Avant Epstein, le scandale sexuel qui a forcé la Grande-Bretagne à changer sa loi

Source: The Conversation – in French – By Claire Cunnington, Research associate, University of Sheffield

L’enquête du « Pall Mall Gazette » fut reprise dans de nombreuses publications. Ici l’Illustrated Police News du 2 mai 1885. Royal Historic Society

Loin d’être une spécificité de notre époque, les scandales mettant en cause des hommes puissants pour des abus sexuels existaient déjà au XIXe siècle. Retour sur une affaire qui a transformé le droit britannique tout en laissant la plupart des responsables impunis.


Des médias mettent au jour un scandale : un réseau d’hommes riches et puissants abuse de jeunes adolescentes. L’indignation se propage rapidement et l’opinion publique exige des autorités qu’elles rendent les preuves publiques et traduisent les responsables en justice. Pourtant, le système protège nombre d’entre eux et rares sont ceux qui subissent de véritables conséquences. Il ne s’agit pas de Jeffrey Epstein, mais d’un scandale qui a éclaté dans le Londres victorien.

Nos recherches s’intéressent aux femmes et aux jeunes filles au cœur de cette affaire. En juillet 1885, le Pall Mall Gazette publie une série d’articles sous le titre « The Maiden Tribute of Modern Babylon » (« Le sacrifice des jeunes filles de la Babylone moderne »). Ils révèlent l’existence d’un système d’abus et de traite de jeunes filles. Dès leur publication, le scandale éclate. Le Parlement est submergé de pétitions et une immense manifestation est organisée à Hyde Park.

Les députés sont contraints de réagir en adoptant une loi qui relève de 13 à 16 ans l’âge légal du consentement des jeunes filles aux relations sexuelles. Les archives de ces événements sont conservées à la Women’s Library de la London School of Economics, dont une partie est présentée dans l’exposition actuelle, The Women’s Library at 100.

William Thomas Stead en 1881.
The W.T. Stead Resource Site

Le scandale marquait l’aboutissement de plusieurs années de campagne en faveur d’un relèvement de l’âge du consentement. Jusque-là, les projets de loi allant dans ce sens étaient restés lettre morte au Parlement. Selon les rumeurs qui circulaient parmi les militants et les responsables politiques, certains députés étaient eux-mêmes coupables d’abus sur de jeunes filles. Certains opposants soutenaient même ouvertement qu’une telle réforme risquerait d’exposer leurs propres fils à des poursuites judiciaires.

Face à l’inaction des pouvoirs publics, les militants se tournèrent vers W.T. Stead, rédacteur en chef du Pall Mall Gazette. La militante féministe Josephine Butler, des responsables de l’Armée du Salut et Stead menèrent une enquête sur l’exploitation sexuelle des enfants, se rendant aussi bien dans des maisons closes que dans des foyers d’accueil. Pour démontrer que le recrutement et la traite de très jeunes filles étaient bien une réalité, Stead alla jusqu’à « acheter » une adolescente de 13 ans, Eliza Armstrong, avant de l’envoyer en France, où elle fut prise en charge par l’Armée du Salut.

Josephine Butler le résume ainsi dans une lettre à une amie : « Oh ! Quelles horreurs nous avons vues ! »

Le scandale londonien

Les articles entraînaient les lecteurs au cœur du mécanisme de recrutement et d’exploitation de jeunes filles. Ils décrivaient toute une industrie organisée autour de leur exploitation : des recruteurs et tenanciers de maisons closes, des médecins qui « certifiaient » leur virginité, ainsi que des sages-femmes chargées de soigner leurs blessures après les abus.

La série fut rapidement reprise par des journaux du monde entier sous le nom de « scandale de Londres », suscitant toutes les spéculations sur l’identité des hommes mis en cause. À New York, on racontait que de nombreuses personnalités américaines fréquentaient les établissements de la célèbre tenancière de maisons closes Mrs Jeffries. Le journal militant The Sentinel alla jusqu’à désigner certains de ses clients : des députés, des lords, des ducs, le prince de Galles et le roi Léopold II de Belgique.

Le portrait de Mrs Jeffries publié par le journal.
Sheffield Gender History

Sous la pression de l’indignation populaire, les députés adoptèrent dès le mois d’août le Criminal Law Amendment Act. Outre le relèvement de l’âge du consentement des jeunes filles, cette loi créa dans l’urgence de nouvelles infractions liées au recrutement de jeunes filles à des fins d’exploitation sexuelle et à la tenue de maisons closes.

Certaines de ces dispositions eurent toutefois pour effet d’accroître la répression contre les femmes plutôt que contre ceux qui les exploitaient. Ainsi, lorsque deux travailleuses du sexe ou plus partageaient un même logement pour assurer leur sécurité, elles pouvaient être poursuivies pour tenue de maison close — une disposition toujours en vigueur aujourd’hui. Un amendement de dernière minute présenté par le député Henry Labouchere criminalisa également toute relation sexuelle consentie entre hommes. C’est sur le fondement de cette nouvelle infraction que le écrivain Oscar Wilde fut condamné une dizaine d’années plus tard.

Ironie de l’histoire, seuls Stead et plusieurs de ses collaborateurs furent finalement condamnés à l’issue de cette affaire. Ils furent emprisonnés pour l’enlèvement d’Eliza Armstrong. Pendant ce temps, les hommes accusés par les militants d’avoir exploité sexuellement des mineures ne furent ni poursuivis ni sanctionnés.

Les leçons pour aujourd’hui

Cette histoire offre plusieurs enseignements. Le premier est que certaines personnes très puissantes n’ont aucun intérêt à voir disparaître l’exploitation sexuelle des enfants, ce qui rend les réformes réellement efficaces particulièrement difficiles à mettre en œuvre. Ce n’est que sous la pression de l’opinion publique que de nouvelles lois furent finalement adoptées en 1885. Mais élaborée dans l’urgence, marquée par le conservatisme de l’époque et la volonté de préserver les intérêts des élites masculines, cette législation demeurait profondément imparfaite et empreinte de moralisme.

Le deuxième enseignement est que les victimes et les survivantes de violences sont trop souvent accusées, ignorées ou instrumentalisées à des fins politiques. La couverture médiatique du scandale du « Maiden Tribute » servit ainsi différents objectifs. En France comme aux États-Unis, elle fut présentée comme la preuve de la décadence de l’aristocratie. Quant aux jeunes filles exploitées, la bonne société les considérait comme des « filles perdues ». Comme l’affirmait le député Charles Hopwood à la Chambre des communes, les jeunes filles des classes populaires « qui se retrouvaient dans la rue […] étaient familiarisées avec ces choses dès leur plus jeune âge et étaient tout à fait capables de se débrouiller seules ».

MP Charles Hopwood
Le député Charles Hopwood affirmait que les jeunes filles des classes populaires « qui allaient dans les rues […] étaient familiarisées avec ces choses dès leur plus jeune âge et étaient parfaitement capables de se débrouiller seules ».
WikiCommons

En rejetant la faute sur les victimes, l’attention se détournait des recruteurs, comme Mrs Jeffries, qui offraient aux jeunes filles une échappatoire à l’extrême pauvreté ou les attiraient avec de fausses promesses d’emplois légitimes. Les méthodes de recrutement et de contrainte décrites dans les années 1880 ressemblent fortement à celles utilisées aujourd’hui dans les réseaux de traite. Même les jeunes filles qui tiraient un bénéfice financier de leur exploitation en subissaient de lourdes conséquences sur leur santé physique et mentale.

Troisième enseignement : les institutions déploient souvent des efforts considérables pour dissimuler ce type d’abus. Dans le Londres victorien, des policiers étaient achetés, et l’un de ceux qui refusa de se laisser corrompre fut poussé vers la sortie. Plus tôt en 1885, des militants avaient engagé des poursuites privées contre Mrs Jeffries après que la police eut refusé d’aller plus loin dans l’enquête. Pendant le procès, le juge rappela à plusieurs reprises aux témoins de ne pas citer le nom des clients, et Mrs Jeffries plaida coupable avant la fin des débats, évitant ainsi que sa clientèle prestigieuse ne soit révélée. Elle s’en tira avec une simple amende au lieu d’une peine de prison. En 1887, elle fut de nouveau poursuivie en vertu de la nouvelle loi ; ses clients, eux, ne le furent jamais.

Il n’est jamais facile d’amener les puissants à rendre des comptes. Parmi les principales figures mises en cause dans le scandale du Maiden Tribute, une seule personne finit en prison : Mary Jeffries. Les hommes, eux, n’eurent jamais à répondre de leurs actes, si ce n’est à travers les rumeurs qui circulaient sur leur implication.

