Le blocus américain du détroit d’Ormuz est-il légal ?

Source: The Conversation – in French – By Donald Rothwell, Professor of International Law, Australian National University

La menace d’un blocus américain du détroit d’Ormuz fait craindre une reprise des hostilités. Un tel blocus, légal en temps de guerre, pourrait perturber fortement l’approvisionnement mondial en pétrole et accentuer les tensions diplomatiques, même si sa portée exacte reste incertaine. Cette stratégie constituerait un levier de pression économique majeur sur l’Iran, tout en remettant en question le principe fondamental de liberté de navigation mais pourrait aussi, à terme, déboucher sur une réouverture durable du détroit.


Les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran ayant échoué au Pakistan, le fragile cessez-le-feu est à nouveau au bord de l’effondrement. Donald Trump a de nouveau durci son discours et annoncé que la marine américaine allait bloquer le détroit d’Ormuz.

Le président a déclaré que les États-Unis intercepteraient les navires ayant payé un péage à l’Iran pour traverser le détroit, accusant Téhéran de procéder à un « racket » en imposant cette redevance.

Cependant, le New York Times rapporte que l’armée américaine prévoit de bloquer uniquement les ports et les zones côtières iraniens, tout en autorisant le passage des navires d’autres pays, ce qui semble constituer un assouplissement par rapport à la déclaration initiale du président.

Si un tel blocus venait à être mis en place, quelles en seraient les implications ?

En temps de guerre, le blocus est légal

À l’heure actuelle, la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran se trouve dans une sorte d’impasse. Des pourparlers de paix ont été conduits – mais ont échoué – et les combats ont pour l’heure été interrompus. Cependant, la paix n’est pas non plus définitivement établie.

La question cruciale est donc de savoir si les États-Unis ou l’Iran se livrent à des agissements qui mettent en péril le cessez-le-feu – et le blocus par des navires de la marine américaine du détroit d’Ormuz, voie de communication économique vitale, aurait certainement un tel effet. D’un point de vue strictement juridique, si les États-Unis imposent un blocus, alors le cessez-le-feu n’a plus cours et les hostilités reprennent.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, l’Iran interdit de facto la navigation dans le détroit. Le comportement de Téhéran peut se justifier par le fait qu’un conflit armé est en cours et que la sécurité de tous les navires transitant par le détroit est menacée. Certains navires ont traversé le détroit soit sous escorte iranienne, soit, selon certaines informations, après avoir versé une sorte de « péage » à l’Iran. Cette pratique doit être appréhendée dans le contexte d’un conflit armé international où les libertés normales de navigation sont suspendues.

Il est également important de distinguer les différents acteurs de ce scénario. En droit international, on parle de « belligérants » et de « neutres » dans le contexte d’un conflit armé. Il ne fait aucun doute que les États-Unis, Israël et l’Iran sont des belligérants dans ce cas précis. Cela signifie donc que les États-Unis, en tant que belligérant, peuvent légitimement imposer un blocus en vertu du droit international – plus précisément, du droit de la guerre maritime.

L’imposition de blocus maritimes comme méthode de guerre est une méthode très ancienne. L’exemple le plus récent remonte à décembre 2025, lorsque les États-Unis ont imposé un blocus aux pétroliers entrant et sortant du Venezuela, en plus d’imposer des sanctions à ce pays.

Compte tenu de l’importance cruciale du détroit d’Ormuz pour le transit du pétrole brut, lequel est indispensable pour l’approvisionnement en carburant de nombreux pays de la planète, un blocus limiterait encore davantage cet approvisionnement et provoquerait une nouvelle hausse des prix de l’essence.

Trump a également menacé la Chine de lui imposer des droits de douane de 50 % s’il s’avérait qu’elle aide l’Iran dans ce conflit.

Quelle issue ?

On ne sait pas encore exactement comment et sous quelle forme ce blocus sera mis en place, ni même s’il sera effectivement instauré.

La déclaration initiale de Trump selon laquelle l’armée américaine bloquerait l’ensemble du détroit et prendrait pour cible les navires ayant versé de l’argent à l’Iran pour être autorisés à passer est de nature à provoquer de nouvelles tensions diplomatiques avec les pays du monde entier. Le président a déclaré que d’autres pays, outre les États-Unis, participeraient au blocus, mais aucun État ne semble à ce stade pressé de contribuer à cette opération.

Si l’intention est de limiter le blocus aux ports iraniens, il s’agirait alors d’une forme très classique de blocus naval entre « belligérants ». Les navires qui ne proviennent pas de ports iraniens et qui, jusqu’à présent, se sont vu interdire de quitter le golfe Persique par le détroit pourraient alors, en théorie, commencer à traverser le détroit pour rejoindre l’océan Indien.

Si le blocus est mis en place, l’armée américaine aura fait étalage de ses immenses capacités, étant donné qu’une telle nécessitera le déploiement de très importants moyens navals. Et l’affirmation de Trump selon laquelle les États-Unis contrôlent la région aura été confirmée par les faits.

Il s’agit également d’une tactique de négociation redoutable, en raison des difficultés économiques que cette mesure infligera à l’Iran s’il se trouve dans l’incapacité de poursuivre ses exportations de pétrole. Cela ne fera qu’aggraver les souffrances déjà intenses du peuple iranien.

La liberté de navigation dans les détroits internationaux tels que celui d’Ormuz est l’un des principes fondamentaux du droit international sur lequel reposent le commerce international et l’économie mondiale. C’est un principe que les États-Unis ont toujours défendu avec fermeté. La menace d’un blocus américain de l’Iran et les opérations de déminage associées à ce projet pourraient constituer un petit pas vers la réouverture de cette voie maritime essentielle.

The Conversation

Donald Rothwell a reçu des financements de l’Australian Research Council.

ref. Le blocus américain du détroit d’Ormuz est-il légal ? – https://theconversation.com/le-blocus-americain-du-detroit-dormuz-est-il-legal-280628

IA : le piège d’un langage statistique qui ressemble au nôtre

Source: The Conversation – in French – By Mazarine Pingeot, Professeure de philosophie, Sciences Po Bordeaux

L’intelligence artificielle générative, telle que ChatGPT et consorts, produit du texte cohérent sans perception, sans corps, sans vécu et sans conscience. Telle est la nouveauté radicale qu’il s’agit de penser.


Lorsqu’on questionne ChatGPT, Claude ou autre « Chat » sur n’importe quel sujet, il répond comme s’il était un interlocuteur omniscient. Pourtant, ce langage est produit de façon statistique, en intégrant la multiplicité des contextes – ce qui lui permet de répondre de façon adéquate et à chaque fois différente, en fonction du contexte d’énonciation –, en agrégeant d’immenses masses de données (les large langage models ou LLM). Cette spécificité introduit une nouvelle dimension : si la machine parle comme l’humain, alors même que le langage était perçu par un certain nombre de philosophes, au premier rang desquels René Descartes, comme l’indice de la pensée, et donc de la reconnaissance chez l’autre de son « humanité », comment distinguer l’humain de la machine ?

Cette question, à la base du test de Turing, pourrait paraître rhétorique, pourtant, nombreuses sont les pratiques qui attestent de cette confusion, l’intelligence artificielle (IA) générative étant parfois utilisée comme assistant, comme ami, et pouvant faire éventuellement fonction de psychologue. Ne serait-ce que dans notre manière de lui poser des questions, nous nouons avec elle un dialogue et sommes donc victimes d’une projection anthropomorphique fort naturelle dès lors que l’autre – machine ou humain – nous répond. La façon dont nous nous adressons à notre « chat » en témoigne : nous lui parlons parfois avec politesse, en utilisant souvent la deuxième personne du singulier « Tu ».

Comment repenser alors le langage s’il n’est plus l’indice d’une pensée consciente ? Et comment distinguer le langage humain du langage de la machine ? Dans sa structure, sa syntaxe, sa cohérence, il est identique.

Pourtant, le fait que les textes produits par l’IA générative soient bientôt majoritairement issus non plus de textes écrits par des humains, mais d’autres textes générés par l’IA pose un premier problème de référentialité.

