Santé des pompiers : pourquoi il faut poursuivre les recherches

Source: The Conversation – in French – By Alexis Descatha, Professeur de santé au travail, Université Angers, CHU d’Angers, Inserm, U1085 Irset, équipe Ester, Université d’Angers


L’ESSENTIEL

– L’activité des pompiers les expose, tout au long de leur carrière, à de nombreux facteurs de risque, qu’ils soient chimiques, physiques ou psychiques

– Ces expositions multiples sont très intriquées les unes avec les autres, ce qui complique l’évaluation de leurs effets sur la santé

– Des recherches complémentaires sont encore nécessaires pour dresser un panorama plus complet des risques auxquels font face les pompiers et améliorer la prévention


Le changement climatique entraîne des étés plus longs, plus chauds et plus secs, qui alimentent des incendies de végétation d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Des « mégafeux » frappent désormais régulièrement l’Amérique du Nord ou l’Australie. Ils se déclarent aussi de plus en plus souvent en Europe, et notamment en France.

Ces feux de grande ampleur mobilisent les sapeurs-pompiers sur des périodes d’engagement historiquement longues. Or, on sait qu’une exposition, même de court terme, aux particules fines PM 2,5 provenant des feux de végétation est associée à une surmortalité substantielle à l’échelle mondiale.

Mais ces particules ne sont pas le seul facteur de risque pour la santé auquel les soldats du feu sont exposés. Outre les autres composés toxiques présents dans les fumées, les pompiers sont aussi susceptibles de se retrouver en contact avec de nombreuses autres substances délétères. La dangerosité de leur métier les expose aussi aux accidents du travail, au stress, ainsi qu’aux traumatismes psychologiques.

Cette grande diversité de facteurs de risques complique les études qui tentent d’en déterminer les effets sur la santé des pompiers. Nous avons récemment publié une synthèse destinée à faire le point sur les connaissances disponibles. Voici ce qu’il faut en retenir.

La mortalité des pompiers

La mortalité globale des pompiers semble comparable à celle d’autres professions, ce qui peut paraître contre-intuitif. L’effet dit « du travailleur sain » explique en partie ce constat : les personnes en emploi sont en moyenne en meilleure santé que la population générale, si bien que les études comparant des travailleurs à la population générale sous-estiment systématiquement les risques liés au travail. Ce risque de sous-estimation concerne particulièrement les métiers à forte demande physique et mentale, comme celui des pompiers.

Lorsque l’on s’intéresse en revanche à l’âge moyen au moment du décès, on constate que celui-ci est significativement plus faible chez les pompiers que dans la population générale, en particulier chez les hommes occupant des fonctions opérationnelles. Une étude menée entre 2013 et 2023 sur le territoire de la Seine-Maritime a mis en évidence que les [sapeurs-pompiers décédés l’ont été à un âge moyen de 72,3 ans], ce qui est significativement plus jeune que dans la population générale, où l’âge moyen au décès était de 74,4 ans. Cet écart se retrouvait principalement chez les opérationnels (71,8 ans) et chez les professionnels. En revanche, il n’était pas significatif chez les officiers (74 ans), ni chez les volontaires (72,7 ans).

Par ailleurs, certains cancers, en particulier, présentent une surmortalité notable chez les pompiers. C’est par exemple le cas de ceux de la thyroïde, du rein, de la vessie et du cerveau.

Des expositions multiples, tout au long de la carrière

Dès lors qu’il s’agit d’évaluer la santé des pompiers, le problème de fond tient à ce que l’approche classique – « une exposition, une maladie, une valeur limite d’exposition » – convient mal à leur activité. En effet, en raison de la nature de leur travail, les sapeurs-pompiers font face à une multitude d’expositions aiguës et chroniques.

En 2021, l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation internationale du travail ont publié leur première estimation conjointe de la part des maladies imputable au travail dans le monde. En tête de liste figuraient les longues durées de travail, suivies des particules, gaz et fumées en suspension dans l’air, puis des accidents du travail, de l’amiante, de la silice et des agents provoquant de l’asthme (asthmogènes).

On constate que les sapeurs-pompiers sont susceptibles d’être exposés à l’ensemble de ces facteurs, souvent au cours d’une même garde.

Le problème est que toutes ces expositions sont tellement intriquées qu’il n’est pas, en l’état actuel des connaissances, possible de relier directement un effet sur la santé à un type d’exposition en particulier.

Pour cette raison, la meilleure façon de rendre compte de ce que le corps d’un pompier en exercice accumule est de s’appuyer sur concept d’exposome. Ce terme désigne la totalité de ce qu’un organisme rencontre au cours d’une vie, en tenant compte de la chronologie des expositions, de leur variabilité et de leurs interactions.

L’exposome professionnel des pompiers

Notre revue de littérature établit que l’exposome professionnel est multiple. Il est de nature chimique, puisque la fumée contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du benzène, des aldéhydes, des métaux et des particules. Ces substances toxiques, dont certaines peuvent être à l’origine de cancers, sont absorbées à la fois par inhalation, mais aussi par la peau. On sait, par exemple, que la zone située au niveau du cou constitue une voie d’absorption notable, ce qui est possiblement lié au port des équipements de protection.

Par ailleurs, la température centrale du corps des pompiers augmente sous l’effet de la chaleur, de l’activité physique et des équipements de protection, comme l’illustrent la fréquence cardiaque et les besoins métaboliques liée à cette activité physique intense. Les charges sont soulevées dans des postures contraignantes, sur une courte période, tandis que le bruit est constant. Enfin, la scène du théâtre d’opération peut être traumatisante, tant sur le plan physique que mental.

Tout cela se déroule dans le temps imparti à une seule intervention, y compris la formation et le retour du lieu d’intervention. Élargissons maintenant ce cadre à l’ensemble d’une carrière (pour laquelle les données sont plus rares).

On sait que les pompiers sont exposés à du travail posté et de nuit, à de longues heures de travail, à des gaz d’échappement diesel et à divers contaminants présents dans la caserne, aux retardateurs de flamme et substances per – et polyfluoroalkylées (PFAS), aux substances émises lors des entraînements répétés au feu réel (caissons de feu), etc.

Le caisson « Fire Flash » permet aux pompiers de s’entraîner en situation de feu réel.

À cela s’ajoutent les pressions psychosociales spécifiques à chaque service, à la hiérarchie, à la disponibilité et à l’équilibre entre la lutte contre les incendies et les interventions médicales d’urgence (équilibre qui diffère considérablement d’un pays à l’autre).

Enfin, pour chaque pompier, l’exposition varie en fonction de la tâche, du type de contrat et de son poste, ainsi que de son ancienneté, de son équipement et de ses habitudes de vie.

Évaluer les effets sur la santé

Étant donné que les expositions des pompiers s’étendent sur différentes échelles de temps, il en va de même pour leurs effets.

Certains sont immédiats : coup de chaleur, déshydratation, exposition aiguë au monoxyde de carbone, douleurs et brûlures, ainsi que traumatismes physiques et psychologiques.

D’autres apparaissent au fil des mois et des années : des troubles musculo-squelettiques dégénératifs, touchant surtout le bas du dos et les épaules ; des troubles du sommeil (signalés chez environ un tiers des pompiers) ; le syndrome métabolique (ensemble d’anomalies à risque cardiovasculaire élevé) ; des troubles de santé mentale (le syndrome de stress post-traumatique étant plusieurs fois plus fréquent que dans la population générale). Ces conséquences s’ajoutent à l’usure plus insidieuse liée au stress opérationnel quotidien.

Par ailleurs, en 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a reclassé l’exposition professionnelle des pompiers comme cancérigène pour l’homme, sur la base de preuves suffisantes concernant le mésothéliome (cancer de la plèvre, la membrane qui entoure les poumons) et le cancer de la vessie, tandis que d’autres données indiquent des risques pour d’autres cancers (mélanome et autres cancers de la peau, cancer de la prostate et certains cancers du sang).

Enfin, ces preuves solides ne doivent pas occulter les troubles cardiovasculaires (maladie coronarienne, accident vasculaire cérébral) et les troubles respiratoires, comme l’asthme et les bronchopneumopathies chroniques, pour lesquels des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Mieux cerner les risques grâce à la recherche

Au-delà de la confirmation des signaux évoqués plus haut, les travaux de recherche sur la santé au travail des pompiers s’articulent autour de plusieurs axes.

Il s’agit tout d’abord de mener des études dans des contextes variés, afin de prendre en compte les différences potentielles entre environnements ou sous-populations : type de pompier, de statut, d’activités ou de sexe, par exemple.

Ensuite, il s’avère nécessaire d’évaluer de façon exhaustive les effets d’agents délétères agissant en synergie, afin de déterminer s’ils sont additifs, multiplicatifs ou interactifs (on parle d’« effet cocktail »). Les effets étudiés pourront inclure les atteintes endocriniennes (autrement dit, les conséquences pour le système hormonal) et reproductives, les sous-types de cancers rares ou propres à un sexe ou à l’autre, et les maladies neurodégénératives (la maladie de Parkinson ou les démences sont évoquées).

Jusqu’à présent, ces effets n’ont pas été suffisamment évalués, pas plus que les questions d’effets de sélection et de confusion. Répondre à ces questions exigera soit de recruter de nouvelles cohortes de plus grandes tailles, soit de réutiliser des données existantes (pour, par exemple, les réanalyser grâce à des outils d’intelligence artificielle).

