Pourquoi l’ONU soutient-elle une nouvelle carte du monde plus fidèle à la taille de l’Afrique ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Jack Swab, Assistant Professor Department of Geography & Sustainability, University of Tennessee


L’ESSENTIEL

  • La projection Equal Earth représente plus fidèlement la taille réelle des continents, notamment celle de l’Afrique.

  • La projection de Mercator reste utile pour la navigation, mais déforme fortement les superficies.

  • Le soutien de l’ONU à Equal Earth vise aussi à corriger une représentation du monde héritée de rapports de pouvoir coloniaux.


L’ONU a adopté une résolution non contraignante recommandant la projection Equal Earth, une carte qui représente plus fidèlement la taille réelle des masses continentales. La projection aujourd’hui la plus couramment utilisée, appelée projection de Mercator, exagère fortement la superficie des terres situées vers les pôles Nord et Sud, ce qui fait paraître l’Afrique beaucoup plus petite. Sur la projection de Mercator, les pays proches des pôles peuvent apparaître de deux à quatorze fois plus grands qu’ils ne le sont réellement. La projection Equal Earth réduit au minimum ces distorsions, faisant ainsi paraître l’Afrique plus grande en comparaison.

Nous avons demandé à Jack Swab et Derek Alderman, cartographes et géographes qui étudient le pouvoir social et communicationnel des cartes, de nous expliquer ce changement.

Qu’est-ce qu’une projection cartographique ?

Une projection cartographique est une technique utilisée par les cartographes pour transformer la Terre, sphérique et en trois dimensions, en une carte plane en deux dimensions, comme celles que nous voyons sur un mur ou un écran d’ordinateur. Lorsque les cartographes aplatissent le globe, la carte se déforme, ce qui modifie les formes et les superficies. Aucune projection cartographique ne permet de représenter la Terre sans distorsion, mais certaines sont mieux adaptées que d’autres à certains usages.

Le travail du cartographe consiste à choisir parmi des centaines de projections différentes, en tenant compte de la région sur laquelle la carte est centrée et de l’usage qui en sera fait. Aucune projection n’est la meilleure dans toutes les situations. La nouvelle projection Equal Earth est mieux adaptée que celle de Mercator à la réalisation de cartes du monde à l’échelle planétaire destinées à l’enseignement, à la communication auprès du grand public et à l’élaboration des politiques publiques.

La projection de Mercator est-elle encore utile ?

Si la projection de Mercator représente mal la superficie des masses continentales, elle ne va pas pour autant disparaître complètement. Elle reste par exemple très utile pour la navigation, car elle permet de conserver un cap constant à la boussole entre deux points sans avoir à le recalculer.

C’est pourquoi la plupart des services de cartographie en ligne, comme Google Maps ou Apple Plans, s’appuient sur une variante de la projection de Mercator pour fournir des itinéraires. Pour la navigation, la projection Equal Earth serait moins efficace que celle de Mercator.

Comment la projection Equal Earth sera-t-elle utilisée ?

La cartographie est une activité décentralisée et aucune autorité unique ne réglemente le choix des projections utilisées. En adoptant cette résolution, l’ONU a surtout voulu soutenir l’idée générale selon laquelle Equal Earth est une projection plus juste, qui représente plus équitablement la superficie réelle des terres émergées. Et si cette initiative se situe à l’échelle mondiale, des mouvements se développent aussi au sein des communautés de cartographes pour faire d’Equal Earth la projection utilisée par défaut pour les cartes du monde.

À elle seule, la résolution de l’ONU ne suffira pas à faire adopter Equal Earth à l’échelle mondiale. Il faudra pour cela réviser délibérément les cartes utilisées dans les manuels scolaires, les bases de données, les productions médiatiques et les discussions diplomatiques, ce qui nécessitera du travail et des investissements financiers.

La projection Equal Earth a été mise au point par des cartographes et connaît un grand succès auprès de la profession depuis sa présentation en 2018. Il est désormais possible d’acheter des cartes murales utilisant cette projection, qui a déjà été adoptée par de nombreux médias. Cela dit, chacun devra faire le choix de privilégier Equal Earth par rapport aux autres projections.

Pourquoi la projection Equal Earth suscite-t-elle des résistances ?

Les résistances à la projection Equal Earth sont restées assez limitées. Plusieurs pays se sont abstenus lors du vote à l’Assemblée générale des Nations unies, mais la plupart l’ont fait pour d’autres raisons. L’Ukraine, par exemple, a exprimé des inquiétudes quant à la représentation sur la carte de la péninsule de Crimée, dont le statut est contesté et qui est présentée comme un territoire disputé sur le site d’Equal Earth.

Cette intervention a suscité une réponse de la Russie, ainsi que des remarques d’autres pays au sujet de territoires disputés. La résolution de l’ONU portait toutefois sur la manière de représenter le monde et non sur le tracé de frontières politiques particulières – un point sur lequel la Russie et l’Ukraine se sont accordées. Ces échanges relevaient donc essentiellement de prises de position géopolitiques sur des questions étrangères à la projection cartographique elle-même.

Les États-Unis ont fait figure d’exception en étant le seul pays à voter contre la projection Equal Earth. Ils ont affirmé que cette proposition s’inscrivait dans un « projet radical et idéologique » dont il n’appartenait pas aux Nations unies de débattre. Les délégués américains ont contesté les formulations établissant un lien entre les distorsions de la projection de Mercator, l’héritage colonial et la marginalisation de l’Afrique. Cette position n’est guère surprenante puisque l’administration actuelle nie l’existence de systèmes structurels d’inégalités.

Il est difficile de ne pas voir l’hypocrisie à l’œuvre. Les États-Unis voudraient empêcher les autres pays de débattre des implications politiques de la cartographie, alors même que le président Trump se livre à sa propre instrumentalisation nationaliste des cartes. Pour des raisons manifestement idéologiques et sans aucune concertation internationale, il a décidé unilatéralement de rebaptiser le golfe du Mexique « golfe d’Amérique » et le lac Ontario « lac America ».

En quoi cette nouvelle carte peut-elle changer notre vision du monde ?

Les pays africains ont défendu l’idée que la projection Equal Earth constituait une forme de « justice cognitive ». Celle-ci repose sur le constat que les individus ont souvent tendance à associer la puissance et l’importance d’un territoire à la taille qu’il semble avoir sur les cartes. La représentation traditionnelle de l’Afrique comme un continent plus petit que l’Europe ou l’Amérique du Nord reflète généralement l’importance supposée de ces différentes régions du monde.

La projection Equal Earth pourrait faciliter l’enseignement, la diffusion et la mise en débat d’une autre représentation de l’Afrique et de la place qu’elle occupe dans le monde. Les pays africains comptent aujourd’hui parmi ceux dont l’économie et la population connaissent les croissances les plus rapides. Une projection cartographique ne peut, à elle seule, changer les mentalités. Mais, alors que les pays africains cherchent à peser davantage dans les affaires internationales, corriger la carte mentale des dirigeants mondiaux constitue une étape importante pour mieux faire reconnaître la place et les droits du continent.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi l’ONU soutient-elle une nouvelle carte du monde plus fidèle à la taille de l’Afrique ? – https://theconversation.com/pourquoi-lonu-soutient-elle-une-nouvelle-carte-du-monde-plus-fidele-a-la-taille-de-lafrique-291935

De la sécheresse aux inondations en Afrique du Nord : à quoi faut-il s’attendre avec le super El Niño ?

Source: The Conversation – in French – By Hossein Bonakdari, Full Professor, Civil Engineering, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

Le Maroc a passé la majeure partie de la dernière décennie à s’assécher. Entre 2019 et 2024, le pays a enregistré six années consécutives de précipitations inférieures à la moyenne, la plus longue période de sécheresse jamais enregistrée au Maroc. L’année hydrologique 2023-2024 a été la plus sèche depuis plus de six décennies, avec un cumul national de seulement 106,4 mm.

Mais il ne s’agissait pas simplement d’un nouvel épisode de sécheresse. Le problème allait bien au-delà du manque de précipitations. Le Maroc était déjà confronté à un stress hydrique structurel, aggravé par la sécheresse : la disponibilité en eau renouvelable par habitant est passée de 2 560 m³ en 1960 à environ 620 m³ par an en 2020, plaçant le pays en situation de stress hydrique structurel. Parallèlement, la surexploitation des eaux souterraines a entraîné une baisse importante du niveau de plusieurs nappes phréatiques.

À l’automne 2025, rien ne laissait présager que cette situation était sur le point de changer. Puis est arrivé l’hiver 2025-2026.

Les pluies sont revenues soudainement, avec une ampleur que le Maroc n’avait pas connue depuis une génération. Sept années de sécheresse ont pris fin en un seul hiver. Les réservoirs, fortement affectés par des années de déficit hydrique, ont commencé à se remplir rapidement. Des cours d’eau qui s’étaient asséchés se sont remis à couler.

