Importés des États-Unis, les rachats d’actions sont devenus une drogue dure pour les entreprises françaises cotées

Source: The Conversation – in French – By Bertrand Valiorgue, Professeur de stratégie et gouvernance des entreprises, EM Lyon Business School

Ces opérations, par lesquelles une entreprise rachète ses propres actions sur le marché, sont devenues légion. À la clé, le bénéfice par action augmente. S’inspirant du modèle états-unien, certaines entreprises françaises, comme TotalEnergies, L’Oréal, Axa et Sanofi, en sont devenues dépendantes. La raison ? Les marchés ainsi que les actionnaires s’habituent à ces programmes, les intègrent dans leurs anticipations puis attendent leur reconduction à des niveaux toujours plus élevés.


Les rachats d’actions ont été initiés aux États-Unis en 1982 avec l’adoption de nouvelles règles par le gendarme de la bourse états-unienne – la Security and Exchange Commission (SEC) qui ont déplafonné les montants et limiter les risques de contentieux autour de la manipulation délibérée des cours de bourse. Ce mouvement de libéralisation aux États-Unis s’est par la suite répandu dans la plupart des pays occidentaux.

En France, le tournant a eu lieu avec la loi de juillet 1998, qui a libéralisé et fait décoller les rachats d’actions pour les entreprises cotées.

En moins de 30 ans, les rachats d’actions sont devenus un outil majeur des politiques financières des grandes entreprises cotées françaises. Comme le montre notre étude publiée par l’Institut français de gouvernement des entreprises, elles ont consacré 335 milliards d’euros à racheter leurs propres actions depuis 1999 et les montants sont en progression continue. Cette évolution correspond à une croissance moyenne de 8 % par an et un volume multiplié par 6,7 en vingt-cinq ans.

Pensés à l’origine comme des mécanismes d’ajustement ponctuel, les rachats d’actions sont devenus une politique financière structurelle des grandes entreprises cotées. Ce glissement est essentiel ; il ne s’agit plus seulement de restituer aux actionnaires une trésorerie exceptionnellement excédentaire, mais d’organiser de manière régulière la distribution de valeur vers les marchés financiers.

C’est en ce sens que les professeurs Jean-Philippe Denis et Roland Pérez comparent les rachats d’actions à une véritable « drogue dure ».

Fonctionnement du rachat d’actions

Avant la loi de juillet 1998, il est très contraignant et coûteux pour une entreprise de racheter ses propres actions. Cette décision n’est autorisée que dans des situations très limitées et exceptionnelles. Il était nécessaire que l’entreprise soit très largement excédentaire et que des disproportions entre le capital détenu et l’activité réelle de l’entreprise soient constatées afin d’obtenir une autorisation de rachats. Les opérations étaient très rares car longues, compliquées à organiser et finalement très coûteuses.

Après cette loi de libéralisation, les rachats d’actions ont été laissés à la main de l’assemblée générale des actionnaires qui autorise un programme de rachat, puis le conseil d’administration et la direction générale en fixent les modalités pratiques : montant, calendrier, prix maximal et objectifs poursuivis.

Concrètement, l’entreprise peut librement acheter ses propres actions sur le marché. Elle peut ensuite les conserver, les attribuer aux salariés ou aux dirigeants, les utiliser dans une opération financière, ou les détruire en les annulant.

C’est cette dernière option qui est la plus significative et la plus problématique.

En rachetant puis détruisant ses actions, l’entreprise réduit le nombre de titres en circulation. Les actionnaires qui restent au capital voient alors leur part relative augmenter. À bénéfice total inchangé, le bénéfice par action progresse, ce qui soutient le cours en Bourse de l’entreprise concernée sans qu’il y ait amélioration des performances opérationnelles.

Les rachats d’actions sont alors décrits par leurs détracteurs comme un outil destiné à créer une valeur actionnariale et boursière artificielle.

Une pratique devenue ordinaire

La montée en puissance des rachats d’actions en France est réelle.

Au début des années 2000, les rachats connaissent des variations importantes, avec un pic suivi d’un repli, davantage qu’une baisse continue.

La contraction la plus nette intervient lors de la crise financière, avec une baisse d’environ 87 % entre 2007 et 2009, marquant un creux historique sur la période.

Après une remontée progressive dans les années 2010, un nouveau recul apparaît en 2020, en cohérence avec le choc lié à la pandémie de Covid-19 (environ – 40 % entre 2019 et 2020).

À partir de 2021, on observe un changement d’échelle : les rachats franchissent durablement un palier supérieur à 25 milliards d’euros par an et se maintiennent à des niveaux élevés jusqu’en 2024 avec un montant historique de 31 milliards.

Ce niveau dépasse très largement les sommets observés avant 2008, ce qui tend à signaler une rupture de régime en matière de rachats d’actions par les entreprises françaises car elles ont habitué les marchés financiers à des niveaux toujours plus élevés.

Concentration par une minorité d’entreprises

Si les rachats d’actions se sont diffusés auprès d’une part significative des entreprises du SBF 120, l’indice de la Bourse de Paris, les montants restent très inégalement répartis.

Les 21 premières entreprises totalisent 250,7 milliards d’euros, soit près de 75 % des rachats observés sur la période.

Autrement dit, les décisions d’un noyau restreint de grandes entreprises influencent fortement la dynamique globale.

Une entreprise domine très nettement l’ensemble : TotalEnergies représente à elle seule 18 % des montants cumulés, avec 60,3 milliards d’euros de rachats.

Les quatre premiers émetteurs (TotalEnergies, L’Oréal, Axa et Sanofi) totalisent à eux seuls 128,3 milliards d’euros, soit 38 % du total.

Les sept premiers concentrent plus de la moitié des volumes cumulés.

Stellantis apparaît comme un cas particulier : un volume total élevé avec 6,4 milliards d’euros, mais sur seulement quatre ans, ce qui correspond à une moyenne annuelle très élevée de 1,6 milliard.

La France loin derrière les États-Unis

Si l’augmentation des rachats d’actions par les entreprises françaises est substantielle, elle demeure toutefois limitée par rapport aux États-Unis.

Entre 1999 et 2024, les 20 entreprises états-uniennes les plus engagées dans ces pratiques ont consacré 4 205 milliards d’euros aux rachats d’actions. Une grande entreprise états-unienne rachète en moyenne 17 fois plus d’actions qu’une grande entreprise française.

Ces écarts traduisent une différence profonde dans la manière dont les grandes entreprises utilisent le rachat d’actions comme instrument de politique financière.

Les rachats d’actions ne sont pas simplement une technique financière diffusée uniformément dans le capitalisme contemporain, mais une pratique dont l’intensité dépend fortement du contexte institutionnel, de la structure de l’actionnariat, des normes de gouvernance et des modes dominants de distribution aux actionnaires.

Les États-Unis apparaissent comme l’espace où le rachat d’actions est le plus central, l’Europe occupant une position intermédiaire tandis que la France reste nettement plus en retrait.

Dépendance au rachat d’action

Une fois installé dans les pratiques d’une entreprise, le rachat d’action crée une dépendance des marchés et des actionnaires. Les marchés s’habituent à ces programmes en les intégrant dans leurs anticipations. Pour maintenir les mêmes effets sur le cours de Bourse, le bénéfice par action ou la satisfaction des investisseurs, les entreprises sont poussées à augmenter les montants engagés d’année en année.

Cette intensification transforme la nature même des rachats d’actions. Lorsqu’une entreprise consacre plusieurs milliards d’euros à racheter ses propres titres, elle arbitre nécessairement entre plusieurs usages possibles de sa trésorerie : rémunérer les actionnaires, investir, augmenter les salaires, se désendetter, financer sa transition écologique ou renforcer ses capacités industrielles.

Face à l’augmentation des sommes consacrées aux rachats d’actions, les controverses devraient s’intensifier dans les années à venir.

Dans un contexte de sociétalisation des entreprises, les rachats d’actions seront de plus en plus jugés à partir d’une question simple : cet usage des ressources financières est-il compatible avec les responsabilités sociales, écologiques et stratégiques désormais attendues des grandes entreprises ?

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Importés des États-Unis, les rachats d’actions sont devenus une drogue dure pour les entreprises françaises cotées – https://theconversation.com/importes-des-etats-unis-les-rachats-dactions-sont-devenus-une-drogue-dure-pour-les-entreprises-francaises-cotees-283702

La Cour de cassation sécurise la période d’essai de la femme enceinte. Une étape contre les « pénalités de maternité »

Source: The Conversation – in French – By Allane Madanamoothoo, Associate Professor of Law, EDC Paris Business School

L’annonce d’une grossesse est souvent un moment de joie dans la vie d’une femme. Dans certains cas, cette annonce est source de stress, voire de pénalités dans sa vie professionnelle. L’arrêt de la Cour de cassation du 25 mars 2026 vient sécuriser la rupture de la période d’essai lorsqu’un employeur apprend que sa salariée est enceinte. L’enjeu : inverser la charge de la preuve en cas de litige.


Dans le monde du travail, les femmes sont encore confrontées à des désavantages, principalement économiques, liés à leur grossesse ou à leur maternité, dénommés motherhood penalities – littéralement « pénalités de maternité ».

Ces pénalités, dont certaines sont des discriminations, peuvent prendre différentes formes : offres d’emploi limitées, rémunération inférieure, perte d’opportunités, stagnation dans leur carrière, voire rupture de leur contrat de façon abusive.

