Le microcrédit, un outil financier qui peut coûter cher aux femmes

Source: The Conversation – France (in French) – By Jérémie Bertrand, Professeur de finance, IESEG School of Management et LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management, IÉSEG School of Management

L’accès au microcrédit pour les femmes peut engendrer des violences conjugales. Philippe Lissac/Shutterstock

Grâce au microcrédit, les femmes gagnent une plus grande indépendance financière et un pouvoir décisionnel dans leur activité professionnelle. Corollaires à ce progrès : le surendettement, les violences conjugales et… le suicide. Quelles sont les solutions pour limiter ces effets délétères ?


Cinquante ans après le lancement du microcrédit au Bangladesh, les femmes représentent aujourd’hui 80 % des bénéficiaires, mais en profitent-elles réellement ?

Pression de groupe pouvant entraîner des suicides, spirale de surendettement ou encore manque de contrôle des femmes sur l’utilisation des prêts… autant de dérives qui peuvent accroître la vulnérabilité des emprunteuses.

Dans un état de l’art que nous avons publié récemment, nous regardons l’impact réel du microcrédit sur les femmes. Le résultat n’est pas totalement en leur faveur.

Notre état de l’art s’appuie sur des travaux menés principalement dans des pays en développement, incluant l’Asie du Sud, l’Océanie et l’Afrique subsaharienne.

La pression des pairs

Comment fonctionne le prêt solidaire, outil le plus utilisé en microfinance ?

De petits groupes, composés de cinq à dix individus, empruntent ensemble. Si l’un des membres manque une échéance, les autres doivent avancer son dû. La pression des pairs assure le remboursement du prêt, mais elle déplace la charge sociale sur le groupe.

Cette pression peut être plus ou moins bien supportée. En Andhra Pradesh, un État de l’Inde, le cumul de dettes et des méthodes de recouvrement oppressives ont entraîné une vague de suicides, causant près de 80 morts en 2010. Malgré les mesures de régulation mises en place par les gouvernements et les institutions du secteur, des cas de suicides continuent d’être signalés. Il demeure difficile d’estimer régulièrement le nombre de décès liés au microcrédit, faute de données.

Un surendettement à la clé

Le manque d’accompagnement et d’éducation financière des emprunteurs et emprunteuses peuvent eux mener à l’échec de l’emprunt. Force est de constater que beaucoup de microcrédits financent de petites activités sur des marchés déjà saturés, où la probabilité de dégager un profit est faible.

Concrètement, il s’agit souvent d’activités à faible barrière à l’entrée mais très concurrentielles : petit commerce (vente de nourriture, fruits et légumes, vêtements), kiosques et revente sur marché, petite restauration, couture, etc. Sur des marchés locaux où de nombreuses personnes proposent des produits et des services similaires, la demande est rapidement « partagée ». Les marges sont faibles et les revenus restent volatils, ce qui limite la capacité à rembourser.

Face à cette situation, l’emprunteuse peut devoir contracter un nouveau prêt, l’exposant à un risque de surendettement.

Il peut s’agir d’un renouvellement, ou top-up, auprès de la même institution, d’un second microcrédit auprès d’une autre institution, ou d’un prêt informel (tontine, famille ou autre prêteur particulier). Ces prêts sont souvent de petits montants mais à remboursements fréquents. Leur coût peut être élevé, une fois les intérêts inclus. Le surendettement survient souvent lorsque le nouveau prêt sert à rembourser le précédent plutôt qu’à financer une activité rentable.

Qui décide de l’usage du prêt ?

Si, comme mentionné préalablement, la majorité des microcrédits sont accordés aux femmes, ces dernières n’ont pas forcément la maîtrise de l’argent obtenu qui revient à un parent ou un conjoint. Cela s’explique par les rapports de pouvoir au sein du ménage et des normes sociales, qui font de l’homme le décisionnaire principal du couple, surtout lorsqu’il s’agit d’argent.

