Les « kids parcs » : le plaisir des familles face à la pression du marché

Source: The Conversation – in French – By Elodie Jouny-Rivier, Enseignant-chercheur en marketing, ESSCA School of Management

Ils s’appellent Gulli Parc, My Dreamland, Royal Kids, Youpi Parc ou encore Fun City… ces nouveaux terrains de jeux des enfants, également connus sous le nom de « kids parcs », connaissent un véritable essor ces dernières années.


Le secteur des loisirs indoor connaît une forte dynamique et s’impose comme une véritable locomotive du marché du divertissement. Avec un chiffre d’affaires qui a franchi le cap du milliard d’euros en 2023, et une croissance annuelle de 15 % depuis 2019, il attire plus de 13 millions de visiteurs chaque année.

Portées par une demande forte (les Français ne sont pas prêts à rogner sur les loisirs malgré le contexte économique), ces activités séduisent un large public. Rien d’étonnant s’ils attirent également les investisseurs grâce à une rentabilité brute moyenne de 28 % (pour du multiloisir, soit le double de celle des parcs d’attractions). Les loisirs indoor se positionnent comme la troisième activité de loisirs préférée des Français, tandis que les kids parcs se retrouvent en tête des espaces indoor les plus fréquentés derrière le bowling. Pour mieux comprendre les raisons de ce succès, nous allons l’illustrer notamment à travers le cas de My Dreamland.




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Laboratoires d’apprentissages

Ces espaces ludiques, ouverts aux tout-petits jusqu’aux préadolescents (1 à 12 ans), proposent un environnement sécurisé, où les enfants peuvent laisser libre cours à leur quête de découvertes, d’expérimentations et de socialisation. Les kids parcs ont été pensés comme de véritables laboratoires d’apprentissages, à même de favoriser le développement de la confiance en soi, de la coordination, voire de la capacité à résoudre des problèmes chez les enfants.

La recherche de Whitebread et ses collègues souligne que le jeu libre et structuré favorise le développement cognitif, social et émotionnel de l’enfant. Toutefois, d’autres auteurs ont souligné que l’effet bénéfique du jeu indoor dépend aussi de la diversité des activités et de l’encadrement proposés. Plus un espace de jeu offre de la diversité matérielle, des occasions d’exploration et même une prise de risque physique modérée, plus il favorise le développement global de l’enfant.

Par ailleurs, les kids parcs illustrent parfaitement le concept marketing de « retailtainment » ou « retailment » – contraction de retail (commerce) et entertainment (divertissement).

Théorisé dans la littérature académique comme une stratégie visant à transformer le point de vente en espace multiexpérientiel, le retailtainment « vise à procurer une expérience ludique extraordinaire via la sensorialisation de l’espace ».

Ainsi, chez My Dreamland se mêlent dans un seul et même endroit des attractions et des services additionnels tels que la restauration ou le snacking, un espace presse ou encore une zone de repos avec connexion Internet. Ces espaces répondent aussi à ce besoin croissant d’expériences familiales dites clés en main, c’est-à-dire des solutions complètes et pratiques où tout est prévu pour le plaisir et la commodité des familles.

L’expérientiel par le multisensoriel

L’étude de cas CCMP que nous avons réalisée sur My Dreamland analyse la stratégie marketing de ce lieu. Elle décrypte les défis du marché du divertissement familial, elle examine son positionnement face à la concurrence et elle identifie les leviers clés d’une expérience client réussie, soulignant l’importance de l’aspect ludique, immersif et personnalisable des activités proposées.

Comptant actuellement trois sites en France, My Dreamland incarne l’évolution de ces espaces de loisirs vers des univers totalement immersifs et multisensoriels. Ce parc se distingue par la diversification de ses attractions, sa thématisation autour de la forêt magique et de ses thèmes anniversaires, offrant des univers personnalisés pour chaque enfant.

Dorian Trecco, co-fondateur et directeur général de My Dreamland, explique :

« On a créé un parc multiactivités dans lequel on peut retrouver vraiment toutes les attractions qui sont en général du monoactivité. »

L’utilisation de technologies avancées est également un axe clé de l’expérience clients chez My Dreamland (parc d’Osny, Val-d’Oise), comme le souligne la récente installation de la plateforme VR TOWER de Virtuarides. Cette innovation procure des sensations immersives grâce à des casques Meta Quest 3 et des ventilateurs simulant les effets de vent et de chute.

Influenceurs familiaux

La réussite d’un tel lieu repose aussi sur la communication marketing. Le cas mentionne alors les partenariats stratégiques tissés par My Dreamland avec des influenceurs familiaux locaux et régionaux. En témoigne la collaboration avec Marine-Daphnée Gaillard, créatrice de contenus sur Instagram sous le nom de Rêveuse en pagaille, qui a partagé son expérience du parc auprès de sa communauté de plus de 120 000 abonnés.

En outre, le parc intègre habilement des éléments pédagogiques dans ses attractions. Cette tendance à l’« edutainment » se retrouve dans de nombreux kids parcs.

Par exemple, Panomano, nouveau concept lancé en 2025 en France, invite les enfants à explorer une mini-ville où ils peuvent incarner différents rôles (chef cuisinier, pilote de ligne ou policier), favorisant l’apprentissage par le jeu d’imitation et la découverte des métiers du quotidien. Gulli Parc, quant à lui, intègre des jeux interactifs basés sur des licences que l’on retrouve sur sa chaîne jeunesse tandis que Royal Kids mise sur des parcours d’obstacles qui développent la motricité et la coordination.

Xerfi Precepta 2023.

Défis à relever pour pérenniser le concept

Malgré leur succès, les kids parcs doivent cependant composer avec plusieurs fragilités structurelles que notre cas expose.

Premièrement, la concurrence ne cesse de s’intensifier : regroupant plus de 2 500 parcs indoor, ce marché voit en effet émerger de nouveaux concepts hybrides (comme les color, brick ou quiz rooms) qui fragmentent la clientèle et complexifient la fidélisation. Cette multiplication des offres oblige alors chaque acteur à renouveler constamment ses attractions, ce qui pèse sur les coûts d’investissement et la rentabilité.

Parallèlement, de grands groupes, jusque-là absents de ce secteur dominé par des indépendants, commencent à s’implanter avec des offres plus accessibles et des moyens financiers conséquents, accentuant la pression concurrentielle. Dès lors, certains acteurs du marché s’inquiètent d’un scénario à la façon du secteur du fitness où l’arrivée de Basic Fit et la guerre des prix ont fini par concentrer le marché autour d’une poignée de gros groupes.

Le modèle économique des kids parcs reste aussi vulnérable à la saisonnalité et à la pression sur le pouvoir d’achat des familles. La fréquentation, condition essentielle à la rentabilité, constitue un enjeu majeur, d’autant qu’elle tend à baisser hors périodes de vacances scolaires. Dans un contexte inflationniste, les exploitants doivent composer avec une demande irrégulière et des coûts fixes en augmentation. Pour tenter de lisser les flux de visiteurs, certains parcs diversifient leur activité en développant des offres à destination des entreprises (B-to-B), comme le fait My Dreamland avec l’accueil d’événements d’entreprises.

Enfin, si les espaces de jeux indoor favorisent la socialisation et la motricité, la recherche académique a, jusqu’à présent, surtout mis en avant les apports uniques du jeu en plein air (notamment les possibilités de mouvement, d’exploration et de contact avec la nature).

C’est pourquoi, face à ces défis, l’avenir des kids parcs dépendra de leur capacité à innover et à proposer du sensationnel, à diversifier leurs services – y compris vers le B-to-B – et à renforcer leur ancrage local, tout en restant attentifs aux évolutions des attentes familiales et de la société.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les « kids parcs » : le plaisir des familles face à la pression du marché – https://theconversation.com/les-kids-parcs-le-plaisir-des-familles-face-a-la-pression-du-marche-253808

L’art lyrique, un marqueur géographique de l’identité culturelle européenne

Source: The Conversation – in French – By Frédéric Lamantia, Docteur en géographie et maître de conférences, UCLy (Lyon Catholic University)

Longtemps confiné aux cours royales européennes, l’opéra s’est imposé comme un art complet et une force géopolitique. À la fois édifice, spectacle et symbole, il structure les territoires, reflète les rapports de pouvoir et incarne une mémoire collective en mutation.

Premier épisode de la série « L’opéra : une carte sonore du monde ».


L’opéra, forme artistique complète alliant théâtre, musique, danse mais aussi architecture, s’est imposé comme un objet géoculturel singulier. Né en Europe vers 1600, il dépasse le cadre d’un simple spectacle pour devenir un phénomène de société qui se développe dans le temps et l’espace, façonnant des territoires, incarnant des identités collectives et révélant des logiques de pouvoir. S’il demeure au départ enraciné dans une tradition européenne, il s’est au fil du temps mondialisé en suivant divers flux migratoires, en répondant aux attentes de réseaux diplomatiques et de certaines politiques culturelles.

De par sa polysémie, le terme « opéra » désigne à la fois un lieu visible et une forme artistique invisible qualifiée d’art lyrique. Comme toute manifestation musicale, on peut considérer que cet art total se manifeste sur un « territoire à éclipses » composé de tous ses acteurs même s’il reste indissociable d’un espace bien localisé, souvent symbolique et stratégiquement situé : celui de son théâtre et de la ville qui l’accueille.

La plupart des grandes maisons d’opéra européennes (Bayreuth, Milan, Paris ou Vienne) incarnent un patrimoine tant esthétique que politique. Leur architecture monumentale leur donne parfois l’allure d’édifices religieux. Victor Hugo disait d’ailleurs de l’Opéra de Paris qu’il était la réplique profane de Notre-Dame de Paris.

Une architecture de prestige pour un art territorialisé

Cette territorialisation de l’opéra s’exprime par son inscription concrète dans le tissu urbain et social qui lui permet de développer un lien avec ses acteurs à différentes échelles, de façonner des goûts et de s’inscrire dans la mémoire collective. Qu’ils soient architectes, musiciens, chanteurs ou décorateurs, tous ces artistes contribuent à la construction d’un « produit social » au centre d’un enjeu urbain.

