Femmes et finance : déconstruire les stéréotypes pour faire progresser l’égalité

Source: The Conversation – in French – By Gunther Capelle-Blancard, Professeur d’économie (Centre d’Economie de la Sorbonne et Paris School of Business), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le secteur de la finance s’est largement féminisé. Mais, à mesure que l’on monte dans la hiérarchie, les hommes continuent d’être majoritaires. Ces inégalités prennent naissance dans des préjugés – parfois dès le foyer. Est-il possible de les combattre efficacement ? Comment ?


Longtemps, la finance a été considérée comme un bastion masculin. Et si les temps changent, les représentations peinent à évoluer. Golden boys, traders arrogants, dirigeants technocrates : les figures dominantes de l’imaginaire financier restent quasi exclusivement masculines. Or, dans la réalité, la majorité des salariés du secteur bancaire sont… des femmes ! Mais cette majorité est trompeuse. À mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie ou que les postes deviennent plus rémunérateurs et stratégiques, leur part décroît nettement. Aucune femme, à ce jour, n’a dirigé de grande banque française.

Dans un contexte où des voix conservatrices s’élèvent, notamment aux États-Unis, contre les politiques de diversité sur fond de croisade antiwokisme, il importe de continuer à documenter, interroger et à comprendre les mécanismes comportementaux, culturels et institutionnels complexes qui façonnent les trajectoires socioéconomiques et, partant, les inégalités de genre.

Des différences souvent mal comprises

Les différences d’attitudes, de préférences et de valeurs entre les femmes et les hommes sont largement exagérées. Il serait temps d’en finir avec cette fable selon laquelle les hommes viendraient de Mars et les femmes de Vénus. Qu’il s’agisse de leur rapport à l’argent, de leur goût pour le risque et la compétition ou de leur volonté de pouvoir, les différences entre hommes et femmes sont souvent faibles, variables et fortement contextuelles. Et surtout, elles sont socialement construites.

Ces différences sont amplifiées par la prégnance de stéréotypes qui finissent par être intégrés, tant par les femmes que par les hommes. Il en résulte des inégalités persistantes au détriment des femmes en matière d’épargne, d’accès aux crédits et de participation sur les marchés boursiers. Les femmes pâtissent aussi lourdement des préjugés dans leur carrière et sont peu nombreuses à occuper les postes les plus prestigieux et les plus rémunérateurs. Et lorsque les femmes finissent par briser ce « plafond de verre », c’est souvent en adoptant des « codes réputés masculins » (en matière de prise de risque, par exemple) – ce qui remet d’ailleurs en cause certains récits sans doute trop simplistes autour des effets vertueux d’une féminisation des instances financières.




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Des stéréotypes qui viennent du foyer

Ces différences se nourrissent des préjugés qui prennent naissance dans les foyers. Ainsi, pendant longtemps, c’est le mari qui s’occupait de gérer le budget du ménage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : les enquêtes montrent au contraire que ce rôle est désormais dévolu majoritairement aux épouses. On en sait toutefois peu sur la gestion de l’argent au sein des couples.

À partir d’une base de données issue d’une banque française regroupant plus de 7 000 couples, on peut analyser la manière dont chacun des partenaires s’auto-évalue en matière de connaissances financières. Fait marquant, un biais de genre est observé dans la perception de ses propres compétences financières puisque la recherche montre que les femmes se sous-estiment plus souvent que les hommes. Pourtant, lorsque les conjoints sont présents ensemble au moment de l’évaluation, l’écart tend à se réduire de 18,7 %.

Ce phénomène suggère que la dynamique du couple peut atténuer ou renforcer les biais de genre. Et plus les couples sont engagés financièrement (épargne, investissement), plus l’écart de confiance tend à s’accentuer au détriment des femmes. Ces écarts ne sont pas anodins : ils conditionnent les prises de décision et les arbitrages patrimoniaux, et il peuvent renforcer les déséquilibres au sein du couple.

Une loi pour quels résultats ?

La finance, ce n’est pas que la gestion des comptes et du budget au sein des ménages. C’est aussi (et surtout) un secteur économique structurant, où les postes les plus stratégiques sont encore largement occupés par des hommes.

En France, la loi Copé-Zimmermann (2011) a imposé un quota de femmes dans les conseils d’administration, dans et hors du secteur financier, suivie plus récemment par la loi Rixain (2021) sur les comités exécutifs. Ces dispositifs ont eu des effets réels. Les conseils d’administration sont, à l’heure actuelle, à quasi-parité en matière de genre et la France est le leader en la matière. Il apparaît, en outre, aujourd’hui, que la loi de 2011 a eu un effet sur la performance extrafinancière des entreprises, qui s’expliquerait par la montée en puissance de femmes ayant eu des parcours professionnels souvent en prise avec les enjeux environnementaux et sociaux.

Si les quotas garantissent donc en général une quasi-parité dans les conseils d’administration (en termes de sièges), ils n’épuisent cependant pas la question des inégalités de genre à la tête des grandes entreprises. En particulier, la hiérarchie au sein même des conseils (présidences, comités stratégiques, etc.) reste très genrée et reproduit les stéréotypes conventionnels, les femmes accédant moins souvent aux fonctions les plus influentes.

Interroger les règles du jeu

Finalement, les inégalités observées ne traduisent pas des différences innées de compétences ou d’appétence pour la finance, mais bien des différences de socialisation, d’éducation et, consécutivement, de trajectoires. Les travaux issus de la recherche expérimentale et des enquêtes institutionnelles convergent : les écarts existent, mais ils sont amplifiés par les structures et les normes sociales. En d’autres termes, il ne suffit pas d’ouvrir les portes de la finance aux femmes. Il faut aussi interroger les règles du jeu, les modèles dominants, et les représentations qui pèsent sur les parcours.

Ainsi, et par exemple, il apparaît clairement aujourd’hui que les quotas à la tête des entreprises, pour importants qu’ils soient, ne suffiront pas à résorber les inégalités de genre aux niveaux inférieurs, à tous niveaux de qualification : le rôle et la prégnance des stéréotypes indiquent que la clé est dans une dynamique bottom up (plus que top down), conduisant les femmes à se projeter pleinement dans l’univers de la finance et des postes à responsabilités, et les hommes à se départir de leurs croyances en la matière. Bref, c’est à la base qu’il faut maintenant agir : dans les écoles, dans les familles, dans les institutions.


Les auteurs de cet article ont supervisé le numéro de la Revue d’économie financière d’avril 2025, « Femmes et finance ».

The Conversation

Antoine Rebérioux a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Gunther Capelle-Blancard et Marie-Hélène Broihanne ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Femmes et finance : déconstruire les stéréotypes pour faire progresser l’égalité – https://theconversation.com/femmes-et-finance-deconstruire-les-stereotypes-pour-faire-progresser-legalite-257589

Vente de viande sauvage sur TikTok : des espèces menacées sont proposées en Afrique de l’Ouest

Source: The Conversation – in French – By Angie Elwin, Head of Research at World Animal Protection and Visiting Research Fellow at, Manchester Metropolitan University

Au Togo, comme dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, la viande sauvage demeure un élément important du quotidien, prisée pour son goût, sa valeur culturelle et comme source de revenus pour ceux qui en font le commerce.

Elle est souvent considérée comme un mets de luxe dans les centres urbains, où elle se vend à des prix plus élevés que la viande d’élevage. Cela risque d’alimenter la demande. La viande sauvage est vendue ouvertement sur les marchés urbains et dans les étals au bord des routes dans tout le Togo, où les vendeurs s’adressent à la fois à la clientèle locale et aux voyageurs de passage. Dans les zones rurales, il est courant de voir des rongeurs, des pythons et des cobras morts exposés au bord des routes, prêts à être achetés par les visiteurs venus de la ville.




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Cependant, le commerce légal et illégal de viande sauvage pose de sérieux défis pour la biodiversité, le bien-être animal et la santé publique. Une grande partie de ce commerce échappe à toute réglementation et repose sur la chasse, la vente et la consommation d’animaux sauvages. Bon nombre de ces espèces sont menacées ou en déclin, ce qui soulève des préoccupations urgentes en matière de conservation.

Ces dernières années, les commerçants d’Afrique de l’Ouest ont utilisé les réseaux sociaux pour faire la promotion directe de la viande sauvage et entrer en contact avec leurs clients. Des plateformes telles que TikTok et Facebook font office de vitrines en ligne reliées à des marchés physiques, permettant aux vendeurs d’atteindre un public beaucoup plus large que celui qu’ils auraient pu toucher en vendant sur des étals traditionnels. Ce changement attire de nouveaux acheteurs, souvent urbains, sur le marché et modifie la manière dont la viande sauvage est vendue ainsi que l’ampleur globale du commerce.

