Les baleinières de la RD Congo, un système de transport flottant qui raconte l’histoire du pays

Source: The Conversation – in French – By Peter Lambertz, Research associate, Centre d’anthropologie culturelle, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Les transports routiers en République démocratique du Congo ont fait l’objet d’une attention particulière de la part des chercheurs. Certaines études se sont penchées sur le paysage urbain. D’autres ont étudié les transports dans le contexte du conflit armé qui sévit dans l’est du pays, où la présence des barrages routiers constitue une caractéristique marquante.

Les voies d’eau du bassin du Congo, dont 25 000 km sont classés comme navigables, ont fait l’objet d’études portant sur le régime fiscal des grands convois de pousseurs et de barges. L’échelle intermédiaire du transport fluvial fonctionnant avec les baleinières en bois a toutefois été jusqu’à présent moins étudiée. Et ce, malgré la dépendance écrasante de villes telles que Kinshasa, Mbandaka et Kisangani à l’égard de ces petites embarcations.

Une part importante du trafic sur ces voies navigables est aujourd’hui assurée par des navires de transport en bois appelés « baleinières ». Mesurant entre 20 et 40 mètres de long, ces embarcations artisanales, développées localement, relient les villes en pleine expansion aux communautés agricoles de l’arrière-pays de la forêt tropicale, situées le long de rives fertiles et éloignées.

Les baleinières sont au cœur de mes recherches, qui se concentrent principalement sur la ville de Kisangani, dans la province du Tshopo, en République démocratique du Congo. Je m’intéresse à leur émergence, à leur transformation, aux matériaux utilisés et à l’usage socio-technique de ces embarcations artisanales, de leur système de propulsion et de leurs équipages. J’ai également porté mon attention sur le caractère systémique de leur infrastructure artisanale et sur son recours aux savoirs environnementaux traditionnels.

Réinvention d’un système de transport

Les baleinières en bois remontent au début des années 1960. Mais depuis les années 1990, elles jouent un rôle crucial dans la réinvention d’un système de transport à travers le bassin du Congo. Ces bateaux en bois assurent la sécurité alimentaire des villes riveraines d’Afrique centrale. C’est notamment le cas de Kinshasa, la troisième plus grande ville du continent. Elles relient également la capitale nationale à de nombreuses provinces du pays.

En raison d’un manque de statistiques et de recherches limitées à ce jour, des chiffres fiables ne sont disponibles que pour Kisangani, une ville de deux millions d’habitants située à l’amont du fleuve Congo navigable. Ici, environ 80 baleinières différentes arrivent chaque mois dans les ports secondaires privés de la ville, souvent à un rythme (bi-)hebdomadaire, et chacune transportant en moyenne 150 tonnes de marchandises et environ 150 passagers.

Kinshasa, ville de 17 millions d’habitants, accueillerait, selon les estimations, plusieurs centaines de baleinières chaque mois.

Malheureusement, les baleinières sont tristement célèbres pour la fréquence de leurs accidents dévastateurs. Chaque année, des centaines, voire des milliers de vies sont perdues.

On manque encore d’études approfondies sur les facteurs socio-techniques complexes qui sous-tendent ces accidents, ainsi que sur la manière dont des centaines de personnes font face aux pertes humaines et économiques chaque année. Parmi les facteurs clés figurent les faiblesses structurelles des navires, le manque de formation professionnelle du personnel navigant et l’insuffisance des mesures de sécurité dans un contexte d’urgence économique.

Fruit d’une innovation locale et frugale, ces navires ont été développés par nécessité. Cela explique leur prix abordable, leur efficacité sans compromis et leur capacité à fonctionner sans infrastructures telles que des ports fortifiés, des grues et des quais, dans un environnement en constante évolution.

Les bateaux en bois du Congo incarnent les réalités et les paradoxes de la vie congolaise d’aujourd’hui. Une ingéniosité technique et économique née de la pratique et du savoir-faire des populations riveraines, sans bureau d’études ni appui public, assure l’approvisionnement alimentaire de millions de personnes, mais ne bénéficie d’aucune protection face à un capitalisme dérégulé qui dresse les individus les uns contre les autres. Ce capitalisme use les corps des hommes comme les coques des bateaux. Armateurs, équipages et commerçants transportés cherchent à s’en prémunir en ne se fiant qu’à eux-mêmes et à quelques liens personnels de confiance.

Origines, matériaux et propulsion

Les embarcations de la période coloniale qui ont donné leur nom aux baleinières étaient des navires de neuf mètres, sans pont ni moteur, rivetés à partir d’acier belge préfabriqué et remorqués derrière des bateaux à vapeur pour transporter des matériaux de construction. Aujourd’hui, seul leur nom subsiste. Les prototypes de baleinières en bois ont été construits au début des années 1960 par André « Bibeyi » (Lingala: barge), un artisan congolais qui a su allier les techniques de menuiserie coloniales au savoir-faire traditionnel local.

Bibeyi a fabriqué la charpente à partir de bois durs locaux. La coque, quant à elle, était en bois tendre de tola, le bois de prédilection pour les pirogues qu’il a imperméabilisée avec du bitume, des feuilles de n’kasa ya kwanga et des bandes de tôle d’aluminium recyclée. Dans les années 1980 et 1990, les collègues de Bibeyi et leurs descendants ont ouvert des chantiers navals sur presque toutes les principales voies navigables.

En 2007, des constructeurs de bateaux du lac Kivu, dans l’est de la RDC, ont introduit la tradition de construction navale de l’océan Indien dans la province de la Tshopo. La coexistence de ces deux styles de construction et de calfeutrage sur le cours supérieur navigable du Congo a stimulé la créativité des jeunes constructeurs congolais.

Vers 2010, les baleinières ont été encore améliorées grâce à la conversion de moteurs diesel bon marché de fabrication chinoise en un nouveau système de propulsion. Les mécaniciens locaux ont rapidement modifié le système de refroidissement et ont commencé à ajouter davantage de moteurs, ce qui a permis aux bateaux de gagner en taille.

Vidéo : le transport fluvial sur le fleuve Congo.

Au-delà du coût et de la simplicité des pièces de rechange, l’avantage de ce nouveau système de propulsion est de permettre la réparation d’un moteur défectueux pendant que les autres continuent de fonctionner. Il n’y avait donc plus de véritables pannes. Ce qui n’était au départ qu’une solution de fortune pour des déplacements occasionnels s’est progressivement transformé en un système de transport régulier et fiable.

Les baleinières constituent en effet l’une des très rares technologies développées localement et exportées depuis la RD Congo. Les constructeurs navals congolais ont ouvert des chantiers navals mobiles dans les pays voisins : la République du Congo (Congo-Brazzaville), la République centrafricaine et le Cameroun.

Les baleinières sont des microcosmes flottants de la vie actuelle en RD Congo. Elles représentent, en somme, ce que l’anthropologue français Marcel Mauss (1966) appelait un fait social total : leur constitution matérielle intègre différentes couches de l’histoire de la RD Congo, tandis que leur fonctionnement révèle les dimensions géographiques, économiques, politiques, infrastructurelles et culturelles du pays.

Favoriser une économie de survie

Partout en République démocratique du Congo, des décennies de croissance démographique et la désintégration des liaisons à longue distance ont transformé le système colonial centralisé — qui convergeait autrefois vers Kinshasa — en une mosaïque d’îlots territoriaux déconnectés. Les baleinières se sont développées pour répondre aux besoins de transport à moyenne distance.

Ces embarcations acheminent des denrées alimentaires (riz, manioc, huile de palme, volaille, chenilles, alcools locaux, bétail, viande de brousse, poisson) vers les villes. Elles ramènent dans les villages des produits manufacturés (tôles de toiture, meubles, motos, matelas, médicaments, moustiquaires, téléphones, tongs, vêtements).

Elles transportent également les commerçants eux-mêmes, car l’économie qu’elles desservent permet aux petits commerçants de gagner modestement leur vie avec peu ou pas de capital de départ. Elles offrent un aperçu de la réalité économique de la plupart des Congolais, qui vivent au jour le jour dans une économie populaire de survie.

Comme la maigre marge bénéficiaire d’une transaction peut trop facilement être perdue si on la confie à quelqu’un d’autre, on se déplace avec ses marchandises. Les responsables qui pointent la navigation nocturne comme cause principale des accidents oublient souvent que, si l’on ne pouvait pas voyager de nuit, seule la moitié des trajets commerciaux pourrait être effectuée, ce qui laisserait peu de chances aux commerçants locaux de joindre les deux bouts.

Infrastructure artisanale

Le secret du système réside dans la manière dont il relève les défis infrastructurels du transport fluvial. Au premier rang de ces défis figure le chargement et le déchargement dans des conditions de niveau d’eau en constante évolution, sans ports fortifiés, sans grues ni autres équipements similaires. La fonctionnalité d’une baleinière repose sur l’intégration habile des forces techniques, musculaires et naturelles, grâce à une solidarité cinétique et à des techniques de corps acquises.

L’une de ces infrastructures artisanales est le « kotindika » : lorsque le bateau chargé s’enlise sur le lit de la rivière, des porteurs s’avancent dans l’eau et le poussent vers des eaux plus profondes. Comme les matelots d’un bateau font toujours office de porteurs, une baleinière équipée de deux pirogues servant de passerelles mobiles dispose en fait de son propre port, pouvant charger ou décharger où bon lui semble.

Ce système est plus inclusif que les infrastructures de transport « rigides » : des centaines de porteurs, de matelots et leurs familles en dépendent. Il est également moins coûteux et plus adaptable.

