Que deviennent les gares rurales quand les trains disparaissent ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Burcin Yilmazer, Doctorante en aménagement de l’espace, urbanisme et géographie, Cerema

En France, les fermetures de gares ou de lignes ferroviaires sont légion dans les espaces ruraux. Pourtant, ces dernières années, certaines petites gares retrouvent une nouvelle vie en se transformant en épicerie, en pôle santé ou encore en bureau. Pour quel bilan ?


Le 31 août 2025, la fermeture de la ligne ferroviaire Guéret–Busseau–Felletin a suscité de vives émotions. Ce cas est loin d’être isolé. En février 2025, ce sont 200 personnes qui se sont ainsi réunies en gare d’Ussel (Corrèze) afin de manifester pour la réouverture de la ligne ferroviaire à l’appel de la CGT-Cheminots de Tulle-Ussel.

Bien que les années s’écoulent depuis les fermetures, les territoires gardent un attachement fort au train et continuent de se mobiliser pour son retour. L’une des raisons tient à la rareté des transports en commun. Huit actifs sur dix habitant les espaces peu denses déclarent ne pas disposer d’alternatives à la voiture. Cet attachement a permis la naissance de plusieurs projets de valorisation de petites gares, comme celles d’Aumont-Aubrac, Sèvremoine ou encore Hennebont.

Des projets de recherches sont aujourd’hui menés pour penser à l’avenir des petites lignes ferroviaires. C’est le cas du projet du train léger innovant (TELLi), qui vise à développer un matériel roulant adapté à ces lignes. Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), partenaire de ce projet, mène des recherches en sciences sociales afin de déterminer les conditions de réussite des systèmes ferroviaires légers.

Ma thèse s’intéresse aux petites gares rurales, point d’entrée du réseau ferroviaire. L’une des hypothèses défendues : les expérimentations locales d’aménagement participent au renforcement du lien entre le territoire et le train.

Petites lignes, grandes difficultés

Cela fait plusieurs années que ces petites lignes ferroviaires sont sur la sellette, menacées par des limitations drastiques de vitesse ou par l’arrêt total des circulations. Mais comment ce réseau ferroviaire secondaire, qui maille finement le territoire, a peu à peu été délaissé ?

Cette situation s’explique par la forte concurrence de l’automobile qui a réduit de façon significative la fréquentation de certaines lignes. Faute d’alternatives crédibles, 80 % des déplacements dans ces territoires s’effectuent aujourd’hui en voiture. L’entretien de ce réseau ferroviaire secondaire étant devenu trop coûteux, la politique de l’opérateur SNCF a privilégié les investissements sur le réseau dit structurant, ainsi que sur les lignes à grandes vitesses.

Les petites lignes ferroviaires représentent 7 600 kilomètres du réseau ferroviaire national. Le rapport élaboré par le préfet François Philizot estime que 40 % de ce réseau de proximité est menacé faute d’entretien. Ce même rapport estime les investissements nécessaires au maintien de ces lignes ferroviaires à 7,6 milliards d’euros d’ici à 2028.

Le vieillissement de ces lignes, faute d’investissements, entraîne une dégradation du service plus ou moins importante. Dans les territoires ruraux, 70 % des petites lignes ferroviaires accueillent moins de 20 circulations par jour. Or comme le rappelle le maire de Felletin, dont la ligne a été fermée cette année en raison de la vétusté de l’infrastructure, « c’est le service qui fait la fréquentation, et non l’inverse ».

Transformer une gare en épicerie, c’est possible

Les territoires refusent de voir disparaître leurs gares ; ils se les réapproprient et les transforment en réponse aux besoins locaux.

Depuis 2023, la gare d’Aumont-Aubrac en Lozère a été transformée en épicerie, nommée Le Re’peyre. Le bâtiment de la gare, fermé aux voyageurs depuis 2015, a retrouvé un second souffle. Des produits artisanaux et locaux y sont en vente, contribuant à un commerce éthique porté par les initiateurs du projet.

Cette transformation de la gare en épicerie est permise par le programme Place de la gare de SNCF Gares & Connexions (filiale de SNCF Réseau). Celui-ci favorise l’implantation de nouvelles activités et services par de la location au sein de plusieurs gares. L’objectif principal est de permettre l’occupation de locaux vides en gare, en leur donnant une nouvelle fonction et ainsi éviter leur dégradation.

Le Re’peyre à Aumont-Aubrac, en Lozère.
Tourisme-Occitanie

D’autres projets ont vu le jour. La gare de La Roche-en-Brenil (Côte-d’Or) a été transformée en un pôle santé, ou celle de la ville de Briouze (Orne) en tiers-lieu.

Ces projets favorisent le développement d’activités économiques dans des lieux bénéficiant naturellement de visibilité. Ils participent à la redynamisation à l’échelle des quartiers de gare, en attirant une clientèle diversifiée au-delà des seuls voyageurs. La gare se retrouve davantage intégrée dans la vie communautaire grâce aux échanges et aux interactions qui se créent entre voyageurs et autres usagers.

Co-construction avec les habitants de projet en gare

Au-delà de la simple réaffectation des bâtiments, certains projets menés dans des gares rurales choisissent de donner une dimension participative en associant usagers du train et citoyens dans le processus.

Communication de la commune de Sèvremoine (Maine-et-Loire) pour l’appel à projet visant à occuper la gare.
Wikimedia, CC BY-SA

C’est le cas de la gare de Sèvremoine (Maine-et-Loire), propriété de la commune qui a décidé de la moderniser en repensant les espaces publics environnants. Pour le bâtiment de gare, il a été souhaité d’y créer de nouveaux équipements favorisant l’animation sociale entre habitants et associations.




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Quatre concertations citoyennes ont permis le recueil des besoins des habitants avant le lancement d’un appel d’offres. Le projet Open Gare proposé par deux habitantes de la commune a été retenu. Ce tiers-lieu, axé sur la transition écologique et sociale, propose plusieurs services, tels qu’un service de restauration, un espace de travail partagé et une boutique d’artisans locaux.

Tout au long du projet, des réunions ont été organisées pour informer et recueillir les retours des citoyens. Gouverné par une coopérative d’intérêt collectif et l’association Open Gare, ce lieu co-construit ouvrira ses portes dès 2027, après une période de travaux.

Des acteurs associatifs qui prennent la casquette SNCF

Certaines initiatives vont encore plus loin en intégrant l’ensemble du quartier.

C’est ce que montre l’exemple de l’association Départ imminent pour l’Hôtel de la Gare à Hennebont (Morbihan), qui a réhabilité le bâtiment de l’Hôtel de la Gare, situé à quelques pas de la gare elle-même. L’objectif : revitaliser de la gare et de son quartier.

Tavarn Ty Gar à Hennebont, près de Lorient.
Lorientbretagnesudtourisme

Cette association occupe également le bâtiment voyageur grâce au programme programme Place de la gare. Désormais, il est possible de retrouver divers services tels que des bureaux, des logements en location, un café et un atelier. L’association, désormais devenue la société coopérative d’intérêt collectif Tavarn Ty Gar assure l’accueil et les services aux voyageurs au rez-de-chaussée de la gare. Une expérimentation de plus qui souligne le dynamisme de ces territoires et de ses habitants.

The Conversation

Burcin Yilmazer a reçu des financements du Gouvernement dans le cadre du plan France 2030 opéré par l’ADEME

ref. Que deviennent les gares rurales quand les trains disparaissent ? – https://theconversation.com/que-deviennent-les-gares-rurales-quand-les-trains-disparaissent-255524

Suplemento cultural: feliz Navidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation

Hugh Grant y Martine McCutcheon en _Love Actually_. Netflix

Este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


“¿Cuál es vuestra película de Navidad, la que os ponéis para indicar que han llegado las fiestas?” escuché –con cierta serendipia– en el pódcast cinematográfico de Kinótico mientras escribía estas líneas. Y mientras rezaba para que alguien diese la respuesta correcta que cerrase el círculo, la primera persona en contestar atendió a mis plegarias y dijo “Love Actually”.

De ella venía yo a hablar. La comedia romántica coral de Richard Curtis de 2003 provoca tantos fervores como odios en este 2025. Hay quien dice que los personajes (masculinos) son tóxicos, abusones e inconexos, y que las historias de amor no tienen ni pies ni cabeza. Pero en estas fechas en las que necesitamos, más que nunca, suspender nuestra incredulidad, alzo la voz para defender Love Actuallycon la evidencia científica en la mano.

¿Y por qué? Pues porque ver películas tiene beneficios psicológicos demostrables, aún mayores cuando hay risas de por medio. Y si encima relatan historias de muchos personajes, abriendo así la posibilidad de que nos identifiquemos con alguno de ellos, nos sientan todavía mejor. Las comedias corales navideñas consiguen combinar todos estos elementos y calentarnos el alma. Pero es que además en Love Actually sale Emma Thompson llorando con Joni Mitchell de fondo en una de las escenas más bellas y tristes del cine popular inglés. ¿A quién no le va a gustar ver a Thompson hacer lo que sea… o a Hugh Grant mover el trasero por Downing Street?