Ces maisons ne sont pas seulement des scènes artistiques, mais également des instruments d’image et d’attractivité participant au marketing territorial à différentes échelles. Restaurer ou construire un opéra revient à affirmer un statut, à valoriser une centralité et répondre à une ambition, celle d’appartenir aux grandes métropoles qui comptent dans un espace mondialisé. Ces lieux s’insèrent ainsi dans un maillage hiérarchisé où l’on trouve des pôles émetteurs comme Paris ou Berlin, des lieux de consécration non pérennes à l’image des grands festivals lyriques (Aix-en-Provence ou Bayreuth), des espaces émergents ou de diffusion secondaire (Dijon).

Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence.

Ce réseau lyrique ouvert sur le monde, structuré par des flux d’artistes, d’œuvres et de publics, repose sur des logiques économiques, sociales, politiques et bénéficie, en France tout au moins, du soutien des pouvoirs public et d’institutions comme la Réunion des opéras de France (ROF) ou l’Association française des agents artistiques (Afaa). Il reflète aussi des déséquilibres entre grandes capitales et régions périphériques à l’échelle des pays mais aussi du continent européen. Face aux besoins de financement récurrents, aux incertitudes consécutives aux réformes territoriales et au besoin de s’adapter à un monde qui change, l’opéra reste un sujet de préoccupation constante pour les décideurs, soucieux de voir perdurer un bien culturel qui s’est fondu dans notre civilisation occidentale.

D’un art de cour à un outil de soft power

Historiquement, l’opéra est né à la cour, celle des Médicis, puis des Bourbon, avant de s’implanter dans les palais européens, servant à magnifier le pouvoir, à imposer des goûts esthétiques tout en devenant un objet d’ostentation. Dès le XVIIe siècle, la forme musicale s’exporte dans les cours européennes qui très souvent font construire des salles, s’équipent de machineries savantes et s’entourent d’artistes de talents qu’elles mécènent, rivalisant ainsi entre-elles.

Quand Mazarin importe l’opéra italien en France ou que Louis XIV fonde l’Académie royale de musique, l’art lyrique participe à un projet politique : affirmer la suprématie d’un modèle culturel. Dans l’ouvrage Fragments d’Europe, la carte illustrant l’expansion de l’opéra dans les cours européennes puis sur l’ensemble du continent montre que ce réseau lyrique s’est constitué au fil du temps, tissant une toile avec d’autres phénomènes comme la propagation de l’art baroque.

Comme le souligne le géographe Michel Foucher, cette logique se poursuivra en Europe au XIXe siècle avec un Verdi devenu l’étendard du Risorgimento italien ou un Wagner incarnant l’identité allemande. Plus tard, la bourgeoisie prendra le relais et s’appropriera ce divertissement pour se distinguer socialement du reste de la population.

Dans les colonies, l’implantation des maisons d’opéra (Alger, Tunis, Hanoï) accompagne l’imposition d’une influence culturelle européenne qui déborde du continent. Cette tradition lyrique s’exportera d’ailleurs sur d’autres continents (États-Unis, Asie, Amérique latine) le plus souvent portée par les diasporas européennes.

Aujourd’hui, les politiques culturelles soutenant la production lyrique et son export participent à une forme de soft power dont l’objectif est de diffuser l’image d’une culture européenne raffinée. La circulation des stars se joue des frontières. Elles sont en lévitation permanente du fait de voyages aériens fréquents entre les plus grandes maisons d’opéra du monde. Ce jet-singing conduit à la mise en place d’un territoire lyrique mondialisé avec un répertoire constitué de quelques œuvres célèbres et au succès garanti.

La voix, objet de jouissance contesté ou adulé

L’art lyrique trouve une grande partie de son intérêt et de sa raison d’être dans la jouissance provoquée par l’écoute de la voix, objet de fascination et de mystère. Toutefois, dans certaines régions du monde, la voix chantée a pu (ou peut) être jugée subversive, voire dangereuse, par certains régimes théocratiques ou autoritaires, tout comme la thématique abordée par les œuvres, leur mise en scène parfois avant-gardiste ou tout simplement le choix de la distribution artistique.

La pénétration de la forme musicale accompagnée de ses théâtres s’est ainsi opérée d’une façon différentielle dans le temps et l’espace, traçant des limites culturelles bien réelles qui participent à la lecture du monde sur le plan géopolitique devenant tantôt un outil de dialogue interculturel, tantôt une arme de domination révélant des lignes de fracture ou de convergence entre blocs culturels. Ces dernières se combinent avec les frontières linguistiques même si la langue chantée dans un opéra reste souvent anecdotique par rapport à la musique dont la capacité à émouvoir demeure généralement universelle.

L’opéra, un élément à prendre en compte dans l’analyse des territoires et les relations

L’opéra, considéré comme un objet géographique structurant les territoires, nous interroge sur la manière dont les sociétés acceptent (ou non) cet art, sur la place qu’elles réservent à ses lieux, à ses récits et à ses voix, sur la possibilité qu’elle lui laisse de structurer un imaginaire partagé participant à la construction d’une identité collective. Sa territorialisation, loin d’être figée, reflète les mutations du monde à différentes échelles, les attentes et objectifs de ses acteurs, les ressources mises en œuvre pour pérenniser son fonctionnement et son implication dans les échanges diplomatiques.

Appréhender cet art sous l’angle géographique n’exonère cependant pas d’une approche croisée avec d’autres disciplines – la musicologie notamment – pour savoir délimiter tant les styles que leurs zones d’influence. Dans son ouvrage Géographie de l’opéra au XXᵉ siècle, Hervé Lacombe avait déjà résumé ce que l’art lyrique en ses lieux pouvait représenter comme enjeux :

« L’expansion du modèle lyrique occidental est l’un des cas les plus fascinants de développement d’une forme artistique constituant à la fois un divertissement raffiné, le véhicule d’une culture, un outil nationaliste, un instrument de propagande civilisationnelle, une forme de reconnaissance internationale. »

The Conversation

Frédéric Lamantia ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’art lyrique, un marqueur géographique de l’identité culturelle européenne – https://theconversation.com/lart-lyrique-un-marqueur-geographique-de-lidentite-culturelle-europeenne-259197

Les violences inter-communautaires en Syrie et l’avenir de la transition

Source: The Conversation – France in French (3) – By Philippe Droz-Vincent, Professeur agrégé en sciences politiques et en relations internationales. Spécialiste du monde arabe, Sciences Po Grenoble

La Syrie a connu un événement extrêmement violent dans le sud du pays, mettant en avant la question druze, une minorité ethno-confessionnelle également présente au Liban, en Jordanie (dont le ministre des affaires étrangères est issu) et en Israël, avec des liens transnationaux importants. Tout part d’un incident local, le 11 juillet 2025, opposant un marchand druze à des coupeurs de route bédouins, dans une région largement défavorisée et paupérisée.


La récente explosion de violence à Souweïda (sud de la Syrie) ravive d’anciens différends entre Druzes et Bédouins, nourris par des rivalités autour du contrôle des terres – champs cultivables, pâturages – mais aussi des routes de contrebande, notamment de drogue, devenues un moyen de survie local. Derrière cet affrontement, c’est une dynamique régionale plus large du Sud syrien qui se dessine, jusqu’aux confins de la Jordanie.

Cet arrière-plan avait éclaté au grand jour fin mars 2025 lorsqu’en direct à la télévision, un représentant bédouin interpella avec virulence le président Ahmed Hussein Al-Charaa, juste après la nomination du second gouvernement de transition, pour dénoncer l’absence de représentants du Sud. Al-Charaa lui répondit que le gouvernement comprend bien un ministre originaire du Sud : il s’agit en réalité d’un Druze de Souweïda, ce qui ne fait que confirmer la marginalisation ressentie dans d’autres composantes sociales du Sud.

Plusieurs épisodes de tensions violentes autour de la minorité druze avaient eu lieu depuis la chute du régime Assad, mais étaient restés contenus, en particulier des incidents entre les forces de sécurité (et forces affiliées) et les groupes druzes d’autodéfense à Damas (Jaramana, Ashrafiyyat Sahniyya) en avril 2025. Mais le niveau de violence atteint à partir du 11 juillet est inédit, avec représailles et exactions de part et d’autre et large mobilisation de groupes armés druzes et bédouins, occasionnant en quelques jours plus d’un millier de morts, des déplacements importants et des atrocités diverses, le tout sur fond de déchaînement de haine sur les réseaux sociaux.

L’épisode violent du Sud se déroule dans le contexte spécifique et fragile de la transition en Syrie après la chute inattendue du régime Assad et l’arrivée au pouvoir d’un groupe armé très spécifique du Nord-Ouest, Hayat Tahrir al-Cham (HTC). Cette transition, déjà extrêmement fragile, comme l’avait montré l’épisode des violences contre les alaouites sur la côte en mars 2025 (le rapport d’enquête sur ce massacre a été remis au président Al-Charaa le 13 juillet), est encore plus fragilisée par la violence extrême survenue à Souweïda. À cela s’ajoute un facteur régional de plus en plus pesant : alors que l’affaiblissement de l’Iran et du Hezbollah avait déjà précipité la chute du régime Assad, l’interventionnisme israélien dans cette crise locale devient désormais un élément central, et intrusif, de la transition.

Une poussée de violence qui touche au cœur de la transition

Contre toute attente, la transition syrienne amorcée en décembre 2024 avait jusqu’alors semblé relativement maîtrisée, en partie grâce à la communication habile du groupe HTC, nouvel acteur au pouvoir. Cette maîtrise du récit était d’autant plus cruciale que HTC, groupe armé issu du Nord-Ouest et marqué par une généalogie djihadiste (État islamique en Irak, Al-Qaida), avait officiellement rompu avec cet héritage. Il s’agissait de renouer avec l’élan initial de la révolution de 2011, fondée sur une mobilisation pacifique contre l’autoritarisme.

