Pourquoi en France les start-ups dirigées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Pauline Gibard, Maîtresse de conférences en entrepreneuriat, Université Jean Moulin Lyon 3

L’investisseuse est souvent perçue comme bienveillante, plus accessible et plus à l’écoute. Un stéréotype ancré chez certaines entrepreneures. Lightspring/Shutterstock

Le financement d’une entreprise n’est pas qu’une affaire d’argent. C’est une relation, une danse à deux où chaque partenaire projette des stéréotypes. Une étude donne la parole à des entrepreneures qui portent elles-mêmes ces représentations.


En France, les start-ups fondées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles fondées par des hommes. Ce constat illustre à quel point le financement reste l’un des principaux enjeux liés de l’entrepreneuriat féminin, parfois décrit comme un second plafond de verre. Il faut déjà s’imposer comme entrepreneuse, puis encore franchir la barrière de l’accès aux capitaux.

Jusqu’ici, c’est l’offre de financement qui a été principalement étudié : combien d’argent est disponible, comment fonctionnent les banques et les fonds ? Mais pour obtenir un financement, il faut d’abord… en faire la demande. Sur ce point, la recherche est encore rare.

C’est précisément ce que nous avons exploré dans notre étude publiée dans la Revue internationale PME, à travers 29 entretiens narratifs avec des entrepreneures. Leurs récits montrent que la demande de financement est avant tout une relation : une danse à deux entre entrepreneuse et financeurs, imprégnée d’attentes, de craintes et de stéréotypes.

La finance pensée comme un univers masculin

Dans cette danse, l’investisseur est spontanément imaginé comme un homme : « Quand je pense à un investisseur, je pense automatiquement à un homme » raconte une entrepreneure. Cela leur confère une légitimité « naturelle », rationnels, ambitieux, cartésiens.

Certaines entrepreneures y voient même un atout : « Je pense que les hommes investisseurs seraient plus à même de nous pousser dans nos retranchements pour faire avancer notre projet », estime l’une. Mais cette admiration s’accompagne souvent d’un malaise.

Plusieurs redoutent un regard condescendant ou un manque de crédibilité : « Si je demande un financement à un homme, j’aurais tendance à penser qu’il estime que j’ai moins de revenus », observe une autre. D’autres évoquent un sentiment de domination, voire le risque d’abus : « Je ne suis pas une friandise. Avec une femme au moins, on ne risque pas d’attouchement », insiste une fondatrice.

Les investisseuses, trop bienveillantes ?

Quand la partenaire de danse est une investisseuse, le pas change. Elle est souvent perçue comme plus accessible et plus à l’écoute « Je pense que les femmes seraient plus bienveillantes avec moi » estime une entrepreneure. Pour certaines, elles incarnent même un modèle inspirant.

On pourrait croire que les entrepreneures se tournent plus facilement vers des investisseuses. Mais la réalité est plus ambivalente. Certaines redoutent un excès de bienveillance, perçu comme un manque d’exigence :

« C’est très cliché, mais j’aurais peur qu’avec un trop-plein de bienveillance, on ne me “pousse” pas assez. J’ai l’impression qu’entre hommes, on fait plus d’argent, on pousse plus ».

D’autres craignent au contraire une rivalité ou un jugement plus sévère : « On a un peu plus de pression face à une femme, car c’est soit de la compassion, soit du mépris… » explique une autre.

« Pas prévu de faire des enfants ensemble »

Face à ces représentations contrastées, les entrepreneures apprennent à choisir leurs partenaires de danse.

Certaines privilégient les investisseuses pour des projets destinés à un public féminin, ou dans des situations particulières comme une grossesse perçue comme mieux acceptée par une femme. D’autres préfèrent des investisseurs masculins, jugés plus crédibles ou plus susceptibles de « pousser » leur projet.




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Notons que toutes ne se laissent pas enfermer dans ce jeu de projections :

« Pour mon financement, je cherche des investisseurs qui font écho à mes valeurs profondes. Fille ou garçon, nous n’avons pas prévu de faire des enfants ensemble donc ce n’est pas un problème » raconte une fondatrice.

Une danse à deux traversée de stéréotypes

Ces témoignages rappellent que le financement entrepreneurial n’est pas qu’une affaire de capitaux ou de business plans. C’est une relation, une danse à deux, où chaque partenaire projette des stéréotypes.

Nos résultats montrent que les entrepreneures elles-mêmes portent et mobilisent des représentations. Voir les hommes comme plus rationnels, ou les femmes comme plus bienveillantes, influe sur la façon dont elles valorisent une relation de financement, et parfois sur leur capacité à s’y engager.

Améliorer l’accès au financement ne peut pas se limiter à féminiser les instances d’investissement. Il faut aussi comprendre comment ces imaginaires se construisent et orientent les relations. Car finalement, lever des fonds, ce n’est pas seulement obtenir un chèque. C’est accepter de danser, et la danse n’a de sens que si les deux partenaires trouvent l’accord.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi en France les start-ups dirigées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes ? – https://theconversation.com/pourquoi-en-france-les-start-ups-dirigees-par-des-femmes-levent-en-moyenne-2-5-fois-moins-de-fonds-que-celles-dirigees-par-des-hommes-267562

Pentagon investigation of Sen. Mark Kelly revives Cold War persecution of Americans with supposedly disloyal views

Source: The Conversation – USA – By Gregory A. Daddis, Professor and Melbern G. Glasscock Endowed Chair in American History, Texas A&M University

Arizona Sen. Mark Kelly speaks at a town hall meeting hosted by the South Carolina Democratic Party in Columbia, S.C., on Sept. 12, 2025. Bill Clark/CQ-Roll Call, Inc via Getty Images

In an unprecedented step, the Department of Defense announced online on Nov. 24, 2025, that it was reviewing statements by U.S. Sen. Mark Kelly, a Democrat, who is a retired Navy captain, decorated combat veteran and former NASA astronaut.

Kelly and five other members of Congress with military or intelligence backgrounds told members of the armed forces “You can refuse illegal orders” in a video released on Nov. 18, reiterating oaths that members of the military and the intelligence community swear to uphold and defend the Constitution. The legislators said they acted in response to concerns expressed by troops currently serving on active duty.

President Donald Trump called the video “seditious behavior, punishable by death.”

Retired senior officers like Kelly can be recalled to duty at any time, which would make it possible for the Pentagon to put Kelly on trial under the Uniform Code of Military Justice, although the Defense Department announcement did not specify possible charges. Defense Secretary Pete Hegseth wrote online that “Kelly’s conduct brings discredit upon the armed forces and will be addressed appropriately.”

This threat to punish Kelly is just the latest move by the Trump administration against perceived enemies at home. By branding critics and opponents as disloyal, traitorous or worse, Trump and his supporters are resurrecting a playbook that hearkens back to Sen. Joseph McCarthy’s crusade against people he portrayed as domestic threats to the U.S. in the 1950s.

As a historian who studies national security and the Cold War era, I know that McCarthyism wrought devastating social and cultural harm across our nation. In my view, repeating what I believe constitutes social and political fratricide could be just as harmful today, perhaps even more so.

Targeting homegrown enemies

In the late 1940s and early 1950s, many Americans believed the United States was a nation under siege. Despite their victory in World War II, Americans saw a dangerous world confronting them.

The communist-run Soviet Union held Eastern Europe in an iron grip. In 1949, Mao Zedong’s communist troops triumphed in the bloody Chinese civil war. One year later, the Korean peninsula descended into full-scale conflict, raising the prospect of World War III – a frightening possibility in the atomic era.

Anti-communist zealots in the U.S., most notably Wisconsin Republican Sen. McCarthy, argued that treasonous Americans were weakening the nation at home. During a February 1950 speech in Wheeling, West Virginia, McCarthy asserted that “the traitorous actions of those who have been treated so well by this nation” were undermining the United States during its “final, all-out battle” against communism.

