Restauration des parcours en Afrique de l’Est : pourquoi les éleveurs doivent être au cœur des politiques

Source: The Conversation – in French – By Sougueh Cheik, Docteur en sciences de l’environnement (sciences du sol) et chercheur au Centre d’Étude et de Recherche de Djibouti (CERD), Institut de recherche pour le développement (IRD)

La dix-septième Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, réunie à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, du 17 au 28 août, a accordé aux parcours et aux éleveurs une visibilité rare. Mais financer davantage leur restauration ne suffira pas.

Les parcours, ces espaces pâturés naturels ou semi-naturels, couvrent 54 % de la surface terrestre, font vivre environ deux milliards de personnes et sont gérés par quelque 500 millions de pasteurs.

En Afrique de l’Est, ils fournissent l’essentiel de la ressource fourragère des systèmes d’élevage. Ils reçoivent pourtant moins d’investissements que les forêts, faute d’une évaluation crédible de leur valeur économique.

Un malentendu doit d’abord être levé. La désertification ne désigne pas l’avancée d’un désert. Elle constitue la perte de productivité de terres habitées, dans les zones sèches, sous l’effet de divers facteurs, dont le climat et les usages. Les politiques de restauration ne sont donc jamais de simples opérations techniques. Elles reposent sur un modèle de fonctionnement des écosystèmes, et ce modèle détermine leurs résultats.

Chercheur en sciences du sol et en agro-pédologie, j’ai étudié la dégradation des terres et la restauration des sols dans les milieux arides et semi-arides. J’examine les conditions nécessaires pour que la restauration des parcours pastoraux en Afrique de l’Est soit réellement efficace et adaptée aux réalités des éleveurs.

Une restauration qui dégrade

La plaine de Hanlé, au sud de Djibouti, en fournit une illustration. Nos observations y portent sur l’un des principaux sites cartographiés avec l’appui technique de la FAO. Les abords de plusieurs points d’eau s’y ferment sous l’effet de Prosopis juliflora.

Cet arbuste envahissant forme des fourrés denses autour de ressources qui commandent l’ensemble du circuit de pâturage. Il encercle les Vachellia tortilis, ces acacias qui fournissent au troupeau l’ombrage et une part du fourrage. Or il a été planté à grande échelle pour reboiser et lutter contre la désertification.

Une solution de restauration écologique peut ainsi devenir un facteur de dégradation lorsque le modèle qui la guide ignore le fonctionnement d’un système pastoral. Trois conditions permettraient d’éviter la répétition de telles erreurs en Afrique de l’Est.

Le droit d’usage, condition de l’investissement

La première condition est foncière. Une restauration pastorale a peu de chances de se maintenir lorsque les droits d’usage restent incertains. La capacité à traiter les zones envahies dépend en effet de la reconnaissance de ceux qui en détiennent l’usage.

En Tanzanie, où les parcours couvrent près des trois quarts du territoire, la planification foncière conduite village par village rendait difficile le pâturage au-delà des limites administratives. Le dispositif mené avec l’Institut international de recherche sur l’élevage a répondu par deux instruments.

Une planification conjointe, où plusieurs villages délimitent ensemble les aires qu’ils partagent, et des certificats collectifs de droits coutumiers d’occupation délivrés à une association d’éleveurs. Quatre villages ont ainsi sécurisé une aire commune de 30 000 hectares.

La sécurisation foncière ne règle pas tout. Une étude publiée dans Scientific Reports n’observe aucune réduction de la progression du sol nu dans les zones passées sous certificat collectif. Ces titres délimitent des aires de pâturage sans fixer de règles de conduite à l’intérieur. Les parcours fonctionnent par superposition de droits, une aire pâturée en saison sèche par les uns et en saison des pluies par les autres. La délimitation risque de figer ces usages.

Un choix scientifique et politique

La deuxième condition porte sur ce que l’on mesure. Les travaux réunis par la Convention montrent que les éleveurs répondent à une ressource fourragère instable en déplaçant leurs troupeaux. Les mêmes relevés de biomasse ont pourtant servi à défendre l’inverse.

Dans les années 1970 et 1980, ils étaient lus à travers la notion de capacité de charge, soit le nombre d’animaux qu’un territoire est censé nourrir durablement. On en concluait qu’il y avait trop de bétail. Les travaux réunis en 1993 sous le titre Range ecology at disequilibrium ont montré que ce modèle s’appliquait mal aux savanes africaines.

Les trois sous-indicateurs retenus pour mesurer la dégradation portent sur l’occupation des terres, la productivité et le carbone organique du sol. Ces mesures renseignent sur la biomasse produite, non sur celle que le troupeau peut prélever.

Une invasion ligneuse, c’est-à-dire la prolifération d’arbustes au détriment du couvert herbacé, accroît ainsi le couvert végétal et la productivité estimée par télédétection. Le cas de Hanlé, où cette même progression réduit le fourrage accessible et ferme l’accès à l’eau, le montre.

Le choix de ces indicateurs relève des États. Un texte de décision gagnerait à préciser si l’indicateur mesure le couvert ligneux ou la production fourragère accessible aux animaux. Choisir un indicateur revient à choisir le système pastoral que l’on veut produire.

L’agroécologie offre un cadre mieux ajusté, désormais présent dans les textes négociés à la Convention. Elle privilégie les espèces fourragères locales et traite la mobilité du troupeau comme une technique d’ajustement à la variabilité climatique.

La Grande muraille verte, d’abord comprise comme une ceinture d’arbres reliant Dakar à Djibouti, a été réorientée vers une mosaïque de pratiques. La correction a porté sur ce que l’on avait choisi de compter, des arbres plantés plutôt que des paysages en usage.

Le financement de l’observation des parcours

La troisième condition est budgétaire. La Convention estime les besoins à environ 355 milliards de dollars par an d’ici 2030, dont le secteur privé n’assure qu’environ 6 %. L’Afrique porte le déficit le plus élevé, avec 191 milliards par an. Les annonces de clôture donnent la mesure de l’écart, avec un portefeuille de 1,3 milliard de dollars sur 23 pays et une initiative sur les parcours dotée de 1,2 milliard.

Une surface restaurée se chiffre en outre plus aisément qu’une dégradation évitée, ce qui conduit les bailleurs à soutenir la réparation plus volontiers que la prévention. Ces financements iront aux projets capables de prouver leurs effets.

Faute de dispositifs nationaux, les pays paieront des certificateurs extérieurs pour attester ce qui se passe sur leurs terres. Deux demandes en découlent. Que le suivi de long terme des terres figure parmi les dépenses éligibles au financement de la restauration. Et que la région se dote d’un instrument commun.

Sur ce dernier point, la présidence mongole porte le projet d’un centre eurasien pour le climat et la terre. L’Afrique de l’Est gagnerait de même à doter l’architecture existante de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Cette organisation réunit huit États de la région dont Djibouti, d’un mécanisme permanent d’observation des parcours. Celui-ci conserverait les séries longues et harmoniserait les protocoles entre pays. Ces protocoles n’auraient de sens que co-construits avec les éleveurs.

Une voix pastorale encore peu institutionnalisée

Ces trois conditions supposent que les éleveurs soient entendus. Oulan-Bator a marqué une avancée, avec les premières réunions officielles du caucus des peuples autochtones et de celui des communautés locales, et la reconnaissance des pasteurs comme gardiens essentiels des parcours.

Aucune instance propre au pastoralisme n’a toutefois vu le jour, et les parcours ne figurent dans les plans climatiques nationaux que de 24 pays, contre 181 pour les forêts. Quant à la sécheresse, les Parties ont renvoyé la décision à la COP18, après un premier report à Riyad.

Une décision qui appartient aux États

Aucune de ces trois conditions ne dépend d’une décision internationale. Reconnaître des droits d’usage collectifs relève des parlements et des administrations foncières. Choisir les indicateurs qui serviront à juger une restauration relève des services techniques nationaux. Inscrire l’observation de long terme au budget de l’État relève des lois de finances.