Des signaux d’alerte existaient pourtant. En mars 2025, de graves violences avaient été rapportées sur la côte syrienne, fief historique de la minorité alaouite, longtemps instrumentalisée par le régime Assad.

Parallèlement, un autre pilier du processus résidait dans la réintégration régionale et internationale de la Syrie nouvelle, rendue possible par une diplomatie proactive. Sur le plan économique, le régime avait donné les gages nécessaires pour obtenir la levée des sanctions américaines, puis européennes, qui asphyxiaient une économie exsangue.

Mais la Syrie se trouve à un point d’inflexion. Les mesures décidées et en cours pour la reconstruction politique interne du régime, dans le cadre de la période transitoire, suscitent de multiples méfiances, comme nous l’avons déjà souligné dans ces colonnes. En particulier, se posent des problèmes de reprise de contrôle par le centre (Damas) sur des espaces qui se sont autonomisés à la faveur de dynamiques complexes depuis 2011 – qu’il s’agisse de l’espace kurde ou de l’espace druze –, ainsi que sur des régions désormais périphéralisées qui avaient longtemps constitué des bastions du régime Assad, comme la région de la côte alaouite.

L’enjeu majeur, qui conditionnera in fine la réussite de la transition, est la réintégration à part entière de ces espaces dans une logique d’État syrien inclusif – et non dans celle d’un État affaibli, manipulé et démonétisé par des cliques se maintenant au pouvoir, comme ce fut le cas sous le pouvoir précédent pendant 54 ans.

La violence s’est déclenchée en juillet dans la province de Souweïda (à 90 % druze), territoire qui a conservé une trajectoire singulière depuis 2011. Maintenant une spécificité acceptée de facto sous le régime Assad, la région s’est essentiellement positionnée en retrait lors de la militarisation du soulèvement, sans pour autant échapper à la violence : en 2018, celle-ci est rappelée par une attaque sanglante de Daech – que certains attribuent au régime Assad, soucieux de signaler aux Druzes les limites de leur autonomie.

En 2023, une révolte civique éclate dans la ville de Souweïda. Elle est « tolérée » par un régime alors à bout de souffle, et se prolonge continûment jusqu’à sa chute. Depuis l’arrivée au pouvoir de HTC, Souweïda est parvenue à préserver son autonomie. Elle conserve aussi aujourd’hui plusieurs groupes armés druzes : certains se sont opposés militairement aux forces de sécurité du régime Assad entre 2018 et 2024 ; d’autres sont composés, au moins en partie, d’anciens militaires issus du régime depuis sa chute, y compris des officiers bien identifiés. Mais d’importantes factions druzes défendent désormais une réintégration dans le giron du gouvernement central à Damas, dans un environnement marqué par un factionnalisme druze très complexe.

Quel futur pour l’État central syrien dans cette région ?

Au-delà de la seule réintégration institutionnelle des territoires périphéralisés, c’est la question de l’identité même de l’entité syrienne en reconstruction qui se pose. Cette refondation de l’État doit permettre de réintégrer les différentes composantes de la société – notamment les sociétés civiles actives, comme celle de Souweïda – et les groupes autonomisés, le plus souvent armés, dans un cadre national commun.

Pour l’heure, l’identité dominante sous HTC reste celle d’un État musulman sunnite majoritaire, qui suscite la crainte de plusieurs communautés, confessions ou groupes. Quelques jours avant les événements de Souweïda, une tentative de médiation de haut niveau, fortement poussée par les États-Unis et la France, a échoué à établir un accord de réintégration avec les Kurdes des YPG-SDF, qui contrôlent toujours 25 % du territoire au Nord-Est. Cette dernière tentative marque même un recul par rapport aux avancées de l’accord du 10 mars 2025 entre YPG-SDF et Damas. Après les affrontements à Souweïda, les méfiances des YPG-SDF envers Damas risquent de se renforcer encore davantage.

Un test concret très important pour le nouvel État syrien sous la direction de HTC est la question des forces de sécurité et de l’armée, déjà controversée depuis les massacres d’alaouites sur la côte en mars. Il s’agit d’un problème classique des périodes de transition : reconstruire, dans le cadre de ce que l’on appelle en jargon la Security Sector Reform (SSR), des forces de sécurité réformées (police et armée), qui doivent exercer un rôle de protection de la population avec une certaine éthique, en s’éloignant de leurs origines miliciennes – et, pour certaines, d’une implication dans le racket ou le banditisme –, tout en écartant ou en punissant ceux qui sont impliqués dans des exactions contre les civils.

Dans le Sud, après le 11 juillet, les forces de Damas, associées à HTC et déployées comme force d’interposition entre groupes druzes et bédouins, ont été attaquées par des groupes druzes, soumises à des exactions, et ont répondu par d’autres exactions qui n’ont fait que renforcer l’unité des groupes druzes autour de leurs éléments les plus extrémistes. Ce type de crise permet (ou non…) de démontrer si le nouveau pouvoir est véritablement entré dans une logique étatique de stabilisation.

L’intervention israélienne de plus en plus intrusive

Israël avait déjà fait preuve d’interventionnisme sous le régime Assad, visant systématiquement et continûment les intérêts de l’Iran et du Hezbollah en Syrie. Après la chute du régime, il a intensifié ses actions, multipliant les frappes contre le matériel sophistiqué, l’aviation, les infrastructures et les sites de missiles laissés par l’armée d’Assad.

Les Druzes sont présents sur le plateau du Golan, occupé par Israël, qui a étendu ses avant-postes fortifiés sur le territoire syrien depuis la chute d’Assad. Ils vivent aussi en Israël, où une substantielle communauté a la citoyenneté israélienne. Politiquement actifs, ils représentent un groupe de pression influent, appuyé par leurs autorités religieuses. Les autorités israéliennes les considèrent comme une minorité loyale, participant au service militaire, y compris dans des unités d’élite ou de garde-frontières.

L’ingérence israélienne, justifiée par la protection des Druzes de Syrie, est dernièrement devenue beaucoup plus intrusive. Le gouvernement israélien s’est retrouvé pleinement impliqué dans la gestion de la crise de juillet entre Souweïda et Damas, notamment autour des négociations concernant le déploiement éventuel de forces militaires et de sécurité syriennes, en particulier la Sécurité générale, puis de forces plus légères, voire de forces locales druzes « en lien » avec ces forces venues de Damas.

Les propositions issues d’accords de cessez-le-feu, négociées entre acteurs de la société civile druze, chrétienne et autres notables à Souweïda avec Damas, ont été systématiquement dénoncées, quasi immédiatement après leur annonce, par certains groupes miliciens druzes proches du cheikh Al-Hijri, l’un des principaux leaders druzes. Ces dénonciations ont immédiatement été suivies de frappes israéliennes ciblant les forces de Damas et les groupes bédouins.

De manière inédite, pour faire pression sur Damas avant le deuxième cessez-le-feu – lui aussi violé – du 16 juillet 2025, Tel-Aviv a bombardé un bâtiment de l’état-major de l’armée syrienne en plein Damas, ainsi qu’une zone proche du palais présidentiel et des bases militaires au Sud. Ces bombardements visaient à imposer l’idée d’un second cessez-le-feu incluant le déploiement de forces locales druzes pour rétablir la sécurité, et non plus de forces de sécurité venues de Damas.

Un objectif possible d’Israël est la création d’une Syrie du Sud démilitarisée, ou d’un bastion druze soutenu par Israël, à l’image du modèle turc dans le Nord-Ouest entre 2015 et 2024 – zone d’où est issu HTC en décembre 2024 – avec des arrangements locaux et une administration informelle.

On peut aussi suspecter, au moins dans certains secteurs du pouvoir israélien, une volonté d’interventionnisme régional à grande échelle dans des États affaiblis ou détruits (par Israël), selon ses propres objectifs. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du « remodelage » inédit du Moyen-Orient présenté en 2024 par Benyamin Nétanyahou.

Elle se manifeste à Gaza, où Israël poursuit ses actions militaires sans jamais consentir à un cessez-le-feu, ainsi qu’au Liban, en Iran – notamment après la guerre directe entre les deux pays et la destruction (à confirmer) du programme nucléaire avec l’aide d’une intervention aérienne américaine – et en Syrie. Dans toutes ces zones, l’aviation israélienne contrôle largement l’espace aérien.

Dans le cas syrien, cette stratégie est même critiquée par l’envoyé de Trump pour la Syrie et ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, qui a déclaré dans une interview à AP que l’intervention israélienne « crée un autre volet très confus ».

Les conséquences plus larges d’une déflagration locale

L’épisode de Souweïda constitue un moment décisif pour la transition syrienne sous la direction de HTC, qui se trouve à la croisée des chemins : soit vers la reconstruction d’un véritable État, soit vers l’échec et l’effondrement du processus.

D’abord, le président Al-Charaa apparaît affaibli par son incapacité à stopper la violence qui a éclaté à partir d’un simple incident local. Or la « qualité » du leadership est un facteur clé dans toute transition. Certains éléments peuvent même contribuer à sérieusement le délégitimer. Ses soutiens lui reprochent notamment le blocus imposé par les forces militaires de HTC autour de la province de Souweïda. Ce blocus, qui visait à empêcher le renforcement des clans tribaux sunnites, a été perçu comme une capitulation devant les groupes druzes soutenus par Israël, notamment Hikmet Al-Hijri. Sur les réseaux sociaux comme Telegram, X ou Twitter, Al-Charaa est critiqué pour avoir fait de nombreuses concessions à Israël, qui impose un contrôle druze sur la province, accompagné du déplacement de nombreux Bédouins (environ 10 % de la population).

Ces critiques font le lien avec le positionnement antérieur très conciliateur adopté par les nouvelles autorités de Damas envers Israël, notamment le retour des dossiers personnels de l’espion israélien au cœur de l’État syrien Eli Cohen, pendu à Damas en mai 1965 ; le musellement des groupes armés palestiniens réfugiés à Damas ; les rencontres sécuritaires officieuses de haut niveau entre officiels syriens et le cabinet de sécurité israélien, notamment aux Émirats arabes unis ou à Bakou.

