Quand l’IA trahit les identités professionnelles

Source: The Conversation – France (in French) – By Youssef Souak, PhD – Assistant Professeur- INSEEC Business School, INSEEC Grande École

Le recours à l’IA n’est pas neutre quant à la définition de l’identité professionnelle des individus (visuel créé par IA).

Utilisée dans un cadre professionnel, l’IA est souvent perçue comme un simple outil. Son usage peut pourtant avoir un impact sur la façon dont les individus construisent leur identité au travail. Les jeunes professionnels sont particulièrement exposés et pourraient rencontrer à terme des difficultés à reconnaître qui ils sont vraiment.


Votre CV est rédigé par ChatGPT. Votre profil LinkedIn, peaufiné par un algorithme. Vos mails professionnels sont corrigés en temps réel. Les conséquences de l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans un cadre professionnel ne se limitent pas à un gain de temps et d’efficacité. C’est votre identité professionnelle qui est en train de se redéfinir. Silencieusement. Profondément.

Il vaudrait mieux que ce ne soit pas à votre insu.

Être ou ne pas être authentique

Imaginez deux candidats à un même poste. L’un a rédigé sa lettre de motivation à la main, laborieusement, avec ses propres mots. L’autre a utilisé un assistant d’IA générative pour structurer, affiner et polir son discours en quelques minutes. Lequel est le plus compétent ? Lequel est le plus authentique ? Et surtout, lequel est le plus vraiment lui-même ?

Ces questions émergent aujourd’hui au cœur du marché du travail. De plus en plus, elles seront au centre du monde professionnel.




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« L’intelligence artificielle générative (IA générative) est une catégorie d’IA qui se concentre sur la création de données, de contenus ou de choses artistiques, de façon indépendante. Elle diffère de l’IA classique, qui se concentre, quant à elle, sur des tâches spécifiques telles que la classification, la prédiction ou la résolution de problèmes. L’IA générative vise à produire de nouvelles données qui ressemblent à celles créées par des êtres humains, que ce soit sous forme de textes, d’images ou encore de musique, par exemple»,

indique un article publié par Big média.

L’essor fulgurant des outils d’IA générative (Lechat, ChatGPT, Copilot, Claude…) transforme non seulement la manière dont nous travaillons, mais aussi la manière dont nous nous présentons, dont nous évaluons nos compétences, et dont nous construisons notre identité professionnelle.

C’est ce que révèle une étude qualitative menée auprès d’étudiants en alternance et de professionnels en activité dans des secteurs variés. À travers vingt-cinq entretiens approfondis, une double tension est apparue avec une fréquence remarquable : l’IA comme levier de professionnalisation… et l’IA comme source d’interrogation sur soi.

Qui parle ?

L’identité professionnelle n’est pas un fait donné. Elle se construit dans les interactions, les reconnaissances, les réussites accumulées. Depuis les travaux fondateurs du sociologue Claude Dubar, on sait que l’identité au travail résulte d’une transaction permanente entre ce que l’on pense être et ce que les autres reconnaissent en vous.

Or, l’IA vient perturber cette transaction. Quand une machine formule à votre place un argument que vous n’auriez pas trouvé seul, que reste-t-il de votre contribution réelle ? Que dit de vous le fait que vous ayez su bien poser la question ?

Quand un algorithme optimise votre profil LinkedIn de façon à en maximiser la visibilité, est-ce encore vous qui parlez ?

Plusieurs professionnels interrogés dans le cadre de notre étude expriment ce malaise avec une acuité saisissante. La frontière entre assistance et substitution devient floue, et avec elle, la frontière entre compétence réelle et compétence simulée.

« Quand j’utilise l’IA, j’ai l’impression que mon travail n’est pas honnête, que c’est pas vraiment moi qui l’ai fait. Le fait de tout donner à un outil remet en question mes propres capacités et la valeur que j’attribue à mon investissement. »
Étudiant en alternance dans le secteur financier.

Une forte tension identitaire

Ce témoignage n’est pas isolé. Il révèle une tension identitaire profonde entre l’identité « pour soi » – fondée sur l’effort, l’expertise, l’investissement personnel – et l’identité « pour autrui », c’est-à-dire l’image projetée vers les recruteurs, les collègues, les clients. L’IA peut soigner la seconde tout en fragilisant la première.

Cette fragilisation est d’autant plus insidieuse qu’elle opère à bas bruit. Ce n’est pas une perte de compétence objectivable, mais un ébranlement de la confiance en sa propre valeur. Ce que les psychologues nomment le « sentiment d’efficacité personnelle », théorisé par Albert Bandura, est mis à rude épreuve.

Ce phénomène a désormais un nom dans la littérature en sciences de gestion : la « menace de l’identité professionnelle » (Professional Identity Threat)

Une étude internationale publiée en 2025 dans la revue AI & Society confirme que plus un professionnel perçoit l’IA comme une menace pour son identité, moins il est enclin à l’adopter. Or, l’article montre également que les professionnels qui ont le plus besoin de maîtriser l’IA pour protéger leur position sont précisément ceux qui résistent le plus à l’adopter. Ceci crée un paradoxe productif et identitaire à la fois.

L’efficacité personnelle, une croyance ancrée dans l’expérience

Le sentiment d’efficacité personnelle désigne la conviction qu’a un individu de sa capacité à accomplir des tâches données. Ce n’est pas l’estime de soi en général mais une croyance spécifique, ancrée dans l’expérience : « Je suis capable de faire ce travail, même lorsque c’est difficile. »

Or, l’usage répété de l’IA peut progressivement éroder cette conviction. Plusieurs participants à notre étude décrivent un phénomène de dépendance progressive, presque invisible. On commence par vérifier un mail avec l’IA. Puis on ne sait plus envoyer un mail sans elle.

« Même si je suis sûre de moi, j’ai quand même ce réflexe automatique d’aller vérifier. Et ça crée une perte de confiance. Je me demande comment est-ce qu’avant je faisais sans l’IA ? »
Étudiante en alternance dans un cabinet de recrutement spécialisé dans la santé.

Plus ou moins de compétences

Ce témoignage illustre un paradoxe majeur. Conçue pour augmenter les capacités humaines, l’IA peut in fine les fragiliser psychologiquement. Non parce que l’individu perd réellement ses compétences, mais parce qu’il cesse de croire en elles indépendamment de l’outil.

Ce glissement est particulièrement préoccupant pour les jeunes professionnels en phase de construction identitaire. Ils n’ont pas encore accumulé suffisamment d’expériences fondatrices pour asseoir leur confiance sur un socle solide. L’IA risque alors de court-circuiter ce processus d’apprentissage par l’erreur et le dépassement de soi, pourtant essentiel au développement de l’identité professionnelle.

L’article de Nir Eisikovits et de Jacob Burley publié dans The Conversation, évoquait déjà les questions éthiques soulevées par l’utilisation de l’IA en contexte d’apprentissage d’étudiants du supérieur. Leur réflexion met en évidence le phénomène de « décharge cognitive » au cœur de la déstructuration du processus d’acquisition des connaissances.

En revanche, chez les professionnels expérimentés, l’équation semble différente. Forts d’un sentiment d’efficacité consolidé par des années de pratique, ils utilisent l’IA comme un amplificateur, non comme une béquille. Elle « professionnalise », « structure », « met des mots plus justes » – sans remettre en cause leur conviction d’être l’auteur véritable du travail produit.

Se vendre ou se trahir ?

Le personal branding ou marque personnelle, désigne la stratégie par laquelle un individu construit et diffuse une image professionnelle cohérente pour se différencier sur le marché du travail. LinkedIn en est l’arène principale, mais il s’étend à tout ce qui construit la réputation du salarié, aussi bien ses publications que ses interventions et autres recommandations.

L’IA transforme profondément les règles de ce jeu. Elle permet de produire des contenus « polishés », des profils optimisés, des CV sans fautes, quel que soit le niveau réel de l’individu. Elle démocratise la qualité de surface tout en risquant de niveler par le haut une concurrence déjà féroce.

Fnege Médias, 2025.

Un révélateur de fragilité

L’un des enseignements les plus marquants de cette recherche est peut-être le suivant : loin d’inventer les fragilités identitaires, l’IA agit comme un révélateur. Quand un étudiant ressent que son travail « n’est pas vraiment lui » lorsqu’il utilise l’IA, c’est souvent le signe que son identité professionnelle n’est pas encore suffisamment ancrée pour résister à l’intermédiation technologique.

