Canicules et personnes âgées : ce n’est pas l’âge qui tue, ce sont les failles du système

Source: The Conversation – in French – By Stephanie Hatzifilalithis, Scientist, Women’s Age Lab, Women’s College Hospital – Assistant Professor, Dalla Lana School of Public Health, University of Toronto

Il y a cinq ans, la vague de chaleur qui a frappé la Colombie-Britannique est devenue l’une des catastrophes météorologiques les plus meurtrières de l’histoire du Canada.


Fin juin et début juillet 2021, en l’espace de huit jours, 619 personnes sont décédées des suites de la canicule. La plupart étaient des personnes âgées. Beaucoup vivaient seules. Presque toutes sont mortes chez elles. Ce qui s’est passé n’était pas seulement un phénomène météorologique. C’était un échec des politiques en matière de logement, de santé, de préparation aux situations d’urgence et de politique sociale.

Aujourd’hui, la question qui dérange n’est pas de savoir si nous avons tiré les leçons de cette tragédie. C’est de savoir si nous en avons tiré suffisamment.


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


Ce mois-ci, une grande partie de l’Europe est à nouveau sous alerte canicule. L’Italie a émis ses alertes de niveau maximal dans plusieurs villes. La France et le Royaume-Uni ont enregistré des températures supérieures à 44 °C, des écoles ont fermé, les réseaux de transport ont été perturbés et les gouvernements s’efforcent de protéger les habitants vulnérables. Des milliers de décès ont déjà été associés à la vague de chaleur actuelle, touchant principalement les personnes âgées.

Les récentes vagues de chaleur qui ont touché le Canada rappellent que les risques sanitaires liés au réchauffement climatique s’aggravent aussi chez nous. Fin juin et début juillet 2026, des périodes prolongées de chaleur extrême ont donné lieu à des alertes de chaleur généralisées en Ontario, au Québec et dans certaines régions du Canada atlantique, avec des indices humidex dépassant les 40 °C par endroits.

Un enjeu majeur de santé publique

Ces scènes nous sont familières, car le problème sous-jacent est le même. Les vagues de chaleur extrême ne sont plus des événements rares. Elles sont en train de devenir un enjeu majeur de santé publique du XXIe siècle. Pourtant, notre réponse reste largement réactive.

La vague de chaleur a mis en évidence ce que les chercheurs savent depuis longtemps : la chaleur n’affecte pas tout le monde de la même manière. L’âge, le handicap, les revenus, la qualité du logement, l’isolement social, les responsabilités familiales et l’accès à des moyens de rafraîchissement sont autant de facteurs déterminants. Les personnes les plus exposées sont celles qui disposent du moins de ressources pour se protéger.

Les personnes âgées sont souvent considérées comme un groupe vulnérable en cas de canicule, mais la vulnérabilité ne dépend pas uniquement de l’âge. Elle dépend des choix politiques.

Les personnes deviennent vulnérables lorsqu’elles vivent dans des logements mal ventilés, n’ont pas les moyens de s’équiper d’une climatisation, ont une mobilité réduite, sont socialement isolées ou dépendent de systèmes de santé et d’aide sociale fragmentés qui peinent à identifier les personnes à risque avant qu’une crise ne survienne.

Vieillir dans un climat en mutation

La population canadienne est désormais « hyper-vieillissante ». Plus de 20 % des Canadiens ont plus de 65 ans. Parallèlement, le changement climatique augmente à la fois la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur extrême.

Santé Canada prévoit que la mortalité liée à la chaleur continuera d’augmenter au cours des prochaines décennies. En Colombie-Britannique, des modélisations suggèrent que, sans mesures d’adaptation significatives, la chaleur extrême pourrait causer la mort de plus de 1300 personnes par an d’ici 2030.

Au sein du National Collaborative on Climate Change and Aging (Collectif national sur les changements climatiques et le vieillissement), dont je suis la directrice scientifique, nous savons ce qui pourrait aider. Les villes peuvent étendre la canopée urbaine et les espaces publics ombragés. Les codes de construction peuvent privilégier le refroidissement passif et la conception résistante à la chaleur, et nous pouvons garantir et faire respecter la législation afin que les logements disposent d’espaces dédiés au contrôle de la température.

Les logements sociaux, les établissements de soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées et les logements communautaires peuvent être adaptés et soumis à des obligations visant à prévenir les températures intérieures dangereuses. Les systèmes de santé peuvent mettre en place des mécanismes pour identifier et soutenir les personnes les plus exposées. Les plans d’action chaleur-santé peuvent associer la santé publique, les services sociaux, la gestion des urgences et les organisations communautaires avant que les températures ne grimpent. Nous pouvons également nous appuyer sur les experts de terrain qui font face à ces problèmes depuis des années.

Le problème n’est pas un manque de preuves. C’est un manque d’empressement.

Une main tenant une pancarte sur laquelle on peut lire « Il commence à faire chaud ici »
La leçon à retenir n’est pas que la chaleur extrême est à venir ; elle est déjà là.
(Unsplash/Markus Spiske)

L’hypothèse la plus dangereuse

Au lendemain du dôme de chaleur de 2021, de nombreux gouvernements ont promis de prendre des mesures. Des améliorations importantes ont été apportées, mais l’adaptation reste fragmentée et inégale. Trop souvent, la préparation à la chaleur repose encore sur la responsabilité individuelle, alors que les risques sont largement déterminés par des conditions sociales et environnementales plus vastes.

Au cours des 20 prochaines années au Canada, la population âgée de 65 ans et plus devrait augmenter de 68 %. Soutenir les personnes âgées face au changement climatique deviendra une priorité politique croissante pour les collectivités.


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Étant donné que la plupart des personnes âgées préfèrent vieillir chez elles – c’est-à-dire rester aussi longtemps que possible dans leur logement et leur communauté –, les stratégies d’adaptation au changement climatique devraient aller au-delà des interventions d’urgence. Elles devraient inclure des logements adaptés aux personnes âgées, des infrastructures de quartier, des services accessibles et des soutiens communautaires, afin que chacun puisse rester en sécurité chez soi dans un climat en mutation.

Il y a cinq ans, 619 personnes ont perdu la vie en Colombie-Britannique, et cette immense tragédie a servi d’avertissement au pays. L’Europe nous en donne aujourd’hui un autre. La leçon à retenir n’est pas que la chaleur extrême est à venir ; elle est déjà là. L’hypothèse la plus dangereuse que nous puissions formuler est que nous disposons encore de temps.

La Conversation Canada

Stephanie Hatzifilalithis reçoit des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) pour financer ses recherches.

ref. Canicules et personnes âgées : ce n’est pas l’âge qui tue, ce sont les failles du système – https://theconversation.com/canicules-et-personnes-agees-ce-nest-pas-lage-qui-tue-ce-sont-les-failles-du-systeme-287124

Los Gallardos: la gravedad de algunos incendios ya no se mide en hectáreas, sino en vidas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Medina Morales, Profesor de Geografía, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Coches calcinados por el incendio que tuvo lugar en Los Gallardos (Almería) el 9 de julio de 2026. RTVE

El incendio de Los Gallardos (Almería) ocurrido el pasado 9 de julio ha provocado una tragedia de enorme impacto humano y social. Más allá de las cifras provisionales de fallecidos, desaparecidos y heridos, y de las circunstancias concretas del suceso, que deberán ser aclaradas por la investigación oficial, esta tragedia plantea una pregunta de mayor alcance: ¿seguimos utilizando los indicadores adecuados para medir la gravedad de los incendios forestales?

Tradicionalmente, el balance de una campaña se ha basado principalmente en el número de incendios registrados, la superficie quemada y la capacidad de los servicios de extinción para controlar las llamas. Estos indicadores siguen siendo imprescindibles, pero resultan insuficientes cuando el fuego alcanza territorios habitados y pone en peligro directamente a la población.

En un contexto de cambio climático y estrés territorial, el objetivo principal de la gestión de una emergencia ya no está únicamente en apagar el incendio a través de la suma de medios técnicos, sino en que no haya víctimas mortales.

Andalucía venía de campañas favorables

Los datos oficiales del Plan INFOCA, el instrumento de la Junta de Andalucía para la defensa contra los incendios forestales, muestran que esta comunidad ha mantenido durante el último quinquenio una capacidad de respuesta operativa elevada.

Entre 2021 y 2025, el número de intervenciones forestales osciló entre las 613 y las 876 anuales, sin una tendencia claramente creciente. Del mismo modo, el porcentaje de conatos se mantuvo en valores elevados, entre el 75,5 % y el 82 %. Esto significa que aproximadamente cuatro de cada cinco incendios fueron controlados antes de superar una hectárea.

La evolución de la superficie afectada, sin embargo, presenta una variabilidad mucho mayor. Mientras que en 2023 apenas se quemaron 1 827 hectáreas, en 2022 se superaron las 15 500 debido a varios grandes incendios forestales que concentraron la mayor parte de la superficie afectada.

Este comportamiento pone de manifiesto una realidad ampliamente observada en los incendios mediterráneos: el riesgo no viene determinado por un aumento continuado del número de incendios sino por la aparición de unos pocos incendios de comportamiento extremo, capaces de generar gran parte de los daños ambientales, económicos y sociales de cada campaña. Una tendencia que también hemos identificado en nuestras investigaciones sobre la evolución de los incendios forestales en Gran Canaria.

