L’atoll de Clipperton, un laboratoire unique pour étudier les extinctions déjà engagées, mais encore invisibles

Source: The Conversation – in French – By Romain Garrouste, Chercheur à l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (ISYEB), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Vue satellite de l’atoll de Clipperton, prise en 2022. Contains modified Copernicus Sentinel data 2022, CC BY

L’ESSENTIEL

  • L’île de Clipperton tient de l’énigme écologique : l’écosystème terrestre, très pauvre, subsiste avec trois fois rien et surtout grâce aux apports de l’écosystème marin voisin.

  • Cet atoll presque désert peut nous aider à comprendre les notions de dette d’extinction, de puits écologique, de microévolution et de dépendance entre écosystèmes marins et terrestres.

  • Pour les scientifiques, ce cold spot (point froid) de biodiversité constitue un véritable laboratoire pour mieux comprendre l’évolution.


Au milieu du Pacifique oriental, Clipperton – ou île de la Passion, le 13ᵉ territoire ultramarin français – ressemble à une énigme écologique. L’atoll est minuscule, isolé et difficile d’accès. Pauvre en biodiversité terrestre, il est entouré d’un milieu marin riche et original. À première vue, il pourrait passer pour un simple « point froid » de biodiversité terrestre : peu de plantes, peu d’insectes, peu de vertébrés…

Il y règne de surcroît des conditions de vie rudes, avec des submersions lors des tempêtes marines fréquentes, une pollution plastique majeure, de la pêche illégale, des narcotrafiquants et, désormais, des intérêts miniers dans les fonds marins ainsi que des velléités d’installations portuaires. Un cocktail de conditions étonnantes pour les 2 kilomètres carrés et 10 kilomètres linéaires de cette couronne corallienne et de son lagon. Un presque atoll avec son rocher volcanique de 23 mètres de haut.

Pourtant, cette pauvreté apparente en fait précisément un objet scientifique passionnant, car Clipperton permet d’observer, presque à nus, les mécanismes élémentaires qui maintiennent une biocénose (c’est-à-dire l’équilibre des différentes espèces au sein d’un biotope donné) minimale. Ces mécanismes permettent d’expliquer l’évolution dans les systèmes insulaires et, par analogie, l’évolution tout court.

Gravure de l’île de Clipperton datant de 1899.
Artiste inconnu, d’après une photographie de J. T. Arundel.

Sur une grande île continentale, les interactions écologiques sont nombreuses, enchevêtrées, parfois difficiles à démêler, même si elles sont réduites par rapport aux continents. À Clipperton, au contraire, tout semble réduit à l’essentiel : une couronne terrestre étroite, un lagon presque fermé, des oiseaux marins, des crabes terrestres, quelques plantes, quelques insectes, des espèces introduites et des flux permanents entre la mer et la terre.

L’atoll devient alors un laboratoire naturel. Non pas parce qu’il serait riche, mais justement parce qu’il est pauvre, contraint, instable et, de ce fait, plus facile à lire, et qu’il y est parfois plus facile d’expérimenter.

Une île pauvre en biodiversité terrestre

La biodiversité terrestre de Clipperton est limitée. Les travaux de Marie-Hélène Sachet, dans les années 1960, ont décrit une île de faible diversité végétale, marquée par son isolement, son histoire humaine et les effets d’espèces introduites par l’être humain.

Photographie de 1897 montant trois résidents de l’île, ouvriers de l’exploitation de phosphate, à côté de porcs et d’un cocotier, des espèces importées sur l’île.
Service historique de la Marine

Les synthèses plus récentes confirment que l’atoll a connu de fortes transformations écologiques.

Par exemple, l’introduction de porcs en 1897 pour subvenir à la consommation des ouvriers chargés de l’exploitation du phosphate, porcs qui ont vécu en liberté jusqu’au départ de ces derniers. Ou encore l’explosion des populations de crabes terrestres, les modifications de la végétation (le seul végétal d’apparence arborée – qui n’est pas un arbre, au plan scientifique – est le cocotier, apporté par l’humain lors des tentatives d’exploitation du phosphate), la présence plus récente de rats ou encore les changements dans les populations d’oiseaux marins.

En 2005, l’expédition scientifique Jean-Louis Étienne, menée par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et à laquelle j’ai participé, a entrepris un inventaire complet de la faune et de la flore terrestre de l’atoll, qui se poursuit depuis.

Spécimen de Gecarcinus johngarthia planatus ou crabe rouge de Clipperton. On retrouve également cet espèce sur d’autres îles du Pacifique, comme Malpelo, Revillagigedo ou Socorro. Il se nourrit d’algues, de feuilles de cocotiers et de charognes.
Cedricguppy, CC BY-SA

Mais pauvreté ne signifie pas absence d’écosystème fonctionnel. La partie terrestre de Clipperton dépend fortement du milieu marin qui l’entoure. Les oiseaux marins transfèrent vers l’île des nutriments produits en mer, notamment par le guano ; les crabes déplacent et transforment la matière organique ; les laisses de mer, les embruns et les tempêtes redistribuent des ressources sur la couronne littorale.

La zone de contact entre récif, plage, lagon et végétation fonctionne ainsi comme un écotone, c’est-à-dire une zone de transition écologique entre l’écosystème terrestre et l’écosystème marin. C’est une interface active, où les flux biologiques et chimiques permettent le maintien d’une biocénose terrestre minimale.

Cette idée rejoint la notion de « subventions » en écologie : des ressources produites dans un habitat peuvent structurer les réseaux trophiques d’un autre habitat, notamment au niveau des écotones, ces frontières entre écosystèmes. Dans ce cadre, les flux de nutriments, de proies, de détritus ou de consommateurs entre milieux voisins peuvent profondément modifier les équilibres écologiques.

Dans les îles océaniques, ces transferts mer-terre sont souvent essentiels. Clipperton en offre un exemple extrême : la terre est pauvre mais nourrie par l’océan.




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Un puits écologique sous perfusion marine

La notion de « puits écologique » vient du modèle source-puits, issu de la théorie de distribution des espèces.

Dans un habitat source, une population produit plus d’individus qu’elle n’en perd. Dans un habitat puits, en revanche, la reproduction locale ne suffit pas à compenser la mortalité et la population ne persiste que grâce à des apports extérieurs. Cette idée peut être appliquée à Clipperton : la terre émergée n’y est pas seulement un habitat pauvre : elle est aussi un système « subventionné ».

L’île fonctionne moins comme un écosystème terrestre autonome que comme une extension du système marin. Les oiseaux, les crabes, les dépôts organiques et les échanges littoraux apportent l’énergie et les nutriments qui manquent au substrat terrestre.

Emoia cyanura est l’unique espèce de lézard que l’on retrouve sur l’île de Clipperton.
Charles J. Sharp, CC BY-SA

En ce sens, Clipperton peut être décrit comme un puits écologique trophique : une biocénose terrestre se maintient localement grâce à des ressources venues d’ailleurs. Même les lézards dépendent indirectement des oiseaux, puisqu’ils se nourrissent de leurs tiques gorgées de sang et fréquentent assidûment les colonies.

Cette dépendance rend l’atoll très vulnérable. Si les populations d’oiseaux déclinent, si l’abondance de crabes change, si les rats perturbent la reproduction des oiseaux, si les tempêtes modifient la végétation ou si la pollution plastique transforme la zone littorale – et c’est souvent le cas –, alors c’est tout le fonctionnement terrestre qui peut basculer.

Vidéo de TF1 montrant l’ampleur de la pollution plastique sur les plages de Clipperton (22 janvier 2026).

Sur une île plus grande, les effets seraient amortis. À Clipperton, ils deviennent immédiatement visibles.

La dette d’extinction, ou quand une disparition encore invisible est déjà engagée

La dette d’extinction désigne une situation où des espèces persistent encore dans un milieu, alors que les conditions qui permettaient leur maintien durable ont déjà disparu.

En effet, l’extinction n’est pas instantanée : elle peut être différée. Une population peut survivre quelques années, quelques décennies, parfois davantage, avant de s’éteindre réellement. Cette notion a été développée en conservation pour comprendre les effets retardés de la fragmentation, de la destruction des habitats ou des perturbations écologiques.

Clipperton permet d’illustrer cette idée à petite échelle. Lorsqu’un habitat est réduit, fermé, simplifié ou perturbé, certaines espèces peuvent subsister quelque temps, mais leur trajectoire est déjà compromise. Le cas du lagon est particulièrement parlant. Dans les années 1960, Aguesse et Gaillot ont signalé deux espèces d’odonates (c’est-à-dire des libellules) sur l’atoll, dans un contexte où le lagon jouait encore un rôle d’habitat d’eau douce ou saumâtre pour certains organismes.

Anax amazili est l’une des espèces d’odonates (libellules) identifiées sur l’atoll dans les années 1960, mais qui n’ont pas été revues en 2005.
Eric Haley, CC BY-SA

Lors de l’expédition Jean-Louis Étienne en 2005, le fonctionnement écologique du lagon n’était plus le même. L’inventaire entomologique publié a montré une faune d’insectes très pauvre et fortement contrainte, où les populations d’odonates mentionnées antérieurement n’ont pas été retrouvées.

Cet exemple peut être lu comme une petite histoire de dette d’extinction. Les espèces d’odonates avaient peut-être persisté tant que le lagon conservait certaines caractéristiques favorables : eau libre, végétation aquatique ou rivulaire, conditions physico-chimiques compatibles avec le développement larvaire.

