Cancers pédiatriques : comment les parents vivent-ils et s’adaptent-ils à l’épreuve du cancer de leur enfant ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Anne-Laure Delaunay, Maître de conférence en transformation digitale et technologies émergentes, Institut Mines-Télécom Business School


L’ESSENTIEL

  • Lorsqu’un diagnostic de cancer touche un enfant, le quotidien et l’équilibre de la famille se recomposent.

  • Les parents passent alors par trois grandes phases : rupture, routines et retour (après l’hospitalisation).

  • Contrairement à ce que peut percevoir l’entourage, la fin des traitements intensifs n’est pas synonyme de reprise de la vie « d’avant ».


Lorsqu’un enfant est atteint d’un cancer, toute la famille entre, à des degrés différents, dans la maladie.

Valérie Donzelli l’a filmé dans la Guerre est déclarée (2011) : du jour au lendemain, parents et enfant voient leur quotidien basculer autour des soins, des décisions et de l’incertitude. Dans la série Tout va bien (2023), de Camille de Castelnau, prolonge le témoignage. Ces récits mettent en lumière une spécificité du cancer pédiatrique : les parents sont immédiatement engagés dans le parcours de soins.

Ils sont les représentants légaux de l’enfant, prennent part aux décisions et organisent sa prise en charge. Ils doivent aussi l’aider à comprendre ce qui lui arrive, le rassurer et l’accompagner pendant les traitements, dans un contexte où le lien affectif rend cette implication particulièrement intense.

Cette place singulière transforme le quotidien des parents, leur vie professionnelle, leurs relations conjugales et familiales, mais aussi leur manière d’envisager l’avenir. Et ces effets évoluent au fil de la maladie.

C’est cette trajectoire parentale, du diagnostic aux traitements puis aux retours qui suivent l’hospitalisation, que nous avons cherché à comprendre pendant près de trois ans, en partenariat avec l’association Imagine For Margo. Voici ce que nous avons appris.

Une étude sur trois ans

Nos travaux ont débuté par la diffusion d’un questionnaire en ligne auprès de parents aidants. Nous avons ensuite mené 37 entretiens d’environ une heure avec des parents volontaires. Le panel comprenait 31 mères et 6 pères.

Cette surreprésentation maternelle est également observée dans la recherche en oncologie pédiatrique, dans un contexte où les mères tendent sociologiquement à plus souvent assumer les soins et les pères le soutien financier.

Les profils des répondants sont variés : en couple ou en famille monoparentale, habitant en ville ou à la campagne, en région parisienne ou en province, avec un ou plusieurs enfants.

Nos résultats font apparaître trois grandes phases dans la trajectoire des familles : la rupture provoquée par le diagnostic, l’installation de routines pendant les traitements à l’hôpital, puis le retour à domicile et la reconstruction qui l’accompagne. Rupture, routines, retours : ces « trois R » dessinent les grandes lignes de la trajectoire d’aidance.

La rupture

Vécu comme un « choc physique et émotionnel » (les verbatims entre guillemets sont issus du matériau empirique collecté pendant notre recherche auprès de parents aidants d’enfants atteints de cancer, NdA), le diagnostic place les parents dans une phase de sidération.

Ils sont rapidement pris dans un tourbillon médical et logistique, auquel s’ajoute la charge émotionnelle de l’annonce. À ce stade, leur première difficulté est de comprendre ce qui leur arrive.

Médulloblastome, leucémie aiguë myéloblastique, néphroblastome : le nom de la maladie s’ajoutent à ceux des traitements, des interventions et des dispositifs médicaux. Mais, lorsqu’il s’agit d’un enfant, comprendre le jargon médical ne suffit pas.

Le parent doit aussi trouver les mots pour expliquer ce qui se passe, répondre aux questions, préparer l’enfant à une opération, à une chimiothérapie ou à la perte de ses cheveux. Il cherche aussi à rendre l’épreuve plus supportable, par des cadeaux, des attentions, des rituels ou simplement une présence constante. Il doit enfin répondre aux questions des proches et les tenir au courant.

Durant cette période, beaucoup de parents mettent leurs propres besoins entre parenthèses pour se concentrer sur ceux de leur enfant. Ici commence véritablement l’entrée dans l’aidance.

Les routines

Passée cette phase de crise, l’enfant débute les traitements et la vie familiale s’organise progressivement autour de leur rythme. Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, immunothérapie ou protonthérapie (une forme de radiothérapie très précise) peuvent se succéder pendant plusieurs mois ou années selon les protocoles. Le parcours reste éprouvant et imprévisible, mais parents et enfants finissent par développer leurs propres repères.

Ces « routines » ne doivent pas s’entendre comme un retour à un quotidien stable. Elles désignent plutôt une manière d’apprendre à vivre sous contraintes. En effet, l’hôpital reste un lieu de travail avec ses hiérarchies et ses règles. Ni membres de l’équipe soignante ni simples visiteurs, les parents doivent y trouver leur place.

Ils endossent aussi de nouveaux rôles, qui s’ajoutent à leur rôle parental :

« Je deviens à la fois le taxi de mon enfant, je deviens son infirmière parce que je dois lui donner des médicaments, je deviens sa maîtresse parce que je l’accompagne sur la scolarité… »

Ils préparent un sac pour les hospitalisations d’urgence, afin d’anticiper les périodes d’aplasie (effet secondaire de certaines chimiothérapies se traduisant par une forte diminution des globules blancs et une baisse des autres composants du sang, globules rouges et plaquettes, ndlr). Ils connaissent les routines hospitalières : l’heure du bain de l’enfant, celle de la tournée des médecins ou des « embouteillages » à la douche commune des parents, les endroits où acheter de quoi manger…

Ils retrouvent aussi les mêmes visages dans les couloirs : des soignants et parfois d’autres parents avec lesquels des liens peuvent se nouer. L’accompagnement de l’enfant malade reste souvent entre leurs mains. L’entourage prend le relais pour faire tenir le reste du foyer : repas, ménage, linge, trajets.

La fratrie occupe une place particulière dans cette organisation. Profondément affectée par la maladie, elle reste pourtant largement oubliée dans la prise en charge et dépend souvent de ces soutiens informels des proches pour préserver un quotidien aussi stable que possible.

Le retour au domicile (et le retour de bâton ?)

Lorsque les séjours à l’hôpital s’espacent, voire disparaissent, une nouvelle phase commence. Le retour au domicile s’accompagne du retour à l’école pour l’enfant et, souvent, du retour au travail pour le parent qui avait réduit ou mis entre parenthèses son activité professionnelle.

Cependant, quelle que soit la situation médicale (rémission complète ou incomplète, tumeur en dormance, traitement d’entretien) de leur enfant, tous les parents décrivent une reconstruction difficile à négocier :

« Donc il faut reprendre une vie normale, mais reprendre une vie normale quand on a vécu tout ça… on ne reprend pas notre vie d’avant, en fait. »

Ce retour au domicile éloigne aussi les parents du cadre hospitalier, de ses routines et de ses repères. La proximité avec les soignants diminue, tandis qu’autour d’eux la vie reprend son cours et que les coups de main des proches se raréfient.

Or, la fin des traitements intensifs ne signifie pas la fin de la maladie : traitements à domicile, rendez-vous de contrôle, suivi des séquelles, retour à l’école, démarches administratives… Une partie de ce qui était organisé par l’hôpital revient ainsi vers la famille, alors même qu’elle doit retrouver une place dans une vie ordinaire.

Les parents apprennent aussi à vivre avec les risques de rechute et les effets à long terme des traitements. Comme l’un d’eux le résume :

« C’est vraiment l’épée de Damoclès l’exemple le plus parlant. Même par rapport à nos familles les plus proches, c’est l’épée de Damoclès. Ils ne se rendent pas compte qu’en fait le cancer est entré dans votre famille et il n’en sort jamais vraiment, même [après] cinq, dix, quinze ans. »

De l’extérieur, cette phase peut être perçue comme une sortie de crise. Cependant, pour certains parents, elle correspond à un contrecoup après des mois de mobilisation intense ; pour d’autres, à une forme de chronicité où la maladie reste présente, mais devient moins visible.

Les fragilités physiques et psychiques accumulées pendant les séjours à l’hôpital peuvent alors devenir plus difficiles à contenir.

Adapter les dispositifs de soutien

Rupture, routines, retours : ces « trois R » dessinent donc les grandes lignes de la trajectoire d’aidance pour les parents qui doivent faire face à l’épreuve que représente le cancer de leur enfant.

En partant de nos résultats, nous avons construit, avec une vingtaine de parents, une feuille de route adaptée à ces différentes phases de l’aidance : accéder à la bonne information au bon moment, accompagner la reconstruction du projet de vie après le cancer et explorer les usages émergents de l’intelligence artificielle (IA) conversationnelle.

Cette feuille de route accorde une attention particulière au temps du retour, lorsque l’hôpital s’éloigne, mais que les effets de la maladie persistent. À ce titre, nous souhaitons proposer à l’avenir un bilan aux parents ainsi qu’un partage de témoignages d’autres personnes ayant vécu la même expérience (on parle de « pair-aidance »), notamment sur l’après-maladie, le retour au travail ou la reprise du quotidien.

The Conversation

Anne-Laure Delaunay est coordinatrice du projet intitulé “rôles des technologies dans le soutien des parents aidants d’enfants atteints de cancer”, financé par l’Institut National du Cancer et réalisé en partenariat avec l’association Imagine For Margo

Amélie Clauzel et Jamila Lahmar-Eythrib ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. Cancers pédiatriques : comment les parents vivent-ils et s’adaptent-ils à l’épreuve du cancer de leur enfant ? – https://theconversation.com/cancers-pediatriques-comment-les-parents-vivent-ils-et-sadaptent-ils-a-lepreuve-du-cancer-de-leur-enfant-290679

Ni estado de alarma ni excepción: qué es la ‘situación de interés para la seguridad nacional’ activada en Ceuta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fidel Bedia Castillo, Coordinador Académico Máster Universitario en Seguridad Pública, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

El presidente del Gobierno de España, Pedro Sánchez, preside la reunión del Consejo de Seguridad Nacional hoy, 1 de septiembre. La Moncloa

La crisis de Ceuta ha llevado al Gobierno a utilizar por primera vez una figura prevista desde 2015, pero nunca aplicada hasta ahora: la situación de interés para la seguridad nacional (SISN). La medida se ha declarado mediante el Real Decreto 681/2026, de 25 de agosto y se completa con la declaración de recursos aprobada por el Real Decreto 705/2026, de 26 de agosto.