La dernière réunion le 12 juillet, quelques jours avant l’embrasement des événements de Souweïda, a été à tort perçue à Damas comme un feu vert pour mener une opération de maintien de l’ordre dans la région druze. Tout récemment, une première rencontre officielle a eu lieu à Paris le 24 juillet entre le ministre des affaires étrangères syrien et le ministre israélien des affaires stratégiques Dermer.

Ensuite, le déchaînement de violence sur le terrain – avec des corps suppliciés, pendus ou exhibés sur des pickups – et sur les mêmes réseaux sociaux a nourri le confessionnalisme. La logique de vengeance risque de transformer le cessez-le-feu en simple pause, plutôt qu’en étape vers la paix et la réconciliation/reconstruction.

Enfin, les forces civiles et civiques locales de Souweïda, qui ont toujours négocié avec Damas, se retrouvent affaiblies face aux groupes armés les plus durs cherchant à s’autonomiser par rapport à Damas.

Les mois à venir seront cruciaux pour le président Al-Charaa…

The Conversation

Philippe Droz-Vincent ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les violences inter-communautaires en Syrie et l’avenir de la transition – https://theconversation.com/les-violences-inter-communautaires-en-syrie-et-lavenir-de-la-transition-261892

Pourquoi l’accessibilité universelle nous concerne tous

Source: The Conversation – in French – By Carmela Cucuzzella, Dean, Faculty of Environmental Design, Université de Montréal, Full Professor School of Design, Université de Montréal

L’accessibilité universelle profite à toute la société, bien au-delà des personnes en situation de handicap. Elle renforce la santé publique et stimule l’économie.

Encore faut-il en faire une priorité.

L’accessibilité — référence à la conception d’environnements, de produits et de services qui permettent aux personnes de toutes capacités de participer pleinement à la vie quotidienne — est particulièrement cruciale pour les personnes en situation de handicap, les personnes âgées et les autres groupes marginalisés.

Je suis doyenne de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal tandis que mon collègue Bechara Helal y est vice-doyen à la recherche et à la vie scientifiques. Nous examinons comment l’accessibilité façonne la santé publique et le développement économique, en nous appuyant sur des recherches et des études de cas pertinentes.


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Santé publique : quand l’environnement devient un soin

La santé publique est étroitement liée à l’accessibilité. Lorsque les environnements sont conçus pour être exempts d’obstacles, les individus peuvent accéder aux services de santé, participer à des activités physiques et maintenir des liens sociaux, autant d’éléments qui contribuent au bien-être général. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que l’accessibilité aux établissements de santé est essentielle pour prévenir les disparités en matière de santé.

Des obstacles tels que l’inaccessibilité des cliniques, le manque d’interprètes en langue des signes et les difficultés de transport empêchent les gens d’obtenir des soins en temps voulu, ce qui aggrave les maladies chroniques et entraîne une augmentation des coûts des soins de santé.

En outre, l’accessibilité universelle dans la planification urbaine favorise les modes de vie actifs, qui sont essentiels pour prévenir les maladies non transmissibles telles que l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Par exemple, des environnements bien conçus et favorables aux piétons encouragent la marche et le vélo, réduisant ainsi le risque de maladies liées au mode de vie.

Des parcs, des centres de remise en forme et des installations récréatives accessibles permettent aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées de pratiquer une activité physique, ce qui améliore leur état de santé général et leur qualité de vie.

La santé mentale est également influencée par l’accessibilité. En 2024, l’American Psychological Association a annoncé que l’incapacité à naviguer dans les espaces publics ou à utiliser des services essentiels en raison d’obstacles physiques, sensoriels ou cognitifs peut conduire à l’isolement social, à la dépression et à l’anxiété. À l’inverse, les environnements inclusifs qui permettent de participer à des activités communautaires favorisent l’inclusion sociale, réduisent le stress et améliorent le bien-être mental.

Une économie plus inclusive, et plus forte

Au-delà de ses effets sur la santé, l’accessibilité universelle constitue un levier économique puissant. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un environnement inaccessible freine la participation à la vie active, limitant ainsi les contributions économiques d’une partie importante de la population. Les personnes en situation de handicap sont confrontées à des taux de chômage plus élevés en raison de l’inaccessibilité ou de l’inadaptation des lieux de travail, ce qui entraîne une perte de potentiel économique et une dépendance accrue à l’égard des systèmes de protection sociale.

Les investissements dans l’accessibilité de l’environnement bâti produisent des avantages économiques en améliorant la productivité et l’innovation. Selon un rapport de la Banque mondiale datant de 2019, l’économie mondiale perd environ 7 % du PIB chaque année en raison de l’exclusion des personnes en situation de handicap du marché du travail.

Les entreprises qui mettent en œuvre des pratiques d’embauche inclusives et des aménagements sur le lieu de travail élargissent non seulement leur vivier de talents, mais favorisent également la diversité des points de vue, ce qui peut stimuler la créativité et la résolution de problèmes.

En outre, les systèmes de transport accessibles améliorent la mobilité économique. Des transports publics adaptés aux personnes en situation de handicap leur permettent d’accéder à l’éducation, à l’emploi et aux activités sociales, contribuant ainsi à la croissance économique. Des études de l’OCDE datant de 2017 indiquent que les infrastructures de transport accessibles augmentent les taux d’emploi et réduisent la dépendance à l’égard de l’aide publique, ce qui renforce l’économie.

L’industrie du tourisme bénéficie également de l’accessibilité universelle. Le Conseil mondial du voyage et du tourisme note que le tourisme accessible génère des revenus importants en ciblant les voyageurs plus âgés et les personnes en situation de handicap. Les pays qui investissent dans des hôtels, des attractions, des espaces et des lieux publics accessibles, ainsi que dans des systèmes de transport, profitent d’un marché croissant de voyageurs à la recherche d’expériences inclusives, ce qui stimule les économies locales.

Des modèles à suivre

Plusieurs pays démontrent concrètement les bénéfices de l’accessibilité. Par exemple, la Suède a créé une société inclusive dans laquelle les transports publics, les soins de santé et les lieux de travail sont adaptés aux personnes en situation de handicap. En conséquence, la Suède a l’un des taux de participation au marché du travail les plus élevés d’Europe parmi les personnes en situation de handicap, ce qui contribue à sa stabilité économique.

Un autre exemple est celui du Japon, qui a investi massivement dans des infrastructures accessibles en prévision d’événements internationaux majeurs tels que les Jeux paralympiques de Tokyo 2020. Les efforts déployés par le pays pour améliorer les transports publics, notamment les surfaces tactiles, l’accès sans marches et les signaux sonores, ont permis d’accroître la mobilité de millions de résidents et de visiteurs, ce qui s’est traduit par des gains économiques à long terme grâce à l’augmentation du tourisme et de la participation de la main-d’œuvre.

Au Canada, le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus continue de croître de manière exponentielle et devrait tripler au cours des 25 prochaines années, passant d’un million en 2026 à près de trois millions en 2051. Il devient donc de plus en plus important de veiller à ce que nos futurs concepteurs, architectes, architectes paysagistes et urbanistes soient préparés à conceptualiser et à construire nos futurs espaces et lieux d’une manière inclusive et universelle.

L’accessibilité : un choix stratégique pour l’avenir

L’accessibilité universelle est un facteur déterminant de la santé publique et de la prospérité économique. En supprimant les obstacles dans les soins de santé, les transports, les lieux de travail et les espaces publics, les sociétés peuvent améliorer les résultats en matière de santé, promouvoir l’inclusion sociale et stimuler la croissance économique.

À mesure que le monde progresse en matière de technologie et d’infrastructure, il devient essentiel de placer la conception universelle au cœur des priorités pour construire des sociétés durables et inclusives pour les générations futures.

Il faut élargir l’accès aux produits, services et espaces pour tous. Cela suppose des investissements dans les infrastructures, l’adoption de politiques d’emploi inclusives, des campagnes de sensibilisation du public, des innovations technologiques et des mesures législatives. Dans un contexte où la population canadienne vieillit, ces améliorations sont plus que jamais d’actualité.

La Conversation Canada

Carmela Cucuzzela reçu des financements de La Fondation Mirella et Lino Saputo pour la recherche et l’enseignement sur l’accessibilité universelle.

Bechara Helal a reçu des financements de La Fondation Mirella et Lino Saputo pour la recherche et l’enseignement sur l’accessibilité universelle.

ref. Pourquoi l’accessibilité universelle nous concerne tous – https://theconversation.com/pourquoi-laccessibilite-universelle-nous-concerne-tous-256018

Afrique de l’Ouest : comment les transitions militaires se nourrissent des dynamiques sécuritaires

Source: The Conversation – in French – By Christian Abadioko Sambou, Dr en Sciences Politiques, spécialiste en paix & sécurité, Université Numérique Cheikh Hamidou Kane

Depuis plus de dix ans, les violences terroristes déstabilisent le Sahel central (Burkina Faso, Mali, Niger), fragilisant les sociétés, les institutions et les régimes démocratiques. Dans ce contexte, des coups d’État militaires ont eu lieu au Mali (2020, 2021), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023), invoquant la nécessité de restaurer l’ordre. Ces régimes prolongent la transition au-delà de son cadre temporaire, privilégiant la promesse de stabilité à un retour constitutionnel.

En tant que chercheur, j’ai étudié les crises sécuritaires en Afrique de l’Ouest, notamment les conflits sécessionnistes et leur évolution dans des Etats en permanente modernisation et démocratisation. Selon moi, la trajectoire des institutions et des régimes politiques, ainsi que leur effet sur la paix et la sécurité au Sahel, constitue un sujet de recherche particulièrement pertinent.

