Le soft power chinois illustré par les caricatures de « China Daily » : une esquisse de nouvel ordre mondial

Source: The Conversation – France in French (3) – By Stéphane Aymard, Ingénieur de Recherche, La Rochelle Université

Caricature moquant les affirmations des États-Unis selon lesquelles l’économie chinoise serait sur le point de s’effondrer, publiée le 21 mai 2025.
Luo Jie/China Daily

À travers ses caricatures, le très officiel média de langue anglaise China Daily s’adresse aux étrangers résidant en Chine. Son objectif : véhiculer une image positive du pays. Entre valorisation d’une Chine bienveillante et critique des puissances occidentales, ces dessins visent à contribuer à la diffusion du soft power de Pékin.


Fondé en 1981, China Daily a le plus grand tirage (900 000 exemplaires, dont 600 000 à l’étranger) de tous les journaux de langue anglaise en Chine. Il appartient au Département de la propagande du Comité central du Parti communiste chinois (CPD) qui lui communique la liste des sujets à traiter et de ceux qu’il ne faut pas aborder. Ce média qui, outre l’édition papier, est intégralement consultable en ligne, constitue un instrument non négligeable de la diplomatie publique chinoise. Il cible principalement les diplomates, les expatriés et les touristes, mais aussi toutes les personnes habitant ailleurs dans le monde et portant un intérêt à la Chine. Par son intermédiaire, la Chine s’adresse en anglais à l’ensemble de la planète. Le contenu des articles est assez consensuel et peu polémique, excepté les caricatures (« cartoons ») qui sont publiées tous les jours.

Cette communication se situe à la frontière du soft power. Selon le politologue américain Joseph S. Nye, « père » de ce concept, le soft power, à la différence de la propagande, se caractérise par la diffusion d’informations présentées comme étant impartiales et destinées à forger à l’étranger une image positive du pays dont il émane. La vision du monde diffusée par China Daily par l’entremise de ces caricatures, reliée à l’actualité, avec des éléments factuels difficiles à contredire, relève donc avant tout du soft power (une politique lancée en Chine en 2007 par le président Hu Jintao à la veille des Jeux olympiques de Pékin).

La plupart des dessins de China Daily se rattachent à un narratif récurrent : l’image positive de la Chine et l’image négative des États-Unis, à travers des thèmes comme la protection de l’environnement (qui serait l’apanage de Pékin), le commerce international (menacé par les États-Unis et promu par la Chine) et les valeurs éthiques. La consultation de l’ensemble des caricatures sur les années écoulées met en évidence les contours d’un nouvel ordre mondial où les États-Unis, dépassés, ne sont plus au centre du paysage, et sont remplacés par une Chine bienveillante et constructive.

La sélection qui suit donne un aperçu d’une année entière, de février 2025 à février 2026 (environ 300 cartoons), analysée et interprétée.

Une image de la Chine bienveillante et attractive

La Chine est présentée comme humaine, heureuse, souriante, attractive et œuvrant pour la paix et un progrès partagé et maîtrisé. Les personnages sont souvent aussi bien de type asiatique que de type occidental, ce qui vise à montrer que la Chine s’adresse au monde entier.

Parmi les sujets abordés : la sécurité en Chine (comparée aux États-Unis), les technologies chinoises innovantes (DeepSeek), les destinations touristiques de rêve et la gastronomie chinoise. Les « carrousels » ci-dessous vous permettent de visualiser certains de ces dessins en les faisant défiler.

L’idée est de montrer que la Chine est accueillante et appréciée. Les succès culturels – cinéma, mode – sont particulièrement mis en avant.

Enfin, l’image de la Chine est également promue à travers son ouverture au monde et son caractère pacifiste.

Une image sombre des États-Unis… et de leurs alliés

À l’inverse, le grand rival américain est systématiquement dépeint de façon très négative. On pourrait parler d’anti-américanisme primaire. Tous les défauts y passent : dette, pillage des ressources naturelles des autres peuples, unilatéralisme…

Les États-Unis sont décrits comme un pays brutal et féroce et sont souvent représentés comme des vautours ou des barbares.

Une série spéciale leur a même été consacrée. Des dizaines de caricatures montrent les « dilemmes » ou contradictions de la société états-unienne.

L’Europe n’est pas épargnée. Moquée, elle est souvent présentée comme faible et la grande perdante de la période actuelle.

Le Japon figure également en bonne place, comme une véritable « tête de Turc ». Son actualité y est souvent traitée avec moquerie ou ironie.

Une Chine garante d’un commerce international équilibré

Le commerce international occupe une place importante dans ces dessins. La Chine y est présentée comme un leader bienveillant, vantant les bienfaits du libre-échange et les dangers du protectionnisme.

Pékin vole ainsi au secours de l’économie mondiale menacée.

Une Chine championne de la protection de l’environnement

La protection de l’environnement est un sujet défendu universellement et la Chine s’en est emparée. Les caricatures sont sur ce sujet moins agressives et moins personnalisées, présentant seulement la planète en danger (changement climatique, déchets).

L’autre facette est la mise en avant de solutions écologiques avec des dessins dans lesquels, paradoxalement, la Chine ne tire pas forcément la couverture à elle. Ces dessins, comme les précédents, pourraient paraître dans n’importe quel journal occidental.

Une Chine qui défend les valeurs éthiques

Dans le même registre, China Daily aborde des sujets faisant référence aux valeurs éthiques ou morales. Le quotidien présente ainsi les sujets sensibles du moment, indiquant que la Chine est soucieuse des conséquences de leur développement : intelligence artificielle, cryptomonnaies, usage des smartphones.

Mais il aborde aussi des sujets plus ciblés sur les dérives attribuées au monde occidental : guerres, drogues, menace nucléaire…

Enfin, de façon plus positive, il évoque les questions de la natalité, de la famille, de la place des femmes dans la société, de l’aide ou encore des bienfaits de la robotique…

Le nouvel ordre mondial vu de Pékin

Les dessins se partagent ainsi en plusieurs objectifs :

  • vanter l’image de la Chine (paix, progrès, bonheur),

  • critiquer les pays concurrents ou peu appréciés, notamment à travers leurs déboires,

  • et montrer une préoccupation pour des valeurs universelles (famille, éthique, environnement, libre-échange) qui résonnent au-delà des frontières.

Ils esquissent un ordre mondial où la Chine serait au centre. Cette programmation choisie des cartoons avec un arrière-plan politique est très audacieuse. Certains, comme S.M-L Heng, la qualifient de politique de communication proactive, voire agressive.

L’objectif essentiel est d’améliorer l’image du pays à l’étranger, mais aussi d’influencer la perception des diasporas chinoises et de contrer l’information diffusée par certains médias occidentaux, par exemple sur la protection de l’environnement. Reste à savoir si cette communication porte ses fruits…

The Conversation

Stéphane Aymard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le soft power chinois illustré par les caricatures de « China Daily » : une esquisse de nouvel ordre mondial – https://theconversation.com/le-soft-power-chinois-illustre-par-les-caricatures-de-china-daily-une-esquisse-de-nouvel-ordre-mondial-277877

Artemis II crew used modern photography to tell the visual story of their lunar journey – and update some classic Apollo images

Source: The Conversation – USA – By Jennifer Levasseur, Curator of the National Air and Space Museum, Smithsonian Institution

NASA astronaut Christina Koch gazes at Earth on April 2, 2026, taken with an iPhone 17 Pro Max. NASA

At this point in NASA’s human spaceflight story, researchers have a substantial amount of material – documents, artifacts and images – with which to tell the stories of past flights to space. But with NASA’s Artemis II mission around the Moon now in the books, we’re getting a refreshed look at space.

And the digital photographs transmitted back to Earth – even mid-mission – tell a modern story of the crew’s experience. Entire generations born after Apollo 17’s last close-up looks at the Moon in 1972 may hardly believe the reality of Artemis II in the age of AI-generated deep fakes. But this mission was real, and four humans can tell the tale of their adventure using the photographs safely stored on memory cards now in NASA’s hands.

As a space historian and curator well-versed in the visual culture of human spaceflight, I’ve long anticipated seeing the photographs of a return to the Moon.

Post-Apollo, images of space travel were characterized by launching space shuttles, Erector Set-like space stations and Mars rovers crossing a dusty landscape. While the Artemis II photos have timeless, classic elements similar to the Apollo photos, better photographic tools give them a clean, crisp vibe. Space travel now looks more like many people may imagine it’s supposed to look: grand, adventurous, audacious, sublime.

As part of Gen X, I have no personal memory of Apollo. Like many born after NASA’s first slate of lunar missions, my memories of space include visuals like the ill-fated Challenger launch; Mercury program astronaut John Glenn’s return to orbit in a space shuttle in 1998, at age 77; and seeing photos of deep space from the Hubble Space telescope. But these events didn’t include humans on or near the Moon, and many people around my age are thirsty for their own lunar memories to share.

