Célèbres et captifs : comment les réseaux sociaux profitent du mal-être des animaux sauvages

Source: The Conversation – in French – By Margot Michaud, Enseignante-chercheuse en biologie évolutive et anatomie , UniLaSalle

En Asie, on peut cajoler des loutres cendrées (_Aonyx cinereus_) dans des cafés qui leur sont consacrés. Mais qu’en est-il du bien-être de ces animaux sauvages qui se voient piégés dans des environnements inadaptés à leurs besoins fondamentaux ? Sara Hoummady/UniLaSalle, Fourni par l’auteur

Sur les réseaux sociaux, la popularité des animaux exotiques va de pair avec la banalisation de leur mauvais traitement. Ces plateformes monétisent la possession d’espèces sauvages tout en invisibilisant leur souffrance. Cette tendance nourrit une méprise courante selon laquelle l’apprivoisement serait comparable à la domestication. Il n’en est rien, comme le montre l’exemple des loutres de compagnie au Japon.


Singes nourris au biberon, perroquets dressés pour les selfies, félins obèses exhibés devant les caméras… Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ces mises en scène présentent des espèces sauvages comme des animaux de compagnie, notamment via des hashtags tels que #exoticpetsoftiktok.

Cette tendance virale, favorisée par le fonctionnement même de ces plateformes, normalise l’idée selon laquelle un animal non domestiqué pourrait vivre comme un chat ou un chien, à nos côtés. Dans certains pays, posséder un animal exotique est même devenu un symbole ostentatoire de statut social pour une élite fortunée qui les met en scène lors de séances photo « glamour ».

Or, derrière les images attrayantes qui recueillent des milliers de « likes » se dissimule une réalité bien moins séduisante. Ces stars des réseaux sociaux sont des espèces avec des besoins écologiques, sociaux et comportementaux impossibles à satisfaire dans un foyer humain. En banalisant leur possession, ces contenus, d’une part, entretiennent des croyances erronées et, d’autre part, stimulent aussi le trafic illégal. En cela, ils participent à la souffrance de ces animaux et fragilisent la conservation d’espèces sauvages.




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Ne pas confondre domestique et apprivoisé

Pour comprendre les enjeux liés à la possession d’un animal exotique, il faut d’abord définir les termes : qu’est-ce qu’un animal domestique et qu’est-ce qu’un animal exotique  ?

Le manul, ou chat de Pallas, est un petit félin sauvage endémique de la Mongolie, du Kazakhstan, de la Russie, du sud de l’Iran, du Pakistan et du Népal. Malgré son adorable bouille, c’est un animal territorial et solitaire qui peut être agressif.
Sander van der Wel, CC BY-SA

Force est de constater que le terme « animal exotique » est particulièrement ambigu. Même si en France l’arrêté du 11 août 2006 fixe une liste claire des espèces considérées comme domestiques, sa version britannique dresse une liste d’animaux exotiques pour lesquels une licence est requise, à l’exclusion de tous les autres.

Une licence est ainsi requise pour posséder, par exemple, un serval (Leptailurus serval), mais pas pour un hybride de serval et de chat de deuxième génération au moins, ou encore pour détenir un manul, aussi appelé chat de Pallas (Otocolobus manul).

Ce flou sémantique entretient la confusion entre apprivoisement et domestication :

  • le premier consiste à habituer un animal sauvage à la présence humaine (comme des daims nourris en parc) ;

  • la seconde correspond à un long processus de sélection prenant place sur des générations et qui entraîne des changements génétiques, comportementaux et morphologiques.

Chat Savannah (croisement entre un chat domestique et un serval) de première génération.
Flickr Gottawildside, CC BY-NC-ND

Ce processus s’accompagne de ce que les scientifiques appellent le « syndrome de domestication », un ensemble de traits communs (oreilles tombantes, queue recourbée, etc.) déjà décrits par Darwin dès 1869, même si ce concept est désormais remis en question par la communauté scientifique.

Pour le dire plus simplement : un loup élevé par des humains reste un loup apprivoisé et ne devient pas un chien. Ses besoins et ses capacités physiologiques, son comportement et ses aptitudes cognitives restent fondamentalement les mêmes que celles de ces congénères sauvages. Il en va de même pour toutes les autres espèces non domestiques qui envahissent nos écrans.




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Des animaux stars au destin captif : le cas des loutres d’Asie

Les félins et les primates ont longtemps été les animaux préférés des réseaux sociaux, mais une nouvelle tendance a récemment émergé en Asie : la loutre dite de compagnie.

Parmi les différentes espèces concernées, la loutre cendrée (Aonyx cinereus), particulièrement prisée pour son apparence juvénile, représente la quasi-totalité des annonces de vente en ligne dans cette région. Cela en fait la première victime du commerce clandestin de cette partie du monde, malgré son inscription à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées depuis 2019.

Les cafés à loutres, particulièrement en vogue au Japon, ont largement participé à normaliser cette tendance en les exposant sur les réseaux sociaux comme animaux de compagnie, un phénomène documenté dans un rapport complet de l’ONG World Animal Protection publié en 2019. De même, le cas de Splash, loutre employée par la police pour rechercher des corps en Floride (États-Unis), montre que l’exploitation de ces animaux s’étend désormais au-delà du divertissement.

En milieu naturel, ces animaux passent la majorité de leurs journées à nager et à explorer un territoire qui mesure plus d’une dizaine de kilomètres au sein d’un groupe familial regroupant jusqu’à 12 individus. Recréer ces conditions à domicile est bien entendu impossible. En outre, leur régime, principalement composé de poissons frais, de crustacés et d’amphibiens, est à la fois extrêmement contraignant et coûteux pour leurs propriétaires. Leur métabolisme élevé les oblige en plus à consommer jusqu’à un quart de leur poids corporel chaque jour.

Privés de prédation et souvent nourris avec des aliments pour chats, de nombreux animaux exhibés sur les réseaux développent malnutrition et surpoids. Leur mal-être s’exprime aussi par des vocalisations et des troubles graves du comportement, allant jusqu’à de l’agressivité ou de l’automutilation, et des gestes répétitifs dénués de fonction, appelés « stéréotypies ». Ces comportements sont la conséquence d’un environnement inadapté, sans stimulations cognitives et sociales, quand elles ne sont pas tout simplement privées de lumière naturelle et d’espace aquatique.

Une existence déconnectée des besoins des animaux

Cette proximité n’est pas non plus sans risques pour les êtres humains. Les loutres, tout comme les autres animaux exotiques, peuvent être porteurs de maladies transmissibles à l’humain : salmonellose, parasites ou virus figurent parmi les pathogénies les plus fréquemment signalées. De plus, les soins vétérinaires spécialisés nécessaires pour ces espèces sont rarement accessibles et de ce fait extrêmement coûteux. Rappelons notamment qu’aucun vaccin antirabique n’est homologué pour la majorité des espèces exotiques.

Dans le débat public, on oppose souvent les risques pour l’humain au droit de posséder ces animaux. Mais on oublie l’essentiel : qu’est-ce qui est réellement bon pour l’animal  ? La légitimité des zoos reste débattue malgré leur rôle de conservation et de recherche, mais alors comment justifier des lieux comme les cafés à loutres, où l’on paie pour caresser une espèce sauvage  ?

Depuis 2018, le bien-être animal est défini par l’Union européenne et l’Anses comme :

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. ».

Dès lors, comment parler de bien-être pour un animal en surpoids, filmé dans des situations anxiogènes pour le plaisir de quelques clients ou pour quelques milliers de likes ?

Braconnés pour être exposés en ligne

Bien que la détention d’animaux exotiques soit soumise à une réglementation stricte en France, la fascination suscitée par ces espèces sur les réseaux ne connaît aucune limite géographique. Malgré les messages d’alerte mis en place par TikTok et Instagram sur certains hashtags, l’engagement du public, y compris en Europe, alimente encore la demande mondiale et favorise les captures illégales.

Une étude de 2025 révèle ainsi que la majorité des loutres captives au Japon proviennent de deux zones de braconnage en Thaïlande, mettant au jour un trafic important malgré la législation. En Thaïlande et au Vietnam, de jeunes loutres sont encore capturées et séparées de leurs mères souvent tuées lors du braconnage, en violation des conventions internationales.

Les réseaux sociaux facilitent la mise en relation entre vendeurs et acheteurs mal informés, conduisant fréquemment à l’abandon d’animaux ingérables, voire des évasions involontaires.

Photographie du serval qui a erré dans le département du Rhône pendant plus de six mois en 2025.
© Tonga Terre d’Accueil

Ce phénomène peut également avoir de graves impacts écologiques, comme la perturbation des écosystèmes locaux, la transmission de maladies infectieuses aux populations sauvages et la compétition avec les espèces autochtones pour les ressources.

Récemment en France, le cas d’un serval ayant erré plusieurs mois dans la région lyonnaise illustre cette réalité : l’animal, dont la détention est interdite, aurait probablement été relâché par un particulier.

Quand l’attention profite à la cause

Mais cette visibilité n’a pas que des effets délétères. Les réseaux sociaux offrent ainsi un nouveau levier pour analyser les tendances d’un marché illégal. D’autres initiatives produites par des centres de soins et de réhabilitation ont une vocation pédagogique : elles sensibilisent le public et permettent de financer des actions de protection et de lutte contre le trafic.

