Contrôler les données des ports, un enjeu de guerre économique avec la Chine ?

Source: – By Véronique Guilloux, Maîtresse de conférences en Sciences de gestion et management, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Logink, aussi connue sous le nom de National Transport and Logistics Public Information Transport, est une plateforme numérique de logistique et de commerce administrée par le ministère des Transports de la République populaire de Chine. metamorworks/Shutterstock

Dans les ports du monde entier, les Port Community Systems (PCS) gèrent les flux informationnels des 12 292 millions de tonnes de marchandises. À l’origine, ils symbolisent la transformation numérique des ports. Aujourd’hui, leur interfaçage dans un contexte de tensions géopolitiques soulève des risques en matière de gestion des données maritimes et portuaires. Pour preuve, l’Europe s’inquiète de la cyber-influence de Logink, un PCS chinois.


Le transport maritime achemine plus de 80 % des marchandises en 2025. La mondialisation a entraîné une forte hausse du commerce maritime à partir des années 1990. Le volume de fret annuel est passé de 4 000 millions en 1990, à 12 292 millions de tonnes de marchandises en 2023.

Cette massification du transport maritime de marchandises est visible notamment avec l’Automatic Identification System (AIS). L’AIS, mis au point par l’Organisation maritime internationale (OMI), permet de localiser les navires à travers le monde en temps quasi réel.

Dans les ports, des milliers de containers sont chargés ou déchargés. Dans cet article, nous nous intéressons aux plateformes informatiques dans les ports – Port Community Systems (PCS) – gérant justement les flux informationnels liés aux marchandises. Ces PCS favorisent la compétitivité des ports, mais leurs interopérabilités – capacité de ces systèmes à communiquer ensemble – deviennent également des leviers géopolitiques, comme c’est le cas avec la guerre des superpuissances Chine et États-Unis. Dans ce cadre, nous prenons l’exemple de la plateforme chinoise Logink.

Compétitivité des ports

Les PCS connectent les acteurs publics et privés, automatisent les échanges de données entre les différentes parties prenantes : transitaire, agent maritime, transporteur, douane, autorité portuaire, terminal…

« Chacun transmet ses informations sur l’avancée de la marchandise pour que l’intervenant suivant récupère l’information et poursuive le circuit », souligne une communication du port du Havre.

En France, on compte 30 000 utilisateurs par jour.

Le PCS « à la française » a fait longtemps débat. Deux entreprises se partagent historiquement ce marché : SOGET dans le nord de la France et MGI au sud. En 2005, le rapport gouvernemental « La réalisation du projet AP+ sur les places portuaires du Havre et de Marseille » recommandait la convergence informatique des deux systèmes et son ouverture sur l’arrière-pays permettant un accès aux importateurs/exportateurs.

En 2020, SOGET et MGI se regroupent et créent le GIE France PCS pour des chaînes logistiques nationales encore plus numérisées.

Puis, en 2021, la mission nommée « Amélioration des échanges numériques des acteurs des filières logistiques associés aux ports » définit « des outils nécessaires à une véritable interopérabilité des données sur l’ensemble de la chaîne logistique, ainsi qu’une synchronisation des flux numériques et physiques ».

Le marché du transport, de la logistique et du numérique en France.
France PCS

Malgré ces avancées, l’International Logistics Performance Index classe la France à la 15e position. Ses concurrents portuaires belges et néerlandais sont classés troisièmes et sixièmes et l’Allemagne première. Levier de gain de compétitivité, la transformation numérique du secteur portuaire français apparaît comme un enjeu prioritaire pour le développement économique national.

C’est alors la naissance de la plateforme ClearFrance portée par le groupement d’intérêt économique (GIE) France PCS. Ce projet est financé par l’État dans le cadre de France 2030 opéré par l’Ademe et financé par l’Union européenne. La mission du GIE France PCS est d’assurer le déploiement d’une interface unique et harmonisée répondant au Règlement européen 2019/1239 établissant un système de guichet unique maritime européen et abrogeant la directive 2010/65/UE.

Guerre économique (des données)

L’intégration des systèmes d’information dans les ports peut être abordée sous un angle de compétitivité nationale, européenne, voire globale. Pour ce dernier point, on peut citer le concept de network-of-trusted-networks permettant l’échange de données de port à port et transfrontière de l’International Port Community Systems Association (IPCSA). Connecter et partager les données permettent d’optimiser la supply chain, avec « une solution fiable et neutre » selon l’IPCSA. Mais échanger des données de port à port dans un cadre transfrontalier peut également soulever des problèmes en période de fortes tensions géopolitiques.

Prenons l’exemple de l’intégration du PCS chinois Logink dans les ports occidentaux. La Chine tisse un réseau portuaire mondial, que cela soit avec l’armateur COSCO ou les opérateurs de terminaux comme China Merchants Port Holding.

Logink est peu connue du grand public. Pourtant, une simple recherche sur Internet fait apparaître des articles professionnels alarmants comme « The Chinese digital octopus spreading its tentacles through smart port ambitions » « US alarm about Logink shows China’s transformational edge » ou « China’s Logink platform as an economic weapon ? ».

Menace de Logink

Logink National Transport and Logistics Public Information Transport est une plateforme numérique de logistique et de commerce administrée par le ministère des Transports de la République populaire de Chine.

Implantation de Logink dans les ports mondiaux.
USCC

À l’origine, en 2007, Logink est juste un système de contrôle et de suivi logistique au niveau provincial. La plateforme s’est étendue en 2009 à toutes les provinces chinoises. En 2010, Logink intègre progressivement des données du Northeast Asia Logistics Information Service Network (NEAL-Net) couvrant initialement les opérations des porte-conteneurs dans les ports de Ningbo-Ahoushan (PRC), Tokyo-Yokohama (Japon) et Busan (Corée du Sud). Des partenariats entre Logink et des entreprises chinoises sont également effectués comme avec Cainiao Smart Logistics Network Limited, détenu par le groupe de e-commerce Alibaba.

Vigilance des États-Unis et de l’Union européenne

Logink s’inscrit dans le projet de la Route de la soie numérique, composant stratégique de la Belt and Road Initiative (BRI), lancée en 2013. Si en 2022, Logink participe au réseau de confiance Network of Trusted Networks (NoTN), il semble aujourd’hui que l’Union européenne et les États-Unis ne voient plus Logink comme une plateforme logistique totalement neutre.

L’Europe est consciente des intérêts stratégiques des Chinois vis-à-vis des ports européens. L’attitude de l’Europe vis-à-vis de Logink semble plus mesurée que les États-Unis. Même si aux États-Unis, aucun port n’a signé d’accord avec Logink, plusieurs instances américaines avertissent que ce système pourrait être une menace pour la sécurité nationale.

Route de la soie maritime et terrestre… chinoise.

La Commission d’examen de l’économie et de la sécurité des échanges bilatéraux entre les États-Unis et de la Chine a indiqué que le Parti communiste chinois (PCC) prévoyait d’utiliser Logink pour renforcer son influence sur le commerce maritime international. Quant à l’administration maritime de l’US Departement of Transportation, elle s’est élevée contre la cyber-influence de Logink.

Plusieurs projets de loi ont été également évoqués. En 2023, le sénateur Cotton et la députée Steel présentent la loi sur « l’obtention de données maritimes de la Chine communiste », visant à interdire l’utilisation de la plateforme de logistique numérique chinoise Logink dans les ports états-uniens. Plus tard, un autre acte sur le transport maritime contre Logink est proposé par le républicain Dusty Johnson. Ces différents projets de loi n’ont pas abouti, mais montrent l’inquiétude géopolitique vis-à-vis du système dans le cadre de la guerre commerciale entre géants.

The Conversation

Véronique Guilloux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Contrôler les données des ports, un enjeu de guerre économique avec la Chine ? – https://theconversation.com/controler-les-donnees-des-ports-un-enjeu-de-guerre-economique-avec-la-chine-257401

Les États-Unis entrent dans la guerre Israël-Iran : trois scénarios pour envisager la suite

Source: – By Ian Parmeter, Research Scholar, Middle East Studies, Australian National University

Option 1 : l’Iran effectue des représailles contre les États-Unis (mais celles-ci seront probablement volontairement minimales). Option 2 : l’Iran dépose les armes et revient à la table des négociations en position d’immense faiblesse. Option 3 : Washington estime avoir fait sa part du travail et se retire du théâtre iranien, à la suite de quoi le régime, si ses stocks et ses moyens techniques n’ont pas été aussi détériorés que l’affirme Donald Trump, se lance à corps perdu dans la fabrication de l’arme nucléaire.


Après avoir semblé hésiter sur l’opportunité d’entrer en guerre aux côtés d’Israël contre l’Iran, Donald Trump a pris sa décision. Ce 21 juin, des bombes lâchées par des avions B2 et des missiles lancés depuis des sous-marins américains ont frappé trois sites nucléaires iraniens à Natanz, Ispahan et Fordo, ce dernier abritant une usine d’enrichissement d’uranium enterrée à environ 80 mètres sous une montagne.

Ces frappes s’inscrivent dans la série d’événements qui a commencé avec le massacre commis par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, et qui s’est poursuivie par la guerre de Gaza puis, en 2024, par les attaques dévastatrices d’Israël contre le Hezbollah libanais (soutenu par l’Iran), la chute du régime syrien de Bachar Al-Assad (également soutenu par l’Iran), et la série de frappes israéliennes déclenchées contre l’Iran le 13 juin.

