Quand les communautés de marque prennent le pouvoir à l’ère du Web3 et du métavers

Source: The Conversation – France (in French) – By kaabachi souheila, Enseignant-Chercheur, EBS Paris

Le métavers et toutes les technologies qui y sont associées sont en train de changer à bas bruit les modes de consommation. La place du consommateur ne peut plus être la même avant qu’après. Comment les marques doivent-elles en tenir compte pour rester dans la compétition ?


L’essor du Web3 et du métavers annonce une nouvelle ère d’innovation pour les entreprises, ouvrant ainsi la voie à la création de modèles d’affaires disruptifs où les consommateurs deviennent des acteurs clés, des cocréateurs actifs voire des copropriétaires des produits. Avec une architecture décentralisée du Web3, les utilisateurs auront la possibilité de créer, de posséder et d’échanger des objets virtuels en toute liberté avec une totale maîtrise sur leurs données.

Simultanément, nous assistons depuis quelques années à une multiplication d’environnements immersifs en 3D associant la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle, appelés métavers. Dans ces nouveaux univers, les frontières entre les mondes physique et virtuel s’estompent pour proposer aux utilisateurs des expériences immersives avec les possibilités de naviguer d’une manière fluide entre les différents univers virtuels interconnectés.

Un changement majeur

Ces innovations devraient conduire à un changement majeur dans la conception des stratégies d’innovation des entreprises qui deviennent plus ouvertes et collaboratives. Dans ce contexte, les membres de la communauté deviennent des cocréateurs de valeur qui participent activement à toutes les étapes du processus d’innovation : du partage de l’information, à l’idéation en passant par le vote, le test des prototypes jusqu’à la conception.




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Le métavers s’impose comme un levier stratégique pour des entreprises en quête de solutions innovantes, efficaces, et rapides. Par sa dimension immersive, Il permet à des individus d’horizons variés de se concerter virtuellement en vue de mutualiser leurs expertises et leurs connaissances pour dénouer de façon créative des problèmes complexes. Cet univers collaboratif devient un terrain dynamique où les idées se croisent et s’enrichissent pour stimuler l’intelligence collective et favoriser l’émergence de solutions innovantes.

L’exemple frappant de l’association Pencils of Promise proposant à ses collaborateurs et à ses membres bienfaiteurs une expérience immersive au sein d’une salle de classe au Ghana, à l’issue de laquelle les participants sont parvenus à mieux identifier les besoins réels et les défis de l’éducation dans cette région. Cette approche a ainsi facilité la conception de solutions pertinentes et ciblées, parfaitement adaptées aux réalités du terrain.

L’irruption de l’ethnographie immersive

Le succès d’une stratégie d’innovation réside dans la connaissance fine des attentes des consommateurs et de leurs comportements. Aujourd’hui, pour affiner les études de marché traditionnelles – telles que les groupes de discussion et les tests A/B, transposables dans des environnements virtuels –, l’ethnographie immersive s’impose plus en plus. Grâce à l’observation fine des expériences des utilisateurs, elle permet aux entreprises d’accéder et d’analyser, en temps réels, une multitude de données comportementales et émotionnelles. L’exploitation de ces informations permet de mieux saisir les motivations profondes des utilisateurs, d’identifier leurs besoins latents ainsi que leurs insatisfactions, rendant les stratégies d’innovations des entreprises proactives et agiles.

La réussite d’un nouveau produit ne relève pas seulement de son originalité, Il dépend surtout de sa fiabilité et de sa capacité à répondre aux attentes des consommateurs. Dans ce contexte, la phase de test préalable au lancement ainsi que la participation active des consommateurs dans ce processus de validation deviennent des étapes clés. Traditionnellement, les tests de produit s’appuient sur des descriptions verbales, des dessins, des images ou même des listes de caractéristiques. Bien qu’utiles pour fournir les premières impressions des utilisateurs sur le produit, ces techniques restent informatives et peu pertinentes en raison de l’absence d’interactions réel avec le produit, les feedbacks des utilisateurs demeurent superficiels.

Jumeaux numériques

L’avènement des jumeaux numériques, des répliques virtuelles d’objets physiques modifient la donne avec une approche plus authentique et expérientielle à cette phase de test. En effet, grâce à des simulations immersives et interactives, les entreprises sont en mesure de tester virtuellement leurs prototypes par un grand nombre d’utilisateurs. L’observation en temps réel des réactions des utilisateurs lors de l’usage du produit, accompagnées de feedback riches et pertinents, oriente les entreprises bien en amont sur les dysfonctionnements, les pistes d’améliorations et les nouvelles opportunités de développement. Ces décisions proactives limitent considérablement le taux d’échec des nouveaux produits.

Copropriété numérique

Les innovations ne s’arrêtent pas là. Faire participer activement les membres de la communauté au développement des produits n’est pas une nouveauté en soi. En revanche, leur offrir une copropriété numérique, un pouvoir de décision et une maîtrise complète de leurs données est totalement disruptif.

Kiki World, une start-up du secteur de la beauté a réussi ce pari en bousculant les codes de l’industrie. Le business model de la marque repose sur deux innovations majeures : d’une part, faire participer la communauté à toutes les phases de conception du produit en l’invitant à voter pour les produits qu’elle souhaiterait voir naître puis contribuer à leur cocréation lors d’ateliers virtuels, des discussions communautaires et des séances de brainstorming en ligne.

Le business model participatif de Kiki World est en parfaite adéquation avec les attentes du marché puisqu’il a réussi à mobiliser une communauté comptant plus de 12 000 membres autour de la création de produits cosmétiques. Chaque nouveau lancement suscite l’enthousiasme de la communauté, confirmant l’attractivité d’une approche collaborative pour les consommateurs. Cet engouement communautaire s’est traduit par une levée de fond de 7 millions de dollars soutenu par des investisseurs de renom, dont a16z Crypto et New Incubation Ventures d’Estée Lauder.

D’autre part, l’innovation de la marque réside dans son système de récompense basé sur la blockchain. Les membres se voient attribuer pour chacune de leurs contributions des points échangeables contre des produits gratuits ainsi qu’un jeton numérique non transférable. Le jeton étroitement lié au profil permet au bénéficiaire d’acquérir la propriété numérique des produits qu’il crée. La marque possède l’une des plus grandes communautés, avec plus de 1500 détenteurs de jetons. Les membres les plus actifs créent des expériences décentralisées grâce à des objets de collection NFT spécifiques aux produits contribuant ainsi à la création de la valeur.

Xerfi Canal 2022.

Un obstacle éthique ?

Hyperconnectée et créative, la génération Z semble être la cible idéale pour s’engager dans des stratégies de cocréation avec des entreprises innovantes. Néanmoins, bien que technophile, cette génération affiche un réel scepticisme à l’égard de l’utilité et l’usage des technologies du web 3.0 et du métavers, souvent perçues comme abstraites et complexes. La méconnaissance conjuguée à un cadre juridique encore ambigu, soulèvent des questions éthiques cruciales touchant à la confidentialité, à la sécurité des données et aux droits de propriété, incertitudes qui entravent l’enthousiasme de collaborer avec les marques et accentuent la réticence à partager les données.

La démocratisation de l’IA générative ouvre la voie à de nouvelles stratégies d’innovation automatisée profondément dynamiques. En effet, disposant d’outils capables de générer des idées et des concepts et de les concrétiser en un temps record, de plus en plus de marques cèdent leur processus créatif à des plates-formes comme MidJourney. Ces nouvelles stratégies qui s’appuient sur des algorithmes réduisent drastiquement le temps, les coûts et les risques associés à l’innovation. Alors, des interrogations et des questions cruciales s’imposent d’elles-mêmes : sommes-nous sur le point de signer la fin de l’ère de la cocréation ? Les communautés de marque risquent-elles à terme de se faire détrôner par les algorithmes ?

The Conversation

kaabachi souheila ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand les communautés de marque prennent le pouvoir à l’ère du Web3 et du métavers – https://theconversation.com/quand-les-communautes-de-marque-prennent-le-pouvoir-a-lere-du-web3-et-du-metavers-256604

Jane Austen was a satirist – why isn’t she treated like one?

