España del índice de Gini: original (A) y normalizado (B) en 2022.
Elaboración propia, CC BY

En general, el índice original identifica las grandes ciudades como las zonas más desiguales, pero, al ajustar por pobreza, el patrón se invierte: los municipios rurales y de baja densidad presentan una desigualdad relativamente mayor que la de las grandes ciudades. Los valores para los municipios analizados pueden consultarse en la web del proyecto.

Qué implica esto para las políticas públicas

La principal ventaja de este método es que no requiere datos difíciles de obtener. Se basa en dos indicadores ampliamente disponibles: el índice de Gini y la tasa de pobreza. Esto facilita su aplicación en otros países y a diferentes escalas territoriales, desde barrios y provincias hasta comunidades autónomas o comparaciones internacionales.

La desigualdad no depende únicamente de cómo se distribuyen los ingresos, sino también del contexto económico en el que esa distribución se produce. Incorporar la pobreza a su medición permite identificar territorios que pasan desapercibidos con los indicadores tradicionales, y ofrece una imagen más completa de las diferencias sociales existentes entre municipios. Este análisis más completo de la desigualdad relativa puede apoyar políticas redistributivas, la planificación de servicios públicos o el diseño de estrategias frente a la despoblación.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Medir la desigualdad sin contar la pobreza distorsiona el retrato de la realidad económica – https://theconversation.com/medir-la-desigualdad-sin-contar-la-pobreza-distorsiona-el-retrato-de-la-realidad-economica-286535

La conservación en tiempos del cambio climático: cuando las especies invasoras pueden ser beneficiosas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Olvido Perea García, Profesor Distinguido especializado en investigaciones de Biología y Psicología Evolutiva, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

La ilustración _Indio que recoge la Cochinilla con una colita de Venado_ (1777), de José Antonio de Alzate y Ramírez, documenta la extracción de cochinilla de la chumbera por parte de indígenas para la producción colonial de carmín. José Antonio de Alzate y Ramírez /Newberry Library, Vault Ayer MS 1031

Que una especie invasora desaparezca de un ecosistema debería entenderse como una
victoria para la conservación. Al fin y al cabo, su eliminación implica la supervivencia de otras. Pero ¿y si existieran especies locales que llevan décadas, y hasta siglos, aprovechando las funciones que esa invasora desempeña?

Este es el dilema que plantean las chumberas, conocidas como tuneras en Canarias y como nopales en gran parte de América.

Llegadas de ese continente hace siglos, hoy figuran en el Catálogo Español de Especies Exóticas Invasoras y, sin embargo, algunas poblaciones han terminado formando parte de nuestros paisajes, ecosistemas, economía y cultura, como visibiliza la obra del pintor Manuel García Jiménez.

Cuatro pinturas de Manuel García Jiménez que muestran paisajes rurales con chumberas
Las chumberas son un motivo recurrente en la obra de Manuel García Jiménez, ‘el campesino’, reflejo de su arraigo en el paisaje cultural de La Axarquía malagueña.
Manuel García Jiménez/Perea-García y Medina-Lorenzo (2026), CC BY-NC-ND

Su llegada de América

El género de suculentas Opuntia llegó a territorios españoles pronto en la historia del contacto europeo con América. Durante siglos proporcionaron alimento y forraje, sirvieron como barrera natural y sostuvieron la industria del carmín (un codiciado tinte) al albergar a la cochinilla Dactylopius coccus, especialmente en Canarias. En Andalucía y Murcia, los chumbos permanecieron como alimento popular y las chumberas pasaron a formar parte de la identidad del paisaje.

Pero si son invasoras, ¿no habría que eliminarlas?




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Se nos adelantó la cochinilla

Las chumberas ya han casi desaparecido de la España peninsular. Otra especie de cochinilla diferente a la que se usa para extraer carmín, D. opuntiae, se introdujo en Murcia en 2007 y en pocos años sus poblaciones se desplomaron por gran parte de la Península. Esto se debe a que D. opuntiae, a diferencia de la cochinilla de la que se extrae el carmín, termina matando los matorrales de las chumberas.

Una chumbera con parches blancos de _D. opuntiae_
Las chumberas afectadas por D. opuntiae se marchitan, cubiertas por parches de seda, antes de desaparecer por completo.
Mariano Ropero

La reacción local distó de ser celebratoria. Durante años, la prensa recogió pérdidas económicas entre familias que dependían de las chumberas y desprendimientos donde ayudaban a estabilizar el suelo. ¿Por qué la pérdida de una planta invasora no supuso necesariamente una mejoría? Esta pregunta obliga a pensar más allá de nuestras ideas más simples acerca de la conservación.