Qu’en est-il lors de la période d’essai ?

Protection de la femme enceinte durant la période d’essai

Le 18ᵉ baromètre des discriminations dans l’emploi, publié en décembre 2025, révèle des résultats alarmants. Entre 2016 et 2024, la grossesse figurait parmi les critères de discrimination à l’emploi ; les jeunes femmes étaient fréquemment interrogées sur leurs projets de maternité lors des entretiens de recrutement.

Pourtant, le Code du travail interdit toute discrimination liée à la grossesse et à la maternité avant et après l’embauche selon les articles L. 1225-1, L. 1132-1 et L. 1142-1. Le législateur protège la femme enceinte ou en congé de maternité contre le licenciement, sauf en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse aux termes de l’article L. 1225-4 du même code.

Cette dernière disposition ne s’applique pas durant la période d’essai. D’où des abus à l’encontre de la salariée enceinte, pendant cette période, quand bien même la loi interdit à l’employeur de rompre la période d’essai en raison de la grossesse. En effet, la grossesse fait partie des critères de discrimination au travail énumérés et punis par la loi.

Un récent arrêt de la Cour de cassation du 25 mars 2026 vient, à juste titre, renforcer la protection de la femme enceinte durant la période d’essai. Est-ce la fin des motherhood penalties à cette étape clé du contrat ? L’analyse de cet arrêt invite à rappeler certaines règles de la période d’essai.

Quelques éléments essentiels de la période d’essai

La période d’essai, qui n’est pas obligatoire, sauf si elle est prévue dans le contrat ou la lettre d’engagement, est quasi présente dans la plupart des contrats de travail. Elle permet au salarié nouvellement embauché de vérifier si le poste et l’environnement de travail lui conviennent, et à l’employeur d’apprécier les compétences professionnelles du salarié.




À lire aussi :
Les revenus des femmes diminuent après la naissance d’un enfant. Voici pourquoi


Sa mise en œuvre, sa durée et sa rupture sont encadrées par la loi selon les articles L. 1221-19 et suivants du Code du travail. Par exemple :

  • Lla période d’essai (et la possibilité de la renouveler) doit être expressément stipulée dans le contrat ou la lettre d’engagement ;

  • sa durée varie en fonction du type de contrat (contrat à durée indéterminée ou déterminée, contrat d’intérim, etc.) et du statut du salarié (ouvrier, technicien, cadre) ;

  • sa rupture peut intervenir à tout moment, sous réserve de respecter un délai de prévenance, lequel diffère selon le temps passé par le salarié au sein de l’entreprise et en fonction de celui qui est à l’initiative de la rupture (l’employeur ou le salarié) ;

  • le salarié comme l’employeur peuvent, en principe, rompre librement la période d’essai sans justification.

L’employeur ne peut rompre la période d’essai pour des raisons discriminatoires, économiques ou toute autre raison qui a pour objet de détourner ses finalités. Auquel cas, cette rupture est abusive et ouvre droit à l’octroi de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.

Inversion de la charge de la preuve

Le 27 octobre 2017, une salariée, embauchée en qualité de cheffe de projet, est informée du renouvellement de sa période d’essai jusqu’au 23 janvier 2018. Le 28 novembre 2017, elle fait part de sa grossesse à son employeur. Le 16 janvier 2018, l’employeur rompt sa période d’essai. Estimant qu’une telle rupture est en lien avec sa grossesse et donc abusive, elle saisit le conseil de prud’hommes afin d’en obtenir la nullité.

En appel, sa demande est de nouveau rejetée au motif que l’employeur n’est pas tenu de justifier la rupture d’une période d’essai et qu’elle n’apporte aucun élément qui laisse supposer l’existence d’une discrimination.

La Cour d’appel n’applique ni plus ni moins le régime probatoire du droit commun de la discrimination, fixé par l’article L. 1134-1 du Code du travail. En vertu de cet article, lorsqu’un salarié estime être victime d’une discrimination, il doit présenter des éléments laissant supposer l’existence d’une telle discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte. En fonction de ces éléments, c’est ensuite à l’employeur d’apporter la preuve que sa décision est justifiée par des éléments objectifs, étrangers à toute discrimination. Il revient enfin au juge de se prononcer au vu des éléments fournis par les parties.

La plaignante se pourvoit en cassation arguant que, en cas de litige lié à la grossesse, la salariée enceinte bénéficie d’un régime probatoire plus spécifique, plus protecteur, prévu à l’article L. 1225-3 du Code du travail. Selon cet article, dans de tels cas, il revient à l’employeur de communiquer au juge « tous les éléments de nature à justifier sa décision » et le doute profite à la salariée enceinte. Autrement dit, la charge de la preuve repose alors uniquement sur l’employeur.

Présomption de discrimination

La Cour de cassation lui donne raison. En se fondant sur ce régime probatoire spécifique à la grossesse, la haute juridiction censure la décision de la Cour d’appel dans son arrêt du 25 mars 2026 et stipule que :

« Lorsque la rupture de la période d’essai à l’initiative de l’employeur intervient après qu’il a été informé de l’état de grossesse de la salariée, il lui appartient d’établir que sa décision est justifiée par des éléments sans lien avec l’état de grossesse. »

Cet arrêt instaure une présomption de discrimination. Dès lors que l’employeur a connaissance de la grossesse de la salariée au moment où il rompt la période d’essai, cette rupture est suspecte. En cas de litige, c’est à l’employeur de prouver que sa décision est fondée sur des motifs étrangers à la grossesse avec des éléments concrets : compétences inadaptées, mésentente avec toute l’équipe, retards successifs, etc.

La salariée n’a plus la charge de devoir prouver que la rupture de sa période d’essai est liée à sa grossesse.

Dire ou ne pas dire… sa grossesse ?

L’arrêt du 25 mars 2026 de la Cour de cassation ne met pas un terme aux motherhood penalties dont sont victimes les femmes enceintes durant la période d’essai. L’employeur est libre, en principe, de mettre un terme à la période d’essai sans donner de motifs. Néanmoins, cet arrêt sécurise la rupture de la période d’essai de la femme enceinte en inversant la charge de la preuve en cas de litige.

Par conséquent, il représente une avancée majeure dans la lutte contre les motherhood penalties et les inégalités professionnelles. Les salariées enceintes seront sans doute plus sereines pour annoncer leur grossesse durant leur période d’essai. En amont, dans une France où 73 % des femmes considèrent que la maternité peut représenter un frein dans leur carrière selon le Baromètre #StOpE sur le sexisme au travail 2025, les femmes seront peut-être plus enclines à concrétiser leur projet de maternité avant leur embauche définitive désormais.

Pour conclure, il nous semble important de rappeler l’article L. 1225-2 du Code du travail qui dispose que :

« La femme candidate à un emploi ou salariée n’est pas tenue de révéler son état de grossesse, sauf lorsqu’elle demande le bénéfice des dispositions légales relatives à la protection de la femme enceinte. »

The Conversation

Allane Madanamoothoo ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La Cour de cassation sécurise la période d’essai de la femme enceinte. Une étape contre les « pénalités de maternité » – https://theconversation.com/la-cour-de-cassation-securise-la-periode-dessai-de-la-femme-enceinte-une-etape-contre-les-penalites-de-maternite-280526

Quelle forme de leadership privilégier pour restaurer la confiance entre le sommet et la base (de la société ou de l’entreprise) ?

Source: The Conversation – in French – By Jorge Jacob, Professor of Behavioral Sciences, IÉSEG School of Management

Comment susciter la confiance ? Sur quels leviers appuyer pour la faire naître et convaincre ? La culture française assimile souvent cet état d’esprit à un don naturel, à des qualités propres aux individus, quel que soit le contexte. Une étude montre pourtant qu’inspirer confiance dépend largement de l’environnement et, notamment, de la manière dont les individus dirigés perçoivent leurs dirigeants. Cela est vrai pour la vie des entreprises, mais aussi en politique.


La confiance envers les dirigeants est en baisse en France. Selon le baromètre de la confiance politique du Cevipof (Sciences Po), 78 % des Français déclarent ne pas avoir confiance en la politique en 2026 – un niveau historiquement bas, bien supérieur à l’Allemagne (55 %), à l’Italie (60 %) ou au Royaume-Uni (56 %). Il est à noter que 89 % des sondés estiment avoir besoin d’être mieux pris en considération par les responsables politiques. Face à ce constat, les prescriptions habituelles ne manquent pas : plus de transparence, plus d’authenticité, plus d’éthique. Mais elles supposent qu’un même comportement produit le même effet, quel que soit le dirigeant ou la dirigeante, et quel que soit le regard posé sur lui ou elle.

Une recherche que j’ai publiée en 2024 dans le Journal of Applied Psychology, avec la docteure Urszula Lagowska, de Neoma Business School (France), et avec des collègues de la Fondation Getulio-Vargas (FGV, Brésil) et de l’Université de Washington (États-Unis) dans un autre contexte, remet en question cette hypothèse.

La confiance n’est pas une propriété du dirigeant ou de la dirigeante. C’est le résultat d’une relation, et cette relation commence par la perception de qui est cette personne, et à quel groupe elle appartient.

Éthique ou authentique ? La distinction qui change tout

Une grande partie des commentateurs politiques et des managers confondent deux styles de leadership pourtant bien distincts ou les traitent comme des synonymes. Or, leadership éthique et authentique ne sont pas synonymes.

