« StravaLeaks » : quand les traces numériques deviennent un enjeu de sécurité

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

L’affaire « StravaLeaks » montre que, dans un monde saturé d’objets connectés et de données de localisation, les traces numériques ordinaires sont devenues un enjeu central de sécurité pour les environnements sensibles. De simples données de déplacement issues d’un footing, enregistrées et partagées par une application publique, ont pu être utilisées pour localiser des navires ou des bases militaires.


Un footing, en apparence, n’a rien de sensible. Pourtant, en mars 2026, une activité enregistrée sur Strava par un militaire français a permis de localiser en temps quasi réel le porte‑avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. Dès 2018, la carte de chaleur mondiale de Strava – une visualisation agrégée des activités publiques enregistrées par ses utilisateurs – avait déjà révélé des bases militaires et des sites sensibles, et des enquêtes plus récentes ont montré que les pratiques sportives de gardes du corps pouvaient trahir des habitudes de déplacement de chefs d’État.

Le problème ne vient pas d’un piratage sophistiqué, mais d’un usage banal de montre connectée, compte public et trace GPS accessible en ligne. Ce cas illustre comment la sécurité d’aujourd’hui ne se limite plus à la protection physique, mais inclut aussi la maîtrise des traces numériques produites par nos comportements les plus ordinaires.

Quand une application déborde de son usage initial

Strava est une application conçue pour suivre et partager des performances sportives. Son usage premier relève du loisir, de la sociabilité numérique et du suivi de soi, non de la documentation d’activités sensibles. C’est pourtant là toute l’ambivalence de ce type d’outils car sans avoir été pensés pour la sécurité, ils peuvent produire des effets très concrets sur elle.

À mesure que les technologies de traçabilité s’installent dans les usages quotidiens, elles cessent d’apparaître comme des dispositifs de contrôle. Elles deviennent des outils familiers, associés au confort ou à l’optimisation des pratiques. Dès lors, une course, un itinéraire répété, un point de départ ou d’arrivée ou une activité enregistrée en mer peuvent révéler bien davantage qu’une simple pratique sportive. Une donnée de performance peut devenir un indice sur une routine, une présence ou une habitude de déplacement.

Le cas Strava n’est d’ailleurs pas isolé. À l’aéroport d’Heathrow (Londres), en 2014, des toilettes connectées ont été testées pour mesurer anonymement leur fréquentation, améliorer le nettoyage et mieux répartir les moyens de maintenance. L’exemple peut sembler éloigné, mais il montre que, au-delà des outils explicitement sécuritaires, des dispositifs connectés collectent eux aussi discrètement des traces numériques sur les comportements des usagers. En ce sens, la vulnérabilité ne naît plus seulement d’une attaque ou d’une fuite volontaire, mais aussi d’usages ordinaires dont les effets de visibilité sont souvent sous-estimés.

La sécurité ne se joue plus seulement sur le terrain

Longtemps, la sécurité a été pensée selon un modèle essentiellement physique. Il fallait protéger une personne, sécuriser un déplacement, contrôler un périmètre, anticiper une menace. Cette logique est toujours d’actualité mais, à l’ère numérique, elle ne suffit plus.

Dans un environnement saturé d’objets connectés, de plateformes et de données de localisation, la vulnérabilité peut désormais naître à la périphérie du dispositif de protection. Elle ne résulte plus forcément d’une intrusion ou d’une action malveillante. Elle peut venir d’un usage mal paramétré, d’une routine numérique non interrogée ou d’un outil utilisé sans conscience de ses effets de visibilité.

La sécurité d’un responsable politique, d’un chef d’entreprise, d’un diplomate ou d’un site sensible dépend donc aussi des traces numériques produites par son environnement humain et technique : assistants, chauffeurs, escortes, collaborateurs, militaires, objets connectés, applications de suivi ou réseaux de partage. Protéger une « personne sensible », une personnalité, aujourd’hui, ce n’est plus seulement protéger son corps ou son itinéraire. C’est aussi protéger l’écosystème informationnel qui l’entoure.

Cette évolution renvoie à une sécurité de plus en plus renforcée par la technologie via les capteurs, les données et les outils de suivi. Mais l’ajout de technologie ne supprime pas la vulnérabilité. C’est justement le problème d’une lecture technosolutionniste qui surestime la complémentarité humain-machine. Elle rappelle au contraire qu’une technologie n’est efficace qu’à condition d’être articulée à l’analyse humaine, à l’expérience de terrain et à une compréhension fine du contexte. Certes, la technologie renforce donc la vigilance, mais elle ne remplace ni le jugement, ni la formation, ni la culture du risque.

La vulnérabilité observée est également organisationnelle, culturelle et humaine. Elle naît d’une forme de non-concordance entre la banalité des usages numériques (courir avec une montre connectée, par exemple) et la sensibilité des environnements dans lesquels elles s’inscrivent (être dans un endroit classifié secret-défense). Un même outil peut être perçu comme un outil de confort ou de performance tout en produisant des effets d’exposition importants.

Former devient donc aussi important qu’équiper dans la mesure où il ne s’agit pas seulement d’interdire certains usages, mais plutôt de faire comprendre comment une trace numérique par définition invisible peut, par agrégation et recoupement, devenir une information sensible. La sécurité ne se joue donc plus dans le contrôle des outils, mais dans l’intelligence des pratiques.

Réintégrer l’humain au centre de la doctrine de sécurité

L’un des principaux enseignements de ces affaires est qu’aucune technologie ne protège à elle seule. Une application, une montre connectée ou un dispositif de géolocalisation ne sont ni bons ni mauvais en soi. Comme le montre la recherche, tout dépend du cadre dans lequel ils sont utilisés, des règles qui les entourent et de la capacité des acteurs à en comprendre les effets. Raison pour laquelle la réponse ne peut pas être juste « technique ».

Elle suppose aussi une doctrine d’usage, une formation adaptée et une culture sécuritaire partagée. À l’inverse la traçabilité peut aussi renforcer la protection, mais elle ne remplace ni l’analyse humaine, ni l’appréciation du contexte, ni les méthodes classiques de sécurité.

Autrement dit, la sécurité des environnements sensibles repose sur une complémentarité entre l’outil et l’humain. Il ne suffit pas de déployer des dispositifs ; encore faut-il que les utilisateurs comprennent ce qu’ils produisent, ce qu’ils exposent et les conséquences possibles de leurs usages entre une possible surveillance et une souveillance, c’est-à-dire une forme plus discrète de captation des traces intégrées aux gestes ordinaires et parfois à peine perçue par ceux qui y participent.

Dans le cas Strava, l’enjeu n’est donc pas seulement de mieux paramétrer une application. Il est de construire une culture du risque numérique, capable d’intégrer les gestes les plus ordinaires à la réflexion sécuritaire.

Ce que la recherche nous enseigne en lien avec ces cas est que la vraie leçon de ces affaires est peut-être là : dans un monde connecté, la menace ne réside pas seulement dans ce que l’on cherche à cacher, mais aussi dans ce que l’on produit sans y penser.

Ces affaires dites « StravaLeaks » montrent que la traçabilité numérique, loin d’être un simple confort d’usage, peut devenir un enjeu de sûreté dès lors qu’elle s’inscrit dans un environnement sensible. Protéger, aujourd’hui, ce n’est plus seulement verrouiller un périmètre ou escorter une personnalité. C’est aussi apprendre à gouverner les traces que produisent les usages les plus ordinaires.

The Conversation

Fabrice Lollia ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « StravaLeaks » : quand les traces numériques deviennent un enjeu de sécurité – https://theconversation.com/stravaleaks-quand-les-traces-numeriques-deviennent-un-enjeu-de-securite-279942

L’IA générative, première révolution cognitive de l’histoire du travail

Source: The Conversation – in French – By Hugo Spring-Ragain, Doctorant en économie / économie mathématique, Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS)

L’intelligence artificielle ne détruit pas tant des emplois qu’elle modifie profondément les compétences nécessaires pour les accomplir. De cette confusion entre emploi et compétences risquent de naître des erreurs dans les politiques d’accompagnement des mutations en cours.


Chaque grande vague technologique a produit son lot de prédictions contradictoires sur l’emploi. L’intelligence artificielle (IA) ne fait pas exception. Mais avant de savoir combien d’emplois l’IA va créer ou détruire, il faudrait s’accorder sur ce qu’elle automatise réellement. La réponse oblige à distinguer trois notions que le débat public confond régulièrement : l’emploi, la compétence et la tâche.

Les grandes vagues d’automatisation ont suivi une logique remarquablement stable en deux siècles : vapeur, électricité, robotique industrielle ont déplacé les tâches physiques répétitives et épargné le travail cognitif non routinier. Cette régularité empirique a été formalisée par Autor, Levy et Murnane dès 2003 sous le nom d’« hypothèse de polarisation des tâches ».

Une illusion persistante

L’automatisation ronge les emplois intermédiaires, ceux des cols bleus qualifiés et employés de bureau exécutant des tâches routinières, mais épargne les deux extrémités. D’un côté, les tâches manuelles non routinières, comme la plomberie ou les soins, de l’autre, les tâches cognitives non routinières, comme l’analyse, le conseil ou la rédaction experte. Ces dernières constituaient le cœur des professions du tertiaire qualifié, et la conviction s’était solidement installée qu’elles resteraient hors d’atteinte.




