Donald Trump crie victoire au Groenland, mais l’accord révèle une profonde crise de confiance

Source: The Conversation – France in French (3) – By Shannon Brincat, Senior Lecturer in Politics and International Relations, University of the Sunshine Coast


L’ESSENTIEL

  • Le nouvel accord de sécurité entre le Groenland et les États-Unis préserve la souveraineté du premier, mais renforce le contrôle stratégique du second dans l’Arctique.

  • Donald Trump présente comme une victoire majeure des avantages dont Washington disposait déjà en grande partie.

  • En faisant pression sur un allié, les États-Unis fragilisent la confiance au sein de l’OTAN et imposent une « doctrine Monroe 2.0 ».


Le président américain Donald Trump présente déjà le nouvel accord de sécurité conclu entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland comme une victoire personnelle.

À l’en croire, Washington aurait obtenu un contrôle permanent sur la sécurité du Groenland, ainsi que le pouvoir d’empêcher ses adversaires d’y établir des bases militaires ou d’y réaliser des investissements dans des secteurs sensibles.

Le cabinet de la Première ministre danoise décrit pourtant un accord bien différent, qui viserait à renforcer la sécurité dans l’Arctique tout en préservant la souveraineté et l’intégrité territoriale du royaume du Danemark, ainsi que le droit des Groenlandais à l’autodétermination.

Mais le compromis politique se dessine déjà clairement. Trump obtient une démonstration de puissance – ou, comme l’a résumé un correspondant aux États-Unis du quotidien danois Politiken, « il a été autorisé à célébrer sa victoire sur les réseaux sociaux ». Le Danemark et le Groenland conservent, eux, leur souveraineté officielle. Enfin, l’OTAN évite une rupture immédiate. Chaque partie peut ainsi crier victoire.

C’est la lecture optimiste. Une autre, plus inquiétante, consiste à considérer que cet accord récompense des mois de pressions exercées sur un allié. Il normalise une politique des sphères d’influence, dans laquelle les petits États demeurent juridiquement souverains, mais subissent des pressions pour accepter une subordination stratégique.

Un seul perdant, la démocratie

Le contexte intérieur rend cet accord encore plus préoccupant. Le jour même où Donald Trump a annoncé l’accord sur le Groenland, des journalistes de CNN, MS NOW et Politico se sont vu refuser l’accès à la Maison Blanche et retirer leur accréditation. Plus tôt ce mois-ci, International IDEA indiquait que près de la moitié de ses 30 indicateurs mesurant l’état de la démocratie américaine étaient tombés à leur plus bas niveau depuis le début de sa collecte de données, en 1975.

Il ne s’agit pas de deux scènes politiques distinctes. Sur le plan intérieur, le président revendique le pouvoir de décider quels médias sont légitimes. À l’étranger, il s’arroge celui de décider quels États et quels investissements sont acceptables sur le territoire d’un allié. Dans les deux cas, les règles fondées sur la réciprocité cèdent la place au bon vouloir d’un seul homme, et tout désaccord est assimilé à de la déloyauté.

Mais pour Donald Trump, l’accord sur le Groenland tombe à un moment particulièrement favorable. Son annonce intervient peu avant les élections de mi-mandat de novembre, alors que la guerre contre l’Iran et, plus largement, son bilan en matière de politique étrangère sont devenus de sérieux handicaps politiques. Selon un sondage Quinnipiac réalisé en septembre, seuls 29 % des électeurs inscrits approuvaient sa gestion du conflit avec l’Iran, contre 65 % qui la désapprouvaient. Sa politique étrangère ne recueillait que 33 % d’opinions favorables.

Alors que le conflit s’enlise, des élus républicains du Congrès ont également commencé à faire défection lors de votes sur les pouvoirs de guerre. Plutôt que d’avoir à défendre une guerre sans fin clairement définie, Donald Trump peut désormais célébrer sa victoire et affirmer que ses menaces ont permis aux États-Unis d’obtenir un avantage stratégique durable.

Le Danemark et le Groenland obtiennent eux aussi quelque chose d’important. Ils évitent une annexion, une vente forcée et le risque immédiat d’un affrontement au sein de l’OTAN. Leur déclaration publique commune préserve explicitement la souveraineté, l’intégrité territoriale et le droit du Groenland à l’autodétermination.

L’OTAN, elle, bénéficie d’un répit. Dans notre article de janvier, nous expliquions que les menaces de Donald Trump avaient fait naître une possibilité sans précédent : qu’un membre fondateur de l’Alliance devienne une menace directe pour le territoire d’un autre de ses membres.

L’accord écarte ce danger immédiat et établit un programme commun pour la sécurité dans l’Arctique. La cohésion institutionnelle de l’organisation est préservée, mais cela ne signifie pas que la confiance politique a été rétablie.

Un accès stratégique dont Washington disposait déjà en grande partie

L’écart entre les déclarations de Donald Trump et le contenu apparent de l’accord est considérable. En vertu de l’accord de défense de 1951, complété en 2004, les États-Unis disposent déjà de droits presque illimités de survol et d’implantation de bases. Le compte rendu de l’accord par la BBC montre lui aussi à quel point le résultat est éloigné d’une prise de possession du territoire.

Le nouvel accord pourrait néanmoins comporter des dispositions importantes, comme l’interdiction d’implanter des bases militaires de pays non membres de l’OTAN ou l’obligation d’obtenir l’aval des États-Unis pour certains investissements sensibles.

Ces avancées restent toutefois très en deçà de l’exigence maintes fois formulée par Donald Trump de posséder ou de contrôler le Groenland. Il a revu ses ambitions à la baisse, passant de l’annexion à un accès élargi, avant de présenter ce recul comme une victoire totale.

Le coût diplomatique est élevé et se fera sentir à long terme. Une récente enquête de Reuters révèle que les gouvernements européens doutent de plus en plus de la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire en matière de sécurité. Des responsables ont également averti que l’érosion de la confiance envers Washington affaiblissait la crédibilité de l’article 5, qui stipule qu’une attaque armée contre l’un des membres est considérée comme une attaque contre tous et déclenche une obligation de défense mutuelle.

Le Danemark n’est ni un adversaire ni un allié qui profite du système sans contribuer à sa défense. C’est un membre de l’OTAN qui a augmenté ses dépenses militaires, notamment en consacrant 14,6 milliards de couronnes – soit près de 2 milliards d’euros – à la défense de l’Arctique en janvier. Il soutient également de façon constante les opérations menées par les États-Unis.

Au lieu de poursuivre leurs objectifs de sécurité en suivant les mécanismes habituels de concertation entre alliés, les États-Unis ont menacé de s’emparer d’un territoire danois, contraignant ainsi le Danemark à participer à des négociations destinées à écarter un danger créé par celui qui était censé le protéger. L’accord qui en résulte ne fait que limiter les dégâts causés par un système d’alliance devenu toxique.

La doctrine Monroe gagne le Grand Nord

La stratégie de sécurité nationale de 2025 promettait de réaffirmer et de faire appliquer la doctrine Monroe, qui s’oppose à toute ingérence d’une puissance extérieure autre que les États-Unis dans les affaires du continent américain. Elle vise à empêcher des puissances concurrentes extérieures au continent d’y déployer des forces ou d’y prendre le contrôle d’actifs stratégiques. C’est précisément ce que permet cet accord.

Le Groenland a déjà connu une situation semblable. Quelques jours après l’invasion du Danemark par l’Allemagne, en avril 1940, Cordell Hull, alors secrétaire d’État américain, avait affirmé à l’ambassadeur britannique que la doctrine Monroe s’appliquait sans réserve au Groenland, dissuadant ainsi le Royaume-Uni et le Canada de mettre à exécution leur projet d’occuper l’île avant les Allemands.

Un an plus tard, l’ambassadeur du Danemark à Washington signait un accord de défense qui reconnaissait la souveraineté danoise tout en accordant aux États-Unis une compétence exclusive à l’intérieur des zones de défense.

C’est ainsi que la doctrine Monroe a toujours fonctionné. Elle n’a jamais exigé de posséder un territoire, mais seulement de décider qui d’autre pouvait y entrer, alliés compris. L’Amérique latine connaît bien ce schéma. Le Danemark conserve son drapeau, ses tribunaux et son État-providence. La souveraineté reste à Copenhague. Mais les décisions sur ceux qui peuvent entrer sont transférées à Washington.

Quelle place pour l’OTAN ?

En janvier, le premier ministre groenlandais avait affirmé que la sécurité et la défense de l’île relevaient de l’OTAN. Or, l’accord finalement conclu a été négocié de manière bilatérale, en dehors de l’Alliance, dans le cadre d’une stratégie qui annonce également l’arrêt de l’élargissement de l’OTAN. Washington agit désormais en son nom propre comme garant de la sécurité du Groenland.

Les alliés en ont pris acte. Reuters a rapporté cette semaine qu’au moins huit pays membres, dont le Danemark, cherchaient à réduire leur dépendance aux armes et aux technologies de défense américaines.

Lorsqu’un allié loyal peut subir des pressions au sujet d’un territoire qui lui appartient, la défense collective commence à ressembler à un racket à ciel ouvert. D’autres en tireront les leçons. Washington s’insurge lorsque la Russie prétend exercer son autorité sur ses voisins, mais cette position devient plus difficile à tenir dès lors que les États-Unis instaurent le même type de rapport de force dans l’Arctique, aux dépens d’un allié. L’Amérique latine a passé la majeure partie du XXe siècle sous ce régime. L’Europe est désormais invitée à découvrir ce qu’il en coûte.

