Burundi–Mali : comment les régimes autoritaires se maintiennent au pouvoir par la fabrique de l’ennemi

Source: The Conversation – in French – By Alène Ngarura Kaneza, doctorante, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Le 20 avril 2026, le général Évariste Ndayishimiye s’est rendu à Ouagadougou dans le cadre d’une visite officielle « d’amitié et de travail ». Le chef de l’État burundais assurait alors la présidence en exercice de l’Union africaine (UA).

Cette démarche diplomatique visait à renouer le dialogue entre l’organisation continentale et l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette organisation, qui rassemble le Burkina Faso, le Mali et le Niger, est actuellement présidée par le capitaine Ibrahim Traoré.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le retrait des États membres de l’AES des instances de l’UA. Dans ce cadre, le président burundais s’est rendu au Burkina Faso, dirigé par un régime issu d’un coup d’État militaire, afin de saluer les efforts déployés pour rétablir la sécurité et stabiliser le pays où le dirigeant a publiquement déclaré que la démocratie n’était plus d’actualité.

Derrière le langage diplomatique du « dialogue » et de la « stabilité », ne se dessine-t-il pas une forme de solidarité entre régimes autoritaires ayant en commun le rejet des contraintes constitutionnelles ?

Mes recherches doctorales portent sur les sanctions internationales (de l’Union européenne et des organisations régionales) et la résilience autoritaire dans les États fragiles, à travers une étude comparative du cas du Burundi. J’y consacre un chapitre à d’autres pays ayant fait l’objet de sanctions, notamment le Mali et le Niger. J’analyse ici les ressources politiques sur lesquelles le Mali et le Burundi s’appuient pour faire face aux pressions extérieures.




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Une convergence de trajectoires

Il convient en effet de rappeler qu’une convergence de trajectoires institutionnelles lie le Burundi aux États de l’AES. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont respectivement fait l’objet de sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union européenne (UE), à la suite des coups d’État survenus en 2020 et 2021 au Mali, en 2022 au Burkina Faso et en 2023 au Niger.

Le Burundi lui-même avait été sanctionné par l’UE et les États-Unis en 2016, en réponse à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat jugé anticonstitutionnel. Certains phénomènes politiques appellent précisément une démarche de comparaison transrégionale. Celle-ci ne vise pas à établir de simples ressemblances de surface. Elle cherche à mettre en évidence des logiques profondes qui opèrent de manière convergente.

Le rapprochement entre le Burundi et le Mali, par exemple – deux pays séparés de plusieurs milliers de kilomètres, évoluant dans des environnements géopolitiques distincts – relève d’une telle approche.

Désignation d’un ennemi

Dans les deux cas, la désignation d’un ennemi, qu’il soit interne ou externe, constitue un mécanisme central de légitimité et un puissant vecteur de cohésion interne. Cette stratégie permet une réactivation constante de la menace en fonction des conjonctures politiques, qu’il s’agisse d’un ennemi colonial, d’un ennemi régional ou d’un ennemi sécuritaire diffus.

Au Mali, c’est au début de l’année 2022 que ce mécanisme se manifeste avec le plus d’intensité. Porté par un « effet drapeau », c’est-à-dire un phénomène par lequel la population se rallie aux dirigeants face à une menace extérieure ou perçue comme telle, le pouvoir malien voit son autorité se renforcer.

Désormais épaulés par une composante civile dans la seconde mouture de la transition issue du putsch de mai 2021, les militaires bénéficient alors d’un mouvement de soutien populaire massif.

Des dizaines de milliers de manifestants convergent vers le Boulevard de l’Indépendance, le 14 janvier 2022, pour dénoncer les sanctions économiques et diplomatiques décrétées par la Cedeao. Ils scandent leur hostilité à Paris ainsi qu’à l’organisation régionale, qu’ils accusent d’ingérence dans les affaires du pays. Ils revendiquent également un Mali rendu à ses seuls citoyens et affranchi des influences extérieures.

Au Burundi, c’est la Belgique qui cristallise la colère des partisans du Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) (CNDD-FDD), le parti au pouvoir. Désignée comme responsable historique des divisions ethniques dans le pays, l’ancienne puissance coloniale est également accusée de complicité avec le Rwanda dans une tentative de déstabilisation du régime en place.

Le pouvoir burundais, porté par le CNDD-FDD, présente Bruxelles comme l’instigateur des sanctions économiques imposées par l’UE— une rhétorique qui permet aux deux régimes de détourner les critiques internationales vers un récit de résistance face à l’ancien colonisateur.

Choix d’un adversaire régional

Au niveau régional également, chaque régime se choisit un adversaire. Au Mali, l’Algérie est accusée d’accueillir certaines figures d’opposition telles que l’imam Mahmoud Dicko et d’être de connivence avec les groupes terroristes actifs dans le pays. La junte malienne a annoncé le 25 janvier 2024 la “fin, avec effet immédiat”, de l’accord de paix d’Alger.

Le Mali ferme également son espace aérien à l’Algérie, après que cette dernière a pris une mesure similaire dans la journée en avril 2025. Au Burundi, en revanche, c’est le Rwanda de Paul Kagame, un régime tutsi, qui tient ce rôle.

Qualifié de « mauvais voisin » par le président Ndayishimiye, Kigali est accusé d’avoir hébergé les putschistes impliqués dans la tentative de coup d’État de 2015. Le Rwanda est également présenté par les autorités burundaises comme un soutien de mouvements rebelles tels que le RED-Tabara, parfois associé à d’autres groupes armés de la région.

Cette posture défensive s’est traduite par la fermeture des frontières terrestres avec le Rwanda en janvier 2024 ainsi que par une intervention militaire active dans l’est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025 pour soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux côtés des milices Wazalendo (patriotes en kiswahili) et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), contre le Mouvement du 23 mars (M23) appuyé par Kigali.

Autant de ressources symboliques mobilisées pour entretenir un sentiment permanent de siège — condition nécessaire à la survie politique de régimes qui ont fait de la menace extérieure leur principal carburant.

La contradiction sécuritaire

Une contradiction s’opère toutefois entre les deux pays d’un point de vue sécuritaire. Au Mali, la menace apparaît plus immédiatement à travers les attaques du 25 avril 2026 perpétrées par le FLA et le JNIM. Ces attaques contribuent à renforcer la crédibilité du discours sécuritaire du régime.

Cette divergence dans la nature de la menace induit des logiques de légitimation distinctes.




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Le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, s’est affranchi de la contrainte électorale. En juillet 2025, le Conseil national de transition lui a accordé un mandat de cinq ans renouvelable sans élection et sans limite de mandats, achevant une dérive entamée dès les premiers reports du scrutin promis en mars 2024.

La junte n’a plus besoin de légitimer un vote, mais devient l’unique rempart capable de venir à bout du JNIM et du FLA — quand bien même l’économie malienne est résiliente, elle demeure exposée aux coupures d’électricité récurrentes et au retrait progressif de l’aide au développement et humanitaire.

Au Burundi, le CNDD-FDD a investi le président sortant comme candidat pour la présidentielle de 2027, et le scrutin, même verrouillé, demeure un passage obligé.




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Le bilan sécuritaire mis en avant par Gitega ne vient donc pas remplacer une élection ; il vise plutôt à la préparer, dans un contexte où le registre sécuritaire permet de reléguer au second plan un bilan économique marqué par les pénuries de carburant et de devises qui affectent le pays depuis 2015.

Considérés comme pays les plus pauvres du monde — le Burundi y occupant la dernière place en 2023 — le recours à l’extériorisation des responsabilités par la construction permanente d’un ennemi, ne masque-t-il pas également, selon la grille analytique du politologue français Jean-François Bayart, des dynamiques internes de prédation qui structurent les régimes autoritaires ?




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Ce que révèle in fine la comparaison Mali-Burundi, c’est moins la singularité de chaque trajectoire que la robustesse d’une logique commune à des régimes qui ont fait de leurs ennemis non pas un fardeau, mais leur fondation.

The Conversation

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Guía sencilla para entender la sentencia del ‘caso Mascarillas’ y la condena a Ábalos, Koldo y Aldama

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cristian Sánchez Benítez, Profesor ayudante doctor de Derecho penal, Universidad de Jaén

Teacher Photo/Shutterstock

El pasado 22 de junio de 2026, el Tribunal Supremo condenó por unanimidad al exministro español José Luis Ábalos como autor de varios delitos por el conocido como caso Mascarillas. En total, un delito de organización criminal, cuatro delitos de cohecho (soborno), tres delitos de tráfico de influencias y un delito de malversación de caudales públicos.

Los hechos probados

Organización criminal. José Luis Ábalos, su asesor Koldo García y el empresario Víctor de Aldama constituyeron una organización criminal en la que el primero ostentaba la jefatura, el segundo actuaba en su nombre y el tercero era el encargado de ofrecer ventajas a personas y empresas interesadas en realizar gestiones con la Administración a cambio de prestaciones económicas para los tres.

Cohecho continuado. Durante cerca de dos años, Aldama entregó mensualmente 10 000 euros para sufragar los gastos fijos de Ábalos, además de otras cantidades, como el importe del alquiler de una vivienda ocupada por Jessica Rodríguez, una pareja del ahora exministro.

Asimismo, para garantizar a Ábalos la percepción de comisiones ilícitas, en 2019 el expolítico y Aldama celebraron un contrato de arrendamiento con opción a compra de un piso propiedad del segundo. Ábalos nunca ocupó el inmueble ni satisfizo renta alguna.

Tráfico de influencias. A finales de 2019, Ábalos y Koldo intervinieron para que una sociedad mercantil estatal vinculada a Renfe contratara a Claudia Montes, quien mantenía una estrecha relación con el primero. La mujer dejó de acudir a su puesto de trabajo y Ábalos y Koldo intermediaron para evitar que fuera sancionada e incluso lograron una mejora de su contrato.

Tráfico de influencias y malversación. A principios de 2019, Ábalos y su asesor también intervinieron para que Jessica Rodríguez fuese contratada en otra sociedad estatal (Ineco) dependiente del Ministerio de Fomento. Posteriormente, en marzo de 2021, fue contratada por otra empresa pública (Tragsatec). La mujer no llegó a desempeñar trabajo alguno en ninguna de las empresas.

Cohecho y tráfico de influencias. En 2020, ante la necesidad de adquirir mascarillas por la crisis de la covid-19, la organización consiguió que una sociedad mercantil vinculada a Aldama resultara adjudicataria de dos contratos de suministro de mascarillas que habían sido licitados por entes dependientes del ministerio que dirigía Ábalos a cambio de que una parte del beneficio obtenido por Aldama fuera entregada al ministro y a Koldo.