Ce décalage entre celle qui paie et celui qui décide peut générer des tensions au sein du ménage. Dans certains contextes, l’accès au microcrédit peut même aller jusqu’à engendrer une hausse de la violence conjugale. Par exemple, à partir d’un échantillon national au Bangladesh, soit 4 163 femmes mariées, les chercheurs Nadine Shaanta Murshid, Ayse Akincigil et Allison Zippay concluent qu’avoir un microcrédit pour les femmes avec un meilleur statut économique est associé à une probabilité de 9 % de plus de subir de la violence domestique.

Prêter autrement ?

Pour limiter ces effets, des solutions existent.

Passer de la garantie de groupe à la responsabilité individuelle réduit la pression des pairs sans hausse des défauts. Au lieu qu’un « groupe solidaire » de 5 à 10 femmes soit collectivement responsable, chaque emprunteuse signe un contrat individuel et n’est responsable que de sa propre échéance. Pourquoi cela peut fonctionner ? Parce que la pression sociale du groupe peut pousser à rembourser même quand le prêt n’est pas rentable.

Proposer des microformations très pratiques en « règles de pouce », comme une formation d’une heure et demie maximum sur les bases de la gestion financière, peut contribuer à rendre les investissements profitables et limiter le risque de surendettement. Elles peuvent porter sur des gestes très concrets de gestion : séparer l’argent du ménage et celui de l’activité, tenir un mini-carnet quotidien des entrées et des sorties ou apprendre à calculer simplement des coûts, des prix et des marges pour identifier ce qui est réellement rentable.

Gérer l’emprunt directement sur les comptes personnels des emprunteuses, notamment via les comptes mobile money, donne aux femmes une autonomie financière effective. Elles reçoivent, paient et épargnent elles-mêmes, tout en réduisant le risque d’appropriation des fonds par un homologue masculin. Le prêt est versé sur le wallet mobile de l’emprunteuse, puis les remboursements se font depuis ce même compte ; cela rend plus difficile la « capture » immédiate en liquide par le conjoint et crée une traçabilité/contrôle directe des flux (réception, paiements fournisseurs, remboursement).

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le microcrédit, un outil financier qui peut coûter cher aux femmes – https://theconversation.com/le-microcredit-un-outil-financier-qui-peut-couter-cher-aux-femmes-264402

Faut-il, comme EDF, interdire toute consommation d’alcool dans le monde professionnel ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Caroline Diard, Professeur associé – Département Droit des Affaires et Ressources Humaines, TBS Education

EDF a indiqué interdire la consommation d’alcool sur le lieu de travail et dans les repas d’affaires. Cette décision est-elle compatible avec la liberté individuelle ? Peut-elle ou doit-elle s’appliquer dans d’autres entreprises, notamment au nom de la lutte contre les addictions et de la garantie de la sécurité du personnel ?


Dès ce mois de janvier, les salariés d’EDF n’ont plus le droit de consommer d’alcool au travail ni lors d’événements organisés par leur employeur à l’extérieur.

Cette mesure, encadrée par l’article R4228-20 du Code du travail, questionne l’équilibre entre prévention des risques (addictions, comportements inappropriés, accidents du travail), libertés individuelles et préservation des rites qui constituent la culture d’entreprise.

Cette décision très médiatisée intervient dans un contexte où la prévention des risques professionnels et des accidents du travail est au centre du débat public.

Cette décision s’inscrit dans un cadre réglementaire existant et une jurisprudence constante. Cette décision n’a donc rien de bien surprenant.

Protéger la santé et la sécurité

L’organisation d’événements festifs ponctue la vie de l’entreprise. Ces moments supposés conviviaux à l’initiative de l’employeur, du comité social et économique (CSE) ou de certains salariés, contribuent à produire une meilleure cohésion des équipes et au maintien de la culture d’entreprise.

