Coupe du monde de football : quel échange culturel dans l’Amérique de Trump ?

Source: The Conversation – in French – By Chuka Onwumechili, Professor of Communications, Howard University

La Coupe du monde masculine de football la plus multiculturelle de l’histoire se déroule aux États-Unis, à un moment où les ressortissants étrangers se sentent de moins en moins les bienvenus dans le pays.

La compétition de 2026 débutera le 11 juin avec des matchs au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Les États-Unis accueilleront de loin le plus grand nombre de matchs, y compris la finale. Le Mondial 2026 accueillera également le plus grand nombre d’équipes participantes de l’histoire : 48.

Au cours de son histoire longue de près d’un siècle, la compétition est restée l’événement sportif par excellence, attirant le plus grand nombre de voyageurs. Certains dépensent des sommes colossales de leurs économies personnelles pour assister aux matchs et encourager leur pays et leurs équipes favorites.

Organisée tous les quatre ans, la Coupe du monde de la Fédération internationale de football association (FIFA) est un événement sportif majeur qui constitue une formidable occasion de rencontres et d’échanges culturels.

La Coupe du monde 2022 au Qatar a attiré 1,4 million de visiteurs dans un pays qui compte un peu plus de 2 millions d’habitants. Le nombre de voyageurs pour la Coupe du monde 2026 devrait chuter à 1,2 million, en partie à cause des mesures menées par l’Immigration and Customs Services (ICE), l’agence américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration et les douanes (ICE). Ce chiffre reste néanmoins significatif.

En tant que professeur de communication interculturelle, fort de plusieurs décennies de recherche sur les liens entre culture et communication, je trouve la Coupe du monde particulièrement fascinante. L’afflux de voyageurs venus des quatre coins du monde crée des échanges culturels et humains d’une ampleur considérable.

La communication interculturelle naît lorsque des personnes ayant des croyances, des valeurs et des normes différentes entrent en contact. Les théoriciens de la communication culturelle décrivent ces échanges sur une courte période comme les premières étapes de l’acculturation, appelées phase de lune de miel.

Il s’agit d’une étape importante de la rencontre culturelle qui contribue à favoriser le bien-être social et l’apprentissage. Elle atténue l’anxiété dans un environnement culturel différent. Ces rencontres vont au-delà des stades qui accueilleront les matchs. Elles se produisent notamment dans les commerces de quartier, les transports, les bars et les hôtels. Même pour ceux qui suivent la compétition à distance.

Les matchs sur le terrain ont le pouvoir de transcender les questions politiques du moment et de créer une unité culturelle.

Football et échanges culturels

Les rencontres culturelles lors des précédentes Coupes du monde ont conduit à la diffusion de la culture des supporters à travers le monde. On peut penser à la célèbre « vague » dans les stades ou à l’utilisation de la vuvuzela, cette trompette en plastique colorée.

La vague consiste pour des groupes de supporters à se lever dans les gradins à tour de rôle, créant un mouvement spectaculaire devenu populaire dans le monde entier. Elle se serait répandue dans la plupart des pays du monde après les magnifiques scènes de « vague » observées lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique.

Lors de la Coupe du monde 2010, une tradition sud-africaine consistant à souffler dans la vuvuzela s’est répandue dans le reste du monde. Des tentatives énergiques ont été faites pour la réprimer en raison du bruit qu’elle occasionnait. Mais quelques supporters ont perpétué la tradition.




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Les échanges culturels restent un aspect essentiel de la Coupe du monde. L’édition 2026 ne fera pas exception. Si la plupart des reportages médiatiques se concentrent sur les échanges spectaculaires comme la vague et la vuvuzela, d’autres ont lieu au niveau interpersonnel et au sein de petits groupes. Ces échanges peuvent être tout aussi durables. Ils favorisent des amitiés, l’apprentissage culturel et la lutte contre la haine culturelle et les stéréotypes.

Comment cela fonctionnera-t-il aux États-Unis ?

Les États-Unis constituent un lieu propice à de tels échanges culturels. Le pays a historiquement accueilli le plus grand nombre de migrants au monde et les interactions qui en ont résulté ont eu un impact culturel indélébile sur plusieurs générations. On trouve, par exemple, une importante population asiatique dans le nord-ouest du pays et une importante population mexicaine dans le sud.

Pourtant, en 2026, les États-Unis ont créé une situation peu accueillante pour les voyageurs potentiels. Les raids de l’ICE contre des populations migrantes présumées ont occupé l’actualité pendant des mois. Cela a eu des répercussions sur les chiffres.




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Les réservations d’hôtels sont bien en deçà des prévisions dans les 11 villes hôtes américaines. Un rapport affirme que le rythme des réservations est « inférieur aux attentes, même comparé à un mois de juin ou de juillet ordinaire sans événement majeur ». Human Rights Watch a exhorté la FIFA à faire pression sur le gouvernement américain pour qu’il instaure une « trêve ICE » pendant la compétition.

Un voyage coûteux

Les supporters qui espèrent assister à la Coupe du monde seraient également préoccupés par les prix des billets et des transports. Récemment, la plateforme de revente de la FIFA a mis en vente « quatre billets pour la finale au prix de 2,3 millions de dollars chacun ». Bien que la FIFA ne contrôle pas les prix sur son site de revente, elle prélève 15 % des frais d’achat à l’acheteur et 15 % au vendeur. Ainsi, la FIFA empocherait 690 000 dollars si un seul de ces billets se vendait à ce prix. C’est une somme astronomique pour un match de football.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a justifié le coût élevé des billets en affirmant que ces prix reflètent le coût du marché américain. Pourtant, ces prix sont près de cinq fois plus élevés que lors de la dernière Coupe du monde au Qatar.

Dans le New Jersey, les responsables du réseau de transport ont finalement fixé le prix du trajet aller-retour en train à 105 dollars américains, suite à un tollé général. Une première proposition prévoyait un tarif de 150 dollars. Ce trajet coûte normalement 18 dollars.

Ces coûts élevés et les contrôles d’immigration très stricts liés à la participation à la Coupe du monde aux États-Unis sont probablement responsables de la baisse des réservations d’hôtels.

Diffusions mondiales

La diffusion mondiale des matchs suscite également des inquiétudes. La Chine et l’Inde, les deux pays les plus peuplés de la Coupe du monde, n’atteignent peut-être pas souvent les phases finales, mais ce sont des spectateurs assidus des matchs. Aucun des deux pays n’y a accès, car la FIFA n’a pas encore conclu d’accords de diffusion télévisée et numérique avec les fournisseurs de ces pays.

Lors de la Coupe du monde 2022, ces deux pays auraient représenté 22,6 % de l’audience télévisée mondiale totale. À elle seule, la Chine représentait 49,8 % des heures de visionnage sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux. Le litige porte sur les sommes colossales exigées par la FIFA pour les droits de diffusion.




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La Coupe du monde offre des échanges culturels même à ceux qui la regardent depuis chez eux dans différentes parties du monde. Bien que cela ne soit pas aussi efficace que l’apprentissage culturel par le biais de contacts physiques, il existe tout de même des opportunités d’apprentissage, selon l’angle sous lequel les médias choisissent de couvrir l’événement.

La Coupe du monde masculine, qui fêtera ses 100 ans en 2030 et sera co-organisée par un pays africain (le Maroc), reste un événement clé pour favoriser la compréhension et les échanges culturels. Si la Coupe du monde 2026 continuera de porter cette vocation, elle a aussi révélé qu’elle peut être source de divisions.

The Conversation

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ref. Coupe du monde de football : quel échange culturel dans l’Amérique de Trump ? – https://theconversation.com/coupe-du-monde-de-football-quel-echange-culturel-dans-lamerique-de-trump-283328

L’opinion publique est-elle favorable à la régularisation des personnes sans papiers ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Jean-Michel Lafleur, Associate Director, Centre for Ethnic and Migration Studies / Coordinator of IMISCOE, Université de Liège

Dans un contexte de forte polarisation du débat politique sur les migrations, la question de la régularisation des personnes sans papiers suscite de vifs débats à travers l’Europe. Une nouvelle étude de l’Université de Liège montre à partir du cas belge qu’il existe un soutien dans l’opinion publique pour leur régularisation sous certaines conditions.


En avril 2026, l’Espagne a lancé un nouveau programme de régularisation des sans-papiers dont on estime qu’il bénéficiera à plus de 500 000 personnes. À la fin de l’année 2025, c’est l’Allemagne qui clôturait une campagne de régularisation lancée en 2023 et à laquelle ont candidaté plus de 80 000 personnes. Ces exemples récents – auxquels on pourrait ajouter les campagnes de régularisation italienne et portugaise durant la pandémie de Covid-19 – nous indiquent que ce type de campagne n’est en rien exceptionnel. Comme le soutient la recherche, ces campagnes constituent en réalité un dispositif à part entière des politiques migratoires européennes et permettent de répondre aux situations d’irrégularité causées à la fois par la demande de main d’œuvre des employeurs, par les aspirations des migrants à rejoindre l’Europe et par le nombre limité de voies légales pour le faire.

