Canadian Prime Minister Mark Carney is having a moment.
While every leader in the world has to grapple with the abrupt and arbitrary decision-making of United States President Donald Trump, few have had to do so with such highstakes as America’s neighbour and ostensible ally to the north.
With more than two-thirds of Canadian exports bound for the US, bilateral trade is a matter of economic life and death for Canada. Since his return to office in January 2025, Trump has made repeated references to Canada becoming America’s “51st state” in an effort to put economic and political pressure on its northern neighbour.
Despite this, Carney has met the challenge with rare candour.
In his recent speech at this year’s World Economic Forum in Switzerland, Carney gave the world a word for the transformations now underway, describing a “rupture” in the international rules-based order.
The speech was remarkable in its honesty on other fronts, as well. Effectively, Carney acknowledged what everyone knows, but no one in a position of power has previously admitted: even before Trump’s return to the White House for a second term, the US-led liberal international order was deeply unfair in its distribution of prosperity and security.
In many ways, his background and present role give him unique credibility in the eyes of the wealthy and powerful who gather each year at Davos.
Born and raised in northern and western Canada, Carney’s academic and professional career played out on a larger stage. Following a PhD in economics at the University of Oxford in 1995, he pursued a career in finance and banking that took him to the heights of both the private and public financial world.
After more than a decade working at the American multinational investment bank Goldman Sachs, Carney entered Canadian public service, eventually becoming governor of the Bank of Canada in 2008 under Conservative Prime Minister Stephen Harper. He went on to become the first non-British head of the Bank of England, serving in that role from 2013-2020.
His governorships coincided with tumultuous times in both countries, spanning the sub-prime financial crisis, Brexit and the early days of the COVID pandemic. While not without criticism, Carney’s performance in both countries won significant acclaim, leading to other internationalleadership roles.
By early 2025, Carney threw his hat in the ring to replace Canada’s beleaguered Liberal Prime Minister Justin Trudeau, who was trailing badly in public opinion polls. Carney won that race convincingly, and shortly after led the revived Liberals to a narrow but definitive victory over the Conservatives in a federal election in April 2025.
The party’s stunning come-from-behind victory was fuelled significantly by Trump’s 51st state talk and other forms of coercion.
Commanding respect
Carney has a remarkable CV by any measure. He has moved from the heights of academia to business, finance and finally, government. In politics, he’s been successful in both Liberal and Conservative political environments. That broad credibility ensured that when he spoke from the podium at Davos about a rupture in an already unequal global political system, his words would be taken seriously.
Carney’s role as prime minister of Canada has also played a role in making him the poster boy of a global anti-Trump movement. Since Trump’s return to office, Canada has been on the front lines of America’s movement away from long-held alliances towards a more mercurial, coercive and even predatory foreign policy.
As Carney visits the Pacific Rim, including a stop in Australia, there’s no question he’s put himself — and Canada — in the global spotlight for his handling of Trump.
His speech in Davos sketched out a vision of an alternate global order that Canada and other like-minded countries might collectively pursue as a defence against the chaotic and unstable world unleashed by Canada’s former friend and ally. However, that rhetoric is not yet reality.
Accordingly, on his visit to India, Japan and Australia, Carney is looking to find partners for that vision. He’s seeking opportunities to improve relations, expand trade and cooperate on issues of Pacific security.
The old world order is not coming back. What Carney achieves in his foray to the Pacific Rim may help determine what new order, if any, emerges in its place.
Stewart Prest does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, chef suprême de l’Iran, le 28 février 2026, marque la fin d’une ère politique dans ce pays du Moyen-Orient. Khamenei a été tué lors de frappes aériennes américaines et israéliennes sur la capitale iranienne, Téhéran. Ces attaques ont déclenché une guerre impliquant de nombreux pays du Moyen-Orient.
La Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge, qui relient l’Afrique et le Moyen-Orient, sont liées par un réseau dense d’interactions militaires, politiques et économiques. Toute crise sur une rive peut rapidement se répercuter sur l’autre. Dans cette zone se trouvent la Somalie, l’Érythrée, le Yémen, le Soudan, l’Éthiopie et Djibouti. Ils bordent ainsi l’un des corridors commerciaux et géopolitiques les plus importants au monde.
Mais les conséquences de la mort de Khamenei pourraient être moins dramatiques que beaucoup ne le pensent. En effet, le pouvoir en Iran est réparti entre des institutions et des élites chargées de la sécurité capables de préserver la continuité du régime.
La Corne de l’Afrique et la mer Rouge
L’Iran n’est pas un nouvel acteur dans cette région. Au cours des années 1990 et 2000, Téhéran a noué des liens sécuritaires et économiques avec plusieurs pays, notamment le Soudan, afin de s’implanter le long de la mer Rouge.
L’influence de l’Iran a toutefois reculé au cours des années 2010. Les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont alors renforcé leur présence diplomatique, financière et militaire.
En tant que politologue ayant étudié la sécurité au Moyen-Orient et en Afrique, je suis depuis des années l’engagement régional de l’Iran. De mon point de vue, les événements en Iran et dans le Golfe ont une grande importance pour les pays africains, car les conflits, les flux d’armes et les rivalités peuvent facilement s’étendre au-delà des frontières de cette région stratégique commune.
Trois dynamiques interdépendantes déterminent la manière dont la mort de Khamenei affecte la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.
Premièrement, l’influence de Téhéran dans cette région a diminué au cours de la dernière décennie. Le Yémen fait exception : l’Iran y soutient le mouvement houthi, qui a déjà attaqué des navires liés à Israël.
Deuxièmement, la manière dont ce dernier conflit a été déclenché et s’est intensifié pourrait être plus importante que le changement de leadership à la tête de l’Iran. Cela pourrait contribuer à un affaiblissement généralisé des tenants de la ligne modérée.
Troisièmement, le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), la puissante force militaire iranienne, devrait jouer un rôle central dans la transition post-Khamenei.
Cela revêt une importance particulière pour la Corne de l’Afrique et la mer Rouge. L’engagement de l’Iran dans cette région repose en grande partie sur des méthodes non conventionnelles. Les manœuvres navales en sont un exemple, comme le déploiement à long terme dans la mer Rouge du navire iranien Saviz, qui a servi de plate-forme logistique et de renseignement. Le pays a également déployé des conseillers militaires et mis en place des réseaux d’armes pour acheminer les armes iraniennes.
Tout futur dirigeant étroitement aligné sur les gardiens de la révolution est susceptible de continuer à utiliser ces outils peu coûteux.
En ce sens, la continuité l’emportera probablement sur la rupture. Les ambitions de l’Iran sont encadrées par une évaluation lucide des contraintes que la guerre en cours pourrait renforcer.
L’évolution des priorités de l’Iran
Depuis la révolution de 1979, l’Iran se considère comme une puissance moyenne ayant des ambitions légitimes à la prééminence régionale. La mer Rouge et la Corne de l’Afrique ont progressivement été intégrées à l’espace stratégique élargi de l’Iran.
Après la consolidation du régime, promue par l’ayatollah Ruhollah Khomeini, qui a dirigé l’Iran jusqu’à sa mort en 1989 et a été remplacé par Ali Khamenei, cette ambition stratégique de l’Iran s’est progressivement concrétisée.
L’objectif était d’étendre le périmètre de sécurité de l’Iran au-delà de ses frontières grâce à des alliances, des proxys (des partenaires non étatiques) et des engagements à faible coût.
Dans les années 2000, l’Iran a noué des liens étroits avec le Soudan et l’Érythrée.
Il a établi des points d’accès navals dans ces deux pays et a utilisé des outils de soft power, tels que l’aide au développement et les réseaux religieux. Il considérait le détroit de Bab al-Mandeb, situé entre le Yémen et Djibouti, comme essentiel pour contrer l’influence saoudienne et israélienne et maintenir des routes commerciales alternatives.
Les limites de cette expansion sont toutefois apparues au grand jour.
Les ambitions de l’Iran se sont rapidement heurtées à la réalité. L’économie du pays a été affaiblie par les sanctions liées à son programme nucléaire et le retrait américain de l’accord nucléaire de 2015.
Pendant ce temps, le pouvoir politique est resté fragmenté entre des institutions concurrentes. Les pressions internes, notamment les difficultés économiques et les mouvements de protestation périodiques, se sont intensifiées. L’instabilité dans les États voisins tels que l’Irak, la Syrie et le Yémen a rendu coûteuse et incertaine toute projection de puissance régionale à long terme.