Cette histoire livre ainsi plusieurs enseignements pour aujourd’hui : exercer une pression constante sur les responsables politiques afin qu’ils agissent rapidement et efficacement, se méfier des dirigeants qui instrumentalisent les affaires d’abus pour conquérir le pouvoir, enquêter sans relâche sur les mécanismes de corruption institutionnelle et veiller à ce que l’argent et l’influence ne permettent pas aux auteurs de violences d’échapper aux conséquences de leurs actes. Plus que tout, il faut écouter les victimes et les survivantes, et placer leur parole au cœur de toute réponse.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Avant Epstein, le scandale sexuel qui a forcé la Grande-Bretagne à changer sa loi – https://theconversation.com/avant-epstein-le-scandale-sexuel-qui-a-force-la-grande-bretagne-a-changer-sa-loi-281457

3I/Atlas, une comète venue d’une autre étoile qui ne ressemble à rien de connu dans le Système solaire

Source: The Conversation – France in French (2) – By Matthew Hopkins, Postdoctoral Fellow, University of Canterbury

Une image de 3I/Atlas prise par le télescope spatial Hubble montre le cocon de poussière en forme de goutte qui s’échappe de son noyau solide et glacé. NASA, ESA, David Jewitt (UCLA); Image Processing: Joseph DePasquale (STScI)

Troisième objet interstellaire jamais détecté, 3I/Atlas ne ressemble à aucune comète du Système solaire. Sa composition et son âge exceptionnel en font un précieux témoin de la jeunesse de notre galaxie.


Des astronomes viennent de révéler de nouveaux détails sur la composition et l’âge d’une comète de passage, née autour d’une étoile lointaine. Ils concluent de leurs travaux que la composition de 3I/Atlas est radicalement différente de celle de tous les objets connus de notre Système solaire.

Trois études, publiées récemment et ici, apportent ainsi un nouvel éclairage sur les origines de cette comète hors du commun. 3I/Atlas semble s’être formée dans un environnement très froid, il y a environ 12 milliards d’années.

La comète est un objet interstellaire (interstellar object, ou ISO), c’est-à-dire un astéroïde ou une comète provenant de l’extérieur du Système solaire. Il s’agit du troisième objet de ce type jamais identifié, après 1I/ʻOumuamua et 2I/Borisov. Elle a été découverte il y a presque exactement un an, alors qu’elle arrivait de l’espace interstellaire sur une trajectoire traversant le Système solaire interne avant de s’en éloigner de nouveau.

Ces origines lointaines rendent les objets interstellaires particulièrement fascinants pour les astronomes, car ils constituent des fragments matériels d’autres systèmes planétaires, apportés jusqu’à nous par les courants gravitationnels de la galaxie et que nous pouvons étudier sans quitter le confort de notre propre Système solaire.

En tant que comète, 3I/Atlas contenait des glaces qui se sont sublimées, c’est-à-dire qu’elles sont passées directement de l’état solide à l’état gazeux. En se réchauffant sous l’effet du Soleil, ces gaz se sont échappés de la comète, donnant naissance à une spectaculaire chevelure (ou coma), l’enveloppe lumineuse qui entoure son noyau, ainsi qu’à une longue queue.

Une comète ne possède pas de source de lumière propre. La poussière présente dans sa chevelure réfléchit la lumière du Soleil, tandis que ses composés volatils (des substances qui se vaporisent ou se subliment facilement) émettent une fluorescence.

Mais il ne s’agit pas d’un simple spectacle lumineux : chaque molécule fluorescente laisse une empreinte spectrale dans la lumière qui parvient jusqu’à nos télescopes. Ces signatures permettent d’identifier les composés chimiques présents dans la comète.

Pour les révéler, les astronomes décomposent la lumière en ses différentes longueurs d’onde grâce à une technique appelée spectroscopie. Ils peuvent ainsi déterminer la composition chimique de la comète.

Un cocktail chimique inédit

Les observations ont révélé que 3I/Atlas renferme un mélange d’eau, de dioxyde et de monoxyde de carbone, de méthane, de cyanures, de sulfures, ainsi que d’atomes de fer et de nickel à l’état libre. Pris séparément, ces composés n’ont rien d’inhabituel : ils sont régulièrement détectés dans les comètes de notre propre Système solaire. En revanche, leurs proportions diffèrent nettement dans 3I/Atlas. Sa forte teneur en dioxyde de carbone (CO2) et sa faible abondance en ammoniac (NH3) trahissent son origine extérieure au Système solaire.

Les molécules constituées d’atomes appartenant à différents isotopes (des variantes d’un même élément chimique) présentent également des signatures spectrales légèrement différentes. Grâce à l’éclat de 3I/Atlas et à la puissance des plus grands télescopes, les astronomes ont pu distinguer ces signatures et mesurer les rapports isotopiques de la comète.

L’une des nouvelles études, publiée dans Nature, s’appuie sur les signatures spectrales de l’eau et du dioxyde de carbone mesurées par le télescope spatial James Webb pour déterminer le rapport entre les deux principaux isotopes du carbone, le 12C et le 13C, présents dans 3I/Atlas, ainsi que son rapport deutérium/hydrogène (D/H), le deutérium étant une forme lourde de l’hydrogène.

Ces résultats sont particulièrement enthousiasmants, car les rapports isotopiques d’un objet interstellaire comme 3I/Atlas sont censés refléter ceux du disque protoplanétaire dans lequel il s’est formé. Ils permettent donc de reconstituer avec une grande précision les conditions de sa formation, ainsi que les caractéristiques de l’étoile autour de laquelle il est né.

L’eau de 3I/Atlas présente un rapport deutérium/hydrogène (D/H) d’environ 1 %, soit une valeur nettement supérieure à celle mesurée dans toutes les comètes connues du Système solaire.

De telles concentrations en deutérium ne se rencontrent que dans des environnements extrêmement froids, où la température est inférieure à 30 kelvins (-243 °C). Dans ces conditions, les atomes d’hydrogène « ordinaires » sont progressivement remplacés par des atomes de deutérium, plus lourds, dans la glace d’eau qui recouvre de minuscules grains de poussière. Avec le temps, ces grains glacés s’agglomèrent pour former des comètes.

Une voyageuse venue des premiers âges de la galaxie

Le rapport 12C/13C de 3I/Atlas est lui aussi exceptionnel, bien supérieur à toutes les valeurs mesurées dans le Système solaire. Ce rapport isotopique fonctionne comme une véritable horloge cosmique. Au début de l’histoire de l’Univers, la première génération d’étoiles produisait un carbone très riche en 12C par rapport au 13C. Puis, au fil des cycles de naissance et de mort des étoiles, ce rapport a progressivement diminué. Si 3I/Atlas présente une valeur aussi élevée, c’est qu’elle s’est formée très tôt dans l’histoire de la Voie lactée, il y a environ 12 milliards d’années.

Des études menées peu après sa découverte avaient déjà suggéré que 3I/Atlas était probablement âgée d’au moins 7 milliards d’années, d’après sa vitesse. Son ancienneté est donc désormais étayée par plusieurs indices indépendants.

Si le ciel nocturne, au-delà des confins du Système solaire, peut sembler immuable, l’Univers comme notre galaxie évoluent bel et bien, à l’échelle de milliards d’années.

NEO Surveyor
La future mission NEO Surveyor de la NASA devrait permettre de découvrir d’autres objets interstellaires.
NASA

Lorsque 3I/Atlas s’est formée, l’Univers était encore dans sa prime jeunesse et la Voie lactée était encore en train de se construire, au gré de violentes collisions et fusions avec d’autres galaxies.

Si l’étoile autour de laquelle 3I/Atlas s’est formée avait une masse comparable à celle du Soleil, elle a probablement déjà achevé son existence. Les objets interstellaires qu’elle a éjectés peu après sa naissance, comme 3I/Atlas, lui ont ainsi survécu.

Au cours des dix prochaines années, de nouveaux télescopes de pointe dédiés à la découverte d’objets célestes, comme le NEO Surveyor de la NASA et l’observatoire Vera C. Rubin, au Chili, devraient multiplier par dix le nombre d’objets interstellaires connus. Cette moisson offrira aux astronomes une véritable archive fossile de l’évolution des systèmes planétaires tout au long de l’histoire de la Voie lactée.

The Conversation

Matthew Hopkins a reçu une bourse Elaine P. Snowden Fellow à l’université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande.

ref. 3I/Atlas, une comète venue d’une autre étoile qui ne ressemble à rien de connu dans le Système solaire – https://theconversation.com/3i-atlas-une-comete-venue-dune-autre-etoile-qui-ne-ressemble-a-rien-de-connu-dans-le-systeme-solaire-286883

Les algues ne sont pas des plantes… et six autres faits surprenants sur la flore aquatique

Source: The Conversation – France in French (2) – By Alexander Bowles, Glasstone Research Fellow, Plant Science, University of Oxford

L’utriculaire est une plante carnivore aquatique rare.
Maximillian cabinet/Shutterstock

Des plantes sans racines, d’autres carnivores, certaines capables de fleurir sous l’eau… Les plantes aquatiques ont développé des adaptations spectaculaires qui défient notre vision du monde végétal.


À l’abri des regards, sous la surface des eaux, se déploie un monde végétal d’une étonnante inventivité et parmi les plus importants sur le plan écologique.

Comme je le souligne dans une publication récente, les plantes aquatiques ont développé une extraordinaire diversité d’adaptations pour vivre sous l’eau. Certaines fleurissent sous la surface, d’autres capturent des animaux grâce à d’ingénieux pièges. Voici sept faits qui montrent à quel point ces organismes remarquables bousculent nos idées reçues sur ce qu’est une plante et sur les stratégies qu’elle déploie pour survivre.

