Tempête record en Alaska : comment le passage de l’ex-typhon Halong a pris tout le monde de court

Source: The Conversation – France (in French) – By Rick Thoman, Alaska Climate Specialist, University of Alaska Fairbanks

Un hélicoptère de la Garde côtière survole des maisons inondées à Kipnuk, en Alaska, le 12 octobre 2025. U.S. Coast Guard

Avec la montée des eaux, le dégel du pergélisol et des prévisions tardives, la catastrophe provoquée par le passage de Halong met en lumière les défis d’adaptation à venir pour les communautés isolées d’Alaska.

Les vestiges d’un puissant typhon ont déferlé le 12 octobre 2025 sur le delta du Yukon-Kuskokwim, dans l’ouest de l’Alaska aux États-Unis, soulevant une onde de tempête qui a inondé des villages jusqu’à près de 100 kilomètres à l’intérieur des terres. Selon les autorités, les eaux ont arraché des maisons à leurs fondations et en ont emporté certaines avec leurs occupants. Plus de cinquante personnes ont dû être secourues à Kipnuk et Kwigillingok, des centaines d’habitants ont été déplacés dans la région et au moins une personne a perdu la vie.

Le typhon Halong était un phénomène inhabituel, sans doute alimenté par les températures de surface de l’océan Pacifique, proches de records cet automne. Son passage à cette période de l’année rendra la reconstruction encore plus difficile pour les communautés durement touchées, comme l’explique le météorologue Rick Thoman, de l’Université d’Alaska à Fairbanks.

Les catastrophes en Alaska rural ne ressemblent à aucune autre aux États-Unis, précise-t-il. Alors que les habitants de la côte Est, frappés le même week-end par une tempête ayant inondé le New Jersey et d’autres États, ont pu se rendre dans un magasin de bricolage pour acheter du matériel ou réserver une chambre d’hôtel en cas d’inondation, rien de tout cela n’existe dans les villages autochtones isolés d’Alaska.

Zones inondées en Alaska
La montée des eaux et les vents violents provoqués par l’ex-typhon Halong ont arraché des maisons à leurs fondations et en ont fait dériver certaines.
U.S. Coast Guard via AP

Qu’est-ce qui rendait cette tempête inhabituelle ?

Halong était un ex-typhon, semblable à Merbok en 2022, lorsqu’il a atteint le delta. Une semaine plus tôt, il s’agissait encore d’un puissant typhon à l’est du Japon. Le jet stream l’a ensuite entraîné vers le nord-est, un phénomène assez courant, et les modèles météorologiques avaient plutôt bien prévu sa trajectoire jusqu’à la mer de Béring.

Mais à l’approche de l’Alaska, tout a déraillé.

Les prévisions des modèles ont changé, indiquant une tempête se déplaçant plus rapidement, et Halong a suivi une trajectoire très inhabituelle, passant entre l’île Saint-Laurent et la côte du delta du Yukon-Kuskokwim.

Carte de suivi du typhon.
Trajectoire de l’ex-typhon Halong, montrant sa remontée vers le delta du Yukon-Kuskokwim, en Alaska.
Rick Thoman

Contrairement à Merbok, dont les modèles mondiaux avaient très bien anticipé la trajectoire, celle de Halong — ainsi que son intensité finale — n’étaient pas claires avant que la tempête ne soit à moins de 36 heures des eaux territoriales de l’Alaska. C’était bien trop tard pour organiser des évacuations dans de nombreuses localités.

La perte des données du programme de ballons météorologiques, suspendu en 2025, a-t-elle affecté les prévisions ?

C’est une question qui fera l’objet de recherches futures, mais voici ce que l’on sait avec certitude : il n’y a eu aucune observation en altitude par ballon météorologique à l’île Saint-Paul, dans la mer de Béring, depuis la fin du mois d’août, ni à Kotzebue depuis février. À Bethel et Cold Bay, les lancements sont limités à un par jour au lieu de deux. À Nome, aucun ballon n’a été envoyé pendant deux jours entiers alors que la tempête se dirigeait vers la mer de Béring.

Est-ce que cela a faussé les prévisions ? On ne le sait pas, faute de données, mais il semble probable que cela ait eu un effet sur la performance des modèles.

Pourquoi la région du delta est-elle si vulnérable face à une tempête comme Halong ?

Le terrain, dans cette partie ouest de l’Alaska, est très plat, ce qui permet à de fortes tempêtes de faire pénétrer l’océan dans le delta, où l’eau se répand largement.

La plupart des terres se trouvent très près du niveau de la mer, parfois à moins de trois mètres au-dessus de la ligne de marée haute. Le dégel du pergélisol, l’affaissement du sol et la montée du niveau de la mer accentuent encore le risque. Pour de nombreuses personnes, il n’existe littéralement aucun endroit où se réfugier. Même Bethel, la plus grande ville de la région, située à une centaine de kilomètres en amont sur la rivière Kuskokwim, a connu des inondations provoquées par Halong.

Ce sont des communautés très isolées, sans routes menant aux villes. On ne peut y accéder que par bateau ou par avion. Aujourd’hui, de nombreuses personnes s’y retrouvent sans logement, alors que l’hiver approche.

Des habitants autochtones de Kipnuk évoquent les défis posés par la disparition du pergélisol et le changement climatique dans leur village. Alaska Institute for Justice.

Ces villages sont également de petite taille. Ils ne disposent ni de logements supplémentaires ni des ressources nécessaires pour se relever rapidement. La région se remettait déjà d’importantes inondations survenues à l’été 2024. La tribu de Kipnuk a pu obtenir une aide fédérale pour catastrophe naturelle, mais celle-ci n’a été approuvée qu’au début de janvier 2025.

À quoi ces communautés sont-elles confrontées pour la reconstruction ?

Les habitants vont devoir prendre des décisions très difficiles. Faut-il quitter la communauté pour l’hiver et espérer reconstruire l’été prochain ?

Il y a sans doute très peu de logements disponibles dans la région, d’autant que les inondations ont été étendues et qu’il existe déjà une pénurie de logements. Les personnes déplacées doivent-elles se rendre à Anchorage ? La vie en ville y est coûteuse. Il n’existe pas de solution simple.

La reconstruction dans des endroits comme Kipnuk est logiquement complexe. On ne peut pas simplement décrocher son téléphone et appeler un entrepreneur local. Presque tous les matériaux doivent être acheminés par barge – du contreplaqué aux clous en passant par les fenêtres – et cela ne se fera pas en hiver. Impossible de transporter quoi que ce soit par camion : il n’y a pas de routes. Les avions ne peuvent transporter que de petites quantités, car les pistes sont courtes et non adaptées aux avions cargo.

La Garde nationale pourrait peut-être aider à acheminer des fournitures par avion. Mais il faut encore disposer de personnes capables d’assurer la construction et les réparations. Tout devient cent fois plus compliqué lorsqu’il s’agit de bâtir dans des communautés isolées. Même si une aide nationale ou fédérale est approuvée, la plupart des maisons ne pourraient être reconstruites qu’à l’été prochain.

Le changement climatique joue-t-il un rôle dans ce type de tempêtes ?

Ce sera une autre question à explorer dans de futures recherches, mais la température de surface de la mer dans la majeure partie du Pacifique Nord, que le typhon Halong a traversée avant d’atteindre les îles Aléoutiennes, était bien plus élevée que la normale. Les eaux chaudes alimentent les tempêtes.

Carte animée montrant les températures des eaux de surface dans le Pacifique Nord.
Une comparaison des températures quotidiennes de surface de la mer montre à quel point une grande partie du Pacifique Nord était anormalement chaude avant et pendant le passage du typhon Halong.
NOAA Coral Reef Watch

Halong a également entraîné avec lui une masse d’air très chaud vers le nord. À l’est de sa trajectoire, le 11 octobre, Unalaska a enregistré 20 °C, un record absolu pour un mois d’octobre à cet endroit.

The Conversation

Rick Thoman a pris sa retraite du service météorologique national (National Weather Service) de la région Alaska en 2018.

ref. Tempête record en Alaska : comment le passage de l’ex-typhon Halong a pris tout le monde de court – https://theconversation.com/tempete-record-en-alaska-comment-le-passage-de-lex-typhon-halong-a-pris-tout-le-monde-de-court-267688

Comment les technologies immersives de « réalité étendue » renouvellent la rééducation motrice

Source: The Conversation – in French – By Nicolas Benguigui, Professeur en sciences cognitives, sciences du sport et de la motricité – Laboratoire GREYC – UMR 6072 UNICAEN CNRS – UFR STAPS, Université de Caen Normandie

Si les technologies immersives, telles que les casques de réalité virtuelle ou les dispositifs de réalité augmentée, sont souvent associées aux loisirs, elles jouent aussi un rôle dans divers secteurs professionnels. Dans le domaine de la santé, leurs progrès renouvellent en particulier les protocoles de rééducation.


Réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte… Ces nouvelles technologies permettent d’immerger les utilisateurs dans des environnements numériques interactifs. Au cours des deux dernières décennies, ces technologies ont connu un très fort développement résultant des avancées combinées de l’électronique et de l’informatique.

Regroupées sous l’appellation de « réalité étendue » (« extended reality » en anglais, abrégé XR), ces technologies sont souvent associées au secteur du divertissement. Pourtant, elles sont aussi très largement utilisées dans les milieux professionnels, qu’il s’agisse de former ou d’entraîner des opérateurs ou pilotes de véhicules particulièrement quand ils se préparent à exercer dans des milieux difficiles ou dangereux, mais aussi pour développer de nouvelles approches pédagogiques à travers ce que l’on appelle les « serious games ».

Ces technologies s’invitent également dans le secteur de la santé pour aider, par exemple, les chirurgiens dans leurs interventions. Elles s’avèrent aussi très intéressantes en matière de rééducation motrice dans le but d’améliorer la récupération des patients de tous âges, atteints de maladies ou de lésions neurologiques à l’origine de limitations fonctionnelles importantes.

Amener le virtuel dans le domaine la rééducation motrice

En France, environ 140 000 personnes sont victimes chaque année d’accidents vasculaires cérébraux, 150 000 subissent un traumatisme crânien, tandis que 25 000 nouveaux cas de maladie de Parkinson et 1 500 cas de paralysie cérébrale sont diagnostiqués.

Ces problèmes majeurs de santé se traduisent pour les enfants, adolescents ou adultes concernés par des altérations de leur motricité qui peuvent affecter la posture, les déplacements locomoteurs ou encore les actions des membres supérieurs. La rééducation est alors essentielle, car elle favorise la restauration de tout ou partie de ces fonctions motrices. Elle vient stimuler les mécanismes de plasticité cérébrale qui permettent des récupérations fonctionnelles parfois très importantes.

Ainsi, lorsque le cerveau subit certains dommages, les structures cérébrales ont un fort potentiel de réorganisation et de restauration des fonctions qui ont pu être altérées. Ce potentiel s’exprime d’autant plus quand la rééducation démarre tôt, de manière adaptée et progressive.




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Dans un tel contexte, et afin d’offrir aux patients les meilleures chances de récupération, les thérapeutes ont pu développer une grande gamme de protocoles de rééducation. Les techniques conventionnelles employées dans la rééducation motrice présentent cependant parfois certaines limites ou contraintes pour les patients. Ainsi, la longueur et la répétitivité des séances peuvent par exemple provoquer fatigue, douleur et démotivation.

À cela s’ajoute une autre difficulté : ces méthodes proposent généralement des exercices de motricité assez éloignés des besoins du quotidien. Cet éloignement entre la rééducation et les interactions requises dans les situations de tous les jours peut expliquer certaines difficultés de transposition et de maintien des améliorations obtenues lors des protocoles de rééducation.

Les recherches menées pour mettre au point des méthodes complémentaires ou alternatives aux techniques de rééducation existantes ont identifié l’usage des technologies de réalité étendue (XR) comme l’une des alternatives les plus intéressantes.

Ces technologies permettent de proposer aux patients des protocoles de soin avec des conditions contrôlées, progressives et attractives. Alors que les méthodes traditionnelles sont souvent fondées sur l’exécution de mouvements répétitifs et décontextualisés, ces technologies permettent de solliciter des actions finalisées, c’est-à-dire orientées vers un but concret. L’efficacité de la rééducation est de ce fait augmentée, et l’on constate une amélioration de la transférabilité des bénéfices vers les activités du quotidien.

Des premiers essais fondés sur des jeux commerciaux

Les premiers essais pour introduire les dispositifs numériques interactifs dans les centres de rééducation ont été réalisés essentiellement avec des systèmes de jeux vidéo disponibles dans le commerce, tels que les consoles de jeu PlayStation et caméra EyeToy, Xbox et caméra Kinect ou Nintendo Wii et caméra IR Pix Art. Ces systèmes de jeux nécessitent de produire des actions motrices plus ou moins complexes qui sont captées par les caméras et retranscrites sous différentes formes dans le jeu (déplacement d’un personnage, pilotage d’un véhicule, lancement de balles, etc.).

Dans la plupart des cas, l’usage de ces jeux vidéo s’est révélé bénéfique pour la rééducation. En effet, des études ont montré que ces bénéfices étaient liés aux interactions motrices requises dans un cadre ludique permettant de maintenir dans la durée la motivation des patients.

Toutefois, les possibilités d’adaptation de ces jeux aux capacités des patients sont souvent très limitées dans la mesure où ils n’ont pas été conçus dans ce but. Il en est de même pour leur intégration dans des protocoles de rééducation quantifiés, car ils ne permettent pas d’effectuer le suivi des patients et d’identifier finement la nature des progrès réalisés. Pour ces raisons, de nouvelles propositions de jeux spécifiques à la rééducation motrice ont émergé, faisant appel aux diverses technologies de la réalité étendue.

Réalité étendue, virtuelle, augmentée ou mixte : de quoi parle-t-on ?

Le concept de réalité étendue recouvre plusieurs technologies : réalité virtuelle, réalité mixte et réalité augmentée.

La réalité virtuelle plonge entièrement l’utilisateur dans un monde numérique, par l’intermédiaire de casques dotés de deux mini-écrans (un pour chaque œil). Ceux-ci permettent de percevoir l’environnement numérique en stéréo, et donc en 3D. Les casques sont également équipés de capteurs permettant de détecter les mouvements de la tête pour une mise à jour en « temps réel » des images projetées, ce qui permet l’exploration du monde virtuel dans toutes les directions. Les interactions avec ces environnements numériques sont rendues possibles par l’utilisation d’interfaces connectées telles que des manettes de contrôle, des marqueurs placés sur le corps ou encore des gants d’interaction.

La réalité mixte, quant à elle, projette des espaces numériques dans un environnement réel bien visible. Les systèmes les plus immersifs permettent des projections sur des écrans multiples situés tout autour de la personne immergée (y compris au-dessus et en dessous d’elle).

Enfin, la réalité augmentée ajoute des éléments numériques dans le monde réel. Cette technologie peut utiliser des lunettes permettant la surimpression d’éléments numériques dans la scène visuelle réelle. Elle peut aussi recourir à une caméra qui filme l’environnement et le projette sur un écran, où sont ajoutés les éléments numériques. Cela est généralement réalisé dans un casque, tel que ceux utilisés pour les applications de réalité virtuelle, mais cela peut aussi se faire via un téléphone ou une tablette numérique.

Des jeux en réalité virtuelle spécifiques à la rééducation

S’inspirant des jeux vidéo, des dispositifs de réalité virtuelle ont récemment été développés avec l’appui de thérapeutes pour s’adapter spécifiquement au contexte de la rééducation et aux besoins des patients. Ces dispositifs intègrent par exemple des principes de progressivité : ils font varier la difficulté ou l’intensité des exercices, leur fréquence ou leur répétition pour atteindre au mieux les objectifs thérapeutiques.

L’un des atouts de la réalité virtuelle est qu’elle favorise l’implication dans la rééducation, en raison du « sentiment de présence » qu’elle génère, grâce à l’utilisation de casques immersifs.

Dans ces jeux de rééducation, la finalité des actions est prépondérante. Elle permet de donner à la rééducation davantage de sens, et une attractivité nouvelle. Le patient se rééduque progressivement, par des mouvements ayant un but précis : en atteignant des objets, en les utilisant, en adoptant des postures spécifiques ou encore en se déplaçant dans un parcours guidé. Cette finalisation des actions a pour but de favoriser des transferts plus rapides vers les activités du quotidien (par exemple cuisiner, ranger une pièce, jardiner, etc.). Les progrès réalisés sont quantifiés en matière d’amplitude, de fluidité, de vitesse et de précision des mouvements réalisés.

Le projet FarmaDay illustre bien cette approche. Cette application de neuroréhabilitation est destinée à rééduquer les membres supérieurs à travers des activités de la vie quotidienne en réalité virtuelle gamifiée avec l’utilisation de casques immersifs. Ce système place le patient dans un environnement virtuel reproduisant une ferme. Les patients peuvent l’explorer en y effectuant diverses tâches : s’occuper des animaux, cueillir des fruits ou des légumes, se laver les mains, verser une boisson ou encore jouer du piano.