En revanche, ceux qui disposent d’une identité professionnelle solide, construite sur des expériences vécues, des réussites reconnues, une trajectoire cohérente, intègrent l’IA sans s’y perdre. Ils la décrivent comme « une version améliorée d’eux-mêmes », non comme un substitut.

Ce constat a des implications importantes pour les établissements d’enseignement supérieur. Former des étudiants à l’IA ne peut pas se réduire à leur apprendre des outils. Il faut les aider à construire, avant tout, une identité professionnelle assez robuste pour que l’IA reste un levier et ne devienne pas une prothèse.

Apprendre à construire une identité

Développer cette identité suppose de travailler la réflexivité : la capacité à observer ses propres actions, à reconnaître ce qui vient réellement de soi et ce que l’on projette sur une machine. Cela implique aussi de mettre en valeur les expériences fondatrices : les échecs, les négociations compliquées, les projets menés jusqu’au bout sans soutien extérieur.

Aux amateurs de science-fiction et aux autres, la question n’est pas tant de savoir si l’IA va « prendre » les emplois. Elle est autrement plus subtile et plus urgente : l’IA va-t-elle vampiriser les identités professionnelles des individus ?


Cet article est fondé sur une étude qualitative, menée entre décembre 2025 et janvier 2026, s’appuyant sur 25 entretiens semi-directifs approfondis auprès d’étudiants en alternance et de professionnels en activité (assurance, finance, commerce, droit, management, technologie). Les auteurs remercient Yaël Salomon, étudiante de l’Inseec Grande École, pour sa contribution à la collecte et à la retranscription des données empiriques qui fondent cette étude.

The Conversation

Claudia-Roxana RUSU est membre de laboratoire de recherche IRGO de l’Université de Bordeaux.

Demba Ousmane DIOUF et Youssef Souak ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Quand l’IA trahit les identités professionnelles – https://theconversation.com/quand-lia-trahit-les-identites-professionnelles-277639

Robots, IA, numérique : et si les syndicats accéléraient la transformation technologique ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Patrice Laroche, Professeur des Universités en sciences de gestion, Université de Lorraine

Robots, intelligence artificielle, numérique : à mesure que les technologies transforment le travail, les syndicats sont souvent présentés comme un obstacle à l’innovation. Sur quelles preuves repose cette opinion ? Et si, loin de freiner la transformation technologique, le dialogue social pouvait aussi l’accélérer… Au-delà des discours à l’emporte-pièce, les syndicats de salariés constituent-ils vraiment un frein à l’innovation technologique ? Ou sont-ils, dans certains contextes, un atout ?


Profondément ancrée, la représentation des syndicats comme étant par nature hostiles aux innovations et au changement technologique repose davantage sur des idées reçues que sur des résultats empiriques robustes. Les statistiques internationales disponibles ne suggèrent pas de relation mécanique négative entre syndicalisation et adoption de nouvelles technologies (Figure 1).

En effet, les pays nordiques, caractérisés par une forte syndicalisation, figurent parmi ceux où l’usage de l’IA est le plus répandu, tandis que plusieurs pays faiblement syndiqués affichent de façon égale des niveaux d’adoption modestes. Cette dispersion suggère que la présence syndicale, en elle-même, n’explique pas les écarts d’adoption technologique. Ces écarts invitent plutôt à s’intéresser aux cadres institutionnels et aux modalités du dialogue social.

Figure 1 – Syndicalisation et adoption de l’IA dans les entreprises européennes en 2024

Un débat ancien et loin d’être tranché

En fait, la relation entre syndicats et investissement productif est l’un des grands classiques de l’économie du travail.

Avec mon collègue Chris Doucouliagos, nous avions d’ailleurs proposé, il y a quelques années, une méta-analyse de la littérature sur cette question. Cette étude montrait que les effets des syndicats sur l’investissement et l’innovation étaient loin d’être univoques et dépendaient fortement des contextes institutionnels.

Elle mettait en évidence une opposition récurrente entre deux visions théoriques :

  • d’un côté, les syndicats comme freins à l’investissement ;
  • de l’autre, les syndicats comme acteurs du dialogue social susceptibles de favoriser des stratégies de long terme.

C’est précisément dans le prolongement de ce débat que s’inscrit, aujourd’hui, la question de l’adoption des technologies numériques avancées.




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Débats théoriques

La théorie économique n’offre pas une prédiction unique quant au rôle des syndicats. Dans une représentation néoclassique standard, la présence syndicale est associée à la hausse du coût du travail. À technologie donnée, cette augmentation du salaire relatif incite les entreprises à substituer du capital au travail, ce qui peut se traduire par davantage d’investissement productif ou technologique.

À l’inverse, la théorie dite du hold-up, proposée initialement par les économistes américains Benjamin Klein, Robert Crawford et Armen Alchian, souligne un mécanisme de désincitation à investir. En anticipant qu’une partie des gains liés à l’investissement pourra être captée plus tard par les salariés (à travers la négociation salariale, par exemple), l’entreprise peut renoncer à certaines technologies pourtant techniquement accessibles, conduisant à un sous-investissement.

Enfin, une troisième approche met l’accent sur le rôle des syndicats comme mécanismes de voix collective. En facilitant la coordination, la formation et l’acceptation du changement, le dialogue social peut rendre l’investissement plus efficace et plus durable.

L’influence du cadre institutionnel de négociation

L’importance relative de ces mécanismes dépend étroitement du cadre institutionnel dans lequel s’exerce la représentation syndicale, comme l’ont souligné les économistes Justus Haucap et Christian Wey. En particulier, l’effet des syndicats sur l’adoption des technologies numériques dépend étroitement du niveau auquel s’organise la négociation collective et du rôle concret que jouent les représentants du personnel dans l’entreprise.

Avec sa négociation salariale largement centralisée et son dialogue social de proximité, l’Italie est un terrain d’observation particulièrement éclairant. En Italie, la négociation salariale est largement centralisée au niveau des branches tandis que la représentation syndicale en entreprise porte davantage sur l’organisation du travail, la formation et les conditions d’emploi. Cette configuration limite les comportements de captation de rente au niveau de l’entreprise et renforce le rôle des syndicats comme acteurs du dialogue social local.

C’est dans ce contexte qu’une étude récente des économistes Fabio Berton, Stefano Dughera et Andrea Ricci, menée sur plusieurs milliers d’entreprises italiennes, analyse l’adoption des technologies numériques avancées, en mobilisant une méthodologie rigoureuse visant à corriger les biais de causalité.

Des résultats clairs… et contre-intuitifs

Pour dépasser ce problème classique de causalité, les auteurs ont eu recours à une méthode dite des variables instrumentales. Ils exploitent notamment un indicateur original : le niveau de dons de sang par habitant observé au niveau provincial dans les années 1990. Le don du sang reflète des dispositions altruistes et un sens du collectif, qui favorisent la présence syndicale, sans lien direct avec les choix technologiques des entreprises plusieurs décennies plus tard. Combiné à des informations sur la diffusion passée des syndicats par secteur et par région, cet outil permet d’isoler un effet propre de la représentation du personnel sur la transformation numérique des entreprises.

Le constat est sans ambiguïté : les entreprises dotées d’une représentation syndicale ont une probabilité significativement plus élevée d’adopter des technologies numériques avancées. En moyenne, cette probabilité est supérieure d’environ 15 points de pourcentage par an par rapport aux entreprises non syndiquées. Ces entreprises n’adoptent pas seulement plus souvent une technologie, mais en adoptent également un plus grand nombre, signe d’une transformation numérique plus profonde.

Des syndicats pour mieux identifier les résistances internes

Plusieurs mécanismes permettent de comprendre ce résultat. D’abord, la présence syndicale peut réduire les résistances internes face au changement. En donnant aux salariés une possibilité de s’exprimer, elle permet d’anticiper les conflits et de négocier les modalités de la transition technologique.

Ensuite, les entreprises « syndiquées » investissent davantage dans la formation et connaissent une plus grande stabilité de l’emploi. Or, les technologies numériques avancées nécessitent souvent des compétences spécifiques et une accumulation de savoirs internes, qui s’accommodent mal d’un fort turnover.

CFDT Cadres, 2019.

Enfin, le dialogue social contribue à instaurer un climat de confiance propice à l’investissement de long terme. La transformation numérique n’est pas seulement une affaire de machines, mais aussi d’organisation et de coopération.

Les élus du personnel, des agents favorables à la transformation ?

Ces résultats ne signifient pas que la présence syndicale favorise partout et toujours l’innovation. Ils soulignent surtout l’importance du cadre institutionnel. Dans des systèmes où la négociation est très décentralisée et où les syndicats disposent d’un fort pouvoir de fixation des salaires au niveau de l’entreprise, les effets peuvent être différents. Ils mettent également en lumière une limite importante de l’étude italienne : les auteurs ne distinguent pas la nature des organisations syndicales présentes dans l’entreprise.

