COP17 en Mongolie : la diplomatie de la terre à l’épreuve de la crise du multilatéralisme environnemental

Source: The Conversation – in French – By Chloé Maurel, SIRICE (Université Paris 1/Paris IV), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

L’Amazonie recouvre l’un des principaux foyers de déforestation de la planète. En perturbant le cycle de l’eau et en augmentant les risques de catastrophes naturelles, la destruction des forêts contribue largement au phénomène de désertification.
Midia Ninja/Wikimédia, CC BY

L’ESSENTIEL

  • La Mongolie accueille en ce moment la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies de lutte contre la désertification.

  • De nombreux instruments ont déjà été mis en place afin de lutter contre les sécheresses et la désertification galopantes. Ce qui fait défaut relève davantage de la volonté politique et de l’engagement financier.

  • Particulièrement exposée à la dégradation de ses terres, la Mongolie reçoit cette Conférence dans un contexte de fortes turbulences pour le multilatéralisme. La réussite de cette édition dépendra de l’engagement effectif des États et des financeurs privés en faveur de la restauration des terres.


À Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, du 17 au 28 août 2026, près de 200 États se retrouvent autour d’une crise longtemps reléguée au second plan de l’agenda international : celle des sols, des terres dégradées et de la sécheresse. La COP17 (17ᵉ conférence de suivi de la convention sur la désertification, chaque COP étant numérotée selon la convention sur laquelle elle porte) réunit les 197 États et organisations parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, mais aussi scientifiques, organisations internationales, entreprises, ONG, peuples autochtones, agriculteurs et éleveurs. Son slogan, « Restaurer la terre, restaurer l’espoir », résume l’enjeu : transformer les engagements accumulés depuis trois décennies en résultats mesurables.

Jamais la dégradation des terres n’a été aussi grave ; et paradoxalement, jamais les instruments internationaux destinés à y répondre n’ont été aussi nombreux. Pourtant, l’écart entre les ambitions proclamées et les financements effectivement disponibles est immense. À Oulan-Bator se joue donc autant l’avenir des terres que la crédibilité d’un multilatéralisme environnemental fragilisé.

Une crise planétaire qui dépasse largement les déserts

La désertification ne signifie pas simplement l’avancée spectaculaire du Sahara ou du désert de Gobi. Elle désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et sub-humides sous l’effet combiné des facteurs climatiques et humains. Agriculture intensive, déforestation, surexploitation des pâturages, mauvaise gestion de l’eau et artificialisation des sols se conjuguent désormais dramatiquement avec le réchauffement climatique.

40 % des terres émergées de la planète sont aujourd’hui dégradées, affectant près de la moitié de l’humanité. Entre 2015 et 2019, au moins 100 millions d’hectares de terres productives se sont dégradés chaque année.

La sécheresse amplifie cette dynamique. Selon l’ONU, les sécheresses affectent déjà les moyens de subsistance d’environ 1,8 milliard de personnes et représentent plus de 300 milliards de dollars (257 milliards d’euros) de pertes économiques annuelles. Entre les années 1990 et la période récente, près de 78 % des terres de la planète ont connu des conditions plus sèches qu’au cours des trente années précédentes.

Les conséquences sont systémiques : baisse des rendements agricoles, raréfaction de l’eau, insécurité alimentaire, migrations, tensions autour de l’accès aux ressources, perte de biodiversité et fragilisation des États. La sécheresse qui a réduit les flux du canal de Panama, les pertes agricoles en Afrique australe ou les épisodes répétés de sécheresse en Europe montrent que le phénomène n’est plus une question cantonnée au « Sud global ». En Espagne, la production d’huile d’olive a par exemple fortement chuté sous l’effet des épisodes de sécheresse récents et actuels.

La crise est également économique : l’ONU estime à 878 milliards de dollars (750 milliards d’euros) par an le coût de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse. Or, l’investissement nécessaire est sans commune mesure avec les financements actuellement mobilisés. Les estimations de la Convention évoquent entre 2 100 milliards et 2 600 milliards de dollars d’investissements cumulés nécessaires pour atteindre les objectifs de restauration et de résilience.

Trente ans de diplomatie onusienne : des instruments réels, mais des résultats insuffisants

La réponse internationale n’est pas nouvelle. La question de la désertification est entrée dans l’agenda mondial lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992. Elle a donné naissance à la « Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification » (UNCCD), adoptée à Paris en 1994 et entrée en vigueur en 1996. Elle constitue aujourd’hui le seul traité international juridiquement contraignant spécifiquement consacré à la gestion durable des terres.

L’UNCCD travaille en articulation avec les deux autres grandes conventions environnementales issues du processus de Rio – la Convention-cadre sur les changements climatiques, et celle sur la diversité biologique –, mais aussi avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Fonds pour l’environnement mondial et les institutions financières internationales, à savoir la Banque mondiale et le FMI.

Un tournant important est intervenu avec l’adoption, en 2015, de l’Objectif de développement durable 15.3, qui fixe l’ambition de parvenir d’ici 2030 à un monde « sans dégradation nette des terres ». L’UNCCD a développé alors le concept et objectif de « neutralité en matière de dégradation des terres ». Dans ce cadre, 129 pays ont désormais défini des objectifs nationaux volontaires.

Le PNUD accompagne concrètement ces politiques : intégration de la restauration des terres dans les stratégies nationales de développement, projets de gestion durable des sols et de l’eau, soutien aux communautés rurales et mobilisation de financements. Son approche vise à faire de la restauration non seulement une politique environnementale, mais également un instrument de lutte contre la pauvreté et d’adaptation au changement climatique.

Il existe donc sur le terrain des succès concrets. Ainsi, le Botswana a réduit de plus de moitié certains indicateurs de dégradation ; la République dominicaine a restauré d’importantes zones agricoles et bassins versants. Le programme de la « Grande Muraille verte africaine », lancé en 2007 par l’Union africaine, montre ce que le multilatéralisme peut produire à grande échelle.

L’objectif de la Grande Muraille verte africaine est considérable : restaurer 100 millions d’hectares dans le Sahel d’ici 2030, de Dakar à Djibouti. Le bilan reste malgré tout mitigé, avec 1,66 million d’hectares actuellement déclarés en restauration, pour une cible de 100 millions – soit seulement 1,66 % de l’objectif.

Le principal problème reste en fait celui du financement.

La bataille de la sécheresse, une bataille surtout financière

La COP17 ne doit pas seulement proclamer une nouvelle déclaration, mais définir des principes communs : systèmes d’alerte précoce, évaluation des risques, planification nationale, gestion intégrée de l’eau, financement et partage des données scientifiques.

C’est surtout la question financière qui reste la principale pierre d’achoppement. Les 12 milliards de dollars mobilisés dans le cadre du Partenariat mondial pour la résilience à la sécheresse de Riyad, annoncé à la COP16 tenue dans la capitale saoudienne en 2024, restent très éloignés des 2 100 milliards à 2 600 milliards de dollars d’investissements estimés nécessaires.

Autre difficulté : les financements privés ne représentent actuellement qu’environ 6 % des besoins de financement identifiés. L’un des enjeux pour l’ONU, dans un contexte de raréfaction de l’aide publique au développement, est donc de parvenir à mobiliser davantage les entreprises et les investisseurs privés.

Ceux-ci doivent contribuer réellement à la restauration des terres au bénéfice des peuples, et non financer sous couvert de « projets verts » des activités avant tout lucratives pour eux et bénéfiques pour leur image. Les financements venus du secteur privé doivent donc être assortis de garde-fous rigoureux et éviter les conflits d’intérêts.

La Mongolie, acteur géopolitique comme « troisième voisin »

Le choix de la Mongolie n’est pas seulement symbolique. Avec 1,5 million de km2, soit trois fois la France, ce vaste pays compte parmi les territoires les plus exposés à la dégradation des terres : près de 77 % de son territoire est affecté par la dégradation. Les pâturages couvrent environ 70 % du pays et font vivre une grande partie de la population rurale.

Sécheresses, surpâturage, tempêtes de poussière et surtout les « dzuds », ces épisodes hivernaux extrêmes qui déciment les troupeaux, fragilisent directement le modèle pastoral. Le nombre annuel de jours de tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé depuis les années 1960.

Le président mongol a fait de ces questions un axe de la diplomatie du pays. La Mongolie a notamment obtenu de l’Assemblée générale des Nations unies la proclamation de 2026 comme « année internationale des parcours et des pasteurs ». La Mongolie cherche ainsi à transformer sa vulnérabilité en capacité diplomatique : faire reconnaître le pastoralisme non comme une survivance archaïque, mais comme une pratique pouvant contribuer à la conservation des écosystèmes.

Cette diplomatie comporte aussi une dimension géopolitique. Enclavée entre la Russie et la Chine, la Mongolie mène depuis plusieurs décennies une politique dite de « stratégie du troisième voisin », cherchant à diversifier ses partenariats avec l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et les institutions multilatérales. Accueillir une grande conférence de l’ONU permet à Oulan-Bator de renforcer cette insertion internationale tout en attirant investissements et technologies vertes.

Le retour du politique derrière l’écologie

La COP17 se déroule en outre dans un contexte géopolitique particulièrement difficile pour le multilatéralisme. Les tensions entre puissances, la guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient, la rivalité sino-américaine, l’unilatéralisme de grandes puissances comme les États-Unis, et le recul de plusieurs engagements environnementaux rendent plus difficile l’adoption de règles collectives.

