Votre cerveau s’entraîne comme un muscle : une neurologue explique comment le renforcer

Source: The Conversation – in French – By Joanna Fong-Isariyawongse, Associate Professor of Neurology, University of Pittsburgh

Les recherches montrent que le cerveau peut être entraîné, un peu comme nos muscles. (RapidEye/E+ via Getty Images)

Si vous avez déjà soulevé des poids, vous connaissez le principe : faire travailler le muscle, le laisser récupérer, le nourrir, puis recommencer. Avec le temps, il se renforce.


Bien sûr, les muscles ne se développent que si l’effort augmente progressivement avec le temps. Soulever continuellement le même poids de la même façon finit par ne plus produire d’effet.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que le cerveau répond à l’entraînement un peu comme nos muscles. La clarté d’esprit, la concentration, la créativité et le jugement se développent lorsque le cerveau sort de sa routine plutôt que de fonctionner en pilote automatique. Ce léger inconfort mental est souvent le signe que le cerveau est réellement sollicité, un peu comme cette sensation de brûlure familière dans les muscles après une bonne séance de sport.

Imaginez que vous parcouriez chaque jour le même circuit dans un parc près de chez vous. Au début, vos sens sont en alerte. Vous remarquez les collines, les arbres, les variations de lumière. Mais après quelques tours, votre cerveau se déconnecte. Vous commencez à planifier le dîner, à relire vos e-mails ou à parcourir votre liste de tâches. La promenade reste agréable, mais votre cerveau n’est plus stimulé.

La routine est réconfortante, mais le confort et la familiarité ne suffisent pas à eux seuls à créer de nouvelles connexions cérébrales.

En tant que neurologue, j’utilise des électroencéphalogrammes (EEG) pour mesurer l’activité électrique du cerveau et en analyser les schémas.

Des recherches menées chez l’humain montrent que ces rythmes sont remarquablement dynamiques. Lorsqu’une personne acquiert une nouvelle compétence, les rythmes EEG deviennent souvent mieux synchronisés. Cela reflète la façon dont le cerveau renforce les connexions nécessaires à cet apprentissage.




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Votre cerveau s’entraîne lui aussi par zones

Pendant des décennies, les scientifiques ont cru que la capacité du cerveau à se développer et à se réorganiser, appelée neuroplasticité, était largement limitée à l’enfance. Une fois le cerveau arrivé à maturité, on pensait que ses connexions étaient en grande partie figées.

Mais cette idée a été remise en cause. Des décennies de recherche montrent que le cerveau adulte peut former de nouvelles connexions et réorganiser ses réseaux neuronaux tout au long de la vie, lorsque les conditions s’y prêtent.

Certains des travaux les plus influents dans ce domaine proviennent d’études sur les environnements enrichis chez les animaux. Les rats placés dans des environnements stimulants remplis de jouets, de roues d’exercice et d’interactions sociales ont développé des cerveaux plus volumineux et plus complexes que les rats élevés dans des cages standard. Leur cerveau s’est adapté car ils étaient régulièrement exposés à la nouveauté et à des défis.

Des études menées chez l’humain montrent des résultats similaires. Les adultes qui relèvent de nouveaux défis, comme l’apprentissage d’une langue, la danse ou la pratique d’un instrument de musique, présentent une augmentation mesurable du volume et de la connectivité cérébrale visible à l’IRM.

La conclusion est simple : la répétition maintient le cerveau en activité, mais la nouveauté oblige le cerveau à s’adapter, à prêter attention, à apprendre et à résoudre des problèmes de façon plus créative. La neuroplasticité s’épanouit lorsque le cerveau est poussé juste au-delà de sa zone de confort.

Des femmes âgées tricotant ensemble et discutant dans un espace communautaire
Les activités qui font sortir votre cerveau de sa zone de confort, comme le tricot et le crochet, peuvent améliorer vos capacités cognitives tout au long de votre vie – et les pratiquer en groupe apporte un bonus supplémentaire pour votre santé globale.
(Dougal Waters/DigitalVision via Getty Images)

La réalité de la fatigue neuronale

Tout comme les muscles, le cerveau a ses limites. Il ne se renforce pas sous l’effet d’un effort constant. La véritable croissance repose sur un équilibre entre effort et récupération.

Lorsque le cerveau est sollicité trop longtemps sans pause – qu’il s’agisse de longues heures de travail, de rester concentré sur la même tâche ou de devoir prendre continuellement des décisions sous pression –, les performances commencent à baisser. La concentration s’estompe. Les erreurs se multiplient. Pour vous permettre de continuer, le cerveau réorganise la collaboration entre ses différentes régions, en demandant à certaines zones d’assumer une plus grande partie de la charge. Mais cet effort supplémentaire peut tout de même rendre le fonctionnement de l’ensemble du réseau moins fluide.

La fatigue neuronale ne se résume pas à une simple sensation de fatigue. Des études d’imagerie cérébrale montrent que lors d’un travail mental prolongé, les réseaux responsables de l’attention et de la prise de décision commencent à ralentir, tandis que les régions favorisant le repos et la recherche de récompenses prennent le dessus. Ce changement aide à expliquer pourquoi l’épuisement mental s’accompagne souvent d’envies plus fortes de récompenses immédiates, comme des aliments sucrés, des plats réconfortants ou le défilement machinal du téléphone. Il en résulte un ralentissement de la pensée, davantage d’erreurs, de l’irritabilité et un brouillard mental.

C’est là que l’analogie avec les muscles devient particulièrement parlante. Vous ne feriez pas des squats pendant six heures d’affilée : à un moment, les muscles finissent par céder. À mesure qu’ils travaillent, ils accumulent des sous-produits qui rendent chaque contraction un peu moins efficace, jusqu’à ce qu’il faille s’arrêter.

Le cerveau fonctionne de manière similaire : lorsque les mêmes circuits cognitifs sont surutilisés, des signaux chimiques s’accumulent, la communication ralentit et l’apprentissage s’enlise.

Mais le repos permet à ces circuits sollicités de se réinitialiser et de fonctionner plus efficacement au fil du temps. Les pauses dans une activité exigeante n’interrompent pas l’apprentissage – elles en font partie intégrante. Elles sont essentielles à un apprentissage efficace.

Femme d’âge mûr assise près de son ordinateur, se frottant le cou
En faire trop, qu’il s’agisse de musculation ou de rester assis trop longtemps devant un ordinateur, peut surmener les muscles ainsi que le cerveau.
(Halfpoint Images/Moment via Getty Images)

L’importance cruciale du repos

Parmi toutes les formes de repos, le sommeil est la plus importante.

Le sommeil est le grand entretien nocturne du cerveau. Pendant que vous vous reposez, le cerveau élimine les déchets grâce à un système de nettoyage spécial appelé système glymphatique qui élimine les déchets et les protéines nocives. Le sommeil permet également de reconstituer le glycogène, une source d’énergie essentielle pour les cellules cérébrales.

Et surtout, c’est pendant le sommeil que s’effectuent les réparations essentielles. L’hormone de croissance est sécrétée en abondance pendant le sommeil profond, favorisant la réparation des tissus. Les cellules immunitaires se regroupent et renforcent leur activité.

Pendant le sommeil paradoxal, la phase de sommeil associée aux rêves, le cerveau repasse les événements de la journée pour consolider les souvenirs. Ce processus est essentiel non seulement pour les compétences cognitives, comme l’apprentissage d’un instrument, mais aussi pour les compétences physiques, comme l’acquisition d’un geste sportif.

D’autre part, le manque de sommeil chronique altère l’attention, perturbe la prise de décision et modifie les hormones qui régulent l’appétit et le métabolisme. C’est pourquoi la fatigue entraîne des envies de sucre et des grignotages tardifs.

Le sommeil n’est pas une option de bien-être facultative. C’est une nécessité biologique au bon fonctionnement du cerveau.




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L’exercice physique nourrit également le cerveau

L’exercice physique renforce le cerveau ainsi que le corps.

L’activité physique augmente les niveaux de facteur neurotrophique dérivé du cerveau, ou BDNF, une protéine qui agit comme un engrais pour les neurones. Elle favorise la formation de nouvelles connexions, augmente le flux sanguin, réduit l’inflammation et aide le cerveau à rester adaptable tout au long de la vie.

C’est pourquoi l’exercice physique est l’une des habitudes de vie les plus efficaces pour protéger la santé cognitive.

S’entraîner, récupérer, recommencer

La leçon la plus importante de ces recherches est simple : votre cerveau ne s’use pas simplement avec l’âge. Il se remodèle constamment en fonction de la façon dont vous l’utilisez. Chaque nouveau défi, chaque compétence que vous développez, chaque vraie pause, chaque bonne nuit de sommeil signale que la croissance reste possible.

Vous n’avez pas besoin de programmes d’entraînement cérébral coûteux ni de changements radicaux de mode de vie. Ce sont les habitudes simples et régulières qui comptent le plus. Essayez quelque chose de nouveau. Variez vos routines. Faites des pauses avant que l’épuisement ne s’installe. Bougez. Faites du sommeil une priorité absolue.

