Virus du Nil occidental (West Nile Virus) : le point sur ce virus en pleine expansion en France

Source: The Conversation – in French – By Yannick Simonin, Virologiste spécialiste en surveillance et étude des maladies virales émergentes. Professeur des Universités, Université de Montpellier


L’ESSENTIEL

  • Après une année 2025 déjà record en France, le nombre de cas d’infections par le virus du Nil occidental a atteint un nouveau palier exceptionnel en 2026.

  • S’il est très souvent asymptomatique, ce virus peut provoquer de graves complications neurologiques, parfois mortelles.

  • La circulation de ce virus transmis par les moustiques risque d’augmenter encore, en raison du changement climatique qui allonge la durée d’activité de ces insectes, accroît leur durée de vie et modifie leur métabolisme.


En ce début d’automne 2026, la France enregistre un nombre record de cas d’infection par le virus du Nil occidental (West Nile Virus, en anglais), aussi bien chez l’être humain que chez les chevaux, tous deux hôtes « accidentels » de ce virus qui infecte principalement les oiseaux.

Le 21 septembre 2026, plus de 250 cas équins et 117 cas humains avaient déjà été signalés, dépassant très largement les 62 cas recensés sur l’ensemble de l’année dernière, qui constituait déjà une année record ! Nos voisins européens ne sont pas épargnés, puisque plus de 1 500 cas ont déjà été identifiés sur le continent, où près de 80 décès ont malheureusement été recensés.

Le nombre d’infections de ce virus transmis par le moustique commun devrait encore augmenter dans les semaines à venir. Quelles régions sont touchées, quels facteurs expliquent cette situation exceptionnelle, et doit-on s’en alarmer ? Point de situation sur ce virus considéré comme émergent en Europe.

De l’Afrique à l’Europe

Le virus du Nil occidental tire son nom du lieu où il a été isolé pour la première fois, en 1937 : dans le district du Nil occidental, au nord de l’Ouganda.

On ne connaît pas encore très bien tous les rouages de l’introduction de ce virus en Europe, mais on sait qu’il est probablement arrivé sur le continent initialement avec des oiseaux migrateurs originaires d’Afrique, avant de se propager aux oiseaux résidents.

Le premier foyer européen a été identifié en France, en 1962-1963, en Camargue. Cependant, les enquêtes sérologiques (qui consistent à rechercher dans le sang des anticorps spécifiques du virus, témoignant d’une exposition passée) ont révélé que le virus du Nil occidental circulait sur le continent dès les années 1950. Il est ensuite resté discret jusqu’en 1996, où une épidémie majeure est survenue en Roumanie : environ 400 cas avaient été recensés. D’autres suivront, dans le sud, l’est, puis l’ouest de l’Europe.

En 1999, le virus fait son entrée aux États-Unis. Il y tue massivement les oiseaux sauvages ainsi que les pensionnaires du zoo du Bronx et infecte 62 personnes à New York, dont 7 décèdent. En quelques années, il gagne la quasi-totalité du territoire américain, touchant oiseaux, chevaux et humains.

Mais l’année de rupture, pour l’Europe, est en 2018. Le virus s’étend alors largement vers l’ouest du continent et provoque la plus grande épidémie jamais enregistrée, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control – ECDC) : 2 083 cas et 181 décès dans une douzaine de pays, dont la France, soit davantage de malades en une seule année que les dix années précédentes réunies.

Depuis, l’aire de répartition du virus ne cesse de s’étendre chaque année. L’Allemagne, les Pays-Bas puis la Belgique ont enregistré leurs premiers cas. Ce virus est devenu endémique dans certaines régions du sud de l’Europe, notamment dans le sud de la France.

L’Île-de-France, nouveau terrain de jeu du virus

Les pays les plus touchés cette année sont l’Italie et la Grèce, qui regroupaient à eux deux plus de la moitié des cas identifiés au début du mois de septembre 2026.

Autrefois cantonné aux régions méditerranéennes, le virus du Nil occidental ne cesse de poursuivre son expansion géographique en Europe.

Dans notre pays, le bulletin de Santé publique France en date du 21 septembre 2026 est sans appel : 117 cas autochtones (autrement dit contractés sur le territoire) d’infections par le virus du Nil occidental ont été détectés. Le record de 2025 (62 cas et les 5 premiers décès jamais répertoriés sur notre territoire) est donc d’ores et déjà largement dépassé.

Par ailleurs, plus de 250 cas équins ont été rapportés, soit plus du double du précédent record. Pas moins de 16 départements sont touchés, dont pour la première fois l’Aude, la Seine-et-Marne, la Drôme, le Rhône, l’Isère, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et le Loiret, qui ont ainsi enregistré leur tout premier cas… La région PACA est la plus concernée, avec 39 cas humains répertoriés.

Plus inquiétant encore, la Nouvelle-Aquitaine, touchée pour la première fois en 2023, enregistre de nouveaux cas cette année. Et l’Île-de-France, qui, à la surprise des spécialistes, a enregistré des premiers cas l’an passé, se retrouve confrontée à nouveau à la circulation du virus. Essonne, Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise, Val-de-Marne, Seine-et-Marne : la liste des départements touchés s’allonge…

Cette récurrence de cas montre que ce virus est probablement en phase d’installation dans de nouvelles régions. Et ce n’est pas fini : la situation devrait continuer à se dégrader dans les prochaines semaines. En effet, le virus est connu pour provoquer des infections jusqu’au mois de novembre, et les conditions climatiques actuelles sont favorables à l’activité des moustiques.

Un cycle de transmission complexe

Le virus du Nil occidental est un arbovirus (de l’anglais arthropod-borne virus, autrement dit un virus transmis par des arthropodes, sous-entendu « hématophages », c’est-à-dire se nourrissant de sang). Il appartient au genre Orthoflavivirus, composé de plus de 70 membres, parmi lesquels le virus de la dengue, le virus Zika ou encore le virus de la fièvre jaune. On en connaît au moins sept lignées, mais seules les lignées 1 et 2 ont, pour l’heure, été associées à des épidémies chez l’être humain.

Une des particularités de ce virus par rapport à d’autres (comme ceux de la dengue, le chikungunya ou le Zika) est qu’il n’est pas transmis par le moustique-tigre, mais par le moustique commun, appelé Culex pipiens. Or, celui-ci est présent sur l’ensemble du territoire hexagonal et il est le moustique le plus répandu en Europe.

Les oiseaux – notamment les passereaux (comme les moineaux, les mésanges, les hirondelles…), les strigiformes (chouettes) – sont considérés comme le réservoir principal du virus du Nil occidental. Les moustiques s’infectent après un repas de sang pris sur des oiseaux porteurs du virus.

Lorsqu’un moustique pique un oiseau infecté, le virus peut se multiplier dans son organisme avant d’infecter, lors du repas sanguin suivant, un nouvel hôte, tel que l’être humain ou le cheval.

Schéma du cycle de transmission du virus du Nil occidental en Europe
Cycle de transmission du virus du Nil occidental en Europe.
Yannick Simonin, Fourni par l’auteur

Ainsi, contrairement à la plupart des autres arbovirus connus pour circuler en France, le virus du Nil occidental se transmet de l’animal à l’être humain, ce qui en fait un cas typique de zoonose (une zoonose est une maladie se transmettant d’une espèce animale à l’être humain).

Cependant, contrairement à la plupart des autres arbovirus qui circulent en France, tel que la dengue ou le chikungunya, par exemple, le virus du Nil occidental ne peut pas se transmettre d’un être humain à un autre par l’intermédiaire des moustiques. Et ce, même lorsqu’une personne développe des symptômes. L’hypothèse est que la charge virale sanguine (la quantité de particules virales en circulation dans le sang) est trop faible pour permettre une infection.

De nombreuses études ont également démontré que plusieurs espèces de mammifères sauvages peuvent être naturellement exposées au virus. C’est par exemple le cas des chauves-souris, des rongeurs ou des sangliers.

Toutefois, leur capacité à amplifier le virus reste bien moindre que celle des oiseaux. Ces mammifères pourraient néanmoins jouer un rôle dans le maintien du virus dans certains écosystèmes et contribuer indirectement à l’exposition des populations humaines.

Pas de transmission d’humain à humain

Si le virus ne se transmet pas d’humain à humain par piqûres de moustiques, d’autres voies de contamination peuvent exister. Le virus peut en particulier se transmettre par transfusion sanguine ou par transplantation d’organes.

En 2025, en France, deux personnes ont ainsi été contaminées à la suite d’une transplantation de reins. Le donneur, un homme dans la cinquantaine décédé d’une hémorragie cérébrale, s’est avéré avoir été infecté par le virus avant sa mort, mais sans avoir développé de signes cliniques (à l’exception de quelques petites lésions diffuses sur la peau de son abdomen et de ses jambes).

L’existence de telles voies de transmission alternatives nécessite donc de revoir nos stratégies de don du sang et de transplantation d’organes en période de circulation du virus.

En France, un dispositif de sécurisation des dons se déclenche dès que le virus est détecté chez l’être humain. Quand un premier cas est confirmé dans un département, les dons de sang y sont systématiquement dépistés.

Par ailleurs, les voyageurs revenant d’une zone à risque (comme les États-Unis) sont soit testés, soit écartés du don pendant vingt-huit jours en période de saison de circulation vectorielle. Pour les greffons, la même logique s’applique, avec une exception pour les organes vitaux transplantés sans attendre les résultats lorsque l’urgence l’impose. La France va même plus loin dans les départements les plus exposés, en dépistant les dons avant l’apparition du premier cas humain.

Reste que ce dispositif a ses limites : les deux greffés de 2025 avaient reçu les reins d’un donneur vivant dans un département qui ne figurait pas encore sur la liste des zones à risque. D’où l’intérêt de surveiller en amont les oiseaux, les moustiques et les chevaux, qui signalent la présence du virus souvent bien avant les premiers cas humains.

Un virus très souvent asymptomatique, mais parfois mortel

À l’origine, le virus du Nil occidental était considéré comme un virus bénin. En effet, dans la grande majorité des cas, il ne provoque pas de symptômes, et l’on a longtemps considéré qu’il n’était, au pire, responsable que d’une fièvre passagère.

