Comment les abeilles transforment leur ruche en « système immunitaire » vivant contre les maladies

Source: The Conversation – France in French (2) – By Kenya Fernandes, Research Fellow, Faculty of Science, University of Sydney

Un cadre couvert d’abeilles mellifères, sorti d’une ruche installée dans une exploitation de cerises près de Young, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Nick Pitsas/CSIRO/Wikimedia Commons, CC BY, CC BY

L’ESSENTIEL

  • En Australie, des chercheurs ont analysé 24 colonies d’abeilles mellifères pour comprendre comment une ruche tient les microbes nuisibles en respect.

  • Miel, propolis et pollen fermenté mobilisent chacun une chimie antimicrobienne différente, répartie selon les zones de la ruche.

  • L’emplacement du rucher, et donc sans doute la flore alentour, est ce qui détermine le plus la puissance de ces défenses chimiques.


Ouvrez une ruche d’abeilles mellifères par un chaud après-midi : la première chose que vous remarquerez, c’est le mouvement. Des milliers d’abeilles s’affairent sur les cadres, s’occupent du couvain, transforment le nectar et le pollen, bâtissent la cire et entretiennent la colonie. Un bourdonnement d’activité incessant et l’odeur du miel emplissent l’air.

Mais cet environnement grouillant abrite aussi quelque chose de bien plus petit : une vaste communauté de bactéries et de champignons. Certains sont inoffensifs. D’autres sont indispensables. D’autres encore peuvent provoquer de graves maladies.

Pour les abeilles mellifères, vivre ensemble en si grand nombre pose un problème évident. Une infection qui pénètre dans une colonie dispose de dizaines de milliers d’hôtes potentiels. Pourtant, les colonies en bonne santé parviennent remarquablement bien à tenir en respect les microbes nuisibles. Comment s’y prennent-elles ?

Nos nouveaux travaux, publiés dans la revue ISME Communications, suggèrent qu’une partie de la réponse tient à la façon dont la ruche est organisée.

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Cartographier les défenses de la ruche

Pour comprendre comment une colonie maîtrise les microbes, il faut d’abord considérer la ruche dans son ensemble.

La ruche n’est pas un lieu unique. Des milliers d’alvéoles hexagonales en cire sont serrées dans des rayons et servent à la fois de nurseries, de garde-manger et de réserves.

Au centre se trouve le couvain, dont s’occupent les abeilles nourrices. Au-delà se situent les réserves de nourriture et, en bordure, l’entrée, où vont et viennent les butineuses. Les abeilles aménagent ces espaces avec des matériaux qu’elles récoltent et qu’elles produisent.

Les résines végétales sont transformées en propolis, une glu antimicrobienne qui sert à colmater les fissures et à tapisser certaines parties de la ruche. Le nectar devient du miel, et le pollen est fermenté en « pain d’abeille ».

Chacun de ces matériaux avait déjà été étudié, mais nous voulions savoir s’ils fonctionnaient ensemble, comme les éléments d’un système de défense coordonné.

Nous avons donc échantillonné 24 colonies provenant de cinq ruchers de Nouvelle-Galles du Sud (État du sud-est de l’Australie, NdT), en prélevant du miel, de la propolis, du pollen, de la cire, ainsi que des abeilles nourrices et des butineuses.

Nous avons utilisé le séquençage de l’ADN pour cartographier les communautés de bactéries et de champignons, testé la capacité des matériaux de la ruche à inhiber les micro-organismes, et employé la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (une technique qui établit l’« empreinte » chimique d’un échantillon) pour analyser leur composition.

Cela nous a permis d’envisager la ruche comme un seul et même système interconnecté.

Une ruche aménagée pour combattre les maladies

Ce que nous avons découvert est frappant.

Une ruche en bonne santé n’est pas une ruche stérile. Beaucoup des micro-organismes qui vivent dans une colonie et autour d’elle sont inoffensifs ou bénéfiques : les éliminer tous ne serait donc ni possible ni souhaitable.

La colonie déploie plutôt différents types de défense selon les endroits : une protection sélective autour du couvain, vulnérable, et une activité antimicrobienne plus large dans les zones les plus exposées de la ruche.

Les différents matériaux reposent aussi sur des chimies antimicrobiennes différentes. Le miel, par exemple, s’appuie largement sur le peroxyde d’hydrogène (l’eau oxygénée, NdT), la même molécule que dans un flacon d’antiseptique.

La propolis mise sur les flavonoïdes, la famille de composés végétaux qui donnent au vin rouge et au thé vert leur pouvoir antioxydant.

Les défenses du pollen ressemblent davantage à celles d’un aliment fermenté, riche en acides à chaîne courte produits par la fermentation.

Plutôt que de s’en remettre à un désinfectant unique et polyvalent, la colonie combine plusieurs types d’activité antimicrobienne dans les différentes parties de la ruche. En somme, la ruche dispose d’un plan chimique de ses espaces pour se défendre contre les maladies.

Le paysage, rouage du système de défense

La découverte la plus importante est peut-être apparue lorsque nous avons regardé au-delà de la ruche.

Le meilleur facteur prédictif de la puissance chimique des matériaux de la ruche n’était ni l’historique des maladies ni l’état de santé de la colonie. C’était le rucher dont provenait la ruche.

Cela renvoie au paysage environnant. Les abeilles ne butinent généralement qu’à quelques kilomètres de leur ruche : les plantes locales déterminent donc non seulement ce qu’elles mangent, mais aussi les matières premières disponibles pour leurs défenses chimiques.

Une colonie entourée d’une flore variée pourrait ainsi disposer d’une palette chimique plus large qu’une colonie qui butine dans un paysage appauvri, dominé par une seule culture.

Autrement dit, une grande partie des défenses chimiques d’une colonie est fabriquée à partir de ce qui pousse devant sa porte.

Une vision élargie de la santé des abeilles

Nous envisageons souvent les menaces qui pèsent sur la santé des abeilles en termes directs : l’acarien parasite varroa, les pesticides et les agents pathogènes.

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Mais nos résultats suggèrent que la complexité écologique du paysage qui entoure une ruche pourrait aussi influer sur sa capacité à faire face aux maladies.

À mesure que la végétation indigène est défrichée et que les ressources florales perdent en diversité, les abeilles n’ont plus accès à une aussi large gamme de plantes et aux ressources qu’elles fournissent. Préserver un habitat diversifié autour des colonies d’abeilles pourrait donc contribuer de façon importante à leur bonne santé.

Et cette idée pourrait s’étendre au-delà des abeilles mellifères. Les fourmis, les termites et les abeilles sans dard utilisent elles aussi des composés antimicrobiens pour protéger leurs colonies, souvent à partir de matériaux récoltés dans leur environnement. Pour ces animaux, le paysage pourrait fournir davantage que de la nourriture et un abri. Il pourrait leur offrir une partie de leur armoire à pharmacie.

The Conversation

Kenya Fernandes reçoit des financements du New South Wales Bushfire Industry Recovery Package Sector Development Grant (programme d’aide de Nouvelle-Galles du Sud aux filières touchées par les feux de brousse) et de l’Australian Research Council (agence australienne de financement de la recherche).

– ref. Comment les abeilles transforment leur ruche en « système immunitaire » vivant contre les maladies – https://theconversation.com/comment-les-abeilles-transforment-leur-ruche-en-systeme-immunitaire-vivant-contre-les-maladies-295521

Qué pasa cuando la seguridad que damos por sentada se rompe: psicología social tras el accidente de Urda

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Itziar Fernández Sedano, Profesora Catedrática de Universidad, UNED – Universidad Nacional de Educación a Distancia

ArtMari/shutterstock

La colisión de dos trenes de alta velocidad ocurrida el 28 de octubre en las proximidades de Urda (Toledo) ha conmocionado a la sociedad española. La magnitud de la tragedia, con decenas de víctimas mortales y numerosos heridos, plantea multitud de preguntas: ¿por qué ha ocurrido?, ¿cómo reaccionamos? y, sobre todo, ¿qué podemos aprender para prevenir futuras catástrofes?

En nuestro día a día necesitamos confiar en que el mundo es relativamente predecible y en que los sistemas de los que dependemos funcionan con garantías. Esta confianza nos permite viajar sin evaluar constantemente todos los peligros posibles. Sin embargo, también puede alimentar una ilusión de invulnerabilidad, que es la tendencia a pensar que los acontecimientos negativos les ocurren con mayor probabilidad a otras personas que a nosotros mismos.

El optimismo ilusorio

Desde la psicología social sabemos que nuestra percepción del peligro puede verse condicionada por sesgos cognitivos. El optimismo ilusorio nos lleva a subestimar nuestra vulnerabilidad, mientras que el sesgo de normalización puede hacer que restemos importancia a señales que cuestionan una situación aparentemente segura.

El estupor aumenta cuando una nueva catástrofe ocurre después de otra similar, como el accidente de Adamuz, que en enero de 2026 dejó 46 víctimas mortales. Dos tragedias ferroviarias de esta magnitud en menos de un año debilitan la percepción de seguridad.

Por eso, en un momento así las autoridades deben ofrecer información contrastada, explicar qué se conoce y qué sigue sin esclarecerse, evitando tanto las conclusiones precipitadas como los mensajes tranquilizadores sin fundamentación y datos suficientes. Sobre todo, es muy importante que no se generen rumores.

De la conmoción a la solidaridad

Durante las primeras horas y días tras una catástrofe, la incredulidad, la tristeza, el miedo y la necesidad de comprender lo sucedido son reacciones esperables y normales. Cuando la realidad contradice bruscamente nuestras expectativas, necesitamos tiempo para asimilarla. Algunas personas pueden buscar información o hablar de lo ocurrido, mientras que otras prefieren guardar silencio o alejarse temporalmente de las noticias.

