Canicule : quelles protections le droit offre-t-il aux travailleurs ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Michel Miné, Professeur du Cnam, titulaire de la chaire Droit du travail et droits de la personne, Lise/Cnam/Cnrs, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Ce qu’il faut retenir :

· Tout employeur doit évaluer les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense et mettre en œuvre une politique de prévention.
· Des seuils de 28 °C, 30 °C et 33 °C sont reconnus pour la préservation de la santé des travailleurs.
· En cas de carence de l’entreprise, les salariés peuvent compter sur le CSE, les médecins du travail, l’inspection du travail ou les préfets.


Comme l’indique le ministre du Travail, le changement climatique entraîne la survenue de vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Elles constituent désormais une réalité affectant chaque année les personnes au travail, plus particulièrement les « premiers de corvée » qui œuvrent à l’extérieur ou exercent leurs métiers dans des lieux où la température est déjà élevée.

De fortes dégradations des conditions de travail et de la santé des salariés sont constatées : aggravation de la pénibilité, malaises, déshydratation, risques psychosociaux dus aux situations de tension, coups de chaleur, accidents liés à l’altération de la vigilance et surmortalité au travail.

Des accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur sont notifiés par le ministère du Travail : sept en 2024 et neuf en 2025. La majorité est survenue dans le cadre d’une activité professionnelle de construction et travaux (BTP) ou d’agriculture. Des enquêtes sont en cours concernant des accidents du travail mortels survenus en mai et juin 2026.

Alors, que dit le droit ?

Nouvelles règles

Le décret du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur constitue une première étape de l’adaptation du code du travail aux nouvelles réalités climatiques. Un arrêté du 27 mai 2025 détermine le niveau de danger de chaque vague de chaleur, épisode de chaleur intense et période de canicule, par le biais du dispositif de vigilance élaboré par Météo-France – niveaux de vigilance jaune, orange ou rouge.

En application de son obligation légale de sécurité, tout employeur est « obligé d’assurer la sécurité et la santé des travailleurs dans tous les aspects liés au travail ».

L’employeur doit évaluer les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur, avec la contribution des représentants des travailleurs au comité social et économique (CSÉ).

Puis le document unique d’évaluation des risques professionnels répertorie les risques liés aux fortes chaleurs, pour chaque unité de travail en tenant compte de l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe. Ce DUERP est accessible à tous les travailleurs concernés dans l’entreprise.

Politique de prévention

Dans le prolongement, l’employeur doit définir et mettre en œuvre, après consultation des élus du CSE, une politique de prévention efficace pour protéger les salariés au regard de ces risques.

Dans chaque entreprise d’au moins cinquante salariés, un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT) fixe « la liste détaillée des mesures devant être prises au cours de l’année à venir au regard de ces risques, précisant pour chaque mesure ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultat et l’estimation de son coût, ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre ».

Selon la démarche de prévention primaire, qui s’attaque aux causes des risques, prévues par la loi et par un accord national interprofessionnel, l’employeur doit en premier lieu « éviter le risque », éviter la rencontre de l’être humain avec le danger constitué par les fortes chaleurs, « Combattre le risque à la source » et « Adapter le travail à l’homme » (les méthodes de travail notamment).

Ne pouvant supprimer le danger, il doit limiter l’exposition des travailleurs par différentes mesures :

  • « La mise en œuvre de procédés de travail ne nécessitant pas d’exposition à la chaleur » ;

  • « Des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées » ;

  • « L’adaptation de l’organisation du travail, et notamment des horaires de travail, afin de limiter la durée et l’intensité de l’exposition et de prévoir des périodes de repos » avec par exemple la modification des horaires en commençant plus tôt – si les moyens de transport le permettent –, l’allongement des durées des pauses, etc.

Adaptation aux secteurs d’activité

Le travail est à adapter suivant les secteurs.

En complément, selon la démarche de prévention secondaire, qui s’attaque aux effets des risques, l’employeur doit mettre à disposition des travailleurs de « l’eau potable fraîche », des « équipements de protection individuelle », etc.

Le recours au télétravail peut permettre d’éviter des conditions de transport en commun éprouvantes, mais n’est pas une solution satisfaisante pour les salariés dont les logements sont encore plus mal isolés que leurs bureaux.

Quand un département est placé en vigilance orange ou rouge, les entreprises dont l’activité est affectée par la canicule peuvent solliciter le bénéfice de l’activité partielle.

Des dispositions spécifiques sont prévues par le Code rural et pour le bâtiment et les travaux publics, notamment le régime d’indemnisation intempéries applicable lors des canicules.

En revanche, les travailleurs dits indépendants qui livrent des repas à domicile, sous la subordination des plateformes numériques, sont oubliés.

Le code du travail peut être complété par des dispositions conventionnelles, de branche et d’entreprise, portant sur la prévention de l’exposition aux « températures extrêmes ».

Par ailleurs, des dispositions seraient à abroger comme le décret permettant de supprimer le repos hebdomadaire pendant les périodes de vendanges, les températures pouvant alors être élevées et la durée hebdomadaire du travail portée à 60 heures.

Seuil de 28 °C, 30 °C et 33 °C

Des textes réglementaires demeurent à préciser pour devenir opérationnels et assurer la protection effective des travailleurs. En voici quelques illustrations.

Dans les locaux fermés où les travailleurs sont appelés à séjourner, l’air est renouvelé de façon à « éviter les élévations exagérées de température ». Aucune indication précise n’y figure.




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Et encore, dans le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP), « il est interdit d’affecter les jeunes aux travaux les exposant à une température extrême susceptible de nuire à la santé ». À quel niveau se situe cette « température extrême » ?

Pour l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), la chaleur peut constituer un risque professionnel ayant de graves effets sur la santé, augmentant les risques d’accidents du travail. Les seuils sont de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique. Le travail au-dessus de 33 °C présente des dangers pour la santé des travailleurs.

La CNAMTS préconise l’évacuation des locaux au-delà de 34 °C, en cas d’« arrêt prolongé des installations de conditionnement d’air dans les immeubles à usage de bureaux ».

En cas de température « élevée », au regard notamment des recommandations de l’INRS, et de carence de l’entreprise en matière de prévention, plusieurs droits peuvent être mobilisés pour protéger la santé des travailleurs.

Droit d’alerte des élus du CSE

Tout représentant des travailleurs au CSE peut déclencher un droit d’alerte pour « danger grave et imminent ». L’employeur doit procéder immédiatement à une enquête avec l’élu du CSE et prendre les mesures nécessaires pour permettre aux travailleurs « d’arrêter leur activité et de se mettre en sécurité en quittant immédiatement le lieu de travail. »

En cas de divergence sur la réalité du danger ou la façon de le faire cesser, le CSE est réuni d’urgence, dans un délai n’excédant pas 24 heures. À défaut d’accord entre l’employeur et la majorité du CSE sur les mesures à prendre, l’inspection du travail est saisie immédiatement par l’employeur.

Actions du médecin du travail, de l’inspection du travail et de préfets

Lorsque le médecin du travail constate la présence d’un risque comme une température élevée pour la santé de travailleurs, « il propose par un écrit motivé et circonstancié des mesures visant à la préserver ». « L’employeur prend en considération ces propositions et, en cas de refus, fait connaître par écrit les motifs qui s’opposent à ce qu’il y soit donné suite ».

L’inspecteur du travail lorsqu’il « constate un risque sérieux d’atteinte à l’intégrité physique d’un travailleur » résultant de l’inobservation de certaines dispositions du code du travail peut saisir le juge judiciaire statuant en référé pour voir « ordonner toutes mesures propres à faire cesser le risque » telles que la fermeture temporaire d’un atelier ou chantier.

Sur le rapport de l’inspection du travail constatant une situation dangereuse, le directeur régional du travail peut mettre en demeure l’employeur de prendre « des mesures ou actions de prévention du risque professionnel lié à l’exposition aux épisodes de chaleur intense ». Cette procédure qui prévoit un délai de mise en conformité de 8 jours n’a pas d’effet immédiat sur la situation des travailleurs concernés.

Lors de la canicule en juin, des arrêtés préfectoraux ont décidé de suspendre les activités de chantier dans le secteur du BTP, réalisées en extérieur, entre 12 heures et 20 heures ou entre 13 heures et 22 heures, pendant toute période de vigilance rouge. Ces arrêtés sont fort pertinents et révèlent les insuffisances de la législation.

Il serait en particulier nécessaire d’étendre le pouvoir d’arrêt temporaire de travaux des Inspecteurs du travail, déjà prévu dans différentes situations (chute de hauteur, etc.), au risque causé par les températures élevées.

Droit de retrait et droit à réparation

Le salarié peut de sa propre initiative se retirer de « toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ».

Il peut le faire en fonction de son appréciation subjective du danger lié à la chaleur, selon ses paramètres personnels (état de santé, sexe, âge, etc.), au regard des mesures préventives prises ou non par l’entreprise, des horaires de travail, etc. Le salarié continue alors de percevoir sa rémunération et ne peut être ni sanctionné ni licencié.

En cas de dégradation de la santé causée par l’exposition à de fortes chaleurs, dans tout contentieux, civil, social ou pénal, le Document unique d’évaluation des risques professionnels, conservé par l’employeur pendant 40 ans, sera examiné. Les carences de l’employeur en matière d’évaluation et de prévention pourront donner lieu à réparation indemnitaire pour les salariés, notamment par le biais de la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, et à sanction pour l’entreprise défaillante (le défaut de tenue ou de mise à jour est sanctionné par une amende administrative ou pénale.

The Conversation

Michel Miné est membre du Réseau académique de la Charte sociale européenne (RACSE).

ref. Canicule : quelles protections le droit offre-t-il aux travailleurs ? – https://theconversation.com/canicule-quelles-protections-le-droit-offre-t-il-aux-travailleurs-287609

Qu’arrive-t-il à votre sang lorsque vous êtes stressé ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Lewis Fall, Senior Lecturer in Human Physiology, University of South Wales

Le stress a aussi des effets sur de sang, et ils surviennent rapidement. PeopleImages/Shutterstock

L’ESSENTIEL
  Le stress psychologique aigu augmente la production de radicaux libres ;
  Ces molécules déclenchent une cascade de modifications qui vont influer sur la coagulation sanguine ;
  Ces travaux préliminaires pourraient ouvrir de nouvelles pistes pour diminuer le risque cardiovasculaire.
  


