Influence des collègues : obtenir un crédit dépend-il uniquement des échanges avec son banquier ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Sarah Maire, Assistant Professor in Accounting and Control, Ph.D., IÉSEG School of Management

Les conditions de crédits accordées aux entreprises ne dépendent pas uniquement de données quantitatives. Certains chargés de clientèle font confiance à des facteurs plus qualitatifs et consultent leurs collègues avant de prendre des décisions. Les directions des banques devraient se saisir de ce sujet pour tenter de corriger des écarts difficiles à objectiver.


Deux entreprises au profil financier similaire devraient obtenir les mêmes conditions de crédit. Dans le cas contraire, quels seraient les facteurs expliquant des conditions différentes d’une entreprise à une autre si ces deux entreprises représentent le même risque ?

Si l’évaluation d’un dossier de crédit repose sur une procédure objective établie par la banque, comment une telle situation peut-elle se produire ?

L’influence des collègues

L’une des pistes envisagées dans notre étude porte sur l’influence des collègues du chargé de crédit au sein d’un même centre d’affaires et soulève la question suivante : comment, à travers une discussion entre deux chargés de crédit, la décision finale se retrouve altérée selon l’opinion de son voisin de bureau ? Réussir à identifier une telle influence est crucial pour appréhender les inégalités de financement pouvant en résulter et ainsi envisager une modification des pratiques bancaires.

Lors d’une demande de financement à la banque, l’entreprise doit fournir un certain nombre d’informations et de documents pour que le chargé de crédit analyse le projet à financer et la situation financière de son client, tout en tenant compte du contexte économique. La décision d’octroyer ou non un crédit et ses conditions n’est pas aisée : quel montant d’emprunt autoriser ? À quel taux ?

La part du « feeling »

Ces décisions reposent non seulement sur des données chiffrées comme sa notation financière ou son chiffre d’affaires, appelées informations quantitatives, mais aussi sur une part importante de jugement humain basé entre autres sur le ressenti en rendez-vous, la durée de la relation entre la banque et l’entreprise, ou la maîtrise de la langue de l’emprunteur, appelées informations qualitatives.

Dans ce genre de situation impliquant de nombreux paramètres et un niveau de technicité important, le chargé de crédit peut être tenté de demander l’avis d’un de ses collègues afin d’être sûr de prendre la bonne décision. L’influence des collègues, ce qu’on appelle l’effet de pairs, peut ainsi influencer les préférences individuelles des chargés de crédit, allant jusqu’à un pour cent d’écart de taux.

Assimilation ou contraste ?

De manière générale, un individu a davantage tendance à demander l’avis d’une personne qui lui ressemble, mais cette attitude est principalement motivée par le désir d’obtenir des informations qui lui seront utiles dans sa situation personnelle. Ainsi, demander l’avis ne veut pas forcément dire adopter le même point de vue.

Dans le cas d’un chargé de crédit qui demande l’avis de son collègue, ce chargé de crédit peut donc avoir deux réactions différentes. Soit il décide d’ajuster son point de vue pour aligner sa décision avec ce que pense son collègue (posture d’assimilation), soit il choisit de ne pas aller dans le même sens que son collègue (posture de contraste). Les résultats de notre étude révèlent que les deux postures existent et dépendent du profil du chargé de crédit.

Dans le cas d’un chargé de crédit qui a tendance à privilégier les informations qualitatives davantage liées à la relation banque-emprunteur et qui en plus de ça travaille dans une agence où cette préférence est partagée, l’effet de pairs amplifie cette tendance et les chargés de crédit prêtent plus d’attention à ces informations. Ils se renforcent dans leurs positions et leurs décisions de crédit sont ajustées en conséquence : c’est un exemple d’assimilation où le chargé de crédit s’aligne sur ses pairs.

À l’inverse, l’effet de pairs peut atténuer les préférences individuelles dans le cas des chargés de crédit qui ont une préférence pour l’utilisation d’informations financières dites quantitatives pour prendre leur décision. Autrement dit, un chargé de crédit valorisant fortement l’analyse des documents comptables dans une agence où cette approche est moins partagée ajustera sa décision pour tenir davantage compte d’informations qualitatives, à priori moins importantes pour lui. Cette dynamique témoigne d’une posture de contraste où le chargé de crédit va ajuster sa décision dans le sens contraire de ce qu’il aurait fait sans l’avis de ses collègues.

Une question d’expérience ?

Les données qui soutiennent notre étude permettent en outre d’identifier les profils des chargés de crédit les plus sensibles à l’effet de pairs. D’abord, si l’on regarde les caractéristiques des chargés de crédits : les femmes, plus sensibles aux informations qualitatives, sont davantage influencées que les hommes. Leur évaluation des prêts est renforcée quand leurs collègues partagent leur vision relationnelle du crédit.

Si on se tourne vers l’expérience des chargés de crédits, les moins expérimentés sont plus perméables à l’opinion de leurs pairs. À l’inverse, les chargés seniors maintiennent davantage leurs positions initiales. Enfin, un fait surprenant est apparu : le niveau d’études ne semble pas influencer la sensibilité à l’effet de pairs.

L’environnement de travail joue également. Dans les petites agences où la socialisation est élevée, l’effet de pairs s’intensifie. Dans les plus grandes agences, où les interactions sont plus diluées, cet effet diminue. Enfin, un chargé de crédits privilégiant les informations qualitatives qui rejoint une agence partageant cette préférence verra l’impact de ses préférences accentué. Le résultat est le même pour ceux valorisant les informations quantitatives. Cela démontre que la composition d’une agence bancaire façonne les décisions d’emprunt, au-delà des politiques globales de la banque.

Une question pour les RH des banques

Ces conclusions amènent à poser la question de la meilleure organisation pour les banques ? Pour éviter une homogénéité excessive des décisions, qui peut conduire à discriminer certains emprunteurs ou à sous-évaluer certaines informations, les banques devraient favoriser la diversité des profils au sein d’une même agence en privilégiant la mixité de genre et la diversité d’expérience. Les mutations entre agences devraient également tenir compte de la composition actuelle des équipes, et pas seulement des affinités personnelles ou des postes vacants. Le recours à des outils d’IA ne supprimerait pas ce possible écart, car l’IA peut être très biaisée en fonction de la base qui l’a entraînée, et à ce jour une décision ne peut pas être prise par une IA.

Les décisions liées à l’octroi d’un crédit et à la détermination des conditions d’emprunt ne sont jamais purement individuelles. Elles se construisent dans un dialogue implicite avec les pairs, et cela ne peut être ignoré. Comprendre les mécanismes sous-jacents à ces prises de décisions permet aux banques de comprendre leurs propres pratiques et de rechercher des décisions plus justes pour elles-mêmes et leurs clients.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Influence des collègues : obtenir un crédit dépend-il uniquement des échanges avec son banquier ? – https://theconversation.com/influence-des-collegues-obtenir-un-credit-depend-il-uniquement-des-echanges-avec-son-banquier-278838

Les entrepreneurs sont‑ils dopés pour tenir ? Les addictions dont personne ne parle

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sonia Boussaguet, Neoma Business School

Alcool, drogue, médicaments, sucre, sexe, écrans, travail excessif… Et si les entrepreneurs se dopaient sans contrôle ni débat public ? Epiximages/Shutterstock

Derrière les figures héroïsées des entrepreneurs infatigables, l’usage de substances psychoactives, la dépendance au travail et les comportements à risque s’installent en silence. Certains payent le prix fort de leur performance.


L’ouvrage Se doper pour travailler décortique les mécanismes pervers de certaines consommations addictives chez les salariés. Appliqué aux entrepreneurs, le terme « dopage » permet de critiquer le discours dominant. Il montre l’envers du décor : pour maintenir un niveau de performance jugé indispensable, certains peuvent être tentés ou devenir accros.

