Le transport aérien en Afrique dépend de hubs éloignés : pourquoi il est temps d’y remédier

Source: The Conversation – in French – By Arthur Shirichena, PhD candidate aviation law, University of Manchester

Lorsque le conflit au Moyen-Orient a éclaté en 2026, ses conséquences se sont fait sentir bien au-delà de la région. Il s’agit notamment de la perturbation de l’espace aérien du Golfe. Les répercussions ont touché le réseau aérien mondial, y compris l’Afrique.

Les compagnies aériennes ont été contraintes de modifier leurs itinéraires. Cela a entraîné une flambée des coûts d’exploitation, des retards dans le transport de fret et des perturbations dans les déplacements des passagers. Pour l’Afrique, cette crise a mis en évidence une faiblesse qui existe depuis des décennies : la dépendance à l’égard des hubs de transit extérieurs pour les liaisons internationales, voire intra-africaines.

Pour de nombreux voyageurs africains, se rendre dans une autre destination nécessite souvent de passer par Dubaï, Doha, Abou Dhabi ou Istanbul, voire par l’Europe.

Les perturbations récentes montrent les risques liés à une dépendance excessive à l’égard d’infrastructures échappant au contrôle du continent. Des liaisons intra-africaine directes permettraient de gagner en efficacité et de renforcer la résilience du système aérien continental.

La dépendance aérienne de l’Afrique à l’égard de l’extérieur a des racines historiques. Les réseaux aériens coloniaux étaient conçus pour relier les territoires africains aux capitales européennes plutôt qu’entre eux. Après l’indépendance, les États ont créé des compagnies aériennes nationales. Mais les accords commerciaux et les liaisons internationales sont restés orientés vers les anciennes puissances coloniales.

Mes travaux de recherche en droit aérien portent sur la libéralisation du transport aérien en Afrique, l’intégration régionale et les cadres juridiques régissant l’accès des compagnies aériennes aux marchés. Mes recherches ont mis en évidence une contradiction persistante : l’Afrique dispose d’un énorme potentiel aérien, mais ses marchés rstent fragmentés et la connectivité intra-africaine reste faible. Cette situation la rend dépendante des compagnies aériennes étrangères et des hubs extérieurs.

L’Association des compagnies aériennes africaines estime que les compagnies non africaines assurent encore près de 70 % de la capacité intercontinentale de l’Afrique. Cela signifie que des perturbations survenant à des milliers de kilomètres peuvent rapidement se transformer en crises pour la connectivité aérienne, le commerce et les coûts de transport en Afrique.

La crise du Golfe est un signal d’alarme. Chaque vol réacheminé, chaque expédition retardée et chaque hausse de facture de carburant mettent en lumière les coûts liés à la fragmentation des marchés et à la faiblesse de la coordination institutionnelle.

La résilience du secteur aérien africain reposera sur la construction d’aéroports ou de l’extension des flottes des compagnies aériennes. Elle dépendra aussi du renforcement des institutions qui régissent le secteur.

Le coût

Les coûts liés à l’instabilité dans la région du Golfe sont immédiats. Les compagnies aériennes doivent emprunter des itinéraires plus longs, ce qui entraîne une consommation de carburant plus importante et une hausse des coûts liés aux équipages. Les primes d’assurance peuvent augmenter lorsque les avions doivent survoler des zones de conflit. La disponibilité des appareils diminue, provoquant des retards sur l’ensemble des réseaux.

Ces surcoûts sont répercutés sur les passagers et les exportateurs.

Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi. Les compagnies aériennes africaines ont déjà les coûts d’exploitation les plus élevés au monde. Le kérosène représente entre 30 % et 40 % des coûts d’exploitation. Dans de nombreux aéroports africains, il est plus cher que dans les grands hubs d’Europe ou du Moyen-Orient. Cela s’explique par la dépendance aux importations, les taxes, la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et les capacités de raffinage limitées.

La hausse des prix du carburant affecte toutes les compagnies aériennes opérant à partir de ces aéroports. Cependant, les compagnies africaines sont davantage exposées à ces coûts élevés. En effet, beaucoup d’entre elles réalisent une part plus importante de leurs activités au sein du continent. Elles sont donc désavantagées face à la concurrence et ont plus de difficultés à proposer des services aériens intra-africains abordables.

Même avant les dernières tensions dans le Golfe, beaucoup de compagnies africaines devaient rivaliser avec de grandes compagnies aériennes internationales bénéficiant d’économies d’échelle et de systèmes intégrés d’approvisionnement en carburant. Les trajectoires de vol plus longues, dues aux fermetures d’espace aérien, accentuent ce désavantage.

Les conséquences ne concernent pas seulement le transport de passagers. L’Afrique dépend de plus en plus du fret aérien pour exporter des légumes frais vers les marchés mondiaux. Ces exportations de produits périssables dépendent des horaires prévisibles. Des retards de quelques heures seulement peuvent réduire la qualité, augmenter le gaspillage et nuire à la compétitivité des exportateurs africains.

Opportunités

La crise révèle également des opportunités.

Elle met en évidence l’importance stratégique de hubs aériens africains tels qu’Addis-Abeba, Nairobi, Johannesburg, Le Caire et Casablanca. Ces hubs pourraient absorber une plus grande part du trafic si :

  • ils bénéficiaient de régimes de visas plus efficaces

  • les services aériens étaient mieux coordonnés

  • les infrastructures aéroportuaires étaient modernisées.

Mais les infrastructures à elles seules ne suffiront pas à relever les défis de l’aviation en Afrique. Le continent a aussi besoin d’institutions capables de coordonner les réponses en cas de crise.

Ethiopian Airlines montre ce qu’il est possible de réaliser grâce à un soutien institutionnel cohérent et à une autonomie opérationnelle. Mais il s’agit là d’une exception. De nombreuses compagnies aériennes africaines sont confrontées à un accès restreint au marché, à des environnements réglementaires incohérents et à une connectivité continentale fragmentée.

Ce qui existe déjà

Au cours des trois dernières décennies, le continent a mis en place un cadre juridique et institutionnel visant à favoriser l’intégration du secteur aérien.

Mais les progrès ont été pratiquement inexistants. Les intentions de libéralisation ont été compromises par :

  • une mise en œuvre inégale

  • une faible coordination institutionnelle

  • la préférence de nombreux gouvernements pour faire passer les intérêts nationaux avant les engagements continentaux.

Afin de donner un nouvel élan à leurs efforts, les États membres de l’Union africaine ont pris de nouvelles mesures.

Ils ont signé la Déclaration de Lomé, un engagement visant à accélérer les progrès vers un marché unique du transport aérien.

Ils ont également signé la Décision de Yamoussoukro, un cadre juridique régissant le transport aérien intra-africain.

Ce qui manque

Tout d’abord, l’accent doit être mis sur la mise en œuvre concrète. La Commission africaine de l’aviation civile a besoin d’un mandat renforcé et de ressources adéquates pour :

  • coordonner les réponses aux crises à l’échelle du continent

  • veiller au respect des engagements pris par les États membres

  • publier des évaluations périodiques des actions menées

  • faciliter une coopération plus étroite entre les autorités nationales de l’aviation civile, les communautés économiques régionales et la Commission de l’Union africaine.

Deuxièmement, il faut renforcer l’application des règles. C’est l’une des plus principales faiblesses de l’intégration du transport aérien en Afrique. Les compagnies aériennes se heurtent encore à des refus d’accès à certaines liaisons, à des traitements discriminatoires ou à des obstacles réglementaires, malgré les engagements formels pris.

Troisièmement, le mécanisme existant de règlement des différends du Marché unique africain du transport aérien devrait être renforcé. Il aurait deux objectifs :

  • régler les différends entre États ou entre autorités de régulation

  • renforcer la confiance des investisseurs et des compagnies aériennes pour que l’aviation africaine fonctionne selon des règles prévisibles et applicables.

Les chocs externes incitent souvent les gouvernements à protéger leurs compagnies nationales. Les compagnies aériennes ont besoin de l’assurance que les règles convenues seront appliquées de manière cohérente, quelles que soient les pressions politiques ou économiques.

L’Union européenne offre une leçon importante. Le succès du marché unique européen de l’aviation est le fruit de la libéralisation ainsi que de la mise en place d’institutions solides. Celles-ci peuvent interpréter les règles de manière cohérente et résoudre les litiges avec autorité.

L’ouverture des marchés doit donc aller de pair avec l’application effective des règles.

The Conversation

Arthur Shirichena does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Le transport aérien en Afrique dépend de hubs éloignés : pourquoi il est temps d’y remédier – https://theconversation.com/le-transport-aerien-en-afrique-depend-de-hubs-eloignes-pourquoi-il-est-temps-dy-remedier-292026

Comment les « avalanches » sous-marines transportent les plastiques jusqu’aux abysses

Source: The Conversation – in French – By Yvan Dossmann, Enseignant-chercheur en Mécanique des Fluides, Université de Lorraine

Déchets plastiques (on aperçoit notamment un ancien casque de vélo) à la surface océanique. Une partie de ces déchets sera charriée vers les fonds marins. The Ocean Cleanup, Fourni par l’auteur

L’ESSENTIEL

  • Les continents de plastique qui flottent à la surface des océans ne représentent qu’une infime fraction de la masse totale de plastique qu’abrite l’environnement marin.

  • Où est passé le plastique manquant ? Plusieurs études suggèrent que les courants de turbidité, véritables « avalanches » sous-marines liées à l’écoulement des sédiments côtiers, les transportent vers les fonds marins.

  • Leurs effets sur la biodiversité des grands fonds, elle-même difficile à étudier, sont mal connus, mais pourraient impacter toute la chaîne alimentaire.


Les déchets plastiques sont omniprésents dans l’environnement marin, avec des impacts écologiques et sanitaires préoccupants. Cette problématique est de plus en plus médiatisée : les images de continents flottants de plastiques sur les océans du globe, obtenues lors de campagnes océanographiques associées à des actions de dissémination scientifique de grande ampleur (la mission Tara Microplastiques ou l’expédition Septième Continent, par exemple), ont marqué les esprits.