Bien qu’elles soient fréquentes, ces campagnes n’en suscitent pas moins de vives réactions dans le monde politique où la question des migrations – et, en particulier celle de la migration irrégulière – fait l’objet de débats hautement polarisés. C’est particulièrement le cas en Belgique ; mais aussi en France où Bruno Retailleau – candidat Les Républicains à la prochaine élection présidentielle — proposait récemment de mettre l’Espagne « au ban de l’Europe », du fait que sa récente campagne de régularisation serait contraire à ce que les Européens veulent.

Parmi les opposants à la régularisation, on entend souvent que ce type de politique encouragerait de nouveaux migrants à rejoindre l’Europe et à y séjourner de façon irrégulière, et que la régularisation ne bénéficie pas du soutien de l’opinion publique. Lors d’une précédente recherche conduite auprès de la population algérienne, nous avons déjà pu démontrer que « l’appel d’air » que causerait ce type de campagne de régularisation n’existe pas. En revanche, la question de l’existence ou non d’un soutien de l’opinion publique aux régularisations n’a reçu que peu d’attention des chercheurs jusqu’ici.

Opinion publique et migration

Il existe aujourd’hui de très nombreuses recherches scientifiques sur les facteurs qui façonnent l’opinion sur l’immigration en général. Elles nous informent que les caractéristiques individuelles (âge, genre, éducation, ethnicité…), mais aussi l’exposition aux médias et les contacts interpersonnels avec des personnes immigrées influent sur l’opinion à l’égard de l’immigration.

Par ailleurs, comme en attestent des sondages d’opinion, comme l’Eurobaromètre, l’opinion publique est généralement mal informée sur l’immigration.

S’agit-il dès lors uniquement de mieux informer l’opinion publique pour accroître le soutien aux campagnes de régularisation ? Bien que les études existantes ne permettent pas de conclure définitivement que les informations rectificatives augmentent le soutien à l’immigration, elles indiquent en revanche que la présentation d’informations factuelles sous forme de récits et de témoignages peut s’avérer plus convaincante que la simple présentation de statistiques.

De même, les travaux sur le rôle du cadrage dans l’analyse des discours ont montré que l’appel aux émotions est une stratégie de communication persuasive dans le domaine des migrations. De l’ensemble de ces travaux, nous pouvons donc conclure que le contenu et la forme du message sont susceptibles d’influer sur l’opinion des individus quant à la régularisation des personnes sans papiers.

Une nouvelle enquête à grande échelle auprès de la population belge

Dans une publication scientifique récente, nous présentons les résultats d’une expérimentation intégrée à une enquête conduite en ligne auprès d’un panel de 2 121 personnes représentatif de la population adulte résidant en Belgique.

Depuis la dernière campagne de régularisation organisée en 2009, le débat politique belge sur l’immigration s’est sensiblement polarisé. Le contexte semble donc peu propice à la mise en œuvre d’une nouvelle campagne de régularisation en dépit de la présence d’environ 112 000 personnes sans papiers sur le territoire dans un pays qui compte 11,8 millions d’habitants dont 20,2 % d’immigrés. Au contraire, l’actuel gouvernement fédéral de centre droit dirigé par le nationaliste flamand Bart de Wever entend plutôt mettre en œuvre – selon les termes de la ministre de l’asile et la migration Anneleen Van Bossuyt – « la politique d’asile et de migration la plus stricte jamais adoptée », car il s’agirait de « la politique que les gens demandent ».

Pour vérifier cette affirmation, nous avons voulu mesurer le soutien réel de la population belge à la régularisation des sans-papiers, mais aussi tester l’effet de cinq messages différents sur le niveau de soutien de l’opinion publique aux campagnes de régularisation.

Les participants à l’enquête – mise en œuvre par l’Institut de sondage Bpact en mars 2025 – ont dès lors été répartis aléatoirement entre un groupe de contrôle n’ayant reçu aucun message et cinq groupes expérimentaux ayant reçu un message d’environ 100 mots au sujet de la régularisation.

Ces messages présentaient :

  1. des données scientifiques sur les personnes sans papiers sous forme narrative ;

  2. le parcours émouvant d’une immigrée sans papiers menacée d’expulsion et soutenue par ses voisins ;

  3. les avantages économiques et sociaux de la régularisation des personnes sans papiers ;

  4. le double standard dans le traitement par les autorités des personnes sans papiers et celui des fraudeurs fiscaux ;

  5. les inégalités entre migrants fortunés bénéficiant d’accès privilégiés à la résidence en Europe et migrants défavorisés ayant peu d’options pour rejoindre l’Europe légalement.

Dans notre enquête, il a ensuite été demandé à tous les participants de se positionner par rapport à la régularisation des personnes sans papiers en général mais aussi par rapport à la régularisation qui serait limitée aux personnes sans papiers qui travaillent, à celles qui occupent un métier en tension ou à celles qui ont des attaches sociales durables en Belgique. La raison pour laquelle il est important de distinguer le soutien pour différents profils de personnes sans papiers est que même les programmes de régularisation les plus ambitieux, comme celui de l’Espagne en 2026, conditionnent la régularisation à des critères spécifiques.

Les résultats de notre enquête soulignent l’importance de cette approche différenciée. En effet, seuls 21 % des personnes interrogées estiment que les autorités devraient régulariser tous les immigrés en situation irrégulière. En revanche, 53 % sont favorables à la régularisation des personnes sans papiers qui travaillent, 54 % à la régularisation de ceux qui occupent un métier en tension et 45 % de ceux qui ont tissé des liens sociaux étroits dans le pays. Par ailleurs, il est important de noter qu’entre 20 % et 25 % des participants ne sont ni pour ni contre la régularisation de ces différentes catégories de personnes.

En ce qui concerne l’effet des cinq messages que nous avons testés, seuls deux ont produit un effet significatif. La mise en récit de données scientifiques sur les personnes sans papiers (message 1) produit une augmentation d’environ 7 points de pourcentage du soutien à la régularisation des personnes sans papiers en général, mais aussi de celles qui travaillent. L’exposition au récit de vie émouvant d’une personne sans papiers (message 2) suscite, quant à elle, une augmentation de 8 points de pourcentage du soutien à la régularisation des personnes ayant des attaches durables et même de 10 points de pourcentage pour les personnes occupant un métier en tension.

Que faire du soutien conditionnel de l’opinion publique à la régularisation ?

Au terme de l’analyse du cas belge, deux enseignements principaux se dégagent.

D’une part, si différencier le soutien à la régularisation selon certains critères peut soulever un problème moral – en risquant de hiérarchiser les immigrés entre « méritants » et « indésirables » –, cette approche peut aussi, dans un contexte d’opposition politique forte, servir de point d’entrée pour ouvrir le débat et élargir progressivement l’accès à la régularisation à d’autres groupes de personnes sans papiers.

D’autre part, l’étude apporte deux éléments clés aux responsables politiques. Elle montre qu’un soutien réel à la régularisation existe dans l’opinion publique, contrairement à certaines idées reçues. Elle indique aussi que ce soutien dépend fortement de la manière dont la politique est présentée : le choix du message et de son cadrage peut sensiblement accroître l’adhésion du public et réduire le risque électoral perçu.

The Conversation

Jean-Michel Lafleur a reçu des financements du FRS-FNRS, de la Politique Scientifique fédérale belge et de l’Union européenne

Abdeslam Marfouk ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’opinion publique est-elle favorable à la régularisation des personnes sans papiers ? – https://theconversation.com/lopinion-publique-est-elle-favorable-a-la-regularisation-des-personnes-sans-papiers-282631

La santé du cerveau : une priorité pour les pays du G7

Source: The Conversation – in French – By Guy Rouleau, Professor in the Department of Neurology and Neurosurgery, McGill University

Le cerveau humain, logé dans un crâne osseux, demeure en bonne partie un mystère pour l’ensemble de la communauté médicale.

Avec sa structure et son anatomie complexes, le cerveau compterait plus de 3 000 types de cellules, alors que la plupart des tissus n’en comptent pas plus d’une douzaine. C’est un organe dynamique, qui réagit à son environnement et évolue au fil du temps. Il est également difficile d’accès et fait rarement l’objet d’une biopsie.

Pourtant, le cerveau est au cœur de notre identité et de ce que nous sommes. C’est lui qui nous permet de penser, de communiquer, d’interagir avec les autres, de percevoir, de bouger et de découvrir le monde.

Nos sociétés et nos économies dépendent en grande partie de la capacité de notre cerveau à fonctionner de manière optimale. Compte tenu du vieillissement de la population et de la baisse des taux de natalité, nous sommes confrontés à une situation critique : il y a moins d’enfants et davantage de personnes âgées. Cette situation met en évidence la nécessité d’optimiser la santé cérébrale de chaque citoyen.

