Dans le Kama-sutra, le consentement est un principe fondamental

Source: The Conversation – in French – By Sharha, PhD Candidate in Kamasutra Feminism, Cardiff Metropolitan University

On a souvent tendance à penser, en matière de sexualité, que la voix des femmes n’a été prise au sérieux que depuis relativement peu de temps. Pourtant, le pouvoir sexuel et la libération des femmes sont déjà présents dans le Kama-sutra, l’un des écrits majeurs de l’hindouisme, qui remonte au IIIᵉ siècle.


Peut-être pensez-vous que le Kama-sutra n’est pas un texte émancipateur ou avant-gardiste. Mais cette idée repose sur un malentendu de l’époque coloniale qui s’est perpétué et s’est projeté à travers les représentations, dans la la culture populaire, de ce « guide sexuel ». L’homme à l’origine de ce malentendu est Richard Francis Burton, qui a traduit le texte en anglais en 1883. Cette « traduction » n’était toutefois pas fidèle, mais plutôt une interprétation élaborée à travers un prisme résolument étroit et centré sur le plaisir masculin.

Dans mes recherches, j’ai toutefois découvert un texte très différent – un texte qui pourrait même être considéré comme féministe selon les normes modernes. Le texte original du IIIᵉ siècle attribué au philosophe Vatsyayana ainsi que des traductions et interprétations plus récentes, présentent les femmes comme des participantes actives de leur sexualité et tout à fait capables d’exprimer leurs désirs.

Loin d’être un simple manuel sexuel, il considère le consentement comme un élément central de la liberté sexuelle, mettant l’accent sur la réciprocité, l’enthousiasme et le droit de refuser. La chercheuse indienne Kumkum Roy explique que Vatsyayana pensait que le désir était un facteur d’harmonie, soucieux d’éthique et encourageait l’amour et le respect mutuels.

Dans le texte de Vatsyayana, selon les traductions les plus fidèles, les relations sont présentées comme des échanges négociés, fondés sur le désir, la communication et l’attention émotionnelle. Les femmes ne sont pas passives. Elles expriment leurs préférences, fixent des limites, initient les rapprochements intimes et recherchent leur plaisir.

Les versets dépeignent un échange ludique et chaleureux entre des personnes proches, qui partagent un moment réconfortant à travers l’humour, les taquineries et l’utilisation d’allusions plutôt que de mots directs, créant une atmosphère qui les entraîne vers l’intimité et le plaisir. Prenons cet extrait :

Ils parlent ensemble de choses
Qu’ils ont faites ensemble auparavant,
En plaisantant et en se titillant, abordant
Toutes sortes de choses cachées et obscènes.
(Livre  II, chapitre 10)

Comme le montre l’extrait qui suit, le consentement s’exprime non seulement par des mots, mais aussi par des gestes, des expressions et des signaux qui exigent de l’attention plutôt que des suppositions. Vatsyayana affirme qu’un homme doit interpréter les gestes et les signaux de désir sexuel d’une femme pour gagner sa confiance avant d’entrer en contact avec elle :

Lorsque ces diverses humeurs érotiques sont évoquées
Selon la nature particulière de la femme
Et de sa région, elles inspirent
L’affection, la passion et le respect des femmes.
(Livre II, chapitre 6)

L’indianiste Wendy Doniger soutient que le Kama-sutra enseigne un « langage sexuel » qui dépasse le cadre de la chambre à coucher. Il s’agit de savoir décrypter les signaux, de respecter l’autonomie de l’autre et de reconnaître le désir comme quelque chose de cocréé, et non d’imposé – des compétences qui devraient s’étendre à toutes les interactions sociales.

Une page d’un manuscrit du Kama Sutra en sanskrit
Une page d’un manuscrit du Kama-sutra en sanskrit, conservée dans les coffres du temple du Raghunath au Jammu-et-Cachemire (Inde).
Wikimédia

Selon ces versets, faire preuve de sensibilité et de compréhension dans la vie amoureuse peut réellement contribuer à renforcer les sentiments et le respect d’une femme envers son partenaire. Le texte est sans équivoque : sans le consentement d’une femme, un homme ne doit pas la toucher.

Cela contraste fortement avec de nombreuses expériences contemporaines. Des recherches – y compris les miennes, qui s’appuient sur plus de 1 000 témoignages de femmes victimes de coercition sexuelle – montrent à quel point le consentement est souvent flou, tacite ou simulé. Comme l’a documenté Fiona Vera-Gray, universitaire et militante féministe, les femmes se sentent souvent obligées de se plier aux attentes de leur partenaire masculin, allant parfois jusqu’à feindre le désir ou l’orgasme pour répondre à ces attentes.

Une relecture du Kama-sutra à travers un prisme féministe révèle que ce texte place au centre l’autonomie, le plaisir et le choix des femmes. Il imagine les femmes comme des sujets de désir confiants – capables de dire « oui », « non » ou de partir tout simplement. En ce sens, le consentement n’est pas simplement un seuil juridique, mais une pratique façonnée par le moment, la réciprocité et la reconnaissance mutuelle.

Ce qui en ressort est moins un « manuel sexuel » qu’une philosophie qui insiste sur le fait qu’une vie sexuelle épanouie dépend de l’attention, de la patience et d’un accord sincère.

Même à la fin, l’amour
Enrichi par des gestes attentionnés
Et des paroles et des actes échangés en toute confiance
Donne lieu à la plus haute extase.
Répondre à ce qu’ils ressentent d’eux-mêmes,
Inspirant un amour réciproque.
(Livre II, chapitre 10)

Ces versets nous rappellent que ce sont véritablement la prévenance, la confiance et l’honnêteté émotionnelle qui rendent l’amour vraiment significatif et épanouissant. Vatsyayana conseille aux hommes d’écouter la voix des femmes et de devenir des amants tendres.

Le Kama-sutra, dans sa forme authentique, remet en question l’idée selon laquelle les femmes devraient se plier au désir masculin, et positionne au contraire leurs voix comme essentielles à toute rencontre significative. Il est important de retrouver cette perspective.

Lorsque les femmes sont encouragées à reconnaître et à exprimer leur autonomie sexuelle, le rapport de force s’inverse. Le consentement devient plus clair et plus réciproque, et l’intimité, à son tour, devient quelque chose que l’on savoure – et non plus que l’on subit.

The Conversation

Sharha ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Dans le Kama-sutra, le consentement est un principe fondamental – https://theconversation.com/dans-le-kama-sutra-le-consentement-est-un-principe-fondamental-283212

L’écoanxiété, un sentiment répandu chez les jeunes, mais dont la définition fait encore débat

Source: The Conversation – France (in French) – By Daniella Watson, Research fellow, Imperial College London

Comment décrire le trouble de la jeunesse face aux dérèglements environnementaux et climatiques ? Les termes d’« écoanxiété » et d’« anxiété climatique » sont les plus fréquemment utilisés, mais ils ne reflètent pas toute la complexité de la détresse émotionnelle, mentale ou physique ressentie par certaines personnes. Une nouvelle étude les remet en question.


« Écoanxiété » et « anxiété climatique » sont deux des termes les plus couramment utilisés pour décrire ce que ressentent les gens lorsqu’ils prennent conscience de la crise climatique.

Nous avons mené une analyse des articles universitaires publiés, notamment des articles de recherche originaux et des articles de synthèse, et avons obtenu des résultats surprenants sur la manière dont les jeunes âgés de 10 à 29 ans perçoivent réellement le réchauffement climatique, le changement climatique et leurs effets.

Même si vous avez peut-être déjà ressenti de l’anxiété climatique ou que vous en avez entendu parler, vous ne savez peut-être pas précisément ce dont il s’agit.

Or, les chercheurs ne s’accordent pas sur une définition commune. Dans les articles que nous avons examinés dans le cadre de notre étude, le terme écoanxiété a été décrit 41 fois et anxiété climatique 24 fois.

La principale divergence entre les différentes définitions de l’écoanxiété tient à la façon dont on la relie à l’anxiété. Certaines définitions présentent l’écoanxiété comme une extension de l’anxiété généralisée, ou comme présentant des caractéristiques comparables à celles des troubles anxieux. D’autres, en revanche, ne mentionnent pas du tout l’anxiété dans leur définition et utilisent plutôt des concepts tels que « préoccupation » ou « inquiétude », ce qui brouille les pistes conceptuelles.

Catastrophes « naturelles » contre catastrophes causées par l’humain : une myriade de définitions

Une autre divergence porte sur la question de savoir si ces définitions doivent uniquement concerner les changements liés au climat, ou également des changements environnementaux plus larges. Se pose également la question de savoir si les sentiments exprimés doivent uniquement se rapporter aux changements d’origine humaine.

Certaines définitions considèrent que ces termes décrivent des expériences liées à la prise de conscience des changements climatiques et écologiques, tandis que d’autres estiment que l’« éco-anxiété » et l’anxiété climatique sont uniquement vécues en réaction à des événements climatiques plus directs.

En réalité, tous ces phénomènes sont probablement réels. Nos recherches précédentes ont montré que les niveaux d’écoanxiété sont nettement plus élevés chez les jeunes Américains âgés de 16 à 24 ans qui déclarent être directement exposés à des risques liés au changement climatique.

Bien que les termes « écoanxiété » et « anxiété climatique » soient les plus couramment utilisés, notre étude a recensé au total 173 témoignages décrivant la manière dont les jeunes pensent, ressentent et réagissent à la prise de conscience de la crise climatique. On y retrouve, par exemple, la solastalgie, des symptômes de dépression, les troubles du sommeil, les difficultés financières ainsi que d’autres expériences non documentées dans la littérature scientifique.