Además, debemos cuestionar la imagen de una población que responde de manera desorganizada. El miedo es frecuente ante una amenaza, pero no conduce inevitablemente a comportamientos irracionales: son habituales la cooperación y la ayuda mutua. Prueba de ello es cómo el llamamiento a donar sangre tras el accidente de Toledo ha movilizado a miles de personas, mostrando cómo la percepción de las necesidades ajenas puede activar una respuesta solidaria.

Estas conductas no son anecdóticas. Las catástrofes producen sufrimiento, pero también suelen activar redes de apoyo social fundamentales para afrontar sus consecuencias. La cooperación y el acompañamiento ayudan a reconstruir vínculos y a recuperar cierta sensación de capacidad de respuesta ante las adversidades.




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La prevención empieza antes de la catástrofe

La gestión de una catástrofe comienza mucho antes de que esta se produzca. Prevenir exige identificar vulnerabilidades, mantener y construir buenas infraestructuras, evaluar posibles fallos, establecer sistemas de vigilancia y disponer de protocolos claros. También requiere que las organizaciones escuchen las advertencias, comuniquen las señales de alerta y revisen sus decisiones cuando aparecen indicios que cuestionan la seguridad.

Países como Japón o Chile, habituados al riesgo sísmico, ilustran la importancia de prepararse mediante la planificación, las normas de construcción, los sistemas de alerta y los simulacros. Aunque los terremotos y los accidentes ferroviarios son sucesos distintos, comparten una enseñanza: anticiparse puede reducir la exposición al peligro y limitar sus consecuencias.

El impacto no termina cuando cesa la emergencia

Las consecuencias de una catástrofe alcanzan también a los seres queridos y familiares de las víctimas, los testigos, los profesionales de emergencias y a quienes se identifican con las víctimas. Cuando una nueva tragedia sucede después de otra reciente, las imágenes y noticias pueden reactivar recuerdos, temores y emociones asociados a la anterior. Esta posible revictimización merece atención, aunque no todas las personas reaccionen del mismo modo.

La exposición reiterada a imágenes puede aumentar el malestar de algunas personas. Reconocer estas reacciones y ofrecer apoyo social es importante para evitar que respuestas comprensibles ante acontecimientos extraordinarios se interpreten automáticamente como síntomas de estrés postraumático.

Ante tragedias como esta, necesitamos información rigurosa, pero también un compromiso sostenido con la prevención. No podemos eliminar todos los riesgos, pero sí exigir que se identifiquen, que las infraestructuras se mantengan adecuadamente y que las señales de peligro se investiguen a tiempo.

La confianza en el transporte y en las instituciones no debería depender de autoconvencernos de que nada malo puede ocurrir, sino de contar con garantías verificables, transparencia y responsabilidad preventiva.

Cuando acontece una catástrofe, el reto fundamental no es aprender a reaccionar a toro pasado, sino trabajar para reducir las posibilidades de que vuelva a ocurrir.

The Conversation

Itziar Fernández Sedano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Qué pasa cuando la seguridad que damos por sentada se rompe: psicología social tras el accidente de Urda – https://theconversation.com/que-pasa-cuando-la-seguridad-que-damos-por-sentada-se-rompe-psicologia-social-tras-el-accidente-de-urda-295525

Le condor de Californie a été sauvé, mais à quel prix, et pour qui ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Shannon Gibson, Professor (Teaching) of Environmental Studies, Political Science and International Relations, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences

AC-4 faisait partie des derniers condors de Californie sauvages capturés dans les années 1980 afin de créer un programme de reproduction en captivité. (L’envergure des ailes d’un condor, comme ici, peut atteindre 2,9 mètres.) U.S. Fish and Wildlife Service

L’ESSENTIEL

  • Aux États-Unis, après la capture du dernier condor de Californie sauvage en 1987, élevages et lâchers ont ramené des centaines d’oiseaux en liberté, non sans controverses.

  • Dans le monde, selon une étude de 2025 sur plus de 14 000 projets de conservation, cinq groupes de mammifères ont reçu 86 % des financements disponibles, tandis que les plantes et les invertébrés n’ont reçu que 6,6 % du soutien financier.

  • À Erevan, en Arménie, à l’occasion de la COP17 sur la biodiversité, qui se tient jusqu’à ce 30 octobre 2026, les pays doivent s’accorder quant au fonctionnement de l’organe créé en 2024 pour faire entendre les peuples autochtones et les communautés locales, notamment sur leur rôle dans les prises de décision.


En 1987, des biologistes capturaient le dernier condor en liberté pour le placer en captivité, et la plus grande espèce d’oiseau volant d’Amérique du Nord était officiellement déclarée éteinte à l’état sauvage. Aujourd’hui, après des décennies d’efforts coordonnés et des millions de dollars dépensés pour l’élevage en captivité et la réintroduction, plus de 300 condors ont été rendus à leur milieu naturel.

C’était une victoire pour la survie de l’espèce, mais ce triomphe a été contesté presque à chaque étape.

Les défenseurs de la nature se sont affrontés avec acharnement pour savoir si capturer tous les oiseaux relevait du sauvetage ou de la capitulation. Des critiques jugeaient que cet argent serait mieux employé pour d’autres espèces menacées. Des communautés rurales de l’Utah et de l’Arizona, aux États-Unis, s’inquiétaient des restrictions fédérales sur l’utilisation des terres. Des groupes de chasseurs, comme la National Rifle Association (association états-unienne de défense du droit de posséder et de porter des armes, ndlr), se sont opposés à une réglementation sur les munitions au plomb, l’une des principales causes de mortalité des condors.

Le retour du condor illustre plusieurs questions auxquelles les gouvernements et les organisations de conservation sont aujourd’hui confrontés, notamment celles de savoir quelles espèces reçoivent des fonds et qui supporte les coûts.

Ces questions figurent parmi celles débattues lors de la conférence de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies, la 17ᵉ Conférence des parties (COP17), du 19 au 30 octobre 2026, à Erevan, en Arménie.

En 2022, les pays du monde entier ont adopté, lors de la conférence sur la biodiversité de cette année-là, un accord visant à enrayer et à inverser la perte de biodiversité : le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Il fixe notamment pour objectifs de mobiliser 200 milliards de dollars américains (environ 179 milliards d’euros) par an, issus de sources publiques et privées du monde entier, d’ici à 2030, afin de conserver et de gérer au moins 30 % des terres, des zones côtières et des océans de la planète, de mettre fin aux extinctions causées par l’humain et d’aider les espèces en difficulté à survivre.

L’accord ne choisit pas lui-même les espèces à sauver, mais ses règles sont conçues pour orienter les priorités nationales de conservation et les fonds qui la financent.

Sauver une espèce comme le condor touche les communautés locales et les entreprises dont les activités ont mis ces espèces en péril. Sans adhésion locale, injecter de l’argent dans les programmes de rétablissement peut se solder par un échec, et pourtant les communautés locales sont souvent tenues à l’écart des discussions.

Décider des espèces qui méritent d’être protégées

On estime qu’un million d’espèces sont actuellement menacées d’extinction dans le monde, et les premières évaluations suggèrent que le monde est en retard sur la plupart des objectifs mondiaux de biodiversité fixés par l’accord.

Les ressources étant limitées, les spécialistes de la conservation doivent faire des arbitrages pour décider quelles espèces protéger et de quelle manière. Faut-il financer des opérations de sauvetage coûteuses pour une espèce proche de l’extinction ou des interventions susceptibles de profiter à plusieurs espèces à la fois ? ou bien protéger des organismes propres à une région précise ? ou encore une espèce qui fait vivre les populations locales ?

Certaines espèces sont valorisées pour ce qu’elles apportent à l’humanité, comme la pollinisation des cultures ou la purification de l’eau, ce que l’on appelle les « services écosystémiques ». Les abeilles mellifères, par exemple, pollinisent chaque année plus de 15 milliards de dollars de cultures (13,5 milliards d’euros) rien qu’aux États-Unis.

D’autres espèces revêtent une importance culturelle et spirituelle, comme le condor pour la tribu yurok, en Californie. De nombreux spécialistes de la conservation soutiennent que les espèces vivantes possèdent un droit inhérent à exister, indépendamment de leur utilité pour les humains.

Il peut toutefois être plus facile d’obtenir du soutien pour des mesures visant à sauver des espèces charismatiques que pour d’autres espèces. On pense à la campagne « Sauvons les baleines » de Greenpeace ou au logo panda du Fonds mondial pour la nature (WWF). Le visage adorable d’un panda peut contribuer à financer sa protection et, potentiellement, celle de l’habitat qui l’entoure, au bénéfice des autres espèces qui y vivent.

Une étude réalisée en 2025 a passé en revue plus de 14 000 projets de conservation centrés sur une espèce, menés de 1992 à 2016. Cinq groupes de mammifères (les primates, les carnivores, les baleines, les éléphants et les rhinocéros) ont reçu 86 % des financements disponibles, alors qu’ils ne représentaient qu’un tiers des projets consacrés aux mammifères menacés. Les plantes et les invertébrés, essentiels à la pollinisation, au cycle des nutriments et au maintien des réseaux trophiques, n’ont reçu que 6,6 % du soutien financier.

Des organisations de protection de la nature et des économistes du Paulson Institute (centre de réflexion états-unien, ndlr) estiment que le monde doit consacrer chaque année 1 300 milliards de dollars supplémentaires (environ 1 170 milliards d’euros) à la conservation et à la restauration de la biodiversité pour enrayer et inverser la perte de biodiversité.

Qui supporte les coûts ?

Lors de la conférence d’Erevan sur la biodiversité, cette année, les délégués aborderont aussi une autre question qui peut faire ou défaire le rétablissement d’une espèce : quand la conservation touche les populations locales, qui paie et qui a son mot à dire ?