Le cas de Hanlé montre ce que coûte leur absence. Faute de droits clairs, personne n’est habilié à traiter les fourrés. Faute d’indicateurs adaptés, leur progression sera enregistrée comme un gain de couvert végétal. Faute d’observation continue, le prochain projet reproduira le même diagnostic.

La prochaine conférence se tiendra en Égypte en 2028. C’est le délai dont disposent les pays d’Afrique de l’Est, et la question n’est pas de savoir ce qu’ils y demanderont, mais ce qu’ils y apporteront. C’est la seule décision que personne ne prendra à leur place.

The Conversation

Sougueh Cheik does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Restauration des parcours en Afrique de l’Est : pourquoi les éleveurs doivent être au cœur des politiques – https://theconversation.com/restauration-des-parcours-en-afrique-de-lest-pourquoi-les-eleveurs-doivent-etre-au-coeur-des-politiques-290479

Los migrantes en el discurso periodístico ceutí: ¿víctimas o villanos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Hanae Trola Skalli, Docente del Área de Lingüística General / Instituto de Investigación en Lingüística Aplicada (ILA) de la Universidad de Cádiz, Universidad de Cádiz

Migrantes marroquíes en las calles de Ceuta el pasado 30 de agosto. RTVE

A lo largo del mes de agosto, Ceuta se ha convertido en el escenario de un episodio migratorio de dimensiones excepcionales. Más de 70 000 personas accedieron irregularmente a la ciudad entre finales de julio y principios de agosto, a nado o bordeando a pie el espigón fronterizo con Marruecos. Durante las semanas siguientes las llegadas, los fallecimientos, la seguridad y la respuesta institucional ocuparon (y siguen ocupando) buena parte de la actualidad local.

En este contexto, la prensa ha desempeñado un papel fundamental a la hora de contar lo sucedido. Para convertir los acontecimientos en noticia, el periodista debe decidir qué cuenta, qué destaca y cómo denomina a los actores implicados. Esto no significa que invente los hechos, sino que todo relato periodístico implica una forma de organizar y presentar la información. Esta cuestión adquiere especial importancia cuando hablamos de migración, porque las palabras y expresiones utilizadas influyen en la imagen que se ofrece de las personas migrantes y de quienes intervienen en estos sucesos.

El lingüista Teun A. van Dijk ha estudiado ampliamente este fenómeno. Una de sus propuestas más conocidas es el llamado “cuadrado ideológico”, que ayuda a explicar cómo el discurso puede presentar de manera diferente al grupo con el que nos identificamos –“nosotros”– y a otros grupos que percibimos como externos –“ellos”–. En los discursos sobre inmigración, esta distinción puede situar a la sociedad receptora en el primer grupo y a las personas migrantes en el segundo.

Según los trabajos de Van Dijk, esta forma de presentar a unos y otros puede manifestarse de varias maneras: se pueden destacar aspectos negativos de “ellos”, asociándolos con la ilegalidad y la falta de adaptación, mientras se resta importancia a aspectos positivos como sus aportaciones sociales o económicas.

Del mismo modo, pueden destacarse aspectos positivos de “nosotros”, relacionados con la solidaridad, la tolerancia o la ayuda, y atenuarse otros negativos, como el racismo, la discriminación o los prejuicios.

El análisis de las noticias

Para analizar el discurso de la prensa ceutí, examinamos las noticias publicadas entre el 30 de julio y el 31 de agosto en la sección “Frontera” de dos periódicos locales: El Faro de Ceuta y Ceuta Actualidad. Al revisar las expresiones que aparecen con mayor frecuencia, encontramos “entrada masiva”, “crisis migratoria” o “atención humanitaria”.

El análisis cualitativo muestra que las personas migrantes no aparecen representadas siempre de la misma manera. Por una parte, encontramos formulaciones relacionadas con el desbordamiento y la amenaza. Por ejemplo: “Es el reflejo de lo que siempre se ha llamado invasión. ¿Cómo va a soportar Ceuta esta presión?”“.

En este caso, términos como “invasión” o “presión” ponen el foco en el impacto de la llegada de miles de personas y presentan a los migrantes como un colectivo numeroso que desborda la ciudad.

Sin embargo, en las mismas noticias también encontramos expresiones que acercan al lector a sus circunstancias individuales: “Algunos han rebuscado entre contenedores de basura en busca de algo que comer” o “Hay chicos que quieren volver y niños que preguntan por sus madres”.

Las personas son las mismas, pero cambia la forma de mostrarlas: ya no aparecen únicamente como parte de un grupo que llega y desborda la ciudad, sino como personas con hambre, miedo y vínculos familiares.

En otras noticias, la atención se centra en las consecuencias humanas de la migración, como en el siguiente ejemplo: “Existe otra realidad que crece con el paso de las horas: la de las familias que desconocen qué ha ocurrido con sus seres queridos después de que intentaran cruzar a nado o por vía marítima hasta la ciudad autónoma”.

En este caso, el foco deja de estar en el grupo y se acerca a las personas y a sus historias: personas desaparecidas y familiares que esperan noticias. Estos ejemplos muestran que los migrantes no aparecen siempre de la misma manera en la prensa ceutí. En ocasiones se presentan como una colectividad que cruza, presiona o desborda y, en otras, como menores, familias o personas concretas en situaciones de vulnerabilidad.

Una realidad con muchos protagonistas

Dicho lo anterior, nuestro análisis muestra algo más. La entrada irregular no es el único foco de las noticias publicadas por ambos periódicos, ni los migrantes son sus únicos protagonistas. Durante el mes de agosto aparecen de forma recurrente otros temas: la gestión de la frontera, las relaciones entre España y Marruecos, las exigencias a los responsables políticos y las reacciones de los propios ceutíes.

Esta variedad de asuntos muestra que las críticas no se concentran en un único actor. En las noticias analizadas aparecen distintos protagonistas a los que se responsabiliza de determinados problemas o actuaciones. Así, encontramos referencias a cargos políticos, a la actuación de las autoridades marroquíes y a comportamientos incívicos de grupos de la propia ciudad.

Los datos y el análisis de los dos periódicos locales muestran, por tanto, una realidad más compleja que una simple división entre dos grupos enfrentados.
Preguntarnos si los migrantes son únicamente “víctimas” o “villanos” puede dejar fuera buena parte de esta complejidad: los distintos actores que intervienen, las responsabilidades que se les atribuyen y las diferentes situaciones que conviven en un mismo acontecimiento.

El análisis de las noticias muestra precisamente que la forma de presentar a los distintos protagonistas cambia según el aspecto de la realidad en el que se pone el foco. Así, víctima y villano no son tanto dos respuestas como dos formas posibles de mostrar una realidad mucho más amplia.

The Conversation

Realicé un periodo de prácticas de 3 meses en el periódico mencionado Ceuta Actualidad (en 2018).

ref. Los migrantes en el discurso periodístico ceutí: ¿víctimas o villanos? – https://theconversation.com/los-migrantes-en-el-discurso-periodistico-ceuti-victimas-o-villanos-290670

La selección: la inteligencia humana es un artículo de lujo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura G. de Rivera, Ciencia + Tecnología, The Conversation

Querido lector, querida lectora:

Lo que tiene entre las manos, delante de los ojos, en la pantalla, cada vez que entra en The Conversation, es un artículo de lujo. Dada la invasión de contenidos fabricados con inteligencia artificial en los medios de comunicación, es un verdadero privilegio poder acceder a una plataforma donde los autores son expertos de carne y hueso.

Porque, por si alguien tenía dudas a estas alturas, en The Conversation en español no admitimos artículos escritos con IA. Huelga decir que sería una falta de respeto pretender que lectores y editoras dedicáramos más tiempo a leer un texto del que su supuesto autor ha invertido en escribirlo. No vamos a entrar en debates sobre la capacidad de la máquina para redactar y fundamentar la información, ni sobre lo eficiente y rápido que es que lo haga, sobre eso de que luego será supervisado por la persona que va a firmarlo… ni sobre sus sesgos, ni sobre su contribución al empobrecimiento del lenguaje.

Lo que pasa es que preferimos apostar por las sofisticadas, sorprendentes e inigualables habilidades de expresión y de creatividad del cerebro humano.

