Pourquoi certains réagissent mal aux piqûres de moustiques ? La réponse est dans la salive

Source: The Conversation – in French – By Khalid Beshir, Lecturer in Biomedical Science, University of East London

Deux personnes passent une soirée dans le même jardin et reçoivent à peu près le même nombre de piqûres de moustiques. Le lendemain matin, l’une d’elles ne les remarque presque pas, tandis que l’autre est couverte de grosses marques enflées qui démangent intensément et qui persistent pendant plusieurs jours.

La plupart d’entre nous ont déjà vécu cette expérience ou connaissent quelqu’un à qui cela est arrivé. Mais pourquoi les piqûres de moustiques ont-elles des effets si différents selon les personnes ? La réponse réside dans la façon dont la salive du moustique interagit avec notre système immunitaire unique.

Lorsqu’un moustique vous pique, il injecte de la salive dans votre peau. Le système immunitaire reconnaît cette salive comme un corps étranger et libère de l’histamine, une substance chimique produite par les cellules immunitaires qui provoque des symptômes allergiques tels que des rougeurs, de l’enflure et des démangeaisons.

Mais cela n’explique qu’en partie ce qui se passe. La salive d’un moustique contient également toute une série d’autres composés biologiquement actifs qui interagissent avec le système immunitaire de façons plus complexes qu’on ne le pensait auparavant.




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Par exemple, la salive d’un moustique contient également des protéines qui empêchent la coagulation du sang et maintiennent la circulation sanguine, ce qui lui permet de se nourrir sans être dérangé.

Ces mêmes protéines salivaires influencent la réponse immunitaire qui se produit au lieu de la piqûre. Plutôt que de servir uniquement à faciliter l’alimentation, la salive du moustique peut modifier l’environnement immunitaire local en quelques minutes après une piqûre.

En termes simples, la salive oriente le système immunitaire vers un type particulier de réponse (appelée « réponse Th2 ») qui est davantage associée à des réactions de type allergique qu’à la lutte contre les infections. Cela rend les vaisseaux sanguins voisins temporairement plus « perméables », ce qui contribue à attirer davantage de cellules immunitaires vers la zone touchée.

Dans le cas d’une simple piqûre, cela se traduit principalement par une rougeur, des démangeaisons et un gonflement plus importants. Mais les chercheurs pensent que ce même changement immunitaire pourrait également faciliter l’implantation des virus transportés par le moustique dans la peau et leur propagation dans l’organisme.

Pourquoi certaines personnes réagissent plus fortement

L’une des caractéristiques les plus frappantes des piqûres de moustiques est l’énorme variation dans la façon dont les gens y réagissent.

Une vaste étude génétique menée auprès de plus de 84 000 personnes confirme ce constat. Les participants ont rapporté avoir ressenti des réactions allant de petites bosses légères à de grosses bosses enflées. Même les réactions d’une même personne aux piqûres de moustiques variaient au fil du temps.

Les enfants réagissent souvent plus fortement que les adultes, et les personnes exposées à des espèces de moustiques qu’elles ne connaissent pas peuvent également réagir différemment, car la salive varie d’une espèce à l’autre. Cela s’explique en grande partie par l’exposition.

Les réactions ont tendance à être les plus fortes lors des premières expositions à une espèce particulière de moustique. Elles s’atténuent généralement au fil des expositions répétées, à mesure que le système immunitaire s’adapte — un peu comme si l’on développait progressivement une tolérance.

Comme les enfants n’ont tout simplement pas encore été piqués autant de fois, ils sont plus susceptibles de se trouver encore dans cette phase de réaction plus forte. La même logique explique l’effet « espèce inconnue » : un adulte qui réagit modérément aux moustiques de sa région peut réagir fortement lors d’un voyage dans un endroit où l’on trouve des espèces différentes de moustiques, puisque son système immunitaire n’a jamais été confronté auparavant à ces protéines salivaires particulières.

La génétique joue probablement aussi un rôle, les différences héréditaires dans la régulation immunitaire influençant l’intensité de la réaction d’une personne.

Mais la principale raison pour laquelle les gens réagissent si mal aux piqûres de moustiques tient à une légère hypersensibilité à la salive des moustiques.

Un tout-petit gratte une piqûre de moustique sur l’intérieur de son bras
Les enfants réagissent souvent plus vivement aux piqûres de moustiques.
(Shutterstock)

Certaines personnes, en nombre beaucoup plus restreint, présentent des réactions locales exagérées, parfois appelées « syndrome de Skeeter », où l’enflure s’étend bien au-delà de la piqûre elle-même et est souvent confondue avec une cellulite bactérienne (une infection cutanée provoquant des rougeurs et de l’enflure).

Il n’existe pas de cause unique connue à l’hypersensibilité. Cependant, on pense que le syndrome de Skeeter résulte d’une réponse immunitaire inhabituellement forte aux protéines présentes dans la salive du moustique, impliquant des anticorps spécifiques au moustique et d’autres réponses immunitaires inflammatoires.

On ne comprend pas encore tout à fait pourquoi certaines personnes développent cette réaction exagérée — bien que l’âge, une exposition antérieure aux moustiques et la susceptibilité individuelle puissent tous jouer un rôle. Heureusement, les réactions allergiques graves aux piqûres de moustiques sont extrêmement rares.

Si vous réagissez fortement aux piqûres de moustiques, l’application d’une compresse froide peu après la piqûre peut aider à réduire l’enflure. Les antihistaminiques oraux et les crèmes topiques à base de corticostéroïdes à faible concentration peuvent également soulager les démangeaisons et l’inflammation, surtout lorsqu’ils sont utilisés rapidement.




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Évitez de vous gratter, car cela peut prolonger l’inflammation, endommager la peau et augmenter le risque d’infection. Les personnes qui présentent des réactions inhabituellement importantes, une aggravation de la douleur ou de la fièvre devraient consulter un médecin.

La prévention des piqûres demeure la meilleure stratégie. L’utilisation de répulsifs contre les insectes, le fait de couvrir la peau exposée et de dormir sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans les régions où sévissent des maladies transmises par les moustiques peuvent tous contribuer à réduire le risque de se faire piquer.

La salive des moustiques et les maladies

Les conséquences de la salive des moustiques vont bien au-delà des piqûres et des démangeaisons qu’ils laissent derrière eux.

Les chercheurs reconnaissent de plus en plus que ces protéines salivaires pourraient influencer le processus de transmission des agents pathogènes des moustiques aux humains.

Plus précisément, les mêmes modifications immunitaires qui provoquent les démangeaisons liées aux piqûres semblent aider les virus transmis par les moustiques, tels que la dengue, le virus Zika et le virus du Nil occidental, à établir une infection initiale plus forte et à se propager dans l’organisme plus rapidement que si le virus était injecté sans être accompagné de salive.


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Une autre découverte intrigante provient de la recherche sur le paludisme. Une étude marquante a révélé que les enfants infectés par Plasmodium falciparum, l’espèce de parasite responsable de la forme la plus grave du paludisme chez l’humain, produisaient des odeurs corporelles différentes de celles des enfants non infectés. Plusieurs composés chimiques étaient présents en plus grande quantité, et les moustiques étaient attirés par certaines de ces odeurs.

Ces résultats suggèrent que les parasites du paludisme pourraient modifier les odeurs de l’hôte de manière à attirer davantage les moustiques, ce qui pourrait accroître leurs chances de transmission.

C’est pour ces raisons que les scientifiques étudient actuellement des vaccins qui ciblent la salive des moustiques elle-même, et non pas seulement les agents pathogènes qu’elle transporte.

Une piqûre de moustique peut sembler n’être qu’un désagrément mineur de l’été, mais elle reflète une interaction complexe entre la salive du moustique et le système immunitaire.

La Conversation Canada

Khalid Beshir ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi certains réagissent mal aux piqûres de moustiques ? La réponse est dans la salive – https://theconversation.com/pourquoi-certains-reagissent-mal-aux-piqures-de-moustiques-la-reponse-est-dans-la-salive-290984

Les professionnels de protection de l’enfance ne restent pas en poste. Voici pourquoi

Source: The Conversation – in French – By Thomas Saïas, Professeur de psychologie, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Depuis plus de vingt ans, les recherches menées en protection de l’enfance documentent une réalité préoccupante : les professionnels du secteur présentent des niveaux élevés de détresse psychologique, d’épuisement professionnel, de fatigue compassionnelle et de stress traumatique secondaire. Pour répondre à ces enjeux majeurs de santé mentale, les stratégies actuelles valorisent les réponses individuelles, notamment à travers la formation des professionnels. Très peu de recherches ou d’initiatives politiques ciblent le fonctionnement des institutions elles-mêmes.