Si les défenseurs de la nature se sont réjouis des efforts pour ramener les loups en Europe ces vingt dernières années, certains éleveurs ont perdu du bétail à cause de ces prédateurs et ont dû faire face à des coûts plus élevés pour protéger leurs troupeaux. Les programmes de financement actuels de l’Union européenne contribuent à soutenir la protection du bétail, mais la capacité des éleveurs à peser sur le rétablissement du loup fait aussi partie de l’équation.

La conservation peut très mal tourner si les communautés locales ne sont pas consultées lors de la planification. Dans l’aire de conservation du Ngorongoro, une zone protégée de Tanzanie, les Massaïs luttent depuis des années contre les ordres du gouvernement de quitter les terres où ils vivent depuis des générations, au nom de la conservation des lions. En mars 2026, deux commissions présidentielles ont recommandé de poursuivre les expulsions afin de protéger la faune, dans le cadre d’un processus qui a associé peu de Massaïs, selon les défenseurs des peuples autochtones de l’Oakland Institute (centre de réflexion états-unien, ndlr).

Protéger des espèces vulnérables suppose souvent de soutenir aussi les communautés qui vivent à leur côté. Lors du dernier cycle de négociations sur la biodiversité, en 2024, les pays ont créé un organe subsidiaire permanent chargé d’intégrer les connaissances et les décisions des peuples autochtones et des communautés locales dans celles du traité.

Lors de la conférence de cette année, la COP17, les pays doivent s’accorder sur le fonctionnement de cet organe, notamment sur la question de savoir si ces communautés auront un rôle officiel dans la prise de décision. Ils devraient aussi adopter des lignes directrices précisant comment les objectifs mondiaux de conservation de 30 % s’appliquent dans les territoires autochtones.

L’accord international ne peut pas dicter ce qui se passe sur le terrain, mais ses règles façonnent les priorités nationales de conservation et orientent les fonds qui la financent. C’est pourquoi le débat sur la consultation locale est au cœur des négociations de 2026. Une conservation conçue pour les populations, plutôt qu’avec elles, risque de perdre la confiance et la coopération locale qui rendent un rétablissement durable.

Les clés du succès

Deux enjeux majeurs de la conférence consistent à garantir que les peuples autochtones et les communautés locales aient leur mot à dire dans les décisions concernant leur territoire, notamment sur la conception des programmes de conservation et la répartition des ressources.

Le cadre mondial de la biodiversité appelle à une approche « pansociétale », qui reconnaît que protéger la nature exige plus que la seule action des gouvernements. Mais participer n’est pas la même chose que détenir un pouvoir de décision.

Les défenseurs des groupes autochtones affirment que les communautés sont trop souvent consultées une fois les priorités fixées, plutôt que d’être associées à leur définition. Le fait que l’éleveur qui paie les clôtures ou la communauté autochtone liée à une espèce contribue à fixer les priorités, ou que l’on ne lui demande son avis qu’une fois le projet approuvé, montre si la consultation est réelle ou non.

Le retour du condor met en évidence que des espèces au bord de l’extinction peuvent se rétablir avec de l’aide. Mais pour que ce rétablissement dure, il faut protéger les conditions, et soutenir les personnes, qui rendent leur survie possible.


Garrett Ordonez, chercheur et étudiant en études environnementales et relations internationales à l’Université de Californie du Sud (USC), a contribué à cet article.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Le condor de Californie a été sauvé, mais à quel prix, et pour qui ? – https://theconversation.com/le-condor-de-californie-a-ete-sauve-mais-a-quel-prix-et-pour-qui-295220

Économie circulaire : comment l’appliquer concrètement dans les organisations

Source: The Conversation – in French – By Riadh Mestiri, Coordonnateur à l’enseignement et la formation, Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire, École de technologie supérieure, École de technologie supérieure (ÉTS)

Comment transformer les compétences en économie circulaire en action pour des non-spécialistes et intégrer les pratiques dans les métiers existants ?


Les événements climatiques extrêmes de l’été 2026 nous rappellent que nos sociétés font face à une transformation accélérée et qui dépasse la question climatique. Les ressources se raréfient, la biodiversité diminue, les tensions géopolitiques et commerciales augmentent, ce qui fragilise les chaînes d’approvisionnement et met en danger la résilience de nos territoires.

Pour relever ces défis, il faut non seulement changer les technologies, mais aussi développer de nouvelles compétences et les intégrer dans tous les métiers.




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Économie circulaire au Québec : beaucoup d’intentions, peu de transformations


En tant que responsable de la formation et de l’enseignement au Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) de l’ÉTS, je développe des outils et des contenus pour diffuser les connaissances en économie circulaire. Mon coauteur, directeur adjoint du CERIEC, supervise des projets de recherche et d’innovation collaboratifs en économie circulaire.

Nous avons tous deux coordonné le développement d’un Référentiel des compétences transversales liées à l’économie circulaire, destiné aux personnes chargées d’effectuer les transitions socioécologiques dans les organisations. La démarche s’appuie pour cela sur le modèle de l’économie circulaire, système économique qui vise à réduire le gaspillage des ressources en repensant nos modes de production et de consommation, pour prolonger la durée de vie de nos produits et matières.

Au sein des organisations, cet outil peut servir aux formateurs et aux enseignants, afin d’élaborer des programmes d’apprentissage, de même qu’aux équipes de ressources humaines, pour définir les compétences requises ou évaluer celles qui existent déjà dans la transformation des métiers. Il peut aider les dirigeants à planifier la stratégie relative à la transition socioécologique.

Intégrer aux pratiques : le maillon manquant

La recherche sur les compétences en économie circulaire s’est développée ces dernières années autour de plusieurs dimensions nécessaires à la transition socioécologique : tant la pensée systémique et l’analyse des ressources que les compétences requises pour l’évolution de la main-d’œuvre, et la conception circulaire de produits ou de modèles d’affaires circulaires.

Ces travaux éclairent les connaissances et les habiletés mobilisées dans la transition socioécologique. Mais comment transformer les compétences en action pour des non-spécialistes, et intégrer les pratiques circulaires dans les métiers existants ?

La transition socioécologique ne concerne pas seulement les spécialistes du développement durable. Elle mobilise plusieurs fonctions d’une organisation, notamment l’ingénierie, les achats, la gestion, les opérations, la formation et l’action publique. Par conséquent, il est nécessaire d’appliquer les pratiques circulaires de manière transversale à travers les différents métiers et fonctions.

Notre équipe a donc conçu un cadre de référence basé sur des situations en milieu de travail. Ce cadre part non pas d’un métier spécifique, mais de la situation d’action dans laquelle une personne ou une organisation peut se trouver, quel que soit son domaine d’activité ou sa fonction.

Six compétences pour organiser les actions

Le référentiel organise ces situations d’action autour de six compétences : comprendre, évaluer, concevoir, déployer, piloter et transformer.

Comprendre une situation consiste à collecter des données, à cartographier les flux et à mettre en évidence les interdépendances. Évaluer nécessite d’analyser les risques, les coûts, les bénéfices et la faisabilité. Concevoir transforme les objectifs de circularité en solutions et en plans d’action. Déployer signifie mettre en pratique. Piloter concerne le suivi des résultats et l’amélioration continue. Enfin, transformer englobe l’information, la formation, la concertation et la mise en place du changement.




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Cette approche change le point de départ pour les milieux de la formation en économie circulaire. Au lieu de centrer les formations sur la transmission de connaissances théoriques (principes, stratégies, modèles d’affaires), il est possible de partir des situations concrètes dans lesquelles les personnes devront agir. Les contenus, les activités d’apprentissage et leur progression pourront alors être adaptés aux besoins spécifiques de chaque profession.

(Cliquer pour agrandir) Les actions pour implanter les pratiques d’économie circulaire dans une entreprise reposent sur six compétences.
(CERIEC Schema CycleActionCompetences), CC BY-NC-SA

Par exemple, une entreprise pourrait chercher à prolonger la durée d’utilisation de ses ordinateurs portables. Elle commencera par comprendre les besoins des employés, l’état du parc informatique et les raisons du remplacement. Elle pourra ensuite évaluer des solutions comme la réparation, la mise à niveau, la réaffectation des appareils à des usages moins exigeants ou l’achat d’équipements remis à neuf. C’est ce qui lui permettra de concevoir une politique de gestion du matériel fondée sur les usages, afin de piloter la gestion de parc informatique en prolongeant la durée de vie des appareils et en évitant des achats non nécessaires.

Appliquer dans les embauches et les formations

Cette approche vient aussi sous-tendre les modèles de formation. Par exemple, une entreprise qui agrandit son usine peut vouloir réutiliser des matériaux de bâtiments déconstruits ou réemployer des structures existantes. Un parcours de formation pourra d’abord amener les responsables du projet à identifier les matériaux susceptibles d’être réemployés (comprendre), puis à examiner leur conformité, leur coût et leur pertinence pour le projet (évaluer).

On pourra ensuite voir comment adapter le projet aux éléments récupérés (concevoir), mettre en place des procédures de déconstruction et de traçabilité (déployer), puis mettre au point des indicateurs pour suivre l’intégration des matériaux au chantier (piloter). Enfin, on pourra préparer les responsables à faire évoluer durablement les pratiques de conception et d’approvisionnement de l’entreprise (transformer).


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Le référentiel est organisé autour de ces situations communes pour recenser les connaissances, compétences et qualités requises pour chacune d’entre elles.

Pour les ressources humaines, cette approche permet d’éviter une exigence de fonction trop générale, et décrire, plutôt, ce que la personne devra réellement accomplir. Par exemple, la description de poste pour un responsable de projet en bâtiment pourra comprendre des éléments comme :

  • Inventorier et caractériser les matériaux susceptibles d’être réemployés dans un projet de construction.

  • Évaluer leur état, leur conformité, leur coût et les contraintes liées à leur réemploi.

  • Collaborer avec les équipes de conception afin d’intégrer les matériaux récupérés aux plans et aux devis ; coordonner avec les entrepreneurs le démontage, l’entreposage, le transport et la traçabilité de ces matériaux.