Enfin, des études spécifiques portent sur les interventions et la prévention (y compris l’éducation et la promotion de la santé). Cette recherche mobilise un large éventail de disciplines : sciences de la santé (épidémiologie, recherche clinique, toxicologie…), sciences humaines et sociales (ergonomie, psychologie, économie, sciences de gestion, sociologie…) et ingénierie (conception de matériaux, modélisation de la sécurité et des risques, science des données, intelligence artificielle et informatique…).

La question de la prévention est particulièrement complexe. En effet, pour être efficace et durable, elle doit embrasser l’ensemble de l’exposome.

Soulignons que la recherche collaborative entre pays se développe désormais au sein d’organisations internationales, et en France à travers le groupe RE3SC, le consortium scientifique consacré à l’intelligence artificielle et aux sciences de l’urgence et des risques, ainsi que des travaux sur la réparation juridique (Association de la Francophonie pour la Santé des Pompiers), y compris la normalisation internationale pour la protection des pompiers.

De la recherche au terrain

Canada, États-Unis, Australie, Royaume-Uni… Plusieurs pays ont développé le transfert des connaissances de la recherche vers les parties prenantes et les pompiers. La France offre elle aussi un exemple concret instructif avec l’ENSOSP, l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers, qui développe des programmes de formation et gère une base de ressources en ligne (le PNRS).

Citons également l’Observatoire national de santé des agents des services d’incendie et de secours (ONSAS), organisé par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, qui réunit désormais l’ensemble des parties prenantes (directions et organisations syndicales, professionnels de santé et universitaires, agences concernées) autour de trois objectifs affichés : prévenir, protéger, réparer.

Unique en son genre, cette initiative translationnelle collaborative a mené à l’élaboration d’une nouvelle réglementation sur la réparation des maladies professionnelles des pompiers (à la suite du rapport du CIRC de 2023), ainsi qu’à des recommandations sur les entraînements répétés au feu réel, des ateliers scientifiques annuels et des études sur la toxicité des fumées et le traumatisme psychique.

Au-delà de ces avancées, la route est encore longue. Il s’agira notamment d’aboutir à une meilleure indemnisation, non seulement des victimes des incendies et des activités de lutte contre le feu et soutien (sur le modèle de l’amiante ou des pesticides, de manière à couvrir la population générale touchée par les feux survenant à l’interface habitat-forêt), mais aussi de l’ensemble des « travaillant·e·s » (autrement dit des salariés et volontaires, personnels de soutien et militaires), afin d’améliorer la prévention dans son ensemble. Il sera également nécessaire de consolider la recherche, en créant, par exemple, une institution de recherche visible, dotée de financements dédiés.

The Conversation

Alexis Descatha est membre de l’Observatoire National de la Santé des agents des Services Incendies et Secours (en tant scientifique). Il participe au nom de la France dans les évaluations de normalisation pour les équipements de protections des pompiers. Il est également Professeur Clinicien à Hofstra/Northwell et Professeur Associé à IUSP (USA) et est rédacteur en chef des archives des maladies professionnelles et de l’environnement (Elsevier). Il a des projets financés par l’ANR/ l’ANSES/ MNH DREES. La DPI complète est disponible sur le site https://dpi.sante.gouv.fr/dpi-public-webapp/app/consultation/accueil

ref. Santé des pompiers : pourquoi il faut poursuivre les recherches – https://theconversation.com/sante-des-pompiers-pourquoi-il-faut-poursuivre-les-recherches-290926

Crise climatique : jusqu’où la population tolère-t-elle la contestation ?

Source: The Conversation – in French – By Alexis Bibeau-Gagnon, Chercheur postdoctoral, Department of Political Science, McGill University, McGill University

Face à la crise climatique, les manifestations qu’on voit se multiplier comprennent de plus en plus d’actions radicales. Mais ont-elles l’adhésion de la population ?


Les dernières années ont été le théâtre d’une intensification à la fois de la crise climatique et de l’activisme écologiste. Dans une situation marquée par l’aggravation de plus en plus visible des catastrophes environnementales, une frange du mouvement écologiste, au Canada comme ailleurs en Occident, a recours à de nouveaux moyens souvent dérangeants, perturbateurs et radicaux pour faire pression contre l’inaction des gouvernements.

Il y a plusieurs exemples récents de tels gestes. En février 2020, des manifestants autochtones ont bloqué des voies ferrées un peu partout au pays, en solidarité avec l’opposition du peuple Wet’suwet’en au pipeline Coastal GasLink. En octobre 2024, des membres du collectif Antigone ont bloqué le pont Jacques-Cartier, à Montréal, afin d’alerter la population à l’urgence climatique et de provoquer un débat public. Et, autant à Nanaimo et Vancouver en 2022 qu’à Montréal en juillet 2024 et juin 2025, des militants ont stoppé le trafic automobile en se collant à la route, dans l’espoir de forcer l’attention du public sur la crise écologique.




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Cette tendance s’accompagne d’un débat de fond sur le rôle de la contestation en démocratie et sur la justification de telles actions dérangeantes. Mais cette question, essentielle, en contient une autre, dont la portée démocratique est tout aussi cruciale : la population canadienne tolère-t-elle ces formes d’activisme plus radicales comme moyens de pression politique ?

Un seuil clair : la violence

La réponse à cette question, que j’analyse, avec des collègues, dans une étude menée auprès de 1500 Canadiens, repose sur trois points.

Premièrement, une ligne de distinction nette sépare, dans l’opinion publique, les actions pacifiques des actions qui impliquent de la destruction ou de la violence. Les citoyens tolèrent en effet largement les actions pacifiques (boycott, manifestation), mais rejettent de façon presque unanime toutes celles qui infligent des dommages matériels (vandalisme, sabotage) ou des violences interpersonnelles (affrontement avec les forces de l’ordre, ciblage des élus).

Il existe ainsi quelque chose comme un seuil : la tolérance du public ne décline pas graduellement à mesure que l’action se radicalise, mais bascule plutôt d’un coup dès qu’il est question de destruction ou de violence. Le public semble opérer une catégorisation morale, distinguant nettement ce qui est tolérable de ce qui ne l’est pas.

Sous ce seuil de tolérance, cependant, il existe une catégorie intermédiaire regroupant les tactiques perturbatrices mais non violentes, envers lesquelles l’opinion publique est plus partagée. L’occupation d’un lieu public, le blocage d’un pont ou l’entrave à un chantier de construction, par exemple, bénéficient tous d’une certaine tolérance, qui varie notamment selon l’âge et le niveau d’éducation.

Plus inquiets n’égale pas plus radicaux

On pourrait toutefois s’attendre à ce que l’inquiétude face aux changements climatiques fasse fléchir ce seuil de tolérance envers les actions politiques plus radicales. En effet, on pourrait croire que les personnes plus préoccupées, ressentant une certaine urgence, tolèrent des mesures plus « robustes ». Or, ce n’est pas le cas : ces personnes sont effectivement plus tolérantes, mais seulement à l’égard des actions pacifiques et des actions perturbatrices non violentes.

Ceux qui craignent le plus la catastrophe climatique n’apparaissent pas davantage disposés à cautionner le sabotage, le vandalisme ou les actions de violence ciblées que le reste de la population.

La préoccupation environnementale n’agit donc pas comme un facteur de radicalisation. Certes, le fait d’être préoccupé élargit le répertoire des moyens jugés acceptables parmi les actions pacifiques et perturbatrices. Mais cela n’élimine pas la frontière qui sépare ces formes de contestation de la destruction et de la violence. Même si la question environnementale est vécue comme une préoccupation sérieuse, la norme sociale de non-violence demeure solide.

Plus tolérable de cibler les responsables

De quoi, alors, dépend la tolérance de la population envers les formes d’activisme qui dérangent ? Notre enquête identifie un facteur nouveau : l’attribution de la responsabilité pour les changements climatiques. Selon qu’on tient les gouvernements, les entreprises ou les individus pour responsables de la situation, on ne juge pas les tactiques contestataires de la même manière.




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Ceux qui imputent la responsabilité aux gouvernements ou aux entreprises tolèrent davantage les actions perturbatrices qui visent précisément ces acteurs. Bloquer un pont ou s’attacher à un arbre semble alors être perçu comme une réponse proportionnée à certaines défaillances précises : influence des industries sur les décisions politiques, contournement des évaluations environnementales, etc. À l’inverse, ceux qui tiennent les individus pour responsables des changements climatiques sont plus réfractaires aux contestations, y compris dans leurs formes conventionnelles.

Autrement dit, une action peut sembler plus tolérable lorsqu’elle cible ceux qu’on juge responsables. C’est cette logique morale – « qui est responsable peut être légitimement ciblé » – qui éclaire en partie pourquoi certains épisodes provoquent des condamnations publiques alors que d’autres engendrent une forme de sympathie (ou, plus souvent, d’indifférence).

Une nouvelle tension démocratique

En somme, la montée de l’inquiétude environnementale n’a pas rendu la population plus ouverte aux moyens radicaux. Les franges les plus offensives du mouvement écologiste se heurtent à un plafond de tolérance que même l’urgence de la situation ne fait pas céder.


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Plus globalement, ces résultats génèrent un constat démocratique double. D’une part, ce constat est rassurant. La norme qui proscrit la violence comme instrument de transformation politique reste robuste. La non-violence demeure un pilier de la culture politique canadienne. Cependant, ce même constat a aussi quelque chose de troublant. Quand les institutions sont incapables d’agir à la hauteur de la crise et que la population rejette les moyens de pression plus « agressifs », que reste-t-il ?

On voit ici naître une nouvelle tension démocratique entre les transformations sociales requises par l’urgence écologique et limites imposées à la contestation par le public. Il s’agit là d’un des terrains difficiles sur lesquels se jouera, dans les prochaines années, la réaction de notre société à l’intensification de la crise environnementale.

