Résurgence du paludisme aux Comores : où en est-on de son élimination ?

Source: The Conversation – in French – By Attoumane ARTADJI, Géographe de la santé et Ingénieur de Recherche en Sciences de l’Information Géographique au LPED, AMU, IRD, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Depuis vingt ans, une lutte intensive est engagée contre le paludisme aux Comores, en Afrique australe. À terme, l’élimination de cette maladie dans ce pays n’est pas un rêve impossible, mais cet objectif demeure encore lointain. On fait le point sur la stratégie dite de « traitement de masse » mise en œuvre sur l’archipel, ses succès et ses limites.


Le 25 avril 2025, l’Union des Comores a célébré, comme le reste du monde, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Ce pays de moins de 900 000 habitants s’est engagé depuis 20 ans dans une course à l’élimination du paludisme, dont il convient de retracer l’évolution.

Sur les trois îles (Grande Comore, Mohéli et Anjouan) de l’archipel des Comores, situé au sud-est du canal du Mozambique, entre le Mozambique et Madagascar, des efforts de contrôle considérables ont permis une spectaculaire « diminution de 97 % des cas de paludisme entre 2010 et 2016 » (passant de plus de 103 600 en 2010 à moins de 1 500 en 2016).

Une stratégie dite de « traitement de masse »

Ces efforts ont porté sur des distributions massives de moustiquaires imprégnées d’insecticides puis sur des campagnes de traitement de masse (TDM) par des médicaments proposés par la Chine : l’Artequick (qui est une combinaison d’artemisinine et de piperaquine) associé à la primaquine. Le paludisme a ainsi été quasiment éliminé à Mohéli et à Anjouan, mais est resté présent à la Grande Comore à des proportions faibles par rapport à 2010, laissant espérer son élimination définitive.

Malheureusement, le miracle de ce traitement de masse n’a pas suffi et le nombre de cas de paludisme n’a cessé d’augmenter depuis 2017, pour atteindre 21 079 en 2023, soit une augmentation de 87 %. Son élimination est-elle encore possible ?

Le succès de l’expérimentation à ciel ouvert de Mohéli

En novembre 2007, le programme « Fast Elimination of Malaria by Source Eradication » (FEMSE) a été lancé à Mohéli. Il s’agissait d’une campagne expérimentale visant à éliminer les parasites du paludisme (Plasmodium falciparum, Plasmodium malariae, Plasmodium vivax et Plasmodium ovale) dans le sang des habitants de cette île dont la population a été estimée à moins de 40 000 personnes (d’après des chiffres de 2007). Mohéli est ainsi devenue un laboratoire à ciel ouvert pour l’expérimentation du traitement de masse du paludisme.

Ce programme était dirigé par des experts de l’université de médecine traditionnelle chinoise de Guangzhou (Canton), accompagnés par des équipes du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP-Comores).

Concrètement, une bulle sanitaire a été mise en place dans toute l’île pour distribuer à tous les résidents, malades ou non, un traitement d’Artequick (composé d’artémisinine et de piperaquine) ainsi que de la primaquine. Ce traitement a également été imposé à tous les visiteurs de l’île pendant trois ans. La finalité de ce programme était d’éliminer le réservoir de parasites pour interrompre la chaîne de transmission entre l’humain et les moustiques vecteurs (Anopheles gambiae et Anopheles funestus) en moins de deux ans.

En moins de six mois, à Mohéli, une réduction de 98 % de la charge parasitaire a été constatée chez les enfants. Un recul spectaculaire de la charge parasitaire chez les anophèles, les moustiques responsables de la transmission du paludisme, a également été observé.

Le traitement de masse élargi à toutes les Comores

Les résultats concluants de l’expérimentation de Mohéli ont convaincu les autorités comoriennes et leurs partenaires d’élargir le traitement de masse aux deux autres îles, Anjouan en 2012 et la Grande Comore en 2013. Plus de 80 % de la population des deux îles a pris ce traitement. Parallèlement, la campagne de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILD) a connu le même succès.

Mais cette joie a été de courte durée. En effet, une recrudescence de l’incidence du paludisme a été observée dès 2017, avec plus de 500 cas pour 100 000 habitants. En 2023, ce sont plus de 2 400 cas pour 100 000 habitants qui ont été recensés, soit 12 fois plus qu’en 2016.

Cette résurgence du paludisme a suscité l’inquiétude des autorités comoriennes et de leurs partenaires.

Un effet de résistance aux médicaments ?

En réponse à cette crise, dès 2018, plusieurs campagnes de traitement de masse ont été réalisées à la Grande Comore dans des zones géographiques ciblées. La dernière en date a été réalisée en décembre 2024 dans la région de Hamahamet-Mboinkou, à Moroni, et dans bien d’autres régions de l’île.

Combien faudra-t-il encore de traitement de masse pour mettre fin à la transmission du paludisme aux Comores ? La multiplication de ces traitements de masse à la Grande Comore sans réelle efficacité, contrairement à ce qui fut observé lors des campagnes de 2007 à Mohéli ou à Anjouan en 2012, suscite de nombreuses inquiétudes. Peut-on avancer l’hypothèse de résistances à l’Artequick ?

La littérature scientifique confirme que certaines mutations observées dans les gènes du P. falciparum entraînent, dans certains pays d’Afrique, une résistance aux deux molécules contenues dans l’Artequick, c’est-à-dire l’artémisinine et la pipéraquine.

Or, les études évaluant la résistance aux médicaments antipaludiques aux Comores sont peu nombreuses. La dernière étude, réalisée entre 2013 et 2014 par les mêmes équipes ayant conduit le traitement de masse, a montré qu’aucune forme de résistance n’avait été observée à la Grande Comore. Depuis, ce constat serait-il encore le même ? Comment expliquer alors cet échec ?

La population pointée du doigt par les autorités sanitaires ?

D’après les déclarations des autorités sanitaires publiées dans les journaux, la Grande Comore « empêcherait » l’élimination du paludisme en Union des Comores. Les habitants de cette l’île seraient « méfiants » à l’égard de la prise de médicaments et « moins adhérents » aux efforts de lutte, ce qui a entraîné un faible taux de couverture des traitements de masse par rapport au reste des îles.

Aussi, la population « refuserait » d’utiliser les moustiquaires. Selon elles, la population devrait plutôt « coopérer » davantage, car l’élimination du paludisme nécessite un « engagement national ». Mais la population serait-elle l’unique coupable ?

Quelle place, à côté du nouveau vaccin antipaludique ?

Peut-on envisager une alternative au traitement de masse aux Comores ? Dès le début de l’année 2024, plusieurs pays d’Afrique ont introduit, dans leur programme de lutte contre le paludisme, le vaccin antipaludique RTS,S de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est le cas notamment du Cameroun, du Burkina Faso, du Bénin et de la Côte d’Ivoire, pour n’en citer que quelques-uns.

Interrogées sur la possibilité d’intégrer ce vaccin aux Comores, les autorités ont déclaré ce qui suit :

« Cela ne veut pas dire qu’on est contre la vaccination, mais nous préférons poursuivre la stratégie nationale déjà conçue avec la mission chinoise à travers la sensibilisation, le traitement de masse et la distribution de moustiquaires imprégnées ». La stratégie du traitement de masse va donc se poursuivre.

Lutte contre le paludisme : un financement compromis sous l’ère Trump ?

Outre le soutien de la Chine, l’Union des Comores bénéficie de financements de partenaires internationaux pour la lutte contre le paludisme. Il s’agit principalement du Fonds mondial et de l’OMS, des institutions largement soutenues financièrement par les États-Unis. Or, la rétractation de l’administration Trump risque de mettre en péril la lutte contre le paludisme aux Comores.




À lire aussi :
Comment le gel de l’USAID menace la surveillance sanitaire mondiale


En effet, le diagnostic et le traitement gratuits des patients dans les structures de soins, la distribution de moustiquaires dans les villages et la collecte de données épidémiologiques dans les districts sanitaires en sont dépendants. Avec un financement réduit, un retour à un nombre important de cas menace les Comores.

Cette résurgence du paludisme démontre les limites de la stratégie du traitement de masse imposée à une population qui la déboute depuis un certain temps.

Alors, sans stratégie alternative de lutte et sans autres sources de financement, le rêve d’un « avenir sans paludisme en Union des Comores à l’horizon 2027 » semble compromis et prolongé pour une période encore indéterminée.

The Conversation

Attoumane Artadji a bénéficié d’une Allocation de Recherche pour une Thèse au Sud (ARTS, 2015 à 2017) de l’IRD et a été financé en 2016 par le Fonds de coopération régionale via la préfecture de La Réunion pour mener des enquêtes de terrain dans le cadre du projet « GeoH2O-Comores, enquête sur l’eau et la santé dans l’Union des Comores ».

Vincent Herbreteau a coordonné le projet « GeoH2O-Comores, enquête eau et santé dans l’Union des Comores » financé en 2016 par le Fonds de Coopération Régionale via la Préfecture de La Réunion.

ref. Résurgence du paludisme aux Comores : où en est-on de son élimination ? – https://theconversation.com/resurgence-du-paludisme-aux-comores-ou-en-est-on-de-son-elimination-259965

Muere Miguel Uribe Turbay y la democracia colombiana pierde una voz para la disensión y el debate

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Andrés Morales-Barreto, Coordinador académico y profesor del Departamento de Teoría Jurídica y de la Constitución de la Facultad de Estudios jurídicos, políticos e internacionales, Universidad de La Sabana

Miguel Uribe Turbay, rodeado de seguidores durante una marcha pacífica de protesta en Bogotá contra el gobierno de Gustavo Petro el 27 de septiembre de 2022. Anamaria Mejia/Shutterstock

La muerte de Miguel Uribe Turbay, ocurrida el 11 de agosto de 2025, se suma a la lista de episodios que han marcado la historia política colombiana con la tragedia de un líder silenciado antes de tiempo. Apenas dos meses antes, el 7 de junio, el senador y precandidato presidencial había sobrevivido a un atentado en Bogotá. Este suceso evocó, inevitablemente, el asesinato de su madre, la periodista Diana Turbay, en 1991, durante un fallido operativo de rescate tras su secuestro, ordenado por el narcotraficante Pablo Escobar.

