Diversité-équité-inclusion : pas de jackpot immédiat pour les entreprises

Source: The Conversation – France (in French) – By Salomée Ruel, Professeur, Pôle Léonard de Vinci

Depuis l’élection de Donald Trump, certaines entreprises reviennent sur leur politique diversité-équité-inclusion. Certaines remettent en cause le coût de ces politiques, d’autres son efficience. Mais que recouvrent vraiment ces coûts et ces bénéfices ?


Alors que certaines entreprises revoient leurs engagements en matière de diversité-équité-inclusion (DEI) à la baisse (aux États-Unis, Goldman Sachs envisage par exemple de retirer l’origine ou le genre des critères de sélection de ses administrateurs), d’autres, comme Colgate Palmolive, les défendent publiquement.

Ce mouvement s’inscrit dans un « DEI backlash » : depuis 2023, pressions politiques et propositions d’actionnaires se multiplient pour supprimer certains dispositifs. Cette séquence relance une question très opérationnelle : la DEI améliore-t-elle vraiment la performance ?

Un sujet uniquement RH ?

La DEI est souvent discutée comme un sujet RH ou politique. Dans la gestion des opérations et de la logistique, c’est aussi un sujet de fiabilité, de résolution de problèmes et de capacité d’adaptation : en crise, une entreprise dépend de la qualité de ses relations avec ses équipes et ses fournisseurs qui peuvent être divers. Qu’en est-il réellement ?




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Pour dépasser les slogans, dans une recherche récente, nous avons combiné une analyse statistique de données issues de grandes entreprises américaines (tout secteur) à dix entretiens avec des praticiens DEI et des professionnels de la logistique et des opérations afin de comprendre les raisons pour lesquels les résultats en termes de DEI sont si nuancés.

Nous avons rapproché deux bases : des évaluations « diversité & inclusion » laissées par des salariés sur Glassdoor et des données financières et opérationnelles sur des entreprises du Fortune 500. Les données portent sur la période allant de 2020 à 2024. Les analyses montrent que quand la perception de la DEI est meilleure, la rentabilité comptable (ROA) est légèrement plus faible l’année suivante. Par ailleurs, les résultats ne montrent pas d’association statistiquement robuste avec la valorisation boursière ni avec l’innovation (nombre de brevets).

Un signal à court terme

Lorsque l’on regarde à deux ou trois ans, l’effet négatif sur le ROA disparaît : le signal est donc à court terme. Les données ne confirment pas l’existence d’un « jackpot » immédiat de la DEI sur les indicateurs financiers et opérationnels. Elles suggèrent plutôt des coûts et des frictions au démarrage, tandis que les bénéfices, s’ils existent, peuvent être plus diffus ou captés par d’autres indicateurs que le résultat comptable.

Les entretiens aident à comprendre ces résultats. Ils font apparaître deux réalités simultanées :

  • la DEI peut améliorer les opérations,

  • mais une DEI mal conçue ou conçue pour « faire bien » peut créer des effets contre-productifs.

Plusieurs interviewés décrivent des bénéfices, côté gestion des opérations et de la logistique, notamment via la diversité des fournisseurs et des équipes. Prenons trois exemples. Au sujet de la résilience des fournisseurs, un interviewé raconte que, en pleine crise Covid, une entreprise cherchant des équipements de protection a trouvé « une entreprise appartenant à une minorité qui nous a garanti un approvisionnement ininterrompu ». Autrement dit, des fournisseurs souvent plus petits, parfois ignorés des panels habituels, peuvent être agiles quand les canaux standards saturent.

À propos de la négociation, une manager supply chain note :

« Nous obtenons de meilleurs accords maintenant […] dans nos équipes de négociation, il y a un meilleur équilibre entre hommes et femmes et des manières de négocier plus collaboratives. »

Ici, l’idée n’est pas qu’un genre « négocie mieux », mais que la diversité peut changer les styles d’interaction, avec des effets sur la qualité des accords.

Une capacité d’accès à de nouveaux réseaux

Enfin, quant au sujet de l’inclusion du handicap, un responsable explique avoir longtemps peiné à « faire quelque chose d’impactant » jusqu’à travailler avec une organisation « dirigée et entièrement composée de personnes en situation de handicap ». Résultat : « Immédiatement, nous avons constaté une augmentation de la représentation des personnes en situation de handicap dans nos effectifs. »

Le levier, ici, n’est pas un discours, mais une capacité d’accès à des réseaux et à des candidats que l’entreprise ne touchait pas, alors que le domaine des opérations et de la logistique peine à recruter des employés. Ces exemples convergent : la DEI crée de la valeur quand elle est embarquée dans les processus (sourcing, contrats, management au quotidien), pas quand elle reste une tâche pour « faire bien » sur une To-Do-List.

Néanmoins, les entretiens éclairent aussi les raisons du signal négatif à court terme sur la rentabilité. Car, sur le terrain, la DEI peut vite se heurter à une série de pièges très concrets. D’abord, il y a le coût de la mise en œuvre. Faire entrer la DEI dans les processus (recrutement, formation, relations fournisseurs, accompagnements individualisés) mobilise des ressources et de l’énergie managériale. Un interviewé résume la tension sans détour : « Les compromis autour de la DEI se sont toujours faits au détriment des économies ».

Radio Canada, 2025.

Inefficace DEI de façade

Ensuite, la dynamique interne peut se tendre lorsque certains salariés ont le sentiment d’être relégués au second plan lorsque les politiques de DEI sont mises en place. Un participant évoque « une période […] où certains groupes de personnes se sont sentis oubliés », au profit d’actions en faveur de l’intégration de personnes issues de minorités. Dans son exemple, des hommes blancs expérimentés qui se vivent comme devenus persona non grata. Ces perceptions alimentent résistance, démotivation et frictions quotidiennes. Or, ces frictions finissent par se voir dans les résultats financiers à court terme.

Enfin, un dernier écueil revient souvent, celui de la DEI de façade. Quand l’entreprise privilégie ce qui est le plus simple et le plus visible, sans toucher aux règles de gestion de carrière, d’évaluation ou d’allocation des opportunités, l’inertie demeure. Comme le dit une consultante :

« Ils font souvent ce qui est le plus facile à faire […] Rien de tout cela ne fonctionne, mais ça donne une bonne image de l’entreprise. »

Dans ce cas, les bénéfices attendus en termes de fidélisation, d’innovation et de qualité des décisions restent largement hors d’atteinte.

Au vu de ces résultats, la question n’est peut-être pas tant « faut-il faire de la DEI ? », mais « de quoi parle-t-on exactement quand on parle de DEI ? ». Nos analyses statistiques montrent un effet financier négatif plutôt à court terme et qui ne persiste pas. Puis nos entretiens racontent une réalité plus qualitative : des bénéfices opérationnels existent, mais ils ne sont ni automatiques, ni gratuits, ni garantis.

Au-delà du débat binaire

C’est aussi ce qui rend la séquence actuelle (entre retraits et défenses publiques) difficile à interpréter. Une annonce de « recul » peut parfois traduire un arbitrage prudent face à des contraintes juridiques ou politiques ; elle peut aussi masquer l’abandon discret d’initiatives pourtant utiles sur le terrain. À l’inverse, « maintenir la DEI » peut signifier des changements de processus profonds… ou seulement un effort de communication mieux maîtrisé.

Plutôt qu’un débat binaire, nos résultats invitent surtout à regarder les faits : la DEI se traduit-elle dans les pratiques de recrutement, dans la façon d’intégrer et de faire progresser les personnes, dans la relation avec les fournisseurs, dans la capacité des équipes à résoudre les problèmes sans s’épuiser ? C’est à ces endroits, concrets, que se joue l’impact. C’est aussi là que les coûts initiaux peuvent être compensés, ou au contraire s’accumuler.

Au fond, si la DEI peut ressembler à une dépense à court terme, c’est peut-être parce qu’elle est une transformation comme les autres : elle ne produit des effets que quand elle entre dans les routines et elle déçoit quand elle reste à la surface. C’est ce décalage entre affichage et pratiques qui explique aussi pourquoi l’actualité américaine est si difficile à décoder : derrière « DEI », certaines entreprises changent réellement leurs modes de fonctionnement, quand d’autres ne font que déplacer le curseur ou changer le vocabulaire.