Thanks to the internet and social media, which allow people to access images at a greater speed and volume than ever before, photographs from the Artemis II crew became almost instantly iconic. They were also compared to what came before, as they fit within a mental catalog of exploration photography that’s far older than humans’ earliest attempts at space travel.

An image showing the side of the Orion spacecraft, and the Moon in space, backlit in front of the Sun.
Artemis II astronauts managed to capture a solar eclipse from space on April 6, 2026. The Moon shadowed the Sun entirely, with just its corona visible.
NASA

Planning and taking photos

Artemis II crew members Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch and Jeremy Hansen had weeks’ worth of photography training with a slew of Nikon digital cameras and iPhones. Taking photos with the device so many people have in their pockets is leaps and bounds beyond photography equipment used during Apollo 17 – even the 1960s-era 35mm camera.

NASA’s preference for using the Nikon D5 on the International Space Station has extended to Artemis II. This camera performs well, and NASA likes tried and true reliability when astronauts travel to space.

NASA took a decidedly different path when planning for images of the Moon with Artemis, compared to Apollo. First, the Orion spacecraft used on Artemis is bigger, and it has double the number of windows and cameras inside. Five of Orion’s six windows had live-streaming video cameras capturing the lunar flyby.

Because of their wide swing around the Moon at a distance greater than any Apollo flight, this crew could see more of the Moon in a single glance.

Artemis’ crew trained intensively with geologists and other scientists to be on the lookout for more prospective landing sites for future missions, craters and just interesting events or features. People watching live online could hear their descriptions of what they saw. The conversation between the astronauts on the Orion capsule and the Artemis Science Team was also broadcast.

Exciting new photos

Based on the launch date and the position of the Moon, the crew was prepared for unique angles like Earthset – similar to sunset – and a solar eclipse.

Two photos of the Earth, partially shadowed, hanging above the surface of the Moon.
The famous Earthrise photo from Apollo 8 shows Earth rising across the lunar horizon. Artemis II’s version, Earthset, shows it setting.
NASA

Earthrise – like sunrise – was made familiar by Apollo 8. But it wasn’t visible in the same way for Artemis II due to the Moon’s darkness in its current phase. So, while denied a chance to compare an Earthrise of today with that of 1968, another moment early in the mission provided what might be an even more spectacular visual alignment with memories of Apollo.

In 1972, as the crew of Apollo 17 began their journey to the Moon, geologist Harrison Schmitt captured a series of images of the fully lit disc of Earth at around five hours after the start of the mission. This photo became an icon within a series of iconic photographs of the Space Age, and probably the entire 20th century. It was even featured in Al Gore’s film “An Inconvenient Truth.”

Two photos of the entire Earth as shown from space.
Earth as seen from Apollo 17 in 1972, captured by Harrison Schmitt, and during Artemis II in 2026.
NASA

That was Earth 1972, and now we have Earth 2026 – both serving as documents of singular moments in Earth’s long history. This new photograph shows Earth – lit by the Moon’s glow, not the Sun, as with the Apollo 17 photo – in the black void of space, the thin sliver of our atmosphere shielding life, and generating polar aurorae.

Schmitt’s “Blue Marble” spent over five decades as one of the most-viewed photographs in history. And while people back on Earth saw the new Artemis version within hours of capture, it might get less public recognition in an age of photo manipulation and high-tech wizardry.

These first few images from Artemis II are just the tip of the imagery iceberg, though. Modern memory cards have a capacity that will allow the number of digital images from Artemis II to far surpass the nearly 4,000 photos captured during Apollo 17.

In the weeks and months to come, as mission images fill online databases, Artemis II’s significance as a fresh new vision for human space exploration will continue to grow, building on the lessons of Apollo.

The Conversation

Jennifer Levasseur does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Artemis II crew used modern photography to tell the visual story of their lunar journey – and update some classic Apollo images – https://theconversation.com/artemis-ii-crew-used-modern-photography-to-tell-the-visual-story-of-their-lunar-journey-and-update-some-classic-apollo-images-280341

4 ways the war in Iran has weakened the United States in the great power game

Source: The Conversation – USA – By Jeffrey Taliaferro, Professor of Political Science, Tufts University

China and Russia view the U.S. grand strategy as increasingly out of focus. AP Photo/Julia Demaree Nikhinson

“Never interrupt your enemy when he is making a mistake.”

Napoleon Bonaparte’s maxim may well have been in the minds of policymakers in Moscow and Beijing these past weeks, as the U.S. war in Iran dragged on. And now that a 14-day ceasefire between Tehran and Washington is in effect – with both sides claiming “victory” – Russian and Chinese leaders still have an opportunity to profit from what many see as America’s latest folly in the Middle East.

Throughout the weekslong conflict, China and Russia struck a delicate balance. Both declined to give Iran – seen to a varying degree as an ally of both nations – their full-throated support or sink any real costs into the conflict.

Instead, they opted for limited assistance in the form of small-scale intelligence and diplomatic support.

As a scholar of international security and great power politics I believe that is for good reason. Beijing and Moscow were fully aware that Iran could not “win” against the combined military might of the United States and Israel. Rather, Iran just needed to survive to serve the interests of Washington’s main geopolitical rivals.

Below are four ways in which the U.S. war in Iran has damaged Washington’s position in the great power rivalries of the 21st century.

1. Losing the influence war in the Middle East

As I explore in my book “Defending Frenemies,” the U.S. has long struggled to balance competing objectives in the Middle East. During the Cold War, this meant limiting the Soviet Union’s influence in the region, while contending with the development of nuclear weapons by two troublesome allies, Israel and Pakistan.

By the 2020s, the priorities in Washington were aimed at restricting the influence of the U.S.’s great power rivals – China and to a lesser degree Russia – in the Middle East.

Three meet greet each other in diplomatic setting.
Russian, Chinese and Iranian diplomats have a confab in 2025 in Beijing.
Lintao Zhang/Pool Photo via AP

Yet under Presidents Xi Jinping and Vladimir Putin, China and Russia have sought to increase their footprint in the region through a variety of formal alliances and informal measures.

For Russia, this took the form of aligning with Iran, while also partnering with Tehran to prop up the now-ousted regime of President Bashar Assad during the Syrian civil war. Meanwhile, China increased its diplomatic profile in the Middle East, notably by acting as a mediator as Saudi Arabia and Iran restored diplomatic ties in 2023.

The irony of the latest Iran war is that it follows a period in which circumstances were unfavorable to Russian and Chinese aims of increasing their influence in the Middle East.

The fall of Assad in December 2024 deprived Russia of its one reliable ally in the region. And Trump’s May 2025 tour of the Gulf states, in which he secured major technology and economic deals with Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Qatar and Bahrain, was aimed at countering China’s growing economic and diplomatic influence in those countries.

With Washington perceived as an increasingly unreliable protector, the Gulf states may seek greater security and economic cooperation elsewhere.

2. Taking US eyes off other strategic goals

In expanding military, diplomatic and economic ties in the Middle East, Russia and China over the past two decades were exploiting a desire by Washington to move its assets and attention away from the region following two costly wars in Iraq and Afghanistan.

Trump’s decision to wage war against Iran directly contradicts the national security strategy his administration released in November 2025. According to the strategy, the administration would prioritize the Western Hemisphere and the Indo-Pacific, while the Middle East’s importance “will recede.”

In co-launching a war in Tehran with Israel, without any prior consultation with Washington’s other allies, Trump has shown a complete disregard for their strategic and economic concerns. NATO, already riven by Trump’s repeated threats to the alliance and designs on Greenland, has now shown further signs of internal divisions.

That offers benefits for China and Russia, which have long sought to capitalize on cracks between America and its allies.

The irony, again, is that the war in Iran came as Trump’s vision of the U.S. as the hegemonic power in the Western Hemisphere was making advances. International law and legitimacy concerns aside, Washington had ousted a thorn in its side with Nicolás Maduro in Venezuela and replaced him with a more compliant leader.

3. Disproportionate economic fallout

Iran’s closure of the Strait of Hormuz, where some 20% of the world’s oil passes, was as predictable as it was destructive for U.S. interests.

But for Russia, this meant higher oil prices that boosted its war economy. It also led to the temporary but ongoing easing of U.S. sanctions, which has provided Moscow an indispensable lifeline after years of economic pressure over the war in Ukraine.

While a prolonged closure and extensive damage to oil and natural gas infrastructure in Iran and the Gulf states no doubt hurts China’s energy security and economy, these were risks Xi appears willing to accept, at least for a time.

And by building up a domestic oil reserve and diversifying energy sources to include solar, electric batteries and coal, China is far better positioned to weather a prolonged global energy crisis than the U.S. Indeed, Beijing has made strides in recent year to encourage domestic consumption as a source of economic growth, rather than be so reliant on global trade. That may have given China some protection during the global economic shock caused by the Iran war, as well as push the economy further down its own track.