Source: The Conversation – UK – By Adam J Smith, Associate Professor in 18th-century Literature, York St John University

From the pompous vanity of Sir Walter Elliot in Persuasion (1817), to the shallow reading habits of Isabella in Northanger Abbey (1817), few characters in the works of Jane Austen are spared the gentle satire of her famously ironic narrative voice. Similarly, some of her best remembered characters, like Elizabeth Bennet in Pride and Prejudice (1813), are more than willing to share a sarcastic retort or wry observation.

And yet, Austen, like many other women writers of the period such as Frances Burney, Eliza Haywood and Mary Robinson, are almost always missing from histories of satire. This is less to do with whether their works were satirical – because they blatantly were – and more to do with our problematic understanding of satire.

Satire, as writer Dustin Griffin states, is typically defined as a work designed to “attack vice or folly”, using “wit or riducule” and engaging “in exaggeration and some sort or fiction.”


This article is part of a series commemorating the 250th anniversary of Jane Austen’s birth. Despite having published only six books, she is one of the best-known authors in history. These articles explore the legacy and life of this incredible writer.


Austen, like so many women, used satire and humour to critique her situation in a patriarchal society and, in so doing, persistently challenged deeply ingrained assumptions about women’s status as the passive, subordinate property of men. As literary critic Rachel Brownstein memorably put it, women at the time experienced a constant doubleness that frequently became “the ironic self-awareness of a rational creature absurdly caught in a lady’s place”.

And yet, when asked to name 18th-century satirists, it is so often the case that we are confronted with the same list of authors: Jonathan Swift, author of Gulliver’s Travels (1726), Alexander Pope, author of The Dunciad (1728), and sometimes Henry Fielding, author of Tom Jones (1749). Typically the thread isn’t then picked up again until a century later, when we are offered Charles Dickens (in works such as The Pickwick Papers (1837), William Makepeace Thackeray’s Vanity Fair (1848) and Anthony Trollope’s The Way We Live Now (1875).

However, there are so many examples of brilliant satire written by women at the time.

Take for instance, The Art of Ingeniously Tormenting (1753) by Jane Collier. A satirical conduct book which, rather than advising young women on how to become delicate, feminine creatures, instead gave them tips on how to torment their husbands. Why kill your spouse, it cheerfully asks, when it will be far more satisfying to “waste them by degrees”, effectively killing them slowly across a lifetime of nagging.

There was also Eliza Haywood’s satirical periodical The Parrot (1746), which adopted the perspective of a green parrot in a cage, tired of being objectified and written off as a “pretty prattler”.

Sarah Scott’s Millenium Hall (1782) is about a group of women deciding to abandon patriarchal society altogether and establish a women-only commune. It is full of withering observations. While Mary Robinson’s Walsingham (1797) exposes the many contradictions of 18th-century Britain’s sexist society by telling the story of a girl raised as a boy by parents anxious to have a male heir.

Frances Burney and a page from Evelina
Frances Burney’s Evelina skewered Bath’s fashionable society.
Wikimedia

As a girl, Austen loved Frances Burney’s Evelina (1778), a novel about a young woman who, upon arriving in Bath for the first time, cannot stop laughing at the utter absurdity of fashionable society. (Evelina is also a novel in which a monkey wearing a suit appears out of nowhere, goes berserk, and is never mentioned again. You should read it immediately.)

Similarly, the anonymous novel The Woman of Colour (1808), sees a young heroine born in Jamaica, Olivia Fairfield, travelling to England to secure her inheritance only to discover the high society she’d been raised to admire is in fact barbarous and stupid. As both spectacle and spectator, Olivia becomes a powerful engine for satire.

Even Charlotte Brontë deployed satire. Brontë was an admirer of William Makepeace Thackeray and dedicated the second edition of Jane Eyre (1847) to his famously satirical novel Vanity Fair (1848). As 19th-century literature expert Jo Smith has recently observed, Brontë also used her persona, Currer Bell, to enact satire across her career, even articulating her own theory of satire.

The subtle barb instead of the violent attack

That these women’s names don’t come up in lists of great satirists of the period is partly due to the availability of their writing. Many of the texts I’ve mentioned have only been recovered and made publicly available again over the last 50 years. But it is also to do with how we talk about satire.

The purest definition of satire is that it performs a critique of something that the author finds to be ridiculous, stupid or dangerous, and uses some kind of distortion as part of this critique. This usually takes the form of exaggeration, but can also be inversion or allegory.

However, you’ll notice that when people talk about satire they often describe the lash of the satirist’s whip, or the slash of the surgeon’s scalpel. Satire is talked about as biting, skewering and violent.

Jane Austen and a page from the publication of Persuasion and Northanger Abbey.
Jane Austen found much to skewer in Regency society and does so deftly in her books Persuasion and Northanger Abbey.
Wikimedia

The satirist, from the Roman poet Juvenal through to John Dryden and Jonathan Swift, is often imagined as a heroic aggressor, whose righteous indignation drives him to lash out at a fallen world. This is an image born of Renaissance theories of satire, and one slightly modified (but heavily promoted) during the endless, rarely objective, debates about what satire should be that dominated the 18th century.

As a result, we end up with a definition of satire that is coded in masculine language. So many definitions, even today, talk about satire “attacking”, rather than “critiquing”. But in Austen, and the work of her female contemporaries, we see another kind of satire. The joy of so many of the quips and rejoinders issued by characters like Anne Elliot and Elizabeth Bennet is that often their targets don’t even realise they have been satirised, so subtle is the critique.

Virginia Woolf said it best when called upon to describe Austen’s juvenilia, in particular her early novel Love and Freindship sic:

What is this note, which never merges in the rest, which sounds distinctly and penetratingly all through the volume? It is the sound of laughter. The girl of 15 is laughing, in her corner, at the world.


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The Conversation

Adam J Smith does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Jane Austen was a satirist – why isn’t she treated like one? – https://theconversation.com/jane-austen-was-a-satirist-why-isnt-she-treated-like-one-262274

Why we still don’t understand what happens to women’s bodies during labour

Source: The Conversation – UK – By Anastasia Topalidou, Research Fellow (Perinatal Biomechanics and Health Technologies), University of Lancashire

Photo by Jonathan Borba, CC BY-SA

Maternal and newborn deaths are rising globally, not just in low- and middle-income countries, but in wealthy nations too. Researchers have described the situation as a “global failure” and a “major scandal”.

In the UK, more women are now dying during pregnancy and childbirth than at any time in the past 20 years, despite a fall in the birth rate. A national maternity investigation has just been launched, and public concern is growing.

Yet while politicians and healthcare leaders debate staffing levels and service delivery, one major contributor to poor outcomes is being almost entirely overlooked: biomechanical complications during labour.

Biomechanics refers to how the body moves and responds to physical forces. During pregnancy, it describes how the body adapts to the increasing demands of carrying a growing baby. During labour, it involves some of the most physically intense and complex actions the human body can perform, as it prepares for and facilitates the delivery of a baby.

After analysing 87 studies from around the world, we discovered that not a single one had ever investigated the biomechanics of labour. None examined how women’s bodies actually move, adapt or respond during birth. All the research focused solely on pregnancy. And despite rising maternal deaths in the UK, not a single antenatal biomechanics study had been conducted here either.

This isn’t just an academic oversight. Labour is biomechanically intense, involving force, posture, motion, muscle control and joint loading. Without evidence on how positions, manoeuvres or techniques affect the birthing body, maternity care relies largely on tradition, anecdotal evidence and outdated assumptions.

A dangerous lack of diversity

Some pregnancy-related biomechanical changes have been documented, but these vary widely from person to person. There is no “typical” pathway. Yet standard guidance assumes a one-size-fits-all model, often failing to account for these variations.

Worse still, almost no studies included data on ethnicity. Only one mentioned participants’ ethnic background, but it did not analyse the data by group or explore any differences. That is a serious gap, given that anatomical features like pelvic shape, joint mobility, spinal alignment and culturally shaped movement patterns can vary across populations. These differences could significantly affect how women move and give birth, yet they remain completely overlooked.