Cette image s’est brutalement fissurée à la fin des années 1990 : les épidémies qui se succèdent alors, en Roumanie, en Russie, puis aux États-Unis, révèlent l’existence de formes neurologiques sévères, parfois mortelles.

On estime aujourd’hui que, après une infection, environ 20 % des personnes infectées développent des symptômes. Le plus souvent, il s’agit d’un syndrome pseudo-grippal peu spécifique : fièvre, maux de tête, faiblesse généralisée, douleurs musculaires et articulaires, auxquels s’ajoutent parfois des éruptions cutanées ou des atteintes oculaires.

Chez moins de 1 % des personnes infectées, le virus franchit la barrière physiologique qui protège le système nerveux central (la barrière hématoencéphalique, qui isole le cerveau et la moelle épinière) et provoque une forme dite « neuro-invasive », pouvant s’avérer fatale.

Cette dernière se traduit par une encéphalite (inflammation du cerveau), une méningite (inflammation des enveloppes qui l’entourent) ou une paralysie flasque aiguë, proche de celle de la poliomyélite. Ces formes sévères de la maladie touchent principalement les personnes âgées, ainsi que les patients porteurs de maladies chroniques : maladies cardiovasculaires, diabète, cancer…

Par ailleurs, plusieurs études ont montré que 40 à 50 % de ces patients conservent des séquelles durables, cognitives, fonctionnelles ou physiques : faiblesse musculaire, fatigue persistante, douleurs, troubles de la mémoire, atteinte rénale, épisodes dépressifs.

Il s’agit là d’une dimension souvent oubliée du fardeau de cette infection, qui ne se résume pas au simple décompte des décès.

Le virus du Nil occidental est aujourd’hui l’arbovirus responsable du plus grand nombre de décès en Europe avec une moyenne de 80 décès enregistrés par an ces cinq dernières années : en 2025, 97 décès y ont été recensés pour un peu plus de 1 100 cas. Cette année près de 80 décès sont déjà recensés, l’Italie payant le tribut le plus lourd avec plus de 50 décès enregistrés début septembre. Rappelons que l’an dernier, la France a malheureusement enregistré ses cinq premiers décès liés à ce virus.

Un virus redoutable pour les chevaux
Du côté vétérinaire, les chevaux sont particulièrement sensibles à l’infection. Ils sont, de ce fait, utilisés comme indicateurs de sa circulation, notamment en Camargue, où des cas sporadiques d’infection sont régulièrement détectés depuis le début des années 2000.
Chez ces animaux, l’infection peut entraîner des signes cliniques sévères, notamment neurologiques, avec le développement d’une encéphalite. La mortalité peut alors atteindre 30 à 40 % des animaux infectés présentant des symptômes. De quoi inquiéter propriétaires et éleveurs des zones touchées.

Un diagnostic difficile

Diagnostiquer la maladie n’est pas chose aisée. En effet, ses symptômes n’ont rien de caractéristique, et ne suffisent jamais à eux seuls à déterminer la cause de l’infection. Pour cette raison, le nombre de cas identifiés est très largement sous-évalué, car, dans notre pays, les formes asymptomatiques et les formes fébriles sont très peu diagnostiquées.

Il est possible de détecter le virus dans le sang, les urines ou le liquide céphalo-rachidien, mais cette fenêtre de détection est étroite, et s’est souvent déjà refermée lorsque le patient consulte. Le diagnostic repose donc habituellement sur la recherche d’anticorps (de type IgM), qui apparaissent précocement, dans le sérum prélevé environ cinq à huit jours après le début des signes cliniques.

Mais cette approche présente une limite de taille : ces anticorps peuvent réagir de façon croisée avec ceux dirigés contre des virus proches, comme le virus Usutu ou encore celui de la dengue, ce qui impose parfois des analyses complémentaires (appelées « séroneutralisation »), bien plus longues et complexes.

En matière de prise en charge, les patients les plus atteints sont hospitalisés pour recevoir des soins de support (hydratation, assistance respiratoire si nécessaire…), tandis que les formes bénignes se traitent par de simples antalgiques.

Reste le plus frustrant : il existe un vaccin équin efficace, qui protège bien les chevaux, mais aucun vaccin humain. Cette situation s’explique notamment par la difficulté à identifier des cibles vaccinales suffisamment efficaces, mais aussi par la complexité des essais cliniques, compte tenu du caractère imprévisible de la localisation et de l’intensité des foyers de transmission.

Par ailleurs, il n’existe aucun traitement antiviral spécifique, comme pour la majorité des arbovirus… Des programmes de recherche sont en cours pour essayer de combler ce manque, mais les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs années.

Une progression sur fond de changement climatique

L’augmentation actuelle des cas de virus du Nil occidental est probablement le prélude à ce qui nous attend dans les prochaines années avec ce virus et, d’une façon plus générale, avec les virus transmis par les moustiques.

Cette hausse, amorcée avec la rupture de 2018 et confirmée depuis, est, pour de nombreux spécialistes, inéluctable.

Les explications sont multiples. Si la circulation des oiseaux migrateurs, réservoirs du virus, favorise la réintroduction régulière de nouvelles souches virales sur le continent européen, l’un des facteurs les plus importants est sans doute le changement climatique.

En effet, les moustiques ne pouvant pas réguler leur température, ils sont extrêmement sensibles aux variations climatiques. Or, les modifications climatiques en cours dans certaines régions allongent leur période d’activité. On observe ainsi des moustiques Culex pipiens de plus en plus tôt dans l’année tandis que leur disparition survient de plus en plus tardivement. Cette situation allonge d’autant la fenêtre pendant laquelle le virus peut circuler.

Par ailleurs, on sait que la durée de vie des moustiques, qui est de deux à quatre semaines en période estivale, augmente avec la chaleur (jusqu’à une certaine température, autour des 35 °C). Dans ces conditions, leur métabolisme est accéléré, ce qui favorise la multiplication du virus dans leur organisme.

Il s’agit là d’un point crucial : pour transmettre le virus, un moustique doit d’abord l’héberger assez longtemps pour que celui-ci se réplique, franchisse la paroi de son intestin et colonise ses glandes salivaires. Or, ce délai, de l’ordre d’une à deux semaines, se raccourcit nettement quand il fait chaud (jusqu’à un certain seuil). Conséquence : le moustique devient infectieux plus vite et il vit assez longtemps pour piquer davantage.

À cela s’ajoutent les épisodes de canicule et d’orages, qui multiplient les points d’eau stagnante et chaude où les Culex pondent volontiers. Par ailleurs, en période de sécheresse prolongée, les moustiques et les oiseaux ont tendance à se concentrer autour des rares points d’eau disponibles, ce qui favorise les contacts entre oiseaux et, par conséquent, la circulation du virus. Enfin, des hivers plus doux permettent une meilleure survie des moustiques et favorisent ainsi le maintien de populations plus importantes d’une année à l’autre.

Face à cette situation, il est impératif de renforcer les réseaux de surveillance. C’est tout l’intérêt de l’approche Une seule santé (One Health, en anglais) : surveiller conjointement les oiseaux, les chevaux et les moustiques permet de détecter le virus avant qu’il ne provoque les premiers cas humains, et donc d’agir avant les premiers cas humains plutôt qu’après.

Enfin, en attendant un vaccin humain qui se fait désirer, la protection repose sur des gestes simples : éliminer les eaux stagnantes autour de chez soi, où les moustiques pondent, et se protéger des piqûres, répulsifs, vêtements couvrants, moustiquaires, en particulier à la tombée du jour et la nuit, quand les moustiques Culex sont les plus actifs.

The Conversation

Yannick Simonin a reçu des financements de Horizon Europe, ANR, ANRS-MIE, PREZODE, région Occitanie, Université de Montpellier.

– ref. Virus du Nil occidental (West Nile Virus) : le point sur ce virus en pleine expansion en France – https://theconversation.com/virus-du-nil-occidental-west-nile-virus-le-point-sur-ce-virus-en-pleine-expansion-en-france-291602

Más grúas, menos regulaciones y mejor salario: la receta de otros países al problema del alquiler

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergi Basco, Profesor Agregado de Economia, Universitat de Barcelona

Andrii Yalanskyi/Shutterstock

El acceso a un alquiler asequible es una de las principales preocupaciones de las familias. No es de extrañar. Según los últimos datos disponibles, solo en Cataluña uno de cada cuatro hogares destina más del 40 % de sus ingresos a pagar el alquiler. Es una proporción que pone de manifiesto que el problema es real y exige respuestas.

Ahora bien, antes de proponer soluciones conviene mirar qué pasa en los países que obtienen mejores resultados. Los datos europeos muestran que la tasa de sobrecarga de los costes de la vivienda es significativamente inferior en países como Alemania (13,2 %) o Finlandia (12,3 %) que en España (26,8 %). La pregunta relevante no es si existe un problema, sino qué podemos aprender de estos países.

El problema de la vivienda también es de salarios

Cuando hablamos de acceso a la vivienda, a menudo olvidamos una evidencia elemental: un alquiler resulta más asequible cuando los ingresos son más elevados. Según datos de la OCDE, en 2025, el salario medio en Finlandia era un 44 % más alto que el español, y en Alemania, un 56 %. Eso significa que una familia finlandesa o alemana puede dedicar un porcentaje menor de sus ingresos a pagar el mismo alquiler que un español.

Por eso es un error desvincular la política de vivienda de las políticas económicas que incentiven un cambio de modelo productivo. En España continúa habiendo una especialización excesiva en sectores económicos de bajo valor añadido. El turismo es el ejemplo más evidente. Aproximadamente el 13 % de los puestos de trabajo en España están vinculados a actividades turísticas. Se trata de un sector fundamental para la economía, pero que, de media, genera salarios inferiores que los sectores tecnológicos o profesionales.

Construir más es imprescindible

Cambiar el modelo productivo de la economía para que genere puestos de trabajo con más valor añadido es esencial, más allá del problema de la vivienda. Sin embargo, se necesita aumentar la oferta de vivienda de manera inmediata. La teoría económica es sencilla: cuando hay pocas viviendas disponibles y mucha demanda los precios suben. Por lo tanto, si queremos reducir la presión sobre los alquileres necesitamos aumentar el número de viviendas. Una parte importante de este esfuerzo tendría que proceder de viviendas sociales.

