Comment une mairie peut équilibrer son budget ?

Source: The Conversation – in French – By Sébastien Bourdin, Professeur de géographie économique, IÉSEG School of Management

En vue des élections municipales, l’équation du budget des collectivités locales semble insoluble : l’État souhaite réduire son financement, les candidats proposent de renforcer les services publics. En parallèle, les dépenses des administrations publiques locales (APUL) explosent et la suppression de la taxe d’habitation se fait ressentir dans les communes. Alors, comment rétablir un équilibre ?


Les collectivités territoriales sont appelées à la sobriété… mais doivent être toujours plus attractives pour faire venir sur leur territoire des entreprises, des cadres et des touristes tout en maintenant les résidents sur place et éviter les délocalisations. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la tension est d’autant plus forte que les attentes locales – services publics, transition écologique, sécurité du quotidien – montent, tandis que l’État cherche à contenir la dépense publique.

Dix ans après les débats de la « réforme territoriale », l’enjeu central n’est plus seulement institutionnel, il est budgétaire et macroéconomique. En 2024, les dépenses des administrations publiques locales (APUL) atteignent 329,7 milliards d’euros, dont une augmentation de 7 % rien qu’en 2023. Structurellement, le fonctionnement pèse lourd : environ 76 % des dépenses des APUL relèvent du fonctionnement, contre 24 % pour l’investissement.

Les interrogations sur les économies budgétaires possibles sont nombreuses et les solutions ne coulent pas toujours de source. Si la nécessité d’un redressement des finances publiques ne fait plus aucun doute, il convient de s’interroger sur la manière dont il est réalisé et les conséquences qu’il a sur les collectivités.

Dépenses peu compressibles à court terme

À l’approche des municipales de mars 2026, la question budgétaire devient un sujet de campagne à part entière. Les équipes sortantes doivent montrer des résultats, tout en démontrant qu’elles savent tenir une trajectoire financière crédible.

L’enjeu est de piloter finement les charges et les priorités. En pratique, les marges se jouent moins sur des « grands soirs » institutionnels que sur quatre postes très concrets : la masse salariale, l’énergie, les achats/contrats, et le coût de la dette. Or, le cœur des budgets locaux est composé de dépenses peu compressibles à court terme – écoles, crèches, propreté, eau-déchets, action sociale, mobilités ou entretien du patrimoine –, ce qui limite les coupes rapides sans effet sur la qualité du service rendu.

Dans les communes de 3 500 habitants et plus, près de 35 € sur 100 de fonctionnement financent les services généraux, 19 € la culture/sport/jeunesse, et 17 € l’école et le périscolaire. À l’intérieur de ce dernier poste, la restauration scolaire avec 2,9 milliards d’euros, et les écoles maternelles avec deux milliards d’euros pèsent lourd, dont la dépense reste très majoritairement liée au financement du personnel.

La séquence 2022–2024 (inflation, énergie, revalorisations) a déplacé le problème. La question n’est plus seulement « où couper ? », mais « comment arbitrer » entre fonctionnement et investissement ? Ce sans dégrader les services du quotidien, tout en finançant les transitions comme la rénovation énergétique ou l’adaptation aux canicules/inondations ?

D’où un déplacement du débat municipal vers des choix de gestion très opérationnels : mutualisation ciblée, réduction des dépenses « subies » (énergie/achats), priorisation de l’investissement à impact, et transparence sur les coûts complets – maintenance, fonctionnement futur des équipements – avant de lancer de nouveaux projets.

Fonctionnement vs investissement

Trois quarts du budget correspondent au fonctionnement et le dernier quart à l’investissement. La principale difficulté : les collectivités semblent prioriser des baisses sur l’investissement plutôt que sur le fonctionnement – ce qui ne semble pas des plus stratégique si l’on pense à l’intérêt pour elles d’être toujours plus attractives.

Paradoxalement, le cycle électoral pousse aussi à « accélérer » avant le scrutin. La Cour des comptes note une forte hausse de l’investissement en 2024 à + 13,1 % entre janvier-août 2024 et janvier-août 2023, portée notamment par les communes et les intercommunalités qui cherchent à livrer des projets avant les élections.

Le risque est double : un pic d’investissement prémunicipal, puis un « trou d’air » après 2026, au moment même où les besoins de transition écologique et les besoins en services publics deviennent structurels. C’est exactement le type d’arbitrage qui, à moyen terme, affaiblit l’attractivité – mobilités, écoles, équipements, qualité urbaine – et renchérit les coûts futurs – entretien différé, vulnérabilité climatique.

Dépendance accrue à l’État central

Au cœur de l’ajustement se trouve toujours la question des ressources, et notamment des transferts de l’État. La dotation globale de fonctionnement (DGF) reste la principale dotation de fonctionnement : 27,4 milliards d’euros en 2025 en moyenne. Elle représente environ 15 % du budget des communes, 18 % de celui des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et 11 % du budget des départements.

Depuis dix ans, la vraie bascule est ailleurs, avec la montée de la fiscalité « transférée » (par l’État) et de la TVA dans le panier de recettes des collectivités. Cette nouvelle donne change la nature de l’autonomie locale. En clair, une partie croissante des ressources locales ne dépend plus d’un « impôt dont on vote le taux », mais de recettes nationales « affectées », notamment des fractions de TVA. Elles sont souvent plus stables, mais beaucoup moins pilotables par les élus.

Deux réformes ont tout particulièrement reconfiguré les budgets locaux. En premier lieu, la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales (effective pour tous depuis le 1er janvier 2023), qui a fait disparaître un levier fiscal très visible politiquement. En deuxième lieu, la trajectoire de suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Son taux a été divisé par deux en 2023. Son calendrier a été de nouveau révisé ; la loi de finances pour 2025 a reporté sa suppression totale à 2030, avec une baisse progressive des taux.




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Conséquence : une partie décisive des recettes locales dépend désormais de la conjoncture nationale… et des arbitrages budgétaires de l’État.

Financer la transition écologique

La contrainte 2026 n’est pas seulement comptable, elle est aussi climatique. Les collectivités portent une grande partie de l’investissement public civil et des politiques concrètes liées à la transition écologique – bâtiments, mobilités, aménagement, friches, renaturation. Or leur capacité d’autofinancement est fragilisée quand le fonctionnement dérive.

De ce point de vue, la montée en puissance des subventions est devenue centrale. Le « Fonds vert » illustre cette logique. Reconduit en 2025 avec une enveloppe annoncée de 1,15 milliard d’euros, il a financé plus de 19 000 projets en 2023-2024 pour 3,6 milliards d’euros de subventions. Son niveau futur est débattu. Un rapport budgétaire du Sénat sur le projet de loi de finances (PLF) 2026 évoque une forte baisse des autorisations d’engagement à 650 millions d’euros, tout en maintenant des crédits de paiement élevés.

Les dépenses de personnel, une vraie ligne de crête

Une critique revient systématiquement : l’augmentation du personnel au sein des communes et des intercommunalités au cours des dix dernières années. Cette hausse des effectifs est la conséquence d’une décentralisation accélérée (davantage de compétences déléguées aux collectivités) et de réformes qui ont transféré des charges. En 2026, le sujet se durcit, car la masse salariale est devenue l’un des moteurs principaux du fonctionnement, tout en conditionnant la qualité du service rendu.

Les collectivités territoriales comptent deux millions d’agents et le bloc communal concentre plus d’un million de postes. L’école et la petite enfance représentent à elles seules des dizaines de milliers d’agents – près de 40 000 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), plus de 70 000 adjoints techniques des établissements d’enseignement, plus de 29 000 auxiliaires de puériculture, etc.

La hausse récente des effectifs se concentre surtout du côté des intercommunalités et de quelques filières en croissance rapide (police municipale, animation), sur fond de progression marquée des contractuels.

Couper dans les dépenses de fonctionnement n’est pas si simple si l’on veut assurer un service public de qualité… auquel les résidents sont aussi très sensibles. Trouver l’équilibre entre recettes et dépenses n’est pas chose aisée. C’est ici que des stratégies peuvent être mises en place :

  • Mutualiser ce qui est mutualisable : fonctions support, achats, informatique, etc.

  • Ajuster les effectifs en fonction des priorités de service, plutôt que de recruter poste par poste, au gré des urgences et des remplacements.

  • Sécuriser les contrats et les consommations : énergie, prestations, etc.

  • Partager l’ingénierie à l’échelle intercommunale, et généraliser une logique d’évaluation (quels dispositifs coûtent cher pour peu d’impact) avant d’ajouter de nouvelles dépenses récurrentes.

Dans le contexte de grande incertitude dans lequel le personnel est plongé actuellement, la communication et la concertation sont essentielles pour assurer une transition.

