Reconstruire la démocratie par les communes : le projet radical de Murray Bookchin

Source: The Conversation – France in French (3) – By Pierre Sauvêtre, Maître de conférence en sociologie, Université Paris Nanterre

Alors que de nombreux Français se sentent dépossédés de leur voix et de leur capacité d’agir sur le politique, la pensée du théoricien états-unien Murray Bookchin offre une alternative radicale : reconstruire la démocratie à partir de confédérations de communes autonomes organisées sur la base d’assemblées populaires de démocratie directe. Au Rojava (Kurdistan syrien) ou à Barcelone en Espagne, certains se sont déjà inspirés de ce « communalisme ».


Murray Bookchin (1921-2006) propose une compréhension nouvelle de la démocratie qu’il appelle « communalisme ». Dans cette acception, la démocratie désigne à la fois la pratique de la démocratie directe d’assemblée et un régime politique à atteindre, qui consisterait en une confédération de communes démocratiques autonomes.

Pour Bookchin, on ne peut pas introduire dans les systèmes représentatifs existants des améliorations pour les rendre « plus démocratiques », et ce, quelle que soit la forme de ces améliorations (démocratie représentative, participative, délibérative, directe, etc.). Au contraire, la démocratie signifie une sortie radicale du système représentatif et des institutions de l’État-nation. Elle implique un processus de création institutionnelle.

Le problème de la démocratie dans les principaux courants socialistes

La théorie de Bookchin s’enracine dans un dialogue critique avec le marxisme et l’anarchisme. Selon lui, ces courants ont échoué à mettre au cœur de l’action révolutionnaire l’institution de l’autogouvernement démocratique. Or, c’est cette sphère qui doit permettre aux classes populaires de s’émanciper politiquement de l’État. En acceptant le modèle de l’État centralisé, les marxistes du XXᵉ siècle ont subordonné l’émancipation sociale des travailleurs à l’existence d’une bureaucratie centralisée et autoritaire. Quant aux anarchistes, en visant l’objectif de l’abolition de tout pouvoir, ils se sont retiré la possibilité de construire un pouvoir populaire capable d’inquiéter le pouvoir de l’État.

Bookchin estime au contraire que le pouvoir ne peut être extirpé de la vie sociale. Il n’y a pas de milieu : soit le pouvoir est entre les mains de l’État sous la forme de la domination gouvernementale des élites, soit il se trouve entre les mains du peuple sous la forme de la démocratie.

Le régime démocratique de la confédération des communes

En quoi consiste alors pour Bookchin le régime démocratique désirable qu’il appelle « communalisme » ? Il s’agit d’une confédération de communes autonomes organisées politiquement sur la base d’assemblées populaires de démocratie directe.

La confédération doit être distinguée de la fédération. Cette dernière renvoie à un État fédéral, c’est-à-dire à une instance souveraine qui prend les décisions concernant les fonctions essentielles auxquelles doit se soumettre l’ensemble des États particuliers de la fédération (les États-Unis, le Canada ou l’Allemagne en sont des exemples). La confédération désigne au contraire un ensemble de communes, dont chacune est souveraine sur son territoire, mais qui se réunissent en une confédération pour administrer certaines fonctions dépassant l’échelle de la commune, en particulier des services publics (voies de communication, système monétaire, système de santé ou d’éducation, etc.).

Chez Bookchin, l’ensemble des personnes majeures habitant un territoire se voit attribuer la citoyenneté, définie comme le droit de délibérer et de participer directement au vote des lois qui sont adoptées suivant le principe de la majorité. Les citoyens prennent donc toutes les décisions, dès lors qu’elles concernent le territoire où ils vivent, y compris lorsque leur champ d’application s’étend aux échelles plus grandes de la région et de la nation.

Ces assemblées populaires politiques sont complétées par des conseils confédéraux qui jouent un rôle purement administratif, c’est-à-dire exécutoire. Ces conseils interviennent lorsque la mise en œuvre dépasse les capacités d’une seule commune, par exemple à l’échelle régionale ou nationale. Les citoyens restent toutefois les seuls à prendre toutes les décisions à la base, dans les communes, dès lors qu’elles s’appliquent au territoire où ils vivent, y compris lorsqu’elles concernent les échelles plus grandes de la région et de la nation.

Un système politique inspiré de Bookchin au Kurdistan de Syrie

Après avoir pris l’initiative d’un dialogue avec Murray Bookchin en 2004, le leader kurde de Turquie Abdullah Öcalan s’est inspiré de son communalisme pour élaborer un projet politique très proche, le confédéralisme démocratique. En 2012 (au cours de la guerre civile en Syrie, ndlr), les partisanes et partisans de ce dernier en Syrie, réunis dans le Partiya Yekîtiya Demokrat (PYD, Parti de l’union démocratique) ont pris le contrôle d’une partie du territoire syrien et ont mis en application le confédéralisme démocratique sur les trois cantons d’Afrin, de Jazira et de Kobané. En 2016, le nouveau système est officialisé sous l’appellation de Fédération démocratique de la Syrie du Nord (dite aussi Rojava), un conseil élu du peuple est ainsi constitué pour coordonner l’administration des trois cantons. Conformément à la pensée d’Öcalan, elles et ils ont mis au centre de leur action la lutte contre le patriarcat, faisant de la participation égalitaire des femmes à toutes les organisations sociales et politiques la condition de l’émancipation populaire.

« Le confédéralisme démocratique des Kurdes, au nord de la Syrie », Orient XXI.

Au Rojava, le système du confédéralisme démocratique a pour base la commune, qui désigne une assemblée de voisinage réunissant entre 100 et 150 familles, dont toutes et tous les membres, y compris les plus jeunes, ont accès à l’assemblée. L’assemblée délibère, prend les décisions concernant la vie du voisinage et élit à parité huit représentants : deux coprésidents (toujours une femme et un homme) et un représentant pour chacune des six commissions citoyennes de la commune (femmes, défense, économie, société civile, justice et éducation. Ces élus siègent ensuite au conseil de quartier, qui rassemble les représentants de toutes les communes et prend les décisions à l’échelle du quartier. Tous les conseils des échelons supérieurs (ville, district et canton) sont organisés de la même façon, réunissant les conseils formés des huit membres élus à l’échelon inférieur. En outre, à chacun de ces échelons, les assemblées de représentants coexistent avec des conseils de femmes, dont les représentantes sont exclusivement élues par des femmes.

La tendance historique des assemblées de démocratie directe

On le voit, ce régime d’autogouvernement démocratique n’est pas une projection abstraite. Pour Bookchin, c’est même la généralisation théorique d’une tendance historique à l’œuvre dans des sociétés très différentes : celle de la pratique de la démocratie directe d’assemblée de villes ou de villages. On trouve par exemple celle-ci à l’œuvre dans la démocratie grecque du IVᵉ siècle ou dans la Suisse confédérale du XVIᵉ siècle et, souvent, dans les révolutions de l’époque des Lumières.

Le pouvoir des classes populaires se construit alors dans la forme des assemblées de démocratie directe. C’est le cas pendant la Révolution française de 1789, pendant laquelle les assemblées sectionnaires de sans-culottes se réunissent quotidiennement, que ce soit pour gérer directement les subsistances ou faire pression sur l’Assemblée nationale des représentants.

Une stratégie pour mettre en place ce régime

Sur la base de ces références historiques, Bookchin échafaude une stratégie, le « municipalisme libertaire » dont le but est la mise en place d’une confédération démocratique de communes dans le contexte contemporain des républiques représentatives.

Elle repose sur l’idée de « double pouvoir », au sens d’une situation de conflit de légitimité entre deux titulaires possibles du pouvoir politique. Il s’agit de constituer un réseau d’assemblées populaires communales qui se fédèrent entre elles et entrent en tension avec l’État-nation. Bookchin propose pour cela de présenter des candidats aux élections municipales et, si celles-ci sont remportées, de mettre sur pied des assemblées de démocratie directe prenant les décisions en lieu et place du conseil municipal.

Dans le cas où les élections seraient perdues, les citoyens peuvent constituer des assemblées de démocratie directe ad hoc manifestant dans des décisions symboliques leur divergence vis-à-vis de la municipalité élue afin d’être reconnues comme des centres authentiques du pouvoir populaire. Dans les deux cas, il s’agirait de constituer un contre-pouvoir à l’État d’envergure nationale pour parvenir à une situation de double pouvoir où un soutien citoyen massif se déplacerait du gouvernement officiel à la confédération des assemblées populaires communales. La stratégie de Bookchin peut se résumer finalement dans la méthode de l’assemblée, c’est-à-dire la mise sur pied d’assemblées de démocratie directe comme préfiguration du pouvoir devant remplacer l’État.

