Comment Grok, le chatbot de Musk, est devenu nazi

Source: The Conversation – in French – By Aaron J. Snoswell, Senior Research Fellow in AI Accountability, Queensland University of Technology

En juillet 2025, Grok, le chatbot d’Elon Musk sur X, s’est qualifié d’«Hitler mécanique » et a tenu des propos pronazis. Mijansk786

Les propos problématiques de Grok, l’intelligence artificielle du réseau social X, illustrent l’influence des idées de son créateur, Elon Musk, sur sa conception. Mais ils posent également la question des biais plus discrets que ses concurrents masquent derrière un vernis d’impartialité, incompatible avec le processus d’entraînement de ce type d’IA.


Grok, l’agent conversationnel – ou chatbot – intégré au réseau social X et fondé sur l’intelligence artificielle développée par la société xAI d’Elon Musk, a fait la une des journaux en juillet 2025 après s’être qualifié de « Mecha-Hitler » (« Hitler mécanique ») et avoir tenu des propos pronazis en réponse à des demandes d’utilisateurs.




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Les développeurs ont présenté leurs excuses pour ces « publications inappropriées » et ont pris des mesures pour empêcher, à l’avenir, Grok de tenir des propos haineux dans ses publications sur X. Cet incident aura cependant été suffisant pour relancer les débats sur les biais des intelligences artificielles (IA) dans les réponses données aux demandes des utilisateurs.

À la suite des propos pronazis tenus sur X par Grok, ses développeurs ont publié un message d’excuse le 9 juillet _via_ le compte officiel du chatbot : « Nous avons pris connaissance des publications récentes de Grok et nous nous employons activement à supprimer celles qui sont inappropriées », affirmaient-ils.

Mais cette dernière controverse n’est pas tant révélatrice de la propension de Grok à tenir des propos extrémistes que d’un manque de transparence fondamental dans le développement de l’IA sur laquelle est basé ce chatbot. Musk prétendait en effet bâtir une IA « cherchant la vérité », hors de tout parti pris. La mise en œuvre technique de ce programme révèle pourtant une programmation idéologique systémique Grok.

Il s’agit là d’une véritable étude de cas accidentelle sur la manière dont les systèmes d’intelligence artificielle intègrent les valeurs de leurs créateurs : les prises de position sans filtre de Musk rendent en effet visible ce que d’autres entreprises ont tendance à occulter.

Grok, c’est quoi ?

Grok est un chatbot doté d’ « une touche d’humour et d’un zeste de rébellion », selon ses créateurs. Il est basé sur une intelligence artificielle développée par xAI, qui détient également la plate-forme de réseau social X.

La première version de Grok a été lancée en 2023. Des études indépendantes suggèrent que son dernier modèle en date, Grok 4, surpasserait les concurrents dans différents tests d’« intelligence ». Le chatbot est disponible indépendamment, mais aussi directement sur X.

xAI affirme que « les connaissances de (cette) IA doivent être exhaustives et aussi étendues que possible ». De son côté, Musk a présenté Grok comme une alternative sérieuse aux chatbots leaders du marché, comme ChatGPT d’OpenAI, accusé d’être « woke » par des figures publiques de droite, notamment anglo-saxonnes.

En amont du dernier scandale en date lié à ses prises de position pronazi, Grok avait déjà fait la une des journaux pour avoir proféré des menaces de violence sexuelle, pour avoir affirmé qu’un « génocide blanc » avait lieu en Afrique du Sud, ou encore pour ses propos insultants à l’égard de plusieurs chefs d’État. Cette dernière frasque a conduit à son interdiction en Turquie, après des injures contre le président de ce pays, Recep Tayyip Erdoğan, et le fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.

Mais comment les développeurs peuvent-ils générer de telles valeurs chez une IA, et façonner un chatbot au comportement aussi problématique ? À l’heure actuelle, ceux-ci sont construits sur la base de grands modèles de langage (Large Language Models en anglais, ou LLM) qui offrent plusieurs leviers sur lesquels les développeurs peuvent s’appuyer pour influer sur l’attitude future de leur création.

Derrière le comportement des IA, différentes étapes

Le préentraînement

Pour commencer, les développeurs sélectionnent les données utilisées pendant cette première étape de la création d’un chatbot. Cela implique non seulement de filtrer les contenus indésirables parmi les données d’entraînement, mais aussi de mettre en avant les informations souhaitées.

GPT-3 a ainsi été alimenté par des données dans lesquelles Wikipédia était jusqu’à six fois plus représentée que d’autres ensembles de données, car OpenAI considérait l’encyclopédie en ligne comme de meilleure qualité par rapport au reste. Grok, quant à lui, est entraîné à partir de diverses sources, notamment des publications provenant de X. Cela pourrait expliquer que le chatbot ait été épinglé pour avoir vérifié l’opinion d’Elon Musk sur des sujets controversés avant de répondre.

Dans cette capture réalisée par le chercheur Simon Willison, on peut voir le processus de réflexion détaillé de Grok face à une demande portant sur un sujet controversé (ici, une demande de soutien à Israël ou à la Palestine) : le chatbot consulte les publications d’Elon Musk sur le sujet avant de fournir une réponse.

Musk a précédemment indiqué que xAI effectue un tri dans les données d’entraînement de Grok, par exemple pour améliorer ses connaissances juridiques et pour supprimer le contenu généré par d’autres LLM à des fins d’augmentation de la qualité des réponses. Le milliardaire a également lancé un appel à la communauté d’utilisateurs de X pour trouver des problèmes complexes et des faits « politiquement incorrects, mais néanmoins vrais » à soumettre à son chatbot. Rien ne permet de savoir si ces données ont bien été utilisées ni quelles mesures de contrôle qualité ont été appliquées sur celles-ci.

Dans cette publication du 21 juin 2025, Elon Musk invite les utilisateurs à répondre avec « des faits clivants pour l’entraînement de Grok ». Par cela, il entend « des choses politiquement incorrectes, mais cependant vraies sur le plan factuel ».

Le réglage de précision

La deuxième étape, le réglage de précision – plus connu sous le nom anglais de fine-tuning – consiste à ajuster le comportement du LLM à l’aide de retours sur ses réponses. Les développeurs créent des cahiers des charges détaillés décrivant leurs positions éthiques de prédilection, que des évaluateurs humains ou des IA secondaires utilisent ensuite comme grille d’évaluation pour évaluer et améliorer les réponses du chatbot, ancrant ainsi efficacement ces valeurs dans la machine.

Une enquête de Business Insider a mis en lumière que les instructions données par xAI à ses « tuteurs pour IA » humains leur demandaient de traquer l’« idéologie woke » et la « cancel culture » dans les réponses du chatbot. Si des documents internes à l’entreprise indiquaient que Grok ne devait pas « imposer une opinion qui confirme ou infirme les préjugés d’un utilisateur », ils précisaient également que le chatbot devait éviter les réponses donnant raison aux deux parties d’un débat, lorsqu’une réponse plus tranchée était possible.

Les instructions système

Les instructions système – c’est-à-dire les consignes fournies au chatbot avant chaque conversation avec un utilisateur – guident le comportement du modèle une fois déployé.

Il faut reconnaître que xAI publie les instructions système de Grok. Certaines d’entre elles, comme celle invitant le chatbot à « supposer que les points de vue subjectifs provenant des médias sont biaisés », ou celle le poussant à « ne pas hésiter à faire des déclarations politiquement incorrectes, à condition qu’elles soient bien étayées », ont probablement été des facteurs clés dans la dernière controverse.

Ces instructions sont toujours mises à jour à l’heure actuelle, et leur évolution, qu’il est possible de suivre en direct, constitue en soi une étude de cas fascinante.

La mise en place de « garde-fous »

Les développeurs peuvent enfin ajouter des « garde-fous », c’est-à-dire des filtres qui bloquent certaines requêtes ou réponses. OpenAI affirme ainsi ne pas autoriser ChatGPT « à générer du contenu haineux, harcelant, violent ou réservé aux adultes ». Le modèle chinois DeepSeek censure de son côté les discussions sur la répression contre les manifestations de la place Tian’anmen de 1989.

Des tests effectués lors de la rédaction de cet article suggèrent que Grok est beaucoup moins restrictif dans les requêtes qu’il accepte et dans les réponses apportées que les modèles concurrents.

Le paradoxe de la transparence

La controverse autour des messages pronazis de Grok met en lumière une question éthique plus profonde. Est-il préférable que les entreprises spécialisées dans l’IA affichent ouvertement leurs convictions idéologiques et fassent preuve de transparence à ce sujet, ou qu’elles maintiennent une neutralité illusoire, tout en intégrant secrètement leurs valeurs dans leurs créations ?

Tous les grands systèmes d’IA reflètent en effet la vision du monde de leurs créateurs, des prudentes positions corporatistes de Microsoft Copilot à l’attachement à la sécurité des échanges et des utilisateurs détectable chez Claude d’Anthropic. La différence réside dans la transparence de ces entreprises.

Les déclarations publiques de Musk permettent de relier facilement les comportements de Grok aux convictions affichées du milliardaire sur « l’idéologie woke » et les biais médiatiques. À l’inverse, lorsque d’autres chatbots se trompent de manière spectaculaire, il nous est impossible de savoir si cela reflète les opinions des créateurs de l’IA, l’aversion au risque de l’entreprise face à une question jugée tendancieuse, une volonté de suivre des règles en vigueur, ou s’il s’agit d’un simple accident.