Claro que hay grandes películas, además de la mencionada, que son maravillosas, que merecen nuestra atención y que también son propias de las fechas en las que estamos. Hace unos años le pedimos a varios autores que destacasen cuál es, como decían en Kinótico, su película navideña y nos devolvieron once respuestas no convencionales. Todas ellas merecen la pena.

¿Y cuál es la suya? Las mías son dos: Mujercitas, en la versión de Winona Ryder, y la siempre eterna y esta semana tristemente recordada Cuando Harry encontró a Sally.

Un paquete, por favor

A todos nos gusta dar y recibir. A los romanos también, que esperaban expectantes las celebraciones y los regalos de las saturnales. Había incluso quien fiscalizaba lo que se llevaba a casa y también quien se quejaba –como Marcial, mi protestón romano favorito– por no haber recibido los presentes que creía haber merecido.

En la redacción de The Conversation estamos bien servidos. En este 2025 hemos repetido tradición y nos hemos intercambiado libros en nuestro “amigo invisible” navideño. Han pasado por nuestras manos novelas de Rafael Chirbes, ensayos de Estrella de Diego o éxitos literarios de Tana French. Yo regalé el Carboneras de Aitana Castaño y recibí Lo que viene después… y que te guste, de Abigail Thomas, una autora a la que estoy enganchada desde hace meses.

Si usted también tiene que regalar libros, el año pasado convencimos a un pelotón de autores de que nos contestasen cuáles creían que eran los mejores libros que se habían escrito en español en lo que llevábamos de siglo XXI. De ahí se pueden sacar ideas para dar… y para disfrutar.

Lo de ‘Tacoski’… o Tchaikovsky

Hace unos meses una amiga nos envió un audio. En él le preguntaba a su hija de tres años qué había escuchado aquel día en el colegio. Y con esa vocecita aguda y entusiasta que tienen los chiquillos cuando están emocionados ella contestaba: “¡¡’El vals de las flores’ de ‘Tacoski’!!”. Mi amiga, entonces, insistía: “¿Y qué te gusta más, eso o ‘La morocha’?”. Y ella volvió a decir “¡¡’El vals de las flores’ de ‘Tacoski’!!”.

Y es que los clásicos populares son clásicos y populares por algo. Ir a ver El Cascanueces por Navidad puede parecer uno más de los rituales a los que nos sometemos en estas fechas, algunas veces con más agrado que otras. Pero acudo a mi prescriptora de tres años para insistir en que disfrutar de esta música sí que es una costumbre que merece la pena.

El año del Caballo de Fuego

Y un año más, se acerca también el Año Nuevo chino, el “Festival de la Primavera”. El 17 de febrero de 2026 el actual año de la serpiente dará paso al año del Caballo de Fuego. Pero antes en China celebraciones como el Festival de Laba, el Xiaonian o el Festivo de Chuxi calientan la temporada.

Desde The Conversation queremos desearles unas maravillosas fiestas, un descanso muy merecido, mucho amor, salud y felicidad. Y cultura. Cultura siempre.

The Conversation

ref. Suplemento cultural: feliz Navidad – https://theconversation.com/suplemento-cultural-feliz-navidad-272360

La selección: cómo resistir el estrés, la fatiga, el desinterés y el ‘burnout’ en el trabajo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elba Astorga, Editora de Economía, The Conversation

Paper Trident/Shutterstock

Aprovechando que estamos en esos días en los que todos estamos haciéndonos propuestas de mejora para el nuevo año, quiero proponerles una serie de buenos artículos que les pueden ayudar a reflexionar sobre cuál es su relación con el trabajo y cuál les gustaría que fuera: ¿agobiado?, ¿tecnoestresado?, ¿quemado?, ¿desinteresado?

Un experto nos plantea tres preguntas:

  1. ¿Disfrutamos cuando estamos al límite de una fecha de entrega?

  2. ¿Nos gusta trabajar en distintos proyectos, aunque sepamos que muy posiblemente no podremos conseguir las metas?

  3. ¿Solemos poner el trabajo por encima de nuestra salud por las recompensas que ofrece?

Tres respuestas positivas nos acercan peligrosamente al diagnóstico de adicción al estrés.

Aunque pueda darnos una sensación de alerta y emoción y nos haga sentir vivos, esa efervescencia viene dada por el cortisol (la hormona del estrés) que, si permanece constante, puede acabar afectando nuestro corazón y nuestro sistema inmunitario y, además, provocarnos envejecimiento prematuro. ¿Una buena noticia? Actividad física, alimentación sana y un buen patrón de sueño ayudan a desengancharnos.

El entorno laboral puede ser fuente de estrés para muchos. Bien por sobrecarga de trabajo, por tener un jefe o unos compañeros tóxicos o, en el peor de los casos, por todos esos factores juntos. Y los efectos negativos no repercuten solo en el afectado, sino también en la propia empresa pues, en ambientes estresantes, cae la productividad y aumentan las bajas y las ausencias.

Los niveles de estrés en el entorno laboral vienen determinados no solo por las características del trabajo sino también por las de las personas. Las mujeres trabajadoras, que suelen llevar también la carga de la mochila doméstica, se muestran más estresadas que sus compañeros de trabajo que realizan las mismas funciones que ellas.

En 1981, Rubén Blades cantaba: “Te están buscando unos tipos que cuando niños sus mamás no los querían y ahora de adultos viven repartiendo bofetás”.

Fuente : Rubén Blades, YouTube.

Esas bofetás pueden ser literales o figuradas pero, en cualquier caso, son propias de personas tóxicas. Sean compañeros de trabajo o jefes que –bien por inmadurez emocional, envidia, competitividad mal gestionada o problemas en el diseño y organización de las funciones– hacen comentarios hirientes, critican, acosan y no apoyan ni ayudan cuando se les necesita.

¿Cómo afrontar esta fuente de estrés laboral?: poniendo límites, buscando el apoyo de otros colegas que no sean tóxicos, reconociendo y poniendo en valor las cosas buenas que pueda tener el trabajo, hablando de lo que está pasando con gente cercana (amigos, familiares) o con profesionales de la salud mental. Y aferrándose a la tríada prodigiosa para el control del estrés: movimiento, buena alimentación, buen patrón de sueño.

La buena noticia es que hay jefes que ejercen un liderazgo positivo en sus equipos. Y esos favorecen la salud física y mental de las personas trabajadoras y, además, mejoran la satisfacción laboral (lo que redunda en positivo en la productividad y en el compromiso con la empresa).

También las máquinas pueden producirnos estrés (tecnoestrés) en el trabajo. ¿Por qué? Aquí intervienen diversos factores: porque nos genera inseguridad aprender a usar tecnologías que no conocemos, porque nos parecen artefactos complejos o porque sentimos que han venido a invadir nuestra vida laboral, por ejemplo.

El burnout, o síndrome de estar quemado, es el agotamiento físico, emocional y mental causado por el estrés crónico. Quienes lo padecen no sienten energía física ni mental y están irritados, frustrados y sin fuerzas. Para sobrellevarlo, las personas necesitan aprender a poner límites con el trabajo (incluida la desconexión digital) y a no descuidar su vida personal. Deben moverse, alimentarse bien e intentar dormir mejor, y también tienen que hablarlo (con personas cercanas o expertos en salud mental).

Pero las empresas también tienen el deber de tomar medidas que favorezcan el bienestar de los trabajadores. Como equilibrar las cargas de trabajo, promover estilos de liderazgo positivos y motivadores, ofrecer programas de capacitación y desarrollo profesional, establecer políticas de comunicación claras y fomentar entornos laborales respetuosos y relaciones laborales cooperativas.

Una cosa es el crepitar del estrés. Pero otra es percibir el trabajo como una labor sin sentido, que genera mucho movimiento y pocos resultados. La situación recuerda a la de Sísifo empujando la roca infinitamente y sin ninguna finalidad. Este desgaste no surge necesariamente por exceso de trabajo sino por la percepción de que el esfuerzo es inútil.

¿Cómo combatir esta desesperanza? Aquí se necesita el compromiso personal de encontrarle un nuevo sentido al trabajo, intentar no dejar procesos y proyectos abiertos o pendientes, eliminar los esfuerzos inútiles, superfluos o que no aportan valor. Y a través del autocuidado: moverse, comer bien, dormir mejor y hablar. Con alguien cercano o, si se considera necesario, con un experto en salud mental.

Hace 50 años una psicóloga suiza acuñó el término personalidad resistente. Tras estudiar a directivos sometidos a altos niveles de estrés, vio que algunos sufrían menos sus consecuencias físicas y emocionales. Así, entendió que el secreto está en las herramientas vitales con las que se cuenta para afrontar los obstáculos y dificultades: el compromiso (tanto en la vida personal como la profesional), el control (la creencia de que las acciones propias influyen en los resultados externos reduce la sensación de indefensión) y la disposición a enfrentarse a retos (viéndolos como lecciones de vida y no como amenazas). ¿Lo mejor de todo? Que la personalidad resistente puede entrenarse.

