Pourquoi la génération Z est tombée amoureuse de la photographie argentique

Source: The Conversation – France (in French) – By Rotem Rozental, Lecturer in Critical Studies, Roski School of Art and Design, University of Southern California

Après les vinyles, les cassettes VHS, les vidéoclubs et la profession de disquaire, la génération Z, née entre 1995 et 2010, ressuscite la photographie argentique. Derrière cette fascination pour certains objets ou supports se dessine une même aspiration : retrouver des expériences plus réfléchies, plus tangibles et plus collectives.


La photographie argentique connaît une véritable résurrection, portée par des adeptes inattendus : la génération Z (née entre 1995 et 2010,, ndlr). Il n’y a pas si longtemps, la photographie argentique – qui repose sur l’utilisation de pellicules et un développement chimique – était considérée comme quasiment disparue, reléguée au rang de pratique réservée à une poignée de passionnés et d’artistes professionnels.

Les appareils photo numériques avaient conquis presque tous les domaines de la production photographique. Les géants de l’industrie de l’argentique, comme Polaroid et Kodak, avaient considérablement décliné par rapport à leur âge d’or, devenant l’ombre d’eux-mêmes. Les chambres noires, où les élèves et les étudiants apprenaient à développer et tirer leurs pellicules à la main, fermaient les unes après les autres dans les lycées et les universités du pays, remplacées par des laboratoires numériques. Pour la plupart des gens, l’esprit de la photographie argentique ne survivait plus qu’à travers les filtres d’Instagram.

Mais, au cours de ces cinq dernières années, les jeunes générations se sont tournées de plus en plus nombreuses vers cette ancienne manière de pratiquer la photographie. En 2025, 35 % des 42 millions d’utilisateurs actifs d’appareils photo argentiques dans le monde avaient entre 18 et 30 ans. L’année précédente, les recherches en ligne consacrées à la photographie argentique avaient augmenté de 41 %.

Les ventes d’appareils photo jetables augmentent régulièrement depuis 2023. Le média spécialisé PetaPixel est allé encore plus loin en qualifiant 2024 de « meilleure année de l’argentique depuis des décennies ».

Face au regain de la demande, les grandes marques ont lancé de nouveaux appareils et ressuscité des modèles emblématiques. Selon une enquête réalisée en 2024 par Ilford Photo, plus de 30 % des répondants pratiquant la photographie argentique avaient entre 25 et 34 ans.

Un nombre croissant de mes étudiants en art et en design se passionnent pour la photographie argentique et je n’y vois pas une simple tendance nourrie par la nostalgie du passé, mais plutôt de jeunes adultes qui rejettent les algorithmes, cherchent à s’affranchir de l’aliénation des réseaux sociaux et réagissent à une enfance passée entre Zoom et TikTok. À travers ce choix, ils cherchent délibérément à redéfinir leur rapport à l’art, aux relations sociales et, plus largement, au monde qui les entoure.

À la recherche d’un « troisième lieu »

Dans le cadre de mes recherches en histoire de la photographie et de mon enseignement à l’Université de Californie du Sud, je demande souvent à mes étudiants comment ils prennent leurs photos : avec un appareil numérique, leur smartphone ou un appareil argentique.

Cette année, pour la première fois, certains m’ont parlé des clichés qu’ils avaient fait tirer et des albums photos papier qu’ils avaient réalisés pour conserver des souvenirs de leurs amis et de leur famille. Ils m’ont aussi expliqué qu’ils envoyaient des cartes postales, écrivaient des lettres et accrochaient des photographies aux murs de leur chambre.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la manière dont une grande partie du vocabulaire des débuts des réseaux sociaux reprenait des gestes du monde physique pour les transposer dans l’univers virtuel : on « publiait » sur un « mur », on « pokait », on « identifiait » des personnes, on ajoutait des pages à ses « favoris », sans oublier le fait de « devenir amis ».

Il s’agissait d’une stratégie rhétorique des plateformes, sans doute destinée à donner aux utilisateurs le sentiment d’évoluer dans un environnement social familier. Mais leur modèle économique reposait bien davantage sur la maximisation de l’engagement et des revenus publicitaires que sur le développement de relations authentiques.

La suite est bien connue : plus les jeunes se sont connectés en ligne, plus ils ont commencé à se sentir isolés et déconnectés. Les confinements liés au Covid-19 ont encore renforcé cette bascule vers une vie sociale essentiellement numérique, et les chercheurs commencent seulement à mesurer les effets négatifs qu’a eus la combinaison d’un temps d’écran accru et de l’isolement sur la santé mentale des adolescents. En 2023, 51 % des adolescents américains déclaraient passer au moins quatre heures par jour sur les réseaux sociaux.

J’y vois une réaction à une existence vécue derrière les écrans : la photographie argentique devient un moyen de renouer avec la vie collective et de retrouver ce que les sociologues appellent un « troisième lieu ».

Popularisé par le sociologue Ray Oldenburg dans son livre de 1989, The Great Good Place, le concept de « tiers-lieu » désigne un espace distinct du domicile et du travail. C’est un lieu intermédiaire, une parenthèse qui favorise les échanges, les rencontres et la créativité. Il peut s’agir d’un café de quartier, d’un atelier d’écriture, d’une partie hebdomadaire de Magic: The Gathering (_ jeu de cartes à collectionner, ndlr_) ou encore d’une fraternité étudiante. Bref, de tout espace propice aux interactions sociales et à l’épanouissement personnel.

Ces espaces permettent aussi de lutter contre la solitude. Ils incitent les individus à sortir de leur isolement pour s’inscrire dans une communauté. Ray Oldenburg les qualifiait également de « havres de sociabilité » : des lieux où l’on peut venir seul pour rejoindre d’autres personnes, dans une atmosphère à la fois conviviale, ouverte à tous et festive.

Des communautés argentiques bien réelles

En avril 2026, la première édition d’AnalogCon s’est tenue à Los Angeles (Californie). Organisé par le Los Angeles Center of Photography, dont je suis le directeur exécutif et le commissaire en chef, le festival était entièrement consacré à la photographie argentique. Il n’a pas seulement joué le rôle de tiers-lieu pour les passionnés de photo : il a aussi montré à quel point la photographie argentique, en tant que pratique, rituel et communauté, est en plein essor.

Des exposants, des acteurs de l’industrie, des artistes et des enseignants ont participé à cet événement de deux jours, rythmé par des expositions, des tables rondes, des démonstrations et des balades photographiques guidées dans le quartier de Little Tokyo. L’enthousiasme des participants et leur envie de voir se multiplier ce type de rendez-vous étaient évidents.

La photographie s’inscrit désormais dans un mouvement plus large : celui d’une génération qui redécouvre les objets culturels et les supports physiques. Alors que le streaming représente 82 % des revenus de l’industrie musicale, les ventes de disques vinyle progressent sans interruption depuis plus de dix ans. Aux États-Unis, elles ont même dépassé le milliard de dollars (un peu moins de 863 000 euros, ndlr) en 2025.

Près de 60 % des membres de la génération Z achètent désormais des vinyles. Les cassettes VHS et les magnétoscopes connaissent eux aussi un retour aussi inattendu qu’insolite. En Californie, des boutiques comme Be Kind Video ou Videotheque proposent à nouveau la location de VHS, de DVD et de Blu-ray.

Mais au-delà de ces objets eux-mêmes, les disquaires et les vidéoclubs sont redevenus de véritables tiers-lieux. Il y a une différence fondamentale entre choisir un film à regarder en streaming depuis son lit et sortir de chez soi pour se rendre dans un magasin, discuter cinéma avec un vendeur et échanger avec d’autres passionnés.

Pensez au bruit caractéristique d’une cassette audio lorsqu’on ouvre ou referme son boîtier, aux graphismes colorés des jaquettes de DVD ou de VHS. Pensez au geste de rembobiner une cassette ou de composer une mixtape pour la personne qui vous plaît. Ces objets incarnent une époque, des rituels et une esthétique bien particuliers. Pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, c’est une découverte : ils les expérimentent pour la toute première fois.

Imaginez maintenant le geste délicat qui consiste à charger une pellicule dans un appareil photo. Imaginez que vous choisissiez soigneusement votre cadrage avant de déclencher, parce que le nombre de vues est limité et que chacune compte. Puis imaginez l’excitation ressentie lorsque les images apparaissent enfin, matérialisées sur du papier.

À mes yeux, il s’agit de bien plus qu’un simple effet de mode. Ces pratiques traduisent une volonté de résister à une culture numérique conçue pour susciter l’envie, récompenser l’indignation et favoriser les insultes comme l’humiliation.

À la place, munis de leurs pellicules, de plus en plus de membres de la génération Z semblent tourner le dos aux fils d’actualité dictés par les algorithmes pour privilégier une manière de vivre plus réfléchie, plus personnelle et plus concrète.

The Conversation

Rotem Rozental ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi la génération Z est tombée amoureuse de la photographie argentique – https://theconversation.com/pourquoi-la-generation-z-est-tombee-amoureuse-de-la-photographie-argentique-287644

Les plantes, aussi, ont besoin de gestes barrières : l’enjeu mondial de la biosécurité

Source: The Conversation – France (in French) – By Bastien Castagneyrol, Chercheur en écologie, Inrae

Les plantes nous nourrissent, les arbres nous fournissent de l’ombre et de la fraîcheur, les forêts sont nos alliées face au changement climatique. Malgré tous ces bénéfices, la lutte contre les insectes et les maladies qui ravagent les végétaux reste une question très peu médiatisée. Pourtant, chacun de nous peut œuvrer contre ces fléaux.


On trouve à toutes les entrées du jardin botanique royal d’Édimbourg, en Écosse, un large tapis mou et mousseux que le visiteur soucieux de préserver ses souliers serait tenté de vouloir enjamber. Qu’il s’y essaie, et un panneau l’invitant à brosser ses chaussures et à nettoyer ses semelles le rappellera à l’ordre !