This is a serious problem, especially in the UK. Mothers and Babies: Reducing Risk through Audits and Confidential Enquiries across the UK (MBRRACE-UK) – the national programme that investigates maternal and infant deaths – along with other official reports, consistently show that Black and Asian women are nearly three times more likely to die during childbirth than white women. If all the biomechanical knowledge we have is based on white bodies, yet clinical guidance is applied universally, we may be missing important risks or needs. This lack of inclusive data could be contributing to the persistent racial disparities in maternal outcomes.

We also found that even widely used techniques such as squatting or the McRoberts’ manoeuvre – a common emergency intervention – have never been biomechanically validated during labour. This means that no one has scientifically tested how these movements affect the body’s joints, muscles, and bones during actual childbirth. So, we don’t know if they help, hinder, or have no measurable impact on the birthing process.

A handful of studies tested some of these positions on pregnant women in static, controlled conditions, but none included women in active labour. Those studies revealed no measurable advantage for any of the positions tested. Even the McRoberts’ manoeuvre did not significantly change pelvic or spinal alignment.

That means decades of advice, clinical practice, and emergency response protocols may be based on theory and biomechanical guesswork, rather than evidence. And while these techniques are used every day – often in urgent situations – they have never been scientifically tested on women in active labour. So no clinical studies have examined how these interventions actually affect the birthing body in real time. We don’t know if they work as intended, or if they could be refined to improve safety.

Tradition over science

The consequences of this blind spot are not theoretical or a matter of academic curiosity. They’re about safety, dignity and fairness. Maternal and neonatal outcomes are getting worse. Stillbirths and deaths shortly after birth have increased. Behind these statistics are real families and real tragedies. Many of which may have been preventable.

So why haven’t we filled this gap? Part of the reason is technical: traditional biomechanical systems are difficult to use in clinical settings. But that’s no excuse. New technologies are being developed all the time. If we have the capability to launch rockets and explore space, we should surely be able – and arguably obliged – to understand the basic biomechanics of human birth.

The real barrier is structural neglect. Women were routinely excluded from clinical research until the 1990s, and even now, research into women’s health remains massively underfunded and overlooked. As a result, childbirth, one of the most common yet life-altering events in medicine, is still shaped by untested ideas.

This isn’t just a research gap. It’s a failure of safety, equity and scientific responsibility. We are delivering babies in the dark, and those most at risk are often the ones who are left behind.

The Conversation

Dr Topalidou received a Pre-Application Support Fund Award from the National Institute for Health and Care Research Applied Research Collaboration North West Coast (NIHR ARC NWC) to support this work. The views expressed in this publication are those of the author(s) and not necessarily those of the NIHR, NHS, or the Department of Health and Social Care.

ref. Why we still don’t understand what happens to women’s bodies during labour – https://theconversation.com/why-we-still-dont-understand-what-happens-to-womens-bodies-during-labour-261803

Why people ignore debt letters – and what it says about inequality today

Source: The Conversation – UK – By Ryan Davey, Lecturer in Social Sciences, Cardiff University

Thomas Andre Fure/Shutterstock

You get a payment reminder through the letterbox, maybe for a credit card, an overdraft, a bill, or a parking fine. You ignore it and leave the envelope unopened, or put it to one side to deal with later. Many of us will recognise this scenario.

Ignoring debts and other payment commitments is often dismissed as being irresponsible. But a closer look reveals that many people see things differently, reflecting a deeper point about inequality in Britain today.

To understand people’s experiences of debt problems better, I lived in a low-income community in the south of England for 18 months, where debt problems were commonplace. I also interviewed debt advisers and their clients across the UK. It gave me a unique opportunity to understand their situation and how they respond to debt, something which I detail in my new book.

While debt relative to income is falling, the total amount of unsecured household debt now far outstrips its peak during the 2008 global financial crisis.

Amid big rises in the cost of living, more and more people have been borrowing money to cover essentials like food, energy, rent or council tax. In October 2024, 4 million low-income households held loans they took out for this purpose, and nearly nine out of ten of them were going without essentials anyway.

Meanwhile, lenders continue to charge the highest interest to those least able to afford it. In 2024, an estimated 5.5 million people were falling behind on their bills or credit repayments.

In the community where I lived, many people worked, but their wages were not enough to afford what they needed. So residents borrowed money to make ends meet, claimed welfare benefits or did cash-in-hand work. This reflects a broader reality with labour markets in Britain today, where 4.5 million wage-workers are paid below the real living wage.

As a result, most of the residents I worked with were in arrears with one or more payments. They received phone calls, letters and knocks at the door from debt collectors, threatening court orders, or they had to deal with bailiffs trying to seize their possessions. Some worried about being evicted.

This is a distressing situation that can easily lead to mental health problems. Debt problems are strongly linked to diagnosed mental health disorders and even suicide. All of the debt advice clients I interviewed had experienced anxiety, depression, suicidal thoughts or other mental health issues.

Making light

However, in the community where I temporarily lived, many residents had found ways to try to stay optimistic despite the threats of debt enforcement. Some made light of their debts by joking about how bad they were at repaying or how poor their credit ratings were.

Many people focused on their home and family life. One woman worried about it being “a skint few weeks”, saying: “We’ll get through it. We always do. You just focus on what’s around you.”

An unemployed man in his late forties told me how his pride in his 12-year-old daughter kept him from “going suicidal”.

Most of all, though, people avoided their creditors. Residents often strained to meet repayment demands, but just as often they ignored them. They hung up the telephone when debt collectors called, left envelopes unopened or stashed away, or pretended not to be at home if bailiffs visited. One man said when he received a demand to pay his water bills: “Well, they can fuck off,” and threw the letter in the bin.

Trying to deal with debt head-on, in the sense of paying what debt collectors were demanding by the exact time they demanded it, could create immense anxiety and even physical health problems. One man told me: “You know, for a while I was trying to keep on top of them and eventually … well, it was making me ill [because of worrying about it]. So I couldn’t keep on like that. I just left them and got on with things.”

These accounts reveal a deeper point about inequality in Britain. Financial lending tends to extract wealth from those with less and transfer it towards the better-off. Debt is a systemic feature of our economy, and debt problems have complex causes. However, the threat of enforcement convinces many people they are single-handedly responsible for being in debt. This places the blame for poverty on the shoulders of those experiencing it, subtly implying the wealthy are morally superior.

Stigma

More than mere personal prejudice, the stigma around debt is hard-wired into the legal system. If we assume that every legally valid debt must be paid as a moral duty, no matter what, then we ignore the economic realities that make borrowing a necessity for so many. This simplistic assumption only reinforces the hardship of those in debt.

Take the example of people ignoring their debts. Usually they are labelled as irresponsible or lacking financial skills. But ignoring debts is often a deliberate response to a situation that people find immoral or harmful to their health.

It is tempting to think that if debt is the problem, the remedy is to reform it. Subsidising credit so lower-income groups pay lower interest, restoring funding for debt advice, amplifying the voices of those who have been in debt and widening access to insolvency and debt cancellation could all improve things.

But reliance on borrowing is also a symptom of broader issues. These may be better addressed by efforts to redistribute resources and curb coercive sanctions, such as taxing wealth, guaranteeing higher incomes (both wages and benefits), controlling the cost of rent and other essentials, protecting against eviction and abolishing bailiffs.

In the meantime, many indebted people on low incomes will continue to ignore debt collectors’ demands. Through their actions, I believe they question the widely held assumption that there is always a moral duty to pay in our unequal world.

The Conversation

Ryan Davey has received funding from the Economic and Social Research Council, the William Wyse Fund and the Cambridge Political Economy Society Trust at the University of Cambridge, and a Vice-Chancellor’s Fellowship at the University of Bristol.

ref. Why people ignore debt letters – and what it says about inequality today – https://theconversation.com/why-people-ignore-debt-letters-and-what-it-says-about-inequality-today-256293

Can Syria rebuild its economy from the ashes of war?

Source: The Conversation – UK – By Faek Menla Ali, Associate Professor in Finance, University of Sussex

More than a decade of devastating conflict has left Syria’s economy in tatters, its infrastructure in ruins and its population deeply fragmented. The fledgling transitional government in Damascus, which came to power following a lightning rebel offensive in December 2024, often speaks of a “new Syria”. But the pressing question remains: how long will recovery take?