Une production statistique déconnectée de la vérité

On le sait depuis les travaux du linguiste Roman Jakobson, le langage a plusieurs fonctions (informer, entrer en contact, créer du lien, de la beauté, etc.). La fonction référentielle est celle qui lie le langage au réel et qui en fait le lieu de la vérité au sens d’une adéquation entre un énoncé et la réalité dont il parle. C’est là, la fameuse définition de Thomas d’Aquin (env. 1225-1274) « Veritas est adaequatio rei et intellectus » (« La vérité est l’adéquation de la chose et de l’intellect »). Ainsi, « seuls des énoncés peuvent être vrais ou faux. Les choses, quant à elles, même si, par un abus de langage, il arrive qu’on les qualifie de “vraies” ou de “fausses”, sont réelles ou irréelles, authentiques ou artificielles. Mais elles ne sauraient être “vraies”» », peut-on lire dans l’article de l’Encyclopédie Universalis sur la vérité au sens général.

Ainsi, l’énoncé « il fait beau » a du sens s’il fait beau, et il est censé donner une information sur le temps qu’il fait, à des fins multiples (organiser sa journée, choisir de prendre ou non son vélo, etc.). À quoi sert de dire « il fait beau » si ce n’est pour communiquer cette information, ou pour créer un lien avec un autre du seul fait que je m’adresse à lui (on parle alors de fonction phatique du langage.

Certes, l’écriture va médiatiser l’idée même de communication mais elle demeure le vecteur d’un savoir, d’une information, d’une relation entre celui qui lit, celui qui écrit, et ce sur quoi porte l’écrit.

Voici que le langage pourtant s’émancipe de ses fonctions référentielle et phatique.

La production du langage s’autonomise de la réalité

L’énoncé produit par l’intelligence artificielle générative ne fait plus signe vers une extériorité, et ce de façon structurelle, puisqu’elle fonctionne de façon statistique, en prenant en compte le contexte, à partir de bases de données numériques. La médiation risque d’être exponentielle, si les textes produits par l’IA finissent par remplacer ceux produits par l’humain. L’IA générative produit à partir d’elle-même et de façon algorithmique un énoncé qui n’a, par définition, aucune intention communicative. Il est le fruit d’un calcul.

Quel enseignement en tirer ? Que la structure même de la production du langage s’autonomise de la réalité : on ne peut pas en vouloir à la machine de ne pas lever les yeux au ciel pour confirmer qu’il fait beau.

Ainsi c’est la condition même de la vérité qui est évacuée. Dans « Vérité et politique », la philosophe Hannah Arendt distingue la « vérité de fait » et la « vérité de raison », renvoyant cette dernière à la vérité scientifique, et la première à « ce qui a eu lieu », autrement dit un réel minimal, condition du commun. Or, c’est cette vérité que les idéologies totalitaires ont remise en question, substituant à la réalité un système plus au moins cohérent d’idées ou de croyances. Mais les démocraties de masse ne sont pas en reste : pour Arendt, la publicité propose elle aussi un substitut au réel.

Aujourd’hui, l’idéologie n’est plus nécessaire pour substituer au rapport au monde un discours délié du monde. C’est la condition même d’énonciation qui rend caduque la catégorie de « vérité de fait » puisque l’intelligence artificielle générative, dans son fonctionnement même, ne se réfère pas au réel pour produire du langage, même si un lien au second degré demeure, puisque la production statistique de LLM part d’énoncés produits hors LLM. La déliaison est consommée entre produire du langage (qui est pourtant supposé être le lieu de la vérité), et le réel sur lequel porte le langage.

Ainsi la post-vérité dans laquelle nous vivons désormais est structurellement consolidée : il ne s’agit pas seulement d’une indifférence à la vérité, il s’agit d’une production de contenu délié, ou indépendant de la possibilité même du vrai ou du faux, même si un grand nombre de textes qui nourrissent les LLM proviennent encore des humains. L’idéologie n’est pas dans ce qui est dit, produit, écrit : elle est dans l’émancipation d’une production du langage par rapport au réel et à l’idée même de référentialité. L’intelligence artificielle générative n’a pas inventé la post-vérité, mais par son fonctionnement, elle en consolide la structure.

Un langage formaté en amont par des entreprises privées ?

À cela s’ajoute le fait que cette production est le monopole d’entreprises privées. Nous vivons dans un monde capitaliste, nul ne l’ignore, dont le principe est que les moyens de production sont concentrés entre les mains de quelques-uns. C’est ce que Marx appelait l’infrastructure, la superstructure désignant toutes les autres sphères – la politique, la culture. Or, aujourd’hui, l’infrastructure produit du langage. Et le langage est sous-jacent à toutes les superstructures : comme le dit le linguiste Klemperer, il est le moyen de propagande le plus public et le plus secret à la fois. Public, puisque nous ne pouvons nous passer du langage pour vivre en société ; secret, parce que nous ne nous rendons pas compte à quel point le langage est traversé par des normes qui nous façonnent plus que nous les façonnons et que nous véhiculons à notre tour en parlant.

« À chaque époque correspondent des techniques de reproduction bien déterminées » écrivait Walter Benjamin. La technique influe sur l’usage de la langue : au XIXᵉ siècle, la presse de masse transformait la manière d’écrire, entraînant un nouveau genre littéraire – le roman – que Benjamin dans le Raconteur oppose au récit, mais aussi la prolifération d’une presse à sensation, s’intéressant aux faits divers et proposant une « narration » attractive.

Le langage serait donc de plus en plus inféodé à ses moyens de production techniques. Certes, on peut considérer qu’il l’était déjà dans son usage public, mais c’est désormais le cas également des usages intimes, professionnels, amicaux, autrement dit de quasiment tous les usages, y compris lorsqu’on n’a nul besoin de la technologie pour communiquer : il nous arrive de correspondre par mail lorsqu’on partage le même bureau, d’assister à des réunions en visioconférence alors que quelques mètres nous séparent, de communiquer par Instagram assis côté à côte… Ce qui a des conséquences décisives notamment sur la politique, et plus spécifiquement sur la démocratie, dont le matériau premier est précisément le langage et les différents droits qui lui sont associés.

« Être politique, écrit Hannah Arendt, vivre dans une polis, cela signifiait que toutes choses se décidaient par la parole et la persuasion et non pas par la force ni la violence. » Elle ajoutait que c’est en apparaissant aux yeux de tous que la parole devenait politique. Il fallait donc un espace pour que celle-ci soit entendue, un espace « public » pour « une parole politique ».

Mais qu’est-ce qu’un espace public et qu’une parole politique, lorsque le langage s’émancipe dans sa production, à la fois du réel, et du sujet d’énonciation ? En étant productrice autonome de langage sans référentialité, l’IA générative accomplit techniquement le fantasme d’une énonciation sans sujet.

Que le langage ne soit plus ce qui distingue la machine de l’humain a ainsi des conséquences à la fois politiques et métaphysiques. Le rapport au réel est en train de se transformer au profit de médiations invisibles qui privatisent le langage : celui-ci ne permet plus de reconnaître dans le destinateur ou le destinataire un « autrui ». Pourtant, le langage n’a de sens qu’à être adressé à un autre être humain. Pour la machine, il est asémantique. Sauver le sens du langage, c’est sauver l’idée même de sujet. C’est à cette condition qu’il gardera ses vertus émancipatrices.


Mazarine M. Pingeot est l’autrice d’Inappropriable. Ce que l’IA fait à l’humain, (Flammarion, février 2026).

The Conversation

Mazarine Pingeot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. IA : le piège d’un langage statistique qui ressemble au nôtre – https://theconversation.com/ia-le-piege-dun-langage-statistique-qui-ressemble-au-notre-276544

Élections hongroises : un tournant européen aux accents nationaux

Source: The Conversation – in French – By Alexandre Massaux, Chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Le 12 avril, la Hongrie met fin à 16 années de pouvoir de Viktor Orban : son parti est battu par le TISZA de Péter Magyar, qui s’impose avec une majorité. Au-delà de l’alternance, ce résultat marque un tournant politique majeur, susceptible de redéfinir les institutions du pays et ses relations avec l’Union européenne, la Russie, l’Ukraine et les États-Unis.


Dans ce contexte, la transition politique hongroise ne se limite pas à un changement de gouvernement, mais ouvre une phase d’incertitude sur les orientations futures du pays.