1. Les plantes n’en finissent pas de retourner à l’eau

Quand on pense aux plantes, on imagine spontanément les forêts, les prairies ou les champs. Pourtant, au cours de leur histoire évolutive, les plantes sont retournées à de nombreuses reprises dans le milieu aquatique, là même où elles sont apparues. Il y a environ 500 millions d’années, elles ont conquis les terres émergées. Depuis, nombre d’entre elles ont fait le chemin inverse. Les scientifiques estiment que le mode de vie aquatique est apparu indépendamment plus de 100 fois au sein de différents groupes de plantes.

Les nénuphars font flotter leurs feuilles à la surface, les lentilles d’eau dérivent librement et les herbiers marins vivent entièrement immergés dans l’océan. Certains de ces groupes sont retournés à l’eau il y a plus de 100 millions d’années. Cette réapparition répétée des plantes aquatiques constitue l’un des exemples les plus spectaculaires de l’évolution convergente dans la nature.

2. Les plantes qui n’en sont pas

Parmi les organismes les plus visibles sous la surface de l’eau figurent les algues. Elles réalisent la photosynthèse et ressemblent souvent à des plantes sous-marines. Pourtant, malgré les apparences, les algues ne sont pas de véritables plantes.

Des algues
Les algues ne sont pas des plantes.
divedog/Shutterstock

Les algues marines appartiennent en réalité à plusieurs lignées d’algues distinctes dans l’arbre du vivant. Les laminaires géantes, qui forment de véritables forêts sous-marines, sont des algues brunes. Le nori et la dulse sont des algues rouges, tandis que la laitue de mer appartient aux algues vertes.

Contrairement aux plantes, elles ne possèdent ni véritables racines, ni tiges, ni feuilles, et ne produisent ni fleurs ni graines. Leur ressemblance avec les plantes rappelle toutefois que l’évolution peut conduire à des formes très similaires chez des organismes pourtant très éloignés, lorsqu’ils sont confrontés aux mêmes contraintes environnementales.

3. Des plantes qui vivent dans les profondeurs

Les plantes ont besoin de lumière pour réaliser la photosynthèse, ce qui les cantonne généralement aux milieux terrestres ou aux eaux peu profondes. Pourtant, certaines mousses aquatiques survivent à des profondeurs étonnantes. La faucillette courbée (Drepanocladus aduncus) a ainsi été observée à 140 mètres sous la surface dans les eaux exceptionnellement limpides de Crater Lake, dans l’État américain de l’Oregon. Il s’agit de la plante aquatique connue poussant aussi sur terre qui vit à la plus grande profondeur, environ la hauteur de la cathédrale de Strasbourg.

Des mousses de grande profondeur ont également été recensées dans des lacs de Nouvelle-Zélande, d’Antarctique et d’autres régions. Elles prospèrent dans des environnements si profonds qu’ils sont presque totalement privés de lumière et où très peu d’animaux peuvent survivre.

4. Des plantes sans racines

Les racines sont l’une des caractéristiques emblématiques des plantes. Elles les ancrent dans le sol et y puisent l’eau ainsi que les nutriments. Pourtant, de nombreuses plantes aquatiques ont considérablement réduit leur système racinaire, et certaines semblent même avoir complètement perdu leurs racines.

La Wolffia est aussi surnommée le « caviar vert » en raison de ses qualités nutritionnelles.
Suphap Donwun/Shutterstock

La vie sous l’eau change les règles du jeu. L’eau et les nutriments dissous entourent directement la plante, rendant les vastes systèmes racinaires beaucoup moins utiles que sur terre. De nombreuses espèces aquatiques absorbent ainsi les nutriments directement par leurs feuilles et leurs tiges.

Les lentilles d’eau en offrent l’un des exemples les plus extrêmes. Certaines espèces ne possèdent qu’une seule racine, contrairement à des parentes comme la grande lentille d’eau, qui en développe plusieurs. Quant aux espèces du genre Wolffia – les plus petites plantes à fleurs du monde –, elles n’ont plus aucune racine et flottent librement à la surface de l’eau. Un individu mesure à peine un millimètre de long et ses fleurs ne dépassent pas 0,3 millimètre.

5. Des plantes carnivores sous l’eau

Toutes les plantes aquatiques ne se contentent pas de la lumière du Soleil et des nutriments dissous dans l’eau. Certaines complètent leur alimentation en capturant et en digérant de petits animaux.

Les exemples les plus spectaculaires sont les utriculaires (Utricularia), un groupe de plantes aquatiques dépourvues de racines que l’on trouve dans les eaux douces du monde entier. Leurs feuilles se sont transformées en minuscules pièges en forme de vessie qui créent un vide en expulsant l’eau contenue dans leur cavité.

Les utriculaires sont un véritable cauchemar pour les minuscules animaux.
JIANG TIANMU/Shutterstock

Lorsqu’un minuscule animal effleure les poils sensitifs situés à l’entrée du piège, une trappe s’ouvre brusquement et la proie est aspirée en moins d’une milliseconde. Les pièges des utriculaires figurent ainsi parmi les mouvements les plus rapides du règne végétal. S’ils capturent le plus souvent de petits invertébrés aquatiques, il leur arrive aussi de piéger des larves de poissons et des têtards.

Ce mode de vie carnivore permet aux utriculaires de prospérer dans des eaux pauvres en nutriments, où la plupart des autres plantes peinent à survivre.

6. Une pollinisation portée par les courants

Quand on pense à la pollinisation des plantes, on imagine volontiers des abeilles butinant de fleur en fleur par une belle journée ensoleillée. Mais sous l’eau, la pollinisation devient beaucoup plus compliquée. Au lieu de compter sur les insectes ou le vent, de nombreuses plantes aquatiques, comme les herbiers marins, utilisent directement les courants pour transporter leur pollen jusqu’à sa destination.

Sur terre, les plantes attirent leurs pollinisateurs en diffusant des parfums dans l’air. Sous l’eau, en revanche, ces signaux volatils sont inefficaces. Cette contrainte a conduit à un changement évolutif : les plantes entièrement aquatiques, comme les herbiers marins, ont perdu les gènes responsables de la production de ces composés odorants. Ne procurant plus d’avantage, ils ont progressivement disparu au cours de l’évolution.

7. Les herbiers marins et les mangroves, de puissants puits de carbone

Les herbiers marins et les mangroves capturent et stockent le carbone dans leurs tissus ainsi que dans les sédiments qui les entourent, ce qui les classe parmi les puits de carbone naturels les plus efficaces de la planète. Ensemble, ils emmagasinent ce que les scientifiques appellent le « carbone bleu » : le carbone piégé dans les écosystèmes côtiers, où il peut rester stocké pendant des siècles, voire des millénaires.

Les mangroves stockent des quantités de carbone insoupçonnées.
Ethan Daniels/Shutterstock

À l’échelle mondiale, ces écosystèmes – herbiers marins et mangroves – stockent 11,5 milliards de tonnes de carbone. Les mangroves représentent à elles seules le plus grand réservoir de carbone bleu, avec 6,5 milliards de tonnes.

Qu’elles capturent leurs proies en quelques fractions de milliseconde, poussent dans une quasi-obscurité ou stockent du carbone pendant des siècles, les plantes aquatiques témoignent de l’extraordinaire capacité du vivant à s’adapter.

The Conversation

Alexander Bowles a reçu une bourse « Glasstone Fellowship » à l’Université d’Oxford.

ref. Les algues ne sont pas des plantes… et six autres faits surprenants sur la flore aquatique – https://theconversation.com/les-algues-ne-sont-pas-des-plantes-et-six-autres-faits-surprenants-sur-la-flore-aquatique-286882

Más allá de las buenas intenciones: cómo donar a Venezuela de forma realmente útil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nieves Fernández Rodríguez, Profesora y coordinadora de la Cátedra de Migraciones y Derechos Humanos, Universidad Nebrija

Centro de recolección de ayuda establecido en la ciudad de Maracaibo, Venezuela, tras los terremotos ocurridos el 24 de junio de 2026. Humberto Matheus/Shutterstock

En los días posteriores al terremoto que sacudió Venezuela, miles de personas en España se movilizaron para ayudar. Ahora, mientras la emergencia entra en una nueva fase, surge la pregunta de cómo seguir haciéndolo. Tras un balance provisional de 3 811 personas fallecidas, 16 740 heridas y 17 907 personas sin vivienda, las necesidades siguen siendo urgentes: alojamiento temporal, atención sanitaria, alimentos, agua potable, apoyo psicosocial y recursos para reconstruir.

No existe una única forma correcta de ayudar, cada vía responde a necesidades distintas y presenta ventajas e inconvenientes. A partir de la evidencia disponible, este artículo ofrece algunas claves para decidir cómo ayudar desde España de forma segura, responsable y eficaz.

Donar dinero a organizaciones humanitarias

Las donaciones económicas a organizaciones humanitarias con experiencia constituyen la modalidad más recomendada por la evidencia y por organismos como la Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AECID). A diferencia de la ayuda en especie, las donaciones monetarias permiten responder con mayor flexibilidad a una emergencia cambiante y a cubrir las necesidades más urgentes en cada momento, ya sea la compra de alimentos, medicamentos, agua potable o materiales para la reconstrucción.