Il ne s’agit donc pas de rejeter en bloc la médiatisation autour de la question de ces animaux, mais d’apprendre à en décoder les intentions et les impacts. En définitive, le meilleur moyen d’aider ces espèces reste de soutenir les associations, les chercheurs et les programmes de réintroduction. Et gardons à l’esprit qu’un simple like peut avoir des conséquences, positives ou négatives, selon le contenu que l’on choisit d’encourager.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Célèbres et captifs : comment les réseaux sociaux profitent du mal-être des animaux sauvages – https://theconversation.com/celebres-et-captifs-comment-les-reseaux-sociaux-profitent-du-mal-etre-des-animaux-sauvages-268683

Mascottes sportives : les clubs peuvent-ils devenir les nouveaux champions de la biodiversité ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Ugo Arbieu, Chercheur postdoctoral, Université Paris-Saclay

Du lion de l’Olympique lyonnais aux ours, tigres et autres aiglons qui ornent les logos des clubs sportifs de toutes disciplines du monde entier, les animaux sauvages sont au cœur de l’imaginaire sportif. Pourtant, dans la nature, beaucoup de ces espèces déclinent. Et si cet engouement se transformait en levier pour mieux défendre la biodiversité ? La littérature scientifique récente propose plusieurs pistes pour faire des clubs de véritables champions de la biodiversité.


Quand on se promène aux abords du Groupama Stadium à Lyon (Rhône), on ne peut les ignorer. Quatre lions majestueux aux couleurs de l’Olympique lyonnais trônent devant le stade, symboles du rayonnement d’un club qui dominait le championnat de France de football au début des années 2000.

Le lion est présent partout dans l’image de marque du club : sur le logo, sur les réseaux, et même sur les pectoraux de quelques supporters qui vivent et respirent pour leur équipe. Ce sont ceux qui se lèvent comme un seul homme quand Lyou, la mascotte, parcourt les travées du stade à chaque but marqué par l’équipe. Pourtant, s’il rugit dans le stade lyonnais, dans la savane, le lion s’éteint.

Lors de la neuvième journée de Ligue 1 (dont les matchs se sont déroulés du 24 au 26 octobre 2025), il y avait deux fois plus de monde dans le stade pour le match Lyon-Strasbourg (soit un peu plus de 49 000 spectateurs) que de lions à l’état sauvage sur la planète (environ 25 000). Les populations de lions en Afrique et en Inde ont chuté de 25 % entre 2006 et 2018, comme bien d’autres espèces sur la planète, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Un des lions qui trônent devant le Groupama Stadium à Lyon (Rhône).
Zakarie Faibis, CC BY-SA

C’est un curieux paradoxe : alors que le secteur du sport est en plein essor, capitalisant souvent sur la symbolique animale pour développer marques et logos et pour fédérer les foules autour de valeurs partagées, ces mêmes espèces animales font face à de nombreuses menaces dans la nature, sans que les fans ou les clubs ne le sachent vraiment.

Ce paradoxe entre l’omniprésence des représentations animales dans le sport et la crise globale de la biodiversité a été le point de départ d’une étude publiée dans la revue BioScience. Celle-ci a quantifié la diversité des espèces représentées dans les plus grands clubs de sport collectif dans chaque région du monde, d’une part, et évalué leur statut de conservation, d’autre part. De quoi dégager au passage des tendances entre régions du globe et sports collectifs (féminins et masculins).

L’enjeu ? Explorer les passerelles possibles entre sport professionnel et protection de la biodiversité. En effet, le sport réunit des millions de passionnés, tandis que l’identité des clubs s’appuie sur des espèces à la fois charismatiques et le plus souvent menacées. À la clé, une opportunité unique de promouvoir la conservation de la biodiversité dans un cadre positif, fédérateur et valorisant.

Le secteur du sport a récemment pris conscience des enjeux climatiques, de par ce qu’ils représentent comme risque pour la pratique sportive, mais aussi par l’impact que les événements sportifs ont sur le climat, mais la biodiversité n’a pas encore reçu la même attention.

La diversité des espèces représentées dans le sport collectif

Ces travaux ont porté sur une sélection de 43 pays sur les cinq grands continents. Ils mettent en lumière de nombreux enseignements, au premier rang desquels l’importance et la grande quantité d’animaux sauvages dans les emblèmes sportifs. Ainsi, 25 % des organisations sportives professionnelles utilisent un animal sauvage soit dans leur nom ou surnom, soit dans leur logo.

Les ours (ici, un ours polaire pour l’équipe de hockey d’Orlando, aux États-Unis) sont parmi les animaux les plus utilisés en guise de mascotte par les sports collectifs répertoriés dans le cadre de l’étude.
Vector Portal/Creative Commons, CC BY

Cela représente plus de 700 équipes masculines et féminines, dans chacun des dix sports collectifs pris en compte dans l’étude : football, basketball, football américain, baseball, rugby à XV et à XIII, volleyball, handball, cricket et hockey sur glace. Sans surprise, les espèces les plus représentées sont, dans cet ordre, les lions (Panthera leo), les tigres (Panthera tigris), les loups (Canis lupus), les léopards (Panthera pardus) et les ours bruns (Ursus arctos).

Si les grands mammifères prennent la part du lion sur ce podium, il existe en réalité une formidable diversité taxonomique représentée, avec plus de 160 types d’animaux différents. Ainsi, les calamars, les crabes, les grenouilles ou les frelons côtoient les crocodiles, les cobras et les pélicans, dans un bestiaire sportif riche et révélateur de contextes socio-écologiques très spécifiques. Nous les avons recensés dans une carte interactive accessible en ligne.

On associe plus facilement cette imagerie animale aux grandes franchises états-uniennes de football (NFL), de basket-ball (NBA) ou de hockey sur glace (NHL), avec des clubs comme les Miami Dolphins (NFL), les Memphis Grizzlies (NBA) ou les Pittsburgh Penguins (NHL).

Les symboles animaliers sont très variés dans les équipes masculines et féminines de volley-ball de dix pays européens : mammifères, oiseaux, insectes et reptiles sont présents sur les étendards de plus de 30 équipes.
Fourni par l’auteur

Or, la France aussi possède une faune diverse, avec plus de 20 espèces représentées dans plus de 45 clubs professionnels : les aiglons de l’OGC Nice (football), le loup du LOU Rugby (rugby), ou les lionnes du Paris 92 (handball) en sont de beaux exemples. C’est également le cas pour le volley-ball, comme le montre l’illustration ci-dessus.




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Des symboles culturels, esthétiques ou encore identitaires

Les emblèmes des clubs font souvent écho à l’héritage culturel de leur région. L’hermine, emblème des ducs de Bretagne, est ainsi utilisée depuis le XIVe siècle pour véhiculer l’identité culturelle bretonne. On la retrouve dans plusieurs clubs sportifs de la région, dont le Stade rennais FC, le Rugby club Vannes ou le Nantes Basket Hermine.

Logo de l’équipe de rugby Lyon olympique universitaire.
LOU Rugby

Les symboles animaliers permettent aussi de communiquer sur les valeurs et spécificités du club, telles que la cohésion et la solidarité, à l’instar du groupe de supporters du LOU Rugby, qui se surnomme « la meute ».

Ces surnoms permettent également de créer un narratif autour de l’esthétique des couleurs de l’équipe, comme le font les « zèbres », surnom donné à l’équipe de la Juventus FC de Turin (Italie) qui joue traditionnellement en blanc rayé de noir.

Enfin, les emblèmes faisant directement référence à l’environnement local sont fréquents, tels les Parramatta Eels (qui doit son nom à celui du quartier de Sydney où joue l’équipe et qui signifie « lieu où vivent les anguilles », en dharug, langue aborigène), ou les « Brûleurs de loups » de Grenoble (du nom d’une pratique en Dauphiné qui consistait à faire de grands feux pour éloigner les prédateurs et gagner des terres agricoles sur les forêts).




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Des clubs au service de la vie sauvage ?

Le secteur du sport a récemment pris conscience des enjeux climatiques, tant ceux liés à la pratique sportive qu’aux événéments sportifs. La biodiversité n’a pas encore reçu la même attention. Or, notre étude montre que 27 % des espèces animales utilisées dans ces identités sportives font face à des risques d’extinction à plus ou moins court terme. Cela concerne 59 % des équipes professionnelles, soit une vaste majorité.

Six espèces, en particulier, sont en danger critique d’extinction selon l’UICN : le rhinocéros noir (Diceros bicornis), la baleine bleue (Balænoptera musculus), l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana), l’éléphant d’Asie (Elephas maximus), le tigre et le carouge (Agelaius xanthomus) de Porto Rico. Lions et léopards, deux des espèces les plus souvent représentées par les clubs sportifs, ont un statut d’espèces vulnérables.

Au total, 64 % des équipes ont un emblème animal dont la population est en déclin dans la nature. Et 18 équipes ont même pour emblème une espèce… dont on ne connaît tout simplement pas la dynamique d’évolution des populations. Si vous pensiez que cela concerne des espèces inconnues, détrompez-vous : l’ours polaire (Ursus maritimus), l’orque (Orcinus orca) ou encore le chat forestier (Felis silvestris) font partie de ces espèces populaires, mais très mal connues au plan démographique.

Dans ces conditions, le sport peut-il aider à promouvoir la conservation de la biodiversité dans un cadre fédérateur et valorisant ? De fait, les clubs et les athlètes emblématiques, dont les identités s’appuient sur des espèces souvent charismatiques mais menacées, rassemblent des millions de passionnés.

Modèle tripartite qui montre comment peuvent s’aligner les intérêts des biologistes de la conservation, des organisations sportives et des communautés de supporters. L’idée est de créer des synergies positives permettant des changements transformateurs en faveur de la biodiversité grâce au sport.
Fourni par l’auteur

Une autre étude publiée récemment présente un modèle qui alignerait les intérêts des clubs, de leurs partenaires commerciaux, de leurs communautés de supporters et des protecteurs de la biodiversité autour de la figure centrale des emblèmes sportifs animaliers.




