Briser le rêve : comment et quand les conflits entre entrepreneurs-cofondateurs conduisent à leurs intentions de départ

Source: The Conversation – France (in French) – By Rahman Ullah, Assistant Professor of International Negotiation, IÉSEG School of Management

Entre les fondateurs d’une entreprise, que ce soit ou non une start-up, des conflits peuvent survenir. Comment faire pour qu’ils ne mettent pas en péril la firme ? Certaines dissensions sont-elles plus susceptibles que d’autres de déboucher sur des difficultés pour la firme ? Et comment bien réguler les différends ?


Les start-up dirigées par une équipe surpassent généralement les start-up individuelles en termes de rentabilité, de croissance et de succès global. Cependant, malgré leur potentiel, elles restent vulnérables à l’échec en raison des départs des cofondateurs. Près de 40 % des équipes entrepreneuriales voient au moins un de leurs membres quitter l’aventure dans les cinq ans.

Si le départ de certains cofondateurs peut avoir des conséquences limitées, voire s’avérer bénéfique dans certaines situations, celui d’un cofondateur détenant des connaissances, des compétences entrepreneuriales uniques ou des relations essentielles à l’entreprise peut entraîner une perte de ces ressources et ainsi fragiliser l’avantage concurrentiel, la croissance, voire la survie de la firme.

En dépit de leur importance, on sait encore assez peu de choses sur les facteurs à l’origine de la rupture des équipes entrepreneuriales, sur les motifs de départ des cofondateurs, ainsi que sur les moyens d’éviter ces situations, quand cela est possible, souhaitable et nécessaire. Notre étude au Pakistan a examiné comment et quand différents types de conflits entre entrepreneurs-cofondateurs influencent leur intention de quitter l’entreprise.




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Des équipes aux origines diverses

Le conflit est un produit naturel des interactions sociales, caractérisé par des désaccords ou des incompatibilités interpersonnelles résultant de différences d’opinions, de souhaits ou de désirs incompatibles et de conflits de personnalités.

Les équipes entrepreneuriales regroupent souvent des personnes avec des compétences, expertises et expériences complémentaires. Cette diversité peut être une source de créativité, innovation, et prise de décision efficace. Cependant, elle peut aussi provoquer des désaccords concernant les priorités ou choix stratégiques, voire la direction future de l’entreprise – augmentant ainsi la possibilité de conflits entre cofondateurs.

De plus, contrairement aux équipes des entreprises plus établies, les équipes de start-up évoluent dans un environnement de travail très stressant, caractérisé par une supervision formelle limitée, des frontières de fonctions mal définies, des charges de travail importantes, ainsi que des changements fréquents dans les objectifs – le fameux pivot –, les stratégies et les responsabilités des uns et des autres. L’ensemble de ces caractéristiques accentue l’incertitude.

Un risque sous-estimé ?

Dans de telles conditions, le conflit devient un aspect inévitable des interactions quotidiennes entre les entrepreneurs. Ce conflit engendre des tensions et des incompatibilités au sein du groupe des cofondateurs, et peut même nuire au bien-être des entrepreneurs. Par conséquent, cette menace cruciale est souvent sous-estimée alors que non seulement elle compromet la cohésion de l’équipe, mais accroît également l’envie de certains pionniers de quitter la start-up.

Trois types principaux de conflits peuvent être identifiés :

  • le conflit de tâche fait référence aux désaccords concernant le contenu et les résultats finaux des tâches. Par exemple, lorsque des cofondateurs ne sont pas d’accord sur l’orientation stratégique de l’entreprise, comme choisir entre privilégier une croissance rapide ou la qualité de leur produit ;
  • le conflit de processus concerne les désaccords sur la manière dont les tâches doivent être exécutées. Cela peut inclure des désaccords quant à la logistique, les rôles et responsabilités, les délais, ou même l’autorité décisionnelle des fondateurs. Par exemple, deux entrepreneurs peuvent ne pas être d’accord sur le choix du responsable d’un projet ou sur la répartition des tâches ;

  • le conflit relationnel est une incompatibilité entre des individus, due à des différences de personnalités, de styles de communication ou de valeurs (culturelles, religieuses, politiques ou personnelles). Par exemple, lorsque les styles de communication, les personnalités ou les valeurs des cofondateurs s’opposent, une antipathie mutuelle peut se développer, entraînant des tensions personnelles et des confrontations fréquentes.

Le rôle des émotions négatives

Notre recherche, basée sur une étude de 178 entrepreneurs au Pakistan, a examiné comment et quand ces types de conflits peuvent conduire les fondateurs à quitter l’entreprise en analysant le rôle médiateur des émotions négatives (par exemple, la colère, la peur, la culpabilité et la frustration).

Nous avons ensuite étudié l’effet tampon de l’intelligence émotionnelle (IE) de l’entrepreneur, qui peut être définie comme la capacité à gérer ses propres émotions ainsi que celles des autres.

Nos résultats ont révélé que tous les conflits n’affectent pas de la même manière les intentions de départ des entrepreneurs. Par exemple, les conflits liés aux tâches et aux processus ne poussent pas directement les entrepreneurs à vouloir quitter l’entreprise. Cependant, ils peuvent provoquer des émotions négatives qui augmentent la probabilité que les fondateurs quittent la société. En revanche, les conflits relationnels augmentent directement les intentions de départ des cofondateurs, les émotions négatives amplifiant encore cet effet.

Notre étude a confirmé que l’intelligence émotionnelle aide les entrepreneurs à réguler leurs émotions négatives lors de ces conflits. L’affect négatif est réduit de cette façon et, par conséquent, cela diminue les intentions des entrepreneurs de quitter l’entreprise.

Ces résultats soulignent ainsi l’importance des dynamiques interpersonnelles et des compétences émotionnelles pour la pérennité et le succès des nouvelles entreprises. Cela présente également plusieurs recommandations concrètes pour les start-up, les incubateurs et les écosystèmes entrepreneuriaux au Pakistan, en France et au-delà.

Par exemple, nos résultats suggèrent que :

  • pour les incubateurs et les programmes de formation destinés aux entrepreneurs, il serait judicieux de doter les fondateurs des outils nécessaires pour distinguer les types de conflits et répondre aux désaccords de manière constructive plutôt qu’émotionnelle. Par exemple, un désaccord sur le segment de clientèle à cibler ou les fonctionnalités du produit à prioriser reflète un conflit de tâche et peut être résolu par une discussion basée sur des preuves ; tandis que la frustration liée au style de communication d’un cofondateur, comme se sentir ignoré ou critiqué, représente un conflit relationnel et nécessite une écoute attentive et une clarification des attentes plutôt qu’un débat sur les faits ;
Fnege Media 2022.
  • ces programmes de formation devraient également inclure des ateliers sur la régulation des émotions et la résilience pour aider les entrepreneurs à atténuer les effets négatifs des conflits. Apprendre aux cofondateurs à gérer leurs émotions négatives peut contribuer à réduire les départs impulsifs ou évitables ;

  • plus largement, l’intelligence émotionnelle devrait être considérée comme aussi essentielle que l’intelligence cognitive dans la formation entrepreneuriale. Les écoles de commerce et les incubateurs gagneraient à intégrer la formation à l’IE dans le développement des équipes et du leadership ;

  • les cofondateurs évaluent les compétences émotionnelles lors de la mise en place des équipes et s’engagent dans un coaching en intelligence émotionnelle ou des exercices de réflexion pour prévenir les conflits destructeurs et les départs prématurés ;

  • dès la constitution de leur équipe de start-up, les fondateurs devraient s’accorder sur des procédures de départ respectueuses sur le plan émotionnel ainsi que sur des délais de résolution des conflits afin de minimiser les décisions de départ impulsives pouvant mettre en danger l’entreprise.

Notre étude souligne donc que, bien que le conflit soit inévitable dans les équipes de start-up, la manière dont les émotions sont gérées peut déterminer s’il devient une source d’innovation ou de dissolution.

The Conversation

Rahman Ullah ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Pourquoi les impressionnistes aimaient-ils tant peindre des jardins ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Clare Willsdon, Professor of the History of Western Art, University of Glasgow

*Femme à l’ombrelle dans un jardin* (1875), de Pierre-Auguste Renoir. Thyssen-Bornemisza Museum (Espagne)

Des dahlias qui déploient leurs couleurs vers le ciel ; des roses trémières autour d’un enfant qui joue ; des paysans qui s’occupent de leurs choux ; des nénuphars parsemant la surface d’un étang… le « jardin impressionniste » immortalise tous ces instants et bien d’autres encore. Mais pourquoi Monet, Renoir, Morisot, Pissarro et leurs collègues étaient-ils autant attirés par les jardins ?


Dans mon livre In the Gardens of Impressionism (non traduit en français, NDLR), j’analyse les raisons pour lesquelles les peintres impressionnistes étaient obnubilés par les jardins.

Une des réponses réside dans l’omniprésence et l’intensité sensorielle des jardins de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, époque à laquelle l’impressionnisme a vu le jour. Les changements sociaux qui ont rendu les jardins de loisirs accessibles à tous (et non plus uniquement aux rois et aux aristocrates) se sont combinés au « grand mouvement horticole » – l’introduction de plantes, d’arbres et de fleurs exotiques, conséquence de l’expansion impériale, du commerce international et des progrès technologiques.

