Las actrices de _We Are Lady Parts_ con la directora Nida Manzoor.Filmin
Vengo a presentarles (si no la conocen) la serie británica We are Lady Parts. En ella se cuenta la historia de cinco mujeres londinenses que montan un grupo de punk. Cada una de ellas ha tenido una educación musulmana diferente. Cada una de ellas es mucho más que su origen, su cultura, su fe. Y cada una de ellas es, también, la suma de todo eso.
We Are Lady Parts, creada, escrita y dirigida por Nida Manzoor, es una propuesta reivindicativa pero diversa, alegre pero furiosa, cómica pero realista. Me gusta tenerla en cuenta cuando pienso en los retos a los que se enfrentan las mujeres y en la complejidad de cada una de sus demandas, que dependen claramente de las circunstancias desde las que se hacen. Hay un concepto, la interseccionalidad, que viene al pelo. La interseccionalidad plantea los diferentes condicionantes que influyen en cómo viven las mujeres en diferentes partes del mundo.
En muchas ocasiones, la religión ha servido como justificación y también arma para ejercer la represión femenina. Así sucedió con el catolicismo y las Lavanderías de la Magdalena irlandesas, por ejemplo. Y así ocurre hoy en día con el islam en demasiadas ocasiones. Los estudios de la socióloga marroquí Fatema Mernissi, sin embargo, abrieron la puerta a cuestionar si esas justificaciones teológicas tenían sentido. La respuesta es que no, que la opresión obedece a factores históricos, no a presupuestos religosos. En Irán, algunas de las mujeres más valientes del globo llevan años saliendo a la calle para pelear por su derecho a ser ciudadanas, independientemente de lo que diga la sharia.
La lucha feminista, que es la lucha por la igualdad entre hombres y mujeres, nunca ha tenido garantía de éxito ni de consolidación. Hay esperanza, claro. Las mujeres viven mejor que antes. Hemos conquistado derechos y libertades que antes no teníamos. Se han dejado de cometer, en muchos países de Occidente, barrabasadas en nombre de la “decencia” femenina.
Pero no todas vivimos mejor. Contamos los feminicidios por decenas, centenas y miles. Las mujeres en guerra, las de Gaza o Ucrania, sufren violencia a mayores solo por su sexo. Y existe un país, con más de 42 millones de personas, en el que las mujeres están menos protegidas que los animales, en el que ellas se consideran propiedad del amo y en el que viven en condiciones de esclavitud.
À l’approche des élections municipales 2026, l’éolien, le biogaz et le solaire deviennent des sujets à haut risque politique. Mais l’opposition des habitants n’explique pas tout : notre recherche montre que certains maires temporisent – voire bloquent les discussions – à ce sujet pendant le calendrier électoral, par crainte du conflit local. Comprendre ces mécanismes est pourtant crucial pour concevoir des projets plus faciles à « vendre » politiquement, sans renoncer à l’ambition climatique.
Les maires affichent aujourd’hui une sensibilité élevée à l’enjeu climatique. Les chiffres le confirment : 87 % se déclarent préoccupés par le changement climatique, 69 % disent vouloir en faire une priorité de leur prochain mandat, et 65 % des collectivités affirment développer des projets d’énergies renouvelables. Pourtant, au moment de décider sur un projet précis – éolien, biogaz ou solaire – la décision se grippe souvent.
Le débat tend traditionnellement à en attribuer la responsabilité aux seuls habitants, à travers le phénomène baptisé NIMBY par les sociologues (pour Not In My BackYard, en français, « pas dans mon jardin », par lequel des populations plutôt favorables à un projet donné vont s’y opposer lorsque celui-ci implique davantage de nuisances à proximité de leur domicile.
Or, l’écart entre les intentions et les actions n’est pas seulement une affaire d’acceptabilité citoyenne : il renvoie aussi à des arbitrages politiques locaux.
Notre recherche, récemment publiée dans la revue Global Environmental Change invite à changer de focale. À partir d’entretiens menés avec 30 élus et l’apport de 50 articles de presse, nous avons mis en évidence deux logiques distinctes. de temporisation et de refus, qui éclairent le ralentissement observé dans de nombreux territoires à l’approche des élections. Certains élus, tout en se disant favorables à la transition, préfèrent ainsi éviter une séquence conflictuelle au mauvais moment.
« Pas pendant mon mandat » ou « pas tant que je suis candidat », des stratégies de temporisation
Quand un maire doit se prononcer sur un parc éolien, une unité de méthanisation ou une centrale solaire, il ne tranche pas seulement une question technique. Il ouvre une séquence politique locale : réunions publiques, tribunes dans le journal municipal, pétitions, tensions au conseil, parfois menaces de recours. Dans ce type de dossier, ce qui se voit immédiatement, ce sont les nuisances perçues et le conflit. Ce qui se voit plus tard, ce sont les bénéfices : recettes pour la commune, éventuels emplois, contribution aux objectifs climatiques. Cette asymétrie pèse sur la décision.
Les méthaniseurs sont un exemple de projet renouvelable à même de provoquer une levées de boucliers chez les habitants. Jérémy-Günther-Heinz Jähnick/Wikimedia, CC BY-NC-SA
Elle devient encore plus déterminante quand une élection approche, car le coût politique est immédiat alors que les gains, eux, arrivent souvent plus tard. Certains élus choisissent alors de temporiser ou d’éviter la décision. Notre étude permet de distinguer deux logiques de report.
Par analogie avec NIMBY, nous avons appelé la première NIMEY (pour Not In My Electoral Year, que l’on pourrait traduire en français par « pas tant que je suis candidat »). Elle correspond à des élus favorables aux projets renouvelables sur le principe, mais qui choisissent de décaler une décision sensible. Le calcul est simple : éviter d’installer un sujet conflictuel au cœur d’une campagne municipale, avec le risque de voir un projet cristalliser le débat local, polariser le conseil municipal, ou encore alimenter une mobilisation associative structurée.
Nous avons appelé la seconde logique NIMTOO (pour Not In My Term Of Office, « Pas pendant mon mandat »). Celle-ci renvoie à un type de blocage plus durable : l’élu estime que le coût politique est trop élevé sur l’ensemble de son mandat. Ici, l’enjeu n’est plus le timing électoral immédiat, mais la conviction que le projet ne produira pas de bénéfice visible à court terme pour la population locale, ou qu’il exposera trop fortement la majorité municipale à un conflit permanent, ce qu’il veut éviter.
Ces deux attitudes ont un point commun : elles déplacent le niveau de l’explication du ralentissement. Le problème n’est plus seulement « l’opposition des habitants », mais l’arbitrage politique réalisé par l’élu, qui évalue ce qu’il peut gagner, ce qu’il peut perdre, et le moment où il acceptera – ou non – de porter ce risque.
Notre étude montre toutefois que ces stratégies de temporisation ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer la prudence des maires. Même lorsqu’un élu est convaincu sur le fond, d’autres facteurs très concrets peuvent le pousser à ralentir.
En cause, d’abord la « mécanique » administrative. Un projet d’éolien, de méthanisation ou de solaire, ce n’est pas un simple oui ou non : c’est un dossier long, technique, exposé à des procédures et à des contestations.
Les maires parlent souvent de règles qui évoluent, de formulaires et d’étapes qui s’accumulent, de délais difficiles à maîtriser, et surtout de la crainte de voir le projet attaqué en justice. Dans une petite commune, ces sujets arrivent rarement sur un service juridique dédié : le maire, quelques agents, parfois une assistance extérieure, et beaucoup de temps à trouver là où il n’y en a pas. On comprend alors pourquoi un élu peut se dire favorable à la transition dans les enquêtes, et devenir nettement plus prudent quand un projet précis se présente.
Entre l’ambition générale et la décision locale, il y a un écart : celui de la gestion quotidienne d’un dossier complexe, potentiellement conflictuel, et dont les bénéfices n’apparaissent pas immédiatement.
Un troisième facteur revient fortement dans les discours des élus interrogés dans notre étude : la concurrence avec d’autres priorités municipales.