Or, cette dimension est loin d’être anodine. Dans des contextes marqués par un fort pluralisme syndical, comme l’Italie – ou la France –, les syndicats peuvent poursuivre des stratégies différenciées et entretenir des relations variées avec les employeurs, susceptibles d’influencer les dynamiques d’innovation. Au fond, ce n’est donc pas tant la présence de syndicats qui importe que leurs modes d’action : selon les configurations, ils peuvent tout autant freiner l’innovation que la rendre possible.

À l’heure où l’intelligence artificielle et l’automatisation suscitent de fortes inquiétudes sociales, ces résultats invitent à dépasser une opposition simpliste entre innovation et protection des salariés. La transformation technologique est aussi un processus social, qui gagne à être négocié plutôt qu’imposé. Dès lors, plutôt que d’affaiblir le dialogue social au nom de la compétitivité, il pourrait être plus efficace de le renforcer pour accompagner la transition numérique des entreprises.

The Conversation

Patrice Laroche dirige le programme WAVE (Workplace Arrangements and Voice Effects) financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) au sein du CEREFIGE (Université de Lorraine)

ref. Robots, IA, numérique : et si les syndicats accéléraient la transformation technologique ? – https://theconversation.com/robots-ia-numerique-et-si-les-syndicats-acceleraient-la-transformation-technologique-278803

La selección: vecinos, algoritmos y felicidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lola Delgado, Editora de Política y Sociedad, The Conversation

Imagen del barrio madrileño de Lavapiés. JJFarq/Shutterstock

¿Alguna vez se ha preguntado si podría confiar plenamente en las personas de su vecindario? ¿Y si su situación familiar es satisfactoria? Seguro que la respuesta a cualquiera de esas dos preguntas le daría para una hora larga de charla con un amigo, café por medio: que si el vecino del 2ºA le recoge siempre los paquetes cuando usted no está en casa, que si la del 1ºE tiende la ropa chorreando agua sobre su tendedero o que si la relación con su hermano es buena solo mientras no compartan una comida juntos.

Resulta difícil, sin duda, dar respuesta a esas preguntas en una escala del 1 al 10, pero lo cierto es que su felicidad y calidad de vida social se pueden cuantificar y comparar y esas dos cuestiones forman parte de un test que lo hace posible y que ha sido creado por la Universidad de Castilla La Mancha. Los resultados obtenidos hasta la fecha indican que la familia y la satisfacción laboral influyen más que el dinero y que la confianza en el vecindario y la integración social hacen que nos sintamos muy bien.

El termómetro que mide su nivel de satisfacción vital se presentó con motivo de la celebración del Día Internacional de la Felicidad, el pasado 20 de marzo. ¿Que lo había pasado por alto? Es perfectamente comprensible. Muchos humanos somos así y le damos más importancia a las malas noticias que a las buenas. Porque ¿quién puede acordarse de la felicidad con lo que está ocurriendo en Oriente Medio, por ejemplo? ¿Con el odio que se respira en el mundo? ¿Con las imágenes amenazantes que nos llegan a través de medios de comunicación y redes sociales de los actores del conflicto?

La indiferencia afectiva y la intensidad de las emociones

Esa dificultad para ponerle un número a algo tan complejo como la satisfacción vital no solo tiene que ver con lo que nos ocurre, sino también con cómo lo sentimos. No todas las personas viven la realidad emocional de la misma manera: mientras unos reaccionan con intensidad ante los pequeños gestos cotidianos o las malas noticias, otros parecen mantenerse al margen, como si nada lograra alterar su equilibrio interno.

Esa aparente desconexión no siempre es indiferencia en el sentido común del término, sino que puede responder a mecanismos psicológicos más profundos. Es lo que se llama indiferencia afectiva y que la profesora Monserrat López, de la Universidad Europea Miguel de Cervantes, diseccionó con toda claridad en este artículo.

Esa forma desigual de sentir y reaccionar no solo afecta a la vida personal, sino también a la manera en que participamos en el espacio digital. Cuando la emoción se vuelve selectiva, dejamos de reaccionar ante ciertos contenidos mientras otros –más intensos, más provocadores– captan toda nuestra atención.

En ese contexto, el odio encuentra un terreno fértil: no porque todos lo compartan, sino porque destaca, circula mejor y apenas encuentra resistencia. Así, la aparente desconexión emocional de unos y la sobreexposición emocional de otros acaban convergiendo en un mismo resultado: la amplificación del conflicto en redes sociales. Un estudio sobre 2,1 millones de mensajes en X revela que el 88 % del odio permanece visible años después, favorecido por algoritmos que premian la viralidad y la emoción. Así nos lo contaba en The Conversation un equipo de tres profesores de UNIR.

Primavera, hormonas y ritmos circadianos

Y con estos altibajos emocionales, nos enfrentamos a la primavera, que justo coincidió con el Día Internacional de la Felicidad y que, no nos olvidemos, la sangre altera.

Pero ¿la altera de verdad o es solo una frase hecha? La evidencia científica indica que la primavera sí influye en las personas, pero no de forma uniforme ni “mágica”. El aumento de luz altera los ritmos circadianos, el sueño y los sistemas neuroquímicos como la serotonina, generando mayor activación.

Esto puede traducirse en más energía o en irritabilidad e impulsividad. Las hormonas, cómo no, también influyen, especialmente si está pasando por la menopausia –por cierto, haga caso a expertos como la profesora Clara Selva Olid, de UOC, y no se deje llevar por el menowashing–.

En fin, que le invitamos a que haga usted el test de la felicidad porque en estos momentos en los que todo parece empujarnos hacia el ruido y el conflicto, entender cómo sentimos –y por qué– puede ser el primer paso para proteger nuestra felicidad en medio del caos.

The Conversation

ref. La selección: vecinos, algoritmos y felicidad – https://theconversation.com/la-seleccion-vecinos-algoritmos-y-felicidad-279301

Cómo la saturación informativa nos ha hecho perder la lectura profunda y qué hacer para recuperarla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ángel Barbas, Profesor del Departamento de Teoría de la Educación y Pedagogía Social, UNED – Universidad Nacional de Educación a Distancia

LightField Studios/Shutterstock

Nunca habíamos tenido tanta información disponible como ahora. Noticias, análisis, comentarios y opiniones circulan sin descanso por redes sociales, medios digitales y aplicaciones de mensajería. Paradójicamente, esa abundancia no siempre se traduce en una mejor comprensión de la realidad. Con frecuencia ocurre lo contrario: la saturación informativa favorece lecturas rápidas y reacciones inmediatas que alimentan debates cada vez más polarizados.

Cuando aparecen fenómenos como la desinformación, la polarización o el discurso de odio, las respuestas suelen ir en dos direcciones. Por un lado, la verificación de la información: proyectos de fact-checking destinados a detectar contenidos falsos o engañosos. Por otro, la regulación normativa de los contenidos que circulan en las plataformas digitales.

En los últimos años han proliferado iniciativas en esta línea, desde mecanismos de moderación hasta programas institucionales para combatir el discurso de odio en redes sociales, como el reciente proyecto HODIO impulsado por el Gobierno español.

Estas estrategias pueden ser necesarias, pero suelen centrarse en los contenidos que circulan o en las normas que regulan su difusión. Con frecuencia se presta menos atención a una cuestión más profunda sobre la que queremos poner el foco en este artículo: ¿cómo nos relacionamos con el conocimiento cuando leemos?

Entre las distintas formas de leer que conviven hoy en los entornos digitales, dos resultan especialmente preocupantes: la lectura rápida, impulsada por la saturación informativa, y la lectura reactiva, favorecida por contextos de polarización.

Saturación informativa y lectura rápida

El flujo constante de contenidos que recibimos cada día nos obliga a procesar información a gran velocidad. Titulares, imágenes y mensajes se suceden sin pausa en nuestras pantallas.

Diversas investigaciones han mostrado que cuando la cantidad de información supera nuestra capacidad de procesarla, el análisis tiende a simplificarse. En estas situaciones resulta más difícil seguir razonamientos, relacionar datos entre sí y situar la información en su contexto, lo que dificulta la comprensión de los temas a los que los textos se refieren. Cuando el contexto desaparece, la comprensión se debilita.