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La prise de conscience climatique, fruit de l’interaction entre plusieurs concepts clés

Étant donné le nombre important d’expériences décrites, nous les avons classées en six catégories et sous-catégories interdépendantes, recensées dans le tableau ci-dessous.

Carte des concepts clés et des six catégories et sous-catégories concernant les expériences des jeunes en matière de prise de conscience climatique.
Daniella Watson, CC BY

Il est important de prendre en compte et d’intégrer l’ensemble des expériences vécues par les jeunes, au-delà de l’anxiété climatique. C’est notamment le cas pour ses répercussions sur la santé physique (comme le sommeil, l’activité physique et les habitudes alimentaires), les pratiques sociales et culturelles, ainsi que le bien-être en général.

De l’importance de comprendre les facteurs culturels et postcoloniaux

Dans nos recherches, nous collaborons avec des « experts par expérience » du monde entier afin de concevoir des recherches et des outils d’accompagnement qui reflètent véritablement la diversité des façons dont les gens appréhendent le changement climatique et en subissent les conséquences. La perception de la crise climatique étant façonnée par l’histoire, l’identité, le lieu et le pouvoir, il est essentiel que la recherche soit menée en collaboration avec des personnes dont la vie est directement touchée par ces dynamiques.

Un exemple illustrant comment l’expertise issue de l’expérience vécue a pu élargir le champ d’études nous est fourni par un contributeur qui a remis en question et approfondi les définitions existantes de l’écoanxiété. Il a ainsi expliqué :

« Je pense que nous percevons davantage [l’anxiété climatique] comme une blessure profonde, incarnée et intergénérationnelle, issue de la colonisation et de son héritage, et comme quelque chose de bien plus personnel. »

Or, nos recherches n’ont révélé aucune définition existante du changement climatique ou de l’écoanxiété qui tienne compte de l’impact de l’histoire coloniale sur la manière dont les individus vivent la détresse environnementale. En collaborant avec des experts issus de ces réalités vécues, nous avons approfondi et affiné notre compréhension dans ce domaine.

Un autre exemple de notre collaboration avec des experts issus de l’expérience vécue, où nous avons mené une évaluation conjointe de l’intervention menée par des jeunes dans le cadre du Projet Resilience, nous a incités à adopter une définition plus large de la résilience. Il ne s’agit pas simplement de « rebondir », mais de trouver un équilibre entre force, bienveillance et self care, afin que les jeunes puissent mener des actions en faveur du climat d’une manière véritablement protectrice et durable.

Au-delà des définitions

Dans l’ensemble, nos résultats montrent que les expériences des jeunes en matière de prise de conscience climatique sont bien plus complexes, variées et dépendantes du contexte culturel que ne le laissent entendre les termes « éco-anxiété » ou « anxiété climatique ».

Si ces termes se sont imposés dans les débats publics et universitaires, nos données révèlent un panorama bien plus vaste pour ce qui est des impacts émotionnels, sociaux, culturels et structurels. Ils vont du deuil intergénérationnel aux troubles du sommeil en passant par les difficultés financières, la solastalgie sans oublier de profondes réflexions sur la justice et les inégalités.

Or, l’absence de définitions claires et cohérentes nuit non seulement à la clarté scientifique, mais risque également de restreindre notre compréhension et l’accompagnement des jeunes qui évoluent dans un monde en mutation rapide.

Si les chercheurs, les praticiens et les décideurs politiques souhaitent mettre en place des interventions efficaces et créer des environnements favorables, ils doivent dépasser ce cadrage psychologique trop étroit et prendre en compte toute la diversité des réalités vécues par les individus.

Cela implique d’abord concevoir les études avec ces publics, ainsi que les mesures et les politiques à mettre en œuvre. Ensuite, il s’agit de reconnaître les forces structurelles et historiques qui façonnent l’anxiété climatique. Et enfin, de veiller à ce que le langage que nous utilisons reflète le monde tel que les gens le vivent réellement. Nous reconnaissons que les médias d’information et les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la formation de l’opinion publique, c’est pourquoi nous avons choisi d’écrire cet article et d’autres du même genre.


Le mécénat scientifique d’AXA fait désormais partie du Fonds Axa pour le Progrès humain, qui regroupe les engagements philanthropiques du Groupe et des mutuelles d’Assurances Axa dans les domaines de la science, de la nature, de la solidarité et de la culture. Avant 2025, ce mécénat scientifique global était assuré par le Fonds Axa pour la Recherche, qui a soutenu plus de 750 projets à travers le monde depuis sa création en 2007. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Fonds Axa pour le progrès humain.

The Conversation

Emma Lawrance a reçu des financements du Fonds de recherche AXA. Au moment où ces travaux ont été menés, Emma était directrice du Climate Cares Centre à l’Imperial College de Londres ; elle est aujourd’hui chercheuse spécialisée dans le changement climatique et la santé mentale à l’Université d’Oxford.

Daniella Watson ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’écoanxiété, un sentiment répandu chez les jeunes, mais dont la définition fait encore débat – https://theconversation.com/lecoanxiete-un-sentiment-repandu-chez-les-jeunes-mais-dont-la-definition-fait-encore-debat-283336

Quelles solutions pour stabiliser le réseau électrique aujourd’hui ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Damien Guilbert, Professor in Electrical Engineering, Université Le Havre Normandie

La France compte 106 000 kilomètres de lignes électriques aériennes à haute tension et près de 260 000 grands pylônes pour les soutenir. Fré Sonneveld/Unsplash, CC BY

Derrière l’apparente simplicité d’une prise électrique ou d’une borne de recharge se cache pourtant une machinerie complexe, dont l’équilibre doit être maintenu en permanence. L’enjeu est de taille : garantir un approvisionnement fiable tout en poursuivant les objectifs de décarbonation – la France vise une neutralité carbone à l’horizon 2050.


Le 28 avril 2025, l’Espagne et le Portugal ont connu des perturbations majeures de leur réseau électrique, entraînant une coupure de plusieurs dizaines d’heures de la fourniture d’électricité affectant des millions de personnes. La France, pourtant interconnectée avec la péninsule ibérique, a été très peu touchée grâce à l’activation de mécanismes de protection du réseau français. En isolant ainsi les systèmes électriques, ces dispositifs ont permis d’éviter la propagation des perturbations aux pays voisins.

Cet épisode n’est pas un incident isolé : il illustre les défis croissants auxquels sont confrontés les systèmes électriques modernes. Ceux-ci doivent aujourd’hui répondre à plusieurs transformations simultanées : l’essor des énergies renouvelables, l’électrification croissante des usages (transports, chauffage, industrie), l’augmentation des échanges transfrontaliers d’électricité, mais aussi le vieillissement de certaines infrastructures électriques. Cela nécessite un changement profond des infrastructures existantes, tout en développant de nouveaux modes de gestion du réseau électrique, afin d’assurer en permanence l’équilibre entre production et consommation.

La bonne nouvelle est que plusieurs solutions pour assurer la stabilité du réseau progressent rapidement. Batteries, hydrogène, pilotage numérique de la consommation ou encore onduleurs intelligents permettent de rendre les réseaux électriques plus robustes et plus flexibles.

Le défi consiste désormais à déployer ces technologies à grande échelle et de manière coordonnée afin d’intégrer davantage d’énergies renouvelables tout en assurant une alimentation électrique fiable.

Les fondements de la stabilité du réseau

Pour comprendre pourquoi un réseau électrique peut devenir instable, il faut se familiariser avec quelques concepts clés. Un réseau électrique fonctionne comme un vaste système synchronisé. Pour garantir un fonctionnement fiable, plusieurs grandeurs doivent rester dans des plages très précises.

La fréquence, par exemple, doit être maintenue autour de 50 Hz (c’est-à-dire 50 oscillations par seconde) en Europe. Elle reflète en temps réel l’équilibre entre production et consommation : si la demande dépasse l’offre, la fréquence baisse ; à l’inverse, elle augmente en cas de surplus. Des écarts trop importants peuvent endommager les équipements électriques ou provoquer la déconnexion des moyens de production de l’énergie électrique.

La tension, elle aussi, doit rester stable pour assurer le bon fonctionnement des appareils électriques (installations de production d’électricité, appareils de consommation électrique ou infrastructures de réseau). Par vulgarisation, elle peut être vue comme une force qui met en mouvement les électrons dans un réseau. À l’image de la pression dans une canalisation, elle permet au courant de circuler : sans différence de tension, aucun flux n’est possible. Des variations locales peuvent apparaître en raison de déséquilibres entre production et consommation, notamment dans des zones fortement équipées en production décentralisée – c’est-à-dire des installations produisant de l’électricité au plus près des consommateurs, comme les panneaux photovoltaïques installés sur des toits de particuliers ou de bâtiments.

Un autre élément clé est l’inertie du système. Historiquement, les grandes centrales thermiques ou nucléaires, équipées de turbines lourdes, stabilisaient naturellement la fréquence grâce à leur inertie mécanique. En revanche, les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque) connectées via des « onduleurs » apportent beaucoup moins d’inertie, ce qui rend le réseau plus sensible aux perturbations et aux variations rapides de production ou de consommation.

Enfin, la congestion du réseau survient lorsque certaines lignes électriques atteignent leur capacité maximale. Avec le développement rapide des énergies renouvelables et l’électrification croissante des usages, les flux d’électricité sur les réseaux évoluent fortement et deviennent plus variables. Ces nouvelles configurations, associées à une production souvent décentralisée et à des évolutions plus lentes des infrastructures de transport et de distribution, rendent ces contraintes de congestion plus fréquentes.