Cet accord ne doit pas être jugé uniquement à l’aune de ce que Donald Trump n’a pas réussi à obtenir. Il faut aussi mesurer le précédent qu’il crée. Washington a montré qu’il pouvait menacer un allié, le contraindre à négocier pour obtenir des prérogatives supplémentaires, présenter le résultat comme une prise de contrôle permanente, puis s’attribuer le mérite d’avoir rétabli la stabilité.

Voilà à quoi ressemble, dans les faits, la doctrine Monroe 2.0. Elle préserve peut-être la cohésion formelle de l’OTAN, mais elle accélère l’érosion de la confiance dont dépend, en définitive, l’Alliance.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Donald Trump crie victoire au Groenland, mais l’accord révèle une profonde crise de confiance – https://theconversation.com/donald-trump-crie-victoire-au-groenland-mais-laccord-revele-une-profonde-crise-de-confiance-292481

« Vous êtes la perle rare » : Comment donner à chaque salarié le sentiment d’être unique tout en garantissant un esprit d’équipe ?

Source: The Conversation – in French – By Birgit Schyns, Professor of Organisatonal Behaviour, Neoma Business School

Pour favoriser la cohésion et la performance d’une équipe, les managers doivent s’assurer que chaque collaborateur se sent pleinement intégré. C’est justement ce que propose le concept de « leadership inclusif ». Cette intégration fonctionne-t-elle pour tous et en toutes circonstances ?


Diriger des équipes avec des profils diversifiés constitue l’un des défis centraux du management. Pour réunir et intégrer tous les employés, le manager peut s’appuyer sur le leadership inclusif. Ce dernier repose sur deux types de comportements.

  • le premier vise à renforcer le sentiment d’appartenance en soutenant les membres de l’équipe ou à partager les prises de décision ;

  • le second vise à valoriser le sentiment d’être unique en encourageant la valeur individuelle et à favoriser l’expression authentique des compétences et des aspirations de chacune et chacun.

Des études ont établi un lien entre le leadership inclusif et une plus grande créativité, de meilleures performances et un climat d’équipe plus soudé.

Les organisations ont répondu à ces résultats en investissant massivement dans des programmes de formation destinés à aider les managers à mieux écouter, à impliquer les collaborateurs dans les décisions et à valoriser activement leurs contributions.

Mais cela ne fonctionne pas de façon égale pour tous les salariés. Pourquoi ?

Distinction optimale

L’hypothèse selon laquelle tous les membres d’une équipe auraient des attentes élevées d’intégration, et que ces dernières resteraient équivalentes à n’importe quelle situation et n’importe quel moment ne se vérifie pas dans les faits.

Nos travaux remettent directement en cause cette hypothèse en s’appuyant sur la théorie de la distinction optimale.

Cette dernière propose que les individus recherchent constamment un équilibre entre le besoin de s’identifier à un groupe et celui de s’en différencier, aussi bien à l’intérieur d’un même groupe qu’entre différents groupes sociaux.

Produire l’inverse de ce qui est recherché

Les employés restent différents ; ils ne ressentent pas ces attentes d’intégration avec la même intensité et ils peuvent souhaiter un management différent en fonction d’une situation et d’un nouvel environnement.

Imaginons un collaborateur qui a un besoin particulièrement fort de reconnaissance personnelle. Cette personne sera satisfaite lorsque son manager reconnaît ses contributions individuelles et met en valeur ses atouts. Mais quand ce même manager souligne qu’elle fait pleinement partie de l’équipe, ce collaborateur se sent mis à l’écart. Pourquoi ? Parce que son besoin de se sentir unique reste insatisfait, et il commence à se sentir exclu plutôt qu’inclus.

Comment ce dernier peut-il réagir ? Nous postulons qu’il cherche à réaffirmer sa propre singularité. Par exemple, il peut se livrer à des comparaisons défavorables avec ses collègues, en soulignant les faiblesses des autres. À terme, ces comportements produisent exactement l’inverse de ce que le manager recherchait : moins de cohésion d’équipe, plus de frictions interpersonnelles et un climat dans lequel les autres membres se sentent jugés plutôt que soutenus.

Considérons maintenant un scénario différent : un nouveau collaborateur intègre une équipe. C’est un bon élément, et il en est conscient. Sa préoccupation première à son arrivée n’est pas la reconnaissance, c’est l’acceptation.

Cette personne a besoin d’être accueillie dans les discussions collectives et d’être traitée équitablement. Si le manager réagit à ses bonnes performances en la distinguant systématiquement, en attirant l’attention sur ce qui la distingue du reste de l’équipe, l’effet peut être l’inverse de l’inclusion visée. Plutôt que de se sentir valorisé, ce collaborateur se sent exposé. Sa réaction peut être de se désengager, de se distancier psychologiquement de l’équipe et, finalement, de moins s’identifier à l’entreprise.




À lire aussi :
Le syndrome du sauveur au travail : quand les héros de l’entreprise créent les crises qu’ils prétendent résoudre


Conséquences réelles et mesurables

Quand un collaborateur éprouve un décalage entre ce que son manager lui offre et ce dont il a réellement besoin, il en résulte un sentiment de remise en question. Ces menaces d’identité entraînent des conséquences réelles et mesurables.

Au niveau individuel, les salariés peuvent se désengager. Certains employés, dans leur tentative de rétablir leur sentiment d’appartenance, peuvent recourir à des gestes d’alliance performative. Concrètement, elles affichent publiquement leur solidarité non par conviction sincère, mais comme moyen de réaffirmer leur place dans le groupe.

Au niveau organisationnel, des recherches soulignent que des salariés dont l’identité se sent menacée par les initiatives d’inclusion peuvent même réduire leur soutien aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion, exactement l’inverse de ce que les organisations cherchent à obtenir.

Partir du réel

Soyons clairs : le leadership inclusif part d’une bonne intention et produit fréquemment des résultats positifs. L’argument développé ici n’est pas contre l’inclusion, mais en faveur d’une version plus adaptée aux organisations et aux employés.

Quand les membres d’une équipe diffèrent dans leurs besoins d’appartenance et d’unicité, les managers ont intérêt à s’adapter au cas par cas.

La première étape consiste à développer une compréhension opérationnelle des besoins de leurs collaborateurs, et à rester attentifs aux façons dont ces besoins peuvent évoluer selon les situations et les périodes. Cette approche demande aux managers d’observer attentivement les réactions de leurs équipiers, non seulement ce qu’ils disent, mais ce que leurs comportements signifient.

Les programmes de formation ont un rôle crucial à jouer ici. Plutôt que d’enseigner les comportements inclusifs comme une série de recettes fixe à appliquer uniformément à tous, ils devraient encourager la flexibilité et la pratique réflexive. Comme le recommandent désormais des spécialistes du développement du leadership, les formations devraient inclure des composantes en situation réelle, afin que les managers apprennent à évaluer en temps réel l’impact de leurs comportements sur les différents membres de leur équipe.

Pour les managers prêts à développer cette compétence, les bénéfices en matière de cohésion d’équipe, de confiance et de performance seront vraisemblablement bien supérieurs à ce que toute approche uniforme peut offrir.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. « Vous êtes la perle rare » : Comment donner à chaque salarié le sentiment d’être unique tout en garantissant un esprit d’équipe ? – https://theconversation.com/vous-etes-la-perle-rare-comment-donner-a-chaque-salarie-le-sentiment-detre-unique-tout-en-garantissant-un-esprit-dequipe-271890

Quand le collègue « indispensable » part en vacances, l’entreprise tourne au ralenti

Source: The Conversation – in French – By Nada Kanita, Maitre de conférence en sciences de gestion spécialisée en Systèmes d’information, Université de Bretagne occidentale


L’ESSENTIEL

  • Un seul collègue s’absente et toute l’activité de l’entreprise ralentit ? Le problème ne vient pas de son absence, mais d’une dépendance invisible.

  • Documents partagés et procédures ne contiennent jamais tout : une partie essentielle des savoirs repose sur l’expérience des collaborateurs.

  • Organiser les relais, transmettre régulièrement les savoirs et documenter les informations critiques évite qu’une absence ordinaire ne se transforme en crise.


Chaque été, le même scénario se répète dans de nombreuses organisations. Un client attend une réponse, une décision est reportée ou un incident reste irrésolu. La raison reste la même : « Il faut attendre le retour de X » ou « Seul Y connaît le dossier ».

Les congés ne devraient pourtant pas être une source de problèmes. Ils révèlent néanmoins une dépendance qui s’est installée au fil du temps, lorsqu’un savoir indispensable au fonctionnement d’une organisation finit par être détenu par une seule personne.

Une dépendance invisible révélée

Les organisations valorisent leurs collaborateurs experts. Grâce à leur expérience, ceux-ci ont acquis des compétences clés et connaissent finement leur environnement de travail. Ils savent retrouver le bon interlocuteur, éviter une erreur déjà rencontrée et repérer les fragilités de l’organisation. Ils détiennent surtout des savoirs tacites, rarement consignés dans les procédures ou les outils.