Le dispositif présent à l’entrée du jardin botanique royal d’Edimbourg et le panneau l’accompagnant
Le dispositif présent à l’entrée du jardin botanique royal d’Édimbourg et les consignes : « Veuillez essuyer vos pieds. Utilisez le pédiluve pour contribuer à lutter contre la dissémination des maladies de végétaux. »
Fourni par l’auteur

Le panneau explique qu’il s’agit là d’un « geste barrière ». Le produit fongicide que contient la mousse vise à protéger les plantes contre l’introduction et la propagation d’agents pathogènes.

Quand on sait que les chaussures au second plan appartiennent à une chercheuse venue participer à un atelier sur la biosécurité appliquée aux arbres urbains, et qu’elle aura pris un vol pour la Croatie en passant par Amsterdam quelques heures après que la photo a été prise, on entrevoit la nature du problème : il ne se limite pas au jardin botanique d’Édimbourg ni même à l’Écosse ou au Royaume-Uni, il est mondial.

Comment les plantes tombent-elles malades ?

Les plantes aussi tombent malades, soit parce qu’elles ne trouvent pas dans leur environnement les ressources nécessaires à leur croissance et à leur reproduction, soit parce qu’elles sont consommées tout ou partie par des insectes herbivores, soit parce qu’elles sont infectées par des microorganismes pathogènes. S’agissant des plantes cultivées pour l’alimentation (des humains ou des animaux d’élevage) ou pour l’ornement, les carences et les maladies associées peuvent être limitées en adaptant les pratiques culturales. C’est pour lever ces contraintes que l’on a recours à la fertilisation ou à l’irrigation.

Mais la situation est plus compliquée pour les insectes ravageurs et les agents pathogènes des arbres et des forêts. Face à ces fléaux, les méthodes de lutte chimique employant des pesticides sont soit interdites, soit très étroitement encadrées afin de limiter leurs effets délétères sur la santé des personnes et sur la biodiversité.

Graphiose de l’orme, argile du frêne, nématode du pin…

Les enjeux liés à la santé des plantes sont évidemment immenses pour celles qui nous nourrissent, mais ils le sont également pour les arbres et les forêts. C’est un champignon pathogène qui est responsable de la graphiose de l’orme, une maladie qui a entraîné au cours du XXᵉ siècle la quasi-disparition des ormes en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.

C’est un insecte d’à peine un centimètre, l’agrile du frêne, qui est en train d’éradiquer les frênes sur la côte est de l’Amérique du Nord et qui est, désormais, présent en Ukraine, en Hongrie et en Slovaquie.

C’est un vers nématode qui, après avoir ravagé les forêts de pin du Portugal et de l’Espagne, a été détecté en France en novembre dernier et qui fait peser une menace sérieuse sur la filière du pin maritime.

L’enjeu de la biosécurité

Ces trois exemples – on aurait pu en citer beaucoup d’autres – ont en commun d’être le fait d’espèces exotiques envahissantes (EEE), déplacées en dehors de leur aire de répartition et causant des dommages là où elles sont introduites.

Ce type de fléau est le combat de la biosécurité qui se définit comme l’ensemble des mesures visant à prévenir l’introduction et la propagation de ravageurs et d’agents pathogènes exotiques.

Elle repose sur un continuum d’actions avant, pendant, et après l’introduction d’un ravageur ou d’un pathogène.

Prévenir plutôt que guérir

De nombreuses espèces de plantes, d’animaux ou de champignons sont, en effet, déplacées chaque année d’un continent à l’autre du fait des échanges commerciaux et du tourisme international. Toutes ne s’installent pas durablement là où elles sont introduites, mais celles qui le font peuvent devenir envahissantes : elles se développent rapidement et peuvent causer des dommages significatifs à l’environnement. D’où l’importance d’empêcher leur introduction pour prévenir les dommages.

Le transport de matériel végétal d’un pays à l’autre est en principe extrêmement réglementé. Par exemple, le bois servant à confectionner les palettes ou à caler les marchandises lors du transport doit faire l’objet d’un traitement thermique censé garantir qu’il ne transporte pas de larves d’insectes ou de spores d’agents pathogènes.

Le passeport phytosanitaire

Pour être déplacées, les plantes ou leurs graines doivent être accompagnées d’un passeport phytosanitaire, qui identifie leur provenance et certifie qu’elles ont fait l’objet d’une inspection sanitaire les garantissant exemptes de maladie au moment de leur départ du pays de production.

Mais le passeport phytosanitaire concerne les opérateurs professionnels (pépiniéristes, distributeurs, importateurs), et non les particuliers. Pourtant, ceux-ci ont également une responsabilité immense.

Nous avons tous fait la rencontre désagréable d’une larve d’insecte dans une cerise, une pomme, une châtaigne ou un poireau, sans avoir eu d’indice de sa présence avant d’y mettre un coup de dent ou de couteau.

Des maladies qui viennent souvent de nos bagages

Cela n’est guère étonnant : une grande diversité d’insectes ou de champignons pathogènes vit cachée dans les plantes ou leurs graines. En rapporter chez soi au retour d’un voyage à l’étranger pour les replanter, ou même pour les garder en pot dans un appartement, constitue dès lors un risque important pour la biosécurité, parce que ces organismes peuvent se disperser une fois les bagages défaits.

Une étude américaine a ainsi montré que, sur les quelque 725 000 espèces exotiques piégées dans les ports et les aéroports du pays entre 1984 et 2000 (essentiellement des insectes), plus de 60 % s’étaient échappées des bagages des voyageurs contre 30 % qui avaient été transportés avec le fret dans des containers. Autrement dit, le passeport phytosanitaire ne suffit pas.

Un poster de prévention
Un poster de prévention.
Fourni par l’auteur

Il ne s’agit pas de faire porter la responsabilité des invasions biologiques ou des épidémies chez les plantes sur les seuls voyageurs, mais de rappeler ce message de prévention simple : préservez la santé des végétaux, ne rapportez pas de plantes, de graines ou de fruits dans vos bagages !

Détecter tôt pour agir vite

Lorsque les mesures de prévention ne suffisent pas, la détection précoce reste l’ultime chance d’empêcher l’installation durable et la propagation des espèces exotiques – à condition qu’elle soit suivie des mesures d’éradication appropriées.

Parmi toutes les espèces de ravageurs et d’agents pathogènes susceptibles d’être introduites en Europe, certaines (la liste est longue) font l’objet d’une surveillance particulièrement étroite de la part des autorités aux niveaux national et européen, du fait de leur dangerosité pour les plantes, pour les services écosystémiques qu’elles soutiennent et pour l’économie.

Les organismes prioritaires de quarantaine

C’est, par exemple, le cas de l’agrile du frêne, devenu tristement célèbre depuis son introduction en Amérique du Nord, où il menace de faire disparaître les frênes, ou encore du chancre coloré du platane, qui entraîne le dépérissement rapide des arbres infectés et leur mort en l’espace de quelques années, comme on l’observe malheureusement le long du canal du Midi.

Ces espèces ont un statut d’organismes prioritaires de quarantaine au niveau européen : leur détection sur tout territoire européen déclenche une série de mesures obligatoires de surveillance puis, le cas échéant, d’éradication des foyers détectés.

Une victoire face au longicorne asiatique

L’éradication d’un foyer est parfois possible. Le longicorne asiatique Anoplophora glabripennis en est un bon exemple. Ce gros insecte de 2 cm à 4 cm de long est originaire du sud-est de l’Asie. C’est un cousin du grand capricorne que l’on connaît en Europe, comme en témoignent ses longues antennes filiformes. Son corps est noir luisant, tacheté de blanc. Sa larve creuse des galeries dans le bois de très nombreuses espèces d’arbres communs en Europe. Les arbres attaqués meurent en quelques années.

Cet insecte a été détecté à Gien (Loiret) en 2003, en Haute-Corse en 2013, puis dans l’Ain en 2016. Les arbres atteints et ceux susceptibles de l’être dans un rayon de 100 mètres ont été abattus, et la zone surveillée étroitement. En 2020, aucun autre arbre attaqué n’avait été détecté dans le secteur.

L’exemple du longicorne asiatique confirme que, lorsqu’elles sont mises en œuvre précocement, les mesures d’éradication peuvent être efficaces. Mais cette success-story est loin d’être la règle. Une récente étude a montré que, s’agissant des ravageurs des arbres et des forêts, les mesures d’éradication sont trop rarement mises en œuvre (dans 10 % des cas) et que les chances de succès ne sont que de l’ordre de 50 à 60 %, faute de pouvoir détecter les foyers et d’agir en conséquence suffisamment tôt.

Pourquoi ça coince ?

La biosécurité se heurte encore à une méconnaissance des enjeux chez le grand public, mais également chez beaucoup de professionnels. Une enquête menée auprès de 187 personnes en Allemagne (dont plus de la moitié avait un lien professionnel avec les arbres ou la forêt) a révélé une sous-estimation des risques liés aux insectes ravageurs et aux microorganismes pathogènes des arbres ainsi qu’une grande méconnaissance du cadre réglementaire associé.

En France, la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé végétale organise la surveillance de la santé des végétaux, analyse les risques et diffuse les connaissances et les alertes sur les organismes de quarantaine. Sur le terrain, les inspectrices et inspecteurs chargés de la surveillance des organismes associent examen visuel des plantes, piégeage des insectes ou des spores de champignons et prélèvements pour détecter la présence ou vérifier l’absence d’organismes réglementés. En forêt, ce travail est accompli par les correspondants observateurs du département de la santé des forêts du ministère de l’agriculture. Il s’agit là d’un dispositif de surveillance active de la santé des plantes. Il est indispensable, mais peut ne pas suffire.

Des citoyens qui lancent l’alerte

Les particuliers peuvent également jouer un rôle clé dans la préservation de la santé des végétaux. Lorsque des symptômes étranges ou la présence d’un insecte inconnu attirent l’attention d’un promeneur ou d’un jardinier amateur, on parle d’observation opportuniste. Cela constitue une forme de surveillance passive, complémentaire de la surveillance active pilotée par les institutions.

