Le pouvoir politique face aux incendies : depuis la Rome de Néron, un exercice de mise en scène ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Benjamin Demassieux, Docteur en langues et littératures anciennes, Université de Lille

*L’Incendie de Rome*, par Hubert Robert (vers 1771). Musée d’art moderne André-Malraux, via Wikimedia Commons

L’ESSENTIEL

  • Le 27 juillet 2026, Emmanuel Macron s’est rendu en Gironde pour saluer les « forces mobilisées » face au feu.

  • Les textes antiques, comme le récit par Tacite de l’incendie de Rome en 64 de notre ère, permettent d’éclairer les rouages de cette communication de crise du pouvoir.

  • S’il dispose de plus de canaux pour s’exprimer, le doute face au mythe du chef secourable ne date pas d’hier.


On croit souvent que l’Antiquité n’a rien à nous apprendre sur le présent, sinon par analogie vague ou par élégance de style. C’est oublier que certains textes anciens ont déjà pensé, avec une lucidité rarement égalée depuis, les mécanismes même de la communication du pouvoir – et qu’ils permettent, par contraste, de mieux voir ce qui se joue sous nos yeux.

Dans Mythologies (1957), Roland Barthes définit le mythe contemporain comme une parole qui transforme l’histoire en nature, le contingent en évidence. C’est ainsi qu’un geste politique – une visite, une déclaration, une image – cesse d’être perçu comme un acte parmi d’autres possibles pour devenir un signe qui « va de soi ». L’image du chef de l’État aux côtés des pompiers, dans la boue ou les cendres, n’est jamais évaluée comme une décision de communication ; elle symbolise immédiatement la sollicitude de l’État, avant même d’être jugée sur ses effets.

On l’a encore vu la semaine passée. Les mégafeux de Gironde, des Landes, du Var, du Tarn et de Corse – environ 117 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, selon le ministre de l’intérieur, un orage de feu inédit observé en Gironde, deux sapeurs-pompiers morts au combat – ont donné lieu à un ballet bien identifiable : lundi 27 juillet, Emmanuel Macron s’est rendu au centre opérationnel de Bordeaux, a présidé une cellule interministérielle de crise et est allé à la rencontre des forces mobilisées pour leur dire le soutien de la nation.

Pendant ce temps, à Lège-Cap-Ferret, des dizaines de maisons détruites restent en zone interdite, et les habitants évacués ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. D’où la critique, récurrente, d’un décalage entre cette mise en scène de l’engagement et le fond du problème – structurel, écologique – (et les solutions à y apporter) qui reste largement hors champ du moment médiatique.

La catastrophe change d’échelle, le pouvoir se manifeste

Ce mécanisme a un précédent presque parfait, et il ne date pas d’hier. En 64 de notre ère, un incendie ravage Rome pendant plusieurs jours. L’historien Tacite en donne, dans ses Annales (livre XV, chapitre 39), un récit qui commence par un détail de calendrier qui en dit long – voici le passage, dans une traduction personnelle :

« En ce temps-là, Néron, qui séjournait à Antium, ne revint à Rome que lorsque le feu approcha de sa propre demeure, celle par laquelle il avait relié le Palatin aux jardins de Mécène. On ne put pourtant empêcher que le Palatin, cette demeure et tout ce qui l’entourait, ne fussent dévorés. Mais, pour soulager le peuple chassé de ses maisons et errant, il ouvrit le Champ de Mars, les monuments d’Agrippa, et même ses propres jardins, et fit élever des abris provisoires pour recevoir la foule indigente ; on fit venir des vivres d’Ostie et des municipes voisins, et le prix du blé fut abaissé jusqu’à trois sesterces. »

Quelques lignes, et déjà tout y est. D’abord ce détail qu’on pourrait croire anodin : Néron ne rentre à Rome que lorsque le feu approche sa propre demeure. Tacite ne commente pas, il constate – mais il place ainsi, dès la première phrase, le moment où l’intérêt privé du prince rejoint l’intérêt public.

Macron, lui, s’est déplacé tôt, dès le lundi, avant que le feu ne touche rien qui lui appartienne en propre : la logique n’est donc pas identique. Elle obéit pourtant à la même grammaire du seuil. Il aura fallu, dans les deux cas, que la catastrophe change d’échelle pour que le pouvoir se rende visible sur zone – 117 000 hectares, un phénomène météorologique jamais observé en France, deux morts, d’un côté ; la proximité du palais, de l’autre.

Vient ensuite le secours, et il faut ici résister à la tentation du procès facile : l’aide que décrit Tacite n’a rien de fictive. Ouverture d’espaces d’accueil, hébergements provisoires, vivres acheminés d’Ostie, prix du blé plafonné – la réponse matérielle est concrète, chiffrée, documentée.

Il en va de même aujourd’hui, avec la cellule interministérielle de crise, la mobilisation nationale des pompiers, les dispositifs de relogement engagés en Gironde. Mais ce secours immédiat ne suffit pas à clore le débat, parce qu’il ne répond pas à la question posée : celle de la prévention et de l’aménagement du territoire face à un risque d’incendie structurellement aggravé par le changement climatique.

L’image de la sollicitude de l’État

Le gouvernement Lecornu lui-même qualifie cette saison d’inédite et d’exceptionnelle – une formule qui décrit un phénomène, non une politique. C’est précisément sur cet autre terrain, celui de la prévention et de l’aménagement forestier dans la durée, que se loge la critique – un terrain que ni l’aide d’urgence de Néron ni la cellule de crise de Bordeaux ne peuvent occuper.

Et puis il y a le geste lui-même, le plus tacitéen des trois mouvements. Néron va jusqu’à ouvrir ses jardins personnels ; un geste qui vaut par ce qu’il donne à voir autant que par son effet pratique. La déclaration présidentielle depuis le centre opérationnel de Bordeaux suit une économie comparable : elle s’ouvre sur une pensée pour les deux sapeurs-pompiers qui sont tombés avant le soutien de toute la nation – la parole se construit comme un rituel de deuil et de reconnaissance, filmé et retransmis, avant d’être un acte administratif.

C’est la mécanique exacte que Barthes appellera, 19 siècles après Tacite, un mythe : un signe qui circule pour lui-même, presque indépendamment de son efficacité mesurable. L’image du président au centre opérationnel signifie la sollicitude de l’État avant même qu’un seul hectare ne soit repris au feu.

On pourrait s’arrêter là et se satisfaire du parallèle. Mais Tacite ne se contente jamais de décrire un geste sans en interroger la portée, et c’est peut-être ce qui le distingue le plus nettement de Barthes. Pour ce dernier, le mythe fonctionne précisément parce qu’il efface sa propre construction : c’est ce qui fait sa puissance idéologique, sa capacité à se faire passer pour une évidence naturelle plutôt que pour un discours.

Or, Tacite ne laisse jamais le geste de Néron s’installer dans cette évidence. Le chapitre suivant enchaîne aussitôt sur la rumeur d’un Néron chantant la prise de Troie pendant que Rome brûle – rumeur que l’historien rapporte sans trancher, mais qu’il place assez près du récit du secours pour que le lecteur ne puisse plus lire l’un sans l’autre.

Tacite expose la construction du mythe impérial plutôt que de la laisser opérer : il fait, 1 900 ans avant Mythologies, un travail de démystification.

Face au geste de crise, l’expression du soupçon

Reste un écart qu’il faut se garder d’effacer. Néron gouverne sans opposition institutionnelle ni presse indépendante capable de vérifier ses actes ; la rumeur est, chez Tacite, le seul contre-pouvoir disponible – un mécanisme souterrain, diffus, invérifiable.

Aujourd’hui, la mise en doute du geste politique se fait au grand jour, immédiatement, dans la presse et sur les réseaux sociaux, avec un accès direct aux faits et aux chiffres. C’est peut-être là, plus que dans la ressemblance elle-même, que se trouve la vraie leçon : le soupçon envers le geste de crise n’est pas une invention moderne, Tacite le pratiquait déjà avec les moyens de son temps.

Ce qui a changé, ce n’est pas le mécanisme du mythe, c’est son régime de visibilité. Ce qui circulait en rumeur clandestine chez Tacite est devenu, cette semaine, un chiffre publié en direct par la préfecture, une cartographie satellite mise à jour chaque jour, des habitants de Lège-Cap-Ferret filmés devant leurs maisons détruites, une critique formulée dans l’heure sur la prévention et l’aménagement forestier.

La rumeur romaine n’avait qu’un canal, incontrôlable et invérifiable ; la contestation d’aujourd’hui en a mille, tous vérifiables – mais tout aussi impuissants à faire coïncider le temps du geste et celui du problème.