« C’est dans la tête. »

Nous avons tous déjà entendu cette phrase.

Lorsque les échéances professionnelles s’accumulent, que les soucis financiers persistent ou qu’une prise de parole en public imprévue se profile, nous avons tendance à considérer l’anxiété sous un angle purement psychologique – une épreuve que l’on surmonterait à force de volonté.

Mais notre organisme ne sépare pas le psychologique du physique. Le cerveau n’est pas une île, et l’anxiété ne reste pas confinée entre nos deux oreilles. Elle déclenche une cascade de modifications biochimiques rapides, qui se propagent dans la circulation sanguine et affectent l’organisme de manière mesurable.

Mes collègues et moi-même avons, dans une nouvelle étude, capturé en temps réel ce lien entre le corps et l’esprit en temps réel. En soumettant des volontaires en bonne santé à un test de stress mental aigu en laboratoire, nous avons découvert que ce dernier agit comme un véritable catalyseur, au sens chimique du terme. En quelques minutes, il augmente la production de molécules hautement réactives appelées radicaux libres. Ces molécules modifient à leur tour la manière dont se forment les caillots sanguins.

Pour le dire autrement : le stress psychologique peut physiquement agir sur le sang, le remodelant et le rendant plus susceptible de coaguler.

Les scientifiques savent depuis des décennies que le stress chronique est néfaste pour le cœur. De vastes études de population ont, à de nombreuses reprises, identifié le stress émotionnel comme étant un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. En revanche, la manière précise dont une émotion pouvait mener à des modifications biologiques susceptibles d’accroître le risque cardiovasculaire demeurait moins claire.

Des perturbations de l’hémostase

Lorsque nous subissons un stress psychologique, l’équilibre délicat de l’hémostase – le système qui maintient la fluidité du sang tout en le préparant à prévenir les saignements en cas de besoin – se trouve perturbé. Le sang évolue alors vers ce que les scientifiques appellent un état d’hypercoagulabilité, autrement dit une propension accrue à coaguler.

Au sein de la communauté scientifique, le mécanisme à l’origine de ce phénomène demeurait sujet à débat.

Selon certains chercheurs, l’activation du système immunitaire par le stress provoquerait une inflammation généralisée. Pour d’autres, tenants de l’hypothèse de l’hémoconcentration, le stress concentrerait le sang à mesure que la tension artérielle augmente.

Avec mes collègues, nous soupçonnions qu’il pouvait exister une autre explication : le véritable instigateur de ces changements serait le stress oxydant, que l’on peut voir comme une « explosion » de radicaux libres. Déclenchée par la réponse fondamentale de l’organisme au stress, celle-ci agirait comme un interrupteur capable de modifier directement, en amont, les propriétés structurelles du sang.

Mettre le stress à l’épreuve

Pour tester cette hypothèse, nous avons mené une étude croisée randomisée et contrôlée auprès de huit jeunes hommes en bonne santé, âgés de 18 à 30 ans.

Cet échantillon peut sembler étonnamment restreint, mais les expériences qui examinent les modifications biologiques chez des sujets humains, dans des conditions de laboratoire rigoureusement contrôlées, sont complexes, chronophages et coûteuses. Plutôt que de rechercher des tendances généralisables à l’échelle d’une population, ce type d’étude vise avant tout à mettre au jour les mécanismes sous-jacents à l’œuvre dans l’organisme.

Chaque participant s’est rendu deux fois dans notre laboratoire, à une semaine d’intervalle. Lors d’une de ces deux visites, il restait au repos, tranquillement assis. Lors de l’autre, il se soumettait au test de stress social de Trèves, la référence, dans le domaine de la recherche, en matière d’induction d’un stress psychologique aigu. L’ordre des deux visites était entièrement aléatoire.

Ce test, qui reproduit les pressions sociales du quotidien, est délibérément inconfortable. Les participants disposaient de cinq minutes pour préparer un discours avant de le prononcer devant une caméra et un jury au visage impassible. Juste avant qu’ils ne commencent à parler, leurs notes leur étaient retirées.

Immédiatement après cette épreuve, on leur demandait de réaliser un exercice de calcul mental, en comptant à rebours à partir de 2003 par intervalles de 17. À la moindre erreur, ils devaient recommencer depuis le début.

Nous avons prélevé des échantillons sanguins immédiatement avant et après chacune des deux séances. Pour mesurer les radicaux libres, nous avons eu recours à une technique très sensible, la spectroscopie de résonance paramagnétique électronique. Nous avons également analysé la structure des caillots sanguins au moment de leur formation, ce qui nous a permis d’observer l’effet du stress sur le sang à l’échelle microscopique.

Photo d’un homme à l’air stressé.
Le cerveau n’est pas une île, et l’anxiété ne reste pas confinée entre nos deux oreilles.
PeopleImages/Shutterstock

Des modifications biologiques conséquentes

Les résultats que nous avons obtenus se sont révélés frappants. Lors de la séance de repos, la chimie sanguine des participants est restée stable. Après le test de stress, en revanche, deux phénomènes se sont produits simultanément : le taux de radicaux libres a augmenté et la structure des caillots sanguins s’est trouvée entièrement transformée.

Nous avons observé une hausse du radical libre ascorbate, le marqueur du stress oxydant que nous avions choisi. Celle-ci indique que le stress émotionnel accroît rapidement le stress oxydant dans l’organisme. Dans le même temps, les caillots en formation sont devenus plus volumineux, plus denses et la fibrine – les fibres protéiques qui confèrent au caillot son armature – y était plus étroitement compactée. Nous avons également relevé des indices montrant que le stress activait une composante du système de coagulation appelée voie intrinsèque.

Autre point tout aussi important à souligner : nous n’avons trouvé aucune preuve que le stress modifiait la viscosité ou la densité du sang. Ce résultat remet en question l’idée selon laquelle le stress agirait principalement en concentrant le sang.

Nos observations suggèrent au contraire que le stress modifie la qualité et l’architecture même du caillot. Elles apportent de nouveaux éléments montrant que même de brèves périodes de stress psychologique peuvent déclencher des modifications biologiques rapides associées à un potentiel de coagulation accru.

D’autres recherches seront nécessaires

Si nos travaux fournissent des indices importants sur la manière dont le stress psychologique affecte l’organisme, leurs résultats doivent être interprétés avec la prudence qui s’impose. Ils ne signifient pas que les personnes qui vivent une présentation professionnelle stressante ou une journée de travail difficile seront immédiatement victimes d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral. Les maladies cardiovasculaires surviennent dans des contextes bien plus complexes que cela.

En outre, cette étude n’ayant porté que sur huit jeunes hommes en bonne santé, pour déterminer la portée de ces résultats, d’autres travaux devront être menés sur des cohortes plus vastes, incluant des femmes, des personnes âgées et des personnes atteintes de maladies cardiovasculaires.

Ces découvertes pourraient néanmoins ouvrir de nouvelles pistes pour réduire le risque cardiovasculaire. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les aspects psychologiques du stress, de futures recherches pourraient tenter de cibler les voies biochimiques sous-jacentes, afin de déterminer si cela permettrait de protéger le système cardiovasculaire de certains effets physiques.

The Conversation

Lewis Fall ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Qu’arrive-t-il à votre sang lorsque vous êtes stressé ? – https://theconversation.com/quarrive-t-il-a-votre-sang-lorsque-vous-etes-stresse-286281

Covid long : et si ce n’était pas une seule maladie, mais plusieurs ?

Source: The Conversation – in French – By David Smadja, Professeur des Universités – Praticien hospitalier, Hopital Europeen Georges Pompidou, Université Paris Cité

L’ESSENTIEL
  Les causes du Covid long, un syndrome post-infectieux qui affecte des millions de personnes dans le monde, demeurent mal comprises ;
  Des travaux récents suggèrent que deux mécanismes pourraient participer au Covid long : une anomalie dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et une inflammation de leur paroi interne ;
  Cibler une molécule intervenant dans la formation des vaisseaux sanguins pourrait améliorer certains symptômes du Covid long. Un essai clinique baptisé BASECOVID est en cours de lancement pour tester cette hypothèse.
  


Le syndrome post-Covid-19, communément désigné sous l’expression « Covid long », est désormais officiellement reconnu comme une complication chronique de l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2. Il est susceptible de survenir après des formes initiales de la maladie de gravité variable, y compris chez des patients ayant présenté une infection aiguë peu sévère.

Sa prévalence exacte du Covid long demeure difficile à établir, en raison de l’hétérogénéité des définitions utilisées, des populations étudiées et de l’évolution des variants viraux.

On estime cependant qu’à l’heure actuelle, plusieurs millions de personnes dans le monde présentent des symptômes persistants ayant un impact significatif sur leur qualité de vie, leur activité professionnelle et leur autonomie.

Pour mieux prendre en charge ces patients, médecins et scientifiques travaillent à élucider les causes du Covid long. Parmi les hypothèses formulées à l’heure actuelle, l’hypothèse vasculaire figure en bonne place pour expliquer certains symptômes. Explications.

Qu’est-ce que le Covid long ?

Selon la définition proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce syndrome correspond à la persistance, à la récidive ou à l’apparition de symptômes, généralement trois mois après l’infection initiale, durant au moins deux mois, sans qu’un autre diagnostic puisse expliquer le tableau clinique.

L’expression clinique du Covid long est particulièrement polymorphe. Plus de deux cents manifestations ont été décrites, ce qui suggère que l’atteinte touche potentiellement de multiples organes (on parle d’atteinte « multisystémique »).

Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : une fatigue profonde, une intolérance à l’effort, une dyspnée, des douleurs thoraciques, des palpitations, des troubles neurocognitifs (« brain fog », ou « brouillard cérébral », en français), des dysfonctionnements du système nerveux autonome (le système nerveux qui contrôle les fonctions involontaires du corps, comme la respiration, la digestion…), des douleurs musculaires (myalgies), des douleurs articulaires (arthralgies), des troubles du sommeil, des symptômes digestifs ainsi que des manifestations anxiodépressives.