Cependant, lorsque cette expertise n’est ni partagée ni accessible, elle devient un point de fragilité pour l’organisation. Quelques jours de congé, un arrêt maladie ou une mobilité peuvent suffire à ralentir l’activité. Les collègues disposent bien des procédures, des données et des processus formalisés, mais pas toujours des connaissances nécessaires pour les interpréter : l’historique du dossier, les exceptions ou encore les raisons d’une décision passée.




À lire aussi :
« C’est mon bureau ! » : comment le bruit au travail nous conduit à vouloir défendre notre territoire


Au-delà des procédures formalisées

Une organisation fonctionne rarement grâce aux seuls éléments formalisés. Certaines connaissances sont inscrites dans les logiciels, les procédures et les bases documentaires. D’autres se construisent dans l’action : savoir à qui s’adresser, anticiper un risque ou comprendre pourquoi une règle comporte des exceptions.

Les recherches sur la mémoire organisationnelle montrent que l’expérience est conservée dans plusieurs « réservoirs » : les individus, les routines, la culture, les outils et les archives. Lorsqu’une connaissance critique réside uniquement dans la mémoire d’une personne, elle devient difficilement mobilisable en son absence. Sa transmission n’est pas automatique.

Les recherches sur le transfert des connaissances soulignent la difficulté de transmettre certains savoirs issus de l’expérience. Il ne s’agit pas nécessairement d’une rétention intentionnelle ou d’un refus de transmettre. Certains raisonnements sont devenus si familiers que l’expert les applique intuitivement, sans toujours parvenir à les expliciter.

Un gros risque opérationnel

La concentration des connaissances crée dès lors un risque opérationnel. Les délais s’allongent, les dossiers s’accumulent et les équipes improvisent des solutions de contournement. Certaines tâches sont suspendues, d’autres sont réalisées à partir d’informations manquantes ou incomplètes. Cette situation affecte aussi la qualité des décisions. Les procédures indiquent souvent ce qu’il faut faire, mais rarement pourquoi.

Or, la mémoire organisationnelle permet d’interpréter les situations présentes à partir de l’expérience passée. Sans l’historique d’un dossier ou les raisons d’un choix antérieur, les collaborateurs peuvent reproduire une erreur, appliquer une règle obsolète ou prendre une décision inadaptée.

Cette dépendance pèse enfin sur l’expert, sollicité en permanence, parfois même pendant ses congés. Il devient progressivement un goulot d’étranglement : plus l’organisation dépend de lui, moins il dispose de temps pour transmettre ses connaissances.

La mémoire transactive ne suffit pas

Les équipes développent une cartographie implicite des connaissances : chacun sait vers qui se tourner selon le problème rencontré. Les chercheurs parlent de « mémoire transactive » pour désigner cette capacité collective à savoir « qui sait quoi ».

Ce mécanisme facilite la coordination tant que les personnes restent disponibles. Cependant, identifier l’expert ne permet pas de poursuivre l’activité lorsqu’il est absent. L’objectif n’est pas que chacun maîtrise tout, mais qu’aucune activité essentielle ne repose sans relais sur une seule personne.

Les congés : un bon crash test

Les congés peuvent servir de test de résistance. Quelles activités s’arrêtent en l’absence d’une personne ? Quels dossiers nécessitent toujours son intervention ? Ces questions révèlent les dépendances critiques avant qu’un départ ou un incident ne les transforme en crise.

La réponse ne consiste pas à tout documenter. Accumuler des fichiers volumineux rarement consultés ou rapidement obsolètes ne constitue pas une mémoire utile. Mieux vaut conserver les éléments nécessaires à l’action : les décisions importantes et leurs justifications, les principales exceptions, les contacts essentiels et les points de vigilance.

Des pratiques simples complètent cette documentation : organiser des binômes, alterner les responsabilités, prévoir des temps de transmission et faire relire les dossiers critiques. Cette redondance a un coût immédiat, mais elle protège la continuité de l’activité et réduit la pression sur les experts.

Le partage des connaissances doit enfin être reconnu comme une composante du travail, et non comme une tâche à accomplir « lorsqu’on aura le temps ». Une organisation résiliente n’est pas celle qui ne dépend de personne, mais celle qui transforme les expertises individuelles en capacités collectives.

The Conversation

Nada Kanita ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Quand le collègue « indispensable » part en vacances, l’entreprise tourne au ralenti – https://theconversation.com/quand-le-collegue-indispensable-part-en-vacances-lentreprise-tourne-au-ralenti-290365

Les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine se multiplient : une étude fait état de résultats mitigés

Source: The Conversation – in French – By Richard Fosu, Lecturer in International Relations, Monash University

Lorsque des conflits violents éclatent en Afrique, tous les regards se tournent souvent vers les Nations unies, les grandes puissances ou les bailleurs de fonds extérieurs. Pourtant, au cours des deux dernières décennies, l’Union africaine (UA) est devenue l’un des principaux acteurs en matière de paix et de sécurité sur le continent.

Du Burundi au Soudan, en passant par la Somalie, le Mali et la République centrafricaine, l’UA et les organisations régionales africaines ont déployé des opérations de paix, joué un rôle de médiation dans des conflits, supervisé des élections et soutenu des transitions politiques.

Ces interventions traduisent une ambition plus grande : voir les Africains jouer un rôle de premier plan dans la résolution des défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique.

Malgré l’importance croissante de ces interventions, les enseignements tirés des nombreux travaux de recherche qui leur sont consacrés restent paradoxalement peu étudiés.

Nous sommes des chercheurs qui nous intéressons aux interventions de l’UA dans les domaines de la paix et de la sécurité. Dans une récente revue exploratoire portant sur 186 articles évalués par des pairs et publiés entre 2000 et 2026, nous avons examiné quatre thèmes majeurs de la littérature :

  • les approches de l’UA en matière d’intervention pour la paix et la sécurité ;

  • la légitimité des interventions de l’UA, en particulier auprès des populations locales ;

  • l’efficacité des interventions de l’UA pour instaurer une paix et une sécurité à long terme ;

  • l’appropriation des interventions de l’UA tant au niveau institutionnel qu’au sein des populations locales.

Notre analyse montre que les débats sur les interventions de l’UA sont souvent très réducteurs. Certains les présentent comme une illustration claire de la capacité des Africains à agir par eux-mêmes et comme une alternative claire à l’intervention extérieure. D’autres mettent l’accent sur la dépendance, les capacités limitées et les échecs opérationnels.

Les données suggèrent que la réalité est plus complexe. Les interventions de l’UA en matière de paix et de sécurité ne constituent ni des réussites évidentes, ni de simples opérations dépendantes d’un soutien extérieur. Elles montrent plutôt comment les acteurs africains influent de plus en plus sur les réponses aux conflits tout en collaborant avec des partenaires internationaux.

Ces résultats mettent en évidence à la fois les possibilités et les limites des interventions de l’UA en matière de paix et de sécurité.

De la non-intervention à la non-indifférence

L’UA a été créée en 2002 pour succéder à l’ancienne Organisation de l’unité africaine (OUA). Cette dernière était souvent critiquée pour sa réticence à intervenir face aux atrocités et aux conflits armés.

La nouvelle UA a défendu l’idée que la souveraineté implique aussi des responsabilités. L’article 4(h) de l’Acte constitutif de l’UA lui confère le droit d’intervenir dans les États membres en cas de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Cela a entraîné une nette augmentation des interventions. Au cours des deux dernières décennies, l’UA et les organismes régionaux ont déployé au moins 28 missions pour aider à gérer les conflits, soutenir les processus de paix et améliorer la sécurité.

Légitimité

Les articles que nous avons analysés ont montré que beaucoup de personnes considèrent les interventions de l’UA comme légitimes, car il s’agit de « solutions africaines à des problèmes africains ». Cela reflète la conviction que les Africains doivent être responsables de la gestion des défis sécuritaires du continent.

Cette légitimité n’est pas seulement symbolique. Des recherches suggèrent que les médiateurs africains et les opérations de paix ont l’avantage d’être plus proches des situations de conflit que ne le sont les acteurs extérieurs.

Dans certains contextes, des recherches montrent que les expériences communes peuvent rendre les acteurs locaux plus disposés à s’engager dans des initiatives menées par les Africains.

Efficacité

Les données examinées montrent que les interventions de l’UA ont pris de l’importance, car elles apportent des réponses concrètes aux défis de sécurité du continent.

Notre étude montre qu’à l’heure où les opérations de paix de l’ONU sont en recul et où l’attention internationale se tourne vers d’autres régions, les organisations africaines sont souvent les premières à intervenir face aux crises émergentes.

Les missions de l’UA se sont rendues là où les acteurs extérieurs hésitaient à intervenir, car les conflits étaient encore en cours. C’est notamment le cas en Somalie et au Soudan.

Dans de nombreux cas, comme le suggère la littérature, la situation sur le terrain aurait probablement été pire sans l’implication de l’UA. Aux Comores en 2008 et au Burundi en 2003, par exemple, l’intervention de l’UA a contribué à endiguer l’instabilité et à soutenir la stabilisation politique à des moments critiques.

Appropriation

L’une des conclusions les plus frappantes que nous avons tirées est que l’UA a développé une approche de l’intervention différente de celle des Nations unies.

Les interventions de l’UA se définissent souvent moins par les principes classiques du maintien de la paix — consentement, impartialité et recours limité à la force — que par leur fonction pratique : créer les conditions propices à l’émergence de la paix.