Nous sommes des chercheurs spécialisés dans la faune sauvage et nous étudions le commerce des animaux sauvages en Afrique de l’Ouest. Nous avons voulu comprendre les nouveaux défis liés au commerce de viande sauvage au Togo. Nous avons choisi d’étudier les vidéos TikTok car cette plateforme est devenue un lieu très visible pour la publicité ouverte de la viande sauvage au Togo. L’analyse de ces vidéos nous a permis de documenter les espèces vendues, leur valeur marchande et les risques liés à leur conservation.




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Nous avons identifié deux créatrices de contenu TikTok basées à Lomé, au Togo, qui publient activement des vidéos faisant la promotion de viandes sauvages à vendre. Toutes deux semblent opérer depuis leur domicile, utilisant TikTok comme leur propre marché en ligne. Leurs vidéos montrent une variété de produits à base de viande sauvage filmés directement chez elles, transformant ainsi leur espace de vie en vitrine virtuelle.

Bien que nous n’ayons pas étudié tous les vendeurs de viande sauvage sur TikTok, ces créatrices représentent un segment visible et accessible de ce commerce. Des recherches ont déjà montré
que la viande sauvage est vendue sur Facebook en Afrique de l’Ouest depuis au moins 2018. Mais le commerce de viande sauvage sur TikTok est resté largement méconnu jusqu’à présent.




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Notre étude a révélé que plus de 3 500 individus appartenant à diverses espèces ont été mis en vente par ces canaux sur une période de 17 mois. Parmi les espèces les plus fréquemment présentées figuraient les varans, les écureuils rayés, les pintades, les francolins, les antilopes, les pangolins à ventre blanc et les rats des roseaux.

Ces résultats soulignent l’ampleur et la diversité du commerce d’animaux sauvages sur TikTok, y compris d’espèces menacées et en voie de disparition comme les pangolins.

Le commerce d’espèces rares et menacées devient viral

Nous avons analysé 80 vidéos TikTok publiées entre novembre 2022 et avril 2024. Ces courtes vidéos, partagées sur des comptes publics, montraient des milliers de carcasses d’animaux sauvages fumées appartenant à au moins 27 espèces identifiables. Il s’agissait principalement de mammifères (78 %), suivis d’oiseaux (15 %) et de reptiles (7 %).

L’audience cumulée de ces 80 vidéos est impressionnante : près de 1,8 million de vues. Certaines vidéos ont été visionnées jusqu’à 216 000 fois. Cela suggère que ce contenu circule bien au-delà du public local.

Plusieurs des espèces vendues sont menacées d’extinction. Il est alarmant de constater que nous avons documenté la présence du pangolin à ventre blanc, classé comme espèce en danger sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature et protégé par l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, qui interdit tout commerce international de ces espèces.




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L’antilope kob de Buffon et le cob de Defassa, espèces quasi menacées, figuraient également sur la liste.

Notre analyse des commentaires des spectateurs a également révélé une demande pour des animaux qui n’apparaissent pas dans les vidéos. Il s’agit notamment des lions, des léopards, des grenouilles, des serpents, des crocodiles, des primates et des éléphants. Les lions et les léopards sont commercialisés à des fins spirituelles et médicinales, tant au niveau régional qu’international.

Ces espèces sont déjà soumises à une pression importante due à la perte de leur habitat et à la chasse, et il est très inquiétant qu’elles soient probablement proposées à la vente illégale comme viande. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les facteurs à l’origine de cette demande sur les réseaux sociaux.

Que faut-il faire maintenant ?

Notre étude s’ajoute à un nombre croissant de travaux de recherches montrant que les plateformes en ligne deviennent des centres névralgiques du commerce mondial d’espèces sauvages.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer comment la viande vendue via TikTok est distribuée. Par exemple, les vendeurs l’expédient-ils par courrier dans des zones plus étendues ou les acheteurs viennent-ils le chercher en personne, ce qui pourrait limiter la portée ?

Quoi qu’il en soit, l’expansion du commerce en ligne soulève de graves préoccupations qui vont au-delà des espèces vendues. Ces ventes semblent remodeler la demande, en particulier chez les consommateurs urbains. Si les consommateurs urbains achètent depuis longtemps de la viande sauvage lorsqu’ils se rendent dans les zones rurales, le passage aux plateformes en ligne porte cette demande à un tout autre niveau en rendant désormais l’accès beaucoup plus facile et massif.

Cette évolution pose de nouveaux défis en matière de durabilité, de réglementation et de santé publique. Si rien n’est fait, la vente en ligne d’espèces sauvages risque d’accélérer le déclin des espèces, d’augmenter la propagation des zoonoses et, à terme, de nuire aux communautés qui dépendent de la faune sauvage pour leur alimentation et leurs revenus.

Nous recommandons plusieurs mesures :

Tout d’abord, les plateformes telles que TikTok devraient investir davantage dans des outils de détection automatisés, tels que des algorithmes de reconnaissance d’images, qui pourraient être mieux formés pour repérer les produits issus d’espèces sauvages et les espèces menacées, et supprimer les publications concernées.

TikTok devrait maximiser sa collaboration avec les experts en conservation dans ce domaine. Bien que TikTok ait mis en place des politiques interdisant la vente d’espèces sauvages et soit membre de la Coalition pour mettre fin au trafic d’espèces sauvages en ligne, le commerce d’espèces sauvages reste très répandu sur la plateforme, ce qui révèle des failles importantes dans son approche.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les vidéos TikTok augmentent la probabilité que les gens achètent de la viande sauvage ou normalisent ce commerce en le présentant comme légal et acceptable.

Des pays comme le Togo ont besoin de lois et de sanctions plus claires pour relier les objectifs de conservation et les réalités du commerce en ligne.

Des campagnes d’éducation du public pourraient également contribuer à faire évoluer les mentalités des consommateurs et à informer la population sur les risques pour la biodiversité et le bien-être animal.

À mesure que l’accès à l’internet mobile se développe dans les pays à faible revenu, les plateformes numériques sont susceptibles de devenir des marchés encore plus importants. Il est essentiel de comprendre comment les espèces sauvages sont commercialisées et consommées en ligne afin de s’adapter à ces changements.

Sans une action proactive des plateformes et des décideurs politiques, les espèces menacées risquent de devenir virales pour toutes les mauvaises raisons, non pas en tant que symboles de la conservation, mais en tant que produits à vendre.

The Conversation

Angie Elwin travaille pour une ONG internationale, World Animal Protection, en tant que responsable de la recherche, et est chercheuse invitée à l’université métropolitaine de Manchester.

Delagnon Assou est assistant de recherche et chargé de cours bénévole au département de zoologie et de biologie animale de l’université de Lomé, au Togo.

Neil D’Cruze travaille pour une ONG internationale, Canopy, en tant que responsable de la stratégie de recherche.

ref. Vente de viande sauvage sur TikTok : des espèces menacées sont proposées en Afrique de l’Ouest – https://theconversation.com/vente-de-viande-sauvage-sur-tiktok-des-especes-menacees-sont-proposees-en-afrique-de-louest-263655

4 conseils d’un spécialiste pour garder votre cœur en pleine forme

Source: The Conversation – in French – By Lynn Smith, Senior Lecturer in Biokinetics and Head of Department of Sport and Movement Studies, University of Johannesburg

Le cœur humain est un organe extraordinaire. De la taille d’un poing, il travaille sans relâche pour pomper plus de 7 500 litres de sang par jour. Il achemine l’oxygène et les nutriments vers toutes les parties du corps tout en éliminant les déchets, en régulant la température corporelle et en préservant la santé des organes et des tissus.

Mais le cœur reste vulnérable. Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde, responsables de près d’un tiers des décès. Les décès liés aux maladies cardiovasculaires contribuent à 38 % de tous les décès dus aux maladies non transmissibles en Afrique. En Afrique du Sud, les maladies cardiovasculaires sont responsables de près d’un décès sur six, soit environ 215 décès par jour.

Ces chiffres montrent à quel point le cœur est au centre des enjeux de santé publique.

La santé cardiaque est affectée par des facteurs tels que la sédentarité, une alimentation malsaine et le stress chronique.

C’est là que la biokinétique joue un rôle crucial. La biokinétique utilise les principes de la science du mouvement dans les soins de santé préventifs et de réadaptation. Les biokinétiques procèdent à des évaluations complètes afin d’élaborer des programmes d’exercices personnalisés et fondés sur des preuves scientifiques. L’objectif est d’optimiser la capacité fonctionnelle et d’améliorer la force musculo-squelettique ainsi que la santé physiologique globale.

Pour les biokinétiques, l’exercice physique est un remède. Ils travaillent en étroite collaboration avec leurs patients afin de concevoir des protocoles d’exercices sur mesure, sûrs et adaptés sur le plan clinique.

En quoi cela est-il bénéfique pour votre cœur ?

Des études montrent que la pratique régulière d’une activité physique peut réduire la tension artérielle, améliorer le taux de cholestérol, réguler la glycémie et aider le cœur à fonctionner plus efficacement. En tant que biokineticien agréé et universitaire, je me spécialise dans la gestion et la rééducation des maladies chroniques, en particulier cardiovasculaires, grâce à l’exercice physique.