L’influence partielle de Bookchin en Espagne et en France

Plusieurs expériences contemporaines se sont partiellement inspirées de cette stratégie du municipalisme libertaire. À Barcelone, en 2015, des assemblées de quartier ont été mises sur pied par le mouvement Barcelona en Comu pour que les habitants élaborent le programme électoral des listes « municipalistes ». On retrouve sur ce point la méthode de l’assemblée de Bookchin. Mais l’inspiration fondamentale de cette expérience, comme son nom l’indique, reste le « municipalisme » stricto sensu, qui désigne un courant de l’histoire politique espagnole prônant l’autonomie politique de la commune vis-à-vis de l’État, c’est-à-dire sans la portée révolutionnaire d’une substitution des communes à l’État, comme chez Bookchin.

Les listes municipalistes se sont constituées – au départ – à l’écart des partis politiques. Plusieurs partis politiques de gauche (hormis le Parti socialiste espagnol, PSOE) ont ensuite rejoint ces listes en y faisant figurer des membres qui renonçaient à se présenter sous leur étiquette habituelle (une pratique qui a été désignée par le terme de « confluence »). Plusieurs candidatures municipalistes ont alors remporté ces élections dans des villes comme Barcelone, Madrid, La Corogne, Saint-Jacques-de-Compostelle ou Cadix. Un mouvement dit des « villes sans peur », sous l’impulsion de Barcelone, s’est alors constitué pour coordonner des politiques municipales en contradiction avec celles menées par l’État central, par exemple sur la question de l’accueil des réfugiés et des migrants. Sur cet aspect, on peut reconnaître à nouveau la stratégie du « double pouvoir » de Bookchin. Cependant, les villes municipalistes n’ont pas mis en place la démocratie directe d’assemblées et en sont restées à un gouvernement représentatif avec un supplément de participation.

Cette stratégie serait-elle possible en France ? Elle a en tout cas déjà fait des émules sur le territoire. En 2019, l’organisation de rencontres dites « assemblée des assemblées » (ADA) rassemblant des délégués des groupes de gilets jaunes en contrepoint du « grand débat », lancé par le président Emmanuel Macron, a été inspiré par Bookchin. Plusieurs militants connaissaient en effet la pensée de Bookchin par l’entremise de la lecture du livre traduit en français en 2015 que Janet Biehl a consacré à son « municipalisme libertaire ».

De même, le groupe des gilets jaunes de Commercy, dans la Meuse, a construit une assemblée populaire de démocratie directe comme base de sa campagne pour les élections municipales de 2020. Ils ont échoué à quatre voix près. Mais ailleurs dans le même département, dans le petit village de Ménil-La-Horgne, le maire a instauré un mode de gouvernance où les projets et les décisions municipales sont débattus et tranchés par l’assemblée des habitants, en démocratie directe.

Dans quelques mois, la France connaîtra les élections municipales. Bookchin pourrait être une source d’inspiration pour ceux qui voudraient radicaliser la démocratie en partant des communes. Au-delà, tout un autre pan de la pensée de Bookchin, celui de l’« écologie sociale », inspire déjà bien d’autres mouvements par le monde).


Pierre Sauvêtre est l’auteur de Murray Bookchin ou l’objectif communocène. Écologie sociale et libération planétaire (Éditions de l’Atelier, 2024).

The Conversation

Pierre Sauvêtre ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Reconstruire la démocratie par les communes : le projet radical de Murray Bookchin – https://theconversation.com/reconstruire-la-democratie-par-les-communes-le-projet-radical-de-murray-bookchin-265306

Strait of Hormuz: if the Iran conflict shuts world’s most important oil chokepoint, global economic chaos could follow

Source: The Conversation – UK – By Sarah Schiffling, Deputy Director of the HUMLOG (Humanitarian Logistics and Supply Chain Management Research) Institute, Hanken School of Economics

The reported sinking of several Iranian warships by US missiles in the Gulf of Oman serves as a reminder of the maritime aspect of the conflict which began February 28 with a barrage of Israeli and American missiles targeting Iran. Two other vessels, believed to be tankers, have also been reported as having been hit by missiles, of an as yet undetermined source, in the vicinity of the Strait of Hormuz, underlining the importance of this vital shipping lane – which is likely to play an key part in all sides’ calculations.

Full details have yet to emerge of the incidents. But there are already signs that the strait will become a major focus of concern because of the huge implications should the conflict disrupt maritime traffic through this the narrow outlet of the Persian Gulf. Ships crossing the Strait of Hormuz carry around one-fifth of global oil supplies. That’s about 20 million barrels per day. This makes the strait the most critical energy chokepoint.

There are a small number of strategic passageways, or chokepoints on which global trade depends and which are vulnerable to disruption. Any disruption reverberates instantly through global markets and supply chains. With conflict raging in Iran and attacks across the Middle East, traders, governments and businesses will be watching oil prices closely as the markets open.

After Israel and the US launched attacks on Iran on February 28, prompting retaliatory strikes across the region from Iran, Tehran broadcast to vessels in the region claiming that the Strait of Hormuz was closed.

Although the shipping lanes are only about two miles wide, actually physically closing them would be difficult to achieve. The most decisive action Tehran could take would be to mine the shipping lanes. With the large US naval presence in the area, this would be very difficult for Iran to achieve.

But a formal blockade is not necessary to stop traffic. When perceived threat levels rise, ships stay away. Big shipping companies such as Hapag Lloyd and CMA CGA have already suspended transit through the strait and advised their ships to proceed to shelter.

Vessel tracking already shows reduced movements in the Strait of Hormuz. Ships are waiting to enter or exit the Persian Gulf or diverting away from the region. An advisory from the United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) Centre has warned of the “increased risk of miscalculation or misidentification, particularly in proximity to military units”.

Several ports have suspended operations after debris from an intercepted missile sparked a fire at Dubai’s Jebel Ali Port. While other ports continue to operate, the risk and uncertainty are disrupting shipping in the region.

Supply chain disruption

Hormuz is dominated by oil tankers and liquid natural gas carriers, so disruption directly hits global energy supplies. In addition, a lesser-known dependency is that one-third of the world’s fertiliser trade passes through the strait. Both energy and agricultural supply chains have already been destabilised by the Ukraine war. Further price rises could have far-reaching consequences.

Map of Straits of Hormuz
The Strait of Hormuz is one of the world’s most important waterways, with 20% of the global trade in oil flowing through a narrow maritime channel.
Wikimedia Commons

The main destinations for oil and gas flowing through Hormuz are China, India, Japan, and South Korea. India, which imports about half of its crude oil through the strait, has activated contingency plans to safeguard energy supplies.

But apart from amassing strategic national stockpiles to weather immediate disruptions, there may be limited alternatives for countries dependent on getting their energy supplies through the strait. Saudi Arabia and the UAE have some pipelines for both oil and gas that can bypass the Hormuz. There is an estimated spare capacity of 2.6 million barrels per day for these pipelines. But that’s a fraction of what is normally shipped through the strait.

Oil and gas are traded globally. So even countries whose energy needs are not met by imports from the Persian Gulf will be affected by price increases. Oil prices are expected to increase to up to US$100 (£74) per barrel when markets open on Monday. Opec has agreed to modestly boost oil output in a bid to stabilise markets. But the group of oil producing countries has limited options as key members are affected by the fallout of the attacks on Iran.

Energy price increases will hit consumers directly when filling up their cars or heating their homes. They also affect companies across a wide range of industries. This has the potential to cause further supply chain disruptions.

Supply chains rely on predictability. The persistent geopolitical uncertainty has complicated operations worldwide. Limited alternatives make the de facto closure of the Strait of Hormuz all the more impactful. The longer the disruption persists, the more significant and structural the economic damage will become.

Potential for escalation

There is still a potential for a catastrophic escalation in the Strait of Hormuz. The sinking of a tanker would have dramatic consequences for the environment and would likely halt navigation for an extended period of time.

But prolonged instability may also prove destructive for the global economy.
Previously, Iran closing the strait was seen as unlikely considering the global backlash and economic harm to Iran itself. But with regime change now the stated goal of the US-Israeli attacks, the cost of holding the world economy hostage might seem justified to the rulers in Tehran.