Aujourd’hui, un El Niño d’une intensité record se développe dans le Pacifique. Pourrait-il replonger le nord-ouest de l’Afrique dans la sécheresse ? L’analyse menée par mes collègues et moi suggère le contraire. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder à des milliers de kilomètres de là, du côté de l’Atlantique Nord.

Qu’est-ce qui a changé ?

Au Maroc, la majeure partie des précipitations tombe en hiver, portée par les perturbations issues de l’Atlantique. Le nombre de ces perturbations qui atteignent le pays dépend en partie de l’Oscillation nord-atlantique, qui correspond à la différence de pression atmosphérique entre les Açores et l’Islande.

Cette différence de pression influence la vitesse et la trajectoire du courant-jet, un puissant courant d’air en altitude qui agit comme une véritable autoroute pour les systèmes météorologiques.

Lorsque cette différence de pression est importante, le courant-jet tend à être plus rapide et à se déplacer plus au nord, dirigeant ainsi les perturbations vers l’Europe du Nord. Lorsqu’elle s’affaiblit, le courant-jet peut se décaler vers le sud. C’est essentiellement ce qui s’est produit au cours de l’hiver 2025-2026.

La pression atmosphérique a diminué autour des Açores et augmenté près de l’Islande. En réponse, le courant-jet a fortement ondulé vers le sud, jusqu’aux régions subtropicales. Son noyau, où les vents sont les plus forts, s’est déplacé vers les côtes marocaines plutôt que de rester plus au nord, en direction des îles Britanniques.

Nous avons identifié cette combinaison comme une configuration météorologique caractéristique du nord-ouest de l’Afrique: un gradient de pression affaibli, un courant-jet décalé vers le sud et des perturbations atlantiques atteignant le Maroc de façon répétée. Ce changement a redirigé la trajectoire des perturbations vers le Maroc.

Les perturbations atlantiques se sont alors succédé, apportant de l’air humide et de nouvelles précipitations sur des sols déjà saturés en eau. En rencontrant les reliefs du Rif et de l’Atlas, cet air humide a été contraint de s’élever, ce qui a intensifié les précipitations, en particulier dans le bassin du Sebou, dans le nord-est du pays.

Au cours de l’hiver 2025-2026, le courant-jet de l’Atlantique Nord, fortement ondulé et décalé vers le sud, a dirigé les perturbations atlantiques vers le Maroc. L’affaiblissement du gradient de pression entre les Açores et l’Islande était associé à ce déplacement vers le sud.

Que pourrait signifier un super El Niño?

Le Pacifique tropical connaît actuellement une évolution spectaculaire vers un super El Niño. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis estime désormais à plus de 90 % la probabilité qu’un El Niño de très forte intensité se produise cet hiver, la plupart des modèles prévoyant un événement exceptionnellement puissant. Cette situation soulève immédiatement deux questions importantes pour le Maroc.

Un super El Niño signifie-t-il que le Maroc connaîtra un nouvel hiver pluvieux ? Ou la sécheresse pourrait-elle faire son retour ?
Pour l’instant, il est encore trop tôt pour le dire. La raison est simple : El Niño ne représente qu’une partie du phénomène. L’océan Pacifique peut influencer les probabilités, mais pour le Maroc, c’est finalement l’Atlantique Nord qui pourrait déterminer la trajectoire des perturbations.

Les hivers marqués par un El Niño intense ont tendance, vers la fin de la saison, à favoriser la phase négative de l’Oscillation nord-atlantique (NAO), ce qui peut déplacer les perturbations atlantiques plus au sud. Des débuts d’hiver plus pluvieux dans la péninsule Ibérique ont également été associés à El Niño.

Si ces différents facteurs se combinent cet hiver, le gradient de pression entre les Açores et l’Islande pourrait de nouveau s’affaiblir. Le courant-jet pourrait alors se décaler vers le sud, permettant à davantage de perturbations atlantiques d’atteindre le Maroc et d’autres régions du nord-ouest de l’Afrique. Autrement dit, un El Niño intense pourrait accroître la probabilité d’un nouvel hiver pluvieux. Mais il y a une réserve importante.

Effets sur l’Atlantique Nord

L’Atlantique pourrait ne pas suivre le Pacifique. El Niño ne contrôle pas l’Atlantique Nord comme un simple interrupteur marche-arrêt. L’influence du Pacifique atteint l’Europe de manière indirecte et variable, et elle doit composer avec la forte variabilité interne propre à l’Atlantique Nord.

Cela permet de comprendre pourquoi, malgré des décennies de recherche, il reste difficile d’identifier une influence d’El Niño simple et fiable sur le climat méditerranéen. Notre analyse de l’hiver 2025-2026 illustre particulièrement bien cette incertitude.

Malgré le changement marqué de la circulation atmosphérique qui a entraîné le retour des pluies au Maroc, le Pacifique et l’Oscillation nord-atlantique étaient, dans les faits, largement indépendants l’un de l’autre. Cela indique que cet hiver pluvieux a été principalement déterminé par les conditions atmosphériques au-dessus de l’Atlantique Nord, plutôt que par un signal clairement identifiable provenant du Pacifique tropical.

Et les règles du jeu continuent d’évoluer. L’influence d’El Niño sur les précipitations en Afrique du Nord semble s’être renforcée depuis 2000, à mesure que les deux océans ont évolué de façon plus synchronisée. Mais, depuis que nous disposons d’observations, cette relation entre les deux océans s’est renforcée et affaiblie au fil du temps.

Une relation qui varie d’une décennie à l’autre constitue un indicateur peu fiable pour prévoir un hiver en particulier. El Niño de 2023-2024 en fournit un bon exemple. Durant cet épisode intense, les prévisionnistes s’attendaient à ce que l’Oscillation nord-atlantique passe en phase négative. Cela ne s’est finalement jamais produit.

Alors, le nord-ouest de l’Afrique pourrait-il retomber dans la sécheresse ? Oui, mais pas simplement à cause d’El Niño.

Après sept années de sécheresse et un hiver exceptionnellement pluvieux, le nord-ouest de l’Afrique fait maintenant face à une nouvelle saison d’incertitude. El Niño peut modifier les probabilités, mais il ne détermine pas à lui seul l’issue de la saison. El Niño peut favoriser certains scénarios, mais c’est l’Atlantique Nord qui, au bout du compte, déterminera ce qui se produira.

The Conversation

Hossein Bonakdari does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. De la sécheresse aux inondations en Afrique du Nord : à quoi faut-il s’attendre avec le super El Niño ? – https://theconversation.com/de-la-secheresse-aux-inondations-en-afrique-du-nord-a-quoi-faut-il-sattendre-avec-le-super-el-nino-291822

Suecia: casi empate en la democracia de los 700 millones de papeletas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Beatriz Fernández, Profesora de Comunicación Política en la UNAV, el IESA y Pforzheim, Universidad de Navarra

Carteles de los candidatos a las elecciones parlamentarias de Suecia en una calle de la ciudad Helsingborg. Alexanderstock23/Shutterstock

En Suecia se imprimen alrededor de 700 millones de papeletas para unos ocho millones de electores. Es decir, más de 80 papeletas por cada ciudadano con derecho a voto. La cifra parece absurda, hasta que uno llega al país escandinavo como observador electoral y descubre que las papeletas no son un residuo analógico de otros tiempos, sino el epicentro de un sistema electoral muy robusto.

Por primera vez, Suecia estableció en estas elecciones, celebradas el pasado domingo, un sistema de acreditación para organizaciones de observación electoral internacional. Fuimos recibidos por la Autoridad Electoral Sueca (Valmyndigheten) y pudimos conocer de primera mano las fortalezas que la propia institución atribuye a su sistema: descentralización, transparencia y, sorprendentemente, muchos elementos manuales.

En tiempos de inteligencia artificial, voto electrónico, deepfakes, blockchain y sofisticados sistemas de ciberseguridad, resulta casi contraintuitivo escuchar que una de las fortalezas de un sistema electoral moderno es que buena parte siga siendo manual. Pero tiene mucho sentido.

Las papeletas se imprimen, se distribuyen, se recogen y se cuentan. El escrutinio es público y cualquier ciudadano puede observar cómo se realiza. No hay una gran caja negra tecnológica que produzca el resultado: existen personas, papel, urnas y procedimientos. Y, sobre todo, una gran cultura democrática.

La confianza pública en el sistema electoral es extraordinariamente alta, cercana al 80 %. La participación electoral también lo es: 87 % en 2018 y 84 % en 2022. Es decir, más de ocho de cada diez suecos votan, y aproximadamente ocho de cada diez confían en que el sistema electoral funciona. Parece una buena combinación

También preguntamos a más de una docena de voluntarios en las mesas electorales por qué estaban allí. Si bien la jornada es remunerada, y la responsabilidad de las mesas corre a cargo de estudiantes y jubilados, la respuesta fue invariable: por la democracia.