En comparación con el envío de bienes desde España, las transferencias monetarias eliminan costes asociados al transporte, almacenamiento, aduanas y distribución internacional. En el caso venezolano, además, el envío de ayuda material desde el extranjero requiere complejos trámites de autorización y coordinación con las autoridades consulares y el Ministerio del Poder Popular para Relaciones Exteriores, lo que puede retrasar la llegada de la ayuda y aumentar sus costes. Además, estas donaciones permiten adquirir productos en el propio país o en regiones cercanas, contribuyendo a reactivar la economía local.

Existen, no obstante, excepciones. Cuando determinados medicamentos o material sanitario no están disponibles en el país, ni en otros cercanos, organizaciones especializadas coordinan envíos específicos. En el caso del terremoto de Venezuela, Farmamundi ha preparado desde su almacén logístico en Valencia (España) el envío de mochilas sanitarias y medicamentos especializados.

Para maximizar el impacto de la ayuda conviene canalizar las aportaciones a través de organizaciones con presencia consolidada en Venezuela o con socios locales de confianza, capaces de identificar las necesidades prioritarias conforme evoluciona la emergencia. Algunas cuentan con capacidad operativa propia y despliegan directamente equipos y servicios de emergencia, como Médicos Sin Fronteras o ACNUR. Otras trabajan mediante acuerdos de colaboración de largo plazo con organizaciones venezolanas –como Entreculturas, con Fe y Alegría o Manos Unidas con sus organizaciones socias–, con las que identifican necesidades, formulan y ejecutan proyectos y comparten procedimientos de gestión y rendición de cuentas.

Experiencias previas muestran que estas alianzas permiten movilizar fondos con rapidez, reducir los costes de coordinación y aprovechar la experiencia y capacidad de quienes ya trabajan sobre el terreno, un enfoque que en ayuda humanitarias se denomina “localización”.

Asimismo, es recomendable desconfiar de mensajes difundidos por redes sociales o aplicaciones de mensajería que soliciten transferencias a cuentas personales, ya que tras las grandes catástrofes suelen proliferar intentos de fraude. Tras la dana de Valencia, por ejemplo, las autoridades detectaron páginas web falsas para captar donaciones y casos de personas que se hacían pasar por voluntarios de Cruz Roja para solicitar dinero en efectivo. Del mismo modo, conviene no difundir campañas cuya autenticidad no haya podido verificarse. Para ello existen mecanismos concretos como Fundación Lealtad, Charity Navigator o los directorios verificados donarseguro.com y rutadeayuda.org.

Además, las donaciones realizadas a entidades acogidas a la Ley 49/2002 pueden beneficiarse de deducciones fiscales en el IRPF. En la actualidad, los primeros 250 euros donados desgravan un 80 %. A partir de esa cantidad, la deducción es del 40 %, porcentaje que aumenta al 45 % en el caso de las donaciones recurrentes. Para ello, basta con conservar el certificado emitido por la organización. Al no existir un listado público único de las entidades acogidas a este régimen, en caso de duda conviene confirmarlo con la propia organización.

Los centros de acopio de la diáspora

Muchos de los inconvenientes de las donaciones en especie pueden mitigarse cuando se canalizan a través de centros de acopio organizados. Estas iniciativas, impulsadas con frecuencia por asociaciones de la diáspora venezolana, verifican y priorizan las donaciones antes de su envío, lo que evita la llegada de artículos innecesarios o en mal estado, facilita su distribución según las necesidades identificadas sobre el terreno y reduce los costes logísticos. Así, en colaboración con Refugiados Sin Frontera, Diáspora en Movimiento prepara cargamentos que se envían desde España mediante acuerdos con compañías aéreas. Posteriormente son recibidos y distribuidos en Venezuela por la Arquidiócesis de Caracas.

En un contexto de autoritarismo prolongado como el venezolano, donde parte de la diáspora expresa recelos hacia la independencia de algunas organizaciones que operan en el país y hacia los mecanismos estatales de recepción de ayuda, los centros de acopio ofrecen canales más cercanos y transparentes. Para localizar centros de acopio activos en España pueden consultarse directorios como Ayudaparavenezuela.com.

Para donar de forma eficaz, es fundamental entregar únicamente los productos solicitados por el centro de acopio y respetar sus indicaciones sobre estado, tipo y embalaje de los artículos. Esta precaución resulta especialmente importante con los medicamentos, que deben proceder de canales autorizados, encontrarse dentro de su periodo de validez y cumplir los requisitos de calidad y seguridad tanto del país donante como del receptor.

La experiencia acumulada en desastres internacionales muestra que las donaciones inadecuadas pueden saturar almacenes, retrasar la distribución de suministros prioritarios e incluso convertirse en un residuo que las propias organizaciones humanitarias deben gestionar. En distintas emergencias, se enviaron, por ejemplo, vaqueros a Darfur, donde apenas se utilizaban; queso fresco a Indonesia, pese a su difícil conservación; o beicon al Líbano, incompatible con las prácticas alimentarias de la mayor parte de la población.

En el caso venezolano, asociaciones de la diáspora han denunciado la recepción de ropa en mal estado o de prendas de fiesta y de etiqueta completamente inútiles para cubrir las necesidades más urgentes.

Donar directamente a personas afectadas

Una tercera vía consiste en apoyar directamente a personas o familias afectadas. Este tipo de donaciones puede ser útil para responder a una necesidad muy concreta –como una intervención médica, la reparación de una vivienda o la reposición de bienes esenciales– que difícilmente puede ser cubierta por los programas de las organizaciones humanitarias.

Si se opta por esta forma de micromecenazgo, se recomienda contribuir únicamente a campañas promovidas por personas a las que se conozca directa o indirectamente y utilizar plataformas que verifiquen la identidad de los organizadores, ofrezcan información sobre el destino de los fondos y permitan seguir la evolución de la campaña –como GoFundMe o WhyDonate–, en lugar de realizar transferencias directas a cuentas bancarias difundidas por redes sociales o aplicaciones de mensajería, un formato especialmente vulnerable al fraude.

La reconstrucción de Venezuela continuará durante meses, mucho después de que desaparezca la atención mediática. La evidencia muestra que la eficacia de una donación no depende solo de la generosidad de quien la realiza, sino también del canal a través del cual se hace llegar. Dedicar unos minutos a comprobar qué se necesita, quién canaliza la ayuda y cómo llegará a las personas afectadas puede tener una importancia crucial.

The Conversation

Nieves Fernández Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Más allá de las buenas intenciones: cómo donar a Venezuela de forma realmente útil – https://theconversation.com/mas-alla-de-las-buenas-intenciones-como-donar-a-venezuela-de-forma-realmente-util-286977

Sénégal : les leçons de trois alternances politiques depuis 2000

Source: The Conversation – in French – By Abdou Fattah Niane, ensiegnant-chercheur, Université Gaston Berger

Le Sénégal a connu trois changements de pouvoir depuis 2000. Le pays confirme ainsi sa capacité à organiser le transfert du pouvoir par les urnes, malgré des poussées de violence. Mais ces changements successifs ont-ils abouti aux transformations économiques, sociales, politiques et institutionnelles attendues par les citoyens ? Vingt-cinq ans après la première alternance, et alors que la troisième, portée par le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) en 2024, semblait annoncer une nouvelle ère politique fondée sur la souveraineté et la rupture, des tensions sont apparues au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans cet entretien avec The Conversation Africa, le politiste Abdou Fattah Niane analyse les évolutions de la démocratie au Sénégal, ses manifestations, ses défis et ses limites.

Que révèlent les alternances successives au Sénégal depuis 2000 ?

On peut constater une tendance à la banalisation. L’alternance est intervenue trois fois. Mais on note des différences et des permanences.

Concernant les différences, le changement du personnel dirigeant a été relativement pacifique en 2000, tandis qu’il a été conflictuel en 2012 et violent en 2024. Il y aurait une accentuation de la violence, vue sous cet angle. Dans la même perspective, il convient de distinguer le mécanisme et le processus.

Si on considère uniquement le moment où le verdict des urnes est accepté et où le pouvoir change effectivement de mains, la rotation des élites gouvernantes est relativement pacifique. En revanche, si on porte l’attention sur le temps qui sépare deux élections présidentielles et / ou législatives, les différences apparaissent.

Il suffit de comparer les épisodes de violences électorales en 2011 et en 2023. Les violences ont été plus meurtrières en 2023 qu’en 2011. En fait, le champ politique, les acteurs, les attitudes et les pratiques politiques évoluent. C’est donc en fonction de ces évolutions qu’on apprécie la nature, la valeur et la portée des alternances sénégalaises.

Concernant les permanences, outre le caractère relativement pacifique du moment qui consacre la rupture, il y a surtout les limites des réponses apportées par les politiques publiques mises en œuvre après chaque alternance. En effet, au regard des attentes des populations, on constate des frustrations, se manifestant par un décalage entre les aspirations et les réalités.

L’insuffisance et la précarité des emplois, l’émigration clandestine, la réduction du pouvoir d’achat des populations montrent que les résultats des politiques publiques sont limités.

Avec Pastef au pouvoir, assiste-t-on à la reproduction de schémas observés après les alternances de 2000 et de 2012 ?