Le mythe du chef secourable ne convainc donc jamais tout à fait : le geste a beau être réel, un doute subsiste toujours sur ce qu’il dissimule ou ce qu’il évite. Et c’est sans doute là la vraie leçon de ce parallèle : ce n’est pas Néron, mais Tacite – celui qui a su regarder ce geste avec distance et en exposer les ressorts – qui reste le modèle le plus utile pour lire notre propre époque médiatique.

The Conversation

Je suis juste chercheur associé à l’Université de Lille, comme indiqué dans mon profil sur The Conversation.

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Cómo el incidente en el paso fronterizo de Ceuta ha beneficiado a la extrema derecha

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Deniz Torcu, Adjunct Professor of Globalization, Business and Media, IE University

Se calcula que más de 50 000 migrantes cruzaron y entraron en la ciudad autónoma de Ceuta el 30 de julio en el transcurso de un solo día, tras el colapso efectivo de la frontera. El Gobierno español ha afirmado que casi todos los migrantes han regresado desde entonces a Marruecos, y al menos 88 han fallecido.

Tras el suceso, ante las dudas sobre cómo y por qué pudo suceder, a la opinión pública solo le quedaron las imágenes y las fotografías: personas nadando y trepando por la playa del Tarajal, en Ceuta; decenas de miles en un solo día y una sola noche; decenas de muertos.

Sin datos ni explicaciones que las respalden, escenas como estas calan primero en la imaginación. Y es en la imaginación donde se forja la actitud de un país ante la migración.

El paso fronterizo de Ceuta socava una de las ideas más halagadoras que España tiene de sí misma. Tras los largos años de dictadura fascista, el país ha dedicado los últimos años a reinventarse como un lugar que acoge la migración y la diversidad, mientras gran parte de Europa habla de muros y defensa.

Esta es una historia que España cuenta con verdadera convicción: una nación en la encrucijada entre Europa y África, forjada por siglos de mestizaje cultural. Y a menudo pone en práctica estos ideales: hace solo seis meses, abrió una vía para la residencia legal a cientos de miles de inmigrantes que ya vivían y trabajaban en el país.

Pero la imagen que el país tiene de sí mismo y la opinión pública son un logro cultural más que jurídico. Se basan en las emociones, lo que las hace mucho más delicadas –y mucho más vulnerables a la desinformación y la explotación– que cualquier ley.




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Imágenes, palabras, opiniones

Podemos observar cómo cambian las opiniones en tiempo real fijándonos en las palabras que utiliza la gente. Un día antes, el discurso público sobre la migración era corriente y neutro. Se centraba principalmente en la integración, los permisos de trabajo y los trámites habituales de una vida establecida.

Las imágenes que llegan desde Ceuta han dejado todo eso de lado, imponiendo un tono más duro. Palabras como invasión, guerra, avalancha y control predominan ahora en las declaraciones públicas y en las redes sociales.

Para la gente corriente, esto significa que el migrante que podría ser un vecino, un compañero de trabajo o el padre de un compañero de clase se convierte en una figura sin rostro, un número que cruza una playa. Es mucho más difícil lamentar la pérdida de un número que la de una persona, y el lenguaje que se expresa en números puede ser tan frío como quiera sin parecer cruel.

Mientras tanto, una imagen –como las que ahora se repiten sin cesar en las pantallas de televisión y en las redes sociales– argumenta sin necesidad de argumentar. La retórica tiene que persuadir, decir algo a lo que el oyente pueda responder, pero las imágenes ofrecen un atajo hacia el sentimiento que hay detrás. Desplazan el punto de partida de cualquier conversación sobre el tema.

Las imágenes que circulan desde Ceuta obligan al Gobierno español a dar explicaciones, mientras que las ideas punitivas se presentan como sentido común. Frases que el miércoles habrían sonado desagradables, el viernes sonaban casi como una descripción sobria. El moderado acaba pareciendo ingenuo, y la carga de la prueba cambia de manos sin que nadie lo anuncie.

Las imágenes son un regalo para la extrema derecha europea, y saben perfectamente qué hacer con ellas. Pueden perder todos los argumentos sobre las cifras reales y aun así salir ganando, porque su objetivo es hacer que la imagen de una España acogedora parezca ridícula. A falta de cualquier otra información, los vídeos y las imágenes hacen gran parte de ese trabajo de forma gratuita.




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Normalización del lenguaje extremo

El secretario general del partido de la oposición de derecha en España, el Partido Popular (PP), relacionó rápidamente el cruce de la frontera con la política de regularización masiva del Gobierno español, introducida en febrero, y ha formulado la afirmación infundada de que esto creaba un “factor de atracción”.

El líder del partido español de extrema derecha Vox fue más allá y calificó inmediatamente las llegadas como una “invasión” de hombres en edad de alistamiento. El empresario estadounidense Elon Musk ha esgrimido el mismo argumento y ha comparado las imágenes con una escena de la película de zombis de 2013 Guerra Mundial Z.

Pero para la extrema derecha, esto va más allá de un simple ciclo informativo. En el momento en que su vocabulario deja de sonar extremo, la derecha mayoritaria tiene que responder en los mismos términos o se arriesga a parecer débil. Una vez que el debate cambia de rumbo, cualquiera que defienda la imagen que España tiene de sí misma como país abierto y acogedor ya se encuentra a la defensiva, disculpándose antes incluso de haber dicho una sola palabra.

Tras el incidente de Ceuta, esto es lo que España se juega: la capacidad de contar su historia de acogida a la inmigración y de aceptación de la diversidad sin tener que disculparse primero por ello.

The Conversation

Deniz Torcu no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo el incidente en el paso fronterizo de Ceuta ha beneficiado a la extrema derecha – https://theconversation.com/como-el-incidente-en-el-paso-fronterizo-de-ceuta-ha-beneficiado-a-la-extrema-derecha-288965

Demandez à un homme ou à une femme de vous parler de développement personnel, ils n’emploieront pas les mêmes mots

Source: The Conversation – France (in French) – By Franck Jaotombo, Professeur AI & Quantitative Methods in Business, EM Lyon Business School


L’ESSENTIEL

  • Le marché florissant du développement personnel est tantôt soupçonné de nombrilisme, tantôt considéré comme un outil de manipulation managériale.

  • Une étude a passé au crible les discours sur le développement personnel, au moyen d’un logiciel de statistiques textuelles.

  • Les femmes et les hommes ne mettent pas les mêmes mots derrière l’expression moderne de « développement personnel ».


Stages, livres, applications, coachs, podcasts… le développement personnel est devenu un marché à part entière, celui de l’épanouissement de soi. Il s’est installé au cœur de l’entreprise, où il promet de muscler ces fameuses soft skills censées faire la différence.

Pourtant, demandez à dix personnes ce qu’est, au juste, le développement personnel : vous obtiendrez probablement dix réponses différentes. C’est précisément ce flou que j’ai voulu sonder lors de ma thèse. J’ai prolongé et systématisé cette démarche dans le cadre de mon habilitation à diriger des recherches.

Rappelons que le développement personnel n’est ni une collection de recettes de bonheur ni une simple mode managériale. C’est un processus d’apprentissage par lequel une personne, mobilisant son libre arbitre, cherche à mieux se connaître et à actualiser son potentiel sur trois plans indissociables : ce qu’elle pense et sait – cognitif –, ce qu’elle ressent – affectif – et ce qu’elle veut et entreprend – conatif. Les pratiques – coaching, thérapies, méditation ou formation – ne sont que des moyens de faciliter ce processus ; elles n’en sont jamais le cœur.

Reste à savoir ce qu’en pensent les principaux intéressés.

Pour ce faire, j’ai mené des entretiens auprès de managers, médecins, psychologues du travail, dirigeants, consultants ou salariés. Puis j’ai passé ces discours au crible d’une analyse lexicale, au moyen de la méthode Alceste et du logiciel iramuteq. Cette technique statistique repère les occurrences de mots puis regroupe les segments de textes en « mondes lexicaux ». J’ai couplé cette méthode à l’analyse des « spécificités » qui mesure les mots les plus ou les moins employés par un groupe de personne.

Clichés de genre

Un des premiers résultats de l’étude : les mots utilisés par les femmes pour parler de développement personnel ne sont pas les mêmes que ceux employés par les hommes. Parmi 697 mots analysés, seulement vingt sont davantage prononcés par les femmes contre 55 par les hommes.

