Comment célèbre-t-on en Europe le jour le plus long de l’année ?

Source: The Conversation – in French – By Thomas A. DuBois, Professor of Scandinavian Studies, Folklore, and Religious Studies, University of Wisconsin-Madison

Feux, danses et couronnes de fleurs : aujourd’hui encore l’Europe fête le solstice d’été avec ferveur. Iryna Varanovich/Pexels, CC BY

Alors que de nombreuses coutumes ont disparu au fil des siècles, les célébrations du solstice d’été continuent de rassembler les foules à travers l’Europe. Une permanence qui en dit long sur notre besoin collectif de marquer le passage des saisons et du temps.


Aux quatre coins de l’Europe, villes et villages se rassemblent le 24 juin pour célébrer la Saint-Jean, ou fête du solstice d’été. Rassemblés autour de grands feux de joie, ou parfois de grands mâts dits « de mai », coiffés de couronnes tressées à la main en fleurs sauvages ou en feuilles de chêne, les participants chantent, sautent, dansent, mangent, boivent, se retrouvent et célèbrent l’arrivée du jour le plus long de l’année. En tant que chercheur spécialiste du folklore, j’ai assisté à des célébrations du solstice d’été en Finlande, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Estonie et en Lituanie, et je reste sans cesse impressionné par l’attachement passionné des habitants à cette fête et par le plaisir manifeste qu’ils y prennent.

De la Méditerranée à la Scandinavie, de la France à la Pologne et au-delà, cette fête porte de nombreux noms, parmi lesquels la « Festa di San Giovanni Battista » en Italie ou le « Midsommar » en Suède. En Estonie, on l’appelle « Leedopäev », en Finlande « Juhannus » et, chez les Samis, le peuple autochtone de Scandinavie, on le nomme « Mihcamárat ». Ces célébrations marquent le solstice d’été, qui a lieu dans l’hémisphère Nord aux alentours du 21 juin.

Un  groupe de personnes se tenant par la main danse en ronde autour d’un grand mât recouvert de feuillages.
Des participants se rassemblent pour les traditionnelles célébrations du solstice d’été à Gagnef, en Suède, le 20 juin 2025.
Ulf Palm/TT News Agency/AFP

Chaque matin, entre le solstice d’hiver et le solstice d’été, le Soleil se lève un peu plus au nord. À mesure qu’il s’élève davantage dans le ciel, les ombres raccourcissent et les journées s’allongent. Lors du solstice d’été, le Soleil « s’arrête » – c’est d’ailleurs le sens du mot latin solstitium. Il entame ensuite son retour progressif vers le sud. Les jours recommencent alors à raccourcir, les ombres à s’allonger, annonçant peu à peu le retour du froid et de la grisaille hivernale.

Depuis des millénaires, les populations européennes observent ce cycle immuable. Des monuments néolithiques comme Newgrange, en Irlande, ou Stonehenge, en Angleterre, tous deux édifiés il y a environ 5 000 ans, ont été construits pour marquer les solstices.

Le feu de la Saint-Jean

Des rives de la Méditerranée jusqu’aux confins septentrionaux de l’Europe, le solstice d’été est depuis longtemps associé à des rituels destinés à attirer la chance, prédire l’avenir ou éloigner les forces malveillantes.

En Allemagne, dans le nord-est de la France ainsi que dans de nombreuses régions de Scandinavie et des pays baltes, les habitants continuent d’ériger d’imposants bûchers qui sont allumés à la tombée de la nuit et entretenus jusqu’à l’aube. Selon les croyances populaires, enjamber ou sauter par-dessus les flammes favoriserait l’amour et la fertilité, tandis que la hauteur du brasier permettrait de prédire l’abondance des récoltes à venir.

Traditionnellement, de nombreux Européens profitaient de la veille du solstice d’été pour récolter rosée, herbes et feuillages, auxquels on attribuait le pouvoir d’assurer santé, beauté et prospérité. Certains conduisaient leur bétail près des feux afin qu’il inhale la fumée protectrice, tandis que d’autres répandaient les cendres du brasier dans les champs le lendemain.

Aujourd’hui, ces croyances sont généralement perçues comme de pittoresques vestiges du passé. Pourtant, beaucoup continuent de participer à ces rituels avec enthousiasme, ne serait-ce que « au cas où ». Une manière de renouer avec des traditions héritées d’ancêtres ayant vécu il y a des siècles, voire des millénaires.

Une fête païenne, chrétienne et laïque

De nombreux noms donnés à cette fête, comme le danois « Sankt Hans Aften » ou l’islandais « Jónsmessunótt », font référence à Jean le Baptiste, le saint chrétien dont la naissance est célébrée le 24 juin. Alors que la naissance de Jésus est commémorée aux alentours du solstice d’hiver, la Bible indique que son cousin Jean est né exactement six mois plus tôt, au cœur de l’été. C’est ce lien symbolique entre Jésus et Jean qui explique pourquoi la fête est célébrée le 24 juin – ou, dans certains pays, le samedi le plus proche – plutôt qu’au moment exact du solstice.

Les autorités chrétiennes du Moyen Âge ne voyaient pas toujours d’un bon œil les célébrations dites « païennes » associées à cette journée. Elles condamnaient parfois les danses, les chants et d’autres coutumes populaires pratiquées par les paysans. Au XVIe siècle, la Réforme protestante entraîna la suppression de nombreuses fêtes dédiées aux saints catholiques. Mais les célébrations du solstice d’été survécurent, en se transformant progressivement en fête laïque.

Dans les régions où protestants et catholiques coexistaient, comme aux Pays-Bas, la célébration de la veille de la Saint-Jean est devenue un marqueur de l’identité catholique. Au Canada, la fête de la Saint-Jean-Baptiste est célébrée comme la fête nationale du Québec, notamment parce qu’elle permet d’affirmer une identité culturelle distincte de celle de ses voisins anglophones de tradition protestante.

« Midsommardans » (« Danse de la Saint-Jean »), peint par Anders Zorn en 1897.
« Midsommardans » (« Danse de la Saint-Jean »), peint par Anders Zorn en 1897.
Musée national de Suède via Wikimedia Commons

L’une des représentations les plus emblématiques des célébrations suédoises du solstice d’été est sans doute le tableau « Midsommardans » (« Danse de la Saint-Jean »), peint en 1897 par Anders Zorn. L’œuvre témoigne de l’inquiétude, répandue au XIXe siècle, de voir disparaître certaines traditions populaires. Zorn lui-même avait financé l’érection du mât représenté dans le tableau, soucieux de préserver cette coutume pittoresque dans la région rurale de Suède où il vivait.

Ses craintes se sont toutefois révélées infondées. Bien des choses ont changé depuis, mais les Européens restent attachés aux rythmes simples et immuables de la nature, parmi lesquels figure l’arrivée puis le passage du jour le plus long de l’année.

The Conversation

Thomas A. DuBois ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Crise politique au Sénégal : quels scénarios pour l’avenir du pays ?

Source: The Conversation – in French – By Abdou Fattah Niane, ensiegnant-chercheur, Université Gaston Berger

Après avoir porté ensemble le projet de rupture du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) au pouvoir depuis mars 2024, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sont désormais engagés dans un bras de fer politique qui reconfigure les équilibres institutionnels. Le limogeage de Sonko de la Primature, suivi de son retour à l’Assemblée nationale et de son élection à la tête de l’institution parlementaire, ouvre une nouvelle page inédite au Sénégal.

Cette séquence met face à face un président disposant d’importantes prérogatives constitutionnelles et un leader politique plébiscité par son parti et qui conserve une large majorité parlementaire. Dans cet entretien avec The Conversation Africa, le politiste Abdou Fattah Niane propose une analyse des leviers dont dispose chacun des deux hommes et les facteurs susceptibles de déterminer l’évolution du rapport de force.


Que révèle la crise Diomaye-Sonko sur l’exercice du pouvoir au Sénégal ?

Je crois qu’il y a bel et bien lieu de parler de crise, d’autant plus qu’il s’agit du président de la République et de son ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale.

La crise Diomaye-Sonko révèle des difficultés liées à l’exercice du pouvoir. Jusqu’ici, le modèle sénégalais reposait, exceptées les premières années de l’indépendance (1960-1962), sur un régime de type présidentialiste avec une prééminence du fait majoritaire dans la mesure où le parti au pouvoir était aussi majoritaire à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, force est de constater qu’on est, de fait, en présence d’une cohabitation.

Mais, il est un peu prématuré de tirer des conclusions définitives, parce que les évènements se déroulent encore sous nos yeux, à moins de s’en limiter à ce que la crise a révélé jusqu’ici, tout en sachant qu’il y aura nécessairement d’autres évolutions. Cette séquence est un test de résilience du régime politique sénégalais et de sa capacité à surmonter les crises. C’est d’ailleurs dans ces moments de crise qu’on apprécie cette capacité et cette résilience.

Comme toute alternance, cette situation permet d’évaluer la solidité et la capacité d’adaptation du système politique sénégalais. Celui-ci s’accommode-t-il d’une division réelle du pouvoir au sommet ? Est-il plus réceptif à un pouvoir fort qui se déploierait autant sur l’exécutif que sur le législatif, comme ce fut le cas depuis 1963 ? L’avenir le dira. Dans tous les cas, la modération dans l’exercice du pouvoir me semble être un rouage protecteur de la stabilité politique.

La crise actuelle s’inscrit-elle dans la tradition des rivalités entre présidents et Premiers ministres, ou marque-t-elle une rupture ?