Por último, otra cifra llama la atención: 349. En 1973, el Riksdag o Parlamento de Suecia tenía 350 parlamentarios y los dos bloques en liza quedaron exactamente empatados: 175 contra 175. Algunas votaciones tuvieron que resolverse por sorteo, en el llamado “Riksdag del sorteo”. La solución fue quitar un diputado.

Solo un escaño de diferencia

Medio siglo después, el fantasma vuelve a aparecer: el pronóstico actual sobre el resultado de las elecciones que se celebraron el 14 de septiembre coloca al bloque de centro izquierda, encabezado por la socialdemócrata Magdalena Andersson, en 175 escaños, frente a 174 de la derecha. No era es empate de 1973, pero se le parece mucho.

Los socialdemócratas vuelven a ser, pues, la mayor fuerza política y Andersson aspira a regresar al puesto de primera ministra, pero tendrá que construir una mayoría parlamentaria viable. El conservador Ulf Kristersson, líder del Partido Moderado, es el primer ministro desde 2022. No obstante, el resultado definitivo todavía está pendiente del recuento final, que debería anunciarse este miércoles.

En Estocolmo nos cruzamos con la joven socialdemocracia, clave en la renovación de esta opción política. En uno de los centros de observación nos topamos con su “familia”: jóvenes, entusiastas, vibrantes. La vieja rosa socialdemócrata ha sufrido una evolución casi cubista y la de los jóvenes aparece transformada en un símbolo multicolor. La renovación también se expresa gráficamente.

En general, los carteles electorales son sobrios, ordenados, y muy parecidos entre sí. No se percibe una gran batalla estética por diferenciarse. Pero los cierres de campaña mostraron que Suecia no vive al margen de las corrientes que atraviesan a las demás democracias occidentales.

La derecha populista hizo de Donald Trump un protagonista explícito de su campaña. Durante el cierre electoral aparecieron muñecos Trumpies y hasta un enorme letrero luminoso flotando sobre el agua. Trump está a miles de kilómetros de Estocolmo, pero también hizo campaña allí. Aún así, o quizás por ello, el porcentaje de votos obtenido por el partido populista de derecha (Sweeden Democrats) descendió poco más de 3 puntos a nivel nacional.

Observamos Rinkeby, un suburbio de Estocolmo donde la inmigración forma parte visible de la vida cotidiana. Muchos de sus habitantes tienen raíces musulmanas y en países del Cuerno de África. Es precisamente el tipo de lugar en el que uno esperaría que un partido construido alrededor de una identidad religiosa y cultural específica encontrara su espacio natural. Ese partido es Nyans.

Pero ni siquiera allí consiguió convertir esa concentración de población inmigrante y musulmana en una representación política significativa a escala nacional. El asunto es interesante porque Nyans había obtenido en 2022 algunos de sus mejores resultados precisamente en Rinkeby, un 21,9 % de los votos, convirtiéndose en una fuerza electoral muy relevante en el distrito. Esta vez, sin embargo, en los resultados preliminares Nyans ya ni aparece entre las fuerzas individualizadas.

El contraste ya resulta elocuente: allí donde Nyans había encontrado un nicho electoral favorable, la política vuelve a concentrarse en los partidos nacionales.

La imagen idílica de Suecia quedó atrás

Después de observar las elecciones suecas, uno podría quedarse con el dato más llamativo: 175 contra 174. O con Donald Trump flotando sobre el agua. O con los 700 millones de papeletas. Suecia ya no es aquella imagen idílica de la socialdemocracia nórdica que durante décadas exportamos como modelo; también aquí hay populismo, polarización, inmigración, guerras culturales y partidos identitarios. Lo que distingue a Suecia no es que haya conseguido evitar esos problemas, sino que sus instituciones sigan funcionando bien a pesar de ellos.

700 millones de papeletas parecen una extravagancia analógica. Pero quizás sean exactamente lo contrario: una tecnología institucional extraordinariamente sofisticada basada en algo muy sencillo: la transparencia y un sistema electoral que el ciudadano puede ver y tocar. Que pueda comprobar, contar, y si hace falta, recontar. Así, cuando termina el conteo, confía en el resultado. Quizás esa sea la verdadera sofisticación de una democracia: hacer tan transparente el proceso electoral como para que cualquiera pueda entenderlo.

The Conversation

Carmen Beatriz Fernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Suecia: casi empate en la democracia de los 700 millones de papeletas – https://theconversation.com/suecia-casi-empate-en-la-democracia-de-los-700-millones-de-papeletas-291908

¿Es posible un sólido que fluya? Los supersólidos ganan terreno

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sebastian A. Suarez, Investigador Ramón y Cajal en la UAM, Universidad Autónoma de Madrid

Anastasiia Guseva/Shutterstock

Una piedra sobre la mesa conserva su forma. El agua, en cambio, se adapta al vaso y, si se derrama, fluye libremente. Desde pequeños aprendemos a separar el mundo en categorías estancas y predecibles: lo sólido por un lado y lo líquido por el otro. Por eso, imaginar un sólido que pueda fluir sin dejar de ser sólido suena casi como una trampa o un truco de magia.

Pero ¿existen realmente? En nuestra vida cotidiana la respuesta es un rotundo no. Sin embargo, la física cuántica lleva décadas demostrando que las intuiciones funcionan muy bien a nuestra escala, pero se quedan cortas al describir la materia en condiciones extremas.

Ahí, algunas formas de materia pueden combinar un patrón espacial ordenado y movimiento sin fricción: los supersólidos

Desde fuera, un supersólido no parece un objeto cotidiano que cambie de forma o empiece a escurrirse. De hecho, las evidencias más claras de supersolidez se han obtenido principalmente en experimentos realizados a temperaturas extremadamente bajas y están formados por nubes de átomos ultrafríos. Lo extraordinario no es su aspecto, sino la manera en que esos átomos se organizan y responden colectivamente. Si un supersólido combina propiedades que parecían incompatibles, significa que nuestras categorías clásicas para describir la materia no son tan rígidas como creíamos.

No es miel, ni vidrio, ni pantallas LCD

Antes de adentrarnos en la rareza cuántica, conviene aclarar un malentendido común.

En la naturaleza existen materiales que parecen habitar en la frontera del mundo sólido y líquido. Así, la miel fluye con exasperante lentitud, la arena se comporta a veces como un fluido granular, el vidrio carece del orden regular de un cristal y los cristales líquidos de nuestras pantallas LCD combinan orden molecular con movilidad. Pero un supersólido no es nada de eso.

No hablamos de un sólido blando, ni de un líquido sumamente viscoso, ni de un cristal que está empezando a derretirse. La realidad cuántica es más extraña: hablamos de un sistema que reúne dos propiedades que normalmente nunca aparecen juntas. Por un lado, posee un patrón espacial ordenado, como el de un cristal. Por otro, una parte de sus átomos puede fluir sin fricción, como ocurre en un superfluido. Es decir, mantiene el orden característico de un sólido sin renunciar a una de las propiedades más sorprendentes de algunos fluidos cuánticos.

Distribuciones de densidad en un sólido ordinario, un superfluido y un supersólido. El celeste representa zonas de menor densidad atómica; el azul/verde intenso, alta densidad. El supersólido combina un patrón espacial ordenado con coherencia colectiva entre las regiones densas.

El líquido que se desplaza sin viscosidad

Para entender qué tiene de extraordinario un supersólido, primero hay que conocer la superfluidez.

En un líquido común, sus partículas chocan entre sí y con las paredes del recipiente, disipando parte de la energía en forma de calor. Esa resistencia interna al movimiento se llama viscosidad. En un superfluido, en cambio, una fracción del sistema puede desplazarse sin viscosidad y mantener el movimiento sin perder energía del modo habitual. Esto produce comportamientos que parecen imposibles a nuestra escala.

Un superfluido puede atravesar conductos extremadamente estrechos, circular durante mucho tiempo sin frenarse e incluso trepar por las paredes del recipiente formando una película muy fina. No es simplemente un líquido que fluye con facilidad: es un estado cuántico colectivo, en el que muchas partículas comparten una misma fase y se comportan de manera coordinada.

En 1970, el físico Anthony Leggett formuló de manera explícita la pregunta que daba título a su artículo: Can a Solid Be “Superfluid”? (“¿Puede un sólido ser también ‘superfluido’?”). Casi al mismo tiempo, otros trabajos teóricos mostraron que un sistema cuántico podía mantener un patrón cristalino y, a la vez, permitir un flujo sin viscosidad. Así nació el concepto de supersólido.