Principe de l’équilibre entre l’offre et la demande pour garantir la stabilité du réseau électrique.
Damien Guilbert, Fourni par l’auteur

Une transition qui complexifie l’équilibre

La transition énergétique repose sur une électrification accrue des usages et sur une production plus décentralisée et variable, qui rendent toutes les deux le pilotage du réseau plus complexe.

Contrairement aux centrales traditionnelles de production d’électricité, les énergies renouvelables ne sont pas pilotables à volonté : elles dépendent des conditions météorologiques. Cette variabilité introduit des fluctuations rapides et parfois imprévisibles dans le système.

Par ailleurs, l’essor de millions de petites unités de production (comme les panneaux solaires installés sur les toits) transforme profondément le réseau électrique, qui avait été historiquement conçu pour faire circuler l’électricité dans un seul sens, des grandes centrales vers les consommateurs.

Mais ce changement ne concerne pas seulement la production. La manière de consommer l’électricité évolue aussi fortement comme les véhicules électriques en pleine expansion. L’électricité est utilisée de plus en plus massivement et de façon parfois plus variable au cours de la journée.

En d’autres termes, le défi n’est donc pas uniquement lié à la production, mais à l’équilibre permanent entre une offre plus fluctuante et une demande qui augmente et se transforme. C’est cet équilibre global qui rend aujourd’hui la gestion du réseau électrique plus complexe.

Les solutions émergentes

Face à ces défis, de nombreuses solutions technologiques et organisationnelles sont en cours de développement.

Le stockage de l’énergie joue un rôle central. Par exemple, les batteries permettent de répondre rapidement aux fluctuations de court terme, en injectant ou en absorbant de l’électricité en quelques secondes. Elles sont particulièrement utiles pour stabiliser la fréquence, donc l’équilibre entre la demande et l’offre.

Rôle du stockage de l’énergie et des solutions émergentes pour une meilleure gestion de la flexibilité et de la stabilité du réseau électrique.
Damien Guilbert, Fourni par l’auteur

Plusieurs technologies répondent à différents besoins : les batteries lithium-ion, très répandues, offrent une forte densité énergétique et une réponse rapide ; les batteries au lithium-fer-phosphate sont plus sûres et durables, idéales pour un usage longue durée ; les batteries au plomb-acide, plus anciennes, restent robustes et économiques pour certaines applications stationnaires. D’autres solutions émergentes, comme les batteries à flux redox, permettent de stocker de grandes quantités d’énergie pendant plusieurs heures ou jours, tandis que les batteries sodium-ion promettent une alternative moins coûteuse et plus écologique aux batteries lithium-ion.

À plus long terme, l’hydrogène offre des perspectives intéressantes. Il peut être produit à partir d’électricité excédentaire grâce à l’électrolyse de l’eau, puis stocké pour être reconverti en électricité via une pile à combustible lorsque le réseau en a besoin. Bien que cette chaîne de conversion soit moins efficace que celle des batteries et consomme davantage d’énergie, l’hydrogène permet de gérer des déséquilibres sur des périodes plus longues, par exemple lorsque le soleil ou le vent ne produisent pas suffisamment d’électricité pendant plusieurs heures ou plusieurs jours.

La flexibilité de la demande constitue un autre levier prometteur. Grâce aux technologies numériques (internet des objets (IoT), compteurs intelligents, plates-formes de gestion de l’énergie), certains usages électriques peuvent être décalés dans le temps pour s’adapter à la disponibilité de l’électricité. Par exemple, la recharge des véhicules électriques ou le fonctionnement de certains procédés industriels peuvent être optimisés en fonction des conditions du réseau.

Enfin, le développement des onduleurs intelligents permet d’intégrer davantage d’énergies renouvelables tout en maintenant la stabilité. Dans le mode « grid-following », ces onduleurs synchronisent leur production avec la fréquence et la tension existantes du réseau, ce qui évite de perturber l’équilibre et rend le système plus résilient. Des modes plus avancés, comme le « grid-forming », permettent même à certains onduleurs de créer et stabiliser eux-mêmes la fréquence du réseau, ce qui est particulièrement utile pour les microréseaux ou les zones très décentralisées.

The Conversation

Damien Guilbert a reçu des financements de l’agence nationale de la recherche (ANR) et de la région Normandie.

ref. Quelles solutions pour stabiliser le réseau électrique aujourd’hui ? – https://theconversation.com/quelles-solutions-pour-stabiliser-le-reseau-electrique-aujourdhui-281175

Why brain health is an urgent priority for G7 member countries

Source: The Conversation – Canada – By Guy Rouleau, Professor in the Department of Neurology and Neurosurgery, McGill University

Housed within a bony skull, the human brain remains, in large part, a mystery to all of us in the medical community.

Structurally complex with a challenging anatomy, the brain is believed to comprise more than 3,000 different types of cells, whereas most tissues have no more than a dozen. It is dynamic, reacting to the environment and changing over time. It is also difficult to access, and rarely biopsied.

And yet the brain is the essence of who and what we are. The brain allows us to think, communicate, interact with others, perceive, move and experience the world.

To flourish, our societies and economies depend in large part on our brains’ ability to function optimally. Given our aging populations and declining birth rates, we are facing a perfect storm — fewer children and more elderly citizens — underscoring the vital need to optimize brain health for every citizen.

The June 2026 meeting of the Group of Seven (G7) countries in Evian, France is an opportunity to make brain health a top priority.

An aging population

There are many factors influencing brain health over a human lifetime. For instance, some children are born with neurodevelopmental abnormalities such as intellectual disability, autism spectrum disorder and learning disabilities.

Some children experience sub-optimal environmental conditions, such as poor pre-natal care, inadequate nutrition and abuse, which can reduce the young brain’s ability to achieve peak levels of performance and predispose them to mental health challenges.

These children may end up with fewer opportunities to live happy and fulfilling lives, and may be less able to contribute to our society’s success.

Elderly man walks arm-in-arm with an elderly woman using a walker.
Our aging society requires a renewed focus on brain health.
(Unsplash)

At the other end of the spectrum, our aging population is subject to a variety of age-related neurodegenerative diseases, which cause suffering. Alzheimer’s, Parkinson’s, amyotrophic lateral sclerosis (ALS) and other dementing illnesses are increasing in frequency in G7 countries, leading also to rising health-care costs.




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When everyday tasks become harder: Early clues to Alzheimer’s disease


Health-promoting interventions

As a society, we must make significant efforts to improve brain health. Two strategies can help us achieve this goal.

First, we need to vigorously adopt evidence-based interventions that have been scientifically tested and demonstrated to work in improving brain health. For children, these include improved prenatal care, sensory stimulation, active social interaction, improved nutrition, exercise and prevention of traumatic brain injury.

Children walk outdoors.
Research shows that children can boost their brain health by exercising and playing outdoors.
(Unsplash)

For adults, these interventions include reducing vascular risk factors such as hypertension, high cholesterol, diabetes, obesity and smoking. In addition, they include improved nutrition, increased physical activity, healthy sleep and increased social interaction.

These known interventions must be endorsed and promoted by governments. We have seen, for example, the dramatic success of anti-smoking interventions in countries like Canada to reduce the incidence of emphysema and lung cancer. We’ve also seen the impact of delayed government intervention and cultural attachment to tobacco on the rates of smoking in countries like France.

Funding for brain research

While there are many validated interventions to improve brain health, they are generally poorly taken up. Even if they were adopted by everyone, they would still fall significantly short of what’s needed to reduce neurodevelopmental and neurodegenerative diseases. The second strategy is to develop new interventions to improve brain health.

To make this possible, we need targeted and sustained funding for brain research across the world — especially in the G7 countries, who have aging populations and the infrastructure and financial ability to invest in brain health research.

Genomics, proteomics, single cell biology, advanced brain imaging, artificial intelligence, induced pluripotent stem cells (iPSCs) and new animal models must all be used to further our understanding of how the brain develops, functions and degenerates.

Open science research model

The great complexity of the brain and the challenges associated with its study will require large collaborative teams of scientists to work together. That’s why it’s essential that we adopt an open science research model so that data, algorithms and materials can be rapidly and freely shared, while preserving confidentiality and sovereignty.

For example, to best harness the power of AI, large high-quality data sets need to be made freely available.

For all these reasons, the science academies of the G7 countries recommend that G7 leaders adopt brain health as a priority for all members. By doing so, they would improve individual lives and contribute to the betterment of our societies.

The Conversation

Guy Rouleau receives funding from CIHR and ALS Canada for research on ALS.

ref. Why brain health is an urgent priority for G7 member countries – https://theconversation.com/why-brain-health-is-an-urgent-priority-for-g7-member-countries-282213

As corporations race for the stars, we need international collaboration on space governance

Source: The Conversation – Canada – By Peter Brown, Professor in Physics and Astronomy, Western University

A satellite burns up as it travels through Earth’s atmosphere. Several of these large satellite re-entries now occur every day. (European Space Agency/David Ducross), CC BY-SA

The science academies of G7 member countries have identified international space governance as a pressing issue for the G7 Leaders’ Summit, to be held from June 15-17 in Evian, France.

The explosive growth of large satellite constellations over the last decade offers great promise for near-universal access to broadband internet. But this growth comes with risks that are not yet fully understood.

These include contamination of the night sky, disruption of astronomy research, increasing risk of satellite collisions and hazards from large numbers of satellites falling back to Earth.




