Pour la cueillette des champignons, ne vous fiez pas aux applis pour les identifier

Source: The Conversation – in French – By Jérémy Hamon, Chargé d’études en toxicovigilance – Direction des alertes et des vigilances sanitaires, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)

Depuis le 1er juillet 2025, 500 intoxications dues à la cueillette et à la consommation de champignons sont déjà à déplorer en France. On observe une augmentation des cas depuis le début du mois de septembre, et un pic est attendu en octobre. Pour identifier les champignons avec certitude, l’Agence nationale de sécurité sanitaire rappelle qu’il ne faut pas se fier aux applications sur smartphone, en raison du risque élevé d’erreurs. On fait le point sur l’ensemble de ces recommandations de l’Anses.


En France, plus de 3 000 espèces de champignons dits « supérieurs » ou « macromycètes » sont recensées. Si les champignons sont des aliments appréciés, certaines espèces sont toxiques voire mortelles pour l’humain. Ainsi la confusion entre une espèce comestible et une espèce toxique peut conduire à une intoxication, parfois grave.

Les intoxications par ingestion de champignons peuvent aussi résulter de la consommation de champignons réputés comestibles contaminés par des microorganismes (bactéries, parasites…), par des polluants chimiques ou bien parce qu’insuffisamment cuits.

Avant la cueillette, les bonnes pratiques à suivre :

  • Prévoir un panier en osier, une caisse ou un carton pour déposer ses champignons. Sa taille doit être suffisamment grande pour séparer les différentes espèces. Surtout, ne jamais utiliser de sacs en plastique, ils accélèrent le pourrissement ;
  • Choisir un lieu de cueillette loin des sites pollués (bords de route, aires industrielles, décharges, pâturages) ;
  • Se renseigner sur les structures qui peuvent aider à identifier une cueillette en cas de doute : certains pharmaciens ou les associations de mycologie de votre région.

Une surveillance saisonnière par les autorités de santé

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, du travail et de l’environnement (Anses) réalise chaque année, depuis 2016, une surveillance des intoxications accidentelles par ingestion de champignons.

Du fait de leur caractère saisonnier, de la température et de l’humidité conditionnant la pousse des champignons, cette surveillance des intoxications a lieu du 1er juillet au 31 décembre. L’Anses suit ainsi chaque semaine, avec l’appui du réseau des centres antipoison (CAP), le nombre d’intoxications qui leur est rapporté.

Chaque saison, entre 11 et 41 personnes intoxiquées ont un pronostic vital engagé, et entre 0 et 5 personnes intoxiquées décèdent.

Près de 4 % des intoxications enregistrées par les centres antipoison

Comme chaque année en septembre, le rapport d’étude « Intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine » de l’Anses dresse le bilan de la saison passée.

Pour la saison 2024, le nombre d’intoxications (1 363) était légèrement inférieur à celui de 2023, mais sensiblement égal à ceux de 2021, de 2020 et de 2017. Le nombre de cas graves (41) était l’un des trois plus élevés (avec 2021 et 2017) depuis 2016 ; et le pourcentage de cas graves était d’environ 3 %, soit le deuxième pourcentage le plus haut, après 2021, depuis 2016 également. Le pic mensuel d’intoxications pour la saison 2024 est survenu en octobre, comme pour la plupart des années précédentes.

Depuis le début de la surveillance saisonnière en 2016, le nombre d’intoxications par an varie d’une année à l’autre, mais ne suit pas de tendance particulière (figure ci-dessous). Depuis 2017, ce nombre est supérieur à 1 000 et représente environ 4 % de l’ensemble des intoxications accidentelles enregistrées par les CAP.

Intoxications accidentelles par des champignons observés par les centres antipoison (CAP), de 2016 à 2024

Un questionnaire spécifique pour améliorer la prévention

Depuis 2022, un questionnaire de recueil spécifique est soumis à chaque personne appelant un CAP à la suite de la consommation de champignons dans un contexte alimentaire et présentant des symptômes. Ce questionnaire a pour but d’améliorer la connaissance des circonstances des intoxications et de cibler plus efficacement les messages de prévention. Les nouvelles données, ainsi récoltées, concernent le mode d’obtention des champignons, les espèces de champignons recherchées au cours de la cueillette, le mode d’identification, le mode de transport et le temps de conservation des champignons ainsi que le mode de consommation des champignons.

Ce questionnaire a permis de mettre en évidence, entre autres, les champignons les plus souvent recherchés. En 2022 et en 2023, les personnes intoxiquées ont déclaré qu’il s’agissait de cèpes (ou bolets), de coulemelles (ou lépiotes), et d’agarics champêtres (aussi appelés « rosés des prés »).

Pour la saison 2024, et probablement parce que la pousse des bolets et des agarics semble s’être arrêtée plus tôt que d’autres années, les rendant ainsi moins disponibles à la cueillette, ce sont les girolles (ou chanterelles) qui étaient les plus recherchées au cours de l’ensemble de la saison (et, plus particulièrement, à partir de la deuxième semaine d’octobre).

Cette différence a conduit à un nombre plus important de confusions avec des pleurotes de l’olivier (Omphalotus olearius) et des faux clitocybes lumineux (Omphalotus illudens), qui sont toxiques.

Pendant la cueillette, comment bien identifier les champignons ?

  • Ne pas se fier aux applications de reconnaissance sur smartphone, en raison du risque élevé d’erreurs d’identification ;
  • Ne ramasser que les champignons que vous connaissez parfaitement. Attention ! Des champignons vénéneux peuvent pousser à l’endroit où vous avez cueilli des champignons comestibles une autre année ;
  • Cueillir uniquement les spécimens en bon état et prélever la totalité du champignon (pied et chapeau) afin d’en permettre l’identification ;
  • Éviter de ramasser les jeunes spécimens qui n’ont pas fini de se former, ce qui favorise les confusions, et les vieux spécimens qui risquent d’être abîmés ;
  • Au moindre doute sur l’état ou sur l’identification d’un des champignons récoltés, ne pas consommer la récolte avant de l’avoir fait contrôler par un pharmacien ou par une association de mycologie.

Ressemblance entre espèces toxiques et espèces réputées comestibles

Depuis 2022, les autres espèces toxiques les plus souvent identifiées par les experts mycologues qui font partie d’un réseau national les mettant en relation avec les centres antipoison, étaient les agarics jaunissants, les lépiotes des jardins (ou lépiotes vénéneuses), les entolomes livides, les bolets Satan ou encore les amanites phalloïdes.

Ces espèces toxiques peuvent être mises en regard des espèces les plus recherchées : les agarics jaunissants et les amanites phalloïdes peuvent, en effet, être confondues avec des agarics champêtres, les bolets Satan peuvent être confondus avec des espèces de bolets comestibles, et les lépiotes des jardins avec des coulemelles.

Liste des espèces recherchées par les cueilleurs versus les espèces toxiques de champignons cueillis (identifiés par un expert mycologue), pour la saison 2024

Source : Sicap. Tableau extrait d’« Intoxications accidentelles par des champignons en France métropolitaine. Bilan des cas enregistrés par les centres antipoison entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024 », Rapport d’étude de toxicovigilance, septembre 2025, Anses.
Groupe d’espèces recherchées Espèce toxique cueillie (identifiée par un expert mycologue)
Agarics champêtres, rosés des prés Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus)
Amanites des Césars (oronge) Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)
Cèpes ou bolets non précisés Bolet Satan (Rubroboletus satanas)
Coulemelles, lépiotes Lépiote des jardins (Chlorophyllum brunneum), amanite phalloïde (Amanita phalloides)
Girolles, chanterelles Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), faux clitocybe lumineux (Omphalotus illudens)
Mousserons, faux mousserons (marasmes des oréades) Lépiote de Josserand (Lepiota josserandii), galère marginée (Galerina marginata)

Ci-dessous, composition de trois espèces de champignons toxiques, après expertise par des experts mycologues

(Avertissement : ces photographies n’ont pas vocation à être utilisées pour une identification de champignons, ndlr.)

Composition de trois espèces de champignons toxiques
En haut : Amanite phalloïde (Amanita phalloides) ; en bas à gauche : Bolet Satan (Rubroboletus satanas) ; en bas à droite : Clitocybe de l’olivier appelé aussi Pleurote de l’olivier (Omphalotus olearius).
(Holger Krisp/Antonio Abbatiello), CC BY

Certaines espèces toxiques de champignons peuvent ressembler fortement à des espèces comestibles. L’identification de l’espèce du champignon cueilli est donc une étape indispensable et très importante pour le cueilleur, et doit être réalisée par des personnes expertes sur le sujet (mycologue ou association de cueilleurs experts, par exemple). Les applications ou les fonctionnalités de reconnaissance d’image directement disponibles sur certains smartphones ne sont actuellement pas suffisamment performantes pour identifier correctement un champignon, et leur utilisation est donc déconseillée car sujette à des erreurs.

Enfin, le questionnaire disponible depuis 2022 a permis de mettre en évidence qu’environ les trois quarts des personnes intoxiquées n’avaient pas fait identifier leur cueillette. Une grande partie de ces intoxications auraient probablement pu être évitées si la cueillette avait fait l’objet d’une identification, idéalement par un expert mycologue ou par une association spécialisée.

Après la cueillette : quels gestes adopter ?

