Que coûterait, pour les pays du Sud, la réglementation européenne contre la déforestation ?

Source: The Conversation – in French – By Matthieu Trichet, Doctorant en économie, Agence Française de Développement (AFD); Université Sorbonne Paris Nord

L’application du Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts a été repoussée à fin 2026 par l’Union européenne. Certains pays producteurs, principalement des pays en développement, considèrent ces mesures comme discriminatoires au plan économique. Qu’en est-il ? Une étude de l’Agence française de développement (AFD) a quantifié les coûts directs et indirects occasionnés par ce règlement pour ces économies.


La déforestation a bondi au cours des dernières décennies : on estime que 420 millions d’hectares de forêts ont été convertis pour d’autres usages entre 1990 et 2020. L’agriculture et la sylviculture en sont les principales causes. De sorte que l’on impute à la demande de leurs produits une responsabilité majeure dans l’incitation à déforester.

En régulant les conditions d’accès aux produits consommés sur son territoire, l’Union européenne (UE) tente désormais de faire de cette préoccupation environnementale individuelle un enjeu de responsabilité collective. Cela s’est matérialisé par le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE), adopté en 2023, mais dont l’application a pour l’instant été reportée à fin 2026 sous une forme révisée.

Le RDUE vise à interdire la mise en marché dans l’UE de sept matières premières et de certains de leurs dérivés (café, cacao, caoutchouc, huile de palme, soja, bœuf, mais également cuir, charbon de bois et papier imprimé), lorsque la preuve qu’ils ne contribuent pas à la déforestation n’est pas suffisante.

Lutter contre la déforestation en orientant sa consommation vers des produits « respectueux de l’environnement » peut sembler vertueux. Mais cela ne serait pas sans conséquence pour les économies des pays qui produisent ces marchandises. Il a ainsi été reproché à l’UE de négliger les impacts socioéconomiques auxquels font face les pays qu’elle prive d’un débouché commercial.




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En effet, pour de nombreux États, ce règlement représente un « risque de transition », au sens où il s’agit d’un changement réglementaire visant à réduire les impacts environnementaux d’activités humaines pouvant affecter de larges pans des pays concernés, en exigeant qu’ils s’adaptent à la nouvelle réalité imposée par leurs partenaires commerciaux.

Combien coûterait, pour les pays du Sud, la RDUE ? Notre étude récente, menée pour l’Agence française de développement (AFD) s’est penchée sur cette question.

Comment penser l’impact économique de la déforestation au-delà des exportations ?

Plusieurs travaux se sont déjà attachés à mesurer l’ampleur de la déforestation induite par la production des produits exportés vers l’UE ou d’autres destinations. Pour notre part, nous avons cherché à évaluer l’impact économique potentiel de la mise en place du RDUE sur quelques variables économiques des pays producteurs.

Nous avons, d’abord, estimé la déforestation incorporée dans les importations européennes à partir de plusieurs modèles basés sur les flux physiques entrants et sortants de produits commercialisés. Puis nous avons simulé le choc que serait une perte des exportations pour les pays producteurs de matières premières afin d’en évaluer les effets directs et indirects.

Trois scénarios principaux ont été envisagés :

  • un premier scénario actant la perte d’activité uniquement pour la part des exportations susceptibles de provenir de terres déforestées. C’est le scénario le moins impactant et le plus probable.

  • un deuxième scénario maximaliste (non-compliance), où l’intégralité des flux exportés vers l’UE serait perdue, dans l’hypothèse d’une incapacité totale à prouver que les produits exportés ne proviennent pas de parcelles déforestées. C’est le scénario le plus impactant mais le plus improbable.

  • un troisième scénario où le mécanisme serait étendu aux autres grands pays importateurs, comme la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Chine, le Canada, l’Australie, la Corée et le Japon, a aussi été considéré.




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Un impact économique négatif modeste pour les pays exportateurs

D’un point de vue macro-économique, nous constatons que les effets directs et indirects du RDUE sur la production pourraient être très limités. Dans le scénario le plus probable, l’impact ne dépasse pas 0,04 % du PIB, valeur la plus forte constatée. Même dans le scénario extrême (non-compliance et bannissement de tous les produits), l’impact reste modeste. Il est, au plus, de 3 % du PIB dans le cas de la Côte d’Ivoire. En aucun cas, même avec l’extension du mécanisme aux grands pays importateurs, l’impact n’atteint 0,1 % du PIB.

Exposition des pays producteurs au RDUE. En rouge, l’hypothèse la moins favorable mais la plus improbable.
afd.fr/sites/default/files/2026-04/pr401-vf-web.pdf, Fourni par l’auteur

Concernant l’emploi, le RDUE, dans le scénario le plus probable, et sans adaptation des pratiques agricoles, pourrait affecter quelque 60 000 emplois dans le monde – qu’il convient toutefois de rapporter aux 8 millions d’emplois générés par la production des produits concernés par le règlement et exportés vers l’UE.

Pour les principaux pays concernés par le RDUE (Brésil, Indonésie, Côte d’Ivoire, Vietnam, Pérou, Ghana, Malaisie, notamment), les enjeux portent sur un nombre réduit de produits, comme le montre le graphe ci-dessous. De 75 à 90 % des pertes potentielles concernent seulement un ou deux produits bien identifiés, voire trois comme au Brésil avec 45 % pour le soja, 30 % pour l’élevage et 16 % pour le café.

L’adaptation des pratiques pour éviter la déforestation et la mise en conformité aux exigences de traçabilité pourrait donc se concentrer sur un nombre très restreint de produits. Ainsi, l’application du RDUE aux seuls produits issus de la déforestation n’entraînerait qu’un manque à gagner relativement faible pour le pays concerné.

Manque à gagner en fonction des scénarios considérés.
AFD, Fourni par l’auteur

Les pertes les plus élevées, dans le cadre du premier scénario, s’élèveraient à 80 millions de dollars (68,9 millions d’euros) pour l’Indonésie, puis 30 à 40 millions de dollars (de 25,8 millions à 34,4 millions d’euros) pour le Brésil et la Côte d’Ivoire.

Ensuite, les estimations tombent à des valeurs inférieures à 16 millions de dollars (soit inférieures à 13,7 millions d’euros environ). On peut donc considérer que le coût d’opportunité, pour les pays, de l’arrêt de la déforestation induite par les produits exportés vers l’UE est assez faible.

Comment interpréter ces résultats ?

Ces chiffres sont à comparer, par exemple, au montant de l’aide que l’UE ou ses pays membres accordent au secteur agricole des pays en développement (PED), soit respectivement 1,3 milliard et 2,4 milliards de dollars en 2022 (soit environ 1,1 milliard et plus de 2 milliards d’euros).

Ces résultats suggèrent, sur le plan agrégé, que les pays concernés ne devraient pas subir de pertes massives qui ne sauraient être compensées facilement.

Toutefois, si les exportateurs se trouvaient dans l’incapacité de se conformer aux exigences et de prouver que les produits ne viennent pas de parcelles déforestées (scénario de non-compliance), leur risque de perte s’en verrait augmenté d’un facteur 100. Ceci constitue, en soi, une incitation à poursuivre leurs efforts pour se doter de capacités de contrôle de la déforestation et de traçage des produits.

Reste que la traçabilité de certains produits peut s’avérer particulièrement délicate, notamment pour les produits issus du bois très transformé (comme les bois agglomérés) ou les élevages pastoraux dont l’itinérance rend l’attribution de parcelles précises aux animaux complexe.

À l’heure où la mise en œuvre du règlement a été différée pour la deuxième année, ces travaux apportent un éclairage sur les arguments qui pouvaient présider à ce report. Même si l’enjeu fiscal n’a pas été abordé dans notre étude, on peut considérer que les inquiétudes ne pouvaient pas tant porter sur les pertes macro-économiques pour les PED que sur les possibles dommages ressentis par les acteurs des filières concernées à la fois du côté des exportateurs que des importateurs européens.

Plus que sur les conditions d’adaptation des pratiques agricoles pour ne pas déforester, ce sont les discussions sur les conditions de la fourniture de la preuve qui ont scellé le destin du règlement.

The Conversation

Matthieu Trichet a reçu des financements de l’ANRT dans le cadre de son contrat CIFRE.

Benoit Faivre-Dupaigre a reçu des financements de l’ANR dans un emploi antérieur au cours des années 1994-1996

ref. Que coûterait, pour les pays du Sud, la réglementation européenne contre la déforestation ? – https://theconversation.com/que-couterait-pour-les-pays-du-sud-la-reglementation-europeenne-contre-la-deforestation-284365

Comer sin hambre cuando tenemos un mal día: ¿la ingesta emocional es un problema?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Itziar Alonso Arbiol, Profesora Catedrática de Psicología, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

MaxStrogiy/Shutterstock

El jefe nos ha echado la bronca, llegamos a casa y nos comemos varias galletas de chocolate. O quizá estemos estudiando para un examen, nerviosos o aburridos abrimos la nevera una y otra vez. O puede que estemos viviendo mucho estrés últimamente, por lo que compramos más snacks, dulces o comida rápida de lo habitual.

Estas situaciones tan familiares tienen algo en común: no comemos por hambre física, sino para gestionar lo que sentimos. Esto se conoce como ingesta emocional. ¿Puede convertirse en un problema? ¿Cómo evitarlo?

Comer para afrontar emociones negativas

La ingesta emocional es un fenómeno bastante frecuente y no se considera, por sí misma, un trastorno psicológico. La investigación muestra que muchas personas recurren ocasionalmente a la comida para afrontar emociones negativas. Estamos hablando de entre el 40 y el 45 % de la población adulta y cerca del 30 % en adolescentes. Esto se da en situaciones de estrés, ansiedad y tristeza, y se observó de forma evidente durante la pandemia de covid-19.