La Conversation Canada

Alexis Bibeau-Gagnon a reçu du financement du Fonds de recherche du Québec – Société et culture

ref. Crise climatique : jusqu’où la population tolère-t-elle la contestation ? – https://theconversation.com/crise-climatique-jusquou-la-population-tolere-t-elle-la-contestation-289114

Cada vez realizamos más actividades solos: ¿está cambiando nuestra relación con el territorio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Medina Morales, Profesor de Geografía, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Mariia Boiko/Shutterstock

Ir solo a un concierto, sentarse a cenar sin compañía o viajar en solitario eran, hasta hace relativamente poco, prácticas excepcionales o incluso incómodas socialmente. Sin embargo, cada vez más personas realizan actividades de ocio en solitario de forma habitual, voluntaria y normalizada. Especialmente entre las generaciones más jóvenes y en entornos urbanos.

Este cambio no solo refleja nuevas dinámicas sociales, sino también una transformación más profunda en nuestra relación con el territorio, con el espacio público y con la percepción de la seguridad en nuestros entornos cotidianos.

Nuevas formas de vivir el ocio

Cada vez más personas deciden realizar actividades de ocio solas de manera voluntaria, no por aislamiento sino por comodidad, flexibilidad o simplemente por una forma distinta de relacionarse con el tiempo y el espacio.

Algunos estudios recientes sobre consumo cultural y asistencia a eventos muestran cómo esta tendencia ha crecido de forma significativa en los últimos años, especialmente en actividades vinculadas a conciertos y festivales. Un reciente informe de Ticketmaster Business UK, por ejemplo, señala que acudir solo a festivales y conciertos se ha convertido en una práctica cada vez más habitual y socialmente aceptada.

La expansión del teletrabajo, la movilidad constante, la hiperconectividad digital y la transformación de las dinámicas sociales están modificando también la manera en la que usamos y percibimos el territorio. Tanto los espacios urbanos como los turísticos han empezado a adaptarse a nuevas formas de habitar y experimentar el ocio.




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El territorio también cambia cuando cambiamos nuestra forma de movernos

Las ciudades contemporáneas han evolucionado hacia modelos donde las actividades individuales son cada vez más fáciles de desarrollar. Espacios de coworking, gimnasios abiertos 24 horas o sistemas de movilidad flexible permiten que muchas personas organicen su vida cotidiana de forma más autónoma.

Las ciudades se configuran, cada vez más, como redes de microespacios donde las personas entran y salen continuamente, muchas veces en solitario. La propia planificación urbana empieza a adaptarse a esta realidad mediante espacios multifuncionales, zonas peatonales o entornos pensados para una movilidad más individualizada.

En muchos casos, estos espacios están diseñados para facilitar estancias breves, conexiones rápidas y experiencias flexibles. El auge del teletrabajo y de los llamados “terceros espacios” –cafeterías, bibliotecas o espacios híbridos entre ocio y trabajo– han reforzado todavía más esta transformación territorial.

El ocio en solitario también plantea nuevos desafíos territoriales

Senderismo, rutas de montaña, actividades en el mar o recorridos en espacios naturales forman parte de una nueva cultura del ocio cada vez más individualizada. La pega es que cuando una persona realiza estas actividades sola, cualquier incidente puede convertirse rápidamente en una situación de emergencia. Una caída, un golpe de calor o un problema de cobertura en zonas aisladas adquieren una dimensión completamente diferente cuando no existe acompañamiento inmediato. En muchos casos, la ausencia de otra persona retrasa la alerta, dificulta la localización y obliga a movilizar importantes recursos de emergencia.

Los datos de rescates en montaña y espacios naturales muestran, además, una tendencia creciente asociada al aumento de actividades al aire libre. Solo durante el primer semestre de 2025 se registraron 66 incidentes de rescate en montaña en las Islas Canarias, muchos relacionados con senderismo, extravíos y accidentes en zonas de difícil acceso. Tenerife y Gran Canaria concentraron cerca del 64 % de las intervenciones debido tanto a la afluencia de usuarios como a la complejidad del relieve insular.

La situación preocupa especialmente en islas de origen volcánico, donde las características geográficas, los barrancos, los cambios bruscos de meteorología o las dificultades de acceso pueden convertir una incidencia aparentemente menor en un operativo complejo para los servicios de emergencia.

En este contexto, la percepción del riesgo adquiere una importancia fundamental. La hiperconectividad digital puede generar una sensación de falsa seguridad que lleva a subestimar determinadas condiciones del entorno. Tener cobertura móvil, utilizar aplicaciones de rutas o compartir la ubicación en tiempo real no elimina necesariamente la exposición al riesgo en espacios complejos. Investigaciones recientes desarrolladas por el grupo GEOTIGMA de la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria evidencian que disponer de información o conocer la existencia de sistemas de alerta no garantiza automáticamente una respuesta adecuada ante situaciones de peligro.

De hecho, muchas de las emergencias actuales no responden únicamente a fenómenos extremos, sino también a nuevas formas de relación con el territorio.




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Rutas y experiencias desde el teléfono móvil

En destinos turísticos cada vez más digitalizados, el visitante ya no necesita integrarse necesariamente en dinámicas grupales tradicionales. Puede organizar rutas, reservas y experiencias desde el teléfono móvil, construyendo una relación mucho más autónoma con el territorio.

Sin embargo, esta autonomía también obliga a replantear cuestiones relacionadas con la autoprotección, la educación en el riesgo y la adaptación de los sistemas de emergencia a nuevas dinámicas sociales.




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La paradoja es evidente: vivimos en una sociedad hiperconectada digitalmente, pero donde muchas actividades cotidianas se realizan cada vez más en solitario.

Aunque este cambio no implica necesariamente aislamiento social, en muchos casos representa una transformación de las formas tradicionales de convivencia y de relación con el espacio. Pero también plantea nuevos desafíos territoriales y operativos.

Mientras la sociedad avanza hacia formas de ocio y movilidad más individualizadas, la gestión del riesgo continúa dependiendo en gran medida de dinámicas colectivas de cuidado, acompañamiento y respuesta institucional. Comprender estas dinámicas será fundamental para las ciudades, los territorios turísticos y los sistemas de emergencia en un mundo cada vez más móvil, flexible e individualizado.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cada vez realizamos más actividades solos: ¿está cambiando nuestra relación con el territorio? – https://theconversation.com/cada-vez-realizamos-mas-actividades-solos-esta-cambiando-nuestra-relacion-con-el-territorio-283237

La mitigación del cambio climático es la única estrategia efectiva para evitar que Europa arda sin control a largo plazo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Valladares, Profesor de Investigación en el Departamento de Biogeografía y Cambio Global, Museo Nacional de Ciencias Naturales (MNCN-CSIC)

Un incendio forestal se extiende por las montañas cercanas a Burgohondo, en Ávila, el 27 de julio de 2026. Arafatmyt/Shutterstock

Europa se quema a un ritmo que desafía la capacidad de respuesta humana y desmantela décadas de aparentes éxitos en la contención del fuego. Aunque las mejoras en la prevención y la extinción lograron reducir la superficie quemada y el número de igniciones desde la década de 1980, el panorama cambió drásticamente a partir de 2018.

Un equipo científico internacional ha documentado que el sur de Europa está ingresando en una era de riesgo extremo. Las estadísticas nacionales revelan que la crisis alcanzó niveles sin precedentes en la temporada de 2025, cuando España vivió su año más destructivo en más de tres décadas con aproximadamente 350 000 hectáreas calcinadas. Una catástrofe que incluye el pavoroso incendio de Larouco en Galicia, el más grande registrado en esa comunidad con más de 40 000 hectáreas consumidas.

En ese mismo año, Portugal sufrió la pérdida de más de 250 000 hectáreas, su peor registro desde la trágica temporada de 2017. De manera conjunta, España y Portugal acumularon el 80 % del área quemada de todo el sur del continente durante ese ciclo crítico de 2025.

Esta tendencia destructiva ha continuado manifestándose en 2026, año en el que las condiciones meteorológicas propicias para el fuego en la Unión Europea durante los primeros siete meses superaron en un 43 % el promedio de las últimas dos décadas, según el Sistema Europeo de Información sobre Incendios Forestales. Para finales de julio, ya se habían quemado unas 435 000 hectáreas en el territorio comunitario, con Francia rompiendo su propio récord anual de devastación al registrar 98 000 hectáreas afectadas.

Cambio climático y riesgo de incendios

Detrás de esta alarmante aceleración de las llamas está la señal cada día más fuerte del calentamiento global, expresada en condiciones atmosféricas extremas y, muy especialmente, en una alarmante sequía del suelo.




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Diversas investigaciones han comprobado que la probabilidad de que la sequedad extrema del suelo que alimenta los mayores incendios en el oeste de Europa es ahora cinco veces mayor de lo que sería en un clima 1,4 ºC más frío. Las olas de calor recurrentes y la falta de precipitaciones veraniegas actúan desecando la vegetación de forma extrema, convirtiéndola en un polvorín listo para arder ante cualquier chispa.

Infografía que muestra factores que facilitan incendios como vientos, sequedad y temperaturas extremas.
El índice meteorológico de riesgo de incendios (FWI, Fire Weather Index) permite precisar los niveles de alerta. Se apoya en características locales que están cada día más afectadas por el cambio climático y por lo que se conoce como forzadores a gran escala.
Fernando Valladares

El número de jornadas veraniegas con meteorología de fuego extremo prácticamente se ha duplicado desde 1981 en amplias franjas de la península ibérica, Francia, Italia y Grecia, pasando de menos de diez días por estación a registrar hasta 25 días extremos en la última década. Este incremento de la inflamabilidad se vincula directamente con un aumento de las temperaturas estivales de hasta dos grados centígrados en gran parte de España, el sur de Francia e Italia en comparación con las medias históricas.