  • Se laver soigneusement les mains ;
  • Prendre une photo de votre récolte avant la cuisson : elle sera utile en cas d’intoxication pour décider du traitement adéquat ;
  • Conserver les champignons en évitant tout contact avec d’autres aliments au réfrigérateur (maximum 4 °C) et les consommer dans les deux jours qui suivent la cueillette ;
  • Ne jamais consommer les champignons crus, et cuire chaque espèce séparément et suffisamment longtemps : de 20 à 30 minutes à la poêle ou 15 minutes à l’eau bouillante avec rejet de l’eau de cuisson ;
  • Consommer les champignons en quantité raisonnable, soit 150 à 200 grammes par adulte et par semaine ;
  • Ne jamais proposer de champignons cueillis à de jeunes enfants ;
  • Ne pas consommer de champignon identifié au moyen d’une application de reconnaissance de champignons sur smartphone en raison du risque élevé d’erreur.

En moyenne, 2 % des intoxications par des champignons sont graves

Si la plupart des intoxications sont bénignes, reste qu’il est possible d’atteindre jusqu’à 41 « intoxications graves » par saison (soit un maximum de 3,2 % des intoxications saisonnières ; la moyenne étant de 2 % de 2016 à 2024).

Les intoxications sont considérées comme graves lorsque le pronostic vital du patient est engagé. Parmi ces intoxications graves, certaines sont mortelles et d’autres peuvent conduire à des insuffisances rénales ou hépatiques sévères devant parfois nécessiter une transplantation d’organe.

Les espèces toxiques de champignons ne produisent pas toutes les mêmes toxines et conduisent donc à des intoxications présentant des symptômes différents. L’ensemble de ces symptômes permet de déterminer le type de syndrome mycotoxique.

Concernant les intoxications graves, les syndromes mycotoxiques les plus fréquents sont les syndromes phalloïdien, orellanien et sudorien :

  • Le syndrome phalloïden, principalement causé par les amanites toxiques (amanite phalloïde et amanite vireuse, par exemple) et certaines petites lépiotes toxiques, est caractérisé par des symptômes digestifs suivis d’une atteinte hépatique pouvant être gravissime et conduire à une greffe de foie ;

  • Le syndrome orellanien, principalement causé par le cortinaire très joli et le cortinaire des montagnes, est caractérisé par des symptômes digestifs inconstants puis une atteinte rénale d’apparition plus tardive (entre 2 et 20 jours après l’ingestion du champignon) ;

  • Le syndrome sudorien, principalement causé par certains clitocybes blancs (clitocybe blanchi et clitocybe cérusé, par exemple), par un grand nombre d’inocybes et certains mycènes, est caractérisé par des troubles digestifs associés à des sueurs, à des larmoiements, à un myosis (diminution de la taille de la pupille) et à une diminution de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle.

Prévention et recommandations

L’Anses diffuse chaque année, au moment des périodes de pousse et de cueillette des champignons, des messages de prévention dans la presse, sur les réseaux sociaux et dans certains établissements (les pharmacies, par exemple).

Si la diffusion de ces messages est nécessaire pour informer la population des recommandations nationales de cueillette et de consommation des champignons, des relais locaux (associations de mycologues, pharmaciens…) restent indispensables pour aider à identifier la cueillette et, ainsi, pour limiter le nombre d’intoxications.

Enfin, pour prendre en compte les intoxications dues aux champignons sauvages conservés au congélateur (et consommés entre janvier et juillet) ainsi qu’à certaines espèces printanières, la surveillance des intoxications aux champignons couvre l’année entière (de janvier à décembre) depuis janvier 2025.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pour la cueillette des champignons, ne vous fiez pas aux applis pour les identifier – https://theconversation.com/pour-la-cueillette-des-champignons-ne-vous-fiez-pas-aux-applis-pour-les-identifier-266275

Dodo 2.0 : à quel point sommes-nous proches du retour de cet oiseau disparu ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Timothy Hearn, Lecturer, University of Cambridge; Anglia Ruskin University

Peut-on vraiment faire revenir le dodo ? Colossal Biosciences s’en rapproche grâce à l’édition génétique, mais le projet se heurte à d’énormes défis scientifiques et écologiques.


La société américaine de biotechnologie Colossal Biosciences affirme être enfin parvenue à maintenir en vie, suffisamment longtemps en laboratoire, des cellules de pigeon pour pouvoir en modifier l’ADN – une étape cruciale vers son rêve de recréer le dodo.

L’entreprise a réussi à cultiver des « cellules germinales primordiales » – des cellules embryonnaires précoces – provenant de pigeons de Nicobar, les plus proches parents vivants du dodo, et à les faire vivre pendant plusieurs semaines d’affilée. C’est une avancée que les spécialistes de la génétique des oiseaux poursuivent depuis plus de dix ans. Mais la véritable valeur de cette percée réside dans son potentiel à protéger des espèces encore existantes.

Des recherches sur le poulet

Selon Colossal Biosciences, ces cellules, une fois modifiées, pourraient être introduites dans des embryons de poulets eux-mêmes édités génétiquement, transformant ces derniers en mères porteuses pour des oiseaux disparus depuis plus de trois siècles. Cette percée s’accompagne d’un calendrier audacieux. Ben Lamm, le directeur général de Colossal Biosciences, affirme que les premiers « néo-dodos » pourraient éclore d’ici cinq à sept ans.

Il évoque aussi un objectif à plus long terme : relâcher plusieurs milliers d’oiseaux sur des sites de l’île Maurice protégés de tout prédateur, là même où vivaient les dodos avant leur disparition. Cette promesse a contribué à faire grimper la valorisation de la start-up au-delà de dix milliards de dollars, selon le site de l’entreprise.

Presque tout ce que l’on sait sur l’édition génétique des oiseaux vient des recherches menées sur le poulet, dont les cellules germinales – à l’origine des spermatozoïdes et des ovules – se développent sans difficulté dans des cultures de laboratoire classiques. Les cellules de pigeon, elles, meurent généralement en quelques heures en dehors de leur organisme.

Colossal Biosciences affirme avoir testé plus de 300 combinaisons de facteurs de croissance – des substances qui stimulent la multiplication cellulaire – avant d’en trouver une réellement efficace. Ces cellules peuvent désormais être chargées de fragments d’ADN reconstitués et d’interrupteurs moléculaires contrôlant la forme du crâne, la taille des ailes et la masse corporelle.

Des zones manquantes

Si les modifications prennent, ces cellules altérées migreront vers les ovaires ou les testicules d’un embryon de poulet encore à un stade précoce de développement, de sorte que l’animal adulte pondra des œufs ou produira du sperme porteur du génome modifié.

Ce procédé pourrait donner naissance à un oiseau qui ressemble à un dodo, mais la génétique ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le génome du dodo a été reconstitué à partir d’os et de plumes conservés dans des musées, et les zones manquantes ont été comblées avec de l’ADN de pigeon ordinaire.

Parce que l’espèce est éteinte et ne peut plus être étudiée, on ignore encore largement les gènes impliqués dans son comportement, son métabolisme ou ses défenses immunitaires. Reconstituer les régions connues de son ADN, lettre par lettre, nécessiterait des centaines de modifications distinctes. Le travail à accomplir serait d’une ampleur sans précédent, bien au-delà de tout ce qui a été tenté dans les programmes de sélection agricole ou de recherche biomédicale, même si Colossal Biosciences semble prête à investir massivement pour y parvenir.

Squelette de dodo exposé, avec un enfant en arrière-plan
Squelette de dodo.
Lobachad/Shutterstock

Reste aussi la question du poulet porteur. Un œuf de poule pèse bien moins qu’un œuf de dodo. Dans les collections muséales, il n’existe qu’un seul œuf de dodo connu, d’une taille comparable à celle d’un œuf d’autruche. Même si un embryon parvenait à survivre aux premiers stades, il dépasserait rapidement la taille de la coquille et devrait éclore avant d’être complètement formé – comme un prématuré nécessitant des soins intensifs. Le poussin devrait donc recevoir une surveillance et des soins constants pour atteindre le poids historique du dodo, estimé entre 10 et 20 kilos.

« Remplacement fonctionnel »

Des poules « génétiquement réinitialisées », modifiées par édition du génome, ont déjà pondu avec succès des œufs appartenant à des races rares de poulets, démontrant que la gestation croisée par cellules germinales fonctionne en principe. Mais appliquer cette technique à une espèce disparue et de taille bien supérieure reste totalement inédit.

C’est pour ces raisons que de nombreux biologistes préfèrent parler de « remplacement fonctionnel » plutôt que de « désextinction ». Ce qui pourrait éclore serait un hybride : principalement un pigeon de Nicobar, enrichi de fragments d’ADN de dodo et incubé dans un œuf de poule. Mais parler de résurrection relève davantage du marketing que de la science.

Les promesses et la réalité

La tension entre promesse et réalité a marqué les précédents projets de Colossal Biosciences. Les loups sinistres (Aenocyon dirus) présentés en août 2025 se sont révélés être des clones de loups gris avec quelques modifications génétiques. Des experts en conservation ont averti que ce type d’annonces peut inciter la société à considérer l’extinction comme réversible, réduisant ainsi le sentiment d’urgence à protéger les espèces menacées.

Malgré tout, la percée réalisée sur les pigeons pourrait profiter aux espèces encore vivantes. Environ un oiseau sur huit est aujourd’hui menacé d’extinction, selon l’évaluation mondiale de 2022 de BirdLife International. La culture de cellules germinales offre un moyen de préserver la diversité génétique sans avoir à maintenir d’immenses populations captives, et éventuellement de réintroduire cette diversité dans la nature.