The Conversation

ref. La selección: cómo resistir el estrés, la fatiga, el desinterés y el ‘burnout’ en el trabajo – https://theconversation.com/la-seleccion-como-resistir-el-estres-la-fatiga-el-desinteres-y-el-burnout-en-el-trabajo-272423

How the ‘slayer rule’ might play a role in determining who will inherit wealth from Rob Reiner and his wife

Source: The Conversation – USA – By Naomi Cahn, Professor of Law, University of Virginia

Michele Singer Reiner and Rob Reiner pose with their children, Jake, Romy and Nick, far right, at a 2014 gala. Michael Loccisano/Getty Images

The fatal stabbings of filmmaker and actor Rob Reiner and his wife, the photographer and producer Michele Singer Reiner, have sparked widespread grieving. This tragedy, discovered on Dec. 14, 2025, is also increasing the public’s interest in what happens when killers could inherit wealth from their victims. That’s because Nick Reiner, their son, was charged with two counts of first-degree murder four days after the couple’s deaths at their Los Angeles home.

What’s the ‘slayer rule’?

All states have some form of a slayer rule that prevents killers from inheriting from their victims. While the rules differ slightly from state to state, they always bar murderers from profiting from their own crimes.

Simply put, if you’re found guilty of killing someone or plead guilty to their murder, you can’t inherit anything from your victim’s estate.

In some states, this might go beyond inheritance and apply to jointly held property, insurance policies and other kinds of accounts.

Most of these slayer rules, including California’s, apply only to “felonious and intentional” killings, meaning that they don’t apply if you accidentally kill someone. Although there doesn’t have to be a guilty verdict by a judge or a jury, or a guilty plea from the accused, there must be some finding by a criminal or civil court of an intentional and felonious killing.

These rules, known as slayer rules, have a long history in the United States. They became more prominent following an 1889 murder case in New York state, in which a 16-year-old boy poisoned his grandfather to get an inheritance that was written into his grandfather’s will.

How often are slayer rules invoked?

It’s hard to say for sure. As far as we know, nobody’s tried to keep track.

Slayer rules come into play whenever someone who would otherwise inherit assets from an estate is convicted of or found liable for murder, and the slayer is entitled to inherit from the victim.

These tragic cases almost always involve murders committed by relatives. Many of the high-profile ones have been tied to murders that occurred in California.

Famous disinherited murderers include Lyle and Erik Menendez, the Californians known as the Menendez brothers. In 1996, a jury found them guilty of the first-degree murder of their parents, José and Mary Louise “Kitty” Menendez. The Menendez brothers’ parents, who were killed in 1989, had a fortune that today would be worth more than $35 million.

The brothers, who became eligible for parole but were denied it in 2025, have been in prison ever since.

Once there has been a finding of an intentional and felonious killing, even if the slayer is later released on parole – or even if they serve no prison time at all – they would still not inherit anything.

In practical terms, that means if one or both of the Menendez brothers were to win parole in the future, they would still be ineligible to inherit any of their parents’ wealth upon their release from prison.

California’s slayer rule also meant that salesman Scott Peterson, who was convicted of killing his pregnant wife, Laci Peterson, in 2002, couldn’t collect the money he would otherwise have been due from her life insurance policy.

Peterson has been in prison since 2005.

Two young men, wearing prison garb, sit in a courtroom.
Erik Menendez, left, and Lyle Menendez, seen standing trial for their parents’ murders, in 1994. They were convicted in 1996.
Ted Soqui/Sygma via Getty Images

What can block its application?

In the absence of a murder conviction, the slayer rule may not apply. For example, a conviction for a lesser criminal offense, such as manslaughter, might allow the accused – or their lawyers – to argue that the killing was unintentional.

This exception could be relevant to the prosecution of the Reiners’ murders if it were to turn out that Nick Reiner’s defense can show that substance abuse or schizophrenia rendered him insane when he allegedly killed his parents at their Los Angeles home.

On the other hand, under California law, even if there is no conviction the probate court administering the murder victim’s estate could still separately find that the killing was intentional and felonious. That civil finding would bar the slayer from inheriting without a criminal conviction.

Rob Reiner holds a microphone next to a young man with a banner for the movie 'Being Charlie' visible in the background.
Rob Reiner and his son Nick, seen in 2016 speaking about ‘Being Charlie,’ the movie about a young man’s struggle with substance use that they made together.
Laura Cavanaugh/FilmMagic via Getty Images

Does this only apply to families with big fortunes?

Slayer rules apply to anyone who kills one or more of their relatives, whether their victims were rich, poor or in between.

When large amounts of money are at stake, cases tend to garner more attention due to media coverage during the criminal trial and subsequent inheritance litigation.

Who will inherit Rob Reiner’s and Michele Singer Reiner’s wealth?

It’s too soon for both the public and the family to know who will inherit ultimately from the Reiners.

Wills are typically public documents, although the Reiners may have also engaged in other types of estate planning, such as trusts, that do not typically become public records. And celebrities with valuable intellectual property rights, such as copyrights from the Reiners’ many film and television properties, tend to establish trusts.

Assuming that, like many parents, the Reiners left most of their fortune – which reportedly was worth some US$200 million – to their children, including Nick, then California’s slayer statute may come into play. The couple had two other children together, Romy and Jake.

Rob Reiner also had another daughter, Tracy Reiner, whom he adopted after his marriage to his first wife, the actor and filmmaker Penny Marshall.

It’s also likely that the Reiners included charitable bequests in their estate plans. They were strong supporters of many causes, including early childhood development.

Might the slayer rule apply to Nick Reiner?

It’s much too soon to know.

It is important to emphasize that the wills and other estate planning documents of Rob Reiner and Michele Singer Reiner have not yet been made public. That means what Nick Reiner might stand to inherit, if the slayer rule were to prove irrelevant in this case, is unknown.

Nor, with the investigation of the couple’s deaths still underway, can anyone make any assumptions about Nick’s innocence or guilt.

And, as of mid-December 2025, an unnamed source was telling entertainment reporters that Nick Reiner’s legal bills were being paid for by the Reiner family.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How the ‘slayer rule’ might play a role in determining who will inherit wealth from Rob Reiner and his wife – https://theconversation.com/how-the-slayer-rule-might-play-a-role-in-determining-who-will-inherit-wealth-from-rob-reiner-and-his-wife-272171

The celibate, dancing Shakers were once seen as a threat to society – 250 years later, they’re part of the sound of America

Source: The Conversation – USA (3) – By Christian Goodwillie, Director and Curator of Special Collections and Archives, Hamilton College

In the Shakers’ early years, dance was one of the most distinct aspects of the Christian group’s worship. Bettmann via Getty Images

Director Mona Fastvold’s new film, “The Testament of Ann Lee,” features actor Amanda Seyfried in the titular role: the English spiritual seeker who brought the Shaker movement to America. The trailer literally writhes with snakes intercut amid scenes of emotional turmoil, religious ecstasy, orderly and disorderly dancing – and sex. Intense and sometimes menacing music underpins it all: the sounds of the enraptured, singing their way to a fantastic and unimaginable ceremony.

The trailer is riveting and unsettling – just as the celibate Shakers were to the average observer during their American emergence in the 1780s.

I sit on the Board of Trustees of Hancock Shaker Village in Massachusetts, where some of the film was shot, though I have not seen the film, which is due to be released on Christmas Day. I was the curator at Hancock from 2001 to 2009 and have studied the Shakers for more than 25 years, publishing numerous books and articles on the sect.

Fascination with the Shakers is enduring, as are they. The sect once had several thousand members; today, three Shakers remain, practicing the faith at their village in Sabbathday Lake, Maine, as they have since 1783.

Mona Fastvold’s film depicts the group’s early years in North America.

Many characteristics of Shaker life and belief set them apart from other Protestant Christians, but their name derives from one of the most obvious. Early Shakers manifested the holy spirit that they believed dwelled within them by shaking violently in worship. While they called themselves “Believers,” observers dubbed them “Shakers.” Members eventually adopted the name, although officially they are the United Society of Believers in Christ’s Second Appearing.

The Shakers developed unique worship practices in both music and dance that expressed their faith. Until the 1870s, Shaker music was monophonic, with a single melodic line sung in unison and without instrumental accompaniment. Many of their melodies, Shakers said, were given to them by spirits. Some of these charmed and haunting strains have permeated through broader American musical culture.

New form of family

The Shakers first began to organize in Manchester, England, in 1747. By 1770, they came to believe that the spirit of Christ had returned through their leader, “Mother” Ann Lee. However, “Mother Ann was not Christ, nor did she claim to be,” the Shakers state. “She was simply the first of many Believers wholly embued by His spirit, wholly consumed by His love.”