Y es que nuestros autores, antes que investigadores o profesores de universidad, son personas. Eso significa que parten de su experiencia real –fruto de su interacción física con el entorno– y de una motivación propia –casi siempre cambiar el mundo para mejor con sus investigaciones–. Son dos cosas que una IA no puede tener.

Un algoritmo nunca se ha bañado en ese mar sin el que no podría vivir el biólogo Antonio Figueras, cronista de las maravillas y peligros que acechan al océano, como la muerte de toneladas de mejillones en Galicia este año. También vive cerca de una playa preciosa nuestra autora Paula Lamo, escritora de relatos de ficción e ingeniera decidida a hacernos entender que el aprendizaje automático no es nada sin un soporte físico para existir, con sus exigencias de energía y materias primas.

Otra cosa que no puede hacer la IA es dar a luz, como sí ha hecho Cristina de Juana, que además de madre es arqueóloga convencida de que ayudarnos unos a otros es el mejor camino y autora de un artículo sobre el parto asistido en la prehistoria. Tampoco puede emocionarse mirando al cielo, como le ocurre al astrofísico Miguel Ángel Aloy, cuando nos habla de lo que podrá ver el telescopio Nancy Grace Roman. ¿Y creen que a un chatbot le importa si protegemos nuestra privacidad cuando jugamos a videojuegos? Ni de lejos tanto como a Marta Beltrán, informática experta en protección de datos. Por la misma razón, un modelo de lenguaje nunca se irá al campo a tumbarse en un escondite a la espera de fotografiar una libélula, joya viva de la prehistoria, como han hecho la bióloga Patricia Casanueva y el ingeniero agroforestal Luis Fernando Sánchez.

Así podría seguir citando a todos nuestros queridos autores, con las peculiaridades y el corazoncito de cada uno, si no fuera porque nuestra compañera Claudia Lorenzo –que además de editora de Cultura es el hada madrina que les lleva cada sábado a su buzón La selección– está harta de decirnos que no nos pasemos de 500 palabras.

Con cariño, les deseo que sigan disfrutando de su producto de lujo.

The Conversation

ref. La selección: la inteligencia humana es un artículo de lujo – https://theconversation.com/la-seleccion-la-inteligencia-humana-es-un-articulo-de-lujo-290226

La paradoja antártica: nunca supimos tanto sobre el continente helado, pero quizá no sabemos lo necesario

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Virginia Morandini, Investigadora Ramón y Cajal en Ecología Antártica y Cambio Global, Estación Biológica de Doñana (EBD-CSIC)

Base Antártica Española Juan Carlos I. UTM-CSIC

En 1959, en plena Guerra Fría, 12 naciones se sentaron a negociar el futuro de un continente en el extremo sur del planeta y casi completamente cubierto de hielo. El resultado fue el Tratado Antártico, un acuerdo internacional que estableció que la Antártida debía ser un continente dedicado a la paz y la ciencia.

Aquel tratado creó un sistema de gobernanza único para un lugar único. Décadas después, para reforzar su protección ambiental, se firmó en Madrid el llamado Protocolo al Tratado Antártico sobre Protección del Medio Ambiente o Protocolo de Madrid. En él se declaró la Antártida como una reserva natural dedicada a la paz y la ciencia, prohibiendo la explotación de recursos minerales, salvo con fines científicos.

En la actualidad, el tratado cuenta con 58 miembros y su conservación depende de la cooperación internacional y la capacidad de alcanzar acuerdos entre países. Durante más de 60 años, este sistema ha mantenido el continente helado como un espacio excepcional de cooperación científica internacional.

Hoy en día, la Antártida está más vigilada que nunca. Satélites, bases científicas, barcos oceanográficos, sensores remotos y campañas internacionales producen cada año una enorme cantidad de datos sobre el hielo, el océano, el clima y sus ecosistemas. Sabemos más que nunca sobre su fauna, el retroceso del hielo y la contaminación.

Sin embargo, más ciencia no significa necesariamente mejores decisiones.

En un estudio publicado recientemente en People and Nature, planteamos precisamente esta paradoja: la investigación actual en el continente helado produce una gran cantidad de información, pero no siempre genera el conocimiento necesario para guiar su protección.




Leer más:
La huella química de los humanos en la Antártida


Un caso reciente: la pesca de kril

La península antártica es una de las zonas donde coinciden con más intensidad la pesca de kril –pequeños crustáceos marinos– y la presencia de especies que dependen de él, como pingüinos, focas, peces y ballenas. Por eso, a la hora de regular la pesca no basta solo con fijar un límite total de capturas. Si una parte demasiado grande de esta actividad se concentra en una zona especialmente sensible, el riesgo ecológico puede aumentar aunque el cupo total no se haya superado.

Para reducir ese riesgo, desde 2009 la medida CM 51-07 distribuía espacialmente el límite precautorio de captura de kril entre varias subáreas de pesca. Por ejemplo, el límite total para el Área 48 era de 620 000 toneladas por temporada, pero la subárea 48.1, que abarca gran parte de la península antártica, tenía un cupo específico de 155 000. Ese reparto buscaba evitar que la presión pesquera se concentrara excesivamente en esta región a la vez frágil, productiva y codiciada por la actividad pesquera.

En 2024, la Comisión para la Conservación de los Recursos Vivos Marinos Antárticos, el organismo internacional que regula la pesca en el océano Austral, se reunió para decidir si mantenía ese reparto espacial del cupo de kril. La medida expiró y no se renovó.

En consecuencia, desde la temporada de pesca de 2025, ya no está distribuido el límite de captura de kril entre esas subáreas de pesca. Su expiración se debió a la dificultad de alcanzar un acuerdo entre los países miembros del tratado con la información científica disponible. Este caso mostró hasta qué punto la gestión de la Antártida depende de contar con una base científica sólida, compartida y útil para apoyar decisiones colectivas.

Un pequeño crustáceo semitransparente flotando sobre una roca
Kril antártico.
Tarpan/Shutterstock

Una protección bajo presión

Cuando los datos no son suficientes, no son comparables o no se traducen en acuerdos sólidos, las decisiones pueden acabar reflejando más los bloqueos políticos y los intereses económicos que el principio de precaución.

Hoy, esto importa especialmente porque hay una fecha en el horizonte: 2048. El Protocolo de Madrid, que prohibió la explotación de recursos minerales salvo con fines científicos, podría ser revisado a partir de ese año. Se espera que en el futuro el continente sea físicamente más accesible que cuando se diseñó su actual marco de protección. Las proyecciones indican que las zonas libres de hielo podrían aumentar alrededor de un 25 % hacia finales de siglo, aumentando su accesibilidad y modificando los intereses geopolíticos y económicos sobre el territorio.

Si llegamos a posibles debates sobre recursos minerales, presencia humana o nuevas formas de explotación sin una ciencia integrada, sostenida y aceptada como base común, la protección de la Antártida podría depender más de negociaciones políticas que de una evaluación sólida de los riesgos.




Leer más:
La crisis climática está aumentando el valor económico de los polos: cuidado con los oportunistas


La opacidad epistémica antártica

En nuestro trabajo usamos el concepto de “opacidad epistémica” para describir una situación aparentemente paradójica: puede haber muchos datos científicos y, aun así, faltar una visión clara, integrada y útil para tomar decisiones.

La opacidad surge cuando la información existe, pero está fragmentada. Cuando los estudios no son comparables entre regiones. Cuando los datos científicos disponibles no responden directamente a las preguntas que deben resolver quienes toman decisiones. O cuando la información científica existe, pero no llega de forma integrada, comprensible y útil a los espacios donde esas decisiones se toman.

En la Antártida, este problema no se debe a la falta de buena ciencia. La investigación antártica ha producido descubrimientos fundamentales para entender el planeta. El problema está en cómo se organiza, financia, coordina y utiliza esa ciencia. Un estudio reciente sobre seguimiento a largo plazo en la Antártida mostró, por ejemplo, que más del 60 % de las investigaciones se centran en megafauna carismática, como pingüinos y mamíferos marinos.