J’ai publié des travaux sur la nutrition, la réadaptation cardiaque et la qualité de vie ainsi que les risques cardiovasculaires chez les patients ayant subi un pontage coronarien.

La prévalence croissante des maladies cardiovasculaires est largement due à la sédentarité, à une mauvaise alimentation et au stress. Face à cette réalité, je propose, en tant que biokineticien, quatre mesures pour prendre soin de votre cœur.

Il est important de pratiquer une activité physique structurée

Réservez du temps pour faire de l’exercice physique de manière ciblée, et ne vous contentez pas des petits gestes du quotidien.

Si les mouvements de base tels que marcher dans les centres commerciaux ou prendre les escaliers sont bénéfiques, l’exercice structuré offre de plus grands avantages cardiovasculaires. Les directives actuelles recommandent au moins 150 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée par semaine. Il peut s’agir de marche rapide, de vélo ou de danse.

Si le manque de temps est un obstacle, envisagez de diviser votre exercice structuré en séances plus courtes. Par exemple, trois séances de 10 minutes par jour.

En outre, des activités de renforcement musculaire, telles que les squats et les pompes contre un mur, doivent être pratiquées au moins deux jours par semaine. Elles améliorent la santé métabolique et réduisent les risques cardiovasculaires.

Un biokineticien peut évaluer votre profil de risque individuel et vous prescrire des exercices personnalisés qui améliorent en toute sécurité votre capacité cardiorespiratoire, réduisent votre tension artérielle et favorisent la récupération de votre fréquence cardiaque.

Prenez les devants face aux symptômes et surveillez vos paramètres vitaux

De nombreuses maladies cardiovasculaires se développent silencieusement. L’hypertension artérielle, l’hyperglycémie et l’hypercholestérolémie passent souvent inaperçues jusqu’à ce qu’un événement grave, comme une crise cardiaque, survienne.

Des recherches montrent qu’un adulte sur trois en Afrique du Sud souffre d’hypertension artérielle. Pourtant, beaucoup ne sont ni diagnostiqués ni traités.

Idéalement, toutes les personnes âgées de plus de 35 ans, en particulier celles ayant des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, devraient subir un bilan de santé annuel. Elles devraient s’en servir pour orienter leurs interventions en matière de mode de vie.

Brisez le cycle de la sédentarité : bougez, renforcez vos muscles et étirez-vous

La vie moderne nous incite à passer de longues heures assis à un bureau, dans une voiture ou devant un écran. La sédentarité prolongée est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de mortalité toutes causes confondues.

Les bureaux debout et les pauses actives sont utiles. Mais la posture, la mobilité articulaire et la fonction musculaire doivent également être prises en compte. Des étirements réguliers, des exercices de résistance et des exercices d’équilibre favorisent la santé musculo-squelettique et réduisent le risque de blessures ou de complications liées à l’inactivité.

Combattez le stress pas à pas

Le stress chronique contribue à l’inflammation, à l’hypertension et à des comportements malsains. Tous ces facteurs augmentent le risque de maladies cardiovasculaires.

Si la méditation et le soutien psychologique sont des outils essentiels, l’exercice physique est un puissant régulateur du stress, favorisant la libération d’endorphines et améliorant l’humeur, le sommeil et la résilience émotionnelle. Les endorphines sont des substances chimiques naturelles produites par l’organisme qui réduisent la douleur et favorisent les sentiments de bonheur, de plaisir et de satisfaction, améliorant ainsi le bien-être.

Des recherches confirment l’efficacité de l’entraînement aérobique et de la musculation pour réduire les symptômes dépressifs, diminuer l’anxiété et améliorer le bien-être psychologique. En tant que biokineticien, je constate souvent à quel point la pratique régulière d’une activité physique aide mes clients à retrouver le contrôle de leur corps et leur santé émotionnelle.

L’essentiel à retenir

Protéger le cœur ne consiste pas seulement à gérer la maladie, mais aussi à la prévenir. N’attendez pas qu’un accident cardiaque se produise pour agir. Demandez de l’aide pour évaluer vos risques, prenez votre santé en main et mettez en œuvre des stratégies basées sur l’activité physique qui améliorent la durée et la qualité de vie.

Face à l’augmentation des taux de maladies cardiovasculaires, le message reste clair : bougez, connaissez vos risques, gérez votre stress et demandez conseil dès que possible. Votre cœur vous en remerciera.

The Conversation

Lynn Smith does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 4 conseils d’un spécialiste pour garder votre cœur en pleine forme – https://theconversation.com/4-conseils-dun-specialiste-pour-garder-votre-coeur-en-pleine-forme-263371

Namibia celebrates independence heroes, but glosses over a painful history

Source: The Conversation – Africa (2) – By Henning Melber, Extraordinary Professor, Department of Political Sciences, University of Pretoria

Namibia celebrates 26 August as Heroes’ Day. It recalls the first military encounter between the South African army and members of the South West Africa People’s Organisation (Swapo), Namibia’s liberation movement, in 1966. Initially a German colony (1884-1915), the country was then administered by South Africa, which refused to give up the occupation.

Since independence in 1990, the heroic Swapo liberation narrative has also been inscribed in Heroes’ Acre, a monument built by North Korea.

The institutionalised public commemoration in Namibia today – rightly – recalls the sacrifices of those who were willing to fight for self determination. At the same time, it glosses over the toxic impact of the way warfare was conducted. Those involved in the struggle for independence were far from innocent in the execution of the military resistance. Yet their violations of human rights were never addressed.

This ambiguity was visible in 2025 in a public controversy when tribute poured out to the late Solomon Hawala, whose combat name was Jesus. He was a leading fighter in Swapo’s military wing, known as PLAN.

He also had a bloody track record of eliminating fellow Namibians in exile.

The celebration of Hawala finally moved me to resign as a member of Swapo, an organisation I joined when I was 24 years old. I set out my reasons in an interview accessible on YouTube.

Since the late 1970s I have specialised as an academic in Namibian history and politics. Since the early 1990s I have engaged with the traumatic side of so-called liberation. More recently I wrote a book chapter giving voice to the victims.

Patriotic history versus struggle realities

The history of liberation movements displays their authoritarian nature. Their camps in southern Africa forged bonds of comradeship. For Mozambique’s Frelimo, the African National Congress, Swapo, the People’s Movement for the Liberation of Angola and Zimbabwe African People’s Union, Tanzania’s Kongwa camp in the 1960s provided a first operational base in preparation for the armed struggle abroad.




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The movements then started to arrange for their own bases in host countries.

In the early to mid 1970s Swapo established the Old Farm outside Lusaka in Zambia. This was followed by Nyango. Finally, a Health and Education Centre was established in Angola’s Kwanza Zul.

The administration and management required strict discipline and reinforced repressive hierarchies.

There were several times in Swapo’s exile history when internal critics were silenced. Testimonies of the early stages in the late 1960s and early to mid 1970s offer insights by those persecuted. These included the former Swapo secretary for information Andreas Shipanga, the first generation Swapo member Hans Beukes, the former Swapo Youth League activist Keshii Nathanael and one of the first PLAN cadres, Samson Ndeikwila.

Speaking out and thereby disclosing the crimes, the Namibian chaplain in exile Salatiel Ailonga and his wife Anita were forced to seek refuge elsewhere.

Some scholars have drawn attention to the plight of the dissidents. The first waves of repression triggered two of those academics in solidarity with the liberation struggles to ask questions about liberation and democracy.

These earlier events were only a prelude to the “spy drama” in the 1980s. This was a chapter of horrendous crimes, mainly committed by a group of PLAN members at the camp in Lubango in southern Angola.




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Over 1,000 Swapo members were incarcerated in dungeons. Their fate was most likely triggered by setbacks in the border war in southern Angola between the South African army and PLAN units backed by Cuban forces. In 1978, the South African army had attacked a Swapo camp at Cassinga in Angola, killing hundreds of women and children.

Members of the higher ranking Swapo military, the so-called securocrats, blamed spies for the disaster and other military setbacks. They tortured the accused to extract confessions and to implicate others. With no proof of guilt, people were often executed, disappeared or died of neglect in the dungeons. Numbers of the missing with no traces were estimated by the surviving victims at around 2,000.

Victims were, in the main, rank and file Swapo members. That South African spies had most likely penetrated the higher echelons of the movement was ignored.

Some of the victims, like Oiva Angula, have published accounts of their suffering.

Those who pointed out the unfolding terror were dismissed by the international solidarity movement as anti-Swapo propaganda. This included the early revelations by Siegfried Groth, a pastor for the refugees in Zambia. He was blamed for besmirching the image of the freedom fighters.

Glorification of the perpetrators

With the passing on of the first generation of struggle stalwarts, the number of posthumously celebrated heroes increased. Many of the veterans were put to rest in full honour by state funerals.

