Mines antipersonnel : l’inquiétant retour d’une arme que le droit avait bannie

Source: The Conversation – in French – By Julia Grignon, Professeure associée, directrice de la Clinique de droit international d’Assas, Université Paris-Panthéon-Assas

Les mines antipersonnel ont déjà fait, et continuent de faire, des millions de victimes dans le monde. Un traité de 1997 avait abouti à une nette baisse de leur production, mais dans le contexte de la guerre en Ukraine, plusieurs pays ont décidé de recommencer à les utiliser, alors même que, par leur nature, elles contreviennent au droit international et qu’elles sont, en outre, largement inefficaces pour bloquer l’avancée des troupes ennemies, ce qui est la raison invoquée pour justifier leur emploi.


Alors que le droit international est désormais ouvertement bafoué, et qu’à l’intérieur de celui-ci le droit international humanitaire fait l’objet d’instrumentalisations croissantes, la journée internationale de lutte contre les mines, le 4 avril, est l’occasion de rappeler quelques fondamentaux sur un moyen de guerre que l’on croyait appartenir au passé mais à propos duquel certains événements récents font naître de vives inquiétudes.

Que sont les mines antipersonnel ?

Les mines antipersonnel sont des armes « conçue[s] pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d’une personne et destinée[s] à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes ». Utilisées de façon intensive depuis au moins la Seconde Guerre mondiale, à l’instar de la « Bouncing Betty » (Mine-S) allemande, l’UNICEF estimait déjà en 1996 qu’elles avaient fait plus d’un million de victimes depuis 1975. L’Observatoire des mines, quant à lui, a recensé plus de 165 724 victimes de ces armes depuis le début de ses relevés systématiques en 1999. En raison, notamment, de leur incompatibilité avec les règles cardinales relatives à la conduite des hostilités en droit international humanitaire, les mines antipersonnel sont interdites.

Lors de leur déclenchement, ces armes sont en effet incapables de distinguer entre une personne civile et un militaire, ce qui constitue une violation de la règle de la distinction. De même, lorsqu’elles ne tuent pas, ces armes mutilent, en violation de l’interdiction des maux superflus. Bien que ces règles suffisent à elles seules à en prohiber l’utilisation, l’interdiction des mines antipersonnel fait l’objet d’un Traité international. Adopté en 1997 à Ottawa, ce Traité ne se limite pas à interdire le recours à ces armes, mais prévoit également l’interdiction de leur mise au point, de leur production, de leur acquisition, de leur stockage, de leur conservation et de leur transfert.

Aujourd’hui, 161 États sont parties à ce Traité, qui a eu, depuis 1997, d’indéniables effets positifs, tels que la diminution drastique du nombre de pays producteurs de mines – passé de 50 en 1999 à une dizaine aujourd’hui – et la destruction de plus de 55 millions de mines stockées. Mais certaines décisions récentes ravivent les préoccupations. Dans le courant de l’année 2025, cinq pays – l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande et la Pologne – ont annoncé leur retrait du Traité, invoquant des impératifs de sécurité.

Par ailleurs, l’Ukraine a fait savoir qu’elle suspendait l’application de la Convention en raison du conflit qui l’oppose à la Russie, pour tenter de contourner l’interdiction qu’ont les États parties au Traité de s’en retirer lorsqu’ils sont engagés dans un conflit armé. Cette suspension n’est cependant pas envisagée par la Convention, puisque cela irait totalement à l’encontre de son but si des États en situation de conflit pouvaient finalement décider d’avoir recours à des mines antipersonnel.

Ces décisions d’opportunité font planer la menace d’un retour à une arme bannie depuis près de 30 ans. Qu’elles aient été prises par cinq pays membres de l’Union européenne inquiète d’autant plus que cela contribue à l’érosion du droit international humanitaire. Ce quintuple retrait est du reste en parfaite contradiction avec les objectifs en la matière de l’UE qui, par la voix du Conseil en mai 2024, réaffirmait que la Convention d’Ottawa était un « instrument clé du désarmement, dont il faut garantir l’intégrité, la pleine mise en œuvre et la stricte application, et s’efforcer d’obtenir l’adhésion universelle ».

Une arme à l’efficacité contestée sur le plan militaire mais dévastatrice pour les civils

Au-delà des aspects juridiques, les mines antipersonnel ont également des effets à très long terme. En plus du handicap à vie qu’elles provoquent lorsque les personnes qui en sont les victimes ont dû subir une amputation, et des traumatismes psychologiques qu’elles occasionnent, elles sont un frein au retour à une vie en paix et à la reconstruction.

Les champs qui ont été minés ne sont plus cultivables, les résidences qui ont été minées ne sont plus habitables, les routes qui ont été minées ne sont plus praticables, etc. Autant de situations qui empêchent la population civile de reprendre ses activités de l’avant-guerre et qui suscitent quotidiennement la reviviscence du conflit, interdisant de laisser le passé derrière soi pour aller de l’avant.

De surcroît, non seulement ce sont les civils qui en sont les premières victimes, mais l’efficacité militaire de ces armes est remise en cause. Elles n’offrent pas véritablement de garantie de sécurité et n’ont aucun effet sur la protection des frontières. Comme nous avions eu l’occasion de le souligner lors de l’annonce de ces retraits, « il est donc possible à la fois de poursuivre la satisfaction d’avantages militaires et de minimiser le coût humain des conflits ». Grâce aux avancées technologiques faites en 30 ans, de nombreuses alternatives existent aujourd’hui, à l’image des systèmes modernes d’armes à guidage de précision ou des nouvelles technologies de surveillance du terrain.

En outre, l’argument selon lequel ces armes devraient pouvoir être utilisées en raison du fait qu’elles sont utilisées par l’adversaire est irrecevable. En droit international humanitaire, la règle de la réciprocité ne s’applique pas : qu’une partie au conflit le viole n’autorise pas une autre à faire de même.




À lire aussi :
Amnesty International et l’Ukraine : de la difficulté d’invoquer le droit humanitaire en temps de guerre


Cela a d’ailleurs été mis en avant par le président de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme dans une lettre adressée aux autorités françaises en avril 2025 : > « Le réarmement de l’Europe ne peut pas se faire au détriment des droits et de la protection des personnes et le recours à des moyens illicites par une partie à un conflit armé ne devrait jamais justifier leur utilisation par une autre. »

Plus encore, tous les États du monde, au titre du droit international humanitaire coutumier, qu’ils soient ou non parties à la Convention d’Ottawa, sont tenus de respecter les règles relatives à la conduite des hostilités dans leurs opérations militaires. Ils doivent donc en tout temps veiller à n’utiliser que des armes qui permettent de distinguer un civil d’un militaire et qui ne sont pas de nature à créer des dommages collatéraux excessifs, tout en prenant toutes les précautions pratiquement possibles en vue, en particulier, « d’éviter et, en tout cas, de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile et les blessures aux personnes civiles ».

Quant aux États baltes (sauf la Lituanie qui ne l’a pas ratifié), la Pologne et la Finlande, ils demeurent soumis aux obligations contenues dans les instruments conventionnels par lesquels ils sont liés, au premier rang desquels le Protocole II à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques, qui limite l’usage des mines.

La campagne lancée par Handicap International

À l’occasion de ce 4 avril, Handicap International lance sa campagne « Nobel Piece. Réparer la paix, ensemble ». Celle-ci fait écho à l’obtention du prix Nobel de la paix en 1997 sous la bannière de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel. L’objectif est que d’ici le 30e anniversaire de l’attribution de ce prix, fin 2027, les États s’étant retirés du Traité reviennent sur leur décision et que d’autres y adhèrent. L’organisation a d’ailleurs annoncé un acte symbolique fort : elle va découper en plusieurs morceaux son prix Nobel et envoyer ces morceaux à plusieurs dirigeants mondiaux afin de les alerter sur le danger du retour des mines antipersonnel.

Cet objectif nécessite la mobilisation de toutes et tous. Le respect du droit international humanitaire est l’affaire de l’ensemble de la communauté, et peut-être encore davantage lorsqu’il s’agit des mines antipersonnel dont 90 % des victimes sont des personnes civiles et parmi elles près de la moitié sont des enfants.

À l’heure où la France, avec d’autres, se prépare à l’hypothèse d’un conflit de haute intensité, il est essentiel que l’ensemble de la population non seulement soit sensibilisé aux règles applicables dans les conflits armés mais se mobilise pour leur pleine et entière application. Ce n’est pas lorsque les temps sont troublés qu’il convient de saisir des enjeux relatifs au respect du droit et de l’État de droit – il sera alors trop tard – mais dès le temps de paix, en consolidant les règles existantes, plutôt qu’en contribuant à les éroder. L’objectif reste un monde sans mines, où vivre debout est un droit, pas un défi.

The Conversation

Julia Grignon est membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme.
Julia Grignon a dirigé deux projets financés par le Conseil en recherche en Sciences Humaines du Canada.
Julia Grignon dirige la Clinique de droit international d’Assas, dont Handicap International est l’un des partenaires

Célia Aubry ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Mines antipersonnel : l’inquiétant retour d’une arme que le droit avait bannie – https://theconversation.com/mines-antipersonnel-linquietant-retour-dune-arme-que-le-droit-avait-bannie-279816

Martin Luther King était aussi un pionnier du revenu de base universel

Source: The Conversation – in French – By Tarah Williams, Assistant Professor of Political Science, Allegheny College

Le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné à Memphis, Tennessee. Près de soixante ans plus tard, sa contribution à la lutte pour les droits civiques est connue. Son engagement en faveur d’un revenu universel l’est peut-être moins. Le pasteur et dirigeant politique avait même esquissé les conditions à réunir pour y parvenir, au-delà des préjugés raciaux.

.––––––

Chaque année, à l’occasion de la fête qui porte son nom le troisième lundi de janvier, un hommage est rendu à Martin Luther King pour son importante contribution à la lutte pour l’égalité raciale. Ce dont on se souvient moins souvent, mais qui est tout aussi important, c’est que King considérait que la justice sociale et la lutte pour l’égalité raciale étaient intimement liées.

