L’ADN a parlé : la culture de la vigne en France date de plus de 4 000 ans

Source: The Conversation – France in French (2) – By Rémi Noraz, Doctorant en Archéobiologie et Paléoécologie, Université de Montpellier

Des pépins de raisin retrouvés sur des sites archéologiques peuvent sembler anodins. Pourtant, l’analyse de leur ADN donne accès à l’histoire plurimillénaire de la vigne cultivée.

Nous avons séquencé le génome de pépins vieux de plusieurs millénaires, révélant une histoire déjà entrevue par l’archéologie : celle de l’introduction de la viticulture en France, des échanges de cépages à l’échelle européenne et de pratiques agricoles anciennes qui ont laissé des traces jusqu’à aujourd’hui.

Nos résultats, publiés tout récemment dans Nature communications, montrent notamment que certains cépages emblématiques, comme le pinot noir variété phare de Bourgogne, étaient déjà présents au Moyen Âge.

Comment avons-nous analysé l’ADN de pépins de raisin vieux de 4 000 ans ?

L’histoire de la vigne s’est longtemps appuyée sur l’étude morphologique des pépins. Cette puissante approche a permis de distinguer de grandes tendances, notamment sur le caractère sauvage ou domestique des pépins, et retracer les débuts de la viticulture.

Cependant, certaines questions restaient difficiles à trancher : origine géographique des cépages, relations de parenté, ou encore les modes de multiplication (croisement ou reproduction clonale) et circulation des plants. L’ADN ancien pouvant être préservé au cœur même des pépins apporte ici une aide particulièrement décisive, comme témoin des relations entre les vignes du passé et celles d’aujourd’hui.

Nous avons ainsi analysé 49 pépins provenant de différents sites archéologiques, majoritairement français, et couvrant près de 4 000 ans, de l’âge du Bronze à la fin du Moyen Âge. Ces pépins gorgés d’eau ont été préservés dans des contextes spécifiques, humides, ayant contribué à une bonne préservation de leur ADN.

Pépins anciens (à gauche) et pépins modernes (à droite).
S. Ivorra, CNRS, Fourni par l’auteur

L’ADN a été extrait dans le laboratoire spécialisé en ADN ancien du Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse, conçu pour isoler et manipuler les molécules aussi rares que dégradées qui ont traversé les époques dans les restes archéologiques. Cet ADN ancien a pu être décrypté grâce à des technologies de séquençage de pointe jusqu’à en lire la totalité de l’information génétique, soit ici un texte génétique d’environ 500 millions de lettres.

Ces données permettent d’établir les relations génétiques entre individus, d’identifier les origines des cépages et de retrouver les techniques de propagations passées : soit par croisement, mélangeant des variétés d’origine ou de qualités distinctes ; soit par reproduction clonale (par bouturage, marcottage ou greffe) pour maintenir à l’identique dans le temps une variété qui leur était particulièrement précieuse.

Notre découverte prouve l’ancienneté de la viticulture

Les premières vignes cultivées apparaissent en France aux alentours de -600 avant notre ère, avec le développement des échanges méditerranéens, notamment du vin. Elles coexistent avec des vignes sauvages locales, et des croisements entre ces deux types contribuent à la diversité des cépages.

Les analyses génétiques confirment également l’existence de circulations à longue distance dès cette période. Des influences venues d’Ibérie, des Balkans ou du Proche-Orient témoignent des échanges des plants et de savoir-faire à l’échelle de la Méditerranée et, plus généralement, de l’Europe.

Autre point important : la multiplication clonale apparaît comme une pratique ancienne et commune, déjà en place dès l’âge du Fer. Elle a permis de maintenir certaines variétés d’intérêt sur de longues périodes et de les diffuser sur de longues distances.

C’est dans ce cadre que nous avons identifié un pépin médiéval considéré comme étant génétiquement identique au pinot noir actuel, illustrant la continuité de certains cépages sur plusieurs siècles.

Quelles perspectives pour ces recherches ?

L’apport de l’ADN ancien ne se limite pas à confirmer des scénarios existants : il ouvre aussi de nouvelles pistes.

En combinant données anciennes et modernes, il devient possible d’aller plus loin dans la caractérisation des vignes du passé. Des approches récentes permettraient par exemple d’inférer certaines caractéristiques des raisins anciens, comme la couleur des baies ou certains traits liés au goût.

Ces méthodes pourraient aussi permettre de mieux comprendre les adaptations des cépages aux environnements du passé, ou encore les choix opérés par les sociétés anciennes dans leurs pratiques agricoles.

À terme, ces recherches contribuent à mieux documenter la diversité génétique de la vigne et son évolution, un enjeu important dans le contexte actuel de changements climatiques.


Tout savoir en trois minutes sur des résultats récents de recherches, commentés et contextualisés par les chercheuses et les chercheurs qui les ont menées, c’est le principe de nos « Research Briefs ». Un format à retrouver ici.


The Conversation

Rémi Noraz a reçu des financements de l’ANR MICA (ANR-22-CE27-0026).

– ref. L’ADN a parlé : la culture de la vigne en France date de plus de 4 000 ans – https://theconversation.com/ladn-a-parle-la-culture-de-la-vigne-en-france-date-de-plus-de-4-000-ans-279388

Décoloniser notre rapport aux animaux pour inventer un nouveau rapport au monde

Source: The Conversation – France in French (2) – By Cédric Sueur, Professeur des Universités en éthologie, primatologie et éthique animale, Université de Strasbourg

L’humain s’est placé au-dessus de toutes les autres espèces animales. Comment changer notre relation avec elles pour sortir d’une logique de domination et aller vers des formes de coexistence et de coopération ?


Chaque année, des milliards d’animaux sont élevés, transportés et abattus pour répondre aux besoins alimentaires, scientifiques ou industriels des sociétés humaines. Cette utilisation intensive du vivant pose une double question. Elle est d’abord éthique, car elle implique la souffrance et la mise à mort d’êtres vivants sensibles. Elle est aussi environnementale et sanitaire : la déforestation pour l’élevage intensif, la pollution conséquente et la proximité accrue entre espèces favorisent les déséquilibres écologiques et l’émergence de maladies.

Le concept de One Health (une seule santé) et la crise du Covid-19 rappellent que la santé humaine dépend étroitement de celle des animaux et des écosystèmes. Ces crises ne sont pas indépendantes. Elles révèlent un même rapport au vivant, fondé sur l’exploitation et la mise à distance physique et émotionnelle. Comprendre ce rapport est une condition nécessaire pour le transformer.

Une domination héritée : spécisme et colonisation

Les recherches en éthologie ont profondément renouvelé notre regard sur les animaux. De nombreuses espèces manifestent des émotions, des capacités d’apprentissage, des formes de coopération et des relations sociales complexes. Chez certains primates, mais aussi chez des éléphants, des corvidés ou des cétacés, on observe des comportements qui suggèrent des formes de conscience, d’empathie, de culture et de deuil.

À gauche : femelle macaque japonais gardant son bébé mort et probablement en deuil. À droite : comportement culturel de rodéo chez les macaques japonais.
Cédric Sueur, Alexandre Bonnefoy, Fourni par l’auteur

Pourquoi, malgré ces connaissances, continuons-nous à exploiter les animaux à grande échelle ? Une partie de la réponse tient à notre héritage culturel. Les sociétés occidentales modernes se sont construites sur une séparation entre l’humain et le reste du vivant, associée à une hiérarchisation qui place l’homme au sommet.

Le concept de « spécisme », inventé par Richard Ryder en 1970, désigne cette discrimination fondée sur l’espèce. Il conduit à considérer que les intérêts des humains priment systématiquement sur ceux des autres êtres qui souffrent tout autant. Dans sa structure, ce mécanisme n’est pas sans analogie avec le racisme ou le sexisme : il repose sur une différence érigée en critère de domination.

Décoloniser notre rapport aux animaux, de Cédric Sueur, éditions Odile Jacob, 2026.
Fourni par l’auteur

Le spécisme décrit cependant avant tout une attitude morale, un biais cognitif et éthique dans la manière dont nous évaluons les intérêts des différentes espèces. La notion de « colonisation animale », que je développe dans Décoloniser notre rapport aux animaux (Odile Jacob, 2026), cherche à aller plus loin en désignant les structures concrètes qui organisent et perpétuent cette domination.

