Quand Disneyland écoute ses travailleurs… mais pas vraiment

Source: The Conversation – in French – By Audrey Holm, Porfessseur assistant, HEC Paris Business School

Signer un accord avec les salariés, est-ce toujours un signe de qualité du dialogue social ? Parfois, les impressions peuvent être trompeuses… quand, par exemple, une entreprise fait en sorte que, à peine passé, l’objet de l’accord soit caduc.


La prise de parole est souvent célébrée comme une voie à privilégier pour créer des milieux de travail plus justes et plus inclusifs. Mais que se passe-t-il si l’entreprise fait semblant d’entendre, ou entend sans vraiment comprendre ce qui est dit ? C’est la question au cœur de notre récente étude sur les marionnettistes de Disneyland.

L’étude de ce cas montre comment une organisation peut donner l’impression d’être à l’écoute de ses employés, sans joindre le geste à la parole. Dans ces situations, la firme donne l’impression de ne pas avoir bien entendu, à moins qu’elle n’ait trop bien entendu. On parle dans ce cas de « participation de façade », quand, en apparence, l’employeur répond aux préoccupations des travailleurs – souvent par le biais d’ententes formelles – tout en réduisant simultanément sa dépendance à l’égard de ces travailleurs.

L’illusion d’être entendus

Le cas qui nous intéresse concerne Walt Disney Parks and Resorts US Inc. (qu’on nommera pour simplifier Disney ou Disneyland dans le reste de l’article), mais cela pourrait arriver dans d’autres entreprises. En 2014, en Californie, un groupe de marionnettistes de Disneyland a commencé à s’organiser en vue d’obtenir une représentation syndicale. Leurs revendications comprenaient un meilleur salaire, un équipement plus sûr et une plus grande participation à la conception des marionnettes.

Beaucoup gagnaient moins que les acteurs costumés avec lesquels ils jouaient, et les blessures – de la tension dorsale à la séparation des épaules – étaient trop courantes. Pendant près de deux ans, les marionnettistes ont négocié un contrat avec les avocats et les dirigeants du parc à thème. L’accord final, ratifié en 2017, comprenait un salaire de base de 12,25 dollars l’heure, des congés payés et l’accès à une salle où les artistes pouvaient se reposer avant et après les spectacles.

De l’extérieur, cela ressemblait à une victoire. D’ailleurs, les marionnettistes ont célébré en ligne – c’était comme si leurs voix avaient enfin été entendues. Mais dans les coulisses, Disney réduisait déjà les rotations de travail et réaffectait le personnel à des fonctions non couvertes par l’accord syndical, si bien que près de la moitié des marionnettistes concernés au départ était partie au moment où les négociations se sont terminées au début de 2017.

Puis vint le coup de grâce. En mars 2017, juste avant la ratification de l’accord, Disney a annoncé la fermeture dès le mois suivant du spectacle principal dans lequel se produisaient les marionnettistes. À la fin de l’année 2020, aucun des 30 marionnettistes ayant participé à l’action collective n’était encore en poste – et bien que techniquement en place, l’accord n’a de fait jamais été mis en œuvre. C’est ce qu’on appelle la participation de façade, lorsqu’une entreprise a l’air d’être à l’écoute de ses travailleurs, mais s’assure en même temps que rien ne change vraiment.

Bonne ou mauvaise foi ?

Nous sommes conscients qu’il est très difficile de déterminer si les dirigeants de Disney ont négocié de bonne foi. D’une part, tout au long du processus de syndicalisation, Disney s’est montré quelque peu réceptif aux préoccupations des marionnettistes, tentant de trouver un accord. Les licenciements massifs et le gel des embauches dus à la pandémie de Covid-19 et aux confinements nationaux à la fin du contrat de travail ont également pu mettre un terme aux efforts visant à développer de nouveaux spectacles de marionnettes.

D’un autre côté, cependant, il est possible d’interpréter ce résultat en considérant que l’entreprise a ratifié un accord en sachant pertinemment qu’il ne serait jamais mis en œuvre. En effet, les efforts visant à faire taire les employés avaient commencé bien avant la signature de l’accord de travail, lorsque Disney avait tenté de contenir la voix des salariés. Nous n’avons vu aucun signe indiquant que Disney était disposé à développer un nouveau spectacle au cours des trois années qui ont suivi la ratification de l’accord.

Bien que l’intention soit difficile à qualifier, étant donné que nos sollicitations auprès de l’entreprise sont restées sans réponse, le résultat est que, malgré le temps et les efforts investis par les travailleurs pour se syndiquer et ceux investis par l’entreprise pour ratifier un nouvel accord, les marionnettistes de Disneyland n’ont pas encore vu leurs efforts pour faire entendre leur voix porter pleinement leurs fruits.

En agissant de la sorte, un employeur, quel qu’il soit, ne peut pas être suspecté de réprimer les revendications ou de faire traîner les négociations. Plus subtilement, des accords sont signés, mais le contexte nécessaire à leur mise en œuvre est discrètement démantelé.

Il est important de noter que cela ne découle pas toujours de la mauvaise foi ou d’une stratégie délibérée, d’une volonté de tromper. Souvent, la façon dont les entreprises sont organisées – avec beaucoup de lignes hiérarchiques, de services mobilisés, et donc de personnes prenant part aux décisions à différents endroits – rend difficile le respect des accords en général, et, notamment des accords de travail.

Une démarche en trois temps

Nos recherches montrent que la participation de façade se déploie généralement en trois étapes :

  • Tentative de réduction au silence : Au début, les marionnettistes ont rencontré de la résistance. Disney a collé des affiches antisyndicales dans les coulisses. Les directeurs ont tenu des réunions individuelles avec les artistes pour essayer de les dissuader de soutenir le syndicat et ont réduit la programmation de certains travailleurs qui soutenaient l’effort.

  • Accord à contrecœur : Après l’échec de ces efforts, la direction a entamé à contrecœur des négociations formelles avec le syndicat des travailleurs. Le processus a été lent, composé de 28 réunions sur deux ans, et souvent frustrant pour les travailleurs. Mais en fin de compte, cela a abouti à la signature d’un accord portant sur les salaires et les conditions de travail.

  • Retrait stratégique : alors même que l’encre séchait, Disney a fermé le spectacle de marionnettes, réduit les heures de travail des salariés et beaucoup sont partis – certains parce qu’ils ne pouvaient pas survivre avec des salaires inférieurs, d’autres parce qu’ils ont été déplacés vers des fonctions non couvertes par le contrat.

Fort turnover

Une fois que le spectacle a été terminé et les marionnettistes poussés dehors ou déplacés ailleurs, il ne restait plus personne pour faire respecter ou bénéficier de l’accord signé. Plus généralement, ce genre de résultat est courant dans les secteurs où les emplois sont à court terme et le taux de rotation élevé, comme les parcs à thème, la production cinématographique et télévisuelle, ou certaines parties de l’économie des petits boulots. Dans ce contexte professionnel, les employeurs peuvent facilement mettre de côté les accords sans jamais avoir à les rompre.

France 24 – 2022.

La participation de façade peut sembler être un moyen peu coûteux de désamorcer les conflits – une concession symbolique qui satisfait la pression immédiate. Mais au fil du temps, cela érode la confiance et peut avoir des conséquences négatives pour l’entreprise. Pour le dire autrement, il ne peut s’agir que d’une victoire à très court terme.

Une perte d’engagement coûteuse à terme ?

En effet, les travailleurs qui pensent avoir été trompés sont moins susceptibles ensuite de s’engager pleinement dans leur travail. Les promesses qui ne sont pas tenues deviennent des histoires qui se répandent. À long terme, la perte d’employés peut être coûteuse.

La leçon pour les managers est simple. Dire que vous soutenez les travailleurs n’est pas la même chose que d’agir en conséquence. Si les changements s’effondrent au moment où les équipes changent ou que les projets se terminent, le message n’arrive pas et la confiance des travailleurs s’érode. Pour que leurs voix mènent à un véritable changement, les travailleurs ont besoin de plus qu’un siège à la table ; ils ont besoin d’avoir leur mot à dire sur ce qui se passera ensuite.

Si les mêmes gestionnaires qui négocient les accords décident également d’y donner une suite ou non, il n’y a pas de véritable responsabilité. Le suivi ne fonctionne que lorsque les employés restent impliqués, et les changements se manifestent dans la façon dont l’endroit fonctionne réellement, et pas seulement sur le papier. Si les entreprises veulent que les travailleurs s’expriment, elles doivent aller jusqu’au bout. Dire oui ne suffit pas, il faut que cela ait un sens.


Cet article a été rédigé avec Bella Fong, actuellement Postgraduate Researcher à Energy Studies Institute (ESI).

