Nous avons lancé 100 000 simulations de la Coupe du monde. Et le vainqueur est…

Source: The Conversation – in French – By Achim Zeileis, Professor of Statistics, University of Innsbruck

L’Espagne, la France ou l’Angleterre soulèveront-elles le trophée ? En s’appuyant sur les données de milliers de matchs, des statisticiens ont simulé 100 000 fois la Coupe du monde 2026 de foot pour identifier les scénarios les plus probables.


Autrefois, pour savoir quelle équipe allait remporter la Coupe du monde, il fallait consulter des voyants à la boule de cristal, lire l’avenir dans les feuilles de thé ou espérer que Paul le Poulpe nous révèle ce qui allait se passer.

Aujourd’hui, la science des données offre une alternative plus fiable. Au sein d’une équipe de statisticiens, j’ai contribué à entraîner un algorithme d’apprentissage automatique afin de prédire le scénario le plus probable du tournoi.

Prévisions probabilistes et dés pipés

L’algorithme que nous avons conçu fonctionne en deux étapes. Dans un premier temps, des modèles statistiques sophistiqués sont combinés aux analyses des bookmakers et aux données du marché des transferts afin d’évaluer la force de toutes les équipes et de leurs joueurs. Dans un second temps, un algorithme d’apprentissage automatique détermine la meilleure façon de combiner ces estimations avec d’autres informations concernant les équipes.

Cette approche permet de produire une prévision probabiliste pour chaque match possible du tournoi. On peut l’imaginer comme une paire de dés pipés : au lieu de présenter les chiffres de 1 à 6 avec une probabilité identique, ces dés attribuent des probabilités différentes au nombre de buts que chaque équipe est susceptible de marquer.

Par exemple, selon nos prévisions, le dé du Mexique produit en moyenne 1,9 but lors du match d’ouverture, tandis que celui de son adversaire, l’Afrique du Sud, n’en produit que 0,7. Cela ne signifie toutefois pas que le Mexique gagnera à coup sûr. Une victoire mexicaine constitue simplement l’issue la plus probable, avec une probabilité de 65 %. Un match nul est moins probable (21 %), tandis qu’une victoire de l’Afrique du Sud représente le scénario le moins probable (14 %).

« ¡Vuelve a casa, el fútbol vuelve a casa! »

En utilisant différentes paires de dés pipés, il est possible de simuler le résultat de chaque match de la Coupe du monde. Nous avons pris en compte le tirage au sort officiel du tournoi ainsi que l’ensemble des règles de la FIFA, y compris les prolongations et les séances de tirs au but. Nous avons ensuite effectué 100 000 simulations afin de déterminer le scénario le plus probable de la compétition.

Les résultats montrent que l’Espagne est la favorite pour le titre, avec une probabilité de victoire de 14,5 %. Elle est suivie de près par l’Angleterre et la France, toutes deux à 12,4 %, puis par l’Allemagne avec 11,2 %.

En raison de l’élargissement du tournoi – cette Coupe du monde réunit 48 équipes et comporte cinq tours à élimination directe –, les écarts entre les favoris restent relativement faibles. Le Portugal et l’Argentine disposent eux aussi de solides chances de remporter le trophée, avec respectivement 8,9 % et 8,2 % de probabilité de victoire finale.

De son côté, les États-Unis ont de bonnes chances d’atteindre les seizièmes de finale : 78 %. Il s’agit de la probabilité la plus élevée de leur groupe, qui compte trois autres équipes. En revanche, lors de la phase à élimination directe, où chaque match est décisif, les chances de l’équipe américaine de poursuivre son parcours diminuent assez rapidement. La probabilité de voir le pays hôte soulever le trophée lors de la finale disputée au MetLife Stadium le 19 juillet n’est que de 1 %.

Les coulisses du modèle

Notre algorithme d’apprentissage automatique et les simulations qui en découlent reposent sur un mélange de données, d’expertise et de modèles statistiques.

Tout d’abord, l’ensemble des matchs internationaux disputés au cours des huit dernières années sert de base à une estimation rétrospective du niveau des équipes. Ensuite, une estimation prospective est établie à partir des cotes proposées par différents bookmakers internationaux, lesquelles reflètent leur appréciation experte du tournoi à venir.

Troisièmement, des évaluations individuelles des joueurs sont établies à partir de leur contribution aux buts marqués en club comme en sélection nationale. Enfin, la qualité actuelle des joueurs et leur potentiel futur sont appréhendés à travers leur valeur marchande estimée. Ces données sont disponibles sur le site Transfermarkt, qui s’appuie sur une approche fondée sur l’intelligence collective pour estimer des valeurs de marché qui, par nature, restent inconnues.

Ces quatre variables sont ensuite combinées à un large éventail d’autres indicateurs pertinents décrivant l’état actuel des différentes équipes et des pays qu’elles représentent. Cela comprend des éléments propres aux sélections, comme leur classement FIFA ou le nombre de joueurs ayant atteint les demi-finales de la Ligue des champions cette année. Nous avons également intégré des facteurs socio-économiques propres à chaque pays, tels que le PIB par habitant.

Pour déterminer si ces variables influencent réellement les résultats d’une Coupe du monde, et dans quelle mesure, nous avons eu recours à un algorithme d’apprentissage automatique.

Plus précisément, nous avons utilisé ce que l’on appelle une forêt aléatoire (random forest), un modèle composé d’un grand nombre d’arbres de décision, chacun étant entraîné sur des sous-ensembles légèrement différents des données. L’algorithme a été entraîné à partir de tous les matchs disputés lors des grandes compétitions internationales depuis la Coupe du monde 2006.

Il apprend ainsi à relier le niveau des équipes, la valeur marchande de leurs joueurs et d’autres facteurs au nombre de buts marqués lors des matchs de Coupe du monde. C’est cette information qui permet de « piper les dés » utilisés dans nos simulations.

Quelle fiabilité ?

Ce n’est pas la première fois que notre équipe, composée d’Andreas Groll, de Rouven Michels et de leurs collègues de l’université technique de Dortmund en Allemagne, ainsi que de Lars Magnus Hvattum du Molde University College en Norvège, de Gunther Schauberger de l’université technique de Munich et de moi-même, collabore pour prédire l’issue d’une Coupe du monde.

Lors de la Coupe du monde féminine 2019, nous avions correctement désigné les États-Unis comme futurs vainqueurs. Lors de la Coupe du monde féminine 2023 et de la Coupe du monde masculine 2022, les équipes sacrées — l’Espagne et l’Argentine — n’étaient pas nos favorites, même si notre modèle les identifiait comme de sérieuses prétendantes au titre.

La principale leçon est qu’une prévision repose sur des probabilités. Notre programme ne prétend pas prédire le vainqueur avec une certitude absolue. Mais il a peut-être davantage de chances de succès qu’un mollusque à huit bras.

The Conversation

Achim Zeileis ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Transplanter au Québec les rituels et la philosophie du thé chinois

Source: The Conversation – in French – By Jie Yu, Doctorat en art numérique, danse et patrimoine immatériel, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)

Peut-on transplanter une cérémonie du thé chinoise millénaire dans le sol québécois sans, d’une part, la dénaturer, et d’autre part imposer strictement ses codes ? Derrière cette question, c’est la notion de dialogue interculturel qui me retient. Au Musée d’art de Rouyn-Noranda, j’ai mené une recherche-action qui explore ce rituel spirituel en assouplissant son exercice pour créer des ponts interculturels.


Dans le cadre de mon doctorat en art numérique, danse et patrimoine immatériel à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, j’ai eu la chance d’animer des cérémonies dans cet espace culturel. L’objectif est d’étudier comment la cérémonie du thé, en tant que pratique méditative et esthétique, peut être réinterprétée pour favoriser le bien-vivre individuel et créer des ponts interculturels dans un contexte inclusif, participatif et pluraliste comme celui du Québec.

Cette recherche soulève également pour moi des enjeux relatifs à l’héritage et à sa transmission, puisque j’ai grandi dans une famille marquée par la tradition du thé. Mon expérience de migration au Québec a suscité une réflexion sur les modalités de transposition d’un héritage culturel spécifique dans un nouvel écosystème socioculturel.

La cérémonie du thé

Bien plus qu’un simple art de la dégustation, la cérémonie du thé s’ancre dans la sagesse chinoise, qui célèbre les cycles naturels, notamment les 24 segments climatiques du calendrier agricole traditionnel. Elle incarne à cet égard un profond respect pour la nature et une philosophie de vie fondée sur l’harmonie entre l’être humain et l’univers.

La voie du thé s’est historiquement déployée comme un art vivant, capable d’épouser les contextes tout en préservant une cohérence profonde. Elle ne se réduit ni à une technique figée ni à un protocole immuable, mais se manifeste comme une pratique évolutive, façonnée par les dynamiques sociales, esthétiques et spirituelles propres à chaque époque.

Dès ses origines, la pratique du thé en Chine a connu des transformations significatives. Des préparations relativement simples sous la dynastie Tang (618 – 907) aux formes plus élaborées et raffinées sous la dynastie Song (960 – 1279), la culture du thé s’est continuellement reconfigurée selon les périodes, les lieux et les sensibilités. Chaque dynastie a réinventé les manières de préparer, d’offrir et de célébrer le thé, sans jamais rompre le fil conducteur qui relie ces variations successives. Selon l’historien du thé chinois Juenong Wu, ce fil rouge concerne la quête d’harmonie entre l’humain, la nature et le cosmos.

Dans la tradition chinoise, la cérémonie du thé agit comme une interface temporelle où se rencontrent la résonance des origines, comprise comme l’ensemble des savoirs, gestes et cosmologies hérités, et la densité du maintenant, c’est-à-dire l’expérience sensible et relationnelle vécue dans l’instant partagé.