Dépasser certaines craintes dues aux pathologies

Chez certains patients, les limitations fonctionnelles et la douleur peuvent être très intériorisées. Cela se traduit par une diminution de l’activité et de l’implication dans l’action, par crainte d’avoir mal, de se blesser à nouveau ou de ne pas y arriver. Cette « kinésiophobie » peut freiner la rééducation et contribuer à renforcer les limitations fonctionnelles.

Un des avantages de la réalité virtuelle totalement immersive est d’impliquer fortement les patients dans leur rééducation. Équipés d’un casque immersif, ils ne voient pas leur propre corps, mais seulement des représentations virtuelles de celui-ci (avatars), ce qui peut les aider à dépasser certaines de leurs craintes.

Autre intérêt de la rééducation en réalité virtuelle : la possibilité de créer des exercices dans lesquels les mouvements à produire et l’atteinte des buts recherchés sont guidés par différentes modalités sensorielles (visuelles, sonores, tactiles). Certains objets peuvent par exemple être mis en surbrillance quand le mouvement d’atteinte est réussi. Des guides ou des feed-back de trajectoires de mouvement, de direction, de rythme, peuvent être affichés, ainsi que des codes couleurs, des sons, des vibrations, ou encore des indications ou des commentaires sur les performances à réaliser.

À titre d’exemple, le projet RV-Reeduc réalisé au sein du laboratoire GREYC] de l’Université de Caen Normandie, a abouti au développement de jeux de poursuite et d’atteinte de cibles en mouvement, dans un environnement virtuel 3D avec casque immersif (voir vidéo présentée ci-dessous dans le cadre du projet Neo-Reeduc).

Proposés dans des centres de rééducation pour des enfants et adolescents atteints de paralysie cérébrale, ces jeux de rééducation ont permis d’améliorer les amplitudes, la fluidité et la précision des mouvements des jeunes patients, après un programme de trois séances hebdomadaires sur une durée d’un mois. Les effets bénéfiques se sont avérés durables, puisqu’ils étaient encore observés trois mois après la fin de la rééducation.

Des alternatives pour dépasser certaines limites de la réalité virtuelle

Si la réalité virtuelle a de nombreux avantages pour la rééducation motrice, elle présente aussi certains inconvénients. Ainsi, certains patients peuvent ressentir un inconfort lié au poids du casque ou à la sensation d’isolement qu’il induit. De plus, certains d’entre eux peuvent ressentir une appréhension, un déséquilibre ou un malaise proche du mal des transports ou cinétose, en particulier lorsque des déplacements sont requis.

Ce type de « cybermalaise » est le plus souvent dû à l’amplification des mouvements réalisés du réel en virtuel. Cette amplification des déplacements crée un décalage entre les perceptions corporelles et les perceptions visuelles. Il peut aussi être lié au décalage, même très faible, du « temps réel » dans la mise à jour des images visuelles, par rapport aux signaux de mouvements perçus par le corps. Ces phénomènes, appelés « incongruences » ou « conflits sensoriels », peuvent provoquer des symptômes désagréables tels que des maux de tête, des vertiges, voire des nausées et des vomissements.

L’immersion dans un monde virtuel doit donc se faire de manière progressive. Elle n’est pas forcément appropriée à tous les patients, notamment ceux qui présentent des troubles perceptifs. Pour pallier ces inconvénients, d’autres projets ont choisi de s’appuyer sur la réalité mixte, qui fusionne les mondes physique et numérique.

C’est le cas du projet Neo-Reeduc, piloté lui aussi par le laboratoire GREYC. Les jeux de rééducation créés en partenariat avec la société NeoXperiences se situent en réalité mixte. Les images sont projetées sur de grands murs interactifs, et les mouvements des utilisateurs, capturés grâce à un système vidéo (« motion capture »), permettent d’interagir avec les applications. Ainsi, plus besoin d’équiper les patients de casques, manettes de contrôles ou autres dispositifs corporels.

Une telle immersion en réalité mixte rend aussi possible l’implication de plusieurs utilisateurs, ce qui favorise les échanges et renforce les aspects ludiques et conviviaux des exercices, créant un environnement susceptible d’augmenter la motivation des patients à suivre la rééducation.

Perspectives de développements futurs

Les protocoles faisant appel aux nouvelles technologies de réalité étendue (XR) permettent de stimuler de manière plus précise, plus douce et plus progressive les fonctions motrices ayant subi des atteintes. Elles rendent la rééducation plus ludique et davantage finalisée, tout en renforçant la motivation des patients et leurs interactions sociales.

Ce faisant, ces technologies contribuent à diversifier et augmenter le volume de rééducation, en augmentant ainsi le potentiel de plasticité cérébrale. Cela permet d’élargir les répertoires des thérapeutes dans leurs protocoles de rééducation motrice pour une meilleure récupération fonctionnelle.

Des recherches complémentaires associant patients, thérapeutes, chercheurs et développeurs sont cependant encore nécessaires afin de mesurer plus finement l’efficacité de ces dispositifs de rééducation innovants. Il reste en effet à identifier plus précisément les facteurs pouvant générer des effets bénéfiques et ceux pouvant causer des effets indésirables. Enfin, il reste à explorer la possibilité d’utiliser des interfaces de plus petite dimension (tablettes graphiques et smartphones) qui pourraient permettre à terme la poursuite de la rééducation à domicile.

The Conversation

Les projets RV-Reeduc et Neo-Reeduc mentionnés dans cet article ont reçu des financements de la Région Normandie et des fonds Européens FEDER dans le cadre des appels à projets RIN Emergent et d’Innovation en collaboration. Le projet Neo-reeduc a été réalisé dans le cadre d’une collaboration avec la Société NeoXperiences.

Ces projets de recherche ont impliqué : Nicolas Benguigui, Rémi Laillier, Héloïse Baillet, Simone Burin-Chu, Luca Fantin, Laure Lejeune, Lucie Hubert, Adrien Picot, Corentin Loyer, Juliette Perriot, Kaoutar Arbouch, Régis Thouvarecq, Youssef Chahir, François Rioult, Pascale Leconte

Ils ont été réalisés avec les centre de rééducation suivants : Le CMPR La Clairière à Hérouville Saint Clair (14) ; L’IMPR du Bois de Lébisey à Hérouville Saint Clair (14) ; L’ IEM François Xavier Falala à Hérouville Saint- Clair (14) ; Le SSR les Monts d’Aunay à Aunay sur Odon (14) ; L’Hôpital de la Musse à Saint Sébastien de Morsent (27) ; L’ EPA Helen Ketter au Havre (76)

Héloïse Baillet, Laure Lejeune, Luca Fantin, Lucie Hubert, Pascale Leconte, Rémi Laillier et Simone Burin-Chu ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Comment les technologies immersives de « réalité étendue » renouvellent la rééducation motrice – https://theconversation.com/comment-les-technologies-immersives-de-realite-etendue-renouvellent-la-reeducation-motrice-242971

De Tianjin à New York : comment la Chine cherche à reconfigurer la gouvernance mondiale

Source: The Conversation – in French – By Quentin Couvreur, Doctorant en science politique, Sciences Po

En septembre 2025, la Chine a organisé une grand-messe de l’Organisation de coopération de Shanghai et un immense défilé à l’occasion des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut l’occasion pour elle d’afficher sa volonté de réformer la gouvernance mondiale et de se poser en leader du « Sud global ». Dans le même temps, comme l’a démontré la dernière Assemblée générale de l’ONU, la République populaire cherche à s’imposer toujours davantage au sein des Nations unies, tout en rapprochant les institutions onusiennes des plateformes multilatérales qu’elle contrôle.


Dans un contexte marqué par l’unilatéralisme croissant des États-Unis de Donald Trump et par les incertitudes qui pèsent sur le système onusien, la Chine cherche à apparaître comme un pilier de la gouvernance mondiale tout en appelant à la réforme de celle-ci.

Au mois de septembre 2025, le double anniversaire de la victoire des Alliés (reddition de l’Allemagne en mai et du Japon en septembre 1945) et de la fondation de l’Organisation des Nations unies en octobre 1945 a offert à Pékin une séquence idéale pour promouvoir un système multilatéral plus étroitement aligné sur ses intérêts.

Le sommet de l’OCS et l’annonce de l’Initiative pour la gouvernance mondiale

La séquence s’est ouverte le 1er septembre à Tianjin, où la Chine organisait le 25e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Fondée en 2001 par la Chine, la Russie et quatre pays centrasiatiques, l’OCS était à l’origine une organisation régionale essentiellement vouée aux questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Elle s’est ensuite progressivement étendue, intégrant l’Inde et le Pakistan (2017) puis l’Iran (2023) comme nouveaux membres.

Aujourd’hui, l’organisation eurasiatique – la plus « grande organisation régionale du monde », comme aime à le rappeler Pékin – s’est muée en une plateforme stratégique au sein de laquelle la Chine promeut ses normes et son discours sur la nécessaire réforme de l’ordre international, tout en affichant son leadership au sein du « Sud global ».