The more the U.S. loses control over events in the strait, the more it loses influence in the region – especially as Iran appears to be placing restrictions on ships from unfriendly nations.

Three men greet during a diplomatic meeting.
China’s former foreign minister looks on as Iranian and Saudi diplomats shake hands during Beijing-mediated talks in 2023.
Iranian Foreign Ministry via AP

4. Loss of global leadership

Trump’s willingness to abandon talks to go to war, and the contradictory rhetoric he has employed throughout the Iran conflict, has weakened the perception of the U.S. as an honest broker.

That provides a massive soft power boost for Beijing. It was China that pressed Iran to accept the 14-day ceasefire proposal brokered by Pakistan. Indeed, China has slowly chipped away at America’s longtime status as global mediator of first resort.

Beijing has successfully mediated in the past between Iran and Saudi Arabia, and it attempted to do the same with Russia and Ukraine and Israel and the Palestinians.

In general, the Iran war adds weight to Beijing’s worldview that the U.S.-led liberal international order is over. Even if China benefited at some level from the war continuing, its decision to help broker the ceasefire shows that China is increasingly taking on the mantle of global leadership that the U.S. used to own.

And for Russia, the Iran war and the rupture between Trump and America’s NATO allies over their lack of support for it, shift world attention and U.S. involvement from the war in Ukraine.

The Conversation

Jeffrey Taliaferro does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 4 ways the war in Iran has weakened the United States in the great power game – https://theconversation.com/4-ways-the-war-in-iran-has-weakened-the-united-states-in-the-great-power-game-279069

13 minutos en vilo: el regreso a la Tierra de Artemis II

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Valen Gómez Jáuregui, PTU y Coordinador del Grupo I+D InGraStrUC (Ingeniería Gráfica y Estructuras Espaciales), Universidad de Cantabria

Hoy, en la tarde del 10 de abril de 2026 en América –madrugada del 11 de abril en España–, una estrella fugaz ha entrado en la atmósfera de nuestro planeta. Solo que esta vez no procedía del polvo cósmico: la hemos construido nosotros.

Dentro de ella han llegado cuatro seres humanos envueltos en plasma refulgente para recordarnos una idea tan antigua como radicalmente vanguardista: que la humanidad no está condenada a repetirse en la Tierra, sino llamada a reinventarse en el espacio.

La cápsula Orión, del programa Artemis II, ha amerizado en el Pacífico, frente a la costa de San Diego (EE. UU), este viernes 10 de abril por la noche, a las 8:07 p.m, hora local, exactamente la hora programada. De las 2 600 toneladas que despegaron de Cabo Cañaveral hace 10 días, solo han regresado unas 9,3. Proporcionalmente, es como si de una botella de vino entera solo hubiese vuelto el tapón.

Una bola de fuego a 2 760 ºC

Orión ha afrontado la reentrada a alrededor de 40 000 km/h. A esa velocidad, que es casi 20 veces más rápida que la del malogrado Concorde, tardaríamos menos de 9 minutos en ir de Madrid a Nueva York. Vamos, que no nos daría tiempo a escuchar completo el American Pie de Don McLean –una canción muy apropiada para estos tiempos convulsos que nos acompañan, por cierto–.

Esas condiciones generan, al entrar en la atmósfera, temperaturas exteriores de alrededor de 2 760 ºC, provocando una bola de fuego brutal. La NASA dice que los meteoritos menores que un campo de fútbol se desintegran antes de llegar al suelo. Durante unos minutos, Orión no ha volado por el aire, sino que ha luchado encarnizadamente contra la atmósfera a base de incendiar el firmamento.

La cápsula, bautizada por sus inquilinos como Integrity (Integridad), ha soportado ese calor infernal gracias al escudo térmico de protección. que medía cerca de 5 metros de diámetro. Su superficie estaba formada por 186 bloques mecanizados de Avcoat, un material descendiente directo del usado en las naves Apolo. NASA lo describe como el mayor escudo ablativo (es decir, que se sacrifica, degrada y carboniza para salvar el interior) construido para una nave tripulada.

Pues bien, ese escudo ha cumplido su misión, sacrificándose de forma más “brillante”, nunca mejor dicho. No estaba pensado solo para sobrevivir a la reentrada, sino para que sobrevivieran quienes viajaban tras él.

Reentrada a saltos

Aunque no se ha podido apreciar en las imágenes, Orión no ha entrado “a saco”, zambulléndose en la atmósfera “de cabeza”. Lo ha hecho utilizando una técnica llamada skip entry o reentrada a saltos, parecida al salto de la rana que hace una piedra plana rebotando sobre el agua.

Es decir, la cápsula ha entrado en capas altas de la atmósfera, ha “rebotado” parcialmente y ha vuelto a descender, aunque de forma más gradual que la anterior experiencia de 2022 con Artemis I. De este modo, ha podido reducir cargas térmicas y aceleraciones en ciertos perfiles, mejorando la precisión del amerizaje.

¿Y dónde ha ido a caer esa estrella fugaz tripulada? Orión ha llegado a una zona de recuperación prevista, no a un “capsulapuerto” ideal con código postal y coordenadas concretas. La operación estaba pensada precisamente para eso: absorber desviaciones de la ubicación de llegada. Así, recuperarla no dependía de un único barco, sino de un dispositivo naval y aéreo escalonado, con un buque anfibio principal, lanchas rápidas, buzos y apoyo aéreo. Esta “comitiva de bienvenida” estaba lista para actuar incluso si la cápsula caía lejos del punto ideal previsto.

Esperar vivo a que te encuentren

La filosofía moderna del kit de supervivencia espacial nació muy pronto. El océano enseñó a la carrera espacial que volver no basta: hay que ser capaz de esperar vivo a que te encuentren.

Durante los primeros vuelos estadounidenses se aprendió muy deprisa que un amerizaje en el océano no es lo mismo que una llegada a un aeródromo acuático. Ham, el chimpancé astronauta del vuelo Mercury-Redstone 2 (1961), fue el primer ser vivo que los EE. UU. enviaron al espacio. Desafortunadamente, en aquella ocasión la cápsula amerizó bastante más lejos de lo previsto y hubo tensión real durante la recuperación: el homínido estuvo a punto de perecer tras inundarse la cápsula. Ese tipo de incidentes llevó a decidir de que cada tripulación debía llevar equipo autónomo de supervivencia, no solo esperar al rescate.

En alta mar, como en el espacio profundo, la frontera entre la alta tecnología y el instinto más antiguo de la especie es sorprendentemente fina. Así, la cápsula lleva un kit de supervivencia que no solo permite flotar: colorea el agua para ser visible desde kilómetros de altura, protege del frío y del sol, emite señales luminosas y sonoras… y hasta incluye sistemas para ahuyentar tiburones. Cada elemento está pensado para que los astronautas puedan ganar tiempo mientras llegan los equipos de rescate y se abre la escotilla.

Hoy, los astronautas han pasado varias horas afrontando esa última prueba: esperar dentro de una cápsula flotando en mitad del océano, rodeados de silencio, gases tóxicos, calor residual y protocolos estrictos, hasta que la NASA ha confirmado que era seguro volver a casa.

Artemis II ha resultado un éxito, pero no se puede decir que lo haya sido “a pesar de los fallos de Artemis I”: precisamente ha conseguido regresar gracias a lo aprendido de aquellos. Como siempre ocurre en ciencia, cada error se ha convertido en conocimiento.

Hoy, durante el regreso de Integrity cual estrella fugaz, le hemos pedido un deseo al ver su estela, que tiene más que ver con las cosas que nos unen a los habitantes del planeta que con lo que nos separa. La diferencia es que, esta vez, dentro de la estrella había personas intentando concedérnoslo.

The Conversation

Valen Gómez Jáuregui recibe fondos de la Universidad de Cantabria, el Gobierno de Cantabria y Kyberon Neo S.L.

José Andrés Díaz Severiano recibe fondos de la Universidad de Cantabria, el Gobierno de Cantabria y Kyberon Neo S.L.

Noemí Barral Ramón recibe fondos de la Universidad de Cantabria, el Gobierno de Cantabria y Kyberon Neo S.L.

Miguel Iglesias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. 13 minutos en vilo: el regreso a la Tierra de Artemis II – https://theconversation.com/13-minutos-en-vilo-el-regreso-a-la-tierra-de-artemis-ii-280377

Clause MFN américaine ? Et si c’était un choc salutaire pour refonder le médicament en France…

Source: The Conversation – in French – By Frédéric Bizard, Professeur de macroéconomie, spécialiste des questions de protection sociale et de santé, ESCP Business School

Le président des États-Unis Donald Trump veut obliger les Européens à augmenter le prix des médicaments innovants. Derrière ce qui ressemble à une enième mesure protectionniste se trouve une mesure pour rééquilibrer des échanges asymétriques. Cela pourrait être l’occasion pour l’industrie pharmaceutique française de retrouver de la puissance.