En diversas entrevistas, Uribe relató que perdonar a los responsables de la muerte de su madre fue su manera de romper el ciclo de venganza que tanto daño ha causado al país. Al igual que otros líderes de su generación que, desde orillas ideológicas distintas, enfrentaron tragedias familiares similares, Uribe optó por participar en la vida pública colombiana. Para ellos, la política no fue un vehículo de revancha, sino una apuesta por preservar el debate y la pluralidad que sostienen al Estado.

La continuidad de una historia inconclusa

La política colombiana ha visto cómo líderes que hacían vislumbrar un cambio fueron abatidos en momentos decisivos. Jorge Eliécer Gaitán en 1948; Luis Carlos Galán en 1989; Carlos Pizarro en 1990; y los dirigentes del partido Unión Patriótica, víctimas de un exterminio político que la Corte Interamericana calificó como sistemático.

Uribe Turbay es un símbolo que trasciende su trayectoria individual; hoy nos recuerda que ni en Colombia ni en ningún otro Estado puede utilizarse la eliminación del adversario como método político. Su vida reflejó la idea de que la oposición implica disentir, debatir y confrontar con argumentos. En ese sentido, su presencia –y ahora su ausencia– interpelan a un país que solo puede sostener su democracia si el disenso se preserva como derecho y no se convierte en una sentencia de silencio.

Estado, soberanía y democracia bajo presión

La desaparición de un líder plantea algunas preguntas: ¿puede el Estado cumplir su deber de garantizar la vida y la participación política sin temor? El Estado, definido por su territorio, población y poder soberano, pierde legitimidad cuando uno de esos pilares –la seguridad– se quiebra.

El politólogo italiano Giovanni Sartori advertía que la democracia no se sostiene solo en elecciones periódicas, sino en un ecosistema de libertades y garantías que permiten que la oposición exista sin amenazas. Por su parte, el estadounidense Robert Dahl hablaba del “gobierno de muchos” y subrayó que el pluralismo político es un requisito para cualquier poliarquía funcional.

La muerte de Uribe Turbay no es únicamente una tragedia personal o partidista; es un golpe a estos ideales.

Este asesinato pone en cuestión la soberanía colombiana. Esto es, la autoridad suprema del Estado sobre su territorio y su población. Cuando actores armados, redes criminales o ideologías intolerantes logran restringir la acción política, la soberanía se convierte en un concepto incompleto. Y aquí emerge el riesgo de los nacionalismos exacerbados y la tentación de cohesionar al pueblo excluyendo a quienes piensan distinto, debilitando así el concepto de nación como comunidad plural.

Nacionalismo y el riesgo del enemigo interno

La historia latinoamericana ofrece lecciones claras. El nacionalismo ha sido fuerza liberadora en procesos de independencia, pero también una herramienta para justificar persecuciones políticas. La literatura regional lo ha mostrado con precisión. Mario Vargas Llosa –escritor, ensayista, político– ya advirtió contra los proyectos que, en nombre de la nación, sofocan la diversidad.

En Colombia, la desaparición de un opositor abre un vacío que, si no se maneja con compromiso democrático, puede llenarse con discursos que buscan unidad a través del miedo. Ese es el punto en el que la nación corre el riesgo de convertirse en un relato excluyente, donde la discrepancia se interpreta como traición.

Memoria y advertencia

La vida y la muerte de Miguel Uribe Turbay dialogan con la advertencia final de Cien años de soledad: Macondo no se desvaneció por falta de historia, sino por exceso de olvido. Gabriel García Márquez, que narró en Noticia de un secuestro el drama de la familia Turbay, entendía que la memoria no es solo recordar hechos, sino también impedir que se repitan.

En la política colombiana, olvidar un asesinato político es permitir que la historia vuelva a escribirse con las mismas armas. Uribe hizo de su trayectoria una apuesta por la vía institucional, incluso después de que la violencia tocase de lleno a su familia. La nación no debería dejar que se pierda esa parte de su legado.

Un compromiso que trasciende ideologías

Más allá de sus posturas políticas –algunas controvertidas para sus críticos, emblemáticas para sus partidarios–, Uribe representaba una pieza del pluralismo que la Constitución de Colombia de 1991 buscó garantizar. Sin voces divergentes, la democracia se empobrece y la ciudadanía pierde su derecho a un debate amplio y real.

Su ausencia es, por tanto, una pérdida para el conjunto de la nación, no solo para un sector político. Como señalaba el politólogo y filósofo Isaiah Berlin, la libertad requiere no solo de leyes e instituciones: también necesita un espíritu público que la defienda incluso frente a sus excesos. La tarea de preservar ese espíritu no corresponde únicamente al Estado, sino también a la sociedad civil, que debe rechazar cualquier intento de normalizar lo inaceptable.

Colombia, que ha sobrevivido a guerras, magnicidios y pactos incumplidos, enfrenta una vez más el reto de decidir si su historia será repetición o transformación. En pocas semanas será clave que todos los actores democráticos estén a la altura.

Las elecciones al Congreso serán el 8 de marzo de 2026, mientras que las presidenciales tendrán lugar el 31 de mayo siguiente. Este período que comienza ahora necesita de actores conscientes de su responsabilidad. Defender la democracia no es esperar resultados, sino comprometerse con cada voto, debate y participación ciudadana consciente.

The Conversation

Sergio Andrés Morales-Barreto no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Muere Miguel Uribe Turbay y la democracia colombiana pierde una voz para la disensión y el debate – https://theconversation.com/muere-miguel-uribe-turbay-y-la-democracia-colombiana-pierde-una-voz-para-la-disension-y-el-debate-262980

How hot is your home? Nigerian study explores comfort levels in buildings

Source: The Conversation – Africa (2) – By Mak Okay-Ikenegbu, Researcher, University of Portsmouth

Global standards for heating comfort are largely based on cooler, northern hemisphere climates. How relevant are these benchmarks in low-cost housing in warmer African regions?

Mak Okay-Ikenegbu did his doctoral research on thermal comfort in low-cost housing for warm and humid climates in Nigeria. His research showed that people in tropical environments can withstand higher temperatures than current global standards assume. The findings open the door to affordable housing designs that are climate-appropriate, without relying on energy-intensive solutions like air conditioning. He told us about his research.

How do you define comfortable housing for people in tropical Africa?

Comfortable housing in the tropics is housing that allows people to live, work and rest without experiencing excessive heat or discomfort. This can be without air conditioning as well. It supports well-being by allowing natural ventilation, reducing heat build-up and adapting to local climate conditions.

It is housing that keeps people thermally comfortable using passive design techniques such as cross-ventilation, shading and use of breathable materials. These materials can be adobe, earth blocks, or bamboo, which reduce indoor heat.

What did you find out about people’s housing needs?

My research found that people in low-income, tropical settings like informal settlements in Nigeria adapt to higher indoor temperatures than international standards suggest.

I developed a local thermal comfort model based on real-life experiences of people living in naturally ventilated earth and makeshift homes in Nigeria. My data came from low-income residents in low-cost homes.

This model is unique to the study context, as it directly reflects the comfort responses of people living in this environment. Adaptive thermal comfort models have been developed before, for example, the American ASHRAE 55 model and the European EN 16798 model. These are based primarily on data from temperate climates and mechanically cooled buildings.

Models like this are scarce for sub-Saharan Africa, particularly in the context of low-income or informal housing. This model has potential application for design and policy. It can inform architects, urban planners and housing authorities on how to design buildings that align with how people actually experience and adapt to heat.

This is crucial for creating affordable, climate-responsive housing that doesn’t depend on expensive mechanical cooling systems. It shows that people in tropical climates are comfortable at higher indoor temperatures than the international comfort standards suggest.

What does better housing look like in these conditions?

Affordable, climate-responsive housing solutions use local and thermally appropriate materials.

In my research, earth-based construction materials like mud or adobe walls were found to be more comfortable than materials such as scrap metal, timber planks and plastics. In earth-based housing such as those built with adobe or compressed earth blocks, indoor temperatures typically ranged from 20°C to 43°C. In contrast, in makeshift housing, often constructed from materials like corrugated metal sheets and tarpaulin, the temperatures were even higher, ranging from 25°C to 47°C.

This shows that makeshift structures tend to trap more heat and expose occupants to more extreme indoor conditions. The findings highlight the importance of building material choice and passive design in helping to reduce indoor heat and improve comfort, especially in settings without access to mechanical cooling.

I didn’t test the thermal performance of specific materials, but based on previous studies, materials like adobe or compressed earth blocks are known to offer natural insulation and reduce heat gain.

Corrugated metal roofs, which are common in low-income tropical informal settlements, often trap heat. So, incorporating insulation and ventilation beneath roofing can make a significant difference at very low cost.

Combining passive design strategies like shaded outdoor spaces, high ceilings, wide eaves, and cross-ventilation with materials that are affordable and climate-appropriate would help achieve better comfort.

What is significant or new about your findings?

My findings highlight the limitations of applying international comfort standards like ASHRAE 55 and EN 16798 in tropical climates. These standards were developed by organisations in the United States and Europe.

ASHRAE 55 is from the American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers, and EN 16798 is from the European Committee for Standardisation. They set out detailed guidelines for what indoor temperature are considered comfortable based on studies mostly from cooler climates and mechanically cooled buildings.

I found that many of the indoor temperatures that international standards would label as “too hot” were actually considered fine by residents. This was done by creating a comfort guide based on how people in the local area experience heat in their homes.

Based on the European standard, depending on outdoor conditions, comfortable indoor temperatures are expected to fall between 22°C and 32°C in the buildings surveyed in this study. The American standard shows a narrower range of approximately 23°C to 29°C. But the model or guideline developed in this study, based on actual feedback from residents in low-income homes in Nigeria, showed that people were comfortable at higher temperatures than those predicted by the international standards.