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Jouer collectif pour protéger la biodiversité

Le projet The Wild League, dans lequel s’inscrit la nouvelle publication scientifique, vise à mettre ce modèle en application avec l’appui des clubs (professionnels ou non) et de leurs communautés, afin d’impliquer le plus grand nombre d’acteurs (équipes, partenaires, supporters) pour soutenir la recherche en écologie et la préservation de la biodiversité.

Ces engagements sont gagnant-gagnant : pour les clubs, c’est l’occasion de toucher de nouveaux publics et de mobiliser les supporters autour de valeurs fortes. Les sponsors, eux, peuvent associer leurs marques à une cause universelle. En passant à l’échelle, une ligue professionnelle, si elle se mobilisait à travers toutes ses équipes, pourrait ainsi jouer un rôle clé pour sensibiliser à la biodiversité.

Les emblèmes de la ligue de hockey allemande DEL font quasiment tous référence à des animaux.
Deutsche Eishockey Liga/X.com

Par exemple, la première division de hockey sur glace allemand (Deutsche Eishockey Liga) comprend 15 équipes, dont 13 présentent des emblèmes très charismatiques. Chaque semaine, les panthères affrontent les ours polaires, les pingouins ferraillent contre les tigres et les requins défient les grizzlis. Autant d’occasions pour mieux faire connaître la richesse du vivant sur la Terre.

La diversité des emblèmes animaliers des clubs sportifs permettrait d’attirer l’attention sur la diversité d’espèces pour un animal donné. Par exemple, certains termes comme les « crabes », les « chauve-souris » ou les « abeilles » cachent en réalité une diversité taxonomique immense. Il existe plus de 1 400 espèces de crabes d’eau douce, autant d’espèces de chauve-souris (et qui représentent une espèce sur cinq parmi les mammifères) et plus de 20 000 espèces d’abeilles dans le monde.

Ces mascottes peuvent également mettre en lumière des espèces locales.
L’équipe de basket-ball des Auckland Tuatara, par exemple, est la seule équipe à présenter comme emblème le tuatara (Sphenodon punctatus), ce reptile endémique à la Nouvelle-Zélande (qui n’existe que dans ce pays). Ces associations uniques entre une équipe et une espèce sont une occasion rêvée de développer un sens de responsabilité de l’un envers l’autre.

Le sport est avant tout une industrie du divertissement qui propose des expériences émotionnelles fondées sur des valeurs fortes. Les emblèmes animaliers des clubs doivent permettre de mettre ces émotions au service de la nature et d’engager les communautés sportives pour leur protection et pour la préservation de la biodiversité au sens large. C’est à cette condition qu’on évitera que le rugissement du lion, comme cri de ralliement sportif, ne devienne qu’un lointain souvenir et qu’on redonnera un vrai sens symbolique à ces statues si fièrement érigées devant nos stades.




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The Conversation

Ugo Arbieu est fondateur de The Wild League, un projet international visant à promouvoir l’intégration des enjeux de la protection de la biodiversité dans les organisations sportives professionnelles

Franck Courchamp ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Mascottes sportives : les clubs peuvent-ils devenir les nouveaux champions de la biodiversité ? – https://theconversation.com/mascottes-sportives-les-clubs-peuvent-ils-devenir-les-nouveaux-champions-de-la-biodiversite-268906

Why global environmental negotiations keep failing – and what we can do about it

Source: The Conversation – UK – By Catalina Turcu, Professor of Sustainable Built Environment, UCL

President Andre Correa do Lago during closing plenary meeting of the 30th UN climate summit (Cop30). Photo by Ueslei Marcelino/Cop30, CC BY-NC-ND

In the past year alone, four major environmental negotiations have collapsed.

Global talks on a treaty to cut plastic pollution fell apart. Governments did not agree on the timeline and scope for the seventh assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). Talks on the International Maritime Organization’s net-zero framework failed to reach consensus. And the summary for policymakers for the UN Environment Programme’s flagship report on the state of the environment was not approved.

These failures signal a deeper breakdown in how the world tackles environmental crises such as climate change, biodiversity loss, pollution and waste and land degradation.

There are cracks in the system. International negotiations are built on principles of representation and consensus, meant to ensure fairness and inclusivity. In theory, every country has a voice, and decisions reflect collective agreement. In practice, however, these principles often paralyse or delay progress.

Consensus can allow a few countries to block collective action, even when most members are in favour, while calls for representation are sometimes used to delay decisions in the name of democracy – ironically, sometimes by states where democratic principles are in question.

Take the global plastics treaty negotiations. Talks have hit a deadlock between countries seeking limits on plastic production and oil-producing countries pushing to focus only on waste and recycling. Similarly, the IPCC process is grappling with unprecedented disputes over timelines and plans for removing carbon from oceans and rivers.

Then there’s the politicisation of science. Every paragraph of a policy summary – distilling key scientific findings for governments – is negotiated line by line. This process often dilutes or deletes science to fit national agendas, with the recent UN climate summit (Cop30) declaration removing any mention of fossil fuels. The result: assessments that take years to produce and summaries mired in political wrangling, eroding trust in science, and delaying the urgent action they are meant to drive.




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Who really decides? Formally, it is the member states – that’s nations and entities like the EU. On paper, every country has an equal voice. In reality, power dynamics tell a different story.

Some nations dominate the floor with large, well-prepared teams, armed with technical experts and seasoned negotiators. They arrive with detailed positions, ready to shape the agenda. Others, often from smaller or less-well-resourced states, struggle to be heard. Their delegations are thin, sometimes just one or two people juggling multiple sessions.

Gender gaps persist, too. Despite decades of commitments to equality, men still speak far more often than women in many negotiations – up to four times more in some sessions of the recently collapsed Global Environment Outlook, the UN’s flagship report on the state of the global environment that connects climate change, nature loss and pollution to unsustainable consumption.

Negotiations to agree on possible ways to tackle the issues fell apart when some governments failed to agree with scientific conclusions outlined in the report. This is not just about optics, and it affects whose perspectives shape global environmental policy. When voices are missing, so are ideas and priorities.

Scientists, meanwhile, sit at the back of the room. Their role is largely reactive – allowed to clarify technical points only when specifically asked by member states. Their expertise, which should anchor decisions in evidence, is often sidelined by political bargaining. The result? Policies that sometimes drift away from what science says is necessary to protect ecosystems and communities.

The new fault lines

Rising nationalism and geopolitical tensions make cooperation harder. Environmental action is increasingly framed as a sovereignty issue, with domestic interests trumping global solutions. Climate pledges are weighed against economic competitiveness, biodiversity targets through trade-offs and resource control. Trust erodes, negotiations drag on, and the planet pays the price.

This reality shows in the slow progress of major agreements. Multilateralism, once the only path forward, now splinters into shifting blocs. Some countries stall decisions to protect short-term gains; others walk away entirely, creating a void – and an opportunity for others to step in.

Improving this means rethinking the system from the ground up. That involves challenging the consensus stranglehold. The requirement for consensus often paralyses negotiations. Allowing coalitions of ambitious countries to move ahead when consensus fails could break deadlocks and create momentum. So-called “coalitions of the willing” (such as the fossil fuel phase-out coalition announced at Cop30) can set higher standards and inspire others to follow.

Giving science a stronger voice, while allowing political input, ensures that decisions remain grounded in facts without ignoring legitimate national concerns.
Current models treat scientific input as secondary to political negotiation. Hybrid approval systems can protect evidence without ignoring legitimate national concerns.

Modernising the process can speed up negotiations. Moving away from paper-heavy, language-dependent systems towards digital tools and AI-assisted drafting could accelerate text negotiations, reduce translation or language delays and make participation easier for smaller delegations.

Beyond funding and technical aid, small delegations can be empowered through real-time intelligence, dedicated staff, mentorship and early access to information. Gender and regional balance can be ensured through measures like speaking-time quotas and consistent, process-long leadership roles.

The collapse of these talks is a warning. Our governance systems were built for another era, yet environmental crises today are more complex and more interconnected than ever. The machinery meant to solve them is buckling under outdated rules and rising pressure.

Without bold reform, multilateral environmentalism risks irrelevance. Failure to reach global agreements will invite fragmented, unilateral fixes – patchwork solutions far too weak to prevent ecological breakdown. The question is not whether reform is needed, but whether we act before it’s too late.

The stakes are high. Every delay means more emissions, more extinctions and more communities exposed to environmental impacts. The world cannot afford negotiations that stall while ecosystems collapse. We need systems that are agile, inclusive, evidence-based and fit for the 21st century.


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The Conversation

The author served as Coordinating Lead Author for the GEO 7 assessment and participated in the SPM approval meeting in Nairobi (27–31 October 2025). She also acted as a scientific observer at COP28 in the UAE and at the 60th session of the Subsidiary Body for Scientific and Technological Advice (SBSTA), following negotiations in the Research and Systematic Observation (RSO) Working Group in preparation for COP29 in Azerbaijan.

ref. Why global environmental negotiations keep failing – and what we can do about it – https://theconversation.com/why-global-environmental-negotiations-keep-failing-and-what-we-can-do-about-it-269749

El cambio climático y la actividad humana están transformando las montañas en todo el mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Elustondo Valencia, Catedrático en Tecnologías del Medioambiente y director científico del Instituto de Biodiversidad y Medio Ambiente, Universidad de Navarra

Lago Enol, en Picos de Europa, en Asturias (España). Chris WM Willemsen/Shutterstock

Las montañas cubren cerca de una cuarta parte de la superficie terrestre. Además de su valor ecológico, sostienen directa o indirectamente a más de la mitad de la población mundial proporcionando servicios fundamentales: abastecen de agua dulce a grandes ciudades y regiones agrícolas, regulan el clima local y regional, almacenan carbono en bosques y turberas, conservan una biodiversidad única y ofrecen recursos esenciales para la cultura, el ocio y el bienestar.

