Climat : Séparer adaptation et atténuation freine-t-il l’action ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Guillaume Simonet-Umaña, enseignant chercheur en adaptation aux changements climatiques, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)

A-t-on eu raison de séparer adaptation et atténuation ? Mohamed_Hassan/Pixabay, CC BY

L’ESSENTIEL

  • Depuis les années 1990, on sépare l’atténuation, qui s’attaque aux causes des changements climatiques, et l’adaptation, qui vise à en prévenir les conséquences.

  • Cette opposition demeure source de confusions et peut générer des maladaptations, c’est-à-dire des actions d’adaptation qui augmentent les gaz à effet de serre.

  • Il est donc peut-être temps d’adopter une approche systémique plus en adéquation avec les réalités complexes des échelles locales.


C’est un terme qui ne cesse d’arriver dès qu’il est question des changements climatiques : celui d’adaptation. Il est désormais régulièrement utilisé pour évoquer de nécessaires reconversions agricoles, pour justifier des rénovations thermiques de bâtiments ou à travers l’angle de la gestion des risques financiers.

Si ce mot survient aussi souvent pour désigner des choses aussi variées, ce n’est pas un hasard. Il a été instauré depuis 1992 dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) l’a, lui, adopté à partir de son deuxième rapport (1995).

Dans ces deux cas, l’adaptation est le terme choisi pour désigner l’une des deux réponses à mener face à une planète qui se réchauffe. Il s’agit alors de séparer, d’un côté, les actions portant sur les causes du problème en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) à travers l’« atténuation », et de l’autre, les actions menées pour gérer les conséquences de ces nouvelles réalités climatiques via l’« adaptation ».

Mais a-t-il été pertinent de séparer ces deux types d’action ?

Une confusion persistante

En tant que chercheur spécialisé sur les questions d’adaptation aux changements climatiques, je constate chaque jour combien cette division génère une certaine confusion.

En 2008, déjà, une grande partie des participants de l’atelier consacré à l’adaptation mis en place lors de l’élaboration du 1er Plan Climat de la ville de Paris me confiaient les difficultés rencontrées au moment de différencier des actions d’adaptation de celles de l’atténuation. Qu’ils aient été chargé de mission développement durable à EDF, architecte au service d’urbanisme de la Ville de Paris ou bien responsable environnement chez Veolia Eau, toutes les personnes interrogées ont été unanimes sur ce point.

J’ai retrouvé ensuite ces mêmes difficultés à différencier l’adaptation de l’atténuation tout au long de mes travaux de recherche sur le terrain, et ce, auprès d’une diversité de profils d’acteurs locaux : associations environnementales, citoyens et responsables municipaux du quartier de Milton-Parc de Montréal (2012), directeurs de service, chefs d’unités environnement et techniciens d’espaces verts de collectivités de taille moyenne (2015) ou encore gestionnaires et professionnels d’établissements sanitaires et médico-sociaux publics et privés (2024)…

À chaque fois, la majorité des interrogés peinait à cerner clairement ce qui caractérise une action d’adaptation. Je ne suis pas le seul à partager ce constat encore récemment relaté sur LinkedIn par un jeune consultant en adaptation climatique qui déplorait de rendre « difficilement palpable et compréhensible par le grand nombre ce qu’on entend réellement par « s’adapter » », précisant observer « des confusions extrêmement récurrentes avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

Une dichotomie dépassée ?

Pour comprendre les difficultés que ce duo de mots peut générer, il est important de rappeler le contexte qui les a fait émerger à la fin des années 1990.

À l’époque, les changements climatiques sont avant tout considérés comme un problème technique et décorrélé des autres enjeux. Ainsi, dans la lignée des succès diplomatiques sur la réduction des substances qui altèrent la couche d’ozone (Protocole de Montréal, 1987) et sur la réduction des émissions transfrontières d’oxydes d’azote (Protocole de Sofia, 1988), le raisonnement est posé : « il suffit de s’entendre pour réduire les émissions de GES ».

Dès lors, bien que l’idée d’avoir à gérer les conséquences de la problématique soit timidement avancée, l’atténuation constituait en réalité la réponse prioritaire pour résoudre une problématique climatique encore faiblement comprise et acceptée. S’en suit le Protocole de Kyoto (1997), sa période d’engagement (2008-2012) puis l’échec qu’on lui connaît en termes de réduction des GES.

Pendant tout ce temps, la tangibilité des impacts climatiques n’a cessé de progresser en tous points de la planète, tout comme les avancées scientifiques sur le phénomène, et, en particulier ses interactions avec les multiples autres enjeux qui caractérisent les limites planétaires (crise de la biodiversité, pollutions diverses, altération de cycles biogéochimiques…). Le constat s’est imposé : la résolution des changements climatiques est immensément plus complexe qu’initialement envisagée. Petit à petit, l’adaptation a émergé et son duo avec l’atténuation s’est équilibré.

Mais la mise en pratique à l’échelle locale de cette dichotomie « atténuation – adaptation » continue de se heurter à des barrières concernant leur distinction. Cette difficulté se retrouve dans les plans climat des collectivités, notamment dans leur première génération. Par exemple, est-ce que « développer la végétalisation urbaine » ou « lutter contre la précarité énergétique » sont des actions d’adaptation, comme le mettent en avant certaines collectivités ? Ou bien, comme le proposent d’autres, ce sont des actions qui rentrent dans un volet économique, social, énergétique, de santé, de protection de la biodiversité ou encore d’autonomie alimentaire ? Une recherche rapide d’illustrations censées différencier les deux réponses montre de nombreux chevauchements qui, de toute évidence, freine la mise en place d’actions.

Passer au-delà de l’essor conceptuel sans fin

Les réflexions scientifiques sur les contours à donner à l’adaptation ont également évolué depuis les années 1990, notamment grâce aux retours d’expériences et à l’apport des sciences humaines et sociales. Résultat : dans le glossaire du tome 2 du dernier rapport du Giec (2022), on retrouve 18 (!) définitions qui contiennent le terme « adaptation ». Quatre sont nouvelles (« adaptation fund », « adaptation gap », « adaptation pathways » et « adaptive governance ») tandis que quatre autres ont disparu (« adaptability », « adaptation assessment », « adaptation constraint » et « adaptation opportunity ») par rapport au rapport de 2014.

Cette évolution permet de poser un constat : l’adaptation aux changements climatiques est l’archétype même d’un « problème pernicieux » (wicked problem en anglais), c’est-à-dire qu’elle ne dispose pas de formulation définitive possible.

En pratique, cet effort de vouloir à tout prix différencier atténuation et adaptation freine l’action, comme en témoigne la « maladaptation ». Introduite dans le rapport du Giec de 2001, la maladaptation est redéfinie dans celui de 2022 comme une action d’adaptation qui aggrave « le risque de conséquences néfastes liées au climat… » en y précisant « … y compris par une hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) ». Ce qui n’est pas précisé est l’inverse : est-ce qu’une « bonnadaptation » est une action d’adaptation qui vise à baisser les émissions de GES ?

Sur le terrain, on s’aperçoit bien vite qu’une action relève de l’adaptation selon les enjeux, l’interprétation et les intérêts propres à chaque acteur, ce que résume l’Institut international sur le développement durable (IISD) : « Chaque élément de compréhension de ce qu’est l’adaptation est accompagnée d’un ensemble de définitions et de partis pris qui lui est propre. »

Un Ehpad peut présenter la rénovation de l’isolation thermique de ses bâtiments comme une action d’adaptation en valorisant les gains en termes de confort thermique et de protection pour ses populations résidantes vulnérables. Procédant aux mêmes travaux d’isolation, un autre Ehpad peut tout à fait arguer qu’elle le fait dans l’objectif de réduire ses émissions de GES de par l’économie de climatisation ou chauffage que cela entraîne. Dans ce dernier cas, on peut également qualifier cela d’« adaptation silencieuse » : bien que non désignée comme une action d’adaptation, elle participe pourtant à faire face aux impacts climatiques, dans cet exemple, aux fortes chaleurs et aux grands froids.




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Faudrait-il donc choisir désormais d’autres mots ? C’est ce que suggère Ian Burton. Ce professeur retraité de géographie de l’Université de Toronto a contribué aux premiers rapports du Giec en étant l’un des premiers chercheurs à s’être intéressé à l’adaptation. Voici ce qu’il m’a dit quand j’ai pu l’interroger à ce sujet :

« Je suis convaincu qu’il aurait mieux valu pour la communauté internationale, y compris les autorités locales et nationales ainsi que le secteur privé, que la dichotomie entre atténuation et adaptation ne soit pas instaurée dans le texte de la CCNUCC : il aurait suffi de préconiser une approche intégrée mobilisant toutes les mesures de réponse possibles et de les désigner sous le terme d’ajustements. »

Regret ou souhait ? Toujours est-il qu’il semble important de regarder au-delà des définitions pour encourager l’intégration d’actions climatiques dans les politiques publiques locales. Ce regard peut être élargi en adoptant une focale systémique plutôt qu’une focale strictement climatique, c’est-à-dire en gardant en tête que les changements climatiques s’inscrivent dans une dynamique de changement global qui touche toutes les échelles de la planète de manière continue et progressive.

L’enjeu climatique n’est pas uniquement une question de lexique. La séparation abstraite entre atténuation et adaptation a fait perdre beaucoup de temps et empêche encore de nombreuses initiatives d’émerger ou de gagner en efficacité. Au-delà d’une meilleure communication auprès des acteurs locaux, il semble important d’inciter avant toute chose de mettre en place toute action qui vise à transformer les activités et les territoires en vue de les faire correspondre durablement aux nouvelles réalités climatiques et environnementales qui s’installent.

The Conversation

Guillaume Simonet-Umaña ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Climat : Séparer adaptation et atténuation freine-t-il l’action ? – https://theconversation.com/climat-separer-adaptation-et-attenuation-freine-t-il-laction-291206

Qu’est-ce que le syndrome de mort subite chez l’adulte ?

Source: The Conversation – in French – By David C. Gaze, Senior Lecturer in Chemical Pathology, University of Westminster

Dans le cas du syndrome de mort subite chez l’adulte, c’est généralement le rythme électrique du coeur qui est mis en cause, et non une obstruction. (Tetiana_Kryvous/Shutterstock.com)

Lorsque Mark Hughes, l’ancien entraîneur de Manchester United et de l’équipe nationale du Pays de Galles, a perdu son fils âgé de 38 ans, une enquête a révélé que la cause du décès était le syndrome de mort subite chez l’adulte, ou SADS (sudden adult death syndrome).

Il semblait en bonne santé. Aucune maladie n’était apparente. Pour une famille, cette situation est presque impossible à comprendre. Comment quelqu’un peut-il mourir d’une maladie cardiaque alors que même une autopsie pourrait ne rien révéler d’anormal au niveau de son cœur ?