The Conversation

Salomée Ruel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Diversité-équité-inclusion : pas de jackpot immédiat pour les entreprises – https://theconversation.com/diversite-equite-inclusion-pas-de-jackpot-immediat-pour-les-entreprises-277763

Les entrepreneurs sont‑ils dopés pour tenir ? Les addictions dont personne ne parle

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sonia Boussaguet, Neoma Business School

Alcool, drogue, médicaments, sucre, sexe, écrans, travail excessif… Et si les entrepreneurs se dopaient sans contrôle ni débat public ? Epiximages/Shutterstock

Derrière les figures héroïsées des entrepreneurs infatigables, l’usage de substances psychoactives, la dépendance au travail et les comportements à risque s’installent en silence. Certains payent le prix fort de leur performance.


L’ouvrage Se doper pour travailler décortique les mécanismes pervers de certaines consommations addictives chez les salariés. Appliqué aux entrepreneurs, le terme « dopage » permet de critiquer le discours dominant. Il montre l’envers du décor : pour maintenir un niveau de performance jugé indispensable, certains peuvent être tentés ou devenir accros.

L’addiction se définit comme un comportement répétitif et compulsif procurant une gratification immédiate mais entraînant, à long terme, des effets négatifs sur la santé, les relations sociales ou la performance. De nombreux comportements sont potentiellement addictifs, y incluant ceux qui n’impliquent pas l’ingestion de drogue, comme les jeux d’argent, le sexe, l’exercice physique, les jeux vidéo et l’utilisation d’internet. Un usage simple n’est pas pathologique par définition lorsqu’il est sans perte de contrôle ni dommages durables. Le passage d’un usage simple à un usage nocif puis à une dépendance se fait généralement de manière progressive et potentiellement réversible. Cela dépend toutefois du potentiel addictif et du profil de la personne concernée.

Pour explorer ces dérives possibles chez les entrepreneurs, avec Iris Ramos, experte en psychologie et santé au travail, nous avons conduit une étude en ligne auprès d’une population de 160 dirigeants, adhérents au Medef Centre-Val de Loire. Cet échantillon se compose de deux tiers d’hommes et d’un tiers de femmes, avec un âge moyen de 51,5 ans, exerçant en moyenne depuis plus de dix ans dans des secteurs d’activités variés.

Comment certains entrepreneurs « tiennent » et à quel prix ?

Journées stressantes pour 96 % d’interviewé·es

Nos résultants montrent globalement une dégradation de l’état de santé mentale des dirigeants interrogés. Un entrepreneur sur trois se dit en mauvaise forme psychologique. Près de 96 % des participants admettent que la plupart de leurs journées sont stressantes. Près de 46 % sont totalement insatisfaits de leur sommeil. Et 31 % ne pratiquent aucune activité physique (et non sportive) régulière.

Dans ce paysage délicat, les dirigeants déclarent souffrir de diverses addictions, dont certaines semblent socialement tolérées, voire valorisées, ou au contraire invisibilisées dans les milieux entrepreneuriaux.

Addiction au travail

Près de 72 % des personnes interviewées pensent au travail le soir et les weekends. Le problème n’est pas tant l’amplitude horaire ou la charge de travail que le manque de détachement psychologique du travail.

Les frontières se brouillent entre engagement intense, dépassement de soi… et mise sous tension permanente. L’activité professionnelle déborde constamment sur la sphère personnelle. Les entrepreneurs ne parviennent pas à décrocher, y compris pendant leurs périodes de congés.

Addictions comportementales

Près de 17 % se disent concernés par des addictions dites comportementales (entendues comme des dépendances sans substance et hors du travail). Ils citent l’hyperconnectivité avec l’utilisation des écrans – e-mails, réseaux sociaux professionnels, suivi des métriques de performance –, mais aussi la pratique de jeux en ligne.

D’autres mentionnent les dépendances alimentaires comme le sucre. Certains se tournent vers des activités compensatoires à forte intensité émotionnelle, telle que la pratique d’activités sportives intenses ou extrêmes. Quatre entrepreneurs confient être sujets à une addiction au sexe.

Addictions aux substances psychoactives

Les décideurs rapportent l’usage de stimulants ou de substances psychoactives. Près de 48 % considèrent que le tabac les aide à gérer leur stress, 34 % boivent un ou deux verres, voire plus, au cours d’une journée ordinaire. Et 11 % consomment des médicaments ou des drogues.

L’ensemble de ces chiffres rejoignent les conclusions alarmantes du dernier baromètre de la Fondation MMA des entrepreneurs du futur et BpiFrance le Lab.

Gains immédiats, pertes différées

Le sujet des addictions est loin d’être anecdotique. Comme montré dans Se doper pour travailler, le problème n’est pas la compensation en soi, mais ce qu’elle révèle du travail réel.

Les conditions d’exercice créent un terrain propice au « dopage entrepreneurial » : la responsabilité totale, l’incertitude permanente, la pression financière, la solitude décisionnelle sont reconnues comme de réels stresseurs professionnels. Ces conditions font de l’entrepreneur un profil particulièrement vulnérable, alors même que les signaux d’alerte sont souvent niés ou banalisés.

Nos analyses rendent visibles les situations de souffrance, d’épuisement et d’usure mentale chez les dirigeants d’entreprise. Elles laissent à penser que l’activité entrepreneuriale est devenue, pour certains, difficilement soutenable, sans ajustements personnels coûteux.

Les addictions s’ancrent insidieusement dans leur quotidien pour faire face au stress, au risque ou à la fatigue. Elles promettent des gains immédiats – performance, concentration, décompression – au prix de pertes différées – dispersion cognitive, lucidité stratégique –, avec d’éventuels dommages pour la santé et/ou la pérennité de leur entreprise.

Leurs usages deviennent des outils silencieux d’autorégulation pour « tenir » – de façon illusoire –, mais tendent à retarder la verbalisation des symptômes afférents et la recherche de soutien.

En posant frontalement la question du « dopage entrepreneurial », cet article invite à regarder en face ce que les pouvoirs publics préfèrent souvent ne pas voir. Les entrepreneurs – contrairement à leurs subordonnés – sont encore rarement considérés comme une population nécessitant des politiques de protection spécifiques en matière de santé publique. Ils sont encore moins couverts par les dispositifs de prévention des addictions.


Cet article a été co-rédigé avec Iris Ramos, psychologue du travail, chargée de cours à l’Université de Tours, rattachée à l’équipe de recherche Qualipsy et fondatrice du service STEP (Santé au travail des entrepreneurs par la prévention).

The Conversation

Sonia Boussaguet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les entrepreneurs sont‑ils dopés pour tenir ? Les addictions dont personne ne parle – https://theconversation.com/les-entrepreneurs-sont-ils-dopes-pour-tenir-les-addictions-dont-personne-ne-parle-272518

Lesbiennes au travail : invisibilité, discriminations et réussite professionnelle

Source: The Conversation – France (in French) – By Clotilde Coron, Professeure des universités en Sciences de gestion, Université Paris-Saclay

Le 26 avril a lieu la journée de la visibilité lesbienne qui vise à mettre en avant des modèles, à célébrer la culture lesbienne et à lutter contre la lesbophobie. La question de la visibilité dans le cadre professionnel mérite d’autant plus d’être mise à l’ordre du jour que les lesbiennes sont exposées à davantage de violences et de discriminations.


La journée de la visibilité lesbienne, le 26 avril, est d’autant plus nécessaire notamment dans le monde du travail que les lesbiennes subissent une double invisibilité. Tout d’abord, elles sont quasi absentes des discours publics, des médias, des représentations culturelles. Cette absence de visibilité peut notamment freiner la prise de conscience de l’orientation sexuelle, et certaines lesbiennes interrogées dans le cadre de l’enquête expliquent qu’elles ont construit une vie hétérosexuelle (avec un compagnon et des enfants), avant de se rendre compte qu’elles étaient lesbiennes.

Ensuite, un grand nombre de salariées lesbiennes cachent leur orientation sexuelle au travail. Plus précisément, d’après notre enquête, 14 % des salariées lesbiennes déclarent qu’aucun de leurs collègues n’a connaissance de leur orientation sexuelle. Cette stratégie de non-dévoilement est coûteuse sur le plan relationnel, sachant que de nombreuses conversations au travail, par exemple dans les espèces de socialisation comme la pause-café, la pause-déjeuner, portent sur la vie quotidienne (loisirs, famille, enfants…).