L’Iran n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. Trump avait déclaré il y a quelques jours qu’il lui faudrait peut-être deux semaines pour décider de bombarder le pays ou non ; les Israéliens l’ont probablement poussé à passer à l’action au plus vite.

Israël a en effet pressé Trump d’utiliser les massive ordnance penetrators (MOP), ces bombes « anti-bunker » de 13 600 kilos que seuls les États-Unis peuvent utiliser aujourd’hui grâce à leurs bombardiers B2.

À présent que Trump a décidé d’engager les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, comment les choses pourraient-elles évoluer ?

1. L’Iran contre-attaque, mais avec quelle vigueur ?

Les Iraniens savent qu’ils n’ont pas les moyens d’entrer dans une confrontation totale avec les États-Unis et que ces derniers, en revanche, ont la capacité de causer d’immenses dommages à leur pays et même de mettre en péril la stabilité du pouvoir de Téhéran. Or cette stabilité a été de tout temps la principale préoccupation du régime clérical dirigé par le guide suprême Ali Khamenei : c’est la priorité des priorités, à laquelle toutes les autres sont subordonnées.

Pour anticiper la possible réaction de l’Iran, il peut être utile d’examiner la façon dont il a réagi à l’assassinat, par la première administration Trump, en janvier 2020 de Ghassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, l’unité d’élite des Gardiens de la révolution.

L’Iran avait alors immédiatement fait savoir que sa vengeance serait terrible ; mais dans les faits, il s’était contenté de lancer un barrage de missiles sur deux bases américaines en Irak. Cette réaction mesurée n’a pas fait de victimes et a causé très peu de dégâts. Après ces représailles symboliques, l’Iran avait déclaré que l’affaire était close.

La réaction de l’Iran aux nouvelles frappes américaines sera probablement similaire. Téhéran ne voudra sans doute pas entrer dans une guerre ouverte avec les États-Unis en lançant des attaques contre les bases américaines situées dans la région. Trump a d’ailleurs déjà annoncé qu’il envisageait des frappes supplémentaires :

« L’Iran, la brute du Moyen-Orient, doit maintenant faire la paix. Dans le cas contraire, les attaques futures seront bien plus importantes et bien plus faciles. »

En outre, le doute plane sur les capacités dont dispose l’Iran. Avant le 13 juin, les analystes s’accordaient à penser que le pays possédait environ 2 000 missiles capables d’atteindre Israël. Selon certaines estimations, il en aurait tiré 700 ; d’autres parlent d’environ 400. Quel que soit le chiffre réel, il est certain que les stocks iraniens diminuent rapidement.

De plus, Israël a déjà détruit environ un tiers des lanceurs de missiles balistiques iraniens. S’il parvient à les détruire tous, la capacité de riposte de Téhéran sera très limitée.

2. L’Iran s’incline, mais ne rompt pas totalement

Avant que les États-Unis ne s’impliquent dans le conflit, l’Iran avait déclaré qu’il était prêt à négocier, mais qu’il ne le ferait pas tant qu’Israël poursuivrait ses attaques.

L’un des scénarios possibles est donc celui d’un compromis qui verrait Israël annoncer un cessez-le-feu et l’Iran et les États-Unis accepter de reprendre les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

Il existe toutefois un obstacle d’importance à un tel développement : le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a martelé à de nombreuses reprises qu’il ne faisait pas confiance au processus de négociation et qu’il refuserait de mettre fin aux actions militaires d’Israël tant que toutes les installations nucléaires iraniennes n’auraient pas été complètement détruites. Il a également bombardé des terminaux pétroliers et des installations gazières de l’Iran afin d’accroître encore la pression sur le régime.

En outre, il faut rappeler que, historiquement, le régime iranien s’est montré incroyablement déterminé à ne pas perdre la face. Il a été placé sous une pression extrême à différents moments de la guerre Iran-Irak (1980-1988) et n’a jamais envisagé de mettre fin aux combats jusqu’à ce qu’un missile américain abatte par erreur le 3 juillet 1988 un avion de ligne iranien, tuant 290 personnes. C’est alors que l’Iran avait fini par accepter un cessez-le-feu parrainé par l’ONU. Il reste que la guerre contre l’Irak avait duré huit ans et causé environ un million de victimes au total. Et le guide suprême Ruhollah Khomeini avait déclaré que signer le cessez-le-feu avait été pour lui « pire que boire du poison ».

Le régime est aujourd’hui très impopulaire, et Benyamin Nétanyahou a déclaré qu’il voulait créer des conditions favorables à un soulèvement du peuple iranien contre le régime. Mais ce peuple iranien, d’après mon expérience, est très patriote : s’il n’est pas loyal envers le régime, il est en revanche loyal envers son pays. Bien qu’il soit difficile d’évaluer l’état de l’opinion publique dans un pays de 90 millions d’habitants où la parole est muselée, il ne fait nul doute que la majorité des Iraniens ne voudraient pas que les États-Unis ou Israël décident de leur avenir à leur place.

En outre, il ne faut pas oublier que l’effondrement d’une autocratie n’est pas nécessairement suivi de l’avènement de la démocratie mais, souvent, d’une plongée dans le chaos. L’Iran compte plusieurs groupes ethniques différents et il y aura certainement de profonds désaccords sur le système qui devrait prendre la place du régime clérical actuel si ce dernier venait à tomber.

À ce stade, il apparaît que le régime sera probablement en mesure de tenir bon. Et même si le guide suprême Ali Khamenei, âgé de 86 ans et ouvertement menacé par Trump et Nétanyahou à plusieurs reprises, devait disparaître soudainement, le régime sera probablement en mesure de le remplacer rapidement. Bien que nous ne connaissions pas encore le nom de son successeur, le régime a eu tout le temps nécessaire pour se préparer à cette éventualité. Ses hauts responsables savent également qu’une lutte de succession après la mort de Khamenei mettrait réellement le système en danger.

3. Une poursuite et une accélération du programme iranien

Selon un sondage réalisé par The Economist et l’institut YouGov et publié le 17 juin, 60 % des Américains sont opposés à une participation de leur pays au conflit entre Israël et l’Iran, tandis que seulement 16 % y sont favorables. Parmi les sympathisants du Parti républicain, 53 % sont opposés à une action militaire.

Les frappes du 21 juin n’ont donc pas répondu à une demande populaire de l’opinion publique états-unienne, au contraire. Cependant, si elles n’entraînent pas le pays dans la guerre et si Trump parvient à rapidement mettre fin aux affrontements entre l’Iran et Israël, il sera probablement applaudi par une majorité d’Américains. Mais si les États-Unis décident de bombarder davantage, ou si des attaques graves sont lancées contre leurs intérêts dans la région, les réactions négatives des simples citoyens pourraient se multiplier.

Une autre question est de savoir si les 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % dont disposait l’Iran ont été détruits lors de l’attaque du 21 juin.

Si ce n’est pas le cas, et si les centrifugeuses n’ont pas subi de dégâts trop importants, l’Iran pourrait être en mesure de reconstruire son programme nucléaire relativement rapidement. Et cet épisode l’aura probablement incité plus que jamais à enrichir cet uranium jusqu’à une pureté de 90 %, c’est-à-dire un niveau qui lui permettrait d’enfin posséder l’arme nucléaire.

The Conversation

Ian Parmeter ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les États-Unis entrent dans la guerre Israël-Iran : trois scénarios pour envisager la suite – https://theconversation.com/les-etats-unis-entrent-dans-la-guerre-israel-iran-trois-scenarios-pour-envisager-la-suite-259522

Nouvelle-Calédonie : qu’est-ce que l’« indépendance-association » au cœur des débats sur l’avenir de l’archipel ?

Source: – By Léa Havard, Maître de conférences en droit public, Directrice adjointe du Laboratoire de Recherches Juridique & Économique, Université de Nouvelle Calédonie

Le 2 juillet, lors du « sommet » de l’Elysée sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron se serait prononcé en faveur d’une consultation des Néo-Calédoniens sur un projet « d’Etat associé » ou sur une forme d’autonomie élargie. Le projet proposé précédemment par le ministre des outre-mer Manuel Valls rappelait également l’«indépendance-association» – ce que lui reproche le camp loyaliste. Quelle est cette forme institutionnelle rare, pourtant reconnue par l’ONU dans le cadre des processus de décolonisation ?


Pour tenter de sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse politique dans laquelle elle est plongée depuis des mois, voire des années, le ministre des outre-mer propose un projet de « souveraineté avec la France ». Cette actualité place la notion d’« indépendance-association » au cœur du débat public. Source de crispations et d’inquiétudes aggravées par de forts a priori, la notion doit être déconstruite pour participer à des échanges éclairés sur l’avenir institutionnel de l’archipel.

Longtemps taboue, parfois fantasmée, souvent source d’inquiétudes, l’indépendance-association a toujours suscité de fortes crispations en Nouvelle-Calédonie, tant auprès des politiques que de la population.

C’était vrai en janvier 1985 quand l’État a proposé pour la première fois un projet portant cette dénomination pour faire évoluer le statut de l’archipel. Tout juste présenté, le « plan Pisani » (du nom du haut-commissaire de l’époque) avait immédiatement été rejeté et l’idée d’indépendance-association remisée aux oubliettes.