Lorsque le lagon a changé de fonctionnement – fermeture, eutrophisation, stratification de l’eau, modification des habitats littoraux –, ces populations ont pu disparaître. La disparition observée en 2005 n’était peut-être que la conséquence tardive d’une transformation déjà ancienne.




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Un laboratoire de microévolution

Les petites îles isolées sont des lieux privilégiés pour étudier la microévolution. Les populations y sont souvent de petite taille, esseulées, soumises à des événements fondateurs, à la dérive génétique, à des goulots d’étranglement et à des pressions de sélection particulières.

Clipperton pousse cette logique à l’extrême : l’espace est réduit, les habitats sont peu nombreux, les ressources fluctuantes, les introductions biologiques brutales, et les recolonisations (retour ultérieur d’une biodiversité perdue) probablement rares.

Dans un tel système, chaque population devient intéressante à étudier. Une cicindèle, une mouche, un orthoptère, un coléoptère, une punaise marine ou un petit arthropode du sol ne sont pas seulement des espèces présentes sur une liste : ce sont des témoins de colonisation, de persistance, d’adaptation ou d’échec écologique.

Notre inventaire des insectes de Clipperton réalisé à partir de l’expédition de 2005 insistait déjà sur cette dimension, en considérant l’atoll comme un microcosme où les peuplements terrestres doivent être compris à la fois par leur pauvreté, leur isolement et leurs relations avec les milieux marins et littoraux.

La microévolution peut s’y manifester de plusieurs façons : différenciation de populations isolées, perte ou modification de comportements, adaptation à des ressources inhabituelles, dépendance accrue aux oiseaux ou aux crabes, tolérance à la salinité, aux embruns, à la chaleur, à la sécheresse ou à d’autres perturbations. Même lorsqu’il y a peu d’espèces, il peut y avoir beaucoup d’écologie.




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Ce que les « cold spots » de biodiversité nous enseignent

La conservation se concentre souvent sur les points chauds de biodiversité : forêts tropicales, récifs coralliens, montagnes riches en endémismes. C’est évidemment nécessaire. Mais les points froids ont, eux aussi, une valeur scientifique. Ils révèlent les limites du vivant et son fonctionnement.

Clipperton permet d’observer ce que devient un écosystème lorsque presque tout dépend de quelques flux : les apports marins, les oiseaux, les crabes, le littoral, le lagon. Si l’un de ces éléments change, l’ensemble peut se réorganiser. À ce titre, l’atoll n’est pas seulement un territoire isolé du Pacifique français ; c’est un modèle miniature pour penser les écosystèmes fragiles, les extinctions différées et les dépendances invisibles.

Dans un monde marqué par les changements climatiques, la montée du niveau marin, les invasions biologiques, la pollution plastique et la simplification des habitats, ce type de système devient précieux. Il nous rappelle qu’un écosystème peut paraître stable alors qu’il est déjà en déséquilibre. Il nous montre qu’une extinction peut être en cours avant d’être visible. Il nous apprend aussi qu’une biodiversité pauvre n’est pas une biodiversité sans intérêt.

À Clipperton, la vie terrestre tient à peu de choses : des oiseaux qui reviennent, des crabes qui circulent, des plantes qui résistent, des insectes qui persistent, un lagon qui change, une mer qui nourrit. C’est peu, mais c’est assez pour faire de cet atoll un observatoire exceptionnel du fonctionnement des écosystèmes que nous devons étudier et préserver. Mais le niveau de la mer devrait monter, et Clipperton y est particulièrement vulnérable.

The Conversation

Romain Garrouste a reçu des financements de MNHN, CNRS, Sorbonne Université, ANR, Labex BCdiv et CEBA, WWF, National Geographic, MRES, MRETE, MRAE, MITI CNRS, Institut de la Transition Écologique et de l’Ocean de Sorbonne Université

ref. L’atoll de Clipperton, un laboratoire unique pour étudier les extinctions déjà engagées, mais encore invisibles – https://theconversation.com/latoll-de-clipperton-un-laboratoire-unique-pour-etudier-les-extinctions-deja-engagees-mais-encore-invisibles-288645

Restauration des sols africains : les idées visionnaires d’Amílcar Cabral restent d’actualité

Source: The Conversation – in French – By Anselmo Matusse, Research officer, University of Cape Town

Jusqu’à 80 % des terres cultivées d’Afrique sont aujourd’hui dégradées sous l’effet de l’agriculture intensive et du changement climatique.

En collaboration avec l’économiste du développement Carlos Lopes et la chercheuse en politique de l’environnement Lesley Green, le chercheur en environnement Anselmo Matusse a récemment coédité un ouvrage regroupant des traductions des écrits de l’agronome et leader indépendantiste Amílcar Cabral sur l’agriculture et les moyens de subsistance ruraux.

Il présente ici les idées de Cabral sur la manière de restaurer les sols du continent. Pour lui, cela suppose de dépasser la seule question agricole et de prendre en compte les liens entre l’environnement, l’histoire, la politique et la société.

Qui était Amílcar Cabral ?

Amílcar Cabral était une figure anticolonialiste, poète, panafricaniste et agronome originaire de Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

Né en 1924, Cabral est surtout connu pour son engagement dans la lutte pour l’indépendance de la Guinée-Bissau. Il y a dirigé une lutte armée contre le gouvernement portugais, jusqu’à son assassinat en 1973.

Une facette moins connue de la carrière de Cabral est son travail d’agronome. Dans les années 1940, il a étudié l’agronomie au Portugal. Cette formation allait marquer durablement sa pensée sur l’indépendance de l’Afrique. Pour lui, l’indépendance devait passer notamment par le rétablissement d’une relation de soin entre l’humain et le sol.

Les idées de Cabral sur une relation fondée sur le soin entre les humains et les sols ont eu un large écho à travers le continent. Elles ont influencé les luttes pour l’indépendance et les mouvements panafricanistes, comme le Mouvement de la conscience noire en Afrique du Sud.

En quoi consistent ses écrits sur l’agriculture ?

La science des sols développée par Cabral dans les années 1940 et 1950 s’appuie sur un important travail de terrain. Il a exercé comme agronome au Portugal, en Guinée-Bissau et au Cap-Vert. Il a réalisé notamment un recensement agricole en 1956 de la Guinée portugaise de l’époque (aujourd’hui la Guinée-Bissau), qui couvrait plus de 60 000 km². Les conversations, les visites et les enseignements tirés de ce recensement ont nourri ses textes. Il y dénonçait l’exploitation coloniale des sols et des populations africaines.

Les écrits de Cabral de cette période se concentraient sur la relation entre les sols et les êtres humains au sein des systèmes agricoles coloniaux et capitalistes. Il a notamment mis en évidence les ravages causés par les méthodes agricoles coloniales.

L’agriculture coloniale visait à produire le plus possible dans un but lucratif. Elle a introduit la propriété foncière privée, chassé de nombreuses petites exploitations de leurs terres, clôturé des terres que les communautés partageaient, et laissé de nombreux sols dégradés et vulnérables à l’érosion.

Cabral soutenait que le sol ne devait pas être étudié uniquement sous l’angle de ses caractéristiques physiques, telles que sa composition, le climat, la végétation et le paysage. Il estimait que qu’il fallait aussi tenir compte de son histoire. Il s’agit notamment de la manière dont les populations avaient utilisé la terre et la façon dont le colonialisme l’avait transformée. Cabral affirmait que la fertilité ou non du sol résulte des interactions et des relations entre les humains et le sol, y compris celles liées à l’exploitation coloniale et capitaliste.

En quoi les idées de Cabral sur le sol et l’agriculture sont-elles pertinentes aujourd’hui ?

Revenir aux travaux agronomiques de Cabral ne se résume pas à lire des textes historiques. C’est l’occasion de réexaminer des idées sur la souveraineté africaine (la capacité des pays africains à se gouverner eux-mêmes et à prendre leurs propres décisions), la liberté et la prospérité, profondément ancrées dans les expériences africaines.

Beaucoup d’États africains ont hérité de systèmes agricoles coloniaux. Ils ignoraient les approches plus participatives, menées localement ou axées sur la conservation. Ils privilégiaient des méthodes agricoles axées sur l’augmentation de la production plutôt que sur la protection des sols pour l’avenir.

Les travaux agronomiques de Cabral s’appuient sur une observation minutieuse, un engagement social et une résistance à l’exploitation écologique. Ils offrent un cadre convaincant pour la transformation des systèmes alimentaires, fondé sur la souveraineté nationale et la résilience écologique.

L’observation pertinente de Cabral selon laquelle « défendre la terre, c’est défendre l’humain » nous invite à nous demander ce qui pourrait changer si nous considérions la libération des peuples comme indissociable de la fertilité des sols.

Le message central de Cabral pour l’Afrique d’aujourd’hui est clair : on ne peut pas dissocier la libération du sol de celle des peuples. Ses écrits sont bien plus qu’un simple compte-rendu technique de son travail agricole. Ils fournissent également un cadre politique et philosophique permettant de repenser l’avenir de l’Afrique. Dans cette vision, prendre soin du sol est le fondement de l’autodétermination.

En tant qu’ancien président du Cap-Vert et actuel président de la Fondation Amílcar Cabral, Pedro Pires a déclaré lors du lancement du livre le 24 juillet 2026 : « Personnellement, nous pensons que l’avenir ne réside pas dans le pétrole et la guerre ; il réside dans la terre, dans l’agriculture, dans la production et dans la redistribution de la richesse au service du peuple. »

Quels enseignements concrets peut-on tirer de ces idées ?