Comer en relación a nuestras emociones forma parte de la experiencia cotidiana de muchas personas. De hecho, es habitual celebrar comidas y cenas con gente cercana en momentos importantes. El problema no es tanto recurrir de vez en cuando a la comida, sino que esta estrategia se vuelva habitual cuando nos sentimos mal. El alivio de la comida es pasajero y puede generar sentimientos de culpa.

Además, este patrón se asocia al consumo habitual de alimentos con muchas calorías, ricos en azúcar o grasa. Con el tiempo, esto podría dañar la salud. Por ejemplo, podría aumentar el riesgo de obesidad, diabetes y enfermedades cardiovasculares. La ingesta emocional también aumenta la probabilidad de desarrollar trastornos de la conducta alimentaria.

¿Cómo manejamos las emociones y qué papel juega la comida?

Existen muchas estrategias para manejar las emociones. Por ejemplo, hablar con alguien, hacer ejercicio o distraernos para no pensar en nuestras preocupaciones. Comer también puede cumplir esa función, pero ¿qué pasa cuando la comida se convierte en nuestro recurso principal para gestionar el malestar?

La comunidad científica se ha interesado durante años por esa y otras preguntas. ¿Tienen más tendencia a esta ingesta las personas que no saben manejar sus emociones? ¿Esta relación aparece solo en quienes tienen problemas de alimentación?

No quedaba claro si la ingesta emocional existía en personas sin problemas y de distintas edades. Tampoco sabíamos hasta qué punto los estudios se podían extrapolar a la población general y en distintas etapas de la vida, porque muchos se han realizado en grupos muy concretos, como personas en tratamiento bariátrico.

Por eso realizamos un metaanálisis (un estudio de estudios), con el objetivo de unir resultados previos e hilar más fino. Así, extrajimos conclusiones más sólidas que las de un único trabajo. También nos permitió saber en qué condiciones el manejo emocional llevaba a usar la comida sin tener hambre.

Nuestro estudio mostró una serie de resultados interesantes:

  1. La gente con mayor dificultad para gestionar emociones negativas recurre más a menudo a la comida.

  2. La relación entre la falta de gestión de las emociones y la ingesta se da tanto en personas con problemas psicológicos como sin ellos.

  3. Esta relación se ve por igual en personas de todas las edades y géneros.

  4. La relación se mantiene igual para cualquier emoción negativa (tristeza, ansiedad, aburrimiento). Sin embargo, no aparece en las emociones positivas.

Aprender a gestionar las emociones es clave

Estos resultados sugieren que aprender a gestionar de manera más adecuada las emociones negativas podría tener efectos beneficiosos en varios ámbitos de la salud, y no solo en la relación que mantenemos con la comida. También deja claro el valor positivo de aprender desde edades tempranas.

Podríamos pensar erróneamente que recurrir al picoteo por no dominar las emociones es algo que les ocurre sobre todo a las mujeres. Es cierto que las mujeres tienden más a la ingesta emocional, pero nuestros hallazgos muestran que la correlación entre la desregulación emocional y el uso de la comida se da de manera similar tanto en ellas como en ellos.

Entonces, ¿qué podemos hacer?

Las intervenciones psicológicas que son eficaces para la gestión de las emociones incorporan elementos que han demostrado ser útiles para la salud mental y para los hábitos de vida. Estas estrategias incluyen aprender a identificar las emociones y a distinguir qué situaciones las desencadenan. También aportan herramientas que ayudan a desarrollar estrategias más adaptativas ante el estrés y a practicar la atención plena.

Esto es relevante porque la regulación emocional no influye solo en nuestra relación con la comida: también se ha visto asociada a problemas como la ansiedad y la depresión. Es lo que en psicología se conoce como “efecto transdiagnóstico”, por lo que influir en algunas variables permite prevenir problemas diferentes. Por lo tanto, mejorar la capacidad de gestionar las emociones podría tener un impacto positivo más amplio sobre la salud y el bienestar.

Si estamos en un punto en el que sentimos que no podemos mantener a raya las emociones hay solución. La evidencia científica muestra que la terapia cognitivo-conductual, el protocolo unificado, la terapia de la conducta dialéctica, y el mindfulness mejoran la gestión emocional. Además, las tres últimas también lo mejoran incluso en el seguimiento. Es decir, provocan un efecto sostenido.

En definitiva, tenemos mucho que ganar sabiendo cómo lidiar con nuestras emociones. Nos puede ahorrar problemas futuros de diverso tipo. La próxima vez que venga el impulso de comer sin hambre, preguntémonos: ¿sé lo que estoy sintiendo en este momento? ¿Puedo hacer alguna otra cosa distinta para sentirme mejor?

The Conversation

Itziar Alonso Arbiol es la Investigadora Principal del proyecto de investigación “Ingesta emocional en la adolescencia: Autocompasión, apego, regulación emocional y cultura” (referencia PID2023-151085NB-I00), financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, la Agencia Estatal de Investigación y por el FEDER.

Aitziber Pascual Jimeno, Jara Mendia, José J. Pizarro Carrasco y Susana Conejero López no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Comer sin hambre cuando tenemos un mal día: ¿la ingesta emocional es un problema? – https://theconversation.com/comer-sin-hambre-cuando-tenemos-un-mal-dia-la-ingesta-emocional-es-un-problema-282303

Nuevo caso de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en España: claves de una enfermedad emergente

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología, Universidad de Salamanca

Las garrapatas del género _Hyalomma_ son las principales transmisoras del virus de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo. Mshst/Shutterstock

Aunque la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo (FHCC) es endémica en África, los Balcanes, Oriente Medio y los países asiáticos situados al sur del paralelo 50 norte –que es el límite geográfico del principal vector de garrapatas–, de vez en cuando enciende las alarmas en Europa.

Es lo que acaba de suceder en España después de que la Junta de Castilla y León haya confirmado un caso en la provincia de Salamanca. El afectado es un varón de 68 años que fue atendido con un cuadro clínico compatible con la enfermedad. Los datos recientes sobre la transmisión local de esta patología en la Unión Europea/Espacio Económico Europeo indican que España es uno de los países que mayor número de casos notifican.

3 000 millones de personas en riesgo

La Organización Mundial de la Salud (OMS) estima que más de 3 000 millones de personas están en riesgo de desarrollar FHCC, y la incidencia anual se sitúa entre los 10 000 y los 15 000 casos. Debido a su potencial epidémico y a la falta de vacunas y tratamientos antivirales de eficacia comprobada, la OMS la ha incluido en su lista priorizada de enfermedades con mayor riesgo para la salud pública.

Se trata de una afección viral transmitida por garrapatas y causada por el virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo, perteneciente al género Orthonairovirus. Fue descrita por primera vez en 1944, durante la Segunda Guerra Mundial, cuando un brote afectó a un grupo de soldados soviéticos en la península de Crimea. Veinte años después, en 1967, el virus fue finalmente identificado y recibió el nombre de virus de Crimea-Congo, basándose en las similitudes encontradas con el patógeno que afectó a un paciente febril en el antiguo Congo Belga en 1956.

Se trata de una enfermedad potencialmente mortal, con tasas de letalidad que pueden alcanzar el 40 %. El virus es transmitido a través de la picadura de varias especies de garrapatas del género Hyalomma; en especial, las especies Hyalomma marginatum e Hyalomma lusitanicum, que actúan como vectores de la dolencia.

La idoneidad ecológica y climática para las garrapatas del género Hyalomma está aumentando en toda Europa, lo que incrementa el riesgo de transmisión del virus de la FHCC. Otras especies, como algunas de los géneros Rhipicephalus y Amblyomma, pueden desempeñar un papel en la transmisión y el mantenimiento del virus en regiones endémicas.

En ciervos, jabalíes, liebres, vacas, ovejas y avestruces

Las garrapatas del género Hyalomma infestan una amplia variedad de especies silvestres, como ciervos, jabalíes y liebres, pero también animales de ganado en libertad, como cabras, vacas y ovejas. Estos animales desempeñan un papel crucial en el ciclo de vida de las garrapatas, así como en la transmisión y amplificación del virus de la FHCC. Dado que los animales no presentan signos clínicos, las infecciones no tienen impacto económico en la producción ganadera.

Si bien muchas aves son resistentes a la infección, los avestruces pueden presentar una alta prevalencia en zonas endémicas, donde han sido el origen de algunos casos en humanos. En 1996, el Instituto Nacional de Virología de Sandringham notificó un brote de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en Oudtshoorn (Sudáfrica), entre trabajadores de una granja de avestruces y un matadero.

Estudios recientes respaldan un modelo en el que múltiples especies de garrapatas, junto con una amplia gama de huéspedes vertebrados, mantienen la circulación del virus de la FHCC. Esta flexibilidad ecológica, más que la especificidad estricta del vector, probablemente explica la amplia distribución biogeográfica del patógeno y las expansiones ocasionales de linajes a través de los continentes.

Alta tasa de mortalidad

En España, donde los primeros casos identificados de paciente con fiebre hemorrágica de Crimea-Congo datan de algo más de una década, la tasa de mortalidad ha llegado al 30 %. La reciente aparición de la enfermedad en este país parece estar impulsada por cambios ecológicos, climáticos y antropogénicos. Múltiples rutas de introducción independientes, incluyendo aves migratorias y movimientos de ganado, probablemente han contribuido a la heterogeneidad genética observada actualmente en la península ibérica.