Ante esta saturación desarrollamos estrategias de lectura rápida: echamos un vistazo a los titulares, captamos lo esencial en pocos segundos o saltamos entre fragmentos de información. Estas prácticas pueden a ayudar a orientarnos en entornos complejos, pero también reducen el espacio necesario para seguir razonamientos, comprender matices o contextualizar los hechos.

Diversos estudios han mostrado que la lectura en entornos digitales tiende a adoptar patrones fragmentarios y superficiales, caracterizados por una navegación rápida entre los textos y una atención discontinua.

Leer deja de ser un ejercicio de comprensión de la realidad y pasa a convertirse en un ejercicio de consumo rápido de información.

Polarización y lectura reactiva

A la lectura rápida se suma otra práctica cada vez más extendida: la lectura reactiva. En contextos polarizados, muchos contenidos se leen no tanto para comprenderlos como para posicionarse ante ellos.

Las investigaciones sobre razonamiento motivado muestran que las personas tienden a interpretar la información de forma que confirme sus creencias previas, aceptando o rechazando evidencias según refuercen o amenacen las convicciones con las que se identifican. Así, los textos se convierten rápidamente en detonantes de reacción, ya sea para compartir, comentar, criticar o defender una posición.

Leer tampoco es aquí un ejercicio de comprensión de la realidad, sino un ejercicio de reacción o de confirmación de lo que ya pensamos.

Entre el consumo rápido y la confirmación, la lectura pierde su función más elemental: comprender.

Por lo tanto, la difusión de interpretaciones simplificadas o contenidos engañosos no es solo el resultado de información falsa, sino también de dinámicas culturales que favorecen el consumo rápido de información y la reacción inmediata por encima de la comprensión. Las sociedades también se reconocen en sus formas de leer, y estas dicen mucho del lugar que ocupa el conocimiento y del tipo de conocimiento que se privilegia en ellas.

Leer de otro modo

La psicóloga y especialista en lectura Maryanne Wolf ha subrayado que comprender un texto requiere una forma de lectura pausada y reflexiva; una lectura profunda que permite establecer relaciones, interpretar matices y transformar la información en conocimiento. Pero recuperar esa forma de lectura implica reaprender a leer de otro modo:

  • Una primera condición para una lectura comprensiva es introducir pausas en la lectura. En entornos dominados por la rapidez y la reacción inmediata, detenerse supone ir contra la inercia de nuestra época.

  • Antes de compartir un contenido, comentarlo o criticarlo, conviene dedicar tiempo a entender qué está diciendo realmente y en qué contexto se sitúa.

  • Comprender también exige seguir el hilo del razonamiento. En lugar de limitarse a titulares o frases aisladas, leer implica reconstruir el argumento del texto: qué idea sostiene el autor, qué razones ofrece y cómo se relacionan entre sí.

  • La comprensión se amplía, además, cuando se ponen en diálogo diferentes perspectivas. Contrastar fuentes y enfoques no elimina el desacuerdo, pero ayuda a situar los argumentos en un campo más amplio y reduce la tendencia a adoptar interpretaciones precipitadas.

Estas prácticas pueden parecer sencillas, pero apuntan a algo más profundo que a una técnica de lectura. Desde la tradición filosófica que se remonta a Aristóteles hasta autoras contemporáneas como Martha Nussbaum se ha subrayado que conocer no depende solo de la información disponible, sino también de las disposiciones con las que nos acercamos a ella: atención, paciencia intelectual y disposición a revisar nuestras propias ideas.

En un entorno donde la información circula sin descanso y las respuestas frente a la desinformación, la polarización o los discursos de odio tienden a centrarse en la verificación o en la regulación de los contenidos, detenerse a comprender se vuelve casi contracultural.

Frente a la rapidez y la reacción, leer para comprender puede ser uno de los gestos más sencillos –y más radicales– a favor del conocimiento.

Una versión de este artículo se publicó en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.

The Conversation

Ángel Barbas no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo la saturación informativa nos ha hecho perder la lectura profunda y qué hacer para recuperarla – https://theconversation.com/como-la-saturacion-informativa-nos-ha-hecho-perder-la-lectura-profunda-y-que-hacer-para-recuperarla-278280

Hecho en España: materiales españoles que cambiaron (y cambian) el mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Torralba, Catedrático de la Universidad Carlos III de Madrid, IMDEA MATERIALES

Desde las legendarias espadas de acero toledano hasta los biomateriales que hoy ayudan a regenerar huesos o los catalizadores que transforman la industria química, los materiales han sido una de las claves del progreso tecnológico y científico. En este terreno, España ha contribuido con innovaciones que han dejado huella en el mundo y son parte esencial de nuestra historia científica.

El acero toledano

Espada Toledana de Francisco Pizarro.
Wikimedia Commons., CC BY

Hoy, sabemos cómo se hicieron las espadas toledanas y por qué, durante siglos, fueron consideradas entre las mejores espadas de este lado del mundo (en competencia con las espadas de Damasco y las katanas japonesas).

Deben sus propiedades a una estructura formada por un sándwich: dos láminas de acero con cierta riqueza en carbono que permitía filos muy duros y fáciles de afilar, con un corazón de hierro.

Se forjaban a la vez las tres capas y se templaban para conferir dureza superficial. Debió de costar muchas décadas, quizás siglos, llegar a la perfección de una espada, dura por fuera, pero dúctil por dentro, capaz de cortar cabezas mucho mejor que cualquier otra.

Las espadas toledanas pasaban cinco pruebas de calidad para medir su dureza, tenacidad y capacidad de corte. Muchas otras espadas pasaban tres o cuatro, pero nunca las cinco. La última, llamada “de la rodilla”, consistía en doblar la espada sobre un apoyo fijo (a menudo, la rodilla), desde la empuñadura hasta la punta.

Estas propiedades están relacionadas con su microestructura: forjando simultáneamente dos aceros de composiciones distintas, podemos conseguir una soldadura por difusión en una única pieza.

Sin embargo, en aquellos tiempos, esto solo podía lograrse difundiendo carbono en el hierro a altas temperaturas. El resultado dependía del tiempo, de la temperatura y de otros factores difíciles de controlar.

Lo mismo ocurría con el temple del acero: cambiar la temperatura desde la que se templa o el medio de enfriamiento –agua, aceite u otros– podía alterar por completo las propiedades del material. Con tantas variables en juego, fabricar una espada perfecta era casi un milagro.

La porcelana española

La cerámica está entre los primeros materiales que fabricó el ser humano. Una de las piezas más antiguas conocidas es una pequeña Venus, elaborada en Věstonice (actual República Checa) entre los años 29 000 y 25 000 a.C.

Venus de Dolní Věstonice.
Wikimedia Commons.

Desde el Paleolítico, surgió la idea de mezclar algunos tipos de arena con agua, moldear esa mezcla y “cocerla” en un horno. Pero hay un país donde la calidad y propiedades de la cerámica avanzaron mucho más rápido que en el resto de mundo: China. Allí, entre el siglo I y II, aparece la porcelana, muy densa, muy resistente y, en ocasiones, casi transparente.

En el momento que esa cerámica traspasó fronteras, se convirtió en la obsesión de japoneses, coreanos y europeos. Pero conocer los secretos que escondía nos costó a los europeos muchos siglos.

Algunos tenían que ver con la composición de la arcilla y otros con su procesado. Hoy, sabemos cuáles son los componentes que debemos mezclar para conseguir una buena porcelana y que el principal es una arcilla blanca que se llama caolín.

Ese interés por descifrar el secreto de la porcelana también llegó a España. En el siglo XVIII, dentro del espíritu reformista de la Ilustración, surgieron iniciativas para desarrollar en el país una producción cerámica capaz de competir con la de otros centros europeos. Uno de los proyectos más ambiciosos fue la Real Fábrica de Loza y Porcelana de L’Alcora, fundada en 1727.

Centro de flores de porcelana hecho en la Real Fábrica por la familia Bautista en el siglo XVIII.
Luis García / Wikimedia Commons., CC BY-SA

Aunque, inicialmente, produjo sobre todo loza fina inspirada en modelos franceses e italianos, la fábrica se convirtió rápidamente en un verdadero laboratorio de innovación y experimentación técnica. Además de su valor artístico, tuvo un impacto tecnológico notable. Muchos de los artesanos formados allí difundieron posteriormente conocimientos y técnicas por otros centros cerámicos, contribuyendo a modernizar la producción en distintas regiones.

De este modo, L’Alcora no solo produjo piezas de gran calidad, también ayudó a consolidar una tradición cerámica más avanzada. Una consecuencia fue que, en Madrid, en 1760, por iniciativa de Carlos III –que trajo también maestros ceramistas de Nápoles–, se funda la Real Fábrica de Porcelana del Buen Retiro (conocida por “La china”). Su fama llegó a ser tan importante que rivalizaba con la cerámica francesa de Sevres y provocaba una competencia insoportable a la porcelana inglesa.