Por si fuera poco, la variabilidad de este riesgo se conecta con dinámicas atmosféricas a gran escala, como la Oscilación del Atlántico Norte, que ha mostrado una tendencia de cambio hacia su fase negativa durante veinticinco de los últimos treinta años, favoreciendo bloqueos meteorológicos que inhiben las lluvias y prolongan las olas de calor en el sur del continente.

De igual modo, los años de mayor devastación en la península ibérica han coincidido con fenómenos de El Niño en el océano Pacífico, mostrando una correlación significativa entre las temperaturas de la superficie marina en el Pacífico tropical oriental y la severidad de las temporadas de incendios en este territorio.




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El área quemada aumentará en Europa

Las proyecciones hacia el futuro dibujadas por los modelos científicos ofrecen escenarios aún más escalofriantes si el planeta continúa acumulando más y más CO₂ y gases de efecto invernadero en la atmósfera como resultado de la quema de combustibles fósiles.

Mapas de Europa donde se observa que los incendios forestales más catastróficos se irán trasladando desde el sur hacia el centro
Con el calentamiento global, los incendios forestales más catastróficos se irán trasladando desde el sur hacia el centro de Europa, donde serán muy extensos en el último tercio de este siglo.
Fernando Valladares, a partir de los datos de Feron y colaboradores (2026).

Investigaciones basadas en simulaciones revelan que incluso en un escenario de sostenibilidad optimista donde se logren limitar las emisiones y el calentamiento global se mantenga en torno a 1,8 ºC, se proyecta que el área quemada anual en Europa se incrementará en un 39 % para fin de siglo.

Sin embargo, si la humanidad persiste en la senda de la rivalidad regional y las emisiones continúan subiendo, elevando el calentamiento global a 3,6 ºC, la superficie anual calcinada en el continente prácticamente se triplicará. Se disparará en un 192 % hasta alcanzar unos 5,3 millones de hectáreas anuales.

En este desolador escenario de fuerte cambio climático, la actividad de los incendios aumentará en aproximadamente el 55 % de las regiones europeas propensas al fuego, anulando por completo los esfuerzos convencionales de prevención y control de incendios.

Gráfica que muestra el aumento del área quemada si se controlan las emisiones
El escenario de sostenibilidad y fuerte mitigación (SSP1-2.6) logra contener el aumento de área quemada, manteniéndolo en un 39 % mayor respecto a la línea base histórica, evitando que se tripilique y subrayando que la acción climática global es la herramienta de prevención más potente para evitar que el continente europeo se vuelva ingobernable ante el fuego.
Fernando Valladares, elaborado a partir de los datos de Billing et al (2026)

La retirada de biomasa fina puede reducir la propagación

Frente a esta amenaza existencial, surge el debate sobre la gestión de la vegetación y el efecto que tiene la eliminación del combustible forestal fino y grueso. Un estudio de sensibilidad ha revelado diferencias cruciales en la eficacia de estas intervenciones según el tipo de biomasa tratada.

La eliminación planificada del combustible fino, como hierbas, hojas secas y pequeñas ramas del sotobosque que se queman rápidamente, demostró tener el impacto más significativo en la reducción de la velocidad de propagación, la intensidad del fuego y el área total quemada en toda Europa. En contraste, la retirada del combustible grueso, constituido por ramas más grandes y troncos de árboles muertos, no solo resulta sumamente costosa, compleja y limitada por restricciones logísticas y ecológicas, sino que no genera un beneficio claro en la contención del comportamiento del fuego dentro de los modelos.




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¿Cómo limpiamos el monte? ¿Y cómo lo pagamos?


De hecho, los modelos indican que retirar la biomasa más pesada altera de forma artificial la densidad del combustible, dando mayor peso relativo a los combustibles finos y secos que aceleran la velocidad de propagación de las llamas superficiales.

Por tanto, las estrategias de gestión forestal más eficaces deben centrarse de manera prioritaria en la reducción dirigida de combustibles superficiales finos y en tratamientos mixtos en lugar de la remoción indiscriminada de madera.

Gráfica que muestra un nivel a partir del cual la acción humana ya no tendría efecto sobre la amenaza de los incendios en Europa
El riesgo de incendios estimado por el índice meteorológico de riesgo (FWI, Fire Weather Index) puede atenuarse significativamente con información, capacitación y prevención (algo que se resume en el HDI o índice de dimensión humana) solo hasta un determinado nivel de calentamiento global, un nivel no del todo preciso que supone un punto de ruptura tras el cual las acciones humanas tendrían muy poco efecto sobre la amenaza de los incendios en Europa.
Fernando Valladares, a partir de los datos de Billing et al (2026)

La gestión es útil pero insuficiente ante los nuevos escenarios

A pesar de la indudable utilidad de una gestión forestal adaptada a cada territorio y de los ingentes recursos invertidos, la ciencia advierte de manera clara y rotunda que la tecnología y la supresión de incendios tienen límites físicos insalvables.

En situaciones de calor y sequedad extrema, el comportamiento del fuego se vuelve errático y de una intensidad tan brutal que supera cualquier capacidad humana de combate, como quedó demostrado con el récord de quema en España durante la ola de calor de 2025 y en los grandes incendios de 2026 en Francia y España. Los sistemas de alta preparación para la extinción de incendios se vieron sobrepasados y España se vio obligada a declarar por primera vez en su historia la emergencia nacional por incendios forestales.

La acumulación de combustible generada paradójicamente por décadas de supresión sistemática de pequeños fuegos solo agrava el problema, sentando las bases para incendios catastróficos incontrolables. Por esta razón, la investigación subraya que la gestión del fuego puede ayudar a limitar los daños hasta cierto punto. Pero la prevención y la gestión de incendios de ninguna manera pueden sustituir a la mitigación climática.

La única estrategia verdaderamente eficaz para evitar que el sur de Europa se convierta de manera permanente en un infierno de llamas ingobernables y que el centro y norte de Europa experimente incendios de grandes dimensiones para los que no está preparada consiste en reducir de forma drástica y urgente las emisiones globales de gases de efecto invernadero que permitan frenar el motor del calentamiento planetario.

The Conversation

Fernando Valladares no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La mitigación del cambio climático es la única estrategia efectiva para evitar que Europa arda sin control a largo plazo – https://theconversation.com/la-mitigacion-del-cambio-climatico-es-la-unica-estrategia-efectiva-para-evitar-que-europa-arda-sin-control-a-largo-plazo-290577

Pollitos que piden comida a sus padres: el ‘truco’ del color de las boqueras

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Garrido Bautista, Investigador posdoctoral, Universidad de Castilla-La Mancha

Paul Sawer/Shutterstock

La comunicación entre animales juega un papel trascendental en la toma de decisiones para la supervivencia y reproducción. En general, esta transmisión de información puede realizarse mediante sonidos, feromonas o pigmentos. Estos últimos dan lugar a una gran variedad de colores: por ejemplo, la melanina produce los tonos negros y grisáceos, los carotenoides, los tonos amarillos, naranjas y rojos, y la biliverdina, los tonos verdes.

Estos colores dan mucha información sobre la calidad del individuo que los produce, ya que son dependientes de la condición física y estado de salud. Un animal que esté malnutrido o enfermo producirá menos pigmentos y una menor intensidad cromática que otro sano. De esta manera, los individuos de mejor calidad expresarán los colores más intensos y llamativos, que les beneficiarán en multitud de contextos, como el acceso a potenciales parejas.

Pero la evolución ha proporcionado una ingeniosa solución para que los ejemplares de baja calidad puedan acceder a los beneficios que otorga la coloración: hacer que la información que transmite dicha señal no sea honesta. Es decir, expresar una buena coloración a expensas de sacrificar otros procesos y funciones biológicas. Por tanto, una coloración llamativa no necesariamente refleja siempre una buena condición física. En última instancia, esto produce un conflicto de interés entre el emisor y el receptor de la señal, que debe saber cuándo esta es honesta o no.

Dos tipos de señales: índice y de coste añadido

Teniendo esto en cuenta, tradicionalmente las señales se han dividido en dos tipos, en función de la fiabilidad u honestidad de la información. Las señales índice, llamadas así porque funcionan como un índice lineal, son aquellas cuya expresión está estrictamente limitada por el estado de salud y condición física del individuo; no se pueden falsificar. En nuestro ejemplo con la coloración, significaría que, a mejor condición física, mayor intensidad tendrá el color.

Mientras, las señales de coste añadido son aquellas cuya expresión se hace a expensas de otras funciones biológicas, ya que el individuo no tiene la calidad suficiente para expresarlas sin tener que robar recursos de otros procesos. Así, destinar muchos carotenoides para expresar una buena coloración amarilla impediría el uso de estos compuestos en el sistema inmune. Ese coste añadido sería la reducción de eficacia de las defensas del organismo.

Históricamente, ambos tipos de señales se veían como excluyentes. Sin embargo, actualmente y a nivel teórico, se entiende que algunas podrían funcionar como sistemas mixtos. Es decir, la expresión de una señal estaría limitada por la propia condición física del animal, pero al mismo tiempo podría ajustarse de manera plástica en función del entorno y del balance entre los costes y los beneficios de emitir dicha señal (siempre dentro de los límites fisiológicos del individuo).