El genoma del virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo consta de tres segmentos: pequeño (S), mediano (M) y grande (L). El segmento S ha sido ampliamente utilizado en estudios filogenéticos, que han definido 6 de 7 linajes del virus, cada uno con un rango geográfico diferente. Tras la reciente reclasificación del genotipo VI como virus Aigai, el virus de la FHCC ahora se clasifica en cinco genotipos diferentes: África (I-III), Asia (IV) y Europa (V).

Desafortunadamente, ha sido demostrado que en España circulan, en animales salvajes, 3 genotipos diferentes (III, IV y V) del patógeno, incluso en la misma área geográfica, por lo que la población humana está expuesta.

Como apuntábamos más arriba, la forma de transmisión más frecuente al ser humano es a través de la picadura de una garrapata infectada, pero también puede transmitirse entre personas en caso de contacto estrecho con sangre, secreciones, órganos u otros fluidos corporales de individuos infectados. Asimismo, es posible el contagio al sacrificar y manipular animales infectados que en esos momentos tengan el virus en sangre.

El espectro de manifestaciones clínicas de la FHCC varía desde enfermedades subclínicas, que incluyen fiebre, dolor de cabeza, malestar general, mialgia, dolor de garganta, mareos, dolor abdominal, náuseas, vómitos, conjuntivitis y fotofobia, hasta infecciones agudas con hemorragia, insuficiencia multiorgánica y muerte. En el periodo hemorrágico aparecen hematomas pequeños (petequias) que luego pueden hacerse más grandes en la piel y las mucosas. También son frecuentes los sangrados por la nariz y las encías o la orina, vómitos de sangre o heces negras.

Emergente en España

La fiebre hemorrágica de Crimea-Congo es una preocupación incipiente en Europa. A nivel general, el riesgo de contraerla en España se considera bajo para la población. Sin embargo, es una enfermedad emergente en el país y el riesgo pasa a ser moderado para personas que están en contacto frecuente con la naturaleza, cazadores, ganaderos o excursionistas en zonas específicas.

Tenga en cuenta que las garrapatas son ectoparásitos que se alimentan de sangre y actúan como vectores de una gran variedad de patógenos (virus, bacterias y protozoos). De hecho, son responsables de la mayoría de las enfermedades transmitidas por vectores en zonas templadas, provocando afecciones graves y potencialmente mortales en humanos como la enfermedad de Lyme, la encefalitis por garrapatas y la propia fiebre hemorrágica de Crimea-Congo.

Actualmente, el cambio climático, la urbanización y la migración animal están expandiendo su hábitat hacia nuevas regiones.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Nuevo caso de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en España: claves de una enfermedad emergente – https://theconversation.com/nuevo-caso-de-fiebre-hemorragica-de-crimea-congo-en-espana-claves-de-una-enfermedad-emergente-285456

La estrategia comunicativa de León XIV durante su viaje a España: claves de su impacto mediático

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Martínez Otón, Doctora en Comunicación. Investigadora, docente y directora del Máster en radio, podcast y audio digital, Universidad Nebrija

El Papa Leon XIV aterrizaba en Madrid hace unos días tras publicar una semana antes la encíclica Magnifica Humanitas, una brújula moral que pone el foco del liderazgo de la Iglesia en la dignidad humana en tiempos de digitalización e IA.

La persona en el centro de la sociedad era la propuesta que León XIV compartía con el mundo entero en su hoja de ruta. Esta se repitió en los más de 20 actos públicos –y otros tantos discursos– pronunciados en su viaje a España. Cuatro homilías en misas multitudinarias, dos vigilias de oración en Madrid y Barcelona con más de 600 000 personas presenciales, cinco actos religiosos, más de diez encuentros agendados y varios privados con la realidad asistencial de la Iglesia, la sociedad civil, el poder ejecutivo y legislativo, las diócesis, el clero español y dos millones y medio de personas participantes en estos 21 actos, según los organizadores.

La Iglesia ha sabido impactar con la narrativa que pone rostro y voz a su doctrina social, impulsada por su antecesor León XIII (Rerum Novarum 1891) y recogida por los más contemporáneos Juan Pablo II (Centesimus Annus, 1991 ), Benedicto XVI (Caritas in Veritate, 2009 ) y Francisco (Fratelli Tutti, 2020).

El choque con Donald Trump por sus mensajes de paz y migración había disparado el foco mediático sobre León XIV antes de su viaje. En ese contexto, llegó a España un papa poco conocido en los gestos y en su relación con los fieles . Para algunos, el pontífice tenía “una imagen sobria e intelectual”, nada cercana en comparación con la de Francisco.

18.8 millones de espectadores únicos

Sin embargo, los discursos del pontífice empezaron a ocupar los titulares a través de mensajes impactantes dirigidos a los rostros del sufrimiento. Eran palabras que respondían a los testimonios incluidos en todos sus actos. El seguimiento multitudinario de su visita se recogió en toda la prensa; se abrieron los informativos con ella y se realizaron coberturas los programas de infoentretenimiento. Las fotos y vídeos inundaron las redes sociales.

Según la consultora Barlovento, 28 cadenas en España han contado con programas especiales, acumulando 18,8 millones de espectadores únicos e impactando casi en el 40 % de la sociedad española.

La Santa Sede facilita la narrativa a los medios mediante esos discursos previamente elaborados en Roma, que se entregan embargados a los periodistas dos horas antes en los actos y en los centros internacionales de prensa habilitados para la ocasión.

Como ya ocurrió en el pontificado de Francisco, la comunicación vaticana entiende que funciona la estrategia de centralización y uso de periodistas acreditados como filtros de confianza para una transparencia proactiva, control del contexto y credibilidad frente a la desintermediación. Para crear una nueva narrativa genérica se apuesta por parámetros informativos que funcionan como “menos comillas y más datos”, por recurrir a expertos que no son muy habituales en las tertulias y por explicar con imágenes. Así gana el discurso.

En el avión papal, donde viaja siempre un grupo de vaticanistas, suelen darse los primeros titulares que van a centrar el viaje apostólico. Es ahí cuando el pasado 6 de junio el papa definió su viaje como “una misión para encontrar a los fieles y anunciar el mensaje de Jesucristo a toda la sociedad”. Expresó que deseaba transmitir un mensaje de “amor de Dios, de la caridad y del respeto por cada ser humano”.

23 intervenciones y cuatro ejes

En las sucesivas 23 intervenciones se ven claramente cuatro ejes sobre los que se mueve su magisterio:

  • La inviolabilidad de la dignidad humana.

  • La cultura del encuentro frente a la polarización y los muros.

  • La caridad como compromiso político y social.

  • El impulso hacia una fe viva que transforme la sociedad.

Las frases y mensajes de esos discursos, acompañados de miles de fotos o vídeos, han suscitado el interés de los medios digitales y las redes sociales, donde los creadores y los consumidores se han convertido en actores que compiten directamente con los medios tradicionales.

Mientras que las audiencias de televisión tradicional han sido lideradas por RTVE, en las redes el ente público no ha conseguido liderar. La digitalización permite la autogestión de la información y hay usuarios que han alcanzado notoriedad y se han convertido en influencers en estos días.

Mensajes en redes sociales

Gracias al análisis de las publicaciones durante el viaje papal a través de herramientas como Google Trends y TalkWalker nos encontramos con que hay grandes actores de la comunicación que, sin ser medios lideran, la conversación en redes. Así, una entidad como el Real Madrid consiguió un engagement de 1.9 millones de usuarios con solo cuatro publicaciones del paso de León XIV por el estadio Santiago Bernabéu. El diario ABC aparece en este estudio como el primer medio el liderar el impacto. Aún así, necesitaría publicar 132 post para tener un engagement similar.

En este ranking resaltan otros medios influyentes en menor medida como elmundo.es, La Vanguardia o RTVE que, aunque lidera la audiencia de televisión en usuarios únicos y los hashtags en redes, no consigue el mismo engagement (272.7K) que el club blanco.

Las búsquedas digitales de “León XIV” y “Papa León” se incrementaron en la semana del viaje (6-12 de junio) un 100 %, así como los temas que están relacionados con su visita, destacando algunos transversales. Queda demostrado el interés por sus discursos con búsquedas de estas palabras que superan el 600 % sobre las habituales.

Los discursos, muy ligados a la fuerza de los testimonios reales, han despertado interés en los medios. La llamada de atención a las fuerzas políticas polarizadas en el Congreso, el foco en los abusos dentro de la Iglesia ante los obispos, su relación con el mundo de la cultura y el espectáculo, la realidad diocesana de cada territorio o la necesidad de integrar al migrante han estado en la agenda informativa del papa, que ha estado atento a las peculiaridades territoriales con el uso del catalán en sus intervenciones en Cataluña.

En definitiva, un acontecimiento histórico que ha despertado el interés mediático poniendo de manifiesto cómo, con un único mensaje y materiales informativos muy parecidos, los medios tradicionales y las redes sociales han recogido con lenguajes propios el contenido que interesa a su audiencia centrando el interés en un papa que, finalmente, se ha mostrado cercano.

The Conversation

Laura Martínez Otón es Secretaria General de UCIPE, Unión Católica de Informadores y Periodistas de España.

ref. La estrategia comunicativa de León XIV durante su viaje a España: claves de su impacto mediático – https://theconversation.com/la-estrategia-comunicativa-de-leon-xiv-durante-su-viaje-a-espana-claves-de-su-impacto-mediatico-285023

Sara G. Alonso, astronauta: “Si tengo que elegir entre valentía y resiliencia, me quedo con valentía”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elena Sanz, Directora editorial, The Conversation

La biotecnóloga vive tres vidas en una: investiga el cáncer en su laboratorio del Centro Nacional de Investigaciones Oncológicas (CNIO), es astronauta de la Agencia Espacial Europea (ESA) en calidad de reserva y, allá donde la convocan (y la convocan mucho), acude como referente de mujer científica a dispersar semillas para que broten vocaciones STEAM entre las niñas. Podría estar agotada, pero no pierde la sonrisa y hablar con ella transmite una enorme paz.