Le coût du non-dévoilement

Elle suppose de très peu parler de sa vie quotidienne, ou bien de parler au « je » pour éviter de mentionner l’existence d’une compagne, ou encore de dire « il » en parlant de sa compagne, pour passer pour hétérosexuelle. 28 % déclarent ne dévoiler leur orientation sexuelle qu’auprès d’un petit groupe de collègues dont elles ont auparavant vérifié l’ouverture d’esprit. Cette stratégie se fait donc en deux temps : il s’agit tout d’abord de lancer des sujets de conversation orientés autour de valeurs progressistes pour identifier comment se positionnent les collègues, avant, dans un second temps, de dévoiler son orientation sexuelle.




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Elle est coûteuse en matière de charge mentale car elle suppose de se souvenir des collègues qui le savent et ceux qui ne le savent pas, et d’adapter ses propos et la manière de parler de sa vie quotidienne en fonction des cercles de collègues. Une femme lesbienne interrogée raconte aussi une situation dans laquelle, croisant dans la rue une collègue qu’elle connaît de loin, elle a demandé à sa compagne de lui lâcher la main. Cette dernière lui a dit « Je croyais que tes collègues étaient au courant », ce à quoi elle a répondu « Oui, ils sont au courant, mais pas elle en particulier ».

Une surexposition aux violences et aux discriminations

Cette invisibilité s’explique en partie par le fait que les lesbiennes sont surexposées aux violences et aux discriminations au travail, comme c’est également le cas dans l’espace public. Par exemple, toujours d’après notre enquête, 10 % des salariées lesbiennes disent avoir été victimes de violences physiques dans leur organisation de travail, contre 3 % des salariées hétérosexuelles et 7 % des salariés gays. 23 % déclarent avoir été victimes de violences psychologiques et morales, contre 14 % des salariées hétérosexuelles et 18 % des salariés gays. Enfin, 9 % ont été victimes de violences sexuelles, contre 4 % des salariées hétérosexuelles et 7 % des salariés gays.

Ces chiffres montrent une forte surexposition des salariées lesbiennes aux violences, et cette surexposition se retrouve pour les discriminations : 27 % des salariées lesbiennes estiment avoir déjà été discriminées en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle dans leur organisation de travail, contre 11 % des salariées hétérosexuelles.

Lesbophobie d’ambiance

Les récits recueillis donnent à voir différentes formes de micro-agressions et violences, allant de maladresses, à des agressions sexuelles, en passant par de l’homophobie ou de la lesbophobie d’ambiance, c’est-à-dire des propos homophobes ou lesbophobes non dirigés vers la personne qui les entend. Comme le raconte une des salariées lesbiennes interviewées, Sarah, qui travaille dans un collège :

« Ça reste des ados, et on sait comment ça se propage. Il y a des problématiques où effectivement j’ai eu une jeune la semaine dernière qui m’a dit : ‘Je ne l’aime pas parce qu’il est gay’. Enfin, voilà, clairement, je suis confrontée aussi à ça. Du coup, ça me travaille et du coup, je sais aussi comment ça se véhicule et potentiellement l’image négative que certains ont. »

Louie Media 2021.

Le modèle « monsieur gagne-pain »

Les données sur la réussite professionnelle (carrière, salaire) montrent des résultats étonnants. En effet, alors qu’elles sont plus exposées aux violences et aux discriminations que les salariées hétérosexuelles, les salariées lesbiennes semblent moins pénalisées en ce qui concerne le salaire, l’accès à la promotion, ou encore l’accès à des postes managériaux. Par exemple, d’après notre enquête, 43,7 % des salariées lesbiennes ont des responsabilités managériales, contre 38,4 % des salariées hétérosexuelles. Une piste d’explication à cette moindre pénalisation des salariées lesbiennes peut se trouver dans le fait qu’elles sont moins soumises aux normes de genre, et notamment au modèle de « monsieur gagne-pain », qui domine encore largement les couples hétérosexuels, et dans lequel le revenu du foyer est supposé dépendre avant tout du salaire et donc de la réussite professionnelle du mari.

Les couples lesbiens sont par ailleurs beaucoup plus égalitaires en termes de répartition des tâches domestiques, et d’ailleurs les salariées lesbiennes travaillent moins fréquemment à temps partiel que les salariées hétérosexuelles. Tout cela peut les conduire à accorder à la fois plus de temps et plus d’importance à leur travail, à leur rémunération, et à leur carrière. Certaines salariées lesbiennes interrogées témoignent aussi de l’existence de stéréotypes sur les femmes lesbiennes qui peuvent les avantager professionnellement (notamment le fait que les femmes lesbiennes sont perçues comme ayant plus de caractéristiques « masculines ») tout en les enfermant dans des cases.

Finalement, cette enquête suggère des pistes pour les organisations souhaitant s’engager en faveur de l’inclusion des salariées lesbienne :

  • visibiliser leur existence, par exemple en tenant compte des enjeux liés à l’orientation sexuelle dans les politiques d’égalité femmes-hommes et des enjeux liés au genre dans les politiques d’engagement LGBT+, ou encore en mettant en avant des rôles modèles ;

  • sensibiliser sur la persistance de violences, de discriminations et de stéréotypes ;

  • affirmer une politique de tolérance zéro à l’égard des actes et propos sexistes, homophobes et lesbophobes.

Le projet « ODILE ») est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Clotilde Coron a reçu des financements de l’ANR (projet “ODILE”) pour le projet dont l’ouvrage est issu.

ref. Lesbiennes au travail : invisibilité, discriminations et réussite professionnelle – https://theconversation.com/lesbiennes-au-travail-invisibilite-discriminations-et-reussite-professionnelle-280679

Ghana’s fuel payment strategy works for now: how to fix longer term problems

Source: The Conversation – Africa – By Ishmael Tingbani, Associate Professor in Accounting, University of Southampton

Ghana introduced a new payment arrangement for petroleum imports in 2023, using gold instead of scarce US dollars. The policy was designed to ease pressure on the cedi by reducing the need for upfront dollar purchases to settle fuel import bills.

In an import-dependent economy, rising demand for US dollars usually weakens the domestic currency. Importers must exchange local currency for dollars. As the local currency loses value, the local cost of imports rises, driving inflation.

Ghana’s petroleum-for-gold strategy delivered short-term benefits. It reduced immediate demand for foreign exchange, supported relative stability in the cedi and contributed to moderating fuel price pressures and inflation.

The country is still vulnerable to global oil price shocks, however. That has become evident with the latest surge in oil prices triggered by instability in the Middle East. For oil-importing economies such as Ghana, geopolitical risks like this translate directly into higher fuel import costs and greater pressure on foreign-exchange reserves.

I am a scholar who has served as a technical adviser to Ghana’s Ministry of Energy and major oil firms. This article argues that Ghana’s current stabilisation measures are helping to manage short-term pressure, but they have not removed the country’s exposure to oil shocks. That matters because temporary relief should not be mistaken for structural reform.

The structural gaps are limited refining capacity, weak storage infrastructure and an underdeveloped downstream petroleum sector.

As long as these constraints remain, oil shocks will continue to transmit quickly into the exchange rate, inflation and the broader economy.

What’s working

Ghana is one of Africa’s largest gold producers, with output exceeding 120 tonnes annually.

The creation of the Ghana Gold Board, under the Ghana Gold Board Act, 2025 Act 1140, improves the state’s ability to mobilise gold through official channels. This is not a solution to Ghana’s energy problem. But it is a more credible stabilisation strategy than relying on politically driven fuel price interventions and implicit subsidies. Those strategies, seen in earlier periods, contributed to fiscal losses and market distortions.

Inflation has eased significantly over the past year, falling from peak levels in 2023 to around 3%-4% in early 2026. Fuel prices have moderated, with pump prices declining by over 20% year-on-year in Febuary 2026. This indicates that short term pressures are being managed.

But relief is not reform. Policies such as gold-for-oil cannot eliminate Ghana’s dependence on imported refined fuels.

The gaps

Ghana’s vulnerability to global oil shocks stems from the structure of its energy system. Despite producing crude from offshore fields such as Jubilee, TEN and Sankofa-Gye Nyame, the country remains heavily dependent on imported refined fuels priced and settled in US dollars. That mismatch ties the domestic economy directly to global oil markets.

In practice, this dependence is substantial. Domestic refining meets only a small share of demand, with roughly 72% of refined petroleum products supplied through imports in recent years. In other words, most of the fuel actually consumed in the economy is sourced from international markets rather than processed locally, reinforcing the country’s reliance on foreign currency.

These imports are concentrated in a few critical products that underpin everyday economic activity. Diesel accounts for the largest share, used extensively in transport, logistics, construction and backup power generation. Petrol (gasoline) supports road transport, while liquefied petroleum gas (LPG) is widely used for household cooking and some commercial purposes. In effect, Ghana’s import bill is not abstract. It underwrites the economy’s core energy needs, from moving goods and people to powering businesses and households.