When communist forces toppled China’s government, critics such as political activist Freda Utley lambasted President Harry Truman’s administration for what they cast as its timidity, blundering and, worse, “treason in high places.” Conflating foreign and domestic threats, McCarthy claimed without evidence that homegrown enemies “within our borders have been more responsible for the success of communism abroad than Soviet Russia.”

From 1950 through 1954, Sen. Joseph McCarthy, a Wisconsin Republican, used his role as chair of two powerful Senate committees to identify and accuse people he thought were Communist sympathizers. Many of those accused lost their jobs even when there was little or no evidence to support the accusations.

As ostensible proof, the senator pointed to American lives being lost in Korea and argued that it was possible to “fully fight a war abroad and at the same time … dispose of the traitorous filth and the Red vermin which have accumulated at home.”

Political opponents might disparage McCarthy for his “dishonest and cowardly use of fractional fact and innuendo,” but the Wisconsinite knew how to play to the press. Time and again, McCarthy would bombastically lash out against his critics as he did with columnist Drew Pearson, calling him “an unprincipled liar,” “a fake” and the owner of a “twisted perverted mentality.”

While McCarthy focused on allegedly disloyal government officials and media journalists, other self-pronounced protectors of the nation sought to warn naive members of the public. Defense Department pamphlets like “Know Your Communist Enemy” alerted Americans against being duped by Communist Party members skilled in deception and manipulation.

Virulent anti-communists denounced what they viewed as inherent weaknesses of postwar American society, with a clearly political bent. Republicans asserted that cowardly, effeminate liberals were weakening the nation’s defense by minimizing threats both home and abroad.

Censure and worse

In such an anxiety-ridden environment, “red-baiting” – discrediting political opponents by linking them to communism – spread across the country, leaving a trail of wrecked lives. From teachers to public officials, anyone deemed un-American by McCarthyites faced public censure, loss of employment or even imprisonment.

Under the 1940 Smith Act, which criminalized promoting the overthrow of the U.S. government, hundreds of Americans were prosecuted during the Cold War simply for having been members of the Communist Party of the United States. The act also authorized the “deportation of aliens,” reflecting fears that communist ideas had seeped into nearly all facets of American society.

The 1950 Internal Security Act, widely known as the McCarran Act, further emphasized existential threats from within. “Disloyal aliens,” a term the law left purposefully vague, could have their citizenship revoked. Communist Party members were required to register with the government, a step that made them susceptible to prosecution under the Smith Act.

Immigrants could be detained or deported if the president declared an “internal security emergency.” Advocates called this policy “preventive detention,” while critics derided the act as a “Concentration Camp Law,” in the words of historian Masumi Izumi.

Scapegoating outsiders

The scaremongering wasn’t just about people’s political views: Vulnerable groups, such as gay people, were also targeted. McCarthy warned of links between “communists and queers,” asserting that “sexual perverts” had infested the U.S. government, especially the State Department, and posed “dangerous security risks.” Closeted gay or lesbian employees, the argument went, were vulnerable to blackmail by foreign governments.

Fearmongering also took on a decidedly racist tone. South Carolina Governor George Bell Timmerman, Jr., for instance, argued in 1957 that enforcing “Negro voting rights” would promote the “cause of communism.”

Three years later, a comic book titled “The Red Iceberg” insinuated that communists were exploiting the “tragic plight” of Black families and that the NAACP, a leading U.S. civil rights advocacy group, had been infiltrated by the Kremlin. Conservatives like Arizona Sen. Barry Goldwater criticized the growing practice of using federal power to enforce civil rights, calling it communist-style social engineering.

In an interview on Oct. 13, 2024, then-candidate Donald Trump described Democratic Party rivals as ‘the enemy from within’ and suggested using the armed forces against ‘radical left lunatics’ on Election Day.

A new McCarthyism

While it’s never simple to draw neat historical parallels from past eras to the present, it appears McCarthy-like actions are recurring widely today. During the Red Scare, the focus was on alleged communists. Today, the focus is on straightforward dissent. Critics, both past and present, of President Donald Trump’s actions and policies are being targeted.

At the national level, Trump has called for using military force against “the enemy from within.” On Sept. 30, 2025, Trump told hundreds of generals and admirals who had been called to Quantico, Virginia, from posts around the world that the National Guard should view America’s “dangerous cities as training grounds.”

The Trump administration is making expansive use of the McCarran Act to crack down on immigrants in U.S. cities. White House adviser Stephen Miller has proposed suspending the constitutionally protected writ of habeas corpus, which entitles prisoners to challenge their detentions in court, in order to deport “illegal aliens,” alleging that the U.S. is “under invasion.”

In my home state of Texas, political fearmongering has taken on an equally McCarthyesque tone, with the Legislature directing the State Board of Education to adopt mandatory instruction on “atrocities attributable to communist regimes.”

Perhaps it is unsurprising, then, that right-wing activist Laura Loomer has unapologetically called for “making McCarthy great again.”

Disagreement is democratic

The history of McCarthyism shows where this kind of action can lead. Charging political opponents with treason and calling the media an “enemy of the people,” all without evidence, undercuts democratic principles.

These actions cast certain groups as different and dehumanize them. Portraying political rivals as existential threats, simply for disagreeing with their fellow citizens or political leaders, promotes forced consensus. This diminishes debate and can lead to bad policies.

Americans live in an insecure world today, but as I see it, demonizing enemies won’t make the United States a safer place. Instead, it only will lead to the kind of harm that was brought to pass by the very worst tendencies of McCarthyism.

The Conversation

Gregory A. Daddis does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Pentagon investigation of Sen. Mark Kelly revives Cold War persecution of Americans with supposedly disloyal views – https://theconversation.com/pentagon-investigation-of-sen-mark-kelly-revives-cold-war-persecution-of-americans-with-supposedly-disloyal-views-265964

A database could help revive the Arapaho language before its last speakers are gone

Source: The Conversation – USA – By Andrew Cowell, Professor of Linguistics, University of Colorado Boulder

There are fewer than 100 speakers of the Arapaho language today. Mark Makela/GettyImages

I was hired at the University of Colorado Boulder in 1995 as a language professor. I relocated from Hawaii, where I had learned the Hawaiian language.

When I arrived in Colorado, I decided I needed to learn about the Indigenous language of the Boulder and Denver area, Arapaho. The Arapaho people had occupied the area for many years until they were forced to leave in the 1860s.

I first visited the Northern Arapaho people on the Wind River Reservation in Wyoming in 1999. At that time, there were hundreds of speakers of the Arapaho language.

Today, there are less than 100, and all are over the age of 70.

The Arapaho people in Wyoming and Colorado believe their language can still survive, and so do I. That’s why I am working to combine decades of language documentation with new technological approaches in order to help revive the language.

Loss of Native languages

Many Native American languages currently have few Native speakers, and the speakers are typically the oldest members of the community. The languages of the Wichita and Kansa people, for example, are among many that are no longer spoken at all.

Native American languages have been in decline in the face of Euro-American pressure for centuries.

On the Great Plains, this decline accelerated after World War II when Native soldiers came home after seeing prosperity off the reservation.

Arapaho elders tell me that bilingual parents decided to speak only English to their children to improve their chances of success in life. They were certain the tribal languages would come “later.”

But “later” didn’t happen. Boarding schools had already been suppressing the language, and now economic improvements brought cars, radios and televisions to Wind River, further promoting the use of English. Without language exposure in the home, children were not able to acquire good speaking abilities.

A documentary from Rocky Mountain PBS about Native American people who lost their language as children.

Today, however, tribal communities around the country increasingly want to maintain or reacquire their languages. Efforts to do this have been going on for several decades, with some successes, such as the Mohawk language of New York and Canada, Cherokee in Oklahoma and North Carolina and the Blackfoot language of northern Montana.