Méthodologie

Nous avons interrogé huit anciens marionnettistes de Disneyland et analysé sept ans de données de leur groupe Facebook privé, composé de 398 publications uniques, 2 228 commentaires et 1 780 likes. Nous voulions comprendre comment les travailleurs peuvent être entendus, mais rester exclus – et comment les entreprises, parfois sans le vouloir, finissent par bloquer les changements qu’elles semblent accepter.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand Disneyland écoute ses travailleurs… mais pas vraiment – https://theconversation.com/quand-disneyland-ecoute-ses-travailleurs-mais-pas-vraiment-259459

L’IA transforme le conseil plus qu’elle ne le remplace

Source: The Conversation – in French – By Laurent Flores, Maître de Conférences, HDR, Sciences de Gestion, Université Paris-Panthéon-Assas

Le cabinet McKinsey a déployé 12 000 agents IA au service de ses 40 000 collaborateurs, après avoir licencié 5 000 salariés. SuPatMaN/Shutterstock

Le conseil mue : moins d’exécution, plus de décision et de conduite du changement. Preuve à l’appui, cabinets et compétences s’ajustent vite.


Il y a quelques mois à peine, nous évoquions trois phases dans l’adoption de l’IA : productivité, point d’inflexion, puis substitution.

Les grands cabinets de conseil viennent tout juste de franchir ce seuil critique.

McKinsey a déployé 12 000 agents IA pour assister ses 40 000 collaborateurs. Dans le même temps, l’entreprise est passée de 45 000 à 40 000 employés. Accenture a licencié 12 000 personnes en trois mois, celles jugées « incapables de se reconvertir » à l’IA selon sa direction. Le Boston Consulting Group affirme que 20 % de ses revenus proviennent désormais de l’IA, avec un objectif de 40 % d’ici 2026.

Le métier du conseil n’est pas mort. Il se réinvente, vite.

L’automatisation dévore les tâches analytiques

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle remplace ce que faisaient les consultants juniors : synthétiser des données, produire des slides, rechercher des informations.

Plus de 75 % des employés de McKinsey utilisent Lilli, la plateforme IA interne. L’outil traite plus de 500 000 requêtes par mois et permet d’économiser environ 30 % du temps consacré à la recherche et à la synthèse.

Cette évolution suit exactement le modèle anticipé.

Les trois phases d’adoption de l’IA dans le conseil.
Laurent Flores, CC BY

Une étude de Stanford (2023) menée auprès de 5 000 agents de support clients montre que l’IA augmente la productivité de 14 % en moyenne. L’effet est massif chez les débutants (+35 %) et plus modeste pour les personnes les plus expérimentées. L’IA gomme une partie de l’inexpérience du junior.

Les chiffres ne mentent pas. Accenture a formé 550 000 employés à l’IA générative. Le nombre de ses spécialistes data et IA est passé de 40 000 à 77 000 en deux ans.

La valeur migre vers la décision humaine

Pourtant, le conseil ne disparaît pas. Il se redéfinit.

« Do we need armies of business analysts creating PowerPoints ? No, the technology could do that » (« Avons-nous besoin d’armées d’analystes d’affaires qui créent des présentations PowerPoint ? Non, la technologie peut le faire »), déclare Kate Smaje, responsable mondiale de la technologie chez McKinsey.

L’IA synthétise et analyse. L’humain analyse et décide. Cette redistribution de la valeur se lit aussi dans les comptes.

Boston Consulting Group (BCG) a réalisé 2,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires lié à l’IA en 2024, sur un total de 13,5 milliards. Dans la foulée, le cabinet a créé BCG X, une division de plus de 3 000 spécialistes vouée à l’intégration de l’IA.

Part de l’IA au Boston Consulting Group (BCG).
Laurent Flores, CC BY

Ce que l’IA ne fait pas : c’est pondérer les options dans le contexte culturel d’une entreprise, anticiper les résistances humaines, adapter une recommandation aux dynamiques de pouvoir des organisations.

La machine digère les données. Le consultant orchestre la décision.

Se préparer maintenant ou rester sur le quai

La fenêtre pour s’adapter se referme de plus en plus vite.

Une nouvelle étude de Stanford (août 2025) confirme que les emplois juniors sont les plus touchés par l’IA, avec une baisse moyenne de 16 % depuis fin 2022. Les secteurs les plus impactés : le développement logiciel, les fonctions administratives et commerciales, et désormais le conseil.

Accenture l’assume pleinement.

« Nous nous séparons, dans un délai très court, de personnes dont nous pensons qu’elles ne pourront acquérir les compétences dont nous avons besoin », déclare Julie Sweet, la patronne du groupe.

Le message est certes brutal, mais limpide. La reconversion IA n’est plus une option, elle devient une réalité.

Cette trajectoire correspond au schéma du « point d’inflexion » que nous décrivions début 2025. D’abord, l’IA augmente la productivité. Puis elle atteint un seuil où elle remplace certaines tâches. Enfin, elle se substitue progressivement à l’humain sur un nombre croissant de fonctions.

Le conseil vient de franchir ce point d’inflexion. Les cabinets qui réussissent cette transition combinent formation massive et restructuration assumée. McKinsey forme plus de 70 % de ses effectifs à l’utilisation de Lilli. BCG a noué des partenariats stratégiques avec neuf géants de l’IA, dont Anthropic, Microsoft et OpenAI. Accenture a triplé ses revenus liés à l’IA en 2025.

La différence entre ceux qui montent dans le train et ceux qui restent sur le quai ? La capacité à déplacer la valeur de l’exécution vers la décision, de la production vers la synthèse, de l’analyse vers le jugement contextuel.

Un « modèle » pour tous les métiers intellectuels

La transformation du conseil préfigure celle de nombreux métiers intellectuels. Toutes les professions fondées sur la collecte, le traitement et la présentation d’informations structurées sont concernées : traduction, comptabilité, recherche juridique, études de marché, enseignement. La vague IA touche tous les « cols blancs ».

Une étude de l’Université de Stanford (juillet 2025) estime que l’IA pourrait accélérer près de la moitié des tâches dans les 100 métiers les plus courants. Les gains potentiels représenteraient 12 % du PIB. Mais ces gains dépendent fortement de la formation, des politiques d’accompagnement et de la vitesse d’adaptation.

Le conseil montre la voie. Les cabinets qui intègrent massivement l’IA tout en revalorisant l’expertise humaine prospèrent. McKinsey affiche 40 % de revenus liés à l’IA. BCG vise la même proportion d’ici 2026. Mais cette croissance s’accompagne de restructurations qui excluent celles et ceux qui ne suivent pas le rythme.

Le « conseil humain augmenté ».
Laurent Flores, CC BY

La leçon est double

L’IA ne remplace pas le conseil : elle le réinvente autour de sa véritable valeur, la capacité humaine à synthétiser, décider et accompagner le changement dans des contextes d’organisation de plus en plus complexes.

Mais cette réinvention exige une adaptation rapide. Celles et ceux qui maîtrisent l’IA pour « augmenter » leur jugement conservent leur avantage. Les autres deviennent « remplaçables ».

Le point d’inflexion est franchi. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera votre métier, mais quand vous choisirez de vous transformer avec elle.

The Conversation

Laurent Flores ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’IA transforme le conseil plus qu’elle ne le remplace – https://theconversation.com/lia-transforme-le-conseil-plus-quelle-ne-le-remplace-267041

Autism charities can portray autistic people as helpless and a burden – our research shows why it matters

Source: The Conversation – UK – By Helen Abnett, Research Fellow, University of Hertfordshire

Roman Samborskyi/Shutterstock

Autism charities are important organisations. They provide essential services for autistic people, influence policy decisions, and often speak on behalf of autistic people.

This means that how these charities write about autistic people may influence how society understands what it means to be autistic. The words and pictures that autism charities choose to use affect how autistic people are understood, perceived and cared for. This really matters, as autism is still often stigmatised.

Our recent study shows that the language and images large autism charities use mainly portray autistic people as a problem. In contrast, charities represent themselves as the solution to this problem.

In England and Wales, different kinds of charity organisation are crucial providers of public services. Charities are often seen by government as the best way to meet the needs of less-heard or underserved groups, including autistic people. Some receive specialist care and education services from autism charities.

These charities also influence policy discussions and decisions. Research conducted by autism charities is regularly mentioned in parliament. The NHS refers autistic people and their carers looking for support to both national and local charities.

Previous research has shown how certain types of charities (particularly large international development charities) describe the people they are seeking to support in developing country communities in negative and problematic ways. People are often portrayed as “passive”, “voiceless” and “(culturally) backward”.

Similarly, a small amount of research demonstrates that autism charity advertising and websites consistently convey negative portrayals of autistic people. For example, one previous study describes how an advert for a UK charity depicted autism as “a child-enveloping monster that had to be destroyed to allow a boy to live a normal life”.

How we conducted our research

For our study, we identified the largest autism charities in England and Wales. We used data held by the Charity Commission to identify charities with incomes of £10 million or more and that only provided support to autistic adults, children or both. There were 11 charities that met these criteria. Then, we downloaded the most recent annual reports and accounts for these charities.

We explored how autism charities described autistic people, themselves and the government. We used critical autism studies – which seeks to question stereotypes, and views autism as a difference rather than a disorder – as an approach to evaluate and explain the reports, and suggest how things could be improved.

We found that autistic people are largely portrayed as problems, as challenging and as a burden. Autistic people are frequently depicted as being needy and infantile. Every single charity depicts autistic people as needing to change. Autistic people, they say, should be more communicative or resilient.