Un des problèmes fondamentaux est celui de la souveraineté. Les sols appartiennent aux États ; les politiques agricoles, foncières et hydrauliques relèvent largement des gouvernements nationaux. La Convention peut fixer des orientations, mais elle ne peut imposer aux États de transformer leurs systèmes agricoles.

À cela s’ajoute un conflit classique Nord-Sud : qui doit payer ? Les pays africains et autres États vulnérables – principalement dans le Sud – demandent davantage de financements concessionnels et de transferts de technologies Nord-Sud. Les pays donateurs – surtout dans le Nord – insistent davantage sur la gouvernance, la capacité d’absorption des fonds et la mobilisation du secteur privé.

Le multilatéralisme environnemental souffre moins d’un manque de connaissances que d’un déficit de volonté politique et surtout financière.

Une COP décisive, mais pas une COP miracle

La COP17 peut-elle ainsi sauver le multilatéralisme environnemental ? Probablement pas à elle seule. Mais elle peut contribuer à le réorienter. La lutte contre la désertification possède un avantage politique considérable : cet enjeu est très vaste, il touche simultanément à l’alimentation, à l’eau, à l’emploi, aux migrations, à la biodiversité, au climat et à la sécurité. Cela oblige donc les États à dépasser les cloisonnements institutionnels.

Le véritable enjeu d’Oulan-Bator est là : après trente ans de diplomatie environnementale, le monde ne manque plus de conventions, de programmes, de rapports ou de promesses. Il manque surtout une capacité collective à transformer l’engagement en financements réels et suffisants, et les financements en actions concrètes pour la restauration effective et durable des terres.

The Conversation

Chloé Maurel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. COP17 en Mongolie : la diplomatie de la terre à l’épreuve de la crise du multilatéralisme environnemental – https://theconversation.com/cop17-en-mongolie-la-diplomatie-de-la-terre-a-lepreuve-de-la-crise-du-multilateralisme-environnemental-290199

Protéger les enfants en mobilité au Mali : l’angle mort des dispositifs actuels

Source: The Conversation – in French – By Drahmane Fondo, Associate Researcher (LIRCES, Université Côte d’Azur) & Founder, Réseau EnfanceAfrique.org, Université Côte d’Azur

Dans une rue de Bamako, en octobre&nbsp:2018.
Vincent van Zeijst/Wikimédia, CC BY-NC-SA

L’ESSENTIEL

  • Au Mali, il est relativement fréquent que des enfants ayant grandi dans des villages soient envoyés dans les grandes villes, confiés aux bons soins d’adultes plus ou moins proches de leurs parents.

  • Ces enfants ne sont pas toujours bien traités et, quand ils travaillent, leurs revenus sont souvent partiellement ou totalement confisqués par les personnes d’accueil.

  • Bien que cette réalité soit connue de toutes les parties prenantes – familles, ONG ou autorités publiques—, la réponse collective n’est pas à la hauteur. Des pistes d’amélioration existent pourtant.


Dans le village de Woromana (région de Ségou, centre du Mali), l’histoire de la petite Mariam est connue de tous. Confiée à Bamako à un proche parent, elle est tombée gravement malade, jusqu’à « perdre la raison », selon les termes mêmes des habitants.

Ses parents, informés des mauvaises conditions de vie dans sa famille d’accueil, en ont parlé (et l’information a circulé dans tout le village, puis au-delà) jusque dans les villages environnants. Cette scène, recueillie lors d’une enquête menée à Ségou dans le cadre de mes travaux de doctorat, illustre un mécanisme largement ignoré des dispositifs actuels de protection de l’enfance en Afrique de l’Ouest.

Un système d’alerte informel, mais bien réel

Mon enquête ethnographique – dont les résultats complets sont présentés dans ma thèse de doctorat – menée entre 2017 et 2025 à Bamako et dans plusieurs villages de la région de Ségou met en évidence l’existence d’un mécanisme d’alerte communautaire spontané.

Si la majorité des enfants confiés en circuit urbain conservent un contact avec leur famille d’origine, certaines catégories restent structurellement plus exposées à une rupture totale de ce lien : les enfants « talibés » confiés à un maître coranique, les filles employées comme aide domestique, parfois par des intermédiaires sans lien de parenté, et les enfants ayant fui et rejoint la rue à la suite d’un confiage marqué par la maltraitance.

Lorsqu’un enfant confié à une famille d’accueil urbaine subit de mauvais traitements, l’information remonte au village par l’intermédiaire d’autres enfants, de tuteurs ou de proches et se diffuse rapidement de bouche à oreille jusqu’aux limites du village et parfois des villages voisins. Ce récit collectif devient alors, pour des parents souvent démunis face à la situation de leur enfant, une forme de parole libérée.

Des enfants en situation de mendicité à Bamako, Mali. La rue devient, pour certains enfants en rupture avec leur famille d’accueil, un espace de survie quotidien.
Drahmane Fondo, Fourni par l’auteur

Ce mécanisme communautaire se double, en milieu urbain, d’un second dispositif informel : la diffusion du téléphone portable, qui a rendu possible un contact désormais rarement rompu entre l’enfant confié et ses parents d’origine. Les appels réguliers permettent de mettre en œuvre une forme de surveillance à distance qui n’existait pas il y a une génération. Ces deux mécanismes – le récit villageois par effet boule de neige et le contact téléphonique – se combinent parfois directement à travers une alerte donnée par un village voisin, ou un appel resté sans réponse rassurante, qui déclenche l’intervention d’une famille d’origine.

Le retour des enfants au village, lorsqu’il survient, n’est cependant pas non plus une simple fin heureuse. Les familles observent fréquemment un changement de comportement chez l’enfant de retour, dont le mode de vie urbain entre parfois en tension avec les réalités villageoises. Certains garçons adoptent des habitudes nouvelles pour leur communauté d’origine, allant jusqu’à des formes de délinquance rarement observées avant leur départ. C’est un signe que ce second point de rupture, largement sous-documenté, mérite une attention comparable à celle portée au départ initial de l’enfant.

Un maillon fragile : quand les intermédiaires deviennent un risque

Ce système d’alerte communautaire, aussi précieux soit-il, ne doit cependant pas être idéalisé. Mon enquête de terrain révèle qu’il reste souvent inefficace, en particulier lorsque les enfants transitent par des intermédiaires sans lien de parenté réel avec eux, par exemple des femmes originaires du village, installées à Bamako, qui hébergent temporairement des filles avant leur placement comme aide domestique dans une famille urbaine. Plusieurs cas documentés montrent que ces intermédiaires prélèvent une partie du salaire de l’enfant ou perçoivent une commission sur son placement.

Les intermédiaires ne sont cependant pas les seuls acteurs de cette captation. Mon enquête documente également des cas où les familles employeuses elles-mêmes détournent, partiellement ou totalement, le salaire dû à l’enfant au moment où celui-ci doit être versé, souvent après plusieurs mois d’accumulation. Ce détournement s’accompagne parfois d’accusations fabriquées de vol, permettant à la famille employeuse de renvoyer l’enfant sans jamais lui régler la somme due. Ce mécanisme se répète d’autant plus facilement que ces enfants, une fois ainsi dépossédés, ne disposent d’aucun recours identifiable pour faire valoir leurs droits. Cette absence de circuit de réclamation interroge directement l’effectivité de la protection légale des mineurs travailleurs.

On observe aujourd’hui, à Bamako et dans d’autres grandes villes, l’émergence de véritables réseaux informels de placement, où des femmes proposent des services d’aide domestique en captant une partie de la rémunération des enfants placées, sans le moindre contrat écrit ni supervision des services publics compétents.

L’absence de tout circuit permettant à ces enfants de faire valoir leurs droits en cas d’abus constitue une lacune majeure qui se distincte des deux mécanismes de protection informels décrits plus haut. Ni le réseau villageois ni le suivi téléphonique ne peuvent agir efficacement lorsque l’exploitation provient de l’intermédiaire de confiance lui-même.

Traiter les symptômes, rarement les causes

Ces mécanismes informels de protection et leurs limites demeurent largement absents des dispositifs institutionnels actuels. Malgré un cadre légal complet (conventions internationales ratifiées, législation nationale, interventions de nombreuses organisations non gouvernementales), le nombre d’enfants en situation de rue continue de croître de façon significative au Mali. Les données statistiques officielles restent marginales sur le sujet et les rares études disponibles proviennent presque exclusivement de rapports d’activités produits par les organisations elles-mêmes.

Mes travaux montrent que la plupart des organisations non gouvernementales interviennent pour porter assistance aux enfants déjà en situation de précarité dans la rue, sans pouvoir agir sur l’origine de leurs souffrances. Une origine que mes recherches attribuent, pour une part importante, aux nouvelles pratiques de confiage qui se sont éloignées de leur fonction protectrice traditionnelle. Autrement dit, les dispositifs actuels traitent presque exclusivement le symptôme final, quand les mères de Woromana et d’ailleurs identifient déjà, au quotidien, l’origine réelle du problème.

Entretien mené auprès de mères dont les enfants sont en mobilité à Bamako, Mali. Ces témoignages ont permis de documenter l’inquiétude et la vigilance des familles d’origine face aux conditions de vie de leurs enfants confiés en ville.
Drahmane Fondo, Fourni par l’auteur

Le droit malien encadre pourtant plusieurs aspects de cette question. La loi d’orientation sur l’éducation n° 99-046 du 28 décembre 1999, modifiée par la loi n°2022-010 du 3 juin 2022, rend la scolarité obligatoire et gratuite pour tout enfant à partir de 6 ans, pour un cycle de 9 ans menant au diplôme d’études fondamentales.