This dependency on imports is driven by three factors.

  • Limited refining capacity. Ghana’s ability to process crude oil domestically is constrained by the limited and unreliable operation of its main refining asset, the Tema Oil Refinery. Although installed capacity exists, it has operated intermittently for years due to financial constraints, maintenance challenges and operational inefficiencies.

But expanding domestic refining capacity on its own won’t insulate Ghana from price dynamics. Domestic fuel prices remain linked to international benchmarks, meaning global oil shocks would continue to pass through to inflation.

Where refining could make a difference is on the financing side. It would lower demand for US dollars.

  • Weak storage infrastructure. Ghana has limited strategic storage capacity for petroleum products, reducing its ability to build reserves and manage supply over time. The country must rely on frequent imports to meet demand, increasing exposure to external supply and financing shocks.

  • An underdeveloped downstream petroleum sector. Beyond refining and storage, inefficiencies in the movement and sale of petroleum products constrain how effectively supply is managed within the domestic market. Distribution remains fragmented across importers, bulk distributors and retail outlets, with limited coordination and logistical bottlenecks in transportation and depot infrastructure. Regulatory rigidities in pricing and market participation further reduce flexibility. As a result, even when supply is available, it is not always efficiently allocated, and global price shocks are transmitted quickly and with limited buffering through the domestic economy.

What needs to be done

Four priorities now stand out.

First, recent gains must be consolidated through continued macroeconomic discipline and a firm avoidance of policy reversals.

Second, foreign-exchange buffers should be strengthened to better absorb future oil-price shocks and contain exchange-rate pressures.

Third, gold and foreign exchange strategies need to be integrated so that gold mobilisation directly reinforces external liquidity.

Finally, dependence on downstream imports must be reduced through credible investment in refining, storage and broader energy infrastructure.

The real test of Ghana’s fuel strategy is not whether it can withstand a single episode of oil-market volatility, but whether today’s stabilisation measures can be converted into a more resilient energy system.

The Conversation

Ishmael Tingbani does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ghana’s fuel payment strategy works for now: how to fix longer term problems – https://theconversation.com/ghanas-fuel-payment-strategy-works-for-now-how-to-fix-longer-term-problems-281076

El último atentado contra el presidente Trump evidencia el aumento de la violencia política en Estados Unidos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By James Piazza, Liberal Arts Professor of Political Science, Penn State

President Donald Trump speaks at the White House on April 25, 2026, after the cancellation of the annual White House Correspondents Association Dinner. Andrew Leyden/Getty Images)

Por tercera vez en tres años, Donald Trump ha sido objeto de un intento de atentado. Muchos hechos siguen sin estar claros después de que un hombre armado irrumpiera en el Washington Hilton el 25 de abril de 2026, durante la cena de la Asociación de Corresponsales de la Casa Blanca.

Mientras continúa la investigación sobre el tiroteo, Alfonso Serrano, editor de política y sociedad de The Conversation US, ha hablado con James Piazza, un experto en violencia política de la Universidad Estatal de Pensilvania.

No es la primera vez que Trump se enfrenta a la violencia política. ¿Qué destaca tras el último ataque?

Creo que los acontecimientos del 25 de abril ponen de relieve lo peligroso que es este momento político en Estados Unidos. Investigadores del Laboratorio de Investigación e Innovación sobre Polarización y Extremismo han documentado que la violencia política ha aumentado en Estados Unidos en los últimos años.

Me vienen a la mente varios ejemplos recientes: la insurrección del 6 de enero de 2021 en el Capitolio de los Estados Unidos; múltiples intentos de asesinato del presidente Trump; los ataques mortales contra los legisladores de Minnesota Melissa Hortman y John Hoffman que causaron la muerte de Hortman y su marido; el intento de asesinato de Paul Pelosi;
el asesinato de Charlie Kirk. En mi estado natal, Pensilvania, el gobernador Josh Shapiro fue blanco de un ataque en la mansión del gobernador.

Decenas de coches de policía se alinean en una calle.
Las fuerzas del orden responden a un incidente en el Washington Hilton durante la Cena de Corresponsales de la Casa Blanca el 25 de abril de 2026, en Washington.
AP Photo/Allison Robbert

¿Qué está impulsando esa aparente plaga de violencia política que azota al país?

Hay varios factores importantes que impulsan la violencia política en los Estados Unidos hoy en día, según mi propia investigación y la investigación de otros académicos. Estados Unidos se encuentra actualmente muy polarizado políticamente, lo que significa que los estadounidenses están profundamente divididos por motivos partidistas. Se miran con recelo y hostilidad, lo que genera un ambiente tenso y volátil para la política y la vida pública. Esto ha creado un entorno de “suma cero” en el que cada elección y cada contienda política se vive como un momento de “vida o muerte”.

Lo que más me llama la atención es la dimensión moral de la polarización en EE. UU.. Cada bando considera a los miembros del otro partido no solo como personas con una visión política diferente, sino más bien como malvados o inmorales. El entorno polarizado ha hecho que la violencia política se haya normalizado. También ha atenuado la reacción pública contra la violencia política cuando esta se produce.

La retórica política se ha vuelto mucho más divisiva y violenta por naturaleza, y eso va de la mano de la polarizacióna.

En particular, cuando los políticos utilizan una retórica demonizadora o deshumanizadora para atacar a sus oponentes –por ejemplo, utilizando palabras que describen a sus oponentes como subhumanosse fomenta el extremismo y contribuye a motivar a los extremistas a agredir físicamente a sus oponentes.

La desinformación también es un importante factor impulsor de la violencia política. Varias actos recientes de violencia política parecen motivados por teorías conspirativas y otras formas de desinformación, a menudo difundidas en las redes sociales, donde las personas suelen estar herméticamente aisladas de fuentes que cuestionen su visión del mundo. Esto facilita la radicalización y se ha demostrado que, en algunos casos, alimenta la violencia política.

Por último, creo que otro factor importante es el actual ataque a las normas democráticas y a las instituciones democráticas en Estados Unidos. La democracia estadounidense está sufriendo presiones sin precedentes en la era moderna. Esto ha tenido un efecto muy perjudicial en la confianza de los estadounidenses en el Gobierno, en las instituciones democráticas y en el propio valor del régimen democrático.

Mi trabajo muestra que las personas escépticas con respecto a la democracia son mucho más propensas a expresar apoyo o tolerancia hacia la violencia política.

Un hombre frente a un atril, de pie ante decenas de personas sentadas.
El presidente Donald Trump responde a preguntas en la Casa Blanca el 25 de abril de 2026, tras un tiroteo ocurrido en la Cena de Corresponsales de la Casa Blanca.
Mandel Ngan/AFP vía Getty Images

¿En qué se diferencia este momento de violencia política de otros periodos violentos de la historia de EE. UU.? ¿Nos encontramos en territorio desconocido?

Aunque EE. UU. está experimentando actualmente un repunte de la violencia política, lamentablemente no es algo sin precedentes. Un ejemplo sería el periodo de gran polarización de la década de 1850, en vísperas de la Guerra Civil. En aquella época, existía una marcada división entre los abolicionistas y los defensores de la esclavitud. Y culminó en asesinatos políticos, una agresión a un congresista abolicionista por parte de un congresista proesclavista y un sangriento conflicto civil en Kansas entre grupos armados pro y antiesclavistas.

A principios del siglo XX, justo después de la Primera Guerra Mundial, se produjo otro aumento de la violencia política debido a cuestiones laborales y la violencia por parte de la segunda generación del Ku Klux Klan.

Por último, la década de 1960 también fue testigo de un periodo de intensa violencia política en torno a la oposición a la Guerra de Vietnam y a la reacción contra el Movimiento por los Derechos Civiles.

Aunque la violencia política actual presenta algunas características únicas –concretamente, la influencia de las redes sociales–, creo que podemos encontrar algunos paralelismos con esos primeros periodos de violencia política.

¿Alguna reflexión final?

Creo que es fundamental que tanto los políticos demócratas como los republicanos se unan para condenar este ataque y toda forma de violencia política. Los comentaristas políticos y las personas influyentes también pueden condenar este hecho y todo uso de la violencia política.

Las investigaciones demuestran ampliamente que lo que dicen las élites políticas tras este tipo de sucesos tiene un enorme efecto en las actitudes de los ciudadanos: deberían adoptar una retórica que no normalice este tipo de comportamiento.