Hawala passed away aged 89 on 11 August 2025. Until his retirement in 2006 he had been the chief of the defence force.

President Netumbo Nandi-Ndaitwah recognised his

distinguished military service, steadfast leadership and unwavering dedication to the cause of Namibia’s liberation and nation-building. His legacy remains a symbol of courage, patriotism, and commitment to the ideals of freedom and independence.

This triggered a public debate. It brought back memories of heinous crimes in which he played a crucial role. Named the “Butcher of Lubango” by those who survived the ordeal, he was the personification of a brutal and ruthless system targeting those accused of spying and those who dissented with the leadership.

In his defence, a former Swapo MP pointed out that he was merely acting on Swapo’s instructions. People, he argued, “were killed with the knowledge of senior Swapo leaders”, and some of these were already buried at Heroes’ Acre.

Unheroic heroism

The survivors of the dungeons who are still alive were in shock over celebrating Hawala. But as they also pointed out, he personified a system.

I argued along similar lines when I was interviewed about my resignation from Swapo after more than 50 years as a member. Before the announcement that Hawala would get a state funeral I had urged in an article that his death should be an opportunity to finally address the plight of his victims. Instead the blinkers remained.

This motivated my letter of resignation: I had joined Swapo for believing in its slogan “Solidarity, Freedom, Justice”. Out of loyalty to these values and as a matter of – albeit belated – restoration of moral integrity, I had no choice but to depart.

Praising the perpetrators as heroes adds insult to injury to their surviving victims. Such denialism and amnesia lies like a lead cloak over truth and reconciliation. It shows the limits to liberation when Heroes’ Day is celebrated.

The Conversation

Henning Melber was a member of SWAPO from 1974 until August 2025..

ref. Namibia celebrates independence heroes, but glosses over a painful history – https://theconversation.com/namibia-celebrates-independence-heroes-but-glosses-over-a-painful-history-263654

Israel’s attacks on Gaza are putting people with disabilities at extreme risk

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Aleta Moriarty, PhD student, economic opportunities for people with autism, The University of Melbourne

Recent images of an emaciated Gazan child, Muhammad Zakariya Ayyoub al-Matouq, provoked global outrage. Some sought to minimise this harm, attributing it instead to pre-existing conditions or disability.

But framing starvation deaths in Gaza in terms of underlying disabilities or comorbidities is misleading. It is essential to recognise these conditions do not justify suffering or death.

Rather, the crisis in Gaza has intensified existing vulnerabilities for people with disabilities, who face extreme barriers to evacuation, aid and medical treatment.

So, what type of practical humanitarian response is needed right now for people with disabilities in Gaza?

For people with disabilities, conflict supercharges risk

Conflict and humanitarian crises intensify and compound vulnerabilities faced by people with disabilities.

Evidence shows that in armed conflicts and humanitarian crises, people with disabilities:

Women and children with disabilities face heightened risks of violence, neglect and exploitation, while also contending with stigma and discrimination.

A tragedy within a tragedy

International law is clear on this issue.

The UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities, which Israel ratified in 2012, requires it to take

all necessary measures to ensure the protection and safety of persons with disabilities in situations of risk, including situations of armed conflict.

The UN Security Council has also recognised the disproportionate impact of conflict on people with disabilities.

There is significant evidence suggesting Israel has not upheld these obligations.

UN special rapporteurs have expressed alarm at what they describe as “harrowing conditions for Palestinians with disabilities trapped in Gaza”.

The UN estimates about 92% of homes in Gaza have been destroyed or damaged. More than than 90% of Gazans have now been displaced, some more than ten times.

People with disabilities are at particular risk. The UN has documented cases where evacuation orders were issued by Israel in inaccessible formats, leading to additional deaths. Piles of rubble and unexploded ordinance have made access impossible for many, with 81% of roads now damaged or destroyed.

More than 83% of people with disabilities in Gaza have lost their assistive devices (such as wheelchairs or hearing aids).

UN representatives report being shocked by the account of a 14-year-old girl with cerebral palsy. She had lost her assistive devices, including a wheelchair, and had to be carried by her parents as they fled from north to south Gaza.

Exhausted and exposed to danger along the way, the girl cried out in desperation, “Mama, it’s over. Leave me here, and you run away.”

Hospitals and rehabilitation facilities are necessary for many people with disabilities. However, only half of Gaza’s hospitals and about 39% of primary health care centres are partially functional.

A mass disabling event

Israel’s war in Gaza constitutes a mass disabling event.

A joint assessment by the World Bank, United Nations and European Union found in February that the prevalence of disabilities had doubled since October 2023.

Most recent data indicates that 151,442 people have sustained injuries in this conflict.

In 2024, the World Health Organisation estimated that around 25% of all those injured are likely to have acute and ongoing rehabilitation needs.

The NGO Humanity and Inclusion UK reports Gaza now has the highest rate of child amputees per capita in the world. According to UNICEF, more than ten children per day have lost one or both of their legs.

The substantial rise in the prevalence of disability means demand for rehabilitation services and accessibility has quickly outstripped supply.

UNICEF reports more than one million children also need mental health and psychosocial support.

With historical evidence suggesting Israeli forces have pursued deliberate disablement policies, this demands urgent investigation.

What’s needed now

An immediate, sustained ceasefire is essential.

Israel’s expanded assault on Gaza city significantly threatens people with disabilities and risks further deaths and disability.

Israel should also abandon its current flawed system of aid delivery via the Gaza Humanitarian Foundation. Principled aid delivery must be restored, ensuring safe access for people with disability.

To meet its obligations under international law, Israel should keep relief corridors open for the safe passage of humanitarian and medical personnel and goods. This includes assistive devices and the batteries needed to power them.

Forcible displacement must cease. Evacuations must comply with international law, be accessible, and keep families, carers and assistive devices together.

Protecting people with disabilities would mean ensuring shelters and wash facilities are accessible and equipped, and evacuation backlogs cleared.

Expanding rehabilitation, mental health support, access to assistive technology and tailored services is crucial. Civilian infrastructure and medical facilities must be protected, and rubble and ordnance cleared to ensure safe and accessible passage.

An equitable humanitarian response must be inclusive, centring the voices of persons with disabilities (especially women and children, who face heightened risks).

Without immediate action to end the violence, restore access and ensure disability inclusion, the most vulnerable will lose further dignity, safety and lives.

The Conversation

Aleta Moriarty previously worked for international organisations on the rights of people with disability.

ref. Israel’s attacks on Gaza are putting people with disabilities at extreme risk – https://theconversation.com/israels-attacks-on-gaza-are-putting-people-with-disabilities-at-extreme-risk-263029

Yes, vets sometimes prescribe human drugs to pets. But don’t try it at home

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Nial Wheate, Professor, School of Natural Sciences, Macquarie University

Ayla Verschueren/Unsplash

When your dog starts limping or your cat comes down with a sniffle, it’s natural to worry. For many families, pets are more than just animals – and we want them to have a standard of medical care similar to our own.

But it can still be surprising when the vet prescribes a medication that looks identical to something in your own bathroom cabinet.

Many human medicines are safe and effective for pets when used under veterinary guidance. But others can be harmful due to differences in how animals process drugs. So sometimes, pets need their own medicines.

So let’s examine the differences between drugs for humans and animals – and why you shouldn’t just give a pet your own medications.

Pet medications on a white table.
Don’t give a pet your own medications.
Tahir Xəlfə /Pexels

Pet and human medicines explained

In Australia, the Therapeutic Goods Administration approves and regulates drugs for humans. The Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority APVMA does the same for pet drugs.

While both agencies consider efficacy and safety in deciding whether to approve a product, the APVMA also considers environmental impact. For example, medicines given to animals – especially when given at scale on farms – can leach into waterways, affecting aquatic life and water quality.

The market for animal medicines is smaller than that for humans, making them less cost-effective to develop. Sometimes, no medicine exists for an animal condition and vets may need to use a human medicine.

For certain diseases and conditions, vets are legally permitted to dispense human medicines for pets through a process called off-label prescribing.

There are also medicines approved for both humans and pets. They include classes of antibiotics, antidepressants, corticosteriods (anti-inflammatory drugs), antiparasitics and chemotherapy drugs.

For example, doxorubicin is a chemotherapy drug used in humans to treat cancers including those of the lungs and bone. In dogs, it is commonly used to treat lymphomas, melanomas and cancers of the bone, among others. In both humans and dogs, doxorubicin is used to treat mammary gland (breast) cancer.

Similarly, ivermectin can be used to treat parasite infections such as scabies in humans and animals.

Hand strokes a tired-looking cat.
Sometimes, vets may need to use a human medicine on pets.
Alexander Andrews/Unsplash

Beware the safety issues

While many drugs are shared between humans and pets, not all are safe. In fact, some common household medications can badly harm or kill animals.

The painkillers ibuprofen and paracetamol are toxic to both dogs and cats. They can cause damage to the animal’s stomach and kidneys, and may kill them.