Pour lutter contre les inégalités – et face à l’inquiétude croissante quant à la façon dont l’automatisation pourrait remplacer les travailleurs – on se remémore que Martin Luther King était aussi l’un des premiers défenseurs du revenu universel de base, ce mécanisme selon lequel le gouvernement verse des aides financières directes à tous les citoyens pour les aider à subvenir à leurs besoins.




À lire aussi :
Débat : Un salaire à vie ou un revenu universel ?


Programmes pilotes dans une douzaine de villes

Ces dernières années, plus d’une douzaine de villes états-uniennes ont mis en place des programmes de revenu de base universel, souvent à petite échelle ou sous forme de projets pilotes, offrant un tel revenu à certains groupes de personnes en situation de pauvreté. Comme politologues et scientifiques, nous avons suivi ces expériences de près.

L’un d’entre nous a récemment corédigé une étude qui a révélé que le revenu de base universel est généralement populaire. Dans deux des trois enquêtes analysées, une majorité d’États-Uniens blancs soutenait une proposition de revenu de base universel. Ce soutien est particulièrement élevé parmi les personnes à faibles revenus.

Martin Luther King avait eu l’intuition que les Blancs à faibles revenus soutiendraient ce type de politique, car ils pourraient eux aussi en bénéficier. En 1967, il affirmait,

« Il me semble que le mouvement des droits civiques doit désormais commencer à s’organiser en faveur du revenu annuel garanti… qui, je crois, contribuera grandement à résoudre le problème économique des Noirs et celui de nombreuses autres personnes pauvres confrontées à notre nation. »

Du ressentiment racial

Mais il existe un groupe particulier qui ne soutient pas le revenu de base universel : il est constitué de ceux qui manifestent un niveau élevé de ressentiment racial. Ce terme se mesure grâce à une échelle que les sociologues utilisent depuis les années 1980 pour décrire et mesurer les préjugés contre les Noirs.

Dans notre étude, les Blancs cumulant des revenus élevés et un haut niveau de ressentiment racial et des revenus élevés sont particulièrement défavorables au revenu de base universel. Comme King l’avait compris, cette partie de la population des États-Unis peut créer une opposition puissante à la mise en place du revenu universel.

Intérêt économique personnel versus ressentiment

Toutefois, les résultats de l’étude suggèrent qu’il est possible de former des coalitions favorables, même parmi les personnes animées par le ressentiment racial.

Le statut économique a son importance. Les Blancs animés par un ressentiment racial et disposant de faibles revenus ont tendance à soutenir le revenu de base universel. En résumé, l’intérêt personnel semble l’emporter sur le ressentiment racial. Cela correspond à l’idée de King selon laquelle une coalition économique pourrait être formée et ouvrir la voie au progrès racial.

Brut 2016.

Le niveau de revenu ne façonne pas à lui seul les opinions. Ainsi, certains des plus fervents partisans du revenu de base universel ont des revenus élevés mais peu de ressentiment racial. Cela suggère une circonstance opportune de construire des coalitions au-delà des clivages économiques, ce que Martin Luther King estimait nécessaire. « Les riches ne doivent pas ignorer les pauvres », avait-il déclaré dans son discours de remise du prix Nobel de la paix, « car riches et pauvres sont liés par un même destin ». Nos données montrent que cela est possible.

Possibles coalitions

Cette approche de la formation de coalitions est également suggérée par nos recherches antérieures. En nous appuyant sur les enquêtes de l’American National Election Studies menées entre 2004 et 2016, nous avons constaté que, chez les Américains blancs, le ressentiment racial était un facteur prédictif d’un soutien moindre aux politiques de protection sociale. Mais nous avons également constaté que la situation économique personnelle jouait un rôle important.

Les besoins économiques peuvent unir les Américains blancs en faveur de politiques sociales plus généreuses, y compris parmi ceux qui ont des préjugés raciaux. Cela suggère au minimum que le ressentiment racial n’empêche pas nécessairement les Américains blancs de soutenir des politiques qui profiteraient également aux Afro-Américains.

Dépasser les préjugés raciaux

Au cours de sa carrière de militant dans les années 1950 et 1960, King a eu du mal à construire des coalitions multiraciales à long terme. Il comprenait que de nombreuses formes de préjugés raciaux pouvaient nuire à son travail. Il a donc cherché des stratégies permettant de forger des alliances au-delà des différences. Il a contribué à la formation de coalitions regroupant les Américains pauvres et issus de la classe ouvrière, Blancs compris. Il n’était pas naïf au point de croire que le progrès économique partagé éliminerait les préjugés raciaux, mais il y voyait un point de départ.

Crise du pouvoir d’achat

Actuellement, le pays est confronté à une crise du pouvoir d’achat, et l’intelligence artificielle fait peser de nouvelles menaces sur l’emploi. Ces facteurs ont renforcé les appels en faveur d’un revenu de base universel.

Les préjugés raciaux continuent d’alimenter l’opposition au revenu de base universel, ainsi qu’à d’autres formes d’aide sociale. Mais nos recherches suggèrent que cet obstacle n’est pas insurmontable. Comme Martin Luther King le savait, les progrès vers l’égalité économique ne sont certes pas inéluctables. Mais, comme son héritage nous le rappelle, le progrès est possible, si l’on réussit à s’organiser autour d’intérêts communs.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Martin Luther King était aussi un pionnier du revenu de base universel – https://theconversation.com/martin-luther-king-etait-aussi-un-pionnier-du-revenu-de-base-universel-279813

What a US attorney general actually does – a law professor spells it out

Source: The Conversation – USA – By Jennifer Selin, Associate Professor of Law, Arizona State University

U.S. Attorney General Pam Bondi answers questions from the media at the U.S. Capitol on March 18, 2026. Matt McClain/Getty Images

President Donald Trump fired Attorney General Pam Bondi on April 2, 2026, only 14 months after she was sworn into office, making her time in the role the shortest in 60 years.

While much recent attention has focused on Trump’s decision to fire Bondi, there has been less attention on what the attorney general actually does, or what happens when the attorney general gets fired.

The attorney general is the lawyer appointed by the president and confirmed by the Senate to lead the Department of Justice, known as the DOJ. Because the attorney general’s expansive responsibilities place the office at the forefront of both politics and the law, the position is one of the most important in the federal executive branch.

Two men in suits walking through a crowd outside.
NAACP leader Roy Wilkins walks in front of U.S. Attorney General Robert Kennedy during an NAACP march on June 24, 1964, in Washington, protesting the disappearance of three civil rights workers in Mississippi.
Washington Bureau/Getty Images

File lawsuits, give advice

Congress created the position of attorney general in 1789 so the national government had a designated lawyer to conduct federal lawsuits for crimes against the United States such as counterfeiting, piracy or treason, and to give legal advice to the president and cabinet officials, such as the secretary of the Treasury.

Initially, the attorney general served part time. Indeed, for the first few decades of U.S. history, most attorneys general maintained private law practices and even lived away from the capital. But as the federal government began to do more, the role of the attorney general grew and became a full-time job.

The attorney general represents the United States in all legal matters. In doing so, the attorney general supervises federal prosecutions by the 93 U.S. attorneys who live and work across the United States to enforce federal laws. The attorney general also supervises almost all legal actions involving federal agencies – from the Department of Homeland Security and the Environmental Protection Agency to the Social Security Administration.

For example, in the past few months, DOJ lawyers supervised by the attorney general have charged people with conspiring to smuggle artificial intelligence technology to China and negotiated an agreement requiring Ford Motor Company to clean contaminated groundwater in New Jersey. They have also worked with Wisconsin to successfully prosecute deceptive timeshare exit services targeting elderly customers.

Additionally, the attorney general gives legal advice to the president and heads of the cabinet departments. This includes providing recommendations to the president on whom he should appoint as federal judges and prosecutors.

In combination, these two aspects of the job, representing the U.S. and advising the cabinet departments, mean that the attorney general plays a key role in helping the president perform his constitutional duty to take care that the laws of the United States are faithfully executed.

115,000 employees

Since 1870, attorneys general have had an entire executive department – the Department of Justice – to help them execute their duties.

Today’s department contains over 70 distinct offices, initiatives and task forces, all of which the attorney general supervises. There are currently over 115,000 employees in the department.

The DOJ contains litigation units divided by subject matter like antitrust, civil rights, tax and national security. Each of these units conducts investigations and participates in federal lawsuits related to its expertise.

The Justice Department also has several law enforcement agencies that help ensure the safety and health of people who live in the United States. The most well-known of these agencies include the FBI, the Drug Enforcement Administration and the U.S. branch of the International Criminal Police Organization, known as Interpol.

Additionally, the DOJ contains corrections agencies like the Federal Bureau of Prisons and the U.S. Parole Commission. These agencies work to ensure consistent and centralized coordination of federal prisons and offenders.

Finally, the department manages several grant administration agencies. These agencies, such as Community Oriented Policing Services, the Office of Justice Programs and the Office of Sex Offender Sentencing, Monitoring, Apprehending, Registering and Tracking, or SMART, provide financial assistance, training and advice to state, local, tribal and territorial governments as they work to enforce the law in their own communities.

A formal portrait of a man with dark hair and colonial dress.
Edmund Jennings Randolph, appointed by President George Washington as the nation’s first attorney general in 1789 and then, in 1794, secretary of state.
The Diplomatic Reception Rooms, U.S. Department of State, Washington, D.C.

Separating politics from law

Given all the attorney general’s responsibilities, the role is both political and legal. As such, attorneys general historically have a difficult task in separating their jobs as policy adviser from their duties as chief legal officer of the United States.

For example, President George W. Bush’s attorney general, Roberto Gonzales, resigned from office amid accusations of the DOJ’s politicized firing of U.S. attorneys and misuse of terrorist surveillance programs. And Loretta Lynch, President Barack Obama’s attorney general, was criticized for meeting privately with former President Bill Clinton while former Secretary of State Hillary Clinton was under investigation by the DOJ.