La media europea se sitúa en torno al 8 % del parque residencial, mientras que en España continúa estando muy por debajo de esa cifra. Según el Ministerio de Vivienda y Agenda Urbana, el parque de vivienda social en España representa aproximadamente el 3,4 % del total. Esta cifra es muy reducida si la comparamos con la de Finlandia. En este país, la vivienda social representa el 11 % del total. Por tanto, si España consiguiera aproximarse a estas cifras, las tensiones del mercado de alquiler disminuirían sustancialmente.

Las regulaciones pueden ayudar (o lo contrario)

Ante la subida de alquileres es natural que aparezcan propuestas para limitar los precios. En algunos casos, determinadas regulaciones pueden corregir comportamientos abusivos o mejorar la transparencia del mercado. El problema es pensar que la medida de control de los precios resuelve, por sí sola el problema.

Cuando los rendimientos generados por los alquileres se reducen significativamente o hay incertidumbre entre los propietarios sobre el rendimiento futuro de sus activos, pueden optar por vender las viviendas, retirarlas del mercado de alquiler residencial o destinarlas a otros usos. El resultado es que la oferta disponible disminuye y aumenta el precio. Esta preocupación no es únicamente teórica. En San Francisco, la ampliación de los controles de alquiler provocó una reducción del 15 % del parque de viviendas disponibles para alquilar.

Finlandia ofrece un modelo a seguir. El sistema finlandés se basa en la combinación de un parque de vivienda social sustancial con rentas reguladas y, el resto, un mercado privado no regulado. Este modelo, y unos sueldos más altos, permiten que casi el 90 % de los hogares finlandeses destine menos del 40 % de sus ingresos a pagar el alquiler.

Menos eslóganes y más grúas

No existe una solución mágica al problema de la vivienda. Pero la evidencia apunta en una dirección muy clara: se necesita una economía que genere salarios más altos.

También se necesitan muchas más grúas y mucha más construcción residencial, ampliar de manera sostenida el parque de vivienda social, y evitar la tentación de creer que los problemas de escasez se resuelven regulando precios.

The Conversation

Sergi Basco no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Más grúas, menos regulaciones y mejor salario: la receta de otros países al problema del alquiler – https://theconversation.com/mas-gruas-menos-regulaciones-y-mejor-salario-la-receta-de-otros-paises-al-problema-del-alquiler-293120

Certification des minerais dans la région des Grands Lacs : remède ou placebo ?

Source: The Conversation – in French – By Thierry Vircoulon, Chercheur associé au Centre Afrique de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité

Au début du XXIᵉ siècle, le problème des « minerais de conflit » a progressivement remplacé celui des « diamants de conflit ». Ces deux notions soulignent le lien existant entre l’exploitation des ressources minières et le financement des guerres.

En République démocratique du Congo (RDC), des recherches menées depuis 2003 ont montré que des groupes armés et l’armée congolaise se finançaient grâce à l’exploitation artisanale des “minerais 3T” (coltan, cassitérite et wolframite) et de l’or. Extraits de mines artisanales dans l’Est de la RDC, ces minerais sont à la fois des moyens et des buts de guerre pour les protagonistes de ce système de conflit.

En réponse à ce problème, gouvernements, industriels et organisations de la société civile ont progressivement mis en place un système d’approvisionnement responsable. Celui-ci repose sur la traçabilité et la certification.

Nous avons étudié la gouvernance des ressources naturelles, notamment le lien entre ressources minières et conflits en RDC. Présenté depuis une dizaine d’années comme la solution au problème des minerais de conflit, ce dispositif comporte pourtant plusieurs failles.

Une politique complexe

L’approvisionnement responsable est devenu progressivement un standard international à travers plusieurs initiatives. En 2008, des organisations de l’industrie électronique ont créé la Responsible Minerals Initiative (RMI).

En 2009, l’International Tin Supply Chain Initiative (ITSCI) a été établie. Elle vise à développer la traçabilité et l’exportation responsable des minerais 3T provenant de l’est de la RDC.

En 2010, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié une méthodologie sur le « devoir de diligence raisonnable » pour les chaînes d’approvisionnement en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque. Cette méthodologie définit les mesures que les entreprises peuvent prendre pour identifier, prévenir et atténuer les risques liés à l’approvisionnement en minerais provenant de zones de conflit.

La même année, les pays de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont décidé d’établir un mécanisme régional de certification. Plus tard, les États-Unis puis l’Union européenne ont adopté des réglementations obligeant certaines entreprises à rendre publique l’origine des minerais utilisés.

Toutes ces initiatives ont un but commun : rendre transparentes les chaînes d’approvisionnement en minerais.




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La mise en œuvre d’un mécanisme de certification

En 2010, la CIRGL a adopté l’Initiative régionale contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, comprenant notamment un mécanisme de certification, l’harmonisation des législations, une base de données sur les flux de minerais, la formalisation de l’exploitation artisanale, la promotion de l’ITIE et un mécanisme d’alerte.

Adopté en 2011, le mécanisme régional de certification classe les sites miniers en trois catégories selon leur situation sécuritaire et sociale. Une quatrième catégorie – les sites bleus – a été introduite en 2021 :

Rouge : présence de groupes armés, forces de sécurité impliquées dans l’exploitation minière; enfants de moins de 15 ans ou femmes enceintes au travail sur le site ; production et exportation interdites.

Jaune : situation partiellement satisfaisante ; exploitation temporairement autorisée pendant six mois en attendant une amélioration.

Vert : site sous contrôle des autorités et sans violations graves des droits humains ; production autorisée pour un an, sous réserve de renouvellement.

Bleu : site non encore inspecté ou dont la qualification est expirée, mais ne présentant pas, a priori, de problème connu ; il est autorisé à produire jusqu’à 36 mois avant inspection.




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La certification ITSCI

Créée en 2009 en RDC, puis étendue au Rwanda, au Burundi et à l’Ouganda, l’ITSCI a mis en place le principal système de traçabilité des 3T dans les Grands Lacs. Elle couvre environ 3 000 sites miniers dans la région et permet notamment de suivre les minerais grâce à un étiquetage des lots et à la certification de leur origine.

L’ITSCI forme des auditeurs, supervise l’étiquetage des lots de minerais et assiste les entreprises dans la mise en place d’une politique de diligence raisonnable. Elle publie également des alertes et des informations sur la production minière. Son financement repose sur les cotisations de ses membres, mais aussi sur les volumes de minerais certifiés. Elle réunit des entreprises de l’amont et de l’aval de la chaîne et son siège se trouve à Londres.

La certification RMI

La Responsible Mineral Initiative (RMI) possède un champ géographique et minéral plus large que l’ITSCI : elle concerne notamment l’or, les 3T, le cobalt et le mica et ne se limite pas aux Grands Lacs. La RMI fournit aux entreprises une méthodologie de diligence raisonnable, des outils d’évaluation des risques, des bases de données, des cartes de risques et des mécanismes de plainte.




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Pour être certifiées par la RMI, les entreprises doivent être auditées par des organismes indépendants sélectionnés par elle qui évaluent leur politique de diligence raisonnable. Les fonderies et les raffineries étant les acteurs clés des chaînes d’approvisionnement, elles constituent la cible privilégiée de la RMI.

En théorie, les efforts communs de la CIRGL, des États, de l’ITSCI et de la RMI ont abouti à un système de certifications multiples censé garantir un approvisionnement responsable. Ce système repose sur une division du travail entre les différents acteurs.

La CIRGL établit les règles. Les États autorisent les mines et les exportations. L’ITSCI assure la traçabilité des 3T. Pour sa part, la RMI vérifie la conformité des politiques d’approvisionnement des entreprises internationales avec les standards internationaux.

Mais, en pratique, la fiabilité de ces multiples certifications qui couvrent l’ensemble du système de la production minière (les mines, les minerais et les entreprises) n’est pas complètement garantie.

Les failles de l’approvisionnement responsable

La première faille concerne la classification des mines artisanales en RDC. L’introduction de la catégorie « bleu » en 2021 permet à des sites miniers non inspectés de produire et d’exporter. Cette catégorie a été créée en raison du manque de moyens humains et financiers de l’administration congolaise pour les inspections de terrain. Elle réduit toutefois la fiabilité du système, puisqu’elle autorise une exception au principe d’inspection des sites.

Plus grave encore, des miliciens bénéficiaient de l’exploitation de certains sites miniers certifiés : d’après l’ONU, ils étaient actifs dans la zone minière de Rubaya en 2023 et 2024 alors qu’elle était classée comme site vert et que sa production était donc autorisée.

Ces situations révèlent au minimum le manque de rigueur et, au pire, la corruption des responsables de la certification.

L’autre faille est la contrebande de minerais entre la RDC et ses voisins, notamment le Rwanda. La production rwandaise étant considérée comme propre, des minerais congolais issus de zones de conflit sont introduits au Rwanda et mélangés à sa production. Cette contrebande explique en grande partie la croissance des exportations rwandaises de 3T et d’or.

Bien que niée par le gouvernement rwandais, cette contrebande a été dénoncée par les États-Unis, qui ont sanctionné trois entreprises minières rwandaises en 2026. Par prudence, plusieurs compagnies internationales ont cessé de se fournir en RDC et au Rwanda.

Les systèmes de certification de l’ITSCI et de la RMI dépendent essentiellement de l’indépendance et de l’intégrité des auditeurs. Comme dans tout processus d’audit, le problème du conflit d’intérêts (risque de collusion entre auditeurs et audités ou d’autocensure des auditeurs) ne peut être ignoré en raison de récents scandales.

En effet, les organismes de certification sont confrontés à un double objectif contradictoire : un objectif financier (certifier un grand nombre de sites miniers et d’entreprises) et un objectif réputationnel (effectuer des audits rigoureux). Par exemple, le financement de l’ITSCI dépend largement des volumes de minerais dont l’origine est certifiée. Cette situation peut inciter les organismes de certification à hésiter avant de refuser une certification ou de suspendre une certification existante.