Là où le spécisme interroge les représentations, la colonisation animale pointe les dispositifs institutionnels, économiques et culturels qui les rendent opératoires : les animaux sont appropriés, contrôlés, transformés en ressources économiques et symboliques. Le droit les protège partiellement en tant qu’êtres vivants sensibles, tout en les maintenant dans le régime des biens. L’économie en fait des marchandises et tend à invisibiliser les violences qui leur sont infligées. Ces dimensions se renforcent mutuellement et stabilisent un système de domination qui dépasse la seule question des représentations pour s’incarner dans des pratiques, des lois et des rapports de pouvoir.

D’autres ontologies du vivant

Cette manière de penser n’est pourtant pas universelle. De nombreuses sociétés non occidentales, comme les Achuar d’Amazonie, les aborigènes d’Australie ou les Japonais, envisagent les relations entre humains et non-humains autrement. Plutôt que de séparer radicalement les êtres, elles insistent sur les continuités, les interdépendances et les relations.

Les travaux de l’anthropologie, en particulier de Philippe Descola (les Lances du crépuscule, 1993) ou de Bruno Latour (Enquête sur les modes d’existence, 2012), ont ainsi montré l’existence de différentes « ontologies », c’est-à-dire des manières de définir et de se représenter ce qui existe et comment les êtres sont liés. Ces sociétés ou ethnies sont, par exemple, animistes et attribuent aux animaux une intériorité – autrement dit une vie intérieure faite d’intentions, d’émotions, de perceptions et de subjectivité propre, comparable à celle que nous reconnaissons aux humains – ou les considèrent comme des partenaires inscrits dans des réseaux de relations.

À Kuma Tsamé Totsi (Togo), des roussettes frugivores, protégées comme êtres tabous par le village, échappent à la chasse et forment d’importantes colonies, jouant un rôle clé dans la régénération forestière.
Cédric Sueur, Fourni par l’auteur

Sans idéaliser ces perspectives, elles offrent des ressources pour sortir d’une vision strictement utilitariste du vivant. Elles invitent à penser une coexistence fondée non sur la domination, mais sur la réciprocité et l’attention aux interdépendances.

Transformer nos pratiques quotidiennes

Décoloniser notre rapport aux animaux suppose d’abord de transformer nos pratiques les plus ordinaires. L’alimentation constitue un levier central : réduire la consommation de produits animaux permet de limiter à la fois la souffrance animale et l’impact environnemental.

Au-delà, il s’agit de repenser la manière dont nous partageons les espaces. L’urbanisation a longtemps exclu les autres espèces. Une approche « zooinclusive » développée par la chercheuse Émilie Dardenne propose au contraire d’intégrer leurs besoins dans la conception des villes : favoriser la présence d’oiseaux, d’insectes ou de petits mammifères, aménager des continuités écologiques ou encore adapter les bâtiments pour accueillir d’autres formes de vie.

Cette approche trouve déjà des traductions concrètes. Certaines villes européennes, comme Vienne, Bruxelles ou Londres, ont ainsi intégré des nichoirs et des gîtes à chauves-souris dans les façades de bâtiments rénovés. D’autres ont aménagé des passages fauniques sous les axes routiers pour permettre les déplacements des mammifères sauvages, ou encore maintenu des toitures végétalisées favorisant la biodiversité des pollinisateurs. À Singapour, la politique des « corridors verts » cherche explicitement à reconnecter des fragments d’habitats naturels au sein du tissu urbain. En France, la trame verte et bleue, inscrite dans la législation depuis le Grenelle de l’environnement, constitue une tentative institutionnelle d’intégrer ces continuités écologiques à l’échelle du territoire.

Ces transformations ne relèvent pas seulement de choix individuels, mais aussi de décisions collectives en matière d’aménagement et de politiques publiques.

Repenser la conservation de la faune sauvage

La protection des animaux sauvages s’inscrit souvent dans une logique de gestion : il s’agit de réguler, contrôler, parfois éliminer certaines populations jugées problématiques. Les carnivores sont particulièrement visés. En France, le loup cristallise les tensions entre éleveurs et défenseurs de la nature depuis son retour naturel dans les Alpes dans les années 1990. En Afrique, le lion fait l’objet de conflits similaires : lorsqu’il s’attaque au bétail des communautés rurales, il est perçu comme une menace directe pour la survie économique des familles, ce qui conduit à des empoisonnements ou des abattages, parfois tolérés voire encouragés par les autorités locales.

Les grands herbivores ne sont pas épargnés : en Afrique australe et orientale, les éléphants, dont les populations se sont reconstituées dans certaines zones protégées, provoquent des destructions massives de cultures, écrasent des habitations, tuent des êtres humains. Ces conflits humains-éléphants poussent des communautés à réclamer des abattages, voire à tolérer le braconnage comme seule réponse à une menace perçue comme existentielle. Le braconnage lui-même, souvent présenté uniquement sous l’angle criminel, s’alimente parfois de cette exaspération locale, même s’il est également structuré par des réseaux internationaux aux enjeux économiques considérables. Cette approche gestionnaire prolonge, sous d’autres formes, une relation de domination du vivant, ce que l’historien Guillaume Blanc nomme un nouveau colonialisme vert : des décisions prises depuis l’extérieur, au nom de la nature, sans tenir compte des réalités vécues par les populations locales.

Au Malawi, un éléphant traverse une réserve gérée par une ONG controversée, symbole des tensions entre conservation, accaparement des terres et droits des populations locales face aux modèles imposés étrangers.
Cédric Sueur, Fourni par l’auteur

Décoloniser la conservation consiste à reconnaître davantage l’autonomie des animaux, leur « souveraineté sauvage », comme la définissent les philosophes Donaldson et Kymlicka, et à respecter leurs habitats. Cela implique de passer d’une logique de contrôle à une logique de coexistence, en cherchant des formes de médiation entre les intérêts humains et non humains. Des initiatives de terrain, comme le projet Cibel dans la forêt du bassin du Congo, montrent qu’il est possible de concilier activités humaines et présence de la faune sauvage, à condition d’accepter la complexité de ces relations.

Décoloniser les sciences

La science elle-même n’échappe pas à ces enjeux. Les animaux y sont souvent considérés comme des objets d’étude ou des modèles expérimentaux. Intégrer leur « agentivité animale », c’est-à-dire leur capacité à agir et à influencer les situations, conduit à repenser les protocoles de recherche vers une coopération humain – non humain plutôt que vers des sacrifices animaux.

En primatologie, par exemple, certaines approches cherchent à limiter les contraintes imposées aux animaux et à mieux prendre en compte leurs comportements spontanés. Lancée par l’éthologue Tetsuro Matsuzawa, cette approche d’observation participante est une collaboration humanimale. Plus largement, le développement de méthodes alternatives permet de réduire le recours à l’expérimentation animale. Décoloniser les sciences ne signifie pas renoncer à la recherche, mais en interroger les présupposés et les finalités des utilisations animales.

Expérience comportementale de terrain à Shodoshima, au Japon, où un chercheur collabore avec un macaque dans une tâche cognitive, sans enfermement, contrainte ni stress pour l’animal.
Cédric Sueur, Fourni par l’auteur

L’expérimentation animale constitue un point de tension majeur. Si certains travaux sont justifiés par des enjeux de santé, d’autres apparaissent plus discutables au regard des souffrances infligées. Des outils comme le « cube de Bateson » proposent d’évaluer les recherches en fonction de leurs bénéfices attendus, de leur probabilité de réussite et des dommages causés aux animaux. Mais dans la pratique, la réflexion éthique reste souvent limitée. Décoloniser l’expérimentation suppose de renforcer ces exigences, de développer des alternatives et de questionner la légitimité même de certaines recherches.

Vers une coexistence

Décoloniser notre rapport aux animaux, c’est finalement transformer en profondeur notre manière d’habiter le monde. Il ne s’agit pas de supprimer toute relation avec eux, mais de sortir d’une logique de domination pour aller vers des formes de coexistence et de coopération, ce qui est nommé le « capital animal ». Les animaux ne sont plus de simples matériaux pour manger ou se vêtir, mais sont des aides sociales, des passeurs culturels (ils nous transmettent des informations sur notre environnement) et des managers écosystémiques (ils nous aident à gérer nos écosystèmes).

