Source: The Conversation – France (in French) – By Guillermo José Navarro del Toro, Research Professor at the University of Guadalajara – Centro Universitario de Los Altos, Universidad de Guadalajara, Universidad de Guadalajara

L’ESSENTIEL
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En 2035, l’intelligence artificielle et les technologies immersives pourraient transformer profondément les façons d’apprendre.
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Les examens traditionnels laisseraient alors place à des projets collaboratifs et à une évaluation continue des compétences.
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On peut imaginer que les enseignants resteraient essentiels, mais leur rôle évoluerait vers l’accompagnement personnalisé et le développement de l’esprit critique.
Nous vivons dans un monde où l’intelligence artificielle dialogue avec les élèves, où les examens ont cédé la place à des défis concrets et où les salles de classe n’ont plus de murs. Face à ces transformations, une question se pose : à quoi ressemblera l’école dans dix ans ? Cet article explore les évolutions déjà à l’œuvre aujourd’hui qui dessinent l’avenir de l’éducation.
Apprendre sans aller en classe
Imaginez qu’une journée d’école ordinaire ne commence plus par un réveil matinal, un trajet en bus et une place derrière un bureau. À la place, vous enfilez des lunettes de réalité augmentée ou vous vous connectez à une plateforme immersive depuis chez vous, un parc ou même un autre pays.
Les technologies de réalité virtuelle (VR) et de réalité augmentée (AR) permettent aux élèves d’explorer un volcan en éruption ou de parcourir les rues de la Rome antique sans quitter leur chaise. En 2035, apprendre ne se résumera plus à rester entre quatre murs : il s’agira d’explorer, de construire, de collaborer et d’expérimenter.
Et si le professeur était une IA ?
Loin de relever de la science-fiction, il existe aujourd’hui des outils d’intelligence artificielle comme Khanmigo de la Khan Academy, lauréate du prix Princesse des Asturies de la coopération internationale en 2019, ou encore ChatGPT, capables de dialoguer avec les élèves, de répondre à leurs questions et même de concevoir des exercices sur mesure.
Dans un avenir proche, ces IA joueront le rôle de tuteurs personnels. Elles connaîtront si bien chaque élève qu’elles pourront adapter les contenus à son rythme, à sa manière d’apprendre et à ses centres d’intérêt. Mais elles ne remplaceront pas les enseignants. Au contraire, elles leur permettront de consacrer davantage de temps à l’essentiel : accompagner les élèves sur le plan émotionnel, développer leur esprit critique et les aider à trouver leur propre voix.
Des projets concrets plutôt que des examens
Beaucoup d’élèves rêvent d’un monde sans examens. Ce rêve pourrait devenir réalité plus tôt qu’on ne le pense. Les exercices traditionnels cèdent progressivement la place à des projets ancrés dans le monde réel, où l’on apprend en résolvant des problèmes concrets : concevoir un système de recyclage à l’échelle d’un quartier, développer une application accessible à tous ou améliorer l’alimentation à la cantine scolaire.
L’évaluation ne reposera plus sur une épreuve sanctionnée par une note finale, mais sur un suivi continu des apprentissages, à travers des portfolios numériques, des retours en temps réel et une réflexion personnelle sur les progrès accomplis.
Le nouveau rôle des enseignants
En 2035, les enseignants resteront indispensables, mais leur rôle ne consistera plus simplement à transmettre des connaissances. Ils concevront des expériences d’apprentissage, stimuleront la réflexion et accompagneront le développement des compétences humaines.
Des initiatives comme Education Reimagined ou HundrED contribuent déjà à cette transformation. Ces plateformes mettent les enseignants en relation et montrent comment créer des environnements d’apprentissage plus humains, plus inclusifs et plus enrichissants.
Apprendre tout au long de la vie
La plus grande révolution sera peut-être que l’éducation ne constituera plus une étape de la vie qui s’achève un jour. Apprendre fera partie intégrante de notre vie d’adulte, aussi bien professionnelle que personnelle. Nos parcours de formation seront plus souples et s’adapteront à nos évolutions, à nos métiers et à nos passions.
Des institutions comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) encouragent déjà la reconnaissance des apprentissages tout au long de la vie, y compris en dehors des établissements d’enseignement traditionnels.
