Enquête mémorielle : les « Stolpersteine », un projet citoyen pour transmettre aux lycéens l’histoire de la Shoah

Source: The Conversation – France (in French) – By Anke Bédoucha, Chercheuse associée, enseignante agrégée d’allemand, Université de Rouen Normandie

Comment enseigner la Shoah et transmettre aux jeunes générations le désir d’agir contre l’oubli ? Avec la littérature et le travail sur des corpus de témoignages, l’enquête historique sur les traces de personnes disparues invite les élèves à croiser savoir et expérience, leur permettant de nouer un autre lien avec l’histoire, selon le principe de la pédagogie de la résonance chère au philosophe Hartmut Rosa.


Lorsque l’on aborde les événements de la Seconde Guerre mondiale en classe, particulièrement la Shoah, la lecture de la littérature des survivants ou des survivantes, comme l’incontournable texte de Primo Levi, Si c’est un homme, déclenche chez les élèves le désir d’agir contre l’oubli.

De nombreux enseignants et des institutions comme le mémorial de la Shoah de Paris conçoivent des ateliers où l’on étudie par exemple des passages de la BD Maus d’Art Spiegelman, retraçant la vie de ses parents en tant que Juifs polonais pendant la persécution et la déportation des Juifs en centre de mise à mort, ou des textes de descendants de la troisième génération comme Daniel Mendelsohn, les Disparus, qui relatent l’enquête historiographique familiale.




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Il s’agit d’aborder en classe une persécution spécifique, menant à l’assassinat de personnes pour « ce qu’elles sont » et qui touche particulièrement les adolescents en construction d’identité. Lorsque les élèves nouent des liens avec un élément particulier d’un récit, cet enseignement peut commencer comme une sorte d’autoformation. Son contenu est nécessairement historique, spécifique, fondé sur la recherche scientifique, mais il est également émotionnel,particulièrement affectif par l’importance que les jeunes lui accordent.

Le récit construit un sentiment de reconnaissance de l’autre qui résonne avec soi-même. L’objectif ne consiste pas seulement à susciter une identification compassionnelle avec les victimes, qui rendrait les élèves vulnérables et incapables d’élaborer une pensée à partir de ces connaissances, au contraire, il s’agit de les rendre capables de traduire ces catastrophes humaines en un élément important dans leur monde. En s’interrogeant et en enquêtant sur ce que le récit signifie pour eux aujourd’hui, celui-ci résonne avec leur vie.

En tant qu’enseignante d’allemand au lycée et chercheuse associée en philosophie, j’interroge les implications méthodologiques et éthiques de cette démarche dont un concept clé mérite d’être évoqué : le concept de résonance du philosophe contemporain Hartmut Rosa, qui permet de définir et de comprendre l’expérience des élèves.

Hartmut Rosa réfléchit au phénomène de l’accélération qui caractérise notre époque et ne nous permet paradoxalement pas de disposer de plus de temps, temps pourtant nécessaire pour entrer en relation avec le monde, les autres et les objets. Ces relations se situent, selon le modèle de Rosa, sur des axes de résonances et ouvrent un espace commun.

L’expérience d’un hommage vivant

Le projet présenté ici a commencé par la lecture d’extraits de récits de survivants, de leurs enfants et petits-enfants. Plusieurs groupes d’élèves ont successivement mené l’enquête dans leur ville et dans les archives départementales puis organisé une cérémonie de commémoration. Ils ont été inspirés par le travail de l’artiste allemand Gunter Demnig, qui a concrétisé le concept de mémorial décentralisé à initiative citoyenne des Stolpersteine, posés devant le dernier domicile librement choisi des personnes déportées en 1992 à Cologne. La cérémonie a été organisée en avril 2024. Depuis, les élèves entretiennent ces pavés, en se rendant sur les lieux à des dates symboliques, comme le 27 janvier, jour de la libération du camp d’Auschwitz, où la plupart des personnes juives déportées de France ont été assassinées.




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Gunter Deming a posé plus de 100 000 Stolpersteine permettant ainsi de réunir symboliquement des familles dispersées et assassinées lors de la persécution des juifs en Europe. Leurs pas semblent résonner de nouveau dans ce dernier lieu librement choisi où ils ont vécu une vie de famille et de citoyen. Quand nous nous penchons sur ces pavés, en lisant les noms des personnes inscrits : « Ici habitait », nous faisons l’expérience d’un hommage vivant et nous comprenons pourquoi l’artiste refuse d’y voir des pierres tombales.

Ainsi, les lycéens ont pu réunir des éléments biographiques du couple Aszendorf, retracer leur trajet depuis Lviv, une ville polonaise à l’époque. Isaac, fromager venu en France en 1930, s’est marié avec Bronislawa lors d’une visite à Lviv en 1936, et on accomplit des démarches pour qu’elle puisse enfin le rejoindre en 1939. Elle a travaillé en tant que couturière. Progressivement, les élèves ont investi l’enquête et noué une relation avec le couple. Retracer leur vie est devenu important aux yeux de tous, l’écrire et la raconter également. Ce processus s’inscrit dans la logique de l’enquête, selon le philosophe de l’éducation John Dewey.

Dewey souligne le lien intime et nécessaire entre expérience et éducation, la démarche de la pose des pavés correspond à tous les critères d’un processus qui engendre un savoir vivant. Cette expérience « féconde », « créatrice » s’inscrit dans un « continuum expérimental » : les rencontres avec les personnes déportées constituent une mémoire vivante qui fait partie de leur monde. En résonnant, celle-ci se propage à d’autres expériences à venir. Deux ans après la pose, il est remarquable que les effets de ce projet perdurent et s’amplifient. On peut tenter de le comprendre grâce au concept de résonance de Rosa.

Se vivre comme un citoyen responsable de son action

Hartmut Rosa distingue deux rapports possibles au monde : soit le monde devient indisponible et l’axe reste muet, fermé, soit je me situe sur un axe de résonance, le monde s’amplifie et il s’ensuit une transformation réciproque.

Le projet des Stolpersteine commence devant un écran d’ordinateur : le Mémorial de la déportation des Juifs de France permet de rechercher les personnes déportées dans la ville où se trouve le lycée. Avec raison, Hartmut Rosa critique l’accès unique au monde par un écran d’ordinateur. Il est indispensable de multiplier les canaux d’accès par une visite aux archives départementales pour toucher les dossiers de la police des étrangers, les photos d’identité qui surgissent parmi des formulaires et ensuite se rendre à l’adresse du dernier domicile des Aszendorf, qui est également le lieu de leur arrestation en juillet 1942.

Un pavé est posé à fleur de revêtement du trottoir sur la voie publique par Gunter Demnig, invité par les élèves, aidé par la maire. Pendant que la cérémonie se déroulait, que certains élèves lisaient leurs discours, l’artiste travaillait avec sa truelle pour les insérer dans le trou préparé en avance. Chaque Stolperstein comporte la même inscription : « Ici habitait, né·e, arrêté·e, interné·e, assassiné·e… » Le trottoir correspond justement à ce trait horizontal, qui rappelle le concept d’Hartmut Rosa : « L’axe de résonance horizontal de la famille, de l’amitié et de la politique. »

« Les Stolpersteine » (Karambolage – Arte, 2025).

L’ancrage dans le sol du pavé (96x96x100 mm) ouvre un axe vertical de résonance qui fonde les dimensions fondamentales de l’amour et du sens. L’inscription dans une dimension affective permet de se vivre comme acteur responsable de son action et de produire des souvenirs, des textes, des discours et/ou des œuvres plastiques, iconographiques ou sonores à partir d’images personnelles. Lors de la cérémonie de pose, les lycéens vivent non seulement la réhabilitation des disparus dans la communauté, mais aussi leur propre capacité à toucher autrui. Hartmut Rose évoque une forme de co-présence où l’histoire se vit par une résonance diachronique en lien entre les générations.

Reste l’axe diagonal, c’est celui du monde des objets, mais aussi celui des institutions, des fondations utiles d’une société. Il traverse l’espace cubique du pavé de part et d’autre. L’institution scolaire, les archives départementales et la municipalité font partie de cet espace. Les mains et les choses se mettent en rapport pour concrètement poser le pavé, en sollicitant l’autorisation de l’installer sur la voie publique, en publiant une note biographique sur le site Web des Stolpersteine.