À cette dynamique s’ajoute la promesse du possible, entendue comme l’ouverture vers des significations encore en devenir. Elle mobilise une mémoire culturelle inscrite dans des techniques codifiées, des rythmes saisonniers et des symboliques écologiques, tout en se reconfigurant dans l’instant du moment partagé, au contact des corps présents, des contextes culturels spécifiques et des subjectivités qui la réinterprètent. Ainsi, le rituel n’est pas la répétition d’un passé intact, mais l’actualisation d’un héritage à travers l’espace-temps.




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D’une part, cette culture se distingue par la simplicité de son accès, fondée sur des gestes élémentaires tels que s’asseoir, verser et offrir. D’autre part, elle déploie une complexité remarquable dans ses ramifications symboliques, en raison des strates historiques, esthétiques et philosophiques qu’elle convoque. Elle exige une transmission progressive fondée sur le vécu plutôt que sur un apprentissage strictement normatif.

La compréhension ne procède pas principalement par l’accumulation de règles, mais par une immersion corporelle et relationnelle qui permet au sens d’émerger à travers la pratique. La cérémonie devient alors un espace d’apprentissage sensible où l’attention, la lenteur et la réciprocité constituent les véritables vecteurs de connaissance.


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Assouplir les codes

J’ai choisi d’assouplir ces règles au Québec afin d’accorder la priorité à l’accueil et à la découverte sensible plutôt qu’à la régularité formelle. Mon intention était de recréer une atmosphère authentique sans imposer un cadre susceptible de générer du stress ou un sentiment d’inadéquation chez les participants. Cette approche a permis de déplacer l’accent de la conformité rituelle vers la qualité relationnelle et sensorielle du moment partagé dans un contexte interculturel.

Chaque séance, conçue comme une exploration collective et contemplative, durait environ une heure et demie. Ce temps se divisait en deux séquences complémentaires : une heure dédiée à l’immersion dans l’expérience de la cérémonie du thé, suivie d’une demi-heure d’échange et de partage des ressentis en groupe. Pour préserver l’expérience de chaque participant, le nombre de personnes par session était limité à huit. Les rencontres étaient programmées selon le calendrier des 24 segments climatiques, afin d’ancrer la traversée dans une perception chinoise du temps et du vivant, et d’offrir aux participants une porte d’entrée éprouvée vers une autre relation à la nature.

Je rappelais souvent aux invités que leur présence relevait avant tout de la curiosité et de l’ouverture d’esprit, et non d’une obligation de performance culturelle. L’expérience devait être reçue comme un cadeau que l’on s’offre à soi-même, un moment pour déposer la fatigue du quotidien, détendre le corps et affiner le lien corps-esprit. Je les invitais à faire confiance à l’instant présent et à voyager ensemble dans l’univers philosophique du thé tout en vivant une forme de méditation partagée.

Le thé, un pont interculturel

Les retours des participants ont confirmé que la cérémonie du thé dépasse largement les frontières culturelles. Ils sont nombreux à avoir découvert une nouvelle manière d’habiter le monde à travers les détails du rituel : la manipulation des ustensiles, l’appréciation des articles d’art artisanal, l’attention portée aux autres et la gratitude envers la nature qui nous offre ces thés précieux.

Plusieurs participants ont décrit une amélioration de leur bien-être immédiat, ainsi qu’un sentiment accru d’appartenance au groupe éphémère constitué autour du thé.

L’une d’elles confiait : « Je ne m’attendais pas à ressentir autant de calme. C’était comme si le temps suspendait son vol et que nous étions tous reliés par quelque chose d’invisible ».

Une autre participante décrivait ainsi son expérience : « Chaque geste avait du sens. J’ai eu l’impression de redécouvrir la lenteur, de retrouver une connexion avec moi-même à travers la cérémonie ».




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D’autres retours abondent aussi dans ce sens. Les participants ont évoqué, tout au long des gestes, une profonde impression de respect et d’attention et un sentiment d’être accueillis et aimés. Certains ont parlé d’une « énergie du thé nourrissant l’esprit », d’autres d’un « voyage poétique et doux », et finalement plusieurs mentionnent avoir vécu un processus « presque thérapeutique » leur permettant d’amorcer autrement leur fin de semaine.

Ces témoignages suggèrent que la pratique agit simultanément sur le plan individuel en contribuant à la régulation du stress et au développement de la conscience corporelle, ainsi que sur le plan social en favorisant la reconnaissance mutuelle et la circulation des significations.

Une tradition vivante

Les résultats de ma recherche-action tendent à montrer que la transplantation de cette pratique peut contribuer à l’enrichissement du paysage culturel québécois à condition d’en reconfigurer les modalités pédagogiques.

Ils montrent également que la cérémonie du thé ne constitue pas un système clos régi par une orthodoxie intangible, mais un processus ouvert de co-création de sens dans lequel chaque rencontre actualise la tradition sans l’appauvrir, et où l’héritage se maintient précisément parce qu’il accepte de dialoguer avec les conditions contemporaines de son déploiement.

La cérémonie du thé devient alors un laboratoire où s’élaborent de nouvelles formes d’hospitalité interculturelle capables de conjuguer respect des traditions et créativité contextuelle.

La Conversation Canada

Jie Yu ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Transplanter au Québec les rituels et la philosophie du thé chinois – https://theconversation.com/transplanter-au-quebec-les-rituels-et-la-philosophie-du-the-chinois-274463

Comment éviter que votre chat ne devienne un vecteur de maladies

Source: The Conversation – in French – By Amy Wilson, Adjunct Professor, Forest and Conservation Sciences, University of British Columbia

Les chats qui vagabondent chassent, interagissent avec la faune sauvage ou d’autres animaux domestiques, et évoluent dans des environnements contaminés par des agents pathogènes et des toxines. (Unsplash/Oscar Fickel)

Les animaux de compagnie occupent une place importante dans la vie de nombreuses personnes, leur apportant une compagnie précieuse. Pourtant, ils peuvent parfois être à l’origine de pathogènes et de maladies indésirables, surtout lorsqu’ils sortent régulièrement à l’extérieur.


Nous sommes des écologistes et un vétérinaire qui étudions la santé de la faune sauvage, ainsi que la circulation des pathogènes entre la faune sauvage, les animaux domestiques et les humains. Si votre chat sort librement ou si des chats errants fréquentent votre jardin, nos récentes découvertes vous concernent peut-être directement.

Les agents pathogènes zoonotiques sont des organismes capables d’infecter aussi bien les animaux que les humains. Du point de vue d’un agent pathogène, nous ne sommes qu’un hôte parmi d’autres. La faune sauvage est souvent pointée comme source principale de maladies émergentes, ce qui se comprend, étant donné qu’il existe bien plus d’espèces sauvages que d’espèces domestiques.

Cela dit, même si un agent pathogène peut infecter les humains, encore faut-il qu’il trouve un moyen de nous atteindre. Or, nous partageons davantage d’agents pathogènes zoonotiques avec nos animaux domestiques qu’avec la faune sauvage, tout simplement parce qu’ils vivent à notre contact. L’avantage est encore plus grand pour les pathogènes capables d’infecter un animal de compagnie.

Dans notre étude récemment publiée, nous avons compilé les données de plus de 400 études afin d’examiner dans quelle mesure le mode de vie d’un chat – intérieur, extérieur ou errant – influe sur sa probabilité de porter des agents pathogènes susceptibles d’infecter les humains.

Au total, cette compilation recense près de 100 agents pathogènes détectés chez les chats, considérés comme zoonotiques. Parmi les plus courants : la rage, Toxoplasma gondii, les vers ronds et la salmonelle.

Nos recherches

un chat blanc et orange dans un jardin
Les chats chassent des animaux susceptibles de porter des agents pathogènes zoonotiques, notamment des rongeurs, des oiseaux et des chauves-souris, dont beaucoup n’auraient autrement que peu de contacts directs avec les humains.
(Unsplash/Hadley Woodall)

Nous avons constaté que les chats ayant accès à l’extérieur avaient trois à cinq fois plus de chances de porter un agent pathogène zoonotique que les chats vivant exclusivement à l’intérieur. Fait plus surprenant : les chats autorisés à sortir présentaient un risque comparable à celui des chats errants. Ils portaient certes moins de types d’agents pathogènes différents, mais les mêmes pathogènes qui infectent les chats errants peuvent tout autant affecter les chats de compagnie.

Ce risque prend une dimension considérable à grande échelle, car les chats qui déambulent librement sont en contact étroit avec les humains, la faune sauvage et d’autres animaux domestiques. Dans l’ensemble des études analysées, environ 60 % des chats domestiques avaient un accès non surveillé à l’extérieur, un taux qui dépasse 90 % dans certaines régions.

Les chats errants chassent, interagissent avec la faune sauvage ou d’autres animaux domestiques, et évoluent dans des environnements contaminés. Des recherches suggèrent que les propriétaires de chats sous-estimeraient les captures de leurs chats d’environ 80 %, ce qui signifie que la majorité des contacts avec des animaux sauvages passent inaperçus.

Ces interactions ne sont ni rares ni limitées aux espèces dites nuisibles. À l’échelle mondiale, les estimations du nombre d’animaux sauvages tués par des chats se chiffrent en milliards, avec plus de 2000 espèces répertoriées comme proies des chats domestiques.

un chat gris se prélassant dans un pot rouge
Traiter les infections parasitaires existantes et vacciner contre des maladies comme la rage sont des précautions essentielles, même pour les chats d’intérieur.
(Unsplash/Anna K)

Les chats chassent des animaux susceptibles de véhiculer des agents pathogènes zoonotiques – rongeurs, oiseaux, chauves-souris – qui n’auraient autrement que peu de contacts avec les humains. Ils peuvent ramener chez eux des rongeurs porteurs de virus, et des cas documentés montrent des chats introduisant dans des habitations des chauves-souris séropositives pour la rage. Un chat rentrant avec une proie peut ainsi ouvrir une voie directe entre les agents pathogènes circulant dans les populations sauvages et les humains.