À Tianjin, le président chinois Xi Jinping avait ainsi rassemblé une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, dont le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre indien Narendra Modi.

En présence du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, le président chinois a saisi l’occasion de ce sommet pour annoncer une Initiative pour la gouvernance mondiale (GGI, de l’anglais Global Governance Initiative), visant à « construire un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable ». Déclinant cinq concepts clés, il a notamment souligné l’importance du respect de la souveraineté et du droit international, tout en appelant à renforcer le multilatéralisme face aux grands défis mondiaux.

Formulée en termes délibérément vagues et exempte de propositions concrètes, la GGI n’en esquisse pas moins la vision chinoise d’une gouvernance mondiale reconfigurée, dans l’objectif de pallier trois « défaillances » des organisations existantes : la sous-représentation des pays du Sud dans les enceintes internationales, l’érosion de l’autorité des Nations unies (incarnée par l’impuissance du Conseil de sécurité face à la situation à Gaza) et leur manque d’efficacité (démontré par le retard dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable).

Cette vision se caractérise par la centralité qu’elle accorde aux questions de développement économique, par son refus des alliances militaires au profit d’une sécurité commune, et par sa conception pluraliste de la « coexistence harmonieuse » entre civilisations, qui ne laisse aucune place à l’universalité des droits humains.

Ces thématiques avaient déjà été mises en avant par les trois initiatives globales lancées par Xi Jinping entre 2021 et 2023, portant respectivement sur le développement, sur la sécurité et sur la civilisation.

Une constellation d’organisations et de forums multilatéraux

Cette vision se manifeste également dans le choix du sommet de l’OCS pour annoncer la GGI. L’OCS incarne en effet la volonté de Pékin de reconfigurer la coopération multilatérale autour d’une constellation d’organisations, de forums et de mécanismes peu contraignants, dont le principal point commun est de promouvoir un monde multipolaire, tout en accordant une place prépondérante, voire centrale, à la Chine. S’appuyant sur son « cercle d’amis » parmi les pays en développement, Pékin entend bâtir des contrepoids aux institutions dominées par les pays occidentaux, comme le G7.

Cette constellation comprend en premier lieu l’OCS et les Brics+, dont l’élargissement récent était une priorité pour la Chine. Dans le domaine financier, elle inclut également la Nouvelle Banque de développement des Brics (NBD), mais aussi la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), établie en 2016. Surtout, elle s’étend via la multiplication des forums « multi-bilatéraux » sino-centrés, comme le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) ou le Sommet Chine-Asie centrale, dont la première édition a été organisée en 2023.

Si ces plateformes participent d’abord d’un « effet d’affichage », l’évolution de l’OCS traduit la volonté chinoise d’en faire un vecteur d’approfondissement des coopérations.

Invoquant la nécessité de mettre en œuvre des « actions concrètes », le président chinois a ainsi plaidé pour la création d’une banque de développement de l’OCS. Il a aussi annoncé la mise en œuvre d’une centaine de projets de développement en faveur des États membres, financés par un don de deux milliards de yuans (240 millions d’euros), de même qu’un renforcement de la coopération dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’intelligence artificielle.

Quel rôle pour l’ONU dans la diplomatie multilatérale chinoise ?

À la lumière de ces évolutions, la place accordée aux Nations unies dans la vision chinoise du multilatéralisme interroge. En effet, en 2015, pour le 70e anniversaire de l’ONU et pour son premier discours en tant que président de la Chine à la tribune de l’Assemblée générale, Xi Jinping avait mis en scène l’engagement multilatéral de son pays, présenté comme prêt à assumer davantage de responsabilités et à renforcer sa contribution à une organisation considérée comme « la plus universelle, la plus représentative et dotée de la plus haute autorité ».

Au cours des années suivantes, la Chine s’est affirmée comme une actrice majeure du système onusien, devenant sa quatrième contributrice financière et prenant la direction de plusieurs agences. Ambitionnant de transformer l’organisation depuis l’intérieur, elle s’est investie dans les Nations unies pour renforcer ses liens avec les pays en développement, diluer les normes libérales et redéfinir la conception des droits humains, tout en promouvant ses propres initiatives, en particulier les Nouvelles Routes de la soie.




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Dix ans plus tard, pour le 80e anniversaire de l’ONU, Xi Jinping n’a pas fait le déplacement à New York, préférant y dépêcher son premier ministre, Li Qiang. Cette absence n’est pas anodine, puisque c’est la première fois depuis 1985 qu’un président chinois ne se rend pas à un anniversaire décennal de l’organisation. De même, le choix de dévoiler la GGI au sommet de l’OCS plutôt qu’à la tribune de l’Assemblée générale peut être interprété comme une volonté de la Chine de privilégier et de renforcer des plateformes où elle peut plus aisément manœuvrer.

Néanmoins, l’ONU demeure une source essentielle de légitimité pour Pékin, qui continue de proclamer son soutien à l’organisation, en contrepoint du désengagement des États-Unis. Pékin renforce sa présence au sein des institutions onusiennes et a accru ses contributions financières volontaires en 2024, celles-ci atteignant leur plus haut niveau depuis 2016. Pour autant, ces contributions restent modestes au regard des besoins, et la Chine contribue elle-même à la grave crise de liquidités que traverse l’ONU, en s’acquittant de plus en plus tardivement de ses contributions obligatoires.

Revendiquer l’héritage de 1945

Au total, ces dynamiques ambivalentes ne suggèrent ni un désintérêt complet de Pékin pour le système onusien, ni une montée en puissance qui verrait la Chine entièrement supplanter les États-Unis en son sein, ni encore l’édification d’un ambitieux système alternatif. En réalité, elles reflètent plutôt la volonté chinoise d’arrimer plus étroitement le système onusien aux formats multilatéraux privilégiés par Pékin. En témoigne l’adoption par l’Assemblée générale, le 5 septembre 2025, d’une résolution sur la coopération entre l’ONU et l’OCS, malgré l’opposition ou l’abstention des pays occidentaux.

Cet arrimage vise in fine à faire apparaître la vision illibérale de la Chine comme conforme aux principes de la Charte des Nations unies. C’est en effet l’héritage de 1945 que la Chine revendique, comme l’illustre le télescopage temporel entre le sommet de l’OCS et le grand défilé militaire organisé à Pékin pour les commémorations du 80e anniversaire de la victoire dans la « Guerre mondiale antifasciste ». Pour le Parti communiste chinois, il s’agit de se poser en garant légitime des principes fondateurs de la gouvernance mondiale et de l’ordre international, réinterprétés à l’aune de ses préférences idéologiques. En cela, comme l’a reconnu Li Qiang dans son discours, l’ONU demeure pour l’heure « irremplaçable ».

The Conversation

Quentin Couvreur ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. De Tianjin à New York : comment la Chine cherche à reconfigurer la gouvernance mondiale – https://theconversation.com/de-tianjin-a-new-york-comment-la-chine-cherche-a-reconfigurer-la-gouvernance-mondiale-266806

Votre alimentation influence-t-elle vos rêves ? Ce que disent nos recherches sur la nourriture et les cauchemars

Source: The Conversation – in French – By Jade Radke, PhD Student, Behavioral Sustainability Lab, University of British Columbia

Vous êtes-vous déjà demandé si un rêve étrange était dû à quelque chose que vous aviez mangé la veille au soir ? Si oui, vous n’êtes pas seul. Nous faisons tous des rêves étranges de temps en temps et cherchons à comprendre pourquoi.

Depuis des siècles, on croit que l’alimentation et l’heure du repas influencent les rêves. Un exemple frappant se trouve dans la bande dessinée du début du XXe siècle intitulée Dream of the Rarebit Fiend (Rêve d’un fondu de fondue, en français), dans laquelle les personnages attribuent souvent leurs rêves étranges au fait d’avoir mangé un plat à base de fromage, comme le Welsh rarebit, la veille au soir.

Malgré ce folklore, les recherches scientifiques sur le lien entre alimentation et rêves restent limitées.

Quelques enquêtes exploratoires ont donné des résultats préliminaires et suggestifs. Une étude de 2007 a révélé que les personnes qui consommaient davantage d’aliments biologiques affirmaient faire des rêves plus vivants et plus étranges que celles qui consommaient davantage de restauration rapide.

De même, une enquête de 2022 a montré que certains aliments influencent les rêves : fruits pour des souvenirs plus fréquents, fruits et poisson pour des rêves lucides, sucreries pour davantage de cauchemars. Et dans notre étude de 2015, nous avons constaté que près de 18 % des participants pensaient que leur alimentation influençait leurs rêves. Parmi eux, les produits laitiers étaient les plus souvent cités comme responsables.