En tant que chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand et spécialiste des relations internationales, j’analyse les politiques en Europe centrale et les enjeux liés aux nouvelles technologies.

Lié au pouvoir… jusqu’en 2024

La trajectoire de Péter Magyar éclaire en partie sa victoire. Le dirigeant de TISZA (Parti Respect et liberté) a travaillé au sein du parti de Viktor Orban (FIDESZ) pendant 20 ans dès les années 2000. Après la victoire du parti en 2010, il a occupé plusieurs fonctions au sein du ministère des Affaires étrangères, puis dans la représentation permanente de la Hongrie auprès de l’Union européenne, et enfin dans le cabinet du premier ministre Viktor Orban en 2015.

Peter Magyar rompt les liens avec FIDESZ et joint TISKA en 2024, en pleine crise politique : un ancien directeur adjoint d’un foyer pour enfants, condamné en 2022 pour avoir couvert les agissements de son supérieur dans une affaire de pédocriminalité, obtient une grâce présidentielle. À cela s’ajoute des accusations de corruption au sommet de l’État.

TISZA s’inscrit dans le Parti populaire européen (PPE), principal groupe politique de l’Union européenne au centre droit. Celui-ci rassemble notamment comme partis la CDU-CSU allemande du chancelier Friedrich Merz ainsi que la Plateforme civique polonaise du premier ministre Donald Tusk. À noter que le FIDESZ était, lui aussi, jusqu’en 2021 membre du PPE, avant de le quitter.

Ces éléments indiquent que Péter Magyar n’est pas un opposant historique du FIDESZ mais qu’il s’oppose à ce qu’est devenu le parti. C’est probablement la raison de sa victoire : proposer de revenir à ce qu’était la proposition politique d’il y a 16 ans. Le cœur de son programme repose sur la lutte contre la corruption et le capitalisme de connivence.

Constitution et immigration

Le fait d’avoir une majorité constitutionnelle donne à TISZA la capacité de modifier la constitution hongroise qui avait été adoptée en 2011, puis amendée plusieurs fois par le gouvernement d’Orban. Il est trop tôt pour savoir en quoi consisteraient précisément les changements opérés par TISZA, mais il est prévisible qu’il s’agirait d’un alignement sur l’Union européenne en matière d’équilibre des pouvoirs.

Sur les questions sociétales, ses positions restent aussi à définir. Sur l’immigration, Péter Magyar adopte une ligne de fermeté assumée, proche de celle de Viktor Orban : il défend une politique de contrôle strict des flux migratoires et s’inscrit dans un discours de protection des intérêts nationaux, allant jusqu’à soutenir des mesures restrictives vis-à-vis de l’entrée de nouveaux migrants.




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Une prise de distance vis-à-vis de la Russie

L’un des points les plus importants du programme de Péter Magyar est sa politique étrangère. Sous Viktor Orban, la Hongrie s’était imposée comme l’un des États membres les plus proches de Moscou au sein de l’Union européenne, freinant à plusieurs reprises les initiatives européennes, notamment sur le dossier ukrainien. Péter Magyar entend rompre avec cette ligne et rapprocher Budapest des autres capitales européennes.

L’un des enjeux immédiats est le rétablissement des relations avec les institutions européennes afin de débloquer des fonds gelés à la suite des tensions entre Bruxelles et Budapest, évalués à plus de 6 milliards d’euros. La Hongrie est l’un des principaux bénéficiaires nets du budget de l’Union européenne.

Toutefois, cet alignement sur l’UE risque de ne pas être absolu. TISZA a eu tendance à voter au parlement européen de la même manière que le FIDESZ sur un certain nombre de sujets, notamment sur les questions migratoires. Sur l’Ukraine, les positions restent ambiguës : Péter Magyar s’est opposé à une accélération de l’adhésion ukrainienne à l’UE, tout en soutenant la levée du veto hongrois concernant l’aide européenne à Kiev, estimée à 90 milliards d’euros.

Il faut également s’attendre à une relance du groupe de Visegrad, le V4, avec un rapprochement vers la Pologne du premier ministre Donald Tusk, qui a soutenu Péter Magyar. Le V4, un format de coopération entre la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie, constitue un cadre informel destiné à porter les positions de l’Europe centrale au sein de l’Union européenne. Fragilisé depuis 2022 par les divergences entre Varsovie et Budapest sur la question russe, le groupe pourrait retrouver une forme de cohésion avec l’arrivée de TISZA au pouvoir.




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Des alliances assumées, mais une souveraineté revendiquée

Concernant les relations avec les États-Unis, Péter Magyar entend maintenir des liens étroits avec Washington. Lors de la visite du vice-président JD Vance en Hongrie pour soutenir Viktor Orban, Péter Magyar a déclaré sur son compte X que son gouvernement verrait les États-Unis comme un partenaire clé en tant qu’allié dans l’OTAN et comme partenaire économique.

Toutefois, il a aussi déclaré que « l’histoire de la Hongrie ne s’écrit ni à Washington, ni à Moscou, ni à Bruxelles ». Ce qui résume bien sa vision politique internationale.

Finalement, la politique gouvernementale devrait adopter une ligne diplomatique globalement pro-européenne, mais marquée par une volonté de préserver des marges de manœuvre nationales, ce qui pourrait maintenir certains désaccords avec Bruxelles.

La Conversation Canada

Alexandre Massaux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Élections hongroises : un tournant européen aux accents nationaux – https://theconversation.com/elections-hongroises-un-tournant-europeen-aux-accents-nationaux-280507

Marina Abramović, Li Binyuan et Paula Garcia… Quand les performances artistiques apprennent à observer le fonctionnement des organisations

Source: The Conversation – France (in French) – By Yanina Rashkova, Assistant Professor of Organizational Behavior at EDHEC, EDHEC Business School

Quoi de commun entre un séminaire de cadres dirigeants et une performance artistique ? Vous êtes vraisemblablement tenté de répondre d’un définif : « Rien ! » Et pourtant, si les buts n’ont évidemment rien à voir, le monde des performances offre d’intéressants enseignements pour les praticiens du management. Illustration avec les happenings signés Marina Abramović, Li Binyuan et Paula Garcia.


L’art contemporain, en particulier les performances artistiques, est souvent perçu comme ambigu et inaccessible. Prenons l’exemple de cette femme silencieuse, assise à une table dans un musée, sans rien faire, invitant des inconnus à s’asseoir en face d’elle. Quelle signification revêt cette action pour le grand public ? Faut-il la vivre, la penser ou la ressentir ?

En quoi une telle action peut-elle contenir aussi une leçon pour les managers ? Que peut apprendre d’un tel acte, quelqu’un chargé de diriger une équipe et/ou une organisation complexe ?

L’art de la performance ne concerne pas seulement l’expression per se, mais aussi la perception. Il rend visible l’invisible. Et en ce sens, il peut offrir aux managers quelque chose de profondément pratique et utile pour eux : de nouvelles façons de voir.

Dans mes recherches, j’explore comment le travail de l’artiste de renommée internationale Marina Abramović, ainsi que celui des artistes associés à son institut, peut inspirer les managers à repenser la manière dont ils observent, interagissent avec et remodèlent leurs organisations.




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L’attention est source de transformation

En 2010, au Museum of Modern Art de New York, Marina Abramović est restée assise en silence dans l’atrium du musée pendant trois mois. Huit heures par jour. Immobile. En face d’elle se trouvait une chaise vide, et les visiteurs étaient invités à s’asseoir aussi longtemps qu’ils le souhaitaient. Elle ne parlait pas, ne bougeait pas. Elle restait simplement pleinement présente. Les visiteurs ont réagi de manière inattendue. Beaucoup ont pleuré, certains ont souri, d’autres ont tremblé. Dans le silence, des émotions longtemps enfouies (par exemple, le chagrin, la vulnérabilité, le désir, le soulagement) ont refait surface.

Cette performance met en lumière une idée cruciale : l’attention est source de transformation. Lorsqu’une personne se sent véritablement vue, ce qui est caché devient souvent visible. Pour les managers et dirigeants, cette possibilité ouvre des pistes très intéressantes et pertinentes.

Comment rendre visible l’invisible ?