Alors, la prochaine fois que vous lacerez vos chaussures pour une promenade habituelle, pensez à emprunter un chemin différent. Le paysage ne changera peut-être que légèrement, mais votre cerveau le remarquera. Ce petit détour suffit souvent à transformer la routine en entraînement.

Le cerveau reste capable de s’adapter tout au long de la vie. La résilience cognitive n’est pas déterminée ni à la naissance ni au début de l’âge adulte. C’est quelque chose que vous pouvez façonner.

Si vous voulez un cerveau plus vif, plus créatif et plus résilient, vous n’avez pas besoin d’attendre un médicament révolutionnaire ou le moment idéal. Vous pouvez commencer dès maintenant, en faisant des choix qui indiquent à votre cerveau que la croissance est toujours au programme.

La Conversation Canada

Joanna Fong-Isariyawongse ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Votre cerveau s’entraîne comme un muscle : une neurologue explique comment le renforcer – https://theconversation.com/votre-cerveau-sentraine-comme-un-muscle-une-neurologue-explique-comment-le-renforcer-274349

Melatonina: una aliada inesperada contra el tumor cerebral más agresivo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Romero Martinez, Profesor Titular de Toxicologia. Facultad de Veterinaria, Universidad Complutense de Madrid

magen de resonancia magnética con glioblastoma April stock/Shutterstock

En los botiquines de muchas casas, es probable que encuentre un bote de melatonina. Hay quien la consume para combatir el jet lag y quien recurre a ella para conciliar el sueño. Lo que pocos imaginan es que esa misma molécula se estudia en laboratorios de todo el mundo como posible compañera de la quimioterapia frente a uno de los cánceres más temidos: el glioblastoma.

¿Qué tiene que ver la hormona que induce al sueño con un tumor cerebral? Más de lo que parece. Pero conviene contar la historia completa, incluida su parte menos vistosa: todavía no sabemos si funciona en pacientes.

Un tumor con raíces

El glioblastoma es el tumor cerebral maligno primario más frecuente en adultos y uno de los más difíciles de tratar. Su principal truco es que no crece como una canica que se pueda extraer limpiamente: se parece más a las raíces de una mala hierba. Al crecer, se cuela entre las neuronas y extiende ramificaciones microscópicas por el tejido sano. Por eso, aunque el neurocirujano retire todo lo que se ve, casi siempre quedan células escondidas.

Para perseguirlas, tras la cirugía se aplica radioterapia y un fármaco que se toma en cápsulas, la temozolomida, desde que, en 2005, un gran ensayo clínico demostró que es el pilar del tratamiento. El problema es que, tarde o temprano, el tumor suele volver a reproducirse, que es lo que conocemos como recidiva.

El taller de reparaciones del tumor

Para entender por qué ocurre esto, imaginemos el ADN como el manual de instrucciones que cada célula consulta para dividirse. La temozolomida actúa emborronando con tinta palabras clave de ese manual. Si hay demasiados borrones, la célula no consigue copiarlo y muere.

Pero muchas células tumorales tienen su propio corrector: una proteína llamada O6-metilguanina-ADN metiltransferasa (MGMT), capaz de borrar, precisamente, las manchas más dañinas. Cuando el gen responsable de esta proteína está silenciado, el beneficio de la quimioterapia suele ser mayor. Cuando está activo, en cambio, buena parte del poder del tratamiento antitumoral se pierde.

A esto se suma otro problema: el tumor no es un ejército uniforme. Entre sus células hay algunas con propiedades de células madre, es decir, que pueden autorrenovarse y generar nuevas células tumorales capaces de resistir el tratamiento y regenerar el tumor, como un rescoldo que reaviva el fuego.

Esta diversidad ayuda a entender por qué un tratamiento puede eliminar muchas células y, sin embargo, dejar otras capaces de mantener la enfermedad. Y también explica el interés por combinar intervenciones. Si una sustancia dificulta las respuestas de supervivencia de la célula, podría ayudar a que el daño causado por la quimioterapia resulte más eficaz. Y aquí es donde entra en escena la melatonina.

Mucho más que una pastilla para dormir

Nuestro cerebro fabrica melatonina al caer la noche y la usa como reloj: le indica al organismo que toca descansar. Pero su trabajo no termina ahí. Simultáneamente interviene en la inflamación, en las defensas y en la forma en que las células gestionan su energía.

Lo curioso es que no se comporta igual en todas partes. En las células sanas suele actuar como un escudo frente al daño oxidativo. En algunas células tumorales, en cambio, desordena la maquinaria que produce energía. En un estudio con células de glioblastoma obtenidas de pacientes se observó que la melatonina alteraba la producción de energía y la regulación metabólica, hasta empujarlas a la muerte celular. Otros trabajos sugieren que también modifica la comunicación del tumor con el sistema inmunitario.

¿Por qué esa doble cara? Porque las células cancerosas viven al límite, crecen deprisa, consumen mucha energía y dependen de equilibrios frágiles. Un empujón que una célula sana absorbe sin problema puede desestabilizar a una tumoral.

Dos golpes mejor que uno

La idea de combinar ambas moléculas es sencilla: mientras la temozolomida daña el manual de instrucciones, la melatonina dificulta que la célula se defienda y se recupere. Combinarlas sería como atacar a la vez el edificio y a su equipo de mantenimiento.

En el laboratorio, la idea funciona. En 2025, un estudio comprobó que, en cultivos de células de glioblastoma, el efecto conjunto superaba la simple suma de cada sustancia por separado. La mezcla apagaba señales que ayudan al tumor a sobrevivir y a inflamarse, y activaba sus mecanismos de autodestrucción.

En ratones, además, frenó el crecimiento tumoral. Pero hay un matiz importante: esos tumores se habían implantado bajo la piel del animal, no en su cerebro. Y el cerebro es una fortaleza protegida por una barrera que impide el paso de muchas sustancias. Lo que funciona en el costado de un ratón no tiene por qué funcionar dentro del cráneo.

Otro trabajo, de 2018, apuntó a esos rescoldos con propiedades de célula madre: la melatonina los volvía más sensibles a la temozolomida, pero el efecto variaba mucho de un modelo experimental a otro.

Tratar un tumor cerebral no consiste solo en eliminarlo. También importa conservar la memoria, el ánimo y la capacidad de llevar una vida plena. Y la quimioterapia, por desgracia, afecta al cerebro sano.

En este frente hay otra pista prometedora. En ratones sin tumor tratados con temozolomida, la melatonina previno conductas de tipo depresivo y atenuó alteraciones en la formación de nuevas neuronas, aunque no evitó las conductas de ansiedad. Es un resultado interesante, si bien habrá que demostrar que ocurre en personas y, sobre todo, tener presente que proteger el tejido sano no acaba protegiendo también al tumor.

La trampa de la dosis

Llegados aquí, es tentador pensar que, si la melatonina se compra en la farmacia, ¿por qué no tomarla ya? Hay al menos tres razones para no hacerlo.

La primera es la dosis. En muchos de estos experimentos se emplean concentraciones cientos de miles de veces superiores a las que nuestro cuerpo alcanza de forma natural durante la noche. Nadie sabe si un comprimido puede lograr niveles parecidos dentro de un tumor cerebral, ni si sería seguro intentarlo.

La segunda es que apenas hay datos en personas. El principal antecedente clínico se publicó en 1996: un pequeño ensayo con 30 pacientes en el que quienes recibían melatonina junto con la radioterapia sobrevivían más al cabo de un año. Es un dato llamativo, pero procede de muy pocos pacientes, es anterior a la llegada de la temozolomida y no responde a la pregunta que hoy nos importa.

La tercera es que añadir cualquier sustancia a un tratamiento oncológico puede tener efectos inesperados. Por eso, quien esté en tratamiento no debería tomar melatonina con este fin sin consultarlo antes con su equipo médico, y nunca como sustituto de las terapias prescritas.

Del laboratorio a la consulta

¿Significa todo esto que la melatonina es una falsa esperanza? No. Significa que una buena idea ha llegado al momento de pasar su examen más duro. El siguiente paso son ensayos clínicos que determinen primero qué dosis es segura y cuánta llega al tumor, y que después comparen el tratamiento habitual con y sin melatonina. Y no bastará con medir cuánto tiempo viven los pacientes: también habrá que medir cómo viven, con atención a su memoria, su estado de ánimo y su calidad de vida.

Pero hay un obstáculo añadido. Como la melatonina es una molécula barata y sin patente, existen pocos incentivos comerciales para financiar esos estudios. La investigación pública e independiente resulta, en este caso, imprescindible. Quizá dentro de unos años, la hormona que nos ayuda a dormir sirva también para que la quimioterapia funcione mejor. Para saberlo no bastan los buenos resultados en placas de cultivo: hacen falta pacientes, rigor y tiempo.