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Cette conviction reposait sur une confusion conceptuelle qu’il faut dissiper avant tout. Ce n’est pas l’emploi de juriste ou d’analyste financier qui était protégé, c’est un ensemble de tâches précises qui composaient cet emploi et qui résistaient jusqu’ici à l’automatisation. La distinction entre ces trois niveaux est fondamentale.

Un emploi désigne un poste occupé dans une organisation, avec un contrat, un salaire, une fiche de poste. Une compétence est une capacité cognitive ou technique mobilisable dans plusieurs contextes professionnels. Une tâche est une action précise, délimitable, dont on peut évaluer si elle est ou non automatisable à un coût donné. C’est à ce troisième niveau que se joue réellement la transformation en cours, et c’est précisément ce niveau que le débat public ignore.

Rupture dans la longue histoire du capitalisme industriel

L’IA générative constitue une rupture dans cette longue histoire. Pour la première fois depuis l’industrialisation, les tâches cognitives qualifiées, rédaction, analyse documentaire, synthèse, production de premiers jets, se retrouvent directement exposées. Eloundou, Manning, Mishkin et Rock estiment qu’environ 80 % de la population active états-unienne pourrait voir au moins 10 % de ses tâches affectées par les grands modèles de langage, et que cette exposition croît avec le niveau de salaire. C’est l’exact inverse du schéma observé lors de toutes les vagues précédentes.

Le cadre analytique développé par Acemoglu et Restrepo permet d’aller plus loin. Leur modèle distingue deux effets opposés produits par toute vague d’automatisation :

  • l’effet de déplacement, d’abord : des travailleurs perdent des tâches au bénéfice de la machine, ce qui réduit mécaniquement la demande de travail et pèse sur les salaires des groupes affectés ;

  • l’effet de réintégration, ensuite : l’automatisation produit de nouvelles tâches où la valeur humaine est décisive, générant une demande compensatrice.

L’histoire longue du capitalisme industriel peut se lire comme une succession de ces deux effets, le second finissant généralement par compenser le premier.

Le cas de la traduction permet de voir très concrètement comment déplacement et réintégration se combinent, l’IA générative peut produire en quelques secondes un premier jet dans une autre langue, ce qui déplace une partie du travail auparavant effectué par des traducteurs humains vers la machine. Mais cette automatisation réintègre simultanément d’autres tâches ou renforce leur importance, telles que la vérification des contresens, l’adaptation au contexte culturel, l’harmonisation de la terminologie, le contrôle de la qualité et la validation finale.

Potentiel déséquilibre

Ce qui est préoccupant avec l’IA générative, c’est le déséquilibre potentiel entre ces deux dynamiques. Le déplacement s’opère à une vitesse que les marchés du travail et les institutions de formation peinent à absorber, tandis que la réintégration reste encore largement à construire.

Cependant, le phénomène le plus important n’est pas sectoriel, mais il est interne aux métiers eux-mêmes. Dans ses « Perspectives de l’emploi », l’OCDE met en évidence que les professions les plus exposées à l’IA générative sont précisément celles à forte densité cognitive : finance, droit, conseil, enseignement supérieur. Contrairement aux vagues précédentes qui frappaient les zones rurales et les bassins industriels, l’exposition est désormais plus forte dans les grandes métropoles et chez les travailleurs hautement qualifiés, un renversement géographique et social inédit.

Redistribuer les tâches

Ce renversement se joue concrètement au niveau de la tâche.

Dans un même poste d’analyste financier ou de juriste, certaines tâches migrent vers l’IA (produire un résumé exécutif, générer une première analyse de contrat, synthétiser une revue de littérature), tandis que d’autres se revalorisent mécaniquement : définir le cadre d’analyse pertinent, évaluer la qualité d’un raisonnement automatisé, détecter une erreur factuelle dans un output, assumer la responsabilité juridique ou éthique d’une décision. Ce ne sont pas des emplois qui disparaissent. Ce sont des bouquets de tâches qui se redistribuent entre humains et machines, transformant de l’intérieur ce qu’un employeur attend d’un salarié qualifié.

Cette redistribution des tâches a une implication directe sur les compétences qui seront réellement valorisées dans les années à venir, et elle renverse une partie des évidences habituelles sur la formation professionnelle.

Former les travailleurs à utiliser l’IA au sens instrumental, maîtriser un outil, rédiger des prompts efficaces, s’approprier une interface, est utile à court terme, mais c’est insuffisant si la compétence réellement demandée demain n’est pas de produire avec l’IA, mais de superviser et de critiquer ce qu’elle produit.

Un enjeu de formation

Or, superviser efficacement un output d’IA requiert exactement ce que les formations courtes et techniques peinent à développer : une culture générale solide permettant de détecter une erreur de fond, une capacité argumentative pour évaluer la cohérence d’un raisonnement, une connaissance des biais cognitifs pour identifier les angles morts d’une analyse automatisée. Ce sont des compétences que les sciences de l’éducation regroupent sous le terme de métacompétences : apprendre à apprendre, à exercer un jugement critique, à mobiliser des savoirs dans des situations inédites.

Arte, 2025.

Le paradoxe devient alors le suivant. À mesure que l’IA automatise les tâches routinières de la connaissance, elle valorise précisément ce que les formations généralistes et les cursus de sciences humaines cultivent de longue date et que les débats sur l’employabilité ont eu tendance à déconsidérer au profit de compétences techniques plus immédiatement mesurables.

Non par nostalgie des humanités, mais par logique économique pure. Si la machine produit le texte, l’analyse et la synthèse, la valeur marginale de l’humain réside dans sa capacité à juger si ce texte dit vrai, si cette analyse est pertinente au regard du contexte réel, si cette synthèse sert l’objectif poursuivi.

The Conversation

Hugo Spring-Ragain ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Pourquoi les souverainistes sont de faux libéraux

Source: The Conversation – in French – By Thierry Aimar, Maître de conférences en sciences économiques, Université de Lorraine

Jordan Bardella est reçu au Medef, ce lundi 20 avril. Comme de nombreux dirigeants européens de la droite souverainiste, il se réclame du libéralisme. Pourtant, le souverainisme économique s’oppose aux principes mêmes du libéralisme, fondés sur le libre-échange et l’universalisme. Sous le drapeau idéologique de l’intérêt national, le souverainisme, ou conservatisme, exprime les intérêts de propriétaires qui cherchent à transformer leurs revenus en rentes en se protégeant de la concurrence internationale.


Donald Trump, Giorgia Meloni, Javier Milei ou Viktor Orban à l’étranger, Sarah Knafo, Jordan Bardella ou Bruno Retailleau en France… Tous ces responsables politiques attèlent aujourd’hui le cheval du libéralisme à la charrette du souverainisme, de la protection nationale et de la lutte contre l’immigration. Personne dans la presse ne semble véritablement s’étonner de ce nouvel équipage, et surtout s’interroger sur les forces idéologiques qui se cachent derrière.

Nombre de ces dirigeants conservateurs évoquent des points communs avec le libéralisme, voire une complémentarité nécessaire. Ainsi, pour Bruno Retailleau, « le libéralisme authentique ne va pas sans un conservatisme assumé ». Certes, partout dans le monde occidental, la droite souverainiste incorpore dans son programme le principe libéral de l’abaissement de la fiscalité sur les revenus du travail et du capital, ainsi que l’allègement de la réglementation administrative. Mais, pour les libéraux, le combat contre la taxation et l’étouffoir des normes n’est pas destiné à protéger les intérêts corporatistes des propriétaires de ressources. Il s’inscrit à l’intérieur d’un ensemble plus large, profondément étranger à la droite souverainiste, qui est le respect du libre-échange et de la compétition internationale.

Ce qu’est vraiment le libéralisme

Il suffit de relire Adam Smith, Frédéric Bastiat ou Friedrich Hayek pour comprendre que la liberté défendue par le libéralisme est celle d’entrer sur le terrain du marché pour essayer de gagner le match de la concurrence ; pas celle de s’en affranchir en empêchant des adversaires de participer à la compétition. Un libéralisme qualifié de national, protégé par les douves du protectionnisme et des barrières tarifaires, comme le défend Donald Trump, est, de ce point de vue parfaitement contradictoire. Il revient à définir administrativement les frontières du marché et à permettre à certains capitalistes et salariés nationaux de transformer leurs revenus en rentes, au détriment d’autres producteurs domestiques et extérieurs. Et surtout de l’ensemble des consommateurs. Le libéralisme ne défend pas des privilégiés, il défend les créateurs de valeurs ; il ne défend pas les intérêts d’acteurs domestiques, il défend les intérêts des citoyens du monde ; le libéralisme n’est pas pro-business, il est pro-consommateur ; enfin, le libéralisme ne s’attache à aucune forme de communautarisme, national, racial, familial, religieux ou autre. Son ADN est constitué par un individualisme affranchi de toute idée de solidarités organiques. Celles-ci ne servent que d’habillage moral à des systèmes de rentes réservées aux membres de clubs arbitrairement définis par des stéréotypes et protégés par des barrières à l’entrée.