Le scandale lié à Grok fait écho à des précédents familiers. L’IA de X ressemble en effet au chatbot Tay de Microsoft, qui tenait des propos haineux et racistes en 2016. Il avait également été formé à partir des données de Twitter, le prédécesseur de X, et déployé sur ce réseau social, avant d’être rapidement mis hors-ligne.

Il existe cependant une différence cruciale entre Grok et Tay. Le racisme de cette dernière résultait de la manipulation menée par des utilisateurs et de la faiblesse des mesures de sécurité en place : il résultait de circonstances involontaires. Le comportement de Grok, quant à lui, semble provenir au moins en partie de la manière dont il a été conçu.

La véritable leçon à tirer du cas Grok tient à la transparence dans le développement des IA. À mesure que ces systèmes deviennent plus puissants et plus répandus – la prise en charge de Grok dans les véhicules Tesla vient ainsi d’être annoncée –, la question n’est plus de savoir si l’IA reflétera les valeurs humaines de manière générale. Il s’agit plutôt d’établir si les entreprises créatrices feront preuve de transparence quant aux valeurs personnelles qu’elles encodent, et quant aux raisons pour lesquelles elles ont choisi de doter leurs modèles de ces valeurs.

Face à ses concurrents, l’approche de Musk est à la fois plus honnête (nous voyons son influence) et plus trompeuse (il prétend à l’objectivité tout en programmant son chatbot avec subjectivité).

Dans un secteur fondé sur le mythe de la neutralité des algorithmes, Grok révèle une réalité immuable. Il n’existe pas d’IA impartiale, seulement des IA dont les biais nous apparaissent avec plus ou moins de clarté.

The Conversation

Aaron J. Snoswell a reçu des financements de recherche de la part d’OpenAI en 2024-2025 pour développer de nouveaux cadres d’évaluation permettant de mesurer la compétence morale des agents conversationnels basés sur l’IA.

ref. Comment Grok, le chatbot de Musk, est devenu nazi – https://theconversation.com/comment-grok-le-chatbot-de-musk-est-devenu-nazi-261738

Comment la philosophie d’Hartmut Rosa « résonne » avec les sports de glisse

Source: The Conversation – in French – By Jérôme Visioli, Maître de Conférences STAPS, Université de Bretagne occidentale

Zachary DeBottis/Pexels, CC BY

Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa a développé une sociologie de la relation au monde qui distingue deux expériences fondamentales. D’un côté, l’« aliénation », lorsque l’individu se sent indifférent ou agressé par son environnement. De l’autre, la « résonance », expérience d’harmonie que les sportifs, entre autres, tendent à rechercher à travers leurs pratiques.


Selon Hartmut Rosa, la « résonance » repose sur quatre dimensions : être touché par le monde, entrer en relation avec lui sans chercher à le dominer, le transformer tout en acceptant d’être transformé et accueillir l’imprévisibilité de cette interaction. L’auteur souligne également que la recherche de l’expérience de résonance par les sportifs constitue l’un des principaux motifs de leur engagement durable dans la pratique, avec des enjeux importants en termes de bien-être.

Si les études empiriques visant à documenter les expériences de résonance et d’aliénation restent rares, on note actuellement un développement des recherches en sciences du sport autour de différentes pratiques (course, apnée, yoga, parkour, etc.). Cela s’illustre, par exemple, dans le numéro de la revue Sport, Ethics and Philosophy intitulé « Hartmut Rosa as a sport philosopher », que nous coordonnons avec Matthieu Quidu, Brice Favier-Ambrosini et Bernard Andrieu, à paraître en 2026.

À ce titre, les sports de glisse constituent un terrain particulièrement fécond, car ils mobilisent simultanément un rapport sensible à l’environnement naturel ou urbain, des interactions sociales marquées par la coopération et la reconnaissance entre pairs, une relation intime à la matérialité de l’équipement, un fort engagement corporel, mental et émotionnel (équilibre, risque, maîtrise technique), un rapport au temps singulier où alternent attente, répétition et fulgurance des instants de réussite.

Pour illustrer plus concrètement cet aspect, nous proposons de rendre compte d’une étude auprès de skateurs, menée avec Oriane Petiot, Pauline Prouff et Gilles Kermarrec, à paraître en 2026. L’objectif était de documenter résonance et aliénation à travers la documentation de récits d’expérience particulièrement marquants, correspondant à des incidents critiques. L’étude a été menée auprès de 50 skateurs âgés de 10 à 47 ans, dont 9 femmes et 41 hommes.

L’expérience de résonance en skateboard

L’expérience de résonance, c’est ce moment où une personne sent que « quelque chose vibre » entre elle et le monde. Dans le cadre de la pratique du skate, elle se divise en deux grandes catégories : la relation à la planche (74,2 %) et la relation à l’environnement (25,8 %).

La première regroupe la réussite dans une figure (47 %) et le dépassement de la peur (27,3 %). Dans le premier cas, la résonance est vécue comme une expérience d’harmonie entre corps, esprit et skateboard :

« Une session de skate où ma confiance en moi était totale. Je me sentais aligné avec toutes les planètes, presque dans un état de grâce. […] J’avais l’impression de me voir skater de l’extérieur et que mes capacités cognitives étaient amplifiées. »

Dans le second, elle naît du surpassement de soi face aux échecs et à la prise de risque :

« Après des tentatives ratées et beaucoup de peur, le trick passe enfin : un immense soulagement, une fierté et un bonheur intenses. »

Ces récits montrent que l’expérience de résonance émerge autant en lien avec la maîtrise de la planche que dans le dépassement de l’insatisfaction.

La deuxième catégorie (25,8 %) met en évidence la qualité de la relation au monde, structurée autour de deux sous-catégories : les moments avec les pairs (N = 15 ; 22,7 %) et les déplacements et découvertes de spots (N = 2 ; 3,0 %). Des moments d’émotions partagées illustrent une résonance collective, nourrie aussi par des projets communs où

« tout le monde vit le trick avec toi et t’encourage à le réussir ! […] Une joie folle, une immense satisfaction de partager un tel moment avec autant d’amis ».

Les voyages et découvertes de spots offrent également des expériences mémorables :

« Partir une semaine avec neuf potes… joie intense, liberté totale, euphorie, ivresse. »

Ces récits d’expérience soulignent l’importance du partage social des émotions liées à la découverte de nouveaux espaces de pratique.

L’expérience d’aliénation en skateboard

L’expérience d’aliénation correspond à une rupture du lien avec le monde, lorsque l’individu ne parvient plus à se sentir en relation vivante et signifiante avec son environnement. Dans le cadre de la pratique du skate, elle se divise en deux grandes catégories : la relation avec la planche (88,5 %) et la relation avec l’environnement ou les pairs (11,5 %).

Dans la première catégorie, l’aliénation découle principalement des blessures (45,9 %), des échecs répétés (32,8 %) et des difficultés d’apprentissage (9,8 %). Un jeune skateur raconte :

« Je me suis cassé le bras assez sérieusement […]. Dès que je suis tombé, j’ai su qu’il était cassé. »

L’expérience de la blessure est non seulement liée à la douleur, mais également à l’impossibilité de continuer à pratiquer le skateboard associée à une fragilisation de l’estime de soi et des liens sociaux :

« Boom, entorse ! […] tu réalises que tu ne pourras pas skater pendant un ou deux mois. »

Les échecs répétitifs suscitent également une forte insatisfaction :

« Après des dizaines d’essais sur un trick, tu te sens capable, mais ça ne passe pas […] fatigue, nervosité, frustration m’ont fait littéralement craquer. »

La seconde catégorie porte sur la relation au social, et représente 11,5 % des expériences d’aliénation, autour de la pression sociale et de la compétition (8,2 %), mais aussi des conflits (3,3 %). L’aliénation émerge notamment lorsque les interactions avec les pairs deviennent sources de rejet :

« Un gars m’a poussé, et, honnêtement, j’ai beaucoup remis en question ma place au skatepark. »

Certains évoquent un sentiment de solitude :

« Pendant trois-quatre mois, j’ai skaté seul… vraiment triste, car à ce moment, le skate était la seule chose qui me faisait plaisir. »

L’observation et le jugement peuvent également blesser les pratiquants :

« Après une chute devant les autres, j’étais tellement honteuse […] je suis partie démoralisée. »

Ces expériences montrent l’ambivalence des relations sociales, qui peuvent fragiliser l’estime de soi et transformer le skatepark en espace d’exclusion.

À la recherche de l’expérience de résonance dans les pratiques sportives

Les résultats de l’étude révèlent une dialectique essentielle entre résonance et aliénation dans l’expérience des skateurs, qui se déploie sur une temporalité évolutive. La résonance surgit souvent après des phases d’aliénation, par exemple lorsqu’un trick réussi suit de multiples tentatives infructueuses. Inversement, l’intensité des moments de résonance peut nourrir la quête permanente de sensations, au risque de retomber dans l’aliénation. Cette dialectique structure la pratique du skateboard, redéfinissant les relations au corps, à la planche, à l’environnement social et urbain.

Ces processus échappent en partie à notre contrôle, car, comme l’explique Rosa, l’expérience de résonance se caractérise aussi par une certaine indisponibilité, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être produite ou maîtrisée à volonté. Néanmoins, la pratique régulière favorise l’appropriation progressive de la planche comme prolongement du corps.

Le skatepark apparaît également comme une « oasis de résonance » potentielle, par ses dimensions sociales parfois associées à l’écoute de la musique, permettant de s’évader d’une société caractérisée par l’accélération, autre concept développé par Hartmut Rosa.