L’addiction se définit comme un comportement répétitif et compulsif procurant une gratification immédiate mais entraînant, à long terme, des effets négatifs sur la santé, les relations sociales ou la performance. De nombreux comportements sont potentiellement addictifs, y incluant ceux qui n’impliquent pas l’ingestion de drogue, comme les jeux d’argent, le sexe, l’exercice physique, les jeux vidéo et l’utilisation d’internet. Un usage simple n’est pas pathologique par définition lorsqu’il est sans perte de contrôle ni dommages durables. Le passage d’un usage simple à un usage nocif puis à une dépendance se fait généralement de manière progressive et potentiellement réversible. Cela dépend toutefois du potentiel addictif et du profil de la personne concernée.

Pour explorer ces dérives possibles chez les entrepreneurs, avec Iris Ramos, experte en psychologie et santé au travail, nous avons conduit une étude en ligne auprès d’une population de 160 dirigeants, adhérents au Medef Centre-Val de Loire. Cet échantillon se compose de deux tiers d’hommes et d’un tiers de femmes, avec un âge moyen de 51,5 ans, exerçant en moyenne depuis plus de dix ans dans des secteurs d’activités variés.

Comment certains entrepreneurs « tiennent » et à quel prix ?

Journées stressantes pour 96 % d’interviewé·es

Nos résultants montrent globalement une dégradation de l’état de santé mentale des dirigeants interrogés. Un entrepreneur sur trois se dit en mauvaise forme psychologique. Près de 96 % des participants admettent que la plupart de leurs journées sont stressantes. Près de 46 % sont totalement insatisfaits de leur sommeil. Et 31 % ne pratiquent aucune activité physique (et non sportive) régulière.

Dans ce paysage délicat, les dirigeants déclarent souffrir de diverses addictions, dont certaines semblent socialement tolérées, voire valorisées, ou au contraire invisibilisées dans les milieux entrepreneuriaux.

Addiction au travail

Près de 72 % des personnes interviewées pensent au travail le soir et les weekends. Le problème n’est pas tant l’amplitude horaire ou la charge de travail que le manque de détachement psychologique du travail.

Les frontières se brouillent entre engagement intense, dépassement de soi… et mise sous tension permanente. L’activité professionnelle déborde constamment sur la sphère personnelle. Les entrepreneurs ne parviennent pas à décrocher, y compris pendant leurs périodes de congés.

Addictions comportementales

Près de 17 % se disent concernés par des addictions dites comportementales (entendues comme des dépendances sans substance et hors du travail). Ils citent l’hyperconnectivité avec l’utilisation des écrans – e-mails, réseaux sociaux professionnels, suivi des métriques de performance –, mais aussi la pratique de jeux en ligne.

D’autres mentionnent les dépendances alimentaires comme le sucre. Certains se tournent vers des activités compensatoires à forte intensité émotionnelle, telle que la pratique d’activités sportives intenses ou extrêmes. Quatre entrepreneurs confient être sujets à une addiction au sexe.

Addictions aux substances psychoactives

Les décideurs rapportent l’usage de stimulants ou de substances psychoactives. Près de 48 % considèrent que le tabac les aide à gérer leur stress, 34 % boivent un ou deux verres, voire plus, au cours d’une journée ordinaire. Et 11 % consomment des médicaments ou des drogues.

L’ensemble de ces chiffres rejoignent les conclusions alarmantes du dernier baromètre de la Fondation MMA des entrepreneurs du futur et BpiFrance le Lab.

Gains immédiats, pertes différées

Le sujet des addictions est loin d’être anecdotique. Comme montré dans Se doper pour travailler, le problème n’est pas la compensation en soi, mais ce qu’elle révèle du travail réel.

Les conditions d’exercice créent un terrain propice au « dopage entrepreneurial » : la responsabilité totale, l’incertitude permanente, la pression financière, la solitude décisionnelle sont reconnues comme de réels stresseurs professionnels. Ces conditions font de l’entrepreneur un profil particulièrement vulnérable, alors même que les signaux d’alerte sont souvent niés ou banalisés.

Nos analyses rendent visibles les situations de souffrance, d’épuisement et d’usure mentale chez les dirigeants d’entreprise. Elles laissent à penser que l’activité entrepreneuriale est devenue, pour certains, difficilement soutenable, sans ajustements personnels coûteux.

Les addictions s’ancrent insidieusement dans leur quotidien pour faire face au stress, au risque ou à la fatigue. Elles promettent des gains immédiats – performance, concentration, décompression – au prix de pertes différées – dispersion cognitive, lucidité stratégique –, avec d’éventuels dommages pour la santé et/ou la pérennité de leur entreprise.

Leurs usages deviennent des outils silencieux d’autorégulation pour « tenir » – de façon illusoire –, mais tendent à retarder la verbalisation des symptômes afférents et la recherche de soutien.

En posant frontalement la question du « dopage entrepreneurial », cet article invite à regarder en face ce que les pouvoirs publics préfèrent souvent ne pas voir. Les entrepreneurs – contrairement à leurs subordonnés – sont encore rarement considérés comme une population nécessitant des politiques de protection spécifiques en matière de santé publique. Ils sont encore moins couverts par les dispositifs de prévention des addictions.


Cet article a été co-rédigé avec Iris Ramos, psychologue du travail, chargée de cours à l’Université de Tours, rattachée à l’équipe de recherche Qualipsy et fondatrice du service STEP (Santé au travail des entrepreneurs par la prévention).

The Conversation

Sonia Boussaguet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les entrepreneurs sont‑ils dopés pour tenir ? Les addictions dont personne ne parle – https://theconversation.com/les-entrepreneurs-sont-ils-dopes-pour-tenir-les-addictions-dont-personne-ne-parle-272518

How 2 men smashed through a marathon barrier long thought unbreakable

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Mark Connick, Postdoctoral Researcher in Paralympic Classification and Biomechanics, The University of Queensland; Queensland University of Technology

On May 6 1954, Sir Roger Bannister did what was deemed impossible in athletics: he ran a mile in less than four minutes.

The milestone was celebrated worldwide, not just by athletics fans. It was considered at the time to be a similar achievement to scaling Mount Everest for the first time, which Sir Edmund Hilary and Tenzing Norgay had done the year before.

On Sunday, Kenya’s Sabastian Sawe and Ethiopia’s Yomif Kejelcha achieved a breakthrough comparable to Bannister’s some 72 years ago: running the 42 kilometres of a marathon in less than two hours.

Let’s break down this new benchmark and work out how these athletes were able to do it.

What happened in London?

Sawe smashed the men’s world record by an astonishing 65 seconds in winning the event in 1 hour, 59 minutes and 30 seconds.

Kejelcha – remarkably running in his first marathon – also crossed the line in under two hours (1:59:41).

The race was blisteringly fast. Even third-place getter Jacob Kiplimo of Uganda broke the previous world record – set in 2023 by Kenya’s Kelvin Kiptum in the United States – by seven seconds (finishing in 2:00:28).

Sawe ran quicker as the marathon went on, covering the second half of the race in 59:01. He pulled clear of Kejelcha after about 30 kilometres and made his solo break in the final two kilometres.

After the race, Sawe said:

I’ve made history today in London, and for the next generation I’ve shown them that nothing is impossible. Everything is possible, with a matter of time.

The training and nutrition

Sawe’s team said he trained by running up to 240 kilometres a week and fuelled himself before the race with bread and honey.

This reported training volume is likely an important factor in running a sub two-hour marathon.