In 1774, Lee led eight followers to North America, settling near what is now Albany, New York. As is still true today, Shakers held their property in common, following the model of the earliest Christians that is recorded in the Bible’s Book of Acts. At its height, the movement had 19 major communities.

A sepia-toned image of a man in a white shirt, dark vest and straw hat standing under a hilltop tree overlooking many houses.
A stereograph card shows a man looking over the Shaker settlement in Mount Lebanon, N.Y.
Digital Collections, Hamilton College Library

Shakers work out their salvation each day by physical and spiritual labor. They do not subscribe to the common Christian doctrine that Jesus’ death atoned for the sins of mankind. And Shakers are celibate – one of the practices that most startled their neighbors in 18th- and 19th-century America. Lee taught that humanity could not follow Christ in the work of spiritual regeneration, or salvation, “while living in the works of natural generation, and wallowing in their lusts.” For Shakers, celibacy is one way people can reunite their spirits with God, who they believe is dually male and female.

Almost every Shaker, therefore, joined the faith as a convert, or the child of converts. Families who joined their communities were effectively dissolved: Husbands and wives became brothers and sisters; parents and children the same. Early accounts report that, in extreme instances, children publicly denounced their parents and pummeled their genitals in an effort to subdue the flesh and its earthly ties.

Shaking with the spirit

The Shakers of Lee’s day – now seen as American as apple pie – were regarded as a fundamental threat to society. In part, that stemmed from their perceived dissolution of families. But many outsiders were also alarmed by their ritual dances, whose intensity and emotion demonstrated a physicality seemingly incongruous with their celibacy.

In the early years, Shaker worship was an unbridled individual expression of spiritual enthusiasm. Eventually, it transformed into highly choreographed dances. At first, these were agonizingly slow and laborious series of movements designed to mortify the flesh – to help the spiritual overcome the physical – and instill discipline and union among the members.

Historians and reenactors have recreated some Shaker dances.

What kind of music accompanied such striking movements? The earliest Shaker songs, including ones attributed to Lee, have no intelligible language. Rather, they were sung using vocalized syllables or “vocables,” such as lo-de-lo or la-la-la or vi-vo-vum. Shakers invented a new form of notation to record their songs, using letters adorned with a variety of hashmarks to denote pitch and rhythm.

Early observers of the Shakers noted the effects of their unique musical practice:

They begin by sitting down and shaking their heads in a violent manner, … one will begin to sing some odd tune, without words or rule; after a while another will strike in; … after a while they all fall in and make a strange charm … The mother, so called, minds to strike such notes as makes a concord, and so form the charm.

The Shakers were meticulous recordkeepers regarding every aspect of community life. Music was no exception. More than 1,000 volumes of Shaker music survive in manuscript: tens of thousands of songs dating from Lee’s day to the mid-20th century.

Scholars, musicians and researchers have extracted treasures from this repertoire. Most notably, composer Aaron Copland adapted Elder Joseph Brackett’s famous 1848 tune “Simple Gifts” for “Appalachian Spring”: the ballet that won Copland a Pulitzer in 1945. Hidden gems must still abound in the remaining unplumbed depths of Shaker manuscript songbooks.

In contrast, the Shakers left few detailed instructions for their dance. But eyewitness accounts abound, and scholars have made careful and respectful reconstructions.

Living faith

Fastvold’s film evokes the chaotic, violent world of the first Shakers in America, who converted farm families along the New York-Massachusetts border during the Revolutionary War. Some outsiders regarded the sect as an English plot to neutralize the populace with religious fervor, opening the way for a British reconquest of New England.

A balding man in a red sweatshirt bends down to nuzzle a white sheep.
Brother Arnold, one of the three Shakers now living at Sabbathday Lake, Maine, scratches a ram after shearing in 2024.
Gregory Rec/Portland Press Herald via Getty Images

The director’s vision, incarnated by Seyfried’s bewitching presence and voice, invokes the uncanny atmosphere of early Shakerism. However, Shakerism is a living, ever-changing faith, whose presence in America is older than the country itself. The fact is, Shakers have not regularly danced in worship since the 1880s – or less than half of the total time the sect has endured.

Outsiders judged and named the Shakers in reaction to their external qualities in worship. The movement’s endurance and core, however, lies in its spiritual teachings. As the Believers asserted in their 1813 hymn “The Shakers,” “Shaking is no foolish play.”

The Conversation

Christian Goodwillie is the Director and Curator of Special Collections and Archives at Hamilton College in Clinton, NY. He was Curator of Collections at Hancock Shaker Village from 2001-2009, where he now sits on the Board of Trustees and is a paid consultant. Three songs from his 2002 book Shaker Songs, co-authored with Joel Cohen, were used as sources for music in the The Testament of Ann Lee. Portions of the Testament of Ann Lee were filmed at Hancock Shaker Village.

ref. The celibate, dancing Shakers were once seen as a threat to society – 250 years later, they’re part of the sound of America – https://theconversation.com/the-celibate-dancing-shakers-were-once-seen-as-a-threat-to-society-250-years-later-theyre-part-of-the-sound-of-america-265828

Au Moyen-Âge, l’invention d’un Jésus « petit garnement »

Source: The Conversation – in French – By Mary Dzon, Associate Professor of English, University of Tennessee

Le bœuf et l’âne apparaissent dans l’imaginaire chrétien comme témoins instinctifs de la divinité de l’enfant Jésus. © Bodleian Libraries, University of Oxford, CC BY-NC

Entre jeux, désobéissances et miracles, les textes apocryphes montrent un Christ enfant espiègle, mais déjà conscient de sa divinité.


Les scènes de la Nativité présentées à l’époque de Noël montrent généralement un bœuf et un âne aux côtés de l’enfant Jésus. Selon l’Évangile de Luc, Marie plaça son enfant dans une crèche – une mangeoire destinée à nourrir les animaux – « parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ».

Loin d’être de simples figurants, le bœuf et l’âne renvoient au Livre d’Isaïe 1 :3, un verset que les premiers chrétiens ont interprété comme une prophétie de la naissance du Christ. Dans certaines œuvres anciennes, ces bêtes de somme s’agenouillent pour manifester leur révérence, reconnaissant dans ce nouveau-né emmailloté, venu au monde dans l’humilité, une figure seigneuriale.

Les Évangiles canoniques, ces récits de la vie de Jésus inclus dans le Nouveau Testament, ne mentionnent à aucun moment la présence de ces animaux accueillant le nouveau-né. Pourtant, le motif apparaît déjà dans des œuvres d’art du IVᵉ siècle. Il a ensuite été largement diffusé par l’Évangile du Pseudo-Matthieu, un texte apocryphe – c’est-à-dire non retenu dans le canon des Écritures. Rédigé par un moine anonyme, probablement au VIIe siècle, le Pseudo-Matthieu rassemble de nombreux récits consacrés à l’enfance de Jésus.

Car après le récit de la naissance de Jésus, la Bible demeure presque totalement silencieuse sur son enfance. En revanche, des légendes sur ses jeunes années ont largement circulé au Moyen Âge – un phénomène au cœur de mon livre publié en 2017. Si la présence du bœuf et de l’âne est aujourd’hui familière à de nombreux chrétiens, rares sont ceux qui connaissent les autres récits saisissants transmis par les textes apocryphes.

Faiseur de miracles

Tableau Le Christ retrouvé par ses parents ou Le Christ retrouvé au Temple
Le Christ retrouvé par ses parents ou Le Christ retrouvé au Temple, 1342.
Google Cultural Institute/Walker Art Gallery via Wikimedia

La Bible ne rapporte qu’un seul épisode célèbre de la jeunesse de Jésus : celui où, à l’âge de 12 ans, il reste au Temple juif de Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Après l’avoir cherché avec une vive angoisse, ils le retrouvent en pleine discussion avec des maîtres de la Loi, posant des questions et les stupéfiant par ses réponses. Au XIVe siècle, le peintre Simone Martini le représente dans « Le Christ retrouvé au Temple » debout face à ses parents, les bras croisés – un adolescent entêté, manifestement peu enclin à s’excuser de les avoir laissés dans l’inquiétude pendant plusieurs jours.

L’Évangile apocryphe du Pseudo-Matthieu – en particulier dans les versions qui intègrent des éléments d’un texte apocryphe encore plus ancien, l’Évangile de l’enfance selon Thomas – se concentre précisément sur l’enfance de Jésus. À l’image de l’épisode du Temple, ces récits décrivent un enfant parfois difficile, doté d’une sagesse hors du commun qui émerveille autant qu’elle déroute, voire choque, ses maîtres. Plus radicalement encore, les textes apocryphes le montrent exerçant un pouvoir divin dès son plus jeune âge.