Le Code pénal malien, entré en vigueur le 13 décembre 2024 (loi n°2024-027), sanctionne par ailleurs l’incitation d’un mineur à la mendicité (article 242-91), une disposition documentée dans des travaux de recherche menés à Bamako et Ségou. Dans la pratique, l’application de ces textes demeure inégale et un grand nombre d’enfants placés en apprentissage précoce échappent de fait à l’obligation scolaire, sans que cet écart entre le droit et la pratique ne fasse l’objet d’un suivi systématique.

Cette question se pose également à l’échelle institutionnelle. Les écoles coraniques, non reconnues dans le système éducatif formel malien, se trouvent en dehors du périmètre d’intervention défini pour les organisations non gouvernementales. Un échange avec le bureau de l’Unicef à Bamako a permis de confirmer que toute intervention structurée auprès des enfants qui y sont confiés reste conditionnée à une clarification de ce statut, actuellement non tranchée. Une situation qui laisse des milliers d’enfants hors de portée de tout accompagnement, alors même que le mécanisme d’alerte villageoise décrit plus haut pourrait, s’il était reconnu et soutenu, contribuer à documenter précisément l’ampleur de ces situations.

Ce que les bailleurs peuvent changer

Trois orientations concrètes se dégagent de ce constat pour les bailleurs et les organisations engagées sur ces questions.

D’abord, investir davantage dans la recherche ethnographique préalable, permettant d’identifier l’origine des problèmes avant d’en traiter uniquement les symptômes. Cette étape est aujourd’hui très peu valorisée dans le cycle de financement classique. Ensuite, exiger l’implication sincère de l’ensemble des acteurs concernés à chaque niveau de décision, y compris les familles elles-mêmes et les autorités traditionnelles, dont la connaissance fine des dynamiques communautaires reste largement sous-exploitée. Enfin, privilégier l’observation directe des réalités de terrain comme mécanisme d’évaluation prioritaire, plutôt que des rapports produits à distance des situations qu’ils prétendent documenter.

Un dernier constat mérite d’être posé sans détour : l’existence de textes de loi ne suffit pas à elle seule. Sans un accompagnement soutenu de leur application effective, associant État, société civile et recherche de terrain, les dispositions déjà inscrites dans le droit malien et les conventions internationales resteront, pour beaucoup d’enfants concernés par cette mobilité, une protection qui existe sur le papier davantage que dans leur quotidien.

The Conversation

Drahmane Fondo est membre d’organisation. Je suis fondateur et président du Réseau EnfanceAfrique.org et de l’AMAPISE, association mentionnée dans cet article, mais je ne reçois aucune rémunération financière de cette structure et n’en tire aucun bénéfice commercial.

– ref. Protéger les enfants en mobilité au Mali : l’angle mort des dispositifs actuels – https://theconversation.com/proteger-les-enfants-en-mobilite-au-mali-langle-mort-des-dispositifs-actuels-289937

Así funciona a nivel molecular la nueva terapia contra el melanoma

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lluís Montoliu, Investigador científico del CSIC, Centro Nacional de Biotecnología (CNB – CSIC)

New Africa/Shutterstock

Los resultados, aparentemente positivos, de un ensayo clínico en fase 3 que persigue validar la seguridad y eficacia de una nueva terapia contra el melanoma (cáncer de piel) han saltado a los titulares de los medios de todo el mundo en los últimos días. Parte de su éxito se basa en la tecnología del ARN mensajero (ARNm), la misma que nos salvó de la pandemia de covid-19 y la misma que, por desgracia, ha sido injustamente atacada por la nueva Administración estadounidense por motivos extracientíficos.

El nuevo tratamiento antitumoral, posible gracias a la colaboración entre Merck Sharp & Dohme (MSD) y Moderna, consiste en una combinación de dos componentes llamados intismeran autogene y pembrolizumab.

Un freno al sistema inmune

Pembrolizumab, también conocido como Keytruda, corresponde a un anticuerpo monoclonal desarrollado contra un receptor de membrana de los linfocitos llamado PD-1. Esta proteína frena la respuesta de nuestro sistema inmunitario –tiene una función reguladora negativa–, tal como identificó el investigador japonés Tasuku Honjo, galardonado con el Premio Nobel de Fisiología o Medicina 2018 por este descubrimiento. El premio fue compartido con James Allison, que descubrió otra molécula análoga, llamada CTL-4, con una actividad similar a PD-1. Si bloqueamos PD-1 o CTL-4 conseguimos potenciar nuestra inmunidad, incrementarla y reaccionar más agresivamente contra las células tumorales. Es el primer paso de los tratamientos del cáncer mediante inmunoterapia, que tantas vidas han salvado en los últimos años.

El segundo componente de la nueva terapia contra el melanoma, intismeran autogene (también conocido como mRNA-4157 o V940), contiene un conjunto de ARNm. Se trata de moléculas a medio camino entre el ADN de nuestro genoma (instrucciones genéticas) y las proteínas codificadas (las que realizan la función) en un melanoma concreto en un paciente específico.

Katalin Karikó y Drew Weissman descubrieron en 2005 que es posible estabilizar y evitar la degradación de las moléculas de ARNm sustituyendo uno de sus componentes, uridina, por otro químicamente muy similar, pseudouridina. Las empresas Moderna y BioNtech (en colaboración con Karikó y Weissman) aplicaron esta tecnología para desarrollar un ARNm que codificaba la proteína S de la espícula del coronavirus SARS-CoV-2 y, con ello, obtuvieron la primera vacuna efectiva contra la covid-19 que salvó la vida de millones de personas en todo el mundo, lo que les llevó a ser galardonados con el Premio Nobel de Fisiología o Medicina en 2023.

La buena noticia es que el ARNm estabilizado no solamente puede usarse como vacuna sino también como terapia antitumoral.

Trabajando con la firma genética de los tumores

En cada paciente de cáncer se acumulan un montón de mutaciones que afectan a diversas proteínas intracelulares. Estas proteínas mutadas son procesadas por las células y presentadas al sistema inmunitario en el exterior celular en combinación con las moléculas del complejo mayor de histocompatibilidad para que puedan ser reconocidas, y atacadas, por nuestro sistema inmunitario. Se denominan neoantígenos, es decir, antígenos nuevos. Son únicos para cada paciente y resultan altamente efectivos como dianas para terapias antitumorales mediadas por linfocitos T.

Lo que esta terapia innovadora propone es, precisamente, obtener la firma genética del tumor de melanoma de cada paciente para poder seleccionar en el laboratorio las secuencias de hasta 34 ARNm que codifican neoantígenos, específicos de esa persona con cáncer, y administrarlas dentro de una “gotita” de grasa (una nanopartícula lipídica, en la jerga).

Una vez dentro de las células, estos 34 ARNm se combinan en una sola molécula muy larga y se traducen en forma de proteínas mutantes, que se presentan en el exterior de las células para estimular todavía más la respuesta antitumoral de los linfocitos T. Por eso también nos referimos a estas terapias como “vacunas contra el cáncer”.

Aunque todavía no hemos visto los datos del ensayo clínico, los anuncios lanzados desde las empresas promotoras auguran un éxito destacable de esta nueva terapia para tratar a pacientes con melanoma. Tendremos que esperar a ver la presentación de estos resultados en algún congreso científico o médico. O, mejor todavía, esperar a la publicación de los resultados de este ensayo clínico en alguna revista científica, tras la preceptiva revisión por pares, para confirmar inequívocamente el éxito que ya se anticipa para el tratamiento del melanoma, uno de los cánceres más agresivos y con peor pronóstico que conocemos.

Si se confirma su validez, sus beneficios podrían extenderse a otros tipos de cáncer.


El artículo original fue publicado en el blog del autor.


The Conversation

Los contenidos de esta publicación y las opiniones expresadas son exclusivamente las del autor y este documento no debe considerar que representa una posición oficial del CSIC ni compromete al CSIC en ninguna responsabilidad de cualquier tipo.

– ref. Así funciona a nivel molecular la nueva terapia contra el melanoma – https://theconversation.com/asi-funciona-a-nivel-molecular-la-nueva-terapia-contra-el-melanoma-290366

De Versalles a TikTok: llevamos siglos ‘farmeando aura’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sandra Bravo Durán, Socióloga y Doctora en Creatividad Aplicada, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

_La recepción del Gran Condé por Luis XIV (Versalles, 1674)_, de Jean-Léon Gérôme. Musée d’Orsay

Hay expresiones que parecen destinadas a morir rápido. “Farmear aura” tiene todas las papeletas: nació en internet, suena ligeramente absurda fuera de contexto y probablemente será sustituida por otra antes de que los adultos terminen de entenderla. Pero precisamente por eso merece atención: detrás de esa fórmula fugaz hay una obsesión social bastante más antigua que TikTok.

Tener aura, en el lenguaje de las redes, significa poseer una especie de magnetismo difícil de explicar: presencia, seguridad, estilo, misterio, esa capacidad de resultar interesante sin parecer demasiado interesado en conseguirlo. Farmearla consiste en hacer cosas que aumenten ese capital invisible. Resolver una situación incómoda sin inmutarse suma puntos; tropezarse cuando todos miran o esforzarse demasiado por parecer cool puede provocar una auténtica bancarrota simbólica. El Cambridge Dictionary ya recoge aura farming como la práctica de realizar acciones destinadas a proyectar una personalidad atractiva o interesante.