Le 12 mai 2025, l’administration Trump signait un décret instaurant la clause de « Most-Favored-Nation » (dite clause MFN) pour la fixation des prix des médicaments aux États-Unis. Son principe est simple et brutal : les médicaments innovants commercialisés aux États-Unis auront le prix le plus bas pratiqué dans les pays de l’OCDE (pays dont le PIB par habitant atteint au moins 60 % de celui des États-Unis). La France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni correspondent notamment à cette définition.

Dans ce contexte, pour conserver leur capacité d’investissement dans le recherche-développement (R&D), les prix européens de ces médicaments innovants devront augmenter dans l’Union européenne (UE). D’où la pression de Donald Trump sur les pays membres.

Si la tentation d’y voir une gesticulation protectionniste trumpienne de plus est grande, ce serait probablement une erreur stratégique. Car ce signal américain agit aussi comme un révélateur des fragilités structurelles des laboratoires pharmaceutiques européens.

Pour la France, cette décision pourrait constituer une occasion historique de refonder son modèle pharmaceutique autour de ce qui fait sa force : un système de santé universel et solidaire capable de redevenir un pôle d’attraction mondial pour l’innovation thérapeutique.

Une offensive durable, pas un accident trumpien

Penser que cette offensive disparaîtra avec le mandat de Donald Trump serait une erreur. L’histoire récente invite plutôt à la prudence. Avant lui, Bill Clinton puis Barack Obama ont déjà tenté de réduire l’écart de prix des médicaments entre les deux rives de l’Atlantique. Ce qui change aujourd’hui, c’est la méthode mobilisée. Elle est directe, coercitive, dénuée d’ambiguïté diplomatique.




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Médicaments innovants : la France face à la guerre des prix lancée par Trump


Après la publication du décret MFN, 17 laboratoires ont reçu une lettre présidentielle leur imposant un alignement des prix américains sur le niveau plancher, dans un délai de 180 jours, sous peine de sanctions. En décembre 2025, neuf accords étaient annoncés, prévoyant une réduction de prix significative pour des médicaments traitant le diabète et plusieurs autres pathologies chroniques.

Avec 16 laboratoires partenaires

En février 2026, la plateforme TrumpRx était lancée avec 16 laboratoires partenaires, proposant une quarantaine de médicaments à prix fortement réduit ; certains avec des baisses allant jusqu’à 85 %. Les tarifs douaniers restent le principal levier utilisé : les médicaments de marque importés aux États-Unis sont taxés à hauteur de 100 %, sauf en cas de production locale. L’Union européenne bénéficie, pour l’instant, d’un taux réduit à 15 % depuis août 2025.

Les prix des médicaments aux États-Unis atteignent en moyenne 278 % des prix moyens de l’OCDE. Ce ratio grimpe à 422 % pour les médicaments sous brevet, mais chute à 67 % pour les génériques.

Ce paradoxe apparent reflète en réalité la cohérence d’un modèle : les innovations thérapeutiques représentent 86 % du marché pharmaceutique américain en valeur, tandis que les génériques, ultracompétitifs, pèsent 91 % en volume.

Deux excès, deux impasses

Le prix des innovations est peu régulé, fixé par la négociation entre laboratoires, assureurs privés et intermédiaires (notamment les Pharmacy Benefit Managers – des intermédiaires dans la chaîne du médicament, financés par les laboratoires (remises) et les assureurs (frais administratifs)). Cela laisse une grande latitude tarifaire aux industriels en situation de quasi-monopole. La loi du marché bénéfice à l’offre. Pour les génériques, marché par nature concurrentiel, la loi du marché bénéficie plutôt à la demande avec des prix bas.

Au fond, Donald Trump met en lumière une réalité dérangeante : la R&D pharmaceutique mondiale est largement financée par les patients états-uniens, tandis que les Européens bénéficient de prix régulés. Ce modèle américain est économiquement puissant mais socialement intenable dans un cadre universel. L’Europe, en voulant trop encadrer, a sous-valorisé l’innovation. Les États-Unis, en laissant le marché maître du jeu, ont exclu des millions de patients de l’accès aux soins.

En France, une excellence scientifique largement sous-exploitée

Malgré son excellence académique et la qualité de ses ressources en R&D, la France est en troisième position dans les essais cliniques et en dixième position pour les publications scientifiques au sein d’une Europe, loin derrière les États-Unis et l’Asie. La France et l’UE sont en voie de dépendance accrue vis-à-vis des deux autres continents en ce qui concerne l’innovation thérapeutique.

La France possède les prix parmi les plus bas d’Europe aussi bien pour les médicaments sous brevet que pour les génériques, et la fiscalité la plus élevée sur le secteur pharmaceutique. Les patients français ont accès à seulement 60 % des médicaments innovants, contre 90 % en Allemagne. Cela signifie que 40 % des médicaments innovants (sur le marché depuis 2020) ne sont pas accessibles en France.

La France perd un peu plus chaque année de sa compétitivité pour les essais cliniques et le lancement de produits. La souveraineté pharmaceutique française devient illusoire dans ce contexte, sans réformes.

Refonder notre modèle pharmaceutique

La France possède tous les atouts pour inverser cette trajectoire à condition de refonder son modèle pharmaceutique. D’abord, la création d’un statut du médicament innovant permettrait de différencier les innovations des médicaments courants. Un financement des produits innovants par des fonds consacrés à l’innovation thérapeutique, des délais accélérés d’accès au marché et une valorisation assumée, tout en conservant le principe du remboursement universel, sont des leviers accessibles et rapides pour que la France redevienne un pôle d’attraction des innovations thérapeutiques.

France Culture, 2025.

Ensuite, libérer le marché des génériques et des biosimilaires. La régulation actuelle surencadre un marché qui gagnerait à fonctionner davantage par la concurrence. Élargir ce marché, réduire les freins administratifs à l’entrée et permettre une véritable compétition par les prix libérerait des ressources considérables, réallouables vers le financement des innovations.

Prendre en compte l’impact sur les territoires

L’impact économique à cinq ans d’un laboratoire sur les territoires – emplois, R&D locale, production – devrait peser dans la régulation de ses produits, selon des règles claires et prévisibles. Cela transformerait la France en partenaire stratégique et attractif, plutôt qu’en simple marché captif.

Forte de cette réforme, la France pourrait porter une vision réformatrice à l’échelle européenne. L’Union européenne doit devenir une puissance mondiale d’évaluation de la valeur thérapeutique, d’investissement massif en R&D – comme le préconise le rapport Draghi – et de négociation collective face aux laboratoires.

L’offensive trumpienne sur les prix des médicaments n’est pas une menace à subir. C’est un électrochoc. Une occasion pour repenser en profondeur notre modèle pharmaceutique, en assumant que l’accès universel aux soins et l’attractivité pour l’innovation ne sont pas des objectifs contradictoires, ils sont les deux piliers d’une même souveraineté sanitaire.

The Conversation

Frédéric Bizard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Clause MFN américaine ? Et si c’était un choc salutaire pour refonder le médicament en France… – https://theconversation.com/clause-mfn-americaine-et-si-cetait-un-choc-salutaire-pour-refonder-le-medicament-en-france-279616

Pourquoi continuer d’apprendre certaines choses par cœur ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Frédéric Bernard, Maître de conférences en neuropsychologie, Université de Strasbourg

À une époque où le savoir est à portée de clic, pourquoi demander aux enfants d’apprendre encore certains cours et certaines notions par cœur ? En quoi est-ce formateur ? Dans quelle mesure cela peut-il encore les aider à appréhender le monde qui les entoure ?


Avec les intelligences artificielles génératives, il est désormais possible d’obtenir en quelques secondes une réponse argumentée à presque n’importe quelle question. Cette accessibilité inédite du savoir conduit certains à considérer que l’« intelligence » elle-même serait désormais disponible à la demande, au point de rendre les études superflues. Dans ce contexte, pourquoi continuer à apprendre certaines choses par cœur ?

Mémoire et technologies : un questionnement ancien

La question n’est pas nouvelle. Dans le Phèdre, Platon rapporte le mythe de Theuth, dieu inventeur de l’écriture, qui promet au roi égyptien Thamous d’améliorer la mémoire des hommes. Celui-ci lui répond au contraire que l’écriture risque de produire l’oubli, en donnant l’illusion du savoir sans en assurer la possession réelle. À chaque grande transformation technique – de l’écriture à l’imprimerie, jusqu’aux technologies numériques – la même inquiétude resurgit : allons-nous perdre la mémoire en déléguant nos connaissances à des supports extérieurs ?