The attorney general’s job is complicated by the fact that the president has the constitutional power to fire them for political reasons.

During his first term, Trump replaced Attorney General Jeff Sessions after Sessions angered Trump by recusing himself – removing himself – from overseeing the Mueller investigation into Russian interference in the 2016 election.

Given the attorney general’s connection to the president and the attorney general’s position as the head of the DOJ, when Bondi originally got the job critics saw her as a key part of Trump’s plan to control the department’s agenda, including through the use of the FBI to pursue his perceived enemies.

And now Trump has reportedly fired Bondi for failure to execute his vision.

What next?

Under current law, the president can designate a Senate-confirmed official in the administration or another high-ranking person who has worked within the DOJ for 90 days to serve as acting attorney general. Presidents across both parties historically have relied on these temporary appointments to steer the department as they decide whom to nominate officially for the position.

President Trump has named Todd Blanche as acting attorney general. Blanche, who served as deputy attorney general under Bondi, represented Trump in three of the four major criminal lawsuits he faced before the 2024 presidential election.

Trump is rumored to have discussed Lee Zeldin, the current head of the Environmental Protection Agency, to be Bondi’s permanent replacement. Zeldin worked as part of Trump’s legal defense team during his first impeachment trial.

Blanche’s temporary appointment and Zeldin’s potential nomination have spurred more questions about the politicization of the DOJ.

A recent Associated Press study found that only two in 10 Americans have a great deal of confidence in the department. In part, this is a result of the longstanding political connections between the presidents and their attorneys general.

Ultimately, the fate of the nation’s top law enforcement official is in the hands of politicians.

This is an updated version of an article originally published on Dec. 19, 2024. It is part of a series of profiles explaining Cabinet and high-level administration positions.

The Conversation

Jennifer Selin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What a US attorney general actually does – a law professor spells it out – https://theconversation.com/what-a-us-attorney-general-actually-does-a-law-professor-spells-it-out-279949

What does the US attorney general actually do? A law professor explains

Source: The Conversation – USA – By Jennifer Selin, Associate Professor of Law, Arizona State University

U.S. Attorney General Pam Bondi answers questions from the media at the U.S. Capitol on March 18, 2026. Matt McClain/Getty Images

President Donald Trump fired Attorney General Pam Bondi on April 2, 2026, only 14 months after she was sworn into office, making her time in the role the shortest in 60 years.

While much recent attention has focused on Trump’s decision to fire Bondi, there has been less attention on what the attorney general actually does, or what happens when the attorney general gets fired.

The attorney general is the lawyer appointed by the president and confirmed by the Senate to lead the Department of Justice, known as the DOJ. Because the attorney general’s expansive responsibilities place the office at the forefront of both politics and the law, the position is one of the most important in the federal executive branch.

Two men in suits walking through a crowd outside.
NAACP leader Roy Wilkins walks in front of U.S. Attorney General Robert Kennedy during an NAACP march on June 24, 1964, in Washington, protesting the disappearance of three civil rights workers in Mississippi.
Washington Bureau/Getty Images

File lawsuits, give advice

Congress created the position of attorney general in 1789 so the national government had a designated lawyer to conduct federal lawsuits for crimes against the United States such as counterfeiting, piracy or treason, and to give legal advice to the president and cabinet officials, such as the secretary of the Treasury.

Initially, the attorney general served part time. Indeed, for the first few decades of U.S. history, most attorneys general maintained private law practices and even lived away from the capital. But as the federal government began to do more, the role of the attorney general grew and became a full-time job.

The attorney general represents the United States in all legal matters. In doing so, the attorney general supervises federal prosecutions by the 93 U.S. attorneys who live and work across the United States to enforce federal laws. The attorney general also supervises almost all legal actions involving federal agencies – from the Department of Homeland Security and the Environmental Protection Agency to the Social Security Administration.

For example, in the past few months, DOJ lawyers supervised by the attorney general have charged people with conspiring to smuggle artificial intelligence technology to China and negotiated an agreement requiring Ford Motor Company to clean contaminated groundwater in New Jersey. They have also worked with Wisconsin to successfully prosecute deceptive timeshare exit services targeting elderly customers.

Additionally, the attorney general gives legal advice to the president and heads of the cabinet departments. This includes providing recommendations to the president on whom he should appoint as federal judges and prosecutors.

In combination, these two aspects of the job, representing the U.S. and advising the cabinet departments, mean that the attorney general plays a key role in helping the president perform his constitutional duty to take care that the laws of the United States are faithfully executed.

115,000 employees

Since 1870, attorneys general have had an entire executive department – the Department of Justice – to help them execute their duties.

Today’s department contains over 70 distinct offices, initiatives and task forces, all of which the attorney general supervises. There are currently over 115,000 employees in the department.

The DOJ contains litigation units divided by subject matter like antitrust, civil rights, tax and national security. Each of these units conducts investigations and participates in federal lawsuits related to its expertise.

The Justice Department also has several law enforcement agencies that help ensure the safety and health of people who live in the United States. The most well-known of these agencies include the FBI, the Drug Enforcement Administration and the U.S. branch of the International Criminal Police Organization, known as Interpol.

Additionally, the DOJ contains corrections agencies like the Federal Bureau of Prisons and the U.S. Parole Commission. These agencies work to ensure consistent and centralized coordination of federal prisons and offenders.

Finally, the department manages several grant administration agencies. These agencies, such as Community Oriented Policing Services, the Office of Justice Programs and the Office of Sex Offender Sentencing, Monitoring, Apprehending, Registering and Tracking, or SMART, provide financial assistance, training and advice to state, local, tribal and territorial governments as they work to enforce the law in their own communities.

A formal portrait of a man with dark hair and colonial dress.
Edmund Jennings Randolph, appointed by President George Washington as the nation’s first attorney general in 1789 and then, in 1794, secretary of state.
The Diplomatic Reception Rooms, U.S. Department of State, Washington, D.C.

Separating politics from law

Given all the attorney general’s responsibilities, the role is both political and legal. As such, attorneys general historically have a difficult task in separating their jobs as policy adviser from their duties as chief legal officer of the United States.

For example, President George W. Bush’s attorney general, Roberto Gonzales, resigned from office amid accusations of the DOJ’s politicized firing of U.S. attorneys and misuse of terrorist surveillance programs. And Loretta Lynch, President Barack Obama’s attorney general, was criticized for meeting privately with former President Bill Clinton while former Secretary of State Hillary Clinton was under investigation by the DOJ.

The attorney general’s job is complicated by the fact that the president has the constitutional power to fire them for political reasons.

During his first term, Trump replaced Attorney General Jeff Sessions after Sessions angered Trump by recusing himself – removing himself – from overseeing the Mueller investigation into Russian interference in the 2016 election.

Given the attorney general’s connection to the president and the attorney general’s position as the head of the DOJ, when Bondi originally got the job critics saw her as a key part of Trump’s plan to control the department’s agenda, including through the use of the FBI to pursue his perceived enemies.

And now Trump has reportedly fired Bondi for failure to execute his vision.

What next?

Under current law, the president can designate a Senate-confirmed official in the administration or another high-ranking person who has worked within the DOJ for 90 days to serve as acting attorney general. Presidents across both parties historically have relied on these temporary appointments to steer the department as they decide whom to nominate officially for the position.

President Trump has named Todd Blanche as acting attorney general. Blanche, who served as deputy attorney general under Bondi, represented Trump in three of the four major criminal lawsuits he faced before the 2024 presidential election.

Trump is rumored to have discussed Lee Zeldin, the current head of the Environmental Protection Agency, to be Bondi’s permanent replacement. Zeldin worked as part of Trump’s legal defense team during his first impeachment trial.

Blanche’s temporary appointment and Zeldin’s potential nomination have spurred more questions about the politicization of the DOJ.

A recent Associated Press study found that only two in 10 Americans have a great deal of confidence in the department. In part, this is a result of the longstanding political connections between the presidents and their attorneys general.

Ultimately, the fate of the nation’s top law enforcement official is in the hands of politicians.

This is an updated version of an article originally published on Dec. 19, 2024. It is part of a series of profiles explaining Cabinet and high-level administration positions.

The Conversation

Jennifer Selin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What does the US attorney general actually do? A law professor explains – https://theconversation.com/what-does-the-us-attorney-general-actually-do-a-law-professor-explains-279949

Les étudiants laissent-ils vraiment l’IA écrire à leur place ? Une étude observe ce qui se passe pendant la rédaction

Source: The Conversation – France (in French) – By Jeanne Beatrix Law, Professor of English, Kennesaw State University

Plusieurs étudiants participant à l’étude ont eu recours à l’IA lorsqu’ils se sont sentis bloqués dans leur processus d’écriture. rut miit/Unsplash, CC BY

L’IA transforme-t-elle l’écriture universitaire ? En observant directement le processus de rédaction d’étudiants, une étude pilote suggère que les outils génératifs servent surtout à débloquer les idées et à retravailler les textes, sans remplacer entièrement l’auteur.


Les débats sur l’IA générative dans l’enseignement supérieur se sont appuyés sur des études portant sur des travaux d’étudiants déjà terminés, ou sur des données d’enquête déclaratives. Ces recherches montrent que les outils d’intelligence artificielle peuvent soutenir l’apprentissage, mais elles ont aussi soulevé des inquiétudes, notamment concernant la dépendance excessive des étudiants, la triche et la possible dégradation de l’esprit critique et de l’engagement.

Si ces types d’études offrent des instantanés intéressants des pratiques déclarées, leurs méthodologies peuvent toutefois passer à côté d’un aspect essentiel : la manière dont l’écriture se déroule réellement lorsque les étudiants rédigent avec l’aide de l’IA.

L’étude pilote que j’ai menée auprès d’étudiants de premier cycle à Kennesaw State University adopte une approche différente. En utilisant des protocoles de pensée à voix haute (« think-aloud ») — une méthode dans laquelle les participants verbalisent leurs pensées pendant qu’ils réalisent une tâche — notre recherche observe comment les étudiants interagissent avec les outils d’IA générative pendant le processus même d’écriture. Cette méthode permet de comprendre les processus de décision au moment où ils se produisent.