Le leadership éthique est tourné vers l’extérieur. Un leadeur ou une leadeuse éthique démontre des comportements normativement et socialement reconnus comme corrects, s’appuie sur des normes collectives, établit des règles claires de conduite, les applique de façon visible et cohérente, sanctionne les manquements et récompense la conformité. Il ou elle informe activement ses collaborateurs et collaboratrices de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. C’est le leadership des institutions, des codes de conduite, de la redevabilité publique, de l’impartialité affichée.




À lire aussi :
La motivation des professionnels de santé dépend aussi du style de leadership


Le leadership authentique, en revanche, est tourné vers l’intérieur. Un leadeur ou une leadeure authentique agit à partir de valeurs profondément personnelles, s’exprime avec transparence sur ses forces et ses faiblesses, traite l’information de façon équilibrée et prend des décisions guidées par sa conscience individuelle. Ce que la littérature scientifique désigne communément comme sa « boussole interne », même lorsque cela contredit les attentes extérieures. C’est le leadership de la cohérence personnelle, de la vulnérabilité assumée, de l’identité exposée.

Deux sources différentes

Les deux styles ont des vertus réelles, aussi bien pour les dirigeants politiques qu’entrepreneuriaux, et sont documentés par la recherche. Tous deux mettent l’accent sur l’intégrité comportementale et sur le souci du bien-être de ceux et celles qui les suivent.

Mais ils diffèrent fondamentalement dans la source de leurs principes. Là où le leadership éthique cherche à aligner le comportement sur des normes collectives reconnues pour être perçues comme normativement appropriées, le leadership authentique s’appuie sur la propre boussole morale interne du dirigeant ou de la dirigeante, indépendamment du regard extérieur.

C’est précisément pourquoi ces deux styles ne produisent pas les mêmes effets sur la confiance. Cet effet dépend d’un facteur que l’on oublie presque toujours de prendre en compte.

Comme nous ou différents ?

Notre recherche montre que le même comportement de leadership produit des effets opposés selon la façon dont le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu par ses interlocuteurs : est-il ou est-elle l’un des nôtres, ou l’un d’eux ?

Être perçu comme « l’un des nôtres », ce que la littérature en psychologie sociale appelle l’appartenance à l’ingroup, signifie être catégorisé comme faisant partie du même groupe social que l’observateur ou l’observatrice : partager des caractéristiques perçues comme pertinentes dans le contexte (par exemple, l’origine sociale, la profession, le genre), mais aussi être associé à des normes, des intérêts et une identité collective jugés communs. Autrement dit, être inclus dans la catégorie « nous », qui structure spontanément les perceptions sociales.

À l’inverse, être perçu comme appartenant à un outgroup signifie être catégorisé comme extérieur à ce groupe de référence. Cette distinction ingroup / outgroup est fondamentale en psychologie sociale, car elle influence fortement les jugements, la confiance accordée, l’empathie et même l’interprétation de comportements identiques, selon la catégorie à laquelle la personne est associée.

Lorsque le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu comme appartenant à l’outgroup de ses interlocuteurs, le leadership éthique est plus efficace pour construire la confiance. Il offre ce dont les observateurs ont le plus besoin dans cette situation : de la prévisibilité. Des normes claires, appliquées de manière égale à tous et à toutes, dissipent l’incertitude sur la façon dont cette personne, psychologiquement perçue comme plus distante qu’un membre de l’ingroup, va les traiter. La règle remplace la relation.

Un défaut d’interprétation

Dans ce même contexte, Le leadership authentique peut au contraire fragiliser la confiance. Un dirigeant ou une dirigeante qui invoque sa boussole interne et ses valeurs personnelles, lorsqu’il, ou elle, est perçu comme appartenant à un autre univers social, peut être interprété comme imprévisible, comme quelqu’un dont les valeurs personnelles tiennent moins compte des réalités de l’autre.

La situation s’inverse lorsque le dirigeant, ou la dirigeante, est perçu comme appartenant au même groupe. Dans ce cas, l’authenticité devient plus efficace. L’observateur ou l’observatrice part d’une attente favorable. Ce qu’il ou elle cherche n’est plus une garantie institutionnelle, mais un modèle : quelqu’un qui lui ressemble et qui lui montre qu’il est possible d’être fidèle à soi-même tout en réussissant.

Les dirigeants et dirigeantes français, politiques, hauts fonctionnaires, grands patrons et grandes patronnes, sont perçus, par une fraction croissante de la population, comme appartenant à un groupe éloigné du leur. Formés dans les mêmes grandes écoles, circulant dans les mêmes réseaux, habitant les mêmes arrondissements de Paris. Ce n’est pas nécessairement une réalité objective, mais c’est une perception structurante. L’ancienne École nationale d’administration (ENA) est devenue, dans le débat public français, un symbole des dirigeants perçus comme déconnectés du terrain et socialement éloignés d’une partie de la population.

Quand l’authenticité rate sa cible

Or, face à cette perception de distance, l’une des réponses les plus fréquentes consiste précisément à miser sur l’authenticité. De nombreux dirigeants et dirigeantes cherchent alors à raconter leur histoire personnelle, à mettre en avant leurs convictions profondes, leurs expériences de vie ou leur « vérité intérieure ». Pourtant, mes recherches, même si elles ont été réalisées dans un autre contexte et auprès d’autres groupes sociaux, peuvent peut-être offrir une première piste d’interprétation intéressante pour comprendre certaines réactions observées dans le cas français.

Fnege Media, 2024.

Nous montrons que lorsque le leadeur ou la leadeure est perçu comme appartenant à un groupe social distant de celui des observateurs (outgroup), un discours centré sur la boussole morale interne et l’expérience personnelle peut parfois être perçu comme moins rassurant qu’un discours reposant sur des normes collectives explicites et des règles communes. Un tel discours, fortement centré sur les convictions personnelles ou le parcours individuel, pouvait, dans certains cas, sembler plus difficile à anticiper ou à interpréter pour des personnes percevant déjà une forte distance sociale avec leur dirigeant ou dirigeante.

Une piste d’explication

Ce qui semble mieux fonctionner dans ce type de situation, lorsque la distance sociale est fortement perçue, ce n’est pas nécessairement la mise en avant de l’histoire personnelle ou de la « vérité intérieure », mais plutôt des signaux plus collectifs : affirmer clairement les règles communes, montrer qu’elles s’appliquent à tous et à toutes de manière cohérente et rendre visibles les mécanismes de redevabilité. Ce n’est probablement pas le registre le plus charismatique ni le plus émotionnel, mais il est possible qu’il soit perçu comme plus rassurant par une partie des citoyens et des citoyennes lorsque la confiance est fragilisée.

Pour un responsable politique ou un dirigeant d’entreprise, il peut être utile de considérer un élément probablement fondamental : la manière dont il, ou elle, est perçu par celles et ceux à qui il ou elle s’adresse. En France, où 67 % des citoyens et des citoyennes accordent leur confiance préférentiellement à « quelqu’un comme eux » plutôt qu’à des experts ou à des décideurs institutionnels, la question de l’appartenance perçue n’est pas secondaire. Elle pourrait constituer l’un des mécanismes contribuant à ce phénomène.

The Conversation

Jorge Jacob ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quelle forme de leadership privilégier pour restaurer la confiance entre le sommet et la base (de la société ou de l’entreprise) ? – https://theconversation.com/quelle-forme-de-leadership-privilegier-pour-restaurer-la-confiance-entre-le-sommet-et-la-base-de-la-societe-ou-de-lentreprise-262732

Transporte ferroviario en España: ¿más frecuencias o más velocidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Gutiérrez Hita, Profesor titular de Universidad. Economía industrial (transporte, energía, telecomunicaciones), Universidad Miguel Hernández

Estación de Plasencia (Cáceres). m.e.s.t.o.c.k/Shutterstock

España ha construido la segunda red de alta velocidad más extensa del mundo, después de China, que une rápidamente centros neurálgicos como Madrid y Barcelona, pero que no resuelve las necesidades de transporte entre localidades medianas por la falta de servicios de media distancia.

Hace unos días estuve en Suiza y lo que más me impresionó –aparte de su maravilloso paisaje– fue la posibilidad de moverme en tren –inclusive entre pequeñas localidades– de una forma sencilla y rápida por su red regional de alta frecuencia. Mientras que el país helvético se decanta por la alta conectividad y un fácil transbordo, en España prima la velocidad entre grandes ciudades.

¿Debería priorizarse la movilidad antes que la inmediatez?

Más velocidad pero menos cobertura regional

Décadas atrás, España tuvo una tupida red de ferrocarril que, aunque poco eficiente, conectaba ciudades y pueblos. El abandono de la red convencional y la falta de inversión han llevado a la disminución de frecuencia de los trenes regionales y la degradación de estaciones e infraestructuras. Muchas de esas líneas clausuradas podrían ser social y económicamente eficientes con los estándares tecnológicos disponibles en la actualidad.

En muchos casos, las nuevas infraestructuras viarias discurren casi al lado de las vías convencionales, con su peculiar ancho ibérico (1 668 mm frente a los 1 435 del ancho estándar). El resultado es que el coste de oportunidad, en términos económicos y sociales, se dispara: han de mantenerse dos vías ferroviarias y, además, el mantenimiento de un kilómetro de alta velocidad es mayor que el del ferrocarril convencional. Así se drenan recursos que podrían ampliar la malla de la infraestructura tradicional y mejorar las comunicaciones utilizando trenes de media distancia.