The Conversation

Sébastien Bourdin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment une mairie peut équilibrer son budget ? – https://theconversation.com/comment-une-mairie-peut-equilibrer-son-budget-273275

Tout comprendre à la taxe foncière pour les prochaines élections municipales

Source: The Conversation – in French – By Thomas Eisinger, Professeur associé en droit, gestion financière et management des collectivités, Aix-Marseille Université (AMU)

Le mode de calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties est le résultat de l’estimation de la valeur de votre bien immobilier par un taux d’imposition. Hjbc/Shutterstock

En vue des élections municipales, de nombreux candidates et candidats proposent de créer de nouveaux services pour leurs électeurs. Une solution évidente pour financer ces nouvelles dépenses : la taxe foncière sur les propriétés bâties, pourtant déjà en hausse de 19 % entre 2020 et 2024. Décryptage de cette taxe locale incontournable.


Cet article est une version mise à jour et enrichie d’un article publié le 13 septembre 2023 : « Hausse de la taxe foncière : vers l’infini et au-delà ? »

La campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochain bat son plein. Une chose est sûre, quel que soit le résultat des urnes, il va falloir trouver de l’argent. Les candidats de tous bords ne manquent pas d’idées qui, quels que soient leurs mérites sociaux ou économiques (c’est un autre débat), ont pour dénominateur commun de mettre sous pression les fragiles équilibres budgétaires communaux.

La gratuité de certains services publics est une proposition à la mode, que ce soit pour les transports ou pour l’école primaire – kits de rentrée, cantine scolaire. Des augmentations d’effectifs sont annoncées, de préférence pour des agents bien visibles sur le terrain comme les policiers municipaux. Il faudra bien trouver des ressources pour financer toutes ces mesures. Le volontaire tout trouvé, comme sur la précédente mandature, ce serait la taxe foncière sur les propriétés bâties, première recette fiscale de nos communes.

Mais pourra-t-elle, sur les six prochaines années, être aussi sollicitée que sur les six dernières ? Divulgachie : a priori non.

Comment est déterminée votre taxe foncière

Attention, nous ne parlerons ici que de votre seule taxe foncière sur les propriétés bâties, qui ne représente, aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, qu’une partie de la somme à payer figurant sur la première page de votre avis d’imposition. D’autres prélèvements sont effectués avec la taxe foncière sur les propriétés bâties : la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (à l’objet éponyme), la taxe dite GEMAPI (visant à financer la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations), certaines taxes spéciales d’équipement, etc.

Concernant votre taxe foncière sur les propriétés bâties, son mode de calcul est assez simple : elle est le résultat du produit d’une assiette, en l’espèce l’estimation de la valeur de votre bien immobilier, par un taux d’imposition. La responsabilité de l’évolution annuelle de ces deux composantes est partagée.

La valeur locative cadastrale – l’estimation évoquée plus haut dans son appellation administrative – fluctue chaque année en fonction d’un indice de révision. Jusqu’à récemment (on y reviendra), ce dernier était voté par les parlementaires dans le cadre de la loi de finances. Le taux lui relève, depuis le début des années 1980, des collectivités locales récipiendaires de l’impôt (aujourd’hui, les communes et les intercommunalités), qui le votent chaque année en parallèle de l’adoption de leur budget primitif.

Hausse incontrôlée de l’assiette, à l’insu de notre plein gré

En 2025, l’indexation générale des bases de votre taxe foncière a augmenté de 1,7 %. En 2026, ce devrait être de 0,8 %. Une séquence de relative modération, qui fait suite une augmentation beaucoup plus significative – 3,4 % en 2022 et 7,1 % en 2023. Pour mémoire, la hausse annuelle était en moyenne de 1,6 % entre 2005 et 2015. La mandature 2020-2026 aura ainsi été marquée par une forte hausse de l’assiette de cet impôt.

Comment expliquer une telle augmentation, alors que l’on pourrait imaginer les députés et sénateurs soucieux de préserver le pouvoir d’achat de nos concitoyens ? Depuis le début des années 1980, ce sont bien les parlementaires qui déterminaient l’indexation annuelle de cette assiette. Officiellement, ils tenaient « compte de la variation des loyers ». En réalité, ils étaient toujours attentifs au contexte économique et social.

Dans le cadre de la loi de finances pour 2017, dans une démarche positiviste qui collait bien à l’esprit (initial) de la législature, ces mêmes parlementaires ont fait le choix d’automatiser et donc de dépolitiser cette hausse. Elle se fera désormais sur la base de l’indice des prix à la consommation. S’il était impossible à l’époque d’anticiper le retour de l’inflation que nous avons connu par la mandature 2020-2026, on peut reconnaître que les parlementaires ont été bien malheureux de renoncer à l’époque à cette prérogative (discutable certes) qui était historiquement la leur.

Entre 2020 et 2024, une hausse déjà significative du taux voté par certaines communes

On pourrait légitimement se dire que, si l’assiette augmente au niveau de l’inflation comme nous venons de le voir, le taux de la taxe foncière aurait pu justement lui rester stable. Il n’en a rien été, pour plusieurs raisons.

D’une part, parce que les autres recettes de fonctionnement des communes et de leurs intercommunalités augmentent elles bien moins vite que l’inflation. Les dotations versées par l’État, qui rappelons-le augmentaient il y a encore une quinzaine d’années du niveau de l’inflation et d’une partie de la croissance, se stabilisent après avoir connu quelques années de baisse (contribution du secteur local à la maîtrise des finances publiques).

D’autre part, parce que la taxe d’habitation a disparu, comme une décennie avant elle la taxe professionnelle. Bien qu’elle ait été compensée à l’euro près dans les budgets locaux, aucun nouveau levier fiscal n’est venu combler le vide qu’elle laissait. Résultat, quand il s’agit d’augmenter les ressources budgétaires, les exécutifs locaux ne peuvent plus mettre en œuvre de réelle stratégie fiscale (quelle catégorie de contribuables solliciter davantage cette année ?) et n’ont presque plus qu’une seule option : augmenter la taxe foncière.

Et ce ne sont là que les principales explications. Restaurer les équilibres budgétaires après quelques années de « quoi qu’il en coûte » à la sauce locale, absorber les hausses budgétaires imposées par l’État comme la hausse de la rémunération des fonctionnaires, trouver les moyens de contribuer à la transition écologique… Autant de raisons, plus ou moins légitimes, que les élus locaux ont mobilisées pour justifier la hausse des taux qu’ils ont décidé.

Certes, lorsque l’on regarde les chiffres globaux, la mandature qui s’achève ne se caractérise pas par une hausse générale et massive des taux de taxe foncière (+7 % « seulement » entre 2020 et 2024). Mais certaines des plus grandes villes de France ont effectivement fait le choix d’utiliser ce levier fiscal dans des proportions inédites et largement relayées à l’époque par le presse quotidienne régionale et nationale. Autant de marges de manoeuvre qu’il sera, sur les territoires concernés, inenvisageagbles de remobiliser après 2026.

Un levier fiscal injuste… donc en théorie moins légitime à mobiliser ?

Au-delà de l’explosion constatée sur la mandature qui s’achève de l’assiette indexée et des taux votés, la taxe foncière sur les propriétés bâties porte en elle, dans la configuration actuelle, plusieurs problématiques significatives de justice fiscale.

Un, la valeur de votre habitation n’est structurellement pas le meilleur moyen d’appréhender votre capacité contributive, vos « facultés » sur la base desquelles les impôts sont sensés être levés. S’il n’est pas illégitime d’avoir une assiette autre que les revenus pour certains impôts, cela devient plus problématique lorsque cette assiette concerne un prélèvement significatif en termes de volume. C’est le cas pour la taxe foncière aujourd’hui pour bon nombre de ménages. Selon l’Insee, la taxe foncière représente plus de 4 % du revenu disponible pour les 20 % des propriétaires aux revenus les plus modestes.

Deux, l’appréciation par l’administration de la valeur de votre habitation n’est même pas bonne. Calculée au début des années 1970, elle est aujourd’hui largement déconnectée de la réalité du marché immobilier. Malheureusement, et c’est un des paradoxes informels de la légistique fiscale, plus une situation est injuste et plus il est difficile d’y remédier. La séquence de l’automne dernier peut laisser songeur quant à notre capacité collective à réaliser un jour cet exercice de réforme.

Trois, avec la suppression de la taxe d’habitation, l’augmentation de la pression fiscale, désormais concentrée sur la taxe foncière sur les propriétés bâties, soulève une véritable question de démocratie locale. En effet, une partie des financeurs de la dynamique budgétaire communale sont les propriétaires non-résidents (non-électeurs, serait-on tentés de souligner), alors que dans le même temps les locataires (électeurs) sont eux dispensés de presque tout effort fiscal. Taxation without representation + representation without taxation : tout cela ne semble pas tenable sur le temps long.