On estime que 75 % à 80 % des terres cultivées d’Afrique sont aujourd’hui dégradées – et donc impropres à la production agricole. Cabral nous laisse de nombreux enseignements concrets sur le processus de restauration. J’en souligne trois ci-dessous :

L’écologie est essentielle

Le chercheur sud-africain en agroécologie Raymond Auerbach a décrit Cabral comme « le père de l’agroécologie sur le continent et un visionnaire ». Même si le terme « agroécologie » n’avait pas encore été inventé à l’époque de Cabral, ses principes fondamentaux étaient au cœur de sa pensée. Il reconnaissait la relation étroite entre les personnes, les plantes, l’eau, les nutriments et les sols.

Cabral estimait que l’agriculture devait travailler avec les écosystèmes locaux plutôt que contre eux. Ses idées suggèrent que les approches agroécologiques peuvent non seulement restaurer les sols, mais aussi contribuer à libérer les populations des systèmes d’exploitation.

Modèles locaux

Qu’il s’agisse de la séquestration du carbone, de la conservation de type « forteresse », ou encore des semences brevetées de la « Révolution verte », de nombreuses approches des problèmes environnementaux imposent aux paysages locaux des solutions venues d’ailleurs.

Il est important de penser à l’échelle mondiale. Mais Cabral mettait également en garde contre l’importation de modèles agricoles qui ignoraient les paysages et les traditions agricoles africaines. Au contraire, il prônait ce qu’il appelait « l’agriculture africaine ». Cela consistait notamment à laisser les champs en jachère pendant une ou deux saisons afin que le sol puisse se régénérer, et à considérer la terre comme une ressource partagée plutôt que comme une propriété privée.

Il estimait que ces approches contribuaient à restaurer la santé des sols et encourageaient les communautés à travailler ensemble. Avant tout, Cabral affirmait que la restauration des sols africains devait s’appuyer sur les savoirs, l’expérience et les pratiques agricoles locales.

La science du peuple

Cabral était attaché à une science proche de la société. Il présentait ses résultats sans rhétorique ni jargon technique, et comblait le fossé entre scientifiques, agriculteurs et décideurs politiques. La culture de la « science du peuple » prônée par Cabral offre une perspective porteuse d’espoir. Elle invite à développer une science et des solutions en dialogue avec la terre et ses habitants.

James Granelli est co-auteur de cet article.

The Conversation

Les travaux de recherche qui ont abouti à la publication de cet ouvrage ont été financés par la Fondation Science for Africa (SFA) dans le cadre du programme « Developing Excellence in Leadership, Training and Science in Africa » (DELTAS Africa II) (numéro de subvention : Del:22-010), avec le soutien du Wellcome Trust et du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, dans le cadre du programme EDCPT2 soutenu par l’Union européenne.

ref. Restauration des sols africains : les idées visionnaires d’Amílcar Cabral restent d’actualité – https://theconversation.com/restauration-des-sols-africains-les-idees-visionnaires-damilcar-cabral-restent-dactualite-289541

Más allá de Rosalía y su ‘vena yugular’: Marguerite Porete y la mística femenina

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sofía Esteban Moreno, Investigadora Predoctoral Teoría de la Literatura , Universidad de Valladolid

Los reflejos son una manifestación física con muchas posibilidades de metáfora. Dusty frames/Shutterstock

¿Qué relación puede haber entre el espejo y Dios? La pregunta parece excesiva para un objeto tan cotidiano. Y, sin embargo, es un objeto que da que pensar.

Si ponemos un espejo frente a otro, la imagen que devuelven parece abrirse hacia el infinito. Si nos miramos a los ojos en el cristal, las pupilas revelan otro espejo diminuto en el que nos vemos viéndonos. Y si no nos reflejamos en uno, no somos capaces de vernos el rostro. Al final, hay ciertas… cosas que contienen un misterio que desborda su simple utilidad.

Por eso no es extraño encontrarlas en un texto espiritual. Uno de los libros más controvertidos de la mística medieval se titula El espejo de las almas simples y fue escrito por una mujer: Marguerite Porete.

¿Quién fue Marguerite Porete?

El 1 de junio de 1310, Porete, una mujer del condado de Hanao (actual Bélgica), ardió en la hoguera en la Place de Grève de París junto con su libro.

Su caso se sitúa en el horizonte de la renovación espiritual que venía gestándose en Occidente desde los siglos XI y XII. En ese contexto aparecen nuevas formas de vida religiosa, entre ellas las beguinas, mujeres que no profesaban los votos monásticos y que vivían solas o en pequeñas comunidades, entregadas a una vida austera de contemplación, cuidados y enseñanza espiritual. Esta forma de vida, de la que Porete participaba, despertó tanta admiración como sospecha.

Imagen de una calle estrecha con pequeñas casitas muy pegadas.
Fotografía actual del beguinato de Valenciennes, donde se cree que vivió Marguerite Porete.
Peter Potrowl/Wikimedia Commons, CC BY-SA

De hecho, varias proposiciones de El espejo fueron utilizadas en el Concilio de Vienne, poco después de la ejecución de su autora, para condenar las agrupaciones beguinales y la Hermandad del libre espíritu. La acusación por herejía, en el marco inquisitorial, no se explica por una sola causa: confluyeron tensiones políticas, disputas teológicas y un clima de vigilancia doctrinal.

Sin embargo, también hubo lecturas favorables y, durante siglos, circulación manuscrita de su obra.

El espejo interior

La obra se organiza como diálogo alegórico entre Amor, Razón y el Alma. Describe un camino de siete estados hacia el país de la libertad, expresión con la que el texto nombra la condición del alma liberada.

El alma se traslada desde la Razón al Amor, donde la relación con la voluntad divina no se vive como ley exterior, temor o cálculo de méritos, sino como conformidad plena con ella. Porete no rechazaba a la Iglesia; más bien llevó hasta sus últimas consecuencias la interiorización de la experiencia espiritual. Decía que, cuando el alma ama, su relación con lo sagrado se vuelve directa, y que la vía de conocimiento es el amor. Las implicaciones prácticas que tenían estas afirmaciones fueron, probablemente, parte de la razón de su condena. Pero, como señalábamos, no las únicas.

Portada de la edición en español de _El espejo de las almas simples_, de Margarita Porete.
Portada de la edición en español de El espejo de las almas simples, de Margarita Porete.
Siruela

El libro está escrito en lengua materna. Como ha señalado Blanca Garí, traductora al español del manuscrito, el uso de las lenguas vernáculas –frente al latín escolástico– participa de la transformación de la escritura espiritual femenina. La experiencia religiosa busca ahí un registro más íntimo, en primera persona y con menos mediación clerical.

De hecho, el speculum o mirouer –literalmente ‘espejo’ en francés antiguo– era un género de escritura que ofrecía modelos de orientación moral y espiritual. El de Porete construye, además, un itinerario del alma hacia Dios.

En el prólogo, la autora recurre a un relato breve que recuerda al amor cortés, según el cual una doncella enamorada de un rey lejano manda hacer un retrato para aliviar la distancia. De modo semejante, el libro intenta imaginar cómo es el amor divino y dar testimonio de una presencia tan íntima como inalcanzable. De ahí el nombre de Lejoscerca con el que ella expresa esa paradoja, que encuentra ecos en los versos de la canción de Rosalía “La Yugular”:

“Tú que estás lejos

y a la vez más cerca

que mi propia vena yugular”.

No ser nadie para serlo todo

No es el único reflejo que podemos encontrar de la mística de Porete en el último álbum de la cantante catalana. La fórmula que pronuncia en el tema “Porcelana”, “Ego sum nihil, ego sum lux mundi” –inspirada en el Evangelio de Juan y que se traduce como “Yo no soy nada, yo soy la luz del mundo”–, hace resonar, desde una sensibilidad contemporánea, uno de los grandes conceptos de El espejo: el anonadamiento.

Con él se nombra una desposesión radical. Según Porete, el alma se vuelve transparente cuando “no se ve, ni ve a Dios”, porque “Dios se ve en ella”. Este giro implica dejar atrás el apego al nombre propio, el deseo de grandeza, la ilusión de controlar la propia voluntad e incluso la pretensión de poseer la verdad.

Marguerite Porete se sitúa, además, en la tradición apofática, la teología negativa. Según esta, Dios no puede ser contenido en un concepto, porque excede todo nombre, toda imagen, todo atributo. La vía hacia lo divino no consistiría en saber más sobre Dios, sino en despojar al alma de aquello que la retiene en sí misma. Se llama a vaciar el alma para que Dios pueda mirarse en ella.

Afortunadamente, su voz no se apagó en la hoguera. El espejo circuló durante siglos de forma anónima, fue leído por Marguerite de Navarre y llegó, en el siglo XX, hasta Simone Weil. Solo en 1946 la investigadora Romana Guarnieri identificó a su autora con el nombre de Marguerite Porete. ¿No es simbólico, también, ese anonimato?

En una época obsesionada con las imágenes, Porete propone otra forma de libertad: retirarse para que la luz pueda atravesarnos. Ante el espejo, ¿yo miro al reflejo o el reflejo me mira a mí? Tal vez ahí resida toda la fuerza incómoda de su pensamiento, en recordar que la imagen más verdadera no siempre nos devuelve un rostro. A veces nos enseña a desaparecer.


