« Enhanced Games » : mais où est vraiment le problème ?

Source: The Conversation – in French – By Thierry Ménissier, Professeur de philosophie politique, Université Grenoble Alpes (UGA)

Un seul record du monde est tombé durant les « Enhanced Games », « jeux augmentés », une compétition sportive dont les 42 athlètes participants étaient autorisés à se doper : celui du 50 mètres nage libre, battu de 7 centièmes de seconde par le nageur grec Kristián Goloméev, grâce à une combinaison intégrale. La tenue de ces jeux constitue cependant une excellente occasion de s’interroger sur ce qu’ils représentent et les questions qu’ils soulèvent, lesquelles ne sont pas forcément celles que l’on imagine de prime abord.


Les « Enhanced Games », ou « jeux augmentés », qui se sont tenus du 21 au 24 mai 2026 à Las Vegas (Nevada), autorisaient l’usage de substances dopantes et d’équipements technologiques normalement interdits. Ils ont été condamnés unanimement par les instances antidopage, et ont fait l’objet d’une charge critique très virulente, notamment dans les médias.

Alors que l’Inserm a récemment publié un état des lieux des connaissances sur le dopage, des scientifiques qui ont examiné cette littérature scientifique analysent les Enhanced Games : d’où viennent-ils et que portent-ils ? Au-delà des prophéties de malheur portées par les Cassandres, quelles conséquences génèrent-ils ou peuvent-ils produire ? En quoi relèvent-ils de l’éthique et en ce cas de quelle éthique parle-t-on ?

D’où viennent les Enhanced Games ?

Les Enhanced Games s’inspirent des arguments de Julian Savulescu, professeur de bioéthique à l’Université d’Oxford, qui affirme que la légalisation du dopage permettrait un sport plus juste et meilleur pour la santé des athlètes. Ils sont promus par Aron D’Souza, juriste australien et investisseur en capital-risque. Celui-ci reprend et actualise les arguments de Savulescu en critiquant le sport olympique. Il affirme que la lutte antidopage est un échec et que les institutions de régulation, en particulier le Comité international olympique (CIO) et l’Agence mondiale anti-dopage (AMA), agissent en contradiction avec les valeurs qu’elles revendiquent. Les athlètes, y compris les athlètes dopés, sont présentés comme des victimes d’un système injuste et inefficace.

Pour donner du crédit à sa cause, D’Souza se réapproprie plusieurs valeurs associées au mouvement olympique. Il reprend notamment la rhétorique du CIO sur les liens entre sport et santé. Au lieu de priver les sportifs des progrès des sciences et des technologies, en raison des réglementations de la lutte antidopage, il affirme clairement son intention de les mettre au service de l’amélioration de l’humain. Les dernières avancées médicales seraient utilisées sous le contrôle d’un comité médical et scientifique de « classe mondiale ».

Grâce à cette mobilisation disruptive des sciences et des technologies, D’Souza prétend non seulement améliorer les performances des athlètes, mais aussi rendre le sport plus sûr pour tous. Cette stratégie, qui consiste à neutraliser les critiques en s’appropriant les valeurs affichées par ses détracteurs, peut créer une certaine confusion et brouiller les repères. Le récit se structure autour de promesses de progrès et d’un monde meilleur par les technosciences au service de la performance et de la conquête de nouveaux marchés.

L’appui revendiqué des sciences ne résiste cependant pas à la critique. D’Souza mobilise les réflexions de Savulescu pour affirmer que la plupart des athlètes sont incités à se doper dans le cadre du sport olympique. Il néglige néanmoins de mentionner que Savulescu s’appuie sur des modélisations de chercheurs en sciences économiques pour un raisonnement qui n’a pas de fondement empirique.

Pour étayer davantage l’idée d’un échec de la lutte contre le dopage, il sélectionne quelques travaux sur la prévalence du dopage et affirme que 40 à 99 % des athlètes sont dopés. Il fait pour cela référence à une enquête controversée, réalisée en 2011 dans le contexte d’un dopage d’État en Russie et d’une fédération d’athlétisme dirigée par un président corrompu, pour en tirer des conclusions générales, qui plus est en tordant certains chiffres.

Un projet de politique

Selon D’Souza, la mobilisation de « sciences » dites disruptives au service de la performance sportive a pour but « de construire une superhumanité » et ainsi de « changer le monde ».

Les ambitions politiques sont clairement affichées, tout comme leurs liens avec le mouvement MAGA. Parmi les premiers investisseurs, on trouve Peter Thiel, l’un des plus fidèles soutiens de Donald Trump parmi les milliardaires financeurs du mouvement MAGA. Il est rejoint par d’autres proches du président, comme le fils de ce dernier Donald Jr. Les promoteurs des Enhanced Games revendiquent également leur proximité avec le secrétaire d’État à la santé Robert F. Kennedy Jr adepte de programmes disruptifs, comme des traitements de substitution à la testostérone dans le cadre d’un programme antivieillissement.

La stratégie de discrédit de l’AMA et du CIO, des acteurs centraux de la lutte antidopage, est portée par le mouvement MAGA et son aversion à toute régulation. Les valeurs libertaristes sont en phase avec l’idée que la participation aux expérimentations technoscientifiques relève de choix et de responsabilités individuels, qui ne doivent pas être bridés par des régulations des institutions scientifiques et de leurs comités d’éthique.

Pour ces apôtres du marché et des transactions, faire des Enhanced Games un événement sportif de référence est d’abord un levier. L’objectif est d’occuper une place centrale sur le marché très prometteur des produits destinés à améliorer les performances humaines tout au long d’une vie que l’on cherche à prolonger.

Considérer le corps comme le plus bel objet de consommation est au cœur d’un renouvellement des stratégies en matière de santé. Les soins n’ont plus pour objectif de lutter contre la maladie, mais visent à une amélioration individualisée des performances corporelles envisagées comme un facteur clé de la santé. L’ambition affichée est de développer un nouveau segment de l’économie de la santé qui échappe aux contraintes des régulations.

D’Souza et ses associés espèrent tirer profit des images d’athlètes battant des records pour légitimer l’usage de substances et méthodes destinées à « améliorer » l’être humain. Ils se sont d’ailleurs rapidement positionnés sur ce marché en proposant, par exemple, une gamme de traitements à la testostérone et en vantant leur potentiel.

Inspirés par le transhumanisme, ces alchimistes de la performance espèrent utiliser le sport comme terrain d’expérimentation permettant d’apporter des « preuves » de l’effet bénéfique des substances et des méthodes qu’ils promeuvent.

Des instances qui cèdent à la panique morale ?

Cette vision de la santé, du corps, du sport porte une critique sur la régulation. Les acteurs de la lutte contre le dopage la fondent sur un enjeu sanitaire (même si dans sa mise en œuvre, la convocation de cette valence reste discutable) et sur la nécessité de préserver la sincérité de l’épreuve sportive.

La devise de Pierre de Coubertin du dépassement de soi s’accompagne de certaines limites. Des questions comme « que peut-on faire du corps humain ? » ou « jusqu’où peut-il aller ? » en appellent d’autres, par exemple : « Jusqu’où peut aller la préparation de la performance ? » À ce titre, on peut considérer que le « débat » proposé par D’Souza, certes provocateur, n’est pas étranger à la régulation du dopage. On peut interroger les limites de la production de la performance de haut niveau en examinant sa réalité.

La prise en charge d’un jeune sportif au fort potentiel par le système fédéral produit des effets sur son développement affectif, cognitif et social. La charge de l’entraînement, la préparation biologique et scientifique, les contraintes d’un calendrier par rapport à la formation scolaire, universitaire ou professionnelle, tout comme les obligations des instances antidopage (passeport biologique, géolocalisation, etc.) sont autant de sujets dont certes, se préoccupent les institutions sportives, mais qui interrogent les limites du « Citius, Altius, Fortius » (« Plus vite, plus haut, plus fort »).

L’organisation de ces jeux « augmentés » vise donc à les rediscuter. Cela pourrait ouvrir la possibilité pour les institutions sportives et antidopage de défendre le fondement de l’idéal d’un « sport propre », slogan de l’AMA. Mais au lieu d’argumenter sur la vision et le projet politique et social fondant la compétition sportive, on peut être surpris par les prises de parole institutionnelles. Elles se structurent généralement de la façon suivante : on condamne ces Enhanced Games, car ils produiraient une rupture – ils seraient contraires à « l’esprit du sport » – et on envisage des sanctions contre tout sportif qui participerait à l’événement.

Les déclarations des instances antidopage peuvent apparaître comme relevant de la « panique morale », un concept utilisé par certains sociologues qui écrivent sur le dopage (Critcher, 2014), pour qualifier des réactions souvent disproportionnées à ce qui est considéré comme des déviances.

Les prises de parole surprennent par leur propension prédictive. Il semblerait que quoi qu’il arrive, ces jeux vont montrer quelque chose. Que la lutte antidopage est efficace ou non. Que le sport traditionnel doit être défendu ou l’inverse. Que l’on bascule dans une nouvelle ère du sport-spectacle ou non.

Le processus de la panique morale repose sur une capacité à autoentretenir le problème : en diabolisant ces Enhanced Games, des acteurs souvent issus des institutions sportives rappellent la nécessité de lutter contre le dopage, et tendent à considérer l’impact de ces jeux comme plus important qu’il ne l’est vraisemblablement.

Préserver la santé des sportifs

La position défendue par D’Souza s’appuie sur des thèses similaires à celles de l’universitaire Andy Miah. Dans son ouvrage au titre provocateur (« Athlètes génétiquement modifiés »), ce bioéthicien critique l’absence de débats sur la lutte antidopage. Les institutions sportives choisissent de clore le débat, pensant pouvoir faire l’économie d’une argumentation sur un raisonnement l’éthique en se réfugiant notamment derrière le spectre des effets du dopage sur la santé des sportifs.

