Le « brain freeze » : d’où vient cette impression de gel du cerveau quand on consomme une glace ou une boisson très froide ?

Source: The Conversation – in French – By José Miguel Soriano del Castillo, Catedrático de Nutrición y Bromatología del Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública, Universitat de València

Le « brain freeze », ou « céphalée due à un stimulus froid », se ressent quand on mange une glace ou quand on consomme une boisson très froide. Les études menées sur ce phénomène, généralement sans gravité mais soutenu par des mécanismes neurologiques plus complexes qu’il n’y paraît, aident à approfondir les connaissances sur les réactions du cerveau soumis au froid, mais aussi sur les facteurs de risque de migraine.


Vous êtes en train de prendre un granité, cette boisson à base de glace pilée ou de mordre trop rapidement dans une crème glacée. Et soudain, vous ressentez une douleur aiguë, glaciale et lancinante, aussi brève qu’intense, qui vous traverse le front. Selon la classification internationale des céphalées, il s’agit d’une « céphalée due à un stimulus froid », également connue sous le nom de « mal de tête dû à la glace », en anglais brain freeze. Et bien que cela puisse paraître trivial, ce phénomène révèle une complexité neurologique et médicale surprenante.

Ces dernières années, plusieurs recherches ont révélé que ce petit « mal de l’été » pourrait nous en apprendre davantage sur le traitement des migraines, les réactions cérébrales au froid et, de manière surprenante, sur la manière de protéger le cerveau dans des situations critiques.

Un signal envoyé au cerveau

Le brain freeze est une douleur frontale ou temporale de courte durée, qui peut être intense. Chez les personnes sensibles, elle est provoquée par le passage d’un élément froid (solide, liquide ou gazeux) au niveau du palais et/ou de la paroi postérieure du pharynx.

Ce changement brusque de température provoque une vasoconstriction, suivie d’une vasodilatation des vaisseaux sanguins dans cette zone. Le nerf trijumeau, qui relie le visage au cerveau, interprète ce changement comme une menace thermique et envoie un « signal de douleur » au cerveau.

Ce qui est curieux, c’est que cette douleur n’est pas ressentie dans la bouche, mais au niveau du front ou des tempes. C’est ce qu’on appelle « une douleur référée » (On parle aussi de douleur projetée, ndlr) : le cerveau interprète mal la source du stimulus, ce qui est très courant dans d’autres types de douleurs viscérales.

Un article publié dans Critical Care Medicine, en 2010, sous le titre provocateur « Can an ice cream headache save your life? » (en français « Un mal de tête causé par une glace peut-il vous sauver la vie ? »), suggérait que les mécanismes à l’origine du brain freeze pourraient inspirer des stratégies cliniques visant à protéger le cerveau après un arrêt cardiaque, en ayant recours à l’hypothermie thérapeutique. Ce type de réactions neurovasculaires rapides aiderait à réguler la pression intracrânienne, le flux sanguin cérébral et les réflexes autonomes.

En d’autres termes, une glace peut activer des mécanismes que les médecins tentent de reproduire de manière contrôlée en soins intensifs.

Une douleur qui en dit plus long qu’il n’y paraît

Un article publié en 2023, qui faisait la synthèse sur la bibliographie disponible sur ce sujet, a examiné comment des structures profondes du crâne telles que le nerf trijumeau et le ganglion sphénopalatin – tous deux connus pour être impliqués dans les migraines, les céphalées en grappe et les névralgies faciales – peuvent jouer un rôle dans ce phénomène.

De plus, de nombreux travaux de recherche ont montré que la réponse douloureuse au froid pourrait révéler une hypersensibilité du système trigéminal, en particulier chez des personnes prédisposées. La prévalence de ce phénomène varie entre 15 et 37 % dans la population générale. Mais elle est nettement plus élevée chez les enfants et les adolescents, chez qui elle atteint des chiffres compris entre 40,6 % et 79 %, selon les données recueillies dans la littérature scientifique.

Une étude clé, menée en Allemagne auprès d’élèves âgés de 10 à 14 ans, de leurs parents et de leurs enseignants, a montré une prévalence de 62 % chez les enfants et de 31 % chez les adultes. Cette différence pourrait s’expliquer par une combinaison de facteurs : l’apprentissage comportemental visant à éviter les déclencheurs de la douleur, une plus grande stabilité neuronale face au froid avec l’âge et des différences anatomiques qui rendent les enfants plus sensibles à une stimulation rapide des récepteurs du froid.

D’autre part, la douleur provoquée par le froid est étroitement liée aux antécédents de migraine. Les personnes souffrant de ce type de douleur présentent une prévalence comprise entre 55,2 % et 73,7 %, bien supérieure à celle des personnes souffrant de céphalées de tension (23-45,5 %). Une étude a même révélé une prévalence surprenante de 94 % chez les personnes ayant des antécédents de céphalées en coup de poignard. Cela suggère que le brain freeze pourrait servir de marqueur clinique indirect d’une sensibilité trigéminale accrue commune à d’autres céphalées plus invalidantes.

D’autres facteurs de risque ont été identifiés, notamment des antécédents de traumatisme crânien et, en particulier, des antécédents familiaux : les enfants dont les parents souffrent de céphalées induites par le froid présentent un risque significativement plus élevé de développer cette affection. Si la mère en a souffert, le risque pourrait être multiplié par 10,7 et, si c’est le père, par 8,4.

Toutes ces données révèlent que ce qui est souvent perçu comme une simple « douleur due à la glace » est en réalité l’expression de processus neurologiques complexes. Loin d’être banale, cette sensation pourrait aider à mieux comprendre les seuils de douleur et la prédisposition à des troubles neurosensoriels plus larges.

Est-ce dangereux ?

En général, non. Il s’agit d’un phénomène bénin, qui disparaît spontanément et sans conséquences médicales. Cependant, il existe un cas clinique extraordinaire, publié en 1999 dans l’American Journal of Forensic Medicine and Pathology, où un jeune homme s’est effondré après avoir bu de l’eau très froide. Les médecins légistes ont soupçonné un réflexe vagal extrême comme cause du décès, non pas un brain freeze classique, mais une réponse autonome incontrôlée dans un contexte de chaleur extrême et de prédisposition physiologique.

Cet événement, qui reste isolé, sert davantage à montrer la capacité du corps à réagir de manière drastique à des stimuli extrêmes qu’à susciter une inquiétude concernant les glaces ou les boissons froides.

Comment l’éviter ?

La bonne nouvelle, c’est que cette céphalée particulière peut être évitée grâce à quelques stratégies simples.

La stratégie la plus efficace consiste à manger ou à boire lentement. Lorsque nous ingérons des aliments froids à grande vitesse, le stimulus thermique au niveau du palais est trop brusque pour que le corps puisse le compenser à temps, ce qui déclenche la réponse douloureuse.

Il est également important d’éviter que les aliments dont la température est basse entrent en contact direct avec le palais supérieur, car cette zone est très vascularisée et proche du trajet du nerf trijumeau. Utiliser une paille, garder le liquide sur la langue avant d’avaler ou ne pas laisser la glace fondre trop rapidement dans la bouche peut aider.

Et si la douleur s’est déjà manifestée, il existe une astuce simple : appuyez votre langue contre le palais. Ce contact aide à rétablir la température et à soulager la gêne en quelques secondes.

Donc la prochaine fois qu’une cuillère de glace vous gèle le front, rappelez-vous : ce que vous ressentez n’est pas exagéré. Votre système nerveux est juste en train de tester une réaction que les scientifiques tentent encore de comprendre… et peut-être d’exploiter.

The Conversation

José Miguel Soriano del Castillo ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le « brain freeze » : d’où vient cette impression de gel du cerveau quand on consomme une glace ou une boisson très froide ? – https://theconversation.com/le-brain-freeze-dou-vient-cette-impression-de-gel-du-cerveau-quand-on-consomme-une-glace-ou-une-boisson-tres-froide-262544

Universités américaines : l’internationalisation devient-elle une ligne de défense ?

Source: The Conversation – in French – By Alessia Lefébure, Sociologue, membre de l’UMR Arènes (CNRS, EHESP), École des hautes études en santé publique (EHESP)

Ouvrir des campus à l’étranger peut-il devenir une stratégie pour les universités américaines désireuses d’échapper aux pressions politiques du locataire de la Maison Blanche ? Pas si sûr… Coûts cachés, standards académiques difficiles à maintenir, instabilité des pays hôtes : ces implantations sont bien plus fragiles qu’elles n’en ont l’air – et parfois tout simplement intenables.


Sous la pression croissante de l’administration Trump, certaines grandes universités américaines repensent leur stratégie internationale. Quand Columbia University (New York) accepte en juillet 2025 de modifier sa gouvernance interne, son code disciplinaire et sa définition de l’antisémitisme dans le cadre d’un accord extrajudiciaire, sans décision de justice ni loi votée, c’est bien plus qu’un règlement de litige. C’est un précédent politique. L’université new-yorkaise entérine ainsi un mode d’intervention directe de l’exécutif fédéral, hors du cadre parlementaire, qui entame l’autonomie universitaire sous couvert de rétablir l’ordre public sur le campus, en acceptant par exemple l’ingérence des forces de l’ordre fédérales pour le contrôle des étudiants internationaux.