Quizá por eso, durante la guerra de la independencia, en agosto de 1812, nuestros “aliados” británicos, en concreto el general Rowland Hill, aprovecharon su victoria sobre los franceses en la batalla del Retiro para volar la fábrica y reducirla a ruinas.

Biocerámicos que regeneran hueso

En los últimos años, España ha aportado materiales que están transformando la medicina, la energía y la industria. Un ejemplo claro de esto, son los biocerámicos para regenerar huesos y tejidos.

Se trata de materiales diseñados para interactuar con el organismo y favorecer la regeneración ósea en fracturas complejas, implantes dentales o enfermedades como la osteoporosis. A diferencia de los metales o polímeros convencionales, no solo actúan como soporte, sino que estimulan directamente la formación de nuevo tejido, convirtiéndose en piezas clave de la medicina regenerativa.

El grupo de investigación de la profesora Vallet-Regí en la Universidad Complutense de Madrid es pionero en el uso de vidrios y cerámicas bioactivas capaces de integrarse con el hueso y liberar de forma controlada iones o fármacos. Reconocida internacionalmente, ha situado a España en la vanguardia de los biomateriales, con avances que mejoran la calidad de vida de millones de personas.

Zeolitas para a industria energética

Otro ejemplo son las zeolitas desarrolladas en el Instituto de Tecnología Química (ITQ, UPV-CSIC) por el equipo del doctor Avelino Corma, que han situado a España en la élite de la catálisis mundial.

Son materiales microporosos que actúan como “tamices moleculares”, capaces de filtrar, separar y acelerar reacciones químicas con gran eficiencia.

Su impacto ha sido enorme en la industria química y energética, donde se emplean en el refinado de petróleo, la producción de combustibles más limpios y la síntesis de compuestos utilizados en plásticos, fertilizantes o medicamentos. Gracias a su estabilidad y selectividad, han permitido procesos más sostenibles y económicos a escala global.

Al mismo tiempo, centros de investigación españoles trabajan hoy en el grafeno, las perovskitas y otros muchos materiales que pueden marcar la próxima revolución tecnológica.

Así, España no solo ha tenido un pasado brillante en el arte de los materiales, sino que sigue siendo protagonista en la creación de innovaciones que causan un impacto global.

The Conversation

José Manuel Torralba no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Hecho en España: materiales españoles que cambiaron (y cambian) el mundo – https://theconversation.com/hecho-en-espana-materiales-espanoles-que-cambiaron-y-cambian-el-mundo-277998

¿A qué edad corremos el riesgo de perder el tren de la IA?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Sayago Barrantes, Profesor e Investigador en Human-Centered Computing, Universitat de Lleida

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Un alto porcentaje de personas que ahora tienen entre 55 y 60 años saben utilizar WhatsApp, compran por internet y participan en redes sociales, entre otras muchas cosas ligadas a la tecnología. Pero ¿les costará seguir el tren como sucede actualmente con los mayores? ¿La brecha digital que se conoce como “gris” será cosa del pasado?

Muchas personas mayores viven en una dictadura digital. Unas cuantas décadas atrás, no se necesitaba ninguna tecnología digital, en cualquiera de sus formas, para estudiar, trabajar y, en definitiva, vivir. Sin embargo, actualmente, la vida es difícil entenderla separada de los bits y los bytes. Y no va a parar. En una década, serán otras tecnologías las que habrán inundado nuestras vidas.

El futuro con IA

Prácticamente no hay opción de evitar lo digital. Y todo hace indicar que la dependencia tecnológica será cada vez mayor en el futuro. Un ejemplo es todo el revuelo que está levantado la inteligencia artificial generativa (IAG) y su práctica infinidad de aplicaciones, desde la educación al transporte pasando por los empleos y la investigación. La IAG ha venido para quedarse.

A diferencia de otros colectivos, como los niños y los jóvenes, muchas personas mayores no han nacido con un ordenador debajo del brazo. Estas tecnologías se han introducido en sus vidas en una etapa, que se conoce como la tercera edad, en la que, hay que admitirlo, aprender cosas nuevas cuesta, y aún es más difícil cuando aquello que se está aprendiendo a utilizar parece que está diseñado en contra de uno.

Por ejemplo, es necesario aumentar el tamaño de iconos y letras en la pantalla, porque para verlos se necesita tener una vista de quinceañero. La terminología es en gran medida incomprensible, o con un significado diferente al que tienen en la vida cotidiana. Hay numerosos ejemplos, entre los que más usamos: adjuntar y virus. Maneras de hacer las cosas poco naturales, y un sinfín de otros aspectos, como la configuración de dispositivos, actualizaciones y versiones, y todo lo que rodea a la seguridad (contraseñas, factor de doble identificación) complican, y mucho, la relación entre los mayores y las tecnologías digitales.

¿Qué pasará con los mayores que vienen?

Se puede pensar que cuando los adultos de 55 años, con experiencia con los ordenadores, se conviertan, o se les asigne sociológicamente hablando, la categoría de personas mayores, la brecha digital desaparecerá. Al fin y al cabo, ya tienen mucha experiencia con el mundo digital, y todo lo que tendrán que hacer es “reciclarse”. ¿Seguro?

La tecnología que tendremos en 10 años

La tecnología, y especialmente, la digital, evoluciona. Ahora, por ejemplo, cada vez es más natural poder hablar con una máquina, o incluso tener algo que se asemeje a una conversación. Asumir que aquella experiencia que se ha adquirido con una tecnología actual nos ayudará a utilizar la tecnología que tendremos en 10 años es asumir mucho.

Un ejemplo son los teléfonos móviles, que han pasado del “ladrillo” al smartphone. Para utilizar un móvil de última generación, no es suficiente saber utilizar un teléfono de cuando éramos jóvenes. Ahora los teléfonos son más que teléfonos; son ordenadores.

Las personas mayores siguen sin considerarse en el diseño de las tecnologías digitales. Digo siguen porque nunca han sido el target principal de los desarrollos tecnológicos. ¿Se las tuvo en cuenta cuando se diseñaron los primeros ordenadores? La respuesta es no, porque los usuarios potenciales eran otros. La tendencia es continuista: ordenadores, móviles, tabletas, coches inteligentes, asistentes de voz…

“Somos mayores, no tontos”

La inmensa mayoría de las tecnologías digitales no están pensadas para el colectivo “de los mayores”. En el mejor de los casos, se añaden opciones de accesibilidad, o incluso se diseñan tecnologías específicas para ellas, como los teléfonos para seniors y el conocido como el “botón del pánico”, relacionado con servicios de teleasistencia.

Sin embargo, las tecnologías para mayores a menudo acaban reforzando estereotipos negativos asociados a la vejez, y que muchas personas de edad avanzada, cuando se habla con ellas, no quieren utilizar. Como un participante en mis investigaciones me dijo un día, “somos mayores, no tontos”.

Además, hay cambios o pérdidas que son derivados del envejecimiento natural, como los cognitivos, que no desaparecen con más experiencia con las tecnologías.

Aprender y recordar

A la vez que nos hacemos mayores, nos cuesta más aprender y acordarnos de las cosas. Otros problemas con el acceso y uso a la tecnología, como los relacionados con la visión, tienen solución. Las gafas de lectura y la opción de acercar o alejar hacen maravillas. Pero el verdadero problema está en aprender y recordar, y las tecnologías actuales todavía no lo soluciona.

Mucho tienen que cambiar las cosas para que las personas mayores que vienen no pierdan el tren tecnológico en el futuro. Todavía estamos a tiempo de revertir la situación: todo lo que hay que hacer es trabajar para hacer unas tecnologías más justas, menos discriminatorias, y no perder nunca de vista que las personas mayores un día seremos nosotros.

The Conversation

Sergio Sayago Barrantes ha recibido fondos de la Obra Social “la Caixa” y la Fundación General CSIC, la ACT Network y la EU, durante su investigación.

ref. ¿A qué edad corremos el riesgo de perder el tren de la IA? – https://theconversation.com/a-que-edad-corremos-el-riesgo-de-perder-el-tren-de-la-ia-262073

El boicot de EE. UU. a las misiones médicas cubanas pone en peligro la atención sanitaria en los países en desarrollo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Helen Yaffe, Lecturer in Economic and Social History, University of Glasgow

Cuban doctors who worked in Mexico during the height of the COVID pandemic return to Havana. Yandry_kw/Shutterstock

El 23 de febrero se vivieron escenas conmovedoras en Honduras, cuando algunos ciudadanos se despidieron de los profesionales sanitarios cubanos que les habían atendido de forma gratuita durante unos dos años. Esto ocurrió después de que el Gobierno hondureño pusiera fin de forma abrupta a la misión médica cubana, bajo la presión de la administración del presidente estadounidense, Donald Trump.