Une étude se veut rassurante sur ce point mais les conditions de l’étude, sa méthodologie et son financement la disqualifient, comme le souligne FranceInfo. Dans son expertise sur le dopage, les experts du groupe de l’Inserm ne peuvent statuer sur les conséquences sanitaires des sportifs participants à cette compétition sportive dans la mesure où on ne connaît pas les protocoles de dopage (sans doute, ne les connaîtrons-nous jamais). Ce qui ne signifie évidemment pas que de telles conséquences sont inexistantes ni sans gravité.

Face à cette inconnue, peut-on craindre un processus de « ruissellement » qui pourrait inciter de jeunes athlètes, envieux de la gloire (et de l’argent) obtenus par des champions non contraints par des réglementations antidopage, à se doper, au mépris des conséquences ultérieures pour leur santé ?

Une étude souvent citée pour répondre à cette question est celle de Bob Goldman, publiée en 1984. À la suite d’une enquête menée auprès d’athlètes de haut niveau, ces chercheurs ont affirmé que la moitié d’entre eux accepteraient de prendre un médicament garantissant le succès sportif, alors même qu’ils avaient été informés qu’il entraînerait également leur décès dans les cinq ans.

Cependant, d’autres auteurs reprenant la question sont parvenus à des taux beaucoup plus faibles, puisque seul 1 % des sportifs de leur échantillon accepterait le marché faustien). Il sera intéressant d’enquêter sur ces effets de ruissellement supposés, puisque cette compétition des Enhanced Games est maintenant terminée.

L’argument éthique

Si l’invocation éthique est tentante pour critiquer les Enhanced Games, il n’est pas certain qu’elle soit concluante, en tout cas en fonction des arguments classiques.

D’une manière générale, les conditions d’exercice du sport de haut niveau et de compétition sont en effet dominées par la recherche systématique de performance, dans l’entraînement des corps et des esprits, les moyens matériels employés et le déroulement des compétitions.

S’il n’est pas explicitement aussi « amélioré » que le revendiquent les organisateurs des Enhanced Games, le sport de haut niveau et de compétition est tout de même fortement soumis à l’implémentation d’innovations en tout genre. Dans ces conditions, il y a une réelle difficulté à qualifier les Enhanced Games de non éthiques, sauf si l’on adopte une conception naturaliste pour qualifier le sport ordinaire. Or, adopter une telle position est difficile puisque la visée classique de la performance (principe du sport de compétition et de haut niveau) conduit à considérer le corps des athlètes comme quelque chose de façonné et de construit, voire quasiment comme un lieu d’expérimentation.

Pris en rigueur de termes, le discours éthique est par essence de type évaluatif et sa portée se veut normative, c’est-à-dire qu’il vise une transformation de l’action des personnes qui se réclament de lui. La finalité de l’éthique consiste en effet à s’attacher à vivre de manière digne et juste.

Dans cette perspective, l’évaluation éthique est susceptible d’adopter trois formes de raisonnement. Il s’agit de la forme de raisonnement déontologique, faisant appel au sens du devoir et aux droits de la conscience individuelle, de la forme utilitariste qui repose sur le calcul entre les coûts de l’action et ses bénéfices pour l’existence, enfin de la forme arétaïque (dite aussi perfectionniste), à savoir, d’un type d’évaluation fondé sur la recherche de l’excellence personnelle ou sur des valeurs considérées comme supérieures.

Qu’en est-il, selon ces critères, des Enhanced Games ? On peut considérer qu’y participer relève d’une forme de raisonnement utilitariste, apparemment plutôt économique qu’éthique, voire contraire à l’esprit de l’éthique. Cependant, cette manière de raisonner concerne également la démarche ordinaire des athlètes (et de leur environnement professionnel) dans leur recherche de la performance.

Ce type de raisonnement peut même paradoxalement représenter une forme de justification par les acteurs du monde sportif de haut niveau et de compétition de l’acceptation des Enhanced Games : les athlètes augmentés peuvent être considérés comme les maximisateurs rationnels de leur action.

Par ailleurs, les Enhanced Games contreviennent-ils aux droits de la conscience, en suivant l’appel du déontologisme ? Ce n’est pas du tout certain puisque les participants, nullement contraints, semblent pleinement volontaires pour ces épreuves et doivent être tenus pour responsables des conséquences de leurs actes, par exemple sur leur propre santé.

Enfin, l’esprit de compétition et la recherche de l’excellence à travers la performance peuvent être évoqués par les athlètes comme par les organisateurs ou par tous les acteurs intéressés par leur tenue. En ce sens, en interprétant le caractère intrinsèquement athlétique de cette forme de raisonnement (né dans la Grèce antique), une position éthique inspirée par le perfectionnisme semble tout à fait possible sur le sujet des Enhanced Games.

Les formes traditionnelles de l’argumentation éthique ne semblent donc pas en mesure de disqualifier les Enhanced Games.

En revanche, deux types d’arguments peuvent nuancer ce constat. D’abord, ce qui se trouve mis en question du point de vue éthique, c’est la notion d’esprit sportif. Ces « jeux augmentés » peuvent être qualifiés d’élitistes en ce qu’ils vont concentrer une considérable masse de moyens (matériels, financiers, humains) en vue de réaliser des exploits littéralement surhumains – car hors de portée aussi bien des personnes normales que de la plupart des sportifs ordinaires. En tout cas, c’est ce que leurs organisateurs ont affirmé et espéré.

Or, cela contrevient bel et bien à l’esprit sportif, une idée éthiquement riche qui porte des valeurs telles que l’équité, la générosité et le fair-play et se trouve caractérisée par une forte valeur d’exemplarité dans la société démocratique, bien au-delà du monde sportif professionnel. Envisagé à l’aune de l’esprit sportif, même compte tenu des défauts de sa version compétitive évoqués plus haut, le sport n’est pas essentiellement quelque chose d’égoïste ni même strictement lié à un idéal de performances quantifiées. C’est d’ailleurs ce qu’entend signifier le Code mondial antidopage en considérant l’esprit sportif comme une valeur cardinale.

Réservés à une élite d’athlètes favorisés, les Enhanced Games paraissent au contraire sous-tendus par une idéologie prônant l’élitisme néolibéral qui mobilise des athlètes considérés comme des « entrepreneurs d’eux-mêmes » et dont l’ensemble est animé par une logique capitaliste largement discutable en termes d’éthique.

Ensuite, les questions morales sont actuellement renouvelées par l’exigence environnementale, laquelle fournit pour l’éthique un cadre d’exercice très élargi par rapport aux sujets moraux classiquement définis. Fortement portés par la logique entrepreneuriale, rêvant d’un essor mondial très dispendieux en moyens matériels, les Enhanced Games paraissent totalement indifférents à ces transformations, tandis qu’on ne peut plus aujourd’hui évoquer la responsabilité environnementale du sport comme quelque chose d’éthiquement indifférent.

Un problème qui n’est pas éthique, mais politique

De notre point de vue, les Enhanced Games pourraient être l’occasion de rediscuter de certaines réalités du sport comme du projet des promoteurs de ces jeux augmentés. Des questions qui ne relèvent pas de l’éthique, mais de la politique.

Les représentants des instances antidopage auraient peut-être dû opter pour une stratégie d’évitement : en ignorant ces jeux et en prenant garde de ne pas participer à leur médiatisation, ils auraient évité de se retrouver piégés dans un débat pour lequel ils ne semblaient pas suffisamment préparés.

Après avoir choisi de saisir cette occasion pour réaffirmer les valeurs du sport, il ne leur reste plus d’autres choix que de s’emparer réellement des questions politiques en déconstruisant la « vision » des promoteurs de l’événement, et en examinant sans complaisance des questions qui marquent une relative proximité entre la situation actuelle de la compétition sportive et ces jeux qu’elles jugent problématiques.

Et lesdites questions sont nombreuses, qu’il s’agisse de la réalité de la production de la performance, des réalités sanitaires des sportifs de haut niveau, des fondements de la lutte antidopage (et de ses questions corollaires : la participation des sportifs à la définition des règles, la liberté du sujet, le respect de la vie privée), de la marchandisation du spectacle sportif ou encore des considérations environnementales liées au sport de haut niveau et à l’organisation d’événements sportifs.


Ont également participé à l’élaboration de cet article, au nom du groupe d’expertise collective Inserm « Dopage et pratiques dopantes en milieu sportif » :

François Carré, Laboratoire Traitement du signal et de l’image (LTSI), UMR 1099 Inserm – Université de Rennes 1, Rennes ;

Louise Carton, Inserm U 1172 – Lille Neuroscience & Cognition, équipe Troubles cognitifs dégénératifs et vasculaires ; Département de pharmacologie médicale, Faculté de médecine de Lille, Université Lille-Nord-de-France, Lille ;

Katia Collomp, Laboratoire Complexité, innovation, activités motrices et sportives (CIAMS), Pôle STAPS, UFR Sciences et Techniques, Université d’Orléans, Orléans ;

Aymery Constant, École des hautes études en santé publique (EHESP), Département des sciences humaines et sociales, Rennes ;

Karine Corrion, Laboratoire Motricité humaine, expertise, sport, santé (LAMHESS, UPR 6312), Campus STAPS – Sciences du sport, Université Côte d’Azur, Nice ;

Éric Janssen, Unité DATA, Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), Paris ;

Maryse Lapeyre-Mestre, Département de médecine, Service de pharmacologie médicale et clinique, Université de Toulouse ; UMR 1295 CERPOP (Centre d’épidémiologie et de recherche en santé des populations) Inserm – Université de Toulouse ;

Guillaume Martinent, Laboratoire sur les vulnérabilités et l’innovation dans le sport (L-VIS) (EA 7428), UFR STAPS, Université Claude-Bernard Lyon I, Villeurbanne ;

Mathias Poussel, Centre universitaire de médecine du sport et activité physique adaptée (CUMSAPA), Antenne médicale de prévention du dopage (AMPD) – Grand Est, Service des examens de la fonction respiratoire, CHRU de Nancy Brabois ; UR 3450 DevAH (Développement, adaptation et handicap), Régulations cardio-respiratoires et de la motricité, Université de Lorraine ; Vandœuvre-lès-Nancy.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. « Enhanced Games » : mais où est vraiment le problème ? – https://theconversation.com/enhanced-games-mais-ou-est-vraiment-le-probleme-284333

Désinformation : sommes-nous tous manipulés ?