Sin embargo, en las últimas décadas, estos ecosistemas se han convertido en uno de los escenarios donde el cambio climático se manifiesta con mayor intensidad y rapidez. Lejos de ser territorios remotos o inmutables, están experimentando una transformación profunda con consecuencias ecológicas, económicas y sociales de gran alcance.

Territorios vulnerables al cambio climático

Estos territorios son especialmente sensibles al calentamiento global, que en las zonas de montaña supera ampliamente la media global.

Este aumento de temperatura está provocando la pérdida acelerada de nieve y el retroceso de glaciares, con efectos directos sobre la regulación hidrológica.

Muchos de los ríos más importantes del mundo dependen del equilibrio nival y glaciar para mantener sus caudales. La reducción del manto de nieve y el deshielo prematuro están alterando los flujos estacionales de agua, generando una mayor circulación de agua en invierno y menor en verano, cuando aumenta la demanda agrícola y urbana. Por tanto, este desequilibrio no solo afecta a la biodiversidad, sino también al abastecimiento humano, la producción hidroeléctrica y la seguridad alimentaria.




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El calentamiento global ejerce además una fuerte presión sobre la biodiversidad de alta montaña, una de las más singulares y frágiles del planeta. Muchas especies se desplazan hacia cotas superiores en busca de temperaturas más frías, pero en los sistemas montañosos ese margen altitudinal es limitado.

En consecuencia, especies adaptadas a ambientes fríos, desde plantas alpinas hasta aves, insectos y anfibios, se encuentran cada vez más acorraladas y, en algunos casos, al borde de la extinción local.

A ello se suman desajustes en los ciclos fisiológicos –los ritmos de funciones biológicas– que generan una creciente asincronía entre especies que dependen unas de otras. Estos cambios repercuten en procesos ecológicos esenciales como la polinización, el control de plagas o el ciclado de nutrientes.

Rana de tonos marrones sobre una superficie rocosa húmeda y con musgo
La rana pineraica (Rana pyrenaica) es una especie endémica de algunas regiones montañosas españolas amenazada por el cambio climático y las actividades humanas, entre otros factores.
Benny Trapp/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Impacto de las actividades humanas

A estas presiones se suma una creciente influencia humana. El aumento del turismo, la urbanización de valles, la construcción de infraestructuras y la demanda creciente de agua y energía están transformando aceleradamente los ecosistemas de montaña. Este incremento de usos favorece el desplazamiento de especies nativas y altera el equilibrio ecológico, especialmente en zonas de alta sensibilidad ambiental.

Existe, además, un factor menos visible pero igualmente determinante: el depósito atmosférico de contaminantes, especialmente nitrógeno y fósforo. Aunque a menudo se perciben como espacios aislados, las montañas reciben cantidades crecientes de nutrientes procedentes de actividades humanas situadas a grandes distancias.

En muchos sistemas oligotróficos (es decir, adaptados a niveles muy bajos de nutrientes) como turberas, praderas alpinas, suelos de alta montaña y lagos glaciares, estos aportes superan la cantidad que pueden soportar, alterando la química del agua, favoreciendo proliferaciones algales y desplazando especies nativas adaptadas a ambientes pobres en nutrientes. Como consecuencia, disminuye la capacidad de estos ecosistemas para depurar agua, almacenar carbono o mantener su biodiversidad característica.




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Centinelas del cambio global

El impacto del cambio global en las zonas de montaña es, por tanto, claramente multifactorial. El efecto combinado del cambio climático, la disminución de la ganadería extensiva, la contaminación atmosférica y el aumento de la presión constructiva está incrementando la frecuencia e intensidad de eventos extremos e incendios forestales y transformando elementos icónicos del paisaje. Los glaciares desaparecen, las turberas se degradan, los bosques ascienden en altitud o cambian de composición y los lagos de alta cota experimentan alteraciones químicas y biológicas sin precedentes.

Este conjunto de cambios afecta de forma directa a actividades clave para las comunidades locales, como la ganadería extensiva, el turismo, la producción de alimentos y el abastecimiento de agua. La intensificación de la presión humana amplifica estos efectos y acelera la degradación de unos ecosistemas frágiles por naturaleza. De mantenerse esta tendencia, las regiones de montaña se enfrentarán a retos profundos para lograr mantener sus pilares económicos y el modo de vida de sus comunidades.

Por su sensibilidad y su papel estratégico en el funcionamiento del planeta, las montañas se han convertido en centinelas del cambio global. Lo que ocurre en ellas anticipa escenarios climáticos y ecológicos que afectarán a otras regiones en las próximas décadas.




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Proteger estos ecosistemas y reforzar su resiliencia es esencial para garantizar los servicios ecosistémicos que sostienen a millones de personas y para preservar un patrimonio natural de valor incalculable. En este contexto, en los próximos años será imprescindible consolidar y ampliar estrategias transfronterizas de mitigación y adaptación en regiones de montaña, siguiendo el ejemplo de iniciativas pioneras en Europa como la Estrategia Pirenaica del Cambio Climático (EPiCC) y el proyecto LIFE Pyrenees4Clima, que impulsa su implementación.

The Conversation

David Elustondo Valencia no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El cambio climático y la actividad humana están transformando las montañas en todo el mundo – https://theconversation.com/el-cambio-climatico-y-la-actividad-humana-estan-transformando-las-montanas-en-todo-el-mundo-271773

Djibouti : la démocratie vacille alors que le président cherche un nouveau mandat

Source: The Conversation – in French – By Federico Donelli, Associate Professor of International Relations, University of Trieste

Le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, a fait adopter des modifications constitutionnelles supprimant la limite d’âge pour se présenter à la présidentielle de 2025. Ces modifications lui permettent de rester au pouvoir au-delà de 2026. Il est déjà au pouvoir depuis 26 ans et est assuré de remporter les élections d’ avril 2026. Guelleh dirige un pays situé dans la Corne de l’Afrique, à la jonction de la mer Rouge et de l’océan Indien, l’un des endroits les plus stratégiques au monde. Federico Donelli, qui a étudié le paysage politique djiboutien, décrypte les dynamiques qui ont permis à Guelleh de rester au pouvoir.

Qui est Ismaïl Omar Guelleh et quel est son style de gouvernance ?

Ismaïl Omar Guelleh, plus connu sous le nom d’IOG, est président de Djibouti depuis 1999. Il a succédé au premier président du pays, Hassan Gouled Aptidon, dont il a été le chef de cabinet pendant plus de deux décennies.

Aujourd’hui âgé de 77 ans, Guelleh est l’un des dirigeants les plus anciens d’Afrique de l’Est.

Il appartient à l’ethnie majoritaire Issa-Somalie, qui monopolise le pouvoir depuis que le pays a obtenu son indépendance de la France en 1977. La population de Djibouti est composée de deux groupes principaux : les Issa-Somalis et les Afars. Cette démographie reflète celle de la région de l’Afar voisine, en Éthiopie et encore davantage celle du Somaliland, un État de fait, en raison des liens claniques et familiaux étroits.

Par conséquent, la dynamique politique à Djibouti est souvent étroitement liée aux développements dans ces États voisins. Cela est particulièrement vrai en matière de sécurité, de mobilité transfrontalière et de réseaux claniques.

En théorie, Djibouti est une république avec un régime présidentiel et un système multipartite. Dans la pratique, cependant, le pouvoir politique reste très centralisé, laissant peu de place à une véritable concurrence politique.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), domine le parlement, avec 45 sièges sur 65. La grande coalition présidentielle, l’Union pour la majorité présidentielle (UPM), contrôle 58 sièges au total, consolidant ainsi l’influence de l’exécutif sur le pouvoir législatif.

Les coalitions d’opposition telles que l’Union pour le changement démocratique (UAD) et l’Union pour les mouvements démocratiques (UMD) sont confrontées à des contraintes importantes. Elles ont parfois boycotté les élections. Cinq élections présidentielles et cinq élections législatives ont eu lieu depuis 1999.

Les organisations internationales dénoncent régulièrement les restrictions imposées aux médias et aux voix dissidentes. La plupart des média sont contrôlés par l’État. La majorité des médias sont contrôlés par l’État.




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Guelleh doit également sa longévité à un réseau très soudé de fonctionnaires, de membres de sa famille et d’alliés politiques qui occupent des postes clés au sein du gouvernement et des entreprises. La coalition qui le soutient n’affiche pas tout le temps l’unité. Des rivalités subtiles ont parfois émergé entre les personnalités politiques et les membres de son cercle restreint. Mais ces dynamiques ne constituent pas une menace politique.

Qu’est-ce qui explique sa longévité ?

Le mandat de Guelleh peut être attribué à la fois à des changements institutionnels, des facteurs géopolitiques et des dynamiques au sein de l’élite.




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Un premier élément d’appréciation est la réforme institutionnelle. Au fil des ans, le parlement djiboutien a affaibli les principales garanties démocratiques de la Constitution de 1992.

Tout d’abord, la limitation du nombre de mandats présidentiels a été supprimée en 2010. Ces changements ont permis à Guelleh de briguer un nouveau mandat et ont ramené la durée du mandat présidentiel de six à cinq ans.