This is because dogs and cats break down medicines different to the human body. For example, the proteins in a cat’s liver are different from the human liver, so they can’t break down paracetamol. It can damage their red blood cells and reduce their body’s ability to carry oxygen.

And the situation can differ between animals. The flea and tick medication permethrin, for instance, is safe for dogs but highly toxic to cats – potentially causing tremors, seizures and death.

And pets are far more sensitive to drug dosages than humans, so even small quantities of the wrong medicine can be fatal.

A white and grey cat with blue eyes.
Pets are far more sensitive to drug dosages than humans.
Mikhail Vasilyev/Unsplash

Animal-only medicines

Pets may also be given medicines no longer used for humans, or one specifically developed for animals.

Carprofen is a non-steroidal anti-inflammatory drug previously used in humans but is now only prescribed for dogs. A vet might prescribe it for pain or inflammation.

We don’t use it in humans anymore because it’s expensive to manufacture. But it’s still used for dogs because it’s effective, and alternatives such as paracetamol and ibuprofen aren’t suitable for them.

Typically, medicines are developed for pets only when they address a condition specific to animals.

For example, humans don’t usually suffer from heartworm, but infection in pets is common. The arsenic-based drug melarsomine was designed specifically for animals and treats heartworm in adult dogs.

And of course, humans should not take medication prescribed for their pet.

While pet medicine may look similar to yours, there may be differences in formulation or dose that can cause side effects or toxicity in humans.

A small dog running, followed by a larger dog
Melarsomine treats adult heartworm in dogs.
wooof woof/Unsplash

What to remember

If your pet is sick or injured, never give them a drug out of your own medicine cabinet – even if the vet has previously prescribed them the medication.

Take your animal to the vet. They will advise on the most appropriate treatment and dose, so you don’t do your pet further harm.

The Conversation

Nial Wheate in the past has received funding from the ACT Cancer Council, Tenovus Scotland, Medical Research Scotland, Scottish Crucible, and the Scottish Universities Life Sciences Alliance. He is a fellow of the Royal Australian Chemical Institute. Nial is the chief scientific officer of Vaihea Skincare LLC, a director of SetDose Pty Ltd (a medical device company) and was previously a Standards Australia panel member for sunscreen agents. He is a member of the Haleon Australia Pty Ltd Pain Advisory Board. Nial regularly consults to industry on issues to do with medicine risk assessments, manufacturing, design and testing.

ref. Yes, vets sometimes prescribe human drugs to pets. But don’t try it at home – https://theconversation.com/yes-vets-sometimes-prescribe-human-drugs-to-pets-but-dont-try-it-at-home-259675

Ancient shells and pottery reveal the vast 3,200-years-old trade routes of Oceania’s Indigenous peoples

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Bryce Barker, Professor in Archaeology, University of Southern Queensland

Shutterstock

New research conducted at Walufeni Cave, an important archaeological site in Papua New Guinea, reveals new evidence of long-distance interactions between Oceania’s Indigenous societies, as far back as 3,200 years ago.

Our new study, published in the journal Australian Archaeology, is the first archaeological research undertaken on the Great Papuan Plateau. The findings continue to undermine the historical Eurocentric idea that early Indigenous societies in this region were static and unchanging.

Instead, we find further evidence for what Monash Professor of Indigenous Archaeology Ian J. McNiven calls the Coral Sea Cultural Interaction Sphere: a dynamic interchange of trade, ideas and movement over a vast region encompassing New Guinea, the Torres Strait, and north-eastern Australia.

Walufeni Cave is an important archaeological site in the Great Papuan Plateau.
Bryce Barker

Tracking movement across Sahul

The goal of the Great Papuan Plateau project was to determine whether the plateau may have been an eastern pathway for the movement of early people into north-eastern Australia, at a time when New Guinea and Australia were joined in the continent of Sahul.

The two countries as we know them separated about 8,000 years ago due to sea levels rising after the last glacial period.

Our research in Walufeni Cave, located near Mount Bosavi in New Guinea’s southern highlands province, identified occupation dating back more than 10,000 years. We also found a unique and as yet undated petroglyph rock art style.

Petroglyph rock engraving from Walufeni Cave.
Author provided

Our analyses of cave deposits reveals significant changes in how the site was used starting from just over 3,000 years ago. This includes changes to the frequency of occupation, to plant and animal use, as well as the sudden appearance of coastal marine shell.

Specifically, we found 3,200-year-old evidence for the transport of marine shell 200km inland, which has previously been recorded as coming from the southern coast of the Gulf of Papua, and from as far away as Torres Strait.

This suggests the long-distance maritime trade and interaction networks between the societies of coastal southern New Guinea, Torres Strait and northern Australia extended far inland – and much further than previously known.

The significance of marine shells

Archaeologists and ethnographers have widely documented the use of culturally modified marine shells as important items of trade and prestige in New Guinea.

These shells were used as markers of status and prestige, for ritual purposes, as currency and wealth, as tools, and to facilitate long-distance social ties between groups.

Despite the coastal availability of a large variety of shellfish, only a relatively small selection are recorded as being commonly used in New Guinea.

The most prominent of these are dog whelks (Nassaridae), cowrie shells (Cypraeidae), cone shells (Conidae), baler shell (Volutidae), and pearl/kina shell (Pteriidae). Many of these are significant for ritual and symbolic functions across the Indo-Pacific and indeed, globally.

Dog whelks were the predominant species we found in Walufeni Cave, along with olive shells and cowrie shells. These come from very small “sea snails”, or gastropods.

All of the shells we found had been culturally modified, such as to allow stitching onto garments, or threading onto strings.

Gastropod shells continue to be used by today’s plateau societies. They may be sewn onto elaborate ceremonial costumes, or offered in long strings as trade items, or as bridal dowry.

Images of modified marine shell found at Walufeni Cave. A and B are dog whelk, while C is cowrie shell and D is olive shell.
Author

Pottery and oral tradition

Further evidence for long-distance voyaging between the southern coast of Papua New Guinea and the Torres Strait and Northern Australia comes in the form of pottery.

Researchers have found Lapita pottery at two archaeological sites on the south coast of New Guinea (Caution Bay and Hopo). These have been dated to 2,900 and 2,600 years ago, respectively.

Lapita pottery is a distinctive feature of Austronesian long-distance voyagers with origins in modern-day Taiwan and the Philippines. Lapita peoples bought the first pottery to New Guinea about 3,300 years ago, providing the template for later localised pottery production.

In a separate finding, Aboriginal pottery dating back to 2,950 years ago was reported from Jiigurru (Lizard Island), off the coast of the Cape York Peninsula. While this pottery isn’t stylistically Lapita, the technology used to make it is.

Similar pottery dating back 2,600 years ago has been reported on the eastern Murray Islands of Torres Strait, and in the Mask Cave on Pulu Island, western Torres Strait. Analysis of the Murray Island pottery indicates the clay was derived from southern Papua New Guinea.

These studies suggest the Lapita peoples’ knowledge of how to make pottery spread to Torres Strait and northern Australia via the interaction sphere.

Furthermore, the cultural hero Sido/Souw, who is present in oral tradition on the Great Papuan Plateau, is also present in oral tradition from the Torres Strait and southern New Guinea. This demonstrates sociocultural connections across a vast area.

Our research builds on the continuing reevaluation of the capabilities of Indigenous societies, which were often characterised by early anthropologists as static and unchanging.

The Conversation

Bryce Barker receives funding from the Australian Research Council .

Tiina Manne receives funding from the Australian Research Council.

ref. Ancient shells and pottery reveal the vast 3,200-years-old trade routes of Oceania’s Indigenous peoples – https://theconversation.com/ancient-shells-and-pottery-reveal-the-vast-3-200-years-old-trade-routes-of-oceanias-indigenous-peoples-261950

La longue histoire des tests de grossesse : de l’Égypte antique à Margaret Crane, l’inventrice du test à domicile

Source: The Conversation – France in French (2) – By Valérie Lannoy, Post-doctorante en microbiologie, Sorbonne Université

Depuis la pandémie de Covid-19, nous connaissons tous très bien les tests antigéniques, mais saviez-vous que le principe de l’autotest a été imaginé, dans les années 1960, par une jeune designer pour rendre le test accessible à toutes les femmes en le pratiquant à domicile ? Découvrez l’histoire de Margaret Crane, et les obstacles qu’elle a dû surmonter.


Les tests de diagnostic rapide ont sauvé de nombreuses vies à travers le monde grâce à leurs simplicité et rapidité, et à leur prix abordable. Les plus répandus sont les tests antigéniques, dont nous avons tous pu bénéficier pendant la pandémie de Covid-19. D’autres tests antigéniques existent, comme ceux détectant la dengue ou le chikungunya, deux infections virales tropicales, ou encore le paludisme, la maladie la plus mortelle au monde chez les enfants de moins de 5 ans.