Dans de nombreuses communes, surtout hors des grandes métropoles, le maire doit déjà se battre sur des sujets tels que l’accès aux services publics, les tensions budgétaires, la désertification médicale, la cohésion sociale, ou encore l’entretien des infrastructures. Le temps politique et administratif est rare. Un projet d’énergies renouvelables, surtout s’il est perçu comme imposé ou difficilement maîtrisable, peut passer au second plan.
Cette hiérarchisation des urgences pèse sur les décisions. Un élu peut juger qu’il lui sera plus difficile de défendre une unité de méthanisation si, dans le même temps, l’école ferme une classe ou si l’offre de soins se dégrade. Un projet énergétique, même utile du point de vue climatique, doit s’inscrire dans un récit local crédible : que gagne concrètement la commune, ici et maintenant, et comment ce gain se compare aux tensions que le projet pourrait déclencher ?
Pour dépasser les blocages, réduire le risque politique et produire des réussites visibles
Plusieurs leviers reviennent de façon récurrente dans les propos des maires interrogés.
Le premier concerne la sécurisation : il s’agit de réduire l’incertitude réglementaire, de stabiliser les procédures et de simplifier l’accès aux compétences juridiques et techniques. Un maire ira plus facilement de l’avant sur un dossier lorsqu’il sait que celui-ci ne va pas se transformer en feuilleton administratif incontrôlable.
Le deuxième touche au partage des bénéfices : il s’agit de rendre visibles les retombées locales, de mieux répartir la valeur, re clarifier l’usage des recettes et enfin d’expliquer ce qui revient au territoire. Un projet accepté se construit rarement sur des bénéfices abstraits. Il s’appuie sur des gains concrets, identifiables, discutables en conseil municipal et qu’on peut présenter aux habitants.
Le troisième relève du récit et de la preuve : les success stories locales sont importantes. Elles changent la perception du risque et donnent aux élus des arguments, des exemples, des formats de concertation, des trajectoires déjà empruntées par des communes comparables. Elles permettent aussi de sortir du face-à-face stérile entre « pro-transition » et « anti-projets ».
Le débat sur l’éolien, le biogaz ou le solaire ne se joue donc pas uniquement dans l’opinion des habitants. Il se joue aussi dans les contraintes politiques des maires, dans la structure des incitations au cours du mandat, et dans la capacité collective à rendre la transition compatible avec la réalité municipale. Tant que cet angle restera secondaire, le réflexe NIMBY continuera de servir d’explication commode. Mais il masquera une partie du problème – et retardera une partie des solutions.
Sébastien Bourdin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Les élections municipales ne désigneront pas seulement 34 875 maires : elles détermineront qui gouvernera les 21 métropoles, dont le pouvoir s’est considérablement accru depuis une dizaine d’années. Or, à l’exception de Lyon, les membres des conseils des métropoles sont élus indirectement, à travers les élections municipales. Ce problème démocratique n’est pas suffisamment pris en compte dans le débat public.
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 prennent la température politique du pays, avec un projecteur sur les maires. Mais un paradoxe est éclatant : alors que le maire est la figure en qui les citoyens ont le plus confiance, c’est bien la question métropolitaine, souvent minorée et peu connue des électeurs, qui aura le plus d’impact réel à l’issue de ces élections. Car les municipales ne désigneront pas seulement 35 000 maires. Elles détermineront en réalité qui gouvernera, dans les grandes agglomérations, une grande partie des politiques publiques structurantes pour les six prochaines années. Derrière le scrutin municipal se trouve un enjeu décisif : celui du pouvoir métropolitain.
Les métropoles, institutions méconnues au rôle décisif
Les métropoles institutionnelles sont la forme d’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) la plus intégrée. Créée en 2010 sous Nicolas Sarkozy et généralisée en 2014 sous François Hollande, la forme « métropole » consacre une intercommunalité intégrée, aux compétences étendues, comptant au moins 500 000 habitants. Son action dépasse largement le cadre communal et détermine amplement les conditions socioéconomiques d’un territoire. Il existe aujourd’hui 21 métropoles en France, regroupant environ 23 millions d’habitants : c’est plus d’un tiers de la population nationale.
Plus encore, les métropoles concentrent plus de 50 % du PIB national et représentent une part toujours croissante de l’investissement public local et des recettes fiscales, mutualisées. Désormais, les intercommunalités, et, en premier lieu, les métropoles ont de plus en plus tendance à investir les politiques sociales (action sociale, mobilité, jeunesse, enfance), traditionnellement réservées à la commune et au département. Pour des millions d’habitants, la réalité des politiques publiques et sociales dépend donc, avant tout, de l’action des métropoles.
Un espace politique faiblement politisé
Tandis que leur pouvoir s’accroît continuellement, les budgets se comptant de plus en plus en milliards d’euros (Lyon, Aix-Marseille, Bordeaux, Lille, Nantes…), l’organe délibératif des métropoles demeure élu indirectement, à travers les élections municipales. Par le système de fléchage, les élus communaux siègent également à l’assemblée métropolitaine. Leur mandat est donc issu d’une campagne municipale, très locale et consacrée à cet échelon, et non d’une élection à l’échelon métropolitain.
En 2026, la taille des enjeux stratégiquement gérés par les métropoles justifierait un débat devant les électeurs. En jeu : le renforcement d’un espace public métropolitain, la constitution d’une arène politique liée à un sentiment d’appartenance des citoyens conscients de la réalité de cet échelon. À ce jour, il n’existe pas de tel espace public, a fortiori lorsque le scrutin est indirect et conditionné légalement aux élections municipales. Toutefois, trois exceptions métropolitaines peuvent indiquer une voie métropolitaine potentiellement plus démocratique.
Les cas du Grand Paris, d’Aix-Marseille et de Lyon
Trois laboratoires institutionnels et démocratiques questionnent largement la démocratie locale et son avenir dans le cadre du système des métropoles.
D’abord, le cas de la Métropole du Grand Paris, créée par la loi du 3 juin 2010. Largement sous-dotée en investissement alors qu’il s’agit d’un pôle urbain européen de premier plan en Europe (avec Londres et Moscou), la Métropole du Grand Paris est découpée en établissements publics territoriaux (EPT) et souvent critiquée comme une « coquille vide », qui ferait doublon avec la Région Île-de-France.
Pourtant, elle regroupe plus de 7 millions d’habitants et 130 communes sur 815 km2, et une intégration métropolitaine des parties prenantes permettrait de traiter des enjeux majeurs, comme les transports, le développement économique ou l’aménagement. La composition de son conseil métropolitain et de son assemblée des maires dépend directement des élections municipales, qui façonneront les équilibres politiques et les actions pour les six années à venir.
La Métropole d’Aix-Marseille est la seconde exception au droit commun. Là, l’institution regroupe 92 communes et 1,9 million d’habitants sur 3 150 km2. Gouvernée par un exécutif appuyé sur un conseil de métropole large, comptant 240 conseillers, la métropole est arrimée au centre droit, aux antipodes de la ville de Marseille ancrée à gauche. Les métropoles produisent des majorités élargies, gestionnaires, supplantant la figure du maire autrefois centrale. La cohérence de l’action métropolitaine et de l’action municipale est cruciale pour de nombreuses politiques publiques, et ces équilibres ressortiront discrètement, mais de façon directe des élections municipales. Ce cas montre un déplacement du pouvoir vers la métropole, qui réduit les affrontements idéologiques, incitant à une logique de coopération. Néanmoins, la métropole peine à s’autonomiser et reste ancrée dans des conflits multiples, que ce soit avec les communes ou avec l’État, et cela tient en partie à son manque de légitimité démocratique.
Enfin, la Métropole de Lyon regroupe 58 communes et 1,3 million d’habitants sur une zone concentrée de 538 km2. C’est sans doute le cas le plus innovant en termes institutionnels, avec d’une forme de métropole-providence, aux compétences et aux budgets étendus, qui génère une centralisation locale, et dotée d’un budget de près de 4 milliards d’euros.
