Source: The Conversation – France in French (3) – By Rhiannon Packer, Senior Lecturer in Additional Learning Needs, Cardiff Metropolitan University
Le passage de l’école primaire au collège peut susciter chez les enfants des émotions très diverses, allant de l’enthousiasme et de l’impatience à l’incertitude et à l’anxiété. Une bonne préparation peut atténuer leur appréhension.
L’entrée au collège constitue un rite de passage important : pour certains enfants, il s’agit de quitter le cadre familier d’une petite école primaire pour relever de nouveaux défis, en élargissant leurs horizons. Nombre d’entre eux se réjouissent des nouvelles possibilités, des expériences inédites et de l’autonomie accrue qu’offre ce changement d’établissement.
En marge de cet enthousiasme, une certaine appréhension peut cependant émerger, lorsque les enfants réalisent ce que cette transition signifie en termes de changements scolaires, sociaux et organisationnels. Évoluer dans un établissement bien plus vaste, nouer de nouvelles relations et s’adapter à des exigences plus élevées rendent cette période à la fois stimulante et intimidante.
Afin de mieux saisir le ressenti des enfants de primaire à l’égard de leur entrée au collège, nous avons interrogé 13 enfants âgés de 10 à 11 ans (scolarisés en « year 6 », l’équivalent du CM2, NdT), en dernière année d’école primaire, sur leurs attentes et leurs sentiments concernant cette transition. Nous nous sommes également entretenus avec 12 élèves plus âgés (scolarisés en « year 7 », soit l’équivalent de la sixième, NdT), deux trimestres après leur entrée dans le secondaire.
Dans une seconde étude, menée auprès de 210 enfants, nous avons examiné l’évolution du bien-être des enfants au cours de la transition primaire-secondaire, selon une approche fondée sur la psychologie positive (autrement dit, en nous penchant sur les facteurs qui contribuent à une vie épanouie).
Plusieurs thèmes communs se dégagent de ces travaux. Ils mettent en lumière les sources d’inquiétude des enfants au moment de leur passage vers le secondaire.
Se sentir préparé
Les enfants ont souligné l’importance d’être bien préparés à leur entrée dans le secondaire. Ils ont jugé précieuses les occasions d’échanger avec des élèves de leur futur établissement, que ce soit lors d’événements organisés ou de discussions plus informelles. Un élève de CM2 (« year 6 ») raconte :
« Des élèves des classes supérieures venaient tous les lundis… on discutait avec eux et ils avaient toujours, genre, un diaporama… un petit aperçu de ce qu’on aurait à faire : ça nous expliquait par exemple les emplois du temps et qu’il faudrait les respecter, comment on irait d’une salle de classe à l’autre, le nom des bâtiments… et c’était vraiment utile, surtout parce qu’ils étaient déjà dans l’établissement. »
Les enfants ont également trouvé que les échanges qu’ils avaient les uns avec les autres, ainsi qu’avec des frères et sœurs aînés ou d’autres membres de la famille, les aidaient. L’un d’eux nous a confié avoir vécu une transition plutôt facile, « parce que mes cousins connaissent plein de gens ; pour être honnête, je connaissais quasiment tout le monde, donc il n’y avait pas vraiment de quoi avoir peur ».
Grâce à ces échanges, ils savaient à quoi s’attendre, ce qui les aidait à mesurer à quel point le collège allait être différent de ce qu’ils connaissaient. Le frère d’un élève de sixième (« year 7 ») l’avait ainsi prévenu : « il y aura du monde partout ».
Beaucoup ont exprimé la crainte de se perdre, conscients que leur nouvel établissement était bien plus grand que leur école primaire. Un élève de sixième rapporte qu’il lui a fallu « cinq semaines pour savoir où [il] allai[t] » :
« Ils nous ont fait visiter l’établissement et je ne savais toujours pas où j’allais, et j’arrivais en retard… Donc ça a été le grand saut pour moi, parce que mon école primaire, c’était littéralement juste un cercle et, genre, rien de plus. Et passer d’un seul enseignant, comme je disais, à une dizaine, c’est un sacré changement. »
Les événements destinés à accompagner la transition primaire-secondaire, qu’ils soient formels ou informels, se sont avérés constituer pour les enfants de précieuses occasions de se projeter dans leur nouvel établissement.
Nouer des liens qui comptent
Les enfants ont fréquemment évoqué leurs inquiétudes quant au fait de se faire des amis – ou de ne pas s’en faire. Les activités organisées par les responsables des établissements secondaires pour faciliter la transition ont offert aux futurs élèves l’occasion de se rencontrer, ce qui a contribué à apaiser leurs craintes. Un élève de sixième se souvient :
« Il n’y avait qu’une seule personne de mon école primaire dans ma classe, et c’était quelqu’un dont je n’étais même pas vraiment proche en primaire. Donc ça a été un peu dur au début, mais j’ai rencontré quelqu’un pendant la journée de transition… et ensuite je me suis rendu compte qu’elle était dans ma classe. »
Un autre élève confie : « Il m’a fallu environ… deux semaines pour me faire des amis. »
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La perspective de découvrir de nouvelles matières et des enseignants spécialisés enthousiasmait les enfants, mais les attentes en matière de résultats scolaires, ainsi que la nécessité d’apprendre à connaître de nouveaux professeurs les préoccupaient également. L’un d’eux explique :
« J’avais un seul enseignant [à l’école primaire], donc on avait créé des liens beaucoup plus forts avec lui et c’était facile de lui parler. Mais maintenant c’est différent et c’est difficile, parce qu’il y a beaucoup de professeurs ici. »
Les élèves de sixième ont reconnu qu’il avait fallu davantage de temps à leurs enseignants pour apprendre à les connaître. « Je fais confiance à certains profs, mais ça dépend lesquels, dit l’un d’eux. On crée plus de liens avec certains enseignants qu’avec d’autres, mais évidemment pas autant qu’avec ses amis. »
Pour la plupart des élèves, ces inquiétudes s’étaient toutefois dissipées à la fin du premier trimestre.
Comment accompagner les enfants
Si votre enfant fait son entrée dans le secondaire à la rentrée, voici quelques conseils pour l’accompagner.
On l’a vu, le fait de disposer d’informations sur leur nouvel établissement est de nature à rassurer les enfants. Vous pouvez aussi apaiser leurs inquiétudes en leur ménageant des occasions d’échanger avec d’autres élèves qui y sont déjà scolarisés. La participation aux événements organisés par les responsables d’établissements pour faciliter la transition est tout aussi importante : elle permet aux enfants de se familiariser avec leur nouvel environnement scolaire.
Les enseignants et les autres membres du personnel du nouvel établissement sont prêts à aider les enfants à trouver leurs marques. Si vous estimez que votre enfant a besoin d’un soutien supplémentaire, n’hésitez pas à les solliciter en ce sens.
Enfin, rappelons que ressentir une certaine appréhension face à un tel changement est tout à fait normal. Donnez à votre enfant la possibilité d’exprimer ce qu’il ressent à propos de son entrée au collège, et gardez à l’esprit qu’il lui faudra peut-être du temps pour s’acclimater à son nouvel environnement et se faire des amis.
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Rhiannon Packer est rattachée à l’université métropolitaine de Cardiff.
Adam Pierce est rattaché à l’université métropolitaine de Cardiff.
Kieran Hodgkin est rattaché à l’université métropolitaine de Cardiff.
– ref. Première rentrée au collège : qu’est-ce qui inquiète les enfants, et comment les rassurer ? – https://theconversation.com/premiere-rentree-au-college-quest-ce-qui-inquiete-les-enfants-et-comment-les-rassurer-290562