In most places however, numbers of Native speakers continue to decline, while learning among younger speakers progresses slowly.

Uses of data for curriculum

My early work focused on documenting the Arapaho language. Past linguists working with Native languages typically focused on traditional storytelling, as well as audio-recorded data. But my interest in anthropology led me to focus on conversation and everyday interaction. I also recorded on video to capture social settings, gestures and sign language. And to better understand the role of the language in daily use, I worked to become a good speaker myself.

I have compiled my documentation into a database that contains over 100,000 sentences of natural Arapaho speech. All of this has been transcribed, translated into English and accompanied by detailed linguistic analysis.

The database is further supported by an online learning site and an online dictionary of around 25,000 entries. They are among the largest such resources for an Indigenous language, though resources do exist for other languages, such as Yurok.

Courtesy of Andrew Cowell.13.8 KB (download)

From documentation to curriculum

In response to the Arapaho people’s goal of language revitalization, my own work has shifted from documentation to assisting teachers, students and curriculum developers. The database turns out to have great value in this area.

Adult learners can watch the videos along with the Arapaho transcriptions or English translations, or both, and review the detailed grammatical analysis.

However, it is quite difficult for young learners to immediately benefit from listening to natural discourse. That’s why carefully graded curricula are crucial. Unlike for commonly taught languages such as French or Spanish, materials for most Native American languages are just being developed.

Arapaho can be challenging to learn because its structure is quite different from English. Many small chunks of meaning are combined to produce long, complex words. For example, an English speaker can start with “happy” and produce “un-happi-ness.” Arapaho speakers typically add three, four or even five prefixes, and multiple suffixes as well. A speaker can say the word “niibeetwonwoteekoohunoo” – which has six separate meaningful chunks. This translates to English, “I want to go and drive to town.”

There is little value in memorizing such complex words, just as English learners don’t memorize entire sentences. Instead, Arapaho learners need to understand the separate parts, and how they combine.

Previous efforts have succeeded in teaching children to speak basic Arapaho. The challenge now is to keep improving their Arapaho language abilities, using a graded curriculum that continues through all school levels.

The database can identify and label the individual chunks of words, and assign meanings to each chunk. A beginner’s dictionary of 1,300 entries has been created by calculating the overall frequency of base words in the 100,000 sentences, and then selecting only the most common ones.

The list has been broken down further to produce target vocabulary for each grade level. Smaller chunks of prefixes and suffixes are also measured, and sequential grammar-learning goals can be produced based on frequency and complexity.

A draft Arapaho learning sequence has been created, with 44 stages. It is now possible for the first time to produce a full, progressive language curriculum for Arapaho. The next step is to develop more curricular materials and train teachers to use them.

The sequence of 44 stages is now being introduced at Wyoming Indian Elementary School, the first school on the Wind River Reservation to pioneer dual-language classrooms.

Limitations of technology

Technology is not a magic bullet, however. Only Native people can save their languages, by choosing to learn and speak them.

Because artificial intelligence works using large language models, it needs billions of words of discourse to be trained effectively in a language. No Indigenous language has nearly that amount of data, so the capacity of AI to address Native language endangerment is limited. Moreover, many Indigenous communities are wary of AI due to concerns over data sovereignty and cultural property rights.

A man in a red gingham shirt holds a colorful quilted blanket.
The author, Andrew Cowell, is recognized for his Arapaho language revitalization at a 2018 ceremony on the Wind River Reservation in Wyoming.
Courtesy of Andrew Cowell.

My own old-fashioned experience as a learner and teacher has proved crucial. I can see where difficulties lie for learners, and how to fine-tune computational measurements and predictions. I’ve learned that success in helping revitalize Native languages depends on researchers building long-term relationships with Native peoples and, ideally, speaking Native languages. Only then can new technologies be applied most productively.

The Conversation

Andrew Cowell currently receives funding from National Science Foundation. Past funding related to the work described here has come from the American Council of Learned Societies and Hans Rausing Endangered Language Documentation Programme.

He has received compensation from elements of the Northern Arapaho Tribe and the Southern Cheyenne and Arapaho Tribe for some of his assistance and consultation.

ref. A database could help revive the Arapaho language before its last speakers are gone – https://theconversation.com/a-database-could-help-revive-the-arapaho-language-before-its-last-speakers-are-gone-269592

How food assistance programs can feed families and nourish their dignity

Source: The Conversation – USA (3) – By Joslyn Brenton, Assistant Professor of Sociology, Ithaca College

Food assistance does more good when it doesn’t make people feel bad for needing help. SolStock/E+ via Getty Images

The 2025 government shutdown drew widespread attention to how many Americans struggle to get enough food. For 43 days, the more than 42 million Americans who receive Supplemental Nutrition Assistance Program benefits had to find other ways to stock their cupboards.

When asked how she felt about her benefits being suspended, one woman in West Virginia told a New York Times reporter, “We’re angry. Because we do count!”

Her sentiment reflects an often underappreciated fact about food. Food is not just a matter of survival. What and how you eat is also a symbol of your social status. Being unable to reliably feed your family healthy and nutritious foods in a way that aligns with your values can feel undignified. It can make people feel unseen and less important than others.

As researchers who study food inequality, nutrition and food justice, we have spent decades surveying and interviewing Americans about how they eat. We have witnessed firsthand how food assistance does help people meet their basic needs, but how it can also be stigmatizing and diminish their sense of dignity.

We have also studied alternatives to typical charitable food programs that, despite good intentions, tend to induce shame. We have learned that it is possible to help people put food on the table while preserving their dignity.

Dignity and food assistance

Addressing the root causes of food insecurity – what happens when people lack steady access to the food they need for a nutritious diet that’s in keeping with their preferences – is a persistent problem in the United States.

Thus, the demand for SNAP benefits, which help Americans buy groceries, other government nutrition programs, and food banks and food pantries rarely declines much – even when the economy is strong. Yet relying on food assistance programs does not tend to support a healthy diet and can take a toll on mental health.

As interviewers and clinicians, we have heard mothers describe the shame they feel when SNAP benefits do not cover the entire grocery bill. We have witnessed the frustration that comes with walking down a food pantry aisle lined with signs instructing hungry people to “take only 1 item!”

“The stuff looks like almost trash, but they give it to you,” one woman we interviewed said of her experience with food pantries and the like.

These kinds of stories are not uncommon. Charitable food programs receive leftover items from grocery stores, donations from community food drives and local businesses, and sometimes surplus from local farms. Food is often damaged in transport or from being handled too many times. A review of the research found that many people who use food pantries described the food as unhealthy, moldy or inedible. Being given unhealthy and unappealing food in a time of need is a double burden.

While free food may fill the stomach, it does not satisfy the desire to feel fully human and worthy of nourishment.

People who visit food banks have told researchers that they have come to expect low-quality food and few choices. When food aid is provided that way, it can leave the people it is supposed to help feeling powerless and ashamed.

These indignities are compounded by the fact that people who visit food banks and food pantries routinely face suspicion and surveillance around what they buy and how they eat, intensifying the stress associated with food insecurity.

In our research, we saw cashiers hovering over mothers using SNAP EBT cards in the self-checkout line. Politicians routinely suggest that SNAP is corrupt, contributing to nationwide perceptions that people who rely on this program are unfairly gaming the system. One study found that more than two-thirds of the Americans people who get food assistance have been the target of hostile comments and interactions from strangers at the grocery store.

Minimizing stigma

Several studies have shown that food programs do not need to sacrifice dignity to offer help. Programs that offer opportunities for people with lower incomes to receive and give back are important.

In Canada, bulk-buying food cooperatives did just that. Food assistance programs confer dignity when they make people feel good. People seeking help feel more satisfied after visiting food pantries that keep convenient hours or offer fresh produce.