Après 2015, l’Arabie saoudite a renforcé son engagement dans la Corne de l’Afrique, grâce à l’aide financière, aux pressions diplomatiques et la coopération militaire liée à la guerre au Yémen.
À la recherche d’un soutien logistique le long de la mer Rouge et dans le but de contrer l’influence de l’Iran près du détroit de Bab el-Mandeb, l’Arabie saoudite a renforcé ses liens avec les gouvernements régionaux. Cela a incité le Soudan, Djibouti et l’Érythrée à rompre ou à réduire leurs relations avec Téhéran. Ils se sont effectivement alignés sur l’Arabie saoudite et ses alliés. L’Iran a ainsi réorienté ses ressources vers des théâtres de guerre jugés plus prioritaires, tels que l’Irak, la Syrie et le Yémen.
Depuis une décennie, la présence de Téhéran dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge est donc devenue plus sélective et opportuniste. L’Iran s’est appuyé sur des leviers indirects, tels que les opérations houthistes, plutôt que sur une expansion directe.
La mort de Khamenei devrait renforcer cette tendance plutôt que de l’inverser. En fait, l’issue de la guerre actuelle et le début d’un processus de succession délicat pourraient inciter Téhéran à adopter une approche encore plus prudente à l’étranger.
Fragilité croissante
Même si un changement à la tête de l’Iran ne modifiera peut-être pas son approche vis-à-vis de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique, les dynamiques qui ont conduit au récent conflit pourraient avoir un impact sur la région.
L’ampleur et la visibilité de l’attaque israélo-américaine – et la riposte directe de l’Iran – sont le signe d’un phénomène plus profond : la fragilisation des seuils du recours à la force.
L’Iran ne se contente plus de gagner du temps et à éviter une confrontation directe tout en limitant la marge de manœuvre de ses rivaux.
Cela pourrait marquer le début d’une période où « tout est permis ».
Les acteurs régionaux, des États du Golfe aux gouvernements locaux, pourraient se sentir de plus en plus légitimés à contourner les normes de sécurité établies. La mer Rouge est déjà devenue une un espace très disputé. Les puissances extérieures y projettent leurs forces. Les États locaux exploitent ces rivalités. Le redéploiement des forces déclenché par la guerre en Iran aura des répercussions dans toute la région.
Dans un tel contexte, caractérisé par de multiples hiérarchies, même un affaiblissement des capacités iraniennes pourrait avoir des répercussions.
En d’autres termes, la question n’est pas de savoir si l’Iran va soudainement s’étendre en Afrique de l’Est. Il s’agit plutôt de savoir si le climat régional va évoluer vers moins de restrictions et une plus grande acceptation des outils coercitifs.
Si l’escalade devient la norme au cœur du Moyen-Orient, l’espace le plus interconnecté de la région, les répercussions pourraient se faire sentir jusqu’à la Corne de l’Afrique.
Incertitude à court terme
La mort de Khamenei pourrait provoquer une incertitude à court terme, mais la continuité devrait prévaloir à long terme.
Au fil du temps, Téhéran a adopté ce que l’on peut appeler une doctrine de « défense réaliste » : la dissuasion par une forte présence indirecte, mais à moindre coût et avec moins de risques.
La vision iranienne des relations internationales comme un jeu à somme nulle – où le gain d’un acteur implique la perte d’un autre – et sa volonté de réduire l’influence de ses rivaux ne sont pas seulement le résultat d’héritages personnels. Elles sont plutôt profondément ancrées dans l’identité du pays.
Pour la Corne de l’Afrique, cela signifie que Téhéran devrait rester un acteur secondaire mais constant. Il devrait être suffisamment actif pour entraver les stratégies de ses rivaux, mais suffisamment modéré pour éviter les engagements majeurs.
Federico Donelli est affilié à l’Institut italien d’études politiques internationales (ISPI), à l’Institut nordique pour l’Afrique (NAI) et à l’Institut Orion pour les politiques publiques (OPI).
Source: The Conversation – Africa – By Francois Vreÿ, Research Coordinator, Security Institute for Governance and Leadership in Africa, Stellenbosch University
Given that the global economy is maritime based and rests on secure and predictable flows of goods by sea, the armed attacks on Iran and their maritime spillovers sharply underlined the vulnerability of global maritime trade and its value, which is embedded in safe and predictable deliveries of goods in the interconnected global system.
Although armed attacks caught much of the attention, a more subtle development was playing out as shipping lines and insurers again contemplated the convenience of the Cape sea route around the southern tip of Africa.
Military hostilities and insurance risk suspensions added to uncertainty and bottle-necked carriers inside and outside the Persian Gulf. This high-risk scenario again escalated the importance of the Cape sea route as a convenient alternative should hostilities widen. Iran, for example, also fired missiles towards Cyprus in the eastern Mediterranean while a US submarine sank an Iranian naval frigate in the Indian Ocean south of Sri Lanka.
Based on a widening of the conflict, it is possible that the events of March 2026 could mark a turning point in how the Cape sea route is seen. Dangerous confrontations that force shipping companies to sail along the route are increasing in frequency. Instead of simply being the standing default for diverting risks to global shipping in the north-western Indian Ocean, the route is rapidly becoming the new normal for shipping flows.
I have studied maritime security events off Africa for more than 15 years, and it appears to me that the constant re-routing now calls for less ad hoc decision-making about risks and opportunities. It calls for a rethink about how the route is viewed and managed. For example, it is in the interests of shipping companies, crews and stakeholders to ensure a safe alternative route around Africa that can also guarantee a good standard of shipping and delivery of goods.
That requires paying close attention to the risks associated with the route, and how they can be mitigated.
African countries, and particularly South Africa with its Atlantic and Indian Ocean ports and service hubs, must become partners in ensuring a sea route of choice amid a shifting and insecure global security landscape with its maritime spillovers.
The Cape route’s value in history
Until the inauguration of the Suez Canal in November 1869, the Cape sea route was the only viable route for maritime traffic sailing between the Atlantic and Indian Oceans and onwards to the Pacific Ocean.
The Suez Canal shortened the distance for shipping, but it wasn’t a perfect solution. In 1956, 1967 and 1973, Arab-Israeli Wars caused lengthy shutdowns of the Suez Canal.
After the 1967 war, the canal remained closed for about eight years, trapping commercial vessels in its waters. Later developments also disrupted shipping through the Suez Canal and the Red Sea.
Around 2008, sea piracy resurfaced as a dangerous threat to commercial shipping off the Horn of Africa. The arrival in 2008 of an international armada of an estimated 30-40 naval vessels operating under UN Resolution 1816 contained the threat. The intervention prevented the route through the Gulf of Aden and Suez Canal from becoming a piracy haven.
But shipping remained vulnerable and despite the naval deployment, shipping companies intermittently diverted large flows past the Cape.
During March 2021 the container vessel Ever Given blocked the Suez Canal for several days due to a combination of climatic conditions and human failure. This incident demonstrated that war and armed conflict are not the only risks to shipping in this region. Again, some shipping was diverted around South Africa.
By 2024, in solidarity with the Palestinian cause, the Houthi rebel movement in Yemen began attacking selected commercial vessels passing through the southern Red Sea. Extensive attacks with missiles, drones and unmanned seaborne vessels again rerouted ships southward around the Cape of Good Hope.
This rerouting persisted for most of 2024. Shipping companies had to choose between:
risking Houthi missiles and drones
being escorted by naval vessels from the US, the UK and the EU
Duration, costs, services and sea conditions add up to a different risk repertoire along the Cape route.
One risk is the extra loss of containers; sea conditions can be very rough around the tip of Africa. This carries heavy financial and environmental costs.
A second risk relates to support along the route, which adds up to 15 days to a journey. For example, there are limited deep sea salvaging capabilities on the route. South Africa used to be a salvage hub, but has abandoned those capabilities.
The first plan should be extensive cooperation between African governments, their maritime agencies, and shipping companies. This remains the gold standard for building maritime security to contain non-traditional and non-naval threats along the route.
For example, there needs to be international cooperation for modernisation and port service delivery. These range from bunkering services to salvage assistance to collaboration on search and rescue services.
Responses do not solely depend on naval interventions. However, naval cooperation and roping in coast guards remain critical. This requires that African maritime agencies become better organised to secure the route to support safe global trade, including trade with Africa.
Derisking cannot be a solely South African responsibility. Maritime safety and security are about cooperation and partnerships. For the Cape sea route this implies African partnerships as well, intra-continental and with other international partners.