Cependant, ces plastiques de surface ne représentent qu’une faible fraction de la masse totale des plastiques injectés dans les mers et océans, que ce soit par les rivières depuis les zones côtières ou les navires.

Qu’advient-il de cette masse de plastique manquante ? Quel est son impact sur les écosystèmes marins et terrestres ? Coule-t-elle simplement depuis les zones d’injection ? Est-elle ramenée sur la côte par la houle et les vagues ? L’étude des écoulements sous-marins permet de répondre à cette question.

Les courants de turbidité, véritables « avalanches » sous-marines

Dans les zones côtières – et notamment à proximité des estuaires – se déclenchent fréquemment des écoulements sédimentaires appelés courants de turbidité. Il s’agit de véritables avalanches sous-marines se propageant sur des centaines de kilomètres à des vitesses avoisinant 20 km/h, phénoménales au regard des masses de matière transportées, mille fois plus denses que l’air.

Ces courants charrient avec eux non seulement les sédiments, mais également de grandes quantités de particules plastiques vers les fonds marins. C’est pourquoi la dynamique de ces courants et la manière dont ils transportent les plastiques vers les profondeurs sont étudiés sur le terrain et dans les laboratoires. Il s’agit de l’un de nos projets de recherche.




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En montagne, les avalanches sont déclenchées par une perturbation dans le manteau neigeux, autrement stable, qui provoque un écoulement de flocons en suspension dans un volume d’air principalement guidé par la topographie du terrain.

Exemple d’avalanche sous-marine dans le Saint-Laurent, au Canada (Radio-Canada).

De manière analogue, les courants de turbidité dans l’eau sont provoqués par des perturbations sous-marines, tels des glissements de terrain, des crues de rivières ou encore la marée. Elles dévalent les pentes sous-marines depuis le plateau continental (qui correspond au prolongement des continents sous la surface des océans, d’un point de vue géophysique) vers les fonds océaniques. Selon les zones géographiques, ces évènements peuvent se reproduire jusqu’à une centaine de fois par ans.

Exemple de turbidites en Italie datant du Miocène (il y a environ 20 millions d’années), vestiges des écoulements sédimentaires océaniques de l’époque.
Geologist, CC BY-SA

Lors de leur avancée, ces courants interagissent avec le plancher océanique. Ils déposent de nouvelles couches sédimentaires, appelées turbidites, et érodent, à chaque passage, des canyons sous-marins, creusant ainsi des sillons de propagation pour les courants suivants. Ils sont également convoyeurs d’oxygène et de nutriments vers l’océan profond.

Ces courants de turbidité peuvent être étudiés en laboratoire au travers d’expériences en conditions contrôlées (dans des canaux) et de simulations numériques. Ces études permettent de mieux comprendre les facteurs qui influencent la dynamique globale du courant et les mécanismes locaux, tels les dépôts sédimentaires lors de l’écoulement. Les propriétés des sédiments, du fluide et de la pente peuvent alors être explorées par des mesures optiques et acoustiques très précises.

Des modèles physiques permettent ensuite de transposer ces résultats pour extrapoler les propriétés des écoulements à échelle réelle, où l’accès à la mesure scientifique est plus limité. Ces travaux contribuent à anticiper les risques liés à ces courants, notamment la prévention de rupture de câbles sous-marins lors de leur passage. Mais qu’en est-il des plastiques injectés depuis la surface ?




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Des autoroutes pour microplastiques

Des mesures en mer ont suggéré un lien entre courants de turbidité et microplastiques. L’analyse d’une campagne de prélèvement menée dans la mer Tyrrhénienne (une partie de la mer Méditerranée, à l’ouest de la Sardaigne) a mis en évidence de fortes disparités entre les zones de dépôt sur les fonds océaniques.

Elle a également montré une forte coïncidence géographique entre les zones « enrichies » en plastiques et les routes principales des courants profonds. L’idée de plastiques « lourds », qui couleraient verticalement après un éventuel transport par les courants de surface, est donc remise en cause par ces observations.

Comment les courants sous-marins transportent les microplastiques dans les fonds marins.
Ian Kane et coll., Science, 2020

Plus récemment (étude publiée en 2025), la même équipe a mené une campagne spécifique dans le canyon de Whittard, à 300 kilomètres au large des côtes britanniques. Celle-ci a confirmé que les courants de turbidité qui y sont générés jouent le rôle d’autoroutes privilégiées pour le transport des microplastiques, jusqu’à des profondeurs dépassant les 3 000 mètres.

Les prélèvements ont mis en lumière des disparités plus fines dans la répartition des microplastiques piégés dans les turbidites. Le courant de turbidité opère, en particulier, un tri naturel entre différentes familles de plastiques : les fibres textiles allongées et déformables et les particules plastiques rigides sont piégées à des profondeurs différentes.

Des expériences pour retracer l’itinéraire des microplastiques dans les fonds marins

Pour mieux comprendre ces mécanismes de transport et de séparation des particules, nous avons mené des expériences en laboratoire grâce aux infrastructures du Laboratoire énergies et mécanique théorique et appliquée (LEMTA) de l’Université de Lorraine à Nancy et au Laboratoire de physique de l’ENS de Lyon. L’objectif de ces expériences, qui consistent à suivre les trajectoires de particules plastiques transportées par un courant de turbidité modèle, était de décrire l’histoire de ces particules, en lien avec la dynamique complexe du courant.

Courant de gravité en laboratoire et gros plan sur les trajectoires des particules plastiques dans le front du courant.
Fourni par l’auteur

De fait, nos résultats montrent que la dynamique tourbillonnaire de l’écoulement envoie les particules vers l’aval du courant. Ce contrôle par la dynamique du courant n’est pas sans conséquence pour l’écologie marine et, par extension, la santé humaine. En effet, les courants de turbidité transportent non seulement des sédiments et des microplastiques, mais aussi des nutriments et de la matière organique indispensables aux écosystèmes des grands fonds.

Les microplastiques s’accumulent ainsi dans des zones particulièrement riches en biodiversité, exposant davantage ces écosystèmes à la pollution. Par ce mécanisme, les microplastiques pourraient être transférés le long de la chaîne alimentaire, jusqu’aux espèces consommées par l’homme, même si les répercussions sanitaires de cette exposition restent encore pour l’heure mal connues.

Longtemps considérés comme des milieux isolés, les grands fonds apparaissent aujourd’hui comme l’un des réceptacles de notre pollution plastique. Comprendre la physique des courants qui les alimentent est devenu indispensable pour anticiper le devenir des plastiques dans l’océan et pour mieux protéger ces écosystèmes encore largement méconnus.




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Le projet PALAGRAM est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Dossmann Yvan a reçu des financements de l’Agence Nationale de la recherche (https://anr.fr/Projet-ANR-19-CE30-0041)

Mario Humbert ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Comment les « avalanches » sous-marines transportent les plastiques jusqu’aux abysses – https://theconversation.com/comment-les-avalanches-sous-marines-transportent-les-plastiques-jusquaux-abysses-289738

Que valent les solutions low-tech pour rafraîchir nos logements ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Morgan Meyer, Directeur de recherche CNRS, sociologue, Mines Paris – PSL


L’ESSENTIEL

  • L’été 2026 et ses canicules à répétition a vu se populariser des solutions low-tech contre la chaleur, telles que le blanc de Meudon ou les couvertures de survies aux fenêtres.

  • D’autres solutions low-tech moins connues, tenant par exemple à la façon de ventiler les logements, sont déjà employées de façon traditionnelle dans les villes les plus chaudes du monde.

  • Même si la climatisation restera indispensable pour protéger certains publics fragiles, la recherche scientifique démontre qu’elle n’a nul besoin d’être systématisée pour rafraîchir nos villes.


Alors que des températures élevées pour la saison persistent depuis début septembre 2026 sur le quart sud-est de la France, le pays reste marqué par les canicules extrêmes connues tout au long de l’été. Quelles stratégies adopter pour rafraîchir nos logements ?

Nombreux sont ceux qui se sont rués sur les climatiseurs, une solution qui, malgré le confort qu’elle apporte, a le défaut d’être énergivore et de constituer une réponse individuelle à un problème collectif. Car ces appareils ont des conséquences collectives dans la mesure où ils réchauffent l’air extérieur à proximité des logements, contribuant à ce que l’on appelle îlot de chaleur urbain.

Il existe toutefois de nombreuses solutions low-tech pour faire face à la chaleur. Coller des couvertures de survie sur les fenêtres, favoriser la ventilation passive, repenser les parties communes, construire avec des matières alternatives, réaménager les espaces urbains : les stratégies pour faire face à la chaleur vont de bricoles individuelles, jusqu’à des solutions architecturales et urbanistiques plus systémiques.

Que valent-elles ? Tour d’horizon de quelques stratégies low-tech pour faire face aux canicules.

Couvertures de survie, blanc de Meudon… des « microastuces » qui ont gagné en popularité

Commençons par quelques-unes des « microastuces » qui ont gagné le plus de terrain cet été.


Alice Galand-Guillemant, étudiante ENSAAMA et stagiaire chez Depeyre Morand Architectures, Fourni par l’auteur

Parmi ces stratégies, il y a par exemple celles de coller des couvertures de survie sur les fenêtres, ou de les peindre avec du blanc de Meudon (c’est-à-dire, la poudre de craie typiquement utilisée pour masquer les vitrines et fenêtres de commerces en travaux).

Le point commun de ces solutions : bricolées, elles sont « jetables » et ont pour objectif de réduire l’impact du rayonnement solaire en palliant les manquements des installations pérennes (par exemple absence de volets ou de stores).


Alice Galand-Guillemant, étudiante ENSAAMA et stagiaire chez Depeyre Morand Architectures, Fourni par l’auteur

Ces astuces, largement documentées dans les médias et sur les réseaux sociaux, ont eu tellement de succès que de nombreux commerces ont connu des ruptures de stock.