La medida tiene interés, valga la redundancia, porque permite explicar una figura poco conocida. Y también porque muestra algo importante: en seguridad pública, tener una herramienta jurídica prevista antes de una crisis da ventaja, ya que no hay que inventar el mecanismo cuando el problema ya está encima.

Pero que algo esté escrito en una ley no garantiza por sí solo que funcione; la verdadera prueba llega cuando debe aplicarse sobre el terreno.

La primera idea que conviene aclarar sobre la situación de interés para la seguridad nacional es sencilla: no estamos ante un estado de alarma, excepción o sitio. Tampoco ante una suspensión de derechos fundamentales. Sirve para coordinar mejor los medios ordinarios del Estado cuando una crisis se vuelve demasiado compleja para ser gestionada por separado desde cada administración o departamento.

Sus tres rasgos más importantes

La Ley 36/2015, de Seguridad Nacional, regula esta figura en su artículo 23. Aunque su redacción es técnica, puede explicarse con tres rasgos muy claros:

  1. El primero es que se utiliza ante crisis graves, urgentes y transversales. Esto significa que no hablamos de un problema limitado a un solo sector, ya que afecta a varios ámbitos al mismo tiempo y exige medidas coordinadas.

    En Ceuta, la situación no se reduce al control fronterizo. Involucra también a menores, sanidad, justicia, acogida, extranjería, seguridad ciudadana, transporte, relaciones exteriores y funcionamiento de servicios públicos.

  2. El segundo rasgo es que la situación debe afrontarse con los poderes y medios ordinarios de las administraciones públicas. Esto es fundamental, porque la declaración no crea un poder excepcional nuevo ni borra las competencias ordinarias de ministerios, cuerpos policiales, ciudad autónoma o autoridades judiciales. Lo que hace es ordenar mejor la utilización de recursos que ya existen, pero que necesitan funcionar de manera integrada.

  3. El tercer rasgo es el más importante desde el punto de vista ciudadano: esta figura no puede implicar la suspensión de derechos fundamentales ni libertades públicas. Es la gran diferencia con los estados excepcionales regulados en la Ley Orgánica 4/1981 –alarma, excepción y sitio–.

    La seguridad nacional no equivale aquí a excepcionalidad constitucional, sino a coordinación reforzada, interpretación que fue avalada en su momento por el Tribunal Constitucional en la sentencia 184/2016, al analizar la Ley 36/2015. No elimina las competencias ordinarias de las administraciones, sino que permite articularlas cuando concurre un interés nacional.

Una situación para crisis intermedias

Por eso puede decirse que la situación de interés para la seguridad nacional ocupa un espacio intermedio. Está por encima de la gestión ordinaria de un problema administrativo o policial, pero por debajo de los estados de alarma, excepción y sitio. Se activa cuando la normalidad institucional sigue vigente, pero necesita funcionar con más unidad, más rapidez y más coherencia.

Este matiz es decisivo. En una crisis compleja, muchas veces el problema no es que falten competencias, sino que sobren compartimentos. Cada administración puede estar haciendo algo razonable desde su ámbito, pero el conjunto puede no estar funcionando como un sistema. La finalidad de esta figura es precisamente evitar esa fragmentación.

También es importante saber quién puede declararla. La Ley 36/2015 atribuye esa competencia al presidente del Gobierno. La declaración debe incluir, al menos, la definición de la crisis, el territorio afectado, la duración, la posible autoridad funcional y los recursos humanos y materiales necesarios.

En el caso de Ceuta, el Gobierno ha designado como autoridad funcional al ministro de Política Territorial y Memoria Democrática, Ángel Víctor Torres Pérez. Su papel no consiste en sustituir a las autoridades competentes ni en absorber las funciones ordinarias de cada administración, sino en coordinar sus actuaciones para que respondan a una misma estrategia.

Cada órgano mantiene así sus competencias, pero las ejerce dentro de un marco reforzado de dirección y coordinación del Gobierno.

La declaración afecta al territorio de Ceuta, sus puestos fronterizos, costas, puerto y aguas adyacentes bajo jurisdicción española. Además, permite emplear recursos del Ministerio de Asuntos Exteriores para la cooperación con Marruecos, la Unión Europea y terceros Estados; del de Justicia para apoyar juzgados y Fiscalía; del Interior para fronteras, seguridad ciudadana, extranjería, identificación, policía judicial e investigación de redes de inmigración irregular; del de Defensa para apoyo logístico, transporte, vigilancia, alojamiento, comunicaciones y sanidad, y de otros departamentos para transporte, sanidad, acogida o gestión administrativa.

La utilidad real de la medida no se valorará por su nombre ni por su novedad, sino por sus efectos. Habrá que comprobar si mejora la identificación de personas, la protección de menores, la atención sanitaria, el funcionamiento de juzgados y Fiscalía, la acogida humanitaria, la coordinación con Marruecos y la seguridad en la frontera.

También habrá que evaluar si reduce solapamientos, instrucciones contradictorias o retrasos en la toma de decisiones. En una crisis, una mala comunicación puede tener consecuencias tan graves como la falta de medios. Un recurso que llega tarde, una información que no circula o una autoridad que no sabe quién decide qué pueden convertir un problema difícil en un problema ingobernable.

La seguridad nacional, entendida así, no debe verse como una palabra grandilocuente. Tiene una dimensión muy práctica: conseguir que el Estado funcione como un conjunto cuando la realidad desborda los cajones administrativos ordinarios.

Ceuta como prueba práctica

Ceuta será, por tanto, una prueba importante. No solo para resolver una crisis concreta, sino para comprobar cómo funciona en la práctica una figura jurídica diseñada precisamente para escenarios de incertidumbre, urgencia y transversalidad.

La enseñanza de fondo es clara: la gravedad de una crisis no siempre exige poderes excepcionales. En el caso de la situación de interés para la seguridad nacional reclama algo distinto: coordinar mejor los poderes ordinarios para proteger derechos, servicios esenciales y convivencia sin suspender derechos fundamentales ni libertades públicas.

The Conversation

Fidel Bedia Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Ni estado de alarma ni excepción: qué es la ‘situación de interés para la seguridad nacional’ activada en Ceuta – https://theconversation.com/ni-estado-de-alarma-ni-excepcion-que-es-la-situacion-de-interes-para-la-seguridad-nacional-activada-en-ceuta-290666

‘Por favor, silencio’: cómo las interrupciones en clase dificultan el aprendizaje y queman a los docentes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joan Tahull Fort, Profesor e investigador en sociología, especializado en dinámicas sociales y educativas contemporáneas, Universitat de Lleida

Un profesor entra en el aula con la clase preparada. Ha organizado los contenidos, ha pensado en una actividad y sabe lo que quiere que los alumnos hayan entendido al final de la sesión. Pero antes de empezar, tiene que esperar a que terminen algunas conversaciones.

Cuando por fin consigue captar la atención del grupo, llega un alumno tarde. Vuelve a retomar la explicación. Alguien está mirando el móvil, dos compañeros siguen hablando, alguien arrastra una silla y otro alumno pregunta qué se supone que debe hacer, a pesar de que el profesor acaba de explicarlo.

No ha pasado nada grave ni extraordinario. Es una escena habitual en muchas aulas. Sin embargo, la clase ya ha tenido que empezar más de una vez.

Cuando hablamos del bienestar de los profesores, solemos señalar la burocracia, la carga de trabajo, la falta de recursos o las dificultades para conciliar la vida laboral y personal. Son factores importantes, pero hay otro, menos visible: el desgaste que supone tener que recuperar continuamente la atención del grupo y el ambiente necesario en el aula para poder seguir impartiendo la clase.




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Un ritmo continuamente interrumpido

El ruido en las aulas no es solo una cuestión de decibelios. Un espacio puede ser a la vez ruidoso y educativo: los alumnos debaten, cooperan, hacen preguntas o se mueven para realizar una actividad. El problema surge cuando estas conversaciones y movimientos dejan de formar parte de la tarea y desvían la atención del grupo.

No es una sensación aislada: el 29 % de los profesores de secundaria en España afirma que sus aulas son muy ruidosas y desordenadas, ocho puntos por encima del promedio de la OCDE y de la Unión Europea, situado en el 21 %. Ese mismo 29 % declara que pierde bastante tiempo debido a las interrupciones del alumnado. El problema no es exclusivo de un territorio, aunque su intensidad varía entre países, centros y grupos.

¿Cuántos minutos de aprendizaje se pierden?

El tiempo lectivo no suele perderse de una sola vez, sino en pequeños fragmentos: unos segundos para pedir silencio, un minuto para resolver un problema o un momento para repetir una instrucción que parte de la clase no ha oído.

Cada interrupción puede parecer insignificante, pero su acumulación acaba alterando el ritmo de toda la clase. Y su efecto no desaparece cuando vuelve el silencio. Entonces hay que recordar en qué punto se había quedado, recuperar la atención del grupo y volver a meter a todos en el hilo de la actividad.

Sin esta continuidad, resulta difícil seguir una idea, relacionarla con lo que ya se sabe y comprenderla de verdad.




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El desgaste de recuperar la atención

Las interrupciones no solo consumen tiempo. Cada vez que la actividad se detiene, el profesor tiene que volver a captar la atención del grupo y poner en marcha la sesión de nuevo. Este trabajo no aparece en los horarios ni cuenta como una tarea específica, pero exige concentración, toma de decisiones y energía emocional.