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Les résultats de notre étude invitent à la prise en compte de l’expérience des pratiquants par les intervenants dans le cadre d’une pédagogie de la résonance. Ils peuvent également susciter des réflexions dans les associations sportives et les politiques publiques, afin de favoriser des environnements propices à l’épanouissement des skateurs.

Enfin, ils invitent à élargir les recherches sur l’expérience de résonance à d’autres sports de glisse (surf, planche à voile, snowboard, etc.), et plus globalement à l’ensemble des pratiques sportives contemporaines, en intégrant éventuellement l’écoute de la musique comme amplificateur d’évasion.

The Conversation

Jérôme Visioli ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment la philosophie d’Hartmut Rosa « résonne » avec les sports de glisse – https://theconversation.com/comment-la-philosophie-dhartmut-rosa-resonne-avec-les-sports-de-glisse-263674

Tests psychologiques : à quels outils se fier sur un marché pléthorique ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Katia Terriot, Maîtresse de conférences en psychologie, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Du milieu scolaire aux process de recrutement, en passant par les choix d’orientation, les tests psychologiques sont de plus en plus mobilisés, dans des situations décisives pour l’avenir des personnes concernées. Mais sont-ils toujours fiables ? Et à quelles sont les conditions d’une utilisation pertinente ?


À leur création au XIXe siècle, les tests psychologiques ont été utilisés principalement pour étudier le fonctionnement de l’intelligence. Avec la création de programmes centrés sur l’évaluation des personnalités à partir des années 1960, ils ont été largement diffusés dans les entreprises pour accompagner la gestion des ressources humaines et le recrutement.

Depuis les années 2000, ils sont de plus en plus mobilisés dans le champ de l’orientation également. Du test d’aptitudes pour un futur pilote de l’air au questionnaire de personnalité destiné à un manager, en passant par l’évaluation cognitive en milieu scolaire, ces outils interviennent chaque jour dans des situations décisives.

Utilisés à bon escient, ils peuvent éclairer et objectiver un choix ; mal choisis ou mal interprétés, ils risquent au contraire de l’orienter dans une mauvaise direction.

Une offre pléthorique

La diversité des tests psychologiques est impressionnante : tests d’aptitude pour surveillant pénitentiaire, questionnaire de personnalité pour managers, échelles de motivation pour élèves en difficulté… et, à l’autre extrémité du spectre, les quiz en ligne ou dans les magazines, parfois présentés comme « scientifiques » mais sans aucune base rigoureuse.

Certains tests psychologiques sont utilisés dans le monde entier, parfois à des milliers d’exemplaires chaque année. Leur popularité, le fait qu’ils aient été créés par une personnalité reconnue ou adoptés par de grandes entreprises ne garantit pourtant en rien leur qualité scientifique. Derrière une apparente simplicité et un succès commercial peuvent se cacher de fortes disparités de qualité. Or, un outil mal construit peut mener à des interprétations erronées et à des décisions inadaptées.

À quoi les tests servent-ils ?

Un test psychologique n’est pas qu’un simple questionnaire. C’est un instrument standardisé (c’est-à-dire prévu pour être utilisé dans des conditions contrôlées, toujours les mêmes), destiné à mesurer une dimension précise, comme le raisonnement, la mémoire, l’attention, la personnalité ou les intérêts professionnels. Par exemple, certaines épreuves de raisonnement sont utilisées depuis plus d’un siècle et ont été améliorées avec le temps. Elles permettent de manière fiable de prédire la capacité d’une personne à s’adapter à des situations nouvelles et complexes.

Utilisés de manière appropriée (c’est-à-dire adaptés à la situation et à la personne évaluée, utilisés par une personne compétente, respectant les règles de standardisation), ces outils ont une réelle valeur ajoutée. Ils permettent d’objectiver des observations (par exemple, pour confirmer ou pour infirmer un trouble d’apprentissage) ou d’aider à la prise de décisions d’orientation scolaire ou professionnelle, en éclairant les motivations, les intérêts ou les compétences des personnes, ou encore de suivre l’évolution d’une compétence ou d’une souffrance psychologique au fil du temps.

Si les tests peuvent jouer un rôle clé dans de nombreux contextes, encore faut-il qu’ils soient conçus avec rigueur. Dans l’idéal, la conception d’un test psychologique s’appuie sur plusieurs années de travail collectif entre chercheurs et praticiens, avec des phases d’expérimentation et une validation par les pairs. En pratique, beaucoup d’outils diffusés dans le monde du travail ou sur Internet échappent à ce cadre scientifique rigoureux, ce qui explique la grande diversité de qualité que l’on trouve sur le marché.

La démarche d’élaboration d’un test psychologique

Construire un test de qualité demande bien plus qu’une idée lumineuse. Le processus commence par un modèle théorique solide. Les tests d’intelligence actuels, par exemple, reposent souvent sur le modèle CHC (Cattell-Horn-Carroll), qui distingue différentes composantes cognitives. À partir de cette base, on élabore des items (par exemple, une question ou un problème à résoudre), que l’on soumet à un large échantillon de participants.

Les données ainsi recueillies font l’objet d’analyses statistiques sophistiquées : on vérifie que le test mesure bien ce qu’il prétend mesurer (validité), que les résultats sont stables et reproductibles (fidélité), et que chaque item contribue réellement à l’évaluation. Cette phase est suivie de l’étalonnage. Les résultats d’un échantillon représentatif de la population à laquelle s’adresse le test sont recueillis.




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À chaque utilisation, les résultats d’une personne pourront ainsi être comparés à une « norme » de référence. Enfin, toutes ces étapes doivent être documentées dans un manuel détaillé, où sont présentées les preuves scientifiques, les conditions d’utilisation et les limites de l’outil.

Reconnaître un test de qualité

Ainsi, la qualité d’un test se juge d’abord sur la solidité de sa documentation. Un manuel expose clairement ses fondements théoriques, sa méthode de construction, les résultats des analyses statistiques et les conditions précises de passation.

Les normes doivent avoir été établies sur un échantillon représentatif, reflétant la diversité de la population à laquelle le test est destiné. L’absence de ces éléments doit alerter. Un test dépourvu de manuel, dont les promesses se limitent à des slogans vagues comme « Révélez votre potentiel caché » ou qui se contente de vanter sa popularité sans présenter de données scientifiques fiables, doit être abordé avec prudence.

À titre d’exemple, un argument marketing mettrait en avant que « ce test est plébiscité par des milliers d’utilisateurs et recommandé par les plus grands coachs » alors que l’argument scientifique pourrait indiquer que « ce test a été validé sur 1 500 personnes représentatives de la population française ».

Cependant, même lorsqu’un test est élaboré de façon rigoureuse sur le plan scientifique, il reste nécessaire de garder un regard critique sur ses atouts et sur ses limites. Les données psychométriques doivent être examinées avec attention pour faire un choix éclairé. Car un test fiable mais mal choisi peut avoir des conséquences importantes sur la pratique professionnelle.

Par exemple, utiliser avec un enfant un outil dont l’étalonnage a été conçu à partir d’une population d’adolescents peut conduire à sous-estimer les capacités de l’enfant, avec un risque de l’orienter vers un dispositif de soutien inapproprié.

Une utilisation éthique et rigoureuse

Mais avoir un regard critique sur la qualité d’un test ne suffit toujours pas. Encore faut-il que son utilisation respecte des règles strictes. Même l’outil le plus solide sur le plan scientifique peut produire des conclusions erronées s’il est administré dans de mauvaises conditions ou interprété sans tenir compte du contexte. C’est là qu’interviennent les principes d’une utilisation éthique et rigoureuse.

Respecter les conditions standardisées de passation (temps, consignes, cotation, environnement) est indispensable. La confidentialité des résultats doit être assurée, et leur interprétation doit tenir compte du contexte, des observations qualitatives et d’autres sources d’information. Il est, en effet, indispensable, de rappeler qu’un test psychologique, même élaboré scientifiquement, n’est pas omniscient. Il ne peut à lui seul saisir toute la complexité d’une personne ni prédire son avenir.

Un résultat chiffré ne prend sens que replacé dans un ensemble plus large d’informations : observations cliniques, entretiens, éléments contextuels. Se fier uniquement à un score, c’est comme évaluer toute la personnalité de quelqu’un en ne lui posant qu’une seule question, par exemple : « Préférez-vous passer vos vacances à la plage ou à la montagne ? »

En France, l’usage de certains tests est réservé aux psychologues, parce que leur interprétation exige des compétences techniques et cliniques spécifiques. D’autres outils peuvent être utilisés par des non-psychologues, à condition de suivre une formation spécifique, généralement proposée par l’éditeur du test. Mais même dans ce cas, un usage hors cadre légal ou déontologique expose à des décisions inadaptées, potentiellement néfastes pour l’individu, ou discriminatoires.

Dans un marché pléthorique, savoir faire la différence entre des tests valides scientifiquement et d’autres plus douteux est devenu une compétence en soi. C’est l’objectif du MOOC Tout comprendre sur les tests en psychologie : usages, limites et bonnes pratiques) diffusé sur FUN MOOC. Il propose aux professionnels et au grand public de comprendre les principes de construction des tests, d’identifier les critères de qualité et de distinguer preuves scientifiques et arguments commerciaux.


