La hausse des arrêts maladie est-elle la conséquence d’un problème de management ?

Source: The Conversation – in French – By Gabriel Lomellini, Assistant Professor, HR and Organizational Behavior, ICN Business School

À partir du 1er septembre, la durée maximale d’une première prescription d’arrêt de travail sera plafonnée à un mois pour « contrer les abus et diminuer la facture » de 17,9 milliards d’euros de 2025. Ces absences pour raison de santé ne devraient-elles pas également être interprétées comme un signe de contestation d’un management ressenti comme vertical et contrôlées par les chiffres ?


Un récent baromètre Axa sur l’absentéisme a confirmé une tendance de fond : la hausse des arrêts maladie, en particulier de longue durée.

Si cette hausse concerne toutes les catégories sociales, elle touche principalement les jeunes de moins de 30 ans et les cadres. Plus généralement, parmi les arrêts longs, la première cause concerne les troubles psychologiques à 38 % en 2025, devant les troubles musculosquelettiques à 27 %.

Compte tenu du montant associé en 2025 aux arrêts maladie (environ 18 milliards d’euros), le gouvernement a annoncé une série de mesures se déployant selon un double volet : améliorer la qualité de vie au travail et contrôler les abus. Un décret fixe une durée maximale de 31 jours pour une première prescription et de 62 jours pour une prolongation.

Parmi ces mesures, on note un oubli majeur, celle de la question du management et de son rôle dans la santé au travail.

Au-delà de l’approche en termes de coûts, cette hausse doit interroger sur le rôle du management comme facteur de santé au travail, dans un contexte d’émergence de nouveaux risques liés à l’intelligence artificielle générative.

Pour ce faire, je m’appuie sur une approche transdisciplinaire, qui emprunte à la philosophie, la psychanalyse ou encore aux études critiques en management, ainsi que sur mes recherches sur l’expérience subjective du travail.

Tenir compte du travail réel

La santé au travail se situe à l’intersection de facteurs individuels et des pratiques de management. Dès les années 1960, le psychiatre et médecin du travail Claude Veil soulignait que l’absentéisme constitue un symptôme de l’état de l’organisation du travail. En matière d’absentéisme, écrit-il :

« Ce ne sont pas les données propres aux travailleurs qui jouent le plus grand rôle, mais bien des éléments qui dépendent de l’entreprise. »

Si le management joue un rôle si important dans la santé au travail, c’est qu’il détermine dans une large mesure les contraintes portant sur le travail réel, soit les tâches effectivement réalisées par un individu. Tenir compte du travail réel dans les pratiques de management est une condition indispensable pour effectuer un travail de qualité et préserver la santé des salariés.

Pour une infirmière, par exemple, un travail de qualité signifie plus que les conditions matérielles d’accueil et de soin. Écouter la personne à prendre en charge ou être en mesure de nouer un lien d’empathie contribue à un travail de qualité. Lorsque des pressions organisationnelles empêchent le travail réel – cadences impossibles ou objectifs trop élevés –, le risque est de basculer dans la souffrance.

Indicateur de l’état du management

L’arrêt maladie peut être interprété, sans toutefois s’y réduire, comme un certain indicateur de l’état du management. Depuis plusieurs années, un management encore très vertical et un contrôle par les chiffres fragilisent la santé sur les lieux de travail.

Le management reste en France particulièrement vertical et peu démocratique, ce qui restreint de fait l’autonomie individuelle et collective. Et si le recours massif au télétravail, au moment de la pandémie de Covid-19, a pu être vécu comme une prise d’autonomie de la part des salariés, le « retour au bureau », à l’inverse, a été ressenti comme une reprise du contrôle par le management.

Plus encore, les indicateurs chiffrés ont pris le pouvoir dans les organisations, évaluant le travail de manière individuelle. Bien que le management par les chiffres émerge à partir des années 1990 dans les entreprises privées, il ne s’y limite pas. Ce qu’on a appelé la New Public Management a étendu un ensemble d’outils de mesure de la performance dans les hôpitaux ou la fonction publique. Des mesures qui ont promu un « management désincarné », selon l’expression de la sociologue Marie-Anne Dujarier, à travers des indicateurs conçus à une très grande distance des réalités du métier et du vécu des salariés.

Réponse à l’exploitation ressentie

Par conséquent, la hausse des arrêts maladie interroge plus profondément sur l’affaiblissement des liens collectifs sur les lieux de travail. Comme le rappelle Pierre-Yves Gomez, chercheur en gestion :

« L’arrêt maladie illustre bien l’individualisation de la revendication sociale. Qu’il soit lié à la fatigue physique ou à la souffrance psychique, il traduit, comme toute forme de grève, le droit de suspendre son activité en réponse à l’exploitation ressentie par le travailleur. »

En sus de ces tendances de fond, le management se trouve percuté par le déploiement de l’intelligence artificielle. Un bouleversement qui implique d’être attentif à de nouveaux risques pour la santé.

Management par les algorithmes

En continuité d’un management par les chiffres, le « management algorithmique » s’est initialement déployé dans le cadre du capitalisme de plateforme, avec des entreprises comme Uber. Au sein de ces organisations, les algorithmes automatisent déjà une grande partie des tâches traditionnellement dévolues au management : évaluer, organiser ou distribuer le travail.

Les études soulignent que le management algorithmique peut contribuer à dégrader la santé des travailleurs. Les livreurs à vélo, ou encore les chauffeurs VTC, sont isolés face à la plateforme, coupés de leurs collègues, constamment évalués par des systèmes de notation, et sommés de s’adapter en temps réel à des algorithmes opaques et imprévisibles.




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Des modalités de management qui se sont récemment étendues à des professions jusqu’ici protégées comme le journalisme ou encore des scénaristes hollywoodiens, ces derniers s’étant même mobilisés contre les risques qu’encourt leur profession.

Cerveau grillé

En dépit des promesses et espoirs suscités, ces technologies risquent non seulement de déqualifier le travail, certaines tâches devenant obsolètes, mais aussi de l’intensifier tant physiquement que mentalement. Certains cadres font état d’un sentiment de « brain fry », soit littéralement « cerveau grillé », du fait d’une utilisation intensive de l’IA au travail.

Face à cette combinaison de nouveaux risques, il est crucial d’adopter une approche holistique et préventive de la santé au travail. Dans une économie qui reste obsédée par la performance, les arrêts maladie doivent être interprétés comme un signe avant-coureur des tendances profondes du management et de notre rapport collectif au travail.

The Conversation

Gabriel Lomellini ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. La hausse des arrêts maladie est-elle la conséquence d’un problème de management ? – https://theconversation.com/la-hausse-des-arrets-maladie-est-elle-la-consequence-dun-probleme-de-management-282767

La selección: la odisea de este verano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Arte y Humanidades, The Conversation

_Odiseo y Nausicaa_, de Valentin Serov. Tretyakov Gallery/Wikimedia Commons

Los veranos largos de la infancia son lo más cercano al paraíso. Después de todo, esa oportunidad de estirar el tiempo hasta que rompa se vuelve a presentar pocas veces en la vida.

Una de las actividades que yo abordaba con más ilusión –también meticulosidad– era la de completar la lista de libros que iban a acompañarme en esos meses. Cuando las vacaciones eran una sucesión de pueblos, de casas de familiares y campamentos, de maletas llenas de arena y bañadores, la librería Cervantes de Oviedo se convertía en mi mejor aliada.

Los veranos han cambiado, pero no la anticipación por las lecturas estivales. Desde hace unas semanas, pienso en los títulos que voy a reservar para esas tardes soleadas de trabajo algo más relajado, cuáles para los viajes aventureros sin respiro y cuáles para los días de playa.

Uno de los que puede que se adapte a todos los entornos es, cómo no, el clásico de moda este verano: la Odisea. Desde que Christopher Nolan anunció el rodaje de su adaptación –con un Matt Damon que, una vez más, intenta volver a casa– se han sucedido las observaciones y las valoraciones. Ya se sabe, nos encanta ver en el cine las adaptaciones literarias… para poder criticarlas a gusto.