Si la technique s’avère sûre chez les pigeons, elle pourrait aider à sauver des oiseaux en danger critique, comme l’aigle des Philippines ou le perroquet à ventre orange d’Australie. La population sauvage de ce dernier ne compte plus qu’environ 70 individus et avait même chuté à seulement 16 en 2016.

Une porte-parole de Colossal Biosciences a déclaré que l’entreprise respecte ses jalons scientifiques, mais que l’obtention d’éléphants mères porteuses et de cellule-œuf appropriés pour leur projet de mammouth laineux « implique une logistique complexe échappant à notre contrôle direct » et que « nous accordons la priorité au bien-être animal, ce qui signifie que nous ne précipitons aucune étape cruciale ».

Elle a ajouté que, selon les recherches de l’entreprise, les travaux de désextinction accentuent au contraire l’urgence de protéger les espèces menacées. « L’important, c’est que nous ne remplaçons pas les efforts de conservation existants, nous y ajoutons de nouvelles ressources et renforçons l’implication du public », a-t-elle précisé.

Un dodo irrécupérable

« Notre travail apporte des financements entièrement nouveaux à la conservation, provenant de sources qui n’investissaient pas auparavant dans la protection de la biodiversité. Nous avons ainsi attiré plusieurs centaines de millions de dollars de capitaux privés qui n’auraient autrement pas été consacrés à des projets de conservation. De plus, les outils génétiques que nous développons pour la désextinction sont déjà utilisés aujourd’hui pour aider des espèces menacées. »

Pour qu’un retour d’oiseaux proches du dodo soit possible sur l’île Maurice, il faut d’abord qu’y soit réunies les conditions fondamentales pour leur conservation. Il sera nécessaire d’éradiquer les rats, qui s’attaquaient aux dodos, de contrôler les populations de singes et de restaurer la forêt. Ces actions demandent des financements et l’adhésion des populations locales, mais elles bénéficient immédiatement à la faune encore présente. Colossal Biosciences devra respecter son engagement envers une gestion écologique durable.

Mais, au sens strict, le dodo du XVIIe siècle est irrécupérable. Ce que le monde pourrait voir d’ici à 2030 n’est qu’une expérience vivante, illustrant les avancées de l’édition génétique. L’intérêt de cet oiseau ne résidera pas dans la convocation du passé mais dans sa capacité à aider les espèces actuelles à ne pas connaître le destin du dodo.

The Conversation

Timothy Hearn ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Dodo 2.0 : à quel point sommes-nous proches du retour de cet oiseau disparu ? – https://theconversation.com/dodo-2-0-a-quel-point-sommes-nous-proches-du-retour-de-cet-oiseau-disparu-266611

South Africans who blow the whistle face retaliation and murder: their stories over five decades

Source: The Conversation – Africa (2) – By Ugljesa Radulovic, Senior Postdoctoral Research Fellow, University of Johannesburg

South Africa’s long history of wrongdoing spans from Willem Adriaan van der Stel’s days of running a corrupt trading monopoly to present-day South Africa. Van der Stel was the second Governor of the Cape Dutch Colony, from 1699 to his removal in 1707.

Whistleblowers have been at the core of exposing these instances of corruption.

Public whistleblowing was rare under apartheid (1948-1994). But with the transition to democracy, the reporting of wrongdoing increased. This can largely be attributed to a new constitution that caters for all the country’s citizens, and new laws that reinforced their rights.

One such law is the Protected Disclosures Act No. 26 of 2000, amended by way of the Protected Disclosures Amendment Act No. 5 of 2017. The law was designed to protect individuals who expose perceived wrongdoing to an authority that has the capacity to remedy the wrongdoing.

Yet, it has offered inadequate protection. South African whistleblowers have been overwhelmingly subjected to reprisals – from murder to social, work-related, and legal retaliation.

Our academic expertise is concerned with exploring the experiences of whistleblowers in South Africa, and making meaning of their plight.

In a recently published paper we give an account of the stories of a selection of whistleblowers spanning five decades. We selected a few stories that have set precedents in South Africa.

These cases offer only a glimpse into the experiences of South African whistleblowers. But what is clear is that, by fulfilling their public duty, they place themselves at great personal risk.

Adam Klein

Adam Klein was one of the rare whistleblowers who made a disclosure under apartheid rule. In 1980, Klein, a prosecutor in the Bantu Commissioner’s Court, refused to prosecute five black men under the pass regulations. These were a cornerstone of apartheid legislation, serving as an internal passport system to restrict the movement of non-whites and thus racially segregate the country.

Klein immediately faced retaliation. He was arrested under trumped-up charges, faced threats to his physical well-being and became subjected to surveillance.

He then made a public disclosure to the Sunday Times newspaper, exposing severe abuses at the Pretoria Bantu Commissioner’s Court. The disclosure revealed the inhumane nature of the pass laws, like detention of black people who failed to produce passes.

Klein faced further backlash and had to temporarily relocate to Namibia for his safety. On his return to South Africa, he continued to be subjected to surveillance and interrogation. He passed away in 2011, unacknowledged and without posthumous recognition.

Andries Jacobs

Andries Jacobs, an inspector at the Gauteng Provincial Traffic Department in the town of Benoni, would become known as the whistleblower who exposed police dogs being set on migrants. In January 1998, Jacobs recorded six policemen, who were part of the North East Rand Police dog unit, inciting their dogs to attack Mozambican migrants. Jacobs submitted the bombshell video footage to the Police Commissioner, the Minister for Safety and Security, and the South African Broadcasting Corporation.

The six police officers were eventually arrested in November 2000, nearly a full three years after the incident occurred. On the day of their arrest, the video footage was broadcast on national television. The policemen were charged and received prison sentences of four to five years.

Yet, Jacobs was suspended from work two days after the policemen were arrested. After eventually returning to work, he had to spend a year in the witness protection programme. Jacobs never returned to his original work duties, having not received a duty roster or any equipment to fulfil his role obligations.

Jacobs eventually faced dismissal for the unauthorised use of a video camera to record the “police training exercises”. By 2005, his life had been significantly strained. He received death threats, eventually leading to ongoing stress and a divorce.

Tatolo Setlai

One of the landmark cases of disclosure following the implementation of the Protected Disclosures Act in 2000 is that of Tatolo Setlai. In 2001, the Jali Commission of Inquiry revealed widespread corruption in South Africa’s prisons. Setlai, the head of Grootvlei Prison in Bloemfontein, permitted four prisoners to secretly record prison officials engaging in illegal acts – selling a loaded firearm, drugs, and alcohol; and facilitating the sexual exploitation of a juvenile.

This footage was broadcast on national television. The Department of Correctional Services did not adequately address the disclosure. Rather it subjected Setlai to victimisation and harassment. He faced trumped-up charges and was at the mercy of bogus disciplinary hearings.

Setlai was dismissed but eventually returned to his position after an arduous process with his employer at the Labour Court.

‘Stan’ and ‘John’

Under Jacob Zuma’s presidency (2009-2018), South Africa graduated from “ordinary” corruption. Private firms and individuals exploited corrupt public officials to manipulate key state structures for their personal benefit, and this would come to be understood as state capture.

Much of what was detailed during this time was the result of whistleblowers’ disclosures. Two anonymous whistleblowers, “Stan” and “John”, furnished landmark evidence to support the state capture allegations. They provided Brian Currin, a human rights lawyer, with hard drives containing hundreds of thousands of emails that detailed the nefarious relationship between the Gupta family, the Zuma family, ministers, and heads of state-owned enterprises. The Gupta family – three influential siblings and businessmen originating from India – were fingered as the key drivers behind state capture.

Stan and John’s disclosure became known as the Gupta Leaks. They were used as official evidence at the Zondo Commission of Inquiry into State Capture.

The two Gupta Leaks whistleblowers remain anonymous and have relocated abroad for their physical safety.

Paying with their lives

A number of whistleblowers have lost their lives as a consequence of disclosure.

Jimmy Mohlala, the Speaker of the Mbombela Municipality, was murdered in front of his home after he exposed tender irregularities related to the construction of the Mbombela Stadium for the 2010 FIFA World Cup. His son was injured in the attack.

Moss Phakoe, an African National Congress municipal councillor since 2002, was also shot in front of his home. He and a colleague compiled a dossier that exposed corruption in the Bojanala Platinum District Municipality. Phakoe’s report implicated the former mayor of Bojanala, who was convicted of the murder. The conviction was later overturned as several state witnesses retracted their testimonies.

The murder of Babita Deokaran, Acting Chief Financial Officer of the Gauteng Department of Health at the time of her death, attracted nationwide attention. She had uncovered extensive corruption in the Department and submitted evidence of this to the relevant authorities. She would later investigate corruption related to the procurement of personal protective equipment during the COVID pandemic.

Deokaran was on the brink of making a disclosure pertaining to the COVID-related corruption when assassins shot her after she dropped her child off at school. Six hitmen were arrested for the assassination, but the mastermind remains at large.

Lessons

The frequency and severity of retaliation against South African whistleblowers is alarming.

We conclude from our analysis that the problem resides in a failure of the government to recognise the dire situation South African whistleblowers find themselves in, compounded by lacklustre whistleblower protection legislation.