SNAP has also tried to promote client dignity by ensuring that benefits are accepted in major grocery stores and distributing the funds to debit cards, allowing people to look and feel like everyday shoppers.

Yet despite these efforts social stigma persists. People who are enrolled in the SNAP program are still routinely devalued and judged for being poor in a society that assigns social value and worth based on one’s position on the economic ladder.

A customer shops for groceries in a supermarket.
Because SNAP benefits can be used to buy food at stores, the program generally allows for broad choices.
Brandon Bell/Getty Images

Cultivating dignity in food assistance

Minimizing stigma improves food assistance. Intentionally cultivating food dignity may be the next step.

Our assessment of a nationwide meal kit program demonstrated how dignity can be cultivated when food assistance programs consider the nutritional, emotional, aesthetic and cultural dimensions of food and eating.

In 2021, we conducted 116 interviews with participants of a meal kit program called Pass the Love. The program was free and anyone could enroll, no questions asked. The meal kits contained the necessary food and recipes to make three vegetarian meals a week, such as sesame coconut noodle salad or carrot coconut dal with rice. The program ran for four consecutive weeks.

When we interviewed participants about their experiences during and after the program, we learned that while they were thankful for the free food, what mattered more was the high quality, how it was packaged and how it conveyed care and respect.

Most participants had incomes at or well below the poverty line. They described what we came to call a “high dignity food experience,” meaning that it generated positive feelings and a sense of worth.

Opening the nicely packaged meal kit boxes each week felt like “Christmas,” to some people and a “gift” to others. Many found the “thought and care” that went into the program remarkable. Offering high-quality food to make nutritious, complete meals symbolized that low-income or food-insecure people deserve to eat well and feel good.

Our research, like similar studies that others have conducted, shows that treating food as a basic human right requires more than just giving people something to eat. It means ensuring unconditional access to the culturally appropriate fresh and nutritious food people need to thrive not just physically, but psychologically and socially.

The Conversation

Joslyn Brenton received funding from Partnership for a Healthier America as an external research expert.

Dr. Virudachalam received funding from the Edna G. Kynett Memorial Foundation, Rite Aid Foundation, and Partnership for a Healthier America in the last 36 months. She is a member of The Food Trust Board of Directors, the National Produce Prescription Collaborative Steering Committee, and Philadelphia City Council’s Food and Nutrition Security Task Force.

Alyssa Tindall does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How food assistance programs can feed families and nourish their dignity – https://theconversation.com/how-food-assistance-programs-can-feed-families-and-nourish-their-dignity-269171

What makes a true Santa is inside – and comes with the red suit

Source: The Conversation – USA (3) – By Christina Hymer, Assistant Professor of Management and Entrepreneurship, University of Tennessee

Members of the Fraternal Order of Real Bearded Santas meet at Pink’s restaurant at Knott’s Berry Farm before the holiday rush in 2009. Business Wire via AP

When you picture Santa Claus, a white, bearded, overweight and jolly man who dashes around delivering gifts to children during the Christmas season probably comes to mind. Yet, not everyone who dons the red suit fits this stereotype.

That’s what Bethany Cockburn, Borbala Csillag and I learned when we teamed up to study professional Santas. For our study, we looked into how these professional Santas were able to “be” Santa, even if they didn’t fully fit the image.

As we explained in a forthcoming article in the Academy of Management Journal, many who do this work don’t see it as just a job – it’s a calling. For some professional Santas, it’s especially important that they look and feel like Santa to experience that sense of purpose in their work.

We surveyed 849 professional Santas who live across the U.S. and interviewed 53 of them, collecting data between 2018 and 2021. We identified three types of professional Santas: prototypical (64%), semi-prototypical (23%) and nonprototypical (13%).

Prototypical Santas look the part. They are white and overweight, have real beards and express confidence that they are the right fit.

Semi-prototypical Santas looked the part, too, but felt like they weren’t quite suitable for a range of reasons. They might be introverted or use a fake beard.

Nonprototypical Santas had characteristics at odds with the stereotype. They might be nonwhite, female or gay, or have a physical disability.

Man dressed as Santa holds a dog on his lap.
Many Santas see their work, whether paid or volunteer, as a calling.
Photo by Gwyn Sussman

Whereas prototypical Santas could easily slide into the Santa role, the process was more complex for the others.

Semi-prototypical Santas did things like come up with stories they’d tell themselves or share with children to explain away their fake beards. Nonprototypical Santas had values aligned with the Santa image, such as being peaceful, loving and kind. But they still made a big effort to look like what people expect when they visit a Santa.

“Should it be a difference if you’re a Jewish Santa Claus or a Catholic Santa Claus?” asked an atheist professional Santa we called “Santa Aquila.” “No. You’re Santa Claus. What do you do? You’re not even supposed to preach anything.”

Another Santa whom we called “Santa Lynx” hid that she was female in part by flattening her chest.

Why it matters

While anyone can take a turn being their neighborhood potluck’s Santa, the one you meet at the mall probably attended some combination of Santa schools, webinars and training.

For instance, the Charles W. Howard Santa Claus School was founded in 1937 and conducts an annual Santa training each year. National networks also exist, such as the Fraternal Order of Real Bearded Santas, which says it has 1,000 members, – and the IBRBS, formerly known as the International Brotherhood of Real Bearded Santas, offering meetups and professional support.

A man dressed as Santa in a gray beard smiles festively.
Actor B.J. Averell, dressed as Santa Claus, attends a toy drive for struggling Bay Area families in Burlingame, Calif., in December 2024.
Tayfun Coskun/Anadolu via Getty Images

There are also local organizations, such as the Lone Star Santas network in Texas.

Although most professional Santas are paid for their work, many do this voluntarily.

It’s not uncommon for there to be some sort of expectation around who should have a particular occupation. Pilots tend to be male, most schoolteachers are female, and salespeople are often seen as extroverted.

But that doesn’t mean that women can’t be pilots, men can’t be teachers or that introverts can’t work in sales.

What’s next

I’m now looking at how broader institutional environments, current events and social movements can shape how people experience their callings and find meaning at work.

The Research Brief is a short take on interesting academic work.

The Conversation

Christina Hymer does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What makes a true Santa is inside – and comes with the red suit – https://theconversation.com/what-makes-a-true-santa-is-inside-and-comes-with-the-red-suit-269569

¿Un continente sin ruinas? La Antártida, entre la protección ambiental y la memoria

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Ximena Senatore Connolly, Researcher, Instituto de Ciencias de Patrimonio (Incipit -CSIC)

Esqueleto armado con huesos de distintas ballenas localizado en Punta Jougla, Antártida. Nacho Cánepa

¿Puede la Antártida convertirse en el único continente sin ruinas? ¿Qué pasaría si proteger su naturaleza implicara también decidir qué pasado y qué presente recordaremos en el futuro?

Aunque suele imaginarse como un territorio apenas explorado, la presencia humana se extiende ya más de dos siglos y ha dejado huellas materiales y memorias diversas. Pero ¿qué recordamos y qué olvidamos de ella?

Las políticas ambientales, diseñadas para reducir el impacto humano, también actúan como políticas de memoria. Analizar casos contrastantes nos permite reflexionar sobre protección y olvido.

Traslado de módulos habitacionales prefabricados para bases científicas en la Antártida.
Traslado de módulos habitacionales prefabricados para bases científicas en la Antártida.
M. X. Senatore.

En 1959, el Tratado Antártico declaró al continente un espacio dedicado a la paz y la ciencia. Tres décadas después, el Protocolo de Madrid lo convirtió en uno de los territorios más protegidos del planeta. Desde entonces, todo resto de actividades humanas, pasadas o presentes, debe retirarse, salvo excepciones como los declarados “sitios y monumentos históricos”.