The Conversation

Sarah Schiffling does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Strait of Hormuz: if the Iran conflict shuts world’s most important oil chokepoint, global economic chaos could follow – https://theconversation.com/strait-of-hormuz-if-the-iran-conflict-shuts-worlds-most-important-oil-chokepoint-global-economic-chaos-could-follow-277199

Diabetes y gasto sanitario: prevenir es más barato que tratar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elena Andrade-Gómez, Profesora del Grado en Enfermería de la Facultad de Ciencias de la Salud de la Universidad de La Rioja, Universidad de La Rioja

Halfpoint/Shutterstock

La diabetes, una de las enfermedades crónicas más prevalentes a nivel mundial, es también una de las más costosas. Y no hablamos solo de salud: hablamos de economía, productividad y sostenibilidad de los sistemas sanitarios.

Un estudio macroeconómico publicado recientemente estima que, entre 2020 y 2050, la diabetes generará costes acumulados de 10,2 billones de dólares (8,6 billones de euros) a nivel mundial. En términos anuales, esto equivale aproximadamente al 0,22 % del PIB mundial. Si se incorporan los costes del cuidado informal –familiares que reducen su jornada laboral o abandonan el empleo para atender a un ser querido–, la cifra alcanza los 78 billones de dólares (65,7 billones de euros).

Son cifras difíciles de imaginar, pero detrás de ellas hay una realidad concreta: consultas médicas recurrentes, hospitalizaciones, tratamientos farmacológicos o complicaciones que requieren atención especializada.

Cuando la enfermedad avanza, el coste se multiplica

Si el diagnóstico se retrasa o el control metabólico no es adecuado, el riesgo de padecer complicaciones graves aumenta. Y cuando estas se presentan, el impacto sanitario y económico se dispara.

Problemas como los trastornos cardiovasculares, la insuficiencia renal, la neuropatía, la retinopatía o las amputaciones deterioran gravemente la calidad de vida e implican ingresos hospitalarios, intervenciones complejas, tratamientos crónicos y seguimiento multidisciplinar, lo que se traduce en un incremento significativo del consumo de recursos sanitarios.

Pero el impacto no termina aquí.

El coste invisible: productividad y cuidado informal

La diabetes también tiene un coste menos visible, pero igual de relevante: el económico indirecto, es decir, el que la enfermedad ocasiona en el ámbito laboral.

El absentismo, el presentismo (acudir al trabajo sin estar en buenas condiciones), la incapacidad temporal o la jubilación anticipada afectan a la productividad. A ello se suma el cuidado informal o no remunerado, que a menudo recae en familiares. Cuando un familiar reduce su jornada o abandona su empleo para cuidar a un ser querido, también disminuye la productividad, lo que incrementa la carga económica de la enfermedad.

A diferencia de estudios previos, el estudio macroeconómico considera también la pérdida de productividad y el efecto sobre el crecimiento económico. La diabetes, en este sentido, no es solo una cuestión clínica: plantea un desafío estructural.

La paradoja: una enfermedad en gran parte prevenible

Lo más llamativo es que buena parte de esta carga podría evitarse.

Se estima que hasta el 90 % de los casos de diabetes tipo 2 podrían evitarse mediante la adopción de hábitos de vida saludables, como aumentar la actividad física regular, reducir el sedentarismo, seguir una alimentación equilibrada y evitar el tabaquismo. Es decir, no hablamos de una condición inevitable, sino de una enfermedad fuertemente influida por el estilo de vida y el entorno.




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Además, la detección precoz y el control adecuado en personas ya diagnosticadas permiten intervenir antes de que aparezcan complicaciones irreversibles. Prevenir no significa únicamente evitar nuevos casos: también implica frenar la progresión de la enfermedad, retrasar complicaciones y mejorar la calidad de vida de quienes ya conviven con diabetes.

Invertir antes o pagar después

Desde una perspectiva estrictamente económica, la pregunta es sencilla: ¿es más eficiente invertir en prevención o asumir el coste creciente de las complicaciones?

La prevención requiere recursos: programas de promoción de actividad física, acceso a alimentación saludable, educación sanitaria, cribado poblacional y seguimiento clínico temprano. Dado que las complicaciones avanzadas concentran una parte sustancial del gasto sanitario, intervenir de forma temprana se perfila como una estrategia potencialmente más eficiente.

Además, la innovación farmacológica está aportando herramientas prometedoras. Nuevos tratamientos, como los agonistas del receptor GLP-1, no solo han demostrado mejorar el control glucémico, sino también reducir eventos cardiovasculares. Utilizados de forma adecuada, con supervisión médica y garantizando un acceso equitativo, podrían ayudar a disminuir complicaciones futuras y, con ello, parte del gasto.

No obstante, ningún medicamento puede sustituir a la prevención estructural. Sin entornos que faciliten elecciones saludables –ciudades caminables, acceso a alimentos frescos, políticas que reduzcan el sedentarismo…–, la tendencia difícilmente cambiará.

Más allá de los números

Las cifras macroeconómicas impresionan, pero no deben eclipsar lo esencial: detrás de cada dato hay personas que viven con una enfermedad crónica que condiciona su día a día.

El impacto no es solo sanitario ni laboral, también es social. Franz Martín Bermudo, catedrático de Nutrición y Bromatología de la Universidad Pablo de Olavide y vicepresidente segundo de la Sociedad Española de Diabetes, explica que el coste social de esta enfermedad –entendido como el efecto en la esfera emocional, personal y familiar, incluyendo posibles estigmas o situaciones de discriminación– es 2,2 veces mayor que el de una persona que no padece la enfermedad, y hasta 5 veces mayor cuando aparecen complicaciones.

Invertir en prevención no es solo una estrategia para equilibrar presupuestos sanitarios, sino también una inversión en calidad de vida, en años de vida saludable y en sostenibilidad social.

La lección resulta clara: evitar complicaciones supone menos sufrimiento y menos gasto, el diagnóstico precoz ofrece oportunidades de intervención y las políticas públicas orientadas a la prevención generan un retorno tangible.

Quizá la pregunta más relevante no sea cuánto cuesta la diabetes, sino cuánto estamos dispuestos a invertir hoy para que no cueste aún más mañana. El reloj corre: ¿actuaremos a tiempo?

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Diabetes y gasto sanitario: prevenir es más barato que tratar – https://theconversation.com/diabetes-y-gasto-sanitario-prevenir-es-mas-barato-que-tratar-275342

¿Por qué Punch nos rompe el corazón?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos José Monroy Barrero, Sociólogo, Mg Estudios Sociales, Doctorando en Estudios Sociales, Universidad de La Sabana

El mono Punch abraza a su orangután de peluche. Sana Muhy Ud Din/Shutterstock

El macaco Punch, un bebé primate en un centro de rescate en Japón, se ha convertido en un fenómeno global tras quedar huérfano y buscar consuelo aferrándose permanentemente a un oso de peluche. Su historia no solo inunda las redes sociales, sino que activa en nosotros una respuesta emocional inmediata que parece trascender fronteras y especies.

Sin embargo, este interés masivo requiere entender que en Punch convergen desde nuestros instintos biológicos más honestos hasta las mecánicas más complejas de consumo digital en la era moderna.

Podemos entonces analizarlo a partir diversas perspectivas complementarias: desde la psicología social, la sociología, la filosofía política y la ciencia cognitiva.

La paradoja de Punch: empatía dentro de la “cámara de eco”

Punch se presenta como el vehículo ideal para lo que la ciencia denomina contagio moral. Su situación de orfandad y cautiverio apela a un sentido universal de justicia. Sin embargo, el entorno digital transforma esta tragedia en un producto de consumo estético seguro.

La presencia de palabras morales y emocionales en los mensajes incrementa su difusión en un 20 % por cada término adicional que promueva emotividad. Desde esta perspectiva, el lenguaje moral-emocional aumenta la propagación de un mensaje de manera significativamente más fuerte dentro de grupos que ya comparten una misma visión del mundo. En cambio, su impacto disminuye drásticamente al intentar cruzar hacia grupos con valores distintos, por ejemplo, animalistas o de tráfico de animales.

En lugar de unirnos en una causa global por el cuidado de la biodiversidad, a menudo consumimos historias como las de Punch para reafirmar la propia identidad ante nuestros iguales. En este contexto, la empatía deja de ser un puente hacia el “otro” y se convierte en una moneda de cambio dentro de nuestras “cámaras de eco” digitales. Compartir el vídeo no busca necesariamente modificar la realidad del cautiverio de animales, sino demostrar a nuestro círculo cercano que somos personas sensibles, empáticas y morales.

La era del vacío y el narcisismo de la empatía

Desde la sociología de Gilles Lipovetsky, este fenómeno es un síntoma de “la era del vacío”. En la hipermodernidad, el individuo ya no se moviliza por grandes deberes sociales, sino por la búsqueda de afectos que no le comprometan a nada. El narcisismo es la otra cara de la moneda de desinterés social, donde el sujeto busca un “reciclaje del yo” a través de la comunicación y el afecto.