No se trata solo de repetir lo que ya se ha dicho. El profesor tiene que observar si el grupo está preparado para reanudar la actividad, decidir si continuar o retroceder, evaluar si debe intervenir ante un comportamiento concreto y anticipar si hacerlo provocará aún más interrupciones. Al mismo tiempo, intenta no perder los nervios ni mostrar frustración.

En mi reciente investigación cualitativa sobre este problema, una profesora explicó que acababa repitiendo la misma instrucción hasta dieciocho veces. Su experiencia demuestra que el cansancio no proviene solo de hablar mucho, sino de comprobar una y otra vez que las palabras no han llegado a todo el grupo.

Al final de la jornada, es posible que la profesora no recuerde ningún incidente especialmente grave y, sin embargo, se sienta agotada. El cansancio proviene de la acumulación de correcciones, esperas y pequeñas decisiones que ha tenido que tomar a lo largo de horas para mantener al grupo atento y la actividad en marcha.

¿Autoridad docente perdida?

Parte de este cansancio tiene que ver con la transformación de la autoridad del profesor. Tradicionalmente, la institución respaldaba la posición del docente, independientemente de su relación personal con los alumnos. Hoy en día, este reconocimiento ya no se da por sentado: hay que construirlo cada día a través del conocimiento, la coherencia y la confianza.

Este cambio es positivo: la educación no debe basarse en el miedo. Pero dejar atrás los modelos autoritarios no significa renunciar a los límites. Entre la obediencia ciega y la negociación constante, debe existir una autoridad democrática respaldada por toda la comunidad educativa.

Cuando este apoyo colectivo falla, el profesor se queda solo frente al grupo y, a menudo, tiene que justificar sus decisiones. Ya no basta con conocer la materia y saber enseñarla: también debe captar el interés, negociar los límites y demostrar constantemente el valor de lo que propone.

Móviles y redes

Aunque la llegada de los teléfonos inteligentes no lo explica todo, la cultura digital aumenta la presión: el uso de dispositivos puede distraer a los alumnos y dificultar la gestión del aula. Según el informe PISA 2022, el 30 % del alumnado de la OCDE se distrae con dispositivos digitales en la mayoría o en todas las clases de matemáticas. Las notificaciones y los mensajes fragmentan la atención, aunque su efecto depende de cómo se utilicen. La Unesco recomienda emplearlos únicamente cuando contribuyan claramente al aprendizaje.

Pero más allá del móvil, en las distracciones y las interrupciones también influyen la falta de motivación, la dinámica entre compañeros, la fragilidad de los límites y los mensajes contradictorios procedentes de la escuela, las familias y la sociedad.

El silencio hace posible el aprendizaje

A veces, el silencio se presenta como una exigencia conservadora, típica de un aula rígida en la que solo habla el profesor. Pero también puede entenderse como una condición que permite escuchar, pensar y seguir una idea hasta su conclusión.

Un aula no tiene por qué estar en silencio todo el tiempo. Sin embargo, el silencio debe ser posible cuando la actividad lo requiera. Es un bien común: depende de todos, y todos salen perdiendo cuando desaparece.

Crear estas condiciones no puede ser responsabilidad exclusiva de cada profesor. Se necesitan normas claras y coherentes, acuerdos sobre el uso de dispositivos, rutinas para comenzar las clases y cambiar de actividad, el apoyo de las familias y criterios comunes para gestionar las interrupciones.

También es necesario escuchar a los alumnos y ayudarles a comprender que interrumpir no solo afecta al profesor: les quita tiempo y atención a sus compañeros. Cuidar de los profesores no consiste solo en actuar cuando ya están agotados, sino en proteger las condiciones cotidianas que necesitan para realizar su trabajo.

Cuando estas condiciones fallan, no solo se pierden minutos. También se acumula un cansancio difícil de percibir y se debilita una condición esencial para el aprendizaje: que profesores y alumnos puedan compartir la misma actividad, con la continuidad suficiente para comprender lo que están haciendo.

The Conversation

Joan Tahull Fort no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ‘Por favor, silencio’: cómo las interrupciones en clase dificultan el aprendizaje y queman a los docentes – https://theconversation.com/por-favor-silencio-como-las-interrupciones-en-clase-dificultan-el-aprendizaje-y-queman-a-los-docentes-290900

Motivar no es entretener: qué dice la ciencia sobre las ganas de aprender

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rubén Camacho Sánchez, PDI, Universidad Internacional de La Rioja (UNIR), UNIR – Universidad Internacional de La Rioja ; ESADE

Cuando pensamos en una clase motivadora solemos imaginar juegos, vídeos o actividades sorprendentes. Sin embargo, la investigación educativa lleva décadas mostrando que entretener y motivar no son lo mismo. Un vídeo, un juego o una aplicación pueden despertar el interés de nuestros estudiantes durante unos minutos y, aun así, no producir ningún aprendizaje. La motivación requiere algo más: que el alumnado entienda por qué merece la pena aprender, sienta que puede hacerlo y vea que su esfuerzo produce resultados.

Imaginemos una clase que no empieza con una definición, sino con una pregunta cercana: “¿Por qué una noticia falsa puede parecernos verdadera?”. La clase ya no tiene como punto de partida una lista de contenidos o saberes, sino una inquietud real que necesita ser comprendida. En pocos segundos, el alumnado recordará experiencias, comparará ejemplos, planteará hipótesis y buscará criterios que le sirvan para distinguir información fiable de información engañosa.

Las cuatro dimensiones de la motivación

Por lo tanto, es muy importante diferenciar entre entretener, sorprender o motivar. La motivación exige sentido, posibilidad de éxito y sensación de logro. El psicólogo estadounidense John M. Keller sintetizó esta lógica en cuatro dimensiones: atención, relevancia, confianza y satisfacción.

Primero hay que despertar el interés; después, conectar el contenido con la vida del estudiante; posteriormente, ayudarle a sentirse capaz; y, finalmente, mostrar que el esfuerzo ha merecido la pena.

Captar la atención: menos estímulos, más pensados

Toda experiencia de aprendizaje empieza por captar la atención de los estudiantes, pero eso no significa llenar la clase de estímulos ni competir con TikTok. El objetivo no es sorprender por sorprender, sino despertar la curiosidad.

Una pregunta inesperada, un experimento, una noticia de actualidad o un dato que contradiga lo que creemos saber pueden bastar para que el alumnado quiera seguir escuchando.

Además, la sorpresa solo abre la puerta. Para que ese interés inicial se transforme en conocimiento debe conducir a una pregunta que merezca ser respondida o a un problema que invite a reflexionar. Cuando la actividad inicial se limita a llamar la atención, el interés desaparece tan rápido como llegó.

Lo que no se conecta, se olvida

La curiosidad no basta. Para mantener el interés, el alumnado necesita encontrar sentido a lo que aprende. Buena parte de la desmotivación nace de la sensación de que el esfuerzo no sirve para nada. “¿Y esto para qué?” no es siempre una queja, muchas veces es una pregunta pedagógica legítima.

Las revisiones sobre el modelo de Keller muestran que conectar contenidos con intereses, metas y contextos reales ayuda a sostener la implicación. En matemáticas se ha señalado su utilidad para trabajar dimensiones cognitivas, afectivas y sociales. En Formación Profesional, la motivación aumenta cuando las tareas se relacionan con escenarios profesionales y con la calidad del diseño instruccional.

Sentirse capaz también motiva

La confianza en uno mismo es un ingrediente esencial de la motivación. A veces interpretamos como falta de interés lo que, en realidad, es miedo a no estar a la altura. Cuando una tarea parece inalcanzable, muchos estudiantes optan por desconectar antes, incluso, de intentarlo.

Motivar no significa bajar el nivel, sino hacer visible el camino para alcanzarlo. Objetivos claros, ejemplos, rúbricas comprensibles, entregas parciales y feedback temprano, es decir, acompañar al alumnado y orientarlo sobre su desempeño a lo largo del proceso, ayudan a que perciba que puede avanzar paso a paso. Un metaanálisis muestra que este tipo de acompañamiento mejora tanto la motivación como el aprendizaje, incluso en entornos de enseñanza en línea.




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Algo parecido ocurre con la clase invertida, que propone material audiovisual o de lectura a los estudiantes para completar en casa y dedica el tiempo de clase a debatir sobre ello y plantear dudas. Su eficacia no reside en ese material previo, sino en el tiempo presencial que se dedica a resolver dudas, experimentar y recibir orientaciones concretas. Los estudios muestran que se producen mejoras en el aprendizaje cuando se combinan preparación previa, actividad en el aula y feedback útil.

Tres necesidades y cuatro dimensiones para lograr la motivación de los estudiantes.
Guía gráfica para motivar en clase.
Elaboración propia.

El broche final no es la nota

Aprender exige esfuerzo, y el esfuerzo necesita cierre emocional. No basta con calificar. La satisfacción aparece cuando el alumnado percibe que domina algo nuevo, que su trabajo tiene utilidad o que otros reconocen el resultado.

Por eso funcionan las ferias de ciencias, los podcasts escolares, los debates públicos o las presentaciones ante profesionales: convierten el aprendizaje en una experiencia de logro. En secundaria, el aprendizaje basado en proyectos refuerza la motivación cuando hay contexto real, apoyo y sentido de progreso. La gamificación también puede ayudar si no se reduce a otorgar puntos o insignias.




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Con estudiantes universitarios, una metodología basada en juegos digitales, recompensas virtuales y narrativa de progreso mejoró la motivación y el rendimiento académico. El juego funciona cuando ordena el esfuerzo, hace visible y reconoce el avance. Estudios recientes insisten en que los elementos del juego deben integrarse en una estrategia didáctica, no añadirse como decoración.

Lo mismo ocurre con la tecnología. La realidad aumentada, la inteligencia artificial o los entornos híbridos pueden captar la atención, pero no motivan automáticamente. Las investigaciones muestran efectos positivos cuando se integran con tareas auténticas, feedback y sentido de logro.