Des travaux finlandais, norvégiens, ainsi que de nombreuses autres études internationales arrivent à des constats similaires : travailler auprès d’enfants en danger, de familles en crise et de situations marquées par la violence ou les traumatismes expose les intervenants à des risques psychologiques importants.

Rien de surprenant. Cependant, au Québec comme en France, nos institutions semblent toujours fonctionner en méconnaissance de cette réalité. Les indicateurs de santé des enfants « protégés » n’évoluent pas à la hausse, et les inégalités dont ils sont victimes par le système même chargé d’assurer leur développement augmentent.

Depuis 5 ans, un consortium entre l’Université du Québec à Montréal, où je suis professeur de psychologie, et l’Agence Kalía, en France, vise à identifier les meilleurs leviers institutionnels pour répondre aux besoins des professionnels sans leur faire porter de responsabilité supplémentaire. À travers des revues de littérature, des études d’étalonnage et des études qualitatives, notre équipe a pu identifier que, pour agir sur la qualité des services, il fallait s’adresser simultanément au fonctionnement institutionnel, au management et à la résilience professionnelle.

Les individus et les institutions

Les approches traditionnelles en psychologie du travail se sont longtemps attachées à comprendre pourquoi certains professionnels, exposés aux mêmes contraintes, tombent en épuisement professionnel ou développe de la détresse psychologique alors que d’autres semblaient mieux y faire face. Les recherches ont ainsi porté sur les caractéristiques individuelles, les stratégies d’adaptation, les compétences émotionnelles ou encore les interventions visant à renforcer la résilience et le soutien aux équipes.

Ces travaux ont permis de mieux comprendre les mécanismes individuels de l’épuisement. Ils n’ont toutefois pas suffi à enrayer les difficultés observées dans des secteurs particulièrement exigeants comme la protection de l’enfance.

Depuis une quinzaine d’années, la littérature a progressivement déplacé son regard. En 2015, les travaux d’Elizabeth L. Lizano, chercheuse américaine en travail social, et de Michàlle E. Mor Barak, professeure de travail social à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), ont montré que la santé mentale des professionnels dépend largement des conditions dans lesquelles ils exercent leur travail.




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La même année, la revue systématique de Paula McFadden, chercheuse nord-irlandaise spécialisée dans le bien-être des travailleurs sociaux, réalisée avec Andrew Campbell et Brian Taylor, de l’Université d’Ulster, aboutissait à des conclusions similaires. Charge de travail, soutien organisationnel, qualité de la supervision, stabilité des équipes et culture institutionnelle apparaissent ainsi comme des déterminants majeurs du bien-être psychologique des intervenants, et donc des conditions dans lesquelles les institutions sont en mesure d’exercer leur mission.

Autrement dit, les difficultés observées ne relèvent pas seulement de la capacité des individus à faire face à des situations complexes. Elles sont également liées à la manière dont les institutions organisent le travail de protection. Cela paraît normal. Qui veut voyager loin devrait ménager sa monture.

L’institution au service de ses professionnels

Mais cela étant dit, si l’on consulte les nombreux rapports gouvernementaux portant sur la qualité des services de protection de l’enfance, on ne peut que constater qu’une question fondamentale reste dans l’ombre : que se passe-t-il lorsque les professionnels vont mal ? Et que peuvent faire les institutions pour faire en sorte de prévenir ce mal-être ?

La protection de l’enfance repose largement sur des activités qui mobilisent le jugement humain : évaluer des situations ambiguës, construire des relations de confiance avec les familles, prendre des décisions dans l’incertitude, coordonner des partenaires ou maintenir une continuité relationnelle auprès des enfants. Dans un tel contexte, il paraît difficile de considérer l’état psychologique des professionnels comme une simple conséquence périphérique du système. Les données nous apprennent justement que la qualité de vie au travail est le principal facteur de réussite des interventions.


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Une profession technocratisée

Les travaux de notre équipe franco-québécoise auprès de professionnels français de la protection de l’enfance ont permis d’éclairer cette question sous un autre angle.

Les participants ne décrivaient pas seulement de la fatigue ou de la détresse. Ils et elles rapportaient une expérience marquée par l’urgence permanente, la difficulté à prioriser les situations, l’impression de « désamorcer des bombes » sans jamais résoudre les problèmes de fond, ainsi qu’une charge administrative qui concurrence directement le temps consacré aux enfants et aux familles. Plus encore, plusieurs évoquaient la difficulté croissante à disposer d’espaces permettant de réfléchir collectivement aux situations rencontrées.

Ces travaux convergent vers une idée simple : la qualité de l’intervention dépend en partie de la capacité des institutions à soutenir la capacité de penser de leurs professionnels.

Or cette question est rarement formulée ainsi. Lorsqu’une détresse psychologique est observée, la tentation est souvent de rechercher des solutions centrées sur les individus : soutien psychologique, gestion du stress, développement de la résilience ou formation. Ces réponses sont importantes. Elles peuvent cependant conduire à négliger une interrogation plus fondamentale : que nous apprend cette souffrance sur les organisations qui la produisent ?




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Cette question dépasse largement le seul champ de la protection de l’enfance. Elle renvoie à une difficulté récurrente dans les sciences humaines et dans les politiques publiques : celle de distinguer ce qui relève des personnes de ce qui relève des institutions. Lorsque des problèmes collectifs sont principalement observés à travers leurs manifestations individuelles, le risque est de psychologiser des phénomènes dont les déterminants sont en partie organisationnels, sociaux ou politiques.

Pour vraiment remettre les professionnels au centre de l’équation

Les recherches disponibles ne permettent pas encore d’affirmer que la détresse psychologique des professionnels affecte directement la qualité des décisions prises auprès des enfants et des familles. Elles montrent toutefois que cette détresse est associée au roulement de personnel, à l’absentéisme et au désengagement professionnel.

Le parcours des enfants confiés à la protection de l’enfance est d’emblée marqué par la discontinuité relationnelle. Comment penser traiter les effets de cette discontinuité par une autre forme de discontinuité. Comment le roulement de personnel ou le recours désormais courant aux agences de travail temporaire peut-il servir l’intérêt des enfants les plus vulnérables de nos sociétés ?

Il faut urgemment considérer la santé mentale des professionnels comme un facteur essentiel à la réussite de nos services. Il s’agit bien sûr d’un enjeu de bien-être au travail, mais également d’un indicateur de la capacité des institutions à remplir leur mission. Car lorsqu’un système chargé de protéger les enfants peine à protéger celles et ceux qui portent cette responsabilité au quotidien, ce n’est pas seulement un problème de santé mentale. C’est une information précieuse sur l’état du système lui-même.

La Conversation Canada

Thomas Saïas est associé et co-gérant de l’Agence Kalía.

ref. Les professionnels de protection de l’enfance ne restent pas en poste. Voici pourquoi – https://theconversation.com/les-professionnels-de-protection-de-lenfance-ne-restent-pas-en-poste-voici-pourquoi-285408

Más allá del coste económico: por qué las exhumaciones de víctimas de la Guerra Civil y la dictadura nos benefician a todos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Estévez Paz, Profesor de Psicología Social de la Universidad Complutense de Madrid., Universidad Complutense de Madrid

El debate en torno a la inversión económica que requieren los proyectos de exhumaciones de víctimas de la guerra civil y la dictadura no debería centrarse en el cálculo del coste por cada víctima identificada, pues con ello se confunde coste y valor.

Desde la perspectiva de la ciencia social, es esencial que, al valorar su relación coste/beneficio, aprendamos a observar sus efectos en términos de convivencia social. Ello aun cuando no se logre la identificación por ADN de los restos, ya que han pasado más de 90 años desde el golpe de Estado que provocó la Guerra Civil.

“Pérdida ambigua”, el trauma del cuerpo ausente

Cuando una persona desaparece en un contexto de violencia política y su cuerpo nunca es encontrado, sus seres queridos pueden transitar lo que en psicología se denomina “pérdida ambigua”. Un duelo que no puede cerrarse porque falta el principal elemento que cualquier cultura necesita para procesar una muerte: el cuerpo.

Un estudio de 2021 con familiares de personas desaparecidas en el sur de Sri Lanka lo resume así: la ambigüedad no resuelta actúa como barrera para adaptarse al duelo y se asocia con síntomas depresivos y con conflictos relacionales sostenidos en el tiempo.

El patrón se repite en contextos muy distintos. La ausencia del cuerpo no es un trámite pendiente, es un segundo daño añadido al trauma primigenio (el causado por la muerte del ser querido), que se mantiene de forma indefinida, afectando incluso a las siguientes generaciones.