Quarante ans plus tard, elle semble pourtant exhumée, de nouveau placée au cœur de l’actualité. Dans un contexte marqué par l’impasse politique qui a résulté de la tenue contestée du 3ᵉ référendum de 2021, auquel s’est ajoutée la grave crise politique, économique et sociale provoquée par les émeutes débutées le 13 mai 2024, le ministre des outre-mer Manuel Valls a réuni plusieurs fois les représentants politiques calédoniens ces dernières semaines pour tenter de trouver une issue à l’inextricable question de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Lors de sa conférence de presse du 8 mai 2025, le ministre a révélé le contenu des discussions qui se sont déroulées pendant les trois jours du « conclave » de Deva (Bourail, sud de la Nouvelle-Calédonie). Bien qu’elles n’aient pas abouti (elles devraient reprendre à Paris mi-juin à l’invitation du président de la République), elles ont le mérite d’avoir relancé un débat de fond, à l’arrêt depuis plus de quatre ans. Deux projets ont été discutés : le premier, porté par une partie des loyalistes, promeut une forme de fédéralisme au sein de la République française ; le second, défendu par le ministre des outre-mer, repose sur une « souveraineté avec la France ».

À peine ces mots étaient-ils prononcés qu’ils ont été assimilés à la notion d’indépendance-association dont on n’osait plus parler, suscitant l’enthousiasme des uns, la crainte des autres et créant une confusion générale.

Confusion autour de l’indépendance-association

Confusion des mots, d’abord : « État associé », « indépendance-association », « souveraineté partagée », « plan Pisani », « souveraineté avec la France »… autant de notions connexes mobilisées dans le débat public calédonien sans être définies.

Confusion des postures politiques, également : pour les non-indépendantistes, l’indépendance-association est souvent synonyme d’un abandon camouflé par la France. Pour leur part, les indépendantistes dénonçaient dans les années 1980 un statut néocolonial, un ersatz d’indépendance permettant à la France de maintenir son emprise sur le Caillou, quand, aujourd’hui, ils saluent la perspective d’une évolution vers un tel statut.

Alors de quoi parle-t-on vraiment ? À quoi renvoie réellement l’indépendance-association ? Pour démêler cet imbroglio, éloignons-nous de l’actualité pour revenir au sens premier de la notion.

Une voie de décolonisation consacrée par l’ONU

En 1960, alors que les peuples du monde entier se libéraient du joug colonial, les Nations unies ont identifié dans leur résolution 1541 (XV) les trois hypothèses permettant de considérer un territoire comme décolonisé :

« a) quand il est devenu un État indépendant et souverain ; b) quand il s’est librement associé à un État indépendant ; ou c) quand il s’est intégré à un État indépendant. »

Entre l’intégration et l’indépendance totale, les Nations unies ont imaginé de toutes pièces une troisième voie de décolonisation : la libre association, aussi appelée « indépendance-association ».


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À rebours de la quasi-totalité des colonies qui a privilégié l’indépendance totale, les îles Cook ont été les premières à emprunter cette voie inédite. En 1965, elles sont devenues un État associé à la Nouvelle-Zélande et, ce faisant, ont conservé des liens étroits avec leur ancienne puissance administrante tout en établissant des rapports nouveaux, fondés sur une égalité souveraine et non sur une domination coloniale.

Niue a fait de même en 1974, toujours avec la Nouvelle-Zélande. Enfin, les États fédérés de Micronésie et les îles Marshall se sont associés aux États-Unis en 1990, avant que les Palaos ne les imitent en 1994, portant à cinq seulement le nombre de territoires décolonisés dans le monde via l’indépendance-association.

L’expérience des États associés du Pacifique

Plus qu’un statut transitoire de décolonisation, l’indépendance-association est devenue une forme d’organisation politique pérenne.

Elle caractérise aujourd’hui encore ces cinq territoires que la doctrine juridique appelle couramment « État associé ». Mais quelles caractéristiques font de lui un État si singulier ?

L’État associé est une communauté politique souveraine caractérisée par des liens si resserrés avec un État partenaire que cette association lui est consubstantielle. L’association fait partie de son ADN à tel point qu’elle est inscrite dans sa Constitution, tout comme dans celle de son État partenaire. S’il n’est pas immuable (rien ne l’est dans le monde du droit !), ce lien gravé dans le marbre constitutionnel bénéficie de la garantie juridique suprême, assurant ainsi sa stabilité.

En outre, l’État associé se distingue par sa « souveraineté déléguée » pour reprendre les termes du professeur de droit Guy Agniel. En concertation avec son partenaire, l’État associé décide de ne pas exercer toutes ses compétences et de lui en confier certaines. Ce type de délégation est, par exemple, pratiquée en matière de nationalité aux îles Cook et à Niue où les habitants ont la nationalité néo-zélandaise, ou encore dans le domaine de la défense et des relations extérieures, les États fédérés de Micronésie confiant ainsi leur protection militaire aux États-Unis. L’État associé et son État partenaire sont donc étroitement imbriqués dans un subtil équilibre qui vise à valoriser leur identité commune tout en préservant leur existence propre.

La « fausse » indépendance-association du plan Pisani

Dans le contexte néo-calédonien, la notion d’indépendance-association ne renvoie pas nécessairement aux statuts des voisins du Pacifique et peut revêtir un sens différent, créant par là même un profond quiproquo. En effet, elle est souvent assimilée au très critiqué plan Pisani de 1985 qui avait vocation à endiguer l’escalade de la violence entre indépendantistes et non-indépendantistes en créant une Nouvelle-Calédonie en indépendance‑association.

Les quelques orientations dudit plan rendues publiques suggèrent toutefois que de l’indépendance-association, il n’avait que le nom. La lecture des débats parlementaires à son sujet dénote l’incompréhension de la classe politique envers un projet réalisé hâtivement dont le contenu était confus (par exemple, il est fait référence à la fois à un traité de coopération et à un traité d’association, les deux étant pourtant à distinguer).

Aussi, et surtout, ce projet avait été élaboré par le seul gouvernement français, sans concertation avec les principaux intéressés, ce qui s’opposait frontalement à la vraie indépendance-association dont l’essence même repose sur le consensus entre les deux parties. L’inscription de l’association dans le cadre de l’article 88 de la Constitution française était d’ailleurs équivoque, ce dernier étant empreint de l’esprit colonialiste des années 1950.

« Mort‑né », le plan Pisani a disparu cinq jours seulement après avoir été présenté. Il n’en a pas moins durablement marqué les esprits comme un repoussoir, et son assimilation fréquente à la notion générique d’indépendance-association brouille, aujourd’hui encore, les discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Quid de l’actuel projet de « souveraineté avec la France » ?

Dans un courrier en date du 16 mai dernier, Manuel Valls explique que son projet de « souveraineté avec la France » a vocation à « conjuguer les aspirations divergentes à la pleine émancipation et au lien structurant avec la France ». Les grandes lignes sont posées : transfert des compétences régaliennes à la Nouvelle-Calédonie assorti d’une délégation à la France, instauration d’une double nationalité française et néo-calédonienne, accès à un statut international, lien constitutionnellement garanti… Autant d’éléments qui ne sont évidemment pas sans rappeler l’indépendance-association.

Il faut toutefois se garder de toute conclusion hâtive. À ce stade, en l’absence d’informations publiques détaillées quant au contenu du projet, mieux vaut éviter de le faire entrer dans une case théorique qui risquerait de limiter le champ des possibles à un moment où la Nouvelle-Calédonie a plus que jamais besoin d’ouvrir pleinement la réflexion.

The Conversation

Léa Havard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Nouvelle-Calédonie : qu’est-ce que l’« indépendance-association » au cœur des débats sur l’avenir de l’archipel ? – https://theconversation.com/nouvelle-caledonie-quest-ce-que-l-independance-association-au-coeur-des-debats-sur-lavenir-de-larchipel-257750

Unoc 2025 : en France, de l’exploitation économique des grands fonds marins à leur maîtrise militaire

Source: – By Virginie Saliou, Titulaire de la chaire 4M, Sciences Po Rennes

Les eaux de Polynésie recèlent, selon les estimations, environ 50 millions de tonnes de cobalt, soit l’équivalent de 600 ans de consommation mondiale. Gualtieroboffi/Shutterstock

Avec 10,6 millions de km2 d’espaces maritimes, la France est le second espace maritime mondial. Alors qu’elle envisageait l’exploitation des ressources minières des grands fonds marins en 2013, elle plaide depuis 2022 pour leur moratoire. Comment expliquer cet apparent renoncement ? Ces ressources sont-elles des richesses en sommeil ? Ou la maîtrise des fonds marins ne devient-elle pas une question militaire et de compétition entre les puissances?


En mars 2025, à l’occasion de l’évènement « SOS Océan » en préparation de la Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), Emmanuel Macron déclare que nous ne connaissons pas suffisamment les grands fonds marins pour endosser un code minier. Il réaffirme son souhait d’un moratoire pour l’exploitation des grands fonds marins dans les eaux internationales.

Dans un contexte de tensions internationales pour l’approvisionnement en métaux critiques, indispensables à nos nouvelles technologies – téléphones, ordinateurs –, à la transition énergétique – éolienne, batterie de voitures électriques – mais aussi à nos industries d’armement – radars, satellites –, les ressources minérales non énergétiques des grands fonds marins apparaissent comme un nouvel eldorado.