Parfois, l’alcool s’invite dans ces temps collectifs, à l’intersection de la vie professionnelle et personnelle… Il ne suffit pas que la réunion ait lieu en dehors de l’entreprise pour exonérer l’employeur de toute responsabilité. S’il en est à l’initiative, celle-ci reste sous sa responsabilité. La consommation d’alcool sur le lieu de travail comporte cependant de nombreux risques et, à ce titre, est très fortement encadrée en France.




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Ainsi, l’article R4228-20 du Code du travail précise qu’« aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail ». Si la consommation de boissons alcoolisées est susceptible de porter atteinte à la sécurité et à la santé physique et mentale des travailleurs, l’employeur, en application de l’article L. 4121-1 du Code du travail doit en restreindre l’usage. Cet article dispose que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

L’employeur est soumis non pas à une obligation de résultat mais à une obligation de moyens renforcés (Cour de cassation, chambre sociale, 25 novembre 2015, no 14-24.444, Air France).

Règlement intérieur ou note de service ?

L’employeur peut aussi le prévoir dans le règlement intérieur – obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés. En effet, ce document fixe les règles de la vie en entreprise et notamment celles relatives à la discipline, la nature et l’échelle des sanctions. À défaut, l’employeur peut l’indiquer par l’intermédiaire d’une note de service reprenant les mesures prises pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs et de prévenir tout risque d’accident.

Ces mesures, qui peuvent notamment prendre la forme d’une limitation voire d’une interdiction de consommation d’alcool, doivent être proportionnées au but recherché. Ainsi, l’employeur, en vertu de son pouvoir de direction, peut donc purement et simplement interdire la consommation d’alcool au sein de l’entreprise en invoquant cette obligation de sécurité. Cela lui permet de répondre à l’obligation de moyens renforcés.

Une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement peut alors être prononcée à l’encontre des collaborateurs en cas de non-respect, si elle prévue dans le règlement intérieur.

À titre d’exemple, une clause d’un règlement intérieur précise :

« L’introduction, la distribution et/ou la consommation de toute boisson alcoolisée sur le lieu de travail (bureaux, chantiers…) sont interdites, à l’exception des dispositions prévues par l’article R. 4228-20 du Code du travail et uniquement lors des repas en dehors du temps de travail. Cette consommation devra l’être dans des quantités raisonnables de manière à ne pas altérer les capacités à occuper son emploi et/ou à être en mesure de conduire un véhicule, notamment pour regagner son domicile. L’introduction, la distribution et la consommation de produits stupéfiants dans les locaux de travail sont en outre strictement interdits. »

Le danger des pratiques addictives

Par ailleurs, l’employeur – qui est tenu d’identifier et de répertorier les risques dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) – doit tenir compte des pratiques potentiellement addictives (consommation d’alcool mais aussi de drogues). En effet, les pratiques addictives concernent de nombreux salariés, quels que soient le secteur d’activité ou la catégorie socioprofessionnelle.

Ces consommations, occasionnelles ou répétées, comportent des risques pour la santé et la sécurité des salariés. Il est donc nécessaire d’inscrire le risque lié aux pratiques addictives dans ce document unique (article R. 4121-1 du Code du travail).

Ce document est tenu à la disposition des salariés, des anciens salariés, des membres du comité social et économique, du médecin du travail, de l’agent de contrôle de l’inspection du travail et des agents des Carsat (article R4121-4 du Code du travail).

Interdire en préservant les libertés individuelles

En cas de consommation abusive d’alcool, le salarié pourrait avoir un accident dans l’entreprise ou en rentrant chez lui après un repas d’entreprise par exemple. L’employeur engagerait alors sa responsabilité dans le cadre de l’obligation de sécurité et pourrait être condamné. On pense par exemple à un accident automobile pour un commercial. De son côté, le salarié pourrait également être reconnu responsable.