Cohecho. En agosto de 2020, desde el Ministerio de Transportes se difundió una nota informativa a determinados medios que Aldama, asesor de Air Europa, había requerido para anticipar un rescate económico de la compañía con el propósito de tranquilizar a sus acreedores. En pago a las gestiones realizadas para lograr dicho rescate, que no se limitaron al comunicado, Aldama y Koldo arrendaron una vivienda en Marbella para que Ábalos y su familia disfrutaran de unos días de vacaciones a costa del empresario.

Cohecho. En 2021, Aldama, a través de otras personas, gestionó la compra de un chalé en La Línea de la Concepción (Cádiz) a nombre de una empresa para uso y disfrute de Ábalos, que tan solo abonó 7 500 euros, pese a disponer varios meses de la vivienda tras formalizar un arrendamiento con opción a compra. Ello se hizo con ocasión de la gestión que el ministro estaba realizando para la concesión de una licencia de mayorista en el sector de hidrocarburos a Villafuel S.L., concesión que no llegó a producirse.

¿Cuál es el máximo de cumplimiento efectivo de la condena?

De la suma de las penas de prisión a las que Ábalos fue condenado resulta un total de 24 años y 3 meses. No obstante, en la propia sentencia se indica que el máximo de cumplimiento efectivo de la condena será de 15 años y 18 meses (o lo que es lo mismo, 16 años y 6 meses), en aplicación de las normas del concurso real de delitos del artículo 76 del Código penal.

Este artículo determina, entre otros límites temporales aplicables para casos de acumulación de penas derivadas de distintos hechos delictivos, que dicho máximo no podrá ser superior al triple de la mayor de las penas de prisión impuestas. En el caso de Ábalos, la pena más alta de las impuestas se corresponde con la de 5 años y 6 meses por el delito de organización criminal. De dicho máximo de 16 años y 6 meses habrá que descontar los casi siete meses que el expolítico ha pasado en prisión provisional.

Otras penas no privativas de libertad a las que Ábalos ha sido condenado

El exdiputado también fue condenado a varias penas no privativas de libertad: varias inhabilitaciones para el derecho de sufragio pasivo (el derecho a ser candidato en unas elecciones); otras inhabilitaciones especiales para empleos o cargos públicos que impliquen el manejo de patrimonio público o la selección de personal; dos penas de multa de 20 y 14 meses, respectivamente, con cuota diaria de 50 euros (51 000 euros en total); tres penas de multa de 500 euros y dos penas de suspensión de empleo y cargo público, la última cuando ello implique el manejo de patrimonio público.

¿Qué ocurre con Koldo García?

El que fuera su asesor, Koldo García, fue condenado por los mismos delitos también a varias penas de prisión (19 años, 8 meses y 1 día en total), inhabilitaciones, multas y suspensión de empleo o cargo público. Al ser la mayor de las penas de prisión impuestas 5 años, también por el delito de organización criminal, el máximo de cumplimiento efectivo de su condena a prisión será de 15 años.

La controvertida colaboración con la justicia de Aldama

Mayor fortuna ha tenido el tercero de los implicados, el empresario Víctor de Aldama, que pese a haber sido condenado como autor de un delito de organización criminal y por cuatro delitos de cohecho, se librará de entrar en prisión por dos motivos.

  • Primero, porque el Tribunal ha apreciado una circunstancia atenuante: su colaboración con la justicia, la cual se integra en la atenuante analógica de confesión tardía o colaboración del artículo 21.7 del Código Penal.

    Según se indica en la resolución, iniciada la instrucción Aldama decidió colaborar en la investigación “proporcionando datos fácticos relevantes a la misma, que han permitido su estudio y confirmación por la instrucción judicial” y aportando a la causa documentación sobre viajes, ingresos económicos y contratos de arrendamiento, contextualizando y reforzando la prueba de cargo y agilizando el proceso.

    El órgano ha apreciado el carácter muy cualificado de dicha atenuación, en atención a la relevancia, plenitud y continuidad de la colaboración prestada. Además, ha tenido en cuenta que se trató de delitos graves de corrupción cometidos en el seno de una organización criminal integrada por un ministro, circunstancias que hacen muy necesaria la delación. Ello ha comportado una significativa disminución de sus penas (en uno y hasta en dos grados).

    El carácter muy cualificado de la atenuación, con la consiguiente rebaja de penas, había sido solicitado por la defensa de Aldama, pero también por las acusaciones populares unificadas. Estas acusaciones la han conformado, entre otras entidades, los partidos políticos PP y Vox, el sindicato Manos Limpias y la asociación HazteOir.org, aspecto que no debería pasar desapercibido.

  • En segundo lugar, aunque el empresario acumula cuatro años y seis meses en penas de prisión, ninguna de las penas individualmente consideradas supera los dos años (1 año; 1 año y 6 meses; 1 año y 6 meses; 3 meses, y 3 meses), lo que ha permitido al Tribunal activar el mecanismo extraordinario de suspensión previsto en el artículo 80.3 del Código penal. Este precepto habilita suspender la ejecución de las penas de prisión impuestas aunque conjuntamente superen los dos años, siempre que individualmente no lo hagan. Para el Tribunal, Aldama merece que se suspendan tales penas por “la aportación realizada al descubrimiento de los delitos”.

    A cambio, el empresario no podrá delinquir durante cinco años, deberá comparecer semestralmente ante el propio órgano jurisdiccional para informar de sus actividades laborales, mercantiles o empresariales y realizar trabajos en beneficio de la comunidad durante un año. Además, a diferencia de los restantes condenados, no tendrá que indemnizar ni a Ineco ni a Tragsatec en concepto de responsabilidad civil.

En cualquier caso, ni las penas de inhabilitación para el ejercicio del derecho de sufragio pasivo ni para empleos o cargos públicos, ni las dos penas de multa con cuota diaria de 200 euros de 4 y 8 meses respectivamente (72 000 euros en total) a las que Aldama también fue condenado son objeto de la mencionada suspensión. Como tampoco lo son el decomiso (la incautación en favor del Estado de las ganancias provenientes del delito de cohecho) decretado en la sentencia respecto de los tres acusados por importe de 430 298 euros, ni el pago de “cinco veintiunavas” partes de las costas al que fue condenado el empresario.

¿Y los casi cuatro millones de multa que inicialmente se reclamó a los acusados?

El Ministerio Fiscal había solicitado para los tres acusados, entre otras penas, la pena de multa de 3 713 981 de euros por los delitos de uso y aprovechamiento de información privilegiada. El elevado importe se correspondería con la comisión obtenida por los contratos adjudicados a la sociedad de Aldama por el suministro de las mascarillas.

Sin embargo, como los tres fueron absueltos de dicho delito, no tendrán que afrontar el pago de dicha cantidad. Que ninguno de los condenados, y especialmente Aldama, tenga que devolver las comisiones provenientes del erario público con las que se enriquecieron en momentos de emergencia sanitaria es uno de los aspectos de la resolución que ha suscitado mayores críticas en un sector de la opinión pública.

El Tribunal Supremo, a través de su extensa sentencia de 224 páginas, castiga con rigurosidad a la corrupción pública protagonizada por cargos políticos, al tiempo que dispensa un trato especialmente beneficioso a los particulares corruptores que acaban colaborando con la justicia, incluso cuando la colaboración se produce mucho después de conocer que el procedimiento judicial se dirige contra aquellos.

Es una opción que se apoya en el carácter prácticamente indispensable de dicha colaboración para enfrentarse eficazmente a entramados de corrupción tan complejos como el enjuiciado, pero que se traduce en la imposición de consecuencias penales particularmente mitigadas para este tipo de delatores “tardíos” –que no arrepentidos– que algunos podrían considerar cercanas a la impunidad.

The Conversation

Cristian Sánchez Benítez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Guía sencilla para entender la sentencia del ‘caso Mascarillas’ y la condena a Ábalos, Koldo y Aldama – https://theconversation.com/guia-sencilla-para-entender-la-sentencia-del-caso-mascarillas-y-la-condena-a-abalos-koldo-y-aldama-285972

Tony Mazzocchi, le syndicaliste oublié qui pensa la transition juste

Source: The Conversation – in French – By Yanis Rihi, Doctorant en économie politique du développement, Université Paris-Saclay

Tony Mazzocchi, dont 2026 marque le centenaire de la naissance, et l’affiche de soutien à la grève à l’entreprise Shell, engagée par son syndicat, en 1973, pendant quatre mois, portant sur les exigences de santé et de sécurité au travail. Capture d’écran de la page Youtube de Chelsea Green Publishing et du site Internet Ecology.iww.org

Qui se souvient de Tony Mazzocchi ? En refusant d’opposer emplois et exigences environnementales, ce syndicaliste new-yorkais conceptualisa l’idée de transition juste, abondamment reprise aujourd’hui à la COP30 par exemple. Dans ses actions, le militant syndical a lié étroitement les combats environnementaux aux enjeux sociaux et sanitaires, mais également aux luttes contre le racisme et le sexisme.


L’idée de « transition juste » est désormais omniprésente. On la retrouve dans les négociations climatiques, le Pacte vert européen ou encore les partenariats énergétiques entre des pays européens et des États des Suds.

Pourtant, l’homme à l’origine de ce concept reste quelque peu méconnu : Tony Mazzocchi, un syndicaliste américain qui cherchait, dès les années 1970, à résoudre une question toujours d’actualité : comment protéger l’environnement sans sacrifier les travailleurs de certains secteurs ?

Un fils de Brooklyn au cœur de l’Amérique industrielle

Né en 1926 à Brooklyn (New York) dans une famille italo-américaine modeste et militante syndicale, Tony Mazzocchi est très tôt confronté aux inégalités sociales. Marqué par la Grande Dépression durant son enfance, puis par son engagement dans la marine américaine durant la Seconde Guerre mondiale, il appartient à une génération qui a connu à la fois les grandes crises économiques du XXᵉ siècle et l’essor industriel de l’après-guerre.

Sa trajectoire syndicale débute en 1950 dans une usine de cosmétiques du Queens. Rapidement élu délégué syndical, puis président à seulement 26 ans, du Local 149 de l’United Gas, Coke, and Chemical Workers Union, il transforme cette section syndicale en une actrice influente dans la région new-yorkaise. Le syndicat étend dès lors sa présence jusqu’à représenter les salariés d’une vingtaine d’entreprises.

Outre les revendications salariales, Mazzocchi défend une conception plus large de l’action syndicale. Le Local 149 mène, par exemple, des campagnes en faveur de l’égalité salariale entre hommes et femmes, participe à d’importantes campagnes de syndicalisation et contribue à la mise en place de l’un des premiers régimes d’assurance dentaire du pays.

Il gravit ensuite les échelons de l’Oil, Chemical and Atomic Workers (OCAW), le principal syndicat des raffineries américaines de l’époque – directeur des affaires législatives, puis de la santé et de la sécurité et enfin vice-président. Une position qui lui permettra d’influencer les orientations du syndicat à l’échelle nationale. Convaincu que l’émancipation ouvrière passe aussi par l’éducation populaire, il organise des clubs de lecture où les discussions portent aussi bien sur les conditions de travail que sur l’histoire ou la philosophie.