Internet incluso ha inventado una contabilidad imaginaria: “+1 000 puntos de aura”, “-5. 000”, “aura infinita”. La broma funciona porque todos entendemos perfectamente qué se está puntuando: la palabra es nueva; la conducta, no tanto.

Durante siglos hemos usado palabras distintas –honor, gracia, elegancia, distinción, carisma, cool, capital simbólico– para nombrar distintas formas de una misma obsesión: proyectar algo que los demás reconozcan como especial. TikTok simplemente ha actualizado el vocabulario.

Antes del algoritmo estaba Versalles

Si TikTok hubiera existido en el siglo XVII, Luis XIV probablemente habría entendido bastante bien su lógica. En Versalles, levantarse, vestirse o comer podían convertirse en ceremonias minuciosamente reguladas. La proximidad al monarca era un privilegio y participar en determinados momentos de su rutina comunicaba posición social.

La corte funcionaba mediante una compleja red de etiquetas, ceremonias, jerarquías e interdependencias. Versalles era una gigantesca arquitectura del prestigio. Luis XIV no se limitaba a tener poder: debía escenificarlo. El palacio, la ropa, las fiestas, el protocolo y hasta la administración de sus apariciones contribuían a fabricar una figura excepcional.

Dicho en nuestro idioma, Luis XIV estaba farmeando aura a escala estatal. La diferencia es que entonces hacían falta un palacio, una corte y cientos de espectadores para sostener la representación. Hoy basta un móvil con cámara.

‘Sprezzatura’: el viejo arte de parecer que no nos esforzamos

Uno de los mejores antepasados del aura farming quizá no fuera un rey, sino un dandi.

Acuarela de un hombre vestido de forma elegante a principios del siglo XIX.
Acuarela de Richard Dighton en la que se retrata a George ‘Beau’ Brummell.
Wikimedia Commons

A comienzos del siglo XIX, George “Beau” Brummell convirtió algo aparentemente trivial –vestirse y comportarse de determinada manera– en una extraordinaria fuente de influencia social. Su estilo huía de la extravagancia y apostaba por la precisión, la sobriedad y una atención casi obsesiva al detalle. Su verdadero talento, sin embargo, era conseguir que nada de aquello pareciera costarle demasiado. Esa mezcla de enorme preparación y aparente despreocupación fue central en su forma de entender la elegancia.

Brummell perfeccionó así una de las leyes fundamentales del aura: cuanto más evidente resulta el esfuerzo por parecer interesante, menos interesante parece uno.

Pero la idea ya era antigua. En 1528, Baldassare Castiglione había formulado en El cortesano el concepto de sprezzatura: la capacidad de ejecutar algo difícil haciendo que parezca fácil, ocultando el esfuerzo y el artificio que hay detrás. Una sofisticación perfectamente ensayada que debe presentarse como espontánea.

Cinco siglos después seguimos premiando exactamente lo mismo. Un vídeo aparentemente improvisado puede necesitar treinta tomas; un estilismo “sin pensar” puede haber requerido una hora; una persona puede haber dedicado años a construir un conocimiento cultural que luego parece intuitivo.

Trabajamos muchísimo para parecer espontáneos.

Cuando el aura se convierte en competición

Las actuales aura battles trasladan ese juego a una competición casi literal.

Recuerdan a las batallas del breaking y otras danzas urbanas, nacidas en el ecosistema del hip-hop neoyorquino de los años setenta, donde dos bailarines se enfrentan por turnos y no sólo cuenta la dificultad técnica, sino también la actitud, la respuesta al rival y el carisma.

Pero nos remiten a algo mucho más reconocible para cualquiera que haya visto suficiente cine adolescente: las batallas de animadoras, los concursos en el baile de fin de curso o esas escenas de instituto en las que dos grupos se desafían mientras todo el gimnasio decide quién acaba por dominar la situación.

Cambian los movimientos, pero la lógica es parecida: no basta con hacerlo bien; hay que conseguir apropiarse de la escena.

En las nuevas aura battles, esa segunda dimensión se convierte directamente en el objetivo. Gestos, poses, memes o pequeños movimientos sirven para decidir quién triunfa. Ya no se compite tanto por hacer algo difícil como por hacer que algo parezca memorable. Es el carisma convertido en deporte de competición.

Y eso revela algo importante: el aura nunca depende sólo de quien la posee. Necesita alguien que la reconozca.

Bourdieu habría entendido perfectamente los ‘aura points’

El sociólogo francés Pierre Bourdieu seguramente no habría hablado de farmear aura, pero habría reconocido enseguida el mecanismo.

En La distinción explicó cómo nuestros gustos también funcionan como formas de clasificación social. La música que escuchamos, los libros que leemos, la ropa que elegimos o los restaurantes que conocemos no expresan únicamente preferencias personales: también comunican familiaridad con determinados códigos.

Bourdieu llamó capital cultural a esos conocimientos y competencias. Cuando obtienen reconocimiento social pueden convertirse en capital simbólico: prestigio, legitimidad y autoridad.

O, dicho de manera bastante menos académica, aura points (puntos de aura).

Reconocer un bolso sin logotipo, conocer a un diseñador antes de que se haga masivo o descubrir un restaurante antes de que TikTok lo convierta en peregrinación puede producir distinción. El alemán Georg Simmel añadió otra pieza importante al explicar que la moda vive de la tensión entre imitación y diferenciación: queremos pertenecer, pero no llegar cuando ya ha llegado todo el mundo.

También el aura tiene timing.

Todos actuamos, pero ahora alguien lleva la cuenta

El sociólogo canadiense Erving Goffman describió la vida social como una representación: presentamos versiones de nosotros mismos ante distintas audiencias y tratamos de gestionar la impresión que producimos.

Las redes han añadido una complicación deliciosa: ahora también convertimos el supuesto backstage en contenido. La foto accidental, el vídeo “sin preparar”, el libro casualmente olvidado encima de la mesa… hasta la espontaneidad puede tener dirección artística.

Y ahí farmear aura introduce una forma curiosa de sinceridad. Cuando decimos que alguien lo está haciendo reconocemos la performance y, aun así, estamos dispuestos a premiarla si funciona.

Walter Benjamin utilizó precisamente la palabra aura para pensar aquello que hacía singular e irrepetible a una obra frente a su reproducción técnica. Para Benjamin, la reproducción erosionaba precisamente esa unicidad.

La coincidencia resulta especialmente bonita hoy. Vivimos en una cultura donde casi todo puede copiarse –un look, una pose, una estética, una canción– y quizá por eso valoramos todavía más aquello que parece difícil de reproducir: la presencia, el gesto, la seguridad, el timing. Puede que dentro de unos meses nadie vuelva a decir farmear aura, pero el comportamiento sobrevivirá.

Quizá lo verdaderamente contemporáneo sea haber convertido en juego algo que antes ocurría en silencio. Siempre hemos evaluado quién tenía presencia, quién dominaba una habitación o quién parecía necesitar demasiado nuestra aprobación. La diferencia es que ahora esa intuición tiene nombre, meme y puntuación.

TikTok no inventó el aura. Solo tuvo la cortesía de ponerle marcador.


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Sandra Bravo Durán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De Versalles a TikTok: llevamos siglos ‘farmeando aura’ – https://theconversation.com/de-versalles-a-tiktok-llevamos-siglos-farmeando-aura-290373

De la autenticidad al código de descuento: qué hay detrás de la caída de los ‘influencers’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Beatriz Feijoo, Profesora Titular de Publicidad, Universidad Villanueva

MAYA LAB/Shutterstock

“No es oro todo lo que reluce”, dice el refrán. Tal vez esa frase describe bien el momento que viven los influencers. Durante años, su atractivo se basó en una promesa muy poderosa. Parecían cercanos, auténticos y espontáneos. No hablaban como una marca, sino como alguien que recomienda desde su propia experiencia. Pero cuando muchos contenidos empiezan a sonar a colaboración, código de descuento o estrategia de venta, esa promesa pierde valor. Y la confianza, que tarda mucho en construirse y muy poco en romperse, empieza a debilitarse.

El debate no es nuevo. Sin embargo, parece que ahora es más intenso. Las críticas ya no apuntan solo a una persona en particular, a una polémica concreta o a una campaña desafortunada. Lo que se empieza a cuestionar es algo más profundo. Se habla de la ética y la honestidad del propio formato.

Cuando el formato pierde frescura

Durante años, los influencers basaron su atractivo en una promesa difícil de copiar por la publicidad tradicional. Parecían auténticos, cercanos y espontáneos. No hablaban como una marca, sino como alguien “de los nuestros” que compartía rutinas, gustos, compras, viajes, comidas o formas de entender el bienestar. Esta fórmula funciona muy bien con las nuevas generaciones, que están acostumbradas a contenidos fluidos, personales y mezclados con el entretenimiento. Ahí reside buena parte de su poder: su eficacia no depende solo del producto que recomiendan, sino del vínculo previo que han creado con su comunidad. Por eso, cuando aparece una recomendación comercial, no se percibe como un anuncio aislado, sino como parte de una relación de familiaridad.

Pero esa misma fortaleza empieza a mostrar sus límites. Cuando todo parece que puede convertirse en colaboración, código de descuento o campaña, el formato pierde frescura. Lo que antes sonaba espontáneo ahora se siente repetitivo. Lo cercano parece calculado. La recomendación se vuelve un escaparate permanente. La saturación publicitaria no solo cansa: erosiona el sentido original del influencer como figura próxima, creíble y diferenciada.