  • Suivre et comptabiliser la quantité de matériaux réemployés, les achats évités, les coûts et les effets sur l’échéancier du projet.

Les organisations, les formateurs ou les équipes de ressources humaines peuvent utiliser le référentiel comme guide dans leur démarche, à partir des situations auxquelles ils font face. Le référentiel aide ainsi les individus et les organisations à concrétiser les transitions, au-delà d’approches centrées uniquement sur les principes généraux ou sur les seules solutions technologiques.

La Conversation Canada

Le développement du Référentiel des compétences transversales liées à l’économie circulaire a été rendu possible grâce au soutien financier du Conseil emploi métropole (CEM).

Benjamin Laplatte ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Économie circulaire : comment l’appliquer concrètement dans les organisations – https://theconversation.com/economie-circulaire-comment-lappliquer-concretement-dans-les-organisations-290012

El riego por aspersión y Legionella: un peligro hasta ahora invisible

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando González-Camacho, Ph.D. Investigador en Unidad de Legionella, Centro Nacional de Microbiología, Instituto de Salud Carlos III

Mercedess/Shutterstock

Cuando pensamos en los riesgos sanitarios asociados a la agricultura, solemos evocar la exposición a pesticidas, las enfermedades transmitidas por animales (zoonosis) o la seguridad alimentaria de los vegetales que llegan a nuestra mesa. Rara vez miramos al cielo preocupados por una infección respiratoria.

Sin embargo, una investigación que acaba de publicar el Laboratorio Nacional de Referencia para la legionelosis del Centro Nacional de Microbiología (CNM-ISCIII) en la revista científica Journal of Environmental Management revela un punto ciego en la salud pública rural: los sistemas de regadío por aspersión pueden actuar como reservorios y vías de dispersión por el aire de bacterias potencialmente peligrosas para el ser humano.

El sospechoso habitual que no estaba en la ciudad

La legionelosis (enfermedad del legionario) puede afectar a personas vulnerables como ancianos y personas inmunocomprometidas, en quienes provoca una neumonía que, en los casos más graves, puede ser mortal.

Cuando se declara un brote de legionelosis, los protocolos de salud pública activan inmediatamente una búsqueda minuciosa en busca del origen ambiental del foco. Los inspectores revisan equipos que producen aerosoles durante su funcionamiento, como torres de refrigeración, fuentes ornamentales y sistemas de agua caliente en edificios. Se busca al “sospechoso habitual”.

Sin embargo, a veces el culpable no se esconde entre el asfalto. En agosto de 2015, un brote con cinco casos confirmados en una zona rural de Huesca puso en jaque a las autoridades sanitarias. A pesar de inspeccionar las torres de refrigeración locales en dos ocasiones diferentes, la investigación oficial cerró sin poder identificar el origen definitivo de la infección. El foco real permaneció invisible durante una década porque no se miró hacia el lugar correcto: los campos de cultivo.

Nuestro nuevo estudio ha logrado resolver este misterio cambiando, precisamente, el escenario de búsqueda.

Un laboratorio microbiológico bajo el sol del verano

La necesaria modernización de la agricultura ha transformado el paisaje rural en las últimas décadas, sustituyendo el riego tradicional por gravedad por eficientes sistemas a presión que optimizan cada gota de agua. Esta transformación incluye la construcción de una vasta red de infraestructuras complementarias como balsas agrícolas elevadas, canales, acequias y tanques de almacenamiento diseñados para asegurar la disponibilidad de agua durante toda la campaña.

La contrapartida es que estas grandes masas de agua estancada, expuestas a la radiación solar y a las altas temperaturas del verano, actúan también como gigantescos incubadores microscópicos.

Aplicando técnicas de secuenciación genética masiva y metagenómica sobre las muestras de agua recogidas en estas instalaciones, decidimos analizar qué microorganismos habitaban exactamente en esas infraestructuras.

La radiografía biológica resultante fue sorprendente. El perfil metagenómico reveló comunidades altamente diversas que englobaban más de 2 000 especies distintas de microorganismos. Entre ellas, identificamos 21 bacterias patógenas humanas con relevancia clínica que comparten una característica crítica: su capacidad demostrada de transmitirse por el aire a través de aerosoles.

De todo este catálogo de patógenos, Legionella pneumophila, principal causante de la legionelosis destacaba con una abundancia relativa inusualmente alta, llegando a representar hasta el 4,6 % de la población microbiana en algunas de las muestras analizadas.

El ADN no miente: un reservorio oculto en el campo

Haber encontrado la bacteria en el agua era un hallazgo importante, pero ¿cómo podíamos saber si su presencia en el regadío guardaba relación con aquel misterioso brote rural de 2015? Para resolver la incógnita, la secuenciación genómica masiva se convirtió en nuestra mejor aliada.

Aislamos la bacteria del agua de riego y desciframos su mapa genético integral. Después, gracias a que en nuestro laboratorio custodiamos la colección histórica de todas las cepas que recibidas (cepario, en la jerga), pudimos comparar este genoma de forma retrospectiva con el de las muestras extraídas de los pacientes que habían enfermado diez años antes en la misma comarca.

Los análisis moleculares revelaron que la cepa del agua de riego y la clínica compartían un ancestro común estrechamente emparentado. No eran clones idénticos, algo lógico, ya que las bacterias evolucionan de forma independiente al estar expuestas a presiones ambientales durante una década. Pero la cercanía en sus mutaciones demostró que ambas pertenecen a un mismo linaje específico que circula de forma estable en la región.

Además, encontramos una pista adicional que apoyaba esta conexión biológica: ambas bacterias portaban un paquete de ADN móvil idéntico, lo que en ciencia se conoce como plásmido. Dado que este “accesorio” genético apenas presentaba variaciones y es muy poco común en las bases de datos, su hallazgo simultáneo en el agua y en los pacientes refuerza la plausibilidad de que estas bacterias compartan el mismo nicho ecológico en la zona.

Los datos genéticos no solo confirman que las infraestructuras de riego albergan una población estable de Legionella vinculada a los casos clínicos de la región. También revelan que este patógeno no ha llegado de paso, sino que ha logrado persistir en el agua agrícola a lo largo de toda una década, seguramente más.

Viajar a lomos del viento hacia los pueblos

¿Cómo viaja una bacteria acuática desde una balsa de riego hasta los pulmones de un vecino? La respuesta combina nociones sobre la física del agua y la meteorología.

La necesaria modernización de la agricultura ha sustituido progresivamente el riego tradicional por gravedad por sistemas que funcionan a presión. Al expulsar el agua a través de los cañones de los aspersores sobre cultivos de ciclo largo como el maíz o la alfalfa, se generan aerosoles, es decir, nubes microscópicas de microgotas capaces de mantener suspendidos y vivos a los microorganismos.

Al reconstruir detalladamente la meteorología de aquellos días de agosto de 2015, encajamos la última pieza del puzle. Durante el periodo probable de infección se registraron temperaturas medias elevadas y ausencia de lluvias, el escenario idóneo para el funcionamiento intensivo del regadío. Pero el factor determinante fue el viento: se registraron vientos dominantes del noreste con rachas fuertes que soplaban directamente desde los campos de cultivo hacia el casco urbano del pueblo, situado a escasos cientos de metros de estos campos.

Esto quiere decir que, físicamente, se dieron las condiciones perfectas para que el sistema de regadío actuara como un cañón de bioaerosoles apuntando directamente hacia las viviendas.

Aprender a gestionar el riesgo para proteger el medio rural

El objetivo de este hallazgo no es, en absoluto, criminalizar el regadío por aspersión. Esta tecnología es indispensable para garantizar la soberanía alimentaria, la rentabilidad de las explotaciones agrarias y la supervivencia económica y demográfica de nuestros pueblos. El verdadero propósito de la investigación es visibilizar un problema ambiental que la normativa actual ignora.

Hasta el día de hoy, los protocolos de control higiénico-sanitario de la Legionella acaban donde empieza el suelo agrícola. Las leyes y los ojos de la salud pública están mirando casi en exclusiva a las ciudades. Nuestro estudio rompe ese paradigma y demuestra que es importante integrar las grandes redes de agua agrarias en los planes rutinarios de vigilancia microbiológica y evaluación de riesgos de salud pública.

La buena noticia es que este riesgo se puede mitigar mediante estrategias viables de ingeniería y gestión rural. Medidas como rediseñar las balsas para evitar el estancamiento térmico, aplicar tratamientos físicos o químicos específicos al agua acumulada, establecer barreras vegetales protectoras alrededor de los campos colindantes (líneas de árboles) a cascos urbanos, o programar los riegos en horas nocturnas y suspenderlos en días de fuerte viento son perfectamente factibles.

Solo si aprendemos a vigilar y gestionar el agua que da de comer a nuestros campos, lograremos también proteger el aire que respiran nuestros pueblos.

The Conversation

Fernando González-Camacho recibe fondos del Instituto de Salud Carlos III mediante la financiación del proyecto de investigación AESI-2022 MPY 341/22.

Juana María González-Rubio no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El riego por aspersión y Legionella: un peligro hasta ahora invisible – https://theconversation.com/el-riego-por-aspersion-y-legionella-un-peligro-hasta-ahora-invisible-294969

La herencia de Netanyahu: cuando votar no basta para recuperar la democracia israelí

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Alvarado, Associate professor, Universidade de Vigo

Benjamín Netanyahu acude a votar el pasado 27 de octubre. RTVE

El instituto V-Dem marca el 2023 como el año en que Israel perdió la condición de democracia liberal, categoría que exige, además de elecciones libres, tribunales independientes y contrapesos al poder. Su último informe, con datos de 2025, sigue considerando al país únicamente como democracia electoral.