Francois Vreÿ received funding from the Friedrich Naumann Stiftung for Freedom in 2022 and 2023.
The news of the passing of Ghanaian highlife star Ebo Taylor on 7 February 2026 felt less like the loss of a public musical figure and more like the closing of a living chapter of Ghanaian musical knowledge. To many, he was a legendary guitarist, composer, arranger, and ambassador of Ghanaian highlife music.
Highlife music is a homegrown Ghanaian popular dance-music, believed to have emerged along the west African coast in the late 19th century. It fuses indigenous musical elements with those of the west. Several styles that characterise it include brass and regimental influenced adaha and its konkoma variants, guitar influence and the “swing” dance bands which were popular with the then emerging local elite. These styles have become the bedrock of today’s popular musical styles.
Ebo Taylor was a custodian of Ghanaian popular musical thought, of ensemble ethics (playing music in a group), and of what it meant to live inside music as a craft and community. His mentorship shaped my musical life as an ethnomusicologist and as a musician in the palmwine genre.
I first encountered him as part of the pioneering guitar class at the University of Ghana in the early 2000s. For the next few years he shaped how I played guitar, how I listened, how I arranged, and how I understood the responsibilities of being in a band. Much of what I do today in my highlife ensemble traces directly back to those encounters.
Deroy Ebo Taylor’s life in music was inevitable and self-fashioned. He was born on 7 January 1936 in the city of Cape Coast in southern Ghana into a musical environment shaped by church and community music-making. His formal education revolved around music as practice, as his father was a known choirmaster and church organist.
By his late teens in Cape Coast, he was already involved in the dance band culture that would become the backbone of modern Ghanaian popular music. This was the time when “swing” dance band highlife was popular with many Ghanaians. Bands like the Stargazers Dance Band, the Broadway Dance Band and Tempos Dance Band would provide the sounds that shaped Ghana’s fight for independence. These sounds deepened his resolve to be a musician. He often told stories of how he would break school rules to watch or, later, perform with some of the local bands in Cape Coast.
His early music was shaped by the formal instruction he received from his father and his music teacher at secondary school (St Augustine’s College), as well as his peers and eventually the various bands he played in.
Taylor later deepened his theoretical and arranging knowledge through formal studies in London at the Eric Gilder School of Music in the early 1960s. That period placed him within a broader Black Atlantic musical conversation. It connected him to Ghanaian musicians who would later shape African popular music globally. These included saxophonist Teddy Osei and drummer Sol Amarfio, who were members of what would become the globally remowned Osibisa, and contemporaries like Nigerian music star and activist Fela Kuti, who were similarly navigating jazz, highlife and emerging African popular forms.
Highlife pioneer
When he returned to Ghana, he worked with bands, recording studios, and particularly the pioneering Ghanaian label Essiebons Records. It was with Essiebons that his creative genius became widely recognised by Ghanaians, as he contributed in shaping the sound that has become known as highlife from the 1970s. He worked with great Ghanaian musicians like Pat Thomas, C.K. Mann and Gyedu-Blay Ambolley.
His fingerprint could be heard on the songs he worked on, especially in his trademark guitar phrasing and tone, and in his horn arrangements. These included My Love and Music, Love and Death and Atwer Abroba. Some of these songs have been introduced to contemporary global audiences by being sampled by artists including the Black Eyed Peas, Jidenna, Kelly Rowland and Vic Mensa.
Scholars of highlife, including John Collins and Mark Millas Fish, have emphasised the centrality of arranger-bandleaders such as Taylor in shaping modern Ghanaian dance band music. His compositional practice, as I observed it, was quite casual with a deeper sense of reflection.
Taylor’s achievements were honoured domestically and globally. In 2014 he received a Lifetime Achievement Award.
Reflections of a mentee
For those of us who had the privilege of being his students, his greatest legacy was how he imparted knowledge to us. In his classes, he embraced us as the next generation of musicians who would be responsible for carrying the highlife tradition forward. He gave us an understanding of palmwine guitar, how to play the intricate rhythms with relative ease, and how to leave spaces for the voice to tell the stories that were meant to be told.
Today, I model my ensemble pedagogy around some of these ideals Ebo Taylor instilled in us and, as much as possible, I collaborate with professional musicians who come in to engage with my students when their time permits.
His passing marks the closing of yet another library. But we will continue to hear his voice in the numerous songs he shared with us and in those of us who are building on the knowledge he passed down.
Eric Sunu Doe does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
Los medicamentos GLP-1, cada vez más accesibles y asequibles, también podrían estar al alcance de la mano si se demuestra su eficacia para el tratamiento del consumo de sustancias.Michael Siluk/Universal Images Group via Getty Images
Uno de mis pacientes, un veterano que había intentado dejar de fumar durante más de una década, me contó que, tras empezar a tomar un medicamento GLP-1 para su diabetes, perdió el interés por los cigarrillos. No utilizó parches. Tampoco eligió una fecha para dejarlo. Simplemente perdió el interés. Ocurrió sin esfuerzo.
Otro paciente que tomaba uno de estos fármacos para perder peso me explicó que el alcohol había perdido su atractivo, después de años de intentos fallidos por dejarlo.
Personas que luchan contra muchas adicciones, desde los opioides hasta el juego, están compartiendo experiencias similares en la consulta del médico, en las redes sociales y en las sobremesas familiares. Ninguno de ellos comenzó a tomar estos medicamentos para dejar de consumir.
Lo llamativo es que este patrón de personas que pierden sus ansias por una amplia gama de sustancias adictivas no tiene precedentes en la medicina.
El “ruido de la comida” desaparece
Las personas que toman medicamentos GLP-1 a menudo hablan de la desaparición del “ruido de la comida”; es decir, la constante charla mental sobre la comida que dominaba sus días se silenciaba. Es más, mis pacientes contaban que no se trataba solo de la comida: el interés por fumar, beber y consumir drogas, que hace que las personas vuelvan a caer a pesar de sus mejores intenciones de dejarlo, también se estaba silenciando.
Como médico cuyos pacientes suelen tomar medicamentos GLP-1, y como científico que trabaja para responder a cuestiones urgentes de salud pública, soy consciente de que muchas adicciones no tienen un tratamiento aprobado. Los pocos medicamentos que existen están muy infrautilizados y ninguno funciona con todas las sustancias. La idea de que un fármaco que ya toman millones de personas pudiera lograr lo que ningún otro tratamiento contra la adicción ha hecho antes es demasiado importante como para ignorarla.
Los fármacos GLP-1 parecen inhibir el deseo de consumir varias sustancias diferentes en múltiples modelos animales. Por ejemplo, los roedores a los que se les administran fármacos GLP-1 beben menos alcohol, se autoadministran menos cocaína y muestran menos interés por la nicotina. Cuando los investigadores administraron semaglutida a monos verdes vervet, unos primates que beben alcohol voluntariamente, los animales bebieron menos sin mostrar signos de náuseas ni cambios en la ingesta de agua. Esto sugiere que el fármaco redujo el valor de recompensa del alcohol.
Diseñamos un estudio que aplicaba el rigor de los ensayos controlados aleatorios, el estándar de referencia en medicina, a datos del mundo real. Comparamos a las personas que comenzaron a tomar medicamentos GLP-1 con las que no lo hicieron, ajustando las diferencias en el historial médico, la demografía y otros factores. Y seguimos a ambos grupos durante tres años.
Mi equipo y yo nos planteamos dos preguntas. En primer lugar, en el caso de las personas que ya luchaban contra la adicción, ¿los medicamentos reducían las sobredosis, las hospitalizaciones relacionadas con las drogas y las muertes? Y en el caso de las personas sin antecedentes de trastorno por consumo de sustancias, ¿los fármacos GLP-1 disminuían el riesgo de desarrollar uno con todas las principales sustancias adictivas (alcohol, opioides, cocaína, cannabis y nicotina)?
Lo que descubrimos fue sorprendente. En el grupo que ya luchaba contra la adicción, hubo un 50 % menos de muertes por consumo de sustancias entre las personas que tomaban medicamentos GLP-1 en comparación con las que no los consumían. También encontramos un 39 % menos de sobredosis, un 26 % menos de hospitalizaciones relacionadas con las drogas y un 25 % menos de intentos de suicidio. En tres años, esto se tradujo en aproximadamente 12 eventos graves menos en total por cada 1 000 personas que tomaban medicamentos GLP-1, incluidas dos muertes menos.