Pour rafraîchir nos logements on peut aussi utiliser d’autres moyens du bord : placer une bouteille d’eau congelée ou un linge mouillé devant un ventilateur, éteindre les appareils électroniques inutiles, éviter de cuisiner chaud, acheter des plantes, et, bien sûr, penser à fermer les fenêtres et volets dès qu’il y a du soleil.




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D’autres solutions moins connues, mais efficaces

Au-delà de ces astuces low-tech relativement connues, il y a aussi des stratégies plus insolites qui méritent notre attention. La période de canicule nous a rendus plus attentifs aux stratégies de notre entourage.

Par exemple, mentionnons le témoignage d’un couple d’architectes, Deborah Feldman et Baptiste Potier (de 127af architectes), qui habitent dans un appartement parisien mono-orienté.

Pour bénéficier de la fraîcheur des parties communes, ils gardent leur porte palière ouverte la journée et ont renforcé le système de sécurité de l’entrebâilleur de la porte pour la garder entrouverte la nuit. Ainsi, ils sont capables de rafraîchir leur appartement en y faisant circuler un maximum d’air.

Dessin Alice GALAND – GUILLEMANT.
Fourni par l’auteur

Alice, étudiante en ENSAAMA, et stagiaire à l’agence Depeyre Morand Architectures pendant la période de canicule, vit sous les toits dans une chambre de bonne de 9 m2, place de la Nation. Elle a tout tenté pour rafraîchir son logement, expériences qu’elle a consignées sous forme de dessins, dont certains illustrent cet article.

Elle a mis en place une solution similaire : laisser les portes ouvertes pour faire circuler l’air par les parties communes et la chambre d’un voisin sur la façade opposée, tentant ainsi de créer un espace traversant.

Ce qui ressemble à du système D est en fait une véritable stratégie déployée de longue date dans des villes historiquement exposées à la surchauffe. Une stratégie similaire a été observée dans la région du M’zab dans le désert Algérien, dans les ksour de Ghardaïa ou de Beni Isguen.

Vue sur le ksar de Ghardaia.
Camille Gillet, CC BY-SA
Une porte munie d’un entrebâilleur ou d’une grille permettant de la sécuriser en position ouverte peut faire beaucoup pour l’aération d’un logement.
Noah Dhainaut, Fourni par l’auteur

Les étudiantes et étudiants du master Atelier du désert de l’ENSAV, coordonné par Eléonore Morand et Alice Grégoire, enseignantes à l’ENSAV, ont relevé le caractère systématique des portes laissées ouvertes qui font fonctionner le principe de la convection thermique de la typologie des maisons à patio.

La porte ouverte capte l’air extérieur, tandis que l’ouverture du patio (chebbek) permet d’évacuer l’air chaud. La porte ouverte est aujourd’hui parfois sécurisée par une grille tandis que l’intimité intérieure est préservée par une entrée en chicane (nommée taskift).




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Repenser l’utilisation du bâtiment

Dans cette même région désertique de l’Algérie, les étudiantes et étudiants de l’ENSAV ont observé les habitudes quotidiennes des mozabites.

Pour cohabiter avec des températures extrêmement élevées, ces derniers n’hésitent pas à opérer des déplacements quotidiens dans leurs maisons pour leur confort thermique. Les nuits du désert sont fraîches : pendant la nuit et la matinée, les espaces extérieurs sont habités, les familles dorment sur la terrasse la nuit.

Déplacements journaliers des occupants.
Thomas Hasenfratz, étudiant Atelier du désert 2025, Fourni par l’auteur

Pendant la journée, lorsque la température augmente, la famille descend au rez-de-chaussée où l’inertie thermique des murs et l’inexistence des ouvertures permet de garder l’espace frais. On y déjeune et, surtout, on y fait la sieste, qui met le corps au repos et permet de passer le temps le plus chaud de la journée. En soirée, les habitants retrouvent les espaces supérieurs qui se refroidissent grâce à la ventilation naturelle et l’arrivée de la nuit.

Certaines études ont montré que le rafraîchissement passif, sans recours à la climatisation, peut faire baisser considérablement les températures intérieures, de l’ordre de 5 à 7 °C par rapport aux températures extérieures.

En ville, l’étroitesse des espaces privatifs des appartements ne permet souvent pas ces types de déplacement au sein des logements. Mais les parties communes pourraient apporter des solutions à explorer, par exemple en partageant les halls d’entrée, des paliers élargis ou des terrasses plantées, tout en identifiant selon les heures de la journée les capacités de ces espaces à nous ressourcer.

L’exposition Parties communes, accueillie de novembre 2025 à mars 2026 par le Pavillon de l’Arsenal à Paris, montre que les parties communes méritent davantage d’attention, non seulement pour faire circuler l’air, mais aussi pour être « réhumanisées ».




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Miser sur des matériaux alternatifs

Les matériaux utilisés pour la construction sont aussi à prendre en compte. La terre crue, par exemple, a une longue histoire et connaît depuis quelques années un certain renouveau.

Les techniques de construction en terre crue ne nécessitent que peu de mécanisation et permettent de construire de façon plus écologique. La terre crue nécessite en effet peu de transports, elle est recyclable et elle émet moins de CO2 que les matières standard comme le béton. Surtout, elle permet de rafraîchir considérablement les habitations, ce qui a été démontré par des études scientifiques.

Construction recouverte de Timchemt, enduit climatique (Couverture de la publication de la recherche collective Atelier du désert ENSAV 2026, co-encadrée par A.Grégoire & E.Morand).
Image fournie par Marin, étudiant de l’ENSAV, Fourni par l’auteur

Mentionnons aussi l’enduit climatique de la région du M’Zab réalisé par la projection de Timchemt, un plâtre local sourcé et utilisé depuis de nombreuses années dans la région Saharienne.

Outre le fait que ce soit une matière locale et traditionnelle, sa mise en œuvre par projection sur les façades permet de créer une structure relativement rugueuse avec des reliefs, créant ainsi des micro-ombres sur la façade, ce qui la refroidit.

Dans de nombreux pays européens, toutefois, l’utilisation de matériaux comme la terre crue et l’argile se heurte à de nombreux obstacles : des régulations et normes contraignantes, la difficulté pour pouvoir assurer certaines constructions, une image négative, l’opposition de l’industrie du béton.

Un problème à l’échelle de la ville

Mais les solutions à déployer ne sauraient faire l’économie de l’échelle de la ville elle-même.

Un article paru dans la revue Nature listait différentes stratégies low-tech décentralisées et locales que les villes déploient pour affronter les canicules : peinture plus claire, créer de l’ombrage, planter plus d’arbres, etc.

Deux chercheuses en architecture et en planification urbaine dressent la liste des éléments à considérer à l’échelle urbaine :

« la densité, l’orientation du tissu urbain et du réseau urbain, le cloisonnement, les intersections, la taille des îlots et leur perméabilité, les cours centrales, les espaces semi-ouverts […], la conception et les proportions des ouvertures et des éléments d’ombrage, la couleur et la capacité thermique des matériaux, ainsi que la végétalisation des cours ».

Planter de façon plus dense l’espace public est une solution économique pour ombrager la ville, mais cette stratégie peut être contrainte par les réseaux souterrains et les infrastructures existantes.

On observe que dans des lieux ayant des sous-sols moins denses, certaines copropriétés ont pris l’initiative de planter massivement leurs espaces extérieurs communs. Pendant les périodes de canicule, ces copropriétés ont pu ressentir directement une importante différence de température entre ces espaces et la rue. Favoriser et généraliser ces types d’initiatives, tout en ajoutant des portes cochères pour les relier à l’espace public, permettrait un transfert par convection thermique, similaire à celui de la maison à patio.




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L’avenir passera-t-il nécessairement par la climatisation ?

Toutes ces solutions – des livres comme The Architecture of Natural Cooling (2019) ou La Fraîcheur sans clim – Le guide des alternatives écologiques (2004) nous le rappellent – montrent qu’il est possible de rafraîchir nos logements sans nécessairement installer de climatiseur.

D’autant plus que l’utilisation massive de climatiseurs pourrait faire augmenter jusqu’à 2 °C la température dans les rues d’une ville comme Paris, d’où la position de certains acteurs de ne recommander les climatiseurs que pour des lieux comme les hôpitaux, les maisons de retraite, ou les écoles.

Une position que semble conforter la recherche :

« Il est possible d’assurer le confort thermique intérieur uniquement par des moyens passifs, écrivaient les auteurs d’un article de recherche examinant la situation au Portugal […] L’inertie thermique élevée de l’enveloppe du bâtiment, une orientation solaire adéquate, des dispositifs d’ombrage et une organisation appropriée des espaces intérieurs constituent des éléments fondamentaux pour maintenir la température de l’air intérieur dans la plage de confort thermique. »




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The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Que valent les solutions low-tech pour rafraîchir nos logements ? – https://theconversation.com/que-valent-les-solutions-low-tech-pour-rafraichir-nos-logements-280740

Más horas en el aula no bastan: cómo mejorar las prácticas de los futuros maestros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carles Perea Rodríguez, Professor al Departament de Mètodes d’Investigació i Diagnòstic en Educació i membre del grup de recerca TRALS de la Universitat de Barcelona, Universitat de Barcelona

PeopleImages/Shutterstock

La primera vez que un estudiante del Grado en Educación Primaria o de Educación Infantil se pone delante de una clase descubre algo que ningún manual teórico puede reproducir por completo: explicar un contenido es sólo una mínima parte del trabajo como docente. También hay que saber interpretar silencios, sostener la atención, responder a ritmos distintos y personalizar el aprendizaje, resolver conflictos y modificar sobre la marcha una actividad que no funciona.

Este aprendizaje “situado” es la razón de ser del prácticum (o prácticas formativas) que forma parte de la formación de los futuros maestros. Es un periodo en el que los universitarios entran en centros educativos y aprenden la profesión acompañados por docentes en ejercicio y por tutores de la universidad.

No es un paréntesis entre asignaturas ni una prueba final para comprobar si alguien sirve o no sirve para enseñar: está concebido como el eje que conecta los conocimientos académicos aprendidos en la universidad con las decisiones reales del día a día del aula.