Une étude récente a, par exemple, montré que, s’agissant des espèces exotiques envahissantes, tous types confondus, les premières observations d’une espèce sur un territoire sont souvent signalées sur des plateformes naturalistes en ligne, comme iNaturalist.org, avant même que les autorités n’aient connaissance de sa présence.

Un besoin de médiatisation

La santé des végétaux nous concerne toutes et tous. Nous mangeons des végétaux ou des animaux qui, eux-mêmes, ont mangé des végétaux. Nous utilisons le bois des arbres pour nos constructions, nos emballages et nos livres. Nous profitons de l’ombre rafraîchissante des arbres en ville. Nous apprécions les jardins fleuris et les promenades en forêt. Nous partageons de fait la responsabilité de la santé des plantes. Pourtant, les enjeux de biosécurité sont, au mieux, méconnus des consommateurs, au pire complètement ignorés.

Il existe donc un intérêt majeur à investir davantage dans la surveillance active et passive de la santé des plantes. Les médias ont un rôle à jouer, bien sûr, ne serait-ce qu’en informant le public sur les enjeux de biosécurité, mais ils ne peuvent pas tout.

Au Royaume-Uni, l’organisme en charge de la surveillance de la santé des forêts s’appuie sur un réseau de bénévoles formés à reconnaître et à signaler les symptômes des maladies des arbres. Ce dispositif complète la surveillance institutionnelle et sensibilise la population aux enjeux de biosécurité.

The Conversation

Hervé Jactel a reçu des financements de l’Union Européenne et du PEPR FORESTT

Bastien Castagneyrol ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les plantes, aussi, ont besoin de gestes barrières : l’enjeu mondial de la biosécurité – https://theconversation.com/les-plantes-aussi-ont-besoin-de-gestes-barrieres-lenjeu-mondial-de-la-biosecurite-286478

Por qué la integridad institucional avanza a dos velocidades en las comunidades autónomas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio García Magariño, Associate Professor, Sociology and Political Science, Universidad Pública de Navarra

stoatphoto/Shutterstock

Las estrategias de lucha contra la corrupción han detectado y sancionado en España comportamientos que debilitan la credibilidad en las instituciones y las lógicas democráticas: la politización de la justicia, las contrataciones irregulares de obras públicas, la selección amañada de funcionarios o el uso fraudulento de fondos estatales y autonómicos.

Sin embargo, es necesario un enfoque más amplio que impregne todas las políticas públicas y que a su vez se concrete en estrategias específicas de integridad, que involucre a empleados y cargos públicos de forma individual, pero también a las instituciones.

La integridad de las instituciones ha ido ganando peso en el discurso público y los debates institucionales como una garantía de calidad democrática e innovación administrativa. Más allá de la ausencia de corrupción o el castigo de conductas contra la administración pública, esta apela a la prevención del fraude y a la generación de una cultura que anticipe riesgos.

El ámbito autonómico español ha desarrollado un entorno jurídico de integridad, transparencia y buen gobierno a lo largo de la última década. Transparencia Internacional –una organización no gubernamental global dedicada a prevenir y combatir la corrupción política y corporativa–, por ejemplo, resalta el esfuerzo de la Comunidad Valenciana, el País Vasco y Cataluña. Ello permite disponer de una perspectiva temporal suficiente para valorar su puesta en práctica y evaluar los eventuales logros o impactos no esperados de esta realidad emergente.

Más allá de un modelo homogéneo para los distintos contextos autonómicos, en el estudio realizado sobre los sistemas de integridad en las comunidades autónomas de España, recientemente publicado por la editorial Comares, observamos que las formas que adoptan estos sistemas de integridad varían considerablemente.

Sistemas sofisticados frente a otros debilitados

Algunas comunidades, como la Comunidad Valenciana, Cataluña y las Islas Baleares, han consolidado sistemas relativamente sofisticados en materia de integridad institucional, con estrategias transversales, organigramas definidos y recursos propios que tienen agencias individuales de lucha y prevención del fraude y la corrupción. También han avanzado considerablemente en este ámbito Andalucía y Galicia, con programas y estrategias transversales.

Sin embargo, en otros casos hay un cierto debilitamiento de las normas, lo que exige seguir continuando con su fortalecimiento, tal como el esquema excesivamente centralizado, jerárquico y fragmentado de Madrid o las pocas herramientas prácticas de Castilla-La Mancha, Castilla y León y Extremadura.

De esta forma, algunas comunidades autónomas todavía deben realizar esfuerzos para incorporar planes antifraude, mecanismos de transparencia o canales de denuncia como parte de una estrategia global que garantice su implementación. Evitar la fragmentación y operar mejor en contextos crónicos de carencia de recursos constituyen asignaturas pendientes para conseguir objetivos satisfactorios.

Este diagnóstico nos señala que lo sistemas de integridad autonómicos, aunque afortunadamente ya están proliferando, deberían ir más allá del cumplimiento de unos mínimos legales y ser más ambiciosos para obtener resultados efectivos en la práctica organizativa y superar la distancia entre lo que proclaman las administraciones y lo que realmente hacen.

Esta brecha es significativa: la realidad que las autonomías declaran con respecto a lo que desean que ocurra en términos de integridad y los hechos en dicha materia son dos mundos separados.

Pero ¿por qué se producen estas diferencias entre comunidades autónomas y vacíos? Sobre todo, por las variaciones en el liderazgo político e institucional: para que la integridad trascienda y sea un hecho es fundamental aportar coherencia a la tríada conformada por los discursos, las normas y la implementación práctica. Así, bajo liderazgos más o menos comprometidos, la capacidad administrativa se ve fortalecida –especialmente cuando, además, se asume el imperativo de la transparencia, el buen gobierno y la ética pública y se consolidan trayectorias a largo plazo– o debilitada.

De esta forma, aunque todas las comunidades autónomas han adoptado legislación sobre transparencia y buen gobierno –incorporando instrumentos impulsados a nivel comunitario europeo–, no siempre se detectan compromisos concretos. A pesar de ello, hay que reconocer que factores como la gestión de los fondos europeos han favorecido la puesta en marcha de planes antifraude y mecanismos de control o de rendición de cuentas.

El hecho de que las exigencias europeas hayan ejercicio mayor influencia sobre el impulso de la integridad que las dinámicas políticas propias evidencia la necesidad de seguir incentivando la adopción de enfoques, métodos e instrumentos que no solamente tengan como propósito proteger la gestión de recursos económicos, sino la mejora de la calidad democrática.

Para superar, además, la distancia entre el diseño jurídico y la implementación efectiva, es preciso incorporar agencias de integridad y sistemas de evaluación y monitorización que, en la práctica, superen las limitaciones a las que se enfrenta el camino hacia el logro de un impacto real en materia de integridad.

La definición de indicadores claros, comparables, fáciles de medir y conectados con la rendición de cuentas haría más visible la integridad y la conectaría con otras áreas de gestión involucradas en el catálogo competencial autonómico.

Herramientas para el refuerzo

Aunque este estudio se centra en la integridad institucional, conviene situarlo dentro de un marco más amplio: el de la buena gobernanza. Este enfoque propone distintas herramientas para mejorar el funcionamiento de los gobiernos y las administraciones públicas, como reforzar la colaboración, fomentar el gobierno abierto, impulsar un liderazgo basado en la ética del servicio o crear mejores espacios para la toma de decisiones.

Sin embargo, avanzar en esa dirección no depende solo de cambios técnicos, legales o de una mayor supervisión. También exige transformar la cultura de las instituciones y consolidar valores que, aunque menos visibles, son esenciales para que esos cambios sean realmente efectivos.

El desigual avance de la integridad institucional en el ámbito autonómico español muestra la existencia de limitaciones organizativas, culturales y políticas, pero sirve también de acicate para continuar consolidando sistemas holísticos que incidan, de forma profunda y cotidiana, en la práctica administrativa.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Por qué la integridad institucional avanza a dos velocidades en las comunidades autónomas – https://theconversation.com/por-que-la-integridad-institucional-avanza-a-dos-velocidades-en-las-comunidades-autonomas-283739

La diferencia entre llegar a la universidad y conseguir el título: ¿estamos logrando la equidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tulio Ramírez, Chair professor, Universidad Católica Andrés Bello

Recientemente se ha hecho público el informe mundial sobre tendencias de la educación superior elaborado por la Unesco, con datos de 2023 y 2024. El objetivo de este documento es brindar a los líderes del mundo, cito textualmente, “una herramienta práctica para orientar las políticas, fomentar el diálogo y apoyar sistemas de educación superior más inclusivos, equitativos, resilientes y preparados para el futuro”. Todo con miras a lograr el objetivo de desarrollo sostenible número 4, referido a una educación inclusiva y de calidad para todos.

En el informe abundan datos interesantes sobre aspectos cruciales de la educación superior en el mundo. Se abordan temas como la inclusión, el financiamiento, la gobernanza, la incorporación de la IA, la calidad, el personal docente, la movilidad estudiantil y la atención a la población vulnerable.

Aquí me limitaré a analizar uno de los aspectos que, a mi juicio, ha ocupado un segundo plano a la hora de hacer diagnósticos en educación: las cifras de egreso de nuevos profesionales. Su importancia radica en que ese indicador refleja el impacto en la sociedad del esfuerzo de equidad en educación superior.

Más estudiantes, menos profesionales

Lo primero que resalta el informe es el aumento mundial de las matrículas en educación superior. Para 2024, 269 millones de estudiantes en el mundo estaban incorporados formalmente a la educación universitaria en los niveles de pregrado y posgrado, incluyendo especializaciones, maestrías y doctorados. En comparación con el año 2000, cuando se contabilizaron 100 millones de estudiantes, para 2024 esa cifra prácticamente se ha triplicado.

Pero ese ritmo de crecimiento en la incorporación de alumnos no va acompasado con el ritmo de salida de graduados. La brecha porcentual entre ingresos y egresos se amplía dependiendo del lugar. ¿Qué ocurre con esos estudiantes que se matriculan pero no logran terminar los estudios? Esta diferencia es una manera de medir hasta qué punto está funcionando la equidad educativa y todos los estudiantes que acceden a la educación superior pueden realmente beneficiarse de ella.