En este contexto, el fuego en Los Gallardos no debe interpretarse automáticamente como la consecuencia de una falta generalizada de medios de extinción. La investigación oficial deberá esclarecer cómo evolucionó el incendio y qué factores condicionaron su desarrollo. Lo que sí podemos afirmar es que la creciente complejidad de estos grandes incendios obliga a complementar la capacidad de extinción con una mayor atención a la vulnerabilidad del territorio, la planificación de las evacuaciones y la comunicación del riesgo para proteger a la población.




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Cuando el territorio cambia las consecuencias

En Los Gallardos encontramos una configuración territorial diferente. El paisaje combina vegetación natural, matorral, parcelas agrícolas, caminos rurales, urbanizaciones y viviendas aisladas. No estamos únicamente ante un incendio que avanza por una superficie forestal, sino ante un fuego que puede entrar directamente en los lugares donde vive la población.

Desde la geografía denominamos interfaz urbano-forestal a los espacios en los que las viviendas, las carreteras, los jardines, los cultivos y el monte aparecen mezclados. En estas zonas, gestionar la emergencia no consiste solo en detener las llamas. También hay que localizar a personas distribuidas en un territorio disperso, hacerles llegar instrucciones claras y organizar evacuaciones por una red viaria que puede ser limitada, desconocida o quedar rápidamente comprometida.

La dispersión residencial multiplica la complejidad. Evacuar un núcleo urbano compacto no es lo mismo que proteger viviendas aisladas conectadas mediante caminos secundarios, pistas rurales o accesos privados.

Comunicar no es únicamente enviar una alerta

La comunicación del riesgo adquiere aquí un peso decisivo. Las herramientas de alerta permiten hacer llegar un aviso a miles de personas en pocos segundos. Sin embargo, recibir una alerta no garantiza que la población adopte la conducta más segura.

Esta idea coincide con los resultados obtenidos en nuestras investigaciones sobre la implantación de ES-Alert, el sistema de alerta a la población ante emergencias graves (como incendios o inundaciones) en España. El estudio mostró que, aunque el sistema fue ampliamente aceptado por la población, una parte significativa de los participantes consideró que los mensajes podían ser más claros y manifestó que su respuesta dependería del tipo de emergencia. Esto pone de relieve que la eficacia de una alerta no depende únicamente de su difusión, sino también de cómo es comprendida e interpretada por quienes la reciben.

Este reto es todavía mayor en territorios donde conviven población local, residentes extranjeros, turistas y personas que desconocen la red de carreteras o los procedimientos de protección civil. Los mensajes deben ser sencillos, accionables, coherentes y, cuando resulte necesario, difundirse en diferentes idiomas.

Un mismo aviso, respuestas diferentes

Antes de actuar, las personas se formulan preguntas, aunque sea de manera inconsciente: ¿el peligro es realmente grave?, ¿me afecta a mí?, ¿tengo tiempo para marcharme?, ¿es más seguro quedarme?, ¿puedo abandonar mi vivienda?, ¿por dónde debo salir? Estas decisiones se producen bajo presión, con información incompleta y en un periodo de tiempo muy reducido.

Esta cuestión también aparece en investigaciones desarrolladas por nuestro grupo y presentadas en el Congreso Internacional de Riscos de Portugal. Estos trabajos ponen el foco en la relación entre la percepción del peligro, la interpretación de la información oficial y la adopción de conductas de autoprotección.

Por eso, la eficacia de una alerta no debe evaluarse únicamente comprobando si el mensaje fue enviado o recibido. También hay que estudiar si fue comprendido, si generó confianza y cuánto tiempo transcurrió hasta que la población actuó.




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Preparar a la población antes del incendio

La comunicación durante la emergencia es esencial, pero comienza mucho antes de que aparezca el fuego. La población debe conocer previamente los riesgos del territorio, las rutas de evacuación y las conductas básicas de autoprotección.

Esto requiere cartografiar las viviendas dispersas, planificar evacuaciones, realizar simulacros, identificar a las personas especialmente vulnerables y adaptar los mensajes a los distintos perfiles sociales y culturales.

Los incendios forestales seguirán exigiendo inversión en prevención, gestión del territorio y medios de extinción. Pero también es necesario dedicar más atención al comportamiento humano.

Todavía debemos esperar a que la investigación oficial determine qué ocurrió en Los Gallardos. No sería responsable anticipar fallos ni señalar responsabilidades. Sin embargo, la tragedia ya nos recuerda una lección fundamental: un incendio no se mide únicamente por las hectáreas que quema, sino también por las personas que pone en peligro y por la capacidad del sistema para ayudarlas a tomar decisiones seguras.

The Conversation

Fernando Medina Morales no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Los Gallardos: la gravedad de algunos incendios ya no se mide en hectáreas, sino en vidas – https://theconversation.com/los-gallardos-la-gravedad-de-algunos-incendios-ya-no-se-mide-en-hectareas-sino-en-vidas-287390

Notations de crédit en Afrique : les agences occidentales s’appuient-elles sur des données ou sur des préjugés ?

Source: The Conversation – in French – By Misheck Mutize, Post Doctoral Researcher, Graduate School of Business (GSB), University of Cape Town

Les trois principales agences de notation — Moody’s, S&P Global et Fitch — ont souvent émis des avis divergents concernant la notation des institutions et des pays africains. Leurs opinions ne doivent pas nécessairement coïncider, mais un écart considérable entre les notations suggère des inexactitudes dans leurs analyses.

Des notations discutables ont des conséquences. Elles font grimper le coût du capital. Des notations plus basses indiquent un risque plus élevé et conduisent les investisseurs à exiger des taux d’intérêt plus élevés pour compenser ce risque. Lorsqu’un pays est déclassé, ses coûts d’emprunt augmentent. Il doit payer plus d’intérêts sur un même montant de dette et a moins de chances d’obtenir des financements pour son développement.

Au cours des trois dernières années, on a observé des exemples notables de divergences significatives entre les décisions des agences de notation.

Le premier exemple concerne la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Entre juin 2025 et juin 2026, les trois principales agences sont parvenues à des conclusions sensiblement différentes quant à la solvabilité de la banque. L’Union africaine a souligné le caractère erroné de ces dégradations.




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Le deuxième exemple est la dégradation par Fitch Ratings de la note du groupe industriel nigérian Dangote Industries Limited le 6 août 2024. L’agence a invoqué les risques liés à la construction d’une raffinerie. Un an plus tard, la raffinerie de pétrole Dangote s’est révélée être un projet transformateur qui a rééquilibré la balance commerciale du Nigeria. Elle a permis de réduire les importations du pays et d’augmenter sa production nationale. Fitch s’est trompée et ses dégradations de notation ont mis en péril la réalisation du projet.

L’African Finance Corporation présente un clivage similaire. S&P New York et S&P Global China Ratings, l’entité chinoise de S&P Global Ratings? ont émis des évaluations très divergentes.

Enfin, Moody’s a abaissé la note du Kenya en juillet 2024, tandis que S&P a maintenu sa note « B ».

Ces exemples mettent en évidence le même problème : les divergences entre des agences de notation qui examinent en apparence le même ensemble de facteurs de risque.

À mon sens, ces divergences offrent deux opportunités aux pays africains :

  • contester les notations

  • diversifier leurs notations et leurs sources de financement en s’éloignant des marchés occidentaux.

Enfin, ces divergences soulignent la nécessité pour les agences de notation de faire preuve de plus d’objectivité et de fonder leurs notations sur des données factuelles et des fondamentaux.

Les divergences

Fitch a déclassé la Banque africaine d’import-export à deux reprises, de BBB à BBB- en juin 2025, puis à BB+ en janvier 2026 avant de retirer sa notation. Cela signifie que Fitch a cessé d’attribuer des notations à la banque après la résiliation de son contrat.

Tant Moody’s que S&P ont maintenu des notations « investment grade » (catégorie investissment), attribuant respectivement Baa2 et BBB+. Il s’agit d’un écart de trois crans entre Fitch et S&P pour la même institution.

Cela se produit rarement sur d’autres continents, car les trois agences de notation internationales évaluent des facteurs de risque largement similaires concernant la capacité d’une entité à rembourser ses emprunts.

La question est de savoir si les déclassements de trois crans d’Afreximbank par Fitch reposaient sur des faits concrets concernant la banque ou sur des erreurs de jugement subjectives de la part des analystes.

Les agences asiatiques ont tendance à reconnaître l’importance politique d’Afreximbank, qui joue un rôle stratégique dans le financement du commerce et du développement de l’Afrique. Elles reconnaissent ainsi son statut de créancier privilégié, ce qui signifie que ses pays membres continuent de rembourser les prêts de la banque même en période de crise.

Fitch a toutefois estimé que le rôle d’Afreximbank en Afrique était en train de s’amenuiser et qu’elle n’était pas un créancier privilégié. Cette évaluation s’appuie sur une affirmation du Fonds monétaire international.

S&P Global Ratings s’est aligné sur l’agence chinoise Chengxin International Credit et sur l’Agence japonaise de notation.

Lorsque Fitch Ratings a abaissé la note de Dangote Industries, l’agence a indiqué que le risque était lié au refinancement d’une nouvelle raffinerie de pétrole. Fitch a émis l’hypothèse que des retards dans la satisfaction des besoins de financement rendraient plus probable une restructuration financière ou un défaut de paiement, ce qui pourrait entraîner de nouvelles baisses de notation.