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Les propriétaires ne sont pas les seuls exposés. Les chats d’extérieur défèquent dans les jardins, les parcs, les aires de jeux et autres espaces communs, ce qui peut engendrer des taux de contamination élevés. Une étude a estimé que les chats d’extérieur déposaient plus de 60 tonnes de matières fécales pour 10 000 foyers chaque année.

Selon le parasite, les excréments peuvent contenir des centaines, voire des centaines de milliers d’œufs qui persistent dans le sol ou l’eau pendant des mois, voire des années, et infecter toute personne ou tout animal entrant en contact avec eux.

Ce que les propriétaires de chats peuvent faire

La mesure la plus simple est aussi la moins coûteuse et la plus humaine : éviter que les chats ne vagabondent sans surveillance. Cela ne signifie pas leur interdire l’extérieur. Il existe des alternatives : construire des enclos ou des « catios », les promener en laisse, organiser des sorties surveillées ou tout autre dispositif permettant un accès contrôlé.

Les soins vétérinaires restent indispensables. Traiter les infections parasitaires et vacciner contre la rage sont des précautions essentielles, y compris pour les chats d’intérieur. Mais ni les vaccins ni les antiparasitaires ne couvrent l’ensemble des agents pathogènes associés à la faune sauvage : limiter l’exposition demeure donc l’approche la plus complète.

un chat blanc et gris aux yeux verts
Un chat rentrant à la maison avec une proie peut mettre les agents pathogènes circulant chez la faune sauvage en contact avec les humains.
(Unsplash/Sanela Arsenic)

Le débat sur la liberté de mouvement est souvent présenté comme un faux dilemme : soit le chat se promène librement, soit il est privé d’une vie naturelle. Ce cadre est trompeur, et ne correspond pas à la façon dont nous gérons les autres animaux de compagnie. Nous ne considérons pas qu’un chien a besoin d’un accès illimité aux routes, aux jardins des voisins ou à la chasse pour s’épanouir. De la même façon, les chats d’intérieur ou ceux bénéficiant d’un accès surveillé peuvent mener une vie saine, enrichie et plus longue.

Des politiques encadrant les déplacements des chats à l’extérieur peuvent contribuer à préserver la biodiversité, le bien-être des félins et de la faune sauvage, ainsi que la santé publique. C’est là l’essence même du concept One Health : les choix qui protègent les écosystèmes sont souvent les mêmes que ceux qui protègent les animaux et les humains qui les partagent.


Cet article a été coécrit par David Lapen, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui finance également ses travaux.

La Conversation Canada

Amy Wilson a effectué des travaux de recherche contractuels pour Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que pour Environnement et Changement climatique Canada.

Scott Wilson travaille pour Environnement et Changement climatique Canada, qui finance également ses recherches.

Peter Marra ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment éviter que votre chat ne devienne un vecteur de maladies – https://theconversation.com/comment-eviter-que-votre-chat-ne-devienne-un-vecteur-de-maladies-284919

Îles Salomon : délicat jeu d’équilibre géopolitique entre la Chine et l’Australie

Source: The Conversation – in French – By Pierre-Christophe Pantz, Enseignant vacataire et chercheur associé à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de la Nouvelle-Calédonie

Derrière la visite officielle du nouveau premier ministre salomonais Matthew Wale à Canberra, certains ont voulu voir un signe de rééquilibrage diplomatique après des années de rapprochement avec la Chine. Mais plus qu’un choix de camp, l’arrivée au pouvoir de Wale répond d’abord à une crise politique interne. Entre dépendance aux financements extérieurs, endettement et rivalités accrues entre grandes puissances, les îles Salomon tentent de préserver leur marge de manœuvre.


La première visite officielle du nouveau premier ministre salomonais Matthew Wale en Australie, début juin 2026, a été perçue comme un signal de rapprochement avec Canberra après plusieurs années de coopération renforcée avec la Chine. Pourtant, derrière ce geste symbolique, la réalité apparaît plus nuancée. Si cette prise de contact pourrait traduire un rééquilibrage diplomatique, les îles Salomon demeurent surtout confrontées à une contrainte structurelle : préserver leur autonomie en capitalisant sur la rivalité accrue entre la Chine, l’Australie et les puissances occidentales.

Le choix de la première destination d’un chef de gouvernement est rarement neutre. À ce titre, la visite à Canberra de Matthew Wale, quelques jours à peine après son arrivée au pouvoir en mai 2026, a retenu l’attention. Le geste est d’autant plus notable que les îles Salomon sont devenues, depuis leur reconnaissance diplomatique de Pékin au détriment de Taipei en 2019 puis l’accord de sécurité sino-salomonais de 2022, un terrain central de la compétition stratégique dans le Pacifique insulaire.

À première vue, ce déplacement aurait pu être lu comme un revirement par rapport aux gouvernements de Manasseh Sogavare (2019-2024) puis de Jeremiah Manele (2024-2026), souvent associés à un rapprochement avec la Chine. Cette lecture mérite toutefois d’être nuancée : dès 2024, Manele avait lui-même choisi l’Australie pour sa première visite officielle – ce qui illustre la continuité des liens entre Honiara et Canberra malgré l’approfondissement du partenariat avec Pékin.

Dès lors, la question n’est peut-être pas celle d’un basculement entre Chine et Australie, mais celle de la manière dont les îles Salomon cherchent à ménager leurs deux principaux partenaires dans un espace régional de plus en plus polarisé.

2024-2026 : une crise politique d’abord interne

Les élections législatives de 2024 ont souvent été interprétées à l’étranger comme un référendum implicite pour ou contre l’influence de la Chine. Cette grille de lecture, centrée sur la rivalité sino-occidentale, tend toutefois à minimiser les dynamiques internes.

En effet, le gouvernement de Jeremiah Manele, ancien ministre des Affaires étrangères de Manasseh Sogavare et acteur clé du basculement diplomatique vers Pékin en 2019, s’est rapidement fragilisé. Dans un archipel de plus en plus marqué par la fragmentation des alliances parlementaires, la recrudescence des accusations de corruption, les tensions entre élites politiques et une insatisfaction sociale persistante ont progressivement érodé sa majorité.

Manele est finalement renversé en mai 2026 par une motion de défiance (26 voix contre 22). Si les débats sur la relation avec la Chine ont nourri les critiques, ils ne suffisent pas à expliquer cette chute, qui s’inscrit d’abord dans une instabilité politique structurelle. Cette lecture est renforcée par un constat central : malgré les investissements chinois dans les infrastructures (stade national, hôpitaux, équipements publics), les inégalités sociales et territoriales demeurent particulièrement fortes. Les îles Salomon restent un État classé par l’ONU parmi les pays les moins avancés (PMA), où l’accès aux services essentiels demeure très inégal.

Dans ce contexte, Matthew Wale a bâti son accession au pouvoir sur un discours de réforme centré sur la transparence et la lutte contre la « capture de l’État par les élites ». Son élection relève donc autant d’une crise interne que des recompositions géopolitiques régionales, qui reconfigurent les équilibres de la scène politique salomonaise.

Le « paradoxe Wale » : entre critique de la Chine et Realpolitik

Critique de longue date de l’accord de sécurité signé avec la Chine en 2022, Wale a adopté une posture plus pragmatique dès 2025, alors qu’il siégeait encore dans l’opposition, notamment lors d’une visite à Pékin où il réaffirme son soutien au principe d’une seule Chine.

Une fois au pouvoir, il n’a pas remis en cause le principe même de la coopération sécuritaire avec la Chine. Il a néanmoins marqué une inflexion en annonçant un réexamen du pacte signé en 2022, dont il continue de dénoncer le manque de transparence et les clauses de confidentialité. Cette position traduit moins une rupture avec Pékin qu’une volonté de reprendre le contrôle politique d’un accord longtemps critiqué pour son opacité.

Ce pragmatisme s’explique par des contraintes fortes. D’une part, le pays dépend largement des financements extérieurs pour ses infrastructures et services publics. D’autre part, l’endettement contracté notamment auprès de la Chine populaire limite les marges budgétaires, sans constituer pour autant un « piège » au sens strict.

Dans le même temps, les équilibres extérieurs sont structurants : l’Australie reste le principal partenaire sécuritaire et un bailleur majeur, tandis que la Chine occupe une place croissante dans le financement du développement.

Dans ce cadre, Wale cherche à maintenir des relations avec plusieurs partenaires afin de préserver ses marges de manœuvre diplomatiques. La souveraineté est surtout utilisée comme un levier politique, plutôt que comme une recherche d’autonomie totale.

D’ailleurs, l’élection de Wale n’a pas provoqué de réaction hostile de Pékin. Les autorités chinoises ont rapidement affiché leur volonté de poursuivre et d’approfondir leur coopération avec le nouveau gouvernement, tandis que Wale a lui-même réaffirmé son attachement au principe d’une seule Chine. Cette retenue mutuelle suggère que, à ce stade, ni Honiara ni Pékin ne souhaitent transformer la transition politique de 2026 en rupture diplomatique.