Ce changement est à la fois éthique, écologique et politique. Il implique de reconnaître que les humains ne sont pas extérieurs au vivant, mais en font partie. Dans un contexte de crises multiples, repenser nos relations avec les autres espèces apparaît non comme un luxe, mais comme une nécessité pour la survie de tous dont l’humanité.

The Conversation

Cédric Sueur est l’auteur de l’ouvrage « Décoloniser notre rapport aux animaux » publié aux Editions Odile Jacob dont l’article fait mention.

– ref. Décoloniser notre rapport aux animaux pour inventer un nouveau rapport au monde – https://theconversation.com/decoloniser-notre-rapport-aux-animaux-pour-inventer-un-nouveau-rapport-au-monde-279056

Eau, biosignature et éclair : ce que nous a appris le rover Perseverance après cinq ans sur Mars

Source: The Conversation – France in French (2) – By Agnès Cousin, Astronome adjoint, Responsable scientifique de SuperCam, IRAP, Centre national d’études spatiales (CNES); Université de Toulouse

Le 10 mai 2025, 1 500 jours martiens après s’être posé sur le cratère Jezero, Perseverance se prend en photo. On peut voir la poussière qui s’est accumulée sur le rover durant tout ce temps. Nasa/JPL-Caltech/MSSS

Depuis cinq ans, le rover Perseverance nous en apprend plus sur la géologie de Mars, et ainsi sur les anciennes conditions de la Planète rouge. Aurait-elle pu abriter la vie par le passé ? Les études se succèdent, la dernière en date venant de sortir en mars 2026. On dresse le bilan des découvertes permises par SuperCam, l’un des instruments principaux du rover.


Le 18 février 2026, nous avons fêté les cinq ans de l’atterrissage du rover Perseverance sur Mars, dans le cratère de Jezero. À la suite du succès du précédent rover Curiosity, qui explore toujours la Planète rouge depuis son atterrissage en août 2012, la Nasa a lancé la mission « Mars 2020 ». Après plus de six mois de voyage, Perseverance se pose sur Mars avec en son bord de nombreux instruments, dont le nôtre, appelé SuperCam. C’est le début d’une nouvelle ère d’exploration martienne : la recherche de potentielles traces de vie ancienne et la collecte d’échantillons qui devraient un jour revenir sur Terre !

Bien sûr, nous nous intéressons aussi à la géologie et au climat de Mars. Le cratère Jezero n’a pas été sélectionné par hasard comme site d’atterrissage : les observations orbitales y montrent un ancien delta de rivière très bien préservé, ainsi que des signatures de carbonates, des minéraux qui se forment lorsque des roches interagissent avec de l’eau et du CO₂. Ce sont donc de précieux témoins des conditions qui régnaient lors de leur apparition sur Mars. Ces observations orbitales démontrent donc que l’eau a joué un rôle important dans l’histoire de ce site.

Photo noir et blanc du delta martien
Le delta qu’explore Perseverance, vue aérienne.
Nasa/JPL/Université d’Arizona

Sur Terre, les environnements des lacs et des deltas sont aussi les meilleurs pour piéger et préserver des molécules organiques, qui se retrouvent mélangées aux sédiments très fins transportés par la rivière, puis enfouies dans le delta où ils se déposent. Le site de Jezero fournit donc l’enregistrement d’un environnement passé propice à la conservation de molécules organiques et est, de ce fait, un bon endroit pour chercher des conditions favorables à l’émergence de la vie.

Durant les trois premiers mois de la mission, chacun des instruments et des sous-systèmes du rover ont pu se mettre en marche et commencer à fournir de précieuses informations. En particulier, cette période est marquée par le premier vol historique du drone Ingenuity, le 19 avril 2021. Ce démonstrateur technologique a prouvé la faisabilité de vols motorisés dans l’atmosphère ténue de Mars, ouvrant alors une nouvelle dimension de l’exploration martienne.

Explorer le fond d’un ancien lac martien

Parmi les sept instruments embarqués par Perseverance, on trouve SuperCam, qui constitue la « tête » du rover. Il a été développé en collaboration entre la France et les États-Unis. Cet instrument combine plusieurs spectromètres, des appareils capables d’analyser la composition chimique et minéralogique de la surface de Mars. En plus des spectromètres, SuperCam embarque une caméra, afin de documenter le contexte géologique des lieux où sont réalisées les analyses, et un microphone, qui permet d’étudier l’atmosphère de Mars. En France, nous sommes 13 instituts impliqués dans cette aventure martienne.

L’instrument SuperCam en laboratoire lors de sa conception
L’instrument SuperCam (ici lors de sa fabrication) a été construit par un consortium franco-américain mené en France par l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie et le Cnes, et aux États-Unis par le LANL et le JPL. À ce jour, il a effectué plus de 650 000 tirs laser pour analyser plus de 1 300 roches, pris de nombreux spectres de lumière infrarouge, des photos et enregistré les sons de Mars.
Bruno Dubois/OMP, Fourni par l’auteur

Très rapidement après l’atterrissage, SuperCam a acquis un panorama d’une butte, nommée Kodiak, qui nous a permis de confirmer la nature du delta dans Jezero, à savoir qu’il est formé de sédiments charriés par une rivière se jetant dans un lac. Un tel système permet de reconstruire l’histoire passée de l’eau dans cette région. Ces observations nous ont montré que le niveau du lac fluctuait, mais qu’il s’agissait d’un lac fermé la plupart du temps, c’est-à-dire sans cours d’eau qui en ressort, contrairement à ce que les observations orbitales avaient suggéré auparavant.

Quinze mois plus tard, Perseverance est arrivé au pied du delta dont l’exploration a confirmé ces premières observations et a permis de mieux comprendre l’évolution du lac au cours du temps. Plus récemment, sur la bordure du cratère, SuperCam a découvert du quartz pour la première fois de manière certaine sur Mars ! Le quartz n’est pas rare lorsqu’il est observé dans une roche magmatique, du granite par exemple. Mais dans le cas de cette observation, le contexte est très différent, sans relation avec du volcanisme. Cette roche est probablement liée à un impact de météorite qui aurait facilité la circulation et la remontée d’eau chaude en fracturant la roche, créant un système hydrothermal et des conditions propices à la formation de quartz.

Entre la première photographie de Kodiak et l’arrivée au delta, la première campagne scientifique a débuté en juin 2021 en explorant deux types d’environnements géologiques du fond du cratère. Perseverance a d’abord trouvé des roches volcaniques. Pour se repérer sur Mars, les géologues donnent des noms informels aux zones étudiées. Ainsi la première formation de roches volcaniques a été appelée « Màaz ». Il s’agit d’une succession de coulées de lave à la surface. La seconde (appelée « Seítah ») correspond à un cumulât d’olivines, des roches constituées de gros grains obtenus en cristallisant un minéral, l’olivine, en profondeur sous la surface. Ces roches ont été très peu altérées par l’eau.

Les modèles suggèrent que ces deux environnements géologiques ne proviennent pas de la même source magmatique, mais de deux volcans différents ou de deux chambres magmatiques différentes sous un même volcan. Des échantillons de ces roches, s’ils reviennent sur Terre, nous permettront de dater ces terrains et de mieux comprendre leur mise en place par rapport à la formation du lac présent sur le site.

Mars, anciennement habitable, voire habitée ?

C’est en bordure de cet ancien lac que Perseverance a détecté, en 2024, les carbonates dont nous parlions plus haut, en grande quantité, confirmant les détections orbitales. Il est important de déterminer leur abondance in situ, car ces sédiments ont pu piéger le carbone de l’atmosphère, qui devait être plus épaisse dans le passé. L’analyse minutieuse de ces roches nous a permis de comprendre leur processus de formation : il s’agirait de roches magmatiques ayant longuement interagi avec l’eau du lac et du système hydrothermal, enrichie par le CO2 dissout dans l’eau.

La prise en compte de ce processus dans le cycle du carbone martien donne une nouvelle perspective au devenir du carbone et de l’habitabilité passée de cette planète. En effet, la communauté recherchait jusque-là des carbonates similaires aux calcaires des anciens fonds océaniques terrestres. Or, comme nous l’avons vu, les observations de Perseverance montrent qu’un autre processus de formation des carbonates a eu lieu sur Mars. Il faut donc le prendre en compte pour étudier le cycle du carbone martien et son influence sur les conditions climatiques passées, lesquelles déterminent combien de temps l’eau a pu rester liquide à la surface de Mars, qui en est dépourvue aujourd’hui. La présence d’eau étant nécessaire pour rendre la planète habitable, c’est ce qui rend cette découverte importante.