Au regard de la double dynamique inédite de l’assiette et des taux constatés sur la mandature 2020-2026 et de ces questionnements afférents à la justice fiscale (un sujet désormais majeur dans le débat public), la modération fiscale devrait en théorie être de rigueur en 2026-2022. Elle aurait même pu être une proposition de campagne majeure. Cependant, il est peu probable que la facture ne s’alourdisse pas dans les prochaines années, au regard des ambitions affichées par les candidats de tout bord. Reste à voir ce qu’en seront les répercussions, sur les finances publiques comme (et c’est peut-être plus problématique) sur la démocratie locale.

The Conversation

Thomas Eisinger est administrateur de l’AFIGESE (association des financiers, contrôleurs de gestion et évaluateurs du secteur public local)

ref. Tout comprendre à la taxe foncière pour les prochaines élections municipales – https://theconversation.com/tout-comprendre-a-la-taxe-fonciere-pour-les-prochaines-elections-municipales-273623

The peer review system is breaking down. Here’s how we can fix it

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Hamid R. Jamali, Professor, School of Information and Communication Studies, Charles Sturt University

Joshua Hoehne/Unsplash

Scientific publishing relies on peer review as the mechanism that maintains trust in what we publish. When we read a journal article, we assume experts have rigorously scrutinised it before publication. This crucial system is currently under severe strain.

We conducted a comprehensive study of Australian academic journals and their editors – surveying 139 editors and interviewing 27. The picture is concerning.

Finding qualified peer reviewers has become one of the most significant challenges editors face. When peer review cannot be secured adequately, both the long-term viability of journals and research integrity suffer. The voluntary system underpinning academic trust is breaking down.

The scale of the crisis

More than half of the editors we surveyed (55%) rated finding reviewers as a significant or very significant challenge.

Some described having to send out 30 or more invitations to secure just two reviewers. One called the process “ridiculous”. Another expressed frustration with authors who had recently published in their journal yet “repeatedly refuse to review” for it.

There are also reviewers who say yes and then never do the review, which delays the process further.

The consequences are significant. Some journals now reject manuscripts outright when they cannot find suitable reviewers, despite the work being in scope and potentially valuable.

Publishing articles takes longer and quality research can go unpublished because it cannot be properly peer reviewed. This is a systemic crisis.

Why academics decline review invitations

Peer review remains entirely voluntary. Academics review manuscripts without payment, formal recognition, or acknowledgement in their workload.

Researchers face pressure to increase the quantity, quality and impact of their research. At the same time, universities are actively discouraging the activities that sustain scholarly publishing, with many editors reporting that their universities have removed editorial and peer review roles from workload models entirely.

As a consequence of workload intensification, scholars protect their time more carefully. Post-COVID shifts in work-life balance have also made academics more selective about how they allocate effort. At the same time, submission volumes continue to grow: more papers to review, fewer willing reviewers, besides the fact that not every author is a qualified reviewer.

There is also a lack of reciprocity. Authors who have just published often decline to review. Some editors suggested publishing in a journal should come with an obligation to review for it.

Current strategies fall short

Editors, of course, have developed workarounds. These include using databases to identify reviewers, running reviewer training workshops to mentor emerging scholars, mining reference lists, and relying more heavily on editorial boards.

They also report rejecting more papers at the initial screening stage, before sending them out for peer review, to reduce the number of manuscripts that need reviewing. But this increases the time required of editors.

An emerging concern raised by some editors is the appearance of reviews generated by artificial intelligence (AI). These reviews can be vague, confusing, and fail to improve manuscripts. This worsens the crisis. Peer review is supposed to be conducted by peers after all.

Systemic change is essential

Short-term strategies won’t solve this crisis.

Some proposed solutions include paying reviewers or introducing mandatory review requirements for authors to review an equal number of articles to those they publish. But these are not easy to implement.

Peer review is so integral to the scholarly system that research would grind to a halt without it.

Yet it remains invisible in how universities and research bodies measure success in the current metric-driven culture.

The core of the problem, as one editor put it, is that “the extrinsic or intrinsic benefits are just not as strong as they used to be”. Therefore, it needs to be better recognised and incentivised by universities and other stakeholders by actions such as including it in workload models, highlighting it in promotion criteria and so on.

Why this matters

This crisis affects all of us who rely on published research. It threatens the viability of journals, particularly local or independent journals not owned by big publishers. But fundamentally, it jeopardises the integrity of the scientific record itself.

We have built a publishing system dependent entirely on voluntary labour, especially for local and independent journals. Without significant change – without formal recognition, support, and genuine incentives – the shortage of reviewers will deepen. Publication schedules will suffer. The diversity of publishing outlets will diminish. Trust in peer review will erode.

The solution requires action from multiple stakeholders including universities, funders and research assessment bodies.

Scholarly communities must understand that sustaining peer review is a shared responsibility. The voluntary system underpinning academic trust has been taken for granted too long. It’s time to start properly valuing it.

The Conversation

Edward Luca is an Associate Editor of the Journal of the Australian Library and Information Association (JALIA) and a Director of the Aurora Foundation Ltd.

Hamid R. Jamali and Simon Wakeling do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The peer review system is breaking down. Here’s how we can fix it – https://theconversation.com/the-peer-review-system-is-breaking-down-heres-how-we-can-fix-it-275317

A new diagnosis of ‘profound autism’ is on the cards. Here’s what could change

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Kelsie Boulton, Senior Research Fellow in Child Neurodevelopment, Brain and Mind Centre, University of Sydney

When it comes to autism, few questions spark as much debate as how best to support autistic people with the greatest needs.

This prompted The Lancet medical journal to commission a group of international experts to propose a new category of “profound autism”.

This category describes autistic people who have little or no language (spoken, written, signed or via a communication device), who have an IQ of less than 50, and who require 24-hour supervision and support.

It would only apply to children aged eight and over, when their cognitive and communication abilities are considered more stable.

In our new study, we considered how the category could impact autism assessments. We found 24% of autistic children met, or were at risk of meeting, the criteria for profound autism.

Why the debate?

The category is intended to help governments and service providers plan and deliver supports, so autistic people with the highest needs aren’t overlooked. It also aims to re-balance their under-representation in mainstream autism research.

This new category may be helpful for advocating for a greater level of support, research and evidence for this group.

But some have raised concerns that autistic people who don’t fit into this category could be perceived as less in need and excluded from services and funding supports.

Others argue the category doesn’t sufficiently emphasise autistic people’s strengths and capabilities, and places too much emphasis on the challenges that are experienced.

What did we do?

We conducted the first Australian study to examine how the “profound autism” category might apply to children attending publicly funded diagnostic services for developmental conditions.

Drawing on the Australian Child Neurodevelopment Registry, we examined data from 513 autistic children assessed between 2019 and 2024. We asked:

  • how many children met the criteria for profound autism?
  • were there behavioural features that set this group apart?

Because we focused on children at the time of diagnosis, most (91%) were aged under eight years. We described these children as being “at risk of profound autism”.

What did we find?

Around 24% of autistic children in our study met, or were at risk of meeting, the criteria for profound autism. This is similar to the proportion of children internationally.

Almost half (49.6%) showed behaviours that were a safety risk, such as attempting to run away from carers, compared with one-third (31.2%) of other autistic children.

These challenges weren’t limited to children who met criteria for profound autism. Around one in five autistic children (22.5%) engaged in self-injury, and more than one-third (38.2%) showed aggression toward others.

So, while the category identified many children with very high needs, other children who didn’t meet these criteria also had significant needs.

Importantly, we found the definition of “profound autism” doesn’t always line up with the official diagnostic levels which determine the level of support and NDIS funding children receive.

In our study, 8% of children at risk of profound autism were classified as level 2, rather than level 3 (the highest level of support). Meanwhile, 17% of children classified as level 3 did not meet criteria for profound autism.

Our concern

We looked at children when they first received an autism diagnosis. Children were aged 18 months to 16 years, with more than 90% under the age of eight years.

This aligns with our earlier research, showing the average age of diagnosis in public settings is 6.6 years.

From a practical perspective, our biggest concern about the profound autism category is the age threshold of eight years.

Because most children are already assessed before age eight, introducing this category into assessment services would mean many families would need repeat assessments, placing additional strain on already stretched developmental services.

Second, modifications will be needed if this criteria is going to be used to inform funding decisions as it didn’t map perfectly onto level 3 support criteria.

On balance, however, our results suggest the profound autism category may provide a clear, measurable way to describe the needs of autistic people with the highest support requirements.

Every autistic child has individual strengths and needs. The term “profound autism” would need to be promoted with inclusive and supportive language, so as to not replace or diminish individual needs, but to help clinicians tailor supports and obtain additional resources when needed.