Sin embargo, Homero es imbatible, el rey de la aventura y el salseo. Entre banquete y banquete, hila un relato en el que Ulises cuenta sus peripecias, llora –Ulises llora muchísimo– y anhela volver a casa. La Odisea demuestra que un drama de hace milenios sigue apelando a los lectores de la actualidad.

Pocas cosas sabemos del autor. Fuese quien fuese (o quienes fuesen), está claro que estableció un estilo poético concreto basado en una serie de recursos que lo identifican –“Aurora de dedos sonrosados” va a ser a partir de ahora el recibimiento que le voy a dar a cada amanecer–. Además, la ciencia ha demostrado que se inspiró en las redes sociales de su entorno. Samuel Butler, que lo tradujo en prosa buscando generar la misma pasión que creía que había provocado escuchar recitado el poema original, sostenía que Homero era una mujer. Aunque sus tesis puedan resultar algo peregrinas, sí que hay un gran protagonismo femenino en el relato, más allá de la aventura de Ulises.

Lo interesante de los clásicos es que no se acaban nunca: se pueden leer, adaptar y retocar de mil formas diferentes. Los clásicos nos lo permiten todo. Por eso Homero es mío, pero también de Butler, de Bob Dylan –quien lo usa como referente de sus composiciones– o de David Uclés. No obstante, Butler, Dylan, Uclés o yo misma leemos la Odisea con un bagaje que hace que el texto tenga, para cada uno de nosotros, diferentes significados. Esto forma parte de nuestra identidad como lectores y enriquece la experiencia.

En resumen: para esto les hemos puesto este nuevo verano de auroras de dedos sonrosados, para leer (si acaso, una vez más) y disfrutar la Odisea.

The Conversation

– ref. La selección: la odisea de este verano – https://theconversation.com/la-seleccion-la-odisea-de-este-verano-286161

Cómo el diseño puede ayudarnos a adaptarnos a colapsos futuros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Alonso Pascual, Profesor de Diseño Industrial y Desarrollo de Productos, Universidad de Navarra

Edificio destruido por el fuego en Palisades Highlands (California) en enero de 2025. Draco Guan/Shutterstock

El enorme incendio forestal avanzaba a una velocidad devastadora. Se había desatado en Palisades Highlands, un barrio residencial de Los Ángeles. Pero aquel 7 de enero de 2025, la llegada de vientos extremos de Santa Ana y las condiciones de intensa sequedad transformaron el pequeño incendio en un monstruo masivo e incontrolable.

Muy pronto, el fuego alcanzó el perímetro del prestigioso Getty Villa, un museo que alberga una impresionante colección de arte griego y romano. “Las llamas bajaban por la colina muy rápido”, recordaba Les Borsay, especialista en emergencias del museo. El fuego rodeó los jardines, quemó robles centenarios y dejó las fuentes del museo cubiertas de ceniza negra. Cuando el humo se disipó, las galerías permanecían intactas. No se había movido ni una mota de polvo sobre las vitrinas.

No fue casualidad. Décadas antes, alguien había tomado las decisiones de diseño correctas: paredes de hormigón armado, un sistema de irrigación inteligente y un jardín plantado con robles porque absorben bien el agua y no se queman tan rápido como otro tipo de vegetación. Ese día, el diseño industrial demostró lo que sabe hacer mejor: resistir el golpe y volver al punto de partida. El ecólogo C.S. Holling llamó a esto, ya en 1973, “resiliencia de ingeniería”. Pero el Día Mundial del Diseño Industrial –que se celebra cada 29 de junio– nos invita este año a preguntarnos si esto es suficiente.

El malentendido

Llevamos demasiado tiempo entendiendo la resiliencia como la capacidad de un objeto o un sistema para encajar el golpe y regresar a su estado anterior en el menor tiempo posible. Es una idea poderosa y necesaria, –como demuestra el incendio del Getty Villa– pero también es una idea limitada. Holling distinguió esa resiliencia de ingeniería de otra muy distinta, la ecológica: la capacidad de un sistema para reorganizarse en una forma nueva cuando el contexto cambia de manera irreversible.

Un sistema diseñado solo para resistir puede ser frágil frente a lo verdaderamente nuevo: si la amenaza cambia de forma, las mismas defensas que antes funcionaron pueden no servir mañana.

Cuando el diseño desaparece para que algo nuevo crezca

Pocos ejemplos ilustran mejor esta segunda resiliencia que Reef of Hope. Dean Chan, doctorando en la Universidad Politécnica de Hong Kong, diseñó un arrecife modular impreso en 3D con un bioplástico mezclado con conchas marinas. La estructura no pretende reconstruir el arrecife que había antes de la degradación costera. Se instala en el fondo marino, favorece el asentamiento de larvas de ostra… y luego se disuelve. Cuando el material desaparece, solo queda el arrecife vivo que ha crecido sobre él. El diseño no impone una forma final: crea las condiciones para que emerja una que nadie diseñó.

Un hombre sobre una plataforma de madera introduce un arrecife artificial en el agua
El creador del arrecife artificial, destinado a la restauración de las ostras, introduciéndolo en el agua.
iF Design Award

Algo parecido ocurre en Symbio, la serie de bancos que el diseñador Joris Laarman expone este año en Nueva York. Son bloques de hormigón impresos en 3D con patrones grabados que imitan las texturas que Alan Turing estudió en organismos biológicos.

Esos patrones no son un capricho estético: están cubiertos de un sustrato bioactivo que favorece el crecimiento de musgos y líquenes. El mobiliario urbano deja de ser un objeto inerte y se convierte en un hábitat. Laarman lo vincula explícitamente al Simbioceno, el concepto acuñado por el filósofo ambientalista Glenn Albrecht para suceder al Antropoceno. El Simbioceno propone un acuerdo en el que las relaciones humanas con el entorno están plenamente integradas en los ciclos naturales, priorizando la simbiosis y la interdependencia. “Es la única forma de avanzar”, comentaba el propio diseñador.

Reef of Hope y Symbio comparten algo crucial: ninguno de los dos busca restaurar un estado anterior. Ambos diseñan condiciones para que el sistema se reorganice en una forma nueva.

La resiliencia transformadora

Hay una última pieza que completa el argumento. Getty Villa, Reef of Hope y Symbio resuelven problemas distintos –un incendio, un arrecife degradado, una plaza urbana–, pero comparten una misma lógica de fondo: ninguno se limita a encajar el golpe. El primero protege para que el sistema vuelva a ser el mismo; los otros dos diseñan para que el sistema se convierta en otro, mejor adaptado a colapsos futuros. Esa es la resiliencia transformadora: no la capacidad de resistir sin cambiar, sino la de cambiar sin romperse.

El diseño lleva décadas definiéndose como resolución creativa de problemas: identificar una necesidad, analizar sus condiciones, proponer una solución. Ese enfoque sigue siendo válido, pero la resiliencia transformadora le añade una pregunta distinta. No basta con resolver el problema de hoy; hay que diseñar sistemas capaces de resolver problemas que todavía no existen.

El Getty Villa nos enseñó que el buen diseño puede salvar un museo de las llamas. Reef of Hope y Symbio, que puede ayudar a un ecosistema a reinventarse. Quizá la lección que falta es que también puede ayudarnos a nosotros a hacer lo mismo. Porque la resiliencia del siglo XXI no dependerá de nuestra habilidad para resistir el cambio, sino de nuestra capacidad para convertir la incertidumbre en una oportunidad para imaginar futuros alternativos.

The Conversation

Carlos Alonso Pascual no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cómo el diseño puede ayudarnos a adaptarnos a colapsos futuros – https://theconversation.com/como-el-diseno-puede-ayudarnos-a-adaptarnos-a-colapsos-futuros-286070

Les savoirs des communautés rurales d’Afrique de l’Est, ressource négligée pour l’adaptation climatique

Source: The Conversation – in French – By Sougueh Cheik, Docteur en sciences de l’environnement (sciences du sol) et chercheur au Centre d’Étude et de Recherche de Djibouti (CERD), Institut de recherche pour le développement (IRD)

Confrontée à la multiplication des chocs climatiques, l’Afrique de l’Est a fait de l’adaptation climatique un enjeu prioritaire des politiques publiques nationales et régionales. Toutefois, ces dernières s’appuient encore largement sur des valeurs seuil et des données de référence non spécifiques aux zones sèches. Pour construire des repères réellement utiles à l’échelle locale, les observations accumulées par les communautés rurales doivent être reconnues comme une source de données indispensable.