The Conversation

Alejandro Romero Martinez recibe fondos de MICIU/AEI; Ministerio de Defensa, Dirección General de Armamento y Material (DGAM), Subdirección General de Planificación.

Comunidad de Madrid-Fomento de la investigación y la transferencia de tecnología (2023-2026)

Eva Ramos Alonso recibe fondos de MICIU/AEI.

Francisco López-Muñoz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Melatonina: una aliada inesperada contra el tumor cerebral más agresivo – https://theconversation.com/melatonina-una-aliada-inesperada-contra-el-tumor-cerebral-mas-agresivo-293446

El estrés agrava la salud y puede provocar la muerte en personas mayores

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Guillermo López Lluch, Catedrático del área de Biología Celular. Investigador asociado del Centro Andaluz de Biología del Desarrollo. Investigador en metabolismo, envejecimiento y sistemas inmunológicos y antioxidantes., Universidad Pablo de Olavide

Traslado de Maricarmen en ambulancia el día de su desahucio, el pasado 23 de septiembre. RTVE

La muerte de Maricarmen Abascal puede haber sido una sorpresa para muchos. A pesar de que se había decidido que podía volver a su casa y faltaban pocos días para firmar su nuevo contrato, su cuerpo no ha podido más. ¿En qué grado ha influido el estrés pasado estos días, e incluso meses anteriores, en este deterioro? La ciencia puede decir que en mucho.

Conforme envejecemos, nuestra capacidad para soportar el estrés y recuperarnos va siendo cada vez más limitada, hasta llegar a situaciones en las que nuestro organismo ya no puede mantener su equilibrio interno.

Homeostasis y espacio homeodinámico

La fisiología del organismo está continuamente cambiando, adaptándose a las condiciones que experimenta. No es lo mismo si dormimos o estamos haciendo ejercicio, si estamos en ayunas o acabamos de comer, si estamos viendo la televisión o trabajando. En todo momento nuestro cuerpo está recibiendo información, tanto interna como externa, y respondiendo a ella. Pero esa respuesta no es tan fluida en personas mayores como en los jóvenes, lo que crea desequilibrios.

El gran biogerontólogo de origen indio Suresh Rattan representa el envejecimiento como una disminución del espacio homeodinámico (de homoios, palabra griega que significa ‘semejante’, y dynamikós, ‘fuerza’). Es decir, a lo largo de los años nuestro cuerpo pierde la capacidad para responder al estrés o a cambios como infecciones, inflamaciones o traumatismos. No puede mantener la homeostasis, el equilibrio del cuerpo.

Esto queda reflejado en que, durante el envejecimiento, se produce la pérdida de función de todos los sistemas del organismo. Este proceso recibe el nombre de homeoestenosis (de homoios, ‘semejante’, y sténōsis, ‘estrechamiento’).

Los jóvenes suelen responder a un estrés agudo de una manera más o menos rápida y con pocas secuelas. Así, su organismo tiende a compensar inmediatamente cualquier tipo de tensión o daño. Pero en el cuerpo de una persona mayor los mecanismos de compensación y adaptación son lentos y débiles. Eso puede desencadenar rápidamente un efecto dominó entre los órganos, generando una cascada de fallos graves y, finalmente, la muerte.

A ese proceso lo conocemos como fallo multiorgánico.

El fallo multiorgánico como principal causa de muerte a edades avanzadas

Debido a su deterioro fisiológico general, los órganos de las personas mayores funcionan de manera deficiente. Cuando se produce un estrés en forma de infección, trauma o situación social grave, se puede producir la insuficiencia progresiva de dos o más órganos o sistemas. Esta situación se da con mayor facilidad en personas que ya presentan una situación de salud crítica y sufren complicaciones significativas.

De hecho, el riesgo de muerte por fallo orgánico aumenta con la edad, así como el número de órganos que dejan de funcionar. En personas entre 90 y 94 años, tan solo el fallo de un solo órgano es responsable de hasta un 72 % de las muertes, mientras que el fallo multiorgánico lo es del 95 % de los fallecimientos en personas entre 95 y 99 años.

Este fallo multiorgánico se debe a la compleja interacción fisiológica entre órganos como pulmones, riñones, hígado, corazón y tracto gastrointestinal. Así, sus síntomas tempranos y progresivos incluyen debilidad extrema o fatiga, confusión o pérdida de la conciencia, disfunción respiratoria, latidos irregulares, pérdida de apetito, nauseas o vómitos, fiebre y cambios rápidos del estado mental. Es decir, el organismo va perdiendo capacidades una a una, manifestando su situación de deterioro progresivo.

El estrés dispara el fallo multiorgánico

Entre el deterioro general, las personas mayores presentan una respuesta endocrina e inflamatoria desequilibrada. Esto lleva a que presenten picos exagerados de cortisol y catecolaminas, que regresan a su estado normal muy lentamente. El estrés crónico generado por este aumento sostenido de hormonas del estrés produce un desgaste general de múltiples órganos, produciendo daños estructurales y funcionales.

Por otro lado, la fragilidad, la inflamación crónica, la inmunosenescencia y condiciones preexistentes de fallos orgánicos, muy comunes en las personas de avanzada edad, aumentan enormemente la vulnerabilidad y la posibilidad de sufrir fallo multiorgánico frente a cualquier situación de estrés.

El desajuste en el funcionamiento hormonal entre hipotálamo, hipófisis y glándula suprarrenal, todos ellos relacionados con el estrés, promueve la inflamación, lo cual conduce también a daños neuronales en regiones relacionadas con la memoria, la función ejecutiva y la velocidad de procesamiento. Este cuadro acelera la neurodegeneración y los síntomas de confusión, pérdida de consciencia y cambios de personalidad anteriormente mencionados.

El estrés agudo a los 87 años mata

Tener 87 años y sufrir una discapacidad reconocida del 50 %, como padecía Maricarmen Abascal, eran factores que ya afectaban gravemente a su salud, y posiblemente desde hace tiempo. Pero el estrés agudo que ha sufrido en estos últimos días, sumado al ya existente estrés crónico derivado de su edad, ha contribuido a deteriorar aún más sus capacidades fisiológicas hasta que su cuerpo dijo basta.

Los comentarios de ciertas personas estos últimos días reflejan la incapacidad de algunos para reconocer la debilidad que se adueña del cuerpo con la vejez. Desde su juventud, posiblemente crean que son inmunes a tal situación, pero el envejecimiento no es curable y la disfunción fisiológica general que lo acompaña nos va a alcanzar a todos. Deberían tenerlo en cuenta, aunque solo fuera por humanidad.

The Conversation

Guillermo López Lluch es miembro de la Sociedad Española de Biología Celular, la Sociedad Española de Bioquímica y Biología Molecular, la Sociedad Española de Geriatría y Gerontología, la Society for Free Radical Research y presidente de la International Coenzyme Q10 Association. Las investigaciones realizadas por el autor están financiadas por fondos públicos provenientes del Gobierno de España, la Unión Europea o del Gobierno Autonómico de Andalucía.

– ref. El estrés agrava la salud y puede provocar la muerte en personas mayores – https://theconversation.com/el-estres-agrava-la-salud-y-puede-provocar-la-muerte-en-personas-mayores-293980

Crece el cisma en el Consejo de Seguridad: Reino Unido se posiciona junto a Francia contra el derecho de veto

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Aritz Obregón Fernández, Investigador y profesor de Derecho internacional, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Votación de una resolución en el Consejo de Seguridad el 21 de mayo de 2024. lev radin/Shutterstock

Estados Unidos, China, Rusia, Reino Unido y Francia tienen algo en común. Los “cinco grandes” cuentan con la capacidad de vetar proyectos de resoluciones del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas, el órgano que ostenta la responsabilidad primordial de garantizar la paz y seguridad internacionales.

Este privilegio asegura que no se adopten resoluciones contra sus intereses ni contra los de sus Estados aliados. Por ejemplo, desde 2023, Estados Unidos ha vetado ocho proyectos de resolución sobre la cuestión palestina en apoyo a Israel.

El pasado 21 de septiembre, Reino Unido anunció que se suma a la iniciativa franco-mexicana que pretende limitar el derecho de veto en caso de atrocidades masivas. El anuncio, realizado coincidiendo con la presencia en Nueva York de los jefes y jefas de Estado y de Gobierno para participar en el debate de la Asamblea General de Naciones Unidas, ha supuesto un giro de guion importante. La postura de Londres, que lleva desde 1989 sin vetar, suma un segundo miembro permanente del Consejo de Seguridad (el otro es la propia Francia) a la propuesta de limitación. En total son ya 128 los Estados que plantean su rechazo al derecho de veto y respaldan un sistema de seguridad colectiva.

331 vetos desde 1945

Una revisión del uso del derecho de veto desde la creación de Naciones Unidas en 1945 arroja un balance de 2 828 resoluciones aprobadas por el Consejo de Seguridad frente a 331 proyectos de resolución vetados. En este conteo no se incluyen los proyectos retirados ante la amenaza del uso cierto del veto.