La réunion des pays du G7, qui se tient en juin 2026 à Évian, en France, est l’occasion de faire de la santé cérébrale une priorité fondamentale.




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Une population vieillissante

De nombreux facteurs influencent la santé cérébrale tout au long de la vie. Certains enfants naissent par exemple avec des troubles neurodéveloppementaux, comme une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou des troubles d’apprentissage.

D’autres connaissent des conditions de vie défavorables, telles que des soins prénataux insuffisants, une alimentation inadéquate ou des maltraitances, ce qui peut limiter le développement optimal du cerveau et augmenter le risque de troubles de la santé mentale.

Ces enfants pourraient avoir moins de chances de mener une vie heureuse et épanouie, et de contribuer à la réussite de notre société.

Un homme âgé marche bras dessus bras dessous avec une femme âgée qui utilise un déambulateur
Avec le vieillissement de la population, nous devrons accorder davantage d’importance à la santé cérébrale.
(Unsplash)

À l’autre extrémité de la vie, la population vieillissante est exposée à diverses maladies neurodégénératives liées à l’âge, qui sont source de souffrances. Les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et d’autres formes de démence sont en hausse dans les pays du G7, entraînant une augmentation des dépenses de santé.

Des mesures de promotion de la santé

En tant que société, nous devons déployer des efforts considérables pour améliorer la santé cérébrale. Deux stratégies peuvent nous aider sur ce plan.

Premièrement, nous devons mettre en œuvre des interventions fondées sur des données probantes et dont l’efficacité est démontrée dans le domaine de la santé cérébrale. Pour les enfants, cela comprend notamment de bons soins prénataux, de la stimulation sensorielle, des interactions sociales actives, une alimentation saine, de l’activité physique et la prévention des traumatismes crâniens.

Children walk outdoors
Des études montrent que les enfants peuvent améliorer leur santé cérébrale en faisant de l’exercice et en jouant dehors.
(Unsplash)

Pour les adultes, il s’agit plutôt de réduire les facteurs de risque vasculaires, comme l’hypertension, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’obésité et le tabagisme. On leur conseillera notamment d’adopter une alimentation saine, de faire de l’activité physique, de bien dormir et d’avoir une vie sociale.




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Ces stratégies éprouvées doivent être soutenues et encouragées par les gouvernements. Nous avons pu constater le succès spectaculaire des mesures antitabac mises en place dans des pays comme le Canada pour diminuer l’incidence de l’emphysème et du cancer du poumon. D’autre part, nous avons pu observer les effets d’une intervention gouvernementale tardive sur les taux de tabagisme dans des pays comme la France, où l’attachement culturel au tabac est important.

Financer la recherche sur le cerveau

Bien qu’il existe de nombreuses interventions éprouvées dans le domaine de la santé cérébrale, celles-ci sont généralement peu mises en pratique. Et même si tout le monde les adoptait, elles ne permettraient pas de réduire suffisamment les maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives. La deuxième stratégie consiste à mettre au point de nouvelles mesures pour améliorer la santé cérébrale.

Pour y parvenir, nous avons besoin d’un financement ciblé et durable pour la recherche sur le cerveau à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays du G7, qui sont confrontés au vieillissement de leur population et disposent des infrastructures et des moyens financiers nécessaires pour investir dans la recherche sur la santé cérébrale.

La génomique, la protéomique, la biologie des cellules uniques, l’imagerie cérébrale de pointe, l’intelligence artificielle, les cellules souches pluripotentes induites (CSPI) et les nouveaux modèles animaux doivent tous être mis à contribution pour approfondir notre compréhension du développement, du fonctionnement et de la dégénérescence du cerveau.




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Modèle de science ouverte

La grande complexité du cerveau et les défis liés à son étude nécessitent la collaboration d’importantes équipes scientifiques. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter un modèle de recherche en science ouverte, permettant le partage rapide et libre des données, des algorithmes et des ressources, tout en préservant la confidentialité et l’indépendance.


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À titre d’exemple, pour exploiter pleinement le potentiel de l’intelligence artificielle (IA), il est nécessaire de rendre accessibles gratuitement de vastes ensembles de données de haute qualité.

C’est la raison pour laquelle les académies des sciences des pays du G7 recommandent aux dirigeants du G7 de faire de la santé cérébrale une priorité pour tous ses membres. Ils pourront ainsi améliorer la vie des citoyens et contribuer à l’épanouissement de nos sociétés.

La Conversation Canada

Guy Rouleau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La santé du cerveau : une priorité pour les pays du G7 – https://theconversation.com/la-sante-du-cerveau-une-priorite-pour-les-pays-du-g7-283424

La fin de l’Association internationale des études québécoises : un signal inquiétant

Source: The Conversation – in French – By Christophe Premat, Professor, Canadian and Cultural Studies, Stockholm University

La fermeture annoncée de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) ne signifie pas seulement la disparition d’une organisation parmi d’autres. Elle oblige à réfléchir aux conditions concrètes qui rendent possible la circulation internationale des savoirs sur le Québec.

Dans l’espace académique contemporain, les idées, les corpus et les débats ne circulent pas spontanément. Leur diffusion dépend d’infrastructures souvent invisibles, faites de financements, de réseaux, de dispositifs de médiation et d’acteurs capables de les faire vivre. L’AIEQ a longtemps occupé cette position d’interface, à la fois discrète et structurante. Or, l’association est aujourd’hui menacée de fermeture à la suite du retrait du financement accordé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec, son principal soutien institutionnel.

Selon les justifications avancées par le gouvernement québécois, cette décision s’inscrirait dans une réorientation des priorités budgétaires et diplomatiques de la province, ainsi que dans une volonté de recentrer les interventions publiques sur des programmes jugés plus directement alignés avec les objectifs économiques et stratégiques du Québec.

Pour plusieurs acteurs du milieu universitaire et culturel, cette suppression de financement fragilise toutefois un instrument essentiel de diplomatie culturelle et scientifique, qui contribuait depuis près de trente ans au rayonnement international du Québec et des études québécoises.

Faire exister un objet d’étude à l’international

Créée en 1997 à l’initiative d’universitaires et d’institutions québécoises, avec le soutien du gouvernement du Québec, l’AIEQ vise à structurer et internationaliser le champ des études québécoises. Son financement repose principalement sur l’appui du gouvernement du Québec, notamment par l’intermédiaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), ainsi que sur des partenariats universitaires et scientifiques. Si le Québec constitue depuis longtemps un objet d’analyse pour les historiens, sociologues ou littéraires, sa reconnaissance internationale reste alors inégale et largement dépendante d’initiatives individuelles.

Être « québéciste », c’est souvent travailler depuis l’extérieur du Québec, que ce soit en Europe, en Amérique latine ou en Asie, sur sa littérature, son histoire, sa vie politique ou ses transformations sociales. C’est aussi, plus largement, participer à la construction d’un espace transnational de production et de circulation des savoirs sur le Québec.

Cet espace se construit d’autant plus difficilement que le Québec ne bénéficie pas, sur la scène académique mondiale, de la centralité d’autres espaces nationaux. L’un des apports essentiels de l’AIEQ a précisément été de contribuer à faire exister ce champ en reliant entre eux des chercheurs dispersés.

En tant que chercheur français en études canadiennes, je m’intéresse à la circulation des savoirs et des littératures francophones, une dynamique qui participe à la compétition de ce que l’on appelle les soft powers, c’est-à-dire les formes d’influence culturelle, intellectuelle et linguistique qu’un État ou un espace francophone exerce à l’international sans recourir à la contrainte politique ou militaire.




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Des réalisations concrètes, au cœur des trajectoires scientifiques

Pour mesurer ce rôle, il faut descendre au niveau des pratiques. Les dispositifs de soutien à la mobilité, à l’organisation d’événements scientifiques ou au développement de réseaux de recherche jouent un rôle structurant dans les parcours académiques. Ils permettent aux chercheurs et aux étudiants d’accéder à des ressources, d’intégrer des communautés scientifiques internationales et de développer des collaborations durables.

Ces initiatives favorisent également la circulation des savoirs et la visibilité des études québécoises et francophones dans différents espaces universitaires. En soutenant colloques, séjours de recherche, publications collectives ou partenariats institutionnels, elles contribuent à inscrire ces objets d’étude dans des dynamiques internationales de recherche et d’enseignement.

Dans un autre registre, les tournées d’écrivains québécois soutenues par l’AIEQ permettent à des publics étrangers de découvrir des œuvres souvent peu diffusées hors du Québec. Lorsqu’un chercheur est invité dans plusieurs universités européennes, ces rencontres ne relèvent pas uniquement de la médiation culturelle : elles alimentent directement les recherches, nourrissent les enseignements et suscitent de nouveaux projets scientifiques.