À ce jour, aucun traitement spécifique n’a démontré une efficacité suffisante pour modifier l’évolution du syndrome. La prise en charge repose principalement sur une approche multidisciplinaire individualisée associant évaluation clinique globale, traitement symptomatique, rééducation adaptée, accompagnement psychologique et coordination des différents professionnels de santé.

Les recommandations internationales insistent sur la nécessité d’un suivi précoce et personnalisé afin de limiter les conséquences fonctionnelles, sociales et professionnelles de cette affection devenue un enjeu majeur de santé publique.

Des causes encore à élucider

Les études épidémiologiques ont identifié plusieurs facteurs associés à un risque accru de développer un Covid long. Parmi ceux-ci on peut notamment citer le fait d’être de sexe féminin, l’âge avancé, l’obésité, le tabagisme, la préexistence de comorbidités (hypertension artérielle, dyslipidémies – anomalies du cholestérol et des triglycérides –, maladies cardiovasculaires ou diabète de type 2), ainsi que la sévérité de l’épisode infectieux initial.

Sur ce dernier point, il faut cependant souligner que le Covid long peut également toucher des sujets jeunes et auparavant en bonne santé.

Les mécanismes responsables du Covid long demeurent incomplètement élucidés, notamment parce que cette affection est probablement multifactorielle.

Pour mieux les cerner, plusieurs hypothèses non exclusives sont actuellement explorées. Parmi celles-ci, on peut citer la persistance, dans le corps des patients, du virus lui-même ou d’antigènes (les antigènes sont des fragments de molécules capables de déclencher une réponse immunitaire – en l’occurrence des fragments de molécules virales), ou encore une dérégulation chronique du système immunitaire.

Au sein de notre équipe, nous avons choisi d’explorer l’hypothèse d’une dysfonction persistante des vaisseaux sanguins, dans la continuité de nos travaux menés pendant la phase aiguë de la Covid-19. À cette époque, nous avions démontré que l’infection par le SARS-CoV-2 provoquait des altérations des vaisseaux sanguins (altérations que nous avions caractérisées de manière approfondie).

Deux mécanismes impliquant les vaisseaux sanguins

Nos précédents travaux ont mené à l’identification de deux mécanismes distincts de dysfonctionnements vasculaires susceptibles de contribuer à la sévérité de la phase aiguë du Covid-19.

Le premier de ces mécanismes correspond à une « activation » de l’endothélium vasculaire, la couche de cellules qui tapisse l’intérieur de tous les vaisseaux sanguins. En d’autres termes, ces cellules passent d’un état quiescent (« au repos »), antithrombotique et anti-inflammatoire, à un état pro-inflammatoire et procoagulant. On parle alors d’« endothéliopathie inflammatoire ».

Ce dysfonctionnement endothélial, qui favorise l’inflammation, pourrait participer à l’obstruction de la microcirculation pulmonaire, à la formation de microthromboses (autrement dit, de micro-caillots) et, plus largement, aux complications thromboemboliques (formation de caillots pouvant bloquer les vaisseaux) observées chez les patients atteints de formes sévères de Covid-19.

Nous avons également démontré que l’administration de corticostéroïdes – le traitement de référence des formes sévères de Covid-19 (celles qui nécessitent une oxygénothérapie) – atténue significativement les marqueurs de cette activation endothéliale, ainsi que l’état procoagulant des cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins.

Le second mécanisme susceptible de contribuer à la sévérité de la phase aiguë du Covid-19 que nous avons identifié correspond à une formation de nouveaux vaisseaux sanguins (aussi appelée « angiogenèse ») pathologique. Au niveau pulmonaire, cela se traduit par la formation de réseaux de vaisseaux anormaux. Cette réponse vasculaire s’accompagne d’une augmentation, dans le sang, de la concentration de plusieurs messagers chimiques qui favorisent la prolifération et le remodelage vasculaires.

Mais quel est le rapport entre ces observations, qui concernent les formes aiguës de la maladie, et le Covid long ?

Forts de ces résultats, nous avons cherché à déterminer si ces deux signatures vasculaires persistaient au-delà de la phase aiguë, en étudiant la situation des premiers patients atteints de Covid long pris en charge à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP).

Des problèmes vasculaires chez les patients Covid long

Dans un premier temps, nous avons cherché à déterminer si les molécules témoignant de l’endothéliopathie inflammatoire et de l’angiogenèse pathologique (on parle de « biomarqueurs » de ces deux affections) persistaient dans le sang des patients atteints de Covid long.

La réponse s’étant avérée positive, nous avons, dans un second temps, cherché à déterminer la contribution potentielle de ces deux dysfonctionnements aux symptômes prolongés subis par les patients.

Les résultats de ces premiers travaux, publiés en 2023, ont mis en évidence une corrélation entre les biomarqueurs circulants de l’angiogenèse et la sévérité des anomalies de la fonction pulmonaire chez des patients présentant un Covid long.

À notre connaissance, il s’agit de la première étude ayant évalué de manière exhaustive les biomarqueurs de la dysfonction endothéliale, tout en les confrontant à des explorations de la fonction respiratoire, dans le contexte des séquelles post-aiguës de l’infection par le SARS-CoV-2.

Nos résultats suggèrent qu’une activation prolongée des voies proangiogéniques pourrait contribuer à la persistance des séquelles respiratoires observées après l’infection par le SARS-CoV-2.

Parmi les biomarqueurs analysés, une protéine appelée facteur de croissance de l’endothélium vasculaire A (VEGF-A) s’est avérée être le meilleur prédicteur d’une diminution de la capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone, ainsi que de la présence d’anomalies au scanner thoracique.

Ces observations nous ont conduits à formuler l’hypothèse qu’une inhibition ciblée de la voie du VEGF-A pourrait représenter une stratégie thérapeutique innovante pour améliorer les symptômes respiratoires du Covid long.

Cette hypothèse a conduit au développement de l’essai clinique BASECOVID, en cours d’inclusion à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP).

Son objectif est d’évaluer l’efficacité et la tolérance d’une approche thérapeutique ciblant le VEGF-A.

La fatigue chronique, résultat d’une souffrance vasculaire persistante ?

Dans un second travail, publié en 2025, nous avons montré que les cellules endothéliales circulantes étaient significativement plus élevées dans le sang de patients atteints de Covid long présentant une fatigue chronique.

Les cellules endothéliales circulantes sont des biomarqueurs reconnus de l’atteinte de la paroi interne des vaisseaux sanguins. Il s’agit de cellules qui se détachent de la paroi des vaisseaux sanguins, en réponse à une agression ou à une dysfonction vasculaire. Leur augmentation traduit ainsi une souffrance persistante de l’endothélium vasculaire.

La fatigue chronique, plus qu’une simple fatigue
  Cliniquement, la fatigue chronique observée dans le Covid long dépasse largement la simple sensation de fatigue. Il s’agit d’un épuisement physique et mental persistant, souvent aggravé après un effort, même minime (on parle de « malaise post-effort »), qui limite fortement les activités quotidiennes et n’est pas amélioré par le repos.

Ces résultats apportent un nouvel éclairage sur la physiopathologie du Covid long. Ils suggèrent que certains symptômes, en particulier la fatigue chronique, pourraient être associés à une forme spécifique de dysfonction vasculaire. Celle-ci serait distincte des mécanismes angiogéniques que nous avions précédemment identifiés.

Pas « un » Covid long, mais « des » Covids longs ?

Pris ensemble, ces travaux renforcent l’idée que le Covid long ne constitue pas une entité homogène. Ce syndrome regroupe probablement plusieurs phénotypes biologiques et cliniques reposant sur des mécanismes vasculaires différents.

En d’autres termes, il n’existerait donc vraisemblablement pas « un » Covid long, mais « des » Covids longs, chacune pouvant relever de processus spécifiques, et en particulier de maladies vasculaires différentes.

Les raisons expliquant cette diversité sont encore mal comprises. Il est probable que plusieurs facteurs interviennent simultanément : des prédispositions génétiques individuelles, l’âge, le sexe, les comorbidités cardiovasculaires ou métaboliques, le statut immunitaire, la sévérité de l’infection initiale, ou encore des facteurs environnementaux et liés au mode de vie.

Il est également possible que, selon les patients considérés, différents mécanismes biologiques prédominent (persistance virale, dérégulation immunitaire, dysfonction vasculaire ou neurologique), expliquant ainsi l’existence de plusieurs phénotypes de Covid long.

Des implications qui s’étendent au-delà du Covid

On sait que certaines personnes développent aussi des syndromes post-infectieux dans le contexte d’autres infections virales, notamment celles dues au virus d’Epstein-Barr (responsable de la mononucléose infectieuse), à certains virus grippaux, au virus Ebola, au SARS-CoV-1 (responsable du syndrome respiratoire aigu sévère) ou encore au virus de la dengue.

Plusieurs de ces syndromes partageant des symptômes similaires (fatigue chronique, intolérance à l’effort ou troubles cognitifs), il serait intéressant, dans les années à venir, de déterminer si l’une ou l’autre des altérations endothéliales pourraient constituer un mécanisme commun à plusieurs de ces syndromes post-viraux.

En attendant d’en savoir plus, dans le contexte du Covid long, nos découvertes ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée, fondée sur l’identification de biomarqueurs permettant de mieux caractériser les patients, de comprendre l’origine de leurs symptômes et, à terme, de proposer des traitements ciblés adaptés à chaque profil biologique.

The Conversation

David Smadja est Responsable de la commission santé du Think Tank Le laboratoire de la République. L’équipe de recherche dirigée par le Professeur David Smadja a reçu des financements de l’ANR, de l’ANRS MIE, de la fondation air liquide et du consortium EU-Response pour travailler sur les thématiques de COVID-19 et de COVID Long.

ref. Covid long : et si ce n’était pas une seule maladie, mais plusieurs ? – https://theconversation.com/covid-long-et-si-ce-netait-pas-une-seule-maladie-mais-plusieurs-213578

La selección: Mundial 2026, entre el espectáculo teledirigido y el juego libertario

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Sánchez Navas, Editor. Delegación México, The Conversation

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Ayer se jugó en el área metropolitana de Nueva York la final del Mundial 2026, que dio el título a España. Puedo adjetivar esta presentación hasta la hipérbole épica, pero el globo tendrá poco recorrido. Lleva inflado desde el 11 de junio por los atentos cronistas de la actualidad mundialista. Una cobertura que convierte cada pieza informativa en espita de gas emocional.