Claude Monet peint en plein air dans un jardin luxuriant, entouré d’un feuillage baigné de soleil, dans le tableau Monet peignant dans son jardin de Pierre-Auguste Renoir
Monet peignant dans son jardin d’Argenteuil (1873), de Pierre-Auguste Renoir.
Wadsworth Atheneum Museum of Art

Les « caisses Ward », du nom de leur inventeur britannique, le botaniste Nathaniel Bagshaw Ward, ont facilité le transport de plantes vivantes à travers le monde. Les constructions en verre et en fer ont donné naissance à des serres permettant aux plantes exotiques et fragiles de passer l’hiver à l’abri. Une nouvelle compréhension de l’hybridation, alimentée par les découvertes de Charles Darwin, a rendu les fleurs toujours plus grandes, plus parfumées ou plus ostensiblement décoratives, tout en stimulant la culture maraîchère commerciale.

Les jardins, en somme, étaient au cœur de la « vie moderne » que les impressionnistes poursuivaient avec radicalité – répondant avec force à leur désir de saisir les sensations de l’instant présent par des coups de pinceau spontanés et une palette vibrante.

Poumons verts des villes

À Paris, les nouveaux parcs créés par Napoléon III à partir des années 1850 étaient essentiels à l’hygiène publique : de véritables poumons verts en surface venant compléter les nouvelles artères d’égouts souterraines, dans le cadre de la lutte contre le choléra menée par la France.

Les arbres de la ville et les somptueuses « corbeilles fleuries » (parterres fleuris) exerçaient également un attrait indéniable sur les peintres. Pourtant, pour choisir le sujet de leurs peintures, les impressionnistes oscillaient souvent entre les parcs anciens et les nouvelles plantations, dans un équilibre délicat.

Une foule animée de Parisiens élégamment vêtus se rassemble parmi les arbres d’un jardin ensoleillé, capturant une scène sociale animée dans Musique aux Tuileries d’Édouard Manet
Musique aux Tuileries (1862), d’Édouard Manet.
The National Gallery

En 1863, Édouard Manet a choisi de manière subversive un parc ancien, le jardin des Tuileries, pour sa représentation pionnière de la vie moderne. Ses personnages à la mode, qui écoutent un orchestre hors champ, s’estompent dans une masse d’arbres qui ressemble davantage à une forêt primitive qu’à un espace vert aménagé.

Et Pierre-Auguste Renoir se souvenait dans ses vieux jours que, avant les boulevards modernes bordés d’arbres, les places soigneusement entretenues et les parcs à l’anglaise, il y avait « derrière chaque maison… un jardin… Beaucoup de gens connaissaient encore le plaisir de manger de la laitue fraîchement cueillie ».

Expulsé du logement de son enfance pour faire place au « nouveau Paris », Renoir avait de quoi le regretter. Dès 1867, il avait malicieusement placé un parterre végétal non encore fleuri au premier plan de son tableau représentant les Champs-Élysées. Le célèbre régime de « plantations » du préfet de Napoléon, le baron Haussmann, destiné à garantir des fleurs en continu, y est épinglé avec ironie.

Le long de l’avenue bordée d’arbres dans Les Champs-Élysées pendant l’Exposition universelle de 1867 de Pierre-Auguste Renoir
Les Champs-Élysées pendant l’Exposition universelle de Paris de 1867 (1867), par Pierre-Auguste Renoir.
WikiCommons

En 1875, Renoir a pris pour sujet un vieux jardin envahi par la végétation à Montmartre, regorgeant de « coquelicots, liserons et marguerites », dans Femme à l’ombrelle dans un jardin, où la nature semble revenir à son état originel, à l’état sauvage.

Claude Monet a, lui aussi, délaissé l’allée principale récemment tracée à travers le parc Monceau, privilégiant plutôt le jeu d’ombres et de lumières sur des personnages discutant sous de grands arbres, dans un coin isolé de cet ancien jardin aristocratique réquisitionné par Haussmann à des fins publiques et de construction spéculative.

C’est plutôt dans ses jardins privés d’Argenteuil, dans les années 1870, que Monet semblait – du moins, dans une certaine mesure – faire écho à l’horticulture haussmannienne, en aménageant des parterres d’exposition et en expérimentant de nouvelles variétés de fleurs.

Mais même ici, dans le tableau de 1873 intitulé le Jardin de l’artiste à Argenteuil, ses dahlias géants, véritable nouveauté, déferlent sur la surface du tableau tel un courant de retour coloré et organique.

Le jardin privé

Si le jardin impressionniste était à la fois atelier en plein air et sujet de peinture, ce qui frappe le spectateur dans des images comme celle-ci, c’est l’évocation de jardins synonymes d’attachement – des lieux chargés de signification personnelle, car ils ont été aménagé par l’artiste lui-même.

Monet représentait souvent son épouse et son jeune fils dans son jardin d’artiste d’Argenteuil. Ces tableaux reflètent la fierté familiale et même l’espoir d’un renouveau national.

Un jeune enfant se tient au milieu de hautes roses trémières en fleurs dans une scène de jardin rendue avec douceur, capturant la lumière et l’innocence dans Enfant parmi les roses trémières de Berthe Morisot
Enfant dans les roses trémières (1881), de Berthe Morisot.
Musée Wallraf–Richartz

Après les horreurs de la guerre franco-prussienne et de la Commune de Paris de 1870-1871, alors que Monet et Camille Pissarro s’étaient réfugiés avec leurs jeunes familles à Londres, le simple fait de cultiver un jardin revêtait une dimension intrinsèquement symbolique. C’était une célébration de la terre française après la perte de l’Alsace-Lorraine au profit de l’Allemagne.

Les multiples représentations par Pissarro des potagers près de chez lui à Pontoise affirmaient quant à elles sa vision socialiste utopique d’un avenir meilleur fondé sur le travail de la terre – tout comme les images peintes d’un coup de pinceau léger de Berthe Morisot associent la croissance de sa petite Julie à celle de la nature cultivée.

Ces images suggèrent que, malgré toute leur modernité, les impressionnistes partageaient la nostalgie de la vie rurale qui accompagnait l’expansion urbaine et l’industrialisation.

À Vétheuil (aujourd’hui dans le Val-d’Oise, NDLR), village rural où il vécut de 1879 à 1881, Monet planta des tournesols de manière presque obsessionnelle dans son jardin escarpé en terrasses surplombant la Seine. Leurs teintes dorées et jaunes de fin d’été semblent presque élégiaques après la mort tragique de Camille, l’épouse de Monet, en 1887.

The Conversation

Clare Willsdon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Les coupes dans l’aide internationale attisent-elles les conflits violents en Afrique ? Comment promouvoir la paix

Source: The Conversation – in French – By Dominic Rohner, Professor of Economics and André Hoffman Chair in Political Economics and Governance, Geneva Graduate Institute, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

Au cours des 18 derniers mois, on a assisté à une baisse historique des budgets d’aide au développement de divers pays donateurs, alors que bon nombre d’entre eux consacrent davantage de fonds au réarmement. C’est la réduction brutale et massive de l’aide américaine qui a eu le plus grand retentissement.

Moins d’une semaine après l’investiture du président Donald Trump en janvier 2025, son administration a ordonné la suspension immédiate de tous les programmes gérés par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) – historiquement le plus grand donateur humanitaire national au monde. Des employés ont eu quelques heures pour quitter leurs postes, les contrats locaux ont été résiliés et les chaînes d’approvisionnement en soins médicaux et en denrées alimentaires se sont arrêtées net.

Les chercheurs ont déjà mis en garde contre les graves conséquences sanitaires. Une étude publiée dans Lancet Global Health estime que l’USAID a contribué à éviter près de 92 millions de décès entre 2001 et 2021. Elle prévoit également plus de 14 millions de décès supplémentaires d’ici 2030 si les coupes budgétaires se poursuivent.

Le déclin rapide et massif de l’aide étrangère subi par divers pays bénéficiaires peut avoir des conséquences très importantes, allant des répercussions sur la santé aux conflits armés. Des données récentes suggèrent quels types de soutien international pourraient permettre aux pays de mieux se reconstruire et de favoriser la paix et la prospérité pour les générations à venir.

L’aide au développement a également une incidence sur divers résultats socio-économiques. On pourrait donc s’attendre à ce que les coupes budgétaires dans ce domaine aient également des conséquences sociétales de grande envergure. En nous appuyant sur nos travaux antérieurs en économie politique et en économie du développement, nous avons décidé d’étudier cette question.

Notre nouvelle étude révèle que les coupes soudaines dans les programmes de l’USAID sont associées à une recrudescence des conflits armés dans diverses régions d’Afrique.

Nous avons croisé des données géolocalisées sur les versements historiques de l’USAID avec les incidents violents enregistrés par le projet Armed Conflict Location and Event Data (ACLED) dans 870 régions africaines sur une période de près de deux ans. Ce projet surveille les conflits.

Les données dressent un tableau clair : dans les zones ayant reçu le plus d’aide américaine, la probabilité de conflit a augmenté de 3,1 points de pourcentage après janvier 2025 par rapport au groupe de contrôle des lieux ne bénéficiant pas de financements de l’USAID. Pour tenir compte du fait que les lieux bénéficiant de l’aide américaine et les autres peuvent présenter des différences, nous avons filtré le risque de conflit inchangé dans le temps de certains lieux et nous nous sommes concentrés uniquement sur les changements au fil du temps.