Las tendencias resultan evidentes: Rusia, sucesor de la Unión Soviética en el órgano, ha sido responsable de 163 vetos, mientras que Estados Unidos ha ejercido 95. El resto de los miembros permanentes lo ha utilizado con más mesura. Reino Unido, con 32 veces, y Francia, con 18, llevan desde 1989 sin ejercer dicho derecho. China, por el contrario, acumula 23 vetos, la mayoría de ellos emitidos a partir de 2007.

La revisión de los temas que han sido objeto de veto también resulta muy reveladora. Desde 2008, Rusia, Estados Unidos y China han emitido 68 vetos, entre los que destacan los relativos al conflicto sirio (28), la cuestión palestina (15), la no proliferación nuclear (6) y Ucrania (6).

Su limitación e, incluso, eliminación constituyen una demanda recurrente del resto de Estados. En el Pacto para el Futuro de 2024, aprobado por la Asamblea General de la ONU, todos los “jefes y jefas de Estado y de Gobierno en representación de los pueblos del mundo” sostuvieron la necesidad de una reforma urgente del Consejo de Seguridad. En el texto se destaca la cuestión del veto como un aspecto clave, reconociendo la necesidad de debatir la limitación de su alcance y uso.

La iniciativa franco-mexicana

En 2015, México y Francia lanzaron una declaración que llamaba a la suspensión del derecho de veto en caso de atrocidades masivas. Es decir, cuando tengan lugar crímenes de genocidio, crímenes contra la humanidad y crímenes de guerra a gran escala.

El planteamiento era simple: la comisión de estas “atrocidades masivas” supone una amenaza a la paz y seguridad internacionales de tal nivel que el veto no puede impedir la necesaria intervención del Consejo de Seguridad.

La iniciativa no tiene como fin promover una modificación de la Carta de Naciones Unidas para limitar su uso, sino alcanzar un acuerdo político entre los miembros permanentes sobre su no utilización. De manera que la asunción de este compromiso “colectivo y voluntario” no implicaría la renuncia al derecho de veto.

Otro aspecto que relativiza la propuesta es la falta de concreción del responsable de dicha calificación. La lógica lleva a pensar que la responsabilidad se asuma desde el propio Consejo de Seguridad mediante una resolución. Pero ¿y si la Asamblea General o el Consejo de Derechos Humanos se pronuncian en ese sentido? La indefinición es alarmante.

Tal y como ha demostrado el genocidio de Gaza, los Estados suelen ser reticentes a realizar tales declaraciones, especialmente sobre actores con los que se mantienen buenas relaciones, y más aún en el caso específico de genocidio. Las razones de ello son variadas, pero entre ellas destaca una: si se admite su comisión, se está reconociendo la existencia de una serie de obligaciones de prevención y represalia ante estos crímenes internacionales.

Una mayoría apoya la iniciativa

Aunque la iniciativa tenga limitaciones y Reino Unido no haya ejercido el veto desde 1989, su respaldo supone un avance significativo. No solo suma un segundo miembro permanente a la propuesta, sino que, como apuntábamos antes, con él son ya 128 Estados los que apuestan por dicha limitación, entre ellos España. Esto equivale al respaldo de casi dos tercios de los 197 Estados miembros de Naciones Unidas.

En un contexto internacional cada vez más convulso, en el que la prohibición de utilizar la fuerza armada en las relaciones internacionales está en crisis y se está observando un aumento de la utilización del derecho de veto desde 2011, existe una mayoría de Estados que apuesta por profundizar en el sistema de seguridad colectiva que dote de sentido a una institución multilateral como la ONU.

Esta tendencia puede ser utilizada para impulsar reformas que, si bien no alcancen al veto, potencien el rol de la Asamblea General para exprimir al máximo las competencias que tiene en el ámbito de la paz y seguridad internacionales.

Por ejemplo, en 2022, a raíz del veto a la resolución que condenaba la agresión rusa a Ucrania, se acordó la convocatoria de una reunión automática de la Asamblea General tras cada veto a fin de abordar la cuestión y tratar de realizar una relativa rendición de cuentas.

Tal vez sea el momento de rescatar el formato de la Resolución 377 Unión Pro Paz de la Asamblea General, fechada en 1950. Esta introducía la posibilidad de que la Asamblea General recomiende el establecimiento de medidas coercitivas, incluido el uso de la fuerza militar, en el caso de que el Consejo de Seguridad quede paralizado por el derecho a veto.

The Conversation

Aritz Obregón Fernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Crece el cisma en el Consejo de Seguridad: Reino Unido se posiciona junto a Francia contra el derecho de veto – https://theconversation.com/crece-el-cisma-en-el-consejo-de-seguridad-reino-unido-se-posiciona-junto-a-francia-contra-el-derecho-de-veto-293428

Protestas estudiantiles en Francia: por qué esta vez es diferente

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Robi Morder, Chercheur Associé au Laboratoire Printemps, UVSQ/Paris-Saclay, co-président du Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants (Germe), Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay

La movilización que ha impulsado el movimiento de los estudiantes de secundaria, que comenzó en los suburbios de París en septiembre de 2026, se inscribe en la continuidad de la acción de vuelta al colegio en respuesta a un empeoramiento de las condiciones (ausencia de profesores, aulas masificadas, instalaciones en mal estado, etc.) que la enseñanza secundaria viene padeciendo de forma cíclica desde finales de la década de 1970, en contraste con el tipo de levantamientos “primaverales” que caracterizaron la acción juvenil de la época conocida como los “años del 68”.

Ya en 1978 se señalaba que lo que antes había caracterizado a los institutos técnicos y a los centros de formación profesional (conocidos comúnmente en Francia como “LT” y “CET”) se había convertido en un problema generalizado para todos los institutos del país.

El curso escolar de 1978 resultó ser una catástrofe, con clases masificadas y falta de profesores y personal. En Seine-Saint-Denis, en los suburbios del norte de París, había dudas sobre si las clases se reanudarían alguna vez. A partir del 15 de septiembre, con el respaldo de las asociaciones de padres y de numerosos cargos electos locales, los profesores de los institutos de Saint-Denis y Noisy-le-Sec se declararon en huelga para exigir la creación de nuevos puestos docentes y la apertura de nuevas clases. Por primera vez desde mayo-junio de 1968, los centros educativos de Francia fueron ocupados día y noche, en particular los institutos de Saint-Denis, Aubervilliers y Montreuil (departamento de Seine-Saint-Denis, en el Gran París).

Extracto de Quand les lycéens prenaient la parole, les années 68, de Didier Leschi y Robi Morder (Syllepse, 2018).

Estos problemas recurrentes también dieron lugar a revueltas estudiantiles en 1990 y 1998, lo que condujo entonces a la adopción de medidas importantes que se consideraron victorias. Los movimientos que se han producido en otoño también han afectado a los estudiantes de secundaria, pero en torno a otros temas como la reforma de las pensiones, que fue el eje central de un movimiento en 2010.

Lo que no tiene precedentes en la movilización del otoño de 2026 es, ante todo, el contexto mundial, con una guerra en Europa del Este, acompañada de un aumento de los presupuestos militares que contrasta con un déficit crónico de financiación para la educación, una crisis climática que está afectando a centros educativos, donde los alumnos de secundaria sufren el calor extremo, y la perspectiva de una victoria presidencial de la extrema derecha en 2027. Es posible que este último reto haya sido percibido como una “amenaza existencial” por muchos estudiantes de secundaria de los barrios periféricos de clase trabajadora donde se inició el movimiento.

¿Cómo pueden los estudiantes hacer oír su voz?

Para hacer valer sus reivindicaciones, las opciones de que disponen los estudiantes para actuar son limitadas. La representación de los alumnos de secundaria existe en la ley (forman parte de consejos de administración y de instituciones nacionales dependientes del Ministerio de Educación francés), pero con un alcance muy limitado.

Además de no ser un derecho que les corresponda a los alumnos, ir a la huelga no es en ningún caso una táctica de presión: una huelga de secundaria no molesta a nadie ni detiene ninguna producción. Por ello, para que un movimiento de secundaria tenga influencia, no basta con abandonar las aulas; los alumnos también deben hacerse ver, oír y resultar atractivos para los medios.

Cabe destacar el cambio de vocabulario que se ha producido en las últimas décadas. El término “piquete” ha sido sustituido por “bloqueo” o “bloqueo total”, sobre todo desde el movimiento de los institutos contra la ley Fillon de 2005, de reforma del sistema educativo. Las asambleas generales que se celebraban en los institutos, en las que se decidía sobre los piquetes de huelga (piquetes de “filtrado” o de “bloqueo”), se han vuelto más difíciles de organizar, sobre todo cuando las administraciones no las permiten, a veces simplemente por falta de aulas. A partir de ahora, los centros de secundaria superior y las administraciones ya no hablan de institutos en huelga, sino que cuentan el número de “institutos bloqueados”.