Firme defensora de que deberíamos sentirnos libres para tomar decisiones propias y desafiar lo establecido, Sara comparte canciones en su playlist que invitan a “coger el cielo con las manos” (Fito & Fitipaldis) y reivindican “vamos afuera a hacer que suceda / si hay que morir es de vivir” (Biznaga).

Recientemente ha publicado Órbitas. Apuntes de una vida en continua exploración (Ediciones B, 2025), libro autobiográfico en el que analiza su trayectoria y señala que la curiosidad es el motor que la mueve desde que tiene uso de razón.

Escoger no es nada sencillo, sobre todo cuando lo que tienes que elegir es la profesión a la que te vas a dedicar toda una vida. En tu caso, ¿recuerdas qué te llevó a especializarte en biotecnología?

Precisamente opté por estudiar biotecnología para no tener que elegir tan pronto a qué quería dedicarme. Con 18 años no me sentía preparada para saber cuál era la profesión de “mis sueños”, porque ni siquiera entendía las opciones que se desplegaban ante mí. Entonces, descubrí que la biotecnología consistía en aplicar el conocimiento biológico para solucionar problemas o mejorar productos y servicios. Es decir, darle una aplicación al conocimiento. Y eso es lo único que tenía claro desde niña, que quería avanzar en el conocimiento y que eso tuviese una aplicación, que sirviese para mejorar la sociedad. La biotecnología permitía posponer la especialización, porque tiene colores: puedes optar por la biotecnología roja y enfocarte en el ámbito de la salud, o por la verde para contribuir en la agricultura, o apostar por la azul y los océanos…

Me parece muy inteligente hacer una elección que implicaba pocas renuncias. Porque, en general, elegir es renunciar, y a veces eso da vértigo. En tu libro hablas de lo paralizante que puede llegar a ser el miedo.

Más que el miedo, lo paralizante es pensar que existe un camino perfecto, un camino idóneo para ti, y dedicar la mitad de tu vida a identificarlo. Yo aquí tiro mucho de un verso que todos conocemos, del poeta Antonio Machado: “Caminante, no hay camino, se hace camino al andar”. Aunque elegir implique renuncias, al dar un paso en una dirección concreta surgen nuevos estímulos, conectas con ciertas personas y con otras realidades que, de alguna manera, te van indicando hacia dónde avanzar. Si pienso en las decisiones que he tomado en mi vida no me arrepiento, porque alterarlas trastocaría completamente mi mundo actual. Todos y cada uno de los pequeños pasos que he dado, cada cosa que he elegido y las que he descartado, me han servido para estar donde estoy.

Lo paralizante no es tener miedo: es pensar que existe un camino perfecto, un camino idóneo para ti, y dedicar la mitad de tu vida a identificarlo.

Hoy, precisamente, vives con un pie en la investigación contra el cáncer y otro pie en el espacio. Empecemos por el cáncer que, aunque lo nombramos en singular, engloba distintas enfermedades.

Bajo el paraguas de la palabra cáncer confluyen varias enfermedades con un nexo común: ocurren cuando nuestras propias células pierden el control sobre su división. Quizá por eso optamos por darles un único nombre, pensando que puede existir una única cura común. El problema es que los mecanismos que llevan a que las células cancerosas pierdan el control son tremendamente variados. Generalmente se debe a una acumulación de errores, de mutaciones en nuestro código genético. Pero esos errores ocurren de manera natural, por el simple hecho de estar vivos, y se pueden incrementar en función de nuestro estilo de vida.

Para colmo, cada cáncer evoluciona de una manera única y genera una respuesta a los medicamentos distinta, una agresividad diferente en cada caso. Ante tanta complejidad, tiene sentido que uno de los principales caballos de batalla sea trabajar mucho la prevención. No se puede evitar una enfermedad que se produce por la acumulación de errores en células propias, pero se lo podemos poner difícil haciendo deporte, llevando una alimentación saludable, renunciando a fumar, evitando exponernos a la luz ultravioleta del sol. Eso mejoraría bastante la situación actual respecto al cáncer.

El reto de pararle los pies al cáncer convive con otro menos “terrenal”: hace tres años te convertiste en miembro de la reserva de astronautas de la ESA. ¿Qué implica eso? Has explicado varias veces que ser astronauta no es solo viajar al espacio…

Los astronautas somos profesionales seleccionados por agencias espaciales como la NASA, la ESA, JAXA (la agencia japonesa)… Estamos entrenados y capacitados para subirnos en naves espaciales, ir al espacio y ejecutar experimentos científicos sabiendo operar la tecnología necesaria para ello. Una astronauta debe ser capaz de reaccionar en situaciones extremas, mantener la calma bajo presión, trabajar en equipo y lidiar con distintos tipos de situaciones de una manera efectiva. También es importante saber dar soporte desde la Tierra a las misiones que están en el espacio. En definitiva, se trata de ser profesionales en todo lo que implica la exploración espacial, aunque viajemos al espacio una, dos o, a lo sumo, tres veces a lo largo de la carrera. Eso requiere someterse a un entrenamiento constante.

Una astronauta debe ser capaz de reaccionar en situaciones extremas, mantener la calma bajo presión, trabajar en equipo y lidiar con distintos tipos de situaciones de una manera efectiva

¿En qué consiste exactamente ese entrenamiento?

Todos los implicados en las misiones espaciales deben hablar el mismo lenguaje. Todos, sin excepción, necesitan tener conocimientos teóricos básicos de medicina, mecánica orbital, astronomía, naves, astrofísica… Pero también conocimientos prácticos que abarcan desde técnicas de supervivencia en condiciones de frío hasta aprender a manejarse en condiciones de microgravedad, trabajar en equipo y saber reaccionar rápido en situaciones límite. Todo eso se entrena. En realidad es un entrenamiento vitalicio, nunca llegamos a adquirir todo el conocimiento necesario. Si me asignan una misión espacial, con un proyecto concreto, entonces la ESA, junto con la NASA, me daría la formación específica para esa misión.

Hablas del trabajo en equipo. Sin embargo, en retos científicos de grandes dimensiones suele haber mucha competencia entre países. De hecho, se usa el término de “carrera espacial”. En tu opinión, ¿pesa más cooperar o competir?

La competitividad es sana mientras funciona como un estímulo para dar lo mejor de ti e impulsarte a llegar un pasito más allá, alentado por la presión de que hay otros que lo están haciendo igual o incluso mejor que tú. También es cierto que, a nivel de países, cierta competitividad estimula de alguna forma el progreso. Sin embargo, y esto es algo completamente subjetivo, yo siempre abogaré más por la dimensión colaborativa. Creo que cuando confluyen distintas disciplinas y distintas formas de pensar el resultado no es aditivo: multiplicamos, en vez de sumar. Y eso nos permite llegar más lejos. Frente a lo que consiguen grupos muy homogéneos, quienes integran distintas perspectivas amplían sus posibilidades, porque están menos sesgados.

Aunque en los 70 vivimos una tensa carrera espacial entre Rusia y Estados Unidos para alcanzar la Luna, que ahora se ha trasladado a Estados Unidos y China, al mismo tiempo tenemos el ejemplo paradigmático de la Estación Espacial Internacional. Es la mayor obra de ingeniería que el ser humano ha construido a lo largo de la historia. Y fue posible gracias al esfuerzo colaborativo de Estados Unidos, Europa, Japón, Canadá y Rusia. De hecho, se sustenta sobre la idea de explorar y usar de forma pacífica el espacio para el beneficio de la humanidad. Para mí, esa colaboración no tiene parangón.

Mencionabas las próximas misiones a la Luna y hay mucha gente que cuestiona su valor cuando tenemos tantos problemas más, por así decirlo, “cercanos” a los que dar prioridad. La exploración espacial ¿es un capricho? ¿Responde a la necesidad de satisfacer nuestra curiosidad? ¿O queremos demostrar de qué somos capaces los seres humanos?

Muchas veces creamos falsas dicotomías, como la de por qué invertir en el espacio cuando sufrimos catástrofes naturales aquí o hay gente que se está muriendo de hambre. Pero no es cuestión de elegir A o B. Al apostar por la ciencia y la tecnología espaciales no estamos simplemente lanzando a seres humanos para demostrar poder y colocar allí una bandera: se trata de desarrollar tecnología que luego se puede traducir en aplicaciones tan interesantes como sistemas de reciclaje de agua, sistemas de soporte vital o nuevos combustibles.

Tenemos un ejemplo en las máquinas de resonancia magnética nuclear que usamos para explorar el cuerpo por dentro y detectar tumores: la tecnología que las hace posibles surgió de alguien que quería estudiar estrellas. Las próximas misiones Artemis aspiran a crear bases permanentes para ir de forma sostenida y que, explorando la superficie lunar, logremos entender un poco mejor el origen de nuestro planeta y de otros cuerpos del sistema solar. Se ha visto que en el polo sur de la Luna hay agua congelada: ¿seremos capaces de descomponer ese agua para obtener hidrógeno y usarlo como combustible para cohetes y para obtener oxígeno que respirar? ¿Lograremos hacer crecer allí cultivos con cantidades de agua ínfimas?

Dada tu apuesta por lo multidisciplinar y tu amor a todas las ramas del conocimiento, ¿quién debería vivir en esas bases lunares permanentes? ¿Físicos y biólogos? ¿O también filósofos y poetas?