Cela correspond à une augmentation relative du risque de conflit de 6,5 %. Les combats ont augmenté de près de 7 %, les manifestations et les émeutes de plus de 5 %, et les décès liés aux conflits d’environ 9 %. Ces effets apparaissent dès les premières semaines et s’intensifient avec le temps.




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L’aide internationale a toujours fait débat. Certains économistes y voient un levier de stabilité ; d’autres, un terrain fertile pour la corruption et les conflits, car elle crée des ressources pour lesquelles il vaut la peine de se battre. Des travaux universitaires ont en effet mis en évidence des éléments indiquant que les flux d’aide progressifs peuvent à la fois favoriser la paix et attiser les conflits. Mais un retrait massif et soudain obéit à une logique différente – et nos résultats le confirment.

Lorsque l’aide disparaît brusquement, les opportunités économiques se contractent très rapidement. Le coût de la rébellion diminue mécaniquement, car les participants ont moins à perdre, mais bon nombre des causes sous-jacentes du conflit – rentes économiques, conflits territoriaux, tensions ethniques, griefs politiques – restent intactes.

Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi la violence éclate précisément là où l’aide était la plus présente. Nos données montrent également que les institutions jouent un rôle d’amortisseur : là où la gouvernance est plus solide, les effets déstabilisateurs sont nettement plus faibles.

Nous ne trouvons toutefois aucune preuve que la présence de projets d’aide chinois atténue l’impact du retrait de l’USAID.

Que faire maintenant ?

L’Afrique subsaharienne, où l’USAID finançait principalement la santé, la sécurité alimentaire et les services de base, est également le continent où la fragilité des États est la plus répandue. Nos estimations représentent probablement une fourchette basse : d’autres donateurs européens (dont la France) ont commencé à réduire leurs propres contributions. Si ces coupes s’accumulent, les effets pourraient dépasser ce que nous mesurons jusqu’à présent.

Étant donné que les conflits d’aujourd’hui constituent le meilleur indicateur de ceux de demain, une flambée de violence peut rapidement se transformer en un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir.

Les implications politiques de ces résultats sont donc multiples. En ce qui concerne les autres grands donateurs, l’une des interprétations de nos conclusions est qu’ils auraient actuellement intérêt à agir avec lenteur et prudence. Après avoir assisté à une baisse très importante de l’aide mondiale et à une recrudescence des combats armés, un désengagement rapide et massif des autres grands pays donateurs pourrait très bien accentuer les conséquences que nous avons mises en évidence.




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Repenser l’aide au développement

À la suite du démantèlement de l’USAID, il est urgent de repenser l’aide au développement. C’est le moment idéal pour se poser des questions difficiles et réévaluer le type de soutien international le mieux à même de promouvoir la paix et la prospérité. De nombreuses questions se posent : comment rendre l’aide plus résiliente, moins dépendante d’un seul donateur et plus solidement ancrée dans les institutions locales ?

Une littérature universitaire de plus en plus abondante sur les politiques optimales en faveur de la paix peut servir de guide utile. Une synthèse des recherches récentes met en évidence le rôle des institutions solides, des garanties de sécurité et des politiques favorisant la productivité. Si le renforcement des institutions est souvent une initiative locale, la coopération internationale est essentielle pour les deux autres aspects. En particulier, une série d’études récentes démontre l’importance capitale des casques bleus de l’ONU pour garantir la sécurité.

La présence des troupes des Nations Unies empêche les pires atrocités, ce qui suggère que la communauté internationale devrait augmenter le budget des casques bleus plutôt que de le réduire.

Dans ce contexte, l’aide financière peut jouer un rôle clé en matière d’investissements dans l’économie, avec des répercussions de grande envergure. Lorsque les individus ont des perspectives d’avenir et des opportunités dans la vie, ils sont beaucoup moins enclins à s’engager dans des conflits armés, car quitter un emploi légal entraînerait des coûts d’opportunité bien plus élevés. Il n’est donc pas surprenant que des politiques telles que la construction d’écoles, l’amélioration des soins de santé et l’accès au marché du travail se soient avérées favorables à la paix.

Des politiques publiques solides et des filets de sécurité sont essentiels. Comme le montre un article récent, les programmes publics d’emploi peuvent offrir une protection face aux chocs défavorables, ce qui contribue à réduire les niveaux de conflit.




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Reconstruire en mieux

Maintenant que l’ancien système d’aide étrangère est en grande partie démantelé, la communauté internationale ne devrait pas chercher à le rétablir tel quel. Nous devrions plutôt viser à « reconstruire en mieux ». Cela commence par privilégier les types d’investissements qui ne peuvent pas être facilement détournés – le capital physique peut être volé, contrairement au capital humain. Nous devons veiller à ce que l’argent soit investi de manière à stimuler la productivité et les perspectives économiques pour tous.

Associée à des efforts nationaux visant à renforcer les institutions et la gouvernance inclusive, une telle aide financière internationale peut porter ses fruits pour les générations à venir.

The Conversation

Dominic Rohner bénéficie d’un financement du CEPR dans le cadre de l’initiative de recherche « Réduire les conflits et améliorer les performances économiques » (ReCIPE), financée par le FCDO. Il est affilié au CEPR/ReCIPE.

Austin L. Wright bénéficie d’un financement du CEPR dans le cadre de l’initiative de recherche « Réduire les conflits et améliorer les performances économiques » (ReCIPE), financée par le FCDO. Il est affilié au CEPR/ReCIPE.

Oliver Vanden Eynde bénéficie d’un financement du CEPR dans le cadre de l’initiative de recherche « Réduire les conflits et améliorer les performances économiques » (ReCIPE), financée par le FCDO. Il est affilié au CEPR/ReCIPE.

Uwe Sunde bénéficie d’un financement du CEPR dans le cadre de l’initiative de recherche « Réduire les conflits et améliorer les performances économiques » (ReCIPE), financée par le FCDO. Il est affilié au CEPR/ReCIPE. Il est affilié au CEPR/ReCIPE.

Jing-Rong Zeng does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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L’intrapreneuriat, une stratégie pour innover et assurer la relève dans les entreprises familiales

Source: The Conversation – in French – By Hela Chebbi, Professor, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Les entreprises familiales (EF) se caractérisent certes par leurs valeurs et leurs traditions, mais de plus en plus aussi par des enjeux de transmission : près de 70 % des EF échouent à trouver un repreneur. Comment alors assurer la continuité tout en innovant ? La réponse pourrait bien se trouver dans l’intrapreneuriat.

L’intrapreneuriat désigne le fait de lancer de nouveaux projets ou d’innover à l’intérieur d’une organisation existante, plutôt que de créer une nouvelle organisation comme en entrepreneuriat. Cette approche pourrait permettre à la nouvelle génération d’entreprendre dans l’EF tout en restant à l’intérieur des structures en place.

Cet article découle d’une recherche collaborative avec la FEF (Fondation des EF) et son secrétaire général Olivier DeRichoufftz, menée auprès de dix entreprises québécoises engagées dans un programme d’accompagnement « initiative intrapreneuriale ». Nos résultats démontrent comment l’intrapreneuriat peut servir de langage commun intergénérationnel pour innover, se renouveler et assurer la transmission.

La relève ne se décrète pas, elle se construit

Pour la nouvelle génération, créer une start-up ou reprendre l’entreprise familiale n’est pas toujours possible, souhaitable ou réaliste. Dans ces circonstances, l’intrapreneuriat offre une troisième voie : lancer un nouveau produit ou service, créer une nouvelle activité, s’implanter sur un nouveau marché, voire créer une nouvelle entreprise au sein de l’EF.

En lançant leurs projets, les jeunes intrapreneurs gagnent en confiance et en légitimité. Cette nouvelle génération apprend aussi à mieux connaître l’EF tout en bénéficiant d’un encadrement de la part des parents ou de mentors internes ou externes à l’EF. Elle ne se contente plus d’hériter d’une entreprise, elle y laisse ses empreintes. Ces projets ne viennent donc pas remettre en cause l’héritage, ils le prolongent différemment. À ce sujet, une intrapreneure témoigne :

« Je peux dire que je suis directrice de ma ligne d’affaires au sein de l’entreprise familiale, ça m’a permis de briser les tabous sur les enfants dans l’entreprise qui ne font rien. J’ai réalisé mon projet avec succès. »




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Intraprendre, c’est réconcilier tradition et innovation

Si les EF se montrent souvent prudentes face au changement, elles constituent néanmoins un terrain fertile pour l’intrapreneuriat, à condition d’offrir liberté, accompagnement, reconnaissance et accès aux ressources. Un intrapreneur témoigne :

« J’ai eu l’aide et le support des équipes de développement, du numérique et du marketing. Quand j’appelais mon père, il répondait, il me conseillait et faisait les suivis nécessaires. Il m’a même mis en contact avec des gens de son réseau qui m’ont aidé. »

Dans un contexte d’incertitude et de pénurie de relève, l’héritage d’une EF ne doit plus être un frein, il doit nourrir l’innovation. En transmettant l’héritage comme une ressource plutôt qu’une charge, les parents permettent à leurs enfants d’explorer de nouvelles voies tout en conservant l’ADN de l’EF. Notre recherche démontre que l’intrapreneuriat devient un pont entre les générations. Il contribue à la croissance des EF grâce aux nouvelles activités développées, comme le souligne un intrapreneur :

« On a ajouté de nouveaux domaines comme le droit de la publicité et du marketing, ça n’existait pas dans le cabinet d’avocats créé par notre père ». L’intrapreneuriat permet également à la nouvelle génération de se préparer à la reprise.