Enfin, la certification est en train de devenir un marché lucratif et concurrentiel. La RMI a critiqué l’ITSCI et, depuis 2023, la RMI ne reconnaît plus officiellement la certification de l’ITSCI. La bataille des certificateurs ne fait que commencer.

Trois problèmes persistants

En définitive, dans les Grands Lacs, les initiatives de certification ont visé à réduire l’écoulement des minerais de conflit sur le marché international et, ce faisant, la conflictualité.

Face à leur incapacité à atteindre pleinement cet objectif – le financement des groupes armés et de l’armée congolaise par le commerce des minerais continue, et les conflits aussi comme le montre la deuxième rébellion du M23 -, leur rhétorique s’est faite plus modeste.

Elle se contente maintenant de garantir aux entreprises un approvisionnement responsable en 3T dans les Grands Lacs. L’objectif de pacification a cédé le pas à un objectif industriel. Or, les efforts réels de traçabilité et de certification se heurtent encore à trois problèmes :

  • la corruption des administrations chargées d’appliquer le dispositif de certification des mines et d’exportation des minerais (notoire en RDC, la corruption n’épargne pas les autres États de la région);

  • la contrebande qui permet de commercialiser des minerais de conflit comme des minerais propres à partir des pays voisins de la RDC;

  • les conflits d’intérêt qui peuvent influencer les audits, et ce d’autant plus que la certification se transforme en marché lucratif.

La certification est donc au mieux un des outils d’une politique de bonne gouvernance minière, mais elle ne saurait être le remède au problème des minerais de conflit.

Marc-André Lagrange a participé à la rédaction de cet article.

The Conversation

Thierry Vircoulon travaille comme chercheur associé à l’Institut Français des Relations Internationales, fait partie du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme et enseigne à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille.

– ref. Certification des minerais dans la région des Grands Lacs : remède ou placebo ? – https://theconversation.com/certification-des-minerais-dans-la-region-des-grands-lacs-remede-ou-placebo-292470

La selección: el ejercicio es medicina

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Colado, Redactor jefe / Editor de Salud y Medicina, The Conversation

Imagen del libro _Entrenamiento físico para hombres de negocios: normas básicas y ejercicios sencillos para lograr un control seguro del propio cuerpo_, de Harrie Irving Hancock. Biblioteca del Congreso de los Estados Unidos

A priori, el cuerpo humano no está diseñado para hacer esfuerzos innecesarios. Calzarnos las zapatillas de running, cumplir con las rutinas del gimnasio o, simplemente, pegarnos una caminata no son actividades comparables a cazar, recolectar, huir de depredadores, explorar: para nuestros ancestros, era cuestión de supervivencia. Como explicaba magníficamente el investigador Miguel Ángel Rodríguez (Universidad de Oviedo) en un artículo que quedó finalista en el Premio Luis Felipe Torrente, el ejercicio –entendido como actividad planificada y estructurada para mejorar la forma física– es un concepto reciente. “Salvo que exista una recompensa suficientemente valiosa, el cerebro tiende a favorecer las conductas de menor coste energético”, escribía.

Si se siente aludido y es de los que les cuesta horrores sacudirse la pereza para ponerse en marcha, siga leyendo. Porque a lo mejor sí que le va la vida en ello: un cúmulo creciente de evidencias continúa demostrando múltiples –y a veces insospechados– beneficios para la salud. Hasta el punto de que entre los especialistas ha hecho fortuna el concepto “el ejercicio es medicina” (aunque siga sin recetarse en las consultas como los analgésicos o los antibióticos).

En primer lugar, quédense con esta palabra: mioquinas. Según un grupo de profesores de la Universidad San Jorge, el estudio de los efectos que ejercen estas proverbiales sustancias liberadas por la contracción de nuestros músculos está revolucionando la visión de la actividad física. Al distribuirse por todo el organismo, el torrente de mioquinas contribuye al buen funcionamiento del sistema nervioso, el corazón, las células inmunitarias, el metabolismo de la glucosa y de las grasas, la formación de huesos…

Otras investigaciones también ponen de relieve la importancia de desterrar el sedentarismo para gozar de una buena salud cognitiva. Un reciente hallazgo, por ejemplo, revelaba que las vesículas extracelulares –una especie de paquetes de mensajería enviados por las células con “instrucciones químicas”– viajan desde los músculos en movimiento hasta el cerebro, promoviendo la creación de nuevas neuronas. Además, esa renovación ayudaría a borrar los malos recuerdos cuando estos todavía están frescos en la memoria.

Suma y sigue: los expertos de The Conversation también han ponderado las virtudes del ejercicio para aliviar el tormento de la migraña, combatir la depresión y la ansiedad o, incluso, dejar de fumar. Pero ¿cómo debe debe administrarse esta “medicina”? El ya viejo mantra de los 10 000 pasos y otras recomendaciones genéricas no son suficientes. Múltiples estudios, por ejemplo, coinciden en que el entrenamiento de fuerza es básico para mantener la forma física, especialmente según vamos cumpliendo años.

Pablo Jorge Marcos-Pardo, catedrático de la Universidad de Almería, nos recordaba que la fuerza muscular “se asocia desde hace décadas de forma consistente con la mortalidad por todas las causas y aporta información pronóstica independiente de otros indicadores de salud”. Por ello, desde su punto de vista, las revisiones médicas rutinarias deberían incluir pruebas tan sencillas como levantarse de una silla cinco veces sin apoyar los brazos. Quizá ahora no le cueste trabajo, pero si reserva un tiempo a ejercitarse regularmente, con método y constancia, su yo del futuro se lo agradecerá.

The Conversation

– ref. La selección: el ejercicio es medicina – https://theconversation.com/la-seleccion-el-ejercicio-es-medicina-292730

La nueva acampada en Sol no es el 15M, es su evolución

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rubén Díez García, Associate professor, Universidad Complutense de Madrid

¿Hay algún paralelismo entre la acampada que surgió espontáneamente este pasado sábado en la madrileña Puerta del Sol, donde se encuentra la sede del Gobierno de la Comunidad de Madrid, para protestar por la crisis de la vivienda tras el desahucio de MariCarmen y los movimientos del 15M?

A vuela pluma, echo un vistazo al número de desahucios que tuvieron lugar en 2011. Fue el año en que ‘Juventud Sin Futuro’, en abril, y ‘Democracia Real Ya’, en mayo, organizaron las manifestaciones que desembocaron en las acampadas de los indignados del 15M en Madrid y otras ciudades del país. Aquel año se superaron las 75 000 ejecuciones hipotecarias y 55 000 expedientes de desahucio (lanzamientos). Cifras récord que alcanzaron picos superiores a las 90 000 ejecuciones hipotecarias en 2012 y a los 68 000 lanzamientos en 2014. Estos fueron los momentos más duros tras la crisis financiera que estalló en 2008.

En 2025 se practicaron menos de 18 000 ejecuciones y 25 000 lanzamientos, marcando mínimos de la serie temporal del Consejo General del Poder Judicial. En 2013 y 2014, el grueso de los lanzamientos se vinculaba directamente a ejecuciones de préstamos hipotecarios. Sin embargo, a partir de 2017, año en que se creó el Sindicato de Inquilinas, la estadística apuntaba a una realidad nueva. En los últimos datos de 2025, 3 de cada 4 desahucios se debieron al impago de cuotas de alquiler, derivados de la Ley de Arrendamientos Urbanos. Una España muy diferente.

En 2011, los principales problemas a los que se enfrentaban los jóvenes y no tan jóvenes que impulsaron la movilización al grito de “No nos representan” y “Democracia Real Ya” eran el paro, la corrupción y el fraude, la crisis económica o la desafección política. El desempleo afectaba a alrededor de 1 de cada 2 menores de 25 años; hoy a 1 de cada 4. Aquella fue una crisis política y económica, y de la primera no hemos salido: más bien ha evolucionado hacia una profunda crisis de legitimidad.

En todo caso, la tasa de emancipación ha empeorado de forma considerable, del 21,5 % en 2011 al 14,5 % en 2025, y el precio medio del alquiler se habría duplicado según datos del portal inmobiliario Idealista. La proporción de jóvenes entre 25 y 34 años con estudios superiores ha crecido en más de 10 puntos porcentuales, superando el 50 %, y los principales problemas para los jóvenes, según el CIS en junio, de 2026 son: la vivienda, la inmigración, la economía y la calidad del empleo. Tras estos cuatro, vienen los problemas políticos, incluyendo al Gobierno y los partidos políticos.

Una comparación engañosa

La comparación de la acampada que tiene lugar estos días en la madrileña Puerta del Sol y en otras ciudades españolas con el 15M resulta tan tentadora como engañosa. Las imágenes son parecidas: la plaza tomada, las tiendas de campaña, las asambleas, los lemas y los manifestantes dispuestos a perdurar en sus acciones. De hecho, esta acampada visibiliza lo que son años de redes sumergidas y de acción colectiva más latente. Estamos en otro momento histórico. Y son precisamente esas redes las que conectan los marcos heredados de la evolución del 15M hacia la esfera política y la política institucional con 2026.

La acampada desatada por el desahucio de MariCarmen tiene un actor identificable que coordina la movilización y da forma al discurso: el Sindicato de Inquilinas. Las demandas son concretas y, al menos inicialmente, existe un objetivo temporal definido: presionar al Gobierno ante el nuevo decreto de vivienda. Los propios acampados se encargan de enfatizar estas cuestiones. Pero para entender lo que está ocurriendo quizá sea más útil hablar de evolución que de similitudes o diferencias.

El 15M no fue solamente una protesta contra los desahucios y el problema de la vivienda, que también. Su marco de acción era mucho más amplio. La crisis económica se mezclaba con una crítica de la representación política, la corrupción (curiosamente hoy bastante más ausente), el funcionamiento de las instituciones y las oportunidades vitales. El lema “No nos representan” condensaba buena parte de aquella indignación. La vivienda estaba presente, pero formaba parte de un diagnóstico más amplio sobre cómo entendemos la democracia.