Dans cet article, j’explore comment l’insécurité persistante légitime les gouvernements militaires, où le pouvoir repose sur la gestion de la menace plutôt que sur l’élection, transformant ainsi la transition en un mode de gouvernance durable.

Echec de dix ans de lutte contre le terrorisme

Les transitions militaires au Sahel central sont le symptôme d’un échec plus large : celui des politiques internationales de lutte contre le terrorisme. Depuis 2013, l’engagement militaire étranger — à travers l’opération Serval puis Barkhane, la force conjointe du G5 Sahel, ainsi que divers dispositifs bilatéraux et multilatéraux soutenus par l’Union européenne — a privilégié une approche strictement sécuritaire. Cette stratégie a eu pour effet de marginaliser des dimensions essentielles telles que la gouvernance démocratique, la justice sociale et le développement.

La coordination entre les multiples acteurs internationaux et locaux a manqué de cohérence, chacun poursuivant des agendas parfois divergents. Cette fragmentation stratégique a favorisé l’extension des violences : du nord du Mali vers le centre, puis dans l’ensemble du Burkina Faso et certaines régions du Niger comme Tillabéry, Tahoua ou Diffa.

Les données d’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED, une organisation qui recueille des données sur les conflits violents et les manifestations) montrent une nette augmentation des violences et des morts après 2020, principalement au Burkina Faso épicentre du terrorisme. Le nombre de décès lié aux violences a augmenté de 28 % entre 2020 et 2022 (année du coup d’Etat). Depuis 2020, le pays a enregistré plus de 28 000 décès (20 000 au Mali,7 000 au Niger).

Les conséquences humanitaires sont alarmantes : des milliers de morts au Sahel central, la fermeture de près de 10 000 écoles et centres de santé (OCHA), et près de 3 millions de personnes déplacées selon le Haut commissariat des unies pour les réfugiés (UNHCR).

Dans ce chaos, les groupes armés prolifèrent. Ils ont de plus en plus recours à l’utilisation de drones. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), l’État islamique au grand Sahara (EIGS), Boko Haram (au Nigeria), la Katiba Macina (au Mali), ainsi que des milices d’autodéfense et des groupes communautaires armés, contribuent à aggraver les tensions locales.

La perte de légitimité des gouvernements civils et la défiance envers les partenaires internationaux se sont accentuées. Cela s’est traduit par un rejet massif de la présence militaire étrangère et une contestation croissante des élites locales. Des manifestations ont éclaté à Bamako (2020), Ouagadougou (2021) et Niamey (2023). La confiance envers la MINUSMA, Barkhane et la Mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM) s’est progressivement effritée.

Dans ce contexte, les transitions militaires apparaissent pour certains citoyens de ces pays comme une réponse à l’échec des interventions extérieures. Les militaires sont perçus comme les seuls capables d’agir dans un environnement dominé par l’urgence sécuritaire. Or, cette réponse ne règle ni les causes profondes ni les effets délétères du conflit.




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Coups d’Etat militaires et « solutions transitoires »

Depuis 2020, les coups d’État militaires au Sahel central se multiplient, directement liés à la persistance d’une crise sécuritaire profonde. Le Mali a ainsi connu deux coups en août 2020 et mai 2021, suivi du Burkina Faso en janvier et septembre 2022, puis du Niger en juillet 2023.

Si les premiers coups d’Etat des années 60 à 80 ont souvent été attribués aux influences étrangères, la vague de coups d’État récente depuis 2020 au Sahel central, résulte en réalité davantage d’une grave détérioration sécuritaire interne que d’une manipulation extérieure. Mais désormais, les dirigeants utilisent une rhétorique sécuritaire prévalente depuis les années 2000 pour légitimer leurs actions politiques et judiciaires, réduisant ainsi tout débat politique au seul prisme sécuritaire.

Face à l’échec sécuritaire des États, les régimes militaires du Sahel central ont adopté une stratégie de durcissement, s’alliant à des acteurs comme la Russie et les paramilitaires d’Africa Corps (ex-Wagner). Rejetant les approches multilatérales de la Minusma, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) ou de la France, ces régimes revendiquent leur souveraineté et bouleversent la géopolitique régionale. Pourtant, les transitions se prolongent sans freiner les violences : les attaques terroristes se poursuivent, les groupes armés restent actifs.

Pire, cette réponse strictement militaire engendre des violations des droits humains, aggrave les tensions communautaires et favorise la radicalisation.

Ainsi, loin d’apporter une véritable stabilisation, les transitions deviennent progressivement des outils de répression politique, de restriction des libertés individuelles et de musèlement des contre-pouvoirs, notamment au Mali.

Finalement, la combinaison complexe entre instabilité politique et sécuritaire entretient ce cycle continu de transitions prolongées. Cela révèle les limites intrinsèques de ces transitions lorsqu’elles sont envisagées comme seule réponse à la crise durable du Sahel central.




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Des assises nationales plutôt que des élections

La notion de transition, entendue comme une période brève entre deux régimes politiques, tend à perdre son sens au Sahel central. Traditionnellement, une transition comprend deux sous-phases : la libéralisation (ouverture politique) et l’organisation d’élections libres menant à un régime démocratique. Toutefois, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les autorités militaires prolongent cette phase au point de consolider un nouveau pouvoir qui se veut permanent, et rompt avec la tradition de démocratisation.

Les assises nationales, censées être inclusives, sont devenues un outil de légitimation du pouvoir militaire au détriment des élections. Ces assises, tenues au Mali (septembre 2020, décembre 2021, juin 2023), au Burkina Faso (février 2022, octobre 2022, mai 2024) et au Niger (concertations limitées et non nationales), se présentent comme des assemblées populaires, mais elles contournent les mécanismes démocratiques en excluant les voix divergentes et en opérant sur la base d’un consensus préétabli favorable aux militaires.

Elles se substituent à l’élection en définissant la durée de la transition, en érigeant des colonels en généraux, en nommant des présidents de la République, et en fixant les orientations économiques du pays. Ces pratiques traduisent une institutionnalisation de la gouvernance militaire, éloignée du caractère temporaire d’une transition.

Parallèlement, les régimes militaires jouissent d’un soutien populaire alimenté par un rejet massif de la France, de la communauté économique des Etas de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et des élites politiques traditionnelles. La perception d’un manque de compassion et de solidarité dans la lutte contre le terrorisme, les sanctions imposées par les institutions régionales suite aux coups d’Etat, perçues comme des relais des puissances occidentales, ont légitimé aux yeux des opinions locales un retrait des trois Etats de la Cedeao.

Ce contexte a contribué à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), structure à vocation sécuritaire mais de plus en plus politique. L’AES cherche à structurer un nouvel ordre régional en bousculant les équilibres régionaux.

Recul de la démocratie

Le discours souverainiste, profondément anti-occidental, s’appuie à la fois sur le passif colonial et l’échec sécuritaire des partenaires classiques. Il a permis de matérialiser le départ de la France de la région, sans pour autant construire une véritable autonomie stratégique. Le remplacement de la force Barkhane par Wagner, devenu Africa Corps, interpelle toutefois sur la souveraineté revendiquée.

La gouvernance militaire repose désormais sur un agenda sécuritaire renforcé, où les élections sont repoussées sine die, les libertés restreintes et les droits humains souvent bafoués. Tout cela justifié par l’état de guerre contre le terrorisme. Cette militarisation se manifeste aussi par l’intégration des civils dans des gouvernements militaires et la mobilisation de forces paramilitaires comme les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) au Burkina Faso.

Face à cette dynamique, la démocratie électorale recule tandis que d’autres pays ouest-africains (Sénégal, Cap-Vert, Bénin) conservent une trajectoire démocratique. Le contraste souligne les défis historique de sécurité et de stabilité politique communs à l’ensemble des pays de la région. Il soulève surtout la question de l’évolution des régimes politiques en situation de conflits asymétriques.

Au Sahel central, on assiste ainsi à une réinvention du logiciel de lecture des régimes de transition.

The Conversation

Christian Abadioko Sambou does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Afrique de l’Ouest : comment les transitions militaires se nourrissent des dynamiques sécuritaires – https://theconversation.com/afrique-de-louest-comment-les-transitions-militaires-se-nourrissent-des-dynamiques-securitaires-262056

Canada could use thermal infrastructure to turn wasted heat emissions into energy

Source: The Conversation – Canada – By James (Jim) S. Cotton, Professor, Department of Mechanical Engineering, McMaster University

Buildings are the third-largest source of greenhouse gas emissions in Canada. In many cities, including Vancouver, Toronto and Calgary, buildings are the single highest source of emissions.

The recently launched Infrastructure for Good barometer, released by consulting firm Deloitte, suggests that Canada’s infrastructure investments already top the global list in terms of positive societal, economic and environmental benefits.

In fact, over the past 150 years, Canada has built railways, roads, clean water systems, electrical grids, pipelines and communication networks to connect and serve people across the country.

Now, there’s an opportunity to build on Canada’s impressive tradition by creating a new form of infrastructure: capturing, storing and sharing the massive amounts of heat lost from industry, electricity generation and communities, even in summer.

Natural gas precedent

Indoor heating often comes from burning fossil fuels — three-quarters of Ontario homes, for example, are heated by natural gas. Until about 1966, homes across Canada were primarily heated by wood stoves, coal boilers, oil furnaces or heaters using electricity from coal-fired power plants.

After the oil crisis of the 1970s, many of those fuels were replaced by natural gas, delivered directly to individual homes. The cost of the natural gas infrastructure, including a national network of pipelines, was amortized over more than 50 years to make the cost more practical.

two pie charts showing the source of Ontario's greenhouse gas emissions
Sources of greenhouse gas emissions in Ontario.
(J. Cotton), CC BY

This reliable, low-cost energy source quickly proved to be popular. The change cut heating emissions across Ontario by roughly half throughout the 1970s and 1980s, long before climate change was the concern it is today.

Now, as the need to decarbonize becomes more pressing, recent studies not only emphasize the often-overstated emissions reductions benefits from using natural gas; they also indicate that burning this fuel source is still far from net-zero.

