Quelle forme de leadership privilégier pour restaurer la confiance entre le sommet et la base (de la société ou de l’entreprise) ?

Source: The Conversation – in French – By Jorge Jacob, Professor of Behavioral Sciences, IÉSEG School of Management

Comment susciter la confiance ? Sur quels leviers appuyer pour la faire naître et convaincre ? La culture française assimile souvent cet état d’esprit à un don naturel, à des qualités propres aux individus, quel que soit le contexte. Une étude montre pourtant qu’inspirer confiance dépend largement de l’environnement et, notamment, de la manière dont les individus dirigés perçoivent leurs dirigeants. Cela est vrai pour la vie des entreprises, mais aussi en politique.


La confiance envers les dirigeants est en baisse en France. Selon le baromètre de la confiance politique du Cevipof (Sciences Po), 78 % des Français déclarent ne pas avoir confiance en la politique en 2026 – un niveau historiquement bas, bien supérieur à l’Allemagne (55 %), à l’Italie (60 %) ou au Royaume-Uni (56 %). Il est à noter que 89 % des sondés estiment avoir besoin d’être mieux pris en considération par les responsables politiques. Face à ce constat, les prescriptions habituelles ne manquent pas : plus de transparence, plus d’authenticité, plus d’éthique. Mais elles supposent qu’un même comportement produit le même effet, quel que soit le dirigeant ou la dirigeante, et quel que soit le regard posé sur lui ou elle.

Une recherche que j’ai publiée en 2024 dans le Journal of Applied Psychology, avec la docteure Urszula Lagowska, de Neoma Business School (France), et avec des collègues de la Fondation Getulio-Vargas (FGV, Brésil) et de l’Université de Washington (États-Unis) dans un autre contexte, remet en question cette hypothèse.

La confiance n’est pas une propriété du dirigeant ou de la dirigeante. C’est le résultat d’une relation, et cette relation commence par la perception de qui est cette personne, et à quel groupe elle appartient.

Éthique ou authentique ? La distinction qui change tout

Une grande partie des commentateurs politiques et des managers confondent deux styles de leadership pourtant bien distincts ou les traitent comme des synonymes. Or, leadership éthique et authentique ne sont pas synonymes.

Le leadership éthique est tourné vers l’extérieur. Un leadeur ou une leadeuse éthique démontre des comportements normativement et socialement reconnus comme corrects, s’appuie sur des normes collectives, établit des règles claires de conduite, les applique de façon visible et cohérente, sanctionne les manquements et récompense la conformité. Il ou elle informe activement ses collaborateurs et collaboratrices de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. C’est le leadership des institutions, des codes de conduite, de la redevabilité publique, de l’impartialité affichée.




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Le leadership authentique, en revanche, est tourné vers l’intérieur. Un leadeur ou une leadeure authentique agit à partir de valeurs profondément personnelles, s’exprime avec transparence sur ses forces et ses faiblesses, traite l’information de façon équilibrée et prend des décisions guidées par sa conscience individuelle. Ce que la littérature scientifique désigne communément comme sa « boussole interne », même lorsque cela contredit les attentes extérieures. C’est le leadership de la cohérence personnelle, de la vulnérabilité assumée, de l’identité exposée.

Deux sources différentes

Les deux styles ont des vertus réelles, aussi bien pour les dirigeants politiques qu’entrepreneuriaux, et sont documentés par la recherche. Tous deux mettent l’accent sur l’intégrité comportementale et sur le souci du bien-être de ceux et celles qui les suivent.

Mais ils diffèrent fondamentalement dans la source de leurs principes. Là où le leadership éthique cherche à aligner le comportement sur des normes collectives reconnues pour être perçues comme normativement appropriées, le leadership authentique s’appuie sur la propre boussole morale interne du dirigeant ou de la dirigeante, indépendamment du regard extérieur.

C’est précisément pourquoi ces deux styles ne produisent pas les mêmes effets sur la confiance. Cet effet dépend d’un facteur que l’on oublie presque toujours de prendre en compte.

Comme nous ou différents ?

Notre recherche montre que le même comportement de leadership produit des effets opposés selon la façon dont le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu par ses interlocuteurs : est-il ou est-elle l’un des nôtres, ou l’un d’eux ?

Être perçu comme « l’un des nôtres », ce que la littérature en psychologie sociale appelle l’appartenance à l’ingroup, signifie être catégorisé comme faisant partie du même groupe social que l’observateur ou l’observatrice : partager des caractéristiques perçues comme pertinentes dans le contexte (par exemple, l’origine sociale, la profession, le genre), mais aussi être associé à des normes, des intérêts et une identité collective jugés communs. Autrement dit, être inclus dans la catégorie « nous », qui structure spontanément les perceptions sociales.

À l’inverse, être perçu comme appartenant à un outgroup signifie être catégorisé comme extérieur à ce groupe de référence. Cette distinction ingroup / outgroup est fondamentale en psychologie sociale, car elle influence fortement les jugements, la confiance accordée, l’empathie et même l’interprétation de comportements identiques, selon la catégorie à laquelle la personne est associée.

Lorsque le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu comme appartenant à l’outgroup de ses interlocuteurs, le leadership éthique est plus efficace pour construire la confiance. Il offre ce dont les observateurs ont le plus besoin dans cette situation : de la prévisibilité. Des normes claires, appliquées de manière égale à tous et à toutes, dissipent l’incertitude sur la façon dont cette personne, psychologiquement perçue comme plus distante qu’un membre de l’ingroup, va les traiter. La règle remplace la relation.

Un défaut d’interprétation

Dans ce même contexte, Le leadership authentique peut au contraire fragiliser la confiance. Un dirigeant ou une dirigeante qui invoque sa boussole interne et ses valeurs personnelles, lorsqu’il, ou elle, est perçu comme appartenant à un autre univers social, peut être interprété comme imprévisible, comme quelqu’un dont les valeurs personnelles tiennent moins compte des réalités de l’autre.

La situation s’inverse lorsque le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu comme appartenant au même groupe. Dans ce cas, l’authenticité devient plus efficace. L’observateur ou l’observatrice part d’une attente favorable. Ce qu’il ou elle cherche n’est plus une garantie institutionnelle, mais un modèle : quelqu’un qui lui ressemble et qui lui montre qu’il est possible d’être fidèle à soi-même tout en réussissant.

Les dirigeants et dirigeantes français, politiques, hauts fonctionnaires, grands patrons et grandes patronnes, sont perçus, par une fraction croissante de la population, comme appartenant à un groupe éloigné du leur. Formés dans les mêmes grandes écoles, circulant dans les mêmes réseaux, habitant les mêmes arrondissements de Paris. Ce n’est pas nécessairement une réalité objective, mais c’est une perception structurante. L’ancienne École nationale d’administration (ENA) est devenue, dans le débat public français, un symbole des dirigeants perçus comme déconnectés du terrain et socialement éloignés d’une partie de la population.

Quand l’authenticité rate sa cible

Or, face à cette perception de distance, l’une des réponses les plus fréquentes consiste précisément à miser sur l’authenticité. De nombreux dirigeants et dirigeantes cherchent alors à raconter leur histoire personnelle, à mettre en avant leurs convictions profondes, leurs expériences de vie ou leur « vérité intérieure ». Pourtant, mes recherches, même si elles ont été réalisées dans un autre contexte et auprès d’autres groupes sociaux, peuvent peut-être offrir une première piste d’interprétation intéressante pour comprendre certaines réactions observées dans le cas français.

Fnege Media, 2024.

Nous montrons que lorsque le leadeur ou la leadeure est perçu comme appartenant à un groupe social distant de celui des observateurs (outgroup), un discours centré sur la boussole morale interne et l’expérience personnelle peut parfois être perçu comme moins rassurant qu’un discours reposant sur des normes collectives explicites et des règles communes. Un tel discours, fortement centré sur les convictions personnelles ou le parcours individuel, pouvait, dans certains cas, sembler plus difficile à anticiper ou à interpréter pour des personnes percevant déjà une forte distance sociale avec leur dirigeant ou dirigeante.

Une piste d’explication

Ce qui semble mieux fonctionner dans ce type de situation, lorsque la distance sociale est fortement perçue, ce n’est pas nécessairement la mise en avant de l’histoire personnelle ou de la « vérité intérieure », mais plutôt des signaux plus collectifs : affirmer clairement les règles communes, montrer qu’elles s’appliquent à tous et à toutes de manière cohérente et rendre visibles les mécanismes de redevabilité. Ce n’est probablement pas le registre le plus charismatique ni le plus émotionnel, mais il est possible qu’il soit perçu comme plus rassurant par une partie des citoyens et des citoyennes lorsque la confiance est fragilisée.

Pour un responsable politique ou un dirigeant d’entreprise, il peut être utile de considérer un élément probablement fondamental : la manière dont il, ou elle, est perçu par celles et ceux à qui il ou elle s’adresse. En France, où 67 % des citoyens et des citoyennes accordent leur confiance préférentiellement à « quelqu’un comme eux » plutôt qu’à des experts ou à des décideurs institutionnels, la question de l’appartenance perçue n’est pas secondaire. Elle pourrait constituer l’un des mécanismes contribuant à ce phénomène.