Reducciones de esta magnitud son poco frecuentes en la medicina de las adicciones. Lo más notable es que el hallazgo proviene de medicamentos diseñados inicialmente para la diabetes, que luego se reutilizaron para la obesidad y que no fueron concebidos para tratar la adicción.
Ozempic para prevenir el desarrollo de adicciones
Los fármacos también parecían prevenir el desarrollo de la adicción desde el principio. Entre las personas sin antecedentes de trastorno por consumo de sustancias, las que tomaban fármacos GLP-1 tenían un 18 % menos de riesgo de desarrollar un trastorno por consumo de alcohol, un 25 % menos de riesgo de trastorno por consumo de opioides y aproximadamente un 20 % menos de riesgo de dependencia de la cocaína y la nicotina. En tres años, esto se tradujo en aproximadamente seis o siete nuevos diagnósticos menos por cada 1 000 usuarios de GLP-1.
Con decenas de millones de personas que ya utilizan fármacos GLP-1, la reducción de las muertes, las sobredosis, las hospitalizaciones y los nuevos diagnósticos podría traducirse en miles de eventos graves evitados cada año.
Los fármacos GLP-1 son el primer tipo de medicación que muestra beneficios potenciales en múltiples tipos de sustancias simultáneamente. Y a diferencia de los medicamentos para la adicción existentes, que son recetados por especialistas y siguen estando muy infrautilizados, los medicamentos GLP-1 ya son prescritos a gran escala por los médicos de atención primaria. El sistema de distribución para llegar a millones de pacientes ya existe.
La consistencia de la eficacia del GLP-1 en el alcohol, los opioides, la cocaína, la nicotina y el cannabis sugiere que estos fármacos pueden actuar sobre una vulnerabilidad común subyacente a la adicción, y no sobre una vía específica de una sustancia concreta. Si se confirma, esto representaría un cambio fundamental en la forma en que la sociedad entiende la adicción y en cómo la tratan los médicos.
Sin embargo, aún quedan algunas preguntas sin respuesta sobre cómo afectarían estos compuestos a la adicción. Muchas personas que consumen fármacos GLP-1 para tratar la obesidad o la diabetes los dejan de tomar; después, su apetito suele volver y recuperan el peso que habían perdido. Se desconoce si se produciría el mismo efecto rebote con la adicción y qué significaría para una persona en recuperación enfrentarse de nuevo al torrente de ansias. Tampoco está claro si los beneficios persisten tras años de uso continuo o si el cerebro se adapta de forma que atenúa esos efectos.
Además, dado que los fármacos GLP-1 actúan sobre el circuito de recompensa del cerebro –que controla no solo el deseo, sino también la motivación diaria–, su uso prolongado podría, en teoría, atenuar la motivación en algunas personas. Si eso afectaría a la iniciativa, el espíritu competitivo o el rendimiento en el trabajo es algo que, de momento, ignoramos.
Las investigaciones cada vez más numerosas, así como los casos de éxito en la vida real, pintan un futuro brillante para el uso de los fármacos GLP-1 en el tratamiento de las adicciones.
¿Qué vendrá después?
Los fármacos GLP-1 no han sido aprobados para el tratamiento de la adicción y aún no hay pruebas suficientes para recetarlos únicamente con ese fin. Sin embargo, para millones de personas que ya están sopesando la posibilidad de empezar a tomar un fármaco GLP-1 para la diabetes, la obesidad u otra indicación aprobada, es un factor más que vale la pena tener en cuenta.
Un paciente con diabetes que también está tratando de dejar de fumar podría optar razonablemente por un fármaco GLP-1 en lugar de escoger otro medicamento para reducir la glucosa. No porque esté ya aprobado para dejar de fumar, sino porque puede ayudarle a dejarlo, un beneficio que otros compuestos terapéuticos para la diabetes no ofrecen. Y lo mismo se aplica a las personas con obesidad que también luchan contra el alcoholismo.
Si ensayos adicionales confirman que su capacidad para reducir eficazmente el deseo de consumir sustancias adictivas, estos fármacos podrían empezar a cerrar una de las brechas terapéuticas más importantes de la medicina. Y el avance más prometedor en materia de adicciones en décadas no habrá surgido de una búsqueda deliberada, sino de pacientes que informan de un beneficio que nadie había previsto.
Ziyad Al-Aly recibe fondos del Departamento de Asuntos de Veteranos de Estados Unidos.
En France, aujourd’hui, plus d’un salarié du secteur privé sur cinq télétravaille au moins une fois par mois. Chris Montgomery/Unsplash, CC BY
Intuitivement, la généralisation du télétravail ne peut qu’avoir certainement un effet bénéfique sur nos émissions de gaz à effet de serre, mais, lorsqu’on examine les chiffres, cela se révèle moins probant.
Télétravailler pour réduire son empreinte carbone : l’idée semble évidente. Moins de trajets domicile-travail, moins de voitures sur les routes, donc moins d’émissions. Cette intuition a largement accompagné l’essor du télétravail depuis la crise sanitaire.
Dans ce contexte, le télétravail pourrait apparaître donc comme une solution évidente : en supprimant une partie de ces déplacements, les émissions devraient mécaniquement diminuer. Mais cette logique suppose que le télétravail n’affecte que les trajets entre le domicile et le travail, sans modifier les autres comportements de mobilité, ce qui est loin d’être évident.
Du côté des chiffres
Pour mieux comprendre ces dynamiques, nous avons mené une grande enquête entre décembre 2022 et février 2023 auprès de 3 530 actifs français, qui ne télétravaillaient pas avant la crise sanitaire. Une partie d’entre eux est passée au télétravail après 2020, ce qui permet de comparer leurs comportements de mobilité avant et après cette transition.
À première vue, les résultats semblent sans appel. Les télétravailleurs émettent moins d’équivalent CO₂ pour leurs déplacements entre le domicile et le travail : environ – 34 % pour les trajets directs et – 26 % lorsque l’on inclut les détours quotidiens (courses, accompagnement des enfants, etc.). À l’échelle de l’ensemble des mobilités (hors avion), leurs émissions annuelles apparaissent également plus faibles, de l’ordre de – 12 %.
Pris tels quels, ces chiffres pourraient suffire à conclure que le télétravail est bénéfique pour le climat. Pourtant, cette lecture est incomplète, et potentiellement trompeuse.
Pourquoi comparer télétravailleurs et non-télétravailleurs ne suffit pas
Déjà, il faut noter que les télétravailleurs ne sont pas des travailleurs « comme les autres ». Ils occupent plus souvent des emplois qualifiés, résident dans des zones spécifiques, ont des revenus plus élevés et des contraintes de mobilité différentes. Autrement dit ils n’auraient pas nécessairement eu les mêmes émissions que les non-télétravailleurs, même sans télétravail.
Comparer directement ces deux groupes revient donc à confondre potentiellement l’effet du télétravail avec des différences préexistantes. Pour isoler l’effet propre du télétravail, il faut raisonner en termes d’analyse d’impact : comparer ce qui s’est effectivement produit à un scénario de référence crédible, dans lequel les mêmes individus n’auraient pas télétravaillé.
Un effet réel mais plus modeste qu’il n’y paraît
Une fois cette approche mise en œuvre, le diagnostic se nuance. Le passage au télétravail, tel qu’il s’est opéré en France entre 2020 et 2023, a entraîné une baisse des émissions liées aux déplacements domicile travail, de l’ordre de 400 kg de CO₂ par an pour les personnes télétravaillant au moins deux jours par semaine. Cet effet est robuste et s’explique directement par la réduction du nombre de trajets.
En revanche, cette baisse est en partie compensée par d’autres ajustements : légère hausse des déplacements privés, réorganisation des trajets dans la semaine, ou encore disparition de certains « détours » auparavant intégrés au trajet domicile-travail. Ces effets, appelés « effets rebond » ne suffisent pas à annuler totalement les gains, mais ils en réduisent l’ampleur.
Le télétravail, un levier utile pour réduire l’empreinte carbone liée à la mobilité, mais un levier limité
Au final, le télétravail a réduit les émissions liées à la mobilité, mais dans des proportions plus modestes que ce que l’intuition initiale laisse penser. Rapporté à l’empreinte carbone moyenne d’un Français, et sachant que tous les travailleurs ne télétravaillent pas, l’effet reste limité.