La Mission de l’Union africaine en Somalie est l’exemple qui illustre le mieux cette approche. Plutôt que de veiller au respect d’un accord de paix existant, elle a mené des opérations contre les insurgés tout en soutenant les efforts pour bâtir l’État.

Le défi de la dépendance

La littérature a également mis en évidence certains défis.

La préoccupation la plus récurrente concerne la dépendance financière vis-à-vis de l’extérieur. Bien que les interventions soient souvent présentées comme menées sous l’égide de l’Afrique, nombre d’entre elles reposent largement sur le financement de partenaires tels que l’Union européenne et les Nations unies. Certains critiques estiment que la dépendance financière limite la capacité de l’UA à définir ses priorités en matière de paix et de sécurité.

Certains chercheurs se sont demandé si ces interventions pouvaient véritablement être considérées comme des « solutions africaines » lorsqu’elles dépendent de ressources extérieures.

Dans le même temps, des recherches plus récentes offrent une vision plus nuancée. Plutôt que de considérer les acteurs africains comme des bénéficiaires passifs d’un soutien extérieur, elles montrent comment ceux-ci négocient, s’adaptent et utilisent souvent ces ressources pour faire avancer leurs propres priorités.

En d’autres termes, l’autonomie et la dépendance peuvent coexister.

La légitimité ne repose pas uniquement sur de bonnes intentions

Une autre conclusion majeure concerne la légitimité.

L’UA est souvent appelée à résoudre des crises sécuritaires complexes.
Or, un certain nombre de facteurs font obstacle à ses efforts. Notre analyse en a identifié quelques-uns :

  • le manque de ressources nécessaires pour répondre aux attentes en matière de paix et de sécurité

  • une coordination insuffisante avec les organisations sous-régionales

  • une mise en œuvre incohérente des normes, en particulier celles qui sont liées aux coups d’État militaires et aux changements de gouvernement anticonstitutionnels

  • un soutien politique inégal en faveur de l’intervention.

Les chercheurs s’interrogent sur ce qui fonde la légitimité de ces interventions. Sont-elles légitimes parce qu’elles sont autorisées par les gouvernements ou les institutions internationales? Ou parce que les populations les plus touchées par celles-ci les considèrent comme légitimes?

Les conclusions de cette étude suggèrent que les populations locales évaluent souvent les interventions en fonction de résultats concrets : sécurité, stabilité et expériences quotidiennes, plutôt qu’en fonction de mandats juridiques ou de rhétorique diplomatique.

Au-delà du débat entre succès et échec

Alors que l’insécurité persiste dans certaines régions d’Afrique et que les opérations de paix de l’ONU continuent de se réduire, un modèle hybride pourrait gagner encore en importance. Le défi pour l’UA ne consiste pas simplement à intervenir davantage. Il s’agit de renforcer l’appropriation locale, de limiter les vulnérabilités financières, d’améliorer la coordination et d’obtenir des résultats efficaces et légitimes.

Beatrice Anowah Brew, chercheuse indépendante et praticienne de la consolidation de la paix, est co-auteure de cet article.

The Conversation

Richard Fosu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine se multiplient : une étude fait état de résultats mitigés – https://theconversation.com/les-operations-de-maintien-de-la-paix-de-lunion-africaine-se-multiplient-une-etude-fait-etat-de-resultats-mitiges-292242

Comment le système immunitaire constitue une empreinte unique à chaque être humain – et ce que la décrypter pourrait changer en santé

Source: The Conversation – France in French (2) – By Aleksandra Walczak, Directrice de Recherche CNRS, École normale supérieure (ENS) – PSL

Un virus, en rouge, active les récepteurs d’un lymphocyte T, en vert. David S. Goodsell, RCSB Protein Data Bank, doi: 10.2210/rcsb_pdb/goodsell-gallery-022, CC BY

L’ESSENTIEL

  • Notre système immunitaire est prêt à rencontrer de nouveaux agents pathogènes, y compris ceux qui n’existaient pas à notre naissance.

  • Grâce à des combinaisons aléatoires d’ADN dans les cellules du système immunitaire, nous possédons une diversité phénoménale de récepteurs capables d’identifier les virus et autres agents pathogènes.

  • Cette diversité est propre à chacun de nous. Elle peut notamment être analysée pour nous identifier, participer à des diagnostics médicaux, tester l’efficacité de nouveaux vaccins personnalisés… et son utilisation ne fait que commencer.


Les recherches récentes montrent que l’état immunitaire de chacun constitue une « empreinte digitale » unique, propre à chacun.

En l’étudiant, on peut non seulement connaître votre identité, mais également votre âge et, à l’avenir, toutes les maladies que vous avez eues. Il contient une sorte de dossier médical (d’un type qu’on ne risque pas d’égarer) qui peut être utilisé pour mieux traiter nos maladies et pour la prévention médicale.

Un générateur de protéines aléatoires pour se défendre contre les attaques

Nous sommes entourés de nombreux agents pathogènes, comme les virus (grippe, Covid), les parasites et les tumeurs, qui menacent notre santé et notre bien-être. Beaucoup de ces pathogènes évoluent et changent constamment. Si nous parvenons à rester en bonne santé face à ces menaces changeantes, c’est grâce à notre système immunitaire « adaptatif ». Nous en avons tous un, comme vous en avez probablement pris conscience pendant la pandémie de Covid.

Ce système immunitaire adaptatif est prêt à rencontrer de nouveaux agents pathogènes, y compris ceux qui n’existaient pas à notre naissance. Il se sert de cellules spécialisées, les lymphocytes B et T, qui peuvent reconnaître un type de pathogènes, de façon hyperspécialisée. Ils reconnaissent ces pathogènes par des protéines de surfaces, appelées « récepteurs », qui se lient aux protéines de l’agent pathogène et provoquent la réponse immunitaire. Cependant, chaque lymphocyte n’a qu’un seul type de récepteur, et chaque récepteur ne reconnaît qu’une infime fraction de pathogènes. Il nous faut donc un grand nombre de lymphocytes, et qu’ils portent, à eux tous, une grande diversité de récepteurs.




À lire aussi :
Comment notre corps se défend-il contre les envahisseurs ?


De fait, chacun d’entre nous abrite plus d’un milliard de récepteurs différents. Ce chiffre est énorme, et semble même défier les lois de la biologie. La formule des protéines est inscrite dans notre ADN sous forme de gènes, et notre génome n’en contient qu’autour de 20 000 gènes. Comment est-il possible de créer une telle diversité de récepteurs immunitaire dans ces conditions ?

Dans un travail qui lui a valu le prix Nobel, Susumu Tonegawa a montré en 1976 que pour dépasser les limites de l’encodage classique, la nature joue aux « legos » avec l’ADN : dans chaque lymphocyte, des morceaux de gènes existants sont collés les uns aux autres de manière aléatoire, et de l’ADN est aussi ajouté ou supprimé — au hasard ! — au niveau des jonctions. La diversité combinatoire de ce processus produit un nombre presque illimité de récepteurs différents.

Au final, la diversité de récepteurs à des pathogènes abritée par notre organisme n’est limitée que par le nombre de lymphocytes subissant ce jeu de legos, de l’ordre du milliard, bien plus que les 20 000 protéines encodées dans notre génome.

Et c’est ainsi, grâce à cette gigantesque diversité de récepteurs présents à la surface de nos lymphocytes, que nous sommes en principe protégés de tous les pathogènes possibles.

Une empreinte immunitaire unique

Les lymphocytes B et T circulent partout dans notre corps. Il est facile d’en échantillonner des millions par une simple prise de sang, et de révéler la séquence ADN de leurs récepteurs par des méthodes de séquençage à haut débit.

En partant de ce type de données, notre équipe a utilisé une combinaison d’analyse statistique et de modélisation pour caractériser précisément la génération de la diversité des récepteurs de lymphocytes B et T dans différentes espèces comme l’humain et la souris.

Grâce à ce travail, on connaît maintenant précisément la probabilité avec laquelle tout organisme peut produire un récepteur donné. Cette probabilité est à peu près la même pour nous tous : c’est une loi universelle.

L’ensemble des récepteurs lymphocytaires ainsi générés s’appelle notre « répertoire immunitaire adaptatif ». Il nous identifie de manière unique.

En effet, bien que nous ayons tous la même machinerie pour générer nos récepteurs, nous générons tous des récepteurs différents. C’est comme si nous recevions tous le même dé pipé, avec un très grand nombre de faces reflétant la diversité immense des récepteurs possibles. Lorsque nous lançons notre dé à de multiples reprises, nous obtenons tous des suites de nombres différentes. Certains nombres peuvent être communs entre individus, mais la plupart sont privés car ils ne sont tirés que chez un individu donné.

De la même manière, lors du développement immunitaire, nous générons tous des ensembles différents de récepteurs immunitaires, à partir des mêmes segments d’ADN et en suivant les mêmes règles.

Qu’est-ce que le développement immunitaire ?

  • Lors de leur développement, les lymphocytes acquièrent leurs caractéristiques immunitaires ainsi que leur récepteur aléatoire dans des organes spécifiques, avant d’être relâchés dans l’organisme.
  • Pour les lymphocytes T, cela se passe dans le thymus (mieux connu chez les bovins sous le nom de “ris de veau”), essentiellement jusqu’à la fin de l’adolescence; et dans la moelle osseuse pour les lymphocytes B, tout au long de vie.
  • Une fois qu’ils sont relâchés dans l’organisme, les lymphocytes et leurs descendants peuvent proliférer et modifier leurs caractéristiques au contact de l’environnement.