El problema no es que hagan publicidad

Las nuevas generaciones no son ingenuas ante el fenómeno. Para muchos adolescentes, la relación entre creadores y marcas no les resulta rara ni sorprendente. Es parte de lo que significa ser influencer. En estudios cualitativos con adolescentes españoles, estos perfiles se describen como celebridades digitales, modelos de entretenimiento y figuras ligadas a marcas, seguidores y consumo. Es decir, los jóvenes no ven la presencia comercial como algo fuera de lugar: la consideran parte del trabajo del creador.

El problema, por tanto, no es que los influencers vendan productos. Vender forma parte de su modelo profesional y es totalmente legítimo. Lo delicado aparece cuando esa relación se desarrolla en un ecosistema de ambigüedad comercial, donde recomendación, opinión, entretenimiento y publicidad se mezclan hasta volverse difíciles de distinguir.

Los jóvenes pueden saber que los influencers trabajan con marcas y, aun así, no siempre contar con las claves necesarias para entender cuándo están ante una opinión, una recomendación sincera o una estrategia publicitaria. No son ingenuos, pero sí pueden llegar a naturalizar esa ambigüedad como parte normal del entorno digital. Y lo hacen como prosumidores en formación: miran, imitan, comparten, recomiendan y crean contenidos bajo lógicas de visibilidad, aspiración y marca personal. Por eso, lo que está en juego no es la publicidad en sí, sino la honestidad del vínculo con quienes escuchan, miran y confían.

A esa saturación se suman la desconexión con la vida real, el abuso del lujo aspiracional y la ligereza con la que algunos perfiles opinan sobre temas complejos. La crisis, por tanto, no es solo comercial: es también ética.

Referentes de las nuevas generaciones

Esa ambigüedad importa porque los influencers no son una presencia secundaria en la vida digital de los menores. Forman parte de su día a día y, muchas veces, de sus metas. No solo ven qué compran. También observan cómo se muestran, cómo hablan de su cuerpo, qué comen, cómo entrenan, qué marcas apoyan o qué estilo de vida muestran como deseable. Más allá de seguir a creadores de contenidos, aprenden de ellos cómo estar, consumir, mostrarse y convertir la propia visibilidad en valor.

Y buena parte de ese aprendizaje ocurre sin que nadie tenga que enseñar nada de manera explícita. Los menores observan qué comportamientos reciben atención (likes), qué formas de mostrarse generan reconocimiento (followers) y qué estilos de vida parecen conducir al éxito. El influencer se convierte así, lo quiera o no, en algo más que una fuente de entretenimiento o una nueva figura publicitaria: actúa como un modelo social. La pregunta que nos debe preocupar como sociedad no es solo cuánto tiempo pasan niños y adolescentes siguiendo a estos perfiles, sino qué están aprendiendo mientras los siguen.




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Ante este escenario, la respuesta educativa no puede limitarse a prohibir, controlar el tiempo de pantalla o repetir a los menores que “no todo lo que ven en redes es verdad”. Necesitamos enseñarles a mirar detrás del contenido. Que aprendan a preguntarse por qué alguien les recomienda un producto, qué gana con ello, por qué confían en esa persona o si tener miles de seguidores convierte realmente a alguien en una voz autorizada. Y también algo quizá más difícil: reconocer cuándo un contenido está influyendo en sus propios deseos, en la imagen que tienen de sí mismos o en lo que consideran necesario para encajar.

Los menores cada vez son más competentes para reconocer cuando un vídeo tiene publicidad. Sin embargo, pueden no percibir cómo el goteo constante y, a veces, casi bombardeo de determinados cuerpos, productos o estilos de vida va modificando lo que entienden por normal, deseable o necesario.

Educar en cultura digital significa precisamente darles herramientas para moverse en un entorno en el que entretener, influir y vender ocurren muchas veces al mismo tiempo. No se trata de criar adolescentes desconfiados de todo, sino de formar espectadores y futuros creadores capaces de detenerse, hacerse preguntas y decidir con mayor autonomía.

La responsabilidad de las marcas

La responsabilidad no recae solo en los creadores. Las marcas también juegan un papel importante en el tipo de influencia que respaldan y validan. Durante bastante tiempo, muchas campañas han primado el alcance, la cantidad de seguidores o la rapidez de la conversación. Sin embargo, en tiempos de creciente desconfianza, tal vez la pregunta clave ya no sea quién llega a más personas. Ahora es más relevante quién representa mejor los valores de la marca y mantiene una relación honesta con su comunidad. A veces, menos es más: menos volumen, menos oportunismo y más credibilidad.

Para combatir la ambigüedad comercial, no basta con poner una etiqueta que diga “publicidad” o “colaboración pagada”. La transparencia es importante, pero no suficiente. También hacen falta autenticidad, coherencia y responsabilidad. La publicidad no tiene que desaparecer del mundo de los influencers, pero sí debe ser clara, veraz y honesta, especialmente cuando se dirige a un público joven.

Los influencers no están desapareciendo, pero sí está cambiando la manera en que los percibimos. Y quizá sea una buena noticia. Su crisis no debería leerse solo como una anécdota de redes, sino como una oportunidad para revisar cómo se construye la confianza en el entorno digital. Especialmente cuando quienes están al otro lado de la pantalla son niños y adolescentes.

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Beatriz Feijoo recibe fondos del Ministerio de Ciencia e Innovación, proyecto de investigación ref. PID2024-155709NB-I00 (DIGETHICA).

Helena López-Bueno no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De la autenticidad al código de descuento: qué hay detrás de la caída de los ‘influencers’ – https://theconversation.com/de-la-autenticidad-al-codigo-de-descuento-que-hay-detras-de-la-caida-de-los-influencers-290214

¿Influye el origen socioeconómico en la implicación académica y el esfuerzo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Patricia Lorente Labrado, PhD student in Social Sciences, Universidad Carlos III

Hananeko_Studio/Shutterstock

El esfuerzo se ha convertido en una palabra recurrente del debate público. Representantes políticos apelan con frecuencia a la “cultura del esfuerzo” como motor del éxito personal, una idea que entronca con un ideal más amplio y familiar: el de la meritocracia, la creencia de que cada cual acaba donde su talento y su empeño le permiten llegar. Detrás de estas ideas late una asunción poderosa: que esforzarse es, únicamente, una cuestión de voluntad individual.

Esa asunción, sin embargo, es más frágil de lo que parece. No todas las personas parten del mismo punto: mientras algunas disponen de todas las condiciones para esforzarse en una determinada tarea, las de otras se ven mermadas por circunstancias que escapan a su voluntad.

Hasta hace poco apenas existía evidencia empírica sobre cómo se relaciona el esfuerzo con el origen social. Una de las razones es puramente técnica: medirlo de forma fiable es sorprendentemente difícil. Esto deja el terreno abonado para teorías incompletas que alimentan la idea de que todos tenemos la misma capacidad de esforzarnos, sin una explicación rigurosa de cómo afectan la socialización o el acceso a recursos materiales.

En nuestro reciente estudio hemos observado cómo influye el entorno socioeconómico en esta capacidad humana.

Cómo se mide el esfuerzo

Medir el esfuerzo despierta un enorme interés en las ciencias sociales, pero el campo ha tropezado durante años con un obstáculo metodológico. La opción más sencilla –preguntar a los propios individuos o a su entorno– resulta problemática, porque nos cuesta evaluar de manera objetiva nuestro propio esfuerzo y las respuestas pueden estar sesgadas precisamente por las características sociales que se quieren estudiar. La alternativa –medir el rendimiento en tareas cotidianas de trabajo o estudio– tampoco sirve: corre el riesgo de confundir el esfuerzo con la habilidad, porque esas tareas muchas veces son difíciles.

Hemos sorteado este problema aplicando una nueva forma de medición: en lugar de fiarnos de autoevaluaciones o de recurrir a tareas difíciles, diseñamos ejercicios lo bastante sencillos como para no depender de la habilidad, pero exigentes en términos de constancia, diseñados para medir concentración, atención y autocontrol en estudiantes. Es decir, ejercicios que precisaban para su ejecución un cierto esfuerzo cognitivo y compromiso con la tarea, pero su ejecución era fácil para cualquier participante.

La ventaja de ese diseño es que la puntuación obtenida depende del esfuerzo invertido: quien más puntos suma es, por tanto, quien más se ha esforzado.




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Además, se aplicaron diferentes condiciones para el desempeño de esfuerzo. Cada tarea se realizó en tres escenarios distintos: sin recompensa alguna, con pequeños obsequios y en una situación de competición con reconocimiento simbólico. Comparar el rendimiento entre estas condiciones permite averiguar no solo cuánto se esfuerza cada estudiante, sino bajo qué incentivos lo hace, y cómo se relaciona ese patrón con el origen social.

En total participaron 1 360 alumnos y alumnas de quinto de primaria de Madrid y Berlín, repartidos en 60 clases de 32 centros escolares.

Una brecha pequeña que borran las recompensas

Los resultados muestran que el alumnado de origen socioeconómico más desfavorecido –medido aquí por el nivel de estudios de los padres– presenta, de partida, una disposición al esfuerzo algo menor: cuando no había recompensa de por medio, estos alumnos sumaban menos puntos en las tareas diseñadas para medir el esfuerzo.