Mais ces transformations ne se résument pas à une perte. Elles modifient en profondeur notre manière de penser, en nous permettant d’étendre et de redistribuer nos capacités cognitives dans notre environnement. Comme l’ont montré des auteurs tels que André Leroi-Gourhan ou Bernard Stiegler, les techniques ne se contentent pas de prolonger l’action humaine : elles participent à la constitution même de nos capacités cognitives.

Livres, ordinateurs, moteurs de recherche ou intelligences artificielles ne sont pas de simples outils : ils participent à des formes de cognition distribuée, que Katherine Hayles a décrites comme des « assemblages cognitifs ».

Dès lors, la question n’est peut-être plus de savoir s’il faut encore apprendre par cœur, mais plutôt : quelles connaissances doivent rester en nous pour que la compréhension reste possible dans un monde où l’information est partout accessible ? Cette question concerne directement les élèves, les étudiants et leurs enseignants, confrontés à la place croissante des outils numériques dans les apprentissages.

Apprendre « par cœur » ne désigne pas ici une simple répétition mécanique, mais l’intégration de connaissances suffisamment stabilisées pour être mobilisées dans la compréhension.

Qu’est-il encore nécessaire d’apprendre ?

On pourrait penser que l’accès généralisé à l’information rend inutile l’apprentissage par cœur. Pourquoi mémoriser ce que l’on peut retrouver en quelques secondes ? Cette idée repose pourtant sur une confusion : disposer d’une information ne signifie pas la comprendre. Comme l’ont montré les travaux de Naomi Baron sur la lecture et les environnements numériques, l’accès facilité aux contenus ne garantit ni leur appropriation ni leur intégration dans un cadre de connaissances structuré.




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Pour interpréter une information, il faut déjà disposer de repères, de concepts, de connaissances préalables. Ces connaissances permettent de construire une représentation cohérente de ce que l’on lit ou entend, en reliant les informations entre elles et à des expériences passées. Sans ces structures internes, les informations externes restent inertes, voire trompeuses. Elles peuvent aussi être mal interprétées ou prises pour fiables sans être correctement évaluées, qu’il s’agisse de contenus en ligne ou de réponses générées par des intelligences artificielles.

La mémoire ne sert pas seulement à stocker des données, mais à organiser le savoir et à lui donner sens. Elle permet également d’anticiper, de comparer, de relier des informations entre elles et d’élaborer des raisonnements. Accéder à une réponse ne garantit ni son interprétation correcte ni sa mise en relation avec d’autres connaissances. Un étudiant peut ainsi obtenir une explication juste d’un phénomène scientifique sans pour autant en saisir les enjeux, faute de maîtriser les concepts nécessaires pour l’intégrer dans un ensemble cohérent.

Cela conduit à distinguer plusieurs types de connaissances. Certaines peuvent être largement externalisées : des faits isolés, des dates, des informations ponctuelles. D’autres, en revanche, doivent être internalisées. C’est le cas des concepts fondamentaux, du vocabulaire – notamment disciplinaire –, des grandes structures explicatives – qui permettent d’organiser et de relier les connaissances entre elles –, ainsi que des procédures automatisées comme le décodage en lecture ou le calcul. Ces connaissances ont en commun de structurer la compréhension plutôt que d’ajouter simplement des informations. Elles ne sont pas simplement utiles : elles sont nécessaires pour comprendre, raisonner et apprendre.

Le vocabulaire d’une discipline, par exemple, ne sert pas seulement à nommer des objets : il permet de structurer la pensée et d’accéder à des distinctions conceptuelles. De même, les automatismes comme le décodage en lecture ou le calcul libèrent des ressources cognitives indispensables à des raisonnements plus complexes.

Des connaissances pour penser avec les outils

Il serait illusoire, dans ce contexte, de chercher à se passer des outils dont nous disposons, tant ils font partie intégrante de nos activités cognitives. Les technologies numériques et l’intelligence artificielle ne remplacent pas ces connaissances internes : elles les prolongent. Elles s’intègrent à ce que l’on peut appeler des assemblages cognitifs, dans lesquels la pensée se distribue entre le cerveau, les outils, les interactions avec autrui et l’environnement, et où l’accès à l’information s’articule en permanence avec les connaissances déjà présentes en mémoire.

Mais pour que ces assemblages fonctionnent, encore faut-il qu’il y ait quelque chose à assembler : une base de connaissances et de structures internes permettant d’interpréter, de sélectionner et d’organiser l’information. Dans ces assemblages, consulter un moteur de recherche, interroger une intelligence artificielle ou relire un document ne sont pas des opérations extérieures à la pensée, mais des prolongements de celle-ci.

Dès lors, la question n’est plus de savoir s’il faut apprendre par cœur ou non, mais de déterminer ce qui doit être appris pour que l’accès au savoir reste possible. Les institutions éducatives, à travers des dispositifs comme le socle commun de connaissances et de compétences, tentent d’apporter des réponses à cette question. Mais à l’ère de l’intelligence artificielle, cette question mérite d’être reposée.

Cela suppose de repenser non seulement ce que l’on apprend, mais aussi les critères qui guident ces choix. Apprendre par cœur ne disparaît pas : il change de fonction. Il ne s’agit plus d’accumuler des informations, mais de construire les structures qui rendent le monde intelligible.

The Conversation

Frédéric Bernard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi continuer d’apprendre certaines choses par cœur ? – https://theconversation.com/pourquoi-continuer-dapprendre-certaines-choses-par-coeur-279677

Le zajal, duel poétique de la tradition arabe, fait une entrée fracassante sur TikTok

Source: The Conversation – France (in French) – By Marlé Hammond, Reader in Arabic Popular Literature and Culture, SOAS, University of London

Né dans l’Espagne musulmane du XIIᵉ siècle, le zajal, une sorte de duel poétique, n’a rien à envier aux battles de rap contemporaines. Un genre qui fait un retour gagnant sur les réseaux sociaux et trouve une nouvelle jeunesse dans le monde arabe.


« Je suis le roi des anges, du début à la fin des temps. Arrani, tu vas bientôt hurler et verser des larmes à n’en plus finir »,

chante Akram Qawar en arabe tout en gesticulant à l’adresse de son adversaire. Muhammad al-Arrani lui répond :

« Qu’est-ce que tu marmonnes ? Personne ne comprend tes vers, es-tu venu juste pour te ridiculiser ? »

Et dans la légende d’une vidéo, où il danse au son d’un échange similaire à celui qui précède, un fan demande :

« Qui a des oncles qui font des battles de rap ici ? »

Si vous avez vu ces vidéos montrant principalement des hommes d’âge mûr s’envoyant des piques poétiques en arabe, vous les avez peut-être vous aussi comparées à des battles de rap modernes. Il s’agit en réalité d’un genre de poésie chantée vieux de plusieurs siècles, appelé zajal.

Au sens large, le zajal désigne la poésie composée dans l’un des nombreux dialectes arabes vernaculaires. Plus précisément, il s’agit d’une forme de performance poétique musicale, impliquant souvent des duels verbaux, particulièrement populaire au Liban, en Palestine, en Syrie et en Jordanie.

Le zajal remonte à l’Espagne musulmane du XIIᵉ siècle, où il est apparu comme une alternative à la tradition poétique arabe classique. Les poèmes zajal se distinguaient de cette tradition non seulement par la langue – on utilisait alors le dialecte andalou de l’arabe – mais aussi par la forme. Ces poèmes présentaient des schémas de rimes complexes, contrairement à la rime unique qui caractérisait la haute poésie de l’époque. De plus, ils étaient composés pour être chantés.

Parmi les premiers virtuoses du zajal, il y eut Ibn Quzman (1078-1160), un cordouan qui voyageait de cour en cour à la recherche de faveurs grâce à ses chants de louange, de vin et d’amour, qui comportaient souvent une touche rebelle. Dans un de ses poèmes, par exemple, il célèbre la fin du ramadan comme un retour salutaire aux comportements illicites :

« Hourra, ivrognes, au nom du Prophète, bande de fêtards !
C’est le moment où le mois de jeûne prend fin ! »

Depuis l’Espagne, le zajal s’est rapidement répandu en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Selon un article du spécialiste de la langue arabe Adnan Haydar, il existe une théorie selon laquelle, dans le cas particulier du Liban, la poésie zajal trouve ses racines dans l’Église maronite. Il s’agit d’une Église du Liban qui fait partie de l’Église catholique romaine, mais qui possède une tradition liturgique antiochienne/syrienne occidentale distincte.

On pense qu’à la fin du XIIIᵉ siècle, les pères de l’Église maronite ont commencé à traduire des hymnes syriaques dans le dialecte arabe local. Ces hymnes zajal ont été consignés dans des manuscrits du XVᵉ siècle jusqu’à la fin du XVIIᵉ siècle, époque à laquelle le zajal est devenu partie intégrante de la culture populaire libanaise.