Nuestra insistente atención en torno al relato de Punch es, en última instancia, una manifestación de consumo afectivo propia de la hipermodernidad. Siguiendo a Lipovetsky, este fenómeno ejemplifica un proceso social que tiende a sustituir la coacción por el placer y el mando por la incitación: ya no nos movemos por rígidos deberes éticos o mandatos sociales que exigen sacrificio, sino por estímulos seductores que nos invitan a sentir. En este escenario, el interés por el macaco no nace de un despertar político contra el tráfico de especies, sino de una “seducción continua” que nos ofrece una gratificación emocional inmediata y sin riesgos.

Nos encontramos ante un narcisismo que se conmueve principalmente con aquello que refuerza su propia imagen. La historia “se resuelve sola” cuando el animal es acogido por otro primate o con un cambio de peluche, liberándonos de cualquier compromiso real a largo plazo. Al compartir la pena por Punch, no estamos actuando sobre la realidad del cautiverio, sino consumiendo una imagen de nosotros mismos que nos devuelve el reflejo de una identidad sensible y moral en un mundo indiferente.

La ‘emocracia’ en el régimen de la ‘infocracia’

Otra perspectiva es la que plantea el filósofo Byung-Chul Han cuando advierte de que este interés masivo es una pieza clave de la “infocracia”. En el régimen digital, la información ya no busca la verdad, sino la eficacia emocional. La información es un fenómeno del presente que carece de interioridad y se agota en el momento de su difusión.

Punch es el objeto informativo ideal porque no invita a la reflexión lenta que requiere la política real. Vivimos en una “emocracia”, donde las emociones son más rápidas que los argumentos y la comunicación digital es una comunicación afectiva.

El vídeo de Punch despoja al animal de su profundidad para convertirlo en una mercancía visual. La transparencia digital nos obliga a exponerlo todo, pero esa visibilidad total termina cegándonos: estamos tan ocupados consumiendo la estética de lo tierno que perdemos de vista causas estructurales como la pérdida de hábitat, el comercio de mascotas exóticas que pusieron al macaco y su especie en esa situación, e incluso que su sobreexposición podría aumentar la problemática.

El antropomorfismo como mecanismo automático

Pero ¿por qué nos interesa más el relato de Punch que el de otros animales?

La clave reside en cómo nos relacionamos con el mundo. Las imágenes del vídeo hacen que desarrollemos afecto automático ante su situación. No vemos a un primate silvestre en una situación de estrés biológico; vemos a un niño que busca refugio. Esta simulación mental nos permite “sentir” su soledad de manera directa. El peluche funciona como un puente simbólico que humaniza al animal, eliminando la distancia necesaria para cuestionar su realidad, reemplazándola por una proyección efímera de sentimientos puramente humanos.

Por lo anterior, no podemos solo reducir este fenómeno a un simple ejercicio de vanidad digital, dado que sería ignorar resortes biológicos y narrativos profundamente honestos. El antropomorfismo es un “mecanismo de interacción básico” y automático que aparece de forma temprana en nuestra especie. Al ver a Punch, no estamos simplemente cometiendo un error de juicio, sino activando una “atribución automática de estados mentales y afectivos” ante la vulnerabilidad.

Esta capacidad de imaginar la mente del otro animal o humano responde a una necesidad genuina de vinculación y consuelo. En un mundo hiperconectado, la potencia narrativa del macaco que busca refugio apela a un arquetipo universal de fragilidad. No solo vemos a un animal en Japón, sino que proyectamos en él de forma inconsciente nuestra propia necesidad de cuidado, convirtiendo la historia de Punch en un espejo de valores que expresan una humanidad compartida.

Hacia una empatía responsable

El relato de Punch nos interesa porque es cómodo. Nos permite ser “morales” sin ser políticos, y ser “sensibles” sin ser responsables. Pero para aportar soluciones reales, debemos transformar esta emoción en acción ciudadana consciente.

El primer paso es romper el sesgo de la transparencia: reconocer que detrás de una imagen viral hay un abuso hacia la naturaleza que un peluche y likes no pueden curar por sí solo. Cuando pasemos del consumo emocional a la exigencia de políticas públicas de conservación habremos dejado de tratar a los animales como espejos de nuestro propio vacío para verlos, finalmente, como seres con derecho a una vida en libertad, lejos de las cámaras y los peluches.

The Conversation

Carlos José Monroy Barrero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué Punch nos rompe el corazón? – https://theconversation.com/por-que-punch-nos-rompe-el-corazon-277124

Vitoria, 3 de marzo de 1976: la matanza que aceleró la Transición

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gaizka Fernández Soldevilla, Responsable del Área de Archivo, Investigación y Documentación, Centro Memorial para las Víctimas del Terrorismo

Carlos Arias anuncia la muerte de Franco en Televisión Española.
Archivo General de la Administración, CC BY

El 22 de noviembre de 1975, dos días después del fallecimiento del dictador Francisco Franco, Juan Carlos I fue proclamado Rey de España. Confirmó al entonces presidente Carlos Arias Navarro, pero le impuso como ministros a algunos de los políticos franquistas en principio más favorables a la apertura, como Manuel Fraga, al frente de Gobernación.

Pese a tal impulso, el Gobierno Arias fue un fiasco. El presidente temía que las reformas pusieran en peligro la esencia del régimen, por lo que su política resultó vacilante y contradictoria. No solo no se legalizaron partidos y sindicatos, sino que ni siquiera se aprobaron los derechos de reunión, manifestación y huelga. No es de extrañar que Arias suscitara el rechazo tanto de los antifranquistas y de los franquistas liberales como del sector más reaccionario. Este era conocido como “el búnker” y tenía un carácter minoritario, pero con presencia en las Fuerzas de Orden Público (FOP).

Por otro lado, la coyuntura socioeconómica resultaba adversa. La crisis del petróleo (1973) había producido carestía de vida, pérdida de poder adquisitivo, inestabilidad laboral, despidos y progresiva dureza de la patronal a la hora de la negociación de los convenios colectivos. De ahí que el clandestino movimiento obrero, con la impronta del Partido Comunista de España (PCE) y la extrema izquierda, protagonizase un ciclo de protestas de enorme incidencia.

Ese fue el contexto en el que hay que enmarcar los sucesos de Vitoria. Debido a un enconado conflicto laboral, las plantillas de varias empresas de la ciudad mantenían un paro desde comienzos de 1976. Tales movilizaciones no estaban impulsadas por los sindicatos, sino por asambleas de trabajadores.

Manifestación en Vitoria, 3 de marzo de 1976.
Fundación Juan Muñiz Zapico (CC OO), CC BY

Represión y muerte a las puertas de la parroquia

El 3 de marzo, por tercera vez consecutiva, llamaron al conjunto de la población a una huelga general en solidaridad con su lucha. Por la mañana se registraron piquetes, barricadas, pedradas contra los agentes y cargas policiales. Por la tarde se celebró una asamblea en la iglesia de San Francisco de Asís, situada en el barrio de Zaramaga. El Gobierno Civil ordenó el desalojo, pero no fue obedecido por las mil personas que se habían reunido allí.

El Correo Español, 4 de marzo de 1976.
Hemeroteca El Correo, CC BY

Como Fraga estaba en Alemania, el Gobierno trasladó la responsabilidad a los mandos policiales. Optaron por la mano dura. Incumpliendo el Concordato con la Santa Sede, que protegía el ámbito eclesiástico, la Policía Armada lanzó gases lacrimógenos dentro del templo, por lo que los asistentes a la asamblea se vieron obligados a salir. Los agentes no solo usaron porras y pelotas de goma contra ellos, sino también armas de fuego.

Todavía hay incógnitas por resolver. En palabras del historiador Carlos Carnicero, se trató de “una actuación criminal claramente, pero si hubo una orden directa de actuar así porque era aquello de especial gravedad o fue una decisión de los cuerpos policiales que estaban allí y fue una negligencia, eso es algo que por la documentación no hemos podido saber”.

En total, la Policía Armada mató a cinco trabajadores: Pedro María Martínez, Francisco Aznar, Romualdo Barroso, José Castillo y Bienvenido Pereda. A la lista habría que sumar cerca de un centenar de heridos, incluyendo algunos agentes. Por añadidura, el día 6 un manifestante que protestaba por aquella masacre en Tarragona, Juan Gabriel Rodrigo, falleció al caerse de una azotea cuando huía de la Policía.