La dernière décennie a confirmé l’aggravation des contraintes agro-climatiques en Afrique de l’Est. Dans la Corne de l’Afrique élargie, plus de 58,4 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire au début de 2024. Par ailleurs, certaines zones ont connu en 2025 des déficits pluviométriques majeurs, avec parfois moins de 30 % des précipitations habituelles pendant la saison des pluies d’octobre à décembre.

À l’échelle du continent, l’Afrique se réchauffe à un rythme d’environ +0,3 °C par décennie depuis 1991, soit légèrement plus vite que la moyenne mondiale.

Face à ces évolutions, l’adaptation climatique s’est imposée comme une priorité stratégique pour les pouvoirs publics. Mais encore faut-il disposer de références pertinentes pour décider ce qu’il faudrait restaurer.

Nos travaux sur le lien entre sol et changement climatique en Afrique de l’Est montrent que ces références peuvent émerger des savoirs accumulés au fil du temps par les communautés rurales en interaction répétée avec leurs milieux.

La littérature scientifique anglophone désigne ces connaissances par l’expression local ecological knowledge. L’anthropologue canadien Fikret Berkes en a donné une formulation de référence, définissant ces savoirs comme des observations accumulées à partir d’interactions répétées avec un milieu.

Ce qui leur donne une valeur scientifique ne tient pas à leur seule ancienneté, mais à leur capacité à être géoréférencées, recoupées entre groupes d’usagers et confrontées aux mesures instrumentales. Tandis qu’un témoignage isolé demeure un récit, la convergence d’observations situées sur un même lieu, combinée à des données pédologiques, devient une information robuste pour l’analyse et la décision. D’autres travaux récents illustrent la fécondité d’une telle articulation entre savoirs locaux et adaptation climatique.

L’adaptation institutionnalisée, mais sans repères locaux

Le déficit de repères locaux tient à plusieurs facteurs. Lorsque les pays cherchent à établir leurs propres références, ils se heurtent à une difficulté majeure : l’absence d’archives instrumentales continues. Les rares stations de suivis pédologiques ou hydrologiques ont souvent été interrompues par les crises politiques, budgétaires ou institutionnelles. Or, sans profondeur historique, une mesure ponctuelle de salinité ou de carbone organique reste insuffisante pour guider une décision de gestion.

Un sol peut être fortement salé aujourd’hui sans que l’on puisse dire si cette dégradation est récente, progressive ou ancienne. Une mesure ponctuelle, en l’absence de trajectoire, ne saurait servir de base solide aux actions de gestion durable des terres. C’est dans ce vide d’information historique que se déploient pourtant les politiques d’adaptation.

Plusieurs cadres internationaux et régionaux placent désormais l’adaptation au cœur des stratégies publiques de résilience, des contributions déterminées au niveau national à la Grande muraille verte, dont l’ambition est de restaurer 100 millions d’hectares d’ici 2030, de séquestrer ainsi 250 millions de tonnes de carbone et de créer jusqu’à 10 millions d’emplois.

Cette ambition technique s’accompagne d’une seconde dynamique. À la suite de l’Accord de Paris (2015), et notamment depuis la COP27 de Charm el-Cheikh (2022), les savoirs autochtones et locaux sont davantage reconnus comme des ressources utiles à l’adaptation. La Convention sur la diversité biologique et celle sur la désertification ont d’ailleurs mis en place en 2024 des Caucus représentant les Peuples autochtones et les Communautés locales.

La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES et le programme de l’Unesco accompagnent cette dynamique en outillant les chercheurs et les décideurs pour mobiliser ces savoirs.




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Les communautés rurales, mémoire des paysages

C’est précisément là que les savoirs locaux deviennent décisifs. À Grand Bara, vaste cuvette endoréique du sud de Djibouti, les éleveurs se souviennent de dépressions où, une génération plus tôt, le bétail trouvait encore une herbe coriace après la saison des pluies. Ces mêmes sites présentent aujourd’hui des surfaces encroûtées, salées et stériles, compactées en profondeur. Une station de suivi pédologique a été installée sur le site en 2024.

Elle enregistre fidèlement les paramètres actuels des sols (salinité, compaction, matière organique), mais elle ne permet pas de dire si le basculement s’est produit en cinq, quinze ou quarante ans. Mais la chronologie qui manque à l’instrument se trouve, elle, dans la mémoire des communautés restées en interaction avec leurs milieux, recoupée entre voisins et ancrée dans des lieux précis.

Cette mémoire s’inscrit dans une chaîne d’observations transmises de génération en génération, vérifiable par le recoupement entre voisins, par la confrontation à d’autres trajectoires de paysages et par la mise en relation avec les mesures instrumentales contemporaines. Là où une station de suivi documente un état présent à haute résolution, la mémoire des éleveurs documente, elle, un changement de trajectoire à basse résolution mais sur le temps long. L’une et l’autre cartographient des dimensions complémentaires du même milieu.

Construire l’adaptation depuis les territoires locaux

Les valeurs seuils mobilisées par les politiques d’adaptation pour évaluer l’état des ressources (sols, eau ou couvert végétal) restent, dans leur grande majorité, calibrées dans des contextes humides ou tempérés. Appliquées à des sols argileux gonflants éthiopiens, à des sols volcaniques tanzaniens ou à des sols calcaires djiboutiens, elles produisent fréquemment des indicateurs mal ajustés aux réalités écologiques locales.

C’est pour répondre à cette inadéquation que le réseau des Zones d’adaptation prioritaire et d’innovation (ZAPI) a été construit, comme dispositif de recherche participatif dédié aux socio-écosystèmes les plus fragilisés.

Ce réseau rassemble depuis 2024 quatre plateformes installées sur des sites contrastés, dans le cadre du programme Alliance doctorale pour l’adaptation au changement climatique (ADAC) : la cuvette hyperaride de Grand Bara à Djibouti, les parcours semi-arides d’Amboseli au Kenya, les paysages cultivés de Genale Dawa en Éthiopie et les montagnes humides de Rungwe en Tanzanie. L’objectif est de comparer comment se construisent localement les références d’adaptation dans des contextes écologiques et sociaux très différents.




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Sur chaque site, le protocole débute par une phase participative de collecte de données. Depuis 2024, plus d’une centaine d’entretiens semi-directifs ont été conduits sur les quatre plateformes auprès d’agriculteurs, d’éleveurs et de communautés riveraines, qui décrivent les changements qu’ils ont eux-mêmes observés au cours de leur existence dans le sol et le couvert végétal.

Les femmes, qui assurent souvent la collecte de l’eau et la garde des troupeaux laitiers, sont entendues séparément. Leur connaissance des points d’eau et des parcours fourragers complète celle des hommes et échappe largement aux relevés instrumentaux.

Les récits sont géoréférencés, croisés entre groupes, puis confrontés aux échantillons prélevés en parallèle. Lorsque les interprétations divergent, le désaccord lui-même devient un objet d’enquête : c’est de cette confrontation qu’émerge une référence locale, négociée et documentée.

C’est aussi elle qui permet de fixer un seuil de gestion partagé, par exemple une baisse de la couverture du sol de 30 à 50 %, au-delà duquel une alerte est déclenchée et les pratiques adaptées. Instrument et mémoire se renforcent mutuellement : l’un mesure un état, l’autre en fournit la trajectoire.

L’adaptation passe aussi par la souveraineté du savoir

Le Forum international pour l’adaptation climatique, organisé à Djibouti en janvier 2026, a réaffirmé un principe essentiel : pour les pays les plus exposés aux chocs climatiques et les moins responsables des émissions, il n’y a pas d’adaptation durable sans souveraineté du savoir.