Cómo se obtienen los datos

El porcentaje de jóvenes matriculados en educación superior se realiza con respecto al sector de la población con edad para ser estudiante universitario (18-24 años). De igual manera, cuando se calcula el porcentaje de egresados o titulados, se hace con respecto al total del mismo segmento poblacional, y no al número de inscritos en instituciones de educación superior, como usualmente contabilizan estas instituciones.

El informe señala que, en 2023, el 37 % de la población en edad de asistir a programas de formación universitaria eran, efectivamente, estudiantes de educación superior. En cambio, quienes se gradúan representaron apenas el 27 % de la misma población.

Brecha por regiones

Esta brecha adquiere características diferentes según la región del mundo. Por ejemplo, en aquellas donde la tasa bruta de matriculación promedio es particularmente alta, como es el caso de Europa central y oriental (67 %) y América del Norte y Europa occidental (65 %), la tasa bruta de graduación resultó sustancialmente menor (45 % y 44 % respectivamente).

Este contraste es mayor en América Latina y el Caribe. En esta región, la tasa bruta de matriculación alcanzó el 53 % en 2023 mientras que la tasa bruta de
graduación fue de apenas 24 %. Un 20 % menor que en los países del primer mundo.

Las políticas de equidad educativa, que propician el crecimiento de la matrícula universitaria (a pasos distintos y desiguales según la región), son una muestra del esfuerzo de los estados por igualar las oportunidades de acceso en su población. Sin embargo, la fase final del proceso, es decir, que logren culminar los estudios superiores, no ha ido al mismo ritmo, con variaciones significativas dependiendo de la región.

El caso venezolano

Según el Observatorio de Universidades (OBU) de Venezuela, en 2024 la tasa bruta de matrícula en educación superior para la población con edades entre 18 y 24 años era de un 17 %, una de las más bajas de la región. Este dato ha quedado corroborado en la encuesta de calidad de vida (ENCOVI) 2025, presentados en abril de 2026.

Con respecto a los egresos, las estimaciones los sitúan en cerca del 30 % de la población que logra ingresar en la universidad, lo que equivale a apenas un 6 % de todo el grupo poblacional. Un ejemplo: en 2025, la tasa de egresos en el área de formación docente ha disminuido casi un 80 % con respecto a la de 2008. En comparación con el resto de la región, son tasas muy bajas que no se pueden atribuir exclusivamente a la diáspora.

Sin recursos para garantizar la inclusión

El gran reto no es garantizar la accesibilidad a la educación superior de todos los jóvenes de cualquier entorno socioeconómico, sino brindar condiciones para la permanencia y culminación de los estudios, verdadero y eficiente indicador de impacto en la calidad de vida de las personas. Para aumentar las cifras de egresos, se necesitan mecanismos eficientes de equidad que igualen oportunidades a los estudiantes de bajos recursos o en situación vulnerable.

La progresiva reducción presupuestaria en las universidades venezolanas, con un déficit presupuestario de al menos 85 %, ha ido desmantelando los mecanismos de igualdad existentes: becas estudiantiles, transporte universitario, residencias a bajo costo, servicio de comedor, atención odontológica, mentorías y acompañamiento a estudiantes con déficits acumulados desde la formación preuniversitaria, poniendo en peligro el éxito educativo, entendido como la consecución del título universitario, de los más vulnerables.

Las diferencias que se observan en las tasas de matriculación y graduación reflejan la existencia de barreras que impiden la progresión estudiantil y subrayan la necesidad de que los sistemas de educación superior apoyen a los alumnos no solo al momento del abordaje, sino también a lo largo del camino hacia su graduación.

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Tulio Ramírez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La diferencia entre llegar a la universidad y conseguir el título: ¿estamos logrando la equidad? – https://theconversation.com/la-diferencia-entre-llegar-a-la-universidad-y-conseguir-el-titulo-estamos-logrando-la-equidad-285785

¿Qué significa hoy ser un ‘buen’ padre? El reto de la nueva paternidad sin modelos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Patricia Catalá Mesón, Profesora Titular de Universidad del Area de Psicología Social, Universidad Rey Juan Carlos

Rene Jansa/Shutterstock

Un padre intenta vestir a su hijo de cuatro años antes de salir de casa. Van con prisa y el niño se niega a ponerse los zapatos. Primero intenta explicárselo, después negociar y, cuando la situación se alarga, termina levantando la voz. “Porque lo digo yo, y punto”. Nada más escucharse, reconoce la frase. La había oído muchas veces cuando era pequeño y llevaba años pensando que nunca la utilizaría con sus propios hijos.

Ser padre y, especialmente, ser un “buen padre” es algo muy distinto hoy de lo que era apenas hace una generación. Los padres de hace tres o cuatro décadas debían asumir principalmente las responsabilidades económicas de la familia y ejercer una autoridad que entonces se consideraba propia de la figura paterna.

Hoy esperamos que un padre cambie pañales, conozca las rutinas del bebé, pida una reducción de jornada si es necesario, sepa calmar un llanto, hable de emociones, acompañe las rabietas sin perder la calma y construya un vínculo seguro con sus hijos. Entendemos que los cuidados y las responsabilidades de la crianza corresponden a ambos progenitores, sin distinción de sexo.

El lento avance en el reparto de tareas

Afortunadamente, cada vez son más los hombres que desean ocupar un lugar activo y corresponsable en la crianza. Sin embargo, ese cambio en las expectativas todavía no se ha traducido en un reparto igualitario de los cuidados. En España, entre las personas con hijos de 0 a 11 años, el 56 % de las mujeres dedica más de cinco horas diarias al cuidado, frente al 29 % de los hombres. Las diferencias aparecen también en el trabajo doméstico cotidiano, que realiza diariamente el 59 % de las mujeres frente al 39 % de los hombres.

Es decir, el modelo de paternidad está cambiando, aunque las prácticas cotidianas lo hagan a un ritmo diferente.

Un nuevo modelo de paternidad

Muchos hombres que ahora se enfrentan a este nuevo modelo de paternidad apenas tuvieron oportunidad de experimentarlo cuando eran niños. En esa época, la presencia emocional, la expresión afectiva o la corresponsabilidad cotidiana en los cuidados recaían todavía, en buena medida, sobre las madres. ¿Cómo aprende alguien a hacer algo que nunca vio hacer?

Querer ser un determinado tipo de padre no significa, necesariamente, saber cómo hacerlo. La psicología lleva décadas mostrando que las relaciones humanas no se construyen solo desde la voluntad, sino también desde la experiencia acumulada. La teoría del apego, desarrollada en los años 80, explica que las primeras relaciones con nuestros cuidadores contribuyen a formar modelos internos sobre cómo funcionan los vínculos, cómo expresamos el afecto y cómo respondemos al malestar de otra persona, habilidades que aprendemos mucho antes de ser conscientes de ellas.




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A esta idea se suma la teoría del aprendizaje social, según la cual una parte importante de nuestras conductas se adquiere observando a otras personas, lo que significa que no aprendemos únicamente porque alguien nos explique qué hacer, sino viendo cómo otros cuidan, consuelan, ponen límites o expresan afecto.

Por eso, cuando un hombre intenta convertirse en un padre diferente al que tuvo, no solo está cambiando algunos comportamientos, sino que en muchos casos está construyendo una forma totalmente distinta de relacionarse con sus hijos.

¿Cómo hacerlo?

Las investigaciones sobre transmisión intergeneracional de la parentalidad muestran que la manera en que fuimos cuidados influye en la forma en que posteriormente cuidamos, aunque nunca determine completamente nuestro futuro. Nuestra historia no nos condena, pero sí constituye el punto de partida desde el que aprendemos a vincularnos.

Por eso muchos padres se encuentran en la situación de saber perfectamente qué padre no quieren ser, pero todavía están descubriendo cómo convertirse en el padre que desean llegar a ser.

Sin modelos de referencia

Imaginemos una escena cotidiana: un niño pequeño llora desconsoladamente porque está frustrado y su padre quiere ayudarle. En teoría, sabe que debe acompañarlo transmitiéndole calma y haciendo las cosas de una manera diferente a como quizá lo hubiera hecho su propio padre.

Puede que, cuando él era niño, nadie le dijera directamente que llorar estaba mal. A veces bastaba una mirada de desaprobación, un silencio incómodo o la sensación de que era mejor dejar de llorar cuanto antes.

Ahora, casi sin darse cuenta, lo primero que le sale es decir “no pasa nada”, pedirle a su hijo que deje de llorar o intentar distraerlo rápidamente. En lugar de acompañar esa frustración y permitir que siga su curso, aparece el impulso de hacerla desaparecer. No necesariamente porque no quiera acompañar a su hijo, sino porque quizá tampoco él aprendió qué hacer cuando una emoción difícil permanecía demasiado tiempo.

Una transformación y un aprendizaje

La implicación paterna beneficia el desarrollo cognitivo, emocional y social de los hijos y repercute positivamente en el bienestar familiar.

Estar presente emocionalmente implica reconocer las propias emociones, tolerar la frustración, reparar los conflictos cuando aparecen y acompañar el malestar infantil sin intentar eliminarlo inmediatamente. Estas habilidades también se desarrollan y pueden aprenderse, pero muchos hombres llegan a la paternidad sin espacios donde reflexionar sobre su propia historia de cuidado, comprender cómo influye en la manera en que hoy ejercen como padres o desarrollar nuevas herramientas para responder a las necesidades emocionales de sus hijos.




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En este contexto, no resulta extraño que algunos vivan esta etapa con una mezcla de ilusión e inseguridad, sintiendo que están improvisando e intentando ofrecer algo que nunca recibieron. Al encontrar dificultades, a menudo interpretan esa torpeza inicial como un fracaso personal, cuando en realidad forma parte del propio proceso de aprendizaje.

Los hombres también experimentan ansiedad, depresión y dificultades de adaptación durante el embarazo y el posparto, aunque este aspecto haya recibido tradicionalmente mucha menos atención que la salud mental materna. Acompañar a los padres también significa reconocer estas necesidades.