Tout dépend de la perspective privilégiée. Mais l’alternance est, en principe, porteuse de changement, de dynamiques nouvelles. Elle permet – in fine – le plein emploi des ressources humaines, intellectuelles d’un pays. Dès lors, avec PASTEF, il y a une plus forte présence des technocrates dans l’espace politique. Cela montre le caractère novateur de la troisième alternance au point qu’on a pu parler de « révolution ». Toujours est-il que dans une perspective démocratique, l’alternance oscille entre le changement et la continuité.

Par ailleurs, sur le plan opérationnel et par rapport aux performances économiques, les avancées restent insuffisantes. Les défis juridiques et politiques persistent également avec la méfiance entre acteurs politiques, le désaccord sur les institutions. Tout cela montre une certaine permanence offrant un scénario du déjà-vu. Mais le « ticket » au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko laisse la place à une rupture politique majeure au sein de la majorité gouvernante.

Exception faite de la crise politique de 1962 ayant opposé le président Léopold Sédar Senghor au président du Conseil Mamadou Dia sur le partage du pouvoir, un tel schéma est inédit sur le plan strictement politique. Il reste à évaluer les impacts économiques et sociaux découlant de cette discordance entre les majorités gouvernantes.

Dans quelle mesure les tensions actuelles illustrent-elles les ambiguïtés institutionnelles que vous mettez en évidence dans votre étude ?

Il est surtout question du potentiel contestataire des populations qui s’accroît mais aussi d’un consensus a minima entamé en deux années seulement d’exercice du pouvoir. La conjonction de ces deux tendances installe un climat anxiogène de part et d’autre.

Le problème de la conservation du pouvoir se pose aussi. Les contextes sont différents. La prochaine élection présidentielle prévue en 2029 apparaît désormais comme un enjeu voire un point de discorde. Les élites dirigeantes ont du mal à mettre en œuvre leurs propres consensus.

Les divergences politiques impactent l’appareil administratif. Cela risque d’affecter les performances économiques et de créer un climat social délétère. Les tensions actuelles seraient porteuses de régressions sur plusieurs plans. Dans ce contexte, le potentiel de contestation des populations rendrait possible une action collective qui se poserait comme une alternative à une alternance mal négociée.

Quelles leçons les dirigeants actuels devraient-ils tirer des alternances précédentes pour éviter les erreurs du passé ?

Je crois que les populations sénégalaises sont devenues plus exigeantes. Le développement des réseaux sociaux et la transnationalisation des revendications ont eu un impact assez fort. Après un quart de siècle d’expérimentation de l’alternance au pouvoir, les citoyens sénégalais semblent être globalement conscients de leurs capacités et de leurs possibilités. Les dirigeants actuels ont la responsabilité historique de préserver la stabilité politique et de créer les conditions de l’épanouissement de ces populations.

L’élection est un indicateur de l’expression démocratique. Elle est un moyen de conservation du pouvoir. Elle est aussi un procédé de réalisation de l’alternance. Elle contribue à stabiliser le régime politique. Il est donc important de respecter le calendrier électoral républicain.

Quant à l’action collective, elle permet certes d’envoyer des requêtes aux gouvernants entre deux alternances, mais les citoyens sénégalais gagneraient à activer et à insister sur le recours aux répertoires d’actions pacifiques. Ces derniers sont illimités. Faire preuve d’imagination et d’inventivité relativement aux contextes et aux circonstances, tel est le défi à relever.

Le bilan des trois alternances montre que les pertes en vies humaines sont excessives et il convient de prohiber de nouveaux abus.

Les profils des nouveaux dirigeants avaient suscité beaucoup d’espoirs. Mais le changement politique s’inscrit sur la longue durée, surtout dans un contexte international marqué par des incertitudes géopolitiques.

The Conversation

Abdou Fattah Niane does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Con la sentencia dictada contra Marine Le Pen, el poder judicial deja en manos de los ciudadanos franceses la decisión final sobre su futuro político

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luc Rouban, Directeur de recherches (CNRS) au Cevipof, Sciences Po


EN RESUMENHaga clic aquí para conocer las claves
Marine Le Pen ha anunciado que se presentará a las elecciones presidenciales por cuarta vez en 2027.
El Tribunal de Apelación de París confirmó la condena de la líder de extrema derecha por malversación de fondos de la UE, pero le redujo la pena y le rebajó la inhabilitación para ejercer cargos públicos.
Mientras el máximo tribunal civil de Francia examina el recurso de Le Pen, esta podrá hacer campaña sin dispositivo de seguimiento electrónico. La fecha en que se dicte la sentencia (lo que probablemente no ocurrirá antes de 2027) determinará si Marine Le Pen podrá llevar a cabo su campaña o si tendrá que ceder el testigo a Jordan Bardella..
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La líder del partido de extrema derecha francés Rassemblement National (RN), Marine Le Pen, fue condenada por el Tribunal de Apelación el martes 7 de julio de 2026 a tres años de prisión, de los que solo debe cumplir uno con una tobillera electrónica, así como a una multa de 100 000 euros en el caso relativo a los asistentes parlamentarios del Frente Nacional.

A la líder parlamentaria del RN en la Asamblea Nacional también se le impuso una inhabilitación de 45 meses para presentarse a las elecciones, de los cuales 30 meses son condicionales. Habiendo cumplido ya los quince meses transcurridos desde la sentencia en primera instancia, cumple los requisitos para presentarse como candidata a la presidencia y confirmó su intención de hacerlo en la televisión nacional horas después del veredicto. Marine Le Pen también anunció que recurriría ante el Tribunal de Casación “para agotar todas las vías legales”.

Luc Rouban, director emérito de investigación del Centro de Estudios Políticos de Sciences Po (Cevipof), analiza el veredicto.


En un comunicado de prensa, la Audiencia Provincial de París explicó su fallo afirmando que la inhabilitación para presentarse a las elecciones, que se le había impuesto a Le Pen, debe considerarse en el contexto de “la libertad de elección del votante, que es un requisito previo para el ejercicio del sufragio democrático”. ¿Supone esto reconocer que el veredicto de las urnas prevalece sobre el de los tribunales?

No, no lo creo, porque de este caso se desprende claramente que los jueces intentaron distinguir entre dos ámbitos muy diferentes: el jurídico y el político. La esfera jurídica, recientemente reforzada por todo tipo de medidas relativas a la transparencia en la vida pública –en particular la Alta Autoridad para la Transparencia en la Vida Pública–, ejerce ahora un control estricto sobre los políticos y la financiación de los partidos políticos. Y, junto a esto, está la esfera política, que también ha evolucionado hacia unas mayores expectativas de conducta moral por parte de los ciudadanos, centradas en lo que los romanos llamaban auctoritas, es decir, la capacidad de dar ejemplo, dotada de una cierta fuerza moral.

En última instancia, las directrices de imposición de penas contienen disposiciones que, si bien sirven sin duda para condenar el delito, lo hacen sin consecuencias políticas directas y transfiriendo la decisión política a la ciudadanía. Y es una muestra de la sabiduría del poder judicial haber separado estas dos esferas, sobre todo en un momento en el que se enfrenta a duras críticas por sus propios fallos, especialmente en relación con el caso Lyhanna.

Marine Le Pen anunció en la televisión francesa que recurriría ante el Tribunal de Casación, alegando que este procedimiento suspendería la sentencia dictada. ¿En qué medida complica esta decisión el caso?

La pregunta que sigue sin respuesta es cuándo dictará su sentencia el Tribunal de Casación. Cuanto más avanzada esté la campaña cuando se dicte dicha sentencia, más difícil resultará emitir un fallo que invalide la candidatura de Marine Le Pen. Y si eso llegara a suceder, la campaña ya habría comenzado, y Jordan Bardella no tendría más remedio que llevarla a término.

También es razonable suponer que la sentencia del Tribunal de Casación no se dictará antes del 2 de mayo de 2027, fecha de la segunda vuelta de las elecciones. Si Marine Le Pen resulta elegida, se le concederá la inmunidad presidencial. Si no resulta elegida, la sentencia ya no tendrá relevancia.

¿Puede alguien presentarse como candidato por un partido que ha hecho de la integridad uno de sus temas clave de campaña tras haber sido condenado por malversación de fondos públicos? ¿Podría esta decisión del Tribunal de Apelación costarle un número significativo de votos?

Este es un argumento que se utilizará en su contra, por supuesto, pero cuando se trata de la integridad, los votantes tienden a aplicar cierto matiz. En este caso concreto, no hubo enriquecimiento personal, a diferencia de, por ejemplo, el caso Fillon. Aquí se trata del uso fraudulento de fondos del Parlamento Europeo para pagar a asistentes. Moralmente reprochable, pero menos escandaloso que otros casos. Marine Le Pen sale, en última instancia, como ganadora de este episodio judicial, ya que puede demostrar que persigue su objetivo a pesar de todas las dificultades y pruebas. Tal y como afirmó en su intervención televisiva, siente que tiene una misión que cumplir y está adoptando una postura de abnegación. Pero esta estrategia es indicativa de una clara perspicacia política que sus adversarios políticos temen.