La solución no es simplemente producir más artículos científicos. Es generar conocimiento más integrado, mantenido en el tiempo y conectado con las necesidades de conservación y gobernanza. Esto implica reforzar los seguimientos a largo plazo, armonizar protocolos, coordinar observatorios, compartir datos y asegurar que las regiones y procesos menos visibles también formen parte de la agenda científica.

Afortunadamente, la comunidad científica antártica no es ajena a este problema. En los últimos años han surgido iniciativas internacionales que avanzan en esa dirección: mayor coordinación entre programas, integración de datos, identificación de prioridades comunes y esfuerzos para conectar mejor la ciencia antártica con la toma de decisiones. Son pasos importantes. Pero ¿serán suficientes y llegarán a tiempo?




Leer más:
¿Qué papel geopolítico y científico tiene España en los dos polos?


Lo que ocurre en la Antártida no se queda allí

La Antártida no está tan aislada como solemos pensar. En la temporada 2024–25 recibió 118 491 turistas, una cifra impensable hace pocas décadas.

No podemos seguir viviendo de espaldas a este continente. Lo que pasa en el resto del planeta llega hasta allí en forma de calentamiento, contaminación, presión pesquera, turismo o enfermedades emergentes. Y lo que ocurre allí puede repercutir en el resto del mundo a través del clima, el océano, el nivel del mar y la biodiversidad.

Mirar hacia la Antártida ya no es solo una cuestión científica o geográfica. Es una forma de preguntarnos si sabremos proteger algo antes de perderlo.

The Conversation

Virginia Morandini no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La paradoja antártica: nunca supimos tanto sobre el continente helado, pero quizá no sabemos lo necesario – https://theconversation.com/la-paradoja-antartica-nunca-supimos-tanto-sobre-el-continente-helado-pero-quiza-no-sabemos-lo-necesario-284582

En el trabajo, la edad importa pero la antigüedad también

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alba Puigvert-Santoro, Doctoranda en Derecho, Economía y Empresa, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

La comunicación interna se ha convertido en una función estratégica dentro de las organizaciones. Con los años, ha pasado de ser una vía de transmisión de información a ser una vía de creación de significado para los trabajadores.

Una comunicación interna de calidad se vincula con la satisfacción laboral y el compromiso. Si funciona eficazmente, los empleados se sienten más integrados, actúan como embajadores de la marca y promueven los valores de la organización ante públicos externos.

Sin embargo, la percepción de esta comunicación es un proceso muy subjetivo, que se ve influenciado, entre otros factores, por la diversidad de la plantilla. Esto sugiere que la misma estrategia de comunicación puede ser recibida de manera diferente según el grupo o el contexto organizacional.

Ni muy nuevos ni muy viejos

Cuando una empresa quiere mejorar su comunicación interna, suele pensar primero en los recién llegados: manuales de bienvenida, sesiones de acogida, tutorías para los primeros meses. Tiene sentido: son quienes más dudas tienen. Pero una investigación reciente apunta a que esta atención puede dejar un punto ciego sin atender: los trabajadores con entre 1 y 15 años de antigüedad.

En la organización analizada, la valoración de la comunicación interna por parte de los trabajadores varía bastante según su antigüedad. No son los recién llegados los que se muestran más críticos, ni tampoco los veteranos con décadas de vinculación. Son, sobre todo, esas personas que llevan trabajando en la empresa entre 1 y 15 años (precisamente el grupo que suele representar el grueso de cualquier plantilla).

La satisfacción laboral no es igual en todas las etapas

Encuestamos a 249 trabajadores –personal docente e investigador y personal de administración y servicios– de una universidad catalana. Para ello, utilizamos un cuestionario validado que mide ocho dimensiones distintas de la satisfacción comunicativa: desde el feedback recibido hasta la calidad de las reuniones, pasando por la transparencia sobre las decisiones de la organización.

Los empleados con menos de un año de antigüedad fueron, con diferencia, los más satisfechos. Ellos reciben información constante durante la incorporación. Además, todavía no han tenido tiempo de que sus expectativas se confronten con el día a día. A partir de ahí, la satisfacción tiende a moderarse pero vuelve a subir ligeramente entre quienes llevan más de 15 años.

Este fenómeno no es nuevo en la investigación sobre el mundo laboral: se conoce como efecto resaca. La luna de miel de los primeros meses da paso a un choque entre lo que se esperaba de la organización y lo que realmente se vive.

Dos relojes distintos: edad y antigüedad

Una segunda idea del estudio tiene que ver con algo que muchas organizaciones dan por sentado: que edad y antigüedad son más o menos lo mismo. No lo son y tratarlas como si lo fueran oculta información valiosa.

En nuestro estudio vemos cómo la edad define la manera en que prefiere comunicarse el trabajador: qué canales le resultan cómodos, qué formatos entiende como cercanos. En cambio, la antigüedad tiene que ver más con la experiencia acumulada dentro de la organización y con cuánto se ha ido puliendo la mirada crítica sobre si lo que la organización dice se corresponde con lo que hace.

Esta distinción se ve con claridad en los datos obtenidos. Los empleados mayores de 55 años puntúan peor la comunicación informal y la calidad de los canales digitales. No puntúan peor en transparencia, ni en si se sienten parte de la organización, ni en la utilidad de las reuniones.

Esto es importante pues no se trata de que los séniors perciban una organización menos transparente, sino de que los canales disponibles no siempre encajan con sus hábitos comunicativos. No es una cuestión de habilidad digital sino de preferencias. Muchos trabajadores de más edad valoran el contacto directo o el correo electrónico por encima de canales más informales o novedosos.

Respecto a la antigüedad, en cambio, la disconformidad se asocia con dimensiones más estratégicas: la información sobre el funcionamiento de la organización, el ambiente comunicativo general, la calidad de las reuniones. Son aspectos de fondo, no de forma.

En conclusión, dos empleados de la misma edad, pero con antigüedades distintas, pueden necesitar vías de comunicación completamente diferentes. Y dos empleados con la misma antigüedad, pero de generaciones diferentes, pueden estar de acuerdo en el fondo, aunque prefieran canales opuestos de comunicación.

Por qué esto puede ser importante

Una política de comunicación interna pensada solo para la acogida de nuevos empleados deja fuera a un grupo de trabajadores potencialmente numeroso que, en este estudio, muestra los niveles más bajos de satisfacción comunicativa.

Esto no significa que se deban abandonar los programas de bienvenida, sino complementarlos con mecanismos pensados para quienes ya llevan un tiempo dentro. Son necesarios espacios de feedback estructurado, mayor transparencia sobre los cambios organizativos, o programas de mentoría. Con estos últimos se aprovecha el conocimiento de los empleados más veteranos para acompañar a quienes están en el intermedio de la travesía.

Estos programas no tienen por qué ser formales ni costosos. A veces basta con emparejar a un empleado de mitad de carrera con alguien de mayor trayectoria para conversaciones periódicas, sin una estructura rígida.

También conviene revisar qué combinación de canales funciona mejor para los distintos colectivos. No se trata de renunciar a las herramientas digitales, sino de mantener alternativas que sigan siendo accesibles para quienes las prefieren.

Una pérdida de talento

Lo que este estudio deja claro es que la comunicación interna no puede diseñarse pensando en una plantilla uniforme. Edad y antigüedad marcan experiencias distintas y quienes llevan entre 1 y 15 años en la organización –la mayoría, en cualquier plantilla– merecen tanta atención como los recién llegados. Ignorar ese punto ciego tiene un coste, pues es allí donde es mayor el desajuste entre lo que se promete y lo que se vive dentro de la organización. Y donde más se juega la confianza a largo plazo.

Como toda fotografía tomada en un momento concreto, este estudio no puede predecir cómo evolucionará la satisfacción de una persona a lo largo de su carrera, pero sí señalar hacia dónde debe mirar una organización que quiera que su comunicación interna abarque a la mayoría de su plantilla.