Face à ces perspectives aussi prudentes que spéculatives, Dangote Industries Limited a décidé de mettre fin à son contrat avec Fitch Ratings. Elle a déclaré que cette notation n’avait plus de sens sur le plan commercial et que le groupe s’attacherait désormais à obtenir des notations auprès d’agences de notation basées en Afrique.

Un an plus tard, la raffinerie de pétrole Dangote a fait du Nigeria un exportateur régional et a renforcé sa sécurité énergétique.

Moody’s a abaissé la note du Kenya le 8 juillet 2024 après que le gouvernement a annulé les hausses d’impôts prévues en réponse aux manifestants. S&P a décidé d’attendre le budget du Kenya prévu pour août 2024.

La dégradation de Moody’s a entraîné un écart de deux crans entre les notations attribuées au Kenya par Moody’s et S&P. En l’espace de six mois, Moody’s est revenue sur cette dégradation en rehaussant les perspectives.
Passant directement de « négative » à « positive », sans passer par l’étape « stable ». Il est très inhabituel qu’une agence de notation révise ses perspectives en l’espace de six mois et saute un cran.

Cette révision peut être interprétée comme une reconnaissance implicite de la part de Moody’s que ses notations antérieures étaient erronées.

Le Kenya a dû supporter environ 150 millions de dollars US de frais d’intérêts supplémentaires sur sa dette existante en euro-obligations, les investisseurs s’étant précipités pour vendre leurs obligations.

Alternatives

Le coût élevé du capital, dû aux faibles notations attribuées par les agences de notation internationales, pousse l’Afrique à se tourner vers l’Asie pour trouver des sources de financement étrangères.

Cinq pays africains ont déjà émis, à eux tous, 5 milliards de dollars américains d’obligations au Japon, en Chine, à Hong Kong, en Corée et aux Émirats arabes unis au cours des deux dernières années. Cette évolution a renforcé l’importance des agences de notation asiatiques, car aucun pays ni aucune institution ne pourrait lever des capitaux en Asie sans une notation délivrée par des agences locales. Celles-ci attribuent à certaines institutions africaines des notes plus élevées que leurs homologues occidentales. Les agences asiatiques sont tout aussi indépendantes et crédibles.

Lorsque Fitch Ratings a déclassé Afreximbank au niveau spéculatif, les agences de notation asiatiques ont vu les choses différemment. Chengxin International Credit Ratings Co. a maintenu une note AAA stable pour Afreximbank. La Japan Credit Rating Agency attribue à la banque la note A- stable pour son programme d’obligations « samouraï ».Leurs évaluations divergent largement de celles de Fitch concernant la même institution, avec le même bilan et le même mandat.

Ce qui doit changer

L’écart croissant entre les notations attribuées par les trois agences de notation internationales représente une opportunité pour les États africains et leurs institutions.

Premièrement, plutôt que d’accepter des évaluations qui se révèlent inexactes sur le plan analytique, les États africains et leurs institutions doivent contester ces notations. À mon sens, cela aidera les agences de notation à faire preuve de plus de rigueur. Cela permettra également d’attirer l’attention des investisseurs internationaux sur les notations erronées.

Deuxièmement, les entités africaines doivent diversifier leurs notations et leurs relations de financement en s’éloignant des marchés occidentaux. Les agences de notation nationales ont démontré une compréhension plus nuancée des réalités locales.

Enfin, les agences de notation doivent faire preuve de plus d’objectivité. Les sentiments et les frustrations des analystes ne devraient pas influencer le processus de notation.

The Conversation

Misheck Mutize est affilié à l’Union africaine en tant qu’expert principal en matière de notations de crédit

ref. Notations de crédit en Afrique : les agences occidentales s’appuient-elles sur des données ou sur des préjugés ? – https://theconversation.com/notations-de-credit-en-afrique-les-agences-occidentales-sappuient-elles-sur-des-donnees-ou-sur-des-prejuges-287230

Les volcans du Cantal sont des montagnes…de verre!

Source: The Conversation – France in French (2) – By Patrick De Wever, Professeur, géologie, micropaléontologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Le Puy Mary est un sommet des monts du Cantal, vestige du plus grand stratovolcan d’Europe. Il culmine à 1 783 mètres d’altitude. Wikimédia, CC BY

Au-delà du sport, le Tour de France donne aussi l’occasion de (re)découvrir nos paysages et parfois leurs bizarreries géologiques. Ce mardi 14 juillet, les coureurs du Tour de France vont traverser les volcans du Cantal sans craindre les crevaisons… et pourtant, ils traversent des montagnes de verre ! En effet, la plupart des laves volcaniques sont essentiellement constituées de verre.


Pour un géologue, parler de « verre en cristal » est une aberration : dans la nature, le verre est un matériau solide amorphe – c’est-à-dire désordonné à l’échelle atomique, contrairement au cristal. C’est une sorte de liquide figé.

Lorsqu’on parle de verre, il faut se méfier de la polysémie du terme : il y a le verre que l’homme fabrique depuis des millénaires pour concevoir par exemple des vitres ou des récipients, mais il existe aussi toute une série de verres naturels.




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Comme l’explique Daniel R. Neuville, chargé de recherche à l’Institut de Physique du Globe de Paris, un « verre » est un silicate fondu fabriqué par l’homme, tandis qu’une lave volcanique ou un magma est un silicate issu des profondeurs de la terre – ou d’autres planètes.

Quand une coulée de lave refroidit rapidement, sa matière ne peut cristalliser, elle se fige alors sous forme de verre. On observe une « bordure figée » autour de certaines coulées, filons, ou bombes volcaniques.

Certaines roches sont particulièrement riches en verre, tels les magmas riches en silice, comme le sont les magmas acides.




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Avec une telle composition chimique, les molécules ont tendance à polymériser, ce qui explique leur forte viscosité. Cette consistance limite la diffusion des éléments, qui ne réussissent alors pas à se mettre aux endroits ad hoc pour former des cristaux. La polymérisation conduit à une roche non organisée (à l’inverse des cristaux) qui, en refroidissant donne un verre : l’obsidienne.

Il existe aussi le verre des impactites ou celui des tectites. Les impactites sont des verres naturels formés au moment de l’impact d’un astéroïde. A l’inverse des tectites, elles n’ont pas été projetées dans l’atmosphère. On retrouve dans la composition chimique des impactites des traces de la météorite incidente.

La Vallée de Pantasma, au nord du Nicaragua, aurait été formée par l’impact d’un astéroïde il y a 800 000 ans.
CNRS

Le verre industriel

Le verre industriel, lui, est obtenu par fusion d’une roche siliceuse, généralement du sable. Des éléments sont souvent ajoutés pour en modifier les propriétés : le pyrex, par exemple, plus résistant aux chocs thermiques qu’un verre ordinaire, est enrichi en bore.

Les puissants de ce monde ont longtemps possédé des objets d’une grande rareté et donc précieux. Parmi ces objets, on trouvait des coupes, ou des verres, en « cristal de roche », c’est-à-dire en quartz (un oxyde de silicium cristallisé). Ces objets avaient un magnifique éclat lumineux et un son caractéristique. Pour imiter ces objets précieux et fabriquer des verres en « cristal », on a ajouté à la composition siliceuse un oxyde de plomb qui apporte l’éclat et permet d’obtenir un son caractéristique.

Deux objets en « cristal » A gauche : coupe en cristal de roche (en quartz). Trésor du MNHN DR A droite : Verre en cristal. Ce verre (objet) est un vrai verre (matière) : les faces taillées permettent de mieux jouer avec la lumière L Carpentier.
Fourni par l’auteur

Plus il y a de plomb, plus le son est cristallin : la vitesse de la lumière est fonction du milieu dans lequel elle se propage. Plus le milieu est dense, plus la lumière est fortement déviée, elle peut aller jusqu’à la réflexion complète si le cristal est taillé en facettes, qui jouent alors le rôle de miroirs. Pour la même raison, le son qu’un tel verre produit lorsqu’on le fait vibrer est plus aigu, plus… cristallin.


Une version plus longue de ce texte a été publiée le 29 juin 2026 sur le site Planet Terre de l’ENS Lyon.

The Conversation

Patrick De Wever ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les volcans du Cantal sont des montagnes…de verre! – https://theconversation.com/les-volcans-du-cantal-sont-des-montagnes-de-verre-286884

La selección: terremoto en Venezuela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elba Astorga, Editora de Economía, The Conversation

Un rescatista trabaja en el lugar donde se derrumbó un edificio tras los fuertes terremotos mientras continúan las operaciones de búsqueda, rescate y recuperación en La Guaira. ttanni/Shutterstock

“Qué triste está la ciudad, perdida ya de su fe, pero destruida será el día de San Bernabé. Quien lo viviere lo verá”. Con esa tétrica cantinela, el mendigo caraqueño Raposanta anunciaba, en los primeros meses de 1641, la próxima destrucción de la capital de la entonces Capitanía General de Venezuela. Llegó el 11 de junio, día de San Bernabé, y cuentan las crónicas que:

“Entre las ocho y media y las nueve de la mañana, tembló la tierra grandemente e hizo en esta ciudad de Santiago de León de Caracas y en su puerto de La Guaira un destrozo miserabilísimo. No hubo casa, una ni ninguna, que no viniese totalmente al suelo o no hiciese tan grande sentimiento que se pueda en muchos tiempos vivir. La iglesia mayor se abrió por diferentes partes, (…) cayó parte de la iglesia del convento de Las Monjas, cayó casi toda la iglesia de San Francisco…”.

