Pourquoi les politiciens échouent à gérer les problèmes complexes… et comment y remédier

Source: The Conversation – in French – By Benoît Béchard, Chercheur | Docteur en psychologie de la décision Ph. D., Université Laval

Pourquoi peinons-nous, comme société, à faire face aux grands défis de notre époque, comme les changements climatiques, les pandémies, les inégalités sociales ou les crises économiques ? Parce que ce sont des enjeux d’une grande complexité.


Et ainsi en est-il de l’actuelle guerre commerciale.

Depuis le 22 août, les États-Unis imposent des droits de douane de 50 % sur de nombreux produits canadiens d’une valeur de 27,6 milliards de dollars. En raison de son économie exportatrice fortement intégrée au marché américain, le Québec serait la province du Canada la plus durement touchée par ce barrage tarifaire. Les dernières données fournies par la Banque Nationale indiquent que le taux moyen appliqué aux exportations québécoises atteindra près de 11 %.

Cette pression tarifaire s’est intensifiée au cours de 2025. Les décideuses et décideurs politiques ont d’abord adopté une posture d’attentisme alimentée par la stupeur et l’incertitude, avant de devoir prendre des décisions dans l’urgence. Nous nous trouvons désormais face au genre de situation complexe dans laquelle les capacités de la cognition humaine peuvent rapidement montrer leurs limites.

À l’aune du rendez-vous électoral québécois du 5 octobre, l’enjeu de la présente campagne n’est ni la santé, ni l’éducation, ni l’environnement, ni même l’économie : tous ces domaines contribuent à organiser un environnement de décision dans lequel aucun ne peut être géré indépendamment des autres.

L’imposition de nouveaux tarifs douaniers peut non seulement fragiliser les entreprises québécoises, entraîner des mises à pied et diminuer le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi provoquer des effets en cascade dans l’ensemble de la société : la précarité financière peut accroître les besoins en santé mentale et en services sociaux ; les perturbations des chaînes d’approvisionnement, compromettre l’accès à des biens essentiels et accentuer les enjeux de sécurité alimentaire et énergétique ; et l’accumulation de ces pressions, exacerber les tensions sociales et amplifier les inégalités entre les populations et les territoires.

Pour les politiciennes et les politiciens, il ne s’agit pas simplement de s’engager à limiter la hausse des loyers à l’inflation, de décréter un gel d’embauche dans la fonction publique ou de réviser le taux d’imposition aux entreprises. Le véritable défi sera d’apprendre à composer avec l’incertitude. Compte tenu de la complexité de la situation, ils devront accorder une attention accrue aux effets indirects de leurs politiques, à l’évolution dynamique des enjeux dans le temps et aux interdépendances entre les différents secteurs de la société.

« Bons » et « mauvais » décideurs

La littérature scientifique documente largement les limites de la cognition humaine face à la complexité.

Parce que l’humain peine à saisir les interactions non-linéaires entre aussi peu que quatre facteurs (p. ex., PIB, taux de chômage, taux d’intérêt, inflation), il tend à simplifier l’information. Dans la mesure où les politiciennes et politiciens ont un travail qui peut nécessiter des prises de décisions rapides dans un contexte où les données sont souvent parcellaires, ils sont susceptibles d’aggraver les problèmes qu’ils cherchent à résoudre, voire d’en créer de nouveaux.

Face à la complexité, les « bons » et les « mauvais » décideurs ne se distingueraient pas seulement par leurs décisions, mais aussi par leur manière d’aborder la complexité.

Les « mauvais » décideurs limiteraient le nombre d’options envisagées en surfocalisant l’attention sur des fragments d’information. Ils prendraient moins de décisions en se convainquant que le temps va faire son œuvre, négligeraient les causes structurelles des problèmes pour plutôt « papillonner » sur des questions cosmétiques et des considérations de surface. Ils réagiraient aux enjeux saillants dans l’espace public en se contentant de préserver ce qui fonctionne ; ou encore sélectionneraient les informations qui confortent leurs croyances personnelles.

Face à l’incertitude, ce type de comportement vise essentiellement à réduire la complexité à un niveau intelligible.

Les tarifs : un archétype de complexité politique

En tant que docteur en psychologie de la décision, mon travail n’est pas de fournir des réponses toutes faites à une incertitude qui, par définition, ne peut être résolue. Je cherche plutôt à comprendre pourquoi les politiciennes et les politiciens échouent si souvent à gérer les problèmes complexes.

La récente publication de mon livre Biais et politique aux Presses de l’Université du Québec s’inscrit dans cette démarche. J’y montre comment les personnes élues tendent à réduire, parfois excessivement, la complexité des problèmes sociopolitiques.

La présente campagne électorale vient rappeler aux partis politiques et à leurs candidates et candidats qu’ils doivent résister à la tentation de se livrer à l’exercice usuel : promettre des baisses de taxes et d’impôts, laisser espérer une marée d’investissements une fois au pouvoir, éviter de reconnaître leurs erreurs passées, ou s’approprier seulement les réussites des anciens gouvernements. Bref, promettre tout, à tout le monde.

Les tarifs auront des conséquences qui n’affecteront pas seulement les entreprises exportatrices. Avec le dynamisme qui articule les échanges commerciaux, la situation change et évolue, avec ou sans l’intervention des politiciennes et des politiciens. Au fil du temps, les entreprises qui composent la chaîne d’approvisionnement pourraient, elles aussi, voir la demande pour leurs produits et services diminuer.




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La deuxième ligne dépend de ses fournisseurs. La troisième ligne aussi. Et ainsi de suite. Ces effets en cascade menacent directement plus de 18 000 emplois dans une province qui en a perdu près de 60 000 depuis le début de l’année. La riposte du gouvernement canadien, prévue pour le 8 septembre, pourrait alimenter l’inflation et accroître la pression sur les finances publiques. Lorsque cette pression augmente, les gouvernements peuvent être tentés de privilégier des solutions superficielles et de se tourner vers celles et ceux qui peuvent contribuer à rééquilibrer rapidement les finances publiques. Vous avez deviné : les contribuables.

Il n’existe pas de solution simple aux problèmes complexes. Méfiez-vous de la candidate ou du candidat qui promettra de régler définitivement un enjeu social complexe. Il sous-estime la nature du défi qui occupe les gouvernements et sa « solution » pourrait nuire davantage qu’elle n’aidera.

Développer la pensée complexe comme une compétence cognitive durable

Chaque jour, l’actualité nous rappelle que des décisions de fortune prises pour résoudre des problèmes complexes peuvent en créer de nouveaux. Santé Québec vient encore une fois de nous en donner un exemple : la modernisation de ses systèmes de ressources humaines ayant été mise sur la glace, quelque 465 millions de dollars ont depuis été consacrés au maintien de logiciels dépassés, alors que leur remplacement avait été initialement évalué à 106 millions.

Les décideuses et les décideurs politiques doivent faire preuve d’humilité face à l’ampleur des défis auxquels ils sont confrontés. Il ne s’agit pas de prétendre qu’ils ignorent nécessairement les effets indirects ou différés de leurs décisions, mais de reconnaître la difficulté à les anticiper lorsque de nombreux facteurs interagissent et que la situation évolue dans le temps.

Cela exige de pousser le raisonnement au-delà des effets immédiats d’une intervention et de s’interroger sur les « conséquences des conséquences ». Dans certains cas, l’absence de problème ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire. La prévention comporte elle-même des coûts et des arbitrages à prendre en compte. Les enjeux sont trop importants pour que les décisions reposent uniquement sur ce qui est visible aujourd’hui.

La recherche scientifique explore aujourd’hui une piste prometteuse : développer la pensée complexe comme une compétence cognitive durable. Certains chercheurs, dont je fais partie, réfléchissent actuellement à la possibilité d’un entraînement systématique par simulation, un peu comme on développe la capacité à communiquer devant un groupe : en s’exposant à différentes situations, en s’exerçant et en recommençant.

Cet entraînement à la pensée complexe pourrait peut-être aider nos personnes élues à mieux gérer les sautes d’humeur de Donald Trump.

La Conversation Canada

Benoît Béchard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi les politiciens échouent à gérer les problèmes complexes… et comment y remédier – https://theconversation.com/pourquoi-les-politiciens-echouent-a-gerer-les-problemes-complexes-et-comment-y-remedier-290765

De Ceuta a Washington: cómo la ultraderecha convierte la inmigración en una guerra cultural global

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Alvarado, Associate professor, Universidade de Vigo

OSCAR GONZALEZ FUENTES/Shutterstock

Cuando decenas de miles de personas cruzaban irregularmente hacia Ceuta el pasado 30 de julio, Santiago Abascal, líder del partido ultraderechista Vox, no dudaba en hablar ya de “invasión”.

Apenas unas horas después, Donald Trump utilizó el mismo término y presentó lo ocurrido en la ciudad autónoma española como advertencia de lo que podría suceder en Estados Unidos si los demócratas recuperaban el poder.