Le souverainisme est un protectionnisme

L’intérêt général que le souverainisme se targue d’incarner ne dépasse pas du tout le communautarisme. Il en est simplement une expression plus institutionnalisée, avec l’ambition de contrecarrer une mondialisation qui récompense l’efficacité des uns et révèle les faiblesses des autres. Si la mondialisation a parfois augmenté les inégalités de revenus à l’intérieur des nations, en retirant à certaines corporations le bénéfice d’une protection tarifaire, elle a permis une plus grande égalité des conditions de développement entre les pays. On comprend alors que le souverainisme serve de prétexte à des acteurs devenus incapables de s’assurer un revenu par l’échange pour prélever, grâce à la réglementation, une part du produit social supérieure à leur productivité.

C’est un protectionnisme mis au service d’intérêts particuliers, déguisé en solidarité nationale, qui s’organise en réalité pour préserver des féodalités économiques, regroupées autour d’un capitalisme illibéral, lequel est toujours prêt à sacrifier liberté politique et économique pour protéger de la concurrence les revenus des propriétaires nationaux de ressources. Les privilèges de ces castes se réclamant du conservatisme ne sauraient subsister sans une connivence avec l’État (« crony capitalism ») qui leur permet de s’approprier le territoire collectif, soumettre les individus qui s’y trouvent à ses diktats et exclure les autres lorsqu’ils menacent leurs rentes.

Comme l’a bien montré Hayek, le conservatisme est une langue aussi étrangère au libéralisme que peut l’être le socialisme. Ce sont les deux frères ennemis d’une même pensée, qui s’affrontent simplement pour savoir quels groupes vont bénéficier de la protection étatique. Caractériser des individus par une identité collective (nationale, religieuse, raciale, familiale) masque en réalité des privilèges et des discriminations qu’on n’ose pas reconnaître officiellement. Ce réflexe identitaire nourrit l’intolérance, génère des conflits à l’intérieur de la société et, sous le prétexte de les circonscrire, conduit finalement à l’autoritarisme. Les conservateurs veulent embrasser la liberté sur une joue et la protection économique de l’État sur l’autre joue, en feignant d’ignorer qu’elles ne se trouvent jamais sur un même visage.

Une lecture erronée qui associe extrême droite et libéralisme

Ainsi, Donald Trump n’est-il pas une dégénérescence du conservatisme, mais son expression la plus décomplexée. Il adapte sa politique en fonction des intérêts du moment de groupes qui le soutiennent en échange de sa protection. Beaucoup de commentateurs se sont alors engouffrés dans cette brèche pour considérer qu’extrême droite et libéralisme constituaient les deux faces d’une même médaille. En s’appuyant sur l’exemple de Viktor Orban en Hongrie, ils développent la thèse d’un libéralisme autoritaire, voire dictatorial, qui s’appliquerait aujourd’hui aux États-Unis. Cette thèse s’est vue confortée par les récentes déclarations antidémocratiques des autoproclamés libertariens de la tech, les Peter Thiel, Elon Musk, ou encore Larry Ellison, le PDG d’Oracle.

Pour l’avenir et la crédibilité du libéralisme, il est très important de démasquer ces associations fallacieuses propagées par des trafiquants de concepts qui surfent sur la crise des savoirs et la crédulité des esprits. Il ne faut pas tomber dans le piège de cette mythologie contemporaine d’un supermarché libéral, où chacun pourrait se servir ce qu’il veut, au gré de ses intérêts et préjugés. Ceux qui, en France, prônent une union de la droite et de l’extrême droite, demandent en fait aux militants libéraux d’assurer de leur soutien politique une idéologie protectionniste qui, en réalité, est la parfaite antithèse du libéralisme.


Cette contribution est publiée en partenariat avec le Printemps de l’économie qui s’est déroulé du 17 au 20 mars 2026. Retrouvez ici les replays de la 14ᵉ édition, « Le temps des rapports de force ».

The Conversation

Thierry Aimar ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi les souverainistes sont de faux libéraux – https://theconversation.com/pourquoi-les-souverainistes-sont-de-faux-liberaux-276192

L’œil vieillit, lui aussi. Voici comment éviter les conséquences néfastes de quatre maladies oculaires courantes

Source: The Conversation – in French – By Langis Michaud, Professeur Titulaire. École d’optométrie. Expertise en santé oculaire et usage des lentilles cornéennes spécialisées, Université de Montréal

En tant qu’optométriste, je constate quotidiennement comment vieillir affecte le corps de mes patients, leurs yeux ne faisant pas exception. La perte de la vision, et par conséquent de leur autonomie, fait partie des plus grandes craintes des personnes âgées. Ceux qui la subissent sont lourdement affectés au plan psychologique.


Voici l’histoire d’un couple typique d’une partie de ma clientèle, qui cumule plusieurs pathologies à l’œil. Jacqueline et Henri. Ce dernier, ex-conducteur de camion lourd, souffre de diabète depuis plusieurs années. Il s’est oublié dans le travail et n’a pas consulté quand les points noirs et les lignes qu’ils voyaient déformées se sont multipliés avant que le rideau noir de la cécité ne tombe. Conséquence : il ne peut plus prendre soin de lui et a besoin d’aide au quotidien.

La vision de Jacqueline n’est pas top non plus. Elle souffre de cataractes avancées. Elle tarde à se faire opérer, car elle ne veut pas laisser Henri sans soins immédiats. Elle craint aussi le développement d’une dégénérescence maculaire. Ses parents en ont été atteints (forme humide), les laissant handicapés visuels à la fin de leur vie.


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


Les personnes âgées en basse vision se sentent démunies. Et pourtant… il y a des ressources pour les supporter et optimiser leur vision. Des centres de réadaptation offrent du soutien et des services aux handicapés visuels. Des groupes de soutien permettent de parler à des gens qui vivent la même réalité.

Mais il y a surtout des moyens de prévenir les conséquences néfastes du vieillissement sur la santé oculaire. Allons-y voir.




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La rétinopathie diabétique

Le diabète représente la première cause de cécité évitable. Les lésions apparaissent en moyenne 10 ans après le diagnostic (type 1 – juvénile) ou 20 ans (type 2 – adulte).

Au Canada, 18 % des personnes de 60-79 ans en souffrent. Au plan visuel, le diabète affecte la capacité à lire, les mouvements des muscles oculaires, et l’altération et/ou la prolifération de vaisseaux sanguins qui sont la cause principale de la perte visuelle associée au diabète.

Surviennent d’abord des anomalies légères des vaisseaux sanguins (veines boudinées, petites hémorragies localisées, suintement de lipides, etc.) puis, quand la maladie évolue, les nouveaux vaisseaux se brisent et entraînent des hémorragies plus sévères. C’est la forme proliférative, qui peut aussi générer un glaucome presqu’impossible à traiter.

La cécité est pourtant évitable. D’abord en consultant l’optométriste régulièrement après l’âge de 45 ans ou dès que l’on se sait diabétique. En effet, 20 % des patients présentent déjà des lésions rétiniennes au moment du diagnostic de la maladie.

Les symptômes visuels commencent par une vision parfois claire, parfois floue, et qui change de jour en jour. Des points noirs flottant de plus en plus nombreux, voire des taches noires plus stables, la présence de flashs lumineux, la difficulté à reconnaître les couleurs alors qu’on les avait toujours vues sont tous des manifestations associées au diabète. Henri les avait éprouvées, mais il n’a pas trouvé le temps de consulter en temps. Si il avait agi plus tôt, la maladie aurait pu être dépistée et stabilisée, réduisant les risques de complications.

En consultant à temps, plusieurs maladies oculaires peuvent être stabilisées, réduisant les risques de complications.
(Unsplash), CC BY-NC-ND

Le glaucome

Henri souffre également de glaucome, mais d’un type particulier, secondaire aux néovaisseaux de son diabète. Il ne s’agit pas du glaucome plus courant, dit à angle ouvert, lequel affecte 5 à 7 % des Canadiens de plus de 60 ans.

Ce glaucome, non lié au diabète, représente la seconde cause de cécité évitable au pays. Un fort lien héréditaire existe : les patients dont les parents souffraient de glaucome sont plus à risque de le développer eux-mêmes.




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Comme le diabète, ou l’hypertension artérielle, le glaucome se développe sans que le patient ne s’en rende vraiment compte. Certes les contrastes peuvent être plus difficiles à voir, notamment le soir, en éclairage réduit, mais c’est l’étendue de ce que l’on voit de côté (champ visuel) qui se rétrécit lentement. La personne s’habitue à tourner la tête pour voir une chose qui pourtant se situe à côté d’elle. Les patients finissent par le remarquer en conduite, lors d’un accident évité de justesse.

Ici encore, les conséquences négatives sont évitables en consultant régulièrement l’optométriste. À l’examen, le glaucome sera visible par le nerf optique, qui pâlit et devient plus profond. La pression à l’intérieur de l’œil augmente. Les champs visuels mesurés de façon préventive présenteront des défauts. Le diagnostic du glaucome sera établi.