Australie–Salomon : une relation jamais rompue

En parallèle, la visite officielle de Wale en Australie s’inscrit également dans un réengagement australien plus large dans le Pacifique. Canberra a multiplié les accords bilatéraux ces dernières années : Tuvalu (Union Falepili, 2023), îles Salomon (un premier traité de sécurité en 2024), Papouasie–Nouvelle-Guinée (traité Pukpuk, 2025), Indonésie (2026), Vanuatu (projet d’accord Nakamal, 2026).

Dans cette architecture, les Îles Salomon occupent une position particulière. L’Australie conserve une influence historique, héritée notamment de la Mission régionale d’assistance aux îles Salomon (2003-2017), même si la montée en puissance de la Chine depuis 2019 a introduit une nouvelle incertitude stratégique.

La relance de la coopération policière et sécuritaire engagée dans le cadre de l’accord bilatéral conclu en 2024, dont la mise en œuvre avait été partiellement retardée sous le gouvernement Manele, illustre davantage une continuité qu’un basculement. Les liens institutionnels entre Canberra et Honiara n’ont jamais été rompus, y compris durant la période de rapprochement avec Pékin.

Pour l’Australie, l’objectif consiste désormais moins à évincer la Chine qu’à conserver une position centrale dans les domaines de la sécurité, de la formation et de la gouvernance. Pour les Salomon, l’enjeu est inverse : maintenir ouvertes plusieurs options de coopération afin d’éviter toute dépendance exclusive.

Cette logique rejoint une pratique plus large des petits États insulaires du Pacifique, souvent résumée par la formule « Amis de tous, ennemis de personne », qui vise à préserver les marges de manœuvre diplomatiques, mais également à maximiser les aides au développement dans un environnement marqué par de fortes asymétries de puissance.

Une souveraineté sous contrainte

Pour les pays occidentaux, l’accord de sécurité signé en 2022 entre la Chine et les îles Salomon a agi comme un électrochoc stratégique. Il a remis en cause l’idée d’une chasse gardée australienne dans le Pacifique insulaire et conduit à un renforcement de la présence américaine, marqué notamment par la réouverture de l’ambassade des États-Unis à Honiara en 2023 après trente ans d’absence.

Dans ce contexte, l’Union européenne a été incitée à réaffirmer une approche plus discrète, centrée sur le développement et le multilatéralisme, dans un espace de plus en plus structuré par la rivalité entre la Chine et le couple Washington–Canberra. En 2026, l’arrivée au pouvoir de Matthew Wale – principal opposant à cet accord – ne marquera vraisemblablement pas une rupture nette dans la politique étrangère des îles Salomon. Elle correspond plutôt à une configuration de pragmatisme et de dépendance, avec des contraintes internes (fragilités socio-économiques, coalitions instables) qui s’articulent avec d’intenses rivalités extérieures.

Dans un contexte de forte dépendance aux financements extérieurs et d’endettement croissant, la politique étrangère salomonaise s’apparente à un exercice d’ajustement permanent plutôt qu’à un choix stratégique souverain pleinement autonome.

Plus qu’un basculement géopolitique, l’élection de Wale en mai 2026 illustre ainsi une réalité plus large du Pacifique insulaire : celle d’États qui tentent de transformer leur position de dépendance en espace de négociation entre plusieurs puissances concurrentes. Reste une question centrale : cette concurrence accrue entre partenaires extérieurs peut-elle réellement se traduire en améliorations concrètes pour des populations confrontées quotidiennement à des vulnérabilités structurelles persistantes ?

The Conversation

Pierre-Christophe Pantz ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Îles Salomon : délicat jeu d’équilibre géopolitique entre la Chine et l’Australie – https://theconversation.com/iles-salomon-delicat-jeu-dequilibre-geopolitique-entre-la-chine-et-laustralie-284681

Spielberg: ¿servirá una película de extraterrestres para volver a confiar en la humanidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Violeta Kovacsics, Profesora Lectora Serra Húnter, Universitat Rovira i Virgili

Una escena de la última película de Steven Spielberg, _El día de la revelación_. Universal Pictures

Toda película está ligada a su tiempo. Estrenada apenas un año después de los ataques a las Torres Gemelas en septiembre de 2001, Señales, de M. Night Shyamalan, sirve de paradigma de un cine que respondía al 11-S.

Se trataba, por un lado, de un cine que volvía al tema de la invasión alienígena y que, por el otro, exploraba cuestiones como el miedo al otro y la paranoia. En ella, el personaje interpretado por Mel Gibson era un reverendo que había perdido la fe tras la muerte de su esposa en un accidente de tráfico. La crisis de fe se presentaba aquí de dos maneras: el protagonista había dejado de confiar en los poderes divinos y, a la vez, no creía que los responsables de los hechos extraños que tenían lugar en su granja fuesen los alienígenas.

Un niño coge a un adulto por la barbilla y le tuerce la cara para enseñarle algo.
Mel Gibson y Rory Culkin en un fotograma de Señales.
Touchstone Pictures

El cine de extraterrestres como metáfora sobre el tiempo presente recuerda a la década de los cincuenta, cuando las películas se volcaron a las invasiones alienígenas como parábola de la amenaza comunista y de la idea de un enemigo exterior, como es el caso de la versión de 1956 de La invasión de los ladrones de cuerpos.

La caída de las Torres Gemelas provocó de nuevo el auge de géneros que permitían ahondar en la idea de invasión para poder explicar el miedo a aquello que venía de fuera. Cabe recordar que un mes después de esos atentados desde el Pentágono se organizó una comisión de profesionales del cine para que pensaran en posibles ataques.

Es decir, se les pedía que plantearan guiones de ficción, con la idea que estos pudieran tornarse reales el algún momento.

El 11-S como fricción

J. Hoberman, una de las plumas más brillantes de la crítica estadounidense, escribió que, ante el espectáculo real de la caída de las Torres Gemelas, el cine norteamericano se volcó hacia la hiperrealidad: la realidad no era suficiente, y la concepción de las películas como una experiencia sustituyó a la idea de espectáculo. Por ejemplo, La pasión de Cristo no se dedicaba únicamente a narrar el calvario de su protagonista, sino que intentaba, mediante su puesta en escena, que el espectador se viese inmerso en él.

En este sentido, Hoberman vió en filmes como La guerra de los mundos de Steven Spielberg un ejemplo de ese gusto del cine americano del siglo XXI por una puesta en escena que convirtiera la película en una experiencia: la cámara se mostraba frenética, pegada a los personajes, sin aliento.

Aquella historia sobre un padre que huye junto a sus hijos de la amenaza de seres desconocidos que llegan a la Tierra desde el espacio exterior se estrenó en 2005, y exponía que el miedo no era solo al extraño, sino también a los seres humanos. Es decir, en los momentos de crisis, era difícil confiar en la bondad.

Un hombre sujeta a una niña pequeña rodeado de militares.
En La guerra de los mundos la huida de los extraterrestres es caótica igual que las crisis que tenían lugar en aquellos momentos históricos.
Amblin Entertainment

Algo similar sucedía en Calle Cloverfield 10, realizada a la sazón del éxito de Monstruoso en 2008, película de Matt Reeves sobre una invasión alienígena. En Calle Cloverfield 10, un hombre intentaba convencer a la protagonista de que lo mejor era no salir de un búnker que él había construido, pues en el exterior se había desatado un verdadero desastre que podía terminar con la humanidad.

El ser humano es bueno

Señales establece un puente entre la fe de carácter místico o religioso y la creencia en que hay vida extraterrestre, algo que en cierta manera atraviesa también la última película de Steven Spielberg.

El día de la revelación se inscribe descaradamente en el contexto actual. El hecho de que una de las protagonistas (Emily Blunt) sea la presentadora del tiempo de un canal televisivo local de Kansas ayuda a que las noticias estén presentes constantemente: vemos a menudo a sus compañeros hablar, aunque sea de fondo, de los diversos conflictos que azotan nuestra época.

Aunque es una película de extraterrestres, también tiene mucho que ver con el periodismo y la libertad de prensa. Spielberg ya había tocado estos temas en Los archivos del Pentágono, situada a comienzo de los años setenta, cuando el Washington Post se mostró determinado a publicar una serie de documentos clasificados sobre la Guerra de Vietnam.

En El día de la revelación, el contexto es ficticio, pero está muy arraigado en nuestro tiempo presente. En él se desarrolla la trama sobre un experto en ciberseguridad que pretende divulgar al mundo que el gobierno estadounidense es conocedor de la presencia de alienígenas en la Tierra.

Si en La guerra de los mundos algunas escenas apuntalaban la desconfianza en la humanidad, en El día de la revelación se plantea una esperanza casi ingenua, la constatación de que el ser humano puede ser bueno. El protagonista, interpretado por Josh O’Connor, huye con la convicción de que el mundo puede y debe saber de la existencia de extraterrestres. Mientras, el personaje encarnado por Colin Firth sirve de contrapunto: es un hombre del Gobierno que no cree que el ser humano esté preparado para saber que no está solo en el universo.

En 1982, Spielberg estrenó E.T., una película en la que un extraterrestre bueno se hacía amigo de un niño que tenía que ayudarle a volver a casa. Unos años antes el cineasta ya había realizado Encuentros en la tercera fase, filme sobre los misterios de la vida alienígena, con el que entraba por la puerta grande en el imaginario de la ciencia ficción. Se retrataba ahí la necesidad de comprender al otro, algo que atraviesa las dos películas. En E.T. el niño confía en las bondades de lo desconocido; en Encuentros en la tercera fase los personajes no se mueven por el miedo, sino por la curiosidad y la necesidad de comprender.