Mais c’est aussi le cas le plus important en termes démocratiques, puisqu’en application de la loi MAPTAM modifiée, cette collectivité territoriale au statut particulier voit son conseil de métropole être élu directement par les citoyens. Cette élection directe par circonscriptions « métropolitaines », était portée dès 2013 par l’équipe réformatrice autour de Gérard Collomb comme un projet démocratique, l’élection permettant de légitimer la concentration de compétences dans l’institution. De plus, la métropole commence à être identifiée par les citoyens, notamment grâce à des actions de communication institutionnelle ou médiatique. Cet exemple innovant permettant le vote direct des citoyens montre que l’enjeu démocratique pourrait être traité frontalement, en généralisant les élections directes pour les 21 métropoles.
La métropolisation, un angle mort du débat public
Les élections municipales apparaissent dans les métropoles comme un scrutin à double détente : localement personnalisé et visibilisé autour du maire, mais structurellement et stratégiquement métropolitain. Ces équilibres serviront largement de baromètre au projet de décentralisation présenté par le Premier ministre, qui cible explicitement le Grand Paris mais pourrait également proposer de revoir le périmètre métropolitain commun.
Finalement, à mesure que les métropoles deviennent des centres de décision politique et budgétaire, l’enjeu démocratique se déplace sans que le débat public ne suive. Les élections de 2026 diront si les électeurs en prennent conscience en identifiant le pouvoir réel qui est en jeu.
Tommaso Germain ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Source: The Conversation – in French – By Jorge Villaverde, Historien, professeur contractuel, Institut catholique de Lille (ICL); European University Institute
Plage de Palmanova (Majorque), 1960.Antonio Verdugo/Legs Luis Fernández Fuster, Université de Saragosse, Huesca. , CC BY
L’émission « Karambolage », sur Arte, proposait récemment un récit séduisant sur l’évolution de l’image de l’Espagne à travers les siècles. Elle relie la « Légende noire » du XVIᵉ siècle au slogan touristique « Spain is Different » popularisé dans les années 1960, en suggérant une continuité presque naturelle entre stéréotypes anciens et marketing franquiste. Le propos est pédagogique et accessible. Mais c’est justement cette efficacité narrative qui pose problème.
Un récent épisode de « Karambolage », programme court proposé par Arte, retrace l’évolution de l’image de l’Espagne à l’étranger. Aujourd’hui associée au soleil et au flamenco, l’Espagne aurait longtemps souffert d’une réputation négative. Dès le XVIᵉ siècle, au moment où son empire colonial est à son apogée, ses rivaux protestants diffusent une propagande hostile à l’origine de cette « Légende noire », décrivant les Espagnols comme brutaux et arriérés. Cette vision persiste, notamment en France au XIXᵉ siècle, où l’expression doublement raciste « l’Afrique commence aux Pyrénées » situe le pays aux marges d’une Europe supposée plus civilisée.
Le programme avance l’enchaînement suivant : au XXᵉ siècle, la guerre civile puis la dictature franquiste renforcent l’isolement international du pays. Dans les années 1960, le régime ouvre l’Espagne au tourisme. Sous l’impulsion du ministre Manuel Fraga Iribarne, une campagne ambitieuse mise sur la tradition et s’accompagne du slogan « Spain is Different ».
Mais en reliant ces éléments par une ligne continue, l’émission réactive des clichés historiques que la recherche nuance aujourd’hui fortement.
Une différence séduisante mais périphérique
Si la vidéo évoque la frustration de certains Espagnols face aux images déformantes dont leur pays fait l’objet, elle tend néanmoins à reconduire l’idée d’une Espagne définie par le regard extérieur. Les procédés d’érotisation et d’exotisation élaborés au XIXᵉ siècle par les puissances hégémoniques, française et britannique, à l’égard de leur ancienne rivale, participent de cette construction.
Ces représentations ne relèvent ni d’un mépris simple ni d’une continuité linéaire entre la propagande anti-impériale et les condescendances ultérieures. Elles installent l’Espagne dans une altérité ambivalente qui relègue l’ancien empire aux marges d’une modernité définie ailleurs. Décrite comme périphérique, la Péninsule est simultanément investie comme espace romantique, source d’inspiration politique et artistique. Même si les touristes restent encore très peu nombreux par rapport ceux qu’accueillent la France, la Suisse au l’Italie, l’Espagne occupe une place centrale dans l’imaginaire européen.
Mépris et exaltation procèdent d’un même mouvement. Les clichés articulent hiérarchisation et attraction, esthétisation et mise à distance. L’admiration elle-même participe d’un reclassement symbolique qui assigne à l’Espagne une différence séduisante mais périphérique.
Il ne suffit donc pas de complexifier le regard français. Il faut aussi éviter de réduire le pays à l’objet d’une construction symbolique extérieure. Une telle lecture occulte ses dynamiques propres. L’Espagne n’est pas seulement façonnée par des projections étrangères. Elle est aussi un espace de débats internes et de circulations intellectuelles qui dépassent ses frontières.
Dès l’époque moderne, des penseurs espagnols interrogent la légitimité de la conquête et participent pleinement aux circulations savantes européennes. Au XIXᵉ siècle, exilés et voyageurs espagnols découvrent l’industrialisation des pays plus riches et le rayonnement des grandes expositions universelles. Ces expériences alimentent des débats fondamentaux sur la place de l’Espagne dans la modernité.
Présenter le pays comme enfermé dans une réputation négative subie passivement revient à invisibiliser ces controverses internes et ces échanges transnationaux, qui ont contribué à définir sa position dans l’histoire européenne.
Un slogan ambivalent
Mais le principal angle mort de cette narration apparaît lorsque l’on examine l’histoire du slogan lui-même. Il est vrai qu’une mémoire largement partagée attribue « Spain is Different » au superministre franquiste Manuel Fraga. Pourtant, les recherches montrent que la formule surgit dès les années républicaines, circule abondamment dans les années 1940 et 1950, et que la campagne lancée sous Fraga en constitue davantage l’aboutissement que l’invention.
« Spain is Different » apparaît ainsi dès 1932-1933 dans une série d’affiches photographiques éditées sous la direction de Rafael Calleja, haut fonctionnaire conservateur maintenu en poste, de la dictature de Primo de Rivera à la République. Le slogan accompagne notamment l’image d’une « alcaldesa » de Zamarramala, figure féminine investie symboliquement d’autorité lors du jour de la fête.
Le choix est déjà singulier. Il intervient au moment où la République élargit la participation civique des femmes et transforme profondément le cadre politique et social.
Pendant la guerre civile (1936-1939), la formule est rapidement détournée. Au dos de la revue L’Esquella de la Torratxa, une famille de touristes anglais contemple une version très particulière de l’affiche. L’« alcaldesa » y est remplacée par un Franco dont la posture, selon les codes de l’époque, peut apparaître efféminée – manière de le dévaloriser dans un contexte historique misogyne. Entouré d’un évêque, d’un soldat colonial et d’officiers nazis et fascistes, le motif de la « différence » se transforme en satire politique. Celle-ci ne renvoie plus aux particularités nationales mais au spectacle offert aux démocraties européennes attentistes de l’alliance des putschistes avec les puissances fascistes et du recours aux troupes coloniales.
Dans la presse anglophone, le slogan sert également de clé d’interprétation du conflit. Il apparaît souvent dans des récits empreints de condescendance impériale qui présentent une Espagne « différente » comme une anomalie instable au sein de l’Europe civilisée. Ce trope ancien contribue à naturaliser la violence, à la décrire comme l’expression attendue d’une altérité supposée plutôt que comme une rupture partagée de l’ordre européen.
Ni la formule ni son principal artisan ne disparaissent avec la guerre. Le slogan est réactivé dans les années 1940 et 1950, notamment dans les volumes Apologías Turísticas de España dirigés par Rafael Calleja (1943, 1957), ainsi que dans plusieurs campagnes d’affiches photographiques où on lit « Spain is Beautiful and “Different” » puis « Spain is Beautiful and Different : Visit Sunny Spain ».