Running up to 240 kilometres a week is beyond what most runners can tolerate. But high training volume, especially when much of it is done at relatively low intensity, is associated with faster marathon performances.

Nutrition during the race was also well planned.

A two-hour marathon is run at such high intensity that carbohydrate intake becomes important to maintain performance. The body stores carbohydrate in the muscles and liver but those stores are limited.

According to his nutrition team, Sawe took a carbohydrate drink and a gel leading up to the start, then used carbohydrate drinks and gels throughout the race.

His reported intake averaged about 115 grams of carbohydrate per hour.

While this is not a recommendation for the recreational runner, at the intensity required to run a two-hour marathon, it helps to maintain energy supply and pace late in the race.

The physiology

Although Sawe and Kejelcha’s laboratory data are not public, the physiology required to run a fast marathon is due to three main attributes:

  • an exceptional capacity to take in and use oxygen during running

  • the ability to maintain a high fraction of that capacity for prolonged periods

  • an exceptional running economy, which means using less oxygen at a given speed.

Exceptional marathon performances also depend on durability, which is the ability to prevent deterioration of these qualities throughout the race.

What about the shoe?

Sawe and Kejelcha wore the lightest “supershoe” in history: Adidas’ Adios Pro Evo 3.

Adidas says it is “the fastest and lightest supershoe ever made”. It weighs less than 100 grams.

Supershoes can improve running economy by about 4% compared with conventional racing shoes.

The Adios Pro Evo 3 combines several features common in supershoes: very low weight, thick resilient foam and a stiff carbon-based structure in the midsole. The heel thickness is reported to be 39 millimetres, just under the 40mm limit permitted by World Athletics.

While most runners benefit from supershoes, the effect is variable and not the same for all runners.

Researchers have suggested this is due to two ways in which the footwear interacts with the runner.

Firstly, the foam and stiffening element can affect the “spring-like” bounce of the body as the foot hits and leaves the ground.

Secondly, they can change how the runner moves, including how the foot and ankle work, how long the foot stays on the ground, and the timing of energy return. As such, a shoe may be capable of storing and returning more energy, but the athlete still has to interact with it effectively.




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The exact benefit of the Adios Pro Evo 3 over other supershoes has not been independently measured, but even small improvements are likely to be important over a marathon.

The conditions in London also likely contributed to these performances. While London is considered to be a relatively fast course (although not as fast as Berlin), the weather conditions were close to ideal: between 13-17°C during the race, which is at the upper end of the theoretical optimum for marathon running but within the range associated with fast endurance performance.

A perfect storm

As recently as 2017, a sub-two hour marathon was considered unlikely to occur for generations.

The best explanation for the performances in London is the convergence of many factors including exceptional physiology, years of high-volume training, efficient biomechanics helped by the use of advanced footwear, optimised fuelling and favourable weather conditions.

The Conversation

Mark Connick does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How 2 men smashed through a marathon barrier long thought unbreakable – https://theconversation.com/how-2-men-smashed-through-a-marathon-barrier-long-thought-unbreakable-281522

Lesbiennes au travail : invisibilité, discriminations et réussite professionnelle

Source: The Conversation – France (in French) – By Clotilde Coron, Professeure des universités en Sciences de gestion, Université Paris-Saclay

Le 26 avril a lieu la journée de la visibilité lesbienne qui vise à mettre en avant des modèles, à célébrer la culture lesbienne et à lutter contre la lesbophobie. La question de la visibilité dans le cadre professionnel mérite d’autant plus d’être mise à l’ordre du jour que les lesbiennes sont exposées à davantage de violences et de discriminations.


La journée de la visibilité lesbienne, le 26 avril, est d’autant plus nécessaire notamment dans le monde du travail que les lesbiennes subissent une double invisibilité. Tout d’abord, elles sont quasi absentes des discours publics, des médias, des représentations culturelles. Cette absence de visibilité peut notamment freiner la prise de conscience de l’orientation sexuelle, et certaines lesbiennes interrogées dans le cadre de l’enquête expliquent qu’elles ont construit une vie hétérosexuelle (avec un compagnon et des enfants), avant de se rendre compte qu’elles étaient lesbiennes.

Ensuite, un grand nombre de salariées lesbiennes cachent leur orientation sexuelle au travail. Plus précisément, d’après notre enquête, 14 % des salariées lesbiennes déclarent qu’aucun de leurs collègues n’a connaissance de leur orientation sexuelle. Cette stratégie de non-dévoilement est coûteuse sur le plan relationnel, sachant que de nombreuses conversations au travail, par exemple dans les espèces de socialisation comme la pause-café, la pause-déjeuner, portent sur la vie quotidienne (loisirs, famille, enfants…).

Le coût du non-dévoilement

Elle suppose de très peu parler de sa vie quotidienne, ou bien de parler au « je » pour éviter de mentionner l’existence d’une compagne, ou encore de dire « il » en parlant de sa compagne, pour passer pour hétérosexuelle. 28 % déclarent ne dévoiler leur orientation sexuelle qu’auprès d’un petit groupe de collègues dont elles ont auparavant vérifié l’ouverture d’esprit. Cette stratégie se fait donc en deux temps : il s’agit tout d’abord de lancer des sujets de conversation orientés autour de valeurs progressistes pour identifier comment se positionnent les collègues, avant, dans un second temps, de dévoiler son orientation sexuelle.




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Elle est coûteuse en matière de charge mentale car elle suppose de se souvenir des collègues qui le savent et ceux qui ne le savent pas, et d’adapter ses propos et la manière de parler de sa vie quotidienne en fonction des cercles de collègues. Une femme lesbienne interrogée raconte aussi une situation dans laquelle, croisant dans la rue une collègue qu’elle connaît de loin, elle a demandé à sa compagne de lui lâcher la main. Cette dernière lui a dit « Je croyais que tes collègues étaient au courant », ce à quoi elle a répondu « Oui, ils sont au courant, mais pas elle en particulier ».

Une surexposition aux violences et aux discriminations

Cette invisibilité s’explique en partie par le fait que les lesbiennes sont surexposées aux violences et aux discriminations au travail, comme c’est également le cas dans l’espace public. Par exemple, toujours d’après notre enquête, 10 % des salariées lesbiennes disent avoir été victimes de violences physiques dans leur organisation de travail, contre 3 % des salariées hétérosexuelles et 7 % des salariés gays. 23 % déclarent avoir été victimes de violences psychologiques et morales, contre 14 % des salariées hétérosexuelles et 18 % des salariés gays. Enfin, 9 % ont été victimes de violences sexuelles, contre 4 % des salariées hétérosexuelles et 7 % des salariés gays.

Ces chiffres montrent une forte surexposition des salariées lesbiennes aux violences, et cette surexposition se retrouve pour les discriminations : 27 % des salariées lesbiennes estiment avoir déjà été discriminées en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle dans leur organisation de travail, contre 11 % des salariées hétérosexuelles.

Lesbophobie d’ambiance

Les récits recueillis donnent à voir différentes formes de micro-agressions et violences, allant de maladresses, à des agressions sexuelles, en passant par de l’homophobie ou de la lesbophobie d’ambiance, c’est-à-dire des propos homophobes ou lesbophobes non dirigés vers la personne qui les entend. Comme le raconte une des salariées lesbiennes interviewées, Sarah, qui travaille dans un collège :

« Ça reste des ados, et on sait comment ça se propage. Il y a des problématiques où effectivement j’ai eu une jeune la semaine dernière qui m’a dit : ‘Je ne l’aime pas parce qu’il est gay’. Enfin, voilà, clairement, je suis confrontée aussi à ça. Du coup, ça me travaille et du coup, je sais aussi comment ça se véhicule et potentiellement l’image négative que certains ont. »

Louie Media 2021.

