Source: The Conversation – in French – By Francois Brouard, Full Professor Accounting and Taxation / Professeur titulaire comptabilité et fiscalité, Sprott School of Business, Carleton University
Qui ne voudrait pas connaître à l’avance le gagnant et les finalistes de la Coupe du Monde 2026 organisée par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) ? Bien sûr, à moins d’avoir une boule de cristal, c’est chose impossible. Mais en-deçà de ce vainqueur unique, de multiples gagnants sont déjà là : chaque équipe qualifiée touche des millions de dollars et profite d’une visibilité exceptionnelle, sans parler des équipes hôtes.
C’est un aspect que l’on peut négliger, à force d’avoir les yeux rivés sur l’ultime trophée : pour les équipes en lice à la Coupe du Monde 2026, la simple qualification est déjà une victoire. Et pour cause : l’édition 2026 offrira des primes financières record aux équipes qualifiées, reflétant l’ampleur du tournoi élargi à 48 équipes.
Professeur titulaire de comptabilité et de fiscalité à la Sprott School of Business de l’Université Carleton, je m’intéresse ici aux gagnants financiers de la Coupe du monde 2026, avant même le premier coup de sifflet. J’ai publié trois notes de recherche plus détaillées portant sur la gouvernance, les finances et la Coupe du monde 2026 de la FIFA en juin 2026.
Le fonds de récompenses basé sur la performance
Le processus de qualification pour l’édition 2026 retient les 48 équipes ayant franchi avec succès les différentes étapes de sélection dans leurs confédérations respectives, incluant automatiquement les trois pays hôtes, soit le Canada, le Mexique et les États‑Unis.
Ces 48 nations peuvent déjà être considérées comme gagnantes. Le cadre financier de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 est divisé en deux composantes distinctes pour les équipes : un fonds de récompenses basé sur la performance de 655 millions de dollars américains et un programme de soutien financier non lié à la performance de 871 millions de dollars américains destinés à la distribution aux équipes. Contrairement au programme de distribution de base, qui garantit un soutien égal à toutes les équipes, le fonds de récompenses introduit une structure d’incitation fondée sur le mérite, qui récompense la performance sur le terrain et les résultats compétitifs.
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Le fonds de récompenses basé sur la performance s’élève à 655 millions de dollars américains. La part obtenue augmente à mesure que les équipes progressent dans la compétition, allant de 9 millions de dollars américains pour une élimination en phase de groupes à 50 millions de dollars américains pour le champion du tournoi.
Le montant est conséquent : il s’agit en fait d’une hausse d’environ 50 % par rapport à l’édition 2022 au Qatar, qui totalisait 440 millions de dollars américains, et à celle de 2018 en Russie, qui totalisait 400 millions de dollars américains. La répartition détaillée pour 2026 figure dans le tableau 1.
Le programme de distribution aux équipes
En revanche, le programme de distribution aux équipes de 871 millions de dollars américains consiste en un soutien financier non lié à la performance, versé de manière égale aux 48 associations participantes à la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
Ce programme comprend des fonds de préparation, des paiements de participation (qualification), ainsi qu’un ensemble de subventions opérationnelles couvrant notamment l’hébergement, les transports internes, l’accès aux sites d’entraînement, l’assurance et le soutien administratif. L’objectif de ce dispositif est de garantir que toutes les fédérations, en particulier celles disposant de ressources financières limitées, puissent répondre aux exigences logistiques et opérationnelles du tournoi élargi.
Compte tenu du succès commercial du tournoi phare masculin, le Conseil de la FIFA a décidé le 28 avril 2026 d’augmenter de 15 % supplémentaires les ressources à distribuer aux 48 équipes participantes, pour atteindre un total de 871 millions de dollars américains. En standardisant ces contributions de base (représentant au moins 12,5 millions de dollars américains par équipe), la FIFA vise à promouvoir une parité financière et à réduire les écarts de ressources entre les nations participantes.
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Les gagnants sur le terrain
Toutes les équipes en lice ne partent pas sur un pied d’égalité. Un classement initial de la FIFA distingue déjà les formations les plus performantes, notamment celles qui ont connu du succès par le passé. D’autres en sont absentes, parfois de manière surprenante, révélant des écarts inattendus dans la hiérarchie.
Le classement complet, incluant le top 10 FIFA/Coca-Cola avant la Coupe du monde 2026 est dominé par les grandes nations européennes et sud‑américaines. La France (#1) mène le classement, suivie par l’Espagne (#2). L’Argentine (#3), toujours portée par son statut de championne du monde, reste parmi les meilleures nations. L’Angleterre (#4), le Portugal (#5) et le Brésil (#6) demeurent des équipes capables de faire la différence à tout moment. Dans la continuité du classement, les Pays‑Bas (#7) et le Maroc (#8) se situent désormais parmi les sélections les mieux établies sur la scène internationale. La Belgique (#9) et l’Allemagne (#10) ferment la marche de ce top 10.