The Conversation

Jorge Jacob ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quelle forme de leadership privilégier pour restaurer la confiance entre le sommet et la base (de la société ou de l’entreprise) ? – https://theconversation.com/quelle-forme-de-leadership-privilegier-pour-restaurer-la-confiance-entre-le-sommet-et-la-base-de-la-societe-ou-de-lentreprise-262732

Transporte ferroviario en España: ¿más frecuencias o más velocidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Gutiérrez Hita, Profesor titular de Universidad. Economía industrial (transporte, energía, telecomunicaciones), Universidad Miguel Hernández

Estación de Plasencia (Cáceres). m.e.s.t.o.c.k/Shutterstock

España ha construido la segunda red de alta velocidad más extensa del mundo, después de China, que une rápidamente centros neurálgicos como Madrid y Barcelona, pero que no resuelve las necesidades de transporte entre localidades medianas por la falta de servicios de media distancia.

Hace unos días estuve en Suiza y lo que más me impresionó –aparte de su maravilloso paisaje– fue la posibilidad de moverme en tren –inclusive entre pequeñas localidades– de una forma sencilla y rápida por su red regional de alta frecuencia. Mientras que el país helvético se decanta por la alta conectividad y un fácil transbordo, en España prima la velocidad entre grandes ciudades.

¿Debería priorizarse la movilidad antes que la inmediatez?

Más velocidad pero menos cobertura regional

Décadas atrás, España tuvo una tupida red de ferrocarril que, aunque poco eficiente, conectaba ciudades y pueblos. El abandono de la red convencional y la falta de inversión han llevado a la disminución de frecuencia de los trenes regionales y la degradación de estaciones e infraestructuras. Muchas de esas líneas clausuradas podrían ser social y económicamente eficientes con los estándares tecnológicos disponibles en la actualidad.

En muchos casos, las nuevas infraestructuras viarias discurren casi al lado de las vías convencionales, con su peculiar ancho ibérico (1 668 mm frente a los 1 435 del ancho estándar). El resultado es que el coste de oportunidad, en términos económicos y sociales, se dispara: han de mantenerse dos vías ferroviarias y, además, el mantenimiento de un kilómetro de alta velocidad es mayor que el del ferrocarril convencional. Así se drenan recursos que podrían ampliar la malla de la infraestructura tradicional y mejorar las comunicaciones utilizando trenes de media distancia.

El cierre de líneas y estaciones de los años 80

El 1 de enero de 1985, por acuerdo del Consejo de Ministros, se produjo la eliminación masiva de todas las líneas ferroviarias que no cubrían el 23 % de sus costes de explotación.

Se desmantelaron casi mil kilómetros de vía convencional y aparecieron las estaciones fantasma: apeaderos facultativos (a solicitud del usuario) o estaciones con un tráfico casi nulo, sobreviviendo sin personal ni actividad humana o económica. Por otra parte, el cierre de líneas propició la aparición de más de 3 300 kilómetros de Vías Verdes, para caminantes o ciclistas, y muchas estaciones se transformaron en albergues o museos.

La España vaciada del ferrocarril

La capilaridad de la red ferroviaria se define como la capacidad del sistema para extenderse desde las líneas principales hacia puntos más específicos y diversos del territorio. En Suiza, el sistema funciona con un horario cadenciado: un tren pasa las mismas veces y en el mismo momento cada hora (por ejemplo, a y 15 y a y 45) y se diseñan los transbordos para no dejar tirados a los usuarios.

En cambio, en España se suprimieron las paradas en los pueblos pequeños para no disminuir la velocidad de los trenes directos, rompiendo la malla de posibles transbordos fuera de núcleos urbanos grandes o medianos. Además, los horarios no planificados para conectar con el resto de la red dificultan la posibilidad de conexión. Esto obliga a utilizar el coche, aumentando la brecha de carbono y la despoblación rural.

La falta de capilaridad es especialmente sangrante en el interior peninsular. El caso del nudo ferroviario de Alcázar de San Juan (Ciudad Real), actualmente sin apenas uso y que podría haber articulado gran parte del tráfico sur-suroeste de la Península, así como el desmantelamiento de la línea de Cuenca (Aranjuez-Utiel) o tramos en Castilla y León y Extremadura, son ejemplos donde al ferrocarril se le niega su función de vertebración social a través de los servicios de media distancia y larga distancia en favor de la alta velocidad.

La racionalización de la red

Aunque el gasto total en mantenimiento anual de la red de alta velocidad supera los 110 000 euros por kilómetro, la liberalización de este mercado ha multiplicado el número de trenes en circulación, acelerando el desgaste de la infraestructura y exigiendo ciclos de mantenimiento más intensos.

No obstante, tanto los accidentes de Adamuz (Córdoba) y Gelida (Barcelona) como las paradas frecuentes en los recorridos en tren han puesto de manifiesto el déficit en el mantenimiento de las infraestructuras ferroviarias; minando, además, la confianza de los usuarios .

Obligación de servicio público

Desde 2020 se están produciendo la potenciación de la velocidad alta (hasta 250 kilómetros por hora) y la recuperación de la red convencional y los servicios de media distancia. Esto obedece a la aplicación de la obligación de servicio público (OSP): allá donde el mercado no ofrece frecuencias o precios adecuados, la normativa hace que el Estado deba garantizar la movilidad y la cohesión territorial mediante la subvención de rutas de transporte.

La inversión en red convencional ha alcanzado niveles comparables a la alta velocidad, creciendo en 2023 un 70 % respecto al año anterior. Este movimiento obedece a la creciente presión ciudadana y mediática.

La media distancia: un servicio estratégico para la movilidad

Aunque la media distancia evoluciona de manera similar a la larga distancia, ha experimentado una disminución en la red convencional, mientras que los servicios Avant (media distancia sobre infraestructuras de alta velocidad) han crecido exponencialmente desde su incursión en 2004. Al compartir los trenes de media distancia convencional las vías con mercancías y cercanías, se limita su disponibilidad efectiva. La inversión en capacidad y mejora de la red existente es necesaria.

En la década de 1990, la media distancia realizaba anualmente entre 20 y 25 millones de kilómetros en una malla puramente regional. Desde comienzos de siglo, la oferta se ha ido incrementando hasta alcanzar los 45 millones en 2025. Sin embargo, la frecuencia entre localidades medianas ha disminuido.

Vertebración del territorio

Para reforzar la conectividad, la Comisión Europea presentó un paquete legislativo el 13 de mayo de 2026 para obligar a los operadores ferroviarios con una cuota de mercado de más del 50 % a incluir en sus plataformas digitales billetes de otros operadores ferroviarios europeos. El plan busca vertebrar las comunicaciones por tren en el territorio de la UE y optimizar recursos, en línea con la agenda 2030 de descarbonización.

El reto de la próxima década no es poner más kilómetros de vías a 300 kilómetros por hora sino lograr que la infraestructura ferroviaria dibuje una red de conectividad efectiva a los tres niveles: larga distancia, media distancia y cercanías, favoreciendo la comunicación ciudadana y el transporte de mercancías.

The Conversation

Carlos Gutiérrez Hita recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (PID2022-137211NB-I00) y de la Conselleria de Educación, Cultura, Universidades y Empleo de la Generalitat Valenciana (CIPROM/2024/34).

ref. Transporte ferroviario en España: ¿más frecuencias o más velocidad? – https://theconversation.com/transporte-ferroviario-en-espana-mas-frecuencias-o-mas-velocidad-281714

La factura ecológica de las plantaciones forestales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Ojeda Copete, Catedrático de Botánica, Universidad de Cádiz

Paisaje homogéneo de pino resinero en sierra Bermeja (Málaga). Agosto de 2022, once meses después de un incendio. Fernando Ojeda

¿Puede un paisaje sin árboles ser un ecosistema funcional y saludable? La respuesta es un rotundo sí. Con más de 650 000 hectáreas afectadas, los catastróficos megaincendios de 2025 en el oeste de la península ibérica nos obligan a reconsiderar la gestión del medio natural. La evidencia científica demuestra que la forestación de brezales y matorrales mediterráneos con pinos o eucaliptos no solo destruye la biodiversidad, erosiona el suelo y amplifica el estrés hídrico, sino que genera auténticos polvorines: paisajes homogéneos mucho más inflamables y menos resilientes.

Lejos de ser víctimas pasivas, muchos ecosistemas mediterráneos han sido moldeados por el fuego a lo largo de su historia evolutiva. No solo toleran los incendios, sino que dependen de ellos. Son paisajes inflamables y pirófilos (literalmente, amantes del fuego) que, aunque resulte paradójico, sufrirían una grave crisis de biodiversidad si el fuego se erradicase por completo.

El ejemplo más paradigmático en la península ibérica es el brezal mediterráneo o herriza, un subtipo singular del brezal seco europeo que tapiza las laderas altas y crestas de las sierras silíceas de la mitad occidental ibérica, desde Galicia y Asturias al estrecho de Gibraltar. Se trata de un matorral denso dominado por brezos, jaras y aulagas, especies inflamables y pirófilas, y caracterizado por la práctica ausencia de árboles.