En la edición en español de The Conversation no tenemos sección de deportes, pero ni el fútbol ni su gran cita global nos resultan ajenos. Sencillamente, pensamos que ya hay demasiados canales que ofrecen el mismo menú. Por eso optamos por lo que más nos gusta: conectar el conocimiento experto con la vida de la gente. Y lo que se vive en la víspera de esta final histórica es un torrente de pasión, pero también la culminación de un evento magno y poliédrico, cuyas luces y sombras atraviesan el prisma de la realidad actual.

Conceptos como identidad, diversidad, migración, geopolítica, greenwashing, justicia, tecnología, lingüística cognitiva, matemáticas y geometría, neuropsicología, sociología, viralidad y sharenting ruedan en nuestro portal al ritmo del balón.

En tiempos de economía de la atención, el Mundial se ha convertido en el mejor vehículo para las marcas que quieren formar parte de la conversación. También es pasto de influencers sin escrúpulos, que hacen del “reto del beso” un ejercicio de cosificación y exponen a la persona como sujeto consumible.

El mismo esférico que vivió sus mejores momentos cuando inspiró la gran fiesta popular comunitaria sucumbe hoy a la lógica del negocio digital.

El Mundial 2026 representa para nuestros expertos un “punto de inflexión en la sociología del deporte”. Estadios pagados con dinero público se pueblan de creadores de contenido, élites corporativas y afortunados que pueden adquirir entradas convertidas en artículos de lujo. Las pantallas gigantes de las fan zones atraen las mareas humanas que antes poblaban las gradas. ¿Para quién es el torneo? Eterna pregunta que flota en el aire.

Un aire cada vez más contaminado, por mucho que la FIFA se empeñe en escenificar la ecoimpostura de su Estrategia de Acción Climática. Cosmética ambiental desmentida por la lógica amplificada del espectáculo global, que ha pasado de 32 a 48 selecciones y de 64 a 104 partidos repartidos en tres países sedes. Si tenemos en cuenta que el transporte representa el 85 % de la huella de carbono que genera el certamen, las ambiciosas metas para alcanzar la neutralidad climática encajan una goleada.

Tampoco goza de gran credibilidad el videoarbitraje (VAR), que llegó hace unos años como garante de la justicia deportiva envuelto en el halo salvador de la tecnología. Durante el torneo se ha revelado tan intervencionista como inconsistente. Una herramienta sujeta a la discrecionalidad interpretativa.

La sospecha sobre una posible experiencia de la competición trazada desde el VAR se quedó corta cuando el flamante premio FIFA Paz, Donald Trump, agarró el teléfono para pedirle a su amigo Gianni Infantino que le quitara la tarjeta roja al delantero de la selección estadounidense Folarin Balogun. Dicho y hecho. Sucede que, desde la perspectiva del derecho deportivo, la decisión sí se atenía a la normativa, como explica otro de nuestros autores.

A la sonrojante injerencia política se suman las controversias por la denegación de visa de entrada a EE. UU. de un árbrito somalí, considerado el mejor de África, las discriminaciones sufridas por el seleccionado iraní o el travel ban a los aficionados haitianos. Todo ello ha hecho que las cuestiones sociales y políticas hayan subido al marcador de la opinión pública como nunca antes.

Esta deriva incluye debates sobre migración e identidad nacional, salpimentados por el expresidente español Mariano Rajoy, quien sentenció a una Francia “sin franceses”. Si las naciones son comunidades imaginadas, la que Rajoy tiene en mente supura racismo y etnocentrismo.

Frente a estas visiones sobre pertenencia y representación, un investigador recuerda en The Conversation Europe la frase de Mandela: “El deporte tiene el poder de unir a las personas como pocas otras cosas lo hacen”. La declaración tiene especial vigencia en un contexto donde muchos jugadores representan a países en los que no han nacido.

En cuanto a Francia, la mayoría de los jugadores mundialistas nacidos en este país militan en otras selecciones. Esto refleja el vigor de las identidades múltiples en el fútbol moderno y en la sociedad.

Esta realidad saltará mañana al césped gracias a la diversidad del combinado español. Frente a él, una Argentina envuelta en la fuerza simbólica de los mitos clásicos. Y es que la competencia se juega también en el terreno de la metáfora. Allí, el mejor “arquitecto” del juego, Lionel Messi, se mide al fabricante de “túneles”, Lamine Yamal. Este último, ejemplo vivo de cómo el futbolista se forja en la calle pero termina de aprender y autorregular en el entrenamiento estructurado.

No es solo vocabulario. Es un filtro cognitivo que determina la respuesta emocional y modula el arco de la pasión futbolística. El eje que va del nacionalismo tribal a la sinfonía coral. Una partitura donde la réplica del adversario representa la nota necesaria para ejecutar esa esperada obra total. Ojalá mañana la vivamos y el público vibre con la magia de este juego libertario, sin renunciar al entendimiento y la conciencia crítica.

The Conversation

ref. La selección: Mundial 2026, entre el espectáculo teledirigido y el juego libertario – https://theconversation.com/la-seleccion-mundial-2026-entre-el-espectaculo-teledirigido-y-el-juego-libertario-287754

Quel consentement autochtone ? Ce que nous apprend un exemple venu d’ailleurs

Source: The Conversation – in French – By Margaux Maurel, Doctorante en affaires internationales spécialisée sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux des projets d’infrastructure et d’énergie dans les pays du Sud Global et l’activisme transnational. Chercheuse affiliée au CERIUM, HEC Montréal

La question de l’adhésion ou du rejet de projets d’énergie ou d’infrastructure par les communautés autochtones fait de plus en plus la manchette, au Québec comme ailleurs. L’étude d’un cas aux Philippines fait ressortir les réalités complexes qui se jouent sur le terrain, au-delà d’une opposition binaire.


Le Canada, comme bien d’autres pays, a une histoire houleuse avec les communautés autochtones qui peuplent son territoire. Au Québec, les grands barrages et autres projets énergétiques sont souvent au cœur des conflits. Récemment, la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, a rejeté un accord négocié entre son Conseil de bande et Hydro-Québec.

Différentes communautés autochtones résistent aussi à des projets des industries minières, pétrolière et gazière à travers le pays.

Elles s’opposent à l’exploitation de leurs terres et mettent en lumière le non-respect des obligations de consulter du gouvernement et des compagnies, ainsi que leur tendance à négocier bilatéralement avec chaque communauté plutôt que collectivement.

Cependant, certaines communautés consentent à certains projets sur leurs territoires ancestraux, pourtant au cœur de leur identité culturelle, de leur souveraineté territoriale et de leurs moyens de subsistance. Comprendre pourquoi peut venir éclairer nos débats actuels.

En tant que doctorante en affaires internationales à HEC Montréal et chercheuse affiliée au CÉRIUM, mes travaux portent sur les résistances plurielles à l’extractivisme minier dans le cadre de la transition énergétique mondiale. Avec Dominique Caouette, titulaire de la Chaire d’études asiatiques et Indo-Pacifiques, et Dalia Aktouf, titulaire d’une maitrise en sciences politiques de l’Université de Montréal, nous nous sommes intéressés au cas de la province d’Agusan del Norte, aux Philippines.

Notre étude, destinée à être publiée dans un numéro spécial sur les cosmopolitiques autochtones, que prépare la revue Les Cahiers du CIERA (Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones) révèle des dynamiques plus complexes que ce qui est souvent perçu.

Tensions internes et dynamiques de pouvoir

Dans le nord de l’île de Mindanao, un territoire ancestral appartenant à cinq clans autochtones a été exploité par la compagnie Agata Mining Ventures Inc pour un projet de mine de nickel. Notre cochercheuse Dalia Aktouf y a mené 40 entretiens pendant plusieurs mois avec les différents clans Mamanwa et Mamanwa-Manobo.

Cette étude nous amène à reconnaître la complexité de l’agentivité politique des communautés autochtones. Elles ne constituent pas des groupes homogènes et adoptent des stratégies diverses et complexes face à l’extraction minière. Ainsi, leurs positions face aux projets miniers sont marquées par des tensions internes, des dynamiques de pouvoir, des compromis et des formes d’engagement ambivalent.




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Avec la colonisation espagnole au XVIe siècle, les peuples autochtones ont connu une importante dépossession territoriale, ainsi qu’une marginalisation politique et économique. Au cours du XXe siècle, ils ont obtenu progressivement une reconnaissance juridique de l’État. La Loi sur les droits des peuples autochtones (IPRA) de 1997 en constitue la pierre angulaire. L’IPRA les reconnaît comme premiers habitants de l’archipel et leur offre la possibilité d’obtenir des droits fonciers grâce aux certificats de titre de domaine ancestral.

Bien que l’IPRA reconnaisse ces droits, elle perpétue cependant des formes de contrôle étatique. En effet, elle insère ces territoires dans son modèle de développement capitaliste et extractif régi par la loi minière philippine de 1995. De plus, cela s’accompagne simultanément d’une intégration dans des structures de gouvernance étatique qui limitent l’autonomie de ces communautés.

Abandon et mépris institutionnel

Cette marginalisation historique, politique et économique des communautés autochtones aux Philippines explique en partie pourquoi des formes alternatives de reconnaissance, telles que celles offertes par les compagnies minières, peuvent être valorisées par ces communautés.

Les récits des clans révèlent une expérience historiquement marquée par l’insécurité territoriale, la dépossession et des violences symboliques et matérielles. Cette marginalisation façonne les perceptions que les communautés autochtones ont d’elles-mêmes et des acteurs extérieurs, telles les autorités gouvernementales et les entreprises minières. Lors des entretiens, les communautés décrivent un sentiment d’abandon et de mépris institutionnel.

Le territoire ancestral se révèle être pour ces communautés un enjeu existentiel, bien au-delà des catégories juridiques. Un chef de clan interrogé dans le cadre de notre étude déclare : « Cette terre est notre hôpital, car c’est là que nous pouvons trouver des plantes médicinales. C’est aussi un marché, car c’est là que nous pouvons trouver de la nourriture ».