The numbers are stark. In 2011, the year war broke out, the World Bank estimated Syria’s GDP at around US$67.5 billion (£50.7 billion). Its most recent estimate, for 2023, puts GDP at US$20 billion – a drop of more than 70%. And these figures don’t tell the whole story. Inflation and currency collapse make it difficult to compare over time.

Some organisations offer rough inflation estimates for Syria, but these are obscured by currency depreciation. The Syrian pound has lost more than 99.5% of its value against the US dollar since 2011, falling from 50 pounds per dollar to around 10,375 pounds per dollar today. This severe depreciation distorts the real domestic price picture.

To get a better sense of on-the-ground price trends, I recently conducted an informal survey of non-tradable goods and services across Syria. It included things like rent, haircuts and private clinic fees. The results of this exploratory approach suggest that, in US dollar terms, prices for such items have risen by about 50% since 2010.

In other words, inflation in Syria has been real and significant – not just a side effect of exchange rate collapse. Patterns varied sharply across the country. While prices have increased in areas of relative stability and refuge, they stagnated or declined in cities devastated by war.

With this inflation adjustment, I estimate that Syria’s real GDP in 2024 – measured in constant 2010 US dollars – is closer to US$13.3 billion, an 80% drop from its pre-war level. This figure more accurately reflects the economy’s actual performance, including wellbeing, living standards and productivity.

To put this figure in context, Syria’s GDP would now be around US$121.3 billion – excluding the anomalous pandemic year – had the economy continued growing at its pre-war average of 5% per year. The gap between this counterfactual and current output reflects the immense toll of the war.

Rebuilding Syria’s economy will be a monumental challenge. At a high growth rate of 7% per year, it would still take over 30 years for Syria to catch up to its pre-war trajectory. Even with exceptionally strong growth of 10%, the process would stretch over two decades.

Jump-starting growth

The causes of Syria’s economic collapse are well known. The war resulted in the destruction of much of its physical capital, the displacement of labour, the erosion of institutions and the imposition of sweeping international sanctions.

Some US and EU sanctions have been eased. But this alone won’t be enough to reverse Syria’s economic decline. Meanwhile, the Trump administration in the US has announced 41% tariffs on Syrian imports, hindering future trade with the US.

The Syrian government is betting heavily on foreign direct investment (FDI) to jump-start growth. This approach comes with risks. In weakly regulated markets, FDI can raise both operating and consumer costs – particularly in monopolistic or oligopolistic sectors such as utilities, telecommunications and ports. This may contribute to rising inflation and worsening inequality.

Syria’s pre-war economic model, which was characterised by crony capitalism and limited competition, raises further concerns about whether FDI will genuinely broaden opportunity or simply entrench existing elites. Without transparent policy frameworks, there is a danger that liberalisation could crowd out local firms, undermine capacity building and fail to diversify the economy.

The privatisation of state-owned enterprises in Syria is already underway, though the future of the social safety net remains unclear. Greater openness may attract capital and expertise, but it will also expose Syria to global market volatility. This is an unfamiliar dynamic for a country that has long been insulated.

The critical question is whether the Syrian government’s strategy can generate an export-driven recovery. A stronger current account and healthier foreign currency reserves would boost the capacity of Syria’s economy to withstand future economic shocks.

Agriculture, once a major contributor to GDP, should be a policy priority. So too should revitalising Syria’s once-globally competitive manufacturing sectors, such as the textile industry in Aleppo.

The oil and gas sector, which historically underpinned fiscal revenues, will also play a key role if stability returns. Other possible growth areas include boosting the tourism sector and positioning Syria as a powerhouse for light manufacturing.

Yet FDI, and the broader surge in capital inflows, cannot deliver financial stability on their own. Many post-conflict countries experience balance-of-payments pressures and renewed economic crises if capital flows are not well managed.

Research on global capital flow dynamics over the past four decades has provided strong evidence of boom-bust cycles in these flows, especially in developing and emerging market economies.

Rebuilding effective institutions, the rule of law and accountability mechanisms in Syria will thus be critical. These are essential not only to attract investment, but also to prevent the corruption and rent-seeking that often characterise post-war transitions.

A credible path forward must also include the active mobilisation of Syria’s diaspora – a deep reservoir of capital, skills and entrepreneurial energy. Approximately 400,000 Syrians have returned from neighbouring countries since December 2024, most from Turkey. This has included a handful of prominent businessmen.

A final point is that any sustainable recovery depends on political inclusion, especially given Syria’s ethnic and religious diversity. Economies that embrace pluralism tend to be more resilient and prosperous. Long-term prosperity will depend not only on sound policies but also on the kind of state Syria chooses to rebuild.

The coming years will be decisive. Syria’s economic trajectory hinges on whether it can strike the right balance between opening to global markets and protecting vulnerable domestic economic sectors from the shocks of rapid liberalisation.

With prudent policymaking, transparent governance and inclusive political solutions, Syria can begin to lay the foundation for long-term economic recovery. Much depends on the choices made in this pivotal chapter.

The Conversation

Faek Menla Ali does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Can Syria rebuild its economy from the ashes of war? – https://theconversation.com/can-syria-rebuild-its-economy-from-the-ashes-of-war-262271

Comment les directions marketing B2B peuvent devenir actrices de l’innovation pilotée par les données

Source: The Conversation – France (in French) – By Ludivine Ravat, Assistant Professor of Marketing, International University of Monaco

La multiplication des données recueillies en ligne est aussi une chance pour le marketing « business-to-business » à destination des professionnels. L’innovation, la création de nouveaux services peuvent être stimulées grâce à de nouveaux outils. Encore faut-il posséder la bonne méthodologie.


Chaque fois que je monte dans ma voiture électrique, je reçois une notification sur mon téléphone portable m’indiquant que mon comportement de conduite est analysé afin d’optimiser différents réglages du véhicule, tels que l’efficacité énergétique, la position du siège ou encore le temps moyen passé dans la voiture. Je peux aussi connecter l’application de ma voiture à celle d’Alexa pour activer le chauffage et l’éclairage cinq minutes avant mon arrivée à la maison, parmi de nombreuses autres fonctionnalités – à condition d’accepter de relier mes appareils personnels à cette application.

Cet exemple illustre pleinement l’évolution des stratégies d’innovation dans l’industrie business-to-business (B2B), marquée par le passage d’une logique industrielle à une logique technologique centrée sur le client, visant à tirer parti des données pour développer une nouvelle forme d’innovation : l’innovation pilotée par les données].




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Il n’est donc pas surprenant de constater que l’innovation pilotée par les données constitue l’un des piliers de la croissance au XXIe siècle, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle est devenue essentielle pour constituer un avantage concurrentiel. Les prévisions de la Commission européenne sur l’avenir de l’économie orientée données ouvrent la voie à son déploiement : d’ici à la fin de 2025, la valeur du secteur pourrait atteindre 829 milliards d’euros.

Des services créés grâce à la donnée

L’innovation pilotée par les données utilise stratégiquement les données en tant que ressource clé. Pour ce faire, elle s’appuie sur des technologies (intelligence artificielle, machine learning, IoT…) et sur des techniques analytiques avancées, avec pour objectif de transformer ces données en « insights » exploitables. Le but est de faire émerger de nouvelles offres de produits et services et générer des sources supplémentaires de revenus pour l’entreprise.

De nombreuses entreprises innovent déjà selon ces principes. Peloton, par exemple, entreprise américaine de fitness connecté, exploite les interactions entre ses équipements et ses utilisateurs pour créer de nouveaux services digitaux personnalisés, en partenariat avec des acteurs B2B (coachs, nutritionnistes, marques de sport). Autre exemple : GE Aviation collecte en temps réel les données issues des interactions entre les pilotes et les moteurs et fournit des analyses visant à optimiser les trajectoires de vol, en livrant une offre monétisée, fondée sur la donnée. Enfin, dernier exemple, Caterpillar a généralisé l’usage de technologies connectées à l’ensemble de ses produits, proposant des solutions digitales globalement intégrées, via des plateformes comme CAT Connect, qui comprend des abonnements modulables selon les profils clients.