Para tener visibilidad, los estudiantes deben recurrir, por tanto, a acciones espectaculares. Al igual que cualquier grupo social, utilizan lo que tienen a su alcance: papeleras para bloquear o ralentizar el tráfico de personas frente a los institutos, organizar manifestaciones en su barrio o localidad –aunque hay que reconocer que esto resulta más difícil debido a las medidas restrictivas que lo entorpecen–, recurrir a figuras públicas (por ejemplo, cargos electos) que puedan atraer la curiosidad de los medios de comunicación, pancartas de protesta, etc.

Es en este contexto donde entra en juego la cuestión de la violencia. Aunque estamos a la espera de información más concreta sobre el perfil de los jóvenes detenidos, sí sabemos que la gran mayoría de ellos son menores. Pero ¿se trata de estudiantes de secundaria o de jóvenes que han abandonado o han sido excluidos del sistema educativo? Las circunstancias y los hechos denunciados pueden variar de una persona a otra.

Mientras tanto, conviene recordar que, en los primeros días de mayo del 68, en el Barrio Latino de París, hubo un número significativo de jóvenes trabajadores que se unieron a los estudiantes para vengarse de la policía por haberlos humillado en sus complejos de viviendas sociales y en sus barrios, según el sociólogo francés Gérard Mauger.

La crisis actual combina las características de los levantamientos de los estudiantes de secundaria con las asociadas a los “disturbios protopolíticos” en los suburbios franceses –sobre todo en 2005–. Cabe señalar que el término “juventud de los suburbios” abarca a los estudiantes de secundaria y a otros estudiantes, a veces desempleados o en situación precaria. Sus acciones y reacciones se centran en sus lugares de estudio, de trabajo y de residencia. Las manifestaciones de los estudiantes de secundaria son también espacios de encuentro a nivel local.

Una respuesta policial sin precedentes hacia los adolescentes

Lo que también resulta singular es la forma en que las autoridades públicas han ignorado la situación, mientras que los sindicatos de docentes denuncian regularmente –y lo han vuelto a hacer este otoño– la escasez de recursos y de personal.

Si bien los gobiernos franceses han vivido desde 2017 conflictos sin precedentes, como el movimiento de los Chalecos Amarillos o la manifestación ecologista de Sainte-Soline (contra un enorme embalse), los disturbios urbanos y los levantamientos de estudiantes de secundaria o universitarios son recurrentes y es probable que se resuelvan mediante la negociación.

Sin embargo, desde la aprobación de la ley conocida como Loi Travail en 2016, la reacción de “firmeza” por parte de las autoridades parece haberse convertido en la norma, a riesgo de que se produzcan enfrentamientos violentos, lo que hace que resulte peligroso estar presente en las manifestaciones, aunque sean legales. Cuando se aplica a los adolescentes, resulta claramente desproporcionada y peligrosa.

Parece que, tras ignorar la magnitud de los problemas en cuestión, ha prevalecido la opción de la represión. Fue el Ministerio del Interior francés el que tomó la iniciativa, favoreciendo el cierre masivo de centros en todo el país. Francia ya había experimentado algunos cierres excepcionales tras movimientos estudiantiles anteriores, pero nunca a tal escala.

Tras publicar un comunicado en el que se denunciaba el “secuestro político” del movimiento por parte del partido de extrema izquierda francés Francia Insumisa –debido a la fuerte muestra de apoyo del partido y a la presencia de sus representantes electos frente a las instituciones (mientras que otros partidos hacían lo mismo)–, la retórica del Gobierno admitió finalmente que las reivindicaciones de los estudiantes eran legítimas.

Sin duda, la opinión pública francesa, al reconocer la legitimidad de las reivindicaciones de los estudiantes de secundaria, habrá reforzado el movimiento, pero también la magnitud de las manifestaciones del 6 de octubre. Los sindicatos anunciaron 450 000 manifestantes, mientras que el Ministerio estimó 250 000 en todo el país.

Sin embargo, cuando hay negociación, entran en juego las dinámicas de poder. Lo que antes del movimiento estudiantil era posible para intentar “calmar la situación” resulta hoy insuficiente, sobre todo porque la movilización se ha mantenido y ampliado, y porque la amenaza de una extensión al ámbito estudiantil y de una confluencia con otras formas de descontento pesa mucho sobre el Gobierno.

En las redes sociales, muy utilizadas por los jóvenes, se hacen numerosas referencias no solo a las protestas con otros sindicatos, sino también al 17 de octubre, un movimiento que marca el regreso de los Chalecos Amarillos. De alguna manera, las apuestas van en aumento.

The Conversation

Robi Morder es miembro del sindicato francés de la enseñanza superior SNESup y de la asociación sin ánimo de lucro Autogestion, RESU.

– ref. Protestas estudiantiles en Francia: por qué esta vez es diferente – https://theconversation.com/protestas-estudiantiles-en-francia-por-que-esta-vez-es-diferente-293966

Cómo la muerte de Maricarmen se ha convertido en arma política

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maite Aurrekoetxea Casaus, Profesora Doctora en Sociología en la Facultad de Ciencias Sociales y Humanas, Universidad de Deusto

Mensajes de homenaje y duelo por la muerte de Maricarmen en la Puerta del Sol de Madrid R. S.

¿Quién está utilizando a Maricarmen? La pregunta ha entrado en el debate sobre su caso y amenaza con ocuparlo entero, especialmente tras su muerte, ocurrida el pasado miércoles. Su nombre se repite, su historia se comparte, pero la conversación acaba girando alrededor de los partidos políticos.

Unos acusan; otros denuncian que el contrario se ha aprovechado de su sufrimiento. Mientras tanto, otra pregunta puede quedar sin respuesta: ¿quién podía actuar y qué hizo con el desahucio de MariCarmen?.

Hay distintas formas de convertir su historia en un arma política.

Señalar al contrario

La más evidente consiste en presentar lo sucedido como prueba de la crueldad o la incompetencia del adversario. La historia de Maricarmen acaba sirviendo para demostrar lo malos que son los otros, porque las respuestas que se dan no satisfacen a todos.

En torno a Maricarmen pueden construirse distintas explicaciones, según qué hechos se destaquen y cuáles se dejen fuera. Por eso importa comprobar qué sostiene cada acusación.

Señalar responsabilidades es necesario. Sin esa exigencia, cualquier daño podría despacharse como una desgracia inevitable. Las historias como la de Maricarmen enlazan lo ocurrido con las decisiones de las causas que le llevaron hasta ahí y qué podría haberse hecho de otra manera.

Acusar al partido contrario no basta. Hay que explicar qué podía hacer cada institución, qué hizo y qué dejó de hacer, aunque los hechos incomoden a quien acusa. En el caso de Maricarmen, exigir responsabilidades supone señalar decisiones concretas y explicar qué alternativas había.

Acusar a quien acusa

También se puede utilizar el caso para atacar a quien pide explicaciones. En vez de responder qué se hizo, se intenta demostrar que el contrario tiene malas intenciones.

La elusión de la culpa ayuda a entender cómo se intenta pasar la responsabilidad a otros para evitar el coste político de las propias decisiones. Denunciar que alguien se aprovecha de Maricarmen puede estar justificado. Pero esa denuncia no responde por sí sola a la pregunta sobre qué se hizo por ella.

Pedir respeto por Maricarmen y exigir respuestas son cosas compatibles. El respeto no debería convertirse en una excusa para impedir que se revise la actuación de las instituciones y actores políticos.

Tampoco hablar en su nombre da automáticamente la razón. Quien acusa debe demostrar lo que dice. Pedir hechos a todos no significa que todos tengan la misma responsabilidad.

Conseguir que las redes sociales se incendien

La historia de Maricarmen puede despertar dolor e indignación. Si un mensaje señala además a un culpable, ofrece alguien contra quien dirigir esa rabia. Compartirlo puede servir para apoyar a Maricarmen y atacar al adversario al mismo tiempo.

Hablar del contrario atrae atención en las redes sociales. Los mensajes sobre el grupo político contrario se comparten aproximadamente el doble que los referidos al propio.

Las palabras también cuentan. Cada palabra adicional con contenido moral y emocional supone cerca de un 20 % más de difusión. No es una receta que funcione siempre, pero muestra la fuerza que puede tener una mensaje que mezcla emoción y juicio moral.

Los datos ofrecen una pista. Una acusación puede encontrar público porque reúne emoción y alguien a quien señalar. Una explicación detallada exige detenerse en decisiones, fechas y alternativas. Y las redes sociales buscan reacciones al instante. Compartir la rabia, la indignación o el reproche mientras las preguntas siguen sin respuesta.

Qué cambia después de la indignación

Dar a conocer la historia de Maricarmen también puede ayudar a reclamar protección para otras personas. Su caso puede abrir preguntas sobre qué ayuda existe, a quién llega y quién queda fuera.

Pero si todo se cuenta como un caso aislado, sin explicar su contexto, se pierde de vista las decisiones públicas. La conversación puede quedarse en lo que le ocurrió a Maricarmen sin preguntar por qué otras personas podrían pasar por lo mismo.