La réponse commence par un fait qu’on oublie facilement : le cœur n’est pas seulement une pompe ; c’est aussi un organe électrique. Chaque battement cardiaque commence par un signal qui se propage à travers le cœur selon une séquence précise, indiquant à chaque cavité quand se contracter. Dans le cas du syndrome de SADS, la défaillance réside souvent dans ce système électrique, et non dans la structure physique du cœur.

Si le signal devient instable, un rythme anormal — une arythmie — peut se développer. La plupart sont bénignes. Mais certaines, qui prennent naissance dans les ventricules (les cavités inférieures du cœur), peuvent être mortelles. Lors d’une fibrillation ventriculaire, l’activité électrique devient chaotique et le cœur tremble au lieu de pomper. Le sang cesse d’alimenter le cerveau, ce qui entraîne une perte de conscience.




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Sans réanimation cardio-respiratoire (RCR) ni choc délivré par un défibrillateur, la personne peut mourir en quelques minutes. Il s’agit d’un arrêt cardiaque.

Il faut préciser qu’un arrêt cardiaque et une crise cardiaque ne sont pas la même chose, même si ces termes sont souvent utilisés de manière interchangeable. Une crise cardiaque survient lorsqu’une artère obstruée prive une partie du muscle cardiaque de sang. Un arrêt cardiaque survient lorsque le cœur cesse soudainement de pomper le sang dans l’organisme.

Une crise cardiaque peut entraîner un arrêt cardiaque, mais les deux ne sont pas la même chose. Dans le cas du syndrome SADS, c’est généralement le rythme électrique qui est mis en cause, et non une obstruction.

C’est aussi à cause de ce dysfonctionnement électrique qu’il est si difficile d’enquêter sur le syndrome de SADS. Une autopsie permet de détecter les problèmes structurels — une artère obstruée, un muscle endommagé, un cœur hypertrophié. Mais une perturbation électrique ne laisse souvent aucune trace.

Après le décès d’une personne, l’activité qui contrôlait autrefois son rythme cardiaque a tout simplement disparu. Ainsi, un pathologiste peut examiner un cœur qui semble tout à fait normal, même s’il présentait un dysfonctionnement mortel quelques minutes auparavant.

Le SADS est un décès soudain et inexpliqué dû à un arrêt cardiaque. Il fait environ 500 victimes chaque année au Royaume-Uni.

Certains cas sont attribuables à des troubles héréditaires affectant les canaux microscopiques qui permettent le passage des particules chargées électriquement vers et depuis les cellules cardiaques — le mécanisme à l’origine de chaque battement cardiaque.

Parmi les affections associées au syndrome SADS, on retrouve le syndrome du QT long, le syndrome de Brugada et la tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique. Ces noms sont compliqués à prononcer, mais ils ont un point commun : ils peuvent déstabiliser le rythme cardiaque sans laisser de trace structurelle.

C’est là que la génétique peut réussir là où une autopsie conventionnelle échoue. L’ADN prélevé après un décès inexpliqué peut être analysé à la recherche de variants associés à des maladies cardiaques héréditaires, une approche parfois appelée « autopsie moléculaire ». Un variant génétique est détecté dans jusqu’à 13 % des cas de SADS.

Déterminer la cause d’un décès ne sert pas seulement à l’expliquer. Cela peut aussi protéger les proches.

Les signes avant-coureurs, lorsqu’ils existent, passent souvent inaperçus. Certaines personnes ont fait de l’exercice, travaillé et mené une vie tout à fait normale jusqu’à leur arrêt cardiaque. D’autres présentaient des symptômes sans en comprendre la signification : des évanouissements inexpliqués, notamment pendant l’exercice, ou des palpitations et des étourdissements récurrents. Un évanouissement causé par un trouble du rythme cardiaque peut même être confondu avec une crise épileptique.




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Facteur génétique

Les antécédents familiaux sont tout aussi importants. Un décès subit inexpliqué chez un parent, un frère ou une sœur ou un enfant — particulièrement à un jeune âge — peut indiquer une affection héréditaire, puisque bon nombre des troubles à l’origine du SADS sont héréditaires. Cela ne signifie pas pour autant que toute personne souffrant de palpitations ou d’étourdissements présente un problème cardiaque grave ; ces symptômes sont courants et généralement bénins. Toutefois, un évanouissement pendant l’exercice physique, ou des symptômes associés à des antécédents familiaux de décès subit prématuré, méritent d’être examinés.

Trois générations d’une même famille
Les tests génétiques permettent de déterminer si le syndrome de SADS est héréditaire.
(Shutterstock)

L’enquête sur un décès ne se limite pas nécessairement à la personne décédée. Comme plusieurs des affections liées au syndrome de SADS sont héréditaires, les proches parents peuvent se voir proposer des examens dans une clinique cardiaque spécialisée. Ceux-ci peuvent inclure un ECG pour vérifier l’activité électrique du cœur, une échographie pour en examiner la structure, un test d’effort, une surveillance du rythme cardiaque et, dans certaines familles, des tests génétiques.

Cette approche donne des résultats. Une étude portant sur 304 familles touchées par la mort cardiaque subite a révélé une maladie cardiaque héréditaire chez 47 % des familles dans l’ensemble, 11 % des proches ayant subi un dépistage ayant reçu un diagnostic définitif. Lorsque le décès initial avait été spécifiquement classé comme un cas de mort cardiaque subite d’origine inconnue (MCSI), l’enquête a tout de même révélé une affection héréditaire dans environ une famille sur cinq.

Une étude plus récente portant sur 686 proches a révélé que la plupart des diagnostics posés au cours des dix années de suivi l’ont été au cours des cinq premières années — ce qui rappelle l’importance d’une évaluation rapide.


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Détecter une personne à risque avant l’apparition des symptômes peut lui sauver la vie. Le traitement dépend de l’affection en cause, et peut inclure des médicaments, des conseils sur l’activité physique ou l’évitement de certaines substances. On peut proposer aux personnes les plus à risque un défibrillateur-cardioverteur implantable, un appareil qui surveille en permanence le rythme cardiaque et qui peut délivrer un choc électrique pour rétablir un rythme normal si nécessaire.

Même le nom de cette affection prête à confusion. Les médias parlent souvent de « syndrome de mort subite chez l’adulte », mais en cardiologie, on préfère le terme « syndrome de mort subite d’origine arythmique », car il décrit ce que les médecins soupçonnent s’être produit : un rythme cardiaque anormal mortel sans cause physique ou médicamenteuse évidente.

Quoi qu’il en soit, le syndrome de mort subite d’origine arythmique n’est pas simplement une étiquette attribuée à un décès que personne ne peut expliquer. Il reflète les limites de ce qu’une autopsie standard peut nous révéler au sujet d’un cœur dont le système électrique a peut-être cessé de fonctionner normalement quelques minutes auparavant.

Ces limites s’amenuisent. En combinant les autopsies réalisées par des experts, les analyses génétiques et les enquêtes menées auprès des proches survivants, il est parfois possible de mettre au jour la maladie cachée à l’origine d’un décès de ce type. Cela ne compensera pas la perte subie par la famille. Mais cela peut changer la suite des événements. Et découvrir pourquoi une personne apparemment en bonne santé est décédée peut révéler que d’autres membres de sa famille sont porteurs du même risque caché, afin de prendre des mesures avant qu’il ne soit trop tard.

La Conversation Canada

David C. Gaze ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Qu’est-ce que le syndrome de mort subite chez l’adulte ? – https://theconversation.com/quest-ce-que-le-syndrome-de-mort-subite-chez-ladulte-290018

Quels oiseaux pourrait-on voir figurer sur les billets d’euros ?

Source: The Conversation – in French – By Frédéric Archaux, Chercheur, Inrae

Certains des différents graphismes proposés pour les prochaines coupures de billets d’euros. BCE

L’ESSENTIEL

  • Les Européens sont invités à voter en ligne pour choisir la nouvelle illustration graphique des prochains billets d’euros.

  • Parmi les dix propositions retenues, cinq mettent en scène des oiseaux, sur leur recto.

  • L’ornithologue Frédéric Archaux nous aide à analyser les oiseaux choisis.


Dans la lutte sans fin contre les faux-monnayeurs, les banques centrales doivent intégrer toujours plus d’éléments de sécurité dans les billets qu’elles émettent, ce qui impose de les renouveler périodiquement.

Depuis le lancement de l’euro en 2002, la face de nos billets n’a changé qu’à deux reprises mais la Banque centrale européenne (BCE), seule autorité émettrice des pièces et billets de la monnaie unique, souhaite désormais mettre de nouveaux billets en circulation.

« Nature ou culture » ?

Pour les illustrer, au terme d’un long processus citoyen de sélection, elle a identifié deux thèmes possibles : « culture européenne » et « fleuves et oiseaux ». Ce choix n’a rien de surprenant, tant le dualisme nature/culture structure la pensée occidentale de Platon aux travaux contemporains d’anthropologues comme Philippe Descola !

Pour affiner le choix des illustrations des six jeux de coupures, de 5 à 200 euros, la BCE a ouvert un concours auquel ont répondu 1 241 graphistes de toute l’Union européenne (UE). Après plusieurs nouvelles étapes de sélection – pour déterminer notamment les personnalités européennes et les espèces d’oiseaux à représenter –, la BCE a finalement retenu cinq propositions pour chacun des deux thèmes.

Ce sont ces dix propositions pour les six jeux de coupures qui sont ouvertes au vote en ligne jusqu’au 21 septembre.

Un patrimoine commun auxquels les Européens sont attachés

Arrêtons-nous sur le thème « fleuves et oiseaux ». La BCE a mis en exergue plusieurs éléments pour justifier ce choix : ils ne connaissent pas de frontières et rappellent en cela l’espace Schengen ; ils sont un patrimoine commun auxquels les Européens sont attachés ; l’Europe a contribué à leur protection grâce à plusieurs textes ambitieux de protection de l’environnement, comme la directive Oiseaux, adoptée en 1979, la directive Habitats-Faune-Flore, en 1992, et la directive-cadre sur l’eau, en 2000.

À partir de là, quelles espèces d’oiseaux choisir ? Voici ce que la BCE nous apprend sur les critères de sélection. Les espèces d’oiseaux retenues devaient illustrer la diversité des écosystèmes fluviaux, de la source à l’océan. Il fallait également qu’elles soient belles, migratrices, largement réparties en Europe et qu’elles aient bénéficié des mesures de protection adoptées par l’UE.

Enfin, ces espèces ne devaient pas être perçues négativement dans aucun des pays de la zone euro. Mais les propositions mises au vote répondent-elles bien à ce cahier des charges ? C’est ce que nous proposons de voir.

Quelles sont les espèces choisies ?

Du billet de 5 euros à celui de 200 euros, on trouve successivement le tichodrome échelette (Tichodroma muraria), le martin-pêcheur (Alcedo atthis), le guêpier d’Europe (Merops apiaster), la cigogne blanche (Ciconia ciconia), l’avocette élégante (Recurvirostra avosetta) et le fou de Bassan (Morus bassanus).