However, there’s no reason why Canadian governments can’t invest in new infrastructure-based alternative heating solutions. This time, they could replace natural gas with an alternative, net-zero source: the wasted heat already emitted by other energy uses.

Heat capture and storage

Depending on the source temperature, technology used and system design, heat can be captured throughout the year, stored and distributed as needed. A type of infrastructure called thermal networks could capture leftover heat from factories and nuclear and gas-fired power plants.

In essence, thermal networks take excess thermal energy from industrial processes (though thermal energy can theoretically be captured from a variety of different sources), and use it as a centralized heating source for a series of insulated underground pipelines connected to multiple other buildings. These pipelines, in turn, are used to heat or cool these connected buildings.

A substantial potential to capture heat similarly exists in every neighbourhood. Heat is produced by data centres, grocery stores, laundromats, restaurants, sewage systems and even hockey arenas.

In Ontario, the amount of energy we dump in the form of heat is greater than all the natural gas we use to heat our homes.

A restaurant, for example, can produce enough heat for seven family homes. To take advantage of the wasted heat, Canada needs to build thermal networks, corridors and storage to capture and distribute heat directly to consumers.

The effort demands substantial leadership from all levels of government. Creating these systems would be expensive, but the technology does exist, and the one-time cost would pay for itself many times over.

Such systems are already working in other cold countries. Thermal networks heat half the homes in Sweden and two-thirds of homes in Denmark.

pipes being laid under a city street
District heating pipes being laid at Gullbergs Strandgata in Gothenburg, Sweden in May 2021.
(Shutterstock)

The oil crisis of the 1970s motivated both countries to find new domestic heating sources. They financed their new infrastructure over 50 years and reduced their investment risks through low-interest bonds (loaned by public banks) and generous subsidies.

These were offered to utility companies looking to expand district energy operations, and to consumers by incentivizing connections to such systems. Additionally, in Denmark, controlled consumer prices served a similar function.

At least seven American states have established thermal energy networks, with New York being the first. The state’s Utility Thermal Energy Network and Jobs Act allows public utilities to own, operate and manage thermal networks.

They can supply thermal energy, but so can private producers such as data centres, all with public oversight. Such a strategy avoids monopolies and allows gas and electric utilities to deliver services through central networks.

An opportunity for Canada

Canada has a real opportunity to learn from the experiences of Sweden, Denmark and New York. In doing so, Canada can create a beneficial and truly national heating system in the process. Beginning with federal government leadership, thermal networks could be built across Canada, tailored to the unique and individual needs, strengths and opportunities of municipalities and provinces.

Such a shift would reduce emissions and generate greater energy sovereignty for Canada. It could drive a just energy strategy that could provide employment opportunities for those displaced by the transition away from fossil fuels, while simultaneously increasing Canada’s economic independence in the process.

Thermal networks could be built using pipelines made from Canadian steel. Oil-well drillers from Alberta could dig borehole heat-storage systems. A new market for heat-recovery pumps would create good advanced-manufacturing jobs in Canada.




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Funding for the infrastructure could come through public-private partnerships, with major investments from public banks and pension funds, earning a solid and secure rate of return. A regulated approach and process could permit this infrastructure cost to be amortized over decades, similar to the way past governments have financed gas, electrical and water networks.

As researchers studying the engineering and policy potential of such an opportunity, we view such actions as essential if net-zero is to be achieved in the Canadian building sector. They are also a win-win solution for incumbent industry, various levels of government and citizens across Canada alike.

Yet efforts to install robust thermal networks remain stalled by institutional inertia, the strong influence of the oil industry, limited citizen awareness of the technology’s potential and a tendency for government to view the electrification of heating as the primary solution to building decarbonization.

In this time of environmental crisis and international uncertainty, pushing past these barriers, drawing on Canada’s lengthy history of constructing infrastructure and creating this new form thermal energy infrastructure would be a safe, beneficial and conscientious way to move Canada into a more climate-friendly future.

The Conversation

James (Jim) S. Cotton receives funding from the Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada.

Caleb Duffield does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Canada could use thermal infrastructure to turn wasted heat emissions into energy – https://theconversation.com/canada-could-use-thermal-infrastructure-to-turn-wasted-heat-emissions-into-energy-254972

US government may be abandoning the global climate fight, but new leaders are filling the void – including China

Source: The Conversation – USA (2) – By Shannon Gibson, Professor of Environmental Studies, Political Science and International Relations, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences

Chinese President Xi Jinping and Brazilian President Luiz Inácio Lula da Silva meet in Beijing in May 2025. Tingshu Wang/Pool Photo via AP

When President Donald Trump announced in early 2025 that he was withdrawing the U.S. from the Paris climate agreement for the second time, it triggered fears that the move would undermine global efforts to slow climate change and diminish America’s global influence.

A big question hung in the air: Who would step into the leadership vacuum?

I study the dynamics of global environmental politics, including through the United Nations climate negotiations. While it’s still too early to fully assess the long-term impact of the United States’ political shift when it comes to global cooperation on climate change, there are signs that a new set of leaders is rising to the occasion.

World responds to another US withdrawal

The U.S. first committed to the Paris Agreement in a joint announcement by President Barack Obama and China’s Xi Jinping in 2015. At the time, the U.S. agreed to reduce its greenhouse gas emissions 26% to 28% below 2005 levels by 2025 and pledged financial support to help developing countries adapt to climate risks and embrace renewable energy.

Some people praised the U.S. engagement, while others criticized the original commitment as too weak. Since then, the U.S. has cut emissions by 17.2% below 2005 levels – missing the goal, in part because its efforts have been stymied along the way.

Just two years after the landmark Paris Agreement, Trump stood in the Rose Garden in 2017 and announced he was withdrawing the U.S. from the treaty, citing concerns that jobs would be lost, that meeting the goals would be an economic burden, and that it wouldn’t be fair because China, the world’s largest emitter today, wasn’t projected to start reducing its emissions for several years.

Scientists and some politicians and business leaders were quick to criticize the decision, calling it “shortsighted” and “reckless.” Some feared that the Paris Agreement, signed by almost every country, would fall apart.

But it did not.

In the United States, businesses such as Apple, Google, Microsoft and Tesla made their own pledges to meet the Paris Agreement goals.

Hawaii passed legislation to become the first state to align with the agreement. A coalition of U.S. cities and states banded together to form the United States Climate Alliance to keep working to slow climate change.

Globally, leaders from Italy, Germany and France rebutted Trump’s assertion that the Paris Agreement could be renegotiated. Others from Japan, Canada, Australia and New Zealand doubled down on their own support of the global climate accord. In 2020, President Joe Biden brought the U.S. back into the agreement.

A solar farm in a field.
Amazon partnered with Dominion Energy to build solar farms, like this one, in Virginia. They power the company’s cloud-computing and other services.
Drew Angerer/Getty Images

Now, with Trump pulling the U.S. out again – and taking steps to eliminate U.S. climate policies, boost fossil fuels and slow the growth of clean energy at home – other countries are stepping up.

On July 24, 2025, China and the European Union issued a joint statement vowing to strengthen their climate targets and meet them. They alluded to the U.S., referring to “the fluid and turbulent international situation today” in saying that “the major economies … must step up efforts to address climate change.”

In some respects, this is a strength of the Paris Agreement – it is a legally nonbinding agreement based on what each country decides to commit to. Its flexibility keeps it alive, as the withdrawal of a single member does not trigger immediate sanctions, nor does it render the actions of others obsolete.

The agreement survived the first U.S. withdrawal, and so far, all signs point to it surviving the second one.

Who’s filling the leadership vacuum

From what I’ve seen in international climate meetings and my team’s research, it appears that most countries are moving forward.

One bloc emerging as a powerful voice in negotiations is the Like-Minded Group of Developing Countries – a group of low- and middle-income countries that includes China, India, Bolivia and Venezuela. Driven by economic development concerns, these countries are pressuring the developed world to meet its commitments to both cut emissions and provide financial aid to poorer countries.

A man with his arms crossed leans on a desk with a 'Bolivia' label in front of it.
Diego Pacheco, a negotiator from Bolivia, spoke on behalf of the Like-Minded Developing Countries group during a climate meeting in Bonn, Germany, in June 2025.
IISD/ENB | Kiara Worth

China, motivated by economic and political factors, seems to be happily filling the climate power vacuum created by the U.S. exit.

In 2017, China voiced disappointment over the first U.S. withdrawal. It maintained its climate commitments and pledged to contribute more in climate finance to other developing countries than the U.S. had committed to – US$3.1 billion compared with $3 billion.

This time around, China is using leadership on climate change in ways that fit its broader strategy of gaining influence and economic power by supporting economic growth and cooperation in developing countries. Through its Belt and Road Initiative, China has scaled up renewable energy exports and development in other countries, such as investing in solar power in Egypt and wind energy development in Ethiopia.

While China is still the world’s largest coal consumer, it has aggressively pursued investments in renewable energy at home, including solar, wind and electrification. In 2024, about half the renewable energy capacity built worldwide was in China.

Three people talk under the shade of solar panels.
China’s interest in South America’s energy resources has been growing for years. In 2019, China’s special representative for climate change, Xie Zhenhua, met with Chile’s then-ministers of energy and environment, Juan Carlos Jobet and Carolina Schmidt, in Chile.
Martin Bernetti/AFP via Getty Images

While it missed the deadline to submit its climate pledge due this year, China has a goal of peaking its emissions before 2030 and then dropping to net-zero emissions by 2060. It is continuing major investments in renewable energy, both for its own use and for export. The U.S. government, in contrast, is cutting its support for wind and solar power. China also just expanded its carbon market to encourage emissions cuts in the cement, steel and aluminum sectors.

The British government has also ratcheted up its climate commitments as it seeks to become a clean energy superpower. In 2025, it pledged to cut emissions 77% by 2035 compared with 1990 levels. Its new pledge is also more transparent and specific than in the past, with details on how specific sectors, such as power, transportation, construction and agriculture, will cut emissions. And it contains stronger commitments to provide funding to help developing countries grow more sustainably.