Nos premiers résultats suggèrent une réalité plus complexe que le récit souvent avancé selon lequel les étudiants se contenteraient de laisser l’IA rédiger leurs devoirs. Au contraire, beaucoup semblent négocier quand et comment l’IA a sa place dans leur travail d’écriture.

Regarder à l’intérieur du processus d’écriture

Dans notre étude, 20 étudiants de premier cycle ont réalisé une session d’écriture de 20 minutes en réponse à la consigne suivante :

Les gens passent beaucoup de temps à essayer d’atteindre la perfection dans leur vie personnelle ou professionnelle. Ils exigent souvent la perfection des autres, créant des attentes difficiles à satisfaire. À l’inverse, certaines personnes pensent que la perfection n’est ni atteignable ni souhaitable.

La tâche consistait à rédiger une thèse ainsi que des paragraphes argumentés fondés sur des éléments de preuve pour défendre leur position sur la valeur de la quête de perfection. Les étudiants savaient qu’ils n’étaient pas censés terminer leur texte, mais plutôt avancer dans leur processus d’écriture en direction d’un texte achevé. On leur a également précisé qu’il n’existait pas de bonne ou de mauvaise manière d’utiliser l’IA, et qu’ils devaient utiliser l’IA générative exactement comme ils le feraient habituellement lorsqu’ils écrivent.

Plutôt que d’observer directement les étudiants, l’étude s’est appuyée sur des captures d’écran réalisées après la session et sur l’analyse des descriptions que les étudiants ont faites de leur propre processus d’écriture. La collecte de ces données — leurs actions sur l’ordinateur et les transcriptions des enregistrements vocaux — a permis aux chercheurs d’analyser le processus sans l’interrompre.

Afin de réduire le risque que les étudiants modifient leur comportement s’ils se sentaient observés, les chercheurs ont lancé un minuteur puis quitté la salle pendant la session d’écriture. L’objectif était ainsi de limiter l’effet Hawthorne, un phénomène par lequel les individus modifient leur comportement parce qu’ils savent qu’ils sont observés.

Ce que nous avons observé

À travers les transcriptions, quelques tendances qualitatives sont apparues de manière récurrente dans la façon dont les étudiants collaboraient avec l’IA pendant l’écriture. D’abord, de nombreux participants se sont tournés vers ces outils au début du processus d’écriture afin de générer des idées ou d’esquisser une thèse.

On voit alors ces étudiants utiliser les propositions produites par l’IA pour stimuler et structurer leurs propres idées. Un étudiant décrit cette stratégie ainsi : « Après [avoir généré quelques idées], j’utilise généralement simplement ce [résultat] comme point de départ. »

Dans ces moments-là, l’IA fonctionnait moins comme une réponse définitive que comme un outil de remue-méninges aidant les étudiants à dépasser l’angoisse de la page blanche.

D’ailleurs, les étudiants poursuivaient souvent la rédaction de manière autonome après avoir généré ces premières idées. De nombreuses transcriptions contiennent des phrases comme « Je pense que ma thèse devrait être… » ou « Laisse-moi écrire cette partie », ce qui suggère que certains étudiants conservaient la maîtrise de leur argumentation.

Corriger le bot

Un autre motif fort qui ressort des transcriptions est que les étudiants acceptent rarement les textes produits par l’IA sans les modifier. Au contraire, ils révisent activement le langage généré. Comme l’a décrit un étudiant, l’IA « réécrit » ses premières consignes, puis l’étudiant réécrit à son tour la réponse de l’IA. Cela lui permet de revendiquer « la paternité et la maîtrise » de la version finale.

Un autre participant a également redirigé la réponse de l’outil lorsqu’elle ne correspondait pas à la consigne : « L’IA ne suit pas la consigne… réessaie. »

Ces moments montrent que les étudiants évaluent de manière critique les réponses de l’IA et la traitent presque comme un partenaire de débat, plutôt que de simplement les copier.

Nous avons également constaté que certains étudiants rejetaient totalement les suggestions de l’IA. Dans plusieurs sessions d’écriture, les participants ont explicitement décidé de ne pas utiliser les réponses générées par l’IA. Un étudiant a commenté ce choix pendant qu’il écrivait : « Je n’utilise pas vraiment l’IA pour mes recherches. »

D’autres transcriptions montrent des étudiants revenant à leur propre rédaction lorsque les réponses de l’IA leur semblaient trop génériques ou déconnectées de leur argumentation. Ces moments indiquent qu’ils ne se contentent pas de collaborer avec l’IA : ils tracent aussi des limites quant à la place qu’elle peut occuper dans leur processus d’écriture.

Enfin, plusieurs transcriptions montrent que les étudiants se tournaient vers l’IA dans des moments d’incertitude ou lorsqu’ils se sentaient bloqués. Comme l’a expliqué un participant : « J’ai beaucoup utilisé l’IA parce que j’avais du mal. » Même dans ces cas-là, toutefois, les étudiants l’utilisaient souvent comme un soutien pendant la rédaction de leur essai, plutôt que de copier-coller directement ses réponses.

Ce que cela dit de l’IA et de l’écriture

Notre analyse suggère que l’IA générative s’intègre dans l’écriture étudiante non pas comme un remplacement complet de l’auteur humain, mais comme une forme de collaboration négociée. Les résultats indiquent qu’elle intervient le plus souvent au moment de la génération d’idées, de la révision et lorsque un sentiment de blocage apparaît, tandis que les étudiants conservent le contrôle sur le choix des arguments, la façon d’écrire et la formulation finale.

Comprendre comment les décisions d’utiliser l’IA se déploient pendant le processus d’écriture — et pas seulement ce qui apparaît dans l’essai final — peut aider les enseignants à concevoir des devoirs et des règles qui maintiennent clairement l’humain aux commandes.

Comme ces premiers résultats proviennent d’un groupe pilote de 20 étudiants de premier cycle, ils doivent être interprétés avec prudence. Pour vérifier si ces tendances se confirment à plus grande échelle, l’équipe de recherche étend actuellement l’étude à 100 participants. Cette phase élargie examinera également la manière dont des étudiants neurodivergents interagissent avec l’IA générative pendant le processus d’écriture, un domaine encore largement inexploré par la recherche.

Des étudiants chercheurs de premier cycle à Kennesaw State ont contribué à l’analyse préliminaire présentée dans cet article : Kylee Johnson, Vara Nath, Ruth Sikhamani et Kaylee Ward.

The Conversation

Jeanne Beatrix Law est membre fondatrice, à titre bénévole, du corps professoral de l’OpenAI Educator’s Council. Elle est également membre bénévole, de la communauté consultative d’enseignants de BoodleBox AI.

ref. Les étudiants laissent-ils vraiment l’IA écrire à leur place ? Une étude observe ce qui se passe pendant la rédaction – https://theconversation.com/les-etudiants-laissent-ils-vraiment-lia-ecrire-a-leur-place-une-etude-observe-ce-qui-se-passe-pendant-la-redaction-279592

Martin Luther King Jr. était aussi un pionnier du revenu de base universel

Source: The Conversation – France (in French) – By Tarah Williams, Assistant Professor of Political Science, Allegheny College

Le 4 avril 1968, Martin Luther King Jr était assassiné à Memphis. Près de 60 ans plus tard, sa contribution à la lutte en faveur des droits civiques est connue. Son engagement en faveur d’un revenu universel l’est peut être moins. Le pasteur et homme politique avait même dessiné les conditions à réunir pour y parvenir, au-delà des communautés ethniques.


Chaque année, à l’occasion de la fête qui porte son nom le troisième lundi de janvier, un hommage est rendu à Martin Luther King Jr. pour son importante contribution à la lutte pour l’égalité raciale. Ce dont on se souvient moins souvent, mais qui est tout aussi important, c’est que King considérait que la justice sociale et la lutte pour l’égalité raciale était intimement liées.

Pour lutter contre les inégalités – et face à l’inquiétude croissante quant à la façon dont l’automatisation pourrait remplacer les travailleurs – on se remémore que Martin Luther King Jr. était aussi l’un des premiers défenseurs du revenu universel de base, ce mécanisme selon lequel le gouvernement verse des aides financières directes à tous les citoyens pour les aider à subvenir à leurs besoins.




À lire aussi :
Débat : Un salaire à vie ou un revenu universel ?


Programmes pilotes dans une douzaine de villes

Ces dernières années, plus d’une douzaine de villes états-uniennes ont mis en place des programmes de revenu de base universel, souvent à petite échelle ou sous forme de projets pilotes, offrant un tel revenu à certains groupes de personnes en situation de pauvreté. Comme politologues et scientifiques, nous avons suivi ces expériences de près.

L’un d’entre nous a récemment co-rédigé une étude qui a révélé que le revenu de base universel est généralement populaire. Dans deux des trois enquêtes analysées, une majorité d’États-Uniens blancs soutenait une proposition de revenu de base universel. Ce soutien est particulièrement élevé parmi les personnes à faibles revenus.

Martin Luther King Jr. avait eu l’intuition que les Blancs à faibles revenus soutiendraient ce type de politique, car ils pourraient eux aussi en bénéficier. En 1967, il affirmait,

« Il me semble que le Mouvement des droits civiques doit désormais commencer à s’organiser en faveur du revenu annuel garanti… qui, je crois, contribuera grandement à résoudre le problème économique des Noirs et celui de nombreuses autres personnes pauvres confrontées à notre nation. »

Du ressentiment racial

Mais il existe un groupe particulier qui ne soutient pas le revenu de base universel : il est constitué de ceux qui manifestent un niveau élevé de ressentiment racial. Ce terme se mesure grâce une échelle que les sociologues utilisent depuis les années 1980 pour décrire et mesurer les préjugés anti-Noirs.