Dans le contexte de l’après-guerre, la singularité accompagne l’effort du régime pour rompre l’isolement international et s’inscrire dans l’ordre occidental dominé par les États-Unis. La promotion touristique vise désormais prioritairement le public nord-américain, tandis que la singularité espagnole se transforme en ressource diplomatique destinée à présenter l’Espagne comme un partenaire fréquentable du bloc occidental.
Rencontre de Franco et du président états-unien Eisenhower à Madrid, 22 décembre 1959. WikiCommons, CC BY
Lorsque Manuel Fraga relance en 1962 une grande campagne sous le slogan « Spain is Different », l’Espagne n’est déjà plus un pays isolé. Les accords conclus avec le Saint-Siège et avec les États-Unis en 1953, l’entrée à l’ONU en 1955 et le Plan de stabilisation de 1959 ont engagé son insertion dans l’ordre occidental et ouvert une phase de croissance très rapide. Dans la conjoncture des Trente Glorieuses, le tourisme devient l’un des moteurs de la transformation économique et sociale. L’Espagne accueille déjà près de sept millions de visiteurs par an au début de la décennie et s’intègre à un marché international des loisirs au côté de l’Italie ou de la Grèce.
Le régime cherche certes à attirer des devises et à améliorer son image. Mais réduire cette politique à une simple instrumentalisation folklorique simplifie une société en pleine mutation. Administrateurs, entrepreneurs, artistes et municipalités participent à la construction de cette nouvelle image. Dans un marché touristique de plus en plus concurrentiel, la « différence » devient alors un ressort de différenciation. L’essor du tourisme espagnol s’explique surtout par des dynamiques structurelles inscrites dans l’Europe d’après-guerre plutôt que par l’action isolée d’un homme providentiel.
Enfin, l’opposition implicite entre une Espagne « arriérée » et une Europe « moderne » reconduit un schéma ancien que l’historiographie a largement déconstruit. L’histoire espagnole ne se lit pas comme une trajectoire en retard par rapport à un centre européen supposé normatif. Formulée depuis un média culturel prestigieux, comme Arte, issu de pays plus riches, cette opposition tend, malgré elle, à réactiver des logiques anciennes de hiérarchisation culturelle.
De la propagande au détournement : quand le slogan échappe à l’État
Cette même lecture linéaire apparaît dans la manière dont l’émission relie la « Légende noire » à l’usage contemporain, volontiers ironique, de « Spain is Different », comme si les clichés finissaient par être intériorisés. Or, le slogan a connu une trajectoire longue et conflictuelle.
Dès son apparition, il sert à disputer la définition de la nation : dans la réaction conservatrice aux réformes républicaines, pendant la guerre civile dans la satire antifasciste et dans des récits anglo-saxons marqués par une condescendance impériale, puis dans un franquisme d’abord en quête de protection états-unienne, ensuite soucieux de devises et de reconnaissance européenne.
Le cas espagnol montre qu’une appropriation ironique peut constituer une forme de distanciation critique. Au sens du sociologue britannique Stuart Hall, il s’agit d’une lecture oppositionnelle où un message produit par le pouvoir est repris et retourné contre lui. Ce qui pose problème n’est donc pas l’ironie, mais la trame linéaire dans laquelle on inscrit cette histoire.
Ce ne fut pas la dernière fois. En 2012, la création de « Marca España » par le gouvernement du Partido Popular (PP), fondé par Manuel Fraga à la fin du franquisme, s’inscrivait dans la logique néolibérale du nation branding. L’organisme devait améliorer l’image du pays à l’étranger et auprès des Espagnols eux-mêmes. Très vite, le nom devint objet de sarcasme. Au moindre retard de train, après une défaite sportive ou un scandale de corruption, un haussement de tête suffisait pour entendre un ironique « Marca España ».
La « différence » n’a jamais constitué une essence stable. Elle a été un enjeu, un lieu de projection et de conflit. La présenter comme un fil continu reliant stéréotype ancien et marketing franquiste efface l’essentiel : la « différence » espagnole a toujours été un objet de dispute.
Jorge Villaverde ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Source: The Conversation – in French – By Libby (Elizabeth) Sander, MBA Director & Associate Professor of Organisational Behaviour, Bond Business School, Bond University
Depuis la fin du confinement, l’attention se porte principalement sur les conséquences du télétravail sur la productivité. Mais le rôle des open spaces, qui sont devenus la norme dans beaucoup d’entreprises adoptant le travail hybride, est méconnu.Arlington Research/Unsplash, CC BY
Les open spaces sont devenus la norme dans de nombreuses entreprises. Pourtant, une étude montre que ces espaces obligent le cerveau à travailler davantage pour rester concentré, même lorsque l’on pense ignorer les distractions.
Depuis la pandémie, les bureaux du monde entier ont discrètement rétréci. De nombreuses organisations n’ont plus besoin d’autant de surface ni d’autant de postes de travail, alors qu’une grande partie des salariés pratique désormais le travail hybride — entre domicile et bureau.
Mais les jours où davantage d’employés sont présents, les espaces de travail peuvent paraître nettement plus animés et plus bruyants. Malgré toute l’attention portée au retour des salariés dans les bureaux, beaucoup moins d’attention a été accordée aux effets du retour dans les espaces de travail en open space.
Or de nouvelles recherches confirment ce que beaucoup soupçonnaient : dans les open spaces, notre cerveau doit produire plus d’effort que dans des bureaux individuels.
Ce qu’a testé la dernière étude
Dans une étude récemment publiée, des chercheurs d’une université espagnole ont équipé 26 personnes, âgées d’une vingtaine à une soixantaine d’années, de casques d’électroencéphalogramme (EEG) sans fil. Les tests EEG permettent de mesurer l’intensité de l’activité cérébrale en enregistrant les signaux électriques du cerveau grâce à des capteurs placés sur le cuir chevelu.
Les participants ont réalisé des tâches simulant un travail de bureau, comme surveiller des notifications, lire et répondre à des e-mails, ou encore mémoriser puis restituer des listes de mots.
Chaque participant a été observé pendant qu’il réalisait ces tâches dans deux environnements différents : un espace de travail en open space avec des collègues à proximité, et une petite cabine de travail fermée, dotée de panneaux vitrés transparents sur un côté.
Les chercheurs se sont concentrés sur les régions frontales du cerveau, responsables de l’attention, de la concentration et de la capacité à filtrer les distractions. Ils ont mesuré différents types d’ondes cérébrales.
Comme l’explique plus en détail la neuroscientifique Susan Hillier dans cet article, les différentes ondes cérébrales correspondent à des états mentaux distincts :
Les ondes « gamma » sont associées aux états ou aux tâches nécessitant une forte concentration.
Les ondes « bêta » sont liées à un niveau d’anxiété plus élevé et à des états plus actifs, avec une attention souvent tournée vers l’extérieur.
Les ondes « alpha » correspondent à un état très détendu, avec une attention passive (comme lorsqu’on écoute calmement sans vraiment s’impliquer).
Les ondes « thêta » sont associées à une relaxation profonde et à une attention tournée vers l’intérieur.
Et les ondes « delta » correspondent au sommeil profond.
L’étude espagnole a montré que les mêmes tâches réalisées dans la cabine fermée et dans l’open space produisaient des schémas cérébraux complètement opposés.
Filtrer les distractions demande un effort
Dans la cabine de travail, l’étude a montré que les ondes bêta — associées au traitement mental actif — diminuaient nettement au fil de l’expérience, tout comme les ondes alpha liées à l’attention passive et, plus généralement, l’activité des régions frontales du cerveau.
Autrement dit, le cerveau des participants avait besoin de moins en moins d’efforts pour accomplir les mêmes tâches. Les tests réalisés dans l’open space ont montré exactement l’inverse.
Les ondes gamma, associées aux processus mentaux complexes, ont augmenté de façon continue. Les ondes thêta, qui reflètent à la fois la mémoire de travail et la fatigue mentale, ont elles aussi progressé. Deux indicateurs clés ont également fortement augmenté : l’éveil (le niveau d’alerte et d’activation du cerveau) et l’engagement (l’effort mental mobilisé).