Pris en charge à temps, le glaucome peut être bien contrôlé. Certes il y aura toujours des pertes mineures de champ visuel, mais minimes par rapport à la condition non traitée, qui elle peut entraîner la cécité. Des médicaments (gouttes) peuvent être prescrits, bien que de plus en plus souvent, favoriser une meilleure circulation des liquides de l’œil se fait en traitant les canaux internes de l’œil au laser (trabéculectomie) ou par chirurgie micro-invasive faite par l’ophtalmologiste.

A l’examen, le glaucome sera visible par le nerf optique, qui pâlit et devient plus profond. La pression à l’intérieur de l’œil augmente. Les conséquences négatives sont évitables en consultant régulièrement l’optométriste.
(Unsplash), CC BY-NC-ND

Les cataractes

Tout le monde qui vieillit verra son cristallin, la lentille à l’intérieur de l’œil, devenir opaque avec l’âge. C’est la cataracte. La vision devient floue, comme une vitre qui se salit tranquillement. Tout d’abord la lecture et les détails sont vus brouillés, doubles parfois. Puis les visages qu’on reconnaît moins, les panneaux sur la route difficile à lire, l’éblouissement qui accompagne toute sortie de jour comme de nuit.

Les cataractes viennent du fait que le cristallin est responsable d’absorber les ultra-violets du soleil afin de protéger la rétine. À force de se faire bombarder, il change son métabolisme et perd sa transparence. La prévention relève d’abord de la personne, qui doit notamment veiller à protéger ses yeux contre les rayons UV. C’est d’ailleurs vrai dès l’enfance, soit la période où, en théorie, on est le plus dehors et donc le plus exposé aux rayons nocifs. Les enfants qui ne portent pas de verres solaires adéquates auront des cataractes hâtives.




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Tout au long de notre vie, qu’il fasse soleil ou non, il faut donc se protéger avec des lunettes solaires, ou demander qu’un filtre contre les UV (transparent) soit ajouté à nos lunettes claires. De nombreuses lentilles cornéennes contiennent aussi des filtres UV. L’optométriste peut recommander les produits les plus appropriés. Manger sainement et maintenir une santé sous contrôle aide également.

Tout au long de notre vie, qu’il fasse soleil ou non, il faut se protéger avec des lunettes solaires.
(Unsplash), CC BY-NC-ND

Ces mesures retarderont la cataracte sans toutefois l’empêcher. Quand elle sera visuellement dérangeante, elle devient opérable. La chirurgie est rapide, bien maîtrisée et permet de restaurer la vision, en autant que la rétine (fond de l’œil) soit intacte. Les deux yeux peuvent être opérés durant la même procédure.

Une cataracte trop mature peut entraîner un temps de récupération post-chirurgie plus long et plus de complications. Dans un monde idéal, toute cataracte serait opérée avant qu’elle ne nuise à la vision. On garderait ainsi une qualité de vie inaltérée.

La dégénérescence maculaire

Jacqueline craint de développer la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Les facteurs de risque sont là : hérédité, sexe féminin, origine caucasienne, absence de protection contre les UV. Heureusement elle ne fume pas et Henri a cessé il y a quelques années. La fumée secondaire peut être aussi nocive que celle que l’on inhale.

Par contre, elle ne peut pas lutter contre la première cause de la DMLA, soit le vieillissement, la proportion augmentant avec l’âge. Plus de 2,5 millions de Canadiens en souffrent,

Jacqueline ne présentait pas de signes de DMLA sur la rétine, à son dernier examen optométrique. Donc pas de soucis immédiats. À long terme, que peut-elle faire ? La prise d’oméga 3 (sous forme de triglycérides, 800 mg EPA/DHA/jour) a été jugée utile dans l’étude AREDS 1.




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Récemment, des complexes de vitamine B (6-9-12) ont été jugés protecteurs. Une alimentation saine, le contrôle médical de l’hypertension artérielle, du diabète et du cholestérol, ainsi que l’absence de tabagisme contribuent également à protéger la vision.

De nouvelles approches thérapeutiques par micro-courant (électrodes transderminques) peuvent aider à maintenir la vision en cas de forme sèche de la dégénérescence, alors que l’ophtalmologiste la traitera via des médicaments injectés dans l’œil lorsque celle-ci évolue vers la forme dite humide, soit celle s’accompagnant d’hémorragies et des vaisseaux qui suintent.

Prendre soin de ses yeux tout au long de sa vie

Jacqueline et Henri nous rappellent qu’il ne faut pas prendre pour acquis le bon fonctionnement du sens vital qu’est la vision.


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Le vieillissement joue un rôle important dans le développement de pathologies qui peuvent mener à la cécité. Mais la plupart peuvent être évitées ou retardées, en remarquant les symptômes qui apparaissent, en consultant son optométriste régulièrement, en maintenant une hygiène de vie et en contrôlant les problèmes de santé générale qui peuvent nous affecter.

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Langis Michaud ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’œil vieillit, lui aussi. Voici comment éviter les conséquences néfastes de quatre maladies oculaires courantes – https://theconversation.com/loeil-vieillit-lui-aussi-voici-comment-eviter-les-consequences-nefastes-de-quatre-maladies-oculaires-courantes-277499

La Bulgarie a adopté l’euro pour oublier son trauma de l’hyperinflation

Source: The Conversation – in French – By Dominique Torre, Professeur de Sciences Economiques, Université Côte d’Azur

Depuis le 1<sup>er</sup>&nbsp;janvier 2026, la Bulgarie est le 21<sup>e</sup>&nbsp;pays à adopter l’euro. ZoomViewer/wikimediacommons

Après la Croatie admise en 2023, la Bulgarie est, depuis le 1er janvier 2026, le 21ᵉ pays membre de la zone euro. C’est le résultat d’un long cheminement qui a débuté à la chute du régime autocratique de Todor Jivkov, en 1989, et à la suite du traumatisme de l’hyperinflation à 1 058,4 %, en 1997. Pourquoi cette adoption a-t-elle pris autant de temps ? Avec quels enjeux ?


Dimanche 19 avril 2026, l’ancien président bulgare prorusse Roumen Radev remporte les élections législatives avec 130 sièges sur 240 au Parlement.

Il hérite d’un pays ayant adopté l’euro, le 1er février 2026. Le lev – 1,95583 lev équivalait à 1 euro –, la monnaie historique, a disparu. La Banque nationale de Bulgarie (Българска народна банка) est devenue membre de l’Eurosystème de la zone euro.

Pourquoi cette décision ? Retour historique de 1990 à nos jours.

Hyperinflation depuis la chute du mur de Berlin

En 1997, la Bulgarie traverse une période d’hyperinflation avec un pic à 1 058,4 %. Dans une telle situation, la tentation des salariés est de convertir immédiatement le montant de leur salaire en devise étrangère, ce qui déprécie la monnaie domestique. Pour les commerçants, la situation pousse à ajuster les prix en permanence pour ne pas risquer de vendre à perte.

Les autorités politiques et monétaires adoptent alors un Currency Board, régime monétaire très contraignant mais efficace pour combattre l’inflation. Concrètement, arrimer la valeur du lev à une autre monnaie, comme l’euro ou le deutschemark.

Si le résultat de cette stratégie est payante, avec une inflation tombée à 22 % en 1998, la Bulgarie perd les leviers de sa politique économique.


Banque mondiale

En parallèle, un taux de croissance moyen trop faible et surtout trop volatil (– 9,12 % de croissance annuelle du PIB en 1992, 5,21 % en 1996 ou – 8,40 % en 1999) décourage les élites, qui quittent peu à peu le pays. Entre 1992 et 2001, le nombre d’habitants chute de 6 %. Les décideurs réfractaires à une expatriation restent en attente des bienfaits de l’Union européenne, à laquelle la Bulgarie adhère en 2007.

Malgré une demande répétée des autorités bulgares, l’Union européenne fait tarder les choses pour intégrer le pays dans la zone euro. Si les indicateurs quantifiables – niveau d’inflation, taux d’intérêt – ne sont pas tous au vert, l’Union européenne pointe surtout le taux de change artificiellement stable, condition nécessaire du Currency Board. De façon plus informelle, l’Union européenne s’alarme de l’instabilité des institutions et de leur difficulté à maîtriser – parfois en leur sein même – un niveau préoccupant de corruption.

Rattrapage économique de la Bulgarie

En juillet 2020, la Bulgarie rejoint le Mécanisme de taux de change européen (l’antichambre de la zone euro) avec un objectif du passage à l’euro en 2024. Après des années d’hésitation, son admission est décidée en juillet 2025.

Des questions persistent : les institutions sont-elles assez solides ? Une crise économique ou financière bulgare pourrait-elle se produire et miner l’Union monétaire ?

La décision d’intégration à la zone euro revient à répondre positivement à la première question. Si une crise venait à se développer en Bulgarie, les Bulgares soutenus par leurs voisins sauraient, pense-t-on, la maîtriser localement.