Cet ensemble unique de récepteurs constitue une sorte d’empreinte digitale qui nous est propre, et qui est largement indépendante de notre génome.

Ainsi, notre analyse nous a permis de caractériser un modèle statistique de référence pour décrire le répertoire de récepteurs d’une personne en bonne santé, c’est-à-dire dont le système immunitaire fonctionne normalement et qui ne subit pas d’infection aiguë.

Nous pouvons désormais calculer avec une grande précision combien de récepteurs deux personnes auront en commun et identifier les récepteurs qui ont le plus de chances d’être générés.

À quoi ça sert ?

Le séquençage immunitaire pourrait être utilisé en médecine légale sans divulguer l’identité familiale. Notre équipe a calculé qu’à partir de seulement 10 000 lymphocytes échantillonnés, il était possible d’identifier un individu parmi la population mondiale avec un taux d’erreur inférieur à une chance sur un million.

Cette empreinte n’est presque pas influencée par le génome, puisqu’elle est générée au hasard lors du développement immunitaire. Elle ne révèle donc presque rien sur les relations de parenté. Mieux, elle permet de distinguer des vrais jumeaux aussi aisément que des personnes sans aucune relation génétique. Bien qu’elle varie au gré des infections et autres vaccins, elle est suffisamment stable dans le temps pour permettre l’identification d’individus des décennies plus tard. En effet, le processus de changement est lent : il est observé empiriquement qu’une grande partie du répertoire est conservé sur une échelle de 100 ans.

Mais les applications plus importantes concernent la santé. Notre analyse a permis de décrire un modèle de répertoire d’une personne en bonne santé. Nous avons également démontré l’existence d’anomalies statistiques qui dévient de cette base chez les patients affectés par une maladie particulière. Ces anomalies nous permettent de définir des scores statistiques construits à partir des données de répertoire de chaque patient. Ces scores peuvent être utilisés dans le diagnostic et la détection de maladies diverses, allant des maladies auto-immunes à la réponse à un virus comme le Covid.

Des approches plus poussées tirant parti de l’échantillonnage du répertoire à plusieurs points de temps sont également utilisées aujourd’hui pour étudier l’efficacité de nouveaux vaccins personnalisés contre le cancer et de nouveaux traitements. En reliant des lymphocytes spécifiques à certaines maladies et à certains états pathologiques, nous pouvons comprendre comment notre système immunitaire réagit et chercher à déterminer si nous pouvons prédire sa réponse à de futures menaces.

Cependant, nous pouvons aller encore plus loin. Notre répertoire immunitaire contient l’histoire de nos infections passées. Par exemple, il est possible d’estimer assez précisément notre âge à partir de la souche du virus de la grippe à laquelle notre système immunitaire réagit le plus fortement. Ainsi, nous nous promenons avec un dossier médical personnalisé. Mais celui-ci est codé, et nos efforts pour le décrypter ne font que commencer. Ce défi est à notre portée, et nous comptons sur les outils de la physique et des mathématiques pour le surmonter.


Ces projets ont bénéficié du soutien de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets (Analyse computationnelle de la réponse des répertoires immunitaires aux virus — RESP-REP ANR-19-CE45-0018 et Identifying repertoire response in wild mice — WILDTYPES ANR-24-CE45-7957). L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.


Aleksandra Walczak donnera une conférence intitulée «Résiste ! L’évolution au sein de nous» le samedi 26 septembre, dans le cadre de l’événement scientifique Sur les épaules des géants qui se tient du 24 au 26 septembre au Havre.

The Conversation

Aleksandra Walczak a reçu des financements de l’European Research Council, Agence nationale de la recherche et Foundation pour la Recherche Médicale.

Thierry Mora a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche, de la Commission Européenne, et de la fondation Bettencourt-Schueller.

– ref. Comment le système immunitaire constitue une empreinte unique à chaque être humain – et ce que la décrypter pourrait changer en santé – https://theconversation.com/comment-le-systeme-immunitaire-constitue-une-empreinte-unique-a-chaque-etre-humain-et-ce-que-la-decrypter-pourrait-changer-en-sante-291497

Fotobiomodulación: así funciona el tratamiento de luz para reducir los daños de la radioterapia en la piel

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Susana Manzanares Cabezuelo, Profesor de Fisioterapia, UNIE Universidad

La luz roja e infrarroraja activa una enzima de las mitocondrias, la “central energética” de las células. ridersuperone/Shutterstock

Una paciente a la que ayudábamos a recuperarse después de una cirugía de cáncer de mama, y que empezaba a recibir sesiones de radioterapia en dos semanas, me trasladó su inquietud: había visto en internet imágenes de las quemaduras que puede provocar esa intervención. Lógicamente, estaba preocupada.

Antes que nada es importante recordar que la radioterapia salva vidas. En el caso del cáncer de mama, actualmente se administra en menos sesiones (radioterapia hipofraccionada) y se planifica mejor, lo que reduce la gravedad de los efectos en la piel.

Pero ¿se puede prevenir el daño? En parte, sí. Además del propio cuidado de la piel, hay una opción que lleva años estudiándose: la fotobiomodulación, una terapia que usa luz, roja e infrarroja, de baja potencia.

Lesiones de diversos grados

Se llama radiodermitis a la “marca” que casi siempre deja la radioterapia. Según las guías internacionales de la MASCC (siglas de Multinational Association for Supportive Care in Cancer, una asociación de referencia en cuidados y apoyo al paciente con cáncer), aparece en hasta el 95 % de quienes la reciben.

Las lesiones se clasifican en grados. El grado 1 supone un enrojecimiento leve, con picor y sequedad; en el 2, la piel se pone roja, hinchada y empieza a levantarse en los pliegues; y en el grado 3, el más grave de los frecuentes, la piel se abre y supura fuera de los pliegues.

Esa diferencia importa: alrededor de un tercio de los pacientes desarrolla formas moderadas o graves. Llegado a este punto, las lesiones duelen mucho, necesitan curas con apósitos y a veces es necesario interrumpir el tratamiento. Para alguien que atraviesa un cáncer, es una carga añadida.

La luz “se comunica” con nuestras células

Como adelantábamos más arriba, la fotobiomodulación utiliza luz roja y/o infrarroja de baja potencia. No calienta ni quema y es absorbida por las mitocondrias, que son como las centrales energéticas de las células; en concreto, por una enzima: la citocromo c oxidasa. En ese momento se desencadena una serie de señales que reducen la inflamación, ayudan a reparar los tejidos y alivian el dolor.

¿Y por qué esa luz y no otra? Porque la enzima no capta cualquier luz: solo el rojo y el infrarrojo cercano. Se averiguó probando cuatro tipos distintos sobre heridas en la piel. Sólo obtuvieron resultados las longitudes de onda que la enzima reconoce; las otras dos no tuvieron ningún efecto.

No es una idea nueva en oncología. La fotobiomodulación se recomienda para mucositis oral (lesiones que aparecen en la boca durante la radiodermitis y otras terapias oncológicas) desde hace años por guías de práctica clínica. Si ha funcionado para lesiones en la mucosa, ¿podría funcionar entonces para lesiones en la piel?

Lo que dicen los estudios

Para averiguarlo, el ensayo TRANSDERMIS comparó en 2018 la luz con un placebo en mujeres con cáncer de mama. Los investigadores usaron un dispositivo láser que funcionaba aparentemente igual, pero no emitía luz terapéutica. Ni las pacientes ni el personal que evaluaba la piel sabían quién estaba en cada grupo. Las lesiones de grado 2 o superior bajaron del 30 % al 6,7 %.

En 2023, un panel internacional pasó a recomendar la fotobiomodulación para prevenir estas lesiones en pacientes con cáncer de mama. Pero hay letra pequeña: los propios autores reconocen que la evidencia es todavía limitada.

Durante el seguimiento del ensayo TRANSDERMIS, los protocolos de radioterapia evolucionaron hacia esquemas hipofraccionados (es decir, sesiones más cortas). Al repetir el estudio en el nuevo contexto, el ensayo LABRA, el beneficio de la PBM fue menor y no alcanzó significación estadística. No implica que no funcione: con menos reacciones graves de partida, es más difícil demostrar un beneficio terapéutico adicional.

Hay otras pieles

Casi toda la investigación es en cáncer de mama, pero la radiodermitis no distingue de zonas.

El único ensayo aleatorizado en cáncer de cabeza y cuello, DERMISHEAD, encontró en 2021 un beneficio mayor. Las reacciones graves pasaron del 77,8 % al 28,6 %. Un metaanálisis de 2025 también observó un efecto mayor en cancer de cabeza y cuello que en cáncer de mama.

Más allá de esos dos escenarios, el vacío es total. Por ejemplo, en cáncer anal, donde la humedad y el roce producen lesiones especialmente incapacitantes, apenas hay un caso publicado. Por eso, estas localizaciones son prioritarias para futuros ensayos.

La razón médica para prevenir las lesiones no es sólo el dolor, sino evitar interrupciones de la radioterapia que empeorarían el pronóstico. En cáncer de cabeza y cuello, donde las interrupciones por la gravedad de las lesiones durante radiodermitis son frecuentes, el beneficio de la fotobiomodulación no se ha medido todavía.