En novembre 2025, le parlement a de nouveau suivi le même schéma en supprimant la limite d’âge pour être candidat à la présidentielle. Cela a levé la dernière barrière qui aurait pu empêcher Guelleh d’être candidat en avril 2026.

Un deuxième facteur est l’importance stratégique de Djibouti. Situé à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime vitale reliant la mer Rouge et l’océan Indien, le pays abrite plusieurs bases militaires étrangères. Il accueille les bases américaines, de la France, de la Chine, du Japon et de l’Italie. Pour de nombreux partenaires internationaux, la stabilité du gouvernement djiboutien est considérée comme un gage de prévisibilité dans une région instable.

Par conséquent, les pressions extérieures en faveur d’une réforme politique ont été limitées. Cela a renforcé la stabilité du pouvoir actuel.

Troisièmement, la cohésion de l’élite au pouvoir a joué un rôle central dans la politique intérieure. Un réseau de personnalités influentes, comprenant des membres de la famille du président, des conseillers de longue date et des personnalités économiques, s’est formé autour du leadership de Guelleh. Ce groupe contrôle les institutions clés de l’État et les secteurs économiques, ce qui incite fortement à maintenir la continuité du leadership.

L’économie de Djibouti repose principalement sur les services portuaires et logistiques, en particulier son port international qui dessert le commerce régional, ainsi que sur les revenus générés par l’hébergement de plusieurs bases militaires étrangères.

Dans le même temps, l’absence d’un successeur ouvertement désigné a déclenché une concurrence discrète au sein de ce cercle. La perspective d’une ère post-Guelleh a, ces dernières années, encouragé diverses personnes à chercher à accroître leur influence. Cela va des membres de la famille aux conseillers principaux et aux personnalités politiques.

Les rivalités émergentes ne remettent pas ouvertement en cause l’autorité du président. Néanmoins, elles illustrent la dynamique interne complexe qui sous-tend l’ordre politique actuel.

Quelles sont ses réalisations et ses promesses ?

Au cours de ses plus de deux décennies au pouvoir, Guelleh a présidé à une période de relative stabilité à Djibouti. Alors que la Somalie et l’Éthiopie voisines ont connu une insécurité et des conflits internes persistants, Djibouti est resté relativement épargné.

Le gouvernement présente souvent cette stabilité comme l’une des caractéristiques déterminantes de son mandat.

Djibouti s’est imposé comme un hub stratégique. La présence de plusieurs bases militaires étrangères, ainsi que des installations portuaires et logistiques, a généré d’importantes recettes pour l’État.

Depuis 2016, les investissements et la gestion chinois ont joué unrôle croissant dans le développement des principales infrastructures portuaires du pays, intégrant davantage Djibouti dans les réseaux commerciaux mondiaux. Ces facteurs ont renforcé la visibilité du pays dans les accords internationaux en matière de commerce et de sécurité.

En outre, Djibouti joue un rôle important dans la diplomatie régionale. C’est un membre de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Il s’agit de l’organisation régionale chargée de traiter les conflits liés aux ressources, à la concurrence politique et à l’identité. Djibouti a récemment participé, entre autres, aux tentatives de médiation dans le conflit soudanais.

Le gouvernement a également mis en avant certaines réformes institutionnelles comme des signes de progrès. On peut citer à titre d’exemple l’abolition de la peine de mort en 2010.

Cependant, les défis structurels restent importants. Djibouti a une population très jeune. Des problèmes tels que le chômage, le coût élevé de la vie et la participation politique limitée persistent.

Que nous apprend le vote sur la limite d’âge sur la politique djiboutienne ?

La décision a été adoptée sans débat public et sans voix dissidente parmi les 65 législateurs présents. Cela reflète à quel point l’Assemblée nationale s’aligne sur l’exécutif.

Le vote met également en évidence le rôle central du consensus des élites dans le système politique djiboutien. Les personnalités clés de la coalition au pouvoir, notamment les représentants des élites Issa et Afar cooptées, ont soutenu la réforme. Pour ces groupes, le maintien de la continuité du pouvoir est souvent considéré comme un moyen de préserver l’accès aux ressources économiques et politiques. Cela est préférable aux incertitudes liées à un changement de direction.

Le fait de contourner un référendum populaire sur cette disposition limite la possibilité de connaître les niveaux réels de soutien ou d’opposition. Cela a pour effet d’exclure en particulier les jeunes citoyens qui n’ont connu qu’un seul président.

Dans l’ensemble, le vote montre que les dispositions constitutionnelles peuvent être modifiées lorsqu’elles entravent la continuité du pouvoir. Cela renforce un modèle dans lequel les règles formelles s’adaptent aux besoins politiques plutôt que de les contraindre. Cela souligne également l’importance de la cohésion des élites dans le maintien de l’ordre politique actuel.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, le discours dominant du gouvernement reste celui de la continuité, soutenu par ceux qui considèrent la stabilité comme essentielle à la protection des intérêts nationaux et régionaux.

Cependant les difficultés économiques et l’incertitude autour de la succession continuent de peser sur l’opinion publique, en particulier parmi les jeunes.

The Conversation

Federico Donelli est affilié à l’Institut italien d’études politiques internationales (ISPI), à l’Institut nordique pour l’Afrique (NAI) et à l’Institut Orion pour les politiques publiques (OPI).

ref. Djibouti : la démocratie vacille alors que le président cherche un nouveau mandat – https://theconversation.com/djibouti-la-democratie-vacille-alors-que-le-president-cherche-un-nouveau-mandat-271542

La expansión de un depredador silencioso podría poner fin a los mejillones cantábricos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emma Shorter Rodríguez, Doctoranda en Biogeociencias, Universidad de Oviedo

Nada hay más apetitoso para un gusano plano de la especie _Postenterogonia orbicularis _, originaria de Oceanía, que un rico mejillón. Los percebes, sin embargo, no son plato de su gusto. Así lo ha evidenciado un estudio realizado por un equipo de la Universidad de Oviedo que desarrolló un estudio experimental para analizar qué prefiere y cuánto come esta nueva especie invasora.

Su aparición en las costas de Galicia, Asturias y País Vasco está generando cierta inquietud sobre cómo podía afectar a la biodiversidad de sus mares.
La presencia de esta especie de gusanos planos
en el mar Cantábrico se anunció por primera vez en la revista científica Regional Studies in Marine Science en 2022. Se trata de la primera detección de esta especie en Europa y fuera de su hábitat natural, es decir, Nueva Zelanda y Australia. La globalización y el transporte marítimo internacional favorecen la introducción de organismos exóticos en ecosistemas alejados de su hábitat natural. Aunque aún no se conoce con certeza cómo llegó hasta la costa norte de España, la prioridad actual se centra en determinar los posibles impactos ecológicos y económicos que esta invasión podría generar en el mar Cantábrico.




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Los mejillones, el menú favorito de los gusanos planos invasores

En su área de origen, la planaria está catalogada como una especie perjudicial para la acuicultura de moluscos, especialmente mejillones, ostras y almejas, dado que se alimenta de estos animales. Por ello, se podría considerar que su presencia en el norte de España podría tener consecuencias similares sobre las bateas locales, las plataforma de madera que se colocan en el mar para la cría o cultivo de mejillones y otros moluscos.

El cultivo de mejillón en el Mar Cantábrico, aunque no sea tan extenso como en otras zonas de España, sigue teniendo un peso notable tanto en la economía local como en la tradición gastronómica, lo cual inspira a cuidarlo.

Con el fin de evaluar esta hipótesis, nuestro equipo de investigación desarrolló un estudio experimental para analizar qué prefiere y cuánto come esta nueva especie invasora. Para ello, se recolectaron ejemplares de gusano plano en distintos tipos de hábitats: zonas intermareales naturales, áreas portuarias y también en bateas utilizadas para el cultivo de moluscos. Esta diversidad de lugares permitió obtener individuos expuestos a distintas condiciones ambientales.

Una vez reunidos, los gusanos fueron cuidadosamente trasladados al laboratorio. Allí, cada ejemplar se colocó en un tanque individual con agua de mar para asegurar su bienestar y evitar interacciones que pudieran alterar los resultados. En total se prepararon 60 tanques, organizados en grupos de diez para facilitar su control y mantenimiento durante todo el experimento.

El experimento consistió en ofrecer a los gusanos tres posibles presas: mejillón (Mytilus galloprovincialis), ostra (Magallana gigas) y percebe (Pollicipes pollicipes). Transcurridas 24 horas, los resultados mostraron que los gusanos planos rechazaron sistemáticamente los percebes, consumieron moderadamente las ostras y mostraron una marcada preferencia por los mejillones.




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Consecuencias para la biodiversidad y acuicultura del Cantábrico

Dado el comportamiento observado, se repitió el experimento utilizando exclusivamente mejillones. Los datos obtenidos revelaron que cada ejemplar de P. orbicularis consume en promedio 0,35 gramos de mejillón al día. Para dimensionar este valor, se puede tomar como referencia una de las bateas muestreadas, donde un solo cabo contenía aproximadamente 13 kilogramos de mejillones y albergaba 170 individuos de gusano plano. A este ritmo de consumo, dicha población sería capaz de consumir la totalidad de los mejillones del cabo en unos 131 días, es decir, en poco más de cuatro meses.

Mientras se analizaba el comportamiento depredador de esta especie de gusanos planos, también se llevó a cabo un estudio sobre su reproducción y su desarrollo larvario, ya que apenas existía información al respecto. Se observó que, además de su capacidad de regeneración, estos gusanos presentan un desarrollo larvario que se prolonga unos 13 días y culmina en una larva trocófora, un estadio que permanece flotando en la columna de agua y que puede sobrevivir de esta manera hasta tres meses.