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A million new SpaceX satellites will destroy the night sky — for everyone on Earth


Our understanding of the human impact on the near-Earth space environment is at a similar stage to our understanding of climate change back in the 1990s. We know that increased human activity is causing large disruptions to the space environment, but whether a tipping point is soon to be reached is not yet clear.

In this context, one of the most significant recommendations for G7 member states is to establish an intergovernmental panel on space sustainability (IPSS).

Impacts on atmospheric chemistry

Research and understanding of human impacts in space is still at a very early stage. For example, we don’t really know when some orbital altitudes will become so overpopulated with space debris that they reach operational capacity.

Scientists have also recently recognized that the increased global rocket-launch rate — with more than one rocket now being launched every day — may lead to a reversal in the recovery of the ozone layer.

Similarly, we are aware that satellites burning up as they fall back to the Earth’s atmosphere will have significant effects on the chemistry in the upper atmosphere. We know there are now several of these large satellite re-entries occurring every day, but the full effects of this are not clear.

Messy space governance

Several scientific bodies now advise on policy in different areas of space sustainability. One is the Inter-Agency Space Debris Coordination Committee, which focuses on space debris degradation of the environment.

Another is the International Astronomical Union Centre for the Protection of the Dark and Quiet Sky, which co-ordinates efforts to reduce the impact of satellites on optical and radio astronomy.

A dark night sky filled with stars and the pink and blue coloured and butterfly-shaped 'Butterfly Nebula.'
An image of NGC 6302, known as the ‘Butterfly Nebula,’ taken using the Hubble Space Telescope. The telescope is increasingly impacted by satellite constellations in low-Earth orbit.
(NASA)

But no single body exists to provide comprehensive policy input to governments for policy and regulatory decisions. The situation is similar to that in climate change research, when the early Advisory Group on Greenhouse Gases (AGGG), formed in the 1980s, transitioned to the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC).

We urgently need an intergovernmental panel on space sustainability (IPSS).

Ten years ago, the number of active satellites in low-Earth orbit numbered almost 2,000; today, it’s close to 20,000. In recent years, governments and corporations have announced plans for up to a million more.

Defining global thresholds

How could this IPSS be structured, to approach space governance in a similar way to how the IPCC approached the climate change problem?

A primary goal should be to define global thresholds for sustainability. Much like the 1.5 C limit in climate science, the panel should identify thresholds beyond which specific orbital altitudes have reached carrying capacity.

Like the IPCC, an IPSS should include several working groups to provide transparent and accessible summaries of scientific results for policy makers.

One should focus on the physical science of the orbital environment. This means the state of low-Earth orbit as a finite resource — including estimates of space debris and collision growth, effects of space weather and models of sustainable future launch traffic.

A satellite, breaking into fragments, with the Earth behind.
A satellite breaks up in orbit.
(ESA/ID&Sense/ONiRiXEL), CC BY-SA

Another working group should centre on the environmental and societal impacts of large satellite constellations. This would assess stratospheric ozone depletion caused by rocket launch emissions, the effects of higher satellite re-entry rates, changes to atmospheric chemistry and increased casualty risks. It would also quantify their impact on ground-based astronomy.

Finally a working group on mitigation and policy could set the stage for clear international standards for post-mission satellite disposal, active debris removal and new licensing requirements that account for a constellation’s “system-wide” rather than “per-satellite” risk.

Space traffic footprints

A useful addition to the IPSS would be a Task Force on Space Traffic Footprints. Modelled after the IPCC’s Task Force on National Greenhouse Gas Inventories, this body would develop standardized methodologies for states to report their “space traffic footprint” — the burden their space objects pose to the safety and sustainability of the low-Earth orbit environment.

Similar to the IPCC’s role in vetting climate models, the IPSS needs to provide independent assessment of claims regarding satellite demisability — the way satellites are safely decommissioned and de-orbited. This should evaluate how successful de-orbiting technologies are and how well we can track satellites and estimate their location uncertainties.

By creating a co-ordinated international approach now, the IPSS will help balance the enormous promise of commercial activity in space with the environmental risks — just as the IPCC has done with Earth’s changing climate from human activities.

The Conversation

Peter Brown receives funding from the Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada, the United Sstates National Aeronautics and Space Administration, the European Space Agency, Natural Resources Canada and Defence Research and Development Canada

ref. As corporations race for the stars, we need international collaboration on space governance – https://theconversation.com/as-corporations-race-for-the-stars-we-need-international-collaboration-on-space-governance-282214

Tout (ou presque) ce qui se cache dans une boîte de sardines

Source: The Conversation – in French – By François Lévêque, Professeur d’économie, Mines Paris – PSL

Tout le monde a une boîte de sardines dans un placard. Pas sûr qu’avant de l’acheter on ait pourtant pris le temps de lire et de décrypter ce qui était écrit dessus. C’est beaucoup plus long que de l’ouvrir. Et, de toute façon, on sait que la sardine en boîte est bonne pour la santé, pas chère du tout et bien pratique. Une analyse garantie 100 % sans Patrick Sébastien dedans.


Lors de votre prochain achat de sardines en conserve, prêtez quand même attention à l’étiquette. Cela vous évitera de manger des sardines préalablement congelées, baignées dans des huiles médiocres ou issues d’une pêche irresponsable.

Un article pour découvrir l’économie de la sardine, et acheter malin. En bonus, ma recette préférée de pâté de sardines.

Une lutte commerciale

La sardine est un joli petit poisson : corps fuselé, flancs argentés, dos sombre et ventre blanc. Elle est facile à reconnaître chez le poissonnier. Dommage finalement qu’elle ait perdu sa tête et sa queue pour être mise en boîte. Si seul le mot « sardines » est inscrit dessus, il s’agit forcément d’une Sardina Pilchardus, la sardine commune pêchée sur les côtes de l’Atlantique et dans les eaux de la Méditerranée. Si le poisson provient du Pérou, la face de la boîte mentionnera en sous-titre Sardinops Sagax, le nom d’une cousine du Pacifique.

Cet étiquetage différencié entre nos sardines et celles des mers lointaines résulte d’une bataille économico-juridique tranchée par les juges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), il y a déjà plus de vingt ans ; le monde d’avant en somme : celui de la mondialisation des échanges et de l’application du droit international. D’un côté, la Commission européenne qui autorisait la seule Sardina pilchardus à bénéficier de l’appellation de « sardine ». De l’autre, le Pérou, dont l’industrie de la pêche et de la conserve tenait à vendre en Europe ses sardines en boîte comme… des sardines en boîte.


Fourni par l’auteur

Risque de confusion

La Commission, soupçonnée d’ériger une entrave à l’importation sous prétexte de protéger les consommateurs d’un risque de confusion, a perdu l’affaire. Pas complètement quand même puisque l’étiquetage réglementaire maintient un statut à part pour notre sardine commune. Il n’est toutefois pas certain que cette distinction ait produit un quelconque effet sur les consommateurs. Le nom latin des sardines exotiques écrit en petit fait penser aux notes de bas de page que presque personne ne lit.

L’Union européenne impose également aux boîtes de sardines son estampille sanitaire des produits animaux. Elle est reconnaissable à sa forme de pastille ovale. Elle mérite d’être patiemment recherchée sur les côtés de la boîte car elle garantit le respect des normes et l’indication géographique de la conserverie. Si vous ne la trouvez pas, même muni d’une loupe, c’est que les sardines ont été mises en boîte hors des frontières de l’Europe. Sinon FR signalera une transformation en France, ES en Espagne, PT au Portugal. Et HR pour… Hrvatska, la Croatie (vous le saviez peut-être, moi non). À la suite de ces deux lettres apparaît une série de chiffres qui sert de plaque d’immatriculation de chaque conserverie. Elle permet de remonter à l’origine de la mise en boîte, une trace utile en cas de problème de sécurité alimentaire.

Une internationale marocaine

La sardine fraîche voyage peu ; congelée ou en boîte, elle saute les frontières et ne craint alors aucune distance. Le Maroc en sait quelque chose puisqu’il occupe de loin la première place au monde. Les chiffres calculés pour l’année 2022 sont impressionnants tant pour la capture (64 % des pêches de sardines de la planète) que pour les marchés d’exportation de la sardine congelée et de la sardine en conserve (respectivement 69 % et 79 % de parts de marché)

Pour manger des sardines marocaines fraîches, il faudra se rendre au Maroc ou tout près. Pour celles vendues en boîte, vous les retrouverez dans toute l’Afrique et aussi en Europe. Ce sont les moins chères.

Pour les sardines congelées, ne pensez pas à Picard. Elles sont achetées principalement par des conserveries lointaines : du Brésil et d’Afrique du Sud, notamment. Elles fournissent aussi des clients plus proches, en Turquie et en Espagne par exemple. Pour les conserveries européennes historiquement spécialisées dans la mise en boîte de sardines fraîches, l’approvisionnement en congelé permet de faire tourner les usines quand les captures locales deviennent insuffisantes.

Embargo sur la sardine

Mais depuis le 1er février, le Maroc a suspendu ses exportations de sardines congelées. La chute des prises dans les eaux « sur-pêchées » du royaume en est la cause immédiate. Rabat veut rediriger une partie des exportations vers le marché national dans le but de satisfaire la demande intérieure et de contenir la hausse des prix de la sardine, une source de mécontentement de la population.