Les risques cachés d’une puissance industrielle

Lorsque Mazzocchi entame sa carrière, le mouvement syndical américain constitue déjà une force politique majeure. Les syndicats représentent alors plusieurs millions de travailleurs et participent activement aux grands débats de leur temps.

Sous l’impulsion de dirigeants comme Walter Reuther, l’United Auto Workers (UAW) soutient, par exemple, le mouvement des droits civiques et contribue à l’organisation de la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté de 1963.

C’est d’ailleurs une période fortement marquée par l’émergence de nouveaux mouvements sociaux qui contestent les effets sociaux, raciaux et environnementaux du modèle de développement américain d’après-guerre. C’est effectivement à partir des années 1960 que les préoccupations environnementales gagnent en visibilité à mesure que s’accumulent les preuves des effets sanitaires et écologiques de l’industrialisation. La publication de Silent Spring par la biologiste et militante écologiste états-unienne Rachel Carson, en 1962, contribue d’ailleurs à sensibiliser l’opinion publique aux effets des pesticides sur l’environnement et la santé humaine ainsi qu’à l’interdiction du DDT, dix ans plus tard.

Dans le même temps, des communautés afro-américaines marginalisées dénoncent leur exposition disproportionnée à la pollution industrielle et aux déchets toxiques. À Houston, au Texas, des habitants contestent ainsi, dès la fin des années 1960, la concentration de décharges et d’infrastructures polluantes dans leurs quartiers. Tout cela fera émerger les premières critiques des inégalités environnementales et posera les bases de ce qui deviendra le mouvement pour la justice environnementale.

Alors vice-président de l’OCAW, Mazzochi représente les travailleurs des secteurs les plus stratégiques de l’économie américaine : le pétrole, la pétrochimie, la chimie et l’industrie nucléaire. Car si les États-Unis sont souvent associés à leur industrie pétrolière, ils constituaient aussi, durant la guerre froide, l’un des principaux centres mondiaux du nucléaire, tant civil que militaire.

Couverture de l’ouvrage de Les Leopold consacré à Tony Mazzocchi
Couverture de l’ouvrage de Les Leopold consacré à Tony Mazzocchi.

L’OCAW regroupe ainsi à cette époque une part importante de la main-d’œuvre des raffineries, des usines chimiques et des installations nucléaires du pays, secteurs les plus dangereux de l’époque. Les travailleurs sont quotidiennement exposés à des substances dont les effets sanitaires sont méconnus ou minimisés, faute de connaissances scientifiques et d’une réglementation insuffisante. Les entreprises contrôlent d’ailleurs en grande partie la production des savoirs relatifs aux risques professionnels. Comme le résumera plus tard le militant syndical et compagnon de route de Mazzocchi, Les Leopold :

« les entreprises régnaient comme des monarchies absolues sur la production chimique, l’exposition aux substances dangereuses et leur réglementation. »

Travailleurs et environnement : même combat

Chez Mazzochi, les travailleurs deviennent le premier point de rencontre entre les enjeux de santé publique et les préoccupations environnementales. Là où de nombreux responsables syndicaux voient dans les réglementations environnementales une menace pour l’emploi, Mazzocchi refuse d’opposer conditions de travail et protection de l’environnement, affirmant :

« Malheureusement, une telle position défensive n’offre aucune garantie d’emploi. Toutes les réglementations environnementales actuellement en vigueur pourraient être abrogées, et des millions de travailleurs – dont beaucoup de nos syndiqués – seraient toujours menacés de se réveiller un jour sans emploi. »

Pour lui, s’opposer aux réglementations environnementales au nom de l’emploi revient à combattre le mauvais adversaire. Les travailleurs sont souvent les premières victimes de la pollution industrielle : avant même que les émissions toxiques n’affectent les populations voisines, elles touchent quotidiennement ceux qui manipulent des produits chimiques ou inhalent des poussières dangereuses.

Entre 1969 et 1970, Mazzocchi organise une série d’auditions publiques réunissant des travailleurs et des spécialistes de la santé au travail afin de documenter publiquement les effets de nombreuses substances toxiques, telles que l’amiante, utilisée comme isolant industriel, le benzène, présent dans les solvants, et le plomb, employé dans de nombreux procédés manufacturiers.

Ces témoignages contribuent à médiatiser la question et à renforcer les pressions en faveur d’une législation fédérale en matière de santé au travail. De la sorte, il contribue à ce que l’on appellera le labor environmentalism, c’est-à-dire la convergence, longtemps jugée improbable, entre revendications ouvrières et écologie.

Affiche de 1974 : « Qui a tué Karen Silkwood ? »
The Romero Institute, CC BY-SA

Tandis que les syndicats se concentrent principalement sur les accidents du travail visibles et immédiats, Mazzocchi attire l’attention sur des maladies qui apparaissent parfois des années après l’exposition, telles que le cancer du poumon ou le mésothéliome. Un engagement qui n’est d’ailleurs pas sans risque.

En 1974, Karen Silkwood, membre de l’OCAW impliquée dans une campagne sur la sécurité au sein d’une usine de traitement du plutonium, meurt dans des circonstances controversées alors qu’elle s’apprêtait à révéler des dysfonctionnements au sein de son entreprise au New York Times.

Au sujet de sa mort, Tony Mazzocchi affirmera :

« Nous devons nous souvenir de son histoire parce qu’elle symbolise les efforts collectifs et le courage des millions de syndicalistes qui ont lutté – et continuent de lutter – pour défendre la santé, la sécurité et la protection de leurs collègues. »

Le président Nixon signe l’Occupational Safety and Health Act en Décembre 1970
Le président Nixon signe l’Occupational Safety and Health Act, en décembre 1970.
https://archive.cdc.gov

Figure de proue donc de ces luttes, Mazzocchi contribue à rassembler les syndicats, les scientifiques, les acteurs de la santé publique et les organisations environnementales autour d’une cause commune. Il compte parmi les figures syndicales les plus influentes des campagnes ayant conduit à l’adoption de l’Occupational Safety and Health Act de 1970, la première grande législation fédérale états-unienne consacrée à la santé et à la sécurité au travail. Un texte qui ouvrira la voie à de nouvelles normes visant à limiter l’exposition à des substances particulièrement dangereuses, telles que l’amiante, l’arsenic, le benzène et le plomb.

Au-delà de cette victoire, son approche contribue à transformer la manière dont les syndicats appréhendent les risques industriels. L’enjeu n’est plus seulement d’éviter les accidents, mais aussi de prévenir les maladies invisibles résultant d’une exposition prolongée à des substances toxiques. Cette évolution est telle que son collègue et biographe Les Leopold le décrira plus tard comme l’équivalent syndical de Rachel Carson.

« La première étape était de faire comprendre aux travailleurs que ce qu’ils vivaient n’était pas un incident isolé, mais une réalité partagée dans tout le pays. La seconde consistait à les mobiliser pour défendre des droits fondamentaux, notamment le droit à l’information sur les risques auxquels ils étaient exposés, une bataille que nous n’avons pas encore remportée. »

1995 : quand « transition juste » entre dans le vocabulaire

Au cours des années 1970, l’OCAW met donc en pratique cette stratégie proactive fondée sur les alliances multipartites. En 1973, le syndicat mène, par exemple, une grève nationale de quatre mois contre Shell Oil, portant sur les questions de santé et de sécurité au travail. Face à la puissance des grandes compagnies pétrolières, les militants de l’OCAW s’appuient sur le soutien d’organisations environnementales pour dénoncer les risques professionnels auxquels les travailleurs sont exposés.

Ce type de revendications contribue à remettre en cause l’opposition traditionnellement entretenue entre la protection de l’emploi et celle de l’environnement. Car, à mesure que les réglementations environnementales se renforcent dans les années 1970 et 1980, Mazzocchi se heurte de plein fouet à une question qui demeure au cœur des débats actuels sur la transition écologique : comment protéger l’environnement sans faire peser l’essentiel des coûts de cette transformation sur les travailleurs et les territoires dépendants des industries polluantes ?

Mazzocchi prend ce dilemme à bras-le-corps et développe, au début des années 1990, une proposition baptisée « Superfund for Workers », en référence au programme fédéral Superfund, créé en 1980 pour financer la dépollution de milliers de sites industriels contaminés. L’idée est simple : ceux qui paient pour réparer les territoires pollués devraient donc également contribuer à réparer les dommages sociaux qui en découlent. Cette conviction l’amène à formuler ce qui deviendra le cœur de sa réflexion sur la transition juste :

« La seule façon de sortir du dilemme entre l’emploi et l’environnement est de prévoir un accompagnement pour les travailleurs qui perdent leur emploi à la suite des opérations de dépollution indispensables, ou qui sont affectés par les restructurations économiques, les réductions des dépenses militaires ou les délocalisations industrielles. »

Le Superfund for Workers prévoit alors le maintien des revenus et des avantages sociaux, la prise en charge de formations, des aides à la reconversion ainsi que des dispositifs de relocalisation. L’objectif n’est donc pas seulement de compenser une perte d’emploi, mais bien de garantir aux travailleurs des perspectives comparables à celles dont ils auraient bénéficié sans la fermeture ou la transformation de leur activité.

On ne parle pas encore de « transition juste », car le véritable changement sémantique s’opère en 1995, lorsque Les Leopold présente publiquement cette proposition sous l’appellation, cette fois-ci, de « Just Transition Fund ». C’est la première occurrence connue de l’expression, pour désigner des mécanismes destinés à accompagner les travailleurs confrontés aux transformations environnementales et économiques.

Deux ans plus tard, l’OCAW contribue à la création de la Just Transition Alliance, qui rassemble des syndicats, des organisations environnementales et des mouvements de justice sociale autour d’un objectif commun : éviter que les coûts des transformations industrielles ne soient supportés par les populations les plus vulnérables.

Toujours active aujourd’hui, l’organisation continue de promouvoir les principes de justice environnementale et de transition juste auprès des travailleurs et des communautés affectées par les transformations écologiques.

La Just Transition Alliance aujourd’hui.
Capture d’écran du site Internet de la Just Transition Alliance

Pourquoi Tony Mazzocchi reste actuel

Dès les années 1970, la question était donc de savoir comment organiser collectivement une transformation nécessaire sans abandonner ceux qui en supportent les coûts immédiats. Mais plus de trente ans après la formulation du Just Transition Fund, cette interrogation demeure au cœur des débats sur la transition écologique.

Le premier enseignement que l’on peut tirer du parcours de Mazzocchi est sans doute que les avancées environnementales reposent rarement sur un seul type d’acteurs. Les succès obtenus par son syndicat résultent indubitablement de coalitions inédites réunissant des travailleurs, des scientifiques, des médecins, des associations citoyennes et des organisations environnementales. À l’heure où les politiques climatiques suscitent parfois méfiance ou polarisation, cette capacité à rassembler des acteurs aux intérêts en apparence divergents reste une condition de leur succès.