La France, qui dispose du deuxième espace maritime mondial réparti sur plusieurs océans, bénéficie de fait d’un potentiel géologique important. Alors qu’elle envisageait l’exploitation de ces ressources en 2013, la France plaide depuis 2022 pour un moratoire sur l’exploitation des ressources minières des grands fonds marins. Comment expliquer cet apparent renoncement ?

Plus de 10 millions de km² de richesses maritimes

Alors que la France s’est lancée dans la course à la connaissance des profondeurs marines dans les années 1960-1970, son intérêt pour les grands fonds marins s’est manifesté sans équivoque en 2013 en faveur d’une exploration et d’une exploitation des ressources minières de ces espaces maritimes. Le rapport d’Anne Lauvergeon « Innovation 2030 » classait, parmi les sept ambitions stratégiques de la France, la valorisation des métaux contenus dans les grands fonds marins.

La stratégie interministérielle d’octobre 2015 affichait l’ambition de « permettre à la France de valoriser ses atouts dans le domaine de l’exploration et de l’exploitation minières des grands fonds marins » afin d’assurer son indépendance stratégique en métaux. Avec ses 10,6 millions de km² d’espaces maritimes sous souveraineté, ainsi que de nouveaux droits obtenus sur l’extension de son plateau continental, la France dispose d’un fort potentiel de ressources minières.

La zone de Clarion-Clipperton où la France possède des espaces maritimes est connue pour ses nodules polymétalliques, ou nodules de manganèse, entre 4 000 m et 6 000 m de profondeur. Constitués en majorité de manganèse et de fer, contenant du silicium ou de l’aluminium, du cobalt, du nickel ou du cuivre, ils sont scrutés de près par les industriels. Les eaux de Polynésie recèlent, selon les estimations, environ 50 millions de tonnes de cobalt, soit l’équivalent de 600 ans de consommation mondiale. La zone de Wallis et Futuna a pour sa part été explorée avant de rencontrer l’opposition des autorités locales, réaffirmées en 2015 et 2018.

Code minier sous-marin

La France peut théoriquement exploiter les fonds marins dans ses eaux. La Convention de Montego Bay sur le droit de la mer précise en son article 56 que les États disposent de droits souverains sur les ressources des eaux et des fonds marins dans leur zone économique exclusive (ZEE), ainsi que des droits de juridiction leur conférant par exemple une exclusivité de la recherche dans ces espaces. Parallèlement, la France dispose d’un code minier encadrant les activités d’exploration et d’exploitation des ressources minérales marines. Pour pouvoir éventuellement exploiter, il est nécessaire d’obtenir un titre minier ainsi qu’une autorisation d’ouverture de travaux après étude d’impact et, si besoin, une autorisation d’occupation du domaine public.

Exploitation minière des grands fonds marins dans le monde.
Parlement canadien

Si le cadre légal existe, la France, sans l’interdire, n’a encore jamais donné d’autorisation pour exploiter ses ressources minières marines.

Dans les eaux internationales, régies par le droit de la mer et l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), la France dispose depuis 2001 de deux permis d’exploration sur la zone de fracture de Clarion-Clipperton et sur la dorsale médio-atlantique. À l’occasion de la COP 27 en 2022, le président de la République française annonçait, presque à rebours, que la France soutenait l’interdiction de toute exploitation des grands fonds marins. Elle plaiderait pour un moratoire dans les enceintes internationales auprès d’autres pays tels que l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Panama, ou encore le Costa Rica, le Chili, et certains États insulaires du Pacifique.

La sensibilité écologique de la question, les oppositions des populations locales et le manque de données environnementales ont alors conduit à une évolution de la posture française en faveur d’une pause de précaution sur les exploitations et d’une priorité à l’exploration scientifique.

Maîtrise militaire des fonds marins

En amont de cette demande de moratoire, la France avait réorienté sa stratégie pour les grands fonds marins dans une perspective plus militaire. En février 2022, le ministère des Armées s’était en effet doté d’une stratégie ministérielle visant à la maîtrise des grands fonds marins. Cette stratégie élargit les perspectives. Les grands fonds marins n’y sont plus abordés uniquement du point de vue de leurs ressources potentielles, mais également d’un point de vue sécuritaire.


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Dans cette optique, ils sont perçus comme de potentiels espaces de conflictualités entre États, en raison de leur potentiel minier, mais aussi de l’avantage stratégique qu’ils confèrent. L’intérêt pour ces espaces est également lié aux enjeux de lutte informationnelle et énergétique. Près de 99 % des communications mondiales passent par des câbles sous-marins gisant sur le fond des océans tandis que croissent les câbles énergétiques et autres « tubes » gaziers et pétroliers. Surtout, les profondeurs marines, bien avant les éventuels projets d’exploitation, sont l’apanage des grandes marines militaires océaniques où elles mettent en œuvre la dissuasion. Dissuasion, sécurité des flux et sécurité énergétique – autant d’enjeux de souveraineté des États qui accroissent l’intérêt pour les fonds marins.

Chine et États-Unis en course

L’évolution de la position française est de fait symptomatique d’un changement de perspective sur l’intérêt mondial pour les grands fonds marins. Elle passe

d’un eldorado minier potentiel, patrimoine commun de l’humanité, à un nouvel espace de conflictualité tel que décrit dans la loi de programmation militaire de 2024. Au niveau français, ce changement de posture s’explique certes par la nécessité environnementale. Mais il trouve également des motifs dans le besoin de se repositionner dans la compétition pour la maîtrise des grands fonds marins face à des puissances qui investissent beaucoup et rapidement.

L’entreprise canadienne, The Metals company, avec laquelle l’administration Trump vient de conclure un accord d’exploitation des ressources dans les eaux américaines, annonçait, suite à des essais fructueux en 2022, sa capacité à commencer l’exploitation industrielle des nodules polymétalliques pour 2025. La Chine pour sa part annonçait dès novembre 2018 le lancement du projet Hadès, visant à installer un avant-poste sous-marin à 5500 m de profondeur dans la fosse de Manille pour la surveillance des tremblements de terre et l’exploration scientifique à grand renfort de drones et d’intelligence artificielle.

Vision de long terme

L’exploitation des grands fonds marins, l’augmentation des acteurs et des capacités en mer sont susceptibles de fragiliser la dissuasion. Tempérer pour s’adapter à ces nouvelles contraintes s’avère dès lors nécessaire. D’un point de vue industriel, les revirements successifs des gouvernements français n’ont pas permis de dessiner une vision politique de long terme dont ont besoin les investissements privés afin de développer des technologies rentables.

Connaître, explorer et maîtriser les fonds marins a un prix. Les coûts engendrés par le développement de capacités dans un milieu méconnu et extrême nécessitent une visibilité et une stabilité du cadre juridique et politique. La dualité des technologies sous-marines offre ici une solution intéressante pour le développement des capacités dans les grands fonds. Les enjeux militaires donnent en effet au secteur industriel une option de long terme via le développement de technologie à double usage civil et militaire.

La stratégie nationale de 2020 conditionnait l’exploitation des ressources minérales marines à un faible impact environnemental, dont les conditions d’acceptabilité demeuraient floues. Dans ce contexte, les investissements nécessaires à la connaissance préalable des fonds marins ne rimaient pas nécessairement avec retour sur investissement par une exploitation future de ces ressources.

La stratégie de maîtrise des fonds marins du ministère des Armées, en revanche, ouvre des perspectives de plus long terme. Elle offre des possibilités variées de valorisation de l’exploration. De quoi permettre une protection de l’environnement marin, tout en maîtrisant son environnement stratégique…

The Conversation

Virginie Saliou a travaillé pour le ministère des Armées de 2014 à 2018 puis pour le Secrétariat général de la mer.

ref. Unoc 2025 : en France, de l’exploitation économique des grands fonds marins à leur maîtrise militaire – https://theconversation.com/unoc-2025-en-france-de-lexploitation-economique-des-grands-fonds-marins-a-leur-maitrise-militaire-257291

Así podemos aprovechar los huesos de aceituna para producir biocombustibles

Source: The Conversation – France – By María Luz Sánchez Silva, Catedrática de Universidad en el Área de Ingeniería Química, Universidad de Castilla-La Mancha

Sebra/Shutterstock

En un mundo donde la lucha contra el cambio climático se ha convertido en una carrera contrarreloj, la búsqueda de soluciones sostenibles es más urgente que nunca. Una de ellas consiste en convertir el dióxido de carbono (CO₂) en metano (CH₄), un combustible útil. Una de las estrategias más prometedoras para lograrlo es la metanación de CO₂, técnica innovadora que podría revolucionar nuestra industria energética.

Sin embargo, la implementación a gran escala de este proceso ha sido limitada por la falta de materiales catalíticos –es decir, que aceleran las reacciones químicas– sostenibles y rentables. Aquí es donde entra en juego el biochar o biocarbón derivado de huesos de aceituna.

La conversión del dióxido de carbono en metano no solo ayuda a reducir las emisiones de gases de efecto invernadero sino que también proporciona una fuente de energía renovable. Este proceso tiene el potencial de transformar la industria energética, pero para que sea viable se necesitan catalizadores eficientes y sostenibles. El uso de biochar derivado de residuos agrícolas, como los huesos de aceituna, ofrece una solución prometedora.