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Dos fotos que muestran herriza en un paisaje montañoso
Arriba: herriza en sierra de la Azoreira (entre Orense y Zamora). Abajo: herriza en sierra de Ojén (Tarifa, Cádiz).
Fernando Ojeda

El mito del monte degradado

A pesar de albergar una elevada diversidad de flora y fauna, la herriza se consideró históricamente un hábitat degradado por su falta de árboles y con una baja productividad debido a la escasa fertilidad de sus suelos. Por ello, desde mediados del siglo XX, estos brezales se consideraron paisajes idóneos para ser “restaurados” mediante forestaciones masivas.

El Patrimonio Forestal del Estado –organismo dependiente del entonces Ministerio de Agricultura de la dictadura franquista– los transformó extensivamente con plantaciones de pino y eucalipto. Para las coníferas, se optó mayoritariamente por el pino negral, Pinus pinaster, también conocido como pino resinero, una especie nativa del oeste de la cuenca mediterránea. Este mismo patrón se repitió de forma paralela en Portugal, por parte de la entonces Direcção-Geral dos Recursos Florestais.




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El pino resinero: ¿restauración o rentabilidad?

La elección prioritaria de este árbol no fue casual. Pesó mucho su condición de especie nativa, lo que otorgaba una sensación de restauración natural al establecimiento de plantaciones forestales. Es cierto que existen formaciones naturales de Pinus pinaster en las sierras silíceas de la península ibérica y norte de África, pero son casi siempre rodales aislados en crestas rocosas sobre suelo escaso a más de 1 000 metros de altitud.

Dichos rodales están catalogados hoy como bosques relictos y hábitats de interés comunitario por la Unión Europea. Sin embargo, a pesar de que también se aducía una razón protectora frente a la erosión edáfica y la colmatación de los embalses, el argumento definitivo para la forestación de brezales “improductivos” y bosques exiguos fue el económico. El pino resinero prometía una jugosa rentabilidad a corto plazo gracias a la producción masiva de madera y resina.




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La quimera de la reforestación protectora

Lo que las autoridades forestales de la época, tanto en España como en Portugal, no previeron es que su empeño por transformar esos brezales “improductivos” acabaría pasando una elevada factura ecológica. Hoy en día, frente a quienes defienden el supuesto éxito de aquellas plantaciones en la restauración del paisaje o en la mitigación del cambio climático, la evidencia científica apunta a lo contrario.

Varios estudios cuestionan su papel protector frente a la erosión del suelo y la pérdida de agua, al tiempo que alertan de cómo comprometen la biodiversidad original. Respecto a la mitigación climática, la trampa es evidente: la mayor parte del carbono en pinares se acumula en la biomasa aérea (troncos y copas) y no bajo tierra. Al ser árboles tan inflamables por su resina, son susceptibles de arder, por lo que su capacidad de retención de carbono a medio o largo plazo es muy limitada.

Además, la forestación incrementa drásticamente la biomasa inflamable del paisaje. Esto, sumado a las condiciones meteorológicas extremas del cambio climático, explica la catastrófica severidad y extensión de los megaincendios que ya estamos padeciendo.




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El verdadero drama de este modelo forestal se desencadena con el fuego. Cuando esos densos pinares arden, la enorme acumulación de biomasa genera incendios de una severidad inusitada que, literalmente, calcinan el suelo. El calor extremo destruye los bancos de semillas, los órganos de regeneración (como raíces, rizomas y cepas) y la microbiota edáfica, comprometiendo la regeneración natural y la resiliencia del ecosistema original previo a la forestación.

Una especie autóctona que se comporta como invasora

Pero el impacto no termina cuando se apagan las llamas. Lejos de retroceder, el pino resinero aprovecha el escenario posincendio para protagonizar una germinación masiva de plántulas. Esto le permite no solo perpetuarse en la plantación quemada, sino también invadir ecosistemas colindantes de brezal o bosque.

Décadas de selección artificial e ingeniería forestal –enfocadas en buscar árboles de rápido crecimiento y alta producción– han terminado por “domesticar” a la especie, potenciando sus rasgos más colonizadores. El resultado es una paradoja ecológica alarmante: la invasión biológica de hábitats naturales perpetrada por una especie autóctona cuyo estatus ecológico hemos alterado mediante selección artificial.

Un bosque de pinos en un paisaje montañoso
Bosque de pinos resineros (Pinus pinaster) en la garganta de la Yedra, Ávila.
19migmas63/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Pirodiversidad: por qué el fuego no siempre es el enemigo

En resumen, ecosistemas como la herriza poseen la capacidad innata de regenerarse por sí mismos tras el fuego. Es el concepto ecológico de resiliencia. Este proceso, por supuesto, requiere tiempo: tardarán unos 10-15 años en recuperar su estado anterior al incendio.

¿Por qué tener prisa? A menudo se insiste en restaurar de inmediato el paisaje quemado para proteger la flora y la fauna, olvidando que muchas especies necesitan precisamente esos primeros años posincendio para vivir. En ecología manejamos el concepto de “pirodiversidad”: un paisaje en mosaico con zonas de distintas edades tras el último incendio y que albergan diferentes especies asociadas. Es decir, la pirodiversidad genera biodiversidad.




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Por otro lado, conviene recordar que los bosques naturales de Pinus pinaster poseen un alto valor ecológico; el problema no son ellos, sino las plantaciones artificiales contemporáneas. El abandono de estos monocultivos, sumado al cambio climático, los ha transformado en masas homogéneas cargadas de biomasa combustible y propensas a incendios de alta severidad.

Paisaje montañoso que muestra herriza en las crestas, alcornocales en las laderas y quejigar en el fondo del valle
Mosaico paisajístico del valle del río de la Miel (Algeciras, Cádiz). Herriza en las crestas, alcornocales en las laderas y quejigar en el fondo del valle. Algeciras y Gibraltar al fondo.
Fernando Ojeda

Para revertir esta situación y recuperar la biodiversidad, las plantaciones recientemente quemadas ofrecen una oportunidad estratégica de restauración. Es crucial frenar la expansión espontánea de estas plantaciones mediante una gestión activa y silvicultura ecológica. Asimismo, urge un cambio en la educación ambiental que desmonte la visión “bosquecéntrica” que impera en la sociedad.

Los matorrales y brezales no son “monte sucio” ni etapas de la vegetación degradadas, sino valiosos reservorios de biodiversidad que no deben forestarse artificialmente, y donde el fuego actúa como un elemento natural indispensable para su estructura y funcionalidad.

The Conversation

Fernando Ojeda Copete recibe fondos de la Agencia Española de Investigación (Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades) en convocatorias competitivas de proyectos de investigación.

ref. La factura ecológica de las plantaciones forestales – https://theconversation.com/la-factura-ecologica-de-las-plantaciones-forestales-283327

Cuando llega el calor, los ojos también lo notan

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Antonio Matamoros, Investigador posdoctoral, Universidad Complutense de Madrid

Tatiana Foxy/Shutterstock

Imagine una tarde típica de verano durante una ola de calor. El termómetro roza los 40 °C, el aire es denso y, tras pasar unas horas en la calle o frente a la pantalla bajo el flujo del aire acondicionado, nota una molesta sensación de arenilla en los ojos. Parpadea con fuerza, pero la molestia persiste y, de repente, se da cuenta de que las señales de tráfico o la pantalla del móvil se ven ligeramente borrosos.

Aunque solemos asociar los peligros del verano con la piel o la deshidratación general, la realidad es que nuestros ojos son uno de los órganos más expuestos y sensibles a las oscilaciones térmicas. ¿Hasta qué punto puede el calor extremo comprometer nuestra función visual?

El ojo, un oasis biológico sensible a la temperatura

Para funcionar correctamente, el ojo necesita mantener un equilibrio fisiológico y, sobre todo, una hidratación constante.

La parte más externa del órgano visual, la córnea, no tiene vasos sanguíneos; se nutre y se oxigena principalmente a través de la película lagrimal. Esta película es una estructura sofisticada compuesta por tres capas:

  • Capa mucosa (interna): permite que la lágrima se pegue a la superficie del ojo.

  • Capa acuosa (intermedia): nutre e hidrata la córnea.

  • Capa lipídica (externa): está compuesta de grasa y evita que el agua se evapore rápido.

Existe una relación directa entre la hidratación de nuestro cuerpo y la calidad de esa superficie ocular. Cuando la temperatura ambiental se dispara, el cuerpo prioriza la sudoración para enfriarse, lo que puede provocar una deshidratación sistémica si no reponemos líquidos. Y si el organismo está deshidratado, la producción de lágrima disminuye, dejando al ojo desprotegido ante el entorno.

¿Por qué vemos peor con el calor?

La pérdida de nitidez visual en los días calurosos rara vez se debe a un daño estructural interno inmediato; responde, por lo general, a la evaporación acelerada de la lágrima.

A temperaturas elevadas, la capa lipídica de la lágrima se vuelve inestable y el componente acuoso se evapora a una velocidad muy superior a la habitual. Al romperse esta barrera protectora, la superficie de la córnea se vuelve irregular. Dado que la lágrima funciona como la primera “lente” que atraviesa la luz al entrar al ojo, cualquier imperfección en ella provoca visión borrosa transitoria, fluctuaciones visuales y fatiga ocular.

A este escenario natural hay que sumarle nuestro gran aliado y enemigo veraniego: el aire acondicionado. Estos sistemas enfrían el ambiente eliminando la humedad del aire. Pasar horas en una oficina o en el coche con el flujo de aire directo equivale a someter a los ojos a un desierto artificial, acelerando el síndrome del ojo seco.