Una revisión con metaanálisis llega a una conclusión similar: su impacto mejora cuando se combinan con metodologías activas, proyectos y estrategias motivacionales bien diseñadas.

Adaptarse a cada aula

No hay una receta universal para motivar. Y quizá esa sea la primera idea importante: lo que funciona en un aula puede no funcionar en otra. Necesitamos más estudios “longitudinales”, es decir, que sigan a un número amplio y lo suficientemente representativo de estudiantes durante un marco temporal amplio. Pero como sí sabemos que los resultados cambian según la edad del alumnado, la materia que se enseña y el contexto en el que se aplica la propuesta, para conseguir motivar a los alumnos es necesario conocerlos bien.

Lo que sí permite la investigación hasta la fecha es extraer una conclusión clara: motivar no es entretener ni hacer que todo sea fácil. Una buena clase no evita el esfuerzo, sino que consigue que merezca la pena.


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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Motivar no es entretener: qué dice la ciencia sobre las ganas de aprender – https://theconversation.com/motivar-no-es-entretener-que-dice-la-ciencia-sobre-las-ganas-de-aprender-285826

Suplemento cultural: palabras más, palabras menos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Arte y Humanidades, The Conversation

Siora Photography / Unsplash

Cuando era pequeña y veraneaba en Galicia, me enamoré de la palabra tixola. Qué bonita era y qué bien sonaba. Iba por la calle diciendo en voz alta “tixola, tixola, tixola”, y solo me detenía mi prima cuando me preguntaba: “¿Te das cuenta de que estás berreando ‘sartén, sartén, sartén’?”

Tenía un amigo francés que se enamoró de una gallega y adoptó la palabra cousa. Cuando llevaba años hablando español y seguía utilizando ese término, alguien le dijo: “¿Eres consciente de que en español no se dice así, sino cosa?”. Y el contestó que sí, pero que le gustaba más cousa. Era más amable.

Y en asturiano, un idioma con su propia música, me apasionan los términos miagar (“maullar”) y, sobre todo, naguar (“anhelar”). Me parece mucho más certero definir lo que hacen los gatos con la voz asturiana y también mucho más cercano al sentimiento que experimento cuando deseo algo profundamente decir que “naguo por ello”.

Hay fonemas que componen palabras que nos gustan y otros que nos dan igual. Palabras que significan algo bonito pero que nos parecen feas y, en algunos casos, palabras preciosas que indican algo horrible. Cada uno tiene sus preferencias, y estas varían –como en los casos mencionados de tixola y cousa– si tratamos con idiomas que no conocemos.

Nosotros en The Conversation tenemos un rincón, que mi compañera Eva Catalán gestiona, dedicado a ellas, a sus historias, orígenes y curiosidades. En él publicamos información sobre creación, significados y entendimiento.

También tenemos artículos sobre idiomas, y en ellos caben las lenguas reales –como la que hablan los mosquitos– y las inventadas –como la que habla Rhaenyra Targaryen en La casa del dragón–.

Las palabras no solo definen sino que, como hemos tratado muchas veces, establecen marcos comunicativos. No son inocuas; quienes las utilizan a su favor bien lo saben. También son misteriosas y poderosas. Y, como demuestran los poetas, inestimables.

Batallas de encanto

Vayamos por partes. “Tener aura”, como todo el mundo intuye, es tener carisma, ese no sé qué ideal que provoca que alguien seduzca a las multitudes simplemente con existir en el mundo. “Farmear” es un verbo que viene de los juegos de estrategia, en los que trabajar para aumentar los recursos que uno posee hace que se consigan más puntos. “Farmear aura”, por tanto, es realizar actividades, gestos, o tener ciertas actitudes con el objetivo de incrementar (los puntos de) su carisma.

La expresión se ha puesto de moda –quién sabe cuánto durará– a raíz de las batallas de aura que se están llevando a cabo en diferentes puntos del planeta entre jóvenes que buscan, ante una audiencia multitudinaria, ganar al contrincante en magnetismo.

Pero, como explica Sandra Bravo Durán, aunque cambie la forma de decirlo y de valorarlo, siempre hemos buscado esa aprobación general.

We will always love you

Si alguien iba sobrada de carisma, encanto, magnetismo, personalidad, carácter, bondad y buen humor era Dolly Parton. Hace 31 años creo la Imagination Library (Biblioteca de la Imaginación) para niños hasta cinco años. Sus padres podían registrarlos y los niños recibían cada mes durante un lustro un libro acorde con su edad. Desde su creación, Imagination Library ha repartido más de 300 millones de libros a más de tres millones de niños de cinco países.

Parton desafió el estereotipo de “rubia tonta” desde su primer éxito, tanto con su música como con su vida. “No me molesta que me llamen así”, decía con sorna, “porque yo sé que no soy tonta y estoy segura de que no soy rubia”.

Un yacimiento con sorpresa

El Danubio lo está pasando mal en este verano de 2026. La sequía ha hecho que descienda de forma alarmante el nivel de sus aguas y ha llevado al límite a algunos de los países que se nutren de él.

A cambio, ha sacado al descubierto huesos de mamut enterrados en su cauce y ha supuesto una sorpresa para los investigadores del complejo portuario Noviodunum, que han podido analizar un yacimiento romano mayor del que se esperaban. Sin embargo, como reflexiona Enrique Aragón Núñez, codirector del proyecto, esto produce sentimientos encontrados porque, a la vez que emerge el pasado, la crisis climática provoca que veamos cómo se hunde el futuro.

El porqué de la acumulación

En mi mesita hay una columna de libros estratégicamente colocados para que no vuelque. Son todos los que compro, o me regalan, a lo largo de los meses y que soy incapaz de leer al mismo ritmo con el que los adquiero. Cuando la pila parece bajar alguna nueva incorporación impide que lo haga. ¿Por qué sigo comprando?

Porque me gusta coger el que está en la cumbre en cada momento y saber que bajo él hay otras oportunidades de deleite. Acabar una novela maravillosa y consolar la soledad que deja con otra novela a la que le tengo muchas ganas es un bálsamo incomparable. Es, además, satisfactorio saber que hay una explicación científica a mi gozo.

Lo que todavía no tiene explicación confirmada son las solicitudes masivas de libros de segunda mano que han recibido librerías “de viejo” de todo el mundo. Muchos sospechan que tienen que ver con las grandes tecnológicas, que buscan entrenar a sus inteligencias artificiales con obras en papel y no con textos de internet. ¿Por qué querrían ellos acumular libros? ¿También para disfrutar de la expectativa del futuro?

Empieza el curso

Hoy es técnicamente agosto pero septiembre ya está llamando a la puerta y con él, la rutina y los temas de siempre.

Por ejemplo, ¿quién no se plantea, después de un verano de relajación, cañas y tapas, volver a hacer deporte? Pues ¿qué mejor que celebrar ese retorno al ejercicio leyendo cómo eran los gimnasios a los que acudían los antiguos griegos?

También hay quien comienza a estudiar y trabajar en un nuevo destino y tiene que buscar casa. El problema de la vivienda es más agudo que nunca, pero no es nuevo. Echamos la vista atrás, esta vez a los romanos, para escuchar las quejas de Marcial por lo difícil que estaba encontrar dónde vivir en la capital del imperio.

The Conversation

– ref. Suplemento cultural: palabras más, palabras menos – https://theconversation.com/suplemento-cultural-palabras-mas-palabras-menos-289758

De la guerre commerciale avec les États-Unis au panier d’achat : pourquoi boycott et achat local peuvent durer… ou s’essouffler

Source: The Conversation – in French – By Fabien Durif, Professeur titulaire, directeur de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) et du Laboratoire FCI GreenUXlab, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Campagne « Je bois local, mon Donald » de Boréale, lancée en réaction aux tensions tarifaires avec les États-Unis (Les Brasseurs du Nord Agence : Bleublancrouge Médias : Espace M)

La nouvelle salve tarifaire américaine qui s’abat sur le Canada a de nouveau remis l’achat local et le boycott de produits des États-Unis à l’avant-scène. Avant la reprise des hostilités, où en étions-nous avec les intentions d’achat des Québécois ? Une fois les émotions retombées, les pratiques d’achats se sont-elles transformées en comportement durable ?


Cette nouvelle poussée de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis semble déjà raviver l’achat local. À Montréal, le détaillant Signé Local rapportait récemment 22 % de commandes supplémentaires en une fin de semaine, tandis que ses employés constataient davantage de clients demandant si les produits étaient « vraiment faits ici ».

Mais l’expérience récente invite à la prudence. Selon les données du Conseil québécois du commerce de détail, la proportion de Québécois affirmant éviter « beaucoup » les produits américains était passée de 55 % en avril 2025 à 49 % au début d’août 2026. En revanche, 81 % déclaraient encore augmenter leurs achats dans les commerces locaux.

Pourquoi certains réflexes persistent-ils alors que d’autres s’essoufflent ?

Nos travaux en marketing portent sur l’achat local, la consommation responsable et les relations entre consommateurs et acteurs des marchés, notamment via la confiance et la défiance. Nous avons suivi cette dynamique à travers quatre études menées auprès de plus de 5 000 Québécois : un millier de personnes en janvier 2025, avant le choc tarifaire ; un millier en mai, au cœur de la mobilisation ; 400 en juillet, pour comprendre ses ressorts ; puis 2 802 en janvier 2026, afin d’examiner ce qui persistait quasiment un an après les premières annonces tarifaires.

Les quatre vagues reposent sur des échantillons représentatifs du Québec issus du même panel, mais ne suivent pas nécessairement les mêmes individus d’une enquête à l’autre.

Avant Trump, l’achat local était déjà bien installé

Premier constat important : la mobilisation de 2025 n’est pas partie de zéro.

Avant même les premières annonces tarifaires, plus d’un Québécois sur deux pratiquait déjà fréquemment la consommation locale (c’est-à-dire l’achat de proximité et l’achat de produits fabriqués localement). L’achat local était donc déjà bien ancré dans les habitudes, même si son intensité avait peu évolué depuis 2010, sauf pendant la pandémie de Covid-19.