El largo y pedregoso camino del helio

Durante 40 años, el candidato natural para encontrar un supersólido fue el helio-4. No era una elección caprichosa: al enfriarse y comprimirse, el helio forma uno de los cristales cuánticos más extremos que conocemos. El entusiasmo estalló en 2004, cuando los físicos de la Universidad Estatal de Pensilvania E. Kim y M. H. W. Chan hicieron oscilar una muestra de helio sólido y observaron que una pequeña parte parecía no acompañar por completo el movimiento del recipiente.

Una posible explicación era que esa fracción se comportaba como un superfluido dentro del sólido. Pero el helio resultó ser un terreno mucho más resbaladizo de lo esperado. Con el tiempo, surgieron dudas sobre si aquellas señales demostraban realmente la supersolidez o si podían explicarse por defectos del cristal, impurezas, interfaces o cambios en la elasticidad del propio material. La idea seguía siendo posible, pero hacía falta un sistema más controlable para demostrarla con claridad.

La revolución de los imanes atómicos

La evidencia más limpia no llegó del helio, sino de una tecnología revolucionaria: los gases cuánticos ultrafríos. En estos sistemas se usan láseres y campos magnéticos para atrapar átomos en el vacío, enfriándolos hasta casi detenerlos. Tras varios experimentos pioneros que crearon estructuras ordenadas usando luz, una evidencia mucho más clara llegó con los llamados gases dipolares, compuestos por átomos que actúan como minúsculos imanes.

En 2019, varios laboratorios lograron observar una situación que hasta hacía poco parecía imposible: estos imanes atómicos se organizaban espontáneamente en una fila de gotitas ordenadas, como un sólido, mientras que el conjunto conservaba la capacidad de actuar como un fluido cuántico. Poco después, la observación de sus oscilaciones colectivas confirmó que no eran simplemente gotitas independientes, sino partes conectadas de un mismo estado supersólido.

¿Por qué importa romper los moldes?

En el colegio nos enseñan que la materia se presenta como sólido, líquido o gas, y más adelante incorporamos otros estados, como el plasma. Los supersólidos muestran que estas categorías son útiles, pero no siempre suficientes: en el mundo cuántico, una misma fase puede combinar propiedades que a nuestra escala parecen incompatibles.

Bajo condiciones extremas, el universo se vuelve paradójico. Estudiar estos sistemas intermedios no es solo un capricho teórico: entender cómo conviven el flujo perfecto y la rigidez ayuda a explorar otros estados cuánticos de la materia, incluidos ciertos superconductores no convencionales, así como escenarios extremos como la corteza de las estrellas de neutrones.

Al final, la cuántica nos demuestra que una pregunta aparentemente absurda puede convertirse en la llave de una nueva frontera científica.

The Conversation

Sebastian A. Suarez recibe soporte de RYC2023-042682-I y PID2025-168612NA-I00, financiado por MCIU/AEI/10.13039/501100011033 y por la ESF+.

Nahir Vadra García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Es posible un sólido que fluya? Los supersólidos ganan terreno – https://theconversation.com/es-posible-un-solido-que-fluya-los-supersolidos-ganan-terreno-286475

L’IA bouscule l’université bien au-delà de la triche

Source: The Conversation – in French – By Bernard Deschamps, PhD in Environmental Sciences, Université du Québec à Montréal (UQAM)

À l’université, l’intelligence artificielle générative s’est imposée dans le quotidien des étudiants bien plus vite que dans les cursus et les politiques d’évaluation. Entre obsession pour la fraude, retards bureaucratiques et manque de formation des enseignants, c’est moins l’outil que le sens même du diplôme qui se retrouve aujourd’hui remis en question.


Respectivement docteur en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal et doctorante en linguistique et didactique des langues à l’Université Laval, nous avons tous deux entrepris notre doctorat à l’époque où les premiers outils d’intelligence artificielle générative (IAG) faisaient leur apparition timide dans nos unités de recherche. Six ans plus tard, l’IAG est devenue un outil du quotidien pour la grande majorité des étudiants universitaires. Les chiffres sont éloquents.

Selon un rapport de KPMG Canada, 59 % des étudiants canadiens du postsecondaire utilisent désormais des outils d’IAG pour leurs travaux scolaires et 67 % affirment que cela a eu une incidence sur leur rétention des connaissances et leur pensée critique. Au Québec, un sondage récent mené auprès de 11 établissements de la région de Montréal révèle que près de 73 % des étudiants des universités participantes y ont recours. Cette perception contraste avec celle des enseignants qui ont tendance à minimiser l’exploitation concrète qu’en font les étudiants.

Nous souhaitons orienter la réflexion sur deux éléments clés de la discussion actuelle, soient la transformation structurelle des cursus et la formation initiale des enseignants.




À lire aussi :
L’IA au secours des enseignants débordés ? Oui, mais à conditions


Le diplôme à l’épreuve de l’IA

Dans leur essai « Ne faites plus d’étude : apprendre autrement à l’ère de l’IA », le chirurgien et spécialiste en IA français Laurent Alexandre et le professeur français en Sciences de la gestion Olivier Babeau affirment avec justesse que les universités « forment pour un monde déjà disparu ». Ce diagnostic sur le retard institutionnel est éclairant.

Le titre provocateur de l’ouvrage suggère l’abandon du modèle académique classique au profit d’une individualisation de l’enseignement par l’IA. Or, cette vision repose sur un postulat fragile. Elle présuppose chez l’apprenant une autonomie et un jugement critique nécessaires pour piloter l’IA. En réalité, ces deux compétences ne se décrètent pas, elles s’acquièrent et sont par surcroît inégalement réparties. C’est là que réside la vrai valeur ajoutée de l’université.

Nos institutions offrent l’encadrement et l’interaction humaine nécessaires pour transformer l’IA, de simple outil technique, en un véritable levier de développement de compétences. En pariant sur un savoir parfois autodidacte et souvent détaché des institutions, les auteurs négligent cette fonction. Si une minorité d’étudiants peut s’en tirer seule, la majorité risque d’y perdre au change.

En réalité, l’IA ne remplace pas le jugement critique, la contextualisation et l’expertise disciplinaire des enseignants. Elle en exige au contraire une maîtrise encore plus fine pour être utilisée à bon escient. Sandrine Decamps, Docteure belge en sciences de l’éducation et Axelle Zanichelli, Maître belge en sciences de l’éducation, le confirment : loin d’être une institution dépassée, l’université demeure l’espace le mieux placé pour garantir le développement de ce sens critique. Le sens critique est un excellent rempart contre l’appauvrissement de l’effort cognitif et la perte d’autonomie face aux agents conversationnels génératifs.

Le Québec face à l’IA : une impulsion freinée par la bureaucratie

Le Québec a pourtant fait preuve d’une vision proactive dès mai 2023 3 en publiant les recommandations du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST) pour une utilisation judicieuse de l’IA. Mais si la direction a été tracée tôt, le passage à l’action a été difficile.

Il aura fallu attendre août 2025, soit près de trois ans après l’arrivée de ChatGPT, pour que le ministère de l’Enseignement supérieur publie ses premiers documents de référence et balises de bonnes pratiques. Peu d’universités québécoises avaient réellement agi pour encadrer l’IA avant l’hiver 2024.




À lire aussi :
L’école a un rôle à jouer pour outiller les élèves face à l’omniprésence de l’IA


Au Canada, des universités comme l’Université de British Columbia et l’Université de Waterloo ont également développé des guides institutionnels destinés aux enseignants. Cependant, à l’instar du Québec, ces initiatives semblent davantage centrées sur l’encadrement de l’usage existant que sur la transformation des cursus.

Encadrer ou transformer ?

À ce jour, la réponse institutionnelle s’est surtout concentrée sur la fraude et l’intégrité académique. Pourtant, cette approche néglige une dimension essentielle. Loin de ne voir en l’IA qu’une opportunité de fraude, une partie importante de la communauté étudiante adopte une approche prudente.

Selon Andreanne Sabourin Laflamme, chercheuse en éthique et gouvernance de l’IA et Frédérick Bruneault, chercheur en éthique du numérique et en IA, 70 % des étudiants qui n’utilisent pas l’IA le font précisément pour préserver leur autonomie intellectuelle et leur capacité à réaliser leurs travaux par eux-mêmes. Les données nuancent ainsi le discours ambiant sur la « paresse cognitive ».


Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


Ce n’est pas l’IA qui est le problème, c’est son absence d’intégration pédagogique réfléchie. Hamsa Bastani, docteure états-unienne en ingénierie électrique, l’a démontré expérimentalement : les élèves utilisant l’IA sans garde-fous pédagogiques obtiennent des résultats 17 % inférieurs à leurs pairs une fois l’outil retiré. L’IAG utilisée comme béquille, privilégie la rapidité au détriment d’une compréhension approfondie.

C’est précisément ce que les universités doivent apprendre à encadrer. Si les enseignants ignorent comment intégrer ces outils, comment pourront-ils former leurs étudiants en conséquence ? La question est pédagogique et épistémologique autant que réglementaire.