Autrement dit, dans l’open space, le cerveau des participants devait travailler davantage pour maintenir le même niveau de performance. Même lorsque nous essayons d’ignorer les distractions, notre cerveau doit dépenser de l’énergie mentale pour les filtrer.
À l’inverse, la cabine de travail éliminait la plupart des bruits de fond et des perturbations visuelles, permettant au cerveau des participants de fonctionner plus efficacement.
Les chercheurs ont également observé une variabilité bien plus importante dans l’open space. Chez certaines personnes, l’activité cérébrale augmentait fortement, tandis que chez d’autres les changements restaient modestes. Cela suggère que nous ne sommes pas tous également sensibles aux distractions des espaces de travail ouverts.
Avec seulement 26 participants, il s’agit toutefois d’une étude relativement modeste. Mais ses résultats font écho à un ensemble important de recherches menées au cours de la dernière décennie.
Ce que montrent les recherches précédentes
Dans une étude menée en 2021, mes collègues et moi avons mis en évidence une relation causale significative entre le bruit des open spaces et le stress physiologique. En étudiant 43 participants dans des conditions contrôlées — à l’aide de mesures de fréquence cardiaque, de conductivité cutanée et d’une analyse des émotions faciales par intelligence artificielle — nous avons constaté que l’humeur négative augmentait de 25 % dans les bureaux ouverts et que le stress physiologique progressait de 34 %.
Une autre étude a montré que les conversations en arrière-plan et les environnements bruyants peuvent dégrader les performances dans les tâches cognitives et accroître la distraction chez les travailleurs.
Et une analyse menée en 2013 auprès de plus de 42 000 employés de bureau aux États-Unis, en Finlande, au Canada et en Australie a montré que ceux travaillant en open space étaient moins satisfaits de leur environnement de travail que ceux disposant de bureaux individuels. Cela s’expliquait principalement par l’augmentation du bruit et par le manque de confidentialité.
De la même manière que l’on reconnaît aujourd’hui que des chaises mal conçues peuvent provoquer des contraintes physiques, des années de recherche ont montré que l’aménagement des espaces de travail peut générer une charge cognitive.
Que faire ?
La capacité à se concentrer sans interruptions ni distractions est une exigence fondamentale du travail intellectuel moderne.
Pourtant, la valeur d’un travail sans interruption reste largement sous-estimée dans la conception des espaces de travail. Il est essentiel de créer des zones permettant aux salariés d’adapter leur environnement de travail à la tâche qu’ils doivent accomplir.
Pour s’adapter à la généralisation du travail hybride après la pandémie, LinkedIn a repensé son siège principal de San Francisco. L’entreprise a réduit de moitié le nombre de postes de travail en open space et a expérimenté 75 types d’espaces différents, dont des zones dédiées au travail en concentration silencieuse.
Pour les organisations qui souhaitent prendre soin du cerveau de leurs employés, plusieurs mesures concrètes peuvent être envisagées. Cela inclut la création de différentes zones de travail, des traitements acoustiques et des technologies de masquage sonore, ainsi que des cloisons judicieusement placées pour réduire les distractions visuelles et auditives.
Même si l’ajout de ces aménagements peut coûter plus cher au départ qu’un open space classique, l’investissement peut en valoir la peine. Des recherches ont montré le coût caché considérable d’une mauvaise conception des bureaux sur la productivité, la santé et la fidélisation des employés.
Offrir aux salariés davantage de choix quant à leur exposition au bruit et aux autres interruptions n’est pas un luxe. Pour travailler plus efficacement, tout en sollicitant moins notre cerveau, une meilleure conception des espaces de travail doit être considérée comme une nécessité.
Libby (Elizabeth) Sander a reçu un financement de recherche dans le cadre d’une bourse Industry Connections du gouvernement australien.
Une torpille tirée par un sous-marin américain a coulé le navire de guerre iranien IRIS Dena loin du golfe Persique, sur une route commerciale stratégique de l’océan Indien. L’épisode pose une question centrale : que dit le droit international sur les attaques navales et le secours aux survivants ?
L’information selon laquelle un sous-marin états-unien aurait torpillé et coulé le navire de guerre iranien IRIS Dena, à environ 40 milles nautiques au large du Sri Lanka cette semaine, a surpris de nombreux observateurs. Une attaque de ce type, aussi loin du golfe Persique – et sur une route commerciale clé reliant la Chine au Moyen-Orient – suggère que le théâtre de cette guerre pourrait être en train de s’élargir.
Mais cet incident met aussi en lumière un point rarement bien compris en dehors des cercles militaires et juridiques : le droit de la guerre navale. Cette attaque était-elle légale ? Et qui avait l’obligation de secourir les survivants ?
Quand le droit de la guerre navale s’applique-t-il ?
Le droit de la guerre navale est un sous-ensemble du droit des conflits armés. Il définit les autorisations et les protections applicables aux combattants, aux civils et aux acteurs neutres engagés dans un conflit en mer. Point important : il s’applique quelle que soit la légalité du recours à la force. Autrement dit, on est censé respecter le droit de la guerre en mer même si la justification de la guerre n’est pas légale au regard du droit international.
De plus, la conduite des opérations en mer est régie par le droit de la guerre navale, qu’une guerre ait été formellement déclarée ou non. Et le droit de la guerre navale prime également sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (lorsque les deux entrent en tension).
Cela reflète le principe de lex specialis en droit international, selon lequel la règle la plus spécifique s’applique.
Ces règles se sont développées au fil des siècles, à mesure que les États cherchaient à encadrer la conduite des conflits en mer tout en permettant aux marines de guerre d’opérer efficacement.
Était-il légal pour les États-Unis de couler le navire de guerre iranien ?
Oui, il s’agissait d’une cible légitime. Selon le droit de la guerre navale, les navires de guerre appartenant à un État engagé dans un conflit armé international constituent par nature des objectifs militaires. Les règles prévoient qu’ils peuvent être légalement pris pour cibles.
De telles attaques peuvent avoir lieu en haute mer ou dans les eaux territoriales (12 milles nautiques) des États parties au conflit armé international (les belligérants). Concrètement, cela signifie qu’une attaque de ce type peut se produire partout en dehors des eaux territoriales de 12 milles nautiques des États neutres.
Si le navire de guerre iranien se trouvait dans les eaux sri-lankaises (c’est-à-dire à moins de 12 milles nautiques des côtes du Sri Lanka) au moment de l’attaque, celle-ci n’aurait pas été légale. Mais dans ce cas précis, l’IRIS Dena opérait apparemment en dehors des eaux territoriales du Sri Lanka et constituait donc une cible militaire légitime.
Que dit le droit sur le secours aux survivants ?
Le droit de la guerre navale prévoit également des obligations concernant le secours aux survivants. En vertu de la Deuxième Convention de Genève de 1949, les parties à un conflit doivent – après chaque engagement – prendre toutes les mesures possibles pour rechercher et recueillir les naufragés, les blessés et les malades. Ces règles s’appliquent à la guerre navale et exigent que les belligérants, dans la mesure où les circonstances militaires le permettent, portent assistance aux survivants en mer.
Dans la pratique, toutefois, les sous-marins sont confrontés à des difficultés particulières pour remplir cette obligation. Faire surface pour secourir des survivants peut les exposer à des risques importants. De plus, il est généralement impossible d’accueillir un grand nombre de rescapés à bord d’un sous-marin.
Si un sous-marin ne peut pas faire surface en toute sécurité pour secourir des survivants, il peut faciliter leur sauvetage en signalant leur position à d’autres navires ou aux autorités. Cette pratique a été relevée dans certains commentairesjuridiques importants sur la guerre sous-marine.
La réaction rapide de la marine sri-lankaise, qui a secouru 32 marins de l’IRIS Dena, suggère que les autorités ont été informées rapidement de l’incident. (Les autorités sri-lankaises indiquent également que 87 corps ont été retrouvés).