Al final, hay un coste económico y organizacional en este tema: la rotación es cara, y quien decide marcharse casi nunca lo hace únicamente por el sueldo, sino porque deja de sentir que la organización le toma en cuenta. Además, cada salida supone una pérdida de talento y de conocimiento acumulado que no siempre es fácil de reemplazar.

Perder a alguien que ya lleva años arraigado en la empresa, precisamente porque su sentido de pertenencia y su compromiso empiezan a resentirse, es algo que las organizaciones deberían esforzarse por evitar.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. En el trabajo, la edad importa pero la antigüedad también – https://theconversation.com/en-el-trabajo-la-edad-importa-pero-la-antiguedad-tambien-288127

Mercurio, el enigma cósmico que resolvió Albert Einstein

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Armentia, Profesor del Máster de comunicación científica, médica y ambiental, Universitat Pompeu Fabra

Cartografía de Mercurio realizada por la Mariner 10 en el periodo 1974‑1975 Mariner 10, Astrogeology Team, U.S. Geological Surve, CC BY

A lo largo de la historia de la ciencia, Mercurio ocupa un lugar de honor: durante siglos, sus características orbitales resultaron inexplicables para la física clásica. Hasta que llegó Albert Einstein.

Visto desde la Tierra, Mercurio ofrece sorpresas constantes. Al girar en una órbita interior mucho más corta y rápida que la nuestra, este planeta adelanta periódicamente al nuestro. Durante los días en que se produce este sobrepaso, parece frenar en el firmamento, invertir su trayectoria y desplazarse en sentido contrario respecto al fondo de estrellas fijas, para luego retomar su curso habitual.

Es el mismo efecto visual que experimentamos al adelantar a un vehículo más lento en la autopista: aunque ambos avanzamos, la diferencia de velocidad hace que el otro coche parezca retroceder. Este movimiento retrógrado sucede tres o cuatro veces al año y dura unas tres semanas en cada ocasión. Es solo una ilusión óptica provocada por la perspectiva.

Un día dura el doble que un año

Sin embargo, las verdaderas rarezas de Mercurio ocurren en su propia física. El planeta completa una órbita alrededor del Sol en solo 88 días terrestres, lo que lo convierte en “el bólido” del sistema solar, viajando a 170 000 km/h en promedio. Su órbita es la más excéntrica de todos los planetas: en el perihelio se acerca a solo 46 millones de km del Sol y en el afelio se aleja hasta casi 70 millones de km. Desde su superficie, nuestra estrella se ve enorme, ocupando un disco con un diámetro angular tres veces mayor que el que vemos en la Tierra.

A pesar de su velocidad orbital, rota sobre su propio eje a un ritmo muy lento: un día sidéreo (una vuelta completa respecto a las estrellas) dura 58,6 días terrestres. Mercurio está atrapado en una resonancia orbital 3:2, es decir, girando tres veces sobre su eje por cada dos vueltas que da al Sol.

El resultado para un hipotético habitante de su superficie es desorientador: el tiempo transcurrido entre un amanecer y el siguiente –el día solar– no son 58 días, sino 176 días terrestres. Es decir, en Mercurio un día dura exactamente el doble que un año.

El fenómeno del amanecer doble

Esta combinación de rotación lenta y traslación rápida genera un fenómeno digno de la ciencia ficción: el amanecer doble. En ciertos lugares de la superficie, el Sol sale por el horizonte, se detiene, retrocede, se oculta casi por el mismo sitio y vuelve a salir poco después. En el lado opuesto ocurre un anochecer doble.

Esto sucede durante los días previos al perihelio, cuando la velocidad de traslación supera momentáneamente a la de rotación y, vista desde la superficie, hace que el movimiento aparente del Sol se invierta durante ocho días terrestres.

La anomalía de la órbita y la solución de Einstein

Más allá de sus amaneceres, la excéntrica órbita de Mercurio ocultaba el mayor enigma de la astronomía del siglo XIX. El planeta muestra una precesión lenta en su perihelio: el punto más cercano al Sol no se repite exactamente en el mismo lugar, sino que dibuja una forma de roseta a lo largo de los siglos.

La física clásica de Isaac Newton explicaba la mayor parte de este bamboleo por el tirón gravitatorio del resto de los planetas, pero las cuentas no cuadraban: quedaba un minúsculo desvío de 43 segundos de arco por siglo sin justificar. Incapaces de dudar de Newton, los astrónomos de la época, liderados por el matemático francés Urbain Le Verrier, concluyeron que la causa debía ser la gravedad de un planeta desconocido, aún más cercano al Sol y oculto por su resplandor, al que bautizaron como Vulcano.

Vulcano jamás existió. En 1915, Albert Einstein publicó las ecuaciones de la relatividad general y demostró que esa precesión anómala era la consecuencia directa de cómo la enorme masa del Sol curva el tejido del espacio-tiempo a su alrededor.

Como Mercurio está tan cerca del Sol, la intensidad de la curvatura hace que la fuerza efectiva de la gravedad sea ligeramente superior a lo que predecía la ley del cuadrado inverso de Newton. Esta curvatura extra modifica la trayectoria de la órbita en cada vuelta, haciendo que el punto más cercano al Sol (el perihelio) avance un poco más en cada revolución.

Cuando Einstein aplicó sus nuevas ecuaciones de campo para calcular el efecto de esta curvatura sobre la órbita de Mercurio, obtuvo exactamente la cifra sobrante: 43 segundos de arco por siglo. No necesitó añadir parámetros ajustables ni inventar un planeta oculto (Vulcano); el valor surgió de manera natural a partir de la geometría del espacio-tiempo.

Mercurio se convirtió así en la primera prueba triunfal de la relatividad, años antes de que el célebre eclipse solar de 1919 confirmara la teoría a escala global.

The Conversation

Javier Armentia no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Mercurio, el enigma cósmico que resolvió Albert Einstein – https://theconversation.com/mercurio-el-enigma-cosmico-que-resolvio-albert-einstein-291383

Por qué es tan difícil llegar a Mercurio: el desafío de la misión BepiColombo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Armentia, Profesor del Máster de comunicación científica, médica y ambiental, Universitat Pompeu Fabra

Recreación artística de la sonda espacial BepiColombo en configuración de crucero, con Venus de fondo, en su camino a Mercurio. ESA/ATG medialab, CC BY

Mercurio es el planeta más cercano al Sol y también uno de los grandes desconocidos del sistema solar. Hablamos del planeta de los amaneceres dobles y otros extremos impensables que desafían a la ciencia. Sin embargo, es uno de los más olvidados en la exploración espacial; fundamentalmente, porque alcanzarlo es épico.

Solo tres misiones espaciales han logrado visitarlo. La primera, Mariner 10, de la NASA, realizó tres sobrevuelos entre 1974 y 1975. La misión mostró una superficie muy parecida a la de nuestra Luna y un gigantesco cráter: la Cuenca Caloris, uno de los más grandes conocidos, con 1 550 km de diámetro. La Mariner 10 encontró que Mercurio tenía un débil campo magnético, como la Tierra.

La segunda, también estadounidense, se denominó MESSENGER (acrónimo de MErcury Surface, Space ENvironment, GEochemistry, and Ranging) y entró en órbita en 2011. Además de descubrir hielo en el fondo de los cráteres de las regiones polares, encontró pruebas de un pasado de vulcanismo activo, la evidencia de que tenía placas tectónicas aún en movimiento y el posible origen de su campo magnético: un núcleo externo de hierro fundido.

La misión MESSENGER también descubrió las llamadas depresiones irregulares o hollows: oquedades brillantes formadas por la pérdida de materiales volátiles. Su existencia desconcertó a la comunidad científica, pues se asumía que un planeta tan próximo al Sol habría perdido todos estos compuestos durante sus etapas tempranas.

BepiColombo, la colaboración de Europa y Japón

La tercera de las misiones, que en estos momentos está cumpliendo el desafío de la conquista de Mercurio, es BepiColombo, de la Agencia Espacial Europea (ESA) y la Agencia Japonesa de Exploración Aeroespacial (JAXA). Consiste en dos módulos espaciales científicos independientes: Mercury Planetary Orbiter (MPO), módulo de la ESA enfocado en estudiar la superficie, geología, composición e interior del planeta; y Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO/Mio), el módulo de la JAXA dedicado a analizar el campo magnético y la magnetosfera de Mercurio.