In this local context, comfort temperatures ranged from 24°C to 40°C, reflecting a greater tolerance for heat. This higher threshold suggests that people living in tropical climates, particularly in naturally ventilated and informally built homes, have adapted to their environment in ways that global models do not fully account for.

This matters because it affects how we design, build and improve low-cost housing in hot climates. If we rely only on international standards, we risk pushing for expensive cooling systems like air conditioning in order to meet recommended indoor conditions. Simpler, low-cost solutions based on how people actually adapt to heat could work just as well, or even better.

What policies or interventions can make this feasible?

Local adaptive comfort standards do not exist for sub-Saharan African contexts like Nigeria. Housing policies should therefore recognise the value of local comfort models and not impose global standards. Governments and other local stakeholders should allow and promote context-specific benchmarks when designing or delivering affordable housing schemes.

Building codes, urban development policies and political interventions should encourage residents and builders to adopt passive design techniques. These can be shading and ventilation, for example. Interventions must support the use of local, sustainable materials that perform well in hot, humid climates.

Investment is needed in community-led housing upgrades, especially in informal settlements. Even small improvements to insulation or adding windows for cross-ventilation can greatly improve comfort without incurring major costs.

The Conversation

Mak Okay-Ikenegbu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How hot is your home? Nigerian study explores comfort levels in buildings – https://theconversation.com/how-hot-is-your-home-nigerian-study-explores-comfort-levels-in-buildings-262060

République centrafricaine : les énergies renouvelables peuvent-elles contribuer à la stabilité ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Romain Esmenjaud, Docteur du Graduate Institute, chercheur associé à l’Institut Français de Géopolitique (IFG – Laboratoire de recherche de l’Université Paris 8, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

Depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé, la République centrafricaine est plongée dans une grave crise politique et sécuritaire. Dans ce pays, qui est l’un des moins électrifiés au monde, une transition vers les énergies renouvelables permettrait de promouvoir le développement et la stabilité. L’ONU, présente par le biais de la Minusca, forte de 18 000 personnes, pourrait donner l’exemple.


L’apport environnemental des énergies renouvelables n’est plus à démontrer. En Afrique subsaharienne, elles représentent un moyen idéal et peu onéreux d’accroître l’accès à l’électricité sans augmenter l’empreinte carbone des pays de la région.

Le projet Powering Peace, co-piloté par le Stimson Center et Energy Peace Partners met en évidence un autre atout de ces énergies : celui de pouvoir contribuer à la stabilité dans les pays en sortie de crise.

Des rapports consacrés à la République démocratique du Congo, au Mali, à la Somalie et au Soudan du Sud ont abordé le rôle que les opérations de paix de l’ONU pouvaient jouer en appui du développement des renouvelables.

En assurant leur approvisionnement grâce à ces énergies, ces opérations peuvent non seulement briser leur dépendance à l’égard de générateurs diesel – une option coûteuse et inefficace d’un point de vue opérationnel –, mais aussi introduire des nouvelles infrastructures énergétiques dans les zones qui en ont le plus besoin. Un récent rapport évoque des avantages similaires dans le cas de la République centrafricaine (RCA).

France 24, 13 avril 2025.

À l’origine de la crise centrafricaine, des périphéries délaissées

Plus de dix ans après le début de la crise née du renversement en 2013 du président François Bozizé par la coalition Séléka, la RCA semble connaître une accalmie sécuritaire. Depuis l’échec, début 2021, de la tentative de prise de Bangui par une nouvelle coalition de groupes armés, les rebelles ont été repoussés dans les zones frontalières sous la pression des forces armées centrafricaines, fortement appuyées par les mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner.




À lire aussi :
Dans les coulisses du groupe Wagner : mercenariat, business et diplomatie secrète


L’amélioration de la situation reste toutefois très relative et les causes profondes de la crise restent à traiter. L’une d’elles est la marginalisation des régions périphériques. Traditionnellement délaissées par les élites banguissoises, ces zones restent largement dépourvues d’infrastructures et de services publics (routes, écoles, hôpitaux, etc.). C’est le cas notamment dans le nord-est, berceau de nombreux groupes armés, où se sont diffusés un sentiment d’abandon et l’impression que la violence est l’unique moyen de faire entendre ses revendications.

À la demande des groupes armés, l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA de février 2019 reconnaissait d’ailleurs la nécessité de « corriger les inégalités qui affectent les communautés et les régions qui ont été lésées par le passé ».




À lire aussi :
Centrafrique : la face cachée du processus de paix


Développer les renouvelables pour lutter contre la marginalisation des périphéries

L’accès à l’électricité est un exemple frappant de la pauvreté du pays en infrastructures, mais aussi du caractère inéquitable de leur répartition. La RCA a l’un des taux d’électrification les plus bas du monde (17,6 %), mais il est encore bien plus faible en dehors de la capitale, notamment dans le nord-est, le nord-ouest ou le sud-est, où les infrastructures électriques sont quasi inexistantes.

Comme souligné dans le Plan national de développement 2024-2028, publié en septembre 2024, les renouvelables constituent un excellent outil pour renforcer l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire, notamment à travers l’installation de réseaux locaux décentralisés.

Les principales sources d’énergie utilisées aujourd’hui dans le pays sont, elles, sources de problèmes : la déforestation dans le cas de la biomasse et un approvisionnement très incertain dans le cas du carburant (qui alimente les générateurs).

La RCA dispose déjà de sources d’énergie renouvelable grâce aux infrastructures hydroélectriques de Boali, opérationnelles depuis 1954, qui représentent près de la moitié du mix électrique national. Depuis 2023, plusieurs champs de panneaux solaires ont également vu le jour.

Mais les leviers d’amélioration demeurent très nombreux, tout particulièrement si l’on souhaite assurer un développement équilibré du point de vue géographique.

De nouveaux projets énergétiques – solaires et hydrauliques – sont envisagés dans la région de Bangui, dans le centre, dans l’ouest et dans le sud-ouest du pays. Il s’agit de régions où les besoins sont importants, car elles sont très peuplées, mais ce sont aussi celles qui sont déjà les mieux dotées. D’autres zones, comme le nord-est, qui bénéficie d’un fort ensoleillement et donc d’un potentiel élevé en énergie photovoltaïque, mériteraient une attention accrue.

TV5 Monde, 16 mars 2025.

Prioriser les régions traditionnellement délaissées permettrait de répondre aux revendications portées par les mouvements d’opposition, politiques comme armés. Surtout, l’accès à l’électricité permet de dynamiser l’activité, de créer de multiples opportunités pour les locaux et d’amorcer un cercle économique vertueux de nature à limiter les capacités de recrutement des groupes armés.

Étant donné que le nord-est héberge une partie importante de la minorité musulmane, déployer des installations dans cette zone contribuerait aussi à apaiser les tensions intercommunautaires et religieuses qui ont alimenté le conflit.

In fine, l’installation de renouvelables peut donc aider à lutter contre l’une des causes profondes du conflit : la marginalisation des périphéries.

Les multiples avantages d’une transition vers les énergies renouvelables

Comme dans les autres crises mentionnées précédemment, l’ONU peut jouer un rôle clé en faveur du déploiement des renouvelables, notamment à travers la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca).

En mettant en œuvre une transition vers les énergies vertes pour son propre approvisionnement, l’opération pourrait tout d’abord faire évoluer le mix électrique du pays dans son ensemble. Comptant près de 18 000 personnels, la Minusca consomme pas moins d’un cinquième du carburant et près d’un quart de l’électricité du pays.

Alors que son approvisionnement repose aujourd’hui sur les renouvelables à hauteur de 3 % seulement, la Minusca vise un triplement de ce taux d’ici à fin 2025 (8 à 9 %). Plusieurs bases ont été équipées de panneaux solaires, mais la marge de progression reste très importante si la mission souhaite atteindre l’objectif de 80 % fixé dans le plan d’action Climat 2020-2030, adopté par le secrétaire général de l’ONU en 2019.

Une transition vers les renouvelables présente des avantages opérationnels pour la Minusca. Presque entièrement dépendante de générateurs diesel, la mission fait face à des défis logistiques majeurs pour l’approvisionnement en carburant de ses nombreuses bases, particulièrement celles situées en zones instables et éloignées de la capitale. Limiter les besoins en matière de sécurisation de ses convois libérerait ainsi d’importants effectifs pour des tâches primordiales comme la protection des civils.




À lire aussi :
République centrafricaine : écouter les récits des gens sur les forces étrangères pourrait contribuer à ramener la paix


Des infrastructures bénéficiant aux populations locales : un levier de consolidation de la paix pour la Minusca

Du fait de sa présence sur l’ensemble du territoire, la Minusca est dans une position unique pour déployer des infrastructures énergétiques au profit des populations locales, y compris dans les zones périphériques (et instables). Elle pourrait s’inspirer de l’exemple de Baidoa en Somalie, où l’ONU a financé l’installation de panneaux solaires alimentant la base locale et bénéficiant également aux populations environnantes.

En permettant le développement de services de base et de nouvelles activités économiques, ce projet a contribué à la consolidation de la paix au niveau local et au-delà. Les infrastructures installées représentent aussi un héritage positif que la mission peut laisser à son départ.

La capacité de la mission à initier ce genre de projets reste limitée par son mandat (protection des civils, appui au processus de paix et à la livraison de l’aide humanitaire, etc.) et ses ressources (financières et humaines, y compris un nombre réduit d’ingénieurs). Il est donc essentiel qu’elle collabore avec les autres partenaires internationaux, dont l’ensemble des agences des Nations unies, les institutions financières internationales et régionales, et les pays donateurs.

L’impact à long terme des renouvelables requiert aussi le développement d’une expertise locale afin d’assurer le maintien en état des infrastructures. En dépit de ces défis, ces énergies présentent aujourd’hui un potentiel sous-exploité et qu’il est important d’ajouter à la « boîte à outils » des gestionnaires de crise en RCA et au-delà.