Les marchés fluviaux locaux apparaissent et disparaissent au gré des lieux d’escale changeants, au rythme du cycle de production annuel de la forêt tropicale et du pouvoir d’achat fluctuant des commerçants itinérants.

Cependant, soumis aux contraintes du rythme hebdomadaire dicté par leurs passagers, rares sont les membres d’équipage qui peuvent consacrer du temps ou de l’argent à la formation, à l’entretien ou se reposer. Les baleinières constituent ainsi une solution, mais à double tranchant.

Une gouvernance en marge de l’État

L’immensité du bassin du Congo et de ses voies navigables rend la gouvernance difficile. Opérant en marge de l’État, le succès des « baleinières » est clairement lié à leur capacité à échapper à un contrôle bureaucratique strict, car il est difficile de mettre en place des barrages routiers sur l’eau.

Dans le même temps, les services de l’État locaux tirent profit de cette économie par le biais de la fiscalité et des formalités administratives dans les ports des villes fluviales.

Quelques initiatives de développement ont tenté de remédier au problème des accidents en réglementant la conception et la construction des bateaux conformément aux normes étrangères. Leur impact a été limité car trop souvent ces initiatives ne tiennent pas compte des réalités opérationnelles locales. Il s’agit d’un phénomène connu sous le nom de « revanche des contextes ».

Cependant, le phénomène des baleinières a pris une telle ampleur, et le besoin de transport est devenu si pressant, qu’il n’est plus possible de laisser le système livré à lui-même. Toute initiative future devra s’ancrer dans les communautés locales qui le font fonctionner et s’appuyer sur leurs manières d’agir, de communiquer et de s’organiser telles qu’elles existent déjà.

The Conversation

Peter Lambertz a bénéficié d’un financement de la Fondation Gerda Henkel (subvention n° AZ 37_F_18) et du programme de recherche et d’innovation « Horizon 2020 » de l’Union européenne (subvention Marie-Curie n° 846498). Ses travaux de recherche sont également soutenus par l’initiative Mobeka d’anthropologie appliquée à Kisangani (www.mobeka.org)

ref. Les baleinières de la RD Congo, un système de transport flottant qui raconte l’histoire du pays – https://theconversation.com/les-baleinieres-de-la-rd-congo-un-systeme-de-transport-flottant-qui-raconte-lhistoire-du-pays-290650

La importancia de Atapuerca en la evolución humana

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marina Lozano Ruiz, Profesora del grado de antropología, Universitat Rovira i Virgili; Institut Català de Paleoecologia Humana i Evolució Social (IPHES)

Miguelón, el Cráneo 5. Es uno de los fósiles humanos más emblemáticos de Atapuerca. El descubrimiento de numerosos restos en la Sima de los Huesos convirtió el yacimiento en una referencia internacional. UtaUtaNapishtim/Wikimedia commons, CC BY-SA

Los yacimientos de la sierra de Atapuerca (Burgos) son muy conocidos tanto a nivel nacional como internacional. Pero ¿a qué se debe esta fama?

Durante mucho tiempo, la evolución humana se imaginó como una historia lineal, protagonizada por unas pocas especies que se sucedían unas a otras. Atapuerca ha ayudado a desmontar esa idea: nuestra evolución es una historia mucho más diversa, compleja y cambiante de lo que imaginamos durante décadas. Los hallazgos realizados allí han demostrado que Europa fue poblada mucho antes de lo que se creía, y que su historia estuvo marcada por una diversidad de grupos humanos. También han revelado además una especie hasta entonces desconocida, Homo antecessor, y evidencias de canibalismo entre las más antiguas conocidas.

En la Sima de los Huesos, más de 7 000 fósiles pertenecientes al menos a 29 individuos han convertido el yacimiento en una referencia mundial para estudiar a los antepasados de los neandertales. La UNESCO declaró Atapuerca Patrimonio Mundial en 2000, al considerar que alberga una de las evidencias más tempranas y abundantes de la presencia humana en Europa.

En esta pequeña sierra burgalesa se han encontrado restos humanos de cinco especies de homininos, miles de fragmentos de fauna y otras tantas herramientas líticas. En un solo lugar hemos podido reconstruir cómo era la vida en Europa durante la Prehistoria, desde hace más de un millón de años hasta hace unos 4 000 años.

Los hallazgos más antiguos

Los hallazgos en el nivel TD4 de la Gran Dolina y la Sima del Elefante, con una antigüedad de entre 1 y 1,3 millones de años, representan una de las evidencias más tempranas del poblamiento de Europa. Aunque sin duda, lo más espectacular de estos yacimientos son los restos humanos de Sima del Elefante: una mandíbula del nivel TE7 y un fragmento facial del nivel TE9, asignados a Homo affinis erectus

Mandíbula humana hallada en el nivel TE9 de la Sima del Elefante. Con más de un millón de años, fue una de las evidencias que adelantó considerablemente la presencia humana conocida en Europa occidental.
Wikimedia commons, CC BY-SA

Esto demuestra que los primeros homininos en poblar el continente europeo fueron poblaciones de un aspecto similar a los Homo erectus africanos. No obstante, los grupos que llegaron hasta Atapuerca tenían una tecnología bastante simple y aprovecharon los recursos disponibles en la sierra.

Homo antecessor y el canibalismo

Avanzando un poco en el tiempo, hay que hacer una parada obligatoria en el nivel TD6 de la Gran Dolina. Allí, desde hace unos años, se están encontrando restos de la especie Homo antecessor .

Nivel TD6 de Gran Dolina donde aparecen los restos de Homo antecessor
Marina Lozano Ruiz, CC BY-NC

Los restos de Homo antecessor aparecen muy fragmentados, lo que dificulta establecer el número de individuos representados. Sin embargo, el recuento más actual establece la presencia de unos 12 o 15 individuos. Todos ellos, niños y adultos, fueron víctimas de canibalismo, algo que sabemos gracias a las marcas de corte, golpes y mordeduras que muestran sus huesos. Es la evidencia más antigua documentada de esa conducta.

Su posición exacta en el árbol evolutivo humano sigue siendo objeto de debate. Durante años se propuso que podía ser un antepasado común de neandertales y Homo sapiens, pero actualmente existe bastante más cautela: su relación con otras poblaciones humanas antiguas continúa investigándose.

El descubrimiento de Homo antecessor en Atapuerca fue una de las primeras señales de que la historia humana en Europa era mucho más antigua y compleja de lo que se había supuesto: hace unos 800 000 años, grupos con un rostro sorprendentemente moderno ya habitaban la península ibérica.

Pre-neandertales en la Sima de los Huesos

Representación artística de los 17 cráneos encontrados en la Sima de los Huesos.
UtaUtaNapishtim/Wikipedia commons, CC BY

Otro yacimiento que ha proporcionado hallazgos sensacionales es la Sima de los Huesos. Aquí se han recuperado los restos de 29 individuos pre-neandertales que vivieron hace unos 400 000 años. Su nivel de conservación es asombroso y se han podido reconstruir hasta 17 cráneos bastante completos. En total, se han recuperado más de 7 600 huesos y dientes de esos individuos, lo que representa más del 90 % del registro mundial de la cronología en la que se inscriben.

piedra tallada en cuarcita roja
El bifaz de cuarcita rojiza conocido como Excalibur.
UtaUtaNapishtim/Wikipedia commons, CC BY-SA

En este yacimiento solamente se ha encontrado una herramienta de piedra: un bifaz apodado Excalibur. Una única herramienta y la ausencia total de restos de herbívoros indica que la Sima de los Huesos no era un espacio habitado. En cambio, creemos que era el lugar que ese grupo de pre-neandertales había elegido para depositar a sus congéneres fallecidos. Esto implica una de las conductas mortuorias más antiguas conocidas.

Para saber cómo vivían aquellos homininos hay que desplazarse hasta los yacimientos de Galería y el nivel TD10 de Gran Dolina. Allí, hemos hallado los vestigios de sus campamentos base en los que desarrollaron actividades de carnicería, trabajo de pieles y fabricación de herramientas.

Vista de la Trinchera de El Ferrocarril con los yacimientos de Galería y Gran Dolina (al fondo)
Marina Lozano Ruiz, CC BY-NC

Una de las especies humanas que más interés despierta, tanto entre investigadores como entre el público general, son los neandertales. En los yacimientos de Atapuerca hemos encontrado muy pocos restos humanos de neandertales: un fragmento de cráneo en la Cueva Fantasma, y un diente y una falange en la Galería de las Estatuas.

Yacimiento de Cueva Fantasma.
Marina Lozano Ruiz, CC BY-NC

A pesar de los pocos restos humanos encontrados, en esos yacimientos están los vestigios de la fauna que consumían y de sus herramientas. Además, sabemos que los neandertales ocuparon las cuevas de la sierra y se movieron por sus alrededores. Yacimientos como Hotel California, Fuente Mudarra y Hundidero muestran que tenían talleres y pequeños campamentos por todo el territorio.

El hallazgo de restos del Paleolítico superior

La ausencia de restos del Paleolítico superior era una de las grandes lagunas de Atapuerca. Sin embargo, justamente en la campaña de este verano se han identificado niveles de esa cronología en el yacimiento de la Cueva de El Mirador. Estamos seguros de que en las próximas campañas arqueológicas vamos a poder llenar más este vacío.