Pour conclure, soulignons que Hartmut Rosa insiste par ailleurs sur une forme de résonance narrative qui fait écho à l’approche littéraire proposée dans les ateliers au lycée en expliquant la spécificité narrative de chaque extrait. Citons-le :

« En lisant, les êtres humains et les choses changent de détermination. Je plonge dans une relation au monde entièrement différente […]. Je peux les sentir, les entendre et les humer […] et cela modifie, comme par magie, ma relation à moi-même, mon estime de moi. »

The Conversation

Anke Bédoucha ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Enquête mémorielle : les « Stolpersteine », un projet citoyen pour transmettre aux lycéens l’histoire de la Shoah – https://theconversation.com/enquete-memorielle-les-stolpersteine-un-projet-citoyen-pour-transmettre-aux-lyceens-lhistoire-de-la-shoah-278914

L’opéra et le ballet, dépassés ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Guillaume Plaisance, Maître de conférences en sciences de gestion spécialiste de la gouvernance et du management non-lucratif, Université de Bordeaux; IAE Bordeaux – Université de Bordeaux

En affirmant, lors d’une interview, que « plus personne n’en a rien à faire » de l’opéra et du ballet, l’acteur Timothée Chalamet a suscité de vives réactions. Ses propos réactivent une opposition classique entre formes culturelles dites légitimes et pratiques culturelles populaires.

L’opéra est, en effet, pour beaucoup, la quintessence de la culture bourgeoise. Est-il pour autant dépassé ?


En déclarant que l’opéra et le ballet sont des arts dépassés, Timothée Chalamet a provoqué une levée de boucliers dans le monde de la culture. Beaucoup de maisons d’opéras, de danseurs et même de chanteurs y sont allés de leur commentaire humoristique ou plus amer, se mobilisant sur les réseaux sociaux pour démontrer combien ces arts sont d’une pleine actualité… À raison ?

Un public qui se diversifie peu à peu et répond toujours présent

En premier lieu, du point de vue du public, la fréquentation des maisons d’opéra tend à connaître une grande stabilité : les taux de remplissage des salles sont en moyenne de 84 % pour les œuvres de danse et de 77 % pour les opéras. Néanmoins, tel que le rappelle la Cour des comptes, lorsque les œuvres jouées jouissent d’une plus grande notoriété, les taux de remplissage peuvent atteindre 92, voire 99 % (et l’exemple retenu par la Cour des comptes est celui de Pelléas et Mélisande, qui reste un opéra très classique). Ce sont en moyenne deux millions de spectateurs par an qui se rendent dans des maisons d’opéra en France. La danse et le ballet comme l’opéra continuent donc bien à attirer le public.




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Contrairement au stéréotype, en France, le prix des places ne constitue pas plus une barrière à l’entrée que dans certains autres domaines du spectacle vivant : le prix moyen d’un opéra est de 40,90 € et celui des spectacles chorégraphiques est de 17,50 €. A titre de comparaison, le prix moyen d’une place de concert est de 43 €.

Bien sûr, les prix atteignent parfois plus de 300 € pour les meilleures places d’opéra (autant que pour certaines stars au Stade de France… ou pour Céline Dion !), mais les maisons d’opéra se sont efforcées de diversifier leurs tarifs et, par extension, leurs publics, notamment les plus jeunes. Ainsi, malgré une moyenne d’âge autour de 51,5 ans, un spectateur sur trois a moins de 46 ans et 19 % a moins de 30 ans.

Il faut aussi noter toute une stratégie de diversification qui leur permet de diffuser leurs œuvres au cinéma, en streaming, de proposer des œuvres enregistrées sur Apple Music Classical, qui affirme être « le plus grand catalogue de musique classique au monde avec plus de 5 millions de morceaux »… En somme, quitter les murs de la maison d’opéra pour tenter de toucher le plus grand nombre. Ces efforts semblent payer : « depuis 2006, près de 30 millions de billets vendus pour les diffusions en salles » des opéras du Metropolitan Opera de New York, tandis que l’Opéra de Paris a dépassé la barre des 100 000 billets vendus.

Un rapport à la culture qui interroge

Affirmer que « personne n’en a plus rien à faire » de ces deux arts revient aussi à considérer que jouer et faire vivre des œuvres datant de siècles passés présente peu d’intérêt pour les contemporains. Il s’agit d’un rapport à la culture linéaire, qui hiérarchise le présent par rapport au passé. Ce dernier ne constituerait plus des fondements sur lesquels construire l’avenir mais plutôt un temps duquel s’affranchir.

La philosophe Hannah Arendt, dans la Crise de la culture (1961), proposait l’idée opposée. Loisir et culture sont distincts : le premier renvoie à une forme de consommation de produits conçus pour satisfaire un public sans effort qui ne cherche qu’une distraction. La culture, elle, exige un rapport actif à l’œuvre, une réflexion et un jugement. Or ce glissement de la seconde vers le premier réveillait une inquiétude chez Arendt, appelée la culture de masse : les œuvres culturelles seraient vidées de tout message, de portée critique ou mémorielle, pour ne devenir que des loisirs à des fins de divertissement.

Ainsi, si l’on prolonge cette analyse, ce n’est pas l’opéra qui serait « dépassé », mais plutôt que les sociétés contemporaines allouent de moins en moins de temps et d’attention aux activités qui requièrent un effort. Il est vrai que l’accès à un opéra ou à un ballet présuppose un effort, voire un apprentissage de la tradition, dirait Arendt.

Critiquer le ballet et l’opéra renvoie donc à notre rapport à la durée, à l’effort et à la transmission des clés de compréhension d’un art.

C’est souvent du fait de cette transmission et parce qu’elle est facilitée au sein des catégories socioprofessionnelles dites supérieures que l’opéra ou le ballet ont été renvoyés aux formes culturelles dites légitimes, opposées à la culture plus populaire.

Les propos de Chalamet, avatar de films plutôt populaires, pourrait donc s’interpréter comme une revanche de cette culture sur les cultures « légitimes »… mais la sociologie contemporaine critique cette vision duale, notamment parce qu’elle étudie la culture « par le haut » et que les cultures hybrides sont de plus en plus fréquentes, le dernier album de la chanteuse pop espagnole Rosalia étant un exemple parmi tant d’autres.

Des œuvres qui éclairent le présent

Enfin, cette attaque contre les opéras ou les ballets serait renier le caractère intemporel de beaucoup de messages portés par ces arts. Certains tiennent des propos ou mettent en scène des actions ou des personnages qui, au XXIe siècle, interrogent. Des metteurs en scène proposent des relectures d’œuvres (sans modifier le livret ou la musique) afin de transmettre un message particulièrement contemporain. Le ballet Giselle par Akram Khan est ainsi revisité sous l’angle des inégalités et des immigrations.

Les choix de programmation des maisons d’opéra peuvent également être particulièrement dans l’air du temps : prenons l’exemple de la création sur le féminicide de Carmen par Alexandra Lacroix et Diana Soh, Carmen Case, un opéra contemporain jugeant José, son assassin ; du futur opéra Perle noire proposé à l’Opéra de Paris en hommage à Joséphine Baker, ou encore des opéras de Philip Glass qui, par la musique, ouvrent la porte de l’histoire (le pharaon Akhenaton ou Gandhi avec Satyagraha).

Les arts qui ont traversé les siècles peuvent apprendre à penser autrement, au-delà de l’immédiateté, d’une forme de surconsommation culturelle et de scrolling : l’art vivant est une forme de slow culture qui pousse à l’introspection et à la contemplation. Ce sont des qualités qui seront indispensables pour penser les défis de demain.

Surtout, et sans que ces dernières lignes prétendent épuiser la question, qui, dans une société, doit et peut définir ce qui est dépassé ? Un acteur de la culture peut-il, en soi, déterminer si les autres sont toujours d’actualité ? De cette maladresse, nous pourrons tirer un riche débat de fond.

The Conversation

Guillaume Plaisance ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’opéra et le ballet, dépassés ? – https://theconversation.com/lopera-et-le-ballet-depasses-279785

European digital identity wallets: how secure are they and what are the risks?

Source: The Conversation – France – By Maryline Laurent, Professeur Directrice du département RST, Télécom SudParis – Institut Mines-Télécom

Many people have already heard of national digital wallets like France Identité in France, MyGov.be in Belgium, mObywatel in Poland, in Portugal or Ireland.

These services provide a sovereign national digital identity that will be implemented throughout the EU by the end of 2026, once they have been brought into compliance with the EU eIDAS 2 regulation, which aims to establish the EU’s framework for digital identity. At the close of the year, these digital identity services will materialise into a European Digital Identity Wallet (EUDIW). However, as with most digital tools, introducing them poses risks, including identity theft, digital exclusion, and foreign interference.

What can you do with a digital ID wallet?

The EU ID wallet will allow users to identify themselves via public and private services, including commercial ones, anywhere in the European Union. For example, a French citizen will be able to interact with the German administration as easily as a German citizen.