En Francia, el europarlamentario del partido ultraderechista francés Rassemblement National (RN) Thierry Mariani afirmó que la polémica novela distópica y apocalíptica Le Camp des saints había dejado de ser ficción. Franck Allisio, diputado del mismo partido, preguntó si después de Ceuta sería el turno de Marsella, Niza o Toulon y añadió: “¿Cómo no pensar en Raspail?”.

La catástrofe asociada al declive de Occidente

Reconocido literato próximo a círculos de la ultraderecha de la época, Jean Raspail imaginó en Le Camp des saints, novela publicada en 1972, la llegada a la costa francesa de un millón de personas procedentes del subcontinente indio. No aparecen como individuos con trayectorias diferenciadas, sino como un cuerpo colectivo que avanza sobre Europa.

Frente a ellos, el autor presenta a políticos, medios de comunicación, Iglesia y organizaciones humanitarias como actores incapaces de reaccionar, mientras una parte de la sociedad occidental ha perdido la voluntad de defenderse. La obra presenta la inmigración como catástrofe asociada al declive de Occidente.

El libro adquirió pronto una dimensión política. Jean-Marie Le Pen contribuyó a incorporarla al repertorio de la extrema derecha francesa, y su hija, Marine, volvió a recurrir a ella durante la crisis de refugiados de 2015, invitando a los franceses a “leer o releer” el libro, al tiempo que hablaba de “sumersión migratoria”.

La referencia cruzó el Atlántico ese mismo año. Stephen Miller, quien se convertiría en uno de los arquitectos de la política migratoria de Donald Trump, recomendó The Camp of the Saints a Breitbart News. El entonces director del influyente medio digital de la derecha radical, Steve Bannon, recurrió también a Raspail para interpretar la llegada de migrantes a Europa.

Raspail dio forma literaria a la vieja idea de una Europa amenazada por poblaciones foráneas, que reaparecería con formulaciones diferentes. El escritor y novelista francés Renaud Camus popularizó a partir de 2011 la “teoría del gran reemplazo”, según la cual los europeos estarían siendo progresivamente sustituidos por inmigrantes.

La presentación es distinta, pero persisten elementos reconocibles como una comunidad nacional amenazada, el cambio demográfico convertido en peligro existencial y unas élites acusadas de permitirlo.

Este tipo de marcos circula entre derechas radicales de distintos países y se adapta a las historias, conflictos y lenguajes propios de cada país. Es lo que se conoce como glocalización, un proceso por el que ideas de alcance internacional adquieren una expresión nacional.

Cuando la frontera protege una identidad

En España, esa adaptación vincula inmigración, fronteras y soberanía con una determinada concepción de la identidad nacional. La Agenda España de Vox presenta el “globalismo” como una amenaza simultánea para la soberanía y la identidad cultural de las naciones occidentales.

Otro documento programático del partido de ultraderecha relaciona expresamente inmigración, fronteras, soberanía e integridad territorial. Fratelli d’Italia incorpora a ese repertorio la defensa de la natalidad, la familia y las raíces culturales nacionales. Un mismo marco compartido adquiere así acentos diferentes según el país.

El partido francés Rassemblement National establece una relación similar. Su programa sobre inmigración vincula el control de las fronteras con la nacionalidad y la identidad francesas, la primacía del derecho nacional y una pretendida recuperación de la soberanía popular.

En Estados Unidos, el programa electoral de Trump en 2024 relaciona la “invasión” de la frontera sur con la protección de la soberanía estadounidense y presenta la identidad y el modo de vida del país como “amenazados”. Estas variantes confluyen en lo que se define como “soberanismo identitario”. La frontera delimita el territorio sobre el que el Estado ejerce su autoridad y, al mismo tiempo, quién pertenece a una comunidad definida en términos culturales.

La paradoja es que esta supuesta defensa a ultranza de la soberanía nacional se construye mediante intercambios transnacionales. Los partidos mantienen contactos, participan en encuentros internacionales, forman alianzas parlamentarias y se relacionan con fundaciones, think tanks (laboratorios de ideas) y medios que multiplican las interacciones. Vox multiplica contactos con fuerzas de la derecha radical europea o el entorno republicano estadounidense con las que comparte diagnósticos y propuestas. No se trata de reproducir un programa común. Las alianzas facilitan la circulación de ideas que cada organización incorpora a su propio lenguaje político.

Una “guerra cultural” mucho más amplia

La inmigración es solo uno de los terrenos en los que operan estas dinámicas. James Davison Hunter popularizó en 1991 el concepto de “guerra cultural” para explicar conflictos que enfrentaban visiones morales contrapuestas sobre cuestiones como el aborto o la religión en la escuela. Desde entonces, su significado se ha ampliado. Género, familia, educación, diversidad sexual o identidad se presentan como partes de una disputa sobre los valores y formas de vida que deberían definir una sociedad.

En Europa, este repertorio incorpora además cuestiones propias, que van desde el islam y la secularización hasta la integración europea o la llegada de población extranjera.

La adaptación de estas “guerras culturales” vuelve a producir variantes nacionales. Vox incorpora a este repertorio la defensa de la familia tradicional, la crítica de las políticas de género y la denuncia del “globalismo”. Fratelli d’Italia pone el acento en la natalidad y las raíces culturales nacionales. El Fidesz de Viktor Orbán ha convertido la defensa de los valores tradicionales frente al liberalismo occidental en fundamento de su proyecto iliberal. Alternativa para Alemania (AfD) combina posiciones contrarias a la inmigración con el rechazo de políticas de igualdad y la reivindicación de la familia tradicional. En República Checa, estas disputas entrelazan identidad, género, sexualidad, inmigración y rechazo de la integración europea.

Estas cuestiones no permanecen aisladas entre sí. Existen estructuras argumentativas semejantes ante inmigración, igualdad de género y diversidad sexual. Además, es cada vez más notable la creciente convergencia temática entre los públicos digitales de Vox, Fratelli d’Italia y el Partido Republicano estadounidense, entre otros, precisamente alrededor de la inmigración y las guerras culturales.

La ultraderecha española participa así de un repertorio más amplio en el que fronteras, soberanía, familia, género o identidad pueden presentarse como dimensiones de una misma disputa sobre el cambio social.

Ceuta y el poder de una palabra

Lo ocurrido en Ceuta permite observar qué ocurre cuando esta particular gramática política se aplica a una crisis real. El 30 de julio se produjo una avalancha migratoria de una magnitud excepcional, con graves consecuencias humanitarias y de seguridad, además de repercusiones en las relaciones entre España y Marruecos.

Tildarla de “invasión” no aspira a captar su dimensión, sino a otorgarle un significado. Convierte a decenas de miles de personas con situaciones y motivaciones diferentes en un sujeto colectivo que amenaza a la comunidad nacional.

La frontera deja de aparecer únicamente como un espacio de control territorial y pasa a representar la línea que separa a esa comunidad de quienes supuestamente la amenazan.

La selección léxica para definir el acontecimiento condiciona la manera de entender sus causas y las respuestas consideradas adecuadas. Al comienzo de la crisis, Abascal reclamaba la militarización permanente de la frontera y calificaba lo ocurrido como un “acto de guerra”. Un mes después, trasladaba ese mismo marco a las movilizaciones por Ceuta y acusaba a Sánchez de “traicionar a los españoles” y actuar como “lacayo” de Marruecos.

La reacción trascendió las fronteras españolas. Meloni restableció controles para nacionales de terceros países procedentes de España, alegando razones de seguridad nacional. La decisión italiana resulta significativa porque Ceuta no forma parte del espacio Schengen y porque, durante la crisis de Lampedusa de 2023, Roma recibió apoyo de las instituciones europeas, incluido un mecanismo de solidaridad para trasladar migrantes a otros Estados miembros.

Ese contraste muestra las consecuencias de convertir la inmigración en un campo de disputa identitaria transnacional. El drama que sobrevino en El Tarajal devino argumento político en otros países y fue adaptado a sus respectivos debates nacionales.

Para Abascal, Ceuta fue una “invasión”; para Trump, una advertencia sobre lo que podía suceder en Estados Unidos; para dirigentes del RN, la confirmación de una ficción escrita medio siglo antes.

La coordinación de las derechas radicales multiplica así la capacidad de una misma gramática política para atravesar fronteras, interpretar realidades diferentes y convertirlas en argumentos de política interior.

The Conversation

David Alvarado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De Ceuta a Washington: cómo la ultraderecha convierte la inmigración en una guerra cultural global – https://theconversation.com/de-ceuta-a-washington-como-la-ultraderecha-convierte-la-inmigracion-en-una-guerra-cultural-global-290990

El mundo rural, de vestigio del pasado a laboratorio de futuro

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joaquín Martín Cubas, Profesor Titular de Ciencia Política y Administración. Instituto interuniversitario de Desarrollo Local, Universitat de València

El municipio de Aras de los Olmos, en Valencia, es un ejemplo de cómo el mundo rural puede ser fuente de innovación. Ecomuseo Aras/Wikimedia Commons, CC BY-SA

El 80 % de la superficie habitable del planeta es territorio rural. En él se produce la mayor parte de los alimentos que nos sustentan, se custodian los ecosistemas que regulan el clima y se preserva una diversidad cultural que no podemos permitirnos perder.