Cette souveraineté ne se joue pas seulement dans les conférences internationales ou les documents stratégiques. Elle se construit aussi dans des territoires comme le Grand Bara, où les éleveurs détiennent une mémoire de leurs milieux et de leurs ressources, qui vient compléter et donner sens aux dispositifs scientifiques de mesure. Reconnaître cette chronologie comme une source de données indispensable n’est pas une concession aux savoirs locaux : c’est la condition pour rendre les politiques d’adaptation réellement utiles à celles et ceux qui les vivent.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Les savoirs des communautés rurales d’Afrique de l’Est, ressource négligée pour l’adaptation climatique – https://theconversation.com/les-savoirs-des-communautes-rurales-dafrique-de-lest-ressource-negligee-pour-ladaptation-climatique-284675

Primera visita de niños con autismo al dentista: ¿cómo puede ayudar YouTube?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Pilar Pecci Lloret, Profesora Permanente Laboral, Universidad de Murcia

Pressmaster/Shutterstock

Los trastornos de espectro autista (TEA) afectan a la forma en que las personas se comunican, se relacionan, aprenden y se comportan, y comienza a desarrollarse incluso antes del nacimiento. Según la Organización Mundial de la Salud, uno de cada cien niños recibe este diagnóstico, lo que ha impulsado a la comunidad científica y a las autoridades sanitarias a buscar mejores estrategias de apoyo.

Entre los muchos desafíos que afrontan los niños con TEA se encuentra el cuidado de la salud bucal. Las dificultades de comunicación, la sensibilidad sensorial y la ansiedad hacen que la higiene dental y las visitas al dentista resulten especialmente complejas. Como consecuencia, estos menores presentan más caries, traumatismos dentales y otros problemas bucales que sus compañeros neurotípicos.

Por eso, la preparación previa y el acceso a información adecuada pueden marcar una gran diferencia en la experiencia tanto del niño como la de sus padres, quienes suelen experimentar altos niveles de estrés al intentar manejar la ansiedad de sus hijos durante las consultas.

En este contexto, las redes sociales se han convertido en una fuente clave de información. Concretamente, muchas familias recurren a vídeos disponibles en YouTube, aunque aún se sabe poco sobre la calidad y utilidad real de ese tipo de contenido. Averiguarlo fue precisamente el objetivo de nuestro estudio.

Discriminar entre vídeos fiables y peligrosos

En nuestro trabajo observamos como los vídeos que presentaban una mayor fiabilidad y veracidad fueron los realizados por dentistas; en concreto, entrevistas realizadas a estos profesionales de la salud y grabaciones en los que aportaban consejos claros y sencillos. Por el contrario, los vídeos realizados por familiares de niños con TEA se percibieron como menos fiables.

Estos resultados no solo dejan de manifiesto la necesidad de una mayor participación por parte de los profesionales de la salud para la creación de contenido de calidad, sino que también ponen de relieve la importancia de enseñar a los padres a identificar información fiable en internet.

Cabe destacar el hecho de que en nuestra revisión también nos encontramos también con afirmaciones sin ningún respaldo científico. Por ejemplo, en una grabación se decía que las restauraciones realizadas con la aleación llamada amalgama eran neurotóxicas para los niños con autismo y podía empeorar su conducta, lo que contradice las recomendaciones de organismos internacionales. Otro vídeo aconsejaba el uso de aceites esenciales para prevenir la caries en niños y evitar así la visita a la consulta.

Este tipo de mensajes pueden generar falsas expectativas y retrasar la atención odontológica necesaria, lo que reafirma la necesidad de mas estudios como el nuestro que identifiquen y filtren el contenido en YouTube. Pero, sobre todo, refuerza la necesidad de ofrecer a los padres herramientas claras y prácticas para actuar.

Preparando la visita

Entonces, ¿cómo pueden los padres preparar mejor esa primera visita un niño con TEA al dentista? Una de las principales estrategias consiste en explicar al menor con sencillez qué ocurrirá durante la consulta. Cuentos, imágenes y vídeos educativos permiten que se familiarice con el entorno antes de enfrentarse a él.

En este sentido, resulta muy interesante enseñar al niño grabaciones de YouTube que contienen experiencias de otros menores con TEA en el dentista. Así, aprende y comprende mas fácilmente a qué se enfrenta en esta primera visita.

Otra medida clave es la adaptación del entorno clínico. Se aconseja programar las citas en horarios tranquilos, evitar largas esperas y reducir estímulos como ruidos fuertes o luces intensas. Además, la comunicación debe ser clara y predecible, avisando al niño antes de cada procedimiento para evitar sorpresas que le puedan generar angustia.

Los expertos también destacan la importancia de realizar visitas progresivas, comenzando con encuentros breves destinados únicamente a conocer el consultorio y al dentista. Durante la consulta, el refuerzo positivo –basado, por ejemplo, en pequeñas recompensas– ayuda a consolidar una experiencia favorable. Asimismo, la presencia de los padres aporta seguridad emocional y facilita el manejo de la conducta.

Finalmente, mantener una rutina estable, con el mismo profesional y en un horario similar, contribuye a que el niño se sienta más cómodo en futuras visitas. Estas estrategias no solo mejoran la experiencia odontológica de los niños con TEA, sino que también reducen el estrés de las familias y aumentan las posibilidades de una atención dental adecuada y continuada.

Para facilitar las cosas, hemos creado la aplicación DienTEA, que ayuda a las familias a organizar contenido válido y pone a su disposición pictogramas que allanen la visita al dentista.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Primera visita de niños con autismo al dentista: ¿cómo puede ayudar YouTube? – https://theconversation.com/primera-visita-de-ninos-con-autismo-al-dentista-como-puede-ayudar-youtube-274043

Ser fuerte no es reprimir las emociones o resistirlas: es entenderlas y adaptarse

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Díez Ruiz, Associate professor, Universidad de Deusto

ClaraSpets/Shutterstock

¿Qué significa realmente ser mentalmente fuerte en un mundo marcado por la incertidumbre, la presión constante y el cambio acelerado?

La respuesta general, propia de los libros de autoayuda, suele ser equivocada. Durante años hemos asociado la fortaleza mental con la resistencia: aguantar, no quejarse, seguir adelante pase lo que pase. Sin embargo, la evidencia científica apunta en otra dirección. Ser mentalmente fuerte no es resistir más, sino adaptarse mejor.

Más allá de la dureza psicológica

La psicología contemporánea ha desplazado el foco desde la “dureza” hacia conceptos más dinámicos como la resiliencia, la regulación emocional y la flexibilidad psicológica. No se trata de eliminar el malestar, sino de aprender a gestionarlo.

Investigaciones sobre pasión y preseverancia han destacado la importancia de mantener el esfuerzo a largo plazo. Sin embargo, puede resultar limitado si no se acompaña de capacidad de ajuste. En esta línea, la psicóloga Susan David ha subrayado que las personas más eficaces no son las que evitan las emociones difíciles, sino las que desarrollan agilidad emocional para manejarlas.




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La fortaleza mental, por tanto, no implica ausencia de vulnerabilidad, sino una relación más inteligente con ella.

Tres errores frecuentes

En la práctica, existen tres ideas erróneas que dificultan el desarrollo de esta competencia.

  1. La primera es pensar que ser fuerte implica reprimir las emociones. Nada más lejos de la realidad. Ignorar el malestar no lo elimina; suele intensificarlo y aparecer con más fuerza.

  2. La segunda es confundir fortaleza con autosuficiencia absoluta. Las personas mentalmente fuertes no lo hacen todo solas: saben cuándo pedir ayuda, cuándo apoyarse en otros y cómo construir redes de confianza.

  3. La tercera es asumir que la fortaleza mental es un rasgo fijo. No lo es. Se trata de una capacidad que puede desarrollarse mediante entrenamiento, experiencia y reflexión. Algunas investigaciones sugieren, incluso, que ciertas personas no solo toleran la adversidad, sino que desarrollan nuevas capacidades a partir de ella.




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Cómo se construye la fortaleza mental

Si no es una cualidad innata, ¿cómo se desarrolla?

En primer lugar, mediante la reinterpretación cognitiva: la forma en que damos significado a lo que nos ocurre. Dos personas pueden vivir la misma situación y extraer conclusiones totalmente distintas. Quien interpreta la dificultad como aprendizaje tiene más probabilidades de crecer.