Le second consiste à prendre conscience que les travailleurs ne sont pas nécessairement opposés aux politiques environnementales. Bien avant que la transition juste ne s’impose dans les débats climatiques, Mazzocchi contestait déjà l’idée d’une opposition entre emploi et environnement.




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Il avait compris que les résistances naissent moins des objectifs poursuivis que de la manière dont leurs coûts sont répartis. Lorsque les bénéfices sont collectifs mais que les pertes se concentrent sur certains secteurs ou territoires, les conflits deviennent presque inévitables. Plus de cinquante ans plus tard, ce « dilemme emploi-environnement » continue pourtant de structurer une partie des débats sur le climat.

Enfin, l’héritage de Mazzocchi rappelle que la transition juste ne se résume pas uniquement à un objectif de décarbonation. Pour lui, cette approche devait s’accompagner de garanties concrètes pour les populations concernées, autrement dit la justice et la protection sociale (maintien des revenus, formation, reconversion professionnelle). Si l’expression est aujourd’hui largement mobilisée, les moyens alloués à ces dimensions sociales demeurent souvent en décalage avec les ambitions affichées.

Capture d’écran de https://uswtmc.org
Tony Mazzocchi au sein du Labor Party.
https://uswtmc.org/about-us/tony-mazzocchi

Tandis que les idées de Mazzocchi se sont largement diffusées ces dernières décennies, nombre de dispositifs qu’il défendait n’ont jamais été mis en œuvre à l’échelle qu’il envisageait. Convaincu que les travailleurs avaient dès lors besoin d’une représentation politique indépendante, il participe, dans les années 1990, à la création du Labor Party, pensé comme une alternative aux deux grands partis, porteuse des intérêts de la classe ouvrière. Mais en dépit du soutien de plusieurs organisations syndicales et des ambitions importantes, le projet ne parvint jamais à s’imposer durablement dans le paysage politique américain.

Un échec qui illustre bien l’une des tensions au cœur de son héritage. Alors que les restructurations industrielles, les délocalisations et l’affaiblissement du syndicalisme des dernières décennies ont sensiblement réduit la capacité des organisations ouvrières à peser sur les décisions, les idées défendues par Mazzocchi continuaient de se diffuser. En ce sens, il a peut-être davantage remporté une bataille intellectuelle qu’une bataille politique. La transition juste est effectivement devenue aujourd’hui un langage largement partagé pour débattre des politiques climatiques.

Des régions charbonnières européennes aux pays des Suds engagés dans des partenariats de transition énergétique, les mêmes interrogations demeurent : qui finance les transformations, qui en bénéficie et qui en supporte les coûts ? Les débats portent désormais autant sur les travailleurs que sur les territoires, les communautés locales et même les pays appelés à concilier la décarbonation et le développement.

Enfin, à l’heure où la transition écologique est souvent présentée comme une nécessité et un défi principalement technique, le parcours de Tony Mazzocchi rappelle qu’elle demeure, fondamentalement, une question politique et sociale. Plus de cinquante ans après ses premiers combats, la question qu’il posait reste entière : comment transformer l’économie sans abandonner ceux qui supportent les coûts du changement, notamment les travailleurs des secteurs les plus polluants ? C’est sans doute ce qui explique que sa pensée continue d’alimenter les débats contemporains sur la transition juste.

The Conversation

Yanis Rihi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Tony Mazzocchi, le syndicaliste oublié qui pensa la transition juste – https://theconversation.com/tony-mazzocchi-le-syndicaliste-oublie-qui-pensa-la-transition-juste-285257

“¿Y si no me invitan a salir?” El miedo paralizante de muchos adolescentes a ser excluidos del grupo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Rocío Gómez-Juncal, Profesora e investigadora en el Área de Psicología, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

AYO Production/Shutterstock

“¿Y si no me invitan?” “¿Y si me dejan en visto y no me responden?” “Subieron la foto y yo ni siquiera sabía que había plan”… Para muchos niños, niñas y adolescentes estas preguntas no son simples temores, son emociones profundas que marcan su día a día. Pertenecer al grupo, ser aceptado y sentirse parte de algo es tan importante como el aire que respiran. Sentirse “diferente” o excluido puede provocar tristeza, ansiedad y una sensación de no valer lo suficiente.

Estas experiencias también impactan a madres, padres y cuidadores, que muchas veces no saben cómo ayudar. Pero lo que a simple vista parece una herida social, también puede convertirse en una valiosa oportunidad para fortalecer la autoestima, cultivar habilidades sociales y aprender a gestionar las emociones.

¿Por qué duele tanto la exclusión?

El grupo de iguales en la adolescencia se convierte en el centro y la clave para la socialización emocional y cognitiva. Si antes los padres y madres eran sus referentes, ahora quedan en un segundo plano en favor de los grupos de pertenencia donde quieren encajar y hacerse visibles y relevantes.

Los grupos de pares en la adolescencia influyen directamente en la motivación, el compromiso escolar y la percepción de eficacia personal y modelan sus actitudes y conductas en función de las normas que marca el grupo, lo que puede fortalecer o debilitar su autoestima según el nivel de aceptación que experimenten.

Cuando un joven se siente excluido, lo que se pone en juego no es solo su lugar en el grupo, sino su valía personal, el cuestionamiento de su propia identidad. Esto se siente más grave si el entorno familiar o escolar no valida su experiencia y dolor y no ofrece un apoyo emocional adecuado.

Varios estudios nos ofrecen evidencias de que los adolescentes tienden a alinearse con sus pares para evitar el rechazo, pero esto puede tener costes personales cuando sienten que deben renunciar a quienes son para ser aceptados. Además, la presión por ajustarse a las normas del grupo puede llevar a conductas de conformismo que limitan la autenticidad personal.

¿Estamos seguros de cómo nos ven los demás?

El miedo a sentirse excluido pasa por creer saber cómo nos perciben los demás. Pero ¿y si estamos equivocados? La autopercepción social –es decir, la imagen que creemos proyectar en los demás– influye profundamente en nuestra autoestima, nuestras relaciones y en la forma en que nos desenvolvemos socialmente.

Muchas veces, un adolescente puede sentirse ignorado o rechazado sin que realmente lo esté, puede estar interpretando señales ambiguas a través del filtro de su propia inseguridad, y esto puede alimentar miedos, generar ansiedad social e incluso aislamiento.

Según algunos autores, los adolescentes con una percepción inexacta sobre cómo los valoran sus compañeros tienden a sufrir más rechazo, aislamiento y problemas emocionales. En especial, los que tienen un estatus social rechazado o negligido –aquellos que son sistemáticamente ignorados o excluidos por sus compañeros– suelen mostrar una menor precisión a la hora de interpretar si realmente son aceptados o rechazados.

Esta tendencia a interpretar el mundo social desde unas “gafas” negativas de rechazo alimenta un círculo vicioso: como se sienten ninguneados, actúan con inseguridad o evitación, lo que a su vez dificulta aún más que puedan integrarse en el grupo.

## Sentirse fuera… desde dentro de casa

A todo esto tenemos que añadir que hoy sentirse excluido no es algo que tenga que ocurrir en persona. El uso de redes sociales puede amplificar esa percepción al exponer al adolescente constantemente a eventos sociales a los que no ha sido invitado, aumentando la comparación social y el impacto emocional. Esta sobreexposición alimenta la comparación, la inseguridad y la idea de no “pertenecer”. El escenario digital multiplica las oportunidades para sentirse “fuera”, incluso desde casa.

Pero la simple demonización de las redes sociales no nos ayudará a comprender un fenómeno tan complejo. Además de la identidad personal analógica debemos comprender el lenguaje y reglas de la identidad digital: supervisar el uso, establecer límites y fomentar un consumo crítico de redes puede prevenir impactos negativos en la autoestima.

También necesitamos ofrecer espacios de encuentro cara a cara donde puedan relacionarse sin la presión de mostrarse perfectos ni compararse todo el tiempo. Pero aquí debemos hacer algo de autocrítica: ¿estamos creando entornos seguros donde puedan desconectarse de las redes y conectarse de verdad con otros? Tal vez, como adultos, aún tenemos ese reto pendiente.

Así podemos ayudarles

El impulso natural es querer proteger, evitar el dolor, dar soluciones rápidas. Pero en lugar de borrar la dificultad, el verdadero desafío es enseñarles a enfrentarla con herramientas emocionales y sociales sólidas. No se trata solo de hacer que se sientan bien, sino de ayudarles a construir una base interna que los sostenga, incluso cuando las cosas no salgan como esperaban. ¿Pero cómo hacerlo? He aquí algunas pistas:

  • Frases como “no es para tanto” o “ya se te pasará” pueden invalidar su dolor. En su lugar, hay que reconocer que lo que sienten es legítimo para fortalecer la confianza emocional. Los jóvenes requieren de figuras adultas disponibles emocionalmente y capaces de contener y acompañar sus emociones.

  • Ayudar a niños y adolescentes a descubrir y valorar sus talentos, intereses y cualidades personales les permite sostener su identidad incluso en contextos de rechazo. Activar los recursos internos permite afrontar la adversidad de forma constructiva.

  • Es esencial ofrecer y crear espacios donde los jóvenes puedan practicar habilidades como iniciar una conversación, compartir, pedir ayuda o resolver conflictos sin sentirse juzgados, poniendo en práctica sus identidades de una forma libre.

  • Un paso clave es ayudarles a comprender que no encajar en un grupo específico no significa no encajar en ningún grupo. La presión por encajar y parecerse en los grupos de adolescentes puede ser muy fuerte, pero el desarrollo de una identidad autónoma protege frente a esta presión.

Las relaciones familiares cálidas y empáticas son el amortiguador más potente frente al impacto del rechazo social. Una niña o un niño que se siente querido y respetado en casa será más resistente al rechazo externo. Como subraya el psicólogo José Cantón Duarte y sus colaboradores (2011), el autoconcepto positivo y la seguridad emocional se forjan primero en el vínculo con los adultos significativos. Pero ¡ojo! Eso no implica sobreprotegerlos, sino demostrar aceptación incondicional como forma de tratar al otro.

Ahí que estar ahí

Ser excluido duele. Duele mucho. Pero ese dolor no tiene por qué definir el futuro de un menor. Con el acompañamiento adecuado, ese momento difícil puede convertirse en una experiencia transformadora de autoconocimiento y autoaceptación.

No se trata de evitar que sufran, sino de estar ahí, presentes, con escucha real, paciencia y herramientas que les permitan entender que no están solos, que su valor no depende de un grupo, una invitación o una pantalla.

Porque cuando los adultos educan con empatía, información y presencia afectiva, ayudan a formar jóvenes más seguros, empáticos y capaces de construir relaciones sanas y duraderas.