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Why the autism jigsaw puzzle piece is such a problematic symbol


We think that the use of this kind of language and imagery has negative consequences for wider societal attitudes towards autistic people. In contrast, in these documents, charities – who did not appear to be led by autistic people – represented themselves as experts, with the authority to act for and speak on behalf of autistic people.

This links to an overwhelming message in the reports that these charities need to be able to do more, to be bigger and often better-known, and that they need more funding to enable them to achieve this.

Gigantic red hand points at defeated man sitting on red floor.
Charities need to help foster agency in people with autism.
Master1305/Shutterstock

This seems to reflect the “non-disabled saviour” trope that has been found to be common in popular culture. This trope highlights the action, even heroism, of non-disabled people “saving” disabled people, rather than centring disabled people’s agency.

All these charities also describe themselves as being funded by government. Alongside this, however, government is primarily portrayed as a barrier to the effective provision of services for autistic people. Government funding and policy decisions are described as arbitrary and inconsistent. It suggests a government (at both local and national level) that is ineffective and unreliable.

What should change?

We hope our findings encourage autism charities to reflect on how they describe the people they exist to support. Words and imagery should convey the reality of autistic lives rather than leaning on outdated notions of pity or burden.

That starts with meaningful autistic representation at every level of charity leadership, including decision-making roles. Representation shouldn’t be tokenistic. It should shape how organisations operate and communicate.

Charities and governments also need to rethink the current system of service provision and funding, which often leaves charities overstretched and autistic people underserved.

Most of all, we hope our research helps to contribute to a society that recognises autistic people not as problems to be solved, but as people to be valued and understood on their own terms.

The Conversation

Helen Abnett has previously received funding from the Economic and Social Research Council.

Aimee Grant receives funding from the Wellcome Trust, MRC and ESRC.

Kathryn Williams receives funding from the Economic and Social Research Council. She is also the research director for Autistic UK CIC, a non-profit Autistic-led organisation seeking to improve the representation and wellbeing of Autistic adults across the UK.

ref. Autism charities can portray autistic people as helpless and a burden – our research shows why it matters – https://theconversation.com/autism-charities-can-portray-autistic-people-as-helpless-and-a-burden-our-research-shows-why-it-matters-267385

Las deportaciones de inmigrantes frente a la regularización: hablan jueces, policías y fiscales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Olga Jubany, Catedrática en Antropologia Social, Universitat de Barcelona

La Comisión Europea avanza con su propuesta de un Sistema Común Europeo de Retornos que haría los procedimientos de retorno de inmigrantes más rápidos, pero también más punitivos –con detenciones más largas, condiciones más estrictas, e incluso la creación de return hubs (centros de retorno) en terceros países–.

Ante esa iniciativa, surge una pregunta clave: ¿refleja esto realmente lo que piensan las personas implicadas en poner en práctica estas medidas –policías, jueces, fiscales y trabajadores sociales– o estamos insistiendo en medidas que, como muestra nuestra investigación, no solo no funcionan, sino que agravan la situación de las personas afectadas y vulneran sus derechos?

La Comisión Europea y el discurso de la eficacia

El argumento de la Comisión Europea es que solo el 20 % de las órdenes de deportación se cumplen, por lo que el sistema es “ineficaz”, según la presidenta de esa institución, Úrsula von der Leyen. Pero esta definición de eficacia es problemática: al reducirla a una simple cuestión de números de deportaciones ejecutadas, se prioriza la coerción sobre la protección, favoreciendo los retornos forzados e ignorando tanto los derechos humanos como las alternativas más sostenibles.

Partiendo de esta visión limitada de lo que significa “eficacia”, la respuesta de la UE a dicha ineficacia ha consistido en endurecer el sistema a través de reglas aún más restrictivas y punitivas, como:

  • Aumentar los retornos forzados con un sistema común europeo.

  • Ampliar el uso de la detención.

  • Establecer zonas de deportación en terceros países.

Pero falta algo crucial: antes de proponer una legislación con tanto potencial de impacto social, económico y político, la Comisión Europea no ha presentado pruebas concretas basadas en la investigación que justifiquen ni la urgencia con la que quiere aprobar la legislación, ni la eficacia de las medidas punitivas y restrictivas propuestas para alcanzar los objetivos declarados.

¿Qué piensan los agentes implicados?

Así, nuestra investigación llega en un momento clave porque se centra en algo ausente en muchos debates sobre la creación de políticas: las perspectivas y experiencias de quienes las implementan, como la Policía Nacional, los jueces, los fiscales y los trabajadores sociales.

Si bien el estudio se realizó en siete Estados de la Unión Europea (Alemania, Bélgica, Eslovenia, España, Grecia, Italia y Suecia) y en el Reino Unido, los hallazgos que presentamos se centran en España. Estos revelan no solo por qué las deportaciones, sino también las detenciones, resultan redundantes e ineficaces, incluso para quienes las ejecutan.

En España, el porcentaje de órdenes de expulsión ejecutadas es similar al promedio europeo. Y, siguiendo la dinámica del avance de la extrema derecha y la radicalización de partidos de derecha, algunos partidos promueven un control migratorio más restrictivo limitando las regularizaciones y poniendo énfasis en la deportación de migrantes.

Pero lo que muestra el terreno es muy distinto. Nuestra investigación revela la gran frustración de los agentes al saberse ignorados por la esfera política, que ni en su debate ni en sus estrategias refleja las experiencias o las perspectivas de aquellos que trabajan con las personas migrantes en situación de irregularidad:

“Creo que todo esto podría resolverse preguntando a quienes están haciendo el trabajo, pero nunca se les consulta. Nunca se les pregunta: ¿Esto se puede hacer? ¿Es viable?” (Policía: ES-FG1-P4).

El análisis revela el descontento de todos los agentes con el enfoque de las políticas de detención y deportación como principal respuesta a la irregularidad, aunque sus motivaciones difieren entre los distintos grupos.

Las entrevistas muestran que muchos no ven la deportación como un instrumento de control migratorio, sino penal:

“Por eso nuestro trabajo no es deportar a extranjeros. Nos enfocamos en delincuentes extranjeros. Delincuentes. No tenemos problema con los extranjeros” (Policía: ES-FG1-P1).

Esta visión sugiere que la deportación se utiliza principalmente en casos penales y no como respuesta general a la irregularidad administrativa. Además, incluso en los casos excepcionales, se considera una medida excesiva porque ya existe un sistema de penalización adecuado para abordar la criminalidad, lo que cuestiona la necesidad y proporcionalidad de la detención y la deportación.

Finalmente, los agentes resaltan que una mayor inversión en medidas de detención y deportación no resolverá los problemas estructurales. Consideran la burocracia excesiva y hablan de las contradicciones entre la deportación y los derechos de los migrantes garantizados por el Estado y por los acuerdos internacionales:

“Las expulsiones funcionan como si tuviera que hacer un trabajo, pero me atan las manos y los pies” (Policía: ES-FG1-P5).

Alternativas desde el terreno

¿Cuál es, entonces, la alternativa para una adecuada gestión de la migración? Una respuesta, ausente en la propuesta de la Comisión Europea, sería reducir las órdenes de deportación y crear vías legales para las personas migrantes en situación de irregularidad.

Contrariamente a los discursos políticos dominantes, los propios agentes plantean la regularización como la opción más efectiva para abordar la irregularidad administrativa. Incluso algunos policías nacionales reconocen que la irregularidad es un asunto político más que policial:

“Hablando del problema que tenemos aquí, no se puede resolver; debemos regularizarlos, esa es la clave” (Policía: ES-FG1-1).

En la práctica, los agentes prefieren no ordenar la expulsión como respuesta a la irregularidad. Nuestro trabajo de campo con migrantes en situación de riesgo confirma esta dinámica: aunque temen enfrentarse con las autoridades, el miedo a ser deportados a menudo se ve superado por otras incertidumbres, como el acceso a vivienda y empleo.

Hoy, muchas personas con órdenes de expulsión terminan viviendo durante años en un limbo legal, con acceso limitado a derechos y servicios. Nuestra investigación señala alternativas como la regularización por arraigo en España, que permite acceder a derechos si la persona demuestra vínculos sociales, económicos o familiares.

Lejos de ser un “factor de atracción”, como repiten los partidos conservadores, estas medidas benefician tanto a los migrantes como a la sociedad en su conjunto, reduciendo la economía sumergida y fortaleciendo la cohesión social.

La evidencia es clara: las deportaciones a los países de origen o terceros son costosas, ineficaces y, a menudo, incompatibles con los derechos humanos. Experiencias como los acuerdos UE-Turquía, Italia-Libia y, más recientemente, Italia-Albania o Reino Unido-Ruanda lo confirman.

Como resumió un juez entrevistado:

“Desde una perspectiva judicial y con un enfoque basado en los derechos humanos, […] la deportación sólo se justifica materialmente en casos de delitos graves o muy graves. La irregularidad no debería gestionarse judicialmente, sino mediante políticas de regularización y auténticas políticas migratorias, no a través de la criminalización de la inmigración” (Juez: ES-IA-7).