Lo que debemos tener en cuenta aquí es que las elecciones de 2027 son únicas y diferentes a todas las anteriores: se producen en un momento muy crítico en el que el pueblo francés tendrá que elegir entre perspectivas sociopolíticas muy diferentes. La visión soberanista y nacionalista de la Agrupación Nacional, centrada en la memoria y la identidad. La de La France insoumise (LFI, liderada por Jean-Luc Mélenchon) y su “Nueva Francia”, basada en la diversidad, la democracia directa y el bienestar social. El posmacronismo, ahora defendido por Édouard Philippe desde su mitin del domingo, que se centra en la adaptación a la globalización. Y, en cierto modo, no importa quién defienda estas visiones. Es desde este punto de vista desde el que se posiciona Marine Le Pen.

Marine Le Pen explicó que no se habría presentado a las elecciones presidenciales francesas si hubiera tenido que llevar una tobillera electrónica. ¿Supuso esto un verdadero obstáculo durante la campaña?

Obviamente, es difícil hacer campaña en estas circunstancias, y el agente de libertad condicional, al decidir las condiciones concretas de esta condena, habría desempeñado un papel importante. El dispositivo de tobillo habría servido como recordatorio de su condena, pero también podría haberlo utilizado en su beneficio, convirtiéndolo en un símbolo de la “luchadora de la resistencia encadenada” que, “desde lo más profundo de su celda”, clama “justicia para el pueblo”.

Incluso con sus movimientos restringidos, podría haberse presentado como una víctima que, aunque encadenada, hace un llamamiento al pueblo para que propicie un cambio radical en el sistema sociopolítico. En el clima actual, marcado por numerosas condenas de figuras políticas francesas, especialmente a nivel de ayuntamientos, parece, en cualquier caso, menos impactante de lo que habría sido si hubiera ocurrido hace veinte o treinta años.

Tras haber sido señalado, en medio de la incertidumbre de los últimos meses, como el probable candidato del RN a las elecciones presidenciales de 2027, ¿podrá Jordan Bardella retomar su papel de número dos en esta campaña?

Quizás con más facilidad que el papel de cabeza de lista, en realidad. En mi opinión, el verdadero rival del RN hoy en día será Édouard Philippe, que se está posicionando como un posmacronista con una inclinación descaradamente de derechas. Es, en cierto sentido, el candidato de una derecha liberal algo autoritaria. Sin embargo, Jordan Bardella, en una especie de “trumpismo” al estilo francés, también se está posicionando en una plataforma autoritaria-liberal, pero con menos experiencia que su oponente, Édouard Philippe. No ha sido primer ministro, no es alcalde de ninguna gran ciudad y no está familiarizado con el funcionamiento del Gobierno… Mientras que Marine Le Pen, que se describe a sí misma como ni de derechas ni de izquierdas, sino “de las bases” –en una especie de macronismo a la inversa–, bien podría atraer a un sector del electorado de izquierdas y a quienes suelen abstenerse. Ella supone una amenaza mucho mayor para Édouard Philippe que Jordan Bardella. En este escenario, Francia tendrá una oposición que equivaldrá prácticamente a un conflicto de clases.


Entrevista realizada por Laurent Bainier.

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Luc Rouban no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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¿Encontrará la ciencia una vacuna definitiva contra la malaria?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Antonio Garrido Cárdenas, Profesor del Departamento de Biología y Geología, Universidad de Almería

En 1897, cuando el médico británico Ronald Ross investigaba una enfermedad que cada año acababa con la vida de miles de personas, observó algo que cambiaría para siempre nuestra comprensión de la malaria: el parásito responsable de la enfermedad se encontraba en el intestino de un mosquito y podía pasar de éste al ser humano. Aquel descubrimiento, que le valdría el Premio Nobel décadas más tarde, abrió una nueva etapa en una batalla que todavía continúa.

Más de un siglo después, la pregunta es sorprendentemente actual: ¿conseguiremos algún día una vacuna capaz de acabar con la malaria? La respuesta no es sencilla. Porque no nos enfrentamos a una enfermedad causada por un simple microorganismo, sino por un enemigo extraordinariamente complejo: un parásito del género Plasmodium con un ciclo de vida sofisticado, múltiples formas dentro del organismo humano y una capacidad notable para adaptarse y escapar de nuestras defensas.

La malaria figura, sin duda, como una de las enfermedades que más sufrimiento ha causado a lo largo de la historia de la humanidad. Y hoy continúa siendo un enorme problema de salud pública en ciertas zonas tropicales y subtropicales del planeta. En 2024 se estimaron cientos de millones de casos y más de medio millón de muertes, especialmente entre niños menores de cinco años del África subsahariana. A pesar de los avances logrados mediante tratamientos, prevención y control del mosquito transmisor, la enfermedad sigue recordándonos que algunas batallas científicas requieren décadas o siglos de esfuerzo.

El doble desafío de la vacuna

Durante años, desarrollar una inmunización eficaz contra la malaria parecía casi una misión imposible. Mientras que las vacunas tradicionales suelen entrenar al sistema inmunitario para reconocer un enemigo relativamente estable, en la malaria el desafío es doble. Por un lado, el parásito cambia de forma a lo largo de su ciclo de vida. Y, por otro, la enfermedad puede ser causada por varias especies de Plasmodium (entre las que destacan Plasmodium falciparum y Plasmodium vivax), cada una con sus particularidades biológicas.

Aunque aún queda camino por recorrer, los avances recientes han abierto una puerta a la esperanza de una futura vacuna eficaz frente a esta devastadora enfermedad. La primera gran noticia llegó con RTS,S/AS01, cuando en 2019 se puso en marcha un programa piloto en Ghana, Kenia y Malawi, que culminó en la vacunación de más de 800 000 niños. Esta vacuna está dirigida principalmente contra la fase hepática de P. falciparum; es decir, actúa contra el parásito en la etapa inicial de la infección, cuando éste “se esconde” en el hígado para multiplicarse antes de invadir los glóbulos rojos, momento en que se desencadenarán los síntomas propios de la enfermedad.

Posteriormente, la vacuna R21/Matrix-M (también de la fase hepática) amplió las expectativas y fue recomendada por la Organización Mundial de la Salud para su uso en niños en aquellas zonas donde la malaria supone un riesgo importante.

Buscando nuevos puntos débiles

En cualquier caso, ni RTS,S/AS01 ni R21/Matrix-M ponen el punto final a esta historia. Cada etapa biológica del parásito de la malaria ofrece una oportunidad distinta para intentar bloquear la enfermedad. Por eso, además de las vacunas dirigidas contra la fase hepática, existe una intensa investigación en vacunas de fase eritrocítica, diseñadas para impedir que el parásito invada y se multiplique dentro de los glóbulos rojos. Es una estrategia que está siendo desarrollada tanto en P. falciparum como en P. vivax.

Algunas proteínas implicadas en la invasión del glóbulo rojo se han convertido en dianas prometedoras. Entre ellas se encuentran CYRPA y RIPR, moléculas clave del parásito que le permiten la entrada en la célula humana. En un reciente estudio sobre la diversidad genética del gen que da lugar a RIPR en P. vivax, nuestro grupo de investigación ha puesto de manifiesto que para diseñar vacunas eficaces es necesario conocer la variabilidad del parásito y entender qué regiones pueden ser reconocidas por nuestro sistema inmunitario.

Más allá de la vacuna

Probablemente, si la ciencia logra algún día una vacuna realmente definitiva contra la malaria, será fruto de combinar distintas estrategias: bloquear la infección en el hígado, impedir la multiplicación del parásito en los glóbulos rojos y reducir la transmisión mediante vacunas altruistas (que no inmunizan a quien la recibe, pero detienen la transmisión de la enfermedad).

Pero incluso una inmunización eficaz no bastará por sí sola. Porque la malaria es y seguirá siendo una enfermedad ligada a la pobreza, en la que el acceso a medidas básicas de prevención resulta determinante. Por ello, será imprescindible mantener herramientas como los mosquiteros tratados con insecticida y el rociamiento de interiores con insecticidas de acción residual.

Volviendo a aquella escena de Ronald Ross observando el mosquito y el parásito bajo el microscopio, es evidente cuánto ha cambiado nuestra comprensión de la malaria. Hemos pasado de descubrir simplemente cómo se transmitía a intentar diseñar vacunas capaces de anticiparse al parásito. La inmunización definitiva aún no existe, pero cada avance –desde comprender al mosquito hasta estudiar proteínas concretas como RIPR– acerca un poco más la posibilidad de que aquella vieja enfermedad deje algún día de ser una amenaza para la vida de millones de personas.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

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¿Qué papel juega España dentro de la OTAN y por qué es uno de sus socios más fiables?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Priego, Profesor Agregado de la Facultad de Derecho- ICADE, Departamento de Dep. Público. Área DIP y RRII, Universidad Pontificia Comillas

Pedro Sánchez en la reciente cumbre de la OTAN en Ankara, Turquía. La Moncloa

A pesar de las siempre broncas palabras de Donald Trump, España es uno de los aliados más fiables y necesarios de la Alianza Atlántica. Hoy, resulta impensable plantear una OTAN sin ella. De hecho, la cumbre que acaba de cerrarse en Ankara (Turquía) no ha hecho más que reconocer su papel dentro de la alianza en cuestiones como el gasto militar, la cobertura del flanco sur o la promoción de la industria de la defensa. En este artículo analizamos los aspectos en los que España se configura como un socio imprescindible de la OTAN.