El conocimiento es algo intrínsecamente bueno, y en las bases futuras dependerá un poco del objetivo. Creo que las primeras personas que viajarán a la Luna en el siglo XXI lo harán exclusivamente con fines científicos de recolección de muestras, de probar tecnología que se ha desarrollado para ver si funciona. Y eso implica una primera oleada de científicos, tecnólogos e ingenieros que consoliden lo que necesitamos para que esas bases permanentes sean habitables. Una vez lo consigan, los habitantes de esas bases lunares deberían representar al conjunto de la sociedad, con toda su diversidad. Si reunimos a personas con distinto bagaje cultural y profesional, aprovecharemos esa mente colectiva que nos hace tan poderosos. Necesitamos poblar la Luna con personas de diferentes países y edades para evitar sesgos. Y sí: lo interesante es que la habiten poetas junto con filósofos, científicos, ingenieros, artistas y profesionales de todo tipo.

Son muchos los científicos que últimamente reclaman colocar la ciencia en el corazón de Europa. ¿Qué crees que necesitamos para hacer ese deseo realidad?

Los países más desarrollados son los que favorecen una sociedad educada capaz de adquirir pensamiento crítico y conciencia de que, en una rutina de 24 horas de cualquier persona, la ciencia y la tecnología están presentes todo el tiempo. Nadie puede decir “esto no va conmigo” al hablar de ciencia. Si somos conscientes de que esto es así, mantendremos la ciencia en el centro de cada país y, por extensión, de Europa.


Esta entrevista se publicó originalmente en la Revista Telos de la Fundación Telefónica, y forma parte de un número monográfico dedicado a la física cuántica.


The Conversation

ref. Sara G. Alonso, astronauta: “Si tengo que elegir entre valentía y resiliencia, me quedo con valentía” – https://theconversation.com/sara-g-alonso-astronauta-si-tengo-que-elegir-entre-valentia-y-resiliencia-me-quedo-con-valentia-285021

La historia del Parque Nacional de Doñana: así comenzaron los esfuerzos de conservación en medio de una dictadura

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan José Negro, Investigador en Biología Evolutiva y Biología de la Conservación, Estación Biológica de Doñana (EBD-CSIC)

Aves sobrevolando una laguna en el Parque Nacional de Doñana. Right Perspective Images/Shutterstock

El Parque Nacional de Doñana es hoy un emblema de la biodiversidad y la conservación. Pero esto último no ha sido siempre así. Para conocer los inicios de la protección de este enclave andaluz hay que remontarse a los años 60.

La protección de Doñana como reducto de vida salvaje y valor cultural echó a andar en 1964, cuando el biólogo y naturalista José Antonio Valverde consiguió fondos para adquirir una substancial porción de terreno en el centro del coto, por entonces enteramente en manos privadas. Se trataba de terrenos de monte bajo con matorral, pinos y alcornoques, algunas lagunas y una estrecha banda de marisma que pertenecían a una sociedad de cazadores.

La adquisición se hizo inicialmente con la aportación mayoritaria de uno de los primeros crowdfundings de la historia para una causa ambiental. Lo organizó el Fondo Mundial para la Vida Silvestre (WWF, por sus siglas en inglés), que se había creado precisamente para recolectar dinero destinado a conservar lugares de interés natural.

WWF aportó 25,7 millones de pesetas para la compra del terreno. El CSIC añadió 18 millones más. La finca adquirida tenía 6 794 Hectáreas y comprendía también un tercio del Palacio de Doñana. Pasó a llamarse La Reserva, declarándose así desde su nacimiento como santuario de naturaleza destinado a la conservación y estudio de biodiversidad.

Las personalidades que visitaron y apoyaron Doñana

Hay que aclarar, no obstante, que la compra de Doñana se venía gestando desde tiempo atrás. Mauricio González, hijo de uno de los dueños y gran aficionado a las aves, había invitado a varias y sucesivas expediciones británicas desde los años 50, a las que se sumó Valverde como naturalista local. Estas visitas de expertos habían revelado la enorme diversidad del coto, particularmente en lo que se refería a las aves.

Los expedicionarios eran todos celebridades de talla mundial. Entre ellas figuraban el mariscal de campo Alan Brooke, mano derecha de W. Churchill y jefe del Estado Mayor británico durante la Segunda Guerra Mundial (apasionado de la ornitología, se dice que prohibió un bombardeo sobre una isla para proteger una colonia de charrán rosado); Sir Peter Scott, hijo del malogrado explorador antártico y un héroe británico por sí mismo; Roger Peterson y Guy Mountfort, autores de la más famosa guía de aves europeas, y Julian Huxley, primer director general de la UNESCO.

Once hombres y dos mujeres, miembros de la expedición británica a Doñana del año 1957, posan para la foto en dos filas
Los componentes de la expedición británica a Doñana del año 1957. Fila trasera, de izquierda a derecha: George Shannon, Tono Valverde, James Gerguson-Lees, Mauricio González, Tony Miller y Phil Hollom. Fila delantera, de izquierda a derecha: Max Nicholson, Guy Mountfort, Lady Huxley, Lord Alanbrooke, Lady Alanbrooke, Sir Julian Huxley y Eric Hosking.
Erik Hosking/Archivo EBD-CSIC

Valverde se apoyó en hombros de gigantes, incluyendo muy destacadamente al magnate y filántropo suizo Luc Hoffmann, de la familia propietaria de la gran empresa biotecnológica Roche. Hoffmann aportó 8 millones de pesetas y así Valverde consiguió apoyos dentro y fuera de España para, primero, comprar una parte del tesoro y asegurar su conservación; y, segundo, crear una estación biológica, con el fin de que la preservación se basara en evidencia científica.

Un entorno natural en riesgo durante la dictadura

No hay que olvidar que España estaba bajo un régimen dictatorial. Valverde hubo de convencer por carta al mismísimo general Franco de que era mucho más provechoso mantener el coto tal cual era que convertirlo en un monocultivo de eucaliptos para alimentar la papelera de San Juan del Puerto (Huelva) y de guayules para obtención de caucho, tal como pretendían algunos tecnócratas del momento.

Por otro lado, las marismas de la margen izquierda del Guadalquivir estaban siendo convertidas en regadíos por las excavadoras. Y los colonos acudían en oleadas a los recién construidos pueblos de colonización agrícola que aprovecharían las aguas del también reciente Canal del Bajo Guadalquivir.

Una vez colonizada la margen izquierda, con decenas de miles de hectáreas transformadas, Valverde temía que los ingenieros y las excavadoras continuaran en la margen derecha, que de hecho socavaron en gran parte salvo lo que pudo salvar para el Parque Nacional de Doñana en 1969. De las 200 000 hectáreas marismeñas del gran estuario del Guadalquivir, se preservaron unas 25 000.




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A las marismas de Doñana podrían quedarles 60 años de vida


La “operación” de rescate

Una vez asegurada la reserva, Valverde comenzó la segunda fase de la “operación” de rescate, como la llamaba el ornitólogo y naturalista británico Peter Scott con ciertas resonancias bélicas. Había que crear un centro de investigación científico. Y lo que a principios de los años 60 se denominaba la Estación Biológica del Guadalquivir pasó a llamarse Estación Biológica de Doñana.

Los valedores internacionales de Valverde deseaban una estación y laboratorio en el corazón de Doñana. Es lo que había hecho antes Luc Hoffmann en La Camarga francesa. Su Estación Biológica Tour du Valat se había creado en el interior de una finca de 2 800 hectáreas en 1954 situada en el centro del mayor humedal de Francia. Hoffmann había comprendido la interconexión de las zonas húmedas por parte de las aves migratorias, había adquirido la finca en 1948 y deseaba exportar ese modelo a otras zonas mediterráneas.

El arquitecto jerezano Olegario del Junco diseñó en 1972 el esbelto laboratorio y observatorio que existe ahora en el centro techado con castañuela, a la usanza marismeña. El laboratorio se llamó Luis Bolín en honor al principal donante para su construcción. Bolín era un convencido conservacionista de los humedales y dejó en herencia 2,5 millones de pesetas que entregó al CSIC su viuda Cecilia Parker. La Ley de Memoria Histórica ha propiciado el cambio de nombre del laboratorio, que desde hace algún tiempo se llama Castañuela, como la planta que lo techa.

Dos casas con techo de paja en una franja de tierra con vegetación en medio de dos grandes lagunas
Laboratorio antes llamado Luis Bolín.
Archivo EBD-CSIC

La primera sede de la Estación Biológica de Doñana

Portada de las memorias de José Antonio Valverde con el el título:
Portada de las memorias de José Antonio Valverde.
Editorial Quercus

Valverde no hizo caso de sus amigos y mecenas. Consideraba, y así lo consigna en el tomo IV de sus memorias, que un centro de investigación en medio de Doñana iba a estar aislado del mundo. Tras un intento infructuoso en Alcalá de Guadaira (provincia de Sevilla), decidió alquilar una vivienda en el sevillano barrio de Heliópolis y allí, en la calle Paraguay, tuvo su primera sede la incipiente Estación Biológica de Doñana.

A pesar de su carácter plenamente urbano, tuvo algo de zoológico. Mantuvo Valverde en ella algunos ejemplares exóticos, como una hiena rayada y alguna serpiente. Además de los vivos, empezó a acumular una importante colección de vertebrados preparados para su estudio. Se convertiría con el tiempo en la segunda colección más importante de España, tras las colecciones del Museo Nacional de Ciencias Naturales, también del CSIC.