En este recorrido por la sierra hay que dar un salto cronológico desde el Paleolítico medio hasta el Neolítico y la Edad del Bronce. En El Portalón de Cueva Mayor hay que destacar el enterramiento de un individuo infantil que murió a causa de diversas enfermedades metabólicas causadas por la carencia de algunos nutrientes. En la Cueva de El Mirador se ha encontrado el enterramiento colectivo de una treintena de personas de todas las edades y otro conjunto con los restos de individuos. Algunos muestran, de nuevo, evidencias de canibalismo, aunque en esta ocasión creemos que corresponde a una estrategia de guerra.

La fama e importancia de los yacimientos de la sierra de Atapuerca está más que justificada por todos estos hallazgos. El trabajo de investigación, publicación y difusión de los resultados de los numerosos investigadores e investigadoras que trabajamos allí lo ha hecho posible. A pesar de que los restos encontrados hasta el momento han permitido conocer muchos aspectos de la vida de nuestros antepasados, todavía quedan muchas preguntas por responder y esperamos que esos yacimientos nos sigan sorprendiendo.

The Conversation

Marina Lozano Ruiz recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades_ PID2024-156477NB-C31.

ref. La importancia de Atapuerca en la evolución humana – https://theconversation.com/la-importancia-de-atapuerca-en-la-evolucion-humana-289513

Melitón Manzanas y el Tercer Reich: mito y realidad del policía objetivo de ETA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Mota Zurdo, Profesor Titular de Historia Contemporánea, Universidad de Valladolid

Melitón Manzanas. Archivo General del Ministerio del Interior (AGMI). Dirección General de la Policía, Expediente Melitón Manzanas González, nº 6098.

Inspector jefe de la Brigada de Investigación Social (BIS) en San Sebastián, Melitón Manzanas (1909-1968) fue un victimario-víctima: un torturador reconocido y la primera víctima mortal premeditada de ETA. Décadas antes de que la organización terrorista lo asesinara en la puerta de su casa en agosto de 1968 estuvo relacionado con agentes y colaboracionistas del Tercer Reich.

Manzanas fue un agente que en su carrera profesional utilizó la tortura en sus interrogatorios, que practicó trato vejatorio a sus detenidos y que empleó métodos violentos para obtener confesiones.

En 1939 entró en el Cuerpo de Investigación y Vigilancia (CIV) –que desde 1941 pasó a llamarse Cuerpo General de Policía (CGP)–. A partir de entonces, su trabajo se concentró en vigilar la frontera en Irún, evitar el contrabando, obstaculizar y perseguir al maquis comunista y frenar cualquier tipo de actividad de oposición a la dictadura.

En los años finales de su vida encabezó una importante campaña de detenciones y represión contra miembros de Comisiones Obreras, Euzko Gaztedi –las juventudes del PNV– y ETA, la organización terrorista. Esta última lo asesinó el 2 de agosto de 1968.

La semilla del monstruo

Para justificar su asesinato, las entonces cabeceras del nacionalismo vasco radical, entre ellas Gudari y Zutik, recogieron testimonios sobre sus acciones vejatorias, incidiendo en su perversión, sentimiento antinacionalista vasco y vínculos con la Alemania nazi. De ese modo, su leyenda negra aumentó.

Durante el proceso de Burgos de 1970, donde se juzgó a los responsables de su muerte, la abogada Gisèle Halimi trabajó en dar a conocer el juicio en la esfera pública y editó un libro titulado Le Procès de Burgos (1971), con prefacio de Jean-Paul Sartre. Asesorados por el miembro de ETA José Antonio Etxebarrieta, introdujeron detalles escabrosos al currículum de Manzanas y aseguraron que durante la Segunda Guerra Mundial había colaborado con la Gestapo en “operaciones de caza” a republicanos españoles en el sur de Francia.

De súbito, estas aseveraciones sobre su vinculación con la policía política alemana pasaron al imaginario colectivo, al punto de que diferentes autores las han ido reproduciendo acríticamente sin aportar una sola prueba, equiparándolo incluso a Pedro Urraca Rendueles, apodado “el cazador de rojos”.

Veamos, pues, qué hay detrás de todo ello.

El informador Manzanas

Uno de sus primeros destinos como policía fue la comisaría de Irún, un lugar estratégico durante la guerra mundial. Allí, desde 1939, siendo agente de bajo rango (tercera clase) se dedicó a labores de información en la frontera, controlando la aduana y persiguiendo el contrabando.

En la década de 1940, el agente Juan García Herrero (alias T-12), del Servicio de Inteligencia del Gobierno Republicano en el exilio (SIGR), señaló que colaboraba con la Segunda Bis (la inteligencia militar franquista), informando sobre movimientos de mercancías y personas, incluso facilitando entradas y salidas de individuos.

Entre contrabando y represión

Durante la década de 1940, Manzanas se dedicó, como decíamos, a impedir el estraperlo (de mercancías, propaganda, personas…) que introducían passeurs como Timoteo Plaza y Florentino Goikoetxea, colaboradores a su vez de distintas redes de evasión y organizaciones de información republicanas.

La Segunda Bis conoció estos movimientos, y por eso organizó grupos de colaboradores para tareas de vigilancia en distintos puntos de la frontera hispanofrancesa. Esos grupos estuvieron integrados en gabinetes de información de diferentes comisarías de la zona; entre ellas, Irún, donde precisamente Melitón Manzanas realizó redadas.

Una de ellas se produjo el 19 de abril de 1942, que condujo a la captura del contrabandista Manuel Iturrioz, colaborador de la Red Comète, la organización de evasión franco-belga que evacuó a combatientes aliados perseguidos por los nazis. Según las fuentes consultadas, el policía José Bazán y Manzanas lo interrogaron y torturaron durante tres días.

En julio de ese año ascendió a agente de segunda clase. A partir de entonces, se consolidó su perfil de policía que hacía uso de métodos execrables para obtener información. El SIGR así lo reflejó en un dosier de abril de 1946: Manzanas era “uno de los funcionarios que más se han destacado por su crueldad y persecuciones. Es hoy el hombre de confianza de Julio Ortega Tercero y el jefe visible del Segundo Bis”.




Leer más:
Vida y muerte de Melitón Manzanas, el primer asesinato premeditado de ETA


La sombra de la Gestapo

Ese perfil coincidió con las valoraciones que de él hizo el Servicio Vasco de Información (SVI), la organización de espionaje del Gobierno vasco en el exilio. Gracias a la desclasificación de documentos que, periódicamente, realiza el Departamento de Estado en los Archivos Nacionales de Estados Unidos (NARA) se han obtenido informes que vinculan a Manzanas con la Gestapo y miembros del Tercer Reich.

Se trata de una serie de dosieres que realizó el SVI para la Oficina de Servicios Estratégicos (OSS), la agencia de inteligencia estadounidense previa a la CIA, en el marco de Safehaven (1944-1948), la operación que pusieron en marcha los aliados para seguir los bienes y personas vinculadas con el Tercer Reich.

En uno de ellos se indica que Manzanas y los agentes Máximo Palenciano, José Bazán y Juan Marcos trabajaron “con especial fervor a favor de los alemanes, cumpliendo órdenes de la Gestapo” y prestaron “grandes servicios” durante la ocupación de Francia.

La información, aunque escueta, es sugerente, pues está vinculada a los mecanismos que utilizó la Alemania nazi para soslayar la guerra económica de la que, por otro lado, participaban –por conveniencia, sintonía ideológica u obligación– funcionarios, empresarios y, en general, buena parte del régimen franquista.

Hay más referencias. En otro de los documentos se profundiza en el papel de Manzanas, al que se señala como “hombre de confianza” del agente Heinrich Bauer. Este era el alias del colaboracionista belga Georges-Henri Delfanne, conocido popularmente como Masuy, dedicado al expolio de bienes robados a judíos en la Europa ocupada.

La prueba documental

Estas aportaciones documentales, que forman parte de un trabajo más amplio titulado Melitón Manzanas González. Trayectoria de un victimario del franquismo y víctima de ETA (1909-1968), permiten acercarnos al papel que pudo desempeñar Manzanas en la Segunda Guerra Mundial desde las fuentes de archivo. Según estas, participó en las acciones de la policía política alemana –aunque no sabemos exactamente cómo– y colaboró en redes de expolio de bienes y obras de arte de miembros del Tercer Reich, sin tampoco saber exactamente de qué modo participó de ella.

Por eso, que solo dispongamos de estas fuentes, y que además las pesquisas realizadas en los archivos alemanes no hayan dado resultados, impide afirmar con contundencia que el contenido vertido por la prensa del exilio nacionalista vasco radical, al que aludíamos al inicio, fuera completamente fiable.

Porque las evidencias se basan en datos obtenidos por el SVI, una red que pudo señalarle por múltiples motivos. Por el momento, con arreglo a las fuentes, solo podemos asegurar que el SVI fue la organización que, en primera instancia, señaló a Manzanas como colaborador de la Gestapo y que, asimismo, fueron miembros de esa red los que filtraron esa información a la prensa nacionalista vasca radical que, años más tarde, con su muerte, hizo hincapié en su papel de colaborador nazi.

The Conversation

David Mota Zurdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Melitón Manzanas y el Tercer Reich: mito y realidad del policía objetivo de ETA – https://theconversation.com/meliton-manzanas-y-el-tercer-reich-mito-y-realidad-del-policia-objetivo-de-eta-284796

¿Se está mudando el pulpo gallego al Reino Unido?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Figueras Huerta, Profesor de investigación del Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Instituto de Investigaciones Marinas (IIM-CSIC)

Un pulpo común (_Octopus vulgaris_). MattiaATH/Shutterstock

En mayo de 2025, un arrastrero de Newlyn, en el condado de Cornualles (Inglaterra), descargó 20 toneladas de pulpo común en una sola jornada. Semanas después, otro patrón desembarcaba más de 30 toneladas toneladas en un solo día. En el conjunto de la temporada, la flota del suroeste británico descargó más de 1 200 toneladas de una especie que allí, hasta hace nada, era una rareza: las capturas de 2025 fueron casi 65 veces superiores a la media en años anteriores.