Si el mensaje de todo el espectro político es unánime, será mucho más eficaz a la hora de reducir las actitudes que alimentan la violencia política.

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James Piazza no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El último atentado contra el presidente Trump evidencia el aumento de la violencia política en Estados Unidos – https://theconversation.com/el-ultimo-atentado-contra-el-presidente-trump-evidencia-el-aumento-de-la-violencia-politica-en-estados-unidos-281533

¿Es realmente el uso tópico del etanol tan peligroso como para retirarlo del mercado?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dr. Borja Garrido Arias, Profesor Dpto. Ingeniería Mecánica, Escuela ICAI, Universidad Pontificia Comillas

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A principios de año, diversos medios publicaron la noticia de que la Unión Europea estaba planteándose clasificar el etanol –el alcohol etílico de nuestros botiquines y de los geles hidroalcohólicos– como sustancia peligrosa por posible riesgo cancerígeno.

Plantear semejante duda era importante, porque el uso del etanol como biocida tiene grandes implicaciones en el grado de exigencia que se pretender aplicar a sustancias como los biocidas, diseñados para destruir, neutralizar o controlar organismos nocivos (bacterias, virus, hongos, insectos) por medios químicos o biológicos.

¿Y cómo se regulan estos permisos?

La clasificación de los biocidas, productos muy presentes en nuestro día a día, abarca desde desinfectantes para el agua potable hasta productos químicos específicos para la limpieza de superficies que están en contacto con alimentos o incluso con animales en el ámbito veterinario. Y dado que equivocarse tanto en la aplicación como en la dosis puede suponer efectos irreversibles en el medio ambiente y los seres vivos, su papel en salud pública es clave. Eso explica por qué son el Ministerio de Sanidad y las Consejerías de Sanidad las responsables de autorizar y aportar los permisos de uso.

Los biocidas solamente puede estar en el mercado durante diez años. Transcurrido ese tiempo, sus fabricantes deben renovar o actualizar sus permisos cada cinco años.




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Pero, ¿qué hay del etanol?

En el 2025, los permisos de aplicación del etanol entraron en fase de renovación atendiendo a la legislación vigente.

La Agencia Europea de Sustancias y Mezclas Químicas (ECHA) es el organismo europeo encargado de controlar los expedientes científicos de los biocidas, coordinar la evaluación entre Estados miembros, así como de preparar el informe de evaluación se corresponde. Una vez aportado este documento y sus recomendaciones, es la Comisión Europea la encargada de renovar la autorización del biocida para, posteriormente, extrapolar la decisión a los distintos Estados miembros.

Pues bien, en 2025 la ECHA identificó un riesgo de carcinogenicidad del etanol. La información fue malinterpretada por muchos de los medios que difundieron la noticia, ya que su riesgo cancerígeno solo hacía referencia a la exposición digestiva, dentro de bebidas alcohólicas. Pero como desde la pandemia el uso de geles hidroalcohólicos ha estado muy extendido, la posible nueva clasificación del etanol tuvo un gran impacto mediático.




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Diferencia entre riesgo y peligro

Es importante aclarar que el concepto de riesgo está íntimamente relacionado con el peligro y la probabilidad de exposición. En el caso concreto del etanol, su exposición como biocida de uso tópico, ya sea para evitar la infección de heridas o eliminar los microorganismos de la piel, es muy baja.

De hecho, oficialmente, el Comité de Biocidas de la ECHA ha llegado a la conclusión que su uso podrá seguir realizándose a nivel tópico en higiene personal e industrial con seguridad.




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Aunque estamos a la espera de que la ECHA remita el dictamen a la Comisión Europea y de que, seguidamente, ésta decida la aprobación o no aprobación del etanol, lo más propable es que su uso vuelva a ser autorizado. Sobre todo en el caso de geles hidroalcohólicos y otros productos de higiene que tantos beneficios nos aportaron durante la pandemia.

La difusión de aquel informe preliminar con la posible clasificación del etanol como carcinógeno, referido como adelantábamos a su ingesta, ha generado una alarma social innecesaria. Por eso resulta importante estar bien informados y no precipitarse en las conclusiones.

Conocer los flujos de información, competencias y ámbito científico permite una reflexión crítica de los avances en la salud pública y en el avance científico.

The Conversation

Declaro que mi actividad en el ámbito de la Prevención de Riesgos Laborales (PRL) e higiene industrial se realiza de forma indirecta, no existiendo conflicto de intereses. La información presentada en este artículo refleja conocimientos propios adquiridos en el ejercicio de mi actividad profesional en el campo de la ingeniería, así como mediante el estudio y la formación continua a lo largo de mi trayectoria académica y profesional.

ref. ¿Es realmente el uso tópico del etanol tan peligroso como para retirarlo del mercado? – https://theconversation.com/es-realmente-el-uso-topico-del-etanol-tan-peligroso-como-para-retirarlo-del-mercado-277795

¿Debería haber más horas de recreo? Depende de la infancia que queramos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sylvie Pérez Lima, Psicopedagoga. Psicóloga COPC 29739. Profesora tutora de los Estudios de Psicología y Educación, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

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La ampliación del tiempo de patio de 30 a 40 minutos en una escuela de Barcelona ha reabierto un debate recurrente: ¿hace falta más tiempo de juego en la escuela? Algunos maestros y familias lo piden, mientras otros se preguntan si esto perjudicará al aprendizaje.

Pero quizá la pregunta esté mal planteada. En primaria, el recreo no es una pausa fuera del aprendizaje. Por ejemplo, en España es, por normativa y concepción pedagógica, tiempo lectivo en muchas de las comunidades autónomas: Cataluña, Valencia, Castilla-La Mancha, Andalucía o La Rioja. En otras como Madrid, Aragón o Canarias no se considera docencia directa pero los docentes sí tienen la obligación de estar.

Así pues, en la mayoría de regiones españolas y en la etapa de primaria (entre los 6 y los 12 años), el tiempo de patio forma parte de las cinco horas lectivas diarias, porque durante el recreo se desarrolla también la educación con objetivos determinados: socializar, regularse, negociar, imaginar, construir vínculos y aprender a convivir.

Pero es que además, al implicar la presencia directa del adulto, ampliar el recreo no supone reducir el aprendizaje, sino priorizar un tipo determinado de aprendizaje.




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El patio, espacio educativo: más que movimiento

El debate se reduce a menudo a la necesidad de moverse. Sin duda, el movimiento es clave, especialmente en una infancia cada vez más sedentaria. Pero el recreo no puede convertirse sólo en una descarga corporal. Cuando el juego queda limitado al cuerpo y al movimiento, sin objetos, sin materiales y sin mediación, a menudo aparecen más conflictos, especialmente con los alumnos más vulnerables.

El juego libre necesita espacios regulados, no para dirigirlo, sino para hacerlo posible. Un patio educativo debería incluir espacios y momentos que favorezcan el juego simbólico en edades tempranas, pero también el juego con objetos (como pelotas, pequeñas bicicletas, combas, cuerdas de saltar…), espacios tranquilos o zonas de conversación, rincones que permitan la construcción o manipulación de arena, actividades que dejen que los alumnos puedan crear, y también, está claro, movimiento físico.




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Es importante tener presente que cuando hablamos de juego libre y espontáneo no queremos decir que no esté organizado. Es una organización que permite la libertad: zonas donde se permiten determinados tipos de juegos, rotación entre diferentes espacios del patio de la escuela, diferentes elementos para poder escoger para jugar, etc. El niño elige entre alternativas o circula entre diferentes propuestas organizadas según el día de la semana, por ejemplo.

Cuando ofrecemos espacio para correr sin más, el juego se reduce y pueden aparecer los conflictos que nos preocupan de los recreos; pero cuando existen materiales, adultos presentes, relaciones y posibilidades, el juego se expande.




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El déficit actual: juego y cuentos

El patio escolar, y el tiempo dedicado al recreo, nos permite reforzar el desarrollo emocional, social y cognitivo con alternativas válidas a las pantallas, que contribuyan a desarrollar habilidades cognitivas como la concentración y la imaginación.

Así, la cuestión de fondo no es tanto el cuántas horas pasan los niños en el patio cada semana, sino el tipo de actividades que deberían formar parte de la cotidianidad escolar, haya o no ampliación del recreo: el juego, el teatro y la lectura de cuentos.