A l’échelle du pays, je crois que c’est plutôt une rupture. Depuis 1960, il n’y a eu qu’une seule crise – pouvant constituer une menace à la stabilité des institutions – entre le président Léopold Sédar Senghor et son Premier ministre Mamadou Dia en 1962.

Pour comprendre cette situation, il faut rappeler quelques éléments de contexte. Le président de la République exerce des pouvoirs constitutionnels très importants. Il définit la politique de la nation que le Premier ministre doit exécuter. Cependant, lors de l’élection qui a porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, Ousmane Sonko l’avait choisi comme candidat avant de lui apporter un soutien décisif.

La situation actuelle résulte de la rencontre entre deux sources distinctes de légitimité. D’une part la légitimité juridique du président doté de pouvoirs constitutionnels importants. D’autre part, la légitimité politique d’un Premier ministre qui contrôle l’appareil politique et bénéficie d’une réelle assise populaire. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler les résultats des élections législatives du 17 novembre 2024 . Les prochaines élections locales prévues en janvier 2027 joueront le rôle de mécanisme de régulation dans un processus de cohabitation déjà controversé.

Sur quelles ressources de pouvoir respectives s’appuient aujourd’hui Faye et Sonko ?

Les partis politiques cherchent à procurer à leurs militants des avantages matériels. Inversement, les militants font fonctionner les organisations partisanes. Dans cette perspective, on peut dire que les deux hommes politiques peuvent recourir à l’expertise tout en essayant de consolider les soutiens électoraux.

Ousmane Sonko pourrait s’appuyer sur le parti PASTEF-Les Patriotes qui l’a élu à l’unanimité (589 délégués votants) à la présidence, lors de son congrès du 6 juin 2026. Il y a également la forte majorité parlementaire (130 députés sur 165) avec des pouvoirs constitutionnels très importants (contrôle de l’action gouvernementale, évaluation des politiques publiques, motion de censure, etc. ).

Quant à Bassirou Diomaye Faye, il détient des pouvoirs constitutionnels du chef de l’État certes importants, mais il a besoin de l’Assemblée nationale pour exercer certaines de ses prérogatives. Toujours est-il qu’il peut s’appuyer sur le pouvoir d’État. La posture présidentielle est aussi une ressource symbolique mobilisable.

Quels facteurs seront décisifs dans l’évolution du rapport de force entre les deux camps ?

Les enjeux sont certes importants, mais le jeu politique est régulé à intervalles réguliers, par les élections. Celles-ci sont, en principe, des mécanismes correcteurs et pacificateurs. Il faudrait donc un consensus fort sur le calendrier électoral, une exigence de transparence du processus électoral, une modération dans l’exercice du pouvoir exécutif ou législatif.

Les perceptions des populations sur “la gouvernance d’Ousmane Somko” et sur celle de Bassirou Diomaye Faye seront déterminantes. L’efficacité des politiques publiques alternatives, l’exigence de moralisation de la vie publique, les attentes des populations relativement à la reddition des comptes et à la “justice pour les martyrs” (les personnes tuées lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024) sont autant de facteurs qui pèseront sur l’évolution du rapport de force entre les deux camps.

L’élection et le système de partis sont des rouages protecteurs et régulateurs des régimes démocratiques. Cependant, les dysfonctionnements liés au manque de transparence des processus électoraux et à l’absence de modération dans l’exercice des pouvoirs constitutionnels peuvent amener les populations sénégalaises à recourir à l’action collective violente.

The Conversation

Abdou Fattah Niane does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Quarante ans après, faut-il encore célébrer la « Main de Dieu » de Maradona ?

Source: The Conversation – in French – By Cesar R. Torres, Associate Professor of Kinesiology and Philosophy, Penn State

Deux buts, cinq minutes, une place dans l’histoire. Derrière les exploits de Diego Maradona en 1986 se joue aussi une réflexion sur la mémoire, la politique et les valeurs du football.


Au football, les buts les plus mémorables restent généralement associés aux joueurs qui les ont marqués. Rares sont ceux que l’on peut évoquer sans mentionner l’individu – ou même l’équipe – qui en est à l’origine.

Pourtant, deux buts inscrits lors d’un même match il y a quarante ans ont atteint ce statut à part. L’un est universellement connu sous le nom de « la Main de Dieu », l’autre est largement reconnu comme le « But du siècle ». Tous deux ont été marqués par la star argentine Diego Maradona face à l’Angleterre, en quart de finale de la Coupe du monde de la FIFA, au stade Estadio Azteca de Mexico City, le 22 juin 1986.

Ces buts, inscrits à quelques minutes d’intervalle, figurent parmi le très petit nombre de séquences footballistiques immédiatement reconnaissables des décennies plus tard. Ils occupent également une place particulière dans l’imaginaire collectif argentin. Leur importance symbolique était telle que, lorsque la présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner a inauguré en 2012 la « Galerie des idoles populaires » à la Casa Rosada, le palais présidentiel du pays, l’exposition comprenait des photographies des deux buts.

Mais c’est la « Main de Dieu » qui attirait particulièrement l’attention. La célèbre image montrant Diego Maradona, le bras tendu, frappant le ballon du poing au-dessus du gardien anglais Peter Shilton occupait une place centrale dans l’exposition, sautant immédiatement aux yeux des visiteurs.

Un an après l’installation de la Galerie des idoles populaires, je l’ai visitée avec un groupe d’étudiants internationaux participant à un programme d’études à l’étranger dirigé par mon épouse. Sachant que j’étais philosophe du sport, plusieurs membres du groupe m’ont posé une question d’ordre éthique : pourquoi un but marqué de manière illégale – il aurait dû être refusé pour une main flagrante – occupait-il une place aussi importante dans le palais présidentiel ?

La même question peut être posée aujourd’hui à propos de la place qu’occupe encore cette action dans la mémoire collective argentine. Son image apparaît fréquemment sur des fresques murales, des T-shirts et même dans des chansons.

Serviette représentant le but de la « Main de Dieu »
Un vendeur présente une serviette représentant le but de la « Main de Dieu » de Diego Maradona dans un magasin d’articles de sport à Buenos Aires.
Juan Mabromata/AFP

Comme je l’ai expliqué aux étudiants, pour comprendre pourquoi ce match et ces deux buts de Diego Maradona – parmi les 34 qu’il a inscrits pour la sélection nationale – se sont à ce point enracinés dans l’imaginaire argentin, il est nécessaire de se pencher sur la complexe histoire des relations entre le Royaume-Uni et l’Argentine.

Les relations anglo-argentines

À partir de la fin du XVIᵉ siècle, la Grande-Bretagne a cherché à étendre son empire en Amérique du Sud, principalement afin d’élargir les débouchés commerciaux de ses produits. Après plusieurs tentatives infructueuses d’invasion de Buenos Aires en 1806 et 1807, la Grande-Bretagne a joué un rôle important dans l’indépendance de l’Argentine vis-à-vis de l’Espagne quelques années plus tard. Tout au long du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, la présence britannique dans l’économie argentine a été considérable. Les investissements étaient si importants et la communauté britannique expatriée si nombreuse que l’Argentine a été qualifiée de « sixième dominion » de la Grande-Bretagne. C’est également par l’intermédiaire de cette communauté que le football est devenu une véritable passion nationale en Argentine.

La relation entre les deux pays n’en a pas moins été parfois conflictuelle. L’un des principaux sujets de discorde concernait un archipel situé à environ 500 kilomètres des côtes sud-américaines, appelé les îles Falkland au Royaume-Uni et les îles Malouines en Argentine.

Le Royaume-Uni occupe ces îles depuis 1833, tandis que l’Argentine les revendique comme faisant partie de son territoire depuis cette date. Les tensions accumulées ont finalement débouché sur une guerre en 1982, lorsque l’Argentine, alors dirigée par une dictature militaire particulièrement répressive, a envoyé une expédition militaire sur l’archipel.

La riposte décisive du Royaume-Uni a rapidement mis fin à l’offensive argentine. La défaite a constitué un traumatisme profond pour l’Argentine, mais elle représente aussi une étape importante sur la voie du retour du pays à un régime démocratique l’année suivante.

La Coupe du monde de Maradona

Les relations entre les deux pays demeuraient tendues lorsque l’Argentine et l’Angleterre se sont affrontées lors de la Coupe du monde 1986. Les relations diplomatiques n’avaient pas encore été rétablies et, pour de nombreux Argentins, ce match représentait une occasion de rendre hommage aux conscrits morts pendant la guerre et de rappeler au monde la revendication argentine sur les îles Malouines/Falkland.

La rencontre était donc chargée de significations politiques et historiques complexes. Et l’Argentine pouvait compter dans ses rangs sur celui qui était alors considéré comme le plus grand joueur de son époque : Diego Maradona.

Comme l’écrivait en 1995 Eduardo Galeano, souvent présenté comme le poète mondial du football, Mexico 1986 fut « la Coupe du monde de Maradona ». « Avec deux buts du gauche contre l’Angleterre, Maradona a vengé la blessure infligée à la fierté de son pays lors de la guerre des [Malouines/]Falkland : le premier, il l’a marqué de sa main gauche (…), le second de son pied gauche, après avoir envoyé les défenseurs anglais au tapis », écrivait Galeano.

En l’espace de cinq minutes à peine, Diego Maradona a soulevé tout un pays et accédé au rang d’idole parmi les idoles. Après le match, alors que la polémique autour du premier but battait son plein, Maradona, reprenant une formule suggérée par un journaliste, a reconnu que le but avait sans doute été marqué par la « Main de Dieu ».