C’est d’ailleurs dans le même secteur, dans la vallée de l’ancienne rivière se déversant dans le lac, que Perseverance a détecté des traces potentielles de biosignatures. La présence simultanée de matière organique et de phosphate et sulfure de fer rappelle des réactions chimiques qui, sur Terre, sont parfois utilisées par les microorganismes dans des processus biologiques. Seule l’analyse sur Terre de ces échantillons pourra trancher sur l’origine de ces composés et répondre à la question de l’habitabilité passée de Mars.

Une étude récente, menée grâce au radar à bord du rover, a pu mettre en évidence la présence d’un environnement fluvial enfoui sous le delta actuel, démontrant que de l’eau circulait déjà il y a plus de 3,7 milliards d’années. Ces observations sont particulièrement importantes pour l’habitabilité passée de la planète et les recherches de biosignatures anciennes.

Écouter l’atmosphère sur une autre planète

Perseverance, depuis cinq ans, a aussi scruté l’atmosphère martienne. SuperCam et un autre instrument, MastCam-Z ont observé une aurore diffuse, comme une aurore boréale, mais qui ne se limite pas aux pôles, pour la première fois depuis la surface martienne. Mais c’est le microphone de SuperCam qui s’est nous a permis de sonder l’atmosphère de la planète, en dressant pour la première fois le paysage sonore martien. Ces écoutes permettent de déduire des propriétés importantes de l’atmosphère comme la vitesse du son qui varie selon la nature de l’atmosphère. Les bruits enregistrés sont aussi sensibles à la turbulence atmosphérique, ce qui permet d’étudier ces petits flux d’air proche de la surface.

Toujours grâce au microphone, nous avons récemment pu mettre en évidence des décharges électriques, de sortes de petits éclairs qui apparaissent dans des tourbillons qui soulèvent la poussière dans l’atmosphère. Cette détection permet d’apporter de nouvelles informations, car la dynamique des poussières dans l’atmosphère influe sur sa température et donc sur le climat. Ces petits éclairs pourraient aussi jouer un rôle insoupçonné dans la chimie atmosphérique et à la surface, par exemple en interagissant avec les composants chlorés pour former de nouvelles molécules, ou en cassant certaines molécules déjà existantes.

Après 43 km parcourus, et près de 1 500 roches martiennes analysées par SuperCam, Perseverance est désormais sorti du cratère de Jezero et explore sa bordure. Cette région expose des terrains vieux de plus de 3,8 milliards d’années, c’est-à-dire antérieurs à l’impact qui a formé le cratère, voire même à la formation du grand bassin régional Isidis dans lequel il se trouve. Ces roches sont les plus anciennes jamais étudiées in situ par un rover martien et offrent donc une fenêtre unique sur les premiers millions d’années de l’histoire de Mars. Les analyses en cours devraient révéler les conditions environnementales qui régnaient sur la planète rouge à cette époque reculée. Jezero tient bien ses promesses en termes de richesses des terrains, et de nombreuses découvertes nous attendent encore !

The Conversation

Agnès Cousin a reçu des financements du CNES, pour le projet Mars2020/SuperCam. Son laboratoire de recherche (IRAP) a aussi pour tutelle l’université de Toulouse et le CNES.

Olivier Gasnault a reçu des financements du CNES pour le projet Mars2020/SuperCam ; il est salarié du CNRS. Son laboratoire de recherche (IRAP) a aussi pour tutelle l’université de Toulouse.

Magali Bouyssou et Valérie Mousset ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. Eau, biosignature et éclair : ce que nous a appris le rover Perseverance après cinq ans sur Mars – https://theconversation.com/eau-biosignature-et-eclair-ce-que-nous-a-appris-le-rover-perseverance-apres-cinq-ans-sur-mars-277423

L’intelligence en essaim, de la nature aux algorithmes

Source: The Conversation – in French – By Antoine Dutot, Maître de conférence en informatique, Université Le Havre Normandie

Fourmis, étourneaux, lucioles… sans centre de décision unique, ces collectifs accomplissent des tâches complexes à partir d’informations strictement locales. Ils convergent vers de bons trajets, se synchronisent, se déplacent en nuées denses sans collision. Pour cela, il suffit en fait de règles simples, combinées à des rétroactions, où l’action de chaque individu modifie légèrement l’environnement ou l’état du groupe et où cette modification influence en retour les actions suivantes. Cette logique inspire aujourd’hui des algorithmes pour piloter des systèmes distribués, des robots aux réseaux de capteurs, par exemple.


On associe spontanément l’intelligence à un organe central, un cerveau, une tour de contrôle, un « grand modèle » qui verrait tout et déciderait pour tous. Pourtant, une bonne partie du vivant fait exactement l’inverse. Il n’y a pas de contrôle centralisé et, malgré tout, on observe des comportements collectifs remarquables.

Un murmure d’étourneaux au crépuscule forme des nuages mouvants, fluides, sans collisions apparentes. Une colonne de fourmis en quête de nourriture trouve des chemins efficaces sans vision globale. Certaines espèces de lucioles finissent par clignoter ensemble, comme si un métronome invisible donnait le tempo.

Dans ces exemples, la nature coordonne sans commander. Le point commun n’est pas l’absence de hiérarchie au sens social (une fourmilière a des rôles), mais l’absence de calcul et de prise de décision centralisés. La coordination émerge de règles locales, de signaux partagés, d’interactions et de rétroactions. C’est l’intuition au cœur de l’intelligence en essaim (swarm intelligence), obtenir un comportement global cohérent à partir de règles locales simples. Un algorithme en essaim en est la traduction informatique : une population d’agents simples explore collectivement une solution sans contrôleur central, à partir d’informations locales et de boucles de rétroaction.

Pour comprendre ce qui se passe, un bon réflexe en science est de chercher si un même schéma se dégage : une règle locale donne un effet global, qui peut être traduit au sein d’une algorithmique… et déboucher sur un usage concret.

Passons en revue trois cas significatifs : trois mécanismes simples observés dans la nature, qui ont donné trois familles d’algorithmes.

La trace des fourmis et des termites, ou la « stigmergie »

Règle locale. Un individu modifie son environnement en laissant une trace chimique, une structure, un marquage.

Effet global. Les actions futures sont orientées par ces traces ainsi certaines pistes se renforcent, d’autres disparaissent. C’est une communication indirecte, via l’environnement, qui a été appelée stigmergie pour expliquer la coordination chez les termites.

Traduction algorithmique. Cette idée a été reprise en informatique, notamment pour les algorithmes de type « colonie de fourmis ».

Usage concret. Optimiser des trajets, répartir des flux, résoudre des problèmes combinatoires. Pour cela, on explore plusieurs solutions, puis on renforce progressivement les meilleures (un peu comme si les bonnes pistes « sentaient plus fort » au fil des itérations).

Nuance utile : la reine n’est pas un « chef calculateur ». Elle a un rôle biologique central, la reproduction, mais la décision (au sens algorithmique) reste distribuée : aucune entité ne détient le plan d’ensemble.

Le mouvement des oiseaux et des poissons, ou le « flocking » (ou agrégation)

Règle locale. Je m’aligne avec mes voisins, je garde une distance de sécurité, je reste dans le groupe.

Effet global. Des formations fluides, adaptatives, robustes aux perturbations.

Traduction algorithmique. En informatique, le modèle « Boids » a popularisé l’idée qu’un mouvement collectif réaliste peut émerger de quelques règles de voisinage simples.

Ce que la recherche a affiné. Pour les étourneaux, une idée clé est que l’interaction semble surtout topologique, c’est-à-dire que chaque oiseau « suit » un nombre à peu près constant de voisins (plutôt qu’une distance fixe), ce qui aide à garder la cohésion quand la densité varie brutalement (attaque d’un prédateur, par exemple).

Usage concret. Modéliser des foules, coordonner des robots, concevoir des contrôleurs distribués qui restent stables quand l’environnement bouge vite ou encore faire voler des essaims de drones autonomes en formation serrée sans GPS centralisé, comme l’ont démontré des équipes de recherche récentes.

Battre à l’unisson, ou la synchronisation collective des lucioles

Règle locale. J’ai une horloge interne. Si je vois mon voisin clignoter, je l’ajuste légèrement.