El marco de acción de 2011 fue transformándose. Una parte de los activistas, académicos e intelectuales que posteriormente más tarde impulsarían la creación de los partidos políticos Podemos o Sumar, reinterpretó y encauzó aquella indignación en una dirección de crítica profunda hacia las instituciones surgidas del proceso de transición a la democracia. Pero también hacia la economía de mercado, en una lógica rupturista, de corte más radical y populista.

El gobierno liderado por el presidente Pedro Sánchez ha conseguido subordinar ese marco a sus intereses durante casi dos legislaturas. Hasta quizá hoy. Los acampados también parecen tenerlo en su puntos de mira.

Con propuestas de solución

La actual acampada es la progresión natural, en términos performativos y de renovación generacional, de aquel marco de acción. Existe un consenso claro sobre la necesidad de solucionar un problema que muestra las costuras de nuestra economía y las desigualdades intergeneracionales. Sin embargo, son las propuestas de solución las que están en pugna en el debate público. Por un lado, el Sindicato de Inquilinas, con propuestas de corte más cortoplacista, estatista y proteccionista, hoy en la agenda mediática gracias a su capacidad estratégica de acción. Por otro lado, medidas como las de los think tanks (laboratorios de ideas) EsadeEcPol y Atenea o las de Fedea. Sus propuestas apuestan por un marco de reformas y de cooperación público-privada en el marco de la economía de mercado y con una mirada a medio y largo plazo.

No se trata de establecer una línea causal entre el 15M y la acampada de 2026. Tampoco sabemos todavía qué recorrido tendrá esta protesta. Pero sí podemos observar que algunas de las formas de acción que se hicieron visibles en Sol y tomaron forma política hace quince años siguen constituyendo parte del repertorio de la movilización hoy.

Lo interesante es que los actores que les dan continuidad en las calles lo hacen desbordando (en principio) a los partidos que capitalizaron la indignación en 2011 y han formado parte de los dos últimos gobiernos socialistas. Muchos de los lemas y pancartas de la acampada apuntan al PP y a los marcos discursivos de la derecha radical, sus bestias negras, pero también al presidente Sánchez, al PSOE y a Sumar. Quizá en esta ocasión los hijos quieran devorar a Saturno, o quizás no.

Otra hipótesis apuntaría hacia lo que impulsó a muchos manifestantes en 2011: reclamar el reconocimiento debido a su acumulación de credenciales, capital social y cultural, e incluso político. Muchos de los jóvenes acampados y los que ejercen de portavoces dan el perfil, pero no todos los sectores afectados por el problema parecen verse reflejados en las formas organizativas, los repertorios de acción o los marcos discursivos de la acampada. De entrada, a estos jóvenes el acceso al principal bien sobre el que se ha asentado el prestigio social en la historia reciente de España desde el desarrollismo franquista, la vivienda, les está vedado. El caso de Maricarmen es, en cierto sentido, el espejo en que se miran.

The Conversation

Rubén Díez García es actualmente IP del proyecto LIBCON-YOUTH financiado por la Agencia Estatal de Investigación (AEI) sobre Juventud, asociaciones universitarias y nuevas culturas políticas: el campo juvenil liberal-conservador en España (PID2025-168658OA-I00, 2026-2029).

– ref. La nueva acampada en Sol no es el 15M, es su evolución – https://theconversation.com/la-nueva-acampada-en-sol-no-es-el-15m-es-su-evolucion-293017

Comment l’IA pourrait-elle provoquer la disparition de l’humanité ? Cinq scénarios possibles

Source: The Conversation – France in French (2) – By Toby Walsh, Professor of AI, Research Group Leader, UNSW

L’IA pourrait-elle contribuer au déclenchement d’une guerre nucléaire, notamment en fournissant de faux renseignements aux militaires ? Vitaly Kushnir / Pexels

L’ESSENTIEL

  • Une IA surpuissante pourrait poursuivre ses objectifs au mépris de la survie humaine.

  • Elle pourrait aussi faciliter la création d’armes biologiques ou contribuer au déclenchement d’une guerre nucléaire.

  • Le danger le plus crédible tient peut-être à ses effets sur nos sociétés : chômage, désinformation et divisions politiques.


Plus tôt ce mois-ci, Jacob Coxon, chercheur en intelligence artificielle (IA), a quitté Anthropic après seulement quatre mois dans l’entreprise. Dans un message publié sur X, il a déclaré :

Ceux qui développent l’IA pensent sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie.

Evan Hubinger, un responsable d’Anthropic, lui a donné raison, ajoutant qu’il estimait personnellement à plus de 10 % la probabilité que cela se produise au cours des dix prochaines années.

Ces déclarations ont, sans surprise, suscité de vives réactions. Il est désormais beaucoup question de ralentir la recherche sur l’IA et de renforcer le « contrôle humain » sur cette technologie.

Mais comment, exactement, l’IA pourrait-elle tous nous tuer ? Les scénarios spectaculaires ne manquent pas. La plupart reposent sur l’idée d’une IA « superintelligente », c’est-à-dire dotée de capacités supérieures à celles des humains.

J’ai retenu cinq scénarios, classés du plus vague au plus précis. Selon moi, cet ordre correspond aussi à une probabilité croissante.

1. Impossible à prévoir

Les partisans des scénarios catastrophes liés à l’IA justifient souvent leurs inquiétudes par un raisonnement circulaire assez agaçant : comment pourrions-nous imaginer ce qu’une superintelligence ferait pour éliminer des êtres moins intelligents qu’elle, comme nous ? Il faudrait être soi-même superintelligent pour prévoir ce dont elle serait capable. Autant demander à votre chien d’imaginer une guerre thermonucléaire.

La bonne nouvelle, c’est que la superintelligence est peut-être encore loin. Les modèles d’IA actuels excellent dans la résolution de problèmes précis, mais cela ne signifie pas qu’ils sont plus intelligents que les humains dans tous les domaines. Cela dit, une IA a récemment résolu l’un des sept problèmes mathématiques les plus difficiles. Elle semblerait aussi progresser sur d’autres, de quoi tempérer cet optimisme.

2. Les trombones

Une IA superintelligente serait probablement redoutablement efficace pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés. Mais elle pourrait être indifférente à la survie de l’humanité.

Le philosophe d’Oxford Nick Bostrom en donne une illustration célèbre : une IA superintelligente conçue pour maximiser la production de trombones. Afin de remplir sa mission, elle finirait par transformer toute la matière disponible – y compris les êtres humains, les planètes et les étoiles – en trombones. C’est le résultat d’une exécution parfaite d’un objectif mal défini. L’IA ne déteste pas l’humanité : elle constate simplement que nos atomes seraient plus utiles sous forme de trombones. Rien de personnel.

Toutefois, ce scénario confond intelligence et pouvoir. Une IA superintelligente n’aurait pas nécessairement les moyens d’atteindre ses objectifs. Transformer la planète en usines à trombones nécessiterait, si on y réfléchit, quelques autorisations administratives bien humaines. Même si elle les obtenait, la multiplication des usines à trombones finirait par provoquer une levée de boucliers. Des associations contesteraient les projets en justice, tandis que des militants écologistes bloqueraient les bulldozers.

Dans le monde réel, bien des obstacles empêchent même les acteurs les plus intelligents d’imposer leur volonté à tous les autres. On pourrait d’ailleurs voir dans les centres de données une version actuelle de ce scénario théorique. Et les humains résistent de plus en plus à leur prolifération.

3. Les armes biologiques

Une IA superintelligente pourrait anéantir l’humanité en créant puis en libérant un nouvel agent biologique dangereux. C’est l’une des issues envisagées dans le scénario « AI 2027 » d’AI Futures Project, une organisation à but non lucratif qui cherche à anticiper les conséquences des progrès de l’IA.

Cette menace a pris une tournure plus concrète le mois dernier, lorsque des chercheurs de l’université Stanford ont annoncé avoir utilisé un modèle d’IA entraîné sur des séquences génétiques pour synthétiser 16 nouveaux virus. Plus inquiétant encore, les chercheurs ont envoyé les séquences génétiques à un laboratoire spécialisé dans la synthèse de séquences génétiques à la demande, qui leur a renvoyé les virus dans des tubes à essai. L’expérience n’aurait coûté, au maximum, que quelques centaines de milliers de dollars.

La bonne nouvelle, ici, c’est qu’il est extrêmement difficile de tuer tout le monde avec un nouveau virus. Pour y parvenir, il faudrait qu’il se transmette très facilement et se répande partout. Or, les virus qui se propagent aisément sont généralement moins mortels. À l’inverse, un virus très meurtrier tend à moins se transmettre : beaucoup de personnes infectées meurent avant d’avoir pu contaminer d’autres personnes.

Le Covid-19 a tué moins de 1 % de l’humanité. La pandémie la plus meurtrière de l’histoire connue reste la peste noire, qui a emporté plus d’un tiers de la population européenne au XIVe siècle. Même elle ferait probablement beaucoup moins de victimes aujourd’hui, grâce aux progrès de la médecine et de l’hygiène.

4. La guerre nucléaire

Et si l’IA s’immisçait dans la chaîne de commandement des armes nucléaires et déclenchait une guerre ? Ces cinquante dernières années, nous sommes passés à plusieurs reprises près d’un conflit nucléaire à la suite d’une erreur.

On nous assure que les systèmes de commandement nucléaire sont totalement déconnectés d’Internet. Pourtant, en 2010, les centrifugeuses du programme nucléaire iranien ont été mises hors service par le ver informatique Stuxnet, qui aurait été introduit au moyen d’une clé USB. L’IA peut aussi fournir de faux renseignements aux militaires, avec le risque de provoquer des décisions aux conséquences irréversibles.

On peut ici se rassurer en constatant que les arsenaux nucléaires ont diminué. Ils pourraient néanmoins encore causer la mort de près de la moitié de l’humanité. La plupart des victimes ne mourraient pas dans les explosions, mais de la famine provoquée par l’hiver nucléaire qui suivrait.

5. Les autres humains

Le risque le plus probable est peut-être que nous provoquions nous-mêmes notre disparition, avec l’IA comme accélérateur.

Imaginons – et ce n’est pas difficile – que l’IA entraîne des pertes massives d’emplois, inonde l’espace public de désinformation, exacerbe les divisions politiques et détruise les relations humaines en leur substituant de fausses relations avec des compagnons artificiels.