Si le second but demeure l’incarnation même de la beauté footballistique, l’imagerie associée au premier l’a rendu tout aussi emblématique, voire davantage. Le fait que l’Argentine ait ensuite remporté la Coupe du monde n’a fait que renforcer la réputation immortelle de Diego Maradona, quelles que soient par la suite les controverses qui ont jalonné sa vie. Sa mort, le 25 novembre 2020, a suscité une immense vague d’émotion en Argentine et dans le reste du monde.

Tout ce qu’il y a de meilleur dans le football

De retour au palais présidentiel, les étudiants ont insisté : comment fallait-il, selon moi et selon d’autres, considérer la « Main de Dieu » ? Ma réponse, qui reprenait des arguments philosophiques développés dans un chapitre que j’ai rédigé pour un ouvrage codirigé avec le philosophe Daniel G. Campos, était la suivante. Le contexte est essentiel pour comprendre la signification que de nombreux Argentins ont attribuée à ce but. Cela dit, le contexte ne suffit pas à le justifier.

Le football est une pratique sociale régie par des règles et par ce que les philosophes appellent des « biens internes » : des récompenses intrinsèques qui découlent de la participation à une activité. Ces biens internes ne définissent pas seulement le jeu ; ils constituent aussi le fondement de ses critères d’excellence. Ils regroupent ce que l’on appelle les compétences « constitutives » et « réparatrices » (« restorative skills ») que ce sport est censé mettre à l’épreuve.

Les compétences constitutives sont celles mobilisées pendant le jeu en mouvement. Elles comprennent notamment le dribble, la passe, le tir ou encore la capacité à créer des espaces. Les compétences réparatrices interviennent lorsque le jeu est interrompu et incluent, entre autres, la capacité à tirer un penalty ou un corner. En raison même de sa structure, le football repose sur ces deux ensembles de compétences, qui sont étroitement liés aux différentes manières de contrôler et de frapper le ballon avec les pieds.

Un génie du football… et un cas de tricherie

Marquer un but de la main ne relève ni d’une compétence constitutive ni d’une compétence réparatrice du football. Il s’agit plutôt d’une « compétence extra-ludique », c’est-à-dire d’une compétence que le jeu n’est pas censé évaluer et qui, à ce titre, n’appartient pas légitimement au football.

En réalité, marquer un but de la main contredit et dénature les biens internes qui définissent le football ainsi que ses critères d’excellence. En ce sens, la « Main de Dieu » dévalorise les compétences grâce auxquelles les joueurs se distinguent les uns des autres.

En outre, il s’agit d’un cas de tricherie sans la moindre ambiguïté. Diego Maradona a délibérément et discrètement enfreint une règle du sport afin d’obtenir un avantage qu’il n’aurait pas obtenu autrement. Un tel geste dénature le jeu, fausse le résultat et manque de respect à l’équipe adverse. À ce titre, il ne devrait ni être encouragé ni être célébré. Il devrait au contraire être condamné.

Pire encore, ce but détourne l’attention du type de jeu que Diego Maradona a incarné lors du second but, alors même qu’il avait subi de nombreuses fautes de la part des joueurs anglais tout au long de la rencontre. C’est pourtant ce type de football qui honore véritablement le jeu et lui permet de s’épanouir.

Au terme d’une course de près de 55 mètres, Maradona a éliminé ses adversaires les uns après les autres, échappé aux tacles et laissé les défenseurs anglais impuissants avant de tromper le gardien d’une finition implacable. Le journaliste Brian Glanville le décrivait en 1993 comme « stupéfiant, un but si inhabituel, presque romantique ». Il ajoutait : « Il semblait à peine appartenir à une époque aussi rationnelle et rationalisée que la nôtre. » Ce but est sans doute le plus célébré de toute l’histoire de la Coupe du monde.

Quarante ans après cette rencontre historique entre l’Argentine et l’Angleterre, je suggère que l’Argentine et le monde du football condamnent d’un même mouvement la scandaleuse « Main de Dieu » tout en célébrant le sublime « But du siècle », sans jamais oublier le contexte historique dans lequel ces deux actions ont eu lieu.

The Conversation

Cesar R. Torres est également professeur émérite distingué en kinésiologie, études du sport et éducation physique au College de Brockport.

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Comment le rhum a joué un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du capitalisme du Canada du XVIIIᵉ siècle

Source: The Conversation – in French – By Allan Greer, Professor Emeritus of History, McGill University

À l’heure où les jeunes boivent moins que jamais, il est intéressant de se pencher sur une époque où les Canadiens étaient de gros consommateurs d’alcool.

Selon mes estimations, la consommation moyenne de spiritueux au XVIIIe siècle était environ 15 fois supérieure aux chiffres actuels. De 1720 à 1830, les colonies qui allaient devenir le Canada baignaient dans le rhum. La Nouvelle-France fait exception à cette tendance : là on buvait de l’eau de vie, et en moindre quantité. C’est lors de la conquête britannique de 1759 que le Québec se joint à l’empire du rhum.

Comme je l’explique dans mon dernier ouvrage, Canada in the Age of Rum, cette boisson était profondément ancrée dans la vie économique du Canada d’antan.

Du rhum bon marché affluait de la Nouvelle-Angleterre et des Caraïbes, auquel s’ajoutait la production locale des distilleries d’Halifax, de Québec et de Montréal. Il occupait une place importante dans les industries de la pêche, de la fourrure et de l’exploitation forestière, dont les travailleurs étaient généralement de grands buveurs.

Photo d’un livre d’Allan Greer
_Canada in the Age of Rum, d’Allan Greer.
(McGill-Queen’s University Press)

Rhum, main-d’œuvre et survie de la pêche

Au XVIIIe siècle, l’alcool était considéré comme une boisson qui réchauffe et qui est bonne pour la santé, parfaite pour des gens qui travaillaient à l’extérieur dans un climat froid. Mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle le rhum a afflué au Canada en si grandes quantités.

Le rhum permettait de résoudre le manque de main-d’œuvre chronique auquel les industries d’exportation étaient confrontées. Chaque printemps, les patrons de pêche de Terre-Neuve devaient embaucher quatre ou cinq hommes pour pêcher, nettoyer et saler la morue en vue de son expédition à l’étranger. Le bassin de pêcheurs qualifiés étant restreint et la concurrence pour obtenir leurs services très vive, ils se voyaient proposer des salaires généreux. Le problème, c’est que le paiement était reporté à la fin de la saison.

Bas du formulaire

En attendant, le patron leur offrait gratuitement le gîte et le couvert, ainsi que tout le rhum qu’ils souhaitaient. Ce dernier leur était facturé sur leur paie, à un prix jusqu’à quatre fois supérieur à celui pratiqué au détail.

Par conséquent, lorsque venait le moment de régler les comptes à l’automne, de nombreux pêcheurs constataient qu’ils avaient dilapidé leur salaire en alcool. Certains avaient même accumulé un solde négatif et devaient s’engager pour la saison suivante afin de rembourser leurs dettes.

Souffrant d’un manque de capitaux et endettés auprès de leurs fournisseurs, les patrons de pêche auraient fait faillite s’ils avaient dû payer l’intégralité des salaires de leurs équipages. Mais l’alcool leur conférait le pouvoir magique de récupérer une partie des salaires et de conserver leurs employés pour la saison suivante.

Boire en travaillant

Loin d’interdire la consommation d’alcool au travail, les employeurs l’encourageaient activement, car plus les hommes buvaient, plus petite était leur paie.

La même logique prévalait dans le commerce des fourrures. Chaque année, la Compagnie du Nord-Ouest expédiait des centaines de milliers de litres de rhum de Montréal vers des destinations aussi lointaines que le fleuve Mackenzie et la côte Pacifique.

Une partie de cet alcool était destinée à la clientèle autochtone, mais une partie importante était consommée par les voyageurs canadiens-français qui manœuvraient les canots de la compagnie et tenaient ses postes de traite. Dans ce secteur également, la main-d’œuvre qualifiée était rare et les salaires nominaux élevés, leur montant total dépassant ce que l’entreprise pouvait payer.

Des commerçants comme sir Alexander Mackenzie ont instauré une politique consistant à faire boire leurs équipes pendant les périodes d’inactivité, dans le but de réduire les coûts et de fidéliser leurs employés. Cette stratégie s’est avérée très efficace. Un registre de 1805 indique que 83 % des voyageurs du Nord avaient des dettes envers la compagnie et que beaucoup d’entre eux s’étaient engagés pour trois années supplémentaires afin de rembourser le rhum surévalué qu’ils avaient déjà consommé.

Alcool et commerce des fourrures

De plus, les commerçants considéraient le rhum comme un élément indispensable de leurs relations avec les peuples autochtones qui leur fournissaient des fourrures.

Le commerce des fourrures se faisait rarement sous forme de troc direct. Pour les marchands, il s’agissait davantage d’échanges facilités par le crédit.

Chaque automne, ils fournissaient aux chasseurs le matériel nécessaire à la chasse hivernale, comme des couvertures, des munitions et des marmites. Ils tenaient un registre des dettes contractées et attendaient des chasseurs qu’ils reviennent au printemps suivant avec des peaux d’une valeur équivalente.

D’un point de vue capitaliste, cela relevait de la logique la plus élémentaire : un échange de valeur contre valeur, conformément à un contrat implicite.

Les peuples autochtones voyaient les choses différemment. Pour eux, l’échange de biens s’inscrivait dans le cadre d’une relation d’entraide : les cadeaux permettaient de développer des amitiés, tout comme l’hospitalité, les conseils, la protection et la participation aux cérémonies.