Dans notre étude, les Blancs cumulant des revenus élevés et un haut niveau de ressentiment racial et des revenus élevés sont particulièrement défavorables au revenu de base universel. Comme King l’avait compris, cette partie de la population des États-Unis peut créer une opposition puissante à la mise en place du revenu universel.

Intérêt économique personnel versus ressentiment

Toutefois, les résultats de l’étude suggèrent qu’il est possible de former des coalitions favorables, même parmi les personnes animées par le ressentiment racial.

Le statut économique a son importance. Les Blancs animés par un ressentiment racial et disposant de faibles revenus ont tendance à soutenir le revenu de base universel. En résumé, l’intérêt personnel semble l’emporter sur le ressentiment racial. Cela correspond à l’idée de King selon laquelle une coalition économique pourrait être formée et ouvrir la voie au progrès racial.

Brut 2016.

Le niveau de revenu ne façonne pas à lui-seul les opinions. Ainsi, certains des plus fervents partisans du revenu de base universel ont des revenus élevés mais peu de ressentiment racial. Cela suggère une opportunité de construire des coalitions au-delà des clivages économiques, ce que Martin Luther King Jr. estimait nécessaire. « Les riches ne doivent pas ignorer les pauvres », avait-il déclaré dans son discours de remise du prix Nobel de la paix, « car riches et pauvres sont liés par un même destin ». Nos données montrent que cela est possible.

Possibles coalitions

Cette approche de la formation de coalitions est également suggérée par nos recherches antérieures. En nous appuyant sur les enquêtes de l’American National Election Studies menées entre 2004 et 2016, nous avons constaté que, chez les Américains blancs, le ressentiment racial était un facteur prédictif d’un soutien moindre aux politiques de protection sociale. Mais nous avons également constaté que la situation économique personnel jouait un rôle important.

Les besoins économiques peuvent unir les Américains blancs en faveur de politiques sociales plus généreuses, y compris parmi ceux qui ont des préjugés raciaux. Cela suggère au minimum que le ressentiment racial n’empêche pas nécessairement les Américains blancs de soutenir des politiques qui profiteraient également aux Afro-Américains.

Dépasser les préjugés raciaux

Au cours de sa carrière de militant dans les années 1950 et 1960, King a eu du mal à construire des coalitions multiraciales à long terme. Il comprenait que de nombreuses formes de préjugés raciaux pouvaient nuire à son travail. Il a donc cherché des stratégies permettant de forger des alliances au-delà des différences. Il a contribué à la formation de coalitions regroupant les Américains pauvres et issus de la classe ouvrière, Blancs compris. Il n’était pas naïf au point de croire que le progrès économique partagé éliminerait les préjugés raciaux, mais il y voyait un point de départ.

Crise du pouvoir d’achat

Actuellement, le pays est confronté à une crise du pouvoir d’achat, et l’intelligence artificielle fait peser de nouvelles menaces sur l’emploi. Ces facteurs ont renforcé les appels en faveur d’un revenu de base universel.

Les préjugés raciaux continuent d’alimenter l’opposition au revenu de base universel, ainsi qu’à d’autres formes d’aide sociale. Mais nos recherches suggèrent que cet obstacle n’est pas insurmontable. Comme Martin Luther King Jr. le savait, les progrès vers l’égalité économique ne sont certes pas inéluctables. Mais, comme son héritage nous le rappelle, le progrès est possible, si l’on réussit à s’organiser autour d’intérêts communs.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Martin Luther King Jr. était aussi un pionnier du revenu de base universel – https://theconversation.com/martin-luther-king-jr-etait-aussi-un-pionnier-du-revenu-de-base-universel-279813

Pourquoi doubler la rémunération des livreurs n’a pas augmenté leurs revenus à Seattle

Source: The Conversation – France (in French) – By Andrew Garin, Associate Professor of Economics, Carnegie Mellon University

Un coursier de livraison de nourriture DoorDash sur un vélo à Toronto au Canada. Erman Gunes/Shutterstock

En relevant la rémunération minimale des livreurs des plates-formes, Seattle voulait améliorer leurs conditions de travail. Mais dans un marché ouvert où chacun peut devenir livreur, les gains ont été absorbés par la concurrence et la baisse des commandes.


Si vous avez déjà commandé à manger via Deliveroo ou Uber Eats, vous avez peut-être remarqué que la personne qui vous livre n’est pas un salarié. Ce sont des travailleurs de la «gig economy» : des indépendants qui acceptent des missions de livraison via une application, sont payés à la course et ne bénéficient ni d’horaires garantis, ni d’avantages sociaux, ni des protections liées à un salaire minimum.

Dans plusieurs villes, des responsables politiques ont tenté de changer cette situation.

Seattle offre un bon exemple. En janvier 2024, la ville a mis en place une loi obligeant les applications de livraison à verser aux chauffeurs un paiement minimum pour chaque mission : une rémunération combinant un tarif minimum par minute et par mile, qui fixe un plancher d’environ 5 dollars par livraison (4,34 euros).

L’objectif était simple : faire en sorte que les personnes qui vous apportent votre déjeuner puissent gagner correctement leur vie. Nous sommes économistes du travail et chercheurs en économie et nous avons largement étudié l’essor de la gig economy ainsi que les précédentes politiques visant à apporter davantage de sécurité économique aux travailleurs occupant des emplois instables. Nous avons voulu comprendre comment de nouvelles réglementations de l’économie des plates-formes, comme celle mise en place à Seattle, se traduisaient concrètement sur le terrain.

En étudiant l’évolution des revenus des livreurs après l’entrée en vigueur de cette règle concernant le paiement à Seattle, nous avons constaté que, malgré un salaire de base par livraison qui a à peu près doublé, leurs revenus mensuels totaux ont à peine changé. La concurrence entre livreurs pour obtenir des courses s’est intensifiée, tandis que les clients ont passé moins de commandes et laissé des pourboires moins élevés après l’entrée en vigueur de la mesure. Au final, ces effets combinés ont annulé presque tous les gains attendus.

Aucun changement dans les revenus mensuels

Pour comprendre les effets de cette politique, nous avons utilisé des données détaillées provenant de Gridwise, une application que les travailleurs des plates-formes utilisent pour suivre leurs revenus sur plusieurs applications de livraison et de VTC. Cela nous a donné une vision particulièrement complète de ce que gagnaient réellement les livreurs sur l’ensemble des plates-formes qu’ils utilisaient.

Nous avons comparé l’évolution des revenus des livreurs qui travaillaient principalement à Seattle avant l’entrée en vigueur de la loi avec celle de livreurs opérant dans d’autres régions de l’État de Washington (nord-ouest des États-Unis), où rien n’avait changé. En suivant ces deux groupes pendant les mois précédant et suivant la mise en place de la mesure, nous avons pu isoler l’effet de cette politique des tendances plus larges qui affectaient l’ensemble des livreurs.

La rémunération de base par livraison à Seattle est passée d’environ 5 dollars à plus de 12 dollars (10,42 euros), comme prévu. Mais ce salaire de base ne représente qu’une partie du revenu. Les pourboires constituent généralement la plus grande part des revenus des livreurs travaillant pour des plates-formes, car les clients laissent en général un pourboire de 10 % à 20 % du prix de leur repas.

Après l’entrée en vigueur de la loi, les pourboires ont chuté nettement. Les applications de livraison ont répercuté l’augmentation de leurs coûts sur les consommateurs en ajoutant de nouveaux frais. DoorDash (NDT : l’un des leaders mondiaux de la livraison de repas, propriétaire notamment de Deliveroo) a ainsi ajouté environ 5 dollars (4,34 euros) de «frais de réponse réglementaire» aux commandes passées à Seattle, et les clients ont réagi en laissant des pourboires plus faibles.

Certaines plates-formes sont allées plus loin : Uber Eats a même supprimé l’option permettant aux clients de Seattle de laisser un pourboire au moment du paiement. La baisse des pourboires a ainsi annulé plus d’un tiers de l’augmentation du salaire de base.

L’autre changement majeur est que les livreurs ont commencé à effectuer moins de livraisons. À partir du deuxième mois suivant l’entrée en vigueur de la mesure, les livreurs de Seattle qui étaient régulièrement actifs sur les applications avant la réforme ont réalisé environ 20 % à 30 % de livraisons mensuelles en moins que ce qu’ils auraient effectué sans cette politique.

Fait important : ces livreurs n’ont pas quitté les plates-formes. Ils continuaient à se connecter et à travailler à peu près le même nombre d’heures. Mais ils recevaient simplement moins de propositions de livraison.

Que faisaient les livreurs avec tout ce temps supplémentaire passé sur l’application ? Nos données montrent qu’ils en passaient une plus grande part à attendre.

La part du temps passé sur l’application réellement consacrée à des livraisons payées a nettement diminué. Les temps d’attente entre deux missions ont augmenté d’environ cinq minutes, presque le double par rapport à la période précédant la réforme. Et les livreurs parcouraient davantage de distance entre deux courses, ce qui suggère qu’ils se dirigeaient activement vers des zones riches en restaurants pour trouver leur prochaine livraison, consommant plus d’essence sans être rémunérés pour ces kilomètres supplémentaires.

Si l’on met ces éléments bout à bout – une rémunération plus élevée par livraison, mais moins de livraisons et des pourboires plus faibles –, les effets s’annulent presque parfaitement. Après une légère hausse le premier mois, les revenus mensuels sont revenus à leur niveau d’avant la réforme.

Pourquoi ces marchés du travail sont différents

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut réfléchir à la manière dont les marchés de la livraison via plates-formes diffèrent de l’emploi traditionnel. Dans un emploi classique, relever le salaire minimum crée une ligne de partage assez claire : les salariés qui conservent leur poste gagnent davantage, tandis que d’autres peuvent avoir plus de difficultés à trouver du travail si les entreprises réduisent leurs effectifs.