Sin embargo, durante demasiado tiempo, especialmente en España, los territorios rurales han sido vistos como espacios atrasados, cuando no estancados, en regresión u olvidados. Pero en la actualidad podemos decir que no siempre es así.

En muchos casos, los municipios rurales se están poniendo a la vanguardia de los procesos de desarrollo sostenible. Es más, lo rural ha pasado a ser un laboratorio vivo de innovación social y democrática.

Gobierno abierto y en red

Los modelos burocráticos y gerenciales del siglo XX han dejado paso, en el presente, a nuevas formas de gobernanza democrática basadas en el gobierno abierto, participado, en red, multinivel.

El objetivo de las políticas que se emprenden ya no es el mero crecimiento económico, sino el desarrollo sostenible. Y ese objetivo no puede alcanzarse con recetas universales, sino desde cada territorio particular, a través de políticas bottom-up (de abajo a arriba) que movilicen los recursos locales y que siempre requieren participación y diálogo social.

La Agenda 2030 de Naciones Unidas lo consagra expresamente: el Objetivo de Desarrollo Sostenible 16 exige instituciones eficaces y transparentes, y el 17 reclama alianzas entre gobiernos, sociedad civil y sector privado. La gobernanza democrática, en la actualidad, no es un adorno, sino una condición estructural del desarrollo.

Los desafíos del mundo rural

La participación ciudadana va mucho más allá del voto cada cuatro años: abarca el acceso a la información, la valoración crítica de las políticas, el control de los decisores y sus decisiones, la propuesta normativa, la consulta vinculante y, en última instancia, el empoderamiento real de la comunidad sobre sus propios asuntos.

La innovación pública, por su parte, no se reduce a introducir tecnología en los procesos habituales: consiste en encontrar soluciones nuevas a los problemas colectivos. Soluciones que nacen de la propia comunidad, generan valor social y fortalecen vínculos.

Ambos conceptos, participación e innovación, se revelan especialmente críticos en los territorios rurales despoblados, donde las administraciones locales son muy cercanas a la ciudadanía, pero deben hacer frente a enormes desafíos con recursos muy escasos.

¿Cuáles son esos desafíos en España? Jorge Hermosilla, profesor de la Universidad de Valencia, ha caracterizado a estos territorios rurales como simultáneamente problemáticos (despoblados, con dificultades de accesibilidad y déficit de servicios), contradictorios (ofrecen alta calidad ambiental y fuerte sentido de pertenencia, pero grave precariedad en sanidad, educación o conectividad), dependientes (subsidiarios del sistema urbano, con escaso emprendimiento y liderazgo) y vulnerables (la marcha de una sola familia, o el cierre de un bar o una escuela pueden cambiar el equilibrio de todo el pueblo).

En muchos municipios de menos de quinientos habitantes no existe sociedad civil organizada ni iniciativa privada: el Ayuntamiento es el único prestador de servicios con capacidad de generar economía. Esa es la magnitud del reto, pero también, como subraya el autor, la magnitud de la oportunidad.

Ejemplos de innovación social en pequeños municipios

Por suerte, la innovación social funciona y lo hace con contrastados rendimientos. Contamos en España con numerosos ejemplos inspiradores.

La comarca de Pinares (Burgos-Soria), mediante un laboratorio rural vecinal, ha generado soluciones sencillas y eficaces a problemas de la vida ordinaria de sus vecinas y vecinos. En Álava, el espacio Garaion transformó un caserío en ruinas en un centro cultural participativo generador de dinamismo económico y social. En Asturias, el Ecomuseo La Ponte es gestionado directamente por la comunidad local, convirtiendo el patrimonio en motor económico.

En Burgos, la plataforma Burgos Rural Market conecta pequeñas tiendas con consumidores de todo el territorio. Y, por poner otro ejemplo, los biodistritos agroecológicos de Andalucía y la Comunitat Valenciana muestran cómo agricultores, consumidores y ayuntamientos pueden diseñar juntos sistemas de producción sostenible.

Un caso especialmente revelador por su coherencia y por sus resultados medibles es el de Aras de los Olmos, municipio de menos de cuatrocientos habitantes de la provincia de Valencia, enclavado en la Serranía del Turia. Hace tres lustros, sus vecinos constituyeron una entidad de naturaleza mixta, público-privada, la Fundación El Olmo, como instrumento institucional de desarrollo compartido para su territorio.

Hoy, ese municipio, hasta aquel momento condenado según muchos al declive o la desaparición, es proveedor de servicios energéticos (en unos días, primer municipio de España totalmente autoabastecido por energías renovables), de servicios digitales (Centro de Innovación Territorial RuralTec), de servicios sociales (Centro de Mayores), formativos y de investigación científica (Centro Big History de divulgación científica y medioambiental) y de servicios editoriales (libros y revistas de carácter científico divulgativo).

Un edificio de tres plantas con balcones en el que pone 'BIG HISTORY' rodeador por árboles y setos
Centro Big History, en Aras de Olmos (Valencia).
Centro Big History

La pirámide demográfica se ha invertido, saneándose desde la base, las inversiones se han quintuplicado en quince años y el emprendimiento privado se ha recuperado. Lo que hace posible este milagro no es la ayuda externa, sino la planificación estratégica participada, la institucionalización de la cooperación y la movilización emocional de todos los recursos humanos disponibles, incluyendo a migrantes que mantienen su vínculo afectivo con el pueblo.

Condiciones para transformar un territorio rural

A partir de estos casos y otros muchos, podemos individualizar cuatro condiciones imprescindibles para que la participación y la innovación transformen un territorio rural:

  • Institucionalizar la cooperación más allá de los cauces tradicionales con los que los ayuntamientos la han venido impulsando en sus políticas sectoriales.

  • Romper estereotipos anclados en visiones administrativas del pasado e incrementar los recursos humanos al servicio del desarrollo, movilizando especialmente a las personas migrantes que mantienen el vínculo emocional con su pueblo de origen.

  • Tejer redes y alianzas con universidades, diputaciones, entidades civiles y municipios vecinos.

  • Crear una planificación estratégica participada con horizonte de largo plazo que dé sentido a la acción colectiva más allá de los tiempos que marca cada ciclo electoral, focalizando esfuerzos en objetivos, no de interés particular, sino de interés común.

No podemos dejar que lo rural siga siendo un receptor pasivo de políticas diseñadas desde fuera. Al contrario, lo rural debe ser productor de innovación democrática. El futuro de los territorios no se decide solo en los parlamentos central o autonómicos, tampoco en los plenos municipales: se decide –sobre todo– en las plazas y ágoras de los pueblos, en la capacidad de sus habitantes para imaginar juntos su futuro, para planificar de la mano las estrategias a emprender y, de esta forma, protagonizar de forma colaborativa su propio porvenir.

The Conversation

Joaquín Martín Cubas es miembro de Partido Socialista Obrero Español y vicepresidente de la Fundación El Olmo.

ref. El mundo rural, de vestigio del pasado a laboratorio de futuro – https://theconversation.com/el-mundo-rural-de-vestigio-del-pasado-a-laboratorio-de-futuro-286867

Calistenia: qué dice la ciencia sobre entrenar usando el peso de nuestro propio cuerpo como resistencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro J. Almenar Arasanz, Profesor área de Fisioterapia, Universidad San Jorge

evrymmnt/Shutterstock

Dominadas, flexiones, fondos, sentadillas y, para los más avanzados, movimientos tan llamativos como el muscle-up, que nos permite pasar de estar colgados a situarnos por encima de una barra; la planche, donde nuestro cuerpo permanece horizontal apoyado únicamente sobre las manos, con los pies en el aire; o el front lever, que también consiste en mantener la posición horizontal, pero suspendiéndonos bocarriba de una barra. La calistenia ha ganado una enorme popularidad durante los últimos años, especialmente gracias a las redes sociales y al crecimiento de los parques de entrenamiento.

Pero ¿es realmente eficaz o estamos simplemente ante otra moda deportiva? Para responder a esta pregunta conviene empezar por aclarar qué entendemos por calistenia.

Nuestro cuerpo también puede ser una pesa

La calistenia es una forma de entrenamiento en la que utilizamos principalmente nuestro propio peso corporal como resistencia. Su nombre procede de los términos griegos kalos (“bello”) y sthenos (“fuerza”), aunque el uso moderno de la palabra comenzó a extenderse durante el siglo XIX para referirse a diferentes formas de ejercicio físico. El propio origen del vocablo ya relaciona, por tanto, movimiento y fuerza.