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Une aventure aussi exigeante qu’inspirante

Si l’intrapreneuriat est un levier pertinent pour faciliter l’innovation et la transition générationnelle, bouger les lignes dans une EF peut vite devenir un défi à part entière. Les témoignages recueillis dans le cadre de notre recherche font apparaître plusieurs défis récurrents.

D’abord, l’absence de culture intrapreneuriale constitue un frein majeur. Les EF sont souvent structurées autour de routines, où la stabilité prime. Initier un nouveau projet peut souvent être perçu comme risqué et accueilli avec réticence.




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Ensuite, le faible alignement stratégique du projet avec l’ADN de l’EF peut également générer frustrations et malentendus. Certains projets paraissent, aux yeux des parents, peu prioritaires ou éloignés du cœur de métier, ce qui frustre les jeunes : « On a intégré le projet à l’entreprise sans la bousculer, mais ça a demandé beaucoup de diplomatie », raconte une intrapreneure, qui a dû naviguer entre incompréhension et besoin de justifier la pertinence stratégique de son projet.

Du côté de la nouvelle génération, certains jeunes peinent à défendre leur projet : « Je n’avais même pas les mots pour expliquer ce que je faisais. » D’autres peuvent manquer de légitimité ou de persuasion pour convaincre leurs proches. Enfin, les tensions intergénérationnelles constituent une source fréquente de conflits. La volonté de changement se heurte à la peur du risque et à l’attachement au modèle historique. Un intrapreneur rapporte que son père lui disait souvent : « Pourquoi tu veux changer quelque chose qui fonctionne bien depuis des années ? »

Pour les EF qui réussissent à relever ces défis, l’intrapreneuriat devient une voie prometteuse. La nouvelle génération gagne en confiance en expérimentant des projets qui les motivent, tout en respectant l’intégrité de l’EF, tandis que celle-ci se renouvelle, renforce le dialogue intergénérationnel et prépare sa relève.

5 actions clés pour encourager l’intrapreneuriat familial

Face à ces défis, il devient important de faire cohabiter la tradition et l’innovation pour co-construire ensemble une relève et assurer la pérennité de l’EF. L’intrapreneuriat familial est une stratégie mais avant tout un état d’esprit, un pont entre générations, une clé d’avenir pour de nombreuses EF souhaitant transmettre leur héritage tout en innovant. Toutefois, pour mener à bien l’intrapreneuriat, notre recherche souligne cinq actions clés à conduire par les EF.

  • Valoriser les initiatives de la nouvelle génération et accepter l’erreur comme partie intégrante de l’apprentissage.

  • Permettre aux jeunes d’expérimenter leurs idées avec un accès aux ressources de l’EF.

  • Adopter une posture de mentor plutôt que de dirigeant ou dirigeante.

  • Créer des espaces de dialogue entre générations pour favoriser une écoute mutuelle.

  • Et enfin, assurer un alignement stratégique entre le projet et l’identité de l’entreprise pour garantir la réussite de la relève.

La Conversation Canada

Cette recherche est financée par une subvention CRSH engagement partenarial.

MICHAEL LAVIOLETTE ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’intrapreneuriat, une stratégie pour innover et assurer la relève dans les entreprises familiales – https://theconversation.com/lintrapreneuriat-une-strategie-pour-innover-et-assurer-la-releve-dans-les-entreprises-familiales-280966

La ciencia necesita humanidad. Cuenta atrás para el curso de verano ‘La aventura de divulgar ciencia’ de The Conversation

Source: The Conversation – (in Spanish) – By The Conversation España, Editor, The Conversation

Imagen de la edición del año 2024 en la que Juan Luis Arsuaga ofreció un taller de anatomía en la playa. UIMP, CC BY

Comienza la cuenta atrás: queda menos de un mes para que dé comienzo la quinta edición del curso de verano de The Conversation La aventura de divulgar ciencia en español con éxito.

Del 15 al 17 de julio, en el Palacio de la Magdalena, sede de la Universidad Internacional Menéndez Pelayo, vamos a “quemar las naves”.

El curso, abierto a todos los públicos, está dirigido tanto a personas con curiosidad por la ciencia como a estudiantes, docentes, investigadores y profesionales interesados en aprender nuevas formas de comunicar el conocimiento científico. Adelanto que cerrará con sorpresa: un aperitivo del eclipse que nos vamos a comer.

La información completa y el programa pueden consultarse en la página oficial del curso, que es posible gracias al apoyo de la Universidad de Navarra, la Fundación Ramón Areces y la Fundación Lilly.

Hace falta más humanidad que nunca

Con el lema “Lo humano, primero”, esta edición propone una reflexión sobre el papel de la divulgación científica en una época marcada por el avance de la inteligencia artificial.

Si las máquinas son capaces de generar textos, imágenes o respuestas cada vez más sofisticadas, ¿qué elementos siguen siendo exclusivamente humanos? Hicimos esta pregunta a Ricardo Piñero, el “filósofo optimista” que participará en el curso, en una entrevista para abrir boca: “Creo en la potencialidad del ser humano. Somos seres muy, muy jugosos”, dice Piñero.

A partir de esta pregunta, el curso explorará algunas de las cuestiones más relevantes para la comunicación de la ciencia contemporánea, entre ellas, la ética. Para desmenuzarla, contamos con una voz humana relevante, la del experto en inteligencia artificial y cuántica José Ignacio Latorre. No hay que perderse su propuesta de futuro: “Un gran pacto para integrarnos con las máquinas”.

En el lado opuesto a las máquinas está el ecólogo e investigador del CSIC Fernando Valladares. Volaremos cometas con él para reivindicar el juego, el viento y el cielo como esos espacios donde somos más humanos. Pregunta Valladares: ¿sabes por qué vuela una cometa?. La respuesta no es lo esperado.

Trataremos la mentira, como algo en lo que somos mejores que ChatGPT, y lo haremos de mano de la antropóloga Candela Antón, el periodista Ramón Salaverría y el experto en geopolítica Juan Luis Manfredi. Dice Manfredi: “Mentir es diplomacia”.

El lujo de contar con la matemática y reconocida divulgadora Clara Grima nos llevará a explorar matemáticas invisibles, y el musicólogo Mario Muñoz, conductor de Correspondencias en Radio Clásica – RTVE.es, tiene este reto: incorporar la música a la divulgación de la ciencia.

Habrá debate, con participación del alumnado. ¿Si hubiera que elegir entre arte y ciencia, con qué nos quedamos? Van a defender sus posiciones el microbiólogo y reconocido divulgar Ignacio López Goñi y el filósofo Ricardo Piñero.

De todos y para todos

La inclusión será otro de los ejes centrales de esta edición. Bajo el epígrafe de “los invisibles”, el curso abordará cómo diseñar proyectos de divulgación accesibles para personas con discapacidad y cómo incorporar perspectivas diversas a la comunicación científica. En esta jornada, participa Lluís Montoliu, genetista y biotecnólogo que centra gran parte de su investigación en enfermedades raras. Es experto en albinismo, considerado una enfermedad rara de origen genético. Montolliu conversará con Rubén Romero García, conocido como @rubenelalbino, un proyecto divulgativo donde explica el albinismo de forma cercana y con gran sentido del humor. El objetivo es contribuir a una divulgación más abierta, capaz de llegar a públicos cada vez más amplios y heterogéneos.

Las sesiones de tarde las ocuparán talleres prácticos sobre comunicación científica, narrativas innovadoras y uso del vídeo para divulgar, impartidos por especialistas como Pilar Perla y el experto en uso de IA para el formato audiovisual Bienvenido León. Más allá de transmitir conocimientos, el curso pretende proporcionar herramientas concretas para que investigadores, docentes y comunicadores puedan conectar mejor con la sociedad.

La aventura de divulgar ciencia en español con éxito reivindica el rigor, la creatividad y la sensibilidad, la comprensión del mundo como una tarea colectiva y donde la IA nos traiga sin cuidado.

The Conversation

ref. La ciencia necesita humanidad. Cuenta atrás para el curso de verano ‘La aventura de divulgar ciencia’ de The Conversation – https://theconversation.com/la-ciencia-necesita-humanidad-cuenta-atras-para-el-curso-de-verano-la-aventura-de-divulgar-ciencia-de-the-conversation-284983

Comment un grand projet de restauration de mangroves au Sénégal en est venu à vendre du « carbone fantôme »

Source: The Conversation – in French – By Julien Andrieu, Professor of Geography, Université Côte d’Azur

Les solutions fondées sur la nature occupent désormais une place centrale dans les stratégies mondiales de lutte contre le changement climatique. Des forêts tropicales aux zones humides, la restauration des écosystèmes permet aux arbres et aux plantes de capter le dioxyde de carbone, d’atténuer le réchauffement climatique et de favoriser la régénération de la biodiversité.