On ne sait pas encore comment les autorités sri-lankaises ont été informées, mais il semble probable que la marine américaine ait transmis la position des survivants. Compte tenu des dommages subis par l’IRIS Dena et des pertes humaines signalées, il est peu probable que l’équipage ait été en mesure de transmettre lui-même sa position.
Cela pourrait aussi expliquer pourquoi les premiers rapports indiquaient qu’un sous-marin avait coulé le navire, avant même que les États-Unis ne confirment leur implication. Car il est également peu probable que l’équipage de l’IRIS Dena ait immédiatement su qu’il avait été touché par une torpille lancée depuis un sous-marin. Une telle attaque est généralement menée à très grande distance, au-delà de la portée de détection du sonar de coque d’un navire.
Une cible militaire légitime
En conclusion, si le débat se poursuit sur la justification juridique de l’entrée des États-Unis dans le conflit avec l’Iran, la conduite des hostilités en mer, elle, reste régie par le droit de la guerre navale. Et dans ce cadre, l’IRIS Dena constituait bien une cible militaire légitime, et les efforts visant à faciliter le sauvetage des survivants sont conformes à ces obligations.
Jennifer Parker ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
En France, la massification de l’enseignement supérieur a contribué à renforcer une forme de course contre la montre dans les parcours d’études, intensifiant le poids du diplôme initial sur les carrières. Comment réduire cette irréversibilité des trajectoires et proposer un nouveau pacte de démocratisation universitaire ?
L’observation des politiques publiques depuis deux décennies souligne l’existence d’un compromis partagé par l’ensemble de l’échiquier politique : massifier l’accès aux études supérieures pour la jeunesse tout en acceptant une forme de privatisation rampante, faute de moyens publics à la hauteur des ambitions affichées. C’est ainsi que les frais de scolarité dans les écoles d’ingénieurs et les instituts d’études politiques se sont développés de façon progressive dans les années 2000.
Comment proposer un autre pacte reconnaissant le droit de se tromper et la possibilité d’une seconde chance, tout en améliorant la qualité des parcours ?
La massification low cost, une politique par défaut
Pour occuper une jeunesse exposée au chômage structurel et lui permettre de faire face aux exigences renforcées du marché du travail, les pouvoirs publics ont ouvert les vannes de l’enseignement supérieur, en accueillant des flux croissants de nouveaux bacheliers depuis 2010. Malgré cette explosion démographique des années 2010/2020, l’investissement n’a pas suivi, et les dépenses moyennes par étudiant baissent de façon régulière depuis 2010, comme le montrent les statistiques ministérielles.
Parmi ces dépenses, la part du financement public dans l’enseignement supérieur est tombée de 81,9 % en 2010 à 66,6 % en 2022, un taux plus bas désormais que la moyenne des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
En parallèle de ce désengagement relatif, l’État a pourtant alimenté à partir de 2018 l’essor d’un secteur privé de l’enseignement supérieur, massivement soutenu par des aides publiques à l’alternance qui ont produit un véritable appel d’air pour le développement de l’apprentissage dans le secteur privé.
Dans un contexte de tensions budgétaires où la défense ou la santé s’imposent comme des priorités régaliennes, l’université publique – qui a développé l’alternance à une vitesse plus réduite – voit ses dépenses par étudiant continuer à diminuer.
C’est dans cette situation que resurgit régulièrement l’idée d’une hausse des frais de scolarité, qui ne constituerait qu’une étape supplémentaire dans cette logique de privatisation par nécessité et de sacrifice de la jeunesse.
La tyrannie du diplôme initial : une exception française
La massification à la française représente une forme très particulière de démocratisation des études. Cette scolarisation massive de la jeunesse n’implique pas que des avantages. En effet, elle contribue à renforcer un mal profond en France : l’emprise absolue du diplôme obtenu à vingt ans sur l’ensemble de la carrière.
En comparant les données d’enquêtes nationales sur les étudiants, les données comparatives Eurostudent 8 sont sans appel. Avec un âge moyen de 22,4 ans, les étudiants français sont les plus jeunes d’Europe. Seuls 4 % d’entre eux entrent dans le supérieur avec un décalage de plus de deux ans après le baccalauréat, soit la proportion la plus faible du continent. La France est par ailleurs l’un des rares pays qui ne produit pas de statistiques fiables sur les pauses effectuées entre la licence et le master, ou encore sur les études à temps partiel.
Nombre de travaux de sociologues ont par le passé montré que cette course contre la montre crée une pression sociale immense. L’université devient alors un sas d’attente pour gérer l’angoisse de l’insertion professionnelle. C’est pourquoi on observe un taux de « mastérisation » record. Tout semble se jouer à 18 ans, créant une injustice majeure pour ceux dont la maturité ou les projets bifurquent tardivement.
Le modèle suédois propose une vision alternative du parcours académique. Là-bas, les études ressemblent à un métro où l’on peut monter et descendre à différentes stations de sa vie. Contrairement au « TGV français », caractérisé par une trajectoire linéaire, ultrarapide et sans arrêt possible sous peine de déclassement, le système suédois repose sur une logique de réseau. Environ 70 % des étudiants y commencent leurs études vers 21 ou 22 ans, après une ou plusieurs années d’expériences professionnelles ou de césures. Cette flexibilité permet aux individus de construire leur parcours « à la carte », en articulant périodes d’études, emploi salarié et vie personnelle.
Dans ce système de « seconde chance permanente », l’erreur d’aiguillage n’est plus une fatalité, mais une étape normale de la construction de soi. Cette maturité change radicalement la donne. Les étudiants, plus âgés et forts d’un projet réfléchi, sont souvent déjà installés sur le marché du travail lors de l’obtention de leur diplôme. La question de l’insertion post-études, si anxiogène en France, s’y pose avec beaucoup moins d’acuité.
Redonner plus de lisibilité au système
Il est impératif de réduire l’irréversibilité des parcours de vie. Déscolariser le temps de la jeunesse serait un moyen de réduire l’irréversibilité des parcours de vie, pour ne pas figer les réussites ou les échecs à la fin de l’adolescence.
Pour délinéariser les parcours et favoriser une forme renouvelée de démocratisation, plusieurs leviers peuvent être activés :
Valoriser l’expérience dans les procédures de sélection, en introduisant dans les algorithmes de Parcoursup et de Mon Master des bonus significatifs pour les candidats justifiant d’une expérience extra-académique longue, ou instaurer des quotas de reprise d’étude. L’objectif est de cesser de punir le temps long.
Favoriser l’activité des plus jeunes, en recentrant les exonérations et réductions de charges patronales existantes sur les jeunes de moins de 21 ans, et en promouvant des formes d’engagement (service civique…).
Démanteler les barrières financières à la reprise d’études, en réformant le statut de stagiaire de la formation continue et en transformant les bourses sur critères sociaux en un capital-temps formation, activable tout au long de la vie. Un citoyen de 25 ans reprenant ses études doit bénéficier des mêmes droits qu’un bachelier de 18 ans.
Cette rationalisation des parcours engendrerait mécaniquement une baisse de l’échec en licence, car l’entrée à l’université ne serait plus une réponse par défaut mais un choix mûri. Elle mettrait fin à la dérive des poursuites d’étude après l’obtention d’un master vers une nouvelle licence ou un nouveau master – ces parcours redondants étant souvent utilisés comme stratégie de repli pour différer une confrontation anxieuse avec le marché du travail. En réduisant le volume global d’étudiants en master, le système regagnerait en lisibilité et en valeur.
Si le modèle actuel semble avoir atteint ses limites budgétaires et pédagogiques, le passage à une démocratisation tout au long de la vie offre une perspective de résolution : celle d’un système où l’université devient un levier d’émancipation activable à chaque étape du parcours. Réduire l’irréversibilité des trajectoires apparaît alors non seulement comme un vecteur de justice sociale, mais aussi comme une réponse structurelle aux mutations du marché du travail et aux difficultés de financement public des études supérieures.