Votar permite cambiar de Gobierno, pero recuperar garantías debilitadas requiere decisiones sobre las instituciones. La salida de Benjamín Netanyahu podría abrir esa posibilidad. Que se concrete dependerá de los compromisos del próximo Ejecutivo, además de quién lo presida.

Ninguno de los grandes bloques en liza ha alcanzado una mayoría absoluta en el escrutinio provisional de las elecciones del 27 de octubre en Israel. Con alrededor del 90 % de los votos contabilizados, el bloque de Netanyahu suma 53 de los 120 escaños de la Knéset, la oposición judía, 48 y las dos listas de mayoría árabe, 19. Los eventuales pactos entre partidos podrían condicionar quién designa a los altos magistrados, la investigación de los fallos del 7 de octubre de 2023 y el futuro de la libertad de prensa en el Estado hebreo.

Escenarios hacia un nuevo Gobierno

Al aún primer ministro le faltan apoyos para revalidar su cargo. No le basta con reeditar la actual coalición, que mantendría en el Gobierno a una extrema derecha que promueve la colonización de Cisjordania. Netanyahu podría buscar nuevos aliados en formaciones opositoras de derecha, como Yisrael Beiteinu, liderada por Avigdor Liberman, o el sector de Naftali Bennett en B’Yachad. Pero ambos dirigentes suscribieron con Yair Lapid, Gadi Eisenkot y Yair Golan unas prioridades comunes que incluyen limitar los mandatos del primer ministro y crear una comisión de investigación sobre el 7 de octubre.

Sin tránsfugas del actual bloque gubernamental, un segundo escenario requiere el apoyo de los diputados árabes. Si los bloques votan unidos y se mantiene este reparto, la abstención de esos diputados no bastaría, pues los 48 escaños de los opositores judíos seguirían por debajo de los 53 de Netanyahu. Al menos seis diputados árabes tendrían que votar a favor.

La noche electoral, Gadi Eisenkot, líder de centroderecha de Yashar, prometió un “gobierno sionista”, sin aclarar en ese discurso si aceptará apoyo externo árabe.

Yousef Jabareen, de la Lista Conjunta, ofreció facilitar el relevo a cambio de negociar.

Existe un precedente. En 2021, Ra’am, de inspiración islamista, se convirtió en el primer partido árabe independiente que integraba una coalición gubernamental, la que desalojó a Netanyahu bajo Naftali Bennett y Yair Lapid. No ocupó ministerios y obtuvo a cambio inversiones para localidades árabes. La coalición se rompió al año siguiente.

La Lista Conjunta, que reúne a otros tres partidos, nunca ha integrado una coalición y hace campaña por el fin de la ocupación. Ra’am incorporó a Yoav Segalovitz, hebreo, alto mando policial retirado y ex viceministro de Seguridad Pública, quien se define como sionista y busca atraer el voto judío.

El tercer escenario sería un Gobierno de unidad entre el Likud y la oposición judía, con Netanyahu u otro dirigente al frente, o mediante un sistema de rotación. Pero Eisenkot rechazó compartir Gobierno con actual primer ministro, incluso alternándose en el cargo, aunque no descartó pactar con el Likud sin él.

Itamar Ben Gvir, líder del partido de extrema derecha Otzma Yehudit, advirtió contra esa alianza la noche electoral. Si se agotan las vías legales para conseguir la confianza parlamentaria, habrá elecciones. Ante un bloqueo, repetir los comicios fue la opción preferida en una encuesta preelectoral del Israel Democracy Institute.

Contrapesos democráticos en juego

La reforma judicial aprobada en marzo de 2025 prevé sustituir a los dos representantes de la abogacía en el comité que elige a los jueces por juristas designados por gobierno y oposición. Así, seis de sus nueve miembros dependerán de los partidos, cuatro de la mayoría en el poder y dos de sus adversarios parlamentarios. La reforma está prevista para la nueva legislatura.

El cambio aumenta el riesgo de que la afinidad política pese más que el mérito profesional y de que los jueces que aspiren a ascender necesiten el favor de los dirigentes cuyas decisiones deberán juzgar.

El conflicto con los órganos de control también afectó a los servicios de inteligencia. En marzo de 2025, el Gobierno acordó destituir a Ronen Bar, jefe del Shin Bet (el servicio de inteligencia interior), que investigaba a colaboradores de Netanyahu. El 21 de mayo, el Supremo declaró ilegal el cese por conflicto de intereses. Al día siguiente, el primer ministro anunció quién sería su sucesor, el general David Zini, pese a que la fiscal general le había prohibido efectuar el nombramiento mientras examinaba las consecuencias de la sentencia.

Netanyahu está siendo juzgado desde 2020 por fraude y abuso de confianza en tres causas, una de ellas también por soborno. La fiscalía sostiene que recibió regalos de empresarios a cambio de favores y que negoció con el editor del periódico Yedioth Ahronoth una cobertura favorable a cambio de limitar por ley a Israel Hayom, su principal rival. También lo acusa de beneficiar mediante decisiones regulatorias a la compañúa de telecomunicaciones Bezeq a cambio de una cobertura favorable en la web de noticias Walla!, entonces bajo el control del propietario de Bezeq.

Un estudio sobre la reforma judicial en Israel concluyó que quienes más se identificaban con el primer ministro y más rechazaban a sus rivales políticos eran también quienes más apoyaban reducir el poder de los tribunales para controlar al Gobierno.

La prensa también se encuentra en el punto de mira del Ejecutivo. En noviembre de 2024, el Gobierno ordenó cortar el contacto con el diario Haaretz y retirarle la publicidad oficial. Justificó la medida por unas declaraciones de su editor, Amos Schocken. Una ley aprobada en julio de 2026 amplía la influencia del Ejecutivo sobre la radiotelevisión. El Supremo suspendió provisionalmente parte de su aplicación aquel mes. La ley modifica tanto la composición del regulador como las reglas de propiedad y la asignación de publicidad pública.

Rendición de cuentas del 7-O

La investigación sobre el ataque de Hamás del 7 de octubre de 2023 (7-O) también exige dirimir responsabilidades políticas y de seguridad. Investigaciones periodísticas sostienen que el presidente de Emiratos Árabes Unidos habría advertido a Netanyahu de una posible gran operación y que el aviso no llegó a los jefes de seguridad. Netanyahu lo niega y ha demandado a los medios y periodistas que lo publicaron.

Las informaciones no permiten afirmar que el primer ministro conociera el plan del ataque. Una investigación independiente debería esclarecer qué advertencias se recibieron y cómo se gestionaron.

La legislación vigente permite al Gobierno crear una comisión para investigar los fallos del 7-O, pero reserva al presidente del Supremo la elección de sus miembros. Netanyahu ha rechazado esa fórmula y ha defendido que coalición gubernamental y oposición elijan a los investigadores a partes iguales. Su proyecto quedó sin aprobar al disolverse la Knéset. Eisenkot ha prometido poner en marcha la comisión prevista en la ley. Del próximo Gobierno dependerá si la investigación queda en manos de personas designadas por el presidente del Supremo o por partidos cuyas decisiones son objeto de investigación.

Ciudadanía y ocupación

Ra’am y la Lista Conjunta, candidaturas mayoritariamente árabes, pudieron concurrir después de que el Supremo anulara el 2 de octubre su exclusión por la Comisión Electoral. El día del voto, Netanyahu presentó la elevada participación árabe como una amenaza y denunció un robo electoral sin pruebas. La misma encuesta del Israel Democracy Institute evidenciaba que una clara mayoría de los judíos consultados rechazaba que esos partidos integrasen el Gobierno o incluso lo sostuvieran desde fuera.

Los palestinos de Jerusalén Este que tienen residencia permanente, pero no ciudadanía israelí, solo pueden votar en las elecciones municipales. Tampoco puede votar en las elecciones nacionales israelíes la población palestina de Cisjordania y Gaza que carece de ciudadanía israelí, aunque las decisiones israelíes condicionan sus vidas. Recuperar controles institucionales dentro de Israel no resolvería por sí mismo la falta de participación de esas poblaciones en las decisiones que afectan a su seguridad, su movilidad y sus tierras.

Entre el 29 de septiembre y el 12 de octubre, la ONU documentó 244 ataques de colonos con víctimas o daños materiales en Cisjordania. Eisenkot los ha denunciado como “terror judío bajo el amparo del Gobierno”, señalando que también perjudican la legitimidad internacional de Israel y al propio movimiento de colonización.

Sin embargo, como prácticamente todos los partidos de mayoría judía, rechaza un Estado palestino. Un relevo al frente del Ejecutivo podría restablecer los controles sobre el poder político. Para los palestinos, el alcance del cambio dependerá de eventuales limitaciones del próximo Gobierno sobre la ocupación, asentamientos y nivel de violencia.

The Conversation

David Alvarado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. La herencia de Netanyahu: cuando votar no basta para recuperar la democracia israelí – https://theconversation.com/la-herencia-de-netanyahu-cuando-votar-no-basta-para-recuperar-la-democracia-israeli-295042

¿Quién tiene la culpa? La política de la responsabilidad tras las grandes tragedias en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rubén Díez García, Profesor de Sociología de la UCM, Universidad Complutense de Madrid

Minuto de silencio por las víctimas del accidente ferroviario en el ayuntamiento de la localidad de Urda (Toledo). RTVE

En los últimos años, España ha experimentado una sucesión de acontecimientos de enorme impacto colectivo: la pandemia de la covid-19; grandes incendios forestales en verano; la dana que asoló varios municipios valencianos en 2024 y, más recientemente, los accidentes de la red ferroviaria de alta velocidad en Adamuz (Córdoba) y Toledo.

Si bien estas crisis difieren en su origen, escala y consecuencias, todas ellas han generado dinámicas similares de solidaridad inicial, atribución de responsabilidades y confrontación política, al igual que el gran apagón eléctrico de 2025.