Effet global. Petit à petit, les ajustements se propagent et le groupe se synchronise.

Traduction algorithmique. C’est la logique des oscillateurs couplés : un cadre mathématique classique (famille des oscillateurs de « Kuramoto ») pour expliquer comment un ensemble d’unités faiblement couplées peut finir par battre à l’unisson.

Synchronisation d’un essaim de lucioles. Source : Faironnerie ABC.

Ancrage biologique. Des travaux de synthèse sur la synchronisation des lucioles décrivent les mécanismes, les hypothèses et les limites de ce phénomène dans le vivant.

Usage concret. Ce principe est utile chaque fois qu’un grand nombre d’objets doivent agir ensemble au bon moment, sans chef d’orchestre. Par exemple, dans un réseau de capteurs dispersés dans une forêt pour détecter un départ de feu, il faut que les appareils se réveillent, mesurent et transmettent leurs données de façon coordonnée afin d’économiser leur batterie et de ne pas saturer les communications. Le même mécanisme peut aussi servir à faire travailler ensemble une flotte de petits robots ou de drones qui doivent avancer au même rythme malgré des échanges imparfaits. L’idée générale est simple : obtenir un comportement collectif synchronisé même lorsque chaque unité ne dispose que d’une information locale et de signaux parfois bruités.

Rendre visible l’émergence : mettre le collectif en scène

Les modèles d’essaim se présentent souvent sous forme d’équations et de simulations, comme dans la vidéo ci-dessus. Mais on les comprend parfois mieux… en les voyant « vivre ». Dans les projets de médiation LED it be et Arduiciole, des collaborations entre fab Lab et laboratoire de recherche où nous utilisons des matrices de LED, d’objets lumineux ou des ballons gonflés à l’hélium, chaque lumière suit une règle locale simple : clignoter, attendre, se caler sur ses voisins, ou réagir à une « trace » dans son environnement. Ce ne sont pas de simples ampoules, mais des pixels qui s’éveillent à la vie artificielle. Le dispositif rend visible l’invisible : il simule des automates cellulaires ou des modèles de synchronisation inspirés des lucioles.

Arduicioles, récit d’un rêve synchronisé. Source : Faironnerie ABC.

Ce que le public observe alors n’est pas un code, mais une dynamique : propagation d’un motif, stabilisation, bascule, synchronisation. La démonstration est double : le modèle n’est pas le réel, mais un outil pour isoler un mécanisme ; la complexité collective est une propriété liée aux interactions, et non à chaque individu pris séparément.

Des essaims dans nos technologies… et deux écueils à éviter

Ces principes de coordination distribuée intéressent les ingénieurs et les scientifiques pour une raison simple, ils offrent souvent trois avantages simultanés : robustesse, passage à l’échelle, adaptabilité. C’est exactement la promesse de la robotique en essaim, qui s’inspire explicitement de l’auto-organisation du vivant, mais aussi des algorithmes en essaim.

On retrouve ces principes dans une grande variété de systèmes. Ils sont particulièrement utiles lorsqu’il faut identifier de bonnes configurations dans un ensemble de possibilités immense, comme en logistique, en calibration ou en réglage de paramètres, car ils permettent de faire émerger progressivement des solutions efficaces sans pilotage central.

Ils servent aussi à organiser l’exploration collective, qu’il s’agisse de répartir des robots, des drones ou des entités logicielles pour couvrir une zone, cartographier un environnement, détecter des signaux ou parcourir un espace de recherche.

Enfin, ils offrent un cadre robuste pour maintenir la cohérence d’un système distribué en synchronisant les comportements, en assurant une coordination locale et en préservant le fonctionnement global malgré la perte ou la défaillance de certaines unités.

Ces systèmes ne sont pourtant ni spontanément stables ni naturellement sûrs. Hors des environnements idéalisés, les perceptions sont imparfaites, les échanges sont retardés et la communication entre agents reste souvent partielle. Dans ces conditions, une règle locale élégante en simulation peut devenir fragile en situation réelle. De plus, dès lors que la coordination dépend de signaux partagés, qu’il s’agisse d’une trace, d’un rythme commun ou d’une information sur un meilleur état collectif, la fiabilité de ces signaux devient un enjeu central. Un signal erroné, perturbé ou manipulé peut suffire à désorganiser l’ensemble. La décentralisation n’élimine donc pas le risque ; elle impose de penser autrement la robustesse, en la ramenant au niveau des interactions.

L’intelligence en essaim invite à l’humilité. Elle montre que la force d’un collectif ne vient pas toujours d’un chef, mais de la qualité des interactions entre ses membres. À partir de règles simples, un groupe peut faire émerger une organisation efficace, souple et robuste. La puissance réside alors dans la capacité à agir ensemble. Ce passage du « je » au « nous » offre un modèle de résilience fondé sur la coopération et l’adaptation.

The Conversation

Damien Olivier a reçu des financements de l’ANR et de la commission Européenne.

Yoann Pigné a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche.

Antoine Dutot et Jean-Luc Ponty ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. L’intelligence en essaim, de la nature aux algorithmes – https://theconversation.com/lintelligence-en-essaim-de-la-nature-aux-algorithmes-275250

Why a second global shipping chokepoint could soon live up to its name as the ‘Gate of Tears’

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Flavio Macau, Associate Dean – School of Business and Law, Edith Cowan University

Luke Dray/Stringer/Getty

If you’d never heard of the Strait of Hormuz before, you probably have by now. Iran’s effective closure of the waterway, which usually carries about 20% of the world’s oil and gas, has put severe pressure on the global economy.

Now, some analysts are warning a new flashpoint could emerge: the Bab el-Mandeb Strait.

That’s because on March 28, the Houthis, a military group that controls large parts of northern Yemen and is aligned with Iran, entered the war, launching missiles towards Israel for the first time since the war with Iran began.

Yemen is situated on one side of the strait, and the Houthis have previously attacked shipping in the Red Sea, causing major disruption in late 2023 and 2024.

Bloomberg now reports Iran has approached the Houthis to prepare for a similar campaign.

Here’s why all eyes will be back on the Houthis, Bab el-Mandeb and the Red Sea, and what disruption of a second major chokepoint could mean for the world economy.

What is the Bab el-Mandeb Strait?

The Bab el-Mandeb Strait is about 30 kilometres wide at its narrowest point. It is situated between Yemen on the Arabian Peninsula to the northeast and Eritrea and Djibouti in Africa on the west.

Its name literally means “Gate of Tears” in Arabic, after its famously treacherous sailing conditions.

It has become so important because, along with the Suez Canal in Egypt, it allows ships to transit directly between the Mediterranean Sea and the Indian Ocean by passing through the Red Sea and the Gulf of Aden.

Before the Suez Canal’s opening in the 19th century, ships had to travel all the way around the southern tip of Africa to join these two points.

An oil tanker leaving Saudi Arabia to go to the Netherlands, for example, only has to travel 12,000 kilometres if it goes via the Red Sea, compared with more than 20,000 kilometres going south around Africa.

As you’d expect, that’s much faster too. According to the US Energy Information Administration (EIA), a trip between the Arabian Sea and the Netherlands that takes 34 days the long way around is shortened to just 19 days.

What passes through it?

In normal times, as much as 14% of global maritime trade goes through the Bab el-Mandeb Strait.

Detailed data on what passes through the Bab el-Mandeb Strait is somewhat limited. But fossil fuels are a major component.

The International Energy Agency (IEA) estimates that in 2025 about 4.2 million barrels of crude oil and petroleum liquids crossed the Bab al-Mandeb Strait per day. That’s about 5% of global production.

Given most ships use the Suez Canal as well, official data from the Suez Canal Authority allow us to paint a detailed picture of Red Sea shipping.

In the final quarter of 2025, about 40% of the 3,426 ships passing through the Suez Canal transported fossil fuels: (1,330 oil tankers, 88 liquefied natural gas (LNG) ships).

Bulk and general cargo made up another 40% (1,339 ships), typically transporting agricultural commodities such as corn, wheat and soybeans, and also coal and iron ore. Container ships made about 13% of the traffic (459 ships).

Notably, total traffic through the Red Sea has declined considerably since Houthi attacks on shipping in late 2023 and 2024, even though these attacks have largely stopped.

Can the strait be closed?