Nicolas Charles ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Source: The Conversation – UK – By Polina Zelmanova, PhD Candidate in Film and Television Studies, University of Warwick
Frankenstein’s female creature, also known as “the Bride”, was the first female monster to appear on screen, in the 1935 Frankenstein sequel: The Bride of Frankenstein. An unruly and rebellious figure, she has inspired dozens of adaptations since.
Most recently, the Bride, as a dramatic character, has been part of a series of creative reimaginings through an explicitly feminist lens. For instance, the dark coming of age comedy, Lisa Frankenstein (2024). It imagined the Bride (Kathryn Newton) in the role of the scientist, who accidentally brings to life a young Victorian man (Cole Sprouse).
Released just a year earlier, Poor Things (2023) brought an even more complex exploration of power, agency and consent, set in a retro-futuristic Victorian era. In it, the female creature Bella (Emma Stone) negotiates what it means to be both a scientific object and creator (being created out of the pregnant body of a woman and the brain of the mother’s unborn baby). Bella does not abide by the rules and conventions of polite society, using her body against the purpose of her creator and causing several mental breakdowns for the male characters in the process.
The trailer for The Bride!
Now, a new movie directed by Maggie Gyllenhaal, The Bride!, brings the character to life in moody 1930s Chicago. Jessie Buckley plays the female creature brought back from the dead to be Frankenstein’s mate. But she is not the sort of creature that is inclined to serve someone else’s purpose. When Frankenstein (now the monster, not the scientist, and played by Christian Bale) calls her “the Bride of Frankenstein”, she replies: “No, just the Bride.”
Although the film promises a “Bonnie and Clyde” story – two lovers and rebels on the run from the law – this Bride refuses to belong to any man. Instead, gun in hand, she demands to be seen and heard on her own terms.
Reanimating the Bride from novel to screen
Since her inception, the Bride’s struggle has been for autonomy. She first appeared in Mary Shelley’s novel Frankenstein (1818), named after an egomaniac scientist who creates a creature from cadavers. In the novel, Dr Frankenstein begrudgingly agrees to make his male creature a companion, but destroys her before she can live. He is afraid she might reproduce or become even more powerful than the male creature.
Her destruction is the most violent episode in the novel and makes apparent the anxiety that her unruly female body causes to the mad scientist. The erasure of Shelley’s original female creation set the scene for the way she continues to be written out of most adaptations of the novel. This includes, most recently, Guillermo del Toro’s Frankenstein (2025).
One hundred years on from Shelley’s novel, the Bride was finally brought to life in James Whales’ The Bride of Frankenstein and played by Elsa Lanchester. Although central to the film’s title, she appears only in the final five minutes. But that was more than enough time to establish her cinematic legacy.
The monster meets his bride in The Bride of Frankenstein (1935).
She stands tall, dressed in a white gown, her dark, voluminous hair streaked with lightning. Scars and stitches run around her face. She is both alive and dead, a bride and child, beautiful and monstrous, futuristic and otherworldly. Her appearance defies categorisation, not quite the demure wife she is meant to be.
Even more memorable is the Bride’s defiant scream when she rejects the male creature and the role assigned to her by the film’s title and her creator. Feminist scholars have read this as an assertion of sexual autonomy and agency, a rejection of patriarchal control and a refusal of the role of wife and mother. She is a powerful symbol of defiance, and both costume and voice become tools for future Brides to say no to their fate. Lanchester’s Bride, however, is not able to invent alternative possibilities for herself and is ultimately destroyed by the male creature, punished for her rebellion.
The limitations of patriarchy are made even clearer in later adaptations in which Brides who choose to end their lives, such as Frankenstein Created Woman (1967). Her limited options also show the constraints of a narrative in which she is made a mere character in someone else’s story.
The creature Lily (Billie Piper) in the television series Penny Dreadful (2014-2016) is another Bride who attempts to make her own path. But the memories of her body’s previous life as a sex worker have shown her that the world is rotten to the core – her only solution is to destroy it. Lily chooses destruction over radical change, and while she rejects both Frankenstein and the male creature, the man she does willingly choose ultimately betrays her.
The trailer for Poor Things.
For some Brides, power comes from reclaiming the role of creator. This can be seen in Lisa Frankenstein and Poor Things, but also in an earlier adaptation – the exploitation comedy Frankenhooker (1990). The film ends with the Bride taking revenge on her creator by attaching his head to female body parts.
Poor Things is one of the only films where the Bride is not only invested in radical social change, but also escapes the expectations put onto her body as a scientific and sexual object. Bella actively subverts these expectations by repurposing her body as one of personal scientific enquiry. This extends to the way she uses sex. It puts her in a complicated position in relation to exploitation and empowerment, where she is simultaneously both and neither. Instead, her actions sit somewhere on the outside of our current perceptions of both.
As Jessie Buckley’s new Bride graces our screens, she promises to follow in the footsteps of her rebellious predecessors – and a long horror tradition.
This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org. If you click on one of the links and go on to buy something from bookshop.org The Conversation UK may earn a commission.
Polina Zelmanova receives funding from the Arts and Humanities Research Council to support the research undertaken as part of her PhD..
Source: The Conversation – USA (2) – By Michael Klein, Professor of International Economic Affairs at The Fletcher School, Tufts University
bk: michael, reminder to please fill our your disclosure when you have a second. it’s the red button at right
The “fog of war” refers to confusion and uncertainty on the battlefield and the attendant possibility of fatal error. This principle has a parallel when it comes to the economic consequences of wars as well, especially when they occur in a region that is a chokepoint for the production and shipment of one-fifth of the world’s oil and a third of its natural gas.
Although no one really knows how deeply the ripple effects of the joint U.S.-Israeli strikes on Iran will impair the global economy, the Gulf kingdom of Qatar issued a dire warning on March 6, 2026, that reflects those concerns: “This will bring down the economies of the world,” Qatar’s energy minister said.
As for the U.S. economy, it was already showing signs of weakness. Data released on March 6 showed an unexpected loss in jobs in February.
As an economist, I expect the biggest economic risks of this war to be inflationary pressures and slowing growth due to the rising price of oil. In addition, uncertainty from the “economic fog of war” could make consumers reticent to spend and businesses hesitant about hiring and investing. These conditions will make it challenging for policymakers to steer the economy.
Uncertainty and risks
There is currently, and likely to be for some time, great uncertainty about the length of the war in Iran, the range of countries involved and its costs. All of these factors will determine how much the war hurts economies in the U.S. and across the globe.
We do know there will be disruptions to the supply of oil and liquefied natural gas, which is difficult to ship through the Strait of Hormuz, and from the fiscal costs associated with this military action.
The 1979 Iranian Revolution also brought about a spike in the price of oil, which was an important contributing factor to the United States and Europe experiencing an economic phenomenon called “stagflation” – a portmanteau of stagnant growth and high inflation.
This is unlikely to be repeated to the same extent now. Economies are less dependent upon oil and natural gas than they were in the late 1970s and early ’80s. And the U.S. is not beginning the war with a previous decade of high inflation that made it more difficult to reduce price pressures, since expectations of inflation feed into actual inflation.
Still, supply shocks are challenging to address, as the world saw with the COVID-19 pandemic, and policymakers will likely have to make some difficult choices that involve hard trade-offs.
One of the questions arising from supply shocks is whether a central bank should raise interest rates to combat inflation or lower them to offset weakness in the economy and rising unemployment. Lifting rates brings down inflation by reducing demand for loans and curbing growth, while lowering rates has the opposite effect.
In both the late 1970s and during the onset of the pandemic, the Federal Reserve opted to keep rates low to help support the economy and the job market. In both cases, this led to a spike in inflation.
The inflation of the late 1970s and early ’80s was brought down by a strong reversal of monetary policy with high interest rates, causing a recession that was, at that time, the deepest since the 1930s. Notably, the reduction of inflation in the wake of COVID-19 did not require a similar economic downturn to achieve that goal. An important reason for that is the long history of low inflation in the decades before the 2020s and the “anchoring” of inflation expectations.