Rachid Nakhlé (1873-1939) fut un célèbre défenseur et compositeur de zajal de l’époque moderne. Surnommé « le Prince du zajal », sa poésie vernaculaire aurait influencé les poètes romantiques et symbolistes du Liban.

Selon Haydar le zajal se pratique essentiellement au cours des rassemblements villageois – des mariages aux fêtes de saints en passant par des réceptions dans des maisons privées. Les meilleurs interprètes de zajal se réunissaient parfois pour des concours où chacun tentait de surpasser l’autre dans l’art de l’improvisation verbale. À son apogée, au milieu du XXᵉ siècle, les interprètes de zajal formaient des groupes et s’affrontaient lors de compétitions entre deux groupes rivaux, parfois devant des dizaines de milliers de spectateurs.

Ces joutes verbales consistent à se vanter de ses capacités et à rabaisser ses rivaux et adversaires. Les images martiales y sont courantes, mais c’est avant tout la suprématie poétique que recherchent les interprètes de zajal.

Haydar raconte un célèbre échange entre les poètes de zajal Jiryis Bustani et Tali Hamdan qui a eu lieu lors d’un concert dans un monastère à Beit Meri, au Liban, en 1971. Dans la première strophe, Bustani compare ses prouesses poétiques à un massacre, menaçant de faire voler les têtes en éclats et affirmant que la « bataille de Beit Miri » restera dans l’histoire. Dans la deuxième strophe, Hamdan se moque des menaces de Bustani en disant « Je t’étranglerai et ferai de toi un simple écho (sada) », avant d’affirmer qu’il battra Bustani dans chaque bataille, celle de Beit Miri ne faisant pas exception.

Bustani revient dans la troisième strophe, reprenant le mot « écho » de Hamdan, en affirmant que les annales de l’histoire mentionneront les « échos de mes boulets de canon ». Une stratégie courante consiste en effet à répéter les mots et les phrases au cœur des railleries de l’adversaire et à les reformuler pour en faire le cœur de son intervention.

Un extrait d’un concert de 1968 souligne à quel point les jeux de mots guident les interprètes. Le poète de zajal Zein Sheib entame l’échange en chantant les louanges du soldat à l’esprit libre. Il parle de piété, sur terre et dans les airs, et d’une caille qui s’envole, tandis qu’il affronte les vagues d’une mer tumultueuse. Ce qui donne de la cohérence à ses paroles, ce n’est pas tant le sens que le son. Il rime sans cesse sur la lettre « r », roulée et doublée, en utilisant des mots tels que « farr » (s’échapper) et « jarr » (traîner). Il fait étalage de sa capacité à placer ces mots dans des phrases grammaticalement correctes, bien qu’un peu frivoles. Vient ensuite Edouard Harb. Il fait de même avec la lettre m, poursuivant sur le thème de la mer.

Puis Tali Hamdan chante les épées et rime intensément sur la lettre « l ». Zaghloul el Damour (alias Joseph al-Hashem) conclut le tout de manière décisive en rimant sur la lettre « d ». D’abord, il se vante, affirmant que bien que son cheval soit tombé, il a réussi à faire battre en retraite son rival, puis il raille chacun de ses trois concurrents : Zein s’est énervé, à la fois sérieusement et pour plaisanter ; Harb produit de la poésie de second ordre, et Hamdan a une haute opinion de lui-même mais n’est pas plus grand qu’une table sans pieds. Les insultes sont lancées avec légèreté, et toutes les personnes présentes – artistes comme spectateurs – se délectent de leur esprit.

Le zajal a connu un déclin pendant la guerre civile libanaise (1975 à 1990), mais a connu un renouveau au cours des décennies suivantes. Par exemple, dans les années 2010, les concours de zajal de l’émission télévisée Owf ont attiré des participants de toute la région. Parallèlement, des extraits de spectacles de zajal libanais des années 1960 et 1970 sont repris dans des remixes et des mashups sur YouTube, TikTok et Instagram. Les artistes palestiniens s’inscrivent dans une tradition similaire, qui est également en vogue.

Ainsi, si un ami partage une vidéo de ces oncles « s’affrontant en battle rap », vous pouvez lui expliquer ce qu’ils font réellement, à savoir s’inscrire dans la tradition poétique légendaire du zajal.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le zajal, duel poétique de la tradition arabe, fait une entrée fracassante sur TikTok – https://theconversation.com/le-zajal-duel-poetique-de-la-tradition-arabe-fait-une-entree-fracassante-sur-tiktok-280209

Moyen-Orient : au-delà du choc énergétique, une crise mondiale pour les ressources minérales

Source: The Conversation – France in French (3) – By Anne Bialkowski, Responsable de l’unité Intelligence minérale, BRGM

La crise économique née dans le sillage de la guerre en Iran n’est pas seulement un choc pétrolier et gazier. Elle fragilise l’ensemble des chaînes d’approvisionnement de ressources minérales cruciales, tant pour l’agriculture mondiale que pour la transition énergétique.


Le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis le 28 février 2026 provoque une onde de choc sur l’ensemble des marchés mondiaux des ressources minérales, au-delà des impacts sur les marchés du pétrole et du gaz. La région, point de passage stratégique pour le transport maritime de par son positionnement géographique, joue en effet un rôle clé dans l’approvisionnement en aluminium, en soufre et en hélium. En effet, leur production nécessite du gaz naturel. Cela affecte aussi, plus indirectement, d’autres métaux dont l’industrie dépend soit du pétrole, soit du soufre, comme le nickel, le titane ou le cuivre.

Les restrictions du transport dans le détroit d’Ormuz, par lequel ont transité près de 34 % du pétrole brut mondial en 2025 ainsi que 19 % du gaz naturel liquéfié, agissent comme un verrou géopolitique dont les effets se répercutent sur toutes les chaînes de valeur industrielles, bien au-delà des hydrocarbures et des produits pétrochimiques.

Nous travaillons pour l’Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles (Ofremi), coordonné par le BRGM, impliquant également le CEA, l’IFPEN, l’Ifri et l’Ademe. Cet observatoire peut apporter un éclairage stratégique sur cette crise en offrant une lecture globale des chaînes d’approvisionnement en ressources minérales, au-delà des seules dynamiques énergétiques.

Par son expertise sur les métaux et minéraux critiques au travers de l’ensemble de leurs chaînes de valeur, l’Ofremi met en évidence les effets systémiques et souvent sous‑estimés de ce type de conflit sur l’ensemble des secteurs stratégiques pour notre économie. Nous vous proposons dans cet article un tour d’horizon des effets de la crise sur plusieurs matières critiques : l’hélium, l’aluminium, le soufre, le nickel, le cuivre et le titane

Hélium : une pénurie mondiale inédite

L’hélium est un sous-produit du traitement du gaz naturel lors de sa liquéfaction. Environ un tiers de la production mondiale d’hélium provient du site de Ras Laffan, au Qatar.

Terminal gazier à Ras Laffan (Qatar) en 2012.
Matthew Smith, CC BY

La rupture d’approvisionnement risque d’être fortement impactante à terme pour l’industrie, car cet élément est indispensable à la fabrication de semi-conducteurs, ainsi qu’à une partie des équipements médicaux.

Ainsi, Taïwan, la Corée du Sud et la Chine sont particulièrement exposés, tout comme les équipements de santé européens (aimants supraconducteurs présents dans les appareils IRM notamment), si des circuits d’approvisionnement alternatifs ne sont pas identifiés à moyen terme.

Aluminium : une industrie régionale paralysée et des tensions sur les prix à prévoir

La production d’aluminium métal à partir d’alumine, elle-même issue de la bauxite, requiert beaucoup d’énergie. On la produit généralement là où elle est disponible à bas coût, dans des fonderies fonctionnant au gaz naturel. C’est pourquoi environ 10 % des capacités mondiales de production d’aluminium se situent dans le Golfe persique. Le manque de gaz et l’impossibilité d’importer l’alumine d’Australie entraînent donc des arrêts de production, comme chez les Qataris Qatalum (joint-venture entre le norvégien Hydro), Qamco (qui maintiendra sa production à 60 % de sa capacité) et Alba (Aluminium Barhain BSC), dont l’arrêt contrôlé de trois lignes de procédés réduira de 19 % sa production annuelle.

Sites de la chaîne de valeur de l’aluminium au Moyen-Orient.
Fourni par l’auteur

Cette situation risque d’accroître la hausse des prix de l’aluminium, déjà sous tension depuis un an. Au 1er avril 2026, le prix de l’aluminium coté à la bourse de Londres avait augmenté de près de 45 % sur un an. Le phénomène devrait encore être amplifié par la hausse des prix de l’énergie, la baisse de l’offre en provenance du Moyen-Orient et de potentielles spéculations.

L’Europe et les États-Unis dépendent des importations en aluminium provenant du golfe Persique, et sont donc particulièrement vulnérables aux changements du marché.