Ces exemples, parmi d’autres, illustrent une réalité fondamentale : l’AIEQ n’est pas seulement un bailleur de fonds ponctuel. Elle intervient au cœur des trajectoires scientifiques, en facilitant des rencontres, en ouvrant des accès et en rendant possibles des projets qui, autrement, resteraient à l’état d’intention.

Une économie des échanges savants

Pour comprendre pleinement ce rôle, il est utile de mobiliser les outils de la sociologie des champs intellectuels, notamment ceux développés par le sociologue français Pierre Bourdieu. Dans cette perspective, la production des savoirs ne peut être dissociée des conditions sociales de leur circulation. Les idées ne s’imposent pas uniquement par leur contenu, mais aussi par les réseaux qui les portent, les institutions qui les légitiment et les ressources qui permettent leur diffusion.

Dans cette perspective, l’AIEQ peut être envisagée comme un acteur de cette « économie des échanges savants ». Elle contribue à distribuer des ressources – financières, symboliques, relationnelles – qui permettent à certains objets, ici le Québec, de circuler dans l’espace académique international. Elle participe également à la constitution d’un capital collectif pour les chercheurs qui s’y rattachent, en leur offrant des occasions de visibilité et de reconnaissance.


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Dans cette perspective, la notion de québécisme prend un sens particulier. Elle ne renvoie pas seulement à un objet d’étude, mais à une position dans un espace de relations. Être québéciste, c’est occuper une place dans un réseau, bénéficier de certaines ressources, mais aussi contribuer à leur reproduction en participant à des projets collectifs, en organisant des événements ou en formant de nouveaux chercheurs.




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Une diplomatie culturelle sans appareil étatique direct

L’action de l’AIEQ déborde le strict cadre académique. En soutenant la diffusion internationale de la culture québécoise, elle participe à une forme de diplomatie culturelle qui ne passe pas exclusivement par les canaux étatiques traditionnels. Elle met en relation des institutions, des chercheurs et des publics, et favorise des circulations qui échappent en partie aux logiques strictement politiques.

Cette dimension est particulièrement visible dans les contextes où le Québec est peu présent dans les programmes universitaires. Dans certaines universités d’Europe centrale ou d’Asie, les études québécoises existent grâce à l’engagement de quelques individus et au soutien ponctuel d’organisations comme l’AIEQ. Sans ces relais, la présence du Québec dans ces espaces académiques serait beaucoup plus fragile, voire inexistante.

Une fragilité structurelle

Comme beaucoup d’infrastructures de ce type, l’AIEQ repose sur un équilibre précaire. Sa capacité d’action dépend de financements publics limités et de l’engagement d’un réseau de partenaires dispersés. Cette fragilité n’est pas exceptionnelle : elle caractérise plus largement les dispositifs qui soutiennent les sciences humaines et sociales, en particulier lorsqu’ils opèrent à l’échelle internationale.

La disparition de l’AIEQ ne signifie pas la fin des études québécoises. Les chercheurs continueront à travailler, à publier et à enseigner. Mais les conditions dans lesquelles ces activités se déploient seront modifiées. Les occasions de rencontre se raréfieront, les projets collectifs seront plus difficiles à mettre en place, et certains espaces académiques pourraient progressivement se détourner d’un objet devenu plus difficile d’accès.

Ce que révèle la disparition d’une infrastructure

Au-delà du cas particulier de l’AIEQ, c’est la question de la circulation des savoirs qui se trouve posée. Dans un monde académique qui valorise fortement l’internationalisation, les conditions matérielles et institutionnelles de cette internationalisation restent souvent sous-estimées.

L’exemple des études québécoises montre que cette circulation dépend d’acteurs intermédiaires capables de relier des espaces, de coordonner des initiatives et de soutenir des trajectoires. Lorsque ces acteurs disparaissent, ce ne sont pas seulement des structures administratives qui s’éteignent, mais des réseaux, des habitudes de collaboration et des formes de présence intellectuelle.

En ce sens, la fermeture de l’AIEQ ne constitue pas uniquement un événement institutionnel. Elle invite à prendre au sérieux ces infrastructures discrètes qui, sans produire directement des connaissances, en rendent la circulation possible. Et elle rappelle que la visibilité internationale d’un objet d’étude, loin d’être acquise, repose sur un travail collectif, patient et toujours fragile.

La Conversation Canada

Christophe Premat est directeur du Centre d’études canadiennes de l’Université de Stockholm. Il est membre de l’Association Internationale des Études Québécoises (AIEQ). Le Centre d’études canadiennes de l’Université de Stockholm a développé une stratégie de promotion des études québécoises pour la période 2026-2028. Il est co-rédacteur en chef de la Revue Nordique des Études Francophones qui a publié des entretiens avec des auteur.e.s québécois.e.s soutenu.e.s par l’AIEQ.

ref. La fin de l’Association internationale des études québécoises : un signal inquiétant – https://theconversation.com/la-fin-de-lassociation-internationale-des-etudes-quebecoises-un-signal-inquietant-281695

Agricultura de precisión, cuando la IA llega al campo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis F. García del Moral Garrido, Profesor Emérito-Fisiología Vegetal, Universidad de Granada

Prathankarnpap/Shutterstock

Una mayor demanda de alimentos para una población mundial que superará los 9 500 millones en 2050; calentamiento global, con temperaturas récord y eventos extremos que aumentan los riesgos productivos; mayores costes de combustible, fertilizantes y fitosanitarios; envejecimiento rural (la edad media del agricultor español ronda los 61 años); falta de relevo generacional… Son algunos de los retos a los que se enfrenta la agricultura del siglo XXI. Sin olvidarnos de los elevados salarios agrícolas y de la inquietud para el sector agrario derivada de la firma del acuerdo UE-Mercosur.

En este contexto, la inteligencia artificial (IA) ha pasado en los últimos diez años de ser una utopía tecnológica a consolidarse como un apoyo imprescindible para el futuro de la agricultura, que puede ayudar a optimizar los recursos para producir mejor con menos costes.

Cosecha de datos

El primer paso para implementar la IA es recolectar datos valiosos que ayuden a optimizar la producción. Así, para conocer el estado fisiológico de las plantas, pueden usarse sensores electrónicos que miden humedad, temperatura, pH y nutrientes del suelo.

Existen drones con cámaras multiespectrales que sobrevuelan las parcelas midiendo índices de clorofila, estado hídrico y nutritivo de las plantas, así como robots agrícolas con visión computacional dirigidos por GPS.

Representación del satélite Landsat 8.
NASA/Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab., CC BY

Otros ejemplos son las imágenes de alta resolución obtenidas de satélites como Sentinel y LandSat, que detectan anomalías y evalúan la salud del cultivo.

Cultivos de precisión

Una vez enviados estos datos a plataformas digitales, algoritmos de IA pueden organizar en tiempo real el riego automatizado, la detección temprana de plagas y enfermedades antes de que se propaguen, la deficiencia o exceso de nutrientes, la gestión de insumos (energía, agua, fertilizantes y fitosanitarios) y la gestión remota.

Todo ello se engloba en lo que se conoce como agricultura de precisión, cuyo objetivo es aumentar la productividad, reducir costes y promover la sostenibilidad de la explotación agrícola.

Además, la IA permite modelar riesgos y ajustar decisiones en tiempo real, analizar la demanda del mercado, pronosticar precios y determinar los momentos más adecuados para la siembra y la cosecha.

Al mismo tiempo, la automatización basada en IA ayudaría a compensar la escasez de mano de obra.

Réplicas virtuales del campo

Una de las aportaciones más innovadoras a la agricultura son los llamados “gemelos digitales”, réplicas virtuales de un cultivo, de una parcela o, incluso, de toda una explotación. Miles de fotografías tomadas por drones con cámaras de alta resolución procesadas mediante IA permiten recrear un mapa exacto del terreno, con sus particularidades agronómicas, físicas y geológicas.

Esta réplica virtual imita las características y el comportamiento de su contraparte física y se alimenta continuamente en tiempo real con la información procedente de los sensores y demás tecnologías de captura de información indicadas anteriormente, así como de los sistemas públicos.

Los datos se integran en el gemelo digital para visualizar el estado actual del cultivo. Asimismo, mediante programas de aprendizaje automático, es posible simular diferentes escenarios, como la repercusión de la aplicación de fertilizantes o fitosanitarios, la incidencia de las labores agrícolas o los cambios en el régimen de riego.

Decisiones informadas

Al optimizar el uso de recursos y anticipar fallos, se minimizan gastos innecesarios y se aumenta la rentabilidad. Paralelamente, se mejora la sostenibilidad y se reduce el impacto ambiental mediante un uso más preciso y eficiente de insumos y energía.

Por otro lado, pueden detectarse tendencias y predecir resultados futuros, como el rendimiento de la cosecha, posibles problemas de plagas y enfermedades o qué pasaría en caso de sequía, granizo, heladas u otros accidentes, ayudando a decidir con mayor rapidez y precisión.