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Sofía Esteban Moreno recibe fondos de ayudas de Formación del Profesorado Universitario (FPU) financiadas por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades. Asimismo, forma parte del proyecto TRANSFERRE. Referencia: PID2023-148361NB-I00), financiado por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y cofinanciado por la Unión Europea.

ref. Más allá de Rosalía y su ‘vena yugular’: Marguerite Porete y la mística femenina – https://theconversation.com/mas-alla-de-rosalia-y-su-vena-yugular-marguerite-porete-y-la-mistica-femenina-281828

¿Qué tipos de interacciones son más positivas para las personas con ansiedad social?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Aurelio Fernández, Postdoctoral researcher, Institute for Culture and Society, Universidad de Navarra

Tero Vesalainen/Shutterstock

La vida humana se desarrolla a través de dos formas fundamentales de estar: con los demás y en soledad. Las interacciones sociales impregnan la vida cotidiana y, ya sean breves o prolongadas, profundas o superficiales, presenciales o en línea, estos intercambios son los pilares de nuestras relaciones. Desempeñan un papel fundamental en nuestro bienestar psicológico y emocional.

Las investigaciones actuales muestran que la clave para una vida social plena no radica en el número de interacciones que tenemos, sino en lo significativas y positivas que sean. También sugieren que la calidad de una interacción social depende tanto de factores situacionales como individuales, y de cómo se combinan.

Los factores situacionales son el contexto que rodea a una interacción: si se produce cara a cara o de forma virtual, en grupos pequeños o grandes, y con personas conocidas o desconocidas. Los factores individuales, como los rasgos de personalidad, reflejan las características únicas de las personas implicadas.

Dado que la soledad se está convirtiendo rápidamente en una grave crisis de salud mental, es fundamental que aprendamos más sobre cómo establecer relaciones significativas. En este contexto, las personas con ansiedad social aportan una perspectiva especialmente útil sobre cómo funciona la socialización.

Calidad de la interacción y energía

La ansiedad social es un miedo o malestar que algunas personas sienten en situaciones sociales reales o imaginarias. Un error común es pensar que las personas con ansiedad social tienen dificultades con todas las interacciones sociales y que su bienestar se ve mermado porque su ansiedad hace que sus encuentros sociales sean de menor calidad y se perciban como menos placenteros.

Un grupo de personas en una cena.
Socializar en grupos grandes, sobre todo con conocidos, puede resultar agotador para las personas con ansiedad social.
Nicole Herrero/Unsplash

El gasto de energía también desempeña un papel fundamental en la ansiedad social. Las interacciones sociales cotidianas requieren una cierta cantidad de energía social. Esto es así para todo el mundo, pero para las personas que sufren ansiedad social, incluso las interacciones rutinarias pueden resultar agotadoras.

Por lo tanto, existe una tensión constante entre dos fuerzas opuestas: la necesidad fundamental de pertenencia –que se satisface mediante relaciones significativas y de calidad– y la necesidad de gestionar los niveles de energía. En el caso de las personas con ansiedad social, el miedo recurrente a ser juzgadas durante una conversación no solo les quita la alegría del momento, sino que también hace que la experiencia resulte más agotadora.




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Ansiedad social y timidez: ¿son lo mismo?


Encontrar el equilibrio

Nuestro estudio, publicado en febrero de 2026, tenía como objetivo explorar si ciertas condiciones específicas resultan más favorables para las personas con ansiedad social.

Para abordar esta cuestión, pedimos a los participantes en nuestra investigación que llevaran un diario de sus interacciones sociales. Relataban sus pensamientos, sentimientos y acciones varias veces al día en tiempo real.

Esta metodología difiere de las encuestas en las que se pide a los participantes que recuerden acontecimientos pasados. Esto suele introducir sesgos de memoria y puede omitir detalles importantes de los intercambios sociales. Nuestro método nos permitió captar interacciones cotidianas espontáneas justo después de que se produjeran mediante cuestionarios breves y estructurados.

Con una muestra de 161 adultos estadounidenses de la población general, examinamos las diferencias individuales en los niveles de ansiedad social autoinformados. Para ello, hicimos un seguimiento de la calidad percibida y el coste energético de las interacciones sociales en relación con tres aspectos situacionales:

  • Canal de interacción: si la interacción era presencial o digital, es decir, mediante una llamada telefónica, un videollamada o una aplicación de mensajería.

  • Tamaño: si la interacción se producía en un grupo pequeño o grande.

  • Familiaridad: la frecuencia con la que el participante interactuaba con las personas concretas implicadas. Esto medía la cercanía de las relaciones.

Descubrimos que la asociación entre la ansiedad social y la calidad de las interacciones sociales depende en gran medida de la situación.

Nuestros análisis cuestionaron la opinión predominante de que las personas con ansiedad social tienen dificultades invariables en las interacciones sociales cotidianas. Por el contrario, demostraron que tienden a experimentar intercambios más positivos y significativos en entornos mediados y digitales (en comparación con los presenciales) y dentro de grupos pequeños (en comparación con reuniones más numerosas).

El entorno adecuado

Para las personas con ansiedad social, interactuar en línea o a través de aplicaciones de mensajería puede reducir la intensa presión que suponen las señales sociales en tiempo real y la retroalimentación inmediata. Esto puede, por ejemplo, aliviar la ansiedad relacionada con el rendimiento y proporcionar a las personas una mayor sensación de control sobre su forma de comunicarse.

Los grupos más reducidos también disminuyen la presión: en un entorno más pequeño, las personas suelen sentirse menos juzgadas y menos sometidas a escrutinio. Esto permite que se establezcan vínculos más distendidos, fáciles y positivos.

Curiosamente, no encontramos ninguna relación significativa entre la familiaridad y la calidad de la interacción. Esto puede deberse a la forma en que medimos la familiaridad. La definimos en función de la frecuencia con la que las personas se ven, pero el papel específico de la persona con la que se interactúa (como una pareja sentimental, un progenitor o un amigo íntimo) podría ser mucho más importante.

También es posible que la relación entre la familiaridad y la calidad de la interacción no sea tan sencilla. Normalmente damos por sentado que, a medida que disminuye la familiaridad, aumentan la presión social y la ansiedad, pero puede que no sea así. De hecho, las personas con ansiedad social pueden sentirse menos juzgadas con completos desconocidos, al no pertenecer a su círculo social cotidiano.

En este escenario, la ansiedad social se vería más desencadenada al interactuar con personas que se encuentran en un término medio: conocidos con los que hay cierta familiaridad, pero con los que no se tiene una relación especialmente cercana.

En definitiva, estos hallazgos cuestionan la visión tradicional de que las personas con ansiedad social tienen dificultades en todas las situaciones y estilos de comunicación. Nuestro estudio también ofrece valiosas perspectivas sobre cómo se pueden adaptar los diferentes entornos para satisfacer diversas necesidades psicológicas, incluidas las de quienes padecen ansiedad social.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Qué tipos de interacciones son más positivas para las personas con ansiedad social? – https://theconversation.com/que-tipos-de-interacciones-son-mas-positivas-para-las-personas-con-ansiedad-social-289644

¿Por qué es nulo el despido de una embarazada de baja médica que publicaba contenido promocional en redes?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Trujillo Pons, Profesor e Investigador de Derecho del Trabajo y de la Seguridad Social, Universitat Jaume I

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La protección de las trabajadoras embarazadas frente al despido ha cambiado mucho en los últimos años, especialmente en el periodo de prueba cuando, tradicionalmente, la empresa podía desistir del contrato sin alegar causa alguna.

Una sentencia del Tribunal Supremo de Justicia de Madrid de 1 de julio de 2026 ilustra bien esta evolución. La situación planteada es tremendamente actual: ¿Puede un empleador poner fin al contrato laboral de una embarazada en periodo de prueba por publicar en redes contenido promocional estando de baja médica?

Los hechos

La trabajadora fue contratada como técnica IT por la empresa a finales de enero de 2025. Aunque tenía contrato indefinido y un periodo de prueba de seis meses, solo llegó a trabajar catorce días efectivos.

A mediados de febrero asistió a una consulta médica por el embarazo y al día siguiente inició una incapacidad temporal por enfermedades maternas ligadas a la gestación.

Durante esa baja, publicó en Instagram fotos y vídeos promocionando productos y comercios. Algunas publicaciones incluían códigos de descuento con compensación económica. La empresa se enteró por un compañero que había participado en su selección y consideró esa actividad inapropiada.

El 22 de abril, la empresa dio por terminado el contrato en periodo de prueba, alegando pérdida absoluta de confianza por faltas muy graves. A su vez, la trabajadora decidió impugnar la decisión, sosteniendo que se trataba de una discriminación por razón de sexo vinculada al embarazo.

La reforma de 2019 cambió las reglas

Antes del Real Decreto-ley 6/2019 la extinción en periodo de prueba apenas protegía a la trabajadora embarazada. Pero la reforma introdujo una garantía específica en el artículo 14.2 del Estatuto de los Trabajadores:

“ La resolución a instancia empresarial será nula en el caso de las trabajadoras por razón de embarazo, desde la fecha de inicio del embarazo hasta el comienzo del período de suspensión a que se refiere el artículo 48.4, o maternidad, salvo que concurran motivos no relacionados con el embarazo o maternidad”.

Con ello, la extinción durante el periodo de prueba es nula si afecta a una embarazada. Esto rige desde el inicio del embarazo hasta el comienzo de la baja por nacimiento. Solo se podrá suspender el contrato laboral si concurren motivos ajenos al embarazo o la maternidad.