Ambos orbitadores operarán rodeando el planeta a diferentes altitudes y ángulos para estudiarlo desde el espacio. Ninguna parte de la misión está diseñada para posarse sobre la superficie.

BepiColombo acaba de dar un paso muy importante con la exitosa separación del Mercury Transfer Module (MTM), el módulo que durante los últimos ocho años ha proporcionado al conjunto la energía y la propulsión necesarias para completar su complejo recorrido hasta el planeta. Aún a más de tres millones de kilómetros de su objetivo, la llegada no ocurrirá en un solo instante, sino a través de un proceso gradual de maniobras que se extenderá a lo largo de unos seis meses.

Próximas etapas de la misión BepiColombo.
ESA

Ni los soviéticos en su gran época de la carrera espacial ni la Federación Rusa desarrollaron misiones a Mercurio. En la actualidad, la Academia China de Ciencias lo ha incluido en sus planes a medio plazo, posiblemente con alguna misión durante la siguiente década.

El difícil camino a Mercurio

Que un planeta tan cercano haya sido tan poco explorado no es casualidad. Llegar a Mercurio es, paradójicamente, más difícil que viajar a Júpiter o Saturno. En su viaje de 7,2 años hacia el planeta más interno del sistema solar, BepiColombo sobrevolará la Tierra una vez, Venus dos veces y Mercurio seis veces antes de entrar en órbita alrededor de Mercurio.

Para alcanzar los planetas exteriores, una nave se aleja del Sol y gana energía potencial, a expensas del empuje de sus propulsores. Pero para ir a Mercurio la nave cae hacia la gravedad solar, acelerando constantemente y aumentando su velocidad, de manera que deberá frenar para dejarse atrapar por el pequeño planeta. Eso requiere un gasto monumental de combustible, algo carísimo e impensable. Por eso las misiones emplean la gravedad de otros mundos como freno cósmico.

BepiColombo ha realizado nueve sobrevuelos –uno a la Tierra, dos a Venus y seis al propio Mercurio– para ralentizar su marcha antes de la inserción orbital final.

Mercurio es un rompecabezas para la ingeniería espacial, también, por sus altísimas temperaturas. La cercanía al Sol somete a los instrumentos a temperaturas extremas que rozan los 430 °C durante el día, exigiendo escudos térmicos de alta tecnología.

Sin estaciones, pero con hielo en la sombra

Si planeáramos una guía de viajes espaciales, les recomendaríamos buscar un buen cráter para presenciar el amanecer doble. Eso sí, con vestimenta protectora adecuada porque las temperaturas diurnas alcanzan los 430 °C. Por la noche caen hasta los -183 °C. Mercurio es también extremo en esto: es el planeta con mayor amplitud térmica de todo el sistema solar.

A diferencia de la Tierra, el eje de la rotación de Mercurio es casi perpendicular al plano de la eclíptica, con apenas 0,027 grados de inclinación frente a los 23,5 terrestres. Esto significa que Mercurio carece de estaciones, frente a lo que sucede en otros lugares del sistema solar.

La luz solar incide siempre con la misma inclinación según la latitud. En las regiones polares, el Sol apenas se asoma rozando el horizonte. Esto permite que el fondo de los cráteres más profundos permanezca en una sombra eterna. Y allí, en las zonas más frías del planeta más cercano al Sol, los instrumentos astronómicos han confirmado la presencia de hielo de agua.

Geología de impactos, cuencas y cavidades

Si pudiéramos extraer el núcleo metálico de Mercurio, nos encontraríamos con que representa cerca del 75 % del diámetro total del planeta. Su enorme densidad sugiere que estamos ante un gigante de hierro envuelto en una delgada corteza rocosa. Recordemos que su masa es solo el 5,5 % de la terrestre, aunque su densidad media es muy alta: 5,43 g/cm³, prácticamente la misma que la de la Tierra.

Su superficie, azotada por el impacto de meteoritos, guarda similitudes con la Luna, pero atesora rasgos geológicos propios impresionantes.

Auroras invisibles que tocan el suelo

Aunque pequeño, Mercurio posee un campo magnético global (del orden del 1 % del terrestre). El origen y la geometría de este campo traen de cabeza a la geofísica planetaria: en teoría, un mundo tan pequeño debería haberse enfriado y solidificado completamente hace miles de millones de años, apagando el dinamo interno que genera el magnetismo. Su eje magnético está desplazado unos 480 kilómetros al norte respecto al centro geográfico del planeta. Esta asimetría insólita provoca que el escudo magnético sea mucho más débil en el hemisferio sur, dejando esa mitad del globo desprotegida y expuesta de lleno al castigo del viento solar.

De haber tenido atmósfera, Mercurio sería un lugar extraterrestre espectacular para observar auroras boreales.

Durante el primer sobrevuelo de la sonda BepiColombo en 2021, sin embargo, los instrumentos revelaron un fenómeno insólito: los electrones de la magnetosfera caen precipitados directamente contra las rocas de la superficie, emitiendo rayos X. No son auroras que brillen en el cielo, sino emisiones que emergen directamente del suelo.

Este hallazgo, respaldado por investigaciones publicadas en la revista científica Nature Communications, demuestra cómo la interacción magnética genera estos fenómenos aurorales de rayos X.

Se espera que la misión BepiColombo revolucione nuestro entendimiento sobre Mercurio, y que desentrañe misterios clave como el origen de su campo magnético, su inusual densidad interna y la composición geológica de su superficie.

Aunque la nave entrará en órbita de mercurio el próximo 21 de noviembre, el envío constante de resultados comenzarán formalmente el 6 de abril de 2027. Seguiremos sus pasos.

The Conversation

Javier Armentia no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué es tan difícil llegar a Mercurio: el desafío de la misión BepiColombo – https://theconversation.com/por-que-es-tan-dificil-llegar-a-mercurio-el-desafio-de-la-mision-bepicolombo-291296

Cómo evitar las micotoxinas en los alimentos que comemos: lo que dice la ciencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Natalia Martínez Reyes, Colaborador honorífico del Departamento de Biología Molecular, Universidad de León

Cereales y verduras suelen tener micotoxinas, aunque no deberían llegar a nuestra mesa si sobrepasan los límites establecidos por los el sistema de control sanitario. Sarah Chai/Pexels, CC BY

Las micotoxinas son compuestos tóxicos producidos de forma natural por diversas especies de hongos. Podemos encontrarlas en alimentos tan cotidianos como el pan, la pasta, el café, el cacao, los frutos secos o algunas especias.

Aunque nos exponemos a ellas de forma habitual, los sistemas de control alimentario en Europa mantienen sus niveles bajos y seguros. Pero ¿qué podemos hacer en casa? ¿Sirve de algo cocinar los alimentos? ¿Los productos ecológicos tienen más micotoxinas? ¿Hay alimentos que conviene evitar? La evidencia científica ofrece respuestas que, a menudo, contradicen la intuición.

Difíciles de eliminar por completo

Aspergillus, uno de los géneros de hongos micotoxigénicos más relevantes. Se observan al microscopio las hifas, que son los filamentos que componen el moho, y los cuerpos fructíferos, que parecen flores, donde se forman las esporas para la reproducción.
Igor Siwanowicz/Howard Hughes Medical Institute

Las micotoxinas pueden crecer sobre los cultivos antes de la cosecha o durante el almacenamiento. Aparecen, sobre todo, en productos de origen vegetal: cereales, pan, pasta, arroz, maíz, frutos secos, café, cacao, especias, frutas desecadas o cacahuetes. También pueden estar en zumos y bebidas alcohólicas. Y es prácticamente imposible evitarlas totalmente.

En España y en el resto de la Unión Europea, existe un sistema de protección que combina el autocontrol de la industria alimentaria con inspecciones oficiales y sistemas de alerta rápida para retirar los lotes que superan los límites legales. Gracias a ello, la inmensa mayoría de los alimentos comercializados cumplen la normativa.