Sur la première ligne, de gauche à droite : le tichodrome échelette, l’avocette élégante, le guépier d’Europe. Sur la deuxième ligne, de gauche à droite : la cigogne blanche, le martin-pêcheur, le fou de Bassan.
Sur la première ligne, de gauche à droite : le tichodrome échelette, l’avocette élégante, le guépier d’Europe. Sur la deuxième ligne, de gauche à droite : la cigogne blanche, le martin-pêcheur, le fou de Bassan.
Imran Shah, Derek Keats, Andy Morffew, Dcabrilo, Andreas Trepte, Wladyslaw Sojka/Wikimédia, CC BY

Le style est bien différent entre les cinq propositions – trois figurent les oiseaux en monochromie, les deux dernières en couleur. Quatre adoptent des dessins, stylisés ou réalistes ; la dernière a opté pour des photographies.

Ces espèces ne présentent pas de difficulté d’identification et sont donc facilement reconnaissables quelle que soit la proposition, mais la monochromie ne rend pas hommage aux couleurs chatoyantes du martin-pêcheur, du guêpier d’Europe ou du tichodrome échelette.

Regardons maintenant si les critères énoncés par le cahier des charges ont bien été respectés.

Des oiseaux et des fleuves

Commençons par le premier critère : les espèces d’oiseaux retenues devaient illustrer la diversité des écosystèmes fluviaux, de la source à l’océan. Même si on peut les trouver parfois assez loin de rivières, c’est bien le cas du martin-pêcheur, du guêpier et de la cigogne blanche qui nichent, pour les deux premiers, dans des terriers qu’ils creusent dans les berges des rivières ou, pour la cigogne, dans les arbres le long des cours eau.

L’avocette élégante, un échassier côtier au long bec recourbé vers le haut pour capturer de petits invertébrés aquatiques, se reproduit dans les deltas des grands fleuves (comme en Camargue), mais aussi dans les marais. Elle niche en petites colonies qui défendent bruyamment leurs couvées contre leurs prédateurs.

Une avocette pêchant grâce à son bec courbé
Une avocette pêchant grâce à son bec courbé.
Derek Keats/Wikimédia, CC BY

En revanche, les deux dernières espèces ne remplissent pas ce critère. Le fou de Bassan, un oiseau marin du large, niche sur une trentaine d’îles océaniques en Europe, telles que l’archipel des Sept-Îles en Bretagne ou l’île de Bass Rock en Écosse (d’où il tire son nom).

Le tichodrome échelette, quant à lui, se nourrit et se reproduit sur les falaises des hautes montagnes et ne dépend pas particulièrement des torrents. Solidement arrimé à la roche grâce à ses longues griffes, il capture avec son long bec fin les petits insectes qui se terrent dans les anfractuosités.

Une femelle tichodrome en Roumanie
Une femelle tichodrome en Roumanie.
Charles J. Sharp/Wikimedia, CC BY

Des espèces attractives ?

Examinons maintenant le deuxième critère, qui aspire à choisir des espèces dites « attractives ». Le martin-pêcheur et le guêpier figurent parmi les oiseaux les plus colorés d’Europe. Le tichodrome est élégant dans son costume gris et noir, rehaussé de larges plages rouges et de taches blanches aux ailes.

Guêpier d’Europe chassant un papillon en vol
Guêpier d’Europe chassant un papillon en vol.
Giles Laurent/Wikimédia, Fourni par l’auteur

La cigogne blanche, l’avocette élégante et le fou de Bassan ont un plumage globalement noir et blanc, pratique pour une éventuelle impression en monochromie.

Ces choix rappellent notre tendance à préférer les espèces grandes et colorées aux oiseaux petits et moins tape-à-l’œil, mais tout aussi esthétiques pour autant, souvent avec des motifs délicats.

Deux fou de Bassan
Deux fous de Bassan.
Al Wilson/Wikimédia, CC BY

Des espèces migratrices ?

Tâchons de voir à présent si toutes les espèces représentées sont bel et bien migratrices, comme le donne à penser le troisième critère.

Le guêpier d’Europe et la cigogne blanche hivernent effectivement en Afrique. Cependant, c’est de moins en moins vrai pour la cigogne blanche : plusieurs milliers d’oiseaux demeurent aujourd’hui toute l’année en Europe de l’Ouest. Le guêpier se nourrit exclusivement d’insectes aériens. Comme la majorité des oiseaux insectivores, il est obligé de passer l’hiver en Afrique pour se nourrir.

Le fou de Bassan est aussi un grand migrateur, mais il passe le plus clair de son temps au large des côtes où il pêche des poissons dans de spectaculaires plongées. Les populations nordiques de l’avocette élégante descendent, elles, sur nos côtes en automne et rejoignent alors les nicheurs de l’Hexagone essentiellement sédentaires.

En revanche, le tichodrome échelette s’éloigne généralement peu de ses montagnes (il descend essentiellement à plus basse altitude en hiver), même si quelques individus sont notés en plaine chaque hiver sur des « falaises artificielles » que constituent les carrières, les barrages hydrauliques, les cathédrales et les ponts de pierre. Le martin-pêcheur est également essentiellement sédentaire. Mal lui en prend lorsque de fortes gelées le privent durablement des poissons dont il se nourrit : les populations s’effondrent alors et ne se rétablissent que plusieurs années plus tard.

Des espèces largement réparties en Europe ?

Les espèces sélectionnées sont-elles largement réparties en Europe, comme le veut le quatrième critère ?

Le martin-pêcheur, la cigogne blanche, l’avocette élégante occupent une bonne part du territoire de l’UE, bien qu’elles soient très peu présentes, voire absentes, en Scandinavie. Le guêpier d’Europe est une espèce de la moitié sud de l’Europe, le fou de Bassan des côtes maritimes et le tichodrome des hautes montagnes (Pyrénées, Alpes, Apennins, Carpathes et Balkans).

Bref, toutes ne sont pas des figures familières (qui a déjà entendu parler du tichodrome échelette ?) et elles couvrent mal l’Europe du Nord, comme la Finlande qui fait pourtant partie de la zone euro.

Des espèces qui ont bénéficié de la protection de l’UE ?

Ces espèces ont-elles également bénéficié de la protection de l’UE, comme le suggère le dernier critère énoncé ?

Les politiques européennes en faveur des zones humides ont probablement bénéficié au martin-pêcheur, à la cigogne blanche et à l’avocette et peut-être au guêpier d’Europe ; la régulation de la pêche pour reconstituer les stocks de poissons a vraisemblablement profité au fou de Bassan.

En revanche, ces politiques n’ont probablement eu aucun impact sur le tichodrome échelette. Dans l’ensemble, il ne s’agit pas d’espèces pour lesquelles, du moins chez nous, les politiques européennes ont joué un rôle majeur sur l’état de leurs populations.

D’autres choix auraient-ils été plus pertinents ?

Cormoran sur la rivière Regnitz en Allemagne
Cormoran sur la rivière Regnitz en Allemagne.
Reinhold Möller/Wikimedia, CC BY

L’absence de canards, d’oies, de grèbes, de hérons, de cormorans, de cygnes, de sternes, de mouettes, de poules d’eau est étonnante, car ce sont ces espèces-là que l’on croise le plus souvent le long des rivières et des fleuves d’Europe.

Peut-être est-ce parce que certaines sont chassées en Europe et peuvent occasionner des dégâts aux cultures ou aux piscicultures ?

Le fou de Bassan aurait également pu laisser sa place à des espèces qui passent l’essentiel de leur temps en Europe, comme le plongeon imbrin (Gavia immer) qui niche en Scandinavie et hiverne en Europe de l’Ouest ou la grande aigrette (Egretta alba), de la taille d’un héron cendré, mais tout de blanc vêtue, qui a recolonisé l’Europe grâce aux efforts de protection dans l’UE.

Un plongeon imbrin et une grande aigrette
Un plongeon imbrin et une grande aigrette.
John Picken, Calibas/Wikimedia, CC BY

Le cincle plongeur (Cinclus cinclus) aurait été un choix plus pertinent que le tichodrome, car cet oiseau, qui peut évoquer un merle, est véritablement tributaire des torrents de montagne. En effet, il se nourrit sous l’eau des larves d’insectes aquatiques. La délicate bergeronnette des ruisseaux aurait été une autre option (comme son nom l’indique !) tout aussi séduisante.

Un cincle plongeur
Un cincle plongeur.
Dirk-Jan van Roest, CC BY

Enfin, la sélection aurait pu intégrer le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) ou le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), non seulement parce qu’il s’agit d’un grand rapace pêcheur emblématique en Europe, mais aussi parce que les efforts pour le protéger portent aujourd’hui leurs fruits.

balbuzard pêcheur et pygargue à queue blanche
un balbuzard pêcheur et un pygargue à queue blanche.
lwolfartist, Yathin S. Krishnappa/Wikimedia, CC BY

Que retenir de tout cela ?

Il faut saluer la consultation citoyenne pour choisir le recto de nos futurs billets de banque, en espérant que cela ne soit pas seulement du greenwashing.

Les banques financent encore trop souvent des projets qui concourent à la destruction des écosystèmes naturels. L’UE a elle joué un rôle majeur dans la protection de l’environnement en Europe et elle entend continuer de le faire avec la loi sur la restauration de la nature adoptée en 2024.

Néanmoins, les tergiversations sur le Green Deal et la montée des populismes ces dernières années en Europe n’incitent pas à l’optimisme. Mais ne boudons quand même pas notre plaisir à voir, peut-être, demain des oiseaux orner nos billets de banque !

The Conversation

Frédéric Archaux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Quels oiseaux pourrait-on voir figurer sur les billets d’euros ? – https://theconversation.com/quels-oiseaux-pourrait-on-voir-figurer-sur-les-billets-deuros-291510

L’épidémie d’Ebola en RDC pourrait être la pire de l’histoire : 4 mesures qui pourraient contribuer à y mettre fin

Source: The Conversation – in French – By Yap Boum, Professor in the faculty of Medicine, Mbarara University of Science and Technology

La lutte contre Ebola en République démocratique du Congo a atteint un point critique. Le pays peut soit intensifier ses efforts pour maîtriser cette dernière flambée, soit risquer de la laisser perdurer et devenir la pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée.

Au 1er septembre 2026, plus de 6 186 cas confirmés et 3 007 décès ont été signalés depuis mai 2026 date à laquelle elle a été déclarée pour la première fois. Il s’agit de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de l’histoire de la RDC. Cette épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus responsable de la maladie d’Ebola. Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni aucun traitement spécifique contre la souche Bundibugyo.

On estime que l’épidémie a pris naissance à la fin avril 2026 dans la région minière très animée de Mongbwalu, en Ituri (nord-est de la RDC), avant de se propager, via des communautés et des réseaux de santé interconnectés, vers Rwampara et Bunia – des zones de sanité de la province d’Ituri – puis vers l’Ouganda.