Una óptima conexión bidireccional es fundamental para que las acciones realizadas en el mundo real se reflejen en el gemelo digital y, a su vez, para que las simulaciones y análisis realizados en el entorno virtual puedan informar y optimizar las decisiones en el campo.

Retos salvables

No obstante, a pesar de sus numerosas ventajas, la adopción a gran escala de estas tecnologías debe superar algunas dificultades. Debemos tener en cuenta los elevados costos iniciales en infraestructura tecnológica, además de que requieren una adecuada formación técnica de los operadores y protocolos de estandarización para garantizar la interoperabilidad entre sistemas y aplicaciones.

Sin embargo, con el continuo avance tecnológico, el abaratamiento de sensores electrónicos y la creciente disponibilidad de datos, estos desafíos están destinados a ser superados.

Todo apunta a que la agricultura del futuro será cada vez más tecnológica, estará interconectada y se orientará a la sostenibilidad, además de generar oportunidades de mercado. Según la empresa estadounidense GMI Insights, el mercado mundial de IA agrícola en 2024 suponía 4 700 millones de dólares y crecerá a una tasa anual superior al 26 % hasta 2034, una de las más elevadas de todo el sector tecnológico.

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The Conversation

Luis F. García del Moral Garrido no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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Descubierto un nuevo exoplaneta de mañanas nubladas y tardes despejadas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Vázquez Monzón, Profesor Ayudante Doctor, especializado en Astrofísica y Astrodinámica, Universidad Loyola Andalucía

sdecoret/Shutterstock

El universo vuelve a sorprendernos con un fenómeno meteorológico tan familiar como extraño: un planeta gigante fuera del sistema solar parece tener mañanas cubiertas de nubes y tardes despejadas. La diferencia es que allí no hablamos de brisas suaves ni de lluvias pasajeras, sino de temperaturas extremas y vientos supersónicos en un mundo gaseoso abrasado por su estrella.

El descubrimiento, publicado en la revista Science y realizado con el telescopio James Webb (JWST), aporta una de las imágenes más detalladas hasta ahora de cómo funcionan las atmósferas de los exoplanetas gigantes. Y, además, ayuda a resolver un viejo debate de la astronomía moderna: ¿de qué están hechas realmente las neblinas (hazes) y nubes que envuelven estos mundos?

Nubes de hierro fundido en un exoplaneta gaseoso.
ESO/M. Kornmesser, CC BY

Un “Júpiter caliente” con dos caras

Dos cuerpos orbitando alrededor de uno central (rojo). El más cercano está acoplado, mientras que el más lejano no.
Wikimedia Commons., CC BY

El protagonista del estudio es WASP-94A b, un “Júpiter caliente”: un planeta gaseoso parecido a Júpiter, pero orbitando extremadamente cerca de su estrella. Esa proximidad hace que un año allí dure apenas unos días terrestres y que el planeta esté acoplado de marea, es decir, mostrando siempre la misma cara a su sol.

Como ocurre con la Luna respecto a la Tierra, un hemisferio permanece eternamente iluminado y el otro en oscuridad constante. Entre ambos, existe una franja de transición, llamada “terminador”, donde los astrónomos pueden estudiar la atmósfera observando cómo la luz de la estrella atraviesa sus capas gaseosas durante un tránsito planetario.

Imagen artística de WASP-39, con la línea de terminador.
NASA/ESA/CSA, CC BY

Y fue precisamente allí donde apareció la sorpresa.

Las observaciones del JWST revelaron una diferencia muy clara entre el lado matutino y el vespertino del planeta. En la región donde amanece, predominan densas nubes que amortiguan las señales espectrales del vapor de agua. En cambio, en la zona donde anochece, la atmósfera aparece mucho más limpia y transparente.

El ciclo meteorológico más extremo imaginable

La explicación apunta a un auténtico ciclo meteorológico extraterrestre. Los investigadores creen que las nubes se forman en las regiones relativamente más frías del planeta, probablemente mediante condensación de minerales y compuestos exóticos presentes en la atmósfera. Después, los potentes vientos atmosféricos transportan esas partículas hacia zonas más calientes, donde terminan evaporándose.

En la Tierra, las nubes están formadas por agua líquida o cristales de hielo. Pero en estos mundos abrasadores, podrían existir nubes de silicatos o minerales vaporizados. Las diferencias térmicas entre ambos lados del planeta pueden superar los 280 grados centígrados, suficientes para que los aerosoles aparezcan y desaparezcan continuamente mientras circulan alrededor del globo.

Gigante gaseoso con nubes de silicatos.
Pablo Carlos Budassi, CC BY

Los nuevos datos del JWST sugieren, además, que la distribución de las nubes no es uniforme ni estable. Las observaciones indican una atmósfera extremadamente dinámica, dominada por corrientes capaces de redistribuir calor y materiales a velocidades enormes.

En este escenario, los modelos atmosféricos apuntan a vientos supersónicos que recorrerían el planeta transportando partículas condensadas desde el hemisferio nocturno y las regiones matutinas hacia zonas progresivamente más calientes.

¿Un viejo dilema resuelto?

El hallazgo es importante porque durante años existieron dos hipótesis principales para explicar los aerosoles de los Júpiter calientes. Mientras que una defendía que eran nubes originadas por condensación, la otra proponía neblinas fotoquímicas, creadas por la intensa radiación estelar, similares a las de Titán, la luna de Saturno, o al smog terrestre.

Las nuevas observaciones favorecen claramente la primera explicación: al menos en este tipo de planetas, las nubes parecen comportarse como sistemas meteorológicos dinámicos gobernados por la temperatura y la circulación atmosférica.

El problema de las atmósferas “ocultas”

Aunque las nubes hacen estos mundos más fascinantes, también representan un gran desafío científico.

Para estudiar un exoplaneta, los astrónomos analizan cómo ciertos gases absorben longitudes de onda específicas de la luz. Ese patrón permite identificar moléculas como agua, dióxido de carbono o metano. Pero las nubes y neblinas pueden ocultar parte de esas señales y distorsionar las mediciones.

En algunos casos, un planeta puede parecer pobre en agua simplemente porque las nubes bloquean la observación. De hecho, estudios anteriores ya habían mostrado que muchos Júpiter calientes forman un continuo que va desde atmósferas completamente despejadas hasta otras muy cubiertas por nubes.

Ahora sabemos algo aún más complejo: un mismo planeta puede tener regiones simultáneamente nubladas y despejadas.

Esto obliga a reinterpretar parte de los datos obtenidos durante más de una década con telescopios como el Hubble y a desarrollar modelos atmosféricos tridimensionales mucho más sofisticados.

Más cerca de entender otros mundos

El JWST está inaugurando una nueva etapa en la exploración de exoplanetas. Ya no basta con detectar su existencia: ahora empezamos a estudiar su meteorología, sus ciclos atmosféricos y su química con un detalle impensable hace apenas unos años.

WASP-94A b se ha convertido en uno de los mejores ejemplos de esta nueva astronomía atmosférica. Sus “amaneceres” cubiertos de nubes y sus “atardeceres” despejados muestran que incluso los mundos más extremos poseen dinámicas complejas, cambiantes y sorprendentemente parecidas, en ciertos aspectos, a fenómenos meteorológicos familiares en la Tierra.

Comprender cómo se forman estas nubes exóticas también será fundamental para interpretar planetas más pequeños y potencialmente habitables. Después de todo, la atmósfera es la gran intermediaria entre la superficie de un mundo y el espacio.

Por primera vez, comenzamos a observar cómo cambia el tiempo… en planetas situados a cientos de años luz de distancia.

The Conversation

Carlos Vázquez Monzón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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¿La altura importa? El cuerpo masculino y la presión de ser bajo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antoni Aguiló Bonet, Investigador postdoctoral en filosofía contemporánea, Universitat de les Illes Balears

Pixel-Shot/shutterstock

El músico y escritor Abraham Boba ha publicado 163 centímetros, un ensayo autobiográfico sobre lo que significa vivir siendo un hombre con una estatura inferior a la media. A primera vista, podría parecer una cuestión trivial. Sin embargo, la altura (como otros rasgos corporales) no es socialmente neutra.

Durante décadas, la investigación académica sobre la imagen corporal se centró casi exclusivamente en las mujeres. La presión estética sobre ellas (desde la delgadez hasta la juventud) se analizó como un mecanismo de control social y de desigualdad de género.

Sin embargo, las investigaciones muestran que la insatisfacción corporal también está presente entre los hombres. Estudios recientes realizados a nivel europeo señalan que está asociada con la percepción del propio cuerpo, la comparación social y el bienestar psicológico. También con conductas relacionadas con la alimentación o la musculatura. En este sentido, la insatisfacción corporal masculina no es un fenómeno marginal, sino una dimensión de la salud mental en la población en general.

Altura y normas sociales

La altura masculina es un rasgo con implicaciones sociales. Numerosos estudios han documentado la existencia de la llamada “norma del hombre más alto” (male-taller norm): la expectativa cultural de que los hombres midan más que sus parejas femeninas. Estudios recientes confirman que esta preferencia no solo persiste, sino que la altura es valorada como un rasgo más importante por las mujeres que por los hombres en la elección de pareja.