El Correo Español, 6 de marzo de 1976.
Hemeroteca El Correo, CC BY

Huelga general en memoria de las víctimas

Siguiendo la consigna “Vitoria, hermanos, no os olvidamos”, se convocó una huelga general para el 8 de marzo. La oposición calculó que habían parado 500 000 trabajadores vascos y navarros. Aunque las fuentes oficiales rebajaban la cifra, reconocieron que tan solo en Guipúzcoa habían hecho huelga 105 000 empleados.

En aquella jornada se sucedieron los enfrentamientos entre los manifestantes y las Fuerzas de Orden Público, que se saldaron con una nueva víctima mortal: un guardia civil mató de un tiro al joven Vicente Antón Ferrero en Basauri. Al día siguiente unas 50 000 personas se concentraron en aquella localidad.

Ningún funcionario fue condenado por el brutal operativo de Vitoria. Tampoco dimitieron sus responsables políticos. Fraga, quien había acuñado el lema “la calle es mía”, se escudó en su ausencia. Al ser incapaz de modernizar las FOP, su imagen reformista y su gestión como ministro fueron muy cuestionadas.

La tragedia que aceleró la transición

La tragedia de Vitoria tuvo dos consecuencias políticas. Por una parte, empujó a la oposición moderada a fusionar los dos organismos en los que se encontraba dividida. Así se creó la Coordinación Democrática, más conocida como “Platajunta”.

Por otra, aumentó las tensiones entre Juan Carlos I y Arias, que a la postre provocaron su dimisión en julio de 1976. El Rey encargó la formación de un nuevo Gobierno a Adolfo Suárez, el hasta entonces ministro secretario general del Movimiento. A pesar de la lógica desconfianza inicial de la oposición, el nuevo presidente sumó voluntades y lideró la Transición democrática.

Enfrentamiento de manifestantes con la policía en el funeral por los cinco obreros asesinados el año anterior, marzo de 1977.
Germán Gallego Picó, CC BY

ETA vampirizó el 3 de marzo

¿Se ha recordado el 3 de marzo de 1976? Sí, pero con dos escollos. Por un lado, el olvido institucional. Durante décadas ni se amparó a las víctimas ni hubo homenajes oficiales. Por otro, la utilización política. Las reivindicaciones del movimiento obrero alavés, en gran medida nutrido por inmigrantes de la España rural, eran laborales, no abertzales. Ni ETA ni su entorno habían tenido incidencia.

No obstante, no tardaron en instrumentalizar los sucesos. El 6 de septiembre de 1980, ETA político-militar asesinó al capitán de la Policía Nacional Basilio Altuna con el pretexto de haber participado en el operativo. Posteriormente, usando la expresión del profesor Jesús Casquete, la izquierda abertzale ha vampirizado la memoria del 3 de marzo.

A pesar de todo, el trabajo del Instituto de Historia Social Valentín de Foronda de la Universidad del País Vasco, con historiadores profesionales como José Antonio Pérez, Antonio Rivera y Carlos Carnicero, ha servido para localizar las fuentes disponibles, analizarlas, contrastarlas y ofrecer un relato histórico documentado, sólido y riguroso.

En los últimos años, el compromiso de las instituciones ha permitido que las víctimas fuesen reparadas y homenajeadas de manera oficial. En 2024, el Gobierno Vasco, la Diputación Foral de Álava, el Ayuntamiento de Vitoria-Gasteiz, el Obispado de Vitoria y las asociaciones Martxoak 3 y Memoria Gara crearon la Fundación Memorial 3 de Marzo. Al año siguiente la iglesia de San Francisco de Asís fue declarada Lugar de Memoria Democrática por el Gobierno de España. En el futuro albergará un museo para recordar los sucesos de Vitoria.

Mural de las víctimas en la iglesia de San Francisco de Asís (Vitoria)
Wikipedia, CC BY

The Conversation

Gaizka Fernández Soldevilla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Vitoria, 3 de marzo de 1976: la matanza que aceleró la Transición – https://theconversation.com/vitoria-3-de-marzo-de-1976-la-matanza-que-acelero-la-transicion-272637

Mark Carney’s visit to India hits the reset button on the Canada–India relationship

Source: The Conversation – Canada – By Saira Bano, Assistant Professor in Political Science, Thompson Rivers University

Prime Minister Mark Carney’s visit to India marks the most consequential step in years to rebuild Canada–India relations after the diplomatic rupture in 2023 over allegations linking Indian agents to the killing of a Canadian Sikh activist.

The visit signals a deliberate shift from crisis management to economic statecraft.

In Mumbai, Carney announced that Canada aims to conclude a Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA) with India by the end of this year, with the goal of doubling two-way trade by 2030. The message was pragmatic: the two countries may not always agree, but engagement must continue.

From rupture to reset

Canada-India relations deteriorated sharply in September 2023, leading to diplomatic expulsions, reduced staffing and suspended trade negotiations. For much of the past two years, the relationship was defined by security tensions and mutual distrust.

The first signs of stabilization came at the 2025 G7 Summit in Kananaskis, Alta., when Carney’s invitation to Prime Minister Narendra Modi signalled a diplomatic breakthrough. High commissioners were reinstated and ministerial channels reopened. Carney’s India visit suggests the reset is moving from symbolism to implementation.

The logic is clear. Canada’s heavy trade dependence on the United States has become riskier amid tariff threats and political volatility. Diversification is no longer aspirational; it’s strategic.

India, as one of the world’s fastest growing major economies and an increasingly central figure in global supply chains, offers scale and long-term opportunity.

Energy as the anchor

Energy emerged as the central pillar of Carney’s two-day visit. Canada and India have relaunched the Ministerial Energy Dialogue and are advancing discussions on uranium supply, conventional energy trade and clean energy co-operation.

India’s energy demand continues to rise as economic growth accelerates. It remains heavily import-dependent on crude oil and natural gas while also seeking to expand low-carbon baseload power. Canada, meanwhile, is looking to reduce its overwhelming reliance on the U.S. market.

With expanded export capacity through the Trans Mountain pipeline and growing LNG infrastructure, Canada is better positioned to reach Indo-Pacific markets than at any point in recent decades.

While Canada will not displace other suppliers, it can become part of India’s diversification portfolio. Long-term uranium agreements, in particular, would embed trust through decades of commercial interdependence. Nuclear co-operation offers durability that few other sectors can match.

Critical minerals, structural alignment

Beyond fuels, critical minerals represent a deeper strategic opportunity. Canada’s Critical Minerals Strategy aligns closely with India’s National Critical Minerals Mission in terms of lithium, nickel, cobalt, rare earth elements and downstream supply chains.

For Canada, the goal is not simply exporting raw resources, but building integrated value chains through processing partnerships, recycling and technology collaboration. For India, secure access to minerals is essential for electric vehicles, semiconductors, defence industrial supply chains and clean energy technologies, particularly as it seeks to reduce dependence on China-dominated processing networks.

Progress in critical minerals would move the relationship beyond symbolic diplomacy toward structural alignment.

Although CEPA negotiations have stalled in the past, both countries now face stronger incentives to revive them amid global trade turbulence and diversification pressures.

Progress on energy and minerals can help build domestic support for stability while wider trade talks continue.

Innovation, security

Carney’s visit also emphasized people-to-people and innovation ties. Foreign Affairs Minister Anita Anand launched a new Canada–India Talent and Innovation Strategy, including 13 new university partnerships spanning artificial intelligence, hydrogen research, digital agriculture and health sciences.

Education has long anchored Canada–India relations. Embedding research collaboration and talent mobility strengthens long term institutional linkages that outlast political cycles. Artificial intelligence co-operation, in particular, aligns Canada’s strengths in responsible AI governance with India’s scale in digital infrastructure and AI deployment.

Despite economic progress, however, security concerns between India and Canada remain unresolved. The diplomatic fallout of 2023 continues to affect trust.

During the visit, Anand faced repeated questions about foreign interference and transnational repression. She emphasized that public safety concerns must be addressed through direct engagement rather than disengagement.

Recent reports of ongoing threats and warnings to Sikh activists in Canada show that underlying tensions persist, even as both governments seek to prevent them from defining the entire relationship.

Ottawa’s tone appears more measured, but the conflicting narratives between the two countries remains evident.

The road ahead

Carney’s challenge is now therefore twofold: advance economic co-operation while preventing unresolved security disputes from derailing the broader reset of the Canada-India relationship.

Improved ties with India also align with Carney’s broader foreign policy vision, articulated in Davos, that middle powers must co-operate more closely in response to fractures in the global order.

India’s inclusion in a broader Indo-Pacific tour alongside Australia and Japan underscores that this engagement is part of a wider strategic recalibration.