Parmi ces solutions, les mangroves (forêts côtières) occupent une place particulière. Elles comptent parmi les puits de carbone naturels les plus efficaces de la planète. Un puits de carbone est un réservoir naturel qui stocke le carbone, comme dans le tronc d’un arbre ou dans un sol gorgé d’eau. Une forêt de mangroves peut également générer des revenus en vendant des crédits carbone et en reversant une part équitable aux communautés locales.




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Les crédits carbone sont des unités négociables correspondant à une tonne de dioxyde de carbone retirée de l’atmosphère ou dont l’émission a été évitée grâce à des activités telles que le reboisement, les projets d’énergies renouvelables ou la restauration des écosystèmes. Les entreprises achètent ces crédits afin de compenser une partie de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Mais, dans la pratique, ces projets peuvent ne pas produire les résultats escomptés. Un projet de restauration de mangroves au Sénégal en offre une illustration.

Je suis géographe et j’étudie les forêts de mangroves. En analysant des données satellitaires, je suis l’évolution de leur couverture au fil du temps. Les observations de terrain me permettent de mieux comprendre la dynamique de ces écosystèmes. J’interroge également les communautés locales et d’autres parties prenantes afin de mieux cerner les facteurs sociaux et écologiques qui influencent ces forêts.

En collaboration avec une équipe de chercheurs, j’ai étudié un projet de restauration des mangroves lancé au Sénégal en 2008. Je souhaitais déterminer s’il y avait des enseignements à tirer pour améliorer les futurs efforts de restauration.

L’objectif du projet était d’utiliser un modèle de financement du carbone bleu. Ce modèle génère des fonds pour la restauration des écosystèmes côtiers et marins en vendant des crédits carbone liés au carbone que ces écosystèmes peuvent capturer et stocker.




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Dans le cadre de ce projet, des millions de propagules de mangrove (jeunes plants de mangrove) ont été plantés. L’idée était que, à mesure que les mangroves pousseraient, elles absorberaient le dioxyde de carbone de l’atmosphère et le stockeraient. La quantité estimée de carbone capturée par les mangroves restaurées pourrait ensuite être convertie en crédits carbone et vendue à des entreprises cherchant à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre.




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Nous avons récemment constaté que plus d’un tiers des parcelles de restauration constituaient un échec total. Aucune mangrove n’y avait survécu. Sur le reste des parcelles, les résultats variaient d’un taux de survie inférieur à 5 % à une réussite complète (100 %).

Le taux d’échec des arbres n’a pas été correctement pris en compte lors du calcul de la quantité de dioxyde de carbone qu’ils pouvaient capturer. Cela signifie que les bénéfices climatiques ont été surestimés.

Nos conclusions ne constituent pas un argument contre la restauration des mangroves – loin de là. Les mangroves restent l’un des outils naturels les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique. Mais pour que les projets de carbone bleu jouent un rôle crédible dans l’action climatique, les affirmations relatives au carbone doivent être honnêtes, vérifiées de manière indépendante et fondées sur des données scientifiques solides.

Une conception défaillante dès le départ

Le projet initial était ambitieux : planter des millions de jeunes mangroves sur plus de 10 000 hectares. L’objectif était d’impliquer les communautés locales, de compenser les émissions de carbone d’entreprises polluantes situées ailleurs et de générer des revenus pendant des décennies sur le marché du carbone.

Mais, d’après notre connaissance des mangroves au Sénégal, le projet reposait sur une compréhension erronée de l’écologie. L’ONG Océanium a conçu ce projet, auquel ont également participé plusieurs entreprises françaises ainsi qu’un fonds d’investissement axé sur l’action climatique et le développement rural.

Le premier problème était que, pour garantir la replantation de 10 000 hectares, il fallait inclure des sites qui ne convenaient pas aux mangroves.

De nombreux plants de mangrove ont été plantés dans des vasières salées, qui ne conviennent pas à leur croissance, à moins d’être régulièrement inondées par les marées. De très grandes parcelles, pouvant atteindre 55 hectares, ont été plantées, trop loin des chenaux de marée.




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Certaines parcelles ont été plantées jusqu’à 9 km des zones de mangroves existantes. Ces sites présentaient des conditions écologiques différentes de celles des habitats naturels de mangrove. La replantation aurait dû commencer au plus près des mangroves existantes.

En conséquence, 36 % des parcelles de mangroves ont complètement échoué. Les 64 % restants comptaient au moins quelques mangroves survivantes, mais le taux de survie au sein de ces parcelles était faible. Au total, seuls 18,3 % à 20,5 % des mangroves plantées ont survécu sur l’ensemble de la zone du projet.

L’autre problème a été révélé lors d’une enquête antérieure : seuls 5 % des 4,4 millions de dollars destinés à rémunérer les communautés pour leur travail de plantation d’arbres avaient effectivement été versés. Les communautés ont également perdu des terres, qui ont été « accaparées » par le projet afin de faire de la place aux plantations.

Comment cela a affecté le projet de vente de crédits carbone

En 2020, l’organisme de certification Verra a approuvé un ensemble de crédits carbone issus de ce projet. Le suivi a été assuré par la société Agresta. Celle-ci a mesuré la hauteur moyenne des mangroves, environ 70 cm, et estimé que seulement 18 % des zones plantées avaient échoué.

Cette erreur s’explique par le fait que, bien qu’ils aient soigneusement mesuré un échantillon d’arbres et utilisé ces mesures pour calculer la quantité de carbone stockée par ces arbres, ils ont ensuite supposé que tous les arbres de l’ensemble de la zone du projet, d’une superficie de 10 000 hectares, avaient survécu et poussé. Comme de nombreux arbres sont morts ou n’ont jamais poussé, la quantité totale de carbone stockée dans les arbres a été surestimée.




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C’est pourquoi, lorsque nous avons analysé les mêmes zones à l’aide de données satellitaires, nous avons constaté un taux d’échec plus élevé intégré dans les estimations de stockage de carbone. Nous avons estimé un stockage de carbone bien inférieur : environ 11 000 tonnes dans les arbres et 65 000 tonnes dans les sols.

La différence entre ces estimations est d’environ 168 000 tonnes de dioxyde de carbone. Cela est important car les crédits carbone, souvent négociés de manière privée au début des projets, convertissent ces chiffres en valeur financière. Aux prix actuels du marché du carbone, cet écart pourrait représenter entre 2 et 7 millions de dollars américains.




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Il nous est apparu clairement que les crédits carbone avaient été calculés sur la base de 10 000 hectares complets de jeunes plants en croissance, alors que seul un petit nombre d’entre eux avait survécu. Cela a conduit à une surestimation du carbone stocké dans les arbres.

Quand les crédits carbone deviennent du carbone fantôme

Partout dans le monde, les entreprises polluantes cherchent des moyens de compenser le dioxyde de carbone qu’elles émettent, afin d’atteindre l’objectif mondial de zéro émission nette (zéro émission d’origine humaine) d’ici 2050. Les marchés du carbone connaissent une expansion rapide.

Les solutions fondées sur la nature, telles que la régénération forestière, revêtent une importance croissante. Mais ces projets doivent être crédibles. Cela ne peut se faire que grâce à un suivi écologique fiable. Si la quantité de carbone capturée par un projet est surestimée, les entreprises peuvent croire qu’elles compensent des émissions qui, en réalité, restent dans l’atmosphère.




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Les initiatives locales de restauration pourraient également perdre la confiance du public, même si elles présentent de réels avantages écologiques et sociaux.

À l’avenir, les institutions qui certifient les projets en vue de la vente de crédits carbone, ainsi que celles qui assurent leur suivi, devront prendre des mesures pour évaluer les taux d’échec. Dans le cas contraire, elles risquent de vendre du « carbone fantôme », qui ne présente aucun avantage ni pour les populations ni pour l’environnement.

The Conversation

Julien Andrieu bénéficie d’un financement du CNRS et l’ANR.

ref. Comment un grand projet de restauration de mangroves au Sénégal en est venu à vendre du « carbone fantôme » – https://theconversation.com/comment-un-grand-projet-de-restauration-de-mangroves-au-senegal-en-est-venu-a-vendre-du-carbone-fantome-285186

Que coûterait, pour les pays du Sud, la réglementation européenne contre la déforestation ?

Source: The Conversation – in French – By Matthieu Trichet, Doctorant en économie, Agence Française de Développement (AFD); Université Sorbonne Paris Nord

L’application du Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts a été repoussée à fin 2026 par l’Union européenne. Certains pays producteurs, principalement des pays en développement, considèrent ces mesures comme discriminatoires au plan économique. Qu’en est-il ? Une étude de l’Agence française de développement (AFD) a quantifié les coûts directs et indirects occasionnés par ce règlement pour ces économies.


La déforestation a bondi au cours des dernières décennies : on estime que 420 millions d’hectares de forêts ont été convertis pour d’autres usages entre 1990 et 2020. L’agriculture et la sylviculture en sont les principales causes. De sorte que l’on impute à la demande de leurs produits une responsabilité majeure dans l’incitation à déforester.