Le modèle « monsieur gagne-pain »

Les données sur la réussite professionnelle (carrière, salaire) montrent des résultats étonnants. En effet, alors qu’elles sont plus exposées aux violences et aux discriminations que les salariées hétérosexuelles, les salariées lesbiennes semblent moins pénalisées en ce qui concerne le salaire, l’accès à la promotion, ou encore l’accès à des postes managériaux. Par exemple, d’après notre enquête, 43,7 % des salariées lesbiennes ont des responsabilités managériales, contre 38,4 % des salariées hétérosexuelles. Une piste d’explication à cette moindre pénalisation des salariées lesbiennes peut se trouver dans le fait qu’elles sont moins soumises aux normes de genre, et notamment au modèle de « monsieur gagne-pain », qui domine encore largement les couples hétérosexuels, et dans lequel le revenu du foyer est supposé dépendre avant tout du salaire et donc de la réussite professionnelle du mari.

Les couples lesbiens sont par ailleurs beaucoup plus égalitaires en termes de répartition des tâches domestiques, et d’ailleurs les salariées lesbiennes travaillent moins fréquemment à temps partiel que les salariées hétérosexuelles. Tout cela peut les conduire à accorder à la fois plus de temps et plus d’importance à leur travail, à leur rémunération, et à leur carrière. Certaines salariées lesbiennes interrogées témoignent aussi de l’existence de stéréotypes sur les femmes lesbiennes qui peuvent les avantager professionnellement (notamment le fait que les femmes lesbiennes sont perçues comme ayant plus de caractéristiques « masculines ») tout en les enfermant dans des cases.

Finalement, cette enquête suggère des pistes pour les organisations souhaitant s’engager en faveur de l’inclusion des salariées lesbienne :

  • visibiliser leur existence, par exemple en tenant compte des enjeux liés à l’orientation sexuelle dans les politiques d’égalité femmes-hommes et des enjeux liés au genre dans les politiques d’engagement LGBT+, ou encore en mettant en avant des rôles modèles ;

  • sensibiliser sur la persistance de violences, de discriminations et de stéréotypes ;

  • affirmer une politique de tolérance zéro à l’égard des actes et propos sexistes, homophobes et lesbophobes.

Le projet « ODILE ») est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Clotilde Coron a reçu des financements de l’ANR (projet “ODILE”) pour le projet dont l’ouvrage est issu.

ref. Lesbiennes au travail : invisibilité, discriminations et réussite professionnelle – https://theconversation.com/lesbiennes-au-travail-invisibilite-discriminations-et-reussite-professionnelle-280679

Ghana’s fuel payment strategy works for now: how to fix longer term problems

Source: The Conversation – Africa – By Ishmael Tingbani, Associate Professor in Accounting, University of Southampton

Ghana introduced a new payment arrangement for petroleum imports in 2023, using gold instead of scarce US dollars. The policy was designed to ease pressure on the cedi by reducing the need for upfront dollar purchases to settle fuel import bills.

In an import-dependent economy, rising demand for US dollars usually weakens the domestic currency. Importers must exchange local currency for dollars. As the local currency loses value, the local cost of imports rises, driving inflation.

Ghana’s petroleum-for-gold strategy delivered short-term benefits. It reduced immediate demand for foreign exchange, supported relative stability in the cedi and contributed to moderating fuel price pressures and inflation.

The country is still vulnerable to global oil price shocks, however. That has become evident with the latest surge in oil prices triggered by instability in the Middle East. For oil-importing economies such as Ghana, geopolitical risks like this translate directly into higher fuel import costs and greater pressure on foreign-exchange reserves.

I am a scholar who has served as a technical adviser to Ghana’s Ministry of Energy and major oil firms. This article argues that Ghana’s current stabilisation measures are helping to manage short-term pressure, but they have not removed the country’s exposure to oil shocks. That matters because temporary relief should not be mistaken for structural reform.

The structural gaps are limited refining capacity, weak storage infrastructure and an underdeveloped downstream petroleum sector.

As long as these constraints remain, oil shocks will continue to transmit quickly into the exchange rate, inflation and the broader economy.

What’s working

Ghana is one of Africa’s largest gold producers, with output exceeding 120 tonnes annually.

The creation of the Ghana Gold Board, under the Ghana Gold Board Act, 2025 Act 1140, improves the state’s ability to mobilise gold through official channels. This is not a solution to Ghana’s energy problem. But it is a more credible stabilisation strategy than relying on politically driven fuel price interventions and implicit subsidies. Those strategies, seen in earlier periods, contributed to fiscal losses and market distortions.

Inflation has eased significantly over the past year, falling from peak levels in 2023 to around 3%-4% in early 2026. Fuel prices have moderated, with pump prices declining by over 20% year-on-year in Febuary 2026. This indicates that short term pressures are being managed.

But relief is not reform. Policies such as gold-for-oil cannot eliminate Ghana’s dependence on imported refined fuels.

The gaps

Ghana’s vulnerability to global oil shocks stems from the structure of its energy system. Despite producing crude from offshore fields such as Jubilee, TEN and Sankofa-Gye Nyame, the country remains heavily dependent on imported refined fuels priced and settled in US dollars. That mismatch ties the domestic economy directly to global oil markets.

In practice, this dependence is substantial. Domestic refining meets only a small share of demand, with roughly 72% of refined petroleum products supplied through imports in recent years. In other words, most of the fuel actually consumed in the economy is sourced from international markets rather than processed locally, reinforcing the country’s reliance on foreign currency.

These imports are concentrated in a few critical products that underpin everyday economic activity. Diesel accounts for the largest share, used extensively in transport, logistics, construction and backup power generation. Petrol (gasoline) supports road transport, while liquefied petroleum gas (LPG) is widely used for household cooking and some commercial purposes. In effect, Ghana’s import bill is not abstract. It underwrites the economy’s core energy needs, from moving goods and people to powering businesses and households.

This dependency on imports is driven by three factors.

  • Limited refining capacity. Ghana’s ability to process crude oil domestically is constrained by the limited and unreliable operation of its main refining asset, the Tema Oil Refinery. Although installed capacity exists, it has operated intermittently for years due to financial constraints, maintenance challenges and operational inefficiencies.

But expanding domestic refining capacity on its own won’t insulate Ghana from price dynamics. Domestic fuel prices remain linked to international benchmarks, meaning global oil shocks would continue to pass through to inflation.

Where refining could make a difference is on the financing side. It would lower demand for US dollars.

  • Weak storage infrastructure. Ghana has limited strategic storage capacity for petroleum products, reducing its ability to build reserves and manage supply over time. The country must rely on frequent imports to meet demand, increasing exposure to external supply and financing shocks.

  • An underdeveloped downstream petroleum sector. Beyond refining and storage, inefficiencies in the movement and sale of petroleum products constrain how effectively supply is managed within the domestic market. Distribution remains fragmented across importers, bulk distributors and retail outlets, with limited coordination and logistical bottlenecks in transportation and depot infrastructure. Regulatory rigidities in pricing and market participation further reduce flexibility. As a result, even when supply is available, it is not always efficiently allocated, and global price shocks are transmitted quickly and with limited buffering through the domestic economy.

What needs to be done

Four priorities now stand out.

First, recent gains must be consolidated through continued macroeconomic discipline and a firm avoidance of policy reversals.

Second, foreign-exchange buffers should be strengthened to better absorb future oil-price shocks and contain exchange-rate pressures.

Third, gold and foreign exchange strategies need to be integrated so that gold mobilisation directly reinforces external liquidity.

Finally, dependence on downstream imports must be reduced through credible investment in refining, storage and broader energy infrastructure.