La presencia emocional también se aprende

Cuando analizamos la implicación paterna, con frecuencia ponemos el foco en lo que algunos hombres no hacen. ¿Por qué no se ocupan de los baños? ¿Por qué son sus parejas quienes recuerdan cuándo toca pedir cita con el pediatra? ¿Por qué algunos padres participan en los cuidados cuando se les pide, pero no siempre anticipan lo que hay que hacer?

Cuando entendemos que la presencia emocional también se aprende, dejamos de interpretar algunas dificultades exclusivamente como desinterés y empezamos a verlas como parte de un proceso de cambio que requiere tiempo, práctica y acompañamiento.

Espacios de acompañamiento

Estos espacios podrían comenzar incluso antes del nacimiento. Los grupos de preparación al parto y a la parentalidad que se desarrollan en centros de salud ofrecen una oportunidad para incorporar cuestiones relacionadas con la transición psicológica a la paternidad, más allá del papel del hombre como acompañante durante el embarazo y el parto.

Matronas y profesionales de la psicología perinatal podrían facilitar sesiones en las que los futuros padres pudieran hablar sobre sus expectativas, revisar los modelos de paternidad con los que crecieron o pensar cómo quieren participar en los cuidados cuando nazca el bebé.




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También durante el posparto podrían desarrollarse grupos de padres en atención primaria o en recursos comunitarios, no necesariamente dirigidos a hombres que presentan alguna dificultad, sino entendidos como espacios habituales de acompañamiento a la transición a la paternidad.

Del mismo modo que enseñamos a reconocer las necesidades de un recién nacido, podemos generar oportunidades para aprender a estar ante un llanto que nos desborda, reparar después de haber perdido la paciencia o asumir de manera autónoma una parte de los cuidados cotidianos.

La manera de entender la paternidad ha cambiado profundamente en las últimas décadas y cada vez más hombres quieren construir relaciones cercanas y emocionalmente disponibles con sus hijos. Pero no podemos confiar en que este cambio ocurra solo. Muchas de las habilidades que hoy esperamos de un padre se aprenden viendo a otros, practicando y teniendo oportunidades para hacerlo.

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Patricia Catalá Mesón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué significa hoy ser un ‘buen’ padre? El reto de la nueva paternidad sin modelos – https://theconversation.com/que-significa-hoy-ser-un-buen-padre-el-reto-de-la-nueva-paternidad-sin-modelos-289067

La incógnita del virus del Nilo Occidental: ¿por qué puede convertirse en una amenaza mortal para algunas personas?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Narcisa Martínez Quiles, Catedrática de Inmunología (UCM) y Especialista en Inmunología (Ministerio de Sanidad), Universidad Complutense de Madrid

frank60/Shutterstock

El virus del Nilo Occidental (VNO) ha dejado de ser una enfermedad exótica en España. Desde el importante brote registrado en Andalucía en 2020, los casos en humanos se repiten cada verano y el virus se ha consolidado como un problema de salud pública en varias regiones del país. Así, esta temporada se han notificado 46 diagnósticos en el territorio andaluz hasta el 18 de agosto, uno de ellos con resultado de muerte.

Su ciclo de transmisión, que involucra aves silvestres y mosquitos del género Culex, está bien descrito. También conocemos los factores ambientales que favorecen su expansión, como el aumento de las temperaturas, las lluvias y la abundancia de humedales donde proliferan los vectores.

Aunque los casos parecen haber disminuido con las medidas de control, las preguntas más importantes han dejado de ser ecológicas. Hoy, el mayor desafío consiste en comprender cómo interacciona el virus con las personas. Siete años de transmisión sostenida plantean un nuevo reto científico: entender por qué la infección pasa completamente desapercibida en la mayoría de los casos, mientras que en unos pocos provoca una encefalitis potencialmente mortal.

¿Cuántas personas se infectan realmente?

Debido a que aproximadamente el 80 % de las infecciones por el VNO son asintomáticas, desconocemos cuántas personas se infectan realmente. Alrededor del 20 % de los casos experimenta un cuadro febril inespecífico y menos del 1 % evoluciona hacia una enfermedad neuroinvasiva, como meningitis, encefalitis o parálisis. Aproximadamente un 10 % de los pacientes que desarrollan enfermedad grave mueren.

Al conocerse solamente cuántos casos graves se notifican cada verano, los pacientes que llegan a los hospitales representan la punta del iceberg.


Elaborado por la autora.

En España se ha desarrollado una excelente red de vigilancia en mosquitos, aves y caballos bajo el enfoque One Health (Una Sola Salud). Sin embargo, apenas existen estudios de seroprevalencia en población general que permitan estimar cuántas personas han desarrollado anticuerpos tras una infección inadvertida.

Sin esa información resulta difícil conocer la verdadera magnitud del problema, identificar las zonas de mayor transmisión o evaluar cómo evoluciona la inmunidad de la población con el paso de los años.

¿Por qué unas personas enferman y otras no?

Desde el punto de vista de la inmunología, el tipo de virus (variante concreta) y la reacción de las defensas del hospedador o individuo infectado marcan la diferencia.

Durante los primeros días de la infección, la respuesta inmunitaria innata establece una barrera frente a la replicación y diseminación del VNO. Tras la picadura de un mosquito, el virus infecta inicialmente queratinocitos (las células más abundantes de la epidermis), células dendríticas de la piel, macrófagos (dos tipos de células imunitarias) y, en menor medida, fibroblastos (células del tejido conectivo), donde comienza a replicarse. Desde allí alcanza los ganglios linfáticos regionales y puede pasar al torrente sanguíneo.

Las primeras horas tras la infección son decisivas. Las células infectadas detectan la presencia del virus y producen interferones de tipo I, unas proteínas que actúan como la primera línea de defensa frente a numerosos virus. Activan cientos de genes antivirales capaces de limitar rápidamente la replicación del patógeno.

Si esta respuesta es rápida y eficaz, la infección suele quedar controlada antes incluso de producir síntomas. Si, por el contrario, el VNO consigue escapar a esa primera barrera, especialmente a los interferones tipo I, aumentará la carga viral y, con ello, la probabilidad de que alcance el sistema nervioso central.

Posteriormente entran en acción los anticuerpos neutralizantes y los linfocitos T, que eliminan las células infectadas y contribuyen a erradicar el virus. En la mayoría de las personas esta respuesta adaptativa completa el trabajo iniciado por la inmunidad innata.

¿Qué pasa cuando el virus alcanza el sistema nervioso central?

Cuando el patógeno consigue alcanzar una carga viral suficiente, puede acceder al sistema nervioso central mediante diferentes mecanismos. Dos de ellos son la alteración de la barrera hematoencefálica (la estructura celular que protege el cerebro) inducida por el propio virus y el transporte por parte de células inmunitarias infectadas, que actuarían como “caballos de Troya”.

Tras atravesar la barrera hematoencefálica, el virus infecta distintos tipos de células. En ese momento, el sistema inmunológico actúa adoptando un delicado equilibrio para eliminar esas células infectadas y, al mismo tiempo, evitar un exceso de inflamación en órganos especialmente vulnerables como el cerebro.

¿Hay variantes del virus más neuroinvasivas?

La respuesta es sí: la capacidad neuroinvasiva puede estar condicionada por características diferenciales entre las distintas variantes procedentes de los diferentes linajes del virus, de los que se han descrito siete.

Como se ha mencionado, en la mayoría de los casos, la gravedad parece surgir de la interacción entre la virulencia de la cepa y la capacidad del sistema inmunitario del hospedador para contener la infección durante los primeros días.

¿Influyen nuestros genes?

Aunque la edad avanzada, la inmunosupresión o enfermedades como la diabetes o hipertensión aumentan el riesgo de desarrollar enfermedad neuroinvasiva, también se han identificado variantes genéticas que podrían modificar la susceptibilidad de cada individuo. Entre ellas destaca una mutación rara del gen CCR5, denominada CCR5-Δ32 (Δ32 equivale a pérdida o deleción de 32 aminoácidos, los componentes básicos de las proteínas), cuya historia ilustra hasta qué punto la relación entre genética e inmunidad puede resultar paradójica.

CCR5 tiene una doble cara: codifica para un receptor de quimiocinas, sustancias atrayentes de los leucocitos que dirigen el tráfico de estas células defensivas (como su migración hacia los tejidos infectados); y, a la vez, es un receptor del virus de la inmunodeficiencia humana (VIH). También sabemos que las personas portadoras de dos copias u homocigotas de la mutación CCR5-Δ32 son altamente resistentes a la infección por la mayoría de las variantes del VIH. Esta observación hizo posibles las escasas curaciones de la infección mediante trasplante de médula ósea procedentes de donantes portadores de dicha variante. La primera curación fue la del denominado paciente de Berlín.

Sin embargo, esa misma mutación podría aumentar la susceptibilidad frente al virus del Nilo Occidental. Diversos estudios experimentales han demostrado que, en ausencia de un receptor CCR5 funcional, los linfocitos migran con menor eficacia hacia el sistema nervioso central. Como consecuencia, el patógeno puede persistir durante más tiempo en el cerebro y aumentar el riesgo de desarrollar encefalitis.

Esto es un recordatorio de que la evolución rara vez genera soluciones universales. Una variante genética puede resultar beneficiosa frente a un patógeno y perjudicial frente a otro completamente distinto.

¿Ha llegado el momento de replantearse la investigación?

En mi opinión, necesitamos saber cuántas personas se infectan realmente cada verano. Se precisa conocer a fondo los factores inmunológicos que confieren protección y cómo evoluciona la inmunidad de la población tras exposiciones repetidas. Responder a estas preguntas requerirá estudios de seroprevalencia en la población general en las zonas afectadas y cohortes clínicas bien caracterizadas.

El virus del Nilo Occidental ya no representa únicamente un desafío para la vigilancia epidemiológica: se ha convertido también en una oportunidad científica para comprender por qué, frente a un mismo virus, el sistema inmunitario puede escribir historias completamente diferentes.