Hoy incluye ejercicios tan conocidos como sentadillas, zancadas, flexiones, dominadas o fondos. No hace falta realizar movimientos acrobáticos para practicarla. Una persona que comienza haciendo una flexión contra una pared utiliza el mismo principio que otra capaz de realizar una flexión con una sola una mano: mover su cuerpo frente a la gravedad.

Y ese cuerpo constituye una carga real. Durante una flexión convencional, por ejemplo, los brazos pueden soportar alrededor de dos tercios del peso corporal. Apoyar las rodillas o elevar las manos o los pies permite disminuir o aumentar esa resistencia.

Dicho de otra manera: una flexión no es un ejercicio “sin peso”, porque la pesa somos nosotros.

Un gimnasio que llevamos siempre encima

Esta característica convierte a la calistenia en una opción especialmente interesante para empezar a hacer ejercicio. No requiere necesariamente ir al gimnasio, usar máquinas ni incurrir en grandes inversiones y puede practicarse en casa, en un parque o prácticamente en cualquier lugar.

Las recomendaciones publicadas en 2026 por el American College of Sports Medicine (ACSM), tras revisar 137 revisiones sistemáticas con más de 30 000 participantes, respaldan precisamente esta idea: el entrenamiento con el peso corporal y los programas realizados en casa también pueden mejorar la fuerza y la función física.

Así, un estudio que comparó un programa progresivo de flexiones con otro de press de banca (el conocido ejercicio en el que empujamos una barra desde el pecho tumbados sobre un banco) encontró mejoras de fuerza en ambos grupos. Otro ensayo ajustó la dificultad de las flexiones para hacerla comparable a la resistencia utilizada en el press de banca y observó mejoras similares tanto en fuerza como en el grosor muscular de pectoral y tríceps tras ocho semanas.

La explicación es relativamente sencilla: nuestros músculos no necesitan saber si la resistencia procede de una mancuerna, una máquina o de nuestro cuerpo. Lo que necesitan es enfrentarse a un estímulo suficiente que, con el tiempo, vaya aumentando.

Y ahí aparece una palabra fundamental: progresión.

Progresar no significa hacer cada vez más repeticiones

Entrenar con nuestro peso no significa limitarnos a hacer cada vez más repeticiones. Podemos modificar las palancas, los puntos de apoyo, el rango de movimiento o la distribución del peso. Por ejemplo, una flexión puede comenzar contra una pared, continuar con las manos sobre una superficie elevada, pasar después al suelo y evolucionar hacia variantes progresivamente más exigentes.

Esta forma de progresar presenta además una característica interesante: nos obliga a aprender a mover nuestro propio cuerpo. Al modificar posiciones y apoyos debemos prestar atención al control del tronco, al equilibrio, al recorrido y a nuestra capacidad para mantener una ejecución adecuada.

De esta manera podemos reconocer progresivamente hasta dónde controlamos un movimiento, cuándo perdemos estabilidad o qué variante todavía resulta demasiado difícil. No significa que la calistenia desarrolle automáticamente una mejor “conciencia corporal” que otros métodos, pero sí convierte la mecánica del propio movimiento en una parte importante de la dosificación de la carga.

Pero aquí aparece también una de sus principales limitaciones. Una flexión puede resultar sencilla para una persona entrenada y tremendamente exigente para otra. Una dominada puede servir de calentamiento para alguien con elevada fuerza relativa y prácticamente imposible para quien comienza. “Sin pesas” no significa necesariamente “fácil”.

Por eso, la calistenia debe individualizarse como cualquier entrenamiento. Para algunas personas el punto de partida será una sentadilla; para otras, levantarse y sentarse de una silla ya supone una resistencia suficiente. La clave consiste en encontrar una variante que represente un reto asumible y progresar desde ella.

Falso dilema

Pero entonces ¿es mejor la calistenia o las pesas? Probablemente sea una pregunta equivocada.

Las pesas permiten aumentar la dificultad de forma muy gradual: basta con añadir unos pocos kilos. En calistenia, en cambio, progresar suele implicar modificar la posición del cuerpo o pasar a una variante más exigente, y ese cambio no siempre puede hacerse de forma tan progresiva.

Por ejemplo, una persona puede comenzar realizando lo que se denomina “remo en TRX” –tirando de su cuerpo hacia unas asas mientras mantiene los pies apoyados en el suelo– y, a medida que gana fuerza, inclinar cada vez más el cuerpo para aumentar la dificultad. Sin embargo, dar después el paso hacia una dominada supone vencer una proporción mucho mayor de nuestro peso corporal y puede representar un incremento importante de la exigencia.

Esta diferencia se hace especialmente evidente en personas entrenadas y en ejercicios de piernas. Cuando nuestro propio peso deja de proporcionar un estímulo suficiente, añadir carga externa mediante pesas o lastre puede ser una forma más sencilla y precisa de seguir progresando.

La evidencia indica que, si queremos mejorar especialmente nuestra capacidad para mover cargas muy pesadas, suele ser útil entrenar también con resistencias altas. En cambio, para aumentar el tamaño del músculo no es imprescindible trabajar siempre con mucho peso: también pueden obtenerse mejoras con cargas más ligeras si el ejercicio llega a ser suficientemente exigente.

Un buen punto de partida

Por eso, calistenia y pesas no deberían entenderse como métodos enfrentados, sino como herramientas que pueden complementarse. Podemos empezar haciendo dominadas únicamente con nuestro peso corporal y, cuando ya resulten demasiado fáciles, añadir lastre –es decir, peso extra sujeto al cuerpo– para seguir aumentando la dificultad.

Al final, el principio sigue siendo el mismo. La calistenia no funciona porque nuestro cuerpo tenga ninguna propiedad mágica como herramienta de entrenamiento, sino porque también es una resistencia. Y aprender a moverlo, controlarlo y hacerlo progresivamente más fuerte puede ser una de las formas más sencillas y accesibles de comenzar a entrenar.

No necesitamos empezar haciendo una dominada o “muscle-up”. Para algunas personas, realizar su primera flexión apoyando las manos contra una pared ya es un excelente punto de partida.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Calistenia: qué dice la ciencia sobre entrenar usando el peso de nuestro propio cuerpo como resistencia – https://theconversation.com/calistenia-que-dice-la-ciencia-sobre-entrenar-usando-el-peso-de-nuestro-propio-cuerpo-como-resistencia-289405

Todavía no sabemos por qué una IA actúa como actúa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Liset Menéndez de la Prida, Directora del Laboratorio de Circuitos Neuronales, Instituto Cajal – CSIC

Treecha/Shutterstock

En julio de este año, unos modelos de IA de la empresa OpenAI que estaban siendo evaluados en una prueba de ciberseguridad consiguieron salir del entorno simulado y acceder de manera autónoma a la infraestructura de Hugging Face, una popular plataforma y comunidad de código abierto de inteligencia artificial y aprendizaje automático. Los modelos estaban programados para encontrar y aprovechar vulnerabilidades, y aplicaron esa capacidad fuera del entorno de la prueba.

Se trata de un incidente sin precedentes. El caso generó una gran repercusión, sobre todo por la dificultad de entender qué significa este comportamiento en una IA y cómo podemos interpretar sus acciones.

Similitudes con el cerebro animal

Lo descrito revela una conducta de los modelos que deberíamos poder explicar a partir de sus estados internos, es decir, del conjunto de toda la información que el sistema procesa en un momento dado. De lo contrario, será difícil anticipar y controlar comportamientos no deseados del sistema.

En esencia, esta dificultad recuerda mucho a un problema que la neurociencia lleva décadas intentando resolver. Cuando buscamos explicar el comportamiento animal como la toma de decisiones, la agresividad o el miedo, intentamos relacionarlo con la actividad de los circuitos cerebrales subyacentes.

Interpretar una red artificial y entender un circuito cerebral no son problemas equivalentes, aunque sí comparten una frontera epistemológica: cómo pasar de observar la actividad de un sistema a explicar el mecanismo que genera un comportamiento.

Por ejemplo, podemos registrar la actividad de cientos o miles de neuronas mientras un animal explora el entorno. Algunas neuronas estarán relacionadas con la información visual, otras con la posición o la memoria del lugar, otras con el valor o la relevancia de determinados estímulos. Pero ¿cómo explicar la decisión de acercarse a un lugar o evitar otro?

Durante años, los neurocientíficos hemos intentado explicar esas funciones preguntando qué hacían las neuronas individuales de diferentes regiones del cerebro. El registro simultáneo de poblaciones de neuronas cada vez mayores ha cambiado parcialmente la pregunta: la información puede no residir en una concreta, sino en la organización de la actividad conjunta de muchas neuronas y regiones. La interpretabilidad de las redes artificiales está empezando a enfrentarse a una cuestión muy parecida.

Por ejemplo, si una red de IA acaba siguiendo una estrategia dirigida a salir de un entorno de simulación, cabe preguntarse si podemos identificar en sus estados internos patrones relacionados con esa estrategia y seguir cómo cambian a medida que toma decisiones. De manera análoga, si un ratón intenta escapar de una zona iluminada, podemos buscar patrones de actividad neuronal relacionados con el lugar en el que se encuentra, la amenaza que percibe o la decisión de abandonar esa zona.