De nouvelles sources de données

Utiliser les données pour innover n’est évidemment pas nouveau. C’est ce que fait depuis des années le marketing qui s’appuyait traditionnellement sur des données sociodémographiques et des études de consommateurs pour identifier des besoins non encore pourvus par le marché. Ce qui a changé ces dernières années, c’est la nature des données mobilisées, en l’occurrence celles issues du big data. Elles se caractérisent par leur volume massif, leur vitesse de prolifération, et leur grande variété. Elles proviennent de la digitalisation croissante des usages.

S’équiper de systèmes digitaux est un préalable nécessaire qui n’est pas toujours rempli. Selon le baromètre américain des directeurs marketing, 40 % des départements marketing – dont les deux tiers en B2B – estiment ne pas disposer des outils adéquats pour capter et exploiter pleinement les insights nécessaires à l’innovation.

Le rôle majeur du département marketing

Nos recherches visent à répondre à ce manque, en démontrant comment les directions marketing peuvent contribuer à construire une véritable capacité d’innovation pilotée par les données dans les environnements B2B. Nous avons mené une série d’entretiens avec des cadres dirigeants impliqués dans le marketing, la data ou l’innovation, issus d’entreprises basées en France, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, actives dans des secteurs variés : automobile, cosmétique, tourisme, énergie, services numériques, semi-conducteurs.

Notre analyse révèle que le déploiement stratégique de la capacité d’innovation pilotée par les données confère au marketing un rôle majeur en B2B, à l’interface entre les données clients, les besoins du marché et la chaîne de valeur de l’innovation). Ainsi, comme le précise un directeur marketing dans le secteur de la mobilité :

« On fait appel au marketing – et c’est une très bonne chose –, nous sommes donc chargés de faire le lien entre le client, l’utilisateur et le développeur de la solution ultime, qu’il soit interne ou externe à l’entreprise. »

Xerfi Canal.

Une démarche en trois étapes

Le marketing structure cette capacité en trois phases activables progressivement, grâce à des ressources et compétences ciblées.

  • Idéation : il s’agit de capter des connaissances externes, en favorisant l’engagement client et la collaboration avec les partenaires. On les croise ensuite avec les données internes pour alimenter un écosystème d’informations ouvert, indispensable à l’innovation pilotée par les données.

  • Analyse : cette phase transforme les données collectées en « insights actionnables ». Pour cela, Les entreprises, quelle que soit leur taille, s’appuient sur des outils de data visualisation, de modélisation ou de cocréation externalisée.

  • Déploiement : dernière étape avant la mise sur le marché. On teste, on ajuste, on décide grâce aux données activées. L’entreprise conçoit en mode agile, portée par le marketing comme chef d’orchestre. Toutefois, cette phase reste sous-investie en B2B, signe d’une pratique en devenir.

Les priorités pour les directions marketing

L’innovation pilotée par les données peut devenir le moteur de l’innovation en marketing. Le modèle proposé aide les décideurs à passer à l’action, étape par étape.

Côté talents, il s’agit de recruter des profils hybrides, capables d’analyser la complexité des données pour les transformer en véritables leviers créatifs.

L’apprentissage continu des technologies émergentes (réalité augmentée, intelligence artificielle) couplé à celui des nouvelles pratiques de l’innovation est essentiel pour construire un portefeuille de savoir-faire durable.

Enfin, sans culture digitale, pas d’innovation pilotée par les données. Le marketing participe activement à cette transition « data-driven » en formant les équipes transverses.

The Conversation

Ludivine Ravat ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment les directions marketing B2B peuvent devenir actrices de l’innovation pilotée par les données – https://theconversation.com/comment-les-directions-marketing-b2b-peuvent-devenir-actrices-de-linnovation-pilotee-par-les-donnees-256590

Qui gardera les gardiens ? Quand les plateformes d’IA redéfinissent les règles de la « servitisation »

Source: The Conversation – France (in French) – By Wafa Khlif, Professeure de contrôle de gestion, TBS Education

L’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises ne se limite pas à l’intégration d’un outil supplémentaire aux process existants. Elle modifie profondément la manière dont l’entreprise et les écosystèmes fonctionnent. Pour ces raisons, elle pose de nouveaux dangers qu’il convient d’intégrer à la réflexion, plutôt que de foncer tête baissée uniquement sur des questions d’éthique.


L’intelligence artificielle (IA) est souvent présentée comme une révolution technologique dont l’impact dépasse largement le cadre des entreprises et du marché. Dans le domaine du management, la majorité des chercheurs s’accordent à souligner l’importance d’une utilisation éthique de l’IA : il s’agit d’éviter les biais algorithmiques, de protéger les données personnelles, ou encore de garantir une prise de décision transparente. Toutefois, cette approche occulte une question plus structurelle : la concentration du pouvoir au sein des plateformes d’IA et de leurs possesseurs, ainsi que leur influence croissante sur la dynamique des marchés et des sociétés.

L’essor des plateformes d’IA s’accompagne d’une centralisation progressive du pouvoir informationnel entre les mains de leurs propriétaires. Cette concentration ne se limite pas à une domination technologique, mais soulève des enjeux concurrentiels et oligopolistiques. Ces plateformes ne se contentent pas d’assurer l’accès aux données : elles structurent les flux d’informations, définissent les standards et redéfinissent progressivement les règles du marché. À travers des mécanismes algorithmiques de recommandation, de classification et d’évaluation, elles exercent une domination qui dépasse la simple gestion technique des bases de données et qui influence directement les décisions économiques dans les écosystèmes qui les adoptent.




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La confiance comme moteur de domination

L’IA est perçue comme un levier d’optimisation des processus décisionnels et d’amélioration de la performance organisationnelle. Son adoption repose sur la conviction que ses capacités de prédiction et d’analyse renforcent la rationalisation des décisions et l’efficience des systèmes économiques. Cette confiance dans l’IA justifie son intégration dans un nombre croissant d’écosystèmes, où elle redéfinit la relation entre fournisseurs et clients, y compris la « servitisation ».

Ce terme désigne la manière dont les entreprises déplacent leur orientation stratégique vers l’offre de services comme principaux moteurs de croissance, et ce, dans de nombreux secteurs.

Toutefois, cette dynamique d’adoption généralisée comporte plusieurs effets structurants. L’intégration des plateformes d’IA dans la servitisation introduit une standardisation accrue des processus et une homogénéisation des offres de services, réduisant ainsi la flexibilité et la capacité d’adaptation des entreprises. Les manufacturiers, historiquement au centre des écosystèmes de servitisation, se trouvent déplacés vers la périphérie face à la domination croissante des fournisseurs de ces plateformes.

En parallèle, cette dépendance aux infrastructures d’IA renforce la position de contrôle des plateformes. Ce phénomène ne se limite pas à une dépendance technique, mais englobe également des dimensions stratégiques et psychologiques.

L’exemple de la décision unilatérale d’OpenAI en 2023 est assez édifiant. Elle a retiré les anciennes interfaces de programmation d’applications (API), obligeant ainsi les premiers utilisateurs de la plateforme en tant que service (PAAS) à migrer vers des modèles plus récents. Une fois la dépendance établie, la marge de manœuvre pour adopter des alternatives se réduit, et les normes imposées par les plateformes deviennent des standards « naturels ».

Une nouvelle gouvernance invisible ?

L’essor des plateformes d’IA ne se traduit pas uniquement par une domination économique, mais s’accompagne également d’une transformation des modes de gouvernance. Rouvroy et Berns (2013) le conceptualisent avec la « gouvernementalité » algorithmique. Contrairement aux formes traditionnelles de pouvoir qui reposent sur des décisions explicites, le pouvoir algorithmique fonctionne de manière diffuse et normative, en orientant les comportements et en redéfinissant les cadres de référence à l’insu des acteurs.