Le choc géopolitique a donc amplifié un réflexe d’achat local déjà présent, plutôt que de le faire naître.




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Boycotter américain et acheter local vont de pair

Au plus fort des tensions, en mai 2025, 76,4 % des Québécois déclaraient éviter régulièrement les produits américains, 75,1 % les boycotter explicitement et 73,9 % avoir réduit leurs achats sur Amazon. Cette tendance dépassait le Québec : en juin 2025, une enquête Léger indiquait que 53 % des Canadiens interrogés avaient diminué leurs achats sur Amazon au cours des semaines précédentes.

Le mouvement inverse était tout aussi spectaculaire : 89,5 % déclaraient acheter régulièrement des produits certifiés Aliments du Québec, 86,9 % privilégier l’achat local et 86,5 % acheter des produits certifiés Les Produits du Québec. Et 77,9 % se disaient prêts à payer davantage pour acheter local.

Boycott et achat local apparaissent ainsi comme deux faces d’une même mobilisation : sanctionner ce que l’on veut éviter et soutenir ce que l’on souhaite favoriser. Cela rejoint les recherches sur la consommation politique, qui distinguent boycott et « buycott » comme deux manières d’agir par ses choix de consommation.

Cinq façons de réagir à la crise

Cette mobilisation massive cache cependant des comportements très différents. Notre analyse fait apparaître cinq profils : 8,1 % de désengagés, 21,8 % de faiblement engagés, 26,1 % de modérément engagés, 18,2 % d’engagés pragmatiques et 25,8 % d’hyper-engagés.

Les engagés pragmatiques sont particulièrement révélateurs. Ils boycottent les produits américains aussi intensément que les hyper-engagés (environ 8,5 sur 10), mais leur soutien au local est beaucoup plus sélectif. Ils privilégient fortement les produits certifiés Aliments du Québec ou Les Produits du Québec et les détaillants locaux, mais nettement moins d’autres catégories pourtant dotées de dispositifs d’identification du local, comme le vin à la SAQ, les meubles certifiés Meubles du Québec ou les produits de quincaillerie certifiés « Bien fait ici ».




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Surtout, ces profils ne se résument pas à une question de pouvoir d’achat ou de territoire : ni le revenu du ménage ni la région de résidence ne les distinguent significativement. Nos différentes enquêtes montrent néanmoins que l’achat local tend à être davantage adopté par les consommateurs plus âgés et les francophones. Les caractéristiques sociodémographiques comptent donc, sans suffire à expliquer à elles seules l’intensité de la mobilisation.

Plus qu’une question d’identité

Notre troisième étude, menée en juillet 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 400 Québécois, permet justement de mieux comprendre ces motivations.

L’attachement au Québec compte. Mais le patriotisme économique — la conviction que ses choix de consommation peuvent soutenir l’économie d’ici — exerce un effet nettement plus fort sur la motivation à acheter localement que l’identité territoriale.

Cette motivation économique est très concrète : 79 % des répondants associent l’achat local à la préservation des emplois au Québec, 76,7 % au soutien des petites entreprises et artisans et 74,5 % au fait de faire vivre leur quartier, leur ville ou leur région.

Ainsi, acheter local en période de guerre commerciale ne consiste pas seulement à affirmer « qui nous sommes ». C’est aussi vouloir produire un effet économique tangible par son panier d’achats : préserver des emplois, soutenir des entreprises et faire circuler davantage de valeur dans l’économie locale.

Visibilité ne signifie pas nécessairement achat

Cette logique ne se traduit toutefois pas également dans tous les secteurs. En mai 2025, le déplacement des achats vers le local était nettement plus marqué dans l’alimentation que dans les autres catégories de produits.

Notre enquête permet d’aller plus loin en comparant plusieurs certifications. 71 % des répondants achetaient fréquemment des produits certifiés Aliments du Québec, contre 66,6 % pour Les Produits du Québec. Cette proportion diminuait toutefois à 34,3 % pour les produits de quincaillerie certifiés « Bien fait ici », à 34,2 % pour les vins locaux identifiés par la SAQ (Origine Québec, Préparé au Québec ou Embouteillé au Québec) et à 24,9 % pour les meubles certifiés Meubles du Québec.

Ces écarts ne signifient pas que les produits manufacturiers locaux sont difficiles à identifier. Plusieurs certifications existent précisément pour les rendre visibles et le répertoire de Les Produits du Québec compte aujourd’hui plus de 158 000 produits vérifiés. La marque de certification « Produit du Québec » bénéficie d’ailleurs d’une notoriété particulièrement élevée, à 91,1 %, qui se traduit par 67 % de compréhension et 63,5 % d’intention d’achat.

Nos analyses montrent que, au-delà de la notoriété, la valeur que le consommateur attribue à la certification, puis la confiance qu’elle suscite, sont les plus fortement associées à l’intention d’achats. D’autres facteurs, comme la disponibilité et l’accessibilité de l’offre locale, le prix ou encore la fréquence d’achat, peuvent également contribuer aux différences observées entre catégories.

L’enjeu est loin d’être marginal. Une étude récente estime que si chaque ménage québécois déplaçait seulement 25 dollars par semaine vers des produits non alimentaires fabriqués ici plutôt qu’importés, les retombées pourraient atteindre 3 milliards de dollars par année et près de 29 000 emplois.

Vouloir continuer ne signifie pas continuer

C’est ce que montre notre quatrième étude. En mai 2025, 75,9 % des répondants affirmaient vouloir maintenir leurs nouveaux comportements. Huit mois plus tard, en janvier 2026, l’achat régulier de produits certifiés Aliments du Québec était non seulement maintenu, mais passait de 71 % à 74,1 %. Pour les vêtements locaux, la trajectoire est opposée : 52,9 % à 30,2 %, une chute de près de 23 points.


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Cette comparaison ne permet pas d’isoler ce qui explique à lui seul ces trajectoires divergentes. Elle montre néanmoins quelque chose d’essentiel au moment où la guerre commerciale se ravive : une intention forte ne se transforme pas automatiquement en comportement durable.

Pour que l’achat local persiste une fois l’émotion retombée, encore faut-il que l’alternative locale soit identifiable, disponible et accessible, mais aussi que son empreinte économique soit tangible pour le consommateur : entreprises soutenues, emplois créés ou maintenus, activité économique générée et matières premières locales utilisées.

La Conversation Canada

Fabien Durif a reçu des financements de Recyc-Québec, Renaissance et Les Produits du Québec pour les éditions du Baromètre de la consommation responsable.

Hugo Vallerie et Pauline Folcher ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. De la guerre commerciale avec les États-Unis au panier d’achat : pourquoi boycott et achat local peuvent durer… ou s’essouffler – https://theconversation.com/de-la-guerre-commerciale-avec-les-etats-unis-au-panier-dachat-pourquoi-boycott-et-achat-local-peuvent-durer-ou-sessouffler-290602

Felipe VI y la crisis de Ceuta: ¿hasta dónde puede actuar el rey sin el Gobierno?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tomás J. Aliste Santos, Director del Grupo de Investigación Globalaw, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Felipe VI, durante la entrega de becas ‘La Caixa’ en el centro cultural CaixaForum el 12 de julio de 2023 en Madrid. OSCAR GONZALEZ FUENTES/Shutterstock

A propósito de la crisis de seguridad nacional que padece Ceuta desde los dos últimos días de julio de 2026, es inevitable preguntarse qué puede hacer el rey de España, Felipe VI, al respecto y si puede actuar discrecionalmente o requiere siempre el refrendo del Gobierno en actos jurídicos con transcendencia de Estado.

Precisamente el presidente del Gobierno, Pedro Sánchez, anunció este lunes que el rey visitará Ceuta “cuando se den las condiciones para ello”, aunque sin concretar una fecha.

¿Pero puede Felipe VI ir a Ceuta cuando considere oportuno? ¿Puede decidir libremente qué hacer? La cuestión tiene relevancia constitucional, porque el jefe del Estado no puede ser coaccionado respecto a sus actos dada su inviolabilidad, tal y como señala el artículo 56.3 de la Constitución española.

El rey es la máxima autoridad del Estado, símbolo de su unidad y permanencia, tal como expresa el artículo 56.1 de la Carta Magna. Y, en ese sentido, “reina, pero no gobierna”, según la famosa frase, popularizada por el político francés Louis Adolphe Thiers poco antes de la caída de Carlos X y el ascenso al trono de Luis Felipe I –de quien terminó siendo primer ministro–.

Este tema no es menor, y nos conduce a la cuestión medular de este artículo: ¿cuáles son los poderes del rey de España, según la Constitución de 1978?

La funciones de arbitrar y moderar

El monarca español tiene una serie de facultades y funciones claramente definidas en los artículos 56.1, 61.1 y, de forma muy detallada, 62, 63 y 65.2 de la Constitución. Sin embargo, lo cierto es que cuando analizamos sus poderes discrecionales, que no son otros que arbitrar y moderar, no podemos confundir estas facultades con los denominados “actos debidos”. Estos últimos constituyen la mayoría de actuaciones reales, ejecutadas por imperativo constitucional y que, por ello, no ofrecen margen alguno al ejercicio de la discrecionalidad regia en la decisión y ejecución del acto.

Si la doctrina de los “actos debidos” comprendiera todos los actos de Felipe VI, la Jefatura del Estado quedaría reducida a elementales funciones constitucionales muy limitadas, que en absoluto se corresponderían con las amplias facultades de arbitrar y moderar el funcionamiento regular de las instituciones que expresamente se recogen en el artículo 56.1 de la Constitución de 1978.

Dos intervenciones históricas

Históricamente se han hecho explícitas para todos los ciudadanos en dos intervenciones concretas: el 23 de febrero de 1981, reinando Juan Carlos I de Borbón, en el mensaje a la Nación con motivo del Golpe de Estado, y el 3 de octubre de 2017, cuando Felipe VI pronunció un discurso institucional a toda la nación con motivo de la crisis institucional en Cataluña tras el referéndum ilegal del 1 de octubre de 2017.