Ainsi, le 10 avril 2024 (RG no 21/06884), la Cour d’appel de Rennes a statué sur la réalité d’un accident du travail dont l’origine était la consommation d’alcool par un salarié au temps et au lieu du travail. Un chauffeur alcoolisé chargeait un engin de chantier qui a basculé sur lui ; accident des suites duquel il est malheureusement décédé. À noter que les restrictions relatives à l’alcool sont par ailleurs souvent accompagnées de restrictions relatives aux stupéfiants.

Comment contrôler ?

Ainsi, le cadre légal dont relèvent les conduites addictives en entreprise est complexe, car il doit concilier l’obligation de sécurité avec le respect des droits fondamentaux de l’employé (article L.1121-1 du Code du travail).

L’employeur peut ainsi recourir au contrôle de l’alcoolémie sous réserve du respect de certaines dispositions. Le contrôle par éthylotest ne doit pas être systématique. Il doit être justifié par des raisons de sécurité et ne doit concerner que les salariés dont les fonctions sont de nature à exposer les personnes ou les biens à un danger. Ainsi, la liste des postes pour lesquels un dépistage est possible doit être prévue dans le réglement intérieur.

Cesi École d’ingénieurs, 2023.

La restriction doit cependant être proportionnée au but recherché et doit permettre de protéger les intérêts légitimes de l’entreprise. Par exemple, dans un entrepôt où travaillent des caristes (conducteurs de petits véhicules de manutention), il est légitime d’interdire complètement l’alcool, dont la consommation pourrait altérer les réflexes des salariés et produire des accidents. L’usage de substances psychoactives sur le lieu de travail, ou avant la prise de poste, augmente le risque d’accidents du travail, d’erreurs humaines et de comportements inadaptés, notamment dans les secteurs nécessitant de la vigilance ou la manipulation de machines.

Dégradation du climat social

Les conduites addictives peuvent également dégrader le climat social en entreprise. Elles peuvent générer des tensions entre collègues, créer des situations de conflit ou d’incompréhension, et altérer la cohésion des équipes, impacter négativement la productivité et la qualité du travail, augmenter l’absentéisme et les retards, causer des soucis de santé et de gestion des aptitudes.

Au-delà de la dimension juridique liée aux risques humains et de contentieux, la consommation d’alcool ou de drogues est également un enjeu managérial. En effet, la stigmatisation des personnes concernées et le tabou entourant la consommation de substances addictives peuvent freiner la détection et la prise en charge des situations à risques, conduisant à une marginalisation des salariés concernés.
Les managers et les services RH doivent apprendre à détecter les signaux faibles. Le recours à la médecine du travail est également indispensable. Information et formations sont importantes dans une stratégie de prévention.

The Conversation

Caroline Diard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Faut-il, comme EDF, interdire toute consommation d’alcool dans le monde professionnel ? – https://theconversation.com/faut-il-comme-edf-interdire-toute-consommation-dalcool-dans-le-monde-professionnel-272283

CPR on TV is often inaccurate – but watching characters jump to the rescue can still save real lives

Source: The Conversation – USA (3) – By Beth Hoffman, Assistant Professor of Behavioral and Community Health Sciences, University of Pittsburgh

You probably don’t want to base your CPR technique on ‘The Office.’ The Office/NBC via YouTube

Television characters who experience cardiac arrest outside a hospital are more likely to receive CPR than people in real life. But the CPR on these shows often depicts outdated practices and inaccuracies about who is most likely to experience cardiac arrest and where, according to newly published research from my team at the University of Pittsburgh.

How CPR is portrayed in the media is important to understand because research has shown that health content on screen can influence viewers. When Buffalo Bills player Damar Hamlin suffered cardiac arrest during a game in January 2023, the world watched as medical professionals swiftly performed cardiopulmonary resuscitation. Hamlin went on to make a full recovery, and in the aftermath, a team of emergency medicine professionals and I at the University of Pittsburgh – where Hamlin is an alumnus – worked to teach all Division I athletes hands-only CPR.