Un manuscrit italien du XIVᵉ siècle montrant Jésus repoussant des dragons pour protéger ses parents
Un manuscrit italien du XIVᵉ siècle montrant Jésus repoussant des dragons pour protéger ses parents.
Bodleian Libraries, University of Oxford, CC BY-NC

À l’image du Jésus adulte du Nouveau Testament, cet enfant Christ des récits apocryphes accomplit souvent des prodiges pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Selon l’Évangile de Matthieu, Marie et Joseph emmènent l’enfant Jésus en Égypte après qu’un ange les a avertis en songe qu’Hérode, roi de Judée, cherchait à le faire mourir. Dans la version de cet épisode développée par le Pseudo-Matthieu, Jésus, âgé de moins de 2 ans, se dresse courageusement sur ses pieds face à des dragons surgissant d’une grotte où sa famille s’est arrêtée pour se reposer.

Ces dragons terrifiants se prosternent devant lui avant de s’éloigner, tandis que Jésus affirme avec assurance à ceux qui l’entourent qu’il est « l’homme parfait » et qu’il peut « dompter toute espèce de bête sauvage ». Plus tard, il ordonne à un palmier de se courber afin que Marie, épuisée, puisse en cueillir les fruits, et il abrège miraculeusement leur traversée du désert.

Par moments, le Jésus de ces légendes apparaît largement responsable des malheurs qui l’entourent. Les carreaux médiévaux de Tring datés du XIVe siècle, aujourd’hui conservés au British Museum, montrent l’un de ses amis emprisonné par son père dans une tour. Le Christ l’en extirpe par un minuscule trou, à la manière d’un chevalier courtois sauvant une demoiselle en détresse. Le père avait tenté de protéger son fils de l’influence de Jésus – une précaution compréhensible, tant de nombreuses légendes décrivent Jésus provoquant la mort de ses camarades de jeu ou d’autres garçons qui l’avaient, d’une façon ou d’une autre, contrarié.

Dans un récit qu’un chercheur a résumé par l’expression « la mort pour avoir bousculé Jésus », un garçon le heurte en courant. Celui-ci le maudit, et l’enfant s’effondre aussitôt, mort – avant que Jésus ne le ramène à la vie, après une brève remontrance de Joseph.

Une scène des carreaux de Tring
Une scène des carreaux de Tring montrant Jésus délivrant son ami d’une tour.
© The Trustees of the British Museum, CC BY-NC-SA

Dans un autre récit, transmis par une traduction anglo-normande consignée dans un manuscrit enluminé, Jésus enlève son manteau, le pose sur un rayon de soleil et s’assoit dessus. En voyant cela, les autres enfants « pensèrent qu’ils pourraient faire de même… Mais ils se montrèrent trop empressés et tombèrent tous en même temps. L’un après l’autre, ils sautèrent sur le rayon de soleil, mais l’expérience tourna mal, car chacun se brisa la nuque ». À la demande de ses parents, Jésus guérit ensuite les garçons.

Joseph reconnaît alors devant ses voisins que Jésus « est vraiment trop turbulent » et décide de l’envoyer ailleurs. Âgé de sept ans, Jésus est placé en apprentissage chez un teinturier, qui lui donne des consignes très précises pour teindre trois pièces de tissu dans trois cuves différentes. Sitôt son maître parti, Jésus désobéit et jette tous les tissus dans une seule cuve – obtenant pourtant le résultat attendu. Lorsque le teinturier revient, il croit d’abord avoir été « ruiné par ce petit garnement », avant de comprendre qu’un prodige vient de se produire.

Jésus assis sur un rayon de soleil
Jésus assis sur un rayon de soleil, tandis que d’autres garçons tentent de l’imiter, dans une miniature du manuscrit Selden Supra 38, réalisée au début du XIVᵉ siècle.
Bodleian Libraries, University of Oxford, CC BY-NC-SA

Lien avec les animaux

Ces légendes apocryphes montrent aussi l’enfant Jésus exerçant son pouvoir sur le monde animal. Lorsqu’il pénètre dans une caverne redoutée où vivent des lions, les lionceaux « courent autour de ses pieds, le caressant et jouant avec lui », tandis que « les lions adultes se tiennent à distance, l’adorent et agitent la queue devant lui ». Jésus explique alors aux témoins que les bêtes leur sont supérieures, car les animaux, eux, « reconnaissent et glorifient leur Seigneur ».

Ces récits dressent ainsi le portrait d’un Jésus parfois hautain, conscient de sa nature divine et peu disposé à accepter qu’on le traite comme un simple petit garçon. Mais ils le montrent aussi comme un véritable enfant, aimant jouer. Le jeune Jésus y apparaît enfantin dans sa manière d’agir souvent sur un coup de tête, sans prêter beaucoup d’attention aux remontrances de ses aînés.

Une enluminure représentant une troupe de lions observant un jeune garçon auréolé qui caresse un lionceau
Un manuscrit du XIVᵉ siècle, le « Klosterneuburger Evangelienwerk », montre le jeune Jésus jouant avec des lions.
Schaffhausen City Library via Wikimedia

Son lien avec les animaux contribue également à son image d’enfant. De manière frappante, dans les textes apocryphes, les bêtes – à commencer par le bœuf et l’âne – semblent souvent percevoir que Jésus n’est pas un enfant ordinaire avant même que les personnages humains ne s’en rendent compte.

L’insinuation subtile des légendes selon laquelle de nombreux Juifs entourant Jésus ne seraient pas aussi perspicaces que les animaux reflète l’antisémitisme répandu dans l’Europe médiévale. Dans un sermon du Vᵉ siècle, Quodvultdeus, évêque de Carthage, s’interroge sur le fait que la reconnaissance de Jésus dès la crèche par les animaux n’ait pas été un signe suffisant pour les Juifs.

Livre d’images de la Bible de Holkham
Le Livre d’images de la Bible de Holkham montre Jésus accomplissant des tâches domestiques (Londres, British Library, Additional MS 47682, fol. 18).
Courtesy British Library

Dans la Bible, Jésus accomplit son premier miracle à l’âge adulte, lors d’un festin de noces à Cana. Les récits apocryphes, en revanche, explorent l’idée que l’Homme-Dieu manifeste son pouvoir dès l’enfance. Selon ces légendes, le caractère enfantin du Christ distrayait souvent ceux qui l’entouraient, les empêchant de reconnaître qu’il était le Messie. Cela permet aux textes apocryphes de ne pas contredire la Bible, qui présente Jésus comme « simplement le fils du charpentier », loin de l’image d’un enfant prodige.

Chaque Noël, les chrétiens occidentaux modernes célèbrent principalement la naissance de Jésus, avant de laisser rapidement de côté la figure de l’Enfant-Christ. Les chrétiens du Moyen-Âge, en revanche, étaient fascinés par les récits de la jeunesse du Fils de Dieu. Malgré ses exploits de dompteur de dragons, de guérisseur ou de magicien, le jeune Jésus des textes apocryphes passe largement inaperçu, dissimulant sa divinité derrière son apparence de « petit garnement ».

The Conversation

Mary Dzon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Au Moyen-Âge, l’invention d’un Jésus « petit garnement » – https://theconversation.com/au-moyen-age-linvention-dun-jesus-petit-garnement-272184

Les prises de pouvoir se multiplient en Afrique : la réponse mitigée de l’UA aggrave la situation

Source: The Conversation – in French – By Richard Fosu, Lecturer in International Relations, Monash University

Il ne se passe pratiquement pas un mois sans qu’on apprenne un nouveau changement de gouvernement anticonstitutionnel sur le continent africain.

Ces changements peuvent prendre l’une des trois formes suivantes.

La première est un coup d’État militaire ou un changement violent d’un gouvernement (démocratiquement) élu. La deuxième est le refus d’un gouvernement en place de céder le pouvoir après avoir perdu une élection. Et enfin, la manipulation des Constitutions pour gagner ou prolonger le mandat d’un gouvernement en place.

Nous étudions la paix et les conflits en Afrique, ainsi que le droit de l’Union africaine. Nous avons présenté ces trois catégories dans un article publié en 2023. Nous y avons analysé les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique entre 2001 et 2022.

Nous avons recensé 20 coups d’État, six cas de manipulation constitutionnelle et quatre tentatives de maintien au pouvoir par des dirigeants sortants après avoir perdu les élections.

Ces tendances persistent depuis la publication de notre étude. Le plus récent est le coup d’État militaire en Guinée-Bissau fin novembre 2025.

Face à la persistance des changements anticonstitutionnels de gouvernement, en particulier ce qui a été décrit comme une résurgence des coups d’État en Afrique, nous avons analysé la position de l’Union africaine sur ces trois formes de changement de régime.

La Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance de 2007 interdit les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Elle prévoit des sanctions pour rétablir l’ordre constitutionnel lorsqu’ils se produisent.

Nous avons constaté que pour la majorité des coups d’État (17 sur 20 dans notre base de données), l’UA a appliqué strictement les sanctions prévues par la charte afin de rétablir l’ordre constitutionnel. En revanche, le bilan est mitigé lorsque les dirigeants sortants s’accrochent au pouvoir à la suite d’une défaite électorale ou tripatouillent les Constitutions pour prolonger leur mandat.