La doctrina constitucional ha analizado con detenimiento este tema. Sintéticamente, la doctrina mayoritaria entiende que la institución del refrendo de los actos del rey, que por regla general traslada la responsabilidad por dichos actos al Gobierno, en absoluto inhibe la posibilidad de actuar que tiene el monarca. Es decir, puede actuar sin pedir autorización a otros poderes y sin que ello le genere ninguna responsabilidad, aunque esta elección es verdaderamente excepcional y tiene un evidente coste para el mantenimiento de la Corona como poder neutral.

Nuestro sistema constitucional no habilita al Gobierno para someter los actos reales a una autorización o permiso “ex ante” porque forzosamente el refrendo siempre se produce “ex post”; es decir, primero va el acto regio y luego el refrendo (sea expreso o tácito). Y sin refrendo, los actos de Estado efectuados por el rey carecen de validez, a tenor del artículo 56.3 de la Constitución.

Pero el refrendo de los actos de Felipe VI, recogido en los artículos 56.3 y 64.1, tampoco es una facultad libérrima en manos del Gobierno, porque si fuera así el rey no podría llevar a cabo ningún tipo de acto –ni siquiera los más personales– sin su autorización.

A tenor de la sentencia del Tribunal Constitucional 5/1987, de 27 de enero, dicho refrendo es el propio de los “actos debidos”, que por su naturaleza constitucional constriñen las funciones del monarca, pero cuya posición como jefe del Estado lo diferencia y separa nítidamente del Gobierno y de cualquier otra institución constitucional.

Por eso, siguiendo la lógica de la separación de poderes, más allá de los “actos debidos”, naturalmente el rey puede y debe desplegar facultades regias privativas cuando con prudencia considere oportuno hacerlo.

Fijémonos que, según el artículo 56.1 de la Constitución, el rey “arbitra” y “modera” el funcionamiento regular de las instituciones y que, según el artículo 61.1 de la norma fundamental, cuando es proclamado ante las Cortes jura desempeñar fielmente sus funciones, guardar y hacer guardar la Constitución y las leyes y respetar los derechos de los ciudadanos y de las comunidades autónomas.

Sin necesidad de autorización

Las facultades de “arbitrio” y “moderación” que el citado artículo 56.1 expresamente reconoce al rey no encajan bien en la doctrina de los “actos debidos”: una cosa es convenir que el monarca no puede negarse a realizar los actos que constitucionalmente corresponden a la Jefatura del Estado y otra muy diferente admitir una suerte de autorización previa.

Precisamente, en un contexto de grave crisis de seguridad nacional en Ceuta, el monarca cuenta con suficiente legitimidad constitucional para ejercer explícitamente, si así lo considera, sus facultades, moderando el funcionamiento regular de las instituciones del Estado.

The Conversation

Tomás J. Aliste Santos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Felipe VI y la crisis de Ceuta: ¿hasta dónde puede actuar el rey sin el Gobierno? – https://theconversation.com/felipe-vi-y-la-crisis-de-ceuta-hasta-donde-puede-actuar-el-rey-sin-el-gobierno-290491

Las secuelas de los incendios: erosión, inundaciones, contaminación del agua y degradación de ecosistemas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Girona García, Investigador en dinámica del carbono y erosión post-incendio, Instituto Mixto de Investigación en Biodiversidad (Universidad de Oviedo – CSIC)

Las recientes olas de incendios en España, Francia y otras regiones de Europa nos recuerdan que el problema no termina cuando el fuego se apaga. Tras las llamas se desencadenan sus efectos más persistentes: mayor riesgo de erosión e inundaciones, daños a las poblaciones y degradación de los ecosistemas.

Incendios más frecuentes, extensos y severos en España

Recientemente, España ha registrado algunos de los episodios de incendios forestales más graves de su historia, alcanzando cifras récord tanto en superficie quemada como en número de grandes incendios forestales, definidos como aquellos que afectan a más de 500 hectáreas.

En 2025 ardieron 91 580 hectáreas de superficie forestal, mientras que en 2026, hasta la fecha, los incendios han calcinado ya 216 410 hectáreas. Esta superficie supera ampliamente la registrada durante todo el año anterior y casi triplica la media de la última década (77 687 hectáreas). Además, esta superficie representa el 47 % del total del área quemada en la Unión Europea en lo que llevamos de 2026.

¿Qué ocurre después de un incendio?

Los efectos de los incendios sobre los ecosistemas y, más particularmente, el suelo, van más allá de los daños directos producidos por el fuego. Al desaparecer la vegetación y quemarse la materia orgánica, el suelo pierde parte de su estructura y de su capacidad para absorber y retener agua. Como consecuencia, el riesgo de erosión aumenta hasta varios órdenes de magnitud en comparación con suelos no quemados

Escorrentía y erosión posincendio durante un evento de lluvia. Incendio de 2012 de Várzea (Portugal).
Óscar González Pelayo

El suelo que se pierde por erosión después de los incendios no solo supone una reducción de la fertilidad, sino que también genera importantes riesgos aguas abajo de las zonas quemadas. Entre ellos destacan la contaminación de las aguas de consumo humano por el arrastre de cenizas y sedimentos. También la ocurrencia de riadas capaces de transportar grandes cantidades de lodo, piedras y restos vegetales, que pueden causar graves daños personales y materiales.

Tras los incendios de 2025 en la comarca de El Bierzo (León), se produjeron interrupciones en el suministro de agua de diversas poblaciones por la contaminación de las captaciones de agua de consumo después de las primeras lluvias posteriores al fuego.

Asimismo, el arrastre de lodo y sedimentos de esos mismos incendios ocasionó recientemente daños materiales y afectó a la actividad turística en la playa fluvial de Molinaseca (León).

Además de las pérdidas económicas, estos fenómenos pueden tener consecuencias humanas dramáticas. Un caso destacable sería el ocurrido en 2018 en la localidad de Montecito (California, Estados Unidos). Allí, tras varios incendios forestales, intensas lluvias desencadenaron una colada de barro que causó la muerte de 23 personas y provocó daños directos valorados en aproximadamente 177 millones de dólares.

Recientemente, en otro caso más cercano, dos personas perdieron la vida en Manzanedo de Valdueza (León) a consecuencia de una riada cuya severidad se vio agravada por los incendios que habían afectado a la zona el año anterior.




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¿Qué podemos hacer para minimizar estas consecuencias?

Si bien estos efectos indeseados no se pueden evitar en su totalidad, sí que existen una serie de herramientas que nos pueden permitir minimizarlos.

Antes de llevar a cabo cualquier actuación, es imprescindible identificar las áreas con mayor riesgo de erosión: aquellas de mayor pendiente y quemadas con alta severidad. Además, hay que evaluar su proximidad a elementos vulnerables, como cauces y captaciones de agua, bienes culturales, poblaciones y sus vías de acceso.

Una vez realizado este análisis, es imprescindible actuar con la mayor celeridad posible, puesto que las zonas afectadas por incendios forestales se encuentran en su momento de mayor vulnerabilidad durante los primeros meses posteriores al incendio.

Los tratamientos de mitigación de la erosión que han demostrado una mayor eficacia son aquellos que proporcionan una cubierta protectora sobre el suelo, conocida como “mulch”. Este material suele estar compuesto por paja agrícola o astillas de madera y actúa protegiendo la superficie del suelo frente al impacto directo de las gotas de lluvia. Además, favorece la infiltración del agua y reduce la velocidad de la escorrentía superficial. Como resultado, la aplicación de estos tratamientos ha mostrado reducciones medias de la erosión de hasta el 86 %.

Otra alternativa viable consiste en la construcción de barreras o fajinas utilizando troncos y restos vegetales quemados. Estas estructuras disminuyen la velocidad de la escorrentía, favorecen la retención de sedimentos y reducen las pérdidas de suelo.

Además de para evitar todos estos efectos indeseados, la protección de los suelos es de vital importancia por su papel en el funcionamiento de los ecosistemas y su lenta formación. Se estima que se requieren entre 100 y 1000 años para formar 1 cm de suelo fértil, por lo que se considera un recurso no renovable.




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¿A quién compete realizar estas actuaciones?

Las competencias para la ejecución de las actuaciones de emergencia y restauración dependen de la titularidad de los terrenos afectados y del ámbito territorial en el que sea necesario intervenir.

Las comunidades autónomas concentran gran parte de las competencias en materia de gestión forestal y conservación del medio natural, si bien la Administración General del Estado también puede participar en labores de restauración y apoyo técnico o financiero.

Por su parte, las confederaciones hidrográficas son responsables de la gestión de los cauces y de sus zonas asociadas, especialmente cuando existe riesgo para la calidad de las aguas o para el funcionamiento de las infraestructuras hidráulicas.

Asimismo, los ayuntamientos desempeñan un papel fundamental en la gestión del riesgo, al ser los responsables de incorporar estas amenazas a los planes de emergencia, evacuación y autoprotección, así como de informar y proteger a la población potencialmente afectada.




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¿Qué limita la implementación de estas actuaciones?

En un estudio publicado recientemente, hemos analizado las principales limitaciones y lagunas existentes en la gestión posincendio en España, Portugal y Grecia.

Este análisis muestra que la principal limitación no reside en la disponibilidad de recursos económicos, sino en la ausencia de protocolos estandarizados y basados en evidencias científicas para la identificación, priorización y gestión de las áreas que requieren intervención.

Además, la financiación destinada a la restauración posincendio suele tener un carácter marcadamente cortoplacista, lo que obliga a ejecutar la totalidad de los fondos en plazos reducidos.

Todo ello dificulta el seguimiento de la evolución de las zonas afectadas y limita la posibilidad de implementar y adaptar medidas a corto y medio plazo en función de la recuperación del ecosistema. Como consecuencia, no solo se reduce la capacidad para evaluar la efectividad de las actuaciones realizadas, sino también para aprender de los errores cometidos y mejorar la planificación y ejecución de futuras intervenciones.