The real test of Ghana’s fuel strategy is not whether it can withstand a single episode of oil-market volatility, but whether today’s stabilisation measures can be converted into a more resilient energy system.

The Conversation

Ishmael Tingbani does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ghana’s fuel payment strategy works for now: how to fix longer term problems – https://theconversation.com/ghanas-fuel-payment-strategy-works-for-now-how-to-fix-longer-term-problems-281076

El último atentado contra el presidente Trump evidencia el aumento de la violencia política en Estados Unidos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By James Piazza, Liberal Arts Professor of Political Science, Penn State

President Donald Trump speaks at the White House on April 25, 2026, after the cancellation of the annual White House Correspondents Association Dinner. Andrew Leyden/Getty Images)

Por tercera vez en tres años, Donald Trump ha sido objeto de un intento de atentado. Muchos hechos siguen sin estar claros después de que un hombre armado irrumpiera en el Washington Hilton el 25 de abril de 2026, durante la cena de la Asociación de Corresponsales de la Casa Blanca.

Mientras continúa la investigación sobre el tiroteo, Alfonso Serrano, editor de política y sociedad de The Conversation US, ha hablado con James Piazza, un experto en violencia política de la Universidad Estatal de Pensilvania.

No es la primera vez que Trump se enfrenta a la violencia política. ¿Qué destaca tras el último ataque?

Creo que los acontecimientos del 25 de abril ponen de relieve lo peligroso que es este momento político en Estados Unidos. Investigadores del Laboratorio de Investigación e Innovación sobre Polarización y Extremismo han documentado que la violencia política ha aumentado en Estados Unidos en los últimos años.

Me vienen a la mente varios ejemplos recientes: la insurrección del 6 de enero de 2021 en el Capitolio de los Estados Unidos; múltiples intentos de asesinato del presidente Trump; los ataques mortales contra los legisladores de Minnesota Melissa Hortman y John Hoffman que causaron la muerte de Hortman y su marido; el intento de asesinato de Paul Pelosi;
el asesinato de Charlie Kirk. En mi estado natal, Pensilvania, el gobernador Josh Shapiro fue blanco de un ataque en la mansión del gobernador.

Decenas de coches de policía se alinean en una calle.
Las fuerzas del orden responden a un incidente en el Washington Hilton durante la Cena de Corresponsales de la Casa Blanca el 25 de abril de 2026, en Washington.
AP Photo/Allison Robbert

¿Qué está impulsando esa aparente plaga de violencia política que azota al país?

Hay varios factores importantes que impulsan la violencia política en los Estados Unidos hoy en día, según mi propia investigación y la investigación de otros académicos. Estados Unidos se encuentra actualmente muy polarizado políticamente, lo que significa que los estadounidenses están profundamente divididos por motivos partidistas. Se miran con recelo y hostilidad, lo que genera un ambiente tenso y volátil para la política y la vida pública. Esto ha creado un entorno de “suma cero” en el que cada elección y cada contienda política se vive como un momento de “vida o muerte”.

Lo que más me llama la atención es la dimensión moral de la polarización en EE. UU.. Cada bando considera a los miembros del otro partido no solo como personas con una visión política diferente, sino más bien como malvados o inmorales. El entorno polarizado ha hecho que la violencia política se haya normalizado. También ha atenuado la reacción pública contra la violencia política cuando esta se produce.

La retórica política se ha vuelto mucho más divisiva y violenta por naturaleza, y eso va de la mano de la polarizacióna.

En particular, cuando los políticos utilizan una retórica demonizadora o deshumanizadora para atacar a sus oponentes –por ejemplo, utilizando palabras que describen a sus oponentes como subhumanosse fomenta el extremismo y contribuye a motivar a los extremistas a agredir físicamente a sus oponentes.

La desinformación también es un importante factor impulsor de la violencia política. Varias actos recientes de violencia política parecen motivados por teorías conspirativas y otras formas de desinformación, a menudo difundidas en las redes sociales, donde las personas suelen estar herméticamente aisladas de fuentes que cuestionen su visión del mundo. Esto facilita la radicalización y se ha demostrado que, en algunos casos, alimenta la violencia política.

Por último, creo que otro factor importante es el actual ataque a las normas democráticas y a las instituciones democráticas en Estados Unidos. La democracia estadounidense está sufriendo presiones sin precedentes en la era moderna. Esto ha tenido un efecto muy perjudicial en la confianza de los estadounidenses en el Gobierno, en las instituciones democráticas y en el propio valor del régimen democrático.

Mi trabajo muestra que las personas escépticas con respecto a la democracia son mucho más propensas a expresar apoyo o tolerancia hacia la violencia política.

Un hombre frente a un atril, de pie ante decenas de personas sentadas.
El presidente Donald Trump responde a preguntas en la Casa Blanca el 25 de abril de 2026, tras un tiroteo ocurrido en la Cena de Corresponsales de la Casa Blanca.
Mandel Ngan/AFP vía Getty Images

¿En qué se diferencia este momento de violencia política de otros periodos violentos de la historia de EE. UU.? ¿Nos encontramos en territorio desconocido?

Aunque EE. UU. está experimentando actualmente un repunte de la violencia política, lamentablemente no es algo sin precedentes. Un ejemplo sería el periodo de gran polarización de la década de 1850, en vísperas de la Guerra Civil. En aquella época, existía una marcada división entre los abolicionistas y los defensores de la esclavitud. Y culminó en asesinatos políticos, una agresión a un congresista abolicionista por parte de un congresista proesclavista y un sangriento conflicto civil en Kansas entre grupos armados pro y antiesclavistas.

A principios del siglo XX, justo después de la Primera Guerra Mundial, se produjo otro aumento de la violencia política debido a cuestiones laborales y la violencia por parte de la segunda generación del Ku Klux Klan.

Por último, la década de 1960 también fue testigo de un periodo de intensa violencia política en torno a la oposición a la Guerra de Vietnam y a la reacción contra el Movimiento por los Derechos Civiles.

Aunque la violencia política actual presenta algunas características únicas –concretamente, la influencia de las redes sociales–, creo que podemos encontrar algunos paralelismos con esos primeros periodos de violencia política.

¿Alguna reflexión final?

Creo que es fundamental que tanto los políticos demócratas como los republicanos se unan para condenar este ataque y toda forma de violencia política. Los comentaristas políticos y las personas influyentes también pueden condenar este hecho y todo uso de la violencia política.

Las investigaciones demuestran ampliamente que lo que dicen las élites políticas tras este tipo de sucesos tiene un enorme efecto en las actitudes de los ciudadanos: deberían adoptar una retórica que no normalice este tipo de comportamiento.

Si el mensaje de todo el espectro político es unánime, será mucho más eficaz a la hora de reducir las actitudes que alimentan la violencia política.

The Conversation

James Piazza no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El último atentado contra el presidente Trump evidencia el aumento de la violencia política en Estados Unidos – https://theconversation.com/el-ultimo-atentado-contra-el-presidente-trump-evidencia-el-aumento-de-la-violencia-politica-en-estados-unidos-281533

Meta and Microsoft have joined the tech layoff tsunami. Is AI really to blame?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Kai Riemer, Professor of Information Technology and Organisation, University of Sydney

Dimitri Otis / Getty Images

Meta and Microsoft are the latest software companies to announce big cuts to their global workforce. Both companies are also making big investments in artificial intelligence (AI).

The link seems obvious. Meta’s chief people officer, Janelle Gale, said the job cuts – about 10% of staff or almost 8,000 workers – serve to “offset the other investments we’re making”. Meta boss Mark Zuckerberg has previously spoken about a “major AI acceleration” with spending in excess of US$115bn planned this year.