En 2025, les 100 milliards d’euros de produit intérieur brut (PIB) de la Bulgarie ne représentent que 0,7 % à 0,8 % du PIB de la zone euro, ce qui limite la puissance d’éventuels d’effets de propagation. Le rattrapage de la Bulgarie en termes réels (prenant en compte l’inflation) est très tangible depuis 2007 : le produit intérieur brut par tête, évalué à 41 % de la moyenne de la zone euro lors de son admission dans l’Union européenne, s’affiche aujourd’hui à 67 % de cette moyenne.

Passage à l’euro vu de Bulgarie

La classe politique bulgare a été majoritairement pro-européenne pendant des décennies. Elle a soutenu le passage à l’euro, puisque la monnaie diminuait les coûts de transaction et rendait plus sûres les banques, désormais surveillées selon les normes de la Banque centrale européenne. Ces dernières éloignent la Bulgarie de la situation de 1996 quand plus de 60 % des prêts n’étaient pas remboursés.

En 2026, cette classe politique souhaite attirer de nouveaux capitaux créateurs d’emplois. Comme dans d’autres pays d’Europe centrale, le nationalisme et l’euroscepticisme gagnent du terrain dans la classe politique bulgare. Roumen Radev, le président du pays a démissionné en janvier dernier. Après une présidence pro-européenne, son discours est plus ambigu :

« La rupture définitive entre les Bulgares et la classe politique s’est produite avec le refus du Parlement d’organiser un référendum sur la date d’introduction de la monnaie unique européenne. Les représentants du peuple ont refusé au peuple son droit de choisir. »




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Les sondages effectués par l’institut bulgare Alpha Research indiquaient en mai 2026 que les électeurs favorables et défavorables à l’euro s’équilibrent – 49 % pour, 45,8 % contre. Selon le dernier Eurobaromètre de la Commission européenne, 49 % des Bulgares sont opposés à la monnaie unique en 2025. Les opinions défavorables l’emportaient largement en 2022, ce qui relativise l’impression mitigée de ces chiffres.

Bien sûr, les consommateurs craignent une perte de pouvoir d’achat, ce qui intervient toujours à la marge quand un pays passe à l’euro. Les dernières expériences ont montré que ce surcroît d’inflation est limité – de 0,2 % à 0,35 % – et temporaire.

On peut donc penser qu’il en sera de même en Bulgarie, et que ce passage sera bénéfique pour le pays.

Pourquoi les choses ont-elles tant traîné ?

En réalité, la Bulgarie revient de loin. Le Currency Board, ce régime monétaire qui l’a sauvée de l’hyperinflation en 1997, est à la fois une curiosité dans un monde de flottement généralisé des monnaies et un piège qui peut se refermer sur ceux qui l’adoptent… lorsqu’ils souhaitent rejoindre une union monétaire.

Ce système d’émission monétaire ressemble un peu à ce qu’était théoriquement l’étalon-or (une monnaie équivaut à un poids fixe d’or), assorti d’une convertibilité totale des billets en or. La Banque centrale bulgare, qu’on appelle dans ce cas la « caisse d’émission », ne peut apporter la liquidité en lev qu’en contrepartie d’une monnaie de réserve, à l’origine le deutchemark, puis l’euro, ou d’emprunts publics libellés dans cette monnaie de réserve.




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L’accès aux liquidités en lev devient contraignant, ce qui réduit mécaniquement l’inflation – les banques sont limitées dans leurs prêts, et par ricochet évitent une envolée des prix et des salaires. La littérature académique explique que, au-delà de cet « effet de discipline », le mécanisme engendre de lui-même la confiance du public qui accepte de détenir des leva, au lieu de les convertir immédiatement en devises « fortes », comme le deutschemark ou l’euro. C’est ce qui s’est produit au moment de la stabilisation bulgare en 1998-1999.

Ce système comporte des limites. La discipline s’applique aussi à l’État qui ne peut pas compter sur la caisse d’émission pour pratiquer une politique d’open market (achat et vente d’obligations publiques sur le marché monétaire) et l’aider à s’endetter à des coûts raisonnables. L’État bulgare emprunte ainsi en euros sur la place de Luxembourg à des prêteurs étrangers (la bourse de Luxembourg opère comme centre de cotation de valeurs internationales). Quant aux banques, elles ne peuvent compter sur un « prêteur en dernier ressort » en cas de coup dur, la caisse d’émission ne pouvant jouer ce rôle par définition.

En définitive

Les Bulgares se trouvent un peu plus liés au reste de l’Europe à laquelle ils fournissent depuis des années leurs médecins, leurs chercheurs et autres ingénieurs expatriés. L’État bulgare pourra bénéficier de meilleurs taux à Luxembourg qui restera sans doute le lieu d’émission de la dette bulgare, tant qu’il n’existe de marché local suffisamment développé.

En 2025, la Bulgarie se classe en 84ᵉ position du classement de l’indice de perception de la corruption.
Transparency international

La Banque centrale européenne pourra jouer un rôle de prêteur en dernier ressort aux banques locales. Les transferts de biens, de services et d’argent seront fluidifiés au bénéfice des exportateurs. Ces avantages pourraient accroître les prix et les salaires, et limiter de ce fait la compétitivité différée de l’économie bulgare. Elle devra, quoi qu’il en soit, améliorer son score au niveau de l’indice international de perception de la corruption.

The Conversation

Dominique Torre ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La Bulgarie a adopté l’euro pour oublier son trauma de l’hyperinflation – https://theconversation.com/la-bulgarie-a-adopte-leuro-pour-oublier-son-trauma-de-lhyperinflation-275754

La coopération internationale en crise ? Derrière la chute des budgets, une crise de légitimité

Source: The Conversation – in French – By Vincent Pradier Goeting, Docteur en sciences de gestion, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

En 2025, l’aide publique au développement a connu sa plus forte contraction jamais enregistrée. Mais réduire la situation actuelle à une affaire de volumes budgétaires serait manquer l’essentiel. Ce que traverse la coopération internationale est avant tout une crise politique et paradigmatique – une crise multidimensionnelle qui, de façon révélatrice, affecte en premier lieu les ONG occidentales, aujourd’hui.


Les chiffres publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en avril 2026 sont d’une rare brutalité. L’aide publique au développement (APD) des pays membres du Comité d’aide au développement (CAD) a chuté en 2025 de 23,1 % en termes réels, soit la plus forte contraction annuelle jamais mesurée depuis la création de l’indicateur en 1969. Les volumes sont revenus à leur niveau de 2015, effaçant ainsi dix années de progression et, avec elles, une partie des engagements pris au moment de l’adoption de l’Agenda 2030. Selon l’OCDE elle-même, une nouvelle baisse de près de 6 % est anticipée pour 2026.

Cette chute historique est très largement imputable à une décision politique unique : le démantèlement de l’United States Agency for International Development (USAID), engagé dès janvier 2025 par la seconde administration Trump. Selon l’OCDE, l’APD états-unienne a été divisée par plus de deux en un an (– 56,9 %), ce qui constitue la plus forte réduction jamais enregistrée par un pays donateur. À elle seule, cette décision américaine est à l’origine des trois quarts de la baisse mondiale de l’APD en 2025. Elle a, par ricochet, accéléré les arbitrages à la baisse déjà engagés par d’autres grands donateurs – Allemagne, Royaume-Uni, Japon et France. Pour la première fois depuis 1995, ces quatre pays ont réduit leur APD simultanément deux années consécutives.

La France participe ainsi à ce mouvement. Après une diminution de 11 % en 2023 et une coupe supplémentaire de 13 % en 2024, le budget français consacré à la solidarité internationale a fait l’objet, depuis début 2024, de cinq coupes consécutives. Selon les estimations de Coordination SUD, la plateforme nationale des ONG françaises, l’APD française pourrait être réduite de 58 % en deux ans – et jusqu’à 64 % pour les lignes budgétaires du ministère de l’Europe et des affaires étrangères qui financent directement les ONG. L’objectif d’atteindre 0,7 % du revenu national brut en 2025, inscrit dans la loi d’août 2021, à défaut d’être officiellement abandonné, semble devenir un horizon lointain.

Une crise qui n’est pas seulement financière

Il serait tentant, face à ces données, de conclure à une « crise de financement » de la coopération internationale. L’analyse serait pourtant insuffisante. Car ce qui frappe, à mesure que l’on observe la succession des coupes, c’est la régularité avec laquelle elles sont arbitrées politiquement, et la faiblesse des résistances qu’elles rencontrent dans l’espace public – y compris lorsque, comme c’est le cas en France, 66 % de la population déclare soutenir l’action internationale de solidarité.

Ce paradoxe – un soutien populaire au principe même de la solidarité, mais un rejet croissant des organisations qui l’incarnent – mérite d’être pris au sérieux. Il tient pour partie à la managérialisation et à la bureaucratisation progressives d’un secteur éloigné, à mesure qu’il se professionnalisait, de l’ancrage militant dont il tirait historiquement sa légitimité. Il ouvre surtout la voie à ce que Félicien Faury nomme une forme de politisation négative – celle qui nourrit les rhétoriques populistes en désignant les ONG comme des acteurs technocratiques, déconnectés, voire complices d’un système dont elles étaient censées être les aiguillons.