El ‘prácticum’ hoy

En España, los grados de Educación Infantil y Primaria tienen 240 créditos. Las normas que regulan Educación Infantil y Educación Primaria reservan 50 créditos al prácticum, incluido el trabajo de fin de grado. Las prácticas son presenciales, se realizan en centros reconocidos mediante convenios y cuentan con una doble tutoría: un tutor del centro educativo y un profesor universitario.

Los periodos de prácticas pueden repartirse entre varios cursos o concentrarse en los últimos; suelen incluir varias fases, desde la observación del centro y del aula hasta el diseño, desarrollo y evaluación de intervenciones didácticas. El estudiante participa en reuniones, conoce la relación con las familias, atiende la diversidad y elabora memorias, diarios o portafolios para analizar su experiencia.

Sobre el papel, el modelo reúne los elementos esenciales. El problema aparece cuando la estancia se reduce a acumular horas, imitar al tutor o producir una memoria desconectada de lo vivido. También cuando la universidad y la escuela apenas intercambian información o los tutores carecen de tiempo y reconocimiento para acompañar.

La calidad importa más que la duración

Un estudio reciente con participantes de Educación Infantil y Primaria confirma que el prácticum ayuda, especialmente, a aprender a gestionar el aula y atender las diferencias individuales. Pero también detecta una concepción demasiado centrada en aplicar técnicas, que deja en segundo plano la reflexión crítica, la responsabilidad profesional y la capacidad de comprender por qué una decisión funciona en un contexto y no en otro.

Por eso, ampliar las prácticas puede ser útil, pero no basta. La mejora exige al menos cuatro cambios.

1. Comenzar desde primero

Desde los primeros cursos deberían alternarse experiencias breves de observación y colaboración con periodos posteriores de mayor responsabilidad. Así, las preguntas que nacen en la escuela regresan a la universidad, y la teoría vuelve al aula convertida en una hipótesis que puede probarse y revisarse.

2. Profesionalizar la mentoría

El segundo es profesionalizar la mentoría. No todo buen maestro sabe automáticamente formar a otro. Los mentores necesitan selección, preparación específica, tiempo para observar y conversar, criterios compartidos y reconocimiento profesional. La investigación sobre supervisión reclama precisamente modelos colaborativos y una retroalimentación sistemática.




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3. Una alianza también formativa

El tercero es sustituir la relación administrativa entre instituciones por una alianza formativa. La universidad y la escuela han de acordar qué debe aprender el estudiante, qué responsabilidades asumirá y cómo se evaluará su progreso.

Visitas conjuntas, seminarios con las tres partes y rúbricas comunes evitarían que el tutor escolar y el estudiante transmitieran expectativas contradictorias.

4. Actuaciones reales

El cuarto es evaluar actuaciones reales, no solo documentos finales. Planificar una secuencia, enseñarla, recoger evidencias, recibir observaciones y volver a intentarlo genera más aprendizaje que describir retrospectivamente lo sucedido. El vídeo, el portafolio y el análisis de incidentes críticos pueden ayudar, siempre con garantías de privacidad y una finalidad formativa.

Una responsabilidad compartida

El debate en España ya se mueve en esta dirección. El nuevo Libro Blanco de Educación Primaria y el Libro Blanco de Educación Infantil plantean prácticas progresivas, redes de centros acreditados y una mentoría más profesionalizada. Convertir esas ideas en realidad requerirá financiación, coordinación y tiempo reconocido para quienes tutorizan.




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El prácticum será eficaz cuando deje de depender de la suerte de encontrar un buen centro o un mentor especialmente generoso. Aprender a enseñar exige practicar, pero sobre todo practicar acompañado, recibir retroalimentación y pensar críticamente sobre la propia acción.

La cuestión no es cuántos días pasa un futuro maestro en una escuela o las horas que habla con el profesor de la universidad, sino qué aprende allí, cómo lo aprende y quién asume la responsabilidad de ayudarle a aprenderlo.

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Carles Perea Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Más horas en el aula no bastan: cómo mejorar las prácticas de los futuros maestros – https://theconversation.com/mas-horas-en-el-aula-no-bastan-como-mejorar-las-practicas-de-los-futuros-maestros-287999

¿Se acaba la migraña cuando termina el dolor? La psicología del miedo entre una crisis y otra

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Vanesa Pérez Bencomo, Psicóloga autónoma y profesora en la UEC, Universidad Europea

Gladskikh Tatiana/Shutterstock

Una persona con migraña recibe una invitación para cenar el sábado. Le apetece ir, pero aparece una duda: “¿Y si ese día me da una crisis?”. Llega el sábado y se encuentra bien. Horas antes de salir nota una ligera presión en la cabeza. Quizá no sea nada, pero empieza a observarla: “¿Está aumentando? ¿Será el principio? ¿Y si voy y tengo que volverme?”. Finalmente, cancela.

Aunque la crisis no llega, su sábado ya ha cambiado.

Lo que ocurre entre crisis y crisis

La migraña es una enfermedad neurológica, pero convivir con su imprevisibilidad también puede influir en lo que pensamos, sentimos y hacemos cuando no la sufrimos. Solemos medirla contando los días de dolor, un número que no siempre refleja todo su impacto.

Se denomina carga interictal al potencial impacto que sufre una persona entre una crisis y la siguiente. Concretamente, la literatura científica señala que la ansiedad ante la posibilidad de un nuevo ataque puede reducir la actividad cotidiana y la calidad de vida. Aceptar un viaje, quedar lejos de casa o comprometerse con un plan futuro puede resultar más difícil cuando no sabemos cómo nos encontraremos ese día.

Por eso, además de preguntarnos qué hay que hacer cuando la migraña se manifiesta, podemos plantear otra cuestión: ¿qué se ha dejado de hacer por miedo a tenerla?

Un radar encendido

Ese temor no es absurdo. Tiene una función protectora: nos ayuda a anticiparnos a aquello que podría hacernos daño. Precisamente por eso buscamos reducir la incertidumbre, y una forma intuitiva de llevarlo a cabo es intentar detectar la crisis antes de que llegue.

El problema puede aparecer cuando, para sentirnos más seguros, empezamos a buscar continuamente señales que nos permitan anticiparla. Una ligera presión en la cabeza que otro día quizá habría pasado inadvertida ahora plantea una duda: ¿estará empezando un ataque?

Comprobamos. Volvemos a comprobar. Nuestro cuerpo se convierte en una especie de radar que busca señales de lo que podría ocurrir.

También cabe compararlo con un detector de humo demasiado sensible: necesitamos que nos avise cuando hay fuego, pero si suena cuando hacemos una tostada, terminamos atentos a la alarma aunque no haya ningún incendio. Algo parecido puede ocurrir con la hipervigilancia: conocer nuestro cuerpo no es lo mismo que vivir pendientes de él.

Al final, vigilar tampoco nos da la certeza que buscamos, porque seguimos sin saber si la crisis llegará. Entonces podemos recurrir a otra estrategia: evitar.

Dejar de hacer cosas “por si acaso”

Cuando aparece la incertidumbre, evitar tiene una ventaja inmediata: “mejor no voy”, “mejor no viajo”, “mejor no hago planes”… Al cancelar, sentimos alivio. Y nuestro cerebro aprende de aquello que reduce el malestar: si eludir una situación me hace sentir más seguro ahora, será más fácil volver a esquivarla la próxima vez. No es una respuesta absurda, ya que funciona a corto plazo.

El problema surge cuando ese “por si acaso” empieza a extenderse. Primero puede ser una cena; después, un viaje, y más adelante, quizá dejemos de hacer determinados planes con antelación.

Con estas conductas de evitación, el círculo empieza a completarse: miedo → vigilancia → interpretación de amenaza → evitación → alivio. Y aparece una paradoja: intentamos evitar que la migraña nos quite un día y podemos terminar cediéndole días en los que ni siquiera apareció.

Cuidarse o evitar

Pero ¿significa esto que una persona con migraña debería dejar de cancelar planes o ignorar las señales de su cuerpo? No, porque vivir con este trastorno también exige adaptarse. Descansar durante una crisis, modificar una actividad o cancelar algo cuando realmente no podemos hacerlo puede ser una forma adecuada de cuidarnos.

Pensemos en dos decisiones:

  • “Hoy no voy porque tengo una crisis y necesito descansar”.

  • “No voy a organizar nada para el próximo sábado porque podría darme una crisis”.

En ambos casos podemos acabar en casa, pero psicológicamente no está ocurriendo lo mismo. Mientras que en el primer supuesto respondemos a una necesidad presente, en el segundo intentamos protegernos de una posibilidad futura.

La diferencia no siempre será sencilla, pero podemos hacernos una pregunta: ¿responde esta decisión a lo que necesito ahora o principalmente a lo que temo que pueda pasar?

Recuperar la capacidad de elección

Entonces, si no podemos eliminar la incertidumbre y tampoco se trata de ignorar nuestro cuerpo, ¿qué aporta la psicología? No puede garantizar que no llegue otra crisis ni pretende eliminar el miedo, pero sí puede ayudarnos a responder de otra manera cuando aparece.

Las intervenciones psicológicas forman parte del abordaje complementario de la migraña. Incluyen, por ejemplo, técnicas de relajación y regulación de la activación, atención plena (mindfulness), estrategias para trabajar con pensamientos y emociones difíciles o intervenciones conductuales dirigidas a reducir la evitación y recuperar actividades importantes.

El objetivo es aprender a reconocer cuándo el miedo está intentando protegernos y cuándo esa protección empieza a limitarnos. Esto no significa afirmar que la migraña es una alteración psicológica, porque, como ya apuntamos más arriba, se trata de una enfermedad neurológica. No se trata de vivir sin miedo a la próxima migraña, sino algo más realista: que, cuando ese miedo aparezca, no siempre sea él quien decida.