Cien años del nacimiento de Valverde

Este año 2026 celebramos el centenario del nacimiento de J. A. Valverde (1926, Valladolid – 2003, Sevilla). El que fuera primer director de la Estación Biológica de Doñana y del parque nacional reconoció en sus memorias que tales esfuerzos le costaron su salud. Sufrió varios infartos y dimitió como director en 1975 alegando problemas cardiacos.

Su legado quedará unido a la conservación de Doñana, a la creación de un centro de investigación puntero internacionalmente en estudios de biodiversidad y también a sus propias contribuciones como zoólogo y biólogo evolucionista. Entre otros logros, determinó varios vertebrados nuevos para la ciencia. Entre ellos, varios eslizones y una subespecie de ardilla que dedicó a su amigo Luc Hoffmann.

The Conversation

Juan José Negro fue director de la Estación Biológica de Doñana-CSIC entre 2012 y 2015.

Abilio Reig Ferrer no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La historia del Parque Nacional de Doñana: así comenzaron los esfuerzos de conservación en medio de una dictadura – https://theconversation.com/la-historia-del-parque-nacional-de-donana-asi-comenzaron-los-esfuerzos-de-conservacion-en-medio-de-una-dictadura-283707

La Ley del Juego: no es lo mismo apostar que echar una partida de ‘Catán’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emiliano Labrador Ruiz de la Hermosa, Assistant researcher, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Las máquinas tragaperras o las casas de apuestas animan a ‘jugar’ en ellas, aunque el término tenga poco que ver con lo que hacemos cuando jugamos al escondite, por ejemplo. Elmer Laahne PHOTOGRAPHY/Shutterstock

El Gobierno de España ha impulsado una reforma integral de la Ley de Regulación del Juego. Su prioridad es actualizar un marco normativo que ya arrastra 15 años de antigüedad frente al auge exponencial del juego digital y las nuevas tecnologías. La iniciativa se encuentra actualmente en fase de consulta pública (abierta hasta el 22 de junio de 2026) para recoger aportaciones de la ciudadanía y colectivos implicados.

Si se fija, el párrafo anterior menciona, con lenguaje utilizado por el Gobierno, dos veces la palabra juego. Pero no se refiere a “Acción y efecto de jugar por entretenimiento” ni a un “ejercicio recreativo o de competición sometido a reglas, y en el cual se gana o se pierde”. Está hablando de ‘apuestas’: “pactar con otra u otras [personas] que aquel que se equivoque o no tenga razón, perderá la cantidad de dinero que se determine o cualquier otra cosa”, también según la RAE.

Pero no es lo mismo la Lotería Primitiva que el juego de mesa Virus!. En inglés se diferencia el “game” del “gambling”, al igual que en muchos otros idiomas. Esto no ocurre en castellano, lo que trae no pocos problemas a la hora de diferenciar ambos conceptos.

Breve repaso de la historia del juego

El primer juego de mesa documentado es el babilónico Real juego de Ur, que –se estima– tiene unos 4 500 años. Por “documentado” entendemos que hay un tablero, fichas y algunas indicaciones por escrito de cómo se juega. El arqueólogo británico Sir Leonard Wolley lo encontró cuando excavaba en la ciudad de Ur (antigua Mesopotamia, actual Irak) entre 1922 y 1934.

Tablero de juego de madera; la superficie está formada por 20 placas cuadradas de concha con incrustaciones variadas; los bordes están hechos de pequeñas placas y tiras, algunas esculpidas con un ojo y otras, posiblemente, con rosetas; en el reverso hay t
Uno de los cinco tableros de juego hallados por Sir Leonard Woolley en el Cementerio Real de Ur, que actualmente se conserva en el Museo Británico.
British Museum/Wikimedia Commons

No obstante, se tiene constancia de juegos egipcios más antiguos (y de hecho similares a este) como el Senet o el Mehen, con más de 5 000 años de antigüedad. Si seguimos hacia atrás, se han encontrado, datados en el Pleistoceno, hace unos 12 000 años, dados de hueso y madera en América del Norte y, en el Neolítico, tableros hechos de losas de piedra con agujeros en las actuales Jordania, Siria e Irán.

Pero la necesidad humana de jugar es realmente heredada de nuestro pasado animal, como demuestran diversas investigaciones. Y es que el juego es un excelente “simulador” de supervivencia, que ayuda a aumentar la flexibilidad cognitiva y enseña cohesión social y empatía, entre otros muchos beneficios.

Desde hace miles de años

Aunque hoy asociamos el juego al ocio, nace de sistematizar el azar. El juego en la antigüedad servía como herramienta trascendental, se empleaba para la adivinación (como los astrágalos grecorromanos en la guerra o el amor), como mapa del inframundo (el Senet y el viaje del alma), para predecir el destino (el Juego Real de Ur), o incluso para resolver conflictos políticos y religiosos sustituyendo batallas a muerte, como ocurría con el juego de pelota mesoamericano.

Se han encontrado dados de 4, 6 o 20 caras, huesos tallados, piedras inscritas, y tablillas planas o redondeadas, quemadas o talladas. La posición en que caían, el número, los símbolos e incluso el sonido que provocaban eran usados como guía.

Pero además, estos múltiples y sofisticados sistemas de azar se usaban con otro propósito. Estamos hablando de las apuestas. La evidencia más antigua, unas pirámides de cuatro caras, la encontramos en la Ciudad Quemada (la actual Irán), hace alrededor de 4 800 años. También hay apuestas documentadas en Mesopotamia, Egipto, en el poema épico Mahabharata (hacia el siglo IV a. e. c.), y a lo largo de toda la historia y en (casi) todas las culturas.

La adicción que provocan las apuestas no pasó desapercibida por los gobernantes, que las usaron para financiar obras públicas, como la construcción de algunas secciones de la Gran Muralla China, o para reparaciones de la ciudad de Roma por parte del emperador Augusto. En las apuestas se ha perdido de todo, según el contexto (guerras, festivales u olimpiadas): desde mantas, joyas y fortunas hasta la propia libertad.

Las apuestas no son un juego

Con tal relevancia histórica, cuesta creer que hasta 1938, fecha en que se publica Homo Ludens del historiador cultural holandés Johan Huizinga, no se comenzase a estudiar seriamente el juego. Aunque ampliado posteriormente, este texto sentó las bases actuales de análisis, al proponer características esenciales que delimitaban qué es el concepto.

Entre ellas enunciaba que es libre (no se puede obligar a jugar), se produce en un momento del tiempo y del espacio (tiene un principio y un fin), exige toma de decisiones (no sirve quedase de brazos cruzados), tiene reglas y objetivos (si no, estamos hablando de juguetes), es una simulación (no tiene relación con el mundo real), es gratuito (no puede implicar interés o beneficio material) e introduce el concepto de círculo mágico (en el juego uno entra, se transforma en algo o alguien, y al salir vuelve a ser la misma persona).

Diferentes cajas de juegos de mesa.
¿Buscamos regular esto?
mailcaroline/Shutterstock

Estos elementos, con algunas variantes menores, son los más aceptados hoy en día para definir el juego. Y precisamente ellos demuestran que las apuestas no lo son, pues rompen sus pilares más relevantes.

Los sistemas de apuestas no suelen ser libres. Como sucede en la popular serie El juego del calamar, muchas personas participan desesperadas por ganar dinero. Los dueños de los negocios de apuestas lo saben, por eso sitúan las casas de apuestas generalmente en barrios vulnerables. Las apuestas tampoco son una simulación, ni gratuitas. Pero, sobre todo, rompen el círculo mágico: en casos en los que deriva en adicción, una vez que se cae en la ludopatía, es muy difícil salir, y raramente al hacerlo uno es la misma persona.

El lenguaje construye

Los gobiernos han promovido históricamente los juegos de azar atraídos por sus altos beneficios, permitiendo a las empresas lucrarse al vender esperanza de enriquecimiento.

Pero utilizar la palabra ‘juego’ en lugar de ‘apuestas’ puede hacer parecer que la actividad es más neutra de lo que realmente es. Llamar Dirección General de Ordenación del Juego a un departamento que se ocupa del deporte y las apuestas, o Ley del juego a una regulación que penaliza a los sistemas de apuestas, es la forma más directa de blanquear a estas últimas. Porque no estamos hablando de hacer una redada en un campeonato de Catán, o de registrar las oficinas de una editorial de juegos.

Por eso, dejemos de utilizar la palabra “juego” para denominar aquello que sucede fuera de entornos puramente lúdicos, y abracemos el cambio de sintagma. La primera que debe hacerlo es la propia Administración pública, que llama a su departamento “Loterías y Apuestas del Estado” pero anima a sus usuarios a “jugar”.

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Emiliano Labrador Ruiz de la Hermosa no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La Ley del Juego: no es lo mismo apostar que echar una partida de ‘Catán’ – https://theconversation.com/la-ley-del-juego-no-es-lo-mismo-apostar-que-echar-una-partida-de-catan-284245

El efecto LinkedIn: cuando todos parecen tener más éxito que nosotros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Díez Ruiz, Associate professor, Universidad de Deusto

Shutterstock / Prostock-studio

Cada mañana, millones de profesionales abren LinkedIn para consultar novedades en su sector, ampliar contactos o compartir sus logros. Lo que encuentran suele ser inspirador: ascensos, premios, publicaciones científicas, nuevos proyectos, conferencias internacionales o cambios de empleo en apariencia a una mejor posición deseada. ¿Cómo afecta esta exposición continua al éxito ajeno a la forma en que valoramos nuestra propia carrera profesional?