Par ailleurs, si l’enquête dont sont issus ces résultats permet de renseigner finement les habitudes hebdomadaires de mobilité et l’organisation du travail d’un échantillon représentatif de la population en emploi en France, elle n’intègre pas d’autres effets qui méritent tout autant l’attention des chercheurs : l’empreinte carbone de l’usage du numérique en situation de télétravail, ou encore les comportements de consommation d’énergie à domicile et au travail des salariés.
Faut-il en conclure que le télétravail est inutile pour le climat ? Pas nécessairement. Mais ces résultats invitent à dépasser une vision simpliste.
La question n’est pas seulement de savoir si le télétravail réduit les émissions, mais dans quelles conditions il peut réellement le faire. En effet, il est important de s’intéresser également aux mécanismes économiques de long terme qui sont à l’œuvre. C’est précisément ce que permet la modélisation théorique en économie : simuler l’ajustement de l’économie lorsque de profonds changements interviennent.
Télétravail et arbitrages sur le marché du travail
Sur le marché du travail, les individus arbitrent entre le salaire proposé et les coûts associés à l’emploi, au premier rang desquels figurent les coûts de mobilité. Plus un emploi est éloigné du domicile, plus les coûts de mobilité sont élevés, ce qui peut dissuader certains travailleurs d’accepter certaines offres d’emploi.
Le télétravail modifie donc profondément les arbitrages des travailleurs. En réduisant le nombre de jours de déplacement, il diminue le coût de mobilité associé à un emploi donné. Cela permet à certains travailleurs d’accepter des emplois plus éloignés, qu’ils n’auraient pas acceptés autrement, et améliore l’accès à l’emploi pour les personnes vivant loin des centres d’activité.
Du point de vue de l’emploi, cet effet est donc théoriquement positif. Du point de vue environnemental, il est ambigu : accepter des emplois plus éloignés peut conduire à des distances domicile-travail plus longues les jours de présence sur site.
Une segmentation spatiale des travailleurs
Le télétravail induit donc une segmentation géographique. Les travailleurs vivant loin des centres d’emploi sont plus enclins à accepter des postes offrant du télétravail, tandis que ceux vivant à proximité continuent plus souvent à travailler sur site.
Cette segmentation a un double effet. D’un côté, elle concentre le télétravail chez les travailleurs pour lesquels la réduction des déplacements est la plus importante en termes de kilomètres évités. De l’autre, elle modifie la répartition spatiale des travailleurs et influence les comportements de mobilité de l’ensemble de la population active.
Peu de travaux ont pour l’instant documenté les mobilités résidentielles liées au télétravail en France. En 2022, les économistes Marie‑Laure Breuillé, Julie Le Gallo et Alexandra Verlhiac ont cependant montré que le télétravail tendait à accentuer certaines tendances de migrations des villes vers les campagnes grâce à la flexibilité offerte par le télétravail.
Un effet rebond inattendu : le choix du véhicule
Un autre mécanisme, moins intuitif, concerne le choix du type de véhicule. Si les véhicules électriques coûtent cher à l’achat, leur utilisation au quotidien est moins onéreuse : charger son véhicule électrique coûte moins cher que faire le plein d’une voiture thermique. Les véhicules électriques deviennent donc rentables au-delà d’un certain nombre de kilomètres parcourus.
En réduisant la fréquence des déplacements domicile-travail, le télétravail peut faire passer certains travailleurs en dessous de ce seuil de rentabilité. Résultat : l’adoption des véhicules électriques peut ralentir chez certains télétravailleurs, ce qui constitue un effet rebond susceptible de réduire les gains environnementaux attendus.
Intensité du télétravail : un facteur clé
Les simulations issues des modèles montrent également que l’impact environnemental du télétravail dépend fortement de l’intensité à laquelle il est pratiqué. Un scénario dans lequel une grande proportion de travailleurs télétravaille un seul jour par semaine n’est pas nécessairement le plus favorable.
À l’inverse, une part plus réduite de travailleurs télétravaillant deux ou trois jours par semaine peut conduire à des réductions d’émissions plus importantes. Autrement dit il vaut parfois mieux peu de télétravailleurs faisant beaucoup de télétravail que beaucoup de télétravailleurs en faisant peu.
Télétravail et politiques climatiques : des interactions décisives
Enfin, le télétravail n’agit pas isolément. La modélisation théorique permet de simuler l’impact du télétravail dans un contexte où sont menées des politiques environnementales qui ne sont pas actuellement en place : que se passerait-il dans une économie avec une taxe carbone respectant la trajectoire du prix du carbone initialement prévue par le rapport Quinet ? Dirigé par l’économiste Alain Quinet pour France Stratégie, ce document de référence fixe une valeur de long terme au carbone afin d’aider l’État, les entreprises et les citoyens à orienter leurs choix vers des solutions compatibles avec la lutte contre le changement climatique.
Cette valeur donne donc une trajectoire de long terme, une référence scientifique sur laquelle s’appuyer pour fixer par exemple le niveau d’une taxe carbone compatible avec des objectifs de neutralité carbone. En France, la taxe carbone actuellement en vigueur n’a pas évolué depuis le mouvement des gilets jaunes (2018-2019), elle est donc inférieure à la trajectoire identifiée par le rapport Quinet.
Que se passerait-il en particulier si les recettes d’une telle taxe étaient reversées à la population sous forme de subvention à l’adoption du véhicule électrique ?
Dans ce contexte, une politique climatique ambitieuse peut réduire l’effet marginal du télétravail sur les émissions. Mais le télétravail peut aussi améliorer l’acceptabilité sociale de ces politiques, en réduisant la part du revenu consacrée aux coûts de transport, en particulier pour les travailleurs les plus éloignés des centres d’emploi.
Penser le télétravail comme un outil parmi d’autres
Le télétravail peut donc contribuer à la décarbonation des mobilités, mais seulement sous certaines conditions : intensité suffisante, articulation avec les politiques de mobilité et prise en compte des effets rebond.
La question n’est donc pas de savoir si le télétravail est bon ou mauvais pour le climat, mais comment l’intégrer intelligemment dans une stratégie plus large de transformation des mobilités et de l’organisation du travail.
Bérangère Legendre a reçu des financements de la chaire de l’économie environnementale (CLEE).
Sarah Le Duigou ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Le télétravail s’est installé depuis quelques années dans nos habitudes professionnelles. Il peut contribuer à la décarbonation de l’économie… mais seulement à certaines conditions. Ses bénéfices restent par ailleurs marginaux au regard d’autres efforts à mener.
En 2024, 22 % des salariés du secteur privé télétravaillaient au moins une fois par mois, selon l’Insee. Le télétravail intensif, c’est-à-dire supérieur à trois jours hebdomadaires, qui avait connu un boom à la suite de la pandémie de Covid-19, est de son côté en diminution. Si elle n’est pas encore stabilisée, la pratique semble de toute façon appelée à s’inscrire dans le temps.
Dans le cadre d’un travail mené à la demande de l’État sur le rôle que pourrait jouer le numérique dans la décarbonation de l’économie, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a évalué quels effets sur l’environnement pourrait avoir une généralisation du télétravail et à quelles conditions ils sont les plus bénéfiques.
Pour cela, l’Ademe a mené une analyse de cycle de vie (ACV) dite conséquentielle, qui s’intéresse aux conséquences environnementales à long terme. Le principe était de mesurer les impacts environnementaux provoqués par une massification du télétravail par rapport à un scénario de référence représentatif des pratiques de télétravail en 2025. La différence permet d’estimer les effets directs et indirects positifs et négatifs ainsi que les effets rebond.
La comparaison a ainsi porté sur trois scénarios, comparés au même scénario de référence :
l’un sans télétravail,
l’un où il serait généralisé,
enfin, un dernier où il serait limité.
Le scénario de massification apparaît comme intéressant sur le plan environnemental, mais le bilan des effets est très contrasté et dépend de certains facteurs précis.
Une baisse des déplacements en voiture
Le principal effet positif de la massification du télétravail concerne les émissions de gaz à effet de serre et la consommation de ressources fossiles qu’il permettrait d’éviter. Cela tient, avant tout, à la réduction des déplacements en voiture.
L’étude a été menée sur trois types de territoire : les petites « aires d’attraction » (50 000 à 200 000 habitants), les moyennes (200 000 à 700 000 habitants) et les grandes (plus de 700 000 habitants).