Soufre : un maillon critique qui menace l’agriculture mondiale, mais pas seulement

Dans le golfe Persique, le soufre n’est quasiment pas extrait de mines : il est coproduit à partir des hydrocarbures, en particulier du gaz naturel et du pétrole, riches en soufre. Les pays du Golfe fournissent un quart du soufre mondial. Or, le soufre est essentiel à la fabrication des engrais phosphatés, mais aussi d’acide sulfurique, indispensable à la métallurgie du cuivre et du nickel et à de nombreux procédés industriels.

Principaux producteurs de soufre en 2024.
WMD 2026, via Ofremi, Fourni par l’auteur

Des ruptures d’approvisionnement pourraient provoquer une flambée des prix des engrais et, à plus long terme, des tensions sur le secteur agricole ainsi que des réactions protectionnistes, notamment de la Chine, qui est aujourd’hui le principal producteur mondial de soufre.

Nickel : l’Indonésie en difficulté

Les usines indonésiennes utilisant la lixiviation haute pression (procédé appelé High-Pressure Acid Leaching, ou HPAL) produisent 70 % des produits intermédiaires à base de nickel utilisés pour les batteries. Or, cette industrie utilise de l’acide sulfurique produit à partir du soufre importé du Moyen-Orient.

Avec des stocks couvrant à peine un mois, certaines installations ont déjà suspendu leur production. Cette situation tendue pourrait perturber la chaîne mondiale des batteries haute performance pour les véhicules électriques.




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Quelle technologie de batterie pour les voitures électriques ? Un dilemme de souveraineté industrielle pour l’Europe


Cuivre et titane : des impacts pour l’instant indirects

Le cuivre n’est pas directement menacé, mais sa production dépend elle aussi de l’acide sulfurique, utilisé par les procédés métallurgiques. Comme le prix du cuivre dépend fortement de l’état de l’économie mondiale, il pourrait reculer si celle-ci est freinée par la hausse des prix du pétrole.

Gros plan sur une éponge de titane.
Hi Res Images of Chemical Elements/Wikicommons, CC BY

Pour ce qui est du titane, L’Arabie saoudite possède une usine d’éponges de titane (forme poreuse et irrégulière de titane ure, obtenu par réduction du tétrachlorure de titane, qui est une des formes de titane faisant l’objet de commerce mondial), située au bord de la mer Rouge. Il s’agit d’un matériau critique pour l’industrie aéronautique.

Si ce site industriel est peu exposé actuellement, il pourrait le devenir dans le cas d’une extension du conflit du côté de la mer Rouge.

Un choc global aux répercussions durables

La crise au Moyen-Orient ne saurait pas être réduite à un simple épisode géopolitique : elle révèle la sensibilité structurelle des chaînes d’approvisionnement mondiales, en déclenchant une cascade de vulnérabilités. Pétrole, gaz, hélium, soufre, aluminium, nickel… autant de ressources essentielles dont la disponibilité conditionne les secteurs industriels, notamment ceux porteurs de la transition énergétique.

Si le conflit s’inscrit dans la durée, les tensions pourraient s’amplifier, entraînant une hausse généralisée des coûts de production pour les entreprises, une augmentation durable des prix et des risques d’approvisionnement dans certains secteurs. La sécurisation des approvisionnements en ressources minérales, par la diversification des lieux de production, est plus que jamais d’actualité.


Antoine Lebrault, chargé de communication au BRGM, a participé à l’écriture de cet article.

Cet article a été réécrit sur la base d’une note de l’Ofremi à diffusion restreinte, avec les contributions de Marc-Antoine Eyl-Mazzega et Thibault Michel (Ifri), Emmanuel Hache (IFPEN) et Stéphane Bourg, Claire André-Luquet, Gaétan Lefebvre, Katherine Leroy, Paul Notom, Éric Pujol, Aurélien Reys (BRGM).

The Conversation

Bialkowski Anne a reçu des financements de l’ANR dans le cadre du projet OFREMI

Mathieu Leguerinel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Moyen-Orient : au-delà du choc énergétique, une crise mondiale pour les ressources minérales – https://theconversation.com/moyen-orient-au-dela-du-choc-energetique-une-crise-mondiale-pour-les-ressources-minerales-280064

Artemis II moonshot reflects a spacefaring vision present in Jules Verne’s 19th-century novel

Source: The Conversation – USA (2) – By Anastasia Klimchynskaya, Assistant Professor of English, Illinois Wesleyan University

The ‘Earthset’ photo from the Artemis II crew’s lunar flyby in April 2026. NASA

With the launch of NASA’s Artemis II mission on April 1, 2026, human beings have finally returned to the Moon for the first time in 50 years – since the age of Apollo.

When Apollo 11 first landed on the lunar surface, the astronauts portrayed their accomplishment as the realization of a science fictional dream. In a televised broadcast during their return, Neil Armstrong explicitly evoked Jules Verne’s 1865 novel “From the Earth to the Moon,” calling his spaceship and crew a “modern-day Columbia” – a direct reference to the spaceship Verne imagined taking off in from Florida and landing in the Pacific Ocean.

Discourse around science fiction coming true often focuses on the gadgets and technologies it predicted. But as sci-fi author Frederik Pohl reputedly said, it’s not about imagining the car, but the traffic jam.

As a literature professor who has studied science fiction for a decade and editor of a forthcoming edition of Verne’s novel annotated for the spacefaring age, I find that what makes Verne’s 1865 novel prescient is that a century before the Moon landing, he understood that a moonshot would not be an act of pure and abstract science. It would exist within a political, social and economic context.

An original copy of 'From the Earth to the Moon'
‘From the Earth to the Moon’ by Jules Verne describes a fictional Moon mission and its political, economic and environmental ramifications.
Patrice Cartier/Hans Lucas/AFP via Getty Images

In his novel, the moonshot is proposed by the Baltimore Gun Club in the months after the U.S. Civil War, and Verne tells the story of how they make this colossal undertaking happen. Writing before even the age of powered flight, he foresaw that a project to send a small handful of carefully selected, exceptional individuals beyond Earth would have ripple effects throughout the entire world.

And with four astronauts having just circled the Moon as part of the Artemis II mission, the similarities between Verne’s vision and America’s current Moon-oriented dreams are striking – and revealing of the realities of the spacefaring age.

The Space Launch System rocket lifting off the launchpad
NASA’s Artemis II crew lifts off from the Kennedy Space Center’s Launch Pad 39-B on April 1, 2026.
AP Photo/John Raoux

A nationalist and international project

In Verne’s novel, the moonshot is explicitly proposed as a nationalist project, even as it also becomes a pinnacle of human achievement that unifies the world. The speech in which it is proposed is one full of celebrations of American engineers, scientists and generals who have come before, and Americanness is key to its realization.

At one moment, it becomes clear that the launch must occur near the equator to minimize the distance to the Moon. Since this is an American endeavor, however, the protagonists are adamant that it must launch from the United States, and the Gun Club briefly considers invading Mexico to make this happen before remembering that Florida and Texas are both suitable.

An illustration of a spacecraft shooting off the ground in a plume of smoke and flame
The dramatic spacecraft launch in ‘From the Earth to the Moon’ had widespread environmental effects.
Henri de Montaut − National Library of Poland

Later, a Frenchman, Michel Ardan, telegraphs that he’d like to make the trip to the Moon. He’s welcomed and celebrated but allowed on the voyage only after he’s made an honorary citizen of the United States.

At the same time, the moonshot reaches the entire world. Every soul on the planet follows the news of it via telegraph, and it receives widespread support on the principle that “it was both the right and the duty of the entire Earth to intervene in the affairs of its satellite.” The world’s nations come together to raise funds for it and breathlessly await the launch.

Comparisons to the space race are obvious: During the 1960s, the Moon was another battleground in the Cold War, an ideological battle to answer the question of which system – communism or capitalism and democracy – can meet the challenge of putting a human being on the Moon first. Yet it was, and still is, also celebrated as a triumph of humananity’s willpower, ingenuity and bravery.

Artemis II is animated by this same tension between nationalism and a unifying vision of humanity. In the moments before launch, Canadian astronaut Jeremy Hansen told NASA and the world, “We are going for all humanity.” The fact that a Canadian astronaut has joined an American crew, too, is a departure from Cold War days.

Throughout the Artemis II mission, the astronauts and NASA’s ground control team repeatedly evoked the idea of a humanity united across international boundaries. After performing the translunar injection burn that committed Orion to its lunar trajectory, astronaut Christina Koch stated, “We will always choose Earth. We will always choose each other,” to which NASA’s Mission Control responded: “Integrity from Earth, our single system, fragile and interconnected, we copy. Those that can are looking back.”