Ainsi, la non-reconnaissance par l’État des territoires ancestraux ne constitue pas seulement une injustice juridique ou économique. Il s’agit d’une négation de l’existence sociale, culturelle et politique de ces communautés.

Cette marginalisation historique des peuples autochtones, à la fois symbolique, politique et territoriale, façonne une quête de reconnaissance profondément ancrée. Elle vise la dignité, la visibilité et ainsi que la légitimité politique.

Une reconnaissance sélective et conditionnelle

Dans ce contexte, le secteur minier apparaît paradoxalement comme l’un des rares espaces où l’identité autochtone et les droits territoriaux font l’objet d’une reconnaissance institutionnelle. Les compagnies minières ont l’obligation de mener un processus de consentement préalable, libre et éclairé. Cependant, cette reconnaissance politique reste limitée et asymétrique. Elle ouvre des espaces de participation sans remettre en cause les structures de pouvoir existantes. En revanche, elle produit un sentiment de reconnaissance dans un contexte d’invisibilisation historique.

De plus, la reconnaissance du domaine ancestral apparaît non pas en opposition à l’extraction minière, mais en articulation avec celle-ci. À Agusan del Norte, la reconnaissance légale du domaine ancestral s’est opérée simultanément au développement des activités minières. Les processus d’évaluation d’impact environnemental et social participent également à une forme de coproduction du territoire.

Un des leaders interrogés pour notre étude explique que ces évaluations ont impliqué des consultations dans chaque clan, permettant d’intégrer des éléments de connaissance locale dans les accords formels signés avec la compagnie et les autorités. Plusieurs membres associent directement l’arrivée de la mine à un processus de reconnaissance territoriale et culturelle. Un pêcheur décrit : « Nos traditions étaient en train de mourir lentement, mais, lorsque l’exploitation minière est arrivée, elles ont commencé à renaître ».

La reconnaissance culturelle se manifeste aussi à travers la valorisation de l’identité autochtone, le soutien, notamment financier, à certaines pratiques et la prise en compte partielle des sites sacrés. Toutefois, elle reste sélective et conditionnelle, dépendante de sa compatibilité avec les opérations minières.

La reconnaissance économique constitue quant à elle une dimension centrale, dépassant la simple compensation monétaire pour opérer une transformation du statut social des communautés. Les redevances minières sont décrites par plusieurs comme ayant amélioré les conditions de vie.

Un consentement ambivalent

Les récits recueillis montrent cependant que cette reconnaissance est perçue comme partielle, conditionnelle et parfois instrumentalisée.

Ces tensions révèlent le caractère ambigu de la reconnaissance. Elle peut être perçue comme une source de réparation symbolique pour les communautés. Cependant, elle contribue également à la stabilisation et la légitimation de l’extraction minière sur les terres ancestrales.




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Malgré leur inclusion dans certains dispositifs liés au projet extractif, les communautés restent invisibilisées dans les récits nationaux de « réussite » minière. Cette reconnaissance apparaît donc comme sélective et définie selon des critères externes plutôt que par les communautés elles-mêmes.

Ainsi, le cas d’Agusan del Norte révèle la dynamique complexe que nous venons de décrire, qui se déploie en quatre temps : une marginalisation historique qui produit une quête de reconnaissance en dehors de l’État ; l’émergence des compagnies minières comme fournisseurs d’une reconnaissance que l’on peut qualifier d’« extractive » ; les limites et les contradictions de cette reconnaissance ; et enfin la production d’un consentement ambivalent.


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Le concept de « reconnaissance extractive » permet de dépasser les lectures binaires du consentement autochtone, au-delà de l’adhésion totale ou de la contrainte passive. Il vient éclairer des enjeux jusque chez nous au Canada, à l’heure du renouveau minier lié à la transition énergétique.

Dès lors, il s’agit de s’interroger sur des mécanismes de consultations réels qui prennent en compte les dynamiques de pouvoir au sein même des communautés autochtones. Il convient aussi de replacer le processus de consentement dans un contexte historique de dépossession et de marginalisation de la part de l’État, canadien ou québécois, envers les peuples autochtones.

La Conversation Canada

Dominique Caouette a reçu des financements du CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines du Canada)

Margaux Maurel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quel consentement autochtone ? Ce que nous apprend un exemple venu d’ailleurs – https://theconversation.com/quel-consentement-autochtone-ce-que-nous-apprend-un-exemple-venu-dailleurs-246208

¿Cuánto vale una estrella? Lo que la Copa del Mundo 2026 ganada por la Roja puede aportar a la economía española

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Martín Magdalena, PhD in Economic and Business Sciences / Associate Lecturer in Universidad Pontificia Comillas-ICADE, Universidad Pontificia Comillas

Rodri levanta la Copa del Mundial de Fútbol tras derrotar a Argentina en la final. The White House

La euforia que este domingo ha inundado las calles españolas no es solo una cuestión de orgullo deportivo. Mientras los aficionados celebraban el gol de Ferran Torres que ha dado a España su segunda estrella, los economistas observamos un fenómeno que va más allá del césped: ganar la Copa del Mundo también mueve la economía. Aunque no de la forma en que suele imaginarse.

Ganar no es lo mismo que organizar

Cuando se habla del impacto económico del Mundial casi siempre se piensa en el país que lo organiza: estadios llenos, hoteles a rebosar, grandes obras. Sin embargo, los estudios llevan décadas enfriando ese entusiasmo. Las previsiones oficiales siempre prometen más de lo que llega: dan por hecho que cada euro gastado se convertirá en varios euros de ingresos… y eso casi nunca ocurre.

Las ciudades estadounidenses que acogieron el Mundial de 1994 esperaban ganar 4 000 millones de dólares y terminaron perdiendo hasta 9 300 millones. La aplaudida Alemania (2006) no logró reducir el paro en ninguna de sus doce sedes. En Sudáfrica (2010), cada turista extra que atrajo el torneo costó unos 13 000 dólares. Y Catar se gastó unos 220 000 millones de dólares (un año entero de su PIB ) en organizar, en 2022, el Mundial más caro de la historia.

Ganar es otra cosa

El campeón se lleva toda la visibilidad sin pagar la factura: hasta medio punto de PIB que viene de fuera. El estudio más completo hasta la fecha lo publicó en 2024 el economista Marco Mello.

Tras analizar datos trimestrales de la OCDE desde 1961, concluyó que el país que gana el Mundial crece, durante el medio año posterior a la final, casi medio punto más de lo que habría crecido sin el título (0,48 puntos porcentuales). Para España, eso equivale a unos 8 000 millones de euros. Eso sí, la alegría dura poco: hacia el tercer trimestre el crecimiento vuelve a su ritmo habitual.

Curiosamente, el impulso no procede de que los campeones consuman más, sino que viene de fuera: las exportaciones crecen entre cinco y seis puntos más rápido tras la victoria.

La clave es la visibilidad

Si la final de Catar 2022 fue vista por unos 1 500 millones de personas, esta de 2026 rozó los 2 200 millones. Ninguna campaña publicitaria puede comprar algo así: durante semanas, el nombre del país campeón, y sus productos y servicios, ocupan el escaparate del mundo.

¿No será simple efecto de tanta cobertura mediática? Mello lo comprobó comparando a los campeones con los subcampeones, que disfrutan de una exposición casi idéntica: solo los primeros reciben el impulso. El premio es ganar, no llegar a la final.

Del césped a la bolsa

El efecto llega incluso a los mercados. Tras el título de 2010, las acciones de las dos grandes empresas turísticas españolas, Iberia y Sol Meliá, subieron más de lo esperado durante más de tres semanas. Juan Luis Nicolau, autor de un estudio sobre el tema, lo atribuye al refuerzo de la marca España: la victoria hace que el país acuda antes a la mente del turista que planea sus vacaciones.

Aunque conviene no exagerar: análisis posteriores muestran que España fue el único campeón reciente en el que sus empresas turísticas reaccionaron al alza.

La fiebre del fútbol

Hay otro legado menos conocido y sorprendentemente duradero. En Francia, la asistencia a los estadios de la liga creció casi un 20 % el año siguiente al título de 1998 y acumulaba un 46 % tres años después.

España vivió algo parecido tras el Mundial femenino de 2023: las licencias de fútbol femenino aumentaron un 23 % en una sola temporada y hoy superan las 127 000, casi el doble que antes del título. La euforia colectiva se convierte en una afición estable y esa afición en industria.

Este título llega para España en un mejor momento económico que el de 2010, eclipsado por la crisis financiera. Hoy, con una economía que crece por encima de la media europea, el terreno es más fértil para ver mejoras en los ingresos.

Una advertencia de cara a 2030

Distinguir entre ganar y organizar importa porque España será anfitriona del Mundial de 2030. Aquí aparece una paradoja curiosa: organizar apenas renta económicamente, pero sí deportivamente. Jugar en el propio continente mejora la clasificación final en unas tres posiciones y eleva en 12 puntos la probabilidad de llegar a cuartos, y ser anfitrión aumenta la probabilidad de ganar cada partido. Quizá el mejor negocio de 2030 no esté en los estadios ni en los turistas, sino en que la Roja repita título y vuelva a capturar el dividendo del campeón.




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La victoria del domingo es, en definitiva, una buena noticia económica para España: mayor PIB durante unos meses, empresas turísticas más valiosas y una afición que crece. Y todo, sin pagar estadios: solo jugando mejor que nadie.

La pregunta que queda abierta es si en 2030, cuando sí le toque pagar las infraestructuas, España sabrá recordar la lección de 2026: lo que de verdad renta no es organizar el Mundial, sino ganarlo.

The Conversation

Jorge Martín Magdalena no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Cuánto vale una estrella? Lo que la Copa del Mundo 2026 ganada por la Roja puede aportar a la economía española – https://theconversation.com/cuanto-vale-una-estrella-lo-que-la-copa-del-mundo-2026-ganada-por-la-roja-puede-aportar-a-la-economia-espanola-287934

Comment le mariage, le divorce et la parentalité influencent le recours au travail autonome

Source: The Conversation – in French – By Hien Tran, Associate Professor, Telfer School of Management, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

Pour de nombreux Canadiens, le choix de devenir travailleur autonome tient moins à une ambition entrepreneuriale qu’à leur situation familiale.