En régulant les conditions d’accès aux produits consommés sur son territoire, l’Union européenne (UE) tente désormais de faire de cette préoccupation environnementale individuelle un enjeu de responsabilité collective. Cela s’est matérialisé par le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE), adopté en 2023, mais dont l’application a pour l’instant été reportée à fin 2026 sous une forme révisée.

Le RDUE vise à interdire la mise en marché dans l’UE de sept matières premières et de certains de leurs dérivés (café, cacao, caoutchouc, huile de palme, soja, bœuf, mais également cuir, charbon de bois et papier imprimé), lorsque la preuve qu’ils ne contribuent pas à la déforestation n’est pas suffisante.

Lutter contre la déforestation en orientant sa consommation vers des produits « respectueux de l’environnement » peut sembler vertueux. Mais cela ne serait pas sans conséquence pour les économies des pays qui produisent ces marchandises. Il a ainsi été reproché à l’UE de négliger les impacts socioéconomiques auxquels font face les pays qu’elle prive d’un débouché commercial.




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En effet, pour de nombreux États, ce règlement représente un « risque de transition », au sens où il s’agit d’un changement réglementaire visant à réduire les impacts environnementaux d’activités humaines pouvant affecter de larges pans des pays concernés, en exigeant qu’ils s’adaptent à la nouvelle réalité imposée par leurs partenaires commerciaux.

Combien coûterait, pour les pays du Sud, la RDUE ? Notre étude récente, menée pour l’Agence française de développement (AFD) s’est penchée sur cette question.

Comment penser l’impact économique de la déforestation au-delà des exportations ?

Plusieurs travaux se sont déjà attachés à mesurer l’ampleur de la déforestation induite par la production des produits exportés vers l’UE ou d’autres destinations. Pour notre part, nous avons cherché à évaluer l’impact économique potentiel de la mise en place du RDUE sur quelques variables économiques des pays producteurs.

Nous avons, d’abord, estimé la déforestation incorporée dans les importations européennes à partir de plusieurs modèles basés sur les flux physiques entrants et sortants de produits commercialisés. Puis nous avons simulé le choc que serait une perte des exportations pour les pays producteurs de matières premières afin d’en évaluer les effets directs et indirects.

Trois scénarios principaux ont été envisagés :

  • un premier scénario actant la perte d’activité uniquement pour la part des exportations susceptibles de provenir de terres déforestées. C’est le scénario le moins impactant et le plus probable.

  • un deuxième scénario maximaliste (non-compliance), où l’intégralité des flux exportés vers l’UE serait perdue, dans l’hypothèse d’une incapacité totale à prouver que les produits exportés ne proviennent pas de parcelles déforestées. C’est le scénario le plus impactant mais le plus improbable.

  • un troisième scénario où le mécanisme serait étendu aux autres grands pays importateurs, comme la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Chine, le Canada, l’Australie, la Corée et le Japon, a aussi été considéré.




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Un impact économique négatif modeste pour les pays exportateurs

D’un point de vue macro-économique, nous constatons que les effets directs et indirects du RDUE sur la production pourraient être très limités. Dans le scénario le plus probable, l’impact ne dépasse pas 0,04 % du PIB, valeur la plus forte constatée. Même dans le scénario extrême (non-compliance et bannissement de tous les produits), l’impact reste modeste. Il est, au plus, de 3 % du PIB dans le cas de la Côte d’Ivoire. En aucun cas, même avec l’extension du mécanisme aux grands pays importateurs, l’impact n’atteint 0,1 % du PIB.

Exposition des pays producteurs au RDUE. En rouge, l’hypothèse la moins favorable mais la plus improbable.
afd.fr/sites/default/files/2026-04/pr401-vf-web.pdf, Fourni par l’auteur

Concernant l’emploi, le RDUE, dans le scénario le plus probable, et sans adaptation des pratiques agricoles, pourrait affecter quelque 60 000 emplois dans le monde – qu’il convient toutefois de rapporter aux 8 millions d’emplois générés par la production des produits concernés par le règlement et exportés vers l’UE.

Pour les principaux pays concernés par le RDUE (Brésil, Indonésie, Côte d’Ivoire, Vietnam, Pérou, Ghana, Malaisie, notamment), les enjeux portent sur un nombre réduit de produits, comme le montre le graphe ci-dessous. De 75 à 90 % des pertes potentielles concernent seulement un ou deux produits bien identifiés, voire trois comme au Brésil avec 45 % pour le soja, 30 % pour l’élevage et 16 % pour le café.

L’adaptation des pratiques pour éviter la déforestation et la mise en conformité aux exigences de traçabilité pourrait donc se concentrer sur un nombre très restreint de produits. Ainsi, l’application du RDUE aux seuls produits issus de la déforestation n’entraînerait qu’un manque à gagner relativement faible pour le pays concerné.

Manque à gagner en fonction des scénarios considérés.
AFD, Fourni par l’auteur

Les pertes les plus élevées, dans le cadre du premier scénario, s’élèveraient à 80 millions de dollars (68,9 millions d’euros) pour l’Indonésie, puis 30 à 40 millions de dollars (de 25,8 millions à 34,4 millions d’euros) pour le Brésil et la Côte d’Ivoire.

Ensuite, les estimations tombent à des valeurs inférieures à 16 millions de dollars (soit inférieures à 13,7 millions d’euros environ). On peut donc considérer que le coût d’opportunité, pour les pays, de l’arrêt de la déforestation induite par les produits exportés vers l’UE est assez faible.

Comment interpréter ces résultats ?

Ces chiffres sont à comparer, par exemple, au montant de l’aide que l’UE ou ses pays membres accordent au secteur agricole des pays en développement (PED), soit respectivement 1,3 milliard et 2,4 milliards de dollars en 2022 (soit environ 1,1 milliard et plus de 2 milliards d’euros).

Ces résultats suggèrent, sur le plan agrégé, que les pays concernés ne devraient pas subir de pertes massives qui ne sauraient être compensées facilement.

Toutefois, si les exportateurs se trouvaient dans l’incapacité de se conformer aux exigences et de prouver que les produits ne viennent pas de parcelles déforestées (scénario de non-compliance), leur risque de perte s’en verrait augmenté d’un facteur 100. Ceci constitue, en soi, une incitation à poursuivre leurs efforts pour se doter de capacités de contrôle de la déforestation et de traçage des produits.

Reste que la traçabilité de certains produits peut s’avérer particulièrement délicate, notamment pour les produits issus du bois très transformé (comme les bois agglomérés) ou les élevages pastoraux dont l’itinérance rend l’attribution de parcelles précises aux animaux complexe.

À l’heure où la mise en œuvre du règlement a été différée pour la deuxième année, ces travaux apportent un éclairage sur les arguments qui pouvaient présider à ce report. Même si l’enjeu fiscal n’a pas été abordé dans notre étude, on peut considérer que les inquiétudes ne pouvaient pas tant porter sur les pertes macro-économiques pour les PED que sur les possibles dommages ressentis par les acteurs des filières concernées à la fois du côté des exportateurs que des importateurs européens.

Plus que sur les conditions d’adaptation des pratiques agricoles pour ne pas déforester, ce sont les discussions sur les conditions de la fourniture de la preuve qui ont scellé le destin du règlement.

The Conversation

Matthieu Trichet a reçu des financements de l’ANRT dans le cadre de son contrat CIFRE.

Benoit Faivre-Dupaigre a reçu des financements de l’ANR dans un emploi antérieur au cours des années 1994-1996

ref. Que coûterait, pour les pays du Sud, la réglementation européenne contre la déforestation ? – https://theconversation.com/que-couterait-pour-les-pays-du-sud-la-reglementation-europeenne-contre-la-deforestation-284365

Comer sin hambre cuando tenemos un mal día: ¿la ingesta emocional es un problema?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Itziar Alonso Arbiol, Profesora Catedrática de Psicología, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

MaxStrogiy/Shutterstock

El jefe nos ha echado la bronca, llegamos a casa y nos comemos varias galletas de chocolate. O quizá estemos estudiando para un examen, nerviosos o aburridos abrimos la nevera una y otra vez. O puede que estemos viviendo mucho estrés últimamente, por lo que compramos más snacks, dulces o comida rápida de lo habitual.

Estas situaciones tan familiares tienen algo en común: no comemos por hambre física, sino para gestionar lo que sentimos. Esto se conoce como ingesta emocional. ¿Puede convertirse en un problema? ¿Cómo evitarlo?

Comer para afrontar emociones negativas

La ingesta emocional es un fenómeno bastante frecuente y no se considera, por sí misma, un trastorno psicológico. La investigación muestra que muchas personas recurren ocasionalmente a la comida para afrontar emociones negativas. Estamos hablando de entre el 40 y el 45 % de la población adulta y cerca del 30 % en adolescentes. Esto se da en situaciones de estrés, ansiedad y tristeza, y se observó de forma evidente durante la pandemia de covid-19.

Comer en relación a nuestras emociones forma parte de la experiencia cotidiana de muchas personas. De hecho, es habitual celebrar comidas y cenas con gente cercana en momentos importantes. El problema no es tanto recurrir de vez en cuando a la comida, sino que esta estrategia se vuelva habitual cuando nos sentimos mal. El alivio de la comida es pasajero y puede generar sentimientos de culpa.