Un niño y un extraterrestre en medio del bosque miran hacia el cielo.
Un fotograma de E.T., con el niño y el extraterrestre juntos.
Amblin

El día de la revelación hace suyo este objetivo también, mediante dos personajes que sirven de nexo entre las personas y los aliens. El experto en ciberseguridad interpretado por O’Connor comprende lo que dicen los extraterrestres, les traduce, les hace inteligibles; y la periodista que encarna Blunt puede sentir con los humanos. Este alegato en favor de la empatía da pie a algunas de las escenas más edulcoradas de la película. A la vez, la interpretación de Blunt es extraordinaria: modula de forma excelsa su registro desde la comicidad hasta la emoción.

A partir del sentimiento y de la necesidad de comprender al otro, Spielberg traza la posibilidad de diálogo en un momento en el que todos los puentes parecen rotos. En un contexto de guerras y de incertidumbre como el que vivimos, el cine fantástico vuelve a desplegar respuestas.

The Conversation

Violeta Kovacsics no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Spielberg: ¿servirá una película de extraterrestres para volver a confiar en la humanidad? – https://theconversation.com/spielberg-servira-una-pelicula-de-extraterrestres-para-volver-a-confiar-en-la-humanidad-285104

Non, les basketteurs de la NBA ne sont ni des bêtes ni des guerriers

Source: The Conversation – in French – By Audrey Portes, Assistant Professor, Montpellier Business School

Spurs, Wolves, Thunder, Hawks… les finales NBA 2026 battent leur plein. Les noms des équipes renvoient à un imaginaire qui est tout sauf neutre. Que révèlent-ils sur la conception du sport ? Quelles en sont les conséquences ?


Pour rejoindre les finales NBA 2026, les Spurs de San Antonio, portés par un Victor Wembanyama omniprésent, ont dû éliminer les Timberwolves du Minnesota, puis arracher la victoire aux Thunder d’Oklahoma City. De leur côté, les Knicks de New York ont affronté les Hawks d’Atlanta, ainsi que les Cavaliers de Cleveland.

Wolves, Cavaliers, Thunder, Hawks… en observant le nom de ces équipes, un constat s’impose : la NBA est peuplée de prédateurs, de guerriers et de forces hostiles.

Logos passés et présents des Wolves, des Thunder, des Hawks et des Cavaliers.
Wikimedia

Que disent vraiment les noms des équipes NBA ?

Ce constat n’est pas anodin. Une recherche récente publiée dans European Sport Management Quarterly, menée sur les 124 franchises des quatre grandes ligues nord-américaines (MLB, NBA, NFL, NHL), révèle que 79 % des équipes professionnelles portent un nom métaphorique. Il est évident que les joueurs des Chicago Bulls ne sont pas littéralement des taureaux, pas davantage que les Golden State Warriors ne sont des guerriers.

Pourtant, ces noms ne sont pas que le produit d’un folklore sportif amusant. Ils façonnent, souvent à notre insu, la façon dont nous percevons le sport.




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Un langage qui structure notre vision du monde

Pour comprendre pourquoi, il faut s’appuyer sur la théorie des métaphores conceptuelles de George Lakoff et Mark Johnson. Lakoff et Johnson montrent que les métaphores sont omniprésentes dans notre langage courant, structurent notre façon de penser et influencent nos comportements.

Ainsi, les métaphores comparant les discussions à des « joutes verbales » où les participants « attaquent » puis « défendent » leurs « positions » révèlent que nous conceptualisons le débat d’idées comme un affrontement plutôt que comme un échange bienveillant.

Les noms des équipes sportives fonctionnent de la même manière. En nommant une équipe les Predators de Nashville ou les Sharks de San José, on ne choisit pas seulement un nom accrocheur : on ancre dans l’esprit du public une représentation particulière de ce que sont les athlètes et de ce qu’est le sport.

Les athlètes comme bêtes sauvages ou guerriers

Notre recherche révèle que derrière la diversité apparente des noms, une représentation écrasante domine. Les athlètes y sont avant tout conceptualisés comme des bêtes sauvages (Bears, Tigers, Wolves, Raptors, Jaguars…) ou comme des guerriers (Warriors, Vikings, Raiders, Cavaliers…). À un niveau plus abstrait, ces métaphores convergent vers une conception commune : le sport comme combat brutal.

Qu’il s’agisse des Vipers, des Blackhawks, des Sabres ou des Titans, la grande majorité des noms d’équipes évoquent la violence, la prédation ou la guerre. Ce constat est remarquablement stable d’une ligue à l’autre, ce qui suggère que cette représentation n’est pas le reflet des spécificités de chaque sport, mais bien d’une conception culturelle du sport plus large.

Différencier sans sortir du moule : quelles solutions alternatives ?

Ce constat soulève un paradoxe intéressant du point de vue du management des marques. Si presque toutes les franchises utilisent des métaphores, comment se différencient-elles les unes des autres ?

Notre recherche identifie trois niveaux de différenciation. Au niveau le plus superficiel, des équipes, comme les Bulls, les Raptors ou les Hornets, partagent la même métaphore sous-jacente (les athlètes sont des bêtes sauvages) et ne se distinguent que par les attributs spécifiques de l’animal choisi : la puissance brute pour le taureau, la voracité du rapace, la rapidité de la guêpe. La différenciation reste marginale.

À un niveau intermédiaire, des équipes, comme les Warriors ou les Cavaliers, mobilisent une métaphore distincte pour les athlètes (ce sont des guerriers, non des animaux). Tout en conservant la même vision du sport comme combat. La différenciation est plus marquée : ces équipes évoquent la stratégie militaire, la discipline, le courage, plutôt que l’instinct animal.

C’est au troisième niveau que la différenciation devient fondamentale, parce qu’elle rompt avec la métaphore dominante du sport-combat. Quelques équipes, très minoritaires, mobilisent des univers radicalement différents. L’Utah Jazz et les St. Louis Blues (NHL) conceptualisent les athlètes comme des musiciens, tandis que les Washington Wizards ou les Orlando Magics convoquent le thème de la magie.

Une conceptualisation alternative du sport comme art est alors proposée. Ce faisant, ils communiquent une image plus valorisante des athlètes opposant des valeurs de virtuosité, de créativité et de maîtrise technique à celles de puissance brute et d’instinct primal. Une promesse de beau jeu est ainsi formulée, qui se distingue de celle de l’affrontement violent.

Niveaux de différentiation en fonction des conceptualisations sous-jacente des athlètes et du sport.
Infographie des auteurs

Des noms innocents aux conséquences réelles

Au-delà de ces implications en termes de différenciation, le choix de métaphores associant le sport à un combat brutal touche également à la responsabilité sociale des franchises. Conceptualiser les athlètes comme des bêtes sauvages ou des machines de guerre porte des valeurs positives comme la combativité ou l’engagement mais dès lors que ce type de métaphores s’impose comme le modèle dominant, cela contribue à une normalisation de l’agressivité.

Pour vérifier empiriquement ce mécanisme, nous avons conduit une étude auprès de 1 140 spectateurs de basket-ball, et recueilli ce que leur évoque différents noms d’équipes métaphoriques de la NBA G-League (ligue de développement). Les résultats sont attendus mais éloquents : les noms connectés aux métaphores « bêtes sauvages » ou « guerriers » génèrent significativement plus d’associations liées à la violence, au danger et à l’agression.

À l’inverse, des noms, comme Rip City Remix ou Capital City Go-Go, liés à la musique et à l’art, suscitent des associations centrées sur la créativité, le jeu, l’amusement voire la diversité (pour les remix).

Associations d’idées générées par des noms d’équipes de la NBA G-league.
Infographie des auteurs, CC BY

Ces résultats rejoignent ceux d’autres études montrant que l’exposition répétée à des systèmes de métaphores dominants contribue à normaliser des croyances ou comportements. Ici, les résultats montrent que les noms choisis participent d’une naturalisation de la violence dans le sport, un processus d’autant plus insidieux que la dimension humoristique de ces métaphores permet simultanément d’annoncer et de dédramatiser la promesse d’un spectacle violent.

Nommer autrement : une responsabilité de marque

Ces constats ont des implications pratiques directes pour les dirigeants sportifs. Le choix d’un nom d’équipe est souvent laissé à des concours de fans, une pratique répandue dans les nouvelles franchises ou à l’occasion de rebranding. Si cette démarche favorise l’engagement du public, elle tend aussi à reproduire, par mimétisme, les mêmes clichés et à perpétuer les mêmes représentations.

L’exemple des Washington Redskins (les « Peaux rouges ») illustre les risques de l’inertie. L’équipe de NFL avait dû abandonner son nom en 2020 après des décennies de protestation des communautés amérindiennes autochtones, sous la pression conjuguée des sponsors et des partenaires commerciaux. L’équipe de football s’est ainsi retrouvée sans nom pendant près de deux saisons avant d’adopter celui de Washington Commanders.

Inversement, l’équipe de NBA de Washington montre qu’il est possible de faire preuve d’initiative. L’équipe ayant décidé de changer son nom de Washington Bullets (balles) à Wizards(magiciens), dès 1997, pour éviter de diffuser des connotations violentes.

BFM 2025.

Ainsi, choisir un nom qui s’affranchit de la métaphore dominante du sport-combat n’est pas seulement un acte de différenciation stratégique, c’est aussi une forme de responsabilité sociale. Il s’agit de décider quelles valeurs une franchise souhaite incarner et diffuser, au-delà des victoires sur le terrain.

Alors que le Game 5 des finales NBA 2026 se jouera dimanche, la question mérite d’être posée : que se passerait-il si, au lieu de mettre en scène chaque soir un affrontement de prédateurs et de guerriers, certaines équipes choisissaient de raconter une autre histoire ?