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Ces conclusions nous ont amenés à examiner comment l’UA peut renforcer les mécanismes démocratiques continentaux afin d’empêcher que la « ceinture des coups d’État africains » ne s’étende davantage.

Nous concluons de nos résultats que l’UA doit prendre deux mesures.

Premièrement, éviter les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Pour ce faire, il convient :

  • de favoriser une véritable culture démocratique dans les États africains

  • d’établir des règles claires sur des questions telles que les changements constitutionnels, qui sont souvent instrumentalisés par les dirigeants en place pour rester au pouvoir

  • d’appliquer ces règles sans crainte ni favoritisme.

Deuxièmement, l’UA, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et d’autres organismes régionaux doivent appliquer des sanctions fermes non seulement aux auteurs de coups d’État militaires mais aussi aux dirigeants civils qui manipulent la loi pour rester au pouvoir.

Une histoire marquée par des coups d’État

L’euphorie des indépendances dans toute l’Afrique, après l’indépendance vis-à-vis de la domination coloniale européenne à la fin des années 1950 et dans les années 1960, a été de courte durée.

De nombreux pays africains ont sombré dans des décennies d’instabilité politique, de crises socio-économiques et de guerres civiles. L’un des principaux facteurs à l’origine de cette période a été l’absence de systèmes solides de participation démocratique et de transferts pacifiques du pouvoir.

Sans véritables espaces de participation politique, les coups d’État et contre-coups d’État militaires, les mouvements rebelles et autres moyens violents d’accéder au pouvoir sont devenus la norme.

Entre 1956 et 2001, il y a eu 80 coups d’État réussis, 108 tentatives de coup d’État échouées et 139 complots de coup d’État en Afrique subsaharienne.




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En 2000, les dirigeants africains ont décidé, lors d’un sommet au Togo, d’adopter la Déclaration de Lomé. Celle-ci condamnait les coups d’État et autres changements anticonstitutionnels de gouvernement. Il s’agissait du premier instrument continental à établir un cadre pour une réponse collective africaine aux changements anticonstitutionnels de gouvernement.

Elle a été suivie par la Charte africaine de la démocratie de 2007 et le Protocole de Malabo sur une cour pénale africaine en 2014.

Ces trois instruments prévoient diverses sanctions à l’encontre des États africains et des individus complices de violations des principes démocratiques.

Malgré cela, plusieurs États africains ont encore enregistré des transitions de pouvoir anticonstitutionnelles. Et la réponse de l’UA a été mitigée.

La réponse mitigée de l’UA

Voici quelques exemples que nous avons identifiés.

En 2010, l’UA a soutenu une initiative internationale visant à destituer Laurent Gbagbo après son refus de céder le pouvoir malgré sa défaite à la présidentielle en Côte d’Ivoire.

Le refus de Yahya Jammeh de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections de 2016 en Gambie a également suscité une réaction sévère de la part de l’UA. Celle-ci a déclaré qu’elle « ne reconnaîtrait pas » Jammeh. La Cedeao a envisagé de « le destituer par la force militaire » s’il refusait de céder le pouvoir pacifiquement.

Cela dit, il y a eu des manquements notoires, ce qui est regrettable.

Par exemple, la victoire électorale contestée d’Ali Bongo au Gabon en 2016 n’a pas donné lieu à des mesures concrètes de la part de l’UA. Aucune mesure n’a non plus été prise concernant le report des élections en République démocratique du Congo sous Joseph Kabila en 2018.




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L’échec le plus flagrant dans la mise en place des principes démocratiques en Afrique a été l’absence de sanctions de la part de l’UA lorsque les dirigeants en place ont manipulé les Constitutions pour prolonger la durée de leur mandat.

Du Burundi à la Côte d’Ivoire, en passant par le Togo et le Zimbabwe, nous n’avons trouvé aucune preuve dans notre base de données que l’UA ait réagi directement à des cas de manipulations constitutionnelles.

Pourtant, dans l’histoire récente, les manipulations constitutionnelles ont été les principaux facteurs déclencheurs d’interventions militaires. Les récents coups d’État au Gabon, en Guinée, au Tchad et au Soudan ont tous été précédés par des manipulations constitutionnelles visant à prolonger ou à abolir la limitation du nombre de mandats.

Nous avons constaté que lorsque l’espace démocratique se réduit et que les citoyens ont le sentiment de ne plus pouvoir exprimer leur désaccord, le risque de soulèvements populaires augmente. L’armée profite souvent de ces moments pour intervenir.

Ce qu’il faut faire

Les traités continentaux sur la démocratie et la bonne gouvernance exigent le strict respect des principes démocratiques et des principes de transfert pacifique du pouvoir.

Pour qu’ils soient efficaces, les mesures suivantes doivent être prises.

Tout d’abord, les principes démocratiques doivent être clairement définis. Par exemple, le fait de modifier la constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels au profit d’un président sortant viole-t-il ces principes ? Qu’en est-il de l’élimination des candidats de l’opposition par des manœuvres telles que des poursuites judiciaires motivées par des raisons politiques ?

Deuxièmement, des règles claires doivent être établies sur des questions telles que la limitation du nombre de mandats.

Troisièmement, l’UA, la Cedeao et d’autres organismes régionaux doivent cesser de ménager les pseudo-démocrates dont le comportement invite aux coups d’État. Ils doivent cesser de superviser et d’approuver les élections truquées qui maintiennent ces dirigeants au pouvoir.

Enfin, l’UA peut démontrer son engagement en faveur de la démocratie et de la bonne gouvernance en refusant de récompenser les autocrates. Cela pourrait se traduire par le refus de nommer des autocrates à des organismes importants, tels que le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (chargé de surveiller la démocratie et la bonne gouvernance sur le continent), ou de leur attribuer des présidences tournantes.

Le Dr Christopher Nyinevi, qui travaille à la Cour de justice de la Cedeao à Abuja, au Nigeria, est coauteur de cet article.

The Conversation

Richard Fosu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Les prises de pouvoir se multiplient en Afrique : la réponse mitigée de l’UA aggrave la situation – https://theconversation.com/les-prises-de-pouvoir-se-multiplient-en-afrique-la-reponse-mitigee-de-lua-aggrave-la-situation-271683

Más allá de una mesa llena: ¿es la Navidad en soledad una experiencia traumática o una elección personal?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Olatz Suárez Carballo, Investigadora, Universidad San Jorge

Panya_photo/Shutterstock

Las fiestas navideñas se acercan y con ellas llega un torbellino de luces, expectativas y emociones que no todas las personas viven del mismo modo. Mientras que para muchas personas suponen un momento de entrañables encuentros y celebraciones junto a sus seres más queridos, para otras puede resultar un periodo de tristeza y soledad no deseada.

En España, cerca de cinco millones de personas viven solas, lo que representa un 27 % del total de hogares del país. Aunque vivir sin compañía no significa necesariamente sentirse solo o sola.

Así, la soledad no deseada puede definirse como una experiencia desagradable que ocurre cuando alguien siente que sus relaciones sociales son insuficientes o inexistentes, o no tienen la suficiente calidad y calidez humana.

Por contra, la solitud es una experiencia voluntaria y agradable que las personas buscan activamente para disfrutar de su propio tiempo y espacio personal.

En 2024, el 20 % de la población española reportó sufrir de soledad no deseada, la cual se relaciona con una peor salud física y mental. De hecho, datos recientes concluyen que la percepción subjetiva de estar solos se asocia con una mayor mortalidad. Nos enfrentamos a un problema global que impacta negativamente a nuestro bienestar y que acarrea costes sociales y económicos.

Los principales factores asociados a la soledad no deseada son, además de vivir sin compañía, sufrir eventos vitales estresantes como divorcio, duelo, viudedad, etc. Además, son también condicionantes relevantes la edad –afecta especialmente a los más jóvenes y los mayores–, la renta y la presencia de discapacidad y/o problemas de salud, sobre todo si merman la autonomía y la salud mental.

Algunas iniciativas para estos días

Frente a este problema, las administraciones están poniendo en marcha diferentes opciones para mitigar la soledad no deseada que viven muchas personas y ofrecer soluciones durante las fechas señaladas.

Entre ellas, destaca la impulsada por la ONG “Grandes Amigos” que pretende llegar a miles de personas y promueve encuentros y acompañamiento para quienes más lo necesiten.

A un nivel regional y municipal también surgen propuestas como, por ejemplo, del Banco de Voluntarios en Valladolid, con un programa específico de acompañamiento de mayores en Navidad, o el programa “Navidades con corazón” en Telde, Gran Canaria, donde apuntan que “cada gesto cuenta. Una visita, una llamada o una carta pueden transformar la Navidad de alguien”.

Otras iniciativas son la convivencia de mayores en Almuñécar (Granada) o el taller navideño “Mayores en Navidad”, en la ciudad de Badajoz.