En segundo lugar, a través de la regulación emocional consciente. Esto no significa evitar reacciones emocionales negativas, sino identificarlas, comprenderlas y responder de manera ajustada o conveniente. La fortaleza mental también depende de la capacidad de recuperación física y fisiológica. Dormir, descansar o desconectar también son mecanismos esenciales de autorregulación.

Un tercer elemento clave es la exposición progresiva a la dificultad. La fortaleza mental no surge en contextos cómodos. Se construye enfrentando a retos asumibles que, poco a poco, amplían nuestra tolerancia a la incertidumbre.

Por último, el apoyo social actúa como un factor protector esencial. Lejos del ideal individualista, la evidencia muestra que las relaciones de calidad fortalecen nuestra capacidad de afrontar la adversidad.

Implicaciones para el liderazgo

Este enfoque tiene consecuencias directas en el ámbito del liderazgo. Tradicionalmente, se ha valorado a los líderes que proyectan seguridad constante, incluso en contextos de crisis. Sin embargo, esta imagen puede resultar poco realista e incluso contraproducente.

Los líderes más eficaces no son los que nunca fallan, sino los que saben encajar los errores y seguir adelante. Son capaces de mantener la dirección en momentos de incertidumbre, regular su impacto emocional en el equipo y tomar decisiones sin quedar bloqueados por la presión. Más que de grandes demostraciones de resistencia, se trata de pequeñas decisiones sostenidas en el tiempo: escuchar antes de reaccionar, ajustar el rumbo cuando es necesario y perseverar sin caer en la rigidez.

Además, la fortaleza mental no es únicamente individual: se puede desarrollar de manera colectiva en equipos, familias y organizaciones, mediante culturas de apoyo, confianza y aprendizaje compartido.

Este tipo de fortaleza, menos visible pero más profunda, es especialmente relevante en entornos organizativos complejos, donde la adaptabilidad se ha convertido en una ventaja competitiva. En la tempestad protege más la flexibilidad que la rigidez, como avisa el Talmud.

Adaptarse, no resistir

Gran parte del malestar contemporáneo no proviene únicamente de las dificultades, sino de nuestra dificultad para tolerar la incertidumbre.

En un contexto donde el cambio es la única constante, insistir en la idea de “resistir” puede ser un error estratégico. Resistir, por sí solo, puede llevar al agotamiento. Adaptarse permite avanzar. Resistir es estático, avanzar es dinámico.

Ser mentalmente fuerte no es ignorar la dificultad, ni tampoco superarla siempre. Es algo más matizado: saber cuándo insistir, cuándo cambiar y cómo hacerlo sin perder el equilibrio personal.

Quizá ahí resida la verdadera fortaleza. No en soportarlo todo, sino en entender qué merece la pena sostener y qué necesita ser transformado.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Ser fuerte no es reprimir las emociones o resistirlas: es entenderlas y adaptarse – https://theconversation.com/ser-fuerte-no-es-reprimir-las-emociones-o-resistirlas-es-entenderlas-y-adaptarse-282207

Aulas a 40 grados: luchar contra el calor en los colegios no debería depender solo del aire acondicionado

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nazaret Ruiz Marín, Profesora del Departamento de Máquinas y Motores Térmicos, Universidad de Cádiz

Liderina/Shutterstock

En las últimas semanas, familias y docentes han vuelto a denunciar temperaturas difíciles de soportar en centros educativos españoles. Algunas aulas superan ampliamente los 30 grados y, en los casos más extremos, se han registrado clases por encima de los 40. Asociaciones de madres y padres han reclamado medidas urgentes: más sombra, climatización y reformas estructurales para que los centros puedan funcionar durante episodios de calor extremo.

La situación es fácil de entender: niños intentando concentrarse en aulas convertidas en invernaderos, profesores dando clase con ventanas abiertas por las que solo entra aire caliente y familias preguntándose si estudiar en esas condiciones es razonable. Pero el problema no se limita a instalar o no aire acondicionado. La pregunta de fondo es cómo adaptar colegios diseñados para otra realidad climática a un escenario de olas de calor más frecuentes, intensas y tempranas.

Aprender en un aula caliente cuesta más

El calor en las aulas no es solo una molestia. Cuando la temperatura sube demasiado, mantener la atención, resolver problemas o seguir una explicación exige más esfuerzo.

Las últimas investigaciones al respecto apuntan en la misma dirección. Un estudio realizado en Estados Unidos, con más de 3 000 estudiantes de quinto curso repartidos en 140 aulas, observó mejores resultados en matemáticas en las clases donde el aire se renovaba con mayor frecuencia. El mismo trabajo encontró que, dentro del rango analizado de 20 a 25 °C, cada grado menos de temperatura se relacionaba con mejores puntuaciones académicas. Otro trabajo basada en 18 estudios previos, concluyó que el rendimiento en pruebas cognitivas y tareas escolares podía mejorar de forma apreciable cuando la temperatura del aula bajaba de 30 °C a 20 °C.

Estos datos no deben leerse como una receta universal, pero sí como una advertencia clara. Un aula sobrecalentada puede convertirse en una barrera silenciosa para la concentración, el bienestar y la igualdad de oportunidades.




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Así adaptamos colegios y patios escolares a las olas de calor


El límite del aire acondicionado

El aire acondicionado puede ser necesario en determinados momentos, especialmente durante episodios extremos o en espacios vulnerables. Sin embargo, convertirlo en la única solución tiene sus inconvenientes. Aumenta el consumo eléctrico, eleva los costes de funcionamiento y desplaza al exterior parte del calor que extrae de las aulas. Además, no todos los colegios tienen la misma capacidad económica o técnica para instalar, usar y mantener estos sistemas.

Este debate llega, además, en un momento clave para la edificación. La actualización del Código Técnico de la Edificación, ligada a la Directiva europea de eficiencia energética, busca avanzar hacia un parque inmobiliario de cero emisiones en 2050 y refuerza una idea básica: antes de climatizar más, hay que reducir la demanda energética de los edificios. En un sector que ya representa alrededor del 40 % del consumo energético mundial, adaptar los colegios al calor no puede consistir simplemente en consumir más electricidad.

Primero, evitar que el aula se recaliente

Una estrategia eficaz frente al calor empieza por una idea sencilla: impedir que el aula se sobrecaliente desde el principio. Esto se consigue con decisiones de diseño pasivo: orientar bien el edificio, proteger las ventanas del sol, mejorar la ventilación, incorporar sombra y vegetación, y usar cubiertas o fachadas que absorban menos radiación. Estos factores pueden marcar una gran diferencia.

Un estudio sobre escuelas primarias en Inglaterra estimó que las aulas orientadas al sureste podían acumular entre cuatro y seis veces más horas de sobrecalentamiento que las orientadas al norte. En una escuela de Chennai, India, el uso de cubiertas reflectantes redujo la temperatura interior entre 3 y 4 °C. Y otro trabajo realizado en patios educativos encontró que la vegetación podía disminuir entre 5 y 7 °C el calor que perciben las personas por la radiación del entorno.

Por eso, toldos, persianas exteriores, aleros, cubiertas ventiladas, patios con sombra, árboles, ventilación cruzada, fachadas claras o materiales reflectantes no son simples mejoras estéticas. Son formas de reducir la radiación solar directa, limitar la entrada de calor y facilitar que el edificio se enfríe cuando la temperatura exterior lo permite.

La lógica es sencilla. Cuanto menos calor recibe el aula desde el exterior, menos energía hará falta después para recuperar unas condiciones confortables.

Aislar es clave, pero no suficiente

Tradicionalmente, la construcción ha respondido al frío y al calor mejorando el aislamiento de cubiertas, fachadas y ventanas para limitar el intercambio de calor entre interior y exterior. Pero esa protección no siempre basta. Incluso en un edificio bien aislado, el aula puede acumular calor durante la jornada escolar por la radiación solar, la presencia de estudiantes y docentes, la iluminación y los equipos.