El potencial de los huesos de aceituna

Los olivares no solo son un símbolo del paisaje mediterráneo, sino también una fuente invaluable de biomasa renovable. España, líder mundial en la producción de aceitunas, dedica aproximadamente 2,75 millones de hectáreas al cultivo de olivos.

Regiones como Andalucía y Extremadura destacan por su alta producción, con la primera representando el 80 % del total nacional.

Este cultivo genera una gran cantidad de residuos, entre ellos los huesos de aceituna, que tradicionalmente se consideraban desechos. Sin embargo, estos huesos tienen un enorme potencial como materia prima para aplicaciones sostenibles.

Al igual que las cáscaras de frutos secos, los huesos de aceituna pueden transformarse en biochar, un material con múltiples usos, desde la mejora del suelo hasta la producción de energía.




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¿Qué es el biochar y por qué es importante?

La producción del biocarbón implica la pirólisis –descomposición por calor en ausencia de oxígeno– de biomasa, como los huesos de aceituna, a altas temperaturas. El resultado es un material poroso ideal para aplicaciones catalíticas, por ejemplo, en la producción de metano a partir de dióxido de carbono.

La producción de biocarbones activos está ganando tracción a nivel mundial debido a sus múltiples aplicaciones en la agricultura, la purificación de agua y la mitigación del cambio climático.

Se espera que el mercado de biocarbones activos crezca a una tasa compuesta anual del 3,5 % entre 2023 y 2030, alcanzando un valor proyectado de 3 500 millones de dólares estadounidenses para el final de este periodo.

El proceso de activación química

Para aprovechar al máximo el potencial del biochar, es necesario someterlo a un proceso conocido como activación química, que mejora sus propiedades y lo convierte en un soporte más eficaz para catalizadores. En un estudio reciente, evaluamos tres métodos de activación utilizando distintos agentes: hidróxido de potasio (KOH), cloruro de zinc (ZnCl₂) y ácido fosfórico (H₃PO₄).

El biochar activado con hidróxido de potasio fue el que ofreció mejores resultados. Este tratamiento incrementó notablemente su superficie específica, es decir, la cantidad de área disponible para que ocurran las reacciones químicas. Además, introdujo grupos funcionales que facilitaron una mejor dispersión de las partículas de níquel –empleado como catalizador para acelerar las reacciones– sobre la superficie del biochar. Estos grupos funcionales, pequeñas partes de una molécula con ciertas propiedades, son clave porque favorecen la activación del CO₂, lo que permite convertirlo en metano de forma más eficiente.

Gracias a estas mejoras, el material logró convertir el 72 % del CO₂ en metano, con una selectividad del 95,5 %, lo que significa que casi todo el CO₂ transformado terminó convertido en metano (rozando lo ideal).

Biochar activado en las tecnologías para producir metano

Las tecnologías Power-to-Methane (P2M) son una solución innovadora para producir metano a partir de dióxido de carbono con dos etapas principales. La primera consiste en la electrólisis del agua utilizando electricidad renovable para dividir el agua en hidrógeno (H₂) y oxígeno (O₂). Luego, en la segunda etapa, el hidrógeno se combina con CO₂ produciendo metano y agua.

Es en esta segunda etapa donde la incorporación de materiales como el biochar activado derivado del hueso de aceituna dopado con níquel puede mejorar sustancialmente el rendimiento y la viabilidad económica de estos procesos.

El metano generado puede ser inyectado en la red de gas natural existente o utilizado como combustible para generar electricidad y calor. Las tecnologías P2M no solo ayudan a reducir las emisiones de CO₂, sino que también permiten almacenar energía renovable de manera eficiente. Esto es especialmente útil para fuentes de energía intermitentes como la solar y la eólica, que no siempre producen electricidad cuando se necesita.

Al convertir el exceso de electricidad en metano, las tecnologías P2M permiten almacenar esta energía y utilizarla en momentos de alta demanda. Cuando sea necesario, el metano se quema para producir electricidad, igual que se hace con el gas natural. Se puede usar en centrales eléctricas, turbinas o motores. También hay tecnologías más modernas, como las pilas de combustible, que lo transforman en electricidad sin necesidad de llamas.

Esquema que muestra cómo los residuos agrícolas pueden emplearse en la producción de metano
Esquema de las tecnologías Power-to-Methane para valorizar residuos agrícolas.
María Luz Sánchez Silva, CC BY-SA

Impacto ambiental y económico

El uso de residuos agrícolas como los huesos de aceituna ofrece una solución sostenible para la gestión de desechos y promueve una economía circular. Al convertir estos residuos en materiales de alto valor añadido, se reduce la dependencia de recursos no renovables y se minimiza el impacto ambiental. Además, genera ingresos adicionales para los agricultores, mejorando la economía de las zonas rurales.




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El potencial del biochar no se limita a la metanación de CO₂. Sus aplicaciones pueden extenderse a otros procesos catalíticos y de adsorción, como la purificación de agua y aire. La investigación continua en este campo podría abrir nuevas oportunidades para su uso en diversas industrias, contribuyendo aún más a la sostenibilidad global.

The Conversation

María Luz Sánchez Silva recibe fondos del Programa de Energía e Hidrógeno Renovable Incluido dentro de los Planes Complementarios de I+D+i del MICIN, y Financiado por la Unión Europea NextGeneracionEU en el Marco del Componente 17 del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia. C17.I01.P01. Además, este trabajo es parte del proyecto de investigación SBPLY/23/180225/000036, financiado por la UE a través del FEDER y por la JCCM a través de INNOCAM y del proyecto 2022-GRIN-34344 “Tecnología química para la sostenibilidad y economía circular en el contexto de Castilla La Mancha”. También agradecemos al Ministerio de Ciencia e Innovación español (Proyecto PID2022-142502OB-I00) financiado por MCIN/AEI/10.13039/ 501100011033 y por «ERDF A way of making Europe.

Alba Villardón Pérez recibe fondos del proyecto SBPLY/23/180225/000036, financiado por la UE a través del FEDER y por la JCCM a través de INNOCAM y del proyecto 2022-GRIN-34344 “Tecnología química para la sostenibilidad y economía circular en el contexto de Castilla La Mancha”. Agradece a la Universidad de Castilla-La Mancha el contrato predoctoral en el marco del Plan Propio I+D+i (2025-PRED-22666) financiado por la Unión Europea a través del Fondo Social Europeo Plus (FSE+)

Fernando Dorado Fernández recibe fondos del Programa de Energía e Hidrógeno Renovable Incluido dentro de los Planes Complementarios de I+D+i del MICIN, y Financiado por la Unión Europea NextGeneracionEU en el Marco del Componente 17 del Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia. C17.I01.P01. Además, este trabajo es parte del proyecto de investigación SBPLY/23/180225/000036, financiado por la UE a través del FEDER y por la JCCM a través de INNOCAM y del proyecto 2022-GRIN-34344 “Tecnología química para la sostenibilidad y economía circular en el contexto de Castilla La Mancha”. También agradecemos al Ministerio de Ciencia e Innovación español (Proyecto PID2022-142502OB-I00) financiado por MCIN/AEI/10.13039/ 501100011033 y por ERDF A way of making Europe.

ref. Así podemos aprovechar los huesos de aceituna para producir biocombustibles – https://theconversation.com/asi-podemos-aprovechar-los-huesos-de-aceituna-para-producir-biocombustibles-257835

Cinco maneras distintas de evaluar en tiempos de la inteligencia artificial

Source: The Conversation – France – By Francisco Javier Ulloa Cortez, Maestro en Tecnologías de la Información, Profesor de tiempo completo del depto. de Ingenierias del Centro Universitario de los Altos, Universidad de Guadalajara

La generalización del uso de la IA hace mirar con otros ojos los trabajos de los alumnos. Nicoleta Ionescu/Shutterstock

En los últimos años han surgido muchísimas herramientas de inteligencia artificial generativa que hacen sencillísimo el uso de esta tecnología para cualquier persona sin conocimientos informáticos. Las más populares son ChatGPT, MidJourney, Claude AI, Synthesia, DALL-E, Perplexity y DeepSeek.

La facilidad de acceder a estas herramientas ha planteado importantes desafíos éticos y de autoría, que generan intensos debates y temas de regulación. Por ejemplo, en cuanto a la “ayuda” que podamos recibir de la IA para la redacción de tareas o incluso tesis y el uso no ético, sin revisar ni editar lo generado, que le pueden dar los estudiantes.

El uso –y a veces abuso– constante de la inteligencia artificial por parte de los estudiantes nos obliga a replantear los métodos de enseñanza, pero sobre todo los de evaluación. Tenemos que reconsiderar qué es lo que se debe de aprender y con qué fin, además de cómo vamos a evaluar el aprendizaje.

Cambios en el proceso educativo

La inteligencia artificial ha modificado el acceso a la información y la elaboración de contenidos. Es más sencillo buscar, escribir, resumir o resolver problemas matemáticos, aunque esto también nos plantea la cuestión de si estamos realmente adquiriendo habilidades o simplemente dejando la responsabilidad a la IA.

A menudo, los resultados entregados por los estudiantes nos hacen dudar. Antes de la IA, un trabajo con buena redacción, buena sintaxis y sin faltas de ortografía era bien visto o bien valorado; actualmente, algunos preferimos encontrarnos y corregir trabajos con errores ortográficos o limitados en cuanto ideas, porque son señales de que puede ser un trabajo auténtico del alumno.