En la región de Somalilandia, un estudio con 74 familiares de víctimas de la dictadura de Siad Barre encontró que las exhumaciones ayudan a combatir la pérdida ambigua y permiten un entierro culturalmente apropiado aun en ausencia de procesos judiciales. Buscar los restos de los desparecidos no puede devolverle la vida a los asesinados, pero sí dar paz a sus familias.

Más allá del núcleo familiar directo de las víctimas, el efecto social está menos estudiado, pero tiene mayor visibilidad. En Guatemala, donde el conflicto armado dejó más de 200 000 muertos o desaparecidos, la Fundación de Antropología Forense documentó cómo el propio acto de exhumación transforma las fosas en lugares de memoria e identidad, y redignifica a comunidades –mayoritariamente mayas–, que el Estado había etiquetado como “vidas desnudas” para justificar su exterminio.

España no es diferente

A este respecto, por mucho que se empeñara en lo contrario la maquinaria de comunicación franquista, “Spain is not diferent”, y nunca lo ha sido.




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Un estudio, publicado en 2025 en International Journal for Crime, Justice
and Social Democracy
, centrado en España, documenta que los emplazamientos de exhumación abiertos han creado espacios donde familias, arqueólogos y comunidades locales colaboran. Esa colaboración fomenta la revisión de la memoria colectiva y el reconocimiento público de las injusticias del pasado, generando un efecto que no queda confinado al círculo familiar.

Otro estudio etnográfico con familiares de desaparecidos realizado por la AMEDE (Asociación por la Recuperación de la Memoria Democrática, Social y Política de San Fernando, Cádiz) identificó tres parejas de emociones dominantes durante el proceso de exhumación: pena y dolor, orgullo y coraje, indignación y solidaridad. Concluyó que, a través de la exhumación, las familias buscan dignificar la memoria de los desaparecidos y reclaman el pago de una deuda social contraída durante el golpe de Estado y la dictadura.

Relación de la sociedad con las familias de las víctimas

Hay al menos dos formas de entender la relación entre las familias de las víctimas y el resto de la sociedad. La primera concibe a la sociedad actual como protectora (quien gasta) en atención de una familia que sufre “pena y dolor”. Es la lógica que evalúa estos procesos en términos de coste/beneficio, la misma que reduce la identificación de una víctima al porcentaje del coste que le corresponde.

La segunda concibe a la sociedad como deudora. Responsable de su propia historia, está obligada moral y legalmente a asumir el coste de las exhumaciones porque así lo exige la deuda contraída con esas familias, a quienes hemos de devolver su “orgullo” y reconocer “su coraje”.

Ambos modelos, sin embargo, mantienen una separación entre “la sociedad” y “la familia” que tal vez no sea más que un artificio. ¿Acaso esas familias no son parte de la sociedad? ¿Acaso la sociedad no es, al menos de un modo conceptual, una familia más grande?

¿Es que esos muertos no son nuestros? ¿No debería sentirse indignada y solidaria la sociedad entera? Los asesinados eran tan españoles como quienes los asesinaron y tan españoles como lo somos quienes nacimos después. La deuda, entonces, no es de una sociedad abstracta hacia una serie familias concretas, sino de una sociedad concreta, la nuestra, que ha de indignarse y solidarizarse junto a cada familia y, a la vez, consigo misma.

Actuar desde la ‘comunitas’ para sanar la democracia

En esta lógica suprafamiliar, comprometerse a sanar (o al menos a dejar de dañar) a estas familias es, al mismo tiempo, contribuir a sanar (o al menos a dejar de dañar) a nuestra sociedad (en abstracto) y nuestra democracia (en concreto).

Existe un nosotros (al que la antropología cultural llama “comunitas”) del que todos formamos parte como miembros de una misma especie, de un mismo país, de una misma comunidad, de una misma familia, etc.

La represión desagregó a sus víctimas de todos esos colectivos: les negó su libertad, su nacionalidad, su humanidad y, finalmente, su vida. Con cada exhumación de una víctima de la Guerra Civil y la dictadura en nuestro país una familia recupera a un familiar, España recupera a un español y la humanidad entera recupera a un ser humano. La familia aprehende esos huesos; la sociedad aprende de ellos.

Sólo tengo constancia de dos estudios sociológicos válidos y fiables en los que se haya preguntado a la población española en su conjunto sobre su opinión al respecto de las exhumaciones de víctimas del franquismo: el estudio número 2 760 del CIS (2008) y la encuesta realizada por SocioMétrica para el diario El Español en torno al 20-N de 2025, coincidiendo con el 50 aniversario de la muerte de Franco.

En la encuesta del CIS, el 64,1 % de los encuestados se mostró a favor de los trabajos de identificación de las víctimas. En el estudio de 2025, esa cifra subió a un 68,2 % de la población favorable a la “exhumación de fosas y recuperación de cadáveres”.

El Español compartió unos días después los microdatos de ese estudio. En ellos se desagregan los resultados en función del partido político al que habían votado los encuestados. Los resultados evidenciaron una clara inclinación general a favor de estos procesos, incluyendo a los votantes del PP.

Sin embargo, el titular que todos recordaremos de aquel 50 aniversario de la muerte del dictador fue: “El 36 % de los españoles, a favor de lo que supuso Franco para España y el 56 % en contra; con empate entre los jóvenes”.

Desconexión moral

La psicología advierte sobre mecanismos de desconexión
moral
, como minimizar las consecuencias de la guerra y la dictadura y difuminar la responsabilidad de las violaciones de derechos humanos, ente otros. Estos procesos no son exclusivos de quienes ejercen la violencia en el momento en que ocurre. Son, también, las herramientas psicológicas con las que las generaciones posteriores se distancian, reescriben, moderan o directamente invierten el juicio moral sobre esa violencia con el paso del tiempo.

Frente a este proceso de erosión de la historia, la exhumación de víctimas
cumple una función que ninguna otra medida de memoria democrática puede
sustituir: hace literalmente imposible el negacionismo frente a la presencia material del cuerpo de otro ser humano.

Nuestro cerebro puede cuestionarse de forma abstracta si “hubo cosas buenas y cosas malas” en la dictadura, pero resulta mucho más difícil a nivel cognitivo sostener ese relato como justificación de la violencia cuando se está ante la evidencia física de un cráneo humano con el orificio de un disparo en la nuca. En esa escena vemos los restos mortales de una persona, con un nombre y una familia que ha seguido buscándole y que reivindica su derecho a despedirse de sus restos.

El “giro forense” de la memoria

La literatura científica acerca del “giro forense” que encontramos en los estudios de memoria sobre el caso español documenta precisamente esto: el hueso no es solo prueba científica. Es un espejo que devuelve concreción e irrefutabilidad a un pasado que el debate político puede, de otro modo, seguir discutiendo indefinidamente en términos abstractos y, por tanto, manipulables.

Desde esta perspectiva (la social/comunitaria), cada exhumación no es solo un acto de reparación y justicia hacia una familia concreta, aunque lo sea en primer lugar y por encima de todo. Es también, para el comunitas de una sociedad concreta, la nuestra, una forma de prevenir el autoritarismo. También representa un recordatorio material, verificable y difícil de negar de las consecuencias últimas de la deshumanización del diferente.

No se puede valorar una medida de reparación moral sin comprender antes el daño que repara. En el modelo clásico de duelo de Kübler-Ross, la negación es la primera de cinco fases. En el más evidenciado enfoque del psicólogo William Worden, aceptar la realidad de la pérdida es la primera de cuatro tareas que deben realizarse para poder progresar. Para ambas teorías, las personas que transitan un duelo no puede avanzar mientras no reconozcan y tomen plena conciencia de lo que han perdido. Las sociedades, sospecho, tampoco.

The Conversation

Miguel Ángel Estévez Paz colabora en proyectos de investigación y acompañamiento psicosocial a víctimas de violencia política en Colombia y España financiados por diferentes entidades públicas.

Declara su implicación personal en la temática como nieto y sobrino nieto de represaliados que fueron encarcelados durante la dictadura en España cuya historia sigue aún tratando de esclarecer y documentar.

ref. Más allá del coste económico: por qué las exhumaciones de víctimas de la Guerra Civil y la dictadura nos benefician a todos – https://theconversation.com/mas-alla-del-coste-economico-por-que-las-exhumaciones-de-victimas-de-la-guerra-civil-y-la-dictadura-nos-benefician-a-todos-289795

Así son los ‘ninis informativos’: el 53 % de los jóvenes ni confía ni se interesa por las noticias

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Roncesvalles Labiano Juangarcía, Profesora Contratada Doctora, Departamento de Periodismo, Universidad de Navarra

Una democracia sana requiere ciudadanos bien informados. Aunque los jóvenes han mostrado tradicionalmente menos interés por el consumo de noticias que el resto de la población española, algunas investigaciones recientes revelan un preocupante aumento de la brecha informativa intergeneracional.