Las catástrofes y los desastres suelen ser abordados como acontecimientos que suspenden temporalmente la vida social y política ordinaria y ponen a prueba el funcionamiento institucional y el caudal cívico de las comunidades.

Sin embargo, estos acontecimientos traumáticos también generan formas emergentes de organización, resistencia y política contenciosa, así como expresiones de solidaridad civil o la formación de identidades colectivas y discursos rivales.

Crisis como los atentados terroristas, las pandemias, los desastres naturales, las emergencias humanitarias o lo que el sociólogo de la Universidad de Yale Charles Perrow denominaba en su libro Accidentes normales (los que suceden como consecuencia del funcionamiento habitual de un operativo tecnológicamente complejo) funcionan como espejos políticos: intensifican y hacen visibles campos identitarios y conflictos sociales preexistentes.

Las teorías de la modernización reflexiva destacan cómo las sociedades se enfrentan a riesgos producidos por su propio desarrollo, incierto y controvertido. Más recientemente, algunos autores han subrayado las raíces socionaturales de ciertos riesgos, como las pandemias o el cambio climático.

Cuando ni la ciencia garantiza el consenso

La ciencia no garantiza el consenso ni el control; pasa a convertirse en una voz más dentro de controversias públicas más amplias. En la percepción y materialización del riesgo, los desacuerdos entre expertos y la relación entre conocimiento experto, lego y política, los intereses prácticos de los públicos o los procesos de amplificación social del riesgo intensifican la incertidumbre.

Las catástrofes intensifican de forma radical la centralidad política de la responsabilidad. Cuando los daños son extensos, las causas inciertas y la prevención se convierte en una pregunta retrospectiva, la responsabilidad emerge como un eje fundamental de interpretación y movilización.

Los procesos de atribución intentan responder a cuestiones urgentes: ¿quién falló?, ¿quién debería haber actuado de otra manera?, ¿quién tiene la culpa de pérdidas que podrían haberse evitado?

La responsabilidad en contextos catastróficos no se limita a la rendición de cuentas institucional o jurídica. Opera como un recurso moral y político mediante el cual gobiernos, expertos, grupos sociales y ciudadanos son evaluados a través de categorías como cuidado y negligencia, legitimidad e irresponsabilidad.

Como resultado, emerge una política de la culpa (politics of blame) donde la discusión pública se desplaza desde el acontecimiento material hacia la atribución de responsabilidades y la disputa por el significado de la crisis.

En España, estas dinámicas han podido observarse durante las crisis y catástrofes aludidas al inicio. En la pandemia, cuando epidemiólogos, gobiernos autonómicos y gobierno central formularon diagnósticos divergentes sobre restricciones y estrategias de gestión. Y también durante la dana y los incendios forestales, cuando los debates sobre alertas tempranas, equipos de actuación, recursos de extinción y emergencias, la coordinación institucional o la adaptación al cambio climático coexistieron con fuertes controversias políticas.

Los accidentes ferroviarios de Adamuz y Toledo han reabierto debates sobre el mantenimiento de infraestructuras, la inversión pública y la capacidad de supervisión institucional, reproduciendo dinámicas similares de atribución de responsabilidades y confrontación política.

Catástrofe, cruzadas simbólicas y polarización

El concepto de “cruzada simbólica” (symbolic crusade) de Joseph Gusfield proporciona una herramienta analítica útil para comprender estas dinámicas. Las cruzadas simbólicas remiten a concepciones compartidas, aunque disputadas, de la justicia, la obligación y la legitimidad que configuran las expectativas y reacciones colectivas, especialmente en contextos de tensión estructural o crisis social.

En situaciones catastróficas, estas cruzadas no surgen de forma espontánea; son producidas activamente mediante los procesos de enmarcado impulsados por los actores políticos y a través de las prácticas sociales. Su objetivo no consiste únicamente en reparar los daños materiales, sino también en institucionalizar un determinado orden moral y legitimar la posición de unos grupos sociales frente a otros.

Estas cruzadas se desarrollan en el seno de la esfera civil, a través de un discurso que distingue entre virtudes “civiles” (como la solidaridad, la transparencia o el cuidado) y vicios “inciviles” (como el egoísmo, la corrupción o la irresponsabilidad).

¿Quién es el responsable del dolor?

Tras una catástrofe, las cruzadas simbólicas instrumentalizan esta dicotomía. Actores políticos rivales se presentan como los auténticos representantes de la solidaridad cívica mientras retratan a sus adversarios como amenazas para la comunidad. En este sentido, las catástrofes desencadenan procesos de trauma colectivo en los que el significado del acontecimiento se configura a través de una disputa sobre quién es responsable de haber infligido la herida al cuerpo colectivo.

Las crisis generan interpretaciones enfrentadas sobre quién merece protección, qué sufrimientos deben ser reconocidos y quién debe asumir los costes de la respuesta colectiva. Estas disputas morales se convierten en recursos de movilización política y de construcción de identidades colectivas.

Al transformar a las víctimas en símbolos políticos y convertir la gestión técnica en un juicio moral, las cruzadas simbólicas aceleran la delimitación de fronteras entre lo civil y lo incivil. Lejos de congelar el conflicto, las catástrofes se convierten en escenarios donde comunidades rivales luchan por imponer una definición legítima del vínculo social, mientras los posicionamientos morales intensifican clivajes tradicionales y procesos de polarización.

Confianza de segundo orden y crisis de legitimidad

Las catástrofes no solo alteran las condiciones materiales de la vida social; también erosionan lo que puede denominarse confianza de segundo orden: la expectativa compartida de que los demás confían en que las instituciones, las normas y los procedimientos funcionen como deberían.

El orden social en las sociedades complejas depende menos de la confianza interpersonal directa que de la presunción de que la confianza es mutuamente anticipada y está institucionalmente estabilizada. Cuando esta expectativa se debilita, la legitimidad se erosiona incluso en ausencia de fallos técnicos inmediatos.

Las catástrofes, los desastres o los accidentes mortales ponen de manifiesto y aceleran este proceso de erosión. En contextos marcados por la incertidumbre y el sufrimiento, los ciudadanos no evalúan únicamente si las instituciones funcionan de manera eficaz, sino también si perciben que operan dentro de un marco normativo compartido. Los fallos, reales o percibidos, son interpretados como indicios de que el sistema ha dejado de constituir una infraestructura fiable de coordinación y cuidado.

En estas circunstancias, la polarización funciona como un mecanismo de reorientación moral. Los distintos campos políticos ofrecen narrativas simplificadas que restablecen certezas mediante la atribución de responsabilidades y la clarificación de las fronteras de legitimidad. Esta dinámica contribuye al deterioro de la legitimidad institucional al menos de dos maneras.

  • En primer lugar, las atribuciones de responsabilidad pasan a filtrarse a través de identidades partidistas, de modo que las evaluaciones institucionales dependen menos del desempeño efectivo que de la alineación política.

  • En segundo lugar, expresiones cívicas de solidaridad, protesta o duelo público pueden ser simbólicamente apropiadas por actores políticos que buscan reforzar sus intereses electorales.

Las crisis sufridas en España en los últimos años revelan con crudeza dónde nos encontramos como sociedad.

The Conversation

Rubén Díez García es actualmente IP del proyecto LIBCON-YOUTH financiado por la Agencia Estatal de Investigación (AEI) sobre Juventud, asociaciones universitarias y nuevas culturas políticas: el campo juvenil liberal-conservador en España (PID2025-168658OA-I00, 2026-2029).

– ref. ¿Quién tiene la culpa? La política de la responsabilidad tras las grandes tragedias en España – https://theconversation.com/quien-tiene-la-culpa-la-politica-de-la-responsabilidad-tras-las-grandes-tragedias-en-espana-295489

¿Por qué disfrutamos con los sustos? La ciencia explica qué cantidad de miedo nos divierte

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dolores Fernández Pérez, Profesora Ayudante Doctora. Departamento de Psicología, Universidad de Castilla-La Mancha

Payaso terrorífico en una fiesta de Halloween. Sergey Shubin/Shutterstock

Cada Halloween convertimos en motivo de celebración aquello que normalmente asociamos con el miedo. Nos disfrazamos de monstruos, asistimos a fiestas repletas de zombis y decoramos nuestras casas con esqueletos y fantasmas. También nos atraen actividades que nos ponen los nervios a flor de piel, como recorrer pasajes del terror o ver películas que sabemos que nos harán sobresaltarnos.

Lo interesante es que la tensión que generan estas actividades puede formar parte de su atractivo. Pero ¿cómo es posible que una emoción que normalmente experimentamos como desagradable se convierta en una fuente de diversión?

El miedo cumple una función esencial, ya que nos ayuda a detectar amenazas y prepara nuestro organismo para responder ante ellas, algo fundamental para nuestro bienestar. Cuando algo nos asusta, nuestra atención se concentra en el posible peligro, el corazón puede acelerarse y el cuerpo se dispone a actuar. Por eso solemos experimentarlo como algo desagradable.

Sin embargo, desde pequeños también jugamos con él. Nos divertimos cuando alguien nos persigue fingiendo ser un monstruo y nos escondemos esperando a que nos encuentre. Esa aparente contradicción no desaparece al hacernos adultos; simplemente cambian los escenarios.

Miedo recreativo en un contexto seguro

La psicología utiliza el término “miedo recreativo” para referirse a las experiencias en las que el miedo y el disfrute conviven. En ellas nos acercamos voluntariamente a situaciones que nos asustan, pero dentro de un contexto que interpretamos como relativamente seguro. Sabemos que la sangre es maquillaje, que el asesino de la atracción es un actor y que podemos apagar la película si el susto nos resulta excesivo. Es decir, aunque nuestro cuerpo reaccione con miedo, el contexto nos permite vivir la experiencia como una forma de juego.