El hallazgo más revelador llega al introducir recompensas. Los estudiantes de origen más alto parten de un esfuerzo mayor, pero son menos sensibles a los incentivos. Los de origen más bajo, en cambio, responden con fuerza a ellos: cuando aparece una recompensa, su esfuerzo –es decir, los puntos que suman en las tareas– aumenta hasta prácticamente igualar al del resto. La brecha, en otras palabras, no es fija, sino que se desvanece en cuanto cambian las condiciones.

Escasez, incentivos y esfuerzo

¿Cómo interpretar esta evidencia novedosa? Lo que sugiere es que el esfuerzo no brota de una voluntad individual en el vacío, sino que está condicionado por el contexto en que cada menor crece. Los recursos de los que dispone la familia y la seguridad que el niño o la niña experimenta en su día a día resultan determinantes. Crecer con escasez –de medios económicos o de atención parental– dificulta la capacidad de sostener el esfuerzo en una tarea.

Por eso la “cultura del esfuerzo”, entendida como pura fuerza de voluntad, ofrece una imagen demasiado simplista. Tiene un sentido distinto para cada cual: las circunstancias materiales de las que partimos hacen que el coste de esforzarse, y la recompensa que se obtiene a cambio, no sean los mismos para todos.

Eso explica las dos caras del estudio: la brecha pequeña pero significativa cuando no hay incentivos, y su virtual desaparición cuando sí los hay. Dicho de otro modo, una de las razones por las que los niños menos favorecidos se esfuerzan algo menos es, sencillamente, la falta de recursos con la que crecen. Y según los resultados obtenidos, una manera de lograr que se esfuercen al mismo nivel es ofrecerles incentivos.




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Implicaciones para la práctica educativa

¿Qué consecuencias tiene esto para la escuela? Un sistema educativo más justo debería tener en cuenta estas disposiciones desiguales ligadas al origen social, en lugar de ignorarlas. Una vía posible sería complementar la valoración del rendimiento académico con el reconocimiento del progreso individual de cada estudiante dentro del aula: premiar no solo a quien obtiene las mejores notas, sino también la constancia o la mejora respecto al propio punto de partida. Para cerrar la brecha en cuanto al esfuerzo, en nuestro estudio bastaron obsequios de escaso valor y el reconocimiento simbólico asociado a una pequeña competición.

Otra vía es recurrir más a la llamada gamificación: preparar los contenidos de aprendizaje de forma lúdica, de modo que la propia tarea lleve incorporados pequeños alicientes. Premiar no solo dónde se llega, sino cuánto se avanza, podría ofrecer a quienes parten con menos el tipo de incentivos para cerrar la brecha.


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Jonas Radl recibió fondos del European Research Council (Grant agreement No. 758600) en la Universidad Carlos III de Mdrid para financiar el proyecto que generó el estudio aquí descrito.

Patricia Lorente Labrado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Influye el origen socioeconómico en la implicación académica y el esfuerzo? – https://theconversation.com/influye-el-origen-socioeconomico-en-la-implicacion-academica-y-el-esfuerzo-282915

La información que nos da nuestro chatbot favorito no es neutral ni objetiva

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dídac Jiménez Torras, Investigadore predoctoral en Sesgos y Videojuegos, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Cuando un chatbot no tiene la información suficiente sobre nuestra consulta, puede inventar la respuesta. Marcin Wilkowski / https://betterimagesofai.org, CC BY-NC-SA

Un 10 % de la población obtiene su información principalmente de chatbots –agentes conversacionales que funcionan con inteligencia artificial (IA)–, según una encuesta a 93 000 personas de todo el mundo para el Reuters Digital News Report 2026. Por otro lado, cuando se les preguntó a los participantes por sus preferencias, un 46 % afirmó buscar fuentes sin “un punto de vista” (es decir, percibidas como objetivas). En esta misma línea, un estudio publicado en Nature apunta que la IA es valorada por sus usuarios como más neutral –de media un 10 % más– que los expertos humanos en sus correspondientes ámbitos.

La presunción de que las personas expertas son objetivas –el llamado sesgo de autoridad– no es nada nuevo. Sin embargo, con la inteligencia artificial, una diferencia notable es la escala, ya que cualquier contenido difundido a través de plataformas de chatbots tiene un alcance significativamente mayor que el que pudiera tener un solo experto humano.

Además, con algunas excepciones como pueden ser Apertus u Olmo, la mayoría de los sistemas de IA son cajas negras donde no sabemos qué decisiones han tomado los algoritmos, ni por qué. Por otro lado, al estar centralizadas, sus empresas matrices pueden añadir cambios sutiles a millones de usuarios simultáneamente. Existen múltiples falsas creencias que nos hacen infravalorar el riesgo que esto supone, empezando por la que expone el mencionado artículo de Nature.

FALSO: “La máquina sabe más que la persona”

El sesgo de automatización es la percepción de que las máquinas y los algoritmos son más neutrales y eficientes que sus contrapartidas humanas. Esto explica, por ejemplo, que algoritmos de indexación como Google tengan un monopolio del 90 % de las búsquedas en línea.

También, este sesgo es culpable del discurso tecnosolucionista que erige la IA como árbitro objetivo del presente y el futuro. Esto supone un peligro sociocultural, cuando los algoritmos de determinadas plataformas priorizan discursos supremacistas o polarizantes. Por ejemplo, tenemos a TikTok, que promueve contenido de odio por su alta carga emocional, con el único objetivo de mantener a sus usuarios en la plataforma, mientras X favorece los mensajes de su propietario Elon Musk, sus empresas y sus aliados políticos, y Deepseek oculta información contraria a la República de China, como la relacionada con las protestas de Tiananmen.

FALSO: “¿Ves? Yo tenía razón”

Este sesgo de automatización suele ir acompañado por múltiples otros, entre los cuales hay tres que pueden amplificar dinámicas de colonización del conocimiento por parte de la IA.

En primer lugar, el sesgo de confirmación nos predispone a buscar información que valide lo que ya creemos, en lugar de cuestionarlo. Este atajo mental fue evolutivamente útil para la supervivencia: por ejemplo, si creemos haber contraído una enfermedad, se nos puede poner en cuarentena y hacer pruebas para buscar una cura y evitar más contagios, en lugar de tildarnos de hipocondriacos (desconfirmación).

En este sentido, los modelos conversacionales con IA están diseñados para seguirnos la corriente. Así, generan contenido alineado con las creencias de los usuarios, por ejemplo, material antisemítico, invención de datos y estudios para desinformación o imágenes falsas de todo tipo, con tal de no llevarnos la contraria.

FALSO: “Es mejor no cuestionar”

En segundo lugar, el sesgo de sobreconfianza evita que estemos dudando continuamente y nos predispone a sentirnos seguros con la información que se nos ofrece sobre determinados sucesos, aunque no sepamos explicarlos. Ello nos permite construir conocimiento de manera gradual, haciendo posible las multiplicaciones y las potencias, después de haber aprendido el funcionamiento de las sumas, en lugar de cuestionar su funcionamiento en bucle.

Sin embargo, la sobreconfianza también nos lleva a caer en la trampa de bulos que se nos presentan con la apariencia de evidencia científica.

Por otro lado, vuelve directamente invisibles cuestiones que ya creemos conocer y, por lo tanto, simplemente no se las preguntamos a la IA. Eso sí, aunque lo hiciéramos, no tendríamos garantizada la verdad, ya que los chatbots son propensos a caer en alucinaciones.

FALSO: “Solo el presente y el pasado cercano existen”

Por último, el sesgo de sucesos recientes nos predispone a dar prioridad a eventos que hace poco que han sucedido, por encima de eventos pasados o futuros. Este sesgo ayuda a que nos centremos en nuestras necesidades más inmediatas, como comer o entregar un trabajo.

En la otra cara de la moneda, favorece anécdotas recientes, en lugar de tendencias longitudinales –este es el truco que se usa para negar el cambio climático si hay un temporal frío (un argumento análogo a decir que el Sol no existe porque ahora es de noche)–. Los chatbots y los buscadores –basados en IA– tienden a multiplicar este sesgo, aportando principalmente resultados recientes, sin considerar referencias pasadas, más allá de aquellas populares.

¿Cómo responder?

De la misma manera que preguntaríamos a un investigador por su metodología y participantes, podemos personalizar la memoria de Mistral o Lumo (de Proton) –dos modelos de IA menos medioambientalmente dañinos–, para que diagnostiquen sus sesgos y los de nuestras preguntas, pasando de asumir que son neutrales a visibilizar sus limitaciones.

Si usamos otros sistemas conversacionales, tal vez podríamos darles instrucciones para combatir los tres sesgos mencionados, como:

-Para el sesgo de confirmación: “Cuando te pida que me ayudes con una tarea, incluye una pequeña sección (3 oraciones) a tu respuesta mencionando las posibles limitaciones y refinamientos que tiene mi enfoque”.

-Para el sesgo de sobreconfianza: “Para ayudarme a buscar información relacionada con búsquedas, añade al final de tu mensaje un apartado con palabras clave recomendadas. Busca fuentes con estadística de artículos que no sean exclusivamente anécdotas periodísticas y añade el enlace a las mismas”.

-Para el sesgo de sucesos recientes: “Ten cuidado de no proveer solo información reciente que no tenga en cuenta las tendencias longitudinales e históricas, y procura incluir perspectivas locales poco conocidas en lugar de únicamente artículos occidentales populares sobre el tema que seguramente encontrarás si haces búsquedas en línea con los buscadores más típicos o te remites a los datos con los que fuiste entrenado”.