Utilizar a Maricarmen para atacar al contrario es fácil. Más difícil es explicar qué se hizo, reconocer qué falló y tomar medidas para que otras personas no pasen por lo mismo. Ahí se distingue el compromiso del oportunismo político: en lo que cambia después de las palabras.

Cuando se deje de hablar de Maricarmen, seguirá habiendo personas que necesiten protección. Lo que se haga por ellas dirá más que todas las acusaciones pronunciadas en su nombre.

The Conversation

Maite Aurrekoetxea Casaus no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cómo la muerte de Maricarmen se ha convertido en arma política – https://theconversation.com/como-la-muerte-de-maricarmen-se-ha-convertido-en-arma-politica-294014

¿22 millones de paneles solares? El reto energético de los centros de datos de Madrid

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cristina Álvarez Requena, Director of Innovation, technology development and strategic alliances, IMDEA ENERGÍA

Sistema de enfriamineto de un gran centro de datos. Hrach Hovhannisyan/Shutterstock

Desde una búsqueda en Google a una consulta a ChatGPT, en casa o en el trabajo, la respuesta nos llega como por arte de magia. Pero ¿qué hay detrás? Para hacer posible todo esto, edificios llenos de servidores, que funcionan día y noche, necesitan electricidad, refrigeración y conexiones a la red.

Este impacto energético cobra especial importancia dado el apagón que sufrió España en abril de 2025 y y las repetidas intervenciones posteriores de Red Eléctrica española para mantener el equilibrio entre generación y demanda. Al mismo tiempo, el desarrollo de la inteligencia artificial precisa disponer de infraestructuras de datos, además de un marco regulatorio estable que garantice las inversiones y la disponibilidad a largo plazo. Hoy, Madrid está en la punta de lanza del debate, con el anuncio este verano de un nuevo campus de centros de datos en Alcobendas y otros proyectos en ciernes.

La potencia, traducida

El caso concreto de Madrid permite poner cifras a esta infraestructura que hace posible el desarrollo, entrenamiento y uso de la inteligencia artificial a gran escala. La región cuenta actualmente con unos 175 MW IT (capacidad de potencia en megavatios para tecnología de la información) de centros de datos operativos, aunque los proyectos anunciados superan los 1 400 MW IT.

Estas potencias se refieren solamente al consumo de los equipos informáticos. Si además tenemos en cuenta la refrigeración, se estima que el consumo total es un 30 % mayor. De modo que, suponiendo una utilización media del 80 %, la potencia necesaria para los centros proyectados es de unos 1 456 MW, es decir, aproximadamente 12,75 teravatios-hora (TWh) al año. Para hacernos una idea, esto equivale a casi la mitad del consumo eléctrico regional actual. También es lo mismo que producirían (por separado):

Equivalente energético a la potencia necesaria para alimentar los centros de datos proyectados en Madrid.
Cristina Álvarez Requena et al.

¿Solo renovable?

El reciente proyecto de Real Decreto para regular los centros de datos establece obligatoriamente que el 80 % de la energía debe proceder de fuentes renovables, hora a hora. Esto obliga a un imposible equilibrio, dado que dichas fuentes son altamente variables.

Imaginemos, por ejemplo, que alimentamos la infraestructura solamente con quince macroplantas solares. ¿Qué pasa al caer el sol? Se necesitaría una gigantesca infraestructura equivalente a las baterías de 250 000 coches eléctricos, para almacenar la energía generada durante el día.

Por supuesto, se pueden combinar energía solar y eólica, pero eso no soluciona el problema. Claramente, es necesaria una generación firme libre de carbono, como la proporcionada por la energía nuclear, para sostener el sistema de día y de noche, con sol o nublado, con viento o sin él.

Pequeños reactores para grandes nubes

Una posibilidad especialmente atractiva para suministrar esa potencia firme son los reactores modulares pequeños, conocidos como SMR (Small Modular Reactors). A diferencia de los grandes reactores actuales, un SMR produce alrededor de unos 20 y 300 MW. Su filosofía es también distinta: en lugar de construir en el emplazamiento una instalación única, se pretende fabricar de forma estandarizada buena parte del reactor y montar después uno o varios módulos allá donde sean necesarios.

Para los centros de datos, esta posibilidad resulta particularmente atractiva. Un gran campus digital, como el previsto para Alcobendas (Madrid), necesita electricidad de forma continua y puede crecer por etapas. Así, una combinación de generación nuclear firme, varios gigavatios de energía eólica y solar y sistemas de almacenamiento permitiría cubrir una demanda continua de alrededor de 1 456 MW.

La fuente nuclear aportaría la base estable del sistema, mientras que la solar y la eólica reducirían esa carga cuando hubiera recurso disponible. Y las baterías absorberían parte de las variaciones de corto plazo. De esta forma, el desarrollo de la IA no nos alejaría de los objetivos de descarbonización.

¿La energía nuclear del futuro?

Existen numerosos diseños de SMR, desde reactores de agua ligera hasta conceptos avanzados refrigerados por sodio, plomo, sales fundidas o gas. La investigación busca demostrar su seguridad, fabricación en serie, competitividad y rapidez de despliegue.

Eso sí, los SMR no eliminan el riesgo nuclear, asociado intrínsecamente a su combustible. Sin embargo, su menor potencia permite incorporar sistemas de seguridad pasivos y facilitar la evacuación del calor residual, de manera que se reducen potencialmente los riesgos asociados a este tipo de centrales.

Distintos proyectos nacionales y europeos, como EASI-SMR, están específicamente orientados a resolver las incertidumbres de seguridad que acompañan a estos diseños. En este sentido, la Unión Europea prepara un marco propio para acelerar su desarrollo, mientras Canadá, Estados Unidos, Reino Unido, China, Rusia y varios países europeos impulsan iniciativas similares.

El caso de la capital española

Madrid también quiere participar en esta carrera tecnológica. Desde finales de 2025, IMDEA Energía está diseñando un nuevo programa de investigación en energía nuclear de fisión, en colaboración con centros de investigación y empresas. Esta nueva línea se suma al trabajo que el instituto ya desarrolla en integración de energías renovables y almacenamiento, sistemas eléctricos, baterías, hidrógeno y planificación energética.

Son investigaciones imprescindibles para alimentar los nuevos centros de datos, que formarán parte de una red de alcance nacional e internacional al servicio de empresas, administraciones y ciudadanos, aportando ventajas prácticas, como una menor latencia o, en el ámbito de la gobernanza, mayor soberanía digital. Además, su integración puede aportar flexibilidad y contribuir a una red más resiliente.

En este contexto, cuando los SMR no son todavía una solución comercial madura, ni está demostrado que alcancen los costes que prometen sus defensores, es más necesario que nunca avanzar en la investigación. Si tienen éxito, podrían convertirse en una pieza importante para sostener, con electricidad firme y baja en carbono, una infraestructura digital cada vez más tangible y creciente.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿22 millones de paneles solares? El reto energético de los centros de datos de Madrid – https://theconversation.com/22-millones-de-paneles-solares-el-reto-energetico-de-los-centros-de-datos-de-madrid-293398

El terremoto de la IA, explicado para entenderlo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Timothé Albouy, Investigador posdoctoral en Ciencias de la Computación, IMDEA SOFTWARE

La onda sísmica de la IA afecta a todos los sectores Sylverarts Vectors/Shutterstock

Un terremoto está sacudiendo el mundo de las matemáticas. La irrupción de la inteligencia artificial ha provocado una crisis sin precedentes en la disciplina, hasta tal punto que los matemáticos debaten si tienen o no futuro y cómo será. Pero el seísmo afecta a las sociedades por completo.

En poco más de una década, la inversión empresarial mundial en IA ha alcanzado los 1,6 billones de dólares, una cifra que multiplica por más de cuarenta el coste, actualizado a dólares de 2024, del Proyecto Manhattan que desarrolló la bomba atómica, estimado en 36 000 millones de dólares. Y se prevé que el gasto mundial en IA llegue a 2,5 billones de dólares en 2026. Estas cifras muestran que no estamos ante una innovación tecnológica más, sino ante una transformación que está movilizando recursos a una escala extraordinaria.

Una tradición humana de 3 000 años

A lo largo del año, las capacidades matemáticas de la IA han avanzado de forma espectacular: de poder solucionar unos cuantos puzles matemáticos hace solo seis meses a resolver conjeturas fundamentales como la regularidad de Navier-Stokes, uno de los siete problemas del Premio del Milenio. Esta trayectoria exponencial plantea una pregunta inquietante: ¿llegará pronto a su fin las matemáticas como tradición humana de más de 3 000 años?

Estos acontecimientos han desencadenado un aluvión de debates: sitios web como Proofs and Prompts o el blog de Terrence Tao (una de las figuras más destacadas de las matemáticas) llevan semanas publicando entradas invitadas en las que los matemáticos debaten, con distintos grados de optimismo, el futuro de su disciplina en la era de la IA.