À lire aussi :
Près de 80 % des travailleurs canadiens utilisent l’IA sans cadre institutionnel


Former ceux qui forment : l’angle mort à prioriser

L’adoption de cadres de référence, à l’image de celui proposé par l’UNESCO, constituerait un levier stratégique pour lancer nos travaux de réforme. L’UNESCO propose notamment de placer la maîtrise humaine au cœur de la technologie pour que l’enseignant garde le plein pouvoir sur les choix pédagogiques, tout en organisant l’apprentissage autour d’un trio dynamique entre l’enseignant, l’outil et l’élève.

En utilisant ces cadres de référence comme fil conducteur, les universités pourront transformer leurs cursus pour que l’évaluation privilégie enfin la synthèse et la réflexion critique plutôt que la restitution passive de la connaissance.

L’heure de choisir une direction

L’université ne peut plus se permettre d’attendre les directives ministérielles alors que l’IA s’est déjà imposée dans le quotidien de près de trois quarts de nos étudiants. Il est nécessaire d’engager une véritable transformation structurelle des cursus et de la formation initiale des enseignants.

Cette transformation se joue dans les comités de programme et les salles de cours, là où se définissent les critères d’évaluation de demain. Délicat, ce travail collectif dépasse la simple adaptation technologique et touche au cœur même de la mission universitaire.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. L’IA bouscule l’université bien au-delà de la triche – https://theconversation.com/lia-bouscule-luniversite-bien-au-dela-de-la-triche-284876

Teatro del Oprimido: como analizar la desigualdad en escena

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sophie Keeling, Ramon y Cajal research fellow, UNED – Universidad Nacional de Educación a Distancia

Laboratorio con Licko Turle, del Teatro del Oprimido, en el Museo de Antioquía en Medellín, Colombia. Museo de Antioquía, CC BY-NC-SA

Hace casi un año, empecé a asistir a clases de teatro. Soy filósofa así que se preguntarán qué me lleva a actuar por primera vez en mi vida adulta.

Todo empezó con mi interés por la teoría del punto de vista (TPV).

Pertenencia y comprensión crítica

La TPV es una postura influyente dentro de la filosofía feminista. Parte de la observación de que, si queremos entender mejor la marginación y la opresión, es mejor escuchar a quienes pertenecen al grupo en cuestión. Por ejemplo, para enterarse de cómo es el ambiente para las mujeres en una empresa, lo intuitivo sería hablar con las empleadas.

Pero además, según la TPV, lo importante no es (solo) que alguien pertenezca a algún grupo social y tenga ciertas experiencias –que sea una mujer, un inmigrante o tenga alguna discapacidad– sino que tenga un punto de vista, es decir, que tenga una comprensión crítica del mundo social que se genera a partir de la experiencia.

Por ejemplo, se puede ser mujer y percibir el mundo desde este género sin tener necesariamente una perspectiva feminista del mismo. Digamos que una cosa es ser consciente de todas las tareas que una hace dentro de la pareja y otra verlas como “una labor emocional injusta que forma parte de las desigualdades sociales”. Este punto de vista no se da por hecho, sino que se logra mediante la concienciación.

Cuando leía sobre la concienciación, imaginaba un círculo en el que las personas de un grupo de interés se sentaban, intercambiaban largas historias personales y las analizaban. Sin embargo, al aprender sobre ciertas prácticas de las artes escénicas, me di cuenta de los límites de esa concepción.

En particular, me interesé por el Teatro del Oprimido (TdO).

Darle protagonismo a los oprimidos

El Teatro del Oprimido fue desarrollado por el dramaturgo Augusto Boal en Brasil en los años setenta y desde entonces se ha expandido globalmente. Es una práctica en la que, en vez de actores profesionales, son los grupos oprimidos quienes actúan en sus propias narrativas sobre la opresión guiados por facilitadores. El fin es generar una mayor comprensión de la opresión a nivel del individuo, del grupo y de la sociedad. En muchas actuaciones del TdO, la audiencia puede intervenir, hacer sugerencias y contribuir a la actuación. De hecho, en palabras de Boal, no son espectadores, sino espect-actores.

El TdO utiliza diversas herramientas centradas en el cuerpo. Cada sesión empieza con juegos y ejercicios seleccionados para calentarlo, prestarle atención y fomentar la confianza y la intimidad dentro del grupo. Como académica que vive dentro de su cabeza, esto resultó especialmente importante.

Una de las técnicas esenciales es el “teatro imagen”, en la cual los participantes crean imágenes con su propio cuerpo y moldean el de los demás hasta crear una postura y una escena. Otra es el “teatro foro”, cuyo fin es el de solucionar problemas reales. Cuando se presentan escenas que plantean una cuestión práctica, la audiencia puede hacer sugerencias y actuarlas para ver cómo funcionan. Se trata de una reconfiguración importante de la forma que puede tomar la deliberación política.

Varias personas rodeadas de carteles discuten, sentados en la calle, sobre un texto.
Práctica del Teatro del Oprimido realizada por el Colectivo No’j en Guatemala.
Colectivo No’j /Flickr, CC BY-NC-SA

Conocí el TdO gracias a una amiga y enseguida lo conecté con la epistemología del punto de vista, ya que su objetivo es usar el teatro para reflexionar sobre las experiencias de opresión y generar una comprensión política más profunda. Por ejemplo, una de las actividades que llevamos a cabo en clase consistía en crear escenas a partir de propuestas como “la opresión” y “el poder”.

Esto implicaba prestar atención a la fisicidad del poder y a cómo se posicionan en el espacio quienes dominan. Luego –y esto fue lo importante– nos reunimos y la profesora nos preguntó qué nos sugería aquello. Dentro del grupo hubo momentos que resultaron bastante personales, y uno en concreto fue muy emotivo.

Mejoras en la comunicación

Una de las ventajas que tiene el Teatro del Oprimido como modo de concienciación se ve en el lenguaje.

Yo vivo en España, pero soy británica (en broma me autodenomino “la guiri del departamento”). Aunque no se está oprimido por ser de habla inglesa –más bien al contrario– aprender español de adulta me hizo afrontar bastantes retos y me dio una idea de los obstáculos a los que pueden enfrentarse los inmigrantes menos privilegiados que yo. Puedo imaginarme entonces cómo, para muchas personas, un círculo de intercambio de historias feminista puede parecer intimidante.

Así, la aplicación de técnicas no lingüísticas para generar comprensión me llamó la atención porque es una buena forma de incluir a personas con niveles diferentes de pericia en el idioma dominante.

Diferentes chicas se mantienen en posturas estáticas mientras otra va colocándolas.
Imagen de una sesión introductoria al Teatro del Oprimido y al teatro imagen.
Cristina Domínguez/Flickr, CC BY-NC-SA

Por ejemplo, en una actividad, empezamos con la propuesta de “poder”. Una mujer hizo con mímica gestos de estar fabricando algo. Luego, otra se colocó detrás de ella como si sostuviera un portapapeles, monitorizándola. Me uní a la escena y me arrodillé al lado de la primera mujer. En conjunto, la escena trasladaba las complejidades de las dinámicas de poder. Los oprimidos también pueden ser opresores y el poder suele estar estratificado, como argumentaron persuasivamente las mujeres racializadas en respuesta al feminismo blanco. Se trata de una idea compleja, pero expresarla rápidamente resulta más fácil cuando puede hacerse simplemente colocándose de rodillas.

Por supuesto, la comunicación se ha vuelto mucho más asequible gracias a los avances tecnológicos. Pero si recurrimos solo a ellos corremos el riesgo de perder de vista el cuerpo. Como precisamente el hecho de que ciertos tipos de cuerpos han sido marginados e ignorados constituye parte de lo que queremos comunicar, ¿por qué no hacerlo a través de la elección del cuerpo en sí mismo? Lo político y lo epistémico están entrelazados. También lo corporal.


¿Quiere recibir más artículos como este? Suscríbase a Suplemento Cultural y reciba la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música, seleccionados por nuestra editora de Arte + Humanidades Claudia Lorenzo.


The Conversation

Sophie Keeling recibe fondos del ministerio de ciencia e innovacion..

ref. Teatro del Oprimido: como analizar la desigualdad en escena – https://theconversation.com/teatro-del-oprimido-como-analizar-la-desigualdad-en-escena-289839

Doñana, el refugio exquisito de un tercio de las abejas conocidas en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco de Paula Molina Fuentes, Entomólogo e Investigador predoctoral, Estación Biológica de Doñana (EBD-CSIC)

Abeja silvestre de la especie _Flavipanurgus venustus_ en una flor de jara _Cistus crispus_ en el Parque Natural de Doñana. Francisco de Paula Molina.

Si pensamos en el Espacio Natural de Doñana, seguramente nos vengan a la cabeza el famoso lince ibérico, los flamencos o las marismas llenas de aves. Sin embargo, oculta entre pinares, matorrales y flores, existe una diversidad menos conocida: la de sus abejas silvestres.