Depending on the user’s needs, the wallet may contain various types of information, including civil status data, such as first name, surname, date of birth and nationality, as well as electronic personal documents such as a driving license, transport tickets, or invoices.

Eventually, users will be able to present these documents to a public service, for instance, sending a copy of a degree to a future employer or using a prescription issued by a French doctor at a pharmacy in Belgium. This bona fide “digital toolkit” will also allow users to present digital ID such as a passports, visas, or airline tickets at border crossings.

Users will also be able to sign documents electronically using “qualified” electronic signatures, which have the same legal validity as handwritten signatures.

Finally, two people will be able to interact via their wallets. For example, while travelling in Italy, Alice could transfer her digital voting proxy to Felix.

Who are they for? And when will they be used?

All EU citizens and residents will be able to hold an EUDIW, although it will not be mandatory. The European Commission aims to provide 80% of the population with an EUDIW by 2030. In order to meet this goal, each EU Member State must issue at least one EUDIW by the end of the year.

The EUDIW will be presented primarily as a mobile application that can be downloaded onto smartphones. It is expected to operate with a high level of security, both online and offline, offering must-have mandatory features, such as simple and verified digital administrative documents, qualified signatures, and pseudonym generation. It must also be certified by each Member State and listed on a public European registry.

By the end of 2027, all businesses and public administrations requiring strong customer authentication (SCA), including banks, will have to accept proof of identity via an EUDIW.

At what cost?

The cost issue is an important consideration. Issuing and using the digital wallet, as well as issuing verified electronic signatures for non-professional purposes, will be free of charge. Each Member State will be free to determine its own specific conditions. For instance, Poland offers five free signatures per month per citizen. Using electronic signatures for professional purposes may incur a fee. In Belgium, the private wallet provider Itsme charges €4.95 per qualified signature.

What are the benefits?

The EUDIW should help combat fraud and false declarations, especially regarding the minimum age requirement for accessing pornographic websites. The process of renting a car, which currently requires sending copies of one’s ID card and driving licence, could be fully digitised.

Another benefit is that users will have greater control over how their personal data is processed.

Users will be able to freely choose and use pseudonyms when strong authentication is not required. Through a mandatory dashboard, they will be able to view the history of data transmitted and report suspicious data requests to their data protection authority, thereby strengthening oversight.

The wallet should integrate privacy-enhancing technologies. For example, minors can verify minimum age requirements for social networks using zero-knowledge proof technologies, proving they are under 15 without revealing their name, surname, or date of birth.

Moreover, only public and private service providers listed on a public registry will be able to use the EUDIW. Providers of electronic attestations and qualified signatures will need to obtain prior qualification at national level. We are witnessing a genuine digital identity ecosystem in the making.

What are the risks of a digital identity market?

The primary risk for users is being forced to use an EUDIW, which is designed as a kind of digital passkey. This could exclude certain segments of the population, particularly those who cannot afford or can use this type of technology.

Another risk concerns privacy. Digital wallets could increase the amount of personal data collected without users’ knowledge.

To address this threat, under EU law digital wallets must be certified. While the certification provides certain safeguards, it does not offer absolute security, as demonstrated by the 2021 PEGASUS case.

Cyberattacks may not only seek to steal identities, but also the data linked to them. Some of this data, such as first names, surnames, and diplomas, will be particularly valuable, as its authenticity will have been verified against authoritative sources.

From the perspective of EU States, the EUDIW raises questions of sovereignty, because states are currently the only entities capable of reliably establishing a person’s identity.

The provision of EUDIWs by non-European private companies increases the risk of foreign interference, which is a very real concern. For example, Nicolas Guillou, a French judge at the International Criminal Court has been under US sanctions since August 2025.

What still needs to be done: choices, audits and alternatives

The EUDIW could become an extremely useful everyday tool. However, many decisions still need to be made regarding implementation, enrolment, revocation, and cybersecurity, to effectively combat identity theft.

In order to fulfill the promise of a safer digital world, there must be effective oversight and dissuasive sanctions against both European and non-European factors.

At the same time, maintaining a hard copy alternative to digital documents is essential. Maintaining paper-based documents will not only help preserve a state’s resilience and sovereignty in the event of a cyberattack, but will also allow every citizen to choose whether or not to use an EUDIW.


The projects on Traceability for trusted multi-scale data and fight against information leak in daily practices and artificial intelligence systems in healthcare – TracIA and More on the adoption of a healthy Mediterranean diet – MoreMedDiet were backed by France’s National Research Agency (ANR), which finances research projects in France. The ANR’s mission is to support and promote the development of fundamental and finalised research work across all disciplines, and strengthen dialogue between science and society. To find out more, visit ANR.

The Conversation

Maryline Laurent a reçu des financements de la Fondation Mines-Télécom, de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et de plusieurs partenaires industriels tels que EDF et Orange.

Claire Levallois-Barth a reçu des financements de la Fondation Mines-Télécom. Les partenaires de la Chaire VP-IP qu’elle coordonne sont BNPP, IN Groupe, France Titres, Orange.

ref. European digital identity wallets: how secure are they and what are the risks? – https://theconversation.com/european-digital-identity-wallets-how-secure-are-they-and-what-are-the-risks-280057

Créer des modèles de poumon en laboratoire pour mieux comprendre les maladies respiratoires

Source: The Conversation – France in French (2) – By Isabelle Dupin, Professeure des universités, Université de Bordeaux

Les bronchioïdes peuvent aider à modéliser des pathologies pulmonaires et à chercher des pistes de traitement. CNordic Nordic/Unsplash, CC BY

Dans les années 2010, les biologistes ont appris à exploiter une propriété fascinante des cellules souches : leur capacité à s’auto-organiser. Placées dans les bonnes conditions, elles peuvent former spontanément des structures tridimensionnelles miniatures, que l’on appelle « organoïdes », qui reproduisent certains aspects structurels et fonctionnels d’un organe. Cette approche impacte profondément la recherche biomédicale. Mais, dans le cas du poumon, elle montre aujourd’hui ses limites et conduit à intégrer d’autres approches : pour progresser, il faut guider, voire contraindre, cette auto-organisation.


Modéliser le poumon humain reste un défi majeur. Sa structure en arbre, avec une vingtaine de divisions successives jusqu’aux alvéoles, ses propriétés mécaniques spécifiques liées aux mouvements respiratoires et, surtout, son exposition constante à l’air en font un organe à part. Pendant longtemps, les modèles animaux, notamment les rongeurs, ont servi de référence en recherche préclinique.

Mais ils présentent des différences importantes avec le poumon humain, notamment au niveau des voies respiratoires les plus petites, qui correspondent aux dix dernières divisions de l’arbre bronchique. Or ces zones sont justement atteintes très tôt dans certaines maladies comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette maladie, principalement causée par le tabagisme, se caractérise par une obstruction progressive et permanente des bronches. Elle touche plus de trois millions de Français, et à ce jour, il n’existe pas de traitement pharmacologique pour guérir ces patients.

Dans le domaine de la santé respiratoire, les organoïdes ont apporté une alternative prometteuse. Ces modèles ont déjà fait leurs preuves. Dans la mucoviscidose, par exemple, des organoïdes dérivés de patients permettent de reproduire les défauts de sécrétion de fluides et de prédire l’efficacité de nouveaux traitements, une avancée majeure vers une médecine personnalisée.

Mais la promesse n’est pas totalement tenue : l’auto-organisation a ses limites. Les organoïdes bronchiques classiques ont une forme de sphères creuses, remplies d’eau et de mucus. Une géométrie bien éloignée de celle des bronches humaines, qui sont des tubes ramifiés. Plus problématique encore : leur architecture fermée rend difficile l’accès à leur intérieur. Stimuler ces modèles par des virus respiratoires, ou bien tester des médicaments inhalés, au cœur des traitements respiratoires, devient alors un défi technique.

Quand les cellules souches prennent forme

Plutôt que de s’en remettre uniquement aux capacités d’auto-organisation des cellules souches, nous avons décidé de guider leur organisation grâce à la bio-ingénierie. Notre pari : imposer une structure tubulaire aux cellules souches pour contraindre leur organisation spatiale, tout en préservant leur capacité à se différencier.

Concrètement, nous avons fabriqué, avec l’aide de nos collègues en biophysique, un moule tubulaire en hydrogel de très petite dimension (environ 0,5 millimètre de diamètre), dans lequel nous avons introduit les cellules souches, purifiées à partir de tissus pulmonaires humains.