Ese mismo día, se envió un memorándum “confidencial” del Departamento de Estado de Estados Unidos al secretario de Estado, Marco Rubio. En él se abordaba la estrategia estadounidense para sabotear el internacionalismo médico de Cuba, que ha sido parte integral de la política exterior de la nación isleña desde 1960. En los últimos años, también se ha convertido en un pilar fundamental de su economía.

Estados Unidos lleva más de 60 años imponiendo sanciones unilaterales a Cuba. Estas impiden que el país caribeño participe en el comercio internacional “normal”. Por ejemplo, terceros no pueden venderle productos si el 10 % de sus componentes proceden de empresas estadounidenses o de sus filiales. Y Cuba no puede exportar productos a EE. UU. Además, el bloqueo estadounidense restringe severamente el acceso de Cuba al sistema financiero internacional.

En este contexto, la exportación de profesionales médicos se ha convertido en algo vital para la economía cubana. Durante décadas, el Gobierno cubano envió misiones médicas por todo el mundo como donación a los países en desarrollo. Pero en las últimas dos décadas, ha desarrollado acuerdos de cooperación en virtud de los cuales los gobiernos o las autoridades locales pagan al Gobierno cubano por los servicios médicos de sus profesionales sanitarios.

Atacar esos ingresos parece ser un componente clave de la campaña estadounidense a favor del cambio de régimen en Cuba para finales de año. Esto se suma al bloqueo petrolero total impuesto por la orden ejecutiva el 29 de enero, que ya ha provocado múltiples apagones a escala nacional que han dejado a toda la isla a oscuras.

Se trata de una política de incentivos y castigos. A los países que expulsan a los médicos cubanos se les ofrece apoyo estadounidense para la “modernización de las infraestructuras”, incluyendo la telemedicina y la formación virtual. Un año antes, Rubio había anunciado restricciones de visado para funcionarios actuales y antiguos, así como para sus familias, de cualquier parte del mundo que hubieran participado en programas cubanos.

A mediados de marzo de este año, los gobiernos vecinos se alinearon. Guatemala, Paraguay, Bahamas, Guyana y Jamaica cancelaron las misiones médicas cubanas, poniendo fin a décadas de cooperación. En Guatemala, más de 400 profesionales sanitarios cubanos, la mayoría de ellos médicos, prestan servicio a las comunidades indígenas en el marco de una colaboración que dura ya tres décadas. Los últimos médicos se marcharán a finales de año.

Médicos cubanos abandonan Honduras en febrero de 2026.

El ataque del Gobierno de EE. UU. al internacionalismo médico cubano no es nuevo. Comenzó en 2006, un año después de que el programa “petróleo por médicos” entre Cuba y Venezuela convirtiera la exportación de profesionales sanitarios en la mayor fuente de ingresos de Cuba.

La política estadounidense buscaba eliminar estos ingresos y socavar el prestigio que los programas habían ganado a la isla. El entonces presidente de EE. UU., George W. Bush, puso en marcha el Programa de Libertad Condicional para Profesionales Médicos Cubanos (CMPP), animando a los doctores cubanos en el extranjero a abandonar sus misiones y desertar a EE. UU. El programa no finalizó hasta 2017, en los últimos días de Barack Obama como presidente.

A pesar de ello, y como reflejo del déficit en la atención sanitaria a nivel mundial, los ingresos de Cuba por la exportación de servicios sanitarios aumentaron.

Los ingresos en 2018, el primer año en que Cuba publicó datos separados sobre los servicios de salud, se elevaron a 6 400 millones de dólares (unos 5 500 millones de euros). La primera administración de Trump desarrolló políticas, y financiación, para sabotear estos programas.

El estado de salud de Cuba

También ideó una nueva justificación para hacerlo. El Gobierno de EE. UU. no podía exigir abiertamente a los países que sacrificaran la salud y el bienestar de sus poblaciones solo para privar a Cuba de ingresos. Así que, en su lugar, acusó a Cuba de tráfico de personas y equiparó a sus profesionales sanitarios con esclavos.

Cualquiera que haya hablado con participantes cubanos —como yo— sabe que los contratos de servicio en el extranjero que firman les proporcionan su salario habitual en Cuba, más una remuneración extra del país de acogida. Se les garantizan vacaciones y el contacto con sus familias.

A pesar de contar con decenas de miles de trabajadores sanitarios en el extranjero, la inversión del Estado en asistencia sanitaria y formación médica hace que la población cubana tenga la proporción más alta de médicos por persona del mundo. En 2022, se estimaba que había nueve médicos y nueve enfermeros por cada 1 000 ciudadanos. En EE. UU., hay 2,6 médicos por cada 1 000 ciudadanos y en el Reino Unido la cifra es de 3,2.

Para muchos profesionales sanitarios cubanos, supone el cumplimiento de un deber internacionalista; para otros, una forma de viajar o de aumentar sus ingresos. El Gobierno de Cuba se queda con la mayor parte de los ingresos y los reinvierte en la sanidad pública gratuita y universal del país y la formación médica.

Pero bajo la segunda administración de Trump, Rubio, hijo de migrantes cubanos que abandonaron la isla durante la dictadura de Batista, ha encabezado un nuevo ataque contra los programas médicos internacionales de la isla. El reciente memorándum del Departamento de Estado afirma que las brigadas médicas cubanas son una fuente clave de “dinero en efectivo” para el régimen.

Las cuatro formas de internacionalismo médico cubano establecidas en la década de 1960 son:

  1. Brigadas médicas de emergencia en el extranjero.
  2. Tratamiento de pacientes extranjeros en Cuba.
  3. Formación de estudiantes extranjeros como profesionales de la salud.
  4. Establecimiento de centros de salud públicos en el extranjero.

Esta contribución a los países en desarrollo ha sido a menudo ignorada o censurada. Sin embargo, se traduce en millones de vidas salvadas y mejoradas en todo el mundo cada año. Sabotear el internacionalismo médico devastaría a Cuba. Pero también dejaría a millones de personas en todo el mundo sin la atención médica vital de la que antes disfrutaban.

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Helen Yaffe no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El boicot de EE. UU. a las misiones médicas cubanas pone en peligro la atención sanitaria en los países en desarrollo – https://theconversation.com/el-boicot-de-ee-uu-a-las-misiones-medicas-cubanas-pone-en-peligro-la-atencion-sanitaria-en-los-paises-en-desarrollo-279334

¿Por qué algunas personas reaccionan ante un aviso de emergencia y otras no?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Medina Morales, Profesor de Geografía, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Scharfsinn/Shutterstock

Cada vez que se anuncia un temporal o una ola de calor, muchas personas reciben avisos en el móvil o los ven en televisión. Sin embargo, el envío de información no siempre se traduce en que la población cambie su comportamiento. En teoría, los sistemas de alerta sirven para advertir de un peligro con tiempo suficiente para que la población puede tomar medidas y protegerse. Pero en la práctica, no siempre ocurre.

Saber que existe un aviso no significa saber qué hacer

En concreto en el caso de los avisos meteorológicos y las alertas de protección civil, un estudio llevado a cabo desde el grupo GEOTIGMA, de la Universidad de Las Palmas de Gran Canaria, revela que muchas personas no tienen claro qué hacer cuando reciben un aviso.

Casi el 74 % de los encuestados reconoció los niveles de aviso de la Agencia Estatal de Meteorología. Sin embargo, solo el 41 % fue capaz de distinguir bien entre un aviso meteorológico y una alerta de protección civil. Además, más de un tercio admitió que no sabe exactamente cómo actuar cuando se activa una alerta. Esto revela un problema frecuente en la gestión de riesgos: entender la información no siempre significa actuar en consecuencia.

La percepción del riesgo es clave

La reacción ante un aviso depende en gran medida de cómo cada persona percibe el riesgo. Si alguien le resta importancia, es probable que ignore el aviso y siga su vida normal. En cambio, si percibe el peligro como real, es más fácil que adopte medidas de autoprotección.

Por ejemplo, ante un aviso por fuertes lluvias, una persona que percibe el riesgo puede evitar desplazamientos innecesarios para realizar compras en establecimientos, no atravesar barrancos y revisar el estado de desagües o terrazas en su casa. En el caso de fuertes vientos, las medidas pueden incluir asegurar los objetos de balcones o azoteas, evitar caminar cerca de los árboles o las estructuras más inestables y extremar la precaución al conducir.