Las boqueras de los pollos como señal visual

Las boqueras son las protuberancias que se observan alrededor del pico de los pollos de muchas aves. Su función es atraer la atención de los progenitores para obtener la mayor cantidad de alimento posible. Su color amarillo –a veces anaranjado– es producido por los carotenoides, unos pigmentos que se obtienen exclusivamente de la dieta. En los pollos, la fuente principal de carotenoides son las orugas que traen los padres al nido.

Los carotenoides, además de conferir color, participan en el organismo como antioxidantes y estimuladores del sistema inmune. Y aquí es donde radica el quid de la cuestión: debido a que su disponibilidad es limitada, esos pigmentos deben invertirse en coloración –para hacer más llamativas las boqueras y así acaparar más cebas– o usarse como antioxidantes o en el sistema inmune –para sobrellevar mejor el estrés oxidativo o las infecciones–.

El cambio de paradigma: la coloración de las boqueras como señal mixta

En un reciente estudio publicado en la revista Animal Behaviour, hemos demostrado, por primera vez, que la coloración de las boqueras es una señal mixta, ya que funciona tanto como una señal índice como una de coste añadido. En una población de herrerillo común (Cyanistes caeruleus), manipulamos el número de pollos de cada nido para crear grupos con menos pollos, grupos control y grupos con más crías.

Dichos grupos se crearon para recrear condiciones distintas de competencia: en las nidadas con menos pollos hay más alimento a repartir, pero en las que tienen más crías, el alimento es limitado y los hermanos deben competir su acceso. Posteriormente, evaluamos la intensidad de la coloración de las boqueras, la tasa de alimentación y la composición de la dieta que recibió cada nidada.

Nuestros resultados confirmaron que la coloración de las boqueras es modulable y funciona como una señal de coste añadido. En el grupo con menos pollos, la intensidad del amarillo disminuyó. Además, cuanto mayor fue el aporte de comida y la cantidad de orugas (ricas en carotenoides), menor fue la intensidad del color en este grupo. Esto indica que los pollos no señalizan cuando la competencia es baja y el alimento abundante. Simplemente, al tener alimento de sobra, no lo necesitan.

Sin embargo, en el grupo con más pollos, la intensidad del color fue similar a la del grupo control, revelando la existencia de un límite: por mucho que aumente el beneficio de la señal (acaparar todo el alimento posible), llega un punto en el que el individuo simplemente no puede invertir más en coloración, ya que la inversión extra implica extraer recursos de otras funciones.

Pero también observamos que esta señal es del tipo índice. Los pollos de mayor tamaño dentro de cada nido, los de mayor calidad, mostraron una coloración más intensa que sus hermanos más pequeños. Por lo tanto, además de ser ajustable, el cromatismo de las boqueras también está condicionada por la condición física.

Comunicarse es complejo

En la naturaleza, no todo es tan sencillo. Un individuo enfrenta constantemente un compromiso en la asignación de sus recursos: ¿cuánto debo invertir en una señal? ¿Los beneficios de invertir más superan los costes? Estas son las preguntas que la evolución ha ido respondiendo de forma distinta en los grupos animales.

En aves en desarrollo, cuando la competencia entre hermanos es alta, el beneficio de exhibir un color intenso para recibir más comida tiene el coste de desproteger otras funciones básicas. Pero cuando la competencia es baja, la necesidad de exhibir una buena coloración se reduce, por lo que pueden invertir más en esas funciones básicas. Como reza el proverbio, virtus in medium est.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Pollitos que piden comida a sus padres: el ‘truco’ del color de las boqueras – https://theconversation.com/pollitos-que-piden-comida-a-sus-padres-el-truco-del-color-de-las-boqueras-287228

Lanzamiento del telescopio Nancy Grace Roman: relato de un testigo en primera fila

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eduardo Lorenzo Martin Guerrero de Escalante, Research professor, Centro de Astrobiología (INTA-CSIC); Instituto de Astrofísica de Canarias

Lanzamiento del telescopio Nancy Grace Roman, a su paso frente el Sol. Wikimedia Commons.

Ante la expectante mirada de casi 3 000 astrofísicos de todas partes del mundo, el telescopio espacial Nancy Grace Roman despegó puntualmente a las 7:26 de la mañana, hora local en Florida, el pasado domingo 30 de agosto. Se cumplió con precisión el objetivo de lanzarlo dentro de una ventana de solo 30 segundos, necesaria para alcanzar su órbita final en el “olimpo” de las misiones espaciales, visitada hasta ahora solo por los telescopios espaciales operativos James Webb y Euclid, así como los ya retirados Gaia, Planck y WMAP.

Esta región privilegiada, situada a unos 1,5 millones de kilómetros de nuestro planeta, es el segundo punto de Lagrange, donde se equilibran las atracciones gravitacionales del Sol y la Tierra.

Un telescopio abierto para todos

Tras una espera de más de 20 años y después de haber conseguido superar varias crisis presupuestarias que llegaron a amenazar seriamente su supervivencia (se le impuso un estricto límite de coste que, finalmente, ha cumplido con amplio margen), Roman ha llegado para reinar en el espacio. No es el telescopio más grande, ni el más caro, pero tal vez sea el más revolucionario: a diferencia de misiones anteriores como los telescopios espaciales Hubble o James Webb, donde los científicos disfrutan de derechos exclusivos de visualización de los datos durante el primer año, el Nancy Grace Roman no tiene tiempo exclusivo para nadie.

Todos los datos científicos que recopile estarán disponibles inmediatamente y de forma gratuita para el público general y la comunidad científica global a través de la nube, mediante el sistema Roman Nexus. Según la NASA, este observatorio se diseñó para que cualquier persona en el planeta pueda explorarlo y colaborar en la búsqueda de descubrimientos. Así, proporcionará acceso público inmediato a una cantidad de datos sin precedentes.

Recreación artística del telescopio Nancy Grace Roman.
NASA

Reunión internacional de astrofísicos

Cuatro días antes del lanzamiento, una reunión científica pasó revista a la historia de la misión y a la perspectiva de lo que se aspira conseguir en los próximos cinco años. En la audiencia, éramos más de un centenar de científicos e ingenieros de todo el mundo, la mayoría muy jóvenes, pero también ilustres veteranos como Saul Perlmutter, uno de los descubridores de la energía oscura –recibió por ello el premio Nobel en 2011– e infatigable impulsor del Roman.

En esta reunión se recordó varias veces la figura de Neil Gehrers, director del laboratorio de astropartículas del centro espacial NASA Goddard, fallecido en 2017, que fue otro de los paladines inquebrantables de esta misión. Precisamente, las instalaciones del Goddard han sido el núcleo del desarrollo de Roman. Además, han participado más de un centenar de laboratorios y empresas de América, Europa, Japón y Australia, así como la Agencia Espacial Europea.

Con la confianza del trabajo bien hecho, el día antes del lanzamiento, la NASA convocó una reunión informal y festiva en la playa de los Cocos, muy cerca de las icónicas instalaciones de Cabo Cañaveral, que también es una reserva de la naturaleza donde abundan las águilas calvas, símbolo oficial de Estados Unidos.

Muchos de los miles de personas que han trabajado en el proyecto asistieron con sus familias. Era palpable un entusiasmo contagioso, ya que esta misión espacial ha llegado para abordar las preguntas más grandes que la humanidad se ha hecho desde siempre: ¿estamos solos en el Universo? ¿De dónde venimos? ¿Hacia dónde iremos?

Vítores y grandes esperanzas

Al día siguiente, los invitados de la NASA que acudimos a presenciar el lanzamiento fuimos más de 2 800, a pesar de la hora temprana y la amenaza de tormenta eléctrica. La multitud se acomodó pacientemente en el reducido espacio junto al arroyo Banana y vitoreó el éxito del lanzamiento del telescopio y de la recuperación de los cohetes que lo impulsaron.

La comunidad científica lleva tiempo frotándose las manos por el aluvión de datos que se avecina cuando Roman comience a escudriñar el universo profundo dentro de unos tres meses. Solo en la región del centro de la Vía Láctea, esta misión va a detectar 20 000 millones de estrellas con una nitidez y profundidad asombrosa. Por si fuera poco, obtendrá mapeos de regiones emblemáticas del cielo, como la galaxia de Andrómeda, de manera mucho más eficiente que su precursor el telescopio espacial Hubble. También revisitará los campos observados por el telescopio Kepler para encontrar exoplanetas similares a la Tierra que estén ocultando estrellas lejanas.

Simulación que muestra la región de la galaxia de Andrómeda que podrá observar el telescopio.
NASA

Asimismo, este proyecto será un banco de ensayo en el espacio para probar la tecnología que en el futuro puede darnos las primeras imágenes de un planeta gemelo a la Tierra en orbita alrededor de una estrella similar al Sol. Provisto de un coronógrafo de última generación acoplado a sistemas de estabilización de imagen, Roman seguirá a un puñado de estrellas brillantes durante miles de horas para anular su brillo 10 millones de veces y permitir la detección de planetas en zonas de habitabilidad. Este experimento es esencial para el desarrollo de un futuro observatorio espacial de mundos habitables. Curiosamente, combina la capacidad de observaciones profundas de grandes campos con la de alto contraste en campos pequeños.

Pero todavía hay que tener un poco más de paciencia con Roman. Durante los próximos 12 días, se realizarán operaciones de secado de hielo acumulado, así como distintos ajustes para el seguimiento de estrellas. Se estima que las operaciones de alineado, enfoque y calibración de los instrumentos tarden 43 días, y la verificación de la calidad científica de los datos, 90. Así que, a partir del año 2027, estará listo para ofrecernos un flujo continuo de datos que nos permitirá avanzar en la compresión de algunos de los misterios más profundos del cosmos.