Para entender estos comportamientos, se registra la actividad neuronal de las regiones cerebrales implicadas: la corteza visual que capta los estímulos, la corteza parietal que integra información relevante para la acción, el hipocampo que contribuye a representar el espacio y la memoria o la amígdala que participa en asignar relevancia emocional a determinados contextos. La conducta emerge de la interacción entre estas representaciones distribuidas. El observable será el escape de la zona iluminada para el ratón, como el de la red IA fue salir del entorno simulado.

Y aquí aparece precisamente una dificultad común para la IA y la conducta animal: podemos describir con bastante detalle qué hizo el sistema, pero no disponemos necesariamente de una explicación equivalente de qué representaciones internas fueron relevantes y cómo se transformaron hasta producir ese comportamiento.

Observar, predecir, comprender

En los modelos de lenguaje, las activaciones internas forman espacios de miles de dimensiones, en los que se han comenzado a identificar patrones geométricos: determinados modelos de IA, por ejemplo, representan variables cíclicas como los días de la semana o los meses mediante estructuras circulares en su espacio de actividad.

Estas estructuras de baja dimensionalidad (manifolds) resultan familiares para la neurociencia de sistemas, donde se utilizan para describir cómo grandes poblaciones neuronales organizan variables como el espacio, el movimiento o la decisión. La coincidencia es sugerente: dos campos muy diferentes están recurriendo a herramientas matemáticas similares para intentar encontrar una estructura inteligible dentro de redes de enorme complejidad.

Ambos campos utilizan métodos matemáticos similares y propios con el objetivo común de ir más allá de la correlación: identificar qué representaciones existen, cómo se transforman y cuáles son causalmente necesarias para producir una determinada conducta.

Quizá por eso la interpretabilidad de la inteligencia artificial esté empezando a encontrarse con una frontera que la neurociencia conoce desde hace tiempo: la diferencia entre observar, predecir y comprender.

¿Por qué se produce una conducta?

En neurociencia podemos registrar miles de neuronas de varias regiones, reconstruir a partir de su actividad dónde se encuentra un animal o qué decisión está a punto de tomar, y aun así seguir sin saber qué parte de esa actividad es realmente necesaria para generar la conducta. La llegada de sistemas artificiales cada vez más autónomos da ahora una dimensión inesperadamente práctica a esas preguntas básicas.

Entender cómo una red representa un contexto, evalúa alternativas o transforma información hasta producir una acción ya no es solo un problema fundamental sobre cómo funcionan los sistemas inteligentes. Puede determinar también nuestra capacidad para anticipar y controlar su comportamiento.

Durante décadas, la neurociencia ha intentado responder a estas preguntas para comprender cómo el cerebro transforma actividad neuronal en percepción, memoria o conducta. La aparición de nuevas formas de inteligencia muestra que aquellas preguntas básicas iban mucho más allá del cerebro: nos obligan a precisar qué significa, en realidad, comprender una red.

The Conversation

Liset Menéndez de la Prida recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación, para el estudio del cerebro

ref. Todavía no sabemos por qué una IA actúa como actúa – https://theconversation.com/todavia-no-sabemos-por-que-una-ia-actua-como-actua-290752

Callar también comunica: el silencio de las empresas no es neutral

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José María López de Pedro, Profesor de Estrategia Corporativa, Universidad Villanueva

Cans Creative/Shutterstock

Hoy en día, se espera que las empresas declaren abiertamente sus compromisos. Esto sucede en espacios públicos donde se debaten asuntos controvertidos, como la sostenibilidad, los derechos de género o los conflictos raciales, pero también cuando existe una preocupación general sobre cómo operan las empresas. En ese tipo de situaciones, es frecuente que diversos agentes participen en debates sobre cuáles son, o deberían ser, los compromisos de una o varias empresas.

Muchos estudios sobre responsabilidad social corporativa han explorado cómo las empresas gestionan su discurso público sobre sus compromisos. Un grupo amplio de esos trabajos argumentan que el discurso corporativo compromete a la organización que lo enuncia a actuar de una cierta manera (enfoque aspiracional), en la medida en que genera presiones hacia la empresa desde sus partes interesadas o stakeholders (empleados, clientes, proveedores y la propia sociedad) para que sus acciones estén a la altura de sus palabras.

Sin embargo, al centrarse solo en los elementos verbales de la comunicación, estas investigaciones tienden a ignorar un hecho frecuente: las empresas a menudo guardan silencio sobre sus compromisos con la finalidad de evitar el escrutinio y la presión de sus stakeholders. Es lo que se conoce como silencio estratégico.

Ambas perspectivas (el enfoque aspiracional y el silencio estratégico) parten de una misma premisa: el discurso corporativo compromete, mientras que el silencio (como ausencia de discurso) no. Pero también el silencio puede generar dinámicas de compromiso: cuando los stakeholders esperan que una empresa declare su posición sobre un asunto, su silencio puede convertirse en objeto de controversia.

Este tipo de silencio puede darse como un acto deliberado (una empresa decide no hablar sobre sus compromisos en relación a un asunto) o involuntario (la organización simplemente no habla, sin que haya mediado para ello ninguna decisión consciente). No obstante, la fuerza comunicativa de este silencio no depende de la intención que tenía la empresa, sino de las operaciones de resignificación que los stakeholders hagan sobre ese silencio.

El silencio corporativo (ya sea voluntario o inconsciente) no funciona como una ausencia neutral de mensaje, sino como un signo que otros pueden interpretar de diversas maneras para construir narrativas divergentes sobre los compromisos de la empresa.

Cuando el silencio opera contra la empresa

En diciembre de 2023, Zara retiraba una campaña publicitaria de su página web y su aplicación. Las imágenes mostraban a una modelo vistiendo prendas de la marca entre maniquíes sin extremidades, estatuas envueltas en telas blancas y escombros. Miles de personas vieron en esas imágenes una alusión a los cuerpos amortajados de Gaza, y el boicot a la marca se viralizó de inmediato. La empresa eliminó la campaña y respondió con un breve comunicado en Instagram en el que lamentaba el malentendido y explicaba que algunas personas habían visto en esas imágenes algo muy alejado de lo que se pretendía.

Llamar a eso un malentendido presupone que había un sentido correcto que muchas personas no supieron leer. Pero otra interpretación es posible: nadie leyó mal esa campaña. Simplemente, ante la falta de una comunicación inequívoca, los que vieron esas imágenes les dieron el significado que les pareció más plausible.

Tres lecturas de un mismo silencio

Inditex retiró las imágenes pero no se pronunció sobre el conflicto de Gaza. Si para algunos ese silencio implicaba complicidad, desde el sector de la comunicación corporativa se le dio una lectura muy distinta: una empresa que está presente en decenas de mercados corre el riesgo de dañar la confianza de sus stakeholders si toma una clara posición sobre ciertas controversias, por lo que el silencio puede ser la alternativa más razonable. Otros, en cambio, solo vieron cálculo comercial: no perder clientes en ninguno de los bandos implicados.

Ninguna de esas lecturas procede de la empresa. Las tres toman su silencio como un signo para hablar en su nombre y explicar qué la motiva.

Silencios que comprometen

El caso de Zara no es una excepción. Cada vez más empresas llegan a la conclusión de que, ante un asunto socialmente controvertido, lo prudente es guardar silencio. El razonamiento parece sólido: si hablar puede llegar a comprometer y el silencio es lo contrario de hablar, quien calla no puede ser acusado de incumplir nada. Pero ese razonamiento descansa sobre una premisa que debemos examinar: da por hecho que el silencio es un espacio vacío, donde no hay ni ocurre nada. Y eso ignora un fenómeno muy frecuente en la comunicación: los silencios también tienen significado.

El silencio y el habla suelen definirse en relación mutua, como polos opuestos: el habla goza de primacía en esta dicotomía, mientras que el silencio se percibe negativamente, como una ausencia que nada significa.

Llegamos así a una conclusión contraintuitiva. Cuando una empresa habla, pone un conjunto de signos a disposición de otros: unas palabras concretas que acotan las interpretaciones posibles. Pero el silencio no pone nada sobre la mesa y sin nada materializado, el abanico de lecturas se abre más allá de lo que cualquier empresa puede gestionar.

Así, una falta de declaraciones puede pasar inadvertida o puede leerse con significados diferentes, que generen presiones en direcciones opuestas. Es lo que en un estudio reciente he llamado “silencio comisivo corporativo”.

Callar no implica quedarse fuera de la conversación

Esta dinámica afecta a todo tipo de controversias organizativas. Tras el apagón ibérico del 28 de abril de 2025, Red Eléctrica pasó semanas sin ofrecer una explicación concluyente. Ese intervalo, sin embargo, no quedó vacío. Se llenó de hipótesis incompatibles entre sí: ciberataque, exceso de renovables, incumplimiento de las eléctricas privadas, fallo del operador… En este caso, un operador técnico, sin causa política que defender, atravesó el mismo proceso de resignificaciones que una empresa de moda.