Including the category in future clinical guidelines, such as the national guideline for the assessment and diagnosis of autism, could help ensure governments, disability services and clinicians plan and deliver supports.

What can you do in the meantime?

If you’re concerned your child requires substantial support, here are some practical steps you can take to ensure their needs are recognised and addressed:

Explain your concerns

Not all clinicians have experience working with children with high support needs. Be as clear as possible about behaviours that affect your child’s safety or daily life, including self-injury, aggression or attempts to run away. These details, while difficult to share, help give a clearer picture of your child’s support needs.

It can also be a challenge to find and access clinicians with appropriate expertise. Another potential benefit of having a defined category is that it can better help families navigate care.

Ask about support for the whole family

Our studies show that many caregivers want more support for themselves but don’t always ask. Talk with clinicians about supports for yourself as well, including respite, or family support groups.

Reach out

Coming together with other carers and families can reduce your own isolation and normalise many of the unique challenges you face. Connecting with like-minded people can provide a supportive, empathetic and empowering community.

Plan for safety

For children with high support needs, prioritise safety planning with your child’s care team. This can include strategies to reduce risks, as well as planning how best to support your child’s interactions with health, education and disability services over time.




Read more:
Parents of autistic children are stressed. Here’s what they want you to know


The Conversation

Marie Antoinette Hodge is a Clinical Neuropsychologist at the Children’s Hospital at Westmead.

Kelsie Boulton and Rebecca Sutherland do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. A new diagnosis of ‘profound autism’ is on the cards. Here’s what could change – https://theconversation.com/a-new-diagnosis-of-profound-autism-is-on-the-cards-heres-what-could-change-271930

Why your brain has to work harder in an open-plan office than private offices: study

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Libby (Elizabeth) Sander, MBA Director & Associate Professor of Organisational Behaviour, Bond Business School, Bond University

Arlington Research/Unsplash, CC BY

Since the pandemic, offices around the world have quietly shrunk. Many organisations don’t need as much floor space or as many desks, given many staff now do a mix of hybrid work from home and the office.

But on days when more staff are required to be in, office spaces can feel noticeably busier and noisier. Despite so much focus on getting workers back into offices, there has been far less focus on the impacts of returning to open-plan workspaces.

Now, more research confirms what many suspected: our brains have to work harder in open-plan spaces than in private offices.

What the latest study tested

In a recently published study, researchers at a Spanish university fitted 26 people, aged in their mid-20s to mid-60s, with wireless electroencephalogram (EEG) headsets. EEG testing can measure how hard the brain is working by tracking electrical activity through sensors on the scalp.

Participants completed simulated office tasks, such as monitoring notifications, reading and responding to emails, and memorising and recalling lists of words.

Each participant was monitored while completing the tasks in two different settings: an open-plan workspace with colleagues nearby, and a small enclosed work “pod” with clear glazed panels on one side.

The researchers focused on the frontal regions of the brain, responsible for attention, concentration, and filtering out distractions. They measured different types of brain waves.

Brainwaves are grouped into five different wavelength categories.
Shutterstock

As neuroscientist Susan Hillier explains in more detail, different brain waves reveal distinct mental states:

  • “gamma” is linked with states or tasks that require more focused concentration
  • “beta” is linked with higher anxiety and more active states, with attention often directed externally
  • “alpha” is linked with being very relaxed, and passive attention (such as listening quietly but not engaging)
  • “theta” is linked with deep relaxation and inward focus
  • and “delta” is linked with deep sleep.

The Spanish study found that the same tasks done inside the enclosed pod vs the open-plan workspace produced completely opposite patterns.

It takes effort to filter out distractions

In the work pod, the study found beta waves – associated with active mental processing – dropped significantly over the experiment, as did alpha waves linked to passive attention and overall activity in the frontal brain regions.

This meant people’s brains needed progressively less effort to sustain the same work.

The open-plan office testing showed the reverse.

Gamma waves, linked to complex mental processing, climbed steadily. Theta waves, which track both working memory and mental fatigue, increased. Two key measures also rose significantly: arousal (how alert and activated the brain is) and engagement (how much mental effort is being applied).

In other words, in the open-plan office participants’ brains had to work harder to maintain performance.

Even when we try to ignore distractions, our brain has to expend mental effort to filter them out.

In contrast, the pod eliminated most background noise and visual disruptions, allowing participant’s brains to work more efficiently.

Researchers also found much wider variability in the open office. Some people’s brain activity increased dramatically, while others showed modest changes. This suggests individual differences in how distracting we find open-plan spaces.

With only 26 participants, this was a relatively small study. But its findings echo a significant body of research from the past decade.

What past research has shown

In our 2021 study, my colleagues and I found a significant causal relationship between open-plan office noise and physiological stress. Studying 43 participants in controlled conditions – using heart rate, skin conductivity and AI facial emotion recognition – we found negative mood in open plan offices increased by 25% and physiological stress by 34%.

Another study showed background conversations and noisy environments can degrade cognitive task performance and increase distraction for workers.

And a 2013 analysis of more than 42,000 office workers in the United States, Finland, Canada and Australia found those in open-plan offices were less satisfied with their work environment than those in private offices. This was largely due to increased, uncontrollable noise and lack of privacy.

Just as we now recognise poorly designed chairs cause physical strain, years of research has shown how workspace design can result in cognitive strain.

What to do about it

The ability to focus and concentrate without interruption and distraction is a fundamental requirement for modern knowledge work.

Yet the value of uninterrupted work continues to be undervalued in workplace design.

Creating zones where workers can match their workplace environment to the task is essential.

Responding to having more staff doing hybrid work post-pandemic, LinkedIn redesigned its flagship San Francisco office. LinkedIn halved the number of workstations in open plan areas, instead experimenting with 75 types of work settings, including work areas for quiet focus.

For organisations looking to look after their workers’ brains, there are practical measures to consider. These include setting up different work zones, acoustic treatments and sound-masking technologies, and thoughtfully placed partitions to reduce visual and auditory distractions.

While adding those extra features in may cost more upfront than an open plan office, they can be worth it. Research has shown the significant hidden toll of poor office design on productivity, health and employee retention.

Providing workers with more choice in how much they’re exposed to noise and other interruptions is not a luxury. To get more done, with less strain on our brains, better design at work should be seen as a necessity.

The Conversation

Libby (Elizabeth) Sander has received Industry Connections Grant research funding from the Australian government.

ref. Why your brain has to work harder in an open-plan office than private offices: study – https://theconversation.com/why-your-brain-has-to-work-harder-in-an-open-plan-office-than-private-offices-study-274946

Trump has scrapped the long-standing legal basis for tackling climate emissions

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Robyn Eckersley, Redmond Barry Professor of Political Science, School of Social and Political Sciences, The University of Melbourne

Regulating climate emissions just became more difficult. US President Donald Trump announced on Thursday the Environmental Protection Agency (EPA) has repealed its own 2009 legal finding that greenhouse gas emissions endanger human health.

Vindicated by a Supreme Court ruling in 2007, and based on scientific evidence, this so-called endangerment finding by the EPA provided the legal warrant for the regulation of greenhouse gases by the federal government. It underpinned the Obama administration’s Clean Power Plan, which regulated emissions from power plants. In his first term, Trump had tried to weaken it but a new version was introduced by the Biden administration.

Without the endangerment finding, and in the absence of new laws passed by both Houses of Congress, the federal government lacks the legal mandate for direct regulation of greenhouse emissions. The science hasn’t changed, but the obligation to act on it has been scrubbed out.

If you imagine the United States as a collection of big greenhouse gas pots with lids, the Trump administration has been lifting the lids off one by one, releasing more emissions by stepping up fossil fuel extraction, production and consumption. This legal finding held down the biggest lid on climate emissions — and Trump has pulled it right off. This will have a structural effect globally.

What is the endangerment finding, and how was it developed?

In 1970, when the US environment movement was at its most influential, Congress passed an important piece of legislation called the Clean Air Act. It empowered the new Environmental Protection Agency (EPA) to declare something a pollutant if it endangered public health. Initially, it was used to regulate pollutants such as smog or coal ash, the byproducts of industry.

During the George W. Bush presidency, the EPA made a ruling that greenhouse gases were also a pollutant within the meaning of the Clean Air Act. This ruling was challenged in 2007 by fossil fuel interests in the case of Massachusetts v EPA, but the court ruled (five judges to four) that carbon dioxide and other greenhouse gases were “air pollutants” that endangered human health and welfare. It directed the EPA to assess their impact on human welfare — allowing the agency to regulate them.

However, the Bush administration did not push the EPA to implement the ruling.

How was the endangerment finding used for climate action?

President Barack Obama promised to act on climate during his election campaign but faced a hostile Senate when he came to power. His efforts to enact an emission trading bill failed.