The Conversation

María Rocío Gómez-Juncal no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. “¿Y si no me invitan a salir?” El miedo paralizante de muchos adolescentes a ser excluidos del grupo – https://theconversation.com/y-si-no-me-invitan-a-salir-el-miedo-paralizante-de-muchos-adolescentes-a-ser-excluidos-del-grupo-268068

Dolores Albarracín, psicóloga: “Contradecir una teoría conspirativa suele reforzarla”

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lola Delgado, Editora de Política y Sociedad, The Conversation

Comprender cómo se forma nuestra actitud ante las cosas, y si es posible cambiarla, resulta esencial en sociedades marcadas por la polarización, la desinformación y la incertidumbre. La psicóloga Dolores Albarracín, catedrática en la Universidad de Pensilvania (EE. UU.), experta en actitudes, comportamiento y desinformación y referente mundial en persuasión, analiza los mecanismos que influyen en nuestras decisiones, el auge de las teorías conspirativas, el papel de los medios y los desafíos psicológicos y tecnológicos contemporáneos.

Nacida en Argentina, está centrada en comprender la teoría de las actitudes, en cómo los individuos evalúan su entorno y cómo las predisposiciones aprendidas influyen en su comportamiento.

Usted, que ha investigado profundamente el tema, ¿cuáles diría que son hoy sus aportaciones más relevantes para comprender fenómenos como la resistencia a los cambios?

Gran parte de la literatura científica se ha encargado de ver cómo cambia una actitud. Por ejemplo, si yo apruebo o desapruebo una política ambiental determinada, eso es una actitud. Pero hay una larga distancia entre que uno apruebe determinada política o que uno apruebe una determinada acción como puede ser reciclar o cambiar su coche de gasolina por uno eléctrico y dar el paso hacia la acción.

Es muy importante poder identificar a priori cuáles son las creencias que llevan al cambio de una acción. En esa misma dirección, uno de los abordajes de mi estudio ha sido ver que, por ejemplo, si bien cambiar la conducta es difícil, se hace más fácil cuando se le pide a la persona que haga más cambios, cosa que es un poco paradójica. Es decir, si yo le digo a una persona que haga más ejercicio, que salga a correr, que recicle, que se ponga sus vacunas… todas esas indicaciones son más efectivas que una sola porque la meta es más elevada. Eso tiene varias razones. Una de ellas es que a medida que la gente empieza a ejecutar un cambio se va sintiendo con más confianza con una primera conducta y avanza hacia otras.

En un contexto donde las actitudes parecen cada vez más rígidas y emocionales, y cada día hay más tensión social, ¿sigue siendo posible modificarlas a través de la persuasión racional?

Muy pocas cosas se pueden cambiar, y eso es algo que estoy estudiando en este momento, concretamente cuando se piensa que una determinada idea es de otra persona. Uno cambia realmente cuando piensa que la idea es suya. Así que uno de los secretos de que alguien cambie es que llegue a esa conclusión de manera que parezca bastante espontánea y no introducida desde afuera. Si eso ocurre, es cuando aparece una resistencia masiva. Cualquier intento de cambiar ideas obligatoriamente siempre encuentra resistencia. Por lo general, en el contexto de este hemisferio en el que vivimos, las personas quieren sentirse como individuos y no sentir que otros les manejan, y esa es la gran dificultad. Lo mejor es que las situaciones sean espontáneas y no forzadas.

¿Qué diferencias fundamentales diría que existen entre el escepticismo saludable y el descreimiento radical que parece expandirse por la sociedad?

No sé si lo llamaría descreimiento radical, pero sí que es radical la rebelión contra lo que eran las fuentes aceptadas de información.

Una creció en un tiempo en el que los científicos y los expertos merecían cierto respeto. Pero en algunos sitios como Estados Unidos, que es donde yo trabajo, hay grupos que han decidido que esos expertos tienen demasiado poder, por eso están siendo atacados. Sin embargo, no creo que estemos ante un descreimiento total. Es como una especie de pasaje de la credibilidad que va desde las instituciones que tenían una base hasta los medios o cualquiera que presente teorías descabelladas.

¿La proliferación de bulos y desinformación responde más a un problema cognitivo individual o a una transformación colectiva de nuestra forma de pensar?

Creo que aquí hay varios aspectos diferentes a tener en cuenta. Hay sesgos individuales como, por ejemplo, la convicción de que, si una teoría tiene sentido, puede tener cierta credibilidad (hasta que empiezas a investigar y ves que no, claro). Como nuestro cerebro nos capacita para formar cualquier tipo de teoría coherente, esa puede ser tan buena como cualquier otra.

El tema social, por supuesto, es fundamental porque, lamentablemente, las teorías son compartidas masivamente en muchos casos, con lo cual nos pueden llegar a través de los medios o de familiares o amigos.

Otro factor es que estas teorías llenan un vacío de educación o de información. Cuando ambas son muy precarias, nos pueden introducir cualquier idea en la cabeza. Por ejemplo, si no sabes nada sobre cómo funciona el ARN mensajero, puedes pensar que si te ponen la vacuna de la covid-19 te van a alterar tu ADN, cosa que es absolutamente imposible. Si una persona no entiende ni cómo funciona una vacuna ni cómo funciona la transmisión viral, queda presa de la introducción de cualquiera de estas ideas. Entonces, son tres factores los que entran en juego en estas teorías: el individual, el social y la falta de base educativa o algo que la fortalezca.

En un entorno digital, saturado de información, ¿cómo explicaría desde la perspectiva de la psicología el auge de las teorías de la conspiración y qué papel juega la tecnología en ello?

Hay retazos de esas teorías que terminan siendo ciertas. Políticamente, las teorías conspirativas tienen una buena función, y es que mantienen a la población alerta sobre qué están haciendo las esferas de liderazgo. Por supuesto, muchas son totalmente disparatadas, y socialmente nefastas en algunos casos, especialmente las que van en contra de la vacunación o en contra de alimentos que mejoran la salud o que nos protegen.

¿Por qué se da credibilidad a estas teorías locas? ¿De dónde llegan?

Por lo general, tienen dos tipos de fuentes. Una es cierto nivel de miedo o ansiedad en la población y está alimentada por la vida en general y por el propio ser humano, que experimenta miedo. Y eso es normal. Lo que ocurre es que eso te predispone a darle una explicación coherente, si de repente aparece una posible fuente que explique todo ese miedo que sentimos.

Otra de las fuentes sería tener la misma idea que muchas personas. Es decir, si pienso algo malo sobre un vecino, por ejemplo, ya no se trata solo de un posible delirio psicótico mío, puesto que mi teoría es compartida con otros individuos que piensan igual que yo. Estas teorías tienen que ser introducidas por una fuente social. Y los medios de comunicación son, muchas veces, la fuente principal, al menos en los Estados Unidos, donde yo he hecho mis investigaciones. Ni siquiera son las redes sociales, como tendemos a creer.

Usted ha explorado métodos para desacreditar la desinformación y las teorías conspirativas. ¿Me puede explicar alguno?

He explorado métodos para desacreditar algunas teorías, pero lo cierto es que esas teorías conspirativas no son muy modificables. Las cosas que sí pueden funcionar consisten en no contradecirlas. Es decir, ir al debate con alguien que tiene una idea fijada no es muy efectivo, lo único que produce es distanciamiento. Lo podemos ver, por ejemplo, en algunos entornos familiares y en muchas relaciones entre personas. Pero si realmente queremos conseguir algún efecto, la idea de mi investigación es introducir ideas paralelas. Por ejemplo, si alguien dice que una vacuna limita la fertilidad, atacar eso no sirve para nada. Pero si uno tiene información de que esa vacuna protege, no solo para el sarampión, sino para diez enfermedades diferentes, o que te aumenta la inmunidad más globalmente, introducir esa idea secundaria es más efectivo que ir a contradecir la idea principal. A eso se le llama tomar un desvío, es decir, no ir a la confrontación, sino tomar caminos diferentes para no centrarnos en cambiar una idea. Hay que tener una cosa clara: lo importante, a veces, no es la idea, sino las consecuencias. Y hay que centrarnos en esas consecuencias. Contradecir esas ideas, al final, solo logra reforzarlas.

¿Podría decirse que el descreimiento generalizado es un síntoma de una conciencia social que se está reconfigurando o más bien se trata de un problema en nuestra alfabetización crítica?

Yo no diría que hay descreimiento en la sociedad. Puede haber descreimiento en las fuentes tradicionales, pero en realidad hay bastante creimiento (NO EXISTE) si piensas en la polarización de ideas y en la inserción de ideas que son rígidas y difíciles de cambiar. Lo que ha pasado es probablemente un desvío de creencias que pertenecían a las corrientes principales (mainstream) de la sociedad. Hay ideas fragmentarias de grupos previamente marginales que empiezan a tomar mucha fuerza, como ocurre con el tema antivacunas en Estados Unidos, que al principio era una cosa de algunos grupos hippies en California y ahora mismo son una fuente de brotes de sarampión y muertes de niños.

Desde su perspectiva, ¿existe una relación entre la velocidad del cambio tecnológico y la ansiedad social que se percibe en algunos sectores de la población?

Sí, sin ninguna duda. Cada vez que irrumpe una nueva tecnología o un nuevo medio de comunicación, la sociedad cree que va a llegar el fin del mundo. Pero ese fin del mundo no llegó con la introducción de la prensa, ni con la aparición de la televisión, de la radio o de la electricidad. Tiende a haber cierta sobrerreacción o miedo, pero, en general, no se producen cambios tan dramáticos. Sin embargo, es la rapidez de los cambios lo que aumenta la ansiedad. Pero no solo en la tecnología. Los cambios tecnológicos van asociados a otros sociales, de poder, de quién tiene acceso a distintos recursos y quién no. Y todo eso creo que trae a la sociedad más ansiedad que los propios medios de comunicación. Hay asuntos como la falta de trabajo o la inmigración que producen más ansiedad social que los cambios tecnológicos.

¿Qué herramientas cognitivas necesitan desarrollar las nuevas generaciones para adaptarse a un futuro cuya lógica y reglas aún no se han definido?

La inteligencia se define por la posibilidad de solucionar situaciones y problemas nuevos, aunque a eso también contribuye la propia educación. Por eso es tan importante mantener la inversión en educación y, sobre todo, en el entrenamiento de habilidades amplias como la capacidad de razonar y discutir o saber averiguar cuáles son las fuentes de un tema. Esas habilidades las debería tener cualquier ciudadano. Son las herramientas que nos preparan a todos para cualquier cambio.

Mirando hacia delante, ¿qué desafíos psicológicos serán los más críticos cuando enfrentemos avances disruptivos en la IA, la biotecnología o las realidades inmersivas? ¿Cómo podemos prepararnos mentalmente para afrontarlos?