Ese fue el primer terremoto documentado en la ciudad de Caracas, con 74 años de fundada, y se estima que tuvo una magnitud de entre 7,5 y 8.

El 26 de marzo de 1812, Jueves Santo, se concatenaron tres tremendas sacudidas sísmicas en tres puntos distintos del país en lo que se conoce como el Terremoto de Venezuela. Ocurrido en plena guerra de Independencia, hubo quien adujo que se trataba de un castigo divino por intentar subvertir el orden establecido desde España. Ha quedado para los libros de historia la imagen de Simón Bolívar encaramado sobre los escombros arengando a las gentes:

“Si la Naturaleza se opone lucharemos contra ella y haremos que nos obedezca”.

Se estima que la magnitud de esos tres seísmos fue de entre 6,2 y 7.

Pintura en la que muchas personas se lamentan sobre los restos de otros seres humanos.
Oleo sobre tela Terremoto de 1812, del pintor venezolano Tito Salas.
Wikimedia Commons

El último gran terremoto de Caracas, antes del 24-J, ocurrió el 29 de julio de 1967. De magnitud 6,6, hizo colapsar varios edificios en la capital y La Guaira, y hubo 240 fallecidos.

A las 18.04 horas del 24 de junio de 2026, día de San Juan y aniversario de la batalla de Carabobo (1821), la más importante en la guerra de Independencia de Venezuela, volvió a moverse el suelo venezolano. Dos grandes terremotos, de 7,2 el primero y 7,5 el segundo, sacudieron la tierra durante tres minutos eternos. Todos hemos sido testigos, en vivo o vía redes y pantallas desde cualquier lugar del mundo, del grado de destrucción alcanzado. A dos semanas del terremoto ya hay más 3 800 personas muertas y cerca de 17 000 heridas. Y, aunque no hay estimaciones oficiales del número de desaparecidos, se llega a hablar de en torno a los 50 000.

El norte de Venezuela es una de las regiones con mayor actividad sísmica del norte de América del Sur porque allí confluyen la placa del Caribe y la de Sudamérica.

Haití (que sufrió un enorme seísmo en 2010) al norte y Venezuela al sur están situados en los límites de ambas placas, que se mueven lateralmente en una falla de cizalla: una fractura en la corteza terrestre donde dos bloques de roca se desplazan horizontalmente uno respecto al otro, en direcciones contrarias.

La cuestión es que el grueso de la población de Venezuela se concentra en los estados de la franja norte del país, por lo que en ellos conviven vulnerabilidad sísmica y densidad de población.

La magnitud del desastre es tal que se ha decretado el estado de emergencia a escala nacional y La Guaira ha sido calificada “zona de desastre”, por la cantidad de viviendas derrumbadas e infraestructuras colapsadas. Además, los daños han obligado al cierre del aeropuerto de Maiquetía, el más importante del país.

La cuestión que se plantea ahora es cuál es la calidad real, cómo es el mantenimiento y qué condiciones de uso tienen las construcciones en Venezuela. En La Guaira y en Caracas, decisiones de construcción discutibles, ampliaciones informales y ausencia de programas sostenidos de mantenimiento han provocado el colapso de muchas infraestructuras en este gran terremoto de 2026.

Ante esta tragedia, hemos visto desde muy pronto la movilización de la ciudadanía venezolana: desde los primeros rescates improvisados y sin medios a las pocas horas de los derrumbes pasando por la organización de cocinas colectivas, la recaudación de insumos, el transporte de medicamentos y materiales. Esta enorme movilización no ha ocurrido solo dentro del territorio venezolano: también han participado los miembros de la diáspora venezolana, casi 8 millones de personas que en la última década se vieron obligadas a abandonar el país por razones políticas o de pobreza y falta de oportunidades.

La reconstrucción del país será una tarea de la patria global o no será. Una característica fundamental de la Venezuela de 2026 es que su sociedad ya no coincide con su territorio sino que lo sobrepasa.

Sin embargo, no nos engañemos: en estas dos semanas no todo ha sido bondad. En las zonas afectadas por los seísmos se han producido robos y saqueos. En medio del caos, han coincidido tres elementos esenciales para que se produzca un delito: infractores motivados, objetivos valiosos y accesibles, y la ausencia de guardianes eficaces y control social. Así, el caos elimina la barrera del riesgo y maximiza la oportunidad de beneficio: el espacio público, antes regulado, se convierte temporalmente en un escenario de total impunidad.

A más de dos semanas de los terremotos del día de San Juan, se abre el largo camino hacia la recuperación de la confianza y la reconstrucción de las regiones afectadas. La ayuda humanitaria seguirá siendo necesaria y vale la pena conocer las distintas opciones disponibles para decidir cómo ayudar a Venezuela desde España de forma segura, responsable y eficaz.

The Conversation

ref. La selección: terremoto en Venezuela – https://theconversation.com/la-seleccion-terremoto-en-venezuela-287150

Le vrai mystère de « Vaiana » : qu’est-ce qui a bien pu pousser les Polynésiens à repartir vers l’est après 1 700 ans de pause ?

Source: The Conversation – France (in French) – By David Sear, Professor in Physical Geography, University of Southampton

Alors que Vaiana remet à l’honneur les grandes traditions de navigation polynésiennes, une nouvelle étude éclaire les raisons de leur spectaculaire expansion à travers le Pacifique. Ent-movie / Alamy

Le mystère de la « longue pause » fascine les archéologues depuis des décennies : pourquoi les Polynésiens ont-ils cessé d’explorer le Pacifique pendant près de 1 700 ans avant de reprendre soudain leurs voyages ? De nouvelles archives climatiques offrent une explication convaincante.


La même question est au cœur de l’intrigue de Vaiana, la légende du bout du monde et de plusieurs décennies de recherches archéologiques : pourquoi, après des siècles de relative stabilité, les navigateurs polynésiens se sont-ils soudainement mis à coloniser des îles situées à des milliers de kilomètres les unes des autres à travers le Pacifique ?

Le dernier film Vaiana est une adaptation en prises de vues réelles du long métrage d’animation de Disney du même nom. Bien que fictifs, ces films s’inspirent du remarquable héritage maritime des peuples polynésiens, dont les ancêtres ont accompli l’un des plus extraordinaires épisodes d’exploration océanique de l’histoire de l’humanité.

De nouvelles données climatiques pourraient aider à comprendre ce qui les a poussés à entreprendre ces voyages.

En toile de fond de Vaiana se trouve le mystère de la « longue pause ». Les ancêtres des Polynésiens, les Lapita, ont atteint les archipels des Samoa et des Tonga il y a environ 3 000 ans. Ils y ont apporté un style de poterie caractéristique ainsi qu’une culture insulaire qui leur était propre.

Les migrations humaines dans le Pacifique

Les ancêtres des Polynésiens ne se sont aventurés au-delà des Samoa et des Tonga qu’après une « longue pause » de 1 700 ans. Les autres archipels du Pacifique ont ensuite été colonisés rapidement.
David Sear

Pourtant, durant les 1 700 années qui ont suivi, les expéditions plus à l’est sont restées très rares. Les données archéologiques indiquent que les populations des Tonga et des Samoa ont augmenté et développé une culture propre, distincte de celle des Lapita.

Puis, entre 900 et 1100 de notre ère, les ancêtres des Polynésiens ont soudainement entrepris une vaste phase de migration vers l’est. Au cours du siècle suivant, des navigateurs embarqués sur d’immenses pirogues à double coque et à voile ont atteint Hawaï, Aotearoa (la Nouvelle-Zélande) et Rapa Nui (l’île de Pâques). La présence de patates douces sur de nombreuses îles du Pacifique suggère qu’ils ont probablement également été en contact avec les côtes du continent américain.

Lorsque les navigateurs européens arrivèrent enfin, plusieurs siècles plus tard, ils furent stupéfaits de découvrir que même les plus petits atolls étaient habités par des communautés partageant de profondes parentés culturelles et linguistiques.

Le mystère de la « longue pause »

Depuis des générations, anthropologues et historiens cherchent à comprendre ce qui a mis fin à la longue pause. Les Polynésiens ont-ils mis au point de nouvelles techniques de navigation leur permettant de remonter les alizés d’est ? Ont-ils été poussés par la croissance démographique et des pressions sociales ? Ou leur décision a-t-elle été déclenchée par un facteur physique, lié à l’environnement ?

Pour répondre à cette question, il faut s’intéresser aux conditions matérielles qui rendent la vie possible sur une île du Pacifique : l’eau douce et la nourriture. À mesure que la population augmente, la pression sur ces ressources s’intensifie.

Les ancêtres des Polynésiens étaient très adaptables et habitués aux sécheresses saisonnières. Mais des épisodes de sécheresse prolongés et sévères, survenant alors que la densité de population était élevée, pouvaient faire qu’une île ne soit plus en mesure de faire vivre ses habitants. En définitive, la survie sur une île dépend d’une ressource essentielle : les précipitations.