La société pourrait se désagréger. Lentement mais sûrement, elle ne serait plus capable d’assurer les conditions nécessaires à la vie d’un grand nombre d’êtres humains.

Que retenir de ces scénarios ? Certains risques méritent assurément qu’on s’en préoccupe. Mais sans doute pas de céder à la panique.


Toby Walsh est l’auteur de God AI : boom or doom ? What to expect when the machines outsmart us, publié par La Trobe University Press.

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Toby Walsh bénéficie d’un financement de l’Australian Research Council (ARC) dans le cadre d’une bourse Laureate Fellowship, ainsi que de fonds sans restriction d’usage versés par Google.org, la branche philanthropique de Google, pour travailler avec InfoXchange à l’amélioration de ses services grâce à l’IA.

– ref. Comment l’IA pourrait-elle provoquer la disparition de l’humanité ? Cinq scénarios possibles – https://theconversation.com/comment-lia-pourrait-elle-provoquer-la-disparition-de-lhumanite-cinq-scenarios-possibles-293039

Du modèle social suédois au modèle migratoire danois : comment le Parti québécois regarde la Scandinavie

Source: The Conversation – in French – By Christophe Premat, Professor, Canadian and Cultural Studies, Stockholm University

Paul St-Pierre Plamondon accorde une place importante à la réduction de l’immigration durant la présente campagne électorale, qu’il associe à la capacité d’accueil du Québec, à la situation du français ainsi qu’à la pression exercée sur le logement et les services publics.

Cet argumentaire s’appuie notamment sur l’expérience du Danemark.

Déjà présent dans le programme sur l’immigration publié par le Parti québécois en 2024, l’exemple danois est aujourd’hui mobilisé par St-Pierre Plamondon pour soutenir qu’une politique migratoire restrictive peut aller de pair avec la défense d’un État social développé.

En tant que chercheur en études culturelles francophones, je m’intéresse particulièrement au discours politique et à la manière dont les références à des « modèles » étrangers sont mobilisées, adaptées et réinterprétées dans les campagnes électorales.




À lire aussi :
Élections en Suède et au Québec : des enjeux similaires, des approches différentes


Cette référence mérite d’être replacée dans une histoire plus longue. Le recours aux pays scandinaves comme points de comparaison ne commence pas avec l’actuel chef du Parti québécois. Il traverse, de manière inégale, l’histoire du parti depuis son fondateur, René Lévesque.

Ce qui est différent maintenant est moins la présence de cette référence que ce que les dirigeants péquistes viennent y chercher. Alors que la Scandinavie permettait d’abord de penser la social-démocratie, la redistribution et la concertation, elle sert aujourd’hui également à réfléchir aux rapports entre immigration, cohésion sociale et pérennité des services publics.

Il faut ici noter que Paul St-Pierre Plamondon connait bien le Danemark et en parle la langue : en 1994, entre ses études secondaires et collégiales, le chef du PQ a fait un échange dans une famille du sud du Danemark pendant un an, dans le cadre du programme AFS Canada.

Une entrevue en danois entre PSPP et le journaliste Anders Agger à la télévision nationale danoise, en septembre 2023.

Le tournant danois

À l’automne 2024, bien avant la publication de son plan sur l’immigration, St-Pierre Plamondon inscrivait déjà ses propositions dans une perspective comparative. À l’Assemblée nationale, le chef du PQ citait la Suède et le Danemark parmi plusieurs pays européens dont les politiques de visas et de traitement des demandes d’asile pouvaient, selon lui, inspirer des solutions au Québec.

Le plan présenté par le Parti québécois quelques mois plus tard rappelle le durcissement de la politique migratoire danoise et soutient que les sociaux-démocrates ont participé à ce changement « dans le but de sauver le modèle social-démocrate du pays ».

Le PQ associe ainsi le contrôle de l’immigration à la préservation des services publics et de la cohésion sociale. Dans plusieurs interventions publiques, St-Pierre Plamondon a présenté le Danemark comme un point de comparaison, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’en transposer les politiques au Québec.

La référence aux pays scandinaves apparaît également dans un tout autre domaine. En présentant en 2025 le projet de monnaie québécoise du PQ, St-Pierre Plamondon cite la Suède, le Danemark et la Norvège — aux côtés de la Suisse et de l’Islande — comme exemples de pays comparables disposant de leur propre politique monétaire, de leur banque centrale et de leur monnaie.

Une référence qui date des origines du Parti québécois

René Lévesque aussi fait abondamment référence au modèle scandinave.

Dans un discours prononcé devant l’Economic Club de New York en janvier 1977, peu après son arrivée au pouvoir, il situe le programme du PQ dans le courant social-démocrate et cite notamment la Suède. Il précise toutefois qu’il n’existe pas de modèle unique et que chaque société doit adapter la social-démocratie à ses propres réalités.

Lévesque retient deux dimensions essentielles : la concertation entre les acteurs sociaux et la « correction des injustices ». La référence scandinave renvoie ainsi moins à des politiques précises qu’à une certaine conception de la social-démocratie.

La comparaison se fait aussi sur la question de la souveraineté. Les pays scandinaves montrent que de petites sociétés peuvent disposer d’institutions politiques fortes, intervenir dans leur économie et participer aux relations internationales sans que leur taille constitue nécessairement un obstacle à leur autonomie.

La référence scandinave articule ainsi des préoccupations sociales et nationales qui occupent une place centrale dans le projet péquiste durant cette période.

Des politiques familiales « à la scandinave »

La référence à la Scandinavie devient moins évidente dans le discours des chefs qui succèdent à Lévesque.

Sous Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, elle ne semble plus jouer un rôle aussi structurant dans la définition publique du projet péquiste. Cette moindre visibilité ne signifie cependant pas que les possibilités de comparaison disparaissent, notamment dans le domaine des politiques sociales.

Les nouvelles dispositions de la politique familiale mises en œuvre à partir de 1997 sous le gouvernement de Lucien Bouchard en constituent l’exemple le plus évident. Pauline Marois, alors ministre de l’Éducation et ministre responsable de la Famille, joue un rôle central dans cette réforme, qui comprend notamment le développement des services de garde éducatifs à contribution réduite, la réforme des prestations familiales et le projet d’un régime québécois d’assurance parentale. Le Régime québécois d’assurance parentale, dont les origines remontent également à cette période avant son entrée en vigueur en 2006, renforcera cette orientation.

Ces dispositifs se rapprochaient des politiques familiales développées dans les pays scandinaves. Cette proximité ne permet toutefois pas de conclure à une filiation politique directe. Contrairement à la période Lévesque, où la Scandinavie constitue une référence explicite du discours péquiste, les réformes des années 1990 semblent moins souvent présentées par leurs promoteurs comme l’application d’un modèle scandinave.

Une référence qui change de fonction

Avec St-Pierre Plamondon, la Scandinavie retrouve une visibilité explicite dans le discours péquiste, mais son contenu s’est transformé.

Son intérêt pour ces expériences est antérieur aux débats actuels sur l’immigration. Dans son essai Les Orphelins politiques, publié en 2014, un chapitre consacré au « modèle scandinave » l’inscrit dans une réflexion sur le renouvellement de la gauche québécoise et le rôle de l’État.

Lors de la course à la direction du PQ en 2016, St-Pierre Plamondon mobilisait également la Suède et le Danemark dans sa réflexion sur le financement universitaire, tout en soulignant déjà les limites d’une lecture simplifiée des politiques scandinaves.

L’analogie entre le PQ et les grandes formations sociales-démocrates scandinaves ne réside évidemment pas dans leur poids électoral : le PQ n’a jamais exercé une domination comparable à celle des sociaux-démocrates suédois au XXe siècle. Il a néanmoins été, depuis les années 1970, l’une des forces structurantes de la vie politique québécoise.

En Suède et, selon une trajectoire différente, au Danemark, les sociaux-démocrates ont eux aussi longtemps aspiré à représenter davantage qu’une catégorie sociale ou une position sur l’axe gauche-droite. Leur projet de redistribution s’inscrivait dans une conception plus large de la collectivité.


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Ce rapprochement permet de mieux comprendre le tropisme scandinave du PQ. Lévesque ne trouvait pas seulement en Suède un catalogue de politiques publiques susceptibles d’être importées. L’expérience suédoise montrait aussi comment une formation politique pouvait associer modernisation économique, protection sociale et projet collectif à l’échelle d’une nation. Le modèle scandinave permettait de penser les institutions d’un Québec appelé à maîtriser davantage son développement économique et social : redistribution, concertation et intervention publique.

Chez St-Pierre Plamondon, le regard porte davantage sur les facteurs démographiques, linguistiques et économiques susceptibles d’assurer la pérennité de ce modèle. Il mobilise notamment l’expérience danoise pour articuler immigration, capacité d’accueil et préservation des services publics.

D’une référence à l’autre se dessine ainsi le déplacement des questions auxquelles le projet politique péquiste cherche à répondre.

La Conversation Canada

Christophe Premat ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Du modèle social suédois au modèle migratoire danois : comment le Parti québécois regarde la Scandinavie – https://theconversation.com/du-modele-social-suedois-au-modele-migratoire-danois-comment-le-parti-quebecois-regarde-la-scandinavie-292828

La escasez de recursos en el futuro: ¿’fake news’ o amenaza para la supervivencia humana?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Aguirre Carmona, Profesor Permanente Laboral de Estructura Económica y Economía del Desarrollo. Universidad Autónoma de Madrid, Universidad Autónoma de Madrid

Mina de tierras raras en California. newsshooterguy/Shutterstock

¿Lograremos perdurar como especie? Múltiples causas podrían impedirlo, y la economía se ha interesado especialmente por dos, los cambios medioambientales dañinos y la escasez de recursos, aunque con conclusiones muy diferentes: el medioambiente puede dañarse, y por eso hay que cuidarlo, pero no puede acabarse así que no hay que ahorrarlo. ¿Podemos estar seguros respecto a esto último? ¿Es cierto que los recursos materiales y energéticos no se acabarán?