Le même type de menace vise Harvard depuis quelque temps : restriction des visas étudiants internationaux, blocage potentiel de financements fédéraux, suspicion d’inaction face aux mobilisations étudiantes. Dans les deux cas, les plus éclatants et les plus médiatisés, l’administration fédérale a agi sans légiférer. Cette méthode « ouvre la voie à une pression accrue du gouvernement fédéral sur les universités », créant un précédent que d’autres établissements pourraient se sentir obligés de suivre.

Un redéploiement partiel à l’étranger

Un tel brouillage des repères juridiques transforme en profondeur un système universitaire que l’on croyait solide et protégé : celui des grandes institutions de recherche américaines. Désormais confrontées à une instabilité structurelle, ces universités envisagent une option qui aurait semblé incongrue il y a encore peu : se redéployer partiellement hors des États-Unis, moins par ambition conquérante que par volonté de sauvegarde.

Dans cette perspective, le transfert partiel à l’étranger, tactique pour certains, prémices d’une nouvelle stratégie pour d’autres, tranche par rapport aux dynamiques d’internationalisation des décennies passées. Georgetown vient de prolonger pour dix ans supplémentaires son implantation à Doha ; l’Illinois Institute of Technology prépare l’ouverture d’une antenne à Mumbai. Jadis portés par une ambition d’expansion, ces projets prennent aujourd’hui une tournure plus défensive. Il ne s’agit plus de croître, mais d’assurer la continuité d’un espace académique et scientifique stable, affranchi de l’arbitraire politique intérieur.

Pour autant, l’histoire récente invite à relativiser cette stratégie. Le Royaume-Uni post-Brexit n’a pas vu ses universités créer massivement des campus continentaux. Dans un contexte certes différent, la London School of Economics, pourtant pionnière en matière d’internationalisation, a renforcé ses partenariats institutionnels et doubles diplômes en France, mais a écarté le projet d’une implantation offshore. Les universités britanniques ont préféré affermir des réseaux existants plutôt que de déployer des structures entières à l’étranger, sans doute conscientes que l’université ne se déplace pas comme une entreprise.

La France en tête avec 122 campus à l’étranger

Les campus internationaux sont souvent coûteux, dépendants, fragiles. Le rapport Global Geographies of Offshore Campuses recense en 2020 bien 487 implantations d’établissements d’enseignement supérieur hors de leur pays d’origine. La France est en tête avec 122 campus à l’étranger, suivie par les États-Unis (105) et le Royaume-Uni (73).

Les principales zones d’accueil sont concentrées au Moyen-Orient et en Asie : les Émirats arabes unis (33 campus dont 29 à Dubaï), Singapour (19), la Malaisie (17), Doha (12) et surtout la Chine (67) figurent parmi les hubs les plus actifs. Pour le pays hôte, ces implantations s’inscrivent dans des stratégies nationales d’attractivité académique et de montée en gamme dans l’enseignement supérieur. Leur succès s’explique moins par des garanties de liberté académique que par des incitations économiques, fiscales et logistiques ciblées, ainsi que par la volonté des gouvernements locaux de positionner leur territoire comme pôle éducatif régional.

Le Golfe offre un contraste saisissant. Depuis plus de vingt ans, les Émirats arabes unis et le Qatar attirent des institutions prestigieuses : New York University (NYU), HEC, Cornell, Georgetown. Ces campus sont les produits d’une politique d’attractivité académique volontariste, soutenue par des États riches cherchant à importer du capital scientifique et symbolique. L’Arabie saoudite emboîte désormais le pas, avec l’annonce de l’ouverture du premier campus étranger d’une université américaine (University of New Haven) à Riyad d’ici 2026, visant 13 000 étudiants à l’horizon 2033.

En Asie du Nord-Est, aucun pays – Chine, Hongkong, Japon, Corée du Sud, Singapour – n’a envisagé d’accueillir un campus américain en réponse aux tensions récentes. En revanche, plusieurs cherchent à attirer les étudiants et doctorants affectés, notamment ceux de Harvard.

À Hongkong, des universités comme HKUST ou City University ont mis en place des procédures d’admission accélérées et assouplies. Tokyo, Kyoto ou Osaka proposent des bourses et exonérations de frais. Ces initiatives, qui relèvent d’une stratégie de substitution, s’appuient sur deux facteurs structurels : un investissement public soutenu dans l’enseignement supérieur et la présence d’un vivier scientifique asiatique considérable dans les universités américaines, facilitant les transferts. À ce titre, l’Asie-Pacifique apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux bénéficiaires potentiels du climat d’incertitude politique aux États-Unis.

Aux États-Unis, le signe d’un basculement discret

La carte des campus offshore révèle un paradoxe historique. Jusqu’à récemment, les universités du Nord global ouvraient des campus dans des pays où la liberté académique n’était pas nécessairement mieux garantie (Singapour, Émirats arabes unis, Malaisie, Chine, Qatar…), mais où elles trouvaient stabilité administrative, incitations financières et accès à des étudiants de la région. Il s’agissait d’une stratégie d’expansion, pas d’un repli, comme aujourd’hui, face à une incertitude politique croissante.

L’idée reste encore marginale, émise à voix basse dans quelques cercles dirigeants. Mais elle suffit à signaler un basculement discret : celui d’une institution qui commence à regarder au-delà de ses murs, moins par ambition que par inquiétude. Or, l’international n’est ni un sanctuaire ni un espace neutre : traversé par des souverainetés, des règles et des normes, il peut exposer à d’autres contraintes.

La Sorbonne Abu Dhabi, inaugurée en 2006, relève d’une logique inverse : une université française établie dans l’espace du Golfe, à l’invitation du gouvernement d’Abu Dhabi, dans un cadre contractuel et de coopération bilatéral qui réaffirme, dans la durée, la capacité de projection mondiale d’un modèle académique national. Cette initiative ne visait pas la protection d’un espace académique menacé : elle cristallisait au contraire une stratégie d’influence assumée, dans un environnement institutionnel contrôlé.

Rien de tel dans les réflexions américaines actuelles où la logique d’évitement domine. Pourtant, les impasses du redéploiement sont déjà bien connues.

Des implantations fragiles

Les campus délocalisés à l’étranger souffrent d’une faible productivité scientifique, d’une intégration académique partielle et de formes de désaffiliation identitaire chez les enseignants expatriés.

Philip G. Altbach, figure incontournable parmi les experts de l’enseignement supérieur transnational, pointe depuis longtemps la fragilité des modèles délocalisés ; l’expert britannique Nigel Healey a identifié des problèmes de gouvernance, d’adaptation institutionnelle et d’intégration des enseignants. L’exemple plus récent de l’Inde montre que nombre de campus étrangers peinent à dépasser le statut de vitrines, sans réelle contribution durable à la vie académique locale ni stratégie pédagogique solide.

À ces limites structurelles s’ajoute une question peu abordée ouvertement, mais décisive : qui paierait pour ces nouveaux campus délocalisés hors des États-Unis ? Un nouveau campus international représente un investissement considérable, qu’il s’agisse de bâtiments, de systèmes d’information, de ressources humaines ou d’accréditations. L’installation d’un site pérenne exige plusieurs centaines de millions de dollars, sans compter les coûts d’exploitation. Or, dans un contexte de tension budgétaire croissante, de baisse des investissements publics dans l’enseignement supérieur et de reterritorialisation des financements, il n’est pas aisé d’identifier les acteurs – qu’ils soient publics, philanthropiques ou privés – qui seraient prêts à soutenir des universités américaines hors de leur écosystème.

Lorsque NYU s’installe à Abu Dhabi ou Cornell à Doha, c’est avec le soutien massif d’un État hôte. Cette dépendance financière n’est pas sans conséquence. Elle expose à de nouvelles contraintes, souvent plus implicites, mais tout aussi efficaces : contrôle des contenus enseignés, orientation scientifique, sélection conjointe des enseignants, autocensure sur certains sujets sensibles. En d’autres termes, vouloir échapper à une pression politique par l’exil peut parfois exposer à une autre. La liberté académique déplacée n’est qu’un mirage, si elle repose sur un modèle de financement aussi précaire que politiquement conditionné.

Mobilité académique et liberté de recherche

Dans un rapport récent du Centre for Global Higher Education, le sociologue Simon Marginson met en garde contre une lecture trop instrumentale de la mobilité académique. Ce ne sont pas les emplacements, mais les contextes politiques, sociaux et culturels qui garantissent ou fragilisent la liberté universitaire. Le risque majeur est la dissolution du cadre démocratique qui permet encore à l’université de penser, de chercher et d’enseigner librement.

Face à ce déplacement des lignes, l’ouverture d’un campus à l’étranger ne peut être qu’un geste provisoire, une tentative incertaine dans un monde déjà traversé par d’autres formes d’instabilité.