La posición estratégica de España

La posición que el país ocupa en Europa es quizás su mejor baza. El hecho de que España sea la llave que cierra el Mediterráneo, unido a la idea de que representa la retaguardia de Europa en una potencial guerra con Rusia, dota al país de unas condiciones estructurales de primer nivel. Estos dos motivos, junto con las capacidades más que demostradas de los militares españoles, convierten a su territorio en la sede de algunas de las instalaciones militares más importantes de la Alianza Atlántica.

Cabe destacar el Allied Land Command, en Bétera (Valencia), que es el mando terrestre estratégico de toda la OTAN. Tampoco podemos dejar de hacer mención del Combined Air Operations Centre de Torrejón (Madrid), desde donde se dirige la vigilancia y defensa aérea de una amplia zona del “flanco sur” de la OTAN. Ambos centros han estado al cargo de generales españoles, lo que muestra la confianza de la alianza en sus militares.

Militares sentados en sillas ante escritorios con pantallas y con una gran pantalla de pared que muestra vuelos en Europa
Centro de Operaciones Aéreas Combinadas (CAOC Torrejón), localizado en la Base Aérea de Torrejón de Ardoz (Madrid), es clave en la defensa aérea de la OTAN enel sur de Europa.
Arnaud Chamberlin/OTAN

Los recursos humanos

Son muchos los militares que han ocupado puestos de gran responsabilidad en la OTAN. Podemos destacar al general Víctor Bados Nieto, quien ocupó la Jefatura de Apoyo del Allied Rapid Reaction Corps (ARRC), al general Raimundo Rodríguez, que fue jefe de recursos del Supreme headquarters Allied Powers Europe
(SHAPE) en Mons, Bélgica, y al general Francisco José Asensi, que fue el jefe de planes de la Joint Force Command en Nápoles.

Todos estos ejemplos nos muestran la confianza que la OTAN deposita en las fuerzas armadas españolas, aunque dicha confianza no se limita al plano militar. En el plano civil, el país también ha tenido el honor de contar con grandes responsabilidades. La más destacada la asumió Javier Solana, quien fue secretario general de la Alianza Atlántica desde 1995 hasta 1999. Solo ocho de los 32 países de la OTAN pueden presumir de haber tenido a un secretario general entre sus nacionales. Además de Javier Solana, otros españoles como Javier Corominas (representante especial para el flanco sur) y Carmen Romero (vicesecretaria general) han ocupado cargos de gran relevancia.

Un rol destacado por su industria y sus capacidades militares

España es el quinto país de la OTAN en términos de industria militar, solo por detrás del Reino Unido, Francia e Italia. Empresas como Indra, Escribano, Navantia o Airbus España están entre las punteras y por ello, las compañías españolas participan con un rol activo en proyectos tales como las fragatas F-100 y F-110, los submarinos S-80, el Eurofighter o el avión de transporte de tropas A-400.

En los últimos años, España ha recibido críticas por parte de Donald Trump por sus cifras de gasto militar. Pero España es el cuarto aliado que más ha incrementado su presupuesto militar, solo por detrás de Francia, Reino Unido y Alemania, lo que la convierte en el octavo aliado en personal militar y el décimo en gasto en defensa.

Además, la OTAN fijó que el 20 % del presupuesto de defensa debía gastarse en capacidades, una cifra que España ha doblado al alcanzar el 44 % en inversión en defensa. Este esfuerzo en términos presupuestarios ha merecido el reconocimiento del secretario general, Mark Rutte, quien no solo ha felicitado a España por el incremento de su presupuesto al 2 %, sino también por la eficiencia a la hora de adquirir esas capacidades.

Soldados españoles en la alianza

Desde que el país entró en la OTAN y sobre todo desde que se integró en la estructura militar, unos 90 000 soldados han participado en misiones de la Alianza Atlántica, de los cuales 135 se dejaron la vida. Afganistán (ISAF), con 27 100, y los Balcanes (SFOR, IFOR y KFOR), con 44 000, han sido los destinos en los que los españoles han concentrado su actividad.

En la actualidad, los soldados españoles que están desplegados en las repúblicas bálticas (Enhanced Forward Presence y Baltic Air Policing), Eslovaquia (Multinational Brigade) y Rumanía suponen un pilar básico en la disuasión de la Alianza frente a Rusia. En buena medida, si Rusia no ha invadido el flanco este, es porque nuestros soldados, junto con otros de la alianza, están protegiendo las fronteras.

Iniciativas propuestas o creadas por España

Más allá de las contribuciones humanas y materiales, España ha apoyado o creado directamente iniciativas. El país siempre ha defendido la idea de que la seguridad de la alianza era integral y que, por tanto, el flanco sur (concepto español) era tan importante como el flanco este. De hecho, España ha impulsado una serie de iniciativas, como el Diálogo Mediterráneo, la Iniciativa de Cooperación de Estambul o la Visión 360º, que han culminado con la inclusión de la seguridad del flanco sur en el Concepto Estratégico de Madrid.

La Cumbre de Ankara no solo ha supuesto un refuerzo del papel de España en la Alianza Atlántica, sino que ha sido un reconocimiento de su compromiso con la OTAN. En primer lugar, hay que decir que la organización no solo ha consolidado la idea defendida por España de que el flanco sur es una prioridad estratégica, sino que también ha reforzado nuestra importancia como nodo estratégico al anunciar la continuidad de la base naval de Rota, de la base aérea de Morón y del Allied Land Command (LANDCOM) de Valencia.

Además, durante la cumbre se valoró positivamente a España no solo por haber alcanzado el 2 % de gasto militar, sino también por haber cumplido los Objetivos de Capacidades (Capability Targets), por haber entrenado generosamente a 9 000 militares ucranianos desde 2022 y por haber contribuido con 3 000 soldados a la disuasión en el flanco este. Por todos estos datos, España es uno de los socios más fiables de la OTAN.

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Alberto Priego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué papel juega España dentro de la OTAN y por qué es uno de sus socios más fiables? – https://theconversation.com/que-papel-juega-espana-dentro-de-la-otan-y-por-que-es-uno-de-sus-socios-mas-fiables-287152

Las bajas laborales: un termómetro de la salud de las empresas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Díez Ruiz, Associate professor, Universidad de Deusto

Instantvise/Shutterstock

Cada cierto tiempo las bajas laborales vuelven al centro del debate público. Ha ocurrido de nuevo estos días tras la polémica suscitada por las declaraciones del líder de la oposición en España sobre el coste de la incapacidad temporal y las posibles medidas para reducirlo. La reacción ha sido inmediata: unos denuncian que existe un problema de fraude, otros responden que se está culpando a las personas enfermas. Sin embargo, ambas posiciones comparten una limitación: discuten sobre las consecuencias antes que sobre las causas.

Quizá convenga hacerse otra pregunta: ¿y si el aumento de las bajas laborales fuera algo más que un problema económico? ¿Y si también fuera un indicador de cómo estamos organizando el trabajo?

La bajas laborales tienen múltiples causas

Cuando una persona tiene fiebre, ningún médico en su sano juicio propone romper el termómetro. Tampoco basta con bajar unas décimas la temperatura. Lo importante es averiguar qué es lo que está provocando la infección.

Con las bajas laborales sucede algo parecido.

España registra cifras históricas de incapacidad temporal. El envejecimiento de la población trabajadora, el aumento de los problemas de salud mental, las enfermedades musculoesqueléticas y las demoras asistenciales explican parte del fenómeno. Pero reducir toda la discusión a si existen demasiadas bajas o demasiado fraude resulta tan simplificador como atribuir la obesidad únicamente a la fuerza de voluntad.

Las enfermedades tienen causas múltiples. Las bajas laborales también.

El trabajo ha cambiado más de lo que creemos

Durante décadas, la prevención de riesgos laborales estuvo asociada principalmente al esfuerzo físico. Hoy seguimos levantando cajas, conduciendo camiones o trabajando de pie durante horas. Pero cada vez más personas realizan otro tipo de esfuerzo: mantener la atención durante jornadas enteras, responder a decenas de correos, cambiar continuamente de tarea, asistir a reuniones consecutivas, tomar decisiones rápidas y estar permanentemente conectados.




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No necesariamente trabajamos más horas que hace veinte años. Trabajamos con mayor intensidad. La investigación en psicología del trabajo lleva décadas describiendo este fenómeno. El modelo Job Demands-Resources, uno de los marcos científicos más consolidados para comprender el bienestar laboral, explica que el agotamiento aparece cuando las exigencias del trabajo aumentan mientras disminuyen los recursos disponibles: autonomía, apoyo del supervisor, reconocimiento, claridad de objetivos o posibilidades reales de recuperación.

No es casualidad que el síndrome de burnout o de “estar quemado” haya pasado de ser un concepto casi desconocido a convertirse en una preocupación habitual para empresas y organismos internacionales.




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Las bajas laborales hablan de las organizaciones

Existe una forma distinta de interpretar los datos. Tradicionalmente hemos considerado las bajas laborales como un indicador sanitario. Pero también se puede entender como un indicador organizacional.

Cuando aumentan de forma persistente conviene preguntarse qué está ocurriendo dentro de las empresas.