La tendencia preocupante hacia incendios de mayor extensión y severidad refuerza la importancia de evaluar sus impactos ambientales y desarrollar estrategias eficaces de prevención, mitigación y adaptación.

The Conversation

Antonio Girona García recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades – Agencia Estatal de Investigación (proyecto CAPTIVE RYC2021-031262-I MICIU-AEI-UEPRTR y proyecto EROSINK PID2023-146991NA-I00 MICIU-AEI-FEDER/UE)

– ref. Las secuelas de los incendios: erosión, inundaciones, contaminación del agua y degradación de ecosistemas – https://theconversation.com/las-secuelas-de-los-incendios-erosion-inundaciones-contaminacion-del-agua-y-degradacion-de-ecosistemas-290263

La FIFA en Afrique : Gianni Infantino a-t-il vraiment contribué au développement du football ?

Source: The Conversation – in French – By Gerard A. Akindes, Adjunct associate, Northwestern University

Gianni Infantino a fait marche arrière concernant sa proposition d’ouvrir le capital de la FIFA à des investisseurs privés et se retrouve désormais au cœur d’une vive polémique. Mais cette controverse ne remet pas en cause la marchandisation croissante du football.

Gerard A. Akindes étudie l’économie politique du football africain. Ses travaux retracent la manière dont le capital, les intérêts des entreprises et les chaînes de télévision influencent ce sport dans un monde globalisé. Nous lui avons posé quelques questions.


Quel rôle joue la FIFA dans le football africain ?

La FIFA est l’instance dirigeante mondiale du football. Sa mission principale consiste à établir et à faire respecter les règles du jeu, à organiser les grands tournois internationaux tels que les Coupes du monde, et à superviser le développement de ce sport. Pour ce faire, elle s’appuie sur six confédérations continentales, dont la CAF en Afrique.

La CAF met en œuvre les normes internationales et gère les
compétitions continentales de sélections et de clubs. La majeure partie de ses revenus provient de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations et du soutien financier de la FIFA.

Le rôle de la FIFA est complexe. Elle apporte une aide au développement indispensable, mais cela rend le football africain économiquement dépendant d’elle. Comme je vais l’expliquer, cela peut également alimenter le dysfonctionnement des institutions africaines.

Les écoles constituaient traditionnellement le principal vivier de jeunes athlètes africains après l’indépendance. Mais des décennies de désinvestissement de la part des gouvernements, accélérées par les programmes d’ajustement de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international dans les années 1990, qui ont réduit le sport scolaire, ont gravement entravé la capacité de développement du football.

Les centres de formation privés africains ont partiellement comblé ce vide. Mais ils fonctionnent principalement comme des filières orientées vers l’exportation, vidant le continent de ses talents. Parallèlement, les retransmissions par satellite des championnats européens ont captivé les supporters locaux et détourné leur attention du football local.

Dans cet écosystème fragile, la FIFA est devenue un soutien essentiel pour les fédérations nationales de football. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a transformé le Programme Goal en Programme de développement « FIFA Forward ». Il a considérablement augmenté les subventions. En 2025, il a confirmé que le programme avait injecté plus d’un milliard de dollars américains dans le football africain depuis sa création en 2016.

Le poids du financement de la FIFA par rapport au budget total d’une fédération dépend du niveau des subventions des collectivités locales et d’autres sources de revenus. Par exemple, au Togo, la FIFA finance actuellement environ 30 % du budget de la fédération nationale.

Ces subventions ont entraîné des distorsions dans la gouvernance. Des articles parus au Nigeria et au Congo, par exemple, ont mis en lumière des irrégularités financières concernant les fonds du programme « FIFA Forward ». Cela révèle d’importants problèmes de transparence dans leur gestion.

On observe une dépendance croissante vis-à-vis de la FIFA et, par conséquent, une érosion de l’autonomie politique. Les présidents des fédérations africaines de football et le président de la CAF se sont révélés incapables de s’opposer à la FIFA.

Cela se manifeste clairement par leur soutien unanime en faveur de la réélection d’Infantino en mars 2027 et de leur silence sur les abus en matière d’immigration liés à la Coupe du monde 2026 . Ils n’ont pas exprimé leur inquiétude concernant le plan d’investissement controversé lié à la Coupe du monde.

Ce schéma s’étend à la CAF elle-même. Infantino a influencé les transitions à la tête de la confédération en 2017 et 2021, choisissant lui-même son président actuel, Patrice Motsepe.

Un homme européen chauve photographié de dos au milieu d'une petite foule qui regarde deux équipes sportives africaines et des officiels s'aligner sur un terrain de sport.
Infantino assiste à un match de qualification pour la Coupe d’Afrique des nations au Soudan du Sud en 2017.
UNMISS/Flickr, CC BY-NC-ND

L’efficacité des fonds de la FIFA dépend de la manière dont ils sont gérés par les fédérations nationales de football. Sans investissements complémentaires dans l’intégrité, la compétence et la redevabilité des instances dirigeantes, les infrastructures des compétitions nationales et des clubs, ainsi que l’indépendance stratégique de la CAF, ces financements risquent de renforcer la dépendance plutôt que de favoriser une autonomie financière durable.

Les subventions de la FIFA favorisent-elles réellement le développement ?

En fin de compte, le financement de la FIFA profite peu au football de base. Il semble au contraire avoir renforcé des structures administratives alignées sur la FIFA qui privilégient les intérêts du football national d’élite, de ses infrastructures et des dotations financières des compétitions.

Cette dynamique suggère que la FIFA se préoccupe davantage du football professionnel, où les retombées politiques et l’image de marque mondiale sont plus importantes que le football de base, qui constitue pourtant le fondement de ce sport sur tout le continent.

Le programme de développement des talents de la FIFA vise à créer 20 à 30 centres de formation à travers l’Afrique d’ici 2027, mais révèle également des décalages structurels. On assiste déjà à une prolifération d’académies non réglementées en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Nigeria et ailleurs. La création de nouvelles académies financées par la FIFA soulève des questions cruciales.

Tout en formant de jeunes joueurs, vont-elles également remédier à la pénurie d’entraîneurs qualifiés pour la formation des jeunes ? Vont-elles s’intégrer aux structures des championnats nationaux pour renforcer les compétitions locales ? Vont-elles soutenir l’organisation régulière de tournois nationaux de jeunes ? Il est encore trop tôt pour évaluer leur impact. Les deux premières académies, situées en Mauritanie et à Djibouti, n’ont commencé à fonctionner qu’en 2025.




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De même, le programme « Football for Schools » d’Infantino, lancé en 2019 et présent dans 46 pays africains, fonctionne parallèlement à des écosystèmes sportifs scolaires déjà affaiblis. Il vise à utiliser le football pour enseigner des compétences de vie, et non pour améliorer la qualité de l’enseignement du football à l’école.

Concentrer le soutien financier sur des programmes d’élite à forte visibilité, tout en négligeant les difficultés structurelles et institutionnelles, perpétue un modèle d’aide donateur-bénéficiaire. Cela ne profite qu’à une frange de l’écosystème du football.

L’introduction de nouvelles compétitions d’élite telles que la prochaine Ligue des Nations ne renforcera pas nécessairement la qualité du sport scolaire existant.

La bonne gouvernance, l’organisation structurelle et le renforcement des capacités dans le football africain doivent relever de la responsabilité des gouvernements et des fédérations africaines de football. La FIFA devrait apporter son soutien là où cela est nécessaire, plutôt que de mener des projets sous son impulsion et approuvés par les gouvernements.

Le rôle de la FIFA devrait être de s’inscrire dans les visions, stratégies et plans nationaux de développement du football, et non l’inverse.

Quel est l’impact des droits de diffusion lucratifs ?

Depuis que la télévision payante s’est imposée en Afrique, à partir des années 1980, l’audience s’est progressivement orientée vers des modèles d’abonnement. Pour les téléspectateurs africains de football, cette transition s’est véritablement amorcée en 2006 lorsque Arab Radio and Television a acquis les droits de diffusion en Algérie, obligeant les téléspectateurs à acheter des décodeurs.

Sous la direction de Blatter, un accord conclu avec l’Union africaine de la radiodiffusion permettait de maintenir la diffusion en clair des tournois de la FIFA. Cet accord a expiré après la Coupe du monde 2014.
Sous Infantino, la FIFA a davantage commercialisé les droits de diffusion, en les vendant à des diffuseurs privés.

En Afrique subsaharienne, New World TV détient actuellement les droits exclusifs de la Coupe du monde. Pour éviter une exclusion totale en raison du caractère payant des retransmissions, environ la moitié des matchs font l’objet d’une sous-licence accordée aux chaînes de service public.

Cela garantit un certain accès gratuit, mais la plupart des pays de la région restent confrontés aux coûts de données les plus élevés au monde et aux frais liés aux décodeurs.

Pour la plupart des supporters ne disposant pas d’un abonnement à la télévision payante, le visionnage collectif dans les bars et les lieux publics ou le recours à des flux piratés restent les seules options accessibles.

Alors que les supporters les plus passionnés du continent doivent composer avec la télévision payante, des forfaits de données coûteux et des flux peu fiables simplement pour suivre leurs équipes lors de la Coupe du monde, les recettes record de la FIFA apparaissent moins comme un signe de progrès que comme un éloignement du football de sa vocation de « sport du peuple ».

Les pays africains pourraient-ils contribuer à maintenir Infantino à son poste ?

Depuis João Havelange, président de la FIFA de 1974 à 1998, l’Afrique constitue un bloc électoral crucial. Un candidat doit obtenir 106 voix sur les 211 associations membres au total, à condition qu’il n’y ait qu’un ou deux candidats au second tour. Les présidents de la FIFA peuvent exercer trois mandats de quatre ans.

Infantino a pris la relève pour les trois dernières années du mandat de Blatter, ce qui porte sa présidence à environ dix ans. Il pourrait briguer un nouveau mandat en 2027. Infantino reprend ainsi une stratégie politique qui rappelle celle de Blatter.