Schéma de la fabrication d’un bronchioïde
Schéma de la fabrication d’un bronchioïde.
Fourni par l’auteur

Les cellules ne se contentent pas de survivre dans cette structure : elles recréent progressivement un épithélium respiratoire fonctionnel, en présence d’un milieu de culture riche en facteurs de croissance. En quelques semaines apparaissent les cellules fonctionnelles de la bronche, les cellules ciliées et des cellules sécrétrices de mucus, le long de la paroi interne du tube. Les cils des cellules ciliées battent bien à la fréquence attendue, soit 15 battements par seconde ! Ces battements sont essentiels pour mettre en mouvement le mucus et assurer la défense de nos bronches face aux agressions de l’environnement.

Surtout, cette architecture ouverte change tout. Pour la première fois, il devient possible de perfuser ces structures et d’y faire circuler de l’air. Il est également possible de les infecter avec des virus respiratoires et d’observer la dynamique de l’infection.

Modéliser la maladie

L’intérêt de notre modèle, que nous avons appelé « bronchioïde », se révèle également lorsqu’on utilise des cellules issues de patients. En recréant des bronchioïdes à partir de cellules de patients atteints de BPCO, nous observons des altérations caractéristiques de la maladie : des battements ciliaires perturbés et une apparition excessive et précoce des cellules sécrétrices de mucus. Autrement dit, le modèle ne reproduit pas seulement des bronches saines, il peut aussi simuler des anomalies pathologiques.

Cette capacité ouvre des perspectives concrètes : mieux comprendre les mécanismes précoces des maladies respiratoires, telles que l’asthme ou la BPCO, tester des traitements dans des conditions plus réalistes et, à terme, adapter les thérapies à chaque patient.

Faut-il parler de « mini-bronches » en laboratoire ? On en est encore loin. Ces modèles restent incomplets. Ils ne contiennent pas, à ce stade, toute la diversité cellulaire du poumon, notamment les cellules de soutien, essentielles au fonctionnement de l’organe. Ils ne reproduisent pas non plus la complexité de l’arbre bronchique, avec son intégration dans les systèmes vasculaire, immunitaire et nerveux. Enfin, les aspects mécaniques dynamiques de la respiration sont généralement absents des modèles organoïdes.

Mais la combinaison de l’auto-organisation et des contraintes physiques imposées par la bio-ingénierie est prometteuse. Les possibilités offertes par cette discipline sont quasiment infinies.

Une équipe grenobloise a récemment réussi à intégrer des organoïdes dans des dispositifs microfluidiques, qui sont des supports contenant des canaux très fins. Ceci a permis de vasculariser les organoïdes, une avancée majeure pour apporter suffisamment d’oxygène et de nutriments à ces structures tridimensionnelles. Une équipe suisse a, quant à elle, reproduit un réseau d’alvéoles grâce à une membrane biologique souple et étirable, qui imite les mouvements de respiration.

Avec l’espoir un peu fou de pouvoir développer grâce à ces outils une médecine plus prédictive et mieux adaptée aux patients !

The Conversation

Isabelle Dupin a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), de la Région Nouvelle Aquitaine et de l’European Research Concil (ERC, project KINTSUGI, 101170266). Les points de vue et opinions exprimés sont toutefois uniquement ceux de l’autrice et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ni de l’European Research Concil. Ni l’Union européenne ni l’autorité de financement ne peuvent en être tenues responsables.

ref. Créer des modèles de poumon en laboratoire pour mieux comprendre les maladies respiratoires – https://theconversation.com/creer-des-modeles-de-poumon-en-laboratoire-pour-mieux-comprendre-les-maladies-respiratoires-278913

De la dépendance à la refondation : l’aide internationale à l’heure du basculement

Source: The Conversation – France in French (3) – By Pierre Micheletti, Responsable du diplôme «Santé — Solidarité — Précarité» à la Faculté de médecine de Grenoble, Université Grenoble Alpes (UGA)

Depuis la réélection de Donald Trump, plus de 200 millions de personnes dans le monde se trouvent en situation de vulnérabilité. Les États-Unis étaient jusqu’alors les principaux contributeurs financiers d’organisations internationales. Mais, dès son retour à la Maison-Blanche, le président a opéré un retrait financier massif, laissant de nombreuses ONG, agences humanitaires des Nations unies ou encore la Croix-Rouge en grande difficulté.

Dans son ouvrage Action humanitaire : le crépuscule des dieux ?, qui vient de paraître aux éditions Un monde nouveau, Pierre Micheletti, membre du Conseil d’administration de SOS Méditerranée et président d’honneur d’Action contre la faim, analyse les mécanismes qui ont conduit à cette situation et propose une nouvelle organisation de l’aide humanitaire.


L’interruption brusque des financements octroyés par le gouvernement des États-Unis d’Amérique aux acteurs humanitaires sidère l’ensemble des organisations effectrices de cette forme de solidarité internationale. Le mouvement international de la Croix-Rouge, les organisations onusiennes, les organisations non gouvernementales internationales (ONGI) calculent déjà comment les restrictions annoncées vont impacter leurs actions sur le terrain. Avec les conséquences sociales que tous les dirigeants ont en tête.

Il s’est aussitôt engagé un sauve-qui-peut entre ces trois grandes familles d’acteurs humanitaires pour protéger leurs programmes et les personnes qu’elles soutiennent, en même temps que l’avenir de leurs employés dans les sièges des différentes organisations comme dans les pays où elles interviennent.

Ce séisme est la conséquence extrême d’un système de financement qui concentrait sur quelques pays occidentaux le versement de la quasi-totalité des sommes engagées chaque année. Les États-Unis constituant, avant leur retrait, et devant l’Union européenne, le premier financeur mondial de l’aide d’urgence. Le désengagement du premier contributeur est pourtant survenu sur un modèle économique de l’aide humanitaire dont on constatait les imperfections et les faiblesses depuis plusieurs années. Le « Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier mondial » avait ainsi été l’occasion d’une prise de parole conjointe des dirigeants de différentes familles d’acteurs humanitaires, pour pointer les incontournables évolutions nécessaires. Une étape supplémentaire a été franchie en 2025 qui constitue un point de rupture.

Dénoncer les conséquences humaines de l’effondrement financier du modèle qui prévalait jusqu’à début 2025, analyser les mécanismes qui se cumulent de longue date et ont rendu possibles les désastreuses conséquences à venir, et imaginer comment résister et refonder un dispositif d’aide internationale d’urgence, pointent d’emblée un « inconscient collectif » qu’il convient de remettre en cause : l’Occident ne peut ni revendiquer ni assumer le monopole de la compassion à l’égard des malheurs du monde.

La capacité financière pour alimenter la solidarité internationale, comme les stratégies et acteurs pouvant apporter un soutien vital à des populations confrontées à des crises majeures, ne peuvent relever du mandat d’une partie réduite de l’humanité dans un monde aujourd’hui globalisé.

Le concept d’Occident – qui fait débat – est parfois l’objet de manipulations de ceux qui veulent réaffirmer la primauté du fait culturel sur toute autre considération, pour décrire les espaces composites qui structurent la société internationale mondiale. Le terme « Occident » est utilisé dans le présent ouvrage non pas comme une construction identitaire, mais comme une aire géographique évolutive, fruit d’une coopération politique, économique, juridique et militaire de différents pays, dans les suites de la Deuxième Guerre mondiale.

Dans le cas des États-Unis, cette distinction est d’autant plus cruciale que l’abandon de l’aide humanitaire s’accompagne précisément, de la part des nouveaux dirigeants de ce pays, d’un discours qui réaffirme (entre autres) la dimension d’une « culture » partagée comme nécessaire carburant de la solidarité. Ce dont témoigne l’émergence du concept de « diplomatie chrétienne » dans l’administration du président Trump. Pour éviter tout débat ou polémique le nécessaire « décentrement » évoqué par l’historienne et politiste Sophie Bessis fait, dans les pages à suivre une référence au pas de côté, désormais impératif, pour répondre aux urgences humanitaires. Un décentrement par rapport au groupe restreint des 20 gouvernements donateurs primordiaux qui composaient jusqu’ici le club restreint des financeurs.

Le parti-pris développé, et qui sert pour une large part aux analyses et propositions qui en découlent, est que le modèle économique met en chiffres la réalité tangible des logiques politiques que l’on peut attribuer au mode de financement. Ses pays sources, ses modalités de répartition et de mise en œuvre, les choix d’attribution par les donateurs, sont porteurs de sens et d’intérêts géopolitiques de la part des financeurs.

L’effondrement des budgets de début 2025, via le retrait des États-Unis comme premier financeur de l’aide humanitaire mondiale, constitue l’une des composantes (minoritaire en volume) d’un dispositif plus large d’aide publique au développement (APD) également impacté par le retrait des États-Unis via la disparition de son agence de développement, l’US Aid (United States Agency for International Development).