En ese contexto, los materiales de cambio de fase pueden desempeñar un papel decisivo. No generan frío como un aire acondicionado, sino que almacenan temporalmente parte del calor acumulado para retrasar la subida de temperatura. Integrados en techos, paneles, placas de yeso o morteros, absorben calor durante las horas críticas y lo liberan más tarde, cuando el aula está vacía o puede ventilarse mejor.

Esta capacidad permite retrasar y suavizar los picos de temperatura interior. Algunos estudios muestran reducciones de varios grados y, en ciertos casos, descensos de hasta 6 °C, aunque el resultado depende del clima, del edificio, de la cantidad de material y de su combinación con ventilación, aislamiento y protección solar. La clave no es solo aislar mejor, sino hacer que el edificio responda mejor al calor.




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Colegios preparados para el clima que viene

Adaptar las aulas al calor extremo no es solo una cuestión de comodidad: tiene que ver con salud, igualdad y calidad educativa. Un colegio preparado para el clima que viene no debería limitarse a corregir el calor cuando ya ha invadido el aula, sino anticiparse a él desde el diseño del edificio.

En esa transformación, los materiales de cambio de fase, aquellos capaces de almacenar o ceder energía en forma de calor latente cuanto alcanza el cambio de estado solido-líquido o viceversa, pueden desempeñar un papel silencioso pero decisivo. No siempre veremos cómo funcionan, porque pueden integrarse en paredes, techos o paneles. Pero precisamente ahí está su interés, ayudan a estabilizar la temperatura interior durante las horas críticas y reducen la dependencia de soluciones que consumen más energía.

La verdadera innovación no consiste solo en enfriar más, sino en diseñar aulas que protejan mejor a quienes aprenden y enseñan dentro de ellas. Porque una escuela que no puede hacer frente al calor extremo es, además de un edificio incómodo, un espacio que limita el bienestar, la concentración y las oportunidades de quienes lo habitan.

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Nazaret Ruiz Marín no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Aulas a 40 grados: luchar contra el calor en los colegios no debería depender solo del aire acondicionado – https://theconversation.com/aulas-a-40-grados-luchar-contra-el-calor-en-los-colegios-no-deberia-depender-solo-del-aire-acondicionado-285322

¿Dormir poco ayuda a quemar grasa? Por qué hacer ejercicio tras dormir poco no compensa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Pérez-López, Profesor Titular de Universidad. Ejercicio físico, Nutrición y Metabolismo, Universidad de Alcalá

Voyagerix/Shutterstock

El sueño suele ser lo primero que sacrificamos en el ajetreo de nuestras vidas, pero no debería ser así. Dormir poco se ha convertido casi en una medalla cultural. Hay quien presume de funcionar con cinco horas de sueño, quien recorta descanso para entrenar más temprano y quien intenta ganar tiempo robándoselo a la noche. El problema es que el organismo no interpreta la falta de sueño como productividad, sino como estrés biológico. Nuestra fisiología empieza a cambiar mucho antes de lo que imaginamos.

No hacen falta semanas de insomnio para que aparezcan consecuencias medibles. Una sola noche durmiendo cuatro horas, o no durmiendo en absoluto, puede alterar la capacidad del músculo para generar fuerza o resistencia, empeorar la coordinación neuromuscular o el rendimiento cognitivo, aumentar la percepción de fatiga y modificar cómo el cuerpo utiliza grasas y carbohidratos durante el ejercicio.

En otras palabras, el sueño no es simplemente descanso. Es una parte activa del rendimiento físico, cognitivo y de la regulación metabólica.

Una sola noche durmiendo poco reduce la producción de fuerza

Un estudio reciente con adultos jóvenes entrenados comparó la capacidad de producir fuerza en press de banca y sentadilla tras dormir ocho horas, cuatro horas o pasar la noche en blanco. Los resultados fueron claros. En los hombres, la velocidad de ejecución cayó entre un 10 % y un 15 %. En las mujeres, la resistencia muscular se redujo entre un 7 % y un 12 %.

Pueden parecer cambios pequeños, pero fisiológicamente no lo son. La velocidad de ejecución es uno de los mejores indicadores de la producción de fuerza. Una caída de este tamaño significa que el sistema nervioso y los músculos están coordinándose peor.

Esto importa más allá del deporte. La capacidad de generar fuerza rápidamente está relacionada con la prevención de lesiones, la funcionalidad en el día a día, el envejecimiento saludable e incluso la mortalidad en personas mayores. Dormir poco daña precisamente esa maquinaria.

El músculo no funciona aislado: el cerebro dirige el rendimiento

Un error común es pensar que la fuerza depende únicamente del músculo. Pero el músculo solo ejecuta órdenes. Quien coordina el esfuerzo es el sistema nervioso.

Durante el sueño ocurren procesos esenciales para la función cerebral: restauración energética, regulación sináptica, equilibrio hormonal, eliminación de desechos y consolidación de lo aprendido.

Cuando dormimos poco, se acumula adenosina, disminuye la excitabilidad de la corteza cerebral y empeora la eficiencia de las señales motoras. Por eso, tras una mala noche, el ejercicio se siente más duro aunque la carga sea la misma. En este sentido, en estudios de privación de sueño los participantes suelen reportar más somnolencia o fatiga, peor estado de ánimo, menor memoria o una percepción del esfuerzo notablemente mayor.

La fisiología lo tiene claro: la fatiga no es solo muscular, también es cerebral.

El espejismo de quemar más grasa

La falta de sueño también altera el combustible que usa el cuerpo durante el ejercicio. En otro estudio reciente los investigadores analizaron la oxidación de grasas y carbohidratos en una prueba de resistencia en bicicleta tras dormir ocho horas, cuatro horas o no hacerlo. El hallazgo fue paradójico: después de una noche sin dormir, el organismo aumentó la quema de grasas en un 15 % y redujo la de carbohidratos en un 14 %.

Podríamos pensar, entonces, que dormir poco ayuda a quemar grasa, pero esa interpretación estaría equivocada. El organismo no quema más grasa porque funcione mejor, sino porque está intentando adaptarse a una situación de estrés. La privación de sueño reduce la sensibilidad a la insulina, empeora el control del azúcar en sangre, eleva el cortisol y activa el sistema nervioso simpático.

Cuando el cuerpo utiliza peor la glucosa, aumentar la dependencia de las grasas es una estrategia compensatoria, no una mejora metabólica.

Estos cambios no ocurren para rendir mejor. De hecho, van acompañados de mayor fatiga, peor percepción del esfuerzo, más somnolencia, mayor frecuencia cardíaca y aumentos de la presión arterial

En otras palabras, el organismo trabaja a destajo para hacer frente al estrés de dormir mal, no para funcionar de forma óptima.

Cuando dormir poco se vuelve crónico: el cuerpo no se acostumbra

Una sola noche de mal sueño ya produce efectos medibles, pero el verdadero problema ocurre cuando la privación parcial se convierte en rutina. Dormir seis horas o menos se ha normalizado, a pesar de que el organismo interpreta este hábito como estrés biológico persistente.

A nivel hormonal, el sueño profundo es clave para liberar hormona del crecimiento, sintetizar proteínas y recuperar el músculo. Dormir poco reduce la testosterona, eleva el cortisol y genera un entorno poco favorable para mantener masa muscular. También altera las hormonas del apetito (leptina y grelina, entre otras), lo que explica por qué dormir mal se asocia a más hambre, mayor ingesta calórica y preferencia por alimentos ricos en azucares añadidos y grasas. Muchas personas intentan compensar el cansancio con cafeína, azúcar y comida muy apetitosa.

A largo plazo, la restricción crónica de sueño se relaciona con un aumento de grasa corporal, resistencia a la insulina, inflamación sistémica, deterioro cognitivo y mayor riesgo cardiovascular. En deportistas, además, implica peor recuperación, más lesiones, alteraciones inmunológicas y menor adaptación al entrenamiento.

Uno de los aspectos más peligrosos es que muchas personas sienten que se acostumbran a dormir poco. La ciencia muestra lo contrario: la percepción subjetiva del deterioro se estabiliza antes que el deterioro fisiológico real. El cerebro deja de notar el cansancio, pero el rendimiento cognitivo, metabólico y físico sigue empeorando. Esa falsa adaptación explica por qué tantas personas subestiman el impacto del sueño insuficiente.