Décrypter les archives du climat

Les auteurs prélèvent des échantillons de sédiments dans une zone marécageuse de Polynésie.
David Sear

Jusqu’à récemment, les scientifiques ne disposaient d’aucune donnée permettant de reconstituer le climat qui régnait dans la région des Tonga et des Samoa à cette période cruciale des migrations. Nous avons toutefois pu retracer ces évolutions en analysant les isotopes de l’hydrogène – des variantes légèrement différentes d’un même élément chimique – conservés dans d’anciens sédiments prélevés dans des marais et des lacs.

Sous les tropiques, la composition isotopique de l’eau de pluie reflète la quantité de précipitations. En se développant, les algues et les plantes absorbent cette eau et en enregistrent la signature chimique dans des molécules capables de se conserver pendant des milliers d’années dans les sédiments, constituant ainsi une archive naturelle des précipitations passées.

Grâce à cette technique, nous avons mis en évidence une période de sécheresse durable et particulièrement sévère dans le sud-ouest du Pacifique tropical entre 850 et 1200 de notre ère. Nos résultats, récemment publiés dans le Journal of Pacific Archaeology, montrent qu’il s’agit de la période la plus sèche qu’ait connue la région au cours des 2 000 dernières années. Surtout, cette sécheresse est survenue à une époque où les populations insulaires étaient devenues plus nombreuses.

La grande migration vers l’est du Pacifique a coïncidé avec une période de sécheresse dans l’ouest du Pacifique :

graphs
Les populations humaines ont colonisé l’est du Pacifique peu après une longue période de sécheresse dans l’ouest du Pacifique (en orange sur le graphique supérieur), marquée également par une série de brusques épisodes de sécheresse (en orange sur le graphique central).
David Sear

Pourquoi certaines îles connaissent-elles des sécheresses qui durent plusieurs décennies, voire plusieurs siècles ? Les précipitations dans le sud du Pacifique tropical dépendent de la position de la zone de convergence du Pacifique Sud (SPCZ), une vaste bande de nuages et de pluies qui se déplace d’est en ouest au fil du temps sous l’effet des variations de la température de surface des océans. À court terme, ces déplacements sont liés aux phénomènes El Niño et La Niña. Mais la SPCZ peut aussi se déplacer sur des périodes beaucoup plus longues, entraînant des décennies de conditions exceptionnellement sèches ou humides dans différentes régions du Pacifique.

L’ensemble concorde avec les données génétiques, qui indiquent que la population des Samoa a connu une forte croissance autour de l’an 1000, peut-être grâce à l’arrivée de nouveaux groupes de population. Tout porte donc à croire que plusieurs facteurs se sont conjugués – un stress climatique intense, une population en expansion et des progrès dans la technologie des pirogues – pour déclencher cette audacieuse exploration vers l’est.

L’expansion polynésienne constitue, à elle seule, un épisode remarquable de l’histoire humaine. Tandis que Vaiana fait découvrir à un nouveau public les traditions de navigation des peuples du Pacifique, les scientifiques continuent d’affiner notre compréhension des défis environnementaux auxquels ces navigateurs hors du commun ont été confrontés – et de la manière dont ils y ont répondu avec ingéniosité, résilience et un extraordinaire esprit d’exploration à l’échelle de l’océan Pacifique.

The Conversation

David Sear a reçu des financements de UKRI-NERC et de la National Geographic Society.

Manoj Joshi a reçu des financements de UKRI-NERC.

Mark Peaple a reçu des financements de UKRI-NERC.

ref. Le vrai mystère de « Vaiana » : qu’est-ce qui a bien pu pousser les Polynésiens à repartir vers l’est après 1 700 ans de pause ? – https://theconversation.com/le-vrai-mystere-de-vaiana-quest-ce-qui-a-bien-pu-pousser-les-polynesiens-a-repartir-vers-lest-apres-1-700-ans-de-pause-287387

Por qué seguimos pensando que nuestra vida es una ‘odisea’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago Sevilla-Vallejo, Profesor Contratado Doctor en Didáctica de la Lengua y la Literatura, Universidad de Salamanca

Matt Damon como Ulises y Zendaya como Atenea en la última adaptación de la _Odisea_. Universal Pictures

Cuando Christopher Nolan estrene su versión de la Odisea, millones de espectadores volverán a encontrarse con cíclopes, naufragios, sirenas y dioses caprichosos. Sin embargo, la verdadera razón por la que el poema de Homero sigue fascinándonos casi tres mil años después quizá no tenga que ver con sus monstruos ni con sus aventuras. Su legado más profundo podría ser otro: enseñarnos a interpretar nuestra propia vida como una historia.

Último tráiler oficial de la Odisea de Nolan.

Hoy es habitual escuchar expresiones como “he aprendido de mis errores”, “esa experiencia me cambió para siempre”, “necesitaba encontrar mi camino” o “ya no soy la misma persona que era entonces”. Todas ellas comparten una idea aparentemente sencilla: que la vida tiene una dirección y que las experiencias contribuyen a transformarnos. Sin embargo, esta forma de comprender la existencia no es universal ni inevitable. Es también una construcción cultural. Y una de sus raíces más influyentes se encuentra en la Odisea.

El primer gran relato de transformación

A diferencia de la Ilíada, centrada en la guerra y la gloria heroica, la Odisea cuenta un regreso. Ulises desea volver a su hogar, Ítaca, después de la guerra de Troya, pero el viaje se prolonga durante años. En el camino pierde compañeros, comete errores, supera peligros y se enfrenta continuamente a situaciones que ponen a prueba quién es. La historia no trata únicamente de llegar a casa. Trata de convertirse en alguien capaz de regresar. Por eso muchos estudiosos consideran que la Odisea inauguró un modelo narrativo extraordinariamente duradero: el del personaje que abandona su mundo conocido, atraviesa una serie de pruebas y regresa transformado por la experiencia.

Desde entonces, innumerables relatos han reproducido esta estructura. La encontramos en novelas, películas, series y videojuegos. También aparece en historias tan diferentes como El Señor de los Anillos, Harry Potter, Star Wars o muchos videojuegos de aventuras contemporáneos. Pero su influencia va más allá de la ficción.

Cuando contamos nuestra vida como un viaje

Durante las últimas décadas, diversas investigaciones sobre identidad narrativa han mostrado que las personas construyen parte de su identidad mediante relatos sobre sí mismas.

Pintura en la que un hombre de barba blanca habla, de pie, ante un hombre más joven agachado que lo mira.
Tiresias le cuenta a Ulises cómo será su futuro, en un cuadro de Henry Fuseli.
Albertina/Google Art Project

El psicólogo Dan McAdams propuso que no solo tenemos recuerdos o rasgos de personalidad: también elaboramos narraciones que ayudan a dar coherencia y significado a nuestra experiencia. Cuando alguien explica cómo superó una enfermedad, cómo cambió tras una ruptura o qué aprendió de una etapa difícil, suele organizar esos acontecimientos siguiendo estructuras narrativas reconocibles.

Y una de las más poderosas es precisamente la que encontramos en la Odisea. Las dificultades dejan de ser simples obstáculos para convertirse en pruebas. Los errores pasan a formar parte de un aprendizaje. El sufrimiento adquiere sentido porque contribuye a una transformación personal. La vida comienza a interpretarse como un recorrido. No es casualidad que palabras tan populares hoy como “crecimiento personal”, “resiliencia” o “desarrollo” remitan, de una u otra forma, a la idea de un viaje.

El regreso importa más que la aventura

Hay un aspecto especialmente llamativo en el poema homérico. Ulises no regresa siendo exactamente la misma persona que partió, pero tampoco se convierte en alguien completamente diferente.

La transformación consiste en integrar las experiencias vividas sin perder la propia identidad. Este equilibrio sigue siendo una de las grandes preguntas humanas. Cambiamos constantemente: estudiamos, trabajamos, nos enamoramos, perdemos seres queridos, atravesamos crisis y descubrimos nuevas facetas de nosotros mismos. Sin embargo, seguimos sintiendo que existe una continuidad entre quienes fuimos y quienes somos. La identidad narrativa intenta explicar precisamente ese fenómeno.

Según diversos estudios en psicología y ciencias humanas, las personas no recordamos simplemente hechos aislados: los conectamos, les atribuimos significado y los incorporamos a una historia sobre quiénes somos. Gracias a ello, experiencias muy distintas pueden formar parte de una misma trayectoria vital.

La Odisea ofrece uno de los primeros modelos culturales para resolver ese desafío. El viaje de Ulises no solo representa una sucesión de aventuras, sino un proceso de interpretación de la experiencia. Cada encuentro, cada pérdida y cada obstáculo contribuyen a redefinir la relación del personaje con los demás y consigo mismo. Lo importante no es únicamente lo que le ocurre, sino cómo esas vivencias terminan integrándose en la persona que llega a Ítaca.

Pintura en la que se ve un barco con hombres remando y otro atado a un mástil que observa a unas mujeres que se esconden tras un árbol.
Ulises intentando evitar escuchar el canto de las sirenas, según Otto Greiner.
Bridgeman Art Library

Quizá por eso seguimos identificándonos con este relato. La mayoría de nosotros no lucharemos contra cíclopes ni escucharemos el canto de las sirenas, pero todos intentamos comprender qué significado tienen las pruebas que hemos atravesado y qué papel desempeñan en la historia de nuestra vida. Como Ulises, buscamos una forma de regresar a nosotros mismos después del cambio.