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Vanesa Pérez Bencomo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Se acaba la migraña cuando termina el dolor? La psicología del miedo entre una crisis y otra – https://theconversation.com/se-acaba-la-migrana-cuando-termina-el-dolor-la-psicologia-del-miedo-entre-una-crisis-y-otra-291893

Los populistas afirman hablar en nombre de “el pueblo”, pero ¿a quiénes se refieren realmente?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Clara Juarez Miro, Investigadora Beatriz Galindo, Departament de Ciència Política, Dret Constitucional i Filosofia del Dret, Universitat de Barcelona

CC7/Shutterstock

A medida que crece el apoyo a los movimientos populistas en todo el mundo, el término se ha convertido en una especie de palabra de moda. Se utiliza para describir movimientos y figuras públicas muy diferentes en contextos políticos muy distintos. Estos abarcan desde figuras de la derecha, como Jair Bolsonaro en Brasil y Narendra Modi en la India, hasta figuras de la izquierda, como el estadounidense Bernie Sanders, el español Pablo Iglesias y el sudafricano Julius Malema.

Para complicar aún más esta cuestión, los estudiosos tienden a utilizar diferentes definiciones de populismo. Algunos lo consideran una ideología, otros un tipo de discurso, o incluso una forma de gobierno. A pesar de estas diferencias, la mayoría de las definiciones coinciden en una idea fundamental. El populismo divide a la sociedad en dos grupos opuestos: el “pueblo puro” y las “élites corruptas”.

El concepto de “el pueblo” es la piedra angular del populismo, pero aún sabemos relativamente poco sobre lo que realmente significa para sus seguidores verse a sí mismos como parte de este grupo. Gran parte de la investigación se ha centrado en los propios partidos y líderes populistas, incluyendo cómo presentan su versión de “el pueblo” como moralmente superior a las élites corruptas. Mi propia investigación analiza el otro lado, para averiguar qué significa para los seguidores que votan por ellos para que lleguen al poder.

Un concepto infinitamente flexible

Algunos expertos han argumentado que la vaguedad sobre quiénes son “el pueblo” es, en realidad, un elemento clave del fuerte atractivo del populismo. Al tratarse de un concepto amplio y flexible, puede traspasar fronteras e ideologías políticas, lo que permite a diferentes grupos de votantes identificarse con él e imaginarse a sí mismos como parte de una misma comunidad más amplia.

Esto no solo ocurre con “el pueblo”, sino también con términos como “establishment” o “élites” se utilizan con un efecto similar para identificar de manera general a quienes no forman parte de “el pueblo”.

Esta flexibilidad implica que los miembros de ese grupo pueden variar considerablemente. Los políticos pueden utilizar el término para referirse a quienes comparten una identidad cultural concreta, como hace la populista de derecha francesa Marine Le Pen cuando lo invoca para promover políticas que dan prioridad a los ciudadanos franceses.

Del mismo modo, otros lo consideran directamente superpuesto a las agrupaciones nacionales. Vox, por ejemplo, suele afirmar que habla en nombre de “el pueblo español”.

Sin embargo, otros, como la populista alemana Sahra Wagenknech –cuya posición política combina elementos de la extrema izquierda y la extrema derecha–, utilizan el término para referirse a grupos económicamente desfavorecidos, por ejemplo, defendiendo a aquellos que han sido “olvidados durante años por los políticos”, para promover salarios más altos y prestaciones sociales más sólidas.




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Aunque los miembros de este grupo imaginario pueden ser completamente diferentes, los populistas de todo el espectro político presentan a “el pueblo” como un colectivo unificado y moralmente bueno cuyos intereses están siendo ignorados o traicionados por élites corruptas. Las figuras y los partidos populistas se presentan a sí mismos como la solución, una fuerza que es la única capaz de comprender y servir a un electorado oprimido y desatendido.

Es tan importante prestar atención a quiénes incluyen los políticos en esta comunidad imaginaria como a quiénes excluyen. En la derecha, esto suele seguir líneas culturales o raciales, mientras que la izquierda suele excluir a las clases sociales más ricas.

Los políticos populistas pueden llegar incluso a sugerir que cualquiera que no esté de acuerdo con ellos no pertenece en realidad a “el pueblo”. El británico artífice del Brexit Nigel Farage lo expresó en los términos más literales cuando dijo: “Nosotros somos el pueblo. El Partido del Brexit es el pueblo”.




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Los seguidores populistas

Investigaciones anteriores han medido el grado de identificación de los votantes individuales con “el pueblo”. Sin embargo, para comprender mejor qué significa pertenecer a este grupo, también debemos dar un paso atrás y analizar las interpretaciones, emociones y experiencias que los simpatizantes asocian a esta comunidad imaginada.

Una forma de hacerlo es hablar con miembros de diferentes movimientos populistas, con el fin de comprender su visión. Otra forma puede ser analizar la comunicación entre ellos en comunidades en línea. Estos espacios ofrecen un entorno sin límites geográficos para interpretar conjuntamente los mensajes políticos, desarrollar un sentido compartido de identidad y pertenencia, y negociar quién está incluido –y quién excluido– en “el pueblo”.




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Mi propia investigación ha seguido estas dos líneas. En un estudio reciente, analicé 6 000 interacciones en comunidades en línea, así como 33 entrevistas en profundidad con simpatizantes populistas de derecha e izquierda. El análisis reveló que se identificaban con “el pueblo” de tres maneras: a través de cómo imaginan al grupo, cómo se sienten respecto a él y cómo experimentan el hecho de formar parte de él.

Tal y como sugieren investigaciones anteriores, los seguidores suelen imaginar a “el pueblo” como trabajador, merecedor y moralmente legítimo. Los partidarios de la derecha vinculan esta identidad con la pertenencia cultural, mientras que los de la izquierda hacen hincapié en la identidad de la clase trabajadora.

Sin embargo, esta identificación también es profundamente emocional. Los seguidores expresan un gran afecto y lealtad hacia sus políticos populistas preferidos, al tiempo que muestran ira y miedo hacia las élites, los oponentes y los grupos que consideran una amenaza para la comunidad. También expresan un profundo amor y comprensión hacia los demás miembros de “el pueblo”, tanto si esta comunidad es más abstracta como si está formada por personas concretas con las que están en contacto, ya sea en línea o en el mundo físico.

Asimismo, experimentan el grupo a través de las relaciones y la participación política. La interacción con otras personas que perciben como miembros genera un sentimiento de pertenencia, validación y propósito, mientras que la actividad política –ya sea en persona, en mítines y manifestaciones, o en línea– puede reforzar este sentido de comunidad y fomentar una mayor participación.

En conjunto, esto sugiere que el apoyo populista no se reduce únicamente a ideas o políticas concretas. La identificación con “el pueblo” funciona porque la flexibilidad del término permite a los políticos enmarcarlo de formas convincentes, y porque las interpretaciones de los simpatizantes coinciden con esos mensajes políticos.

Pero también es una fuente de aspiración, ya que ofrece un sentido de comunidad y pertenencia a quienes llegan a verse a sí mismos como parte de este grupo. Ayuda a los seguidores a sentir que pertenecen a algo, que los demás los comprenden y que están conectados a un propósito común.

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Clara Juarez Miro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Los populistas afirman hablar en nombre de “el pueblo”, pero ¿a quiénes se refieren realmente? – https://theconversation.com/los-populistas-afirman-hablar-en-nombre-de-el-pueblo-pero-a-quienes-se-refieren-realmente-291933

Los récords del turismo comprometen el agua cuando y donde más escasea en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jaime Martínez Valderrama, Científico Titular, Estación Experimental de Zonas Áridas (EEZA – CSIC)

Veraneantes en una playa de Torrevieja, Alicante. Alex Tihonovs/Shutterstock

Cada año, España bate su récord de turistas. Los 58,1 millones de visitantes hasta julio –otro récord pulverizado– apuntan a que en 2026 rebasará los 100 millones de turistas. Son buenas noticias para las grandes cifras macroeconómicas. Más turistas implica un mayor crecimiento del PIB y del empleo. El sector turístico es un motor de la economía española. Se estima que ha supuesto en el año 2024 un 12,6 % del PIB, una cifra superior en un 109 % a la de 2021, y generó más de 2,7 millones de puestos de trabajo, el 12,3 % del empleo total.

Pero todos esos logros a escala de país no siempre coinciden con la percepción ciudadana. Cuando se orientan cada vez más hacia la demanda turística, los centros urbanos se transforman, perjudicando a la población local. Los barrios pierden su alma al mismo ritmo que las ciudades de todo el mundo adquieren un extraño parecido entre sí.

La presión turística puede terminar desplazando a los propios habitantes. Los precios de la vivienda –que también baten récords– aumentan y cada vez más inmuebles se destinan al alojamiento turístico. Cambia la vida cotidiana: desaparecen comercios de proximidad, sustituidos por negocios orientados al visitante; el ruido y la actividad constante dificultan el descanso y los espacios de encuentro y convivencia se convierten progresivamente en escenarios para el consumo turístico. El descontento ha llegado al extremo de alimentar movimientos contra el turismo masivo y de extender el término turismofobia.

Mayor consumo de agua cuando más escasea

En el plano medioambiental, esta presión turística se traduce, entre otros impactos, en desertificación y, más específicamente, en el deterioro y declive de los recursos hídricos de las zonas áridas. El grueso de turistas visita España en el peor momento del año hidrológico y se siente especialmente atraído por las zonas áridas, es decir, aquellas en las que menos llueve y más agua se evapora, con lo que su balance hídrico es muy pobre.

Mapa que muestra la aridez en las diferentes regiones de España por colores, de verde a rojo (mayor aridez).
Índice de aridez medio en España para el periodo 1991-2020.
Beguería et al. (2025)/Atlas de la Desertificación de España, CC BY-SA

Pasado el mes de junio, las reservas hídricas van menguando y es entonces cuando se llenan miles de piscinas y la población de muchos municipios aumenta considerablemente.