Además, este patrón se asocia al consumo habitual de alimentos con muchas calorías, ricos en azúcar o grasa. Con el tiempo, esto podría dañar la salud. Por ejemplo, podría aumentar el riesgo de obesidad, diabetes y enfermedades cardiovasculares. La ingesta emocional también aumenta la probabilidad de desarrollar trastornos de la conducta alimentaria.

¿Cómo manejamos las emociones y qué papel juega la comida?

Existen muchas estrategias para manejar las emociones. Por ejemplo, hablar con alguien, hacer ejercicio o distraernos para no pensar en nuestras preocupaciones. Comer también puede cumplir esa función, pero ¿qué pasa cuando la comida se convierte en nuestro recurso principal para gestionar el malestar?

La comunidad científica se ha interesado durante años por esa y otras preguntas. ¿Tienen más tendencia a esta ingesta las personas que no saben manejar sus emociones? ¿Esta relación aparece solo en quienes tienen problemas de alimentación?

No quedaba claro si la ingesta emocional existía en personas sin problemas y de distintas edades. Tampoco sabíamos hasta qué punto los estudios se podían extrapolar a la población general y en distintas etapas de la vida, porque muchos se han realizado en grupos muy concretos, como personas en tratamiento bariátrico.

Por eso realizamos un metaanálisis (un estudio de estudios), con el objetivo de unir resultados previos e hilar más fino. Así, extrajimos conclusiones más sólidas que las de un único trabajo. También nos permitió saber en qué condiciones el manejo emocional llevaba a usar la comida sin tener hambre.

Nuestro estudio mostró una serie de resultados interesantes:

  1. La gente con mayor dificultad para gestionar emociones negativas recurre más a menudo a la comida.

  2. La relación entre la falta de gestión de las emociones y la ingesta se da tanto en personas con problemas psicológicos como sin ellos.

  3. Esta relación se ve por igual en personas de todas las edades y géneros.

  4. La relación se mantiene igual para cualquier emoción negativa (tristeza, ansiedad, aburrimiento). Sin embargo, no aparece en las emociones positivas.

Aprender a gestionar las emociones es clave

Estos resultados sugieren que aprender a gestionar de manera más adecuada las emociones negativas podría tener efectos beneficiosos en varios ámbitos de la salud, y no solo en la relación que mantenemos con la comida. También deja claro el valor positivo de aprender desde edades tempranas.

Podríamos pensar erróneamente que recurrir al picoteo por no dominar las emociones es algo que les ocurre sobre todo a las mujeres. Es cierto que las mujeres tienden más a la ingesta emocional, pero nuestros hallazgos muestran que la correlación entre la desregulación emocional y el uso de la comida se da de manera similar tanto en ellas como en ellos.

Entonces, ¿qué podemos hacer?

Las intervenciones psicológicas que son eficaces para la gestión de las emociones incorporan elementos que han demostrado ser útiles para la salud mental y para los hábitos de vida. Estas estrategias incluyen aprender a identificar las emociones y a distinguir qué situaciones las desencadenan. También aportan herramientas que ayudan a desarrollar estrategias más adaptativas ante el estrés y a practicar la atención plena.

Esto es relevante porque la regulación emocional no influye solo en nuestra relación con la comida: también se ha visto asociada a problemas como la ansiedad y la depresión. Es lo que en psicología se conoce como “efecto transdiagnóstico”, por lo que influir en algunas variables permite prevenir problemas diferentes. Por lo tanto, mejorar la capacidad de gestionar las emociones podría tener un impacto positivo más amplio sobre la salud y el bienestar.

Si estamos en un punto en el que sentimos que no podemos mantener a raya las emociones hay solución. La evidencia científica muestra que la terapia cognitivo-conductual, el protocolo unificado, la terapia de la conducta dialéctica, y el mindfulness mejoran la gestión emocional. Además, las tres últimas también lo mejoran incluso en el seguimiento. Es decir, provocan un efecto sostenido.

En definitiva, tenemos mucho que ganar sabiendo cómo lidiar con nuestras emociones. Nos puede ahorrar problemas futuros de diverso tipo. La próxima vez que venga el impulso de comer sin hambre, preguntémonos: ¿sé lo que estoy sintiendo en este momento? ¿Puedo hacer alguna otra cosa distinta para sentirme mejor?

The Conversation

Itziar Alonso Arbiol es la Investigadora Principal del proyecto de investigación “Ingesta emocional en la adolescencia: Autocompasión, apego, regulación emocional y cultura” (referencia PID2023-151085NB-I00), financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, la Agencia Estatal de Investigación y por el FEDER.

Aitziber Pascual Jimeno, Jara Mendia, José J. Pizarro Carrasco y Susana Conejero López no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Comer sin hambre cuando tenemos un mal día: ¿la ingesta emocional es un problema? – https://theconversation.com/comer-sin-hambre-cuando-tenemos-un-mal-dia-la-ingesta-emocional-es-un-problema-282303

Nuevo caso de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en España: claves de una enfermedad emergente

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología, Universidad de Salamanca

Las garrapatas del género _Hyalomma_ son las principales transmisoras del virus de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo. Mshst/Shutterstock

Aunque la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo (FHCC) es endémica en África, los Balcanes, Oriente Medio y los países asiáticos situados al sur del paralelo 50 norte –que es el límite geográfico del principal vector de garrapatas–, de vez en cuando enciende las alarmas en Europa.

Es lo que acaba de suceder en España después de que la Junta de Castilla y León haya confirmado un caso en la provincia de Salamanca. El afectado es un varón de 68 años que fue atendido con un cuadro clínico compatible con la enfermedad. Los datos recientes sobre la transmisión local de esta patología en la Unión Europea/Espacio Económico Europeo indican que España es uno de los países que mayor número de casos notifican.

3 000 millones de personas en riesgo

La Organización Mundial de la Salud (OMS) estima que más de 3 000 millones de personas están en riesgo de desarrollar FHCC, y la incidencia anual se sitúa entre los 10 000 y los 15 000 casos. Debido a su potencial epidémico y a la falta de vacunas y tratamientos antivirales de eficacia comprobada, la OMS la ha incluido en su lista priorizada de enfermedades con mayor riesgo para la salud pública.

Se trata de una afección viral transmitida por garrapatas y causada por el virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo, perteneciente al género Orthonairovirus. Fue descrita por primera vez en 1944, durante la Segunda Guerra Mundial, cuando un brote afectó a un grupo de soldados soviéticos en la península de Crimea. Veinte años después, en 1967, el virus fue finalmente identificado y recibió el nombre de virus de Crimea-Congo, basándose en las similitudes encontradas con el patógeno que afectó a un paciente febril en el antiguo Congo Belga en 1956.

Se trata de una enfermedad potencialmente mortal, con tasas de letalidad que pueden alcanzar el 40 %. El virus es transmitido a través de la picadura de varias especies de garrapatas del género Hyalomma; en especial, las especies Hyalomma marginatum e Hyalomma lusitanicum, que actúan como vectores de la dolencia.

La idoneidad ecológica y climática para las garrapatas del género Hyalomma está aumentando en toda Europa, lo que incrementa el riesgo de transmisión del virus de la FHCC. Otras especies, como algunas de los géneros Rhipicephalus y Amblyomma, pueden desempeñar un papel en la transmisión y el mantenimiento del virus en regiones endémicas.

En ciervos, jabalíes, liebres, vacas, ovejas y avestruces

Las garrapatas del género Hyalomma infestan una amplia variedad de especies silvestres, como ciervos, jabalíes y liebres, pero también animales de ganado en libertad, como cabras, vacas y ovejas. Estos animales desempeñan un papel crucial en el ciclo de vida de las garrapatas, así como en la transmisión y amplificación del virus de la FHCC. Dado que los animales no presentan signos clínicos, las infecciones no tienen impacto económico en la producción ganadera.

Si bien muchas aves son resistentes a la infección, los avestruces pueden presentar una alta prevalencia en zonas endémicas, donde han sido el origen de algunos casos en humanos. En 1996, el Instituto Nacional de Virología de Sandringham notificó un brote de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en Oudtshoorn (Sudáfrica), entre trabajadores de una granja de avestruces y un matadero.

Estudios recientes respaldan un modelo en el que múltiples especies de garrapatas, junto con una amplia gama de huéspedes vertebrados, mantienen la circulación del virus de la FHCC. Esta flexibilidad ecológica, más que la especificidad estricta del vector, probablemente explica la amplia distribución biogeográfica del patógeno y las expansiones ocasionales de linajes a través de los continentes.

Alta tasa de mortalidad

En España, donde los primeros casos identificados de paciente con fiebre hemorrágica de Crimea-Congo datan de algo más de una década, la tasa de mortalidad ha llegado al 30 %. La reciente aparición de la enfermedad en este país parece estar impulsada por cambios ecológicos, climáticos y antropogénicos. Múltiples rutas de introducción independientes, incluyendo aves migratorias y movimientos de ganado, probablemente han contribuido a la heterogeneidad genética observada actualmente en la península ibérica.

El genoma del virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo consta de tres segmentos: pequeño (S), mediano (M) y grande (L). El segmento S ha sido ampliamente utilizado en estudios filogenéticos, que han definido 6 de 7 linajes del virus, cada uno con un rango geográfico diferente. Tras la reciente reclasificación del genotipo VI como virus Aigai, el virus de la FHCC ahora se clasifica en cinco genotipos diferentes: África (I-III), Asia (IV) y Europa (V).