Sin embargo, estas iniciativas aisladas no siempre alcanzan a todas las personas que lo necesitan y, para la gran mayoría, simplemente son desconocidas. Por ello, si siente soledad no deseada es importante que explore las opciones que ofrecen los barrios, ayuntamientos, comunidades autónomas y entidades sociales que, como ve, pueden marcar una diferencia y ser una ayuda real y efectiva.

También podemos todos y todas acompañar a quienes conocemos o sospechamos que están en esta situación, ayudándoles a encontrar alternativas como estas, o las que podamos ofrecer.

Una elección personal

Por otro lado, aceptar la propia circunstancia y liberarse de la presión social que se idealiza en estas fechas puede abrir las puertas a vivir la Navidad de una forma “no normativa”.

Y es aquí dónde surge la cuestión central: ¿es tan duro pasar estas fechas en soledad o se intensifica la sensación por la atmosfera de expectativas idealizadas que rodean la Navidad?

Para abordar esta cuestión, resulta necesario reivindicar la libertad individual para decidir cómo vivir estas fechas. Las fiestas navideñas suelen concentrar numerosos compromisos sociales que pueden resultar abrumadores y superar las necesidades o deseos individuales.

Mientras que algunas personas encuentran la satisfacción en reuniones numerosas, otras prefieren espacios más reducidos, encuentros selectivos o incluso la tranquilidad de pasar estos días en solitud.

Diversos estudios señalan que el bienestar no depende de la cantidad de interacciones sociales, sino del equilibrio entre las necesidades individuales y las demandas del entorno social.

Desde esta perspectiva, la soledad elegida y placentera, o solitud, puede funcionar como una experiencia reparadora que ofrece introspección, descanso emocional y autonomía. Sin embargo, la libertad de elección solo es posible si existen alternativas reales: programas comunitarios, actividades culturales, iniciativas de voluntariado o espacios de acompañamiento para quienes buscan conexión social. De lo contrario, la soledad corre el riesgo de ser impuesta y, por tanto, fuente de sufrimiento, y una lacra social evitable.

Reconocer la diversidad de necesidades sociales permite replantear la Navidad más allá de la narrativa tradicional. Ofrecer espacios y recursos que brinden compañía y calidez humana a quien la desea y la necesita debe ser un objetivo institucional prioritario.

Por otro lado, respetar la decisión de quien no la necesita ayudaría sin duda a que cada persona viva estas fechas de la forma que le resulte natural y satisfactoria.

The Conversation

Juan Francisco Roy Delgado recibe fondos de investigación de la Universidad San Jorge, el Gobierno de Aragón, el Gobierno de España, y la Unión Europea.

Olatz Suárez Carballo y Pablo González-Sanz no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Más allá de una mesa llena: ¿es la Navidad en soledad una experiencia traumática o una elección personal? – https://theconversation.com/mas-alla-de-una-mesa-llena-es-la-navidad-en-soledad-una-experiencia-traumatica-o-una-eleccion-personal-270550

La receta de una obra maestra: el ‘panettone’ según la ciencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Cervera March, Agente de Innovación en FoodUPV, Universitat Politècnica de València

flanovais/Shutterstock

¿Qué es un panettone? ¿Un dulce navideño italiano? ¿Un brioche de tamaño XL? ¿Una bomba de calorías? ¿Una masa formada por redes de gluten, almidones gelificados, azúcares, aromas y alveolos? La respuesta es que todos ellos, ya que depende del punto de vista con el que se mire. Lo que parece indiscutible es que estamos ante una obra maestra de la cocina.

Desde Italia al mundo

En Argentina es conocido desde el siglo XIX como pan dulce, del italiano pandolce. La imagen muestra un anuncio de diciembre de 1930.
Wikimedia commons, CC BY

El panettone es un dulce italiano muy famoso en todo el mundo, especialmente por Navidad. Tiene una típica forma de cúpula y una altura de entre 12 y 15 centímetros, aproximadamente. Desde hace ya unos cuantos años, se ha vuelto muy popular también en España, compartiendo mesa con otros dulces navideños tan típicos como el turrón, los polvorones o el roscón de Reyes. Todos estos productos son deliciosos y están asociados a momentos en familia o con amigos, felices o incluso mágicos.

Aunque “mágico” es un término muy bonito, especialmente para las niñas y los niños, es bueno recordar que todos estos productos tienen una base científica sólida. Y es que todo lo que comemos es ciencia, y gracias a ella podemos disfrutar de estas maravillas navideñas.

Gastronómicamente, un panettone puede definirse como un tipo de pan brioche, grande y esponjoso, elaborado con masa madre y harina de fuerza, que requiere de varias fermentaciones, reposos… ¡y hasta una vuelta abajo! algo nada habitual.

Un maestro panadero podría hacer una descripción más bonita, pero resulta que soy tecnólogo de alimentos, así que me corresponde describirlo desde un punto de vista científico.

Más gluten, más volumen

El primer paso en un panettone es preparar la masa prefermentada. Para ello, utilizamos harina de fuerza, que aporta más proteína capaz de formar el gluten, una red viscoeslástica similar a una malla, actuando como un “andamio” capaz de atrapar gas y aportar volumen al producto. De ahí que los productos sin gluten tengan muchas dificultades para imitarlos.

Añadimos también masa madre y/o levadura de panadería, es decir, los microorganismos vivos que van a fermentar la masa, generando CO₂, aromas y sabores y suavizando la textura de la misma.

La masa madre, por simplificar, es una masa donde se han mantenido los microorganismos vivos, madurando y generando aromas y sabores más complejos. Por hacer una especie de comparación, una masa madre es como una IA en sus últimas actualizaciones, con respuestas más rápidas y elaboradas, mientras que una masa con levadura fresca recién hecha es como IA más inicial, funcional pero no compleja.

También se incorpora agua, azúcar, mantequilla y yemas de huevo, ingredientes que hidratan y aportan alimento para los microorganismos (azúcares), así como enzimas y grasas.

Ingredientes del panettone: Harina, masa madre, mantequilla, yemas de huevo, azúcar, fruta confitada y pasas.
Wikimedia commons, CC BY

La masa del panettone es especial porque debe ser flexible y resistente al mismo tiempo. Tiene que estirarse para crecer, pero sin romperse. Por eso requiere fermentaciones largas y cuidadosas que permitan que la estructura interna se desarrolle de forma adecuada y estable.

El amasado, gases y aromas

Muy importante es realizar un correcto amasado, con movimientos envolventes, para que se integren bien todos los ingredientes y se vaya formando la red de gluten. Poco a poco la mezcla se va convirtiendo en una masa y el almidón de la harina se va hidratando y extendiendo sus cadenas de amilosa y amilopectina (moléculas del almidón), lo que hace que la mezcla vaya espesando.

Este trabajo de amasado, de duración variable, termina con una primera masa que reposará a temperatura ambiente durante dos horas aproximadamente, dejando que las levaduras presentes vayan fermentando los azúcares (porque es lo más sencillo, luego irán a por otros componentes), generando gases (responsables de las burbujas) y compuestos aromáticos como aldehídos o ácidos orgánicos.

La malla del panettone

Después de esta primera masa prefermentada o primer impasto, se incorpora una segunda ronda de los mismos ingredientes, a los que se añaden sal, vainilla, corteza de naranja o las pepitas de chocolate (también pueden ser pasas u otras frutas). Esta nueva mezcla se vuelve a amasar y dejar reposar el mismo tiempo, permitiendo que la estructura integre los nuevos ingredientes y que las levaduras sigan fermentando la masa y generando gases, sabores y aromas.

Cuando la masa haya doblado su volumen, se divide y se bolea, es decir, se toman porciones y se les da forma redonda y tensa (como una bola). Se hacen bolos según el número de panettones que queramos. Es importante que este paso se realice rápidamente para no desgasificar demasiado ni desestructurar la red, ya formada por una fase continua que combina la red de gluten con los gránulos de almidón gelificado, junto a una fase dispersa compuesta de gas encerrada en alveolos.

Hechos los pastones (bolos), se colocan dentro de los típicos moldes del panettone, dejándoles reposar y que así vuelvan a doblar su volumen. Una vez levados (cuando la mezcla ha crecido), se puede pintar la parte superior con yema o azúcar glas, lo que protegerá la cubierta durante el horneado, evitando un excesivo secado o incluso quemado.

El horneado y la vuelta

El horneado, de en torno a los 40 minutos y 180⁰ C, siempre precalentado, hará que la masa se transforme física y químicamente, alcanzando su volumen final, produciéndose reacciones de caramelización, desnaturalización proteica y de Maillard (a la que se debe el color y aroma a tostado tan característicos). Las redes de gluten se consolidan y el almidón se endurece, fijando la miga, su esponjosidad y el tamaño de los alveolos.

Para comprobar que el horneado ya ha terminado, hacemos la tradicional prueba del palillo o cuchillo: si pinchamos y sale limpio, está listo; si sale sucio, queda un poco.