Les mots les plus caractéristiques de chaque sexe, mesurés par leur indice de spécificité.
Fourni par l’auteur

Chez les femmes, le vocabulaire surreprésenté converge vers l’intériorité, le ressenti et la relation : « intérieur », « imaginer », « rencontrer », « réfléchir », « sentir », etc. Chez les hommes, c’est presque l’inverse, mot pour mot : « outil », « technique », « performance », « résultat », « maîtrise », « efficace », « compétence ». Là où les unes décrivent un cheminement humain et subjectif, les autres parlent d’une boîte à outils au service de l’action.

En outre, plus un mot est caractéristique d’un sexe, plus il est déserté par l’autre. À lui seul, le mot « outil » revient 81 fois dans la bouche des hommes, contre 19 fois chez les femmes.

Le développement perçu par les femmes (à gauche) et par les hommes (à droite).
Fourni par l’auteur

On retrouve les stéréotypes de genre bien documentés par la recherche jusque dans le territoire intime du « travail sur soi ». Le pôle « agentique » associé au masculin – performance, autonomie, rationalité – est opposé au pôle « communionnel » associé au féminin – souci des autres, chaleur, sensibilité émotionnelle.

Même quand il s’agit de se transformer soi-même, les clichés de genre tiennent bon.

Euphémiser les rapports de domination

Au-delà du genre, trois grandes thématiques lexicales sur les façons de concevoir le développement personnel émergent des discours :

  • le considérer comme un outil de bien-être au travail : gérer le stress, apaiser les conflits, prévenir les risques psychosociaux ;

  • pour d’autres, c’est une démarche personnelle : mieux se connaître, évoluer, « devenir quelqu’un de plus conforme à ce que tu es au fond de toi » ;

  • pour les derniers, c’est la formation et la professionnalisation au métier qui posent question.

Les trois mondes lexicaux du développement personnel.
Fourni par l’auteur

Masquer une organisation défaillante

Deux dérives reviennent. La première est d’ordre organisationnel, où le développement personnel sert d’alibi pour masquer une organisation défaillante :

« Presser les gens comme des citrons… c’est la façon de manager une entreprise. C’est très utopiste de penser que le développement personnel va tout changer », résume une médecin du travail.

Cette critique, portée de longue date par les sociologues comme Élise Requilé, voit dans le développement personnel un moyen d’« euphémiser » les rapports de domination.

La seconde, plus insidieuse, fait porter à l’individu seul un mal-être d’abord produit par l’organisation :

« Le bien-être au travail, ce n’est pas lié à l’individu, mais à une organisation, à une façon de manager, de gérer, d’organiser le travail », rappelle une autre médecin du travail.

Proposer un stage de développement personnel devient alors un moyen commode de déléguer au salarié la charge de s’adapter, plutôt que de corriger ce qui dysfonctionne.

Ni gadget narcissique ni potion miracle

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Non. Bien compris, le développement personnel n’est pas une invention du XXe siècle. Dans sa lecture de Socrate, le philosophe Pierre Hadot montre que le « souci de soi » serait indissociable du souci d’autrui et de la cité.

Développer sa liberté intérieure, ce ne serait pas se replier sur soi, mais se renforcer pour mieux s’engager dans le monde. Les concepts psychologiques qui sous-tendent aujourd’hui le développement personnel (sentiment d’efficacité personnelle, autodétermination, usage de ses forces) sont d’ailleurs solidement mesurés et validés.

Le développement personnel n’est donc ni le gadget narcissique que raillent ses détracteurs, ni la potion miracle que vendent ses marchands. Mais nos mots le trahissent : nous ne l’abordons pas tous de la même manière. Cette diversité n’est pas un défaut. C’est peut-être la première chose qu’une entreprise devrait entendre, avant de proposer le même stage à tout le monde.

The Conversation

Franck Jaotombo détient des parts dans Amalteya SAS et HOME Landerneau SAS.

ref. Demandez à un homme ou à une femme de vous parler de développement personnel, ils n’emploieront pas les mêmes mots – https://theconversation.com/demandez-a-un-homme-ou-a-une-femme-de-vous-parler-de-developpement-personnel-ils-nemploieront-pas-les-memes-mots-287219

Découverte d’un champignon tueur de la chenille légionnaire africaine : une piste prometteuse pour protéger les cultures

Source: The Conversation – in French – By Letodi Luki Mathulwe, Research entomologist, Department of Conservation Ecology and Entomology, Stellenbosch University

La chenille légionnaire africaine. Fourni par l’auteur

La chenille légionnaire africaine est un ravageur migrateur extrêmement destructeur. Elle s’attaque au maïs, au sorgho, au millet et à la canne à sucre. Cette chenille cause également des dégâts indirects au bétail, car elle détruit les pâturages et les prairies.

La dernière grande invasion de chenilles légionnaires en Afrique australe s’est produite entre février et avril 2025. Elle a touché les provinces sud-africaines du KwaZulu-Natal, du Limpopo, du Gauteng et du Mpumalanga, ainsi que le Zimbabwe voisin.

Lutter contre la chenille légionnaire reste un défi majeur. La méthode la plus couramment utilisée consiste à appliquer un insecticide chimique synthétique à base de pyréthroïdes. Son efficacité reste toutefois limitée et ne permet pas une éradication complète.

L’insecticide n’agit que sur les stades larvaires (chenilles) lorsqu’elles mesurent environ 1 à 5 mm de long, celles-ci étant plus sensibles au poison que les larves plus développées. L’insecte passe par différents stades de développement : œuf, larve (chenille), pupe puis adulte, qui est un papillon de nuit. Le stade de chenille est le plus nuisible.

Je suis entomologiste et mes travaux portent principalement sur la lutte intégrée contre les insectes ravageurs des cultures qui ont une certaine importance économique. Je m’intéresse plus précisément à l’utilisation de champignons et de nématodes pathogènes (entomopathogènes) comme agents de lutte biologique contre les insectes dans les écosystèmes agricoles.

Dans un récent article, j’ai présenté les résultats de mes travaux sur un champignon qui infecte et tue naturellement les stades larvaires de la chenille légionnaire africaine. Il s’agit du premier rapport faisant état de la présence et de l’isolement réussi de ce champignon en Afrique du Sud.

un champignon tueur de chenille légionnaire africaine découvert en Afrique du Sud

Les infestations de chenilles légionnaires africaines se caractérisent principalement par une forte densité de stades larvaires de l’insecte. Elles avancent en groupes compacts comme une « armée » qui se déplace ensemble au sol.

Elles se nourrissent de plantes et peuvent dévorer entièrement les feuilles des cultures jusqu’au niveau du sol. Les dégâts causés aux pâturages de kikuyu réduisent également la quantité de fourrage disponible pour le bétail, qui peut alors tomber malade à cause d’un empoisonnement. En effet, lorsque les larves se nourrissent de l’herbe, celle-ci libère un composé chimique cyanuré comme mécanisme de défense contre l’insecte.

Ce composé cyanuré est toxique pour le bétail, principalement les bovins.

Chez les bovins touchés lors des épidémies de cet insecte, l’empoisonnement au kikuyu peut provoquer plusieurs symptômes. Les animaux peuvent souffrir de douleurs abdominales, de déshydratation et d’une salivation excessive. Ils peuvent aussi présenter une « fausse soif ».

Ils semblent alors avoir soif, mais sont incapables de boire, même lorsqu’ils plongent la bouche dans l’eau. Une perte de coordination peut également survenir, entraînant des mouvements instables et involontaires. Dans les cas les plus graves, les animaux peuvent souffrir de troubles cardiaques et respiratoires.

Lorsque j’ai inspecté des pâturages de kikuyu infestés par cet insecte au KwaZulu-Natal, j’ai observé que quelque chose tuait les stades larvaires de la chenille légionnaire africaine. Il s’agissait d’une souche du champignon Metarhizium rileyi.

Ces champignons vivent dans le sol et font partie des nombreux entomopathogènes qui infectent et tuent divers ravageurs. Ils sont souvent utilisés en agriculture pour lutter contre les ravageurs qui causent de graves dégâts aux cultures. Plusieurs insecticides à base de champignons sont disponibles dans le commerce et se sont révélés efficaces.

J’ai constaté que des larves mortes de chenille légionnaire africaine recouvraient de vastes zones des champs. La plupart étaient accrochées à des brins d’herbe et certaines à la surface du sol. Elles étaient infectées par Metarhizium rileyi. L’infection était visible sous forme de conidies blanches et vertes, qui sont des spores asexuées présentes à la surface de la cuticule des insectes.