En todo 2025, los pescadores del suroeste de Inglaterra vivieron el mayor boom de pulpo en los últimos 75 años. Mientras, un año antes, las lonjas gallegas tocaban mínimos históricos. En Galicia, las capturas de pulpo de 2024 fueron las más bajas en 25 años, apenas 1 180 toneladas en lonja, y la facturación se desplomó respecto a los buenos años de la década anterior.

¿Qué relación guardan los dos hechos? Son dos titulares simultáneos, opuestos y perfectos para un relato sencillo: el pulpo se escapa de Galicia. Huye de un Atlántico gallego que se calienta y encuentra refugio en aguas británicas que le resultan acogedoras. Es una historia limpia, intuitiva y… falsa.

Por qué la migración no cuadra

El pulpo común (Octopus vulgaris) es un animal de fondo, de vida corta (uno o dos años) y sedentario en su fase adulta. No protagoniza migraciones oceánicas de largo recorrido. La conexión entre poblaciones distantes no la hacen los adultos nadando, sino las larvas, que pasan semanas o meses a la deriva en el plancton antes de asentarse.

Pulpo común (Octopus vulgaris).
Albert Kok / Wikimedia Commons., CC BY

Cuando el equipo de la Marine Biological Association, la Universidad de Plymouth y el Plymouth Marine Laboratory reconstruyeron el origen del fenómeno británico, encontraron dos cosas mucho más cercanas. La primera: el pulpo común se está reproduciendo en las propias aguas británicas, con ejemplares juveniles que aparecen en las nasas. La segunda: los modelos de corrientes y las medidas de salinidad apuntan a un aporte de larvas desde las islas del Canal y el norte de Francia, en particular, tras un gran episodio en la isla de Guernsey impulsado por vientos persistentes del este, en 2024.

Lo que sí comparten los dos mares

Que no haya migración no significa que no haya conexión. Un mismo fenómeno climático produce efectos opuestos en dos biomas –ecosistemas característicos de una zona biogeográfica– locales distintos. El elemento común es la temperatura.

El boom británico no es un hecho aislado: es apenas el cuarto gran episodio de este tipo en 125 años (los anteriores fueron en 1899-1900, 1932-33 y 1950-51). Y todos coincidieron en inviernos y aguas anormalmente cálidas.

Lo que ha cambiado no es que el calor favorezca al pulpo, sino que ese calor ha dejado de ser excepcional. El canal de la Mancha ha registrado veranos clasificables como olas de calor marinas. Y, en un mar más templado, las larvas sobreviven al invierno, los adultos crían y una reproducción explosiva convierte una ventana favorable en una avalancha.

En Galicia, el mismo Atlántico que se calienta juega otra partida. Aquí el pulpo no se marcha, pero tampoco cría, o los juveniles mueren. Y la temperatura no es la única palanca. Los científicos del Instituto de Investigaciones Marinas de Vigo insisten en un factor que rara vez llega a los titulares: el afloramiento, ese ascenso de aguas profundas, frías y ricas en nutrientes que sostiene la productividad de las rías. Cuando el afloramiento y la salinidad se desajustan, el ciclo reproductivo del pulpo se resiente, porque es una especie muy sensible a las condiciones del agua.

Los mares europeos se reordenan

Conviene desconfiar de las correlaciones demasiado bonitas. Si el declive gallego y el auge británico fueran las dos caras de la misma moneda, deberían moverse en espejo año tras año. No lo hacen: en 2025, mientras el Reino Unido registraba su récord, Galicia empezaba a hablar de recuperación.

La lección para entender lo que ocurre en el Atlántico nororiental no es “el pulpo emigra al norte”, sino algo menos vistoso y más inquietante: el mismo cambio climático que perjudica a una especie en un extremo del mapa puede hacerla prosperar en otro.

Sin embargo, en el suroeste británico, ese éxito tiene un reverso amargo: los pulpos merman las poblaciones de bueyes de mar, bogavantes y vieiras, de las que dependen otras flotas. Por eso, para muchos pescadores, la bonanza ya se ha convertido en una pérdida.

No sabemos si el episodio británico será un pico pasajero, como los tres anteriores, o el primer capítulo de una presencia estable. Tampoco sabemos si Galicia volverá a sus buenas campañas de pulpo o si su declive es estructural. Lo que la evidencia sí deja claro es que los mares europeos se están reordenando ante nuestros ojos, especie por especie. La próxima sorpresa vendrá, como esta, disfrazada de coincidencia.

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Antonio Figueras Huerta no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Se está mudando el pulpo gallego al Reino Unido? – https://theconversation.com/se-esta-mudando-el-pulpo-gallego-al-reino-unido-290644

Cuando una persona se convierte en ‘sticker’: ¿es legal compartir su imagen?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pere Simón, Profesor Titular de Derecho Constitucional, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja ; Universitat de Girona

Liderina/Shutterstock

Un niño pone una cara graciosa. Alguien le hace una fotografía con el móvil, recorta el fondo y crea un sticker para WhatsApp. Primero circula entre cuatro amigos. Después llega al grupo de clase y termina almacenado en decenas, centenas o miles de teléfonos. Personas que ni siquiera conocen al protagonista utilizan su cara para expresar ternura, sorpresa, enfado o, simplemente, para sacarnos una sonrisa.

La escena resulta cada vez más habitual. Y plantea una pregunta que pocas veces nos hacemos antes de pulsar “enviar”: ¿podemos convertir la imagen de otra persona en una broma y difundirla sin su consentimiento?

La respuesta jurídica es bastante menos divertida que el sticker.

La cara es un dato personal

Resulta que una fotografía en la que una persona resulta identificada o identificable se considera dato personal, protegido por el Reglamento General de Protección de Datos.

Por eso, hacer una fotografía, guardarla, modificarla, recortarla para fabricar un sticker y, posteriormente, compartirla son operaciones que constituyen un tratamiento de datos personales. Que la imagen se transforme no hace desaparecer esta protección. De hecho, una persona puede seguir siendo identificable por su rostro, gestos, vestimenta, entorno o porque quienes reciben el archivo saben de quién se trata.

Un caso real entre menores

La cuestión ha dejado de ser teórica y ha causado lesiones del derecho a la propia imagen y el derecho a la intimidad en situaciones comunes que se producen en cualquier grupo de adolescentes, tal y como ha analizado la Agencia Española de Protección de Datos (AEPD). En un caso reciente, un menor fotografió a otro durante una clase. La imagen acabó difundiéndose por WhatsApp y después se creó con ella un meme o sticker compartido en distintos grupos. El menor afectado había pedido expresamente que borraran su fotografía.

La respuesta de la AEPD fue especialmente significativa. Por un lado, considera infracción grave utilizar el rostro de un menor para crear un emoticono sin la autorización de sus padres. Por ello, determinó que se trataba de un tratamiento de datos personales sin consentimiento ni base jurídica legítima. Sin embargo, finalmente archivó el procedimiento, teniendo en cuenta que el responsable también era menor de 14 años cuando ocurrieron los hechos.

Eso sí, en paralelo, este organismo elevó a definitiva la medida que había adoptado provisionalmente: ordenó retirar de WhatsApp la fotografía y el sticker y exigió, además, que se evitara, en la medida en que lo permitiera el estado de la tecnología, que el mismo usuario u otros pudieran volver a subir copias o réplicas exactas.

Si el responsable hubiera sido mayor de 14 años, podría haber sido sancionado administrativamente, incluso con una multa económica cuya cuantía dependerá de la gravedad y circunstancias del caso. Además, en caso de ser un menor –entre 14 y 18 años– sus padres o tutores responderían solidariamente del pago de esa multa.

¿Está prohibido enviar cualquier foto por WhatsApp?

La normativa de protección de datos contiene la denominada excepción doméstica, que permite el tratamiento de datos realizado por personas en actividades particulares o domésticas.

Eso significa que el intercambio privado de fotografías entre familiares o amigos normalmente queda fuera del régimen general de protección de datos. Aun así, enviarlas por WhatsApp no equivale automáticamente a “puedo hacer lo que quiera con la imagen”.

Cuanto más se amplía el círculo de difusión, menor relación existe entre quienes reciben la imagen y la persona fotografiada, especialmente cuando el contenido salta a redes sociales, alcanza una difusión indeterminada o se viraliza. Entonces, es más difícil justificar que sea una actividad estrictamente doméstica.

Violación del derecho a la propia imagen

El artículo 18 de la Constitución reconoce el derecho a la propia imagen, desarrollado por la Ley Orgánica 1/1982, de protección civil del derecho al honor, a la intimidad personal y familiar y a la propia imagen. Utilizar la imagen de una persona sin autorización puede constituir una intromisión ilegítima, al margen de que la conducta no encaje plenamente en lo previsto en la normativa de protección de datos.

La protección es todavía más intensa cuando hablamos de menores. Nuestro ordenamiento obliga a preservar su interés superior, su intimidad y su imagen frente a actuaciones realizadas en redes sociales, aplicaciones de mensajería y otros servicios digitales.