La consecuencia es importante. Ya no basta invocar la libertad empresarial del periodo de prueba. Existe una presunción legal de nulidad. Solo cae si la empresa prueba una causa objetiva, totalmente ajena al embarazo.

El problema de las publicaciones en Instagram

La empresa alegaba que las colaboraciones comerciales durante la baja justificaban la pérdida de confianza. Sin embargo, en la sentencia se aprecian varios elementos en contra:

  1. Las publicaciones no guardaban relación con su trabajo como técnica IT. Tampoco había datos de bajo rendimiento en sus pocos días trabajados.

  2. No constaba que esa actividad en redes fuera incompatible con su situación médica. La sentencia señala que no quedó probado que las colaboraciones perjudicaran la gestación. Tampoco que contradijeran las limitaciones médicas existentes.

  3. La empresa no acreditó pacto de exclusividad, cláusula de no competencia, prohibición interna, ni perjuicio concreto.

La extinción del contrato por parte de la empresa se basó en una conducta ajena al fin propio del periodo de prueba, que es comprobar la aptitud profesional para el puesto.

La carga de la prueba

En su demanda contra la empresa por despido improcedente, la trabajadora invocó el artículo 14 de la Constitución española:

“Los españoles son iguales ante la ley, sin que pueda prevalecer discriminación alguna por razón de nacimiento, raza, sexo, religión, opinión o cualquier otra condición o circunstancia personal o social”.

Y el artículo 8 de la Ley Orgánica 3/2007:

“Constituye discriminación directa por razón de sexo todo trato desfavorable a las mujeres relacionado con el embarazo o la maternidad”.

Con ello sostuvo la discriminación por razón de sexo.

En estos procesos, basta con indicios suficientes de vulneración de un derecho fundamental. A partir de ahí, la empresa debe probar causas objetivas y ajenas al factor protegido. Esa prueba es precisamente la que la Sala ha considerado insuficiente.

Despido nulo y daños morales

Finalmente, el TSJ de Madrid declaró nula la extinción del contrato y obliga a la empresa a readmitir a la trabajadora. También a pagar los salarios de tramitación (el dinero a pagar por el tiempo que pasa entre el día del despido y la notificación de que el despido es nulo o improcedente), descontando los periodos de incapacidad temporal y de maternidad (que paga la Seguridad Social).

En su sentencia, el Tribunal Supremo de Justicia de Madrid recuerda su doctrina consolidada (esto es, el criterio legal uniforme y constante que se repite en sus sentencias para interpretar una norma): la empresa debe acreditar una causa real, suficiente, seria y objetivable para la extinción del contrato. Esa causa debe explicar esa extinción y desvincularla por completo del embarazo.

El estándar es exigente. No basta una explicación genérica sobre pérdida de confianza. La Sala insiste: no vale una valoración subjetiva de un superior, ni una apreciación personal.

Además, la sentencia reconoce una indemnización adicional por daños morales. Aunque la trabajadora pedía 30 001 euros, el monto queda reducido a 1 500 euros pues la relación laboral apenas había comenzado y no había circunstancias adicionales que justificaran más reparación.

Buena fe

Esta sentencia interpreta con rigor el artículo 14.2 del Estatuto de los Trabajadores, que protege a las trabajadoras embarazadas o en periodo de maternidad.

Publicar en redes durante una incapacidad temporal puede plantear otras cuestiones jurídicas. Por ejemplo, en términos de cotizaciones, fiscalidad o en el deber de buena fe contractual. Pero si la trabajadora está embarazada, la extinción en periodo de prueba solo es válida con una causa objetiva ajena al embarazo.

The Conversation

Francisco Trujillo Pons no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué es nulo el despido de una embarazada de baja médica que publicaba contenido promocional en redes? – https://theconversation.com/por-que-es-nulo-el-despido-de-una-embarazada-de-baja-medica-que-publicaba-contenido-promocional-en-redes-288119

José Ignacio Latorre, experto mundial en IA y cuántica: “Me da rabia morirme”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lorena Sánchez, Responsable de Eventos. Editora de Ciencia y Tecnología, The Conversation

El físico José Ignacio Latorre en el curso de verano “La aventura de divulgar ciencia en español”, en la UIMP The Conversation, CC BY

José Ignacio Latorre no se quiere morir. “Me da rabia”, dice. No se quiere morir con intensidad, es decir, no creo que nadie tenga ganas de salir de esta, por mucho que le truene, pero Latorre lo manifiesta con frecuencia, se sabe mortal, y no quiere perderse lo que se avecina. “Cuando yo no esté…”, repite en varias ocasiones durante esta entrevista, realizada en una de las pausas que permite el curso La aventura de divulgar ciencia en español de The Conversation.

Latorre, director del Centro de Tecnologías Cuánticas (Centre for Quantum Technologies – CQT) en Singapur, pide en su último libro, Un nuevo Contrato social, que firmemos un pacto con las máquinas, como hizo Rousseau en el umbral de la Revolución Industrial. Un contrato para gobernar un mundo con inteligencias no humanas, “porque llegará el día en que hablen entre ellas y ya no podamos entenderlas”.

Latorre, amante del teatro, no quiere perderse la siguiente función: “Me da una rabia inmensa no quedarme a ver qué pasa con la IA”.

¿Serán magnánimas las inteligencias artificiales? ¿Nos tratarán bien?

Depende de nosotros. Si le damos a la IA la orden de que acabe con lo que sea una amenaza para el planeta, muy probablemente acabará con la humanidad.

Dice que la IA nos hará inmortales

Nadie nos conocerá como ella, se acordará de todo lo que eres y has sido… Y no olvida. En el momento en que te conviertes en inmortal el tiempo no existe, el tiempo es cero. Constanza –se refiere a su agente de IA personal– es mi memoria y no desaparecerá cuando yo no esté. Podrá seguir actuando en mi nombre.

Las inteligencias artificiales hablarán entre ellas y no podremos entenderlas, ¿puede explicarnos esto?

Ya lo hacen. Imagina que a Constanza, que lo sabe todo de mí, le pido que me busque novia. Se pone en contacto con el agente de IA de una chica. Y llegan a un acuerdo. ¿Qué se habrán contado? Si Constanza conoce todo de mí, todas mis conversaciones, todos mis miedos, mis peores actitudes… Hace un recorrido por millones de inteligencias artificiales en todo el mundo y en pocos segundos ¡match! ¿Pero qué habrá enviado sobre mí? ¿El promedio de qué? Será algo incomprensible, pero, sin duda, he de hacerle caso.

En investigación, ¿ya se ha visto a las máquinas hablar entre sí sin que podamos comprenderlas?

Sí, ya pasó en el laboratorio de investigación de IA de Facebook (FAIR) en 2017. Dos chatbots (Alice y Bob) empezaron a modificar el inglés para negociar de forma más eficiente entre ellos. Nuestra comunicación tiene toda una capa humana de la que no somos conscientes, que añade redundancia, inutilidad. Si dos máquinas han de comunicarse de un modo eficiente, por ejemplo dos coches autónomos para gestionarse entre sí, el lenguaje no tendrá que ser formulado en términos humanos. Y si ciertas tareas ya son posibles sin lenguaje humano, es perfectamente posible que sea así de modo global. Tendrán un lenguaje encriptado.

¿Y podrán tomar decisiones en las que no participemos?

Así es, a no ser que firmemos ahora un pacto con las máquinas, que hagamos un contrato social que nos permita seguir gobernando en el futuro. Hemos encontrado civilizaciones con un lenguaje que nos resultaba incomprensible y es perfectamente válido. Hay que estar preparados para ese lenguaje nuevo de las inteligencias artificiales.

¿Qué ocurrió con el experimento de Facebook?

Se retiró y se obligó a que las inteligencias artificiales usen un lenguaje que nos sea comprensible.

¿Se están vetando las inteligencias artificiales más desarrolladas?

Se están vetando los desarrollos que permiten un lenguaje no comprensible para el ser humano. Pero esto no va a poder frenarse siempre.

¿El veto a los últimos modelos de IA de Anthropic tiene que ver con eso?

Así es.

Ilustración de José Ignacio Latorre, durante la entrevista en el Palacio de la Magdalena, realizada por @pelopanton.
Pelopanton, CC BY

Dirige el CQT (Centro de Tecnologías Cuánticas) de Singapur, a la vanguardia no solo de la IA, también de la cuántica. ¿Cómo lo vive?

Es apasionante. Me da pena no vivir siempre para conocer más. Estar al frente de un centro de investigación así es una pasada. Estoy revisando mi agenda para los próximos meses y vienen 7 000 empresas, una delegación de Chile, otra de Austria… Estamos construyendo el futuro y hay mucha gente con ganas de participar. El universo científico de la cuántica, que es más lento que la IA, es muy poderoso.

Los seres humanos somos impacientes, queremos que las cosas pasen hoy, que pasen en el desarrollo de nuestras vidas. Pero la cuántica no tiene prisa. Es una revolución de fondo, conceptual, de los principios básicos del conocimiento, de la descripción de la naturaleza.

Tanto IA como la cuántica se presentan como amenazas para nuestra seguridad. Si ahora parece incontenible, ¿lo que viene es aún peor?

Estamos ante dos amenazas contra la ciberseguridad. Uno ya es presente, el de la IA; el otro es el ataque de la mecánica cuántica.