Cet article a été coécrit avec Dave Mozersky, président et co-fondateur d’Energy Peace Partners.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. République centrafricaine : les énergies renouvelables peuvent-elles contribuer à la stabilité ? – https://theconversation.com/republique-centrafricaine-les-energies-renouvelables-peuvent-elles-contribuer-a-la-stabilite-260939

Argentine : le risque d’une nouvelle crise monétaire

Source: The Conversation – France (in French) – By Jonathan Marie, Professeur d’économie, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3

Lorsque la croyance que la crise économique va survenir se diffuse, il est déjà trop tard. L’Argentine en a fait les frais à de nombreuses reprises. MatiasLynch/Shutterstock

Javier Milei, président de l’Argentine depuis décembre 2023, s’était engagé à déclencher la dollarisation intégrale de l’économie nationale. Il entreprend de « tronçonner » les dépenses publiques et les impôts et cherche à stabiliser le change. Pour quels résultats ? Le risque d’une crise monétaire progresse et fait craindre de nouvelles heures sombres pour les Argentins.


Se définissant comme « anarchocapitaliste », Javier Milei annonce résoudre les problèmes économiques qu’il estime provoqués par la « caste » en libéralisant à tout crin. Lors de son élection, l’Argentine souffrait d’une inflation particulièrement élevée – plus de 133 % pour l’année 2023 selon l’indice des prix à la consommation, atteignant même 211 % à la fin de l’année – et d’une récession sévère – -1,6 % en 2023… terreaux d’un chômage massif et de réductions du pouvoir d’achat.

Stratégie macroéconomique

La stratégie de stabilisation, adoptée depuis son élection et lancée après une importante dévaluation en décembre 2023, repose sur la stabilisation du taux de change. Concrètement, le prix du dollar états-unien exprimé en peso, la monnaie argentine, ne doit pas augmenter rapidement. Si la dévalorisation du peso s’accélère, les prix des importations sont en hausse et l’inflation augmente. Quels sont les liens entre dévalorisation, importation et inflation ?

Les Argentins sont habitués à évaluer la valeur de leurs actifs en dollars. Ils cherchent de facto à stabiliser leurs revenus en dollars, augmentant au besoin les prix exprimés en pesos. Chaque dévaluation, ou diminution du cours du peso augmente le prix de toutes les importations. Les produits étrangers – des États-Unis, de l’Union européenne ou de la Chine – deviennent plus chers pour les Argentins. A contrario, il est plus facile pour les pays étrangers d’acheter les produits de l’Argentine, puisque le peso est moins cher. À long terme, cette dévaluation créée de l’inflation, en raison de la hausse du prix des importations.

Pour stabiliser le cours du peso, la Banque centrale argentine doit être en mesure, si cela est nécessaire, de racheter des pesos sur le marché des changes et donc… de vendre des dollars. C’est pour cela que la clé du maintien d’une telle politique est liée à la capacité de conserver des dollars dans l’économie argentine.

Histoire des crises argentines

Chaque Argentin le sait parfaitement : une ruée sur le dollar peut très rapidement s’enclencher. Ce fut le cas en 1989, l’économie souffrant alors d’hyperinflation, ou en 2001. Pour chacun, il s’agit alors de changer ses pesos en dollars avant la crise, avant qu’ils ne valent plus rien. Mais c’est un phénomène autoréalisateur. Lorsque la croyance que la crise va survenir se diffuse, il est déjà trop tard.

L’Argentine est coutumière de telles crises économiques. La dernière de très grande ampleur, en 2001, avait provoqué l’abandon du régime de la convertibilité. Depuis 1991, la loi garantissait qu’un peso s’échangeait contre un dollar : le taux de change stabilisé, l’inflation avait été vaincue. Le déficit commercial et la hausse de l’endettement externe ont progressivement rendu intenable ce programme. Malgré les aides records du Fonds monétaire international (FMI), à partir de 1995, le taux de change est devenu intenable. La convertibilité fut abandonnée, le peso largement déprécié.

Cette crise fut politique : se succèdent d’éphémères présidents jusqu’à l’élection de Néstor Kirchner en 2003. Bénéficiant d’une situation monétaire stabilisée et d’un peso déprécié, il impose une réduction de la dette publique externe, ce qui allège les contraintes macroéconomiques. En réduisant cette dette en dollars et en la rééchelonnant, l’Argentine parvient à conserver plus de dollars pour constituer des réserves de change, permettant de mener une politique macroéconomique avec de plus grandes marges de manœuvre.

Dès le milieu de la décennie 2010, on assiste à la réactivation de tensions sur la répartition du revenu, l’ouverture économique et le régime de change. La stratégie visant à protéger l’économie domestique par la sous-évaluation du peso et par des restrictions sur le change – que les Argentins désignent par le terme cepo, verrou en espagnol – est contestée. Elle l’est en particulier par les classes moyennes et supérieures qui consomment des biens importés, qui voyagent et qui souhaitent épargner en dollars pour se protéger de l’inflation. Le dynamisme économique s’essouffle.

Le mandat (2015-2019) du conservateur libéral Mauricio Macri se caractérise par l’ouverture économique et financière. Mais le déficit courant se creuse, tout comme l’endettement externe.

L’élection en 2019 du péroniste Alberto Fernández n’atténue pas les difficultés, alors que la crise sanitaire et la récession globale vont avoir des effets particulièrement sévères. L’inflation annuelle, estimée à 48 % en 2021, atteint 72 % en 2022, puis dépasse les 130 % en 2023. Les salaires réels diminuent, les réserves de change s’épuisent et chaque dévaluation du peso alimente l’augmentation de l’inflation.

Lutte contre l’inflation

L’importance du dollar dans le quotidien des Argentins explique qu’au cours de la campagne présidentielle de 2023, la promesse de dollarisation de l’économie portée par Milei ait pu bénéficier d’un soutien important.

Élu, Milei ne met en œuvre ni démantèlement de la banque centrale ni dollarisation, mais il modifie substantiellement la politique monétaire. Dès décembre 2023, il dévalue le peso de 54 %. Il limite sa dépréciation à 2 % par mois jusqu’en février 2025, puis à 1 % par mois jusqu’en avril dernier. Cette politique dite de crawling-peg (ou de parité glissante) est la clé de la désinflation ; l’inflation étant l’effet secondaire de long terme d’une dépréciation.




À lire aussi :
La tronçonneuse de Buenos Aires et le DOGE de Washington : vague d’austérité sur le continent américain


L’inflation étant très sensible aux variations du taux de change, il faut les limiter. En rythme mensuel, l’inflation dépasse 25 % en décembre 2023, puis se réduit nettement, jusqu’à 2,7 % en décembre 2024 et même 1,6 % en juin 2025.

Diminution des dépenses publiques

Outre la stabilisation du change, la désinflation est aussi nourrie par la sévère diminution des dépenses publiques de 27 % en 2024, adossée essentiellement à la réduction des retraites et de l’investissement public. Si ces mesures génèrent un excédent primaire, elles induisent aussi des effets récessifs, le PIB argentin reculant de 1,7 % en 2024.




À lire aussi :
Comment Javier Milei transforme l’Argentine


Parmi les principales diminutions des dépenses publiques adoptées : arrêt des investissements publics, restrictions de l’accès aux services de santé, désindexation des retraites, division par deux du nombre de ministères, suppression de 33 000 fonctionnaires, rétrogradation du ministère de la science en secrétariat ou encore fermeture de l’agence de presse nationale Télam.

Les comptes publics s’améliorent en 2024 à +0,3 % du PIB. Les exportations bénéficient de prix mondiaux des matières premières en hausse, quand la récession de 1,7 % restreint les importations, la baisse de la consommation limitant les importations de biens de consommation. Les comptes extérieurs s’améliorent alors eux aussi.

Ces résultats sont salués par la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva :

« L’Argentine est un exemple de pays ayant réalisé de grands progrès grâce à des réformes structurelles et à une discipline budgétaire rigoureuse. »

Inflation sous les 3 %, taux de pauvreté à 37 % ou excédent commercial de 906 millions de dollars états-uniens en juin 2025.

« L’Argentine a une opportunité majeure dans un monde avide de sa production, tant dans l’agriculture que dans les minéraux, l’exploitation minière, le gaz et le lithium. »

Démantèlement du cepo

Une nouvelle étape est franchie en avril 2025. Le gouvernement engage le démantèlement du cepo, soit des restrictions sur le change pour le secteur privé. Cela facilite la ratification d’un accord de prêt avec le FMI de 20 milliards de dollars sur quatre ans, déclenchant immédiatement un premier versement de 12 milliards.

En augmentant ses réserves en dollars, La Banque centrale argentine accroît ses moyens d’intervention pour stabiliser le change. Le gouvernement espère le déclenchement d’un cercle vertueux : les Argentins, rassurés par la stabilité du change et bénéficiant en outre d’une loi d’amnistie fiscale ad hoc devraient réintroduire dans l’économie les dollars conservés « sous les matelas », permettant de gonfler les réserves officielles. L’adoption de cette mesure permet aux Argentins de réintroduire dans l’économie les dollars épargnés de manière occulte sans avoir à en justifier l’origine ni à devoir régler des impôts.

Rassurés et bénéficiant eux aussi d’un régime fiscal favorable, le « régime d’incitation pour les grands investissements (Rigi) », les investisseurs étrangers devraient investir dans l’économie argentine.

Évolution du taux de change

La soutenabilité de cette politique est questionnée. La question est d’ordre macroéconomique : l’Argentine peut-elle durablement attirer et conserver les dollars nécessaires à la stabilité du change ? Ou même pour parvenir à aller vers la dollarisation intégrale ?

Sur le long terme, cette politique favorise la surappréciation de la valeur du peso, provoquant une perte de compétitivité des secteurs exposés à la concurrence internationale. Il devient plus coûteux de produire certains biens en Argentine que de les importer à cause d’une inflation, qui, bien que réduite, reste plus élevée que chez les concurrents.




