La santé du cerveau : une priorité pour les pays du G7

Source: The Conversation – in French – By Guy Rouleau, Professor in the Department of Neurology and Neurosurgery, McGill University

Le cerveau humain, logé dans un crâne osseux, demeure en bonne partie un mystère pour l’ensemble de la communauté médicale.

Avec sa structure et son anatomie complexes, le cerveau compterait plus de 3 000 types de cellules, alors que la plupart des tissus n’en comptent pas plus d’une douzaine. C’est un organe dynamique, qui réagit à son environnement et évolue au fil du temps. Il est également difficile d’accès et fait rarement l’objet d’une biopsie.

Pourtant, le cerveau est au cœur de notre identité et de ce que nous sommes. C’est lui qui nous permet de penser, de communiquer, d’interagir avec les autres, de percevoir, de bouger et de découvrir le monde.

Nos sociétés et nos économies dépendent en grande partie de la capacité de notre cerveau à fonctionner de manière optimale. Compte tenu du vieillissement de la population et de la baisse des taux de natalité, nous sommes confrontés à une situation critique : il y a moins d’enfants et davantage de personnes âgées. Cette situation met en évidence la nécessité d’optimiser la santé cérébrale de chaque citoyen.

La réunion des pays du G7, qui se tient en juin 2026 à Évian, en France, est l’occasion de faire de la santé cérébrale une priorité fondamentale.




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Une population vieillissante

De nombreux facteurs influencent la santé cérébrale tout au long de la vie. Certains enfants naissent par exemple avec des troubles neurodéveloppementaux, comme une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou des troubles d’apprentissage.

D’autres connaissent des conditions de vie défavorables, telles que des soins prénataux insuffisants, une alimentation inadéquate ou des maltraitances, ce qui peut limiter le développement optimal du cerveau et augmenter le risque de troubles de la santé mentale.

Ces enfants pourraient avoir moins de chances de mener une vie heureuse et épanouie, et de contribuer à la réussite de notre société.

Un homme âgé marche bras dessus bras dessous avec une femme âgée qui utilise un déambulateur
Avec le vieillissement de la population, nous devrons accorder davantage d’importance à la santé cérébrale.
(Unsplash)

À l’autre extrémité de la vie, la population vieillissante est exposée à diverses maladies neurodégénératives liées à l’âge, qui sont source de souffrances. Les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et d’autres formes de démence sont en hausse dans les pays du G7, entraînant une augmentation des dépenses de santé.

Des mesures de promotion de la santé

En tant que société, nous devons déployer des efforts considérables pour améliorer la santé cérébrale. Deux stratégies peuvent nous aider sur ce plan.

Premièrement, nous devons mettre en œuvre des interventions fondées sur des données probantes et dont l’efficacité est démontrée dans le domaine de la santé cérébrale. Pour les enfants, cela comprend notamment de bons soins prénataux, de la stimulation sensorielle, des interactions sociales actives, une alimentation saine, de l’activité physique et la prévention des traumatismes crâniens.

Children walk outdoors
Des études montrent que les enfants peuvent améliorer leur santé cérébrale en faisant de l’exercice et en jouant dehors.
(Unsplash)

Pour les adultes, il s’agit plutôt de réduire les facteurs de risque vasculaires, comme l’hypertension, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’obésité et le tabagisme. On leur conseillera notamment d’adopter une alimentation saine, de faire de l’activité physique, de bien dormir et d’avoir une vie sociale.




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Ces stratégies éprouvées doivent être soutenues et encouragées par les gouvernements. Nous avons pu constater le succès spectaculaire des mesures antitabac mises en place dans des pays comme le Canada pour diminuer l’incidence de l’emphysème et du cancer du poumon. D’autre part, nous avons pu observer les effets d’une intervention gouvernementale tardive sur les taux de tabagisme dans des pays comme la France, où l’attachement culturel au tabac est important.

Financer la recherche sur le cerveau

Bien qu’il existe de nombreuses interventions éprouvées dans le domaine de la santé cérébrale, celles-ci sont généralement peu mises en pratique. Et même si tout le monde les adoptait, elles ne permettraient pas de réduire suffisamment les maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives. La deuxième stratégie consiste à mettre au point de nouvelles mesures pour améliorer la santé cérébrale.

Pour y parvenir, nous avons besoin d’un financement ciblé et durable pour la recherche sur le cerveau à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays du G7, qui sont confrontés au vieillissement de leur population et disposent des infrastructures et des moyens financiers nécessaires pour investir dans la recherche sur la santé cérébrale.

La génomique, la protéomique, la biologie des cellules uniques, l’imagerie cérébrale de pointe, l’intelligence artificielle, les cellules souches pluripotentes induites (CSPI) et les nouveaux modèles animaux doivent tous être mis à contribution pour approfondir notre compréhension du développement, du fonctionnement et de la dégénérescence du cerveau.




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Modèle de science ouverte

La grande complexité du cerveau et les défis liés à son étude nécessitent la collaboration d’importantes équipes scientifiques. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter un modèle de recherche en science ouverte, permettant le partage rapide et libre des données, des algorithmes et des ressources, tout en préservant la confidentialité et l’indépendance.


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À titre d’exemple, pour exploiter pleinement le potentiel de l’intelligence artificielle (IA), il est nécessaire de rendre accessibles gratuitement de vastes ensembles de données de haute qualité.

C’est la raison pour laquelle les académies des sciences des pays du G7 recommandent aux dirigeants du G7 de faire de la santé cérébrale une priorité pour tous ses membres. Ils pourront ainsi améliorer la vie des citoyens et contribuer à l’épanouissement de nos sociétés.

La Conversation Canada

Guy Rouleau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La santé du cerveau : une priorité pour les pays du G7 – https://theconversation.com/la-sante-du-cerveau-une-priorite-pour-les-pays-du-g7-283424