Source: The Conversation – in French – By Laurent Bainier, Directeur de la rédaction The Conversation France, The Conversation

Sommes-nous vraiment libres de nos opinions, ou nos choix sont-ils façonnés à notre insu par des stratégies d’influence toujours plus sophistiquées ?


À l’heure des réseaux sociaux, des campagnes de désinformation et des algorithmes qui orientent notre attention, la question de la manipulation de l’information est devenue un enjeu central pour nos démocraties. Comment se fabriquent les croyances ? Quels sont les mécanismes qui influencent nos perceptions et nos décisions ? Et dans quelle mesure sommes-nous capables de leur résister ?

Pour répondre à ces questions, The Conversation France recevait jeudi soir l’historien David Colon, auteur de La Guerre de l’information. Au cours de cet échange modéré par Laurent Bainier, directeur de la rédaction, il est notamment revenu sur les stratégies déployées par les propagandistes des États autoritaires pour manipuler l’information. « Ce qu’ils exploitent le plus, aujourd’hui, c’est la fragilité économique des médias », souligne-t-il.

Un échange éclairant pour comprendre comment opèrent les stratégies d’influence contemporaines, mesurer leur impact réel sur nos sociétés et identifier les moyens de préserver un esprit critique dans un environnement informationnel toujours plus saturé.

Retrouvez dès maintenant le replay du webinaire ci-dessous :

The Conversation

ref. Désinformation : sommes-nous tous manipulés ? – https://theconversation.com/desinformation-sommes-nous-tous-manipules-284364

Pourquoi jouer au tennis à Roland-Garros ou en amateur sous 35 °C est un défi physiologique

Source: The Conversation – in French – By Joffrey Zoll, MCU-PH en physiologie, faculté de médecine, Université de Strasbourg

La première semaine du tournoi des Internationaux de France de tennis à Roland-Garros, à Paris, a été marquée par les chaleurs caniculaires sous lesquelles joueuses et joueurs ont dû batailler sur les courts. Quels mécanismes physiologiques permettent à ces athlètes de s’adapter, jusqu’à un certain point, à des températures élevées, sachant que le tennis est un sport dans lequel le corps est mis à rude épreuve de manière spécifique ? Quelles précautions les joueuses et joueurs amateurs, qui ne disposent pas des mêmes capacités d’adaptation, doivent-ils prendre ? On fait le point.


Sous le soleil de Roland-Garros (Paris), les joueurs de tennis ne luttent pas seulement contre leur adversaire. Lorsque les températures dépassent 30 °C, pour atteindre parfois 35 °C, la chaleur devient, elle-même, un véritable défi physiologique.




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Cette année, lors des Internationaux de France, le Norvégien Casper Ruud a, lui-même, décrit avoir eu « l’impression d’être un zombie » lors de son premier tour face au Russe Roman Safiullin. Victime d’un important coup de chaud, il expliquait après le match avoir eu des vertiges, des difficultés à voir la balle et la sensation que son organisme n’arrivait plus à se refroidir correctement. Après avoir perdu onze jeux consécutifs et encaissé un set 6-0, celui qui fait partie des meilleurs joueurs mondiaux a finalement réussi à reprendre le contrôle du match après près de quatre heures d’effort, sous une température supérieure à 30 °C.

Au premier tour du tournoi 2026, quatre abandons ont été recensés, alors que le tournoi en compte généralement beaucoup moins. Derrière ces images spectaculaires se cache une réalité physiologique complexe : lors d’un effort intense sous forte chaleur, l’organisme lutte en permanence contre l’hyperthermie, c’est-à-dire l’augmentation excessive de la température corporelle.

Quand le corps tente d’éviter la surchauffe

L’être humain doit maintenir sa température interne autour de 37 °C afin d’assurer le bon fonctionnement de ses organes, notamment du cerveau. Or, pendant un effort physique intense, les muscles produisent énormément de chaleur. Ainsi, même dans des conditions de température dites « normales », la température corporelle augmente lors d’un effort intense et peut atteindre de 38,5 à 39 °C chez des sportifs entraînés.

Mais lorsque la température extérieure augmente fortement, évacuer cette chaleur devient beaucoup plus difficile. Dans un sport comme le tennis, le problème est accentué par l’exposition directe au soleil, la chaleur accumulée par la terre battue et la faible circulation d’air sur le court.

À partir de 39 °C de température centrale environ, les performances physiques et cognitives commencent généralement à diminuer de façon importante. Lorsque la température continue d’augmenter, l’organisme entre progressivement dans une zone de stress thermique important susceptible de provoquer un malaise ou, dans les situations les plus sévères, un véritable coup de chaleur d’effort, une urgence médicale caractérisée par une hyperthermie sévère associée à des troubles neurologiques.

La transpiration : le « coût physiologique » de notre principal système de refroidissement

Pour éviter cette surchauffe, l’organisme met en place plusieurs mécanismes de défense étroitement liés. Le principal système de refroidissement est la transpiration. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la sueur elle-même qui refroidit le corps, mais son évaporation. Lorsque l’eau passe de l’état liquide à l’état gazeux à la surface de la peau, cette transformation absorbe de l’énergie thermique provenant du corps, ce qui permet ainsi de le refroidir.

Afin de rendre ce système plus efficace, le corps augmente également le débit sanguin vers la peau grâce à la vasodilatation cutanée. Une partie importante du sang est ainsi redirigée vers les zones superficielles afin de favoriser les échanges thermiques et l’évaporation de la sueur.

Mais cette redistribution du flux sanguin possède un coût physiologique important. Une partie du débit sanguin disponible pour les muscles actifs est mobilisée pour le refroidissement cutané. Cette compétition entre refroidissement du corps et alimentation des muscles contribue à diminuer les capacités d’effort et participe notamment à la baisse de la quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut utiliser sur un temps donné (ou VO₂ max) sous forte chaleur.

La transpiration entraîne également des pertes importantes en eau et en sodium. Lors d’un match sous forte chaleur, un joueur peut perdre plusieurs litres de sueur par heure. Une déshydratation même modérée – environ 2 % du poids corporel – suffit déjà à diminuer les capacités physiques et cognitives.

Pourquoi le tennis est particulièrement vulnérable à la chaleur

Tous les sports ne réagissent pas de la même manière aux fortes températures. Le tennis cumule plusieurs caractéristiques qui rendent cet effort particulièrement difficile.

D’abord, les matchs peuvent durer très longtemps, parfois plus de quatre ou cinq heures lors des tournois du Grand Chelem. Ensuite, le jeu alterne sans cesse entre accélérations explosives, changements de direction, frappes puissantes et temps de récupération relativement courts.

Mais la chaleur ne perturbe pas uniquement les muscles. Le cerveau est lui aussi fortement affecté.

Des études montrent que la déshydratation et une augmentation de la température corporelle altèrent progressivement les capacités de concentration, le temps de réaction et la prise de décision. La perception de l’effort augmente également fortement. Autrement dit, à intensité identique, l’effort semble beaucoup plus difficile sous forte chaleur.

Le cerveau agit également comme un véritable système de protection. Lorsque la température corporelle devient trop élevée, il réduit progressivement l’intensité de l’effort afin de limiter les risques de surchauffe. Cette diminution de performance peut apparaître avant même que les muscles ne soient totalement épuisés.

Dans un sport aussi technique et tactique que le tennis, cette baisse de lucidité peut suffire à faire basculer un match. Sur plusieurs heures de jeu, les joueurs doivent prendre des milliers de microdécisions – placement, trajectoire, puissance ou choix tactiques – dont certaines peuvent directement influencer l’issue d’un set ou d’un match.

Pourquoi les joueurs professionnels résistent mieux

Les joueurs professionnels développent au fil des années de nombreuses adaptations leur permettant de mieux tolérer la chaleur.

L’une des plus importantes est l’acclimatation thermique. Après plusieurs jours d’entraînement sous forte chaleur, les premières adaptations apparaissent déjà : la transpiration débute plus rapidement, la fréquence cardiaque augmente moins fortement et la température corporelle devient plus stable pour un même effort. Après plusieurs semaines d’exposition répétée, ces adaptations deviennent plus marquées et plus durables.

Le volume de sueur produit augmente également, ce qui améliore les capacités de refroidissement. En parallèle, les glandes sudoripares deviennent plus efficaces pour réabsorber le sodium avant son élimination à la surface de la peau. Les athlètes acclimatés perdent donc proportionnellement moins de sodium malgré une sudation souvent plus importante.

Le volume sanguin augmente également, améliorant ainsi la stabilité cardiovasculaire, les capacités de thermorégulation et le maintien des apports en oxygène vers les muscles.

Ces adaptations sont particulièrement travaillées avant certains tournois comme l’Open d’Australie, où les températures extrêmes sont fréquentes.

Mais cette année, les conditions semblent avoir surpris davantage de joueurs lors de la première semaine du tournoi de Roland-Garros. Les tournois préparatoires en terre battue disputés à Rome ou à Madrid se sont déroulés dans des conditions relativement fraîches, ce qui a probablement limité l’acclimatation préalable avant l’arrivée à Paris. Cette variabilité climatique plus brutale pourrait devenir de plus en plus fréquente avec le changement climatique.