Cuando se trata de una ola de calor, ser conscientes del riesgo debería conducirnos a evitar la actividad física en las horas centrales del día, mantenernos hidratados, buscar espacios frescos y prestar especial atención a las personas mayores de nuestro alrededor.

Aunque las medidas pueden parecer simples, detectar si se implantan puede ser el mejor indicador de la percepción del riesgo de los individuos.




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No todas las personas perciben el riesgo igual

La investigación muestra diferencias claras entre grupos de población. Las personas mayores suelen percibir los fenómenos meteorológicos como más peligrosos. Probablemente porque han vivido más episodios extremos y tienen más experiencia.

Los jóvenes, en cambio, tienden a percibir menos el riesgo. En nuestro estudio observamos que la percepción del peligro aumenta con la edad. Los participantes más jóvenes restaban importancia a muchas amenazas. Además, los jóvenes también tienen más dudas sobre qué hacer cuando reciben un aviso. Esto muestra algo importante: conocer que existe un sistema de alertas no significa saber cómo actuar.

También encontramos diferencias en otros grupos de población. Por ejemplo, las personas con mayor nivel de estudios suelen percibir más peligro en los fenómenos meteorológicos. Una posible explicación es que tienen más acceso a información científica o que están más familiarizadas con los sistemas de aviso. En general, las personas que conocen los niveles de alerta interpretan mejor la situación.

Otro resultado interesante aparece en el caso de las mujeres. En general, tienden a valorar más los riesgos y a adoptar medidas preventivas con mayor frecuencia.
En cambio, entre los grupos más jóvenes la percepción del riesgo suele ser más baja, lo que puede hacer que ignoren avisos o retrasen las medidas de autoprotección.

Cuando los mensajes generan confusión

Otro factor importante es cómo se comunican los avisos. En España existen dos tipos de mensajes. Por un lado están los avisos meteorológicos, que informan sobre la probabilidad de que se produzca un fenómeno adverso. Por ejemplo, un aviso naranja por lluvias intensas en el norte de Gran Canaria indica que, en esa zona pueden caer 80 litros por metro cuadrado en 12 horas.

Por otro lado, están las alertas de protección civil, que se emiten cuando las autoridades activan medidas para gestionar una emergencia. Por ejemplo, la declaración de situación de alerta por lluvias en una isla, con recomendaciones como evitar desplazamientos o no circular por barrancos.

Aunque ambos mensajes están relacionados, muchas personas no distinguen que, mientras un aviso meteorológico solo informa de lo que puede pasar, una alerta de protección civil indica que las autoridades ya están reaccionando ante el peligro. Esto puede generar confusión sobre la gravedad de la situación.




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Informar no siempre es suficiente

Los estudios sobre comunicación del riesgo muestran que los avisos funcionan mejor cuando incluyen instrucciones claras y acciones concretas.

En los últimos años han aumentado los fenómenos meteorológicos extremos y, por suerte, las previsiones meteorológicas son cada vez más precisas. Pero su utilidad depende de cómo las interprete la población. Un sistema de alerta solo cumple su función cuando la población entiende de verdad el riesgo y sabe qué hacer ante él. Recibir un aviso es solo el primer paso: la repercusión depende de cómo reaccionamos.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Por qué algunas personas reaccionan ante un aviso de emergencia y otras no? – https://theconversation.com/por-que-algunas-personas-reaccionan-ante-un-aviso-de-emergencia-y-otras-no-277923

Mil años antes del ‘skincare’: la herencia borrada de Trótula de Salerno

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alicia Palacios Ortega, Profesor de Didáctica de Ciencias Experimentales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Recreación de una mujer medieval preparando ungüentos. Anneka/Shutterstock

La Europa medieval, marcada por la reforma gregoriana, las Cruzadas y la influencia de los saberes árabes que conducirían al Renacimiento, escribía su historia bajo plumas varoniles. En ese contexto destacó Trótula, una mujer nacida en el siglo XI que vino a hablarnos de un tema que hoy resulta muy actual: salud y autocuidado femeninos.

Trótula estudió en la Escuela Médica de Salerno (Italia), primer centro en permitir el acceso de las mujeres a la formación médica. Ejerció como ginecóloga y obstetra, pero también estudió la salud y el bienestar femeninos. En el siglo XII apenas se reconocían las necesidades de la mujer, por lo que sus trabajos sobre menstruación, fertilidad, anticoncepción y cosmética fueron una revolución en el cuidado integral del cuerpo femenino.

El prestigio de Trótula fue tan notable que su figura apareció en obras como Los cuentos de Canterbury y el Libro de buen amor. Sin embargo, años después, atribuyeron sus escritos a un autor masculino, tratando de convencer a la humanidad de que Trótula jamás había existido. Permaneció olvidada durante siglos hasta que una investigación del siglo XX recuperó su nombre y le devolvió la autoría de sus aportaciones médicas.

‘De ornatu mulierum’: el primer tratado de cosmética

En De ornatu mulerium (“Sobre el adorno de las mujeres”) se enseña a conservar y mejorar la belleza femenina y a tratar las enfermedades de la piel y el cuero cabelludo a través de consejos y recetas naturales. Este libro, que forma parte del Trótula Minor, muestra a Trótula como una maestra innovadora e inteligente. Su objetivo principal era enseñar y popularizar la cosmética a las mujeres a través de indicaciones claras para la formulación y preparación de remedios.

Para Trótula la belleza no era frivolidad, sino un concepto inseparable de la salud, la higiene y el equilibrio corporal. Defendía prácticas que chocaban frontalmente con la mentalidad de su tiempo: limpieza diaria del cuerpo, ejercicio físico regular, dieta equilibrada, limpieza de los dientes antes y después de las comidas, baños de vapor y masajes con aceites. Trótula planteaba que estas prácticas eran factores clave para la prevención de enfermedades.

Quizá lo más innovador de su obra no fueron sus remedios, sino su manera de entender la relación entre medicina y cosmética. Además, hacía hincapié en el trato a los enfermos a través del respeto, la atención, la sonrisa y las palabras de aliento. Unas cuestiones que, en muchas ocasiones, siguen siendo una asignatura pendiente en la medicina actual.

Piel sana, piel cuidada, piel bonita

El cuidado de la piel, o lo que hoy llamamos dermatología, ocupa un lugar central en su tratado. En sus recetas aparecen muchas de las plantas que hoy en día se siguen usando en cosmética, aunque en la época se emulsionaban con grasas animales en lugar de con soluciones acuosas.

Por ejemplo, para evitar problemas cutáneos en el rostro se usaba un exfoliante facial a base de pan rallado y realizar peeling con cebolla. Para el cuidado de la piel se describían cremas de día y de noche preparadas con aloe, cebada, algarroba, malva, lirio y aceite de violeta. Para protegerla del sol se recomendaba grasa de cerdo.

Además, Trótula ofrece recetas para aclarar la piel, broncearla, colorear las mejillas y pintar los labios. Para enfatizar el color de las mejillas explica:

“Toma raíz de brionia roja y blanca, límpiala, pícala finamente y sécala. Después, pulverízalo y mézclalo con agua de rosas y unge el rostro con algodón o tela de lino fino”.

Para maquillar y cuidar los labios recomienda el uso de palo de Brasil, miel, aceite esencial de rosas y resina.

El cabello: brillo, color y prevención de la caída

El cuidado del cabello es uno de los temas centrales de De ornatu mulierum. A diferencia de muchos médicos medievales, que desaconsejaban lavar el pelo, ella promovía justo lo contrario: baños frecuentes, masajes del cuero cabelludo y ungüentos naturales destinados a fortalecerlo y prevenir su caída.

Su obra iba más allá de la higiene básica, ofreciendo fórmulas específicas para teñir y embellecer el cabello. Para lograr tonos rubios o dorados sugería dos opciones: un tinte compuesto por corteza de saúco, flores de retama, azafrán y yema de huevo, o un ungüento a base de abejas quemadas mezcladas con aceite y leche de cabra. En contraste, para obtener un tono negro y promover el crecimiento, recomendaba un ungüento que se obtenía al hervir la cabeza y la cola de un lagarto verde en aceite. Ingredientes como la grasa de res, la yema de huevo y la leche de cabra eran claves para el fortalecimiento.

La autora también proporcionaba soluciones médicas para afecciones como la tiña capilar: proponía utilizar tratamientos con vinagre y altramuz blanco. Estos métodos ilustran la profunda integración de la sabiduría médica y los remedios naturales en la práctica de Trótula.