Il s’agissait de la première observation et du premier rapport concernant l’efficacité de ce champignon contre la chenille légionnaire africaine. Auparavant, ce champignon avait été signalé comme un agent de lutte biologique efficace contre la chenille légionnaire d’automne dans des pays tels que les Philippines.

Cette découverte ouvre la voie à l’exploration et au développement de cet organisme en tant que produit de lutte biologique potentiel, destiné à être utilisé pendant les saisons d’épidémie en Afrique du Sud et dans d’autres régions du monde.

La prochaine étape consisterait à produire cette espèce fongique à grande échelle à des fins commerciales et à faire homologuer le champignon en tant que biopesticide contre cet insecte. Cela pourrait venir compléter les stratégies de gestion pouvant être mises en œuvre efficacement pendant les saisons d’épidémie de cet insecte.

The Conversation

Letodi Luki Mathulwe bénéficie d’un financement du ministère de l’Agriculture et du Développement rural du KwaZulu-Natal.

ref. Découverte d’un champignon tueur de la chenille légionnaire africaine : une piste prometteuse pour protéger les cultures – https://theconversation.com/decouverte-dun-champignon-tueur-de-la-chenille-legionnaire-africaine-une-piste-prometteuse-pour-proteger-les-cultures-288737

La aplicación que nos agota la batería: por qué el ruido es el contaminante invisible de nuestro cuerpo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julia Almazán Catalán, Investigadora predoctoral en nutrición y salud metabólica, Universidad CEU San Pablo

Kazantseva Olga/Shutterstock

¿Cuántas veces ha sentido que su teléfono móvil se descarga demasiado rápido sin saber por qué? A veces, la explicación es sencilla: decenas de aplicaciones abiertas en segundo plano consumen energía de forma constante. Con nuestro cuerpo ocurre algo bastante similar. Vivimos con una “aplicación” instalada por defecto que nunca se cierra: el ruido.

Este agresor invisible no es solo un fenómeno físico medible en decibelios. Se trata de una experiencia subjetiva y cultural. Esa ambigüedad lo convierte en un problema difícil de acotar, pues lo que empieza como un estímulo sensorial acaba alimentando una crisis de atención y de descanso biológico. Como señala el filósofo Byung-Chul Han, nuestra sociedad ha desplazado el silencio hacia los márgenes, sustituyéndolo por una hiperatención constante que mantiene al organismo en un estado de alerta difusa.

Un desajuste evolutivo

Desde una perspectiva evolutiva, esto no es un tema menor. El ser humano está diseñado para interpretar los sonidos como señales de peligro o información relevante. Durante milenios, el crujido de una rama podía marcar la diferencia entre la supervivencia y la muerte. Sin embargo, nuestro entorno sonoro ha cambiado radicalmente en apenas unas décadas. El tráfico, las obras, las notificaciones constantes y el murmullo urbano han creado un paisaje acústico perpetuo. El problema es que nuestro organismo, sencillamente, no ha tenido tiempo evolutivo para adaptarse a este bombardeo.




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Durante años, la investigación se centró en la salud auditiva. Con razón: el ruido es la segunda causa de pérdida de audición a nivel mundial. No obstante, en las últimas décadas ha cobrado relevancia la exposición “recreativa”, especialmente el uso prolongado de auriculares en jóvenes, cuyas consecuencias acumulativas empiezan a preocupar seriamente a la comunidad científica.

La onda que atraviesa el organismo

El cambio más importante en la ciencia actual no es solo cuantitativo, sino conceptual. El ruido ha dejado de entenderse únicamente como un problema del oído para ser reconocido como un contaminante ambiental sistémico. De hecho, el ruido del transporte es ya la segunda causa ambiental de enfermedad en Europa, solo por detrás de la contaminación del aire.

El cuerpo humano no procesa todos los sonidos igual. Existe un umbral fisiológico en torno a los 60 decibelios (una conversación normal). Por debajo, el organismo mantiene su equilibrio. Pero al superar ese límite, el sistema nervioso autónomo interpreta el estímulo sonoro como una amenaza y activa la respuesta ancestral de “lucha o huida”. No importa si es una motocicleta o una sirena lejana: el cerebro no evalúa la intención del sonido, sino su potencial peligro.

En ese instante, se activa el eje hipotálamo-hipofisario-adrenal, desencadenando una liberación sostenida de cortisol y adrenalina, las hormonas del estrés que nos ponen en “modo supervivencia”.

Del corazón al intestino: el impacto sistémico

Cuando este mecanismo de supervivencia se mantiene de forma crónica, la salud se resiente. La exposición continuada al ruido eleva la frecuencia cardíaca y la presión arterial, incrementando el riesgo de hipertensión, infarto de miocardio e ictus.

Pero los efectos de esta “onda invisible” llegan a territorios inesperados: la microbiota intestinal. De hecho, las investigaciones más recientes sugieren que el vasto ecosistema de bacterias que habita en nuestro interior es especialmente sensible a nuestro entorno y comportamiento. El estrés crónico inducido por el ruido podría alterar la paz de este ecosistema, provocando lo que los científicos llaman “disbiosis”: una especie de motín bacteriano donde las poblaciones beneficiosas disminuyen y las perjudiciales toman el control.

Incluso durante el sueño, el cerebro no se desconecta. Sigue procesando sonidos y manteniendo al organismo en un estado de microalerta que fragmenta el descanso. Esta falta de reparación nocturna es el caldo de cultivo ideal para procesos de estrés oxidativo e inflamación sistémica, vinculados incluso con enfermedades metabólicas como la diabetes tipo 2.

El silencio como “lujo”

Nuestros sentidos son auténticos interruptores de salud, pero el acceso a la calma no se distribuye de forma equitativa. Teniendo en cuenta que el 83,9 % de los españoles reside en zonas urbanas, el código postal condiciona nuestra exposición al ruido. Las zonas urbanas más densas soportan un bombardeo acústico que las convierte en epicentros de vulnerabilidad, transformando el ruido en un factor de desigualdad social: las poblaciones con menos recursos no solo respiran un aire peor, sino que viven en una atmósfera sonora que impide que su organismo se repare.

Frente a este “incendio silencioso”, la solución no es solo externa. Un organismo ya sometido a estrés (por factores emocionales o mala alimentación) es más vulnerable al impacto acústico. Aquí, la nutrición emerge como una aliada estratégica. Aunque una dieta no apaga el ruido, los compuestos antioxidantes y nutrientes esenciales pueden modular nuestra tolerancia, protegiendo tejidos sensibles y reforzando la resiliencia del ecosistema intestinal.

Recuperar el control del volumen

La lucha contra la contaminación acústica requiere políticas públicas: reducir el tráfico, mejorar el aislamiento y promover zonas verdes que funcionen como refugios fisiológicos. Se requiere un cambio cultural. Revalorizar el silencio implica reconocerlo como un recurso biológico de primera necesidad.

Cuidar nuestra “dieta sonora” puede empezar con gestos mínimos: silenciar notificaciones innecesarias o buscar momentos de desconexión total. En una sociedad que tiende al exceso y a la velocidad, el silencio se vuelve un acto subversivo. No se trata de eliminar el sonido, sino de recuperar el equilibrio. Quizá la pregunta más importante no sea cuánto ruido somos capaces de soportar, sino cuánto silencio necesitamos para estar realmente sanos.

En un mundo que nos empuja a estar siempre conectados, recuperar el silencio es el mejor cargador posible. Debemos aprender a cerrar, de forma consciente, esa aplicación que drena nuestra energía en segundo plano. Porque, al final, para que nuestra batería biológica no se agote, debemos recordar que el silencio no es un fallo del sistema, sino el único estado en el que nuestro sistema operativo puede, por fin, actualizarse.

Si el silencio es hoy un privilegio al que acceden solo unos pocos, ¿no será que la calma ha dejado de ser una opción personal para convertirse en un derecho de salud pública?


Este artículo fue finalista del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud, organizado por la Fundación Lilly y The Conversation


The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La aplicación que nos agota la batería: por qué el ruido es el contaminante invisible de nuestro cuerpo – https://theconversation.com/la-aplicacion-que-nos-agota-la-bateria-por-que-el-ruido-es-el-contaminante-invisible-de-nuestro-cuerpo-288220

Los animales que nos comemos se alimentan con soja, pero hay alternativas más sostenibles

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Queralt Güell Bujons, Doctora en Microbiologia i especialista en transferència de coneixement, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

El pienso para gallinas actual está fabricado con un alto porcentaje de soja. Arisa Chattasa / Unsplash, CC BY-SA

España es el primer productor de piensos de Europa: 27 millones de toneladas anuales, con Cataluña como la principal región productora (16 % de la producción estatal). ¿Pero de dónde salen los ingredientes? Mientras que los cereales base de esos piensos –trigo y cebada– se cultivan mayoritariamente en España, su aporte de proteínas se soluciona con soja, importada principalmente de Brasil y Estados Unidos.