The Conversation

Olga Jubany recibe fondos del programa Horizon Europe de la Unión Europea a través del proyecto MORE: Motivations, experiences and consequences of returns and readmissions policy: revealing and developing effective alternatives (GA101094107)

Sevda Tunaboylu recibió fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, cofinanciado por la Unión Europea, como investigadora postdoctoral de Juan de la Cierva.

ref. Las deportaciones de inmigrantes frente a la regularización: hablan jueces, policías y fiscales – https://theconversation.com/las-deportaciones-de-inmigrantes-frente-a-la-regularizacion-hablan-jueces-policias-y-fiscales-259766

Óxido nitroso: un gas gracioso, un problema serio

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Adrián Bozal-Leorri, Doctor en Agrobiología Ambiental, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

DyziO/Thunderstock

Probablemente haya oído hablar de él, o incluso lo haya respirado en la consulta del dentista. El óxido nitroso (N₂O), conocido popularmente como “el gas de la risa”, se utiliza desde hace más de un siglo como anestésico por su efecto sedante y euforizante.

Lo que quizá no sepa es que este mismo gas también se produce de forma natural en los campos de cultivo. Por ejemplo, la producción de cebada utilizada para elaborar los más de siete millones de litros de cerveza consumidos durante la Oktoberfest de 2024 de Alemania habría liberado suficiente N₂O como para anestesiar durante media hora a más de 2 700 personas.

Lamentablemente, ese gas no terminó en una clínica dental.

Un gas no tan divertido

El óxido nitroso es el tercer gas de efecto invernadero más importante después del dióxido de carbono (CO₂) y el metano. Tiene un potencial de calentamiento global 300 veces superior al del dióxido de carbono y permanece en la atmósfera durante más de un siglo. Además, es actualmente el principal responsable de la destrucción de la capa de ozono.

El N₂O siempre se forma en pequeñas cantidades porque es parte natural del ciclo del nitrógeno, pero el problema actual es que su concentración atmosférica ha aumentado considerablemente debido a las actividades humanas, especialmente la agricultura.

Los cultivos son responsables de hasta el 80 % de las emisiones humanas de N₂O, y su origen está directamente relacionado con el uso masivo de fertilizantes nitrogenados.

Pero ¿cómo se transforma el nitrógeno del fertilizante en este gas tan problemático? La clave está en la microbiología del suelo.




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Una cuestión de microbios

Cuando aplicamos fertilizantes nitrogenados al suelo, añadimos formas químicas de nitrógeno como el amonio (NH₄⁺) o el nitrato (NO₃⁻), que no solo alimentan a las plantas, sino que también activan el metabolismo de millones de microorganismos en los suelos agrícolas. Muchos de ellos participan en el ciclo biogeoquímico del nitrógeno.

Bacterias, arqueas y hongos pueden generar óxido nitroso por dos grandes vías biológicas: la nitrificación (en presencia de oxígeno) y, sobre todo, la desnitrificación (cuando este escasea), ambas mediadas por enzimas, unas moléculas específicas que facilitan y aceleran las reacciones químicas.

Nitrificación: cuando sobra el oxígeno

La nitrificación es una ruta aeróbica (en presencia de oxígeno) que transforma el amonio (NH₄⁺) en nitrato (NO₃⁻). La reacción se da en dos pasos principales. La primera es la oxidación de NH₄⁺ a nitrito (NO₂⁻) por parte de bacterias y arqueas oxidantes de amonio. La segunda parte consiste en la oxidación de NO₂⁻ a NO₃⁻ por parte de bacterias oxidantes de nitrito.

Este proceso también puede generar óxido nitroso. En condiciones de oxígeno limitado y humedad intermedia, los microorganismos activan un mecanismo alternativo, conocido como nitrificación-desnitrificante, en el que reducen el nitrito a óxido nitroso en lugar de seguir oxidándolo. Este desvío metabólico se activa como vía energética cuando el oxígeno escasea.

Desnitrificación: cuando falta el oxígeno

Cuando el suelo está saturado de agua o hay poco oxígeno, otras bacterias entran en acción llevando a cabo la desnitrificación. En esta vía, los microorganismos transforman el nitrato (NO₃⁻) en gases intermedios como el óxido nitroso (N₂O) y, finalmente, en nitrógeno molecular en forma de gas (N₂) mediante diferentes reacciones químicas y enzimas.

Aunque se pierde nitrógeno del suelo, el N₂ no es contaminante, ya que constituye la mayor parte del aire. Ahora bien, el ciclo no siempre termina de forma limpia porque algunas bacterias no son capaces de completar el proceso y solo generan óxido nitroso (N₂O).

Durante mucho tiempo se pensó que solo las bacterias podían desnitrificar, pero hoy sabemos que algunos hongos también participan en este proceso. Sin embargo, a diferencia de las bacterias, su desnitrificación es siempre incompleta y termina en óxido nitroso, sin llegar a formar nitrógeno molecular (N₂).

¿Podemos evitar la emisión de óxido nitroso?

Estos metabolismos microbianos están activos siempre que haya nitrógeno disponible, ya provenga de la fertilización o de la fijación natural. Sin embargo, en los sistemas agrícolas, al haber grandes aportes de nitrógeno, estos procesos se intensifican.

Por tanto, las formas de nitrógeno que provienen de fertilizantes y no son absorbidas por las plantas son las que más contribuyen a activar estas rutas microbianas y, en consecuencia, a la producción de gases como el N₂O.

El problema no es únicamente la cantidad de fertilizante que usamos, sino que una parte importante del nitrógeno siempre se pierde en el ambiente, ya sea hacia aguas subterráneas o en forma de gases. Aunque solo una fracción relativamente pequeña acaba transformándose en óxido nitroso, su enorme impacto climático y sobre la capa de ozono lo convierte en un problema serio.

No hay gran diferencia entre usar fertilizantes químicos o naturales, ya que ambos aportan nitrógeno. Lo más importante es la cantidad. Si la dosis se ajusta más a las necesidades de las plantas, las pérdidas al medio disminuyen.




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Además de mejorar la eficiencia de los fertilizantes, es necesario buscar además formas de inhibir o reducir la producción de N₂O durante los procesos biológicos.

Por ello, entender cómo los microorganismos del suelo transforman el nitrógeno es clave para diseñar estrategias agrícolas más sostenibles. Algunas líneas de investigación, como el uso de inhibidores de la desnitrificación, buscan precisamente eso: frenar la producción de N₂O sin reducir el rendimiento. Porque, aunque el gas de la risa suene simpático, en el contexto del cambio climático, no tiene ninguna gracia.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Óxido nitroso: un gas gracioso, un problema serio – https://theconversation.com/oxido-nitroso-un-gas-gracioso-un-problema-serio-261802

‘Christiancore’: la moda de parecer santa a la que se ha sumado Rosalía

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sandra Bravo Durán, Socióloga y Doctora en Creatividad Aplicada, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

Portada del nuevo álbum de Rosalía, _LUX_, que saldrá a la venta el 7 de noviembre. Rosalía

La última tendencia estética no viene del gimnasio ni de la pasarela. Viene del cielo.

En redes sociales, la “santa contemporánea” se multiplica entre velos, cruces plateadas y frases bíblicas estampadas en camisetas. Se llama christiancore, y mezcla espiritualidad, ironía y deseo de pureza. Incluso Rosalía, cuya reciente imagen y la expectación en torno a su próximo álbum LUX han reavivado el interés por la imaginería católica, parece haberla abrazado.

Lo sagrado se ha vuelto tendencia. Y cuando la fe se convierte en filtro, la frontera entre devoción y performance se vuelve difusa.

De los altares al algoritmo

El término christiancore comenzó a circular en TikTok a mediados de 2023, impulsado por comunidades jóvenes que compartían imágenes de vírgenes, iglesias y frases como “God’s favorite” o “Heaven sent”. Medios como Highsnobiety o Dazed lo consagraron como “la nueva religión estética” del momento: una mezcla entre fervor, ironía y búsqueda de autenticidad.

En esencia, el christiancore convierte los símbolos del cristianismo –velos, cruces, túnicas blancas o frases bíblicas– en lenguaje visual. Es una forma de espiritualidad estilizada que transforma la fe en imagen y la devoción en estética, reflejando el deseo de hallar significado en un entorno dominado por la apariencia.

No es casual. En un mundo saturado de estímulos, donde cada deseo se convierte en contenido y cada emoción en story, el christiancore ofrece una pausa simbólica: un gesto de recogimiento visual. Sus protagonistas no visten religión: visten significado.

El retorno de lo sagrado

La fascinación por lo religioso en la cultura pop no es nueva. Desde la llamada “era católica” del pop –a la que se sumaron en su momento Madonna, Lady Gaga y Rosalía ya con El mal querer– hasta la exposición Heavenly Bodies del Metropolitan Museum en 2018, la estética litúrgica ha seducido a diseñadores y artistas.