El cierre de líneas y estaciones de los años 80

El 1 de enero de 1985, por acuerdo del Consejo de Ministros, se produjo la eliminación masiva de todas las líneas ferroviarias que no cubrían el 23 % de sus costes de explotación.

Se desmantelaron casi mil kilómetros de vía convencional y aparecieron las estaciones fantasma: apeaderos facultativos (a solicitud del usuario) o estaciones con un tráfico casi nulo, sobreviviendo sin personal ni actividad humana o económica. Por otra parte, el cierre de líneas propició la aparición de más de 3 300 kilómetros de Vías Verdes, para caminantes o ciclistas, y muchas estaciones se transformaron en albergues o museos.

La España vaciada del ferrocarril

La capilaridad de la red ferroviaria se define como la capacidad del sistema para extenderse desde las líneas principales hacia puntos más específicos y diversos del territorio. En Suiza, el sistema funciona con un horario cadenciado: un tren pasa las mismas veces y en el mismo momento cada hora (por ejemplo, a y 15 y a y 45) y se diseñan los transbordos para no dejar tirados a los usuarios.

En cambio, en España se suprimieron las paradas en los pueblos pequeños para no disminuir la velocidad de los trenes directos, rompiendo la malla de posibles transbordos fuera de núcleos urbanos grandes o medianos. Además, los horarios no planificados para conectar con el resto de la red dificultan la posibilidad de conexión. Esto obliga a utilizar el coche, aumentando la brecha de carbono y la despoblación rural.

La falta de capilaridad es especialmente sangrante en el interior peninsular. El caso del nudo ferroviario de Alcázar de San Juan (Ciudad Real), actualmente sin apenas uso y que podría haber articulado gran parte del tráfico sur-suroeste de la Península, así como el desmantelamiento de la línea de Cuenca (Aranjuez-Utiel) o tramos en Castilla y León y Extremadura, son ejemplos donde al ferrocarril se le niega su función de vertebración social a través de los servicios de media distancia y larga distancia en favor de la alta velocidad.

La racionalización de la red

Aunque el gasto total en mantenimiento anual de la red de alta velocidad supera los 110 000 euros por kilómetro, la liberalización de este mercado ha multiplicado el número de trenes en circulación, acelerando el desgaste de la infraestructura y exigiendo ciclos de mantenimiento más intensos.

No obstante, tanto los accidentes de Adamuz (Córdoba) y Gelida (Barcelona) como las paradas frecuentes en los recorridos en tren han puesto de manifiesto el déficit en el mantenimiento de las infraestructuras ferroviarias; minando, además, la confianza de los usuarios .

Obligación de servicio público

Desde 2020 se están produciendo la potenciación de la velocidad alta (hasta 250 kilómetros por hora) y la recuperación de la red convencional y los servicios de media distancia. Esto obedece a la aplicación de la obligación de servicio público (OSP): allá donde el mercado no ofrece frecuencias o precios adecuados, la normativa hace que el Estado deba garantizar la movilidad y la cohesión territorial mediante la subvención de rutas de transporte.

La inversión en red convencional ha alcanzado niveles comparables a la alta velocidad, creciendo en 2023 un 70 % respecto al año anterior. Este movimiento obedece a la creciente presión ciudadana y mediática.

La media distancia: un servicio estratégico para la movilidad

Aunque la media distancia evoluciona de manera similar a la larga distancia, ha experimentado una disminución en la red convencional, mientras que los servicios Avant (media distancia sobre infraestructuras de alta velocidad) han crecido exponencialmente desde su incursión en 2004. Al compartir los trenes de media distancia convencional las vías con mercancías y cercanías, se limita su disponibilidad efectiva. La inversión en capacidad y mejora de la red existente es necesaria.

En la década de 1990, la media distancia realizaba anualmente entre 20 y 25 millones de kilómetros en una malla puramente regional. Desde comienzos de siglo, la oferta se ha ido incrementando hasta alcanzar los 45 millones en 2025. Sin embargo, la frecuencia entre localidades medianas ha disminuido.

Vertebración del territorio

Para reforzar la conectividad, la Comisión Europea presentó un paquete legislativo el 13 de mayo de 2026 para obligar a los operadores ferroviarios con una cuota de mercado de más del 50 % a incluir en sus plataformas digitales billetes de otros operadores ferroviarios europeos. El plan busca vertebrar las comunicaciones por tren en el territorio de la UE y optimizar recursos, en línea con la agenda 2030 de descarbonización.

El reto de la próxima década no es poner más kilómetros de vías a 300 kilómetros por hora sino lograr que la infraestructura ferroviaria dibuje una red de conectividad efectiva a los tres niveles: larga distancia, media distancia y cercanías, favoreciendo la comunicación ciudadana y el transporte de mercancías.

The Conversation

Carlos Gutiérrez Hita recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (PID2022-137211NB-I00) y de la Conselleria de Educación, Cultura, Universidades y Empleo de la Generalitat Valenciana (CIPROM/2024/34).

ref. Transporte ferroviario en España: ¿más frecuencias o más velocidad? – https://theconversation.com/transporte-ferroviario-en-espana-mas-frecuencias-o-mas-velocidad-281714

La factura ecológica de las plantaciones forestales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Ojeda Copete, Catedrático de Botánica, Universidad de Cádiz

Paisaje homogéneo de pino resinero en sierra Bermeja (Málaga). Agosto de 2022, once meses después de un incendio. Fernando Ojeda

¿Puede un paisaje sin árboles ser un ecosistema funcional y saludable? La respuesta es un rotundo sí. Con más de 650 000 hectáreas afectadas, los catastróficos megaincendios de 2025 en el oeste de la península ibérica nos obligan a reconsiderar la gestión del medio natural. La evidencia científica demuestra que la forestación de brezales y matorrales mediterráneos con pinos o eucaliptos no solo destruye la biodiversidad, erosiona el suelo y amplifica el estrés hídrico, sino que genera auténticos polvorines: paisajes homogéneos mucho más inflamables y menos resilientes.

Lejos de ser víctimas pasivas, muchos ecosistemas mediterráneos han sido moldeados por el fuego a lo largo de su historia evolutiva. No solo toleran los incendios, sino que dependen de ellos. Son paisajes inflamables y pirófilos (literalmente, amantes del fuego) que, aunque resulte paradójico, sufrirían una grave crisis de biodiversidad si el fuego se erradicase por completo.

El ejemplo más paradigmático en la península ibérica es el brezal mediterráneo o herriza, un subtipo singular del brezal seco europeo que tapiza las laderas altas y crestas de las sierras silíceas de la mitad occidental ibérica, desde Galicia y Asturias al estrecho de Gibraltar. Se trata de un matorral denso dominado por brezos, jaras y aulagas, especies inflamables y pirófilas, y caracterizado por la práctica ausencia de árboles.




Leer más:
De crecer bajo tierra a autopodarse: los secretos de las plantas para sobrevivir a las llamas


Dos fotos que muestran herriza en un paisaje montañoso
Arriba: herriza en sierra de la Azoreira (entre Orense y Zamora). Abajo: herriza en sierra de Ojén (Tarifa, Cádiz).
Fernando Ojeda

El mito del monte degradado

A pesar de albergar una elevada diversidad de flora y fauna, la herriza se consideró históricamente un hábitat degradado por su falta de árboles y con una baja productividad debido a la escasa fertilidad de sus suelos. Por ello, desde mediados del siglo XX, estos brezales se consideraron paisajes idóneos para ser “restaurados” mediante forestaciones masivas.

El Patrimonio Forestal del Estado –organismo dependiente del entonces Ministerio de Agricultura de la dictadura franquista– los transformó extensivamente con plantaciones de pino y eucalipto. Para las coníferas, se optó mayoritariamente por el pino negral, Pinus pinaster, también conocido como pino resinero, una especie nativa del oeste de la cuenca mediterránea. Este mismo patrón se repitió de forma paralela en Portugal, por parte de la entonces Direcção-Geral dos Recursos Florestais.




Leer más:
Los eucaliptales: una amenaza para los ríos y arroyos


El pino resinero: ¿restauración o rentabilidad?

La elección prioritaria de este árbol no fue casual. Pesó mucho su condición de especie nativa, lo que otorgaba una sensación de restauración natural al establecimiento de plantaciones forestales. Es cierto que existen formaciones naturales de Pinus pinaster en las sierras silíceas de la península ibérica y norte de África, pero son casi siempre rodales aislados en crestas rocosas sobre suelo escaso a más de 1 000 metros de altitud.

Dichos rodales están catalogados hoy como bosques relictos y hábitats de interés comunitario por la Unión Europea. Sin embargo, a pesar de que también se aducía una razón protectora frente a la erosión edáfica y la colmatación de los embalses, el argumento definitivo para la forestación de brezales “improductivos” y bosques exiguos fue el económico. El pino resinero prometía una jugosa rentabilidad a corto plazo gracias a la producción masiva de madera y resina.