Le MOOC Tout comprendre sur les tests en psychologie : usages, limites et bonnes pratiques, a été conçu par Jean-Luc Bernaud, Pascal Bessonneau, Richard Gucek, Lin Lhotellier, Even Loarer, Katia Terriot et Aline Vansoeterstede, membres de l’Institut national d’étude du travail et d’orientation professionnelle (Inétop) du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Tests psychologiques : à quels outils se fier sur un marché pléthorique ? – https://theconversation.com/tests-psychologiques-a-quels-outils-se-fier-sur-un-marche-plethorique-264056

Why Jimmy Kimmel’s First Amendment rights weren’t violated – but ABC’s would be protected if it stood up to the FCC and Trump

Source: The Conversation – USA – By Wayne Unger, Associate Professor of Law, Quinnipiac University

A crowd protests in Hollywood, Calif., on Sept. 18, 2025, after the suspension of the ‘Jimmy Kimmel Live!’ taping earlier in the day. David Pashaee / Middle East Images via AFP, Getty Images

The assassination of conservative activist Charlie Kirk has sparked a wave of political commentary.

There were the respectful and sincere comments condemning the killing. Former President Barack Obama said, “What happened was a tragedy and … I mourn for him and his family.” And former Vice President Mike Pence said, “I’m heartsick about what happened to him.”

But Kirk’s killing also elicited what many saw as inappropriate comments. MSNBC terminated commentator Matthew Dowd after he said, “Hateful thoughts lead to hateful words, which then lead to hateful actions.” American Airlines grounded pilots accused of celebrating Kirk’s death.

Perhaps the most notable reaction to remarks seen as controversial about the Kirk killing hit ABC comedian Jimmy Kimmel. His network suspended him indefinitely after comments that he made about the alleged shooter in Kirk’s death.

Countless defenders of Kimmel quickly responded to his indefinite suspension as an attack on the First Amendment. MSNBC host Chris Hayes posted the following on X: “This is the most straightforward attack on free speech from state actors I’ve ever seen in my life and it’s not even close.”

But is it?

FCC Chairman Brendan Carr’s statement about how Jimmy Kimmel’s remarks could hurt ABC affiliate stations.

Free speech? It depends

The First Amendment limits government officials from infringing one’s right to free speech and expression.

For example, the government cannot force someone to recite the Pledge of Allegiance or salute the American flag, because the First Amendment, as one Supreme Court justice wrote, “includes both the right to speak freely and the right to refrain from speaking at all.”

And government cannot limit speech that it finds disagreeable while permitting other speech that it favors.

However, the First Amendment does not apply to private employers. With the exception of the 13th Amendment, which generally prohibits slavery, the Constitution applies only to government and those acting on its behalf.

So, as a general rule, employers are free to discipline employees for their speech – even the employees’ speech outside of the workplace. In this way, U.S. Sen. Lindsey Graham correctly said on X, “Free speech doesn’t prevent you from being fired if you’re stupid and have poor judgment.”

This is why Amy Cooper’s employer, an investment firm, was free to terminate her following her 2020 verbal dispute in New York’s Central Park with a bird-watcher over her unleashed dog. She called the police, falsely claiming that the bird-watcher, a Black man, was threatening her life. The incident, captured on video, went viral and Cooper was fired, with her employer saying, “We do not condone racism of any kind.”

This is also why ABC was able to fire Roseanne Barr from the revival of her show, “Roseanne,” after she posted a tweet about Valerie Jarrett, a Black woman who had been a top aide to President Obama, that many viewed as racist.

But as a scholar of constitutional law, I believe Kimmel’s situation is not as straightforward.

A small monument made out of marble has the First Amendment to the US Constitution printed on it.
A marble plaque inscribed with the First Amendment sits on Independence Mall in Philadelphia, Pa.
Raymond Boyd/Getty Images

Threat complicates things

Neither Cooper’s employer nor Barr’s employer faced any government pressure to terminate them.

Kimmel’s indefinite suspension followed a vague threat from the chairman of the Federal Communications Commission, Brendan Carr. As complaints about Kimmel’s statement exploded in conservative media, Carr suggested in a podcast interview that Kimmel’s statements could lead to the FCC revoking ABC affiliate stations’ licenses.

“We can do this the easy way or the hard way,” Carr said.

But the Supreme Court has been crystal clear. Government officials cannot attempt to coerce private parties in order to punish or suppress views that the government disfavors.

In a 2024 case, National Rifle Association v. Vullo, a unanimous Supreme Court plainly said that the government’s threat of invoking legal sanctions and other coercion to suppress speech it doesn’t like violates the First Amendment. That principle is so profound and fundamental that it got support from every member of an often bitterly divided court.

A threat to revoke broadcast licenses would almost certainly be seen in a court of law as a government action tantamount to coercion. And Carr’s public comments undoubtedly connect that threat to Kimmel’s disfavored comments.

If the FCC had indeed moved to strip ABC affiliates of their licenses to broadcast because of what Kimmel said, ABC and its parent company, Disney, could have sued the FCC to block the license revocations on First Amendment grounds, citing the NRA v. Vullo case.

But the network seemingly caved to the coercive threat instead of fighting for Kimmel. This is why so many are decrying the Kimmel suspension as an attack on free speech and the First Amendment – even though they might not fully understand the law they’re citing.

The Conversation

Wayne Unger does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why Jimmy Kimmel’s First Amendment rights weren’t violated – but ABC’s would be protected if it stood up to the FCC and Trump – https://theconversation.com/why-jimmy-kimmels-first-amendment-rights-werent-violated-but-abcs-would-be-protected-if-it-stood-up-to-the-fcc-and-trump-265703

Dos nuevos cometas ya son protagonistas del cielo vespertino

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Josep M. Trigo Rodríguez, Investigador Principal del Grupo de Meteoritos, Cuerpos Menores y Ciencias Planetarias, Instituto de Ciencias del Espacio (ICE – CSIC)

El cometa 2025 A6 Lemmon, captado el 14 de septiembre de 2025 desde Alalpardo (Madrid). Alfonso José Merino

Los aficionados a la astronomía tendrán las próximas semanas la oportunidad de disfrutar de dos cometas de largo periodo descubiertos este mismo año: C/2025 A6 (Lemmon) y el recientemente catalogado C/2025 R2 (SWAN). Ambos objetos poseen órbitas muy excéntricas que los llevan a regiones externas de nuestro sistema planetario, con periodos orbitales de más de mil años.

Para verlos –o aún mejor, fotografiarlos– podremos guiarnos empleando unas cartas estelares. En otras palabras, necesitamos un cielo oscuro y saber dónde buscarlos. A continuación doy algunas directrices para conseguir observarlos.

El aumento de brillo del cometa Lemmon

Este cometa descubierto a principios de enero por el astrónomo estadounidense Carson Fuls en el marco del programa de seguimiento de cuerpos menores del Observatorio Mount Lemmon posee una órbita muy excéntrica. Los cálculos orbitales de Syuichi Nakano, del Central Bureau for Astronomical Telegrams, indican que, en el extremo más lejano de su órbita (llamado “afelio”), el cometa estaba a 36 000 millones de kilómetros del Sol. Eso corresponde a un período orbital de unos 1 350 años, por lo que debió ser visible en el siglo VII de nuestra era.

En cualquier caso, este pequeño cometa tuvo el pasado 16 de abril un encuentro relativamente próximo a Júpiter (a unos 349 millones de km). Como consecuencia del mismo, sufrió un tirón gravitacional del planeta gigante que ha reducido parte de su energía orbital, viendo acortado su período en unos doscientos años. Un excelente ejemplo de que aún los cometas con órbitas de alta inclinación pueden ser significativamente afectados por los encuentros con los planetas gigantes.

El C/2025 A6 Lemmon pasará a 101 millones de km de la Tierra el 21 de octubre. Posteriormente alcanzará el punto más cercano al Sol de su órbita (conocido como perihelio) el 8 de noviembre, encontrándose a 79 millones de km del astro rey. Se espera que sobreviva a esa fase de mayor calentamiento por la radiación solar y retorne al espacio profundo, como parece haber hecho en anteriores ocasiones.

En las últimas semanas, este cometa ha seguido incrementando a buen ritmo su brillo, tal y como revelan los datos enviados a la Base de Datos de Observaciones de Cometas (COBS), que recopila las observaciones de estos objetos. Si mantiene las expectativas, su brillante coma, la envoltura de gas y polvo que se entiende desde el núcleo, llegará a ser visible a simple vista con relativa facilidad desde zonas rurales a finales de octubre.

Se espera que llegue a magnitud +3 la última semana, es decir, similar a las estrellas más débiles que forman la conocida Osa Mayor. Incluso podría ser algo más brillante, conforme evolucione y se acerque a la Tierra.

En la coma ya desarrollada del cometa 2025 A6 Lemmon ya puede apreciarse el comienzo de la cola. Captado el 14 de septiembre de 2025 desde Alalpardo, Madrid.
Alfonso J. Merino

El cometa irá incrementando su brillo progresivamente, mientras recorre el firmamento cruzando las constelaciones de Leo Menor, la Osa Mayor, los Perros de Caza y Boyero. En la actualidad, C/2025 A6 Lemmon se encuentra prácticamente en el límite de observación a simple vista, pero va ganando brillo cada noche. Recomiendo las cartas celestes de Gideon van Buitenen para localizarlo puntualmente.

Precisamente la semana que se muestre más brillante y asequible estará ya en la constelación de Boyero, relativamente cerca de la luminosa estrella Arturo. En todo caso, su observación dependerá de buscar un lugar sin contaminación lumínica con el horizonte oeste despejado, dado que se hallará a finales de octubre a baja altura sobre el horizonte, tras la puesta del Sol.