Una vez fuera del horno, viene un paso muy característico: un volteado boca abajo. Esto se hace para evitar que baje el panettone. La masa aún está muy caliente y puede hundirse. Cuando se enfríe, la estructura interna estará plenamente consolidada y no se hundirá. Esto es habitual, por ejemplo, al hacer un bizcocho, pero teniendo en cuenta que un panettone es muy alto, que se hunda su masa dejaría un producto mucho más compacto y duro, no tan esponjoso y suave.

Aquí también hay un fundamento científico, pues lo que se produce es la retrogradación de la amilosa del almidón durante el enfriamiento, reordenándose y fijando así la estructura de la miga. Con esto tendríamos terminado nuestro panettone, más allá de decoraciones exteriores que ya dependen de gustos y marketing.

Y el último paso, comerlo. Realmente es mágico que podamos disfrutar de un dulce tan maravilloso. Felices fiestas.

The Conversation

Javier Cervera March no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La receta de una obra maestra: el ‘panettone’ según la ciencia – https://theconversation.com/la-receta-de-una-obra-maestra-el-panettone-segun-la-ciencia-271972

Las viñetas han dejado de denunciar la guerra y el genocidio en Palestina

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elena Pérez Elena, Coordinadora del Seminario Permanente de Estudios de Cómic, Universidad de Alcalá

Viñeta de Mohammad Sabaaneh para el periódico de la autoridad palestina _Al-Hayat al-Jadida_ recogidas en el libro _Cartoonists for Palestine_. Mohammad Sabaaneh/Cartoonists for Palestine, CC BY-NC

El pasado 23 de septiembre, la profesora Olga Cruz Moya se preguntaba qué pasaría si dejásemos de recibir imágenes de Gaza. A mediados de diciembre de 2025, la cuestión parece resuelta: Ola Al Azanoun y Motaz Azaira, reporteros de la Franja y premiados por Reporteros sin Fronteras, sentencian en el periódico El País: “El mundo pasa a otra cosa”.

La atención mediática está dejando de mirar a Palestina y al genocidio de su pueblo: su actualidad ya no se encuentra en portada. Así lo denuncian los periodistas palestinos, únicos reporteros que han tenido la posibilidad de cubrir desde dentro la masacre por ser su propio país, vetado a la prensa y a los medios internacionales. Son ellos quienes siguen hablando a través de sus redes sociales –espejo de sus vidas cotidianas–, pero también mediante la literatura, la fotografía o la viñeta y la ilustración (en cuentas como las de Flyers for Falastin), que es el ámbito en el que se va a centrar este artículo.

El ‘fin’ de la guerra y el plan de ‘paz’

La actualidad y la vida siguen, así como el desarrollo del conflicto.

Hamás y el Gobierno israelí de Benjamin Netanyahu pactaron el pasado 9 de octubre un “alto el fuego” inmediato. No es el primero, pero sí el último hasta la fecha. En este caso, sigue el “plan de paz” de veinte puntos propuesto por el gobierno estadounidense de Donald Trump. Negociado y mediado también por otros actores internacionales, establece un primer estadio que incluía la liberación de los rehenes israelíes y de los presos palestinos, así como el repliegue, en Gaza, de las tropas israelíes a unas líneas marcadas por el gobierno de Netanyahu.

Asimismo, el pasado 17 de noviembre se aprobó la resolución 2803 del Consejo de Seguridad de la ONU que avalaba y legitimaba este plan y contemplaba la posibilidad futura de un Estado palestino, ya que la solución de los dos estados pasa en una primera instancia por este reconocimiento. A 22 de septiembre de 2025, 148 de los 193 países que forman la ONU reconocen a Palestina como Estado, entre los que se incluye España.

Con todo, Israel incumple el “alto el fuego” y la paz de forma constante. Sin embargo, el seguimiento del estado actual de la situación en Palestina no está siendo tan mediático.

Dónde están las imágenes de Palestina

¿Qué ocurre con las imágenes actuales de Palestina? Hace unos meses poblaban los medios y se convertían en vehículo de denuncia. Ahora no trascienden a las grandes audiencias, no inundan los feeds de las redes sociales ni tampoco abren los telediarios.

Lo mismo ha ocurrido con la viñeta de prensa, expresión artística de denuncia y crítica social por antonomasia que también había funcionado como catalizador para la movilización ciudadana y había poblado los medios y las redes sociales desde el inicio de la guerra.

Así lo evidenciaron iniciativas como la del colectivo Cartoonists for Palestine, archivo online de dibujantes de prensa que han denunciado la violencia y el genocidio, la iniciativa Dibujos por Palestina, en beneficio de la UNRWA (la agencia de Naciones Unidas para los Refugiados de Palestina), o la exposición Cómic palestino. Voces propias, grito colectivo en Madrid. En este último caso, diez de los relatos expuestos han sido digitalizados.

Keep talking about Palestine” (“Sigan hablando de Palestina”) demandan muchos de los artistas desde el inicio de la invasión. En este artículo queremos rescatar aquellas viñetas combativas que, desde ambos lados del Atlántico, miraban, señalaban y denunciaban la masacre de un pueblo. Dos ejemplos –España y Estados Unidos– de dos países con tradición de viñeta de prensa que han cubierto la guerra desde puntos muy diversos y que han pausado la publicación de contenido relacionado desde el “alto el fuego”.

Qué denuncian las viñetas

En general, cuatro han sido los ejes que han vertebrado las viñetas de ambos países: el genocidio de Palestina; la responsabilidad directa de Netanyahu y el proyecto sionista de su gobierno; la complicidad del gobierno estadounidense personificado en Trump, y el fin de la guerra con el tratado de paz.

Todos los trabajos tienen como denominador común la ironía y, sobre todo, una sátira mordaz. Con tal fin, y para que sean lo más contundentes posible, abunda el uso de metáforas y metonimias visuales: véase la representación de Israel y Palestina a través de sus banderas y colores o la personificación de Israel en la estrella de David o en la figura de Netanyahu.

Voces españolas

En España, revistas satíricas como El Jueves o Mongolia han dedicado numerosas portadas a denunciar el genocidio desde el inicio de la guerra en 2023, poniendo el énfasis en la culpabilidad directa de Netanyahu y en la destrucción total de Palestina. Asimismo, han señalado la mediación de Estados Unidos en el conflicto como un posible pretexto del presidente estadounidense de hacerse con el Nobel de la Paz.

Con todo, los periódicos de tirada nacional también han contado, generalmente en su sección de opinión, con trabajos de dibujantes e ilustradores en favor de la causa palestina.

Así se ve en El País, con artistas como Riki Blanco, Flavita Banana, El Roto y Peridis. Estos autores, además, han querido reflejar la repercusión del conflicto en la política y sociedad española, dibujando la Freedom Flotilla Coalition o la interrupción de la última etapa de la Vuelta ciclista a España por manifestantes en favor de Palestina. También ha habido un número importante de viñetas referidas a la declaración del “alto el fuego”.

Voces estadounidenses

En Estados Unidos, este tipo de imágenes no han aparecido en las portadas de revistas satíricas o dedicadas a la viñeta. Algunos medios generalistas, como el New Yorker o el Washington Post, sí las han utilizado para ilustrar sus reportajes sobre la destrucción de Palestina y la posibilidad de la creación de un Estado. Sin embargo, la mayor parte de las obras han sido colaboraciones puntuales o iniciativa de los propios artistas en sus redes sociales. Así sucede en los casos de Nick Anderson, Jen Sorensen, Matt Bors y Mark Fiore.

Las temáticas, en estos casos, han versado sobre el sionismo/antisemitismo (comprensible dadas las históricas relaciones de Estados Unidos con Israel y la numerosa población judía en el país). También han hablado de la implicación de la política estadounidense en el conflicto, desafiando hasta cierto punto la aparente figura intocable del presidente de Estados Unidos.

Sin embargo, de la misma manera que las noticias sobre la situación de Palestina han disminuido, la producción gráfica relacionada con este tema también se ha detenido.

La viñeta denuncia y moviliza

El genocidio sigue en marcha y la creación del Estado palestino permanece en la utopía: un territorio destruido controlado por Israel y con planes para convertirse en “la Riviera de Oriente Medio” a manos de Estados Unidos.

Palestina es hoy un lugar masacrado. La paz verdadera, la de la reconstrucción, el duelo, la de los palestinos, solo llegará si esta tierra puede levantarse después de los trágicos eventos de los últimos años y la comunidad internacional la sostiene.

La viñeta es un arma y un altavoz que señala, critica y moviliza. Por ese motivo, esperamos la reactivación de la producción gráfica acerca de lo que está sucediendo para concienciar a la población sobre todo el camino que queda por recorrer. “Keep drawing Palestine”. Sigan dibujando Palestina.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Las viñetas han dejado de denunciar la guerra y el genocidio en Palestina – https://theconversation.com/las-vinetas-han-dejado-de-denunciar-la-guerra-y-el-genocidio-en-palestina-267706