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Eduardo Lorenzo Martin Guerrero de Escalante no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Lanzamiento del telescopio Nancy Grace Roman: relato de un testigo en primera fila – https://theconversation.com/lanzamiento-del-telescopio-nancy-grace-roman-relato-de-un-testigo-en-primera-fila-290736

Dieta macrobiótica: recomendaciones en parte razonables sustentadas en una doctrina sin base científica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Alfonso Revenga Frauca, Director experto, Grado de Nutrición Humana y Dietética, Universidad Internacional de Valencia; Universidad San Jorge

Jelena Zelen/Shutterstock

¿Se pueden formular recomendaciones dietéticas adecuadas partiendo de ideas carentes de respaldo científico? Por supuesto. Hasta un reloj parado marca la hora correcta dos veces al día. Y eso no lo convierte en un instrumento fiable.

Con la dieta macrobiótica sucede algo parecido. Algunas de sus indicaciones pueden coincidir con las de una alimentación saludable, pero también incluye otras potencialmente perjudiciales y promesas terapéuticas peligrosas.

La cara y la cruz de la macrobiótica

Es verdad que, en sus versiones menos restrictivas, la macrobiótica concede protagonismo a los cereales integrales, las legumbres y las verduras, prioriza los alimentos frescos y limita el consumo de alcohol y productos ultraprocesados. Todo ello puede favorecer una mayor ingesta de fibra y mejorar la calidad global de la alimentación.

No obstante, junto a esas indicaciones aparecen restricciones carentes de respaldo científico. Es el caso de la exclusión de las solanáceas, como el tomate, el pimiento, la berenjena o la patata, por sus supuestos efectos “desequilibrantes”.

En sus modalidades más estrictas, limita drásticamente las frutas, los lácteos y los alimentos de origen animal. Las formulaciones más extremas llegan incluso a recomendar la restricción de agua. Esas prácticas pueden incrementar el riesgo de déficits nutricionales graves. De hecho, históricamente se han asociado con hospitalizaciones, escorbuto, insuficiencia renal y algunas muertes por desnutrición y deshidratación, aunque no existe un registro sistemático que permita cuantificar esos fallecimientos con precisión.

El malentendido con Hipócrates

Pero ¿cuál es el origen de la dieta macrobiótica?

En primer lugar, conviene aclarar que, aunque se afirme con frecuencia, no se remonta a Hipócrates. La relación con el médico griego es meramente lingüística.

El término griego del que deriva “macrobiótica” (makrobios) aparece en los Tratados hipocráticos con el significado de “longevo”, nada más. Por tanto, sería correcto sostener que en esos textos se utilizó un término relacionado con la longevidad. Afirmar que Hipócrates creó, inició o sentó las bases de la dieta macrobiótica es una reconstrucción anacrónica. Se ha combinado una coincidencia etimológica con la importancia concedida a la díaita (“régimen de vida”) en la medicina hipocrática para fabricar una continuidad histórica que las fuentes no respaldan.

Después, a finales del siglo XVIII, el médico alemán Christoph Wilhelm Hufeland publicó El arte de prolongar la vida humana. Desde la tercera edición, de 1805, el libro pasó a titularse Makrobiotik oder die Kunst, das menschliche Leben zu verlängern. El término designaba un programa general de higiene, conducta y prolongación de la vida, no la dieta que conocemos actualmente.

Basada en el yin y el yang

En realidad, la macrobiótica moderna procede principalmente del movimiento dietético japonés shokuyō, desarrollado por Sagen Ishizuka a finales del siglo XIX. El filósofo nipón George Ohsawa retomó esas ideas, las integró con su interpretación del yin y el yang y sistematizó la doctrina desde la década de 1930. Uno de sus discípulos, Michio Kushi, fue clave en su difusión y reformulación en Occidente durante las décadas de 1950 y 1960.

Como apuntábamos más arriba, la dieta macrobiótica clasifica los alimentos según los principios del yin y el yang, entendidos como cualidades opuestas que deben mantenerse en equilibrio. Unos productos serían expansivos o fríos y otros, contractivos o cálidos. A partir de esta interpretación se decide cuáles deben priorizarse, limitarse o excluirse.

Tales categorías, a menudo descritas mediante el término “energía”, pertenecen a una concepción filosófica de la salud. No se refieren a una magnitud física o nutricional y nada tienen que ver con los nutrientes o las kilocalorías.

Claros posicionamientos científicos

Diversos organismos, sociedades científicas y publicaciones especializadas se han pronunciado sobre la dieta macrobiótica y, en particular, sobre su uso en el cáncer y otras situaciones de salud.

  • Cancer Research UK afirma de forma explícita que no apoya el uso de dietas macrobióticas en personas con cáncer.

  • El Instituto Nacional del Cáncer, de Estados Unidos señala que no se han publicado ensayos clínicos, estudios observacionales ni estudios piloto que la evalúen adecuadamente como tratamiento complementario del cáncer. Añade que dos revisiones concluyeron que no existe evidencia científica para promoverla con esa finalidad.

  • En un pronunciamiento de 1984, la Sociedad Estadounidense contra el Cáncer recomendó firmemente que los pacientes no recurrieran a dietas macrobióticas y advirtió de que sus versiones más restrictivas podían representar un grave peligro para la salud.

  • En España, la Asociación Española Contra el Cáncer incluye la macrobiótica entre las falsas dietas anticáncer y recuerda que no cura ni modifica la evolución de la enfermedad.

  • La guía de nutrición clínica en el cáncer de la Sociedad Europea de Nutrición Clínica y Metabolismo (ESPEN) no menciona específicamente la macrobiótica, pero formula una recomendación directamente aplicable: no utilizar dietas sin fundamento clínico, sin eficacia demostrada y potencialmente perjudiciales.

En la diabetes tipo 2, el panorama es algo distinto. Un pequeño ensayo clínico de 21 días y su seguimiento a seis meses observaron mejoras del control glucémico con una modalidad concreta: la dieta Ma-Pi. Sin embargo, estos resultados evalúan un patrón muy rico en fibra, cereales integrales y alimentos vegetales, no validan los principios del yin y el yang y requieren confirmación mediante estudios más amplios y prolongados. Una revisión de ensayos clínicos calificó sus resultados como prometedores, pero consideró necesaria una investigación más concluyente.

En lo que se refiere a la población infantil, una cohorte neerlandesa de niños alimentados con dietas macrobióticas registró deficiencias generalizadas de energía, proteínas, calcio y vitaminas B12, B2 y D, acompañadas de retraso del crecimiento, pérdida de grasa y masa muscular y un desarrollo psicomotor más lento. La leche de las madres macrobióticas contenía menores concentraciones de vitamina B12, calcio y magnesio.

En otro estudio, el 15 % de los lactantes macrobióticos presentaba deficiencia de hierro, frente a ninguno de los controles, y sus concentraciones de vitamina B12 eran marcadamente inferiores.

Y, por último, una revisión publicada en 2023 concluyó que este tipo de dietas deberían evitarse durante el embarazo y la infancia debido a, entre otros, el riesgo de deficiencias de vitaminas B12 y D, hierro, zinc y yodo. Los propios autores reconocen que la magnitud real del riesgo es difícil de determinar por la escasez de estudios bien diseñados.

En definitiva, la historia, la ciencia y los datos no permiten validar la doctrina ni las pretensiones terapéuticas de la dieta macrobiótica a partir de unas pocas recomendaciones acertadas.

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Juan Alfonso Revenga Frauca no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Dieta macrobiótica: recomendaciones en parte razonables sustentadas en una doctrina sin base científica – https://theconversation.com/dieta-macrobiotica-recomendaciones-en-parte-razonables-sustentadas-en-una-doctrina-sin-base-cientifica-288308

¿Son todas las confesiones iguales ante el fisco en España?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Torres Gutiérrez, Catedrático de Derecho Constitucional de la Universidad Pública de Navarra, Universidad Pública de Navarra

encierro/Shutterstock

La financiación directa del Estado español a la Iglesia católica es un viejo asunto que data de la Constitución de 1837. Ya en su artículo 11 comprometía a España a “mantener el culto y los ministros de la religión católica que profesan los españoles”.

Siglo XIX: desamortización y Concordato

Dicha normativa fue, en parte, consecuencia de la política desamortizadora impulsada por Juan Álvarez Mendizábal en un decreto de febrero de 1836 por el que se pusieron “en venta desde ahora todos los bienes raíces de cualquier clase, que hubiesen pertenecido a las comunidades y corporaciones religiosas extinguidas (…)”. En 1835, se había ordenado la supresión de los monasterios con menos de doce miembros y se confiscaron sus propiedades, que luego pasaron a ser los bienes puestos en venta en 1837.

En vísperas del Concordato de 1851, firmado entre la reina Isabel II y Pío IX, con el fin de restablecer las relaciones oficiales entre España y la Iglesia católica tras las desamortizaciones. En esa época, la dotación de culto y clero consumía más del 10 % de los Presupuestos Generales del Estado. Si ese dinero se hubiera gastado en educación o en ferrocarriles más eficientes, probablemente España no habría liderado las tasas de analfabetismo de Europa Occidental a principios del siglo XX, ni heredado una red radial de ferrocarriles decimonónica.

Un acuerdo no cumplido

A pesar de diversos e infructuosos esfuerzos, como lo fue el artículo 26 de la Constitución de 1931, que preveía el fin de la dotación a la Iglesia católica en un plazo de dos años, el problema ha llegado hasta nuestros días.