La altura se asocia culturalmente con cualidades como el liderazgo o la protección. Esto ayuda a explicar por qué puede influir en la percepción del atractivo o del estatus social. En este sentido, un rasgo aparentemente trivial (unos centímetros más o menos) puede tener consecuencias en ámbitos tan diversos como las relaciones sentimentales o la autoestima.

El interés de libros como el de Boba radica precisamente en visibilizar cómo características corporales aparentemente banales pueden convertirse en experiencias sociales significativas.

El cuerpo: capital erótico, cultural o social

Para entender por qué el cuerpo adquiere tanta relevancia social, algunos sociólogos han recurrido al concepto de capital erótico. Propuesto por la socióloga británica Catherine Hakim, posteriormente fue discutido por autores como José Luis Moreno Pestaña, en su trabajo sobre cuerpo, estética y desigualdad.

Este concepto describe el conjunto de atributos relacionados con la apariencia física (belleza, estilo, encanto o forma corporal) que pueden traducirse en ventajas sociales o profesionales en determinados ámbitos de la vida social.

En este sentido, el cuerpo puede entenderse como una forma de recurso social que, en determinados contextos, funciona de manera similar a otras formas de capital descritas por el sociólogo francés Pierre Bourdieu, como el capital cultural. Es decir, las competencias, habilidades y conocimientos que permiten a ciertos grupos obtener reconocimiento y estatus.

Masculinidad y silencio corporal

A pesar de esta presión, existe una diferencia cultural importante entre hombres y mujeres: la forma en que se habla del cuerpo.

Las mujeres han desarrollado en las últimas décadas movimientos sociales y culturales que cuestionan los estándares de belleza, como el body positive. Este tiene raíces en tradiciones feministas e interseccionales, orientadas a promover una mayor aceptación corporal frente a los ideales normativos dominantes.

Dichos movimientos han contribuido a visibilizar el impacto psicológico y social de los cánones corporales. Según investigaciones recientes, la exposición a contenidos body positive se asocia con mejoras en la satisfacción corporal y el bienestar emocional.

En cambio, el malestar corporal masculino suele expresarse de forma más indirecta. Diversos estudios señalan que los varones tienden a abordar su relación con el cuerpo como una trayectoria de cambio y gestión.

Es decir, los hombres describen su relación con el cuerpo a través de prácticas concretas, como el ejercicio, la dieta o los cambios físicos, que organizan su experiencia corporal en términos de acción. El cuerpo masculino se presenta como una realidad que se modifica, se gestiona y se optimiza a lo largo del tiempo, más que como una experiencia centrada en la expresión directa del malestar o la vulnerabilidad estética.

Esta diferencia se ha relacionado con normas tradicionales de masculinidad que valoran el autocontrol y limitan la expresión pública del malestar corporal o emocional. En este sentido, algunas autoras han señalado que la presión estética no opera solo como una exigencia externa, sino como una forma de violencia interiorizada que estructura la relación con el propio cuerpo, tal como plantea Elena Crespi.

Hablar del cuerpo masculino

En este contexto, textos autobiográficos como el de Abraham Boba pueden interpretarse como parte de un cambio cultural más amplio: el inicio de una conversación pública sobre el cuerpo masculino.

Más que inaugurar un tema nuevo, estas narrativas contribuyen a hacer visibles experiencias que durante mucho tiempo han permanecido poco nombradas.

Comprender estas dinámicas es relevante no solo para analizar los cambios culturales en torno a la masculinidad, sino también para abordar sus implicaciones en la salud mental y el bienestar.

Por ello, el creciente interés académico por la imagen corporal masculina refleja un cambio en la forma de entender la relación entre cuerpo, género y bienestar. Y abre nuevas líneas de investigación sobre sus implicaciones sociales y psicológicas.

The Conversation

Antoni Aguiló Bonet es miembro de Homes Transitant, asociación sin ánimo de lucro dedicada a la reflexión crítica sobre masculinidades.

ref. ¿La altura importa? El cuerpo masculino y la presión de ser bajo – https://theconversation.com/la-altura-importa-el-cuerpo-masculino-y-la-presion-de-ser-bajo-282322

La autenticidad es una ventaja competitiva de la que Bad Bunny podría dar una lección a las empresas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Pellejero, Profesor investigador en Organización de Empresas, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

El puertorriqueño Bad Buny saliendo de un partido de baloncesto celebrado en el Madison Square Garden, Nueva York. GlobeTrotPix/Shutterstock

Los escándalos corporativos, los discursos percibidos como artificiales y la desconfianza social debilitan la credibilidad de directivos y marcas. Si en los últimos años la legitimidad de algunas organizaciones se ha visto erosionada por crisis de reputación y confianza, al mismo tiempo, empleados y consumidores –y especialmente las generaciones más jóvenes– exigen a las empresas coherencia, transparencia y posicionamiento claro.

Ya no basta con declarar valores, se espera que se traduzcan en decisiones y comportamientos visibles. Así, la autenticidad ha dejado de ser un atributo deseable para convertirse en una ventaja competitiva para las organizaciones.




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Autoconciencia, transparencia y ética

En este contexto, gana fuerza el estilo de liderazgo auténtico, que se basa en la autoconciencia, la transparencia en las relaciones y una base ética sólida, y va más allá de un concepto atractivo. Diversos estudios sobre el tema muestran sus efectos reales en las organizaciones: alinear valores y acciones favorece la confianza y el compromiso, facilita el liderazgo en entornos complejos, y mejora el bienestar de los empleados y la sostenibilidad organizativa en contextos inciertos.




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Mientras las empresas invierten recursos en parecer auténticas, algunos referentes fuera del mundo corporativo lo consiguen sin aparente esfuerzo. No es una cuestión de comunicación sino de coherencia. Y, en ese terreno, el caso del músico puertorriqueño Bad Bunny ofrece una lección inesperada para el liderazgo auténtico en las organizaciones.

Bad Bunny: autenticidad sin estrategia aparente

La trayectoria de Bad Bunny es un buen ejemplo de autenticidad. Lejos de adaptarse a las normas dominantes de la industria musical, ha construido su propuesta desde una coherencia sostenida entre la identidad personal, el discurso público y las decisiones profesionales.

“Nunca he hecho una canción pensando: ‘Esto es para el mundo, esto es para captar al público gringo’, nunca. Hago canciones como si solo fueran a escucharlas los puertorriqueños”.

Al mantener el uso del español en un mercado global, adoptar una estética que desafía normas de género y posicionarse sin ambigüedades sobre cuestiones sociales, el artista no parece seguir una estrategia de autenticidad, simplemente actúa en coherencia con lo que es.

Bad Bunny ha redefinido el alcance global de la música latina sin renunciar a su identidad.

¿Qué implica esto para las organizaciones?

Desde la perspectiva organizativa, el caso del puertorriqueño puede leerse como una forma de liderazgo basada en valores, donde la coherencia no es solo una cuestión ética, sino también un activo estratégico.

Este modelo obliga a replantear la autenticidad como recurso competitivo para las organizaciones. La confianza que generan los líderes coherentes no es un intangible difuso: tiene efectos directos sobre el compromiso y el desempeño. Así lo señaló, en 2015, la experta en liderazgo Herminia Ibarra al desarrollar el concepto de paradoja de la autenticidad. Esto es, que los avances profesionales exigen salir de la zona de confort y, a la vez, desencadenan un fuerte impulso para proteger la identidad propia. Según Ibarra, estos momentos son un aprendizaje para el liderazgo eficaz pues permiten evolucionar y crear un estilo personal que se ajuste a las necesidades cambiantes de las organizaciones.

En segundo lugar, pone el foco en la cultura organizativa. Cuando los valores, las prácticas y la comunicación están alineados, la organización gana legitimidad. En sectores como el turismo o los servicios –donde la experiencia depende en gran medida de la percepción del cliente– esa coherencia se traduce en propuestas que se perciben como más reales, tal y como plantearon los expertos en diseño organizacional B. Joseph Pine II y James H. Gilmore al hablar sobre la economía de la experiencia.

Al mismo tiempo, el propio modelo de liderazgo está cambiando. El perfil del líder distante pierde terreno frente a figuras más visibles, cercanas y capaces de posicionarse en cuestiones sociales. Este giro refleja una transformación más amplia en las expectativas sobre las organizaciones. En este contexto, diferenciarse no siempre implica adaptarse, sino reforzar lo propio, algo especialmente relevante para marcas territoriales y destinos turísticos, como subraya la Organización Mundial del Turismo.