Dans ma récente étude qui suit des Canadiens à travers le mariage, le divorce, la naissance d’un enfant et le veuvage, j’ai constaté que les grandes transitions familiales peuvent faire en sorte que le travail autonome semble soit plus réalisable, soit totalement inaccessible, selon qui, au sein du ménage, assume les soins et qui assure le revenu principal.

Le travail autonome occupe une place significative dans l’économie canadienne. En mars 2025, Statistique Canada recensait 2,7 millions de travailleurs autonomes, soit 13,1 % de la main-d’œuvre, un groupe hétérogène d’entrepreneurs, d’artisans et de consultants présents dans presque tous les secteurs.

Mais les choix de carrière se font rarement de manière isolée. Ils sont influencés par les pressions liées aux soins. Concilier le travail et la garde des enfants est également devenu de plus en plus difficile pour de nombreux ménages.

Le Canada offre des mesures de protection en matière de congé parental et a élargi l’aide à la garde d’enfants ces dernières années, mais une enquête de Statistique Canada de 2025 révèle que la moitié des parents ayant recours à des services de garde ont déclaré avoir eu de la difficulté à en trouver.

Le travail autonome, en particulier, est étroitement lié à ces contraintes familiales : les exigences liées aux soins, l’incertitude du revenu et les lacunes de la protection sociale que les travailleurs salariés peuvent tenir pour acquises.

Comment les changements familiaux redéfinissent les choix professionnels

Les transitions familiales majeures peuvent redéfinir les rôles en matière de revenu, les exigences liées aux soins et la capacité d’un ménage à absorber les risques financiers. Le mariage, la naissance d’un enfant, le divorce et le veuvage peuvent chacun modifier qui gagne un revenu, qui fournit des soins et le niveau de volatilité qu’un ménage peut tolérer.

Le mariage implique souvent la mise en commun des revenus et le partage des responsabilités quotidiennes. La parentalité peut intensifier les exigences en matière de soins et réduire la flexibilité des horaires de travail. Le divorce et le veuvage peuvent priver les ménages des soutiens financiers ou pratiques sur lesquels ils comptaient auparavant.

Ces transitions réorganisent la façon dont les ménages répartissent leur temps, gèrent les risques et mobilisent leurs ressources — sans affecter tout le monde de la même façon. Un même événement peut produire des trajectoires professionnelles très différentes selon qui assume les soins et qui est censé assurer la stabilité financière du ménage.

Pour l’examiner, je me suis appuyée sur les données de l’Étude longitudinale et internationale sur les adultes, une enquête nationale de Statistique Canada qui suit les parcours de vie au fil du temps. J’y ai retracé, entre 2012 et 2020, comment le recours au travail autonome évoluait au fil de ces transitions.




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Le mariage comme filet de sécurité

Parmi les tendances les plus marquantes figure celle du mariage. Les personnes nouvellement mariées étaient généralement plus susceptibles de se lancer dans le travail autonome — mais cette hausse n’était pas uniforme. C’est chez les femmes occupant un rôle de revenu secondaire au sein du couple qu’elle était la plus prononcée.

Ces résultats suggèrent que le mariage renforce la capacité d’amortissement financier du ménage. La mise en commun des revenus et le partage des responsabilités domestiques peuvent atténuer la volatilité des revenus à court terme, rendant l’incertitude professionnelle plus gérable pour certains.

Mais le mariage façonne aussi la perception de quel travail est considéré comme flexible et quels revenus sont censés ancrer la stabilité du ménage, ce qui explique pourquoi une même transition peut produire des réactions si différentes d’un couple à l’autre.

La parentalité et le travail autonome

La parentalité révèle un schéma plus complexe. Elle alourdit les exigences de soins, réduit le temps disponible et accroît la pression financière du ménage. Dans ce contexte, le travail autonome peut sembler séduisant : il offre une plus grande maîtrise de son emploi du temps.

Mais il comporte aussi des revenus irréguliers, des contraintes administratives et une incertitude financière. Mon étude montre que les mères assumant le rôle de principal soutien de famille étaient moins susceptibles de se tourner vers le travail autonome après la naissance d’un enfant, et les pères portant une part importante des soins suivaient un schéma similaire.

Dans les deux cas, l’accumulation des tâches de garde et la pression financière rendaient le travail autonome — avec son lot d’incertitude — moins envisageable.

Pourtant, quand mariage et naissance survenaient en même temps, une dynamique différente s’installait. Vivre ces deux transitions de front rendait paradoxalement plus probable le recours au travail autonome que de n’en traverser qu’une seule.

Cette convergence laissait moins de marge pour réorganiser travail et prise en charge des proches, et le travail autonome devenait alors la voie la plus flexible pour s’adapter.

Divorce et veuvage

Le divorce et le veuvage illustrent comment la perte du soutien du ménage peut freiner le passage au travail autonome.

Le divorce démantèle la mise en commun des ressources et transforme des responsabilités autrefois partagées — revenus, temps, soins — en obligations individuelles. Cette solitude financière réduit la capacité à absorber l’incertitude qui accompagne le travail autonome.

Le veuvage produit un effet analogue. Il efface l’équilibre par lequel deux partenaires coordonnaient revenus, gestion du quotidien et soutien mutuel, et j’ai constaté qu’il était associé à un moindre recours au travail autonome.

Dans les deux cas, c’est la disparition du ménage comme unité de partage des risques qui dicte ce qui semble possible.

Le travail autonome : une histoire de ménage

Les transitions familiales se produisent rarement de manière isolée. Mariage, parentalité, réorganisation des responsabilités, tout cela survient souvent en même temps, et ces changements qui se chevauchent façonnent ensemble ce qui semble professionnellement possible.

Se lancer en travail autonome est donc avant tout une décision de ménage, modelée par la façon dont les familles redistribuent temps, ressources et responsabilités après des bouleversements majeurs. Un même événement peut ouvrir des portes pour certains et les fermer pour d’autres, selon la répartition des rôles au sein du foyer.

Car ces décisions ne relèvent pas que de l’ambition individuelle. Elles reflètent aussi la manière dont les ménages s’adaptent — professionnellement, familialement, financièrement — après les grands tournants de la vie. Ce qui rend le travail autonome accessible pour certains le place hors de portée pour d’autres, et comprendre pourquoi exige de regarder non seulement qui travaille, mais comment la vie à deux (ou seul) structure ce qui est envisageable.

La Conversation Canada

Hien Tran a reçu du financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) ayant soutenu l’accès aux données et les travaux de recherche liés à cet article.

ref. Comment le mariage, le divorce et la parentalité influencent le recours au travail autonome – https://theconversation.com/comment-le-mariage-le-divorce-et-la-parentalite-influencent-le-recours-au-travail-autonome-284377

Gobernar entre escombros: legitimidad ausente y negociación bajo tutela en Venezuela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Benigno Alarcón, Director of the Center for Political Studies, Universidad Católica Andrés Bello

Los terremotos del 24 de junio dejaron en Venezuela, según el balance oficial más reciente, 5 119 muertos, 16 740 heridos y 17 907 personas sin vivienda, con 21 470 alojadas en campamentos transitorios.

La catástrofe ha puesto en evidencia la incompetencia de las instituciones del Estado para garantizar la gobernabilidad y la necesidad –ya no teórica sino urgente– de un gobierno legítimo, capaz de reconstruir las instituciones democráticas y cambiar las reglas de juego hacia garantías estables y creíbles.

Esa es la verdadera reconstrucción pendiente: la de los edificios es apenas uno de sus síntomas más dramáticos y visibles.

Estado tutelado

Venezuela enfrenta la peor emergencia humanitaria de su historia reciente gobernada por un Ejecutivo cuyo reloj constitucional ya venció, y que está siendo sostenido por la tutela de Washington y no por un pacto interno verificable.

Delcy Rodríguez ejerce la presidencia encargada desde la captura de Nicolás Maduro el 3 de enero pasado, tras una intervención estadounidense en territorio venezolano. El mandato interino, concebido por la Constitución venezolana como un puente de 180 días hacia elecciones, expiró sin convocatoria electoral y sin pronunciamiento de las autoridades venezolanas ni estadounidenses.

La literatura sobre desastres y política ofrece precedentes elocuentes: el terremoto de Managua (Nicaragua) de 1972 erosionó irreversiblemente al somocismo, y el de Ciudad de México de 1985 abrió grietas duraderas en la hegemonía del Partido Revolucionario Institucional (PRI). Los desastres no solo destruyen infraestructura: auditan Estados. Y la auditoría venezolana arroja un déficit doble, de capacidad y de falta de título legítimo para gobernar.

El giro del 14 de julio

En ese contexto se ha producido, en cuestión de horas, el movimiento político más significativo desde enero. La Asamblea Nacional de 2015 –que Washington reconoce como última instancia legislativa surgida de elecciones competitivas– y la Asamblea controlada por el chavismo acaban de anunciar el inicio de una hoja de trabajo conjunta a partir del 1 de agosto para avanzar en la reinstitucionalización democrática del país.

Según Dinorah Figuera, dirigente opositora y presidenta de la IV Legislatura (2016) de la Asamblea Nacional de Venezuela que acaba de volver del exilio, la mesa estará integrada por 20 representantes (diez por cada parte) y abordará la reforma del Consejo Nacional Electoral (CNE), la revisión de las leyes electorales y la independencia del Tribunal Supremo de Justicia (TSJ). Lo revelador no es solo el anuncio, sino la secuencia:

“No tenemos cabeza para estarnos preocupando sobre el TSJ ahorita, nos estamos preocupando es de personas que han sufrido lo indecible (…) Es un irrespeto, es una grosería ponerse a reunir entre políticos para estar decidiendo quién va para el CNE o quién va para el TSJ”.

  • Tres días después, el 14 de julio, anunciaba exactamente lo que había negado antes. Apenas la Asamblea de 2015 publicó su comunicado, el secretario de Estado Marco Rubio lo retuiteó desde la cuenta oficial del Departamento de Estado, a lo que siguió el anuncio del órgano parlamentario presidido por el propio Rodríguez.