Quels conseils pour les joueurs amateurs ?

Ces problématiques ne concernent pas uniquement les joueurs professionnels. Chaque été, des milliers de joueurs de tennis amateurs disputent eux aussi des compétitions sous de fortes chaleurs.

Chez les sportifs amateurs, il est essentiel de faire passer un message simple :
abandonner un match reste infiniment préférable à poursuivre un effort qui mettrait potentiellement sa santé en danger.

Chez les amateurs, quelles mesures pour limiter les risques ?

  • L’hydratation doit commencer avant le match : attendre d’avoir soif est déjà un mauvais signal, car la déshydratation est souvent déjà installée. Lors des efforts prolongés, les boissons contenant du sodium peuvent aider à compenser les pertes liées à la transpiration.
  • L’acclimatation joue également un rôle majeur : il est important non seulement de s’exposer progressivement à la chaleur, mais aussi de s’entraîner progressivement dans ces conditions afin d’améliorer les capacités de thermorégulation de l’organisme.
  • Pendant le match, il est important de profiter des pauses pour se refroidir : serviette humide, zones d’ombre, glace au niveau du cou ou de la tête, peuvent aider à limiter l’augmentation de la température corporelle.
  • Certains symptômes doivent immédiatement alerter : vertiges, nausées, confusion, frissons, maux de tête ou arrêt de la transpiration. Ils peuvent être annonciateurs d’un coup de chaleur d’effort, une urgence médicale potentiellement grave.

Un enjeu sportif… mais aussi humain et climatique

Avec le changement climatique, les épisodes de fortes chaleurs deviennent plus fréquents et plus intenses dans de nombreuses régions du monde. Les grandes compétitions sportives devront de plus en plus intégrer cette nouvelle réalité.

À Roland-Garros, la chaleur ne représente plus seulement un inconfort. Elle devient un facteur majeur de performance, de récupération, de sécurité et parfois même de « survie physiologique » sur le court.

Mais ces conditions extrêmes révèlent aussi quelque chose de fascinant dans le sport de haut niveau : la capacité des athlètes à continuer à prendre des décisions, à gérer leurs émotions et à maintenir leur engagement physique malgré une contrainte physiologique majeure. Dans des matchs où chaque point peut faire basculer l’issue de la rencontre, réussir à conserver sa lucidité sous forte chaleur devient une performance en soi.

Peut-être est-ce aussi pour cela que certaines victoires à Roland-Garros semblent provoquer des émotions si intenses : au-delà de l’adversaire, les joueurs viennent parfois de gagner un combat contre leurs propres limites physiologiques.


Valentin Fourcade, doctorant à l’Université de Strasbourg est également coauteur de cet article.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi jouer au tennis à Roland-Garros ou en amateur sous 35 °C est un défi physiologique – https://theconversation.com/pourquoi-jouer-au-tennis-a-roland-garros-ou-en-amateur-sous-35-c-est-un-defi-physiologique-284123

La transition énergétique échouera sans financement des infrastructures africaines

Source: The Conversation – in French – By Ese Owie, Associate Professor of International Law and Policy, Euclid University | Pôle Universitaire Euclide ; University of Essex

La transition vers les énergies renouvelables échouera si les pays riches ne contribuent pas au financement de systèmes énergétiques plus propres, de l’industrialisation et de la transformation locale des minerais sur l’ensemble du continent africain. Tel était l’argument avancé par les pays africains lors d’une récente réunion rassemblant 57 gouvernements sur la sortie progressive des énergies fossiles.

La Conférence sur la transition hors énergies fossiles a été organisée par la Colombie et les Pays-Bas en avril 2026. Il s’agissait du premier grand rassemblement international consacré à la manière dont les pays pourraient réduire progressivement leur dépendance au charbon, au pétrole et au gaz. À l’heure actuelle, il n’existe aucun accord mondial sur la manière de réduire progressivement la production de combustibles fossiles.

Les accords internationaux sur le climat se concentrent principalement sur la réduction des émissions plutôt que sur la manière et le moment où les pays devraient cesser de produire du charbon, du pétrole et du gaz. Pourtant, ces combustibles fossiles sont responsables de près de 90 % des émissions de carbone à l’origine du changement climatique.

Je suis avocat spécialisé en commerce international et chercheur en droit et mes recherches portent sur les liens entre changement climatique, politique commerciale et développement durable. Je considère que l’Afrique est en passe de devenir un lieu clé du débat sur la manière dont la transition doit être gérée dans les pays qui cherchent à s’industrialiser rapidement tout en étant fortement exposés aux catastrophes climatiques.




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Pour les pays africains, s’affranchir des combustibles fossiles est bien plus compliqué qu’un simple changement de source d’énergie. Beaucoup d’entre eux souffrent de la pauvreté, de réseaux électriques fragiles et d’une dette croissante. Leurs économies dépendent toujours du pétrole, du gaz et du charbon pour les recettes publiques, les exportations, l’emploi et même l’accès à l’énergie de base.

Les économies plus riches se sont industrialisées en utilisant des combustibles fossiles pendant des décennies. Demander aux États africains de cesser de produire du pétrole et du gaz sans soutien financier substantiel, sans technologies abordables et sans alternatives crédibles risquerait donc d’aggraver les inégalités.

De la réduction des émissions à l’abandon de l’extraction des combustibles fossiles

La conférence a appelé les gouvernements à aller au-delà de la simple réduction des émissions de gaz à effet de serre et à commencer à s’attaquer à la question plus difficile de la fin de l’extraction des combustibles fossiles. Environ la moitié des producteurs mondiaux de combustibles fossiles ont également assisté à la conférence (y compris ceux du Nigeria et de l’Angola).

Il s’agit d’une avancée significative vers la définition des moyens permettant aux pays de cesser d’utiliser les combustibles fossiles. De nombreux pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique, mais continuent d’approuver de nouveaux projets pétroliers et gaziers et de subventionner la production de combustibles fossiles.

Par exemple, le gouvernement nigérian souhaite presque doubler sa production de pétrole au cours des cinq prochaines années et augmenter sa production de gaz. L’Afrique du Sud souhaite également augmenter sa production de gaz. Ayant créé une compagnie pétrolière publique, elle va probablement développer sa production de pétrole également.




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Un accord « axé sur l’offre » pourrait fonctionner. Le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles que 18 États et des milliers d’organisations de la société civile ont jusqu’à présent approuvé vise à engager les États à réduire la production de charbon, de pétrole et de gaz.

Concrètement, cela encouragerait les pays à planifier une transition contrôlée vers l’abandon des combustibles fossiles plutôt que d’augmenter indéfiniment leur production.

Une transition juste nécessite des investissements, pas des leçons

Pour que les pays africains puissent passer à l’énergie propre, ils devraient se passer des revenus tirés de la vente de combustibles fossiles. Ils devraient également restructurer leurs économies au-delà de la dépendance mondiale actuelle vis-à-vis des combustibles fossiles.

Cette dépendance est considérable. Les combustibles fossiles représentent plus de 90 % des recettes d’exportation dans des pays tels que le Nigeria et l’Angola.

Les recettes pétrolières et gazières représentent entre 50 % et 70 % des recettes publiques dans plusieurs États à travers le continent. Toute transition brutale sans sources alternatives de croissance et de financement aura des conséquences économiques perturbatrices.




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On ne peut pas laisser les pays se débrouiller seuls alors que le commerce mondial et les systèmes énergétiques sont profondément interconnectés. L’Afrique est déjà confrontée à un déficit de financement climatique d’environ 2 500 milliards de dollars d’ici 2030. Il ne serait pas juste de demander aux pays africains de financer eux-mêmes cette transition. Cela reviendrait à un ajustement sans solidarité.

Sans un soutien financier significatif, de nombreux pays africains pourraient avoir du mal à abandonner les combustibles fossiles tout en préservant les emplois, les recettes publiques et l’accès à l’énergie.

L’Afrique doit développer des industries d’énergie verte

Ce dont l’Afrique a besoin, ce n’est pas de la charité, mais d’investissements dans des projets crédibles. Ceux-ci incluent notamment l’énergie renouvelable, les réseaux électriques, l’assemblage de batteries, les modes de cuisson propres et les transports publics. Ces industries d’énergie verte créeraient des emplois et de la valeur économique à long terme sur le continent africain.

L’Afrique dispose déjà de nombreux éléments nécessaires à cette transition. Le continent possède d’abondantes ressources solaires et éoliennes, des marchés en pleine croissance et une main-d’œuvre jeune. Certains pays africains disposent également des minéraux nécessaires aux technologies d’énergie propre. Mais le succès dépendra de la capacité à exploiter ces atouts pour développer des industries sur place.

Les pays auront également besoin d’infrastructures plus solides, d’une réglementation stable et d’investissements dans les compétences techniques. Si elle est bien gérée, la transition énergétique pourrait aider l’Afrique à s’industrialiser de manière plus propre, sans aggraver la crise climatique. Mais sans une planification et un financement ciblés, le continent risque de rester un simple consommateur de technologies importées plutôt que de devenir un acteur de l’économie verte mondiale.

Ce que la Conférence sur la transition hors énergies fossiles signifie pour l’Afrique

La conférence de Santa Marta, en Colombie, n’a pas réglé l’avenir de la gouvernance des combustibles fossiles. Sa contribution est plus modeste – mais reste importante. Elle a clairement montré que les gouvernements ne peuvent pas s’attaquer sérieusement aux émissions tout en continuant à traiter l’extraction des combustibles fossiles comme une question secondaire.

Pour l’Afrique, la tâche ne consiste pas à résister à la transition. Il s’agit d’insister pour que cette transition soit financée, planifiée et gérée de manière équitable.