El súbito descubrimiento del cometa SWAN

Hace poco más de una semana, otro cometa fue descubierto saliendo de su conjunción con el Sol, tal como llamamos a la mayor proximidad angular al astro rey. Lo halló el instrumento Solar Wind Anisotropies (SWAN) de la sonda SOHO, capaz de monitorizar el campo angular cercano a nuestra estrella.

El cometa C/2025 R2 SWAN fue captado el pasado 16 de septiembre de 2025, con su cola iónica deslabazada, desde Farm Tivoli, Namibia.
Gerald Rhemann y Michael Jäger

El nuevo cometa estará bien situado las próximas semanas para observarlo con prismáticos o pequeños telescopios. Deberemos buscar un entorno rural, con el oeste libre de contaminación lumínica, puesto que no es visible a simple vista. Con telescopios se aprecia su coma y una parte de su larga y fina cola iónica.

Haciendo uso de las citadas cartas celestes de van Buitenen podremos localizarlo entre las estrellas. Si no disponemos de un telescopio computerizado, procuremos tener una estrella brillante cercana de referencia inicial para poder “saltar” en el campo de nuestro telescopio hasta llegar a la posición esperada del cometa. Empleemos un ocular que proporcione bajos aumentos y mayor campo angular para distinguir bien el difuso cometa entre las estrellas de fondo.

Localización del cometa C/2025 R2 SWAN entre el 16 de septiembre y el 2 de octubre.
Eddie Irizarry/ Stellarium.

Ahora sólo cabe esperar que estos cometas se comporten como deben y nos maravillen incluso más de lo esperable. Al fin y al cabo, como dijo el célebre descubridor de cometas David H. Levy en su libro Comets: Creators and Destroyers (Cometas: Creadores y Destructores): “Los cometas son como los gatos: tienen colas y hacen exactamente lo que quieren”

The Conversation

Josep M. Trigo Rodríguez recibe fondos del proyecto del Plan Nacional de Astronomía y Astrofísica PID2021-128062NB-I00 financiado por el MICINN y la Agencia Estatal de Investigación.

ref. Dos nuevos cometas ya son protagonistas del cielo vespertino – https://theconversation.com/dos-nuevos-cometas-ya-son-protagonistas-del-cielo-vespertino-265528

Hepatitis B shot for newborns has nearly eliminated childhood infections with this virus in the US

Source: The Conversation – USA (3) – By David Higgins, Assistant Professor of Pediatrics, University of Colorado Anschutz Medical Campus

About 80% of parents currently choose to follow CDC guidelines to vaccinate their babies for hepatitis B at birth. timnewman/iStock via Getty Images Plus
Graphic saying '95% Drop in U.S. childhood hepatitis B infections since 1991, when routine infant vaccination began'

The Conversation, CC BY-ND

Before the United States began vaccinating all infants at birth with the hepatitis B vaccine in 1991, around 18,000 children every year contracted the virus before their 10th birthday – about half of them at birth. About 90% of that subset developed a chronic infection.

In the U.S., 1 in 4 children chronically infected with hepatitis B will die prematurely from cirrhosis or liver cancer.

Today, fewer than 1,000 U.S. children or adolescents contract the virus every year – a 95% drop. Fewer than 20 babies are reported infected at birth.

I am a pediatrician and preventive medicine specialist who studies vaccine delivery and policy. Vaccinating babies for hepatitis B at birth remains one of the clearest, most evidence-based ways to keep American children free of this lifelong, deadly infection.

On Sept. 18, 2025, the Advisory Committee on Immunization Practices, an independent panel of experts that advises the Centers for Disease Control and Prevention, debated changing the recommendation. According to the proposed language of the vote, infants whose mothers test positive for hepatitis B would still receive the vaccine at birth. Infants whose mothers do not test positive for hepatitis B would get the vaccine at 1 month of age, though parents would have the choice for them to receive it earlier. On Sept. 19, however, the committee tabled the vote, delaying it to the next committee meeting, scheduled for Oct. 22-23.

Although such a proposed change sounds small, it is not based on any new evidence. It would undo more than three decades of a prevention strategy that has nearly eliminated early childhood hepatitis B in the U.S.

While the committee regularly reviews vaccine guidance, nothing is business as usual about this meeting. In June 2025, Secretary of Health and Human Services Robert F. Kennedy Jr. disbanded the entire committee and handpicked new members. The committee has long-standing procedures to evaluate the evidence supporting the risks and benefits of a given vaccine, as well as other parameters of its use. But in this case, these procedures are not being followed.

Why the CDC adopted universal hepatitis B shots

Hepatitis B is a virus that infects liver cells, causing inflammation and damage. In adults, it is spread through blood and bodily fluids, which can happen through unprotected sex, contaminated needles or contact with open cuts or sores of someone who is carrying it.

The hepatitis B vaccine has been available since the early 1980s. Before 1991, public health guidance recommended giving newborns and young children the hepatitis B vaccine only if they were at high risk of being infected – for example, if they were born to a mother infected with hepatitis B or living in a household with someone known to have hepatitis B.

That targeted plan failed. Tens of thousands of children were still infected each year.

Newborn lying on exam table touching doctor's stethoscope
Children are most likely to get infected by hepatitis B at birth, when contact with their mother’s blood can transmit the virus.
Ekkasit Jokthong/iStock via Getty Images Plus

Some newborns were exposed when their mothers weren’t properly screened or if their mothers got infected late in pregnancy. Children also became infected through household contacts or in child care settings by exposures as ordinary as shared toothbrushes or a bite that breaks the skin. Because hepatitis B can survive for a week on household surfaces, and many carriers are unaware they are infected, even babies and toddlers of uninfected mothers remained at risk.

Recognizing these gaps, in 1991 the CDC recommended hepatitis B vaccination for every child starting at birth, regardless of maternal risk.

Vaccinating at birth

The greatest danger for infants contracting hepatitis B is at birth, when contact with a mother’s blood can transmit the virus. Without preventive treatment or vaccination, 70% to 90% of infants born to infected mothers will become infected themselves, and 90% of those infections will become chronic. The infection in these children silently damages their liver, potentially leading to liver cancer and death.

About 80% of parents choose to follow the CDC’s guidance and vaccinate their babies at birth. If the CDC’s recommendations change to delaying the first dose to 1 month old, it would leave babies unprotected during this most vulnerable window, when infection is most likely to lead to chronic infection and silently damage the liver.

The hepatitis B vaccines used in the U.S. have an outstanding safety record. The only confirmed risk is an allergic reaction called anaphylaxis that occurs in roughly 1 in 600,000 doses, and no child has died from such a reaction. Extensive studies show no link to other serious conditions.

The current recommendations are designed to protect every child, including those who slip through gaps in maternal screening or encounter the virus in everyday life. A reversion to the ineffective risk-based approach threatens to erode this critical safety net.

The Conversation

David Higgins is a member of the American Academy of Pediatrics and volunteer board member for Immunize Colorado.

ref. Hepatitis B shot for newborns has nearly eliminated childhood infections with this virus in the US – https://theconversation.com/hepatitis-b-shot-for-newborns-has-nearly-eliminated-childhood-infections-with-this-virus-in-the-us-265560

Retraites par répartition ou capitalisation : quels sont les risques ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Anne Lavigne, Professeure de Sciences économiques, Université d’Orléans

Même si les débats sur la retraite ont été mis sur pause, ils reviendront sur le devant de la scène. Souvent, la retraite par répartition est présentée comme plus sûre que la retraite par capitalisation soumise aux aléas des marchés financiers. Qu’en est-il vraiment ? Existe-t-il vraiment un système plus sûr que l’autre ? ou chaque système a-t-il des risques propres ?


La retraite par capitalisation est un des serpents de mer des réformes des retraites. Dans ce domaine inflammable et hautement passionnel, les tenants et les opposants d’un système ou de l’autre avancent les avantages de leur système de prédilection et les dangers posés par la solution rivale.

Lors des dernières discussions, que le premier ministre d’alors avait nommées « conclave », la question d’une dose de capitalisation a été évoquée. Cette proposition a été rapidement remise sous la table, en même temps que le conclave entre les partenaires sociaux s’achevait sur un constat d’échec. Les pistes suggérées par son successeur Sébastien Lecornu sur la question des retraites n’incluent pas l’introduction d’une dose de capitalisation, tant la mesure compte de farouches opposants. Après avoir étudié la rentabilité des deux systèmes, nous proposons d’étudier les risques inhérents à la répartition et à la capitalisation.




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Retraites par capitalisation ou par répartition : quel système est le plus rentable ?


Le rapport entre cotisants et cotisés

Toutes choses égales par ailleurs (notamment si la productivité du travail est inchangée), l’augmentation du nombre de retraités par rapport au nombre de cotisants dégrade la situation financière d’un système en répartition. Cette augmentation peut avoir plusieurs origines :

  • l’allongement de l’espérance de vie qui est un choc démographique durable qui accroît le nombre de retraités (on parle de vieillissement « par le haut » de la population) ;

  • symétriquement, la baisse du taux de fécondité réduit le nombre des cotisants après quelques décennies (on parle de « vieillissement par le bas » de la population).

Gare au baby-boom !

D’autres chocs sont transitoires, par exemple le baby-boom d’après-guerre qui a entraîné une très forte augmentation des naissances pendant un temps limité, entre 1945 et 1970.

Les chocs durables peuvent être absorbés par des « modifications paramétriques » du système (modification du taux de cotisation, du taux de remplacement ou de l’âge de départ à la retraite) alors que les chocs transitoires, comme un baby-boom, peuvent être absorbés par une accumulation de réserves dans le système par répartition lorsque les boomers sont actifs, réserves qui seront utilisées lorsque les boomers arrivent à la retraite.