El riesgo de intentar “gestionar” la autenticidad

Sin embargo, aquí aparece un riesgo importante. A medida que la autenticidad gana protagonismo, algunas organizaciones intentan gestionarla como si fuera una técnica más. El resultado suele ser el contrario al buscado y aparecen discursos artificiales que erosionan la confianza. Así, cuanto más se intenta proyectar autenticidad como parte de la estrategia empresarial, mayor es el riesgo de ser percibido como inauténtico.

Además, la autenticidad no está exenta de tensiones. Puede entrar en conflicto con objetivos como la eficiencia, el control o la coherencia estratégica. No es un recurso que pueda imponerse ni diseñarse de forma instrumental. Requiere coherencia sostenida en el tiempo, incluso cuando implica asumir costes.

El auge de referentes como Bad Bunny no responde a una moda pasajera sino a un cambio más profundo. En un contexto de creciente desconfianza se buscan comportamientos más coherentes y la legitimidad del liderazgo ya no depende solo de la posición jerárquica, sino de la consistencia entre lo que se dice y lo que se hace.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La autenticidad es una ventaja competitiva de la que Bad Bunny podría dar una lección a las empresas – https://theconversation.com/la-autenticidad-es-una-ventaja-competitiva-de-la-que-bad-bunny-podria-dar-una-leccion-a-las-empresas-282983

Así nos protegen y pueden curarnos las células dendríticas, los ‘agentes de aduanas’ del organismo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio J. Ruiz Alcaraz, Profesor de Inmunología de la Universidad de Murcia e investigador del Grupo de Inmunidad Innata del IMIB, Universidad de Murcia

Representación de una célula dendrítica. Kateryna Kon/Shutterstock

El sistema inmunitario humano depende de una coordinación exquisita entre distintos tipos de células para proteger al organismo frente a patógenos como virus o bacterias y, al mismo tiempo, no atacar a los tejidos propios. En este delicado contexto, las células dendríticas desempeñan un papel central, ya que actúan como el principal vínculo entre la inmunidad innata, que supone la primera línea defensiva –inmediata, pero no siempre eficaz–, y la inmunidad adaptativa, compuesta por un sistema de defensa más especializado.

Desde su hallazgo y la descripción de sus funciones, que supuso el premio Nobel de Fisiología o Medicina en 2011 para el inmunólogo canadiense Ralph M. Steinman, estas células han sido reconocidas como iniciadoras clave de la respuesta inmunitaria específica. Así se denomina la activación de una serie de células (linfocitos T y B) capaces de atacar a cada patógeno de la forma más apropiada y de guardar memoria inmunitaria para recordarlo y activarse de forma rápida si la misma amenaza vuelve a aparecer.

Pero además de actuar como “agentes de aduanas” (es decir, controlando qué entra en nuestro organismo y dando la voz de alarma cuando hay peligro), las células dendríticas están implicadas en patologías autoinmunes, cáncer y procesos alérgicos. A ello hay que sumar que actualmente son el punto de partida para desarrollar nuevas estrategias terapéuticas.

Origen y desarrollo de las células dendríticas

Las células dendríticas se originan a partir de células madre de la médula ósea, de las que surgen poblaciones con una notable diversidad. A grandes rasgos, se distinguen las células dendríticas convencionales y las células dendríticas plasmocitoides, cada una con sus funciones definidas dentro de la respuesta inmunitaria.

Las convencionales están altamente especializadas en la presentación de las sustancias que el sistema inmunitario identifica como extrañas (antígenos) a los linfocitos T, iniciando así la reacción defensiva frente a los intrusos.




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En cambio, las células dendríticas plasmocitoides destacan por su capacidad para producir grandes cantidades de interferones de tipo I, proteínas capaces de combatir infecciones virales, lo que las convierte en un elemento crucial de nuestra inmunidad innata frente a los virus.

Además, cuando se produce inflamación pueden diferenciarse nuevas células dendríticas a partir de los llamados monocitos, que circulan por la sangre. Esto ilustra la plasticidad del sistema inmunitario para establecer la mejor respuesta posible.

Localización estratégica en el organismo

Las células dendríticas se distribuyen estratégicamente en tejidos que están en contacto directo con el entorno, actuando como sensores tempranos de peligro. Son especialmente abundantes en la piel, donde reciben el nombre de células de Langerhans, así como en las mucosas respiratorias, intestinales y genitourinarias.

En esas ubicaciones capturan antígenos procedentes de microorganismos, partículas ambientales o células dañadas. Tras la captación de la sustancia sospechosa, las células dendríticas migran hacia los órganos linfoides secundarios, como los ganglios linfáticos y el bazo. Allí presentan a los linfocitos T sus “informes aduaneros” sobre la presencia de elementos extraños, lo que desencadena la respuesta inmunitaria adaptativa.

Esta capacidad de desplazarse de un lugar a otro, unida a su localización estratégica, las convierte en auténticas “células centinela” que rastrean y protegen nuestras fronteras.

Patógenos “desenmascarados”

La función más característica de las células dendríticas es, como señalábamos antes, la presentación de antígenos. Tras capturarlos mediante distintos mecanismos, los procesan en su interior y los colocan en su superficie asociados a moléculas del complejo mayor de histocompatibilidad (MHC).

El MHC es una proteína que actúa como un pasaporte para diferenciar entre moléculas propias (pasaporte correcto) y extrañas (pasaporte adulterado). Cuando los linfocitos T reconocen la documentación falsa, se generan respuestas inmunitarias específicas contra los patógenos “desenmascarados”.

Además de presentar antígenos, las células dendríticas proporcionan señales para activar a los linfocitos T y secretan citoquinas –pequeñas proteínas que actúan como señales de alarma– con el fin de determinar el tipo de respuesta defensiva más conveniente. Dependiendo de su estado de activación y del microambiente, pueden inducir respuestas proinflamatorias frente a patógenos o promover tolerancia inmunológica, un mecanismo esencial para prevenir la autoinmunidad y las reacciones alérgicas y favorecer la aceptación de trasplantes. Esta capacidad reguladora sitúa a las células dendríticas también como piezas clave del equilibrio inmunológico.

Implicación en enfermedades humanas

La alteración en la función de las células dendríticas se asocia con numerosas enfermedades. En el caso de dolencias autoinmunes como el lupus eritematoso sistémico, la esclerosis múltiple, la artritis reumatoide o la enfermedad inflamatoria intestinal, una activación inapropiada puede favorecer que se reconozcan como extraños los pasaportes propios y se desencadene un “fuego amigo” inmunitario.

En el caso de las alergias, las células dendríticas pueden promover una activación exagerada de linfocitos T frente a antígenos ambientales inofensivos (polen, polvo, ciertos alimentos, etc.). En lo referente al cáncer, los tumores suelen interferir en la maduración y función de las células dendríticas, propiciando su evasión del sistema inmunitario. De manera similar, la disfunción de estas células contribuye a que las respuestas inmunitarias contra los patógenos causantes de infecciones crónicas sean ineficaces.

Potencial terapéutico y aplicaciones futuras

El conocimiento detallado de la biología de las células dendríticas ha impulsado el desarrollo de terapias inmunológicas innovadoras. Una de las estrategias más prometedoras es el diseño de vacunas para combatir el cáncer. Según este enfoque, las células dendríticas del propio paciente se cargan con antígenos tumorales específicos y son reintroducidas para estimular una respuesta inmunitaria precisa contra las células cancerosas.

Paralelamente, se están investigando terapias que aprovechan la capacidad de nuestras protagonistas para inducir tolerancia, con aplicaciones potenciales en el tratamiento de enfermedades autoinmunes y en la prevención del rechazo en trasplantes. La idea es restaurar el equilibrio inmunitario sin necesidad de recurrir a una inmunosupresión generalizada del paciente, que puede desencadenar efectos colaterales como la aparición de infecciones oportunistas.

A medida que se profundiza en su estudio, las células dendríticas se consolidan como protagonistas clave en el desarrollo de la medicina del futuro.

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Antonio J. Ruiz Alcaraz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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Diez factores que facilitan la veloz propagación actual del ébola

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología, Universidad de Salamanca

Un trabajador sanitario examina a un niño en busca de ébola durante un brote de 2019 en la República Democrática del Congo. Vincent Tremeau/UNICEF

El ébola ha vuelto a activar las alarmas de la Organización Mundial de la Salud (OMS), que ha declarado la situación como una emergencia de salud pública de importancia internacional.

La velocidad inusual con la que se está propagando el virus del Ébola Bundibugyo puede ser debida a una combinación crítica de factores biológicos, logísticos y sociales. Aquí explicamos algunos de ellos.

1. Detección tardía

Cuando la Organización Mundial de la Salud (OMS) y los ministerios de salud declararon la emergencia a mediados de mayo, las cifras de casos sospechosos y muertes ya eran alarmantes. De ahí la sospecha de que el virus estuvo circulando semanas antes de difundirse la confirmación oficial.