La décision du gouvernement marocain s’explique aussi par une raison plus profonde. La logique du développement économique et industriel veut que les pays émergents exportateurs de ressources naturelles intègrent progressivement les activités en aval de semi-transformation et de transformation finale. Elles procurent plus de revenus et d’emplois que la simple exploitation. L’intérêt du Maroc est d’exporter ses sardines en boîte plutôt que congelées. Pour les conserveries très dépendantes de cet approvisionnement, comme celles de l’Espagne, l’interdiction marocaine n’est évidemment pas une bonne nouvelle.

L’indication manquante

Pour les consommateurs, la congélation reste inaperçue. Aucune indication n’est portée sur la boîte. À défaut, un prix bas peut fournir un indice. Idem si la chair est molle et friable, mais cette texture peut aussi provenir de la cuisson ou du vieillissement. Pour éviter d’acheter des sardines qui auraient été congelées, les seuls recours sont une étiquette label rouge ou des mentions marketing du type « Préparées à partir de sardines fraîches ».

Mais dans ce dernier cas, le consommateur peut aussi penser que cette information est purement gratuite. Il ne sait pas qu’il aurait pu en être autrement, comme moi d’ailleurs avant d’étudier la question. J’ignorais également que 60 % des sardines mises en boîte en France avaient été préalablement conservées à – 18 °C avant d’être cuites dans les conserveries.

Réserves d’oméga-3

D’un autre côté, cette information n’est pas absolument cruciale. La congélation n’altère ni le goût ni a qualité nutritionnelle de la sardine en boîte à l’exception d’une perte modérée de certaines vitamines. Rappelons à ce propos les bienfaits de ce petit poisson. Il contient de bons acides gras, les fameux oméga-3 dont parlent tous les magazines et les livres de diététique, des oligo-éléments très prisés comme le sélénium, des vitamines (B 12 notamment) et plein de protéines et de minéraux comme le calcium. L’essentiel de ces informations diététiques apparaissent sur la boîte sous l’étiquetage obligatoire des valeurs nutritionnelles.

Si vous êtes soucieux de manger sain, lisez aussi la liste, également obligatoire, des ingrédients. Évitez celles qui mentionnent les huiles d’arachide ou de tournesol, toutes deux très riches en oméga-6, ce qui déséquilibre l’apport en oméga-3 des sardines. L’intérêt de les acheter pour leur contenu en bon gras devient alors bien mince. Préférez l’huile d’olive vierge. Ou même l’eau. Rien de plus allégé que la sardine dite au naturel.

Responsable mais pas forcément soutenable

Certaines boîtes portent la mention « pêche responsable » sur leur face. Le terme recouvre toute une série d’engagements. Ils concernent aussi bien des exigences sociales, de qualité et de transparence que des exigences en matière d’environnement. Par exemple, les conserves de la marque bretonne Phare d’Eckmühl ne respectent pas moins d’une quarantaine de critères.

Si vous achetez des sardines issues de pêche responsable sachez alors qu’elles ont été capturées près des côtes, de façon sélective et sans dommage pour les fonds marins. C’est toute une pêche particulière avec un filet spécial qui va entourer le banc de poisson et relever la prise comme dans une sorte de baluchon. Si vous jouez au Scrabble, retenez que ce filet porte le nom de « bolinche », ça peut servir.

Rien n’assure que le poisson de pêche responsable appartienne à une population exploitée de façon équilibrée. Le stock de sardines du golfe de Gascogne où croisent les bolincheurs est, depuis 2019, évalué comme surpêché. Pour manger du poisson de pêche soutenable, il faut se fier à la mention « Pêche durable », un label décerné par un organisme international non lucratif, le Marine Stewardship Council (MSC).

De plus en plus maigres

L’Association des bolincheurs de Bretagne a bénéficié un temps de cette certification. Elle a été suspendue quand l’effort de pêche à la sardine dans le golfe a été estimé trop élevé au regard de l’évolution de la ressource. La perte du label ne s’est cependant pas traduite par des effets dommageables pour les pêcheurs et les conserveries concernées, sauf pour l’exportation. Contrairement aux pays anglo-saxons, la plupart des consommateurs de l’Hexagone ne connaissent pas le logo MSC tandis que les consommateurs avertis ne lui accordent pas une grande crédibilité. La certification MSC fait en effet l’objet de vigoureuses critiques : conflit d’intérêt, tolérance de techniques de pêche discutables, certifications accordées à des stocks contestés, etc.

Contrairement à d’autres espèces marines, la sardine n’est pas menacée de disparition, mais elle s’amaigrit. Le taux de matière grasse qui est mesuré par les conserveurs a diminué de 40 % en quinze ans, soit une baisse de qualité nutritionnelle. Sur la même période, le poids individuel moyen de la sardine a été divisé par deux. Plus petites, les sardines doivent être plus nombreuses pour remplir la boîte. Ce qui nécessite plus de temps de travail de préparation et de mise en conserve, et en augmente ainsi le coût et, finalement, le prix.

À quoi tient principalement cette évolution ? Petit quiz :

A) À la surpêche qui capturerait des individus toujours plus jeunes,

B) À la multiplication des prédateurs naturels de la sardine comme les fous de Bassan ou les merlus,

C) Au changement climatique.

Bonne réponse : C

Moins d’oxygène

Eh oui, encore une fois, le réchauffement climatique se rappelle à nous. La température de la mer augmentant, elle offre moins d’oxygène dissous, ce qui entraîne des besoins énergétiques plus élevés, ce qui favorise les petits poissons. Mais surtout la chaleur entraîne aussi une diminution de la taille des organismes planctoniques dont se nourrissent les sardines. Cette diminution implique une nage plus soutenue et plus longue des sardines pour se nourrir, donc encore une fois une plus grande dépense d’énergie, donc une moindre croissance. Ce lien entre taille des sardines et taille de leur nourriture a même été prouvé expérimentalement en bassin par des chercheurs de l’Ifremer.

Plus modestement, nous avons cherché à établir le lien entre les informations indiquées sur les boîtes et les aspects économiques, sanitaires et environnementaux de la pêche et de la conservation de la sardine. Ce décryptage long et fastidieux mérite de se terminer par une note d’humour potache.

Comme annoncé dans l’introduction, ma recette préférée est celle du pâté de sardines. Elle calque celle de Pierre Desproges : « Écrasez deux boîtes de sardines (après avoir enlevé les boîtes et les arêtes centrales) avec 150 g de beurre salé vendéen (les sardines sont habituées). » L’humoriste ajoute ketchup, estragon, ciboulette, piment, fenouil et une cuillerée à café de pastis.

Pour ma part, je verse aussi quelques gouttes de garum, cette sorte de nuoc mam élaboré principalement à partir de sardines salées et fermentées et dont beaucoup comme moi ont découvert l’existence en lisant Astérix en Lusitanie. C’était bien avant de savoir conserver des sardines dans des boîtes en fer blanc.

The Conversation

François Lévêque ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Tout (ou presque) ce qui se cache dans une boîte de sardines – https://theconversation.com/tout-ou-presque-ce-qui-se-cache-dans-une-boite-de-sardines-282651

Qui est le rat pygmée de rizière à longue queue, vecteur du hantavirus Andes ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Christiane Denys, Professeure Emerite du Museum, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Dessin du rat pygmée de rizière à queue longue (_Oligoryzomys longicaudatus_) dans _The Zoology of the Voyage of H.M.S. Beagle Under the Command of Captain Fitzroy, R.N., during the Years 1832 to 1836_, Vol. 2, Bell, Thomas ; Darwin, Charles ; Gould, Elizabeth ; Gould, John ; Owen, Richard ; Waterhouse, G. R., 1838-1839.

Le rat pygmée de rizière à longue queue, Oligoryzomys longicaudatus, est un réservoir naturel du hantavirus. Et en particulier de la souche Andes, soupçonnée d’être responsable du décès de plusieurs passagers d’un bateau de croisière. Ce rongeur endémique d’Amérique du Sud est longtemps resté mal connu, mais les études d’écologie menée depuis 1995, date du premier cas d’infection humaine à hantavirus, permettent de tracer son portrait-robot et les conditions qui favorisent sa transmission à l’humain.


Le rat pygmée de rizière à longue queue Oligoryzomys longicaudatus est exclusivement sud-américain. Il vit en Argentine et au Chili et peut transmettre aux humains le hantavirus Andes (ANDV), transmissible d’humain à humain, en cas d’inhalation d’aérosols de ses urines, de ses fèces ou de ses sécrétions. Il est le principal réservoir animal de ce virus propulsé sur les devants de la scène depuis la mort de plusieurs passagers du bateau de croisière Hondius.

Sa description originale date de 1832. Le naturaliste britannique Edward Turner Bennett le dépeint, depuis la région de Valparaiso au Chili, comme ayant une longue queue écailleuse à poils courts, une fourrure douce brun-jaune sur le dessus, des lèvres blanches, une longue moustache noire et argent et des oreilles rondes. À cette époque, il en fait une espèce de souris (Mus longicaudatus).

Ce n’est qu’en 1894 qu’il sera finalement intégré dans le genre Oryzomys puis en 1900 sous le genre Oligoryzomys par l’ornithologue états-unien Outram Bangs. Malgré son nom, l’animal n’est ni particulièrement petit (ce que laisse supposer le préfixe oligo), ni résident des rizières (comme le signifie pourtant l’étymologie d’oryzomys).

Connu depuis 1995, date de la découverte du premier cas d’infection humaine à hantavirus, le hantavirus Andes est un problème de santé publique récurrent au Chili et en Argentine, ce qui a suscité plusieurs études d’écologie sur ce rongeur resté jusqu’à présent mal connu. Celles-ci livrent quelques clés pour comprendre ce qui favorise la circulation du virus chez le rongeur et sa transmission à l’humain.