El peligro de los golpes de calor en los ojos

Cuando pasamos del calor moderado a las temperaturas extremas de una ola de calor, los riesgos se agravan. La deshidratación severa afecta a la presión sanguínea y al flujo vascular que llega a la retina y al nervio óptico.

En contextos de insolación o golpe de calor, el sistema de autorregulación del organismo colapsa. Esto puede manifestarse a nivel visual con una dificultad severa de enfoque. También es posible que aparezcan mareos asociados al movimiento de los ojos e, incluso, visión en túnel o pérdida momentánea de la visión periférica.

Estos síntomas son señales de alarma críticas: indican que el cerebro y el sistema visual están sufriendo por el estrés térmico. Entonces, el cuerpo necesita atención médica e hidratación inmediata.

El peligro invisible de los rayos solares

Es crucial disociar, aunque coincidan en el tiempo, el calor de la radiación ultravioleta (UV). El primero consiste en energía térmica (infrarroja) que percibimos en la piel, mientras que la radiación UV es invisible y no calienta, pero altera las células de los tejidos vivos.

En verano, el índice ultravioleta alcanza sus niveles máximos. Una exposición prolongada y sin protección al sol puede provocar fotoqueratitis, una quemadura solar en la córnea. Esto no solo provoca dolor intenso y enrojecimiento en los ojos, sino también una gran molestia frente a la luz. Los síntomas aparecen unas horas después de tomar el sol.

El daño de los rayos solares se acumula con los años. Puede adelantar la aparición de cataratas, que nublan la vista. También se ha vinculado con el desarrollo de degeneración macular asociada a la edad (DMAE) y pterigión (crecimiento anormal de tejido en la parte blanca del ojo, la conjuntiva).

El cambio climático: un desafío también para la salud visual

Las olas de calor ya no pueden considerarse eventos anecdóticos del verano: ahora son más frecuentes y duraderas debido al cambio climático, lo que incrementará las patologías de la superficie ocular en las próximas décadas.

El calor, la sequía y el polvo flotando en el aire crea el caldo de cultivo perfecto para un aumento en la incidencia de la conjuntivitis irritativa y el ojo seco severo.
La salud ocular debe dejar de ser el pariente olvidado de las políticas de adaptación al cambio climático y empezar a integrarse en las recomendaciones oficiales de salud.

¿Cómo proteger nuestros ojos?

Cuidar la vista en verano es sencillo. Solo debe seguir unos consejos científicos básicos:

  1. Hidratación proactiva: no espere a tener sed. Beba agua de manera regular para mantener la estabilidad de la producción lagrimal.

  2. Gafas de sol homologadas: deben contar con el marcado CE y especificar protección 100 % frente a la radiación UVA y UVB (filtro UV 400). Las gafas mal iluminadas o de juguete son más peligrosas que no llevar nada, ya que dilatan la pupila y permiten una mayor entrada de radiación dañina.

  3. Lágrimas artificiales: utilice gotas humectantes de manera preventiva si va a estar expuesto al aire acondicionado o ambientes calurosos.

  4. Parpadeo consciente: frente a las pantallas tendemos a parpadear hasta un 60 % menos. Esforzarse en cerrar y abrir los ojos ayuda a redistribuir la lágrima.

  5. Evitar flujos directos: oriente las rejillas del aire acondicionado del coche o de la oficina hacia el cuerpo o el techo, nunca directamente a la cara.

El verano y las olas de calor ponen a prueba la resistencia de nuestros ojos. Ver mal en días de altas temperaturas es, en la gran mayoría de los casos, un termómetro de nuestra propia deshidratación. La protección de nuestra visión en un planeta en fase de calentamiento requiere conciencia, hábitos diarios de protección y entender que cuidar los ojos es, en el fondo, cuidar de nuestra salud general.


Este artículo fue publicado previamente por la Oficina de Transferencia de Resultados de Investigación (OTRI) de la Universidad Complutense de Madrid (UCM).


The Conversation

José Antonio Matamoros no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando llega el calor, los ojos también lo notan – https://theconversation.com/cuando-llega-el-calor-los-ojos-tambien-lo-notan-284622

Las infecciones de transmisión sexual y las conversaciones que nunca llegan a producirse

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Vargas Guerrero, Director y Docente del Máster Universitario en Psicología General Sanitaria de la Universidad Europea de Canarias, Universidad Europea

we.bond.creations/Shutterstock

Cuando pensamos en infecciones de transmisión sexual (ITS), solemos relacionarlas con preservativos, cribados diagnósticos o conductas de riesgo. Sin embargo, existe una variable de la que hablamos mucho menos: nuestra capacidad para mantener conversaciones incómodas dentro de la intimidad.

¿Somos capaces de preguntar a una pareja sexual por sus prácticas de riesgo? ¿De hablar sobre una ITS sin sentir vergüenza? ¿De negociar el uso del preservativo sin miedo a generar tensión? Quizá parte de la prevención no dependa únicamente de lo que hacemos durante el sexo, sino también de lo que somos capaces de decir antes de que ocurra.

Panorama preocupante

El aumento de las ITS lleva años preocupando a las autoridades sanitarias. En España, por ejemplo, los últimos informes epidemiológicos muestran un incremento sostenido de diagnósticos como la gonorrea, la sífilis o la clamidia, especialmente entre jóvenes y adultos jóvenes. Las explicaciones suelen centrarse en factores relativamente conocidos: cambios en la percepción del riesgo, transformaciones en los patrones relacionales, uso inconsistente del preservativo o nuevas estrategias biomédicas de prevención.

Gran parte de la educación sexual tradicional se ha centrado —con razón— en la prevención biomédica: infecciones, embarazos no deseados, violencia sexual… Sin embargo, hablar de sexualidad no consiste únicamente en transmitir información sanitaria. También implica aprender a sostener conversaciones incómodas sobre límites, cuidados, deseo, prevención o expectativas dentro de las relaciones íntimas. Y ahí seguimos teniendo dificultades importantes.




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Precisamente, la investigación en sexología muestra que la comunicación sexual abierta se asocia con mayor satisfacción y una mejor capacidad para expresar necesidades y límites. No obstante, muchas personas siguen percibiendo estas conversaciones como incómodas o amenazantes para el vínculo. A consecuencia de ello, cuestiones relevantes para la salud sexual suelen quedar implícitas, se aplazan o simplemente no se abordan.

Saber qué hacer no siempre significa poder hacerlo

La mayoría de las personas conocen hoy los principales métodos de prevención de ITS, pero trasladar esa información a situaciones reales no siempre resulta sencillo.

La psicología lleva tiempo mostrando que existe una diferencia importante entre saber qué debería hacerse y ser capaz de hacerlo cuando la situación lo requiere. Conocer una conducta preventiva no garantiza necesariamente que vayamos a ponerla en práctica.

En parte, porque las relaciones íntimas no ocurren en contextos perfectamente racionales. En ellas intervienen factores como el deseo, las expectativas, la necesidad de aceptación o el temor al rechazo que, en determinadas circunstancias, pueden influir en la toma de decisiones relacionadas con la salud sexual.

Negociar el uso del preservativo, expresar determinados límites o preguntar por prácticas previas puede resultar mucho más complejo de lo que a veces asumimos desde fuera. Por eso, diversos estudios han encontrado que las personas con mayores habilidades de comunicación sexual muestran una mayor probabilidad de negociar prácticas preventivas y adoptar conductas sexuales más seguras.

Esto permite entender una idea importante: la prevención no depende únicamente de la información disponible. También requiere habilidades emocionales y comunicativas que permitan transformar ese conocimiento en decisiones concretas dentro de situaciones reales.

Cuando el diagnóstico también exige hablar

Parte de esas dificultades aparecen cuando una persona debe comunicar a parejas sexuales un diagnóstico de ITS.

Desde la salud pública, la notificación y el rastreo de contactos constituyen herramientas fundamentales para limitar la transmisión de infecciones. Sin embargo, lo que sobre el papel puede parecer una recomendación sencilla suele implicar conversaciones emocionalmente complejas.

De hecho, numerosos estudios han identificado la vergüenza, el miedo el estigma y la anticipación del rechazo como algunas de las principales barreras para comunicar un positivo a parejas sexuales previas o actuales.

Esa conversación requiere gestionar emociones complejas y afrontar la incertidumbre sobre cómo reaccionará la otra persona o qué consecuencias tendrá para la relación.

Intimidad en tiempos de inmediatez

Además, dichas dificultades comunicativas no se producen en el vacío, sino dentro de un contexto social que también ha transformado la forma en la que nos relacionamos.

Las aplicaciones de citas han transformado profundamente la manera en que muchas personas se conocen, interactúan o acceden a vínculos sexuales y afectivos. No obstante, reducir este fenómeno únicamente a las apps sería simplificar demasiado un cambio cultural mucho más amplio.

La inmediatez atraviesa hoy gran parte de nuestras relaciones interpersonales, también las íntimas. La rapidez de los encuentros, la sensación de disponibilidad constante o la lógica de conexión permanente pueden favorecer interacciones más breves y menos orientadas a conversaciones personales profundas.