Dans le prolongement de cette étude, nous avons récemment mené une enquête en ligne auprès de 1082 étudiants canadiens en psychologie, auxquels nous avons posé des questions sur leurs habitudes alimentaires, leur état de santé général, la qualité de leur sommeil et leurs rêves. Nous avons testé plusieurs hypothèses sur la façon dont l’alimentation et les sensibilités alimentaires pourraient influencer les rêves, y compris leur influence possible sur la gravité des cauchemars.

Ce que nous avons découvert

Un peu plus de 40 % des participants nous ont dit que certains aliments aggravaient ou amélioraient la qualité de leur sommeil. Environ 5 % pensaient que l’alimentation avait une incidence sur leurs rêves, les desserts, les sucreries et les produits laitiers étant les coupables les plus fréquemment cités.

Les personnes allergiques ou intolérantes au gluten percevaient davantage que l’alimentation influençait leurs rêves. Celles intolérantes au lactose signalaient plus souvent que certains aliments perturbaient leur sommeil.

Nous avons également constaté que les participants souffrant d’une allergie alimentaire ou d’une intolérance au lactose signalaient des cauchemars plus fréquents et plus intenses. La fréquence des symptômes gastro-intestinaux, comme les douleurs abdominales et les ballonnements, était associée à la fois à l’intolérance au lactose et aux cauchemars, ce qui pourrait expliquer ce lien.

Ces résultats confirment un nombre croissant de preuves suggérant un lien entre le microbiome intestinal et le système nerveux central (l’axe intestin-cerveau). Pour la première fois, ils révèlent que les troubles intestinaux peuvent se manifester psychologiquement pendant le sommeil sous forme de cauchemars.

Cela rejoint les recherches en cours sur la relation entre l’alimentation et le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), dont l’un des symptômes est la fréquence des cauchemars. Alors que travaux se sont concentrés sur la relation entre les habitudes alimentaires globales et le SSPT, nos résultats suggèrent que certains aliments spécifiques, tels que les produits laitiers et les sucreries, pourraient exacerber les cauchemars en particulier.

Dès lors, les traitements du SSPT pourraient gagner à inclure une évaluation des habitudes alimentaires, des allergies et des intolérances, ainsi que des changements de régime.

Nos recherches montrent un lien possible entre alimentation et rêves, mais les résultats restent corrélationnels. Des expériences sont nécessaires pour tester dans quelle mesure certains aliments peuvent avoir un impact sur les rêves.

Les prochaines étapes pourraient consister en expériences contrôlées pour tester l’effet de certains aliments déclencheurs, tels que du fromage contenant du lactose par opposition à du fromage sans lactose, en particulier chez les personnes intolérantes au lactose ou qui font fréquemment des cauchemars. Des expériences similaires pourraient être menées auprès de participants souffrant de divers types d’allergies alimentaires.

Quelques conseils pratiques

Nos résultats, corroborés par des recherches antérieures, suggèrent quelques mesures simples pour mieux dormir et rêver :

  1. Évitez de manger tard le soir, en particulier des aliments lourds, sucrés ou épicés. Nous avons constaté que manger le soir était associé à des rêves troublants et à une moins bonne qualité de sommeil.

  2. Si vous êtes intolérant au lactose, essayez d’éviter les produits laitiers avant de vous coucher ou optez pour des alternatives sans lactose. Par exemple, les fromages à pâte dure et affinés ont tendance à contenir moins de lactose que les fromages à pâte molle et frais.

  3. Si vous souffrez d’allergies alimentaires, pensez à réduire votre consommation d’aliments concernés avant de vous coucher. Les inquiétudes liées à d’éventuelles réactions allergiques pourraient s’immiscer dans vos rêves.

  4. Notez tous les aliments qui semblent influencer votre sommeil ou vos rêves, et essayez de les supprimer pendant des périodes intermittentes pour voir s’ils ont une incidence sur la qualité de votre sommeil ou de vos rêves.

En général, une alimentation équilibrée et riche en nutriments, comprenant des fibres, des fruits, des légumes et des protéines maigres, peut contribuer à améliorer la qualité du sommeil ou des rêves. Le principal enseignement à retenir ? Écoutez votre corps : si certains aliments ou habitudes perturbent vos nuits ou provoquent régulièrement de mauvais rêves, adaptez‑les en conséquence.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Votre alimentation influence-t-elle vos rêves ? Ce que disent nos recherches sur la nourriture et les cauchemars – https://theconversation.com/votre-alimentation-influence-t-elle-vos-reves-ce-que-disent-nos-recherches-sur-la-nourriture-et-les-cauchemars-263863

Scary stories for kids: Watership Down made me aware of my mortality at age four

Source: The Conversation – UK – By Aislinn Clarke, Lecturer in Film Studies, Queen’s University Belfast

When I think of my first encounter with horror, I don’t think of a vampire, a witch, or even a possessed girl’s head spinning round (I saw The Exorcist at the age of seven). I think of a Sun God, I think of teeth and claws slicked with blood, I think of the Black Rabbit of Death. And he wasn’t even the bad guy.

I’m not talking about some campy folk horror from the 1960s. I’m talking about the 1978 animated version of Richard Adams’ Watership Down.

I was perhaps four when I saw it. The opening sequence remains a core memory: the myth of the Prince with a Thousand Enemies, the Original Rabbit, rendered in gorgeous animation that evoked Aboriginal art via the films of New Zealand artist Len Lye. Then the great crimson wave of blood flowing across the fields. Death, cold and indiscriminate, was coming to the gentle slopes of Watership Down.

That was the moment I first felt awe and terror at the fragility of life. And the utter indifference of death. The kind of awe and terror we assume children’s minds can neither comprehend nor bear.

And that was just the beginning.


This article is part of a series of expert recommendations of spooky stories – on screen and in print – for brave young souls. From the surprisingly dark depths of Watership Down to Tim Burton’s delightfully eerie kid-friendly films, there’s a whole haunted world out there just waiting for kids to explore. Dare to dive in here.


It’s easy to assume that because Watership Down is a cartoon about woodland animals, it must be gentle. It isn’t. And that’s why it’s so powerful. My parents had already let my older siblings and I watch the campy spectacle of Hammer Horror at Halloween, but they couldn’t have guessed the deeper impact of Adams’s rabbits – they let me watch alone from the safe distance of the shag rug one sunny afternoon in 1984.

Nothing terrible had yet happened to me. I hadn’t known grief or loss. Watership Down cracked that open. For the first time, I understood, viscerally, that all the earth’s creatures – including myself – are mortal, and that death was coming for us all.

But don’t let that put you off sharing it with your four-year-old.

The value of horror is that it gives us a safe space to process fear. It takes the anxieties we can’t name and turns them into something we can face. I watched horror films with my family every weekend – Poltergeist, Day of the Dead, The Evil Dead.

Afterwards I slept like the actual dead. Soundly. Peacefully. I didn’t have nightmares, even if I did dream of rabbits. I didn’t need nightmares. For, what is a horror film, after all, if not a nightmare you share with people you love – a nightmare that can be switched off and tucked back into its case?

And, yes, I am saying that Watership Down is a horror film. Like Lovecraft’s cosmic horror, like The Thing or Alien, the terror of Watership Down arises from mortal insignificance. We too are small, powerless, unmoored, no different to the rabbits fleeing the down.

The film’s horror depends on empathy, the recognition that every creature wants what we want: to live, to love, to survive. Children understand that we are not special.

However, it is perhaps the most primal and defining characteristic of humanity that, not only do we fear death, but we know it is coming. Such darkness is part of being human and we can’t insulate children from the fullness of being human.

If we try, the chances are that the darkness will come out anyway in their nightmares, understood as a terrible thing that their own mind created in the dead of night. To share a film like Watership Down with them is to say: “I trust you with this. You are ready for awe, wonder, and yes, for fear too. And it is because we fear that we hope.”

Richard Adams opened his novel with a gruesome quote from the ancient Greek tragedian Aeschylus and added: “If that makes the child put it back on the shelf, then to Hell with the child.”

His provocation was not contempt but a refusal to patronise. Children, he argued, deserve stories that take them seriously. Indeed, to live without curiosity, without discomfort, without provocation, is the stuff of nightmares. That is hell.

Both the book and the film trust their audience to confront mortality honestly. That trust makes for stronger children – and stronger adults. Adams rejected allegorical readings of his story, insisting that this gut wrenching heroes’ journey, with its keen sense of justice, really was about rabbits.

Children understand that not everything has to be about us. Only adults insist on being the default main character. Children know that in this beautiful, terrible world, everything – even us – just wants to live.