Plusieurs absences majeures ont marqué les éliminatoires du Mondial 2026. L’Italie (#12) est la plus surprenante, manquant une deuxième Coupe du monde de suite. Le Danemark (#20) et le Nigeria (#26) n’ont pas réussi à confirmer leurs ambitions. Viennent ensuite l’Ukraine (#32), la Pologne (#35), le Pays de Galles (#37), la Serbie (#39) et la Hongrie (#42), toutes décevantes malgré leur potentiel. Enfin, le Cameroun (#44), habitué des grands rendez‑vous, complète cette liste d’éliminations inattendues.
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Des retombées pour la FIFA, les pays et les villes
La Coupe du monde 2026 représente une énorme source de revenus pour la FIFA elle-même. Ainsi, la FIFA compte générer un bénéfice de plusieurs milliards de dollars américains en 2026. Organisée conjointement par le Canada, le Mexique et les États‑Unis, la Coupe du monde 2026 représente un levier économique exceptionnel pour ces trois pays hôtes.
L’augmentation du nombre d’équipes, passant de 48 en 2026 au lieu de 32 depuis 1998, entraîne une hausse significative du nombre de matchs (de 64 en 2022 à 104 en 2026), de visiteurs et d’investissements. Les retombées directes incluent des milliards de dollars injectés dans les infrastructures, les transports, la sécurité et les services publics, tandis que les retombées indirectes stimulent des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, le commerce local et l’emploi temporaire. Pour les villes hôtes, l’événement peut aussi agir comme un accélérateur de développement urbain et un catalyseur de partenariats publics‑privés. Il ne faut toutefois pas oublier les investissements publics dans ce genre d’événement.
Près de huit millions de sièges seront disponibles au total durant les 104 matchs de la compétition. Sur le plan touristique, la compétition devrait attirer plusieurs millions de visiteurs internationaux, générant une fréquentation record dans les villes choisies pour tenir des matchs. Les pays hôtes bénéficient d’une vitrine mondiale qui renforce leur attractivité à long terme, bien au‑delà du seul mois de compétition. Les voyageurs prolongent souvent leur séjour pour découvrir d’autres régions, ce qui crée un effet d’entraînement sur l’ensemble du territoire. De plus, la diversité culturelle des supporters et la multiplication des événements parallèles dynamisent l’image des villes et peut favoriser un tourisme plus durable et plus diversifié.
Les retombées médiatiques sont tout aussi déterminantes : la Coupe du monde est l’un des événements les plus suivis de la planète, avec des milliards de téléspectateurs et une présence massive à la télévision, dans la presse écrite et sur les réseaux sociaux. Cela offrira une grande visibilité aux pays hôtes, à leurs marques et à leurs destinations touristiques. Cette exposition mondiale contribue à mettre de l’avant l’Amérique et à positionner les villes hôtes comme des pôles internationaux capables d’organiser des événements de grande envergure.
Plusieurs villes ont d’ailleurs déjà cette réputation, notamment Vancouver avec les Jeux olympiques d’hiver en 2010 et Expo 86, l’Exposition internationale en 1986, et Los Angeles avec les Jeux olympiques d’été 2028 pour n’en nommer que deux.
Une bonne affaire
La Coupe du monde 2026 consacre plusieurs gagnants, bien au‑delà du seul vainqueur sportif. On pourrait s’attendre à retrouver l’équipe championne parmi les nations en tête de classement, mais les bénéfices de cette édition dépassent largement le cadre strictement compétitif.
Sur le plan financier, les équipes profiteront de primes revalorisées, faisant de ce tournoi la version la plus lucrative de l’histoire. Sur le plan sportif, trois nations bénéficient déjà d’un avantage certain : le Canada (#30), le Mexique (#15) et les États‑Unis (#16), automatiquement qualifiés en tant que pays hôtes. Leur statut d’organisateurs leur assure non seulement une participation garantie, mais aussi des retombées économiques, touristiques et médiatiques majeures.
En somme, le plus grand mystère reste le vainqueur final. Mais une chose est sûre : pour la FIFA, les équipes qualifiées et les pays hôtes, la Coupe du monde 2026 est déjà une affaire gagnante sur certains plans. On évite les aspects moins avantageux, mais c’est une tout autre histoire…
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Francois Brouard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
– ref. Vous voulez savoir qui gagnera la Coupe du monde 2026 ? – https://theconversation.com/vous-voulez-savoir-qui-gagnera-la-coupe-du-monde-2026-284600