La riposte à cette épidémie a été menée au niveau national par le gouvernement de la RDC, avec le soutien du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, de l’Organisation mondiale de la Santé et d’autres partenaires, qui ont contribué au renforcement de la surveillance, des capacités de laboratoire, des centres de traitement, de la prévention et du contrôle des infections, de la vaccination, de la logistique, de l’engagement communautaire et de l’organisation d’inhumations sûres et dignes.

Des progrès significatifs ont été réalisés, notamment l’interruption de la transmission en Ouganda grâce à un leadership national déterminé et à une étroite collaboration avec les communautés.

Cependant, en RDC, l’insécurité, la mobilité de la population, les retards de dépistage, les lacunes en matière de financement et d’approvisionnement, ainsi qu’une implication insuffisante par les communautés ont continué à entretenir la transmission.

La riposte n’est donc pas encore suffisante pour interrompre la transmission en RDC. Cela souligne la nécessité de rapprocher la surveillance, le dépistage, le traitement, la vaccination et l’engagement communautaire au plus près des villages.

En tant qu’experts en santé publique spécialisés dans le virus Ebola et ayant été en première ligne pour endiguer la dernière épidémie d’Ebola en RDC, nous estimons que des efforts supplémentaires sont nécessaires.

Ces efforts doivent tenir compte des quatre facteurs qui ont rendu cette épidémie difficile à maîtriser :

  • l’environnement géographique et humanitaire difficile de la RDC;

  • la forte mobilité des populations;

  • un faible niveau de confiance et un engagement communautaire insuffisant;

  • l’arsenal scientifique encore incomplet contre le virus de Bundibugyo.




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Les quatre facteurs

Premièrement, cette épidémie se déroule dans un environnement exceptionnellement difficile. Les zones touchées sont vastes, isolées et, en de nombreux endroits, peu sûres. De courts trajets peuvent prendre une journée, voire plus, sur des routes en mauvais état, en particulier pendant la saison des pluies (qui bat actuellement son plein).

Deuxièmement, les populations sont très mobiles. Les communautés minières, le transport à moto, les déplacements de population et les mouvements transfrontaliers relient des villages et des zones de sant& difficiles à surveiller. L’épidémie s’est concentrée dans plusieurs zones interconnectées, notamment en Ituri, à environ 2 886 km de Kinshasa, la capitale de la RDC.

Bunia, le principal pôle urbain de l’Ituri, est reliée aux zones de transmission environnantes. La mobilité des personnes joue un rôle important dans la riposte.

Troisièmement, la confiance et l’engagement communautaire restent des défis. Lorsque les gens ont peur, lorsque les établissements de santé ont fermé après le décès de professionnels de santé, ou lorsque des familles ont été confrontées à Ebola sans constater de riposte efficace, ces dernières peuvent retarder ou éviter de demander de l’aide. Cela affecte directement la surveillance.

Les enquêtes menées actuellement par notre équipe suggèrent qu’une part importante des cas est identifiée en dehors des listes de contacts établies. La riposte ne peut donc pas reposer uniquement sur la recherche traditionnelle des contacts.

Quatrièmement, contrairement au virus Ebola de type Zaïre, le virus Bundibugyo ne fait l’objet d’aucun vaccin homologué ni d’aucun traitement spécifique. La recherche clinique fait donc partie intégrante de la riposte elle-même.

La RDC a lancé une campagne de vaccination contre Ebola à Kisangani. Les premières injections ont été administrées aux professionnels de santé et aux autres intervenants de première ligne. Plus de 50 000 doses ont été reçues.

Le Groupe international de coordination sur l’approvisionnement en vaccins a approuvé l’utilisation de 70 000 doses d’Ervebo dans le pays. Environ 20 000 d’entre elles seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique visant à évaluer son efficacité contre la souche Bundibugyo.




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Le bilan de la riposte à ce jour

Il est important de souligner tout ce qui a été accompli en seulement trois mois, entre le 15 mai et le 15 août 2026.

Plus de 20 structures de traitement et d’isolement des patients atteints d’Ebola ont été mises en place ou soutenues. Au plus fort de la crise, fin mai 2026, les capacités de traitement étaient débordées, le taux d’occupation des lits ayant dépassé les 200 %. Fin août, ce taux était tombé à environ 66 %.

Les capacités des laboratoires se sont considérablement développées, avec 22 laboratoires opérationnels répartis dans les cinq provinces touchées. Auparavant, il n’y en avait qu’un seul à Kinshasa capable de détecter le virus Bundibugyo. Cette augmentation du nombbre de laboratoires a permis de réduire le délai entre le prélèvement des échantillons et l’obtention des résultats, qui est passé de plus d’une semaine à quelques heures seulement.

Les enterrements, organisés dans des conditions sûres et dignes, se sont également considérablement améliorés, la grande majorité d’entre eux ayant désormais lieu dans les 24 heures.

Ces progrès sont importants. Ils montrent que la riposte peut inverser la tendance d’une épidémie lorsque les ressources, la coordination et les capacités techniques sont réunies.

Des signaux épidémiologiques encourageants sont également observés. Le taux de reproduction effectif a considérablement baissé par rapport au niveau très élevé (Rt de 4,0) observés en mai. Le nombre moyen de personnes contaminées par chaque cas est passé de quatre à un peu plus d’une.

L’ampleur des ressources mobilisées pour faire face à l’épidémie est considérable, avec environ 1,72 milliard de dollars américains de promesses de dons, dont 118,5 millions engagé par les pays africains. Environ 867 millions de dollars américains (soit près de la moitié des promesses de dons) auraient déjà été débloqués.

Le plan de riposte continental lancé le 27 juin 2026 par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’OMS a été conçu autour d’un principe simple : un plan, un budget, une équipe, un cadre de suivi et d’évaluation, en plaçant les communautés au cœur de l’action.

Ce qu’il faut faire

La prochaine phase doit être centrée sur les villages. Les représentants locaux, les agents de santé et les dirigeants doivent devenir des partenaires actifs dans la surveillance, la détection précoce, l’orientation vers des soins spécialisés, la communication des risques et la protection des communautés.

Les outils numériques peuvent y contribuer, mais la technologie doit être au service de la communauté plutôt que s’y substituer.

Les conducteurs de motos-taxis, qui relient les communautés sur de longues distances, doivent être associés à la riposte en tant que partenaires plutôt que d’être simplement considérés comme un risque.

La vaccination doit être rapprochée des communautés. La recherche doit être menée là où l’épidémie sévit. Les essais cliniques de vaccins et de traitements doivent se dérouler avec urgence et rigueur scientifique.

Rétablir la confiance

Les services de santé essentiels doivent se poursuivre parallèlement à la lutte contre Ebola.

Il en va de même pour la réouverture des écoles. Celle-ci doit s’accompagner de mesures de prévention des infections, notamment la formation des enseignants, la mise à disposition d’installations sanitaires, la mise en place de mécanismes d’orientation clairs et l’adaptation de la communication sur l’épidémie à l’intention des écoliers et de leurs familles.

Les interventions humanitaires et celles liées à Ebola doivent également être intégrées. On ne peut pas attendre d’une communauté confrontée à l’insécurité, aux déplacements de population et à la maladie qu’elle navigue entre des systèmes distincts pour chaque crise.

Enfin, Ebola ne respecte pas les frontières. La collaboration entre la RDC et l’Ouganda montre ce que peut être la solidarité régionale. Elle repose sur une surveillance conjointe, le rapprochement des capacités de diagnostic des communautés frontalières, le partage d’informations et une action coordonnée.

Les enseignements tirés de la collaboration entre la RDC et l’Ouganda doivent être étendus au Soudan du Sud, à la République du Congo et aux autres pays voisins, comme convenu à Bangui, en République centrafricaine, à la mi-août.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. L’épidémie d’Ebola en RDC pourrait être la pire de l’histoire : 4 mesures qui pourraient contribuer à y mettre fin – https://theconversation.com/lepidemie-debola-en-rdc-pourrait-etre-la-pire-de-lhistoire-4-mesures-qui-pourraient-contribuer-a-y-mettre-fin-291399

Panoramas, cosmoramas y dioramas: simuladores de mundos antes de la IA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marieta Cantos Casenave, Catedrática de Literatura Española. Instituto de Investigación en Estudios del Mundo Hispánico, Universidad de Cádiz

Fragmento del panorama de la ciudad de Edimburgo de Robert Baker, del siglo XVIII. Wikimedia Commons

¿Ha visitado alguna vez una montaña rusa, o una de esas atracciones familiares que simulan viajes en barco o tren por distintos parajes naturales o urbanos que ofrecen muchos parques temáticos?

El paseo para ver It’s a small world o el viaje en los cohetes del Space Mountain en Disneyland son el resultado de la combinación y actualización de una serie de espectáculos ópticos de ilusión realista, inventados en el siglo XIX. Gracias a ellos, el público podía vivir una experiencia inmersiva que lo situaba en un espacio diferente y, a veces, también en un tiempo distinto al suyo.

El panorama, el cosmorama y el diorama

El panorama, patentado por Robert Barker en 1787, era una pintura gigante de 360 grados que se colocaba en un espacio construido expresamente para ella. El espectador podía tener una vista inmersiva y circular de lo que hubiese sido retratado en el paisaje. Podríamos decir que es el precursor del formato panorámico actual de las fotografías o los vídeos.

El diorama, inventado por Louis Daguerre y Charles Bouton, era un espectáculo parecido al panorama en el que se exhibía un gran lienzo pintado por ambas caras. Sobre él incidía una luz que destacaba unas zonas frente a otras. Ante los ojos del espectador, el paisaje variaba en función del paso de las horas del día y la noche, las estaciones o los efectos provocados por un alud, la erupción de un volcán o un incendio, entre otros casos.

Por su parte, en el cosmorama, invención del abate piamontés Gazzera, las vistas eran contempladas a través de unos vidrios que tenían la propiedad de aumentar y alejar en apariencia los objetos visionados.

Sección transversal de la Rotonda de Leicester Square, donde se exhibió el panorama de Londres (1801).
Sección transversal de la Rotonda de Leicester Square, donde se exhibió el panorama de Londres (1801).
Wikimedia Commons

Empiezan a moverse

Con la idea de dotarlos de mayor realismo, para que el público se sintiera inmerso en una escena genuina, estos espectáculos fueron incluyendo objetos, animales o actores que reprodujesen tridimensionalmente los detalles plasmados en dos dimensiones. Esto ampliaba un efecto que todavía puede disfrutarse, por ejemplo, en los dioramas diseñados por belenistas y pesebristas. En el siglo XIX, el sonido, los juegos de luces y sombras y la narración del exhibidor también eran fundamentales para completar la alucinación del público.

Con frecuencia, espectáculos como los panoramas móviles producían un simulacro de movimiento, un ligero desplazamiento, como si el espectador estuviese asomado a lo que pretendía ser la ventanilla de un tren o un barco. Al igual que en los modernos parques temáticos, la audiencia experimentaba la sensación de estar subiendo una montaña, navegando por un río, adentrándose en un tétrico cementerio o sufriendo los efectos de un terremoto, de una avalancha de nieve o de un gran incendio. A su vez, también podía sumergirse en una famosa batalla o verse colocado en medio de las ruinas de civilizaciones antiguas o exóticas, como Pompeya, Roma, Atenas o Pekín.