The Bab el-Mandeb Strait can’t be “closed” entirely. Its narrowest point is still a considerably wide waterway. And unlike the Strait of Hormuz, the Bab el-Mandeb Strait is not a “cul-de-sac”, where the passage is closed at one end with only one way out. Ships can still exit to the Mediterranean via the Suez Canal.

That’s little comfort for those bound for Asia, which would then have to round Africa to do so, adding weeks to the journey.

Notably, Saudi Arabia had already built a “Plan B” to avoid the Strait of Hormuz, called the East-West pipeline. This pipeline connects Abqaiq in the north with Yanbu on the Red Sea, and had already begun pumping oil at almost full capacity in response to the conflict.

But oil bound for Asia from this new exit point still has to pass through Bab el-Mandeb to avoid the long way around, meaning it could be disrupted.

We’ve been here before

To get a sense of how the Houthis could disrupt shipping again, we can look to the most recent Red Sea crisis.

According to the International Maritime Organization (IMO), 67 incidents were recorded between November 2023 and September 2024. Some ships only suffered minor equipment damage. But others faced severe fires, flooding and structural damage after being hit by missiles or drones.

However, there have been relatively few attacks since 2024. And the strait was never totally “closed” per se: some ships continued to pass through throughout the crisis.




Read more:
Today’s global economy runs on standardized shipping containers, as the Ever Given fiasco illustrates


The mere threat of attacks

These same tactics would probably apply today. But for shipping companies, the mere threat of attacks may be enough to slow or restrict shipping. There are significant risks to civilian crew, who face a threat to life.

Adding to this, insurance costs could become prohibitive enough to close the route in practical terms. Back in 2024, insurance costs were about 0.6% of the value of the cargo on a ship. After the Red Sea crisis, this rose as high as 2%.

The effective closure of both the Strait of Hormuz and Bab el-Mandeb at the same time would be severely disruptive to global supply chains and the global economy.

The Conversation

Flavio Macau does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Why a second global shipping chokepoint could soon live up to its name as the ‘Gate of Tears’ – https://theconversation.com/why-a-second-global-shipping-chokepoint-could-soon-live-up-to-its-name-as-the-gate-of-tears-279548

What caused the blood red skies in Western Australia? A weather expert explains

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Steve Turton, Adjunct Professor of Environmental Geography, CQUniversity Australia

The apocalyptic red skies in Western Australia have generated considerable international media attention. Crimson dust whipped up by the strong outer winds of Severe Tropical Cyclone Narelle created this unusual phenomenon.

Spectacular weather events like this are not common in northwest Australia. They occur under very specific environmental conditions. Most of the tropical cyclones hitting this arid region don’t cause red skies. Mega dust storms which do change the colour of the sky often take place during prolonged droughts. Perhaps the most memorable storm traversed over Melbourne on 8 February 1983, turning the sky red-brown and later pitch black.

A screen shot of a New York Times piece about the red dust storm.
The New York Times and other international media published stories about Australia’s blood red dust storm.
New York Times

So what caused Cyclone Narelle’s dust storm and why was the sky so vividly red? Four factors came together to create these conditions: a very dry and exposed landscape with red soils, a lack of preceding rain, very strong winds ahead of the rain bands from the cyclone, and a particular wind direction.

Why was the dust storm so spectacular?

Australia’s northwest is one of just a few places in the world where tropical cyclones affect an otherwise arid desert climate. Other locations include the Arabian Peninsula and semi-arid parts of India and Pakistan. These dry regions have very little natural vegetation to protect fragile soils from cyclonic winds. In the northwest of WA, the iron-rich soils which attract many big mining companies also give the region its exceptional red appearance.

According to the Bureau of Meteorology, in the six weeks prior to Cyclone Narelle, the greater northwest region had experienced 10-50 mm of rainfall and the barren landscape was very dry. This was a crucial factor behind the size and magnitude of the red-tinged dust storm.

In the Southern Hemisphere, tropical cyclones rotate in a clockwise direction due to the “Coriolis Force”, which applies movement on rotating objects. This explains how the dust storm developed. Strong winds to the south of the cyclone’s eye were coming from the northeast to southeast direction, and hence off the dry landscape.

After tracking in a southerly direction, close to the North West Cape of WA, Narelle eventually crossed the coast near Coral Bay and headed inland, where it weakened.

Narelle’s large area of gale-force winds extended 200-260 kilometres from the centre. These very strong winds in the southwest area of the cyclone blew across the dry Pilbara landscape, picking up fine red sediments ahead of the bands of rain and transporting them westwards. These blood-red dust storms hit coastal towns in the Gasgoyne and Pilbara regions.

The large, flat terrain of the Pilbara would also have created a long wind “fetch” (the distance the wind blows over open terrain). This would have picked up greater numbers of dust particles.

As the cyclone moved through, humidity increased rapidly, followed by dense cloud and finally heavy rain. This is why the apocalyptic dust was short lived – it was washed out of the atmosphere and back to earth.

An orange-coloured picture of a verandah and the sky.
The dust cloud as it approaches.
Good Morning Australia/Facebook

Why was the sky so red?

The Pilbara’s deep red soils are rich in iron oxides. These soils form the basis of the multi-billion dollar iron ore mining industry.

Understanding the physics of the atmosphere is important. Airborne dust particles scatter shorter wavelengths (blue and green light) more effectively. Longer wavelengths (red and orange light) pass through or dominate what reaches your eyes. The red soil particles made the light an even deeper shade of red. Hence, the sky appeared deep orange red, or even blood coloured.

Due to the right mix of environmental conditions, the Narelle dust storm involved a very high dust concentration, thick enough to significantly filter and tint all incoming sunlight. This created the Mars-like or “apocalyptic” appearance. Cyclone Narelle also approached the North West Cape in the early morning, when sunlight has to travel through more atmosphere. This meant more scattering occurred and made the red tones even stronger.

Mega dust storms are a regular feature during prolonged droughts in central, southern and eastern Australia. A striking example was the “Red Dawn” dust storm in Sydney on 23 September 2009. Residents woke to an eerie red dawn due to a huge dust cloud.

Huge dust storms like this are usually produced by strong cold fronts and severe thunderstorms that force fine sediment particles up into the atmosphere. These particles are typically moved towards the east, even making their way into the upper levels of the troposphere. Occasionally the dust is deposited as far away as the Southern Alps of Aotearoa/New Zealand.

Spectacular weather events such as this stand out on the global stage. A rare combination of the Pilbara’s exceptionally red soils, cyclonic winds from the right direction and perfect pre-rain timing allowed atmospheric dust to build to very high concentrations. Certainly a feast for the eyes and record books.

The Conversation

Steve Turton has previously received funding from the Australian and Queensland Governments.

– ref. What caused the blood red skies in Western Australia? A weather expert explains – https://theconversation.com/what-caused-the-blood-red-skies-in-western-australia-a-weather-expert-explains-279557

New Israeli law could mean death penalty by default for Palestinians convicted of deadly attacks

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Shannon Bosch, Associate Professor (Law), Edith Cowan University

Israel’s parliament, the Knesset, this week passed legislation that would vastly expand capital punishment in Israel and in the occupied Palestinian territories.

The changes, made via an amendment to Israel’s penal law, allow for executions without proper appeal, pardons or meaningful judicial discretion.

According to media reports, 62 of 120 Knesset members voted in favour of the bill on Monday, including Prime Minister Benjamin Netanyahu, and 48 voted against. The remainder absented themselves from the vote or abstained.

UN experts and Amnesty International have warned these new death sentencing rules would apply almost exclusively to Palestinians.

It would, they argue, entrench discrimination already identified by the International Court of Justice as amounting to apartheid. UN experts said of the bill:

Since Israeli military trials of civilians typically do not meet fair trial standards under international human rights law and humanitarian law, any resulting death sentence would further violate the right to life […] Denial of a fair trial is also a war crime.

This development is a significant change for Israel, which has not executed anyone for more than 60 years. It reverses decades of global movement towards abolition, while normalising executions in an occupied territory.

Death penalty as the default

These changes were made via legislation brought by National Security Minister Itamar Ben-Gvir and his far-right Otzma Yehudit party.

The Penal Bill (Amendment ― Death Penalty for Terrorists) amends both Israeli civil law (applicable to Israeli settlers) and Israeli military law (applicable to Palestinians) in the occupied West Bank.

The law states, according to a Deutsche Welle media report:

Palestinians in the occupied West Bank convicted of terrorism in military courts will face a mandatory death sentence or, in the wording of the bill “his sentence shall be death, and this penalty only.” Only if the court determines that there are “special reasons” can it then commute the death sentence to life in prison.