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Non, les basketteurs de la NBA ne sont ni des bêtes ni des guerriers – https://theconversation.com/non-les-basketteurs-de-la-nba-ne-sont-ni-des-betes-ni-des-guerriers-284752

Los extraterrestres tal vez existan, pero hay tres razones por las que probablemente no nos han visitado ni vayan a hacerlo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carol Oliver, Professor in Science Communication and Astrobiology, UNSW Sydney

La nueva película de Spielberg, _El día de la revelación_, explora la idea de vida extraterrestre. Universal

La reciente publicación de cientos de casos de fenómenos anómalos no identificados (FANI o, por sus siglas en inglés, UAP) anteriormente clasificados, que abarcan desde la década de 1940 hasta la actualidad, junto con la nueva película de Steven Spielberg, El día de la revelación, sobre la vida extraterrestre, ha avivado la idea de que los aliens están visitando la Tierra.

De hecho, encuestas realizadas en Australia, Estados Unidos y otros lugares indican que alrededor de un tercio de la población cree que los extraterrestres están entre nosootros.

Sin embargo, aunque lo que sabemos sobre el universo sugiere que podrían existir, hay tres razones de peso por las que probablemente no nos hayan visitado ni vayan a hacerlo.

El espacio es grande, muy grande

Para empezar, el espacio es inmenso, más allá de lo que podemos imaginar.

Proxima Centauri, la estrella más cercana a nuestro Sol, está a unos 40 billones de kilómetros de distancia, 268 000 veces más lejos de lo que está el astro rey de la Tierra. Eso son 4,3 años luz, según las mediciones de los astrónomos. Un año luz es la distancia que recorre la luz en un año a 300 000 km por segundo.

Con la tecnología actual, solo podemos viajar por el espacio a una fracción de la velocidad de la luz. Incluso nuestra nave espacial más rápida, la Parker Solar Probe, viaja a una velocidad máxima de aproximadamente 191 kilómetros por segundo, el 0,064 % de la velocidad de la luz.

Con esa “parsimonia”, tardaría unos 6 650 años en llegar a Próxima Centauri, y eso solo en nuestro vecindario estelar local. Por lo tanto, los viajes interestelares dentro de la esperanza de vida humana requerirían velocidades mucho mayores.

Supongamos que tuviéramos los medios para viajar a una rapidez cercana a la de la luz. Esto nos lleva al primer problema: Albert Einstein demostró que el tiempo es relativo; la velocidad a la que transcurre el tiempo no es la misma en todas partes del universo.

Cuanto más rápido viaje una nave espacial desde la Tierra, más lento pasará el tiempo para sus pasajeros. Es lo que se denomina dilatación del tiempo.

Por ejemplo, cuando el astronauta de la NASA Scott Kelly regresó a la Tierra tras pasar un año en la Estación Espacial Internacional, era unos milisegundos más joven que su gemelo idéntico. Esto se debe a que el tiempo pasa más lentamente para los objetos en movimiento, y la Estación Espacial Internacional viaja a unos 28 150 kilómetros por hora.

Dicha diferencia era insignificante para los gemelos Kelly. Pero para cualquier extraterrestre que diera volteretas por nuestros cielos, sería significativamente mayor debido al viaje de ida y vuelta a la Tierra desde un sistema estelar lejano a una velocidad necesariamente mayor. Regresarían a un planeta mucho más viejo que el que dejaron, quizás un siglo o más. Serían exiliados del tiempo.

Una superficie lunar gris con tres puntos de colores visibles en el cielo.
Una fotografía de la misión Apolo 17 en diciembre de 1972.
NASA

Requisitos energéticos inimaginablemente elevados

Luego está el requisito energético inimaginablemente elevado que exige emprender un viaje interestelar: la masa del vehículo espacial aumenta con la velocidad, por lo que se necesita una cantidad creciente de energía para acelerarlo.

A la velocidad de la luz, la nave adquiere una masa infinita, lo que requiere una cantidad infinita de energía. Esto es claramente imposible.

Otra cuestión importante es que en el espacio impera el vacío, pero no del todo. Hay suficientes partículas como para preocuparse. Estas pueden causar radiación letal para los pasajeros y los instrumentos de una nave espacial de alta velocidad, o incluso destruirla. Los átomos de hidrógeno dispersos se convierten en radiación intensa a velocidades cercanas a la de la luz, y el calor generado abrasaría y acabaría destruyendo el casco.

Según el físico Miguel Alcubierre, viajar más rápido que la luz es posible, pero conlleva su propio conjunto de problemas y unos requisitos energéticos actualmente imposibles de alcanzar.

Esto plantea la pregunta: ¿por qué gastar toda esa energía para viajar a la Tierra? Los habitantes una civilización avanzada (como tendría que ser para llegar hasta nuestro hogar espacial) serían capaces de fabricar cualquier cosa que tengamos nosotros sin salir de su propio planeta.

Una biosfera única

Otro problema más es nuestra biosfera, única en la Tierra por lo que saben los científicos.

La vida y el planeta coevolucionaron. La vida compleja no existiría en la Tierra si las cianobacterias, un tipo de microbio unicelular, no hubieran inyectado oxígeno en nuestra atmósfera, compuesta principalmente por nitrógeno, hace 2 400 millones de años.

El oxígeno no resulta tóxico para nosotros, pero es reactivo y podría ser altamente corrosivo para los extraterrestres. Y aunque podrían llevar trajes protectores como hacen los humanos cuando se adentran en entornos inhóspitos, los informes sobre extraterrestres visitantes no incluyen ninguna descripción de trajes espaciales.

Entonces, ¿hay extraterrestres ahí fuera?

Si los aliens no están aquí, ¿están ahí fuera?

Es una pregunta interesante, tanto desde el punto de vista científico como filosófico. Los científicos aún no disponen de suficiente información, pero están trabajando en ello.

Se han encontrado unos 6 200 exoplanetas en más de 4 700 sistemas solares, aunque ninguno es como la Tierra o nuestro Sistema Solar.

La mayoría de las estrellas podrían tener al menos un planeta, y solo en nuestra galaxia hay más de 100 000 millones de estrellas. El número de mundos extrasolares es, por lo tanto, astronómico, y algunos podrían ser habitables.

Más cerca de casa, hay lugares con potencial para la vida microbiana, ya sea en el pasado o en el presente: Marte, Europa (una luna de Júpiter) y Encélado y Titán (lunas de Saturno). Si descubrimos que la vida surgió dos veces en nuestro Sistema Solar, eso aumentará las probabilidades de que exista en otros lugares.

Desde 1960, hemos tenido la capacidad de buscar inteligencia en otros mundos, aprovechando la radioastronomía convencional. Los proyectos de búsqueda de vida extraterrestre más importantes los llevan a cabo el Instituto SETI, en California, y el proyecto Breakthrough Listen, con sede en la Universidad de Oxford, en el Reino Unido.

Todas las búsquedas realizadas han sido infructuosas. Encontrar vida inteligente en nuestro marco temporal –unos cien años– dentro de los 13 800 millones de años de historia del universo es todo un reto.

Sin embargo, como señalaba un artículo de Nature de 1959, aunque es difícil estimar las posibilidades de éxito, si no buscamos, dichas posibilidades se reducen a cero.

The Conversation

Carol Oliver es copresidenta del Comité Internacional SETI de la Academia Internacional de Astronáutica.

ref. Los extraterrestres tal vez existan, pero hay tres razones por las que probablemente no nos han visitado ni vayan a hacerlo – https://theconversation.com/los-extraterrestres-tal-vez-existan-pero-hay-tres-razones-por-las-que-probablemente-no-nos-han-visitado-ni-vayan-a-hacerlo-285165

Biométrie électorale à Madagascar: pourquoi la technologie ne suffit pas à produire la confiance

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

À Madagascar, la préparation des élections de 2027 passe par la refonte biométrique du registre électoral national avec l’objectif clair de fiabiliser les listes, mieux identifier les électeurs et renforcer la crédibilité du scrutin. Dans un pays où les dernières élections ont suscité des contestations et des accusations d’irrégularités, la biométrie est ainsi présentée comme un outil de confiance.

Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis une vingtaine d’années, de nombreux pays africains ont adopté des technologies biométriques pour enregistrer ou identifier les électeurs, avec la promesse récurrente de réduire certaines fraudes et d’améliorer la qualité des scrutins.

Mais que nous apprennent réellement les recherches consacrées à la biométrie électorale en Afrique ?

Chercheur en sciences de l’information et de la communication, spécialiste de la gouvernance numérique et des nouvelles vulnérabilités informationnelles en Afrique et dans l’océan Indien, j’analyse dans cet article la biométrie non pas en tant que solution miracle ou simple outil technique, mais en tant que technologie électorale, en tenant compte de sa complexité contextuelle.

Une promesse technique face à un problème politique

L’essor de la biométrie électorale répond à des difficultés concrètes. Dans plusieurs pays africains, les systèmes d’état civil restent incomplets ou inégalement tenus. Identifier les électeurs constitue alors un défi majeur pour les administrations électorales.

Les dispositifs biométriques permettent, en théorie, d’améliorer la qualité des registres électoraux en limitant les inscriptions multiples, les doublons et certaines formes de fraude documentaire.

Les travaux d’Alan Gelb et Anna Diofasi montrent que ces technologies peuvent contribuer à renforcer la fiabilité administrative des listes électorales — notamment en réduisant le risque d’élections sérieusement contestées pouvant dégénérer en violence. À condition, toutefois, qu’elles soient déployées de manière rigoureuse et dans des contextes institutionnels appropriés. Cette dimension explique en partie leur diffusion progressive sur le continent, malgré des coûts élevés et une efficacité variable selon les pays.

Par exemple, au Ghana, l’introduction de l’enregistrement et de la vérification biométriques à partir de 2012 a permis de dédupliquer les listes et de réduire les inscriptions multiples. Cette situation a contribué à faire reculer les contestations centrées sur la fiabilité du registre électoral, même si les élections restent malgré tout politiquement disputées.