Dans les organisations, les individus cachent souvent non seulement leurs inquiétudes et leurs frustrations, mais aussi leurs idées. Les réunions sont précipitées et les conversations sont décousues. Les managers écoutent d’une oreille distraite tout en consultant leurs smartphones ou en préparant leur prochaine réponse.

Le travail d’Abramović suggère une alternative radicale : offrir une présence sans partage. Créer des espaces où les employés ne sont ni interrompus, ni jugés, ni pressés. Lorsque les managers sont pleinement attentifs, sans agenda, sans être en train de réaliser d’autres tâches, ils commencent à remarquer ce que les systèmes de reporting standard ratent : les tensions subtiles, les courants émotionnels sous-jacents et, surtout, les idées plus ou moins grandes.

Cette présence que l’on peut nommer totale (ou en pleine conscience) peut devenir une pratique analytique. Elle permet alors aux managers et dirigeants de détecter des problèmes latents avant qu’ils ne s’aggravent ou de soutenir les premiers signes de grandes innovations. Ils peuvent aussi voir plus, et plus loin.

Démonter pour comprendre

Dans Breakdown, Li Binyuan grimpe sur un pilier de quatre mètres de haut qui ressemble à un monument. Une fois au sommet, il commence à marteler la structure même qui se trouve sous ses pieds. Morceau par morceau, il démantèle la base qui le soutient. La structure se révèle à travers sa désintégration. En détruisant le pilier par le haut, Li Binyuan en dévoile la construction : ses couches et sa logique interne. Ce qui rend cette performance si puissante, c’est qu’elle illustre le fait que pour comprendre quelque chose, il faut le démonter.

Pour les managers et les dirigeants, c’est une leçon percutante. Les organisations apparaissent souvent comme des entités solides et monolithiques : « la culture », « la stratégie », « la structure ». Mais ces abstractions sont constituées d’éléments plus petits et interconnectés, tels que les routines, les incitations, les normes informelles, les relations de pouvoir et les habitudes quotidiennes. Tant que ces éléments – et d’autres – restent intacts et incontestés, l’organisation peut sembler impénétrable.

Pour vraiment comprendre comment fonctionne une organisation, les managers doivent la démonter – conceptuellement, et parfois concrètement. Cela ne signifie pas une destruction au sens littéral. Cela signifie isoler et examiner ses éléments constitutifs pour mieux la cerner.

Se transformer pour révéler les liens

Dans Noise Body, Paula Garcia commence par se présenter le corps dénudé et visible tel qu’il est. Elle fixe ensuite de puissants aimants sur elle-même. Un à un, des collaborateurs ajoutent des fragments de métal industriel (boulons, éclats, ferraille) jusqu’à ce que son corps soit presque entièrement recouvert de débris mécaniques. À mesure que le métal s’accumule, nous commençons à percevoir des relations jusque-là invisibles : la force magnétique qui lie les éléments entre eux. L’acte de transformation rend visible la structure des liens.

Pour les managers, cette performance comporte une autre leçon. Parfois, on ne comprend les liens entre les éléments de l’organisation que lorsque l’on modifie délibérément leur disposition. Les organisations sont des réseaux de composants interconnectés : rôles, technologies, incitations, flux de communication, espaces physiques.

Ce qui sous-tend la hiérarchie

Pourtant, ces liens restent souvent cachés. Nous voyons des départements ou des services, pas des dépendances. Par exemple, passer de primes individuelles à des récompenses à l’échelle d’une équipe révèle souvent à quel point les tâches sont, en réalité, étroitement interdépendantes. Les employés qui percevaient auparavant leur travail comme autonome se rendent soudain compte dans quelle mesure ils dépendent de la contribution des autres. Cette refonte fait apparaître le réseau qui sous-tend la hiérarchie.

Fondation Beyeler, 2015.

Le travail artistique de Garcia suggère que la compréhension ne vient pas toujours de l’observation d’un système stable. Parfois, nous devons modifier la configuration ou réorganiser les éléments pour mieux voir la façon dont ils s’attirent, se repoussent ou se contraignent mutuellement.

Le management, un art de l’observation

Après tout, l’art de la performance n’est pas si abstrait ni si ambigu, et peut même s’avérer utile aux managers d’organisations contemporaines en leur apprenant à mieux percevoir leur environnement organisationnel.

Le travail de Marina Abramović nous enseigne que lorsque les managers ralentissent le rythme et accordent toute leur attention, des éléments cachés apparaissent. Celui de Li Binyuan démontre que pour comprendre une structure, il faut être prêt à la démonter. Enfin, les performances de Paula Garcia montrent que lorsque l’on réorganise les éléments d’une structure, les liens qui les unissent deviennent visibles.

Si l’art de la performance ne fournit pas de techniques de gestion toutes faites, il met en avant des conseils pratiques pour aider les managers à affiner leur capacité d’observation. Et dans les organisations complexes, cette capacité à voir plus clair pourrait bien constituer l’avantage stratégique par excellence.

The Conversation

Yanina Rashkova ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Marina Abramović, Li Binyuan et Paula Garcia… Quand les performances artistiques apprennent à observer le fonctionnement des organisations – https://theconversation.com/marina-abramovic-li-binyuan-et-paula-garcia-quand-les-performances-artistiques-apprennent-a-observer-le-fonctionnement-des-organisations-279395

Sentir le goût des mots, entendre le son des couleurs… Comment la science explique-t-elle la synesthésie ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sophie Smit, Postdoctoral Research Associate in Cognitive Neuroscience‬, University of Sydney

Les synesthètes présentent des associations durables entre plusieurs sens. Vitally Gariev/Unsplash

De 1 % à 4 % de la population mondiale présenterait une synesthésie. Ce phénomène, qui se traduit par l’association de plusieurs sens, fascine et intrigue les scientifiques.


Avez-vous déjà « goûté » un mot, ou vu des couleurs en écoutant de la musique ? Si c’est le cas, vous faites peut-être partie des 1 % à 4 % de personnes dotées d’une fascinante particularité : la synesthésie.

La synesthésie est un phénomène neurologique par lequel l’activation d’un sens – l’ouïe, par exemple – déclenche celle d’un autre sens, habituellement indépendant, comme la vue. Les personnes synesthètes vivent donc d’autres expériences sensorielles que celles du commun des mortels.

En tant que scientifiques, nous avons consacré beaucoup de temps à l’étude de ce phénomène rare. Si bien des questions restent ouvertes, ce que nous avons déjà appris montre clairement que nous ne percevons pas tous le monde de la même façon.

Qu’est-ce que la synesthésie ?

Les personnes présentant une synesthésie sont appelées « synesthètes ». Ce trait semble être plus fréquent chez les femmes, cependant cette conclusion pourrait refléter des biais d’échantillonnage. Il semblerait, par ailleurs, que la probabilité de développer une synesthésie soit influencée par des facteurs génétiques.

Nous intégrons tous naturellement des informations provenant de différents sens. Lorsque nous regardons quelqu’un parler, notre cerveau fusionne ce que nous voyons et ce que nous entendons afin de mieux comprendre le message. Si, dans la synesthésie, ces associations fonctionnent différemment (un son peut, par exemple, susciter une expérience visuelle), elles reposent peut-être néanmoins sur les mêmes mécanismes fondamentaux.

Il existe de nombreuses formes de synesthésie. Certaines personnes présentent une synesthésie auditivo-visuelle : elles voient des couleurs lorsqu’elles entendent des sons. D’autres perçoivent des couleurs en lisant, en entendant ou en pensant à des lettres ou des chiffres – c’est ce que l’on appelle la synesthésie graphème-couleur. Autre exemple : la synesthésie miroir, dans laquelle une personne ressent des sensations sur son propre corps lorsqu’elle voit quelqu’un d’autre être touché.

Les synesthètes ne maîtrisent pas la façon dont leurs sens se croisent. Ces expériences sont spontanées, vivaces, et demeurent généralement stables dans le temps. Ainsi, une personne ayant une synesthésie graphème-couleur qui perçoit la lettre « A » en rouge aujourd’hui la percevra très probablement dans la même teinte des années plus tard.