Eso sí, los estudios muestran que la mayoría de la población española presenta rastros de distintas micotoxinas o de sus metabolitos en la orina. Aunque no debemos confundir presencia con riesgo. En la gran mayoría de los casos, los niveles se encuentran muy por debajo de las dosis preocupantes.




Leer más:
Nuevo estudio: muchas mujeres podrían vivir con toxinas de hongos procedentes de alimentos


¿Los alimentos ecológicos tienen más micotoxinas?

Podría pensarse que la menor utilización de fungicidas favorecería la presencia de hongos en los cultivos ecológicos. Pero los estudios no muestran diferencias consistentes entre alimentos ecológicos y convencionales. En algunos trabajos, se detectan concentraciones superiores en productos ecológicos, sobre todo, en zumos y bebidas y, en otros, ocurre lo contrario.

También se han visto leves diferencias entre alimentos integrales o refinados, y de producción artesanal o industrial. Pero no son consistentes ni relevantes, ya que todos los alimentos deben cumplir la normativa, independientemente del tipo de procesado.

¿Sirve cocinar para eliminarlas?

En general, no. Las micotoxinas son moléculas sorprendentemente resistentes al calor. Hornear pan, cocinar pasta o recalentar alimentos en el microondas apenas modifica su presencia.

Algunos procesos industriales más agresivos, como la extrusión o tratamientos alcalinos, sí consiguen reducir algunas micotoxinas. Sin embargo, esa desaparición no siempre equivale a una detoxificación real. En algunos casos, lo que ocurre es que se transforman en otros compuestos cuya toxicidad aún se está investigando.

Lo que sí podemos hacer en casa

Aunque no podamos detectar las micotoxinas a simple vista en casa, sí podemos evitar que los hongos crezcan en nuestros alimentos.

La primera medida consiste en conservar los productos de despensa en lugares frescos y secos. La humedad favorece el desarrollo de los mohos y aumenta la probabilidad de que estos produzcan nuevas toxinas durante el almacenamiento doméstico.

Por otro lado, si un alimento presenta moho visible, lo recomendable es desecharlo. Cortar la parte afectada no suele ser suficiente en alimentos blandos como pan, fruta o mermeladas.

También es recomendable adquirir siempre los alimentos a través de comercios fiables, donde los controles de calidad son sistemáticos.




Leer más:
¡Alerta, micotoxinas! Se acabó lo de quitar solo la parte con moho de los alimentos


¿Conviene dejar de comer ciertos alimentos?

Algunos estudios detectan que personas con dietas pobres en frutas y verduras presentan menos biomarcadores de micotoxinas. Pero esos mismos patrones dietéticos se asocian a un mayor riesgo de enfermedades cardiovasculares, obesidad o cáncer. En conjunto, la evidencia indica que mantener una dieta variada y rica en vegetales es mucho más beneficioso para la salud que intentar evitar por completo los alimentos que pueden contener trazas de micotoxinas.

De modo que la mejor estrategia sigue siendo una dieta variada y equilibrada. Así, evitaremos exponernos en exceso a una sola fuente posible de contaminación. Además, el consumo de verduras puede protegernos de los efectos tóxicos de estos compuestos.

En el caso de los niños pequeños, que comen más en relación a su peso, el riesgo es mayor si se les expone prematuramente a alimentos como el pan, las galletas o la pasta. Por eso, los límites legales de micotoxinas para los alimentos infantiles son más restrictivos.

Algo parecido ocurre con el cacao. Un estudio reciente, realizado en España, detectó aflatoxinas en este alimento con relativa frecuencia, especialmente en el cacao en polvo. Los autores concluyeron que, en niños con un consumo elevado, la exposición podría justificar un seguimiento más estrecho y apoyar futuras medidas regulatorias.

La prevención empieza mucho antes de llegar a nuestra cocina

Las decisiones que más reducen la exposición a micotoxinas no se toman en casa, sino en el campo y a lo largo de toda la cadena alimentaria. La gestión agrícola, las condiciones de almacenamiento, los controles analíticos y la legislación constituyen las principales barreras frente a estos contaminantes.

Como consumidores, nuestro papel es más sencillo: conservar correctamente los alimentos, desechar aquellos con moho visible, comprar en establecimientos de confianza y mantener una dieta variada. Perseguir una exposición nula no solo es imposible, sino que podría llevarnos a abandonar alimentos cuyo beneficio para la salud es mayor que el riesgo que representan estas sustancias cuando se mantienen dentro de los límites establecidos.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cómo evitar las micotoxinas en los alimentos que comemos: lo que dice la ciencia – https://theconversation.com/como-evitar-las-micotoxinas-en-los-alimentos-que-comemos-lo-que-dice-la-ciencia-286098

Cáncer infantil: una excepción a las reglas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lydia Begoña Horndler Gil, Profesor en inmunología y biología del cáncer, Universidad San Jorge

fizkes/Shutterstock

Cuando una familia recibe la noticia de que su hijo tiene cáncer, una de las primeras preguntas que suele hacerse es: ¿cómo es posible si es un niño?

Lo primero que conviene saber es que no hay culpables. Y lo segundo, que la causa de lo que ha pasado es, en muchos casos, una incógnita. En ese momento, además de la atención sanitaria, el apoyo que procuran a las familias asociaciones como ASPANOA o Cáncer infantil resulta fundamental.

Con sus propias reglas biológicas

Aunque compartan la palabra “cáncer”, los tumores infantiles no pueden considerarse una versión adelantada de los de los adultos. Su origen biológico, los tejidos que afectan y su evolución clínica son diferentes, lo que obliga a estudiarlos y tratarlos como enfermedades con identidad propia.

Mientras que en los adultos predominan los cánceres de pulmón, colon, mama, próstata o estómago, en la infancia los más frecuentes son las leucemias, los tumores cerebrales, los linfomas o los neuroblastomas. Se trata de patologías diferentes que afectan a tejidos distintos y que siguen reglas biológicas propias.

Distribución porcentual de los principales tipos de cáncer infantil. Fuente: Fundación Villavecchia.

Además, el pronóstico suele ser mejor que en muchos tumores de adultos. Aproximadamente ocho de cada diez niños diagnosticados con cáncer sobrevivirán a la enfermedad. En la población adulta, considerando todos los tipos de cáncer en conjunto, la supervivencia ronda el 50 %.

Todo ello nos obliga a entender el cáncer infantil como una entidad independiente. Y es ahí donde surge la primera pregunta: ¿por qué aparece?

No influyen los hábitos

En los adultos sabemos que el tabaco, el alcohol, la obesidad, determinadas infecciones o la exposición prolongada a sustancias tóxicas desempeñan un papel fundamental en la aparición de muchos tumores. Se estima que cerca de un 40 % de los casos en adultos suele ser la consecuencia de décadas de contacto con factores de riesgo.

Pero en los niños la situación es muy diferente, ya que rara vez los cánceres infantiles están relacionados con hábitos o factores ambientales acumulados durante años. A día de hoy sabemos que alrededor de un 5-10 % de los diagnósticos pueden atribuirse a síndromes hereditarios que predisponen a sufrirlos, pero esto deja sin explicar la mayoría de los casos. Tampoco parece fácil atribuirlos simplemente a la “mala suerte”.

Cada vez existen más evidencias de que muchos tienen su origen en alteraciones genéticas y cromosómicas que aparecen durante las primeras etapas del desarrollo –e incluso antes del nacimiento en algunas ocasiones– y que pueden permanecer silenciosas durante años antes de dar lugar a la enfermedad.

Todas estas diferencias tienen consecuencias directas en la práctica clínica, condicionando el diagnóstico, las estrategias terapéuticas y la evolución de los pacientes.

Diferencias con los adultos

Un niño no es un adulto pequeño. Su sistema inmunitario está madurando, sus órganos están desarrollándose y los tejidos donde aparece el tumor son muy distintos a lo que esperaríamos en una persona adulta.