Leer más:
Reforestaciones en España: buenos (y no tan buenos) ejemplos


La quimera de la reforestación protectora

Lo que las autoridades forestales de la época, tanto en España como en Portugal, no previeron es que su empeño por transformar esos brezales “improductivos” acabaría pasando una elevada factura ecológica. Hoy en día, frente a quienes defienden el supuesto éxito de aquellas plantaciones en la restauración del paisaje o en la mitigación del cambio climático, la evidencia científica apunta a lo contrario.

Varios estudios cuestionan su papel protector frente a la erosión del suelo y la pérdida de agua, al tiempo que alertan de cómo comprometen la biodiversidad original. Respecto a la mitigación climática, la trampa es evidente: la mayor parte del carbono en pinares se acumula en la biomasa aérea (troncos y copas) y no bajo tierra. Al ser árboles tan inflamables por su resina, son susceptibles de arder, por lo que su capacidad de retención de carbono a medio o largo plazo es muy limitada.

Además, la forestación incrementa drásticamente la biomasa inflamable del paisaje. Esto, sumado a las condiciones meteorológicas extremas del cambio climático, explica la catastrófica severidad y extensión de los megaincendios que ya estamos padeciendo.




Leer más:
Para comprender y gestionar mejor los incendios forestales debemos observar el paisaje


El verdadero drama de este modelo forestal se desencadena con el fuego. Cuando esos densos pinares arden, la enorme acumulación de biomasa genera incendios de una severidad inusitada que, literalmente, calcinan el suelo. El calor extremo destruye los bancos de semillas, los órganos de regeneración (como raíces, rizomas y cepas) y la microbiota edáfica, comprometiendo la regeneración natural y la resiliencia del ecosistema original previo a la forestación.

Una especie autóctona que se comporta como invasora

Pero el impacto no termina cuando se apagan las llamas. Lejos de retroceder, el pino resinero aprovecha el escenario posincendio para protagonizar una germinación masiva de plántulas. Esto le permite no solo perpetuarse en la plantación quemada, sino también invadir ecosistemas colindantes de brezal o bosque.

Décadas de selección artificial e ingeniería forestal –enfocadas en buscar árboles de rápido crecimiento y alta producción– han terminado por “domesticar” a la especie, potenciando sus rasgos más colonizadores. El resultado es una paradoja ecológica alarmante: la invasión biológica de hábitats naturales perpetrada por una especie autóctona cuyo estatus ecológico hemos alterado mediante selección artificial.

Un bosque de pinos en un paisaje montañoso
Bosque de pinos resineros (Pinus pinaster) en la garganta de la Yedra, Ávila.
19migmas63/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Pirodiversidad: por qué el fuego no siempre es el enemigo

En resumen, ecosistemas como la herriza poseen la capacidad innata de regenerarse por sí mismos tras el fuego. Es el concepto ecológico de resiliencia. Este proceso, por supuesto, requiere tiempo: tardarán unos 10-15 años en recuperar su estado anterior al incendio.

¿Por qué tener prisa? A menudo se insiste en restaurar de inmediato el paisaje quemado para proteger la flora y la fauna, olvidando que muchas especies necesitan precisamente esos primeros años posincendio para vivir. En ecología manejamos el concepto de “pirodiversidad”: un paisaje en mosaico con zonas de distintas edades tras el último incendio y que albergan diferentes especies asociadas. Es decir, la pirodiversidad genera biodiversidad.




Leer más:
¿Puede la vegetación recuperarse por sí sola después de un gran incendio?


Silvicultura ecológica y educación: claves del mosaico

Por otro lado, conviene recordar que los bosques naturales de Pinus pinaster poseen un alto valor ecológico; el problema no son ellos, sino las plantaciones artificiales contemporáneas. El abandono de estos monocultivos, sumado al cambio climático, los ha transformado en masas homogéneas cargadas de biomasa combustible y propensas a incendios de alta severidad.

Paisaje montañoso que muestra herriza en las crestas, alcornocales en las laderas y quejigar en el fondo del valle
Mosaico paisajístico del valle del río de la Miel (Algeciras, Cádiz). Herriza en las crestas, alcornocales en las laderas y quejigar en el fondo del valle. Algeciras y Gibraltar al fondo.
Fernando Ojeda

Para revertir esta situación y recuperar la biodiversidad, las plantaciones recientemente quemadas ofrecen una oportunidad estratégica de restauración. Es crucial frenar la expansión espontánea de estas plantaciones mediante una gestión activa y silvicultura ecológica. Asimismo, urge un cambio en la educación ambiental que desmonte la visión “bosquecéntrica” que impera en la sociedad.

Los matorrales y brezales no son “monte sucio” ni etapas de la vegetación degradadas, sino valiosos reservorios de biodiversidad que no deben forestarse artificialmente, y donde el fuego actúa como un elemento natural indispensable para su estructura y funcionalidad.

The Conversation

Fernando Ojeda Copete recibe fondos de la Agencia Española de Investigación (Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades) en convocatorias competitivas de proyectos de investigación.

ref. La factura ecológica de las plantaciones forestales – https://theconversation.com/la-factura-ecologica-de-las-plantaciones-forestales-283327

Cuando llega el calor, los ojos también lo notan

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Antonio Matamoros, Investigador posdoctoral, Universidad Complutense de Madrid

Tatiana Foxy/Shutterstock

Imagine una tarde típica de verano durante una ola de calor. El termómetro roza los 40 °C, el aire es denso y, tras pasar unas horas en la calle o frente a la pantalla bajo el flujo del aire acondicionado, nota una molesta sensación de arenilla en los ojos. Parpadea con fuerza, pero la molestia persiste y, de repente, se da cuenta de que las señales de tráfico o la pantalla del móvil se ven ligeramente borrosos.

Aunque solemos asociar los peligros del verano con la piel o la deshidratación general, la realidad es que nuestros ojos son uno de los órganos más expuestos y sensibles a las oscilaciones térmicas. ¿Hasta qué punto puede el calor extremo comprometer nuestra función visual?

El ojo, un oasis biológico sensible a la temperatura

Para funcionar correctamente, el ojo necesita mantener un equilibrio fisiológico y, sobre todo, una hidratación constante.

La parte más externa del órgano visual, la córnea, no tiene vasos sanguíneos; se nutre y se oxigena principalmente a través de la película lagrimal. Esta película es una estructura sofisticada compuesta por tres capas:

  • Capa mucosa (interna): permite que la lágrima se pegue a la superficie del ojo.

  • Capa acuosa (intermedia): nutre e hidrata la córnea.

  • Capa lipídica (externa): está compuesta de grasa y evita que el agua se evapore rápido.

Existe una relación directa entre la hidratación de nuestro cuerpo y la calidad de esa superficie ocular. Cuando la temperatura ambiental se dispara, el cuerpo prioriza la sudoración para enfriarse, lo que puede provocar una deshidratación sistémica si no reponemos líquidos. Y si el organismo está deshidratado, la producción de lágrima disminuye, dejando al ojo desprotegido ante el entorno.

¿Por qué vemos peor con el calor?

La pérdida de nitidez visual en los días calurosos rara vez se debe a un daño estructural interno inmediato; responde, por lo general, a la evaporación acelerada de la lágrima.

A temperaturas elevadas, la capa lipídica de la lágrima se vuelve inestable y el componente acuoso se evapora a una velocidad muy superior a la habitual. Al romperse esta barrera protectora, la superficie de la córnea se vuelve irregular. Dado que la lágrima funciona como la primera “lente” que atraviesa la luz al entrar al ojo, cualquier imperfección en ella provoca visión borrosa transitoria, fluctuaciones visuales y fatiga ocular.

A este escenario natural hay que sumarle nuestro gran aliado y enemigo veraniego: el aire acondicionado. Estos sistemas enfrían el ambiente eliminando la humedad del aire. Pasar horas en una oficina o en el coche con el flujo de aire directo equivale a someter a los ojos a un desierto artificial, acelerando el síndrome del ojo seco.

El peligro de los golpes de calor en los ojos

Cuando pasamos del calor moderado a las temperaturas extremas de una ola de calor, los riesgos se agravan. La deshidratación severa afecta a la presión sanguínea y al flujo vascular que llega a la retina y al nervio óptico.

En contextos de insolación o golpe de calor, el sistema de autorregulación del organismo colapsa. Esto puede manifestarse a nivel visual con una dificultad severa de enfoque. También es posible que aparezcan mareos asociados al movimiento de los ojos e, incluso, visión en túnel o pérdida momentánea de la visión periférica.

Estos síntomas son señales de alarma críticas: indican que el cerebro y el sistema visual están sufriendo por el estrés térmico. Entonces, el cuerpo necesita atención médica e hidratación inmediata.

El peligro invisible de los rayos solares

Es crucial disociar, aunque coincidan en el tiempo, el calor de la radiación ultravioleta (UV). El primero consiste en energía térmica (infrarroja) que percibimos en la piel, mientras que la radiación UV es invisible y no calienta, pero altera las células de los tejidos vivos.

En verano, el índice ultravioleta alcanza sus niveles máximos. Una exposición prolongada y sin protección al sol puede provocar fotoqueratitis, una quemadura solar en la córnea. Esto no solo provoca dolor intenso y enrojecimiento en los ojos, sino también una gran molestia frente a la luz. Los síntomas aparecen unas horas después de tomar el sol.

El daño de los rayos solares se acumula con los años. Puede adelantar la aparición de cataratas, que nublan la vista. También se ha vinculado con el desarrollo de degeneración macular asociada a la edad (DMAE) y pterigión (crecimiento anormal de tejido en la parte blanca del ojo, la conjuntiva).