However, the endangerment finding allowed him to use his executive power to direct the EPA to regulate emissions. In his first term, the EPA issued new vehicle emissions regulations for cars and light trucks, and some power plants and refineries.

In his second term, Obama extended those regulations to all power plants. These moves represented the US’s first significant steps towards emissions reductions. They enhanced Obama’s diplomatic credibility in the negotiations for the Paris Agreement in 2015. This provided a footing for bilateral cooperation with China on clean energy, helping to build diplomatic trust between the world’s two biggest emitters. Their lead negotiators worked together in the final days of the negotiations to get the Paris Agreement over the line.

Why has Trump overturned it?

On February 12, Trump announced the EPA would rescind the legal finding it has relied on for nearly 20 years. Among all the wrecking balls he has swung at efforts to decarbonise the US economy, this is the biggest. He claims the legal finding hurts Americans. The EPA’s director, Trump-appointed Lee Zeldin, called the rule the “holy grail of climate change religion”.

“This determination had no basis in fact — none whatsoever,” Trump told the media on Thursday. “And it had no basis in law. On the contrary, over the generations, fossil fuels have saved millions of lives and lifted billions of people out of poverty all over the world.”

But without federal action to curb emissions, the impact of climate change will intensify. The US is the “indispensable state” when it comes achieving the goals and principles of the Paris Agreement. Although China’s annual aggregate emissions are much higher than the US’s, the US is the world’s largest historical emitter, which makes it the most causally responsible for the global heating that has already occurred.

Yet the Trump administration regards climate change as a hoax. Trump has withdrawn the US not only from the Paris Agreement but also the UN Framework Convention on Climate Change. In short, the US is now actively fanning the flame of global heating.

In a case of history repeating itself, the arguments being made by Zedlin are pretty much the same as those once put forward by the original opponents of the endangerment finding: claiming that the original legislation was supposed to apply only to local pollutants such as smog, but not greenhouse gases, and that the science isn’t clear.

Those arguments don’t stack up, because there is indisputable evidence that increasing concentrations of greenhouse gases do indeed harm human health and welfare. The EPA is obliged to regulate harmful pollutants at the specific source.

What’s next?

This move will trigger court cases, which won’t be resolved quickly. Zedlin and Trump will face a crowd of litigants, including environment groups and NGOs. The Trump administration will likely ignore these and steam ahead with its “drill, baby, drill” slogan.

If the lawsuits fail, or Trump ignores them, it will be devastating. There will be no overarching federal legislation directly regulating emissions in the US. What’s more, a new Democrat president committed to climate action will not have this easy lever to regulate greenhouse gases. Instead, they will have to get new climate legislation through an intensely polarised Congress.

However, there are ways forward. Assuming Trump is prepared to leave office after his second term (admittedly, a big if), it is possible a new Democratic administration might have the numbers in Congress to enact new climate legislation. In the meantime, climate action is continuing to ratchet up at the state and city level in many US states.

The Conversation

Robyn Eckersley currently receives funding from the Norwegian Research Council.

ref. Trump has scrapped the long-standing legal basis for tackling climate emissions – https://theconversation.com/trump-has-scrapped-the-long-standing-legal-basis-for-tackling-climate-emissions-275921

L’espace au service du climat : comment exploiter l’extraordinaire masse de données fournies par les satellites ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Carine Saüt, Chercheuse en sciences de l’atmosphère, Centre national d’études spatiales (CNES)

En scrutant pour nous la Terre depuis le ciel, les satellites nous permettent de suivre ses évolutions et de guider l’action environnementale. Ici, l’Everest vu depuis le ciel par un satellite Pléiades. Cnes/Distribution Airbus DS, Fourni par l’auteur

La somme d’informations que nous transmettent les satellites sur notre planète est colossale. Aujourd’hui, le défi est d’obtenir des données de meilleure qualité encore, et surtout de les faire parvenir jusqu’aux décideurs sous une forme utile et exploitable.


Depuis quarante ans, les données d’observation de la Terre se sont imposées comme l’un des outils les plus puissants pour mieux comprendre notre planète et suivre les effets de nos actions pour la préserver. Longtemps réservée aux chercheurs et aux agences spatiales, elle irrigue désormais l’action publique, l’économie et les aspects de politique de défense nationale. Mais cette richesse de données exceptionnelles reste largement sous-exploitée, notamment du côté des décideurs publics. Nous disposons d’un trésor dont nous ne tirons pas encore tout le potentiel pour éclairer les décisions ou accélérer la transition écologique.

Chaque jour, les satellites d’agences nationales, dont ceux opérés par le Centre national d’études spatiales (Cnes), ceux du programme européen Copernicus ou encore ceux des constellations commerciales observent la Terre. Ils produisent une somme gigantesque d’informations : températures de surface, concentrations de gaz, humidité des sols, couverture par la végétation, hauteur des vagues, courants marins… La liste est longue, il pleut littéralement de la donnée. La force de ces données ne réside pas seulement dans la quantité, mais surtout dans leur capacité à couvrir de façon homogène l’ensemble de la planète, y compris les zones les plus difficiles d’accès. L’espace se met donc au service de l’adaptation au changement climatique et les données d’observation de la terre deviennent un outil de décision pour mieux comprendre, agir et anticiper.

Représentation d’artiste de deux satellites en orbite autour de la Terre
Les satellites de la mission CO3D ont pour ambition de cartographier la surface de la Terre en 3D au mètre près. Une quantité de données impressionnantes pour guider la prise de décision.
Cnes/Reactive Prod, Fourni par l’auteur

Les satellites offrent un niveau d’objectivité rare : ils observent tout, partout, sans être influencés par les frontières administratives ou les intérêts locaux. Alors que les données terrestres peuvent être fragmentées ou hétérogènes, les satellites offrent une mesure fiable, continue, homogène et donc comparable d’un pays à l’autre. Ensuite, les progrès technologiques ont permis des évolutions rapides : une résolution améliorée, une fréquence d’observation accrue, des capteurs de différentes natures. Autrefois on était seulement capable de prendre une photographie par mois, alors qu’aujourd’hui, la surveillance est quasi permanente. Depuis l’espace, nous obtenons une vision factuelle, indépendante et systématique du monde.

De nombreuses applications pour les données satellitaires

La donnée d’observation de la Terre soutient les politiques publiques en irriguant déjà une multitude de domaines. Concernant la sécurité alimentaire et la gestion des ressources en eaux, les satellites apportent des informations sur le stress hydrique pour anticiper des épisodes de sécheresse et ainsi mieux gérer les pratiques d’irrigation, mais également quant au suivi de la croissance des cultures ou pour estimer les rendements agricoles.

Ils aident également à gérer les risques naturels en fournissant une surveillance des zones à risque pour le suivi des incendies, notamment des mégafeux, ou des inondations. Ils permettent de dresser des cartographies entre avant et après les catastrophes naturelles pour aider l’intervention des secours et soutenir la reconstruction de l’écosystème endommagé. Le suivi par satellite permet également le suivi de la santé des arbres et de la déforestation, des zones côtières et de l’état des zones humides.

Vue aérienne de Venise et de la lagune environnante
Les données satellitaires permettent de suivre les événements climatiques extrêmes, notamment pour des zones à risque, comme Venise, ici photographiée par un des satellites Pléiades.
Cnes/Distribution Airbus DS, Fourni par l’auteur

Enfin, l’observation depuis l’espace permet de mesurer les émissions de gaz à effet de serre. À l’heure actuelle, les inventaires nationaux, basés sur des modèles statistiques ou des estimations, sont trop lents pour réagir face à la rapidité de la crise climatique, puisqu’on constate un décalage de plusieurs années (entre deux à quatre ans) entre l’émission réelle et la donnée officielle. Dans un contexte où les décisions doivent être rapides, ce délai est problématique. En observant la composition de l’atmosphère, les satellites peuvent détecter les panaches de méthane et de CO2 quasiment en temps réel. Ils identifient ainsi des fuites ou des anomalies localisées qui échappent parfois totalement aux inventaires classiques.

D’autres acteurs peuvent bénéficier des informations issues des satellites, pour orienter les politiques publiques en termes d’aménagement du territoire, notamment par l’observation des îlots de chaleur urbains, la mesure de la qualité de l’air ou bien la planification d’actions de verdissements des zones et espaces urbains.

Après avoir produit de la donnée, réussir à la valoriser

Les données d’observation de la terre s’inscrivent donc dans plusieurs domaines en dotant les décideurs publics d’un outil transversal diagnostiquant notre planète de manière continue, précise et à des échelles locales, régionales ou mondiales. C’est là que se joue l’un des défis majeurs : rendre ces outils accessibles aux acteurs publics, aux élus, et aussi aux entreprises et aux citoyens. Les plates-formes de visualisation et les services d’analyse qui émergent aujourd’hui répondent à ce besoin en traduisant la complexité scientifique en informations compréhensibles, opérationnelles, et donc à terme en actions.