Una mujer rubia vestida de blanco canta con un crucifijo al cuello.
Todo lo que se pone de moda ya lo hizo Madonna en su momento.
Instagram

El sociólogo Émile Durkheim definía la religión como el mecanismo que divide el mundo entre lo sagrado y lo profano, un sistema que permite a las sociedades dotarse de sentido.

Hoy, esa frontera se diluye: lo sagrado reaparece en forma de estética y lo profano se espiritualiza a través del algoritmo. Aunque la práctica religiosa institucional se debilita, la fe sigue presente bajo nuevas formas. Según el Pew Research Center (2025), en una muestra de 35 países, una media del 83 % de los adultos afirma creer en Dios o en un “ser superior”, mientras que la participación en servicios religiosos regulares cae con frecuencia a cifras mucho menores –en Europa occidental, por ejemplo, la asistencia semanal apenas alcanza o desciende por debajo del 25 %.– A escala global, se estima que el 76 % de la población se identifica con alguna religión, pero solo una parte minoritaria mantiene prácticas activas.

Esta paradoja revela que, mientras la devoción disminuye, la estética de lo sagrado resurge como patrimonio cultural y recurso simbólico. Su poder visual no es casualidad: durante siglos, la Iglesia utilizó el arte para enseñar, emocionar y transmitir su mensaje. En el Barroco, pintores como Murillo o Zurbarán crearon imágenes capaces de acercar lo divino a lo humano, transformando la fe en una experiencia sensorial a través de la luz, el color y la composición. Como explica el Museo del Prado, la imagen sagrada servía para instruir a una sociedad que apenas sabía leer. Esa tradición visual moldeó la sensibilidad colectiva del catolicismo y hoy reaparece, transformada por la cultura digital: los templos son pantallas, los altares algoritmos, y los símbolos de fe se reinventan como filtros que prometen sentido en un mundo saturado de imágenes.

Max Weber veía en la religión un motor de racionalización del mundo: una fuerza que daba orden y sentido a la vida social. Hoy ocurre justo al revés: el misterio se vuelve espectáculo. Vivimos una estetización de lo sagrado, donde lo trascendente se traduce en imagen, lo espiritual en estilo y la fe se muestra más que se practica.

Y sin embargo, el éxito del christiancore no habla de cinismo, sino de carencia. De una necesidad de trascendencia en una cultura que ya no sabe detenerse.

Santas del algoritmo: del ruido al recogimiento

Entre tanto ruido actual –redes, tareas, eventos sociales, crisis, guerras–, emerge una estética que busca silencio: una espiritualidad visual que traduce el agotamiento en recogimiento. El velo, el crucifijo o el blanco monacal funcionan como refugios simbólicos frente al vértigo digital, como si vestirse de santa fuese una forma de reconectar con lo esencial.

En este contexto, Rosalía encarna el tránsito de una pop star a una figura mística. Su reciente imaginería –entre monja, musa y penitente–, reforzada por la estética previa al lanzamiento de LUX, no es devoción: es búsqueda. Como ella misma confesó en su entrevista en Radio Noia, le atrae “la idea de vivir en clausura, como una monja, centrada solo en crear y encontrar la paz”.

Una declaración que condensa el espíritu del christiancore: el deseo de desconexión y de sentido en medio de la saturación.

Fe, identidad y mercado

La espiritualidad, sin embargo, también llega al mercado. Dentro del ecosistema core –abreviatura que agrupa subculturas estéticas como cottagecore, balletcore o blokettecore–, cada tendencia traduce un estado emocional colectivo. El christiancore simplifica la fe y la convierte en lenguaje visual: una espiritualidad portátil, wearable, accesible y replicable.

Aquí, la religión ya no organiza la vida social, sino que se fragmenta en microexperiencias visuales, donde la fe se estetiza y se consume. La trascendencia se privatiza, la comunidad se disuelve y lo espiritual se vuelve accesorio.

Como advertía Pierre Bourdieu, el campo religioso se reconfigura en campo simbólico: la fe se mide en capital cultural y la estética sustituye al dogma.

En la era del branding personal, el símbolo religioso ya no apunta hacia el cielo, sino hacia el yo. El crucifijo es accesorio; la santidad, pose. Y el altar ha sido sustituido por la cámara frontal. El mercado ha entendido que la fe también vende.

Surgen marcas del llamado faith-based apparel –moda inspirada en la fe– como God is Dope o Elevated Faith, que combinan lenguaje evangélico y estética urbana: tipografías góticas, ángeles bordados o frases sobre Dios. La lógica de los drops (lanzamientos limitados de ropa que generan deseo por escasez) convierte lo divino en producto.

En palabras de Karl Marx, la religión –y ahora su estética– puede funcionar como una ilusión reconfortante: una forma de espiritualidad al servicio del capital.

Del ruido al recogimiento

Pero el christiancore no es una moda superficial: es un síntoma. Habla de una época que, agotada por la saturación, busca trascendencia entre pantallas. Numerosos estudios muestran que la generación Z ha dejado de confiar en las instituciones –políticas, mediáticas y religiosas–, pero no ha renunciado al deseo de creer.

Según el informe “Gen Z & Grievance”, el 58 % de los menores de 30 años expresa un “grado moderado o alto de queja” hacia las instituciones, reflejando una profunda desafección. Y sin embargo, el Springtide Institute señala que más del 70 % de los jóvenes se consideran espirituales. Esa brecha entre desafección y anhelo explica el auge de lenguajes estéticos como el christiancore: intentos de vestir el vacío de sentido con símbolos que aún prometen redención.

El filósofo Byung-Chul Han en No-cosas lo resumió con precisión: “cuantas más informaciones producimos, menos sentido tenemos”. En un mundo saturado de imágenes, la generación Z busca símbolos que devuelvan profundidad al gesto. Lo sagrado se vuelve estética, la fe se hace visible, y la moda se convierte en un nuevo lenguaje espiritual.

Rosalía y los adeptos a esta tendencia no visten religión: visten significado. Nos recuerdan que, incluso en la era del algoritmo, la belleza y la fe comparten una misma raíz: la búsqueda de sentido.

Y quizá ese sea, también, el punto en el que se encuentra hoy la moda.

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Sandra Bravo Durán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Christiancore’: la moda de parecer santa a la que se ha sumado Rosalía – https://theconversation.com/christiancore-la-moda-de-parecer-santa-a-la-que-se-ha-sumado-rosalia-268156

Podemos usar la tecnología para pensar mejor, y no para que piense por nosotros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Daniel Lozano Flores, Profesor investigador en Educación, Universidad de Guadalajara

Pheelings media/Shutterstock

El término cíborg proviene del acrónimo en inglés de la frase “organismo cibernético” y define un ser que combina sus elementos biológicos con los tecnológicos. Pero aunque en nuestra mente a menudo asociemos la palabra con un organismo artificial, metálico y robótico, una persona que trabaja con su computadora y usa tabletas, dispositivos móviles, relojes inteligentes o gafas de inteligencia artificial podría ser, en la concepción más amplia del término, un cíborg.

Si a nuestras capacidades biológicas como la memorización (de un número de teléfono, una receta de cocina, la ruta hacia un lugar) unimos las capacidades artificiales de almacenaje de datos y su recuperación que nos dan las tecnologías (pues de algún modo nuestra memoria se apoya y alimenta de lo que nos ofrecen los dispositivos), no hablamos tanto de cíborg como de “mente extendida”.

Es decir, aprovechamos una herramienta artificial para extender nuestras capacidades cognitivas. Por ejemplo, usamos una calculadora para resolver una multiplicación; seguimos las instrucciones de Google Maps para llegar a un sitio; o pedimos a la inteligencia artificial que nos ayude a corregir la redacción de un ensayo académico, o incluso nos proponga una estructura distinta que ayude a mejorarlo.




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¿Y dónde queda la cognición?

¿Pero hasta qué punto estamos “extendiendo” nuestra mente, es decir, llegando más lejos de lo que podríamos solos, o simplemente reemplazándola? ¿Dónde ponemos la frontera entre la tecnología como potenciadora de nuestras capacidades y la tecnología como sustituta de estas capacidades, especialmente cuando hablamos de mentes en desarrollo como las de los estudiantes?

Pensemos en el siguiente ejemplo:

En una tarea universitaria se les pide a los estudiantes que redacten un ensayo sobre la historia de la inteligencia artificial.

El estudiante 1 le pide a algún motor de inteligencia artificial generativa como Gemini, ChatGPT o Deepseek que le elabore un ensayo. Después corrige algunas cuestiones de redacción, nexos, y listo: pareciera un trabajo que cumple con las directrices del docente, incluso en el texto propone una mirada crítica ante el tema.




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El estudiante 2 analiza primeramente cuáles son sus conocimientos previos y basándose en ellos utiliza los mismos motores, agregando Notebook LM para crear guías de estudio, un pódcast y un vídeo explicativo. Al mismo tiempo, anota a mano en su cuaderno sus ideas críticas, redacta el texto y utiliza la inteligencia artificial para revisar si hubo algún error de dedo, si alguna idea parece no entenderse. Por último, utiliza las modalidades de investigación profunda de ChatGPT y Gemini para identificar cursos y libros que pudieran ayudarle a mejorar los aspectos gramaticales en donde tuvo errores dentro de su ensayo.