There has, however, been a signal of intent (and some action) in wanting to reinforce (or rebuild) South Africa’s whistleblower protection legislation.

But this has to be accompanied by political will to adequately implement the new legislation. There also has to be steadfast broader governmental sanctioning against those who do wrong.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. South Africans who blow the whistle face retaliation and murder: their stories over five decades – https://theconversation.com/south-africans-who-blow-the-whistle-face-retaliation-and-murder-their-stories-over-five-decades-266499

Le plan des botanistes pour enrayer le déclin des palmiers en Afrique

Source: The Conversation – in French – By Fred Stauffer, Curator, Conservatoire et Jardin botaniques de Genève (CJBG)

Les palmiers embellissent les paysages africains, des déserts jusqu’aux forêts tropicales. L’Afrique centrale en possède la plus grande variété, avec 52 espèces, tandis que l’Afrique occidentale en compte 38 et l’Afrique orientale 18. Ils font partie d’une famille mondiale de 2 600 espèces de palmiers.

L’Afrique abrite relativement peu d’espèces de palmiers par rapport à d’autres régions tropicales du monde. Cependant, les palmiers jouent un rôle central dans la vie sociale et économique des populations du continent. Ils sont consommés comme aliments et boissons par les humains et les animaux, utilisés dans les soins de santé et la médecine, et transformés en matériaux de construction. Ils ont également une importance spirituelle et culturelle.




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Plusieurs études botaniques ont classé la famille des palmiers, avec celle des graminées et celle des légumineuses, parmi les groupes de plantes les plus importants sur le plan économique et culturel dans de nombreuses zones rurales du continent.

Nous sommes un groupe de botanistes du Bénin, de Côte d’Ivoire et de Suisse. Ensemble, nous avons accumulé plusieurs décennies d’expérience sur les palmiers africains. Nos recherches visent à élaborer des stratégies appropriées pour leur conservation et des moyens permettant aux communautés de les utiliser de manière durable.

Lors d’une récente conférence sur la flore africaine au Ghana, nous avons lancé un nouveau réseau panafricain destiné aux spécialistes des palmiers du continent afin d’étudier et de protéger les palmiers. Des chercheurs de Guinée, de Sierra Leone, du Nigeria, du Gabon, du Congo, d’Éthiopie et de Tanzanie ont décidé de s’impliquer dans des projets liés à la biologie, aux utilisations et à la conservation des palmiers.

Nous avons officiellement baptisé ce nouveau réseau Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers.




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Notre réseau place les palmiers au centre des projets de conservation. Cela est important car les palmiers africains disparaissent en raison de la déforestation, de la surexploitation et de la perte d’habitat induite par l’homme. Certains, comme Hyphaene guineensis ou Sclerosperma profizianum, sont rares. Leur extinction nuirait non seulement aux écosystèmes, mais aussi aux populations qui en dépendent.

Le Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers vise également à mettre en commun les compétences, à documenter les connaissances traditionnelles sur les palmiers et à former la prochaine génération d’experts en palmiers.

Le cycle de vie lent d’un arbre menacé

Si seules quelques espèces de palmiers en Afrique sont actuellement menacées d’extinction, la plupart sont aujourd’hui en déclin sur le continent. Le Ghana abrite le Sclerosperma profizianum, tandis que la Sierra Leone et le Liberia abritent plusieurs espèces d’Eremospatha particulièrement menacées.

Le palmier à huile (Elaeis guineensis), le palmier dattier (Phoenix dactylifera) et le cocotier (Cocos nucifera) sont cultivés, mais les autres espèces récoltées sont pour la plupart sauvages.

Même dans des conditions normales, la régénération naturelle des palmiers est lente. Les graines peuvent mettre des mois, voire des années, à germer, et les jeunes plants poussent également très lentement. Ils ont besoin de conditions très spécifiques pour se développer, telles qu’une température élevée et une humidité importante. Certaines espèces, comme les palmiers rotin, ont besoin de plusieurs décennies avant d’atteindre la taille nécessaire pour être exploitées.

C’est pourquoi l’un des principaux objectifs de notre recherche est de comprendre combien de temps il faut à chaque espèce pour germer et devenir exploitable de manière durable.

Les pièces manquantes du puzzle des palmiers

Elaeis guineensis (palmier à huile africain), Cocos nucifera (cocotier) et Phoenix dactylifera (palmier dattier) ont été largement étudiés car ils sont très utilisés dans l’alimentation et les cosmétiques.

Cependant, d’autres espèces de palmiers africains telles que le Borassus aethiopum (palmier éventail africain), le Raphia hookeri (palmier raphia), le Hyphaene compressa (palmier doum) ou le groupe des palmiers rotin (Laccosperma, Eremospatha, Calamus) restent peu documentés. Et ce, malgré leur utilisation pour l’amidon, les fibres, l’extraction de vin et les matériaux de construction, ainsi que dans les cultures locales. Les fruits du Borassus aethiopum, par exemple, sont comestibles et ce palmier est exploité pour son vin, mais des techniques d’exploitation non durables pourraient le mettre en danger.

Dans l’ensemble, les scientifiques ne comprennent toujours pas pleinement la diversité des palmiers africains, leur répartition dans différents paysages ou leur capacité à s’adapter aux changements environnementaux. Autrement dit, nous ne sommes pas encore en mesure de déterminer la meilleure façon de les gérer de manière durable.

Avec le changement climatique, certaines espèces pourraient, par ailleurs, ne pas s’adapter. Des températures extrêmement élevées réduiront la disponibilité en eau et augmenteront la teneur en sel du sol au-delà de ce que les palmiers peuvent tolérer.

Les prochaines étapes ?

Tout d’abord, le Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers évaluera les menaces qui pèsent sur certaines espèces de palmiers. Nous proposerons ensuite des mesures adaptées aux réalités locales afin de promouvoir la conservation des palmiers.

Deuxièmement, il est essentiel de classer toutes les espèces et de répertorier les endroits où ils se trouvent. Nous estimons qu’au moins 15 % des palmiers africains indigènes ne sont pas encore bien documentés : on n’a jamais observé leurs fleurs ni leurs fruits, qui pourraient pourtant être utiles à l’homme ou aux animaux.

Les botanistes africains doivent également mener davantage de recherches sur la reproduction des palmiers africains, les conditions nécessaires à la germination de leurs graines et leur diversité génétique, afin de connaître les meilleurs moyens de préserver ces arbres.

Troisièmement, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer comment les palmiers pourraient contribuer à la sécurité alimentaire, à l’adaptation au climat et à la conservation de la biodiversité. Ils sont importants non seulement pour les humains, mais aussi pour de nombreux herbivores (mammifères, oiseaux) qui dépendent fortement des feuilles et des fruits de palmier pour leur alimentation quotidienne.

Quatrièmement, un plan de domestication est nécessaire. La domestication consiste à planter et à favoriser la croissance des palmiers de manière contrôlée afin d’en tirer des avantages économiques. Cela peut se faire sur des parcelles agricoles. Cependant, nous proposons également que cela se fasse dans des conditions semi-contrôlées en forêt. Cela pourrait réduire la pression exercée sur les palmiers sauvages, améliorer les moyens de subsistance des populations rurales et intégrer ces arbres dans l’agroforesterie (culture d’arbres avec des cultures).

Bien que le nouveau Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers se concentre uniquement sur la diversité des palmiers africains, les stratégies de conservation que nous développons seront utiles pour la conservation d’autres plantes. La perte de biodiversité bouleverse l’équilibre fragile des écosystèmes dans le monde entier. Protéger les palmiers d’Afrique, c’est aussi préserver la vie des hommes et des animaux qui en dépendent.

The Conversation

Fred Stauffer bénéficie d’un financement du Conservatoire et Jardin botanique de Genève pour ses activités de recherche et ses missions sur le terrain. Il est affilié à cette institution, ainsi qu’à l’Université de Genève, où il est chargé de cours en botanique.

Doudjo Noufou Ouattara bénéficie d’un financement de la Fondation Audemars Piguet pour les arbres. Il est affilié à l’Université Nangui ABROGOUA et au Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire.

Kifouli Adéoti bénéficie d’un financement de la Fondation Audemars Piguet pour les arbres. Il est affilié à l’Université d’Abomey-Calavi en République du Bénin.

ref. Le plan des botanistes pour enrayer le déclin des palmiers en Afrique – https://theconversation.com/le-plan-des-botanistes-pour-enrayer-le-declin-des-palmiers-en-afrique-266597

Health insurance subsidy standoff pits affordable care for millions against federal budget constraints

Source: The Conversation – USA (3) – By Wendy Netter Epstein, Professor of Law, DePaul University

Lawmakers limited Affordable Care Act subsidies to a few years, setting the stage for a fight over them in 2025. Ted Eytan/Wikimedia Commons, CC BY-SA

As the federal government entered a shutdown on Oct. 1, 2025, competing narratives quickly emerged about the cause.

Some Republican lawmakers objected to Democrats’ push to include an extension of the expanded Affordable Care Act premium subsidies in a short-term funding bill and cited concerns about long-term spending. Democratic leaders countered that the subsidies are not a new demand but rather the continuation of a program that has helped keep record numbers of Americans insured since the pandemic – and therefore that the issue could not be delayed.

The result is a standoff that blends fiscal and policy disagreements – a hallmark of contemporary budget politics.