Ce que l’enseignement supérieur affronte aujourd’hui, ce n’est pas seulement la menace d’un pouvoir politique national, mais la fragilisation de l’espace où peut encore s’exercer une pensée critique et partagée. Certains observateurs, comme l’historien Rashid Khalidi, y voient le signe d’un basculement plus profond : celui d’universités qui, cédant à la pression politique, deviennent des « lieux de peur », où la parole est désormais conditionnée par le pouvoir disciplinaire.

Le défi n’est pas seulement de préserver une liberté. C’est de maintenir une capacité d’agir intellectuellement, collectivement, au sein d’un monde qui en restreint les conditions.

The Conversation

L’auteure a travaillé entre 2011 et 2017 à Columbia University.

ref. Universités américaines : l’internationalisation devient-elle une ligne de défense ? – https://theconversation.com/universites-americaines-linternationalisation-devient-elle-une-ligne-de-defense-262569

Pourquoi mon téléphone ne sonne pas parfois ? Un expert répond

Source: The Conversation – in French – By Jairo Gutierrez, Professor, Department of Computer and Information Sciences, Auckland University of Technology

Une notification d’appel manqué sur l’écran du téléphone. (Tada Images)

J’éprouve un certain sentiment au creux de l’estomac lorsque j’attends un appel important. Vous savez de quoi il s’agit : un appel de votre patron, d’un nouvel employeur potentiel ou la nouvelle de l’accouchement imminent d’un être cher.

Dans ce genre de situation, j’ai l’habitude de fixer mon téléphone, en attendant qu’il sonne. Je m’assure — encore et encore — qu’il n’est pas en mode silencieux ou en mode « ne pas déranger ». Lorsque l’écran est hors de ma vue, je m’imagine entendre la sonnerie familière.

C’est alors qu’apparaît la notification d’appel manqué. Mais le téléphone n’a jamais sonné. Que s’est-il passé ?

Comment fonctionnent les appels mobiles ?

Lors d’un appel mobile sur les réseaux 4G ou 5G, l’appelant compose un numéro et son opérateur de réseau (Telstra ou OneNZ, par exemple) transmet la demande à l’appareil du destinataire.

Pour que cela fonctionne, les deux téléphones doivent être enregistrés auprès d’un sous-système multimédia IP — ou IMS — ce qui se produit automatiquement lorsque vous allumez votre téléphone. L’IMS est le système qui permet de combiner les appels vocaux, les messages et les communications vidéo.

Les deux téléphones doivent également être connectés à une antenne-relais 4G ou 5G. Le réseau de l’appelant envoie une invitation à l’appareil du destinataire, qui commence alors à sonner.

Ce processus est généralement très rapide. Mais au fur et à mesure que les générations de réseaux cellulaires ont évolué (vous vous souvenez de la 3G ?), devenant plus rapides et dotés d’une plus grande capacité, ils sont également devenus plus complexes, avec de nouveaux risques de dysfonctionnement.

Des pannes de téléphone aux « zones mortes »

Les téléphones mobiles utilisent la voix sur LTE (VoLTE) pour les réseaux 4G ou la voix sur la nouvelle radio (VoNR) pour la 5G. Ces technologies permettent de passer des appels vocaux sur ces deux types de réseaux et utilisent l’IMS mentionné ci-dessus.

Dans certains pays comme la Nouvelle-Zélande, si l’une ou l’autre de ces technologies n’est pas activée ou prise en charge par votre appareil (certains téléphones ont la VoLTE désactivée par défaut), celui-ci peut tenter de basculer sur le réseau 3G, qui a été désactivé en Australie en 2024 et qui est actuellement en cours de suppression progressive en Nouvelle-Zélande.


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Si cette bascule échoue ou est retardée, le téléphone du destinataire peut ne pas sonner ou tomber directement sur la messagerie vocale.

Il est également possible que votre téléphone n’ait pas réussi à s’enregistrer sur le réseau IMS. Dans ce cas, en raison d’un problème logiciel, d’un problème de carte SIM ou d’un problème de réseau, le téléphone ne reçoit pas le signal d’appel et ne sonne pas.

Viennent ensuite les problèmes de transfert. Chaque antenne-relais couvre une zone particulière et, si vous vous déplacez, votre appel sera pris en charge par l’antenne qui offre la meilleure couverture. Parfois, votre téléphone utilise la 5G pour les données et la 4G pour la voix ; si le transfert entre la 5G et la 4G est lent ou échoue, l’appel risque de ne pas sonner. Si la 5G est utilisée à la fois pour les données et la voix, on a recours à la VoNR, qui n’est pas encore très répandue et peut échouer.

Les applications mobiles posent d’autres problèmes potentiels. Par exemple, sur Android, les fonctions agressives d’économie de la batterie peuvent restreindre les processus d’arrière-plan, y compris l’application du téléphone, l’empêchant de répondre aux appels entrants. Les applications tierces telles que les bloqueurs d’appels, les outils antivirus ou même les applications de messagerie peuvent également interférer avec les notifications d’appels.

Enfin, si votre téléphone se trouve dans une zone de mauvaise réception, il se peut qu’il ne reçoive pas le signal d’appel à temps pour sonner. Ces « zones mortes » sont plus fréquentes que les opérateurs de télécommunications ne veulent l’admettre. J’habite au bout d’une longue allée dans une banlieue bien couverte d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. Mais, selon l’endroit où je me trouve dans la maison, je rencontre encore des zones mortes et, souvent, les applications d’appels compatibles wifi font sonner le téléphone de manière plus fiable.

Page de réglage de la batterie affichée sur l’écran d’un téléphone portable
Les fonctionnalités d’économie de batterie sur les téléphones peuvent restreindre les processus en arrière-plan, y compris l’application téléphonique, l’empêchant de répondre aux appels entrants.
(ymgerman/Shutterstock)

Que puis-je faire pour résoudre ce problème ?

Si votre téléphone ne sonne pas fréquemment en 4G ou 5G, il y a plusieurs choses que vous pouvez faire :

  • assurez-vous que la fonction VolTE/VoNR est activée dans vos paramètres réseau

  • redémarrez votre téléphone et activez le mode avion pour réinitialiser la connexion au réseau

  • vérifiez les paramètres d’optimisation de la batterie et excluez l’application téléphonique que vous utilisez

  • contactez votre opérateur pour confirmer la prise en charge et le provisionnement de VoLTE/VoNR.

Mais en fin de compte, il arrive qu’un appel échoue, et il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire pour y remédier. Ce qui, oui, est ennuyeux. Mais cela signifie aussi que vous avez une excuse sûre, techniquement justifiée, pour rater un appel de votre patron.

La Conversation Canada

Jairo Gutierrez ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi mon téléphone ne sonne pas parfois ? Un expert répond – https://theconversation.com/pourquoi-mon-telephone-ne-sonne-pas-parfois-un-expert-repond-259863

Comment les « feux zombies » dans les tourbières du Grand Nord affectent le changement climatique global

Source: The Conversation – in French – By Apostolos Voulgarakis, AXA Chair in Wildfires and Climate Director, Laboratory of Atmospheric Environment & Climate Change, Technical University of Crete

Les feux dans le Grand Nord affectent l’atmosphère partout sur Terre. S’ils sont rendus plus fréquents par le changement climatique, ils contribuent à l’accélérer, notamment en libérant le carbone stocké par les tourbières.


Comprendre comment les mégafeux influencent le climat de notre planète est un défi de taille. Bien que les incendies aient toujours existé, presque partout sur la planète, ils restent l’un des éléments les moins compris du système Terre.

Récemment, le nombre de mégafeux dans les régions boréales et arctiques a beaucoup augmenté, ce qui a encore avivé l’attention de la communauté scientifique sur ces zones dont le rôle dans le climat de notre planète reste mystérieux.

En effet, le changement climatique joue probablement un rôle majeur dans l’augmentation du nombre d’incendies en Arctique ; mais les feux de forêt dans les hautes latitudes ne sont pas seulement un symptôme du changement climatique. Ils constituent une force accélératrice qui pourrait façonner l’avenir de notre climat d’une manière que nous sommes incapables de prédire actuellement.

La menace croissante des incendies dans le Grand Nord

À mesure que les températures mondiales augmentent, les grands incendies progressent vers le nord et atteignent l’Arctique. Le Canada, l’Alaska, la Sibérie, la Scandinavie et même le Groenland ont tous récemment connu des saisons de mégafeux parmi les plus intenses et les plus longues jamais enregistrées.

Outre les incendies de forêt classiques qui détruisent la végétation de surface, de nombreux incendies dans les hautes latitudes brûlent la tourbe, une couche dense et riche en carbone composée de matière organique partiellement décomposée. Bien qu’elles ne couvrent que 3 % de la surface terrestre, les tourbières sont l’un des plus importants réservoirs de carbone au monde, contenant environ 25 % du carbone présent dans les sols de la planète.

De plus, le réchauffement climatique est encore plus rapide aux hautes latitudes qu’ailleurs sur Terre (au pôle Nord du moins) — un phénomène appelé « amplification polaire », qui augmente la vulnérabilité des écosystèmes nordiques aux incendies, avec des conséquences potentiellement graves pour le climat mondial.