¿Y si la luz hace crecer el tumor?

Aquí toca ser claros: si esta luz estimula las células, ¿no podría estimular también al tumor? En laboratorio los resultados son dispares, pero en los estudios clínicos publicados, aplicar fotobiomodulación durante la radiodermitis no aumentó las recidivas ni disminuyó la supervivencia en 120 pacientes en un ensayo a largo plazo (6 años).

Además, contamos con un escalón de seguridad añadido. Los dispositivos de fotobiomodulación están certificados como producto sanitario y es lo que en Europa regula la normativa conocida como MDR. Es garantía de que el dispositivo emite los parámetros adecuados para el tratamiento.

Lo que podemos decir hoy

Nuestra paciente consultó con su radioncólogo. Tras estudiar el caso, consideró que la fotobiomodulación estaba indicada para ella. Terminó su radioterapia con molestias leves, pero ¿fue gracias a la luz? Un caso aislado no es una respuesta, pero para eso están los estudios, que por ahora son prometedores.

Frente a las imágenes que inquietaron a nuestra paciente, esa es la respuesta más honesta que podemos ofrecer. Valorar cada caso de manera personalizada. Ni alarma ni promesas fáciles, sino lo que la ciencia vaya demostrando. Y siempre, aplicado por sanitarios formados y de la mano del equipo de oncología.

The Conversation

Susana Manzanares Cabezuelo no recibe salario, no ejerce labores de consultoría, no posee acciones ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo. Ejerce como fisioterapeuta clínico y aplica en su práctica los tratamientos descritos, lo que declara como posible fuente de conocimiento aplicado y, a su vez, de interés profesional indirecto. No mantiene vínculos relevantes adicionales más allá del cargo académico citado.

– ref. Fotobiomodulación: así funciona el tratamiento de luz para reducir los daños de la radioterapia en la piel – https://theconversation.com/fotobiomodulacion-asi-funciona-el-tratamiento-de-luz-para-reducir-los-danos-de-la-radioterapia-en-la-piel-288136

El miedo al lado oscuro de la IA en la comunidad matemática

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Anabel Forte Deltell, Doctora en Matemáticas y profesora en la Universidad de Valencia, Departamento de Estadística e Investigación Operativa, Universitat de València

“El miedo es el camino hacia el Lado Oscuro. El miedo lleva a la ira, la ira lleva al odio, el odio lleva al sufrimiento”.

Esta frase del maestro Yoda se repite una y otra vez en mi mente estos últimos días. Aunque yo le daría un giro y diría que la oscuridad también nos lleva al miedo. Porque cuando hay oscuridad no vemos nada y esa incertidumbre nos asusta.

Pero más allá de la broma, varios acontecimientos recientes han abierto la puerta a una reflexión profunda sobre el miedo que la inteligencia artificial comienza a despertar dentro y fuera de la comunidad matemática.

Por un lado, el reciente anuncio por parte de OpenAI sobre la resolución de uno de los siete problemas del milenio (todavía pendiente de validación por parte de la comunidad experta). Por otro lado, las declaraciones realizadas por Jacob Coxon, ex trabajador de OpenAI y Anthropic, sobre como la IA podría acabar con la humanidad antes de 2030.

A primera vista, puede parecer que se trata de dos cuestiones completamente diferentes. Sin embargo, ambas comparten una inquietud sobre como la
capacidad de estos sistemas esta avanzando mucho más deprisa que la nuestra para comprenderlos y supervisarlos. Esto nos deja en una oscuridad que, efectivamente, da miedo.

La oscuridad en matemáticas

Si nos centramos puramente en la cuestión matemática, es indudable que la IA puede ser una herramienta excelente en la resolución de problemas complejos. Sin embargo, como bien indican en la declaración A Severe Misalignment of AI in Mathematics un destacado grupo de matemáticos y matemáticas (algunos de ellos galardonados con la medalla Fields, uno de los mayores reconocimientos en esta disciplina), el problema está en el desajuste entre los objetivos de las empresas tecnológicas tras estos algoritmos y los de la comunidad matemática.

Para una empresa, resolver un gran problema funciona como demostración de capacidad tecnológica, instrumento publicitario y ventaja frente a sus competidores. Para nuestra disciplina, en cambio, lo importante no es solo la respuesta sino que la forma de llegar a esos resultados tenga sentido. En matemáticas necesitamos comprender por qué funciona, relacionar los resultados con los conocimientos ya existentes (dando crédito a quienes los desarrollaron) y, tras comprender todo esto profundamente, trasmitir el conocimiento a otras personas.

La probabilidad como ejemplo

Para explicarlo, me gusta usar un ejemplo del campo de la probabilidad. Si preguntamos cuál es la probabilidad de sacar un 1 en un dado equilibrado de seis caras, la gente lo tiene claro: 1 de 6, un sexto, un 16.6 % aproximadamente.

Hoy puede parecer evidente hasta para una clase de primaria, pero para que este conocimiento haya llegado a ser parte de nuestro ADN se ha tenido que dar un proceso histórico muy largo. En el Siglo XVII, Blaise Pascal y Pierre de Fermat intercambiaron varias cartas para resolver algunos problemas sobre juegos de azar. Sus cartas sirvieron para sentar las bases de la teoría de la probabilidad y con ello, a muchas discusiones, libros, etc. Años más tarde, Pierre Simone Laplace usó todos esos conocimientos para determinar la llamada fórmula clásica de la probabilidad que relaciona los casos favorables (el 1, solo un caso) con los casos posibles (las 6 posibles caras del dado).

Pero solo después de varios siglos más de discusiones, de enseñar esto primero en las universidades y después en las aulas escolares, el conocimiento acabó formando parte de nuestra vida cotidiana, lo que supone uno de los propósitos esenciales de las matemáticas.

Sin embargo, no debemos perder de vista una cuestión clave incluso dentro de este ejemplo: lo que lo hace un problema matemático es el razonamiento, la comprensión de lo que está pasando.

Para que el resultado de 1/6 sea correcto, es necesario haber partido de la premisa de que el dado es equilibrado, todas sus caras tienen la misma probabilidad de salir.

Sin embargo, puede que si entrenamos a una IA para que nos de una respuesta a esta pregunta también nos diga 1/6. Pero posiblemente lo haga porque sus datos de entrenamiento así lo dicen, no porque haya razonado correctamente que el dado está equilibrado, o porque conozca la base de la teoría de la probabilidad… o puede que sí.

Lo inquietante es no poder saberlo. La IA puede generar un resultado correcto pero no siempre nos proporciona las ideas claves que permiten comprenderlo, simplificarlo y establecer su relación con otros problemas abiertos.

Perder las fuentes de conocimiento

Y aquí de nuevo aparece el desajuste. Porque si en la carrera por la tecnología perdemos las fuentes de conocimiento de las que beben los resultados y no conseguimos entender el razonamiento que ha dirigido el resultado, nos estaremos alejando del fin último de las matemáticas. Además de que supone un riesgo para el reconocimiento de la creatividad y el talento (que siempre llevan a más creatividad y talento).

En el caso concreto del problema supuestamente resuelto por OpenAI, es especialmente sangrante que nadie mencionase que las ideas claves para llegar a la solución venían del trabajo, con lápiz y papel, de dos matemáticos españoles, Diego Córdoba y Luis Martínez-Zoroa,, teniendo que corregir las referencias días más tarde.

Pero no solo se trata de no identificar qué datos que alimentan el conocimiento de estas IAs: también hablamos de su opacidad interna con redes neuronales profundas que contienen ingentes cantidades de parámetros. Realizan operaciones matemáticas simples, sí, pero tantas que somos incapaces de reconstruir el razonamiento que hay detrás.

Viejos conocidos para la estadística

Las distintas caras de la opacidad no son algo nuevo. En el mundo de la estadística, el problema recurrente de los sesgos en los datos de entrenamiento, que no podemos anticipar por la opacidad sobre su procedencia, es bien conocido y convierte los resultados poco menos que en armas contra la población más vulnerable. Así lo explica la matemática estadounidense Cathy O’Neil en “Armas de destrucción matemática”.

Se ha vuelto muy común utilizar redes neuronales profundas como herramienta para entender o predecir una enfermedad, el clima, determinar si se va a dar un préstamo o no a una determinada persona, etc.

En todos estos casos, la respuesta de la red suele ser cerrada: tiene la enfermedad o no; la temperatura media estimada para el próximo año; le doy el préstamo o no. Pero esa respuesta no contiene una explicación “humana” que pueda ayudarnos a mejorar nuestra comprensión de la enfermedad a dar recomendaciones claras para frenar el aumento de la temperatura o a saber que aspectos tengo que mejorar para que me concedan ese préstamo.

Tanto nos preocupa este tema en el campo, que ya se han empezado a trabajar en métodos de IA explicable (XAI) que nos permitan poner algo de luz, pero son todavía métodos preliminares que no consiguen desentrañar el proceso seguido por la red neuronal sino que usan los resultados de esta para intentar dar una explicación comprensible de su comportamiento. Y la cosa no parece mejorar porque el problema avanza mucho más rápido y con muchos más recursos que las soluciones.

Los agentes rebeldes

Y en ese rápido y opaco avance una de las cosas que más miedo parece dar son los famosos agentes de IA que “hablan entre ellos, mienten y manipulan para no ser apagados”. Agentes que pueden “escaparse” del sistema y causar el caos que nos lleve a la extinción.