In terms of corporate leadership, while many American businesses are being quieter about their efforts, in order to avoid sparking the ire of the Trump administration, most appear to be continuing on a green path – despite the lack of federal support and diminished rules.

USA Today and Statista’s “America’s Climate Leader List” includes about 500 large companies that have reduced their carbon intensity – carbon emissions divided by revenue – by 3% from the previous year. The data shows that the list is growing, up from about 400 in 2023.

What to watch at the 2025 climate talks

The Paris Agreement isn’t going anywhere. Given the agreement’s design, with each country voluntarily setting its own goals, the U.S. never had the power to drive it into obsolescence.

The question is if developed and developing country leaders alike can navigate two pressing needs – economic growth and ecological sustainability – without compromising their leadership on climate change.

This year’s U.N. climate conference in Brazil, COP30, will show how countries intend to move forward and, importantly, who will lead the way.

Research assistant Emerson Damiano, a recent graduate in environmental studies at USC, contributed to this article.

The Conversation

Shannon Gibson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. US government may be abandoning the global climate fight, but new leaders are filling the void – including China – https://theconversation.com/us-government-may-be-abandoning-the-global-climate-fight-but-new-leaders-are-filling-the-void-including-china-251786

Gene Hackman had a will, but the public may never find out who inherits his $80M fortune

Source: The Conversation – USA (2) – By Naomi Cahn, Professor of Law, University of Virginia

Gene Hackman and his wife, Betsy Arakawa, pose for a photo in 1986 in Los Angeles. Donaldson Collection/Michael Ochs Archives via Getty Images

Gene Hackman was found dead inside his New Mexico home on Feb. 26, 2025, at the age of 95. The acclaimed actor’s wife, Betsy Arakawa, had also died of a rare virus – a week before his death from natural causes.

Details about the couple’s plans for Hackman’s reportedly US$80 million fortune are only starting to emerge, months after the discovery of their tragic demise. While their wills have not yet been made public, we have seen them through a reputable source.

Both documents are short and sought to give the bulk of their assets to Hackman’s trust – a legal arrangement that allows someone to state their wishes for how their assets should be managed and distributed. Wills and trusts are similar in that both can be used to distribute someone’s property. They differ in that a trust can take effect during someone’s lifetime and continue long after their death. Wills take effect only upon someone’s death, for the purpose of distributing assets that person had owned.

Both trusts and wills can be administered by someone who does not personally benefit from the property.

Hackman, widely revered for his memorable roles in movies such as “The French Connection,” “Bonnie and Clyde” and “The Birdcage,” made it clear in his will that he wanted the trust to manage his assets, and he apparently named Arakawa as a third-party trustee. But that plan was dashed by Arakawa’s sudden death.

The person managing Hackman’s estate asked the court to appoint a new trustee, a request that the court approved, according to public records. But the court order is not public, and the trust itself remains private, so the public doesn’t yet know who will manage his estate or inherit his fortune. U.S. courts vary in how much access they provide to case records.

As law professors who specialize in trusts and estates, we teach courses about the transfer of property during life and at death. We believe that the drama playing out over Hackman’s assets offers valuable lessons for anyone leaving an estate, large or small, for their loved ones to inherit. It also is a cautionary tale for the tens of millions of Americans in stepfamilies.

‘Pour-over’ wills are a popular technique

The couple signed the wills in 2005, more than a decade before Hackman was diagnosed with dementia. There’s no reason to doubt whether Hackman was of sound mind at that time. Although he had retired from acting and led a very private life for a public figure, after the last film he starred in, “Welcome to Mooseport,” was released in 2004, Hackman continued to write books and narrate documentaries for several more years.

Based on the wills that we have been able to review, Hackman and Arakawa used a popular estate planning technique that combined two documents: a lifetime trust and a will.

The first document, sometimes called a “living trust,” usually contains the most important details about who ultimately inherits a person’s property once they die. All other estate planning documents, including wills, all financial and brokerage accounts, and life insurance policies can pour assets into the trust at death by naming the trustee as the death beneficiary.

The trust is the only document that needs to be updated when life circumstances change, such as divorce, the death of a spouse, or the birth of a child. All of the other planning documents can be left alone because they already name the trustee of the trust as the property recipient.

Hackman also signed a second document, known as a “pour-over” will. A pour-over will is a catchall measure to ensure that anything owned at death ends up in the trust if it wasn’t transferred during life. Hackman’s pour-over will gave his estate at death to Arakawa as the designated trustee of the trust he had created.

The combination of a trust coupled with a pour-over will – a technique that Michael Jackson also used – offers many advantages.

One is that, if the trust is created during life, it can be administered privately at death without the cost, publicity and delay of probate – the court-supervised process for estate administration. That is why, while Hackman’s personal representative filed his will in probate court to administer any remaining property owned at death, the trust created during Hackman’s life can manage assets without court supervision.

An older man and an older woman look puzzled while reading a document.
It’s important to carefully consider what should happen if you both die around the same time.
Inside Creative House/iStock via Getty Images Plus

Who might get what

The trust document has not been made public, but Hackman’s personal representative stated that the trust “contains mainly out-of-state beneficiaries” who will inherit his assets.

Hackman’s beneficiaries are unlikely to be publicly identified because they appear in the trust rather than the pour-over will. His will does not leave anything directly to any relatives. Even Arawaka was not slated to receive anything herself, only as trustee, but the will does mention his children in a paragraph describing his family.

Hackman had three children, all born during his first marriage, to Faye Maltese: Christopher, Elizabeth and Leslie. Hackman had acknowledged that it was hard for them to grow up with an often-absent celebrity father, but his daughters and one granddaughter released a statement after he died about missing their “Dad and Grandpa.” It is possible that Hackman’s children, as well as Arakawa, are named as beneficiaries of the trust.

Arakawa had no children of her own. Little is known about her family, except that her mother, now 91, is still alive. Arakawa’s will gave the bulk of her estate to Hackman as trustee of his trust, but only if he survived her by 90 days. If he failed to survive by 90 days, then she instructed her personal representative to establish a charitable trust “to achieve purposes beneficial to the community” consistent with the couple’s charitable preferences.

Her will refers to charitable “interests expressed … by my spouse and me during our lifetimes.” But it offers no specific guidance on which charities should benefit. Because Hackman did not survive Arakawa by 90 days, no part of her estate will pass to Hackman’s trust or his children.

Christopher Hackman has reportedly hired a lawyer, leading to speculation that he might contest some aspect of his father’s or stepmother’s estates.

Research shows that the average case length of a probate estate is 532 days, but individual cases can vary greatly in length and complexity. It is possible that the public may never learn what happens to the trust if the parties reach a settlement without litigation in court.

Man in tuxedo and a large bowtie stands next to two teenagers who are looking away.
Gene Hackman and his daughters, Elizabeth Hackman and Leslie Hackman, attend the screening of ‘Superman’ in 1978 at the Kennedy Center in Washington, D.C.
Ron Galella Collection via Getty Images

Takeaways for the rest of us

We believe that anyone thinking about who will inherit their property after they die can learn three important lessons from the fate of Hackman’s estate.

First, a living trust can provide more privacy than a will by avoiding the publicity of a court-supervised probate administration. It can also simplify the process for updating the estate plan by avoiding the need to amend multiple documents every time life circumstances change, such as the birth of a child or end of a marriage. Because all estate planning documents pour into the trust, the trust is the only document that requires any updating.

You don’t need a multimillion-dollar estate to justify the cost of creating a living trust. Some online platforms charge less than $400 for help creating one.

Second, remember that even when your closest loved ones are much younger than you are, it’s impossible to predict who will die first. If you do create a living trust, it should include a backup plan in case someone named in it dies before you. You can choose a “contingent beneficiary” – someone who will take the property if the primary beneficiary dies first. You can also choose a successor trustee who will manage the trust if the primary trustee dies first or declines to serve.

Finally, it’s important to carefully consider how best to divide the estate.

Hackman’s children and some of his other relatives may ultimately receive millions through his trust. But parents in stepfamilies must often make difficult decisions about how to divide their estate between a surviving spouse and any children they had with other partners.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Gene Hackman had a will, but the public may never find out who inherits his $80M fortune – https://theconversation.com/gene-hackman-had-a-will-but-the-public-may-never-find-out-who-inherits-his-80m-fortune-259650

Too many em dashes? Weird words like ‘delves’? Spotting text written by ChatGPT is still more art than science

Source: The Conversation – USA (2) – By Roger J. Kreuz, Associate Dean and Professor of Psychology, University of Memphis

Language experts fare no better than everyday people. Aitor Diago/Moment via Getty Images

People are now routinely using chatbots to write computer code, summarize articles and books, or solicit advice. But these chatbots are also employed to quickly generate text from scratch, with some users passing off the words as their own.

This has, not surprisingly, created headaches for teachers tasked with evaluating their students’ written work. It’s also created issues for people seeking advice on forums like Reddit, or consulting product reviews before making a purchase.

Over the past few years, researchers have been exploring whether it’s even possible to distinguish human writing from artificial intelligence-generated text. But the best strategies to distinguish between the two may come from the chatbots themselves.

Too good to be human?

Several recent studies have highlighted just how difficult it is to determine whether text was generated by a human or a chatbot.

Research participants recruited for a 2021 online study, for example, were unable to distinguish between human- and ChatGPT-generated stories, news articles and recipes.

Language experts fare no better. In a 2023 study, editorial board members for top linguistics journals were unable to determine which article abstracts had been written by humans and which were generated by ChatGPT. And a 2024 study found that 94% of undergraduate exams written by ChatGPT went undetected by graders at a British university.

Clearly, humans aren’t very good at this.

A commonly held belief is that rare or unusual words can serve as “tells” regarding authorship, just as a poker player might somehow give away that they hold a winning hand.