La escasez de recursos: una preocupación superada

El libro The Population Bomb (“La bomba demográfica”) del biólogo estadounidense Paul Ehrlich (1968) fue un best-seller que popularizó el debate sobre la escasez de recursos. Poco después, en 1972, llegó el informe científico más famoso sobre el tema: The limits to growth (“Los límites del crecimiento”) de Donella Meadows y su equipo del MIT. En él se analizaban posibles escenarios futuros y uno de ellos era muy preocupante: si la población y la economía seguían creciendo exponencialmente, había un alto riesgo de un declive abrupto para la humanidad en un plazo no superior a 100 años. No se afirmaba que fuera a ocurrir, pero era una posibilidad.

El informe de Meadows recibió ataques muy duros y, desde entonces, muchos economistas lo han considerado alarmista y poco fundamentado. El debate sobre la escasez quedó prácticamente cerrado. En general, se aceptó una predicción optimista: los nuevos descubrimientos tecnológicos nos permitirán sustituir cualquier recurso que se agote por otro más abundante. La idea es que podrá escasear un recurso, pero no los recursos en conjunto.

Y ni siquiera será necesario agotar un recurso para pasar al siguiente. Al fin y al cabo, la Edad de Piedra no terminó porque se agotasen las piedras, sino porque se descubrió cómo hacer cosas nuevas y mejores con otros materiales. La humanidad siempre encontrará la forma de seguir adelante, porque nunca dejará de hacer descubrimientos.

Este es el punto de partida para una rama de la economía muy influyente, la economía de los recursos naturales. Se da por hecho que habrá recursos; de lo que se trata es de gestionarlos de forma óptima, extrayendo el máximo provecho económico. La clave está en que el precio del recurso en el mercado favorezca que gobiernos, empresas y ciudadanía hagamos lo correcto.

Si el precio es el adecuado, el cálculo racional de costes y beneficios nos llevará a explotar el recurso de la mejor forma posible, más rápidamente o más lentamente, según convenga. Incluso podremos saber cuándo debemos sustituirlo por otro más abundante.

El deterioro medioambiental sí nos preocupa

La economía ambiental (otra rama de la economía) acepta que el deterioro medioambiental importa, porque provoca daños que podemos valorar en dinero. Por ejemplo, hay estimaciones de lo que nos cuesta la contaminación o adaptarnos al cambio climático.

El deterioro medioambiental empezó a ser conocido por el gran público con libros pioneros como Primavera silenciosa de Rachel Carson, de 1962.

Pero desde 2009, el punto de partida para hablar de sostenibilidad es la idea de límites planetarios de Johan Rockström y el Stockholm Resilience Centre. Consiste en una lista de los nueve problemas medioambientales principales, cada uno con un límite que no deberíamos traspasar. Y las cosas no van bien porque en 2025 ya se habían superado siete.

Como los científicos estudian y alertan sobre deterioro medioambiental, hemos llegado a distintos acuerdos que tratan de preservar el medio ambiente, como el Acuerdo de París sobre el cambio climático o los Objetivos de Desarrollo Sostenible. Nos queda todavía mucho por saber sobre el deterioro medioambiental. Y las medidas que ponemos en marcha para evitarlo no siempre funcionan. Pero algo está claro: el deterioro medioambiental está sobre la mesa. Como sociedad, somos conscientes de que aquí tenemos un problema.

Así que hemos recuperado en parte la preocupación por la escasez que se había descartado
como irrelevante en la década de los 70. Lo que puede agotarse no
es un recurso concreto, sino la existencia de ecosistemas funcionales operando
en un régimen adecuado. Podemos quedarnos sin suficiente “entorno seguro” para la existencia
humana y por eso el medio ambiente hay que cuidarlo. Pero no hemos vuelto a preocuparnos por el agotamiento de los recursos. Seguimos confiando en que el medio ambiente no puede acabarse, así que no hay por qué ahorrarlo. ¿Es así?

La escasez en un planeta finito

El problema es que la Tierra es finita. Aunque confiemos en nuestra capacidad de explotar óptimamente los recursos y descubrir otros nuevos, seguiremos teniendo un problema lógico. En algún momento no quedará otro recurso nuevo que pueda ser explotado para sustituir al anterior.

La cuestión es cuándo llegaremos a ese punto. Muchos economistas piensan que será en un futuro tan lejano que ni siquiera vale la pena planteárselo. Se dan tres razones:

  1. Que la economía depende cada vez menos de los materiales porque importan más el conocimiento y los servicios.

  2. Que el reciclaje ayudará a reducir la cantidad de nuevos materiales que se necesita extraer de las minas.

  3. Que la energía tampoco será un problema porque aunque se acaben el petróleo, el carbón y el gas se podrá recurrir a las energías renovables.

En resumen, lograríamos dar una patada hacia adelante a la escasez de recursos. Y la enviaríamos tan lejos hacia el futuro que podríamos olvidarnos de ella.

¿Realmente funcionará así de bien?

El optimismo total no parece una buena idea porque la patada hacia adelante podría fallar. De hecho ya está fallando.

Actualmente, el crecimiento económico exige cada vez más materiales, y no menos.

El reciclaje es difícil tecnológicamente y, además, consume mucha energía, lo que empeora el problema del posible agotamiento de los combustibles fósiles.

Y la sustitución de energía fósil por energía renovable tampoco sale gratis. Para captar energía solar, eólica e hidroeléctrica hay que utilizar muchos materiales (algunos muy escasos) y también energía de origen fósil. Esto último es paradójico, pero la realidad es que para construir un panel solar es imprescindible utilizar energía del petróleo, el carbón o el gas. Si queremos aprovechar el sol, necesitamos gastar petróleo.

La economía debe abordar la cuestión de la escasez

La posible escasez de recursos en el futuro es una amenaza existencial para la supervivencia de la humanidad. No es una buena idea renunciar a estudiarla. Además, cuando algún recurso concreto escasea hay un mayor esfuerzo por encontrar nuevos yacimientos donde obtenerlo. Eso incrementa el deterioro ambiental por la actividad de la minería. Daños medioambientales y escasez de recursos no son independientes, sino que a menudo van de la mano.

Hay que indagar y discutir sobre la posible escasez de recursos materiales sin alarmismos. Para ello se necesitan unas gafas adecuadas que permitan ver y entender lo que ocurre.

Cómo enfocar mejor el problema

La economía ecológica, o bioeconomía, puede cumplir este rol, porque se basa en dos ideas importantes:

  1. La sostenibilidad se puede analizar desde muchos puntos de vista, no solo desde la economía. La biología, la física o la antropología, entre otras especialidades, tienen muchísimo que aportar. Así que nos toca trabajar en grupo, y de la mezcla de saberes saldrán mejores conclusiones.

  2. La economía no se ve afectada por el medio ambiente, sino que es parte de él y está sujeta a las leyes naturales que lo gobiernan. En concreto, la materia y la energía, los alimentos imprescindibles para la economía, están sometidas a las leyes de la física.

El problema es que la economía convencional no ha tenido esto en cuenta y ha estudiado los fenómenos económicos como si existieran en una burbuja aislada, al margen de la realidad biológica y física. Así, hemos tenido una imagen desenfocada de algunos de los problemas de la sostenibilidad, como la escasez de recursos. Para enfocar mejor, hay que cambiar de gafas. La economía ecológica puede ser parte de la solución.


Este artículo es un extracto de la Carta Getem N⁰ 78, “Acordes y desacuerdos: la economía y la sostenibilidad en el largo plazo”.

The Conversation

Pablo Aguirre Carmona es miembro de la Asociación de Economía Crítica (https://www.asociacioneconomiacritica.org/)

– ref. La escasez de recursos en el futuro: ¿’fake news’ o amenaza para la supervivencia humana? – https://theconversation.com/la-escasez-de-recursos-en-el-futuro-fake-news-o-amenaza-para-la-supervivencia-humana-287472

Más allá del ‘Decreto Maricarmen’, España necesita leyes que garanticen el acceso a la vivienda

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Ajuriaguerra Escudero, Dr. Arquitecto, Especialista en Planificación Estratégica en el Área de Análisis Geográfico, Universidad Rey Juan Carlos

Jack_the_sparow/Shutterstock

Todo lo que se hace con urgencia puede tener consecuencias. En este caso, la urgencia tiene nombre propio: Maricarmen Abascal, la mujer de 87 años cuyo desahucio ha vuelto a situar la vivienda en el centro del debate público. Pero la urgencia no debería limitarse a un caso mediático. También debería alcanzar a las miles de personas anónimas que cada año pierden su vivienda en España.

La vulnerabilidad que este caso ha hecho visible no es excepcional. Puede aparecer en distintos momentos de la vida y afectar a personas mayores, jóvenes y familias con menores. También puede alcanzar a quienes atraviesan dificultades económicas.

Por eso, conviene ampliar la mirada: no se trata solo de responder a la situación de Maricarmen, sino de prevenir que otras personas lleguen a una situación semejante.




Leer más:
Lo que falló en el desahucio de Maricarmen y tres cambios para que no se repita


Desahucios y lanzamientos

En 2025 se practicaron en España 25 540 lanzamientos. El Consejo General del Poder Judicial utiliza este término para referirse a la ejecución de un desahucio.

De ese total, 18 317 (el 71,7 %) derivaron de procedimientos relacionados con la Ley de Arrendamientos Urbanos. Esta categoría se vincula principalmente con los alquileres, aunque no identifica exclusivamente casos de impago. Otros 4 346 lanzamientos, equivalentes al 17 %, se produjeron en procedimientos de ejecución hipotecaria. Los 1 877 restantes obedecieron a otras causas. La cifra total bajó un 11 % respecto a 2024, pero sigue mostrando la dimensión del problema.

Estas cifras requieren una precisión: un lanzamiento no implica necesariamente que se trate de una vivienda habitual. Tampoco todos responden a la misma causa ni afectan a personas en idéntica situación. Aun así, el volumen invita a mirar más allá de un único caso. Si la reacción política se acelera cuando una historia conmueve a la opinión pública, cabe preguntarse por qué no se mantiene esa urgencia ante un problema que afecta a miles de personas.