La Iglesia católica es la única confesión que goza actualmente de asignación tributaria en el IRPF, por la que percibió casi 430 millones de euros en el ejercicio fiscal 2024. Todo ello, pese a que el artículo 16.3 de la Constitución de 1978 reza que ninguna confesión tendrá carácter estatal, o que el Acuerdo de Asuntos Económicos de 1979 recogiera el propósito de que la Iglesia católica alcance por sí misma los recursos suficientes para la atención de sus necesidades.

Medio siglo después, ¿sería posible que la Iglesia católica se autofinanciase con la aportación de sus fieles? Sí, si cada católico practicante –se calcula que son unos ocho millones– depositase cada domingo un euro en el cepillo de su iglesia (tomando en cuenta lo recaudado en el ejercicio 2024). Una cantidad razonable, máxime si se considera que sería deducible en un 80 % en el IRPF.

Más allá de la Iglesia católica

En lo que respecta a otras confesiones, los cristianos evangélicos, los musulmanes y los judíos, que firmaron los Acuerdos de 1992, tienen acceso desde 2005 a unas ayudas públicas directas otorgadas por la Fundación Pluralismo y Convivencia de origen estatal. En comparación a la asignación tributaria que percibe la Iglesia católica, estas religiones apenas reciben, en su conjunto, cerca de un millón de euros, pero, igualmente, esos aportes son poco compatibles con el principio de laicidad del Estado.

A ello hay que sumar las exenciones en el IBI de las viviendas de los ministros de culto de las cuatro confesiones con acuerdos (católica, evangélica, judía y musulmana), así como de sus huertos y jardines, pese a su relativa conexión con el ejercicio del derecho de libertad religiosa y de conciencia.

Por otra parte, las confesiones sin acuerdos con el Estado español (Iglesia de Jesucristo de los Santos de los Últimos Días, comunidades budistas, testigos cristianos de Jehová, iglesias ortodoxas, bahaísmo, cienciología, comunidades hindúes, taoísmo, etc.) no tienen acceso ni a la deducibilidad de las donaciones ni a las exenciones en el IBI (ni siquiera por los lugares de culto).

De este modo, un Salón del Reino de los testigos de Jehová, un templo hindú o una catedral de la iglesia ortodoxa rumana, deben pagar puntualmente este tributo. Esto equivale a poner palos en las ruedas en el ejercicio de la libertad de culto, un derecho fundamental a personas iguales ante la ley y que son, en su inmensa mayoría, ciudadanos de la Unión Europea.

¿Mismo regimen fiscal para todas las creencias?

La Iglesia católica ha renunciado a algunos de sus derechos para adaptarse al régimen fiscal de las entidades sin fines de lucro que el resto de religiones que tienen acuerdos con el Estado. Por ejemplo, en 2023, renunció a las exenciones en las contribuciones especiales y en el impuesto sobre construcciones, instalaciones y obras (ICIO). Esta renuncia, que incluye las obras en los lugares de culto, se hizo mediante un canje de notas entre el Gobierno de España y la Santa Sede.

Sin embargo, al igual que las confesiones que suscribieron los Acuerdos de 1992, sigue disfrutando de la exención del IBI y goza en exclusiva de asignación tributaria en el IRPF.

¿Pueden las religiones ser iguales ante la Ley?

En un Estado laico, la financiación de las confesiones religiosas debería provenir de las rentas del trabajo y del capital de las propias iglesias, así como de las donaciones (deducibles) de sus fieles. Así, se cumpliría finalmente con el artículo 16.3 de la Constitución, y, paradójicamente, también a la vez, con la máxima evangélica de dar a cada uno lo suyo: “Caesaris Caesari, Dei Deo” (“Al César lo que es del César y a Dios lo que es de Dios”).

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Alejandro Torres Gutiérrez ha realizado este estudio en el marco del Proyecto “Asimetrías en el régimen financiero, patrimonial y de la seguridad social de las confesiones religiosas” PID2023-147184NB-I00. Financiado por MICIU/AEI/10.13039/501100011033, Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y FEDER/UE, así como del Proyecto EUROPIA-On-Wheels financiado por la Unión Europea.

ref. ¿Son todas las confesiones iguales ante el fisco en España? – https://theconversation.com/son-todas-las-confesiones-iguales-ante-el-fisco-en-espana-253588

Petróleo pesado venezolano para las refinerías estadounidenses

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Enrique Parra Iglesias, Profesor Titular de Universidad, Universidad de Alcalá

Refinería en Nueva Orleans (Estados Unidos). Dr. Victor Wong/Shutterstock

Estados Unidos, que produce más petróleo que ningún otro país del mundo, acaba de cerrar con Venezuela un acuerdo de largo alcance para desarrollar algunos de sus principales campos petroleros. ¿Por qué?

La respuesta habitual apunta a la geopolítica, a las enormes reservas venezolanas o al deseo de Washington de aumentar su influencia sobre el suministro mundial de crudo. Todo eso importa. Pero hay una explicación menos espectacular que ayuda a entender mejor el acuerdo: EE. UU. produce mucho petróleo, pero no necesariamente el tipo de petróleo para el que fueron diseñadas algunas de sus refinerías más importantes.




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No todos los barriles son iguales

El problema no es de cantidad. Es de compatibilidad. Durante las últimas dos décadas, la revolución del tight oil o shale oil transformó radicalmente el mercado energético estadounidense. La combinación de técnicas de fracturación hidráulica (fracking) y perforación horizontal permitió producir de manera rentable petróleo contenido en formaciones rocosas muy poco permeables, convirtiendo a Estados Unidos en el mayor productor mundial de crudo.

Pero el shale oil es predominantemente ligero y con bajo contenido de azufre. Eso parece una ventaja, y en muchos sentidos lo es, pero una parte considerable de la industria de refino estadounidense se construyó pensando en un petróleo diferente.

Durante décadas, especialmente en la costa del golfo de México, las empresas invirtieron miles de millones de dólares en refinerías complejas, capaces de procesar crudos pesados y con mayor contenido de azufre. La magnitud de esa infraestructura puede verse en los datos de la Administración de Información Energética de EE. UU. (EIA) para 2026: la costa del golfo de México (PAD District 3), el corazón de la industria estadounidense del petróleo y el gas, dispone de una capacidad de unos 9,88 millones de barriles diarios de destilación (la separación del crudo mediante calor en diferentes partes o fracciones), además de 1,62 millones de barriles diarios de capacidad de coquización (un proceso de conversión térmica que transforma fracciones muy pesadas en productos más ligeros y genera coque de petróleo como subproducto) y 1,43 millones de hidrocraqueo (un proceso químico de refino que descompone hidrocarburos pesados en productos más ligeros).

Esas infraestructuras permiten transformar un petróleo difícil de procesar en gasolina, diésel, combustible para aviones y otros productos de alto valor. La inversión tiene, pues, una lógica económica clara: si los crudos pesados y azufrados suelen venderse más barato que los más ligeros, una refinería preparada para procesarlos obtiene el valor añadido de esa transformación.




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La paradoja del ‘shale oil’

La revolución del shale oil resolvió un problema de volumen, pero no cambió las infraestructuras. Las refinerías no pueden modificar su configuración física simplemente porque haya cambiado el tipo de petróleo que se produce dentro del país. Reconstruir una gran instalación para adaptarla a otra dieta de crudos puede costar miles de millones de dólares y requerir años de preparación.

Por eso no existe contradicción alguna en que Estados Unidos exporte parte de su petróleo ligero y, simultáneamente, importe crudo pesado. No es un síntoma de escasez. Es una consecuencia de la especialización industrial.

Esta distinción resulta especialmente importante cuando se habla de independencia energética. La seguridad energética depende no solo del volumen de petróleo disponible, sino también de su calidad, de dónde se produce, de cómo puede transportarse y de la infraestructura capaz de procesarlo.

El barril venezolano

Aquí es donde entra Venezuela. La EIA estima en unos 303 000 millones de barriles sus reservas probadas, la mayor parte de crudos extrapesados de la Faja Petrolífera del Orinoco. Precisamente el tipo de materia prima que algunas de las refinerías más sofisticadas de Estados Unidos están preparadas para procesar.




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Aunque Canadá siga siendo el gran proveedor estable de crudo pesado de Estados Unidos, Venezuela añade otra característica económicamente relevante: su proximidad. Un cargamento procedente del Caribe tiene que recorrer una distancia relativamente corta hasta las refinerías de Texas y Luisiana. Eso se traduce en menores costes de transporte, menos tiempo de tránsito y menor capital inmovilizado en inventarios. Por eso, en una industria que mueve enormes volúmenes con márgenes relativamente estrechos, la geografía sigue teniendo valor.

De necesidad industrial a estrategia económica

El acuerdo anunciado el 30 de agosto introduce una novedad importante. Según Delcy Rodríguez, presidenta interina de Venezuela, el proyecto bilateral tendrá una duración de 25 años, abarcará 17 campos petroleros considerados estratégicos y aspira a que la producción de esos campos esté por encima de 1,5 millones de barriles diarios. El plan incluye además ocho nuevos bloques greenfield (sin desarrollo previo) para exploración y desarrollo.

Quedan muchas incógnitas. Las condiciones contractuales completas no son públicas, Venezuela necesita inversiones muy elevadas para recuperar las deterioradas infraestructuras petroleras, y continúan existiendo importantes riesgos jurídicos, políticos y operativos. Los barriles que existen bajo tierra no aparecen automáticamente en una refinería.




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Pero la dirección estratégica es significativa: el capital, la tecnología y la capacidad operativa de la industria petrolera estadounidense vuelve a orientarse hacia la producción venezolana.