Creo que con las mismas herramientas que necesitamos para un funcionamiento psicológico efectivo: poder manejar y regular las emociones para tener cierto control de nuestra situación y tener la capacidad de establecer metas que sean personalmente importantes. Al mismo tiempo, debemos manejar la fragmentación de la información y tener un entendimiento, por lo menos básico, para poder diferenciar lo que es cierto de lo que no lo es o cuál ha sido el método utilizado para que parezca que algunas cosas son reales, sobre todo ahora con los deepfakes. Debemos tener capacidad para discriminar fuentes. Creo que esa es una de las cosas más importantes, porque cada vez disponemos de más fuentes y todas parecen similares. Debemos aprender a identificar una fuente fiable.

¿Y cómo se identifica una fuente fiable?

Es una pregunta muy difícil porque para algunos pueden ir desde un gurú que dé vueltas por ahí hasta charlatanes de distintos tipos, pasando por tu amigo o un tío que cree en determinada teoría conspirativa. Por eso, una posibilidad sería hacer alguna formación, educar a los más jóvenes en el consumo de medios para que desde muy pequeños todos aprendamos que, por ejemplo, en el tema de salud, la autoridad tiene que ser el Ministerio de Sanidad y no un partido político o un gurú de internet. Creo que el momento de hacerlo sería en la infancia, para que todos tengamos automatizada cuál debe ser la fuente principal en cada caso. Y eso es importantísimo, por ejemplo, con la politización de los temas de ambientales y de salud, muy susceptibles de generar teorías e informaciones falsas. Lo ideal sería que pudiéramos penalizar y, al mismo tiempo, instruir.

_Esta entrevista se publicó originalmente en la Revista Telos de la Fundación Telefónica, y forma parte de un número monográfico dedicado a la física cuántica.

The Conversation

ref. Dolores Albarracín, psicóloga: “Contradecir una teoría conspirativa suele reforzarla” – https://theconversation.com/dolores-albarracin-psicologa-contradecir-una-teoria-conspirativa-suele-reforzarla-282898

Implantar la sostenibilidad en las empresas pasa por involucrar a las personas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marta Ramos-Camacho, Investigadora en Dirección de Recursos Humanos, Universidad de Cádiz

Una empresa mediana instala contenedores de reciclaje en cada planta de su sede, lanza una campaña interna con carteles y correos electrónicos y pide a sus empleados que cambien sus hábitos. Tres meses después, los contenedores están mal utilizados, nadie recuerda la campaña y todo ha vuelto a ser como antes.

Este escenario se repite en miles de organizaciones. Y lo más desconcertante es que el problema casi nunca es la falta de interés. La mayoría de las personas afirma preocuparse por la sostenibilidad y el medioambiente. Entonces, ¿por qué cuesta tanto transformar esas intenciones en comportamientos estables dentro de las empresas?

La respuesta no está en los empleados. Está en cómo se diseña el cambio.
La presión regulatoria europea, con la Directiva CSRD y las exigencias ESG, está acelerando la incorporación de la sostenibilidad en empresas de todos los tamaños. Sin embargo, muchas organizaciones están descubriendo que adoptar políticas sostenibles es mucho más sencillo que conseguir que formen parte de la rutina laboral de las personas.

El error más común: confundir sostenibilidad con cumplimiento

Muchas empresas abordan la sostenibilidad como un problema técnico: nuevos protocolos, campañas internas o normas que los empleados deben seguir. El mensaje implícito suele ser claro: “Esto es lo que hay que hacer a partir de ahora”.

Pero cambiar comportamientos humanos es mucho más complejo que enviar instrucciones. La sostenibilidad organizativa no es solo una cuestión técnica. Es, sobre todo, una cuestión social.

No es lo mismo recibir un correo diciendo “a partir de ahora reciclamos” que participar en cómo reducir residuos en el propio puesto de trabajo. En el primer caso, los empleados obedecen. En el segundo, construyen. Y lo que se construye suele durar más que lo que se impone.

Por qué las personas se implican

La psicología lleva años mostrando que las personas se implican más cuando sienten que participan en las decisiones, perciben resultados concretos y forman parte de un grupo con objetivos compartidos. Es lo que defiende la teoría de la autodeterminación, desarrollada por los psicólogos estadounidenses Edward L. Deci y Richard Ryan y respaldada por décadas de investigación en contextos organizativos. Cuando estas condiciones no existen, la motivación se desgasta y los cambios se diluyen. También ocurre con la sostenibilidad.

Pero nuestras investigaciones sobre sostenibilidad y gestión de personas en empresas europeas añaden un elemento que muchas organizaciones pasan por alto: no basta con que los empleados estén motivados. Para que la sostenibilidad se convierta en parte real del funcionamiento de una empresa, alguien tiene que tener capacidad real para traducirla en prácticas cotidianas.

La persona clave para incorporar la sostenibilidad

Esa persona suele ser quien lidera la gestión de personas en la organización. Nuestra investigación muestra que uno de los factores más importantes, además de la propia estrategia que diseña la dirección general, es el margen de actuación real que tienen los responsables de recursos humanos para incorporar la sostenibilidad en la gestión diaria: en la selección, la formación, la evaluación o el reconocimiento de las personas.

La diferencia es más concreta de lo que parece. No es lo mismo un responsable de recursos humanos que puede rediseñar cómo se evalúa y reconoce el trabajo sostenible, que uno que solo puede colgar carteles en la sala de descanso. En el primer caso, la sostenibilidad entra en la vida laboral de las personas. En el segundo, se queda en la pared.

Cuando ese margen existe, la sostenibilidad deja de ser un discurso corporativo y empieza a convertirse en algo que los empleados experimentan cada día. Cuando no existe, incluso las iniciativas mejor intencionadas se quedan en la superficie.

Las personas que tienen voz en cómo se implantan los cambios sostenibles se implican de forma muy distinta que quienes simplemente reciben instrucciones. Porque las personas no sostienen durante mucho tiempo aquello que sienten impuesto desde fuera.

El problema de no ver resultados

Otro obstáculo frecuente aparece cuando los empleados no perciben el impacto real de lo que hacen. Muchas empresas impulsan iniciativas sostenibles pero no muestran resultados concretos. Los empleados separan residuos o reducen impresiones sin saber realmente si eso sirve para algo. Y cuando el esfuerzo no tiene un impacto visible, la motivación se erosiona rápidamente.

La solución no requiere grandes sistemas de medición. A veces basta con hacer visibles los avances: cuánto se ha reducido el consumo energético, qué cambios ha propuesto un equipo, qué mejoras concretas se han conseguido. Los pequeños resultados, cuando se comunican, ayudan a consolidar los comportamientos sostenibles en el tiempo.

La sostenibilidad también se contagia

En equipos pequeños, las conductas no solo se enseñan: también se observan, se imitan y se normalizan. Cuando las prácticas sostenibles forman parte de la dinámica habitual del grupo, dejan de percibirse como una exigencia externa y pasan a convertirse en “la forma en que aquí se hacen las cosas”.

Además, el reconocimiento dentro del equipo (agradecer una iniciativa, compartir logros colectivos o visibilizar propuestas útiles) fortalece el sentimiento de pertenencia y aumenta la disposición a colaborar. La sostenibilidad no se construye solo con normas. También se construye a través de las relaciones cotidianas.

Una oportunidad real para las pymes

Las pymes representan el 99 % de las empresas europeas y generan dos de cada tres empleos en la UE. Sin embargo, afrontan la transición hacia la sostenibilidad con recursos mucho más limitados que las grandes corporaciones.

Sin embargo, tienen una ventaja que a menudo infravaloran: su cercanía. La relación directa entre dirección y empleados, la flexibilidad para adaptar procesos y la rapidez para tomar decisiones crean condiciones muy favorables para impulsar cambios culturales reales. Lo que en una gran organización puede requerir meses de planificación, en una pyme puede surgir de una conversación de equipo.

La clave está en no tratar la sostenibilidad como un trámite, sino como una forma distinta de trabajar. Y en asegurarse de que quien gestiona personas tenga el margen real para hacerlo posible. Porque la falta de implicación de los empleados en las iniciativas sostenibles no suele ser un problema de actitud. Es, sobre todo, un problema de diseño.

Los cambios no se decretan desde arriba. Se construyen desde dentro. Y la sostenibilidad que no llega a las personas no es sostenibilidad. Es solo una campaña.

The Conversation

Los autores han recibido financiación del proyecto PID2023-148080NB-I00, financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, la Agencia Estatal de Investigación y FEDER, Unión Europea. Este trabajo también ha sido financiado por el Proyecto de Excelencia ProyExcel_01003 de la Junta de Andalucía.

Los autores están afiliados al Instituto Europeo de Sostenibilidad en Gestión (iESG), centro de investigación especializado en sostenibilidad y gestión empresarial.

Pedro M. Romero Fernández ha recibido han recibido financiación del proyecto PID2023-148080NB-I00, financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, la Agencia Estatal de Investigación y FEDER, Unión Europea. Este trabajo también ha sido financiado por el Proyecto de Excelencia ProyExcel_01003 de la Junta de Andalucía. Los autores están afiliados al Instituto Europeo de Sostenibilidad en Gestión (iESG), centro de investigación especializado en sostenibilidad y gestión empresarial

Marta Ramos-Camacho y Teresa Jiménez-García no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Implantar la sostenibilidad en las empresas pasa por involucrar a las personas – https://theconversation.com/implantar-la-sostenibilidad-en-las-empresas-pasa-por-involucrar-a-las-personas-284200

Esta diminuta araña usa una potente catapulta de seda con más aceleración que un avión de combate

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ajay Narendra, Associate Professor of Insect Neuroethology, Macquarie University

Ajay Narendra, Pranav Joshi, Daniele Liprandi, Gregory J Anderson, Jonas Wolff, CC BY

Hay más de una forma en que una araña puede tejer su tela: mientras que algunas construyen grandes estructuras circulares y verticales, otras crean telas horizontales a base de láminas o telarañas enmarañadas que atrapan insectos rastreros.

Las arañas también pueden capturar su cena de diferentes maneras. Las lanzadoras arrojan pequeñas redes de seda sobre presas desprevenidas, mientras que las arañas tirachinas utilizan sus telas cónicas como catapultas, lanzándose a sí mismas e incluso la propia tela hacia presas cercanas.

En las selvas tropicales de la península del cabo York, en Queensland (Australia), descubrimos una araña con una nueva estrategia de caza. Es un diminuto animal nocturno del género Propostira al que llamamos araña ballesta.

Como describimos en el artículo publicado en Current Biology, construye una trampa accionada por resorte que solo se activa para atrapar una única presa: la agresiva y altamente territorial hormiga tejedora u hormiga verde (Oecophylla smaragdina).