El sueño no es tiempo perdido

No todas las capacidades físicas se deterioran igual. Las tareas más afectadas por la falta de sueño son las que exigen precisión, resistencia muscular, toma de decisiones y atención sostenida. Los movimientos explosivos muy breves, como un salto, resisten algo mejor. Por eso alguien puede sentirse capaz de entrenar tras una mala noche, aunque su rendimiento físico general ya esté deteriorado.

Durante décadas, el entrenamiento y la nutrición acapararon toda la atención. Pero la ciencia nos recuerda que no debemos olvidarnos del sueño. Mientras dormimos, reorganizamos energía, restauramos el sistema nervioso, regulamos hormonas, consolidamos aprendizajes y modulamos la inflamación.

Dormir no es dejar de funcionar: es una de las formas más sofisticadas que tiene el cuerpo de seguir funcionando bien. El deterioro empieza antes de lo que creemos. No hacen falta meses de mal descanso, a veces basta una sola noche en vela.

Por tanto, cuando alguien aconseje dormir cuatro o cinco horas para ser más productivo, es importante recordar que la ciencia dice justo lo contrario.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿Dormir poco ayuda a quemar grasa? Por qué hacer ejercicio tras dormir poco no compensa – https://theconversation.com/dormir-poco-ayuda-a-quemar-grasa-por-que-hacer-ejercicio-tras-dormir-poco-no-compensa-283925

Las escritoras hispanoamericanas que han reescrito el mito de Eva

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Carbajosa Pérez, Docente e Investigadora del área de Literatura contemporánea, Universidad Villanueva

_Adán y Eva_ de Ludwig von Hofmann. Wikimedia Commons

El mito bíblico de Adán y Eva, uno de los relatos más influyentes y fecundos de la cultura occidental, ha desempeñado durante siglos un papel decisivo en la configuración de la imagen de la mujer. De la figura de Eva procede la asociación de la mujer con el pecado, la seducción y la culpa. Frente a ello, numerosas escritoras contemporáneas, de distintas nacionalidades y generaciones, han reescrito y reinterpretado el mito con el propósito de exculpar a Eva y dignificar su figura.

A lo largo del siglo XX y de las primeras décadas del XXI, diversas escritoras hispanoamericanas le han dado voz, poniéndose en su piel para afirmar que su historia no es –o no es exactamente– como se ha contado. Más que rechazar el mito, estas autoras lo revisitan y subvierten para cuestionar los modelos femeninos heredados y reivindicar una imagen de la mujer más compleja, diversa y emancipada.

¿Y si Adán y Eva no hubieran mordido el fruto prohibido?

Una de las reinterpretaciones más llamativas aparece en El mundo perdido (1948), de la escritora mexicana Magdalena Mondragón. En esta obra teatral, Eva no es ingenua ni perversa: es valiente, inteligente y amante de la vida.

Pintura de una mujer desnuda que le da una fruta a un hombre frente a ella, en un entorno natural paradisíaco.
El Paraíso según Hans Thoma.
Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

Frente a ella aparece un Adán autoritario y soberbio, pero también temeroso e incapaz de cuestionar las órdenes divinas. Mientras él teme el cambio y defiende la obediencia, Eva reivindica la experiencia humana, incluso con todo lo que implica: dolor, incertidumbre y mortalidad. Adán acaba destruyendo el fruto que Eva desea comer.

Sin embargo, tras dos mil años de felicidad inalterable en un Paraíso donde todo permanece eternamente igual, termina admitiendo su hastío y descontento. El Paraíso se revela entonces como un lugar incompatible con la condición humana. La obra invierte así la interpretación tradicional del Génesis. Comer el fruto prohibido ya no representa una caída moral, sino el comienzo de la verdadera vida humana. Al final, incluso Adán reconoce su error: no haberse atrevido a morder la manzana.

Recuperando la inocencia perdida

En La mujer desnuda (1950), de la uruguaya Armonía Somers, la reescritura del mito adopta una forma más simbólica y perturbadora. La protagonista, Rebeca Linke, rompe con la mujer que había sido hasta entonces el día de su treinta cumpleaños. Emancipada de los prejuicios y convencionalismos socioculturales, inicia desnuda y descalza un recorrido simbólico de liberación, conocimiento y búsqueda de su identidad.

Rebeca se reafirma como una nueva Eva: pura, inocente, libre y profundamente conectada con la naturaleza. Recupera el poder de nombrarse a sí misma y la propiedad de su cuerpo y de su sexualidad, desligándose de las ataduras que asocian a la mujer con el pecado original, la culpa y la subordinación. Se aleja así de la Eva de la interpretación dominante para regresar a una Eva ajena a la idea de pecado. La desnudez ya no es un símbolo de vergüenza y culpabilidad, ahora es una forma de libertad.

La novela muestra, además, cómo una sociedad profundamente represiva reacciona con miedo y violencia ante una mujer que cuestiona y transgrede sus principios socioculturales, sexuales y religiosos.

Eva inicia la Historia

La escritora mexicana Rosario Castellanos recurrió al humor y a la ironía para desmontar los estereotipos femeninos en El eterno femenino (1975).

Pintura de una mujer desnuda de pie a punto de comer un fruto y un hombre detrás de ella observándola.
El hombre, la mujer y la serpiente, de Byam Shaw.
Wikimedia Commons

En esta farsa teatral, Eva aparece como una mujer inteligente, sarcástica y rebelde que cuestiona tanto a Adán como a Dios. El Paraíso deja de ser un lugar ideal para transformarse en un espacio inmóvil, donde nada cambia, nada sucede y nada progresa. Por eso, cuando Eva decide comer el fruto prohibido, lo hace conscientemente.

Su gesto representa el inicio de la Historia, del conocimiento y del progreso humano. La expulsión del Paraíso ya no se interpreta como una tragedia, sino como una conquista: el comienzo de una existencia plenamente humana. La última frase de Eva resume perfectamente esta nueva interpretación del mito: “La historia acaba de comenzar”.

La misión de Eva

También la escritora nicaragüense Gioconda Belli reinterpreta el relato bíblico en El infinito en la palma de la mano (2008). Belli reconsidera el sentido de la transgresión y libera a Eva de la carga de culpa con la que la tradición patriarcal la ha identificado.

En la novela, Eva –vitalista, inquieta, inquisitiva y valiente, frente a un Adán acomodaticio y temeroso– toma el fruto convencida de que está llamada a hacerlo. Una visión le ha revelado que ese gesto dará comienzo a la Historia humana y permitirá la existencia de generaciones futuras. Cree actuar libremente y de acuerdo con la voluntad divina; sin embargo, tras la expulsión comprenderá que se trataba de un hecho inevitable, parte de un designio que la trasciende. Eva se convierte así en cocreadora de la especie.

El acto se resignifica entonces como en el comienzo de la experiencia plenamente humana: el amor, el deseo, el sufrimiento, la conciencia del tiempo y la mortalidad. La novela transforma el mito bíblico en una reflexión sobre el libre albedrío, la responsabilidad y el precio de convertirse verdaderamente en seres humanos.

Pintura de un hombre y una mujer con dos niños en un bosque.
Adán y Eva y la primera familia, de Frans Floris de Vriendt.
Royal Museum of Fine Arts Antwerp

Desmentir lo contado por Adán

La versión más radical quizá sea la de la mexicana Carmen Boullosa en El libro de Eva (2021). La novela parte de una idea provocadora: el relato bíblico que conocemos no sería más que una invención construida por Adán y perpetuada por los hombres.

La Eva de Boullosa, tras años de sufrimiento y silencio, decide escribir por fin su propia versión de la historia para desmentir todo lo que se ha dicho sobre ella, menospreciándola e inculpándola. Ella no fue creada de la costilla de Adán ni introdujo el mal en el mundo al comer el fruto. Al contrario: la mordida fue lo que convirtió a Adán y Eva en seres verdaderamente humanos y lo que los condujo al verdadero Paraíso, la Tierra.