Dans la livraison via plates-formes aux États-Unis, cette séparation n’existe pas. Il n’y a ni embauche ni licenciement : n’importe qui peut télécharger l’application et commencer à chercher des courses. Les livraisons sont réparties entre toutes les personnes connectées, et il n’existe pas de frontière nette entre avoir un travail et ne pas en avoir.

Lorsque la rémunération par livraison augmente, le travail sur les plates-formes devient plus attractif, ce qui attire de nouveaux livreurs sur le marché. Dans le même temps, les coûts plus élevés liés à la rémunération des livreurs sont répercutés sur les consommateurs sous la forme de prix de livraison plus élevés, ce qui peut entraîner moins de commandes et des pourboires plus faibles. Davantage de livreurs se disputant un nombre réduit de livraisons signifie aussi des temps d’attente plus longs entre deux missions.

Ce processus se poursuit jusqu’à ce que la hausse du paiement par tâche soit entièrement compensée par l’allongement des périodes sans travail rémunéré.

Nos données confirment ce mécanisme. Alors que le nombre de livraisons effectuées par les livreurs déjà présents à Seattle a fortement chuté, de nouveaux entrants sont arrivés. En l’espace de trois mois, les nouveaux venus réalisaient la majorité des livraisons dans la ville.

Ce que cela signifie pour la suite

Il ne fait guère de doute que la faiblesse des revenus des travailleurs des plates-formes constitue un véritable problème. L’élan qui a conduit à la loi adoptée à Seattle reflète des préoccupations légitimes. Mais nos résultats suggèrent aussi que les tentatives de réguler directement la rémunération des travailleurs des plates-formes par tâche ne permettront pas de résoudre facilement cette question.

Tant que n’importe qui peut rejoindre la plate-forme et commencer à se mettre en concurrence pour les livraisons, la garantie d’une rémunération plus élevée par course attirera davantage de livreurs, jusqu’à ce que cet avantage soit absorbé par l’allongement des temps d’attente entre deux missions.

D’autres villes et États suivent cette voie

Pour réellement augmenter les revenus, il faudrait peut-être limiter le nombre de livreurs actifs – un système comparable aux licences de taxi utilisées dans certaines villes afin de garantir des revenus élevés aux chauffeurs.

Mais instaurer des barrières à l’entrée remettrait en cause la flexibilité qui attire de nombreuses personnes vers le travail sur plate-forme. Le comportement des plates-formes joue aussi un rôle : si les applications rétablissent à l’avenir des fonctionnalités de pourboire normales plutôt que de les décourager stratégiquement – ce que New York et certaines autres juridictions exigent désormais – la situation des livreurs pourrait s’améliorer quelque peu. Il se peut toutefois qu’il n’existe pas de solution permettant de préserver tous les avantages du système actuel tout en garantissant des revenus plus élevés.

Malgré cela, plusieurs villes étatsuniennes envisagent des réglementations similaires.

New York a mis en place son propre salaire minimum pour les livreurs travaillant via des applications à la fin de l’année 2023. Des conseils municipaux et des législateurs d’État à Chicago, dans le Colorado, le Minnesota et ailleurs ont proposé des protections similaires.

L’expérience de Seattle suggère toutefois que toutes les villes devraient avancer avec prudence et être conscientes des limites de ce que des réglementations fondées sur une rémunération par tâche peuvent réellement accomplir lorsque la porte reste ouverte à l’arrivée de nouveaux travailleurs.

The Conversation

Pour acheter l’accès aux données utilisées dans cette étude, Brian K. Kovak a reçu un financement du Block Center for Technology and Society de l’université Carnegie Mellon.

Andrew Garin et Yuan An ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Pourquoi doubler la rémunération des livreurs n’a pas augmenté leurs revenus à Seattle – https://theconversation.com/pourquoi-doubler-la-remuneration-des-livreurs-na-pas-augmente-leurs-revenus-a-seattle-279583

Un million de satellites ? La nouvelle ruée vers l’orbite inquiète scientifiques et juristes

Source: The Conversation – France in French (2) – By Gregory Radisic, Fellow at the Centre for Space, Cyberspace and Data Law; Senior Teaching Fellow, Faculty of Law, Bond University

Vue d’astronome d’une étoile obscurcie par les traînées laissées par des satellites Starlink. Rafael Schmall/Wikimedia Commons, CC BY

Des dizaines de milliers de satellites sont déjà en orbite, et plus d’un million sont envisagés. Cette industrialisation du ciel pourrait bouleverser l’observation astronomique, la navigation et certaines traditions culturelles, sans que ces impacts soient réellement pris en compte par la régulation.


Le 30 janvier 2026, SpaceX a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis pour déployer une mégaconstellation pouvant compter jusqu’à un million de satellites, constellation destinée à alimenter des centres de données dans l’espace.

Le projet prévoit des satellites opérant entre 500 et 2 000 kilomètres d’altitude en orbite terrestre basse. Certaines de ces orbites sont conçues pour bénéficier d’une exposition quasi permanente au soleil. Le public peut d’ailleurs actuellement soumettre des commentaires sur cette proposition.

La demande déposée par SpaceX n’est que la dernière en date d’une série de projets de mégaconstellations de satellites. Satellites qui remplissent généralement une fonction unique et ont une durée de vie relativement courte, d’environ cinq ans avant d’être remplacés.

En février 2026, environ 14 000 d’entre eux étaient déjà en orbite. Dans le même temps, 1,23 million de satellites supplémentaires sont en projet. La procédure d’autorisation de ces satellites repose presque exclusivement sur les informations techniques, très limitées, que les entreprises qui les produisent fournissent aux régulateurs. Les conséquences culturelles, spirituelles – et une grande partie des impacts environnementaux de ces objets – restent largement ignorées. Pourtant, elles devraient faire partie de l’évaluation.

Le ciel nocturne va profondément changer

À cette échelle de croissance, le ciel nocturne sera durablement transformé à l’échelle mondiale, et ce pour des générations.

Les satellites en orbite terrestre basse réfléchissent la lumière du soleil pendant environ deux heures après le coucher du soleil et avant son lever. Malgré des efforts d’ingénierie visant à réduire leur luminosité, ces satellites – parfois de la taille d’un camion – apparaissent dans le ciel nocturne comme des points lumineux en mouvement. Les projections montrent que les futurs satellites vont considérablement accroître cette pollution lumineuse.

En 2021, des astronomes estimaient que, d’ici moins d’une décennie, un point lumineux sur quinze dans le ciel nocturne serait un satellite en mouvement. Cette estimation ne prenait pourtant en compte que les 65 000 satellites de mégaconstellations proposés à l’époque.

Une fois qu’un million d’entre eux seront déployés, les conséquences pour le ciel nocturne pourraient être difficiles à inverser. Si la durée de vie moyenne d’un satellite n’est que d’environ cinq ans, les entreprises conçoivent ces mégaconstellations pour être remplacées et étendues en permanence. Le résultat : une présence industrielle continue dans le ciel nocturne.

Tout cela provoque un « syndrome du glissement de référence » (shifting baseline syndrome) appliqué à l’espace : chaque nouvelle génération finit par considérer comme normal un ciel nocturne de plus en plus dégradé. Les satellites qui se croisent dans le ciel deviennent la norme.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, ce glissement de référence signifie que les enfants d’aujourd’hui ne grandiront pas avec le même ciel nocturne que celui qu’ont connu toutes les générations précédentes.

Houston, nous avons un « méga » problème…

Le volume colossal de satellites envisagés suscite des inquiétudes de toutes parts. Les astronomes redoutent notamment les reflets lumineux intenses et les émissions radio qui risquent de perturber les observations du ciel.

Dans l’industrie aussi, les alarmes se multiplient : gestion du trafic orbital, risques de collision, coordination internationale. Contrairement à l’aviation, il n’existe toujours pas de système unifié de gestion du trafic spatial.

Les mégaconstellations augmentent aussi le risque de syndrome de Kessler, une réaction en chaîne de collisions potentiellement incontrôlable. On compte déjà 50 000 débris en orbite d’au moins dix centimètres. Si les satellites cessaient toute manœuvre d’évitement, les dernières données montrent qu’une collision majeure surviendrait en moyenne tous les 3,8 jours.

Les préoccupations culturelles sont également nombreuses. La pollution lumineuse générée par les satellites risque d’affecter les usages autochtones du ciel nocturne liés à des traditions orales anciennes, à la navigation, à la chasse ou encore à des pratiques spirituelles.

Le lancement d’un si grand nombre de satellites nécessite par ailleurs d’énormes quantités de carburants fossiles, ce qui peut endommager la couche d’ozone. Une fois leur mission terminée, ces satellites sont conçus pour brûler dans l’atmosphère. Ce procédé soulève une autre inquiétude environnementale : le dépôt de grandes quantités de métaux dans la stratosphère, susceptibles de provoquer une dégradation de l’ozone et d’autres réactions chimiques potentiellement nocives.

Tout cela soulève aussi des questions juridiques. En vertu du droit spatial international, ce sont les États – et non les entreprises – qui sont responsables des dommages causés par leurs objets spatiaux.

Les juristes spécialisés dans le droit de l’espace tentent désormais de déterminer si ce cadre juridique peut réellement permettre de tenir les entreprises ou les particuliers responsables. La question devient d’autant plus pressante que les risques de dégâts matériels, de morts ou de dommages environnementaux irréversibles augmentent.

Les failles dans la régulation ne peuvent plus être ignorées

Aujourd’hui, les règles qui encadrent les projets de satellites sont essentiellement techniques : elles portent par exemple sur les fréquences radio utilisées. Au niveau national, les autorités se concentrent surtout sur la sécurité des lancements, la limitation des impacts environnementaux sur Terre et la responsabilité en cas d’accident.

Ce que ces réglementations ne prennent pas en compte, en revanche, c’est l’effet qu’auraient des centaines de milliers de satellites lumineux sur le ciel nocturne – pour la recherche scientifique, la navigation, les transmissions et cérémonies autochtones…

Ces effets ne relèvent ni des atteintes environnementales « classiques », ni de simples questions d’ingénierie. Ce sont des impacts culturels qui échappent largement aux cadres de régulation actuels. C’est pourquoi le monde aurait besoin d’une évaluation de l’impact sur les « ciels nocturnes », comme le proposent les juristes spécialisés en droit spatial Gregory Radisic et Natalie Gillespie.