La dynamique ayant présidé à l’émergence du concept d’APD obéit à des logiques historiques dont la connaissance est indispensable à la compréhension du modèle dominant de la solidarité internationale. Dominant au sens non d’une dictature imposée, mais de l’imprégnation par les logiques qui ont présidé à la construction de cette aire que constitue les pays occidentaux depuis 1945.

La structuration du multilatéralisme propre à l’action humanitaire vient de se fracturer. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, on a assisté à l’évolution d’un ordre international en mutation permanente, sans que cela ne débouche sur de significatives évolutions du modèle économique de la solidarité internationale. Les années 2020 ont donné lieu à des moments de rupture dont le séisme financier de début 2025 constitue le dernier symptôme en date, esquissant les contours d’une dépression aux multiples facettes.

C’est dans l’analyse des facteurs de causalité de la crise financière, avec les conséquences désastreuses de la situation actuelle pour les populations abandonnées à leur sort, que l’on peut dégager des pistes pour rebondir et relancer un système que l’on peut espérer améliorer.

Un système mieux protégé des enjeux de rivalités politiques qui structurent et pénalisent le mode de solidarité internationale qui prévalait jusqu’au désengagement de son mentor historique.

Il s’agit à la fois de résoudre l’équation financière, mais aussi d’imaginer et de mettre en place la gouvernance d’un modèle pérenne à inventer. Autrement dit, de rebattre les cartes des rivalités politiques et des rapports de force qui réémergent entre pays, pour réaffirmer une volonté partagée d’agir de concert, face aux urgences humanitaires majeures d’aujourd’hui et de demain.

C’est ainsi l’émergence d’une nouvelle forme du multilatéralisme, y compris des sociétés civiles, qui se pose. Un multilatéralisme qui devra tenir compte du large refus d’un schéma de solidarité internationale calqué sur les objectifs et modalités de l’entraide mutuelle mise en place, par une partie des vainqueurs, après la victoire sur le nazisme.

Il s’agit, chemin faisant, de prendre acte de l’évolution du concept de « frontières » dont s’affranchissent des phénomènes mondiaux tels que les dégradations environnementales ou l’émergence de nouvelles pathologies infectieuses. De réaffirmer, comme ciment du vivre-ensemble, l’impérative commune volonté de protéger de ce qu’il est désormais convenu d’appeler les « biens publics mondiaux », dont la paix. Dans cette nouvelle conception des relations internationales, la solidarité ne relève pas d’une compassion basée sur une asymétrie de moyens, mais sur la conscience d’un destin partagé de la communauté humaine.

The Conversation

Pierre Micheletti ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. De la dépendance à la refondation : l’aide internationale à l’heure du basculement – https://theconversation.com/de-la-dependance-a-la-refondation-laide-internationale-a-lheure-du-basculement-280081

Le chiisme, facteur majeur de la résilience du régime iranien

Source: The Conversation – France in French (3) – By Pierre Firode, Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay

Après avoir subi plus d’un mois de bombardements qui ont détruit une grande partie de ses capacités et tué plusieurs de ses leaders de premier plan, le régime iranien, loin de s’effondrer, a affiché une résilience inattendue. Celle-ci est enracinée dans une idéologie puissante : le chiisme voue un culte à ses martyrs tandis que le khomeinisme y ajoute un discours anti-impérialiste porteur auprès d’une partie non négligeable de la population mondiale, y compris dans les pays occidentaux.


À l’évidence, l’évolution de la guerre lancée par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou en Iran, qui vient – temporairement ? – de s’interrompre à la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu le 7 avril, après trente-huit jours de bombardements, n’a pas correspondu aux plans initiaux des états-majors israélien et états-unien. Alors que Wahsington et Tel-Aviv avaient parié sur un effondrement rapide du régime une fois éliminés plusieurs de ses principaux dirigeants, l’intensité de l’effort de guerre iranien et, surtout, sa capacité à durer dans le temps ont surpris.

De nombreux experts ont bien souligné à quel point les États-Unis n’avaient pas anticipé la résilience du Corps des gardiens de la révolution, dont le maillage très étroit et décentralisé s’étend sur l’ensemble du territoire iranien, si bien que les coups portés au sommet du régime n’ont pas semblé affecter sa capacité à lutter dans les 31 provinces qui composent la République islamique d’Iran. De plus, les observateurs ont abondamment mis en avant la maîtrise par Téhéran d’un nouvel art de la guerre asymétrique qui s’est décliné à l’échelle mondiale, l’Iran ayant pris en otage l’économie mondiale en exploitant au maximum sa capacité de nuisance sur le détroit d’Ormuz et en imposant à ses voisins une stratégie du chaos face à laquelle l’administration américaine est apparue démunie.

Toutefois, ces analyses mettent peut-être de côté l’un des aspects les plus évidents de cette résilience du régime iranien, qui tient à son idéologie religieuse, le chiisme duodécimain, et à son extension politique depuis 1979, le khomeinisme.

En effet, par son culte des martyrs, par sa vision eschatologique de l’histoire et par son aspiration révolutionnaire à libérer le Moyen-Orient, voire le monde entier, de l’impérialisme hégémonique des États-Unis, l’idéologie du régime iranien fournit un dogme à la fois parfaitement adapté à la nature asymétrique de la guerre actuelle et capable de rallier à lui une partie non négligeable de la population mondiale, malgré l’incroyable barbarie dont font preuve ses dirigeants.

Le chiisme, une doctrine née d’un combat asymétrique

Parce qu’il repose sur la mémoire des martyrs, le chiisme se nourrit de la guerre asymétrique. Le combat asymétrique du fort au faible élève le martyr au rang de personnage saint et de héros, dont le souvenir garantit la pérennité du chiisme à travers les générations.

À cet égard, la naissance même du chiisme est riche d’enseignements puisque ce courant de l’islam, qui regroupe aujourd’hui environ 20 % des musulmans du monde, apparaît avec le martyre des partisans d’Ali et de ses descendants (« les gens de la Maison de Mahomet », les ahl-al-bayt en arabe) appelés imams. L’événement que les chiites, toutes branches confondues hormis les zaydites, considèrent comme fondateur est le meurtre par les premiers califes omeyyades d’Hussein, fils d’Ali et successeur légitime de Mahomet. Or, dans la tradition chiite, en plus d’être mort en martyr sur ordre des usurpateurs omeyyades, Hussein périt au terme d’un véritable combat asymétrique. La bataille de Kerbala en 680 où il trouve la mort constitue en effet un combat du fort au faible où Hussein, accompagné par quelques dizaines de fidèles, se fait massacrer par une armée de plusieurs milliers de combattants aux ordres du calife omeyyade Yazid.

« Sunnites et chiites : la grande discorde » avec Laurence Louër, Pierre-Jean Luizard, Agnès Levallois, Iremmo, 2017.

La disproportion du rapport de force entre l’armée de Yazid et la poignée de fidèles d’Hussein rend le sacrifice de ce dernier d’autant plus mémorable. Dans cette optique, plus le combat est disproportionné, plus il est asymétrique, plus il est digne d’être commémoré et donc susceptible de résister à l’oubli. La nature asymétrique et donc injuste du martyre d’Hussein légitime la soif de vengeance que les chiites perpétuent au travers des siècles.

Le « syndrome de Kerbala » moteur de la guerre actuelle

De ce point de vue, le syndrome de Kerbala transforme le chiisme en une véritable doctrine asymétrique : le martyre d’Hussein est certes une défaite militaire sur le temps court pour les partisans d’Ali, mais il constitue une victoire sur le temps long puisqu’il constitue un événement mémorable dont les musulmans garderont la mémoire.

À la défaite militaire, les chiites opposent la victoire mémorielle et idéologique sur le temps long, exactement comme le font les stratèges de la guerre asymétrique. En cela, le chiisme est bel et bien une doctrine de combat asymétrique comme le montre son utilisation par la République islamique d’Iran dans sa guerre médiatique dirigée contre les États-Unis et Israël.

Dans une vidéo publiée sur le compte Facebook francophone du défunt Ali Khamenei intitulée « Le martyre est le début… Le martyre de l’imam Khamenei n’est pas la fin, tout comme le martyre de l’imam Hussein ne le fut pas », datée du 6 mars 2026, le régime iranien dresse un parallèle entre le martyre d’Hussein face à Yazid et celui de Khamenei face à Trump.

Conformément à la tradition chiite, la mort de Khamenei suit le modèle du martyr d’Hussein : elle constitue un modèle de résistance à « l’oppression » et nourrit une soif de vengeance dont l’humanité gardera le souvenir, ce qui contribuera à la victoire finale du régime iranien et de la « parole divine ».