Il distribue les ressources et les privilèges en fonction des régions où il peut obtenir des voix. Les pays africains l’ont aidé à remporter l’élection en 2016 grâce à ses promesses de doubler les fonds alloués au développement.

C’est une promesse qu’il a tenue. Mais la réalité est complexe. Des avantages significatifs s’accompagnent de coûts structurels importants.

Du côté positif, la FIFA sous la direction d’Infantino a considérablement augmenté les fonds alloués au développement ; elle a porté le nombre de places attribuées à l’Afrique pour la Coupe du monde de cinq à neuf en 2026 ; et elle a apporté une aide essentielle face à la COVID-19. Du côté négatif, son programme avance sans faire l’objet d’un véritable débat de la part des dirigeants africains.

Les réformes sont acceptées sans discussion approfondie, même lorsqu’elles sont mal adaptées à l’écosystème footballistique propre à l’Afrique – comme le fait que la Coupe d’Afrique des nations se déroule tous les quatre ans au lieu de tous les deux, ou le projet abandonné de Super Ligue africaine.




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La dépendance financière peut contribuer à expliquer pourquoi les nations africaines soutiennent Infantino. Les dirigeants du football africain ont déjà manifesté leur soutien à sa réélection, et les 54 voix de l’Afrique revêtent une importance stratégique cruciale.

Même si les priorités d’Infantino, axées sur les recettes, ne correspondent pas forcément aux réalités africaines, la responsabilité première revient aux fédérations et aux dirigeants du football africain.

Ce sont eux qui connaissent le mieux les réalités du football africain et ils doivent défendre ce qui est dans l’intérêt de leurs supporters et de leurs communautés. La question qui se pose avec acuité est de savoir s’ils sont capables de faire preuve de l’autonomie et de l’intégrité nécessaires pour donner la priorité au football africain plutôt qu’à l’agenda mondial de la FIFA, tout en rendant véritablement des comptes aux jeunes joueurs et aux supporters pour qui ce sport doit toujours rester « le sport du peuple ».

The Conversation

Gerard A. Akindes does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. La FIFA en Afrique : Gianni Infantino a-t-il vraiment contribué au développement du football ? – https://theconversation.com/la-fifa-en-afrique-gianni-infantino-a-t-il-vraiment-contribue-au-developpement-du-football-290761

Los puntitos rojos descubiertos por el telescopio James Webb y el origen de los agujeros negros supermasivos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Miralda, Catedrático de investigación ICREA en Astrofísica y Cosmología, Universitat de Barcelona

El James Webb ha detectado cientos de objetos, pequeños puntos rojos, que brillaron durante los primeros mil millones de años del universo. NASA; ESA; CSA; STScI; Dale Kocevski/Colby College, CC BY

Los puntitos rojos (Little Red Dots, LRDs) son uno de los descubrimiento más importantes del telescopio espacial James Webb (JWST), y podrían representar una nueva fase crucial de la evolución de los cuásares en núcleos galácticos: el nacimiento de los primeros agujeros negros supermasivos.

pequeños puntos rojos en el espacio
Algunos ejemplos de imágenes de los pequeños puntos rojos descubiertos por el Telescopio Espacial James Webb.
NASA, ESA, CSA, STScI, Dale Kocevski (Colby College)., CC BY

El descubrimiento de los cuásares

Cuando el astrónomo neerlandés Maarten Schmidt descubrió los cuásares en el año 1963, el universo conocido se engrandeció de repente: eran los objetos más lejanos detectados hasta entonces. Se trata de fuentes de luz puntuales situadas a gran distancia, e implican una luminosidad enorme de hasta 100 veces la de toda la Vía Láctea.

La hipótesis que pronto fue propuesta para estos objetos capaces de emitir tanta luz desde un espacio tan compacto es que son agujeros negros supermasivos que atrapan material de su entorno, formando un disco de plasma calentado hasta temperaturas mucho más altas que las de cualquier estrella.

Antes de caer inexorablemente tras el horizonte del agujero negro y desaparecer para siempre, la materia puede convertir una gran parte de su masa en reposo en la energía de la intensa luz que vemos (entre un 5 % y un 40 %, mucho más eficiente que la fusión nuclear que alimenta las estrellas).

Esta explicación se vio confirmada por los chorros de radio superlumínicos, que son plasma expulsado desde los polos de rotación del agujero negro a velocidades de hasta el 99 % de la de la luz.

La formación de los agujeros negros

¿Cómo se pueden formar estos agujeros negros tan masivos, de hasta miles de millones de masas solares en los casos más extremos, en el núcleo de una galaxia? Es una de las grandes incógnitas que plantean los cuásares.

La idea más simple es que se formaran a partir de las primeras estrellas masivas del universo, que colapsaron a agujeros negros al final de su breve vida. Estos primeros agujeros negros, según hemos descubierto a través de las ondas gravitacionales detectadas por LIGO y Virgo, podían alcanzar ya hasta unas 50 masas solares.

Continuando la hipótesis, estos agujeros negros estelares se concentrarían en los núcleos galácticos, donde
podrían crecer acretando materia del entorno y fusionándose entre ellos
hasta alcanzar las masas de los agujeros negros nucleares responsables de los cuásares.

Esta idea conlleva una posible dificultad: si los cuásares crecen acretando materia de un disco, su luminosidad se ve limitada por un máximo valor posible para que la materia pueda seguir acretando, llamada la luminosidad de Eddington, y un correspondiente ritmo máximo de acreción del disco, que implica que son necesarios unos 30 millones de años para duplicar la masa del agujero negro.

Pero los cuásares más luminosos han sido descubiertos a distancias muy grandes, donde los vemos cuando el universo era aún muy joven, con solo unos 600 millones de años de edad (la edad actual del universo es de 13 800 millones de años).

Algo no encajaba. Según la teoría actual de la formación de galaxias, denominada teoría de la materia oscura fría, las primeras estrellas se formaron cuando el universo tenía unos 300 millones de años. Con otros 300 millones de años de tiempo no basta para hacer crecer los agujeros negros (diez duplicaciones de la masa nos dan un crecimiento de un factor 2¹⁰, o un factor 1000 aproximadamente, insuficiente para crecer desde la masa de un agujero negro estelar hasta uno de un cuásar).

Los modelos indican también que es difícil producir tantas fusiones como serían necesarias para aumentar la masa más rápidamente.

El modelo de la ‘estrella de agujero negro’

Otras ideas más exóticas han invocado la posibilidad de agujeros negros primordiales, formados ya desde el primer segundo de vida del universo.
Pero hay una solución menos radical: si a un agujero negro le “echamos” una gran cantidad de materia, la densidad del gas puede ser tan alta que la luz emitida no pueda escapar y termine cayendo también en el hoyo.

Así se puede producir una acreción super-Eddington –un proceso en el que un agujero negro absorbe gas y materia a un ritmo mayor de lo esperado debido a una reducción de la eficiencia con que se emite luz– y un crecimiento más rápido del agujero negro. La alta densidad del gas que le rodea puede dar lugar a un capullo, una estructura opaca que lo envuelve y absorbe el cuásar central, creando una atmósfera gigante parecida a la de una estrella. Así fue como este modelo fue bautizado como “estrella de agujero negro”.

Los puntitos rojos: ¿la solución?

Entramos ahora en el nuevo descubrimiento del telescopio espacial JWST, que observa el universo en luz infrarroja desde el año 2022: los puntitos rojos.

Son nuevas fuentes muy compactas de luz roja que comparten algunas características de los cuásares: líneas de emisión que indican ionización y grandes velocidades cerca del agujero negro, además de gran luminosidad surgiendo de una región muy compacta. Sin embargo, son muy distintos en otros aspectos: no vemos ni rayos X ni radio, la luz es más roja y su espectro muestra la discontinuidad de Balmer (un salto o caída repentina en la intensidad del espectro continuo de una estrella debido a absorción por hidrógeno), que es característica de las atmósferas estelares.

Aunque al principio algunos cosmólogos interpretaron esto último como la evidencia de que los puntitos rojos son luz de estrellas jóvenes sin relación con los cuásares, varias observaciones recientes muestran características de sus líneas de emisión indicativas de grandes densidades de plasma y de la atmósfera gigante esperadas en el modelo de la estrella agujero negro, que explican la discontinuidad de Balmer y otros detalles de los puntitos rojos.

Esto ha decantado la evidencia a favor del capullo que oculta un cuásar en el proceso de formación, con el agujero negro como motor principal de la luz que vemos, pero oculto para esconder su aspecto habitual en los cuásares ya plenamente formados.

Será necesario seguir indagando en esta idea con más observaciones que
aclaren la naturaleza de los puntitos rojos.

Llegaron antes que los cuásares

De momento, los datos ya confirman que los puntitos rojos tuvieron su pico de máxima actividad antes que los cuásares. Su abundancia bajó rápidamente cuando el universo tenía unos 3 000 millones de años, cuando los cuásares justo empezaban su descenso hasta el universo actual, en el que son ya una rareza en comparación con su época de esplendor.

Las observaciones apoyan la idea de que los puntitos rojos son cuásares en formación, donde el agujero negro crece con rapidez en el núcleo de una galaxia joven. El gas denso que alimenta este crecimiento forma un capullo que oculta y nos impide ver el cuásar con toda su majestuosidad hasta unos cuantos millones de años más tarde.

The Conversation

Jordi Miralda recibe fondos de Ministerio de Ciencia e Innovación.
Trabajé en plazas postdoctorales y tambien como profesor con algunas de las personas citadas, como Sir Martin J. Rees, y en mi propio artículo con Jaiyul Yoo.

Kazushi Iwasawa recibe fondos de Ministerio de Ciencia e Innovación. Trabajé unas veces con Kohei Inayoshi citado en este artículo.

– ref. Los puntitos rojos descubiertos por el telescopio James Webb y el origen de los agujeros negros supermasivos – https://theconversation.com/los-puntitos-rojos-descubiertos-por-el-telescopio-james-webb-y-el-origen-de-los-agujeros-negros-supermasivos-287651