À lire aussi :
Le régime péroniste, racine du déclin économique de l’Argentine


De ce fait, la primarisation de l’Argentine est encouragée. Ce terme signifie que le secteur primaire – l’exploitation directe des ressources naturelles – est largement prépondérant dans une économie, au détriment du secteur secondaire – industries de transformation – ou tertiaire – services. L’exploitation des matières premières et le secteur agro-exportateur sont les seuls compétitifs en Argentine et les seuls susceptibles de générer des revenus en devises.

Les matières premières sont d’ailleurs les seuls secteurs qui attirent aujourd’hui des investissements directs étrangers (IDE), alors que les IDE reculent ces derniers trimestres. Dans le même temps, les importations de biens et services sont favorisées.

Dépréciation du peso argentin face au dollar.
Direction générale du Trésor (France), Service économique régional de Buenos Aires (Argentine), « Brèves économiques Cône Sud », 11 juillet 2025

Les controverses actuelles ne se focalisent pas seulement sur une telle temporalité. La dépréciation du peso depuis la mi-juin (voir graphique ci-dessus) est plus importante que ne le souhaitent les autorités. C’est la preuve d’une fébrilité croissante, attestée aussi par les achats de devises par le Trésor en juin 2025.

Autre signe, les chaînes d’information en continu, comme les sites des grands journaux, proposent tous depuis quelques jours des lives commentant en direct non stop l’évolution du taux de change. Cette question est véritablement au centre de toutes les conversations et de toutes les préoccupations.

Vers une inéluctable crise de change ?

D’autres facteurs jouent. Le gouvernement est sous la menace d’une amende de la justice états-unienne relative à la (re)nationalisation, en 2012, de la société d’exploitation du pétrole et du gaz Yacimientos Petrolíferos Fiscales (YPF).

Les craintes sont encore alimentées par la faiblesse du stock de réserves de change à disposition de la Banque centrale. Actuellement d’environ 40 milliards de dollars (ce montant représente au mieux six mois d’importations), le montant est inférieur à ce qu’escomptaient les autorités. Il est insuffisant pour faire face à un mouvement massif de spéculation sur le change qui pourrait survenir dans le contexte pré-électoral. Les élections législatives d’octobre prochain représentent un enjeu électoral décisif pour Milei.

S’il est impossible d’en anticiper l’instant précis, une crise de change va se déclencher, certains fondamentaux la rendent probable, sinon certaine.

Les derniers indicateurs macroéconomiques de l’INDEC ne sont pas rassurants. Le solde courant de la balance des paiements au premier trimestre 2025 est très largement déficitaire, de -5 191 millions de dollars. À titre de comparaison, le solde commercial était positif au 1er trimestre 2024 (3 649 millions de dollars) alors qu’il fut négatif au 1er trimestre 2025 (-1 992 millions). Dans le même temps, le taux de chômage est élevé, à 7,9 %. Et si la désinflation se confirme, selon les derniers chiffres (1,5 % en mai 2025, soit un rythme de croissance annuelle d’environ 20 %), l’inflation demeure élevée.

Ces données macroéconomiques rappellent la difficulté pour l’Argentine de maintenir simultanément et durablement un taux de change stable en l’absence d’entrave sur celui-ci, une inflation faible et le dynamisme de l’ensemble de l’économie. Cela s’impose à Milei comme à tous ses prédécesseurs.

The Conversation

Jonathan Marie ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Argentine : le risque d’une nouvelle crise monétaire – https://theconversation.com/argentine-le-risque-dune-nouvelle-crise-monetaire-261412

Marguerite de Wendel, « la dame du fer » des forges françaises, une capitaine d’industrie d’exception

Source: The Conversation – France (in French) – By Danièle Henky, Maître de conférences habilité à diriger les recherches en langues et littérature française (9e section) émérite, Université de Strasbourg

Des siècles passés, il reste l’histoire de nombreux talents féminins à exhumer. En avance sur leur temps, des femmes furent aussi capitaines d’industrie. Tel fut le cas de Marguerite de Wendel (1718-1802), née d’Hausen, qui devint, à partir de 1739, d’abord aux côtés de son mari puis seule, dirigeante des plus grandes forges françaises. Une main de fer dans un gant de velours… avec un caractère aussi trempé que l’acier.


Durant ce que l’on a appelé le « siècle des Lumières », l’éducation féminine fut mise à l’ordre du jour. Le recul de l’illettrisme réduisit l’écart dans l’alphabétisation entre les sexes. Dans un monde très marqué par les valeurs paternalistes, il restait difficile, cependant, d’être une femme et d’accéder aux savoirs. D’importantes barrières et contraintes limitaient les possibilités de conquérir les domaines masculins. La diffusion des savoirs allait favoriser, néanmoins, une évolution de la condition féminine.

On ne peut nier que de nombreuses femmes, parmi les classes privilégiées, jouèrent un rôle majeur dans divers domaines. Parmi elles, il y eut, notamment dans les milieux du commerce et de l’industrie, des épouses qui secondèrent leurs maris dans leurs charges professionnelles, se distinguant par leur acharnement au travail et leur intelligence des affaires.

En avance sur la marche du temps, elles furent des chefs d’entreprise d’exception. Tel fut le cas, comme le révèlent les archives de la Maison de Wendel, de Marguerite d’Hausen qui devint, en 1739, Marguerite de Wendel (1718-1802). C’est ce que je retrace sa biographie le Destin fou de Marguerite de Wendel : maîtresse de forges, des Lumières à la Terreur (2021).

Épopée industrielle

Une véritable épopée industrielle, comme le narre l’historien René Sédillot. Elle commence avec Jean-Martin de Wendel (1665-1737), qui acheta en 1704 à Hayange, petit village mosellan, une forge à demi ruinée.

Originaire de Bruges, la famille s’était installée en Lorraine avec Christian de Wendel (1636-1708). Son fils cadet, Jean-Martin, devint directeur des forges d’Ottange, avant de débuter à Hayange cette lignée de maîtres de forges qui dirigea les entreprises de Wendel jusqu’en 1978. À la mort de ce pionnier, ses fils héritèrent de cinq forges en pleine activité.

Le destin fou de Marguerite de Wendel, maîtresse des forges, des Lumières à la Terreur.
Hal, Fourni par l’auteur

Le 10 mai 1739, Marguerite d’Hausen, née à Sarreguemines (Moselle) en 1718, fille du receveur des finances de Lorraine, épousa Charles de Wendel, de dix ans son aîné, maître de forges et seigneur d’Hayange. Il était l’un des fils de Jean-Martin, devenu conseiller secrétaire du roi en la chancellerie du parlement, anobli en 1727 par le duc Léopold. Lors de ce mariage, Jean Alexandre d’Hausen dota sa fille d’une somme de 60 000 livres, soit le double de ce que valait l’affaire Wendel en 1704.

Dès lors, grâce au travail et à la bonne gestion de Charles, l’affaire ne cessa de prospérer et de s’étendre. Lors de la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) puis de la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous le règne de Louis XV, les Wendel reçurent des commandes de boulets que les ouvriers façonnaient en coulant de la fonte liquide dans des moules sphériques. Ils fabriquaient aussi des affûts. De la platinerie sortaient des casques pour les cavaliers…

Main de fer dans un gant de velours

Bonne épouse et bonne mère, Marguerite de Wendel eut sept enfants dont cinq survécurent. Elle n’en eut pas moins la curiosité de s’intéresser aux affaires de son mari, aux nouvelles techniques et à l’univers inconnu pour elle de la sidérurgie.

Elle a d’abord relayé par nécessité son époux, toujours en voyage pour trouver de nouveaux marchés et de nouveaux financements. Il lui a appris à surveiller les coulées de fonte des hauts fourneaux et à diriger les ouvriers mieux qu’un contremaître aguerri. À une époque où beaucoup de femmes de son milieu ne se préoccupaient que de leurs galants ou de leurs toilettes, elle conduisit les forges en capitaine d’industrie : une main de fer dans un gant de velours !

Veuve de Charles de Wendel en 1784, celle qu’on a appelée Madame d’Hayange resta seule face à la tourmente révolutionnaire qu’elle affronta du mieux qu’elle put. Secondée par ses gendres, Alexandre de Balthazar et Victor de la Cottière, elle surveillait les hauts-fourneaux, veillait à la commercialisation des produits manufacturés et se réservait la responsabilité des relations avec les autorités politiques. Il fallut se battre avec les bureaux de Versailles pour faire payer les fournitures livrées aux armées. Marguerite en s’acharnant parvint à tenir renégociant en 1788 les contrats avec les arsenaux royaux. Elle obtint des conditions plus avantageuses que celles acquises de haute lutte par Charles.

Terreur révolutionnaire

En 1789, les révolutionnaires eurent besoin, comme la monarchie avant eux, des armes sortant des usines de Wendel. Protégée par l’armée, « Madame d’Hayange » fut en revanche en butte aux rancœurs de certains habitants de la ville, à commencer par l’ancien cocher du château, Jacques Tourneur. La Révolution en fit un maire qui ne cachait pas le mépris que lui inspiraient les « ci-devant » – les personnes ayant bénéficié d’un privilège « avant ». Ayant demandé un jour qu’on lui fournisse des chevaux pour livrer les munitions d’artillerie, la « citoyenne Wendel » se vit répondre par la municipalité d’utiliser les chevaux de son carrosse.

Les forges Wendel furent utilisées pendant la Révolution française pour produire des canons.
Musée Carnavalet

Dès les débuts de la Terreur (5 septembre 1793-28 juillet 1794), sa vie devint un enfer. Son petit-fils, accusé de collusion avec l’ennemi, fut guillotiné à Metz, le 25 octobre 1793. Restée seule après le départ des siens, Marguerite poursuivit sa mission, contre vents et marées, en obtenant du représentant du peuple à l’armée de Moselle qu’on ne réquisitionne aucun des biens ou des ouvriers utiles à la fabrication des boulets de canon. Elle passa ses journées et parfois ses nuits aux forges, surveillant la coulée aux côtés des contremaîtres et des ouvriers.