Le « colilargo », un rongeur tout terrain et opportuniste

Au Chili, on le surnomme « raton colilargo » (rat à longue queue). Il fait partie de la famille des Cricetidae qui comprend les hamsters, les campagnols, les lemmings ainsi que les rats et les souris du « Nouveau Monde ». C’est la deuxième famille la plus diversifiée des rongeurs après celle des Muridae (rats et souris d’Europe).

Au sein des Cricétidés, le genre Oligoryzomys appartient au groupe (tribu) des Oryzomyini, qui comprend 141 espèces de rongeurs distribués en Amérique du Nord et du Sud. Le genre Oligoryzomys se rencontre exclusivement en Amérique centrale et australe, du Mexique à la Patagonie. Le nombre d’espèces connues est passé de 21 espèces en 2017 à 25 à l’heure actuelle.

Une espèce voisine a d’ailleurs été décrite en 2021 et une autre en 2024, ce qui n’a toutefois pas changé le statut du rat pygmée des rizières à longue queue. Ce dernier reste décrit comme génétiquement homogène sur toute son aire de distribution.

Malgré son nom, il s’agit de la plus grande espèce du genre. En effet, le corps d’un rat pygmée des rizières à longue queue adulte peut mesurer de 9  cm à 12 cm, auxquels il faut ajouter une queue de 11 cm à 13 cm pour un poids variant de 33 g à 50 g. C’est plus que la souris domestique (de 15 g à 20 g) mais moins que le rat brun de nos villes européennes (de 100 g à 500 g).

Le Nothofagus pumilio, appelé « hêtre de la Terre de Feu », est un arbre emblématique des forêts andio-patagoniques du Sud du Chili et de l’Argentine.

Sa dénomination est même doublement trompeuse, car il ne vit pas dans les rizières, mais fréquente les forêts tempérées patagoniennes de Nothofagus (arbre à feuilles caduques ou pérennes pouvant atteindre 30 m de hauteur, encore appelé « faux-hêtre » ou « hêtre austral », présent dans l’hémisphère Sud) et de bambous, où il est le rongeur le plus abondant.

Cependant, il semble également capable de vivre dans les steppes herbeuses à buissons des toundras de Patagonie ainsi que dans les bordures de champs cultivés et les pâtures, buissons des zones péridomestiques en Argentine. Il n’a jamais été capturé dans les maisons. Il peut vivre du niveau de la mer jusqu’à 2 000 m d’altitude, mais n’est jamais loin d’un cours d’eau car il ne peut s’en passer.

L’écologie de ce rongeur a été étudiée dans les années 1980 par Oliver Pearson, mais depuis la découverte en 1995 du hantavirus Andes dont ce rat est porteur, les études se sont multipliées. On sait que ce rongeur est nocturne et terrestre, mais il peut parfois grimper jusqu’à 3 m de haut dans les arbres. C’est un opportuniste qui a été décrit comme omnivore avec un régime alimentaire présentant souvent une dominance de graines, de fleurs ou de fruits. Il consomme cependant aussi, de manière variable, de l’herbe, des insectes, des vers ou des champignons.

Des périodes de prolifération appelées « ratadas » lors de la floraison des bambous

On lui connaît des augmentations brutales de population liées à la floraison cyclique synchronisée, tous les douze à quatorze ans, de bambous dont il consomme les graines. Ces épisodes se produisent également après des épisodes de grande pluviosité et des étés chauds, en lien avec le phénomène climatique d’El Niño.

Ces augmentations de population sont appelées « ratadas » par les populations locales. Lors de ces épisodes, on peut dénombrer jusqu’à 100 individus par hectare, contre 5,7 individus par hectare en moyenne en temps normal.

Au contraire, lors d’épisodes de sécheresse (favorisés notamment par des épisodes climatiques de La Niña), ses populations peuvent disparaître localement ou subsister dans les buissons de bords de rivière, car l’espèce ne résiste pas à la privation d’eau.

La durée de vie du rat pygmée de rizière à longue queue a été estimée à un an à l’état sauvage. La reproduction de ce rongeur peut avoir lieu toute l’année quand les conditions sont favorables, mais on observe un pic de naissances au printemps et en été. Les femelles peuvent avoir entre cinq et sept petits en moyenne, après une gestation de vingt-trois jours, et ce, trois ou quatre fois par an.




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La compétition entre mâles responsable de la circulation du virus

En Argentine, les femelles ont des territoires variant de 200 à 3 400 mètres carrés (m²), alors que ceux des mâles, plus grands en moyenne, peuvent couvrir jusqu’à 9 000 m².

Lorsque la population augmente, la compétition entre les mâles pour l’accès aux femelles augmente elle aussi. Une étude a montré que 40 % des mâles seulement arrivaient à s’accoupler. Les territoires des mâles ne se recoupent pas, et de nombreux mâles portent des cicatrices et des blessures témoignant de combats violents entre eux, surtout lorsque les densités de population sont élevées.

Ce serait cette compétition entre mâles qui serait responsable du maintien du hantavirus Andes dans la population de rats, car ces derniers s’infecteraient lors du toilettage et par les morsures. En outre, les mâles non reproducteurs se dispersent pour gagner des territoires plus éloignés.

Au Chili, une étude virologique a montré que 8 % des rongeurs sont positifs au hantavirus Andes, avec un maximum en hiver et au printemps. Elle a également conclu que les rongeurs mâles avec des cicatrices étaient dix fois plus infectés que les autres mâles et que les femelles adultes, ce qui rejoint les résultats des autres recherches sur le rongeur menées en Argentine.

Toutes ces caractéristiques particulières font du rat pygmée de rizière à longue queue un modèle pour la connaissance de la transmission du virus des Andes à l’être humain. On sait que le contact avec les aérosols d’urine de fèces ou des sécrétions de mucus sont en cause.

En Argentine, des cas de hantavirus corrélés avec les épisodes de pullulation du rongeur

La transmission interhumaine spécifique à ce virus est un peu moins bien connue.
Les fermiers et les forestiers ont été identifiés comme groupes à risque. Il a été montré que, dans les forêts de pin plantées par l’être humain, certains rongeurs rencontrés étaient positifs au virus, mais en moindre quantité que dans les forêts natives. La probabilité de trouver un rongeur positif au virus est ainsi deux fois supérieure dans les zones péridomestiques (greniers, jardins potagers, poulaillers, étables en planches, briques, ciment…) que dans la pinède voisine.

Dans la région de Buenos Aires, en Argentine, l’étude de la distribution des cas de syndrome respiratoire pulmonaire provoqué par le virus chez l’humain (syndrome pulmonaire à hantavirus, ou HPS de son acronyme anglais) entre 1998 et 2001 a montré une forte saisonnalité et surtout une corrélation avec les conditions écologiques. Les périodes de pullulation du rongeur pourraient ainsi favoriser les contacts avec l’être humain et la transmission interespèce du virus.

Présent en Argentine et au Chili depuis le Pléistocène (soit il y a environ deux millions d’années), le rat pygmée de rizière à longue queue a coévolué avec les forêts natives d’Amérique du Sud et le cortège des autres rongeurs qui en sont endémiques. Il faut d’ailleurs noter que le rongeur ne fait ici que s’adapter aux changements climatiques causés par l’humain, de la transformation des paysages à la fragmentation des forêts.

Mais l’augmentation du tourisme, de la fréquence des feux de forêt, des évènements El Niño ou La Niña et leurs conséquences sur la faune et la flore du bétail en pâture ou encore des interactions avec les espèces invasives sont autant d’inconnues pour l’avenir. Et cela, aussi bien pour le futur de cette espèce que pour la souche de hantavirus transmissible à l’humain qu’elle héberge.

The Conversation

Christiane Denys ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Qui est le rat pygmée de rizière à longue queue, vecteur du hantavirus Andes ? – https://theconversation.com/qui-est-le-rat-pygmee-de-riziere-a-longue-queue-vecteur-du-hantavirus-andes-283172

How employers can support workers when they take medical leave

Source: The Conversation – USA (2) – By Liza Barnes, Assistant Professor of Management, Drexel University

Sometimes you can’t plan ahead before taking medical leave. Drs Producoes/E+ via Getty Images

Car crash. Cancer diagnosis. Mental health crisis. Autoimmune disease flareup.

A serious medical condition can turn your life upside down in an instant, making everyday tasks feel overwhelming. And if you’re employed, you may find that work emails keep coming and your manager keeps calling – when the only job you should focus on is healing.

In these moments, a medical leave of absence from work can serve as a vital lifeline.

We are organizational behavior professors who research how people balance their personal and work lives. In a study published in the Journal of Applied Psychology in March 2026, we found that employers can design and enact medical leave policies in ways that support healing rather than adding more stress during what is already one of the hardest periods of an employee’s life.

We conducted interviews with 30 employees who had taken medical leave from a wide range of professions, such as teaching, management consulting, nursing and landscaping. We also interviewed 18 human resources professionals who manage the medical leave process. By systematically analyzing what people said during the interviews and looking for patterns, we determined what many employers are doing to help their workers heal.

2 in 3 Americans can take paid medical leave

Employees take medical leave when sick leave is not enough – when recovery will require weeks or months off.

But many workers make their jobs a higher priority than their health. Some fear being seen as less committed or losing their job if they take leave. Others simply cannot afford to lose income. As a result, many people work while getting chemotherapy, postpone surgeries doctors have told them they need, or forego other necessary treatments altogether, even when laws and workplace benefits may exist to protect them.