La guerre contre l’« oppression universelle » comme moteur du conflit

Dès lors, la martyrologie chiite permet le développement d’un narratif où le martyre de Khamenei comme celui d’Hussein renvoie à la vocation universelle du chiisme à lutter contre l’oppression. Grâce à son martyre, Khamenei devient une figure qui dépasse le cadre strict de la communauté chiite pour devenir le symbole de la lutte contre l’oppression des États-Unis sur le monde.

La vidéo précédemment mentionnée est à cet égard révélatrice : la figure de Khamenei y est présentée comme l’étendard de « ceux qui luttent pour la liberté » et contre « l’impérialisme ». Ce discours à la jonction de la martyrologie chiite et du rejet de la tutelle impérialiste de l’Occident sur le monde musulman, emprunté aux thèses des Frères musulmans, résume assez bien le khomeinisme, qui tente de faire du chiisme iranien une doctrine révolutionnaire décoloniale.

En publiant des vidéos développant ce discours, la République islamique entend fédérer autour d’elle tous ceux qui luttent contre l’hégémonie américaine dans le monde et conférer à sa propagande une dimension universelle destinée à séduire des populations extérieures au monde chiite, y compris occidentales.

Le régime iranien sait que l’issue de la guerre se joue plus dans la bataille de l’opinion que sur le terrain militaire. Les dernières vidéos publiées par le régime montrent à quel point le régime investit les réseaux sociaux en utilisant des codes visuels et une rhétorique clairement à destination des opinions occidentales. Dans une vidéo devenue virale, le régime utilise l’univers des Lego pour représenter Trump et Nétanyahou, assis en compagnie du diable autour des dossiers Epstein.

La vidéo établit alors un lien direct entre le déclenchement de la guerre et les dossiers Epstein, suggérant que Trump a attaqué l’Iran pour détourner l’attention de l’opinion publique du scandale, prisonnier du chantage effectué par un Nétanyahou diabolique. En associant le diable, Israël et l’affaire Epstein, le régime utilise les codes universels de l’antisémitisme et espère mobiliser la partie de la sphère MAGA opposée à Israël qui peut, elle aussi, flirter avec l’antisémitisme. Le régime iranien a parfaitement conscience que l’affaire Epstein divise l’opinion MAGA et qu’elle a réveillé la frange antisémite du mouvement, qui pourrait se mobiliser contre la guerre en jugeant que, dans celle-ci, Washington se montre inféodé aux intérêts israéliens.

Trump, allié malgré lui du khomeinisme

Ainsi, la résilience du régime iranien ne se résume pas à sa capacité de nuisance, mais tient aussi à son idéologie. La martyrologie chiite fait de la guerre asymétrique une source de légitimité et, par la mémoire des martyrs comme celui d’Hussein ou de Khamenei, transforme des défaites militaires sur le court terme, comme celle que subit actuellement l’Iran du point de vue de ses capacités conventionnelles, en de véritables victoires idéologiques sur le temps long.

D’autant que le khomeinisme, en tant qu’idéologie révolutionnaire tournée contre « l’oppression » et le sionisme, peut séduire une partie des opinions occidentales, principalement la franche antisémite du mouvement MAGA et ceux qui, à l’autre extrémité du paysage politique, se réclament de mouvements décoloniaux anti-impérialistes.

De ce point de vue, la propagande du régime iranien se trouve paradoxalement renforcée par les dérives du trumpisme, qui, en substituant partout la force brutale au droit, donne un surcroît de visibilité à la propagande anti-impérialiste du régime des mollahs.

The Conversation

Pierre Firode ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le chiisme, facteur majeur de la résilience du régime iranien – https://theconversation.com/le-chiisme-facteur-majeur-de-la-resilience-du-regime-iranien-280058

Afcon controversy: what a sports law specialist says about Senegal being stripped of the title

Source: The Conversation – Africa – By Abdoulaye Sakho, Professeur de droit, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Two months after the 2025 Africa Cup of Nations (Afcon) final, which was won by Senegal in January 2026, the appeal board of the Confederation of African Football (Caf) decided to strip them of the title and give it instead to their opponents, Morocco. This was because the Senegalese team had walked off the pitch for about 10 minutes.

Caf’s ruling is based on Articles 82 and 84 of the African football body’s regulations. It goes against the referee’s decision to resume play and see the match through to its conclusion. What does sports law say on this matter? And what are the implications of the decision? We asked sports law specialist Abdoulaye Sakho for his opinion.


What is the legal basis for the decision?

The legal basis lies in Chapter 35 of the Africa Cup of Nations regulations, which covers team withdrawals, specifically Articles 82 and 84, which govern team withdrawal.

The Caf appeal panel decided that:

In application of Article 84 of the regulations of the Caf Africa Cup of Nations (Afcon), the Senegal national team is declared to have forfeited the final match.

The legal classification is a central issue. Some described Senegal’s exit from the pitch as “match abandonment”. The panel labelled it “withdrawal” as defined in the regulations.




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While similar tournament rules might refer to a “forfeiture of the match”, the appeals panel adopts the concept of “withdrawal” as defined by the Afcon regulations. In law, and especially in sports law, this distinction is crucial. It determine which rules apply. Think of it as a medical diagnosis. Give the wrong one, and the treatment that follows may do more harm than good.

What was their reasoning?

It is difficult to speak with certainty about the panel’s reasoning. However, we can assume that the Caf appeals board acted independently and exercised its full discretion as an autonomous body. It was within its rights to disregard a key factor: the match was played to completion.

Yet, I will admit that their reasoning remains puzzling to me. One thing is certain, the referee never stopped the match. Some Senegalese players left the pitch, then resumed play. He opted for a brief suspension, then resumed play. He did not declare the match over. That decision to resume the match is significant. Under law 5 of the International Football Association Board, the referee has

full authority to enforce the laws of the game … stop, suspend or abandon the match for any offences or because of outside interference.

The regulations don’t stipulate that there is a set time limit – such as 10, 15, or 20 minutes – after which a match must be abandoned. In this instance, the referee is the master of the game. He has made his decision, and that decision is binding on everyone, erga omnes (towards everyone) as legal purists would put it, because Law 5 is equally clear on this point:

The decisions of the referee regarding facts connected with play, including whether or not a goal is scored and the result of the match, are final. The decisions of the referee, and all other match officials, must always be respected.

Has there ever been a case like this at this level?

I am not aware of a similar case in an Afcon final. This is unprecedented at a continental final level. In football, authorities rarely overturn decisions on the pitch.

One exception was the South Africa vs Senegal match in the 2018 World Cup qualifiers. It was replayed after it was proven that the match referee, “bribed” by bettors, had made a decision that had an “illegal influence on the match result”.

There are also well-known cases of suspended matches in the history of African soccer. One example is the 2019 Caf Champions League club final between Morocco’s Wydad Casablanca and Tunisia’s Espérance de Tunis. The Wydad players had refused to resume play after a disallowed goal. The referee also refused to consult the video assisted referee, because of a technical malfunction.




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Wydad never returned to play. After more than an hour of deliberation, the referee blew the final whistle, ruling that Wydad had forfeited the match. The final ruling in that case upheld that the refusal to resume play constituted a forfeit under the Caf disciplinary code, and the Moroccan team lost the match by default. The key difference is that in the 2025 Afcon final, Senegal did resume the match and played it to its conclusion.

What happens next?

It is well established in sports law that when a sports authority has rendered a final decision – as is the case of the decision by the Caf appeals board – the international Court of Arbitration for Sport may be approached to review the decision through an act called a “statement of appeal”, with a filing fee of US$1,279.

Both sides submit written arguments, a hearing is held and then the court issues its ruling. Senegal’s football federation has filed a request to the court to suspend the Caf decision. This will allow it to retain its title until the final court ruling, which is expected in a few months.




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This case is a textbook example for sports law because it raises several complex legal issues that cannot be fully addressed here, including the interpretation of sports regulations, the referee’s authority over the game, the composition of judicial bodies, the issue of estoppel (ethics) in ongoing legal proceedings, and the governance of sports organisations.

The Conversation

Abdoulaye Sakho does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Afcon controversy: what a sports law specialist says about Senegal being stripped of the title – https://theconversation.com/afcon-controversy-what-a-sports-law-specialist-says-about-senegal-being-stripped-of-the-title-279779

Mozambique relies on Rwanda’s troops to fight terrorism: what happens if they leave?

Source: The Conversation – Africa (2) – By Kaitlyn Rabe, Lecturer, The Ohio State University

Rwanda has threatened to withdraw its troops from Mozambique’s Cabo Delgado province, signalling a potentially decisive shift in the southern African country’s security architecture.