Este régimen ha reducido la contaminación y ha protegido la biodiversidad, pero también ha cambiado la forma de planificar el futuro. Hoy se priorizan acciones reversibles como el diseño de bases científicas con arquitecturas desmontables. La protección ha sido necesaria, pero también ha abierto nuevas preguntas. ¿Qué ocurre cuando unas huellas se conservan y otras se eliminan? Entonces empieza a jugar no sólo la protección ambiental, sino también la forma en que se construye la memoria.

Cápsulas del tiempo

La protección histórica se ha centrado en un grupo selecto de sitios, la mayoría ligados a las hazañas de los grandes exploradores o científicos del siglo XX. Sus cabañas, restauradas con detalle, se presentan como cápsulas del tiempo, con latas de galletas, ropa colgada, libros e instrumentos científicos aún en su lugar.

El resultado es un pasado conservado en un instante idealizado: no son ruinas porque ocultan el paso del tiempo. En la restauración no sólo se han borrado distintas capas de historias humanas, sino también aquellas vinculadas a elementos no humanos, como hongos o hielo depositado durante décadas.

Estas reconstrucciones ofrecen una imagen limpia y ordenada de un pasado excepcional y memorable. Así, el recuerdo queda asociado a gestas heroicas, mientras que otras experiencias antárticas diferentes y diversas desaparecen de la escena.

Cabaña de la expedición de Ernest Shackleton en Cabo Royds (Cape Royds), Antártida (1907–1909).
Cabaña de la expedición de Ernest Shackleton en Cabo Royds (Cape Royds), Antártida (1907–1909).
U.S. Department of State

Paisajes vacíos

La “naturaleza intacta” es otro principio importante de la protección de la Antártida. Bajo esta lógica, todo resto de actividad humana que no sea declarado histórico debe retirarse, manteniendo la imagen de un continente puro.

La limpieza protege el medio ambiente, pero también borra memorias de personas, animales y paisajes. Un ejemplo es la antigua factoría ballenera de las Orcadas del Sur. Desmantelada, sin estudios ni documentación, apenas queda memoria de su existencia.

De este modo, la división entre “naturaleza” y “cultura” guía tanto la protección ambiental como el cuidado del patrimonio. De un lado, genera cápsulas heroicas, y del otro, huellas descartadas sin documentar. Así, la política ambiental también moldea qué pasados permanecen visibles y cuáles quedan excluidos.

Huesos de ballenas dispersos en las costas de las Islas Shetland del Sur, Antártida.
Huesos de ballenas dispersos en las costas de las Islas Shetland del Sur, Antártida.
M. X. Senatore.

Algunas ruinas inadvertidas han escapado a esta lógica y se han convertido en el foco de la arqueología contemporánea. No remiten a un pasado único y estático, sino que están en cambio constante. Son fragmentos desordenados donde se cruzan lo humano y lo no humano, el pasado y el presente. Un ejemplo muy interesante son los huesos de ballenas que yacen en las playas. No encajan en categorías de patrimonio cultural, ni en la idea de naturaleza intacta. Al mismo tiempo, condensan pasados diversos e inexplorados.

¿Cómo llegaron allí y qué historias anteriores reflejan? ¿Cómo se perciben hoy en día? Estas preguntas están abiertas y muestran el potencial de los restos para generar conocimiento sobre la interacción entre humanos y la Antártida.

Esqueletos de ballenas

En los años setenta, el naturalista francés Jacques-Yves Cousteau visitó una playa cubierta de huesos. Los interpretó como restos de la industria ballenera que tuvo impacto en la Antártida a comienzos del siglo XX. Con algunos armó un gran esqueleto y lo llamó “un monumento a la locura humana”.

Esta historia es poco conocida pero el esqueleto persiste. Armado en la playa, pasa fácilmente desapercibido porque se interpreta como algo natural. Sin embargo, está formado por huesos de distintos animales y especies. Es un ensamblaje que mezcla historias y tiempos diferentes.

No es el único caso. Tal vez inspirados por Cousteau, otros esqueletos han sido armados poco a poco, de forma anónima. Uno se integró a la vida cotidiana y afectiva de una base científica, otro se convirtió en atractivo turístico, y así han generado nuevas experiencias y significados. Nos muestran que las ruinas forman memorias presentes, cambiantes y abiertas.

Memorias de la Antártida

Los recuerdos no siempre se dejan encasillar. Como los esqueletos de ballenas, no son sitios históricos, tampoco desechos y mucho menos naturaleza intacta. Nos obligan a pensar en los efectos no esperados de las políticas de protección y en las múltiples formas que puede tomar la memoria antártica.

Ruinas del siglo XIX entre colonias de pingüinos y elefantes marinos en isla Livingston, Islas Shetland del Sur, Antártida.
Ruinas del siglo XIX entre colonias de pingüinos y elefantes marinos en isla Livingston, Islas Shetland del Sur, Antártida.
M. X. Senatore.

De la mano de la protección ambiental se ha construido una historia selectiva que ofrece un pasado idealizado y limita lo que se recuerda. El desafío es abrir la mirada hacia memorias menos controladas e idealizadas, más diversas y cercanas. Memorias que, como las ruinas que sobreviven, se resisten a quedar fijadas en una única forma de relato.

Asimismo, esta ausencia tiene efectos prácticos: limita la investigación ambiental e histórica y también reduce nuestra capacidad de comprender las interacciones humanas con y en la Antártida, incluidas las experiencias –cambiantes y diversas– de quienes han vivido y trabajado allí. Sin esas huellas, el lugar aparece como un territorio sin inscripciones ni conexiones.

La Antártida podría convertirse en el único continente sin ruinas: todo se construye con vistas a un futuro retiro. En ese proceso de crear pasados excepcionales y presentes bajo la idea de pureza ambiental, ¿olvidaremos cómo llegamos hasta aquí?

The Conversation

Maria Ximena Senatore Connolly no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Un continente sin ruinas? La Antártida, entre la protección ambiental y la memoria – https://theconversation.com/un-continente-sin-ruinas-la-antartida-entre-la-proteccion-ambiental-y-la-memoria-264725

Una universidad colombiana construye “hoteles” para abejas y otros polinizadores

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gipsy Lozano, Doctorando en Ciencias Sociales | Investigador en comunicación científica para Latinoamérica, Universidad de Granada

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El campus de la Universidad del Quindío, en Armenia, Colombia, es uno de los principales centros de biodiversidad de la ciudad. En este lugar, la investigadora Mónica Patricia Valencia Rojas, en colaboración con Delly Rocío García y Óscar Humberto Marín, del programa de Biología, han desarrollado una red de alojamientos poco convencionales. No están pensados para turistas, sino para otros huéspedes esenciales: los polinizadores, que enfrentan una crisis mundial.

Según la ONU, el 75 % de los cultivos alimentarios del mundo dependen de la polinización. No obstante, estas especies están desapareciendo a un ritmo alarmante por la urbanización y el uso de pesticidas.

“Los hoteles y jardines surgen como una estrategia de conservación, pero están pensados más como un recurso para educar a las personas”, explica la investigadora y líder del proyecto, Valencia Rojas.

No se trata de una iniciativa inexplorada. Diversas instituciones han utilizado los hoteles para polinizadores con el objetivo de acercar a la sociedad a las abejas, concienciar sobre su cuidado y derribar mitos en torno a ellas. Sobre todo en Colombia, donde existe la creencia generalizada de que solo hay un tipo de estos insectos.

“Al escuchar la palabra “abeja”, las personas piensan inmediatamente en miel y polinización”, explica Delly Rocío García. De hecho, según cuenta la docente, la única mesa ciudadana para polinizadores en la ciudad giraba en torno a la apicultura. Eso planteó la hipótesis de la investigación: “Los ciudadanos solo visualizan a la abeja amarillita con rayas negras, es decir, Apis mellifera, desconociendo especies nativas”, agrega la investigadora.