The Conversation

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ref. La transition énergétique échouera sans financement des infrastructures africaines – https://theconversation.com/la-transition-energetique-echouera-sans-financement-des-infrastructures-africaines-283893

Les jardins urbains peuvent contenir du plomb : voici comment amenuiser les risques

Source: The Conversation – in French – By Dr. Melody Lynch, Adjunct Professor, Geography, Planning and Environment, Concordia University

Vous évitez les pesticides, vous arrachez les mauvaises herbes à la main, vous optez pour des semences anciennes. En employant ces modes de culture biologiques, vous avez l’esprit tranquille, sachant que vos légumes sont cultivés sans recours excessif aux produits chimiques.

Mais ce que beaucoup de jardiniers consciencieux ignorent, c’est que leur potager peut présenter un danger que les pratiques biologiques seules ne suffisent pas à prévenir : la présence de plomb.

Le plomb ne présente aucun seuil d’exposition sûr et il est présent dans le sol de certains jardins urbains canadiens. D’où provient-il ? Des émissions d’essence au plomb liées à une utilisation passée, de la peinture au plomb qui se détériore et s’infiltre dans le sol autour des bâtiments anciens ainsi que des activités industrielles telles que l’exploitation minière.

Heureusement, il existe de nombreux moyens simples et abordables de réduire l’exposition au plomb et de rendre nos jardins plus sûrs.

Les effets du plomb varient d’une personne à l’autre

Le plomb ne remplit aucune fonction dans l’organisme humain et est nocif quelle que soit sa concentration.

Bien que les estimations varient, les adultes absorbent de 3 à 10 % environ du plomb qu’ils ingèrent, tandis que les personnes à jeun ou souffrant de malnutrition peuvent en absorber de 60 à 80 %. Ce chiffre est particulièrement élevé chez les enfants, le taux d’absorption pouvant atteindre 50 % – voire 100 % lorsqu’ils ont l’estomac vide.

Chez les adultes, le plomb s’accumule principalement dans les os et les dents à la suite d’une exposition répétée ou prolongée, avant d’être lentement libéré dans le reste de l’organisme. Chez les enfants, une grande proportion du plomb est absorbée dans les tissus mous, ce qui entraîne l’apparition précoce de graves problèmes de santé.

Au fil du temps, l’exposition peut entraîner des effets irréversibles à long terme sur la santé, notamment sur le cerveau, le système nerveux, les reins et le système cardiovasculaire.

À l’échelle mondiale, l’exposition au plomb entraîne chaque année 1,5 million de décès et de nombreux cas d’invalidité – une perte représentant au total plus de 33 millions d’années de vie en bonne santé.

Essence, peinture et histoire passée

Le plomb peut être présent à l’état naturel, mais la majeure partie de la pollution liée au plomb résulte de l’activité humaine, comme l’industrie manufacturière, ou de produits telle que les piles.

L’utilisation de l’essence au plomb a été abandonnée dans le monde entier, mais le plomb accumulé au fil du temps demeure dans l’environnement, car il ne se biodégrade pas.

Malheureusement, il n’existe aucune réglementation concernant la peinture au plomb dans de nombreux pays du monde, où elle reste largement disponible et utilisée. Ce phénomène contribue aux inégalités en matière de santé à l’échelle mondiale.

De plus, les communautés à faibles revenus et racisées peuvent être exposées de manière disproportionnée au plomb, ce qui constitue un exemple d’injustice environnementale.

Pourquoi ce risque en vaut la peine

Malgré les risques, les jardins peuvent constituer une source importante d’aliments sains, en particulier pour les communautés économiquement défavorisées. Ils présentent également de nombreux autres avantages.

Les études montrent que s’occuper d’un jardin a un effet mutuellement bénéfique sur le mieux-être individuel et communautaire. En effet, cette activité renforce notre système immunitaire, aide à réguler les réponses endocriniennes, favorise la stabilité émotionnelle et améliore les comportements psychosociaux, en particulier chez les enfants. Elle peut également favoriser l’empathie envers la nature et les autres.

Pour certains peuples autochtones et d’autres communautés ayant une longue tradition agricole, le jardinage contribue à la préservation du patrimoine culturel en perpétuant des pratiques basées sur les connaissances intergénérationnelles et la spiritualité.

Cela dit, il faut soupeser les risques et les avantages, et surtout, éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain. En effet, les préoccupations en matière de sécurité alimentaire sont souvent évoquées pour stigmatiser les populations marginalisées qui n’ont guère d’autres options, ou pour étouffer le débat public au sujet des décisions d’aménagement du territoire, ce qui finit par entraîner la disparition des jardins communautaires.

Comment adopter de saines pratiques de jardinage

Le plomb peut contaminer vos cultures par l’air ou le sol. Chaque plante absorbe le plomb différemment, notamment en fonction de son espèce et des caractéristiques du sol. Les légumes-feuilles et les légumes racines sont généralement plus susceptibles d’absorber le plomb que d’autres légumes, par exemple.

Heureusement, il existe de nombreux moyens simples d’éviter que du plomb ne se retrouve dans les aliments issus de votre potager.

  1. Aménagez votre potager loin des routes très fréquentées, des aires de stationnement, des voies ferrées, des cours d’eau et des zones industrielles.

  2. Si vous pensez que le sol que vous utilisez pourrait contenir du plomb, vous pouvez envoyer un échantillon pour le faire analyser.

  3. Faites preuve de prudence si vous utilisez des engrais chimiques et des pesticides. Privilégiez des méthodes non chimiques dans la mesure possible ; sinon, respectez scrupuleusement les dosages recommandés.

  4. Utilisez des bacs surélevés ou des pots remplis de terreau frais si vous craignez que le sol soit pollué.

  5. Utilisez du compost. Bien qu’il n’élimine pas les métaux lourds, un compost de haute qualité peut empêcher le plomb de contaminer vos cultures en passant par le sol.

  6. Surveillez le pH du sol à l’aide d’un pH-mètre vendu dans les quincailleries. Assurez-vous que votre sol n’est pas trop acide afin d’empêcher le plomb de contaminer vos cultures.

  7. Vérifiez la texture du sol. Évitez les sols trop sableux, car ils favorisent la migration du plomb vers les plantes de votre jardin.

  8. Observez la couleur du sol. Les sols rouges et jaunes indiquent souvent la présence d’oxydes de fer, qui aident à empêcher le plomb de passer dans les cultures. Les sols d’un noir profond indiquent souvent une forte teneur en matière organique, ce qui renforce également cette protection.

  9. Utilisez du paillis, comme des copeaux de bois ou des feuilles en décomposition, pour empêcher le plomb de pénétrer dans vos sols par l’air.

  10. Évitez de brûler des déchets dans votre jardin ou à proximité de celui-ci, car cela pourrait entraîner la contamination de vos aliments par le plomb. Le brûlage à l’air libre des déchets constitue un problème de santé mondial pressant dans les régions où les infrastructures de collecte des déchets sont insuffisantes, notamment dans certaines communautés autochtones du Canada.


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  1. Empêchez les jeunes enfants de mettre de la terre dans leur bouche lorsqu’ils sont dans le jardin, car ils courent un risque accru de développer des problèmes de santé s’ils ingèrent du plomb.

  2. Lavez les fruits et légumes à l’eau claire avant de les consommer afin d’éliminer les résidus.

La démarche la plus importante que nous puissions entreprendre pour assainir nos jardins consiste sans doute à demander des comptes à nos gouvernements pour garantir la qualité de l’environnement dans nos communautés. Si la pollution vous préoccupe, communiquez avec votre représentant local ou ralliez-vous à une cause pour réclamer une réglementation plus stricte et de meilleures politiques en matière d’urbanisme.

Pour de nombreuses familles, le jardinage est bien plus qu’un simple passe-temps. C’est un moyen de se nourrir. Et malgré les progrès réalisés, l’exposition au plomb demeure un risque sanitaire méconnu au sein de la population canadienne. Nous pouvons y remédier en prenant les mesures adéquates.

La Conversation Canada

Dr. Melody Lynch a bénéficié d’un financement pour cette recherche de la part du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et de Mitacs.

ref. Les jardins urbains peuvent contenir du plomb : voici comment amenuiser les risques – https://theconversation.com/les-jardins-urbains-peuvent-contenir-du-plomb-voici-comment-amenuiser-les-risques-283329

El valor de la amabilidad o por qué los lobos tienen problemas de extinción y los perros, no

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jonathan Benito Sipos, Profesor Titular Fisiología Animal. Neurociencia, Universidad Autónoma de Madrid

In Green/Shutterstock

¿Es la amabilidad una estrategia evolutiva? ¿Tiene ventajas tangibles ser amable en la sociedad en la que vivimos?

La primera respuesta nos la van a dar ni más ni menos que los perros y los lobos. Ambos comparten el 99,9 % de su genoma, pueden procrear entre ellos y obtener descendencia fértil. Desde el punto de vista de la biología, muchos los consideran la misma especie (Canis lupus).

Sin embargo, los lobos llevan miles de años jugando con la extinción, mientras que se estima que existen 900 millones de perros en el planeta. ¿Cómo es esto posible? ¿Cuál es esa pequeña y sutil diferencia entre ellos que es tan determinante?

Resulta que ambos provienen de un ancestro común, el lobo de la Edad de Hielo (Aenocyon dirus). Estos animales eran un tanto impredecibles, desconfiados y también agresivos cuando tenían hambre. Pero, entre esos lobos, surgían algunos individuos más sociales, más predecibles, más confiables y menos agresivos.

Ejemplar de lobo gris Canis lupus.
Wikimedia Commons., CC BY

Los primeros perros

Los primeros Homo sapiens dejaban que estos animales se acercasen a la periferia de los poblados a comer los restos de su comida, siempre y cuando no fueran una amenaza. Y claro, se veía venir lo que terminaría por ocurrir: los individuos más sociales comían más y mejor que los menos sociales.