Ahora bien, que el miedo pueda resultar divertido no significa que cuanto más intenso sea, mejor. Varios autores observaron a personas que recorrían una atracción de terror y comprobaron que el mayor disfrute aparecía con niveles intermedios de miedo. Una experiencia demasiado previsible podría resultar aburrida; una excesivamente aterradora, desagradable.

Algo parecido ocurre con otros juegos en los que necesitamos cierta dosis de incertidumbre o sorpresa para mantener el interés, pero sin llegar a sentir que la situación nos desborda. Tal vez no busquemos pasar todo el miedo posible, sino encontrar la cantidad adecuada.

Y esa cantidad no es igual para todo el mundo. Hay quienes quieren sentarse en primera fila y quienes prefieren mirar la pantalla entre los dedos. En otra investigación estudiaron a los visitantes de una casa del terror que eligieron intentar aumentar o reducir su miedo. Para ello recurrieron a distintas estrategias: unos se dejaban llevar por la experiencia; otros utilizaban bromas, distracciones o buscaban apoyo en sus acompañantes. Quienes intentaron reducirlo sintieron menos miedo y, aunque su satisfacción fue algo menor, también valoraron positivamente la experiencia.

La diversión, por tanto, no depende únicamente de cuánto miedo sentimos, sino también de cómo lo regulamos. Nuestra experiencia previa y la tendencia a buscar sensaciones intensas pueden influir en cómo vivimos estas situaciones.

¿Lo pasan peor las mujeres con los sustos?

Los estudios también señalan que, en general, los hombres declaran disfrutar más del terror y las mujeres sentir más miedo, aunque todavía no están claras las razones que explican este patrón.

Muchas de estas experiencias, además, las vivimos acompañados. No es lo mismo escuchar un ruido inquietante a solas en casa que sobresaltarse en una atracción rodeado de amigos. Gritamos, nos agarramos a alguien, nos reímos de nuestra reacción y, al salir, reconstruimos juntos lo sucedido. Según un estudio, quienes habían sentido más miedo o mantenido contacto físico con otras personas durante una experiencia de terror tendían a percibir una mayor cercanía con sus acompañantes.

Quizá parte del atractivo de pasar miedo juntos no esté solo en lo que ocurre durante la experiencia, sino también en la manera en que la recordamos y comentamos después. Incluso la risa que sigue a un sobresalto tiene sentido en este contexto. Durante unos segundos reaccionamos como si estuviéramos en peligro; inmediatamente después comprobamos que no había nada que temer. Esa rápida reinterpretación puede transformar el susto en diversión. A veces, lo que más recordamos de una casa encantada no es el monstruo que apareció de repente, sino el grito de quien venía a nuestro lado.

Cada vez más volcados en Halloween

Halloween procede de la expresión inglesa All Hallows’ Eve, que significa “víspera de Todos los Santos”. En España, esta popular celebración ha ido ganando presencia en colegios, escaparates y locales de ocio. Aunque es cierto que no todo el mundo lo celebra.

Una encuesta de la Asociación Española de Consumidores realizada en 2025 a unas 2 000 personas señalaba que el 59 % tenía previsto participar, con un gasto medio estimado de 83 euros entre quienes lo harían. Además, según un estudio del sector del ocio nocturno, más del 93 % de los locales consultados preveía organizar sesiones especiales para esa noche.

Pero, más allá de su dimensión comercial, Halloween nos permite representar inquietudes como la muerte o lo desconocido mediante disfraces e historias y jugar con el miedo en un entorno seguro y compartido.

Tal vez por eso, después de recorrer una casa del terror con el corazón acelerado y jurar que no volveremos a hacerlo, basta con que alguien pregunte “¿Repetimos?” para que no tardemos demasiado en decir que sí.

The Conversation

Dolores Fernández Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Por qué disfrutamos con los sustos? La ciencia explica qué cantidad de miedo nos divierte – https://theconversation.com/por-que-disfrutamos-con-los-sustos-la-ciencia-explica-que-cantidad-de-miedo-nos-divierte-293057

De la fosa común de Pico Reja al laboratorio: biología molecular contra la desmemoria histórica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marcial Escudero, Catedrático del Departamento de Biología Vegetal y Ecología, Universidad de Sevilla

Instalación en recuerdo de las personas asesinadas y sepultadas en la fosa común de Pico Reja, en 1936, en Sevilla. Sociedad Aranzadi.

Todo el mundo comprende la inmensa tragedia del Holocausto gracias a El diario de Ana Frank. A través de las palabras de una niña escondida en una casa de Ámsterdam, la macrohistoria del terror adquirió un rostro humano y universal. En España, al hablar de la represión en aquellos tiempos, el imaginario evoca a figuras inmortales como Federico García Lorca.

Sin embargo, para comprender la verdadera capilaridad de la maquinaria de exterminio sistemático tras el golpe de Estado de 1936, del que este pasado verano acabamos de conmemorar su noventa aniversario, necesitamos conocer el relato de los represaliados más anónimos. Para ello, desde la ciencia, nos hemos asomado a la historia de familias como la del militante del Partido Socialista Obrero Español (PSOE), Marcial Delgado Rouquier.

Diario de un republicano sevillano

La vida de Marcial quedó registrada en los archivos de la Sevilla republicana. En las elecciones municipales de 1931, había integrado las listas electorales del PSOE, aunque no llegó a obtener el acta de concejal, por no alcanzar el partido los ediles necesarios. Más tarde, en noviembre de 1935, fue elegido vocal de la Comisión Ejecutiva de la Federación Provincial del PSOE.

Cuando el golpe militar triunfó en Sevilla, consciente del peligro inminente, Marcial logró ocultarse en un sótano en los primeros compases de la represión. Llegaron a ofrecerle una vía de escape para exiliarse a México, pero el miedo a que los golpistas tomaran represalias contra su mujer y sus hijos le obligó a tomar una decisión agónica: rechazar la huida y regresar al domicilio familiar, donde poco después fue arrestado.

En ese momento de angustia, la mayor de sus hijas, de apenas 13 años, se enfrentó a los guardias que se lo llevaban. Aquel acto de coraje hizo que, días después, la buscaran en el domicilio familiar para someterla a los castigos de humillación fascista reservados a las mujeres republicanas: el rapado público y la purga con aceite de ricino. Afortunadamente, logró mantenerse escondida en casa de unos familiares.

Mientras tanto, la esposa y hermanas de Marcial le siguieron la pista desesperadamente durante su cautiverio. Primero estuvo recluido en la prisión provisional habilitada en la plaza de las Mercedarias en el centro de Sevilla y, más tarde, en los siniestros sótanos de la plaza de España. Durante aquellas visitas, la familia entregaba a Marcial alguna manta y ropa además de alimento. Pero un día de agosto acudieron a la plaza de España y él ya no estaba. No hubo explicaciones. Los guardias se limitaron a entregarle aquella manta a una de sus hermanas. Fue la prueba material y silenciosa de que ya no estaba en este mundo.

El 12 de agosto de 1936, bajo el “bando de guerra”, sin juicio, ni siquiera sumarísimo, Marcial fue fusilado y arrojado a la fosa común de Pico Reja, en el cementerio de San Fernando de Sevilla. Dejaba atrás a dos hijos, tres hijas y una esposa embarazada. Lo más triste de esta historia es que es una más de cientos de miles en aquel verano de 1936 y los años venideros. De hecho, de los siete miembros de aquella ejecutiva provincial del PSOE, solo tenemos certeza de que uno se salvó y, al menos, cinco fueron asesinados.

En la actualidad, la historia sitúa a Marcial entre “las personas destacadas de la ciudad” asesinadas en las primeras sacas. Su nombre figura escrito en la piedra del monolito erigido en el cementerio sevillano en honor a las víctimas, junto a otros miles de represaliados.

Excavación de los restos óseos en la fosa de Pico Reja, Sevilla.
Juan Miguel Barquero / cortesía Sociedad Aranzadi.

El turno de la ciencia forense

Es en este punto donde la historia cede el testigo a la ciencia. La apertura de la fosa de Pico Reja (2020-2023) supuso uno de los mayores retos forenses de Europa, un camino allanado por el asesoramiento de referentes de la medicina forense como Francisco Etxeberria, profesor de la Universidad del País Vasco y varias veces presidente de la Sociedad de Ciencias Aranzadi.

La estratigrafía de la fosa desveló rápidamente la saña del exterminio: los registros antropológicos confirmaron que los cuerpos fueron arrojados sistemáticamente boca abajo, como un último acto de castigo y humillación. La inmensa mayoría presentaba el inconfundible estigma forense del tiro de gracia.

A pie de fosa, bajo la dirección del antropólogo Juan Manuel Guijo y el arqueólogo Jesús Román, parte del equipo de la Sociedad de Ciencias Aranzadi, se extrajeron muestras óseas específicas, principalmente piezas dentales y fragmentos del hueso petroso, que fueron enviados al departamento de Medicina Legal de la Universidad de Granada. Los demás restos de los esqueletos recuperados aguardan hoy en cajas individualizadas en el cementerio.

Detectores del ADN humano

Quienes trabajamos en el ámbito de la biología molecular somos conscientes del desafío formidable que supone extraer material genético de restos sometidos durante nueve décadas a la humedad y cambios térmicos del suelo sevillano. Después de tanto tiempo, el ADN humano ya no es un manual de instrucciones intacto, sino un libro triturado en minúsculos fragmentos y mezclado con la contaminación de microorganismos de la tierra.

Aquí es donde la tecnología actual marca la diferencia. La clásica reacción en cadena de la polimerasa (PCR según sus siglas en inglés), que actúa como una fotocopiadora molecular, ya no basta por sí sola, porque las secuencias largas de ADN están rotas. Por ello, los genetistas recurren hoy a técnicas de secuenciación masiva, que actúan como un potente escáner capaz de leer millones de esos pequeños fragmentos simultáneamente.