À l’inverse, l’étude du cas camerounais suggère que la biométrie peut contribuer à formaliser et à sécuriser les registres électoraux. Son effet sur la réduction des crises électorales demeure limité lorsque les institutions sont contestées. En outre, son efficacité reste faible si les acteurs politiques ne perçoivent pas le processus électoral comme impartial.

Mais cette promesse technique ne doit pas être confondue avec une promesse démocratique plus large.

Les débats publics autour de la biométrie reposent souvent sur une idée implicite : puisque l’une des controverses électorales porte sur l’identification des électeurs, une technologie capable de mieux identifier les individus permettrait de résoudre les problèmes de fraude.

Cette perspective reflète une approche technosolutionniste, c’est-à-dire l’idée selon laquelle une innovation technique pourrait, à elle seule, résoudre des problèmes sociaux ou politiques complexes. Or, les contestations électorales ne se réduisent pas aux questions d’identification. Elles peuvent aussi concerner l’achat de voix, les pressions administratives, l’intimidation des électeurs, les déséquilibres médiatiques, la désinformation, la compilation des résultats, l’indépendance des institutions électorales ou encore la confiance accordée aux autorités chargées du scrutin.

Dans cette perspective, la biométrie peut améliorer certains aspects techniques de l’élection, notamment l’identification des électeurs, sans pour autant répondre à l’ensemble des enjeux de confiance qui entourent un scrutin.

Quand la technologie électorale devient un objet de confiance

Les travaux sur le Tchad montrent que la biométrie n’est pas seulement introduite pour ses performances techniques. Elle est aussi investie d’une forte charge symbolique — modernité, objectivité, neutralité — et présentée comme capable de corriger les défaillances imputées aux acteurs humains. Pourtant, cette recherche montre que la biométrie ne sort jamais du champ politique : le choix des prestataires, les coûts, la gestion des données et le rôle des experts deviennent eux-mêmes des objets de controverse. La biométrie ne supprime donc pas ici les conflits électoraux ; elle les reconfigure.

D’autres recherches récentes sur le Kenya et le Sénégal vont dans le même sens en montrant comment cette reconfiguration opère à l’ère numérique. La numérisation déplace les controverses vers les bases de données, les serveurs et les enjeux de souveraineté numérique avec des citoyens qui réclament désormais l’ouverture des infrastructures censées produire la vérité électorale. Ce déplacement met en évidence un paradoxe : alors que la biométrie est promue comme gage de transparence, son opacité technique peut elle-même devenir une source de défiance.

Ces vulnérabilités informationnelles électorales se présentent sous des formes variées. Il s’agit de rumeurs sur les données, d’opacité des systèmes, ou d’incapacité des institutions à rendre les mécanismes du scrutin vérifiables par les citoyens.

À ces enjeux communicationnels s’ajoute la dimension de la souveraineté des données. Dans plusieurs pays africains, la collecte et le traitement des données biométriques sont confiés à des prestataires étrangers, ce qui soulève des questions quant au contrôle effectif des données personnelles des électeurs, à leur stockage et à leur éventuelle réutilisation.

Au Kenya, la société française Safran Identity & Security, devenue IDEMIA, a été retenue par la commission électorale pour fournir la technologie du système KIEMS lors des élections générales de 2017, notamment pour l’identification biométrique des électeurs. Ce dispositif s’est ensuite retrouvé au cœur des controverses post-électorales, non parce qu’une fraude de l’entreprise aurait été démontrée, mais parce que la contestation a porté sur l’accès aux serveurs, la transmission électronique des résultats, la vérifiabilité du système et la transparence des infrastructures électorales.

Cette question rejoint le débat sur le « colonialisme des données ». Les sociétés numériques reposent sur l’appropriation des traces produites par les individus, désormais traitées comme une ressource.

Dans le contexte africain, Danielle Coleman parle d’un « 21st Century Scramble for Africa » pour désigner une nouvelle ruée vers le continent, centrée sur l’extraction, le stockage et le contrôle des données par les grandes entreprises.

Appliqué aux élections biométriques, l’enjeu est particulièrement sensible. Les données électorales touchent à l’identité civile, à la citoyenneté, au droit de vote et à la souveraineté démocratique. Lorsque les systèmes, leur maintenance ou leur traitement dépendent de prestataires étrangers, les États africains peuvent devenir dépendants d’infrastructures qu’ils n’ont ni conçues ni pleinement gouvernées.

Une technologie électorale ne s’impose donc pas uniquement parce qu’elle fonctionne. Son acceptation dépend aussi de la confiance accordée aux institutions qui la déploient, de la clarté des explications, de la crédibilité du dispositif et de la perception des risques par les publics. L’enjeu ne se limite donc pas à l’aspect technologique, il est aussi communicationnel.

Pour Madagascar, l’enjeu n’est donc pas seulement d’introduire une biométrie fiable, mais de garantir autant que possible le contrôle national des données électorales, leur crédibililités, l’encadrement strict des prestataires et la compréhension publique du dispositif.

La biométrie n’est pas un substitut à la confiance démocratique

L’exploration des recherches consacrées aux expériences africaines invite à une conclusion prudente : la biométrie n’est ni une solution miracle, ni une technologie inutile. Son efficacité dépend de son articulation avec d’autres mécanismes démocratiques à savoir les audits indépendants, la transparence des procédures, le contrôle citoyen, les institutions crédibles.

Le risque principal serait de la présenter comme un substitut à la confiance institutionnelle, comme si une technologie pouvait, à elle seule, garantir la crédibilité d’un scrutin. Au-delà de s’interroger sur le fonctionnement de la technologie, la question est aussi de comprendre comment les sociétés construisent la confiance autour d’elle. Car si une machine peut vérifier une identité, elle ne peut pas produire la légitimité d’une élection.

En définitive, pour les pays africains engagés dans des réformes biométriques, et notamment pour Madagascar où l’apport de la biométrie est aujourd’hui d’actualité, la question décisive ne sera pas seulement technique. Elle sera aussi de savoir si cette technologie est comprise, crédible, contrôlée et perçue comme légitime par les citoyens.

La biométrie peut contribuer à crédibiliser l’identification des électeurs. La comparaison avec d’autres expériences africaines montre qu’elle peut produire des effets positifs lorsqu’elle s’inscrit dans une gouvernance électorale crédible. Outre le cas du Ghana déjà évoqué, le Sénégal constitue un exemple intéressant avec la consolidation du fichier électoral biométrique, appuyée sur la photographie, les empreintes digitales et le Numéro d’identification national, qui ont renforcé l’unicité de l’électeur et la fiabilité technique du registre.

Ces deux exemples montrent qu’il existe bien des situations où la biométrie peut contribuer à crédibiliser l’identification électorale, à condition d’être accompagnée par de la transparence, des audits indépendants et une pédagogie publique suffisante.

Mais elle ne traite pas, à elle seule, les dimensions politiques, institutionnelles et informationnelles qui conditionnent la confiance démocratique. C’est dans l’articulation entre outil technique, transparence institutionnelle et contrôle citoyen que se joue, en définitive, la crédibilité du scrutin africain.

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Fabrice Lollia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Biométrie électorale à Madagascar: pourquoi la technologie ne suffit pas à produire la confiance – https://theconversation.com/biometrie-electorale-a-madagascar-pourquoi-la-technologie-ne-suffit-pas-a-produire-la-confiance-284587

‘Six-seven’ o lo que la semiótica nos dice sobre la identidad de la generación alfa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Piqueras-Pérez, Profesora ayudante doctora de filología inglesa, Universitat de les Illes Balears

Matt Fowler KC/Shutterstock

Hay algo que los profesores de toda España llevamos meses observando en las aulas: da igual la edad, da igual el nivel. Dices “sesenta y siete”, o simplemente aparece el número en una diapositiva, en un ejercicio, en cualquier sitio, y algo pasa. Los alumnos se miran. Algunos ríen. Otros hacen el gesto. Incluso los universitarios, que técnicamente no son generación alfa, lo hacen. Como si el código les perteneciera igual. Eso me llamó la atención. No el gesto en sí, sino el hecho de que funcione más allá de la generación que supuestamente lo inventó.

¿Qué es exactamente lo que se está transmitiendo?

La web Dictionary.com lo nombró palabra del año 2025 y reconoció, con cierta honestidad, que no sabía exactamente qué significaba. Adria Laplander, profesora de sexto grado en Míchigan, lo prohibió formalmente en clase. El vicepresidente estadounidense J. D. Vance bromeó en diciembre con proponer una excepción a la Primera Enmienda después de que su hijo de cinco años lo gritara en misa, un dato que el crítico literario, semiólogo y filósofo estructuralista francés, Roland Barthes, habría disfrutado.

Y si alguien todavía duda de su alcance: teclee “67” en Google y verá cómo la pantalla se balancea, haciendo exactamente el mismo gesto que hace la generación alfa con las manos. Hasta el algoritmo lo sabe.

Pero aún hay más. Durante su estancia en Madrid, el papa León XIV hizo un gesto similar al que los jóvenes hacen con los brazos al pronunciar los números “mágicos” mientras recorría las calles a bordo del papamóvil. Así se ganó a los jóvenes.

La respuesta fácil de muchos es: “Se trata de una moda y pasará”. Pero parece que eso no convence.

Un signo sin significado fijo

Su origen está en la canción “Doot Doot (67)”, del rapero Skrilla, pero el detonante fue un vídeo viral de marzo de 2025: un niño gritando “six seven” (seis siete) en un partido de baloncesto juvenil mientras hacía el gesto con las manos. En horas, el 6-7 dejó de ser una canción para convertirse en un fenómeno. Para algunos jóvenes equivale a “más o menos”. Para otros es simplemente una reacción sin definición concreta.