Researchers have, in fact, documented a dramatic increase in relatively uncommon words, such as “delves” or “crucial,” in articles published in scientific journals over the past couple of years. This suggests that unusual terms could serve as tells that generative AI has been used. It also implies that some researchers are actively using bots to write or edit parts of their submissions to academic journals. Whether this practice reflects wrongdoing is up for debate.

In another study, researchers asked people about characteristics they associate with chatbot-generated text. Many participants pointed to the excessive use of em dashes – an elongated dash used to set off text or serve as a break in thought – as one marker of computer-generated output. But even in this study, the participants’ rate of AI detection was only marginally better than chance.

Given such poor performance, why do so many people believe that em dashes are a clear tell for chatbots? Perhaps it’s because this form of punctuation is primarily employed by experienced writers. In other words, people may believe that writing that is “too good” must be artificially generated.

But if people can’t intuitively tell the difference, perhaps there are other methods for determining human versus artificial authorship.

Stylometry to the rescue?

Some answers may be found in the field of stylometry, in which researchers employ statistical methods to detect variations in the writing styles of authors.

I’m a cognitive scientist who authored a book on the history of stylometric techniques. In it, I document how researchers developed methods to establish authorship in contested cases, or to determine who may have written anonymous texts.

One tool for determining authorship was proposed by the Australian scholar John Burrows. He developed Burrows’ Delta, a computerized technique that examines the relative frequency of common words, as opposed to rare ones, that appear in different texts.

It may seem counterintuitive to think that someone’s use of words like “the,” “and” or “to” can determine authorship, but the technique has been impressively effective.

Black-and-white photographic portrait of young woman with short hair seated and posing for the camera.
A stylometric technique called Burrow’s Delta was used to identify LaSalle Corbell Pickett as the author of love letters attributed to her deceased husband, Confederate Gen. George Pickett.
Encyclopedia Virginia

Burrows’ Delta, for example, was used to establish that Ruth Plumly Thompson, L. Frank Baum’s successor, was the author of a disputed book in the “Wizard of Oz” series. It was also used to determine that love letters attributed to Confederate Gen. George Pickett were actually the inventions of his widow, LaSalle Corbell Pickett.

A major drawback of Burrows’ Delta and similar techniques is that they require a fairly large amount of text to reliably distinguish between authors. A 2016 study found that at least 1,000 words from each author may be required. A relatively short student essay, therefore, wouldn’t provide enough input for a statistical technique to work its attribution magic.

More recent work has made use of what are known as BERT language models, which are trained on large amounts of human- and chatbot-generated text. The models learn the patterns that are common in each type of writing, and they can be much more discriminating than people: The best ones are between 80% and 98% accurate.

However, these machine-learning models are “black boxes” – that is, we don’t really know which features of texts are responsible for their impressive abilities. Researchers are actively trying to find ways to make sense of them, but for now, it isn’t clear whether the models are detecting specific, reliable signals that humans can look for on their own.

A moving target

Another challenge for identifying bot-generated text is that the models themselves are constantly changing – sometimes in major ways.

Early in 2025, for example, users began to express concerns that ChatGPT had become overly obsequious, with mundane queries deemed “amazing” or “fantastic.” OpenAI addressed the issue by rolling back some changes it had made.

Of course, the writing style of a human author may change over time as well, but it typically does so more gradually.

At some point, I wondered what the bots had to say for themselves. I asked ChatGPT-4o: “How can I tell if some prose was generated by ChatGPT? Does it have any ‘tells,’ such as characteristic word choice or punctuation?”

The bot admitted that distinguishing human from nonhuman prose “can be tricky.” Nevertheless, it did provide me with a 10-item list, replete with examples.

These included the use of hedges – words like “often” and “generally” – as well as redundancy, an overreliance on lists and a “polished, neutral tone.” It did mention “predictable vocabulary,” which included certain adjectives such as “significant” and “notable,” along with academic terms like “implication” and “complexity.” However, though it noted that these features of chatbot-generated text are common, it concluded that “none are definitive on their own.”

Chatbots are known to hallucinate, or make factual errors.

But when it comes to talking about themselves, they appear to be surprisingly perceptive.

The Conversation

Roger J. Kreuz does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Too many em dashes? Weird words like ‘delves’? Spotting text written by ChatGPT is still more art than science – https://theconversation.com/too-many-em-dashes-weird-words-like-delves-spotting-text-written-by-chatgpt-is-still-more-art-than-science-259629

Water recycling is paramount for space stations and long-duration missions − an environmental engineer explains how the ISS does it

Source: The Conversation – USA – By Berrin Tansel, Professor of Civil and Environmental Engineering, Florida International University

The water recovery system on the ISS is state of the art. Roscosmos State Space Corporation via AP, File

When you’re on a camping trip, you might have to pack your own food and maybe something to filter or treat water that you find. But imagine your campsite is in space, where there’s no water, and packing jugs of water would take up room when every inch of cargo space counts. That’s a key challenge engineers faced when designing the International Space Station.

Before NASA developed an advanced water recycling system, water made up nearly half the payload of shuttles traveling to the ISS. I am an environmental engineer and have conducted research at Kennedy Space Center’s Space Life Sciences Laboratory. As part of this work, I helped to develop a closed-loop water recovery system.

Today, NASA recovers over 90% of the water used in space. Clean water keeps an astronaut crew hydrated, hygienic and fed, as it can use it to rehydrate food. Recovering used water is a cornerstone of closed-loop life support, which is essential for future lunar bases, Mars missions and even potential space settlements.

A rack of machinery.
A close-up view of the water recovery system’s racks – these contain the hardware that provides a constant supply of clean water for four to six crew members aboard the ISS.
NASA

NASA’s environmental control and life support system is a set of equipment and processes that perform several functions to manage air and water quality, waste, atmospheric pressure and emergency response systems such as fire detection and suppression. The water recovery system − one component of environmental control and life support − supports the astronauts aboard the ISS and plays a central role in water recycling.

Water systems built for microgravity

In microgravity environments like the ISS, every form of water available is valuable. The water recovery systems on the ISS collect water from several sources, including urine, moisture in cabin air, and hygiene – meaning from activities such as brushing teeth.

On Earth, wastewater includes various types of water: residential wastewater from sinks, showers and toilets; industrial wastewater from factories and manufacturing processes; and agricultural runoff, which contains fertilizers and pesticides.

In space, astronaut wastewater is much more concentrated than Earth-based wastewater. It contains significantly higher levels of urea – a compound from urine – salts, and surfactants from soaps and materials used for hygiene. To make the water safe to drink, the system needs to remove all of these quickly and effectively.

The water recovery systems used in space employ some of the same principles as Earth-based water treatment. However, they are specifically engineered to function in microgravity with minimal maintenance. These systems also must operate for months or even years without the need for replacement parts or hands-on intervention.

NASA’s water recovery system captures and recycles nearly all forms of water used or generated aboard the space station. It routes the collected wastewater to a system called the water processor assembly, where it is purified into safe, potable water that exceeds many Earth-based drinking water standards.

The water recovery and treatment system on the ISS consists of several subsystems.

Recovering water from urine and sweat

The urine processor assembly recovers about 75% of the water from urine by heating and vacuum compression. The recovered water is sent to the water processor assembly for further treatment. The remaining liquid, called brine, still contains a significant amount of water. So, NASA developed a brine processor assembly system to extract the final fraction of water from this urine brine.

In the brine processor assembly, warm, dry air evaporates water from the leftover brine. A filter separates the contaminants from the water vapor, and the water vapor is collected to become drinking water. This innovation pushed the water recovery system’s overall water recovery rate to an impressive 98%. The remaining 2% is combined with the other waste generated.

An astronaut in a red shirt holds a small metal cylinder.
The filter used in brine processing has helped achieve 98% recovery.
NASA

The air revitalization system condenses moisture from the cabin air – primarily water vapor from sweat and exhalation – into liquid water. It directs the recovered water to the water processor assembly, which treats all the collected water.

Treating recovered water

The water processor assembly’s treatment process includes several steps.

First, all the recovered water goes through filters to remove suspended particles such as dust. Then, a series of filters removes salts and some of the organic contaminants, followed by a chemical process called catalytic oxidation that uses heat and oxygen to break down the remaining organic compounds. The final step is adding iodine to the water to prevent microbial growth while it is stored.

Japan Aerospace Exploration Agency astronaut Koichi Wakata next to the International Space Station’s water recovery system, which recycles urine and wastewater into drinking water. As Wakata humorously puts it, ‘Here on board the ISS, we turn yesterday’s coffee into tomorrow’s coffee.’

The output is potable water — often cleaner than municipal tap water on Earth.

Getting to Mars and beyond

To make human missions to Mars possible, NASA has estimated that spacecraft must reclaim at least 98% of the water used on board. While self-sustaining travel to Mars is still a few years away, the new brine processor on the ISS has increased the water recovery rate enough that this 98% goal is now in reach. However, more work is needed to develop a compact system that can be used in a space ship.

The journey to Mars is complex, not just because of the distance involved, but because Mars and Earth are constantly moving in their respective orbits around the Sun.

The distance between the two planets varies depending on their positions. On average, they’re about 140 million miles (225 million km) apart, with the shortest theoretical approach, when the two planets’ orbits bring them close together, taking 33.9 million miles (54.6 million km).

A typical crewed mission is expected to take about nine months one way. A round-trip mission to Mars, including surface operations and return trajectory planning, could take around three years. In addition, launch windows occur only every 26 months, when Earth and Mars align favorably.

As NASA prepares to send humans on multiyear expeditions to the red planet, space agencies around the world continue to focus on improving propulsion and perfecting life support systems. Advances in closed-loop systems, robotic support and autonomous operations are all inching the dream of putting humans on Mars closer to reality.

The Conversation

Berrin Tansel does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Water recycling is paramount for space stations and long-duration missions − an environmental engineer explains how the ISS does it – https://theconversation.com/water-recycling-is-paramount-for-space-stations-and-long-duration-missions-an-environmental-engineer-explains-how-the-iss-does-it-260171