Cómo captura hormigas la araña ballesta

Una araña fijando hebras de seda a una hoja.
La araña ballesta construye pacientemente su trampa cónica.
Ajay Narendra, Pranav Joshi, Daniele Liprandi, Gregory J Anderson, Jonas Wolff, CC BY

Durante el día, esta araña descansa dentro de un refugio de seda en la parte inferior de las hojas. A medida que avanza la noche, desciende lentamente por un hilo de seda hasta encontrar una estructura adecuada donde establecer un punto de anclaje.

Después regresa a la tela principal, dejando tras de sí una “línea de tensión”, y repite el proceso con una precisión increíble para construir una red de líneas de tensión de seda con forma de abanico. Esto culmina gradualmente en la formación de un pequeño armazón cónico que la araña envuelve después con un tipo más fino de seda antes de retirarse a la tela principal.

La seda más fina parece atraer a las hormigas y provocar la respuesta de ataque, posiblemente mediante feromonas. Una vez que han colocado la seda más fina, las hormigas tejedoras obreras aparecen al instante, reaccionan agresivamente y muerden el cono.

La mordedura desprende el cono de la superficie, y esto genera el efecto catapulta: la hormiga es arrastrada hacia arriba y proyectada a la tela principal en una fracción de segundo. El lanzamiento tiene aceleraciones de hasta 1 367 metros por segundo al cuadrado; eso equivale aproximadamente a 140 veces la aceleración de la gravedad, o 15 veces las fuerzas g más extremas experimentadas por los pilotos de aviones de combate.

La araña espera a que la hormiga quede completamente enredada en su tela. Cuando es seguro acercarse, la envuelve en seda hasta que está lista para comérsela.

Un sistema superior

La trampa biológica de la araña ballesta es la más eficiente y potente del mundo en términos de almacenamiento y liberación de energía acumulada en seda.

Gramo por gramo, las telas almacenan más energía y ejercen más potencia que cualquier catapulta biológica conocida. Un kilogramo de esta tela llega a almacenar 78,17 kilojulios de energía cinética y ejercer brevemente una potencia de 11,73 megavatios.

La potencia excepcionalmente alta de la trampa de la araña ballesta probablemente ha evolucionado para arrancar rápidamente a las hormigas de las proximidades de sus nidos y senderos, donde otras hormigas podrían acudir en su defensa.

Hormiga modiendo una telaraña.
Una hormiga desprevenida ataca la trampa de la araña ballesta.
Ajay Narendra, Pranav Joshi, Daniele Liprandi, Gregory J Anderson, Jonas Wolff, CC BY

Especialización extrema

Hay otros dos aspectos inusuales de la araña ballesta.

El primero es su extrema especialización en una única especie de presa. Esto sugiere que podrían añadir feromonas específicas a la fina seda envolvente de sus trampas para atraer a las hormigas verdes arborícolas.

El segundo es que la trampa la activa la propia presa, en lugar de la situación más común en la que el depredador detecta a la presa y activa la trampa.

La araña ballesta demuestra cómo una especialización extrema en una presa puede impulsar la evolución de un rendimiento biomecánico excepcional.

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Ajay Narendra recibe financiación del Consejo Australiano de Investigación y de la Fundación Herman Slade.

ref. Esta diminuta araña usa una potente catapulta de seda con más aceleración que un avión de combate – https://theconversation.com/esta-diminuta-arana-usa-una-potente-catapulta-de-seda-con-mas-aceleracion-que-un-avion-de-combate-286058

De Los Álamos a Silicon Valley: el punto ciego del cerebro humano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Saúl Sal Sarria, Investigador Postdoctoral en Neurociencias, Universidad de Oviedo

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QUIEN NO CONOCE SU HISTORIA…

Agosto, 1939. Leo Szilard convence a Einstein de firmar una carta dirigida al presidente Frankiln D. Roosevelt advirtiendo del peligro de que la Alemania nazi desarrolle una bomba atómica. La carta funciona: nace el Proyecto Manhattan, que congrega a algunos de los científicos más brillantes de la historia en el desierto de Nuevo México para crear el artefacto más destructivo jamás construido.

Julio, 1945. El mismo Szilard redacta una petición con 70 firmas de científicos del Proyecto pidiendo que no se use la bomba contra Japón. Esta vez fracasa: la petición nunca llega a manos del presidente Harry S. Truman. El 6 de agosto de 1945, Little Boy cae sobre Hiroshima. Antes de que termine el año, más de 140 000 personas habrán muerto por el impacto y la radiación residual.

Entre esas dos cartas hay seis años, la misma mente, y una de las paradojas más reveladoras de la historia de la ciencia. Szilard no ignoraba el riesgo: lo había anticipado, articulado y firmado. Y aun así no pudo detener lo que había contribuido a crear.

El patrón se repite

Marzo, 2023. Más de 1 000 investigadores en inteligencia artificial –entre ellos, algunos de los arquitectos de los sistemas más potentes del mundo, como Yoshua Bengio o Geoffrey Hinton– firman una carta abierta pidiendo una pausa en el desarrollo de sistemas de inteligencia artificial. El argumento: estamos ante una “carrera fuera de control” para desarrollar mentes digitales que “nadie, ni siquiera sus creadores, puede entender, predecir o controlar de forma fiable”.

La carta se publica, pero el desarrollo continúa. La estructura recuerda a la de 1939-1945: los mismos agentes que construyen la tecnología identifican el riesgo, lo articulan públicamente y no son capaces detenerla. ¿Por qué?

La respuesta está en el cerebro

La neurociencia de la toma de decisiones ofrece dos mecanismos que explican este patrón con precisión:

  • Sesgo de disponibilidad. El cerebro humano genera predicciones continuas sobre el entorno a partir de la experiencia previa. Este sistema predictivo –anclado en el córtex prefrontal y el sistema límbico– es extraordinariamente eficiente para amenazas conocidas: un depredador, una enfermedad, un conflicto armado convencional. Pero ante amenazas sin precedente histórico, falla de forma estrepitosa: sin experiencia previa que sirva de referencia, el sistema no genera una señal de alarma proporcional a la magnitud real del riesgo.

    Esto no es negación voluntaria ni falta de intelecto, es un límite neuro-arquitectónico. Una bomba capaz de destruir una ciudad entera era, en 1939, literalmente inconcebible para cualquier cerebro humano, incluido el de Szilard. Que él pudiera anticiparla intelectualmente no significa que su sistema de valoración emocional del riesgo respondiera con la intensidad correspondiente: la disociación entre comprensión intelectual y respuesta afectiva ante el riesgo es uno de los hallazgos más robustos de la neurociencia de la decisión.

    Hoy, con la inteligencia artificial general (AGI), operamos bajo el mismo límite: podemos describir el riesgo con precisión milimétrica y seguir sin asimilar sus posibles consecuencias.

  • Descuento temporal hiperbólico. El segundo mecanismo es más insidioso. El córtex prefrontal valora las consecuencias futuras de forma no lineal: una amenaza a veinte años se descuenta hasta casi desaparecer frente a la recompensa inmediata. En contextos de alta motivación intrínseca –y pocos contextos generan mayor motivación que resolver un problema científico en tiempos de guerra, o construir la herramienta cognitiva más poderosa de la historia–, este descuento se descontrola. El proyecto se convierte en un fin en sí mismo.

    El propio J. Robert Oppenheimer, eje vertebral del Proyecto Manhattan, lo formuló con una claridad que ningún neurocientífico ha superado: “Cuando ves algo técnicamente fascinante, lo llevas a cabo, y solo después de lograr el éxito te preguntas qué hacer con ello”. La recompensa del problema inmediato –su elegancia matemática, su complejidad técnica– superaba el peso de consecuencias que, aunque descriptibles numéricamente, eran abstractas y demasiado lejanas.

Los firmantes de ambas cartas –1945 y 2023– son, según cualquier métrica, mentes excepcionales. Sin embargo, el problema es algo más profundo: partimos de un hardware biológico diseñado para otro tipo de mundo, uno en el que las amenazas eran inmediatas, concretas, uno en el que sin precedente era sinónimo de inexistente.

La implicación es incómoda: no podemos abordar críticamente este problema con el mismo cerebro que lo está creando.

Ingeniería institucional para un cerebro limitado

Cuando la memoria individual se volvió insuficiente, externalizamos el conocimiento en libros e instituciones. El problema actual no es de capacidad de almacenamiento, es de arquitectura de valoración del riesgo. Por eso necesitamos una externalización de un tipo distinto: no de memoria, sino de juicio. No porque los científicos sean irresponsables, sino porque ningún cerebro humano, por brillante que sea, está equipado para razonar de forma fiable sobre lo que nunca ha ocurrido.

Diseñar planes sobre tecnologías de riesgo existencial exige compensar activamente estos sesgos: instituciones con horizontes temporales largos, mecanismos de disidencia estructurada, separación entre quienes desarrollan y quienes evalúan el riesgo. No es una cuestión de voluntad individual, sino ingeniería institucional para suplir lo que la arquitectura cognitiva humana no puede dar.

Szilard lo intentó desde dentro del sistema que él mismo había contribuido a construir. Redactó la petición, recogió las firmas, buscó los canales. No fue suficiente. La pregunta relevante no es si Szilard hizo todo lo que podía, es si el sistema en el que operaba estaba diseñado para contrarrestar los sesgos que él, como cualquier ser humano, no podía superar solo.

…ESTÁ CONDENADO A REPETIRLA

Szilard murió en 1964 sin ver una guerra nuclear. Quizás el sistema funcionó. O quizás tuvimos suerte. La diferencia entre ambas explicaciones importa más de lo que parece: si fue suerte, ¿confiaría a la suerte el futuro de nuestro planeta?

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Saúl Sal Sarria no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De Los Álamos a Silicon Valley: el punto ciego del cerebro humano – https://theconversation.com/de-los-alamos-a-silicon-valley-el-punto-ciego-del-cerebro-humano-285720

Interactuar con tecnologías digitales de forma moderada puede reducir el riesgo de deterioro cognitivo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Vanesa Perez Cabrera, Profesora de Facultad de Ciencias de la Salud, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

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Durante años las nuevas tecnologías, desde móviles a redes sociales, han sido señaladas como una posible amenaza para el cerebro. El miedo está ahí: ¿están las pantallas arruinando nuestra mente? Algunos expertos ya hablan de demencia digital.

La hipótesis parte de una preocupación: ¿qué ocurre cuando dejamos de esforzarnos mentalmente? Hoy delegamos cada vez más tareas en nuestros dispositivos móviles. Ya no memorizamos números de teléfono, apenas nos orientamos sin GPS y muchas dudas se resuelven con un clic. Según esta idea, al ceder estas funciones a la tecnología podríamos estar desentrenando el cerebro.

En las personas mayores este supuesto proceso podría favorecer el deterioro cognitivo a través de tres vías principales. La primera sería el sedentarismo mental, cuando el tiempo pasivo frente a la pantalla sustituye actividades que exigen mayor esfuerzo intelectual.