Autrement dit, ce n’est pas la décision budgétaire qui pose question en soi. C’est sa faisabilité politique. Pendant des décennies, l’APD a rempli simultanément trois fonctions : une fonction humanitaire et de développement assumée ; une fonction géopolitique, discrète mais réelle ; et une fonction de légitimation démocratique pour les États donateurs, en particulier dans l’espace occidental. Ces trois fonctions sont aujourd’hui particulièrement mises à mal. Dans un nombre croissant de pays, la solidarité internationale n’est plus perçue comme un bien politique valorisable – elle est devenue, dans certains segments du débat public, un argument contre les gouvernements qui la pratiquent.

La crise est donc d’abord celle d’un cadre de légitimation. Elle affecte en premier lieu les ONG occidentales, dont le modèle organisationnel est historiquement adossé à ce cadre.

Des ONG prises dans une triple contestation

Les ONG françaises de solidarité internationale, dont les ressources cumulées avaient connu une croissance de 43 % entre 2016 et 2020, voient aujourd’hui leurs modèles économiques vaciller, en particulier dans le secteur humanitaire. L’APD transitant par les organisations de la société civile représentait 27 milliards de dollars (plus de 22,9 milliards d’euros) à l’échelle mondiale en 2024, soit 12,9 % de l’APD bilatérale – un chiffre en recul de 2,3 %. Les restructurations se multiplient, les plans de licenciements aussi.

Mais la contraction budgétaire n’est qu’une des dimensions du problème. Les ONG occidentales – comme je l’avais analysé dans un précédent article – sont prises dans une triple contestation qui rend leur repositionnement particulièrement délicat.

Au Sud, d’abord, où des États revendiquent une souveraineté renouvelée sur les flux d’aide et les modalités d’intervention. Les reconfigurations en cours en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali et au Burkina Faso, en sont l’illustration la plus visible, mais la dynamique est plus large. Elle s’accompagne d’une parole de plus en plus structurée d’organisations locales qui refusent de n’être que des sous-traitantes et portent une critique épistémique des catégories mêmes avec lesquelles le développement a été pensé.

Au Nord, ensuite, à travers deux critiques antagonistes qui, bien que non symétriques, convergent dans leurs effets. D’un côté, une critique populiste qui conteste le principe même d’une solidarité internationale financée sur fonds publics. De l’autre, une critique décoloniale qui interroge les rapports de pouvoir que l’aide perpétue et les formes de colonialité qu’elle véhicule. Ces deux critiques, à fronts renversés, participent conjointement à l’effritement de la légitimité publique des ONG. La première, plus agressive, se traduit par une offensive directe contre les libertés associatives elles-mêmes : plusieurs ONG de solidarité internationale – de SOS Méditerranée à La Cimade, en passant par France Terre d’Asile – ont fait l’objet d’entraves, de menaces de retrait de subventions ou de tentatives d’éviction de la commande publique, au nom d’un prétendu manquement à la neutralité politique.

À l’intérieur même des organisations, enfin, où des salariés contestent une inégalité devenue difficile à justifier : celle qui sépare, au sein d’une même organisation, les personnels recrutés localement dans les country offices des Suds et leurs homologues des sièges occidentaux – en termes de salaires, de perspectives de carrière, mais aussi de reconnaissance des savoirs et de l’expérience. À cela s’est ajoutée, depuis le mouvement Black Lives Matter de 2020 et plusieurs scandales publics, une prise de parole de personnels racisés au sein même des sièges occidentaux sur les cultures organisationnelles et les représentations dominantes. Documentée notamment par les rapports de Peace Direct (« Time to decolonise aid ») et les travaux de l’International Development Committee britannique, cette double critique interne constitue aujourd’hui l’une des remises en cause les plus structurées – et les plus difficiles à absorber – auxquelles le secteur ait été confronté.

Ce que le secteur privé ne pourra pas faire

Dans ce contexte, une partie du discours institutionnel s’est réfugiée dans une promesse : celle du secteur privé comme nouveau moteur du financement du développement. Philanthropie, blended finance, obligations à impact, partenariats public-privé. L’idée sous-jacente est qu’une architecture financière hybride pourrait compenser le retrait progressif des financements publics.

Une chose, pourtant, doit être dite clairement : le secteur privé ne remplacera pas l’APD en volume. Ce n’est pas une hypothèse politique, c’est une réalité arithmétique.

Les 32 grandes fondations philanthropiques qui rapportent leurs données à l’OCDE ont mobilisé 11,7 milliards de dollars en 2023, soit environ 5 % du total de l’APD des pays du CAD. Les fonds mobilisés par le secteur privé via les mécanismes de financement mixte, bien qu’en croissance, se concentrent pour l’essentiel sur les terrains où un modèle économique est viable– c’est-à-dire pas sur les contextes de fragilité extrême ni sur les biens publics mondiaux, qui restent entièrement dépendants de la solidarité publique.

Surtout, ces instruments opèrent une transformation de la grammaire de l’aide. Ils substituent progressivement une logique de retour sur investissement à une logique de droits ou d’intérêt général, orientent les priorités vers les contextes solvables, et déplacent le centre de gravité de la décision vers des acteurs dont les finalités ne sont pas (toujours) celles de la solidarité.

Vers une dégradation ou une refondation du secteur ?

Quelles sont les perspectives ? Trois trajectoires, combinables, semblent aujourd’hui envisageables pour le système d’aide.

La première est celle d’une continuité dégradée : le modèle actuel se maintient, sous perfusion, plus fragmenté et davantage dépendant de financements privés géopolitiquement orientés. Les ONG occidentales y survivent, mais au prix d’une réduction progressive de leur capacité transformatrice. C’est, à court terme, le scénario le plus probable.

La deuxième est celle d’une recomposition géopolitique déjà partiellement engagée. Les flux d’aide des pays non membres du CAD qui déclarent leurs données à l’OCDE sont passés de 1,1 milliard de dollars en 2000 à 17,7 milliards de dollars en 2022 – une multiplication par seize en deux décennies. La Chine a engagé 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) dans son Fonds de coopération Sud-Sud depuis 2015. La coopération Sud-Sud ne remplace pas, en volume, l’APD occidentale, mais elle construit peu à peu une architecture alternative, fondée sur d’autres présupposés normatifs – non-conditionnalité, réciprocité, non-ingérence – qui entrent directement en concurrence avec ceux du modèle occidental.

La troisième, plus exigeante, serait celle d’une refondation pluriverselle : l’émergence d’un nouveau cadre de légitimation, fondé sur la reconnaissance des savoirs situés, la co-construction des réponses et la remise en cause des asymétries historiques de pouvoir. Elle suppose, de la part des ONG occidentales, la capacité de se défaire de certaines évidences – évidences que leurs propres équipes, notamment dans les terrains d’intervention, questionnent déjà. Elle suppose aussi des acteurs publics capables de réinvestir une conception politique, et non seulement technique, de la solidarité internationale.

C’est à cette seule condition que l’on pourra parler, non pas d’un monde post-APD subi, mais d’un système de coopération véritablement recomposé. La question, au fond, n’est plus de savoir si le modèle actuel peut être sauvé dans sa forme. Elle est de savoir si, collectivement, les organisations de solidarité internationale – au sens large – sont capables d’en penser et d’en construire un autre.

The Conversation

Vincent Pradier Goeting ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La coopération internationale en crise ? Derrière la chute des budgets, une crise de légitimité – https://theconversation.com/la-cooperation-internationale-en-crise-derriere-la-chute-des-budgets-une-crise-de-legitimite-280948

Intimate partner homicide has clear warning signs – and is often preventable, research shows

Source: The Conversation – USA (3) – By Kathryn Spearman, Assistant Professor of Nursing, Penn State

Taking away access to firearms is one of the few effective interventions for reducing intimate partner homicide. Nastco/iStock via Getty Images Plus

Dr. Cerina Wanzer Fairfax was an accomplished dentist and a loving mom to two teenage children. On April 16, 2026, she was killed by her estranged husband, former Virginia Lt. Gov. Justin Fairfax, who then killed himself, according to news reports. This apparent intimate partner murder-suicide has garnered widespread media attention because of Justin Fairfax’s public profile.

As if to prove how pervasive such incidents are, just three days later, on April 19, 2026, eight children were killed in a mass shooting related to intimate partner violence in Louisiana. Seven of the children were shot by their father, who also killed another child and wounded his wife and another woman in the same attack, according to news reports. Both wounded women were mothers of some of the seven children.

Two-thirds of mass shootings in the United States are linked to domestic violence, and 40% of the victims in domestic violence-related mass shootings are children. The terms domestic violence homicide and intimate partner homicide are often used interchangeably, but the former includes all killings within a household or family, while the latter specifically refers to murders related to a current or former partner.

I am a public health nurse scientist who studies risk factors for intimate partner homicides and post-separation abuse. Research consistently shows that the period of separation and divorce is when the risk of intimate partner homicide is highest.

Tragically, the warning signs that precede homicides by an intimate partner are common but often misunderstood or unrecognized. All too often, escalating behaviors during separation may be chalked up to a “messy divorce” or “custody battle.” But such language obscures patterns of danger that are recognizable, predictable – and, importantly, preventable.