Nadie está libre de sesgos, pero conocerlos puede ayudarnos a gestionarlos mejor. En cualquier caso, es esencial no confiar ciegamente en las producciones de una IA. Quizá, igual que cuando tenemos un coche viejo del que conocemos sus fallos, nuestros propios sesgos humanos y personales sean más fáciles de manejar que aventurarnos a comprar un coche usado que no sabemos quién condujo antes que nosotros, ni cómo lo hizo.

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– ref. La información que nos da nuestro chatbot favorito no es neutral ni objetiva – https://theconversation.com/la-informacion-que-nos-da-nuestro-chatbot-favorito-no-es-neutral-ni-objetiva-289527

Volver a la naturaleza: qué sabemos sobre los efectos de la medicina verde

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Bárbara Badanta Romero, PDI. Departamento de Enfermería, Universidad de Sevilla

Las pantallas han colonizado nuestra rutina y, con ellas, el sedentarismo, el estrés y la desconexión del entorno natural. A pesar de los enormes avances en salud, las enfermedades crónicas siguen afectando a una proporción significativa de la población mundial. Aunque disponemos de un amplio arsenal de fármacos y tratamientos, en las consultas médicas la misma recomendación se repite: “Hay que empezar cambiando el estilo de vida”.

Pero ¿cómo es posible lograrlo cuando el propio entorno lo dificulta? Una de las respuestas es sencilla: volver al verde, a la tierra, a la naturaleza. No como sustituto de nada, sino como punto de partida para cuidar nuestro bienestar.

En este contexto cobra sentido profundizar en prácticas pertenecientes a la llamada “medicina verde”. Esta consiste en el uso de entornos naturales de forma prescriptiva y basada en evidencia científica para mejorar y mantener la salud. No se trata de una moda: el periodista y escritor Richard Louv acuñó el concepto de “trastorno por déficit de naturaleza” en 2005 para describir cómo la vida exclusivamente urbana se asocia a un aumento de patologías crónicas y a una menor capacidad de recuperación mental.

¿Por qué nos hace bien la naturaleza? La ciencia lleva décadas intentando responder esta pregunta.

La hipótesis de la biofilia del entomólogo y biólogo estadounidense Edward O. Wilson plantea que los seres humanos tenemos una tendencia biológica innata a buscar vínculos con el mundo natural. A esta se suma la teoría de la restauración de la atención: la vida urbana nos exige una atención constante y dirigida que agota nuestros recursos cognitivos, mientras que la naturaleza activa lo que los investigadores llaman fascinación suave, ese estado en el que la mente descansa sin esfuerzo, simplemente observando.

Los beneficios de pasear por el bosque

Los “baños de bosque” (del japonés, shinrin-yoku), consisten en una inmersión sensorial profunda en el entorno forestal. Su práctica implica una desaceleración, y por ello no debe confundirse con el senderismo u otras actividades físicas de intensidad. Mientras que caminar a buen ritmo activa el sistema nervioso simpático por el esfuerzo físico, la lentitud del shinrin-yoku busca precisamente lo contrario: activar el sistema parasimpático, encargado de la restauración y el equilibrio del organismo.

No se trata de una estancia pasiva: una sesión estándar puede durar entre dos y tres horas sin superar los tres kilómetros de recorrido. Es justo lo necesario para que el cuerpo se relaje sin que la fatiga física interrumpa el proceso.

Los baños de bosque encuentran parte de su explicación en mecanismos psicológicos, pero los beneficios reportados son amplios. Estos van desde la mejora de nuestras defensas hasta la reducción del estrés y la ansiedad.

La efectividad depende en buena medida del entorno: los resultados son más evidentes en zonas de alta biodiversidad, donde la inhalación de fitoncidas –compuestos antimicrobianos emitidos por las plantas– y el silencio potencian el efecto. El uso de dispositivos electrónicos, la música o un ritmo de marcha competitivo pueden interferir con el proceso restaurador y restarle beneficio.

La primavera y el verano son las estaciones más favorables para estos paseos, ya que la actividad biológica de los árboles maximiza la emisión de fitoncidas, y las temperaturas permiten el contacto prolongado con la naturaleza. Sin embargo, puede practicarse durante todo el año adaptando la duración y el equipamiento.

La naturaleza no entiende de edades

Algunas de las virtudes más destacables de estas prácticas son que no requieren equipamiento, formación especializada ni una condición física determinada. Y, además, no entienden de edades.

En niños y adolescentes la ciencia ha demostrado que una mayor exposición a espacios verdes se asocia con menos síntomas de ansiedad, depresión e hiperactividad. Los beneficios parecen ser especialmente relevantes en edades tempranas y en niños con sintomatología previa más elevada.

Las personas mayores se benefician porque estas prácticas priorizan la inmersión sensorial –escuchar, observar, respirar– por encima de cualquier exigencia física.

Incluso en personas con problemas cardíacos graves, inmersiones forestales de apenas cuatro días han mostrado reducciones clínicamente relevantes en marcadores de estrés e inflamación miocárdica.

Además, como herramienta útil en el ámbito socioeconómico, se ha demostrado que incorporar pausas en espacios verdes durante la jornada laboral reduce el burnout y mejora el rendimiento cognitivo. Un parque, un jardín, incluso una franja de hierba: la naturaleza no exige grandes gestos para devolver algo a cambio.

Durante siglos la naturaleza formó parte de nuestra salud sin que nadie lo llamara terapia. La ciencia nos recuerda que nunca debimos alejarnos de ella. A veces, lo que puede parecer sencillo, como quitarse los zapatos y pisar la tierra, es también necesario.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Volver a la naturaleza: qué sabemos sobre los efectos de la medicina verde – https://theconversation.com/volver-a-la-naturaleza-que-sabemos-sobre-los-efectos-de-la-medicina-verde-287275

Canarias, una historia de millones de años de erupciones volcánicas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Olaya García Pérez, Profesor ayudante doctora, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Erupción del Tajogaite en 2021, La Palma. Olaya García Pérez.

Si preguntamos a nuestros padres o a nuestros abuelos, probablemente recordarán la explosión del Tajogaite en La Palma en 2021, los enjambres sísmicos que se están viviendo en la isla de Tenerife este año, o la erupción submarina de El Hierro en 2011. Es decir, cuando pensamos en volcanes, solemos recurrir a las experiencias vividas y a relatos transmitidos entre generaciones. Pero la memoria histórica no perdura para siempre.

Así, cuando desaparecen estos relatos también se esfuma una parte importante del pasado. Y resulta más difícil entender la huella que un evento volcánico dejó en el territorio.

Memorias guardadas en la geología

Mientras la memoria histórica apenas conserva unas pocas generaciones, el registro geológico funciona como un archivo natural, guardando información sobre procesos que se desarrollan durante cientos de miles o millones de años.

Cada colada, cada depósito y cada deslizamiento conservan información. Es una memoria diferente, pero extraordinariamente precisa.

La diferencia entre estas escalas condiciona nuestra forma de comprender la historia volcánica de cualquier lugar, el riesgo volcánico y la enorme diversidad de procesos que han intervenido en la construcción de las islas.

Lo que recuerda la memoria humana

Cuando hablamos de los volcanes de Canarias, solemos recordar las erupciones más recientes. La del Tajogaite (2021) permanece viva por las evacuaciones, la incertidumbre de sus 85 días de actividad volcánica y la enorme repercusión social y mediática. La del Teneguía (1971) se recuerda por ser la primera seguida por televisión, una erupción estromboliana –erupciones explosivas moderadas y rítmicas– que fascinó a la población por sus fuentes de lavas de varias decenas de metros y los ríos de lava, más que por sus efectos.

Del Chinyero (1909) perduran las fotografías y los relatos de la población de la época. De la erupción de Garachico (1706) sigue presente la destrucción del principal puerto comercial de Tenerife y sus consecuencias económicas.

Lanzarote se transformó radicalmente por la erupción del Timanfaya (1730-1736), la más prolongada del archipiélago. Sin embargo, el recuerdo que ha llegado hasta nosotros no se centra en el proceso eruptivo, sino en la capacidad de adaptación de la población a un territorio completamente transformado.

Timanfaya, en Lanzarote.
Wikimedia Commons., CC BY

Estos ejemplos muestran que la memoria humana rara vez conserva la duración de una erupción, su volumen de lava o cómo fue el evento geológico en sí. Lo que permanece son las historias humanas: las evacuaciones, las pérdidas y la reconstrucción posterior. Aunque, en algunos casos, como Timanfaya, las crónicas, mapas y dibujos permiten reconstruir con detalle el desarrollo de la erupción.

Calderas que hoy son parque natural

Algunos de los procesos que moldearon las islas más profundamente ocurrieron mucho antes de que existiera una memoria capaz de registrarlos, hace millones de años.

Al recorrer el archipiélago, observaremos grandes estructuras volcánicas que forman parte de un paisaje singular, en su mayoría un paisaje protegido y valorado por su patrimonio geológico. Esto nos permite reconstruir algunos de los episodios más importantes en la formación de las islas.

Parque Natural del Teide, en Tenerife.
Wikimedia Commons., CC BY

Las Cañadas del Teide, en Tenerife, son una de las mayores depresiones volcánicas o calderas del archipiélago. Se originaron hace entre 220 000 y 160 000 años como resultado de grandes colapsos del edificio volcánico, asociados a erupciones explosivas y grandes deslizamientos gravitacionales –derrumbes de material volcánico ladera abajo–. Sobre esa enorme depresión, creció posteriormente el complejo volcánico Teide-Pico Viejo.