La IA ha sido optimizada para resolver una tarea. Y, si en ese proceso aprende que mintiendo puede sortear una restricción que le impedía resolverla, no va a valorar, a no ser que la programemos para ello, si eso es “bueno” o “malo”. Lo hará y punto.

Cuanta más autonomía, capacidad de planificación, acceso a herramientas o comunicación entre sistemas existan más graves podrían ser las consecuencias de una instrucción (humana) ambigua o directamente mal intencionada. Cuanto menos reglas le demos a la máquina, cuanto más “libertad” y más herramientas tengan, más fácil será que se conviertan en armas al servicio de quién sabe quién (o de todos sabemos quien).

Así que, no sé si a las matemáticas, pero es normal que a los seres humanos, con todo este ruido mediático, la IA nos de miedo. Pero el miedo no tiene porque llevarnos directamente al lado Oscuro como decía Yoda: también podemos usarlo como una señal de alarma que nos invite a detenernos, hacer preguntas y tratar de encender la luz.

The Conversation

Anabel Forte Deltell no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El miedo al lado oscuro de la IA en la comunidad matemática – https://theconversation.com/el-miedo-al-lado-oscuro-de-la-ia-en-la-comunidad-matematica-292151

Canadá y Europa: la nueva alianza que nace de la rivalidad con Estados Unidos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armando Alvares Garcia Júnior, Profesor de Derecho Internacional y de Relaciones Internacionales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Andy.LIU/Shutterstock

El 16 de septiembre, Ursula von der Leyen, presidenta de la Comisión Europea, pronunció en Estrasburgo su discurso anual sobre el estado de la Unión con un invitado insólito en primera fila: el primer ministro canadiense, Mark Carney.

Ante los eurodiputados, ella propuso “abrir la puerta” a que Canadá se convierta en el primer “miembro asociado” de la UE, un estatus que hoy no existe en los tratados europeos, y anunció el paso del acuerdo comercial bilateral a una “alianza para el futuro”.

La propuesta arrancó una ovación en pie. Horas después, Donald Trump calificó la idea de “risible” y amenazó con cortar el comercio con la UE, cuyo acercamiento calificó de posible “acto hostil”. Al día siguiente, Carney defendió la asociación ante el Parlamento Europeo.

¿Cómo hemos llegado a este punto inédito entre aliados históricos? La respuesta es geopolítica: se está redibujando el mapa del Atlántico Norte.

El “ojo por ojo” entre EE.UU. y Canadá

La relación con Estados Unidos, que absorbe cerca del 72 % de las exportaciones canadienses de mercancías, se ha deteriorado aceleradamente. Tras el fracaso de las negociaciones comerciales a finales de agosto, Washington impuso aranceles del 50 % a buena parte de los productos canadienses y amenazó con duplicar, hasta el 50 %, los aranceles que gravan automóviles, camiones y piezas desde el 1 de enero de 2027.

Ottawa respondió con aranceles equivalentes –del 15 %, 25 % o 50 %, según el producto– sobre bienes procedentes de Estados Unidos por valor de 27 600 millones de dólares canadienses, unos 20 000 millones de dólares estadounidenses.

A la tensión económica se suma una retórica inusual entre socios tan estrechos: Trump ha reiterado que Canadá debería convertirse en el Estado número 51 de Estados Unidos. Para un país que ha construido su identidad en torno a la diferencia frente a su poderoso vecino, la respuesta ha sido diversificar.

Sobre la política exterior de Trump, el experto en ciencia política Robert S. Snyder afirma que la etiqueta de “transaccional” es engañosa: prima el poder sobre las alianzas. De hecho, otro autor, Simon Bulmer, en un trabajo publicado en febrero de este año por el Journal of European Integration, afirmó que la incertidumbre hegemónica obliga a recomponer vínculos.

El giro canadiense no parte de cero. El Acuerdo Integral sobre Economía y Comercio (CETA, por sus siglas en inglés) entre Canadá y la Unión Europea se aplica de forma provisional desde 2017 y ha eliminado el 99 % de los aranceles: el comercio bilateral en bienes y servicios superó el año pasado los 130 000 millones de euros, un crecimiento superior al 80 % desde 2016, según la Comisión Europea.

Además,la UE es ya el segundo socio comercial de Canadá. El marco político es denso: ambos son socios estratégicos, con un pacto de asociación ratificado por 24 de los 27 Estados miembros, aunque con un acuerdo comercial cuya ratificación completa sigue pendiente en diez capitales.

Asociados en seguridad y defensa

La gran novedad es militar. En junio de 2025, Canadá y la UE firmaron una asociación en materia de seguridad y defensa. El 14 de febrero de 2026, en la Conferencia de Seguridad de Múnich, Ottawa cerró su adhesión al instrumento SAFE de rearme europeo, un programa de 150 000 millones de euros. El Consejo de la UE concluyó formalmente el acuerdo durante este verano: Canadá es el único país no europeo con acceso preferente, hasta el 80 % del valor de los contratos. La cooperación se extiende al Ártico, los minerales críticos, la energía y la ciberseguridad.

Este acercamiento es un síntoma de un mundo multipolar donde la geoeconomía sustituye a la diplomacia comercial tradicional, como explica la experta en ciencia política Beata Piskorska en su investigación sobre el “despertar” geopolítico de la UE. Para Europa, Canadá ofrece energía, minerales críticos y un socio fiable en defensa de Ucrania; para Ottawa, Bruselas es un seguro frente a la imprevisibilidad de Washington, en línea con la tesis de que la UE actúa como potencia geopolítica. Es la lógica de la autonomía estratégica compartida, y el análisis de la política comercial europea confirma que los acuerdos se han convertido en herramientas de seguridad.

Los obstáculos de una adhesión a la UE

Quedan obstáculos serios. El artículo 49 del Tratado de la Unión reserva la adhesión plena a los “Estados europeos”, de modo que el “miembro asociado” tendría que inventarse jurídica y políticamente, con aprobación unánime de los 27.

Por otro lado, la propuesta sorprendió a varios gobiernos y diplomáticos europeos. Carney, que acudió a Estrasburgo e instó a los diez Estados que aún no han ratificado el CETA a hacerlo, insiste en que Canadá no busca ser miembro, sino parte de una “alianza única” que proteja su soberanía.

Los detalles –incluida una posible movilidad para que los canadienses vivan y trabajen en la UE– se concretarán en la cumbre UE-Canadá de Montreal, los días 29 y 30 de octubre. El giro europeo de Carney constituye una previsión estratégica, con lecciones incluso para el Reino Unido. En un mundo abiertamente hostil, asistimos al rediseño de la geometría de Occidente.

El acercamiento entre Canadá y la Unión Europea señala algo muy profundo: cuando una alianza histórica deja de ofrecer previsibilidad, sus miembros buscan nuevos equilibrios. Ottawa y Bruselas tratan de convertir su afinidad política y económica en capacidad de decisión.

The Conversation

Armando Alvares Garcia Júnior no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Canadá y Europa: la nueva alianza que nace de la rivalidad con Estados Unidos – https://theconversation.com/canada-y-europa-la-nueva-alianza-que-nace-de-la-rivalidad-con-estados-unidos-292328

Por qué la violencia de género golpea de forma distinta a las mujeres mayores

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Gracia Ibáñez, Profesor e Investigador Grado en Criminología y Grado en Derecho., Universidad San Jorge

fizkes/Shutterstock

En 1997 Ana Orantes apareció en un programa de la televisión andaluza contando su vida marcada por los malos tratos de su marido. Unos días después de su desgarrador testimonio, fue quemada viva por su maltratador. Se convirtió en un símbolo de la violencia de género en España. Su caso despertó la conciencia social sobre el problema, lo que favoreció importantes reformas legislativas.

Ana Orantes tenía 60 años en el momento de su muerte. Era una mujer mayor que había sufrido violencia a manos de su pareja durante 40 años.

A pesar de lo simbólico de ese caso, las víctimas mayores de violencia de género continúan siendo un colectivo en el margen, prácticamente invisible. Se alejan del estereotipo social de víctima, que solemos asociar con una mujer joven, frecuentemente con hijos pequeños a su cargo.

Pero la violencia de género afecta a todo tipo de mujeres, de toda edad y condición. Es un fenómeno transversal. Aunque no todas las víctimas viven las mismas circunstancias. Por eso la intervención debe tener en cuenta esta realidad compleja para resultar eficaz.

Maltrato con historia y dependencia

A menudo este tipo de violencia se sitúa en la frontera entre dos realidades: una violencia de pareja con historia, que se ha prolongado durante años o décadas, y el maltrato a las personas mayores asociado con la dependencia y los cuidados, con frecuencia en forma de negligencia o violencia psicológica.

Cuando existen problemas de salud, fragilidad o necesidad de cuidados por parte de la pareja, puede resultar difícil distinguir entre ambas situaciones. Porque el marido actúa a la vez como cuidador y maltratador. De hecho, en ciertos supuestos, la dependencia de la mujer, debido a la sobrecarga que genera su cuidado, puede ser el factor desencadenante que saca a la luz una violencia que existía desde hacía tiempo de otras formas.

Además, muchas de estas mujeres crecieron en contextos marcados por modelos tradicionales de familia y de relaciones de género. Ideas como que el matrimonio es para toda la vida o que hay que anteponer la familia a los problemas personales han favorecido una “cultura del aguantar” que, en muchos casos, ha contribuido a normalizar el maltrato y a mantener relaciones abusivas durante décadas.