The threat of withdrawal is driven by a European Union (EU) warning that it may stop funding the Rwandan Defence Forces’ mission in Mozambique in May 2026.

Rwanda’s military intervention in northern Mozambique began in July 2021, when Kigali deployed about 1,000 troops and police at the request of the Mozambican government.

Around December 2022, the EU began to contribute to this Rwandan mission, initially disbursing €20 million, and adding another €20 million in November 2024.

The deployment followed a major escalation of violence by Islamist insurgents in Cabo Delgado. The insurgents captured strategic towns near natural resource sites, such as Mocímboa da Praia, and carried out attacks near a TotalEnergies gas project in Palma.

Rwandan forces quickly helped retake key areas and stabilise zones critical to energy infrastructure, in this way distinguishing themselves from slower-moving multilateral responses.

In 2024, Rwanda increased its troop presence. This helped fill the void left by the withdrawal of a Southern African Development Community (SADC) mission which had begun in July 2021.

However, the Rwandan mission has begun to look less effective in the last couple of years. There were only four documented clashes between Rwandan forces and Islamic State rebels in Mozambique between December 2024 and March 2025. This had deadly consequences for civilians, who are a strategic target of the rebel group.

I study security dynamics, regional interventions such as Rwanda’s mission in Mozambique, and insurgency responses across sub-Saharan Africa. In my view, Rwanda’s threatened withdrawal wouldn’t be just a tactical shift. It would be a structural turning point. This risks creating a security vacuum in Cabo Delgado.

This exposes the limits of regional and continental intervention mechanisms when local structures remain weak, fragmented and unable to sustain security gains without external support.




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Should Rwanda withdraw from Mozambique, Maputo would face a limited set of options.

It could once again turn to multilateral forces, such as the SADC or the African Union. Given that the SADC has struggled to meet past security commitments, this appears unlikely. Instead, Mozambique may continue to prefer bilateral commitments – most likely with Tanzania – to shore up its counterinsurgency efforts.

In any case, any disruption of counterinsurgency efforts – and failure to address the root causes of unrest – will inevitably lead to further violence and suffering for civilians.

Inside Cabo Delgado

Cabo Delgado is endowed with natural resources, but is one of the poorest regions of Mozambique. It holds reserves of graphite, gold, timber and precious gems. The region contributes about 80% of the world’s ruby supplies.

The discovery of a natural gas reserve in 2010 led to an influx of foreign direct investment by gas companies.

The perception that these resources and investments have not benefited the local population has driven resentment. This began to manifest in the growth of the Islamic State-affiliated Ahl al-Sunnah wa al Jamma’ah (ASWJ), which locals refer to as “Al-Shabaab” (not connected with the Somali entity of the same name).

The group sought to present itself as a legitimate alternative to a state that had failed to deliver services.




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Although the Cabo Delgado insurgency began in 2017, it hit major international headlines in March 2021. This followed a jihadist attack in Palma that targeted a TotalEnergies natural gas project, killing dozens and forcibly displacing thousands. TotalEnergies suspended operations, and only in November 2025 announced its intention to restart activities in Mozambique.

Since the insurgency began in 2017, about 6,500 people have been killed, and 1.3 million displaced.

After years of failing to contain the insurgency, the Mozambican army was forced to seek external counterinsurgency and counterterrorism support.

The SADC sent an initial contingent of peacekeepers in July 2021. However, member states were accused of lagging on their commitments. Meanwhile, Rwanda – outwardly eager to cement its reputation as Africa’s most professional and effective military force – quickly garnered a reputation for its incisive interventions.

But it intervened largely in areas rich in natural resources, while neglecting other areas of Cabo Delgado.

Potential scenarios

The mere announcement of a potential drawdown of Rwandan troops is a psychological victory for Mozambique’s jihadist groups. In May 2024, insurgents claimed victory over SADC forces following news of the mission’s withdrawal. A dangerous vacuum would follow the withdrawal itself.

In my view, there are three possible scenarios for the security of Mozambique.

First, Mozambique could invite the SADC to return as part of a multilateral mission. It would, however, have the same logistical and political obstacles that plagued its first mission.

Second, the African Union could intervene under Article 4(h) of the act that established it. This provision allows for intervention in cases of war crimes, genocide and crimes against humanity in member states. Though legally plausible given the documented crimes against humanity in Cabo Delgado since 2017, an AU direct intervention is unlikely. The union has shown consistent reluctance to invoke Article 4(h) without invitation from member states.




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Third, the most probable scenario is a reinforcement of Tanzania’s existing, if modest, military presence in Cabo Delgado. Dar es Salaam has the clearest strategic interest in stabilising its southern neighbour.

Malawi, which also borders Mozambique’s northern regions, has a fraught historical relationship with Maputo. This is a result of Lilongwe’s support for Mozambican guerrilla movements throughout the civil war of the 1970s and 1980s.

Tanzania’s porous border with Cabo Delgado and the involvement of Tanzanian nationals in Mozambique’s violent extremist groups make it the neighbouring country most affected by counterinsurgency in Mozambique.

Scaling up from the current contingent of 300 troops in Mozambique, however, would require considerable political will and logistical coordination.

What next

Those are only some of the scenarios that may occur.

The African Union will most likely not intervene with a multilateral mission of its own accord. The government of Mozambique itself would have to request it, but prefers more agile, bilateral missions.

Whichever actor may replace Rwanda, the withdrawal of troops would result in a security vacuum with likely fatal consequences for civilians in Cabo Delgado, and repercussions for neighbouring countries, particularly Tanzania.

The Conversation

Kaitlyn Rabe is affiliated with Mondo Internazionale APS.

ref. Mozambique relies on Rwanda’s troops to fight terrorism: what happens if they leave? – https://theconversation.com/mozambique-relies-on-rwandas-troops-to-fight-terrorism-what-happens-if-they-leave-280045

Failed peace deal: The Iran war has inflicted a cascade of losses that may never be recovered

Source: The Conversation – Canada – By Kawser Ahmed, Adjunct Professor, Natural Resource Institute (NRI), University of Manitoba

Every ceasefire is haunted by the same question: will it live up to the promise of peace? The United States and Iran could apparently only focus on their disagreements during peace talks in Islamabad, with negotiations led by American Vice President JD Vance failing to result in a deal.

Experts speculated that Iran’s 10-point peace proposals and the American 15-point plan were too far apart to lead to consensus.

This is perhaps unsurprising. Between 1945 and 2009, a survey of peace treaties suggests that fewer than half of all countries that experienced armed conflict managed to avoid falling back into violence.

Dim prospects for Middle East peace

In the Middle East, in particular, the picture is even more sobering. The 1978 Camp David Accords gave us a lasting Egypt-Israel peace but Egyptian leader Anwar Sadat paid with his life and Egypt was cast out of the Arab League by its Arab neighbours.

The Oslo Accords of 1993, signed with such hope on the White House lawn, unravelled into the bloodshed of the Second Intifada. The Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) nuclear deal of 2015 survived barely three years before the U.S. walked away under President Donald Trump.

The June 2025 ceasefire between Iran and Israel held for months, then shattered.

And now, once again, the world was asked asked to hope. On April 8, a two-week ceasefire was announced between the U.S. and Iran, brokered by Pakistan, after 40 days of U.S-Israeli strikes. The conflict has sent global oil markets into crisis due to the Strait of Hormuz closure, and left Lebanon under relentless Israeli bombardment.

Iran’s 10-point peace plan demanded the strait remain under its military co-ordination, full sanctions relief, compensation, American troop withdrawal and protection for its regional allies — terms the U.S. has called “maximalist.”

With no peace deal, the U.S. announced a naval blockade at the Strait of Hormuz, escalating tensions.

What the war has cost

Peace research has consistently found that ceasefires without trust-building, third-party enforcement and comprehensive scope are the least likely to survive.

This U.S.-Iran ceasefire lacks all of these elements.

The numbers associated with the war are staggering. The Pentagon has spent roughly US$28 billion in 39 days, with the Trump administration now seeking between $80–100 billion more from Congress to continue.

More than 1,500 Iranians have been killed and 18,500 wounded. Thirteen American soldiers are dead and more than 300 are wounded.

Crude oil prices have surged more than 55 per cent since the war began. Gas prices across the U.S. have jumped more than a dollar per gallon, and in fragile economies like Bangladesh, Sri Lanka and Nepal, the energy shock is threatening governments already on the edge.

To what benefit?

There’s been no regime change in Iran, no emancipation of the Iranian people from their oppressive rulers, no nuclear disarmament. Instead, the war has produced a cascade of intangible losses that may prove far more consequential.