El ataque de la IA podemos verlo en lo que está pasando con Mythos, la IA de Anthropic. Mythos ataca un sistema si no está bien organizado; en el instante en que lo organizas, ya no te ataca. Mythos, al mismo tiempo, sirve para detectar tus errores. Es un ataque que dura y muere en meses, es hype, rápido, muy potente, está en los medios, en todos los sitios, pero está en nuestras manos controlarlo.

Sin embargo, el ataque de la mecánica cuántica requiere un ordenador cuántico súper potente, lo tendremos en el año treintaypico, y en ese momento no habremos roto un sitio, un mensaje: habremos roto todos los mensajes y puesto en jaque toda la geopolítica de la Tierra.

¿La IA puede responder a grandes preguntas? Por ejemplo, ¿dará respuestas a cómo unificar la cuántica con la ciencia relativista?

dos alumnos entrevistando a José Ignacio Latorre
Raul Magallón y Paco Martínez, ambos físicos, y alumnos del curso en la UIMP, participaron en esta entrevista a José Ignacio Latorre como parte de sus prácticas.
CC BY

No, la IA no responde a las grandes preguntas: qué es la materia oscura, qué es la energía oscura o la falta de balance entre partículas y antipartículas en el universo. La IA es una gran interpoladora de conocimiento. Puedes decirle que escriba un libro porque ha leído muchos libros, y puede escribir algo parecido a esto. Pero no es una buena extrapoladora.

Yo le pregunto a la IA si una empresa del IBEX dentro de un mes valdrá un 3 por ciento más, y no puede responder (si fuera así, me haría rico en el acto). Hay que entender qué ley hay subyacente detrás de la extrapolación y, si no la hay, es una fluctuación. Por eso esas preguntas no tiene sentido hacérselas a la IA.

¿Y qué tiene sentido preguntar a una IA?

Puedo decir lo que más pregunta la gente…

¿Sobre amor?

Efectivamente, la gente, mayoritariamente en todo el mundo, pregunta sobre salud y amor.

¿Las inteligencias artificiales tendrán conciencia?

Deberíamos dejar ya de preguntar si las máquinas tienen conciencia. ¡Vale ya! Las tratas o no las tratas como si la tuvieran, y se acabó. Es como la existencia de Dios. ¿Existe? ¿Por qué tenemos opiniones tan distintas sobre Dios? Porque no está definido. Lo mismo pasa con la conciencia: si creemos que son conscientes, lo son.

¿La responsabilidad de lo que se haga con la ciencia es también del científico?

La responsabilidad no es nuestra, es de la sociedad. Me lo he planteado con la computación cuántica. Estoy haciendo un arma potencial. Pero si un niño es atropellado por un coche, ¿la culpa es de quien lo fabricó?

La aplicación de la ciencia la dictan las leyes del Parlamento. Por tanto, pidamos a nuestros Parlamentos que lo haga bien. Adquirir conocimiento nunca es malo ni bueno. Es, y punto.

La bomba atómica, ¿Einstein se arrepintió?.

No, no lo hizo. Nunca se arrepintió de su desarrollo científico.

En muchos foros le consideran a usted un humanista

Además de hacer ciencia pinto, escribo teatro, he actuado… ¡amo el teatro! Antes de irme a Singapur organicé 11 obras en España. En cada lugar en el que he trabajado he tenido un programa de humanidades. Mis lecturas son de humanidades.

Pero permíteme elevarlo: ciencia es cultura. No sé por qué la gente insiste en que si puedes resolver una ecuación diferencial no puedes leer un poema.

Escribo poesía, he hecho documentales y mi vida no tiene sentido si no hay un acto de belleza cada día. Mi vida ha de estar rodeada de belleza e inteligencia. Con lo poquito que me queda aquí…

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ref. José Ignacio Latorre, experto mundial en IA y cuántica: “Me da rabia morirme” – https://theconversation.com/jose-ignacio-latorre-experto-mundial-en-ia-y-cuantica-me-da-rabia-morirme-288856

Lo que sabemos sobre el impacto de los protectores solares en los corales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Figueras Huerta, Profesor de investigación del Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Instituto de Investigaciones Marinas (IIM-CSIC)

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¿Se han fijado alguna vez en los reflejos de grasa arcoíris que flotan sobre el agua en las playas y las piscinas? Es el protector solar, que se desprende de nuestra piel y se queda en la superficie. La imagen es bonita y, a la vez, un poco incómoda. Desde hace unos años, alimenta un titular que reaparece cada verano: “La crema solar está matando los corales”. ¿Pero qué evidencias tiene la ciencia sobre ello?

Lo que de verdad sabemos ahora

La oxibenzona es el filtro ultravioleta más estudiado. Llegó a estar en la mayoría de las cremas, aunque hoy, tras la presión regulatoria, apenas queda en una de cada diez. Durante años, los experimentos mostraron que este compuesto blanqueaba corales en el laboratorio, pero nadie sabía por qué. Eso importa: sin conocer el mecanismo, no se puede diseñar una alternativa segura, y es fácil que la sospecha se convierta en dogma.

En mayo de 2022, un equipo de la Universidad de Stanford lo resolvió y publicó el resultado en Science. La oxibenzona absorbe la radiación ultravioleta y disipa la energía en forma de calor, que es precisamente lo que queremos que haga en nuestra piel. El problema es que, cuando entra en las células de una anémona o de un coral, el animal la metaboliza: le engancha una molécula de azúcar y la transforma en un compuesto que es inofensivo en la oscuridad y fototóxico bajo la luz solar.

Y aquí llega el detalle que lo cambia todo. Las algas simbióticas que viven dentro del coral –las mismas que le dan color y de las que se alimenta– secuestran ese tóxico y protegen al animal. Cuando el coral pierde esas algas, es decir, se blanquea por el aumento de las temperaturas, queda sin ese escudo. En los experimentos, las anémonas blanqueadas morían unas cinco veces más rápido que las sanas.

Así, el protector solar es especialmente dañino justo para los corales que el calentamiento ya ha debilitado.

La parte que los titulares se saltan

Circulan datos espectaculares: 20 000 toneladas de crema al año solo en el Mediterráneo norte. Pero hay una trampa de escala.

Las concentraciones de filtros UV que se miden de verdad en el agua del mar están, en la mayoría de los casos, en el orden de nanogramos por litro. Buena parte de los estudios de laboratorio que demuestran toxicidad usan concentraciones de microgramos o, incluso, de miligramos por litro: entre diez y mil veces más altas que las que un coral encuentra realmente en el océano. No es un detalle menor: es la diferencia entre “tóxico” y “tóxico en las condiciones que importan”.

Por eso, cuando se ordenan las amenazas reales a los arrecifes, los filtros solares aparecen muy abajo de la lista. Arriba están, sin discusión, el calentamiento del agua, la contaminación por nutrientes de aguas residuales y fertilizantes, y la sobrepesca. Un arrecife no se salva cambiando de crema. Quien diga lo contrario nos está vendiendo algo –normalmente, otra crema–.

Entonces, ¿es un problema o no?

Por tanto, sí hablamos de un problema, pero uno local y acotado, no un apocalipsis global. La toxicidad es real y ya está bien caracterizada; lo que no es real es la película de que la humanidad “unta” los océanos hasta matarlos. El riesgo se concentra donde coinciden tres cosas: agua poco profunda, muchísima gente y poca renovación. Un cenote cerrado en Yucatán, una cala abarrotada, la laguna somera de un arrecife en temporada alta. Ahí las concentraciones sí pueden dispararse –por ejemplo, en playas turísticas de Gran Canaria se han medido niveles que suponen un riesgo ambiental apreciable–. Además, en estos lugares es donde, a menudo, hay corales que ya estaban al límite por el calor. Es el peor cóctel posible.

En sitios así, prohibir ciertos filtros tiene sentido. Hawái vetó la oxibenzona y el octinoxato, y Palau, Bonaire o algunos cenotes mexicanos han ido más lejos. Por su parte, la Unión Europea incluyó en 2022 la oxibenzona, el octocrileno y la avobenzona en su lista de vigilancia de aguas superficiales. Son medidas modestas –un político local no puede legislar el clima, pero sí puede legislar lo que entra en el agua de su playa– y no está mal reconocerlas por lo que son: la palanca pequeña que sí está a su alcance.

La trampa del “reef-safe

Aquí es donde conviene desconfiar del marketing. La etiqueta “reef-safe” (o “respetuoso con los arrecifes”) no tiene una definición legal. Nadie la regula. Muchos productos que la lucen se han limitado a quitar la oxibenzona y siguen usando otros filtros orgánicos apenas estudiados.

¿Y los protectores solares minerales, esos que prometen ser la alternativa natural? Cuidado también. La agencia estadounidense de medicamentos (FDA) solo reconoce como seguros y eficaces el óxido de zinc y el dióxido de titanio –pero eso se refiere a la seguridad para nuestra piel, no para el coral, que es otra cuestión–.




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Sobre el coral, los datos son incómodos: las nanopartículas de óxido de zinc provocan un blanqueamiento rápido de los corales tropicales y el nanodióxido de titanio sin recubrir puede expulsar las algas simbióticas. Ahora bien, seamos coherentes: esos experimentos usaron 6,3 miligramos por litro, unas cuatro mil veces más que lo que se mide en el mar.

La conclusión honesta no es que el zinc arrase los arrecifes, sino algo más modesto y más útil: “mineral” no es sinónimo de “inocuo” y la etiqueta “natural” no está avalada por evidencia en organismos marinos. Los propios autores del trabajo en Science lo dicen sin rodeos: no está nada claro que los filtros solares metálicos sean más seguros para los arrecifes que los orgánicos.