Cependant, malgré leur potentiel considérable ainsi que leur qualité et leur performance opérationnelle déjà démontrée, les données spatiales peinent à trouver leur place au sein des administrations et des entreprises. En effet, il s’agit d’un univers technique complexe. Les données brutes sont massives, spécialisées, souvent difficiles à interpréter. Leur analyse requiert des expertises précises : traitement d’images satellitaires, science des données, modélisation atmosphérique…

Nous observons donc un gouffre entre l’accès de plus en plus facilité aux données d’observation de la Terre et la capacité à les utiliser en toute confiance en l’intégrant dans les chaînes de prise de décisions. Même si la majorité des données est ouverte et gratuite, cela ne suffit pas. Il faut des plates-formes, des services, des outils visuels pour les rendre intelligibles, avec des interfaces pensées pour le suivi d’une application de politique publique. Les élus, à titre d’exemple, n’ont pas vocation à manipuler des gigaoctets de données, ils ont besoin de visualisations simples, d’indicateurs synthétiques, de cartographies claires. L’expertise doit précéder pour interpréter les données et les rendre véritablement utiles pour les décideurs.

Combiner les données dans des outils clairs et pratiques

Pour déverrouiller ces usages, plusieurs leviers se développent. Il s’agit, entre autres, de croiser des données de natures différentes. Cette combinaison permet de fournir des informations fondées sur les données d’observation de la Terre directement exploitables, plus fiables, plus interprétables et mieux contextualisées au besoin de l’utilisateur.

Les données d’observation de la Terre changent la donne en offrant la capacité de voir notre planète autrement. L’observation spatiale ne résoudra pas d’elle-même la crise climatique mais, combinée à d’autres sources de données, elle apporte quelque chose d’essentiel : une vision objective, continue, indépendante et globale de l’état de la planète. Ces informations sont devenues indispensables aux collectivités qui doivent désormais anticiper, et non seulement réagir.

Les données d’observation de la Terre permettent de mesurer plus vite, comprendre plus finement et décider plus efficacement, dès lors que l’information qui en découle est accessible, lisible et traduite en indicateurs exploitables. Notre rôle au Cnes est de valoriser ces données pour leur donner du sens et en faire un levier d’action. Parmi les applications les plus prometteuses et stratégiques liées à l’adaptation au changement climatique dans les politiques publiques, il ressort que l’enjeu n’est pas seulement de mesurer, mais de mesurer plus vite et plus précisément, pour mieux anticiper.

The Conversation

Carine Saüt ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’espace au service du climat : comment exploiter l’extraordinaire masse de données fournies par les satellites ? – https://theconversation.com/lespace-au-service-du-climat-comment-exploiter-lextraordinaire-masse-de-donnees-fournies-par-les-satellites-273162

Quelles perspectives pour les budgets des collectivités territoriales ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Sébastien Bourdin, Professeur de géographie économique, IÉSEG School of Management

En vue des élections municipales, l’équation du budget des collectivités locales semble insoluble : l’État souhaite réduire son financement, les candidats proposent de renforcer les services publics. En parallèle, les dépenses des administrations publiques locales (APUL) explosent et la suppression de la taxe d’habitation se fait ressentir dans les communes. Alors, comment rétablir un équilibre ?


Les collectivités territoriales sont appelées à la sobriété… mais doivent être toujours plus attractives pour faire venir sur leur territoire des entreprises, des cadres et des touristes tout en maintenant les résidents sur place et éviter les délocalisations. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la tension est d’autant plus forte que les attentes locales – services publics, transition écologique, sécurité du quotidien – montent, tandis que l’État cherche à contenir la dépense publique.

Dix ans après les débats de la « réforme territoriale », l’enjeu central n’est plus seulement institutionnel, il est budgétaire et macroéconomique. En 2024, les dépenses des administrations publiques locales (APUL) atteignent 329,7 milliards d’euros, dont une augmentation de 7 % rien qu’en 2023. Structurellement, le fonctionnement pèse lourd : environ 76 % des dépenses des APUL relèvent du fonctionnement, contre 24 % pour l’investissement.

Les interrogations sur les économies budgétaires possibles sont nombreuses et les solutions ne coulent pas toujours de source. Si la nécessité d’un redressement des finances publiques ne fait plus aucun doute, il convient de s’interroger sur la manière dont il est réalisé et les conséquences qu’il a sur les collectivités.

Dépenses peu compressibles à court terme

À l’approche des municipales de mars 2026, la question budgétaire devient un sujet de campagne à part entière. Les équipes sortantes doivent montrer des résultats, tout en démontrant qu’elles savent tenir une trajectoire financière crédible.

L’enjeu est de piloter finement les charges et les priorités. En pratique, les marges se jouent moins sur des « grands soirs » institutionnels que sur quatre postes très concrets : la masse salariale, l’énergie, les achats/contrats, et le coût de la dette. Or, le cœur des budgets locaux est composé de dépenses peu compressibles à court terme – écoles, crèches, propreté, eau-déchets, action sociale, mobilités ou entretien du patrimoine –, ce qui limite les coupes rapides sans effet sur la qualité du service rendu.

Dans les communes de 3 500 habitants et plus, près de 35 € sur 100 de fonctionnement financent les services généraux, 19 € la culture/sport/jeunesse, et 17 € l’école et le périscolaire. À l’intérieur de ce dernier poste, la restauration scolaire avec 2,9 milliards d’euros, et les écoles maternelles avec deux milliards d’euros pèsent lourd, dont la dépense reste très majoritairement liée au financement du personnel.

La séquence 2022–2024 (inflation, énergie, revalorisations) a déplacé le problème. La question n’est plus seulement « où couper ? », mais « comment arbitrer » entre fonctionnement et investissement ? Ce sans dégrader les services du quotidien, tout en finançant les transitions comme la rénovation énergétique ou l’adaptation aux canicules/inondations ?

D’où un déplacement du débat municipal vers des choix de gestion très opérationnels : mutualisation ciblée, réduction des dépenses « subies » (énergie/achats), priorisation de l’investissement à impact, et transparence sur les coûts complets – maintenance, fonctionnement futur des équipements – avant de lancer de nouveaux projets.

Fonctionnement vs investissement

Trois quarts du budget correspondent au fonctionnement et le dernier quart à l’investissement. La principale difficulté : les collectivités semblent prioriser des baisses sur l’investissement plutôt que sur le fonctionnement – ce qui ne semble pas des plus stratégique si l’on pense à l’intérêt pour elles d’être toujours plus attractives.

Paradoxalement, le cycle électoral pousse aussi à « accélérer » avant le scrutin. La Cour des comptes note une forte hausse de l’investissement en 2024 à + 13,1 % entre janvier-août 2024 et janvier-août 2023, portée notamment par les communes et les intercommunalités qui cherchent à livrer des projets avant les élections.

Le risque est double : un pic d’investissement prémunicipal, puis un « trou d’air » après 2026, au moment même où les besoins de transition écologique et les besoins en services publics deviennent structurels. C’est exactement le type d’arbitrage qui, à moyen terme, affaiblit l’attractivité – mobilités, écoles, équipements, qualité urbaine – et renchérit les coûts futurs – entretien différé, vulnérabilité climatique.

Dépendance accrue à l’État central

Au cœur de l’ajustement se trouve toujours la question des ressources, et notamment des transferts de l’État. La dotation globale de fonctionnement (DGF) reste la principale dotation de fonctionnement : 27,4 milliards d’euros en 2025 en moyenne. Elle représente environ 15 % du budget des communes, 18 % de celui des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et 11 % du budget des départements.

Depuis dix ans, la vraie bascule est ailleurs, avec la montée de la fiscalité « transférée » (par l’État) et de la TVA dans le panier de recettes des collectivités. Cette nouvelle donne change la nature de l’autonomie locale. En clair, une partie croissante des ressources locales ne dépend plus d’un « impôt dont on vote le taux », mais de recettes nationales « affectées », notamment des fractions de TVA. Elles sont souvent plus stables, mais beaucoup moins pilotables par les élus.

Deux réformes ont tout particulièrement reconfiguré les budgets locaux. En premier lieu, la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales (effective pour tous depuis le 1er janvier 2023), qui a fait disparaître un levier fiscal très visible politiquement. En deuxième lieu, la trajectoire de suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Son taux a été divisé par deux en 2023. Son calendrier a été de nouveau révisé ; la loi de finances pour 2025 a reporté sa suppression totale à 2030, avec une baisse progressive des taux.




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Conséquence : une partie décisive des recettes locales dépend désormais de la conjoncture nationale… et des arbitrages budgétaires de l’État.