El cambio climático: un desafío también para la salud visual

Las olas de calor ya no pueden considerarse eventos anecdóticos del verano: ahora son más frecuentes y duraderas debido al cambio climático, lo que incrementará las patologías de la superficie ocular en las próximas décadas.

El calor, la sequía y el polvo flotando en el aire crea el caldo de cultivo perfecto para un aumento en la incidencia de la conjuntivitis irritativa y el ojo seco severo.
La salud ocular debe dejar de ser el pariente olvidado de las políticas de adaptación al cambio climático y empezar a integrarse en las recomendaciones oficiales de salud.

¿Cómo proteger nuestros ojos?

Cuidar la vista en verano es sencillo. Solo debe seguir unos consejos científicos básicos:

  1. Hidratación proactiva: no espere a tener sed. Beba agua de manera regular para mantener la estabilidad de la producción lagrimal.

  2. Gafas de sol homologadas: deben contar con el marcado CE y especificar protección 100 % frente a la radiación UVA y UVB (filtro UV 400). Las gafas mal iluminadas o de juguete son más peligrosas que no llevar nada, ya que dilatan la pupila y permiten una mayor entrada de radiación dañina.

  3. Lágrimas artificiales: utilice gotas humectantes de manera preventiva si va a estar expuesto al aire acondicionado o ambientes calurosos.

  4. Parpadeo consciente: frente a las pantallas tendemos a parpadear hasta un 60 % menos. Esforzarse en cerrar y abrir los ojos ayuda a redistribuir la lágrima.

  5. Evitar flujos directos: oriente las rejillas del aire acondicionado del coche o de la oficina hacia el cuerpo o el techo, nunca directamente a la cara.

El verano y las olas de calor ponen a prueba la resistencia de nuestros ojos. Ver mal en días de altas temperaturas es, en la gran mayoría de los casos, un termómetro de nuestra propia deshidratación. La protección de nuestra visión en un planeta en fase de calentamiento requiere conciencia, hábitos diarios de protección y entender que cuidar los ojos es, en el fondo, cuidar de nuestra salud general.


Este artículo fue publicado previamente por la Oficina de Transferencia de Resultados de Investigación (OTRI) de la Universidad Complutense de Madrid (UCM).


The Conversation

José Antonio Matamoros no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando llega el calor, los ojos también lo notan – https://theconversation.com/cuando-llega-el-calor-los-ojos-tambien-lo-notan-284622

Las infecciones de transmisión sexual y las conversaciones que nunca llegan a producirse

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Vargas Guerrero, Director y Docente del Máster Universitario en Psicología General Sanitaria de la Universidad Europea de Canarias, Universidad Europea

we.bond.creations/Shutterstock

Cuando pensamos en infecciones de transmisión sexual (ITS), solemos relacionarlas con preservativos, cribados diagnósticos o conductas de riesgo. Sin embargo, existe una variable de la que hablamos mucho menos: nuestra capacidad para mantener conversaciones incómodas dentro de la intimidad.

¿Somos capaces de preguntar a una pareja sexual por sus prácticas de riesgo? ¿De hablar sobre una ITS sin sentir vergüenza? ¿De negociar el uso del preservativo sin miedo a generar tensión? Quizá parte de la prevención no dependa únicamente de lo que hacemos durante el sexo, sino también de lo que somos capaces de decir antes de que ocurra.

Panorama preocupante

El aumento de las ITS lleva años preocupando a las autoridades sanitarias. En España, por ejemplo, los últimos informes epidemiológicos muestran un incremento sostenido de diagnósticos como la gonorrea, la sífilis o la clamidia, especialmente entre jóvenes y adultos jóvenes. Las explicaciones suelen centrarse en factores relativamente conocidos: cambios en la percepción del riesgo, transformaciones en los patrones relacionales, uso inconsistente del preservativo o nuevas estrategias biomédicas de prevención.

Gran parte de la educación sexual tradicional se ha centrado —con razón— en la prevención biomédica: infecciones, embarazos no deseados, violencia sexual… Sin embargo, hablar de sexualidad no consiste únicamente en transmitir información sanitaria. También implica aprender a sostener conversaciones incómodas sobre límites, cuidados, deseo, prevención o expectativas dentro de las relaciones íntimas. Y ahí seguimos teniendo dificultades importantes.




Leer más:
Doce factores que explican por qué están aumentado las infecciones de transmisión sexual


Precisamente, la investigación en sexología muestra que la comunicación sexual abierta se asocia con mayor satisfacción y una mejor capacidad para expresar necesidades y límites. No obstante, muchas personas siguen percibiendo estas conversaciones como incómodas o amenazantes para el vínculo. A consecuencia de ello, cuestiones relevantes para la salud sexual suelen quedar implícitas, se aplazan o simplemente no se abordan.

Saber qué hacer no siempre significa poder hacerlo

La mayoría de las personas conocen hoy los principales métodos de prevención de ITS, pero trasladar esa información a situaciones reales no siempre resulta sencillo.

La psicología lleva tiempo mostrando que existe una diferencia importante entre saber qué debería hacerse y ser capaz de hacerlo cuando la situación lo requiere. Conocer una conducta preventiva no garantiza necesariamente que vayamos a ponerla en práctica.

En parte, porque las relaciones íntimas no ocurren en contextos perfectamente racionales. En ellas intervienen factores como el deseo, las expectativas, la necesidad de aceptación o el temor al rechazo que, en determinadas circunstancias, pueden influir en la toma de decisiones relacionadas con la salud sexual.

Negociar el uso del preservativo, expresar determinados límites o preguntar por prácticas previas puede resultar mucho más complejo de lo que a veces asumimos desde fuera. Por eso, diversos estudios han encontrado que las personas con mayores habilidades de comunicación sexual muestran una mayor probabilidad de negociar prácticas preventivas y adoptar conductas sexuales más seguras.

Esto permite entender una idea importante: la prevención no depende únicamente de la información disponible. También requiere habilidades emocionales y comunicativas que permitan transformar ese conocimiento en decisiones concretas dentro de situaciones reales.

Cuando el diagnóstico también exige hablar

Parte de esas dificultades aparecen cuando una persona debe comunicar a parejas sexuales un diagnóstico de ITS.

Desde la salud pública, la notificación y el rastreo de contactos constituyen herramientas fundamentales para limitar la transmisión de infecciones. Sin embargo, lo que sobre el papel puede parecer una recomendación sencilla suele implicar conversaciones emocionalmente complejas.

De hecho, numerosos estudios han identificado la vergüenza, el miedo el estigma y la anticipación del rechazo como algunas de las principales barreras para comunicar un positivo a parejas sexuales previas o actuales.

Esa conversación requiere gestionar emociones complejas y afrontar la incertidumbre sobre cómo reaccionará la otra persona o qué consecuencias tendrá para la relación.

Intimidad en tiempos de inmediatez

Además, dichas dificultades comunicativas no se producen en el vacío, sino dentro de un contexto social que también ha transformado la forma en la que nos relacionamos.

Las aplicaciones de citas han transformado profundamente la manera en que muchas personas se conocen, interactúan o acceden a vínculos sexuales y afectivos. No obstante, reducir este fenómeno únicamente a las apps sería simplificar demasiado un cambio cultural mucho más amplio.

La inmediatez atraviesa hoy gran parte de nuestras relaciones interpersonales, también las íntimas. La rapidez de los encuentros, la sensación de disponibilidad constante o la lógica de conexión permanente pueden favorecer interacciones más breves y menos orientadas a conversaciones personales profundas.

En este contexto, plantear cuestiones relacionadas con prácticas sexuales, uso del preservativo o antecedentes de ITS puede resultar especialmente incómodo. No porque las personas carezcan necesariamente de información, sino porque determinadas habilidades comunicativas requieren tiempo, confianza y espacios de diálogo que no siempre encajan con esa lógica de la inmediatez.

La salud sexual también es un fenómeno relacional

La prevención sexual ha cambiado profundamente durante los últimos años. Estrategias biomédicas como la profilaxis preexposición (PrEP) frente al VIH han supuesto avances muy importantes en salud pública y han transformado la percepción de riesgo de muchas personas.

Sin embargo, entender la salud sexual exclusivamente desde una perspectiva biomédica puede dejar fuera otras dimensiones igualmente relevantes.

La Organización Mundial de la Salud define la salud sexual como un estado de bienestar físico, emocional, mental y social relacionado con la sexualidad. Desde esta perspectiva, no consiste únicamente en evitar enfermedades, sino también en poder vivir la sexualidad de forma segura, satisfactoria y respetuosa.

Esta visión amplia recuerda que la prevención depende de factores psicológicos, relacionales y comunicativos. Preguntar, negociar, expresar límites, compartir preocupaciones o hablar sobre antecedentes sexuales son conductas que, aunque rara vez aparecen en las campañas de prevención, pueden influir directamente en la toma de decisiones relacionadas con el riesgo.

La cuestión ya no es únicamente cómo evitar una ITS, sino qué habilidades necesitamos desarrollar para hacerlo. Al fin y al cabo, prevenir también implica saber comunicar.