Elle montre que ce bénéfice se vérifie surtout dans les petites aires d’attraction, où le nombre de télétravailleurs a le plus de probabilités d’augmenter par rapport au scénario de référence, et où la dépendance à la voiture individuelle est plus forte du fait de trajets plus longs et de transports en commun moins présents. Dans ces zones, le télétravail peut éviter jusqu’à 8 kg d’équivalent CO₂ par habitant et par an.
D’autres effets positifs pourraient être observés en cas de généralisation du télétravail, comme la fermeture temporaire de certains bureaux permettant d’en abaisser le chauffage, ou encore une moindre construction de nouvelles surfaces de bureau.
Un autre impact négatif est l’achat de mobilier (fauteuil) ou d’équipements informatiques (écran supplémentaire) ainsi que l’utilisation de la connexion Internet du domicile. Cela peut peser sur l’épuisement des ressources, quand on sait les coûts environnementaux et les dépendances générés par la numérisation de la société : un smartphone contient à lui seul une cinquantaine de métaux, par exemple.
Par ailleurs, le télétravail peut avoir des effets indirects sur les déplacements, en engendrant des trajets supplémentaires. Par exemple pour des courses, qui autrefois étaient réalisées sur le chemin du travail, ou bien en provoquant des déménagements vers des zones plus éloignées. Tous ces effets peuvent atténuer les gains évoqués précédemment.
Une pratique à organiser
Certaines pratiques organisationnelles pourraient limiter ces effets négatifs et maximiser l’impact positif du télétravail.
Sur la gestion des bâtiments, une fermeture totale de l’édifice pendant au moins 48 heures permettrait, selon une expérimentation menée par l’Ademe et l’IFPEB sur dix bâtiments administratifs, de diminuer leur consommation énergétique quotidienne de 25 % à 40 % grâce à l’arrêt du chauffage, de l’éclairage et de la ventilation dans les locaux vides. On peut maximiser cet effet en privilégiant un télétravail total et simultané de tous les travailleurs sur certains jours de la semaine.
En outre, favoriser le télétravail en été et encourager le recours des télétravailleurs à des tiers-lieux à proximité de leur logement peut limiter son effet rebond sur le chauffage à domicile.
L’autre dimension porte sur les pratiques numériques : une meilleure gestion des outils est indispensable pour contenir leurs effets néfastes. Il s’agit, par exemple, de couper la caméra lors d’une visioconférence pour réduire par dix la consommation de données ou de privilégier le Wi-Fi au réseau mobile.
Un bilan positif à relativiser
L’analyse multicritères utilisée ici s’est intéressée à une quinzaine d’indicateurs, dont les trois principaux sont les gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources fossiles et l’épuisement des ressources métalliques. Dans chaque cas, l’étude fait le bilan net entre les gains et les pertes. Le résultat montre que la massification du télétravail est positive sur la plupart des indicateurs d’un point de vue environnemental.
Toutefois, elle révèle aussi que ces gains sont assez modestes, en particulier sur les gaz à effet de serre, au regard des objectifs de décarbonation des déplacements en voiture à l’échelle d’une collectivité. La massification du télétravail y contribuerait, selon le type d’agglomération, à hauteur seulement de 2 % à 4 %.
En outre, ces gains risquent de diminuer dans le temps, puisqu’ils sont principalement liés à la mobilité, appelée à s’électrifier. Une moindre utilisation de la voiture aura donc moins de bénéfices à l’avenir. Par conséquent, le télétravail, s’il participe à la décarbonation, ne doit pas se substituer à des efforts de décarbonation plus profonds : il fait partie de la solution, mais dans des proportions très modestes.
Erwann Fangeat ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Les Congolais se rendront aux urnes le 15 mars 2026 pour élire leur président, dans un contexte marqué par une majorité présidentielle structurée et une opposition fragmentée, incapable de présenter un candidat unique. Le Parti congolais du travail (PCT), au pouvoir depuis la fin de la guerre civile de 1997, et ses alliés exercent un contrôle étendu sur l’appareil de l’État et les organes électoraux. La participation des citoyens, notamment celle des jeunes aspirant au changement, reste un enjeu crucial pour la légitimité du vote, mais l’apathie et le désintérêt réduisent son impact potentiel.
La crédibilité du processus électoral est également contestée, avec des inquiétudes sur l’accès des opposants aux médias publics, la fiabilité du fichier électoral et l’impartialité de la Commission nationale électorale indépendante. Etanislas Ngodi a étudié, entre autres, les systèmes politiques et les dynamiques partisanes au Congo-Brazzaville. Il s’est entretenu avec The Conversation Africa sur les enjeux du scrutin présidentiel.
Quels facteurs institutionnels ou politiques vous paraissent les plus décisifs pour l’issue du scrutin ?
Le scrutin présidentiel du 15 mars 2026 est marqué par une majorité structurée et organisée, une opposition fragilisée et en quête d’unité et un espace civique rétréci.
La mise en place par le Parti congolais du travail et ses alliés de conditions visant la conservation du pouvoir se traduit par un verrouillage du processus électoral. Celui-ci s’opère notamment à travers le contrôle de l’appareil d’État (administration, sécurité, médias publics) et des organes de gestion des élections (Commission nationale électorale indépendante, Direction générale des affaires électorales, Cour constitutionnelle, etc.).
Le président sortant Denis Sassou Nguesso s’appuie aussi sur le soutien de son parti et de ses alliés à travers la mobilisation politique de ses membres et l’ancrage institutionnel et administratif. Il mise également sur la création de réseaux clientélistes pour assurer une large victoire dès le premier tour.
Autour du candidat se greffent des dynamiques politiques et citoyennes de mobilisation incluant toutes les couches sociales. Parmi elles figure le Patriarche, mouvement de soutien politique centré sur Denis Sassou Nguesso, connu sous l’appellation « Vague bleue ». On note aussi le mouvement Timonier, incarné par le parti au pouvoir (PCT) comme dispositif politico-idéologique de mobilisation, ainsi que d’autres dynamiques telles que Pona Ekolo, dirigé par Hugues Ngouelondelé.
Certaines figures historiques de l’opposition ayant marqué la scène politique au cours des dix dernières années (Mathias Dzon, Clément Miérassa, Claudine Munari, etc.) n’ont pas réussi à former une coalition solide susceptible de concurrencer efficacement le pouvoir en place.
L’opposition parlementaire, incarnée par l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l’ancien président Pascal Lissouba et l’Union des démocrates et humanistes-Yuki (UDH-YUKI) de Guy Brice Parfait Kolélas, décédé en mars 2021, a brillé par son boycott. Elle évoque des problèmes de gouvernance électorale (biométrie, fiabilité du fichier électoral, impartialité des organes de gestion des élections, etc).
L’impact d’actions pré-électorales a été manifeste à travers les opérations de répression, les intimidations et pressions politiques mises en place par le pouvoir à la veille du scrutin. L’opération de lutte contre criminalité urbaine et la délinquance juvéniles lancée en novembre 2025 par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGST) en est une. Il y a également les attaques des 11 et 13 janvier 2026 dans le département du Pool (sud-ouest du pays) ont visé à créer un climat de peur et de terreur parmi les opposants et activistes. Cette situation remet en question les conditions de concurrence libre et équitable du scrutin.
Quel impact la participation électorale pourrait-elle avoir sur l’équilibre des forces en présence ?
Les enquêtes Afrobarometer (rounds 9 et 10) réalisées dans le pays en 2023 et 2024 montrent que près de 53,4 % des répondants avaient déclaré avoir voté lors des dernières élections. Quelque 41,6 % des répondants affirmaient ne pas avoir voté pour diverses raisons. Parmi celles-ci figurent la non-inscription sur les listes électorales (13,1 %).
Il y a également le désintérêt pour la politique et l’apathie au vote (12,1 %), le manque de temps (4,3 %) et l’absence de candidats ou de partis politiques proches du peuple (4,7 %). D’autres motifs évoqués concernaient le manque de confiance dans le processus électoral, notamment envers les organes de gestion des élections.
Les expériences électorales passées ont montré comment la participation électorale demeurait un déterminant de légitimité et de crédibilité. L’un des enjeux de ce scrutin demeure le taux de participation, signe de légitimité populaire pour l’élection et le vainqueur.
A ce sujet, l’absence de candidats de taille face au président sortant, les appels au boycott lancés par l’opposition radicale et l’apathie des citoyens aux processus électoraux pourraient entraîner une faible participation.
Comment la participation électorale peut-elle influencer l’équilibre politique du scrutin présidentiel ?