Under this change:

  • prosecutors do not need to request the death penalty
  • the defence minister may submit an opinion to the judicial panel of three military officials who only need a simple majority to impose the death penalty
  • judges need to record exceptional reasons for imposing a life sentence over the death penalty
  • avenues for appeal would be tightly restricted
  • there would be no possibility of a pardon
  • people sentenced to death would be detained in isolated facilities that would have restricted visitor access, with legal counsel only by video link
  • executions (by hanging) would take place within 90 days of the final judgement.

Another yet-to-be-passed bill that may still be brought before the Knesset – the Prosecution of Participants in the October 7 Massacre Events Bill – would also see more death sentences handed down.

It establishes ad hoc military tribunals with retrospective jurisdiction to prosecute those accused of participating in the October 7 2023 Hamas-led attacks on southern Israel.

These tribunals would:

  • consist of a retired district court judge and two officers qualified to serve as judges
  • be authorised to depart from ordinary rules around evidence and procedure
  • be able to impose the death penalty via a simple majority, without prosecutors requesting it.

Appeals and clemency mechanisms would again be extremely limited.

Taken together, the two amendments significantly expand the scope of capital punishment in Israel. They also remove many procedural safeguards.

Supporters argue capital punishment could deter future attacks and preclude hostage-taking for prisoner exchanges.

Yet, historically, Israel’s intelligence services have opposed death sentences. They have argued it may encourage armed groups to kidnap Israelis as bargaining chips to prevent executions.

International humanitarian law

Critics have argued the new changes place Israel in breach of international humanitarian law and international human rights law.

As critics point out, Israel’s new death penalty rules limit access to legal counsel. They also:

  • restrict appeals
  • allows trials before ad hoc military tribunals for new capital offences
  • mandate executions be carried out within 90 days.

This all runs counter to international humanitarian law.

Significant legal concerns are raised by Israel enforcing new capital offences in the occupied territory after the International Court of Justice concluded Israel’s occupation violates international law and must cease.

These concerns are compounded by longstanding criticisms of Israeli military courts in the occupied West Bank, where conviction rates for Palestinian defendants reportedly exceed 99%.

International human rights law

Under international human rights law people should be guaranteed equality before the law and protected from discrimination.

But the changes passed by the Knesset this week subject Palestinians to death sentences as the default, while Israeli citizens accused of killing Palestinians would appear before civil courts. Here, capital punishment would be discretionary and far more limited. This entrenches a discriminatory system.

Critics argue this amounts to collective punishment against Palestinians, which is prohibited under the Geneva Convention.

The European Union has warned that executions through hanging would also violate the absolute prohibition on cruel, inhuman or degrading treatment.

Taken together, the two new amendments normalise state-sanctioned executions and violate Israel’s obligations under international law.

The Conversation

Shannon Bosch does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. New Israeli law could mean death penalty by default for Palestinians convicted of deadly attacks – https://theconversation.com/new-israeli-law-could-mean-death-penalty-by-default-for-palestinians-convicted-of-deadly-attacks-279458

Underwater turbines are gaining government support – our research maps their global potential

Source: The Conversation – UK – By Danny Coles, Senior Research Associate, Department of Engineering Science, University of Oxford; University of Plymouth

Turbines like these can be deployed on the seabed to harness tidal energy. Nova Innovation

Recent disruptions to oil supply in the Middle East have sent energy prices soaring, reminding countries how vulnerable they remain to imported fossil fuels. At the same time, global electricity demand is expected to almost triple by 2050.

Wind turbines and solar panels will undoubtedly play the central role. But both depend on the weather: wind turbines stand still on calm days, while solar panels generate less in overcast conditions, and nothing at night. That variability is driving interest in more predictable sources of clean power.

One promising option lies beneath the ocean’s surface.

Tidal stream turbines work much like wind turbines, only under the sea. As tides flow in and out, predictably, twice a day in places like the UK, the moving water spins turbine blades to generate electricity. This power is then transmitted to shore via cables laid along the seabed. Unlike wind and solar, tides are governed by the gravitational pull of the moon and sun, making them highly predictable years in advance.

Governments are beginning to take notice. The UK and France are investing in tidal stream energy and plan to install at least 400 megawatts of capacity over the next decade; enough to power a city like Leeds or Amsterdam.

Other countries, including Canada, the US, China and Japan, are also exploring the technology, albeit with much smaller scale projects.

Infographic of HATTs
Horizontal axis tidal turbines are the dominant form of underwater tidal stream technology.
Gemini / The Conversation

Despite this growing interest, a basic question remains: how much electricity can tidal currents actually produce, and where is it located?

I’ve teamed up with experts from around the world to help answer those questions. In our new research, we identified more than 400 potential tidal energy sites across 19 countries in Europe, the Americas, Asia and Australasia. These are locations where water flows fast enough, and at suitable depths, for turbines to operate.

Scientists typically describe tidal energy in three stages. The theoretical resource is the total energy in tidal currents. The technical resource is the portion that current turbine technology could realistically capture for electricity production. Finally, the practical resource accounts for constraints such as shipping routes, fishing activity and marine conservation areas. In practice, only a small fraction – around 1% to 20% – of the theoretical energy can actually be used to generate electricity.

Even so, the potential is significant. Across 90 of the most-studied sites, we estimate that tidal turbines could generate around 110 terawatt-hours of electricity each year – roughly equivalent to the annual electricity demand of Portugal.

annotated world map
Sites around the world with the potential to generate tidal stream power.
Coles et al (2026) / Royal Society

Half the global resource in just six sites

Some countries stand out. The US, UK, New Zealand, Canada, China and Indonesia have the largest overall tidal energy resources. In places such as the UK, Indonesia and New Zealand, tidal energy could supply at least 10% of current national electricity demand. In larger countries like the US and China, the resource is still substantial but represents a smaller share of total electricity demand.

A striking finding is how concentrated this energy is, as more than half of the global tidal resource we identified is located in just six sites. These include the Pentland Firth between mainland Scotland and the Orkney Islands, the Alderney Race between the Channel Islands and France and the Minas Passage in a part of Canada known for the world’s highest tides. Two major sites in Alaska (Chatham Strait and Cook Inlet) are also among the most energetic in the world.

However, many of these locations are far from major population centres. Remoteness presents a significant challenge, as building the infrastructure needed to transmit electricity over long distances can be costly and complex. This is one of several factors that may reduce the amount of energy that can be practically harnessed.

Tidal power tends to be strongest in narrow areas between large islands or landmasses, where lots of water is “pushed through” the gap. But finding the most promising hotspots also depends on factors like seabed geography or localised ocean currents, which need specialised and detailed research.

This means there are gaps in the data. For many promising sites, particularly in countries such as Norway, South Korea and the Philippines, detailed measurements of tidal currents are still lacking. For this reason, global estimates of tidal energy potential could increase significantly as more data becomes available.

Our findings broadly support projections from the European Commission, which anticipates up to 8 gigawatts of tidal stream capacity in Europe. However, global projections of more than 100 gigawatts – roughly the electricity demand of the entire UK – remain uncertain without better data and more comprehensive site assessments.

With enough investment and data, plus careful site selection, tidal stream energy offers something rare in renewables: power you can predict years in advance. In an electricity system increasingly affected by the weather, that reliability could make it a disproportionately valuable part of the world’s transition to clean energy.

The Conversation

Danny Coles is a member of the Marine Energy Council. Danny consults to tidal energy developers. Danny Coles receives funding from UK Research and Innovation.

– ref. Underwater turbines are gaining government support – our research maps their global potential – https://theconversation.com/underwater-turbines-are-gaining-government-support-our-research-maps-their-global-potential-279509

UK parents urged to curb fast-paced screen content for small children – neuroscientist who advised government explains why

Source: The Conversation – UK – By Sam Wass, Professor of Early Years Neuroscience, University of East London

Fotoluminate LLC/Shutterstock

The UK Department for Education has just released guidance for parents on early years screen use, which I advised on as an expert. It includes recommended limits on the time children spend on screens. It also advises avoiding fast-paced content for younger children.

Recent research from the UK Department for Education suggests that over half of two-year-olds now spend over two hours a day watching screens. For the top 20%, that figure approaches five hours daily – more than a third of their waking life.