Concerns that these actions could lead to higher inflation can become a self-fullfilling prophecy that brings about the very thing that people are worried about. Seeds of new inflation pressures may be falling on fertile soil.
Uncertainty triggered by the war is not the only negative economic signal. Tariff policy, cuts to government employment, rising federal debt and the possibility of financial vulnerabilities are all weighing on the U.S. economy. A spike in the price of oil could very well set off greater weakness, and even a recession, as consumers and businesses pull back from spending.
Michael Klein has received funding for EconoFact from the Annie E. Casey Foundation, the Alfred P. Sloan Foundation and the Smith Richardson Foundation. He is a Research Associate in the National Bureau of Economic Research.
Le macaque japonais, Macaca fuscata de leur nom scientifique, est une espèce très sociable et intelligente. Dans les groupes sauvages en liberté, les femelles n’abandonnent pas leurs petits.(Brogan M. Stewart)
Les soigneurs lui ont donné un orang-outan en peluche qu’il emporte partout avec lui et dont il lisse la fourrure, comme le font les singes entre eux. Certains macaques du groupe ont repoussé Punch, l’ont traîné et se sont montrés hostiles à son égard. Les internautes se demandent pourquoi. Et pourquoi sa mère l’a-t-elle abandonné ?
En tant que chercheurs spécialisés dans les primates, nous avons passé des milliers d’heures à observer des macaques japonais comme Punch et souhaitons fournir quelques informations sur leur mode de vie.
Les femelles sauvages n’abandonnent pas leurs petits
Les macaques japonais, Macaca fuscata, sont des animaux très sociables et intelligents.
À l’état sauvage, ils n’abandonnent pas leurs petits.
Une femelle adulte allaite son petit âgé d’un à trois mois. (Brogan M. Stewart)
Nous ne prétendons pas que cela ne se produit jamais, mais c’est un comportement extrême. Nous n’avons pas non plus observé ce phénomène au cours des 25 années où nous avons étudié des macaques japonais au Centre des singes d’Awajishima, sur l’île d’Awaji, au Japon, où les singes vivent en liberté en groupes.
Au contraire, nous avons vu des femelles s’occuper de leurs petits et accorder une attention particulière aux petits handicapés, qui ne pouvaient pas s’accrocher à leur mère, ainsi qu’aux blessés et aux malades.
Purico09, une femelle adulte, avait un petit appelé Pukichi, qui souffrait d’un handicap physique aux mains et avait du mal à s’accrocher à elle. La mère le tenait en l’enveloppant de son bras lorsqu’elle se déplaçait ou l’allaitait.(Megan M. Joyce).
Les femelles macaques japonaises sont des mères dévouées.
Des mères dévouées, et parfois désemparées
Cela ne signifie pas pour autant que toutes les femelles macaques s’adaptent instantanément à leur nouveau rôle de mère. Nous en avons déjà vu tenir leur petit à l’envers ou être distraites pendant que celui-ci s’aventurait dans des situations dangereuses.
Une macaque japonaise allaite son petit à l’ombre. (Megan M. Joyce)
Nous en avons vu regarder la nouvelle créature frétillante qu’elles venaient de mettre au monde avec une expression de consternation perplexe que toute mère humaine peut avoir vécu à un moment ou un autre.
Les mâles ne prennent généralement pas directement soin des petits. Cependant, à mesure que ceux-ci grandissent et gagnent en indépendance, les mâles les aident en socialisant avec eux.
Un mâle adulte entouré d’un groupe de jeunes. Ils font leur toilette, se reposent et jouent ensemble. (Megan M. Joyce)
L’abandon en captivité
Quant à la mère de Punch, il est possible qu’elle n’ait pas eu les compétences nécessaires pour s’occuper de son bébé, qu’elle ait été stressée par la captivité et les conditions qui y sont associées, ou encore que ces deux éléments se soient combinés. Nous ne connaissons pas toute son histoire, elle a pu être élevée par des humains ou avoir rencontré d’autres difficultés.
L’abandon des petits se produit parfois en captivité – dans 7,7 % des cas selon une étude –, principalement chez les mères primipares ou de rang inférieur. Les humains qui s’occupent d’eux font de leur mieux pour élever les nouveau-nés, mais cela pose des défis.
On observe aussi des cas d’adoption en captivité. Toutefois, l’environnement est différent dans un zoo : les groupes ne sont pas nécessairement composés de femelles de la même famille, comme ce serait le cas dans la nature, et les mâles ne peuvent pas partir comme ils le feraient en liberté. De plus, certains singes de zoo ont été élevés par des humains ou proviennent de l’industrie du divertissement.
Ces singes peuvent avoir un langage social différent. Punch n’a pas pu apprendre à « parler » le macaque japonais auprès de ses soigneurs humains.
Une grande flexibilité comportementale
La bonne nouvelle pour Punch (et ses admirateurs humains) est que les macaques japonais ont un comportement flexible et sont capables d’apprendre de leurs congénères. Punch apprend déjà à communiquer avec les autres singes et à trouver sa place au sein du groupe.
Dans la nature, les femelles allaitent leurs petits jusqu’à l’âge de deux ans. Lorsqu’ils sont orphelins, les petits de l’âge de Punch peuvent survivre, surtout s’ils sont adoptés ou même simplement acceptés par d’autres singes.
Un bébé macaque japonais âgé d’environ un à trois mois regarde sa mère faire la toilette d’un autre singe. (Brogan M. Stewart)
Lorsqu’il s’approchait d’un autre macaque pour jouer, Punch envoyait peut-être, sans le vouloir, des signaux tels que « j’ai peur de toi » ou « je suis dominant par rapport à toi ».
Plus il passera de temps au sein de son groupe, plus il découvrira comment les autres singes interagissent. Il saura alors quels comportements sont acceptables sur le plan social. C’est le meilleur des scénarios pour Punch. Les singes ne devraient pas être élevés comme animaux de compagnie. Ce sont des bêtes sauvages qui ont besoin de vivre dans un environnement social riche et stimulant.
Les petits dont les mères se fréquentent forment souvent des groupes pour jouer ensemble, explorer leur environnement et apprendre à socialiser. (Megan M. Joyce)
Punch appartient à une espèce intelligente, sociable et flexible sur le plan comportemental, dont les membres développent les codes sociaux auprès de leur mère et de leurs proches. Il devrait donc s’intégrer facilement à son nouvel environnement social.
Les études menées sur les macaques japonais en liberté nous aident à comprendre l’histoire de Punch et démontrent l’importance de la recherche sur le bien-être animal dans les zoos, le comportement de la faune sauvage et dans le domaine de la science de la conservation.
Des macaques japonais se reposent sur une clôture au Centre des singes d’Awajishima. (Sarah E. Turner)
Sarah E. Turner et les étudiants de son laboratoire bénéficient d’un financement provenant du Programme des subventions à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du programme Leadership en innovation environnementale et numérique pour la durabilité (LEADS-CREATE), des bourses de recherche MITACS Globalink, du Centre québécois pour la science de la biodiversité et de l’Université Concordia.
Brogan M. Stewart reçoit des fonds du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, du Leadership in Environmental and Digital innovation for Sustainability (LEADS-CREATE), des bourses de recherche MITACS Globalink, du Centre québécois pour la science de la biodiversité et de l’Université Concordia.
Megan M. Joyce reçoit des fonds du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada – Programme des subventions à la découverte et Leadership en innovation environnementale et numérique pour la durabilité (LEADS-CREATE), des bourses de recherche MITACS Globalink, du Centre québécois pour la science de la biodiversité et de l’Université Concordia.
Mikaela Gerwing a reçu des financements du Fonds de recherche du Québec – Nature et Technologies, du programme Leadership for Environmental Innovation for Sustainability (LEADS-CREATE), de la bourse Miriam Aaron Roland, des bourses de recherche MITACS Globalink, du Centre québécois pour la science de la biodiversité et de l’Université Concordia. Elle est affiliée à Planet Madagascar.