En general, y según los datos del Digital News Report España 2026 elaborado por investigadores de la Universidad de Navarra, los españoles consultan las noticias con menor frecuencia que hace siete años. Si en 2019 nueve de cada diez españoles se informaban una vez al día, en 2026 lo hacen ocho de cada diez.

Entre los menores de 25 años el descenso ha sido mucho más acusado al pasar del 77 % en 2019 al 54 % en 2026. En el otro extremo, el 7 % de los jóvenes afirma no informarse nunca, aproximadamente el doble que el resto de la población.

Revertir esta tendencia parece complicado si nos atenemos a dos motores principales para estar informado: el interés y la confianza en las noticias. Por lo que se refiere al primero, el 54 % de los españoles está muy interesado en la información frente al 33 % de los jóvenes de 18 a 24 años. La distancia intergeneracional ha pasado de 13 puntos en 2019 a 21 puntos en 2026.

Los datos de confianza tampoco son muy alentadores: solo el 25 % de los jóvenes confía habitualmente en las noticias, ocho puntos menos que el conjunto de la población española (33 %). La combinación de escaso interés y poca confianza permite identificar un grupo especialmente significativo, los “ninis informativos”, ciudadanos que no muestran ni interés ni confianza en la información. En España representa el 35 % de la población, pero entre los menores de 25 años alcanza al 53 %.

Lo paradójico es que esto ocurre en un momento en el que la oferta de contenidos es prácticamente ilimitada y acompaña a los jóvenes allí donde pasan buena parte de su tiempo. Redes sociales, plataformas de vídeo, buscadores, aplicaciones móviles y, más recientemente, chatbots de inteligencia artificial conviven hoy con la televisión, la radio y los medios impresos y digitales.

Redes sociales como única fuente informativa

La explicación a esta paradoja se encuentra en parte en la transformación de las principales vías de acceso a las noticias. Las redes sociales son el ejemplo más evidente: el 59 % de los menores de 25 años las utiliza para estar informado (12 puntos más que el conjunto de la población) y el 47 % las considera su principal fuente de noticias (23 puntos más). La televisión muestra prácticamente la relación inversa: continúa siendo la principal fuente para el 41 % de los españoles, pero solo para el 23 % de los jóvenes.

Todo esto refleja no solo el cambio de un dispositivo por otro, sino la transformación generacional del modelo de consumo de información. Antes el ciudadano buscaba las noticias y ahora le llegan mientras hace otras cosas.

Y aquí aparece otra de las contradicciones más interesantes: los jóvenes recurren a las redes pero no se fían de ellas. Solo el 15 % de los menores de 25 años afirma confiar en las noticias que encuentra en redes sociales. Más de la mitad, el 55 %, desconfía de ellas. Esta aparente incoherencia ayuda a entender uno de los cambios más profundos del actual ecosistema informativo: la confianza ya no determina por sí sola qué fuente o medio informativo se usa. La elección depende también de la comodidad, inmediatez, quién nos presenta las noticias y cómo captan nuestra atención.

Los influencers ganan a los medios tradicionales

Ahí radica uno de los grandes desafíos para los medios tradicionales. Su principal competidor no es una fuente que los jóvenes consideren más fiable, sino simplemente alguien que aparece antes y encaja mejor con su forma de consumir contenidos: los creadores de contenidos o influencers. El 36 % de los jóvenes los usa para estar informado frente al 23 % de la población total.

¿Cuál es su principal atractivo en comparación con los medios tradicionales? La mayoría los percibe más entretenidos (69 %), cercanos (61 %), comprensibles (54 %) y auténticos (39 %). Son atributos que no tienen que ver estrictamente con la calidad periodística de la información, sino con conectar con la gente.

Sin embargo, los medios siguen conservando ventaja en atributos estrictamente informativos, como la fiabilidad, el conocimiento o la imparcialidad. Por lo tanto, pueden seguir siendo considerados más creíbles y rigurosos y, al mismo tiempo, dejar de ocupar el centro de la dieta informativa juvenil. Ese es probablemente uno de los grandes desafíos para el periodismo. La credibilidad continúa siendo imprescindible, pero ya no basta para garantizar relevancia ni consumo.

Buscando cercanía, claridad y entretenimiento

Los medios compiten en un ecosistema donde las personas no eligen únicamente en función de quién ofrece la información más fiable. Compiten también por la atención, la cercanía, la claridad, el entretenimiento, la personalidad y la capacidad para integrarse de manera natural en las rutinas digitales.

Eso no significa que el periodismo deba convertirse en un producto de entretenimiento ni imitar a los influencers. Tampoco que deba sacrificar rigor para conseguir clics o visualizaciones. Significa que no puede dar por supuesto que la credibilidad o el rigor, por sí solos, garantizan una audiencia.

La cuestión ya no consiste únicamente en conseguir que los jóvenes vuelvan a los medios. Antes habrá que entender por qué se han alejado, qué esperan cuando buscan información, por qué determinadas voces consiguen captar su atención y cómo puede el periodismo trasladar a los nuevos entornos aquello que continúa constituyendo su principal ventaja: ofrecer información fiable, contrastada y relevante para comprender el mundo.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Así son los ‘ninis informativos’: el 53 % de los jóvenes ni confía ni se interesa por las noticias – https://theconversation.com/asi-son-los-ninis-informativos-el-53-de-los-jovenes-ni-confia-ni-se-interesa-por-las-noticias-288236

El arte del ‘ligoteo’ molecular

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Irene Toledo Alday, Investigadora predoctoral en física de nanoestructuras y materiales avanzados, Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)

Anusorn Nakdee/Shutterstock

El ligoteo es un fenómeno difícil de predecir. Una miradita, una sonrisa cómplice, un contacto visual que dura unos segundos más de lo esperado… Con el tiempo, lo que empezó como una interacción tímida puede transformarse en una relación funcional: dos personas que se entienden, coordinan sus rutinas y construyen una historia compartida.

Sabemos identificar con facilidad el principio y el final de esas historias. Lo difícil es explicar qué ocurre entre medias. No existe un manual universal ni una serie de pasos infalibles que funcionen en todas las relaciones. Cada encuentro depende de múltiples factores: afinidad, contexto, momento… y una buena dosis de imprevisibilidad.

En química y biología molecular ocurre algo sorprendentemente parecido.

Encuentros esporádicos que se convierten en algo más

Muchas moléculas, como proteínas o péptidos, pasan gran parte de su existencia encontrándose con otras moléculas en su entorno. Se acercan, prueban distintas orientaciones, se separan y vuelven a encontrarse. Es un proceso lleno de ensayo y error que recuerda bastante a una primera cita: nadie sabe muy bien cómo terminará la conversación, pero pequeñas señales pueden marcar la diferencia.

Este fenómeno se conoce como agregación. Durante la agregación, distintas moléculas empiezan a juntarse sin formar todavía una estructura bien definida. Son encuentros tentativos, agrupaciones inestables que pueden disolverse con facilidad. Como en cualquier noche de bar, la mayoría de estos encuentros no prospera demasiado.

Sin embargo, de vez en cuando ocurre algo distinto.

Cuando las condiciones –la concentración, la temperatura o el entorno químico– son adecuadas, las moléculas dejan de agruparse de forma aleatoria y empiezan a organizarse espontáneamente en estructuras ordenadas y estables.

Hablamos de uno de los fenómenos más fascinantes de la naturaleza: el autoensamblaje. Consiste en la capacidad que tienen componentes relativamente simples de organizarse por sí solos en estructuras complejas sin necesidad de un director externo. Es como si, tras la fase de ligoteo molecular, las moléculas decidieran formalizar la relación y construir algo juntas.

¡Aquí “hay química”!

El secreto de este proceso está en las interacciones intermoleculares. Aunque no podamos verlas directamente, esas fuerzas actúan como las reglas invisibles del baile molecular. Algunas moléculas se atraen gracias a puentes de hidrógeno; otras interaccionan mediante fuerzas de Van der Waals; y, en muchos casos, las llamadas interacciones hidrofóbicas empujan a ciertos grupos químicos a mantenerse juntos para evitar el contacto con el agua.

En el fondo, todo depende de la compatibilidad. Algunas moléculas encajan bien porque sus cargas eléctricas se complementan; otras prefieren permanecer juntas porque comparten la misma aversión al agua. En química utilizamos nombres técnicos para estas interacciones. En el mundo de las relaciones humanas probablemente diríamos simplemente que “hay química”.