Les plateformes ne contraignent pas directement les choix des acteurs économiques et sociaux, mais modèlent l’environnement décisionnel à travers l’organisation des informations, la hiérarchisation des priorités et l’imposition de métriques de performance spécifiques. Dans ce cadre, les décisions humaines se trouvent encadrées et influencées par des systèmes algorithmiques qui orientent implicitement les choix perçus comme pertinents ou efficaces. Un peu comme le fait l’application Waze pour orienter vers les chemins les plus courts.

Un problème de transparence et de contestabilité

Dans le domaine hospitalier, un algorithme conçu pour optimiser l’attribution des lits ne se limite pas à répartir efficacement les patients : il redéfinit les critères de priorité, influençant ainsi les décisions médicales sous couvert de rationalisation des ressources.

De la même manière, les écosystèmes de servitisation vont être dirigés par ces algorithmes de recommandation qui ne se contentent pas d’organiser l’information ; ils conditionnent la visibilité de certains contenus et l’occultation d’autres, structurant ainsi les priorités et les stratégies des acteurs.

Ce mode de gouvernance algorithmique pose un problème fondamental de transparence et de contestabilité. Contrairement aux décisions humaines, les décisions algorithmiques s’inscrivent dans des processus opaques et automatisés, rendant leur remise en question plus complexe. L’absence de responsabilité clairement identifiable et la difficulté d’accès aux logiques sous-jacentes des algorithmes limitent la possibilité d’une contre-offre ou d’une régulation efficaces.

Un risque de verrouillage

Comme le décrivent Canboy et Khlif (2025), l’intégration croissante des plateformes d’IA dans les écosystèmes de servitisation soulève des problématiques de dépendance et de verrouillage. Deux types de risques interdépendants émergent : la perturbation des modèles d’affaires traditionnels (effet de verrouillage algorithmique et dépendance aux fournisseurs) et la dépendance opérationnelle accrue (coûts de changement élevés et impossibilité d’adopter d’autres solutions).

Face à ces enjeux, une régulation à l’échelle internationale apparaît nécessaire pour limiter les effets oligopolistiques des plateformes dominantes. Plusieurs pistes d’intervention sont envisageables : démocratisation des données, application des lois antitrust, promotion des standards ouverts (open source) ou encore soutien aux plateformes alternatives. Dans cette perspective, la reconnaissance des données comme un bien partagé, et non comme un actif exclusivement privatisé, s’inscrit dans une logique de développement économique équitable et de démocratisation des savoirs.

France 24, 2025.

Enfin, si ces technologies permettent des gains d’efficience, elles impliquent également une consommation énergétique et matérielle considérable. L’idée selon laquelle l’IA contribuerait automatiquement à une trajectoire de développement durable nécessite une interrogation critique. L’adoption généralisée des plateformes d’IA, sans une réflexion sur leur impact social et environnemental, risque de renforcer des formes de dépendance structurelle et d’accroître les déséquilibres au sein des écosystèmes économiques.

Un effet Frankenstein

Dans le célèbre roman de Mary Shelley (1797-1851), le docteur Frankenstein crée une créature rationnelle qui se veut supérieure à l’humain, mais dont l’existence propre devient rapidement insoutenable. L’IA, comme la créature de Frankenstein, incarne cette quasi-perfection rationnelle qui finit par révéler les failles de son créateur. Conçue pour optimiser, prédire et rationaliser, elle finit par refléter les inégalités, les jeux de pouvoir et les choix de société qui la façonnent. Comme le monstre du roman, elle pose une question centrale à ses créateurs : « Pourquoi m’avez-vous donné vie si c’est pour me laisser semer la destruction ? »

Le problème n’est donc pas tant l’IA elle-même, mais les dynamiques de pouvoir et de contrôle qu’elle maintient et renforce. Plutôt que de nous focaliser uniquement sur ses biais ou ses portées éthiques, nous devrions interroger les intérêts qui la contrôlent, à quelles fins et avec quelles conséquences pour le vivant.

The Conversation

Wafa Khlif ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Qui gardera les gardiens ? Quand les plateformes d’IA redéfinissent les règles de la « servitisation » – https://theconversation.com/qui-gardera-les-gardiens-quand-les-plateformes-dia-redefinissent-les-regles-de-la-servitisation-254491

Quand les communautés de marque prennent le pouvoir à l’ère du Web 3.0 et du métavers

Source: The Conversation – France (in French) – By kaabachi souheila, Enseignant-Chercheur, EBS Paris

Le métavers et toutes les technologies qui y sont associées sont en train de changer à bas bruit les modes de consommation. La place du consommateur ne peut plus être la même avant qu’après. Comment les marques doivent-elles en tenir compte pour rester dans la compétition ?


L’essor du Web 3.0 et du métavers annonce une nouvelle ère d’innovation pour les entreprises, ouvrant ainsi la voie à la création de modèles d’affaires disruptifs où les consommateurs deviennent des acteurs clés, des cocréateurs actifs voire des copropriétaires des produits. Avec une architecture décentralisée du Web3.0, les utilisateurs auront la possibilité de créer, de posséder et d’échanger des objets virtuels en toute liberté avec une totale maîtrise sur leurs données.

Simultanément, nous assistons depuis quelques années à une multiplication d’environnements immersifs en 3D associant la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle, appelés métavers. Dans ces nouveaux univers, les frontières entre les mondes physique et virtuel s’estompent pour proposer aux utilisateurs des expériences immersives avec les possibilités de naviguer d’une manière fluide entre les différents univers virtuels interconnectés.

Un changement majeur

Ces innovations devraient conduire à un changement majeur dans la conception des stratégies d’innovation des entreprises qui deviennent plus ouvertes et collaboratives. Dans ce contexte, les membres de la communauté deviennent des cocréateurs de valeur qui participent activement à toutes les étapes du processus d’innovation : du partage de l’information, à l’idéation en passant par le vote, le test des prototypes jusqu’à la conception.




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Le métavers s’impose comme un levier stratégique pour des entreprises en quête de solutions innovantes, efficaces, et rapides. Par sa dimension immersive, Il permet à des individus d’horizons variés de se concerter virtuellement en vue de mutualiser leurs expertises et leurs connaissances pour dénouer de façon créative des problèmes complexes. Cet univers collaboratif devient un terrain dynamique où les idées se croisent et s’enrichissent pour stimuler l’intelligence collective et favoriser l’émergence de solutions innovantes.

L’exemple frappant de l’association Pencils of Promise proposant à ses collaborateurs et à ses membres bienfaiteurs une expérience immersive au sein d’une salle de classe au Ghana, à l’issue de laquelle les participants sont parvenus à mieux identifier les besoins réels et les défis de l’éducation dans cette région. Cette approche a ainsi facilité la conception de solutions pertinentes et ciblées, parfaitement adaptées aux réalités du terrain.

L’irruption de l’ethnographie immersive

Le succès d’une stratégie d’innovation réside dans la connaissance fine des attentes des consommateurs et de leurs comportements. Aujourd’hui, pour affiner les études de marché traditionnelles – telles que les groupes de discussion et les tests A/B, transposables dans des environnements virtuels –, l’ethnographie immersive s’impose plus en plus. Grâce à l’observation fine des expériences des utilisateurs, elle permet aux entreprises d’accéder et d’analyser, en temps réels, une multitude de données comportementales et émotionnelles. L’exploitation de ces informations permet de mieux saisir les motivations profondes des utilisateurs, d’identifier leurs besoins latents ainsi que leurs insatisfactions, rendant les stratégies d’innovations des entreprises proactives et agiles.


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La réussite d’un nouveau produit ne relève pas seulement de son originalité, Il dépend surtout de sa fiabilité et de sa capacité à répondre aux attentes des consommateurs. Dans ce contexte, la phase de test préalable au lancement ainsi que la participation active des consommateurs dans ce processus de validation deviennent des étapes clés. Traditionnellement, les tests de produit s’appuient sur des descriptions verbales, des dessins, des images ou même des listes de caractéristiques. Bien qu’utiles pour fournir les premières impressions des utilisateurs sur le produit, ces techniques restent informatives et peu pertinentes en raison de l’absence d’interactions réel avec le produit, les feedbacks des utilisateurs demeurent superficiels.