Lo que quizá vivamos de nuevo con la Odisea de Nolan

Cuando la nueva adaptación llegue a los cines, es probable que la conversación pública se centre en los efectos visuales, el reparto o la fidelidad al texto clásico.

Pero existe otra lectura posible. Quizá la vigencia de la Odisea no dependa tanto de sus aventuras extraordinarias como de algo mucho más cercano. Seguimos regresando a ella porque habla de una experiencia que todos compartimos: la necesidad de dar sentido a nuestra vida mediante historias.

Tres mil años después, seguimos buscando nuestra Ítaca. Seguimos enfrentándonos a pruebas que nos cambian. Y seguimos intentando responder a la misma pregunta que acompaña a Ulises durante todo su viaje: quiénes somos después de todo lo que nos ha ocurrido.


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Santiago Sevilla-Vallejo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué seguimos pensando que nuestra vida es una ‘odisea’ – https://theconversation.com/por-que-seguimos-pensando-que-nuestra-vida-es-una-odisea-285011

¿Cómo queda el tablero de la defensa europea tras el reajuste táctico de la OTAN en Ankara?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cesáreo Rodríguez-Aguilera de Prat, Catedrático de Ciencia Política, Universitat de Barcelona

Para los aliados de Estados Unidos, las cumbres de la OTAN de ahora consisten en un ejercicio para contener daños y evitar reproches de Donald Trump. La “relación especial” entre la superpotencia estadounidense y la Unión Europea (UE) está tocada, pues ya no se puede dar por descontado el apoyo de Washington.

La cumbre de la Alianza Atlántica celebrada los días 7 y 8 de julio en Ankara (Turquía) ha tenido lugar sin la perspectiva del cese el fuego en Irán y en Ucrania, lo que muestra que el poder disuasorio de los EE UU es menor de lo que se suponía. Ambos conflictos continuarán.

En consecuencia, esta cumbre no ha sido más que un reajuste táctico que apenas ha conseguido renegociar el reparto de la carga, en particular por lo que se refiere a Ucrania.

Lo que ha puesto en evidencia es que Europa sigue en su laberinto. Se resiste a claudicar, como sí hace el secretario general de la OTAN, el europeo Mark Rutte, pero es incapaz de avanzar en su integración federal, un paso necesario para construir su propia defensa.

Las amenazas de Trump: Groenlandia y retirada de efectivos

Trump ha conseguido enemistarse con los principales líderes europeos, pues persiste en sus improcedentes aspiraciones anexionistas de Groenlandia y amenaza con retirar efectivos de Europa. Por todo ello, esta cumbre, que debería haber servido para establecer una mejor relación entre Estados Unidos y sus aliados europeos, no ha resuelto bien el deterioro anterior debido a que Trump no asume el multilateralismo y lo fía todo a la incontestable superioridad militar de su país.

El presidente estadounidense pretende un cambio del régimen global en el mundo para imponer con más fuerza la hegemonía de su país y contener a China, su verdadera obsesión. Sus principales quejas siguen siendo la insuficiente inversión militar europea y la ausencia de apoyo incondicional en la guerra contra Irán por parte de sus socios de la alianza.




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El mandatario estadounidense exige dos cosas: que los europeos aumenten la carga presupuestaria militar hasta el 5 % (que ni los Estados Unidos cumplen) y que adquieran el grueso del armamento a su país. Ante esta presión, Europa puede hacer dos cosas: claudicar servilmente como hace Mark Rutte o esforzarse por ser realmente autónoma.




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Sin integración no puede haber ejército europeo

Lo cierto es que Europa ni quiere ni puede ir por libre. Por un lado, teme que Washington se descuelgue de la OTAN. Un escenario muy improbable, tanto porque resultaría contradictorio con los intereses estratégicos de los EE. UU. como por las notables dificultades políticas y jurídicas que supondría implementarlo. Por otra parte, Europa tampoco es capaz de profundizar mucho más en su integración federal.

Si la UE aspira a ser un actor geoestratégico mundial e incluso a dotarse algún día de un ejército europeo, el paso congruente sería el de culminar el proceso político de integración. En otras palabras, Europa tiene la solución teórica (los Estados Unidos de Europa), pero resulta imposible llevarla a la práctica porque ni puede ni quiere, toda vez que la mayoría de las élites y de las opiniones públicas nacionales no están preparadas para tal desenlace. En estas circunstancias, solo se puede aspirar a una OTAN 3.0 más europea y con más responsabilidades en su área.

Un ataque frontal de Rusia es inviable

Rusia se ha convertido en el gran pretexto para justificar un rearme sin precedentes, pero la posible amenaza sobre la Europa central y báltica es muy improbable por la enorme sangría militar y económica que está suponiendo la guerra en Ucrania. Vladímir Putin no está en absoluto en condiciones de atacar frontalmente a ningún país de la OTAN.

Tras más de cuatro años de guerra la economía rusa presenta claros síntomas de recesión. Si en todo este tiempo no ha podido conquistar Kiev es impensable que pueda ocupar Varsovia o las capitales bálticas. Otra cuestión podría ser la hipótesis Narva (convertir esta ciudad de Estonia en una “zona gris”) o la del corredor polaco de Suwalki, el punto más frágil de la arquitectura de seguridad europea. Con ello, Rusia pondría a prueba el artículo 5 de la OTAN (el ataque contra un Estado es el ataque contra todos), pero ambas opciones estratégicas plantean demasiados riesgos y parecen muy poco probables.

En todo caso, la presión de Trump ha obligado a los gobiernos europeos e incrementar sus presupuestos militares. No es que la UE gaste poco en defensa (más del 50 % en comparación con Estados Unidos), pero gasta mal por su fragmentación nacional.

Un rearme dividido

La estrategia adoptada es totalmente contraproducente para la soberanía europea porque la perspectiva adoptada es siempre la nacional. El programa ReArmar Europa no prevé la integración efectiva en la producción de armas y mucho menos una organización militar supranacional. El fracaso del caza europeo FCAS (siglas de Future Combat Air System) es todo un paradigma de como los mal entendidos intereses nacionales arruinan los europeos.

Ciertamente, los Estados Unidos y la UE quieren limitar al máximo la influencia rusa en toda Ucrania, pero no desean un colapso brusco del régimen de Putin por lo imprevisible que pudiera ser. La ayuda occidental le permite a Ucrania resistir, pero no vencer. La coartada rusa sirve para justificar el rearme y se ha impuesto el mecanismo por el cual la UE compra armas a los EE. UU. para entregárselas después a Ucrania.

La ayuda militar occidental a Ucrania queda así supeditada a los cálculos estratégicos occidentales y este país está pagando intereses elevados y ha tenido que hacer muchas concesiones económicas. Las buenas noticias para Ucrania son que se ha convertido en una potencia en fabricación de drones y que ha conseguido autorización de Trump para armar los misiles Patriot.

El caso de España

Por último, un apunte sobre el papel de Pedro Sánchez en la cumbre. España ya supera el 2 % y gasta más que algunos países miembros de la OTAN a los que Trump no ha criticado. Es el séptimo país en cumplir los objetivos requeridos pese a no haber asumido formalmente el irreal y arbitrario porcentaje del 5 %. No obstante, los acuerdos militares con los Estados Unidos funcionan sin el menor problema, al igual que las bases de Rota y Morón.

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Cesáreo Rodríguez-Aguilera de Prat no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Cómo queda el tablero de la defensa europea tras el reajuste táctico de la OTAN en Ankara? – https://theconversation.com/como-queda-el-tablero-de-la-defensa-europea-tras-el-reajuste-tactico-de-la-otan-en-ankara-287217

¿Quiénes son ‘elles’? Género, gramática e inclusión

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Bravo, Profesor del Departamento de Lengua Española y Lingüística General, Universidad de Murcia

Andrey_Popov/Shutterstock

El lenguaje inclusivo –aquella forma de comunicar que busca incluir o visibilizar por razones de sexo– es motivo de debate frecuente entre quienes consideran necesario modificar las palabras que usamos para adaptarlas a una realidad cambiante y quienes defienden la corrección y el uso consensuado a lo largo de siglos de evolución.

Con lo que pasa es nosotras exaltante. Rápidamente del posesionadas mundo estamos hurra.

Así empezaba el microrrelato del escritor argentino Julio Cortázar Por escrito gallina una, en el que la sintaxis del español se contorsiona en boca de una gallina, tras ser alcanzada por un cohete. Y lo mismo podrían exclamar los defensores del uso del lenguaje inclusivo: ¡Hurra! Porque, a través de los sustantivos colectivos (alumnado, profesorado, el gobierno) y de los desdobles (juezas y jueces, azafatas y azafatos), este lenguaje inclusivo se promueve y defiende desde los poderes públicos.

Sin embargo, en ocasiones, el uso inclusivo del lenguaje se enfrenta a situaciones contradictorias. Por ejemplo, la aparición del morfema -e en sustantivos, adjetivos, artículos y pronombres. Este morfema, aunque se haya creado de la nada y sea muy reciente, es correcto gramaticalmente pero admite dos usos diferentes, con significados también diferentes y, aparentemente, excluyentes.

¿Neutro o no binario?