Las normas que intervienen

Para entender qué puede hacer una ley (y qué no) es necesario distinguir las normas que intervienen. La Ley de Arrendamientos Urbanos, aprobada en 1994, regula los contratos de alquiler y las obligaciones de propietarios e inquilinos. La Ley de Enjuiciamiento Civil, aprobada en 2000, establece el procedimiento judicial. Su artículo 250 contempla demandas para recuperar una finca por impago de la renta o por finalización del contrato. Por tanto, el desahucio no se explica por una sola ley: intervienen tanto las reglas del arrendamiento como las del proceso judicial.

A las normas citadas se añadió, en 2023, la Ley por el Derecho a la Vivienda. Esta introdujo cambios en los procedimientos, incluidos trámites relacionados con la comunicación a los servicios sociales y con situaciones de vulnerabilidad. Modificó la ley procesal, pero no sustituyó la regulación de los alquileres ni impidió todos los desahucios. La protección depende de las circunstancias del caso, de los requisitos legales y de las decisiones judiciales.

Las leyes también tienen una historia política

No basta con decir qué partido las aprobó. Conviene distinguir quién impulsó un proyecto, quién negoció cambios y quién votó el texto final. La Ley de Arrendamientos Urbanos de 1994 se aprobó con un amplio consenso parlamentario. Según la prensa de la época, Izquierda Unida e Iniciativa per Catalunya fueron los grupos que quedaron fuera del acuerdo.

La Ley de Enjuiciamiento Civil de 2000 no fue una norma específica sobre desahucios, sino una reforma general de los procedimientos civiles. En la votación final, el Partido Popular, el Partido Nacionalista Vasco e Izquierda Unida apoyaron el texto. El Partido Socialista y Convergència i Unió votaron en contra, mientras Coalición Canaria se abstuvo. Esa diferencia no significa que los grupos contrarios no participaran en la tramitación o no presentaran propuestas.

La Ley por el Derecho a la Vivienda de 2023 obtuvo menos consenso. Fue aprobada con 176 votos a favor, 167 en contra y una abstención. La apoyaron, entre otros, el Partido Socialista, Unidas Podemos, Esquerra Republicana y Euskal Herria Bildu. Votaron en contra el Partido Popular, Vox, Ciudadanos, el Partido Nacionalista Vasco y Junts, además de otros grupos. El Bloque Nacionalista Galego se abstuvo.

Este recorrido muestra que el marco actual no es obra de un solo partido ni responde a un único momento político. También ayuda a entender una decisión más reciente. En febrero de 2026, el Partido Popular, Vox y Junts rechazaron el Real Decreto Ley que prorrogaba la moratoria antidesahucios contemplada entre las medidas del llamado escudo social para 2026. Aquella votación hizo decaer esa prórroga. Sin embargo, no eliminó todo el marco legal sobre desahucios ni permite anticipar qué harán esos partidos ante una propuesta distinta.

Las incógnitas del ‘decreto Maricarmen’

Todavía no se conoce el contenido definitivo del decreto que el Gobierno podría aprobar este martes. Se sabe que el partido socio de Gobierno Sumar ha reclamado la prórroga de los contratos de alquiler y reforzar la protección frente a los desahucios y los fondos de inversión. También pide regular determinados alquileres y facilitar que Maricarmen recupere su vivienda. Son demandas políticas, no medidas que puedan darse por incluidas antes de conocer el texto.

Aunque el Consejo de Ministros apruebe el llamado Decreto Maricarmen, su continuidad no estaría garantizada, pues el Congreso tendría que convalidarlo en un plazo de 30 días. La norma podría mantenerse o decaer según el resultado de esa votación.

Medidas generales para el acceso a viviendas asequibles

La respuesta no debería reducirse a una medida urgente para un caso concreto ni a un reproche dirigido a un solo partido. Hay que atender a quienes ya afrontan un lanzamiento y actuar antes de que se produzca. Eso exige mejorar el acceso a viviendas asequibles y reforzar las alternativas habitacionales.

También requiere coordinar mejor la intervención social y judicial. Una política de vivienda debe responder a jóvenes, familias y personas mayores. Para lograrlo, no basta con reaccionar ante la noticia del día: hacen falta medidas eficaces, evaluación y acuerdos que puedan sostenerse en el tiempo.

The Conversation

Miguel Ángel Ajuriaguerra Escudero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Más allá del ‘Decreto Maricarmen’, España necesita leyes que garanticen el acceso a la vivienda – https://theconversation.com/mas-alla-del-decreto-maricarmen-espana-necesita-leyes-que-garanticen-el-acceso-a-la-vivienda-293020

El caso Maricarmen: cómo proteger a las personas vulnerables sin cargar a los pequeños propietarios

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Esther Falcón-Pérez, Profesora Titular de Universidad de Economía Financiera y Contabilidad. Instituto Tides., Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

El problema de la vivienda no es nuevo en España. Se trata de una cuestión recurrente que ha adquirido especial intensidad en los últimos años. El aumento de los precios, las dificultades para acceder a una hipoteca o asumir un alquiler y la escasez de vivienda asequible han convertido el acceso a un sitio donde vivir adecuado en uno de los principales desafíos sociales.

La situación tampoco es exclusivamente española. La dificultad para acceder a una vivienda digna y asequible afecta a numerosos países de la Unión Europea, que están planteando medidas para incrementar la oferta y facilitar el acceso.

Nos encontramos, por tanto, ante un problema complejo, en el que intervienen factores económicos, sociales, demográficos y territoriales.

En España confluyen un déficit estructural de vivienda asequible, una fuerte presión de la demanda en determinados territorios, dificultades de acceso a la financiación y un parque de inmuebles sociales insuficiente. A ello se suma un modelo residencial históricamente orientado hacia la propiedad y una oferta de alquiler público limitada.

El reto no consiste únicamente en contener los precios. También es necesario encontrar un equilibrio entre la protección de los hogares que no pueden acceder a una vivienda por sus propios medios y la existencia de una oferta suficiente de alquiler.

Cuando el alquiler o la hipoteca absorben una parte excesiva de los ingresos familiares, aumenta el riesgo de pobreza y exclusión residencial. El caso de Maricarmen Abascal, una mujer de 87 años que se ha enfrentado a un proceso de desahucio de la vivienda en la que llevaba décadas viviendo, permite visualizar esta dimensión humana del problema.

Su situación ha impulsado el denominado Decreto Maricarmen, una propuesta para reforzar la protección frente a determinados desahucios. Se trata, no obstante, de una propuesta y no de una norma actualmente en vigor.

Casos como este plantean una cuestión fundamental: ¿cómo proteger a una persona vulnerable sin trasladar a un particular la responsabilidad de resolver un problema social?

La Administración debe dar respuesta

Cuando exista una situación acreditada de vulnerabilidad, la suspensión temporal de un desahucio puede ser necesaria para evitar una situación de emergencia. Pero esta medida debería estar acompañada de una respuesta habitacional por parte de las administraciones.

El reconocimiento de la vivienda como derecho social implica que los poderes públicos deben desarrollar políticas y mecanismos que permitan hacerlo efectivo. Esa responsabilidad no puede trasladarse automáticamente a cada propietario particular.

Grandes fondos frente a pequeños propietarios

Esta cuestión exige distinguir entre realidades muy diferentes. No es lo mismo un gran fondo de inversión que gestiona un amplio parque inmobiliario que un pequeño propietario que alquila una vivienda o dispone de pocos inmuebles. Las políticas dirigidas a unos y otros requieren, por tanto, un análisis diferenciado.

Para un pequeño propietario, dejar de percibir una renta durante un periodo prolongado puede representar un perjuicio económico considerable. No puede asumir por sí solo la solución de un problema social de la dimensión que tiene actualmente la vivienda en España.

Si un inquilino deja de poder pagar debido a una situación de vulnerabilidad, los poderes públicos deben disponer de mecanismos de ayuda, mediación, alternativas habitacionales y vivienda pública. Al mismo tiempo, el propietario necesita un marco estable que le permita alquilar su vivienda sin asumir riesgos económicos que no puede soportar.

Si queremos que el mercado privado contribuya a solucionar el problema de la vivienda, no podemos considerar al pequeño propietario únicamente como una parte del problema; también puede formar parte de la solución.

Las condiciones jurídicas y económicas pueden influir en las decisiones de los dueños de los inmuebles. Si alquilar una vivienda implica una incertidumbre o un riesgo difícil de asumir, algunos pequeños propietarios pueden decidir no incorporarla al mercado. No puede afirmarse que toda regulación reduzca automáticamente la oferta, pero sí que los incentivos forman parte del funcionamiento del mercado.

Por ello, la protección del inquilino vulnerable y la seguridad del propietario no deberían plantearse como objetivos incompatibles. La clave está en establecer garantías para ambas partes y en que el Estado asuma la responsabilidad que corresponde cuando existe una situación de vulnerabilidad.

Lo que necesita España

No obstante, las medidas de emergencia no pueden sustituir a una política estructural. Suspender temporalmente un desahucio puede evitar que una persona pierda su vivienda, pero no crea una alternativa habitacional. Si la Administración no dispone de esa alternativa, la medida puede terminar simplemente aplazando el problema.

España necesita aumentar la oferta asequible mediante la simplificación administrativa, el fomento de la construcción y rehabilitación, la innovación, la productividad y un marco estable.

Especialmente importante es ampliar el parque de vivienda pública. Durante décadas, el modelo residencial español estuvo muy orientado hacia la propiedad, mientras la vivienda protegida destinada al alquiler tuvo un peso menor. Reforzar la vivienda pública permitiría disponer de una verdadera red de seguridad para quienes no pueden acceder al mercado.

La solución, en definitiva, no pasa por enfrentar a propietarios e inquilinos. Pasa por proteger a quienes se encuentran en situación de vulnerabilidad, ofrecer garantías a los pequeños propietarios y conseguir que las administraciones públicas asuman su responsabilidad.

The Conversation

Carmen Esther Falcón-Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El caso Maricarmen: cómo proteger a las personas vulnerables sin cargar a los pequeños propietarios – https://theconversation.com/el-caso-maricarmen-como-proteger-a-las-personas-vulnerables-sin-cargar-a-los-pequenos-propietarios-293023