Tras ese periodo, la larva experimenta una metamorfosis que da lugar al gusano plano adulto.) Además, el hallazgo de individuos de distintos tamaños y la presencia constante de ejemplares a lo largo del año sugieren que esta especie está bien establecida en la costa cantábrica.

Nuestra investigación muestra el potencial impacto que la expansión de P. orbicularis podría tener sobre la industria acuícola del mar Cantábrico, especialmente en el cultivo de mejillones. El estudio de especies exóticas e invasoras como esta no solo aporta información esencial sobre su biología y comportamiento, sino que resulta fundamental para diseñar estrategias de manejo y control que protejan un sector económico clave para el norte de España.

Una respuesta conjunta entre instituciones de investigación, organismos públicos y entidades privadas será clave para gestionar eficazmente la presencia de esta especie y prevenir consecuencias negativas sobre el medio marino y la acuicultura del Cantábrico.

The Conversation

José Manuel Rico Ordás recibe fondos de el programa Biodiversidad, denominado “Exploración, análisis y prospectiva de la biodiversidad: Posibles respuestas a la estrategia 2030 de desarrollo sostenible en un escenario de cambio global”, del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y del Gobierno del Principado de Asturias

Emma Shorter Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La expansión de un depredador silencioso podría poner fin a los mejillones cantábricos – https://theconversation.com/la-expansion-de-un-depredador-silencioso-podria-poner-fin-a-los-mejillones-cantabricos-270409

Razones científicas para retrasar dos horas la entrada al instituto

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Gabaldón Estevan, Profesor Titular de Universidad, Sociología, Universitat de València

PeopleImages.com/Shutterstock

El periodo vital en el que están los estudiantes de secundaria, entre los 12 y los 16 años (hasta los 18 si incluimos el Bachillerato) supone cambios biológicos de primer orden en su desarrollo. Algunos de ellos son muy evidentes, como el rápido crecimiento que se produce (los famosos “estirones”), y otros más sutiles, como el retraso de la fase de sueño. Sobre este último es sobre el que necesitamos reflexionar a la hora de definir la hora de arranque de la jornada escolar.

Cambios en la hora de irse a la cama

Desde el inicio de la pubertad (a finales de la primaria) hasta lo que se ha denominado el final de la adolescencia (19,5 años en mujeres y 21 en hombres) se produce un retraso paulatino en el horario natural en el que las personas estamos predeterminadas para iniciar el sueño .

Esto significa que de manera natural, conforme avanzamos hacia el final de la adolescencia, nuestro organismo está predeterminado para ir paulatinamente retrasando tanto el momento en el que conciliamos el sueño como la hora a la que nos despertaremos de manera natural.

Independientemente de que seamos por herencia genética más matutinos (alondras) o más vespertinos (búho), la etapa de la adolescencia será la más vespertina de nuestra vida, ya que a partir del final de este periodo hay un lento pero progresivo adelantamiento de nuestra fase de sueño, de manera que pasados los 40 años de edad prácticamente desaparece tal efecto de retraso.




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Cambios en la calidad del sueño

Por otro lado, en esta época de la vida se produce un incremento de las conexiones de la parte “afectiva o emocional” del cerebro, con un menor aumento de esas conexiones en la parte “ejecutiva” o de razonamiento del órgano, proceso que también contribuye a cambios fisiológicos en la calidad del sueño del adolescente.

Estos cambios relacionados con el retraso de la fase de sueño pueden provocar cefalea, somnolencia, fatiga, deterioro cognitivo y desregulaciones metabólicas e inmunológicas, así como predisposición a manifestar trastornos mentales como depresión, ansiedad y bipolaridad.

¿Qué pasa si el instituto empieza a las 8 de la mañana?

Cuando el horario de arranque de la jornada escolar se sitúa demasiado temprano con relación a la hora natural de despertarse del alumnado, se produce lo que se conoce como jetlag social”. Es un desfase entre la hora que marca el reloj interno del estudiante y lo que pauta el reloj social, con una diferencia de alrededor de dos horas del tiempo total de sueño entre días académicos y fines de semana, alterando el reloj biológico del estudiante.

El gráfico muestra cómo la desincronización se incrementa conforme el alumnado va avanzando en la adolescencia.
Distribución del jetlag social por edad del alumnado participante en el proyecto Kairós: la desincronización medida con el Munich Chronotype Questionnaire (https://doi.org/10.3389/fpubh.2024.1336028) se incrementa conforme el alumnado va avanzando en la adolescencia. Dos tendencias contrapuestas estarían detrás de este fenómeno: el retraso de la fase de sueño y el adelanto en la hora de entrada al instituto.
Gráfico sacado del Proyecto Kairós (PID2021-126846NA-I00/AEI/10.13039/501100011033 y CIACO/2023/120), coordinado por el autor., CC BY

Por eso, pedirle a un adolescente que se despierte a las 7 a. m. es como pedirles a sus padres que se despierten a las 4 o 5 a. m. Esto afecta mucho a la salud física y mental, sobre todo porque no se duermen suficientes horas, pero también por el desajuste en los horarios interno y externo.

Veámoslo:

  • Al no poder dormirnos antes de que llegue nuestra ventana de sueño (momento en el que podemos conciliar el sueño de manera natural) y al tener que levantarnos a una hora anterior a nuestro despertar natural, el organismo no puede descansar lo suficiente, generando una “reparación deficitaria”: durante el sueño el sistema glinfático impide la acumulación de toxinas en el sistema nervioso; si no descansamos lo suficiente, la limpieza no es completa.

  • Si no descansamos lo suficiente la noche de antes de clase, nuestro estado de alerta durante la vigilia se ve perjudicado, lo que afecta a nuestra capacidad de concentrarnos y de aprender (prestar atención y atender en clase, relacionar y asimilar conceptos) . Si dormimos solo 6 horas y perdemos el último 25 % del sueño, podríamos estar perdiendo entre el 60 y el 90 % de todo el sueño REM, el encargado de reforzar las conexiones neuronales.

  • Si no descansamos suficiente la noche tras un día de clase, la capacidad de nuestro cerebro para procesar la información adquirida y nuestra memoria se verán comprometidas. De hecho, estudios sobre el sueño y la memoria indican que quienes tienen la oportunidad de dormir en el intervalo de 8 horas entre el aprendizaje y el recuerdo mejoran entre un 20 y un 40 % su capacidad de retener lo aprendido.

  • Además, no dormir lo suficiente afecta a nuestro sistema inmune, haciéndonos más vulnerables a contraer enfermedades como depresión, ansiedad, diabetes, cáncer, ataque cardíaco y accidente cerebrovascular.

  • Nuestro estado de humor también se ve comprometido cuando no descansamos. De hecho, se ha observado que la amígdala, que es clave para desencadenar emociones fuertes como la ira o la rabia, sufre una amplificación de más del 60 % en la reactividad emocional en personas privadas de sueño. Toda una bomba de relojería para la convivencia en los centros escolares.




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Dos horas más tarde: múltiples beneficios

Diversos estudios han determinado que cuando se retrasa la hora de entrada al instituto se produce una ganancia neta de descanso: el alumnado sigue acostándose a la misma hora que lo hacía, pero se levanta más tarde, dedicando alrededor del 80 % del tiempo extra a dormir.

Dormir más reduce la somnolencia diurna, la depresión, el consumo de cafeína, los retrasos y la dificultad para mantenerse despierto, y mejora la calidad del sueño, la satisfacción vital y el malestar psicológico. Otros estudios sugirieren que cuanto mayor es el tiempo adicional de sueño, mejor es la calidad del mismo, el funcionamiento diurno y el bienestar subjetivo.

El retraso en la entrada al instituto reduciría además la desincronización del alumnado más vespertino, aliviando la brecha que se produce entre los estudiantes más matutinos y los más vespertinos.

Dejarles dormir lo que necesitan y cuando lo necesitan es, en definitiva, respetar su derecho a hacer las cosas cuando más les conviene para su salud, su desarrollo y su bienestar.

The Conversation

Daniel Gabaldón Estevan recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación (PID2021-126846NA-I00/AEI/10.13039/501100011033) y de la Conselleria de Educación, Cultura, Universidades y Empleo de la Generalitat Valenciana (CIACO/2023/120) ambos por el proyecto Student chronotype (mis)match with school time organization: its effects on health, learning, time use and satisfaction (Kairos)

ref. Razones científicas para retrasar dos horas la entrada al instituto – https://theconversation.com/razones-cientificas-para-retrasar-dos-horas-la-entrada-al-instituto-269332

Durante el ‘procés’, las organizaciones empresariales catalanas optaron por una estrategia de comunicación despolarizadora

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elisa Aracil, Profesora del Departamento de Economía e Investigadora del Instituto de Investigación Tecnológica (IIT), Universidad Pontificia Comillas

Manifestación independentista en Barcelona el 17 de octubre de 2017. caesarjulivs/Shutterstock

Durante la última década hemos visto cómo cada vez más empresas intervienen en debates sociales y políticos. Desde derechos civiles hasta guerras, pasando por conflictos territoriales, el activismo sociopolítico corporativo se ha convertido en una expectativa social. Pero ¿qué ocurre cuando se vive una escalada de tensión política tan profunda como la que se vivió en Cataluña entre 2014 y 2017, cuando cualquier posicionamiento podía aumentar el riesgo de ruptura institucional?