About 2 in 3 employed Americans had access to paid leave for their own serious health condition as of 2022, and about 9% of the people who had paid leave didn’t use it when they needed it.

Under the Family and Medical Leave Act, eligible U.S. workers who have worked for a company with more than 50 employees for at least one year can take up to 12 weeks off to heal from their own serious health condition, or to care for a loved one such as a new baby or seriously ill family member.

But that policy protects your job, not your paycheck. It’s up to your employer, or your state, to determine whether medical leave is paid or unpaid.

Colorado, Connecticut, Massachusetts and several other states mandate paid medical leave for their employed residents. Some big employers also provide paid medical leave, including Microsoft and Adobe.

A bald Asian businesswoman sits at her desk in a bustling modern office.
If you are undergoing intensive medical treatment, see if you can take time off to focus on the healing process.
bankerwin/E+ via Getty Images

What to do when you need it

If your symptoms or treatments are making it hard to your job, don’t wait to get started. Chances are that you need to take time off from work to heal. And you should not delay treatment to accommodate what’s going on at work.

Experiencing stress from your job when you’re ill or injured can be like gasoline on a fire – it can exacerbate health problems and make it much harder to bounce back. We were surprised by how many people we interviewed waited until their circumstances were dire before stepping away from work.

It’s also important to check what benefits are available to you.

You may qualify for protections under the Family and Medical Leave Act, which can keep your job safe while you recover. But it doesn’t apply in all cases, such as when employers have fewer than 50 workers.

To protect your paycheck, you may have access to a short-term disability policy through your employer benefits package that you can use in conjunction with the Family and Medical Leave Act.

Alternatively, you may already be paying into your state’s paid leave program through payroll deductions. These programs work like insurance, helping replace part of your income while you are on leave.

Your human resources department can serve as your first point of contact and can get you in touch with a leave coordinator, if your employer has one.

However, you do not have to share detailed information about your medical condition with your supervisor, or even HR, if you prefer to keep that information private. Your doctor only needs to provide documentation confirming that you have a serious condition and detailing how much time you need off.

Some employers also offer extra support through employee assistance programs, which can provide free counseling sessions, or financial and legal assistance.

Some best practices

We found that access to paid leave is important, but not sufficient, for helping workers heal.

Many large employers that effectively support workers in need of medical leave have trained specialists in their human resources departments who help employees understand their options. That makes it easier for workers to take enough time off to recover.

Employers that handle medical leave well also train managers on the basics.

They make sure managers know how to clearly communicate the available benefits to their subordinates, understand who is eligible for them, and know who from human resources can support workers throughout the process.

But a manager’s role ends there. Managers do not have discretion over when or whether an employee may take leave. Good managers know that, and understand that their role is to support their employees during what is likely one of the most difficult moments of their life.

Employers can proactively prepare for workers to take extended absences by cross-training employees ahead of time. Doing this signals that taking leave is acceptable, expected and supported. If the need for leave arises, workers are less likely to feel guilty about stepping away to focus on their health because they know someone else can temporarily cover their work.

We believe that the best employers ensure medical leave benefits are available from day one on the job.

Under federal law, workers must be employed for at least 12 months before they qualify for the Family and Medical Leave Act’s protections. But illness and injury do not happen on convenient schedules.

A car accident after 11 months on the job is just as devastating as one after 11 years. Someone who starts having unexpected seizures eight months into the job still needs the time away from work to seek treatment and a diagnosis. Employers that really want to support their employees and their well-being recognize this and do not make employees wait.

Even if you’re not a manager, you can play a role. If any of your coworkers are getting ready to take medical leave or are already on leave, you can support them by learning more about their daily tasks and helping fill the gaps.

The Conversation

Liza Barnes receives funding from the Society for Human Resource Management and the Academy of Management.

Ashley Hardin and Christina Lacerenza do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How employers can support workers when they take medical leave – https://theconversation.com/how-employers-can-support-workers-when-they-take-medical-leave-282817

Quantum sensors use atoms, electrons and light as ultra-steady rulers – detecting faint motion, magnetism and gravity for navigation, medicine and science

Source: The Conversation – USA – By Alex Krasnok, Assistant Professor of Electrical & Computer Engineering, Florida International University

This device measures acceleration and rotation by shining lasers into small clouds of rubidium atoms. Sandia National Laboratories

Quantum computers get a lot of attention, even though they are not ready for prime time, but quantum sensors are already doing useful work. These sensors measure fields, forces and motion so small that ordinary background noise can drown them out. Some sensors are already in daily use, while others are moving from research labs into flight tests, hospitals and field instruments.

For example, a human brain produces magnetic signals in the femtotesla-to-picotesla range – billions of times weaker than a refrigerator magnet – far weaker than the magnetic noise in an ordinary room. That is why brain scanners that measure these signals need ultrasensitive detectors and strong magnetic shielding. In some hospitals, these detectors use quantum technology to help map brain activity before epilepsy surgery, without touching the brain.

Quantum sensors are showing up in other fields as well, including in navigation when GPS signals are jammed or spoofed, mapping gravity to reveal what’s underground, and boosting astronomers’ ability to measure gravitational waves. I am a photonics and quantum technologies researcher. My lab applies physics to develop a range of devices, including quantum sensors.

What is a quantum sensor?

A sensor turns a physical effect – temperature, pressure, light, acceleration or magnetic field – into a number. Most sensors do this with engineered parts: springs, coils or computer chips. But these can drift, or become less accurate, as they age or warm up.

A quantum sensor uses a tiny quantum system as the “active ingredient” that interacts with the world to measure a physical quantity. The most common choices for quantum systems are atoms, electron spins, and superconducting circuits.

An atom has a fixed set of energy levels, like rungs on a ladder. Light or microwaves can move it between those levels only at exact frequencies. A magnetic field, motion or gravity can shift those frequencies or change the phase of the atom’s wave, and the sensor turns that shift into a measurement.

A spin is a built-in property of electrons that makes them act like an infinitesimal cross between a spinning top and a bar magnet. Using spins as a sensor means measuring how a magnetic field causes the spin to “wobble.” The spin is like a spinning top and the magnetic field is like your finger gently touching the top. How much the top wobbles in response indicates how forcefully you touched the top, an analogy to measuring the strength of the magnetic field.

Another type of quantum sensor is a superconducting circuit, an electrical circuit cooled to extremely low temperatures so current flows with no resistance. A superconducting quantum interference device, or SQUID, is a superconducting loop. This electrical loop is sensitive to tiny changes in magnetic fields, which register as measurable changes in an electrical signal from the device.

Most quantum sensors follow a three-step loop: They prepare a known quantum state, let the world nudge it, then read out the change. Many devices form a wave-like interference pattern between two quantum systems, similar to the way in which two overlapping ripples create patterns on a pond. The devices measure how this pattern changes in response to changes in the environments around the devices shift.

Quantum sensor advantage

Quantum sensors are not automatically better at everything, and they still rely on classical engineering. But here are three advantages they offer:

  • They are naturally uniform. Atoms of the same kind are identical, so the sensing element is consistent from one device to the next and less prone to drift than many manufactured parts.

  • They respond to tiny nudges. A small field can shift a quantum state in a measurable way – if the device is shielded enough from interference, or noise.

  • Engineers can reshape the noise. Techniques like “squeezed” light do not remove noise, but they can move uncertainty away from the part of the measurement that matters most.

Magnetism: From brain scans to chip debugging

One mature example of a quantum sensor is the clinical brain-imaging method, called magnetoencephalography, or MEG. MEG measures the magnetic fields produced by brain activity and is used in research and clinics, including for mapping seizure activity and important brain areas before surgery. It typically uses sensors coupled to SQUIDs inside shielded rooms.

a diagram with larger blue cubes with smaller gray cubes on either side of each
Shining a laser through a tiny chamber of atoms turns the cloud of atoms into a sensor that can detect the extremely weak magnetic fields of the brain.
Brookes et al Trends in Neurosciences, CC BY

Newer magnetometers may not need the same extreme cooling as SQUIDs do. The National Institute of Standards and Technology, or NIST, has developed chip‑scale atomic magnetometers that operate at room temperature. NIST and other research teams are exploring them for biomedical work because they can measure weak fields from the brain and heart without cryogenic cooling eqipment needed by SQUIDs. In one example, researchers reported fetal heart measurements using an array of optically pumped magnetometers, and they discuss these room-temperature sensors as a route toward more flexible systems than fixed cryogenic setups.

Nitrogen‑vacancy centers are another type of quantum system that can be used as a sensor. It relies on a specific “flaw” in diamond: a nitrogen atom sitting next to a gap from a missing carbon atom. That defect acts like a quantum spin that can be prepared with light, perturbed by magnetic fields, and read out by counting emitted photons.

Nitrogen‑vacancy center sensors are not designed to do whole-head brain scans. Their strength is fine spatial resolution: They can map magnetic fields over tens of nanometers, or billionths of a meter. That can help image tiny magnetic structures, study materials, and even map currents in microwave and electronic devices such as computer chips.

Motion: Navigation when satellite signals are untrusted

When satellite navigation signals are blocked or untrusted, navigation falls back on accelerometers and gyroscopes like those in your smartphone. The challenge is drift: Tiny errors build up over time. Cold‑atom sensors offer a different route. In a normal accelerometer, a small object inside the sensor lags behind when you accelerate. In an atom interferometer, a cloud of laser-cooled atoms plays that role and their matter waves interfere in a way that depends on acceleration and rotation.