Al reproducirse entre sí esos individuos más sociales, en unas pocas generaciones (no más de seis) surgieron animales ultrasociales, a los que hoy llamamos perros y de los que ya nunca se desprenderían los sapiens.

Por tanto, la diferencia entre el perro y el lobo es lo que llamamos en neurobiología la prosociabilidad, es decir, la amigabilidad o la amabilidad, que en este caso demostró ser una estrategia evolutiva ganadora. El proceso que experimentaron los perros se denomina autodomesticación.

Por qué los sapiens sobrevivieron a los neandertales

Y no es el único ejemplo, ni siquiera el más cercano a los humanos. Nosotros mismos también sufrimos un proceso de autodomesticación. Hace unos 46 000 años, el espíritu aventurero del sapiens nos trajo a Europa. Provenientes de África, aquellos primeros colonos se encontraron con varias adversidades con las que, probablemente, no contaban.

Por un lado, Europa les recibió con el frío gélido propio de un periodo glacial. Por otro, se toparon con que ya había otros humanos viviendo en esta latitudes. Que sepamos, como poco, ya estaban por aquí los neandertales.

Y los neandertales no eran poca cosa. Para empezar, eran insultantemente más fuertes que nosotros: en una lucha cuerpo a cuerpo nos podrían despedazar como a una muñeca de trapo. Para seguir, eran, al menos, igual de inteligentes que nosotros. Entonces, ¿por qué la historia la escribimos los sapiens y no los neandertales?

Inteligencia y fuerza no son suficientes

Llegó un momento en la evolución donde la fuerza bruta ya no era suficiente: los osos eran más fuertes que los humanos, pero no eran los osos los que se estaban disputando el mundo. También llegó un momento en que la inteligencia bruta no era suficiente. Hacía falta algo más. Y ese más era una diferencia sutil, como en el caso del perro y el lobo.

Los neandertales eran seres humanos en toda su expresión, con una cultura muchísimo mayor de lo que sospechábamos hace unas décadas, que cuidaban a sus enfermos y despedían con ritos funerarios a sus muertos.

Sin embargo, todos los indicios apuntan a que vivían en pequeños grupos de convivencia (de no más de una docena de individuos) y que las interacciones con otros grupos eran más limitadas que las que tenían los sapiens. Estos últimos vivían en grupos mayores y, además, estaban más conectados con los otros grupos.

Es decir, los neandertales eran prosociales, pero parece que los sapiens lo éramos más. Y esta sutil diferencia puede explicar que hubiera mayor intercambio de información entre los sapiens y que, por tanto, su tecnología se desarrollase a mayor velocidad.

Con toda probabilidad, la extinción de los neandertales fue multifactorial. Pero parece que la mayor prosociabilidad de los sapiens pudo jugar un papel fundamental en aquella batalla evolutiva.

Factor de protección de la salud

Lejos de ser un atributo “blando”, la amabilidad es una estrategia evolutiva de primera magnitud. Entre otras cosas porque las personas que la practican la generan muchas interacciones positivas a lo largo de su día a día. Y cada vez tenemos más evidencia científica de que estas interacciones positivas redundan en una mayor felicidad , tanto para el que las practica como para el que las recibe.

Conseguir ser más feliz ya es de por sí todo un logro. Pero es que, además, las personas felices tienen menor riesgo de sufrir enfermedades y viven más años.

The Conversation

Jonathan Benito Sipos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El valor de la amabilidad o por qué los lobos tienen problemas de extinción y los perros, no – https://theconversation.com/el-valor-de-la-amabilidad-o-por-que-los-lobos-tienen-problemas-de-extincion-y-los-perros-no-283612

El ‘biohacking’ emocional y la trampa del perfeccionismo psicológico

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jose Juan Rivero Pérez, Profesor universitario: Intervención psicología de la salud, habilidades del terapeuta en psicología de la salud, experto en psicología positiva, Universidad Europea

Koldunov/Shutterstock

Hoy podríamos afirmar que ya no vivimos, nos procesamos. En la era de la búsqueda de la perfección y el rendimiento óptimo se ha canjeado nuestra humanidad por la ilusión de ser sistemas operativos que no pueden permitirse un error. Si al hablar de la “psicología snack” hacemos referencia al consumo rápido y fragmentado de información, el “biohacking emocional” sería el brazo ejecutor. Este se centra en la creencia de que podemos y debemos intervenir en nuestra biología mediante pequeños atajos, denominados hacks. El objetivo: alcanzar un estado de rendimiento emocional perpetuo.

La idea parece atractiva por su promesa de control. Sin embargo, a la hora de implementarla dispara la ansiedad en una población que busca desesperadamente un estado de bienestar y rechaza que la vida es una sucesión de luces y sombras. Estas, además, no siempre se pueden controlar.

¿Qué es el biohacking emocional? Una visión mecanicista

El biohacking tradicional nació en Silicon Valley con el objetivo de optimizar el cuerpo (dieta, luz, suplementación). Sin embargo, se ha trasladado al terreno de la salud mental, lo que genera un híbrido que podría ser peligroso.

Su variante emocional trata las emociones no como señales adaptativas que nos informan sobre nuestra relación con el entorno, sino que los analiza como “errores de software” o “fluctuaciones químicas” que deben ser corregidas para poder plantear un rendimiento óptimo.

Por lo tanto, en su caso la tristeza no es una respuesta a una pérdida, sino una bajada de serotonina. El estrés no es una señal de que estamos sobrepasados, sino un pico de cortisol que hay que hackear.

Esta deshumanización del proceso interno elimina el significado de la experiencia y lo sustituye por una métrica de eficiencia que ignora la base de la regulación emocional.

La obsesión por el cortisol

Uno de los pilares fundamentales del biohacking emocional que inunda las redes sociales es el cortisol. Aquí nos encontramos con rutinas de 30 segundos para disminuir al máximo los niveles de esta hormona, que se trata como una toxina que debemos de eliminar.

Es crucial entender que el cortisol es importantísimo en nuestra respuesta de lucha o huida. Sin él no podríamos despertarnos por la mañana, ni reaccionar ante un peligro. La ciencia advierte que el problema no es el cortisol en sí, sino el desgaste que se ocasiona a través del estrés crónico.

Sin embargo, el biohacking emocional nos vende que sentir estrés es un fallo en la gestión personal que genera una metaansiedad: ansiedad por estar ansioso. Si la persona intenta el hack (respirar, suplementarse, usar la luz roja) y el malestar persiste, el sistema de alarma se dispara multiplicándose por dos. El cerebro interpreta que la máquina está fallando, lo que va a cronificar el estado de alerta que pretendíamos solucionar.

La tiranía de la dopamina

Otro elemento crucial es la obsesión por la gestión de la dopamina. La psicología snack ha popularizado términos como “el ayuno de dopamina”, que sugiere que podemos resetear nuestros receptores cerebrales como quien reinicia un teléfono móvil.

Esta simplificación es neurobiológicamente imprecisa, ya que la dopamina no solo es placer: también juega un papel importante en la predicción que hacemos de las recompensas y en la motivación. Intentar controlar cada pico de dopamina genera una vigilancia obsesiva sobre el propio placer. La persona deja de disfrutar de un café o de una charla con amigos porque está evaluando si eso le está quemando los receptores dopaminérgicos.

Según la teoría de la autodeterminación la salud mental florece cuando hay autonomía y espontaneidad. El biohacking, al convertir el disfrute en una tarea de laboratorio, aniquila la base misma del bienestar. Lo hace predecible y, así, pierde su valor.

¿Por qué el ‘biohacking’ emocional genera más ansiedad?

La ansiedad es una respuesta de adaptación ante la incertidumbre y la falta de control. El biohacking promete el control total, que es una falsa promesa imposible de cumplir. Esto generará una frustración que es devastadora.

El biohacking fomenta lo que en terapia de aceptación y compromiso se conoce como “evitación experiencial”. En lugar de aprender a sostener una emoción difícil y entender qué nos quiere decir, buscamos un parche químico para silenciarla. La evidencia demuestra que cuanto más luchamos contra un pensamiento o emoción, más fuerza cobra.

Por esa razón, la estetización del control aparece en un mundo dominado por un caos que no aceptamos. El biohacking da una falsa sensación de control por nuestra parte. No puedo controlar mi entorno, pero puedo controlar mis ondas cerebrales. Es como si nos retirásemos hacia el interior. Como si perteneciéramos a una sociedad agotada que prefiere optimizar a la persona ante todo lo demás.

Abocados al perfeccionismo psicológico

Bajo esta perspectiva el bienestar ya no es un estado de tranquilidad, sino que parece más bien un indicador de desempeño. Nos susurra al oído que si no estamos al cien por cien. Si la variabilidad en la frecuencia cardíaca no es la que indica el smartwatch tendremos la sensación de que estamos fallando.

Este perfeccionismo emocional es el caldo de cultivo para los trastornos de ansiedad generalizada. La salud mental no es ese estado estático de felicidad que anhelamos constantemente, va más allá. Es la capacidad de vivenciar todas las emociones humanas sin quedar atrapado en ninguna, un concepto conocido como flexibilidad psicológica.

Por esa razón debemos recuperar nuestro papel fundamental en todo nuestro proceso de construcción personal. Debemos asumir que cualquier emoción no es un error que hay que evitar y surfear, sino que son procesos adaptativos propios de nuestra naturaleza humana. Debemos ser conscientes de que no somos máquinas que tenemos que resetear constantemente, sino que nuestra concepción biológica está sujeta a ritmos cíclicos. La salud no es un proceso de optimización, sino un equilibrio que mejora nuestra capacidad de respuesta y adaptación a nuestra vida.