Si, pour une raison quelconque, un chasseur ne parvenait pas à livrer autant de peaux que prévu, cela constituait une violation du contrat pour le marchand. Mais l’Autochtone considérait que chacun faisait ce qu’il pouvait dans un esprit d’alliance, sans calculs chiffrés ni délais stricts.

L’alcool était utile pour combler le fossé entre ces univers économiques divergents. Après avoir fait découvrir l’alcool lors de premiers contacts, les marchands offraient une velte de rhum coupé d’eau lorsque les chasseurs acceptaient des marchandises « à crédit ». Une autre velte leur était offerte lorsqu’ils revenaient payer leurs « dettes ».

Par ailleurs, un commerçant pouvait distribuer des boissons pour encourager les chasseurs à être plus productifs. L’alcool était rarement considéré comme une marchandise destinée à la vente. Malgré des stéréotypes racistes toujours véhiculés, les Autochtones consommaient moins d’alcool que les non-Autochtones.

Les coûts cachés d’une économie qui carbure au rhum

L’alcool a joué un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du capitalisme du Canada du XVIIIe siècle.

Il a servi à inciter les peuples autochtones à s’adapter aux mécanismes du marché mondial et à garantir un approvisionnement en main-d’œuvre bon marché à une époque où les travailleurs étaient rares.

Ce sont les quantités colossales de rhum bon marché qui ont rendu tout cela possible, malgré les coûts sociaux, notamment une ivrognerie généralisée, des accidents mortels, de la violence et des maltraitances conjugales.

Le capitalisme d’aujourd’hui se nourrit d’autres dépendances, en particulier du consumérisme, alimenté par les médias numériques, tandis que l’empire de l’alcool semble être en déclin.

La Conversation Canada

Allan Greer ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment le rhum a joué un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du capitalisme du Canada du XVIIIᵉ siècle – https://theconversation.com/comment-le-rhum-a-joue-un-role-essentiel-dans-le-bon-fonctionnement-du-capitalisme-du-canada-du-xviii-siecle-279054

¿Son todos los dispositivos digitales igual de adictivos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Solano Altaba, Profesora de la Facultad de Humanidades y CC. Comunicación Universidad CEU San Pablo, Universidad CEU San Pablo

ilustracion telos son todos los dispositivos digitales igual de adictivos DEAGREEZ / ISTOCK, CC BY

Hace más de una década que se publicó el Manifiesto Onlife. Ser humano en una era hiperconectada. El documento, promovido por la Comisión Europea, analiza la penetración social de las tecnologías de la información y comunicación y su impacto en la vida de las personas.

Con la premisa de que la tecnología ha dejado de ser una herramienta externa que utilizamos en determinados momentos para ciertos fines, y se ha integrado en nuestras vidas como un elemento más de nuestra naturaleza humana (de ahí que hablemos de onlife una vida que transcurre entre lo offline y lo online simultáneamente), el manifiesto constata la transformación de los marcos de referencia tradicionales en estos cuatro aspectos:

  • El desvanecimiento de los límites entre lo real y lo virtual.

  • El desvanecimiento de los límites entre ser humano, máquina y naturaleza.

  • El paso de la escasez a la sobreabundancia informativa.

  • El paso de dar prioridad a las cosas a dar prioridad a la interacción.

Esta transformación se ha producido en tan poco tiempo y a tanta velocidad que carecemos de conceptos claros que nos permitan definir el nuevo mundo hiperconectado en el que vivimos. Ha desaparecido el mundo de las cosas, de las realidades sólidas, de los consensos. Extensas parcelas de nuestras vidas han escapado de nuestro control. Nuestros datos y muchas de nuestras pertenencias han dejado de estar aquí para ser codificadas y almacenadas en un búnker de algún desierto.

De Platón a Ortega y Gasset

José Ortega y Gasset anticipó este “nuevo y gigantesco problema” en Meditación de la técnica, publicado por primera vez en 1933, al afirmar que “desde hace mucho tiempo, la técnica se ha insertado entre las condiciones ineludibles de la vida humana de suerte tal que el hombre actual no podría, aunque quisiera, vivir sin ella”. Ortega define la técnica como una “sobrenaturaleza” que el hombre ha creado y en la cual vive, sea consciente o no de ello.

Obviamente, el filósofo español no conoció la tecnología digital, pero sí la transformación vertiginosa de su tiempo provocada por los avances científicos de la segunda revolución industrial. Cuando, a causa de una revolución (industrial o digital) los marcos referenciales del mundo conocido se desvanecen, es comprensible que el ser humano se sienta perdido y desconfíe de un provenir que es incapaz de concretar.

En Platón contra las máquinas. La tecnología y sus enemigos desde la escritura hasta la inteligencia artificial (2026), Marcos Alonso, profesor de bioética en la Universidad Complutense e investigador en filosofía de la tecnología, busca la genealogía de una tecnofobia inherente al ser humano. Se pregunta el autor por qué el concepto de artificial o artificioso tiene una connotación negativa, si tantas creaciones (artificiales) han mejorado sustancial y objetivamente la vida de las personas. Su propósito es “desenterrar el prejuicio contra lo artificial”, prejuicio del que –para ser honestos– tampoco se libra este artículo.

Dispositivos ubicuos

Entre las realidades artificiosas que componen nuestra vida onlife sobresalen los dispositivos digitales. Los datos no dejan lugar para la discusión: solo hay un 0,6 % de hogares en España sin teléfono móvil. Poco menos de 100 000 en algo más de 17 millones. El 97,4 % de las viviendas dispone de acceso a internet. 78 de cada cien casas tienen un ordenador portátil o de sobremesa. Y en el 56,5 %, hay una tablet.

Esta tecnología ha irrumpido de tal manera en nuestras vidas que ya son menos de la mitad de los domicilios los que tienen teléfono fijo en su casa. Con internet es más que suficiente. Ya no hay prácticamente brechas por nivel de ingresos ni por lugar de población y la brecha de edad se estrecha cada año. Así que la tecnología llegó y se quedó sin que nos diéramos cuenta de cuáles eran los efectos no deseados que nos esperaban a la vuelta de la esquina.

Estas cifras nos pueden asustar en un entorno en el que, por fin, hemos tomado conciencia de que hay un grave problema de salud mental –no sólo en los jóvenes, sino en toda la sociedad– vinculado con el uso de las tecnologías. Los riesgos son enormes y, como sociedad, nos enfrentamos al reto de no dejar a toda una generación “huérfana” de alfabetización digital, que naufraga, más que navegar, por el descontrolado tsunami de contenido cargado de dopamina que tiene al alcance de un clic.




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Pero ¿son todas las tecnologías iguales? ¿Da igual usar una pantalla que otra? ¿Todos los dispositivos generan el mismo uso abusivo? ¿Es un problema exclusivo de niños, adolescentes y jóvenes? ¿Los adultos también sucumbimos a los riesgos de las nuevas tecnologías? Vamos dispositivo a dispositivo para comprender los riesgos y así ponerles límite.

Ordenadores (sobremesa y portátiles)

Fue nuestra primera aproximación a la tecnología. Los que llegamos del mundo analógico, tenemos los ordenadores asociados al trabajo porque fue la solución a las opciones no digitales, como la máquina de escribir y el cuaderno.

Sin embargo, las generaciones más jóvenes ya lo utilizaron mucho para los videojuegos y, en los primeros compases, antes de la aparición de los móviles, para navegar y acceder a las redes sociales. Aunque hay ligeras variaciones entre los llamados ordenadores de sobremesa y los portátiles (laptops), los riesgos que entrañan son muy similares.

Riesgos:

  • La multitarea. Fue una de las soluciones tecnológicas que irrumpieron como el gran reclamo del entorno digital. Con el mismo dispositivo, se podían hacer varias cosas, incluso a la vez. Se podía saltar de un programa a otro, trabajar en un tratamiento de textos, consultar internet, volver al documento, enviarlo por correo electrónico…

    Pero el fenómeno multitarea es más complejo de lo que en un primer momento nos vendieron. En realidad, ahora sabemos que el cerebro no puede saltar de una actividad a otra manteniendo todo el tiempo el mismo flujo de concentración. Tenemos la sensación de que somos capaces de hacerlo, pero la realidad es que el cerebro emplea un tiempo relevante, aunque sean milésimas de segundo, en retomar la concentración en la nueva actividad. La acumulación de pequeños cortes en el flujo de concentración perjudica a nuestra capacidad de actuación. Tenemos la sensación de haber trabajado mucho y a gran velocidad, pero sin haber concluido nada de la manera adecuada. Eso genera enorme frustración. Al mismo tiempo, nos hemos acostumbrado al nivel de estrés que provoca saltar de una aplicación a otra y nos cuesta retomar el foco.

  • El déficit de atención. La atención es difícil de conseguir. Muchas de las tareas que llevamos a cabo y de la información que recibimos casi no requieren nuestra atención porque utilizamos un sistema primario eficaz pero poco profundo. Sin embargo, cuando necesitamos completar una tarea con mayor foco, nos cuesta más poner el ritmo.

    Los equipos informáticos están preparados precisamente para hacer varias tareas a la vez y avisarnos cuando una tarea requiere nuestra atención, como por ejemplo la llegada de un correo electrónico o la urgencia por instalar una actualización de software. Esto rompe nuestro flujo de atención.