Précisons que la synesthésie n’est pas une maladie ni un trouble. Elle ne cause ni préjudice ni handicap, bien que certains synesthètes puissent la trouver envahissante par moments. Pour les personnes qui ressentent une douleur à chaque fois qu’elles voient quelqu’un souffrir, une simple séance de cinéma peut constituer une épreuve.

Toutefois, dans l’ensemble, la synesthésie ne semble pas interférer avec le quotidien des individus concernés. De fait, nombreux sont celles et ceux qui ignorent être synesthètes, tant cette perception leur paraît naturelle.

Quelles en sont les causes ?

Les causes précises de la synesthésie ne sont pas encore connues. Deux grandes théories ont néanmoins été formulées par les scientifiques.

La première, connue sous le nom de théorie de l’activation croisée, postule que les synesthètes auraient davantage de connexions cérébrales entre différentes régions du cerveau. Cela pourrait s’expliquer par le fait que, chez eux, le processus d’élagage synaptique (qui se produit au cours du développement et élimine certaines connexions inutilisées entre les neurones pour optimiser le fonctionnement du cerveau) se serait déroulé différemment.

Selon cette théorie, chez les personnes présentant une synesthésie graphème-couleur, la région vouée à la reconnaissance des lettres serait directement reliée à celle qui traite les couleurs, si bien que la perception d’une lettre s’accompagne automatiquement de celle d’une couleur.

Une seconde théorie postule quant à elle que les synesthètes présenteraient une activité cérébrale légèrement différente de celle des autres individus. Ils disposeraient des mêmes connexions neuronales que les non-synesthètes, mais leur particularité résulterait du fait que certains chemins neuronaux, plus « saillants », seraient davantage « parcourus ».

La synesthésie semble d’ailleurs mettre en œuvre des mécanismes partagés par tous. Lorsque l’on regarde la photo d’une banane grise, nous savons que sa couleur normale est le jaune. L’imagerie cérébrale révèle des motifs d’activité cérébrale qui en témoignent : observer une représentation en noir et blanc d’un objet dont on connaît la couleur réelle active dans le cerveau les régions associées à la représentation des couleurs. Le cerveau des personnes présentant une synesthésie graphème-couleur pourrait procéder de la même façon avec les lettres : la perception de caractères noirs activerait des couleurs spécifiques.

En résumé, le débat scientifique sur les causes de la synesthésie se résume à cette question fondamentale : les synesthètes ont-ils un cerveau structurellement différent de celui des autres, ou font-ils simplement un usage différent d’un cerveau identique ?

La synesthésie favorise-t-elle la créativité ?

Vous avez peut-être déjà lu ou entendu des témoignages d’artistes, tels que le peintre Vassily Kandinsky, l’un des pionniers de l’art abstrait, ou la musicienne Lorde, évoquant leurs expériences synesthésiques. Certains éléments tendent à montrer que la synesthésie est effectivement plus répandue dans les milieux créatifs.

Une vaste enquête menée auprès de synesthètes australiens a par exemple révélé qu’environ 24 % d’entre eux exerçaient une profession créative (artiste, musicien, architecte ou graphiste…), tandis que cette proportion est de moins de 2 % dans la population générale.

Cet écart est saisissant, même si nous n’en comprenons pas encore réellement les ressorts. Une hypothèse est que les synesthètes établissent des liens inhabituels entre les idées et les sensations, ce qui favoriserait l’émergence d’une pensée plus créative que la moyenne. Des travaux de recherche suggèrent par ailleurs que certaines formes de synesthésie pourraient être associées – mais seulement dans une certaine mesure – à des souvenirs plus robustes ou à une imagination plus vive que la moyenne.

Quoi qu’il en soit, la synesthésie offre aux scientifiques un point de vue privilégié sur la façon dont notre cerveau construit du sens à partir du monde qui l’entoure. Elle nous rappelle que notre perception n’est pas un processus figé, similaire pour tous. Notre cerveau l’élabore activement, et de façon plus variée et plus riche qu’on ne le suppose généralement.

The Conversation

Anina Rich reçoit des financements de l’Australian Research Council.

Sophie Smit ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Sentir le goût des mots, entendre le son des couleurs… Comment la science explique-t-elle la synesthésie ? – https://theconversation.com/sentir-le-gout-des-mots-entendre-le-son-des-couleurs-comment-la-science-explique-t-elle-la-synesthesie-280602

The UK wants a cleaner steel industry – but its plan rests on a supply chain that doesn’t exist yet

Source: The Conversation – UK – By Michael A. Lewis, Professor of Operations Management, University of Bristol; University of Bath

Norenko Andrey/Shutterstock

Around the world, countries are seeking to build greener, more circular economies. Steel is central to that ambition. It is still one of the most widely used materials – but producing it is one of the largest industrial sources of carbon emissions worldwide.

The UK domestic steel industry is the smallest it has been since the 1930s. Production fell to 4 million tonnes in 2024 and 70% of the country’s steel is imported. Despite this, the government’s new steel strategy is hugely important for the country’s future prosperity.

The UK is decisively moving from blast furnaces to electric arc furnaces (EAF), producing “circular steel” from scrap. On the face of it, the plan is compelling. It should align with UK strategies for its economy, national security and progress towards net zero.




Read more:
New industrial strategy brings Rachel Reeves’ securonomics to life – but will it protect Britain from more supply chain shocks?


The strategy requires the state to take an active role – buying more domestic steel, reducing import quotas and subsidising the UK’s high electricity costs. Perhaps above all, it rests on the assumption that scrap steel, most of which is exported, can be redirected to feed this new generation of EAFs.

Making this shift will require significant changes to pricing and processing systems. The UK generates around 10-11 million tonnes of steel scrap each year and exports roughly 80% of it. Per capita, it is the world’s largest scrap exporter. Only about 2.6 million tonnes is consumed by domestic steelmakers.

The new strategy relies on far more of this scrap staying in the country. But this would mean disrupting a business model that generates an estimated £9 billion a year in gross value added. A 2025 EU analysis noted that China’s plans to increase scrap-based production could require an additional 45 million tonnes of scrap globally. Rising international demand will push scrap prices up, making export even more attractive.

Ultimately, it is this scrap flow (where scrap is stored and treated) that will determine whether the economic and environmental potential of the strategy can be realised.

The power problem

A 2025 industry report uncovered a perplexing challenge: it is cheaper to export steel scrap and re-import finished steel products than to process and manufacture in the UK. The report called for investment in UK processing infrastructure: advanced scrap sorting, shredding, and refining to remove contaminants, as well as updated rules and oversight across the recycling supply chain.

European steelmakers such as Voestalpine and recyclers like TSR have already invested in the scrap sorting and processing infrastructure to meet the requirements of electric arc furnaces.

Using scrap steel might appear to be an obviously sustainable option, but there are complications. EAF steelmaking produces around 75% fewer direct carbon emissions than via a blast furnace but it uses vast amounts of electricity.

The sector’s electricity consumption is expected to double – and UK industrial electricity prices are 27%-38% higher than in France or Germany. Environmental and economic performance depends on the whole scrap chain – sorting, processing, removal of contaminants – not just the furnace technology.

For example, in separating different types of scrap, workers are potentially exposed to hazards from mixed materials such as batteries. Not only that, but poorly sorted scrap can result in lower-quality steel and generate hazardous residues in the slag.

Intriguingly, many of the assumptions of the new steel strategy can be tested against history. In 1972, the Sheerness steelworks in Kent became Britain’s first scrap-fed EAF mini-mill. By early 1980, the Financial Times reported this private steelmaker had productivity four times that of the publicly owned British Steel Corporation (BSC). More than half of its output was exported.

Then came the 1980 steel strike and other industrial relations challenges, market liberalisation and globalisation. Ownership at Sheerness passed from Co-Steel International of Canada to Allied Steel & Wire (ASW) in 1998, a company that was already in debt.

By 2002, ASW was in administration and Sheerness closed. A Saudi-backed company, Thamesteel, reopened the site in 2003 and installed a high-capacity EAF. But by 2012, Thamesteel was also in administration. The EAF was dismantled and shipped to Newport in south Wales.

But despite this conclusion, the fact remains that the technology worked. The plant was productive and profitable for many years. What kept shifting was the system beyond the furnace – electricity costs, scrap supply, government policies, UK market structures and global competition. Today the site is a car park for imported vehicles.