En el contexto europeo, el endurecimiento de la normativa sobre alegaciones ambientales ha llevado a muchas empresas a dejar de comunicar sus avances en sostenibilidad por temor a que sean leídos como greenwashing. Pero ese silencio tampoco queda sin consecuencias. En muchas ocasiones, consumidores, inversores y entidades no empresariales lo han llenado con la interpretación más disponible: la de que esas empresas han abandonado sus compromisos con la sostenibilidad.

La lección no es que las empresas deban hablar siempre, con la máxima claridad y sobre todos los asuntos. Ninguna puede hacerlo, y la mayoría de sus silencios no les generan problema alguno. La lección es otra: callar no equivale siempre a quedarse fuera de la conversación. A menudo significa entrar en ella cediendo a otros un espacio semiótico para que hablen en su nombre.

The Conversation

José María López de Pedro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Callar también comunica: el silencio de las empresas no es neutral – https://theconversation.com/callar-tambien-comunica-el-silencio-de-las-empresas-no-es-neutral-290118

Migraciones de África a Europa: de demografía, desarrollo económico y responsabilidad histórica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Héctor Casanueva Ojeda, Profesor Investigador del Instituto Universitario de Análisis Económico y Social (IAES), Universidad de Alcalá, Universidad de Alcalá

Inmigrantes subsaharianos en Ceuta el pasado 2 de agosto. RTVE.es

La crisis migratoria que quedó en evidencia a finales de julio pasado con la entrada masiva a Ceuta de miles de personas no es un problema español o marroquí sino afroeuropeo. Tampoco se resuelve con medidas coyunturales, muros, medidas de contención o expulsiones. Muchos de quienes no regresaron voluntariamente a Marruecos proceden del centro de África, del Sahel y otras zonas en conflicto, como Sudán.

La responsabilidad histórica de Europa con África y el problema de fondo no está suficientemente explicado. Ese desconocimiento genera incomprensión y temor, lo que da lugar al rechazo y la aceptación de propuestas de coyuntura, inmediatistas, xenófobas, insolidarias y populistas, insostenibles en el mediano y largo plazo.

La responsabilidad histórica de Europa

En el siglo XIX, las potencias europeas se distribuyeron amplias zonas de África de acuerdo con sus intereses políticos y económicos. La Conferencia de Berlín (1884-1885), en la que participaron 12 países europeos, el Imperio otomano y EE. UU., oficializó las reglas del reparto sin la presencia de ningún líder africano.

¿Con qué derecho se repartieron el continente o establecieron los llamados eufemísticamente protectorados? En un lapso de tres décadas, casi el 90 % de África quedó bajo un dominio europeo que, en algunos casos, duró hasta la segunda mitad del siglo XX.

Durante ese tiempo se construyeron ferrocarriles, carreteras, puertos y escuelas, pero no se crearon economías africanas integradas y autónomas ni instituciones políticas y capacidades públicas, ya que el objetivo era hacer funcional un esquema de dominio colonial.

Pese a las buenas intenciones de los organismos internacionales, la descolonización e independencia fue una ruptura apresurada y desordenada. En muchos casos, mediante guerras y represión política y económica, con países africanos como escenario de la Guerra Fría, la aparición de nuevos Estados con nuevos nombres y fronteras establecidas desde Europa, gobiernos precarios, corrupción y economías poco preparadas para un desarrollo autónomo. Mientras tanto, las antiguas metrópolis conservaron influencia y relaciones económicas, militares y políticas, mientras hacían la vista gorda frente a las dictaduras, las persecuciones políticas y la corrupción.

La cooperación compensatoria

Los programas de cooperación al desarrollo, empleados durante décadas como una forma de compensación, han aportado recursos importantes pero insuficientes en volumen y mal enfocados. A la vista está que no han servido para transformar las estructuras que generan desigualdad y falta de oportunidades. Las relaciones comerciales asimétricas dificultan el éxito de los programas de ayuda de la Organización Mundial del Comercio (WTO Aid for Trade), y la cooperación ha sido frecuentemente fragmentada, paliativa y diseñada según categorías europeas.

En los últimos años, a la inversa de lo que se requiere, una parte de las ayudas europeas se han ido vinculado a la gestión migratoria y al control fronterizo, como revelan un informe y una Resolución del Parlamento Europeo de 2025.

Lo que explica la pulsión migratoria de África

Con estos antecedentes, hemos llegado a una situación cuyo fondo radica tanto en el reto demográfico (que África y Europa enfrentan con realidades diferentes), como en la asimetría en el desarrollo y, por lo tanto, en las oportunidades de futuro para la población.

África supera en número de habitantes a la UE 3,5 veces, en 2040 serán 4,7 veces y en 2050, 5,5. En cambio, las proyecciones indican que en 2050 tendrá 7 millones de habitantes menos que en 2026.

Población de la Unión Europea y África en millones de habitantes (*estimación, **proyecciones).
Fuente: elaboración propia a partir de datos de Eurostat, EUROPOP25, ONU (World Population Prospects 2024).

En cuanto a niveles de desarrollo económico, las diferencias son enormes. El PIB per cápita de la UE supera en más de 7 veces al de África en su conjunto y en casi 12 veces el de África subsahariana.

Nota: los dólares internacionales corrientes son una unidad monetaria hipotética. Sirven para comparar el valor económico, el PIB o los niveles de vida entre diferentes países en un año específico.
Fuente: elaboración propia a partir de datos del Banco Mundial, World Development Indicators 2024.

En cuanto al índice de desarrollo humano (IDH) 2025 del PNUD (con datos de 2023), que mide la esperanza de vida, la escolaridad y los ingresos per cápita, el IDH de la UE llega casi a duplicar al del continente africano.

Índice de Desarrollo Humano (IDH) 2025.
Fuente: elaboración propia a partir del informe sobre Desarrollo Humano 2025 (datos de 2023) del Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD).

Claridad estratégica o ruptura

La UE, tratando de mantener un statu quo imposible, puede seguir invirtiendo en contener con muros, paliativos y directivas las consecuencias migratorias de la falta de desarrollo africano. O puede demostrar claridad prospectiva y estratégica, y trabajar por el desarrollo y crecimiento de África. Todavía hay una ventana de oportunidad de quince años (2026-2040) antes de que el peso de la realidad demográfica y de desarrollo humano de ambos continentes conduzcan a un escenario de ruptura.

La edad media de la población del conjunto de África en 2026 es de 19,5 años –tendencia que previsiblemente se mantendrá en los próximos años–, que ve al otro lado del Mediterráneo oportunidades, futuro y calidad de vida. Ya se ha comprobado que ningún muro ni frontera militarizada podrá contener posibles avalanchas masivas de jóvenes dispuestos a todo.

La violencia en tal caso, es una posibilidad cierta. Como una muestra de lo que podría llegar a ocurrir más adelante, ya se están produciendo enfrentamientos y episodios de violencia entre la población local y los inmigrantes ilegales que continúan en la ciudad.

En definitiva, la sociedad europea y sus líderes, enfrentan a futuro un riesgo casi existencial. Deben comprender que la mejor política migratoria y de seguridad es una política de desarrollo euroafricana-afroeuropea sólida y consistente.

The Conversation

Héctor Casanueva Ojeda no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Migraciones de África a Europa: de demografía, desarrollo económico y responsabilidad histórica – https://theconversation.com/migraciones-de-africa-a-europa-de-demografia-desarrollo-economico-y-responsabilidad-historica-290651

De Frank Sinatra a Vetusta Morla: algas que protagonizan canciones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan José Vergara Oñate, Catedrático de Ecología, Universidad de Cádiz

En la canción “Under the sea” de la película _La sirenita_ (1989) se mencionan las algas. Disney/YouTube

Las algas, consideradas por algunos como los “vegetales del mar”, han protagonizado en las últimas décadas titulares y estudios científicos, que abordan desde sus cualidades nutricionales y sus interesantes beneficios para la alimentación humana hasta los riesgos que suponen cuando se convierten en especies invasoras.

Algunos de los cantantes famosos identificados en el estudio que hablan de algas en sus canciones.
J. J. Vergara y J. L. Pérez.

¿Pero qué pasa cuando los investigadores que se especializan en estudiarlas se sienten atraídos por algo más allá de cómo se comportan en el laboratorio y en la naturaleza? En un estudio realizado en la Universidad de Cádiz, publicado hoy en la revista Journal of Applied Phycology, hemos querido bucear en la relación entre la ciencia y el arte, para demostrar el impacto que las algas tienen en la cultura popular. Porque, más allá de sus aportaciones a la gastronomía, han inspirado a compositores musicales durante más de un siglo y siguen estimulando a artistas de todo el mundo.