Durante mucho tiempo, las abejas de Doñana han recibido poca atención científica y su estudio se ha realizado de forma fragmentada, ni siquiera sabíamos con certeza qué especies lo habitaban. En un trabajo reciente, que aúna por primera vez toda la información disponible sobre ellas, hemos identificado 385 especies en este espacio natural, lo que representa casi una tercera parte de las abejas conocidas de España. Esto nos muestra algo sencillo pero importante: para conservar un ecosistema necesitamos primero saber quién forma parte de él.

Dasypoda morotei en una jara Cistus ladanifer.
Francisco de Paula Molina.

Mucho más que la abeja de la miel

Cuando se habla de este insecto, es normal que pensemos directamente en la abeja de la miel (Apis mellifera). Esta es la única especie que produce miel y, además, constantemente protagoniza noticias en los medios, que nos alarman sobre su desaparición y las consecuencias de esta para la polinización. Pero la diversidad de abejas silvestres es muchísimo mayor.

Por añadidura, en muchos casos, pueden ser polinizadores más eficaces que la abeja de la miel. De hecho, la abundancia de abejas melíferas no siempre supone una buena noticia para el resto de polinizadores y plantas. Por ejemplo, un estudio mostró que la llegada de Apis mellifera a zonas de Doñana modificaba qué plantas visitaban los polinizadores silvestres y reducía el número de semillas que producían algunas especies.

Por eso, conocer nuestros polinizadores silvestres es de vital importancia tanto para conservar su diversidad como la de las plantas que visitan. En Doñana, encontramos desde enormes abejas carpinteras de 3 centímetros hasta especies diminutas de escasos milímetros que, muchas veces, pasan inadvertidas. La gran mayoría son solitarias: una vez apareada, la hembra se encarga por sí sola de construir un nido, poner los huevos y aprovisionarlos con polen y néctar. No existe una colonia con una reina y cientos de obreras: cada hembra se enfrenta sola a la tarea de sacar adelante a la siguiente generación, que no llegará a conocer.

Las abejas también nos hablan de las plantas

Jarales del género Cistus, como Cistus crispus, y plantas aromáticas como Salvia rosmarinus y Lavandula pedunculata son esenciales para proporcionar recursos a un gran número de especies de abejas.

Especie de Eucera hispaliensis en una lavanda, Lavandula pedunculata.
Francisco de Paula Molina.

Estos insectos dependen de las plantas para obtener néctar –su “gasolina” para volar– y polen para alimentar a su futura prole. Por ello, conocer las especies vegetales que liban y la frecuencia con que lo hacen nos ha proporcionado información sobre sus preferencias florales.

Con más de 28 000 visitas observadas de las abejas a las flores, hemos sido capaces de determinar cómo algunas son generalistas y pueden alimentarse de muchas variedades de plantas (adaptándose mejor, si un recurso escasea), mientras otras son especialistas y se alimentan de un número reducido de especies (por eso, pueden sufrir más, si escasean sus recursos).

El paisaje está cambiando

Comparar el presente con el pasado en ecología nos puede ayudar a entender cómo cambian las comunidades frente a factores como el cambio climático. Sin embargo, encontrar datos históricos que sean comparables o replicables en el presente no es fácil, debido a la escasez de estudios en el pasado que recogieran este tipo de información.

Por suerte, un trabajo de la década de 1980 realizado en Doñana nos facilitó tener un punto de referencia con el que comparar nuestros resultados obtenidos varias décadas después. Aunque el número de especies era parecido, la comunidad no era la misma: el 96 % del cambio observado correspondía al reemplazo de unas especies por otras.

Esta investigación nos muestra que las comunidades de abejas son dinámicas y pueden cambiar cuando varían las condiciones ambientales. Las sequías, la transformación de zonas naturales en agrícolas y los cambios debidos a factores climáticos en las abejas y en las plantas con floraciones más cortas contribuyen a esa reorganización.

Conocer para conservar

Un espacio natural puede albergar una enorme cantidad de especies que pasan completamente desapercibidas, algo muy común en insectos. Conocerlas es el primer paso para proteger sus poblaciones y los diferentes hábitats de los que dependen.

Este inventario constituye una línea base sobre la que poder seguir trabajando en el futuro. Nos permite saber qué especies están presentes hoy y, si continuamos observándolas, podremos saber cuáles permanecen, cuáles disminuyen y cuáles pueden llegar a desaparecer.

Quizás la próxima vez que caminemos por Doñana y veamos un jaral lleno de flores, podamos imaginar todo lo que ocurre entre sus pétalos: cientos de especies de abejas, algunas comunes y otras extraordinariamente raras, conectadas entre sí y con un entorno del que depende su supervivencia. Una parte esencial de Doñana está ahí, a unos centímetros del suelo, aunque casi nunca la veamos.

The Conversation

Francisco de Paula Molina Fuentes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Doñana, el refugio exquisito de un tercio de las abejas conocidas en España – https://theconversation.com/donana-el-refugio-exquisito-de-un-tercio-de-las-abejas-conocidas-en-espana-291002

Por qué las lluvias tras el verano son más que necesarias

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Lillo Ramos, Colaborador honorífico en el Grupo de investigación sobre Cambio Global Terrestre y Geología Ambiental, Universidad Rey Juan Carlos

Según los registros de la Agencia Estatal de Meteorología (AEMET), el verano de 2026 ha sido el más cálido de la serie histórica española (1961-2026). Los datos del periodo del 1 de junio al 31 de agosto indican que la temperatura media fue de 24,5 ºC, superando en 2,5 grados el promedio de la serie histórica y en 0,3 ºC al anterior verano más cálido, que fue el de 2025. Este año han tenido lugar cuatro olas de calor.

A las altas temperaturas se le añaden las escasas precipitaciones. Los meses de junio y julio han sido especialmente secos, con 12,4 mm (el 39 % del promedio normal del mes en el periodo 1991-2020) y 4,6 mm (un 26 % del promedio normal del mes) de precipitación, respectivamente.

El impacto en las reservas de agua embalsada

Aunque estas condiciones de altas temperaturas y escasas precipitaciones han tenido un importante impacto en la reserva de aguas embalsadas, a finales del verano las reservas totales eran algo superiores a las de 2025 como resultado de un invierno y primavera muy húmedos, con intensas precipitaciones.

No obstante, mientras que a finales de mayo la reserva hídrica peninsular estaba en 46 593 hm³ (83 % de la capacidad total), los últimos días de agosto había descendido a 35 87546 hm³ (64 % de la capacidad total). Como siempre ha ocurrido en la península ibérica, la distribución de las reservas es desigual, pero en este año destaca que las cuencas que tradicionalmente han tenido mayores reservas (Asturias, Galicia, Cantabria, Navarra, La Rioja), ahora presentan una mayor escasez, algunas de ellas en alarma de sequía según el Observatorio Europeo de Sequía.

En otros países europeos la situación meteorológica de elevadas temperaturas y escasas precipitaciones ha sido aún más dramática, especialmente en Centroeuropa, donde se han llegado a superar en 15 ºC los valores típicos del periodo 1961-1990. Ello ha generado la alerta por sequía en países como Francia, Países bajos, Luxemburgo, Alemania meridional, Bélgica, Italia septentrional, Polonia y aquellos países de la cuenca del Danubio.

Mapa de Europa con zonas en amarillo, naranja y rojo indicando el grado de sequía
Sequía en Europa (para mediados de agosto de 2026) según el Indicador Combinado de Sequía (CDI). Las áreas rojas estaban en alerta.
EU Drought Observatory, Copernicus Emergency Management Service, CC BY

Un periodo relativamente prolongado sin precipitaciones (sequía meteorológica) provoca –como uno de los efectos más evidentes– el descenso en los caudales de los ríos (como los extraordinariamente ocurridos en los grandes ríos europeos: Danubio, Rin, Po, Loira) y de las reservas embalsadas (sequía hidrológica). La ausencia de precipitaciones también incide en un descenso en la recarga de los acuíferos, aunque no tan conspicuo.




Leer más:
La sequía se gesta en los años lluviosos


El suelo se seca

La ocurrencia conjunta de altas temperaturas y escasez de precipitaciones tiene un grave impacto en el estado hídrico de los suelos, controlado fundamentalmente por dos procesos que dependen de las condiciones climáticas: la infiltración y la evapotranspiración. La primera representa la entrada –y posterior salida– del agua en el suelo por efecto de la gravedad.

La evapotranspiración –junto con la absorción del agua por las plantas– representa la salida del agua del suelo. Si la infiltración depende de las precipitaciones, la evapotranspiración depende de la temperatura, siendo mayor cuando esta es alta. El balance entre entradas y salidas del agua en el suelo define la retención de agua en él, muy condicionada por sus características físicas (textura y estructura) y orgánicas (grado de humificación).