Ese mismo día, Michael Kozak, subsecretario de Estado para Asuntos del Hemisferio Occidental, presentaba el anuncio ante el Congreso estadounidense como un avance del proceso. La coreografía es inequívoca: las líneas estratégicas del proceso venezolano no se deciden en Caracas sino en Washington.

¿Transición o contención?

La pregunta clave es, ¿esta mesa constituye el primer paso operativo de la fase política (la transición) del plan Trump-Rubio o es solo un dispositivo de contención que permite a Washington bajar la presión electoral y administrar los tiempos? La evidencia puede sostener ambas lecturas.

Un punto a favor de que se está dando el primer paso hacia la transición es que los terremotos no iniciaron la negociación. Figuera regresó del exilio el 18 de junio, invitada expresamente por el Departamento de Estado estadounidense, y ese mismo día quedó designada la mesa paritaria. Los sismos suspendieron el proceso, pero el anuncio del 14 de julio lo relanza.

La catástrofe ha proporcionado el marco discursivo (“la unidad nacional”) que permite a Rodríguez retroceder sin admitir que retrocede. A la vez que muestra la incapacidad del Estado de gestionar el estado de emergencia y eleva el costo de sostener el statu quo para el gobierno estadounidense.

A favor de que solo se está ganando tiempo hay varios factores: que el propio Kozak haya declarado que Washington no quiere elecciones “ni demasiado pronto, ni demasiado lejos”, que cerca del 40 % de los votantes elegibles no está registrado y que no es pertinente votar en medio de un terremoto. Otro, concerniente a María Corina Machado, es que, aunque Estados Unidos “no se opone” a su regreso, tampoco lo va a facilitar mientras dure la emergencia.

Aquí conviene hacer una advertencia: las condiciones técnicas que alega son reales, pero la búsqueda de las elecciones perfectas –todo el registro depurado, toda la diáspora votando– puede convertirse en una excusa para no tener elecciones oportunas. Lo perfecto es enemigo de lo bueno: las democracias no celebran comicios impecables antes de la transición, construyen garantías a través de ellos.

Por qué la balanza se inclina hacia avanzar

Sin embargo, hay una frase del propio Kozak que inclina la balanza hacia el cambio:

“La gente no va a invertir a largo plazo si no hay un gobierno democrático”.

Nadie compromete capital a treinta años sobre la palabra de un gobierno tutelado, ni sobre la garantía de una administración estadounidense que, por definición, es transitoria. El gobierno de Trump puede sostener a Delcy Rodríguez, pero no puede ser el garante de última instancia de las inversiones que la reconstrucción o la recuperación de la producción petrolera exigen: solo instituciones democráticas estables pueden ofrecer los compromisos creíbles que el capital de largo plazo requiere. La contención prolongada se vuelve económicamente insostenible para el propio proyecto de normalización que Washington patrocina.

Los esfuerzos inútiles

Venezuela cuenta con su propio cementerio de diálogos fallidos –2014, Santo Domingo, Oslo, Barbados, México– que compartieron un defecto estructural: ninguna parte externa podía imponer costos verificables al incumplimiento. Esta vez, Estados Unidos controla la arquitectura energética y financiera de la que depende el Gobierno encargado. Ya lo ha demostrado al obligar a dicho Gobierno a rectificar públicamente 72 horas después de haber anunciado que no habría diálogo.

Pero el cumplimiento externo no sustituye la legitimidad interna, y allí reside la debilidad de diseño de la mesa: la comisión que preside Figuera es parte de la negociación, no su órgano mediador, y solo tendrá legitimidad en la medida en que represente los intereses de la oposición mayoritaria, la que encarnan Machado y el mandato popular de 2024.

Una negociación que prescinda de esos intereses no conduce a ninguna parte, como ya demostró cada intento anterior de negociar con oposiciones a la medida.




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No perder la esperanza

El propio calendario electoral estadounidense añade el último incentivo para alentar el cambio. Para la Casa Blanca, presionada por el senador Rick Scott ante una comunidad venezolana en Florida que “está perdiendo la esperanza”, anunciar antes de los comicios de medio término de noviembre un acuerdo sobre el Tribunal Supremo, el Consejo Nacional Electoral y el cronograma electoral venezolano podría ser un activo político de bajo costo. La aritmética lo permite: una mesa instalada el 1 de agosto puede producir un acuerdo anunciable en octubre.

La diferencia entre una transición y una normalización pactada no se medirá en comunicados sino en hitos verificables: la incorporación de la oposición mayoritaria a la mesa, la liberación de los más de 400 presos políticos que el propio Kozak reconoció, el retorno efectivo de los exiliados y un cronograma con fechas.

Los terremotos del 24 de junio han demostrado lo que ninguna teoría podía demostrar mejor: sin instituciones legítimas no hay gobernabilidad. Y sin gobernabilidad no hay estabilidad, recuperación ni reconstrucción posible. La mesa del 1 de agosto dirá si Venezuela camina hacia recuperar ambas, o si aprendió a administrar su ausencia.

The Conversation

Benigno Alarcón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Gobernar entre escombros: legitimidad ausente y negociación bajo tutela en Venezuela – https://theconversation.com/gobernar-entre-escombros-legitimidad-ausente-y-negociacion-bajo-tutela-en-venezuela-287742

Entre procesiones y verbenas: seguimos aferrados a las fiestas populares, especialmente los jóvenes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nicolas Ureña Bautista, Contratado Predoctoral FPU en Sociología, Universidad de Málaga

Personas ataviadas con trajes tradicionales durante la Romería Chica de Garachico (Tenerife, España), celebrada en honor a Santa Ana y San Roque y que en 2026 tiene lugar el 1 de agosto. Ana del Castillo/Shutterstock

La creciente digitalización de la vida, junto a la incorporación de la inteligencia artificial, puede hacernos creer que nuestro mundo se está reduciendo a lo virtual, especialmente entre la población más joven.

Este colectivo identifica las redes sociales como fuente de entretenimiento, pero también como el medio que satisface sus necesidades de socializar. Las redes son mucho más que un escaparate: son también fuente de nuevas relaciones cara a cara y altavoces de convocatoria a la participación en eventos sociales y cívicos del “mundo real”. De hecho, las publicaciones más difundidas son, precisamente, las que registran fiestas y celebraciones, por encima de cualquier otra actividad.

La experiencia y las redes sociales son un binomio. Vivir la celebración y mostrarla son dos gestos casi inseparables. La pregunta, entonces, no es por qué vuelven las fiestas –que, en realidad, nunca se fueron–. La pregunta es por qué seguimos creyendo que habían desaparecido.

Tradición elegida, no heredada

“En España no vas a aburrirte porque hay tantas fiestas populares repartidas durante el año que siempre hay una cita interesante en el calendario”. Así arranca “Fiestas de España”, del Portal Oficial de Turismo de España. La guía abarca 317 recomendaciones de festejos, desde la Navidad y los Reyes Magos, pasando por los Carnavales, las Fallas, la Semana Santa, la Feria de Abril y las Hogueras de San Juan, hasta la Tomatina. Esta información suele conducir a una forma de percibir España y a sus gentes popularizada en su refranero: “Quien ríe y canta, sus males espanta”.

España es un país aferrado a sus festejos, que organizan nuestras identidades, valores y relaciones sociales. Eso explica por qué las fiestas patronales y religiosas siguen movilizando a millones de personas en un país crecientemente secularizado: no se perciben como estrictamente religiosas, sino como un símbolo. De hecho, según datos del CIS el 84,9 % de los españoles piensa que la Navidad es una fiesta de carácter familiar y solo un 36,1 % las percibe con significado religioso.

Ahora cada persona decide con qué rituales vincularse, cómo hacerlo, qué tradiciones merecen su tiempo y cuáles no en cada etapa de su vida. Por ese motivo las fiestas no desaparecen, pero tampoco permanecen intactas: se reinventan continuamente manteniendo su función ritual pero con otro significado.

Mezcla de religiosidad y tradición popular en verano

En julio España celebra fiestas que combinan religiosidad, historia y tradición popular. Entre ellas los sanfermines, que marcan nueve días de encierros, devoción al santo y vida callejera en los que visitantes y vecinos visten atuendo blanco y pañuelo rojo.

También en julio, la aldea gallega de Sabucedo acoge la rapa das bestas, donde se bajan los caballos salvajes de los montes para cortarles las crines. Es un ritual que simboliza el vínculo histórico entre la comunidad y su territorio.

Mientras que a finales de julio, las fiestas de moros y cristianos de localidades alicantinas recuerdan año tras año las disputas medievales por el territorio mediante desfiles y batallas teatralizadas. Y a lo largo de agosto, las ferias y fiestas populares se suceden en decenas de pueblos y ciudades españolas sin apenas descanso.

Nuevos tiempos, nuevas maneras de vivirlos

Los datos de la Encuesta de Hábitos y Prácticas Culturales 2024–2025 del Ministerio de Cultura permiten matizar bastante la idea de que la juventud vive de espaldas a lo presencial. Es más, las nuevas generaciones presentan las tasas más altas de participación cultural en prácticamente todos los ámbitos.

En especial, destacan en la asistencia a espectáculos en directo. Entre quienes asisten al teatro, los jóvenes de los 15 a los 19 años ocupan un 28,7 %. También tienen un peso importante en los conciertos de música actual, sobre todo en festivales y macrofestivales.

La danza, el flamenco y el baile español son la opción elegida por un 15,1 % de los jóvenes que asisten a espectáculos, mientras un 6,7 % se decanta por la danza folklórica. Además, el 35,7 % de la población joven asistió, en los dos últimos años, a manifestaciones de cultura tradicional o patrimonio inmaterial como carnavales y fiestas de pueblo.

Procesiones, peregrinaciones y romerías

En cuanto a las procesiones de Semana Santa, el 37 % de la población española en general ha asistido ocasionalmente, frente a un 20 % que lo hace con normalidad. Entre quienes las frecuentan, algo más del 30 % lo hace por motivos religiosos, el 21,5 % por tradición y cerca del 20 % para participar en una celebración popular.

Un patrón similar aparece en el Camino de Santiago: las estadísticas de la Oficina del Peregrino muestran que en 2025 el 43 % de los peregrinos eran españoles. De ellos, solo la mitad hizo el camino por motivos religiosos.