Las universidades y los docentes hemos transitado rápidamente por varias etapas y reaccionado de diferentes maneras: desde la prohibición, pasando por el rechazo y llegando al uso crítico y aprovechamiento de las ventajas que ofrece esta tecnología.

Impacto en los métodos de evaluación

Cada día es más común encontrarnos a estudiantes que presentan buenos trabajos pero que no entienden realmente lo que entregaron. Esto no significa que el uso de la IA deba prohibirse, sino que es necesario replantear la forma de evaluar.

A continuación, se presentan algunas metodologías y actividades recomendadas para evaluar y aprender con la inteligencia artificial:

  1. Aprendizaje basado en proyectos: los estudiantes trabajan en un proyecto real o simulado; implica resolver una situación compleja, fomenta la creatividad. Se sugiere una evaluación continua, no solo del producto final.

  2. Portafolios: son una recopilación de trabajos, productos o actividades realizadas por los estudiantes a lo largo del curso. Se utilizan para dar seguimiento al proceso de aprendizaje. Permiten verificar la autenticidad y el desarrollo personal y académico.

  3. Coevaluación: incorporación de dinámicas de evaluación entre iguales a lo largo del proceso de trabajo, incluyendo valoraciones y reflexiones cualitativas. Por ejemplo, realizar una presentación de avances de un proyecto en equipos, cada equipo muestra el avance a otro equipo y el segundo debe ser quien evalúe.

  4. Exámenes orales: ayudan a comprobar el conocimiento auténtico del estudiante y ofrecen una medición real del nivel de aprovechamiento. No obstante, debemos identificar a los estudiantes que sí saben pero se ponen nerviosos.

  5. Gamificación: aporta actividades lúdicas con niveles, retos o insignias. Presenta una competencia amistosa, estimula la participación y mejora la atención de los estudiantes, haciendo más dinámica la clase. Además, ofrece retroalimentación inmediata, lo que les ayuda a identificar aciertos y errores en tiempo real. Si bien la gamificación no es exactamente una evaluación, puede ayudar a complementarla.

Encontrar el equilibrio

La inteligencia artificial no puede ni debe ser prohibida o eliminada del aula, sino que la respuesta debe ser reflexiva y de adaptación por parte de los profesores. Es importante encontrar un equilibrio para usarla como herramienta que no reemplace los roles de profesor y estudiante en el proceso educativo.

Evaluar hoy en día no implica solo medir las tareas o resultados que presentan los alumnos, sino también acompañar el proceso completo. Es necesario valorar los errores más que los trabajos perfectos. Para la UNESCO, la alfabetización básica, la aritmética elemental y la alfabetización científica básica seguirán siendo claves en la educación del futuro.

Contexto y sentido

La labor del docente no será sustituida siempre que su didáctica sea innovadora, que aporte valor al contexto del estudiante y le dé sentido a la enorme cantidad de información a la que se tiene acceso.

Una de las responsabilidades de los profesores de hoy consiste en crear entornos de aprendizaje significativo. Aunque siempre han existido herramientas para buscar información y datos, lo que realmente ayuda a aprender es reflexionar, conectar lo que ya sabemos con lo nuevo y saber aplicar lo aprendido.

The Conversation

Francisco Javier Ulloa Cortez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cinco maneras distintas de evaluar en tiempos de la inteligencia artificial – https://theconversation.com/cinco-maneras-distintas-de-evaluar-en-tiempos-de-la-inteligencia-artificial-257837

¿Qué ha cambiado en España veinte años después del matrimonio igualitario?

Source: The Conversation – France – By Antonia Durán Ayago, Catedrática de Derecho Internacional Privado, Universidad de Salamanca

Veinte años no son nada, pero significan toda una vida para las más de 75 000 parejas que desde el 3 de julio de 2005 han podido formalizar su matrimonio tras la entrada en vigor de la Ley 13/2005, de 1 de julio, por la que se modifica el Código Civil en materia de derecho a contraer matrimonio y la sentencia del Tribunal Constitucional de 6 de noviembre de 2012 que declaró su plena constitucionalidad.

A las leyes que sirven para hacer felices a las personas debe rendírseles homenaje siempre. Por supuesto, también a quienes las hicieron posibles durante el gobierno del presidente José Luis Rodríguez Zapatero. Porque esta ley supuso un salto cualitativo en el reconocimiento de los derechos de las personas LGTBIQ en España y no ha traído consigo ninguna amenaza, como algunos agoreros anunciaban, para nadie ni para nada.

Quienes quieren contraer matrimonio pueden hacerlo y elegir libremente con quién, y las personas que no escojan esa opción pueden vivir su relación de pareja como lo deseen. El matrimonio, como una forma más para constituir una familia, sigue permaneciendo inalterado; nada ha cambiado al respecto.

Bebés de dos madres

No es el único avance legislativo que ha hecho posible que estas personas vivan una vida familiar plena. Parte de las carencias que tenía la Ley 13/2005 se corrigieron a través de la Ley 3/2007, que modificó la Ley sobre técnicas de reproducción humana asistida de 2006, permitiendo que la cónyuge de la mujer que se sometía a las técnicas de reproducción asistida pudiera consentir, a través del correspondiente trámite ante el Registro Civil, que cuando el niño naciera quedara inscrito como hijo de ambas.

Y aunque al menos formalmente esto suponía la consagración en nuestro ordenamiento jurídico de un nuevo tipo de filiación, la intencional, se ha seguido hablando de que únicamente caben dos formas de determinar la filiación en España: la filiación natural y la filiación adoptiva.

Se puso de manifiesto también, desde el principio, que esto suponía una discriminación para los hijos que nacían en el seno de estas parejas sin estar casadas, dado que en las parejas heterosexuales no se exige matrimonio para poder acreditar la filiación de los hijos comunes.

Por otro lado, los matrimonios de varones reclamaban para sí la posibilidad de ser padres biológicos, lo que únicamente podían conseguir a través de la gestación por sustitución, técnica no permitida en España (artículo 10 de la citada Ley sobre técnicas de reproducción humana asistida).

¿Qué hay de la gestación por sustitución?

Al hilo de estas reivindicaciones, la Ley 4/2023, de 28 de febrero, para la igualdad real y efectiva de las personas trans y para la garantía de los derechos de las personas LGTBI eliminó algunas de las discriminaciones que todavía existían respecto de estas familias, aunque aún no se ha avanzado en la consideración de la gestación por sustitución.

Recientemente, la Instrucción de 28 de abril de 2025, de la Dirección General de Seguridad Jurídica y Fe Pública, sobre actualización del régimen registral de la filiación de los nacimientos mediante gestación por sustitución ha dado un nuevo giro de guion optando por el peor camino.

En estos veinte años se han ido incorporando cada vez más Estados en la regulación de este tipo de uniones. Sin embargo, todavía existen graves obstáculos a la movilidad de estas familias a otros países que no reconocen el matrimonio igualitario, puesto que estos niegan la posibilidad de que estas familias tengan los mismos derechos en su territorio. Hay formulas para lograrlo. Pero se avanza poco a poco. Recientemente, en mi libro Derechos humanos y método de reconocimiento de situaciones jurídicas: Hacia la libre circulación de personas y familias (perspectiva internacional y europea) (Aranzadi, 2024), analizo estas cuestiones.

Hace unos días, la abogado General del Tribunal de Justicia de la Unión Europea, Tamara Cápeta, en el asunto C-769/22 de la Comisión europea contra Hungría, por primera vez puso en valor la importancia de respetar el artículo 2 del Tratado de la Unión Europea, que habla de la dignidad de las personas, del pluralismo y del libre desarrollo como base del espacio democrático que es la Unión Europea. También subrayó que no pueden tener cabida actitudes claramente homófobas y discriminatorias en el seno de la Unión. Sin duda, es un motivo para la esperanza.

El largo camino hacia la igualdad real continúa, pero no hay que dar nada por hecho. Los derechos, para que se mantengan, hay que defenderlos todos los días.

The Conversation

Antonia Durán Ayago no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué ha cambiado en España veinte años después del matrimonio igualitario? – https://theconversation.com/que-ha-cambiado-en-espana-veinte-anos-despues-del-matrimonio-igualitario-259956

Qué hacer frente a la homofobia en las escuelas rurales

Source: The Conversation – France – By José Pablo Rodríguez Gobiet, Investigación en Psicología, Educación y Desarrollo, Universidad de Granada

José llegó el martes a clase con la cabeza agachada. Venía del patio del recreo y la luz que desprendía su cara a primera hora de la mañana se había apagado por completo. Decía que “ya no podía más”.

Nuestro alumno, al igual que nosotros, es “de pueblo”. Nacimos en una zona rural de Andalucía. A pesar de los años que tenemos de diferencia, tanto él como nosotros hemos tenido que vivir actitudes y episodios de homofobia en la escuela.

José es un estudiante de 4º de Educación Secundaria Obligatoria cuya orientación sexual no cumple una serie de patrones que en ese contexto educativo se consideran una norma. Al no encajar en ese puzle, muchos adolescentes condenan sus comportamientos y aprovechan cualquier ocasión para discriminarlo al grito de “¡Maricón!”.