No se trata de un consumo de agua extraordinario si lo miramos a escala de país. El turismo apenas representa una pequeña fracción del abastecimiento urbano –alrededor de 130 hm³ al año, aunque este dato no considera las viviendas de uso turístico–, que a su vez representa el 17 % del consumo de agua (frente al 77 % del uso agrario, unos 22 000 hm³ al año). Sin embargo, al concentrarse en el momento y en los territorios más desfavorables desde el punto de vista hídrico, su incidencia a escala local puede ser mucho mayor de lo que refleja su peso en el consumo total de agua del país.

Las áreas más afectadas

El turismo se concentra principalmente en el litoral mediterráneo, Andalucía atlántica, Canarias y las grandes urbes de Madrid y Barcelona. Estos territorios forman parte de las zonas con un estrés hídrico extremadamente alto, que ocupan un 43 % del país. Este índice representa la ratio entre el total de agua utilizada y el total de recursos renovables y fluctúa entre 1 (poco estrés) y 5 (máximo estrés) de acuerdo al porcentaje de agua extraída anualmente.

Así, en los territorios con estrés hídrico 5 (supone extraer más del 80 % del agua renovable disponible), y durante cualquier período mínimo de sequía, el aumento repentino del consumo (como el causado por turismo) o alteración en la calidad del agua se traduce directamente en una crisis severa de desabastecimiento.

Algunos datos hablan por sí mismos de la presión a la que están sometidos territorios donde no sobra el agua. El 63 % de los municipios con más de un millón de pernoctaciones se encuentran en zonas con un estrés hídrico alto o extremadamente alto, y otro 35 % en zonas con estrés medio-alto. Además, el 69 % de las pernoctaciones entre junio y septiembre –el período más vulnerable desde el punto de vista del suministro de agua– tiene lugar en estas zonas sometidas a mayor estrés hídrico.

Si comparamos la población de los municipios (dato de 2020) con la media anual de turistas que reciben (período 2020-2025), nos encontramos con cifras difíciles de creer. Por ejemplo, Jávea (Alicante), con 20 016 habitantes, recibe una media de 283 590 turistas al año; Ciutadella (Menorca) recibe 15,8 veces más turistas que habitantes (30 588 frente a 485 069) y Roses (Girona), 16,8 veces más (19 807 frente a 332 793).




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Sin duda, esta avalancha de personas contribuye a la economía local, pero también conlleva impactos ambientales que, en muchas ocasiones, pueden ser irreversibles.

A ello se añade la apuesta por un modelo urbano disperso en muchos destinos turísticos, asociado a la búsqueda de una supuesta mayor calidad de la oferta, pero que implica un mayor consumo de recursos naturales, especialmente suelo y agua. En un adosado o un chalet, el consumo de agua puede multiplicar por cuatro o cinco el de un modelo de ciudad compacta.

También hay que considerar la proliferación de piscinas individuales, con ratios inferiores a 20 habitantes por piscina en muchas provincias del litoral mediterráneo, muy por debajo de la media nacional.

Lista y mapa que muestra el número de habitantes por piscina en las provincias españolas
Habitantes por piscina en las provincias españolas.
IGN-CNIG

Dunas, lagunas y ríos alterados

Además de añadir presión a unos recursos hídricos ya de por sí raquíticos, estas cifras del turismo han ido acompañadas del deterioro de buena parte de la franja litoral. Bajo el cemento, las urbanizaciones, los alojamientos turísticos, los campos de golf y las infraestructuras han quedado sepultados ecosistemas dunares y lagunas costeras desde los años sesenta del pasado siglo, al tiempo que se han alterado los desagües naturales del territorio.

Ramblas, rieras y torrentes reaparecen con fuerza durante los temporales de otoño e invierno, con su dinámica torrencial, poniendo de manifiesto las consecuencias de una ocupación poco ordenada del territorio.

La orientación del turismo hacia zonas áridas coincide, en realidad, con los lugares que la población general también ha elegido para vivir. Una gran parte de la población española y el grueso de los turistas que nos visitan se concentran en las zonas dotadas con mejores infraestructuras de todo tipo, las cuales están, en general, en zonas áridas.




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Aunque en el imaginario colectivo las zonas áridas se tienen por territorios pobres y despoblados, en los que el viento arrastra salicornios como en las películas del Oeste, lo cierto es que el 80 % de la población española vive en zonas áridas, una tendencia que se ha ido reforzando con el paso de los años.

Madrid y Barcelona, por ejemplo, se asientan en zonas áridas, como ocurre con otras grandes capitales y con buena parte del litoral mediterráneo. No debe sorprendernos si tenemos en cuenta que el 67 % de España es árido.

La desertificación –y, en este caso, el turismo masivo– debe abordarse desde la planificación territorial, mediante un conjunto de medidas que permitan ajustar las demandas a los recursos disponibles y utilizarlos de manera eficiente, sin olvidar que una parte de esos recursos debe quedar reservada para el sostener las funciones vitales de la naturaleza, imprescindible para nuestra supervivencia y bienestar.

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Jaime Martínez Valderrama ha recibido fondos del proyecto ATLAS financiado por la Fundación Biodiversidad del Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico (MITECO) en el marco del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia (PRTR)

Javier Martí Talavera ha recibido fondos del proyecto ATLAS financiado por la Fundación Biodiversidad del Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico (MITECO) en el marco del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia (PRTR)

Jorge Olcina Cantos ha recibido fondos del proyecto ATLAS de la Desertificación en España, financiado por la Fundación Biodiversidad del Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico en el marco del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia (PRTR)

Juanma Cintas recibe fondos del proyecto ATLAS de la Desertificación en España, financiado por la Fundación Biodiversidad del Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico en el marco del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia (PRTR)

Fernando Gallardo Olmedo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Los récords del turismo comprometen el agua cuando y donde más escasea en España – https://theconversation.com/los-records-del-turismo-comprometen-el-agua-cuando-y-donde-mas-escasea-en-espana-289001

Cómo el partido de extrema derecha alemán AfD está tratando de ganarse el voto de aquellos a quienes promete deportar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Deniz Torcu, Adjunct Professor of Globalization, Business and Media, IE University

El 6 de septiembre, el partido de extrema derecha Alternativa por Alemania (AfD) obtuvo el 43,8 % de los votos en Sajonia-Anhalt, más del doble del 17,2 % de la CDU (Unión Demócrata Cristiana de Alemania). La participación fue del 77,8 %, la más alta en la historia de las elecciones libres del estado. El partido basó su campaña en un programa que incluía una campaña de deportación y remigración, así como el recurso a “todas las vías legales” para limitar la expresión islámica.

Sajonia-Anhalt es un estado alemán mayoritariamente rural, con una población inmigrante muy reducida y escasos incentivos para dirigir la campaña a este colectivo. Si bien el resultado récord de la AfD en esta región tuvo poco que ver con el voto de los inmigrantes, la situación será muy diferente cuando Berlín acuda a las urnas el 20 de septiembre.

Una encuesta de opinión publicada el 10 de septiembre sitúa a la AfD en camino de obtener el 18 % de los votos de la capital, el doble de su resultado del 9,1 % de 2023. Esto situaría al partido a tres puntos del líder en una carrera muy reñida, en una ciudad donde el 42,3 % de los residentes es inmigrante.

Aunque la AfD logró ganar en Sajonia-Anhalt sin el voto de los extranjeros, no puede permitirse ignorarlos en Berlín.




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A la caza del voto inmigrante

La AfD lleva años tratando de captar el voto de los inmigrantes, con contenidos en TikTok y en turco dirigidos principalmente a personas de origen ruso y turco. Se trata de comunidades de inmigrantes establecidas desde hace tiempo, muchas de las cuales son ciudadanos alemanes con derecho a voto.

La formación se dirige a ellas con un mensaje que algunos expertos han calificado de tranquilizador: vosotros, las comunidades ya establecidas, no sois el problema; los recién llegados sí lo son.

Sin embargo, la campaña en turco de la AfD no se está traduciendo en votos. Un análisis de julio de 2026 del Centro Alemán de Investigación sobre Integración y Migración (DeZIM) reveló que los votantes de origen inmigrante consideraban a este partido como el que tenía menos posibilidades de ser elegido de entre todos los grupos.

Otro informe del DeZIM ha puesto de relieve la caída de la participación electoral entre los votantes de origen turco, de Oriente Medio y del norte de África, lo que se interpreta como una posible señal de alerta de un distanciamiento a largo plazo del sistema de partidos en su conjunto.

Un estudio de 2025 sobre las preferencias de voto de los inmigrantes en toda Alemania situaba a la AfD en un 19 %, en tercer lugar, por detrás de la CDU y el SPD (Partido Socialdemócrata de Alemania). Sin embargo, era el partido más fuerte entre los votantes de origen polaco y entre los repatriados de etnia alemana. Así pues, la agrupación sí que consigue votos de los inmigrantes, pero no, por el momento, entre los turcos alemanes a los que está cortejando este mes.

No obstante, estos votantes arrastran un agravio que la corriente dominante no ha abordado. Los directores de DeZIM han documentado lo que denominan “competencia por el reconocimiento”: la forma en que los grupos tratados como de segunda clase acaban comparándose y enfrentándose entre sí, y no contra quienes los clasifican así.

El politólogo Özgür Özvatan ha analizado esta dinámica en el contexto de la pertenencia turco-alemana, donde a menudo se persigue y se logra el avance, pero este no siempre se traduce en una aceptación generalizada y duradera por parte de la sociedad mayoritaria.

Recompensar el buen comportamiento

Hay algo estructural detrás de esto, y no se limita a Alemania.

La extrema derecha tradicional definía la pertenencia por descendencia, lo que conlleva un límite inherente. Su electorado potencial era fijo y se reducía con cada naturalización, mientras que cada inmigrante era un adversario permanente.

Lo que se ha extendido por todo el continente desde 2015 es un diseño político diferente, en el que la pertenencia se gana a través de la conducta. El discurso actual de la extrema derecha no siempre es étnico o cultural; ahora el mensaje es: trabaja duro, adáptate, sigue las normas y podrás pertenecer. Cualquiera, sea migrante o no, puede cruzar esta frontera gracias a su comportamiento.