Más de mil canciones

Nuestro trabajo, el más amplio realizado hasta la fecha sobre su presencia en la música, ha identificado más de mil canciones estrenadas entre 1906 y 2024 que incluyen la palabra seaweed (alga), en su título o en sus letras.

A partir de bases de datos especializadas en letras de canciones, motores de búsqueda y plataformas musicales como YouTube y Spotify, hemos recopilado un catálogo de 1 140 canciones, clasificadas entre artistas consolidados, intérpretes emergentes y música infantil. Asimismo, analizamos su evolución histórica, los géneros musicales en los que aparecen y el impacto alcanzado en las principales plataformas de reproducción digital.

Así, las algas ocupan el decimoséptimo lugar entre los organismos marinos más mencionados en composiciones musicales, con una presencia que abarca prácticamente todos los estilos, desde el folk o el rock hasta el pop, metal, indie, hip hop, el reggae, el rap, música instrumental o música infantil.

“La canción del mar”, interpretada por Frank Sinatra, habla de algas en su letra.

Entre los autores de estas canciones, encontramos a Frank Sinatra, Bob Dylan, Leonard Cohen, Donovan o Celtic Woman. En conjunto, los más de mil temas evaluados alcanzan millones de reproducciones en plataformas musicales digitales.

Por otra parte, el estudio pone de manifiesto que, si durante buena parte del siglo XX las referencias procedían mayoritariamente de artistas consolidados, en los últimos años ha crecido de forma muy significativa el número de canciones creadas por músicos emergentes, en línea con una tendencia cada vez más generalizada en la creación musical independiente.

“Under the Sea”, de La Sirenita, una canción infantil donde también se habla de las algas.

¿Cómo se perciben en el imaginario social?

Las letras ofrecen una visión muy diversa de las algas. En muchas ocasiones aparecen asociadas a paisajes marinos, al amor, a la belleza o a la naturaleza, mientras que, en otras, se utilizan como recurso metafórico o evocan aspectos menos positivos relacionados con estos organismos como la aversión, su textura o el olor de los arribazones –acumulaciones naturales que las corrientes y mareas depositan en las playas–.

Para profundizar en su dimensión cultural y conocer cómo se perciben en el imaginario social, nos fijamos en más de 21 000 palabras presentes en las letras recopiladas e identificamos los conceptos que con mayor frecuencia acompañan al término seaweed. Entre las palabras más frecuentes en inglés, destacan hair (cabello), wave (ola) y green (verde).

Tampoco nos olvidamos de ellas en español

Esta investigación tiene su origen en un trabajo previo, desarrollado también en la Universidad de Cádiz, sobre la presencia del término “alga” en la música española e hispanoamericana. Entonces, recopilamos 178 canciones interpretadas por artistas tan reconocidos como Mercedes Sosa, Joan Manuel Serrat, Nino Bravo, Carlos Cano, Mecano, Héroes del Silencio, Ana Belén, Vetusta Morla o Carlos Vives.

Ana Belén interpreta la canción “Alga quisiera ser”, de su álbum Vida (2018).

Una forma distinta de acercarse a la ciencia marina

Con la intención de trascender el ámbito estrictamente académico, hemos elaborado dos listas de reproducción abiertas en Spotify y YouTube que reúnen una selección de las canciones más representativas identificadas durante el estudio. De este modo, la investigación no solo aporta nuevo conocimiento sobre la relación entre ciencia y cultura, también ofrece al público una forma diferente y amena de acercarse al mundo de las algas a través de la música.

Nuestros hallazgos se incluyen en una línea de investigación más amplia impulsada desde la Universidad de Cádiz que explora cómo el medio marino ha influido en diferentes expresiones culturales. A través de enfoques interdisciplinares que combinan biología, humanidades y divulgación científica, buscamos comprender mejor la relación histórica entre la sociedad y el océano, para despertar un mayor interés por la conservación de los ecosistemas desde una perspectiva innovadora y cercana.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. De Frank Sinatra a Vetusta Morla: algas que protagonizan canciones – https://theconversation.com/de-frank-sinatra-a-vetusta-morla-algas-que-protagonizan-canciones-291063

Un corazón en un chip: órganos de laboratorio que se parecen cada vez más a los de verdad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ángel Raya Chamorrro, Investigador ICREA y coordinador de RegenBell (IDIBELL), experto en medicina regenerativa, células madre y reprogramación celular, Institut d’Investigació Biomèdica de Bellvitge (IDIBELL)

Corazón en un chip. IDIBELL

Cada año se invierten miles de millones de euros en el desarrollo de nuevos medicamentos –1 775 millones de euros solo en España en 2025–. Sin embargo, alrededor del 90 % de los candidatos se quedan por el camino y nunca llegan a los pacientes. Con frecuencia, el motivo no es la falta de eficacia, sino la aparición de señales de toxicidad que obligan a descartar compuestos potencialmente prometedores.

Entre los efectos adversos que más preocupan se encuentra la cardiotoxicidad, el daño que algunos fármacos pueden causar al corazón. Ante la más mínima sospecha, un candidato terapéutico puede ser descartado después de años de investigación y millones de euros de inversión. Pero ¿y si algunos de esos fármacos no fueran tan tóxicos como creemos?

El problema podría estar, al menos en parte, en cómo estudiamos el corazón en el laboratorio.

Modelos de laboratorio para probar medicamentos

Durante décadas, la investigación preclínica ha dependido principalmente de modelos animales y de cultivos celulares simplificados. Aunque estas herramientas han sido fundamentales para el progreso biomédico, tienen limitaciones importantes: los animales no siempre responden igual que los seres humanos y muchos modelos celulares no capturan completamente la complejidad del corazón.

En la mayoría de los modelos utilizados actualmente para evaluar la toxicidad de los fármacos, el foco se pone casi exclusivamente en los cardiomiocitos, las células responsables de la contracción cardíaca –y, por ende, las protagonistas indiscutibles del órgano–.

Pero el corazón es mucho más que eso: es un ecosistema complejo en el que intervienen también fibroblastos, que proporcionan estructura y soporte, y células endoteliales, que recubren los vasos sanguíneos y regulan numerosos procesos biológicos.

Añadir las células endoteliales en los modelos permitiría simular casi a la perfección la llegada real de los medicamentos al corazón, porque cuando un paciente toma un fármaco, este no entra en contacto directo con los cardiomiocitos –como pasa en los modelos de laboratorio tradicionales–.

El fármaco primero circula por el sistema vascular y atraviesa diferentes barreras biológicas antes de llegar al corazón. Ese recorrido fisiológico debería reproducirse en los modelos. La diferencia entre hacerlo o no puede parecer pequeña, pero resulta fundamental para entender cómo responde realmente el corazón a un tratamiento.

Además, las células endoteliales no constituyen una simple pared pasiva. Regulan el intercambio de moléculas entre la sangre y los tejidos, producen señales bioquímicas que influyen en las células circundantes y participan en la respuesta frente a agresiones externas. Además, diversos estudios sugieren que también desempeñan un papel protector frente a determinados tipos de daño cardíaco inducido por fármacos. Desde el grupo de Potencia de células madre, del RegenBell (IDIBELL), junto al IMB-CNM-CSIC, hemos probado que esto es así mediante un modelo que replica en miniatura el funcionamiento del corazón.

Un corazón en miniatura para evaluar fármacos de forma realista

En nuestro estudio, desarrollamos un modelo de corazón en chip, dispositivo en miniatura que combina ingeniería y biología para recrear algunas de las características fundamentales del corazón humano. Integraba los tres tipos principales de células cardíacas humanas (cardiomiocitos, fibroblastos y células endoteliales), y todas procedían de una misma línea de células madre, lo que reduce la variabilidad genética y permite reproducir mejor las interacciones celulares. Además, organizamos las células en compartimentos separados por una membrana semipermeable y atravesados por un flujo continuo de líquido que simulaba la circulación sanguínea.

Tricapa de células cardíacas que componen el corazón en un chip: cardiomiocitos, en verde; fibroblastos cardíacos, en turquesa; y células endoteliales, en rojo.
Tricapa de células cardíacas que componen el corazón en un chip: cardiomiocitos, en verde; fibroblastos cardíacos, en turquesa; y células endoteliales, en rojo.
Idibell.

Para comprobar si este enfoque más realista podía marcar la diferencia, expusimos nuestro modelo a doxorrubicina, un fármaco quimoterapéutico ampliamente utilizado y conocido por sus posibles efectos tóxicos sobre el corazón. Los resultados fueron reveladores. En los modelos convencionales sin células endoteliales, los cardiomiocitos sufrieron un deterioro estructural y funcional importante. Sin embargo, cuando el tejido cardíaco estaba protegido por una capa endotelial, como ocurre en la realidad, gran parte de su capacidad contráctil y de su organización celular se mantenían.

Esto sugiere que las células endoteliales no solo regulan la llegada de los fármacos al corazón, sino que también pueden activar mecanismos capaces de amortiguar parte de su toxicidad. Y plantea una cuestión que merece nuestra atención: algunos de los modelos utilizados actualmente podrían estar sobreestimando el riesgo de determinados compuestos simplemente porque no tienen en cuenta el papel que desempeña la capa endotelial.