En effet, lorsque les tourbières s’enflamment, elles libèrent d’énormes quantités de « carbone fossile » emprisonné depuis des siècles, voire des millénaires. Les feux de tourbière, qui sont les incendies les plus importants et les plus persistants sur Terre, peuvent couver pendant de longues périodes, sont difficiles à éteindre et peuvent continuer à brûler sous terre tout au long de l’hiver, pour se rallumer à la surface au printemps. Ils ont récemment été qualifiés de « feux zombies ».

Si les conditions plus chaudes et plus sèches induites par le changement climatique rendent les forêts boréales plus inflammables, on s’attend également à ce qu’elle augmente la fréquence et l’intensité des feux de tourbe, transformant potentiellement les tourbières de puits de carbone (qui absorbent et stockent le carbone contenu dans l’atmosphère) en sources nettes d’émissions de gaz à effet de serre.




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Un tel changement pourrait déclencher une « boucle de rétroaction », c’est-à-dire qu’un réchauffement climatique entraînerait davantage d’émissions de carbone, qui à leur tour accéléreraient le changement climatique.

Les mégafeux affectent la santé humaine, entre stress, deuil, et pollution

Les mégafeux dégagent aussi de grandes quantités de particules de fumée dans l’atmosphère sous forme d’aérosols, contribuant de manière significative à la dégradation de la qualité de l’air à l’échelle locale et régionale. Ces particules sont nocives pour la santé humaine et peuvent provoquer de graves problèmes respiratoires et cardiovasculaires, tandis qu’une exposition prolongée peut entraîner un stress important, des hospitalisations et une augmentation de la mortalité. Les incendies sont également la cause de troubles mentaux liés aux pertes de proches, d’un foyer, de moyens de subsistance ou aux évacuations.

L’impact sur les conditions météorologiques à travers le monde est ressenti à court terme

Au-delà de leurs effets à long terme sur le climat, les émissions des mégafeux peuvent également influencer les conditions météorologiques à plus court terme par leur impact sur les niveaux de pollution atmosphérique. Les particules de fumée interagissent avec la lumière du soleil et les processus de formation des nuages, affectant par la suite les températures, les régimes des vents et les précipitations.

Par exemple, nous avons récemment démontré, sur les impacts atmosphériques à grande échelle des incendies, que les aérosols issus des incendies au Canada en 2023 ont entraîné une baisse de la température de l’air en surface qui s’est étendue à tout l’hémisphère nord. Le refroidissement a été particulièrement prononcé au Canada (jusqu’à -5,5 °C en août), où se situaient les émissions, mais il a également été significatif dans des régions éloignées telles que l’Europe de l’Est et même la Sibérie (jusqu’à environ -2,5 °C en juillet).

L’anomalie moyenne de la température hémisphérique que nous avons calculée (proche de -1 °C) souligne le potentiel des émissions régionales importantes provenant des mégafeux à perturber les conditions météorologiques pendant des semaines sur tout un hémisphère, avec des implications profondes pour les prévisions.

Un effet peu intuitif de ces perturbations est qu’ils impactent la fiabilité des prévisions météorologiques. Des prévisions peu fiables peuvent perturber les activités quotidiennes et présenter des risques pour la sécurité publique, en particulier lors d’événements extrêmes tels que les vagues de chaleur ou les tempêtes. Elles ont également de graves conséquences pour des secteurs tels que l’agriculture, la pêche et les transports, où la planification dépend fortement de prévisions précises et opportunes.

Les effets méconnus des feux de tourbe sur le climat

Bien qu’il soit essentiel d’intégrer les rétroactions des feux de tourbières dans les modèles du système Terre pour obtenir des projections climatiques précises (la plupart des modèles existants ne prennent pas en compte les feux de tourbières).

Il est donc primordial de comprendre le comportement de combustion lente des sols organiques, leur inflammabilité et la manière dont ces processus peuvent être représentés à l’échelle mondiale.

Les efforts de recherche récents visent à combler cette lacune. Par exemple, à l’Université technique de Crète, nous collaborons avec le groupe de recherche Hazelab de l’Imperial College London et le Leverhulme Centre for Wildfires, Environnement et Société afin de mener des recherches sur le terrain et des expériences de pointe sur la combustion lente de la tourbe, dans le but de mieux comprendre les mécanismes complexes des feux de tourbe.

L’intégration de ces résultats de laboratoire dans les modèles numériques du système Terre doit permettre de modéliser les émissions de feux de manière plus précise, ce qui pourrait modifier nos prévisions du climat futur sur Terre.

En quantifiant comment les feux de forêts boréales et de tourbières affectent aujourd’hui l’atmosphère, nous devrions être en mesure d’améliorer la qualité des projections de l’augmentation de la température globale moyenne, mais aussi d’affiner les prévisions des impacts climatiques régionaux liés aux aérosols, tels que les changements de régime pluviométrique ou l’accélération de la fonte des glaces en Arctique.

Relever le défi des feux dans le Grand Nord

Il ne fait aucun doute que nous sommes entrés dans une ère où les mégafeux sont plus fréquents et ont des conséquences catastrophiques. Les incendies récents dans les régions boréales et arctiques révèlent un changement radical dans la nature des feux de forêt aux hautes latitudes, ce qui nécessite une attention et une action urgente.

À mesure que la planète continue de se réchauffer, les incendies dans les hautes latitudes devraient contribuer à façonner l’avenir de notre planète. Les incendies de forêt massifs, tels que ceux qui ont ravagé le Canada en 2023, ont non seulement brûlé des millions d’hectares, mais ont également contraint des centaines de milliers de personnes à évacuer leurs maisons. Des quantités sans précédent de fumée ont recouvert certaines régions d’Amérique du Nord d’un brouillard toxique, entraînant la fermeture d’écoles, l’émission d’alertes sanitaires et obligeant les citoyens à rester chez eux pendant plusieurs jours. De tels événements reflètent une tendance croissante. Ils soulignent pourquoi il est non seulement impératif sur le plan scientifique, mais aussi moralement responsable, de faire progresser la recherche afin de mieux comprendre et prévoir la dynamique des feux de tourbières et de forêts dans le nord, et d’atténuer leurs impacts climatiques globaux.


Créé, en 2007, pour aider à accélérer et à partager les recherches scientifiques sur des enjeux sociaux majeurs, le Fonds d’Axa pour la recherche soutient près de 700 projets dans le monde mené par des chercheurs issus de 38 pays. Pour en savoir plus, visiter le site ou bien sa page LinkedIn.

The Conversation

Dimitra Tarasi a reçu des financements de la chaire AXA Wildfires and Climate, du Leverhulme Centre for Wildfires, Environment and Society et de la A.G. Leventis Foundation Educational Grants.

Apostolos Voulgarakis ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment les « feux zombies » dans les tourbières du Grand Nord affectent le changement climatique global – https://theconversation.com/comment-les-feux-zombies-dans-les-tourbieres-du-grand-nord-affectent-le-changement-climatique-global-260605

Somalia’s education crisis: why so few children attend school and what could be done to change that

Source: The Conversation – Africa – By Abdifatah Ismael Tahir, Honorary Research Fellow, Global Development Institute, University of Manchester

Around 98 million children and youth in sub-Saharan Africa are out of school, accounting for nearly 40% of the global out-of-school population. This is disproportionately high, considering that the region accounts for roughly 15% of the world’s population. In simple terms, “out-of-school children” is defined as those within the age bracket for primary or lower secondary education who are not enrolled in either level.

One of the primary barriers to access is conflict. This is particularly evident in Somalia, which has endured violence and upheaval since the collapse of its central government in 1991. Various armed groups, including clan militias and al-Shabaab militants, have vied for control over the capital, with devastating consequences.

At present, nearly 3 million children and youth are out of school in Somalia out of an estimated 7.6 million school-age population. As the epicentre of conflict and displacement, Mogadishu experiences profound disruptions to educational access. Less than 23% of children eligible for primary education are enrolled, according to 2020 government statistics. Only 17% progress to secondary education.

I am a scholar of urban geography with a research focus on urban politics and governance. My co-researcher and I sought to examine the historical, social and economic factors over and above conflict contributing to the high number of out-of-school children in Mogadishu.

We found that public education is both limited and unevenly distributed. Government-run schools make up only 4% of the total number of schools in the city. These few public schools are disproportionately located in areas dominated by major clans, leaving minority communities and conflict-displaced populations with limited access to formal education.

A key barrier is the prohibitive cost of schooling. Equally important are entrenched cultural dynamics in areas populated by minority clans, where formal education, particularly for girls, is often undervalued in favor of technical skills or small-scale entrepreneurial training passed down through generations. Much like Somali society’s historical resistance to colonial education through Islamic schooling, many minority communities today rely on vocational skills as strategies of autonomy from dominant clans that control political and economic power and often restrict their access to opportunity.