Microsoft is also betting big on AI. The company also just announced early retirement packages for about 7% of its US workforce.

The two tech giants join Atlassian, Block, WiseTech Global and Oracle, who have all made similar announcements this year, each evoking AI without outright blaming it.

What is happening here? How we understand these layoffs depends on what we think AI is, and what implications it will have. Broadly speaking, there are three ways of looking at it: that AI is superintelligence, that it’s mostly hype, and that it’s a useful tool.

The end of white-collar work?

In the first view, AI is emerging superintelligence. It is a new kind of mind, that learns, reasons, and will soon outperform humans at most cognitive tasks (hint: it’s not!).

The job losses are not just a corporate restructuring. They are an early tremor of something seismic.

In February 2026, AI entrepreneur Matt Shumer put this view vividly – comparing the current moment to the strange, quiet weeks before COVID-19 broke into global consciousness. Most people, he argued, haven’t yet realised we are facing an “intelligence explosion”.

The essay drew significant criticism. Commentators noted it contained little hard data and read at times like a pitch for Shumer’s company’s own AI products.

But it captured a genuine anxiety. Something real is happening in software engineering, at least, where tasks are well-defined and success is easy to verify.

But the leap to “all white-collar work will be automated” is a big one. The view that AI is a kind of universal mind that learns and improves itself is far-fetched.

And most professional work is far messier than coding: ambiguous briefs, competing stakeholder interests, outputs that are hard to verify, and shifting success criteria. Coding may be a canary in the coal mine, but coal mines and boardrooms are very different places.

Are tech companies winding back hiring sprees?

The second view sees the conversation around AI as mostly hype. AI is being invoked as cover. Companies that hired aggressively during the pandemic boom, and now face financial pressure, are blaming AI as the more palatable explanation.

OpenAI CEO Sam Altman called this dynamic “AI washing”: companies blaming AI for layoffs they would have made regardless.

For example, Meta announced in March it would shut down its Metaverse platform Horizon World by June. Reality Labs, the division developing the technology, employed 15,000 people as of January 2026.

We don’t know in detail the make-up of the present job cuts, so Meta may just be repackaging earlier failures as AI-driven productivity gains.

Another cynical reading suggests that laying off workers in the name of AI is a way to drive up stock prices. When Block invoked AI and cut nearly 4,000 roles, its stock jumped the following day.

Announce AI-driven layoffs and you may find investors reward you for being future-focused. It is a historically familiar trick: technology has repeatedly served as convenient cover for financial restructuring.

Are layoffs a way to make staff use AI?

The third view is more nuanced. It sees AI as a powerful tool, but one that companies will need to transform themselves to take advantage of.

This has implications for what jobs are needed and in what quantities. We think this view has the most merit.

On this reading, the tech leaders believe AI will change how software gets built. But they don’t know exactly how.

So they do what tech companies often do when faced with uncertainty: they create pressure. They cut headcount staff, expect those remaining to produce just as much as before, and force teams to find ways to meet those expectations using AI.

It’s not a bet that AI will do everything, but that the pressure will force humans to work out how to use AI to increase productivity.

This also lines up with industry experience. For example, Google chief executive Sundar Pichai claims a 10% increase in engineering speed from AI adoption across the company. This could tally with cuts of around 7–10% of total workforce for most of the mentioned companies.

What this means for knowledge workers

These three views are often presented as mutually exclusive. In practice, all three expectations exist simultaneously. The honest answer to “what is really happening here” is probably “a bit of everything”.

What is true is that software development tends to be an early indicator of broader shifts in knowledge work. Productivity benefits from AI are real for those who adopt it. Yet adoption is unevenly distributed, and lags in less technical industries.

In this context, the ability to understand AI and make good decisions about how and where to use it is becoming a baseline professional skill.

The workers most at risk are not necessarily those whose tasks can be replicated by AI. They are those who wait for pressure to arrive from outside rather than getting ahead of it now.

We will have answers to the question of whether AI is mostly hype or a useful tool in the next few years.

If Meta, Microsoft, and their peers rehire staff with different skills, redesign workflows, and emerge genuinely more capable, the case for useful AI looks good. If they simply pocket the payroll savings, the cynics were right.

If you want to know where tech companies are going, don’t look at what they cut – watch what they hire.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Meta and Microsoft have joined the tech layoff tsunami. Is AI really to blame? – https://theconversation.com/meta-and-microsoft-have-joined-the-tech-layoff-tsunami-is-ai-really-to-blame-281436

¿Es realmente el uso tópico del etanol tan peligroso como para retirarlo del mercado?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dr. Borja Garrido Arias, Profesor Dpto. Ingeniería Mecánica, Escuela ICAI, Universidad Pontificia Comillas

Antonio Suarez Vega/Shutterstock

A principios de año, diversos medios publicaron la noticia de que la Unión Europea estaba planteándose clasificar el etanol –el alcohol etílico de nuestros botiquines y de los geles hidroalcohólicos– como sustancia peligrosa por posible riesgo cancerígeno.

Plantear semejante duda era importante, porque el uso del etanol como biocida tiene grandes implicaciones en el grado de exigencia que se pretender aplicar a sustancias como los biocidas, diseñados para destruir, neutralizar o controlar organismos nocivos (bacterias, virus, hongos, insectos) por medios químicos o biológicos.

¿Y cómo se regulan estos permisos?

La clasificación de los biocidas, productos muy presentes en nuestro día a día, abarca desde desinfectantes para el agua potable hasta productos químicos específicos para la limpieza de superficies que están en contacto con alimentos o incluso con animales en el ámbito veterinario. Y dado que equivocarse tanto en la aplicación como en la dosis puede suponer efectos irreversibles en el medio ambiente y los seres vivos, su papel en salud pública es clave. Eso explica por qué son el Ministerio de Sanidad y las Consejerías de Sanidad las responsables de autorizar y aportar los permisos de uso.

Los biocidas solamente puede estar en el mercado durante diez años. Transcurrido ese tiempo, sus fabricantes deben renovar o actualizar sus permisos cada cinco años.




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Pero, ¿qué hay del etanol?

En el 2025, los permisos de aplicación del etanol entraron en fase de renovación atendiendo a la legislación vigente.

La Agencia Europea de Sustancias y Mezclas Químicas (ECHA) es el organismo europeo encargado de controlar los expedientes científicos de los biocidas, coordinar la evaluación entre Estados miembros, así como de preparar el informe de evaluación se corresponde. Una vez aportado este documento y sus recomendaciones, es la Comisión Europea la encargada de renovar la autorización del biocida para, posteriormente, extrapolar la decisión a los distintos Estados miembros.

Pues bien, en 2025 la ECHA identificó un riesgo de carcinogenicidad del etanol. La información fue malinterpretada por muchos de los medios que difundieron la noticia, ya que su riesgo cancerígeno solo hacía referencia a la exposición digestiva, dentro de bebidas alcohólicas. Pero como desde la pandemia el uso de geles hidroalcohólicos ha estado muy extendido, la posible nueva clasificación del etanol tuvo un gran impacto mediático.




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Diferencia entre riesgo y peligro

Es importante aclarar que el concepto de riesgo está íntimamente relacionado con el peligro y la probabilidad de exposición. En el caso concreto del etanol, su exposición como biocida de uso tópico, ya sea para evitar la infección de heridas o eliminar los microorganismos de la piel, es muy baja.

De hecho, oficialmente, el Comité de Biocidas de la ECHA ha llegado a la conclusión que su uso podrá seguir realizándose a nivel tópico en higiene personal e industrial con seguridad.