El asombro y la sorpresa eran indescriptibles. Sin embargo, en ocasiones, los espectadores salían de ellos con cierta sensación de náusea, vértigo e incluso vómitos, resultado de la experiencia que se vivía como si fuera un viaje real.

La montaña rusa

En 1770 el aristócrata Simon-Gabriel Boutin inauguró en París los jardines del Tívoli. Tras cerrar después de la muerte en la guillotina de su dueño, en 1795 volvieron a abrir sus puertas convertidos en un gran espectáculo. Lo hicieron de la mano del empresario Gérard Desrivières, que decidió incluir entre sus atracciones títeres, equilibrios sobre cuerda, proyecciones de linterna mágica –uno de los antecedentes del cine– y panoramas.

El Tívoli tuvo muchos dueños a lo largo de su historia. Tras Desrivières pasó a ser propiedad de Jean Henri Louis Greffulhe. Y, después de la muerte de este último, en 1826 sus herederos lo alquilaron al físico, aeronauta e ilusionista belga Étienne-Gaspard Robert (conocido profesionalmente como Robertson). Este Nouveau Tivoli contaba con fuegos pirotécnicos, ascensos en globo, y una variedad de espectáculos de linterna mágica y fantasmagorías –así conocidos por su temática y efecto terrorífico–. Pero además, Robertson decidió introducir atracciones mecánicas de velocidad conocidas en la época como montañas rusas.

En los años 60 y 70 del siglo XIX, estos espectáculos se convirtieron en fenómenos de masa, en muchas ocasiones incluidos entre los atractivos de las exposiciones nacionales o internacionales. El público podía sumergirse por unas horas en espacios y tiempos vinculados con los valores de una modernidad que apreciaba aquellas culturas distantes, exóticas o de excepcional valor patrimonial.

Así, podía viajar sin moverse del asiento, y contemplar pequeños mundos que hoy siguen atrayendo a las masas convocadas por los más famosos parques temáticos. El italiano Nicolino Calyó era pintor de panoramas móviles y cosmoramas en los que se ofrecían “viajes a pie quieto”, es decir, un paseo visual por diversos lugares del mundo sin abandonar el local de exhibición. Calyó, después de haber recorrido Europa y América exponiendo sus cuadros, acabó instalándose con su familia en Broadway, donde triunfó con estos espectáculos con acompañamiento de piano.

Al revisar sus creaciones, y las de otros como él, podemos detectar en ellas un antecedente artístico de la utilización de la IA generativa en el cine, que ya se puede ver en obras visuales como PLSTC (Laen Sanches), The Frost (Stephen Parker / Waymark) y Here, de Robert Zemeckis.

Aunque el formato elegido sea diferente, existe un vínculo común en el hecho de combinar el uso de la técnica y las artes. Con ello, estos proyectos buscan crear realidades inexistentes, metaversos dotados de un efecto de ilusión tan potente que el espectador de hoy, como el de siglos atrás, se crea inmerso en un mundo real.


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Marieta Cantos Casenave no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Panoramas, cosmoramas y dioramas: simuladores de mundos antes de la IA – https://theconversation.com/panoramas-cosmoramas-y-dioramas-simuladores-de-mundos-antes-de-la-ia-261991

40 años del asesinato de “Yoyes”: el castigo ejemplarizante de ETA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gaizka Fernández Soldevilla, Responsable del Área de Archivo, Investigación y Documentación, Centro Memorial para las Víctimas del Terrorismo

El 10 de septiembre de 1986, María Dolores González Katarain, alias Yoyes, de 32 años, paseaba con su hijo y otro niño de corta edad por Ordizia (Guipúzcoa), su localidad natal, que celebraba una feria agrícola.

El terrorista de ETA José Miguel Latasa Guetaria se la señaló al también terrorista Antonio López Ruiz (Kubati) y luego se alejó de allí. Kubati abordó a la mujer y a los niños en la avenida del Gudari, al lado de unos tractores. “¿Tú eres Yoyes?”, preguntó. Ella contestó que sí. “¿Sabes quién soy yo?”. “No”. “Soy de ETA y vengo a ejecutarte”, anunció Kubati.

Según la sentencia del caso, Yoyes se abalanzó sobre él, pero el pistolero le disparó dos veces, hiriéndole en la pierna y en el tórax. Una vez en al suelo, Kubati remató a su víctima con un tiro en la cabeza.

Portada del diario ‘El Correo’ (11 de septiembre de 1986).
Diario ‘El Correo’., FAL

No era una novedad que ETA asesinase a uno de sus exmiembros. Lo había hecho ya varias veces: Ignacio Olaiz Michelena en octubre de 1978, Jokin Azaola Martínez en diciembre de 1978, Tomás Sulibarria Goitia (Tomi) en junio de 1980, José Luis Oliva Hernández en enero de 1981, Miguel Francisco Solaun Angulo en febrero de 1984… La mayoría de los indicios apuntan a que el primero de la lista fue Eduardo Moreno Bergaretxe (Pertur) en julio de 1976. No obstante, el caso de Yoyes, por su condición de mujer y el papel protagonista que había ejercido, fue el más impactante de todos.

¿Quién era Yoyes?

Militante de ETA desde el curso 1972/1973, pronto participó en atentados. Por ejemplo, en octubre de 1973 su comando colocó 87 kilogramos de dinamita bajo un puente de San Sebastián para que explotara al pasar un autobús de guardias civiles. La carga no se activó porque fue descubierta por un par de niños.

A finales de ese año, una vez identificada por la policía, huyó a Francia, aunque volvió a cruzar la frontera para seguir operando en la clandestinidad. No conocemos al detalle su historial, pero sí algunos episodios. En julio de 1974 colocó una bomba en el automóvil del encargado de una constructora, que iba a estallar a la hora que solía arrancarlo. Dos testigos advirtieron a la Guardia Civil, que evitó el atentado.

En septiembre, Yoyes estaba integrada en un comando que preparaba en Bilbao un atentado con bomba paralelo a la operación contra la cafetería Rolando, en Madrid. No se llevó a cabo porque la Guardia Civil descubrió y detuvo a la mayoría de sus compañeros. Ella consiguió escapar.

El 13 de septiembre de 1974, a la hora de comer, dos miembros del Frente Militar de ETA colocaron una bomba en el interior de la cafetería Rolando. La explosión causó trece víctimas mortales. El Frente Militar no había consultado con la dirección de la banda, que temía que aquel atentado indiscriminado perjudicase su imagen. El debate interno sobre si asumir o no la autoría llevó al cisma de la organización. La mayoría de los integrantes del Frente Militar se escindieron para crear ETA militar (ETAm), rama por la que se decantó Yoyes.

El nuevo grupo renunció a la “lucha de masas” y se centró en la “lucha armada”. Debido a sus inquietudes y dotes intelectuales, Yoyes trabajó en su Oficina Política, llegando a convertirse en una de las colaboradoras más cercanas a su líder, José Miguel Beñaran (Argala). Así, ejerció de representante de ETAm en las reuniones de KAS y de Chiverta.

Cuando Argala fue asesinado en un atentado parapolicial en diciembre de 1978, ella ocupó su puesto al frente del aparato político. No obstante, la deriva ultranacionalista de la banda y su escalada terrorista (si sumamos todas las ramas de ETA, de 12 víctimas mortales en 1977 se pasó a 67 en 1978 y 80 en 1979) hicieron que en 1979 se desvinculara de la organización.

Yoyes emigró a México, donde estudió, trabajó y formó una familia. En 1985 viajó a Europa. Primero a Francia pero, como no consiguió una beca del Gobierno vasco para comenzar su tesis doctoral, decidió regresar al País Vasco. Su vuelta fue publicitada por la prensa, aunque ella se negó a hacer declaraciones.

Marcada como traidora

Eugenio Etxebeste (Antxon), dirigente de ETA refugiado en la República Dominicana, aseguró que “la vida sintética de la ‘Señora Dolores’ significa la muerte de la abertzale Yoyes”. La primera, “el nuevo ser que come y respira”, no era “más que un producto inanimado de la ciencia política imperialista”. Su “máximo castigo habrá de llegarle si antes no actúa la violencia revolucionaria, el día en que su hijo le arroje a su propia cara el desprecio de su traición”.

El colectivo de presos de ETA la “juzgó” y condenó a muerte. No tardaron en aparecer pintadas amenazantes en las que se acusaba a Yoyes de ser “traidora” y “chivata”.

En su diario anotó: “es una injusticia monstruosa la que hacen conmigo, ¡tengo un hijo!, quiero vivir, ¡lo tuve porque quería vivir!”. Acto seguido retrataba moralmente a la sociedad vasca a la que había regresado. “Muchos son culpables de esta injusticia, ¡demasiados! Hay otros que no, pero son impotentes ante ella. Hay también mucho silencio cómplice. Mucho miedo en la gente ante todo, ante su propia libertad…”. A pesar del ambiente hostil, rechazó la protección policial que se le había ofrecido.

¿Por qué la asesinó ETA?

Pese a lo que entonces se dijo, no se había acogido a la reinserción impulsada por el Gobierno, ya que no la necesitaba: carecía de causas pendientes gracias a Ley de amnistía de 1977. Al retornar de su exilio, Yoyes no hizo nada distinto de lo que desde 1976 habían hecho cientos de exintegrantes de la banda.

Cubierta de las memorias de Yoyes: ‘Desde su ventana’.
Editorial Alberdania, FAL

Tampoco era cierto que, como le imputaban sus excompañeros, hubiese optado por “el peor de los caminos, el arrepentimiento, la traición y la colaboración política con los enemigos del pueblo vasco”. No hubo tal colaboración. Se trataba de una simple excusa.

Las razones de su asesinato eran otras. Por un lado, dado el alto cargo que había ocupado en la organización, Yoyes era una figura simbólica de primer orden. En ese sentido, el dirigente del brazo electoral de ETA, la coalición Herri Batasuna,
Iñaki Aldekoa adujo que “cualquier ejército del mundo en un estado de confrontación no puede permitirse que uno de sus jefes de Estado Mayor aparezca paseando por territorio ocupado por el ejército contrario”. Entre otras cosas, porque demostraría que no había guerra alguna.

Por otro lado, como relata en su diario, Yoyes, antes de volver a España, se había reunido con dos dirigentes de ETA para obtener garantías de seguridad, pero solo obtuvo vagas promesas de ellos, uno de los cuales le recomendó quedarse en Francia. Su decisión de cruzar la frontera, la que ejerció como una mujer libre, fue interpretada como un desafío a la cadena de mando (eminentemente masculina).