En este contexto, el sector de la alimentación animal tiene un peso económico importante, al conectar directamente la producción agrícola con el sistema ganadero y, en última instancia, con el consumo humano de proteína animal. Sin embargo, su impacto ambiental tampoco es desdeñable. Concentra cerca del 62 % de las emisiones de toda la cadena de valor de la producción cárnica y es el principal contribuyente a la huella de carbono del sector.

Impacto geopolítico y ambiental

Como apuntábamos, la soja se ha convertido en la principal fuente de proteína utilizada en piensos, gracias a su elevado contenido proteico, su perfil equilibrado de aminoácidos y su alta digestibilidad. Es extraordinariamente eficiente desde un punto de vista productivo, sin embargo, genera importantes retos desde una perspectiva ambiental y geopolítica.

Más allá de su cultivo, su mayor impacto comienza incluso antes de que germine la primera planta. Para satisfacer la demanda mundial, se producen cambios en el uso del suelo: ecosistemas con gran biodiversidad como selvas y bosques se transforman en grandes extensiones de monocultivo, a menudo, mediante procesos de deforestación en países del Sur Global.

Europa importa buena parte de su producción y, con ella, también desplaza fuera de sus fronteras parte de los impactos ambientales asociados a su consumo. Al mismo tiempo, esta dependencia de las importaciones ejemplifica los retos geopolíticos asociados, al incrementar la vulnerabilidad del sector ganadero europeo frente a la volatilidad de los mercados internacionales y las diferencias en los marcos reguladores entre los países productores y la Unión Europea.

Por otra parte, el monocultivo de soja genera impactos durante la fase de cultivo, asociados al uso de fertilizantes y al consumo de agua. También deben considerarse las emisiones derivadas del transporte internacional y de su procesamiento para obtener harina de soja y otros subproductos.

Soluciones más sostenibles

Una parte de la solución pasa por impulsar diferentes estrategias, como priorizar la importación de soja producida de forma más sostenible, de acuerdo con los requisitos de la nueva normativa europea contra la deforestación (EUDR).

Además, la inteligencia artificial permite optimizar las necesidades proteicas de los animales mediante estrategias de alimentación de precisión. Por supuesto, otra medida pasa por promocionar el cultivo local de soja, a pesar de los retos que esto conlleva.

Pero la gran pregunta es: ¿hay una alternativa a la soja? Desde otras leguminosas, subproductos agroalimentarios y nuevas fuentes vegetales, hasta insectos, microorganismos y algas, las opciones son muchas e interesantes.

Primeros sustitutos de la soja, en marcha

Los ecopiensos para animales probados en Japón están elaborados con subproductos de la industria agroalimentaria. Tras su tratamiento, se transforman en un alimento seguro y nutritivo, comercializado a mitad del precio de un pienso convencional.

Asimismo, entre las fuentes de proteína vegetal, existen otras leguminosas, como los guisantes, que combinan un buen contenido proteico con una buena adaptación al cultivo local, aunque actualmente su disponibilidad en los mercados es limitada.

También se estudian opciones más innovadoras, como la lenteja de agua (Lemna sp.); una pequeña planta acuática que puede cultivarse en aguas residuales ricas en nutrientes. Este enfoque permite depurar aguas y reducir al mismo tiempo la dependencia de proteínas importadas.

Insectos y microbios

Los insectos están ganando protagonismo como un ingrediente de alto valor añadido para piensos. En Cataluña, ya existe una decena de granjas dedicadas a la producción de mosca soldado negra, gusano de la harina y grillos; tres especies autorizadas para la alimentación animal.

Por último, destacan los microorganismos, un grupo que incluye bacterias, levaduras y microalgas. En Europa, su producción ya se está implementando a escala industrial, con diversas plantas que producen proteínas para la alimentación animal. Uno de sus principales atractivos es la diversidad de sustratos que estos microorganismos pueden aprovechar, incluidos gases como el dióxido de carbono, el metano, el hidrógeno o el amoníaco.

El interés por todas estas alternativas no es solo científico. Los estudios de mercado apuntan a que la mayoría de estos sectores productivos experimentarán un crecimiento económico muy superior al del conjunto de la economía durante la próxima década, impulsados por la demanda de sistemas alimentarios más sostenibles.

El freno regulador

Pese al potencial de todas estas fuentes de proteína como sustituto a la soja, su implantación todavía afronta importantes limitaciones. La principal barrera es la normativa, que acaba repercutiendo en la capacidad de escalado y, por tanto, en el precio de mercado.

El obstáculo más habitual se basa en una regulación basada en el origen o el sustrato de producción, en lugar de centrarse en las características y la seguridad del producto final. Ello limita el aprovechamiento de materia orgánica residual para obtener nuevos productos de valor añadido. Por ejemplo, los insectos pueden transformar una gran diversidad de sustratos orgánicos, como las deyecciones ganaderas, en productos de alta calidad, pero la normativa condiciona el posterior uso de esos insectos como alimento, si el sustrato es clasificado como residuo.

Un reto global

La transición hacia una alimentación animal más sostenible no pasa simplemente por sustituir la soja por otra materia prima. El reto es mucho más amplio: es necesario diversificar las fuentes de proteína disponibles, potenciar su producción sostenible e incorporar los impactos ambientales a los costes de producción –algo que hoy no se suele reflejar en los precios de mercado–.

Al mismo tiempo, la pregunta de fondo no es solo de dónde se obtiene la proteína, sino cuánta se necesita, tanto para cubrir las necesidades de los animales como para satisfacer los patrones de consumo humano. Esto implica repensar los modelos de producción y consumo que determinan su demanda.

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Queralt Güell Bujons ha recibido fondos del Hub de la Bioeconomia de Catalunyarecibe (BIOHUBCAT) para la realización del estudio “Vigilància tecnològica sobre fonts alternatives de proteïna per a una alimentació animal més sostenible”, en cuyos resultados se basa el presente artículo.

Ricard Carreras Ubach recibe fondos de BioHubCat.

Paula Pérez González-Anguiano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Los animales que nos comemos se alimentan con soja, pero hay alternativas más sostenibles – https://theconversation.com/los-animales-que-nos-comemos-se-alimentan-con-soja-pero-hay-alternativas-mas-sostenibles-285087

¿Cómo podemos evitar la salmonelosis este verano?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología, Universidad de Salamanca

El huevo de mesa es la proteína animal más barata, además de un alimento completo y bajo en calorías, que aporta 75 kilocalorías por unidad. La proteína que proporciona es de excelente calidad para los humanos, sobre todo debido a su alta digestibilidad y a una composición en aminoácidos bien equilibrada. Y como no sufre las prohibiciones de la mayoría de las religiones, es un producto alimenticio básico para el ser humano, ampliamente consumido en todo el mundo.

Las cifras de producción lo corroboran: 90 millones de toneladas métricas anuales, lo que equivale a entre 1,3 y 1,6 billones de huevos con cáscara producidos cada año en todo el planeta. Esta asombrosa producción depende de una población mundial de aproximadamente 7 900 millones de gallinas ponedoras. Asia domina la oferta mundial, produciendo entre el 60 % y el 70 % de todos los huevos a nivel mundial.

Por desgracia, los huevos pueden ser una fuente de infecciones por bacterias del género Salmonella en humanos. Y con el verano y las altas temperaturas, este problema se acrecienta. De hecho, Salmonella es una de las cuatro causas principales de enfermedades diarreicas a nivel mundial. Y este escenario lleva años planteando un desafío para las autoridades de salud pública y las industrias avícolas de todo el mundo.

No solo en las tortillas de patatas

En junio de 2025, un importante brote de salmonelosis enfermó al menos a 162 asistentes al festival Trasan Fest en Oza Cesuras, en A Coruña. Veintidós personas requirieron hospitalización. Las autoridades sanitarias vincularon el brote a tortillas de patatas manipuladas y almacenadas incorrectamente, servidas en uno de los puestos de comida del evento.

Todos somos conscientes de que consumir tortillas poco hechas o mayonesa casera en verano supone un riesgo significativo de contraer salmonelosis, ya que los huevos crudos o poco cocidos pueden albergar la bacteria. Sin embargo, solemos obviar el riesgo de consumir untables hechos con huevos crudos (como la mantequilla de huevo), postres preparados sin un paso de cocción efectivo como el tiramisú y bebidas que contienen huevos crudos, como el ponche de huevo o los batidos de alto contenido proteico con huevo crudo.