The Conversation

Narcisa Martínez Quiles no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La incógnita del virus del Nilo Occidental: ¿por qué puede convertirse en una amenaza mortal para algunas personas? – https://theconversation.com/la-incognita-del-virus-del-nilo-occidental-por-que-puede-convertirse-en-una-amenaza-mortal-para-algunas-personas-289416

¿Por qué las empresas de inteligencia artificial están comprando millones de libros?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paloma González Díaz, Assistant lecturer, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Los libros de segunda mano están siendo un filón para las empresas de inteligencia artificial. Tom Hermans / Unsplash

Durante años, buena parte de la inteligencia artificial actual se entrenó con contenidos disponibles en internet. Páginas web, foros, artículos, enciclopedias y repositorios digitales proporcionaron enormes cantidades de texto para enseñar a los grandes modelos de lenguaje. Pero la red empieza a mostrar sus límites. Algunas empresas tecnológicas han buscado otra fuente de conocimiento y han encontrado en los libros la solución.

A principios de 2026, The Washington Post reveló una de estas estrategias a partir de documentos judiciales relacionados con Anthropic, la empresa responsable del asistente de IA Claude. La investigación sacó a la luz “Project Panama”, un proyecto secreto iniciado en 2024 para adquirir libros impresos a gran escala. Los ejemplares se escaneaban y sus textos se incorporaban a los procesos de desarrollo de modelos de IA. Para acelerar el proceso, millones de libros fueron cortados, digitalizados y después enviados a reciclar.

El procedimiento muestra un cambio importante en la forma de valorar el libro. El objeto físico pierde importancia frente a su contenido. El texto puede extraerse, convertirse en datos y utilizarse para alimentar modelos de inteligencia artificial.

Anthropic no es la única compañía interesada en acceder a grandes colecciones de libros. En mayo de 2026, cinco grandes editoriales estadounidenses y el escritor Scott Turow demandaron a Meta y Mark Zuckerberg. Los acusaron de utilizar millones de libros y artículos procedentes de repositorios piratas para entrenar a su modelo Llama. Otros litigios contra empresas de IA apuntan en la misma dirección.

Los libros han adquirido así un nuevo valor estratégico. Ya no son solo objetos que contienen y transmiten conocimiento. También son grandes conjuntos de datos en la competición por desarrollar mejores modelos de inteligencia artificial.

¿Qué tienen los libros que no tenga internet?

Los grandes modelos de lenguaje necesitan enormes cantidades de texto. Sin embargo, cantidad y calidad no son necesariamente lo mismo.

Internet ofrece una diversidad difícil de encontrar en otro lugar. Pero también contiene textos breves, repetidos o poco revisados.

Además, desde 2022, cada vez hay más contenidos creados con IA en internet. Un estudio publicado en 2026 analizó páginas web aparecidas entre 2022 y 2025. A mediados de 2025, alrededor del 35 % de las nuevas páginas estudiadas incluían textos generados o modificados con IA. Esto no significa que el 35 % de internet haya sido creado por máquinas, pero sí muestra que estos contenidos tienen cada vez más presencia en la red.

El problema no es solo distinguir quién ha escrito qué. Una investigación publicada en Nature ya mostró en 2024 que entrenar sucesivas nuevas generaciones de modelos con contenidos producidos por modelos anteriores puede provocar una degradación progresiva de los resultados.

En este contexto, los libros anteriores a la expansión de la IA generativa adquieren un nuevo valor. Ofrecen a las empresas tecnológicas contenidos extensos y estructurados que, en muchos casos, han pasado por procesos profesionales de edición y corrección. Además, han sido escritos por personas.

Cuando el patrimonio se convierte en datos

Durante siglos hemos creado bibliotecas, archivos y universidades para conservar una parte de nuestra memoria colectiva. Estas instituciones no se limitan a almacenar sus fondos, también los catalogan, los preservan y los hacen accesibles.

La inteligencia artificial está dando un nuevo valor a ese patrimonio. No interesa el ejemplar físico; importa la información que contiene. Al digitalizarlo, el texto puede convertirse en datos y utilizarse para entrenar modelos de IA.

Desde la pasada primavera, libreros de España, Alemania, Australia y Nueva Zelanda han alertado de pedidos masivos y poco habituales realizados por la empresa canadiense Zoom Books. Esta compañía se dedica a la venta de libros de segunda mano por internet. Sus compras suelen realizarse a través de grandes plataformas como AbeBooks o Biblio. En ellas se pueden encontrar desde títulos baratos hasta ediciones raras y difíciles de conseguir.

Estos patrones de compra –y el precedente de Anthropic– han despertado sospechas. Sobre todo, por su volumen y por el interés en obras antiguas, descatalogadas o que no están disponibles en formato digital. Zoom Books niega que sea para alimentar a la IA y, por el momento, no existen pruebas concluyentes que permitan atribuirle ese fin.

Libros amontonados en columnas.
Las librerías de segunda mano son un filón de ejemplares descatalogados, exóticos o raros.
Rhamely / Unsplash

Pero el fenómeno muestra hasta qué punto el contenido de los libros ha adquirido un nuevo valor. La información puede extraerse del objeto, convertirse en datos y circular de forma independiente. Muchos de estos textos nunca se han digitalizado, y algunos contienen conocimientos locales, especializados o publicados en lenguas con poca presencia en internet. Ofrecen información que todavía no está disponible en grandes bases de datos digitales.

Una nueva carrera por el conocimiento

Durante los últimos años hemos hablado de la carrera de la IA en términos de procesadores, energía, centros de datos y algoritmos. Pero la compra masiva de libros pone sobre la mesa otro recurso estratégico, mucho menos visible: el conocimiento humano.

Destruir un ejemplar puede parecer poco relevante cuando existen miles de copias. Pero no todos los libros están en esa situación. Muchos están descatalogados, tuvieron tiradas pequeñas o pertenecen a editoriales y ámbitos locales. Otros son difíciles de encontrar. En estos casos, cada ejemplar que desaparece dificulta el acceso a su contenido.

También importa qué libros se eligen. No todos los conocimientos están igual de representados en los datos que utilizan los modelos de IA. La selección puede reforzar desequilibrios que ya existen en internet.

La lengua es un buen ejemplo. También lo son el origen geográfico, la época o el tipo de conocimiento. Algunas culturas, perspectivas y formas de entender el mundo pueden estar muy presentes. Otras, mucho menos. Y otras pueden quedar al margen.

A esto se suma el debate sobre los derechos de autor. Escritores, editoriales y otros creadores cuestionan que sus obras puedan utilizarse para entrenar sistemas comerciales de IA sin permiso ni compensación. En Europa, la normativa sobre inteligencia artificial intenta aportar algo más de transparencia. Entre otras medidas, exige a las empresas responsables de los grandes modelos informar sobre los contenidos utilizados para entrenarlos y adoptar medidas para respetar la legislación europea sobre derechos de autor.

La cuestión, en todo caso, no es solo qué pueden aprender las nuevas herramientas tecnológicas de nuestros libros. Debemos preguntarnos qué ocurre con ellos tras su digitalización y procesamiento masivo, qué se conserva, qué puede llegar a desaparecer y qué conocimientos quedan fuera. Porque seleccionar los contenidos con los que aprende una IA también significa decidir qué voces estarán más presentes en sus respuestas y qué sesgos puede reproducir.


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Paloma González Díaz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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El motor oculto de la evolución: cómo las inversiones en el genoma aceleran la formación de nuevas especies

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marcial Escudero, Catedrático del Departamento de Biología Vegetal y Ecología, Universidad de Sevilla

Cuadro geogenómico de la isla de La Reunión para mostrar la especiación a través de un gradiente volcánico. Laura Fraile, a partir de conversación con Marcial Escudero.

Viajar a la isla de La Reunión es adentrarse en un mundo de contrastes geográficos y biológicos. Aunque se encuentra en pleno océano Índico, es un departamento francés de ultramar, por lo que forma parte del espacio Schengen y, en sus calles, se paga con euros. Antiguamente conocida como Bourbon, esta joven isla volcánica forma, junto a Mauricio y otras islas menores, el archipiélago de las Mascareñas.

Ilustración del pájaro dodo, del siglo XVII.
Anónimo / Wikimedia Commons.

Y si las islas Galápagos sirvieron a Charles Darwin como un gran laboratorio natural para asentar las bases biológicas de la evolución, las Mascareñas han sido históricamente el escenario fundacional para entender la extinción, por haber sido el hogar del célebre pájaro dodo, que desapareció a finales del siglo XVII.

Por otro lado, debido a su enorme dinamismo geológico y a la disponibilidad de nichos ecológicos vacantes, las islas oceánicas jóvenes como La Reunión son también lugares privilegiados para estudiar la especiación –proceso mediante el cual una población de una determinada especie da lugar a otra u otras especies– y la evolución en tiempo real.

La evolución a zancadas

Solemos imaginar la evolución biológica como un proceso meticuloso y extraordinariamente lento, impulsado por la acumulación constante de pequeñas mutaciones a lo largo de millones de años. Sin embargo, como bien argumentó el paleontólogo Stephen Jay Gould con su teoría del equilibrio puntuado, la evolución no siempre es un proceso rítmico y gradual. A menudo, ocurre a saltos. Es así, especialmente, en entornos insulares donde surgen drásticamente nuevos nichos ecológicos. Cuando la vida no tiene millones de años para adaptarse, encuentra vías rápidas para transformarse.

Planta de la especie Carex boryana en Les Makes-La Fenêtre (La Reunión).
Modesto Luceño.

Esta urgencia evolutiva es exactamente lo que observamos en la isla de La Reunión con dos plantas cercanamente emparentadas: Carex boryana y Carex borbonica. A pesar de haberse separado hace apenas medio millón de años –poco tiempo, desde el punto de vista evolutivo–, coincidiendo con el surgimiento de las zonas de alta montaña de la isla, ambas especies muestran morfologías y ecologías radicalmente distintas.

Carex borbonica en Plaine de Remparts, cerca del cráter Commerson.
Modesto Luceño.