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Aunque estamos a la espera de que la ECHA remita el dictamen a la Comisión Europea y de que, seguidamente, ésta decida la aprobación o no aprobación del etanol, lo más propable es que su uso vuelva a ser autorizado. Sobre todo en el caso de geles hidroalcohólicos y otros productos de higiene que tantos beneficios nos aportaron durante la pandemia.

La difusión de aquel informe preliminar con la posible clasificación del etanol como carcinógeno, referido como adelantábamos a su ingesta, ha generado una alarma social innecesaria. Por eso resulta importante estar bien informados y no precipitarse en las conclusiones.

Conocer los flujos de información, competencias y ámbito científico permite una reflexión crítica de los avances en la salud pública y en el avance científico.

The Conversation

Declaro que mi actividad en el ámbito de la Prevención de Riesgos Laborales (PRL) e higiene industrial se realiza de forma indirecta, no existiendo conflicto de intereses. La información presentada en este artículo refleja conocimientos propios adquiridos en el ejercicio de mi actividad profesional en el campo de la ingeniería, así como mediante el estudio y la formación continua a lo largo de mi trayectoria académica y profesional.

ref. ¿Es realmente el uso tópico del etanol tan peligroso como para retirarlo del mercado? – https://theconversation.com/es-realmente-el-uso-topico-del-etanol-tan-peligroso-como-para-retirarlo-del-mercado-277795

¿Debería haber más horas de recreo? Depende de la infancia que queramos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sylvie Pérez Lima, Psicopedagoga. Psicóloga COPC 29739. Profesora tutora de los Estudios de Psicología y Educación, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Irina WS/Shutterstock

La ampliación del tiempo de patio de 30 a 40 minutos en una escuela de Barcelona ha reabierto un debate recurrente: ¿hace falta más tiempo de juego en la escuela? Algunos maestros y familias lo piden, mientras otros se preguntan si esto perjudicará al aprendizaje.

Pero quizá la pregunta esté mal planteada. En primaria, el recreo no es una pausa fuera del aprendizaje. Por ejemplo, en España es, por normativa y concepción pedagógica, tiempo lectivo en muchas de las comunidades autónomas: Cataluña, Valencia, Castilla-La Mancha, Andalucía o La Rioja. En otras como Madrid, Aragón o Canarias no se considera docencia directa pero los docentes sí tienen la obligación de estar.

Así pues, en la mayoría de regiones españolas y en la etapa de primaria (entre los 6 y los 12 años), el tiempo de patio forma parte de las cinco horas lectivas diarias, porque durante el recreo se desarrolla también la educación con objetivos determinados: socializar, regularse, negociar, imaginar, construir vínculos y aprender a convivir.

Pero es que además, al implicar la presencia directa del adulto, ampliar el recreo no supone reducir el aprendizaje, sino priorizar un tipo determinado de aprendizaje.




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El patio, espacio educativo: más que movimiento

El debate se reduce a menudo a la necesidad de moverse. Sin duda, el movimiento es clave, especialmente en una infancia cada vez más sedentaria. Pero el recreo no puede convertirse sólo en una descarga corporal. Cuando el juego queda limitado al cuerpo y al movimiento, sin objetos, sin materiales y sin mediación, a menudo aparecen más conflictos, especialmente con los alumnos más vulnerables.

El juego libre necesita espacios regulados, no para dirigirlo, sino para hacerlo posible. Un patio educativo debería incluir espacios y momentos que favorezcan el juego simbólico en edades tempranas, pero también el juego con objetos (como pelotas, pequeñas bicicletas, combas, cuerdas de saltar…), espacios tranquilos o zonas de conversación, rincones que permitan la construcción o manipulación de arena, actividades que dejen que los alumnos puedan crear, y también, está claro, movimiento físico.




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Es importante tener presente que cuando hablamos de juego libre y espontáneo no queremos decir que no esté organizado. Es una organización que permite la libertad: zonas donde se permiten determinados tipos de juegos, rotación entre diferentes espacios del patio de la escuela, diferentes elementos para poder escoger para jugar, etc. El niño elige entre alternativas o circula entre diferentes propuestas organizadas según el día de la semana, por ejemplo.

Cuando ofrecemos espacio para correr sin más, el juego se reduce y pueden aparecer los conflictos que nos preocupan de los recreos; pero cuando existen materiales, adultos presentes, relaciones y posibilidades, el juego se expande.




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El déficit actual: juego y cuentos

El patio escolar, y el tiempo dedicado al recreo, nos permite reforzar el desarrollo emocional, social y cognitivo con alternativas válidas a las pantallas, que contribuyan a desarrollar habilidades cognitivas como la concentración y la imaginación.

Así, la cuestión de fondo no es tanto el cuántas horas pasan los niños en el patio cada semana, sino el tipo de actividades que deberían formar parte de la cotidianidad escolar, haya o no ampliación del recreo: el juego, el teatro y la lectura de cuentos.

Estas tres actividades comparten una función fundamental: activar la función simbólica. A través del juego, el niño representa la realidad; a través del teatro, la dramatiza, y a través del cuento, la imagina: las tres actividades potencian el crecimiento, ayudan en la comprensión de las emociones y de la propia imaginación a través de la imitación y de manera implícita.

Libres, pero con adultos

El docente no está aquí solo para controlar que las normas se cumplen o que no hay conductas disruptivas: su papel mediador es el que permite que las experiencias del recreo puedan ser expresadas y compartidas.

Cuando, por ejemplo, surgen conflictos (algo natural en cualquier juego con normas) el adulto no debería limitarse a decidir quién tiene razón o imponer una solución, sino ayudar a su tramitación. En lugar de resolver, puede intervenir poniendo palabras a lo ocurrido: “¿Qué ha pasado aquí?”, “¿Qué querías hacer tú?”, “¿Y tú cómo lo has vivido?”. A partir de ahí, acompaña a los alumnos a escucharse, a entender el punto de vista del otro y a buscar alternativas. No elimina el conflicto, pero lo convierte en una oportunidad de aprendizaje.




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Construyéndose a sí mismos

Al mismo tiempo, el adulto desempeña una función constituyente. Lo que dice (y también lo que no dice) contribuye a la imagen que el niño construye de sí mismo. No es lo mismo decir “siempre estás molestando” que “veo que hoy te está costando encontrar tu sitio en el juego, vamos a pensar cómo hacerlo”. En el primer caso, el niño queda fijado a una etiqueta; en el segundo, se le reconoce como alguien capaz de cambiar y encontrar una posición diferente.

Las palabras adultas, por tanto, no solo regulan la conducta, sino que ayudan a configurar un alumno capaz, reconocido y con lugar dentro del grupo. Este proceso se da en el aula, pero también –y especialmente– en los espacios de juego y tiempo compartido.

Parte del aprendizaje, y del horario

Una vez que entendemos que el juego, tanto libre como estructurado, no es únicamente “entretenimiento”, sino una de las principales bases del aprendizaje en primaria, podemos incorporarlo de forma intencional dentro de las horas lectivas.

Algunos centros ya están introduciendo estructuras de juego de manera cotidiana, en momentos estables de la jornada, ya sea al inicio o al final del día, que permiten a los alumnos entrar en la actividad escolar o cerrarla desde una posición más regulada.

Por ejemplo:

  • Estructuras de juego al inicio de la mañana, con propuestas breves que combinan juego simbólico, construcción o interacción guiada, y que ayudan a activar la atención, favorecer la entrada al aula y anticipar el trabajo posterior.

  • Espacios de juego al final de la jornada, que permiten elaborar lo vivido durante el día, reducir la tensión acumulada y cerrar la experiencia escolar desde el vínculo y la interacción.

  • Rituales de cuentos diarios.

  • Momentos de expresión artística regular.