Hemos querido analizar cómo gestionaron su comunicación durante el procés tres grandes organizaciones empresariales catalanas: Foment del Treball, Pimec y Cecot. Y los resultados de nuestra investigación han sido reveladores: lejos de tomar partido o callar, estas organizaciones adoptaron una estrategia a la que hemos llamado mediación discursiva. Todas usaron su voz para reducir la polarización, no para reforzarla.

A partir del análisis de más de 18 000 documentos –tuits, comunicados, entrevistas y material contextual– identificamos un conjunto de prácticas discursivas orientadas a rebajar tensiones en un momento en que la sociedad catalana se dividía en términos de “ellos” y “nosotros”, y en un contexto incendiario.

En los años del procés se construyeron relatos crecientemente hostiles. Una parte del independentismo catalán presentaba al Estado como un actor esencialmente corrupto y opresor. Por otra parte, los sectores contrarios describían a los independentistas como radicales, fanáticos o incluso antidemocráticos. En este clima, las empresas se enfrentaban a un dilema: si hablaban podían irritar a parte de sus socios, clientes o empleados, pero si callaban, también.

Frente a esta trampa discursiva, las organizaciones empresariales catalanas decidieron hacer algo distinto: usar la comunicación para frenar la escalada.

Llamada al diálogo

La primera línea de actuación que destaca el estudio es la insistencia pública de las empresas analizadas en la necesidad de dialogar. Desde 2014, los comunicados de Foment del Treball, Pimec y Cecot llamaron a negociar, pactar y evitar decisiones unilaterales. No defendían un resultado concreto, sino un proceso: hablar, escuchar, sentarse a la mesa.

Estas intervenciones buscaban reabrir el espacio político que la polarización estaba cerrando. También transmitía la idea de que aún existían alternativas pactadas antes de llegar a escenarios de ruptura.

Discrepar pero no polarizar

Una segunda práctica consistió en deconstruir los relatos hostiles que alimentaban la polarización. Las organizaciones empresariales evitaron replicar el lenguaje agresivo de ambos bandos. Cuando criticaban decisiones del Gobierno central lo hacían sin culpar a “España” como un todo. Cuando hablaban del referéndum o la consulta, lo presentaban como un ejercicio democrático habitual, no como un acto de insurrección.

Este tipo de formulaciones reducía la carga emocional del conflicto. También enviaba un mensaje crucial: era posible discrepar sin convertir al otro en una amenaza existencial.

Proponer alternativas

El tercer eje de la mediación discursiva consistió en introducir alternativas políticas y económicas que no implicaran ni la inmovilidad absoluta ni la ruptura institucional. Mientras los independentistas defendían la secesión como única salida y los contrarios rechazaban cualquier cambio, las organizaciones empresariales proponían reformas intermedias como revisiones fiscales, inversiones en infraestructuras, reconocimiento de singularidades culturales.

De este modo, el conflicto dejaba de ser un dilema binario. Había más vías posibles que “separarse” o “quedarnos como estamos”.

¿Por qué las empresas asumieron este papel mediador?

El estudio identifica tres funciones que explican por qué esta forma de activismo corporativo puede ser atractiva para las organizaciones en contextos polarizados:

  1. Función instrumental. Esta estrategia les permitió influir en la agenda política sin alinearse con un actor concreto y defender los intereses de sus miembros sin quedar atrapadas en la lógica del enfrentamiento.

  2. Función defensiva. La polarización extrema aumenta el riesgo de fractura institucional y genera incertidumbre jurídica y económica. Reducir la tensión es también proteger el entorno de negocio en el que operan las empresas.

  3. Función de refuerzo de la identidad institucional. Las organizaciones empresariales negocian y median entre partes con intereses diversos. Presentarse como actores dialogantes es coherente con su rol social y les otorga legitimidad ante los distintos grupos de interés.

Un activismo empresarial despolarizador

El aporte central de nuestro estudio es conceptual: existe una forma de activismo sociopolítico corporativo que no alimenta la polarización, sino que la frena. El lenguaje empleado puede alimentar el conflicto o atenuarlo. En un mundo donde se exige a las empresas hablar cada vez más, y más rápido, esta investigación sugiere que pueden intervenir para ayudar a construir puentes y no a levantar muros.

La mediación discursiva podría ser especialmente útil en otros conflictos similares: desde tensiones territoriales hasta debates polarizados sobre inmigración o cambio climático. Su eficacia, sin embargo, tiene límites. El estudio recuerda que cuando una de las partes del conflicto tiene un poder muy superior para imponer su voluntad, la capacidad de las palabras para frenar la escalada se reduce considerablemente.

Con todo, la conclusión general es clara: las organizaciones no tienen por qué convertirse en agitadoras ni en actrices silenciosas. También pueden hablar para bajar el volumen. Y, en tiempos de polarización creciente, esa capacidad es más valiosa de lo que solemos admitir.

The Conversation

Elisa Aracil recibe fondos de Ministerio de Educación

Carlos Bellón Núñez-Mera recibe fondos de la Comunidad de Madrid.

Carmen Valor Martínez recibe fondos de la Comisión Europea (proyectos H2020).

Laura Fernández-Méndez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Durante el ‘procés’, las organizaciones empresariales catalanas optaron por una estrategia de comunicación despolarizadora – https://theconversation.com/durante-el-proces-las-organizaciones-empresariales-catalanas-optaron-por-una-estrategia-de-comunicacion-despolarizadora-271193

¿Siente y padece la inteligencia artificial?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joaquín Fernández Mateo, Profesor Contratado Doctor, Universidad Rey Juan Carlos

Ole.CNX/Shutterstock

El 29 de octubre de 2025, un equipo de la empresa Anthropic publicó un estudio sobre los procesos internos de los modelos de lenguaje. El trabajo se centraba en cómo estos sistemas parecen describir sus propios pasos de razonamiento. No trataba de defender que exista conciencia artificial, sino aclarar por qué estos modelos generan explicaciones sobre lo que “ocurre” dentro de ellos cuando producen una respuesta.

Los autores muestran que algunos modelos pueden revisar inferencias, detectar incoherencias y explicar sus pasos con cierta consistencia. Esta capacidad no implica experiencia subjetiva. Aun así, abre una pregunta inevitable: si un sistema basado en patrones estadísticos –como es la inteligencia artificial– puede evaluar su propio funcionamiento, ¿qué necesitaría para que apareciera algo parecido a una “vivencia interior”?

¿Por qué la IA no piensa como nosotros?

Los sistemas que usamos cada día aprenden patrones a partir de enormes cantidades de datos. Ajustan millones de parámetros para predecir una palabra, clasificar una imagen o escoger una acción probable. En eso son muy eficaces.

Pero predecir no equivale a experimentar. Y ajustar parámetros no da lugar a experiencias comparables a las de un organismo con historia, necesidades y un cuerpo vulnerable.

Los modelos de lenguaje actuales operan como máquinas de correlaciones. Pueden destacar en tareas concretas y fallar de forma extraña en otras. Lo decisivo es que no tienen un trasfondo vital significativo moralmente. Por eso conviene evitar expresiones como la IA “quiere” o la IA “entiende”, salvo como atajos comunicativos.

¿Es la mente un computador?

Aunque la IA sea noticia por avances recientes, su posibilidad se ha incubado durante siglos. Galileo separó “cualidades primarias”, medibles, de “cualidades secundarias”, por ejemplo, el color tal y como lo experimentamos. Esa visión reforzó la idea de un mundo gobernado por relaciones matemáticas.

Galileo Galilei, retratado en 1636.
Justus Sustermans.

Mientras, Gottfried Leibniz soñó con un lenguaje lógico universal y un “cálculo del razonamiento”: pensar sería, idealmente, computar.

Por su parte, Alan Turing formalizó en el siglo XX el concepto moderno de cómputo. Mostró que una máquina ideal podía simular cualquier procedimiento descrito con precisión. Desde entonces, muchos pensaron que la mente podría entenderse como un sistema de procesamiento de información.

Con esto nació una visión poderosa: si puede describirse de forma precisa, puede calcularse.

La teoría computacional de la mente

Esta perspectiva sostiene, de forma sintética, que pensar consiste en manipular representaciones siguiendo reglas. En ella, el cerebro actúa como un soporte físico que permite ese proceso.

La idea ha sido muy influyente en ciencias cognitivas y en el desarrollo de sistemas automáticos. Pero deja sin resolver una cuestión central: la experiencia subjetiva.

Tenemos una ciencia de los mecanismos de la conciencia. Lo que falta es entender por qué esos procesos generan una vivencia interior: esa sensación de que “hay alguien en casa”.

Un modo sencillo de verlo es la diferencia entre el tiempo medido de los relojes y el minuto vivido como experiencia subjetiva. Ambos son reales, pero no son iguales. Es la diferencia entre el mapa y el territorio.

¿Cómo inferimos otras mentes?

No tenemos un “termómetro de conciencia”. En humanos y animales, inferimos estados internos mediante señales externas: conducta, autoinformes, expresiones o reacciones corporales. No accedemos a su interior; comparamos hipótesis y adoptamos la que mejor explica lo observable.

Así, en este momento, las pruebas no permiten afirmar que los sistemas de IA actuales tengan experiencias. Para algunos, se trata de una conclusión provisional. Depende de cómo evolucionen las arquitecturas y las dinámicas funcionales. Los sistemas aún operan a partir de modelos de sí mismos superficiales, memoria a corto plazo e interacciones diseñadas.

Pero si diseñamos sistemas diferentes, con memoria autobiográfica funcional, persistencia de objetivos y sensibilidad al contexto social, esas “simulaciones” podrían transformarse en estados que “parezcan” internamente dirigidos.