The Conversation

Jose Juan Rivero Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El ‘biohacking’ emocional y la trampa del perfeccionismo psicológico – https://theconversation.com/el-biohacking-emocional-y-la-trampa-del-perfeccionismo-psicologico-280404

¿Cómo ha cambiado la manera de estudiar de las generaciones hiperconectadas?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laia Lluch Molins, Profesora e Investigadora en los Estudios de Educación, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Gigi Delgado/Shutterstock

Mientras debatimos sobre si la tecnología ayuda o entorpece el aprendizaje y la concentración, conviene constatar que la manera de estudiar ha cambiado profundamente, y la generación Z (nacida entre 1997 y 2012) ha incorporado prácticas que ninguna generación anterior tuvo a su alcance. Entenderlas es condición previa para juzgarlas.

Hoy se preparan los exámenes en un entorno en el que acceder al conocimiento está al alcance de todos y de manera inmediata. La lectura coexiste con vídeos, documentos colaborativos, grupos de mensajería e inteligencia artificial generativa. Esto no es necesariamente dispersión: puede ser aprendizaje multimodal. Por ejemplo, el informe PISA 2022 indicaba que el alumnado que utilizaba dispositivos digitales hasta una hora diaria con fines de aprendizaje obtenía hasta catorce puntos más en matemáticas que quienes no los usaban.

Cómo se aprende en red hoy

Los jóvenes se mueven con soltura entre formatos, plataformas y lenguajes: desde explicaciones en vídeos de quince minutos que localizan en YouTube a revisión de apuntes compartidos en un documento colaborativo, pasando por grupos de WhatsApp donde resolver dudas propias o de otros compañeros o mandarles explicaciones en un mensaje de audio. También usan la inteligencia artificial generativa, por ejemplo, para afianzar la comprensión de un concepto o para que reformular una idea de tres maneras distintas hasta encontrar la que mejor encaja. Estas prácticas son ya rutina.

Aprenden, como hemos aprendido siempre los humanos, también por imitación, viendo cómo otra persona resuelve algo en pantalla. Y probablemente distribuyen el estudio en sesiones más cortas e intercaladas.

¿Distraídos o asimilando de otra manera?

Enfrentarse de esta manera a los contenidos académicos tiene sus riesgos, pero también enormes ventajas.

Como explicaba Lev Vygotsky en los años treinta del siglo pasado, el desarrollo cognitivo se produce en la zona de desarrollo próximo, ese espacio en el que alguien más avanzado –o, simplemente, diferente– nos ayuda a llegar más lejos de lo que llegaríamos solos. El grupo de WhatsApp donde una compañera mejor preparada explica un ejercicio, el vídeo del youtuber especializado en química orgánica o la conversación con una herramienta de IA generativa que reformula un concepto desempeñan, en versiones distintas, esa función mediadora.

Los expertos Jean Lave y Etienne Wenger añadieron el concepto de comunidades de práctica: aprendemos participando, compartiendo, siendo reconocidas como miembros de un grupo que construye conocimiento. Y cuando cualquier estudiante le explica un concepto a otro, no solo le ayuda: reorganiza su propio conocimiento, detecta lo que no había entendido bien y lo verbaliza de una forma nueva.

La investigación lo llama efecto protégé: enseñar es una de las mejores maneras de aprender. El ecosistema digital ha multiplicado las oportunidades de hacerlo y ha bajado radicalmente sus barreras de entrada.

El matiz necesario: aprender sigue exigiendo esfuerzo

Esto no significa que todo lo que la tecnología facilita sea automáticamente aprendizaje. Aquí aparece la asimetría incómoda: el mismo recurso digital amplifica a la estudiante autorregulada y empobrece a la consumidora pasiva. La tecnología no es un objeto, es una relación cognitiva.

Dos hallazgos recientes lo confirman. En un estudio con 666 participantes se encontró una correlación negativa significativa entre uso frecuente de inteligencia artificial generativa y pensamiento crítico, especialmente en jóvenes, mediada por la delegación sistemática de tareas mentales en sistemas externos (cognitive offloading). En paralelo, otro estudio estadounidense midió mediante ondas eléctricas la actividad cerebral de estudiantado redactando ensayos con o sin asistencia de un modelo de lenguaje. Pues bien, quienes usaron IA mostraron menor conectividad neural, menor sentido de autoría y peor recuerdo posterior del propio texto. Los autores lo llamaron “deuda cognitiva”.




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La lectura útil –no apocalíptica, pero tampoco complaciente– es esta: cuando una herramienta elimina el esfuerzo, también elimina el aprendizaje. La psicología cognitiva lo formalizó con el concepto de “dificultades deseables”: las condiciones que ralentizan el rendimiento aparente son las que consolidan la memoria a largo plazo.

El aprendizaje profundo es incómodo por diseño. Por eso, las prácticas digitales que mejor funcionan son las que mantienen viva esa fricción productiva: explicar a otros, decidir, equivocarse, debatir, contrastar, reformular, comparar fuentes, crear, reflexionar, transferir y recibir feedback.




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Las condiciones que hacen que la red enseñe

Aquí entran en juego las otras dos variables: el papel de la familia y el del profesorado. La teoría de la autodeterminación muestra que un estudiante con motivación intrínseca usa la inteligencia artificial para preguntar mejor; uno con motivación extrínseca, para no pensar.

Las familias modulan a menudo sin saberlo ese tipo de motivación, fragilizándola cuando el mensaje gira exclusivamente en torno al resultado y sosteniéndola cuando validan el proceso.

El profesorado hace lo equivalente desde el aula: las estrategias y criterios con que se evalúa configuran la imagen que el estudiantado construye de sus propias capacidades, y una evaluación formativa –que ajusta la docencia y acompaña el proceso de aprendizaje– es la mejor preparación para cualquier prueba sumativa posterior.




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Estudiar diferente, no peor

Por eso, no debemos equiparar estudiar de manera diferente con estudiar peor. De hecho, podríamos decir que la generación Z estudia en muchos aspectos de forma más sofisticada. Donde antes había un libro de texto cerrado, hoy hay una conversación abierta en la que apuntes, vídeos, mensajes, documentos colaborativos e inteligencia artificial circulan entre iguales.

Esa diversidad de apoyos enriquece el aprendizaje, pero también introduce una exigencia mayor: saber discriminar, organizar y convertir todo ese caudal de información en comprensión real, en aprendizaje profundo. Ante este panorama, un punto de inflexión es claro: debemos empezar a evaluar de diferente manera.

Aprender en red no es un atajo, ni una versión empobrecida de aprender. Es una forma sofisticada de construir conocimiento que combina lo individual con lo colectivo, lo síncrono con lo asíncrono, lo textual con lo audiovisual. Y, bien acompañada, prepara para algo más exigente que un examen concreto: para una vida profesional en la que aprender, desaprender y volver a aprender con otros y con tecnologías cambiantes será, probablemente, la competencia más valiosa que esta generación habrá necesitado adquirir.

The Conversation

Laia Lluch Molins no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Cómo ha cambiado la manera de estudiar de las generaciones hiperconectadas? – https://theconversation.com/como-ha-cambiado-la-manera-de-estudiar-de-las-generaciones-hiperconectadas-283503

¿Sabe usted interpretar los datos que ve cada día? Si le abruman las estadísticas necesita alfabetización digital

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Manuel Cerdá Suárez, Profesor Titular de Universidad (UNIR). Investigador en Marketing e Investigación de Mercados, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

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Desde el precio de la luz o los datos sobre sequía, hasta las alertas sanitarias, cada vez convivimos con más cifras y gráficos en nuestra vida cotidiana. Sin embargo, tener acceso a los datos no significa necesariamente comprenderlos. La falta de alfabetización digital y estadística se ha convertido en un problema clave para interpretar la realidad y confiar en las instituciones.

Cuando las cifras generan desinformación y desconfianza

Los datos abiertos se conciben como la “materia prima” para una democracia de calidad. El propio portal datos.gob.es insiste en que el acceso a la información y su correcta comprensión son esenciales para tomar decisiones informadas y ejercer plenamente los derechos digitales.

El problema es que interpretar una tabla de datos o un gráfico no es trivial. La literatura sobre alfabetización estadística –statistical literacy, en inglés– señala que para participar en debates sobre empleo, salud o medioambiente, no basta con acceder a las cifras, hay que comprender cómo se construyen, qué comparan y qué límites tienen.

España ha avanzado en gobierno abierto y administración digital, pero la experiencia cotidiana de muchos ciudadanos es distinta: formularios complejos, paneles que presuponen conocimientos técnicos y gráficos pensados más para especialistas que para la ciudadanía. Resultado: más datos, pero no siempre más capacidad para entenderlos.

Además, distintos informes muestran importantes diferencias en competencias digitales y de alfabetización de datos según edad, nivel educativo y uso de internet. Esto genera una ciudadanía a dos velocidades: quienes dominan las herramientas estadísticas pueden aprovechar mejor los portales públicos; el resto queda, en la práctica, fuera de la conversación basada en cifras.

Muchos datos en un ecosistema saturado

Los datos públicos no circulan en el vacío, sino en un entorno saturado de titulares simplificados, mensajes interesados y desinformación. Parte de la población española percibe este fenómeno como un problema serio y, en consecuencia, aumenta su desconfianza hacia la política y hacia cualquier cifra “oficial”.

Un ejemplo muy cercano es el del precio de la electricidad: con frecuencia leemos que “baja el precio de la luz”, pero se trata del mercado mayorista. Mientras tanto, el consumidor paga una factura que incluye impuestos, peajes y distintos tipos de contrato.

Algo parecido ocurre con los embalses: escuchar que están “al 50 %” puede parecer alarmante o tranquilizador según el titular, aunque ese dato solo tenga sentido si se compara con la media histórica y con el mismo periodo de otros años.