Stabilizing relations with India is therefore not simply a bilateral exercise. It’s about positioning Canada more credibly in the Indo-Pacific region and strengthening co-ordination among democratic middle powers navigating geopolitical uncertainty.

The significance of Carney’s visit lies less in rhetoric and more in trajectory. By setting a target for a trade agreement, advancing energy and uranium co-operation, deepening critical minerals alignment and expanding academic partnerships, Ottawa is attempting to anchor the relationship in long-term interdependence.

The reset is not complete. Security tensions still cast a shadow. But the visit suggests that both governments are willing to compartmentalize disputes and focus on areas of shared economic and strategic interest.

The Conversation

Saira Bano does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Mark Carney’s visit to India hits the reset button on the Canada–India relationship – https://theconversation.com/mark-carneys-visit-to-india-hits-the-reset-button-on-the-canada-india-relationship-277015

La guerra por Warner y el futuro del entretenimiento: quién decidirá qué vemos y por qué debería importarnos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jose Antonio Cortés Quesada, Profesor Contratado Doctor por ANECA. Coordinador Académico del Grado en Marketing., UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Estudios de Warner Bros. en Burbank, CA. Robert V Schwemmer/Shutterstock

La posible compra de Warner Bros. Discovery (que nació en 1923 como estudio de cine y ahora es un gigante audiovisual propietario, entre otros, de la plataforma digital HBO Max) se ha convertido en uno de los mayores pulsos corporativos de la historia del entretenimiento audiovisual. Lo que parecía una integración entre Netflix y el histórico estudio cinematográfico ha derivado en una nueva fase de negociación encabezada por Paramount Skydance.

Más allá de cómo finalice el acuerdo, la operación muestra algo más profundo: el sector audiovisual ha entrado en una etapa de consolidación industrial. Los estudios tradicionales, plataformas digitales y empresas tecnológicas compiten por controlar el contenido, la distribución y los datos de los espectadores.

Una batalla corporativa con múltiples frentes

El 5 de diciembre de 2025 Netflix anunció que compraba Warner por casi 83.ooo millones de dólares. La operación fue interpretada como un movimiento capaz de redefinir Hollywood, al concentrar gran parte de la producción cinematográfica bajo una sola empresa, y generó inquietud entre reguladores y parte de la industria creativa estadounidense.

La situación cambió apenas cuatro días después, cuando Paramount lanzó una ofensiva corporativa para la compra de Warner aunque todo quedó en stand-by, a la espera de la junta de accionistas de Warner Bros. Discovery, que se celebraría el próximo 20 de marzo. Finalmente, la última semana de febrero Paramount mejoró su oferta, aumentando la presión financiera y legal sobre el acuerdo inicial, y Netflix optó por retirarse de la operación. El gigante del streaming afirmó que, en lugar de invertir en esta compra, dedicaría casi 20.000 millones de dólares en producir contenido para su propia plataforma.

El foco se desplaza ahora hacia los accionistas de Warner y hacia los organismos reguladores estadounidenses, que deberán evaluar si una integración de este tamaño altera el equilibrio competitivo del sector audiovisual.

De momento, tanto las acciones de Paramount como las de Netflix, se disparan en bolsa.

Mucho más que estudios de cine

Warner no es únicamente un estudio fundado hace más de un siglo. Su valor estratégico reside en combinar producción cinematográfica, franquicias globales, como Harry Potter, Juego de Tronos, The Last of Us, y muchas más, y una plataforma digital consolidada como HBO Max.

Además, Paramount, alineado con el entorno del mismo Donald Trump, se quedaría con el canal informativo CNN (https://cadenaser.com/nacional/2026/02/27/paramount-se-queda-con-mucho-mas-que-warner-asi-sera-el-nuevo-imperio-mediatico-de-sintonia-trumpista-cadena-ser/).

Así, en la economía del streaming, poseer contenido ya no es suficiente; lo decisivo es controlar todo el ciclo de consumo.

Las plataformas actuales funcionan como ecosistemas de datos. Cada reproducción, pausa o abandono alimenta sistemas algorítmicos basados en IA capaces de anticipar preferencias y maximizar el tiempo de visionado. Ese tiempo se traduce directamente en fidelización… y cada vez más, en ingresos publicitarios.

Por ello, independientemente del comprador final, Warner representa un activo clave para cualquier compañía que aspire a liderar modelos híbridos basados en suscripción y publicidad.

El segundo pilar del streaming: la publicidad

Durante años, el streaming se presentó como la alternativa sin interrupciones (publicidad) frente a la televisión tradicional. Sin embargo, el modelo ha evolucionado rápidamente. Hoy, prácticamente todas las grandes plataformas, incluidas Netflix, Disney+ o Prime Video, incorporan planes con anuncios (https://doi.org/10.5209/esmp.104856).

El crecimiento de suscriptores se ha ralentizado y la publicidad permite ampliar ingresos sin aumentar excesivamente los precios.

Este cambio introduce una transformación en la experiencia cultural. Las decisiones sobre qué contenidos se producen, promocionan o destacan dejan de depender de criterios creativos y pasan a ser estrategias de retención algorítmica. Series, películas u otros formatos comienzan a diseñarse pensando en mantener la atención del espectador el mayor tiempo posible.

Como señalaba recientemente el actor y productor Matt Damon (https://www.fotogramas.es/noticias-cine/a70048045/matt-damon-actor-netflix-trama-peliculas-repeticiones-dialogos-telefono-movil/), las plataformas prefieren impactos narrativos tempranos capaces de evitar que el espectador abandone el contenido en los primeros minutos. De esta manera, la narrativa audiovisual empieza a adaptarse a métricas más propias del entorno digital que del cine tradicional.

¿Qué ocurrirá con las salas de cine?

Otro de los grandes interrogantes afecta a la exhibición cinematográfica. Históricamente, las producciones de Warner seguían un modelo clásico, estreno en salas y posterior llegada a plataformas.
Las negociaciones recientes han puesto sobre la mesa modelos híbridos con ventanas de exclusividad cada vez más cortas, en torno a 45 días (https://es.hollywoodreporter.com/netflix-mantendria-los-estrenos-de-warner-en-cines-durante-45-dias/), que permiten combinar ingresos en taquilla con explotación rápida en streaming. Sea cual sea el resultado final de la operación, esta tendencia parece irreversible.
Quien controle Warner decidirá cómo se producen, distribuyen y monetizan las grandes producciones audiovisuales de los próximos años, aumentando la presión sobre salas independientes y productoras externas.

El cambio real: concentración y cultura algorítmica

La retirada de Netflix de la operación no supone el final de la historia, sino la confirmación de una tendencia más amplia. El entretenimiento audiovisual está entrando en una fase en la que contenido, distribución, datos y publicidad tienden a integrarse bajo grandes empresas globales.
La batalla corporativa por Warner Bros. Discovery ha mostrado que el futuro del sector ya no depende solo de quién produce las historias, sino de quién controla los sistemas que las recomiendan, las financian y las monetizan.
Este tipo de fusiones obliga a preguntarnos como consumidores no solo qué servicios pagamos, sino qué tipo de relación queremos mantener con el entretenimiento audiovisual: ¿una centrada en experiencias culturales comunitarias y cinematográficas o dominada por consumo inmediato, métricas algorítmicas y publicidad personalizada?
Ese es, en última instancia, el verdadero desafío para quienes, al final del día, solo buscan disfrutar de una buena historia.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La guerra por Warner y el futuro del entretenimiento: quién decidirá qué vemos y por qué debería importarnos – https://theconversation.com/la-guerra-por-warner-y-el-futuro-del-entretenimiento-quien-decidira-que-vemos-y-por-que-deberia-importarnos-272109

Cuando la comida se convierte en un problema: trastornos de la conducta alimentaria en la adolescencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Viqueira Gutiérrez, Directora Máster Formación Profesorado Secundaria, Universidad Internacional de Valencia

New Africa/Shutterstock

La adolescencia es una etapa de profundas transformaciones físicas, psicológicas y sociales. En este contexto, los trastornos de la conducta alimentaria se han convertido en una preocupación creciente de salud pública, afectando a un porcentaje relevante de jóvenes en todo el mundo: a entre aproximadamente el 5,5 % y el 17,9 % de las mujeres y a entre el 0,6 % y el 2,4 % de los hombres jóvenes han experimentado un trastorno de la conducta alimentaria a lo largo de la vida.

Lejos de reducirse a una simple preocupación estética o a “modas”, se trata de trastornos mentales con causas variadas y complejas, que implican una alteración persistente en los hábitos alimentarios y en la percepción del propio cuerpo.