En este contexto, plantear cuestiones relacionadas con prácticas sexuales, uso del preservativo o antecedentes de ITS puede resultar especialmente incómodo. No porque las personas carezcan necesariamente de información, sino porque determinadas habilidades comunicativas requieren tiempo, confianza y espacios de diálogo que no siempre encajan con esa lógica de la inmediatez.

La salud sexual también es un fenómeno relacional

La prevención sexual ha cambiado profundamente durante los últimos años. Estrategias biomédicas como la profilaxis preexposición (PrEP) frente al VIH han supuesto avances muy importantes en salud pública y han transformado la percepción de riesgo de muchas personas.

Sin embargo, entender la salud sexual exclusivamente desde una perspectiva biomédica puede dejar fuera otras dimensiones igualmente relevantes.

La Organización Mundial de la Salud define la salud sexual como un estado de bienestar físico, emocional, mental y social relacionado con la sexualidad. Desde esta perspectiva, no consiste únicamente en evitar enfermedades, sino también en poder vivir la sexualidad de forma segura, satisfactoria y respetuosa.

Esta visión amplia recuerda que la prevención depende de factores psicológicos, relacionales y comunicativos. Preguntar, negociar, expresar límites, compartir preocupaciones o hablar sobre antecedentes sexuales son conductas que, aunque rara vez aparecen en las campañas de prevención, pueden influir directamente en la toma de decisiones relacionadas con el riesgo.

La cuestión ya no es únicamente cómo evitar una ITS, sino qué habilidades necesitamos desarrollar para hacerlo. Al fin y al cabo, prevenir también implica saber comunicar.

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Alberto Vargas Guerrero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las infecciones de transmisión sexual y las conversaciones que nunca llegan a producirse – https://theconversation.com/las-infecciones-de-transmision-sexual-y-las-conversaciones-que-nunca-llegan-a-producirse-284411

Genes y gentes: por qué la genética no avala el concepto de raza en nuestra especie

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Rodríguez Palenzuela, Catedrático de Bioquímica, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Nisa, la mujer botsuana protagonista del libro _Nisa: La vida y las palabras de una mujer_. Lisa Gray, CC Wikimedia Commons, CC BY

Hacia 1971, en un rincón perdido del norte de Botsuana, una mujer de unos cincuenta años le contó su vida a la antropóloga estadounidense Marjorie Shostak. Se llamaba Nisa. Había nacido en el desierto del Kalahari, en un pueblo de cazadores y recolectores que vivía como sus antepasados desde hacía miles de años. Hablaba una lengua llena de chasquidos que casi nadie fuera de allí entendía. No sabía leer, no había visto una ciudad. Difícil imaginar a alguien más lejano de un lector de España.

Shostak grabó durante meses esas confidencias y las reunió en Nisa (1981), un clásico de la etnografía que dio voz directa a la entrevistada. Y, sin embargo, lo que ahí cuenta nos toca de cerca: recuerda su primer parto, sola en el monte, tumbada en una choza, esperando con miedo a que le subiera la leche mientras la bebé lloraba de hambre. Recuerda que la casaron siendo casi una niña, y cómo se rebelaba y huía de un marido que aún le parecía un extraño. Habla del deseo, de los amantes que tuvo a escondidas, de los celos entre esposas. Habla de los hijos que enterró, uno tras otro, y del agujero que dejaron. Habla del cuerpo que envejece y de la rabia de verlo fallar. No hay una sola de esas escenas que no reconozcamos. Son las de cualquiera: nuestra madre, nuestra abuela, nosotros mismos.

Ahora el dato, que quizá nos sorprenda. Esa mujer cuya vida conmueve pertenece a uno de los linajes humanos que primero se separaron del tronco común: los pueblos khoisan del sur de África. Figuran entre las poblaciones humanas con mayor diversidad genética del planeta, y la distancia que separa su genoma del de un europeo está entre las más grandes que existen dentro de nuestra especie. Entre Nisa y nosotros media, en términos genéticos, casi todo el ancho del árbol humano. Y, aun así, nada de lo suyo nos resulta ajeno.

La paradoja tiene explicación, somos una especie joven y homogénea. Todos descendemos de una misma antecesora africana de hace cien o doscientos mil años, la llamada “Eva mitocondrial”, y hace unos cincuenta o setenta mil años un grupo reducido salió de África y pobló el resto del mundo, con apenas una pizca de la variabilidad total. En ese breve lapso, hablando en términos evolutivos, no ha dado tiempo a cambiar gran cosa.

Para hacernos una idea: una sola comunidad de chimpancés guarda en su ADN mitocondrial más variación que toda la especie humana junta. Esa “máxima” distancia humana que separa a Nisa de un madrileño es, vista de lejos, minúscula.




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Casi toda la diferencia se encuentra dentro del grupo

La mayor parte de la variación genética humana está dentro de cada grupo, no entre los conjuntos que, por error, llamamos razas. Dos vecinos de un mismo pueblo africano pueden diferir más entre sí, en un gen cualquiera tomado al azar, que uno de ellos y un japonés. Y no es una impresión: un estudio con 377 marcadores en más de mil personas de 52 poblaciones halló que entre el 93 y el 95 % de la variación está dentro de las poblaciones, y solo del 3 al 5 % entre los grandes grupos continentales. De hecho, las poblaciones africanas guardan más diversidad que todo el resto del mundo junto.

¿Por qué caemos entonces en la trampa de la diferencia con tanta facilidad? Porque la mayor parte de la variabilidad genética está oculta. El color de la piel y del pelo depende de un puñado de genes y responde rápido al sol y a la latitud: bastan unos cientos de generaciones para cambiarlo. Es muy llamativo y pesa poquísimo. Dividir a los humanos en razas equivale a ordenar una biblioteca por el color de las tapas de los libros: cómodo pero burdo. Confundimos una capa de pintura con una diferencia de fondo.




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Lo que nos revela las genealogías

Conviene una matización para no pasarse de frenada. Que no haya razas no quiere decir que no existan genealogías. Cada persona arrastra una historia real y rastreable: de dónde venían sus antepasados, qué caminos los trajeron hasta aquí. Esa información la genética sí sabe leerla. Pero una genealogía dice de dónde venimos, mientras que una raza pretende decir qué somos. La primera es un hecho; la segunda, una casilla inventada.

Y una última advertencia. Que la raza no exista en la biología no convierte el racismo en un fantasma. No tiene base genética, pero sí una realidad social enorme: ordena vidas, salud y oportunidades. El error no está en ver sus efectos, sino en buscar su causa en los genes. En 2018 y 2019, las grandes sociedades de antropología y de genética humana –la Asociación Americana de Antropólogos Biológicos y la Sociedad Americana de Genética Humana– lo dejaron por escrito: los humanos no se dividen en grupos genéticos raciales, y no hay base biológica para tal cosa.

Lo evidencia el testimonio de Nisa, que enterró a sus hijos y temió a la vejez igual que nosotros. Lo que compartimos –el miedo, el deseo, el duelo, las ganas de seguir viva– pesa muchísimo más que lo poco que nos separa. La raza como término, al final, dice muy poco de nuestra biología y demasiado de nuestra mirada.

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Pablo Rodríguez Palenzuela no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Genes y gentes: por qué la genética no avala el concepto de raza en nuestra especie – https://theconversation.com/genes-y-gentes-por-que-la-genetica-no-avala-el-concepto-de-raza-en-nuestra-especie-284499

La IA generativa, explicada para niños

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Robert Clarisó Viladrosa, Profesor agregado. Investigador principal del grupo "Systems, Software and Models Lab" en el Centro de Investigación en Tecnologías Éticas y Conectividad para la Humanidad (UOC-TECH), UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Jess Rodriguez/Shutterstock

A diferencia de la fuerza o la rapidez, la inteligencia es una cualidad difícil de definir o de medir. Normalmente hablamos de inteligencia como la habilidad para resolver problemas, utilizar información, razonar o aprender de la experiencia.

La especie humana ha creado herramientas para resolver muchos tipos de problemas: una lanza para cazar, recipientes para almacenar comida… Pero ¿qué pasa con los problemas más difíciles, los que requieren inteligencia para ser resueltos? También construimos herramientas para ayudarnos en estas tareas complejas. Las herramientas que intentan imitar las capacidades de la inteligencia humana se conocen como inteligencia artificial (IA).

Dentro de una IA

La IA se aplica a muchos tipos de problemas, desde jugar al ajedrez o decidir cuándo un correo electrónico es spam hasta detectar un incendio en una fotografía aérea. Cada problema requiere usar una técnica diferente.

Para resolver problemas complejos, muchas veces recurrimos a las matemáticas y la estadística para encontrar la mejor solución. Pero también tenemos otra posibilidad: inspirarnos en cómo problemas parecidos se resuelven en la naturaleza.

Este es el caso de las redes neuronales. En los humanos y los animales, el cerebro es el órgano que recibe información de los sentidos y la procesa para tomar decisiones y reaccionar de forma apropiada. Si el cerebro es lo que que nos hace inteligentes, ¿no es razonable que la IA pueda imitar al cerebro?