By narrowing our focus to Mogadishu, our study offers a more detailed and localised understanding of the educational barriers within the city. It highlights the everyday choices, institutional fragmentation, and socio-religious imperatives that reproduce exclusion in ways that other studies have overlooked. It contributes to a more nuanced analysis of Somalia’s educational challenges, supporting the development of more targeted and effective policy recommendations and interventions.

The findings

Our qualitative study was conducted in two stages. We started with a review of academic literature, government and non-governmental reports and education policy documents. The aim was to trace the historical and structural causes of exclusion. This was followed by 21 semi-structured interviews with families of out-of-school children, teachers, education officials and policymakers at both regional and federal level.

Our findings suggest that the reasons children are out of school in Mogadishu are complex and deeply structural. On one level, we found that formal education is largely inaccessible. Government-funded public education is limited by the small number of schools and by its uneven distribution. Formal private school fees on the other hand range from US$120 to US$300 per year. This is far beyond the reach of most households, whose average monthly income stands at US$350.




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Though no official statistics exist, anecdotal evidence suggests that hundreds of thousands of children are enrolled in Qur’anic schools, also known as madrassas. This is because madrassa instruction is culturally embedded and widely trusted. Many families also rely on madrassas because the fees are lower or negotiable and they offer flexible arrangements, such as discounted fees or waivers.

However, these institutions typically exclude academic subjects such as science, mathematics and language.

Families must choose between two parallel systems – formal and Islamic – that are neither harmonised nor mutually reinforcing. In many cases, children complete madrassa instruction without acquiring basic literacy or numeracy skills, stalling their educational progression.

This two-track education system goes back to the colonial era. There was resistance to western-style schools introduced in the 1930s which were seen as a foreign influence and religious dilution.

Spatial inequality and social identity also exclude people. Peripheral districts and neighbourhoods where minorities are concentrated suffer from underinvestment in educational infrastructure. These areas may be absent from national and municipal development plans. Some existing schools lack adequate sanitation facilities, libraries, and trained teaching staff.

For internally displaced persons, tenure insecurity and legal ambiguity further limit access to public services, including education.

What needs to happen

This situation is not unique to Somalia, but the scale of exclusion in Mogadishu is alarming. Education is more than academic instruction – it offers safety, structure and hope. When children can’t go to school, the consequences are profound: increased poverty, higher crime and weakened social cohesion.

The solution requires more than constructing classrooms. Based on our research and policy analysis, we propose some recommendations.

With a federal budget of only US$1 billion, the options are limited. For a start, the government should authorise madrassas to provide education up to grade 6 and repurpose primary schools into secondary institutions.

Flexible madrassas and mobile classrooms have shown notable resilience in times of crisis. In Hodan district of Mogadishu, Qur’anic schools adapted to the influx of the internally displaced by extending hours and reducing fees. These locally embedded systems should be formally recognised. They also deserve direct national support to ensure quality and alignment with strategic education goals.




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Many community-run schools currently operate outside public planning and budgeting frameworks, yet they deliver critical services. In Somaliland, some schools have been financed through zakat (charitable donations) and diaspora contributions. Mogadishu should adapt this model.

While Islamic education enjoys broad legitimacy, its narrow curriculum constrains students’ prospects. This calls for a hybrid curriculum blending Qur’anic instruction with core academic subjects: literacy, numeracy and science. This has proven successful in pilot schools in Puntland state.

Finally, school construction and rehabilitation efforts should go to historically underserved districts first.

Mogadishu’s out-of-school children are not invisible. They are the future of the city. Including them requires more than donor-led programmes or technical solutions. It requires a political commitment to equity. This means formally recognising community efforts, bridging religious and secular traditions, and investing where it is needed most.

The Conversation

The research was supported by Education Above All (EAA), a global foundation based in Doha, Qatar, dedicated to ensuring equitable access to quality education, especially for vulnerable and marginalized populations. EAA was not involved in the research design, data analysis, interpretation of findings, or the writing of this paper, and holds no influence over its content or conclusions.

ref. Somalia’s education crisis: why so few children attend school and what could be done to change that – https://theconversation.com/somalias-education-crisis-why-so-few-children-attend-school-and-what-could-be-done-to-change-that-261721

Namibia’s forgotten genocide: how Bushmen were hunted and killed under German colonial rule

Source: The Conversation – Africa – By Robert J. Gordon, Emeritus Professor, University of Vermont and Research Associate, University of the Free State

The genocide of Namibia’s Ovaherero and Nama people by German colonial forces (1904-1907) is widely documented. But much less is made of what came next – the genocide of the country’s Bushmen, also known as the San.

In 1992, anthropologist Robert J. Gordon published a book, The Bushman Myth and the Making of a Namibian Underclass, about these indigenous people of Namibia and how they were hunted and turned into servants by German colonisers.

Now it has been thoroughly revised and has been republished as The Bushman Myth Revisited: Genocide, Dispossession and the Road to Servitude. We asked him five questions.


Why a revised, rewritten book?

Today, most Bushmen still live a life of servitude in their own country. Local San and human rights activists encouraged me to bring out an updated and inexpensive version, which the University of Namibia Press has just published. The original editions were published in the US, making them virtually unobtainable in Namibia, where they needed to be read and discussed.

Since the first edition, an extraordinary number of books on German colonialism have been published, including my own. These inspired the use of key concepts in the book like platzgeist, where a particular zeitgeist (spirit of the times) is anchored in a specific place (platz) that makes people engage in activities they might not normally do.

What was life like for indigenous people before colonialism?

The Kalahari Basin in southern Africa is one of the world’s richest ethnographic zones (areas with distinct cultures). The region is home to some of the oldest languages still in existence and the genetic diversity found in the zone indicates that it is home to one of the world’s original ancestral populations.

“Bushman” is used as a blanket term encompassing more than 200 ethnic groups. There is no “typical Bushman”; rather, they constitute a miscellany of fluid groups. “Bushman” is preferred by many local communities, possibly as a form of resistance against officialdom’s categorisation of them as San and “Marginals”. The term “San” is found only in one language, Khoekhoegowab, and means the same as Bushman.

I see them as convivial with a strong ideology of sharing. Colonial power is based on controlling access to what people desire, like money or livestock. Bushmen lived as hunter-gatherers, roaming across the landscape. They had a different concept of property, desiring neither money or livestock; they were uncontrollable and so they were treated as animals and subject to annihilation.

What was the genocidal platzgeist?

First, some background. Today’s Namibia was a German colony called German South West Africa from 1884. The 1904-1907 genocidal Herero-Nama war was decisive, as Germany sought to create a German haven by encouraging settlers.

The north-east arc of the territory, stretching from Otavi to Gobabis with Grootfontein as the epicentre, served as a magnet, with a newly completed railway line, mines, vast agricultural potential and accessible land. In Grootfontein alone, the number of settler farms increased from 15 in 1903 to 175 by 1913. Almost all these cattle ranches were on land occupied by Bushmen.




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Settlers were soon in trouble. By 1911, the Namibian press headlines screamed “Bushman Plague”. Two factors fed the panic. First, the killing of a policeman and a few white farmers. And second, Bushman activities, allegedly “brigandage” or banditry, were hindering the flow of sorely needed migrant contract workers from the Owambo and Kavango regions to work on the newly discovered Luderitzbucht diamond fields. The Chamber of Mines wanted the area “sanitised”.

Accordingly, the German governor ordered that Bushmen could be shot if they were believed to be attempting to resist arrest by officials or settlers. Over 400 anti-Bushman patrols covering some 60,000km² were deployed from 1911 to 1913.

But settlers and officials considered these measures inadequate. Settlers continued to terrorise Bushmen without as much as a slap on the wrist. “Bushman hunts” continued until the South African takeover of the territory in 1915 when the country became known as South West Africa.

We don’t know how many Bushmen died, but as I explain in my book, official estimates put Bushmen numbers in 1913 at 8,000-12,000. In 1923 it was 3,600. This gives an indication of the magnitude of the killings.

What oiled the genocide was the settler platzgeist. The dominant ethos was one of besiegement, of being threatened by unpredictable external forces. The farmers, attracted by generous government support and subsidies, were mostly discharged soldiers, ill-trained in farming, lacking crucial local knowledge, and schooled in racist arrogance. The situation bred insecurity, fear and hyper-masculinity.

Bushmen, with their reputed ability to camouflage themselves and to track and hunt using poisoned arrows for which there was no known antidote, epitomised their worst nightmare as they sought to establish overlordship on their isolated farms. Believed to be like predatory game, Bushmen had to be exterminated as a group. This was genocide.

What happened after the genocide?

Repression continued under South African rule from 1915 until independence in 1990, although it was less extreme. The possession of Bushman bows and arrows was made illegal. Bushmen were steadily dispossessed of their territory to make way for game reserves and settler farms.

As late as the 1970s, the administration was still thinking of relocating 30,000 Bushmen to the proclaimed artificially created Bushmanland, which constituted 2% of the territory they had once occupied.




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The vast majority remained in their traditional areas now under the overlordship of settler farmers, where they sank into a situation of servitude. With Namibia’s independence, the situation worsened. New labour laws set a minimum wage, making it uneconomical to keep Bushmen workers. And many farmers switched to game farming or sold to black farmers who preferred to hire their kinsfolk.