Modelo conceptual de la evolución del perfil de humedad en un suelo desde un evento de precipitación hasta el punto de marchitamiento
Modelo conceptual de la evolución del perfil de humedad en un suelo desde un evento de precipitación hasta el punto de marchitamiento, tras un periodo prolongado de estiaje. θm es el contenido en agua en condiciones de punto de marchitamiento y θs es el contenido de agua máximo, en condiciones de saturación. La curva 1 representa el perfil de humedad durante el episodio de precipitación, cuando el suelo se satura en agua en su parte superficial. Las curvas 2, 3, 4 y 5 representan la evolución temporal del perfil de humedad en el suelo, una vez que ha dejado de llover y la parte superficial del suelo se va secando como consecuencia de la infiltración, la evapotranspiración y la absorción del agua por las plantas. En A, B, y C se representa la ocupación del agua en los poros. En A solo queda agua en poros capilares. En B hay una ocupación de poros más grandes. En C, prácticamente todos los poros (excepto los más grandes) están ocupados por agua.
Javier Lillo, CC BY-SA

Así, el suelo, localizado en la parte más superficial de esa zona situada entre la superficie del terreno y los acuíferos, actúa como un almacén temporal de agua disponible para las plantas. Cuando llueve, el agua entra en el suelo, que llega incluso a saturarse en su parte más superficial. Pero después, durante un periodo sin precipitaciones, se va perdiendo progresivamente –por evapotranspiración, absorción e infiltración– esa cantidad de agua que las plantas pueden tomar.

Si no llueve en mucho tiempo, se alcanzan unas condiciones de déficit de humedad (sequía hidroedáfica o agrícola). En esta situación, aun habiendo cierta cantidad de agua, las plantas son incapaces de ejercer la succión suficiente para tomarla, sufriendo entonces estrés hídrico y comenzando a secarse (punto de marchitamiento).

En esas condiciones de extrema sequedad edáfica, se genera una elevada cantidad de biomasa vegetal seca y, por otra parte, el suelo pierde su capacidad termorreguladora –permanece más caliente al haber muy poca evapotranspiración–. Así, se alcanzan unas condiciones de baja humedad extremadamente favorables para los incendios.

A su vez, las condiciones de intensa sequedad del suelo pueden provocar alteraciones en aquellas características edáficas que controlan su comportamiento hidrológico. Cambios en los poros por donde circula el agua –por pérdida de humificación, compactación y desestructuración– pueden derivar en una menor infiltración y, en contrapartida, una mayor escorrentía cuando tengan lugar los primeros eventos de precipitación tras el periodo de estiaje.

En muchos casos, la capacidad erosiva de la escorrentía se verá, además, agravada por esas alteraciones, dando lugar a un fenómeno de retroalimentación. En ese sentido, los suelos más resilientes a la sequía son aquellos que tienen una mayor retención de agua y pueden mantener condiciones de humedad durante más tiempo.

La necesidad de que llueva (bien) pronto

Por ello, tras este verano tan cálido y seco, es crucial que las lluvias lleguen pronto. Y que además lo hagan no como fenómenos tormentosos, sino como precipitaciones con intensidades relativamente bajas pero en periodos de mayor duración, de manera que se facilite la infiltración y no la escorrentía.

Para la AEMET, hay un 40 % de probabilidad de que el otoño sea más lluvioso de lo normal en el norte y el este peninsulares y en Baleares. En septiembre, la mayor probabilidad de precipitación por encima de la media se concentra en la vertiente mediterránea. En octubre y noviembre, esa mayor probabilidad se desplaza hacia el noroeste de la Península.

La ocurrencia de fenómenos tormentosos intensos es difícil de predecir, ya que dependen de complejas interacciones de factores y procesos (llegadas de masas de aire frío en altura, posición de las borrascas, humedad disponible, influencia de la Oscilación del Atlántico Norte, etc.) que solo pueden analizarse con cierta precisión cuando el evento está próximo en el tiempo.

Sin embargo, en la región mediterránea y la orla atlántica europea se han registrado temperaturas de la superficie marina anormalmente altas que han generado una mayor cantidad de vapor de agua en la atmósfera, lo que favorece una mayor probabilidad de ocurrencia de eventos intensos tormentosos y danas, especialmente en el litoral mediterráneo.

The Conversation

Javier Lillo Ramos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué las lluvias tras el verano son más que necesarias – https://theconversation.com/por-que-las-lluvias-tras-el-verano-son-mas-que-necesarias-291685

Bienestar familiar y autismo: la importancia de lo cotidiano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María del Mar Gómez Pérez, Profesora ayudante doctora de Psicología Evolutiva y de la Educación, Universidad de Málaga

New Africa/Shutterstock

Cuando pensamos en el autismo solemos centrarnos en terapias o apoyos educativos para los menores. Sin embargo, hay un aspecto igual de importante que suele pasar desapercibido: las rutinas diarias. Dormir bien, comer sin conflictos, moverse más y regular el uso de pantallas son factores cotidianos que pueden influir –y mucho– en el bienestar y la calidad de vida de las familias con hijos con autismo.

La investigación reciente apunta a que estos hábitos tienen un papel clave en la llamada “calidad de vida familiar”. Este concepto no es abstracto, se refiere a cosas muy concretas. Por ejemplo, si los miembros de la familia disfrutan del tiempo juntos (interacción familiar), si los padres se sienten emocionalmente agotados (bienestar emocional) y si la crianza se vive como una lucha constante o como algo llevadero.

Los problemas de sueño erosionan sobre todo la interacción familiar y el bienestar emocional, mientras que las dificultades con la alimentación tensan especialmente la crianza diaria.

Dormir mal no solo afecta al menor

El sueño se ha identificado como uno de los factores más influyentes. Las estimaciones varían según los estudios, pero una parte importante de los niños con autismo presenta dificultades para dormir. Destacan las dificultades para conciliar el sueño, despertares nocturnos o somnolencia durante el día. Pero sus consecuencias van mucho más allá. Cuando un niño tarda dos horas en dormirse o se despierta varias veces el cansancio no se acumula solo para el niño, sino también para su familia.

De hecho, una revisión sistemática reciente muestra que los problemas de sueño están asociados a una peor calidad de vida familiar. Además, un estudio con familias españolas sugiere que los problemas de sueño podrían explicar hasta un 60 % de las diferencias en bienestar familiar.

Dormir mal de forma continuada puede suponer un desgaste considerable y desestabilizar toda la dinámica familiar. En concreto, cuando el niño duerme mal, la interacción familiar se vuelve más tensa (hay menos paciencia para juegos y conversaciones) y el bienestar emocional de los cuidadores se resiente con mayor irritabilidad, ansiedad y sensación de agotamiento.

Comer también cuenta (y mucho)

La alimentación es otro de los grandes focos de tensión cotidiana. Algunos estudios estiman que hasta un 84 % de los niños con autismo presentan dificultades a la hora de comer. Para muchas familias, la hora de la comida puede convertirse en un momento tenso si hay rechazo a ciertos alimentos o resistencia a probar cosas nuevas.

Por ello, la evidencia señala una relación clara entre estos problemas y un peor bienestar familiar. En el estudio español antes mencionado, aunque con menor impacto, las dificultades en la alimentación seguían siendo un factor clave para entender el bienestar familiar.

El impacto se nota especialmente en el día a día. Por ejemplo, si cada comida se convierte en una negociación agotadora que consume una energía que la familia podría dedicar a otras interacciones más positivas.

Las pantallas no siempre son el enemigo

Aunque suele hablarse de las pantallas como un riesgo, en el caso del autismo esta perspectiva es más matizada. La evidencia aún es limitada y no siempre consistente, pero apunta a que, en ciertos contextos, pueden ayudar a reducir tensiones familiares.

Una posible explicación es que las pantallas pueden contribuir a calmar al niño o a reducir conductas problemáticas. En ese caso actuarían como una herramienta de regulación que también ofrece a las familias momentos de respiro.

Esto no implica recomendar un uso ilimitado, sino entender mejor cuándo y cómo pueden ser útiles. La clave no es prohibir o permitir sin más, sino preguntarse: ¿esta pantalla está ayudando a regular o está evitando algo que habría que trabajar?

Lo que no funciona tanto: la actividad física

La actividad física tiene beneficios claros para el desarrollo. Sin embargo, su impacto directo en el bienestar familiar es menos evidente. Aunque algunos estudios muestran efectos positivos, otros no encuentran una relación clara.

La actividad física es, sin duda, beneficiosa para la salud y el desarrollo. Pero la literatura científica sugiere que su influencia en el bienestar familiar no es tan consistente como el del sueño o la alimentación.

Lo cotidiano provoca grandes efectos

En un ámbito donde las intervenciones suelen centrarse en habilidades sociales, comunicación y conductas, estos hallazgos recuerdan algo esencial: la vida cotidiana también es un espacio de intervención. Dormir mejor, comer con menos conflictos y encontrar momentos de calma no son aspectos menores, sino pilares que sostienen el equilibrio familiar.