El cerebro está formado por una red de células llamadas neuronas. Estas neuronas están conectadas entre sí y se comunican enviando señales eléctricas a sus vecinas. Algunas IAs copian este modelo de funcionamiento y están formadas por una red que conecta a muchos componentes sencillos que equivalen a las neuronas. Cada componente o “neurona” recibe un número como entrada, hace un cálculo sencillo y envía el resultado a sus “neuronas” vecinas. A lo largo de la red, los cálculos sencillos de cada una de ellas se acaban combinando entre sí para producir el resultado. De esta forma, una decisión o cálculo complejo se realiza combinando muchos cálculos simples.

¿Qué es la IA generativa?

La IA generativa (IAG) es una rama de la IA que intenta generar contenidos según los requisitos indicados por el usuario. Herramientas como ChatGPT, Claude o DeepSeek pueden escribir texto, programar, crear imágenes o generar vídeos según les pidamos.

Todos los sistemas de IA generativa actuales consisten en una red neuronal de gran tamaño, con miles de millones de “neuronas” y conexiones entre ellas. La red tiene varias capas de “neuronas”, cada una conectada con la siguiente.




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Esta red neuronal recibe como entrada una secuencia de palabras e intenta predecir qué palabra vendrá después. Si le damos como entrada una pregunta, nos devolverá la primera palabra de una posible respuesta. Repitiendo el proceso, añadiendo la palabra anterior cada vez, la red irá escribiendo una respuesta completa de palabra en palabra.

Por ejemplo, si recibe como entrada la secuencia de palabras “¿Cómo te llamas?”, la red neuronal habrá aprendido que las respuestas a este tipo de preguntas empiezan con la palabra “Me”. Si la secuencia es “¿Cómo te llamas? Me”, propondrá como siguiente palabra “llamo”, la siguiente podría ser “ChatGPT” y luego quizás la palabra especial “FIN” para terminar su respuesta. De esta forma habrá construido la respuesta “Me llamo ChatGPT”, palabra a palabra.

¿Cómo sabe la IAG qué palabra tiene que generar?

Cuando hablamos de una red neuronal, detrás siempre hay un cálculo matemático. Para empezar, cada palabra se traduce a un conjunto de números. No se eligen unos números cualquiera: su valor intenta representar el significado de la palabra y su relación con otras palabras similares.

Por ejemplo, imagina que al color blanco le asignamos el valor “1”, al negro el color “0”. En ese caso, al gris le podríamos asignar “0.5”, para describir algo a medio camino entre blanco y negro. Si en vez de un solo número asignamos una lista de números a la misma palabra, podríamos “medir” múltiples aspectos del significado de esa palabra: el color, el tamaño, el gusto, si da miedo o no…




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Esta lista de números se envía como entrada a las “neuronas” de la capa inicial. Cada neurona calculará un valor (un número) usando una fórmula matemática que combina los valores de sus entradas, y se lo enviará a la sus “neuronas” vecinas de la capa siguiente. Repitiendo este cálculo en cada capa, avanzaremos por la red hasta llegar a la capa de salida. Allí deberemos tomar la lista de números obtenidos como salida e invertir el primer paso de nuestro proceso: pasar de una lista de números a una palabra. ¡Ya está! Ya tenemos la primera palabra de nuestra respuesta.

Entrenando una red neuronal

¿Cómo sabe cada “neurona” qué valor tiene que calcular? La fórmula matemática de cada una tiene parámetros llamados pesos. Podemos entender el peso cómo la importancia que cada neurona da a los resultados que le entregan sus vecinas. De la misma manera que nosotros confiamos más en lo que nos dicen nuestros padres que en lo que nos dice un desconocido, los pesos son el nivel de confianza que cada neurona otorga a las neuronas que tiene a su alrededor.

El secreto de la red neuronal está en el proceso llamado entrenamiento, durante el que se deciden los pesos de las conexiones entre neuronas. Para entrenar una red, usamos la enorme cantidad de texto disponible en libros, internet, etc. Le damos a la red un fragmento de un texto y, si no predice correctamente qué palabra viene a continuación, se ajustan los pesos para proponer la palabra correcta.




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Al principio del entrenamiento, la red falla continuamente. Pero repitiendo el proceso con trillones de secuencias de texto, los pesos de la red acaban captando patrones existentes en el texto. Así, la red sabe que después de la frase “no por mucho madrugar” siempre sigue “amanece más temprano”, sin necesidad habérselo explicado.

Por lo tanto, estos son los tres ingredientes clave detrás de la IA generativa: un diseño inspirado por el cerebro, muchos datos y… matemáticas.

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Robert Clarisó Viladrosa recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y FEDER a través del proyecto PID2023-147592OB-I00 (SE4GenAI, MCIU /AEI /10.13039/501100011033 / FEDER, UE).

ref. La IA generativa, explicada para niños – https://theconversation.com/la-ia-generativa-explicada-para-ninos-283510

¿Un silencio vale más que mil palabras? A menudo mejoramos el debate público si callamos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Neftalí Villanueva Fernández, Profesor Titular de Lógica y Filosofía de la Ciencia, Universidad de Granada

Tero Vesalainen/Shutterstock

El silencio tiene mala prensa. En la vida pública, halagos y reproches suelen asociarse con lo que alguien ha dicho. Cuando el silencio aparece en escena, lo hace a menudo bajo fórmulas de derrota: “lo dejó sin palabras”, “no supo qué responder”, “se quedó sin argumentos”. Estas expresiones caracterizan momentos en los que alguien, frente a la fragilidad de sus razones, es incapaz de articular una respuesta.

Sin embargo, hay ocasiones en que el silencio tiene otros efectos. Especialmente en ámbitos públicos, puede cumplir distintas funciones. Permite romper con las expectativas de quienes nos interpelan o comunicarnos de maneras inesperadas para no caer en el juego polarizador. La filosofía del lenguaje ha estudiado algunos de estos casos en los últimos años.

La trampa del sí o no

En un juicio por violación interrogan a la víctima. El abogado defensor le pide responder “sí” o “no” a las preguntas que le va a hacer. Después, reproduce el vídeo de la agresión delante del jurado. Se ve cómo la víctima comienza resistiéndose furiosamente, cómo el acusado la sujeta con brusquedad, forzándola, hasta que deja de resistirse y se queda inmóvil hasta el final.

El abogado defensor pregunta: “¿acaso no es cierto que, pasados unos minutos, dejó usted de mostrar cualquier signo de resistencia?”. La víctima permanece en silencio. Si contesta “sí”, parece admitir que acabó consintiendo. Si contesta que “no”, después de que el jurado vea el vídeo, queda como una mentirosa. En casos como este, analizados por el filósofo Alex Davies, la víctima solo tiene dos opciones: callar o hablar sabiendo que sus palabras serán usadas en su contra.

Silencios elocuentes y no diálogo

Este es un caso de silenciamiento. Pero hay otros silencios que no operan como reacciones condicionadas ante un intento de dominación, sino elecciones comunicativas deliberadas. Las también filósofas Alessandra Tanesini y Anna Klieber han estudiado estos “silencios elocuentes”, que comunican rechazo, distancia o desaprobación ante, por ejemplo, un comentario de mal gusto.

Ahora bien, quienes guardan silencio no siempre pretenden “decir” algo. A veces el silencio se emplea estratégicamente para evitar que, al responder, determinados temas ganen espacio en la esfera pública.

Un caso tuvo lugar en la Asamblea de Ceuta, cuando varios partidos políticos acordaron una política de no diálogo con una formación que frecuentemente hace declaraciones racistas. Otro ejemplo: La OMS refuerza sus políticas de vacunación con campañas formativas dirigidas al personal sanitario, en lugar de convertir a los grupos antivacunas en interlocutores.

Naturalización de la ideología y politización de la ciencia

En la publicación Strategic silence and politicized speech, mostramos la efectividad del silencio estratégico en dos contextos muy concretos, que representan dos formas de propaganda: la naturalización de la ideología y la politización de la ciencia.

En los casos de naturalización de la ideología, actitudes o prejuicios que antes se percibían como sesgos ideológicos empiezan a presentarse como hechos, explicables a través de la ciencia. Ciertas explicaciones biológicas o evolutivas de las brechas de género en disciplinas académicas, ámbitos profesionales o posiciones de autoridad son ejemplos de este fenómeno. La discriminación por razones de género adquiere así apariencia científica.

En los casos de politización de la ciencia ocurre lo contrario: el trabajo de quienes investigan cuestiones empíricas, sociales o naturales, se presenta como una contribución a una agenda política. Las discusiones sobre el aumento de las temperaturas de la Tierra debido a la acción humana son un ejemplo claro. En lugar de discutir la evidencia, los modelos o las medidas adecuadas, se desplaza el foco hacia supuestos intereses ideológicos.

Al defendernos de la naturalización de la ideología o de la politización de la ciencia incurrimos en “desacuerdos cruzados”: situaciones donde las partes parecen discutir sobre lo mismo, pero dan muestras claras de concebir la disputa en términos distintos. Tú y yo discrepamos sobre algo, pero para ti es una cuestión factual, que se resuelve atendiendo exclusivamente a los hechos, mientras que para mí atañe a qué valores queremos potenciar como sociedad.

Los desacuerdos cruzados favorecen la polarización. Cada intervención añade razones a favor de lo que ya defendemos. Quienes ya nos apoyan refuerzan lo que nos separa de los otros. Y, con el tiempo, los argumentos ajenos dejan de verse como razones que merecen atención: pasan a funcionar como señales de pertenencia.