Por otro lado, y aunque el huevo crudo plantea riesgos importantes, la carne y las aves de corral son responsables de la mayoría de los brotes de salmonelosis, seguidas de las frutas y verduras, los huevos y los productos lácteos.

En la actualidad, en Europa se está produciendo un brote multicéntrico, es decir que la infección se ha detectado en múltiples países europeos al mismo tiempo, de Salmonella Stanley ST2045, vinculado al consumo de fideos aromatizados, con un total de 106 casos confirmados notificados por 13 países y el Reino Unido. Este brote afecta principalmente a niños y adultos jóvenes, y ha provocado al menos 49 hospitalizaciones.

Por qué no debemos lavar los huevos

Anualmente se registran entre 200 millones y 1 000 millones de casos de infecciones por Salmonella, con 93 millones de casos de gastroenteritis y 155 000 muertes. Las personas con mayor probabilidad de desarrollar una infección grave son los ancianos, los niños pequeños y los individuos con sistemas inmunitarios debilitados.

La cáscara representa una barrera para el contenido del huevo contra el ambiente exterior, preservando su calidad y seguridad. La cáscara del huevo es muy porosa, lo que permite el intercambio de humedad y gases con el exterior, pero los microorganismos también pueden penetrar esta barrera.

En la industria avícola, la presencia de Salmonella en los huevos se origina principalmente a través de dos vías de transmisión: vertical y horizontal. La diferencia fundamental radica en el momento y el mecanismo por el cual el patógeno entra en contacto con el producto.

Mientras que la transmisión vertical ocurre antes de la puesta en gallinas infectadas, la horizontal tiene lugar después de la puesta y está relacionada con la contaminación cruzada, cuando la superficie externa de la cáscara entra en contacto con el patógeno presente en el entorno (guantes, nidales, equipos de procesamiento, materiales de empaque, etc.).

No es recomendable lavar los huevos, porque el lavado puede facilitar la transferencia de bacterias dañinas, como la propia Salmonella, desde el exterior de la cáscara al interior.

Serotipos de Salmonella

Los huevos contaminados son una fuente principal de Salmonella enterica, el agente etiológico de la salmonelosis en los humanos, que posee más de 2 500 serotipos. Determinar el serotipo de _Salmonella_ es crucial para la salud pública y el manejo clínico, ya que los diferentes serotipos varían drásticamente en su patogenicidad, fuente de origen y resistencia a los antibióticos.

En Europa, Salmonella enterica serotipo Enteritidis y Salmonella enterica serotipo Typhimurium son dos de los serotipos más comunes asociados con los huevos y los ovoproductos. Ambos provocan salmonelosis, que generalmente se caracteriza por la aparición brusca de fiebre, dolor abdominal, diarrea, náusea y, a veces, vómitos, después de 6 a 48 horas de la ingestión de alimentos contaminados. La duración de la enfermedad puede ser de 4 a 7 días, y alrededor del 5 % de los pacientes pueden desarrollar otros efectos secundarios.

Medidas de precaución

Prevenir la intoxicación por Salmonella requiere pautas rigurosas y es fundamental seguir cuatro reglas básicas que consisten en limpiar, separar, cocinar y enfriar.

Respecto a los huevos, deben ser comprados siempre con la cáscara intacta, conservarse en la nevera sin lavarlos previamente y evitar prácticas de riesgo como cascar el huevo en el borde del plato o usar la cáscara para separar las yemas. A la hora de cocinar, especialmente en verano o si se preparan platos sin tratamiento térmico como mayonesas, alioli o tiramisú, se recomienda cuajar bien el producto o sustituir el huevo crudo por huevo pasteurizado, prestando especial atención a no servir huevo crudo a colectivos vulnerables (embarazadas, niños o ancianos).

Debemos prevenir la contaminación cruzada evitando servir la tortilla con el plato usado para darle la vuelta mientras se elabora. Es prudente consumir las preparaciones de inmediato o refrigerarlas un máximo de dos días.

En el sector de la hostelería, la normativa es aún más estricta, obligando al uso exclusivo de ovoproductos pasteurizados para platos sin cocinar, y limitando el uso de huevo crudo solo a cocinados que alcancen el centro del producto a temperaturas seguras (como 70 °C durante 2 segundos para conservación de 24 horas, o 63 °C durante 20 segundos para consumo inmediato). Además, se exige el registro de la fecha y hora de elaboración. Estas recomendaciones se aplican a diferentes preparaciones a base de huevo, como las tortillas.

En caso de sospecha de un brote, es imperativo acudir a un centro sanitario e informar si los acompañantes presentan los mismos síntomas.

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Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Cómo podemos evitar la salmonelosis este verano? – https://theconversation.com/como-podemos-evitar-la-salmonelosis-este-verano-286868

Élfico, klingon, alto valyrio… ¿Por qué inventamos idiomas y qué nos enseñan sobre el cerebro?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Inka Romero-Ortells Labrada, Investigadora del Centro de Investigación Nebrija en Cognición, Universidad Nebrija

Un manuscrito en élfico escrito en pergamino de seda; el idioma élfico fue creado por Tolkien para _El señor de los anillos_. Luca Lorenzelli/Shutterstock

Cuando pensamos en lenguas inventadas, solemos imaginar mundos de fantasía o ciencia ficción. Pero… ¿alguna vez ha jugado a hablar en el llamado “idioma de la pe”?

Muchos niños han utilizado este código secreto en diferentes épocas. Se llama el jeringozo y consiste en añadir una nueva sílaba con el sonido /p/ y la primera vocal de la sílaba anterior. Por ejemplo, juego se convierte en jue-pu-go-po. Con un poco de práctica, se pueden mantener conversaciones completas.

Sin embargo, la creación de formas de comunicación va más allá de la infancia o el entretenimiento. A lo largo de la historia, hemos inventado o adaptado recursos lingüísticos por necesidad, creatividad o interés científico. Fabricar idiomas también puede ser una ventana para entender cómo funciona el cerebro. Desde los códigos de juego infantiles hasta las lenguas creadas en el laboratorio, todos revelan algo clave sobre nuestra capacidad para aprender nuevas reglas.

Cuando la necesidad obliga: los pidgins

En muchas ocasiones, estos códigos nacen de situaciones de contacto entre culturas, no de un despacho. Cuando dos comunidades que no comparten un idioma necesitan comunicarse para comerciar o convivir, surge una variedad lingüística simplificada llamada pidgin.

El origen del término pidgin suele atribuirse a la pronunciación en chino de la palabra business (negocio). Estas lenguas de contacto toman gran parte de su vocabulario de la lengua socioeconómicamente dominante, pero reducen y reorganizan su gramática para facilitar la comunicación. Por lo tanto, ante una necesidad comunicativa, encontramos reglas compartidas.

Lenguas planificadas: cuando la estructura importa

No todas las lenguas artificiales surgen de la improvisación. Algunas se diseñan con una arquitectura completa, como si fueran obras de ingeniería. Para funcionar como lengua no bastan palabras nuevas, hacen falta reglas para combinarlas y una comunidad de hablantes.

Un ejemplo es el de las lenguas élficas creadas por J. R. R. Tolkien. Antes de escribir sus novelas y poner a los personajes a hablar, Tolkien, que era filólogo, ya había desarrollado la gramática, la evolución histórica y los sonidos de los idiomas. Quería que estos fueran tan consistentes como las lenguas naturales.

Algo parecido ocurrió con el esperanto, creado en 1887 por L. L. Zamenhof. Su intención era diseñar una lengua auxiliar internacional fácil de aprender, con reglas claras y sin excepciones. Hoy en día cuenta con una comunidad de hablantes en todo el mundo.

Un caso distinto es el klingon, creado en los años 80 del siglo pasado para la serie de televisión Star Trek. El lingüista Marc Okrand diseñó sonidos inusuales y un orden de palabras poco común (objeto–verbo–sujeto) para que sonara como un idioma extraterrestre.

El klingon resulta interesante porque, a diferencia del esperanto, nació para una ficción concreta, y a partir de las necesidades del guion. Esto muestra que una lengua inventada puede tener objetivos muy distintos, desde facilitar la comunicación internacional hasta construir un mundo imaginario creíble.

¿Qué dice la neurociencia sobre las lenguas inventadas?

Durante años no estaba claro cómo reaccionaba el cerebro ante lenguas artificiales. Para contestar esta pregunta, un estudio del Instituto Tecnológico de Massachusetts examinó, mediante resonancia magnética funcional, la actividad cerebral de personas que dominaban varias de ellas.