Clear warning signs for domestic violence homicides

Four of the most dangerous warning signs that a woman is at risk of being murdered by an intimate partner are firearm access, separation, prior nonfatal strangulation and stalking. Other red flags that indicate a partner may kill include unemployment, substance use, problematic drinking, controlling or jealous behavior, abuse during pregnancy, rape and prior threats of suicide or with weapons.

The pattern of behavior matters. These risk factors have been studied extensively and are best understood not in isolation but in how they interact.

Several elements in the Fairfax case were red flags that should have prompted intervention: Justin Fairfax’s unemployment, problematic drinking and firearm access; a prior concern for suicide; and a separation that involved an ongoing family court case for divorce and child custody. The warning signs were there: Dr. Cerina Wanzer Fairfax was in danger.

A police car parked on the street and a small group of people standing in front of an open door of a suburban home.
Law enforcement officers secure a crime scene at the home of former Virginia Lt. Gov. Justin Fairfax on April 16, 2026.
Alex Wong/Getty Images via Getty Images News

Who is most at risk?

Nearly five women are murdered in America every day by a current, former or estranged intimate partner. Intimate partner homicide is a leading cause of mortality for women of reproductive age, and Black women are murdered at disproportionately higher rates. The vast majority of adult victims of intimate partner murder-suicides – 95% – are women. The killer is almost always a man, the weapon is most often a gun, and these incidents occur most often in the home.

The uncomfortable truth is that the home is the most dangerous place for women.

Children are not spared from this danger. Research shows that children are at risk if their mothers are at risk, and intimate partner violence is also a leading cause of death of American children. What’s more, 40% of children who are murdered in a domestic violence mass shooting are killed by a parent – someone who should love and protect them – most often in their homes.

Turns out, home is the most dangerous place for children too.

Children who survive their mothers’ murder find their bodies or witness the homicide in about 70% of cases.

Cerina Wanzer Fairfax’s teenage son found her and called 911. Behind these heartbreaking details is trauma that is difficult to comprehend. The needs and long-term outcomes of child survivors of intimate partner homicide, like the Fairfax children and those who may have witnessed the Louisiana mass shooting, remain largely invisible in the research on domestic violence. Addressing this research gap is essential for communities to respond effectively to support the needs of children who are surviving devastating grief.

Separation is the most lethal time

Contrary to common misperception, leaving an abusive relationship does not end the abuse – nor does it necessarily lead to safety. About half of murders of women by an intimate partner occur as or after a woman tries to leave the relationship or when she is involved in civil family law proceedings, including civil protective orders, child custody, separation and divorce. Physical separation, such as moving out, coupled with legal separation is associated with the greatest risk.

The gunman in the Louisiana case was separating from his wife, and the duo had a court appearance scheduled for the day following the shooting, according to news reports.

Separation is particularly risky from a controlling partner, or perhaps more aptly worded, from someone who is losing control. Women who leave a controlling male partner are nine times more likely to be murdered.

The judge in the Fairfax custody proceedings noted that Justin Fairfax had purchased a gun in 2022 with money designated for their children’s activities. People who engage in abusive behaviors may directly or indirectly threaten their partners with firearms, which can often include subtle threats toward their children.

Assessing risk and accessing interventions

Guns and separation are a deadly combination. Research shows that in about 3 in 5 cases of murder-suicide perpetrated by men with a firearm, family court is somehow involved. In other words, the homicide perpetrator was participating in legal proceedings relating to separation, divorce or child custody.

This evidence points to family court proceedings as a place where interventions could work. Research shows that domestic violence protection orders, which allow courts to remove firearms from people identified as being at high risk for using violence against a partner, reduce the risk of intimate partner homicide-suicides. Removing firearm access is one of the few effective interventions for reducing intimate partner homicide.

Researchers have developed tools that can help advocates and legal professionals identify women most at risk as well as help women recognize their own risk. A particularly well-tested one is the danger assessment, which can be used in health, legal and advocacy settings.

But screening on its own is not enough. Women at high risk need to be connected to safety planning resources. People who may be concerned for themselves or a loved one can use an app such as MyPlan, which incorporates the danger assessment and provides safety planning suggestions.

Intimate partner homicides follow a pattern of known, predictable risks. And predictable patterns are very often preventable. The warning signs are well studied. Translating that knowledge into consistent recognition and response across courts, law enforcement and communities is where the work remains.

The Conversation

Kathryn Spearman has received funding for her research from Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development and The Pennsylvania State University Child Maltreatment Solutions Network.

ref. Intimate partner homicide has clear warning signs – and is often preventable, research shows – https://theconversation.com/intimate-partner-homicide-has-clear-warning-signs-and-is-often-preventable-research-shows-280984

There is something wrong with the asylum process for LGBTQ+ people – but it’s not fake claimants

Source: The Conversation – UK – By Raawiyah Rifath, Lecturer in Law, University of Exeter

A 2023 protest against the then-government’s asylum policies. Loredana Sangiuliano/Shutterstock

An undercover investigation by BBC News has found evidence of people falsely claiming to be gay to gain asylum in the UK. The findings are concerning. But rather than assume this means all asylum applicants are lying, it’s worth asking why people might be drawn to this route.

There is good reason for the UK and other countries to offer refuge to LGBTQ+ asylum seekers. Extensive evidence from organisations such as Human Rights Watch and UNHCR shows that LGBTQ+ people in countries like Pakistan and Bangladesh face imprisonment, family and community violence, police harassment and so-called honour-based abuse. This is precisely why sexual orientation is recognised as a basis for protection in international refugee law.

Sexual orientation claims make up a very small proportion of overall asylum applications. Only 2% of all asylum claims made in 2023 included sexual orientation as part of the reasoning.

Proving to the Home Office that someone is LGBTQ+ isn’t an easy feat. The BBC investigation repeats an adviser’s claim that “there is no check-up”. In reality, the Home Office conducts an intensive refugee status determination process. This involves two interviews, and places the burden of proof on the claimant to show that they require protection from persecution.

In recent years, sexuality in asylum claims has come to be about identity, rather than behaviour. This view – which is often about how people see themselves or what protests or nightclubs they attend – isn’t necessarily consistent with how applicants understand their own sexuality.

Research suggests that decision-makers often rely on narrow, formulaic expectations of how an LGBTQ+ person “should” behave, rather than properly assessing the risk of persecution. For example, one of our research participants, a Ugandan refugee, said that her having been previously married to a man (in a forced marriage), was taken as evidence that she was not a lesbian.

The asylum process makes stereotypical performances of credibility easier to read for decision-makers, compared to the ambivalent and fluid reality of LGBTQ+ lived experience. It privileges linear emotional journeys and open and visible participation in LGBTQ+ spaces. This is often through a western lens of what sexual orientation as an identity means.

For example, research has shown that perceptions of homosexuality being at odds with religion means religious LGBTQ+ asylum seekers face additional suspicion.

This creates incentives for legal experts, charity workers and advisers to package LGBTQ+ claimants into institutionally recognisable categories. In other words, it is the assessment process itself that produces the conditions in which “coached” identities are viewed as a way through the asylum system.

Fabricating a claim is not easy, however: it is risky, expensive and often unsuccessful. One of the BBC’s core examples, “Ali”, was ultimately not successful in securing refugee status in the UK. Since the passage of the Nationality and Borders Act 2022, an even higher standard of proof has applied to all asylum claims.

A culture of disbelief

Research in refugee and migration studies has consistently shown evidence of a widespread culture of disbelief by authorities towards people seeking asylum. This is particularly true in the case of those basing their claims on their sexual orientation.

Asylum systems are sceptical by design. Applicants undergo long, detailed interviews. They must demonstrate consistency and plausibility, and face significant rejection rates. In the UK, the initial grant rate for the year ending December 2025 was 42%, meaning most claims were rejected (many of these are later granted on appeal).

At the same time, a lack of accessible information about the asylum system as well as affordable legal advice and representation mean that applicants are easily misled or exploited by bad faith actors.




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The BBC investigation exposes a handful of cases, but there is no credible evidence that fraudulent claims in this category are widespread. When similar allegations were made by former home secretary Suella Braverman in 2023, the Home Office was unable to provide evidence of systemic abuse.

More than anything, the BBC’s report is evidence of a regulatory issue in the legal system that should be addressed. But it is likely to cast suspicion over LGBTQ+ asylum claims more broadly, reinforcing the idea that people seeking asylum are trying to “game the system”. It says little about the structural conditions that shape these claims in the first place. These include an underfunded legal aid sector, and the lack of safe and managed routes for refugees, forcing people into precarious and informal systems in the first place.

Rather than leading to better decision-making by the Home Office, panic over fake claimants could create a harsher atmosphere where those with well-founded fear of persecution may find it even harder to be protected.

The Conversation

Raawiyah Rifath has received funding from the Wellcome Centre for Cultures and Environments of Health.

Alex Powell and Calogero Giametta do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. There is something wrong with the asylum process for LGBTQ+ people – but it’s not fake claimants – https://theconversation.com/there-is-something-wrong-with-the-asylum-process-for-lgbtq-people-but-its-not-fake-claimants-280838

Southport inquiry: schools are key to safeguarding, but their job is getting harder

Source: The Conversation – UK – By Colin Diamond, Professor of Educational Leadership, University of Birmingham

Shutterstock

Sir Adrian Fulford’s report into the July 2024 attack in Southport that killed three young girls does not pull any punches. He concluded that the UK’s safeguarding model had completely failed, with no agency taking lead responsibility. He referred to “an inappropriate merry-go-round” of state agencies, none of which took responsibility for the risks posed by 17-year-old Axel Rudakubana.