En ambos casos, se cumple con el trabajo con la ayuda de herramientas tecnológicas que amplían nuestras capacidades cognitivas, pero sólo en el segundo caso se hace énfasis en técnicas de estudio, en respetar el ritmo biológico de los procesos cognitivos que influyen en la redacción e incluso en utilizar Notebook LM y otras herramientas para aprender.

Equilibrio entre tecnología y aprendizaje

Para aprovechar las tecnologías sin empeorar nuestras capacidades cognitivas y crear dependencias, es fundamental que reflexionemos siempre si el uso está contribuyendo al aprendizaje.

Son tres los puntos relevantes que ayudarían a encontrar un equilibrio entre una mente extendida y una mente dependiente. El primero de ellos es la ética en el uso de la tecnología y la IA: para entender las directrices éticas en la utilización de la inteligencia artificial existen ya algunas guías prácticas como la elaborada por la Unión Europea o la UNESCO.

Entre los puntos clave para su uso ético, está la transparencia, es decir, ser honesto sobre cuándo y cómo se ha utilizado; la responsabilidad, al asumir siempre la autoría y responsabilidad del trabajo final; originalidad y aporte personal, utilizando la IA para explorar ideas y superar bloqueos, pero nunca para sustituir el esfuerzo intelectual, y la privacidad, para ser consciente de la información que compartimos con estas herramientas.

Automatizar lo mecánico, no lo estratégico

En segundo lugar, debemos ser intencionales con la automatización. La tecnología nos permite ahorrar tiempo, pero es crucial diferenciar qué tipo de acciones delegamos. El equilibrio no se mide en “cuántas” tareas automatizamos, sino en “cuáles”. La regla es simple: automaticemos lo mecánico, no lo estratégico. Podemos usar la IA para tareas que apoyan nuestro pensamiento, pero que no son el pensamiento per se. Por ejemplo: transcribir una entrevista, resumir un documento largo para captar la idea principal, corregir la ortografía y la gramática o buscar fuentes de información.

Las acciones que debemos proteger del exceso de automatización son aquellas que construyen nuestras habilidades a largo plazo: la búsqueda de ideas originales, la estructuración de un argumento complejo, la conexión de conceptos dispares para generar una idea nueva (innovación) y la redacción del pensamiento crítico que forma el corazón de un ensayo.

El peligro de automatizar estas tareas centrales es que, a largo plazo, podríamos entorpecer nuestra capacidad de imaginar, crear y razonar de forma independiente, convirtiéndonos en meros editores de contenido generado por máquinas.

Un asistente brillante pero falible

En tercer lugar, debemos mantener una supervisión crítica y activa. La inteligencia artificial puede fallar, inventar fuentes o presentar datos erróneos. La relación de este hecho con la dependencia es fundamental: al saber que la herramienta no es infalible, nos vemos obligados a verificar, cuestionar y contrastar la información.

Este proceso de supervisión es un ejercicio cognitivo en sí mismo. Caemos en la dependencia cuando aceptamos pasivamente lo que la IA nos entrega. Por el contrario, al tratarla como un asistente brillante pero falible, mantenemos nuestra mente en el centro del proceso, ejercitando el juicio crítico que es, precisamente, lo que queremos potenciar.

Conciencia e intención

La línea que separa una mente extendida de una mente dependiente no está en la tecnología en sí, sino en la conciencia y la intención con que la usamos. Como vimos en el ejemplo de los dos estudiantes, las mismas herramientas pueden conducir a resultados muy diferentes: una puede simular el conocimiento, mientras que otra puede promover una comprensión más profunda y auténtica.

Esto no implica renunciar al gran potencial de la inteligencia artificial, sino convertirnos en expertos en nuestras herramientas y apoyarnos en tres pilares: una actitud ética que garantice que somos los autores definitivos de nuestro trabajo; una automatización consciente, que nos libera de tareas rutinarias para enfocarnos en la creatividad y el pensamiento crítico; y una supervisión activa, que asegura que nuestro juicio siga siendo el filtro final y esencial.

La verdadera mente extendida no es aquella que externaliza su memoria o habilidades de escritura, sino la que usa la tecnología para potenciar sus capacidades humanas únicas, como la curiosidad, la creatividad, la empatía y el juicio ético.

The Conversation

Luis Daniel Lozano Flores no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Podemos usar la tecnología para pensar mejor, y no para que piense por nosotros – https://theconversation.com/podemos-usar-la-tecnologia-para-pensar-mejor-y-no-para-que-piense-por-nosotros-265225

Un estudio de la microbiota de tres generaciones confirma cuánto cambia y cómo afecta a la salud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alma Cristina Villaseñor Solís, Profesor de Análisis Químico y Técnicas Bioanalíticas, Universidad CEU San Pablo

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El estudio de la microbiota ha cobrado una importancia creciente en los últimos años. Actualmente es habitual encontrar alusiones a ese término –o al “microbioma”– en campañas publicitarias de yogures o incluso cremas corporales. Sin embargo, ¿qué sabemos sobre ella? ¿Qué papel juega desde que nacemos? Porque, como indican las últimas investigaciones, su evolución durante la primera infancia tiene implicaciones en nuestra salud del futuro.

Antes que nada, para aclarar la confusión terminológica, debemos puntualizar que el término “microbiota” se ciñe al conjunto de microorganismos que residen en nuestro cuerpo. Estos incluyen hongos, arqueas, virus, parásitos y, sobre todo, bacterias, que son las más abundantes. Aunque también se ha conocido históricamente como flora intestinal, este término está cayendo en desuso.

Distribución de la microbiota en las diferentes regiones del cuerpo. La ilustración indica el número de especies bacterianas estimadas en cada órgano o sistema. Ilustración de los autores.

Por su parte, el concepto de “microbioma” es más amplio: alude, además, al conjunto de genes que estos microorganismos aportan en un ecosistema o nicho biológico.

Importancia de la microbiota intestinal

Los primeros indicios sobre la existencia de microorganismos datan del siglo XVII. Sin embargo, han sido los avances en técnicas innovadoras y altamente especializadas, como la genómica y la metabolómica, los que han revolucionado su estudio.

Debido al elevado número de bacterias que residen en el cuerpo humano, la microbiota se considera un “superorganismo”. Por tanto, no es de extrañar que desempeñe un papel fundamental en los procesos metabólicos de nuestro cuerpo y, por ende, en nuestra salud.

Su desequilibrio, situación conocida como disbiosis, aumenta la probabilidad de trastornos y enfermedades en el huésped. En numerosos estudios, estos desequilibrios se asocian con enfermedades gastrointestinales, como la enfermedad de Crohn o la colitis ulcerosa, y diferentes alergias alimentarias.

Además, la disbiosis se relaciona con trastornos que afectan a otros órganos, tales como el sistema nervioso central, en el caso del autismo y depresión.

Aunque resulta difícil definir qué es una microbiota “normal o beneficiosa”, se considera que es más saludable cuanto mayor sea su diversidad y equilibrio entre las especies, así como su capacidad de producir metabolitos como los ácidos grasos de cadena corta, especialmente el ácido butírico.

Evolución de la microbiota intestinal con la edad

A pesar de los avances en el conocimiento de la microbiota intestinal, existen numerosas incógnitas sobre su desarrollo y evolución. La colonización temprana, que ocurre principalmente por la vía materna, es fundamental para la salud futura, ya que influye en el bienestar del individuo a lo largo de la vida.

En particular, los primeros mil días de vida son cruciales. Este periodo marca los primeros contactos con estímulos externos y coincide con el desarrollo y maduración del sistema inmunitario. Patrones anormales en esta etapa pueden estar asociados con enfermedades inmunitarias en edad adulta.

Para comprender cómo se establece la microbiota intestinal desde la infancia y la influencia de factores maternos, emprendimos un estudio intergeneracional que, diseñado entre la Universidad CEU San Pablo y el Hospital Niño Jesús, incluía a bebes lactantes, sus madres y sus abuelas. En este trabajo se reclutaron 200 participantes de las tres generaciones y se recogieron muestras de heces de todos ellos.

Los cambios más importantes que encontramos en los metabolitos fecales de los lactantes con respecto a las progenitoras fueron el aumento de la glucosa y los ácidos grasos poliinsaturados. Por el contrario, observamos una disminución de los niveles de ácidos grasos saturados y monoinsaturados, los cuales eran más altos en madres y abuelas. Estos cambios son el reflejo de las diferencias en el tipo de dieta y los procesos metabólicos relativos al envejecimiento.

En cuanto a los ácidos grasos de cadena corta, los lactantes presentaron en su mayoría menores cantidades que sus progenitoras. Estos metabolitos derivan principalmente de la microbiota y son muy importantes porque tienen propiedades beneficiosas para la salud.

Por otra parte, el estudio genómico permitió observar que el 40 % de bacterias intestinales de los lactantes pertenecen a unas pocas especies, como Bifidobacterium bifidum, Bifidobacterium breve, Bifidobacterium longum, Escherichia coli y Faecalibacterium prausnitzii. Por el contrario, estas bacterias en la microbiota adulta tan solo representan el 7 %.