En segundo lugar, al transferir tareas como recordar información, planificar u orientarnos tiene lugar una delegación cognitiva. Que reduce el uso de funciones como la memoria y la planificación.

La tercera es la fragmentación de la atención, que viene provocada por la exposición constante a notificaciones, interrupciones y distracciones digitales. Y puede dificultar una concentración profunda y sostenida.

No todo son malas noticias en el panorama digital. Frente a esto, surge un nuevo concepto: la “reserva tecnológica”.

De la demencia digital a la reserva tecnológica

Interactuar con tecnologías digitales puede actuar como un factor protector. Al igual que ocurre con actividades como la lectura o el aprendizaje de idiomas, el uso de la tecnología podría favorecer un mejor rendimiento cognitivo del esperado para la edad o el estado de salud. Es lo que se conoce como reserva tecnológica, y contribuiría a mantener el cerebro activo y funcional durante más tiempo.

El planteamiento se alinea con el concepto de reserva cognitiva. Según este, determinadas experiencias como la educación, el aprendizaje continuo y la participación en actividades mentalmente estimulantes ayudan al cerebro a resistir mejor el envejecimiento y el daño cerebral. En la práctica, es como si estuviéramos acumulando un capital neuronal. Cuanto más activa mantenemos nuestra mente, más robusta es nuestra arquitectura cerebral.

Lo que dice la evidencia científica

Un metaanálisis que analizó los resultados de numerosos estudios sobre el uso de tecnologías digitales y la cognición encontró un dato llamativo: las personas que interactúan con tecnologías digitales presentan un menor riesgo de deterioro cognitivo.

De hecho, esta relación fue comparable, y en algunos casos incluso superior, a la de factores protectores bien conocidos. Entre ellos se encuentra mantener la presión arterial controlada, realizar actividad física con regularidad, tener un mayor nivel educativo o participar en actividades de ocio intelectualmente estimulantes.

Estos resultados, obtenidos a partir de 411 430 adultos de más de 50 años, son especialmente relevantes para los llamados “pioneros digitales”. Es decir, las generaciones que han vivido la transición hacia el mundo digital y han incorporado estas tecnologías en su vida diaria, y que ya han alcanzado las edades a las que empiezan a aparecer las demencias.

Tres vías por las que la tecnología podría proteger el cerebro

La investigación sugiere al menos tres mecanismos principales que podrían explicar esta asociación positiva.

1. Estimulación cognitiva más compleja

Las tecnologías digitales ofrecen entornos mentalmente dinámicos y cambiantes. Por ejemplo, resolver un crucigrama en papel y hacerlo en una aplicación digital implican procesos mentales similares.

Sin embargo, el entorno digital añade nuevos desafíos. Por ejemplo, aprender a usar interfaces que cambian constantemente, gestionar múltiples fuentes de información, resolver problemas técnicos o filtrar distracciones. Todo ello puede suponer un entrenamiento adicional para el cerebro.

2. Mayor conexión social

El aislamiento social es uno de los factores de riesgo más importantes para el deterioro cognitivo en adultos mayores. Las tecnologías digitales, desde videollamadas hasta redes sociales, facilitan el contacto con familiares, amigos y comunidades, especialmente cuando las interacciones presenciales son limitadas.

Esta conexión social no solo mejora el bienestar emocional, sino que también se asocia con un mejor funcionamiento cognitivo.

3. Estrategias de compensación

La tecnología también puede actuar como una herramienta de apoyo. Recordatorios digitales, agendas electrónicas y sistemas de navegación ayudan a compensar pequeños fallos de memoria, permitiendo a las personas mantener su independencia y funcionalidad durante más tiempo.

Este andamiaje digital no reemplaza las capacidades cognitivas, sino que puede ayudar a preservarlas.

A pesar de los resultados prometedores, la tecnología no es una solución mágica. El mismo estudio advierte que no existe una respuesta simple a si la tecnología es siempre beneficiosa o perjudicial para el cerebro envejecido.

El uso moderado puede promover la estimulación cognitiva y la conexión social. Sin embargo, el uso excesivo o pasivo, como el consumo prolongado de contenidos sin interacción, podría tener efectos negativos.

Además, la tecnología también introduce nuevos riesgos, como la exposición a desinformación, el aumento del aislamiento presencial y la vulnerabilidad a fraudes digitales, especialmente en adultos mayores.

Una nueva perspectiva sobre el envejecimiento digital

Lejos de ser una amenaza inevitable, la tecnología podría convertirse en una aliada del envejecimiento cognitivo saludable, siempre en dosis moderada. Los pioneros digitales podrían estar beneficiándose de una forma moderna de estimulación cognitiva.

La clave, como en muchos aspectos de la salud, parece estar en el equilibrio: utilizar la tecnología de forma activa, significativa y moderada.

Más que preguntarnos si la tecnología está dañando nuestro cerebro, quizás debamos preguntarnos cómo usarla para mantenerlo activo durante más tiempo.

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Vanesa Perez Cabrera no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Interactuar con tecnologías digitales de forma moderada puede reducir el riesgo de deterioro cognitivo – https://theconversation.com/interactuar-con-tecnologias-digitales-de-forma-moderada-puede-reducir-el-riesgo-de-deterioro-cognitivo-280293

Algoritmos nómadas: el fin del aislamiento de las enfermedades raras

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alba Garrido López, Investigadora predoctoral en Tecnologías y Sistemas de Comunicaciones, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

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En las facultades de medicina se enseña un mantra de prudencia: “Si oyes galopar, piensa en caballos, no en cebras”. Es una invitación a buscar lo común antes que lo exótico. Si un paciente llega con fiebre y tos, la lógica dicta pensar en una gripe y no en una patología tropical de un valle perdido. Sin embargo, el problema es que las cebras existen.

Aunque cada una de estas patologías afecta a menos de 5 por cada 10 000 habitantes, su impacto global es masivo. Se estima que existen más de 7 000 enfermedades raras –con 6 147 identificadas en el registro Orphanet– que afectan a más de 300 millones de personas en el mundo. Esta paradoja es el corazón del problema: los pacientes son muchos, pero están tan dispersos que el conocimiento sobre ellos permanece fragmentado. Las enfermedades poco frecuentes cargan con una “triple conDena” que bloquea el progreso médico:

  • Diagnóstico: el 57 % de los pacientes sufre una demora diagnóstica superior al año. En España, la media ronda los seis años de incertidumbre, un tiempo en el que el impacto psicosocial sobre el paciente y su familia se agrava profundamente ante la falta de respuestas.

  • Dinero: los llamados “medicamentos huérfanos” rara vez son rentables para el mercado farmacéutico tradicional. Al haber pocos pacientes, la inversión es difícil de recuperar, dejando a miles de patologías sin investigación activa.

  • Datos: el conocimiento médico está encerrado en silos. Un hospital en Madrid ha visto dos casos; otro en Tokio, tres. Cada centro posee una pieza vital del puzle, pero ninguna es suficiente por sí sola para entrenar a una inteligencia artificial.
    Hasta ahora, la solución lógica era “juntar los datos”. Pero un historial clínico es la información más íntima que poseemos. Por razones éticas y legales, los datos no pueden (ni deben) circular libremente. El resultado es que el conocimiento se queda aislado.

Aprendizaje federado: los datos no viajan, viaja el algoritmo

La respuesta pasa por invertir la lógica tradicional: en lugar de llevar los datos al algoritmo, llevamos el algoritmo a los datos. Esta técnica, denominada “aprendizaje federado”, permite que un modelo de IA “viaje” a cada hospital, aprenda localmente de sus historiales y regrese a una sede central llevando consigo únicamente parámetros matemáticos. Son patrones, no nombres; tendencias, no fechas.

Es como si cien investigadores estudiaran en bibliotecas distintas de todo el mundo: ninguno saca un solo libro, pero todos comparten sus notas finales
para escribir un manual común. Esta arquitectura ya no es teórica. Modelos federados han demostrado alcanzar hasta el 99 % de la eficacia de aquellos entrenados con datos centralizados.

En España, la lucha contra el aislamiento de estos datos tiene un rostro real: Julián Isla. Ingeniero y padre de un niño con una enfermedad rara, Isla vivió la “odisea del diagnóstico” y entendió que la informática debía ser el aliado perfecto, ya que el diagnóstico de estas patologías requiere analizar cantidades masivas de síntomas que superan la capacidad humana.

De esa urgencia nació la Fundación 29 y herramientas como DxGPT, que ya utilizan más de 6 000 médicos en Madrid para navegar por la complejidad de lo desconocido. Como afirma Isla al reflexionar sobre este avance: “Hemos transformado un problema personal en algo que puede ayudar a los demás”. Si iniciativas como la suya abrieron el camino al demostrar el potencial de la IA en la nube, el aprendizaje federado propone ahora la infraestructura definitiva para el sistema sanitario; la evolución necesaria para que la IA se convierta, siempre con respeto a la privacidad, en ese copiloto que guía al médico cuando los síntomas no encajan en ningún manual conocido.

Contra la ceguera algorítmica

Aquí reside la verdadera justicia social de esta tecnología. La IA no sabe medicina de forma innata; aprende exclusivamente de los datos que le enseñamos. Si un algoritmo se entrena únicamente con historiales de grandes centros urbanos, desarrollará una ceguera algorítmica ante el paciente rural o aquel con una mutación poco frecuente.

El aprendizaje federado actúa como un democratizador de la inteligencia médica: permite que un hospital comarcal aporte sus escasos casos a un modelo global sin ceder la soberanía sobre sus datos y, a cambio, recibe una herramienta enriquecida con la experiencia de instituciones de élite de todo el mundo. Así, la excelencia clínica deja de ser un privilegio geográfico.

Que el médico no esté solo

La meta final es que, cuando un médico se enfrente a una “cebra” clínica, no tenga que recurrir a una búsqueda desesperada en navegadores genéricos.

Imaginemos el escenario: un pediatra detecta un síntoma inusual, introduce su caso en un modelo federado y el sistema lanza un aviso: “He detectado patrones clínicos similares en la red global. Considera analizar este marcador genético”. No es ciencia ficción: herramientas como DxGPT ya permiten a más de 6 000 médicos en Madrid navegar por la complejidad de lo desconocido.

La IA no llega para sustituir al médico, sino para dotarlo de una memoria global compartida. Porque si bien la privacidad es un derecho, el acceso al conocimiento es una cuestión de supervivencia. Los datos se quedan en casa para proteger al paciente; el conocimiento viaja por el mundo para salvarlo.

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Alba Garrido López recibe fondos para su investigación a través de proyectos gestionados por la Universidad Politécnica de Madrid. No es asalariada, ni consultora, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de otros vínculos relevantes más allá de su cargo académico.

ref. Algoritmos nómadas: el fin del aislamiento de las enfermedades raras – https://theconversation.com/algoritmos-nomadas-el-fin-del-aislamiento-de-las-enfermedades-raras-285713