En ocasiones se observa una falta de apoyo familiar, por parte de los hijos, que han convivido también con un padre violento y que pueden reprochar a la madre el permanecer en la relación. A ello se suman otros factores que dificultan pedir ayuda o romper con la situación de violencia, como la dependencia económica, la disminución de las redes de apoyo, el miedo al futuro, a acabar en una residencia o el aislamiento.

Cuando el edadismo y la violencia se entrecruzan

Para entender en su complejidad este fenómeno es útil el concepto de interseccionalidad. Se trata de una idea sencilla: algunas personas sufren varias formas de discriminación al mismo tiempo. Y estas no solo se suman, sino que se combinan y generan situaciones de especial vulnerabilidad.

En el caso de la violencia de género, el enfoque ayuda a entender que no todas las mujeres la viven de la misma manera. Además, esta mirada permite analizar tanto los efectos que estas desigualdades tienen en la vida cotidiana como la forma en que las instituciones y las políticas públicas las reconocen y afrontan.

En estos casos, los ejes de desigualdad y discriminación presentes son, al menos, el ser mujer, víctima de violencia y persona mayor. Aunque pueden añadirse, según los supuestos, otros como vivir en un entorno rural, la discapacidad o la dependencia. Pero las formas principales de discriminación que interseccionan son el sexismo y el edadismo.

El edadismo se refiere a cómo pensamos (los estereotipos), cómo nos sentimos (los prejuicios) y cómo actuamos (la discriminación) respecto de las personas en función de su edad. Puede manifestarse en las instituciones, mediante normas o prácticas que discriminan por edad; en las relaciones entre personas o incluso de forma autoinfligida, cuando los propios estereotipos sobre la edad son interiorizados por quien los sufre.

La violencia de género y el edadismo son fenómenos distintos, pero relacionados. Ambos se basan en prejuicios profundamente arraigados sobre el género y la edad. En el caso de las mujeres mayores, estereotipos como su papel de cuidadoras, la dependencia económica del marido o la idea de que la fragilidad es propia de la vejez pueden contribuir a invisibilizar la violencia que sufren y dificultar el acceso a medidas adecuadas para salir de las situaciones de maltrato.

Intervenir adecuadamente

Hacen falta datos fiables sobre cuántas mujeres sufren esta violencia y cuáles son sus condiciones de salud, dependencia, situación económica y entorno familiar. Además, siguen siendo necesarias más investigaciones sobre el tema.

También es importante diseñar recursos específicos que tengan en cuenta su edad y otras circunstancias. Por ejemplo, adaptando las casas de acogida a las necesidades de mujeres mayores o creando plazas de urgencia en residencias públicas para mujeres víctimas con dependencia.

Las campañas de información y prevención deben incluir a las mujeres mayores y llegar a los espacios que frecuentan, como centros de día, asociaciones u hogares de personas mayores. Además, conviene simplificar los trámites administrativos y reducir las barreras relacionadas con el lenguaje o el uso de medios digitales.

Muchas mujeres mayores encuentran dificultades para acceder al sistema judicial o a los recursos de atención cuando los procedimientos son complejos. Por último, es necesario que los profesionales reciban formación para intervenir correctamente en estos casos. No todas las víctimas son iguales y, por lo tanto, deben ser apoyadas teniendo en cuenta esas diferencias.

The Conversation

Jorge Gracia Ibáñez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Por qué la violencia de género golpea de forma distinta a las mujeres mayores – https://theconversation.com/por-que-la-violencia-de-genero-golpea-de-forma-distinta-a-las-mujeres-mayores-290285

Pequeñas aves migratorias que plantan semillas a más de 500 kilómetros de distancia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudio Açaí Bracho-Estévanez, Investigador postdoctoral en ecología, Universidad de Córdoba; Universidad de Cádiz

Zorzal comiendo el fruto de un enebro. Franciscomgp/Shutterstock

Antes de que una planta pueda desarrollarse, su semilla tiene que llegar a un lugar adecuado. Por eso, la dispersión de semillas es clave para determinar dónde encontramos las poblaciones de plantas silvestres.

En las especies que producen frutos carnosos, las aves frugívoras juegan un papel esencial: al consumir frutos, ingieren también sus simientes, que posteriormente expulsan en otro lugar. Esto facilita su germinación y crecimiento lejos de la planta madre.

Es cierto que la mayoría de estas semillas no llegan muy lejos. Sin embargo, una pequeña fracción es transportada a distancias considerablemente largas (superiores al kilómetro), y son precisamente estos eventos de dispersión los que tienen consecuencias importantes para la colonización de nuevos hábitats, la conectividad entre poblaciones separadas geográficamente o la expansión de las áreas de distribución de las plantas.

Semillas viajeras

Las aves migratorias son capaces de facilitar la dispersión de semillas a distancias aún mayores. Durante sus desplazamientos entre las áreas de reproducción y de invernada llegan a recorrer miles de kilómetros. Así pues, una semilla que permanezca en su aparato digestivo durante parte de ese trayecto podría ser transportada muy lejos de la planta madre donde fue ingerida.

En 2016, investigadores de la Estación Biológica de Doñana aportaron una de las primeras evidencias empíricas directas de dispersión de semillas a grandes distancias por aves frugívoras migratorias. Las encontraron en aves capturadas por halcones cerca de las islas Canarias, después de haber cruzado parte del océano Atlántico. Algunas de estas aves habrían recorrido cientos de kilómetros desde las poblaciones de plantas más cercanas que producían las semillas ingeridas.

Sin embargo, aún quedaban por determinar cuestiones clave cómo hasta qué distancia pueden ser dispersadas las semillas durante la migración y si hay características de las plantas que favorecen viajes más largos en el interior de las aves migratorias.

Cuán lejos pueden ser dispersadas durante la migración

En un reciente estudio liderado desde la Universidad de Cádiz, utilizamos dispositivos GPS para seguir a zorzales comunes (Turdus philomelos) durante su migración en Europa. De este modo, conseguimos rastrear los desplazamientos de las aves a una escala y resolución sin precedentes, con individuos migrando desde Cádiz hasta Noruega, Finlandia o Rusia. Además, combinamos esta información con datos empíricos sobre el momento de consumo de frutos, la hora de inicio y la velocidad de sus vuelos migratorios, así como el tiempo de retención de las semillas en su aparato digestivo. Con todos estos elementos, desarrollamos modelos matemáticos que simulan distancias de dispersión para 31 especies de plantas con frutos carnosos.

Si conocemos cuándo ingiere un ave los frutos, cuánto tiempo permanecen sus simientes en el tracto digestivo y cuán lejos se desplaza durante ese intervalo, podemos estimar a qué distancia se produciría la deposición de semillas.

Zorzal común (Turdus philomelos).
Dion Art / Wikimedia Commons., CC BY

Nuestros resultados confirman que las aves migratorias que se alimentan de frutos facilitan distancias de dispersión muy superiores a las producidas durante movimientos no migratorios. Según la especie de planta, el recorrido medio estimado facilitado por los vuelos migratorios alcanzaría de 9 a 45 kilómetros, con distancias máximas que superarían los 500 kilómetros.

Las semillas pequeñas llegan más lejos

La migración de aves como zorzales, currucas, o petirrojos puede desempeñar un papel clave en la redistribución de plantas con frutos carnosos, transportando las semillas a regiones que, de otro modo, quedarían fuera del alcance de las plantas.

Sin embargo, no todas las especies vegetales tienen la misma capacidad de aprovechar este mecanismo de dispersión a larga distancia, ya que las semillas más pequeñas permanecen más tiempo en el tracto digestivo de las aves frugívoras. Esto tiene consecuencias directas sobre la distancia potencial de dispersión: cuanto más tiempo permanece una semilla en el ave, más tiempo tiene para ser transportada durante el vuelo migratorio.

Las semillas del madroño, al ser pequeñas, llegan más lejos en el intestino de las aves migratorias.
Wikimedia Commons., CC BY

Por ello, las especies con semillas pequeñas pueden ser diseminadas más lejos que las que tienen semillas grandes. Por ejemplo, en el caso del tejo (Taxus baccata) solo el 0,1 % de las semillas sería dispersado a más de 50 kilómetros, mientras que, en el madroño (Arbutus unedo), el mismo porcentaje llegaría a superar los 138 km.

Este mecanismo de dispersión cobra especial relevancia en un contexto de rápido cambio climático, en el que algunas especies necesitan alcanzar nuevos lugares adecuados para evitar la extinción.

Las aves frugívoras migratorias favorecerían la redistribución de aquellas plantas cuya fructificación coincide con el periodo de migración hacia latitudes más frías. Además, como hemos apuntado, la distancia que recorre una semilla depende de atributos como su tamaño, por lo que no todas las especies de plantas serían igual de capaces de aprovechar los vuelos a larga distancia de sus portadores.

The Conversation

Juan P. González Varo ha recibido financiación del Ministerio de Ciencia e Innovación.

Claudio Açaí Bracho-Estévanez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Pequeñas aves migratorias que plantan semillas a más de 500 kilómetros de distancia – https://theconversation.com/pequenas-aves-migratorias-que-plantan-semillas-a-mas-de-500-kilometros-de-distancia-289824