L’objectif serait de mettre en place une méthode systématique pour identifier, documenter et réellement prendre en compte l’ensemble des effets d’une constellation de satellites avant son déploiement.

Comment fonctionnerait une telle évaluation ?

La première étape consisterait à recueillir des données auprès de l’ensemble des parties prenantes. Astronomes – amateurs comme professionnels –, scientifiques de l’atmosphère, chercheurs en environnement, spécialistes des questions culturelles, communautés concernées et acteurs industriels apporteraient chacun leur point de vue.

Ensuite, il serait essentiel de modéliser les effets cumulés des satellites. Les évaluations devraient analyser comment ces constellations modifieront la visibilité du ciel nocturne et la luminosité du ciel, la congestion orbitale et le risque de victimes au sol.

Troisièmement, il faudrait définir des critères clairs pour déterminer dans quels cas la préservation d’un ciel dégagé est essentielle – pour la recherche scientifique, la navigation, l’enseignement, les pratiques culturelles ou encore le patrimoine commun de l’humanité.

Quatrièmement, l’évaluation devrait prévoir des mesures d’atténuation : réduction de la luminosité des satellites, modification des orbites ou ajustement du déploiement afin d’en limiter les dommages. Elle pourrait aussi inclure des incitations à utiliser le moins de satellites possible pour un projet donné.

Enfin, les conclusions devraient être transparentes, pouvoir faire l’objet d’un examen indépendant et être directement prises en compte dans les décisions d’autorisation et les politiques publiques.

Ce n’est pas un outil de veto

Cette évaluation de l’impact sur les ciels nocturnes ne vise pas à bloquer le développement spatial. Elle permet plutôt de clarifier les arbitrages et d’améliorer la prise de décision. Elle peut conduire à privilégier dès la des satellites réduisant la luminosité et les interférences visuelles, à choisir des configurations orbitales limitant l’impact culturel, à des consultations plus précoces et plus approfondies, ainsi qu’à une meilleure prise en compte des dimensions culturelles lorsque les dommages ne peuvent être évités.

Surtout, elle garantit que les communautés concernées par les constellations de satellites ne découvrent pas leur existence une fois les autorisations déjà accordées – lorsque des points lumineux commencent à traverser leur ciel.

La question n’est plus de savoir si le ciel nocturne va changer : il est déjà en train de changer. Le moment est venu pour les gouvernements et les institutions internationales de mettre en place des règles équitables, avant que ces transformations ne deviennent irréversibles.

The Conversation

Gregory Radisic est affilié à l’International Institute of Space Law ainsi qu’à l’Institute on Space Law and Ethics de l’organisation For All Moonkind Inc.

Samantha Lawler reçoit des financements du Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada. Elle est également fellow de l’Outer Space Institute.

ref. Un million de satellites ? La nouvelle ruée vers l’orbite inquiète scientifiques et juristes – https://theconversation.com/un-million-de-satellites-la-nouvelle-ruee-vers-lorbite-inquiete-scientifiques-et-juristes-276768

Toxic dust from California’s shrinking Salton Sea is harming children’s lung growth – our study tracked the impact in 700 kids

Source: The Conversation – USA (3) – By Jill Johnston, Associate Professor of Environmental and Occupation Health, University of California, Irvine; University of Southern California

The Salton Sea is shrinking and releasing toxic dust from its lake bed. Jennifer Davis/iStock/Getty Images Plus

Southern California’s Salton Sea was once a resort playground, with sunny beaches, celebrities and people waterskiing on the vast inland lake in the 1950s and ’60s.

Today, those resorts are long gone, replaced by a drying and increasingly toxic landscape. As the lake shrinks, wind blowing across the exposed lake bed kicks up toxic dust left by years of agriculture chemicals and metals washing into the lake. That dust makes its way into the lungs of the children of the Imperial Valley.

New research from our team of epidemiologists at University of Southern California and University of California, Irvine, shows that blowing dust is impeding the lung growth of children in the region – especially those living closest to the Salton Sea. In fact, the effects on lung function close to the Salton Sea have been greater than what studies find in urban California communities near busy roadways.

As the lake’s water sources diminish with the region’s Colorado River water use agreements, and this region gains more industrial activity from proposed lithium extraction, air pollution is likely to only worsen.

A billboard on a dusty, empty highway.
An old billboard for Bombay Beach advertises waterskiing on the Salton Sea. That would have been the scene there in the 1950s and ’60s, but not today.
Robyn Beck/AFP/Getty Images

The problem with the Salton Sea

The Salton Sea – California’s largest inland lake at over 340 square miles – has been shrinking for decades due to drought, agricultural water diversion and climate change. Its was created by a break in a canal carrying water from the Colorado River in the early 1900s. Irrigation runoff from farm fields kept it going. But over the past two decades, decreasing water flow has exposed 36,000 new acres of dry lake bed, which release large amounts of dust into the air.

The lake sits 235 feet below sea level in one of the hottest and driest parts of California, approximately 150 miles southeast of Los Angeles and at the northern border of the highly productive agricultural region known as the Imperial Valley.

Its water level has been maintained primarily by agriculture irrigation runoff, which carries with it fertilizers, pesticides, salt and toxic metals. Those chemicals, salts and metals have concentrated over time in the lake bed sediments, and they get stirred up into the air when the wind blows through.

As the largest consumer of Colorado River water, Imperial County’s irrigation district agreed in 2003 to forgo billions of gallons of water every year to support growing urban areas – a plan that went into full effect in 2018. That meant less runoff into the lake. By one estimate, the change was projected to increase windblown dust by 40 to 80 tons per day. Satellite images show rapid expansion of exposed lake bed as the water has receded.

The shrinking of the Salton Sea, 1984 to 2022.

The predominantly low-income Latino communities that live just south of the Salton Sea say they have long been overlooked in conversations about the lake’s fate. Yet, these communities are facing real health consequences tied directly to regional water policy choices and lack of action to manage this emerging environmental crisis.

Lung damage and slower lung growth

In 2017, we initiated the Assessing Imperial Valley Respiratory Health and the Environment, or AIRE, cohort study with over 700 elementary school-age children across five northern Imperial Valley cities.

The study was built on a partnership with Comité Cívico del Valle, a local nonprofit that has been active in addressing community health and environmental concerns in the Imperial Valley region.

Our study followed these children over several years, documenting respiratory health symptoms and lung function measurements, in addition to household, lifestyle and behavioral factors to account for individual differences.

Our initial findings aligned with what local residents have discussed for years:

  • Among children living in the northern Imperial Valley, nearly 1 in 5 are reported as having asthma – far higher than the national rate.

  • Higher rates of air pollution were linked to overall poorer reported respiratory health, such as wheezing and coughing, among all children. That indicates that while asthmatic children were more sensitive, nonasthmatic children experienced significant health impacts as well.

  • Our work has also begun to show that higher levels of dust exposure, especially among those children living closer to the sea, are linked to poorer lung function, as well as reductions in children’s lung growth over time. Reduced lung function increases the risk for chronic respiratory disease, such as COPD, or more frequent respiratory infections, such as pneumonia, as adults.

These findings are concerning because lung damage, poor lung function and respiratory illness in early life may increase the risk of chronic health problems into adulthood.

Children’s lungs are still developing, and lung function continues to mature throughout adolescence, making children more susceptible than adults to the adverse impacts of air pollution.

Children also have higher respiratory rates than adults, as well as larger lung surface area relative to their body size, resulting in higher doses of pollution per breath. And since children often spend more time outdoors than many adults and tend to engage in more physical activity, that may increase their exposure to outdoor air pollution.

Looking ahead

For years, community members have raised concerns about the high rates of asthma and poor respiratory health among children and residents.

While questions remain about the longer-term impacts of worsening air quality related to the drying Salton Sea, our study adds scientific backing to residents’ experiences. This evidence matters as communities and organizations like Comité Cívico del Valle push for projects that can reduce the amount of Salton Sea dust that gets into the air, expand education on asthma management and increase access to health care services.

The kids in the AIRE study were just starting elementary school when they joined. Now in high school, this generation has grown up near the Salton Sea. Many have dealt with asthma and may face chronic health problems.

From everything we have seen in the results of our studies involving the children living in communities along the Salton Sea, we believe the protection of local air quality is critical for the health of children in the Imperial Valley, and their health should be in the forefront of planning for future water changes, extraction projects and other development near the Salton Sea.

The Conversation

Jill Johnston receives funding from the National Institutes of Health.

Shohreh Farzan receives funding from the National Institutes of Health.

ref. Toxic dust from California’s shrinking Salton Sea is harming children’s lung growth – our study tracked the impact in 700 kids – https://theconversation.com/toxic-dust-from-californias-shrinking-salton-sea-is-harming-childrens-lung-growth-our-study-tracked-the-impact-in-700-kids-279211

A matter of taste: did Neanderthals really like Sapiens women?

Source: The Conversation – France – By Ludovic Slimak, Archéologue et chercheur au CNRS, Auteurs historiques The Conversation France; Université de Toulouse

Going by the headlines, the matter seems to be settled. El País announces that Neanderthal men “chose” Sapiens women. Science journal speaks of a “partner preference.” National Geographic is already imagining the “Romeos” of prehistory. The Telegraph suggests that Neanderthals “had designs on” Sapiens women.

Within a few hours, a statistical analysis had been whipped up into a tale of desire. The “sex lives” of our ancestors were suddenly within clicking distance. This shift is not trivial. It turns an asymmetry in genetic transmission into a narrative based on feelings, attraction, and prehistoric romance.

A scene is staged in which the Neanderthal “Romeo” wins the heart of a Sapiens “Juliet.” The story of our origins becomes a tabloid romance.