  • El atracón de series. Aunque los ordenadores no se usan tanto para el ocio como otros dispositivos, los jóvenes se han acostumbrado a ver series de televisión en la cama con su portátil. Eso provoca que se queden enganchados en lo que se llama un consumo abusivo de series, en forma de atracón o binge consumption, en su terminología en inglés. Si una persona está trabajando en el portátil y tiene la tentación de descansar con una serie, es difícil resistirse si la tiene al alcance de un clic.

  • La adicción a los juegos. Aunque en los últimos años las consolas son el soporte más habitual para los juegos por su alta definición de gráficos, aún hay algunos que se juegan en ordenador de sobremesa. El salto de una actividad a otra tiene características similares a las que se produce en el contexto del consumo de series.

‘Tablets’

Las tablets preocupan especialmente por la introducción de su uso a edades muy tempranas para el entretenimiento de los niños con vídeos, música y algunos juegos infantiles y la adopción de sistemas digitales en entornos escolares en los que se utilizan como herramienta de trabajo.

El mayor problema que plantean estos dispositivos respecto a los ordenadores es que su uso está muy equilibrado entre el entretenimiento y la productividad ya sea en entornos escolares, ya en laborales. El gran desarrollo tecnológico de las tablets ha permitido que lleven a cabo funciones muy similares a un ordenador, pero aportan la facilidad para llevarlos, el poco peso y la comodidad de manejarlos en cualquier circunstancia.

Riesgos:

  • La multitarea. De hecho, la configuración de navegación de una tablet tiene por objetivo facilitar el salto de una aplicación a otra con sólo un movimiento de dedos. El fenómeno es aún más intenso que en los ordenadores. Además, está hecha para atraer y capturar nuestra atención siempre que sea posible, de modo que nos llena de avisos y notificaciones que rompen nuestro pensamiento de flujo. Eso nos genera una sensación de estrés tanto a adultos como a jóvenes y adolescentes.

  • Pérdida de la conexión mano/ojo/cerebro. Cada vez se utilizan más para tomar notas, ya sea en reuniones de trabajo, ya en las aulas de los estudiantes. Sin embargo, las últimas investigaciones demuestran que al escribir a mano se producen enlaces neuronales más relevantes que al escribir a máquina. De modo que si se usa la tablet en la toma de apuntes con lápiz digital no se perderá tanto enlace como si se usa con teclado.

  • Sensación falsa de digitalización. A los usuarios más jóvenes, la irrupción de las tablets les da una cierta sensación de conocer muy bien el entorno tecnológico de los adultos. Pero la realidad es que se desenvuelven sólo en un puñado de aplicaciones limitadas que no suelen ser las habituales en entornos profesionales. La alfabetización digital es menos adecuada en estos casos.

  • Consumo de series. De la misma manera que se ha descrito antes con el caso de los portátiles, las tablets son muy utilizadas para ver series, en especial por los jóvenes, de modo que se debilita la frontera entre trabajo y ocio en el mismo dispositivo y es más sencillo que se fomente la pérdida de atención.

Una persona de espaldas utilizado una tablet.
Las tablets pueden dar una falsa sensación de alfabetización digital, cuando en realidad su uso no requiere ningún conocimiento del entorno digital.
Pexels

Móviles

Llegamos al dispositivo que más controversias ha generado. Si bien en un origen, utilizado para llamar o escribir mensajes, tenía una funcionalidad eminentemente productiva o relacional, la aparición de los smartphones transformó por completo su naturaleza.

Demonizar un aparato que tiene una inserción cercana al 100 % de la población, tanto adulta como adolescente, sería prescindir de los muchos aspectos en los que las aplicaciones disponibles hacen más sencillo nuestro día a día. Desde conocer el pronóstico del tiempo y leer el periódico hasta contestar un correo electrónico y hacer la compra online.

Pero tampoco es adecuado obviar el hecho de que otra parte de las aplicaciones tiene su estrategia económica en el tiempo que pasamos en ellas, bien porque nos ofrecen publicidad, bien porque recaban datos de nosotros que les permiten obtener perfiles más completos de los consumidores y usuarios. Basta pensar en las redes sociales con sus vídeos cortos muy adictivos o en los juegos de pantalla infinita. De aquí que no podamos obviar la facilidad.

De hecho, las cifras muestran que el móvil es principalmente usado para ver vídeos por un 91,1 % de los usuarios; para redes sociales, un 88,1 %; para consumo “televisivo” (series, películas, programas), un 85,5 %. Sólo la lectura de la prensa, con un 81,2 %, se cuela entre las actividades que no son de entretenimiento.

Riesgos:

  • Uso preferencial para el entretenimiento. Si bien hay algunas aplicaciones de productividad en el móvil, se usa más para la comunicación y para el asueto, el descanso en el trabajo. Nuestro cerebro no lo percibe como una herramienta de trabajo, una obligación. Y eso provoca que estemos menos atentos ante el posible uso inadecuado que estemos haciendo de él. Y el problema radica en que buena parte de sus aplicaciones de entretenimiento están creadas precisamente para fomentar su uso y favorecer la permanencia cuanto más tiempo mejor.

  • Redes sociales creadas para el móvil. El fenómeno de las redes sociales es el que más problemas está generando dentro de los usos abusivos o adictivos de los móviles. No sólo por el número de horas que los usuarios pasan en redes, sino también por las consecuencias para su salud mental por el tipo de contenido que ven. Las redes sociales están creadas para generar un impulso de dopamina que lleva a repetir constantemente la acción de buscar nuevos contenidos.

  • Solucionismo tecnológico. Este término se refiere a supuestas soluciones que nos ofrece la tecnología, pero que ya estaban resueltas de otra manera y que, sin embargo, nos impulsan a hacer más uso de un dispositivo, de modo que propician nuestra adicción.

Este fenómeno se percibe de manera extraordinaria en los móviles, pues buena parte de las acciones que nos permiten llevar a cabo ya estaban resueltas antes, como despertarse, ver vídeos, escuchar música o leer libros. Pero la sencillez de manejo nos lleva a usarlo todo el tiempo, en particular en momentos en los que no tenemos plena atención y es más fácil caer en un uso abusivo.

Cualquier dispositivo digital es una puerta abierta a herramientas que ayudan a gestionar el día a día, ya sea en el entorno laboral, académico o de entretenimiento. Pero por esa misma puerta se cuelan algunos riesgos que nos pueden ocasionar no pocos problemas si no estamos alerta y aprendemos a gestionar adecuadamente nuestro tiempo.


Una versión de este artículo fue publicada originalmente en la revista Telos de Fundación Telefónica.

The Conversation

María Solano Altaba recibe fondos del proyecto AlgorLit Ref.:PID2022-140183OB-I00. Conocimientos, actitudes y opiniones de la población española sobre algoritmos de internet y diseño de alfabetizaciones algorítmicas críticas.

Ignacio Blanco-Alfonso recibe fondos de Comunidad de Madrid. Proyecto interdisciplinar de innovación tecnológica aplicada a la investigación, difusión y transferencia del legado de José Ortega y Gasset. Referencia: PHS-2024/PH-HUM-57.

ref. ¿Son todos los dispositivos digitales igual de adictivos? – https://theconversation.com/son-todos-los-dispositivos-digitales-igual-de-adictivos-269250

¿Qué tipos de interacciones sociales nos hacen sentir menos solos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Aurelio Fernández, Investigador postdoctoral en el Instituto Cultura y Sociedad, Universidad de Navarra

Dos amigas conversan frente a un bello atardecer. monshtein/Shutterstocl

La vida cotidiana está llena de interacciones sociales, pero no todas contribuyen por igual a nuestro bienestar. En lugar de centrarnos en aumentar su cantidad, hay pruebas que indican que es más importante mejorar su calidad y comprender en qué condiciones resultan más beneficiosas.

En un mundo hiperconectado, lo más importante no es estar siempre disponible, sino saber elegir cuándo, cómo y con quién interactuar. Muchas personas, especialmente entre los más jóvenes, dicen sentirse solas. Esta aparente contradicción refleja la paradoja de la soledad: estamos más conectados que nunca, pero los niveles de soledad van en aumento.

La clave para entender esta paradoja no está en fijarnos en cuántas veces interactuamos o en cómo interactuar más, sino en cómo son esas interacciones.

No es la cantidad, es la calidad

Tradicionalmente se ha asumido que socializar más siempre es mejor. Sin embargo, las investigaciones recientes sobre interacciones cotidianas, basadas en metodologías más precisas, muestran una realidad más matizada: no todas las interacciones tienen el mismo impacto en nuestro bienestar. Lo que realmente marca la diferencia es la calidad. Es decir, no solo importa que una interacción sea agradable, auténtica y significativa: también cuenta cómo valoramos a las personas con quienes interactuamos y si nos sentimos genuinamente valorados por ellas.

Los estudios basados en métodos de muestreo de experiencias, que analizan las interacciones cotidianas en tiempo real durante varios días, muestran que las interacciones de mayor calidad se asocian de manera consistente con un mayor bienestar momentáneo y menores índices de soledad. Incluso requieren menos esfuerzo y se relacionan con mayores niveles de energía. Esto sugiere que una conversación breve (incluso una charla de pasillo), pero genuina, puede aportar más que horas de intercambio superficial. De hecho, estas últimas pueden resultar agotadoras sin dejar apenas huella.

Entonces, ¿de qué depende la calidad de una interacción social? Por supuesto, un factor importante a tener en cuenta es la modalidad, es decir, si la interacción tiene lugar cara a cara o mediada por la tecnología. Pero no solo.