Dangereuse inflation

Du côté des risques économiques, le ralentissement des progrès de productivité du travail (et, a fortiori, la baisse de cette productivité) réduit le rendement de la répartition : un choc de productivité a un impact analogue à un choc démographique. L’inflation est un autre risque si les paramètres du système ne s’ajustent que partiellement, ou avec retard, sur l’évolution des prix. L’indexation concerne les pensions versées aux retraités, sujet qui fait actuellement débat en France.

Mais il concerne également l’indexation des salaires portés au compte des cotisants, ce qui est moins connu. Au régime général en effet, la pension est calculée sur la base du salaire moyen perçu au cours des 25 meilleures années de carrière. Or un salaire de 1 800 euros perçu en 2000 n’est pas équivalent à un salaire de 1 800 euros perçu en 2025, car l’inflation depuis 2000 a érodé le pouvoir d’achat des 1 800 euros gagnés en 2000. Il faut donc indexer les salaires perçus chaque année, et le choix a été fait d’une indexation sur les prix, pour rendre comparables, en termes de pouvoir d’achat, les différents salaires de carrière.

Sous-indexation rendue nécessaire

Si le gouvernement suit le dernier avis du Comité de suivi des retraites préconisant une sous-indexation partielle et temporaire des pensions des retraités à l’horizon de 2030, il exposera les retraités au risque d’inflation.

Enfin, parce que la répartition instaure une solidarité entre les générations sur la base d’une réciprocité indirecte entre des générations passées, présentes et futures, elle est exposée à un risque politique. Le principe sous-jacent à la répartition est le suivant pour un individu : « J’accepte de cotiser pour les générations qui m’ont précédé (les retraités actuels) parce que je sais, ou j’anticipe, que les générations futures feront de même pour moi. »

La confiance en la répartition est étroitement liée à la confiance que l’on accorde à l’État. Celle-ci repose, en dernier lieu, sur la capacité de ce dernier à mutualiser des risques de toutes natures : démographiques (taille et durée de vie des générations…), économiques (emploi, salaires, taux d’intérêt…) et politiques (guerres…).

Capitalisation : qui assume le risque à la fin des fins ?

La capitalisation est exposée aux fluctuations des marchés financiers, et notamment aux risques de baisse brutale des cours des actions. On pourrait objecter que les krachs boursiers sont des événements rares. Mais, encore une fois, pour un individu donné, si ce risque rare se réalise, c’est sa survie à la retraite qui est en jeu s’il finance sa couverture vieillesse par de l’épargne retraite placée en actions.

Pour autant, même l’existence de risques financiers (c’est-à-dire le risque de perdre une partie des sommes qu’on place en épargne retraite) ne suffit pas à disqualifier la capitalisation. En effet, des techniques financières existent pour se couvrir contre ces risques financiers. C’est notamment le cas des fonds de pension à prestations définies qui s’engagent à verser des prestations de retraite d’un montant prédéterminé, par exemple un pourcentage du dernier salaire d’activité, ou de la moyenne des salaires perçus pendant la vie active, quel que soit le rendement financier des sommes placées en bourse.

Bien évidemment, pour pouvoir garantir un taux de remplacement quelles que soient les fluctuations en bourse, il faut que quelqu’un assume le risque financier, c’est-à-dire recapitalise le fonds de pension en cas de pertes sur les marchés. Et ce quelqu’un, c’est l’employeur qui a créé le fonds de pension pour ses salariés.

Les facteurs démographiques

On lit parfois que la capitalisation, à la différence de la répartition, est protégée contre les risques démographiques. C’est inexact, sauf dans un cas très particulier où les machines seraient parfaitement substituables aux humains.

Imaginons, par exemple, une réduction durable de la fécondité, qui entraînerait moins de naissances, puis une vingtaine d’années plus tard, moins d’actifs. Dans ce cas, comme les travailleurs deviennent plus rares, les salaires augmentent. Et comme le stock de capital devient relativement plus abondant par rapport au nombre de travailleurs employés, son rendement baisse et la capitalisation devient moins rentable.

Idem pour l’augmentation de l’espérance de vie : qu’on soit en répartition ou en capitalisation, un allongement de l’espérance de vie implique qu’on prélève plus sur la richesse produite chaque année pour financer la retraite des retraités (sous la forme de cotisation ou d’épargne supplémentaire) pour un niveau de vie des retraités inchangé, ou qu’on réduise les retraites à effort de financement inchangé.

Capitalisation et épargne nette

Parmi les arguments avancés pour promouvoir l’essor des fonds de pension en France figurent la mobilisation nécessaire d’une épargne longue, d’une part, et la reconquête souhaitée du capital des entreprises françaises par des investisseurs institutionnels nationaux, d’autre part. S’il est vrai que, dans un système fonctionnant en répartition pure, les cotisations ne constituent pas une épargne, car elles sont redistribuées sous forme de pensions aux retraités contemporains, la capitalisation collective n’induit pas une épargne nette structurelle.

France Culture, 2025.

En effet, les cotisants d’un régime fonctionnant en capitalisation pure achètent des titres financiers, mais les retraités vendent les titres accumulés pendant leur vie active. La capitalisation n’engendre une épargne nette positive que si l’épargne des actifs est supérieure à la désépargne des retraités. L’épargne nette susceptible d’être dégagée par un développement des fonds de pension dépend du poids relatif des cotisants par rapport aux retraités, ainsi que des supports d’épargne alternatifs.

Du patriotisme économique

Reste l’argument du patriotisme économique. Alors que les investisseurs étrangers ne contrôlent qu’environ 17 % du capital des entreprises américaines en 2023, les non-résidents détiennent 40,3 % de la capitalisation boursière des sociétés françaises du CAC 40 fin 2022. Pour les tentants du système par capitalisation, celui-ci est un moyen de drainer l’épargne des ménages vers les entreprises françaises.

Mais rien n’est moins sûr. Au bout du compte, l’instauration de fonds de pension ne suffira pas à inciter les Français à investir dans des actions d’entreprises françaises : tout dépend du choix de l’allocation stratégique des affiliés représentés dans les conseils d’administration des fonds, entre actions et obligations, françaises ou étrangères, et donc, in fine, de leur attitude vis-à-vis du risque.

The Conversation

Anne Lavigne est membre du Conseil d’administration de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique, en qualité de personnalité qualifiée. Cette fonction est assurée à titre bénévole.

ref. Retraites par répartition ou capitalisation : quels sont les risques ? – https://theconversation.com/retraites-par-repartition-ou-capitalisation-quels-sont-les-risques-263455

The president as partisan warrior: Trump’s rejection of traditional presidential statesmanship

Source: The Conversation – USA – By Julia R. Azari, Assistant Professor of Political Science, Marquette University

After taking control of the board earlier in the year, President Donald Trump announced on Aug. 13, 2025, the nominees of the annual Kennedy Center Honors. Kevin Dietsch/Getty Images

In a classic work on the modern presidency originally published in 1960, political scientist Richard Neustadt wrote that the American public “expects the man in the White House to do something about everything.”

These expectations, Neustadt argued, far exceeded the president’s ability to actually control outcomes.

More recently, political journalist John Dickerson, author of “The Hardest Job in the World,” noted that presidents typically have people demanding that they pay attention to about 250 problems at one time. But, quoting a productivity expert, Dickerson points out that priorities are like arms: “If you have more than two, you’re either crazy or lying.” The implication: Presidents have to shed 248 of those pressing concerns.

I study the American presidency. The research in the field, including my own, suggests that typically the politics of presidential attention is driven by two considerations.

The first comes down to delegation: As Barack Obama was fond of saying, no easy problem gets to the president’s desk. Presidents typically focus on the problems that no one else – not state or local governments, the bureaucracy or Cabinet secretaries – can deal with.

The other consideration is whether the issue is a winning one. Neustadt emphasizes this in his study of presidential power: Presidents enhance their reputations by winning conflicts, not losing them.

There are also plenty of examples of presidents wading into highly conflicted areas and alienating supporters or suffering policy defeats, including George W. Bush’s unsuccessful attempts to tackle the “third rail” of Social Security reform, and Bill Clinton’s failed efforts to enact health care reform.

As a result, presidents are typically expected to be focused on national security, economic management and other key issues that have to be handled at the national level. They are expected to only sparingly wage battles of will with leaders outside government – in the arts, business or education – and with state-level politicians who lie outside the president’s direct control.

Amid the many other ways he’s departed from American political tradition, President Donald Trump has turned these assumptions upside down. That has important implications for how Americans understand the scope and reach of presidential power.

Like most aspects of American politics, the presidency has become more defined by partisan politics over time. Trump has taken this evolution to a new level, rejecting the traditional role of statesman or a spokesperson for the whole nation.

Instead, he has adopted the role of partisan political warrior – and that means he is using the power of his office in areas and in ways previously considered off-limits to the president.

A man in a suit walking on an outside path next to a white building bathed in orange light.
President Barack Obama often said that no easy problem gets to the president’s desk.
Tim Sloan/AFP-Getty Images

Hosting, decorating and critiquing clothing ads

Recently, President Trump reported that he might host the Kennedy Center Honors in December. He also reportedly had a strong hand in choosing the center’s honorees, a task normally undertaken over months and with public input.

He’s also been heavily involved in the redecoration of the White House, waged war on wind turbines and posted online about the controversy over actress Sydney Sweeney’s ad for American Eagle jeans.