The Conversation

Alberto Vargas Guerrero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las infecciones de transmisión sexual y las conversaciones que nunca llegan a producirse – https://theconversation.com/las-infecciones-de-transmision-sexual-y-las-conversaciones-que-nunca-llegan-a-producirse-284411

Genes y gentes: por qué la genética no avala el concepto de raza en nuestra especie

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Rodríguez Palenzuela, Catedrático de Bioquímica, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Nisa, la mujer botsuana protagonista del libro _Nisa: La vida y las palabras de una mujer_. Lisa Gray, CC Wikimedia Commons, CC BY

Hacia 1971, en un rincón perdido del norte de Botsuana, una mujer de unos cincuenta años le contó su vida a la antropóloga estadounidense Marjorie Shostak. Se llamaba Nisa. Había nacido en el desierto del Kalahari, en un pueblo de cazadores y recolectores que vivía como sus antepasados desde hacía miles de años. Hablaba una lengua llena de chasquidos que casi nadie fuera de allí entendía. No sabía leer, no había visto una ciudad. Difícil imaginar a alguien más lejano de un lector de España.

Shostak grabó durante meses esas confidencias y las reunió en Nisa (1981), un clásico de la etnografía que dio voz directa a la entrevistada. Y, sin embargo, lo que ahí cuenta nos toca de cerca: recuerda su primer parto, sola en el monte, tumbada en una choza, esperando con miedo a que le subiera la leche mientras la bebé lloraba de hambre. Recuerda que la casaron siendo casi una niña, y cómo se rebelaba y huía de un marido que aún le parecía un extraño. Habla del deseo, de los amantes que tuvo a escondidas, de los celos entre esposas. Habla de los hijos que enterró, uno tras otro, y del agujero que dejaron. Habla del cuerpo que envejece y de la rabia de verlo fallar. No hay una sola de esas escenas que no reconozcamos. Son las de cualquiera: nuestra madre, nuestra abuela, nosotros mismos.

Ahora el dato, que quizá nos sorprenda. Esa mujer cuya vida conmueve pertenece a uno de los linajes humanos que primero se separaron del tronco común: los pueblos khoisan del sur de África. Figuran entre las poblaciones humanas con mayor diversidad genética del planeta, y la distancia que separa su genoma del de un europeo está entre las más grandes que existen dentro de nuestra especie. Entre Nisa y nosotros media, en términos genéticos, casi todo el ancho del árbol humano. Y, aun así, nada de lo suyo nos resulta ajeno.

La paradoja tiene explicación, somos una especie joven y homogénea. Todos descendemos de una misma antecesora africana de hace cien o doscientos mil años, la llamada “Eva mitocondrial”, y hace unos cincuenta o setenta mil años un grupo reducido salió de África y pobló el resto del mundo, con apenas una pizca de la variabilidad total. En ese breve lapso, hablando en términos evolutivos, no ha dado tiempo a cambiar gran cosa.

Para hacernos una idea: una sola comunidad de chimpancés guarda en su ADN mitocondrial más variación que toda la especie humana junta. Esa “máxima” distancia humana que separa a Nisa de un madrileño es, vista de lejos, minúscula.




Leer más:
El racismo es absurdo porque todos somos emigrantes afrodescendientes


Casi toda la diferencia se encuentra dentro del grupo

La mayor parte de la variación genética humana está dentro de cada grupo, no entre los conjuntos que, por error, llamamos razas. Dos vecinos de un mismo pueblo africano pueden diferir más entre sí, en un gen cualquiera tomado al azar, que uno de ellos y un japonés. Y no es una impresión: un estudio con 377 marcadores en más de mil personas de 52 poblaciones halló que entre el 93 y el 95 % de la variación está dentro de las poblaciones, y solo del 3 al 5 % entre los grandes grupos continentales. De hecho, las poblaciones africanas guardan más diversidad que todo el resto del mundo junto.

¿Por qué caemos entonces en la trampa de la diferencia con tanta facilidad? Porque la mayor parte de la variabilidad genética está oculta. El color de la piel y del pelo depende de un puñado de genes y responde rápido al sol y a la latitud: bastan unos cientos de generaciones para cambiarlo. Es muy llamativo y pesa poquísimo. Dividir a los humanos en razas equivale a ordenar una biblioteca por el color de las tapas de los libros: cómodo pero burdo. Confundimos una capa de pintura con una diferencia de fondo.




Leer más:
Usted es descendiente de Carlomagno; su vecino también


Lo que nos revela las genealogías

Conviene una matización para no pasarse de frenada. Que no haya razas no quiere decir que no existan genealogías. Cada persona arrastra una historia real y rastreable: de dónde venían sus antepasados, qué caminos los trajeron hasta aquí. Esa información la genética sí sabe leerla. Pero una genealogía dice de dónde venimos, mientras que una raza pretende decir qué somos. La primera es un hecho; la segunda, una casilla inventada.

Y una última advertencia. Que la raza no exista en la biología no convierte el racismo en un fantasma. No tiene base genética, pero sí una realidad social enorme: ordena vidas, salud y oportunidades. El error no está en ver sus efectos, sino en buscar su causa en los genes. En 2018 y 2019, las grandes sociedades de antropología y de genética humana –la Asociación Americana de Antropólogos Biológicos y la Sociedad Americana de Genética Humana– lo dejaron por escrito: los humanos no se dividen en grupos genéticos raciales, y no hay base biológica para tal cosa.

Lo evidencia el testimonio de Nisa, que enterró a sus hijos y temió a la vejez igual que nosotros. Lo que compartimos –el miedo, el deseo, el duelo, las ganas de seguir viva– pesa muchísimo más que lo poco que nos separa. La raza como término, al final, dice muy poco de nuestra biología y demasiado de nuestra mirada.

The Conversation

Pablo Rodríguez Palenzuela no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Genes y gentes: por qué la genética no avala el concepto de raza en nuestra especie – https://theconversation.com/genes-y-gentes-por-que-la-genetica-no-avala-el-concepto-de-raza-en-nuestra-especie-284499

La IA generativa, explicada para niños

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Robert Clarisó Viladrosa, Profesor agregado. Investigador principal del grupo "Systems, Software and Models Lab" en el Centro de Investigación en Tecnologías Éticas y Conectividad para la Humanidad (UOC-TECH), UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Jess Rodriguez/Shutterstock

A diferencia de la fuerza o la rapidez, la inteligencia es una cualidad difícil de definir o de medir. Normalmente hablamos de inteligencia como la habilidad para resolver problemas, utilizar información, razonar o aprender de la experiencia.

La especie humana ha creado herramientas para resolver muchos tipos de problemas: una lanza para cazar, recipientes para almacenar comida… Pero ¿qué pasa con los problemas más difíciles, los que requieren inteligencia para ser resueltos? También construimos herramientas para ayudarnos en estas tareas complejas. Las herramientas que intentan imitar las capacidades de la inteligencia humana se conocen como inteligencia artificial (IA).

Dentro de una IA

La IA se aplica a muchos tipos de problemas, desde jugar al ajedrez o decidir cuándo un correo electrónico es spam hasta detectar un incendio en una fotografía aérea. Cada problema requiere usar una técnica diferente.

Para resolver problemas complejos, muchas veces recurrimos a las matemáticas y la estadística para encontrar la mejor solución. Pero también tenemos otra posibilidad: inspirarnos en cómo problemas parecidos se resuelven en la naturaleza.

Este es el caso de las redes neuronales. En los humanos y los animales, el cerebro es el órgano que recibe información de los sentidos y la procesa para tomar decisiones y reaccionar de forma apropiada. Si el cerebro es lo que que nos hace inteligentes, ¿no es razonable que la IA pueda imitar al cerebro?

El cerebro está formado por una red de células llamadas neuronas. Estas neuronas están conectadas entre sí y se comunican enviando señales eléctricas a sus vecinas. Algunas IAs copian este modelo de funcionamiento y están formadas por una red que conecta a muchos componentes sencillos que equivalen a las neuronas. Cada componente o “neurona” recibe un número como entrada, hace un cálculo sencillo y envía el resultado a sus “neuronas” vecinas. A lo largo de la red, los cálculos sencillos de cada una de ellas se acaban combinando entre sí para producir el resultado. De esta forma, una decisión o cálculo complejo se realiza combinando muchos cálculos simples.

¿Qué es la IA generativa?

La IA generativa (IAG) es una rama de la IA que intenta generar contenidos según los requisitos indicados por el usuario. Herramientas como ChatGPT, Claude o DeepSeek pueden escribir texto, programar, crear imágenes o generar vídeos según les pidamos.

Todos los sistemas de IA generativa actuales consisten en una red neuronal de gran tamaño, con miles de millones de “neuronas” y conexiones entre ellas. La red tiene varias capas de “neuronas”, cada una conectada con la siguiente.




Leer más:
Por qué no podemos afirmar que la inteligencia artificial ‘habla’


Esta red neuronal recibe como entrada una secuencia de palabras e intenta predecir qué palabra vendrá después. Si le damos como entrada una pregunta, nos devolverá la primera palabra de una posible respuesta. Repitiendo el proceso, añadiendo la palabra anterior cada vez, la red irá escribiendo una respuesta completa de palabra en palabra.

Por ejemplo, si recibe como entrada la secuencia de palabras “¿Cómo te llamas?”, la red neuronal habrá aprendido que las respuestas a este tipo de preguntas empiezan con la palabra “Me”. Si la secuencia es “¿Cómo te llamas? Me”, propondrá como siguiente palabra “llamo”, la siguiente podría ser “ChatGPT” y luego quizás la palabra especial “FIN” para terminar su respuesta. De esta forma habrá construido la respuesta “Me llamo ChatGPT”, palabra a palabra.