Trastornos más frecuentes en la adolescencia

Entre los más habituales en la etapa adolescente están la anorexia nerviosa, caracterizada por una restricción extrema de la ingesta y un miedo intenso a ganar peso; la bulimia nerviosa, con episodios de atracones seguidos de conductas purgativas, como vómitos autoinducidos o ejercicio excesivo; y el trastorno por atracón, marcado por ingestas compulsivas sin conductas compensatorias posteriores.

Estas condiciones pueden aparecer desde los primeros años de la adolescencia y se observan tanto en chicas como en chicos, aunque muchas veces queden infradiagnosticados en estos últimos.

Señales de alarma

Identificar estos trastornos en sus etapas iniciales es crucial para una intervención temprana. Algunas señales incluyen:

• Cambios en los hábitos alimentarios o evitar comidas en grupo.

• Preocupación excesiva por el peso o las calorías.

• Fluctuaciones importantes de peso.

• Aislamiento social y descenso del rendimiento escolar.

• Comportamientos extremos, como ejercicio compulsivo o purgas.

La evidencia muestra que cuanto antes se detecten estas señales, mejor es el pronóstico y menor el riesgo de complicaciones a largo plazo.

Factores de riesgo

El desarrollo de un trastorno de conducta alimentaria no responde a una única causa, sino a la interacción entre factores biológicos, psicológicos y sociales. La presión por cumplir idealizados estándares corporales (amplificada por las redes sociales) favorece la insatisfacción corporal entre adolescentes.

Además, características como el perfeccionismo, baja autoestima o experiencias de acoso escolar pueden incrementar la vulnerabilidad, así como cambios familiares o situaciones estresantes. Aunque tradicionalmente se han visto más en mujeres adolescentes, la diversidad de perfiles ha aumentado y hoy también se identifican casos en jóvenes varones y de distintas realidades sociales.




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Consecuencias psicológicas, físicas y académicas

Las repercusiones de estos trastornos van más allá de la alimentación. A nivel físico, pueden provocar malnutrición, alteraciones hormonales, problemas cardiovasculares y hasta poner en riesgo la vida. A nivel psicológico, se asocian con ansiedad, depresión, pensamientos obsesivos y baja autoestima.

El impacto académico también es considerable: dificultades de concentración, mayor absentismo y rendimiento escolar deteriorado son comunes, lo que afecta el desarrollo educativo y las oportunidades futuras.

El papel de la familia y la escuela

Adultos de referencia en la familia y la escuela son quienes pueden observar los primeros signos de alerta de un trastorno alimentario; además tanto el hogar como el centro educativo son espacios clave para intervenir de manera preventiva y de apoyo. Relaciones familiares complicadas o disfuncionales (como poca cohesión, falta de comunicación abierta o niveles altos de conflicto) se asocian con un mayor riesgo de desarrollar y mantener conductas alimentarias problemáticas.

Esto no significa que la familia sea la causa, sino que la calidad del ambiente relacional influye en la forma en que un adolescente percibe su cuerpo, regula sus emociones y afronta el estrés. Espacios familiares donde se fomente el diálogo, se promueva la empatía y se reduzca la presión por la apariencia corporal pueden actuar como factores de protección importantes.




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Del mismo modo, la escuela tiene un papel crucial en identificar cambios de comportamiento, ofrecer apoyo emocional y promover programas educativos que integren salud mental, educación sobre alimentación saludable y aceptación del cuerpo.

La colaboración institucional entre docentes, orientadores escolares y equipos sanitarios facilita una detección temprana y un acompañamiento más eficaz. Por ejemplo, programas que fomentan la autoestima y la resiliencia han demostrado reducir factores de riesgo asociados a los trastornos de conducta alimentaria, especialmente cuando se implementan como parte de la educación regular.

Romper mitos para facilitar la ayuda

A pesar de la evidencia científica acumulada, estos trastornos de conducta aún están rodeados de mitos que dificultan la percepción real del problema. Un error común es pensar que se trata de una “fase”, de una elección o de una preocupación superficial por el peso. Nada más lejos de la realidad: son trastornos de salud mental complejos con raíces biológicas, psicológicas y sociales que requieren un abordaje profesional y multidisciplinar.

Además, existen otros mitos ampliamente extendidos, como la creencia de que los TCA solo afectan a mujeres adolescentes, cuando también se presentan en varones y en otras etapas de la vida; o que solo son graves cuando hay un peso corporal muy bajo, lo que invisibiliza cuadros clínicamente severos en personas con normopeso o sobrepeso. Asimismo, atribuir el trastorno a la responsabilidad individual o familiar refuerza el estigma y puede retrasar la búsqueda de ayuda.

Romper estos mitos es fundamental para fomentar una cultura de comprensión y apoyo que facilite la detección precoz y el acceso al tratamiento. Normalizar conversaciones sobre salud mental y alimentación —por ejemplo, en los medios de comunicación, en el ámbito educativo y en las familias— puede disminuir la vergüenza y la culpa que sienten muchos adolescentes antes de buscar ayuda profesional.

¿Cómo y cuándo se recuperan?

La recuperación de los trastornos de la conducta alimentaria es posible, aunque suele requerir un enfoque multidisciplinar y sostenido en el tiempo. Los tratamientos combinan atención médica para supervisar la salud física; apoyo psicológico para abordar los patrones de pensamiento y las emociones relacionadas con la alimentación; educación nutricional para establecer hábitos saludables; y trabajo con el entorno social, incluyendo familia, amigos y escuela, para garantizar un acompañamiento constante.

Además, la integración de programas de prevención y sensibilización en los centros educativos y la promoción de redes de apoyo comunitarias pueden fortalecer la resiliencia de los adolescentes y reducir el riesgo de recaídas.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuando la comida se convierte en un problema: trastornos de la conducta alimentaria en la adolescencia – https://theconversation.com/cuando-la-comida-se-convierte-en-un-problema-trastornos-de-la-conducta-alimentaria-en-la-adolescencia-272655

¿Por qué estudiamos mutantes en biología?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Monica Folgueira Otero, Profesora Contratada Doctora- Área Biología Celular, Universidade da Coruña

La langosta azul es un ejemplo de mutante. Steven G. Johnson / Wikimedia Commons., CC BY

En biología, usamos mutantes para entender cómo funcionan las células y qué pasa cuando algo falla. Pero nuestros mutantes se parecen poco a los X-Men, que tienen capacidades extraordinarias. En esta saga de Marvel, Lobezno tiene una capacidad asombrosa de curarse heridas y Cíclope puede disparar descargas de energía por los ojos.

En cambio, los peces cebra cíclopes tienen un solo ojo, el cerebro deformado y no vivirán mucho. No tienen superpoderes, pero nos permiten entender aspectos cruciales del desarrollo embrionario, incluido el de humanos. ¿Quién es el verdadero superhéroe?

Figura de cera del actor Hugh Jackman como Lobezno, en el Museo Madame Tussaud, Sydney, Australia.
Eva Rinaldi / Wikimedia Commons., CC BY

Como una radio estropeada

Hay un símil utilizado en biología para explicar por qué es tan útil estudiar mutantes. Lo compara con abrir una radio sin saber para qué sirven sus componentes. Si sacamos una pieza y el sonido cambia, podremos quizá inferir para qué sirve ese componente. De manera análoga, al observar qué falla cuando un gen muta, se puede deducir su función biológica.

Un pez cebra cíclope con los ojos fusionados (derecha) frente a un ejemplar normal (izquierda).
Universidade da Coruña.

Hay quien ha criticado este símil, diciendo que acabaríamos con un diagrama lleno de flechas que pocos entenderían y que no explicaría cómo funciona la radio realmente. Admito que, a veces, los biólogos deberíamos aprender de los ingenieros y adoptar una visión más pragmática, pero esa es otra historia…Podemos quedarnos con la primera versión del símil, la de la curiosidad por saber qué hace cada pieza de la radio.

Del hallazgo fortuito al diseño preciso

El biólogo Thomas Hunt Morgan, en 1891.
The University Press of Kentuky.

Los primeros mutantes que se usaban en biología aparecían de forma espontánea. Uno de los primeros científicos que trabajó con ellos fue Thomas Hunt Morgan (1866-1945). Su laboratorio en la Universidad de Columbia (Estados Unidos), llamado el cuarto de las moscas, estaba bastante desordenado y apestaba a plátano fermentado. Trabajaba con las moscas de la fruta, esas a las que a veces llamamos erróneamente “mosquitos” y que tienen afán suicida por nuestra copa de vino tinto.