Ces types de tests sont reconnus d’utilité publique par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le test antigénique de la grippe est par exemple utilisé en routine. Bien que l’intérêt pour ces tests ait émergé durant la Covid-19, nous étions déjà familiarisés avec les tests antigéniques sans nous en rendre compte ! Les tests de grossesse, ô combien impliqués dans nos histoires personnelles, sont les premiers tests de diagnostic rapide créés. On doit cette découverte à Margaret Crane, dont l’invention a contribué à l’amélioration considérable du domaine diagnostique général.

Les tests de grossesse à travers les âges

Détecter une grossesse a toujours revêtu une importance pour la santé féminine, la gestion familiale et les questions sociales. Un papyrus médical égyptien datant d’environ 1350 avant notre ère, appelé le papyrus Carlsberg, détaille une méthode simple. Des grains d’orge et de blé, enfermés chacun dans un petit sac ou un récipient, étaient humidifiés quotidiennement avec l’urine de la femme à tester. L’absence de germination diagnostiquait l’absence de grossesse. La germination de l’orge, elle, prévoyait la naissance d’un garçon, quand celle du blé présageait celle d’une fille. En 1963, une équipe de recherche a décidé d’essayer cette technique de l’Égypte antique, à première vue rudimentaire. De manière étonnante, même si la prédiction du sexe était décevante, la méthode égyptienne avait une sensibilité très élevée : 70 % des grossesses ont été confirmées ! Cela est probablement dû au fait que les hormones dans les urines de la femme enceinte miment l’action des phytohormones, les hormones végétales.

En 1927, le zoologue anglais Lancelot Hogben obtient une chaire de recherche pour étudier les hormones animales à l’Université du Cap en Afrique du Sud. Il y découvre le « crapaud à griffe » du Cap (Xenopus laevis) dont les femelles ont la capacité de pondre toute l’année. Le professeur Hogben contribue à la création d’un test de grossesse qui porte son nom. Son principe ? Injecter de l’urine de femme enceinte dans un crapaud femelle. En raison des hormones contenues dans l’urine, cette injection déclenchait spontanément la ponte. Le test présentait une sensibilité supérieure à 95 % !

Bien que ce protocole soit devenu un test de routine dans les années 1940, la majorité des femmes n’avait toujours pas d’accès facile aux tests de grossesse. D’autres tests similaires existaient, utilisant des souris femelles ou des lapines, consistant à en examiner les ovaires pendant 48 à 72 heures après l’injection d’urine, pour voir si celle-ci avait induit une ovulation. Ces tests présentaient des contraintes de temps, de coûts et l’utilisation d’animaux, ce qui a motivé la recherche de méthodes plus rapides et moins invasives.

La découverte de l’hormone hCG

Au début des années 1930, la docteure américaine Georgeanna Jones découvrit que le placenta produisait une hormone, appelée la gonadotrophine chorionique humaine, dont l’abréviation est l’hCG. Cette découverte en a fait un marqueur précoce de grossesse, et pour la tester, il ne restait plus qu’à la détecter !

En 1960, le biochimiste suédois Leif Wide immunisa des animaux contre l’hCG humaine et en purifia les anticorps. On avait donc à disposition des molécules, les anticorps, capables de détecter l’hCG, encore fallait-il que la réaction antigène-anticorps (dans ce cas, l’hCG est l’antigène reconnu par les anticorps) puisse être visible pour confirmer une grossesse à partir d’urines.

Le professeur Leif Wide développa un test de grossesse, selon une technologie appelée l’inhibition de l’hémagglutination. Elle se base sur l’utilisation de globules rouges, dont la couleur permet une analyse à l’œil nu. Si les anticorps se lient aux globules rouges, ils ont tendance à s’agglutiner, et cela forme une « tache rouge » au fond du test. En cas de grossesse, l’échantillon d’urine contient de l’hCG : les anticorps réagissent avec l’hCG et ne peuvent pas lier les globules rouges. L’absence de tâche rouge indique une grossesse ! Ce test était révolutionnaire, car, contrairement aux autres, et en plus d’être beaucoup moins coûteux, le résultat n’était obtenu qu’en deux heures.

L’invention de Margaret Crane

En 1962, l’entreprise américaine Organon Pharmaceuticals a commercialisé ce test de grossesse, à destination des laboratoires d’analyses médicales. En 1967, Margaret Crane est une jeune designer de 26 ans sans aucun bagage scientifique, employée par cette compagnie dans le New Jersey, pour créer les emballages de leur branche cosmétique. Un jour qu’elle visite le laboratoire de l’entreprise, elle assiste à l’exécution d’un des tests. Un laborantin lui explique la longue procédure, consistant au prélèvement d’urine par le médecin et à l’envoi à un laboratoire d’analyses. Il fallait attendre environ deux semaines pour une femme avant d’avoir un résultat.

Le test de grossesse inventé par Margaret Crane
Le test de grossesse inventé par Margaret Crane.
National Museum of American History, CC BY

Malgré la complexité théorique de la technique, Margaret Crane réalise alors à la fois la simplicité de lecture du test et du protocole : il suffisait d’avoir des tubes, un flacon d’anticorps et un indicateur de couleur (les globules rouges) ! De retour chez elle à New York, elle lance des expériences en s’inspirant d’une boîte de trombones sur son bureau, et conçoit un boîtier ergonomique – avec tout le matériel et un mode d’emploi simplifié –, destiné à l’usage direct à la maison par les utilisatrices. Margaret Crane montre son prototype à Organon Pharmaceuticals, qui refuse l’idée, jugeant qu’une femme ne serait pas capable de lire seule le résultat, aussi simple soit-il…

La persévérance de Margaret Crane

Peu de temps après la proposition de Margaret Crane, un homme employé par Organon Pharmaceuticals s’en inspire et lance la même idée, et lui est écouté. Elle décide alors de tirer parti de la situation, en assistant aux réunions où elle était la seule femme. Plusieurs tests, prototypés par des designers masculins, y sont présentés : en forme d’œuf de poule, soit roses, soit décorés de strass… Sans aucune hésitation, c’est celui de Margaret Crane qui est choisi pour sa praticité, car elle l’avait pensé pour que son utilisation soit la plus facile possible. Margaret Crane dépose son brevet en 1969, mais Organon Pharmaceuticals hésite à le commercialiser tout de suite, de peur que les consommatrices soient dissuadées par des médecins conservateurs ou par leur communauté religieuse.

Il est mis pour la première fois sur le marché en 1971 au Canada, où l’avortement venait d’être légalisé. Bien que créditée sur le brevet américain, Margaret Crane ne perçut aucune rémunération, car Organon Pharmaceuticals céda les droits à d’autres entreprises.

L’histoire de Margaret Crane illustre un parcours fascinant, où l’observation empirique rencontre le design industriel. Sa contribution fut finalement reconnue en 2014 par le Musée national d’histoire américaine.

Son concept fondateur, celui d’un test simple, intuitif et autonome pour l’utilisateur, ouvrit la voie révolutionnaire aux tests de grossesse sous la forme que nous connaissons aujourd’hui et aux tests antigéniques, essentiels notamment lors de crises sanitaires.

The Conversation

Valérie Lannoy ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La longue histoire des tests de grossesse : de l’Égypte antique à Margaret Crane, l’inventrice du test à domicile – https://theconversation.com/la-longue-histoire-des-tests-de-grossesse-de-legypte-antique-a-margaret-crane-linventrice-du-test-a-domicile-263219

Réduire l’empreinte carbone des transports : quand les progrès techniques ne suffisent pas

Source: The Conversation – France (in French) – By Alix Le Goff, Docteur en économie des transports, Université Lumière Lyon 2

Entre 1994 et 2019, les émissions de gaz à effet de serre liées aux mobilités en France ont continué à augmenter, malgré les progrès techniques. Pour inverser la tendance, il faudrait tempérer à la fois l’augmentation des voyages à longue distance en avion et celle des déplacements en voiture des actifs, de plus en plus longs du fait de l’étalement urbain. Les solutions politiques à mettre en place devront composer avec de forts enjeux d’équité sociale.


Les transports représentent 15 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES) dans le monde, mais la France constitue un cas particulier. Les transports occupent un poids relatif plus important en France du fait de son système énergétique peu carboné (notamment du fait de son énergie nucléaire). Ainsi, en 2023, ce secteur représentait 34 % des émissions de gaz à effet de serre.

Réduire ces émissions est donc un enjeu crucial au niveau national, mais les dynamiques en jeu sont complexes. Pour mieux les comprendre, nous nous sommes concentrés sur les mobilités individuelles pour analyser vingt-cinq ans de données issues des trois dernières enquêtes nationales sur la mobilité des Français, menées respectivement en 1994, en 2008 et en 2019.

Il ressort de nos résultats que les progrès techniques enregistrés sur cette période ne suffisent pas à compenser les hausses de distances parcourues. En outre, les politiques de régulation à mettre en place doivent composer avec de forts enjeux d’équité sociale.