Junto con la modalidad, hay otros factores de peso como el propósito de la interacción (si se trata de una interacción “ligera”, de mantenimiento, o más bien de una interacción “pesada”, que supone un mayor desgaste), el lugar y las condiciones ambientales (¿dónde se produce la interacción, en un espacio cerrado o al aire libre?, ¿hay más gente alrededor?, ¿hay mucho ruido?, etc.) y el grado de familiaridad con el interlocutor.

De hecho, los estudios mencionados demuestran que hay determinadas circunstancias en las que puede ser más beneficioso para la calidad de la interacción el que esta se produzca mediada por alguna tecnología. Por ejemplo, cuando, dada la especial sensibilidad del propósito de la interacción, se requiere un mayor control sobre la comunicación: poder pensar lo que se dice, elegir cuándo responder y gestionar mejor la autoexpresión.

En particular, en el caso de las interacciones negativas, como los conflictos o las quejas, la evidencia indica que es mejor manejarlas a través de medios indirectos o tecnológicos. ¿Por qué? En las interacciones cara a cara percibimos los gestos, las expresiones faciales, el tono de voz, la postura, etc. Estas señales pueden intensificar los conflictos porque amplifican emociones como el enojo, la frustración o la ansiedad. En cambio, cuando nos relacionamos a través de la tecnología, las señales sociales están limitadas o ausentes, lo que ayuda a que el conflicto sea menos intenso emocionalmente y más fácil de gestionar.

No todos vivimos las interacciones de igual manera

Otro aspecto fundamental a tener en cuenta es que las interacciones no afectan a todas las personas por igual. Factores individuales como la ansiedad social desempeñan un papel importante.

Las personas con mayor ansiedad social tienden a experimentar más dificultad en las situaciones sociales, pero esto no tiene por qué ser así en todos los casos. El contexto puede cambiar por completo la experiencia. Nuestra investigación demuestra que las personas con ansiedad social también pueden disfrutar de interacciones reconfortantes y beneficiosas, siempre y cuando estas se adapten a sus necesidades específicas. Por ejemplo, cuando socializan en grupos pequeños, interactúan con personas conocidas o se comunican a través de medios digitales. Estos contextos les ofrecen un mayor control y reducen la presión de la evaluación social, lo que facilita que las interacciones sean más positivas y menos agotadoras.

Todo esto indica que no existe una única forma “correcta” de socializar. Lo importante es encontrar el ajuste adecuado entre la persona y la situación.

Aprender a distinguir lo que nos hace bien

En un entorno saturado de estímulos sociales, desarrollar una mayor conciencia de nuestras interacciones diarias puede marcar la diferencia. Algunas preguntas útiles que podemos hacernos son: ¿he sido capaz de valorar a la otra persona durante esta interacción?, ¿me he sentido valorado por ella?, ¿realmente estoy conectando con alguien, o simplemente estoy ocupando el tiempo?

En este contexto, conviene recordar que estar solo no es lo mismo que sentirse solo. La evidencia demuestra que el tiempo sin interacciones sociales puede cumplir funciones importantes: permite recuperar energía, reflexionar y regular las emociones. De hecho, el bienestar diario depende en buena parte de cómo equilibramos nuestra necesidad de interacción con los momentos de desconexión social.

Porque, en definitiva, no se trata de estar más conectados, sino de conectar mejor.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Qué tipos de interacciones sociales nos hacen sentir menos solos? – https://theconversation.com/que-tipos-de-interacciones-sociales-nos-hacen-sentir-menos-solos-282624

Las barreras invisibles de la regularización de migrantes: el caso de las trabajadoras internas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Judith Muñoz Saavedra, Profesora Facultad Educación, Universitat de Barcelona

Pressmaster/Shutterstock

La regularización extraordinaria de personas migrantes ha sido promovida por organizaciones migrantes y colectivos feministas como una medida histórica de justicia social. Más allá del acceso a un permiso de residencia y trabajo, la iniciativa representa para muchas personas la posibilidad de salir de la invisibilidad administrativa y ejercer derechos básicos en condiciones de mayor seguridad.

Para las organizaciones feministas, además, esta regularización tiene una dimensión específica de justicia de género. Las mujeres migrantes se concentran en sectores especialmente precarizados, como el empleo doméstico y los cuidados. Según el informe Trabajo invisible y cuerpos rotos, este sector emplea a cerca de 565 000 personas en España, de las cuales el 87 % son mujeres y aproximadamente un 32 % trabaja en la economía informal.

En este contexto, la falta de documentación incrementa la dependencia económica, la exposición a abusos y las dificultades para acceder a la protección social.

Sin embargo, cuando faltan pocas semanas para el cierre del proceso de regularización, previsto para el 30 de junio, algunos datos invitan a preguntarse quiénes están logrando acceder y quiénes corren el riesgo de quedarse fuera. La asociación Mujeres Pa’lante, entidad de referencia en el acompañamiento a mujeres migrantes en Barcelona y L’Hospitalet, ha realizado hasta la fecha 6 185 atenciones vinculadas al proceso. De las personas atendidas, solo el 18,7 % corresponde a mujeres y apenas 70 son trabajadoras internas, una cifra que equivale a cerca del 1 % del total de atenciones.

Aunque estos datos son provisionales, resultan especialmente significativos porque proceden de una entidad especializada en acompañar mujeres migrantes. Según las profesionales de la asociación, estas cifras no reflejan una falta de interés por parte de las mujeres, y de las trabajadoras internas en particular, sino la existencia de barreras específicas que dificultan su acceso al proceso.

Falta de recursos para desplazarse e informarse

Las trabajadoras internas constituyen uno de los colectivos más invisibles dentro del mercado laboral español. Viven en el domicilio de la persona empleadora, disponen de escaso tiempo libre y, en muchos casos, carecen de recursos propios para informarse, desplazarse o realizar trámites administrativos. Su aislamiento dificulta el acceso a recursos comunitarios, servicios públicos y redes de apoyo.

Las investigaciones sobre migraciones y cuidados lleva décadas mostrando cómo las mujeres migrantes ocupan una posición central en las denominadas cadenas globales de cuidados. En España, una parte importante de la atención a personas mayores y dependientes descansa sobre su trabajo. Sin embargo, las trabajadoras internas continúan enfrentándose a condiciones laborales marcadas por la precariedad, la dependencia y un limitado reconocimiento social.

La situación resulta especialmente paradójica porque España ha avanzado en el reconocimiento de los derechos de las trabajadoras del hogar mediante la ratificación del Convenio 189 de la OIT, en vigor desde 2024. Este instrumento reconoce su derecho a condiciones laborales dignas, protección frente a abusos y acceso efectivo a derechos laborales y sociales.

La experiencia de las trabajadoras internas muestra, sin embargo, que el reconocimiento formal de derechos no siempre se traduce en posibilidades reales de ejercerlos. Tener derecho a regularizarse no significa necesariamente poder hacerlo. Cuando una persona depende del domicilio empleador para vivir, dispone de un único día libre a la semana o encuentra dificultades para empadronarse y desplazarse, cualquier trámite administrativo se convierte en un desafío adicional.

Adaptar mecanismos a sus condiciones de vida

Aquí emerge una paradoja que merece atención. Una medida diseñada para reducir la vulnerabilidad puede dejar fuera precisamente a quienes se encuentran en situaciones de mayor vulnerabilidad si no incorpora una perspectiva interseccional y mecanismos adaptados a sus condiciones de vida.

Por eso, la cuestión no es únicamente cuántas personas lograrán regularizar su situación. También debemos preguntarnos quiénes están quedando fuera y qué obstáculos están limitando su acceso.

Si queremos que la regularización tenga un verdadero impacto en términos de igualdad y justicia de género, resulta necesario que la administración adopte medidas urgentes. No basta con publicar información en páginas web o difundir campañas generales. Es necesario desplegar estrategias capaces de llegar a las trabajadoras internas allí donde se encuentran.

Esto implica reforzar la colaboración con entidades comunitarias, habilitar dispositivos de atención en fines de semana, facilitar el acompañamiento presencial y desarrollar campañas dirigidas también a los hogares empleadores. Significa, en definitiva, reconocer que no todas las personas parten de las mismas condiciones para ejercer sus derechos.

Las cifras de Mujeres Pa’lante constituyen una señal de alerta. Cuando un colectivo tan relevante como las trabajadoras internas apenas está presente en el proceso, conviene preguntarse si el problema reside en las personas o en las barreras que dificultan el acceso a sus derechos.

La regularización extraordinaria representa una oportunidad histórica para avanzar hacia una sociedad más inclusiva. Pero si estas mujeres continúan encontrando obstáculos para acceder a la medida, corremos el riesgo de seguir dejando atrás a quienes nos cuidan.

The Conversation

Beatriz Cantero Riveros es miembro de Mujeres Pa’lante.

Judith Muñoz Saavedra no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las barreras invisibles de la regularización de migrantes: el caso de las trabajadoras internas – https://theconversation.com/las-barreras-invisibles-de-la-regularizacion-de-migrantes-el-caso-de-las-trabajadoras-internas-284794

Lo que revelan los tatuajes de los jugadores del Mundial sobre sus seres queridos, su vida y sus creencias religiosas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gustavo Morello, Professor of Sociology, Boston College

Los tatuajes en las piernas del centrocampista argentino Leandro Paredes. Marcelo Endelli/Getty Images

Con la Copa Mundial de la FIFA 2026 en juego, los medios de comunicación tradicionales y las redes sociales se han llenado de imágenes de los jugadores. Muchas de ellas muestran sus tatuajes.