There were red flags about Rudakubana for several years before the attack. This included him carrying knives to school with the stated intention to use them, attacking fellow pupils, telling police that he had considered poisoning people, and a browsing history obsessed by violence and death.

The Southport inquiry reveals the pivotal role of schools in these situations – they have deep knowledge and understanding of their pupils and families. But of course, they cannot do it alone. Their powers and duties are rightly rooted in education.

The weakness in the system is not what schools are doing in relation to safeguarding – it is that when they attempt to escalate concerns (in this case via three Prevent referrals), they are not always picked up.

While Fulford praised schools’ efforts to intervene, the inquiry found that there had been gaps in information-sharing between schools, and overdependence on individual designated safeguarding leads.

Schools, broadly, have a deeper understanding of a child’s behaviour than other agencies involved with safeguarding. They see their pupils for 190 days a year, while interactions with other agencies are occasional or even one-off. But they are frustrated by different thresholds for intervention in other agencies.

We saw this with Southport. Rudakubana attended school almost 100% in years 7 and 8. He and his family were well known to the school. Fulford reported extensively on the levels of interaction between all three secondary schools which Rudakubana attended. But staff from one school felt that they were going round in circles, as no other agency would take responsibility for the risks which he was presenting. That included local authorities, the police and social care. Arguably, the voice of schools should be given more weight more than they are now when multiple agencies are invited to discuss a case.

How schools’ jobs are getting harder

Within a school, the designated safeguarding lead is responsible for managing referrals to statutory agencies, maintaining confidential records and helping staff recognise and report safeguarding concerns of any nature, from child protection to radicalisation. A 2024 government consultation revealed growing pressure in the system, with greater numbers of more complex referrals. Typically, schools will have pupils from more than one local authority area which complicates the role. While training is mandatory, it is of variable quality.

Schools must discharge their legal Prevent Duty. Teachers need to look out for the signs of radicalisation and engagement with extremist ideology. It goes way beyond traditional subject boundaries and exam teaching. And all schools are inspected by Ofsted on how effectively they keep their pupils safe.

The Southport inquiry reveals that this is becoming an even more complex role.
Rudakubana’s school referring his case to Prevent, the specialist police officers did not escalate concerns, because Rudakubana did not present a coherent ideology. While his conversations with teachers and online behaviour suggested obsessions with violent death, he was not obviously aligned with any ideology. There was no political or religious agenda per se.

His motivations were unclear and confusing, yet they were sufficient for the three schools involved to raise concerns with other agencies numerous times from 2019-24.

This suggests that Prevent is out of step with the issues schools deal with on a day-to-day basis. Referrals where no ideology was identified now comprise the largest number of Prevent referrals . A review of Prevent and its interactions with schools in now overdue.

We also know that Rudakubana had a form of autism which the inquiry found “manifestly fell into the cohort of those … whose individual characteristics mean that their autism does carry an increased risk of harm to others”.

It is important to state that there is no evidence that autistic people are more likely to commit violent acts than neurotypical people. However, specific autistic traits can make some more susceptible to non-violent extremism, radicalisation or the adoption of extremist views, particularly in online environments. Working to affect change with autistic pupils who have deeply embedded obsessions with violence requires the highest level of specialist skills.

In the English school system, professional development and provision has not kept up with the demand generated by increased numbers of pupils with complex needs. The government is currently consulting on proposals to overhaul the Send system in England.

Schools’ responsibilities in relation to safeguarding have grown in recent years. At the same time, they find themselves dependent on other organisations to fully discharge their duties. This is the fundamental weakness in the system. While schools did not share information between themselves fully effectively, their subsequent efforts to alert other agencies to the risks Rudakubana presented were not taken seriously.

The chain is only as strong as its weakest link. It will be of no great solace to school leaders whose work is praised by Fulford to know that if their advice and warnings had been heeded by all the other agencies, the Southport killings would not have happened.

The Conversation

Colin Diamond does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Southport inquiry: schools are key to safeguarding, but their job is getting harder – https://theconversation.com/southport-inquiry-schools-are-key-to-safeguarding-but-their-job-is-getting-harder-280855

After 27 years in power, Welsh Labour’s dominance may soon be over

Source: The Conversation – UK – By Nye Davies, Lecturer in Politics, Cardiff University

Welsh Labour is in unfamiliar territory. While winning elections in Wales had become routine since 1922, the upcoming Senedd (Welsh parliament) election has thrown the party into uncharted waters, with the prospect of finishing a distant third.

So much is new about this election. The Senedd has been expanded from 60 to 96 members, alongside the introduction of a new electoral system which changes how members are elected, making this a contest like no other in the devolution era.

But it is not just the Senedd that is transforming. More than a century of Labour dominance now appears under serious threat, with Plaid Cymru and Reform UK emerging as beneficiaries of a potentially seismic realignment.




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Polling suggests a stark outcome: around 12 seats for the party that has dominated Welsh political life, down from 29 at the last election. And that’s despite the Senedd’s expansion.

In trying to breathe new life into the party, Welsh Labour claimed in late 2025 to be ushering in a new generation of Senedd members. The upcoming election suggests otherwise, with more of the same and mostly familiar faces. At the centre of it all, the party’s leader, Eluned Morgan, is not just fighting a monumental battle for her party but for her own seat too.

Dominance and decline

The collapse of dominant parties can often appear sudden. Just five years ago, Welsh Labour was celebrating one of its best Senedd election results. Labour was still in a triumphant mood as recently as two years ago, dominating the 2024 general election and wiping out the Conservatives in Wales.

Yet the political mood has shifted dramatically. Vaughan Gething, a former Welsh Labour first minister, was forced out in 2024 following controversy over campaign donations. This fuelled perceptions of instability and corruption within the party. Declining confidence in the Welsh government and an electorate increasingly weary after more than two decades of uninterrupted Labour rule have left the party’s prospects looking bleak.

The pandemic has also played a role. It raised public awareness of the powers held by the devolved Welsh government, which includes health and education. While undoubtedly a positive in terms of political knowledge, it means Welsh Labour is less able to point the blame for problems towards Westminster.

Policies such as the introduction of a default 20mph speed limit in urban areas, alongside reforms affecting farming, have provoked vocal backlash among sections of the electorate.




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Welsh Labour’s impending defeat also points to something deeper and much longer term. The Senedd currently has 40 members elected in constituencies by first-past-the-post, and 20 regional members elected proportionally across five regions. This limited proportional representation has meant that the fundamental changes happening within Wales haven’t been fully captured by previous elections. This would include declining loyalty in traditional Labour strongholds, generational shifts, and the gradual rise of rival parties like Plaid Cymru and Reform reshaping the political landscape.

History and international comparisons also tell us that the dominant party eventually wears itself out in office, failing to keep up with the society in which it is rooted.

Through positioning itself as the natural party of Wales, Welsh Labour has consistently attempted to cling to its historic position.

References to party figures like Aneurin Bevan, the founding of the NHS, and appeals to solidarity and community sound increasingly hollow in a nation that has borne the brunt of deindustrialisation and austerity for decades. Rather than forging a new, positive future, Welsh Labour has become stuck in its own past.

Internal tensions

The party has also been hampered by internal tensions. Welsh Labour has long been split between those sceptical of further devolution and those who support expanding the powers of the Senedd. It’s a divide that often surfaces in tensions between its representatives in Westminster and those in Cardiff Bay.

Labour MPs in London have at times been dismissive of constitutional demands from their Senedd colleagues. Meanwhile, Welsh Labour Senedd members routinely express frustration at what they see as hostility from the UK leadership.




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Eluned Morgan’s voice appears lost. She claims to be speaking for Wales within the party, but is regularly ignored by Keir Starmer and his team.

Since devolution in 1999, Welsh Labour’s success has rested partly on its ability to project a distinctively Welsh identity. Since Labour returned to power at the UK level in 2024, this emphasis on “standing up for Wales” has faded.

Channel 4 News – Welsh Labour focus on cost of living for Senedd elections.

Against this backdrop, Welsh Labour needed something substantial to present to the electorate when it launched its manifesto in March. One of the centrepieces trailed in the press was a pledge to freeze taxes if re-elected. While such a freeze may be welcomed by voters, it is ultimately emblematic of a party promising little more than continuity. In effect, freezing taxes means keeping things as they are.

After 27 years of Labour-led government in Wales, public frustration is evident. The pressures of long-term incumbency, internal party strains and shifting political dynamics have converged to challenge Welsh Labour’s claim to govern. As its century-long dominance appears to be drawing to a close, Welsh Labour can no longer easily present itself as the natural party of Wales.

The Conversation

Nye Davies does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. After 27 years in power, Welsh Labour’s dominance may soon be over – https://theconversation.com/after-27-years-in-power-welsh-labours-dominance-may-soon-be-over-279620