En conjunto, los resultados demuestran que la microbiota de los lactantes es menos diversa porque se encuentra todavía en maduración, al igual que su sistema inmune y gastrointestinal.

La integración de toda esta información también nos permitió identificar que los lactantes estaban caracterizados por una mayor presencia en heces de bacterias del género Bifidobacterium y glucosa. Este dato coincide con el tipo de dieta de los lactantes, que está basada en leche materna. Por otra parte, en las adultas se encontró una microbiota más diversa, con menor cantidad de azúcares, lo que indica un menor metabolismo de carbohidratos.

En conjunto, nuestros hallazgos ayudaron a entender mejor cómo se desarrollan las diferentes comunidades microbianas en etapas tempranas. Además, proporcionaron pruebas claras sobre los procesos biológicos que caracterizan la microbiota intestinal según la edad.

Modulación de la microbiota intestinal

Actualmente, la microbiota se considera una diana terapéutica sobre la que actuar para mejorar la salud. Dentro de las principales estrategias destacan:

1. Dieta. Es un factor clave para modular la microbiota intestinal. Esto se debe a que diversos alimentos pueden tener un efecto positivo o negativo en su composición.

2. Probióticos, prebióticos y simbióticos. Los probióticos son microorganismos vivos que, en cantidades adecuadas, aportan beneficios al hospedador. Los más estudiados incluyen Lactobacillus rhamnosus y bifidobacterias, que favorecen una microbiota diversa y saludable. En cambio, los prebióticos son compuestos no digeribles como la fibra que estimulan el crecimiento de bacterias saludables.

La combinación de ambos, conocida como simbióticos, tiene un efecto sinérgico que mejora la implantación de bacterias beneficiosas. Como consecuencia, los resultados con simbióticos son superiores a los obtenidos con probióticos o prebióticos por separado. Por ejemplo, la leche materna es un simbiótico natural que contribuye a la prevención de alergias.

3. Trasplante de microbiota fecal. Consiste en transferir microorganismos fecales de un donante sano a un paciente enfermo con el objetivo de restaurar su microbiota intestinal. Actualmente, esta práctica está aprobada únicamente para tratar infecciones recurrentes por Clostridium difficile en pacientes que no responden a antibióticos, aunque está siendo investigada en otras muchas enfermedades.

Hoy sabemos que los microorganismos que habitan en nuestro cuerpo no son simples “inquilinos”. Por el contrario, la microbiota es un aliado fundamental que juega un papel crucial en el sistema inmunitario y en la homeostasis de nuestra salud desde nuestros primeros días de vida. Por ello, la investigación en biomedicina avanza hacia tratamientos personalizados que contemplen el genoma, el metabolismo y el microbioma de cada paciente.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Un estudio de la microbiota de tres generaciones confirma cuánto cambia y cómo afecta a la salud – https://theconversation.com/un-estudio-de-la-microbiota-de-tres-generaciones-confirma-cuanto-cambia-y-como-afecta-a-la-salud-255234

Cómo usar la IA en clase de Historia con mirada crítica y humanística

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Chauca García, Profesor de Didáctica de las Ciencias Sociales, Universidad de Málaga

LightField Studios/Shutterstock

Son las dos de la tarde del viernes. A estas alturas del día y de la semana, los contenidos de Geografía e Historia de 2º de la ESO parecen muy alejados del interés del alumnado. Juanma, el profesor, les propuso a principios del trimestre leer el libro El oro de los sueños de José María Merino. Un buen texto adaptado para la comprensión de la conquista de América. Hoy hay que poner en común los resúmenes.

Uno de los estudiantes, Alonso, recurrió a ChatGPT, y le pidió un párrafo de síntesis. Esta fue la respuesta, y lo que él trajo a la clase:

“Narra la expedición de Miguel, un joven mestizo, en busca del reino de la Gran Yupaha, donde se cree que hay grandes riquezas. En su viaje, que se desarrolla en la época de la conquista de América, Miguel y su grupo, incluido su padrino y fray Bavón, enfrentan peligros en tierras salvajes e indígenas, pero lo más crucial es cómo la codicia y la complejidad de la naturaleza humana se convierten en la mayor amenaza para la expedición”.

Lectura profunda y pensamiento crítico

Leonor, por el contrario, hizo el esfuerzo de leer el libro. Nada más y nada menos que 186 páginas. Hoy los resume a viva voz en la clase. Narra la conquista de América, las aventuras y dificultades, el encuentro entre españoles e indígenas. Explica que no hay ninguna niña entre los personajes del libro, y cómo su protagonista tiene quince años, casi como Alberto el repetidor. Sonríe y todos se despiertan.

A muchos alumnos hispanoamericanos les suena y comentan: parece que estoy en mi salón (clase) de Lima. El grupo-clase se despide con las ideas más importantes del librito, relacionadas con el conocimiento de nuevas tierras y gentes. Incluso otro compañero ya leyó otro libro titulado El inca de Cuzco, de Jorge Martínez Juárez. Se le antoja un complemento perfecto. Todo este contenido corresponde a una unidad didáctica de la asignatura: el descubrimiento y conquista de América.




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¿Con qué se quedó Alonso del libro y de la conquista de América? Con un resumen plano del argumento de un libro. Leonor y muchos de sus compañeros que sí la escucharon tuvieron un aprendizaje más profundo. A ella, en concreto, el haber leído el libro entero de manera pausada y concentrada le ha ayudado a desarrollar un músculo fundamental para la vida contemporánea: el pensamiento crítico. Al escuchar su resumen y discutir sobre él, los demás compañeros también han pensado de manera más profunda en este asunto.

Metodologías activas y mirada humanística

La inteligencia artificial puede ser un gran aliado para aprender y asimilar los contenidos de la asignatura de Historia. Se trata de usarla en el contexto de las metodologías activas, y siempre desde la mirada humanística.

Por ejemplo, discriminando falacias y verdades en el aula. Proponer a los estudiantes investigar si tal o cual frase atribuida a Pizarro en la conquista del Perú es real o una atribución posterior dudosa. Habrá que indagar si la propuesta por el profesor es real y extraída de los cronistas o circula en la red de modo algo sospechoso.

Comprobarán que los chatbots repiten las muchas frases que circulan en internet. Necesitarán ir a la biblioteca y consultar el libro del Inca Garcilaso, cronista mestizo cuzqueño, que recomendó el profe. Es una selección y adaptación, pero ahí está la respuesta.

La IA les ayudó inicialmente en su pequeña indagación, conocieron las crónicas, que son muchas e incluso contrapuestas. Han comprendido que la Historia tiene muchas interpretaciones, como la vida misma.

Datos históricos y pensamiento crítico

Los datos históricos al alcance del alumnado hubieran sido impensables hace años. Hoy lo que necesitan aprender es cómo desarrollar una buena praxis histórica: cotejarlos y verificarlos. De este modo se individualiza un aprendizaje que se sirve de la indagación autónoma en red, desarrollando además la competencia digital.

Otra posible tarea es proponerles la elaboración de pequeñas biografías, individualmente o por parejas, partiendo de la información proporcionada por la inteligencia artificial sobre determinados personajes históricos: esta actividad permite descubrir falacias en textos e imágenes, que se pueden poner en común con el resto de la clase.

Talleres de actualidad

Existen numerosas cuestiones de actualidad que están relacionadas con el pasado, y por lo tanto con la materia de Historia: inmigración, conflictos bélicos, mundo laboral y precariedad salarial, desigualdades económicas y sociales… La Historia Moderna fue una época de flujos migratorios constantes que globalizaron el planeta, una realidad que se vincula con las corrientes migratorias actuales en una segunda globalización.




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Tras organizar al alumnado en grupos, se les encarga que investiguen una situación de la actualidad. Como hay muchos alumnos americanos, el profesor les pone la tarea de averiguar de dónde viene hoy el principal aporte migratorio a España. En sus conclusiones podrán comprobar que se corresponde con aquellos destinos pasados de los españoles. Es una dinámica de ida y vuelta.

Este es un taller que desde la metodología del aprendizaje basado en problemas incorpora la inteligencia artificial: así se observan las muchas respuestas posibles ante un mismo reto, según el enfoque de partida. Por ejemplo: ¿Cuáles son los beneficios de la inmigración? Frente a ¿Cuáles son las desventajas económicas y sociales de la inmigración? O preguntar estas cuestiones desde la perspectiva del que migra y desde la del que observa.

Paso a paso y bajo la tutela del docente, entienden que los problemas sociales tienen varias miradas y no solo las que vieron de su influencer en internet.




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El chatbot: conversaciones con mucha Historia

Los chatbots conversacionales –muy atractivos para el alumnado porque permiten conversaciones de voz o en texto– no solo pueden proporcionar información, sino también formación. Para el aprendizaje de la Historia se puede establecer un diálogo sobre procesos históricos o historias de vida mediante una batería de preguntas.