El territorio francés de ultramar de Mayotte ilustra este modelo con mayor claridad. Mayotte, un territorio insular del océano Índico, es musulmán en un 95 %, pero en 2022 otorgó a la candidata de extrema derecha Marine Le Pen su mejor resultado en el país, con un 42,89 % de los votos en la primera vuelta, frente al 2,77 % de 2012.

Los investigadores del proyecto MIGRAF interpretan esto como un intento deliberado del partido de Le Pen, el Rassemblement National (RN), de eliminar la cuestión racial de su mensaje en ultramar: en la isla, el RN no ataca al islam, sino a los migrantes procedentes de las cercanas islas Comoras.

Que los musulmanes franceses voten a Le Pen en contra de los migrantes musulmanes podría parecer impensable. Sin embargo, tiene sentido si se tiene en cuenta cómo ha cambiado la frontera de la pertenencia. La cuestión no es quién eres, sino en qué lado de una frontera burocrática te encuentras.

La extrema derecha española toca una melodía similar, pero en una clave diferente. En un discurso pronunciado en Gran Canaria en 2018, el líder del partido de extrema derecha Vox, Santiago Abascal, estableció una distinción entre diferentes tipos de inmigrantes: los procedentes de América Latina, que comparten gran parte del idioma, la religión y la visión del mundo de España, y los procedentes de países islámicos.

Vox construyó un proyecto internacional en torno a esta excepción, bautizado como la “Iberosfera”. Los analistas lo han interpretado como una forma de “hispanismo étnico”.

Suecia es quizás el país que más lejos ha llegado en este sentido, con su decisión de dar mayor importancia jurídica a la conducta o al modo de vida de los migrantes. La Ley de Extranjería sueca, que entró en vigor el 13 de julio de 2026, permite a la Agencia Sueca de Migración denegar o revocar los permisos de residencia por motivos de “conducta deficiente”: un comportamiento que no infringe ninguna ley, pero que contraviene las normas que la sociedad desea defender.

Los expertos en derecho han señalado que este criterio es demasiado vago para aplicarse de forma predecible o equitativa.




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La aceptación es voluble

Una propuesta política de este tipo depende de que los votantes y miembros de un partido de extrema derecha acepten una excepción a sus principios. El apoyo a una idea así es difícil de mantener y, en España, ha provocado una profunda división en la base de Vox.

En agosto de 2019, una patronal pidió que se contrataran trabajadores en el extranjero, preferiblemente de América Latina. Un diputado de Vox por Málaga respondió tuiteando que le daba igual si el relevo demográfico “venía vestido con chilabas o portando machetes”, y posteriormente borró la publicación.

La polémica se prolongó en el partido durante años, pero en enero de 2026, Vox eliminó discretamente “Latinos por Abascal” de su página web, una campaña lanzada tres años antes para captar a los votantes hispanos de España.

La pertenencia condicional tiene una vida útil corta. Funciona como mecanismo de captación, pero cuando la base se radicaliza más allá de ella, las personas que en su día fueron bienvenidas vuelven a ser clasificadas como lo que eran antes. España lleva dos años de ventaja a Alemania en este ciclo.




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La AfD se deja el mismo margen de maniobra, aunque, tal y como están las cosas actualmente, su posición no está clara. Su programa para Sajonia-Anhalt sitúa la “remigración” en el centro, pero el partido insiste en que el término abarca únicamente el retorno legal de extranjeros sin derecho a permanecer en el país, rechazando la deportación de ciudadanos alemanes de origen inmigrante por considerarla inconstitucional.

Sin embargo, los juristas constitucionales que analizan el texto de Sajonia-Anhalt ven una política de expulsión basada en una concepción étnica del pueblo. A ninguno de los votantes a los que se busca este mes –ya sea en Sajonia-Anhalt o en Berlín– se le ha explicado claramente qué definición se aplicará.

Cuando Berlín acuda a las urnas, algunos votantes de origen inmigrante decidirán que la advertencia no va dirigida a ellos, sino a otra persona. Como mínimo, provocar esa decisión es precisamente el objetivo de la estrategia de la AfD.

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Deniz Torcu no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cómo el partido de extrema derecha alemán AfD está tratando de ganarse el voto de aquellos a quienes promete deportar – https://theconversation.com/como-el-partido-de-extrema-derecha-aleman-afd-esta-tratando-de-ganarse-el-voto-de-aquellos-a-quienes-promete-deportar-291941

¿Siempre han olido bien las rosas? La bella historia de la flor más popular del mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Segundo Ríos Ruiz, Profesor titular de Botánica, Director de la Estación Biológica de Torretes – Jardín Botánico de la UA, Universidad de Alicante

Mariia Boiko/Shutterstock

El uso de las flores como adorno es antiquísimo, probablemente anterior al Neolítico. Primero se utilizó la propia flora que crecía en cada territorio, pero también se trasladaron muchas especies desde lugares remotos. Quizás el ejemplo por antonomasia de este viaje sean las rosas.

La historia de la flor más vendida del mundo está ligada a la historia de la humanidad, y fueron los humanos quienes les otorgaron su aroma. Hubo un largo tiempo en el que las rosas no olían bien.

En los “selfies” de Pompeya ya aparecen rosas

Cualquier obra humana realizada con plantas es efímera y son pocas las evidencias de domesticación de plantas ornamentales conservadas desde la antigüedad. Pero en el caso de la rosa hay una excepción: Pompeya.

En las representaciones en imágenes de la época, lo que ahora serían nuestros cuadros, fotos o “selfies”, y entonces los frescos de los salones y patios pompeyanos, se han conservado grabados que con mucha calidad fijan en el siglo I el cultivo y disfrute de rosas con flores dobles, olorosas y variegadas (aquellas que presentan zonas de diferentes colores –como blanco, crema, amarillo o rosa– mezclados con el verde debido a una distribución desigual o ausencia de clorofila en los tejidos).

Aunque el proceso de domesticación de la rosa ha sido largo y viene de muy antiguo, podemos subdividirlo en varios periodos.

Hasta la Edad Media se cultivaron rosales silvestres, pero ya aparecen los primeros procesos de hibridación y de mutación: aunque dominan las rosas de 5 pétalos, ya pueden tener flores semidobles (hasta 11 pétalos) o dobles (12-20 pétalos), siempre con menos de 30-40 pétalos. Es el periodo de la Rosa gallica y sus múltiples variantes.

Desde el Medievo hasta mediados del siglo XIX, aparecen rosas antiguas con muchos pétalos: más de 40 e incluso más de 100. Son rosas muy olorosas, pero rara vez son “reflorecientes”, y los colores dominantes van del blanco al rojo, pasando por mil tonalidades de rosa.

Evolución de las rosas antiguas desde las especies silvestres hasta los primeros cultivares del renacimiento: de izquierda a derecha, arriba, Rosa rubiginosa (o rosa mosqueta), Rosa gallica silvestre (rosa castellana o de Provins) y Rosa gallica ‘La Belle Sultan’. Abajo: Rosa gallica ‘Cardinal Richelieu’, Rosa damascaena (o de Damasco) y Rosa centifolia (rosa de Persia o rosa repollo). La mayoría son muy olorosas, aunque solo florecen en primavera.
Autor del artículo.

Las rosas también tienen ‘pedigree’

Entre finales del siglo XVI y el siglo XVIII comenzaron a llegar desde oriente a Europa diversas especies de rosales con formas y colores vivos (fue la primera vez que llegaron rosas amarillas, por ejemplo). Algunas de ellas, como la rosa Capuchina, son capaces de tener colores rojos y amarillos a la vez e ¡incluso cambiar de color!

Fueron los primeros pedigree de los rosales conocidos.

A eso hubo que sumarle que algunas rosas, en ambientes favorables, florecían durante mucho más tiempo que las variedades clásicas conocidas en Europa. La llegada de la rosa de Bengala o la rosa china (Rosa chinensis), con sus distintos cultivares (Old Blush, Semperflorens, Mutabilis, etc.) supusieron una revolución en el cultivo de rosales en Europa.

Comenzaron en esa época a aparecer híbridos de ambas extirpes (europea y asiática), con características reflorecientes. Por ejemplo, las Noisettianas y, después, las Bourbon o las Portland.

Además, se reorganizaron y multiplicaron los nuevos pedigree, algunos con capullos perfectos (en forma de tulipán) y aromas de té.

Más color, forma ¡y siempre con flor!

En 1867, fruto del cruce de estos rosales reflorecientes con otros rosales chinos, aparecieron los primeros híbridos de té. De entre ellos, el cultivar La France, obtenido en 1867 por el horticultuor e hibridador de rosas francés Jean-Batiste André Guillot, marca un antes y un después en este campo. De hecho, las rosas botánicas y antiguas son todas anteriores a esa fecha y después de 1867 se consideran ya rosas modernas o híbridos de té.

Rosas modernas desde la introducción de especies silvestres y cultivadas procedentes de.
China. De izquierda a derecha, por arriba: Rosa foetida ‘bicolor’ (la llamada rosa Capuchina), Rosa foetida ‘persiana’ y Rosa chinensis (u ‘Old Blush’). Por abajo: Rosa híbrido de té ‘La France’, Rosa híbrido de té moderna ‘Guinee’ y, finalmente, Rosa híbrido de té moderna ‘Valencia’.

Autor del artículo.

La mayor parte de rosas que ahora podemos imaginar son rosas modernas y, por tanto, híbridas de té. Con esta variedad, la afición a las rosas salió ganando en colorido, morfología de la flor y duración del periodo de floración, casi continuo todo el año. Además, en general, muchas de las nuevas variedades eran más resistentes a enfermedades. Todo ventajas.

Oler a rosas: los expertos que saben hacerlo

Pero durante algunas décadas, todas estas rosas maravillosas tuvieron poco aroma y ese defecto tardó mucho en corregirse. El milagro lo obraron nuevas hibridaciones con rosas antiguas olorosas y su posterior reselección. Esto hizo que hoy en día podamos tenerlo todo en un solo cultivo moderno de rosa.