Fenomenologías sintéticas

Algunos enfoques sostienen que estas capacidades podrían aumentar el “riesgo fenomenológico”, es decir, la posibilidad de que emerjan “ciertos estados internos”.

Llamamos fenomenologías sintéticas a posibles experiencias subjetivas en sistemas artificiales. No sabemos si aparecerán, pero tampoco podemos descartar que lo hagan.

El estudio de Anthropic es relevante por eso. Algunos modelos muestran indicios de autoevaluación bajo condiciones especiales. Los propios autores aclaran que esto no implica conciencia en modo alguno. Aun así, indica que han surgido formas básicas de monitorizar su propio funcionamiento.

En este contexto, la ética de la precaución es razonable: si existe un riesgo no despreciable de generar estados funcionales capaces de padecer experiencias, las decisiones de diseño de las compañías desarrolladoras no son moralmente neutras.

Un punto importante: equivocarnos por exceso de cautela es, en general, menos grave que equivocarnos por defecto. Tratar como posible “paciente moral” a algo que no tiene intereses expresa una actitud de diligencia y prudencia debida. En cambio, ignorar los intereses de un sistema que sí experimenta constituye un daño moral mucho más serio.

Por eso, cuando las consecuencias morales de un falso negativo son altas, la prudencia recomienda diseños responsables y compasivos.

La IA de hoy y la de mañana

La IA actual no es una mente no biológica: es un proceso de optimización estadística. Eso le da potencia en muchas tareas y ceguera en otras. También abre una posibilidad: lo mental podría no requerir la ruta evolutiva biológica. Tal vez ciertos perfiles funcionales, si llegan a existir, basten para que haya “alguien en casa”.

Si nunca surgen experiencias artificiales, contaremos con herramientas más seguras y fáciles de controlar. Si llegan a surgir, es mejor que nos encuentren preparados. Y eso exige ampliar guías éticas como los Principios de Asilomar, que aún no contemplan el bienestar de sistemas futuros.

The Conversation

Este texto ha sido posible gracias a las Jornadas “La IA y las fronteras de la consideración moral” organizadas por el proyecto de investigación “Environmental practice and wild animal ethics in the context of the climate crisis: a longtermist approach” (EALONG), ref. PID2022-142980NB-I00, financiado por la Agencia Estatal de Investigación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades del cual soy investigador.

ref. ¿Siente y padece la inteligencia artificial? – https://theconversation.com/siente-y-padece-la-inteligencia-artificial-270095

Zohran Mamdani: cómo su historia personal lo llevó a la alcaldía de Nueva York

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Caballé May, Profesor de creatividad, storytelling y comunicación política creativa, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Zohran Mamdani comparece ante los medios durante la campaña a la alcaldía de Nueva York. Ron Adar/Shutterstock

Zohran Mamdani, un completo desconocido 10 meses antes de las elecciones a la alcaldía de Nueva York, se convirtió en su ganador. Y lo hizo contra pronóstico, sin dinero y sin los poderes a favor.

Mucho se ha escrito sobre las claves de su éxito: un mensaje claro centrado en necesidades básicas –congelación de los alquileres, autobuses gratuitos, cuidado infantil universal…–, un ejército de 100 000 voluntarios coordinados para hacer llegar este mensaje, puerta a puerta, a tres millones de hogares, y una brillante estrategia de redes sociales.

Pero no fue solo gracias a esto. Detrás hubo una estrategia política que tomó como base la autenticidad del hoy alcalde para construir un determinado relato político.

Joven, inmigrante, musulmán y un socialista demócrata

La campaña de Mamdani se fundamentó en una apuesta clara por la autenticidad centrada en sus rasgos más íntimos y personales: es un joven inmigrante musulmán (nacido en Uganda) y se considera un socialista demócrata, un término tradicionalmente tabú en la escena política estadounidense.

En lugar de distanciarse de todas estas etiquetas, las abrazó para construir una personalidad auténtica y crear un relato creíble sin huir de lo que es, construyendo así confianza.

En política a menudo se habla de autenticidad como una característica personal: alguien es natural, espontáneo, genuino. Pero la autenticidad no es solo una actitud casual, sino una decisión estratégica que convierte una forma de ser en una arquitectura comunicativa que se trabaja, construye y cuida.

En su caso, la aprovechó para convertirse en una especie de creador de contenido de redes sociales que, en lugar de dar mensajes institucionales, usó el estilo que caracteriza a esas plataformas aplicado a su campaña.

Vídeos cortos, un lenguaje claro y directo (en diferentes idiomas), visitas a colmados, conversaciones con taxistas, entrevistas o colaboraciones con influencers… Usó la cotidianidad, las historias de la gente de la calle y los escenarios del día a día de muchas personas como escenario y recurso narrativo.

De esta forma, consiguió conectar emocionalmente con las diferentes comunidades de neoyorquinos, haciendo que muchos de ellos se vieran representados a sí mismos en la campaña y percibieran a Mamdani como “uno de los nuestros”.

O, como dijo Immanuel Kant, consiguiendo crear “el sentimiento universal de sentirse parte de algo”, de ser parte de algo.

Storytelling: la construcción de relato en política

Pero en política no hay nada casual. Y, aunque haya un punto de partida real (personalidad y autenticidad del candidato), hay otra parte de construcción narrativa.

La narración de historias es una herramienta que se ha utilizado en la publicidad para transmitir mensajes y valores, en la educación para enseñar a través de las moralejas y en política para generar imágenes que consolidan conceptos y provocan emociones.

Como bien apunta el profesor de comunicación política Toni Aira en su libro Mitólogos, la pasión de las historias permite generar una fuerte conexión con el público. De ahí que la imagen que proyectan los políticos esté cuidadosamente diseñada con intención de emocionar, evocar recuerdos, activar ideas profundas y generar adhesión.

Actualmente, en muchos casos, mirar ha sustituido a pensar, porque es más eficaz un símbolo fuerte que un argumento largo. De este modo, lo que cuenta ya no es lo que un político dice, sino la imagen que proyecta, su “mito personal” ante la masa.

El objetivo es que la ciudadanía conecte con el político de manera pasional, que este le explique algo que le interese, que le divierta, que le sorprenda, que le entienda, que le guste, pero sobre todo, que le implique personalmente. Y las historias son un vehículo perfecto para ello.

Christian Salmon, escritor y autor de libros sobre la materia como Storytelling: La máquina de fabricar historias y formatear las mentes, afirma que esta técnica narrativa es un arma de distracción masiva, una manera de utilizar la narración para convencer y movilizar a la opinión.

Para Salmon, las campañas electorales son duelos de historias en las que intervienen 4 elementos, que podemos identificar claramente en la campaña de Mamdani:

Storyline (relato central): explicar una historia capaz de formar la identidad narrativa del candidato. En este caso, joven outsider con raíces comunitarias y compromiso con políticas de accesibilidad que representa el cambio y una alternativa al establishment.

Framing (marco discursivo): enmarcar el mensaje ideológico del candidato mediante un registro de lenguaje coherente y creando metáforas. El mensaje de Mamdani se enmarcó en las necesidades básicas de la gente (no se puede vivir en Nueva York), no en retórica económica abstracta, y usó metáforas como “poder popular” para dar un sentido simbólico a la participación colectiva.

Timing (temporización): inscribir la historia en el tiempo de la campaña, gestionando los ritmos y tensión narrativa a lo largo de la misma. Mamdani construyó impulso a medida que avanzaba la campaña, pasando de ser el “candidato outsider” a ser “el candidato que puede ganar”. Además, una vez ganó, activó su web de transición The Work Starts Now, para que la historia de campaña quedara conectada con la futura historia de gobierno (relato continuo).

Networking (creación de redes): crear una comunidad en internet y sobre el terreno. Propiciar un entorno contagioso capaz de captar la atención del público. Él lo hizo con un ejército de 100 000 voluntarios entusiastas encargados de generar energía y contagio para movilizar el voto y crear conversación.

La campaña funcionó, en palabras de la periodista política Makena Kelly, como una especie de “fandom político” –una comunidad de aficionados apasionados que comparten un interés profundo por un tema específico– donde Mamdani no solo era un candidato, sino un personaje con seguidores que creaban memes y contenido proactivo. Esto convirtió la campaña en un movimiento cultural participativo, no solo electoral.

Las narrativas no son ni buenas ni malas, pero existen

El uso del storytelling, la narración personal y comunitaria, la utilización de redes y la movilización cultural se aleja mucho del modelo tradicional de carteles, mítines y discursos formales y lleva las campañas políticas a un terreno en el que la imagen, la narrativa y la proximidad emocional cuentan igual (o más) que el discurso ideológico puro y duro.

Por otro lado, Christian Salmon apunta que vivimos un clima político y social donde las narrativas se convierten en herramientas poderosas para crear polarización y dividir a la sociedad en grupos enfrentados. Narrativas que refuerzan los conflictos en lugar de promover el diálogo, como las que representa el trumpismo.

Por lo tanto, es importante ser conscientes de que la seducción y la persuasión no son ni buenas ni malas por sí mismas; todo depende de cómo se usen. Pueden servir tanto para influir de manera positiva como para manipular.

Comprender cómo las narrativas influyen en nuestra visión del mundo es esencial para poder desenmascarar la manipulación y, al mismo tiempo, aprovechar esas mismas herramientas para comunicarnos de forma efectiva y persuasiva.

The Conversation

Jordi Caballé May no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Zohran Mamdani: cómo su historia personal lo llevó a la alcaldía de Nueva York – https://theconversation.com/zohran-mamdani-como-su-historia-personal-lo-llevo-a-la-alcaldia-de-nueva-york-271167