Cuando el aumento de la polarización no nos favorece, puede merecer la pena permanecer en silencio o, al menos, no responder en los términos esperados. Eso no siempre significa callar por completo. A veces consiste en negarse a discutir la provocación tal como ha sido planteada.

“También trabajamos para ti”

La respuesta de la Agencia Estatal de Meteorología (AEMET) tras la dana en su cuenta oficial de X ofrece un ejemplo ilustrativo. Cuando una usuaria acusó a la AEMET de no tener credibilidad y de ser “sicarios del sistema” que defienden la “estafa” del cambio climático antropogénico, la Agencia evitó polemizar, respondiendo simplemente: “Cuando veas un aviso rojo de la AEMET, ponte a salvo. A pesar de todo, también trabajamos para ti”.

El silencio estratégico no sustituye a la crítica ni exonera de responder cuando la respuesta sea necesaria. Pero no estamos obligados a responder siempre. Saber cuándo callarse no supone abandonar la deliberación pública. A menudo es la mejor forma de cuidarla.

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Neftalí Villanueva Fernández recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Andrea Rodríguez Gómez recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y de la Universidad de Granada.

José Luis Liñán recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y de la Universidad de Granada.

ref. ¿Un silencio vale más que mil palabras? A menudo mejoramos el debate público si callamos – https://theconversation.com/un-silencio-vale-mas-que-mil-palabras-a-menudo-mejoramos-el-debate-publico-si-callamos-283706

De la Sección Femenina a Rosalía: el resurgir del folclore tradicional

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Almansa Moreno, Catedrático de Historia del Arte del Departamento de Patrimonio Histórico, Universidad de Jaén

Escenario con danzantes gaditanos bailando sevillanas, posiblemente durante la celebración del XVII Concurso de Coros y Danzas de la Sección Femenina. Juan Miguel Pando Barrero. Archivo Pando, IPCE, Ministerio de Cultura y Deporte

¿De dónde procede el folclore español?

A pesar de que es muy antiguo, habría que decir que parte de su recuperación (o de su utilización) no se remonta más allá del siglo XX. Cuando acabó la guerra civil española, y con el fin de reorganizar el Estado, Franco tomó el control político de distintos organismos e instituciones. De esa forma se procedió al adoctrinamiento de la sociedad de acuerdo con sus designios y directrices.

La Sección Femenina

Todo empezó con la Sección Femenina. Fundada en 1934, y dirigida hasta el fin de su existencia por Pilar Primo de Rivera, fue una agrupación centrada en actividades para las mujeres que estaba bajo el control de la Falange Española.

Surgió con un carácter asistencial, cultural, educativo y deportivo, y tomaba como referencia las figuras de Isabel la Católica y santa Teresa de Jesús, consideradas como modelos de conducta y símbolos de su acción.

La agrupación se organizaba de forma jerarquizada en varias regidurías nacionales. Entre ellas estaba la de Cultura, que se encargaba de visitar las poblaciones rurales, acompañándose de equipos de instructoras dedicadas a enseñar cocina, economía doméstica, costura, puericultura, formación del espíritu nacional, etc.

De forma paralela, se realizaba un censo de la población y de su situación sanitaria, recopilando recetas autóctonas, canciones y bailes propios de cada región.

Buscar la autenticidad

A partir de 1940 se perfiló la constitución de la sección de Coros y Danzas, con el objetivo de recuperar y difundir la música, canciones, romances y bailes populares de todas las regiones de España. Según Pilar Primo de Rivera, había “que buscar por encima de todo la autenticidad” sin desarraigar “lo propio de cada región; así los catalanes cantan en catalán, los vascos en vasco, los gallegos en gallego, en reconocimiento de sus valores específicos”.

Se anotaban por tanto la música y la letra de las canciones, la coreografía y los pases de bailes y también las tradiciones festivas a las que se vinculaban, así como una descripción fidedigna de la indumentaria e instrumentos musicales.

Para esta labor contaban con magnetófonos, descripciones escritas, fotografías y, sobre todo, los testimonios orales de los mayores del lugar, elaborando hasta un millar de fichas. Posteriormente se enseñaba este material en las escuelas y de ahí surgían los diferentes grupos de danzas y bailes regionales.

Con el tiempo se celebraron competiciones para dar a conocer la labor de sus participantes a nivel nacional. El I Concurso Nacional de Coros y Danzas de España tuvo lugar en el Teatro de la Zarzuela (Madrid) en 1942 y en él participaron 33 grupos. Estos habían sido seleccionados entre diferentes pueblos y ciudades de la geografía española, y se había valorado la autenticidad de trajes, música, letras, pasos e indumentarias.

En esta cobertura especial de NO-DO sobre la visita oficial de Eva Perón en España, se documenta el homenaje que los Coros y Danzas le rinden a la primera dama argentina.

Fue tal su éxito que muchos se emitieron por la televisión pública, y se convirtieron en un importante reclamo turístico. Los participantes incluso realizaron diversas giras por Europa, EE. UU. y Latinoamérica. Se calcula que hacia el final del franquismo habían participado hasta 700 grupos en estos concursos.

¿Cómo vestir a los bailarines?

Durante el Desarrollismo (1959-1975) algunos pueblos y ciudades se apropiaron de determinados bailes, debido a la costumbre de nombrarlos como parte o herencia de un lugar concreto. Al buscar una indumentaria adecuada y representativa, los trajes regionales se diseñaron a partir de la recopilación selectiva de trajes locales.

Para su elaboración se acudió a los estudios sobre indumentaria tradicional del antropólogo español Luis de Hoyos Sáinz, que aportaban documentación fotográfica, patrones y dibujos de las prendas, muestras de tejidos y materiales, terminología propia, etc.

También se tomaron otras fuentes gráficas como referentes: los grabados de trajes de Juan de la Cruz Cano y Olmedilla (1777), los lienzos de la serie Visión de España pintados por Joaquín Sorolla para la Hispanic Society de New York (1911), o la serie fotográfica España. Tipos y Trajes de José Ortiz Echagüe (1930).

Imagen de una mujer vestida con traje tradicional y mantilla.
Imagen del traje de charra hecha entre 1910 y 1950.
Archivo Ruiz Vernacci, IPCE, Ministerio de Cultura y Deporte

Muchos trajes locales acabaron transformados en símbolos provinciales debido a su riqueza, personalidad y especificidad. Así ocurrió con el de charra (que se convirtió en típico de Salamanca), con el rústico atuendo de las labradoras de las zonas altas de la provincia de Guadalajara (que se dulcificó en el inventado traje de alcarreña), o con el de flamenca (que pasó de las clases humildes sevillanas a identificarse con toda Andalucía, e incluso con España a nivel internacional).

Igualmente, se adaptó un gran número de prendas para facilitar los movimientos de bailes, aliviándose el peso excesivo de la ropa. También la moda ejerció su influencia, como se hizo patente en el acortamiento de las sayas durante los 60 y 70 (aunque se mantuvo siempre el recatamiento y la modestia “propias” de la mujer española).

Al igual que se había hecho con los cancioneros y recetas de cocina tradicional, en estos años se editaron algunas publicaciones sobre los trajes (e incluso series de sellos y postales) en donde quedaba codificado el perteneciente a cada región.

El folclore en la actualidad

Como hemos visto, el patrimonio inmaterial español, o al menos parte de él, se instrumentalizó con un uso político y simbólico del régimen franquista, tanto a nivel nacional como internacional.

Con la instauración de la democracia y la desaparición de la Sección Femenina (1977) fue difícil mantener el folclore popular debido a su vinculación con la dictadura, y se llegó a olvidar que estas cuestiones tenían un pasado anterior. A pesar de ello se siguieron celebrando algunas de las antiguas competiciones, aunque los bailes, coreografías y vestimentas encajaban más con los cambios sociales.

Actualmente asistimos a una recuperación de folclore como elemento identitario y tradicional frente a un mundo globalizado. Junto a la existencia de legislación y organismos específicos para ello, este patrimonio inmaterial se recrea anualmente en ferias y romerías. También proliferan las academias de baile, renovación de los trajes típicos, etc.

Además, músicos como Rodrigo Cuevas, Karmento o Rosalía y diseñadores de moda como Moisés Nieto y Palomo Spain se están apropiando del folclore local, reivindicando su riqueza e identidad propia.

Videoclip de la canción de Rodrigo Cuevas ‘Allá arribita’ incluida en su álbum ‘Manual de romería’, en la que se hace referencia a la tonada asturiana, lírica y musicalmente.

En conclusión, el folclore no es el pasado sino un hilo conductor. Recuperarlo no es mirar atrás con melancolía, sino recoger el testigo de una sabiduría acumulada durante siglos para responder a las preguntas del presente.

Su futuro no está en las vitrinas sino en la calle, en los escenarios, en las pantallas y en la boca de la gente. Su existencia está asegurada siempre y cuando nos atrevamos a hacer lo que nuestros antepasados hicieron: adaptarlo para que siga sirviendo para vivir.