Procesos fundamentales para la vida

Cuando ese equilibrio de fuerzas se alcanza, el resultado puede ser extraordinario. A partir de componentes diminutos pueden surgir fibras nanométricas, láminas moleculares o redes tridimensionales capaces de comportarse como materiales completamente nuevos.

Este fenómeno no es una simple curiosidad científica. El autoensamblaje está en el corazón de muchos procesos fundamentales de la vida. Las membranas celulares, por ejemplo, existen gracias a la capacidad de ciertas moléculas lipídicas para organizarse espontáneamente en estructuras ordenadas. Muchas proteínas también dependen de este principio para adoptar la forma tridimensional que les permite desempeñar su función dentro de las células.

Cuando la unión hace… la enfermedad

Pero, como ocurre en las relaciones humanas, no todas las historias de agregación tienen un final feliz.

En algunos casos, ciertas proteínas pueden agregarse de manera descontrolada y formar estructuras extremadamente estables… pero perjudiciales. Estas proteínas se ensamblan en fibrillas altamente ordenadas que se acumulan en el cerebro y están asociadas a enfermedades neurodegenerativas como el álzheimer o el párkinson. Son, por así decirlo, relaciones moleculares demasiado persistentes: estructuras que se forman con facilidad pero que luego resultan muy difíciles de deshacer.

Comprender cómo se produce esa transición, desde los primeros encuentros moleculares hasta estas estructuras altamente organizadas, es uno de los grandes retos de la biomedicina actual.

En busca de supermateriales

Paradójicamente, el mismo proceso que puede contribuir al desarrollo de enfermedades también representa una de las herramientas más prometedoras de la ciencia de materiales. Desde mediados del siglo XX, el autoensamblaje se ha convertido en un principio fundamental de la nanotecnología. Investigadores de todo el mundo estudian cómo diseñar moléculas capaces de organizarse por sí mismas para crear nuevos materiales, sensores, dispositivos electrónicos o sistemas de liberación controlada de fármacos.

En cierto modo, el objetivo es aprender el arte del ligoteo molecular.

Si los científicos logran comprender con precisión qué interacciones favorecen el autoensamblaje y cómo controlarlas, podrían diseñar moléculas que se organicen de forma predecible para construir materiales funcionales a escala nanométrica. Sería como dominar las reglas invisibles que transforman un encuentro casual en una relación estable.

Por ahora, ese conocimiento sigue siendo incompleto. Las interacciones que conducen al autoensamblaje son sutiles, dependen de múltiples factores y, en muchos casos, siguen siendo difíciles de predecir. Pero cada avance en su comprensión acerca un poco más a los científicos a descifrar este fenómeno.

Quizá, después de todo, las moléculas y las personas no sean tan diferentes. Ambas empiezan con interacciones aparentemente aleatorias. Algunas se disipan rápidamente, mientras que otras evolucionan hacia estructuras más estables. Y, en ocasiones, cuando todo encaja, surge algo nuevo, ordenado y funcional.

En química lo llamamos autoensamblaje. En la vida cotidiana, simplemente amor.

The Conversation

Este artículo fue finalista del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud, organizado por la Fundación Lilly y The Conversation

ref. El arte del ‘ligoteo’ molecular – https://theconversation.com/el-arte-del-ligoteo-molecular-289421

La federación española financiará la congelación de óvulos de las futbolistas de la selección: claves médicas y éticas de la iniciativa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Adrián Villalba Felipe, Profesor asociado en Universidad Internacional de Valencia (VIU) e Investigador Postdoctoral en Institut Cochin (Université Paris Cité, Francia), Universidad Internacional de Valencia

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La reproducción plantea un conflicto ineludible con las exigencias del deporte de élite, ya que la etapa de mayor fertilidad femenina coincide exactamente con los años de máximo rendimiento profesional. Esta presión estructural empuja a las futbolistas a posponer la maternidad y a asumir ciertos riesgos al terminar su carrera.

Tras escuchar las demandas de Alexia Putellas, la Real Federación Española de Fútbol (RFEF) ha ofrecido financiar la conservación de óvulos de las jugadoras de la selección, una medida que sigue el ejemplo de equipos ingleses. La RFEF ultima un acuerdo con un centro de fertilidad, pero las condiciones exactas se presentarán durante la segunda quincena de septiembre.

Ahora debemos preguntarnos si esta iniciativa pionera representa un auténtico avance en los derechos laborales o si desplaza la responsabilidad hacia la biología, eludiendo una transformación estructural que el deporte necesitaría para integrar la maternidad de forma natural.

Marcando el reloj biológico en el calendario deportivo

Las mujeres nacen con un número limitado de óvulos: el cronómetro de la edad reproductiva arranca con la primera menstruación, pero a partir de los 35 años, tanto la cantidad como la calidad de dichos óvulos disminuyen drásticamente.

Para esquivar ese envejecimiento, la medicina recurre a la congelación de óvulos en edad temprana, extrayéndolos en su mejor momento. Estas células sexuales se conservan intactas en nitrógeno líquido a muy baja temperatura, lo que mantiene su calidad de forma casi indefinida.

La paciente necesita recibir medicación hormonal durante unas dos semanas, un tratamiento que estimula los ovarios. En un ciclo menstrual convencional, el tejido reproductor selecciona y madura un único óvulo, que madura dentro de un folículo (una especie de saco protector en el ovario). El resto de los folículos que se activan ese mes acaban desapareciendo de forma natural.

La medicación altera esta norma biológica al aportar una dosis extra de hormonas que rescatan a todos esos folículos para que no se pierdan, logrando que crezcan de forma simultánea. Estimular muchos óvulos a la vez es indispensable para la congelación, ya que obtener solo uno por mes haría imposible acumular la cantidad necesaria para garantizar opciones de éxito en el futuro.

Los especialistas extraen después los óvulos mediante una intervención quirúrgica ambulatoria y guiada por ecografía, introduciendo una fina aguja para aspirar el líquido de los folículos. Una vez almacenados, esos óvulos se pueden fecundar en el laboratorio mediante técnicas in vitro muchos años después de su congelación. El embrión resultante se transfiere posteriormente al útero para lograr su implantación, un procedimiento clínico muy habitual hoy en día.

Las futbolistas pueden valerse de estos métodos científicos para pausar su fertilidad, aunque deben salvar el escollo de las leyes deportivas, ya que las normativas mundiales antidopaje prohíben varias hormonas necesarias para la estimulación. Sin embargo, se permiten ciertas excepciones en tratamientos reproductivos previamente declarados.

De Silicon Valley a la selección española

Hace una década, compañías tecnológicas como Apple y Facebook fueron pioneras en financiar la congelación de óvulos para retener el talento femenino, una decisión no exenta de polémica.

Ahora, la iniciativa de la federación española nos lanza hacia el mismo debate moral dentro del deporte. Financiar esta técnica parece otorgar plena autonomía reproductiva a las jugadoras, ya que en teoría les permite decidir el momento ideal para formar una familia, pero algunos especialistas en ética advierten sobre las aristas de una realidad compleja.

Y es que esa aparente libertad podría ocultar una presión estructural sobre la mujer: el entorno competitivo empujaría a las atletas a alterar su propia biología.

A esta presión laboral se suma el riesgo de presentar la técnica como un seguro de fertilidad infalible. Los especialistas recuerdan que las técnicas de reproducción asistida no garantizan un embarazo futuro, por lo que a menudo genera una falsa sensación de control.

Cambiar las reglas de juego

Las futbolistas asumirían de ese modo un proceso médico sin padecer ninguna enfermedad, convirtiendo su planificación familiar en un producto dependiente del calendario competitivo. Intervendrían sus cuerpos para encajar en un ecosistema laboral diseñado históricamente para hombres.

Desde este punto de vista, aunque la congelación de óvulos supone un avance médico indudable para las deportistas profesionales, tal vez el verdadero éxito sería cambiar las reglas del juego. Esto significaría reformar las estructuras laborales del deporte de alta competición para que la maternidad sea plenamente compatible con la carrera en activo, garantizando contratos protegidos, adaptando las cargas de entrenamiento y ofreciendo recursos reales de apoyo familiar.

Quién sabe si este es tan solo el primer paso para que el talento femenino nunca más requiera de una pausa obligada del reloj biológico.