Por último, la “ejecución” ejemplarizante de Yoyes suponía una advertencia a cualquier miembro de ETA que se plantease aceptar las medidas de reinserción que se habían puesto en marcha hasta entonces: primero, el proceso promovido por el partido Euskadiko Ezkerra y el Gobierno de Unión de Centro Democrático (UCD); y, más adelante, las del Gobierno socialista de Felipe González. El terror aplicado a los propios terroristas abortó aquella vía, que ETA entendía como un peligro para su supervivencia orgánica.

Detenido en 1987, Kubati fue encontrado culpable de trece asesinatos, entre ellos el de Yoyes. Fue condenado a penas que sumaban 1 210 años de cárcel, pero volvió a la calle a finales de 2013. Sigue vinculado a la izquierda abertzale ortodoxa. Por su parte, Latasa se separó de ETA en la cárcel, lo que le hizo objeto del acoso del nacionalismo radical.

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Gaizka Fernández Soldevilla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. 40 años del asesinato de “Yoyes”: el castigo ejemplarizante de ETA – https://theconversation.com/40-anos-del-asesinato-de-yoyes-el-castigo-ejemplarizante-de-eta-291003

Qué tienen en común los países que sí han logrado reducir el suicidio

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elizabeth Suárez Soto, Doctora en Psicología. Psicóloga Clínica Infanto Juvenil. , Universidad Internacional de Valencia

Terraza en Oslo. A lo largo de los últimos años, las tasas de suicidio han caído significativamente en Noruega. Lunghammer/Shutterstock

La adopción de estrategias nacionales de prevención del suicidio se ha convertido en una prioridad internacional, impulsada por el reconocimiento del suicidio como un problema de salud pública global y por la evidencia que demuestra que las intervenciones aisladas no son suficientes para revertir las tendencias de mortalidad.

Sin embargo, aunque más de 40 países han implementado iniciativas nacionales, entre ellos España, con su Plan de Acción para la Prevención del Suicidio (2025-27), los resultados son marcadamente desiguales. Mientras países como Finlandia, Noruega o Dinamarca han mostrado avances importantes, otros contextos con planes igualmente ambiciosos han observado un impacto limitado o inconsistente.

Esta heterogeneidad obliga a analizar no solo el contenido técnico de las estrategias, sino los procesos que determinan su aplicabilidad, coherencia, sostenibilidad y capacidad de adaptación a contextos socioculturales diversos.

Los elementos que explican la eficacia

Los países que han logrado mayores avances tienen en común algo fundamental: cuentan con estrategias que actúan a varios niveles y que combinan intervenciones universales, selectivas e indicadas, junto con acciones de postvención tras intentos y muertes por suicidio, dentro de un marco de coordinación y gestión coherente.

Las medidas más sólidas incluyen sistemas de vigilancia epidemiológica capaces de integrar información procedente de múltiples fuentes, la restricción del acceso a medios letales y campañas de comunicación que abordan explícitamente el estigma, utilizando enfoques culturalmente adecuados.

Estas acciones no actúan de manera aislada, sino que operan sobre determinantes amplios y modifican actitudes de la población, al tiempo que reducen las barreras estructurales para la búsqueda de ayuda.

Las estrategias más efectivas han priorizado intervenciones dirigidas a grupos específicos –adolescentes, migrantes, minorías étnicas, personas mayores aisladas, comunidades LGBTQ+ o población penitenciaria– mediante modelos comunitarios, redes de apoyo y programas adaptados cultural y lingüísticamente.

La evidencia muestra que la sensibilidad cultural y la adecuación contextual no son elementos accesorios, sino determinantes de la eficacia, especialmente en poblaciones históricamente excluidas de los sistemas o circuitos de ayuda.

Las acciones dirigidas a personas con riesgo elevado o con intentos previos constituyen un punto crítico. Los estudios coinciden en que el seguimiento intensivo tras un intento de suicidio y la incorporación de protocolos estructurados en atención primaria son dos de los mecanismos de mayor impacto. Asimismo, la formación de gatekeepers –personas clave capaces de identificar señales tempranas de riesgo y activar los recursos asistenciales adecuados– en entornos educativos, comunitarios y sanitarios facilita la detección precoz y la activación de circuitos asistenciales eficaces.

El análisis comparado evidencia que la mera existencia de un plan nacional, incluso cuando está basado en recomendaciones internacionales, no garantiza resultados. La diferencia entre estrategias efectivas y estrategias nominales radica en la forma de ponerlas en marcha.

La clave está en una buena coordinación

La coordinación de varios sectores es especialmente determinante: allí donde salud, educación, servicios sociales, justicia y medios operan de manera aislada, las intervenciones pierden coherencia y capacidad de impacto. Por el contrario, los países que han avanzado –como Noruega o Alemania– han desarrollado estructuras estables de gobernanza, con responsabilidades bien definidas, mecanismos de coordinación y sistemas de seguimiento integrados.

La disponibilidad de recursos humanos y financieros es otra variable crítica. Países como India, que aprobó hace pocos años su estrategia nacional, han debido reorientar su plan hacia un modelo de salud mental comunitaria debido a la escasez estructural de profesionales especializados. Este tipo de adaptación, lejos de debilitar la estrategia, la hace más realista y sostenible en contextos de recursos limitados.

A ello se suma la importancia de los sistemas de vigilancia. La obtención de datos fiables –que pueden incluir certificación forense rigurosa; registros multiagencia, es decir, sistemas en los que varias instituciones u organismos comparten y cruzan información sobre un mismo problema, o autopsias psicológicas– permite evaluar con precisión el impacto de las intervenciones y orientar decisiones de política pública.

Las desigualdades territoriales, la fragmentación institucional y el estigma cultural siguen actuando como barreras transversales. En Groenlandia, por ejemplo, la estrategia nacional ha situado la equidad territorial como eje central, reconociendo las distancias geográficas como una barrera estructural para el acceso a la atención.

Canadá, con su Plan Nacional de Acción 2024–2027, ha explicitado por primera vez mecanismos formales de colaboración multisectorial para corregir déficits de coordinación acumulados durante años.

Estas experiencias muestran que las barreras no se superan únicamente con prescripciones técnicas: requieren transformaciones estructurales.

La cuestión fundamental: cómo medir el impacto real

Uno de los desafíos más persistentes en la prevención del suicidio es la dificultad para atribuir descensos de la mortalidad directamente a la implementación de estrategias nacionales. La conducta suicida está influida por muchos factores –cambios sociales, fluctuaciones económicas, reformas sanitarias, dinámicas culturales o variaciones en la disponibilidad de recursos–, lo que complica el aislamiento del efecto específico de un plan [nacional].

Precisamente por ello, los planes más maduros, como los de Suecia, Noruega, Finlandia y Australia, han incorporado sistemas de evaluación continua que permiten monitorear cambios antes de que se observen variaciones en la mortalidad. Estos sistemas incluyen indicadores intermedios como tiempos de acceso a servicios, continuidad asistencial, registro de intentos y medidas poblacionales de estigma. Este enfoque reconoce que la reducción de muertes es un objetivo a largo plazo, y que los indicadores de proceso permiten detectar si la estrategia está modificando los factores que, previsiblemente, acabarán influyendo en la mortalidad.

La capacidad de un país para revisar, ajustar y corregir su estrategia a partir de estos datos constituye un elemento central de efectividad. De hecho, las estrategias más exitosas no son las que acumulan más acciones, sino aquellas que establecen mecanismos explícitos de aprendizaje, retroalimentación y mejora continua, integrando datos procedentes de vigilancia epidemiológica, evaluaciones externas y análisis de desempeño.

No existe un modelo único, pero sí un conjunto de fundamentos que comparten las estrategias más robustas.

En cuanto a experiencias con resultados positivos, destacan los casos de Noruega, que ha logrado reducciones significativas mediante estrategias sostenidas desde 1995; Finlandia y Dinamarca, que combinaron restricciones de medios letales con expansión de servicios; Alemania, cuyo programa NAAD permitió reducir un 24 % los actos suicidas, y Países Bajos, que implementó el modelo SUPRANET Community, articulando gobernanza local y coordinación multisectorial.

Estas experiencias evidencian que la reducción de la mortalidad depende de planes de largo plazo, con objetivos realistas y estructuras de gobernanza capaces de sostener las intervenciones.

Cuando estos elementos se integran –calidad del diseño, coherencia en la implementación, gobernanza estable y evaluación continua–, la reducción del suicidio se convierte en una posibilidad concreta. En un fenómeno tan complejo, la consistencia estratégica y la planificación basada en datos son tan esenciales como las intervenciones específicas orientadas al riesgo.

La experiencia internacional deja, por tanto, una lección clara: prevenir el suicidio no consiste simplemente en acumular intervenciones. Requiere construir sistemas capaces de coordinarlas, sostenerlas, evaluarlas y adaptarlas en el tiempo.

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Elizabeth Suárez Soto no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Qué tienen en común los países que sí han logrado reducir el suicidio – https://theconversation.com/que-tienen-en-comun-los-paises-que-si-han-logrado-reducir-el-suicidio-269682

¿Cómo llegó a Naciones Unidas una polémica escolar sobre mapamundis?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Oliver Gutiérrez Hernández, Profesor de Geografía, Universidad de Málaga

En marzo de 2017, una noticia sobre mapas escolares llamó la atención de tres cartógrafos. Las escuelas públicas de Boston habían anunciado que usarían la proyección equivalente de Gall-Peters. Así mostrarían el tamaño de cada continente en relación con los demás.

Los medios presentaron el cambio como una forma de corregir el mapa del mundo diseñado por Gerardus Mercator (1512-1594). Este geógrafo, matemático y cartógrafo, autor del concepto de “atlas del mundo”, ideó en el Renacimiento un sistema de proyección cartográfica en el que se conservan los ángulos y las formas locales, pero no los tamaños. Mercator exagera el tamaño de las tierras cercanas a los polos respecto a las demás. Sin embargo, con la proyección de Gall-Peters –descrita por primera vez en 1855 por James Gall (1808-1895)–, todas las regiones tienen su tamaño relativo correcto, porque conserva las áreas.

Superposición de Mercator (rosa) y Gall-Peters (verde). Mercator conserva los ángulos y las formas locales, pero exagera las áreas hacia los polos. Gall-Peters conserva las áreas relativas, pero deforma los ángulos y las formas.
https://map-projections.net/, CC BY

Una nueva proyección, más ambiciosa

Los cartógrafos Bojan Šavrič, Tom Patterson y Bernhard Jenny también querían respetar el tamaño de los continentes. Pero les frustraba que el debate pareciera reducirse a elegir entre Mercator y Gall-Peters, pues había muchas más opciones.

Buscaron una proyección que conservara las superficies en sus proporciones reales y, al mismo tiempo, ofreciera formas con contornos más agradables y familiares. Y, como ninguna los convenció del todo decidieron diseñar una nueva.

Conservar el tamaño, cambiar la forma

La Tierra tiene una superficie curva; el papel y las pantallas son planos, por eso, trasladar una a los otros exige deformaciones. Una proyección determina cómo se distribuyen esas deformaciones y qué propiedades se conservan.