Les débats autour des processus électoraux dans le pays se concentrent généralement sur l’écart entre les chiffres officiels annoncés par le ministère de l’Intérieur et les observations sur le terrain, faites par les organisations de la société civile et les partisans de l’opposition. Ils portent également sur l’impact du désengagement citoyen. Toutefois, le niveau de participation ne pourrait pas changer l’équilibre politique à l’issue de cette élection.
Pour lutter contre l’abstention élevée, le pouvoir en place pourrait s’appuyer sur les stratégies clientélistes pour susciter une forte participation citoyenne. De son côté, l’opposition radicale pourrait mettre en avant l’intrigue selon laquelle, l’élection en cours n’a pas d’enjeu majeur, faute de challenger crédible face au président sortant, comparablement à l’élection présidentielle du 20 mars 2016.
Lors de ce scrutin, Denis Sassou Nguesso faisait face à des opposants de taille (Jean‑Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa, Guy Brice Parfait Kolelas …). Cette stratégie pourrait susciter une faible participation des électeurs au vote et renforcerait le désintérêt ou le découragement des jeunes et/ou nouveaux électeurs aspirant au renouvellement de la classe politique.
Dans quelle mesure la crédibilité du processus électoral pèsera-t-elle sur les résultats finaux ?
La question de la crédibilité du scrutin constitue l’un des enjeux les plus sensibles de cette élection. Elle ne détermine pas seulement qui gagne, mais aussi comment le résultat est accepté, interprété et comment il assure la stabilité politique post-électorale. Au regard des lacunes susmentionnées en ce qui concerne la gouvernance électorale, il est évident que le manque de transparence, de caractère inclusif et d’équité dans le cadre du scrutin de mars 2026 suscite des contestations, même par les perdants.
Les élections organisées régulièrement depuis 2002 ont souvent été considérées comme peu compétitives et peu transparentes par des observateurs. Parmi eux figurent notamment les missions d’observation électorale internationales, les organisations de la société civile congolaise et certains analystes politiques. Ces derniers soulignent notamment des dysfonctionnements majeurs concernant l’accès équitable aux médias, comme le déséquilibre de couverture dans les médias publics et les restrictions ou intimidations envers certains candidats.
Des inquiétudes persistent aussi quant à la fiabilité du fichier électoral (audit indépendant du fichier, radiation des doublons et des personnes décédées, inscription des nouveaux majeurs et transparence dans l’affichage des listes, etc.).
La confiance accordée à la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) fait également l’objet de débats récurrents sur son impartialité. Ces critiques portent notamment sur le mode de désignation des membres, l’équilibre entre majorité, opposition et société civile, ainsi que sur la capacité logistique (distribution du matériel, formation des agents, remontée des résultats).
L’opposition radicale, pour avoir opté pour le boycott, n’aura moins de légitimité pour mobiliser des recours ou des contestations. Elle facilite ainsi l’acceptation des décisions des institutions électorales par les différentes parties prenantes.
Comment la longévité politique de Denis Sassou Nguesso influence-t-elle la compétition électorale actuelle ?
Le président sortant, Denis Sassou Nguesso au pouvoir depuis 1979, constitue l’un des facteurs structurants majeurs de la compétition électorale du 15 mars 2026 en République du Congo. Son ancienneté ne joue pas seulement sur son image, mais sur l’architecture même du champ politique. Son parti, le PCT, contrôle largement l’appareil d’État, y compris les moyens de communication, les ressources publiques locales et une grande part de l’administration mobilisée dans le cadre de sa campagne électorale.
Après quatre décennies au sommet de l’État, le président Denis Sassou Nguesso a façonné les équilibres institutionnels. Il continue d’influencer les nominations dans l’administration, les forces de sécurité et les institutions clés (parlement, commission électorale, conseils consultatifs, etc.).
La longévité est présentée par les partisans du pouvoir comme un gage d’expérience politique, notamment à travers la maîtrise des équilibres internes et le bilan des différents projets de société (communication centrée sur les infrastructures, les projets publics et la paix, etc.). Elle est également perçue comme un facteur de stabilité politique et sécuritaire, constituant une garantie de continuité institutionnelle.
Pour l’opposition, elle contribue à la restructuration du paysage partisan, la marginalisation de certaines figures historiques et l’émergence des oppositions divisées ou personnalisées par le pouvoir. Dans ce contexte, émergent des discours sur le renouvellement qui deviennent plus audibles, la nécessité pour les jeunes de solliciter le changement de système politique et les aspirations à une alternance générationnelle.
Ngodi Etanislas does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
The death of Ayatollah Ali Khamenei, Iran’s supreme leader, in March 2026 marks the end of a political era in the Middle Eastern country. Khamenei was killed in US and Israeli airstrikes on Iran’s capital, Tehran. This has triggered a war drawing in numerous countries across the Middle East.
The Horn of Africa and Red Sea regions, which link Africa and the Middle East, share a dense web of military, political and economic interactions that enable crises on one shore to quickly affect the other. Here, Somalia, Eritrea, Yemen, Sudan, Ethiopia and Djibouti sit along one of the world’s most important trade and geopolitical corridors.
But the consequences of Khamenei’s death may be less dramatic than many expect. This is because power in Iran is dispersed across entrenched institutions and security elites who are capable of preserving regime continuity.
The Horn of Africa and the Red Sea
Iran is no stranger to the Red Sea and the Horn of Africa. During the 1990s and 2000s, Tehran established security and economic ties with several countries, notably Sudan, to gain a foothold along the Red Sea.
Iran’s influence waned, however, during the 2010s as Gulf states, particularly Saudi Arabia and the United Arab Emirates, increased their diplomatic, financial and military presence.
As a political scientist studying Middle Eastern and African security, I have followed Iran’s regional engagement for years. From my perspective, events in Iran and the Gulf matter to African countries because conflicts, arms flows and rivalries can easily spill across shores in a single strategic region.
Three intertwined dynamics shape how Khamenei’s death affects the Red Sea and the Horn of Africa.
Firstly, Tehran’s influence here has declined over the past decade. This is with the exception of Yemen, where Iran supports the Houthi movement, which has previously attacked Israeli-linked vessels.
Secondly, the way this latest conflict was triggered and has escalated may be more important than a change in Iranian leadership. It could contribute to a broader erosion of moderation.
Thirdly, the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) – Iran’s powerful military force – is set to play a pivotal role in the post-Khamenei transition.
This is significant for the Horn of Africa and the Red Sea. Iran’s engagement here has largely relied on unconventional methods. Naval manoeuvres are an example, such as the long-term deployment in the Red Sea of the Iranian vessel Saviz, which has served as a logistical and intelligence platform. The country has also deployed military advisers and established arms networks to transport Iranian weapons.
Any future leadership closely aligned with the IRGC is likely to keep using these low-cost tools.
In this sense, continuity will likely prevail over rupture. Iran’s ambitions are filtered through a sober assessment of constraints that the ongoing war may entrench.
Iran’s shifting priorities
Since the 1979 revolution, Iran has considered itself a middle power with legitimate claims to regional pre-eminence. The Red Sea and the Horn of Africa gradually became part of Iran’s expanded strategic geography.
Following the consolidation of the regime promoted by Ayatollah Ruhollah Khomeini, Khamenei – who took over in 1989 after his predecessor’s death – progressively translated Iran’s ambition into strategic depth.
This aimed to extend Iran’s security perimeter beyond its borders through alliances, proxies and low-cost commitments.
In the 2000s, Iran cultivated close ties with Sudan and Eritrea.
It established naval access points in the two countries and used soft power tools, such as development aid and religious networks. It considered the Bab al-Mandeb Strait, which is between Yemen and Djibouti, vital for countering Saudi and Israeli influence and maintaining alternative trade routes.
The limitations of this expansion became apparent, however.
Iran’s ambitions soon came up against reality. The country’s economy was weakened by sanctions linked to its nuclear programme and US withdrawal from a 2015 nuclear deal.
Meanwhile, political power remained fragmented across competing institutions. Domestic pressures, including economic hardship and periodic protest movements, were mounting. Instability in neighbouring states such as Iraq, Syria and Yemen made long-term regional power projection costly and uncertain.
After 2015, Saudi Arabia increased its engagement in the Horn of Africa through financial aid, diplomatic pressure and military cooperation linked to the war in Yemen.