La biodiversidad de las abejas

La Apis mellifera no es originaria del continente americano. Fue introducida por los europeos en tiempos de la conquista, haciendo que esta especie altamente social fuera adaptando sus gigantes colonias a los entornos del nuevo mundo y, así, dominara el forrajeo frente a otras especies.

Al ser más robustas y contar con millones de individuos en sus colonias, Apis mellifera tiene la capacidad de llegar en masa a un cultivo y apropiarse de él, desplazando no solo a las abejas nativas, sino también a otros polinizadores. Como curiosidad, su dieta no se limita al néctar de las flores, sino que incluye diversos recursos, incluso de origen humano, como residuos azucarados en basureros.




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“El tamaño y forma de organización de las colonias de Apis mellifera le han otorgado un protagonismo tal que han obligado a las especies de abejas nativas desplazarse, no solo hacia zonas más apartadas de la ciudad, sino también a desaparecer del imaginario de la comunidad”, señala García.

Algunas de estas especies son las meliponinas o ANSAs (abejas nativas sin aguijón), conocidas también como abejas “angelitas” _(Tetragonisca angustula)_. Aunque la mayoría de las abejas son solitarias, estas forman parte del 10% que vive en colonias organizadas. Además, producen una miel muy apreciada por sus propiedades medicinales y por su valor en diversas culturas ancestrales.

No obstante, el panorama de estos insectos está cambiando gracias a los hoteles para polinizadores, que no solo constituyen una herramienta educativa, sino que atraen especies nativas que no se habían reportado en el departamento del Quindío. «Hay posibilidades de haber encontrado especies no reportadas para Colombia o potencialmente nuevas para la ciencia; estamos a la espera de los resultados», comenta la investigadora García.




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Un resort amigable

Los hoteles para polinizadores tienen un diseño pensado en la comodidad de sus huéspedes. Los investigadores uniquindianos utilizaron madera reciclada de las podas hechas por la universidad para construir cajones con sustratos de arcilla, bambú o paja, y perforaciones de 1 cm de diámetro. Los techos son de color azul, el favorito de muchos polinizadores. Y para hacer del complejo algo más atractivo, a su alrededor se sembraron jardines con más de 30 especies distintas, especialmente plantas nativas.

De esta forma, este complejo hotelero no solo busca ofrecer un refugio para las abejas solitarias y demás polinizadores, sino que también se suma a las estrategias colombianas para responder a un proyecto internacional que hace frente a la crisis ambiental. La Iniciativa Internacional de Polinizadores (International Pollinators Initiative), se estableció por el Convenio de las Naciones Unidas sobre Diversidad Biológica (CDB) y es coordinada por la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura (FAO).




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Ciencia participativa para recuperar el valor de estos insectos

La estrategia de los docentes uniquindianos no solo ha beneficiado a los polinizadores, que a un mes de la instalación de los hoteles, el pasado junio, ya tenían “huéspedes” que incluían a abejas solitarias de la familia Halictidae y especies como la avispa esfécida. Su impacto también ha transcendido a la comunidad, que se ha ido apropiando del conocimiento sobre abejas y polinizadores nativos.

“El valor que la gente le ha dado a las abejas está centrado en la producción de miel y la polinización, y las amenazas principales identificadas son las fumigaciones. Además, suele confundir otras especies como moscas, avispas, abejorros con abejas, o solo identifica a Apis mellifera”, destaca Valencia, parte del equipo de investigadores colombianos que, a través de actividades lúdicas, acercaron el mundo de las abejas a la comunidad.

La tecnología también ha sido fundamental para hacer ciencia ciudadana. A través de la aplicación iNaturalist, la comunidad sube fotografías de abejas que posteriormente son identificadas. De igual forma, se dispuso en cada uno de los hoteles un código QR con el que se puede acceder a paisajes sonoros de cada uno de los ejemplares que van llegando a los albergues.

La iniciativa de hoteles para polinizadores, financiada por la Universidad del Quindío con el apoyo de Jardín Botánico del Quindío, ha comenzado a cambiar la percepción de la comunidad, que pasó de concebir en un solo tipo de abeja –vista únicamente como productora de miel y potencialmente peligrosa por su picadura– a reconocer y apropiarse de las especies nativas. El proyecto ha tenido tanto éxito que, como asegura Valencia, “la gente está pidiendo que estos jardines y hoteles se repliquen en colegios y otras instituciones”.

The Conversation

Gipsy Lozano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Una universidad colombiana construye “hoteles” para abejas y otros polinizadores – https://theconversation.com/una-universidad-colombiana-construye-hoteles-para-abejas-y-otros-polinizadores-266863

Black Friday, picos emocionales y autocontrol: ¿puede la IA ayudarnos a ser compradores más responsables?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Matías Membiela-Pollán, Profesor en el Área de Comercialización e Investigación de Mercados de la Universidade da Coruña, Universidade da Coruña

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Con origen en Estados Unidos en los años sesenta, el Black Friday se popularizó y consolidó a escala global a partir de 2010. Hoy, según estimaciones, llega a concentrar cerca del 25 % de las compras anuales en el canal online y, en España, (el gasto medio por consumidor ronda los 230 euros). Además, funciona como el inicio simbólico de la campaña navideña y como un evento colectivo que articula buena parte del comportamiento de compra de finales de año.

Su popularidad convive, sin embargo, con críticas cada vez más visibles. Se le acusa de promover un consumismo poco sostenible, de basarse, a veces, en (descuentos opacos o de difícil verificación), y de fomentar compras impulsivas que luego derivan en un volumen elevado de devoluciones, con los costes económicos y medioambientales que ello supone.

Emoción, impulsividad y economía del comportamiento

Más allá de estas cuestiones, el Black Friday resulta especialmente interesante desde una perspectiva económica y del comportamiento (behavioral economics). En cierto modo, evidencia la distancia entre el modelo teórico del homo oeconomicus, perfectamente racional y orientado a maximizar su utilidad, y la conducta real de los compradores.

Si atendemos a los datos, las tasas de devolución se sitúan en torno al 30–35 %, (según las categorías de producto. Esto es varios puntos porcentuales por encima de lo habitual; y, según encuestas, entre un 40 y un 60 % de los consumidores reconoce arrepentirse de alguna compra impulsiva o innecesaria realizada ese día.

Esta divergencia entre la utilidad anticipada en el momento de la compra y la utilidad real tras el uso sugiere que muchas decisiones se toman en un contexto fuertemente cargado de emociones. Para no pocos compradores, el artículo adquirido aporta un valor añadido menor del previsto, ya sea porque no introduce una diferencia apreciable respecto a lo que ya tienen, porque su funcionalidad resulta limitada o porque la adaptación al producto se produce muy rápido, dejando atrás la emoción inicial.

Estado mental: comprador

El contexto del Black Friday ayuda a entender estas dinámicas. Tiene lugar un viernes de finales de mes, a pocos días del cobro de la nómina para la mayoría de los trabajadores, y en un ambiente prenavideño que actúa como estímulo. La iluminación, la música, la decoración y los mensajes de urgencia sitúa a los consumidores en una suerte de mentalidad de compra, en la que, por excitación contextual, se llegan a comprar incluso productos no rebajados.

En la tienda física, el diseño del espacio y el merchandising buscan activar respuestas emocionales y reducir el pensamiento analítico. Si en el ámbito online desaparecen algunos estímulos sensoriales, esto se compensa con la velocidad, la disponibilidad inmediata de múltiples categorías de producto y la presencia constante de señales digitales que refuerzan la idea de oportunidad.

Desde la economía conductual y la psicología del consumo se han estudiado ampliamente estos mecanismos, que limitan la racionalidad del individuo y lo hacen menos consciente y responsable. Numerosas investigaciones han mostrado cómo las emociones intensas (picos emocionales o hot states) pueden sesgar las decisiones de compra. En esta situación, los factores viscerales y la activación emocional intensa reducen la capacidad de deliberación y favorecen decisiones más impulsivas.