El arte corporal se ha ido integrando cada vez más en el fútbol internacional, aunque su prevalencia puede variar según la región geográfica. Una investigación sobre los deportistas que participaron en la Copa del Mundo de 2018 reveló que los jugadores latinoamericanos eran los que más tatuajes tenían, seguidos por los de Oceanía y Europa. Los jugadores africanos y asiáticos son los menos tatuados.

Llevo estudiando los tatuajes y sus funciones espirituales y religiosas desde 2018. Suponen una inversión de tiempo y dinero; suelen simbolizar algo importante en la vida de la persona. Para los deportistas profesionales, sin embargo, adquieren otro nivel de significado.

Estos deportistas operan en entornos controlados en los que lo que hacen y expresan con sus cuerpos está muy regulado. Un deportista no puede esquiar, montar en bicicleta, entrenar o tomarse vacaciones libremente sin tener en cuenta las obligaciones contractuales con las empresas y otros inversores. La mayoría de los profesionales que compiten en la Copa del Mundo también han firmado acuerdos de patrocinio que regulan lo que pueden publicar en sus redes sociales.

En este contexto, los tatuajes siguen siendo uno de los pocos espacios de libertad personal. Como hemos descubierto en una nueva investigación, quienes se los hacen están eligiendo revelar lo que es importante y sagrado para ellos.

Descifrando el código

Los sociólogos Sam Belkin y Dale Sheptak sostienen que los tatuajes suelen ser una forma de que los deportistas expresen su humanidad en entornos en los que pueden ser objeto de expectativas irreales o ser tratados como un activo. Belkin y Sheptak escriben que los tatuajes visibles son un tipo de “comunicación no verbal” que permite a los jugadores ser sinceros sobre sus sentimientos personales y lo que les importa.

Mis colegas y yo analizamos los tatuajes de la selección masculina argentina que ganó la última Copa del Mundo en Catar en 2022. Examinamos unas 200 fotografías y descubrimos que 20 de los 26 jugadores de la plantilla tenían un total de 226 tatuajes.

Se aprecia un gran tatuaje de un tigre en la espalda desnuda de uno de los futbolistas, mientras que el tatuaje del brazo de otro jugador se ve cuando levantan la mano derecha tras la victoria.
El argentino Rodrigo De Paul, a la izquierda, y Lionel Messi en el estadio Lusail de la ciudad de Lusail, Catar, el 9 de diciembre de 2022, con sus tatuajes a la vista.
Simon Bruty/Anychance/Getty Images

Analizamos los datos demográficos del equipo y los diseños y la ubicación de los dibujos en los cuerpos de los jugadores. También tuvimos en cuenta las entrevistas en las que algunos de ellos habían hablado de sus vidas y, en algunos casos, de las historias detrás de sus tatuajes. Al situar estas imágenes en el contexto más amplio de sus trayectorias profesionales y de la cultura religiosa y popular, pudimos comprender mejor lo que el arte corporal significaba para ellos.

La mayoría de los jugadores expresaban sus creencias religiosas en su piel: el 75 % de ellos –15 de 20– lucían figuras religiosas relacionadas con el catolicismo, como la Virgen María, Jesús y los santos. Algunos también tenían tatuajes de palomas asociadas al Espíritu Santo y de iglesias.

También observamos diversidad religiosa. Había tatuajes de Buda, santos populares y objetos espirituales. Un jugador tenía un tatuaje de un atrapasueños –un aro de sauce hecho a mano con una red tejida que se asemeja a una telaraña, que suele colgarse sobre la cama para ofrecer protección–; otro mosttraba la palabra “energía”.

El 75 % de los jugadores tenía tatuajes que representaban lo que habían logrado en sus carreras. Algunos de los símbolos que utilizaban eran trofeos, camisetas y números. Por lo general, los números que se tatuaban se correspondían con los números de las camisetas que vestían.




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El 80 % –16 jugadores– lucía dibujos que representaban lo que amaban. Estos tatuajes incluyen diseños de números –normalmente las fechas de nacimiento de sus hijos–, nombres de seres queridos o los ojos o los labios de su pareja.

Algunos hacían referencia a su familia extensa, incluyendo a padres, abuelos, personas que les ayudaron a criarse e incluso mascotas.

La ubicación también era importante. Alrededor del 60 % de los tatuajes se encontraban en los brazos y la cabeza, lugares que eran fácilmente visibles cuando jugaban en el campo.

Pero el diseño también determinaba su ubicación: los símbolos religiosos solían colocarse en todo el hombro o el bíceps, o en la parte superior o inferior de la pierna. Los tatuajes relacionados con la carrera profesional solían situarse en la pierna dominante del jugador. Los de animales solían colocarse en la espalda, y no eran visibles durante los partidos.

No todos los tatuajes son iguales

Muchos estudiosos del fútbol han examinado su relación con la política y han explorado cómo se ha manifestado en este deporte. Diego Maradona, por ejemplo, se tatuó al revolucionario marxista y líder guerrillero argentino Che Guevara en el brazo derecho y al revolucionario cubano Fidel Castro en la pantorrilla, expresando así su visión política revolucionaria. Nuestro equipo de investigación no encontró tatuajes políticos entre los jugadores actuales.

El género también es importante en este ámbito. Las jugadoras suelen ser objeto de un mayor escrutinio que sus homólogos masculinos. Cuando la capitana de la selección femenina de Argentina, Yamila Rodríguez, reveló sus tatuajes de Cristiano Ronaldo, se enfrentó a intensas críticas por parte de los aficionados y los medios de comunicación por haber elegido a la superestrella portuguesa en lugar del argentino Lionel Messi para su tatuaje. La experiencia de Rodríguez pone de relieve que los cuerpos de las mujeres son objeto de juicios personales de una forma que no ocurre con los de los hombres.




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Las piernas de cuatro jugadores en un campo de fútbol, dos de ellas cubiertas de tatuajes.
Un tatuaje del jugador portugués Cristiano Ronaldo en la pierna de la capitana de la selección femenina de Argentina, Yamila Rodríguez, antes de un partido contra Uruguay en Montevideo, Uruguay, el 28 de octubre de 2025.
Eitan Abramovich/AFP vía Getty Images

Este Mundial, con su alcance global sin precedentes, ofrece una oportunidad única para observar los valores, las creencias y las relaciones que los jugadores eligen mostrar en sus cuerpos. En cierto modo, los tatuajes pueden verse como una pequeña ventana a su alma.

The Conversation

Gustavo Morello no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Lo que revelan los tatuajes de los jugadores del Mundial sobre sus seres queridos, su vida y sus creencias religiosas – https://theconversation.com/lo-que-revelan-los-tatuajes-de-los-jugadores-del-mundial-sobre-sus-seres-queridos-su-vida-y-sus-creencias-religiosas-285304

Por qué la reapertura del estrecho de Ormuz amenaza la transición energética europea

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armando Alvares Garcia Júnior, Profesor de Derecho Internacional y de Relaciones Internacionales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Alrededor del 20% del petróleo y el 20% del gas natural licuado mundial circulan por el estrecho de Ormuz. Somkanae sawatdinak/Shutterstock

El 14 de junio de 2026, Estados Unidos e Irán firmaron un memorando de entendimiento que promete despejar el estrecho de Ormuz. Los mercados lo celebraron de inmediato: el precio del petróleo cayó, el gas licuado se abarató y los titulares anunciaron alivio para las facturas. Todo parecen buenas noticias. El problema es que, en política energética, las buenas noticias a corto plazo son con frecuencia malas noticias a largo plazo.

Por el estrecho de Ormuz transita aproximadamente el 20 % del petróleo mundial y alrededor del 20 % del comercio global de gas natural licuado (GNL). Cuando las tensiones con Irán escalaron a partir de marzo de 2026 y el tráfico se contrajo de forma severa, ese dato dejó de ser una abstracción estadística y se convirtió en precios de la energía disparados, y, por ende, en costes industriales más altos y en facturas domésticas que apretaron los presupuestos familiares de Cádiz a Tallin.

Las consecuencias para España fueron relativamente limitadas: apenas el 2 % de su gas transita por ese estrecho, y su suministro descansa sobre Argelia –que sostuvo el 33 % del total en 2026– y sobre Estados Unidos, por vía marítima.

En el suministro físico, España hizo los deberes; en la transición estructural, queda trabajo pendiente: el gas y el petróleo cotizan en mercados globales: cuando Ormuz tose, el recibo de la luz estornuda en Parla, en Sevilla y en Bruselas por igual.

La UE sigue recurriendo al gas natural licuado

Durante los meses de tensión, la Unión Europea reaccionó con una velocidad sorprendente. Las aprobaciones de parques solares se aceleraron, las licitaciones eólicas aumentaron y varios Estados miembros adelantaron compromisos de electrificación industrial. Eso es real y merece reconocimiento.

Sin embargo, si se mira dónde fue la mayor parte del gasto energético de emergencia, la foto es menos alentadora. El paquete AccelerateEU – Energy Union, presentado por la Comisión Europea en abril de este año, reconoció un gasto adicional de 24 000 millones de euros en combustibles fósiles desde el inicio de la crisis.

Según estimaciones derivadas del informe, la gran mayoría de ese gasto se destinó a sustituir el GNL del golfo Pérsico por GNL de otros orígenes –Estados Unidos, Catar, Australia– y no a electrificación estructural. Europa pagó una enorme cantidad de dinero para seguir dependiendo del gas, solo que de otros vendedores y a precios de mercado elevados por la escasez global. Cambiar de proveedor no es lo mismo que cambiar de modelo.