El debate sobre el futuro de las matemáticas

Algunos creen que, de cara al futuro, la profesión debería dar menos importancia a la demostración de teoremas y orientarse hacia la asimilación, comunicación y comprensión de esas nuevas matemáticas. Sin embargo, otros sugieren que las IA podrían convertirse pronto en mejores explicadores que los humanos; y si son capaces de aplicar de forma autónoma las matemáticas que desarrollan para hacer avanzar la ciencia y la ingeniería, entonces la comprensión humana ya no será necesaria.

A pesar de la diversidad de opiniones, la mayoría de los matemáticos coinciden en una cosa: sus intereses y los de las empresas de IA están profundamente desalineados. Así pues, la comunidad ha publicado varias respuestas, como la Declaración de Leiden o la Carta Math and AI, firmada por 25 medallistas Fields y respaldada por miles de matemáticos.

Pero se está gestando una preocupación aún más profunda: si las IA llegan a ser más capaces que los humanos en el trabajo cognitivo, ¿lo que está ocurriendo con las matemáticas no revestiría una importancia insignificante en comparación con lo que esto supone para la sociedad?

En qué tareas tendremos una ventaja frente a la IA

Antes que los matemáticos, muchas otras profesiones se vieron profundamente transformadas por la IA: traductores, programadores, ilustradores, músicos, escritores… El paralelismo con la Revolución Industrial suele servir como argumento para afirmar que, a pesar de las fricciones transitorias, a largo plazo surgirán nuevos puestos de trabajo a medida que los trabajadores asciendan en la pirámide corporativa.

Pero la IA parece diferente, ya que se trata de una tecnología de uso general, y las tareas en las que los seres humanos conservan una ventaja comparativa parecen ser cada vez más escasas.

Bajo presiones competitivas, es posible que las instituciones y empresas que automaticen la mayor parte de sus cargas de trabajo (incluidos los puestos de mayor nivel) superen y sustituyan a aquellas que no lo hagan, lo que provocará no solo altas tasas de desempleo, sino también un progresivo desempoderamiento humano. Al mismo tiempo, los avances en robótica sugieren que, a largo plazo, podrían producirse disrupciones similares en el trabajo físico.

En un futuro así, los seres humanos aún podrían conservar algunos nichos de la economía, como en el sector relacional (artes, terapia, asistencia…), donde el aspecto humano es el valor. Pero en comparación con la manufactura, la defensa o la energía, esas profesiones probablemente tendrán poca influencia material sobre el orden político, ya que no podrán paralizar la economía ni vetar las decisiones de los poderosos. Por lo tanto, en un mundo en el que la IA pueda gestionar fábricas y librar guerras, propuestas como la renta básica universal pueden parecer un acuerdo frágil, dado que los seres humanos ya no serían actores económicos necesarios.

De lo que es capaz una superinteligencia

En una reciente carta abierta a la Royal Society, numerosos matemáticos expresaron su preocupación por las implicaciones más amplias de los eventos actuales en su campo: si las IA llegaran a ser superhumanas en matemáticas, ¿qué capacidad tendrían para realizar ciberataques autónomos, desarrollar agentes químicos o biológicos, manipular psicológicamente, controlar drones y armas automatizadas, hacer desinformación selectiva y llevar a cabo vigilancia masiva?

Al mismo tiempo, hemos visto antiguos empleados de grandes empresas de inteligencia artificial expresar su preocupación por el riesgo de extinción que plantea esa tecnología, así como líderes de la IA que piden una desaceleración y solicitan una exención de las leyes antimonopolio para permitir la coordinación entre los laboratorios de vanguardia.

El dilema del prisionero

A pesar de estos anuncios, las compañías de IA siguieron lanzando modelos cada vez más potentes. Esta aparente contradicción se suele presentar como un dilema del prisionero: una situación en la que la opción individual más racional para cada actor es traicionar a los demás, aunque la cooperación conduciría a un resultado globalmente mejor. El argumento establece una analogía con la carrera por la bomba atómica: si nosotros (Occidente) no la desarrollamos primero, lo harán nuestros rivales (China).

La comparación no se sostiene mucho más allá. El boom de la IA ya eclipsa al Proyecto Manhattan en cuanto a inversión en un factor de cientos. Además, al contrario del arma nuclear, la superinteligencia artificial es una tecnología que tiene gran probabilidad de volverse directamente contra sus propios creadores o gobiernos. Entonces, desde un enfoque racional, redundaría en el interés propio tanto de Occidente como de China en cooperar, o incluso frenar unilateralmente el desarrollo de la IA.

La perspectiva política

Resulta fácil sentir impotencia y concluir que nuestras acciones no influyen en el desarrollo de la IA, y que solo un puñado de personas repartidas entre Silicon Valley, Washington y Pekín pueden tomar decisiones que afectan a 8 000 millones de personas. Además, resulta difícil abordar las repercusiones sociales de la IA sin parecer demasiado pesimista, pero para mantener un debate democrático informado, es necesario que asimilemos las implicaciones de esta tecnología.

Muchos ciudadanos están a favor de la regulación de la IA, pero está tardando en traducirse en medidas concretas. El senador estadounidense Bernie Sanders propuso recientemente un proyecto de ley para prohibir la superinteligencia a nivel nacional y mundial mediante acuerdos entre las grandes potencias. A menor escala, comunidades como la Asociación para las Matemáticas Humanas han decidido unirse para hacer oír su voz, lo que apunta a una mayor coalición de voluntarios.

Es importante que no cedamos ante una sensación de inevitabilidad y renunciemos a nuestra capacidad de acción política. La salida y la puesta del sol son inevitables, pero la acción humana no lo es.

The Conversation

Timothé Albouy ha recibido financiación de la Agencia Estatal de Investigación (a través de Excelencia María de Maeztu), del Gobierno de la Comunidad de Madrid, y del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

– ref. El terremoto de la IA, explicado para entenderlo – https://theconversation.com/el-terremoto-de-la-ia-explicado-para-entenderlo-293590

¿Me saco el B2 y listo? La necesidad de un inglés adaptado al mundo laboral

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Manuel Brenes Castaño, Profesor de la Universidad de Cádiz. Filología Inglesa. Inglés para Fines Específicos, Universidad de Cádiz

Gorgev/Shutterstock

“Tengo un B2”. Es una frase que cada vez más estudiantes universitarios pronuncian cuando llega el momento de acreditar su nivel de inglés. Y está bien. Tener un B2 importa porque supone alcanzar un nivel de autonomía que permite desenvolverse en situaciones cotidianas y académicas.

El nivel que acredita este certificado se considera de “usuario independiente”: permite comprender textos complejos, interactuar con cierta fluidez y escribir textos claros y detallados. Pero hay una pregunta que rara vez aparece junto al certificado: ¿para qué vamos a usar el idioma en cuestión?

Más allá de la comunicación cotidiana

Imaginemos a una ingeniera que se incorpora a una empresa internacional. Tiene un B2 de inglés, pero ese nivel no la ha preparado necesariamente para explicar por qué falla un componente del sistema de propulsión de una aeronave, defender una solución en una reunión o negociar un cambio en un proyecto. Un nivel de inglés general no equivale a dominar el lenguaje técnico y situacional que exige cada entorno laboral.

Algo parecido ocurre en otros sectores. Una persona que trabaja en un restaurante puede tener un B2 y, sin embargo, encontrar dificultades para explicar la elaboración de un plato de cocina vanguardista, distinguir determinados utensilios de la cubertería o describir las funciones de los distintos miembros de una brigada de cocina.




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En un hospital, la situación puede ser mucho más delicada. Un enfermero con un B2 de inglés general puede necesitar preguntar a un paciente extranjero qué le ocurre, dónde siente dolor o si es alérgico a algún medicamento. Después tendrá que explicarle un procedimiento y darle indicaciones. En ese momento, el idioma no es simplemente una asignatura ni una competencia que añadir al currículum: es una herramienta para tratar a una persona.

Esto no significa que el inglés general no sea importante. Lo es, y mucho. Es la base que nos permite comunicarnos en esa lengua y sobre la que podemos construir después un inglés adaptado a las necesidades de cada profesión. La cuestión es qué ocurre cuando tiene que utilizarse en situaciones profesionales concretas.

El análisis de necesidades en la enseñanza de lenguas

Aquí entra en juego el inglés para fines específicos. En 1987, Tom Hutchinson y Alan Waters destacaron la importancia de partir de las necesidades de quienes utilizarán la lengua. Antes de decidir qué enseñar, hay que saber para qué se utilizará. Una ingeniera, un enfermero y un profesional del turismo no necesitan exactamente el mismo inglés, porque tampoco lo emplean para hacer las mismas cosas.

Otros expertos, como Ana Bocanegra-Valle, han estudiado cómo identificar esas necesidades para diseñar una enseñanza ajustada a los contextos en los que se utilizará la lengua. La clave es conocer para qué precisarán los estudiantes el idioma antes de decidir qué y cómo enseñar.