También sucede así en el ámbito sanitario. Conceptos como “falso positivo”, “falso negativo” o “riesgo relativo” suelen aparecer en medios y redes sociales sin suficiente contexto estadístico, lo que puede generar percepciones distorsionadas del riesgo y aumentar la confusión pública.

A ello se suma la expansión de herramientas de inteligencia artificial capaces de generar gráficos, imágenes y estadísticas aparentemente verosímiles en pocos segundos, dificultando todavía más la identificación de información fiable.

En este contexto, muchas personas recurren a atajos: creer lo que dice su grupo de referencia ideológico, desconfiar sistemáticamente de cualquier dato oficial o, simplemente, desconectar. Abrimos los portales, sí, pero no siempre ofrecemos herramientas para leerlos.

Interpretar datos es una habilidad básica

La buena noticia es que esta brecha se puede reducir. Los documentos estratégicos sobre datos abiertos reconocen la necesidad de fomentar la alfabetización de datos y de implicar a la ciudadanía en el uso de la información pública. Investigaciones recientes subrayan que interpretar datos es ya una competencia básica del siglo XXI, tan esencial como la lectura de textos convencionales.

La investigación en este ámbito apunta varias líneas de acción. La primera consiste en diseñar gráficos y paneles pensando en las personas, no solo en especialistas: menos indicadores por pantalla, escalas claras y comparaciones sencillas (por hogar, por municipio, en el tiempo) facilitan la comprensión.

La segunda pasa por explicar los datos como historias. Acompañar las cifras con contexto, como en la Estadística Cívica –qué significan, de dónde proceden y qué nos pueden decir– favorece la lectura crítica y reduce el espacio para la manipulación.

Y la tercera tiene que ver con la educación y formación. La alfabetización de datos no puede limitarse a talleres puntuales: requiere trabajar de forma sistemática la interpretación de información cuantitativa en escuelas, universidades y programas de formación continua. También resulta importante involucrar a organizaciones sociales, periodistas de datos y colectivos ciudadanos para detectar dónde aparecen las principales dificultades de comprensión y qué tipo de capacitación resulta más necesaria.

Hacia una competencia democrática

Publicar datos es solo el primer paso para avanzar en participación y gobernanza. Si queremos que los indicadores sobre inflación, presupuestos, sanidad o medioambiente sirvan para algo más que adornar informes, necesitamos una ciudadanía capaz de leerlos, cuestionarlos y utilizarlos.

La alfabetización de datos ya no es un lujo técnico: se ha convertido en una competencia democrática esencial para desenvolverse en entornos digitales cada vez más complejos y saturados de información.

The Conversation

Luis Manuel Cerdá Suárez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Sabe usted interpretar los datos que ve cada día? Si le abruman las estadísticas necesita alfabetización digital – https://theconversation.com/sabe-usted-interpretar-los-datos-que-ve-cada-dia-si-le-abruman-las-estadisticas-necesita-alfabetizacion-digital-272550

Las fuerzas israelíes toman el castillo de Beaufort en el Líbano, un yacimiento de la época de las Cruzadas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Beth Spacey, Lecturer in Medieval History, The University of Queensland

Ruinas del castillo de Beaufort. Getty Images/Monik-a

Un castillo del siglo XII construido durante las Cruzadas en el Líbano ha sido ocupado por las fuerzas israelíes en lo que se ha descrito como la incursión más profunda en ese país en más de 25 años.

Este lugar histórico, conocido como el castillo de Beaufort o Qalʿat al-Shaqīf, se alza sobre un impresionante afloramiento rocoso en una posición dominante al borde del desfiladero del Litani, desde donde se disfruta de unas vistas espectaculares del sur del Líbano. Históricamente ha sido un lugar muy estratégico, especialmente durante las Cruzadas.

¿Qué fueron las Cruzadas?

Las Cruzadas es el nombre que se da a una serie de expediciones militares, que comenzaron a finales del siglo XI, de cristianos latinos de toda Europa hacia diversos destinos, siendo el más famoso Tierra Santa. Eran peregrinaciones armadas, que representaban una fusión de ideas sobre la guerra y la espiritualidad.

El papa era quien las convocaba, y prometía a los participantes recompensas espirituales si hacían el voto de cruzado y emprendían estas campañas.

Los objetivos y metas de las Cruzadas cambiaron con el tiempo a medida que se fue transformando el panorama geopolítico. La Primera Cruzada –convocada en 1095– tenía el objetivo general de “liberar” los lugares sagrados de Jerusalén de los turcos selyúcidas, un grupo musulmán suní que gobernaba en Asia Menor en aquella época. Los cruzados también querían prestar ayuda militar a los cristianos orientales de la región. La Primera Cruzada también estableció los Estados cruzados, y en su centro se encontraba lo que se conoció como el Reino de Jerusalén.

Lo que distingue a las cruzadas de otras campañas militares es que estas eran consideradas una forma de guerra espiritualmente meritoria.

¿Quién construyó el castillo de Beaufort y por qué?

La etapa de este lugar como castillo cruzado comenzó con los francos –término utilizado en aquella época para referirse a los colonos de Europa occidental en Oriente–. El Reino de Jerusalén llevaba existiendo 40 años y su rey de entonces, Fulk, pertenecía a ese pueblo. Cuando los francos llegaron al lugar, probablemente este ya se estaba utilizando de alguna manera significativa debido a su posición estratégica.

La construcción del castillo de Beaufort (en francés antiguo, “hermosa fortaleza”) comenzó hacia el año 1139. Con el tiempo, se convirtió en un gran castillo de dos niveles, de forma aproximadamente triangular. Como suele ocurrir con los edificios de esta época, a lo largo del tiempo se le han añadido partes y otras han sido destruidas. Lo que nos queda es una mezcla de obra franca y ampliaciones que diversos gobernantes musulmanes fueron haciendo a lo largo de los siglos.

Los cristianos latinos lo consideraban parte de una red de castillos fortificados que esperaban que ayudara a consolidar el asentamiento franco en la zona.

Entra Saladino

El siguiente personaje clave en la historia del castillo de Beaufort es Saladino, una de las figuras más famosas de las Cruzadas, la región y la historia islámica en general.

Rey (Saladino de Egipto), de
Saladino fue una figura clave en los esfuerzos militares musulmanes contra los cristianos latinos.
The Metropolitan Museum of Art

De origen kurdo, cuando el castillo de Beaufort pasó a manos de los cristianos latinos era sultán de Egipto y Siria. Según todas las fuentes, Saladino parece haber sido un líder carismático y astuto, además de un experto militar. Fue una figura clave en los esfuerzos bélicos musulmanes contra los cristianos latinos.

Saladino conquistó el castillo de Beaufort en 1190 como parte de una larga racha de éxitos en lo que se ha denominado la “contracruzada”. Unos años antes, había obtenido algunas victorias significativas, incluida la famosa batalla de Hattin (representada en la película de Ridley Scott de 2005, El reino de los cielos). También conquistó la ciudad de Jerusalén en 1187, lo que supuso una enorme pérdida para los cruzados.

Así pues, la toma de Beaufort formaba parte del panorama general de la espectacular campaña de conquista de Saladino en esta región por aquella época. Murió poco después, en 1193, y el castillo permaneció en manos musulmanas hasta 1240.

Posteriormente, volvió a manos de los cristianos latinos como parte de un tratado con Teobaldo I de Navarra en la Cruzada de los Barones. Finalmente, pasó a pertenecer a los Caballeros Templarios en 1260.

¿Quiénes eran los Templarios?

Los Caballeros Templarios eran una orden militar religiosa formada por monjes-guerreros, fundada en 1118 en el Reino de Jerusalén. Su misión inicial era defender a los peregrinos cristianos que visitaban los lugares sagrados, pero su papel cambió con el tiempo.

Un rey medieval consulta con los templarios.
Un rey medieval consulta con los templarios.
Autor desconocido – ‘Chronique d’Outremer’, hacia 1280. Manuscrit Français 770, fol. 313, Gallica/BNF/Wikimedia Commons

Seguían la Regla Templaria, y hacían votos de castidad, pobreza y obediencia para vivir en comunidades de acuerdo con sus votos. Lo que resultaba inusual de estos monjes era que también eran guerreros altamente entrenados, especialmente hábiles a caballo, tanto en la caballería pesada como en la ligera. Los reyes de Jerusalén pronto llegaron a confiar en ellos para recibir asesoramiento militar y como un ejército permanente altamente entrenado.

Se les consideraba capaces de luchar tanto en el campo de batalla espiritual como en el terrenal, una especie de supersoldados sagrados. Según su patrón, Bernardo de Claraval, el “alma del templario está protegida por la armadura de la fe, al igual que su cuerpo está protegido por la armadura de acero”.

Los reyes y los nobles comenzaron a donar cada vez más tierras y riquezas a los templarios. Con el tiempo se convirtieron en una organización internacional con una riqueza considerable en toda Europa y el Mediterráneo oriental, aunque finalmente fueron juzgados por herejía.

Los Templarios mantuvieron el control del castillo de Beaufort durante solo ocho años, antes de que volviera a manos musulmanas durante siglos. En la época moderna, ha estado bajo control libanés hasta su captura por las fuerzas israelíes esta semana.

Como se ve, ha sido una región con una historia increíblemente matizada y compleja, y así sigue siendo hoy en día.

The Conversation

Beth Spacey recibió una beca del Consejo de Investigación de Artes y Humanidades (Reino Unido) para su doctorado sobre historia medieval.

ref. Las fuerzas israelíes toman el castillo de Beaufort en el Líbano, un yacimiento de la época de las Cruzadas – https://theconversation.com/las-fuerzas-israelies-toman-el-castillo-de-beaufort-en-el-libano-un-yacimiento-de-la-epoca-de-las-cruzadas-284219