The result was that Bushmen were forced into communal areas or peri-urban informal settlements, where they eke out a precarious living.

Where does this find these people today?

Bushmen are currently found in varying states of servitude, doing largely menial labour in the north and north-eastern regions, where they were once the ancestral inhabitants. The government is trying to assist Bushmen, mainly with welfare grants and a few overcrowded resettlement farms.

Search “Namibian Bushmen” on the internet and one is bombarded with glamourised images of Bushmen in traditional dress demonstrating hunting and tracking. Such narratives, largely the result of tourism boosters, reinforce the myth of the “pristine” Bushmen. The history of genocide and servitude is airbrushed out.

The Conversation

Robert J. Gordon does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Namibia’s forgotten genocide: how Bushmen were hunted and killed under German colonial rule – https://theconversation.com/namibias-forgotten-genocide-how-bushmen-were-hunted-and-killed-under-german-colonial-rule-261267

Rétention des mineurs à Mayotte : la loi qui inquiète juristes et associations

Source: The Conversation – France in French (3) – By Florian Aumond, Maître de conférences en droit public, Université de Poitiers

Le 10 juillet dernier, la loi de programmation pour la refondation de Mayotte a été définitivement adoptée par le Sénat. Si ce texte comprend un volet social, l’un de ses articles organise la création de lieux où pourront être enfermés des mineurs étrangers. Une pratique pourtant en principe interdite par le droit français.


Adopté définitivement par le Sénat le jeudi 10 juillet 2025, le projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte s’inscrit dans le processus législatif engagé à la suite des dommages causés par le cyclone Chido, qui avait ravagé l’île dans la nuit du 13 au 14 décembre 2024. Ce nouveau texte affirme « l’ambition de la France pour le développement de Mayotte », à travers une série de mesures structurelles.

La loi couvre des domaines variés, comme l’encadrement de l’habitat illégal, la convergence accélérée vers le droit commun des prestations sociales, ou encore la modification du mode de scrutin applicable à Mayotte. Mais ce texte approfondit également la dérogation au droit commun en matière d’immigration, inscrit dans le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) – pourtant en vigueur à Mayotte depuis 2014.

Le titre II de la loi, intitulé « Lutter contre l’immigration clandestine et l’habitat illégal », introduit ainsi une série de dispositions qui durcissent substantiellement les conditions de séjour des personnes étrangères à Mayotte. Deux titres de séjour « vie privée et familiale » se voient fortement limités : ils étaient jusqu’ici perçus comme permettant la régularisation d’un trop grand nombre d’étrangers. Désormais, l’accès à ces titres de séjour sera soumis à la condition d’être entré régulièrement sur le territoire et à une résidence à Mayotte depuis au moins sept ans pour les titres délivrés en raison des « liens personnels et familiaux ».

Le texte prévoit en outre des dispositions relatives à la lutte contre les reconnaissances frauduleuses de paternité et de maternité, ainsi qu’un chapitre sur la lutte contre l’immigration irrégulière. C’est au sein de ce dernier que se trouve une disposition significative de cette loi. Inscrite à l’article 14, elle porte sur la création de lieux de rétention « spécialement adaptés à la prise en charge des besoins de l’unité familiale ».

À l’instar des autres dispositions relatives aux droits des étrangers, la perspective de création de nouveaux centres de rétention « familiaux » a suscité de vives critiques dès la présentation du projet de loi. De nombreuses voix, notamment associatives, ont souligné la violation par cette mesure du principe d’intérêt supérieur de l’enfant. Il s’agit pourtant d’un pilier du régime juridique de protection des droits de l’enfant, depuis sa consécration par la Convention internationale sur le sujet, en 1989.

Pour Unicef France,

« la création prévue d’unités familiales […] ne (fait) que perpétuer une logique d’enfermement des familles avec enfants, alors que la fin de l’enfermement administratif des enfants était initialement prévue en 2027. »

La « zone d’attente », une fiction juridique qui permet l’enfermement des mineurs

Pour comprendre la réaction d’Unicef France, il convient de rappeler le cadre juridique actuel en matière de privation de liberté des personnes étrangères.

Le droit français distingue deux régimes : la rétention administrative concerne les étrangers déjà présents sur le territoire français et permet à l’administration d’exécuter une décision d’éloignement ; la « zone d’attente », quant à elle, ne s’applique qu’aux étrangers non admis sur le territoire français, arrivés par voie ferroviaire, maritime ou aérienne.

Cette « zone d’attente » s’apparente à une fiction juridique. Elle permet en effet de considérer qu’un étranger physiquement sur le territoire français n’y est pas juridiquement présent. Une telle fiction comporte des conséquences majeures pour les mineurs étrangers, car s’il n’est pas possible d’édicter une mesure d’éloignement à leur encontre. Il est en revanche tout à fait autorisé de leur interdire l’entrée sur le territoire, les contraignant ainsi à retourner dans leur pays d’origine ou dans le dernier pays par lequel ils ont transité.

Les zones d’attente sont donc des sas permettant de mettre en œuvre ces mesures. Celles-ci sont non seulement susceptibles de concerner les mineurs accompagnants – souhaitant entrer en France avec leur famille ou un adulte référent –, mais également les mineurs non accompagnés.

La loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration a enregistré une avancée significative par rapport à cette situation en consacrant l’interdiction générale de placer les mineurs en rétention, y compris lorsqu’ils accompagnent un adulte. L’article L.741-5 du Ceseda, inséré par la loi de janvier 2024, dispose désormais expressément que

« l’étranger mineur de 18 ans ne peut faire l’objet d’une décision de placement en rétention ».

Toutefois, l’entrée en vigueur de cette disposition a été repoussée pour Mayotte au 1er janvier 2027 en raison, selon le ministre de l’intérieur, « des spécificités de ce territoire – les mineurs rest(ant) moins de quarante-huit heures en moyenne dans le centre de rétention administrative de Mayotte, voire moins d’une journée » et, plus généralement, en raison des « difficultés particulières qui se posent sur ce territoire ».

La première justification ne convainc guère, si l’on constate que la durée de maintien en rétention n’est pas spécifiquement courte à Mayotte : elle est même souvent moindre dans l’Hexagone. Pour ce qui est des conditions spécifiques à Mayotte, s’il est indéniable que l’île connaît un contexte migratoire particulier, rien ne permet d’assurer que déroger au droit commun en enfermant des mineurs en migration y apportera une quelconque solution.

La France a déjà été condamnée pour l’enfermement de mineurs par la justice européenne

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’article 14 de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte. Il déroge à l’interdiction de placer en rétention un étranger mineur en introduisant de nouveaux lieux : des unités familiales « spécialement aménagées et adaptées », qui devront garantir « aux membres de la famille une intimité adéquate, dans des conditions qui tiennent compte de l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Le gouvernement justifie la mesure par le fait qu’elle permettrait de « maintenir les capacités opérationnelles d’éloignement de ce public », c’est-à-dire les familles avec enfants.

Malgré les précautions terminologiques, ces « unités familiales » constituent bien des lieux de rétention administrative, ainsi qu’il ressort expressément de l’exposé des motifs de la loi, dans lequel le ministre des outre-mer évoque « une [unité familiale pour la rétention des mineurs] ». Leur création va donc à rebours des engagements pris par le gouvernement dans la loi de janvier 2024, qui en consacrait une interdiction générale. Ces engagements visaient à aligner le droit français avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), laquelle a déjà condamné à 11 reprises la France pour des situations de privation de liberté de mineurs en migration.

Le gouvernement a pris des mesures pour éviter que ce texte ne lui vaille de nouvelles condamnations par la CEDH. À la suite de l’avis du Conseil d’État relatif au projet de loi, il a été précisé que le placement en rétention des mineurs ne pouvait excéder une durée de 48 heures. Il est en effet connu que la CEDH retient la durée de la rétention parmi les critères pris en compte afin de conclure à la violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, relatif à l’interdiction de la torture et des peines et traitements inhumains ou dégradants.

Elle s’appuie cependant également sur l’âge des personnes enfermées, et les conditions du maintien en centre de rétention administrative (CRA), où sont retenues les personnes migrantes en situation irrégulière. Or, dans un rapport remis en 2023, le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonçait les conditions qui prévalent dans le CRA de Mayotte – situé à Pamandzi –, notamment les difficultés d’accès à l’eau, le maintien des lumières allumées toute la nuit, l’état et l’insuffisance des sanitaires ou l’impossibilité de changer de vêtements.

Une mesure en contradiction avec toutes les recommandations des associations et des organisations internationales

La création de ces nouveaux lieux d’enfermement entre, par ailleurs, en totale contradiction avec les avis de différentes institutions et autorités indépendantes, comme le défenseur des droits, la commission nationale consultative des droits de l’homme, ou encore le contrôleur général des lieux de privation de liberté, toutes ayant rappelé que la rétention – même temporaire et aménagée – compromet le développement psychique et affectif de l’enfant.