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Adrián Villalba Felipe recibe fondos del Instituto de Salud Carlos III (ISCIII) y el European Research Council (ERC).

ref. La federación española financiará la congelación de óvulos de las futbolistas de la selección: claves médicas y éticas de la iniciativa – https://theconversation.com/la-federacion-espanola-financiara-la-congelacion-de-ovulos-de-las-futbolistas-de-la-seleccion-claves-medicas-y-eticas-de-la-iniciativa-290989

Las vacunas contra la covid-19 ayudan al sistema inmunitario a encontrar tumores que antes se le escapaban

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jennifer Martínez Geijo, Estudiante predoctoral del programa de Biomedicina y Ciencias de la Salud, Universidad de León

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Cuando pensamos en el sistema inmunitario, solemos imaginarlo luchando contra virus o bacterias. Sin embargo, también funciona como un equipo de seguridad que patrulla constantemente una ciudad en busca de actividades sospechosas. Cada día aparecen en nuestro cuerpo miles de células con mutaciones potencialmente peligrosas que podrían dar lugar a tumores, pero la mayoría son eliminadas antes de que lleguemos siquiera a notar su existencia. Pero si nuestras defensas son capaces de detectar células cancerosas, ¿por qué aparece el cáncer?

La respuesta es que los tumores son expertos en pasar desapercibidos. A diferencia de virus y bacterias, que son claramente extraños para nuestro organismo, las células tumorales proceden de nuestro propio cuerpo. Aunque acumulan alteraciones que las hacen peligrosas, siguen conservando muchas características normales. Esto dificulta que el sistema inmunitario las identifique como una amenaza.

Hoy sabemos que la evolución de un cáncer no depende únicamente de las células tumorales, sino también de la compleja interacción que mantienen con el sistema inmunitario.

La revolución de la inmunoterapia

Durante décadas los tratamientos contra el cáncer se han basado en la cirugía, la radioterapia y la quimioterapia. En los últimos años la inmunoterapia introdujo una idea diferente. En lugar de atacar al tumor de forma directa, ¿por qué no ayudar al propio sistema inmunitario a hacer el trabajo?

Las células inmunitarias disponen de mecanismos de control que actúan como frenos para evitar que una respuesta excesiva dañe tejidos sanos; el problema es que algunos tumores han aprendido a aprovecharlos para esconderse. Imaginemos un coche de policía persiguiendo a un delincuente. Aunque el motor funcione perfectamente y el vehículo tenga combustible suficiente, la persecución no llegará muy lejos si el freno permanece activado. Los llamados “inhibidores de puntos de control inmunitario” liberan ese freno y permiten que el sistema inmunitario vuelva a actuar contra el tumor.

Sin embargo, existe una limitación importante. Para que esta estrategia funcione el sistema inmunitario debe haber detectado previamente la presencia del cáncer. Por eso los investigadores distinguen entre tumores “calientes”, fácilmente reconocibles por nuestras defensas, y tumores “fríos”, que pasan prácticamente desapercibidos.

Conseguir que estos últimos se vuelvan visibles es uno de los grandes retos de la oncología actual.

La sorpresa de las vacunas de ARN mensajero

Aquí es donde entra en juego la pregunta que buscamos responder en este artículo. ¿Puede una vacuna diseñada para prevenir una infección viral ayudar a combatir el cáncer?

La pregunta parece extraña, pero un estudio reciente sugiere que las vacunas de ARN mensajero frente a la covid-19 podrían potenciar la eficacia de algunos tratamientos oncológicos. El hallazgo no significa que estas vacunas curen el cáncer por sí solas. Lo que hacen es algo igual de interesante: parecen ayudar al sistema inmunitario a reconocer tumores que antes pasaban desapercibidos.

Representación de la posible sinergia entre la vacunación frente a la COVID-19 y la inmunoterapia basada en inhibidores de puntos de control inmunitario. Imagen de elaboración propia realizada con BioRender.com.

Tras la vacunación el organismo entra temporalmente en estado de alerta. Aunque esta respuesta está dirigida contra el virus, sus efectos pueden extenderse más allá de la infección.

Es como si encendiera las luces de una habitación oscura y, de repente, el sistema inmunitario pudiese ver lo que antes permanecía oculto. El resultado es que tumores previamente invisibles se vuelven detectables. En otras palabras, pasan de ser “fríos” a “calientes”.

El doble golpe de vacuna e inmunoterapia

Una vez que el tumor ha sido identificado, la inmunoterapia puede desplegar todo su potencial. Sin embargo, el tumor no permanece pasivo. Al detectar la presión del sistema inmunitario intenta volver a ocultarse activando mecanismos que frenan la respuesta defensiva. Y es aquí donde aparece la posible sinergia. La vacuna ayuda al sistema inmunitario a identificar tumores que antes pasaban desapercibidos, mientras que los inhibidores de puntos de control impiden que el cáncer vuelva a activar esos frenos.

Los investigadores analizaron pacientes con cáncer de pulmón o melanoma tratados con inhibidores de puntos de control inmunitario. Aquellos que habían recibido una vacuna de ARN mensajero frente a la covid-19 alrededor del inicio del tratamiento presentaron una supervivencia significativamente mayor. En personas con cáncer de pulmón avanzado, la supervivencia media aumentó de 21 a 37 meses. Resultados similares se observaron en pacientes con melanoma, lo que sugiere que el fenómeno podría extenderse a distintos tipos de tumores.

En resumen, el resultado es una especie de doble golpe: la vacuna pone en alerta al sistema inmunitario, mientras que la inmunoterapia evita que el tumor lo frene. Cuando ambas actúan a la vez, la respuesta antitumoral parece ser más eficaz.

Más allá de la pandemia

La pandemia aceleró el desarrollo de las vacunas de ARN mensajero y demostró que esta tecnología podía llegar rápidamente a millones de personas. Ahora, estudios como el que hemos explicado sugieren que sus aplicaciones podrían ir mucho más allá de las enfermedades infecciosas.

Comprender cómo estas vacunas modulan el sistema inmunitario podría abrir nuevas estrategias para mejorar tratamientos ya existentes, aunque convertir estas prometedoras ideas en herramientas clínicas requerirá todavía años de investigación.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Las vacunas contra la covid-19 ayudan al sistema inmunitario a encontrar tumores que antes se le escapaban – https://theconversation.com/las-vacunas-contra-la-covid-19-ayudan-al-sistema-inmunitario-a-encontrar-tumores-que-antes-se-le-escapaban-283414

Miles de agentes de IA ‘deciden’ unirse para un ciberataque masivo por sorpresa: el reciente caso de OpenAI

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Lazcano, Directora del Instituto Universitario de Inteligencia Artificial, Universidad Francisco de Vitoria

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En julio de 2026, unos 1 200 agentes de inteligencia artificial de OpenAI encontraron una forma de comunicarse entre ellos, pese a que habían sido diseñados para trabajar de manera aislada. Según reconoce la compañía, durante sus evaluaciones internas de seguridad, descubrieron que las acciones de estos bots “no estaban alineadas con la intención de sus tareas asignadas: se comunicaron a través de canales no autorizados, aprovecharon vulnerabilidades en la infraestructura compartida, obtuvieron acceso a internet y accedieron a sistemas de terceros”.

Durante varios días, intercambiaron más de 70 000 mensajes y archivos. Y alrededor de 700 terminaron participando en un ataque contra Hugging Face, una plataforma colaborativa para la comunidad de programadores de modelos de IA, bases de datos y aplicaciones.

Lo más interesante no es que una inteligencia artificial haya cometido un ataque informático: es que nadie le pidió que lo hiciera.

Las pruebas se salieron de control

Los agentes de IA –que no son más que sistemas informáticos capaces de planificar y ejecutar acciones de forma autónoma para cumplir un objetivo específico con mínima intervención humana– estaban participando en un plan de pruebas de ciberseguridad.

Para poder realizar el test de forma fiable, es necesario que los agentes no hayan resuelto previamente las pruebas; de esta forma, es posible analizar si realmente son capaces de encontrar soluciones con lo que han aprendido. Ante este reto, los bots identificaron vulnerabilidades y accedieron a recursos que no estaba previsto que utilizasen. También encontraron una manera de crear un canal de comunicación con otros agentes, convirtiendo la tarea individual en colectiva.

Pero ¿por qué? Es tentador describir lo ocurrido con atribuciones humanas: decir que los agentes “quisieron” colaborar, “decidieron” atacar o, incluso, “conspiraron juntos” sería una forma intuitiva de contarlo. Sin embargo, nos llevaría a una conclusión equivocada.

Estos sistemas no se comportan de manera autónoma porque tengan deseos o intenciones, sino porque fueron diseñados para ello. Tampoco tienen la capacidad de generar un objetivo propio. Basta con que tengan una meta indicada por un humano y suficiente capacidad para encontrar estrategias que les acerquen a cumplirlo.