Chevron ofrece un ejemplo especialmente revelador. En abril, la compañía anunció que Petropiar recibió derechos para desarrollar el área Ayacucho 8 en la Faja del Orinoco. Chevron describió expresamente Petropiar y Petroindependencia como operaciones de crudo extrapesado. Ese detalle quizá diga más sobre la lógica industrial del acercamiento que las enormes cifras de reservas que aparecen en los titulares.

Se está intentando desarrollar precisamente un tipo de petróleo que complementa la producción ligera del shale oil estadounidense. En ese sentido, el acuerdo convierte una vieja necesidad de las refinerías en una cuestión de estrategia energética.

La química cambia más despacio que la política

La paradoja final es quizá la más interesante. La revolución del shale oil fue uno de los grandes éxitos tecnológicos y económicos de Estados Unidos. Le proporcionó una abundancia de petróleo que parecía impensable hace veinte años y cambió profundamente el equilibrio energético mundial.

Pero ni siquiera ese éxito eliminó las restricciones físicas de un sistema industrial construido durante décadas. Estados Unidos dispone de enormes cantidades de petróleo ligero, mientras que Venezuela dispone de enormes recursos de petróleo pesado. Y la costa del Golfo concentra algunas de las instalaciones más sofisticadas del mundo para convertir crudos difíciles en combustibles de alto valor.

Por eso el nuevo acercamiento petrolero entre Washington y Caracas no debe entenderse únicamente como una búsqueda de más barriles. Representa algo más profundo: el reconocimiento de que la seguridad energética no depende solo de cuánto petróleo se produce, sino de disponer del barril adecuado para la infraestructura adecuada.

La política puede cambiar con rapidez. La química de una refinería, no.

The Conversation

Enrique Parra Iglesias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Petróleo pesado venezolano para las refinerías estadounidenses – https://theconversation.com/petroleo-pesado-venezolano-para-las-refinerias-estadounidenses-290954

Por qué Carmen Sevilla fue una estrella: Edgar Morin y el imaginario de la España de los cincuenta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emeterio Diez Puertas, Profesor Doctor, Universidad Camilo José Cela

La actriz española Carmen Sevilla en el Festival de San Sebastián de 1956. Paco Marí / Kutxa Fototeka, CC BY-SA

La muerte del sociólogo y filósofo francés Edgar Morin invita a recuperar una de sus aportaciones más sugerentes al estudio de la cultura contemporánea: su análisis del estrellato cinematográfico como expresión del imaginario colectivo. Convencido de que las comunidades modernas se construyen también a través de relatos simbólicos, encontró en el cine un observatorio privilegiado para comprender los sueños y preocupaciones de su tiempo.

En Las Stars. Servidumbres y mitos (1957), Morin rechazó la idea de que las estrellas fueran simples constructos fabricados por la industria cultural para manipular a unas masas pasivas. A su juicio, las estrellas triunfan porque encarnan valores, aspiraciones y conflictos que una sociedad reconoce como propios.

Si Edgar Morin se interesó por los casos de James Dean, Charlot o Ava Gardner, aquí nos proponemos hacerlo con Carmen Sevilla. Su figura constituye también un ejemplo revelador de la teoría de Morin justo en el momento en que Las Stars salió en su primera edición.

Analizar la imagen pública de Carmen Sevilla equivale, en cierta medida, a analizar la España que la convirtió en estrella. Permite observar qué entendían los españoles por belleza femenina, qué modelos de comportamiento consideraban admirables, qué sueños de felicidad alimentaban.

La liturgia estelar

La estrella, decía Morin, no existe únicamente en la pantalla. Además de las películas, existe toda una liturgia que prolonga su presencia en la vida cotidiana del público. Las revistas de cine actúan como textos doctrinales; las fotografías firmadas, como reliquias; los admiradores, como congregaciones; y los festivales cinematográficos, como ceremonias colectivas.

Retrato de una mujer de perfil en la portada de una revista.
Carmen Sevilla, en la portada del número 1 000 de Primer Plano, revista cinematográfica de creación falangista.
Filmoteca de Catalunya

Para descubrir la liturgia que rodeaba a Carmen Sevilla basta rastrear su presencia pública a mediados de los años cincuenta. Ya adelantamos que, en su caso, el escándalo no desempeñó ningún papel importante en la consolidación de su estrellato. Su liturgia era más bien hacer el saque de honor en un partido de fútbol, posar estudiando francés por correspondencia, asistir a festivales, recepciones y ruedas de prensa o firmar autógrafos.

Un ideal de belleza

Una encuesta a los españoles de 1956 situaba a Carmen Sevilla junto a Marilyn Monroe y Gina Lollobrigida entre las mujeres más atractivas de aquel momento. La prensa, por su parte, se refería a Carmen como “bellísima”, “guapísima”, “bella estrella” o “actriz más atractiva”.

Sin embargo, lo más significativo de los textos de la época es que hablan mucho más de la gracia, la frescura y el encanto de Carmen Sevilla que de atributos corporales concretos. Su personalidad artística consistía en trasladar esos rasgos a sus personajes. Carmen era una pícara o una fierecilla, pero evitó la carga sexual transgresora que caracterizaba a otras estrellas de la época.

En realidad, trató de conciliar la creciente valorización del atractivo físico con las exigencias tradicionales de decoro y buena conducta. Es más, era una belleza nacional. Los artículos destacaban que había convertido “su gracia netamente española” en un valor universal. Era más que una actriz: era una imagen de España exportable al extranjero.

Un ideal de feminidad

Artículo en un periódico de la época en el que se lee 'Carmen Sevilla, La Violetera y Sara Montiel: no existe rivalidad ni enfado entre ambas estrellas'.
Tanto Carmen Sevilla como Sara Montiel se prestaron a escenificar, en broma, su pelea y después su reconciliación para disipar los rumores de enfado entre ambas por el papel protagonista de La Violetera.
Pueblo: Diario del Trabajo Nacional/Biblioteca Virtual de Prensa Histórica, CC BY

En cuanto a los roles, Carmen Sevilla representaba muy bien las tensiones y contradicciones de las mujeres jóvenes de su época. Por un lado, encarnaba una mujer que trabajaba, ganaba dinero, viajaba internacionalmente y alcanzaba prestigio profesional y celebridad. Su mayor ambición, declaraba en una entrevista, era “hacer una película de gran éxito, que se hiciera famosa en todo el mundo”. Y, en buena medida, ya lo estaba consiguiendo.

Dentro de la profesión se valoraban además su compañerismo y generosidad. Cuando Sara Montiel le “robó” el papel protagonista de La violetera, Sevilla no dudó en posar junto a ella para demostrar que no estaba dispuesta a participar en el juego mediático de la rivalidad entre estrellas.

En definitiva, en una sociedad donde las posibilidades de promoción de una mujer eran limitadas, la estrella representaba la fantasía no sólo de tener éxito, sino de ser alguien.

Un ideal de masculinidad

Al mismo tiempo, las declaraciones de Carmen Sevilla mostraban una preocupación constante por encontrar al hombre correcto. Esperaba la llegada del “hombre soñado” y enumeraba sus características: debía ser español, económicamente solvente, respetuoso, cariñoso y capaz de ejercer autoridad. “Que me domine. Porque yo no admito a un hombre que se deje dominar”, afirmaba.

Fotografía en blanco y negro de una mujer joven, sonriente, que apoya la mano en la cara mientras mira a cámara.
Carmen Sevilla retratada para una postal publicitaria de los estudios Paramount hecha alrededor de 1955.
Paramount/Wikimedia Commons

Las declaraciones de Carmen permiten observar que la masculinidad ideal seguía asociándose a la madurez, la autoridad, la estabilidad económica y la capacidad protectora. No resulta extraño que afirmara también: “El día que me enamore de verdad dejaré el cine si mi esposo me lo pide”. En otras palabras, el matrimonio seguía apareciendo como la culminación de la vida femenina y el respeto a la autoridad masculina como un valor legítimo.

Naturalmente, con estas decisiones, Carmen Sevilla marcaba la dirección que debían seguir otras mujeres. En su vida todo parecía posible: ser bella, graciosa, alcanzar prestigio profesional, obtener popularidad, encontrar el amor verdadero, construir un matrimonio feliz, fundar una familia y viajar por todo el mundo. Ella misma era un perfecto amortiguador de una tensión histórica: la necesidad de una España que buscaba la modernización económica y la simpatía internacional, pero que seguía exigiendo a sus mujeres la subordinación al orden patriarcal tradicional.

Una estrella para una España en transformación

En fin, si la hipótesis de Morin de que las estrellas triunfan porque encarnan deseos colectivos es correcta, Carmen Sevilla sería el símbolo de una España que admiraba en la mujer la juventud, la gracia, la respetabilidad y el éxito profesional… siempre que este no cuestionara el ideal familiar. Una España que aspiraba a la promoción social y al reconocimiento público, que soñaba con abrirse al mundo sin dejar de ser ella misma y que seguía considerando el amor, el matrimonio y la familia como la medida última de la felicidad.

Ahora bien, una estrella no es una entidad fija. Según Morin, depende de las necesidades simbólicas de cada generación. Después de esta Carmen Sevilla de los años cincuenta, hubo otras: la chica yeyé de los sesenta y la reina del Telecupón de los noventa, por ejemplo.

Hasta hubo una Carmen Sevilla que, en los setenta, coqueteó con el destape.


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The Conversation

Emeterio Diez Puertas no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué Carmen Sevilla fue una estrella: Edgar Morin y el imaginario de la España de los cincuenta – https://theconversation.com/por-que-carmen-sevilla-fue-una-estrella-edgar-morin-y-el-imaginario-de-la-espana-de-los-cincuenta-285983