Seeking logistical support along the Red Sea and aiming to counter Iran’s influence near the Bab el-Mandeb strait, Saudi Arabia strengthened its ties with regional governments. This prompted Sudan, Djibouti and Eritrea to sever or scale back their relations with Tehran. They effectively aligned themselves with Saudi Arabia and its allies. Iran redirected resources to higher-priority theatres of war, such as Iraq, Syria and Yemen.
For a decade, therefore, Tehran’s presence in the Horn of Africa and the Red Sea has become more selective and opportunistic. Iran has relied on indirect leverage there, such as Houthi operations, rather than direct expansion.
Khamenei’s death is likely to reinforce rather than reverse the trend. In fact, the outcome of the current war and the start of a delicate succession process could prompt an even more cautious approach abroad.
Worsening fragility
Although a change in Iranian leadership may not alter the approach to the Red Sea and the Horn of Africa, the dynamics that led to the recent conflict may have an impact on the region.
The scale and visibility of the Israeli-US attack – and Iran’s direct retaliation – signal something deeper: the erosion of thresholds in the use of force.
Iran is not buying time and avoiding direct confrontation while limiting the manoeuvre room of its rivals.
This could usher in a period of “anything goes”.
Regional actors, from Gulf states to local governments, are likely to feel increasingly justified in bypassing established security norms. The Red Sea has already become a crowded arena. External powers are projecting their strength. Local states are exploiting competition among them. The reshuffling of forces triggered by the war in Iran will have repercussions throughout the region.
In such a context, characterised by multiple hierarchies, even a reduction of Iranian capabilities could have knock-on effects.
In other words, the question is not whether Iran will suddenly expand into east Africa. It is whether the regional climate will shift towards fewer restrictions and greater acceptance of coercive tools.
If escalation becomes normalised in the heart of the Middle East – the region’s most interconnected theatre – the fallout could be felt in places like the Horn of Africa.
Uncertainty in the short term
Khamenei’s death is likely to generate uncertainty in the short term at the regional level, but will lead to continuity in the long term.
Over time, Tehran has adopted what can be termed a “realist defence” doctrine – deterrence through a strong indirect presence, but at reduced cost and risk.
Iran’s view of international politics as a zero-sum game – where one actor’s gain is another’s loss – and its desire to reduce the influence of its rivals are not merely the result of personal legacies. Rather, they are deeply rooted in the country’s identity.
For the Horn of Africa, this means that Tehran is likely to remain a secondary but persistent player: active enough to hinder its rivals’ strategies, yet restrained enough to avoid major commitments.
Federico Donelli is affiliated with the Italian Institute for International Political Studies (ISPI), the Nordic Africa Institute (NAI), and the Orion Policy Institute (OPI).
El presidente español Pedro Sánchez durante su comparecencia institucional del 4 de marzo de 2026, relativa a la guerra de Irán.Fuente: Palacio de La Moncloa.
Las recientes declaraciones de Donald Trump amenazando con “cortar todo el comercio con España” han generado titulares y reacciones políticas inmediatas. Pero más allá del impacto mediático, la afirmación plantea una pregunta interesante desde el punto de vista del derecho y el comercio internacional: ¿es realmente posible que Estados Unidos suspenda el comercio con un país como España?
La respuesta es más compleja de lo que parece.
España no comercia sola: lo hace a través de la Unión Europea
El primer aspecto que suele pasarse por alto en este tipo de debates es cómo funciona jurídicamente el comercio internacional en Europa.
Estados Unidos no comercia con España como un Estado aislado, sino con la Unión Europea, que actúa como una unión aduanera con una política comercial común. Desde la creación del mercado único, en 1993, las decisiones sobre aranceles, acuerdos comerciales o medidas de defensa comercial son una competencia exclusiva de la Unión.
Esto significa que las relaciones comerciales exteriores se gestionan a nivel europeo, no nacional.
De hecho, dentro del propio mercado interior europeo ni siquiera se habla jurídicamente de “exportaciones” entre Estados miembros. Cuando una empresa española vende bienes a Francia, por ejemplo, se trata de una entrega intracomunitaria, no de una exportación. En las estadísticas comerciales, estas operaciones se registran como expediciones desde el país de origen e introducciones en el país de destino.
Esto refleja hasta qué punto, en materia de comercio exterior, la Unión Europea funciona en muchos aspectos como un único espacio económico y jurídico.
No ocurre lo mismo en todos los ámbitos. En cuestiones de seguridad o defensa, por ejemplo, los Estados europeos siguen actuando en gran medida a través de marcos de cooperación intergubernamental o alianzas como la OTAN. En el comercio exterior, en cambio, la Unión Europea sí actúa como un bloque.
Es así que, en la práctica, cualquier medida comercial significativa dirigida contra un país de la Unión Europea afecta inevitablemente al conjunto del mercado europeo.
No será fácil aislar comercialmente a un solo país de Europa
A esta dimensión jurídica se suma una realidad económica: la economía europea funciona en gran medida como una red de producción integrada. Muchos productos que circulan en el comercio internacional incorporan componentes fabricados en distintos países antes de llegar al consumidor final.
Un automóvil ensamblado en Alemania puede incluir piezas producidas en España o en Italia. Un producto agrícola español puede procesarse o distribuirse desde otro país europeo antes de ser exportado.
Este fenómeno –conocido como cadenas globales de valor– caracteriza buena parte del comercio internacional contemporáneo y es especialmente visible en la economía europea, donde el comercio entre Estados miembros forma parte esencial de esas redes productivas.
Esta interdependencia hace que aislar comercialmente a un solo Estado dentro del mercado interior europeo sea mucho más difícil de lo que podría parecer. En economías avanzadas profundamente integradas, separar completamente a un socio comercial del resto de la red económica es mucho más complicado de lo que sugieren los titulares.
El comercio internacional sigue teniendo reglas
Puede parecer una afirmación evidente. Sin embargo, en los últimos años, el sistema de comercio internacional basado en reglas ha sido sometido a fuertes tensiones. Las guerras comerciales, las sanciones económicas y diversas medidas unilaterales han llevado a algunos expertos a preguntarse hasta qué punto las normas multilaterales siguen desempeñando un papel relevante.
Sin embargo, el comercio internacional contemporáneo continúa apoyándose en un conjunto de normas, especialmente las desarrolladas en el marco de la Organización Mundial del Comercio (OMC). Entre sus principios fundamentales se encuentran la no discriminación entre socios comerciales y la prohibición de imponer restricciones arbitrarias al comercio.
Por lo tanto, una suspensión general del comercio contra un socio comercial, plantearía serias dudas desde el punto de vista del derecho comercial internacional.
La respuesta de la UE será determinante
En este contexto, la cuestión decisiva no es solo jurídica o económica, sino también institucional y política a nivel europeo.
Incluso si Estados Unidos intentara aplicar presión comercial selectiva –por ejemplo mediante aranceles punitivos o restricciones a productos– el elemento determinante sería la reacción de la Unión Europea.
Si Bruselas considerara que una medida dirigida contra España afecta al funcionamiento del mercado interior, podría tratar el asunto como un conflicto comercial entre Estados Unidos y la Unión Europea en su conjunto. En ese caso, el problema dejaría de ser una cuestión bilateral para convertirse en una disputa comercial transatlántica de mayor escala.
El escenario contrario –aceptar que se trate como un asunto que incumbe estrictamente a Washington y Madrid– tendría implicaciones mucho más profundas. Significaría tratar comercialmente a un Estado miembro como si no formara parte de la Unión en un ámbito –la política comercial– que los tratados atribuyen precisamente a la Unión Europea.
Un precedente así no tiene antecedentes claros y afectaría directamente a la coherencia del mercado interior. Por eso, la Comisión Europea recuerda habitualmente que las medidas comerciales dirigidas contra un Estado miembro deben abordarse a nivel europeo.
En última instancia, la viabilidad real de una medida de este tipo dependería de un factor fundamental: la capacidad de la Unión Europea para actuar como un actor comercial único.
Más que un conflicto bilateral
Vista en conjunto, la amenaza de suspender el comercio con España plantea una cuestión que va mucho más allá de una disputa entre dos países. En el contexto del mercado único europeo, una medida de este tipo afectaría inevitablemente al funcionamiento del mercado interior y, por tanto, a la Unión Europea en su conjunto.
Por eso, más que un problema bilateral, un escenario así tendría implicaciones directas para el sistema comercial europeo. En última instancia, la cuestión no es solo si Estados Unidos podría intentar una medida de este tipo, sino si la Unión Europea actuaría como el actor comercial único que sus propios tratados prevén frente a terceros países.
Hernán Núñez Rocha no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.