Jumeaux numériques

L’avènement des jumeaux numériques, des répliques virtuelles d’objets physiques modifient la donne avec une approche plus authentique et expérientielle à cette phase de test. En effet, grâce à des simulations immersives et interactives, les entreprises sont en mesure de tester virtuellement leurs prototypes par un grand nombre d’utilisateurs. L’observation en temps réel des réactions des utilisateurs lors de l’usage du produit, accompagnées de feedback riches et pertinents, oriente les entreprises bien en amont sur les dysfonctionnements, les pistes d’améliorations et les nouvelles opportunités de développement. Ces décisions proactives limitent considérablement le taux d’échec des nouveaux produits.

Copropriété numérique

Les innovations ne s’arrêtent pas là. Faire participer activement les membres de la communauté au développement des produits n’est pas une nouveauté en soi. En revanche, leur offrir une copropriété numérique, un pouvoir de décision et une maîtrise complète de leurs données est totalement disruptif.

Kiki World, une start-up du secteur de la beauté a réussi ce pari en bousculant les codes de l’industrie. Le business model de la marque repose sur deux innovations majeures : d’une part, faire participer la communauté à toutes les phases de conception du produit en l’invitant à voter pour les produits qu’elle souhaiterait voir naître puis contribuer à leur cocréation lors d’ateliers virtuels, des discussions communautaires et des séances de brainstorming en ligne.

Le business model participatif de Kiki World est en parfaite adéquation avec les attentes du marché puisqu’il a réussi à mobiliser une communauté comptant plus de 12 000 membres autour de la création de produits cosmétiques. Chaque nouveau lancement suscite l’enthousiasme de la communauté, confirmant l’attractivité d’une approche collaborative pour les consommateurs. Cet engouement communautaire s’est traduit par une levée de fond de 7 millions de dollars soutenu par des investisseurs de renom, dont a16z Crypto et New Incubation Ventures d’Estée Lauder.

D’autre part, l’innovation de la marque réside dans son système de récompense basé sur la blockchain. Les membres se voient attribuer pour chacune de leurs contributions des points échangeables contre des produits gratuits ainsi qu’un jeton numérique non transférable. Le jeton étroitement lié au profil permet au bénéficiaire d’acquérir la propriété numérique des produits qu’il crée. La marque possède l’une des plus grandes communautés, avec plus de 1500 détenteurs de jetons. Les membres les plus actifs créent des expériences décentralisées grâce à des objets de collection NFT spécifiques aux produits contribuant ainsi à la création de la valeur.

Xerfi Canal 2022.

Un obstacle éthique ?

Hyperconnectée et créative, la génération Z semble être la cible idéale pour s’engager dans des stratégies de cocréation avec des entreprises innovantes. Néanmoins, bien que technophile, cette génération affiche un réel scepticisme à l’égard de l’utilité et l’usage des technologies du web 3.0 et du métavers, souvent perçues comme abstraites et complexes. La méconnaissance conjuguée à un cadre juridique encore ambigu, soulèvent des questions éthiques cruciales touchant à la confidentialité, à la sécurité des données et aux droits de propriété, incertitudes qui entravent l’enthousiasme de collaborer avec les marques et accentuent la réticence à partager les données.

La démocratisation de l’IA générative ouvre la voie à de nouvelles stratégies d’innovation automatisée profondément dynamiques. En effet, disposant d’outils capables de générer des idées et des concepts et de les concrétiser en un temps record, de plus en plus de marques cèdent leur processus créatif à des plates-formes comme MidJourney. Ces nouvelles stratégies qui s’appuient sur des algorithmes réduisent drastiquement le temps, les coûts et les risques associés à l’innovation. Alors, des interrogations et des questions cruciales s’imposent d’elles-mêmes : sommes-nous sur le point de signer la fin de l’ère de la cocréation ? Les communautés de marque risquent-elles à terme de se faire détrôner par les algorithmes ?

The Conversation

kaabachi souheila ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand les communautés de marque prennent le pouvoir à l’ère du Web 3.0 et du métavers – https://theconversation.com/quand-les-communautes-de-marque-prennent-le-pouvoir-a-lere-du-web-3-0-et-du-metavers-256604

Un manager qui veille plutôt qu’un chef qui surveille, ce qu’attendent les jeunes diplômés

Source: The Conversation – France (in French) – By Manuelle Malot, Directrice Carrières et NewGen Talent Centre, EDHEC Business School

Les jeunes diplômés redoutent le micro-management, véritable frein à leur engagement, et appellent à des pratiques managériales qui favorisent un environnement de travail bienveillant, responsabilisant où la confiance est un pré-requis. Fizkes/Shutterstock

Pourquoi certains jeunes diplômés s’épanouissent dès leur premier jour de travail, tandis que d’autres vivent difficilement leur insertion en entreprise ? La réponse tient souvent à une figure pivot : le manager.


Nous avons passé au crible près de 2 000 réponses d’anciens d’écoles de management et d’ingénieurs en début de carrière avec moins de six ans d’expérience professionnelle. Entre statistiques massives et verbatims sans filtre, un portrait-robot clair et moderne d’un « bon chef » se dessine.

Un bon chef veille ? Surveille ? Éveille ?

Rôle modèle

Premier enseignement : la nouvelle génération place la transparence et l’honnêteté tout en haut des attentes vis-à-vis de leurs supérieurs. Cela implique une clarté dans les objectifs :

« Un manager doit avoir les idées claires, savoir expliquer les attendus à l’équipe, créer une dynamique de travail et assurer une bonne circulation des informations »,

résume un des diplômés interrogés.

Facilitateur pour son équipe, le manager apporte la vision à grande échelle. Il doit être capable d’engager ses troupes dans le projet commun. Il assoit sa légitimité sur son exemplarité et ses compétences, autant techniques qu’humaines. Aujourd’hui, un manager dont l’autorité ne serait que statutaire a peu de chance de réussir.

Les attentes vis-à-vis des managers par les jeunes diplômés.
Fourni par l’auteur

En plus de toutes ces qualités, 40 % pensent qu’il est très important qu’un chef soit inspirant. Ce besoin de role model est plus prégnant auprès des jeunes diplômés d’écoles de management : 50 % d’entre eux considèrent très important d’avoir un manager inspirant alors que ce n’est le cas que pour 34 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs. Un des répondants décrit le profil du manager parfait :

« Il doit être passé par mon poste, posséder une solide expertise technique et faire preuve d’une bonne communication sur les projets et le travail à accomplir, tout en veillant au bien-être de son équipe. »

Peur du micro-management

La relation de confiance est l’autre élément clé que les jeunes souhaitent fortement retrouver auprès de leurs managers : ils redoutent le micro-management, véritable frein à leur engagement et appellent à des pratiques managériales qui favorisent un environnement de travail bienveillant, responsabilisant où la confiance est un préalable. C’est un double défi pour les managers qui doivent à la fois déléguer avec sérénité et se montrer rassurants :

« Pour moi, le manager idéal accorde sa confiance, ne me micro-manage pas, me laisse être autonome tout en me donnant un cadre. »

La figure du manager qui veille plutôt que celui qui surveille fait consensus parmi ces jeunes diplômés. Ils sont relativement satisfaits de leur situation actuelle : près de 8 d’entre eux sur 10 déclarent bénéficier de cette transparence, et 9 sur 10 de la confiance, si importante à leurs yeux.

La moitié d’entre eux estiment aussi « très importante » la reconnaissance des managers vis-à-vis de leurs performances et des efforts qu’ils déploient dans leurs missions. Cette reconnaissance est plus souvent recherchée par les jeunes issus d’écoles de management (54 %) que ceux d’écoles d’ingénieurs (45 %).

C’est une génération qui a un fort désir d’évaluer leurs impacts non seulement au sein de l’entreprise, mais aussi plus largement dans la société. Le manager devient leur boussole du travail bien fait et de son utilité. Il doit être « franc autant sur les succès que les points à améliorer, reconnaissant du travail accompli », mentionne un des interviewés, « il doit donner une direction et un sens au travail de ses collaborateurs ».