Perhaps all of this is more than one would expect from a cartoon film about woodland animals. Maybe we could all use a sunny afternoon on the rug, watching Watership Down, and remembering what it is like to be small and afraid and full of hope.


Watership Down has a PG rating, which means some material may not be suitable for young children, so parental guidance is advised.

This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org. If you click on one of the links and go on to buy something from bookshop.org The Conversation UK may earn a commission.


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The Conversation

Aislinn Clarke does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Scary stories for kids: Watership Down made me aware of my mortality at age four – https://theconversation.com/scary-stories-for-kids-watership-down-made-me-aware-of-my-mortality-at-age-four-267052

Rise in youth mortality fuelled by mental illness, drugs, violence and other preventable causes

Source: The Conversation – UK – By Manuel Corpas, Lecturer in Genomics, University of Westminster

In some regions, youth mortality has actually risen in the past decade. KieferPix/ Shutterstock

Global mortality continues to fall. Life expectancy has improved to unprecedented levels and deaths in young children have plummeted. Yet for adolescents and young adults, especially those aged 15 to 24, little progress has been made according to data from the latest Global Burden of Disease study. In parts of North America and eastern Europe, mortality in those aged 15-24 has actually risen in the past decade.

This latest study also showed the main causes of death among young people aren’t disease or poor health. The main causes were shown to be injury, violence, suicide, road traffic accidents and substance abuse.

This shows us that health systems worldwide are still ill-equipped to prevent or intervene effectively in social and structural causes of youth mortality.

The Global Burden of Disease study is one of the largest studies on the picture of health, disease and mortality worldwide. The study analysed more than 310,000 data sources collected between 1950 and 2023 from 204 countries. Using death registries, censuses and household surveys, the research team estimated age-specific mortality trends across the lifespan.

The overall picture is one of uneven progress.

For children, especially in low and middle-income countries, vaccines, improved sanitation and better nutrition have saved millions of lives. In east Asia, for instance, mortality in under-fives fell by 68% between 2011 and 2023.

For older adults, the global mortality rate declined by 67% between 1950 and 2023, thanks to better screening, medication and chronic disease management.

Deaths from cardiovascular disease (the leading cause of death globally) have also improved substantially. But cardiovascular disease and other non-communicable diseases (such as cancer and diabetes) still account for nearly two-thirds of all deaths ariund the world.

For young people aged 15-24, the risk profile was different. For them, the main causes of death were primarily preventable ones.

In North America, deaths among people aged 20 to 39 rose by as much as 50% in the past decade – largely due to suicide, drug overdose and alcohol-related harms. The picture was also similar in some parts of Latin America.

But in other parts of the world, such as sub-Saharan Africa, infectious diseases (such as as tuberculosis) and unintentional injuries were the main drivers of youth mortality.

The study also highlighted stark inequalities in mortality risk for youth from marginalised, low-income or Indigenous groups. For instance, the study found that mortality in young women aged 15-29 living in sub-Saharan Africa was 61% higher than previously estimated, mostly due to maternal mortality, road injuries and meningitis.

However, these groups remain systematically underrepresented in global health datasets. The study found that more than 80% of countries lacked nationally representative data across key health domains, including mental health and child health. This meant most of the data was drawn from high-income regions.

Latin Americans, for example, make up over 8% of the global population but represent less than 1% of some global reference datasets. Such a systemic lack of representation from these groups renders their health needs invisible – including the health needs of those affecting the young.

Emerging trends

Today’s young people face unprecedented economic insecurity, social volatility, violence and pressures from social media – all of which can have an extraordinary toll on both mental health and wellbeing.

A young woman sits alone on a bench outside, gazing thoughtfully.
The mental health needs of young people must urgently be addressed.
New Africa/ Shutterstock

Mental health challenges underlie many of the leading causes of adolescent death reported in the study. It’s clear from this and other studies that youth mental health urgently needs to be addressed.

For instance, research from Spain which looked at over 2 million adolescent hospitalisations between 2000 and 2021, found admissions for mental health conditions more than doubled – surging especially after the COVID-19 pandemic.

For teenage boys, substance use, ADHD and psychosis were the most common causes of hospitalisation. For girls, eating disorders, anxiety and depression were more prevalent.

A related study found admissions for adolescent anorexia nervosa rose by almost 90% after 2020 – with cases overwhelmingly concentrated in girls aged 13-17.

Health survey data from 2023 also showed that half of US young adults aged 18-24 reported experiencing symptoms of anxiety or depression. Additionally, a separate US survey also found that more than one-third of 18-24-year-olds reported they’d recently thought about self-harm or suicide.

Other factors which may also have contributed to high youth mortality rates may include a historical lack of preparedness by health systems in focusing on adolescent health issues, as well as a lack of interventions aimed at reducing the actual leading causes of youth death (such as road safety, violence prevention and meaningful mental health care).

The response to youth mortality cannot be medical alone as the leading causes of death in this age group require interventions that sit outside healthcare and require coordination across sectors.

Data systems must also change. Youth from low-income countries, Indigenous people and marginalised groups are underrepresented in research. This means we don’t fully understand the needs of these groups and the problems they face – making it difficult to plan and implement effective interventions.

Youth health must be re-framed as an equity issue, as well. The current model treats young people as responsible for their own poor outcomes, when research shows that, overwhelmingly, these issues can be caused by conditions that young people do not control: poverty, exposure to violence, unsafe road environments, inadequate mental health services and lack of economic opportunity.

These deaths are preventable. We cannot celebrate global health gains when youth mortality is stagnant – and even worsening in many parts of the world. Preventing adolescent and young adult deaths is the next frontier for a fairer, healthier future.

The Conversation

Manuel Corpas does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Rise in youth mortality fuelled by mental illness, drugs, violence and other preventable causes – https://theconversation.com/rise-in-youth-mortality-fuelled-by-mental-illness-drugs-violence-and-other-preventable-causes-267459

How ‘conflict-free’ minerals are used in the waging of modern wars

Source: The Conversation – UK – By Mark Griffiths, Reader in Political Geography, Newcastle University

Minerals such as cobalt, copper, lithium, tantalum, tin and tungsten, which are all abundant in central Africa, are essential to the comforts of everyday life. Our phones, laptops and electric vehicles would not function without them.

These minerals are also tied intimately with conflict. For decades, military and paramilitary violence in the Democratic Republic of Congo (DRC) and on its borders – particularly with Rwanda – has been shaped and financed by control over some of these sought-after commodities.

Many of these minerals, including those that have supposedly been sourced responsibly, are linked to violence at the other end of the supply chain too. As we found in our recently published research, minerals sourced in central Africa play a crucial role in the waging of modern wars.

A map of the Democratic Republic of Congo, with its location in Africa displayed.
The eastern provinces of the DRC hold large mineral reserves, but mining there remains fraught with the involvement of armed groups.
gt29 / Shutterstock

Extensive campaigning and lobbying over the past two decades has focused on the idea of “conflict-free minerals” as a way to address links between extraction and armed conflict in mining regions.

This has resulted in a suite of legislation in the EU and US obliging tech manufacturers that use minerals from the DRC and surrounding countries to submit so-called “conflict minerals reports” to national authorities.

In the US, for example, tech firms file what is known as a “specialized disclosure form” to the Securities and Exchange Commission detailing all sources of four key minerals commonly associated with conflict in Africa: tantalum, tin, tungsten and gold.

The form requires a declaration that trade is compliant with the due diligence guidelines set by the OECD on responsible supply chains in the DRC and neighbouring states. This guidance has, in turn, given rise to an industry of regulators that seeks to ensure minerals connected to conflict do not enter supply chains.

Tech companies worldwide – big and small – now comply with conflict minerals policies. The fact that these firms can be held under a critical spotlight, and that attention is falling on how bloody wars are connected to consumer products, is a positive development. But there are many flaws to this system of accountability.

One issue is the difficulty in proving that mineral supply is truly conflict free. Many of the “conflict-free” minerals sold through Rwanda, for instance, are very likely to have at least some connection to war.

In the early 2000s, when Rwandan forces were involved in armed conflict in the DRC, the UN estimated that the Rwandan army controlled between 60% and 70% of all the coltan (tantalum ore) produced there. It is widely accepted that Rwandan influence has persisted in the DRC since.

Another issue is that, under conflict-free mineral legislation, “conflict” is associated with minerals only at source. There is no oversight on how minerals are connected to conflict at the other end of supply chains in modern weapons of war.

Conflict minerals

Weapons are no longer fashioned only with lead, iron and brass. They now depend on a range of advanced technologies: lithium batteries, cobalt cathodes, tantalum resistors, nickel capacitors, tin semiconductors, tungsten electrodes and so forth.

In fact, everything advanced militaries do nowadays – whether it involves a fighter jet, drone, guided bomb, smart bullet, night vision or remote sensing – utilises these components.