Caractère aussi trempé que l’acier

Dans les convulsions d’une époque qui, après l’optimisme scientiste des Lumières, fut plongée dans les abominations de la Terreur, cette femme au caractère aussi trempé que l’acier, incarnait un bel exemple d’énergie féminine au service de sa famille, de son entreprise et de son pays.

Cela n’empêcha pas la mise sous séquestre de tous ses biens, ni sa mise en accusation, le 14 germinal An II (3 avril 1794), pour avoir favorisé l’émigration de ses fils, comme le rappelle l’historien Jacques Marseille. Emprisonnée à Metz puis à Sarreguemines, elle fut de retour à Hayange, le 6 octobre 1795, pour constater que les hauts fourneaux étaient éteints et les forges à l’abandon.

Bientôt, les forges de Wendel furent vendues aux enchères pour payer des dettes. Très affaiblie par son incarcération, logée dans un petit appartement de la rue des Prisons militaires (aujourd’hui, rue Maurice-Barrès) à Metz (Moselle), Marguerite n’eut de cesse de se battre pour tenter de récupérer son entreprise.

Elle s’éteignit le 4 janvier 1802, laissant quelques habits usés et de modestes meubles en sapin sans avoir eu le bonheur de voir la résurrection de sa Maison.

« La dame du fer »

Cette maîtresse des forges n’a rien à envier aux hommes par son incroyable capacité à mener à bien coulées de fonte et opérations de laminage. Elle a su aussi diriger des équipes d’ouvriers et des contremaîtres aussi bien que son époux. Ne la connaissait-on pas sous le nom de « la dame du fer » ? Sa pugnacité mais aussi son sens de la gestion comme ses connaissances en droit lui permirent de gagner des procès difficiles. Elle n’hésita pas à rencontrer les politiques nécessaires à la bonne marche de son entreprise et aurait pu, sans la Terreur, laisser à ses héritiers une entreprise prospère.

Ce fut indubitablement une pionnière, mais elle n’en a sans doute pas eu conscience, tant le féminisme ne pouvait se concevoir encore. Au début, elle a seulement voulu relayer son époux. Aurait-elle pu entreprendre tout ce qu’elle a fait, cependant, si elle n’y avait pas pris goût ? Elle aimait son travail, investissait, se lançait dans des projets en étant force de proposition face à ses fournisseurs. Elle a accompli son destin sans état d’âme en mobilisant toutes ses ressources. Par son exemple, elle a montré tout naturellement, sans avoir besoin de faire de longs discours, ce dont une femme est capable si on lui laisse le champ libre.

Droits des femmes

Au cours du XVIIIe siècle, certaines femmes profitèrent des temps si particuliers de la Révolution pour tenter de défendre leurs droits, pendant que des figures d’exception marquèrent l’histoire des arts, des sciences ou du pouvoir.

Comment ne pas évoquer Olympe de Gouges reconnue comme l’une des premières féministes françaises ? En proclamant les droits des femmes, elle posa des questions qui participèrent aux luttes à venir, au moment où le statut civil des citoyennes, pour un temps, s’améliorait. C’est à cette époque que vécut Marguerite de Wendel qui n’est pas connue comme une militante pour l’égalité des sexes, mais qui a largement montré par son comportement à quel point les femmes méritaient de voir leur condition évoluer.

The Conversation

Danièle Henky ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Marguerite de Wendel, « la dame du fer » des forges françaises, une capitaine d’industrie d’exception – https://theconversation.com/marguerite-de-wendel-la-dame-du-fer-des-forges-francaises-une-capitaine-dindustrie-dexception-262353

What is rust? A materials scientist explains metal’s crusty enemy

Source: The Conversation – USA – By Guangwen Zhou, Professor of Mechanical Engineering, Binghamton University, State University of New York

Rust can attack the surfaces of old metal objects, such as bicycles. Sami Auvinen/iStock via Getty Images Plus

Curious Kids is a series for children of all ages. If you have a question you’d like an expert to answer, send it to CuriousKidsUS@theconversation.com.


What is rust? – Henry E., age 13, Boston, Massachusetts


Imagine leaving your shiny metal bicycle outside in the rain. As water pools on its surfaces, oxygen from the air lingers nearby, and together they begin to quietly attack the metal.

The iron in the bike and the oxygen and water in the environment together undergo a chemical reaction. It forms iron oxide – better known as rust – which accumulates over time. This reddish-brown, flaky substance is more than just ugly; it’s a sign that the metal is breaking down.

Illustration showing the chemical reaction occurring during rusting of iron
Iron reacts with oxygen and water to form rust, an oxidized form of iron.
Ali Damouh/Science Photo Library via Getty Images

Chemists call this process oxidation. You can think of iron as like a superhero — tough, durable and shiny — until it meets its kryptonite: moisture and air. Water helps iron atoms more easily shed their electrons, which are negatively charged particles. Oxygen acts like a tiny electron thief, stealing those electrons and leaving the metal weak and crumbly.

The shiny, metallic iron used in homes and industry is a refined form of what is found in nature — iron ore. Rust is a natural process — the refined iron is essentially trying to return to its original oxidized, stable state: iron ore.

Five old pipes held together, showing their corroded and clogged insides
Old water pipes can clog with accumulated rust.
chimmy/E+ via Getty Images

From bikes and cars to bridges and ships

From household fixtures to monumental machines, rust moves in wherever metal meets moisture and time.

On bikes and cars, the combination of rain and exposed metal often triggers a full-blown rust party, eating away at frames and undercarriages. Old water pipes are another hot spot — over time, they corrode from the inside, often leaking brown, rusty water into sinks and tubs. In the kitchen, standing water left around sinks or faucets can lead to yellow-orange rust stains that are as stubborn to remove as they are unsightly.

On a much larger scale, rust can wreak havoc on ships and bridges. Corroded hulls can lead to oil leaks or even catastrophic sinking, costing the maritime industry billions of dollars each year in repairs and environmental damage.

And here’s a twist – salt speeds up the rusting process. In snowy regions, road salt doesn’t just melt ice; it also turbocharges oxidation, accelerating the corrosion process. That’s why cars in snowy places might rust faster.

The Statue of Liberty in New York against a bright blue sky
The copper Statue of Liberty is greenish due to oxidization, which forms the colorful patina, the copper version of rust.
ErickN/iStock via Getty Images Plus

Rust is the term for the specific type of corrosion that occurs in iron or steel. But any metal can chemically degrade due to reactions with environmental factors like oxygen and moisture.

Even old statues aren’t immune. Those greenish-blue figures you see in parks and plazas? That’s not paint; it’s patina, the copper version of rust. Though more visually appealing, patina is still a form of corrosion.

How can you stop rust?

By understanding the chemistry behind rust, people have found smart ways to slow it down or even stop it altogether, protecting everything from bridges to bicycles.

One of the simplest methods is to paint the metal surface. Paint acts like a waterproof jacket, sealing the metal off from air and moisture – the two key ingredients for rust.

Keeping metal dry is another practical defense. Tools are often stored in dry spaces or alongside dehumidifiers to minimize moisture.

Another technique, called galvanization, coats one metal with a more reactive one, like zinc. Zinc corrodes more easily than iron, forming a stable layer of zinc oxide when exposed to air and moisture. The zinc oxide is a protective barrier to further corrosion – until it gradually wears away, leaving the underlying iron vulnerable to rust once again.

And then there’s stainless steel: a corrosion-resistant mixture, called an alloy, of iron with other metals, such as chromium. When exposed to air, chromium undergoes its own version of rusting, forming a stable layer of chromium oxide.

This layer is extremely thin, 100,000 times thinner than a single strand of human hair. It is invisible to the naked eye, sticks tightly to the metal surface and prevents further oxidation. The chromium oxide layer is also self-healing — if scratched, the exposed chromium quickly reforms the protective barrier. That’s why stainless steel is used in everything from kitchen sinks to surgical tools.

Watching rust on the atomic level

I’m a materials scientist who uses advanced imaging tools, like transmission electron microscopes, to study how metals oxidize at the atomic scale. We can actually watch as tiny metal atoms lose electrons and oxygen atoms gain them, undergoing corrosion in real time.

Transmission electron microscopy video shows the real-time surface oxidation of aluminum. In the beginning, the small dots are individual aluminum atoms, neatly lined up in a regular pattern. Oxygen from the water vapor sticks to the surface and mixes with the aluminum. A new layer of aluminum oxide forms, with the atoms arranged in a messy random way. This new surface layer protects the aluminum underneath, which stays the same.

For instance, in one study, we observed the way a thin layer of aluminum oxide forms instantly when aluminum is exposed to oxygen or water vapor. This oxide layer doesn’t flake off like rust on iron; instead, it forms a uniform, tightly bonded protective coating that blocks any more oxygen and water from reaching the underlying metal. That’s why aluminum resists continued corrosion – unlike iron, whose rust layer is porous, allowing the reaction to keep going.

Oxidation can be harmful, causing rusting, or beneficial when harnessed to protect metals instead. By observing these processes in real time, my colleagues and I aim to create materials that last longer and work better in everyday life — for example, to construct stronger bridges, more efficient batteries and safer airplanes.


Hello, curious kids! Do you have a question you’d like an expert to answer? Ask an adult to send your question to CuriousKidsUS@theconversation.com. Please tell us your name, age and the city where you live.

And since curiosity has no age limit – adults, let us know what you’re wondering, too. We won’t be able to answer every question, but we will do our best.

The Conversation

Guangwen Zhou receives funding from the National Science Foundation, and the Office of Basic Energy Science, Department of Energy

ref. What is rust? A materials scientist explains metal’s crusty enemy – https://theconversation.com/what-is-rust-a-materials-scientist-explains-metals-crusty-enemy-255276

Moose have lived in Colorado for centuries – unpacking the evidence from history, archaeology and oral traditions

Source: The Conversation – USA – By William Taylor, Assistant Professor and Curator of Archaeology, University of Colorado Boulder

Moose may have been in Colorado longer than previously thought. Illustration courtesy of Ettore Mazza, CC BY-ND

Moose are on the loose in the southern Rockies.