El verdadero problema, sugiere la novela, fueron los relatos construidos por los hombres para justificar la subordinación femenina y legitimar la violencia contra las mujeres. Porque las palabras, afirma, “no solo nombran, hacen”. Eva comprende entonces que nunca debió callarse. Mientras ella guardaba silencio, otros construían y falseaban la historia de las mujeres.

Reescribir los mitos

Reescribir a Eva significa cuestionar la tradición cultural. Las nuevas Evas creadas por estas autoras ya no son figuras pasivas ni pecadoras. Son mujeres curiosas, libres y conscientes; mujeres que desean conocer, elegir y contar su propia versión de la historia.

Estas obras muestran, además, que los mitos no son relatos inmutables ni poseen un significado único y definitivo. Su sentido cambia con el tiempo, las sociedades y las miradas que vuelven a narrarlos.


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The Conversation

Filiación: Profesora e investigadora en la Universidad Villanueva.
Este artículo es resultado del Proyecto competitivo de I+D «ANDRÓMEDA. Mito y representación: actividades teórico-prácticas de innovación en mitocrítica cultural», financiado por la Comunidad de Madrid (REF.: PHS-2024/PH-HUM-76).

– ref. Las escritoras hispanoamericanas que han reescrito el mito de Eva – https://theconversation.com/las-escritoras-hispanoamericanas-que-han-reescrito-el-mito-de-eva-283171

Ya no habrá veranos sin olas de calor en gran parte de Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier Martín Vide, Catedrático de Geografía Física, Universitat de Barcelona

Plaza Szent Gellért, en Budapest (Hungría), a 21 de junio de 2016. Csikiphoto/Shutterstock

Las olas de calor, como las que están afectando a muchos países en junio de 2026, constituyen el riesgo meteorológico más importante que está padeciendo el continente europeo en las primeras décadas del siglo XXI. Al aumento de la temperatura media global del aire se une ahora la ocurrencia, año tras año, de estos fenómenos. Todo ello a causa del cambio climático provocado por las emisiones de gases de efecto invernadero.

Olas de calor más frecuentes, intensas y duraderas

Siempre ha habido olas de calor en Europa y en buena parte del planeta, pero ahora hay que añadir que en el presente siglo ha aumentado su frecuencia, su intensidad y su duración. Con cualquier criterio que se use para la definición de ola de calor, este riesgo ha duplicado por lo menos su ocurrencia en el primer cuarto del siglo XXI respecto al último cuarto del siglo XX.

Su severidad o intensidad también ha aumentado, algo que queda evidenciado en el gran número de temperaturas máximas que se han batido en los últimos años en casi todos los países europeos. Los 40 ºC ya no son exclusivos de la Europa mediterránea, sino que han llegado a París, al sur de Inglaterra, al norte de Alemania y a otros países europeos de clima no mediterráneo.

La temperatura máxima registrada en Francia alcanzó los 46 ºC en Vérargues, Hérault, durante la ola de calor de junio de 2019. En Inglaterra se llegó a superar los 40 ºC durante la ola de calor de julio de 2022, en Coningsby, Lincolnshire. Una ciudad alemana tan septentrional como Hamburgo llegó a 40,1 ºC durante la misma ola de calor. El récord europeo de temperatura máxima es 48,8 ºC en Siracusa (Sicilia, Italia), el 11 de agosto de 2021.

En España la temperatura más elevada ha sido de 47,6 ºC, registrados en La Rambla (Córdoba) durante el mismo gran episodio de calor, el 14 de agosto de 2021. Todos estos son registros acaecidos en el siglo XXI, determinados a partir de series climática largas e incluso seculares.

Gráfico que muestra un aumento de la temperatura global desde 1850 a 2026
Aumento de la temperatura media global del océano y la superficie terrestre para el mes de mayo desde 1850.
NOAA, CC BY-SA

También ha aumentado la duración de las olas de calor, es decir, el número total de días en que se superan los criterios que las definen. El exceso de calor es ahora más persistente que en el siglo pasado.

Además, las olas de calor en el siglo XXI son más tempranas en el calendario que en el siglo XX. Ya ha habido días de mayo en los últimos años, como en el actual 2026, en que el calor ha sido considerable. En el mes de junio ya no son raras las olas de calor, como la de la segunda quincena de junio de 2026, con valores de temperatura muy altos también de noche, o como en junio de 2019.

Este hecho del adelanto del verano y sus olas de calor ha interferido de forma grave en el calendario escolar. En España, en particular, en el último mes del curso escolar, desde finales de mayo a finales de junio, la temperatura en el interior de las aulas sobrepasa a menudo los valores del necesario confort que requiere el aprendizaje y el estudio de los niños y los jóvenes. Lo mismo ocurre al inicio del curso en septiembre, con veranos que se alargan. Está cambiando el calendario climático y esto interfiere en muchas actividades, no solo en las agrarias.

Impacto en el bienestar de los ciudadanos

Así, las olas de calor tienen un impacto notable en la vida y en la economía de muchos ciudadanos europeos, incluyendo un aumento de la morbilidad y la mortalidad. La grave ola de calor de 2003, poco después de arrancar el siglo XXI, produjo unas 70 000 muertes en Europa. Particularmente, Italia, con 20 000; Francia, con unos 15 000; España, con cerca de 12 000, y Alemania, con más de 9 000, fueron los países con un mayor número de víctimas humanas.

El exceso de calor en el norte de Francia y en otros países del centro y norte de Europa evidenció la vulnerabilidad y la exposición de muchos de sus ciudadanos a unas condiciones de calor desconocidas. Poco habituados a este exceso, sin apenas viviendas, ni servicios y espacios públicos con aire acondicionado, como los hospitales, se encontraron indefensos ante el súbito aumento térmico.

Aquella ola de calor de 2003 pilló desprevenidos a los habitantes y a las autoridades de estos países, con una escasa preparación para reaccionar ante un peligro prácticamente desconocido en el norte del continente y más virulento que de costumbre en el sur.

Diferencia en las temperaturas diurnas de la superficie terrestre registradas en julio del 2001 y en el mismo mes de 2003 por el satélite Terra de la NASA.
Cortesía de Reto Stockli y Robert Simmon, basada en datos facilitados por el equipo de Ciencias Terrestres del MODIS

Los valores de temperatura máxima son siempre muy llamativos, pero las temperaturas mínimas elevadas pueden tener también un efecto negativo en la salud humana. La imposibilidad del descanso nocturno reparador altera la salud de las personas de edad avanzada, las más vulnerables, sobre todo si padecen enfermedades crónicas.

Las condiciones de pobreza energética, sin aire acondicionado, de algunos ancianos agravan aún más la situación. Sometidos a estas condiciones, nuestros mayores se debilitan, aumentando los ingresos hospitalarios y, desgraciadamente, la mortalidad. Es ya un problema de salud pública en algunos países.




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¿Qué podemos esperar para los próximos años en Europa?

Sin duda, la temperatura media seguirá aumentando en todo el planeta y en el continente europeo, donde ya lo está haciendo a mayor ritmo que en otros continentes.

Asociado a ello, las olas de calor serán un elemento habitual de todos los veranos. En consecuencia, se impone la necesidad de primar la adaptación a los episodios de altas temperaturas, más incluso en los países del centro y norte de Europa, menos “aclimatados” al calor, que los del sur.

Todos los hospitales, si se excluyen los de latitudes altas, deberán disponer de climatización frente al calor. Las ciudades deben crear redes de refugios climáticos, y las urbes mediterráneas deben reverdecerse, con más parques, jardines, ejes verdes, etc. Además, los tejados y terrados han de ser más frescos, reflectantes y verdes, para disminuir la absorción de radiación solar durante el día.




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Los pueblos blancos del sur de España son un buen ejemplo de arquitectura tradicional que minimiza la absorción de radiación solar. Las calles más concurridas de las ciudades deben sombrearse con toldos en los días de verano. Los suelos duros deben permeabilizarse, para que el agua de lluvia o de riego los empape y, al evaporarse, se refresquen por la pérdida de calor latente o de evaporación.

En resumen, Europa debe prepararse para afrontar temperaturas cada vez más elevadas.

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Javier Martín Vide no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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