¿Cómo sabe la IAG qué palabra tiene que generar?

Cuando hablamos de una red neuronal, detrás siempre hay un cálculo matemático. Para empezar, cada palabra se traduce a un conjunto de números. No se eligen unos números cualquiera: su valor intenta representar el significado de la palabra y su relación con otras palabras similares.

Por ejemplo, imagina que al color blanco le asignamos el valor “1”, al negro el color “0”. En ese caso, al gris le podríamos asignar “0.5”, para describir algo a medio camino entre blanco y negro. Si en vez de un solo número asignamos una lista de números a la misma palabra, podríamos “medir” múltiples aspectos del significado de esa palabra: el color, el tamaño, el gusto, si da miedo o no…




Leer más:
Guía de inteligencia artificial para docentes


Esta lista de números se envía como entrada a las “neuronas” de la capa inicial. Cada neurona calculará un valor (un número) usando una fórmula matemática que combina los valores de sus entradas, y se lo enviará a la sus “neuronas” vecinas de la capa siguiente. Repitiendo este cálculo en cada capa, avanzaremos por la red hasta llegar a la capa de salida. Allí deberemos tomar la lista de números obtenidos como salida e invertir el primer paso de nuestro proceso: pasar de una lista de números a una palabra. ¡Ya está! Ya tenemos la primera palabra de nuestra respuesta.

Entrenando una red neuronal

¿Cómo sabe cada “neurona” qué valor tiene que calcular? La fórmula matemática de cada una tiene parámetros llamados pesos. Podemos entender el peso cómo la importancia que cada neurona da a los resultados que le entregan sus vecinas. De la misma manera que nosotros confiamos más en lo que nos dicen nuestros padres que en lo que nos dice un desconocido, los pesos son el nivel de confianza que cada neurona otorga a las neuronas que tiene a su alrededor.

El secreto de la red neuronal está en el proceso llamado entrenamiento, durante el que se deciden los pesos de las conexiones entre neuronas. Para entrenar una red, usamos la enorme cantidad de texto disponible en libros, internet, etc. Le damos a la red un fragmento de un texto y, si no predice correctamente qué palabra viene a continuación, se ajustan los pesos para proponer la palabra correcta.




Leer más:
Cuidado: no pida ayuda a ChatGPT con la ortografía


Al principio del entrenamiento, la red falla continuamente. Pero repitiendo el proceso con trillones de secuencias de texto, los pesos de la red acaban captando patrones existentes en el texto. Así, la red sabe que después de la frase “no por mucho madrugar” siempre sigue “amanece más temprano”, sin necesidad habérselo explicado.

Por lo tanto, estos son los tres ingredientes clave detrás de la IA generativa: un diseño inspirado por el cerebro, muchos datos y… matemáticas.

The Conversation

Robert Clarisó Viladrosa recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y FEDER a través del proyecto PID2023-147592OB-I00 (SE4GenAI, MCIU /AEI /10.13039/501100011033 / FEDER, UE).

ref. La IA generativa, explicada para niños – https://theconversation.com/la-ia-generativa-explicada-para-ninos-283510

¿Un silencio vale más que mil palabras? A menudo mejoramos el debate público si callamos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Neftalí Villanueva Fernández, Profesor Titular de Lógica y Filosofía de la Ciencia, Universidad de Granada

Tero Vesalainen/Shutterstock

El silencio tiene mala prensa. En la vida pública, halagos y reproches suelen asociarse con lo que alguien ha dicho. Cuando el silencio aparece en escena, lo hace a menudo bajo fórmulas de derrota: “lo dejó sin palabras”, “no supo qué responder”, “se quedó sin argumentos”. Estas expresiones caracterizan momentos en los que alguien, frente a la fragilidad de sus razones, es incapaz de articular una respuesta.

Sin embargo, hay ocasiones en que el silencio tiene otros efectos. Especialmente en ámbitos públicos, puede cumplir distintas funciones. Permite romper con las expectativas de quienes nos interpelan o comunicarnos de maneras inesperadas para no caer en el juego polarizador. La filosofía del lenguaje ha estudiado algunos de estos casos en los últimos años.

La trampa del sí o no

En un juicio por violación interrogan a la víctima. El abogado defensor le pide responder “sí” o “no” a las preguntas que le va a hacer. Después, reproduce el vídeo de la agresión delante del jurado. Se ve cómo la víctima comienza resistiéndose furiosamente, cómo el acusado la sujeta con brusquedad, forzándola, hasta que deja de resistirse y se queda inmóvil hasta el final.

El abogado defensor pregunta: “¿acaso no es cierto que, pasados unos minutos, dejó usted de mostrar cualquier signo de resistencia?”. La víctima permanece en silencio. Si contesta “sí”, parece admitir que acabó consintiendo. Si contesta que “no”, después de que el jurado vea el vídeo, queda como una mentirosa. En casos como este, analizados por el filósofo Alex Davies, la víctima solo tiene dos opciones: callar o hablar sabiendo que sus palabras serán usadas en su contra.

Silencios elocuentes y no diálogo

Este es un caso de silenciamiento. Pero hay otros silencios que no operan como reacciones condicionadas ante un intento de dominación, sino elecciones comunicativas deliberadas. Las también filósofas Alessandra Tanesini y Anna Klieber han estudiado estos “silencios elocuentes”, que comunican rechazo, distancia o desaprobación ante, por ejemplo, un comentario de mal gusto.

Ahora bien, quienes guardan silencio no siempre pretenden “decir” algo. A veces el silencio se emplea estratégicamente para evitar que, al responder, determinados temas ganen espacio en la esfera pública.

Un caso tuvo lugar en la Asamblea de Ceuta, cuando varios partidos políticos acordaron una política de no diálogo con una formación que frecuentemente hace declaraciones racistas. Otro ejemplo: La OMS refuerza sus políticas de vacunación con campañas formativas dirigidas al personal sanitario, en lugar de convertir a los grupos antivacunas en interlocutores.

Naturalización de la ideología y politización de la ciencia

En la publicación Strategic silence and politicized speech, mostramos la efectividad del silencio estratégico en dos contextos muy concretos, que representan dos formas de propaganda: la naturalización de la ideología y la politización de la ciencia.

En los casos de naturalización de la ideología, actitudes o prejuicios que antes se percibían como sesgos ideológicos empiezan a presentarse como hechos, explicables a través de la ciencia. Ciertas explicaciones biológicas o evolutivas de las brechas de género en disciplinas académicas, ámbitos profesionales o posiciones de autoridad son ejemplos de este fenómeno. La discriminación por razones de género adquiere así apariencia científica.

En los casos de politización de la ciencia ocurre lo contrario: el trabajo de quienes investigan cuestiones empíricas, sociales o naturales, se presenta como una contribución a una agenda política. Las discusiones sobre el aumento de las temperaturas de la Tierra debido a la acción humana son un ejemplo claro. En lugar de discutir la evidencia, los modelos o las medidas adecuadas, se desplaza el foco hacia supuestos intereses ideológicos.

Al defendernos de la naturalización de la ideología o de la politización de la ciencia incurrimos en “desacuerdos cruzados”: situaciones donde las partes parecen discutir sobre lo mismo, pero dan muestras claras de concebir la disputa en términos distintos. Tú y yo discrepamos sobre algo, pero para ti es una cuestión factual, que se resuelve atendiendo exclusivamente a los hechos, mientras que para mí atañe a qué valores queremos potenciar como sociedad.

Los desacuerdos cruzados favorecen la polarización. Cada intervención añade razones a favor de lo que ya defendemos. Quienes ya nos apoyan refuerzan lo que nos separa de los otros. Y, con el tiempo, los argumentos ajenos dejan de verse como razones que merecen atención: pasan a funcionar como señales de pertenencia.

Cuando el aumento de la polarización no nos favorece, puede merecer la pena permanecer en silencio o, al menos, no responder en los términos esperados. Eso no siempre significa callar por completo. A veces consiste en negarse a discutir la provocación tal como ha sido planteada.

“También trabajamos para ti”

La respuesta de la Agencia Estatal de Meteorología (AEMET) tras la dana en su cuenta oficial de X ofrece un ejemplo ilustrativo. Cuando una usuaria acusó a la AEMET de no tener credibilidad y de ser “sicarios del sistema” que defienden la “estafa” del cambio climático antropogénico, la Agencia evitó polemizar, respondiendo simplemente: “Cuando veas un aviso rojo de la AEMET, ponte a salvo. A pesar de todo, también trabajamos para ti”.

El silencio estratégico no sustituye a la crítica ni exonera de responder cuando la respuesta sea necesaria. Pero no estamos obligados a responder siempre. Saber cuándo callarse no supone abandonar la deliberación pública. A menudo es la mejor forma de cuidarla.

The Conversation

Neftalí Villanueva Fernández recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Andrea Rodríguez Gómez recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y de la Universidad de Granada.

José Luis Liñán recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y de la Universidad de Granada.

ref. ¿Un silencio vale más que mil palabras? A menudo mejoramos el debate público si callamos – https://theconversation.com/un-silencio-vale-mas-que-mil-palabras-a-menudo-mejoramos-el-debate-publico-si-callamos-283706