His administration has issued detailed demands of numerous universities, wading directly into curriculum, personnel policies and the frequent target of diversity, equity and inclusion programs. While much of this effort has gone through the Department of Education, the president himself has issued executive orders and posted online about specific universities.

A social media post from President Trump about Brown University ending programs the administration doesn't approve of.
A social media post in July 2025 about Brown University from President Donald Trump.
Truth Social/@realDonaldTrump

Traditionally, presidents have been especially hesitant to dive into areas where education intersected with difficult cultural conflicts. One of the most significant examples is the way that presidents reacted, from the 1950s through the 1970s, to Supreme Court orders mandating school desegregation.

To put it bluntly, presidents did not want to face the political dilemmas associated with enforcing the court’s 1954 Brown v. Board of Education decision.

As I note in my book “Backlash Presidents,” presidents are rarely eager to upend the racial status quo, even when they recognize its injustice.

Dwight Eisenhower, who was president when the Supreme Court issued the Brown decision, felt the decision placed new strain on the federal government to get involved in social relations and local issues. The feeling was bipartisan; Eisenhower’s presidential successor, Democrat John F. Kennedy, didn’t want to take a lead role in enforcing desegregation either.

Both, at different times, did eventually use federal force and power to uphold the law. Eisenhower mobilized the National Guard to protect Black students integrating a Little Rock, Arkansas, high school in 1957, and Kennedy in 1963 took similar action to protect Black students integrating schools in Alabama.

But federalism, which divides powers between national and state government, provided presidents with a strategically useful barrier to any further presidential action, allowing the two presidents to say that they were treading carefully because education was up to the states.

Obviously, this was a different time and context – the Department of Education didn’t exist yet, so there was not a clearly defined federal role in public education. But it represents an example of how presidents have typically looked to use structures such as federalism to leave tough issues to others and avoid political fallout.

It’s personal with Trump

Focusing attention on foreign policy and national security is less likely to stoke opposition. Those are areas where presidents have more latitude and can expand their power even more.

Presidents have traditionally not engaged in direct conflict with individual governors, industry leaders or university presidents if they can help it. They’ve engaged in policy battles, but generally not personal ones.

Trump’s approach has been very different.

With Department of Justice investigations and public criticism, his administration has targeted specific law firms and individuals whom Trump dislikes. The president has issued executive orders about the “forced use” of paper straws.

Is Trump’s attention on the personal a problem for the nation?

Presidents have been challenged for being too focused on minor issues and details, including Jimmy Carter, whose attention to things such as the schedule of the White House tennis courts drew scorn from critics.

Some presidents have been criticized as too quick to delegate to others, as was Ronald Reagan, who was seen as inattentive to important details. George W. Bush likewise was knocked for delegating too much, especially in crucial areas of foreign policy and intelligence.

Diving deeply into partisan politics

But Trump’s shifting of presidential priorities signals a much deeper political change.

First, some of these actions have also been directly related to cultural conflict – the fights with universities over DEI polices, commenting on the Sydney Sweeney ad.

Trump is hardly the first president to elevate a hot-button cultural issue for political gain – George W. Bush famously promoted a constitutional amendment banning same-sex marriage leading into his 2004 reelection campaign.

But presidents have traditionally seen more costs than benefits associated with campus speech issues or race questions that could be handled elsewhere.

A February 2025 article in The Root, whose motto is “Black News and Black Views with a Whole Lotta Attitude,” points to “five ridiculously petty actions” from the administration. All are related to race or LGBTQ symbols or visuals, such as the removal of references to LGBTQ Americans from government websites and the removal of a Spanish-language version of the White House website.

Another related aspect of the logic behind this shift in presidential attention is that the political constraints that limited past administrations, such as fear of alienating voters or stirring controversy, do not seem to concern this one. It suggests that the president and his team are not worried about the opinions of people who might disagree with their cultural stances.

This change also represents a departure from the more traditional statesmanship version of the presidency. The Trump administration and the president who heads it have chosen to dive deeply into, rather than rise above, politics.

The Conversation

Julia R. Azari has received (in the past) funding from the Truman Library Institute, the Kluge Center at the Library of Congress and the William and Flora Hewlett Foundation.

ref. The president as partisan warrior: Trump’s rejection of traditional presidential statesmanship – https://theconversation.com/the-president-as-partisan-warrior-trumps-rejection-of-traditional-presidential-statesmanship-262867

Antisemitism on campus is a real problem − but headlines and government-proposed solutions don’t match the experience of most Jewish students

Source: The Conversation – USA – By Graham Wright, Associate Research Scientist, Maurice & Marilyn Cohen Center for Modern Jewish Studies, Brandeis University

While most students and faculty in the U.S. don’t experience widespread antisemitism, it remains a major problem for those who do. Nikita Payusov/Middle East Images/AFP via Getty Images

It’s been nearly two years since Hamas’ Oct. 7, 2023, attack on Israel and the subsequent start of the Israel-Hamas war – and still, antisemitism shows no sign of abating as one of the thorniest issues at American colleges and universities.

University administrators have responded in various ways to Jewish students’ reports of harassment and discrimination during and after pro-Palestinian protests in 2024 and 2025.

Some schools, such as Columbia and the University of Pennsylvania, have banned student organizations associated with the protests, expelled student protesters and instituted anti-bias training programs on antisemitism.

The Trump administration, meanwhile, launched a task force to combat antisemitism at 10 universities, including Harvard and Columbia. It has also withheld federal funding from a range of universities on the grounds of their alleged inaction over antisemitism.

These efforts have often been as controversial as the problem they’re trying to solve.

Critics have accused university administrators of violating academic freedom and penalizing legitimate political protests.

And federal judges have pushed back against – and in some cases blocked – the Trump administration from withholding federal funding to schools, echoing calls from commentators and many American Jews that concerns about antisemitism are merely a pretext for punishing political opponents.

Since the Oct. 7 attack occurred, my team at the Cohen Center for Modern Jewish Studies at Brandeis University has been trying to understand how antisemitism looks and is changing on campuses.

Our findings show antisemitic ideas are not necessarily widespread among university students or faculty in the U.S. But that doesn’t mean antisemitism is not a serious problem, since just a few students or faculty members with extreme views can shape an entire campus’s climate.

Three white men wearing suits sit at a desk in front of a group of people dressed formally and sitting on benches behind them.
Robert Groves, the interim president of Georgetown University, testifies along with other heads of universities during a House Committee on Education and the Workforce hearing in Washington, D.C., on July 15, 2025.
Win McNamee/Getty Images

Studying antisemitism on campus

We first surveyed about 2,000 Jewish college students in December 2023 at about 50 schools with large Jewish populations.

We surveyed those same Jewish students again in the spring of 2024, while also conducting in-depth interviews with students and Jewish campus professionals about their experiences with antisemitism on campus.

During this same time period, we also conducted a survey of over 4,000 mostly non-Jewish students at these same schools.

In the spring of 2025, we conducted a survey of over 2,000 faculty members at 146 research-intensive universities, often called R1.

Here are some of our most important findings.

1. Antisemitism isn’t just about harassment

Our December 2023 survey found that the majority of Jewish students said there was a hostile environment toward Jews on their campus. This hostility was much more prevalent at some schools than others.

Students reported personal experiences of antisemitic harassment – especially on social media. But they also said they feel shunned or excluded from campus life. Jewish students at schools with higher reported levels of hostility were also less likely to say that they fully “belong” on their campus.

In our 2024 interviews, Jewish students reported being told by peers that they could no longer be friends due to their – real or perceived – support for Israel. They also said that their non-Jewish peers were actively avoiding them.

As one Jewish student put it, “No one wants to have a conversation with Jews right now.”

The majority of Jewish students who identify as politically liberal were especially likely to feel alienated and isolated. They were also especially likely to feel estranged from other liberals on campus.

Jewish students we interviewed also reported being shunned by friends who were critical of Israel, regardless of their own views on the actions of the Israeli government.

Multiple other studies have found that non-Jewish students reported they would not want to be friends with anyone who supports Israel’s existence as a Jewish state.

2. Some Israel comments cross the line

Our research also shows that when it comes to debates about what is or is not antisemitic, Jewish students see a clear distinction between criticizing the actions of Israel’s government and denying Israel’s right to exist.

When we spoke to Jewish students in 2023 and 2024, we found the vast majority felt that denying Israel’s right to exist was antisemitic. But there was no similar consensus around other statements, such as accusing Israel of committing genocide.

3. Small groups drive antisemitism on campus

Our research also found that about 34% of non-Jewish undergraduates, and about 10% of non-Jewish faculty held views about Jews or Israel that most Jewish students find antisemitic.

About half the people in these groups expressed hostile views about Israel, such as denying that it has a right to exist and refusing to be friends with anyone who thinks differently.

The other half were less likely to express these extreme views on Israel but tended to agree with explicitly anti-Jewish statements such as “Jews in America have too much power.”

In contrast, two-thirds of non-Jewish students and about 90% of non-Jewish faculty did not hold views that Jewish students tend to see as antisemitic, even if they expressed deep criticism of Israel’s government.

4. Israel debates are relatively rare in class

Despite frequent news headlines about classroom discussions or protests related to the Israeli-Hamas war, 76% of faculty said that in the 2024-25 academic year the issue simply never came up in their class.

Other contentious topics such as climate change or racism in America were much more likely to be taught about or discussed in the classroom.