Financer la transition écologique

La contrainte 2026 n’est pas seulement comptable, elle est aussi climatique. Les collectivités portent une grande partie de l’investissement public civil et des politiques concrètes liées à la transition écologique – bâtiments, mobilités, aménagement, friches, renaturation. Or leur capacité d’autofinancement est fragilisée quand le fonctionnement dérive.

De ce point de vue, la montée en puissance des subventions est devenue centrale. Le « Fonds vert » illustre cette logique. Reconduit en 2025 avec une enveloppe annoncée de 1,15 milliard d’euros, il a financé plus de 19 000 projets en 2023-2024 pour 3,6 milliards d’euros de subventions. Son niveau futur est débattu. Un rapport budgétaire du Sénat sur le projet de loi de finances (PLF) 2026 évoque une forte baisse des autorisations d’engagement à 650 millions d’euros, tout en maintenant des crédits de paiement élevés.

Les dépenses de personnel, une vraie ligne de crête

Une critique revient systématiquement : l’augmentation du personnel au sein des communes et des intercommunalités au cours des dix dernières années. Cette hausse des effectifs est la conséquence d’une décentralisation accélérée (davantage de compétences déléguées aux collectivités) et de réformes qui ont transféré des charges. En 2026, le sujet se durcit, car la masse salariale est devenue l’un des moteurs principaux du fonctionnement, tout en conditionnant la qualité du service rendu.

Les collectivités territoriales comptent deux millions d’agents et le bloc communal concentre plus d’un million de postes. L’école et la petite enfance représentent à elles seules des dizaines de milliers d’agents – près de 40 000 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), plus de 70 000 adjoints techniques des établissements d’enseignement, plus de 29 000 auxiliaires de puériculture, etc.

La hausse récente des effectifs se concentre surtout du côté des intercommunalités et de quelques filières en croissance rapide (police municipale, animation), sur fond de progression marquée des contractuels.

Couper dans les dépenses de fonctionnement n’est pas si simple si l’on veut assurer un service public de qualité… auquel les résidents sont aussi très sensibles. Trouver l’équilibre entre recettes et dépenses n’est pas chose aisée. C’est ici que des stratégies peuvent être mises en place :

  • Mutualiser ce qui est mutualisable : fonctions support, achats, informatique, etc.

  • Ajuster les effectifs en fonction des priorités de service, plutôt que de recruter poste par poste, au gré des urgences et des remplacements.

  • Sécuriser les contrats et les consommations : énergie, prestations, etc.

  • Partager l’ingénierie à l’échelle intercommunale, et généraliser une logique d’évaluation (quels dispositifs coûtent cher pour peu d’impact) avant d’ajouter de nouvelles dépenses récurrentes.

Dans le contexte de grande incertitude dans lequel le personnel est plongé actuellement, la communication et la concertation sont essentielles pour assurer une transition.

The Conversation

Sébastien Bourdin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quelles perspectives pour les budgets des collectivités territoriales ? – https://theconversation.com/quelles-perspectives-pour-les-budgets-des-collectivites-territoriales-273275

Pourquoi la mise en œuvre de la durabilité échoue souvent, même quand tout le monde est d’accord

Source: The Conversation – France (in French) – By Lucas Amaral, Associate Professor, IÉSEG School of Management

Si la durabilité est si difficile à mettre en œuvre dans les entreprises, ce n’est pas seulement une question de volonté individuelle ou de structures inadaptées. Le problème se joue dans la manière dont les pratiques de durabilité prennent forme, se déploient et se transforment au quotidien.


Aujourd’hui, la durabilité est à la fois largement reconnue et de plus en plus contestée. D’un côté, les effets du changement climatique sont visibles, et de nombreux acteurs économiques et sociaux reconnaissent la nécessité d’agir. De l’autre, certaines décisions politiques, comme le retrait des États-Unis de plusieurs accords climatiques sous l’administration Trump, illustrent une remise en cause explicite de ces engagements.

Réduire les difficultés de la durabilité à ces oppositions visibles serait trompeur. Le problème se pose aussi, et peut-être surtout, là où la durabilité est officiellement soutenue : dans de nombreuses entreprises, des équipes spécialisées existent, des objectifs sont fixés et la direction affiche son engagement.

Problématiques silos

Les explications avancées pour comprendre cet écart entre intentions et résultats reviennent le plus souvent à deux facteurs. D’une part, l’organisation du travail en silos – structurée par fonctions ou départements relativement autonomes, chacun poursuivant ses propres objectifs, indicateurs et priorités – difficilement conciliable avec les exigences transversales de la durabilité. D’autre part, la résistance des individus : manque d’adhésion, inertie, priorités concurrentes, habitudes difficiles à changer.




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Ces deux lectures ne sont pas infondées. Mais elles restent partielles lorsqu’elles sont mobilisées séparément. Elles reposent sur l’idée que l’on pourrait corriger les difficultés de la durabilité en ajustant soit les comportements individuels, soit les structures organisationnelles. Or, les organisations sont des systèmes de relations interdépendantes, dans lesquels des dynamiques émergent de l’interaction entre acteurs, structures et pratiques.

Notre recherche récente montre justement que lorsque la durabilité entre dans l’organisation, elle se heurte à des obstacles qui passent souvent inaperçus, non pas parce qu’ils relèvent de décisions explicites, mais parce qu’ils émergent des pratiques de durabilité et des interactions qu’elles imposent au quotidien.

Quand les pratiques deviennent le cœur du problème

Ce que l’on sous-estime souvent, au-delà des individus et des structures, ce sont les caractéristiques mêmes des pratiques de durabilité. Contrairement à d’autres initiatives managériales, elles sont rarement simples ou facilement standardisables. Elles mobilisent plusieurs expertises, traversent les frontières organisationnelles et reposent sur de fortes interdépendances entre différents acteurs.

Réduire les émissions, transformer une chaîne d’approvisionnement ou intégrer des critères sociaux dans les décisions quotidiennes ne relève pas d’une procédure isolée. Cela suppose un travail continu d’ajustement, de négociation et d’arbitrage dans le temps, qui se joue dans les interactions quotidiennes entre métiers, équipes et niveaux hiérarchiques, par exemple lorsque des objectifs de coûts, de délais et de performance entrent en tension avec des exigences environnementales ou sociales.

C’est dans ce contexte que cette organisation du travail devient problématique. Elle est efficace pour gérer la spécialisation et la performance locale, mais elle entre en tension avec des pratiques qui exigent coordination, arbitrage et continuité dans le temps.

Quand les solutions transversales atteignent leurs limites

Plus les pratiques de durabilité sont complexes et interdépendantes, plus elles deviennent vulnérables à la fragmentation du travail. C’est alors une série d’ajustements locaux, souvent invisibles mais parfaitement rationnels, qui finissent par éroder la portée des engagements affichés.

Le cœur du problème ne tient donc ni uniquement aux structures organisationnelles, ni aux comportements individuels, mais au décalage entre la complexité des pratiques de durabilité et les dispositifs mobilisés pour les mettre en œuvre. Les organisations répondent fréquemment par des projets transversaux, des groupes de travail ou des équipes dédiées – par exemple pour piloter une trajectoire carbone ou intégrer des critères ESG – sans toujours mesurer ce que ces pratiques exigent concrètement au quotidien.

Dans la pratique, cela signifie que la durabilité repose sur une multitude d’interactions ordinaires : un acheteur arbitrant entre un fournisseur moins cher et un fournisseur plus vert, un manager priorisant un délai de production face à un objectif environnemental, ou une équipe tentant d’intégrer des critères sociaux dans des décisions déjà fortement contraintes. Comprendre pourquoi la durabilité échoue souvent suppose donc de s’intéresser moins à ce qui « résiste » ou à ce qui serait « mal structuré », qu’aux défis relationnels que les pratiques génèrent in situ, au cœur du travail quotidien.

The Conversation

Lucas Amaral ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi la mise en œuvre de la durabilité échoue souvent, même quand tout le monde est d’accord – https://theconversation.com/pourquoi-la-mise-en-oeuvre-de-la-durabilite-echoue-souvent-meme-quand-tout-le-monde-est-daccord-274209

Peut-on faire du vin en combinaison de surf ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Magalie Dubois, Docteur en Economie du vin, Burgundy School of Business

Pendant que la France défend ses traditions, l’Afrique du Sud réinvente tout : vignerons surfeurs, domaines ouverts aux familles, safaris dans les vignobles. Un autre monde viticole.