La semiótica lleva décadas estudiando cómo los signos producen significado, aunque probablemente nunca imaginó aplicarse a un número de dos cifras. Ferdinand de Saussure (1857-1913), padre de la lingüística estructural del siglo XX, argumentó que la relación entre una forma y su significado es arbitraria: no existe ninguna razón lógica que las una. Los signos adquieren sentido por contraste con otros signos, no por referencia al mundo real.

Aquí el 6-7 hace algo interesante, y un poco incómodo para la teoría: no tiene un significado estable ni siquiera dentro del grupo que lo usa. Saussure hablaría de comunidades interpretativas con códigos compartidos, pero el 6-7 funciona precisamente porque el código es opaco, incluso para quien lo usa. Su fuerza no viene de lo que significa. Viene de lo que hace: crear pertenencia y excluir a quien no pertenece. Los adultos que lo prohíben están, sin saberlo, garantizando su supervivencia.

Un fenómeno que ha existido siempre

Los jóvenes de los 50 tenían el “cool” y el “hip”, términos que sus padres tardaron años en entender y que hoy usamos sin pensar. Los de los 80 españoles tenían el “chachi”, el “guay” o el “pasota”. Los de los 90, el “mola”, que irritaba a los mayores precisamente porque no significaba nada concreto.

No es un fenómeno nuevo ni digital: es tan antiguo como la adolescencia misma. Lo que cambia con el 6-7 es la velocidad y la escala, un meme puede convertirse en seña de identidad global en semanas, y el hecho de que cruce generaciones dice algo sobre la necesidad que satisface.

Otros autores, siguiendo al sociólogo francés Pierre Bourdieu, recuerdan que cada intercambio lingüístico contiene la potencialidad de un acto de poder. Los grupos se constituyen a través de prácticas simbólicas compartidas: formas de hablar, de reaccionar, de gesticular. Estos códigos no son inocentes, establecen quién pertenece y quién queda fuera. El 6-7 nombra una generación. Y al nombrarse, esa generación existe con más fuerza.

Cómo un número deja de serlo

Roland Barthes (1915-1980) lo habría visto venir. En los años 50 ya argumentaba que los mitos modernos no son relatos épicos sino gestos cotidianos que se presentan como naturales cuando en realidad son construcciones sociales. Lo que llamó “sistemas semiológicos de segundo orden”: signos que acumulan una segunda capa de significado cultural hasta que ya no puedes verlos como simples palabras o gestos.

El 6-7 ha hecho ese viaje. Significa irreverencia, pertenencia, la capacidad de reírse de algo que los adultos se toman demasiado en serio. Cuando el profesor pregunta qué significa y el alumno responde “six-seven”, encogiéndose de hombros, no está siendo insolente. Está ejecutando el mito: demostrando que hay un mundo al que el profesor no tiene acceso, pero él sí. Y cuando ese mismo gesto lo hace un universitario de 22 años que tampoco es generación alfa, está haciendo exactamente lo mismo: buscar pertenencia, marcar distancia, construir identidad.

La reacción adulta suele ser la misma: “es una tontería”, “no significa nada”, “pasará”. Y en parte tienen razón: el 6-7 pasará. Pero es importante entender que los jóvenes no están hablando de números, están hablando de quiénes son. Y probablemente para cuando terminemos de entenderlo, ya habrán pasado al siguiente código. De hecho, el “4-1” ya está llamando a la puerta.

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Maria Piqueras-Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Six-seven’ o lo que la semiótica nos dice sobre la identidad de la generación alfa – https://theconversation.com/six-seven-o-lo-que-la-semiotica-nos-dice-sobre-la-identidad-de-la-generacion-alfa-282106

Los disturbios de Belfast confirman cómo ayudan las redes sociales a que los mensajes antiinmigración calen

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paul Reilly, Senior Lecturer in Communications, Media and Democracy, University of Glasgow

El pasado lunes por la noche comenzaron a circular por las redes sociales imágenes de un terrible ataque con arma blanca en Belfast. Un solicitante de asilo sudanés de unos 30 años, que entró en el Reino Unido en 2023, ha sido acusado de intento de asesinato. Por su parte, la extrema derecha no tardó en aprovechar la situación para impulsar sus acciones antiinmigración.

El martes por la noche se produjeron violentos disturbios en las calles de Belfast y alrededores. Se incendiaron casas, coches y un autobús, y varios hombres enmascarados se dedicaron a romper ventanas. Por lo que sabemos, algunos de los ataques contra propiedades fueron de carácter racista.

En una publicación previa en las redes sociales, el activista Tommy Robinson (cuyo nombre real es Stephen Yaxley-Lennon) había instado a sus seguidores a unirse a las protestas callejeras contra este “ataque invasor”. Robinson facilitó una lista de lugares en toda Gran Bretaña e Irlanda del Norte donde se habían previsto protestas para la noche del martes.

Su publicación en X fue compartida por el empresario multimillonario Elon Musk, quien pidió a los ciudadanos que protestaran “repetida y enérgicamente” para cambiar las políticas gubernamentales en materia de inmigración. El líder del partido Restore Britain, Rupert Lowe, prometió que su partido iniciaría deportaciones masivas y reintroduciría la pena de muerte para prevenir los ataques cometidos por “bárbaros”.

Al mismo tiempo, comenzaron a circular mensajes de WhatsApp procedentes de cuentas anónimas en los que se instaba a los hombres mayores de 18 años de Irlanda del Norte a “estar preparados para luchar o ser detenidos”.

Llamamientos a la calma

Políticos de todo el espectro político de Irlanda del Norte hicieron un llamamiento a la calma, incluso algunos condenando a políticos ingleses de derechas como Lowe por parecer que explotaban el ataque en beneficio propio.

Y el jefe de la Policía de Irlanda del Norte (PSNI), Jon Boutcher, instó a los ciudadanos a no dejarse “engañar” por personas en internet decididas a propiciar que se produzcan disturbios violentos.

El hecho de que un hombre hubiera sido acusado de intento de asesinato no sirvió para disuadir a las multitudes, en su mayoría jóvenes, que se congregaron por todo Belfast, incendiando un autobús en Lower Newtownards Road y participando en enfrentamientos esporádicos con la policía por toda la ciudad.

Un autobús fue incendiado mientras estallaban los disturbios en Belfast.

Hubo actos violentos en localidades como Ballyclare y Portadown. En Ballyclare, el local de una peluquería turca fue objeto de un ataque. También se produjeron detenciones tras las manifestaciones en Glasgow, donde tres personas resultaron heridas.

Este guión no es del todo nuevo. En los últimos dos años, actores de extrema derecha han utilizado las redes para instrumentalizar incidentes que involucran a minorías como parte de sus campañas contra la inmigración. Entre estos incidentes se incluyen las denuncias de un intento de violación de una adolescente en Ballymena, el asesinato de tres niñas en Southport y el asesinato de Henry Nowak en Southampton.

La desinformación circula con frecuencia en internet a medida que las autoridades se ven presionadas para confirmar el origen étnico y la situación de asilo de los sospechosos. La PSNI se apresuró a facilitar estos detalles, presumiblemente para evitar crear un vacío informativo en el que las falsedades pudieran propagarse rápidamente.

Surgimiento de un discurso tóxico

Los hechos no parecen importar a quienes aprovechan el impacto y el trauma para promover sus afirmaciones de que la inmigración es la culpable de los actos de violencia. Las condenas de los políticos hacia los agitadores de extrema derecha en las redes suelen ir acompañadas de críticas a las grandes empresas tecnológicas por no hacer más para detener a los agitadores que incitan a la violencia en sus plataformas.

Los políticos y las figuras públicas deben hacer algo más que decir “no en nuestro nombre”. Deben asumir parte de la culpa por haber contribuido a crear un discurso tóxico en torno a la inmigración que “margina” a los solicitantes de asilo y a los migrantes.

Desinformación sobre inmigracion

La llamada Ventana de Overton, el barómetro de lo que se considera un argumento políticamente aceptable, se ha desplazado hacia la derecha, como demuestran las declaraciones de Lowe. La desinformación y la información errónea sobre la inmigración se arraigan en algunas comunidades porque estas escuchan con frecuencia que los solicitantes de asilo reciben acceso prioritario a unos servicios públicos que ya cuentan con fondos insuficientes.

Un argumento recurrente entre los políticos es que se trata de “preocupaciones legítimas”, incluso cuando hay pocas pruebas que respalden estas afirmaciones. Esto suele llevar a que se culpe a las comunidades minoritarias de problemas que no tienen nada que ver con ellas.

La normalización de las opiniones de la derecha sobre la inmigración se ve reforzada por una cobertura mediática que, con frecuencia, no verifica las afirmaciones sobre cuestiones como los solicitantes de asilo y las prestaciones sociales.

Ahora corresponde a los políticos decidir cómo responder a episodios de violencia como la observada en Belfast. Si bien es evidente que las plataformas de internet pueden mejorar a la hora de eliminar publicaciones incendiarias, las figuras públicas también deben solucionar el problema que ayudaron a crear. La ciudadanía necesita un discurso sobre la inmigración basado en hechos que deje de culpar a los solicitantes de asilo y a los refugiados de problemas sociales más amplios.

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Paul Reilly no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Los disturbios de Belfast confirman cómo ayudan las redes sociales a que los mensajes antiinmigración calen – https://theconversation.com/los-disturbios-de-belfast-confirman-como-ayudan-las-redes-sociales-a-que-los-mensajes-antiinmigracion-calen-285092