As experts in health law, we see this issue as simple but consequential from a legal standpoint. Congress authorized the enhanced subsidies in 2021, originally to cushion the economic fallout from COVID-19 for families, and extended them through 2025 in the Inflation Reduction Act.

Without new legislation, the subsidies revert to pre-2021 levels on Jan. 1, 2026 – which would lead to a jump in the cost of health insurance and would make coverage unaffordable for millions of Americans.

Enhanced subsidies explained

Most Americans under age 65 get insurance through their employers, which the federal government subsidizes by making it tax-free. Medicare, the program for older Americans, and Medicaid, the program that mainly serves low-income Americans, are heavily supported by subsidies too.

But as of 2025, about 1 in 6 people under age 65 do not have access to this coverage, including many small-business owners and tradespeople, as well as part-time workers and those in the gig economy. For them, unsubsidized health insurance can be prohibitively expensive.

To address this affordability problem, the ACA provided for households earning between 100% and 400% of the federal poverty level to receive subsidies for purchasing policies on the ACA marketplace, effectively lowering premiums. The original law limited subsidies only to those making under 400% of the federal poverty level, which is, for a family of four in 2025, around US$128,000 per year. A family making $129,000 a year, however, would have to pay full price.

Family in the kitchen, mom cooks dinner as daughter watches.
If the current ACA subsidies expire, almost 5 million people are likely to lose their health insurance coverage.
FG Trade/E+ via Getty Images

The American Rescue Plan temporarily made two major changes in 2021:

  • It removed the 400%-of-poverty eligibility ceiling, extending help to many middle-income families.

  • It capped the maximum household contribution at 8.5% of income for everyone, ensuring affordability regardless of income.

If these reforms expire in 2026, the Internal Revenue Service must revert to the older, less generous formula.

What the subsidies accomplished

The enhanced subsidies drove ACA marketplace participation to historic highs – more than 24 million people selected plans for 2025, up from about 11 million in 2020. The Department of Health and Human Services found disproportionate enrollment gains among Black and Latino Americans, helping to reduce racial disparities in coverage.

For many low-income enrollees, mid-level plans – called silver plans in the ACA marketplace – effectively became free. Middle-income families who previously earned just above the cutoff gained meaningful relief, sometimes saving thousands of dollars a year.

What happens if subsidies expire?

Analysts broadly agree that returning to the pre-2021 rules would mean large cost increases and coverage losses. On average, the premiums that Americans will pay for ACA marketplace plans would more than double. The Kaiser Family Foundation estimates that average annual out-of-pocket premiums for an individual would jump from about $888 in 2025 to $1,900 in 2026.

With these increases, millions of Americans will lose their health insurance coverage. The Urban Institute, a think tank, projects that 7.3 million fewer people would receive subsidized marketplace coverage and 4.8 million more would become uninsured.

This is highly consequential, as research shows that insurance coverage saves lives by ensuring access to care. Knocking nearly 5 million people off insurance may cause as many as 500 additional deaths per year.

Losses would disproportionately impact low- and middle-income families. Free premium plans would disappear. Those making below 250% of the federal poverty level could see their net premiums rise more than fourfold, while those between 250% and 400% would see their premiums double. What’s more, rural Americans, already under pressure from the state of the economy, face higher risks.

The fiscal and policy trade-offs

On the flip side, making the enhanced credits permanent would add about US$350 billion to federal deficits between 2026 and 2035, according to the Congressional Budget Office’s estimates. Proponents argue that the cost is justified by reduced medical debt, fewer uninsured, greater household stability and ultimately saving lives. Short-term savings from cutting the subsidies would also lead to higher health care costs, longer-term. But critics worry it’s a broad and expensive way to support affordability, benefiting some higher-income households that could otherwise afford coverage, even though it would cost more than 8.5% of their income.

Another concern is how the subsidies affect price competition. Under the ACA, the government pays most of the difference between what a household is expected to contribute and the actual cost of a standard benchmark plan. That means if health insurance companies raise their premiums, those who receive subsidies don’t feel the effect of the premium increases, because the federal subsidy simply grows to cover it. That means companies have fewer reasons to compete on price.

Legal and administrative constraints

Because the subsidies are written into the tax code, only Congress can extend them or make them permanent. The question of whether to renew them was already debated strenuously when Congress passed the big tax and spending package that President Donald Trump signed into law on July 4, 2025. By omitting the subsidies, the bill effectively raised health care costs for millions of middle-income Americans. States that run their own marketplaces may add some aid, but few can match the scale of federal support.

Administrative timing matters too. The IRS, health insurers and the online marketplace all need to know how the subsidy amounts will be calculated – in other words, which income limits and premium caps Congress wants to use. These figures determine how much financial help people get when they sign up for coverage. Late or temporary fixes can create confusion for both consumers and administrators.

Options before Congress

Lawmakers have several options, each with different trade-offs.

A permanent extension would provide stability for consumers and insurers – but at the cost of higher long-term federal spending. A short-term renewal of one to four years could soften the immediate jump in premiums while giving Congress time to reassess the policy, but it would continue the cycle of temporary fixes.

Alternatively, a targeted approach might preserve the larger subsidies for lower-income households but gradually reduce assistance for higher earners so that they aren’t guaranteed a cap of 8.5% of their income for insurance. This would make the policy more fiscally restrained but less universal.

Some legislators have also proposed offsetting the cost of ACA subsidies by pairing an extension with savings elsewhere in the health system. Those savings could come from trimming what the government pays insurers to lower patients’ out-of-pocket costs or by reducing Medicare payments to doctors.

Each of these options reflects a different balance among affordability, fiscal responsibility and administrative simplicity. Together, they highlight how difficult it is to design a policy that meets all three goals at once.

A structural challenge

The problem isn’t just political – it’s built into how time-limited programs like the enhanced ACA subsidies are designed. The subsidies have always reflected partisan divides, but their temporary nature makes those divides even sharper. Lawmakers limited them to a few years to keep costs down, but that choice now means Congress has to reopen the same debate every year.

When deadlines for renewing programs collide with larger funding fights, important benefits can lapse, not because lawmakers chose to end them but because the fights over broader spending leave little room for resolution.

In the end, it’s up to Congress to decide not only whether these subsidies continue, but whether big social policies like this should be settled through last-minute budget showdowns. For now, getting the government running and keeping health insurance affordable are part of the same fight.

The Conversation

Wendy Netter Epstein is a member of the Illinois Health Benefits Exchange Advisory Committee.

Christopher Robertson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Health insurance subsidy standoff pits affordable care for millions against federal budget constraints – https://theconversation.com/health-insurance-subsidy-standoff-pits-affordable-care-for-millions-against-federal-budget-constraints-266851

Anti-Palestinian and anti-Arab racism is on the rise in Canada

Source: The Conversation – Canada – By Nadia Hasan, Assistant Professor, School of Gender, Sexuality and Women’s Studies, York University, Canada

In April 2024, a video circulated online showing an Oakville, Ont. high school teacher and a student having an alarming and contentious conversation about his keffiyeh.

The Iroquois Ridge High School educator says mid-way in the clip: “I didn’t call you a terrorist. I said it (the keffiyeh) reminds me of …” When the student pushes her to finish her sentence and suggests “Hamas?” she answers “yes.”

The Halton District School Board (HDSB) quickly placed the staff member on leave and launched an investigation, deeming her language “harmful and discriminatory.”

This incident, a clear example of Islamophobia and anti-Palestinian racism, is one of many detailed in our recently released Islamophobia Research Hub report, Documenting the “Palestine Exception”: An Overview of Trends in Islamophobia, Anti-Palestinian and Anti-Arab Racism in Canada in the Aftermath of October 7, 2023.

Our findings point to a pattern of unethical use of institutional power to intimidate and alienate those expressing support for Palestine or their identities — what many community organizers in Canada now call “the Palestine exception.”

What is the Palestine exception?

The expression describes how democratic freedoms and multicultural ideals historically meet their limits when it comes to Palestinian human rights, history and identity. Studies in Canada and the United States show systemic silencing and erasure of Palestinian experiences — often through unfounded accusations of antisemitism.

Race scholars have long argued that Canadian multiculturalism practises inclusion through exclusion, demanding that racialized people suppress parts of their identity to gain conditional belonging in order to uphold a normative racial order.

For Palestinians in Canada, this often means hiding their heritage for fear of stigmatization, or facing punishment for expressing pro-Palestinian views.

As Nihad Jasser of the Association of Palestinian Arab Canadians, an Ottawa-based community collective, said:

“It feels that institutions in our society will support all human rights except Palestinian human rights, celebrate all cultures except Palestinian culture, and condemn all forms of racism except anti-Palestinian racism.”

Unfair targeting, censorship and discipline of those speaking out for Palestinian rights — or merely perceived as Palestinian, Arab or Muslim — is a common theme in our report and particularly disturbing in terms of young people’s experiences.

A pattern of targeting young people

According to our research, young people in schools, universities and early careers are facing Islamophobia, anti-Palestinian racism and anti-Arab racism in the form of employment discrimination, doxing, hate-motivated violence, bullying and the suppression of their democratic rights.

The HDSB keffiyeh incident reflects a wider reality: a treatment of suspicion toward Palestinian expressions.

Another example that drew attention was a Toronto District School Board (TDSB) field trip to the Indigenous-led Grassy Narrows River Run in September 2024. During the march, some participants used chants connecting settler colonialism in Canada to the experiences of Palestinians.