Los resultados fueron claros. Si las personas hablan con fluidez una lengua artificial (como el esperanto, el klingon, el na’vi de Avatar y el alto valyrio o el dothraki de Juego de tronos), el cerebro la procesa como una lengua natural. Es decir, activa con ella las mismas redes neuronales.

Pero para que el cerebro la considere lengua, esta debe permitir expresar significados sobre el mundo, sobre otras personas o sobre nuestros propios estados mentales. Por eso, los lenguajes de programación, aunque tienen reglas estrictas, activan redes neuronales distintas.

Lenguas artificiales en el laboratorio

Esta capacidad para aprender lenguas nuevas no es solo curiosidad. También es una herramienta científica muy útil. En psicolingüística, es relativamente habitual crear minilenguas artificiales para estudiar cómo aprende la mente humana.

Estas minilenguas tienen reglas simples y un vocabulario inventado. Gracias a ello, los investigadores pueden observar cómo las personas detectan patrones y aprenden estructuras nuevas sin la influencia ni el “ruido” de su lengua materna. Sorprendentemente, la facilidad con la que se aprenden estas lenguas artificiales predice con bastante exactitud la capacidad de aprender idiomas reales.

Un espejo de nuestra arquitectura mental

Todos estos escenarios revelan algo común: el cerebro busca constantemente patrones, significado e intención comunicativa.

La ciencia nos recuerda, así, un poderoso mensaje. Más allá de la diversidad de idiomas del mundo, compartimos una misma arquitectura mental para aprender y usar el lenguaje. Si una forma de comunicación tiene reglas y sirve para compartir ideas, nuestro cerebro puede adoptarla y convertirla en una herramienta para pensar, relacionarnos y construir conocimiento.


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ref. Élfico, klingon, alto valyrio… ¿Por qué inventamos idiomas y qué nos enseñan sobre el cerebro? – https://theconversation.com/elfico-klingon-alto-valyrio-por-que-inventamos-idiomas-y-que-nos-ensenan-sobre-el-cerebro-285004

El fuego de cada verano: impacto socioeconómico y medioambiental de los incendios forestales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julián Briz Escribano, Catedrático emérito, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

Imagen del incendio en los alrededores de El Tiemblo (Ávila) el pasado 27 de julio. Victor Sanchez G/Shutterstock

Viene siendo habitual que los veranos se conviertan en crisoles activos de catástrofes naturales en las que intervienen las olas de calor, los incendios y las inundaciones. Centrándonos en los incendios forestales, como los que están afectando de forma virulenta a España y Francia en el verano de 2026, el aumento de las temperaturas, las sequías prolongadas y las olas de calor asociadas al cambio climático están incrementando tanto su frecuencia como su intensidad.

A estos factores medioambientales se suman la despoblación de las zonas rurales, la acumulación de vegetación combustible y determinadas actividades humanas, ya sean accidentales o intencionadas, que hacen que cada año se registren en España miles de incendios forestales, cuyos efectos repercuten tanto en el medio natural como en la economía y la sociedad. No obstante, son muy pocos los que provocan los peores daños: según Greenpeace, el 0,77 % de los incendios de 2025 (65 de más de 8 000) fue responsable del 86 % de la superficie quemada.




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Impacto medioambiental

Los incendios forestales provocan una profunda alteración de los ecosistemas. En primer lugar, destruyen extensas superficies de vegetación, reduciendo la capacidad de los bosques para captar dióxido de carbono (CO₂) y contribuir a la regulación del clima. Además, la combustión libera grandes cantidades de gases de efecto invernadero, reforzando el proceso de cambio climático.

La biodiversidad también resulta gravemente afectada. Numerosas especies animales pierden sus hábitats, zonas de reproducción y fuentes de alimentación. Algunas poblaciones pueden tardar décadas en recuperarse, especialmente cuando los incendios afectan a espacios naturales protegidos o a especies amenazadas.

Otro impacto relevante es la degradación del suelo. Las elevadas temperaturas destruyen la materia orgánica y los microorganismos responsables de mantener la fertilidad del terreno. Posteriormente, la ausencia de cobertura vegetal incrementa el riesgo de erosión y desertificación, especialmente en las zonas mediterráneas, donde las lluvias torrenciales favorecen el arrastre de sedimentos.

La calidad del aire también se deteriora debido a la emisión de partículas en suspensión y gases contaminantes que afectan a la salud de la población, especialmente a personas mayores, niños y personas con enfermedades respiratorias. Asimismo, las cenizas pueden contaminar ríos, embalses y acuíferos, alterando la calidad del agua y los ecosistemas acuáticos.




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Impacto socioeconómico

La gestión de los incendios forestales cuesta dinero. Las administraciones públicas (nacional, autonómicas y locales) destinan cada año millones de euros a labores de prevención, vigilancia, extinción y restauración ambiental. Estos costes incluyen medios aéreos, brigadas forestales, reconstrucción de infraestructuras y recuperación de espacios naturales.




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El sector agrícola y ganadero también experimenta importantes perjuicios por la pérdida de cultivos, pastos, explotaciones e infraestructuras rurales. Se estima que los fuegos de 2025 quemaron en torno al 9 % de tierras de uso agrícola. Igualmente, la actividad forestal disminuye por la destrucción de recursos madereros y otros productos derivados del bosque.

El turismo es otro de los sectores afectados, especialmente en aquellas regiones donde los espacios naturales constituyen uno de los principales atractivos económicos. La destrucción del paisaje reduce la llegada de visitantes y repercute negativamente en hoteles, restaurantes y pequeños comercios. Solo un dato: los incendios forestales del verano pasado en Asturias hicieron perder cerca del 10 % de las reservas a los alojamientos rurales.

Desde el punto de vista social, los desastres naturales provocan evacuaciones, pérdida de viviendas, daños psicológicos y, en los casos más graves, víctimas mortales.

Y para cerrar el círculo, el abandono progresivo del medio rural favorece la acumulación de combustible vegetal, aumentando el riesgo de nuevos incendios y generando un círculo vicioso entre despoblación y degradación ambiental.




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Medidas para la recuperación

La recuperación de las zonas afectadas requiere actuaciones coordinadas entre las administraciones públicas, los expertos y la población local. En el ámbito socioeconómico, las administraciones deben ofrecer ayudas a las personas afectadas, impulsar la reconstrucción de infraestructuras y promover actividades económicas sostenibles que favorezcan el desarrollo rural.

Sin embargo, la mejor estrategia sigue siendo la prevención. La Ley de Montes establece la obligación de realizar una adecuada gestión forestal mediante la limpieza de montes, la creación de cortafuegos, la planificación del territorio y el desarrollo de campañas de sensibilización ciudadana.

La vigilancia permanente, el uso de tecnologías de detección temprana y la gestión sostenible de los ecosistemas forestales son herramientas fundamentales para reducir el riesgo de incendios forestales.

Mejorar la gestión

Los fuegos en los bosques representan un enorme reto medioambiental y socioeconómico con consecuencias directas en la biodiversidad, los recursos naturales, la economía rural y la calidad de vida de la población a largo plazo.




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En un contexto de cambio climático, resulta imprescindible fortalecer las políticas de prevención, mejorar la gestión forestal y desarrollar estrategias de restauración ecológica sostenibles.

Es un dicho popular que los incendios se empiezan a apagar en invierno. No hay que esperar a las olas de calor veraniegas.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. El fuego de cada verano: impacto socioeconómico y medioambiental de los incendios forestales – https://theconversation.com/el-fuego-de-cada-verano-impacto-socioeconomico-y-medioambiental-de-los-incendios-forestales-288571

Por qué la geopolítica decide hoy el futuro de las universidades

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Borja Santos Porras, Associate Dean and Professor – IE School of politics, economics and global affairs, IE University

La movilidad estudiantil se asocia cada vez más al poder de un país. Media_Photos/Shutterstock

Durante décadas, las instituciones educativas se beneficiaron de una idea que rara vez se cuestionaba: el mundo avanzaba hacia una mayor integración y cooperación. La movilidad estudiantil internacional crecía, la colaboración en investigación florecía a través de las fronteras y la academia operaba dentro de un mercado global de talento e ideas. Aunque los gobiernos competían por influencia económica y política, la educación superior era considerada un bien universal, impulsado por la apertura, el intercambio y la cooperación. Hoy, esa idea está siendo puesta a prueba.

La rivalidad entre grandes potencias, la fragmentación de la globalización, la creciente inflación y la inteligencia artificial están redefiniendo las condiciones bajo las que los centros educativos están acostumbrados a operar.