Tous les ans à Stilbaai, sur la côte sud du Cap (Afrique du Sud), une compétition de surf unique au monde, la Vintners Surf Classic, réunit les vignerons sud-africains. La condition pour participer ? Apporter cinq litres de son meilleur vin rouge. Les vins collectés sont ensuite assemblés pour créer « The Big Red », édition collector vendue aux enchères au profit de Surf4Life, association qui initie les jeunes défavorisés au surf. Cette compétition incarne bien l’esprit de la viticulture sud-africaine moderne : libre, engagée et inclusive.

Trois siècles d’évolution viticole

L’industrie viticole sud-africaine est plus ancienne qu’on ne pourrait le croire. L’histoire débute le 2 février 1659, lorsque Jan van Riebeeck note dans son journal : « Aujourd’hui, grâce à Dieu, du vin a été fait pour la première fois à partir de raisins du Cap. » Mais c’est véritablement l’arrivée des huguenots français à partir de 1685, fuyant la persécution après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, qui transforme la viticulture locale. Cette même année, Simon van der Stel, commandeur puis gouverneur du Cap pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), fonde Groot Constantia (Western Cape), aujourd’hui le plus ancien domaine encore en activité du pays.

Les vignerons expérimentés de la vallée de la Loire apportent avec eux les boutures de leurs vignes, notamment le Chenin blanc. Productif, polyvalent et résistant à la chaleur, ce cépage se révèle parfaitement adapté au climat sud-africain. Aujourd’hui la production sud-africaine de chenin blanc représente plus de 50 % de la production mondiale. En 2016, la viticultrice Rosa Kruger lance Old Vine Project, premier programme au monde à certifier l’âge des vignes avec leur date de plantation.

Cette initiative visant à identifier et préserver les vignobles de plus de trente-cinq ans a joué un rôle clef dans le changement de perception internationale du vin sud-africain, repositionnant le pays comme gardien d’un patrimoine viticole précieux. Ironie de l’histoire : certains clones de Chenin blanc, descendants des boutures apportées par les huguenots, sont aujourd’hui éteints en France. Ces clones sud-africains sont désormais préservés dans un jardin clonal français et étudiés comme solution d’adaptation au changement climatique.

De ces racines du XVIIᵉ siècle, l’Afrique du Sud s’est hissée au rang de 8ᵉ producteur mondial de vin. Mais contrairement à l’image romantique des petits domaines familiaux français, l’industrie sud-africaine est beaucoup moins atomisée : quatre acteurs principaux (dont KWV et Heineken Beverages) représentent 65 % de la production totale. Héritage d’une industrie historiquement axée sur le vrac, cette concentration a toutefois évolué depuis la fin du boycott au début des années 1990.

La reconnaissance internationale est aujourd’hui au rendez-vous. Plusieurs domaines sud-africains figurent désormais parmi les meilleurs au monde, acclamés par la critique internationale. Certains producteurs, comme Eben Sadie (The Sadie Family), ne parviennent plus à satisfaire la demande et fonctionnent désormais sur le système d’allocations utilisé en France dans les propriétés les plus recherchées.

La montée en puissance du pays sur la scène viticole mondiale culmine en octobre 2024 avec l’élection d’Yvette van der Merwe à la présidence de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Elle est la première femme africaine à diriger l’OIV depuis sa création il y a un siècle.

Toutefois, l’accès à la terre demeure un obstacle majeur pour de nombreux producteurs indépendants. Les lois locales limitant le morcellement des grandes exploitations, ces derniers doivent soit acheter des raisins, soit louer des parcelles sans la sécurité qu’offre la propriété foncière, ce qui limite leurs investissements à long terme.

Un autre monde viticole

Quand les vignerons français taillent leurs vignes dans le froid de janvier, leurs homologues sud-africains vendangent en plein été austral. L’orientation des vignobles s’inverse également : dans l’hémisphère Sud, ce sont les versants nord qui reçoivent le plus de rayonnement solaire. Résultat ? Les versants sud, recherchés en France pour leur ensoleillement privilégié, sont en Afrique du Sud mis à profit pour leur fraîcheur.

Autre différence de taille avec la France : Le Wine of Origin Scheme (système d’indication géographique sud-africain) certifie l’origine, le millésime et le cépage, mais n’impose pas les variétés cultivées ni leur mode de culture. Les vignerons peuvent donc planter les cépages de leur choix où bon leur semble et irriguer librement.

Ce qui constituerait une hérésie dans la plupart des appellations françaises est ici une nécessité face aux sécheresses récurrentes du Cap et aux températures qui peuvent atteindre 40 °C en plein été. Fort heureusement, les vignobles sud-africains comptent de nombreux microclimats, et les vignerons peuvent trouver de la fraîcheur en altitude ou à proximité des côtes. Le Cape Doctor, ce vent du sud-est, refroidi par le courant froid du Benguela est également un allié de taille pour modérer la chaleur intense des étés sud-africains.

Des raisins pour les babouins

Les vignerons français sont aux prises avec les sangliers, en Afrique du Sud ce sont les babouins qui viennent se servir dans les vignes. À Klein Constantia, en période de vendange les équipes affrontaient des dizaines de primates par jour. Et s’en protéger coûte cher : clôtures électriques, surveillance à plein temps, systèmes GPS. Mais malgré les investissements les babouins sont extrêmement habiles à développer des stratégies de contournement. En désespoir de cause quelques rangs ont finalement été plantés de l’autre côté des clôtures pour assouvir l’appétit des primates et éviter les dégâts.

Cette cohabitation forcée avec la faune sauvage reflète une réalité unique au monde : les vignerons sud-africains produisent leurs vins au cœur du fynbos, écosystème inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Fynbos
Fynbos.
Matt Halls sur Unsplash, CC BY-NC

Le royaume floral du Cap est le plus petit des six royaumes floraux au monde. Il ne faut donc pas s’étonner que l’offre des wine farms sud-africaines intègre non seulement des restaurants, hôtels boutique, spas, jardins botaniques et galeries d’art, mais aussi, plus surprenant pour nous, des safaris dans les vignobles pour observer babouins, antilopes, léopards et plantes endémiques. Mais l’intégration du vin dans le paysage touristique sud-africain va encore plus loin : le vin s’invite dans les lodges de safari des réserves animalières où les caves rivalisent avec celles des grands domaines. Les animaux attirent les touristes internationaux qui, une fois sur place, découvrent l’excellence des vins et des domaines sud-africains. Si l’on en croit le site « The World’s 50 best vineyards », deux des des dix plus beaux vignobles du monde (Klein Constantia and Creation) se trouvent en Afrique du Sud.

Construire un modèle inclusif

Contrairement à de nombreux domaines français qui ont dû s’adapter tardivement au tourisme, les producteurs sud-africains ont d’emblée conçu leurs domaines comme des destinations touristiques. Tous les week-ends, les wine farms des routes des vins sud-africaines se transforment en véritables espaces de vie où les familles entières viennent petit-déjeuner, déjeuner et passer l’après-midi, voire la soirée. Mais à la différence de la France, l’offre œnotouristique est également pensée pour les visiteurs ne consommant pas d’alcool. Nombreux sont les domaines qui proposent des aires de jeux pour les enfants, et il n’est pas rare d’y célébrer également leurs anniversaires. L’offre gastronomique se veut également inclusive. Pour déjeuner, les visiteurs de Benguela Cove ont par exemple le choix entre un restaurant gastronomique, un fast-food ou une sélection de pique-niques. La gastronomie sud-africaine s’est développée conjointement à l’œnotourisme et certains des meilleurs restaurants d’Afrique du Sud sont aujourd’hui hébergés par des domaines viticoles.

Cette adaptation aux besoins des consommateurs reflète la nécessité de multiplier les revenus dans un marché domestique encore limité. Les domaines sud-africains ont fait de l’œnotourisme un pilier de leur modèle économique. Celui-ci génère 16 % de leur chiffre d’affaires et plus de 40 000 emplois. Pour maximiser les ventes directes au domaine certains producteurs ont développé une collaboration inédite. Elle permet aux touristes européens de passer commande lors de leur visite dans plus de cinquante domaines du Cap, d’effectuer un paiement unique sur une plateforme en ligne à l’issue de leur séjour et de recevoir chez eux à leur retour les bouteilles expédiées depuis une plateforme logistique commune basée en Allemagne.

La filière se mobilise également afin de former la nouvelle génération et de combattre les inégalités héritées de l’apartheid. Nombreux sont les producteurs qui investissent dans l’éducation des enfants de leurs employés en accueillant des écoles sur les domaines. La formation et l’inclusion de professionnels du vin est une priorité pour la pérennité de la filière, les initiatives visant à offrir à des jeunes la possibilité d’étudier gratuitement ou de développer leurs talents de vignerons portent aujourd’hui leurs fruits et permettent de prédire à la filière vin sud-africaine un brillant avenir.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Peut-on faire du vin en combinaison de surf ? – https://theconversation.com/peut-on-faire-du-vin-en-combinaison-de-surf-272745