This led to social media backlash from parents who claimed the trip exposed students to pro-Palestinian political activity and compromised safety. The Ontario education minister’s office demanded an investigation — an unusual move that many felt revealed a double standard compared to other incidents.

The TDSB issued an apology for the “harm” caused and pre-emptively cancelled another planned field trip for National Day for Truth and Reconciliation — ironically undermining commitments to decolonization.

Patrick Case, a former Ontario Ministry of Education chief equity officer, conducted an independent review, interviewing 146 parents, students, Indigenous leaders, staff and trustees. His report found that the Grassy Narrows event was not overshadowed by pro-Palestinian activism and that the TDSB’s reaction reflected a broader pattern of erasure and suspicion toward Palestinian identity.

Indigenous leaders also noted that media outrage diverted attention from pressing issues of environmental justice in Indigenous communities.

Despite these findings, the education ministry has not promoted the report and has rejected some of its key recommendations.

Punishment over pedagogy

Our report raises concerns about a growing political culture that punishes rather than engages young people advocating for Palestinian human rights. Instead of fostering critical thinking, institutions are choosing repression.

Another striking example is the treatment of students at the Lincoln Alexander School of Law at Toronto Metropolitan University, who were accused of antisemitism for signing an open letter in solidarity with Palestinian people and critical of Israeli state actions. Several law firms and the Ontario Ministry of the Attorney General blacklisted them from recruitment as punishment for signing the open letter.

In an external review, Justice J. Michael MacDonald condemned this response as a “rush to judgment” that unfairly targeted “young idealists motivated by immense human suffering.” He ruled that the students’ actions were a “valid exercise of freedom of speech” and criticized the administration for negatively impacting the students.

He also criticized members of the legal community for fuelling the backlash against these students. Some of these students are now suing Toronto Metropolitan University for defamation.

Many young people have shown resilience in the face of such repression, but the harm is undeniable. Being punished for expressing solidarity with Palestinians — and witnessing peers being punished — affects young people’s sense of safety, intellectual curiosity and career prospects.

Protecting Canadian multiculturalism

Two years into the brutal genocide in Gaza, there is a notable shift in public discourse and policy related to Palestine. Yet many remain deeply skeptical of the sincerity of this shift.

Earlier this fall, the federal Liberal government introduced the Combating Hate Act, proposing amendments to the Criminal Code.




Read more:
Sex-motivated violence should be treated as a hate crime


Critics warn these changes could further curtail civil liberties, particularly around expressions of Palestinian identity and solidarity.

The amendments would ban the public display of “hate symbols” and criminalize protests near places of worship, schools and community centres. The government defines hate symbols as those associated with terrorist entities such as the Nazi swastika and SS (Schutzstaffel) bolts. And so, understandably, questions abound about whether this means that Palestinian flags or the script of the shahada (Muslim declaration of faith) could be deemed hate symbols.

Given recent institutional responses to pro-Palestinian expression, there is little confidence these sorts of laws will not be weaponized to criminalize Palestinian identity, dissent and criticism of the Israeli state.

In large part, this pervasive suspicion stems from the widespread experience of Palestinian identity and pro-Palestinian positions being treated as inherently suspect, even dangerous. Such exceptional treatment exposes the profound fissures — and in fact the limits — of Canadian multiculturalism and its professed commitments to democratic freedoms.

The Conversation

Nadia Hasan receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada, Canadian Heritage, The Muslim Fund, the Bay Tree Foundation and The Olive Tree Foundation.

Sarah Abou-Bakr does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Anti-Palestinian and anti-Arab racism is on the rise in Canada – https://theconversation.com/anti-palestinian-and-anti-arab-racism-is-on-the-rise-in-canada-266637

How does your immune system stay balanced? A Nobel Prize-winning answer

Source: The Conversation – USA – By Aimee Pugh Bernard, Associate Professor of Immunology and Microbiology, University of Colorado Anschutz Medical Campus

Regulatory T cells (red) interact with other immune cells (blue) and modulate immune responses. National Institute of Allergy and Infectious Diseases/NIH via Flickr

Every day, your immune system performs a delicate balancing act, defending you from thousands of pathogens that cause disease while sparing your body’s own healthy cells. This careful equilibrium is so seamless that most people don’t think about it until something goes wrong.

Autoimmune diseases such as Type 1 diabetes, lupus and rheumatoid arthritis are stark reminders of what happens when the immune system mistakes your own cells as threats it needs to attack. But how does your immune system distinguish between “self” and “nonself”?

The 2025 Nobel Prize in physiology or medicine honors three scientists – Shimon Sakaguchi, Mary Brunkow and Fred Ramsdell – whose groundbreaking discoveries revealed how your immune system maintains this delicate balance. Their work on two key components of immune tolerance – regulatory T cells and the FOXP3 gene – transformed how researchers like me understand the immune system, opening new doors for treating autoimmune diseases and cancer.

The 2025 Nobel Prize in physiology or medicine was awarded to Shimon Sakaguchi, Mary Brunkow and Fred Ramsdell.

How immune tolerance works

While the immune system is designed to recognize and eliminate foreign invaders such as viruses and bacteria, it must also avoid attacking the body’s own tissues. This concept is called self-tolerance.

For decades, scientists thought self-tolerance was primarily established in the parts of the body that make immune cells, such as the thymus for T cells and the bone marrow for B cells. There, newly created immune cells that attack “self” are eliminated during development through a process called central tolerance.

However, some of these self-reactive immune cells escape this process of elimination and are released into the rest of the body. Sakaguchi’s 1995 discovery of a new class of immune cells, called regulatory T cells, or Tregs, revealed another layer of protection: peripheral tolerance. These cells act as security guards of the immune system, patrolling the body and suppressing rogue immune responses that could lead to autoimmunity.

Diagram showing Tregs interacting with effector T cells and dendritic cells through various signaling molecules
Regulatory T cells suppress immune responses using a variety of molecular signals.
Giwlz/Wikimedia Commons, CC BY-SA

While Sakaguchi identified the cells, Brunkow and Ramsdell in 2001 uncovered the molecular key that controls them. They found that mutations in a gene called FOXP3 caused a fatal autoimmune disorder in mice. They later showed that similar mutations in humans lead to immune dysregulation and a rare and severe autoimmune disease called IPEX syndrome, short for immunodysregulation polyendocrinopathy enteropathy X-linked syndrome. This disease results from missing or malfunctioning regulatory T cells.

In 2003, Sakaguchi confirmed that FOXP3 is essential for the development of regulatory T cells. FOXP3 codes for a type of protein called a transcription factor, meaning it helps turn on the genes necessary for regulatory T cells to develop and function. Without this protein, these cells either don’t form or fail to suppress harmful immune responses.

Harnessing the immune system for medicine

Regulatory T cells can be heroes or villains, depending on the context. When regulatory T cells don’t work, it can lead to disease. A breakdown in immune tolerance can result in autoimmune diseases, where the immune system attacks healthy tissues. Conversely, in cancer, regulatory T cells can be too effective in suppressing immune responses that might otherwise destroy tumors.

Understanding how FOXP3 and regulatory T cells work launched a new era in immunotherapies that harness the immune system to treat autoimmune diseases and cancer. For autoimmune diseases such as rheumatoid arthritis and Type 1 diabetes, researchers are exploring ways to boost the function of Tregs. For cancer, the goal is to inhibit Tregs, allowing the immune system to target tumors more aggressively.

Diagram of immune activation scale in the shape of a rainbow wedge, with 'vulnerable to infection' at the smaller end, 'sweet spot' in the middle, and 'autoimmunity' at the larger end
Too much or too little immune activation can lead to illness.
Kevbonham/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Beyond disease treatment, this research may also improve organ transplantation, where immune tolerance is crucial to prevent rejection. Scientists are exploring how to engineer or expand Tregs to help the body accept transplanted tissues over the long term.

Continuing to unlock the secrets of immune regulation can help lead to a future where the immune system can be precisely tuned like a thermostat – whether to turn it down in autoimmunity or rev it up against cancer.

The 2025 Nobel Prize reminds us that science, at its best, doesn’t just explain the world – it changes lives.

The Conversation

Aimee Pugh Bernard is affiliated with Immunize Colorado as a volunteer and unpaid board member.

ref. How does your immune system stay balanced? A Nobel Prize-winning answer – https://theconversation.com/how-does-your-immune-system-stay-balanced-a-nobel-prize-winning-answer-266842

Redes sociales: contraindicaciones de una herramienta poderosa para informar sobre salud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Bermejo Cantarero, Profesor Ayudante Doctor. Enfermería. , Universidad de Castilla-La Mancha

Have a nice day Photo/Shutterstock

El potencial de las redes sociales en el ámbito de la salud es innegable. Plataformas como Twitter (ahora X), YouTube, Facebook, Instagram y TikTok han democratizado el acceso a información sobre prevención, tratamientos y hábitos saludables, además de permitir la creación de comunidades de profesionales y pacientes que comparten experiencias, dudas y apoyo emocional. Esta interacción puede mejorar el cumplimiento de los tratamientos y contribuir al bienestar de quienes conviven con enfermedades crónicas.

También se han revelado como una herramienta poderosa para la divulgación científica. Profesionales sanitarios e investigadores pueden comunicar hallazgos, combatir bulos y ofrecer orientación directa al público general.