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The Conversation

Este artículo se enmarca dentro del proyecto “Literatura y arte como elementos conformadores de la identidad desde el siglo XVIII a la actualidad: fronteras, simbiosis y cambio cultural” (Programa Operativo FEDER de Andalucía 2014-2020), dirigido por Laura Luque Rodrigo y Yolanda Caballero Aceituno (Universidad de Jaén).

ref. De la Sección Femenina a Rosalía: el resurgir del folclore tradicional – https://theconversation.com/de-la-seccion-femenina-a-rosalia-el-resurgir-del-folclore-tradicional-278275

Au parquet, l’urgence permanente : comment la course au chiffre transforme la justice

Source: The Conversation – in French – By Vincent Sizaire, Maître de conférence associé, membre du centre de droit pénal et de criminologie, Université Paris Nanterre

Au-delà de la simple question des moyens, la justice pénale subit aujourd’hui les dérives d’un modèle d’organisation entièrement axé sur la productivité. Depuis le milieu des années 1990, la pression gouvernementale pousse les procureurs à traiter les dossiers à marche forcée, substituant une approche comptable à l’examen approfondi des affaires. Réduits à décider dans l’urgence, parfois sur la seule foi d’un compte-rendu téléphonique de l’enquêteur, les magistrats du parquet manquent du temps nécessaire pour appréhender correctement la gravité de chaque situation. Une course au rendement dont l’affaire Lyhanna révèle les dramatiques limites.


Comme de coutume dans les affaires de crime, la médiatisation de l’enlèvement, du viol et de l’assassinat d’une enfant de 11 ans dans le Gers a donné lieu à son lot de « solutions » toutes prêtes que nombre de commentateurs, sans rien connaître du dossier, croient utile de livrer en pareille occasion. Toutefois, la médiatisation de cette tragédie aura également eu le mérite de mettre en lumière la dimension systémique des dysfonctionnements ayant favorisé un tel crime, dont le suspect était visé par de précédentes plaintes restées sans suite depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Plus qu’à l’accoutumée, plusieurs médias ont ainsi rappelé le contexte de disette budgétaire et du manque considérable de moyens dont souffrent depuis plusieurs décennies les enquêteurs et les procureurs censés en diriger l’action, en particulier dans de petites juridictions, comme le tribunal judiciaire d’Auch.

Au-delà de la question – centrale – des moyens, cette affaire met aussi tragiquement en évidence les limites et les effets pervers du productivisme répressif qui caractérise, depuis une trentaine d’années, l’activité des magistrats du parquet.

La pression à traiter plus de dossiers, plus vite

Depuis le milieu des années 1990, s’appuyant sur certaines initiatives mises en œuvre localement, s’est généralisé au sein des juridictions ce qu’il est convenu d’appeler le traitement « en temps réel » des procédures pénales : une nouvelle architecture se donnant pour ambition de superviser en direct le travail des enquêteurs et de permettre aux magistrats de prendre dès la fin de l’enquête une décision sur l’action publique – c’est-à-dire de décider si la personne mise en cause doit être ou non poursuivie et, le cas échéant, devant quelle juridiction. Concrètement, au lieu d’attendre la transmission du dossier par les services de police ou de gendarmerie, les parquetiers prennent désormais leur décision à l’issue d’un simple échange téléphonique avec le directeur d’enquête.

Officiellement promue pour accélérer le cours des procédures et renforcer le contrôle de l’autorité judiciaire sur la police, la généralisation de cette nouvelle façon de faire visait surtout à étendre aux juridictions les prescriptions du « New Public Management », doctrine néolibérale prétendant appliquer aux acteurs publics les modes de gestion des grandes entreprises commerciales pour améliorer leur efficacité. Elle permettait aussi d’aligner le mode d’intervention des procureurs sur celui d’une institution policière déjà très largement façonnée par la politique du chiffre, c’est-à-dire la propension à évaluer l’action de services sur des critères exclusivement quantitatifs et statistiques (nombre de constats, nombre d’interpellations, taux d’élucidation).

Dès le début des années 2000, les effets de cette nouvelle orientation se sont fait sentir. Si le cours de la répression s’est effectivement accéléré, avec un raccourcissement du délai entre la commission des faits et leur jugement (17,5 mois en 2001, 12 mois en 2017), l’essor concomitant d’une approche de plus en plus productiviste dans le traitement des affaires pénales a, paradoxalement, altéré le contrôle effectif des magistrats du parquet sur la conduite des procédures.

Dans un contexte se caractérisant tant par la création continuelle de nouvelles infractions pénales que par la volonté politique d’apporter une réponse prioritairement, voire exclusivement, répressive à des comportements déviants qui donnaient lieu auparavant à une réponse éducative ou sociale, le « traitement en temps réel » des procédures sert surtout aux procureurs à ne pas être complètement submergés.

Pour traiter l’ensemble des affaires qui leur sont soumises dans les plus courts délais, ils n’ont d’autres choix que de substituer à l’étude approfondie des dossiers une approche purement comptable, où il s’agit moins de déterminer l’orientation la plus adaptée à chaque situation que de gérer dans l’urgence les flux et les stocks d’affaires en cours, au risque de confondre justice et précipitation. On privilégiera ainsi le recours à la comparution immédiate ou au plaider coupable pour « sortir » le dossier au plus vite, bien davantage que parce qu’il s’agit de la réponse la plus pertinente par rapport aux faits.

Les magistrats du parquet sont d’autant plus incités à développer une approche purement comptable de leur office que le gouvernement – sous l’autorité duquel ils demeurent placés – leur demande continuellement d’améliorer leur taux de réponse pénale, c’est-à-dire la proportion de poursuites ou de mesures alternatives (médiation, injonction à réparer le dommage) mises en œuvre par rapport aux faits dont ils sont saisis ; autrement dit, d’augmenter toujours plus la réponse pénale, peu important les moyens qui leur sont alloués.

Pressés de prendre de très nombreuses décisions dans l’urgence, le plus souvent dans des infractions flagrantes, que d’innombrables circulaires leur demandent de poursuivre en priorité et au plus vite (vols dans les transports, petit trafic de stupéfiants, outrages et rébellions, etc.), les magistrats du parquet – qui doivent par ailleurs siéger lors d’audiences parfois très longues – sont confrontés à l’extrême difficulté de trouver le temps d’analyser correctement les dossiers plus complexes dont ils sont, par ailleurs, saisis. Ils en sont alors réduits à demander qu’on leur communique la procédure ou qu’on les rappelle, avant d’être à nouveau happés par le flux des affaires.

Des procédures simplifiées qui alimentent l’engorgement

Participent de cette même logique productiviste l’adoption et la montée en puissance de modes de poursuite « simplifiés » : généralisation de la comparution immédiate à la quasi-totalité des délits en 2002, création de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en 2004, extension de l’ordonnance pénale aux délits les plus courants en 2011 (procédure permettant de condamner une personne sans audience préalable).

Loin de simplifier la tâche des magistrats, ces réformes ont eu pour principal effet d’augmenter considérablement le nombre de procédures correctionnelles, passées de 383 000 en 2002 à 572 000 en 2023. Et si le nombre d’audiences correctionnelles classiques a effectivement baissé (passant de 275 000 en 2008 à 133 000 en 2023), il est permis de se demander si, avec 126 000 procédures de CRPC et 214 000 procédures d’ordonnance pénale pour la même année 2023, la tâche des juridictions s’en est trouvée allégée pour autant…

La question des moyens étant toujours escamotée, se met ainsi en place un cercle vicieux où la « simplification » de la procédure sert de motif à l’augmentation des poursuites, générant un flux de procédures qui nourrit en retour les appels à la « simplification », à l’image du projet de loi relatif au plaider coupable en matière criminelle. Et pour les procureurs, une mission qui se réduit toujours davantage à travailler en mode dégradé pour sortir les procédures au plus vite avant que d’autres ne viennent gonfler le stock.

Quand les procureurs n’ont plus le temps de contrôler les enquêtes

Cette relative perte de sens se double d’un amoindrissement significatif de la capacité des magistrats à contrôler l’activité des services de police. Travaillant à flux tendu, prenant le plus souvent leur décision dans l’urgence, sur la foi du seul compte-rendu téléphonique qui leur est fait par l’enquêteur, ils ne sont que très rarement en mesure d’accéder à une connaissance suffisante du dossier pour s’assurer que la qualification des faits est la bonne – et, notamment, que l’on a pris la mesure de leur gravité –, que l’ensemble des investigations ont été faites ou, encore, que les garanties procédurales ont bien été respectées. Et lorsqu’ils choisissent de se faire communiquer le dossier pour l’étudier à tête reposée, c’est alors le temps qui leur fait défaut pour l’analyser utilement.

En 2023, un rapport d’inspection confidentiel alertait ainsi sur l’incapacité structurelle des services à traiter en temps utile les dossiers de violences sexuelles.

À l’évidence, un tel contexte est de nature à favoriser des dysfonctionnements aux conséquences potentiellement tragiques dans le traitement des procédures. C’est pourquoi, plutôt qu’une énième chasse au bouc émissaire, c’est l’écosystème répressif dans son ensemble qu’il faut repenser si, réellement, on souhaite apporter une réponse efficace et adaptée aux formes les plus graves de criminalité.

The Conversation

Vincent Sizaire est magistrat

ref. Au parquet, l’urgence permanente : comment la course au chiffre transforme la justice – https://theconversation.com/au-parquet-lurgence-permanente-comment-la-course-au-chiffre-transforme-la-justice-285496