Whether the UK steel strategy succeeds will be determined by the unglamorous work of closing this scrap gap – better sorting, processing infrastructure and logistics. Meanwhile, the UK is competing in a global market where scrap prices are set by forces well beyond its control. Facing that fact, and not just the shiny furnaces, is where the strategy will be won or lost.

The Conversation

Michael A. Lewis currently receives funding from the AHRC.

Annika Skoglund received funding from the Swedish Foundation for Strategic Research.

ref. The UK wants a cleaner steel industry – but its plan rests on a supply chain that doesn’t exist yet – https://theconversation.com/the-uk-wants-a-cleaner-steel-industry-but-its-plan-rests-on-a-supply-chain-that-doesnt-exist-yet-280308

Would you save more lives or more years of life? A global study reveals how people really think

Source: The Conversation – UK – By Laurence Roope, Senior Researcher, Health Economics, University of Oxford

THICHA SATAPITANON/Shutterstock.com

Imagine a stark choice. You can save one person who is likely to live another 30 years. Or you can save several people who may each live another ten years.

Should we prioritise saving more lives – or more years of life? This kind of trade-off sits at the heart of how health systems make decisions.

Yet do people actually agree with that principle? A new international study – based on what people told us during the COVID pandemic – suggests the answer is more complicated than this simple trade-off suggests.

Across many countries, decisions about healthcare spending are guided by a concept known as the quality-adjusted life year, or Qaly. In simple terms, this approach aims to maximise the total number of years of healthy life generated by a healthcare system.

That often means prioritising treatments that deliver more life-years overall. Saving someone with more years ahead of them is typically seen as creating more value than saving someone with fewer remaining years. In practice, this can mean prioritising younger patients over older ones.

This kind of reasoning is used by Nice in the UK – and other healthchare advisory agencies, globally – to decide which medicines should be funded. But it rests on an implicit ethical assumption: that maximising total life-years is the right goal.

Our research asked a simple question: do ordinary people actually agree?

To find out, we conducted a large survey experiment with more than 14,000 people across 12 countries, including the UK, US, China, Brazil and Uganda.

Participants were asked to imagine a life-saving vaccine that could only be given to one group. They had to choose between vaccinating a 55-year-old person (with about 30 years left to live) or one or more 75-year-olds (with about ten years left each).

The scenarios were framed around COVID, but the underlying question was broader: how should we trade off saving lives versus saving life-years?

By varying the number of older people, we could estimate how many lives participants were willing to “trade” to save one younger person.

The results reveal a clear pattern – and one not entirely consistent with the Qaly-based values that underpin many healthcare funding decisions.

People don’t think in purely mathematical terms

Most people did favour saving the younger person. Around two-thirds of respondents chose to vaccinate the 55-year-old rather than a single 75-year-old.

However, when forced to make tougher trade-offs, people did not behave as if they were trying to maximise life-years. If they were, they would have been willing to sacrifice about three 75-year-olds to save one 55-year-old (since 30 years versus ten years is a 3:1 ratio). In practice, they were willing to trade fewer.

On average, across countries, people were willing to trade about two and a half older lives to save one younger life. In other words, public preferences sit somewhere between treating all lives as equal, and strictly maximising total life-years. They don’t fully align with either.

The story becomes even more interesting when we look beyond age. In some versions of the experiment, we also varied whether the hypothetical people were working. This turned out to matter a lot. When both people had the same employment status, one 55-year-old was considered roughly equivalent to just over two 75-year-olds.

Yet when the younger person was working and the older person was not, the trade-off shifted dramatically – people were willing to sacrifice more than three older lives to save the younger worker. And when the situation was reversed – the older person working and the younger not – many respondents preferred saving the older person.

This suggests that people are not just thinking about life expectancy. They are also considering broader social factors, such as contribution, perceived need or fairness.

A gap between policy and public values

These findings raise an uncomfortable question. If health systems are designed to maximise life-years, but the public values something more nuanced, is there a mismatch between policy and societal preferences?

Our results suggest there is. People do care about life expectancy – younger lives are generally prioritised. However, they also place weight on fairness, context and social roles. Their preferences are more nuanced than the strict “maximise life-years” rule embedded in many healthcare decision frameworks.

This doesn’t mean that healthcare decisions should simply follow public opinion. These are complex ethical choices, and expert judgment remains essential.

Nevertheless, ignoring public values entirely may also be problematic. Policies that feel intuitively unfair can undermine trust, which is essential for the sustainability of policies and institutions.

Rather than abandon existing approaches like Qalys, one option may be to complement them. Decision-makers could more clearly include the public’s views by using things like discussion groups, citizen panels or other methods that balance efficiency with fairness.

Another possibility is to recognise that there is no single correct answer. Different societies may reasonably draw the line in different places – and even within countries, views vary by age, politics and experience.

Our study shows that people do not see these decisions in simple mathematical terms. When faced with real trade-offs, they weigh lives, years and social context together. Ultimately, that may be a more realistic reflection of the ethical complexity at the heart of healthcare.

The Conversation

Laurence Roope is supported by the NIHR Oxford Biomedical Research Centre and the NIHR Oxford Health Biomedical Research Centre.

Philip Clarke receives funding from the NIHR, UKRI and the British Academy.

Fiorella Parra-Mujica does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Would you save more lives or more years of life? A global study reveals how people really think – https://theconversation.com/would-you-save-more-lives-or-more-years-of-life-a-global-study-reveals-how-people-really-think-280338

Five Paddington books to read with your child, and why the bear on the page is different and worth meeting

Source: The Conversation – UK – By Melanie Ramdarshan Bold, Professor of Youth Literature and Culture, University of Glasgow

Peggy Fortnum and Harper Collins Children’s Publishing

For many children, Paddington is now primarily the star of three movies and a hit west end musical. However, that is not where the bear in a red hat whose adventures involve high-speed chases and marmalade-based slapstick began.

In writing our book on the bear, we have found that the Paddington British writer Michael Bond created in 1958 is a rather different creature from that which we now know. Film Paddington is a slapstick innocent abroad, propelled by plot and peril. Book Paddington is slower, odder, funnier: a small figure of polite chaos who wreaks havoc not because the world is against him, but because he takes it entirely at its word. He is, in the gentlest possible way, a satirist.

Paddington is incredibly popular with children and adults alike. Paddington in Peru broke UK box office records last autumn, the West End musical at the Savoy Theatre triumphed at the Olivier awards this week and is already booking into 2027, and a fourth film is in development. So if you or your children are eager for more we would highly recommend you try Bond’s books.

The books are also ideally structured for reading aloud. Each chapter works as a self-contained episode – around ten to 25 minutes, just right for bedtime – and the comedy builds through repetition and familiarity. Children who already love Paddington from the screen will find a quieter version of him on the page. And the pleasure of reading these together is that parent and child will both be laughing, just not always at the same things.

Here are five places to start.

1. A Bear Called Paddington (1958): the one to begin with

Book cover

Harpercollins Childrens Books

This is where Paddington arrives at the station with his label and his suitcase and his jar of marmalade, and the Browns (somewhat impulsively and definitely against Mr Brown’s better judgement) take him home. What follows is a series of gentle domestic catastrophes: a bath that floods the bathroom, a trip on the Underground that goes spectacularly wrong, an attempt at painting that produces an accidental masterpiece.

Start here because it establishes how Paddington works. He is never naughty. He is meticulous, earnest, and operating from a logic that is entirely reasonable if you happen to be a bear from Peru who has only recently encountered escalators. The chapter “A Visit to the Theatre”, in which Paddington cannot distinguish between drama and reality and nearly causes a riot from the stalls, is Bond at his best: a small bear taking the world seriously and the world not quite knowing what to do about it.

2. Paddington Helps Out (1960): the funniest one to read aloud

Book cover

Harpercollins Childrens Books

Paddington attempts DIY, enters a painting competition, and tries to help with the laundry. His intentions are commendable and the results are catastrophic.

What makes this book especially good for shared reading is its rhythm. Bond writes set-pieces with the timing of a comedian: slow build, moment of realisation, glorious mess. Children adore the predictability: they can see the disaster coming before Paddington can, and that anticipatory pleasure is one of the great rewards of series fiction.

