Source: The Conversation – France (in French) – By Sarah Stevens, Postdoctoral Research Fellow in Adolescent Mental Health at the Black Dog Institute, UNSW
L’ESSENTIEL
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Une étude australienne a suivi plus de 1 500 élèves de 35 établissements secondaires.
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Le sentiment d’appartenance du collégien à la communauté scolaire est associé à un meilleur bien-être psychologique deux ans plus tard.
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Les relations avec les camarades et les personnels scolaires semblent compter davantage que la taille des classes ou le statut de l’établissement.
À 15 ans, un élève australien a déjà passé jusqu’à 11 000 heures à l’école.
C’est dans ce cadre que se déroulent de nombreuses expériences déterminantes pour son développement social et émotionnel. D’où un intérêt croissant pour les caractéristiques de l’environnement scolaire qui influencent le plus la santé mentale et le bien-être des élèves.
Le sentiment d’appartenance à la communauté scolaire, c’est-à-dire la mesure dans laquelle les élèves se sentent intégrés et liés aux autres membres de leur établissement, suscite un intérêt croissant chez les professionnels de l’éducation et les chercheurs.
Ce sentiment repose sur les relations que les élèves entretiennent avec leurs camarades, mais aussi avec les enseignants et les autres membres du personnel scolaire, comme les entraîneurs sportifs, les psychologues scolaires ou les agents d’accueil.
Un fort sentiment d’appartenance à la communauté scolaire est associé à plusieurs effets positifs, notamment de meilleurs résultats scolaires et moins de comportements agressifs, dont le harcèlement.
Mais, comme le montre notre nouvelle étude, de plus en plus de travaux suggèrent que ce sentiment d’appartenance pourrait également jouer un rôle essentiel dans le bien-être des élèves.
Notre étude
Dans une nouvelle étude menée au Black Dog Institute, nous avons examiné différents facteurs liés à l’environnement scolaire afin de déterminer lesquels avaient le plus d’influence sur la santé mentale et le bien-être des élèves.
Parmi les facteurs étudiés figuraient la localisation des établissements, leur statut (public ou privé), leur caractère mixte ou non (établissements réservés aux garçons, aux filles ou mixtes), le nombre d’élèves par enseignant, les ressources financières des établissements, l’assiduité des élèves, leur diversité culturelle et linguistique, la perception de la culture de l’établissement par le personnel, ainsi que l’évaluation par les élèves de leur sentiment d’appartenance et du climat scolaire.
Les membres du personnel scolaire devaient indiquer dans quelle mesure ils étaient d’accord avec des affirmations concernant la culture de leur établissement, comme « Dans cette école, les membres du personnel travaillent véritablement en équipe ».
Les élèves devaient, quant à eux, évaluer leur degré d’accord avec des affirmations telles que « Les enseignants font beaucoup d’efforts pour nous aider », « Nous nous sentons en sécurité à l’école », « Je me sens à ma place dans cet établissement » ou encore « Je me fais facilement des amis à l’école ».
Nous nous sommes appuyés sur les données recueillies auprès de plus de 1 500 élèves de quatrième, scolarisés dans 35 établissements secondaires aux profils variés, en Nouvelle-Galles du Sud.
Nous avons utilisé des données déclaratives recueillies auprès des élèves et du personnel scolaire, ainsi que des données sociodémographiques et administratives des établissements. La santé mentale des élèves a également été évaluée à l’aide de questionnaires psychologiques standardisés.
Ce que nous avons découvert
Parmi tous les facteurs examinés dans notre étude, seul le sentiment d’appartenance à la communauté scolaire des élèves de quatrième était associé à un meilleur bien-être deux ans plus tard, lorsqu’ils étaient en seconde.
Autrement dit, les élèves qui se sentaient le plus intégrés à leur établissement en quatrième avaient davantage de chances de présenter un meilleur bien-être psychologique en seconde, même en tenant compte d’autres facteurs comme le genre ou les antécédents de troubles de santé mentale. Ce résultat souligne l’importance que peuvent avoir des relations bienveillantes et stimulantes au sein de l’établissement scolaire pour le bien-être psychologique des élèves.
Notre étude n’a révélé aucun lien entre la santé mentale des élèves et d’autres caractéristiques des établissements, comme le nombre d’élèves par enseignant, la mixité ou le statut public ou privé.
Ces facteurs ont pourtant été associés à d’autres aspects importants de la scolarité, notamment la réussite scolaire. Nos résultats suggèrent toutefois qu’ils pourraient avoir moins d’importance pour le bien-être des élèves que la qualité des liens qu’ils entretiennent avec leurs camarades, le personnel de leur établissement et l’ensemble de la communauté scolaire.
Quelles conclusions en tirer ?
Nos résultats suggèrent que renforcer les liens entre les élèves et leur communauté scolaire dès les premières années du secondaire pourrait améliorer leur bien-être au cours des années suivantes.
Le sentiment d’appartenance est une composante importante de l’équilibre psychologique. L’adolescence est une période de développement rapide, durant laquelle le sentiment d’appartenir à une communauté scolaire contribuerait au bien-être psychologique des jeunes, à mesure qu’ils gagnent en autonomie et construisent leur identité.
Comment renforcer le sentiment d’appartenance ?
De récents travaux montrent que les établissements scolaires peuvent prendre des mesures concrètes pour développer et renforcer le sentiment d’appartenance des élèves à leur communauté scolaire.
Si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les stratégies les plus efficaces, plusieurs études suggèrent que les programmes mobilisant l’ensemble de la communauté scolaire, en associant enseignants, personnels et élèves, sont généralement ceux qui donnent les meilleurs résultats.
Parmi les initiatives possibles figurent la création de comités réunissant enseignants, personnels et élèves pour renforcer les liens au sein de l’établissement, ainsi que la mise en place d’espaces permettant aux élèves de faire remonter leurs préoccupations et leurs idées à la direction.
Les établissements avec lesquels nous avons travaillé ont également expérimenté des programmes de mentorat entre élèves de différents niveaux, ou encore des activités organisées par les enseignants pendant la pause déjeuner, autour de centres d’intérêt particuliers.
Une récente méta-analyse a également montré que les programmes reposant sur le mentorat et le développement de compétences de résolution collective des problèmes étaient plus efficaces que ceux visant à modifier le comportement des élèves.
Des questions restent en suspens
Notre étude a examiné un large éventail de facteurs liés à l’environnement scolaire chez des élèves de quatrième, au début de leur scolarité dans le secondaire. Il est possible que d’autres facteurs jouent un rôle important dans la santé mentale et le bien-être des élèves à d’autres étapes de leur parcours, notamment à l’école primaire.
Notre étude n’a pas non plus cherché à déterminer si les résultats différaient pour les élèves issus de communautés vivant dans des régions isolées ou de groupes traditionnellement marginalisés.
De nouvelles recherches seront nécessaires pour déterminer si d’autres caractéristiques de l’environnement scolaire peuvent également contribuer au bien-être des élèves les plus exposés aux problèmes de santé mentale.
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Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
– ref. Quel rôle le collège et le lycée jouent-ils dans la santé mentale des élèves ? Une étude australienne lève un coin du voile – https://theconversation.com/quel-role-le-college-et-le-lycee-jouent-ils-dans-la-sante-mentale-des-eleves-une-etude-australienne-leve-un-coin-du-voile-294060