Tal y como el naturalista Alexander von Humboldt ilustró en sus pioneros estudios sobre los pisos de vegetación en los Andes, los gradientes altitudinales de las montañas –cambios en las condiciones ambientales, el clima y los seres vivos que ocurre a medida que ascendemos o bajamos por una zona de gran altura– son laboratorios vivos. En ellos, los biomas o ecosistemas característicos de una zona biogeográfica cambian drásticamente en distancias muy cortas.

En La Reunión, Carex boryana prospera en los húmedos bosques nubosos y selvas de elevación media. Por el contrario, Carex borbonica ha conquistado un piso ecológico extremo y superior: sobrevive en praderas muy secas. Incluso, ha llegado a colonizar auténticos desiertos de cenizas a gran altura bajo el imponente volcán activo del Pitón de la Fournaise.

Habitat de Carex boryana en la Plaine des Palmistes-Bois de Bébour.
Modesto Luceño.
Hábitat de Carex borbonica en Plaine de Remparts, cerca del cráter Commerson.
Modesto Luceño.

Los “candados” del ADN: cuando el genoma se da la vuelta

¿Cómo han podido estas dos plantas diferenciarse tanto en tan poco tiempo evolutivo a lo largo de las distintas altitudes? La respuesta no reside únicamente en la lenta acumulación de mutaciones, sino en alteraciones a gran escala en la estructura de su genoma.

Al secuenciar y ensamblar sus genomas en un estudio recientemente publicado, hemos descubierto que la divergencia entre ambas especies se concentra de manera desproporcionada en regiones específicas que han sufrido inversiones cromosómicas. Estas ocurren cuando un segmento masivo de ADN literalmente “se da la vuelta”; es decir, se rompe y se vuelve a insertar en su cromosoma, pero en sentido inverso. Estas regiones invertidas suprimen la recombinación genética local y actúan como un compartimento cerrado, un auténtico “candado” o bloqueo que protege a combinaciones enteras de genes adaptativos para que no se mezclen en caso de que se produzca flujo génico (cruzamientos) entre las dos especies incipientes.

Al suprimir la mezcla genética local, dichas inversiones relajan la llamada selección purificadora, lo que paradójicamente actúa como un acelerador evolutivo en esas zonas concretas.

Este mecanismo permite a los linajes vegetales saltarse las limitaciones evolutivas típicas y adaptarse rápidamente a nuevos entornos. Por ejemplo, algunas de las grandes inversiones detectadas en el genoma de Carex borbonica contienen genes fuertemente relacionados con la supervivencia a la extrema aridez y a las cenizas de las cumbres volcánicas.

El orden subyacente bajo el aparente desorden

Podemos visualizar la complejidad de este proceso observando la estructura del genoma durante la división celular. En la formación de los gametos reproductivos (la meiosis), para que los cromosomas con segmentos de ADN invertidos puedan alinearse correctamente con sus homólogos no invertidos, la estructura física se ve obligada a retorcerse formando intrincados bucles de inversión, lo que genera complejos nudos estructurales en el genoma.

Leonardo da Vinci utilizaba los nudos en sus dibujos para explicar cómo existe un orden profundo bajo un caos aparente. De forma análoga, estos nudos biológicos generados por las secuencias de ADN dadas la vuelta pueden parecer a simple vista un accidente genético o un aparatoso desorden estructural. Sin embargo, en realidad, son los arquitectos de un orden evolutivo superior: bloquean y estructuran la variación genética necesaria para que la vida prospere y se diversifique en las condiciones más adversas.

Nuestro estudio de la evolución biológica en islas como La Reunión contiene una lección fundamental, al mostrar que, para entender cómo se forma la biodiversidad y cómo las especies se adaptan a entornos cambiantes, no basta con leer la secuencia de letras individuales de los genes: la propia arquitectura física del genoma es el motor principal de la divergencia evolutiva. Es decir, en el gran manual de la evolución, la forma en la que se empaqueta y protege la información es tan decisiva como la información misma.

Cuadro geogenómico de la isla de La Reunión para mostrar la especiación a través de un gradiente volcánico.
Laura Fraile, a partir de conversación con Marcial Escudero.

The Conversation

Marcial Escudero recibe fondos de la Red Leonardo de la Fundación BBVA (fBBVA LEO23-2-9663-CMT-CMA-11).

ref. El motor oculto de la evolución: cómo las inversiones en el genoma aceleran la formación de nuevas especies – https://theconversation.com/el-motor-oculto-de-la-evolucion-como-las-inversiones-en-el-genoma-aceleran-la-formacion-de-nuevas-especies-289996

Qué son los ‘thanabots’: el duelo, convertido en un servicio de suscripción

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Vitor Lima, Associate Professor of Marketing, ESCP Business School

PerfectWave/Shutterstock

Nos suena el teléfono, y cuando respondemos, la voz al otro lado es la de un amigo fallecido. Recibimos un mensaje de felicitación de cumpleaños de un hijo difunto. Esto es hoy posible y está pasando.

Los thanabots o robots de duelo son programas de inteligencia artificial que se entrenan con información sobre una persona fallecida, información que obtienen de sus perfiles e interacciones en redes sociales y otros datos personales. Estos rastros de la vida de un ser humano se transforman en una inquietante identidad parlante moldeada por familias, algoritmos y empresas.

Lo que antes pertenecía al ámbito de las sesiones de espiritismo, la religiosidad personal o la ciencia ficción se está convirtiendo poco a poco en un servicio de consumo habitual.

En 2013, un episodio de la serie de ciencia ficción Black Mirror titulado “Ahora mismo vuelvo” planteaba la siguiente situación: la protagonista, Martha, pierde a su pareja, Ash, en un accidente automovilístico. El dolor es tan grande que recurre a un servicio que reconstruye a Ash partir de su “huella” digital. Empieza con mensajes, luego pasa a una voz familiar y termina con un cuerpo sintético. Esta réplica conoce las frases típicas y los chistes de Ash. Aunque puede reproducir lo que él dejó atrás, no puede recuperar lo que significaba ser él.

Los servicios de suscripción a Griefbot actúan de forma muy similar a los objetos transicionales, ya que permiten a las personas en duelo seguir conectadas virtualmente con el difunto. (Shutterstock AI)
Shutterstock AI, CC BY

No tardó en aparecer un caso similar (sin la parte del cuerpo sintético) en el mundo real. La cofundadora del chatbot Replika, Eugenia Kuyda, utilizó mensajes de su amigo fallecido, Roman Mazurenko, para crear un bot conversacional al estilo de este.

Hoy en día, los thanabots o robots de duelo emplean mensajes, fotografías, vídeos, grabaciones de voz y publicaciones en redes sociales para simular el discurso y el comportamiento de una persona fallecida. Forman parte de una creciente “industria del más allá” digital que convierte los rastros de una vida en recreaciones interactivas.

Más allá de la experimentación

El concepto ha ido mucho más allá de la experimentación marginal. Microsoft posee una patente, concedida en 2020, para “crear un chatbot conversacional de una persona concreta” utilizando datos sociales como mensajes, datos de voz, imágenes y otro material personal. La patente indica explícitamente que la “persona concreta” puede ser alguien que ya haya fallecido, ya sea un amigo, un familiar, una celebridad o una figura histórica.

Los precios dejan clara la lógica comercial. Un informe reciente describía que la app HereAfter AI (que anunció su cierre a en el verano de 2026) ofrecía planes por unos 199 dólares estadounidenses, mientras que se decía que la empresa surcoreana DeepBrain AI ofrecía recreaciones de avatares 3D de alta gama por hasta 50 000 dólares estadounidenses (sin contar las cuotas de mantenimiento).

De recuerdo a identidad parlante

La gente siempre ha recurrido a objetos para mantener el vínculo con los difuntos. Un abrigo puede conservar un olor. Una receta puede evocar la voz de alguien cercano. Un mensaje de voz guardado puede condensar años en segundos. Pero los objetos conmemorativos más antiguos transmiten algo de la persona sin pretender ser ella misma.

Un thanabot cambia ese esquema. Habla en primera persona: “Recuerdo”, “Te echo de menos”, “Sigo creyendo”, aunque se trate de frases nuevas generadas tras la muerte. Una fotografía dice: “Esta persona estuvo aquí”. Un thanabot dice: “Sigo aquí”.

Ese cambio en el pronombre puede plantear problemas. El sistema se construye a partir de lo que otros pueden recopilar, como mensajes, hábitos registrados, fotografías, chistes y acciones recordadas. A continuación, representa un punto de vista, como si estos fragmentos hubieran recuperado la vida interior que en su día les dio sentido.

Lo que parece conservación es, en realidad, creación. Cada respuesta combina los datos de la persona fallecida con las selecciones de la familia, las indicaciones de quien está de luto, las predicciones de un modelo y las decisiones de diseño de una empresa. La respuesta suena como si proviniera de una sola persona, pero su autoría puede estar repartida entre muchas.

¿Qué se está manteniendo vivo?

¿Es saludable seguir hablando con los fallecidos? El duelo nunca ha exigido silencio. La gente habla ante las tumbas, escribe cartas a los difuntos, repite rituales compartidos e imagina lo que diría un ser querido. Mantener un vínculo puede formar parte del duelo.

La pregunta más difícil no es si las personas deberían mantener una relación con los difuntos. Es precisamente qué es lo que ese acto mantiene “vivo”.

Las relaciones contribuyen a hacernos quienes somos. Nos convertimos en parejas, padres, hijos y amigos a través de la forma en que otras personas nos reconocen y se dirigen a nosotros. La muerte nos arrebata a una persona, pero también trastorna parte de la propia identidad del superviviente. Un padre o una madre que pierden a un hijo también pierden la voz que convertía su labor parental en un intercambio vivo.

Imposibilidad de ‘pasar página’

Un thanabot puede recuperar parte de ese reconocimiento. Puede recordar el aniversario, repetir la broma familiar o volver a llamar a alguien “mamá”. Pero el servicio no se limita a recrear una versión del difunto: también puede preservar una versión de la persona viva que existía dentro de esa relación. Esto, por supuesto, puede ofrecer consuelo al principio.