  • Tiempo de dramatización, expresión corporal y artística, vías fundamentales de desarrollo cognitivo, emocional y social.

Además, a través de estas actividades, los aprendizajes vinculan a los alumnos con la escuela y entre ellos.

El papel de las narraciones

Los cuentos leídos en común y la puesta en escena de obras teatrales entrenan la escucha que se necesita para mejorar en nuestras capacidades básicas de expresión oral y escrita. El niño más pequeño aprende a seguir una historia, anticipar, interpretar y dar significado: bases fundamentales del lenguaje.

Pero su valor no se limita a las primeras edades. En los alumnos más mayores, estas prácticas permiten algo aún más complejo: sostener la atención, comprender puntos de vista diferentes, elaborar conflictos y construir pensamiento propio. A través del relato y la dramatización, los estudiantes no solo entienden historias, sino que aprenden a interpretar la realidad, a posicionarse y a dar sentido a lo que viven.

Escuchar una historia compartida o participar en una representación implica entrar en un tiempo común, aceptar reglas, esperar, imaginar y conectar con los otros. Son, por tanto, experiencias que no solo desarrollan el lenguaje, sino también la capacidad de pensar, convivir y construir una identidad propia en relación con los otros.

¿Ampliar el recreo… o la mirada?

Ampliar el tiempo de ocio puede ser una medida positiva, pero especialmente si va acompañada de una reflexión pedagógica sobre lo que aporta y cómo se puede facilitar y aprovechar.

No se trata sólo de añadir minutos, sino de repensar el papel del juego, del relato y de la expresión en la escuela. El debate, en el fondo, es sobre hasta qué punto dejamos a los niños ser niños a lo largo de su educación formal.

The Conversation

Sylvie Pérez Lima no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Debería haber más horas de recreo? Depende de la infancia que queramos – https://theconversation.com/deberia-haber-mas-horas-de-recreo-depende-de-la-infancia-que-queramos-280930

La romántica idea de irse a vivir al bosque, pero ¿a qué precio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Medina Morales, Profesor de Geografía, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

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Cada vez más personas buscan vivir cerca de la naturaleza. Casas rodeadas de árboles, urbanizaciones en zonas rurales o viviendas diseminadas en el monte se han convertido en una imagen habitual en muchas regiones. La tranquilidad, el contacto con el entorno natural y la calidad de vida explican, en gran parte, esta tendencia. Sin embargo, esta forma de ocupar el territorio plantea una pregunta incómoda: cuando decidimos vivir junto al bosque, ¿somos realmente conscientes de los riesgos que implica?

Este espacio mixto, donde las edificaciones residenciales y las áreas arboladas entran en contacto directo, se conoce como interfaz urbano-forestal. En estas zonas, los efectos de los incendios aumentan considerablemente, ya que el fuego puede quemar viviendas, infraestructuras y poner en riesgo a las personas.

En los últimos años, este tipo de incendios ha dejado de ser excepcional y se ha convertido en una realidad cada vez más frecuente, especialmente en regiones mediterráneas y territorios insulares como Canarias.Este incremento se explica, en parte, por el aumento de los episodios de calor extremo y también por la forma en que los órganos competentes gestionan la planificación y la ordenación del territorio.

Menos incendios pero más peligrosos

Un estudio reciente realizado en la isla de Gran Canaria muestra que, aunque el número total de incendios forestales ha disminuido los últimos 20 años, los que se producen son cada vez más intensos y tienen un mayor impacto territorial. Además, estos grandes incendios afectan con mayor frecuencia a zonas habitadas situadas en la interfaz urbano-forestal.

Este cambio en la dinámica del fuego responde a varios factores. Por un lado, el abandono de actividades tradicionales como la agricultura y la ganadería favorece la acumulación de la vegetación en áreas abandonadas. Esto implica mayor cantidad de combustible natural y, por tanto, una mayor propagación de incendios de gran magnitud.

Por otro lado, también influye el cambio climático que genera condiciones meteorológicas favorables para la aparición de grandes incendios forestales. El aumento de las temperaturas, la disminución de las precipitaciones y los episodios de viento intenso crean escenarios de mayor peligro y dificultan su extinción. La consecuencia es el aumento del riesgo para las personas y los bienes.
Pero hay, además, un tercer factor clave: la forma en que se ocupa el territorio.




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Vivir en el bosque: una decisión con consecuencias

Construir casas para vivir en áreas rurales próximas al bosque incrementa la probabilidad de que el fuego afecte a las viviendas. Además complica la gestión y de la emergencia.

Ante un incendio en la interfaz urbano-forestal, los servicios de extinción deben actuar sobre varios frentes a la vez. Su objetivo de protección se amplía: ya no solo deben intervenir sobre el entorno natural, sino también sobre las viviendas y la población. Esto obliga a priorizar la seguridad de las personas, lo que puede dificultar o retrasar las tareas de extinción del incendio.

Por otra parte, estas zonas suelen presentar accesos limitados, carreteras estrechas y escasas infraestructuras de autoprotección. Todo ello incrementa la vulnerabilidad de la población.

En este contexto, la percepción del riesgo juega un papel fundamental a la hora de decidir vivir en estas áreas. En muchos casos, la decisión se toma sin ser plenamente conscientes de los peligros asociados. Vivir cerca de espacios naturales se percibe como una mejora de la calidad de vida, mientras que el riesgo de incendio queda en un segundo plano o, directamente, fuera de la toma de decisiones.

Un problema territorial, no solo climático

La ordenación y la planificación del territorio definen cómo se ocupa el espacio. Por ello, deben tener en cuenta la aptitud de cada zona para acoger usos urbanos según sus características.

Los incendios forestales no dependen únicamente de las condiciones meteorológicas de un momento dado. También están relacionados con cómo transformamos el paisaje y organizamos el territorio.

El estudio realizado en Gran Canaria muestra que la expansión de la interfaz urbano-forestal y la acumulación de combustible vegetal están generando escenarios cada vez más complejos. Esta combinación aumenta la probabilidad de grandes incendios y eleva el riesgo para la población. Por ello, abordar este problema requiere una visión territorial. La planificación urbana, la gestión forestal y la cultura de autoprotección deben integrarse en una estrategia común.




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La importancia de la cultura de autoprotección

Vivir cerca del bosque no tiene por qué ser incompatible con la seguridad, siempre y cuando adoptemos medidas de autoprotección. Entre ellas, mantener la vegetación controlada alrededor de nuestras casas, garantizar accesos adecuados para los servicios de emergencia y tener un plan de evacuación. Estas acciones pueden reducir mucho el riesgo y, en caso extremo, salvarnos la vida.

También resulta fundamental mejorar la comunicación, la información para sensibilizar a la población. Comprender los peligros a los que nos exponemos durante un incendio forestal es el primer paso para reducir la vulnerabilidad.

Un reto creciente

La tendencia a vivir cerca de la naturaleza continuará e irá en aumento los próximos años. Al mismo tiempo, el cambio climático seguirá incrementando la intensidad de los incendios forestales. Este escenario plantea un reto importante para la gestión del territorio y la protección civil. La interfaz urbano-forestal se está consolidando como uno de los principales espacios de riesgo en muchas regiones.

Vivir cerca del bosque puede ser una elección atractiva. Pero también implica asumir responsabilidades y comprender que la naturaleza, además de ofrecer tranquilidad, entraña peligros que requieren precaución, protección y prevención. La pregunta, por tanto, sigue abierta: cuando decidimos vivir junto al bosque, ¿sabemos realmente lo que implica?

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La romántica idea de irse a vivir al bosque, pero ¿a qué precio? – https://theconversation.com/la-romantica-idea-de-irse-a-vivir-al-bosque-pero-a-que-precio-279626