L’école de demain est déjà en train de se construire. Et son avenir ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi de la manière dont nous choisirons d’éduquer, d’accompagner et de former les nouvelles générations. Car même si les formes d’enseignement évoluent, l’objectif reste le même : apprendre à être humain dans un monde toujours plus complexe.
Une journée dans la vie de Luna, élève en 2035
À quoi ressemble une journée d’école dans le futur ? Prenons l’exemple de Luna, une élève de 14 ans en 2035.
Luna se réveille à 7 h 30, non pas au son d’une alarme, mais grâce à son assistant personnel d’intelligence artificielle, AURA, qui lui rappelle en douceur son programme de la journée. Elle n’a pas besoin de se rendre dans un établissement scolaire : sa salle de classe est dans le cloud.
Pendant son petit-déjeuner, elle consulte l’avancement de son projet collaboratif international sur les microplastiques dans les océans. Elle travaille avec trois autres élèves, en Argentine, au Japon et en Afrique du Sud. Aujourd’hui, ils ont prévu une séance immersive en réalité augmentée avec Dreamscape pour observer en temps réel les effets des déchets sur la vie marine.
Dreamscape Learn est une plateforme éducative innovante qui associe narration cinématographique et technologies immersives pour transformer les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Grâce à des expériences interactives fondées sur le storytelling, les élèves sont plongés dans des univers virtuels où ils doivent résoudre des problèmes concrets au sein de scénarios captivants. Cette approche ne se contente pas de retenir leur attention et d’éveiller leur curiosité : elle développe également des compétences essentielles comme l’esprit critique, la collaboration et la prise de décision. En créant un lien émotionnel avec les contenus pédagogiques, elle favorise un apprentissage plus approfondi et durable.
À 9 heures, Luna enfile ses lunettes de réalité augmentée de Labster et se connecte à une simulation qui l’emmène au fond de l’océan. Grâce à l’intelligence artificielle intégrée, elle peut dialoguer avec des scientifiques virtuels, formuler des hypothèses et tester des solutions, comme de nouveaux matériaux biodégradables.
Ensuite, au lieu de passer un examen, elle enregistre une vidéo dans laquelle elle présente la solution qu’elle propose. Son enseignante, qui joue auprès d’elle un rôle de mentor, lui apporte des conseils sur le plan pédagogique et émotionnel. L’IA analyse également sa vidéo et lui suggère des améliorations concernant la qualité de son raisonnement critique, la clarté de son propos et les sources utilisées.
En milieu d’après-midi, Luna assiste à un cours d’éthique numérique, au cours duquel elle débat avec son groupe des implications de la création d’intelligences artificielles capables d’éprouver des émotions. Elle termine sa journée en programmant un assistant écologique destiné à aider les personnes âgées, grâce à la plateforme collaborative Global Nomads, à réduire leur consommation d’énergie.
Un avenir éducatif à portée de main
L’histoire de Luna, bien qu’elle se déroule dans un futur qui semble encore lointain, n’a rien d’une fantaisie : elle reflète des évolutions déjà à l’œuvre aujourd’hui. Les outils qui accompagnent ses apprentissages, comme l’intelligence artificielle adaptative, la réalité augmentée, la réalité virtuelle et les plateformes de collaboration internationale, ne relèvent pas de la science-fiction. Ils existent déjà et sont en train de révolutionner l’éducation.
Des plateformes comme Dreamscape Learn associent des récits immersifs à la réalité virtuelle pour stimuler l’esprit critique et encourager l’exploration active. Labster permet aux élèves du monde entier d’accéder à des laboratoires virtuels où ils peuvent expérimenter sans risque ni contraintes matérielles. Global Nomads met en relation des jeunes d’horizons différents afin de favoriser le dialogue interculturel et l’empathie à l’échelle mondiale.
Ce que vit Luna dessine un avenir de l’éducation qui est déjà à notre portée. Son histoire est en réalité un appel à agir sans attendre : innover, transformer les salles de classe et préparer les nouvelles générations. Non pas au monde d’hier, mais à celui qui se construit déjà sous nos yeux.
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Guillermo José Navarro del Toro ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
– ref. À quoi pourrait ressembler une journée à l’école en 2035 ? – https://theconversation.com/a-quoi-pourrait-ressembler-une-journee-a-lecole-en-2035-294062