Además, se trata de factores con una ventaja clave: son modificables. A diferencia de otros aspectos más complejos del autismo, estos hábitos pueden abordarse con estrategias relativamente accesibles y adaptables.

La necesidad de ampliar la mirada

Estos hallazgos también invitan a ampliar el abordaje del autismo. Durante mucho tiempo el foco se ha puesto casi exclusivamente en el niño, pero cada vez es más evidente que la unidad clave es la familia.

En un contexto donde muchas familias conviven con altos niveles de carga emocional y organizativa, prestar atención a estas rutinas puede marcar la diferencia.

¿Qué implica esto en la práctica?

  • Para las familias: priorizar el sueño como un objetivo terapéutico más, no como algo menor.

  • Para los profesionales: incluir preguntas sobre alimentación y uso de pantallas en las evaluaciones de rutina.

  • Para las políticas públicas: formar a pediatras y terapeutas en la detección de estos problemas cotidianos.

Porque a veces, lo que transforma una familia no es una terapia novedosa, sino conseguir dormir del tirón tres noches seguidas.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Bienestar familiar y autismo: la importancia de lo cotidiano – https://theconversation.com/bienestar-familiar-y-autismo-la-importancia-de-lo-cotidiano-282675

Montar en bici, nadar, tocar la guitarra… Cómo recuperamos habilidades que parecían olvidadas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Oliver Serrano León, Director y profesor del Máster de Psicología General Sanitaria, Universidad Europea

LightField Studios/Shutterstock

La primera vez que volví a coger una guitarra después de varios años sin tocar sentí que mis manos ya no me pertenecían. La izquierda temblaba al intentar formar acordes sencillos, mientras que la derecha había perdido precisión. Canciones que antes salían automáticamente exigían ahora una atención agotadora.

Sin embargo, la torpeza duró poco. Tras una semana de práctica, muchos movimientos comenzaron a regresar. Los dedos encontraban posiciones conocidas, las transiciones se aceleraban y reaparecía esa peculiar sensación de actuar sin pensar cada gesto.

Algo parecido sucede cuando alguien vuelve a montar en bicicleta, esquiar, nadar o escribir con diez dedos después de un largo paréntesis. Al principio parece que la habilidad ha desaparecido. Después, el progreso se produce a una velocidad imposible para un principiante.

¿Dónde estuvo guardada durante todo ese tiempo?

Recordar cómo se hace

Cuando hablamos de memoria solemos pensar en nombres, fechas o acontecimientos. Pero recordar quién fue nuestro primer profesor no es lo mismo que saber mantener el equilibrio sobre una bicicleta. Las habilidades dependen en gran medida de la memoria procedimental: un sistema que permite adquirir y automatizar secuencias de acciones mediante la práctica.

Esta memoria no reside en un único “archivo”. El aprendizaje motor implica una red distribuida en la que participan la corteza motora, los ganglios basales y el cerebelo. Su contribución cambia a medida que avanzamos desde los primeros intentos conscientes hasta la ejecución fluida y automatizada, como describen los modelos sobre plasticidad durante el aprendizaje motor.

Aprender una canción lo ilustra bien. Al principio hay que pensar dónde colocar cada dedo, anticipar el siguiente acorde y vigilar el ritmo. Con la práctica, varios movimientos se agrupan en unidades mayores. El cerebro deja de gestionar cada gesto por separado y empieza a ejecutar secuencias completas.

Practicar transforma el cerebro

Tocar un instrumento resulta especialmente exigente porque obliga a coordinar información auditiva, visual, táctil y motora. Como ya se explicaba en un artículo de The Conversation, el entrenamiento musical prolongado puede modificar capacidades y redes cerebrales.

Los estudios con neuroimagen han encontrado diferencias estructurales entre músicos y no músicos en regiones relacionadas con el movimiento, la audición y la integración visuoespacial. Conviene ser prudentes: algunas diferencias pueden preceder al aprendizaje y favorecer que determinadas personas perseveren en la música. Pero también existen investigaciones longitudinales (a lo largo del tiempo) que muestran que el entrenamiento musical puede moldear el desarrollo cerebral.

Lo importante para entender la recuperación de una habilidad es que la práctica no solo mejora el rendimiento visible: también reorganiza los circuitos que lo producen. Un estudio clásico con resonancia magnética funcional mostró que aprender una secuencia de movimientos con los dedos modificaba la representación de esa tarea en la corteza motora adulta. El cerebro entrenado no queda igual que antes.

Dejar de rendir no equivale a olvidar

Cuando abandonamos una habilidad, se deterioran la velocidad, la precisión, la resistencia y la coordinación fina. Pero ese descenso no significa necesariamente que se haya borrado todo lo aprendido.

La memoria motora atraviesa procesos de consolidación que estabilizan progresivamente lo adquirido. En experimentos clásicos sobre memoria motora, una nueva tarea se volvía menos vulnerable a las interferencias después de varias horas, señal de que el recuerdo estaba pasando de un estado frágil a otro más estable.




Leer más:
La plasticidad sináptica nos permite aprender a montar en bici y recordar momentos emocionantes


Con los años pueden perderse componentes específicos y no todas las destrezas resisten igual. Influyen la cantidad y calidad de la práctica previa, el grado de automatización, la edad, las condiciones físicas y cuánto se parece la situación actual a aquella en la que aprendimos.

Aun así, algunos estudios han encontrado rastros de habilidades motoras después de ocho años sin practicar, aunque unas dimensiones del movimiento se conservaron mejor que otras. Por eso podemos sentirnos torpes y, al mismo tiempo, conservar parte de la arquitectura necesaria para recuperar el nivel.

El ahorro del reaprendizaje

La prueba más clara de que no empezamos de cero es la rapidez de la recuperación. En investigación se utiliza el término inglés savings, que podría traducirse como “ahorro”: cuando volvemos a una tarea aprendida, solemos progresar más deprisa que la primera vez.

El fenómeno se ha observado en numerosos experimentos de aprendizaje motor. Las personas que se enfrentan de nuevo a un patrón previamente aprendido suelen mostrar un reaprendizaje más rápido que durante el entrenamiento inicial.

Este ahorro no implica necesariamente que permanezca intacta una copia completa del movimiento. El cerebro puede conservar asociaciones entre errores y correcciones, estrategias conscientes, secuencias de acciones o una mayor facilidad para reconstruir el patrón. Las investigaciones actuales distinguen, de hecho, entre retener directamente una memoria y conservar la capacidad de reaprenderla.

Eso explica por qué alguien que tocó durante años puede recuperar en días lo que a un principiante le exigiría meses. Las primeras sesiones no construyen una habilidad nueva desde sus cimientos: reactivan y ajustan elementos que ya habían sido entrenados.

Las huellas que deja una habilidad

Parte de esa persistencia podría apoyarse en cambios físicos microscópicos. En estudios con animales, aprender movimientos nuevos favoreció la rápida formación y estabilización selectiva de espinas dendríticas, pequeñas estructuras mediante las cuales las neuronas establecen conexiones.

Otros trabajos han relacionado la existencia de espinas dendríticas mantenidas de forma estable con recuerdos motores duraderos. Algunas conexiones se modifican o desaparecen, pero otras podrían permanecer como parte de la huella estructural dejada por el aprendizaje.

Esto no significa que cada acorde tenga una conexión individual esperando intacta durante décadas, ya que las habilidades complejas son patrones distribuidos y dinámicos. Pero sí respalda una idea central: aprender deja cambios físicos que pueden sobrevivir a la inactividad y facilitar una recuperación posterior.

Volver no es retroceder al primer día

Retomar una habilidad puede resultar incómodo. Comparamos la ejecución presente con nuestro mejor momento pasado y confundimos la torpeza inicial con una pérdida definitiva. Sin embargo, la comparación justa no es con la persona que éramos al dejarlo, sino con quien nunca lo aprendió.

La plasticidad cerebral no solo permite adquirir habilidades nuevas. También ayuda a rescatar y actualizar las antiguas. La recuperación requerirá práctica y quizá no devuelva exactamente el mismo nivel, pero el camino suele estar parcialmente construido.

Por eso, cuando los dedos vuelven a desplazarse por el mástil o la bicicleta recupera el equilibrio, no estamos ante una memoria alojada literalmente en los músculos. Es el cerebro reconociendo una vieja tarea y demostrando que años de aprendizaje no desaparecen sin dejar rastro.

A veces, volver a empezar no significa empezar de nuevo.

The Conversation

Oliver Serrano León no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Montar en bici, nadar, tocar la guitarra… Cómo recuperamos habilidades que parecían olvidadas – https://theconversation.com/montar-en-bici-nadar-tocar-la-guitarra-como-recuperamos-habilidades-que-parecian-olvidadas-289413