La investigación reciente nos señala que, por un lado, ofrece beneficios claros para la empleabilidad, el networking (creación de redes de contactos profesionales) y la difusión del conocimiento. Pero también puede dar lugar a efectos psicológicos menos visibles, relacionados con la comparación social, la autoestima profesional y la necesidad de validación externa.

La trampa psicológica de compararnos demasiado

La teoría de la comparación social, formulada por Leon Festinger en 1954, sostiene que las personas evaluamos nuestras capacidades y nuestro valor comparándonos con los demás. En circunstancias normales, estas comparaciones pueden ayudarnos a orientarnos. El problema aparece cuando la información está sesgada.

Eso es precisamente lo que sucede en muchas redes sociales. Mientras Instagram suele mostrar una visión idealizada de la vida personal, LinkedIn presenta una visión idealizada de la vida profesional. Rara vez vemos proyectos que han salido mal, artículos rechazados, errores estratégicos o procesos de aprendizaje difíciles. Lo habitual es encontrarnos con los resultados finales (y exitosos): el ascenso, la publicación, el premio o el nuevo puesto.

Esta dinámica no es inocua. Algunos estudios han observado que la comparación social en LinkedIn puede incrementar la ansiedad relacionada con la búsqueda de empleo al afectar a la percepción de autoeficacia profesional.

Resulta paradójico que una herramienta diseñada para impulsar el desarrollo profesional pueda acabar generando la sensación de que siempre vamos por detrás.

Una autoestima profesional dependiente

Los psicólogos distinguen entre una autoestima relativamente estable y una autoestima contingente, es decir, aquella que depende de factores externos como el reconocimiento, los logros o la aprobación social.

Esta segunda puede llega a pesar mucho más de lo conveniente en el contexto de las redes sociales. Muchos usuarios de estas plataformas llegan a vincular una parte importante de su autovaloración a la respuesta obtenida en las plataformas digitales. Cuanto mayor es esta dependencia psicológica, mayor suele ser también la intensidad de uso de las redes sociales y el riesgo de desarrollar patrones problemáticos de utilización.




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Llevado esto al terreno profesional, la cuestión es preocupante. Si nuestra percepción de competencia depende cada vez más de las visualizaciones, comentarios o felicitaciones recibidas en LinkedIn, corremos el riesgo de sustituir los indicadores internos de progreso por indicadores externos de popularidad.

En otras palabras, podríamos empezar a confundir reconocimiento con valor profesional.

El gran escaparate de la identidad profesional

Hace décadas, el sociólogo Ervin Goffman describió la vida social como una representación teatral en la que las personas intentan gestionar la impresión que producen en los demás. Las redes sociales han llevado este fenómeno a una escala sin precedentes.

La investigación reciente sobre identidad profesional digital muestra que los usuarios desarrollan estrategias conscientes para construir una determinada imagen profesional. Entre ellas aparecen la selección estratégica de contenidos, la gestión cuidadosa de la reputación digital o la vigilancia constante de la propia presencia online. Estas prácticas no son necesariamente negativas, sino más bien al contrario. Pueden resultar útiles para comunicar competencias y generar oportunidades profesionales. Pero también pueden fomentar una preocupación excesiva por la imagen proyectada.

De lo contrario, podemos acabar dedicando más tiempo a comunicar lo que hacemos que a hacer aquello que comunicamos.

¿Promoción profesional o narcisismo?

Promocionar el propio trabajo no implica automáticamente narcisismo. De hecho, en muchos sectores resulta imprescindible visibilizar proyectos, publicaciones o logros para generar oportunidades profesionales.

Sin embargo, cuando la identidad profesional se construye principalmente sobre las reacciones obtenidas en línea, el éxito deja de medirse por la calidad del trabajo realizado y comienza a hacerlo por la atención recibida.

La diferencia es sutil pero importante. Una cosa es compartir un logro porque puede resultar útil e inspirador; otra muy distinta es necesitar constantemente la aprobación ajena para confirmar nuestro valor profesional.

Especialmente porque, cuando el reconocimiento se convierte en una necesidad permanente, cualquier silencio digital puede interpretarse como un fracaso.




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El riesgo de olvidar el aprendizaje

Otro riesgo de las dinámicas comparativas y de validación externa que se establecen en redes sociales, y en concreto de carácter profesional como LinkedIn, es la pérdida de humildad intelectual. Las investigaciones sobre aprendizaje y desarrollo profesional muestran que el progreso suele estar asociado a la capacidad para reconocer errores, aceptar limitaciones y aprender de la experiencia. Sin embargo, los algoritmos tienden a premiar los resultados visibles mucho más que los procesos invisibles.

Por eso nos encontramos muchas publicaciones celebrando éxitos y relativamente pocas analizando fracasos, dudas o aprendizajes difíciles. La consecuencia es la construcción de una narrativa profesional poco realista en la que el progreso lineal y el éxito parecen permanentes.

La realidad es muy distinta. Detrás de cada ascenso suelen existir años de esfuerzo. Detrás de cada artículo publicado suelen haber revisiones por pares, correcciones y rechazos. Detrás de cada trayectoria brillante suelen encontrarse momentos de incertidumbre que rara vez aparecen en el muro de LinkedIn.

Esta reflexión es lo que llevó al profesor de Princeton Johannes Haushofer a publicar un CV de fracasos. Acostumbrados a utilizar las redes para mostrar lo bien que nos lo pasamos (Instagram) o lo buenos que somos (LinkedIn) o cuántos amigos tenemos (Facebook), acabamos alimentando un escaparate abierto todos los días de la semana donde sólo se proyectan películas de éxitos.

Una herramienta valiosa, con distancia

La solución no pasa por abandonar LinkedIn. La plataforma ofrece oportunidades extraordinarias para aprender, establecer contactos y difundir conocimiento. Buena parte de la transferencia de conocimiento profesional y científico actual se produce gracias a herramientas de este tipo.

La cuestión es utilizarla sin convertirla en un espejo de nuestra autoestima.

Una carrera profesional sólida no se construye acumulando reacciones digitales, sino desarrollando competencias, aprendiendo de los errores y generando impacto real sobre las personas. Los “me gusta” pueden aportar visibilidad. Las felicitaciones pueden resultar agradables. Pero ninguna de ellas debería convertirse en la medida definitiva de nuestro valor profesional.

Porque, al final, la mejor carrera no es la que parece más brillante en una pantalla, sino la que sigue creciendo cuando la pantalla se apaga.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. El efecto LinkedIn: cuando todos parecen tener más éxito que nosotros – https://theconversation.com/el-efecto-linkedin-cuando-todos-parecen-tener-mas-exito-que-nosotros-285019

Por qué es tan importante que las empresas protejan la propiedad intelectual de sus innovaciones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maite Couto-Ortega, Docente investigadora en Mondragon Unibertsitatea, Mondragon Unibertsitatea

La innovación es uno de los activos más valiosos de una empresa. Así lo señalan desde la Organización Mundial de la Propiedad Intelectual:

“Los activos intangibles son el tesoro oculto que impulsa las economías mundiales basadas en el conocimiento”.

No obstante, también es muy vulnerable, pues depende de la aceptación del mercado y sufre el riesgo de ser imitada o quedarse obsoleta. Proteger la propiedad intelectual es crucial para que las empresas se aseguren su ventaja competitiva y recuperen las inversiones realizadas en investigación y desarrollo.

Sin una protección adecuada, los competidores podrían copiar fácilmente las innovaciones, reduciendo los beneficios y debilitando las ventajas en el mercado de la empresa innovadora. De ahí que deban utilizar diferentes métodos legales para tratar de proteger sus activos.

¿Qué es la propiedad industrial e intelectual?

El formato de protección más conocido es el de patentes (un derecho exclusivo que se concede sobre una invención). Estas protegen los intereses de las personas que hayan inventado y desarrollado tecnologías, y les asegura que puedan tener el control sobre el uso comercial de sus productos.

De todas formas, no todo es patentable, ya que tiene que cumplir tres requisitos:

  1. Que sea una novedad mundial.

  2. Que tenga actividad inventiva.

  3. Que tenga aplicación industrial.

Una opción para proteger los desarrollos que no muestren tanta actividad inventiva serían los modelos de utilidad (una forma de proteger invenciones que aportan mejoras, pero con un grado de innovación menor que el exigido para una patente).

¿Patentar es siempre la mejor opción?

Ni siempre lo es ni siempre es posible. También hay que considerar que, cuando se patenta un producto, en algún momento se convierte en público, por lo que acaban dando todos los detalles de la receta que tanto ha costado crear.

Elegir la estrategia de protección adecuada depende de dos factores:

  1. La naturaleza de la innovación: cada tipo de activo tiene sus formas concretas de protección. Por ejemplo, un diseño (o creación de forma) o un logotipo no se pueden patentar (el diseño se protege mediante diseño industrial y el logotipo mediante marca). Y un software, en principio, se protege mediante derechos de autor (aunque sí se puede patentar su efecto técnico).

  2. El nivel de exposición: cuando la invención puede analizarse y copiarse fácilmente, las patentes suelen ser la mejor opción, ya que aseguran que los inventores puedan tener control sobre su uso comercial.

¿Qué ocurre en las empresas?

Una estrategia basada en patentes es útil en industrias donde la imitación ocurre rápidamente y la exclusividad legal es crucial. Una estrategia de secretos comerciales (cualquier información confidencial sobre productos, procesos o estrategias que otorgan a una empresa una ventaja competitiva) es más apropiada cuando se puede mantener la confidencialidad sobre las innovaciones. En la práctica, muchas empresas utilizan un enfoque híbrido, combinando ambos métodos.

Es difícil resumir el número de secretos empresariales que tienen las empresas. Por poner un ejemplo muy conocido, la fórmula de la Coca-Cola es confidencial y la empresa la protege de forma activa.