Estos acontecimientos quedaron registrados en las rocas. Gracias a ello, el estudio y datación de los depósitos volcánicos permite reconstruir cuándo ocurrieron e interpretar cómo cambiaron las islas.

Una gran cicatriz en El Hierro

Otro de los ejemplos más espectaculares de proceso volcánico se encuentra en El Hierro. El gran deslizamiento de El Golfo ocurrió hace entre 87 000 y 39 000 años, movilizó entre 150 y 180 km³ de material y dejó una cicatriz de 150 k² que transformó por completo la isla.

Deslizamiento de El Golfo, El Hierro. Autor: Emilio Soler Onís.
Olaya García.

Procesos similares ocurrieron repetidamente en El Hierro y fueron responsables de la formación de Las Playas y El Julan. En Tenerife, dieron lugar al valle de La Orotava, uno de los mayores deslizamientos gravitacionales y mejor estudiados en islas oceánicas. Conocer estos procesos no solo permite reconstruir el pasado, también ayuda a comprender mejor el comportamiento futuro de los sistemas volcánicos.

Mirar hacia la geología para entender el futuro

Ningún habitante de Canarias recuerda la formación de Las Cañadas del Teide o el gran deslizamiento de El Golfo. Sin embargo, estos procesos transformaron el archipiélago mucho más que cualquiera de las erupciones conservadas en la memoria histórica. La diferencia entre la memoria humana y el registro geológico no solo es temporal, sino también de escala.

Comparación entre la memoria histórica de las erupciones y la historia geológica que ha modelado el paisaje de Canarias. Escala temporal logarítmica.
Olaya García.

Quizás el principal reto sea aceptar que nuestra experiencia apenas representa una pequeña parte de la historia volcánica del archipiélago. Solo el registro geológico nos permite reconstruir esa historia y comprender los procesos volcánicos que, durante millones de años, han construido y transformado las islas Canarias, que siguen siendo un lugar geológicamente muy activo.

The Conversation

Olaya García Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Canarias, una historia de millones de años de erupciones volcánicas – https://theconversation.com/canarias-una-historia-de-millones-de-anos-de-erupciones-volcanicas-287106

¿Basta con reducir el consumo energético y reciclar para que un museo sea sostenible?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julio González-Liendo, PDI en Sostenibilidad, Comunicación y RSC, UNIE Universidad

El Museo Nacional Thyssen-Bornemisza estuvo entre los candidatos al Premio del Consejo Internacional de Museos (ICOM) a las buenas prácticas de desarrollo sostenible. Mundofoto/Shutterstock

Si intentamos buscar el momento en que la palabra “sostenibilidad” ingresó en el vocabulario común, debemos remontarnos unas décadas atrás. El término apareció por primera vez en 1987 en el informe Brundtland, elaborado por una comisión internacional para la ONU, donde se definió la sostenibilidad como la capacidad de aprovechamiento que garantice que las próximas generaciones también puedan disfrutar de los recursos naturales. Es decir, hacer un uso racional y consciente de ellos.

Es, pues, un compromiso a asumir por las personas, las instituciones, las empresas y la sociedad civil tanto para que haya un equilibrio medioambiental como para la optimización de los beneficios económicos y sociales.

Una visión corta de la sostenibilidad

Durante mucho tiempo, la sostenibilidad en los museos se asoció casi exclusivamente con el medioambiente. Las iniciativas se centraban en disminuir el consumo de energía, reducir los residuos o mejorar la eficiencia energética de los edificios.

Aunque estas acciones siguen siendo imprescindibles, la gestión de los museos es hoy más compleja porque se han ampliado sus funciones y las expectativas sociales asociadas a su actuación. El museo ya no solo debe conservar y transmitir el patrimonio, sino también contribuir a la educación, favorecer la participación ciudadana, promover la inclusión y la diversidad, generar actividad económica y relacionarse de manera transparente con sus públicos y su entorno.

Esta ampliación de funciones también amplía su impacto sobre la sociedad y, con ello, su responsabilidad en materia de sostenibilidad. Ser sostenible no implica únicamente reducir el consumo energético o gestionar adecuadamente los residuos, sino también garantizar que los recursos culturales, económicos y sociales que moviliza el museo contribuyan a generar valor a largo plazo y puedan seguir estando al servicio de las generaciones futuras. Por ello, la sostenibilidad museística exige analizar no solo cómo funciona el museo, sino también qué efectos produce en las comunidades a las que sirve.

De hecho, en 2022, el Consejo Internacional de los Museos (ICOM), la máxima autoridad del sector, emitió una nueva definición de museo que refuerza la conservación de la memoria colectiva, la educación, la inclusión y el bienestar de las comunidades:

“Un museo es una institución sin ánimo de lucro, permanente y al servicio de la sociedad, que investiga, colecciona, conserva, interpreta y exhibe el patrimonio material e inmaterial. Abiertos al público, accesibles e inclusivos, los museos fomentan la diversidad y la sostenibilidad. Con la participación de las comunidades, los museos operan y comunican ética y profesionalmente, ofreciendo experiencias variadas para la educación, el disfrute, la reflexión y el intercambio de conocimientos”.

Medir y certificar la sostenibilidad de los museos

La sostenibilidad museística necesita, pues, herramientas de medición que integren todas sus dimensiones (investigación, coleccionismo, conservación, interpretación, exhibición, difusión) en un único sistema de evaluación.

Aunque desde hace décadas existen distintos instrumentos para hacerlo, procedentes del ámbito empresarial, un museo no solo administra recursos, también custodia patrimonio, construye memoria colectiva, promueve el acceso a la cultura, educa, investiga y mantiene una relación permanente con una gran diversidad de públicos (instituciones, artistas, visitantes, investigadores, donantes). Esta diversidad requiere de sistemas específicos de medición.

La Estrella de la Sostenibilidad es un modelo propuesto por investigadores de la Universidad de Lausana (Suiza), basado en los indicadores ESG (medioambientales, sociales y de gobernanza), que concibe la sostenibilidad como un sistema que conecta las dimensiones económica, social, cultural y medioambiental de los museos.

Un modelo dialogante

Por nuestra parte, diseñamos un modelo integral de medición, Huella M, que pretende diagnosticar, medir, gestionar y reportar la sostenibilidad de los museos. La propuesta se estructura en torno a cinco dimensiones: medioambiental, social, económica, cultural y comunicacional, y busca estandarizar el desempeño, identificar oportunidades de mejora, orientar la toma de decisiones y comunicar los resultados de forma objetiva y comparable.

En este modelo, la comunicación es estratégica, por la importancia de la calidad del diálogo entre el museo y sus públicos.

Huella M trabaja con indicadores cuantitativos y cualitativos. Los primeros permiten medir cuestiones económicas y medioambientales (desde ingresos y gastos hasta emisiones), mientras que para las dimensiones comunicacional, social y cultural se busca profundizar en la calidad de las intervenciones. De este modo, el museo puede conocer mejor qué está logrando como agente de cambio social.

Un ejemplo: ¿interesa saber cuántos visitantes recibe? Claro, pero también importa saber qué impacto en conocimiento, cultura y entretenimiento generó en su público, porque el número de visitantes por sí solo no permite conocer si la experiencia realmente produjo un cambio significativo.

Importancia de la transparencia y la comunicación

Imaginemos que aplicamos Huella M al Museo Nacional Thyssen-Bornemisza. Podríamos empezar preguntándonos cuánta energía consume, qué emisiones genera o cuánto cuesta mantener sus instalaciones. Pero el análisis tendría que ir más allá:

  • ¿Cómo consigue que sus exposiciones sean accesibles y significativas para públicos diversos?

  • ¿Qué conocimientos y experiencias generan sus actividades educativas?

  • ¿Cómo contribuye a acercar el arte a quienes habitualmente no visitan un museo?

Incluso el número de visitantes adquiere otra dimensión: no se trata solo de saber cuántas personas entran, sino de conocer qué valor cultural, social y comunicacional genera su experiencia. Huella M permite así observar el museo desde diferentes perspectivas y comprender su sostenibilidad como la capacidad de generar valor de manera equilibrada y duradera.

Un ejemplo especialmente inspirador es el Genalguacil Pueblo Museo, situado en Genalguacil (Málaga), un municipio rural de 363 habitantes. Allí, el arte contemporáneo se ha convertido en una herramienta de transformación territorial. Desde 1994, más de 250 artistas han participado en sus Encuentros de Arte, dejando obras que forman parte del paisaje urbano y de la colección del Museo de Arte Contemporáneo Fernando Centeno.

El proyecto ha contribuido a situar internacionalmente a este pequeño pueblo y a generar actividad cultural, turística y económica en un territorio marcado por la despoblación. Su interés para Huella M reside precisamente en que permite observar cómo un proyecto museístico puede generar, de forma simultánea, valor cultural, social, económico y territorial.

Transformar, cohesionar, construir

La sostenibilidad exige una comunicación permanente, transparente y comprensible con todos los grupos de interés, desde las administraciones públicas hasta los investigadores, trabajadores, visitantes y la sociedad.

El verdadero impacto de un museo no siempre puede medirse con cifras económicas o ambientales, sino también por su capacidad para transformar comunidades, generar cohesión social y construir identidad.

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Julio González-Liendo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Basta con reducir el consumo energético y reciclar para que un museo sea sostenible? – https://theconversation.com/basta-con-reducir-el-consumo-energetico-y-reciclar-para-que-un-museo-sea-sostenible-286974