Además, ante estímulos atractivos, los impulsos se desencadenan de manera inmediata y buscan una gratificación a corto plazo. Esta dinámica resulta coherente con la descripción de la impulsividad como una respuesta difícil de inhibir y asociada a una elevada activación emocional.

La posible aportación de la inteligencia artificial

En este escenario emocional, cabe preguntarse si la tecnología puede aportar racionalidad. La inteligencia artificial ha entrado en la vida cotidiana y en el ámbito empresarial con mucha rapidez. Su uso se ha normalizado en apenas tres años, y una mayoría de consumidores y profesionales la utilizan de manera habitual.

La facilidad de acceso, la capacidad de síntesis y la aparente neutralidad analítica han llevado a que muchas personas la consulten, incluso para cuestiones personales o para decisiones de consumo. La pregunta, llegado este punto, es si una herramienta de este tipo, en un contexto emocionalmente tan cargado como el Black Friday, puede contribuir a una conducta de compra más consciente y responsable.

Si se lo preguntamos a la propia IA, la respuesta es clara. Según sus palabras, puede ayudar al autocontrol planteando preguntas sobre la necesidad real de un producto, sobre lo que ya tenemos o sobre si la necesidad seguiría presente al día siguiente de tenerlo. También puede comparar precios de forma inmediata, identificar el ahorro real o elaborar un presupuesto específico para el Black Friday, organizado según las categorías de interés del usuario.




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Un experimento en el punto de venta

Para observar cómo funciona esto en la práctica, en días previos al Black Friday realicé un pequeño experimento en un conocido distribuidor minorista en España. En dos categorías –cuidado personal (un champú) y tecnología (un televisor)– fotografié los productos con sus etiquetas de precio y pedí a un sistema de IA dos valoraciones:

  1. Si el precio era competitivo frente a otros establecimientos.

  2. Si, en el caso del televisor, la compra tenía sentido para mí.

En la comparación de precios, la respuesta inicial fue algo general, centrada en ubicar el producto dentro del rango habitual. Sin embargo, al solicitar comparaciones más concretas e incluir el nombre de competidores específicos, la herramienta ofreció precios verificados y coherentes.

En el caso del televisor, al ser un producto de alta implicación y mayor precio, las preguntas que formuló la IA sobre el uso previsto, el espacio disponible o las diferencias respecto a mi aparato actual me obligaron a pensar la decisión con algo más de calma, lo que en un día como el Black Friday puede resultar valioso.

Un apoyo puntual con un alcance limitado

La IA puede ser una herramienta útil para hacer más consciente y responsable el proceso de compra en el Black Friday. Ahora bien, y especialmente en las compras no planificadas, conviene recordar que el consumidor entra ese día en un estado mental de compra y ocio, y no parece realista esperar que desee pasar la jornada acompañado de un asistente digital.

Su aplicación puede ser rápida y poco intrusiva para comparar precios, planificar un presupuesto previo o comprobar si un producto encaja realmente en nuestras necesidades y contexto actual. Este tipo de intervenciones es compatible con la experiencia de compra y ayuda a que la utilidad final de los artículos adquiridos se aproxime más a la utilidad anticipada en el momento de la decisión.

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Matías Membiela-Pollán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Black Friday, picos emocionales y autocontrol: ¿puede la IA ayudarnos a ser compradores más responsables? – https://theconversation.com/black-friday-picos-emocionales-y-autocontrol-puede-la-ia-ayudarnos-a-ser-compradores-mas-responsables-270404

La adolescencia no solo cambia a los hijos: también transforma a quienes los crían

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joan Tahull Fort, Profesor e investigador en sociología, especializado en dinámicas sociales y educativas contemporáneas, Universitat de Lleida

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La adolescencia de un hijo suele sentirse como una tormenta dentro del hogar: trastoca la rutina, pone a prueba las normas y genera tensiones. Lo que a menudo pasa desapercibido es que este fenómeno también afecta a padres y madres. Muchas familias notan que, al mismo ritmo que su hijo avanza hacia la independencia, los padres atraviesan su propia crisis paralela.

A menudo, la pubertad y adolescencia coincide con la edad de 45 a 55 años de muchos padres: el período de la “mediana edad”, caracterizado por importantes cambios psicológicos.

En definitiva, la llegada de la adolescencia es un momento del ciclo familiar en el que convergen dos transiciones vitales: la del joven y la de sus padres, dos procesos que se refuerzan mutuamente y que inevitablemente transforma las relaciones familiares.

Un desafío compartido: crecer juntos en la turbulencia

Convivir con un adolescente puede resultar agotador, pero a la vez formativo. Tanto para el joven como para sus padres. Esta etapa es imprescindible para el crecimiento personal de toda la familia, porque supone salir de la “zona de confort” para todos los miembros.

Los padres deben replantear sus prioridades y reconocer que la relación con el hijo no es la única fuente de identidad: es decir, que son más que “la madre de” o “el padre de”. También se ven obligados a redefinir los canales de comunicación que existían durante la infancia de los hijos: escuchar sin imponer, explicar sin dar sermones y, en general, reformular su papel como autoridad para pasar de controlar a orientar.




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El contexto mediterráneo: cercanía y dependencia

Aunque la adolescencia genera fricciones, España conserva un modelo de cohesión familiar. De hecho, el 56,6 % de los jóvenes de 18 a 34 años se sienten “extremadamente próximos” a sus padres, y el 70,6 % interactúa con ellos al menos una vez al día. Esta cercanía diaria desafía la idea común de un conflicto permanente entre generaciones, pero ¿a qué precio?

Estos lazos sólidos, característicos del llamado “modelo de familia mediterráneo”, funcionan como red de apoyo. Sin embargo, esta proximidad tiene un coste: el mismo patrón que protege a los jóvenes aumenta su dependencia de la familia y dificulta su emancipación.

Los padres asumen la mayor parte de los gastos, la educación y la carga emocional de la crianza. La escasez de políticas públicas de apoyo a la juventud (vivienda, empleo estable, ayudas económicas) perpetúa esta dependencia familiar. Cuando la relación con los progenitores es tensa o la familia proviene de un entorno desfavorecido, las desigualdades iniciales se perpetúan y amplifican durante la adolescencia. Cuando el entorno familiar falla, las brechas sociales (educación, clase social, renta…) se reflejan con más fuerza y marcan las trayectorias vitales de los jóvenes.

Conflictos transitorios, no permanentes

En los últimos años la estructura familiar está cambiando: aunque sigue predominando el hogar con ambos padres presentes, aumentan las familias monoparentales y reconstituidas. En todos los casos, la adolescencia suele traer una disminución inicial en la comunicación entre padres e hijos, aunque con el tiempo las familias suelen readaptarse.

Contrariamente al mito del adolescente siempre rebelde, los conflictos parentales alcanzan su máximo alrededor de los 13 a 15 años para luego moderarse. Este patrón temporal desmiente la imagen de una adolescencia permanentemente turbulenta.

En todo caso, el cambio en el rol parental es lo suficientemente grande como para reconocer los propios límites emocionales y buscar apoyo cuando sea necesario, desde la puesta en común de experiencias de manera informal con otros padres y madres hasta grupos de apoyo más estructurados, pasando por acudir a especialistas cuando nos sintamos desbordados.

Voces: cuando acompañar también transforma

Detrás de las estadísticas hay experiencias concretas. La literatura científica muestra que muchos padres y madres relatan sensaciones de desconcierto, distancia emocional, dudas sobre su rol y necesidad de “reaprender” a relacionarse con sus hijos adolescentes. Para ilustrar estos patrones, utilizo experiencias recogidas en este tipo de investigaciones.