3. Paddington Goes to Town (1968): the one with the best stories

Paddington Goes to Town (1968) cover

Harpercollins Childrens Books

Several chapters here are quietly brilliant. Paddington serves as a wedding usher and interprets the role as requiring him to keep everyone silent. He is mistaken for a waiter at a society dinner and ends up serving the guests something he believes to be baked Alaska but which turns out to be baked elastic.

For parents, the pleasure is in Bond’s comedy of social embarrassment. Paddington moves through the adult world with total sincerity, and the comedy arises from the gap between his good manners and the chaos he leaves behind.

4. Paddington Abroad (1961): the one that opens the world up

Book cover

Harpercollins Childrens Books

The Browns take Paddington on holiday to France. His encounters with French food, French customs, and French plumbing are some of the funniest passages Bond ever wrote.

This is a good choice if your child is about to go on a family holiday. It captures the comedy of being somewhere unfamiliar and trying very hard to get things right, which is Paddington’s permanent condition. He is always a visitor, always slightly out of place, and always managing to belong anyway.

Paddington Abroad also addresses some of the questions parents might have begun to ask themselves about Paddington’s paperwork – the Browns’ encounter with border control is both comic and discomfiting. Bond was inspired to create the character partly by the sight of wartime evacuee children arriving at London stations with labels round their necks. That quiet thread of displacement runs through the books without ever becoming too heavy. For children who have felt like the odd one out, there is real comfort in it – adults may see more.

5. Love from Paddington (2014): the one to read together, slowly

Book cover

Harpercollins Childrens Books

Published when Bond was 88, this is unlike the others. Written as letters from Paddington to Aunt Lucy in Peru, it retells many of his adventures in his own voice: warm, slightly bewildered, full of small asides. The letter format means each entry is short and self-contained, and Paddington’s voice is a pleasure to read aloud.

It is also, in the quietest way, a book about what it means to make a home somewhere new, to miss where you came from, and to feel grateful for the people who took you in. Younger children will enjoy the stories. Older children, and their parents, may catch something else underneath: a gentleness about love and distance and belonging that is never sentimental but always keenly felt.

The films have given a new generation the hat and the marmalade and the hard stare. The books will give them something more: the bear himself, in all his polite, disruptive, irreplaceable glory. Our main advice is: start anywhere. But start together.

This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org. If you click on one of the links and go on to buy something from bookshop.org The Conversation UK may earn a commission.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Five Paddington books to read with your child, and why the bear on the page is different and worth meeting – https://theconversation.com/five-paddington-books-to-read-with-your-child-and-why-the-bear-on-the-page-is-different-and-worth-meeting-280617

How to feed your garden birds without spreading disease

Source: The Conversation – UK – By Richard Gregory, Honorary Professor of Genetics, Evolution & Environment, UCL

Erni/Shutterstock

The outbreak of a mysterious and deadly disease in finches in British gardens in 2005 set alarms bells ringing for conservationists. A decade later, the extent of that disease in greenfinches and chaffinches was reported. And now, bird scientists are beginning to understand how feeding birds in our gardens might be linked to their health and survival.

Major new guidance on bird feeding released by the UK’s largest nature conservation charity, the Royal Society for the Protection of Birds (RSPB), asks that we feed birds seasonally and safely.

Feeding birds in gardens is helpful, especially during winter when birds might be facing food shortages. But summer feeding should be paused because this is a time when natural food sources such as caterpillars, bugs and flies are much more abundant. In summer, the benefits of feeding the birds are less obvious. Limiting summer bird feeding also limits the spread of disease, which happens more prominently when birds gather in numbers to share food and water.

Scientists now know that the disease detected in finches in the 2000s is trichomonosis, caused by a microscopic parasite called Trichomonas gallinae. It typically infects the bird’s throat and has been known for many years to affect pigeons and doves, along with birds of prey. Birds can act as carriers or succumb to the disease. Quite how this parasite spilled over into finches is uncertain, but probably happened through the sharing of food or water.

Studies show that this parasite can persist in moist bird feed for up to five days and in water up to 30 hours, especially in milder conditions. July to October is the peak time for disease outbreaks in finches.

chaffinch bird on bird feeder
A chaffinch feeds on fat balls.
Ballygally View Images/Shutterstock

The disease causes lesions in the bird’s throat that interfere with its ability to swallow. This causes the bird to regurgitate food and water, and eventually die. It can spread between birds when they feed one another during courtship, when feeding chicks or through regurgitation at food or water sources in gardens. Poorly birds appear fluffed up and lethargic. Some may have messy or wet feathers around their beak and often shake their heads as they try to swallow. It’s a sad sight.

Trichomonsis has had devastating consequences in bird populations across the UK and into mainland Europe. Greenfinches and chaffinches have been hit hardest. Greenfinch numbers are down by 65% and chaffinch down by 36% since 1995.
Bullfinches also catch this disease and die, and a range of other birds may contract the disease – some of which are already declining in numbers.

Without urgent action, the situation will probably get worse for these and other birds, especially when facing a myriad of other pressures. These include the loss of natural habitats, limited food availability, plus accelerating climate change.

The new guidance from the RSPB comes on the back of a detailed review of the effects of bird feeding that includes both bird survival from one year to the next and their breeding success. The review also considers the human benefits to bird feeding, and takes into account recent field studies of the disease and how to curb its spread. Most research has been conducted in natural settings such as woodlands, rather than residential, urban or suburban settings. But the key insights are clear.

The review found that feeding can boost bird populations. But there are two big concerns for conservation around garden bird feeding. First, increased disease transmission (as shown by trichomonosis and other diseases). Second, while many bird species have benefited from garden feeding, this may have come at the cost to others.

A 2009 study found that an estimated 12.6 million UK households (48%) provided supplementary food for birds of which 7.4 million used specially designed bird feeders. As demand increases, so too does the range of different bird food and feeders.

This popularity has upsides and downsides for different birds, but probably has strong benefits for our own connection to nature, wellbeing and health.

Birds that use feeders, such as greater spotted woodpeckers, wood pigeons, collared doves, great tits and blue tits have all increased their numbers dramatically in the long term. Yet, as their numbers have grown there is an increasing nervousness from conservationists that they might outcompete or predate more vulnerable species. Blue and great tits often take over and evict the endangered willow tit from their nest holes, and willow tits are preyed upon by great spotted woodpeckers. Further research will shed light on these complex interactions.

How to help

Two simple shifts can ensure we feed birds seasonally and safely.

During summer and autumn, there’s a higher risk of disease spreading. It’s also when there are more natural foods available to birds, so pause feeding any seeds or peanuts between 1 May and 31 October. You can continue to offer small amounts of mealworms, fat balls or suet, as they pose less risk of transmitting disease. Also consider bird-friendly planting to provide natural food sources, such as sunflowers, teasels and ivy.

Between 1 November and 30 April, you can feed with a full range of bird foods, including seeds and peanuts, but feed in moderation so food doesn’t spoil and large flocks of birds are not attracted to one location. Little and often is good.

Other guidance encourages good hygiene to minimise the risk of disease. Ideally, clean bird feeders and water baths at least once a week. You can change the water in bird baths every day and move bird feeders to different spots every week. Instead of using bird feeders with flat surfaces, such as bird tables, window feeders and feeders with trays, opt for hanging bird feeders to reduce the risk of spreading infections.

The Conversation

Richard Gregory works for the Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) as the Head of Monitoring Conservation Science.

ref. How to feed your garden birds without spreading disease – https://theconversation.com/how-to-feed-your-garden-birds-without-spreading-disease-280409

Pollution après l’incendie de Notre-Dame de Paris : peut-on se baigner dans la Seine sans danger ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Olivier Evrard, Directeur de recherche, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA); Université Paris-Saclay

L’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 a-t-il durablement pollué la Seine au plomb ? Grâce à l’étude fine des sédiments et de leur signature isotopique, nous avons pu retracer l’origine du plomb retrouvé dans les sédiments du fleuve. Les résultats sont globalement rassurants, mais, en 2024, l’élargissement du panel d’analyse à d’autres substances (médicaments, drogues, pesticides…) plaide pour un suivi plus exhaustif de la qualité des eaux de baignade, au-delà des seules bactéries indicatrices de contamination fécale, qui sont aujourd’hui le seul critère encadré par la réglementation européenne.