Estas tres actividades comparten una función fundamental: activar la función simbólica. A través del juego, el niño representa la realidad; a través del teatro, la dramatiza, y a través del cuento, la imagina: las tres actividades potencian el crecimiento, ayudan en la comprensión de las emociones y de la propia imaginación a través de la imitación y de manera implícita.

Libres, pero con adultos

El docente no está aquí solo para controlar que las normas se cumplen o que no hay conductas disruptivas: su papel mediador es el que permite que las experiencias del recreo puedan ser expresadas y compartidas.

Cuando, por ejemplo, surgen conflictos (algo natural en cualquier juego con normas) el adulto no debería limitarse a decidir quién tiene razón o imponer una solución, sino ayudar a su tramitación. En lugar de resolver, puede intervenir poniendo palabras a lo ocurrido: “¿Qué ha pasado aquí?”, “¿Qué querías hacer tú?”, “¿Y tú cómo lo has vivido?”. A partir de ahí, acompaña a los alumnos a escucharse, a entender el punto de vista del otro y a buscar alternativas. No elimina el conflicto, pero lo convierte en una oportunidad de aprendizaje.




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Construyéndose a sí mismos

Al mismo tiempo, el adulto desempeña una función constituyente. Lo que dice (y también lo que no dice) contribuye a la imagen que el niño construye de sí mismo. No es lo mismo decir “siempre estás molestando” que “veo que hoy te está costando encontrar tu sitio en el juego, vamos a pensar cómo hacerlo”. En el primer caso, el niño queda fijado a una etiqueta; en el segundo, se le reconoce como alguien capaz de cambiar y encontrar una posición diferente.

Las palabras adultas, por tanto, no solo regulan la conducta, sino que ayudan a configurar un alumno capaz, reconocido y con lugar dentro del grupo. Este proceso se da en el aula, pero también –y especialmente– en los espacios de juego y tiempo compartido.

Parte del aprendizaje, y del horario

Una vez que entendemos que el juego, tanto libre como estructurado, no es únicamente “entretenimiento”, sino una de las principales bases del aprendizaje en primaria, podemos incorporarlo de forma intencional dentro de las horas lectivas.

Algunos centros ya están introduciendo estructuras de juego de manera cotidiana, en momentos estables de la jornada, ya sea al inicio o al final del día, que permiten a los alumnos entrar en la actividad escolar o cerrarla desde una posición más regulada.

Por ejemplo:

  • Estructuras de juego al inicio de la mañana, con propuestas breves que combinan juego simbólico, construcción o interacción guiada, y que ayudan a activar la atención, favorecer la entrada al aula y anticipar el trabajo posterior.

  • Espacios de juego al final de la jornada, que permiten elaborar lo vivido durante el día, reducir la tensión acumulada y cerrar la experiencia escolar desde el vínculo y la interacción.

  • Rituales de cuentos diarios.

  • Momentos de expresión artística regular.

  • Tiempo de dramatización, expresión corporal y artística, vías fundamentales de desarrollo cognitivo, emocional y social.

Además, a través de estas actividades, los aprendizajes vinculan a los alumnos con la escuela y entre ellos.

El papel de las narraciones

Los cuentos leídos en común y la puesta en escena de obras teatrales entrenan la escucha que se necesita para mejorar en nuestras capacidades básicas de expresión oral y escrita. El niño más pequeño aprende a seguir una historia, anticipar, interpretar y dar significado: bases fundamentales del lenguaje.

Pero su valor no se limita a las primeras edades. En los alumnos más mayores, estas prácticas permiten algo aún más complejo: sostener la atención, comprender puntos de vista diferentes, elaborar conflictos y construir pensamiento propio. A través del relato y la dramatización, los estudiantes no solo entienden historias, sino que aprenden a interpretar la realidad, a posicionarse y a dar sentido a lo que viven.

Escuchar una historia compartida o participar en una representación implica entrar en un tiempo común, aceptar reglas, esperar, imaginar y conectar con los otros. Son, por tanto, experiencias que no solo desarrollan el lenguaje, sino también la capacidad de pensar, convivir y construir una identidad propia en relación con los otros.

¿Ampliar el recreo… o la mirada?

Ampliar el tiempo de ocio puede ser una medida positiva, pero especialmente si va acompañada de una reflexión pedagógica sobre lo que aporta y cómo se puede facilitar y aprovechar.

No se trata sólo de añadir minutos, sino de repensar el papel del juego, del relato y de la expresión en la escuela. El debate, en el fondo, es sobre hasta qué punto dejamos a los niños ser niños a lo largo de su educación formal.

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Sylvie Pérez Lima no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Debería haber más horas de recreo? Depende de la infancia que queramos – https://theconversation.com/deberia-haber-mas-horas-de-recreo-depende-de-la-infancia-que-queramos-280930

La romántica idea de irse a vivir al bosque, pero ¿a qué precio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Medina Morales, Profesor de Geografía, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

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Cada vez más personas buscan vivir cerca de la naturaleza. Casas rodeadas de árboles, urbanizaciones en zonas rurales o viviendas diseminadas en el monte se han convertido en una imagen habitual en muchas regiones. La tranquilidad, el contacto con el entorno natural y la calidad de vida explican, en gran parte, esta tendencia. Sin embargo, esta forma de ocupar el territorio plantea una pregunta incómoda: cuando decidimos vivir junto al bosque, ¿somos realmente conscientes de los riesgos que implica?

Este espacio mixto, donde las edificaciones residenciales y las áreas arboladas entran en contacto directo, se conoce como interfaz urbano-forestal. En estas zonas, los efectos de los incendios aumentan considerablemente, ya que el fuego puede quemar viviendas, infraestructuras y poner en riesgo a las personas.

En los últimos años, este tipo de incendios ha dejado de ser excepcional y se ha convertido en una realidad cada vez más frecuente, especialmente en regiones mediterráneas y territorios insulares como Canarias.Este incremento se explica, en parte, por el aumento de los episodios de calor extremo y también por la forma en que los órganos competentes gestionan la planificación y la ordenación del territorio.

Menos incendios pero más peligrosos

Un estudio reciente realizado en la isla de Gran Canaria muestra que, aunque el número total de incendios forestales ha disminuido los últimos 20 años, los que se producen son cada vez más intensos y tienen un mayor impacto territorial. Además, estos grandes incendios afectan con mayor frecuencia a zonas habitadas situadas en la interfaz urbano-forestal.

Este cambio en la dinámica del fuego responde a varios factores. Por un lado, el abandono de actividades tradicionales como la agricultura y la ganadería favorece la acumulación de la vegetación en áreas abandonadas. Esto implica mayor cantidad de combustible natural y, por tanto, una mayor propagación de incendios de gran magnitud.

Por otro lado, también influye el cambio climático que genera condiciones meteorológicas favorables para la aparición de grandes incendios forestales. El aumento de las temperaturas, la disminución de las precipitaciones y los episodios de viento intenso crean escenarios de mayor peligro y dificultan su extinción. La consecuencia es el aumento del riesgo para las personas y los bienes.
Pero hay, además, un tercer factor clave: la forma en que se ocupa el territorio.




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Vivir en el bosque: una decisión con consecuencias

Construir casas para vivir en áreas rurales próximas al bosque incrementa la probabilidad de que el fuego afecte a las viviendas. Además complica la gestión y de la emergencia.

Ante un incendio en la interfaz urbano-forestal, los servicios de extinción deben actuar sobre varios frentes a la vez. Su objetivo de protección se amplía: ya no solo deben intervenir sobre el entorno natural, sino también sobre las viviendas y la población. Esto obliga a priorizar la seguridad de las personas, lo que puede dificultar o retrasar las tareas de extinción del incendio.

Por otra parte, estas zonas suelen presentar accesos limitados, carreteras estrechas y escasas infraestructuras de autoprotección. Todo ello incrementa la vulnerabilidad de la población.

En este contexto, la percepción del riesgo juega un papel fundamental a la hora de decidir vivir en estas áreas. En muchos casos, la decisión se toma sin ser plenamente conscientes de los peligros asociados. Vivir cerca de espacios naturales se percibe como una mejora de la calidad de vida, mientras que el riesgo de incendio queda en un segundo plano o, directamente, fuera de la toma de decisiones.

Un problema territorial, no solo climático

La ordenación y la planificación del territorio definen cómo se ocupa el espacio. Por ello, deben tener en cuenta la aptitud de cada zona para acoger usos urbanos según sus características.

Los incendios forestales no dependen únicamente de las condiciones meteorológicas de un momento dado. También están relacionados con cómo transformamos el paisaje y organizamos el territorio.