Todo supervisado por el docente: preguntas, objetivo y conclusiones. La conversación se plasma en un trabajo escrito con conclusiones y un último debate que permite comparar el trabajo dentro del grupo-clase. Además de valorar su aprendizaje, podemos evaluar cómo han utilizado la IA: una vez adquirida esta competencia, se podrá aplicar a múltiples aprendizajes.

Buen uso educativo de la IA

La Historia es un patrimonio compartido y la inteligencia artificial debe ser una herramienta social de mejora, empezando por las aulas. En este sentido, los tres ejemplos anteriores aportan el desarrollo de competencias digitales novedosas, imprescindibles para su futuro personal y laboral, y la capacidad de moverse críticamente por las redes.

Respecto a la Historia, la actitud crítica ante la IA mejora su conocimiento y lo aleja de la manipulación y los bulos, tan frecuentes en esta disciplina. Merece la pena el esfuerzo emplear la IA, si no queremos quedar marginados en un futuro próximo: en cualquier caso, el alumnado la va a usar seguro y si aprende a hacerlo correctamente, mejor.

The Conversation

Jorge Chauca García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo usar la IA en clase de Historia con mirada crítica y humanística – https://theconversation.com/como-usar-la-ia-en-clase-de-historia-con-mirada-critica-y-humanistica-265612

Centenario del nacimiento de Margaret Thatcher, la gran impulsora del neoliberalismo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Lafuente del Cano, Profesor Titular de Historia e Instituciones Económicas, Universidad de Valladolid

Acaban de cumplirse cien años del nacimiento de la primera mujer que ostentó el cargo de primera ministra en Reino Unido. El 13 de octubre de 1925, en la pequeña localidad inglesa de Grantham, nació Margaret Thatcher, quien, además, sería la primera mujer jefa de Gobierno en Europa. Lideró el Ejecutivo británico durante 11 años (1979-1990), un récord en la etapa democrática de su país que todavía no se ha superado.

Con Thatcher llegó el thatcherismo

Los centenarios suponen una buena oportunidad para analizar el perfil de los grandes y pequeños protagonistas de la historia. En este caso, el de una política muy divisiva, con un estilo de gobierno marcadamente presidencialista, pero que consiguió cambiar el rumbo de su país con una doctrina que llevó su nombre (thatcherismo) y que se imitó en una larga serie de naciones.

La trayectoria de Margaret Thatcher resultó revolucionaria en varios aspectos.

En primer lugar, por su género: fue una mujer poderosa en un mundo netamente masculino.

También por sus orígenes, pues –a diferencia de la mayoría de sus predecesores en el liderazgo conservador– carecía de título nobiliario. Thatcher fue en buena medida una representante de la clase media hecha a sí misma: su padre regentaba una tienda de comestibles y su madre era ama de casa. Estudió Química en la Universidad de Oxford, posteriormente trabajó en la empresa privada y más adelante obtuvo la Licenciatura en Derecho.

Y, además, por sus ideas: influida por los economistas de la escuela austriaca (individualista e impulsora del libre mercado), y en particular por Friedrich Hayek –cuyo libro Camino de servidumbre (1944) consideró siempre una referencia–, Thatcher se caracterizó por criticar el consenso alrededor de las ideas keynesianas de un Estado intervencionista, al que también se había adherido el partido conservador.




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Keynes contra el coronavirus


Posguerra y captalismo dorado

Tras la II Guerra Mundial –y bajo el gobierno laborista de Clement Attlee (1945-1951)– Gran Bretaña puso en marcha su propio estado de bienestar, con el objetivo de proteger a los británicos “de la cuna a la tumba”.

El partido conservador aceptó el nuevo consenso y los sucesivos primeros ministros tories no realizaron grandes reformas al programa de protección social impulsado por los laboristas a comienzos de la posguerra.

Durante la gran expansión económica occidental que se produjo entre 1945 y 1975 (la “edad de oro” del capitalismo) Gran Bretaña creció menos que los países de su entorno y, cuando llegó la crisis del petróleo, en 1973, sufrió unos efectos más fuertes. Tanto, que en 1976 la economía británica tuvo que ser rescatada por el Fondo Monetario Internacional.

Además de esta decadencia económica, el país estaba sufriendo también el proceso de descolonización que desembocó en la traumática pérdida del Imperio británico.

Una sociedad de propietarios e inversores

Thatcher, diputada desde 1959 y ministra de Educación entre 1970 y 1974, llegó al liderazgo conservador en 1975. Por su agresividad verbal contra el comunismo los soviéticos la denominaron “la Dama de Hierro”, un apelativo que aceptó encantada.

En mayo de 1979 alcanzó el poder con mayoría absoluta, después del “invierno del descontento”, la mayor oleada de huelgas registrada en Gran Bretaña. Comenzó entonces una intensa campaña para reorientar el país con el objetivo de reducir el peso del Estado en la vida pública británica y crear una sociedad de propietarios e inversores.

Fue lo que la primera ministra llamó “capitalismo popular”. Así, se aplicaron una serie de medidas neoliberales: se privatizaron empresas públicas (telecomunicaciones, transporte, energía, etc.) a la vez que se fomentó que los ciudadanos compraran sus acciones (y por primera vez se convirtieran en accionistas).

Además, se impulsó la venta de las casas en alquiler a sus inquilinos y se bajaron los impuestos directos (que gravan la renta y el patrimonio) y la tributación de las empresas.

Hitos del gobierno Thatcher

La guerra de las Malvinas (1982), en la que Thatcher consiguió repeler con éxito una agresión de la dictadura militar argentina, le dio enorme popularidad y le ayudó a revalidar su mandato en 1983.

Tras su victoria emprendió una nueva batalla, esta vez en el interior, contra los sindicatos mineros que se oponían al cierre de las minas que tenían pérdidas económicas. El enfrentamiento dejó imágenes para la historia y concluyó con el triunfo del Gobierno.

En 1984, Thatcher sufrió un atentado terrorista del IRA. Tres años después consiguió la tercera mayoría absoluta consecutiva, un récord en la política británica.

En las relaciones exteriores estableció una sólida alianza con el presidente norteamericano Ronald Reagan, que compartía sus ideales neoliberales y su férrea oposición a la Unión Soviética: ambos tuvieron un notable papel en el final de la Guerra Fría.

Una mandataria de extremos

Ni el Gobierno ni la personalidad de Margaret Thatcher admitieron medias tintas. Si durante su mandato fueron recurrentes las protestas en las calles de las ciudades de Reino Unido, también es verdad que eran más los que no salían a las calles sino que votaban apoyando al Gobierno. Durante esos años la oposición estaba dividida y el Partido Laborista sufrió una escisión.

Algunas de sus medidas fueron muy populares, y otras lo contrario. Calcula el historiador británico Paul Johson en su libro Tiempos modernos (2007) que más de 8 millones de personas se convirtieron en accionistas por primera vez en su vida durante las privatizaciones thatcheristas. Y que se vendieron más de 2 millones de casas que antes estaban en régimen de alquiler. Muchos de ellos adquirieron una casa en propiedad por primera vez en su vida.

Por el contrario, fue muy denostado, por ejemplo, el poll tax: un tributo local que obligaba a los ciudadanos a contribuir por igual, independientemente de su nivel de ingresos y de la zona en que residieran. Entró en vigor por primera vez en Escocia en 1989 y posteriormente en Inglaterra y Gales en 1990. A finales de noviembre de 1990, la Dama de Hierro salió de Downing Street y, en marzo del año siguiente, el nuevo Gobierno conservador había sustituido este impuesto por el council tax, un impuesto también local que tiene en cuenta el valor de los inmuebles (y que sigue vigente).

1990: la Dama de Hierro sale de Downing Street

Thatcher dimitió, pues, en noviembre de 1990, acosada por sus enemigos internos, cuando su carácter se había vuelto más intratable y cuando la CEE (Comunidad Económica Europea) se había convertido en un campo de minas en su propio partido (cuyas consecuencias, salida de la UE incluida, han llegado hasta el presente). Le sucedió su ministro de Hacienda, John Major.

Los datos macroeconómicos mostraron el éxito de las políticas económicas thatcheristas: el PIB aumentó un 35 %, la renta se duplicó, la inflación bajó del 20 al 5 % y Gran Bretaña pasó del puesto 19º (de 22) al 2º entre los países de la OCDE. La otra cara de la moneda fue el aumento del desempleo y el incremento de la desigualdad. Todos los sectores sociales crecieron, pero no todos al mismo ritmo. Más bien la brecha social se agrandó.

En 1997 –18 años después de la última victoria laborista– Tony Blair y su Nuevo Laborismo llegaron al número 10 de Downing Street. Para vencer, el Partido Laboralista cambió sus estatutos (1996) y abrazó la economía de mercado.

Ya en el poder, Blair aceptó y mantuvo el programa económico thatcherista. Con ello, un nuevo consenso se había forjado y este fue, sin duda, el mayor legado de Margaret Thatcher.

The Conversation

Jorge Lafuente del Cano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Centenario del nacimiento de Margaret Thatcher, la gran impulsora del neoliberalismo – https://theconversation.com/centenario-del-nacimiento-de-margaret-thatcher-la-gran-impulsora-del-neoliberalismo-267682