Otros eventos de carácter religioso que aglutinan a multitudes más allá de sus creencias son las fiestas del Corpus y las romerías, siendo entre ellas la del Rocio, en Huelva, una de las más célebres.

Las fiestas en España no han perdido vigencia. Ya no son solo tradiciones heredadas, sino una elección adaptada a nuevas sensibilidades y maneras de vincularse. Jóvenes y adultos siguen llenando plazas, procesiones, conciertos y ferias porque la presencialidad no ha desaparecido.

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Nicolas Ureña Bautista es contratado Predoctoral de la Universidad de Málaga y participa en proyectos de investigación de concurrencia competitiva. Declara que no posee vinculación contractual con compañías u organización que pueda obtener beneficio de este artículo.

Felix Requena Santos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Entre procesiones y verbenas: seguimos aferrados a las fiestas populares, especialmente los jóvenes – https://theconversation.com/entre-procesiones-y-verbenas-seguimos-aferrados-a-las-fiestas-populares-especialmente-los-jovenes-282821

¿Y si el deporte fuera un arte? Lo que la neuroeducación nos enseña sobre aprender con el cuerpo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Bueno i Torrens, Profesor e investigador de la Sección de Genética Biomédica, Evolutiva y del Desarrollo. Director de la Cátedra de Neuroeducación UB-EDU1st, Universitat de Barcelona

Matimix/Shutterstock

Antes de hablar, nos movemos. Antes de razonar, exploramos. Antes de conocer el mundo, lo tocamos, lo recorremos y lo habitamos con el cuerpo. ¿Por qué, entonces, pensamos casi siempre en el aprendizaje como algo que sucede en la cabeza exclusivamente? Aprender consiste ciertamente en escuchar, leer, memorizar y razonar, actividades cognitivas que realizamos con el cerebro. Sin embargo, la neurociencia nos ofrece una visión mucho más amplia del aprendizaje.

El conocimiento no surge únicamente del cerebro, sino de la interacción constante entre el cerebro, el cuerpo y el entorno. El movimiento no acompaña al aprendizaje, forma parte de él. Antes de convertirse en conceptos abstractos, muchos conocimientos son experiencias corporales.

Aprendemos la distancia caminándola, el peso levantándolo, la velocidad desplazándonos y el espacio habitándolo. El cerebro no construye estas nociones en aislamiento; las elabora a partir de la información que proporcionan el cuerpo en movimiento y el entorno con el que interactuamos.

Interacción cuerpo, entorno y cerebro

Pensemos, por ejemplo, en un niño pequeño que aprende qué significa “subir”. No adquiere este concepto porque alguien se lo explique. Lo construye al intentar subir un escalón, al sentir el esfuerzo de las piernas, al perder y recuperar el equilibrio, al percibir cómo cambia su perspectiva del entorno y al comprobar las posibilidades que le ofrece esa nueva posición.

El cerebro procesa la información, pero el conocimiento surge de la interacción entre la actividad neural, las acciones del cuerpo y las características del entorno. El concepto de “subir” no se aprende solo con la mente: se aprende moviéndose en el mundo.




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Esta idea invita a replantear nuestra manera de entender la actividad física. El deporte y la psicomotricidad no son solo una herramienta para mejorar la salud o la condición física. También son una forma de conocimiento, de creatividad y de construcción personal.

El cuerpo: nuestro primer lenguaje

Mucho antes de pronunciar una palabra, los bebés ya se comunican mediante movimientos. Sonríen, se agitan, extienden los brazos o se encogen cuando sienten miedo. A través de estas acciones comienzan a explorar el mundo y a construir las bases de su pensamiento.

La neuroeducación ha demostrado que el cerebro aprende en diálogo permanente con el cuerpo. Las emociones, la atención, la memoria y la creatividad se activan con mayor intensidad cuando se vinculan a experiencias corporales significativas. Cada salto, carrera, giro o equilibrio deja una huella física en la arquitectura cerebral gracias a los mecanismos de neuroplasticidad, la capacidad que tiene el cerebro para reorganizarse a partir de la experiencia. Desde esta perspectiva, moverse es una forma de pensar.




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Por ejemplo, cuando los alumnos aprenden las tablas de multiplicar acompañando cada resultado con una secuencia de palmas, pasos o movimientos corporales, no solo utilizan los circuitos cognitivos relacionados con el cálculo. También involucran sistemas motores y sensoriales que enriquecen la experiencia de aprendizaje. La asociación entre movimiento y contenido crea más rutas neuronales para recuperar posteriormente la información, facilitando la memorización y el recuerdo.

Del mismo modo, por citar otro ejemplo, un alumno puede comprender mejor el sistema solar si representa físicamente el movimiento de los planetas alrededor del Sol. Al caminar describiendo órbitas, variar velocidades o experimentar las distancias entre cuerpos celestes, transforma una explicación abstracta en una experiencia vivida, favoreciendo una comprensión más profunda y duradera.

Cuando el deporte se convierte en arte

Estamos acostumbrados a asociar el arte con la música, la pintura, la literatura o la danza. Pero el deporte comparte con todas ellas los mismos elementos esenciales que las cartacterizan: creatividad, expresión, interpretación y búsqueda de significado.

Un o una gimnasta que dibuja formas en el aire, un patinador o una patinadora que transforma el hielo en una narración o un o una futbolista que encuentra un espacio imposible entre varios rivales no están ejecutando únicamente movimientos eficientes. También están creando. El cuerpo se convierte en un lenguaje capaz de comunicar emociones, ideas y valores.




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La neurociencia ayuda a comprender esta dimensión artística. Durante la práctica deportiva se activan simultáneamente áreas cerebrales relacionadas con la percepción, la planificación, la toma de decisiones, la regulación emocional y la imaginación. [El cerebro actúa como un compositor que organiza movimientos complejos en secuencias armónicas y adaptadas al contexto](https://es.wikipedia.org/wiki/Flujo_(psicolog%C3%ADa). No se trata de una metáfora: el deporte puede ser una auténtica obra de creación corporal.

La creatividad también se entrena moviéndose

Existe una tendencia a pensar que la creatividad pertenece exclusivamente a las disciplinas artísticas. Sin embargo, crear consiste fundamentalmente en combinar ideas, encontrar soluciones nuevas y adaptarse a situaciones cambiantes. Y eso ocurre continuamente en el juego y en el deporte.

Cuando una persona juega, anticipa escenarios, improvisa respuestas y modifica estrategias de acuerdo con las circunstancias. Estas acciones estimulan la interacción entre regiones cerebrales vinculadas con las funciones ejecutivas, la flexibilidad cognitiva y la imaginación. Cuantas más conexiones se establecen entre distintas áreas del cerebro, mayores son las posibilidades de pensamiento creativo.

Por eso los entornos educativos que incorporan movimiento, juego y exploración corporal pueden favorecer no solo el desarrollo físico, sino también la innovación, la capacidad de resolver problemas y la adaptación a la incertidumbre.

Matemáticas e historia ‘corporales’

En educación primaria, esto puede traducirse por ejemplo en actividades en las que los alumnos representan con su cuerpo conceptos matemáticos, reconstruyen escenas históricas, exploran fenómenos científicos mediante juegos de simulación o trabajan el vocabulario desplazándose por distintos espacios del aula.

En educación secundaria, por citar otro ejemplo, el movimiento puede incorporarse a través de dinámicas de debate en las que los estudiantes cambian de posición según sus argumentos, representaciones de modelos científicos, actividades de aprendizaje basado en proyectos que exigen experimentar y manipular materiales, o recorridos de observación y recogida de datos dentro y fuera del centro.

No se trata de que los alumnos se muevan más mientras aprenden, sino de que aprendan también a través del movimiento. Cuando el cuerpo participa en la construcción del conocimiento, el aprendizaje se vuelve más significativo, más creativo y más fácil de transferir a situaciones nuevas. En todos estos casos, el cuerpo deja de ser un mero soporte para la mente y se convierte en una herramienta activa para comprender, crear y tomar decisiones.

Aprender quiénes somos

Pero es que, además, el valor educativo del movimiento va mucho más allá del rendimiento cognitivo. La actividad física ofrece una oportunidad excepcional para el autoconocimiento. Aprender a identificar la respiración acelerada, el cansancio, la tensión muscular o la relajación ayuda también a reconocer emociones como la alegría, la frustración, el miedo o la calma.

La neurociencia ha mostrado que algunas de las estructuras cerebrales involucradas en la percepción de las señales corporales participan igualmente en la regulación emocional. Por eso educar el cuerpo contribuye también a educar las emociones. La red neuronal que gestiona el equilibrio físico es la misma que gestiona el equilibrio emocional. Entrenar el equilibrio físico del cuerpo desde la primera infancia favorece el posterior equilibrio emocional.

Esta dimensión resulta especialmente relevante durante la adolescencia, una etapa marcada por profundos cambios físicos, emocionales y sociales. Un deporte orientado al crecimiento personal y no exclusivamente al resultado competitivo puede fortalecer la autoestima, favorecer una identidad positiva y enseñar a convivir con el error, el esfuerzo y la superación.

Educar al ser humano al completo

Tal vez el principal mensaje de la neuroeducación en este campo sea que la tradicional separación entre cuerpo y mente resulta artificial. Aprendemos con todo nuestro organismo. Pensamos sintiendo y sentimos pensando. El movimiento puede mejorar la memoria, la atención o la creatividad, pero también puede enseñarnos a cooperar, a perseverar, a conocernos mejor y a encontrar sentido en lo que hacemos.

Por eso el deporte, entendido como arte del movimiento, deja de ser una actividad complementaria para convertirse en una herramienta educativa de primer orden. En una época marcada por el sedentarismo y la hiperconexión digital, quizá una de las decisiones más innovadoras que puede tomar la escuela sea también una de las más antiguas: permitir que los niños, las niñas y los adolescentes aprendan también moviéndose, a través del deporte, el juego y la psicomotricidad. Porque, después de todo, el movimiento es nuestro primer lenguaje.

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David Bueno i Torrens no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Y si el deporte fuera un arte? Lo que la neuroeducación nos enseña sobre aprender con el cuerpo – https://theconversation.com/y-si-el-deporte-fuera-un-arte-lo-que-la-neuroeducacion-nos-ensena-sobre-aprender-con-el-cuerpo-286612