Por lo tanto, una broma puede tener consecuencias jurídicas distintas según las circunstancias: quién crea el sticker, de dónde obtiene la fotografía, quién aparece, qué edad tiene, a cuántas personas se envía, si se publica en abierto y si el contenido resulta vejatorio o humillante, o forma parte de una situación de acoso.

Tampoco basta con decir que ya estaba disponible en internet. Que una fotografía haya sido publicada en una red social no significa que pueda reutilizarse para cualquier finalidad. Subir una imagen a un perfil no equivale a consentir su transformación en meme, su circulación en grupos de mensajería o su uso humorístico o sexual por parte de desconocidos.

Cuando dejamos de ver a la persona

El fenómeno de los stickers en las plataformas de mensajería instantánea plantea un problema previo al jurídico. La digitalización facilita una peculiar cosificación de la identidad, puesto que una fotografía se separa de su contexto, se recorta y se transforma en objeto comunicativo. Quien la recibe puede desconocer quién es esa persona, cómo se obtuvo la imagen o si dio permiso para su utilización.

El protagonista deja de ser, a ojos de quienes comparten el archivo, un niño, un compañero de clase o simplemente alguien con derecho a decidir sobre su imagen. Se convierte en una “pegatina” graciosa.

Ahí reside una de las paradojas de nuestra comunicación digital. La tecnología hace extraordinariamente sencillo copiar, modificar y reenviar la imagen de una persona, pero esa facilidad técnica no elimina sus derechos. El gesto dura apenas un segundo; la circulación de la imagen puede durar años.

Antes de convertir una cara real en un emoticono y antes de compartirlo, conviene recordar algo sencillo: detrás sigue habiendo una persona. Y, cuando se trata de un menor, lo que parece una broma privada puede convertirse en una huella digital negativa que nunca pidió tener y que puede condicionar o hipotecar su futuro.

The Conversation

Pere Simón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando una persona se convierte en ‘sticker’: ¿es legal compartir su imagen? – https://theconversation.com/cuando-una-persona-se-convierte-en-sticker-es-legal-compartir-su-imagen-290482

Comedores escolares saludables y sostenibles: ¿qué hace falta para que se pueda cumplir la ley?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eva Parga Dans, Científica Titular, Instituto de Productos Naturales y Agrobiología (IPNA-CSIC)

Robert Kneschke/Shutterstock

La vuelta al cole coincide este año en España con la entrada en vigor de nuevas reglas estatales sobre alimentación escolar. Pero entre lo que establece una norma y lo que ocurre cada día en una cocina escolar hay una distancia considerable.

En el curso 2023-24, 2 368. 824 estudiantes utilizaron el comedor escolar en España, esto es, el 29,6 % del alumnado. Ese curso, los hogares destinaron 2 721 millones de euros –809 euros por usuario– a estos servicios. Además de alimentar, su funcionamiento condiciona la conciliación familiar y la organización cotidiana de la comunidad escolar.

Pese a estas cifras, el comedor ocupa un lugar secundario en el debate educativo. Se habla de menús, becas o contratos, pero menos de cubrir bajas, tramitar pedidos, reparar equipos, adaptar dietas o atender reclamaciones. Estas tareas pueden recaer sobre equipos directivos y docentes y suelen hacerse visibles cuando algo falla.




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Una norma no se aplica sola

El Real Decreto 315/2025 exige menús saludables y sostenibles, supervisión nutricional, alimentos frescos y de temporada, reducción de residuos y adaptación a necesidades específicas. El reto es convertir estas reglas en rutinas viables en centros muy diferentes.

Las comunidades autónomas organizan el servicio y cada escuela asume un grado distinto de responsabilidad. En nuestro proyecto de investigación en marcha detectamos un problema central: no basta con fijar requisitos. Los centros necesitan apoyo institucional, recursos y capacidad para resolver incidencias. Además, esas necesidades cambian según la forma de gestionar el comedor.

Distintos modelos, distintas necesidades

Para observar cómo se traduce esta diversidad en la práctica, en el marco de un proyecto de investigación todavía en curso elaboramos un censo de los 244 centros con comedor de Tenerife, obtuvimos 133 respuestas válidas a una encuesta y entrevistamos a profesionales de 14 escuelas. Participaron centros públicos, concertados y privados, rurales y urbanos.

Comparamos cocina propia, comida preparada fuera y transportada, y cocina situada en el colegio pero gestionada por una empresa. El 72 % de los equipos directivos calificó el esfuerzo como alto o muy alto y el 80 % consideró insuficiente el apoyo institucional. El patrón fue parecido entre centros de distinta titularidad y entre escuelas rurales y urbanas.

No encontramos un modelo ganador. Cocinar en el centro exige más trabajo, pero proporciona mayor control. El cáterin descarga algunas tareas, pero aumenta la dependencia del proveedor y no elimina la responsabilidad escolar.




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Cocinar aporta control, pero exige recursos

En los centros con cocina propia, el 91 % señaló un esfuerzo alto o muy alto. En estos casos, la escuela participa en sustituciones, compras, averías, pagos y cumplimiento de las normas.

Una docente recién llegada, por ejemplo, se convirtió en la encargada realizar los pedidos del comedor. Una directora, desbordada por la rotación del personal y las tareas administrativas, lo resumió así: tenían “un comedor con un colegio, en vez de un colegio con un comedor”.

A cambio, estos centros describieron mayor capacidad para adaptar el servicio y resolver imprevistos. Solo el 5 % manifestó insatisfacción, frente al 14 % de los que recibían comida transportada.

Externalizar reduce tareas, pero no la responsabilidad

Con el cáterin transportado, el esfuerzo alto descendió al 59 %. La producción, las compras y parte de la gestión del personal pasan a la empresa. En España, el 80 % de los comedores está gestionado por empresas de restauración.

Sin embargo, el centro continúa comprobando entregas, supervisando la calidad, atendiendo a las familias y reclamando soluciones. En algunos centros, el número de raciones era cerrado y el alumnado no podía repetir. Una cocina propia podía preparar algo adicional si un niño llegaba con hambre, una flexibilidad importante para el alumnado vulnerable.

No comparamos la calidad nutricional, sino la organización y la respuesta ante imprevistos. En escuelas pequeñas o rurales también puede resultar difícil encontrar una empresa de cátering dispuesta a prestar el servicio.

‘Ecocomedores’: un botón de muestra

La distancia entre los objetivos y su aplicación también aparece en Ecocomedores de Canarias. Este programa creado en 2013-2014, promueve productos ecológicos, locales y de temporada. En el curso 2025-2026 reunió 190 ecocomedores y 36 000 comensales. Desde 2024-2025, los comedores de centros escolares públicos de gestión directa deben pertenecer al programa; los de gestión contratada pueden solicitar su adhesión.

Las entrevistas muestran obstáculos concretos. Un centro no hacía determinados pedidos porque carecía de despensa y el reparto era semanal. En otro, podían solicitar diez kilos de calabaza y recibir cinco. Algunas entregas llegaban hacia las once, demasiado tarde para preparar el almuerzo.

Mesa de comedor escolar preparada con bandejas azules, vasos y porciones de sandía antes del servicio.
Mesa preparada antes del servicio en uno de los comedores escolares estudiados en Tenerife.
María Abenia / Proyecto de investigación sobre comedores escolares

Vemos así como el compromiso con la alimentación sostenible no se puede llevar a la práctica sin que se cumplan unas condiciones mínimas: capacidad de almacenamiento, entregas previsibles, personal suficiente y coordinación.




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Qué necesitan los centros para cumplir la ley

En primer lugar, hay que reconocer el comedor como infraestructura educativa. En la práctica, esto supondría incluir personal, sustituciones, mantenimiento y tiempo de coordinación en la planificación y los presupuestos ordinarios del sistema.

En segundo lugar, el apoyo institucional debe adaptarse al modelo. Las cocinas propias necesitan personal estable, sustituciones rápidas, equipamiento y asesoramiento. Los centros con cáterin necesitan contratos claros, indicadores de calidad y procedimientos ágiles para reclamar.

En tercer lugar, es necesario alinear responsabilidad, capacidad de decisión y recursos. Si una escuela debe garantizar el servicio, necesita vías rápidas para cubrir una baja, reparar un equipo, realizar una compra urgente o exigir una solución al proveedor. Esta autonomía debe estar respaldada por recursos y protocolos claros.

Por último, hay que evaluar la aplicación de la norma, no solo su cumplimiento formal. Además de los menús, deberían medirse retrasos, productos que no llegan, averías, rotación laboral, suficiencia de las raciones, horas de gestión y tiempo de resolución de las incidencias. Un menú puede incluir alimentos frescos y de temporada sobre el papel, pero no servirse como estaba previsto si parte del pedido llega tarde o el centro no puede almacenarlo.

Las reglas no se aplicarán desde el Boletín Oficial del Estado, sino en cocinas, despachos y comedores concretos. Cualquier modelo puede fallar si depende del trabajo invisible de docentes y equipos directivos. La diferencia no está solo entre cocinar dentro o contratar fuera, sino en disponer de apoyo, recursos y capacidad para tomar decisiones.