And yet, Artemis II is an important step in a modern-day space race, this time with the United States and China as opponents. The Artemis program is actively trying to return Americans to the Moon before China gets there. NASA Administrator Jared Isaacman has been unequivocal that the United States doing so first is crucial to continuing to prove American excellence on the world stage and therefore maintaining its economic and soft power.

Planetary colonization

In Verne’s novel, the original motivation for going to the Moon is, in the words of the character Barbicane, to become “the Columbuses of this new world.” Though they call their project a scientific experiment, the characters see the Moon as a territory to be claimed, which will become the newest American state.

This perspective sees the natural world and the cosmos as another frontier to be conquered, and it echoes the imperial and colonial practices of Verne’s time, which saw populated places such as Africa and the American West as blank slates to claim.

Visions such as Verne’s influenced most of the engineers and scientists that made human spaceflight possible, such as Robert Goddard and Konstantin Tsiolkovsky, who believed that humanity’s destiny is in the stars.

This perspective, too, has been part of the rhetoric around Artemis II. While this mission has extensive scientific objectives – for the first time, there’s a science desk at Mission Control – NASA has also repeatedly billed this mission as a momentous achievement because it took human beings farther from Earth than any human being has ever traveled.

If space is “the final frontier,” to borrow a phrase from “Star Trek,” then Artemis II is historic because it has taken American astronauts farther into that frontier.

Environmental effects

In Verne’s novel, Tampa, Florida, is chosen as “Moon City,” from which the moonbound projectile will be launched. It is a profound economic boon for the city, just as real cities in Florida, Texas and elsewhere experienced economic and population growth in the 20th century due to the Apollo program.

Yet the moonshot also has a devastating and negative effect in the book: The force of the detonation that launches the three explorers to the Moon razes the city and even causes a powerful storm that spreads to the Atlantic Ocean and sinks ships.

Today’s space industry, too, offers many economic boons, with companies such as SpaceX and Blue Origin employing thousands. But it also often has similarly harmful effects.

A rocket lifting off into the air, with a plume of smoke beneath it. In the foreground is a copse of trees.
SpaceX’s Starbase facility has raised environmental concerns, as rocket launches that don’t go as planned can pollute the surrounding landscape.
AP Photo/Eric Gay

For example, SpaceX’s Texas Starbase – the primary facility for developing its Starship, which is intended to help NASA land humans on the Moon – has had detrimental effects on the surrounding landscape and population. Test launches that don’t go as planned rain down shrapnel and debris, endangering people and damaging fragile ecosystems. Noise, water and air pollution are equally inconveniences to the local residents and a threat to many endangered species in the area.

The prescience of a work of science fiction such as Verne’s lies not in the technologies he dreamed up but in the way he thought through their consequences and repercussions.

The Conversation

Anastasia Klimchynskaya does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Artemis II moonshot reflects a spacefaring vision present in Jules Verne’s 19th-century novel – https://theconversation.com/artemis-ii-moonshot-reflects-a-spacefaring-vision-present-in-jules-vernes-19th-century-novel-280252

What declining vaccination rates mean for families in Allegheny County – where 1 in 3 kindergarten classrooms lack herd immunity for measles

Source: The Conversation – USA (3) – By Kar-Hai Chu, Associate Professor of Public Health, University of Pittsburgh

Unvaccinated individuals face 140 times higher risk of contracting measles. Sarah L. Voisin/The Washington Post via Getty Images

As the risk of measles remains an ongoing concern, herd immunity in Allegheny County, Pennsylvania, is already slipping. According to data obtained via The Washington Post in January 2026, 1 in 3 Allegheny County kindergartners were in a classroom too far below adequate vaccination coverage to stop a measles outbreak during the 2023-24 school year.

A professor from the University of Pittsburgh’s School of Public Health, Kar-Hai Chu, and a research program supervisor, Maggie Slavin, answered our questions about declining measles, mumps and rubella vaccination rates and what it means for the future of public health.

Private and parochial/religious schools in Allegheny County fall below the herd immunity threshold, while public schools tend not to. What explains that gap, and should it concern us?

Research shows the disparity between vaccination coverage in private and parochial/religious versus public schools is that private and parochial/religious schools tend to have higher rates of exemptions to vaccinations for moral and religious beliefs.

Local vaccination rates in Allegheny County schools are declining and are below the necessary level of vaccination coverage to stop the spread of measles: 95%. Between the 2023-24 and 2024-25 school years, public schools displayed an overall decline in coverage, whereas private and parochial/religious increased coverage between the two years, yet have greater variation in coverage across schools. Regardless of school type, children should have complete and updated vaccinations to protect themselves and the community. Even small dips in vaccination rates can lead to the spread of disease.

What are combination vaccines and how long have they been used?

Combination vaccines are single injections that protect against multiple, preventable diseases and have been used since the 1940s. They represent one of public health’s most successful interventions. Common examples include DTaP – for diphtheria, tetanus and pertussis – and MMR, for measles, mumps and rubella. The MMR vaccine has been licensed since 1971 and helped eliminate measles from the U.S. by 2000. It reduced cases by 80% within a decade of its introduction to society.

Why are some government officials calling to split these vaccines?

The U.S. officials calling to split combination vaccines cite unsubstantiated claims linking them to autism and concerns about too many vaccinations administered at once.

These claims contradict decades of scientific evidence that demonstrates the safety and efficacy of combination vaccines.

A panel of adults sit around a long table drenched in a blue tablecloth.
In June 2025, Health and Human Services Secretary Robert F. Kennedy Jr. dismissed all members of the CDC’s Advisory Committee on Immunization Practices.
Elijah Nouvelage/Stringer Collection via Getty News Images

Who determines vaccination recommendations in the US?

Since 1964, the Advisory Committee on Immunization Practices has provided evidence-based vaccination recommendations. The committee consists of volunteer medical and public health experts appointed by the secretary of Health and Human Services for staggered, four-year terms. These experts review scientific evidence throughout the year and update recommendations accordingly. States maintain authority to implement these recommendations as they see fit. Vaccination recommendations have been politicized under the current administration and are currently in a sort of limbo.

In June 2025, HHS Secretary Robert F. Kennedy Jr., who has a history of promoting anti-vaccination dissinformation, took the unprecedented step of firing all 17 committee members and appointing 12 new members with questionable qualifications and conflicts of interest. This could be considered a fundamental disruption to the evidence-based process that has protected public health for over 60 years.

The Pennsylvania Department of Health and Gov. Josh Shapiro have stated that they continue to endorse evidence-based vaccination guidelines from leading national medical associations, such as the American Academy of Pediatrics, American Academy of Family Physicians and American College of Obstetricians and Gynecologists.

What are the real-world consequences of vaccine misinformation and disinformation?

An example consequence is now visible: Measles is spreading again in the U.S. In 2025, there were 2,255 confirmed cases, which is nearly double the 2019 peak of 1,274 cases.

While there haven’t been any confirmed cases of measles in Allegheny County in 2026, there were confirmed measles cases in Lancaster County on Feb. 3, according to the Pennsylvania Department of Health, which determined the individuals were not vaccinated.

Another visible consequence of vaccination misinformation and disinformation is that unvaccinated people face 140 times higher risk of contracting measles. Over 90% of 2025 cases in the U.S. occurred in people who were unvaccinated or had unknown vaccine status.

Signs point toward measles testing near an emergency department.
The MMR vaccine was licensed in 1971 and helped eliminate measles from the U.S. by 2000.
Jan Sonnenmair/Stringer Collection via Getty News Images

When government officials become sources of misinformation, the threat multiplies exponentially. The World Health Organization identifies vaccine hesitancy as one of the biggest threats to global health.

What can be done to protect evidence-based vaccination policy?

The American Academy of Pediatrics emphasizes that state-level policies may offer greater responsiveness to local needs while maintaining evidence-based standards.

Stronger state policies play a key role in ensuring vaccine access. In Louisiana, for example, framing vaccination as a way to keep your neighbors safe has been used as an effective way to appeal to local communities. In South Dakota, advocates are reaching business owners by emphasizing the economic benefits of immunization. The state of Oregon created a financing model that allows providers and clinics to access vaccines with no upfront costs, then they reimburse the state once they have been paid by insurers.

People can support organizations that prioritize scientific evidence over anecdotes, demand transparency in policymaking and understand the difference between legitimate scientific debate and coordinated misinformation. These are crucial steps in protecting vaccine policies. The 2026 American Academy of Pediatrics guidelines have been deemed trustworthy by 12 health care organizations that represent over a million pediatric medical professionals.

The Conversation

Kar-Hai Chu receives funding from the NIH.

Maggie Slavin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What declining vaccination rates mean for families in Allegheny County – where 1 in 3 kindergarten classrooms lack herd immunity for measles – https://theconversation.com/what-declining-vaccination-rates-mean-for-families-in-allegheny-county-where-1-in-3-kindergarten-classrooms-lack-herd-immunity-for-measles-277469