En la práctica, esto significa que un curso de inglés con este enfoque no se diseña pensando solo en el nivel de inglés de los alumnos. También hay que tener en cuenta para qué van a utilizarlo, qué tareas tendrán que realizar en su trabajo y qué objetivos se quieren alcanzar con la formación. De ahí que los contenidos y las actividades puedan cambiar mucho de un ámbito profesional a otro.




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Lo que debe enseñar la universidad

Esta cuestión adquiere especial relevancia con la nueva Ley Universitaria para Andalucía (LUPA), que establece que todos los grados deberán contemplar competencias en una lengua extranjera y fija el B2 como requisito para obtener el título a partir de 2029. Sin embargo, existe una contradicción: se eleva la exigencia lingüística, pero rara vez se ofrecen asignaturas específicas de idioma o cursos de nivelación dentro del plan de estudios. Se traslada así al estudiantado la responsabilidad de alcanzar el B2 por su cuenta, mientras se le enfrenta a textos técnicos complejos sin el apoyo necesario.

Pero el problema no termina en sacar el B2. En la universidad, aprender una lengua extranjera también debería preparar al estudiante para utilizarla en contextos académicos y profesionales concretos. Una investigación reciente, que analiza los grados de 17 universidades españolas y profundiza en el caso de la Universidad de Cádiz, señala la necesidad de conectar la formación lingüística con las necesidades reales de los futuros profesionales. Esta perspectiva enlaza directamente con el inglés para fines específicos, que parte de una pregunta sencilla: ¿para qué necesitará el estudiante utilizar la lengua?

Una cuestión de igualdad de oportunidades

Aquí aparece una cuestión que va más allá de los idiomas: la equidad. Si cada vez hay menos asignaturas de idiomas especializados en los planes de estudio, los estudiantes que necesiten este tipo de formación tendrán que buscarla fuera de la universidad. Y esa formación tiene un coste. Quien pueda permitirse pagar cursos adicionales tendrá más posibilidades de completar su preparación en inglés para su futuro profesional. Y quien no pueda hacerlo, aunque tenga la misma capacidad y motivación, partirá con una desventaja.

La universidad pública no puede ofrecer todo lo que un profesional necesitará a lo largo de su carrera, pero sí debería procurar que una competencia tan importante como comunicarse en inglés en un contexto profesional no dependa de la capacidad económica de cada estudiante.

Por eso, la pregunta que deberíamos hacernos al hablar de idiomas en la universidad no es solo “¿Tiene un B2?”, sino “¿Qué necesita hacer con ese B2?”. Detrás de un certificado hay una persona que, algún día, tendrá que explicar una avería, atender a un paciente, recibir a un cliente o defender una idea ante un equipo internacional. Acreditar el B2 proporciona unos cimientos indispensables; enseñar a ejercer una profesión en inglés es dar sentido a esos conocimientos y prepararlos para el mundo laboral.

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Antonio Manuel Brenes Castaño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Me saco el B2 y listo? La necesidad de un inglés adaptado al mundo laboral – https://theconversation.com/me-saco-el-b2-y-listo-la-necesidad-de-un-ingles-adaptado-al-mundo-laboral-293018

¿’Bizum europeo’ o euro digital? Dos opciones para una Europa que paga con el móvil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ricardo Palomo-Zurdo, Catedrático de Economía Financiera y Decano, Universidad CEU San Pablo

Polinmrrr/Shutterstock

Enviar dinero desde el móvil parece sencillo: elegir un contacto, indicar una cantidad y confirmar. Pero detrás de ese gesto operan sistemas de pago nacionales que no siempre son interconectables.

En Europa, se acaba de constituir la European Network for Payments (ENP), con sede en Madrid, para conectar cinco soluciones de pago con el móvil presentes en 13 países europeos: Bizum (España), Bancomat (Italia), SIBS-MB WAY (Portugal), Vipps MobilePay (Noruega, Dinamarca, Suecia y Finlandia) y EPI/Wero (Alemania, Bélgica, Francia, Países Bajos, Luxemburgo y Austria). La infraestructura combinada de estas entidades cubre a más del 70 % de la población de la Unión Europea y Noruega, sirviendo inicialmente a unos 130 millones de usuarios activos.

El despliegue será progresivo: empezará con los pagos entre personas y después incorporará las compras online y en comercios físicos.

¿Esto tiene sentido cuando ya llega el euro digital?

El llamdo bizum europeo y el euro digital responden a necesidades diferentes. El primero sería un puente entre soluciones de pago que ya existen. En cambio, el euro digital va a ser dinero público en formato electrónico. El primero conecta servicios y cuentas bancarias, mientras que el segundo permitirá utilizar, en el entorno digital, el dinero emitido por el Eurosistema, la autoridad monetaria de la zona del euro.

Si los sistemas como Bizum mueven los euros depositados en las cuentas bancarias de los clientes, el euro digital no será ni una moneda nueva ni un criptoactivo, sino dinero electrónico emitido por el Banco Central Europeo, como los billetes y monedas de euro.

No obstante, el dinero en efectivo seguirá existiendo y se seguirá usando. De hecho, el euro digital se plantea como complemento del efectivo y de los medios privados de pago electrónico.

Pareciera haber una frontera difusa para el consumidor entre los sistemas de pago electrónico ya existente y el euro digital, sobre todo en el caso de las tarjetas de débito y el Bizum. De modo “visible”, por ejemplo, en el caso del euro digital no hay comisiones, ni gastos de emisión y detrás de las operaciones no hay una empresa privada detrás. La diferencia fundamental está, pues, en quién respalda el saldo y en las condiciones de uso.

El diseño previsto para el euro digital va a permitir el pago entre personas, en tiendas y en internet, con función offline prevista. En cuanto a fechas, el BCE contempla un piloto de doce meses desde la segunda mitad de 2027, y una posible primera emisión en 2029, si se aprueba la normativa. Son previsiones, no una fecha de lanzamiento confirmada.

Dinero estratégico

El euro digital y el bizum europeo pueden funcionar como herramientas de autonomía estratégica para Europa. Según el BCE, en 2022, los esquemas internacionales de pagos con tarjeta (Visa, Mastercard, American Express) concentraron aproximadamente el 61 % de las operaciones en la zona euro. Aunque este dato describe el peso de las redes internacionales de pago (estadounidenses, sobre todo), muchas de estas operaciones son procesadas o gestionadas por filiales, bancos y empresas tecnológicas ubicadas dentro de Europa.

Por su parte, el pago directo de cuenta a cuenta, a través del móvil, también juega a favor de la soberanía financiera pues evita el uso de los esquemas internacionales de pago.

La dependencia de estos proveedores no europeos es, en todo caso, parte del debate sobre autonomía y resiliencia en la UE. Así, el desarrollo del bizum europeo y el euro digital podría entenderse como una estrategia de soberanía digital-financiera en tiempos de búsqueda de una soberanía europea “360” (energética, tecnológica, defensiva, cibernética y financiera).

Confianza, privacidad y datos

La confianza será determinante para que las personas quieran utilizar el euro digital. En una tesis doctoral sin publicar se analizó su viabilidad técnica y percepción social en España. Una encuesta exploratoria mostró cómo la confianza percibida en el BCE provocaba una mayor predisposición de uso. En cambio, la preocupación por la privacidad de los datos generaba el efecto contrario.

Aunque no puedan extrapolarse estos datos a toda la población, es verdad que apuntan a cuestiones que el diseño y la comunicación pública del euro digital deberán atender: la credibilidad y la privacidad, cuestiones muy ligadas a quién gestione los datos, si proveedores privados o instituciones públicas.

Un ensayo de lo que será el euro digital

Un bizum europeo no hace innecesario al euro digital. Puede ir familiarizando a los usuarios con los pagos digitales en soporte móvil y transfronterizos, y mostrar el valor de conectar las infraestructuras nacionales ya existentes. La recién nacida European Network for Payments (ENP) va a facilitar los pagos entre países con soluciones privadas ya conocidas.

Además, Bizum Pay ya aplica en el comercio físico en España parte de la lógica de funcionamiento del futuro euro digital: se paga en tiendas físicas desde la cuenta bancaria, acercando el móvil al terminal de pago (contactless) y la operación puede completarse aunque el teléfono pierda la conexión a internet.

El euro digital será una forma pública de llevar la moneda europea al teléfono. La cuestión decisiva será que los ciudadanos perciban esto como una mejora concreta en confianza, privacidad, disponibilidad y facilidad de uso. Sin esa utilidad visible, cualquier innovación monetaria corre el riesgo de quedarse en una promesa institucional.

The Conversation

Ricardo Palomo-Zurdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿’Bizum europeo’ o euro digital? Dos opciones para una Europa que paga con el móvil – https://theconversation.com/bizum-europeo-o-euro-digital-dos-opciones-para-una-europa-que-paga-con-el-movil-293300