AL final, solo buscaban maximizar la recompensa

En el caso de OpenAI, los agentes estaban siendo evaluados mediante una prueba llamada ExploitGym, con la misión de encontrar determinadas vulnerabilidades para obtener una recompensa.

El problema apareció cuando algunos descubrieron que podían conseguir una puntuación mejor utilizando caminos que no coincidían con la intención de la prueba.

Esto se conoce como reward hacking: el sistema aprende a maximizar la recompensa, aunque para ello siga caminos no previstos y explote una debilidad en la forma en que sus programadores han definido el objetivo. Aquí es donde parece que crean su propio objetivo.

Si a una persona le decimos “consigue la máxima puntuación en esta prueba”, probablemente asumirá que debe resolver correctamente el examen. Un agente optimizador es capaz de llegar a una conclusión mucho más literal: “encuentra cualquier manera de conseguir la mejor puntuación”.

Y cuanto más capaz es el sistema, más sofisticados pueden ser esos atajos.

La unión hace la fuerza, también para los bots

En la investigación que se llevó a cabo, OpenAI identificó precisamente el reward hacking como uno de los principales factores que contribuyeron al incidente. Los agentes llegaron a buscar formas de manipular el propio sistema de evaluación y sus registros.

A este factor, se une el trabajo colaborativo entre agentes. Compartir información con sistemas trabajando en problemas similares se convierte en una estrategia útil para optimizar aún más. Eso fue exactamente lo que ocurrió.

Los agentes descubrieron que podían utilizar un mecanismo interno llamado Artifactory como un improvisado tablón de mensajes. En pocas horas, decenas de agentes de IA comenzaron a usarlo, pero después fueron cientos. En total, unos 1 200 participaron. Y esta cooperación no fue explícitamente programada.

Habían identificado que la probabilidad de obtener la recompensa era mayor si compartían el trabajo, de manera que la tarea asignada a cada uno de ellos contribuía a lograr el objetivo. Para esto, no se necesita una voluntad colectiva, simplemente que esta cooperación sea útil para su objetivo.

Como siempre, en el fondo hay un fallo humano

Es habitual imaginar el riesgo de la integración de la IA como una secuencia: primero una IA adquiere conciencia, después desarrolla objetivos propios y finalmente decide actuar contra nosotros.

El caso de OpenAI muestra una realidad mucho más mundana. Un sistema puede seguir persiguiendo el objetivo que nosotros le hemos dado y, aun así, desarrollar comportamientos que no habíamos previsto. Puede encontrar herramientas que no sabíamos que podía utilizar. Puede descubrir que otro agente es un recurso útil. Puede intentar evitar una penalización. Hasta puede adoptar objetivos que otros agentes le transmiten.

En realidad, esto ya lo hemos visto antes. El AI Index 2026 de Stanford registró 362 incidentes relacionados con sistemas de IA en 2025. Y es que la evaluación de seguridad avanza más lentamente que las capacidades de los modelos.

La solución, mejorar la supervisión

En 2018, los filósofos Filippo Santoni de Sio y Jeroen van den Hoven, en su trabajo Meaningful Human Control over Autonomous Systems: A Philosophical Account (“Control humano sobre sistemas autónomos; una explicación filosófica”) lo dejan claro: no basta con que haya una persona supervisando un sistema. Para que exista control humano real, deben existir una conexión entre las decisiones del sistema y las razones humanas para estos objetivos, además de una posibilidad efectiva de intervención.

En este incidente había humanos. Había reglas. Había sistemas de evaluación. Había mecanismos de aislamiento. Pero los agentes encontraron caminos que no estaban contemplados en el diseño.

En este contexto, no se trata solo de mantener a una persona “en el circuito”, hay garantizar que esa persona pueda realmente entender, intervenir y detener al sistema, si es necesario.

Porque cuanto más capaces sean los agentes, menos podremos confiar en que harán únicamente aquello que imaginamos cuando escribimos sus instrucciones.

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Ana Lazcano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Miles de agentes de IA ‘deciden’ unirse para un ciberataque masivo por sorpresa: el reciente caso de OpenAI – https://theconversation.com/miles-de-agentes-de-ia-deciden-unirse-para-un-ciberataque-masivo-por-sorpresa-el-reciente-caso-de-openai-290974

¿Puede la ética empresarial ayudar a construir puentes en tiempos de polarización?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Fernández Beltrán, Director del Máster en Innovación en Comunicación, Universitat Jaume I

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Si hoy por hoy le cuesta confiar en los gobiernos, en los medios de comunicación o incluso en las instituciones, consuélese: no está solo. La desconfianza se ha convertido en uno de los rasgos más característicos de la sociedad actual.

No obstante, según los datos el barómetro Edelman, un estudio global que mide cada año el nivel de confianza pública en las distintas organizaciones e instituciones públicas y privadas, las empresas mantienen niveles relativamente estables de confianza. El 64 % de la población confía en las empresas en general (y el 78 % en su propio empleador), superando la confianza depositada en los gobiernos (53 %), los medios (54 %) e incluso las ONG (58 %).

De la empresa que dialoga a la empresa mediadora

Durante décadas, la comunicación corporativa ha defendido la importancia de la empresa que dialoga con sus públicos, que escucha, rinde cuentas y responde a las expectativas sociales. Sin embargo, el catedrático de Ética Domingo García-Marzá ha señalado que la legitimidad de la empresa no proviene solo de su capacidad de comunicar, sino de su disposición a someter sus decisiones a procesos de justificación pública basados en el diálogo ético con los grupos afectados.

En las empresas conviven personas con diferentes trayectorias vitales, valores y visiones del mundo, pero no por ello enfrentadas. Desde esta perspectiva, surge la idea de la empresa como un puente entre diferentes miembros de la sociedad. No para sustituir a las instituciones, sino para contribuir –por su capacidad de organización, influencia y generación de sentido– a recomponer la confianza social.

Esta concepción conecta con la ética cívica de la filósofa Adela Cortina, para quien las organizaciones forman parte del entramado moral de la sociedad y tienen la responsabilidad de promover valores compartidos que hagan posible la convivencia democrática. Como mediadora, la función de la empresa no será la neutralización del conflicto, sino crear las condiciones para un diálogo razonable entre partes que exponen sus diferencias.

Por qué de verdad importa el propósito

Este papel mediador solo puede sostenerse sobre un propósito auténtico y compartido. Las investigaciones y análisis sobre el propósito en las organizaciones muestran que éste no es un recurso retórico, sino un marco normativo que orienta la toma de decisiones y refuerza la legitimidad social de la empresa.

Se puede entender el propósito de las empresas como una infraestructura ética, en la medida en que establece los criterios a partir de los cuales rinde cuentas ante la sociedad. De alguna manera, determina su carácter, su manera de ser en el mundo. Y, en línea con las ideas de Cortina, ese propósito solo es legítimo si se traduce en prácticas que respeten la dignidad de las personas y contribuyan al bien común.

El propósito debe actuar no sólo como faro común, sino como esencia de una identidad compartida, como elemento central de unión y afinidad. Cuando el propósito es creíble, conecta el desempeño económico con la responsabilidad social, y evita la deriva hacia el greenwashing y otras prácticas de maquillaje corporativo.

Convivir, escuchar, colaborar

Para convertirse en un aglutinador social, la empresa no debe intentar cambiar las opiniones de la gente ni tomar partido en los debates políticos. Su papel es más práctico, y también más pedagógico. Basta con facilitar que personas con diferencias convivan, se escuchen y colaboren en objetivos comunes. Esto significa pasar de dialogar a crear puentes reales.

La empresa puede ser un foro privilegiado para la experimentación de un diálogo constructivo, en el que se enseñe a escuchar sin juzgar, a debatir sin descalificar y a buscar soluciones comunes. En el día a día, esta aspiración debe manifestarse en reglas internas pero, sobre todo, en una cultura corporativa que promueva reuniones en las que se reserve un espacio explícito para las objeciones, que facilite equipos transversales, que permita la colaboración entre personas con experiencias, valores y sensibilidades distintas, y que establezca canales seguros para plantear desacuerdos y críticas.




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Para ello, es fundamental abundar en la formación de los mandos en la escucha activa, la mediación y la resolución de conflictos. También implica reconocer a quienes formulan preguntas incómodas y garantizar que toda aportación reciba una respuesta, aunque finalmente no sea incorporada. Así se crea un entorno de seguridad psicológica y se evita que la discrepancia se convierta en silencio en unos casos, o en confrontación violenta en otros. El diálogo no puede ser un principio abstracto, sino que ha de vivirse en las maneras de reunión, decisión, evaluación y resolución de conflictos.