L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, a ravivé les inquiétudes concernant la contamination au plomb dans la ville et son fleuve. Or, pour pouvoir mettre en évidence une pollution associée au plomb émis lors de l’incendie, il faut établir sa « signature » isotopique, c’est-à-dire le rapport entre la concentration des différents isotopes de cet élément.

On peut ensuite la comparer à celles d’autres sources potentielles de plomb dans la ville. Celles-ci ne manquent pas, tant les sources de plomb sont omniprésentes dans le Paris haussmannien (tuyaux, toitures, fontaines, peintures, etc.), auxquelles il faut ajouter les additifs au plomb des essences (dont la commercialisation est interdite depuis 2000).

Dans le cadre du chantier de restauration de Notre-Dame porté par le ministère de la culture et le CNRS, l’analyse de poussières prélevées sur le banc de l’orgue situé au premier étage de la cathédrale incendiée a permis de caractériser la signature du plomb émis par l’incendie. Cela a permis de prouver qu’elle est bien différente de celles du Paris haussmannien, des additifs de l’essence plombée et de la signature du plomb présent naturellement dans les sols du bassin de la Seine.

Mais il restait à suivre dans le temps les effets de cette contamination au plomb dans la capitale. C’est ce que nous avons fait à travers l’étude des sédiments déposés sur les quais de la Seine à Paris.

Ce que les crues de la Seine révèlent de la pollution au plomb

Les sédiments ont été prélevés à plusieurs occasions :

  • lors de la crue exceptionnelle de juin 2016, avant l’incendie ;

  • après des crues hivernales plus classiques survenues après l’incendie, en 2020 et en 2021 ;

  • puis, en 2024, juste avant les Jeux olympiques, au moment où la Seine a été ouverte à la baignade.

La signature isotopique de la contamination au plomb des sédiments permet de connaître leur provenance.
O. Evrard et coll., 2026

Les sédiments de la crue majeure de 2016 provenaient surtout des sols de l’amont du bassin parisien et ne présentaient donc pas de contamination très importante en plomb et en autres métaux.

Au contraire, en 2020, après l’incendie de 2019, les niveaux de plomb les plus élevés ont été mesurés au sein des dépôts prélevés autour de l’île de la Cité, où se trouve la cathédrale. Leur signature isotopique était également particulièrement proche de celle de l’incendie, comme le montre le schéma ci-dessus.

Par contre, lors des crues suivantes, en 2021 puis en 2024, les niveaux de plomb ont baissé. Leur signature s’est alors éloignée de celle de l’incendie pour se rapprocher de la signature du Paris haussmannien. Selon ces résultats, la reconstruction de la cathédrale n’aurait pas entraîné de contamination au plomb supplémentaire.

Le seul site présentant une contamination importante en plomb en 2021 et qui ne correspondait pas à la signature de Notre-Dame était celui des dépôts prélevés à proximité de la tour Eiffel.

De fait, des travaux de peinture y étaient en cours pour refaire une beauté à la dame de fer en vue des Jeux olympiques. Cette rénovation pourrait être en cause dans l’augmentation des niveaux de cuivre, de zinc et de plomb mesurés à proximité.




À lire aussi :
Notre-Dame de Paris : une reconstruction réussie, une restauration malmenée et l’environnement oublié ?


Un panel d’analyse élargi en 2024

Nos recherches, menées dans le cadre du programme PIREN Seine, nous ont conduits à renouveler l’analyse sédimentaire au cours du temps.

Lors de la crue de mars 2024, et en prévision des Jeux olympiques de Paris 2024, en plus du plomb et des métaux, le panel de substances analysées a été élargi. Il intégrait également des molécules pharmaceutiques (par exemple, le tramadol, le paracétamol ou le diclofénac), des molécules courantes telles que la caféine (susceptible d’affecter les écosystèmes) ainsi que des drogues (par exemple, la cocaïne et la kétamine) et des pesticides.

En effet, même si la qualité de la Seine s’améliore continuellement depuis les années 1970 et que la directive européenne qui encadre la gestion de la qualité des eaux de baignade n’impose que l’analyse des bactéries indicatrices de contamination fécale, nos résultats confirment que la Seine reste le réceptacle de l’ensemble des substances qui sont utilisées dans le bassin parisien.

C’est notamment le cas lorsque des orages surviennent. Ils génèrent un ruissellement intense sur les surfaces urbaines et une partie des eaux usées et pluviales peuvent être rejetées dans le fleuve sans traitement. Et cela, en dépit des importants travaux réalisés ces dernières années – notamment pour l’aménagement d’un gigantesque bassin à Austerlitz.

Bassin d’Austerlitz : la cathédrale souterraine.

Un herbicide interdit retrouvé dans les sédiments

Les dépôts de sédiments étudiés en 2024 ont ainsi révélé des tendances contrastées : les concentrations en drogues, en produits pharmaceutiques et en plomb qui augmentent de l’amont vers l’aval, tandis que les concentrations en pesticides agricoles diminuent, au contraire, selon le même transect (ou coupe urbaine, ndlr).

En ce qui concerne les métaux, les concentrations dites « sans effet prévisible » pour les organismes aquatiques, soit les concentrations maximales pour lesquelles aucun effet indésirable n’est attendu pour l’environnement (aussi appelées PNEC, Predicted No Effect Concentration) ont été dépassées en 2024 pour le plomb à proximité de deux des sites de baignade actuels (le bras Marie au centre de Paris et le bras Grenelle, au sud-ouest). Mais l’incendie de Notre-Dame de Paris n’est pas en cause : on retrouve la signature isotopique du plomb urbain du Paris haussmannien.

Parmi les pesticides analysés en 2024, enfin, les concentrations les plus élevées ont été trouvées pour deux herbicides, à savoir la pendiméthaline et le diflufénican, les valeurs mesurées dépassant également souvent les PNEC. En outre, au moins une substance interdite depuis longtemps, à savoir l’atrazine, interdite en 2003 en France, a été détectée dans plusieurs échantillons pour lesquels la PNEC a également été dépassée.




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Quelles implications sanitaires pour la baignade ?

Même si la présence de ces composés dans les sédiments ne reflète pas directement leurs concentrations dissoutes dans l’eau – et n’implique donc pas nécessairement de risque direct pour la santé humaine, les sédiments constituent une matrice utile pour caractériser le « profil » des sources potentielles de contamination susceptibles d’affecter les sites de baignade, comme le demande explicitement la directive européenne.

À la suite de ces résultats, nos recherches menées dans le cadre du programme PIREN Seine montrent qu’il serait important d’analyser plus fréquemment d’autres paramètres de qualité de l’eau, tels que le plomb, les pesticides, les médicaments et les virus dans les sédiments de la Seine.

Une telle vue d’ensemble permettrait d’améliorer l’information du public en lien avec les activités de baignade pendant les périodes à haut risque. En effet, le site Web associé aux lieux de baignade dans la Seine à Paris indique seulement si ces sites sont ouverts ou fermés à la baignade.

Cette vue d’ensemble permettrait aussi d’identifier les mesures complémentaires qui pourraient être prises pour améliorer davantage la qualité de la Seine, en identifiant les sources persistantes de polluants qui aboutissent dans le fleuve.

The Conversation

Olivier Evrard a reçu des financements du PIREN-Seine (https://www.piren-seine.fr/).

Anthony Foucher a reçu des financements du PIREN- (https://www.piren-seine.fr/).

Rémi Bizeul a reçu des financements du PIREN-Seine (https://www.piren-seine.fr/) et du programme OneWater – Eau Bien Commun (https://www.onewater.fr/fr).

Sophie Ayrault a reçu des financements de ANR-22-CE01-0016 ANTIMONY et PIREN-SEINE.

Thomas Thiebault a reçu des financements de du PIREN-Seine.

Notre recherche est financée par le projet PIREN-Seine

ref. Pollution après l’incendie de Notre-Dame de Paris : peut-on se baigner dans la Seine sans danger ? – https://theconversation.com/pollution-apres-lincendie-de-notre-dame-de-paris-peut-on-se-baigner-dans-la-seine-sans-danger-278491