C’est, par exemple, le cas pour le transport aérien, qui a connu une hausse des émissions de plus d’un tiers entre 1994 et 2019, avec des disparités marquées. En 2019, les 25 % les plus riches de la population étaient ainsi responsables de plus de la moitié des distances parcourues en avion.

Des émissions encore et toujours en hausse

Principale leçon de l’enquête : pour le climat, le compte n’y est pas. En 2019, le Français moyen a effectué 1 044 déplacements et parcouru 16 550 kilomètres. Ceci correspond à 2,3 tonnes équivalent CO2 pour se déplacer. Or, si la France souhaite respecter l’accord de Paris (c’est-à-dire, faire sa part pour limiter le réchauffement en dessous de 2 °C en 2100), c’est peu ou prou la quantité totale de GES que ce Français devra émettre en 2050… tous usages confondus.

Émissions de gaz à effet de serre liées à la mobilité des Français en 2019.
Fourni par l’auteur

L’automobile pèse lourd dans le bilan : elle représente à elle seule près des trois quarts du total des émissions. L’avion constitue l’essentiel du quart restant, tandis que tous les autres modes pris ensemble ne comptent que pour 4 %.

Par ailleurs, les émissions de notre Français moyen ont augmenté de 7 % entre 1994 et 2019. Il ne réalise pas davantage de déplacements qu’auparavant, mais ceux-ci sont par contre plus longs (+18 %). Les progrès techniques réalisés entre 1994 et 2019 ont permis de baisser les émissions par kilomètre parcouru de 10 %, ce qui n’a compensé que partiellement cet allongement. Enfin, comme la population française a augmenté de 12 % sur la période, la hausse de 7 % des émissions par personne conduit à une croissance totale des émissions de 20 %.

Pour aller plus loin dans l’analyse, nous avons distingué deux types de mobilité : les mobilités locales et les mobilités à longues distances, qui répondent à des besoins différents et ne font pas face aux mêmes contraintes. De ce fait, elles ne recourent pas aux mêmes modes de transports et n’ont pas évolué de la même manière au cours des vingt-cinq années observées.

L’automobile, poids lourd des émissions locales

La voiture est incontestablement le mode de transport dominant pour les trajets quotidiens des Français, tant en termes de distances parcourues que d’impacts environnementaux. Pour ce type de déplacements, elle représente ainsi 85 % des distances totales et 95 % des émissions de gaz à effet de serre. Ces proportions se vérifient dans les trois enquêtes de 1994, de 2008 et de 2019.

Évolution des émissions de GES pour les déplacements locaux entre 1994 et 2019.
Fourni par l’auteur

Entre 1994 et 2019, les émissions totales de GES issues des déplacements locaux ont progressé de 20 %, notamment du fait d’un allongement des distances parcourues par personne, en plus de l’augmentation de la population. Les gains d’efficacité énergétique des moteurs n’ont pas suffi à compenser la croissance du poids des véhicules ni la progression de la proportion d’automobiles occupées par leur seul conducteur. Le taux de remplissage moyen est ainsi passé de 2,1 personnes à 1,8 personne par voiture.

Sur le plan individuel, le facteur déterminant du niveau de gaz à effet de serre émis reste le fait de travailler ou non. En 2019, les actifs en emploi constituaient 43 % de la population et représentaient 65 % des émissions. Les disparités territoriales entrent également fortement en compte : les actifs qui vivent dans les zones rurales ou périurbaines ont vu leurs distances et leurs émissions augmenter de manière significative avec l’élargissement des bassins d’emplois et la disparition des services locaux.

A contrario, ceux des centres urbains ont baissé leurs émissions à la faveur d’une réduction des distances parcourues et d’un basculement progressif vers les modes alternatifs à la voiture, plus facilement accessibles sur leurs territoires.




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À longue distance, les émissions des Français décollent

Les émissions liées aux déplacements à longue distance ont également augmenté de 20 % entre 1994 et 2019, avec une accélération marquée entre 2008 et 2019. L’avion est le principal responsable de cette hausse, avec des distances totales parcourues multipliées par 2,5.

Bien que les émissions par passager au kilomètre en avion aient très fortement baissé sur la période (-45 %) grâce aux progrès techniques et à de meilleurs taux de remplissage, ces dernières restent élevées (170 g équivalent CO2 par passager au kilomètre, contre 99 pour la voiture sur les longues distances). Par ailleurs, cette baisse ne suffit pas à compenser la croissance de l’usage de l’avion. Les émissions dues à ce mode de transport augmentent de 35 % entre 1994 et 2019.

Évolution des émissions de GES pour les déplacements à longue distance entre 1994 et 2019.
Fourni par l’auteur

Sur le plan individuel enfin, les disparités sociales restent extrêmement marquées : les plus diplômés et les plus aisés sont les plus susceptibles de réaliser des voyages longue distance.

Cette hétérogénéité pose la question de l’équité des politiques de régulation. Par exemple, les personnes sans diplôme appartenant au quartile de revenu le plus faible ont émis en moyenne 0,5 tonne équivalent CO2 par an pour leur mobilité à longue distance, contre 2,5 tonnes équivalent CO2 par an pour les titulaires d’un master ou plus, appartenant au quartile de revenu le plus élevé.

Même si on observe une diffusion progressive de l’usage de l’avion dans toutes les catégories de la population, cette démocratisation apparente reste à relativiser. En 2019, les 25 % les plus riches étaient toujours à l’origine de plus de la moitié des distances parcourues en avion. Et ce sont surtout les 25 % suivant qui les rattrapent : la moitié la moins aisée de la population reste encore loin derrière.

Comment réduire l’empreinte carbone de nos mobilités ?

Pour les mobilités locales, nos résultats soulignent l’importance d’adapter les politiques publiques aux spécificités territoriales pour réduire efficacement les émissions des mobilités individuelles.

C’est dans les zones périurbaines et peu denses que les enjeux sont les plus lourds en termes d’émissions. Des initiatives dans ces zones peuvent viser à améliorer et promouvoir l’offre de mobilités alternatives à la voiture individuelle, comme le vélo, les transports en commun ou le covoiturage. La voiture électrique, davantage consommatrice d’énergie et de matériaux rares que sa concurrente thermique lors de la phase de construction, nécessite un usage régulier pour avoir une empreinte carbone plus faible. Elle peut ainsi apparaître particulièrement pertinente dans ces territoires où la dépendance automobile est forte et les distances parcourues sont importantes.

Mais cette solution par l’organisation du système de transport ne fait pas tout. La maîtrise de l’étalement urbain dans les zones rurales et périurbaines est essentielle pour limiter l’augmentation des distances parcourues et, par conséquent, des émissions de GES. Des politiques favorisant la densification des activités et des résidences autour des pôles locaux et inversant la tendance de la disparition progressive des services de proximité pourraient jouer un rôle clé dans cette stratégie, sans se faire au détriment des populations concernées.

Pour les déplacements à longue distance, les évolutions démographiques et socio-économiques globales vont probablement favoriser un renforcement de l’usage de l’avion. Les progrès techniques envisagés à court et moyen terme risquent de ne pas suffire pour compenser cette augmentation prévisible de la demande.

La concentration des émissions de GES sur une fraction aisée et diplômée de la population impose de réfléchir à des politiques de réduction des émissions qui ciblent prioritairement les grands émetteurs. Par exemple, plusieurs travaux économiques montrent l’intérêt d’une taxe progressive sur les vols afin de réduire le nombre des « frequent flyers » de l’avion, sans pénaliser les voyageurs occasionnels.

Parallèlement, le développement des alternatives à l’avion pour certains déplacements, tels que les trains à grande vitesse pour les trajets intraeuropéens, pourrait contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis de l’aérien.




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En définitive, les progrès techniques enregistrés au cours des vingt-cinq dernières années, tant dans l’aérien que pour l’automobile, n’ont pas permis d’inverser la tendance à la hausse des émissions de GES des Français, pas plus au niveau individuel qu’au niveau global. Si l’on veut tenir les objectifs de l’accord de Paris, les actions à mener doivent aussi toucher les pratiques de mobilités elles-mêmes et l’organisation spatiale du territoire, ce qui ne peut se faire sans prendre également en compte les forts enjeux d’équité sociale du secteur.


Les résultats présentés dans cet article sont issus d’une recherche subventionnée par l’Agence de la transition écologique (Ademe). Leur détail et les hypothèses des calculs sont disponibles dans le rapport publié par les auteurs de l’article sur le site de l’Ademe.

The Conversation

Alix Le Goff a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR), notamment concernant des travaux traitant de la modélisation des déplacements et de la dépendance automobile.

Damien Verry a reçu des financements de l’ANR, de l’ADEME.