Le défenseur des droits a ainsi mis en avant que « la place d’un enfant n’est pas dans un lieu d’enfermement, fût-il conçu pour accueillir des familles ».

La France va également à l’encontre des recommandations du Comité des droits de l’homme des Nations unies, qui l’a appelée à réexaminer les régimes dérogatoires en matière d’immigration dans les territoires ultramarins et à « accélérer l’extension de l’interdiction de la rétention administrative des mineurs à Mayotte ».

Saisi le 16 juillet 2025 par le premier ministre et plus de soixante députés, le Conseil constitutionnel devra se prononcer dans un délai d’un mois sur la conformité de ces dispositions avec les droits fondamentaux garantis par la Constitution.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Rétention des mineurs à Mayotte : la loi qui inquiète juristes et associations – https://theconversation.com/retention-des-mineurs-a-mayotte-la-loi-qui-inquiete-juristes-et-associations-261611

How states are placing guardrails around AI in the absence of strong federal regulation

Source: The Conversation – USA – By Anjana Susarla, Professor of Information Systems, Michigan State University

The California State Capitol has been the scene of numerous efforts to regulate AI. AP Photo/Juliana Yamada

U.S. state legislatures are where the action is for placing guardrails around artificial intelligence technologies, given the lack of meaningful federal regulation. The resounding defeat in Congress of a proposed moratorium on state-level AI regulation means states are free to continue filling the gap.

Several states have already enacted legislation around the use of AI. All 50 states have introduced various AI-related legislation in 2025.

Four aspects of AI in particular stand out from a regulatory perspective: government use of AI, AI in health care, facial recognition and generative AI.

Government use of AI

The oversight and responsible use of AI are especially critical in the public sector. Predictive AI – AI that performs statistical analysis to make forecasts – has transformed many governmental functions, from determining social services eligibility to making recommendations on criminal justice sentencing and parole.

But the widespread use of algorithmic decision-making could have major hidden costs. Potential algorithmic harms posed by AI systems used for government services include racial and gender biases.

Recognizing the potential for algorithmic harms, state legislatures have introduced bills focused on public sector use of AI, with emphasis on transparency, consumer protections and recognizing risks of AI deployment.

Several states have required AI developers to disclose risks posed by their systems. The Colorado Artificial Intelligence Act includes transparency and disclosure requirements for developers of AI systems involved in making consequential decisions, as well as for those who deploy them.

Montana’s new “Right to Compute” law sets requirements that AI developers adopt risk management frameworks – methods for addressing security and privacy in the development process – for AI systems involved in critical infrastructure. Some states have established bodies that provide oversight and regulatory authority, such as those specified in New York’s SB 8755 bill.

AI in health care

In the first half of 2025, 34 states introduced over 250 AI-related health bills. The bills generally fall into four categories: disclosure requirements, consumer protection, insurers’ use of AI and clinicians’ use of AI.

Bills about transparency define requirements for information that AI system developers and organizations that deploy the systems disclose.

Consumer protection bills aim to keep AI systems from unfairly discriminating against some people, and ensure that users of the systems have a way to contest decisions made using the technology.

a mannequin wearing a device across the chest with four wires attached to circular pads attached to the torso
Numerous bills in state legislatures aim to regulate the use of AI in health care, including medical devices like this electrocardiogram recorder.
VCG via Getty Images

Bills covering insurers provide oversight of the payers’ use of AI to make decisions about health care approvals and payments. And bills about clinical uses of AI regulate use of the technology in diagnosing and treating patients.

Facial recognition and surveillance

In the U.S., a long-standing legal doctrine that applies to privacy protection issues, including facial surveillance, is to protect individual autonomy against interference from the government. In this context, facial recognition technologies pose significant privacy challenges as well as risks from potential biases.

Facial recognition software, commonly used in predictive policing and national security, has exhibited biases against people of color and consequently is often considered a threat to civil liberties. A pathbreaking study by computer scientists Joy Buolamwini and Timnit Gebru found that facial recognition software poses significant challenges for Black people and other historically disadvantaged minorities. Facial recognition software was less likely to correctly identify darker faces.

Bias also creeps into the data used to train these algorithms, for example when the composition of teams that guide the development of such facial recognition software lack diversity.

By the end of 2024, 15 states in the U.S. had enacted laws to limit the potential harms from facial recognition. Some elements of state-level regulations are requirements on vendors to publish bias test reports and data management practices, as well as the need for human review in the use of these technologies.

a Black woman with short hair and hoop earrings sits at a conference table
Porcha Woodruff was wrongly arrested for a carjacking in 2023 based on facial recognition technology.
AP Photo/Carlos Osorio

Generative AI and foundation models

The widespread use of generative AI has also prompted concerns from lawmakers in many states. Utah’s Artificial Intelligence Policy Act requires individuals and organizations to clearly disclose when they’re using generative AI systems to interact with someone when that person asks if AI is being used, though the legislature subsequently narrowed the scope to interactions that could involve dispensing advice or collecting sensitive information.

Last year, California passed AB 2013, a generative AI law that requires developers to post information on their websites about the data used to train their AI systems, including foundation models. Foundation models are any AI model that is trained on extremely large datasets and that can be adapted to a wide range of tasks without additional training.

AI developers have typically not been forthcoming about the training data they use. Such legislation could help copyright owners of content used in training AI overcome the lack of transparency.

Trying to fill the gap

In the absence of a comprehensive federal legislative framework, states have tried to address the gap by moving forward with their own legislative efforts. While such a patchwork of laws may complicate AI developers’ compliance efforts, I believe that states can provide important and needed oversight on privacy, civil rights and consumer protections.

Meanwhile, the Trump administration announced its AI Action Plan on July 23, 2025. The plan says “The Federal government should not allow AI-related Federal funding to be directed toward states with burdensome AI regulations … ”

The move could hinder state efforts to regulate AI if states have to weigh regulations that might run afoul of the administration’s definition of burdensome against needed federal funding for AI.

The Conversation

Anjana Susarla does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How states are placing guardrails around AI in the absence of strong federal regulation – https://theconversation.com/how-states-are-placing-guardrails-around-ai-in-the-absence-of-strong-federal-regulation-260683

Philadelphia is using AI-driven cameras to keep bus lanes clear – transparency can help build trust in the system

Source: The Conversation – USA – By Murugan Anandarajan, Professor of Decision Sciences and Management Information Systems, Drexel University

More than 150 Southeastern Pennsylvania Transportation Authority buses across Philadelphia are equipped with cameras that detect vehicles blocking bus lanes. Han Zheng via Wikimedia Commons, CC BY-SA

The Southeastern Pennsylvania Transportation Authority piloted a new enforcement tool in Philadelphia in 2023: AI-powered cameras mounted on seven of its buses. The results were immediate and dramatic: In just 70 days, the cameras flagged over 36,000 cars blocking bus lanes.

The results of the pilot gave the transportation authority, also called SEPTA, valuable data into bus route obstruction and insights into the role of technology to combat these problems.

In May 2025, SEPTA and the Philadelphia Parking Authority officially launched the program citywide. More than 150 buses and 38 trolleys across the city are fitted with similar artificial intelligence systems that scan license plates for possible violations. The system uses AI-powered cameras that use computer vision technology to spot vehicles blocking bus lanes and scans license plates to identify the vehicles breaking the rules. If the system flags a possible infraction, a human reviewer confirms it before a fine is issued: US$76 in Center City, $51 elsewhere.

This rollout comes as SEPTA faces a $213 million budget shortfall, with imminent service cuts and fare hikes.

I’m a professor of information systems and the academic director of LeBow College of Business’s Center for Applied AI and Business Analytics at Drexel University. The center’s research focuses on how organizations use AI, and what that means for trust, fairness and accountability.

In a recent survey the center conducted with 454 business leaders from industries including technology, finance, health care, manufacturing and government, we found that the use of AI is often rolled out faster than the governance needed to make sure it works fairly and transparently.

That gap between efficiency and oversight is especially common in public-sector organizations, according to our survey.

That’s why I believe it’s important for SEPTA to manage its AI enforcement system carefully to earn public trust, while minimizing risks.

Fairness and transparency

When cars block a bus lane, they clog traffic. The resulting delays can mess up a person’s day, causing missed connections or making riders late for work. That can leave riders with the feeling they can’t rely on the transit system.

So, if AI enforcement helps keep those lanes clear, it’s a win. Buses move faster, and commutes are quicker.

A promo video for the Southeastern Pennsylvania Transportation Authority and Philadelphia Parking Authority’s new camera system that detects cars blocking bus lanes.

But here’s the issue: Good intentions don’t work if the system feels unfair or untrustworthy. Our survey also found that more than 70% of the surveyed organizations don’t fully trust their own data. In the context of public enforcement, whether it’s transit agencies or parking authorities, that’s a warning sign.

Without trustworthy data, AI-powered ticketing can turn efficiency into costly mistakes, such as wrongly issued citations that must be refunded, lost staff time correcting errors, and even legal challenges. Public confidence matters here because people are most likely to follow the rules and accept penalties when they see the process as accurate and transparent.