Durante años, Morgan y sus discípulos intentaron introducir mutaciones en las moscas, sin éxito. Cuando estaban al borde de abandonar estos experimentos, apareció de forma fortuita un macho mutante con los ojos blancos en lugar de rojos. Se dice que Morgan estaba tan entusiasmado que se llevó al insecto a casa para cuidarla, pero no sabemos si esto es verdad.

Gracias a este macho, Morgan y su equipo demostraron que los genes están en los cromosomas y explicaron las bases de la herencia genética ligada al sexo. Un avance clave para entender muchas enfermedades hereditarias.

Ahora los científicos ya no tienen que esperar a que aparezca algún mutante por azar, los pueden generar en el laboratorio. Para ello se usan compuestos que inducen cambios en el ADN y, después, se seleccionan los que muestran características interesantes. Una vez seleccionado el rasgo, los científicos tendrán que localizar la alteración en el ADN responsable.

También se pueden hacer mutantes a la carta mediante edición genética por CRISPR, de forma que desde el principio se sabe qué gen está modificado.

El curioso nombre de los genes

Para poder referirnos a algo, le tenemos que dar nombre. Y si un científico es el primero en ver algo, tiene el honor de bautizarlo, sea una especie, un mutante o un gen. Sobre esto, hay muchas anécdotas divertidas. Y es que los científicos también somos humanos y, a veces, con sentido del humor. Vayamos a mutantes y genes, que es lo que nos ocupa.

Pez cebra con una mutación que afecta a los ribosomas, utilizado para investigar trastornos relevantes para la salud humana.
Mónica Folgueira.

Resulta que hay un gen fundamental para nuestro desarrollo embrionario que se llama igual que el erizo de los videojuegos de Sega, Erizo Sonic. Recibió este nombre porque los embriones de la mosca de la fruta con este gen mutado se parecen a un erizo, pues están cubiertos de pelos puntiagudos.

A la compañía Sega no parece importarle tener este alter ego de su personaje. No fue así con la compañía Pokémon, que amenazó con demandar a un centro de investigación en cáncer porque uno de sus grupos llamó Pokémon a un gen. Los titulares no se hicieron esperar: “Se revela el papel de Pokémon en el cáncer”. Ante la amenaza de demanda, los científicos cambiaron el nombre del gen a Zbtb7, lo cual es mucho más aburrido. Algo parecido también pasó con un gen inicialmente bautizado Velcro, que tampoco gustó a la compañía con el mismo nombre.

Divertirse mientras se aprende

Hay más mutantes y genes con nombres curiosos. Algún ejemplo más: Groucho (por el exceso de vello facial), Cita barata (por ser muy sensible al alcohol), Aún no estoy muerto (por ser más longevo) o Desaliñado (por sus pelos desordenados). Esto no solo denota humor entre científicos, sino que hace a los mutantes más memorables.

Un gen mutante hallado en la mosca Drosophila recibió el nombre de Groucho, en honor al comediante.
ABC Photo / Wikimedia Commons., CC BY

Pero nombres como estos pueden transmitir una idea poco rigurosa de la ciencia y los científicos. Y puede surgir un problema si el gen acaba teniendo un papel importante en alguna enfermedad humana. Lo que es gracioso en un laboratorio de moscas o gusanos puede ser ofensivo y plantear problemas éticos cuando atañe a humanos.

¿Se imaginan a un médico informando de un cáncer causado por un gen llamado Desaliñado? Podría ocurrir. Por suerte, la mayoría de los diagnósticos clínicos no son tan detallados y no mencionan genes. Además, como los nombres suelen venir del inglés, al menos, hablaríamos de dishevelled, que suena menos incómodo.

Así que la próxima vez que vean una mosca sobrevolando su copa de vino, no la miren con desprecio. Podría ser una “cita barata” o estar un poco “desaliñada” y esconder en su ADN la respuesta a muchas preguntas biológicas.

The Conversation

Mónica Folgueira Otero recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

ref. ¿Por qué estudiamos mutantes en biología? – https://theconversation.com/por-que-estudiamos-mutantes-en-biologia-275327

U.S.-Israeli strikes against Iran may succeed on a military basis, but at what political cost?

Source: The Conversation – Canada – By James Horncastle, Assistant Professor and Edward and Emily McWhinney Professor in International Relations, Simon Fraser University

Israel and the United States have launched combat operations against Iran via Operation Epic Fury. The air campaign appears aimed at three targets: Iran’s military bases and command structure, its air defences and strategic missile sites and its leadership.

Early strikes were successful in killing Iran’s Supreme Leader Ali Khamanei and several key members of the leadership.




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The strikes themselves are likely to be successful from a strictly military standpoint. Israeli and American forces are quickly establishing air superiority over Iran and disabling Iran’s anti-air capabilities.

These attacks occur at a moment when Iran is weakened both domestically and internationally.

The Iranian regime is still recovering from the December and January protests that were the greatest challenge to the Iranian government since the 1979 Iranian Revolution.

Internationally, key members of Iran’s “ring of fire,” like the Houthis in Yemen and Hezbollah in Lebanon, are in a vulnerable position. Furthermore, the domestic unrest have emboldened people around the world to challenge the Iranian regime’s legitimacy.

Nevertheless, the U.S. and Israel are unlikely to be successful in their stated goal of regime change. Historically, air power alone is insufficient. Furthermore, even if they succeed in regime change, they may create an even more volatile geopolitical situation.

Escalating tensions

The tensions between the U.S.-Israel and Iran are nothing new. Their foundations go back to the birth of the Islamic Republic.

There’s been a significant escalation of tensions, however, over the past few years. The Oct. 7, 2023, Hamas attack against Israeli citizens and Iran’s role in supporting Hamas and other paramilitary groups opposed to the Israeli state resulted in Israel launching extensive strikes against Iranian assets in the region.

These strikes culminated in last year’s Twelve Day War between Israel and Iran, with the U.S. playing an auxilliary role. American and Israeli strikes inflicted significant damage on Iranian infrastructure. But they didn’t achieve the American goal of eliminating Iran’s nuclear program, despite President Donald Trump’s claims to the contrary.

Iranian protests

Against this backdrop of rising tensions between Israel/the United States and Iran, the economic situation in Iran deteriorated, resulting in shopkeepers and merchants in Tehran going on strike. These protests served as a spark for what became the largest public demonstrations against the Iranian regime that it had encountered since the birth of the Islamic Republic.

This latest uprising by the Iranian people presented an opportunity for the U.S. and Israel. Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu has never backed down from his goal of regime change in Iran. Trump actively encouraged the protesters to fight for regime change.

The protesters, however, needed material support that only the U.S. could provide. But with American military assets in the Caribbean challenging Venezuela, there were insufficient forces available.




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The result was that the U.S. was not able to intervene, and the Iranian regime succeeded in quashing the protests. Total deaths from the government’s crackdown are estimated to be in the thousands.

The U.S., having missed its ideal opportunity for regime change due to its fixation on Venezuela earlier in the year, nevertheless went through with pursuing its goal on Feb. 28.

An uncertain end

The problem now faced by Israel and the U.S. s the stated goal of regime change and the long-term stability of Iran. Not only is regime change uncertain due to the limitations of a strictly air campaign, but it could also create a scenario where more radicalized forces come to power.

This comes from the fact that, while the Iranian regime is often equated with prominent figures like the Ayatollah, it operates as more than a system centred on a single individual.

Unlike other authoritarian countries where key individuals or families have power, Iran is a complex state with a complex governance structure. At its heart is the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC). Far from merely a military unit or secret police, the IRGC is a vast institution integrated within the security, economy and governance of Iran.

This is where the difference between “regime change” and “regime building” comes to light. Removing key leaders may destabilize Iran and change who wields power, but that usually means power is then consolidated by people already in place. That’s not the citizens Iran, who Trump urged to rise up, but the vast infrastructure of the IRGC.




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Conflict could spread

This outcome is more likely given the instability of Iran over the past few weeks. If the regime were stable, Iranian political and military leaders wouldn’t view the current attacks as posing a threat to their control. But under the current volatile domestic circumstances, these leaders are likely to respond more forcefully and broadly because they believe their own future — and lives — are at stake.

The IRGC isn’t likely to be a more conciliatory or ideologically permissive interlocutor. In fact, the opposite is probably true.

Faced with the threat of further American and Israeli attacks and nascent discontent at home, the IRGC may move quickly to further lock down its own power and respond aggressively. This power struggle could not only result in significant Iranian deaths, but cause the war to spread throughout Middle East.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. U.S.-Israeli strikes against Iran may succeed on a military basis, but at what political cost? – https://theconversation.com/u-s-israeli-strikes-against-iran-may-succeed-on-a-military-basis-but-at-what-political-cost-277182