El patógeno pasó desapercibido por dos razones: porque los síntomas iniciales (fiebre, dolores musculares y debilidad) pueden ser confundidos con enfermedades locales comunes como la malaria, y porque los tests rápidos de detección dieron falsos negativos. Lo segundo se explica porque esas pruebas estaban dirigidas a detectar el virus del Ébola Zaire, el que origina brotes con más frecuencia, en lugar del Ébola Bundibugyo.

2. La actividad minera es determinante

Los yacimientos auríferos de Ituri o los de coltán en Kivu del Norte y Kivu del Sur atraen a miles de trabajadores locales, comerciantes y transportistas que se desplazan constantemente. Esta actividad minera acelera la propagación del Ébola debido a la alta movilidad de los mineros hacia otras regiones y países fronterizos.

Además, el hacinamiento en asentamientos informales y la falta casi total de infraestructura de agua y saneamiento empeora la situación, ya que los campamentos mineros artesanales, y en muchas ocasiones ilegales, suelen caracterizarse por un crecimiento urbano descontrolado y densamente poblado. La falta de infraestructura básica de vivienda obliga a las personas a vivir en espacios reducidos y poco higiénicos, lo que multiplica el riesgo de transmisión por contacto directo con fluidos corporales.

3. Deforestación

La deforestación causada por la minería destruye y fragmenta el hábitat de los animales reservorios naturales del virus del Ébola, obligándolos a desplazarse hacia los márgenes de los bosques o a los asentamientos humanos en busca de alimento. Este estrechamiento del espacio compartido aumenta drásticamente las probabilidades de que un humano interactúe con los fluidos de un animal infectado.

Al mismo tiempo, la apertura de caminos forestales y el establecimiento de campamentos mineros informales o ilegales introducen a miles de personas en zonas vírgenes de la selva, creando una zona de contacto directo que dispara el riesgo de transmisión zoonótica.

4. Inseguridad y guerra

La combinación de inseguridad crónica y conflicto armado en la provincia de Ituri y otras zonas de la República Democrática del Congo, como Kivu del Norte, actúa como un catalizador perfecto para la propagación del virus. Las milicias armadas, que se financian mediante la explotación y el contrabando de minerales como el oro o el coltán, exacerban la crisis impidiendo que los equipos médicos rastreen los contactos de los contagiados, bloqueando la llegada de ayuda humanitaria y forzando incluso a la retirada de las organizaciones sanitarias. Así, un recurso económico se convierte en el motor de una catástrofe epidemiológica y humanitaria.

5. Desplazamientos y movimientos transfronterizos

Como señalábamos en el punto anterior, la provincia de Ituri ha sido el escenario en los últimos años de una intensa violencia intercomunitaria y enfrentamientos armados, que han obligado a cientos de miles de personas a huir de sus hogares. Las familias que escapan de la violencia se ven obligadas a hacinarse en campos de desplazados internos o a refugiarse en comunidades de acogida, donde aislar a los enfermos es casi imposible.

Adicionalmente, localidades como Mongbwalu, una importante zona minera rica en oro y uno de los epicentros actuales de los casos de ébola, atraen a una enorme masa de trabajadores altamente móviles. Los mineros ilegales se desplazan sin cesar entre campamentos, zonas rurales y centros urbanos, transportando el virus sin saberlo. La proximidad con Uganda y Sudán del Sur, así como la permeabilidad de las fronteras, implica un flujo diario y constante de comerciantes, transportistas y familias.

6. Desconfianza social y prácticas funerarias tradicionales

Las milicias suelen difundir teorías de conspiración entre la población local, afirmando que el ébola es un invento del Gobierno o de Occidente para exterminarlos o robarles el oro. Esto origina desconfianza hacia las instituciones y retrasa el rastreo de contactos y el aislamiento. También propicia que las comunidades escondan a los enfermos en lugar de llevarlos a los centros de salud.

La sensación de desconfianza aumenta con la súbita llegada de misiones humanitarias, que lleva a la población a percibir la enfermedad como un negocio político o una invención extranjera. Como consecuencia, las familias suelen ocultar a los enfermos, enterrar a sus muertos en la clandestinidad y rechazar con hostilidad los protocolos médicos establecidos hace unos años, vistos como profanaciones insensibles que impedían el tránsito espiritual del difunto.

Por otra parte, los ritos funerarios ancestrales, que implican lavar, vestir y abrazar el cadáver, actúan como potentes focos de contagio debido a la altísima carga viral que presentan los cuerpos tras la muerte.

Para intentar cambiar esta situación, las autoridades sanitarias han implementado una estrategia de “Entierros Dignos y Seguros”, que permiten la observación del rostro y el acompañamiento religioso a distancia. Así se demuestra que la empatía cultural y la participación comunitaria son tan indispensables como las vacunas para contener una epidemia.

7. El papel de la orografía

La orografía accidentada y selvática de la provincia de Ituri es un factor determinante indirecto en la propagación del ébola, ya que aísla a las comunidades rurales y dificulta el acceso de los equipos médicos. Las carreteras, de tierra, son escasas y se vuelven intransitables con las lluvias.

Este aislamiento geográfico no frena la movilidad humana local, pero sí paraliza la respuesta médica al volver extremadamente lento y complejo el transporte de muestras biológicas, el rastreo diario de contactos y el traslado de pacientes hacia los centros de tratamiento. Es un escenario que además alimenta la desconfianza y la resistencia comunitaria ante la llegada tardía de los equipos sanitarios.

A esto hay que añadir que la especial orografía de la zona no dispersa el movimiento humano de forma homogénea en todas direcciones, sino que lo restringe y canaliza, porque obliga a las personas a transitar por pasillos geográficos y fluviales específicos. El relieve accidentado termina funcionando como una cinta transportadora que lleva el virus del Ébola directamente desde el aislamiento rural hasta las puertas de las grandes ciudades.

8. Ausencia de vacunas y tratamientos específicos

La vacuna Ervebo (rVSV-ZEBOV) ha sido el pilar fundamental para frenar los últimos brotes activos en África, mediante la “estrategia de vacunación en anillo” (administrándola a quien tiene más riesgo de infectarse). Por desgracia, esta inmunización y las terapias con anticuerpos monoclonales, mAb114 (Ansuvimab; Ebanga) y REGN-EB3 (Inmazeb), están diseñadas específicamente para el virus del Ébola Zaire; de momento, no existen vacunas y tratamientos específicos contra el Ébola Bundibugyo.

Esta circunstancia desvía el peso de la respuesta médica hacia la salud pública tradicional y el cuidado de soporte intensivo. La contención del brote pasa a depender del aislamiento temprano de los pacientes, un rastreo de contactos extremadamente riguroso, el uso estricto de equipos de protección para el personal sanitario y la implementación de entierros seguros.

9. Transmisión hospitalaria y deterioro de las infraestructuras sanitarias

Las infraestructuras sanitarias de las zonas afectadas sufren debilidades estructurales crónicas debido a la pobreza y al conflicto armado. La afluencia masiva de pacientes satura a los hospitales, que sufren una grave escasez de personal capacitado y de materiales básicos.

Han sido notificadas defunciones de trabajadores sanitarios, lo que apunta a que el virus se ha transmitido durante la atención a las personas infectadas. Al carecer de zonas de aislamiento reales, espacios para el triaje seguro y equipos de protección, los centros sanitarios pueden convertirse en focos de transmisión de la enfermedad, multiplicando los contagios entre los pacientes y el personal sanitario.

10. Ecoturismo

La recomendación de los principales organismos de salud y de los ministerios de exteriores es evitar por completo los viajes no esenciales a la región. La restricción y la drástica caída del ecoturismo –ligado, por ejemplo, a la observación de animales emblemáticos como el okapi o los gorilas de montaña– juegan un doble papel en la gestión de la crisis: la ausencia de turistas mitiga de forma inmediata los riesgos de una catástrofe epidemiológica global, pero eso priva también a la región de los recursos financieros clave para sostener la vigilancia sanitaria.

Menos personas transitando por áreas silvestres significa menos oportunidades de que ocurran nuevos eventos de zoonosis, o de que personas infectadas introduzcan el virus en poblaciones de simios no humanos, como los gorilas de montaña, algo que sería catastrófico para la supervivencia de los animales. Sin embargo, también provoca que las comunidades locales pierdan el empleo y los ingresos derivados del ecoturismo (guías, hospedaje, venta de artesanías, etc.), y que se vean obligadas a recurrir a economías de subsistencia como la minería ilegal o la caza furtiva de animales salvajes en la selva para la alimentación o comercialización local.

Dado que el manejo y consumo de carne infectada es una de las principales vías de inicio de brotes de ébola, la necesidad económica aumenta paradójicamente el riesgo de exposición al virus.

Teniendo en cuenta este escenario y la concurrencia de diversos elementos, variables o circunstancias, el riesgo para la región es elevado, y es muy probable que las cifras de casos sospechosos y fallecimientos sigan aumentando.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Diez factores que facilitan la veloz propagación actual del ébola – https://theconversation.com/diez-factores-que-facilitan-la-veloz-propagacion-actual-del-ebola-283507