Furthermore, this finding from our survey really caught my attention: Only 28% of organizations report having a well-established AI governance model in place. Governance models are the guardrails that keep AI systems trustworthy and aligned with human values.

That’s troubling enough when private companies are using AI. But when a public agency like SEPTA looks at a driver’s license plate and sends the driver a ticket, the stakes are higher. Public enforcement carries legal authority and demands a higher level of fairness and transparency.

The AI label effect

One may ask, “Isn’t this ticketing system just like red-light or speed cameras?”

Technically, yes. The system detects rule-breaking, and a human reviews the evidence before a citation is issued.

But simply labeling the technology as AI can transform how it’s perceived. This is known as the framing effect.

Just calling something AI-driven can make people trust it less. Research has shown, whether a system is grading papers or hiring workers, that the exact same process draws more skepticism when AI is mentioned than when it isn’t. People hear “AI” and assume the machine is making judgment calls, so they start looking for flaws. Even if they think that AI is accurate, the trust gap never closes.

That perception means public agencies need to align AI-based enforcement with transparency, visible safeguards and easy ways to challenge mistakes. These measures increase trust in AI-based enforcement.

We’ve seen what can go wrong, and how quickly trust can erode, when an AI-based enforcement system malfunctions. In late 2024, AI cameras on Metropolitan Transportation Authority buses in New York City wrongly issued thousands of parking tickets, including nearly 900 cases where the drivers had actually followed the rules and parked legally.

Even if such errors are rare, they can damage public confidence in the system.

Build trust into the system

The Organization for Economic Cooperation and Development, the international body setting AI policy standards across dozens of countries, has found that people are most likely to accept AI-driven decisions when they understand how those decisions are made and have a clear, accessible way to challenge mistakes.

In short, AI enforcement tools should work for people, not just on them. For SEPTA, that could mean the following:

–Publishing clear bus-lane rules and any exceptions, so people know what’s allowed.

–Explaining safeguards, like the fact that every bus-camera violation is reviewed by Philadelphia Parking Authority staff before a ticket is issued.

–Offering a straightforward appeals process with management review and a right to appeal.

–Sharing enforcement data, such as how many violations and appeals are processed.

These steps signal that the system is fair and accountable, helping shift it from feeling like a ticketing machine into a public service that people can trust.

Read more of our stories about Philadelphia.

The Conversation

Murugan Anandarajan does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Philadelphia is using AI-driven cameras to keep bus lanes clear – transparency can help build trust in the system – https://theconversation.com/philadelphia-is-using-ai-driven-cameras-to-keep-bus-lanes-clear-transparency-can-help-build-trust-in-the-system-262180

Iron nanoparticles can help treat contaminated water – our team of scientists created them out of expired supplements

Source: The Conversation – USA – By Ahmed Ibrahim Yunus, Ph.D. Candidate in Environmental Engineering, Georgia Institute of Technology

Scientists used pharmaceutical waste to create a new material with interesting properties. Mitrija/iStock via Getty Images

Today, approximately 1,800,000 acres of land in the United States is used for landfill waste disposal. In terms of volume, the U.S alone generated over 290 million tons of solid waste in 2018, an amount equivalent to about 235,000 Olympic-size swimming pools, assuming an average solid waste density of a half ton per cubic meter.

Roughly 9% – about 26 million tons – of this waste is made up of iron and steel. These are resources with a stable market value used in various civil infrastructure projects. As a team of environmental engineers, we wanted to know whether we could use iron-rich waste to produce iron oxide nanoparticles – a useful tool for combating water pollution and building engineering hardware.

All about nanoparticles

Iron oxide nanoparticles consist of iron and oxygen atoms and, because of their size, they exhibit unique physical and chemical properties. They are extremely small, typically at the nanoscale – one-billionth of a meter – in diameter.

The iron oxide nanoparticles we synthesized were a distinctive group called magnetite and maghemite. Initial studies have shown that nanoparticles in this group could help drugs get to the right part of the body, make batteries in electric vehicles more efficient and improve sensors for detecting toxic gas, as well as sound and motion.

Because these nanoparticles are made of iron, they’re both magnetic and stable. Their tiny size gives them a large surface area relative to their volume, allowing them to grab pollutants in water. Additionally, their magnetic nature makes them ideal for building extremely small and thin electrical components.

In our work, we wanted to find a new way to produce them using waste materials. In our newest study, published in the RSC Sustainability journal, we developed an eco-friendly method to synthesize iron oxide nanoparticles from expired over-the-counter iron supplements. This approach not only gives value to discarded products but also supports a more sustainable and circular method of production.

The research process

To conduct our study, we used a method called hydrothermal carbonization to produce these magnetic nanoparticles. We were able to source a large amount of expired iron supplements from a local health care center.

The hydrothermal carbonization process uses a turbocharged version of the kind of pressure cooker you might have in your kitchen. For our recipe, we combined 20 grams each of expired iron supplements and water in a specialized pressure reactor. We then cooked the mixture at 527 degrees Fahrenheit (275 degrees Celsius) for six to 12 hours. Under this intense temperature and pressure, the supplements broke down, which produced tiny – 10- to 11-nanometer – particles.

The end product included a solid charcoal-like material called hydrochar, which made up about 20% to 22% of the product. The hydrochar consisted of the iron oxide nanoparticles and graphite, a carbon-rich material that gave the hydrochar its charcoal-like look. The rest became gas and a dark, tarlike liquid separate from the hydrochar.

Hydrothermal carbonization is not the only method used to make iron oxide nanoparticles. There are other conventional methods such as coprecipitation, which involves mixing chemicals to form solids. Another method is pyrolysis, where materials are heated in the absence of oxygen. And finally, gasification, which heats materials in the presence of oxygen.

These methods usually require a higher energy input, around 1,292 to 1,832 degrees Fahrenheit (700 to 1,000 C), or harsh salt chemicals. In contrast, hydrothermal carbonization, the method we used, is water-based and can happen at a low temperature.

A diagrom showing the research process -- in the first column, the creation of the particles from expired supplements, in the 2nd, three tests the researchers run, and in the third, potential applications including sensors, semiconductors, treating water
Initial research shows that nanoparticles created from iron clears some pollutants from wastewater. After creating the nanoparticles, researchers test them using a variety of scientific techniques. The nanoparticles have several potential future applications in the technology field.
Ahmed Yunus

We compared our hydrothermal carbonization process’s energy use with other methods and found it had the lowest environmental impact.

From polluted water to clean

The iron oxide nanoparticles we created are very useful for water treatment. They are particularly good at removing oil and heavy metals such as lead, cadmium, zinc and chromium from water. These are pollutants known to cause serious health issues, including cancer.

You can either mix them with polluted water or allow the water to pass through them, similar to a common household filter.

To test their performance, we mixed our iron oxide nanoparticles in wastewater samples containing methylene blue dye, a common pollutant in textile and manufacturing wastewater. We found they removed over 95% of the dye, and because the particles are magnetic, we could remove them from the treated water using a magnet so they didn’t contaminate the water.

Two vials of water, one a bright blue and one more clear.
Water polluted with methylene blue cleared up after treatment with iron oxide nanoparticles over 48 hours, and the nanoparticles attach to a magnet.
Yunus et al., 2025

Depending on the type of pollutants in the water, iron oxide nanoparticles can sometimes be reused after they’re heated again.

Moving forward

We produced a small amount of these nanoparticles in the lab for this study. However, large quantities of iron waste are sent to landfills. These include materials such as steel sludge and metal scraps. So in theory, many more of these nanoparticles could be produced in the future. If produced in large enough quantities, large water and wastewater plant filtration systems could use these particles to treat much larger amounts of water.

But landfill waste isn’t all one type of waste. Iron-rich waste may be contaminated with other materials, making its sourcing, sorting and recycling both resource-intensive and costly. To scale up this technology sustainably, researchers will need to first overcome these challenges.

On the bright side, economists predict that alternative metals, including iron oxide nanoparticles, may help meet production demands for future technologies and artificial intelligence. These nanoparticles can be used to manufacture high-performance computing components. These components include magnetic memory storage and semiconductors found in our everyday technologies.

Lots of the critical metals currently used are expensive, scarce or geopolitically sensitive: cobalt, nickel and lithium. As a result, our team is starting to explore how this hydrothermal carbonization-based method can be scaled and applied to other types of waste materials.

Our long-term goal is to expand the tool kit for sustainable nanoparticle production while continuing to address both environmental challenges and materials demands for future innovations.

The Conversation

Ahmed Ibrahim Yunus receives funding from Georgia Tech Renewable Bioproduct Institute and the United States Department of Energy. This research project was headed by Dr. Samuel Darko while supported by Dr. Yongsheng Chen and Dr. Joe F. Bozeman III.

Joe Frank Bozeman III receives funding from the Georgia Institute of Technology’s Renewable Bioproduct Institute.

ref. Iron nanoparticles can help treat contaminated water – our team of scientists created them out of expired supplements – https://theconversation.com/iron-nanoparticles-can-help-treat-contaminated-water-our-team-of-scientists-created-them-out-of-expired-supplements-260364