El estudio realizado en Gran Canaria muestra que la expansión de la interfaz urbano-forestal y la acumulación de combustible vegetal están generando escenarios cada vez más complejos. Esta combinación aumenta la probabilidad de grandes incendios y eleva el riesgo para la población. Por ello, abordar este problema requiere una visión territorial. La planificación urbana, la gestión forestal y la cultura de autoprotección deben integrarse en una estrategia común.




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La importancia de la cultura de autoprotección

Vivir cerca del bosque no tiene por qué ser incompatible con la seguridad, siempre y cuando adoptemos medidas de autoprotección. Entre ellas, mantener la vegetación controlada alrededor de nuestras casas, garantizar accesos adecuados para los servicios de emergencia y tener un plan de evacuación. Estas acciones pueden reducir mucho el riesgo y, en caso extremo, salvarnos la vida.

También resulta fundamental mejorar la comunicación, la información para sensibilizar a la población. Comprender los peligros a los que nos exponemos durante un incendio forestal es el primer paso para reducir la vulnerabilidad.

Un reto creciente

La tendencia a vivir cerca de la naturaleza continuará e irá en aumento los próximos años. Al mismo tiempo, el cambio climático seguirá incrementando la intensidad de los incendios forestales. Este escenario plantea un reto importante para la gestión del territorio y la protección civil. La interfaz urbano-forestal se está consolidando como uno de los principales espacios de riesgo en muchas regiones.

Vivir cerca del bosque puede ser una elección atractiva. Pero también implica asumir responsabilidades y comprender que la naturaleza, además de ofrecer tranquilidad, entraña peligros que requieren precaución, protección y prevención. La pregunta, por tanto, sigue abierta: cuando decidimos vivir junto al bosque, ¿sabemos realmente lo que implica?

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La romántica idea de irse a vivir al bosque, pero ¿a qué precio? – https://theconversation.com/la-romantica-idea-de-irse-a-vivir-al-bosque-pero-a-que-precio-279626

¿Qué papel juegan nuestros datos digitales en el escenario geopolítico mundial?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Luis Salmerón Silvera, Catedrático de Inteligencia Artificial, CUNEF Universidad

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La digitalización ha convertido la información en un activo estratégico clave. A medida que los servicios esenciales migran hacia entornos de computación en la nube, se materializa el desafío técnico y legal de la llamada soberanía de los datos.

Tradicionalmente, este concepto presupone que la información digital está sujeta al ordenamiento jurídico del territorio donde se recopila o procesa. No obstante, la realidad operativa implica una convergencia de jurisdicciones concurrentes.

En la práctica cotidiana, entran en conflicto variables como el origen geográfico del dato, la residencia del ciudadano afectado, la ubicación física de la infraestructura de almacenamiento y el país donde la empresa proveedora tiene establecida su sede matriz.

Sin ir más lejos, en 2020, el Tribunal de Justicia de la Unión Europea invalidó el marco regulatorio “Privacy Shield”, que amparaba legalmente la transferencia de datos personales entre Europa y Estados Unidos. Esta resolución judicial, conocida como sentencia Schrems II, visibiliza una fractura estructural en la arquitectura digital contemporánea.

Regulación según intereses geopolíticos

El entramado normativo internacional incrementa la complejidad de esta gestión, evidenciando que los grandes bloques geopolíticos, sobre todo, la Unión Europea, Estados Unidos y China, ejercen diferentes grados y mecanismos de control sobre la esfera digital para proteger sus intereses.

El Reglamento General de Protección de Datos (RGPD) en Europa introdujo un criterio estricto de extraterritorialidad en su artículo 3, que exige el cumplimiento de sus estándares a organizaciones ubicadas fuera de su territorio siempre que traten información de residentes europeos.

Mientras, legislaciones como la Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (CLOUD Act) estadounidense otorgan a las autoridades federales la potestad de requerir el acceso a los registros que administran sus corporaciones tecnológicas, en determinados supuestos y bajo control judicial, con independencia de si los servidores físicos operan en la Unión Europea o en otras jurisdicciones.

La colisión directa entre legislaciones enfocadas en una privacidad fuertemente garantista, como la europea, y otras orientadas a la seguridad nacional y la vigilancia transnacional genera inseguridad jurídica, exponiendo a instituciones y corporaciones a riesgos legales sustanciales.

Juridiscción entre fronteras

La dificultad para mantener el control jurisdiccional sobre los sistemas informáticos compromete la resiliencia de los Estados y afecta de forma directa a la ciudadanía. Esto se traduce en riesgos tangibles para la gestión y confidencialidad del historial médico electrónico, la estabilidad de la banca digital o el funcionamiento ininterrumpido de los servicios públicos de emergencia.

Por otro lado, la externalización de la custodia de esta información a corporaciones sujetas a legislaciones de terceros países introduce vulnerabilidades sistémicas, dado que las variaciones en las políticas comerciales o la imposición de sanciones internacionales pueden provocar la interrupción abrupta de operaciones críticas.

En este escenario, desde la perspectiva macroeconómica, la retención del control de los datos resulta crítica para la autonomía tecnológica. Estos repositorios masivos constituyen el sustrato primario para el entrenamiento de algoritmos de inteligencia artificial y la generación de modelos analíticos avanzados.

Iniciativas como el proyecto GAIA-X ilustran este esfuerzo institucional mediante la creación de infraestructuras de datos abiertas, federadas y seguras. El propósito de este marco europeo consiste en la salvaguarda de la capacidad de innovación tecnológica en el territorio propio y la mitigación la transferencia neta de valor hacia operadores foráneos.

Servidores y operadores locales

Las respuestas regulatorias frente a esta vulnerabilidad frecuentemente exigen la implementación de medidas de residencia de datos, que obligan por ley a que los centros de procesamiento se ubiquen dentro de las fronteras nacionales.

Aunque la localización geográfica del servidor es un requisito necesario para facilitar la auditoría y la supervisión física, resulta insuficiente para garantizar una autonomía tecnológica real. Si la infraestructura física sigue operada por la filial de una corporación extranjera, los datos continúan bajo el riesgo de aplicación de legislaciones extraterritoriales.

Así, las aproximaciones más rigurosas exigen la adopción de arquitecturas de nube operadas por entidades locales, con el objetivo de reducir de forma drástica el riesgo de sometimiento a requerimientos de tribunales o agencias de inteligencia de terceros países.

Tecnología de cifrado

En el nivel de la seguridad técnica, la mitigación de estos riesgos requiere que los controles criptográficos se encuentren bajo el dominio exclusivo del propietario de la información. Esto significa que las claves de cifrado deben ser generadas, custodiadas y gestionadas en la jurisdicción de origen.

Tecnologías de frontera como la computación confidencial –enfocada en proteger los datos en uso– añaden una capa de protección en el procesador: aíslan los datos en entornos de ejecución seguros mientras se realizan los cálculos en la memoria del servidor.

Por su parte, disciplinas como el cifrado homomórfico permiten la ejecución de operaciones analíticas sobre datos encriptados sin requerir su descifrado en ningún punto del proceso. Aunque esta tecnología aún presenta severas limitaciones de rendimiento computacional y está restringida a operaciones matemáticas muy concretas, los avances continuos en su desarrollo reducen la superficie de exposición.

El empleo de estas técnicas proporciona una protección robusta frente a la interceptación ilícita o el cumplimiento de órdenes extranjeras.

Pilares de los Estados digitales

La gestión jurisdiccional de la información ha trascendido el debate estrictamente regulatorio para consolidarse como un elemento central del funcionamiento del entorno digital actual.

Las decisiones sobre la topología de la red –disposición física en la que los dispositivos (nodos) de una red, como computadoras, routers y switches, están interconectados para intercambiar datos– determinan cómo se distribuyen, aíslan y conectan físicamente los nodos del sistema.

Estas variables, junto con la selección de proveedores de infraestructura y el despliegue de protocolos de cifrado, impactan directamente en el tejido social y económico. Además, determinan el grado efectivo de privacidad individual, la disponibilidad de los servicios esenciales ante escenarios de inestabilidad internacional y la viabilidad competitiva del tejido industrial.

Por eso, la preservación de la autoridad sobre las condiciones bajo las cuales se procesa y almacenan los datos constituye, en el contexto actual, un requisito fundamental para salvaguardar la autonomía política y económica en la era digital.