Aumento de discriminación

La homofobia sigue siendo un desafío importante en muchas sociedades, y el ámbito educativo no es ajeno a este fenómeno. A pesar de los avances legislativos, un 42,5 % de la población LGTBI+ ha sufrido algún tipo de violencia en este último año, según datos del Informe Estado del Odio: Estado LGTBI+ 2025.

En particular, en las aulas rurales la homofobia puede presentarse de formas sutiles o explícitas, afectando tanto a estudiantes como a docentes.

Raíces de la homofobia rural

En el aula, el comportamiento de los adolescentes se enmarca en un determinado contexto sociocultural, el que les ha “tocado” vivir. En este contexto confluyen una serie de variables: la educación y los valores recibidos en casa y en el instituto, pero también el contexto social y las redes sociales que frecuenta en la actualidad.




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El adolescente es todavía un niño o niña en construcción, según la teoría de Piaget. Aunque el accceso a internet y redes sociales han cambiado los referentes, y ya no son únicamente los más cercanos, el contexto rural no ofrece la misma diversidad social y prevalece el modelo heteropatriarcal basado en tradiciones y costumbres poco permeables.

Es un modelo en el que a menudo se transmiten prejuicios e ideas preconcebidas. Quienes se salen del modelo suelen ser enseguida señalados; en el caso de la orientación sexual, los prejuicios y la desinformación llevan a la homofobia.

Intervención en vídeo del autor de este artículo en el Congreso Psicodocencia 2025 titulada Desinformación y Homofobia en Aulas Rurales Andaluzas de Secundaria.

Acoso escolar y sexilio

Nuestro alumno José es una víctima de su propio contexto, ya que los estudiantes que se identifican con la comunidad LGTBI+ a menudo sienten la presión de ocultar su orientación sexual, por miedo al rechazo o la violencia.

En Andalucía, por ejemplo, algunos adolescentes que se atreven a expresar su identidad sexual se enfrentan a burlas, insultos o exclusión e incluso agresiones físicas. Muchos se ven empujados a mudarse a una ciudad, lo que algunos expertos llaman “sexilio”.

Este autoexilio provoca, a su vez, que el colectivo LGTBI+ se mantenga casi inexistente en el medio rural, perpetuando la falta de normalización, los prejuicios y la discriminación.

Tipos de homofobia en contexto rural

El uso de términos como “maricón o bollera” van más allá de la violencia verbal: perpetúan la discriminación. La decisión de insultar o golpear a una persona homosexual pasa previamente por el uso de este tipo de palabras despectivas, ya que el agresor perpetúa un sistema en el que cree.

Los chistes, los comentarios jocosos constituyen un tipo de violencia de baja intensidad, cotidiana, que puede considerarse inofensiva pero cuyo efecto siguen siendo la exclusión y discriminación del diferente.

¿Cómo frenar la homofobia en contextos rurales?

Que la homofobia tenga una presencia elevada en las aulas rurales supone un déficit de educación inclusiva y respetuosa con la diversidad. En este sentido, el papel de los docentes es fundamental. A través de una formación adecuada en materia de derechos humanos y diversidad sexual, los educadores pueden ofrecer una enseñanza que no solo se centre en la transmisión de conocimientos académicos, sino también en valores como el respeto, la empatía y la igualdad.




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Un ejemplo positivo es el programa desarrollado por nuestro grupo de investigación: Spoilea tus prejuicios: el armario que lucha contra la homofobia. Ha sido implementado en diversas aulas rurales de Jaén y Córdoba y en la Semana de la Ciencia de la Universidad de Granada.

La bandera LGTB+ junto a un armario abierto de color rosa invita a abandonar prejuicios.
Cartel para la noche europea de los investigadores.
Elaboración propia.

Este programa incluye talleres donde padres, docentes y alumnos participan en actividades que fomentan la divulgación de nuestros estudios para frenar la homofobia a través de la comprensión de la diversidad sexual, avalado por un proyecto de investigación educativa de la Junta de Andalucía. De esta manera, se ofrecen espacios colaborativos entre la investigación y la docencia.

Avanzar con ciencia y educación

Ciencia y educación son los ingredientes perfectos para avanzar, para desarrollar proyectos psicoeducativos que hagan a nuestro alumnado crecer como personas en libertad e igualdad. Combatir la homofobia no solo beneficia a los jóvenes LGTBI+, sino que contribuye a la creación de pueblos más justos, igualitarios y respetuosos con la diversidad.




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Nosotros, al igual que muchas, muchos y muches de vosotres, fuimos también ese José, ese “maricón de pueblo” que nunca entendió por qué parte de su clase le apartaba. Desde la investigación y su aplicación práctica, queremos ayudar a José y a todes a lograr una sociedad rural más justa.

The Conversation

Los autores de este artículo han recibido la financiación y el aval de la Consejería de Desarrollo Educativo y Formación Profesional de la Junta de Andalucía a través del Proyecto de Investigación Educativa PIV-088/23 “Variables sobre la homofobia en las aulas rurales andaluzas de Secundaria” concedido a los investigadores y cuya resolución figura en BOJA (Julio 2023) Boletín Oficial de la Junta de Andalucía Nº 138 Resolución de 13 de julio de 2023, de la Dirección General de Tecnologías Avanzadas y Transformación Educativa, por la que se aprueban proyectos de investigación e innovación educativa y de elaboración de materiales curriculares para el año 2023.

https://www.juntadeandalucia.es/boja/2023/138/21

Los autores de este artículo han recibido la financiación y el aval de la Consejería de Desarrollo Educativo y Formación Profesional de la Junta de Andalucía a través del Proyecto de Investigación Educativa PIV-088/23 “Variables sobre la homofobia en las aulas rurales andaluzas de Secundaria” concedido a los investigadores y cuya resolución figura en BOJA (Julio 2023) Boletín Oficial de la Junta de Andalucía Nº 138 Resolución de 13 de julio de 2023, de la Dirección General de Tecnologías Avanzadas y Transformación Educativa, por la que se aprueban proyectos de investigación e innovación educativa y de elaboración de materiales curriculares para el año 2023. https://www.juntadeandalucia.es/boja/2023/138/21

ref. Qué hacer frente a la homofobia en las escuelas rurales – https://theconversation.com/que-hacer-frente-a-la-homofobia-en-las-escuelas-rurales-258611

¿Puede la digitalización acelerar la transición hacia una economía circular?

Source: The Conversation – France – By Mercedes Gil-Lamata, Assistant Professor of Business and Management, Universidad de La Rioja

FAMILY STOCK/Shutterstock

Cada vez consumimos y agotamos más rápidamente los recursos del planeta. Con el fin de abordar este problema, a lo largo de los últimos años se ha planteado la necesidad de abandonar el tradicional modelo lineal basado en producir, usar y tirar, y sustituirlo por un nuevo modelo productivo, la economía circular, basada en la reducción de la cantidad de recursos empleados y en la reutilización de los mismos. Pero ¿qué papel juega la digitalización en este cambio de paradigma?

Una investigación reciente analiza cómo las tecnologías digitales pueden ayudar a los países europeos a avanzar hacia un modelo más sostenible. Los resultados son reveladores: los países con mayor desarrollo digital tienden a mejorar su desempeño circular. Es decir, digitalización y circularidad van de la mano.




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El reto: usar los recursos sin agotarlos

El problema de la sobreproducción requiere de una solución urgente. La demanda global de recursos naturales crece sin freno, y buena parte de ellos no se regeneran. Para 2030, se espera que más de 9 000 millones de personas compartan un planeta con límites físicos muy claros.

En este contexto, la economía circular propone un modelo económico que reduzca los residuos, prolongue la vida útil de los productos y reincorpore materiales al ciclo productivo. Frente al despilfarro del modelo tradicional, se apuesta por la eficiencia, la sostenibilidad y la regeneración.

En consecuencia, iniciativas como el Pacto Verde Europeo o el Plan de Acción para la Economía Circular de la UE han cobrado protagonismo. Pero, más allá de las políticas, es necesario entender qué factores facilitan –o dificultan– la transición hacia este nuevo modelo.

¿Puede ayudarnos la tecnología?

Aunque podría parecer que la sostenibilidad y la tecnología son conceptos antagónicos, la realidad es bien distinta. La digitalización –entendida como la integración de las tecnologías digitales en los procesos sociales y económicos– puede ser una poderosa aliada de la economía circular. Desde sensores que permiten rastrear materiales hasta plataformas de reutilización, pasando por sistemas de inteligencia artificial que optimizan procesos de producción o consumo, las aplicaciones digitales abren nuevas vías para cerrar los ciclos productivos y reducir residuos.

Pero ¿cómo se refleja esta relación en la práctica? ¿De verdad los países más digitalizados están más cerca de alcanzar una economía circular?




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Cuatro tipos de países, cuatro niveles de circularidad

Para responder a estas preguntas, el estudio analizó los 27 países de la Unión Europea, agrupándolos en función de su comportamiento en las siguientes áreas clave para la economía circular: producción y consumo, gestión de residuos, uso de materias primas secundarias e innovación. A partir de esta clasificación, se identificaron cuatro grupos de países:

  • Generadores: se trata de economías con bajo nivel de circularidad y escasa inversión en reciclaje o innovación. En este grupo se integran gran parte de los países del sur y este de Europa (como Grecia, Rumanía o Bulgaria).