¿Y si el problema no fueran los fármacos, sino los modelos?

Por supuesto, nuestro dispositivo no reproduce toda la complejidad de un corazón humano. Todavía estamos lejos de replicar completamente un órgano formado por millones de células que interactúan de manera dinámica y constante. Sin embargo, estas tecnologías representan un avance muy importante.

Durante décadas, hemos intentado predecir el comportamiento del organismo humano a partir de modelos necesariamente simplificados. Hoy empezamos a disponer de herramientas capaces de reproducir aspectos cada vez más fieles de nuestra biología. El objetivo no es solo reducir la experimentación animal, sino también construir sistemas predictivos que permitan identificar con mayor precisión qué medicamentos son realmente peligrosos y cuáles podrían estar siendo descartados antes de tiempo.

Al fin y al cabo, desarrollar mejores tratamientos depende de algo tan básico como disponer de mejores modelos para estudiarlos. Y, quizá, una de las lecciones más importantes sea que, para entender cómo responde el corazón a los medicamentos, necesitamos corazones de laboratorio que se parezcan cada vez más a los de verdad.

Ha colaborado en la realización de este artículo Berta Carceller Gental, biomédica.

The Conversation

Ángel Raya Chamorrro recibe fondos de Generalitat de Catalunya.

ref. Un corazón en un chip: órganos de laboratorio que se parecen cada vez más a los de verdad – https://theconversation.com/un-corazon-en-un-chip-organos-de-laboratorio-que-se-parecen-cada-vez-mas-a-los-de-verdad-288757

Volver a 1066: el Tapiz de Bayeux llega al British Museum

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julia Pavón Benito, Catedrática de Historia Medieval e investigadora principal del proyecto ‘Creatividad y herencia cultural’ del Instituto Cultura y Sociedad, Universidad de Navarra

Escena 19 del Tapiz de Bayeux: los soldados de Guillermo, duque de Normandía, atacan el castillo de Dinan. Conan II, duque de Bretaña se rinde y entrega las llaves de Dinan con una lanza. Myrabella/Wikimedia Commons

La leyenda atribuye a la reina Matilde de Flandes la laboriosa tarea de bordar un tapiz que narraba la historia de la conquista del reino anglosajón en 1066 por parte de su marido, Guillermo I. Aunque las fuentes han descartado esta autoría, es cierto que Matilde, como participante de la historia, se habría sorprendido al saber que el tejido iba a acabar expuesto, casi un milenio después de su realización, en Londinium.

Pero así es, el Tapiz de Bayeux cruzará el mar y se exhibirá en el British Museum de la capital británica entre el 10 de septiembre de este año y el 11 de julio de 2027. Hablamos de una tela de unos 68 metros de largo realizada a partir de nueve piezas de medio metro de altura de lino fino. Narrados como si fuesen una inmensa historieta, la pieza recoge, como decía, los hechos acontecidos en torno a la conquista normanda de Inglaterra.

La narración de una victoria

El relato comienza en 1064 cuando el rey Eduardo de Inglaterra, sin heredero, envía a su cuñado Harold el Sajón al continente para que le ofrezca la sucesión a su primo, Guillermo de Normandía.

Harold jura fidelidad a Guillermo, pero a su regreso a la isla se autoproclama rey tras la muerte de Eduardo. El normando, desairado, prepara un gran ejército y desembarca en Sussex, donde derrota a Harold y sus tropas en la Batalla de Hastings el 14 de octubre de 1066. Se cree que, tras capturar esta victoria, las siguientes imágenes en el tapiz representaban la coronación de Guillermo. Pero la ausencia o desaparición de los fragmentos finales hacen que esto sea todavía un misterio.

Escenas 55 y 56 del Tapiz de Bayeux en las que el duque Guillermo se levanta el yelmo para que lo reconozcan en el campo de batalla de Hastings. Eustaquio II, conde de Boulogne, lo señala con el dedo.
Escenas 55 y 56 del Tapiz de Bayeux en las que el duque Guillermo se levanta el yelmo para que lo reconozcan en el campo de batalla de Hastings.
Myrabella/Wikimedia Commons

Los cuatro colores de lana y ocho tonalidades del bordado y pespunte de las imágenes nos retrotraen a una sociedad guerrera de la segunda mitad del siglo XI. Gracias a sus detalladas representaciones de barcos, armamento y combatientes, así como coloristas escenas cotidianas, se pueden reconstruir con precisión diversos aspectos de aquella época. Se ve el incendio de un poblado y a una mujer huir con su hijo, o cómo se preparaban la vestimenta para el campo de batalla con las cotas de malla. Incluso se representa el paso del cometa Halley, interpretado como el presagio de la victoria normanda.

El obispo de Bayeux, Odón, hermanastro de Guillermo, fue probablemente el impulsor de la fabricación del tapiz. El objetivo parece haber sido que este sirviese de ornamento visual a la catedral de Bayeux el día de su consagración, en julio de 1077, en una operación de exaltación del acontecimiento y de su dinastía.

Desde la primera vez que se documenta su existencia, en el siglo XIV, el tapiz ha vivido numerosas vicisitudes y viajes desde su localización original a nuevos destinos. Por ejemplo, en 1803, en plena preparación de la proyectada invasión de Inglaterra, Napoleón Bonaparte ordenó trasladarlo a París. Allí fue expuesto en la Galería de Apolo del Louvre entre diciembre de ese año y febrero de 1804. Su exhibición respondía a una finalidad propagandística: el relato de la conquista de 1066 ofrecía un precedente histórico particularmente apropiado para legitimar y estimular el proyecto napoleónico de una nueva invasión de las islas británicas

Afortunadamente, ser considerado un tesoro de Francia lo ha protegido en numerosos conflictos bélicos. Tras su restauración en 1982, se decidió exponerlo en el antiguo seminario de Bayeux, acondicionado para la ocasión.

Una historia compleja

No cabe duda que el cierre temporal de ese Musée de la Tapisserie de Bayeux por reformas ha propiciado que el tapiz regrese a casa. Y decimos casa porque la mayor parte de los expertos están de acuerdo en que la tela fue elaborada en Inglaterra, en los talleres de Canterbury, Winchester o Kent (c. 1066-1082).

El tapiz de Bayeux está colgado a la altura de los ojos, detrás de un cristal por el que se puede pasar.
El tapiz de Bayeux, expuesto en el Musée de la Tapisserie de Bayeux.
Beat Ruest/Wikimedia Commons, CC BY-SA

En julio de 2025, cuando Emmanuel Macron anunció la autorización para el traslado del tapiz, volvió a cobrar protagonismo la historia medieval de Normandía. El territorio había constituido un ducado vinculado a los llamados “hombres procedentes del norte” –los normandos o vikingos–, asentados en la región desde finales del siglo VIII y organizados políticamente bajo el liderazgo de Rollón, cuyo reconocimiento como duque de Normandía se produjo en 911. Su estirpe logró consolidar una dinastía y un gobierno que recayó en Guillermo, duque normando desde 1035 y a la postre rey de Inglaterra.

Las relaciones entre ambas orillas del “mare Anglicum” (lo de “canal de la Mancha” se generalizaría avanzada la Edad Moderna) fueron a partir de entonces… intensas. Sin embargo, se hicieron especialmente complejas tras el matrimonio de Enrique II de Inglaterra con Leonor de Aquitania en 1152. La alianza supuso la ampliación de los dominios continentales de la monarquía inglesa y reforzó su rivalidad con la corona francesa, hasta que Felipe II Augusto conquistó Normandía a comienzos del siglo XIII.

Posteriormente, la Guerra de los Cien Años (1337-1453) convirtió de nuevo al ducado en uno de los principales escenarios del enfrentamiento entre Francia e Inglaterra, hasta su recuperación definitiva por la monarquía francesa en 1450.

El tapiz en Londres

La exhibición no ha estado exenta de polémica. Algunos restauradores expresaron su rechazo al traslado del lienzo dada la fragilidad de la pieza milenaria. En el British Museum, el tapiz estará acompañado por distintos objetos relacionados con la conquista como manuscritos, armamento, monedas, etc., poniendo en valor otra vez más la importancia de la Historia y el conocimiento de lo que nos precedió.

Unos tiempos que no son meros relatos envueltos en halo de leyenda. Como una iniciativa de diplomacia cultural, la cesión de estos metros de tejido historiado nos sitúa, dentro de la complejidad de las relaciones internacionales actuales, ante el refuerzo de un vínculo entre países próximos.


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The Conversation

Julia Pavón Benito dirige un proyecto de investigación en la Universidad de Navarra financiado por el Ministerio de Ciencia. Innovación y Universidades

ref. Volver a 1066: el Tapiz de Bayeux llega al British Museum – https://theconversation.com/volver-a-1066-el-tapiz-de-bayeux-llega-al-british-museum-289658