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José Luis Salmerón Silvera no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué papel juegan nuestros datos digitales en el escenario geopolítico mundial? – https://theconversation.com/que-papel-juegan-nuestros-datos-digitales-en-el-escenario-geopolitico-mundial-280874

Afrodita, ‘Euphoria’ y la mirada masculina: ¿quién decide qué mujer es bella?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Martínez Rodríguez, Profesora de Historia del Arte, Universidad de La Rioja

La actriz Sidney Sweeney en una imagen de la tercera temporada de _Euphoria_. HBO

Para los antiguos griegos, Afrodita era la diosa del amor y la belleza, y fue proclamada como la más bella del Olimpo por el mortal Paris en el juicio de la manzana.

El origen de este pasaje mitológico, tal y como lo relata el poeta romano Ovidio en las Heroidas (XVI, 65-68), se sitúa en las bodas de Tetis y Peleo, cuando la diosa de la Discordia lanzó una manzana dorada y retó a la diosa más bella a recogerla. Hera, Atenea y Afrodita se sintieron con derecho a este reconocimiento, y la responsabilidad de la decisión final recayó en Paris. Cada diosa ofreció al mortal una jugosa recompensa, y este eligió a esa última –que le prometió el amor de Helena, en lo que sería el desencadenante de la Guerra de Troya–.

La diosa griega Afrodita está representada semidesnuda de pie sobre su pierna derecha, con el pie izquierdo apoyado en un casco.
Venus de Capua, copia romana basada en un original de principios de la época helenística de Afrodita.
Marie-Lan Nguyen /Museo Arqueológico Nacional de Nápoles, CC BY

Si algo ha traslucido de este concurso de belleza fundacional es que las representaciones artísticas de la diosa Afrodita que han llegado hasta nuestros días pueden considerarse como el ideal estético del clasicismo. Una belleza idealizada, sublimada, depurada de cualquier imperfección –como corresponde, por otro lado, a la divinidad–, es la que encontramos en las esculturas helénicas que, copiadas después por los romanos, sirvieron siglos más tarde para marcar el canon estético del Renacimiento y, posteriormente, del Neoclasicismo.

Porque aunque se dice que sobre gustos no hay nada escrito, lo cierto es que el gusto ha sido un tema ampliamente trabajado por la filosofía y la estética.

Quién dice qué es bello

Aunque la reflexión sobre la belleza está presente –y de manera destacada– desde la Antigüedad, la estética como disciplina filosófica surge en la modernidad; concretamente en el siglo XVIII, de la mano de A. G. Baumgarten. Este autor ofrece su primera definición como la ciencia que se ocupa de los objetos sensibles, es decir, de las “cosas percibidas”. A diferencia de las cosas conocidas (noetá), propias de la lógica, las cosas percibidas (aisthetá) proceden de los sentidos.

El filósofo alemán Immanuel Kant, siguiendo, entre otros, los planteamientos de Baumgarten, sostiene que lo bello –categoría fundamental de la estética– es aquello que da lugar a un juicio desinteresado y con pretensión de universalidad, sin que en su contemplación intervenga un fin práctico. El sentimiento de lo bello agrada porque no está vinculado al deseo ni a la utilidad para el sujeto, sino que se presenta como una finalidad en sí misma.

Para el empirista inglés David Hume, en cambio, “la belleza no es una cualidad de las cosas mismas; existe solo en la mente que las contempla, y cada mente percibe una belleza diferente”. Por ello, la belleza depende de la sensibilidad y de la experiencia.

Pero algo en común comparten estas valoraciones: a pesar de sus diferencias –y de las muchas otras definiciones que podrían recogerse a lo largo de la historia de la filosofía–, la mayor parte de ellas son formuladas por hombres, a cuya mirada se le atribuye una pretensión de universalidad.

Igualmente, la belleza de la diosa Afrodita es innegable, irrefutable, repetida a lo largo de la historia del arte y premiada con la manzana dorada y con ella certificada. Pero, según el mito, ¿quién fue juez y jurado de este primitivo juicio estético? Paris, un hombre, un mortal.

La mirada de un hombre

El término male gaze (traducido habitualmente al castellano como “mirada masculina”) ha ido ganando presencia en los últimos años, especialmente a través de las redes sociales, muy vinculado al mundo del audiovisual. En este contexto, alude a la construcción de personajes de ficción desde el punto de vista de los hombres –implícitamente heterosexuales– a fin de satisfacer a sus homólogos espectadores. Los personajes femeninos así creados aparecen con frecuencia hipersexualizados y reducidos a objetos de contemplación, un proceso que autoras como Martha Nussbaum y Sandra Bartky han denominado cosificación.

El término male gaze fue acuñado originalmente por la feminista Laura Mulvey en su ensayo Visual Pleasure and Narrative Cinema. Allí analiza cómo el lenguaje cinematográfico clásico reproduce relaciones de poder desiguales entre hombres y mujeres. Aunque ese texto es de 1975, lo que plantea es de gran actualidad.

Esta mirada masculina parece estar más presente que nunca en la nueva temporada de la serie de televisión Euphoria. En ella, el personaje de Cassie (interpretado por Sydney Sweeney) comienza a crear contenido erótico para las redes sociales, introduciendo la “monetización” de la mirada masculina en el argumento. Al ver un anticipo de esta trama en el tráiler, las redes sociales se llenaron de comentarios criticando la exagerada sexualización de su personaje a lo largo de las temporadas y combinando las críticas hacia el personaje y hacia la propia actriz.

Segundo tráiler de la tercera temporada de Euphoria.

Persona y personaje

En los nuevos capítulos, Cassie vive en su “burbuja residencial republicana”. Solo la primera imagen –en la que se la ve vestida de perrito con el culo en pompa sobre una caseta de mascotas– sería suficiente para que las autoras mencionadas corroborasen todas sus teorías sobre cosificación y mirada masculina. Cuando su prometido le recrimina que se venda por dinero, como una prostituta, ella se defiende diciendo que solo quiere contribuir a la economía familiar.

El atractivo erótico de la joven es innegable. Sweeney es la encarnación de la mujer despampanante, siguiendo la estela de Marilyn Monroe o Dolly Parton. Entonces… ¿qué pasa con la persona real? ¿Es ella la nueva Afrodita? ¿Y quién lo ha decidido?

Euphoria es una serie creada, escrita y dirigida casi exclusivamente por un hombre: Sam Levinson. La mirada inicial que se ha presentado sobre la actriz –que alcanzó la fama con esta serie– ha sido, por tanto, moldeada por el ojo de un creador masculino, que entrelaza el valor que el personaje –Cassie– y su entorno le dan a su físico con la forma en la que la serie la observa. ¿Ha sido esa mirada consciente –luego crítica– o inconsciente? Independientemente de la intención, ha llegado a un público concreto.

Tras despuntar en Euphoria, Sydney Sweeney ha protagonizado numerosas películas y ha sido imagen de varias marcas de moda. Quizá la más sonada sea su colaboración con American Eagle, que la erigió como icono femenino del estadounidense medio, como si de una divinidad griega se tratara.

Esto enlaza con la aprobación que el público masculino realiza –de forma vocal– del cuerpo de la actriz. Bajo su mirada, Sweeney representa esa voluptuosidad afrodisiaca que lleva siglos siendo objeto de deseo e inspiración. Como dijo un usuario en la plataforma X: “Sydney Sweeney puede quedarse quieta como una estatua, y aun así los hombres pagarían por verla”. Esto sucede, por supuesto, independientemente de que ella lo apruebe, lo busque o lo quiera. Es la mirada externa –considerada mayoritaria– la que la ha erigido en un icono sexual, sin que le hayan preguntado.

La belleza de Afrodita

Los estándares de belleza han ido cambiando a lo largo de la historia, desde Las tres Gracias de Rubens, hasta las Kardashian. Pero en cada década podemos establecer con cierta uniformidad un ideal estético que determina la belleza femenina, sin tener en cuenta gustos personales. En lo que respecta al cuerpo de las mujeres, lo bello adquiere esa categoría bajo la mirada masculina, que se arroga la pretensión de la universalidad. Y es que, como apuntaba el novelista y teórico del arte francés André Malraux:

“Hay gustos así como hay colores; pero los hombres se ponen de acuerdo más fácilmente sobre la belleza de las mujeres que sobre la de los cuadros, porque casi todos han estado enamorados y no todos han sido ‘amateurs’ de la pintura”.

The Conversation

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ref. Afrodita, ‘Euphoria’ y la mirada masculina: ¿quién decide qué mujer es bella? – https://theconversation.com/afrodita-euphoria-y-la-mirada-masculina-quien-decide-que-mujer-es-bella-278859