These changes have occurred rapidly, particularly since the introduction of smartphones. In 2009, children aged five to 15 spent around nine hours a week – about 1.3 hours a day – watching screens.

But the nature of what children watch has shifted just as dramatically as the amount of time they spend doing so.

Fifteen years ago, close to half of UK preschoolers tuned into CBeebies – BBC content aimed at children aged six and under – each week. Today, children’s engagement with content produced by TV companies is almost 75% lower.

Over the same period, short-form, on-demand video has expanded rapidly. Now, more than 90% of three- to five-year-olds use video-sharing platforms such as YouTube.

To illustrate what this means in practice, we can compare a 25-minute episode of the CBeebies show In the Night Garden from 2006 with a 25-minute slice of typical viewing from a four-year-old watching YouTube Kids (the latter taken from a recent US study).

The CBeebies episode followed a single narrative thread, with a stable cast of eight characters. The YouTube sample is made up of ten separate clips within the same timeframe, featuring 37 speaking characters. The editing tempo shifted from one cut every 16.7 seconds in the CBeebies episode to one cut every 1.5 seconds. There were sharp increases in visual stimulation (changes in light and colour) and auditory stimulation (shifts in pitch and volume).

Comprehension and attention

From a neuroscience perspective, we think this transformation has taken place because there are two ways in which content can hold a young child’s attention.

One route works through comprehension. Slow pacing, clear speech, exaggerated expressions and simple narrative structure allow children to follow what is happening. Comprehension drives attention.

The second route operates through attention capture. Rapid movement, abrupt edits and dynamic sound capture attention automatically. Even if we are trying not to pay attention to something, movement makes it hard to ignore. We think that we developed like this because, historically, motion signalled threat or opportunity. That reflex remains. Attention capture is immediate, involuntary and does not depend on comprehension.

Much contemporary digital content leans heavily on this second mechanism. It is instantaneous, and it works on everybody.

This shift to fast-paced content may, though, also have a role to play in the links between early screen use and later emotional and behavioural dysregulation: difficulties managing emotions and behaviour.

The reason is that young brains run at a slower tempo than adult brains. When environments are fast and unpredictable, the nervous system shifts into a heightened alert state to enable rapid detection of change. Brainstem systems involved in arousal become more active. The sympathetic nervous system – the same system engaged during fight-or-flight responses – becomes involved. In the short term, this may help explain why many children appear irritable or dysregulated when screens are switched off.

Finding patterns

Over longer periods, repeated exposure to highly stimulating, unpredictable content may contribute to broader patterns of behavioural and emotional dysregulation linked to screen use. A growing body of correlational research links high levels of early screen exposure with later difficulties in regulation and increased rates of anxiety. Correlational research shows that two things often occur together or in the same person – such as screen time and anxiety – but don’t prove that one caused the other.

Both behavioural dysregulation in childhood and anxiety in adulthood are associated with heightened brainstem and sympathetic activity – systems that are engaged by fast-paced screen content.

Much of the evidence remains correlational, making it hard to infer causation. However, some animal studies have experimentally exposed animals to doses of simulated screen time, showing that screen exposure causally affects arousal in ways that are consistent with the correlational findings.

Together, the pieces of evidence fit together in a way that is increasingly difficult to ignore – particularly against the backdrop of rising mental health difficulties in young children.

The government guidance recognises this faster-paced content – which is why the advice is to avoid it for young children. But history suggests that advisory-only approaches rarely shift behaviour at scale. If aspects of the current digital environment are indeed contributing to regulatory and mental health challenges, policy attention may need to move further upstream.

That would mean reconsidering the responsibilities of content producers and platform designers, not only parents. How exactly to do this, though, is fraught with difficulty – particularly at a time when the science itself is struggling to keep up with the pace of change.

The Conversation

Sam Wass receives funding from Leverhulme Trust RPG-2025-114

– ref. UK parents urged to curb fast-paced screen content for small children – neuroscientist who advised government explains why – https://theconversation.com/uk-parents-urged-to-curb-fast-paced-screen-content-for-small-children-neuroscientist-who-advised-government-explains-why-278732

A seat on the bench isn’t enough: what Fifa’s new women’s football rule gets right (and wrong)

Source: The Conversation – UK – By Kerry Harris, Senior Lecturer in Sport Coaching, Cardiff Metropolitan University

Fifa’s latest decision to require every team in its women’s competitions to include at least one female head coach or assistant is, on the surface, a landmark moment.

The rule will apply across all women’s tournaments, from youth level to senior competition, beginning this year with the U17 and U20 World Cups and the Women’s Champions Cup.

In a sport where the technical area remains overwhelmingly male, the symbolism is powerful. But symbolism in sport is rarely neutral. It can signal progress while exposing how far the structures around it still have to travel.

Women’s football has grown rapidly in visibility and commercial value. Coaching, however, has not kept pace. At the 2023 Women’s World Cup, only 12 of 32 head coaches were women. Across some national associations, women make up as little as 5% of the coaching workforce. Against that backdrop, Fifa’s intervention is both unsurprising and, in many ways, overdue.

It is also an admission that organic change has failed. But there is a deeper issue. Research on coaching cultures consistently shows that underrepresentation is not the root problem but a symptom of more deeply embedded behaviour. Increasing numbers without addressing those issues risks leaving the foundations intact.

The timing, too, invites scrutiny. If the imbalance has been clear for years, why act now? And why only within the women’s game?

A problem contained within a single domain

The policy applies exclusively to women’s competitions. On one level, that makes practical sense. Structurally, however, it reinforces a familiar pattern. Gender inequality is treated as an issue to be solved within women’s sport, rather than across football as a whole.

The men’s game – where coaching pathways are more entrenched, better funded and more resistant to disruption – remains untouched. In effect, the responsibility for reform is placed on the side of the sport with the least power to drive it.

There is also a flawed assumption at play: that appointing more women will, in itself, transform coaching cultures. It may not. Women, like men, can reproduce the same patriarchal structures they have been socialised into. Representation alone does not guarantee change.

Policies like this walk a narrow line. Without intervention, inequality persists. But mandates risk introducing a parallel narrative: that women are present because they are required, not because they are qualified.

Fifa’s chief football officer, Jill Ellis, has framed the rule as an accelerant, designed to “create clearer pathways, expand opportunities, and increase visibility for women on our sidelines”. The logic is compelling.

Yet elite coaching is as much about perceived authority as it is about expertise. If female coaches are seen, however unfairly, as fulfilling a quota, the policy risks undermining its own aims.

There is another trap here too. The expectation that women will bring inherently different, more collaborative or empathetic approaches leans on gender stereotypes. It risks reinforcing the very assumptions that have historically limited women’s progression.

Visibility at the top does not necessarily mean readiness. Fifa has invested in coach development and nearly 800 women have received scholarship support since 2021. But the gap between training and elite international competition remains significant.

If exposure outpaces infrastructure, early difficulties may be interpreted as evidence that the policy itself is flawed. Sport is quick to remember failure and slow to acknowledge context. And if those stepping into these roles have been shaped by the same systems they are expected to change, criticism risks missing the point entirely.

Beyond visibility

None of this is an argument against increasing the number of women in coaching. Representation matters. It shapes expectations, broadens ambition and challenges long-standing assumptions about who leads.

But meaningful change is rarely immediate. It happens in coach education, in hiring practices, in mentoring networks and in grassroots environments where coaching identities first take shape. A mandate can open the door. It cannot, on its own, build the path.




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Without deeper structural change, such as in how coaching is taught, valued and practised, new appointments risk being placed into old systems.

Fifa’s decision is part of a broader effort to increase the presence of women in technical roles and align leadership with the rapid growth of the women’s game. It is not insignificant. It disrupts a long-standing status quo and will have visible effects, not least at the 2027 World Cup. But visibility alone will not transform a system.

If women on the touchline are to become unremarkable – as an expectation not an exception – the structures beneath elite coaching must change as well. Otherwise, mandates risk becoming what sport has seen before: gestures that are symbolically powerful, but structurally fragile. Real change will come not when women are required to be present, but when their presence no longer needs to be required.

The Conversation

Kerry Harris does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. A seat on the bench isn’t enough: what Fifa’s new women’s football rule gets right (and wrong) – https://theconversation.com/a-seat-on-the-bench-isnt-enough-what-fifas-new-womens-football-rule-gets-right-and-wrong-279194