As we outline in our study, conflict-free minerals are essential to the waging of modern wars. We traced the movement of ores from the DRC into Rwanda, from where they are then sold to some of the world’s largest weapons makers as “conflict-free” minerals.

A coterie of defence contractors source minerals via this route. These minerals, as our previous research shows, are used as “volumetrically minor yet functionally essential” ingredients of the products these firms sell to militaries worldwide.

To draw focus on two “conflict-free” minerals traded through Rwanda, tin and tantalum are vital to the function of a wide range of military wares. According to the US defence department, tin is present in “nearly all military hardware”.

It is crucial in compound forms to defrost screens at high altitudes and to deflect radio waves to enhance stealth. Tin is also used to power the Joint Direct Attack Munition guidance kits that improve the accuracy of bombs.

Tantalum-based semiconductors comprise the basic circuitry of drones. And among other things, tantalum is the active adsorbent material in the infrared camera tubes that make night vision possible. High-tech wars cannot be fought without these minerals, which are traded under conflict-free mineral legislation.

A Ukrainian soldier programmes a drone in a field.
A Ukrainian soldier programmes a drone in the Donbas region of eastern Ukraine.
Jose HERNANDEZ Camera 51 / Shutterstock

Researchers have long suspected that minerals can never be conflict free at source. But our findings now turn attention to the other end of the supply chain. If it is to have any purchase at all, the idea of “conflict-free” minerals must be entirely refigured.

Virtually all commentary by journalists, lawyers and scholars focuses narrowly on consumer technologies, with the injustices faced by mining communities in central Africa contrasted with phones and electric vehicles. The source of minerals is the sole focus of ethical scrutiny.

This is an important aspect of minerals supply chains. But there is a growing prominence of other tech companies, in the form of modern weapons manufacturers, whose customers are not the global masses but the militaries of the world’s most belligerent states.

Companies like Elbit Systems – which did not respond to The Conversation’s request for comment – present themselves as complying with ethical standards.

In its 2020 conflict minerals report, Elbit declared a corporate stance against “human rights abuses and atrocities”. It also expressed a commitment “to sourcing materials from companies that share our values with respect to human rights, ethics and environmental responsibility”.

Yet, as our research shows, some companies are sourcing minerals from one war zone and then making profit from another. It should be recalled that Elbit, for example, supplies “hundreds of products” to Israel’s defence ministry.

There needs to be more scrutiny on the use of minerals “downstream” to stem the flow of the raw materials that propel wars in Gaza and beyond.

The Conversation

The research mentioned in this article was published as part of ‘War and Geos: the Environmental Legacies of Militarism’ (UKRI Horizon Europe grant number EP/X042642/1 (awarded as a European Research Council Starting Grant)).

Mohamed El-Shewy does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How ‘conflict-free’ minerals are used in the waging of modern wars – https://theconversation.com/how-conflict-free-minerals-are-used-in-the-waging-of-modern-wars-266503

Ireland’s basic income scheme for artists points at how governments could help sectors in crisis

Source: The Conversation – UK – By Andrew White, Senior Lecturer in the Department of Culture, Media & Creative Industries, King’s College London

Musicians busking in Galway. Jon Chica/Shutterstock

The Irish government has announced that a pilot scheme providing artists and creatives with a weekly stipend of €325 (£283) will be made permanent. The scheme, which was first introduced in 2022, was launched in an attempt to mitigate the growing financial instability many in the creative industries face.

The basic income for the arts (BIA) initial pilot ran from 2022 to 2025 and helped 2,000 artists. The results of an independent study found that it had a noticeable positive impact on the lives of those who received it.

There have been many basic income schemes around the world in the 21st century, but virtually all of them have been discontinued upon the ending of their pilot phase. So as all societies face the possible threats to jobs and livelihoods by AI, many policymakers and researchers will be watching the progress of the Irish government’s permanent basic income scheme.

One scheme that survived past the pilot stage is the Alaska permanent fund, which has paid an annual dividend to every Alaskan resident since 1982. But unlike the Irish scheme, the payments fluctuate annually and usually don’t reach the level of income which is needed to support a person’s basic needs – known as a subsistence payment.

So many basic income schemes have failed because right across the political spectrum, people are usually uneasy about how they might undermine the value of working for a living. The perceived cost of basic income schemes is also a barrier to their extension. Support for a basic income in Finland, which ran a pilot in 2017 to 2018, significantly dropped when respondents were informed of the increases in taxation needed to fund it.




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This article is part of our State of the Arts series. These articles tackle the challenges of the arts and heritage industry – and celebrate the wins, too.


The reason why Ireland has bucked this trend is that it has secured strong support from the general public rather than solely those who are most likely to benefit from it. BIA’s genesis during the COVID-19 lockdowns, whereby the importance of arts and culture was amplified and furlough programmes supported people who could not work, was crucial in solidifying public support.

The report also found that it was successful in helping its recipients. One of the biggest benefits was on the recipients’ mental health, with many stating they were less stressed about their finances and noticed a marked improvement in their general wellbeing. These findings replicate what other basic income schemes have found.

The study also found they were more productive as a result, spending up to four more hours a week on their artistic work, which in turn increased their output levels and financial sustainability.

Crucially, the report found that for every €1 of public money invested in the pilot, society received €1.39 in return.




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The demonstrable benefits found by the report boosted political support for the BIA scheme and every party competing in the 2024 Irish election were committed to its extension. However, it hasn’t been without its critics.

Of the 8,200 applicants in 2022 to the ballot for the BIA, only 2,000 were chosen. Despite the government’s pledge to try to expand the number of recipients to 2,200, the basic income will still only benefit a minority of applicants to the scheme.

This has caused some disquiet in the arts and culture sector, with those whose applications were successful reluctant to reveal their good fortune for fear of upsetting the more than 6,000 applicants who were not. Others object at the privileging of artists over other workers in as much need.

The decision to make BIA permanent will put pressure on policymakers to extend it to other sectors. However, a 2019 estimation of a basic income for every Irish resident over the age of 18 was costed at €41 billion (£36 billion) per year, making it politically unfeasible for now.




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The current scheme costs a mere €25 million. This low cost does though provide some scope for the BIA’s expansion, which might occur in the event of an existential threat to jobs and livelihoods.

As AI makes work across industries more precarious and the threat of other global disasters loom, economists, politicians and researchers like me will be eagerly watching.

The Conversation

Andrew White does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ireland’s basic income scheme for artists points at how governments could help sectors in crisis – https://theconversation.com/irelands-basic-income-scheme-for-artists-points-at-how-governments-could-help-sectors-in-crisis-267181

Monsters, menopause and bold women – what to see, read and visit this week

Source: The Conversation – UK – By Naomi Joseph, Arts + Culture Editor, The Conversation

Mary Shelley’s Frankenstein has long served as a parable – a warning against the hubris of playing God, the dangers of motherless creation, reckless parenthood and unchecked scientific ambition. It’s a story that continues to resonate, revealing how little human ego and error have changed over time.

In the latest adaptation from horror maestro Guillermo del Toro, the tale of a mad scientist and his unnatural creation is reimagined with his signature touch. Like Shelley’s original, the film challenges us to ask: Who is the real monster?

Del Toro layers this timeless question with visual and thematic echoes from his own canon. Fans will spot traces of Crimson Peak in the gothic set design, Cronos in the intricate costuming, and The Shape of Water in its emotional core.

This version of Frankenstein is a visual feast – lavishly constructed and meticulously researched. As our reviewer Sharon Ruston points out, it incorporates real elements from early surgical education, including the gruesome 17th-century anatomy guides known as the Evelyn Tables. It also weaves in the history of Arctic exploration; those familiar with the doomed voyages of the Terror and Erebus will recognise their spectral influence.

I strongly recommend seeing this in cinemas. The immersive sound design and Alexandre Desplat’s haunting score pull you deep into this eerie, beautiful world. And if you’re in London, don’t miss the exhibition at Selfridges, where you can get up close to the props and costumes and appreciate the craftsmanship behind the film. It pairs perfectly with a visit to the Hunterian Museum, where the real Evelyn Tables are on display.

Frankenstein is in cinemas now, and will be available to watch on Netflix from November 7.




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Guillermo de Toro’s Frankenstein: beguiling adaptation stays true to heart of Mary Shelley’s story


Bold women

Virginia Woolf has a new book out. No, she hasn’t sent it from beyond the grave. And no, it’s not the product of an AI trained on her oeuvre. The Life of Violet is a newly unearthed early work by Woolf, available to read for the very first time.

This early foray into the genre of mock biography – which she would later explore more fully in Flush and Orlando – is composed of three short, fairytale-like stories chronicling the life of her close friend, Violet Dickinson.