In July 2025, a young wandering bull was captured roaming a city park in Greeley, Colorado. A spate of similar urban sightings alongside some aggressive moose encounters has elevated moose management and conservation into a matter of public debate, especially across metro Denver and the Colorado Front Range.

In Rocky Mountain National Park, a recent study found that moose and elk might be to blame for far-reaching changes to valley ecosystems, as their browsing reduces important plants like willows, depriving beavers of habitat and materials for their wetland engineering. Park wildlife are generally not managed through hunting, but the park has tried techniques like fencing moose away from wetland zones. Publicly, discussion has swirled around further mitigation measures to slow or eliminate moose populations.

At the heart of this debate is a basic question – do moose belong in the southern Rockies at all?

During much of the last century, moose were apparently rare in Colorado. The animals are absent from some early 20th century official wildlife tallies. Then, in 1978, the Colorado Division of Wildlife – now Colorado Parks and Wildlife – released a group of moose into North Park in north-central Colorado. At the time, biologists understood their efforts to be a reintroduction, but in the years since, wildlife managers have shifted their thinking about the place of moose in local ecosystems.

In the decades that followed, the moose expanded their range and numbers. Today, informal estimates by Colorado Parks and Wildlife put the moose population at around 3,500 animals. Under increased moose browsing pressure and a shifting climate, some mountain wetland environments are changing.

A large brown moose with giant antlers stands in front of tan fences. The moose is surrounded by aspen leaves changing colors into their yellow fall hues.
A young bull moose munches on aspen leaves as he passes homes along Newlin Gulch Trail in Parker, Colo., in 2013.
Helen H. Richardson/The Denver Post via Getty Images

Should these changes be thought of as human-made ecological wounds caused by releasing moose? The National Park Service seems to think so.

Statements from 2025 on the park service website, and other public messaging from wildlife officials, assert that Colorado has never supported a breeding population of moose – only the occasional transient visitor. The factual basis for this idea seems to hinge heavily on an unpublished internal report from 2015, which identified only a few archaeological or historical records of moose near the park.

We are a team of archaeologists, paleoecologists and conservation paleobiologists studying the ancient animals of the Rockies.

Understanding moose and their interactions with people centuries ago means carefully analyzing different traces that survive the passage of time. These can range from the bones of animals themselves to indirect clues preserved in everything from lake sediments to historical records.

Are moose actually native to Colorado?

As scientists studying the past, we know that reconstructing the ancient geographic ranges of animals is difficult. Archaeological sites with animal bones can be a great tool to understand the past, especially for tracing the food choices of ancient humans. But such sites can be rare, and even when they are well preserved and well studied, it can take lots of care and scientific research to identify the species of each bone.

Harder still is determining the intimate details of ancient animals’ lives, including how and where they lived, died or reproduced. Such key details can be especially opaque for moose, who are solitary and elusive. Because of this, moose may not end up in human diets, even where both species have established populations. A comprehensive review of archaeological sites from across Alaska and some areas of the Canadian Yukon, where moose are common today and have likely been present since the end of the last Ice Age, found that moose were nearly absent until the past few centuries. In fact, moose often comprised less than 0.1% of the total number of bones in very large collections, if they appeared at all. In some areas, cultural reasons like taboos against moose hunting can also prevent them from ending up in archaeological bone tallies.

In new research published as a preprint in advance of peer review, we took a closer look at the idea that moose were absent from Colorado before 1978. We combed through newspaper records, photo archives and early travel diaries and identified dozens of references to moose sightings in Colorado spanning the first records in 1860 through the decade of moose reintroduction in the 1970s.

Moose sightings appear in the very earliest written records of the area that would become Rocky Mountain National Park. In his 1863 diary, Milton Estes described happening upon a large moose alongside a band of elk while on a hunting trip.

“Since elk were common I picked out Mr. Moose for my game,” he wrote.

Milton thought he had bagged “the first and only moose that had ever been killed so far south.” He was wrong.

Our archival research turned up even earlier sightings of moose in the area, along with many more across the region in the decades that followed. Diaries, newspapers and photo records from the past two centuries show the presence of not only young bulls, which at times can range widely, but also cows and calves, a sign that local breeding was taking place in Colorado before reintroduction.

These sightings recorded in diaries and newspapers don’t have to stand on their own. Moose appear in older placenames around the state, like the area once known as Moose Park along the road from Lyons to Estes Park. Written accounts from the late 19th and early 20th centuries among Ute, Shoshone and Arapaho peoples describe moose stories, hunts and songs. And though historical records don’t go too much further back than the mid-19th century in Colorado, archaeological records do.

Our survey of Colorado sites turned up ancient moose at Jurgens, near Greeley, dated to more than 9,000 years ago, and even moose bone tools among the ruins of Mesa Verde, only a few centuries ago.

This question of whether moose are native to the southern Rockies is not just a philosophical one – its answer will shape management decisions by the National Park Service and others.

Official narrative minimizes moose presence

The contemporary idea of moose as non-native animals reflects a different understanding than was common only a few decades ago. In the 1940s, some biologists described moose as a native species that had been “extirpated except for stragglers.” As recently as the early 1970s, Rocky Mountain National Park officials understood their moose work as a reintroduction of “wild animals once native to the park.” Our findings suggest that the valid knowledge of earlier scientists has since faded or been replaced, repositioning moose as ecological outsiders.

As moose-human conflicts and shifting wetland ecologies prompt hard conversations over how to manage moose, a range of options have been discussed in public discourse. These include courses of action such as the reintroduction of carnivores like wolves, or targeted hunting access for tribes or the public.

If moose are ‘invasive,’ they can be removed

For federal agencies, labels like “invasive” or “non-native” carry legal connotations and can be used to enable other measures, like eradication.

In Olympic National Park, where mountain goats were deemed invasive and ecologically impactful, biologists undertook an extermination campaign that involved shooting the animals from helicopters, despite warnings from archaeologists as long ago as the late 1990s that the data behind their argument was flawed.

As the animal and plant communities of our Rockies change rapidly in a warming world, this kind of policy would not only be unsupported by scientific evidence, but also likely to impede the ability of our animal communities to survive, adapt and thrive.

The historical evidence indicates that moose are not foreign intruders. Archival, archaeological and anthropological data shows that moose have been in the southern Rockies for centuries, if not millennia. Rather than treat moose as a threat, we urge Rocky Mountain National Park and other agencies to work in partnership with tribes, paleoecologists and the public to carefully develop historically grounded management plans for this Colorado native.

The Conversation

John Wendt previously worked for Rocky Mountain National Park as a seasonal employee in 2012.

Joshua Miller and William Taylor do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Moose have lived in Colorado for centuries – unpacking the evidence from history, archaeology and oral traditions – https://theconversation.com/moose-have-lived-in-colorado-for-centuries-unpacking-the-evidence-from-history-archaeology-and-oral-traditions-261060

Inside an urban heat island, one street can be much hotter than its neighbor – new tech makes it easier to target cooling projects

Source: The Conversation – USA (2) – By Dan O’Brien, Professor of Public Policy and Urban Affairs and Director of the Boston Area Research Initiative, Northeastern University

A tree canopy can make a big difference in temperature for people on the street below. The challenge is getting trees where they’re needed most. Andrey Denisyuk/Moment via Getty Images

It’s summer, and it’s been hot, even in northern cities such as Boston. But not everyone is hit with the heat in the same way, even within the same neighborhood.

Take two streets in Boston at 4:30 p.m. on a recent day, as an example. Standing in the sun on Lewis Place, the temperature was 94 degrees Fahrenheit (34.6 degrees Celsius). On Dudley Common, it was 103 F (39.2 C). Both streets were hot, but the temperature on one was much more dangerous for people’s health and well-being.

The kicker is that those two streets are only a few blocks apart. The difference epitomizes the urban heat island effect, created as pavement and buildings absorb and trap heat, making some parts of the city hotter.

A clement-and-brick open space with a few trees to one side, but mostly open to the sun and surrounded by dark, paved streets.
The shade of a few nearby trees doesn’t keep Dudley Common from heating up several degrees more than neighboring streets.
Dan O’Brien

A closer look at the two streets shows some key differences:

  • Dudley Common is public open space sandwiched between two thoroughfares that create a wide expanse of pavement lined with storefronts. There aren’t many trees to be found.

  • Lewis Place is a residential cul-de-sac with two-story homes accompanied by lots of trees.

This comparison of two places within a few minutes’ walk of each other puts the urban heat island effect under a microscope. It also shows the limits of today’s strategies for managing and responding to heat and its effects on public health, which are generally attuned to neighborhood or citywide conditions.

A map showing part of Roxbury, Mass., with circles around two blocks
The top circle is Dudley Common. The bottom is Lewis Place, where trees keep the cul-de-sac several degrees cooler.
Imagery ©2025 Airbus Maxar Technologies, map data Google ©2025

Even within the same neighborhood, some places are much hotter than others owing to their design and infrastructure. You could think of these as urban heat islets in the broader landscape of a community.

Sensing urban heat islets

Emerging technologies are making it easier to find urban heat islets, opening the door to new strategies for improving health in our communities.

While the idea of reducing heat across an entire city or neighborhood is daunting, targeting specific blocks that need assistance the most can be faster and a much more efficient use of resources.

Doing that starts with making urban heat islets visible.

In Boston, I’m part of a team that has installed more than three dozen sensors across the Roxbury neighborhood to measure temperature every minute for a better picture of the community’s heat risks, and we’re in the process of installing 25 more. The Common SENSES project is a collaboration of community-based organizations, including the Dudley Street Neighborhood Initiative and Project Right Inc.; university researchers like me who are affiliated with Northeastern University’s Boston Area Research Initiative; and Boston city officials. It was created to pursue data-driven, community-led solutions for improving the local environment.