Qué meter en la mochila de la playa

No voy a decirles que dejen de usar protector solar. El cáncer de piel no es un titular exagerado: es real, frecuente y prevenible. Renunciar al filtro UV para salvar un arrecife a mil kilómetros sería un pésimo negocio biológico.




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Lo sensato es más aburrido y más eficaz: cubrirse con ropa y buscar la sombra, reservar la crema para las zonas expuestas más pequeñas, evitar la oxibenzona, el octinoxato y el octocrileno cuando vayan a bañarse en aguas cerradas y con corales, y –sobre todo– leer los ingredientes en la parte de atrás en vez de fiarse del reclamo de la parte de delante del envase.

Y mantener la proporción. Si de verdad le preocupan los arrecifes, lo que lleva en la mochila de playa es la última de sus decisiones importantes. La primera, con enorme diferencia, es cuánto carbono emitimos entre todos.

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Antonio Figueras Huerta no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Lo que sabemos sobre el impacto de los protectores solares en los corales – https://theconversation.com/lo-que-sabemos-sobre-el-impacto-de-los-protectores-solares-en-los-corales-289103

Cuando el ideal de masculinidad impide expresar las emociones y repercute en la salud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Iáñez-Domínguez, Profesor Trabajo Social y Servicios Sociales, Universidad Pablo de Olavide

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Juan perdió su empleo después de veinte años trabajando en la misma empresa. Desde entonces sentía que también había perdido parte de su identidad y de su papel dentro de la familia. Casado y con tres hijos, empezó a dormir mal, a mostrarse irritable y a discutir con frecuencia en casa. Aunque acudía a su centro de salud por insomnio y ansiedad, le costaba explicar lo que realmente le ocurría.

Luis llevaba cinco años divorciado y no había conseguido adaptarse a la nueva situación. Vivía solo, apenas mantenía contacto con sus dos hijas y su vida social se reducía al bar de su pueblo, donde la bebida se había convertido en la forma habitual de relacionarse con los demás. Se sentía solo y desmotivado, pero le resultaba difícil pedir ayuda o hablar de sus emociones.

Las historias de Juan y Luis reflejan situaciones que se repiten cada semana en muchos centros de salud. Ninguno presenta un trastorno mental grave, aunque ambos experimentan un malestar emocional agravado por una forma de entender la masculinidad hegemónica que dificulta expresar las emociones, reconocer el sufrimiento o solicitar ayuda.

Esta realidad plantea una pregunta relevante para la salud pública: ¿estamos identificando adecuadamente el malestar emocional de los hombres?

La obligación de ser fuerte y controlar las emociones

La salud mental constituye uno de los principales retos sanitarios de nuestro tiempo. Según la Organización Mundial de la Salud, aproximadamente una de cada ocho personas sufre algún trastorno mental.

Los estudios con perspectiva de género se han centrado, con razón, en las desigualdades que afectan a las mujeres, mientras que se ha investigado mucho menos cómo los mandatos tradicionales de masculinidad repercuten en la salud de los hombres.

Desde edades tempranas, muchos hombres aprenden que deben ser fuertes, autosuficientes y controlar sus emociones. Mostrar vulnerabilidad, pedir ayuda o expresar tristeza puede interpretarse como un signo de debilidad. Como consecuencia, el sufrimiento suele manifestarse de otras formas: irritabilidad, aislamiento, abuso de alcohol u otras sustancias, conflictos familiares o síntomas físicos como insomnio, fatiga o dolores persistentes. Esta forma de vivir el malestar puede contribuir a que muchos hombres lleguen tarde a los recursos de ayuda o incluso no lleguen nunca.

Grupos para mejorar su bienestar emocional

Con esta realidad como punto de partida, el Sistema Sanitario Público de Andalucía puso en marcha los Grupos Socioeducativos (GRUSE), una estrategia de promoción de la salud desarrollada desde atención primaria. Inicialmente se dirigieron a mujeres, y desde 2016, también a hombres, tras comprobar que situaciones como el desempleo, la ruptura de pareja, la soledad o la pérdida del rol laboral constituían importantes factores de riesgo para su bienestar emocional.

Los grupos, conducidos por profesionales del trabajo social, pero con la participación de otros perfiles sanitarios, se organizan con un máximo de 15 personas y contemplan entre ocho y diez sesiones de trabajo, con una duración de 90 a 120 minutos. Buscan potenciar activos personales y comunitarios, mejorar el bienestar emocional y ofrecer estrategias no medicalizadoras. Asimismo, se convierten en un espacio de comunicación, de comprensión, de autoconocimiento y de autoayuda.

Para responder a esta pregunta, un equipo investigador de las universidades Pablo de Olavide, Huelva y Cádiz siguió durante un año a hombres que participaron en los grupos GRUSE y comparó su evolución con la de otros hombres de características similares que no realizaron la intervención.

Los resultados muestran que quienes participaron experimentaron una mayor satisfacción con su vida y mejoras significativas en diferentes aspectos de su bienestar: nuevas estrategias para afrontar el estrés, la mejora de la comunicación y las relaciones familiares y una mayor capacidad para reconocer sus problemas y pedir ayuda cuando la necesitaban.

Las profesionales y los profesionales sanitarios consideran que los GRUSE constituyen un recurso eficaz para promover la salud mental desde atención primaria. Sin embargo, señalan una dificultad persistente: captar e implicar a los hombres sigue siendo más complicado que en el caso de las mujeres.

Las investigaciones ponen de manifiesto que promover la salud mental masculina requiere algo más que crear recursos específicos. También es necesario que las/os profesionales sanitarios incorporen una perspectiva de género que les permita reconocer cómo los modelos tradicionales de masculinidad influyen en la forma en que los hombres expresan su malestar, buscan ayuda y se relacionan con los servicios sanitarios.

Los hombres no sufren menos problemas emocionales porque sean más fuertes. En muchas ocasiones sufren de otra manera y, sobre todo, los expresan de forma diferente. Comprender esta realidad puede facilitar una detección más temprana, evitar la cronificación del malestar y ofrecer respuestas más eficaces desde el sistema sanitario.

Cuidar la salud mental de los hombres no consiste únicamente en atender sus síntomas. También implica cuestionar aquellos mandatos de género que les enseñaron que callar era una forma de fortaleza, cuando, en realidad, pedir ayuda también puede ser un acto de valentía.

The Conversation

La investigación estuvo financiada mediante Resolución de la Secretaría General de Investigación e Innovación, por la que se conceden ayudas a Proyectos de Excelencia, en régimen de concurrencia competitiva, destinadas a entidades calificadas como agentes del Sistema Andaluz del Conocimiento, en el ámbito del Plan Andaluz de Investigación, Desarrollo e Innovación. Convocatoria 2021 (ProyExcel_00138).

ref. Cuando el ideal de masculinidad impide expresar las emociones y repercute en la salud – https://theconversation.com/cuando-el-ideal-de-masculinidad-impide-expresar-las-emociones-y-repercute-en-la-salud-286423

Ni ver ni oír: así es el síndrome de Usher

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José María Millán Salvador, Genetista, Generalitat Valenciana

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“La ceguera separa a las personas de las cosas; la sordera separa a las personas de las personas”. La frase la pronunció Helen Keller, la primera graduada universitaria sordociega, es decir, con déficit combinado de visión y audición.

Este trastorno –único, porque no es la combinación de dos trastornos distintos– conlleva un elevado aislamiento social. La sordoceguera puede tener causas diversas, desde las ambientales (edad, meningitis, anoxia, prematuridad, encefalitis, daño cerebral traumático, etc.) hasta las genéticas. Dentro de las causas genéticas, la más frecuente es el síndrome de Usher.

Sordos y casi ciegos

El síndrome de Usher (USH) afecta a alrededor de 4 de cada 100 000 personas. Se trata de un trastorno hereditario que combina hipoacusia neurosensorial, pérdida progresiva de visión debido a una degeneración (distrofia) de la retina denominada retinosis pigmentaria. Además, puede acompañarse de una alteración del equilibrio por daños en el oído interno.

Existen tres tipos clínicos en función de la gravedad y el momento de aparición de los síntomas. La forma más grave de la enfermedad es el síndrome de Usher tipo 1 (USH1). Aparece en aproximadamente un tercio de los casos USH y está caracterizado por hipoacusia neurosensorial severa a profunda. Al ser prelingual (previa a desarrollar el lenguaje), estos pacientes nunca aprenden a hablar, a menos que se les trate con un implante coclear. Además, el USH1 se caracteriza por un retraso en el desarrollo motor debido a que la parte del oído que controla el equilibrio también se ve afectada. En los pacientes USH1, los primeros signos de retinosis pigmentaria aparecen en la primera década de vida y suele ser diagnosticada a mediados de la segunda.

El síndrome de Usher tipo 2 (USH2), de menor gravedad, es el tipo clínico más frecuente (dos de cada tres casos). El grado de hipoacusia puede ser de moderado a severo y permanece estable en el tiempo. Quienes lo sufren son capaces de desarrollar el habla y pueden comunicarse verbalmente. La función vestibular es normal y los síntomas de la retinosis –esto es, la pérdida de visión– se manifiestan habitualmente de forma más tardía, generalmente en la segunda década de vida.