The Conversation

Eva Parga Dans recibe financiación de Fundación CajaCanarias y Fundación Bancaria “la Caixa” a través del proyecto “La desigualdad social a través de los comedores escolares: comprendiendo y mitigando el impacto en la infancia y adolescencia en las Islas Canarias” (ADESCAN, referencia 2024POB01). Las entidades financiadoras no participaron en el diseño del estudio, la recogida o el análisis de los datos, su interpretación ni la preparación de este artículo.

ref. Comedores escolares saludables y sostenibles: ¿qué hace falta para que se pueda cumplir la ley? – https://theconversation.com/comedores-escolares-saludables-y-sostenibles-que-hace-falta-para-que-se-pueda-cumplir-la-ley-289901

La paradoja de la generación Z: mejor formada pero con más incertidumbre

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Guillermo José Navarro del Toro, Research Professor at the University of Guadalajara – Centro Universitario de Los Altos, Universidad de Guadalajara, Universidad de Guadalajara

stockpexel/Shutterstock

Los nacidos entre 1997 y 2012 (la generación Z o gen Z) son la generación más cualificada de la historia reciente, según los últimos indicadores de la OCDE. El 50,2 % de los jóvenes de entre 25 y 34 años cuenta con titulación de educación superior o universitaria –56,7 % en el caso de las mujeres– y prácticamente duplican el 26,5 % de estudios universitarios de la generación de sus padres.

A esto se suma que más del 18 % posee másteres o posgrados de especialización antes de los 30 años, la tasa de finalización de la educación secundaria superior supera el 88 % en la UE y más del 65 % domina al menos un segundo idioma, todo ello respaldado por una alfabetización digital nativa y una capacitación continua inédita en la historia del mercado laboral.

Los z, que han acumulado títulos, posgrados, idiomas y certificaciones, crecieron bajo la premisa de que estudiar, conseguir un puesto en una empresa importante y escalar la pirámide corporativa les llevaría a alcanzar el éxito y la seguridad financiera.

Sin embargo, hoy en día, especialmente en América Latina, es una generación con un futuro incierto, que ha descubierto que la vieja fórmula de éxito traía letra pequeña: precariedad laboral, agotamiento crónico y sensación de vacío.

Preparado pero sin certezas

Los datos respaldan que el modelo tradicional de éxito ha colapsado, con la tasa de emancipación en mínimos históricos (14,5 %), un gasto en vivienda que devora casi el 98 % del salario mediano joven y cerca de un 19 % de trabajadores sumidos en el riesgo de pobreza.

Dados sus altos niveles de formación, la generación Z afronta tasas de sobrecualificación de hasta el 35 %. En América Latina, además, los jóvenes afrontan un mercado laboral inestable, en el que la informalidad roza el 50 % y deja a más de 130 millones de trabajadores sin seguridad social ni garantías de futuro.

México en particular presenta elevados niveles de estrés laboral. Un 27 % de los trabajadores padece estrés crónico y el 50 % afirma que la tensión laboral impacta directamente en su vida personal. En comparación con otros países, alrededor del 75 % de los trabajadores mexicanos experimentan estrés laboral agudo, porcentaje superior al registrado en economías como la china (73 %) y la estadounidense (59 %).

Esta situación se agrava por las extensas jornadas laborales. La Organización Internacional del Trabajo (OIT) ha señalado que México continúa siendo uno de los países donde más horas se trabaja entre los miembros de la OCDE, lo que contribuye al agotamiento, la fatiga y la disminución del bienestar laboral.

Es una inercia de desgaste crónico que termina por desplazar cualquier propósito vital, reduciendo la existencia a una rutina de mera supervivencia y rendimiento operativo donde quedan desplazados el desarrollo personal, la autorrealización y los vínculos afectivos.

El mito del trabajador incansable

Ante el miedo que provoca un futuro incierto, se ha romantizado el sacrificio extremo: se admira al que se queda hasta tarde, al que responde correos en domingo y al que presume de no haber tomado vacaciones en años, creyendo que esa hiperproductividad va a garantizar su lugar en el mundo.

Esta narrativa no beneficia a una generación sobrecualificada sino a un sistema que ve al trabajador como una pieza reemplazable de una gran maquinaria. Se debe cuestionar la idea de que el valor de la persona depende de su cuota de productividad horaria: el cerebro no es una máquina, y un trabajador descansado siempre tomará mejores decisiones que uno que opera bajo la neblina constante del cortisol (la hormona del estrés).

Serenidad frente a zozobra

Redefinir el éxito en tiempos de inestabilidad no significa dejar de ser ambicioso o volverse “vago”. Curiosamente, algunas de las mentes más influyentes utilizan el descanso como una herramienta estratégica para navegar la imprevisibilidad del futuro:

El empresario mexicano Carlos Slim (México) promueve lo que él llama el “ocio productivo”. Para él, el éxito no es estar ocupado 24/7, sino tener tiempo en blanco para leer, analizar el entorno y reflexionar sin prisa. Slim entiende que la pausa es necesaria para detectar las oportunidades que otros pasan por alto debido al estrés.

El estadounidense Bill Gates es famoso por sus think weeks (semanas de pensar): se retira a una cabaña, solo y sin distracciones, para leer y pensar. No son vacaciones de esparcimiento, sino un mantenimiento preventivo para mantener su mente ágil ante un mundo cambiante.

El empresario mexicano Carlos Bremer siempre enfatizó que su verdadera energía provenía de sus pasiones fuera de la oficina, como el deporte y la familia.

Una revision del concepto de plenitud

¿Qué pasaría si se empezara a medir el éxito por la resiliencia, la calidad del descanso, la profundidad de los vínculos y el sentido de propósito? Redefinir el éxito frente a la incertidumbre implica:




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Desoír las expectativas ajenas

La verdadera realización profesional llega cuando se empieza a construir la carrera personal alineándola con los valores reales.

América Latina se está haciendo a esa nueva realidad. La búsqueda de modelos como la semana laboral de cuatro días o el derecho legal a la desconexión digital son actos de resistencia para recuperar nuestra humanidad ante un futuro que no promete garantías.

Es momento de usar toda la preparación acumula para realizar el proyecto más importante: redefinir el éxito propio. Porque mucho más que solo sobrevivir a la incertidumbre, se merece vivir plenamente.

The Conversation

Guillermo José Navarro del Toro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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Las víctimas invisibles de la pandemia: qué ha pasado con quienes sufrieron los efectos adversos de las vacunas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Mut Bosque, Profesora agregada Derecho Internacional y de la Unión Europea, Universitat Internacional de Catalunya

Aunque a la mayoría la pandemia nos parece cosa del pasado, hay quienes no pueden olvidarla. Me refiero a las víctimas más invisibles de la pandemia: las personas que desarrollaron efectos adversos graves tras la vacunación frente a la covid-19. Más de un lustro después del inicio de aquella emergencia sanitaria, continúan siendo uno de los colectivos menos reconocidos.

Una afirmación de investigadores de Harvard resume acertadamente el espíritu de este debate: “Evitar hablar de los efectos adversos de las vacunas no es provacuna: es anticiencia”. Reconocer la existencia de personas que sufrieron lesiones graves no implica cuestionar la vacunación ni la ciencia. Al contrario, supone reafirmar uno de los principios esenciales del método científico: el conocimiento progresa revisando continuamente la evidencia disponible.

Una de las grandes lecciones de la pandemia es precisamente esa. La evolución del conocimiento científico no constituye un fracaso, sino una manifestación de su propia fortaleza. La cuestión no radica en que las recomendaciones sanitarias cambiaran conforme avanzaba la evidencia, sino en si las instituciones comunicaron con suficiente claridad el carácter necesariamente provisional de ese conocimiento.

Vacunas en tiempo récord

En contextos de incertidumbre, la transparencia exige informar no solo sobre aquello que se conoce, sino también sobre aquello que todavía se desconoce.

Las vacunas contra el covid-19 se desarrollaron, autorizaron y fabricaron en un tiempo sin precedentes, gracias a un extraordinario esfuerzo científico e industrial que permitió disponer de herramientas preventivas en un momento de grave emergencia sanitaria. Sin embargo, esa rapidez implicaba limitaciones inevitables: no era posible conocer entonces ciertos efectos adversos que solo podían manifestarse tras millones de dosis y un seguimiento prolongado. Por ello, la prudencia, la transparencia y la farmacovigilancia adquirieron vital importancia.

La producción de miles de millones de dosis en pocos meses supuso también un desafío industrial extraordinario. Durante la campaña se detectaron incidentes de importancia, como partículas metálicas en determinados lotes distribuidos en Japón o un mosquito en un vial en España, que motivaron investigaciones y retiradas preventivas de cientos de miles de dosis. Estos episodios no cuestionan por sí solos la utilidad de las vacunas, pero evidencian que ningún proceso industrial está exento de riesgos y que la vigilancia de la calidad debe mantenerse durante todo el ciclo de vida del medicamento.

La historia de la medicina confirma la necesidad de actuar con prudencia. Existen precedentes de vacunas inicialmente autorizadas que fueron retiradas al detectarse efectos adversos graves durante su uso masivo. Asimismo, más de cuarenta años después del descubrimiento del VIH, aún no se ha logrado una vacuna segura y eficaz. Estos ejemplos no buscan comparar enfermedades distintas, sino recordar que la incertidumbre es inherente a la investigación biomédica y debe reflejarse también en la información que reciben los ciudadanos.

Millones de personas se vacunaron frente a la covid-19 confiando en las autoridades sanitarias, pero lo hicieron en un contexto marcado por confinamientos, restricciones, certificados COVID y fuerte presión social. Durante todo el proceso, las instituciones y diversos actores sociales afirmaron de forma reiterada que las vacunas eran seguras y eficaces, generando una expectativa legítima de confianza institucional en ciudadanos que presumían la buena fe de las instituciones y de sus portavoces.