Data from those sensors generate a real-time map of the conditions in the neighborhood, from urban heat islets like Dudley Common to cooler urban oases, such as Lewis Place.

A map showing temperatures in different neighborhoods
Temperature varied substantially in Boston’s Roxbury neighborhood at 4:30 p.m. on July 25, 2025. These are some of the readings captured by the Common SENSES heat sensors.
Common SENSES

These technologies are becoming increasingly affordable and are being deployed in communities around the world to pinpoint heat risks, including Miami, Baltimore, Singapore and Barcelona. There are also alternatives when long-term installations prove too expensive, such as the U.S.’s National Oceanic and Atmospheric Administration volunteer science campaign, which has used mobile sensors to generate one-time heat maps for more than 50 cities.

Making cooler communities, block by block

Although detailed knowledge of urban heat islets is becoming more available, we have barely scratched the surface of how they can be used to enhance people’s health and well-being.

The sources of urban heat islets are rooted in development – more buildings, more pavement and fewer trees result in hotter spaces. Many projects using community-based sensors aspire to use the data to counteract these effects by identifying places where it would be most helpful to plant trees for shade or install cool roofs or cool pavement that reflect the heat.

Two men in reflective construction vests paint a stretch of road a light color. The difference between the dark and light is evident.
Workers in Los Angeles apply a cool pavement coating to reflect heat rather than absorbing it.
John McCoy/MediaNews Group/Los Angeles Daily News via Getty Image

However, these current efforts do not fully capitalize on the precision of sensors. For example, Los Angeles’ massive investment in cool pavement has focused on the city broadly rather than overheated neighborhoods. New York City’s tree planting efforts in some areas failed to anticipate where trees could be successfully planted.

Most other efforts compare neighborhood to neighborhood, as if every street within a neighborhood experiences the same temperature. London, for example, uses satellite data to locate heat islands, but the resolution isn’t precise enough to see differences block by block.

In contrast, data pinpointing the highest-risk areas enables urban planners to strategically place small pocket parks, cool roofs and street trees to help cool the hottest spaces. Cities could incentivize or require developers to incorporate greenery into their plans to mitigate existing urban heat islets or prevent new ones. These targeted interventions are cost-effective and have the greatest potential to help the most people.

Two maps of New York City show how vegetation matches cooler areas by temperature.
Comparing maps of New York’s vegetation and temperature shows the cooling effect of parks and neighborhoods with more trees. In the map on the left, lighter colors are areas with fewer trees. Light areas in the map on the right are hotter.
NASA/USGS Landsat

But this could go further by using the data to create more sophisticated alert systems. For example, the National Weather Service’s Boston office released a heat advisory for July 25, the day I measured the heat in Dudley Common and Lewis Place, but the advisory showed nearly the entirety of the state of Massachusetts at the same warning level.

What if warnings were more locally precise?

On certain days, some streets cross a crucial threshold – say, 90 F (32.2 C) – whereas others do not. Sensor data capturing these hyperlocal variations could be communicated directly to residents or through local organizations. Advisories could share maps of the hottest streets or suggest cool paths through neighborhoods.

A street with trees.
Trees in the yards of homes on Lewis Place in Roxbury help keep the street several degrees cooler than nearby paved open spaces such as Dudley Common.
Dan O’Brien

There is increasing evidence of urban heat islets in many urban communities and even suburban ones. With data showing these hyperlocal risks, policymakers and project coordinators can collaborate with communities to help address areas that many community members know from experience tend to be much hotter than surrounding areas in summer.

As one of my colleagues, Nicole Flynt of Project Right Inc., likes to say, “Data + Stories = Truth.” If communities act upon both the temperature data and the stories their residents share, they can help their residents keep cool — because it’s hot out there.

The Conversation

Dan O’Brien has received funding from the National Science Foundation’s Smart & Connected Communities program for work associated with this article (award #2230036).

ref. Inside an urban heat island, one street can be much hotter than its neighbor – new tech makes it easier to target cooling projects – https://theconversation.com/inside-an-urban-heat-island-one-street-can-be-much-hotter-than-its-neighbor-new-tech-makes-it-easier-to-target-cooling-projects-261917

Inside the search for sustainable aviation fuels, which are on the federal chopping block

Source: The Conversation – USA (2) – By Li Qiao, Professor of Aeronautics and Astronautics, Purdue University

Researchers are working to make aviation fuel more environmentally friendly. Tsvetomir Hristov/Moment via Getty Images

The federal spending law passed in early July 2025, often called the One Big Beautiful Bill Act, significantly reduces federal funding for efforts to create renewable or sustainable types of fuel that can power aircraft over long distances while decreasing the damage aviation does to the global climate.

Aviation contributed about 2.5% of global carbon emissions in 2023. It’s particularly hard to reduce emissions from planes because there are few alternatives for large, portable quantities of energy-dense fuel. Electric batteries with enough energy to power an international flight, for instance, would be much larger and heavier than airplane fuel tanks.

One potential solution, which I work on as an aerospace engineer, is a category of fuel called “sustainable aviation fuel.” Unlike conventional jet fuel, which is refined from petroleum, sustainable aviation fuels are produced from renewable and waste resources — such as used cooking oil, agricultural leftovers, algae, sewage and trash. But they are similar enough to conventional jet fuels that they work in existing aircraft tanks and engines without any major modifications.

Prior to Donald Trump’s second term as president, the U.S. government had set some bold targets: by 2030, producing 3 billion gallons of this type of fuel every year, and by 2050, producing enough to fuel every U.S. commercial jet flight. But there’s a long journey ahead.

A military jet flies above the clouds with a refueling hose connected to it, stretching out of the picture.
A U.K. Royal Air Force jet is refueled by a tanker carrying a mix of standard jet fuel and sustainable aviation fuel.
Leon Neal/Getty Images

A range of source materials

The earliest efforts to create sustainable aviation fuels relied on food crops – turning corn into ethanol or soybean oil into biodiesel. The raw materials were readily available, but growing them competed with food production.

The next generation of biofuels are using nonfood sources such as algae, or agricultural waste such as manure or stalks from harvested corn. These don’t compete with food supplies. If processed efficiently, they also have the potential to emit less carbon: Algae absorb carbon dioxide during their growth, and using agricultural waste avoids its decomposition, which would release greenhouse gases.

But these biofuels are harder to produce and more expensive, in part because the technologies are new, and in part because there are not yet logistics systems in place to collect, transport and process large quantities of source material.

Some researchers are working to create biofuels with the help of genetically modified bacteria that convert specific raw materials into biofuel. In one method, algae are grown to produce sugars or oils, which are then fed to engineered bacteria that turn them into usable fuels, such as ethanol, butanol or alkanes. In another effort, photosynthetic microbes such as cyanobacteria are modified to directly convert sunlight and carbon dioxide into fuel.

All these approaches – and others being explored as well – aim to create sustainable, carbon-neutral alternatives to fossil fuels. Exciting as it sounds, most of this technology is still locked away in labs, not available in airports.

Blends are being tested

At present, the U.S. Federal Aviation Administration allows airlines to fuel their aircraft with blends of up to 50% sustainable aviation fuel, mixed with conventional jet fuel. The exact percentage depends on how the fuel was made, which relates to how chemically and physically similar it is to petroleum-based jet fuel, and therefore how well it will work in existing aircraft tanks, pipes and engines.

There are two major hurdles to wider adoption: cost and supply. Sustainable fuels are much more expensive than traditional jet fuel, with cost differences varying by process and raw material. For instance, the raw price of Jet-A, the most common petroleum-based aviation fuel, had a wholesale price averaging US$2.34 a gallon in 2024, but one type of sustainable fuel wholesaled at about $5.20 a gallon that year.

The federal budget enacted in July 2025 reduces government subsidies, effectively raising the cost of making these fuels.

In part because of cost, sustainable fuel is produced only in small quantities: In 2025, global production is expected to be about 2 million metric tons of the fuel, which is less than 1% of the worldwide demand for aviation fuel. There is international pressure to increase demand – starting in January 2025, all jet fuel supplied at airports in the European Union must include at least 2% sustainable fuel, with minimum percentages increasing over time.

A Wall Street Journal video reports on how trash can be converted into sustainable aviation fuel.

Planes can use these fuels

Companies such as General Electric and Rolls-Royce have shown that the jet engines they manufacture can run perfectly on sustainable fuels.

However, sustainable aviation fuels can have slightly different density and energy content from standard jet fuel. That means the aircraft’s weight distribution and flight range could change.

And other parts of the aircraft also have to be compatible, such as those that store, pump and maintain the balance of the fuel. That includes valves, pipes and rubber seals. As a visiting professor at Boeing in the summer of 2024, I learned that it and other aircraft manufacturers are working closely with their suppliers to ensure sustainable aviation fuels can be safely and reliably integrated into every part of the aircraft.

Those finer details are why headlines you may have seen about flights that burn “100% sustainable aviation fuel” are not quite the full story. Usually, the fuel on those flights contains a small amount of conventional jet fuel or special additives. That’s because sustainable fuels lack some of the aromatic chemical compounds found in fossil-based fuels that are required to maintain proper seals throughout the aircraft’s fuel system.

Good promise, with work ahead

While many details remain, sustainable aviation fuels offer a promising way to reduce the carbon footprint of air travel without reinventing or redesigning entire airplanes. These fuels can significantly cut carbon dioxide emissions from aircraft in use today, helping reduce the severity of climate change.

The work will take research, and investment from governments, manufacturers and airlines around the world, whether or not the U.S. is involved. But one day, the fuel powering your flight could be much greener than it is now.

The Conversation

Li Qiao receives funding from Boeing (subcontract from FAA).

ref. Inside the search for sustainable aviation fuels, which are on the federal chopping block – https://theconversation.com/inside-the-search-for-sustainable-aviation-fuels-which-are-on-the-federal-chopping-block-254861