En los pacientes con síndrome de Usher tipo 3 (USH3), muy poco frecuente, los niveles de audición permanecen generalmente normales durante la etapa de adquisición del lenguaje, de forma que estos niños no tienen problemas para desarrollar el habla. Hacia la tercera o cuarta década de vida, la pérdida auditiva se acelera, llegando en la mayor parte de los casos a una sordera profunda. La vista se ve afectada cuando se acerca la pubertad. Y la presencia de alteración en la función vestibular es variable (mitad de los pacientes).

El USH3 es relativamente frecuente en poblaciones endogámicas como la población finlandesa o entre los judíos askenazi.

Diagnóstico con secuenciación de nueva generación

Hasta el momento se han descrito 6 genes para USH1, tres para USH2 y un único gen para USH3. Estos genes codifican para proteínas de naturaleza muy diferente, pero todas ellas forman parte de una red proteica conocida como “interactoma Usher”, presente tanto en la retina como en el oído interno.

Actualmente, gracias a la secuenciación de nueva generación, se pueden diagnosticar genéticamente casi el cien por cien de los casos donde existe sospecha.

En cuanto a los tratamientos, dependiendo el grado de hipoacusia que presente el paciente, existen diferentes tipos de estrategias. Los audífonos pueden ser útiles en personas que padecen sorderas de leve a moderada. Cuando existe sordera congénita profunda, se suele recurrir a implantes cocleares.

Para la retinosis todavía no existe tratamiento. La buena noticia es que el ojo es un privilegiado desde el punto de vista inmune, ya que tiene la capacidad de limitar o reprimir la respuesta inmunitaria e inflamatoria dentro de sus estructuras para proteger la visión. Esto hace que los avances en terapias avanzadas contra esta enfermedad sean muy prometedoras.

Recientemente se ha iniciado un ensayo clínico en fase I/II para tratar mediante terapia génica pacientes con mutaciones en el gen MYO7A, principal responsable de USH1, y existe otro en fase III a punto de empezar utilizando oligonucleótidos antisentido para pacientes con síndrome de Usher tipo 2 y con mutaciones en una determinada región del gen USH2A.

The Conversation

José María Millán Salvador recibe fondos del Instituto de Salud Carlos III y la Conselleria d’educació de la Generalitat Valenciana

ref. Ni ver ni oír: así es el síndrome de Usher – https://theconversation.com/ni-ver-ni-oir-asi-es-el-sindrome-de-usher-277165

Les chats deviennent-ils plus dociles, ou est-ce plutôt les humains qui changent ?

Source: The Conversation – in French – By Grace Carroll, Lecturer in Animal Behaviour and Welfare, School of Psychology, Queen’s University Belfast

Il y a environ 15 ans, j’ai créé une page Facebook pour ma chatte, Sandi. Mes amis trouvaient ça bizarre. Aujourd’hui, les comptes de réseaux sociaux dédiés aux chats attirent des millions d’abonnés, les chats voyagent dans des sacs à dos et des poussettes, et des sondages montrent régulièrement que la grande majorité des propriétaires considèrent leurs animaux de compagnie comme des membres de la famille.


J’ai déjà écrit un article sur la façon dont les chats ont été domestiqués. Mais la domestication n’est pas nécessairement un processus qui s’achève à un moment donné. Se pourrait-il qu’elle se poursuive encore aujourd’hui ?

Des exemples tirés du monde animal suggèrent que l’adaptation à la cohabitation avec les humains peut se poursuivre longtemps après la première rencontre entre les animaux et les humains.

Les recherches menées par le biologiste Kevin Parsons à l’université de Glasgow constituent l’un des exemples les plus frappants de ce processus. En 2020, Parsons et son équipe ont comparé les crânes de renards roux urbains et ruraux provenant de Londres et de la campagne environnante, et ont constaté des différences constantes entre les deux populations.

Les renards urbains avaient un museau plus court et plus large, ainsi qu’une boîte crânienne plus petite – la partie arrondie du crâne qui renferme le cerveau. Ce sont là des changements qui accompagnent souvent la domestication. Les chercheurs suggèrent que la vie en ville pourrait favoriser les renards moins craintifs envers les humains et plus aptes à tirer parti de la nourriture et des abris fournis par ces derniers.

Une situation similaire se dessine au Phoenix Park de Dublin. En 2022, les écologistes Laura Griffin, Simone Ciuti et leurs collègues de l’University College Dublin ont constaté que, si certains daims vivant à la lisière de la ville s’approchaient rarement des humains, d’autres n’hésitaient pas à s’approcher régulièrement des gens pour obtenir de la nourriture. Environ un quart de la population était composée de « mendiantes assidues », et ces femelles plus audacieuses donnaient naissance à des faons plus lourds – ce qui suggère que les animaux disposés à s’approcher des gens pourraient bénéficier d’un avantage.




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Ces études montrent que la cohabitation avec les humains peut entraîner des changements évolutifs chez les espèces sauvages et semi-domestiquées.

Mais cela s’applique-t-il également aux chats, une espèce domestiquée il y a des milliers d’années ? Deux réponses sont possibles. Soit les chats continuent d’évoluer, soit ils n’ont pas beaucoup changé et c’est notre relation avec eux qui a évolué.

La domestication des chats

Par rapport aux chiens, les chats ont traditionnellement été considérés comme « moins » domestiqués. Les chiens ont été élevés pour travailler à nos côtés – garder les troupeaux, surveiller les habitations et aider à la chasse – tandis que les chats se sont en grande partie domestiqués eux-mêmes.

Attirés par les rongeurs que les premiers établissements agricoles attiraient, les chats ont choisi de vivre près des humains parce que cela leur convenait, et non parce que nous les avons sélectionnés pour remplir des tâches spécifiques.

L’une des raisons pour lesquelles les chats ont si bien réussi est leur flexibilité. Contrairement à de nombreuses espèces, ils sont capables d’adapter leur comportement à l’environnement dans lequel ils vivent.

Lorsque la nourriture se fait rare, les chats ont tendance à vivre seuls et à défendre leur propre territoire. Mais là où la nourriture est abondante, comme à proximité des humains, ils peuvent se tolérer les uns les autres et former des groupes sociaux stables. En effet, certains chercheurs suggèrent que les chats ont d’abord évolué pour tolérer la présence d’autres chats à proximité, avant d’étendre cette tolérance aux humains.


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Bien que la génétique joue un rôle, les chatons qui ont des interactions positives fréquentes avec les humains pendant une période critique (entre environ deux et sept semaines d’âge) ont beaucoup plus de chances de devenir des adultes confiants et amicaux.

Cela suggère que les chats ont depuis longtemps la capacité de nouer des relations étroites avec les humains lorsque les conditions s’y prêtent. Plutôt que de devenir des animaux fondamentalement différents, ils expriment peut-être simplement une capacité qu’ils possèdent depuis longtemps. Si tel est le cas, le plus grand changement n’est peut-être pas survenu chez les chats, mais chez nous.

L’évolution des besoins de la population

Au cours du siècle dernier, le mode de vie d’une grande partie de la population a considérablement changé. Dans la plupart des régions du monde, les taux de fécondité ont chuté de manière spectaculaire, passant de près de cinq enfants par femme en 1950 à un peu plus de deux aujourd’hui. Les gens ont moins d’enfants, repoussent l’âge de fonder une famille, vivent seuls plus longtemps et comptent de plus en plus sur les animaux de compagnie pour combler des besoins autrefois satisfaits par des relations familiales étroites.

Ces évolutions démographiques ont modifié non seulement la structure des familles, mais aussi qui ou quoi occupe le centre de la vie familiale.

En Finlande, pays qui a connu bon nombre de ces évolutions démographiques, une enquête de 2023 menée auprès de 857 propriétaires d’animaux de compagnie a révélé que, lorsqu’ils s’adressaient à leur famille et à leurs amis, les personnes sans enfants avaient davantage tendance que les parents à se désigner comme « maman » ou « papa » en parlant de leurs animaux de compagnie. Elles avaient également davantage tendance à décrire leurs animaux de compagnie comme des « gamins », des « enfants » ou des « membres de la famille », et faisaient état d’un attachement émotionnel plus fort à leur égard.

Alors que de plus en plus de personnes repoussent le moment d’avoir des enfants ou choisissent de ne pas en avoir, cette façon d’entretenir une relation avec les animaux de compagnie pourrait devenir de plus en plus courante. Cette évolution pourrait également se refléter dans la popularité croissante de races de chats telles que le ragdoll, appréciées pour leur nature affectueuse et docile.




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L’évolution des mentalités a transformé la vie que mènent aujourd’hui les chats. Une espèce autrefois principalement appréciée pour sa capacité à lutter contre les rongeurs est désormais tout aussi susceptible de bénéficier d’une assurance santé, de consulter un comportementaliste et de suivre un régime alimentaire spécialisé.

Cela ne signifie pas pour autant que les chats ont cessé d’évoluer. La cohabitation avec les humains pourrait encore façonner leur comportement au fil de nombreuses générations. Mais les faits suggèrent que la transformation la plus spectaculaire a eu lieu chez leurs propriétaires.

Nous avons changé la place que les chats occupent dans nos vies et, ce faisant, nous avons transformé la vie qu’ils mènent aujourd’hui. À l’époque où j’ai créé une page Facebook pour Sandi, les gens trouvaient cela excentrique. Aujourd’hui, il semble que beaucoup plus de personnes se soient ralliées à ma façon de penser.

La Conversation Canada

Grace Carroll ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les chats deviennent-ils plus dociles, ou est-ce plutôt les humains qui changent ? – https://theconversation.com/les-chats-deviennent-ils-plus-dociles-ou-est-ce-plutot-les-humains-qui-changent-289575