Sin embargo, es posible que mantenga a la persona en duelo anclada en una versión anterior de sí misma, organizada en torno a una relación que la muerte ha transformado. Las empresas podrían estar vendiendo acceso a los difuntos y, con ello, acceso a una versión anterior del cliente.

¿Quién decide en quién se convierten los fallecidos?

Un thanabot puede decir cosas que la persona fallecida nunca dijo. Esto puede resultar atractivo, pero las dificultades éticas pueden surgir precisamente ahí. En 2025, el padre de Joaquín Oliver, un joven de 17 años asesinado en el tiroteo escolar de Parkland de 2018, creó una versión de su hijo basada en la inteligencia artificial y permitió que un periodista lo entrevistara. El avatar respondió a nuevas preguntas utilizando la voz de Joaquín y defendió públicamente su activismo contra las armas.

La misma cuestión se plantea en el ámbito privado, dentro de las familias. ¿Quién tiene derecho a autorizar una recreación: el cónyuge, un progenitor, todos los hermanos o solo la propia persona antes de su muerte? El amor puede motivar la reconstrucción, pero no otorga autoridad ilimitada sobre la identidad de otra persona. Y el consentimiento es solo el principio.

Un thanabot puede cambiar con el tiempo. Una actualización de software puede alterar su vocabulario, su sentido del humor, sus “recuerdos” o su tono político. Los familiares pueden subir nuevo material, lo que le permite evolucionar más allá de la vida con la que se le entrenó. En algún momento, la conservación da paso a la interpretación.

De la interpretación a la invención

La interpretación se convierte entonces en invención. La propiedad, por tanto, está dividida desde el principio. La familia puede aportar el archivo. La empresa controla el modelo, la interfaz y los servidores. La persona fallecida aporta la identidad que confiere al producto su valor emocional y comercial, pero ya no puede renegociar el acuerdo. Las empresas pueden decidir qué versión aparece, qué recuerda y cuánto tiempo permanece disponible. Es posible que una memoria de mayor calidad esté reservada a un nivel premium. Una voz familiar puede cambiar tras una actualización. El clon puede desaparecer cuando la empresa cierre.

El psicoanalista Jacques Lacan distinguía entre la muerte biológica y la muerte simbólica, que se produce cuando una persona desaparece de la memoria colectiva. La resurrección por suscripción, como sugerimos en otro estudio, introduce una tercera posibilidad: la muerte digital se produce cuando cesa el pago, el proveedor cierra o se retira el modelo.

El poder de la empresa tras una imagen querida

En este caso, la ética no es abstracta. Está integrada en el propio servicio: qué consentimiento cuenta, quién responde por las distorsiones, cómo se valora el duelo y si una familia puede pausar, exportar o eliminar definitivamente una recreación sin verse obligada a alquilarla para siempre.

Los difuntos siempre han hablado a través de sus pertenencias, los rituales y las personas que los recuerdan. Lo nuevo es la respuesta animada generada, junto con el poder de una empresa para editarla, interrumpirla y facturarla. En cuanto el duelo depende del tiempo de actividad del servidor, alguien se adueña de la siguiente frase.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Qué son los ‘thanabots’: el duelo, convertido en un servicio de suscripción – https://theconversation.com/que-son-los-thanabots-el-duelo-convertido-en-un-servicio-de-suscripcion-289324

Conflictos lejanos que afectan al consumo cercano y hacen que suba la cesta de la compra

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Ángeles Fernández-Zamudio, Profesora Titular en el Departamento de Economía y Ciencias Sociales, Universitat Politècnica de València

Pierre Desrosiers/Shutterstock

Cuando sube el precio de los alimentos se piensa en las decisiones de negocio de los supermercados, o en malas cosechas, sequías o subidas de los costes de producción en el campo. Pero detrás del encarecimiento muchas veces hay factores menos previsibles y más lejanos como son las guerras, las crisis energéticas, los problemas logísticos o las tensiones comerciales internacionales.

La reciente subida del precio de los alimentos no es un fenómeno exclusivamente español. Los mercados internacionales también han experimentado fuertes incrementos, hasta alcanzar, en 2022, los niveles más elevados observados por el Índice de Precios de los Alimentos de la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura (FAO).

Este índice, con datos mensuales desde 1961, permite visualizar la tendencia de encarecimiento o abaratamiento de la cesta alimentaria. Lo que se observa es que, entre 2019 y 2024, los precios de los alimentos en España aumentaron más que el resto de elementos que componen el consumo de las familias.

Una cadena alimentaria compleja en su dimensión e interrelaciones

Para completar el circuito de producción, distribución y comercio de alimentos se requieren abundantes insumos (agua, energía, fertilizantes, tecnología, etc.) y procesos (manipulación, almacenamiento, transporte, etc.), que son asumidos por los distintos eslabones que conectan la producción en origen con el consumidor final.

A los insumos que se necesitan para la producción agrícola se añaden los usados para la transformación, preparación o envasado en las industrias alimentarias, y los requeridos en la logística y distribución entre agentes mayoristas y minoristas. Finalmente, los productos se reciben en los establecimientos de venta final y llegan a los hogares o locales (restaurantes, comedores escolares, cantinas, etc.) donde se consumen.

Insumos críticos

La Comisión Europea ha reconocido que la guerra de Ucrania puso de manifiesto la vulnerabilidad del sistema alimentario europeo, debido a la dependencia de energía, fertilizantes y cereales importados. Al mismo tiempo, la FAO ha señalado que, desde antes de la invasión de Ucrania, los precios alimentarios a nivel global han estado presionados por el aumento de los costes energéticos y de los fertilizantes.

España es un ejemplo de país que, aunque produce gran cantidad y diversidad de alimentos, no por ello es autosuficiente. También depende del comercio internacional para el abastecimiento de numerosos productos; entre ellos, café, cacao, especias o diversas frutas tropicales que forman parte de los hábitos de consumo actuales.

Pero lo más importante es que no tiene autonomía para disponer de los insumos críticos para la producción de alimentos: el petróleo (como elemento clave de toda la logística y movimiento de maquinarias), los fertilizantes (muchos de ellos se fabrican usando gas natural), los cereales (base de la producción de piensos para el ganado) o la tecnología empleada en el riego o en dispositivos electrónicos que en muchas ocasiones tampoco se fabrican en España ni en el resto de Europa.

Por lo tanto, la vulnerabilidad de un territorio no está tanto en su capacidad para producir alimentos, sino en la dependencia externa de los recursos imprescindibles para seguir produciéndolos.

Cuando las crisis globales llegan al supermercado del barrio

Cuando a las crisis naturales (por sequías, danas o incrementos de temperatura) se suman otros conflictos globales, queda de manifiesto la fragilidad que tienen las sociedades en su soberanía alimentaria. Un ejemplo muy conocido: hace cinco años, la pandemia de covid-19 paralizó todas las cadenas logísticas y la economía mundial. Después le han seguido otros conflictos geopolíticos (la guerra de Ucrania, la guerra comercial impulsada por Trump, el conflicto en Oriente Medio) que siguen generando importantes impactos en el comercio de alimentos.

En 2021 hubo una crisis energética global y el Banco Mundial señaló al incremento del precio del gas natural como la causa del encarecimiento de los fertilizantes nitrogenados. A principios de 2022 se inició la guerra de Ucrania, que aún perdura, y la FAO ha señalado que Rusia y Ucrania ocupan posiciones estratégicas en el comercio mundial de cereales, y que Rusia es uno de los principales exportadores de fertilizantes. Así, el índice mundial de precios alimentarios alcanzó máximos históricos en 2022.

Posteriormente se han sucedido otros conflictos, como los de Oriente Medio o el cierre del estrecho de Ormuz. El Banco Mundial ha advertido que las crisis en zonas donde se concentra el petróleo pueden generar nuevas perturbaciones en los mercados energéticos y de fertilizantes, causando un impacto directo sobre los costes de producción agraria y de transporte y distribución de alimentos.

Comprender la cadena para fortalecer la soberanía alimentaria

Solemos asociar la soberanía alimentaria con producir alimentos dentro de las propias fronteras. Sin embargo, producir no basta si se depende del exterior para obtener energía, fertilizantes, materias primas o tecnologías esenciales. Comprender cómo funciona la cadena alimentaria es el primer paso para hacerla más sostenible, y esta es una labor que no solo deben hacer los agentes que operan en la agrocadena.

Para ayudar a mitigar los efectos negativos de los factores externos, se debe apoyar a los tipos de agricultura más resilientes y adaptadas al cambio climático. Un ejemplo: no se les puede exigir cosechas máximas a quienes producen si solamente se comercializan las frutas y verduras estéticamente perfectas, ya que se están desaprovechando todas aquellas que no alcanzan los actuales estándares comerciales, además de todos los insumos utilizados para obtenerlas: agua de riego, fertilizantes, fitosanitarios, mano de obra, etc.

Consumo informado y consciente

El poder del consumo puede ser inmenso, sobre todo si las personas lo hacen de manera consciente e informada, optando por el producto local y de temporada, diversificando los proveedores, fomentando que haya menos intermediarios y reconociendo el papel del trabajo agrario en la sociedad. Las decisiones meditadas de la ciudadanía acaban fortaleciendo la seguridad alimentaria de los países, y preparan y protegen a los países para las futuras crisis.

Los conflictos recientes recuerdan una realidad que a menudo pasa desapercibida: la seguridad alimentaria no depende únicamente de producir alimentos. También depende de la capacidad para mantener funcionando una compleja red de energía, transporte, fertilizantes, tecnología o comercio. Entender cómo funciona esa cadena es el primer paso para hacerla más resiliente. Porque, en un mundo globalizado, lo que ocurre lejos se acaba reflejando en lo cotidiano y local.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Conflictos lejanos que afectan al consumo cercano y hacen que suba la cesta de la compra – https://theconversation.com/conflictos-lejanos-que-afectan-al-consumo-cercano-y-hacen-que-suba-la-cesta-de-la-compra-282101