Bulos atractivos y convincentes

Sin embargo, esta misma rapidez con la que se difunde la información se convierte en un arma de doble filo cuando los contenidos no están debidamente contrastados. La desinformación circula con facilidad y puede llegar a millones de personas en cuestión de horas antes de ser desmentida. Noticias falsas, teorías pseudocientíficas o consejos sin base clínica se presentan de forma atractiva y convincente, dificultando que el usuario medio distinga entre información fiable y contenido engañoso.

Un ejemplo reciente podemos verlo en el estudio de 2025 de la Universidad de Sídney (Australia), que analizó cerca de 900 publicaciones en Instagram y TikTok en las que influencers promocionaban pruebas médicas como escáneres corporales completos o un “test del temporizador de los óvulos” para predecir la fertilidad futura. Más del 80 % de estos mensajes tenían un tono claramente promocional y apenas mencionaban las limitaciones o la ausencia de evidencia científica.

A su vez, en España se han documentado más de 500 bulos de temática sanitaria difundidos en redes sociales, como la promoción de supuestas terapias “naturales” contra el cáncer, infusiones de bicarbonato o dietas milagrosas. Muchas de estas patrañas estaban construidas sobre fuentes aparentemente fiables, pero manipuladas o descontextualizadas.

La confidencialidad, en entredicho

Uno de los mayores retos para los profesionales de la salud es proteger la confidencialidad del paciente en entornos digitales. Aunque existan normativas claras de protección de datos, compartir imágenes, anécdotas clínicas o casos –aunque sea de manera anónima– puede suponer una vulneración de derechos fundamentales.

A esto se suma una realidad preocupante: muchas plataformas digitales no cuentan con políticas suficientemente estrictas para garantizar la privacidad de la información sanitaria. El resultado puede ser la filtración de datos sensibles o su uso indebido con fines comerciales, sin que el usuario sea plenamente consciente de ello.

Varios casos recientes ponen de relieve la fragilidad de la privacidad en entornos digitales. Revisiones de apps de salud femenina han mostrado que gran parte de estos servicios recopilan y comparten datos íntimos con terceros sin políticas claras ni consentimiento informado. En España, una brecha en la Sociedad Española de Oncología expuso la información clínica de más de 2 000 pacientes, mientras que en Suecia una farmacia fue multada con 3,2 millones de euros por enviar datos sensibles a la compañía Meta sin avisar a los usuarios.

La formación en ciberseguridad y ética digital debe ser una prioridad en el ámbito sanitario para garantizar una adecuada gestión de la información. Saber cómo, cuándo y qué compartir (y qué no) en redes sociales debe ser parte del currículo formativo en todas las disciplinas sanitarias.

La sobreexposición de los profesionales

En los últimos años ha surgido también una presión creciente hacia los sanitarios para que mantengan una “presencia activa” en redes, ya sea compartiendo contenido educativo, resolviendo dudas o participando en campañas de concienciación. Si bien esta labor puede tener un impacto positivo, también conlleva riesgos de sobrecarga, fatiga digital y desgaste emocional.

La interacción constante, los comentarios malintencionados o la exposición pública a críticas afectan al bienestar de muchos profesionales. Es necesario reconocer estos riesgos y encontrar formas de apoyarlos, sin exigir una implicación digital que acabe perjudicando su salud mental o su desempeño clínico.

¿Y la inteligencia artificial?

Un fenómeno emergente que añade complejidad al panorama es el uso de la inteligencia artificial (IA) en la búsqueda y difusión de información sanitaria. Herramientas como asistentes virtuales, chatbots o motores de búsqueda con IA están transformando cómo accedemos a datos médicos. No obstante, su fiabilidad depende de la calidad de los contenidos con los que han sido entrenados.

Además, los algoritmos tienden a personalizar la información que muestran, reforzando creencias previas en lugar de ofrecer contenidos basados en evidencia. Este sesgo de confirmación, amplificado por la tecnología, puede agravar la difusión de bulos y generar desconfianza en las fuentes oficiales.

¿Qué podemos hacer?

Ante la creciente influencia de las redes sociales en el ámbito de la salud, resulta primordial fomentar un uso responsable y consciente de estas plataformas. Es necesario desarrollar estrategias para combatir la desinformación mediante la verificación de contenido y la educación en alfabetización mediática.

Las campañas de concienciación pueden ayudar de manera efectiva en este sentido, educando a los usuarios sobre cómo evaluar la credibilidad de la información que consumen y comparten. Además, los profesionales de la salud deben asumir un papel proactivo en la difusión de contenido veraz y basado en evidencia.

Es necesario establecer normas claras para proteger los datos sanitarios en entornos digitales, garantizando la confidencialidad del paciente. Las plataformas deben aplicar políticas más estrictas y asumir mayor responsabilidad frente a los contenidos engañosos o peligrosos para la salud pública.

El desafío consiste en encontrar un equilibrio entre el aprovechamiento de las ventajas que ofrecen estas herramientas y la protección de la privacidad y la ética profesional. Con un enfoque crítico y regulado, las redes sociales pueden convertirse en un recurso poderoso para la educación y la comunicación sanitaria sin poner en riesgo la integridad de la información

The Conversation

Alberto Bermejo Cantarero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Redes sociales: contraindicaciones de una herramienta poderosa para informar sobre salud – https://theconversation.com/redes-sociales-contraindicaciones-de-una-herramienta-poderosa-para-informar-sobre-salud-258051

El hallazgo de un mecanismo que protege contra las enfermedades autoinmunes, Nobel de Medicina 2025

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ignacio J. Molina Pineda de las Infantas, Catedrático de Inmunología, Centro de Investigación Biomédica, Universidad de Granada

Representación de un linfocito T, célula clave en la inmunidad humana. Vink Fan/Shutterstock

La respuesta inmunitaria humana es capaz de reconocer a los antígenos (sustancias que nuestro sistema inmune identifica como extrañas o potencialmente peligrosas) gracias a un receptor expresado en la superficie de unos glóbulos blancos llamados linfocitos, que permitirá a cada linfocito reconocer a un antígeno y solamente a uno. Gracias a que ese receptor se genera de manera completamente aleatoria durante el desarrollo celular, vamos a generar una cantidad enorme de receptores diferentes. Así podremos reconocer a una cantidad también enorme de antígenos presentes en la naturaleza.

Ahora bien, si la generación del receptor se produce al azar, es muy posible que algunos de ellos reconozcan por error las moléculas del organismo, lo que daría lugar a autoinmunidad, o sea, una respuesta inmunitaria contra nuestro propio cuerpo. Para evitarlo, contamos con poderosos mecanismos que eliminan a estos linfocitos autorreactivos mientras se están generando, de manera que evitamos que salgan a la sangre (la periferia). Es lo que conocemos como tolerancia central.

Pero ¿qué pasa si a este procedimiento biológico se le escapa alguna célula autorreactiva? En este caso, el desarrollo de autoinmunidad parece inevitable.

No tan deprisa: afortunadamente, tenemos otro mecanismo para asegurar que esas células que hubieran podido escapar son inactivadas en la periferia, evitando así el desarrollo de patologías autoinmunes como la diabetes tipo I, la enfermedad celíaca o el lupus. Este es el sensacional descubrimiento que ha deparado el Premio Nobel de Medicina 2025 al japonés Shimon Sakaguchi y los estadounidenses Mary E. Brunkow y Fred Ramsdell.

Dibujo de una mujer y dos hombres
Mary E. Brunkow, Fred Ramsdell y Shimon Sakaguchi, los galardonados con el Premio Nobel de Medicina y Fisiología 2025.
Premio Nobel

Las células T reguladoras salen a la luz

Desde la década 1970, los expertos postulaban la existencia de células que tuvieran la capacidad de suprimir la respuesta inmunitaria en la periferia, evitando así una reacción excesiva que pudiera ocasionar efectos adversos en el organismo. Se sugirió que eran una subpoblación de los linfocitos T CD8+, pero fue imposible demostrarlo experimentalmente. Durante años se instauró entre los inmunólogos la idea de que esas células supresoras no existían.

Shimon Sakaguchi, sin embargo, no se dio por vencido y siguió investigando en este campo. Sus esfuerzos, en contra del pensamiento imperante, se vieron recompensados en 1995, cuando probó claramente la existencia de células con capacidad de regular negativamente la respuesta inmunitaria. Sakaguchi las llamó células T reguladoras.

Lo sorprendente fue que estas células no se encontraban en el compartimento de células T CD8+, como se pensó inicialmente, sino en la otra gran subpoblación de linfocitos T: los llamados CD4+. Sakaguhi demostró, igualmente, que se caracterizaban por expresar en la superficie celular otra molécula, llamada CD25. Sencillamente, se había estado buscando estas células en el linaje equivocado.

Identificando la mutación

En paralelo, los otros dos ganadores del premio, Mary E. Brunkow y Fred Ramsdell, trabajaban en la resolución de otro misterio. Desde hacía años, los científicos disponían de una cepa de ratones muy peculiares que se había originado espontáneamente. Eran los ratones scurfy (escamosos), caracterizados por el desarrollo de una autoinmunidad grave, generalizada y multiorgánica, que daba como resultado la muerte prematura de los animales. Brunkow y Ramsfell observaron que la mutación que dio lugar a esa cepa se encontraba en un gen que bautizaron como Foxp3.