Precisamente por ello, habría sido deseable una mayor prudencia comunicativa, evitando afirmaciones institucionales excesivamente categóricas sobre una tecnología nueva, compleja y parcialmente protegida por confidencialidad, patentes y secreto comercial.

Además, era difícil para el ciudadano medio prever sus posibles efectos individuales. Desde una perspectiva bioética y jurídica, cabe cuestionar si, en todos los casos, el consentimiento pudo ser plenamente libre e informado, conforme al artículo 3 de la Carta de Derechos Fundamentales de la Unión Europea. Especialmente cuando algunos riesgos solo fueron identificándose progresivamente mediante la farmacovigilancia con posterioridad a la vacunación.

De hecho, fue una vez iniciadas las campañas masivas cuando comenzaron a reconocerse oficialmente determinados efectos adversos graves, como algunos casos de miocarditis, el síndrome de trombosis con trombocitopenia (VITT) o el síndrome de Guillain-Barré asociado a determinadas vacunas.

Todo esto no descalifica a la ciencia: pone de manifiesto que esos riesgos no podían formar parte del consentimiento inicial porque aún no habían sido identificados.

De evitar el contagio a reducir la hospitalización

En las primeras fases de la campaña se destacó la capacidad de las vacunas para evitar el contagio y reducir la transmisión del virus. Posteriormente, conforme aparecieron nuevas variantes y avanzó el conocimiento científico, el discurso pasó a centrarse en la reducción de la enfermedad grave, la hospitalización y la mortalidad. Esa evolución hacía necesaria una adaptación constante de las recomendaciones públicas.

Mientras tanto, quienes desarrollaron lesiones graves iniciaron un proceso extraordinariamente complejo para obtener reconocimiento. A la enfermedad se sumaron las dificultades para acreditar el nexo causal, la ausencia de protocolos homogéneos, la disparidad de criterios clínicos y un fenómeno ampliamente reconocido de infranotificación de efectos adversos, que dificulta conocer la verdadera dimensión del problema.

Ningún medicamento está exento de efectos adversos

A ello se suma un importante componente social. Durante años se ha consolidado la percepción de que las vacunas carecen de riesgos graves. Sin embargo, ningún medicamento está completamente exento de efectos adversos serios y las vacunas no son una excepción; precisamente por ello existen los sistemas de farmacovigilancia.

Tampoco resulta adecuado minimizar esta realidad afirmando únicamente que quienes sufren lesiones graves son “casos muy raros”. Incluso si su frecuencia fuera reducida, ello no disminuye la gravedad del daño sufrido ni las obligaciones de los poderes públicos hacia quienes lo padecen. Además, esa valoración debe realizarse con cautela cuando todavía no existe un censo europeo de personas afectadas ni un sistema armonizado de registro.

Un fondo común de compensación

Pese a las reiteradas solicitudes de asociaciones de afectados y a diversas iniciativas parlamentarias para crear un registro europeo y un fondo común de compensación, tales mecanismos continúan sin desarrollarse.
Las víctimas de los efectos adversos de las vacunas no deberían sentirse obligadas a elegir entre defender la ciencia o defender su propia experiencia. Ambas cosas son compatibles. Escuchar a estas personas, investigar sus patologías, reforzar la farmacovigilancia, garantizar la transparencia y reconocer institucionalmente su situación no debilita la salud pública; la fortalece.

La transparencia es otra de las grandes lecciones pendientes de la pandemia. Diversas resoluciones del Tribunal General de la Unión Europea apreciaron deficiencias en el acceso a la documentación sobre la contratación de vacunas, y la Defensora del Pueblo Europeo declaró mala administración en la gestión de determinados mensajes entre la Presidenta de la Comisión Europea y el director ejecutivo de Pfizer. Estos hechos trascienden el mero acceso documental, pues inciden en la calidad de la información disponible para los ciudadanos y en la confianza que debe presidir toda actuación pública.

La pandemia también obliga a reflexionar sobre el papel de las agencias reguladoras. Su misión no consiste únicamente en reaccionar cuando la evidencia científica resulta concluyente, sino en anticipar razonablemente los riesgos emergentes mediante una farmacovigilancia independiente, rigurosa y transparente. Cuando aparecen señales plausibles de seguridad, el principio de prudencia exige una evaluación temprana y preventiva, especialmente cuando se trata de medicamentos novedosos administrados a cientos de millones de personas.

Otra gran enseñanza de la pandemia es que en situaciones de emergencia, cuando la urgencia puede llevar a flexibilizar garantías, los derechos fundamentales deben observarse con el máximo rigor, incluido el derecho al consentimiento libre e informado, protegido en el ámbito europeo como derecho primario y de obligado cumplimiento. Estos derechos no son un obstáculo para una respuesta eficaz, sino la principal garantía del Estado de Derecho y de que nuestras democracias no deriven hacia formas de actuación incompatibles con sus valores.

En definitiva, reconocer, proteger y acompañar a las víctimas constituye una exigencia de los derechos fundamentales y de la dignidad humana. Una sociedad democrática debe ser capaz de proteger la salud pública sin abandonar a quienes, actuando con responsabilidad y confianza institucional, sufrieron consecuencias graves. Solo una información transparente, un consentimiento verdaderamente libre e informado, instituciones capaces de anticipar los riesgos y el reconocimiento efectivo de estas personas permitirán fortalecer la confianza ciudadana y afrontar futuras emergencias sanitarias con mayor legitimidad democrática y con pleno respeto a la dignidad humana.

Porque la mejor ciencia no es la que se cree infalible, sino la que reconoce con honestidad sus incertidumbres, aprende de ellas y sitúa siempre a la persona en el centro de sus decisiones.

The Conversation

Maria Mut Bosque no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las víctimas invisibles de la pandemia: qué ha pasado con quienes sufrieron los efectos adversos de las vacunas – https://theconversation.com/las-victimas-invisibles-de-la-pandemia-que-ha-pasado-con-quienes-sufrieron-los-efectos-adversos-de-las-vacunas-284109

¿Qué significa hoy llegar a ser mujer?: la vigencia de Simone de Beauvoir 40 años después

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Aroa Martínez García, PDI Universidad de La Rioja – Igualdad de Género, Universidad de La Rioja

En redes sociales, hablar de igualdad de género es cada vez más habitual. Pero la expresión no siempre significa lo mismo para todo el mundo. De hecho, diversos estudios apuntan a una paradoja llamativa: una parte importante de la juventud considera que la igualdad ya está conseguida, mientras siguen presentes desigualdades y estereotipos en la vida cotidiana.

Cuatro décadas después de la muerte de Simone de Beauvoir, su pensamiento sigue ofreciendo una clave fundamental para entender este fenómeno.

Portada de El segundo sexo, de Simone de Beauvoir.
Portada de la primera edición de El segundo sexo, de Simone de Beauvoir.
Wikimedia Commons

En El segundo sexo, Beauvoir formuló una de las ideas más influyentes del siglo XX: “no se nace mujer, se llega a serlo”. Con esta afirmación, cuestionó la idea de que las diferencias entre hombres y mujeres fueran naturales o inmutables y planteó que el género es el resultado de un proceso social, cultural e histórico.

Esta idea ha marcado profundamente disciplinas como la sociología, la educación o la teoría feminista, al permitir analizar cómo se construyen las desigualdades a través de normas, roles y expectativas. No se trataba solo de describir una realidad, sino de ofrecer herramientas para interpretarla críticamente.

La igualdad percibida frente a la igualdad real

Pero hay un problema. La vigencia de este planteamiento se hace especialmente evidente cuando se observa la realidad actual. Las investigaciones recientes sobre la juventud universitaria española muestran que, aunque existe un amplio consenso en torno a la importancia de la igualdad de género, también se detectan percepciones distorsionadas sobre su grado de consecución.

En nuestra investigación con alumnado universitario español, basada en una muestra de 1 460 estudiantes, más del 60 % considera que la igualdad entre hombres y mujeres está “prácticamente conseguida” en España. Sin embargo, cuando se analizan dimensiones concretas –como los estereotipos, las relaciones interpersonales o las expectativas sociales– aparecen contradicciones que evidencian la persistencia de desigualdades más sutiles.

Por ejemplo, aunque la mayoría del estudiantado rechaza abiertamente afirmaciones sexistas tradicionales, siguen apareciendo formas más discretas de desigualdad: desde la distinta valoración de comportamientos en hombres y mujeres hasta la normalización de ciertos roles en las relaciones afectivas. Lo relevante es que estas dinámicas no siempre se perciben como problemáticas, y esto dificulta su identificación y transformación.

Estos resultados, recogidos tanto en nuestro artículo Percepción de la juventud española sobre la igualdad de género como en un estudio sobre las dimensiones del concepto de igualdad desde una perspectiva coeducativa, apuntan a una idea clave: la igualdad formal no implica necesariamente igualdad real.

Lo que Beauvoir ya había explicado

Aquí aparece una clave fundamental. Esta distancia entre igualdad percibida y desigualdad cotidiana conecta directamente con el planteamiento de Beauvoir. Si el género es una construcción social, también lo son las percepciones sobre la igualdad. No basta con que existan leyes que reconozcan derechos iguales: es necesario analizar cómo se siguen construyendo identidades, roles y relaciones en la vida diaria.

Un ejemplo muy visible aparece en redes sociales. Es frecuente encontrar contenidos en los que se reivindica la igualdad de género –por ejemplo, mensajes virales en TikTok o Instagram– mientras que, en esos mismos espacios, se reproducen estereotipos tradicionales: desde la hipersexualización de las mujeres hasta la normalización de ciertos roles diferenciados en relaciones de pareja. Incluso en debates aparentemente igualitarios es habitual que se cuestione o minimice la desigualdad con argumentos como “eso ya no pasa” o “ahora los hombres están más discriminados”.