  • Recicladores: presentan buenos niveles de reciclaje y algo más de innovación. Aquí se sitúan países como España, Austria o los países nórdicos.

  • Realizadores: destacan especialmente por su uso de materias primas recicladas. Es el caso de Bélgica y los Países Bajos.

  • Innovadores: lideran en todas las áreas, especialmente en innovación. Francia, Alemania e Italia forman este grupo.




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¿Qué papel juega la digitalización?

A continuación, los investigadores analizaron el grado de digitalización de cada país, usando indicadores como el capital humano digital, la integración de tecnología en las empresas, los servicios públicos digitales y la conectividad. Los resultados muestran que hay una clara relación entre economía circular y digitalización. En concreto, tres factores digitales marcaron la diferencia:

  • Capital humano: los países con más personas formadas en competencias digitales tienen más capacidad para aplicar estrategias circulares.

  • Integración tecnológica: las empresas que usan tecnologías como el big data o el comercio electrónico tienden a operar de manera más eficiente y circular.

  • Servicios públicos digitales: la digitalización de los gobiernos facilita procesos como la gestión de residuos o la trazabilidad de los materiales.

Curiosamente, la conectividad –como tener acceso a internet– no marcó diferencias significativas. Esto se explica seguramente porque, dentro de la UE, dicho acceso está bastante generalizado y no es ya un factor diferenciador.




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No hay economía circular sin digitalización

Aunque no se establece una relación causal directa, los datos muestran una sólida asociación: los países con mayores niveles de digitalización tienden a presentar un mejor desempeño en economía circular. La digitalización ofrece herramientas, habilidades y plataformas que permiten a gobiernos, empresas y la sociedad avanzar hacia modelos más sostenibles. De hecho, avanzar en economía circular sin apostar por la digitalización puede dejar a muchos países atrás.




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¿Y ahora qué?

Para acelerar la transición hacia una economía circular, las políticas públicas deberían tener en cuenta esta conexión. Fomentar la formación digital, apoyar la innovación tecnológica en las empresas y digitalizar los servicios públicos no solo mejora la competitividad: también es una inversión en sostenibilidad.

Además, las empresas que integran principios circulares en su estrategia –apoyadas en herramientas digitales– pueden reducir costes, atraer talento y diferenciarse en un mercado cada vez más consciente de su trascendencia.

En resumen, la digitalización no es solo un complemento de la economía circular: es una de sus condiciones fundamentales. Avanzar hacia un futuro sostenible exige entender que la digitalización no es opcional, sino parte esencial del cambio.

The Conversation

Mercedes Gil-Lamata recibe fondos del Gobierno de Aragón y Fondo Social Europeo (convocatoria de grupos de investigación (S64_23R) y del Ministerio de Ciencia e Innovación (AEI/10.13039/501100011033, ECO2020-113265GB-C22). Ambas convocatorias lo son para la realización de investigación básica y no suponen condicionante de ningún tipo acerca del tipo de investigación a realizar.

Lucio Fuentelsaz recibe fondos del Gobierno de Aragón y Fondo Social Europeo (convocatoria de grupos de investigación (S64_23R) y del Ministerio de Ciencia e Innovación (AEI/10.13039/501100011033, ECO2020-113265GB-C22). Ambas convocatorias lo son para la realización de investigación básica y no suponen condicionante de ningún tipo acerca del tipo de investigación a realizar.

Mª Pilar Latorre Martínez recibe fondos del Gobierno de Aragón y Fondo Social Europeo (convocatoria de grupos de investigación (S64_23R) y del Ministerio de Ciencia e Innovación (CPP2021-008997). Ambas convocatorias lo son para la realización de investigación básica y no suponen condicionante de ningún tipo acerca del tipo de investigación a realizar.

ref. ¿Puede la digitalización acelerar la transición hacia una economía circular? – https://theconversation.com/puede-la-digitalizacion-acelerar-la-transicion-hacia-una-economia-circular-258023

¿Puede la inteligencia artificial salvar a los menores del acoso sexual en las redes?

Source: The Conversation – France – By Marc Salat Paisal, Profesor Agregado Serra Húnter de Derecho Penal, Universitat de Lleida

Entre un 10 y un 20 % de los menores de edad en España ha sufrido ‘grooming’. SB Arts Media/Shutterstock

Cada año, más de 300 millones de niños, niñas y adolescentes –aproximadamente uno de cada doce menores de todo el planeta– sufren explotación o abuso sexual en internet. En el caso español los datos no son mejores. De hecho, las investigaciones científicas apuntan que este es un problema que afecta a entre un 10 y un 20 % de los menores de edad en España. El número de casos es alto y la policía no tiene herramientas suficientes para poder investigarlos todos.

La legislación actual permite a los investigadores rastrear las fuentes digitales abiertas, incluidas las redes sociales, para identificar indicios de delito relevantes. También admite incorporar en la investigación las pruebas obtenidas por particulares, como puede ser el registro de chats que posibles víctimas de grooming (acoso sexual a menores a través de las redes) puedan aportar.

La inteligencia artificial (IA) permite a la policía analizar grandes cantidades de datos en segundos, detectar patrones sospechosos y localizar posibles delincuentes con mayor rapidez. También facilita la revisión de miles de archivos en investigaciones complejas. Sin la IA, este trabajo sería casi imposible. No obstante, su uso plantea un dilema: ¿hasta qué punto estas herramientas pueden intervenir sin vulnerar derechos fundamentales como la privacidad?

El uso de la IA en España, de hecho, no es nuevo. La policía la utiliza, por ejemplo, para analizar el riesgo de reincidencia en casos de violencia de género.

Cuando la IA revisa conversaciones y busca imágenes

En algunos países, aunque no en España, se utilizan herramientas con IA para perseguir delitos sexuales contra menores en internet. Algunas revisan conversaciones y priorizan denuncias, y otras buscan imágenes ilegales en la web. En todos los casos, su objetivo es facilitar el trabajo de la policía.

La clave del debate es determinar si el uso de la IA en la investigación policial de delitos, especialmente en casos de grooming, se ajusta a la legalidad. Hasta hace poco, la normativa era fragmentaria y ofrecía pocas garantías sobre el uso de estas tecnologías.

En 2016 se aprobó una Directiva europea que prohibía basar las decisiones legales solo en el análisis automático de datos. Posteriormente, en 2021, el Parlamento Europeo permitió el uso de la IA, aunque con limitaciones. Entre ellas, que los algoritmos debían ser transparentes, comprensibles y verificables. Y, sobre todo, que las decisiones finales debían ser tomadas por personas, no por máquinas.

Recientemente, se ha aprobado el Reglamento Europeo sobre IA de 2024, que permite el uso de estas herramientas en la justicia penal. Sin embargo, el reglamento califica su uso de alto riesgo. Ello implica que, entre otras exigencias, estas herramientas deben ser seguras, transparentes y supervisadas por humanos. Por su parte, en España no existen normas específicas sobre el uso de la IA en la justicia penal, por lo que el marco normativo de referencia es el europeo.

Ante este panorama, el Estado español debe aprovechar el marco legal para desarrollar herramientas que faciliten la investigación de delitos sexuales contra menores en la red. Por ejemplo, para filtrar y priorizar el gran volumen de casos que llega a manos de la policía española. Más difícil sería admitir el uso de chatbots que se hiciesen pasar por menores de edad, a modo de potenciales víctimas, para “cazar” a agresores sexuales. Ello está expresamente prohibido por la legislación española.

Con todo, los expertos han alertado de los problemas que plantea el uso de la IA en el ámbito penal. Aunque esta es capaz de detectar patrones, no es infalible. Un algoritmo mal diseñado podría generar falsos positivos, señalando como sospechosos a usuarios que no han cometido ningún delito.

Análisis previo del fenómeno

Para evitar estos y otros problemas propios de las herramientas basadas en algoritmos o en IA, es muy importante realizar un análisis previo del fenómeno de la delincuencia sexual online. Además, los sistemas deben alimentarse con datos completos para garantizar que sus resultados superen los de un análisis humano.

Si se tiene en cuenta lo anterior, la implementación de IA puede ofrecer una oportunidad para identificar y corregir estos sesgos. De hecho, los prejuicios atribuidos a la IA provienen de los datos con que son alimentados por parte de los humanos.

Por eso, el Estado español debe acompañar la implementación de estas herramientas con un marco legal sólido que proteja los derechos fundamentales. También es clave entender que la IA debe complementar el trabajo humano, aportando análisis y datos para una toma de decisiones más informada y precisa.

En resumen, la IA puede transformar significativamente la gestión de los casos policiales de delitos de grooming. No obstante, debe usarse de manera complementaria, con una comprensión clara de sus limitaciones y riesgos para reforzar el papel de los agentes del sistema de justicia.

The Conversation

Marc Salat Paisal recibe fondos de del Ministerio de Ciencia, Innovacción y Universidades a través de los proyectos de investigación Derecho penal y comportamiento humano (MICINN-RTI2018-097838-B-100) y Ciberacoso sexual a menores: perfiles linguísticos para el desarrollo de herramientas digitales forenses para prevención, detección y priorización en España (PID2020-117964RB-I00).

ref. ¿Puede la inteligencia artificial salvar a los menores del acoso sexual en las redes? – https://theconversation.com/puede-la-inteligencia-artificial-salvar-a-los-menores-del-acoso-sexual-en-las-redes-252474