Jean-Pierre Nicolas a reçu des financements de l’ADEME

ref. Réduire l’empreinte carbone des transports : quand les progrès techniques ne suffisent pas – https://theconversation.com/reduire-lempreinte-carbone-des-transports-quand-les-progres-techniques-ne-suffisent-pas-261321

Les frontières des États-Unis vont rester ouvertes pour les immigrés hautement qualifiés en sciences et en technologies

Source: The Conversation – France (in French) – By Dominique Redor, professeur émérite université Gustave Eiffel, chercheur affilié au Centre d’Etudes de l’emploi, CNAM, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

L’administration Trump 2 a fait de la lutte contre l’immigration une priorité de politique interne. Au-delà des images chocs d’arrestations, la réalité est plus complexe, notamment pour les immigrés ayant des compétences scientifiques très pointues. La suprématie scientifique et technologique des États-Unis continue et continuera de dépendre de leur capacité à attirer les cerveaux du monde entier.


Le président Trump expulse en masse les immigrés sans papiers, tente de remettre en cause le droit du sol pour les enfants nés aux États-Unis de parents qui n’y résident pas officiellement. Il s’en prend aussi aux étudiants étrangers des universités les plus prestigieuses. C’est un moyen que le président utilise pour les forcer à accepter les ingérences de son administration dans la sphère universitaire et de la recherche scientifique. Cette administration tente ainsi d’obtenir le licenciement ou l’arrêt du recrutement de certains scientifiques de haut niveau états-uniens et surtout étrangers.

Largement médiatisées, ces attaques ne doivent pas faire oublier qu’une part importante des immigrés présents aujourd’hui aux États-Unis est hautement diplômée, selon l’enquête American Community Survey (disponible sur le USA IPUMS dont sont extraites la plupart des données du présent article. Le président Trump va-t-il aussi leur fermer les frontières des États-Unis ? Ou, au contraire, va-t-il se borner à effectuer une sélection, entre ceux et celles qui, jugés indispensables au bon fonctionnement de l’économie, bénéficieront de toutes les protections et de tous les avantages matériels, tandis que les autres seront de plus en plus rejetés ?




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Le grand tournant des années 1960

L’histoire du brain drain (l’attraction des cerveaux), notamment européens, vers les États-Unis est ancienne. Le grand tournant de la politique migratoire eut lieu en 1965. Le président démocrate Lyndon Johnson voulait que les États-Unis redeviennent une « terre d’accueil ». Pour cela, une nouvelle législation fut adoptée pour favoriser l’immigration familiale et, surtout, celle des personnes ayant des qualifications ou des compétences exceptionnelles. On leur offrait la possibilité d’obtenir un droit de séjour permanent, encore dénommé Green Card (carte verte).

Par ailleurs, les personnes ayant au minimum un diplôme de niveau bachelor (license) – dans la pratique un master était requis –, pouvaient obtenir un visa de travail temporaire de trois à six ans, suivi, le cas échéant, par la carte verte.

Depuis lors, cette législation a connu de nombreuses adaptations, mais n’a pas fondamentalement changé. Ses effets, jusqu’en 2024, ont été progressifs et massifs. Précisons que l’enquête American Community Survey considère comme immigrée toute personne née à l’étranger. En 1980, ces immigrés d’âge pleinement actif (de 25 ans à 64 ans) représentaient 7,2 % de la population résidant aux États-Unis. En 2020, ils constituaient 19 % de cette population. Une partie de celle-ci, surtout d’origine latino-américaine, avait un très faible niveau de diplôme. En effet, 84 % de ces derniers avaient un niveau d’éducation inférieur ou égal au diplôme de fin d’études secondaires.

Des immigrants diplômés

Cependant, beaucoup d’immigrants, admis dans les années 1980 et 1990, étaient de plus en plus diplômés. Depuis, leur montée en qualification a été régulière. En 2020, parmi l’ensemble de la population immigrée, on trouvait davantage de titulaires d’un diplôme de 3e cycle (master ou doctorat), qu’au sein de la population d’origine états-unienne. Si bien que les immigrés représentaient un tiers des personnes résidant aux États-Unis qui étaient titulaires d’un doctorat.

Ce constat mérite d’être relativisé. Si les diplômés dans les disciplines scientifiques et technologiques et du management représentaient la grande majorité des immigrés admis à résider et travailler aux États-Unis, les diplômés de sciences sociales, de disciplines littéraires et artistiques, étaient beaucoup moins nombreux à obtenir cette admission.

Européens, Chinois et Indiens

Trois groupes d’immigrants se distinguaient par leur niveau d’éducation particulièrement élevé. Tout d’abord, par ordre croissant, on dénombrait 1,5 million d’Européens des 27 pays de l’Union européenne, appartenant à cette classe d’âge pleinement active ; 30 % d’entre eux étaient titulaires d’un diplôme de 3e cycle. La palme revenait aux Français au nombre de 120 000 ; 52 % d’entre eux possédaient un diplôme de 3e cycle.

Ensuite, un deuxième groupe de personnes hautement diplômées était constitué par les Chinois, au nombre de 1,9 million pour cette classe d’âge ; 37 % d’entre eux avaient un diplôme de 3e cycle. Enfin, le groupe des immigrés indiens était le plus nombreux avec 2,8 millions de personnes, dont 43 % possédaient un tel diplôme.




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En témoignent quelques figures bien connues comme, par exemple, les Français Yann Le Cun ou Jérôme Pesenti qui ont exercé de hautes fonctions chez Meta, tandis que Joëlle Barral était directrice de la recherche fondamentale en intelligence artificielle (IA) chez Google Deep Mind. Quant à Fidji Simo, elle est devenue, en 2024, directrice générale des application d’Open AI. Sundar Pichaï chez Google ou Shantanu Narayen chez Adobe System illustrent, quant à eux, la présence des Indiens.

Les données de l’administration états-unienne de l’immigration montrent que ce sont les entreprises de la tech qui obtiennent le plus grand nombre de visas pour employer des immigrés les plus qualifiés. Les « seven magnificients » : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla arrivent en tête. Chacune d’elles obtient chaque année plusieurs milliers de visas pour embaucher des étrangers hautement diplômés.

Des immigrés aux postes les plus élevés

D’une manière générale, les immigrés sont nombreux dans les échelons supérieurs de ces organisations. Ceci est attesté par leur position dans la hiérarchie des salaires. Par exemple, dans le secteur de la construction électronique (incluant Apple), les 5 % de salariés les mieux payés perçoivent un salaire annuel égal ou supérieur à 220 000 dollars. Parmi ceux-ci, on compte 38 % d’immigrés. De même, dans le secteur de la communication et des réseaux sociaux (incluant Facebook), 5 % des salariés perçoivent une rémunération annuelle égale ou supérieure à 310 000 dollars. On dénombre 33 % d’immigrés parmi eux. Dans l’enseignement supérieur, on trouve 26 % d’immigrés dans la classe des 5 % de salariés les mieux payés.

France 24 – 2025.

La longue histoire du brain drain vers les États-Unis est loin d’être terminée, malgré de possibles soubresauts, comme l’ont montré, en décembre dernier, les dissensions au sein du camp MAGA.

Le Made in USA et son économie ne peuvent pas se passer de l’emploi des étrangers. Quelles que soient les évolutions politiques dans les années à venir, les gouvernants continueront à donner la priorité absolue à la suprématie de leur pays dans ces domaines. La politique migratoire de Trump et de ses successeurs laissera les frontières largement ouvertes aux scientifiques et managers étrangers, comme au cours de ces soixante dernières années.

Des attaques ciblées de D. Trump

Les attaques de Donald Trump contre la science ne doivent pas tromper. Son combat concerne les disciplines et les scientifiques dont les travaux et les démonstrations s’opposent à son idéologie, qu’il s’agisse de la climatologie, d’une partie des sciences médicales et de la quasi-totalité des sciences sociales (études sur le genre, les inégalités, les discriminations de toutes origines).

Sa politique relève d’une conception instrumentale de la science et des scientifiques, rejetant ceux qui ne servent pas ses intérêts économiques et ses options idéologiques. S’ils sont étrangers, ils risquent l’expulsion. Les autres, indispensables aux entreprises de la tech, sont les bienvenus aux États-Unis et le resteront, car il existe désormais une concurrence intense sur ces marchés mondialisés de l’emploi des « talents », selon l’expression popularisée par les publications de l’OCDE. Cette compétition va se poursuivre et s’exacerber.

Cette situation devrait davantage préoccuper les gouvernements européens et français. L’exode des cerveaux de l’UE risque de se prolonger, voire de s’accroître. Les données de l’OCDE font ressortir l’insuffisance des investissements en recherche et développement (R&D) de la France au même niveau que la moyenne de l’UE (2,15 % du PIB), et très en deçà des États-Unis (3,45 %). Cette faiblesse des investissements concerne aussi bien la recherche publique que privée. Sur la période 2013-2024, les entreprises états-uniennes ont investi dans l’IA 470 milliards de dollars, les entreprises allemandes 13 milliards et les entreprises françaises 11 milliards. C’est dire, sur ce domaine d’avenir, combien le pouvoir d’attraction de l’économie des États-Unis est déterminant.

The Conversation

Dominique Redor est membre des Economistes Atterrés

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