En conclusión

La protección de la propiedad intelectual es un recurso esencial para que las empresas aseguren sus activos más valiosos, recuperen inversiones y mantengan una ventaja competitiva frente a imitaciones de terceros.

Sin embargo, no existe una única estrategia válida. La elección entre patentes, derechos de autor, marcas o secretos empresariales depende de factores como la naturaleza de la innovación, el riesgo de copia o la ingeniería inversa (analizar un producto ya existente para comprender su diseño, estructura y funcionamiento), los costes y el nivel de exposición que se esté dispuesto a asumir.

Por este motivo, en la práctica, la mayoría de las empresas optan por estrategias híbridas, combinando diferentes mecanismos de protección. Este enfoque permite maximizar los beneficios de cada herramienta y adaptarse mejor a entornos competitivos y cambiantes.

Gestionar adecuadamente la propiedad intelectual y proteger la innovación, son elementos clave de la estrategia empresarial y del valor a largo plazo de las organizaciones.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Por qué es tan importante que las empresas protejan la propiedad intelectual de sus innovaciones – https://theconversation.com/por-que-es-tan-importante-que-las-empresas-protejan-la-propiedad-intelectual-de-sus-innovaciones-283724

‘Backrooms’: ¿qué son los espacios liminales y por qué internet está volviendo extraño lo cotidiano?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sofía Esteban Moreno, Investigadora Predoctoral Teoría de la Literatura , Universidad de Valladolid

Fotograma de _Backrooms_. A24

Un pasillo de hotel vacío, un parque infantil abandonado, una tienda de muebles iluminada de madrugada, un restaurante de comida rápida de carretera decorado por Navidad. ¿Hay alguien ahí? No hay amenaza visible, tan solo espacios huecos y silenciosos. Ante ese vacío surge una pregunta: ¿ha llegado el Apocalipsis? ¿Dónde están los humanos?

Es como volver a la casa de la infancia y encontrar solo ruinas. Como conservar una fotografía de nuestros seres queridos cuando ya no están vivos: ¿por qué siguen apareciendo en la imagen? Lo cotidiano se experimenta como extraño. Esa extrañeza tiene un nombre cada vez más frecuente en la cultura digital: liminalidad.

El éxito de los backrooms (“trastiendas”), nacidos en internet y convertidos ahora en película, ha dado forma narrativa a una sensibilidad que Valentina Tanni analiza en Estéticas liminales, publicado originalmente como Exit Reality, y traducido recientemente al español.

Tráiler de Backrooms.

No se trata solo de una moda visual de internet hecha de paredes amarillo nicotina, moquetas viejas y luces fluorescentes zumbando sin descanso en un laberinto infinito y onírico de habitaciones vacías. Está en juego una pregunta mucho más radical: qué le está pasando a la idea misma de lugar.

¿Dónde está nuestro hogar?

Una habitación se vuelve lugar cuando alguien puede orientarse en ella, recordarla y sedimentar allí su existencia. El lugar exige tiempo, repetición y vínculo. Por eso una casa no es solo arquitectura, es donde habitamos. El filósofo Gaston Bachelard señaló que el espacio vivido no es simplemente un espacio geométrico delimitado, ya que la casa, el rincón o la habitación nos importan porque organizan imaginariamente nuestra relación con el mundo. En esa intimidad resuena todavía una memoria arcaica de refugio, casi de cueva o incluso útero. Lo que convierte un espacio en hogar es la huella de nuestros gestos y de nuestra pertenencia.

Una casa llena de arena.
Hasta que llega a ser hogar una casa es todavía solo un espacio.
Edoardo Tommasini / Pexels

El sujeto necesita arraigo, pero no permanece inmóvil. Crece, se desplaza, reconfigura roles, atraviesa duelos, nacimientos, separaciones y pérdidas. Los ritos de paso dan reconocimiento comunitario a esos tránsitos. El antropólogo Arnold van Gennep distinguió tres momentos en todo cambio de estado: separación, margen y agregación.

El sujeto se desprende de su posición anterior, atraviesa una fase intermedia y se reincorpora a la comunidad bajo una nueva condición. Victor Turner, estudioso de símbolos y ritos, describió el estado de transición cultural y antropológico como un limbo: un “entre”, un estado ambiguo, por ejemplo, entre la infancia y la adultez, la soltería y el matrimonio, la vigilia y el sueño. Liminalidad proviene, precisamente, del latín limen, umbral.

Ahí aparece la diferencia con nuestra experiencia contemporánea. En el rito, la liminalidad tenía dirección y se atravesaba para transformar el vínculo entre individuo y comunidad. Hoy, en cambio, se multiplican las plataformas, los perfiles, las contraseñas, los videojuegos, los foros e incluso las comunidades digitales, aunque ese tejido social aparece muchas veces mediado por una relación solitaria con la pantalla. En la contemporaneidad postdigital, lo liminal ya no es una fase, se ha convertido en una atmósfera de suspensión desarraigada.

La realidad hecha imagen: ¿vivimos en la pantalla?

Marc Augé llamó no-lugares a los espacios de circulación donde pasamos sin arraigar: los aeropuertos, hoteles de cadena, hospitales, centros comerciales o autopistas. Si bien están llenos de gente, rara vez producen pertenencia. Internet radicaliza esa intuición. Antes de llegar a un restaurante, ya conocemos su decoración. Antes de visitar una ciudad, ya hemos visto sus calles. Antes de conocer a nuestra pareja, ya la hemos seleccionado con un like. Antes de vivir una experiencia, intuimos cómo podría ser publicada.

Unas mesas de diner americano ante unas ventanas, en un espacio vacío sin gente.
Un no-lugar en un aeropuerto.
Dennis Schmidt / Unsplash

La vida queda al servicio de la representación. De ahí que muchos espacios contemporáneos parezcan diseñados para ser fotografiados antes que habitados. Byung-Chul Han ha descrito este desplazamiento como el paso de las cosas a las no-cosas. Las cosas tienen peso, imperfección, duración, resistencia, tacto. Las no-cosas pertenecen al orden de la información, la disponibilidad y la circulación del dato. Cuando el mundo se vuelve imagen, es accesible e intocable al mismo tiempo.

Según Valentina Tanni, estéticas de internet como los backrooms, el vaporwave o el weirdcore no son solo intentos de escapar hacia dimensiones virtuales, sino que también buscan una nueva forma de relacionarnos con el concepto de realidad. La pantalla sería entonces un umbral, un portal. Pero esta zona-umbral tiene una sombra: “la tecnología nos ha puesto en un lugar muy extraño en el que nunca estamos completamente presentes”.

Quizá de ahí proceda la nostalgia que caracteriza a la estética liminal, poblada de imágenes de lugares reconocibles, como un parque infantil de noche, un colegio abandonado, una casa en venta o una piscina fuera de temporada, que conservan la huella espectral de lo humano. Estos lugares extrañamente familiares existen en una dimensión virtual y descorporeizada. Su atmósfera inquietante, o espeluznante, se acrecienta por la ausencia de seres humanos o por el aspecto sintético de la imagen. No sabemos dónde se tomaron esas fotografías, quién las tomó ni cuándo. Esa falta de información parece conceder a la imagen vida propia, casi sobrenatural.

El miedo a la desmaterialización del mundo: Backrooms

Una frase recogida por Tanni condensa la potencia de este imaginario: “Los backrooms son seres informes producto del caos, toman la forma de nuestro inconsciente colectivo”, e inquietan porque parecen los restos degradados de nuestra propia realidad.

Fotografía de una serie de espacios de oficina vacíos, con luz intermitente, moqueta y papel en las paredes.
Imagen original del popular meme de internet conocido como ‘The Backrooms’. Se hizo en un edificio ubicado en 811 Oregon St., Oshkosh, Wisconsin, Estados Unidos. La fotografía fue tomada antes de una renovación.
Bill Magritz/Wikimedia Commons

La película Backrooms ilustra esta angustia al convertir esa dimensión imposible en una copia defectuosa del mundo. En un espacio inhabitable, también la identidad se desintegra. Los alter egos monstruosos atrapados en ese laberinto sin tiempo pueden leerse más como restos deformados de identidad que como criaturas de terror. Son miedos, recuerdos e imágenes separadas del cuerpo vivo que les daba sentido. Ahí emerge el vértigo contemporáneo ante la posibilidad de que nuestros perfiles, avatares, fotografías y duplicados sobrevivan a nuestra presencia. Paradójicamente, esos no-lugares pueden incluso convertirse en refugio cuando la existencia virtual parece menos dolorosa, menos finita y exigente que nuestra realidad material.

La IA generativa ha intensificado esta sospecha. En internet, una habitación puede parecer real sin haber existido nunca, y un rostro puede parecer humano sin pertenecer a nadie. Como escribe Tanni, “Internet […] como un archivo gigantesco y monstruoso, ha absorbido una masa incalculable de ideas, emociones, sentimientos y miedos”. Los backrooms son la imagen espacial de ese archivo: un mundo convertido en resto de sí mismo.


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The Conversation

Sofía Esteban Moreno recibe fondos de ayudas de Formación del Profesorado Universitario (FPU) financiadas por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades. Asimismo, forma parte del proyecto TRANSFERRE. Referencia: PID2023-148361NB-I00), financiado por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y cofinanciado por la Unión Europea.

ref. ‘Backrooms’: ¿qué son los espacios liminales y por qué internet está volviendo extraño lo cotidiano? – https://theconversation.com/backrooms-que-son-los-espacios-liminales-y-por-que-internet-esta-volviendo-extrano-lo-cotidiano-285117