¿Cómo se llega hasta aquí?

La domesticación de las rosas es pura agricultura; no se realiza en el laboratorio. Los procesos son naturales y lentos, y siempre se observan en el campo. Las mutaciones surgen espontáneamente en colecciones de miles de ejemplares, pero luego hay que aislarlas y multiplicarlas.

En cambio, las hibridaciones son dirigidas: son los expertos rosalistas quienes deciden qué planta hace de “madre” y cuál de “padre”. El resultado es más lento (hasta que no florece la primera rosa no conocemos los cambios) pero con una base genética más sólida. No obstante, solo una pequeña parte de las obtenciones, sean por una u otra vía, son seleccionadas y registradas por los llamados obtentores de flores.

Entre los rosalistas españoles dedicados a la mejora de las rosas modernas, hay muchos nombres destacables, pero el más conocido e importante de todos ellos, sin duda, ha sido el rosalista catalán Pere Dot i Martínez, que obtuvo más de 260 variedades de rosales. Sus cultivares siguen vigentes y son reconocidos internacionalmente.

El valenciano Francisco Ferrer Martí fue el fundador de la Asociación Española de la Rosa, que desde 1991 organiza concursos y convenciones en torno a una de la flores más importantes en la historia de la humanidad.

Rosas casi perfectas y a raíz desnuda

Una muestra de este trabajo es la “Rosaleda del 50 aniversario de la Universidad de Alicante”, donde el criterio de selección de variedades de rosales ha sido elegir solo aquellos con los mejores atributos: híbridos de té e híbridos de té modernos con floración prolongada, variedades con rusticidad, resistencia a enfermedades fúngicas y, en la medida de lo posible, que sean muy perfumadas.

Además, se ha utilizado la técnica llamada “a raíz desnuda”. Los rosales son arbustos de hoja caduca, lo cual quiere decir que presentan una fase de reposo en invierno. Esto es aprovechado comercialmente para poder vender nuevas plantas sin tierra que ocupan muy poco espacio y peso: a “raíz desnuda”. Luego enraízan y se desarrollan fácilmente.

Con esta técnica se abaratan muchísimos los costes de transporte (un paquete con 200 variedades puede pesar unos 5 kilos y ocupar una caja de cartón por mensajería). Para transportar esas 200 rosas en enormes macetones de más de 5 kilos cada uno necesitaríamos ¡dos camiones! Y el precio sería, lógicamente, mucho mayor.

Conocer la historia de la rosa y cómo han evolucionado a lo largo de los siglos permite disfrutar de jardines como este y de su aroma, colores y ornamentación, características a las que se ha llegado a lo largo de los siglos y con el trabajo de muchos expertos y expertas.

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Segundo Ríos Ruiz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Siempre han olido bien las rosas? La bella historia de la flor más popular del mundo – https://theconversation.com/siempre-han-olido-bien-las-rosas-la-bella-historia-de-la-flor-mas-popular-del-mundo-285607

Volar más no implica volar mejor: qué hace eficientes a las aerolíneas europeas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julio I. Lozano Ramírez, Doctor en Turismo / PhD in Tourism, Universidad de Cádiz

Fabian Montano Hernandez/Shutterstock

La aviación europea ha dejado atrás buena parte del desplome provocado por la pandemia. En 2025, la Organización Europea para la Seguridad de la Navegación Aérea (Eurocontrol) registró 11,12 millones de vuelos, un 4 % más que el año anterior.

Pero recuperar vuelos, pasajeros e ingresos plantea otra pregunta: ¿están las aerolíneas utilizando mejor sus recursos?

Para responderla, un estudio publicado en Research in Transportation Economics analiza 70 aerolíneas europeas entre 2022 y 2025. La comparación tiene en cuenta el número de empleados y aviones, los ingresos, los vuelos y los pasajeros. También incluye las emisiones de CO₂.

¿Qué significa que una aerolínea sea eficiente?

Una compañía puede transportar millones de pasajeros y facturar miles de millones de euros sin aprovechar sus recursos mejor que sus competidores. Del mismo modo, una aerolínea pequeña no tiene por qué estar en desventaja.

Lo importante es comparar los recursos que utilizan con los resultados que obtienen.

Para realizar esta comparación utilizamos DEA (Data Envelopment Analysis), una metodología que permite evaluar aerolíneas de tamaños y modelos de negocio muy diferentes. El método analiza cómo cada compañía transforma sus recursos en vuelos, pasajeros e ingresos, teniendo también en cuenta las emisiones que genera. Así, identifica las aerolíneas con mejor desempeño relativo, que sirven como referencia para comparar al resto.

Esta forma de comparar permite evitar conclusiones simples basadas únicamente en el tamaño. Una aerolínea puede transportar más pasajeros que otra y, aun así, utilizar peor sus recursos. El interés está en observar conjuntamente lo que emplea, lo que obtiene y el impacto ambiental asociado.

Dicho de otro modo: con una plantilla y una flota determinadas, ¿qué compañías consiguen transportar más pasajeros, realizar más vuelos y generar más ingresos sin olvidar su impacto ambiental?

El análisis no determina cuál es “la mejor aerolínea” en todos los sentidos. No estudia la puntualidad, los precios de los billetes, la comodidad o la satisfacción de los pasajeros. Se centra en cómo utiliza cada compañía los recursos de que dispone.

No existe un único modelo de aerolínea eficiente

Los resultados muestran una evolución favorable. En 2022, 20 de las 70 compañías analizadas formaban parte del grupo de referencia. En 2023 fueron 22. En 2024, 28, y en 2025, 27.

Además, 17 aerolíneas permanecieron entre las más eficientes durante los cuatro años. Entre ellas encontramos compañías muy diferentes, como Ryanair, Iberia, KLM, Turkish Airlines, easyJet, Wizz Air, Binter Canarias o La Compagnie.

La diversidad de esta lista es importante. No existe un único tamaño ni un único modelo de negocio que garantice la eficiencia.

Una gran aerolínea de bajo coste puede destacar, pero también puede hacerlo una pequeña compañía especializada. Cada una puede llegar a buenos resultados mediante una combinación diferente de empleados, aviones, vuelos, pasajeros e ingresos.

El análisis también permite comparar a las compañías que obtienen los mejores resultados. Ryanair ocupó la primera posición en 2022, mientras que La Compagnie encabezó la clasificación entre 2023 y 2025. Iberia y Turkish Airlines también aparecieron de forma habitual entre las primeras posiciones.

Mejorar no siempre significa estar entre las mejores

También estudiamos cómo evolucionó cada compañía entre 2022 y 2025.

El resultado es llamativo: 50 de las 70 aerolíneas, el 71,4 %, mejoraron su posición. Otras 18 terminaron el periodo prácticamente en la misma situación y solo dos empeoraron.

Sin embargo, mejorar no implica necesariamente llegar al grupo de las compañías más eficientes. Algunas redujeron mucho la distancia que las separaba de sus mejores referencias, pero todavía tenían margen de mejora en 2025.

Norse Atlantic Airways ofrece uno de los ejemplos más claros. En 2022 era la compañía que mostraba la mayor distancia respecto a las mejores de la muestra. Dos años después logró situarse entre ellas y mantuvo esa posición en 2025.

British Airways, Enter Air, TUI Airways y Air Nostrum también pasaron de tener margen de mejora en 2022 a situarse entre las compañías de referencia en 2025.

El CO₂ también cambia la fotografía

No basta con observar ingresos, vuelos o pasajeros. La actividad aérea también tiene un impacto ambiental.

La Agencia Europea de Medio Ambiente señala que la aviación internacional fue, en 2023, la segunda mayor fuente de gases de efecto invernadero del transporte en la Unión Europea, solo por detrás del tráfico por carretera. Por esta razón, nuestro análisis incluye las emisiones de CO₂.

Esto no significa que la clasificación indique qué aerolínea es “más verde”. Una compañía puede emitir mucho CO₂ en términos absolutos y, al mismo tiempo, utilizar de forma eficiente sus recursos en relación con el volumen de actividad que desarrolla.

Además, comprobamos que, cuando eliminábamos las emisiones del análisis, la clasificación de las aerolíneas cambiaba de forma apreciable. Por tanto, ignorar el CO₂ ofrece una visión diferente de su rendimiento.

La presión para reducir estas emisiones también está aumentando. Desde 2025, la normativa europea ReFuelEU Aviation exige que al menos un 2 % del combustible suministrado en los aeropuertos de la UE sea sostenible. Ese porcentaje aumentará progresivamente durante las próximas décadas.

Más que una clasificación de ganadores y perdedores

El objetivo de este tipo de análisis no es construir una lista de aerolíneas “buenas” y “malas”. Su principal utilidad es descubrir por qué unas compañías aprovechan mejor sus recursos que otras.

Dos aerolíneas pueden encontrarse a una distancia parecida de las mejores y tener problemas completamente distintos. Una puede utilizar demasiados recursos para su nivel de actividad. Otra puede generar menos ingresos o transportar menos pasajeros. Y otra puede presentar una mayor diferencia en emisiones respecto a compañías similares.

Por eso, observar qué hacen las aerolíneas de referencia puede ayudar a detectar dónde existe margen de mejora.

Para las propias compañías, este tipo de comparación puede servir como herramienta de diagnóstico. No ofrece recetas automáticas, pero sí permite detectar si el principal margen de mejora está en el uso de la flota, los recursos humanos, la generación de ingresos, la actividad operativa o las emisiones.

En una industria donde crecer suele identificarse con el éxito, los resultados introducen un matiz importante. No importa solo cuántos aviones tiene una compañía, cuánto factura o cuántos pasajeros transporta. También importa lo que consigue con los recursos que utiliza y el impacto ambiental asociado a su actividad.

Volar más, en definitiva, no significa necesariamente ser mas eficiente.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Volar más no implica volar mejor: qué hace eficientes a las aerolíneas europeas – https://theconversation.com/volar-mas-no-implica-volar-mejor-que-hace-eficientes-a-las-aerolineas-europeas-290493