Mercator, presentada en 1569, permite representar los recorridos de rumbo constante como líneas rectas. Esa propiedad resulta útil para la navegación. Pero su escala aumenta hacia los polos, por lo que no resulta adecuada para comparar directamente las superficies continentales.

Con este sistema, Groenlandia puede parecer casi tan grande como África, aunque África ocupa aproximadamente catorce veces su superficie. No cambia el territorio: cambia la proporción en la que aparece representado.

El tamaño real de los continentes. En Mercator, Groenlandia parece comparable a África. En realidad, África ocupa unos 30,37 millones de kilómetros cuadrados, frente a los 2,16 millones de Groenlandia. La diferencia muestra cómo una proyección puede cambiar nuestra percepción del mundo.
The True Size., CC BY

Gall-Peters, por otro lado, sí conserva esa proporción. Por eso, se denomina una proyección equivalente. Pero conservar las superficies no significa conservar las formas. Aquí, las regiones tropicales aparecen estiradas de norte a sur. Las zonas polares quedan achatadas.

La pregunta de los tres cartógrafos era concreta. ¿Podían conservar las proporciones con contornos no tan extraños a la vista? Como guía, tenían la proyección Robinson, habitual en los atlas y visualmente equilibrada. Aunque Robinson no conserva exactamente las superficies. Querían una apariencia similar, con esa condición adicional.

Primero el diseño, después las ecuaciones

El trabajo comenzó probando combinaciones de proyecciones existentes con herramientas informáticas. Los autores experimentaron con las curvas del mapa y sus proporciones.

Diseño gráfico de Equal Earth mediante la técnica de Strebe. Este método combina proyecciones existentes y permite ajustar visualmente la forma del mapa conservando las áreas.
Jenny, Savric, Patterson.

Había decisiones pequeñas, pero importantes. Un diseño demasiado estrecho hacía que los continentes se alargaran en exceso. Lo contrario mejoraba sus contornos, pero hacía que el conjunto pareciera demasiado ancho. También necesitaban espacio para colocar nombres en latitudes altas.

Finalmente, encontraron una configuración satisfactoria. Después desarrollaron ecuaciones compactas para reproducirla, garantizando matemáticamente la conservación de las proporciones.

Equal Earth combina características de las proyecciones Eckert IV y Putniņš P4ʹ. Sus autores ajustaron el estiramiento para evitar continentes demasiado alargados o un mapa excesivamente ancho. El resultado es similar a la proyección de Robinson.
Jenny, Savric, Patterson.

Un mapa equivalente

El resultado recuerda a Robinson, aunque es algo más ancho. Los meridianos se curvan suavemente –salvo el central– y los polos son líneas horizontales cortas. Los continentes mantienen sus tamaños relativos, sin el estiramiento tropical de Gall-Peters.

Así, en 2018, publicaron The Equal Earth map projection en International Journal of Geographical Information Science. Querían ofrecer una alternativa equivalente con una apariencia más parecida a los atlas escolares. El artículo explicaba el diseño, presentaba las ecuaciones y demostraba su equivalencia.

Su aplicación práctica fue casi inmediata. Apenas una semana después, el Instituto Goddard de Estudios Espaciales de la NASA comenzó a utilizarla en sus mapas de anomalías de la temperatura global. También se incorporó en aplicaciones como ArcGIS Pro, una de las plataformas de referencia en Sistemas de Información Geográfica.

Equal Earth en los mapas sobre calentamiento global de la NASA.
Equal Earth en los mapas sobre calentamiento global de la NASA. El Instituto Goddard de Estudios Espaciales de la NASA venía usando la proyección de Robinson en sus mapas climáticos. Ahora también utiliza Equal Earth en animaciones de anomalías de temperatura global. Esta opción permite mostrar los cambios sobre un mapamundi de áreas equivalentes.
National Aeronautics and Space Administration. Goddard Institute for Space Studies

Un recorrido inesperado

Años después, las organizaciones Africa No Filter y Speak Up Africa impulsaron la iniciativa Correct The Map, una campaña para promover la proyección Equal Earth en instituciones, medios y escuelas, que también recibió el respaldo de la Unión Africana –organismo internacional formado por 55 Estados africanos–.

Hace unos días, el 4 de septiembre de 2026, la Asamblea General de las Naciones Unidas aprobó una resolución que promueve Equal Earth y otras proyecciones equivalentes, cuando se trata de representar correctamente los tamaños relativos.

Según Naciones Unidas, la medida no es vinculante ni obliga a utilizar una única proyección. Tampoco prohíbe Mercator. Además, anima a enseñar en las escuelas qué se pierde al trasladar la Tierra a un plano.

La ONU aprobó una resolución histórica para redibujar el mapa mundial y representar con mayor precisión el tamaño real de los continentes. El nuevo modelo, conocido como Equal Earth, busca corregir la distorsión de la proyección de Mercator que durante siglos redujo África, Oceanía, el sur de Asia y América Latina. 164 países votaron a favor, solo EE. UU. se opuso. La medida apunta a una representación que respeta las superficies relativas de los continentes. Fuente: France24.

Tener en mente el “para qué”

Elegir una proyección exige saber para qué vamos a usarla. Comparar áreas, trazar rutas o estudiar formas plantea necesidades distintas. Cada elección conserva unas propiedades y sacrifica otras.

Por ejemplo, las áreas cuentan para estudiar el cambio climático o sus efectos en la biodiversidad a escala global, y una proyección equivalente permite representar su extensión con las proporciones correctas. Pero ese cuidado debe mantenerse al analizar los datos.

De lo contrario, si ignoramos cuánto territorio representa cada dato, pueden aparecer sesgos en las estimaciones globales, un tipo de error que no se evita solo con mostrar los resultados en una proyección equivalente. Representar bien el mundo exige, también, medirlo bien.

The Conversation

Oliver Gutiérrez Hernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Cómo llegó a Naciones Unidas una polémica escolar sobre mapamundis? – https://theconversation.com/como-llego-a-naciones-unidas-una-polemica-escolar-sobre-mapamundis-291377

¿Son eficaces las máquinas de ejercicio de los parques?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Jorge Marcos-Pardo, Catedrático de Universidad, Universidad de Almería

Kokhan O/Shutterstock

Cada vez es más habitual encontrarlas en parques y plazas: máquinas para empujar, pedalear o trabajar brazos y piernas, instaladas para que la población pueda hacer ejercicio gratuitamente. La idea parece impecable. Si la evidencia muestra que entrenar fuerza es importante para la salud, ¿por qué no facilitar que pueda hacerse también fuera de un gimnasio? El problema es que poner máquinas en un parque no se traduce necesariamente en crear un lugar donde se pueda entrenar bien.

La fuerza muscular es un indicador de salud del que todavía se habla demasiado poco. Si conviene entrenarla, surge una pregunta práctica: ¿dónde puede hacerlo quien no quiere o no puede pagar un gimnasio, prefiere entrenar al aire libre o busca combinar el ejercicio con los posibles beneficios de los espacios verdes?

Una revisión reciente de nuestro grupo sobre el llamado green exercise, la práctica de actividad física en entornos naturales al aire libre, analiza también su relación con la salud cardiovascular y musculoesquelética.




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Moverse no es lo mismo que entrenar

Todo movimiento cuenta, pero entrenar fuerza exige algo más: un estímulo suficiente y progresivo. Por eso las máquinas de un gimnasio permiten modificar la resistencia. En numerosos equipamientos exteriores tradicionales, sin embargo, dicha resistencia depende principalmente del peso corporal y apenas puede modificarse. Aparece así una paradoja: una máquina puede permitir movimiento y ofrecer pocas posibilidades de progresar en el entrenamiento.

Además, durante años, estas instalaciones se han asociado casi exclusivamente con las personas mayores. Conviene superar esa idea: el entrenamiento de fuerza puede adaptarse a las distintas etapas de la vida. Una persona de 25 años, otra de 50 y otra de 75 pueden beneficiarse del mismo espacio, pero no necesitan la misma resistencia.

La solución no es construir parques separados por edades, sino instalar máquinas capaces de adaptarse a las personas. Una resistencia regulable permitiría que jóvenes, adultos y mayores compartieran un mismo espacio ajustando la intensidad a sus capacidades.

Así dejamos de hablar de aparatos para una edad determinada y empezamos a hablar de gimnasios públicos intergeneracionales.

Qué ocurre cuando llevamos estas máquinas al laboratorio

En una revisión publicada en la revista Experimental Gerontology analizamos el potencial y algunas limitaciones de las máquinas, como la dificultad para ajustar la intensidad o determinados problemas ergonómicos. Después comparamos mediante electromiografía (una técnica que registra la actividad eléctrica generada por los músculos), máquinas convencionales de gimnasio, equipamientos exteriores tradicionales y otros diseños exteriores capaces de regular la resistencia.

Estudios realizados sobre prensa de piernas y press de pecho mostraron que los modelos con escasa regulación de carga generaron menor activación muscular, mientras que una resistencia ajustable permite aproximar el estímulo al obtenido con máquinas convencionales.

Esto no significa que cualquier máquina regulable sea automáticamente eficaz. Significa algo más importante: que el diseño condiciona el entrenamiento.

¿Y producen beneficios?

La electromiografía muestra qué sucede durante el ejercicio, pero no evidencia por sí sola beneficios a largo plazo. En un ensayo aleatorizado de nuestro grupo con 149 adultos de mediana y avanzada edad, dos sesiones semanales durante ocho semanas con equipamiento exterior mejoraron la fuerza, la función física y algunos indicadores de composición corporal.

Una revisión sistemática y metaanálisis reciente encontró beneficios en diferentes indicadores de condición física y salud, aunque también señaló una gran heterogeneidad entre máquinas y programas.

Pero instalar estas máquinas tampoco garantiza que se utilicen. En un estudio basado en más de 100 horas de observación directa, solo el 2,7 % de los adultos que pasaron por los parques utilizó el equipamiento. Investigaciones más recientes también han encontrado niveles muy bajos de uso y barreras como desconocer su funcionamiento, considerarlas poco adecuadas o carecer de orientación y programas que faciliten su uso. Por consiguiente, instalar este equipamiento no garantiza que la población lo utilice ni que lo haga con una dosis suficiente para mejorar su salud.

Quizá estamos formulando mal la pregunta. No se trata simplemente de saber si funcionan las máquinas de los parques, sino de responder al interrogante: ¿qué máquinas, con qué resistencia, utilizadas cómo y para qué personas?

Equipamiento tradicional de ejercicio al aire libre.
Acediscovery / Wikimedia Commons, CC BY

Cuando el dinero público compra aparatos, pero no entrenamiento

Aquí la cuestión pasa a ser también de planificación urbana y salud pública. Ayuntamientos y otras administraciones invierten en parques y equipamientos para promover estilos de vida activos, pero una máquina de este tipo no debería valorarse únicamente por su precio, resistencia a la intemperie, mantenimiento o seguridad estructural.