Atascos en las pruebas

El objetivo es buscar polimorfismos de nucleótido único (SNP, por sus siglas en inglés): variaciones de una sola “letra” en pequeños fragmentos del genoma que han sobrevivido al paso del tiempo. Al analizar miles de estos SNP, los algoritmos logran reconstruir un código de barras genético único. Esta tecnología es vital porque permite superar la ceguera parcial de los marcadores de linaje clásicos (como el cromosoma Y o el mitocondrial), que resultan inútiles cuando las muestras con las que se pueden comparar los genes son de las hijas o nietos por vía materna de un represaliado varón.

En vez de eso, buscamos esas mutaciones específicas a lo largo del genoma, pequeñas variaciones biológicas que actúan como una firma familiar inconfundible y que permiten trazar el parentesco directo e inequívoco con los familiares vivos que aún los buscan.

Pero la realidad de los laboratorios es dura: tal y como denunciaban recientemente los familiares de José León Trejo, edil republicano, el primer represaliado de Pico Reja que ha logrado ser identificado este mismo verano de 2026 gracias a estas complejas técnicas de genómica, existe un enorme atasco en las pruebas. Sin recursos suficientes, el ritmo científico no puede competir con el reloj biológico de los familiares vivos.

Llave genética contra el olvido

A principios de esta década, cuando los trabajos de exhumación apenas comenzaban en Pico Reja, los familiares empezaron a donar muestras de saliva y así lo hizo una de las hijas de Marcial, la última superviviente de los seis hermanos. Al tratarse de una consanguinidad de primer grado, su perfil funciona como una llave genética maestra y proporciona un patrón de cotejo de valor incalculable.

Sin embargo, la hija de Marcial falleció este pasado mes de julio a los 98 años de edad, sin poder enterrar a su padre. Ninguno de los hijos de Marcial Delgado Rouquier vivió para recuperar sus huesos.

Algún día, cuando los secuenciadores en Granada logren sortear el atasco del laboratorio, aislar el perfil adecuado y confirmar la coincidencia, la ciencia habrá ganado a la desmemoria histórica. Y es que la memoria de Marcial Delgado Rouquier no está escrita solo con tinta en documentos históricos o en el recuerdo, ya indirecto, de sus familiares. Está cifrada en las cajas que aguardan en el cementerio, en los fragmentos óseos custodiados en Granada y en el ADN que su hija legó. Es esa secuencia biológica la que logrará devolver su identidad a sus restos óseos, para que las generaciones futuras conozcan su verdadera historia, quizás por fin libres de la sombra de las fosas comunes.

The Conversation

Marcial Escudero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De la fosa común de Pico Reja al laboratorio: biología molecular contra la desmemoria histórica – https://theconversation.com/de-la-fosa-comun-de-pico-reja-al-laboratorio-biologia-molecular-contra-la-desmemoria-historica-294130

¿Es más peligroso viajar en tren hoy? Los datos detrás de las tragedias

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Ygnacio Pastor Caño, Catedrático de Universidad en Ciencia e Ingeniería de los Materiales, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Una unidad múltiple eléctrica Iryo Frecciarossa 1000, el otro tipo implicado en el accidente de Urda, Toledo, el 28 de noviembre de 2026. Wikimedia Commons., CC BY

Ynés vigila un vaso de agua en la mesita de su asiento con la gravedad que otros reservan para un eclipse. El tren cruza la meseta y el líquido apenas tiembla.

“Abuelo, ¿por qué no el tren no se sale nunca de sus raíles?”

Él está a punto de decir: “Porque el tren es seguro”. Pero recuerda los accidentes mortales de Adamuz (Córdoba), Gélida (Barcelona) y Urda (Toledo), todos en 2026, y comprende que una frase tranquilizadora no siempre es una buena explicación. Como ya defendimos al examinar las lecciones del pasado, la seguridad mejora cuando cada fallo deja una lección comprobable, no una tertulia más ruidosa.

“Porque hay muchas personas trabajando para que sea así”, responde su abuelo. Aunque todavía nos faltan cosas por aprender.

Los números también descarrilan

En 2024, el año del que tenemos los datos más recientes disponibles, España notificó 57 accidentes ferroviarios “significativos”, frente a 77 en 2023. Esa categoría incluye, además de colisiones y descarrilamientos, otros sucesos graves, como accidentes en pasos a nivel o con personas en las vías. No significa que 57 trenes de pasajeros hayan sufrido una catástrofe.

Pero todo debe ponerse en perspectiva. Contar sucesos sin saber cuántos kilómetros recorren los trenes es como comparar dos carreteras por sus choques sin preguntar cuántos vehículos pasan por ellas. La tasa española en 2024 fue de unos 0,28 accidentes significativos por millón de trenes-kilómetro, inferior a la de 2023. Los años anteriores, sin embargo, habían mostrado un repunte y, hoy, las tragedias de 2026 obligan a examinarlo todo con renovada exigencia.

Porcentaje anual de accidentes significativos en España, 2010-2024. Fuente de los datos: Eurostat.
José Ygnacio Pastor

En la Unión Europea, apenas el 2,1 % de los fallecidos en accidentes ferroviarios de 2024 eran pasajeros. La mayoría eran personas que habían accedido a la vía sin autorización o usuarios de pasos a nivel.

Precisamente, por eso, hay que distinguir los riesgos: proteger a un pasajero, a un trabajador y a quien cruza una vía requiere medidas diferentes.

Cuando el acero se cansa

“¿Y quién impide que el tren se equivoque de camino?”, quiere saber Ynés. La pregunta es buena. Los enclavamientos –dispositivos de seguridad que impiden que dos acciones, movimientos o estados incompatibles ocurran al mismo tiempo– evitan itinerarios incompatibles: ASFA Digital supervisa determinados controles de velocidad y señales, mientras ETCS, donde está instalado y operativo, vigila la marcha del tren y puede ordenar el frenado.

Por su parte, el sistema de señalización LZB, utilizado en la línea de alta velocidad Madrid-Sevilla, supervisa continuamente la velocidad y las autorizaciones de circulación. En Urda, su interrupción provocó inicialmente la detención automática de los trenes; la investigación deberá esclarecer por qué las medidas posteriores de protección no evitaron la colisión.

A todo ello, se suman maquinistas, centros de control, inspecciones y procedimientos. La seguridad es un acuerdo entre barreras que desconfían educadamente unas de otras.

Por otro lado, desde la perspectiva puramente mecánica, el acero también necesita mantenimiento. Cada rueda somete al carril y a sus soldaduras a esfuerzos repetidos; ciertos defectos pueden crecer sin dar señales visibles desde la ventanilla. Los ultrasonidos permiten buscar discontinuidades en su interior, de forma parecida a una ecografía, mientras otras técnicas examinan la geometría, la superficie y las vibraciones de la vía.

BART Rail Inspection Vehicle.
Vehiculo de inspección de las vías.
San Francisco Bay Area Rapid Transit District / Wikimedia Commons

¿Y si una máquina encuentra algo raro? Los sensores y la inteligencia artificial pueden ayudar a señalar anomalías, aunque un algoritmo también puede equivocarse con admirable precisión decimal. Hace falta verificar la alerta, inspeccionar, reparar o limitar la circulación cuando corresponda. No basta con saber mucho: hay que actuar a tiempo, incluso, cuando detener un tren resulte incómodo.

Los múltiples factores que explican un accidente

“¿Estaríamos más seguros en coche?”, se pregunta Ynés. Según la Agencia Ferroviaria Europea, entre 2012 y 2021, el riesgo de muerte de un pasajero de tren fue de 0,077 por cada mil millones de viajeros-kilómetro. Para un ocupante de automóvil, por la misma distancia recorrida, fue unas treinta veces mayor. Son promedios históricos europeos, no una promesa sobre el próximo viaje, y deberán volver a evaluarse cada cierto tiempo.

El ferrocarril también tiene una ventaja ambiental: en los análisis europeos, sus emisiones medias por viajero-kilómetro son sensiblemente menores que las del automóvil y el avión. La ocupación, la electricidad y el recorrido influirán, eso sí, en esta cuenta de resultados.

Emisiones medias europeas por viajero-kilómetro, 2018. Fuente: Agencia Europea de Medio Ambiente.
José Ygnacio Pastor

Por otro lado, aunque es cierto que los accidentes significativos han aumentado recientemente, incluso al considerar los kilómetros recorridos, esto no significa necesariamente que el riesgo individual de fallecer como pasajero se haya incrementado en la misma proporción. El tren sigue siendo uno de los medios de transporte más seguros.

El tren comienza a frenar. El agua del vaso se inclina hacia delante y Ynés formula la pregunta que su abuelo no había previsto:

“Si tenemos tantos sistemas, ¿por qué nos enteramos de lo que falló después de un accidente?”

A veces, solo entonces podemos reconstruir toda la cadena. Por eso, las causas de cada tragedia deben establecerse mediante investigaciones independientes, no a golpe de tertulia. Pero no hace falta esperar al siguiente accidente para inspeccionar mejor las soldaduras, atender las alertas, ensayar los protocolos y corregir lo que ya sabemos que puede fallar.

Llegan a la estación. Ynés observa el vaso: no ha perdido ni una gota mientras ella no ha dejado de hacer preguntas sobre los trenes que ha visto en las noticias. Pero, acaso, la mejor noticia de un tren sea, precisamente, llegar a su destino sin haber dado ninguna.

Los accidentes recientes han reabierto la inquietud, pero los datos siguen situando al tren entre los transportes más seguros y sostenibles. Su verdadera fortaleza radica en una seguridad basada en la prevención, la redundancia y el aprendizaje continuo.
J. Y. Pastor / Imagen hecha con IA.

The Conversation

José Ygnacio Pastor Caño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Es más peligroso viajar en tren hoy? Los datos detrás de las tragedias – https://theconversation.com/es-mas-peligroso-viajar-en-tren-hoy-los-datos-detras-de-las-tragedias-295468