Una invasora puede competir con plantas autóctonas, alterar relaciones entre flora y fauna y perjudicar a especies endémicas con poblaciones pequeñas. En estos casos, controlar Opuntia puede ser la mejor opción. Pero sus efectos difieren considerablemente entre poblaciones.

Extirpar una especie perjudica a otras

La flora y fauna no entienden de nacionalidades, sino que se relacionan con otras especies según las funciones que desempeñan. En Nueva Tabarca, Alicante, varios escarabajos tenebriónidos encuentran alimento y refugio bajo Opuntia. Uno de ellos, Asida ricoi cobosi, solo fue encontrado en zonas cubiertas de esta chumbera. Los investigadores que lo detectaron advirtieron que eliminar estas plantas podría perjudicar a estas poblaciones de escarabajos y afectar posteriormente a la red trófica.

Un caso todavía más claro aparece en Sicilia. En plantaciones abandonadas de Opuntia ficus-indica, se ha documentado una regeneración natural de especies leñosas mediterráneas considerablemente mayor que en olivares abandonados o terrenos abiertos. En zonas amenazadas por la desertificación, las chumberas podrían así facilitar la recuperación de la vegetación.

En Canarias, un estudio mostró que las semillas de tunos seguían pudiendo germinar tras pasar por el aparato digestivo del lagarto tizón, endémico de Canarias, mientras que las de la cebolla almorrana menor, también endémica de las islas, podían verse perjudicadas. Esta interacción podría favorecer la expansión de las chumberas a costa de la hortaliza.

En un trabajo recientemente publicado en Discover Ecology nuestro equipo propuso, precisamente, evaluar cómo cada población afecta a la red de interacciones entre animales, plantas, terreno y personas. Sin embargo, la clasificación uniforme como “invasora” dificulta que esa evaluación se traduzca en una gestión igualmente flexible.




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Beneficios de las chumberas en zonas áridas degradadas

Restaurar un ecosistema suele implicar tomar como referencia un estado anterior a su degradación. Si pudiéramos eliminar las Opuntia y restaurar comunidades autóctonas capaces de desempeñar las mismas funciones, el problema sería relativamente sencillo. Pero retirar una especie no garantiza recuperar aquello que había antes.

Con la aridificación debida al cambio climático y la actividad humana, algunas comunidades vegetales usadas como referencia para la restauración pueden resultar cada vez más difíciles de mantener. La paradoja resulta especialmente visible en lugares como la Axarquía malagueña. La comarca es uno de los principales polos europeos de producción de aguacate y mango. Y entre los años 2019 y 2024 sufrió una crisis hídrica extrema.

Mientras las chumberas han padecido un fuerte declive, la comarca ha apostado por cultivos mucho más exigentes en agua, como el aguacate, justo cuando la escasez hídrica exige usos del suelo resistentes a la sequía.

En esas condiciones, algunas chumberas pueden mantener cobertura vegetal, reducir la erosión y proporcionar biomasa con una demanda hídrica reducida. Y brindan todo ello mientras proveen beneficios económicos importantes. Por ejemplo, la demanda del carmín de la cochinilla sigue en auge, y se espera que suba aún más tras la prohibición de la Administración de Alimentos y Fármacos de EE. UU. de usar colorantes rojos sintéticos.

Además, regiones como la Axarquía no representan un paisaje prístino. Los paisajes mediterráneos del sur y sureste peninsular llevan milenios moldeados por la actividad humana, mucho antes de que las chumberas llegaran a Europa. Es posible que estas plantas estén realizando funciones que otras plantas no podrían cumplir en estos paisajes ya degradados.

Por eso, el ejemplo de las chumberas nos enseña que, quizás, haya llegado el momento de aceptar que no podemos volver al origen, y tampoco sea lo que debamos hacer. En el mundo que nos queda, en constante cambio, quienes nos invadieron pueden convertirse en las mejores aliadas.

The Conversation

Juan Olvido Perea García es Profesor Distinguido en la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria gracias a fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

ref. La conservación en tiempos del cambio climático: cuando las especies invasoras pueden ser beneficiosas – https://theconversation.com/la-conservacion-en-tiempos-del-cambio-climatico-cuando-las-especies-invasoras-pueden-ser-beneficiosas-288784