Además, los propios algoritmos de estas plataformas tienden a amplificar contenidos que generan interacción, lo que en ocasiones favorece la difusión de discursos polarizados o simplificados sobre la igualdad. Esto contribuye a reforzar percepciones sesgadas y a consolidar narrativas que no siempre se corresponden con la realidad social.

Adolescentes felices que caminan juntas en el parque.

Pizel_Shot/Shutterstock

Lo que muestran estas dinámicas es algo clave: los discursos de igualdad conviven con prácticas que siguen reproduciendo diferencias de género. Y es precisamente aquí donde el pensamiento de Beauvoir sigue siendo especialmente útil.

Nuevas resistencias, viejos debates

A esta complejidad se suma la aparición, especialmente en entornos digitales, de discursos que cuestionan o relativizan la desigualdad de género. Este fenómeno, a menudo interpretado como una reacción o backlash, pone de manifiesto que los avances en igualdad no son lineales ni irreversibles.

Lejos de ser un debate superado, la igualdad de género sigue siendo un terreno en disputa, donde conviven avances normativos, transformaciones culturales y resistencias activas. En este sentido, la sensación de que la igualdad ya está conseguida puede funcionar, paradójicamente, como un obstáculo para seguir avanzando.

Pensar el presente con herramientas del pasado

En este contexto, recuperar el pensamiento de Beauvoir no es un ejercicio conmemorativo, sino una herramienta para interpretar el presente. Su aportación más duradera no fue solo denunciar la desigualdad, sino mostrar cómo se construye y se reproduce socialmente.

Cuatro décadas después de su fallecimiento, su legado sigue vigente porque nos obliga a ir más allá de las apariencias. Y la pregunta sigue siendo incómoda: si la igualdad parece asumida, ¿por qué sigue sin ser plenamente real?

The Conversation

Aroa Martínez García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué significa hoy llegar a ser mujer?: la vigencia de Simone de Beauvoir 40 años después – https://theconversation.com/que-significa-hoy-llegar-a-ser-mujer-la-vigencia-de-simone-de-beauvoir-40-anos-despues-281453

Pour les écoles, la mère reste le parent à contacter en priorité : une charge mentale qui renforce les inégalités ?

Source: The Conversation – in French – By Laura K. Gee, Associate Professor of Economics, Tufts University


L’ESSENTIEL

  • Les tâches liées à la scolarité des enfants pèsent toujours plus sur les mères que sur les pères.

  • Dans leur manière d’échanger avec les familles, les établissements scolaires contribuent-ils à ce déséquilibre ?

  • Contacter les mères en priorité peut entraîner des inégalités même dans des couples qui se répartissent les tâches.


La rentrée scolaire s’accompagne d’une liste bien connue de responsabilités pour les parents : acheter les fournitures scolaires, remplir les formulaires, organiser les trajets et répondre à un flux constant d’e-mails envoyés par les enseignants et les responsables de l’établissement.

Bien que de nombreuses familles s’efforcent de partager ces responsabilités, les études montrent systématiquement que les mères ont tendance à assumer une plus grande part des tâches liées à la scolarité de leurs enfants. Cela inclut non seulement la participation aux événements scolaires ou la préparation des déjeuners, mais aussi les tâches moins visibles telles que la prise de rendez-vous chez le médecin, l’inscription aux activités extrascolaires et la réponse aux e-mails ou aux appels de l’école.

Nous sommes des économistes qui étudions les questions de genre et la famille. Nous souhaitions comprendre si les établissements scolaires eux-mêmes pouvaient contribuer involontairement à ce déséquilibre en ayant tendance à contacter davantage les mères que les pères. Nos récentes recherches suggèrent que c’est le cas.

Parentalité : répartition des responsabilités et conséquences professionnelles

Les économistes comme d’autres spécialistes en sciences sociales ont établi de longue date que les mères consacrent plus de temps que les pères à la garde des enfants, même lorsque les deux parents travaillent à temps plein. Et bien que les hommes aient assumé davantage de responsabilités en matière de soins au cours des dernières décennies, les femmes consacrent toujours plus de temps à s’occuper de leurs enfants et de leur foyer.

Cet écart est important, car la manière dont la garde des enfants est répartie a des répercussions bien au-delà des horaires de travail des parents. Elle peut contribuer à un stress chronique et à l’épuisement professionnel et influencer la façon dont les couples perçoivent l’équité au sein de leur relation.

Elle peut également influencer la carrière des parents en ayant un impact sur leurs horaires de travail, leurs perspectives d’évolution professionnelle et leur niveau de rémunération.

Une enquête de terrain aux États-Unis

Au cours de l’été 2022, nous avons mené une enquête de terrain auprès de plus de 80 000 chefs d’établissement du primaire et du secondaire à travers les États-Unis. Les écoles ont reçu un e-mail provenant d’un foyer fictif composé d’un père et d’une mère, tous deux désireux d’inscrire leur enfant. L’e-mail mentionnait les coordonnées des deux parents, avec un numéro de téléphone chacun, et demandait au chef d’établissement d’appeler l’un d’entre eux.

Comme nous avons varié de manière aléatoire les noms et la formulation des e-mails, nous avons pu déterminer si le sexe d’un parent influençait le choix de la personne à qui l’appel était adressé.

Et c’était bien le cas.

Lorsqu’aucun des deux parents ne semblait plus disponible que l’autre, les mères avaient environ 1,4 fois plus de chances que les pères de recevoir le premier appel téléphonique. Parmi les directeurs d’école qui ont rappelé quelqu’un, environ 60 % ont contacté la mère en premier et 40 % ont contacté le père.

Nous avons également cherché à savoir si le fait de fournir davantage d’informations modifiait ces tendances. Lorsque l’e-mail indiquait explicitement que le père était plus disponible pour discuter, les directeurs étaient nettement plus enclins à l’appeler. Mais même lorsque les pères étaient présentés comme le parent le plus disponible, de nombreuses écoles continuaient d’appeler les mères en premier lieu.

Un autre indice subtil a également joué un rôle. Lorsque le père envoyait l’e-mail en mettant la mère en copie, les établissements scolaires étaient plus enclins à le contacter. Pourtant, même dans ce cas, les mères continuaient de recevoir une part importante des appels.

Ces résultats suggèrent que de nombreux établissements scolaires considèrent encore les mères comme le parent par défaut à contacter au sujet de leurs enfants, même lorsqu’ils disposent d’informations indiquant que les pères sont tout aussi disponibles – voire davantage – que les mères.

Il est important de noter que cela ne signifie pas nécessairement que les membres du personnel scolaire contactent intentionnellement les mères. Les responsables scolaires disposent souvent d’informations limitées et prennent des décisions rapides en se basant sur leur expérience. S’ils ont constaté par le passé que les mères se montraient plus réactives, les appeler en premier peut leur sembler le choix le plus efficace.

Mais lorsque des décisions similaires se répètent des milliers de fois dans les écoles et d’autres organisations, elles peuvent renforcer la répartition inégale des responsabilités parentales qui existe déjà au sein de nombreuses familles.

Une tendance plus générale

L’école n’est qu’une source parmi d’autres des sollicitations concernant les enfants.

Des études antérieures ont montré que les mères sont plus susceptibles que les pères de prendre des rendez-vous chez le médecin, de coordonner les activités extrascolaires et de gérer bon nombre des tâches en coulisses qui permettent à la vie familiale de se dérouler sans heurts. Ces responsabilités sont souvent décrites comme la « charge mentale » liée à la parentalité, car elles impliquent de planifier, de suivre et de tout coordonner.

Nos recherches suggèrent que les écoles et d’autres organisations pourraient, sans le vouloir, accentuer cette charge mentale en adressant davantage de demandes aux mères.

Dans les enquêtes que nous avons menées parallèlement à notre expérience, les éducateurs et autres adultes qui interagissent régulièrement avec les familles
– notamment les professionnels de la petite enfance, les entraîneurs et les professionnels de santé – ont également indiqué contacter plus souvent les mères que les pères.

Un simple appel téléphonique peut sembler anodin. Mais au fil d’une année scolaire – entre les appels des cabinets médicaux, des clubs de sports, des colonies de vacances et autres activités –, ces interruptions peuvent s’accumuler. Elles constituent une contrainte supplémentaire sur le temps des parents, et cette charge pèse de manière disproportionnée sur les mères.

Cette perspective permet également d’expliquer pourquoi les inégalités entre les sexes en matière de prise en charge des enfants peuvent persister, même au sein de couples qui s’efforcent de partager les responsabilités de manière plus équitable. La répartition inégale des tâches parentales est déterminée non seulement par les décisions prises au sein du foyer, mais aussi par les attentes et les habitudes extérieures au foyer.

De nombreux établissements scolaires permettent aux familles d’indiquer qui doit être contacté en premier ou de désigner différentes personnes à contacter selon les situations. Ces procédures étant mises en place dès la rentrée scolaire, le fait d’exprimer clairement ces préférences peut contribuer à ce que la communication de l’établissement reflète mieux la manière dont chaque famille choisit de se répartir les responsabilités.

The Conversation

Laura K. Gee a reçu des financements de la Russell Sage Foundation.

Kristy Buzard a reçu des financements de la Russell Sage Foundation et du Fonds Appleby Mosher de la Syracuse University Maxwell School.

Olga Stoddard a reçu des financements de la Russell Sage Foundation.

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