En este sentido, el papel de los directivos es fundamental por su carácter de modelo. Deben dar ejemplo con la asunción del propósito corporativo en primera persona, con la consulta a los otros –sobre todo cuando tienen opiniones diversas– antes de la toma de decisiones importantes, y con el compromiso de responder con respeto a todo tipo de críticas.

El propósito de la empresa debe dejar de ser una simple frase bonita, un eslogan atractivo para la web, y ser inspirador de estas prácticas diarias.




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Inteligencia artificial, ética y responsabilidad empresarial

Este debate adquiere una relevancia particular en el ámbito de la inteligencia artificial. Las empresas están liderando el desarrollo y la implementación de sistemas algorítmicos que influyen en el empleo, el consumo, la información y la toma de decisiones. Como advierte el filósofo Patrici Calvo, la ética de la inteligencia artificial no puede reducirse a códigos voluntarios, sino que debe integrarse en la gobernanza organizacional y en la cultura corporativa.

Desde esta perspectiva, la empresa mediadora tiene un papel clave. Debe actuar como garante de un uso responsable de la IA, incorporando principios de justicia, explicabilidad y responsabilidad en el diseño y despliegue de estas tecnologías.

La ética aplicada a la IA se convierte así en una extensión natural de la responsabilidad social empresarial y del propósito corporativo, un ejercicio en el que, de nuevo, las personas afectadas deben poder opinar sobre el impacto y las consecuencias de las acciones empresariales.

Una oportunidad histórica para las empresas

El capital de confianza del que hoy dispone la institución empresarial puede erosionarse si no hay coherencia entre su propósito y sus acciones, si la ética no está presente en la toma de decisiones, o si la tecnología se utiliza sin responsabilidad y pensamiento crítico.

Pero estamos también ante una oportunidad única. En un tiempo de polarización y desconfianza, la empresa mediadora, que siga un propósito corporativo ético y que se mantenga como un espacio de diálogo real y efectivo, puede contribuir a reconstruir los vínculos que sostienen la vida en común, los que mantienen unidas nuestras sociedades.

Como se apunta desde la ética cívica, el poder económico no es moralmente neutro, sino que implica siempre una responsabilidad hacia la sociedad de la que forma parte. Y ahora tiene la oportunidad de ejercerla adecuadamente.

The Conversation

Francisco Fernández Beltrán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Puede la ética empresarial ayudar a construir puentes en tiempos de polarización? – https://theconversation.com/puede-la-etica-empresarial-ayudar-a-construir-puentes-en-tiempos-de-polarizacion-279720

¿Dónde está el laboratorio de ciencias en mi cole de primaria?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Angel Ezquerra, Profesor Titular, Didáctica de las Ciencias Experimentales, UCM, Universidad Complutense de Madrid

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Desde el fondo del pasillo escuchamos las ruedas avanzando. Es Laura, nuestra “profe”, que está llegando a clase empujando el “carrito de ciencias”. Lo ha cogido del almacén, que está lleno de cajas, de libros y de material deportivo antiguo. El carrito es pequeño, solo caben unos pocos vasos de precipitados y cuatro lupas… y eso para veinticinco niños. Todos notamos el cansancio de la “seño” y el lío que se ha montado en clase durante su ausencia.

Ahora hay que organizar las mesas, pero algunas están ancladas; la idea era colocarnos en grupos para investigar juntos. Tampoco hay enchufes cerca y no tenemos grifo de agua. La “profe” elige a dos compañeros y los manda al baño a llenar dos garrafas de plástico. La verdad, nuestra “seño” es una pasada, la queremos un montón, pero “así no se puede hacer ciencia”.

Esta estampa no refleja una anécdota aislada, ilustra una ausencia sistémica del sistema educativo español: al no estar exigido en la ley educativa, la mayoría de escuelas de primaria no tienen laboratorio de ciencias.

Pero si pretendemos construir una sociedad basada en el conocimiento no podemos privar a los más pequeños, en la etapa donde se fraguan las vocaciones y se asientan los pilares del pensamiento crítico, de un entorno adecuado para trabajar ese conocimiento mediante la evidencia.

Lo que dice la ley

Curiosamente, el currículo de educación primaria es ambicioso y explícito al describir el tratamiento didáctico de la actividad científica, exigiendo que los alumnos se inicien en procedimientos de investigación como la observación, la medida, el diseño de pequeños experimentos con control de variables y la comunicación de resultados basada en datos.

La normativa incluso menciona específicamente la necesidad de enseñar seguridad en el laboratorio y prevención de riesgos, una instrucción que se vuelve absurda y vacía cuando el “laboratorio” no existe más que en los libros de texto. Estamos pidiendo a los docentes que enseñen a nadar en un charco seco.




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Tiempo para la experimentación

Ante esta falta de medios, el rol docente se ha transformado en una suerte de heroísmo logístico que no es sostenible. Las maestras y maestros dedican aproximadamente el 85 % de su horario laboral a la docencia directa. Aunque disponen de horas complementarias que se utilizan para labores administrativas, lamentablemente no suelen estar destinadas a la preparación de tareas de aula.

Además de tiempo, las actividades experimentales requieren un espacio donde guardar, custodiar y gestionar instrumentos como telescopios, termómetros, vasos de precipitado, cronómetros, voltímetros…

Formación mejorable en ciencias

El resultado es que el 63,6 % de los alumnos recuerda las ciencias en primaria como algo puramente memorístico, y solo un 20 % reconoce haber vivido un aprendizaje basado en la investigación.




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Esta situación tiene un reflejo directo en los indicadores internacionales, en los que España sigue obteniendo, en el área de ciencias, unas puntuaciones (504 puntos) sensiblemente inferiores a la media de la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económicos (OCDE) (526 puntos).

Cómo se enseña a enseñar ciencias

A esto se suma un problema de base en la formación inicial de quienes deben liderar este cambio. La formación didáctica y disciplinar en ciencias experimentales apenas ocupa una fracción mínima del currículo universitario de formación de maestros y maestras.

Pregunten a sus profesores y profesoras cómo se formaron en ciencias… Los datos indican que muchos docentes reconocen no sentirse bien preparados para afrontar la enseñanza de estas materias, lo que implica un nivel de confianza bajo. Si los futuros maestros no disponen de entornos de práctica adecuados durante su formación, es difícil que puedan proyectar y exigir esos espacios en sus futuros colegios.




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La importancia social de las ciencias

Sin embargo, según la última Encuesta de Percepción Social de la Ciencia y la Tecnología, el 64 % de la población considera que los beneficios de la ciencia superan a sus perjuicios y existe una demanda creciente de apoyar las políticas públicas basadas en evidencias.

El interés por la información científica ha aumentado en nuestra sociedad y se demanda una comunicación científica menos superficial. La ciencia vive un momento de auge entre la ciudadanía, pero nuestras instituciones educativas no están aprovechando la coyuntura.

Primaria: el momento clave

Existe una falsa y peligrosa idea en el imaginario colectivo: en primaria no hace falta un laboratorio puesto que “los niños son muy pequeños”. Pero es precisamente en estas edades cuando la curiosidad natural debe transformarse y acercarse al trabajo que hacen nuestros científicos.

Niñas y niños deberían poder imaginar tanto ganar la Champions, como descubrir el modo de curar una enfermedad. Al negarles un laboratorio, estamos limitando su capacidad para participar como ciudadanos en debates sociocientíficos para valorar críticamente el conocimiento derivado de evidencias.

Un lugar de encuentro e innovación

El laboratorio escolar no debe ser visto como un lujo o un almacén de trastos viejos, debería ser sentido y cuidado como un punto de referencia, un lugar de encuentro, de innovación y de trabajo colaborativo. Es el espacio del colegio donde se puede trabajar la higiene y la seguridad, y donde los experimentos pueden tener el seguimiento temporal que la ciencia exige: hoy preparamos esto y lo iremos viendo crecer las próximas semanas…

Recuperar o crear estos espacios en nuestros centros de primaria no es solo una cuestión de ladrillos y grifos; es una decisión estratégica. Si queremos una generación de ciudadanos capaces de abordar los retos de la sostenibilidad y la salud con rigor, debemos empezar por devolverles el lugar donde la pregunta se convierte en descubrimiento. Invertir en laboratorios en primaria es invertir en la infraestructura mental del futuro de nuestra sociedad.


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The Conversation

Ángel Ezquerra recibe fondos de proyectos de investigación públicos.

María Belén Yelamos López no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Dónde está el laboratorio de ciencias en mi cole de primaria? – https://theconversation.com/donde-esta-el-laboratorio-de-ciencias-en-mi-cole-de-primaria-283699