La leucemia mieloide aguda es un buen ejemplo. Históricamente, los modelos más utilizados para estudiarla han sido pacientes de edad avanzada, pero la médula ósea de un niño poco tiene que ver con la de una persona de 70 años. Mientras que en el adulto envejecido la médula pierde progresivamente actividad hematopoyética (formación y desarrollo de células sanguíneas) y se infiltra por el tejido adiposo, en los niños constituye un órgano extraordinariamente activo, diseñado para sostener el crecimiento y con una alta mineralización.

Cada vez hay más evidencias de que ese microambiente condiciona cómo se comportan las células tumorales y cómo responden a los tratamientos los pacientes pediátricos. Algunas células leucémicas pueden encontrar refugio en nichos específicos de la médula ósea, escapar temporalmente a la acción de los fármacos y convertirse más tarde en el origen de una recaída, momento en que la tasa de supervivencia baja rápidamente.

Otra diferencia añadida es que los síntomas del cáncer infantil suelen ser poco específicos y pueden confundirse. Mientras que muchas personas asocian el cáncer en adultos con la aparición de un bulto o una pérdida de peso repentina, en los niños las señales de alarma pueden ser mucho más sutiles. Fiebre persistente, cansancio excesivo, infecciones recurrentes, hematomas frecuentes o dolores óseos son algunas de las manifestaciones que pueden activar las alarmas.

Cuando la supervivencia no es el único objetivo

Además, cuando pensamos en los tratamientos contra el cáncer solemos asumir que el objetivo principal es lograr la supervivencia de la persona afectada. Sin embargo, si el paciente es un niño, el objetivo no se reduce solo a la supervivencia, sino a reducir al máximo los efectos asociados tanto a la enfermedad como a los tratamientos utilizados.

Muchos de las opciones terapéuticas actuales, como la quimioterapia o la radioterapia, pueden producir efectos secundarios importantes. En un paciente adulto, estas secuelas pueden tener un impacto diferente debido al momento vital en el que aparece la enfermedad. En cambio, cuando la terapia se administra durante la infancia, es inevitable preguntarse qué consecuencias tendrá décadas después: ¿afectará al crecimiento?, ¿condicionará la función cardíaca o endocrina?, ¿podrá limitar la fertilidad o la posibilidad de tener hijos en el futuro?, ¿influirá en la calidad de vida cuando el paciente alcance la edad adulta?…

Muchos grupos de investigación trabajamos para conocer y comprender esas diferencias, con el objetivo de desarrollar tratamientos cada vez más precisos y personalizados que permitan a los pacientes no solo superar la enfermedad, sino desarrollar una vida plena y completa. Porque vivir no debería limitarse a sobrevivir.

The Conversation

Lydia Begoña Horndler Gil recibe financiación para su investigación por parte de ASPANOA, la asociación que atiende a los niños con cáncer en Aragón.

ref. Cáncer infantil: una excepción a las reglas – https://theconversation.com/cancer-infantil-una-excepcion-a-las-reglas-285018

Cómo enseñar reanimación cardiopulmonar en la escuela de manera eficaz

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pelayo Diez Fernández, Profesor en el Departamento de Biologia Funcional. Área Educación Física y Deportiva, Universidad de Oviedo

Matej Kastelic/Shutterstock

Un adolescente que se desploma durante un partido, una madre que se desvanece en una celebración familiar o un abuelo que se derrumba en el parque mientras juega con su nieta… Son situaciones poco frecuentes, pero cuando ocurren hay algo que puede marcar la diferencia entre la vida y la muerte: la actuación de quienes están presentes en los primeros minutos.

En España, más de 30 000 personas sufren cada año una parada cardiaca fuera del hospital. En estos casos, reconocer la emergencia, llamar al 112 e iniciar maniobras de reanimación cardiopulmonar (RCP), puede marcar la diferencia entre la vida y la muerte.

No hay duda de que los niños pueden aprender estas habilidades, y de hecho la mayoría de los currículos educativos los incluyen, como hemos comprobado en una investigación reciente. Pero el reto es cómo enseñar la RCP para que los conocimientos adquiridos se traduzcan en confianza, disposición a actuar y capacidad de respuesta cuando alguien necesita ayuda.

La escuela, el lugar con mayor potencial

Desde hace años, la Organización Mundial de la Salud y el Consejo Europeo de Resucitación impulsan iniciativas como Kids Save Lives, que promueven la enseñanza de la reanimación cardiopulmonar en la escuela desde edades tempranas. La razón es sencilla: ningún otro lugar tiene la capacidad de llegar a toda una generación.

Las campañas dirigidas a adultos son necesarias, pero suelen ser voluntarias y alcanzan a un número limitado de personas. La escuela ofrece algo diferente. Todos los niños pasan por ella y se encuentran en una etapa ideal para aprender habilidades que pueden acompañarlos durante toda la vida.

No se trata de formar sanitarios. Se trata de formar ciudadanos capaces de ayudar.




Leer más:
¿Preparados para lo inesperado? Así respondieron los ciudadanos españoles al apagón de abril


¿Son demasiado pequeños para aprender?

Algunas personas dudan de si aprender estos mecanismos de reanimación puede ser algo demasiado complejo o les traslada demasiada responsabilidad a los niños. La respuesta es no.

Tan pronto como desde los 6 años, los escolares pueden aprender a reconocer una emergencia, pedir ayuda, comenzar con las compresiones e incluso utilizar un desfibrilador. Aunque los más pequeños no siempre tienen la fuerza necesaria para realizar compresiones de alta calidad, sí pueden aprender los pasos esenciales para poner en marcha la cadena de supervivencia.

Además, la escuela no solo transmite conocimientos. También ayuda a desarrollar actitudes, valores y comportamientos. Igual que enseñamos educación vial o hábitos saludables, podemos enseñar a actuar ante una emergencia.




Leer más:
¿Se aprende mejor participando en clase?


De la teoría a la práctica: actuar cuando llega el momento

En la enseñanza de la reanimación cardiopulmonar no basta con transmitir conocimientos: hay que conseguir que los estudiantes se impliquen, practiquen y, sobre todo, se sientan capaces de actuar cuando se enfrenten a una emergencia real.




Leer más:
Qué son las Escuelas Promotoras de Salud y por qué necesitamos que haya más


Uno de los principales obstáculos para intervenir ante una parada cardiaca no es la falta de información, sino el miedo a hacerlo mal. Miedo a equivocarse, a hacer daño o a no saber reaccionar bajo presión.

Por eso, el verdadero desafío consiste en encontrar metodologías que permitan aprender mejor, recordar durante más tiempo y aumentar la confianza para intervenir cuando sea necesario.

Las metodologías activas pueden desempeñar un papel importante en este proceso. Estrategias como las simulaciones, los retos o la gamificación convierten al alumnado en protagonista de su aprendizaje. En lugar de limitarse a escuchar, los estudiantes toman decisiones, resuelven problemas y practican en situaciones que se parecen a las que podrían encontrar en la vida real.




Leer más:
Por qué no es lo mismo una clase lúdica que una clase ‘gamificada’


Ventajas de la ‘gamificación’

La gamificación utiliza elementos propios de los juegos, como misiones, desafíos o historias, para aumentar la participación del alumnado. Esto no significa convertir la RCP en un juego ni restar importancia a la gravedad de una emergencia.

Un estudio reciente con estudiantes de secundaria españoles comparó ambos enfoques y encontró que, aunque las habilidades técnicas resultaron similares entre grupos, quienes habían aprendido jugando mostraron más confianza, mayor intención de actuar ante una emergencia real y menos desmotivación que quienes recibieron una clase tradicional.

El verdadero reto ya no es si los niños pueden aprender RCP, sino cómo enseñarles de una forma que aumente esa confianza y esa disposición a actuar cuando alguien necesite ayuda. Porque en una emergencia no basta con saber qué hacer. Hay que atreverse a hacerlo.

Y quizá la mejor forma de conseguirlo empiece jugando en las aulas.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cómo enseñar reanimación cardiopulmonar en la escuela de manera eficaz – https://theconversation.com/como-ensenar-reanimacion-cardiopulmonar-en-la-escuela-de-manera-eficaz-284901