También habría que evaluar si permite regular y progresar la carga, trabajar grandes grupos musculares y adaptarse con seguridad a personas con capacidades diferentes. Una máquina puede ser robusta, segura y atractiva y, al mismo tiempo, resultar limitada para entrenar fuerza y generar adaptaciones para la salud.

El dinero público destinado a promover salud debería comprar algo más que aparatos: debería comprar oportunidades reales para entrenar.

Diseñar estos espacios exige conocimiento especializado

La creación de estos espacios tampoco debería recaer únicamente en quien redacta un pliego o diseña físicamente un parque. Urbanistas, arquitectos, responsables municipales, fabricantes de equipamiento y grupos de investigación universitarios especializados en Ciencias de la Actividad Física y del Deporte deberían trabajar de forma coordinada.

Mientras que la industria aporta conocimiento sobre diseño y fabricación, los grupos de investigación especializados pueden evaluar científicamente la ergonomía, las cargas, la respuesta muscular, la seguridad y la eficacia, además de orientar mejoras en el diseño. Antes de implantar un modelo a gran escala conviene comprobar si realmente permite realizar el entrenamiento para el que fue concebido. Es decir, no basta con diseñar el espacio, hay que diseñar también el entrenamiento que ese espacio permitirá realizar.

Además, una buena máquina puede fracasar si se instala en un lugar poco accesible, sin sombra o alejado de sus potenciales usuarios. Diseñar ciudades activas exige unir conocimiento urbano con conocimiento científico especializado sobre ejercicio y salud.

Y estas instalaciones tampoco tienen por qué limitarse a los parques: podrían integrarse también en paseos, campus universitarios, centros deportivos, centros de mayores o residencias e incluso junto a centros de salud y hospitales. No para sustituir tratamientos, sino para reducir la distancia entre recomendar ejercicio y disponer de un lugar donde realizarlo.

La máquina no sabe quién la utiliza

Incluso el mejor equipamiento no conoce a la persona que lo utiliza. No sabe si lleva veinte años sin entrenar, presenta osteoporosis, hipertensión, dolor o antecedentes de caídas. Tampoco sabe qué resistencia necesita ni cuándo debe aumentarla. Cuando el ejercicio se utiliza con objetivos de salud, especialmente en personas sedentarias, mayores o con enfermedades crónicas, la valoración, planificación y prescripción deberían estar a cargo de un graduado o graduada en Ciencias de la Actividad Física y del Deporte debidamente colegiado, en coordinación con profesionales sanitarios cuando sea necesario.

Tener un físico llamativo o miles de seguidores en redes sociales no acredita por sí solo formación para valorar riesgos, individualizar cargas y prescribir ejercicio. Estar en forma y estar cualificado para decidir cómo deben entrenar otras personas son cosas diferentes.




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De poner máquinas a diseñar infraestructura de salud

Llevamos años hablando de ciudades caminables, carriles bici, parques y movilidad activa. Todo ello es fundamental, pero una ciudad realmente activa debería democratizar el acceso al entrenamiento de fuerza, lo que significa hacerlo eficaz, adaptable y seguro, además de gratuito.

Si queremos ciudades realmente activas y saludables, quizá el futuro no pase por instalar muchas más máquinas, sino por instalar mejores máquinas, en mejores lugares y utilizarlas con mejores programas.

The Conversation

Pablo Jorge Marcos-Pardo ha recibido financiación de la Agencia Estatal de Investigación para proyectos sobre ejercicio físico y envejecimiento saludable.

– ref. ¿Son eficaces las máquinas de ejercicio de los parques? – https://theconversation.com/son-eficaces-las-maquinas-de-ejercicio-de-los-parques-291121

Una Ley de Minas anticuada y la falta de coordinación institucional lastran el aprovechamiento de minerales críticos en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Alonso Jiménez, Doctor Ingeniero de Minas, Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)

Mina de cobre en el Parque Minero de Riotinto, Huelva. Richard Semik/Shutterstock

Un teléfono inteligente puede requerir más de 50 metales y contener casi tres cuartas partes de los elementos de la tabla periódica. En pocos centímetros conviven cobre, litio, cobalto, níquel, tantalio, indio, grafito y tierras raras. Esta concentración ayuda a entender algo que rara vez vemos: las transiciones digital y energética comienzan en una mina.

Una transición que también es material

Paneles solares, aerogeneradores, baterías, redes eléctricas y vehículos eléctricos necesitan materias primas. El Reglamento de Materias Primas Fundamentales europeo fija para 2030 cuatro referencias: que la Unión Europea pueda extraer al menos el 10 % de su consumo anual de materias primas estratégicas, procesar el 40 %, reciclar el 25 % y evitar que un solo país tercero suministre más del 65 % de cada una.

Estos objetivos reflejan una preocupación por la seguridad de suministro. Cuando una industria depende de pocos proveedores, una crisis política o comercial puede afectar a cadenas productivas enteras. Por eso, el debate sobre energía limpia también incluye geología, industria y reciclaje.

España cuenta con potencial geológico para minerales como litio, wolframio, cobalto y tierras raras, además de una larga experiencia minera. Sin embargo, disponer de recursos no garantiza un suministro estable, sostenible y aceptado por la sociedad. Entre el conocimiento geológico y una explotación autorizada existe un recorrido técnico, ambiental, administrativo y social.

Una ley de otra época

La base del sistema en España sigue siendo la Ley de Minas de 1973. Es anterior a la Constitución, al desarrollo del Estado autonómico, a la entrada del país en la Unión Europea y a buena parte de las normas ambientales actuales. Fue concebida para una realidad política y territorial muy distinta.

En un estudio reciente analicé esta evolución jurídica y la percepción de 333 profesionales, responsables públicos, académicos y otros actores relacionados con el sector. El 95,2 % consideró que la minería es necesaria para el desarrollo económico. Al mismo tiempo, el 94 % señaló el conflicto entre la ordenación territorial y la regulación minera, y el 80,5 % afirmó que la ley no se ha adaptado a los cambios legislativos y sociales posteriores.

Gráfico que muestra los resultados de la encuesta
Resultado principales de la consulta a 333 actores del sector minero.
Antonio Alonso Jiménez

Los datos muestran una aparente contradicción: se reconoce la importancia económica de la minería, pero preocupa cómo se decide dónde y en qué condiciones puede desarrollarse. El principal problema no es solo qué minerales existen, sino cómo se gobiernan.

Muchos permisos, poca coordinación

En España intervienen la Unión Europea, el Estado, las comunidades autónomas y los ayuntamientos. Un proyecto puede necesitar autorización minera, evaluación ambiental, permisos de agua, compatibilidad urbanística y análisis de su posible afección a espacios protegidos. Cada control es legítimo, pero el conjunto se vuelve difícil de seguir cuando las decisiones no están coordinadas.

Estas autorizaciones corresponden a organismos distintos y suelen tramitarse una después de otra. Algunos procedimientos alcanzan entre seis y ocho años. Además, una misma ley puede interpretarse de forma distinta entre comunidades autónomas, lo que reduce la previsibilidad. La demora también dificulta saber si un proyecto será viable.

El reglamento europeo establece para los proyectos estratégicos un punto único de contacto y un plazo máximo de 27 meses para los proyectos de extracción. Alcanzarlo no exige rebajar la protección ambiental. Exige coordinar expedientes, compartir información y tramitar conjuntamente evaluaciones que hoy se desarrollan por separado.




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Esta falta de coordinación tiene otra consecuencia: dificulta que las comunidades afectadas comprendan quién decide cada parte del proyecto y en qué momento pueden participar. Cuando los expedientes avanzan por vías separadas, la información llega de forma fragmentada y aumenta la sensación de opacidad. Un procedimiento integrado permitiría conocer desde el principio los requisitos, los plazos y las responsabilidades de cada organismo.

También ayudaría a distinguir entre proyectos inviables y proyectos que pueden corregirse. Decidir antes no significa aprobar automáticamente una mina. Significa identificar con rapidez los impactos que no pueden aceptarse, exigir cambios cuando sean posibles y evitar años de incertidumbre para empresas, administraciones y vecinos.

Esquema de las instituciones implicadas en las decisiones concernientes a un proyecto minero en España
La autorización de un proyecto minero implica la intervención de varios niveles administrativos y diferentes permisos.
Antonio Alonso Jiménez

Proteger mejor y dialogar antes

La minería produce impactos y debe someterse a controles rigurosos. Son necesarias las evaluaciones ambientales, las garantías económicas para la restauración, el seguimiento durante la explotación y la vigilancia posterior al cierre. El problema aparece cuando estas garantías se aplican mediante una administración fragmentada. Un procedimiento más claro puede ser más rápido sin ser menos exigente.

La restauración debe planificarse desde el diseño del proyecto, contar con financiación suficiente y continuar después del cierre. También es esencial explicar los riesgos, los beneficios y las alternativas. La investigación sobre la licencia social para operar muestra que la confianza depende de la participación temprana, la transparencia y la percepción de que el procedimiento es justo.

Dos imágenes que muestran el antes y el después de la restauración de una mina de carbón
Antes y después de la restauración de terrenos en la mina de carbón Seneca Yoast, en Estados Unidos. La recuperación incluye la remodelación del terreno y el restablecimiento de la cubierta vegetal.
Peabody Energy, Inc./Wikimedia Commons, CC BY

Un primer paso, pero no el último

España ha aprobado el I Plan de Acción para la Gestión Sostenible de las Materias Primas Minerales 2026-2030. Incluye 34 actuaciones y una inversión pública de 414 millones de euros. Es un avance para impulsar la circularidad, la investigación y la coordinación institucional.

Sin embargo, un plan de acción no puede sustituir indefinidamente la reforma de una ley con más de medio siglo. España necesita un marco actualizado que defina las responsabilidades de cada administración, integre los procedimientos, planifique el territorio, facilite la recuperación de minerales presentes en residuos mineros y garantice la participación pública desde las primeras fases.

La geología ofrece oportunidades, pero no decide por nosotros. Convertir los recursos minerales en empleo, industria y seguridad de suministro, sin reducir la protección ambiental, dependerá sobre todo de las decisiones institucionales.

The Conversation

Antonio Alonso Jiménez trabaja en el Instituto Geológico y Minero de España (IGME-CSIC) y es autor del estudio científico en el que se basa este artículo. No recibió financiación específica para realizar dicho estudio ni para preparar el manuscrito y declara no mantener relaciones financieras, profesionales o personales que hayan influido en su contenido. Las opiniones expresadas son exclusivamente del autor y no representan necesariamente la posición oficial del CSIC o del IGME.

– ref. Una Ley de Minas anticuada y la falta de coordinación institucional lastran el aprovechamiento de minerales críticos en España – https://theconversation.com/una-ley-de-minas-anticuada-y-la-falta-de-coordinacion-institucional-lastran-el-aprovechamiento-de-minerales-criticos-en-espana-288824