Por ejemplo, María se siente desbordada. Su hijo de quince años ya no quiere hablar como antes; prefiere encerrarse en su habitación con el ordenador y los auriculares. Esa distancia física se transforma en una brecha emocional. María siente que está perdiendo el vínculo con su hijo y, con ello, parte de su identidad como madre. Siente una mezcla de amor, culpa e incertidumbre.




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Javier, padre divorciado, vive algo parecido, agravado por la soledad. Su hija de catorce años lo esquiva. Discuten a menudo, y detrás de cada pelea hay una necesidad mutua de ser escuchados. Javier vive, al mismo tiempo, la adolescencia de su hija y su propia crisis vital: atraviesa una crisis propia de la mediana edad, intensificada por el divorcio y la soledad cotidiana. Se siente desorientado, revisando quién es ahora y cómo reconstruir su vida mientras teme perder el vínculo con su hija. Esa mezcla de vulnerabilidad, culpa y necesidad de cercanía hace que cada discusión con ella sea, en realidad, un intento de ser visto y escuchado.

Lucía, madre de dos adolescentes, resume la paradoja de muchas familias: aunque no le falte el bienestar material, siente que camina sobre hielo. Cualquier comentario o sugerencia puede desencadenar un conflicto o gritos. Convive con cambios de humor y provocaciones constantes; descubre que acompañar la adolescencia de sus hijas la está transformando a ella. Está aprendiendo a dejarla sin desvincularse y poner límites sin romper el afecto.

Estas historias se articulan en torno a un eje común: la distancia emocional que los adolescentes establecen como parte de la construcción de su identidad. La culpa, la tristeza o el agotamiento de los padres no son señales de fracaso, sino manifestaciones del reajuste que exige esta nueva etapa. Redefinir el vínculo –dejarlos ser sin perderlos– se convierte en uno de los mayores desafíos de los padres.

Hacia una crianza acompañante

Convivir con un adolescente puede generar un “estrés positivo”: una tensión incómoda que, bien canalizada, puede fortalecer los lazos familiares. La clave no está en evitar los conflictos, sino en transformarlos en diálogo constructivo.

Este cambio de paradigma –de la evitación a la transformación– es fundamental en la crianza contemporánea. Acompañar la adolescencia es una forma de seguir creciendo junto a ellos. Y reconocer esto no es un fracaso parental: es un acto auténtico de la crianza.

The Conversation

Joan Tahull Fort no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La adolescencia no solo cambia a los hijos: también transforma a quienes los crían – https://theconversation.com/la-adolescencia-no-solo-cambia-a-los-hijos-tambien-transforma-a-quienes-los-crian-269299

La creatividad, clave para captar la atención ante la avalancha de estímulos digitales que recibimos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Caballé May, Profesor de creatividad, storytelling y comunicación política creativa, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Natalya Kosarevich/Shutterstock

Notificaciones continuas, titulares urgentes, vídeos cortos encadenados, series en streaming, anuncios personalizados, correos de trabajo fuera del horario…

Hoy, nuestro cerebro ya no es un espacio sereno y ordenado, sino un campo de batalla constante en el que cientos de actores compiten ferozmente por conquistar nuestra atención.

El economista y premio Nobel Herbert Simon ya advirtió en los años 70 de una paradoja que hoy es central: “Un exceso de información crea una pobreza de atención”.

Esta afirmación, ahora, resuena con más fuerza que nunca y se ha transformado en una idea compartida por psicólogos, neurocientíficos y comunicadores: la atención es el bien más escaso del siglo XXI.

Uno de los autores que ha explorado esta idea es Johann Hari, que en su libro El valor de la atención nos sitúa ante una verdad incómoda: “Vivimos en la era de la distracción sistemática”.

Una distracción industrializada

Cada día, nuestras mentes son arrastradas, fragmentadas y desgarradas por un entorno digital que no solo tolera la distracción, sino que la ha industrializado. Este entorno ha sido diseñado, literalmente, para robarnos la atención y venderla al mejor postor.

Los datos que aporta Hari son alarmantes: los adolescentes solo mantienen la concentración durante 65 segundos seguidos. Los adultos, en tareas digitales, apenas llegan a los tres minutos.

En ese lapso de tiempo, una idea compleja no puede nacer, y mucho menos crecer.

Para Hari, no hemos perdido la concentración por desinterés, sino porque un modelo económico y tecnológico vive de nuestra dispersión. Y a más dispersión, más facilidad para ser segmentados, predecibles y manipulables.

Las redes sociales nos prometen conexión, pero realmente nos desconectan de la realidad, la fragmentan y la vacían de contenido.

Esta pérdida de atención conlleva que la lectura profunda se desvanezca, la memoria se debilite y la capacidad de reflexión caiga en picado.

Todo esto es letal para la política, que necesita precisamente lo contrario: espacios para construir un relato, capacidad de matizar y un mínimo de atención compartida para mirar colectivamente hacia el futuro.

Los algoritmos no buscan el pensamiento profundo, sino la respuesta emocional más rápida posible y, en este contexto, la comunicación política se ve arrastrada por una lógica que no le pertenece.

Para la comunicación política entender este robo de la atención es fundamental, porque no podremos construir relato ni discurso si antes no se crea silencio.

La comunicación política creativa

Hoy, un discurso lleno solo con buenos argumentos no es suficiente para conectar con la ciudadanía y puede ser ignorado por un meme de gatitos.

En cambio, un discurso creativo bien diseñado puede romper la inercia del scroll, puede generar una pausa donde hay prisa, puede invitar a pensar donde todo empuja a reaccionar.

Se trata de construir relatos que creen contexto y curiosidad. No de escribir más mensajes, sino de hacer uno memorable. En este escenario, la creatividad puede ser nuestra mejor aliada.

La comunicación política creativa propone aplicar las técnicas de la redacción publicitaria, la narrativa, el guion y el humor en la creación de discursos institucionales o políticos para convertir los mensajes clave en relatos atractivos capaces de conectar con la ciudadanía y seducirla.

Si aplicamos el proceso creativo a la conceptualización y redacción de discursos obtendremos textos más cercanos, diferentes y memorables.

Cómo ganarnos la atención cuidadana

John Cleese, miembro fundador de la compañía de comedia Monty Phython, en su libro Creativity: A Short and Cheerful Guide afirma que “la creatividad es la capacidad de encontrar una mejor manera de hacer cualquier cosa”.

En un mundo de scroll infinito e interrupciones constantes, la creatividad no es solo un recuso estético o narrativo, sino una herramienta estratégica para ganarse la confianza y la atención de la ciudadanía.

Un discurso creativo sabe crear pausa, seducir, provoca emociones genuinas, utiliza metáforas poderosas que quedan en la memoria, ritmos que invitan a escuchar con calma, silencios cargados de sentido, estructuras narrativas que generan expectativa, giros que rompen patrones.

El discurso creativo permite convertir los datos fríos y crudos en relatos que conecten con valores compartidos por la ciudadanía basados en los beneficios concretos de estos.

Cuando un discurso es creativo, se produce lo que el psicólogo Mihaly Csikszentmihalyi llama “estado de flujo”: el público queda cautivado, se olvida del tiempo, conecta emocionalmente y quiere seguir escuchando.

Por tanto, en un mundo donde la fragmentación es la norma, la creatividad abre la puerta a la inmersión, la narrativa sostenida y la conexión profunda.

En otras palabras, abona el terreno donde arraigan las ideas que transforman y crea espacios donde la reflexión y la conexión emocional pueden florecer.

Recuperar la concentración a través de la creatividad es la oportunidad de transformar el ruido en conversación, la distracción en participación y la pasividad en acción colectiva.

The Conversation

Jordi Caballé May no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La creatividad, clave para captar la atención ante la avalancha de estímulos digitales que recibimos – https://theconversation.com/la-creatividad-clave-para-captar-la-atencion-ante-la-avalancha-de-estimulos-digitales-que-recibimos-267780