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Si el petróleo es barato, la transición energética se ralentiza

La presión política para acelerar la transición energética no viene de los discursos climáticos ni de los acuerdos internacionales. Viene, principalmente, del precio de la energía en el momento en que el ciudadano paga su factura. Cuando la energía duele en el bolsillo, los gobiernos actúan. Cuando resulta barata, la urgencia se evapora.

Los incentivos políticos para invertir en renovables, reformar los mercados eléctricos o aislar térmicamente los edificios son mucho más débiles cuando el barril cotiza a 70 dólares que cuando lo hace a 110. La reapertura de Ormuz no elimina el riesgo geopolítico estructural –Irán seguirá siendo Irán, el estrecho seguirá existiendo–, pero sí elimina la percepción inmediata de ese riesgo, que es exactamente lo que mueve las decisiones presupuestarias y legislativas.

La historia respalda esta lógica. Tras el shock petrolero de 1973, los países industrializados lanzaron ambiciosos programas de eficiencia energética y diversificación. Cuando los precios cayeron en los años ochenta, la mayor parte de esos programas se abandonó silenciosamente. Europa llegó a 2022 con una dependencia del gas ruso que ningún análisis de riesgo serio habría aceptado.




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La literatura académica documenta este patrón de forma sistemática: las políticas energéticas se desmantelan más fácilmente cuando desaparece la relevancia del problema para el ciudadano. El ciclo amenaza con repetirse.

La ventana de oportunidad no se abre cuando la energía es cara. Se abre cuando todavía duele el recuerdo de que lo fue y la presión política sigue activa. Ese es exactamente el momento en que nos encontramos hoy.

El destino está claro, pero la velocidad es variable

Hay un punto de partida jurídico sólido: en diciembre de 2025, el Parlamento Europeo y el Consejo alcanzaron un acuerdo sobre la Ley Europea del Clima, que fija legalmente el objetivo de reducir las emisiones netas en un 90 % para 2040.

Ese objetivo final es vinculante y no está en discusión. Lo que sí depende de la voluntad política de cada ciclo presupuestario es todo lo que hay entre hoy y ese horizonte: la velocidad de transposición de la Directiva de Energías Renovables, los fondos asignados cada año a electrificación industrial, la agilidad en la concesión de permisos para renovables, el ritmo de reforma de las redes de distribución. Son instrumentos de ejecución discrecionales, y es precisamente ahí donde la caída del precio del petróleo hace daño: no borra el objetivo, pero sí enfría la urgencia de los pasos intermedios que permiten alcanzarlo.




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Tres medidas concretas podrían reforzar ese blindaje:

  • La primera medida es respetar y ejecutar los plazos legales de la Ley Europea del Clima y la Directiva de Energías Renovables (RED III), cuya transposición completa sigue pendiente en varios Estados miembros, entre ellos España: un objetivo legalmente vinculante no puede quedar supeditado a la voluntad política del momento.

  • La segunda es crear mecanismos de financiación anticíclicos –fondos que se nutren cuando los precios fósiles son altos e invierten en transición precisamente cuando bajan–, un papel que el Pacto de Industria Limpia podría asumir si se eleva de comunicación política a reglamento vinculante.

  • La tercera es anclar la narrativa pública de la transición energética al riesgo estructural de largo plazo –no al precio del barril de cada temporada–, de modo que la visibilidad política del problema no desaparezca con cada alivio coyuntural.

The Conversation

Armando Alvares Garcia Júnior no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué la reapertura del estrecho de Ormuz amenaza la transición energética europea – https://theconversation.com/por-que-la-reapertura-del-estrecho-de-ormuz-amenaza-la-transicion-energetica-europea-285386

La sardinilla capturada de forma artesanal, un manjar tan saludable como sostenible

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gumersindo Feijoo Costa, Catedrático de Ingeniería Química. Centro de Investigación Interdisciplinar en Tecnologías Ambientales – CRETUS, Universidade de Santiago de Compostela

Acuarela de unas sardinas. Joan Rieradevall

El refranero gallego es muy prolífico para con la sardina y, de forma específica, con la sardina pequeña (denominada “xouba” o “parrocha” en gallego). Uno de los refranes más populares en Galicia ya apela a la calidad gastronómica de este pescado azul, señalando que las piezas de menor tamaño son más sabrosas y apreciadas: “A sardiña e a xouba, canto máis pequena, máis louba” (“la sardina y la sardinilla, cuanto más pequeña, más se alaba”.

No es casualidad que estas sardinas, tanto en fresco como en conserva, hayan sido ensalzadas por escritores (Julio Camba, Álvaro Cunqueiro, Emilia Pardo Bazán o Camilo José Cela), periodistas (Carlos Herrera o Pepe Domingo Castaño) y cocineros (Gordon Ramsay, José Andrés o Lucía Freitas).

Portada del cómic Asterix en lusitania.
Portada del cómic Asterix en Lusitania.
Asterix.com

Ya en el Imperio romano la captura de sardina fue una actividad pesquera fundamental, orientada principalmente a la elaboración del garum, una salsa de pescado fermentada muy apreciada por los patricios romanos.

A nivel divulgativo este hecho quedó bien reflejado en el cómic de Astérix en Lusitania, publicado en 2025. Para la captura de la sardina se utilizaban redes de enmalle, redes de cerco y nasas de mimbre en zonas costeras. Las sardinas saladas y las salsas derivadas se almacenaban y transportaban en ánforas selladas por todo el Mediterráneo.

La sardina pequeña: nutritiva y funcional

Existe actualmente una gran tendencia a buscar alimentos funcionales para su incorporación a las dietas; esto es, aquellos alimentos que además de su valor nutricional tradicional contienen componentes biológicamente activos que ofrecen beneficios específicos para la salud.

La sardina cumple todas estas características para entrar en el pódium
de los alimentos funcionales. Así, es una fuente portentosa del ácido graso omega-3, un compuesto clave por su actividad biológica, por ejemplo, a nivel estructural (es un componente de las membranas celulares), metabólica (reduce la formación de triglicéridos en el hígado) y cardiovascular (mejora la función de los vasos sanguíneos y disminuye la formación de coágulos). También es una fuente de minerales como el yodo y el hierro (actúan en la formación de hemoglobina y la regulación tiroidea), el calcio (es clave en la estructura ósea, o en su forma iónica, Ca⁺², participa en múltiples reacciones metabólicas como mensajero intracelular) y el selenio (con actividad antioxidante).




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Un esquema con la composición nutricional de la sardina y su nombre en diferentes idiomas
La sardina es uno de los pescados azules claves en las dietas atlántica y mediterránea.
Gumersindo Feijoo a partir de datos del Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación, CC BY

El arte de pesca “xeito

El xeito es un arte de pesca tradicional gallego que consiste en un enmalle de deriva que está constituido por una red rectangular (dividida en “paños”) extendida entre dos cabos o trallas: uno superior, con boyas, que permite regular la profundidad de la red; y otro inferior, con plomos, que permite que los paños estén completamente extendidos.

Un elemento característico de este arte de pesca es que la red debe permanecer siempre atada al barco. La captura se produce cuando el pescado trata de cruzar la red, quedando atrapado en la malla.

Se trata de un método utilizado por los barcos pequeños –de entre 5 y 10 metros de eslora– que, en Galicia, trabajan fundamentalmente dentro de las rías. Es una técnica muy selectiva, tanto por la malla como por la baja resistencia mecánica de la red, por lo que solamente quedan atrapadas la sardina, el boquerón y el jurel. El resto escapa fácilmente atravesando la malla o rompiendo la red.

Hay que aclarar que se trata de sardinas pequeñas, pero que entran dentro del tamaño mínimo legal de este pescado (Sardina pilchardus) en España y el resto de la Unión Europea, que se sitúa en 11 centímetros. La pesca con el xeito es muy selectiva, por el tamaño de la malla, y no se coge nada de menor tamaño.

Además, la sardina pequeña capturada con el arte de xeito en Galicia tiene un límite de cuota que la Xunta revisa para garantizar el control del stock y evitar el agotamiento prematuro del caladero. Este 2026 está en un tope de 80 kilogramos por tripulante a bordo y 80 kilogramos adicionales por embarcación y día.




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Esquema que muestra un barco al que está unido una red que cae hasta el fondo del mar
Esquema del arte de pesca xeito.
Gumersindo Feijoo

Impacto ambiental

La técnica artesanal del xeito es tremendamente respetuosa con el medio ambiente: no tiene descartes, esto es, no se captura nada que se devuelva al mar, vivo o muerto, por no ser comercialmente viable o por regulaciones normativas.

Su huella de carbono es muy baja, con valores aproximados de 105 g de CO₂ equivalente para una ración de 125 g de xouba. Es aproximadamente lo que emite un solo coche de gasolina o diésel de bajas emisiones al recorrer 1 km. El impacto se debe fundamentalmente al consumo de combustible del barco en el trayecto puerto-caladero-puerto.

Por otro lado, su huella hídrica es insignificante: el consumo directo o indirecto de agua es prácticamente nulo.

La xouba capturada mediante el xeito es un manjar sostenible al alcance de todos, que ayuda a una armonía saludable entre el hombre y el océano, fruto de una tradición y soberanía alimentaria de los pueblos costeros.

The Conversation

Gumersindo Feijoo Costa no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La sardinilla capturada de forma artesanal, un manjar tan saludable como sostenible – https://theconversation.com/la-sardinilla-capturada-de-forma-artesanal-un-manjar-tan-saludable-como-sostenible-285390