Yet the study published in Science says nothing of the kind. The authors are investigating a well-known pattern: in present-day non-African modern humans, traces of Neanderthal DNA are not distributed evenly and are more frequent on the non-sex chromosomes than on the X chromosome, where they are strongly depleted.

To explain this contrast, the authors compare several hypotheses: natural selection, sex-biased demographic processes or partner preference. Their conclusion remains cautious: partner preference is one possible parsimonious mechanism, but it excludes neither demographic bias nor more complex scenarios.

The study therefore shows neither an observed attraction nor any directly lived preference. It proposes something much narrower: within the space of models it tests, certain scenarios make an asymmetry of the Neanderthal male/Sapiens female type more plausible. In such a scheme, Neanderthal DNA can be transmitted widely through the ordinary chromosomes, while the Neanderthal X chromosome circulates less easily, since a father passes it on only to his daughters. This is not trivial. But neither is it the direct observation of attraction between populations, and showing that a statistical model can produce a genetic pattern is not the same as proving that this model was historically true.

What the X chromosome does not tell us about social life

As soon as we move from genetic data to their historical and social implications, interpretations become fragile. Chromosomes do not carry a faithful memory of our ancestors’ social lives. The fact that Neanderthal DNA is rare on the X chromosome does not, in itself, allow us to reconstruct Palaeolithic social organisation or the sexual preferences of these populations.

When two closely related groups interbreed, the sex chromosomes do not behave like the others. They are often more sensitive to incompatibilities and to natural selection. Take the case of a Neanderthal father and a Sapiens mother. Their child does indeed receive Neanderthal DNA in many of its chromosomes. But the father’s X chromosome is not passed on to sons, only to daughters. It therefore circulates less easily from one generation to the next. In addition, in hybridizations between closely related groups, males are often biologically more fragile, with greater problems of survival or fertility. This is why the sex chromosomes, and the X chromosome in particular, can eliminate DNA from the other group more quickly. A depletion of Neanderthal DNA on the X chromosome may, therefore, reflect a classic biological phenomenon, not the lingering trace of an erotic choice.

The signal observed today may, therefore, have several causes. The authors themselves do not present “partner preference” as direct proof, but as the most parsimonious explanation within their statistical model. They make it clear that it excludes neither sex-biased demographic processes nor more complex scenarios in which natural selection, differential migrations, and
sex asymmetries may all have acted together.

Genetics detects transmissions. It does not reconstruct a society. It tells us neither whether these unions involved alliances, captures, asymmetrical exchanges, violence, or choice, nor who decided, nor under what constraints women and men circulated among groups.Between a chromosomal pattern and a scene of life, an entire world is still missing: the world of social constructions, rules on residence, hierarchies, conflicts and asymmetries between collectives.

For all their power, genes do not speak of past loves. They speak only of what survived.

What El Sidrón changes in the discussion

This is where archaeology and cultural anthropology become decisive again, because genes are not enough to reconstruct the social scene based on encounters between Neanderthals and Sapiens. We must, therefore, leave the Science article behind and rely on other kinds of evidence to get to grips with the structure of Neanderthal groups indirectly. In this respect, the site of El Sidrón, in northern Spain, provides a particularly strong basis which we can lean on.

Researchers identified bones there belonging to at least twelve Neanderthals. The most striking point concerns the adults. Three males shared the same mitochondrial lineage, whereas three females each had a different one. Yet mitochondrial DNA is transmitted only through mothers. From this, the researchers drew a simple interpretation with far-reaching implications: the males would have remained within their group, while the women would have circulated more between groups. In other words, El Sidrón is compatible with a patrilocal system.

The idea is decisive. Any human population needs exchanges with the outside world in order to reproduce itself over time. In a great many human societies, this circulation passes first through women, who leave their group of origin more often than men do. More generally, female dispersal and the tendency for males to remain in their natal group also constitute a predominant pattern among the great apes. To see in Neanderthals a signal compatible with greater female mobility therefore points to a deep behavioural tendency, one that runs from primates to human societies. Here, female mobility between groups is thus the most plausible explanation for the pattern observed. This therefore provides us, for once with a concrete foothold on Neanderthal social organisation.

And this deep tendency towards female dispersal changes a great deal. From that point on, an entire society becomes thinkable: exchanges of women between groups, asymmetrical integrations, reciprocal or non-reciprocal circulation, alliances, captures, or more brutal forms of intergroup relations. From then on, the question is no longer simply which chromosome survived, but in what kind of society these transmissions took place. This possibility alone is enough to skew the interpretation of the Science paper, because the genetic asymmetry observed may then reflect a social environment, yet to be explored, structured by rules on residence, circulation, and exchange.

‘Neanderthal, Sapiens: I love you… me neither’

Bringing the constraints of cultural anthropology back into biomolecular analysis allows other reversals to emerge. In Belgium, the site of Goyet yielded the remains of four Neanderthal females and two immature individuals. Clear-cut marks are present on five of them. The demographic profile of this assemblage is too singular to be explained by ordinary mortality. Isotopic signatures suggest a non-local geographic origin. The authors advance the hypothesis of conflict-related cannibalism, a form of predation targeting females from neighbouring groups. If this interpretation is correct, it tells us something brutal. Here, relations between Neanderthal groups belonged not to a sentimental world, but to one of capture, killing, and the consumption of the other.

The evidence can indeed be read in this way. But this case also calls for caution. The sample is small. The excavations are old. Spatial data are lacking. The identity of the local predatory group is not directly observed. Here again, the traces do not speak with a common voice.

At that point, another reversal becomes possible. If we step away for a moment from biomolecular reading alone and return to social analysis, a patrilocal society changes the entire meaning of the body and what it represents in a society. Women come from other groups, but in worlds where female mobility is a common pattern, from the great apes to human societies, interpreting this signal immediately becomes more subtle.

Evidence of cannibalism affecting women originating from neighbouring regions may, therefore, be read as simple predation upon outsiders. But another interpretation cannot be ruled out: that of an internal, perhaps ritualised, treatment of women who came from elsewhere but by then had been fully integrated into the group. Biology and genetics cannot tell us whether an individual born elsewhere remains a stranger to us or whether they become a full member of our own social environment.

Let us return, then, to the Science study. This is where we must be very precise about what it actually demonstrates. The sign of Sapiens ancestry as suggested by the authors refers to a very ancient episode, around 250,000 years ago. Their claim is therefore is not based on direct observation of an admixture event that left any traces on present-day humans. It assumes that the same genetic mechanism would still have been at work nearly 200,000 years later, at the time of the final contacts between Sapiens and Neanderthals.

If we take into account the very strong tendency towards female mobility, a paradox appears, one that places the extrapolation proposed by the Science article under deep tension. If Sapiens women had, in fact, regularly entered Neanderthal groups, we would expect to see a recent genetic signal of Sapiens ancestry persisting among the last Neanderthals. But this is not what the available evidence shows. Among the earliest ancient Sapiens in Eurasia, Neanderthal ancestry is constant. By contrast, the Neanderthal genomes available so far document no recent Sapiens contribution within the last Neanderthal populations. The genetic flow documented at the time they last came into contact therefore operates in only one direction, from Neanderthal to Sapiens.

Another anthropological hypothesis then becomes thinkable. In a patrilocal world, the circulation of women does not just organise reproduction; it also sets up alliances between groups. If exchange ceases to be reciprocal, the entire relationship changes. The following offer may seem harsh, but it captures the paradox well:

“I take your sister, but I won’t give you mine.”

This should not be read as a mechanical description of every individual encounter. But the offer enables us to formulate a possible structure: that of an unequal relationship between two human worlds, perhaps even a durable social asymmetry between the Neanderthal and Sapiens groups. It was this link between one-way genetic flow, patrilocality, and the non-reciprocity of exchange that led me, in Néandertal nu in 2022, to formulate the singular paradox: “Neanderthal, Sapiens: I love you… me neither.”

Placed back within this framework, the meaning of the molecular signatures shifts. The asymmetry no longer reads as a “fossil trace” indicating a preference, but as one possible effect of a structurally unequal relationship between human populations. Add to this the fact that sex chromosomes eliminate certain genetic contributions faster, and the picture changes again. What we thought we were reading as a “romance” may in fact be more deeply rooted in asymmetrical social structures.

What genes do not know about humans

Projecting our own narratives of desire, taste, and preference onto the very long history of humanity allows us to remain within our zone of comfort. But the reality of confrontation with alterity is always a harsher affair. Our values possess no spontaneous universality. They cannot serve as the foundation for imagining worlds vanished from existence. Nor can encounters between Neanderthals and Sapiens be reduced to past loves or wars merely transposed from our modern imagination. Researchers are trying to get closer to social structures, forms of exchange, boundaries between groups, the quality of alliances, ways of building a society.

But to do this, aligning chromosomes or isotopes is not enough. Palaeoanthropology must regain its glory as a science that’s not only about bones, but that’s an ethological, cultural, and social study of bygone human societies.

The difficulty, then, is not to choose between supposedly solid disciplines and supposedly fragile ones. It is to learn how to make different fields of knowledge speak to one another, each working in its own way to analyse traces of humanity that are incomplete.

Perhaps that is the real lesson. Chromosomes tell us far more than a mere love story between populations: they lead us to far larger questions. Who enters the group? Under what conditions? According to what rules of circulation? Under what reciprocity, or non-reciprocity?
Often within what violence? And above all, within what changes in people’s status?

The body, its skin, its bones, its genes, its isotopes will never tell us anything about the reality of the individual within the wider society.
The human being is a creature which cannot be reduced to its matter.

Among humans, who we consider a “stranger” firmly remains in the “eye of the beholder”.

So yes, it is indeed a matter of taste. But not necessarily in the sense understood by major media outlets. What newspapers have turned into a an affair of sentimental preference may, in reality, belong to something far deeper and, occasionally, regarding certain forms of cannibalism; far more literal.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Ludovic Slimak ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. A matter of taste: did Neanderthals really like Sapiens women? – https://theconversation.com/a-matter-of-taste-did-neanderthals-really-like-sapiens-women-279905