El primero de los usos lo vemos en las estructuras de desdoble, como en la afirmación de la exministra de Igualdad del Gobierno de España Irene Montero: “Todos los niños, niñas y niñes tienen derecho a ser quienes son”. O en el socarrón “azafatas, azafatos y azafates” del escritor y académico de la lengua Arturo Pérez Reverte. En estos casos, la -o hace referencia a las personas de sexo masculino, la -a a las personas de sexo femenino y la -e a las personas de género no binario. Y así debe interpretarse también en la frase “Eso lo opinan ellos, ellas y también elles”.

El segundo uso lo vemos en:

“Y recuerden amiguites: no estamos confundides, estamos muy segures” (…) “Así mismo queremos convocar a les colegues de toda la provincia de Buenos Aires”. (Ejemplos provenientes de las redes sociales).

La -e aquí ya no se refiere a personas de género no binario sino que se utiliza con intención inclusiva: comprende a colegas del sexo masculino y femenino. Lo que no podemos saber es si, además, comprende a personas de género no binario, aunque esto sea secundario.

¿Qué está pasando? Como vemos, el morfema -e ha desarrollado dos valores incompatibles entre sí: permite referirse a personas del género no binario, pero también a cualquier persona, sin diferenciar por el sexo, por lo que también suele entenderse como género neutro. El primero es un uso exclusivo. El segundo es un uso inclusivo. De aquí se derivan dos problemas, uno comunicativo y otro social.




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Un problema comunicativo y uno social

El problema comunicativo se manifiesta cuando no sabemos con cuál de los valores se está utilizando y, por lo tanto, no podemos estar seguros de lo que se dice. Es lo que sucede con el título La política de todes.

En plural es más frecuente el significado inclusivo, es decir, hace referencia a cualquier persona independientemente del sexo biológico; pero la línea de la editorial en la que este libro está publicado induce a pensar que estamos ante la segunda interpretación, la exclusiva (a las personas de género no binario).

En cuanto al problema social, se plantea porque el colectivo queer y, en general, todas aquellas personas que no se identifican con el género binario (hombre vs. mujer), quieren que este morfema -e se utilice exclusivamente con el significado que permite visibilizarlas. Para estos hablantes, todes en La política de todes dejaría fuera a las personas de género binario.




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Usos referenciales y atributivos

Si nos damos cuenta, con la terminación en -e se ha reproducido la misma situación que con la -o: para unos hablantes tiene valor inclusivo, y comprende a todos las personas independientemente de su sexo, mientras que para otros tiene valor exclusivo e identifica al referente por el sexo biológico, sea este masculino, para la -o, o no binario, para la -e.

En ambos casos, el mecanismo lingüístico que está operando es el mismo: estamos pasando de un uso atributivo o descriptivo a un uso referencial. Esta distinción se la debemos al filósofo y matemático Gottlob Frege y tiene que ver con la semántica, es decir, los significados que damos a las palabras.

Podemos hablar de un objeto o una persona de dos maneras: por sus propiedades o atributos generales (un hombre o una mujer cualquiera, en tanto que ser humano) o específicamente como referente (ese hombre específico en ese momento específico). En el primer caso hablamos de un uso atributivo; en el segundo, de un uso referencial.

La película Tienes un e-mail nos sirve para explicarlo. Mientras que Joe Fox es el mismo referente (uso referencial) siempre, cambia la manera en la que se presenta (uso atributivo) para Kathleen Kelly: como el competidor que amenaza su librería (Joe Fox) y como el amigo sensible de internet (NY152) y toda la película gira en torno a que, aunque sabe que Joe Fox es Joe Fox, ignora que es también NY152, hasta que ambos usos convergen.

Si pensamos en “les colegues de Buenos Aires” como cualquier colega, independientemente del sexo, que reside en Buenos Aires, estamos dando al morfema un uso atributivo e inclusivo. En cambio, si no tenemos en cuenta las propiedades sino la referencia, los sujetos específicos a los que nos queremos referir, el uso será referencial y nos estaremos refiriendo únicamente a aquellos colegas no binarios, exclusivamente los que son les y no los o las.

Un cambio en marcha

Desde la lingüística, tanto la -e en español como el pronombre they para el inglés son correctos gramaticalmente. Pero en este momento de la evolución de la lengua, coexisten los dos usos que hemos mencionado: el que distingue tres géneros gramaticales correspondientes a los géneros de las personas hombres, mujeres o no binarias; y un uso neutro y genérico referido a todos los sexos/géneros posibles.

Al mismo tiempo, la lengua mantiene el sistema más antiguo, que conserva -o como genérico. Esta coexistencia explica los problemas comunicativos que hemos visto.

Economía y abstracción

El sistema con tres géneros plantea algunas preguntas interesantes. Una de ellas es si desde el punto de vista de la economía del lenguaje es sostenible. En general, la palabra no es la cosa, es decir, la expresión la mesa no es una mesa, es un signo para referirnos a la realidad; no podemos referirnos a todas y cada una de las realidades. No tenemos una palabra para cada uno de los infinitos tipos de mesas que existen, y tenemos que recurrir a mecanismos lingüísticos para precisarlo (de tres patas, redondas, cuadradas…)

De la misma manera, cabría especular con que dentro del colectivo queer las personas trans no se identifiquen con la -e y quieran reivindincar un morfema propio. Podría añadirse otro morfema, que añadiría complejidad en el sistema. Las lenguas avanzan en fases o estadios; a veces soluciones distintas coexisten y solo el tiempo nos dirá cuál permanece. Aunque lo que sabemos es que los hablantes tienden a evitar este tipo de complejidad.

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Ana Bravo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Quiénes son ‘elles’? Género, gramática e inclusión – https://theconversation.com/quienes-son-elles-genero-gramatica-e-inclusion-281395

Escudo cuántico: ¿quién protege nuestros secretos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pino Caballero Gil, Catedrática de Universidad en Ciencias de la Computación e Inteligencia Artificial, Universidad de La Laguna

Nuestros secretos podrían quedar expuestos en cuanto aparezcan los primeros ordenadores cuánticos de gran potencia. Esta es la carrera contrarreloj que hoy libran las personas expertas en criptografía por la ciberseguridad en la era cuántica.

Han pasado 30 años desde que la coautora de este artículo publicó el primer libro en español dedicado íntegramente a la criptografía: Introducción a la criptografía (Editorial Ra-Ma, 1996). En aquel momento todo era nuevo, y la seguridad de la información, una disciplina exótica incluso en el entorno académico, invisible para el gran público. Por eso, un libro que llevaba en su título la palabra “criptografía” solo podía entenderse como un tratado sobre mensajes secretos del más allá. Aquella obra pionera, llena de algoritmos matemáticos, se mostraba en muchas librerías en las estanterías dedicadas a los fenómenos paranormales. Resulta paradójico que, tres décadas después, esa materia se haya convertido en el pilar que sostiene nuestra civilización digital.

Hoy, la seguridad online es tan importante como la seguridad a pie de calle. Los sistemas criptográficos consiguen sostener el sistema en una trepidante carrera contra quienes, a veces, consiguen hackearlos. Pero… ¿y en el futuro? La computación cuántica que se avecina, con un alcance casi ilimitado, ¿reforzará la seguridad o la pondrá en riesgo?

Asistimos, de nuevo, a una revolución en materia de ciberseguridad. Nos enfrentamos al auge de aquello que, hasta hace apenas una década, se consideraba casi ciencia ficción: la computación cuántica.

El ocaso de la criptografía actual

Imaginemos que la seguridad de casi todas nuestras comunicaciones, ya sean bancarias, por internet, correo electrónico, internet de las cosas, tarjetas inteligentes, etc., dejara de ser segura de repente. El caos generado sería de dimensiones colosales.

Eso podría fácilmente ocurrir dentro de unos pocos años si no se sustituyen urgentemente los dos algoritmos criptográficos más utilizados en todas las tecnologías actuales: el llamado RSA (siglas de Rivest, Shamir y Adleman, sus inventores) y los basados en curvas elípticas. En ambos casos, el funcionamiento se basa en dos claves: una pública y otra privada, conectadas mediante una función matemática unidireccional. Con la clave privada es muy fácil crear la clave pública, pero extremadamente difícil hacer lo contrario: conseguir la clave privada a partir de la pública. Esa dificultad se debe a que requiere resolver un problema matemático difícil, lo que hace que la contraseña sea segura.

Sin embargo, cuando haya un ordenador cuántico con capacidad suficiente para resolver esos problemas difíciles en poco tiempo, estaremos en peligro. Y ya existen los algoritmos cuánticos necesarios para comprometer la base de la criptografía de clave pública actual. Uno de ellos es el algoritmo de Shor.

Shor tiene la habilidad de encontrar patrones ocultos en los números. Esto le permite resolver los problemas de la factorización y del logaritmo discreto en los que se basa RSA, o los basados en curvas elípticas. Su viabilidad contra los algoritmos criptográficos de clave pública actuales está supeditada a desarrollos en la computación cuántica que aún no están del todo conseguidos. Es decir, ya existe el algoritmo, ahora falta la máquina. Hay dos obstáculos críticos: el número de cúbits y el control de la decoherencia cuántica. Esta última destruye la superposición antes de completar el cómputo, corrompiendo el resultado.