These quantum navigation systems are not yet standard equipment. But agencies and companies are testing them because they could provide a backup when satellite signals are weak, blocked or spoofed. The European Space Agency has described “hyper-sensitive” quantum sensors as possible supplementary navigation tools, while noting that the challenge is making them reliable and robust outside the lab. The U.K. government has also publicly described flight trials of quantum navigation technology as an added layer of resilience.

Gravity: Maps that reveal water, minerals and voids

false color image of Earth
NASA is developing a quantum gravity sensor to improve maps like this one that shows differences in the strength of gravity at different places on Earth.
NASA

Gravity sensing uses related physics. If you can measure tiny changes in gravity from place to place, you can infer hidden structure underground. NASA’s Jet Propulsion Laboratory is developing the Quantum Gravity Gradiometer Pathfinder, a space-based quantum sensor aimed at mapping subtle gravity changes linked to underground features such as aquifers and mineral deposits.

This gravity sensor is still under development. The system would use two clouds of ultra-cold rubidium atoms as test masses. Cooled near absolute zero, the atoms behave like waves. The instrument would compare the acceleration of the two atom waves. A small difference sensed at the two clouds’ locations points to a gravity anomaly caused by hidden mass.

Seeing the universe: ‘Squeezing’ light to beat quantum noise

Some of the most famous sensors in science measure incredibly small changes in distance. Gravitational-wave observatories such as the Laser Interferometric Gravitational-Wave Observatory, or LIGO, do this by splitting a laser beam to travel along a pair of 2.5-mile-long (4-kilometer-long) tracks at right angles and bounce back off mirrors at the ends. When a gravitational wave caused by a distant cosmic event like two black holes merging passes through the device, the travel times of the two beams is slightly different.

This is quantum-enhanced sensing. The observatory measures a distance change, but quantum physics sets one of its noise limits. Quantum noise can limit how well those instruments work. LIGO reports that it uses “frequency-dependent squeezing,” a method to reduce quantum noise, to help the detectors probe a larger volume of the universe and find about 60% more mergers than before LIGO.

The catch

Quantum states are delicate. Vibrations, stray fields and temperature swings can wash out an interference pattern or scramble a spin state. That is why many of the most sensitive devices still use vacuum chambers, lasers and shielding.

Quantum sensors are already working where tiny signals matter: in clocks, hospitals and observatories. The next step is to make these sensors smaller, cheaper and tough enough to work outside specialized labs.

The Conversation

Alex Krasnok does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Quantum sensors use atoms, electrons and light as ultra-steady rulers – detecting faint motion, magnetism and gravity for navigation, medicine and science – https://theconversation.com/quantum-sensors-use-atoms-electrons-and-light-as-ultra-steady-rulers-detecting-faint-motion-magnetism-and-gravity-for-navigation-medicine-and-science-273756

Solar activity follows an 11-year cycle – here’s how it controls eruptions and solar flares

Source: The Conversation – USA – By Yeimy J. Rivera, Researcher in Astrophysics, Smithsonian Institution

The Sun’s surface is dynamic, affected by convection in its interior. NASA/Solar Dynamics Observatory

When you look up at the sky on a sunny day, the Sun might seem like a bright spot, unchanging in the sky. But the Sun is a complex, dynamic celestial body, wrapped in electrical currents and magnetic fields that constantly move and tangle as it rotates. At times the Sun’s surface is very active, casting out powerful bursts of plasma called coronal mass ejections, while at other times it is calmer.

I’m a solar physicist who has spent over a decade researching the Sun. Its movement and activity is directly linked to conditions on Earth: Solar flares and ejections can cause space weather that produces beautiful Northern lights but threatens satellites. This activity follows a roughly 11-year-long cycle, and learning about this cycle helps researchers predict future space weather.

Inside the Sun

The Sun is a star composed of plasma: a hot, ionized gas. The plasma acts as an electrically conductive fluid, and generates large-scale magnetic fields that encircle the Sun.

The Sun is composed of several layers, all made up of a plasma that’s about 70% hydrogen and 28% helium by mass.

The Sun has a solid core at its center and a dense layer outside the core, where particles of light bounce around, transferring energy outwards. Beyond that layer is a thin line called the tachocline that separates those inner layers from the outer layer. This outer zone is cooler and less dense, allowing plasma to move around.

A diagram showing all the different regions and layers of the Sun
The Sun’s interior is made up of several layers.
Kelvinsong/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Inside the core, particles collide and release incredible amounts of energy, which radiate out from the Sun in the form of light – a process called nuclear fusion. The light travels outward towards the radiative zone outside the core, before reaching the tachocline.

At the outer layer of the Sun above the tachocline, called the convective zone, the hot plasma travels from deep in the Sun to its surface. As it moves, the plasma cools and contracts, causing it to sink back down. This cyclic process is called convection.

Explaining sunspots, solar cycle and solar dynamo.

The Sun is constantly generating magnetic fields that grow and twist below its surface. Two processes control these magnetic fields by moving the electric charges around in the plasma. One is convection, and the other is the Sun’s rotation.

Scientists think that together, these two processes are ultimately responsible for the Sun’s magnetic activity cycle, during which the Sun shifts from an organized to a less organized magnetic field arrangement. The entire cycle, called the Schwabe Cycle, takes roughly 11 years. Over the course of two Schwabe cycles, the Sun’s magnetic poles flip, and then return to their original orientation.

The Schwabe cycle

When the Sun is in an organized state, the center of the Sun resembles a giant vertical bar magnet with positive and negative ends at the top and bottom, or vice versa – called a magnetic dipole. In the 11-year solar cycle, this phase is known as solar minimum.

A diagram showing the Sun with the top pole labeled '+' and bottom pole labeled '-'. Magnetic field lines come from each pole and curve down vertically to reach the other pole.
During the solar minimum, the Sun’s magnetic field is a simple dipole, with a positive pole and a negative pole on either end. Throughout the solar cycle, the magnetic fields go from simple lines to tangled chaos.
NSF/AURA/NSO

Although you cannot see the invisible magnetic field directly, the glowing plasma sticks to these field lines. The magnetic field’s shape during the solar minimum is similar to Earth’s magnetic field, with open-ended magnetic field lines at the north and south poles and closed, looped fields near the equator. After the solar minimum state, the Sun’s magnetic field grows tangled over time. Eventually, it reaches its solar maximum state, where the solar atmosphere resembles tangled up spaghetti.

Two main forces tangle the magnetic field as the Sun rotates and plasma churns away in the convection zone: the Omega and Alpha effects.

Alpha and Omega effects

The Sun doesn’t rotate as a solid body everywhere. The interior of the Sun – the core and radiative layers – spins as a solid sphere, like a basketball. Outside these layers, the convection zone and the surface of the Sun do not spin all together.

By observing the Sun’s visible surface, scientists found out that the solar equator in the center rotates faster than the poles, near the top and bottom of the Sun. It takes the solar equator about 25 days to make a full rotation, while the poles take longer – about 35 days. Because the equator moves faster, it overtakes the poles in a phenomenon called differential rotation.

Differential rotation stretches the vertical magnetic field lines around the Sun, causing them to wrap around the Sun horizontally like a belt. The field lines pull on the Sun more tightly as differential rotation continues throughout the solar cycle, in a process known as the Omega Effect.

A diagram showing the magnetic field lines wrapping around the Sun and doubling back.
Differential rotation – where the poles of the Sun rotate more slowly than the center – leads the solar magnetic field lines to stretch as they wrap around the Sun.
CoronalMassAffection/Wikimedia Commons, CC BY

The second effect, called the Alpha Effect, is thought to arise from convection taking place below the Sun’s surface coupled with its rotation. Like bubbles rising to the surface in boiling water, the tangled magnetic field becomes buoyant and kinked, popping through the surface to create sunspots.

Sunspots look like clusters of dark spots on the Sun’s surface. Scientists can also identify active regions of intensely strong and complex magnetic field bundles by taking images of the Sun in ultraviolet light, where the bundles appear as bright structures.

Solar eruptions called solar flares and coronal mass ejections occur most frequently in these active regions. The appearance of more sunspots, active regions and solar eruptions all signal to scientists that the Sun is entering its solar maximum phase.

Moving magnetic poles

Over the course of the solar cycle, the Sun’s magnetic poles move. At solar minimum, the magnetic poles are oriented vertically through the Sun’s center. But over the course of the solar cycle, the poles begin to tilt, until the pole previously at the top of the Sun is pointed roughly at its equator.

The Sun flipping its magnetic field.

But at the same time, all the tangled magnetic fields make the poles less defined. This chaotic magnetic state partially leads to sunspots and solar eruptions. After solar maximum, as the Sun’s magnetic state grows more organized again, the poles reappear and continue migrating back towards the top and bottom of the Sun.

However, the magnetic pole previously pointed at the top now points to the bottom, and vice versa. The configuration appears upside down from what it was 11 years ago. A full magnetic cycle takes two Schwabe Cycles – during this time, the Sun’s poles flip twice and return back to the original orientation.

Scientists have observed that several other stars, not just our Sun, have a magnetic activity cycle, though their duration can vary. And, like our Sun, other stars also produce eruptions like stellar flares and coronal mass ejections, likely due to their activity cycles.

Studying magnetic cycles in other stars can help astronomers determine whether distant planets could support life. A star’s magnetic activity directly dictates the amount of space weather the planets around that star experience. These effects can strip away the protective atmospheres around planets, prohibiting them from supporting life.

The Conversation

Yeimy J. Rivera does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Solar activity follows an 11-year cycle – here’s how it controls eruptions and solar flares – https://theconversation.com/solar-activity-follows-an-11-year-cycle-heres-how-it-controls-eruptions-and-solar-flares-278030