¿Se han incrementado las cargas de trabajo? ¿Los responsables detectan el agotamiento antes de que se convierta en enfermedad? ¿Se puede reconocer que uno necesita ayuda sin temor a ser considerado poco comprometido?

Las organizaciones miden con mucha precisión sus ventas, su productividad o sus costes. Sin embargo, se dedica mucho menos esfuerzo a medir las condiciones que permiten a las personas seguir trabajando con salud. Y es importante.




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El liderazgo también es prevención

Existe abundante evidencia científica de que el liderazgo influye en la salud laboral. Los responsables directos no solo distribuyen tareas. También cuidan, o deterioran, el contexto psicológico en el que trabajan sus equipos.

Los estudios sobre liderazgo saludable muestran que la claridad en los objetivos, el reconocimiento, la confianza, la participación y una carga de trabajo razonable reducen el estrés y favorecen el bienestar. Del mismo modo, un clima de seguridad psicosocial disminuye el agotamiento emocional y el absentismo porque las personas perciben que su salud constituye una prioridad organizativa.

Esto no convierte al jefe en médico, pero sí recuerda que algunas enfermedades comienzan mucho antes de entrar en la consulta.

Cinco soluciones respaldadas por la evidencia

La buena noticia es que la investigación no solo describe el problema, también señala algunas vías de actuación:

Añadiría que es necesario combatir el fraude cuando exista. Mejorar la gestión sanitaria también. Y rediseñar organizaciones que permitan trabajar sin enfermar debería formar parte de la misma conversación.

Necesitamos cambiar la pregunta

Llevamos demasiado tiempo preguntándonos cómo reducir las bajas laborales. Quizá la pregunta a formular es qué nos tratan de decir.

Las bajas laborales no solo hablan de la salud de quienes la solicitan. También reflejan, en parte, la salud de las organizaciones en las que trabajan.

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Fernando Díez Ruiz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las bajas laborales: un termómetro de la salud de las empresas – https://theconversation.com/las-bajas-laborales-un-termometro-de-la-salud-de-las-empresas-287136

La importancia de ir más allá del presente en la enseñanza del periodismo: el caso de ETA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rosa Masegosa Sánchez, Profesora de Periodismo e investigadora pre-doctoral en Comunicación, Universidad de Valladolid

Alumnos del Grado de Periodismo de la Universidad de Valladolid durante una visita al Centro Memorial de las Víctimas del Terrorismo de Vitoria, en abril de 2026. Maria Rosa Masegosa (proyecto Memoria en Construcción para futuros Periodistas).

Los periodistas informan a menudo sobre hechos que no han vivido. Cubren guerras que empezaron antes de que nacieran, juicios sobre crímenes cometidos décadas atrás, conflictos políticos heredados, dictaduras, transiciones, atentados o crisis sociales cuyas consecuencias siguen presentes.

Esa distancia no es un problema en sí misma. De hecho, forma parte del oficio periodístico. Informar sobre un hecho no vivido obliga a investigar, consultar documentos, reconstruir contextos, entrevistar a testigos, escuchar a las víctimas, contrastar versiones y distinguir entre datos, opiniones e interpretaciones. En tiempos de titulares rápidos, redes sociales y debates polarizados, esta tarea resulta todavía más necesaria.

Mirar hacia atrás para informar del presente

La formación periodística, por tanto, no puede limitarse a enseñar a producir contenidos o reproducir declaraciones y datos. También debe enseñar a mirar hacia atrás. A entender que muchas noticias no empiezan el día en que se publican, sino años o décadas antes. Y a comprender que algunos acontecimientos del pasado reciente siguen condicionando el presente.

Uno de esos casos es el terrorismo de ETA. Los estudiantes que hoy llegan a la universidad no vivieron sus años más duros. Para muchos de ellos, aquel tiempo no está asociado al miedo cotidiano, a los escoltas, a los funerales, a las amenazas o a los silencios. Les llega a través de noticias sobre excarcelaciones, debates políticos, series, redes sociales, conversaciones familiares o referencias escolares a menudo fragmentarias.

ETA y la memoria compartida

Pero ETA no es un tema histórico cualquiera. Es parte de la historia reciente de España. Tiene víctimas directas, consecuencias políticas, presencia en el debate público y una memoria todavía en disputa. Por eso, cuando un futuro periodista informa sobre una decisión judicial o penitenciaria, sobre un homenaje, sobre una víctima o sobre un antiguo miembro de ETA, no puede hacerlo solo desde la actualidad inmediata. Necesita contexto.

La pregunta, entonces, no es solo cuánto saben los jóvenes sobre ETA. La pregunta es más amplia: ¿cómo se forma a los periodistas para contar acontecimientos que no vivieron, pero que siguen afectando a la sociedad en la que informan?

En el caso de ETA y España resulta especialmente importante que la formación tanto en la escuela como en la universidad incorpore esta cuestión no solo para cumplir con las demandas de memoria, verdad, dignidad y justicia de las víctimas, sino también por su aparición constante en la discusión política y mediática.




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Más allá de conocer los hechos

El problema, por tanto, no consiste solo en que los jóvenes “sepan poco o mucho” sobre ETA. El verdadero riesgo es que conozcan los hechos de forma desordenada, parcial o sin contexto. En un mundo de noticias rápidas, redes sociales y debates polarizados, una información sobre un antiguo terrorista puede llegar antes que la historia de sus víctimas. Y una decisión judicial o penitenciaria puede entenderse mal si no se conoce el daño humano, político y social que la precede.

Ahí, y en línea con otras iniciativas en este sentido, se sitúa nuestro proyecto Memoria en Construcción para futuros Periodistas en el que los estudiantes investigan, preguntan, consultan documentos, contrastan fuentes y producen contenidos periodísticos sobre terrorismo, memoria y víctimas.

La idea de fondo es sencilla. Para informar sobre terrorismo no basta con tener una opinión ni recordar algunos nombres o fechas. Hay que saber documentarse, contextualizar, verificar, distinguir conceptos y comprender el lugar que ocupan las víctimas en el relato público.

¿Qué saben de ETA las nuevas generaciones?

Como punto de partida, la iniciativa partió de un cuestionario diagnóstico entre 65 estudiantes de primer curso de Periodismo de la Universidad de Valladolid. La muestra no permite extraer conclusiones generales sobre la juventud universitaria española, pero sí ofrece pistas valiosas. Los resultados, en línea con otros estudios recientes más amplios, muestran una falta de formación previa. El 49,2 % afirmó saber poco sobre ETA y el 7,7 % dijo no saber nada. Solo el 12,3 % alcanzó el nivel máximo en una prueba sencilla de conocimientos básicos.

El dato más llamativo, sin embargo, no es el desconocimiento, sino el interés. El 90,8 % consideró importante conocer qué ocurrió con ETA y el mismo porcentaje valoró ese conocimiento como relevante para su futura labor periodística.




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El cuestionario también muestra que la universidad tiene margen para intervenir. La escuela o el instituto y la familia aparecen como las principales fuentes de conocimiento sobre ETA, ambas con un 55,4 %. Les siguen los medios de comunicación, con un 50,8 %. La universidad, en cambio, queda en un segundo plano, con un 23,1 %. Además, algunas respuestas revelan confusiones entre terrorismo, nacionalismo democrático, entorno abertzale y debates políticos actuales. Esa confusión es especialmente relevante para futuros periodistas porque afecta al rigor, a la verificación y a la forma en que se cuentan las noticias.

Metodologías activas

A partir de ese diagnóstico, nuestro proyecto apuesta por aprender haciendo. Conectamos varias asignaturas del Grado de Periodismo, desde comunicación organizacional, ciberperiodismo y documentación informativa hasta televisión informativa. La iniciativa incorpora también actividades fuera del aula, como la visita al Centro Memorial de las Víctimas del Terrorismo en Vitoria-Gasteiz, la asistencia a las III Jornadas Autonómicas sobre Terrorismo en Castilla y León y la cobertura de actividades relacionadas con terrorismo, víctimas y memoria presentes en la agenda informativa.

Así, el aprendizaje no queda encerrado en una clase ni en una evaluación académica, sino que se convierte en una experiencia de formación profesional y ciudadana.




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Mucho más allá de ETA

Además de llevar la memoria del terrorismo al centro de la formación periodística, el objetivo del proyecto es recordar que el periodismo se enfrenta constantemente a hechos no vividos en primera persona, pero que se deben contar con justicia y fundamento. No tener memoria propia obliga, precisamente, a investigar mejor.

Por eso, formar periodistas hoy no consiste solo en enseñarles a escribir una noticia, grabar un pódcast o manejar una red social. Consiste también en enseñarles a detenerse, preguntar, comprobar, escuchar y contextualizar.

En una época en la que la actualidad se consume deprisa, el periodismo necesita profesionales capaces de explicar de dónde vienen los hechos. Porque algunas noticias no empiezan cuando llegan a una pantalla. Empiezan mucho antes, en historias que otros vivieron y que alguien tiene la responsabilidad de contar bien.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La importancia de ir más allá del presente en la enseñanza del periodismo: el caso de ETA – https://theconversation.com/la-importancia-de-ir-mas-alla-del-presente-en-la-ensenanza-del-periodismo-el-caso-de-eta-282403