¿Y cómo conectamos ambos descubrimientos? Los investigadores desde hoy reconocidos con el Nobel también estudiaron una enfermedad en humanos muy similar a la sufrida por los ratones, y así contribuyeron a descubrir que la mutación en personas del gen equivalente al Foxp3 de ratón (su ortólogo) producía una enfermedad conocida como IPEX, que cursaba con una autoinmunidad igualmente devastadora. La razón es que Foxp3 es imprescindible para que se generen las llamadas células T reguladoras naturales. Producidas en la glándula del timo, son las que previenen el desarrollo de autoinmunidad y el mantenimiento de la tolerancia periférica.

Al carecer de estas células, los pacientes aquejados de IPEX no pueden mantener la tolerancia y desarrollan procesos autoinmunitarios graves y generalizados (caracterizados por una desregulación de la respuesta inmunitaria, poliendocrinopatía, endocrinopatía y un patrón de herencia asociado al cromosoma X). Fue un descubrimiento fundamental: las células T reguladoras son las guardianas de la tolerancia periférica, un hecho que fue corroborado más tarde por muchos otros estudios.

Células T reguladoras inducidas

Adicionalmente, en el esfuerzo de prevenir autoinmunidad, la naturaleza nos ha dotado de un segundo mecanismo para mantener la proverbial tolerancia periférica. Las células T reguladoras no solo se producen a nivel central en el timo, sino que pueden inducirse en la periferia. En efecto, si las células vírgenes T CD4+ son estimuladas en presencia de determinados factores solubles (citocinas) podemos conseguir que se expandan y viajen hacia esa subpoblación reguladora, añadiendo una capa más en el control de la autoinmunidad.

¿Y podemos aplicar estos descubrimientos a la clínica? Desde luego que sí. Si expusiéramos a un paciente con autoinmunidad a una potente acción de las células T reguladoras, entonces quizá podríamos detener o incluso revertir su problema. Esta idea está siendo perseguida con ahínco, y hay registrados un total de 338 ensayos clínicos que intentan modular la actividad de las células T reguladoras para tratar ciertas enfermedades autoinmunes.

Pero no solo eso. También podrían usarse en la prevención del rechazo de trasplantes e, incluso, en el tratamiento de tumores. En este último caso, buscaríamos justo lo contrario: disminuir la actividad de las células T reguladoras para que el sistema inmunitario montase una respuesta antitumoral más potente.

Estos hallazgos nos vuelven a mostrar cómo un descubrimiento de las ciencias básicas es aplicado al tratamiento de enfermedades humanas. Gracias a Shimon Sakaguchi, Mary E. Brunkow y Fred Ramsdell sabemos que las células T reguladoras brillan con luz propia en la regulación de la respuesta inmunitaria.

The Conversation

El laboratorio del Dr. Ignacio J. Molina ha recibido fondos competitivos de investigación de organismos ministeriales españoles, autonómicos (Junta de Andalucía) y de Action for AT, United Kingdom Charity.

ref. El hallazgo de un mecanismo que protege contra las enfermedades autoinmunes, Nobel de Medicina 2025 – https://theconversation.com/el-hallazgo-de-un-mecanismo-que-protege-contra-las-enfermedades-autoinmunes-nobel-de-medicina-2025-266828

El dolor sin pixelar de la infancia gazatí: la publicación de imágenes de niños muertos y heridos cuando no son de los ‘nuestros’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Guillermo Gurrutxaga Rekondo, Periodista. Profesor de Periodismo., Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

El rostro de un niño asoma entre las sábanas azules que cubren parte de su pequeño cuerpo. No tendrá más de cinco años. En su cabeza aún son visibles las manchas de sangre que impregnan las vendas que rodean su cráneo. Cinco hombres sostienen la camilla metálica sobre la que yace en lo que parece la morgue de un hospital.

La fotografía, tomada en Gaza, es del pasado jueves 25 de septiembre y fue difundida por una agencia y publicada por medios internacionales, entre ellos, españoles. Es de esas fotos ante las que cuesta mostrarse indiferente, aunque la reacción que causa en quien la ve sea tan breve que, incluso con los ojos humedecidos, continúe con sus quehaceres diarios.

La escena recoge el funeral del pequeño, según indica el pie de foto. A falta, incluso, de féretro, se ve al detalle su cara. Difícilmente podrá saberse si su madre y su padre viven o forman parte, como él, de las 680 000 personas que, según la relatora especial de la ONU para los Territorios Palestinos Ocupados, Francesca Albanese, han fallecido a consecuencia de lo que la propia organización denomina genocidio.

Afortunadamente, en nuestro contexto no hay bombardeos que maten a niños o los dejen sin hogar. Pero esto último, salvadas las distancias, ocurrió también en la dana que el 29 de octubre de 2024 asoló a la Comunidad Valenciana. En ese caso no fueron bombas, sino la lluvia, la que convirtió sus viviendas en insalubres. No los vimos llorando frente a la cámara. No, al menos, con su rostro identificado.

Qué dice la legislación española

Por un lado, la legislación española impide la difusión de la imagen de un niño o niña incluso en situaciones tan cotidianas como una riña en el parque. Lo hacen desde la propia Constitución española hasta la Ley Orgánica 8/2021, cuyo artículo 3 incide en la protección de “la imagen del menor desde su nacimiento hasta después de su fallecimiento”.

Por otro, en los propios medios de comunicación españoles se imponen códigos éticos. Están recogidos en manuales y libros de estilo internos que todas las personas que conforman la redacción deben cumplir. Entre las directrices hay normas que, con frecuencia, van más allá, incluso, que las propias leyes.

Pero ni leyes ni códigos éticos se están cumpliendo en el actual contexto de violencia indiscriminada al que están sometidos estos niños y niñas por parte del Gobierno de Israel. Tampoco en lo relacionado con sus imágenes.

No es algo nuevo, ni siquiera en relación con Palestina. Una investigación halló que la mayoría de fotografías publicadas en la prensa generalista española durante 2010 sobre el conflicto palestino-israelí en las que aparecían bebés, niños y jóvenes transgredía la normativa legal y vulneraba principios de la deontología periodística.

Porque, por ejemplo, el Manual de Estilo de RTVE justifica la difusión de imágenes de menores, incluso en informaciones contrarias a sus intereses, siempre que se “empleen los medios precisos para garantizar su anonimato”, como no incluir su “su nombre ni su imagen” o “distorsionar su rostro”.

De Kim Phuc a Aylan

El mundo conserva en su retina el rostro de Kim Phuc, la niña vietnamita de 9 años que corría desnuda junto a otros niños ante la pasividad de unos soldados, mientras la piel se le caía afectada por las quemaduras ocasionadas por el napalm lanzado sobre civiles. Aquella fotografía le valió el Pulitzer al fotógrafo vietnamita Nick Ut, aunque hay controversia sobre su autoría.

Afortunadamente, la sociedad cuenta con el impagable trabajo de reporteras y reporteros gráficos que, en muchas ocasiones, se juegan la vida para trasladar al mundo el sufrimiento humano y, en concreto, el de las personas más vulnerables. Gracias a su labor, también las generaciones posteriores podemos vislumbrar, con una sola foto, la injusticia, el horror y el terror.

El 2 de septiembre se cumplían 10 años de la icónica imagen del niño sirio Aylan. La fotoperiodista turca Nilufer Demir inmortalizó su cuerpo de tres años postrado, boca abajo, en una orilla del Mediterráneo. Viajaba con su madre, su hermano y su padre en la huida a una Europa que les cerraba, como sigue cerrando, las puertas a quienes huyen de la guerra y el hambre. Su pequeña embarcación de madera volcó.

La publicación de la fotografía parecía romper la indiferencia de quienes en aquel entonces gobernaban Europa. El primer ministro británico entonces, David Cameron, se confesó “conmovido” y la canciller alemana, Angela Merkel, se mostró concernida por la tragedia que aquella imagen reflejaba.

Solo unos pocos medios pixelaron, es decir, difuminaron hasta hacerla borrosa, la cara del pequeño Aylan, a quien su padre tuvo que enterrar, al igual que a la madre y a otro hermano del pequeño.

Pocas cosas habrá tan íntimas como el recuerdo de un hijo muerto. Pero el padre de Aylan no podrá borrar de su memoria la cabeza del pequeño, con su pelo corto, la camiseta roja y el pantaloncito azul, al igual que los zapatitos sin calcetines que vestía aquel fatídico 2 de septiembre.

Argumentos a favor

La publicación de rostros de niñas y niños sin un retoque que impida su identificación tiene argumentos a favor. Entre ellos, y sobre todo, dar a a conocer para concienciar y cambiar las cosas por su capacidad de impactar.

Desde aquella fotografía de Aylan, otras 30 000 personas han muerto en el Mediterráneo. Muchas de ellas, niñas y niños como él. Como los de Gaza, a quienes con frecuencia se retrata sin preservar su rostro con el alma y el cuerpo castigados por las bombas y el hambre. Tan niños y niñas como los nuestros, pero a los que los medios de comunicación, al igual que la injusticia, tratan de manera diferente. ¿Será que no tienen futuro?

The Conversation

Guillermo Gurrutxaga Rekondo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El dolor sin pixelar de la infancia gazatí: la publicación de imágenes de niños muertos y heridos cuando no son de los ‘nuestros’ – https://theconversation.com/el-dolor-sin-pixelar-de-la-infancia-gazati-la-publicacion-de-imagenes-de-ninos-muertos-y-heridos-cuando-no-son-de-los-nuestros-265951