« À notre écoute »

En parallèle, l’écoute est la qualité le plus souvent mentionnée dans les descriptions d’un manager idéal : 4 verbatims sur 10 mentionnent cette attitude. Elle est souvent associée à la capacité d’un supérieur hiérarchique à bien gérer la charge de travail en vue de « protéger ses collaborateurs du stress » et « prendre position vis-à-vis de demandes externes qui seraient trop exigeantes ». Ce rôle de protecteur et son aptitude à défendre les intérêts de l’équipe sont d’ailleurs jugés très importants par la moitié des répondants (49,4 %).




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L’étude montre aussi que ces jeunes actifs rêvent d’un manager attentif à leurs aspirations de carrière et envies de progresser. Leur premier objectif professionnel est de continuer à acquérir des compétences et se développer personnellement. Conscients des évolutions très rapides des compétences recherchées sur le marché de l’emploi, ils espèrent pouvoir compter sur leur N+1 pour jouer le rôle de coach/mentor en étant « à leur écoute, en accompagnant leur montée en compétences et en les conseillant sur les possibilités d’évolution au sein de l’entreprise en matière de responsabilités et de salaire ».

Que ce soit pour évaluer leur performance ou pour progresser professionnellement, les jeunes d’aujourd’hui tablent beaucoup sur les feed-backs de leurs managers.

Ils sont un tiers à estimer que c’est un rôle très important de leur supérieur (86 % si on additionne les modalités « important » et « très important »). Un jeune nous explique que « le manager doit prendre le temps de revoir les travaux et donner des conseils pour s’améliorer ».

Pourtant, le feed-back ne semble toujours pas faire complètement partie des pratiques managériales : 43 % des interrogés n’en bénéficient pas de manière régulière, 36 % des jeunes actifs issus d’écoles de management vs 47 % de ceux issus d’écoles d’ingénieurs. Près de la moitié (47 %) ne reçoivent pas non plus d’aide de leur responsable d’équipe pour développer leur employabilité que ce soit par le partage de compétences ou de réseau.

« À la fois guide, mentor et protecteur »

Les jeunes actifs diplômés brossent aujourd’hui un portrait sans ambiguïté de ce qu’ils attendent de leur manager : un leader accessible, à l’écoute, qui inspire confiance, donne du sens au travail et donne « envie d’avoir envie » et de s’engager… Trop souvent, nous disent les jeunes collaborateurs, le manager se plaint d’être pris en étau entre ses objectifs fixés par sa hiérarchie et les états d’âme de ses équipes.

Finie donc l’époque du chef autoritaire et distant : place à un encadrant capable de conjuguer clarté des objectifs, reconnaissance des efforts et accompagnement dans le développement professionnel. Pour cette génération en quête de sens et d’impact, le manager idéal est à la fois guide, mentor et protecteur, capable de créer un cadre de travail stimulant et bienveillant.

Si de nombreux jeunes déclarent déjà bénéficier de relations managériales satisfaisantes, les marges de progression restent réelles, notamment en matière de feed-backs réguliers et de soutien à l’employabilité. Plus que jamais, la qualité du management s’impose comme un levier décisif d’engagement et de fidélisation pour les jeunes talents en entreprise.

Portrait type d’un manager idéal

« Une personne qui fait confiance et laisse toute autonomie dans les tâches du quotidien. Qui est consciente des points forts et points faibles et aide à s’améliorer et à progresser. Qui valorise le feed-back et en donne régulièrement. Qui manage par l’exemple, en instaurant elle-même une culture bienveillante, ambitieuse, intelligente. Qui joue un rôle de mentor, défend et représente son équipe. Qui est à l’écoute et présente quand on a besoin d’elle. »

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Un manager qui veille plutôt qu’un chef qui surveille, ce qu’attendent les jeunes diplômés – https://theconversation.com/un-manager-qui-veille-plutot-quun-chef-qui-surveille-ce-quattendent-les-jeunes-diplomes-261286

Suplemento cultural: el español que imaginó el mundo del gran Gatsby

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation


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Hace unos meses, editando un artículo que mencionaba a Xavier Cugat, el músico de origen español que triunfó en Estados Unidos, leí parte de su biografía, en la que se hacía referencia a su hermano, Francis, que había sido artista y diseñador gráfico. Con admiración comprobé que su obra más destacada había sido la creación de la portada de la primera edición de El gran Gatsby.

En España es menos conocida pero, en Estados Unidos, esa imagen de unos ojos anhelantes sobre fondo azul, con la silueta de Coney Island en la parte inferior, es una referencia que se ha utilizado en multitud de objetos y merchandising. Se dice que la sobrecubierta de El gran Gatsby es la pieza de papel más cara del coleccionismo de libros del siglo XX.

Y su diseño, además de concentrar las tendencias del momento, impactó directamente en el trabajo de muchos artistas. El primero de ellos, el propio autor de Gatsby, Francis Scott Fitzgerald, quien, tras verla, incorporó la ilustración a la narración. Así se ve en la frase “A diferencia de Gatsby y Tom Buchanan, yo no tenía una chica cuyos rasgos incorpóreos flotaran en las cornisas oscuras y los cegadores anuncios luminosos, así que atraje hacia mí a la chica que tenía al lado, estrechándola entre mis brazos”. Se cree que fue la primera vez en la que el arte encargado para ilustrar un libro “entró” en el contenido del mismo.

Con motivo del centenario de la novela (y de esa primera edición) en este 2025, Juan Carlos Gauli Pérez desentraña la creación de esa portada y Eulalia Piñero Gil repasa los secretos de este clásico de la literatura.

El poder de un logo

Dentro de las disciplinas que me fascinan destaca el marketing y, sobre todo, la investigación real que cada una de sus decisiones tiene detrás.

Como usuaria, yo misma habría podido decirle a Elon Musk que, cuando decidió cambiarle el nombre a Twitter a X, no había tenido en cuenta la cabezonería de los usuarios. Después de todo, pensaba en la experiencia de Frigo, que sustituyó la marca “Comtessa” por “Viennetta” y, veinte años después, tuvo que dar marcha atrás porque aquello no agarraba entre sus clientes, que seguían demandando la tarta utilizando el nombre original.

Pero claro, mis teorías, basadas en la experiencia de la gente de mi alrededor, eran poco científicas. Ahora la neurociencia explica cuál es el proceso detrás de nuestra resistencia a cambiar no solo el nombre de una marca sino su imagen gráfica, y por qué las empresas igualmente intentan hacerlo.

Musk y los romanos

Hablando de Elon… hace unas semanas, la experta en la Antigüedad romana Mary Beard, Premio Príncipe de Asturias de Ciencias Sociales en 2016, regresó a Oviedo para una serie de encuentros con el público. Y en una conversación con Guillermo Fesser, cuando este le preguntó si era posible que los hombres, como se dijo viralmente, estuviesen obsesionados con el Imperio romano, ella respondió: “No sé si eso es cierto, pero si lo están no es por buenas razones”.

Eso mismo parecen indicar investigaciones como las de Oskar Aguado-Cantabrana: la extrema derecha de este siglo XXI se ha apropiado de la iconografía romana para aplicarla a la actualidad. Y así, reescribiendo el pasado, intenta determinar el futuro.

Shhhhh

Hace unas semanas se publicó un libro precioso y tierno llamado Leonard y Hungry Paul, de Rónán Hession. Es una lectura muy placentera, en este mundo loco en el que vivimos, en la que se cuenta la historia de dos amigos, buena gente, rodeados también de buenas gentes, que pasan por una época de cambios en su vida y que se enfrentan a ellos de forma sencilla y honesta.

Cuando leí que Hungry Paul fundaba un club del silencio, para aislarse del ruido actual, no pude evitar pensar en este artículo de Antonio Fernández Vicente en el que el autor, y un nutrido grupo de expertos, animan a prestar atención al otro y detener el jaleo que nos aturde la vida, y la cabeza.

También animamos a leer Muros, el ensayo de David Frye que explica cómo la construcción de barreras ayudó a crear la civilización tal y como la conocemos hoy en día.

The Conversation

ref. Suplemento cultural: el español que imaginó el mundo del gran Gatsby – https://theconversation.com/suplemento-cultural-el-espanol-que-imagino-el-mundo-del-gran-gatsby-262531