Lo que antes se consideraban factores externos como la geopolítica, la economía global o la tecnología se han convertido en piezas clave que transforman la educación desde dentro. Como resultado, las instituciones educativas están dejando de ser vistas únicamente como espacios de formación e investigación para convertirse en herramientas de competitividad e influencia geopolítica

Economía del talento y poder

La movilidad estudiantil, la atracción de talento y los avances científicos y tecnológicos se han convertido en elementos cada vez más asociados con el poder de un país. Por ello, naciones como Estados Unidos, China, Reino Unido o los Emiratos Árabes han dedicado enormes recursos para captar talento y liderar la carrera en innovación. A esto se le conoce como la economía del talento: un modelo basado en el capital humano, la innovación y el conocimiento como impulsores del desarrollo económico. Los países que atraigan, formen y retengan a las mentes más brillantes serán los que lideren la economía global.

Para las universidades, este cambio es relevante porque, si bien la misión central de la educación superior permanece inalterada, el entorno en el que la persiguen está cada vez más condicionado por la competencia geopolítica y la disrupción.

Políticas migratorias y estudiantes extranjeros

Los primeros indicios de ello ya son evidentes. Aunque el número de estudiantes internacionales en el mundo creció de 2,1 millones en 2000 a casi 6,9 millones en 2022, muchos de los principales países de destino han comenzado a endurecer sus políticas migratorias. En Estados Unidos, La tasa de rechazo del visado F-1 –para estudiantes– alcanzó el 35 % en 2025, lo que contribuyó a una caída del 17 % en el número de estudiantes internacionales entrantes.

Por su parte, países como Canadá y Australia también han introducido medidas orientadas a limitar la entrada de estudiantes extranjeros.

La contradicción en Estados Unidos y Canadá entre competir por el talento global y, al mismo tiempo, restringir la entrada de estudiantes internacionales responde a cuatro lógicas: selectividad, seguridad nacional (impedir fuga de conocimiento sensible), capacidad doméstica (el recorte canadiense responde a la presión sobre vivienda) y economía política interna. Aunque no buscan abandonar la carrera por el talento, su efecto conjunto puede lograrlo: mientras algunos países filtran, otros captan sin esas restricciones.

Colaboraciones en investigación bajo la lupa

En el ámbito de la investigación, las restricciones impuestas por Estados Unidos o la Unión Europea han convertido colaboraciones internacionales en investigación en cuestiones de seguridad nacional, lo que restringe las colaboraciones que se puedan llevar a cabo.

Estas medidas además están limitando el flujo de talento del que dependen los gobiernos para seguir siendo competitivos en áreas estratégicas como la IA, semiconductores y biotecnología.




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Cambios demográficos

Los cambios demográficos también están redibujando el mapa global del talento. África representará más de la mitad del crecimiento poblacional mundial para 2050, con su población en edad de trabajar representando el 85 % del incremento en la fuerza laboral global. Sin embargo, las universidades occidentales no están logrando captar este potencial.

Las barreras son estructurales: las elevadas tasas de matrícula, las becas limitadas, la inestabilidad y las restrictivas políticas de visados excluyen o disuaden a la mayoría de los estudiantes africanos. Las brechas en el reconocimiento de titulaciones filtran además a candidatos cualificados antes incluso de que presenten su solicitud. En Asia Oriental, la dinámica es diferente: las barreras son algo menos financieras que culturales y pedagógicas.




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Mientras tanto, las alternativas sur-sur crecen con rapidez: China, Turquía y diversos centros regionales compiten activamente por el talento africano mediante estrategias deliberadas de becas y poder blando.

Estas tendencias sugieren que las universidades occidentales corren el riesgo de perder la bolsa de talento más significativa de las próximas décadas.

Financiación universitaria

Varias fuerzas económicas están cambiando radicalmente la sostenibilidad y crecimiento del sector educativo, obligando a las instituciones a replantearse cómo financiarán su futuro.

La primera de ellas es la inflación. Las instituciones educativas se enfrentan a una creciente presión financiera: luchan por cubrir los costos adicionales con ingresos cada vez menores. La inflación global superó el 8 % en 2022, el nivel más elevado en décadas, encareciendo tanto la operación de los campus como la capacidad de las familias para financiar una educación internacional.

En Estados Unidos, el coste de la educación universitaria se ha triplicado desde 1980. Solo en 2022, los gastos institucionales aumentaron un 14.9 %, mientras que los ingresos disminuyeron un 5.4 %. En Reino Unido, casi la mitad de las universidades enfrentan déficits fiscales, derivados principalmente por la disminución de estudiantes internacionales y el aumento de costes.

Deuda pública y presupuestos

A esto se suma una creciente tendencia a la reducción de los presupuestos estatales en materia de educación pública. Muchos gobiernos, especialmente en el sur global, cuentan con recursos cada vez más limitados para salud, pensiones y educación. En 2023, más del 40 % de la población mundial vivía en países que destinaban más de sus presupuestos al pago de la deuda externa que a educación o salud.

El Banco Mundial ha demostrado que un aumento del 1 % en la deuda externa se asocia con una disminución del 2,9 % en la inversión por niño en edad escolar. Esto ha creado una paradoja en la financiación para la educación: cuanto mayor es la deuda, menor es la capacidad de invertir en las futuras generaciones.

El impacto del tipo de cambio

La volatilidad del tipo de cambio también está alterando quiénes pueden acceder a una educación internacional. Para miles de estudiantes procedentes de economías con monedas inestables, el contexto macroeconómico se ha vuelto parte de sus decisiones.

Un 51 % de los estudiantes internacionales reconsideraron sus estudios debido a fluctuaciones en los tipos de cambio, mientras que 4 de cada 10 manifestaron no tener suficientes recursos para afrontar el aumento del coste de vida en sus países de destino.

Crisis de modelo

Pero incluso si las instituciones logran adaptarse a las nuevas realidades geopolíticas y económicas, ahora nos enfrentamos a una cuestión más profunda: ¿el modelo educativo sigue siendo el adecuado para responder a las nuevas realidades?

La inteligencia artificial ahora está redefiniendo la relación entre educación y empleabilidad. Según el Foro Económico Mundial, el 39 % de las habilidades laborales se transformarán o quedarán obsoletas y el 59 % de la fuerza laboral necesitará recualificación de sus habilidades para 2030. Al mismo tiempo, la automatización está comenzando a afectar especialmente los empleos para recién graduados, los cuales se han reducido en un 29 % desde 2024.

Esta transformación también está cambiando la manera en que las empresas captan talento. En 2024, alrededor del 45 % de las compañías eliminaron requisitos de un título universitario para muchas de sus vacantes, poniendo en duda si un título universitario es ahora garantía suficiente para las nuevas realidades del mercado laboral. La cuestión, por lo tanto, ya no es qué enseñan las instituciones, sino qué valor añadido ofrecen en un mundo donde la tecnología está reemplazando cada vez más nuestras labores.

El papel de las universidades hoy

Las instituciones educativas han sobrevivido guerras, crisis económicas y revoluciones tecnológicas. Lo singular de este momento es que estas tres presiones han convergido y se están reforzando mutuamente. La geopolítica restringe la movilidad y fragmenta la colaboración científica. La economía erosiona la sostenibilidad financiera de las instituciones y el acceso de los estudiantes. La tecnología cuestiona la empleabilidad misma del título universitario. El desafío no es solo gestionar cada una de estas fuerzas por separado, sino entender que actúan de forma simultánea y sistémica.

Esta convergencia también plantea una pregunta más fundamental sobre el papel de las universidades en un mundo en el que el talento, el conocimiento y la innovación se han convertido en activos estratégicos nacionales. A medida que los gobiernos tratan cada vez más la educación superior como un instrumento de competencia geopolítica, las universidades se enfrentan a una elección: convertirse en instrumentos pasivos de la estrategia nacional o definir activamente los términos de su propia relevancia.

Las instituciones que más importarán en las próximas décadas no son necesariamente las que cuentan con los mayores fondos patrimoniales o las reputaciones más antiguas, sino aquellas que se posicionen como verdaderos intermediarios globales de talento y conocimiento, construyendo puentes donde la geopolítica levanta muros, ampliando el acceso donde la economía lo contrae y desarrollando capacidades humanas que la tecnología no puede reemplazar.

The Conversation

Borja Santos Porras no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué la geopolítica decide hoy el futuro de las universidades – https://theconversation.com/por-que-la-geopolitica-decide-hoy-el-futuro-de-las-universidades-286465