The Abraham Accords between Israel and several Arab nations, once hailed as a diplomatic masterstroke, are under severe strain as Gulf states absorb Iranian missile strikes on American military bases they host and begin asking whether a U.S. military presence is protection or liability.

NATO relationships are in tatters.

No clear objectives

Israel, which clearly doesn’t want the ceasefire to extend to Lebanon, launched Operation Eternal Darkness with 100 airstrikes in 10 minutes against the Lebanese on the very day the ceasefire was announced.

The U.S. is struggling to define victory in a war it started without clear objectives.

Perhaps the most telling sign of how badly the war has gone for the U.S. is the revolt from within Trump’s MAGA camp. Tucker Carlson, once Trump’s most powerful media ally, delivered a 43-minute monologue calling the president’s war rhetoric “morally corrupt” and “evil.”

He labelled Trump’s Easter morning Truth Social post, which mocked Islam while threatening to wipe out Iranian civilization, “vile on every level.” Joe Rogan called the war “insane, based on what he ran on.” The architects of MAGA’s media empire are in open revolt, and Trump’s approval rating is now positive in just 17 of 50 states.

New world order?

As a peace scholar, this is one of the most disheartening moments I have ever witnessed. The very architecture of peace is being dismantled — not by accident, but by design.

The U.S. has eliminated its entire US$1.23 billion contribution to United Nations peacekeeping in its 2026 budget, slashed 85 per cent of its diplomatic and international affairs spending, shuttered USAid after 64 years and withdrawn from 66 international bodies since January 2025.




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The UN has been forced to cut 25 per cent of its peacekeeping forces, meaning a lesser presence in places like Lebanon, Congo and South Sudan precisely when the world needs them most.

The war has also exposed an inversion of the global security order. When it came time to broker peace, no western U.S. ally stepped forward.

Instead, Pakistan — a country embroiled in its own border tensions with India and Afghanistan — is lead mediator, alongside Turkey, Egypt and Saudi Arabia. China has helped from the sidelines.

This foursome of Muslim-majority nations are now positioning themselves as the primary diplomatic channel in a region where both Israel and Iran have become pariahs and American credibility as a security guarantor is in tatters.

For a country that built the post-1945 rules-based order, the U.S. now needs to be rescued from its own war by the very nations it once lectured on governance and peace.




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Parallels to Athens

If the U.S. can wage an unauthorized war against Iran without clear objectives, if Russia can redraw borders in Ukraine by force and if Israel can operate without restraint or accountability across Lebanon, Gaza and beyond, then what signal is being sent to every government with a grievance that has a strong military?

How does collective humanity build mechanisms that can actually prevent wars, not just end them after the damage is done?




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Thucydides had a warning 2,400 years ago: military power and technological advancement do not guarantee safety or perpetual peace.

Athens, the world’s dominant power in the 5th century BCE, did not fall to a stronger enemy. It fell because it launched a war of choice it didn’t have to fight. The Sicilian Expedition drained the Athens treasury, fractured its alliances and exposed the arrogance of imperial overreach. The parallels are hard to ignore.

To fund a war of choice, the U.S. is spending billions to destroy while cutting pennies from the institutions aimed at healing. It’s yet another indication that the world is losing its way in an era of constant conflict.

The Conversation

Kawser Ahmed does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Failed peace deal: The Iran war has inflicted a cascade of losses that may never be recovered – https://theconversation.com/failed-peace-deal-the-iran-war-has-inflicted-a-cascade-of-losses-that-may-never-be-recovered-280313

US naval blockade of Strait of Hormuz: what it involves and the risks attached

Source: The Conversation – UK – By Basil Germond, Professor of International Security, School of Global Affairs, Lancaster University

The US blockade of the Strait of Hormuz aims to cut off Iran’s oil exports and punish any ship that pays a toll for transiting the waterway. somkanae sawatdinak/Shutterstock

A US-sanctioned tanker with links to China, the Rich Starry, has transited the Strait of Hormuz, despite the US blockade of the waterway. According to the respected maritime news and intelligence agency Lloydslist, the Rich Starry is falsely registered in Malawi, but is Chinese owned and carrying a Chinese crew. It is subject to US sanctions for carrying Iranian goods. It is not known what the vessel is currently transporting.

Having been anchored off the UAE, the Rich Starry is not technically in breach of the blockade, but the incident has raised fears of a potential confrontation between the US and China in the region. Other vessels are reported to be waiting to transit the Strait, despite the US blockade.

The decision to impose a blockade on Iranian ports in the vicinity of the Strait was announced by the US president, Donald Trump, following the breakdown of US-Iran peace talks in Islamabad on April 11. Trump’s announcement was clarified by a statement on April 12 from US Central Command, which stipulated that the operation would prevent ships entering and exiting Iranian ports and coastal areas while not impeding vessels transiting the Strait to and from non‑Iranian ports.

Trump also announced that: “I have also instructed our Navy to seek and interdict every vessel in International Waters that has paid a toll to Iran. No one who pays an illegal toll will have safe passage on the high seas.” It remains unclear as to whether this will be implemented.

The Strait of Hormuz has been as good as closed since shortly after the US and Israel launched their attacks on Iran at the end of February. Most ship owners, charterers and insurers are unwilling to accept the financial risk – and risk to human life – that transiting the Strait under threat of Iranian attack would entail.

Blockades are used to convert naval dominance into advantage on land by preventing imports and exports of goods, in Iran’s case oil, to put pressure on an adversary’s population and government by hurting their economy. Likewise, Iran’s strategy of closing down the Strait after it was attacked intended to disrupt the global economy in order to put international pressure on the Trump administration.

Iran has long threatened to use its geographical proximity to the Strait of Hormuz to close it down. Having demonstrated how effective this can be in disrupting oil and liquid natural gas prices, Tehran has been flexing its muscles by demanding that ships wanting to transit the waterway pay a tariff of up to US$2 million (£1.5 million). Lloydslist reported on March 25 that “a total of 26 vessel transits through the strait have followed a route pre-approved under an IRGC [Islamic Republican Guard Corps] ‘toll booth’ system that requires the ship operators to submit to a vetting scheme”.

This was reportedly a sticking point in negotiations between the US and Iran in Pakistan on April 11. Tehran wants to retain control of the Strait and the ability to levy tolls from transiting ships. The US is demanding that the maritime right of free passage must be enforced. It was when the first round of talks ended in deadlock that the US president decided to impose the naval blockade.

Former US diplomat to the Middle East, David Satterfield, told the BBC on April 13 that it was now about which country could absorb more pain, adding: “The Iranians believe … that they can absorb more pain for a longer period than their opponents can.”

Expensive – and risky – gambit

The cost calculus is asymmetric. It will be more expensive for the US to maintain its blockade than it was for Iran to close the Strait. The question will be whether Washington can sustain interdiction long enough to effectively undermine the regime – always remembering that the Islamic Republic has potentially had decades to prepare for this sort of scenario.

If the blockade can be implemented effectively, it could – in time – have an effect on an economy wrecked by years of sanctions and further weakened by the recent war and nationwide protests in January. The question is how long that might take.

To be effective, the blockade will require considerable naval resources. The US is reported to have as many as 21 warships in the Middle East, including the aircraft carrier USS Abraham Lincoln and the USS Tripoli, an amphibious assault ship with a complement of marines who are trained to board ships using helicopters and small boarding craft.

This introduces another layer of risk as assets operating near to the Iranian coasts will need to be protected against Iranian missiles, drones and fast attack craft. So, this would be resource‑intensive, operationally demanding and thus politically exposed for the US.

How the US will go about enforcement remains to be seen. In December and January, US naval and coastguard ships boarded and seized several vessels linked to Venezuela’s shadow fleet that had broken America’s blockade. Whether it would pursue the same action with a vessel linked to China is another matter though. And while another option would be to fire warning shots, these can be dangerous around tankers because of the risk of oil spillage, as well as the obvious political risk attached to Chinese-linked vessels.

US coastguard boards the Marinera (footage suppied).

It’s not clear at present that imposing a blockade on the Strait of Hormuz will restore free navigation of the waterway any time soon. But it now appears that, in the absence of free navigation, some countries have decided to call America’s bluff and attempt to transit the waterway in defiance of the US blockade. And the big concern must be the serious risk of escalation if the US attempts to enforce the blockade on a Chinese-owned vessel.

None of this will be welcomed by the US president and his national security team.

The Conversation

Basil Germond does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. US naval blockade of Strait of Hormuz: what it involves and the risks attached – https://theconversation.com/us-naval-blockade-of-strait-of-hormuz-what-it-involves-and-the-risks-attached-280482