Within these vivid, fantastical sketches, we see the early sparks of themes that would later define Woolf’s work: sharp satire of societal ills, the suffocating constraints of social norms, the joys and limits of womanhood, the quiet power of female friendship, and the deep yearning for freedom and choice.

Short, surreal and bitingly witty, these stories are a treat for new readers and a treasure for long-time Woolf fans who thought they had read it all.

Life of Violet: Three Early Stories is available at most bookshops




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The Life of Violet: three unearthed early stories where Virginia Woolf’s genius first sparks to life


If you’re looking for something binge-worthy this weekend, don’t miss Riot Women, Sally Wainwright’s bold and brilliant new drama.

The series follows five menopausal women who rediscover themselves – and find their voices – through punk at a time when life is pulling them in every direction: children, ageing parents, difficult men and demanding jobs with lousy bosses.

Tonally rich and emotionally layered, Riot Women balances laugh-out-loud moments with poignant, deeply felt drama. It’s a nuanced portrait of midlife – of caregiving, exhaustion, resilience and the fierce beauty of friendship. “These are not neat storylines,” reviewer Beth Johnson writes, “they are ongoing negotiations with life.”

The show’s strength lies in Wainwright’s deft storytelling, and an exceptional cast including Joanna Scanlan, Tamsin Greig and Rosalie Craig.

Riot Women is available to watch on BBC iPlayer now




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With Riot Women, Sally Wainwright is turning menopause into punk rebellion


More than just art

I first encountered the work of Lee Miller last year at the Heide Museum of Modern Art in Melbourne. I was instantly captivated. Here was a woman far ahead of her time: model, fashion photographer, surrealist artist and one of the few female war correspondents accredited by the US Army during the second world war.

Her photographs are fearless, witty and wide-ranging – from surreal shots of Egypt’s landscapes to scenes of wartime London. As fine art expert Lynn Hilditch notes, the documentation of people in the liberated Holocaust camps and refugees in the aftermath stand out as both harrowing and deeply human.

Now, Miller’s work takes centre stage in the first major UK retrospective at Tate Britain. Featuring more than 250 vintage and modern prints, film and original publications (many never before shown), the exhibition is a long-overdue celebration of her legacy.

Lee Miller is at Tate Britain in London till 15 February 2026.




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Lee Miller retrospective confirms her as one of the most important photographers of the 20th century


If you’re after an autumn city break, Amsterdam makes for a perfect long weekend – and right now, the Van Gogh Museum is offering something truly special.

On show is a remarkable exhibition bringing together 14 portraits of the family of Joseph Roulin – the postman who became one of Van Gogh’s closest friends during his time in Arles, in the south of France. Van Gogh painted Roulin’s wife Augustine and their three children with affection and intensity, transforming ordinary subjects into something universal.

As Frances Fowle writes, Van Gogh wasn’t just painting individuals – he was capturing archetypes. In these enigmatic portraits, we see not just a family but timeless figures: a comforting mother, a boy desperate to be a man, an innocent baby.

Van Gogh and the Roulins – Together Again At Last is at the Van Gogh Museum in Amsterdam until January 11 2026.




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Van Gogh and the Roulins: a family reunion of the artist’s greatest portraits


In other exciting news, The Conversation UK’s arts team is launching a podcast to mark 250 years since Jane Austen’s birth. This series will take you on a  journey through the author’s life and times with the help of the UK’s top Austen experts.

Over six episodes, one per book, we visit a scandal-filled bun shop in Bath, go for a windswept walk along the sea shore at Lyme Regis, and attend a glittering Regency ball in York to find out more about the woman behind the novels. This is Austen as you’ve never known her before. The first episode is out in November, but you can listen to the trailer here now.

This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org. If you click on one of the links and go on to buy something from bookshop.org The Conversation UK may earn a commission.


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The Conversation

ref. Monsters, menopause and bold women – what to see, read and visit this week – https://theconversation.com/monsters-menopause-and-bold-women-what-to-see-read-and-visit-this-week-267693

Our research shows COVID-19 made people appreciate street cleaners more – but it also made their lives harder

Source: The Conversation – UK – By Natasha Slutskaya, Chair Professor, Work and Organization Studies, University of Sussex

In the early days of the pandemic, “solidarity” became a buzzword. As COVID-19 appeared to directly threaten us all, the UK celebrated its key workers who were keeping the country running.

This idea ran through discussions on TV and on social media. The Clap for Our Carers movement had people gathering outside on their doorsteps, applauding, ringing bells, chanting and banging on pots and pans to signal their support.

As a result, the collective reliance on various workforces, such as carers, street cleaners, refuse collectors and supermarket workers, to name a few, became increasingly transparent. Public demonstrations of solidarity with these workers gave the initial impression that the status we attach to such work might be revalued: instead of the low status to which these jobs were assigned before, COVID-19 underlined how essential they are.

However, our research on refuse workers shows that this has not translated into a permanent reevaluation of the benefit key workers bring. On the contrary, instead of a collective shift towards real social solidarity, the pandemic has exacerbated socioeconomic divisions.

A man in red and hi-vis yellow with street cleaning apparatus on an urban pavement.
Cleaners worked hard to keep infection at bay.
G Torres/Shutterstock

Unexpected visibility

Between the UK’s first and the second lockdowns in 2020 and again, in the period after the end of the second lockdown in 2021, we interviewed 41 council workers involved in waste management across four sites in London and south-east England. Two were sites where we had previously conducted ethnographic research among street cleaners and refuse collectors.

We wanted to investigate if, and how, the pandemic affected the way that key workers involved in waste management are recognised. We asked our interviewees to reflect on and compare their experiences of working before, during and after the lockdown. We wondered whether they had noticed any changes in their interactions with the public and how they thought these developments might affect them in the future.

We found that the pandemic gave these workers moments of unexpected visibility and recognition. Not only did this show, to their minds, increased public respect, it also gave them hope that social bonds between workers and the public might be strengthened in the long term. They saw the possibility of a novel, yet seemingly mutual acknowledgement and respect. As Keith, one of our interviewees, put it:

During the pandemic we’re part of it, yes … it’s kind of like the police, the fire brigade, the ambulance, the hospitals, it’s part of the services of a community, working to keep the community functioning, and what we do is part of that.

And yet, this experience of coming together was eroded by the unequal consequences of the pandemic for different social groups. Our participants spoke of the differences they saw in people’s ability to distance themselves from the unpleasant or potentially dangerous aspects of the pandemic.

Whereas these workers still had to go to work everyday, other people did not. Our interviewees also noted the stark gap separating those key workers who performed the riskiest jobs (nurses, carers) and those whose jobs involved little risk and could be undertaken from home.

Another interviewee, Kevin, who works as a dustcart driver said:

COVID’s still going on now, because we’re not out of it yet. But, still, they’ve just carried on as their normal day, stayed at home working, while the likes of me go out there all day. And if I don’t work, I don’t get paid.

This chimed with what Nigel, a litter picker, reported:

They’re at home, comfortable. We get nothing. No nothing. Not even ‘Oh, we’ll give you a couple of days, like a couple of days extra as your holiday so you can recover and that’, nothing.

The pandemic also made broader social divisions more tangible. Our interviewees spoke about those with privilege seeming to lack interest in knowing about the deteriorating living conditions of workers like themselves. This was despite the fact that the activities these workers were doing, like waste collection and street cleaning, were vital for societal functioning. Another litter picker, Bernie, put it plainly:

You see people, you see some people going and spending like £12, £16 a day just on food going and buying lunch, and I sit there and I think: ‘How the hell do you do it?’ Nine times out of ten I have to make lunch just buying basics, you know, like a cheap loaf of bread, cheap bit of meat – luxury is a bit of sauce. They don’t want to think about people like me.

This illustrates the oxymoron of being “visibly invisible”. During the pandemic, keyworkers’ effort became more apparent. At the same time, they sensed little desire from the wider public to consider and challenge the cultural and socioeconomic factors that were negatively affecting their lives.

Our findings chime with research on how nurses, too, experienced the pandemic, with comparable levels of scepticism with regards to positive, long-term transformations. The question is whether, as German sociologist Andreas Reckwitz has argued, we are witnessing an increasing polarisation between different groups and social classes. Our research suggests that the sense that the world can be improved and society become more progressive feels ever more remote.

This has worrying implications for societal solidarity. As inequality grows, the mutual obligations citizens might have towards one another are increasingly being eroded.

All names have been changed to preserve interviewee anonymity.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Our research shows COVID-19 made people appreciate street cleaners more – but it also made their lives harder – https://theconversation.com/our-research-shows-covid-19-made-people-appreciate-street-cleaners-more-but-it-also-made-their-lives-harder-210298