Desafortunadamente, ha sido demostrado que en España circulan, en animales salvajes, 3 genotipos diferentes (III, IV y V) del patógeno, incluso en la misma área geográfica, por lo que la población humana está expuesta.

Como apuntábamos más arriba, la forma de transmisión más frecuente al ser humano es a través de la picadura de una garrapata infectada, pero también puede transmitirse entre personas en caso de contacto estrecho con sangre, secreciones, órganos u otros fluidos corporales de individuos infectados. Asimismo, es posible el contagio al sacrificar y manipular animales infectados que en esos momentos tengan el virus en sangre.

El espectro de manifestaciones clínicas de la FHCC varía desde enfermedades subclínicas, que incluyen fiebre, dolor de cabeza, malestar general, mialgia, dolor de garganta, mareos, dolor abdominal, náuseas, vómitos, conjuntivitis y fotofobia, hasta infecciones agudas con hemorragia, insuficiencia multiorgánica y muerte. En el periodo hemorrágico aparecen hematomas pequeños (petequias) que luego pueden hacerse más grandes en la piel y las mucosas. También son frecuentes los sangrados por la nariz y las encías o la orina, vómitos de sangre o heces negras.

Emergente en España

La fiebre hemorrágica de Crimea-Congo es una preocupación incipiente en Europa. A nivel general, el riesgo de contraerla en España se considera bajo para la población. Sin embargo, es una enfermedad emergente en el país y el riesgo pasa a ser moderado para personas que están en contacto frecuente con la naturaleza, cazadores, ganaderos o excursionistas en zonas específicas.

Tenga en cuenta que las garrapatas son ectoparásitos que se alimentan de sangre y actúan como vectores de una gran variedad de patógenos (virus, bacterias y protozoos). De hecho, son responsables de la mayoría de las enfermedades transmitidas por vectores en zonas templadas, provocando afecciones graves y potencialmente mortales en humanos como la enfermedad de Lyme, la encefalitis por garrapatas y la propia fiebre hemorrágica de Crimea-Congo.

Actualmente, el cambio climático, la urbanización y la migración animal están expandiendo su hábitat hacia nuevas regiones.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Nuevo caso de fiebre hemorrágica de Crimea-Congo en España: claves de una enfermedad emergente – https://theconversation.com/nuevo-caso-de-fiebre-hemorragica-de-crimea-congo-en-espana-claves-de-una-enfermedad-emergente-285456

La estrategia comunicativa de León XIV durante su viaje a España: claves de su impacto mediático

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Martínez Otón, Doctora en Comunicación. Investigadora, docente y directora del Máster en radio, podcast y audio digital, Universidad Nebrija

El Papa Leon XIV aterrizaba en Madrid hace unos días tras publicar una semana antes la encíclica Magnifica Humanitas, una brújula moral que pone el foco del liderazgo de la Iglesia en la dignidad humana en tiempos de digitalización e IA.

La persona en el centro de la sociedad era la propuesta que León XIV compartía con el mundo entero en su hoja de ruta. Esta se repitió en los más de 20 actos públicos –y otros tantos discursos– pronunciados en su viaje a España. Cuatro homilías en misas multitudinarias, dos vigilias de oración en Madrid y Barcelona con más de 600 000 personas presenciales, cinco actos religiosos, más de diez encuentros agendados y varios privados con la realidad asistencial de la Iglesia, la sociedad civil, el poder ejecutivo y legislativo, las diócesis, el clero español y dos millones y medio de personas participantes en estos 21 actos, según los organizadores.

La Iglesia ha sabido impactar con la narrativa que pone rostro y voz a su doctrina social, impulsada por su antecesor León XIII (Rerum Novarum 1891) y recogida por los más contemporáneos Juan Pablo II (Centesimus Annus, 1991 ), Benedicto XVI (Caritas in Veritate, 2009 ) y Francisco (Fratelli Tutti, 2020).

El choque con Donald Trump por sus mensajes de paz y migración había disparado el foco mediático sobre León XIV antes de su viaje. En ese contexto, llegó a España un papa poco conocido en los gestos y en su relación con los fieles . Para algunos, el pontífice tenía “una imagen sobria e intelectual”, nada cercana en comparación con la de Francisco.

18.8 millones de espectadores únicos

Sin embargo, los discursos del pontífice empezaron a ocupar los titulares a través de mensajes impactantes dirigidos a los rostros del sufrimiento. Eran palabras que respondían a los testimonios incluidos en todos sus actos. El seguimiento multitudinario de su visita se recogió en toda la prensa; se abrieron los informativos con ella y se realizaron coberturas los programas de infoentretenimiento. Las fotos y vídeos inundaron las redes sociales.

Según la consultora Barlovento, 28 cadenas en España han contado con programas especiales, acumulando 18,8 millones de espectadores únicos e impactando casi en el 40 % de la sociedad española.

La Santa Sede facilita la narrativa a los medios mediante esos discursos previamente elaborados en Roma, que se entregan embargados a los periodistas dos horas antes en los actos y en los centros internacionales de prensa habilitados para la ocasión.

Como ya ocurrió en el pontificado de Francisco, la comunicación vaticana entiende que funciona la estrategia de centralización y uso de periodistas acreditados como filtros de confianza para una transparencia proactiva, control del contexto y credibilidad frente a la desintermediación. Para crear una nueva narrativa genérica se apuesta por parámetros informativos que funcionan como “menos comillas y más datos”, por recurrir a expertos que no son muy habituales en las tertulias y por explicar con imágenes. Así gana el discurso.

En el avión papal, donde viaja siempre un grupo de vaticanistas, suelen darse los primeros titulares que van a centrar el viaje apostólico. Es ahí cuando el pasado 6 de junio el papa definió su viaje como “una misión para encontrar a los fieles y anunciar el mensaje de Jesucristo a toda la sociedad”. Expresó que deseaba transmitir un mensaje de “amor de Dios, de la caridad y del respeto por cada ser humano”.

23 intervenciones y cuatro ejes

En las sucesivas 23 intervenciones se ven claramente cuatro ejes sobre los que se mueve su magisterio:

  • La inviolabilidad de la dignidad humana.

  • La cultura del encuentro frente a la polarización y los muros.

  • La caridad como compromiso político y social.

  • El impulso hacia una fe viva que transforme la sociedad.

Las frases y mensajes de esos discursos, acompañados de miles de fotos o vídeos, han suscitado el interés de los medios digitales y las redes sociales, donde los creadores y los consumidores se han convertido en actores que compiten directamente con los medios tradicionales.

Mientras que las audiencias de televisión tradicional han sido lideradas por RTVE, en las redes el ente público no ha conseguido liderar. La digitalización permite la autogestión de la información y hay usuarios que han alcanzado notoriedad y se han convertido en influencers en estos días.

Mensajes en redes sociales

Gracias al análisis de las publicaciones durante el viaje papal a través de herramientas como Google Trends y TalkWalker nos encontramos con que hay grandes actores de la comunicación que, sin ser medios lideran, la conversación en redes. Así, una entidad como el Real Madrid consiguió un engagement de 1.9 millones de usuarios con solo cuatro publicaciones del paso de León XIV por el estadio Santiago Bernabéu. El diario ABC aparece en este estudio como el primer medio el liderar el impacto. Aún así, necesitaría publicar 132 post para tener un engagement similar.

En este ranking resaltan otros medios influyentes en menor medida como elmundo.es, La Vanguardia o RTVE que, aunque lidera la audiencia de televisión en usuarios únicos y los hashtags en redes, no consigue el mismo engagement (272.7K) que el club blanco.

Las búsquedas digitales de “León XIV” y “Papa León” se incrementaron en la semana del viaje (6-12 de junio) un 100 %, así como los temas que están relacionados con su visita, destacando algunos transversales. Queda demostrado el interés por sus discursos con búsquedas de estas palabras que superan el 600 % sobre las habituales.

Los discursos, muy ligados a la fuerza de los testimonios reales, han despertado interés en los medios. La llamada de atención a las fuerzas políticas polarizadas en el Congreso, el foco en los abusos dentro de la Iglesia ante los obispos, su relación con el mundo de la cultura y el espectáculo, la realidad diocesana de cada territorio o la necesidad de integrar al migrante han estado en la agenda informativa del papa, que ha estado atento a las peculiaridades territoriales con el uso del catalán en sus intervenciones en Cataluña.

En definitiva, un acontecimiento histórico que ha despertado el interés mediático poniendo de manifiesto cómo, con un único mensaje y materiales informativos muy parecidos, los medios tradicionales y las redes sociales han recogido con lenguajes propios el contenido que interesa a su audiencia centrando el interés en un papa que, finalmente, se ha mostrado cercano.

The Conversation

Laura Martínez Otón es Secretaria General de UCIPE, Unión Católica de Informadores y Periodistas de España.

ref. La estrategia comunicativa de León XIV durante su viaje a España: claves de su impacto mediático – https://theconversation.com/la-estrategia-comunicativa-de-leon-xiv-durante-su-viaje-a-espana-claves-de-su-impacto-mediatico-285023