Uno de los chips cuánticos más potentes hoy en día tiene poco más de 1 100 cúbits físicos (con ruido y errores). Sin embargo, aunque teóricamente bastarían unos pocos miles de cúbits lógicos (sin ruido ni errores) para romper el cifrado RSA con 2 048 bits de clave, la fragilidad de los sistemas cuánticos actuales eleva la cifra necesaria hasta cientos de miles de cúbits físicos. Romper la criptografía elíptica con 256 bits de clave requiere un tercio de los recursos cuánticos necesarios para romper RSA-2048, pero tampoco es viable hoy en día.

Si el algoritmo de Shor compromete la criptografía de clave pública, otro algoritmo cuántico, el algoritmo de Grover (1996), puede utilizarse para poner a prueba la criptografía de clave secreta.

Grover y la clave secreta

En este tipo de criptografía, los participantes usan la misma clave secreta para cifrar y descifrar los mensajes. De hecho, el actual estándar de cifrado simétrico, presente en multitud de tecnologías, es el algoritmo AES (Advanced Encryption Standard).

El algoritmo de Grover es, en esencia, un algoritmo cuántico de fuerza bruta. Mientras que un ordenador clásico tendría que probar una a una cada posibilidad de clave secreta para intentar encontrar la correcta, el algoritmo de Grover se aprovecha de la superposición cuántica y el entrelazamiento entre cúbits para descubrir la clave de una manera mucho más rápida.

Sin embargo, la protección contra el algoritmo de Grover es muy sencilla: basta con duplicar el tamaño de la clave, sin necesidad de cambiar el algoritmo de cifrado. Por el contrario, el algoritmo de Shor nos obliga a buscar alternativas matemáticas completamente nuevas, que fundamentan la criptografía postcuántica.

Aunque todavía no existen ordenadores cuánticos suficientemente potentes como para ejecutar los algoritmos de Shor y Grover contra los tamaños de claves criptográficas actuales, ya podemos afirmar que no estamos a salvo, pues se están interceptando y almacenando datos cifrados con la intención de descifrarlos cuando exista un ordenador cuántico capaz de vulnerar esos sistemas criptográficos. Este tipo de estrategia se conoce como “harvest now, decrypt later” (“cosechar ahora, descifrar después”).

Si seguimos utilizando criptografía que no está preparada para resistir ataques cuánticos, nuestros secretos actuales serán descubiertos en cuanto aparezcan los primeros ordenadores cuánticos de gran potencia.

Transición postcuántica

Cambiar todas nuestras tecnologías hacia una criptografía resistente a la computación cuántica representa una de las mayores transformaciones de infraestructura en la historia de la ciberseguridad moderna. Este movimiento global busca proteger nuestras comunicaciones digitales frente a la amenaza cuántica. Para lograrlo, pueden adoptarse tres enfoques: utilizar exclusivamente computación clásica, emplear tecnologías cuánticas o combinar ambas. En el primer caso hablamos de criptografía postcuántica; en el segundo, de criptografía cuántica; y en el tercero, de criptografía híbrida cuántica.

Para anticiparse al escenario de vulnerabilidad que plantea la computación cuántica, el Instituto Nacional de Estándares y Tecnología de Estados Unidos (NIST, por sus siglas en inglés) inició en 2016 un proceso de estandarización sin precedentes para seleccionar los algoritmos de criptografía postcuántica que protegerán nuestras infraestructuras digitales en las próximas décadas.

Tras años de evaluación y escrutinio, y un concurso científico internacional, en agosto de 2024 publicó los primeros estándares oficiales de criptografía postcuántica.

La seguridad de los algoritmos estándares postcuánticos se fundamenta en que, aunque están diseñados para ejecutarse en ordenadores clásicos, se basan en problemas matemáticos que, según el conocimiento actual, resisten tanto ataques clásicos como cuánticos.

El núcleo de esta nueva generación de algoritmos se apoya principalmente en la criptografía basada en retículos. Los estándares ML-KEM (derivado de CRYSTALS-Kyber) para el cifrado y ML-DSA (derivado de CRYSTALS-Dilithium) para firmas digitales sustituyen los problemas numéricos tradicionales de la factorización y el logaritmo discreto por estructuras geométricas en espacios de cientos o miles de dimensiones. Mientras que los ordenadores cuánticos destacan en la búsqueda de periodicidades numéricas, no se conoce actualmente ningún algoritmo cuántico o clásico eficiente capaz de resolver estos problemas de retículos de alta dimensión.

Sin embargo, la adopción de estos estándares plantea retos técnicos significativos. Las claves y firmas postcuánticas suelen ser considerablemente más grandes que las clásicas, lo que obliga a actualizar protocolos de red y optimizar el almacenamiento. No obstante, la publicación de estos estándares en 2024 marcó el inicio de la era de la llamada criptoagilidad o capacidad de actualizar rápidamente los sistemas criptográficos ante nuevos avances científicos.

Escudo cuántico

Si la computación cuántica está llamada a ser el arma definitiva para vulnerar los sistemas de cifrado actuales, resulta natural y necesario buscar en las mismas leyes de la física una línea de defensa. La distribución cuántica de claves (QKD, por sus siglas en inglés) se alza como una de las aplicaciones más maduras y prometedoras de las tecnologías cuánticas aplicadas a la ciberseguridad. Es un método de comunicación cuántica que permite a dos partes generar de forma segura una clave secreta compartida y aleatoria. La QKD aprovecha las leyes de la mecánica cuántica para establecer las bases de una seguridad teórica perfecta garantizando que cualquier intento de interceptación sea físicamente detectable debido a la perturbación de un sistema al ser medido y al teorema de no clonación.

Sin embargo, el despliegue de la QKD a escala global se enfrenta a desafíos prácticos, como los elevados costes de implementación, las limitaciones de alcance físico de la fibra óptica y la compleja integración con las infraestructuras de red ya existentes.

Este escenario ha impulsado el desarrollo de arquitecturas híbridas bajo el paradigma de la criptoagilidad, que permite combinar criptografía tradicional (como el actual estándar AES), criptografía postcuántica (como los estándares postcuánticos del NIST) y criptografía cuántica basada en QKD allí donde sea viable. Esta simbiosis dota a las organizaciones de una resiliencia tecnológica que evita la dependencia exclusiva de una única solución emergente.

En estos días, el catálogo de criptografías primitivas se extiende hacia protocolos que aseguran la identidad y consiguen niveles de eficiencia impensables con la criptografía tradicional.

Entre ellos destacan las firmas digitales cuánticas, que garantizan la autenticidad y no repudio de los mensajes mediante las leyes de la física. Las pruebas cuánticas de conocimiento nulo y la autenticación cuántica de identidad ofrecen soluciones robustas y seguras para autenticar la identidad sin revelar ningún tipo de información sobre la clave privada del usuario. Por último, una de las fronteras más prometedoras es el bloqueo de datos cuánticos, que permite proteger volúmenes masivos de información mediante claves extremadamente cortas. Estas son las soluciones en las que trabajamos. A día de hoy, completan un ecosistema donde la física blinda las comunicaciones futuras.

En paralelo, trabajamos en el aprendizaje automático cuántico (QML, Quantum Machine Learning). El QML es una disciplina que fusiona la computación cuántica con el aprendizaje automático clásico para procesar grandes cantidades de información. Aunque todavía se encuentra en una fase exploratoria, estos modelos podrían identificar patrones de amenaza que resultan invisibles para la inteligencia artificial clásica.

Finalmente, dado que el mantenimiento de hardware cuántico propio es extremadamente costoso y complejo, la computación cuántica en la nube se ha consolidado como la forma más práctica y eficiente de acceder a estos recursos. Este modelo democratiza el uso de procesadores cuánticos reales sin necesidad de grandes inversiones en infraestructura física. Esto favorece el prototipado rápido de nuevas soluciones de seguridad y fomenta una investigación colaborativa global, indispensable para anticiparse a los ataques.

Geopolítica de la cuántica

La investigación en cuántica ha dejado de ser un nicho académico para transformarse en un asunto estratégico que redefinirá el poder mundial en el siglo XXI. Las potencias ya compiten por el control de lo que se perfila como la próxima infraestructura crítica mundial, con un impacto comparable al del petróleo.

Estados Unidos y China lideran esta carrera cuántica. El ecosistema estadounidense se basa en una simbiosis descentralizada entre respaldo estatal y sector privado. Gigantes como IBM, Google y Microsoft lideran la inversión, dominando el panorama de las patentes en software y hardware cuántico.

China, por el contrario, se enfoca hacia una estrategia centralizada y sin inversión privada, aunque con niveles de inversión pública que superan a los de Estados Unidos. Apuesta por la computación cuántica y ha tomado la delantera en comunicaciones cuánticas seguras mediante satélites, una ventaja decisiva en ciberdefensa y espionaje.

Europa, pese a su excelencia académica y programas como la Estrategia de la Europa Cuántica (Comisión Europea, 2025), se enfrenta a la fragmentación de sus mercados y a un menor flujo de capital privado.

La hegemonía cuántica representa una carrera hacia una nueva forma de poder. La nación que domine su tecnología y aplicaciones tendrá una capacidad de influencia sin precedentes. La soberanía cuántica será un factor determinante en las alianzas y conflictos internacionales del futuro.


Este artículo se publicó originalmente en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Escudo cuántico: ¿quién protege nuestros secretos? – https://theconversation.com/escudo-cuantico-quien-protege-nuestros-secretos-283304