Two men wearing kippahs stand together in front of a crowd of people who are holding signs.
Two Jewish men are seen in front of a pro-Palestinian student protest at the University of Nevada Reno in May 2024.
Kia Rastar/Middle East Images/AFP via Getty Images

Responding to antisemitism

In our interviews, many Jewish undergraduates said they wanted their campus administrators to do more to address antisemitism. But some said that heavy-handed actions such as banning pro-Palestinian groups sometimes made things worse by further inflaming campus tensions and prompting criticism that Jewish students were receiving special treatment.

Similar concerns have been raised about the federal government’s approach, which, in the name of fighting antisemitism, has been focused on punishing entire schools and researchers in a wide variety of disciplines that have nothing to do with Jews or Israel, by withholding billions in federal funding.

The government has also initiated civil rights investigations and revoked visas for international students at some schools.

This approach, in my opinion, has the potential to alienate potential allies on and off campus, including faculty and students who oppose antisemitism in all its forms but are being harmed all the same by federal actions. Penalizing people in the name of helping Jewish students could also reinforce antisemitic stereotypes about oppressive Jewish power.

I think that healing Jewish students’ feelings of isolation and ostracism requires building, or rebuilding, social connections across ideological and religious lines. If university administrators, or the federal government, really want to help Jewish students, they should focus on bringing students together rather than driving them apart.

The Conversation

Graham Wright works for the Cohen Center for Modern Jewish Studies at Brandeis University

ref. Antisemitism on campus is a real problem − but headlines and government-proposed solutions don’t match the experience of most Jewish students – https://theconversation.com/antisemitism-on-campus-is-a-real-problem-but-headlines-and-government-proposed-solutions-dont-match-the-experience-of-most-jewish-students-265041

La génération des boomers a profondément changé la société… et continue de le faire

Source: The Conversation – in French – By Gérard Bouchard, Professeur émérite, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

Les boomers sont à l’âge de la retraite, où ils profitent pleinement de la société des loisirs. Nés à une période faste, ils ont bénéficié toute leur vie de conditions gagnantes. (unsplash plus), CC BY-NC-ND

La génération des baby-boomers a profondément changé la société, et continue de le faire alors que les plus âgés d’entre eux deviennent octogénaires et les plus jeunes, sexagénaires. Ce phénomène coïncide avec une accélération du vieillissement de la population au Québec, au Canada et dans l’ensemble des sociétés occidentales.

À 81 ans, l’historien et sociologue Gérard Bouchard, professeur émérite à l’UQAC, s’identifie à la génération des boomers, même s’il la devance de quelques années. Comme tous les membres de ceux et celles que le professeur de littérature François Ricard a qualifié de « génération lyrique », il a été un participant enthousiaste de la Révolution tranquille, adoptant les nouvelles valeurs de liberté qui déferlaient sur l’Occident.

Il est aussi l’un de ses intellectuels les plus en vue, auteurs d’une trentaine d’ouvrages, récipiendaires de nombreux prix et distinctions, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la dynamique comparée des imaginaires collectifs, et co-directeur en 2007 de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles. Il y a élaboré son concept d’interculturalisme, une approche québécoise en matière d’intégration des nouveaux arrivants et des groupes minoritaires qui se différencie du multiculturalisme canadien.

Cette semaine, Gérard Bouchard publie un énième ouvrage, qu’il considère comme l’un de ses plus importants, Terre des humbles. « Le livre est sur mon établi depuis 50 ans », dit-il lors de notre rencontre à son bureau de l’UQAC, à Chicoutimi. Il s’agit d’une histoire des premiers habitants du Saguenay, celle des gens ordinaires, « pas juste de ses dirigeants ».




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Son prochain ouvrage portera quant à lui sur les boomers. Il traitera des différentes interprétations de la Révolution tranquille, de l’avant et de l’après Grande noirceur.

Gérard Bouchard travaille sept jours par semaine, « un peu moins le dimanche », et ne comprend pas les gens qui prennent leur retraite à 55 ans, alors qu’ils sont en pleine santé, avec des enfants devenus adultes. « Ils vont passer quarante années de leur vie à s’amuser ? C’est absurde. » Lui n’arrêtera jamais. « Je suis un chercheur, c’est ma passion, je suis incapable de penser que je pourrais arrêter. Je vais travailler jusqu’à la fin. »


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société, qu’ils transforment depuis leur venue au monde. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


La Conversation Canada : Le baby-boom qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale a provoqué des secousses partout en Occident, dont au Québec. La société a dû s’ajuster à leur arrivée massive. Quels étaient les principaux défis au Québec ?

Gérard Bouchard : Sans aucun doute la démocratisation de l’éducation. Les Canadiens français accusaient un important retard. La plupart des enfants quittaient l’école à partir de 12 et 13 ans. Or, les attentes vis-à-vis de l’instruction se sont faites plus importantes dès les années cinquante. Les parents des classes moyennes et pauvres voyaient bien que ceux qui avaient une belle vie, les notables, les avocats, les notaires et les médecins, étaient des gens instruits. L’idée que « qui s’instruit s’enrichit » a été formulée dans les années 60, mais elle était présente bien avant. Il fallait instruire cette génération.

LCC : On a donc construit des écoles secondaires, le réseau des cégeps, celui des universités du Québec…

G.B. : Oui, car il y avait urgence. Et pour cela, il fallait d’abord se défaire de l’autoritarisme considérable de l’Église, sa censure, sa guerre contre les intellos. L’Église s’opposait à l’instruction obligatoire jusqu’à 14 ans. L’arrivée du premier ministre Jean Lesage, en 1960, a changé les choses. Lui-même n’était pas porteur du changement. Il était contre la nationalisation de l’électricité, la laïcisation, la création de la Caisse de dépôt… Il a fallu le convaincre. Ce qu’il a fait de mieux, c’est de s’entourer de gens très brillants et très intègres [NDLR notamment René Lévesque et Jacques Parizeau], qui ont créé un État moderne, avec moins de corruption, d’arbitraire, d’amateurisme dans la manière de gouverner.

Une bourgeoisie francophone a pris son essor, on a créé des entreprises, une classe de technocrates. C’était la Révolution tranquille. Elle s’est déployée dans les années soixante, mais ses idées circulaient depuis quelques décennies, notamment avec l’intellectuel André Laurendeau, le plus important de sa génération.

L’école est devenue obligatoire jusqu’à 16 ans et on a créé le tout nouveau réseau de l’Université du Québec, avec ses dix antennes. Il fallait des professeurs. On a embauché des gens qui n’avaient parfois que de simples maîtrises. On les formait, on payait leurs études et leurs salaires jusqu’au doctorat. On n’avait pas le choix. Il fallait pourvoir les postes pour former les cohortes qui venaient. Mais on s’est arrêté une fois les besoins remplis. Les générations suivantes ont donc frappé un mur…

LCC : Quel a été l’impact de la Révolution tranquille sur cette génération devenue adulte ?

G.B. : Les boomers n’ont pas fait la Révolution tranquille, ils en ont bénéficié et ils ont participé activement et avec beaucoup d’enthousiasme à sa mise en place. J’avais 20 ans en 1963. À 25 ans j’étais un militant, partisan des nouvelles valeurs de liberté, de l’indépendance du Québec. Cette génération a assimilé profondément ces nouvelles valeurs et en a fait les siennes. Les boomers sont donc associés à de grands changements sociaux, à l’émergence d’une société de consommation, où le travail n’était plus l’absolu sanctifié, à un monde de liberté.

LCC : Le party s’est terminé cependant…

G.B. : Oui, dès 1973, l’Occident a connu le premier choc pétrolier, la fin de l’expansion économique, l’inflation. Les États étaient endettés. Les boomers n’en ont pas tant souffert. Ils étaient établis dans leur vie. Par ailleurs, avec la Révolution tranquille, le Québec s’est doté de vastes politiques sociales qui sont restées en vigueur.


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Mais l’idée qu’un bon diplôme équivalait à un bon emploi ne fonctionnait plus. Ce qui a fait que la génération qui a suivi, les X, s’est sentie traitée injustement. La musique s’était arrêtée. Il n’y avait plus de chaises pour eux. Les X ont cherché des coupables et blâmé les boomers de s’être empiffrés, d’avoir été narcissiques. On comprend cette réaction émotive.

Ils ont eu raison d’être fâchés. L’évolution de notre société leur a causé beaucoup de tort.

Mais les boomers n’y étaient pour rien. La crise économique était à l’échelle de l’Occident. Il y a eu rupture dans la mobilité sociale. Cela dit, le Québec a su résister aux effets du néo-libéralisme qui a déferlé à partir des années 80. Il n’a pas coupé dans ses politiques sociales. Le filet s’est même étendu.

LCC : Les premiers boomers auront bientôt 80 ans, et seront suivis par une vaste cohorte. Comment vivent-ils leur vieillesse ?

G.B. : Ils ont de bons fonds de pension universelle. Ils ont des moyens, dépensent, s’amusent, sont heureux… jusqu’à ce qu’ils soient malades. Et lorsque c’est le cas, l’État s’en occupe. À l’image de leur vie, leur couloir est tracé. Ils sont sur la voie de sortie, et c’est une voie convenable, qui est le propre d’une société civilisée.

Évidemment, il y a des inégalités, notamment dans les fonds de pension individuels. Tous ne participent pas au même banquet. Mais la société leur permet de vivre une vie convenable. La manière dont on traite les personnes âgées, c’est quelque chose qu’on fait de bien.

La Conversation Canada

Gérard Bouchard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La génération des boomers a profondément changé la société… et continue de le faire – https://theconversation.com/la-generation-des-boomers-a-profondement-change-la-societe-et-continue-de-le-faire-264009