Depilación y cuidado corporal

Nuestra protagonista promovía mantener el cuerpo limpio, equilibrado y armonioso. Recomendaba que cualquier “exceso” (como el vello, la sequedad o las impurezas) se tratara con métodos suaves, naturales y respetuosos con la fisiología femenina. Este enfoque priorizaba el bienestar físico y emocional de la mujer.

Los tratamientos específicos de depilación descritos por Trótula empleaban una mezcla diversa de ingredientes. Por ejemplo, para la depilación permanente prescribía el orpimento (sulfuro de arsénico), un mineral actualmente considerado peligroso, y el huevo de hormiga.

También proponía el uso de ungüentos a base de almendra dulce y manteca. Además, consideraba utilizar goma arábiga y resina como método físico de depilación, el equivalente a la cera depilatoria de la actualidad. Y, de manera adicional, proponía el uso de cal viva como despigmentante y para decolorar el vello corporal.

Un legado sorprendentemente actual

Leer hoy a Trótula de Salerno es descubrir que muchas ideas modernas sobre autocuidado, higiene diaria y cosmética natural ya estaban formuladas hace casi mil años. Su mirada, profundamente humanista y adelantada a su tiempo, nos plantea el cuidado del cuerpo femenino como una cuestión médica y de bienestar emocional, y no de simple adorno.

En una época que se dudaba de la capacidad intelectual de las mujeres, Trótula escribió con autoridad sobre temas que hoy llamaríamos dermatología, tricología y cosmética natural. Su obra, revolucionaria para la época, fue usada como referencia en universidades europeas durante siglos.

Trótula no solo fue pionera en ginecología, sino que también fue la primera gran experta en cosmética femenina.


En la redacción de este artículo ha participado Alicia Espiñeira, graduada en Historia y estudiante en el Máster de Formación de Profesorado.


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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Mil años antes del ‘skincare’: la herencia borrada de Trótula de Salerno – https://theconversation.com/mil-anos-antes-del-skincare-la-herencia-borrada-de-trotula-de-salerno-276425

La causa de los pélets de Galicia se ha archivado, pero el problema de fondo continúa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Morales Caselles, Profesora e investigadora del área de Ecología, Universidad de Cádiz

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A principios de 2024, nos llamaron la atención las imágenes de las playas gallegas cubiertas de pequeñas bolitas de plástico blanco. Los llamados pélets procedían de un vertido en aguas portuguesas ocurrido a finales de 2023. Desde entonces, el incidente ha ido desapareciendo del debate público. Las últimas decisiones judiciales, que archivan la búsqueda de responsabilidades legales tras establecer que la caída por la borda de seis contenedores fue consecuencia “de un golpe al buque por el oleaje”, sugieren que el caso podría darse por cerrado.

Sin embargo, ¿qué ha pasado con los pélets desde entonces? Algunos fueron recogidos en las playas, pero muchos probablemente se dispersaron, enterraron o quedaron a merced de las corrientes en el mar, perpetuando su impacto.

Desde una perspectiva científica, la historia puede estar lejos de haber terminado. Nuevas investigaciones, como nuestro reciente estudio, están volviendo a poner el foco en los impactos de la contaminación por pélets, no como un accidente aislado, sino como parte de un problema global más amplio y persistente.

Vertidos crónicos

Los pélets de plástico son pequeñas esferas utilizadas para fabricar la mayoría de los objetos plásticos, son los llamados microplásticos primarios, y se transportan por todo el mundo antes de convertirse en objetos de consumo cotidiano. Y en ese proceso, algunos se pierden.

A veces ocurre de forma accidental, como en el caso del buque Toconao en Galicia. Pero más a menudo se debe a vertidos crónicos, poco documentados, que rara vez llegan a los titulares.

El incidente que afectó al norte de España ha sido uno de los episodios de contaminación por pélets más visibles en Europa en los últimos años. Pero dista mucho de ser único a escala global.

Una huella ecológica persistente

Nuestro trabajo aporta nuevas evidencias sobre el comportamiento ambiental y los impactos de los pélets de plástico, reforzando la preocupación de que estos materiales no son ni inocuos ni fáciles de contener.

Los pélets pueden contener mezclas complejas de sustancias químicas, incluidos aditivos y compuestos no añadidos intencionadamente que no siempre están declarados ni regulados. Algunos de estos compuestos pueden liberarse al medio natural y suponer riesgos para los organismos marinos.

Esto significa que el impacto de la contaminación por pélets no se limita a la ingestión o al daño físico. También implica vías químicas a priori invisibles.

Nuestra investigación refuerza lo que la comunidad científica ya sospechaba: incluso cuando los vertidos parecen temporales, su huella ecológica puede persistir mucho más allá de los titulares.




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Un problema sistémico

La contaminación por pélets no es un fenómeno nuevo, sino un problema bien documentado a escala global. La evidencia científica muestra que estos materiales son persistentes, se dispersan ampliamente y pueden causar daños físicos y químicos en los ecosistemas marinos. Son ingeridos por la fauna, transportan sustancias tóxicas y pueden desplazarse a grandes distancias, lo que confirma que no se trata de episodios aislados, sino de un problema sistémico.

Incidentes como el vertido de pélets del Toconao siguen reapareciendo en el debate público porque los factores que los provocan no han cambiado. La producción global de plásticos continúa en aumento, lo que implica que cada vez se transportan más pélets a lo largo de cadenas de suministro y océanos. Cuanto mayor es el volumen en circulación, mayor es también la probabilidad de pérdidas, ya sea por accidentes puntuales, fallos en la manipulación o vertidos crónicos que rara vez se documentan.

Episodios como el desastre del X-Press Pearl en Sri Lanka en 2021, cuya huella tóxica todavía sigue presente, han mostrado la magnitud que pueden alcanzar estos eventos. Sin embargo, muchos científicos advierten de que las pérdidas acumuladas de incidentes a menor escala podrían representar una fuente igualmente relevante, y mucho menos visible, de contaminación marina.

Desde 2010 se han documentado al menos 14 derrames importantes de pélets provocados por accidentes marítimos, aunque es probable que la cifra real sea mayor debido a la falta de obligación de notificarlos. Solo en 2022, se calcula que se perdieron 230 000 toneladas de gránulos a nivel mundial.




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Un buque cargado de contenedores en el mar del que se desprende un humo amarillo
El buque X-Press Pearl en 2021, del que emanan vapores procedentes de una fuga de ácido nítrico.
Isuruhetti/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Nuevas normativas para reducir las pérdidas de pélets

El aparente cierre legal de casos como el del buque Toconao en Galicia puede generar una falsa sensación de resolución. Mientras que los procesos judiciales se centran en la responsabilidad de incidentes concretos, la ciencia analiza patrones, persistencia y efectos acumulativos a largo plazo. Desde esta perspectiva, los vertidos de pélets no son episodios aislados, sino síntomas recurrentes de un problema estructural: un sistema global que sigue liberando plástico al medio ambiente.

Afortunadamente, la evidencia científica está empezando a influir en los debates regulatorios. En Europa, se están desarrollando normativas para reducir las pérdidas de pélets en las cadenas de suministro, mientras que a nivel internacional crece el debate sobre su posible clasificación como sustancias peligrosas en el transporte marítimo. Esta medida podría implicar requisitos más estrictos de envasado, etiquetado y respuesta ante vertidos.

La ciencia no cierra el caso

La investigación sigue avanzando. Los estudios muestran que los pélets no solo actúan como contaminantes físicos, sino también como portadores y fuentes de sustancias químicas potencialmente peligrosas.

La contaminación que provocan estas pequeñas piezas de plástico no termina cuando se cierra un caso judicial. La cuestión ya no es si estos episodios volverán a ocurrir, sino si estamos dispuestos a frenar esta tendencia y regularlos a escala global.


Andy M. Booth, científico jefe en la organización noruega de investigación SINTEF Ocean, ha participado en la elaboración de este artículo.


The Conversation

BCA es miembro del comité directivo de la Coalición de Científicos para un Tratado sobre Plásticos Eficaz, un grupo de científicos que garantiza la disponibilidad de la mejor ciencia para respaldar la toma de decisiones basada en evidencia en las negociaciones de tratados mundiales sobre plásticos de la ONU.

Carmen Morales Caselles no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La causa de los pélets de Galicia se ha archivado, pero el problema de fondo continúa – https://theconversation.com/la-causa-de-los-pelets-de-galicia-se-ha-archivado-pero-el-problema-de-fondo-continua-278850