During the CPR training we held at Pittsburgh area middle schools and college athletic programs, participants frequently asked whether they should check for a pulse or give rescue breaths. Many mentioned seeing CPR on television shows like “Grey’s Anatomy.” While these are steps that medical professionals do when giving traditional CPR, hands-only CPR is an effective version recommended for untrained bystanders. After determining the person needs help and the scene is safe, hands-only CPR has just two steps: Calling 911 and giving hard and fast chest compressions.

Hands-on CPR takes just two steps.

As someone who researches how medical topics on screen influence viewers, this piqued my curiosity. I wondered whether participants asked about checking a pulse or giving breaths in part because they saw these practices on screen.

The power of media

In 2022, my team and I analyzed 165 studies on the effects that health and medical content on scripted television has on viewers. We found that TV stories can influence viewers’ health-related attitudes, knowledge and behaviors. Sometimes this influence can be harmful, such as exposing viewers to inaccurate information about organ donation from television. But sometimes it can be positive – one study found that viewers of an “ER” storyline about breast cancer were more likely to recommend screening and a patient navigator who supports patients through treatment.

However, we hadn’t found any studies examining how seeing CPR on screen influences viewers. While previous studies on in-hospital cardiac arrest and CPR found inaccuracies with chest compression technique and survival rates in media, none had looked at portrayals of cardiac arrest that occur outside of hospitals and CPR conducted by a lay rescuer.

Performing CPR on TV

My team searched the Internet Movie Database to identify episodes in American TV shows that depict out-of-hospital cardiac arrest or hands-only CPR. We limited our results to episodes released after 2008 – the year the American Heart Association first endorsed hands-only CPR. Of the 169 episodes that fit our criteria, we documented the sociodemographic characteristics of the character experiencing cardiac arrest and the primary witnesses, as well as whether, how and where hands-only CPR was administered.

On a positive note, we found that over 58% of on-screen characters who experienced cardiac arrest outside a hospital had a layperson perform CPR. But in real life, less than 40% of people who suffer cardiac arrest outside a hospital receive CPR. Seeing such high rates of CPR being performed on screen could motivate viewers to act, as in the case of a 12-year-old boy who saved a life in 2023 using the CPR techniques he saw on “Stranger Things.”

However, less than 30% of episodes showed hands-only CPR being performed correctly. Almost 50% of episodes showed characters giving rescue breaths, and 43% of episodes had characters checking for a pulse. While we didn’t directly assess whether these episodes influence how viewers behave, based on our observations while conducting CPR training, it’s clear that these depictions may mislead viewers about how to administer hands-only CPR.

Who gets CPR and where on screen

Our findings also raise concern that how cardiac arrest is depicted on TV may mislead viewers about where cardiac emergencies happen and who may need CPR the most.

Of the on-screen cardiac arrests that didn’t occur at a hospital, we found that only 20% happened at home. In real life, over 80% of nonhospital-based cardiac arrests occur at home.

Additionally, those experiencing cardiac arrest on screen were younger than those in real life, with over 50% of characters under age 40. In real life, the average age is about 62.

Lastly, we found that almost 65% of the people receiving hands-only CPR and 73% of rescuers performing CPR were white and male. This is consistent with real-world statistics, where people of color and women who experience cardiac arrest outside the hospital are less likely to receive CPR from a layperson.

Accurate TV to save lives

The American Heart Association’s 2025 guidelines for CPR and emergency cardiovascular care emphasized the need to help the general public envision themselves performing hands-only CPR and improve CPR education to ensure all people who need CPR receive it.

Our team is working to understand what viewers take away from TV depictions of CPR, with the goal of collaborating with public health and medical professionals to improve how CPR is portrayed in Hollywood.

Previous research has shown that entertainment narratives have the power to inspire altruistic behavior, and news reports have documented instances of people who perform CPR after seeing it on screen. Similarly, I believe scripted, compelling television may be a powerful, cost-effective way to improve CPR education and ultimately save lives.

The Conversation

Beth Hoffman receives funding from the University of Pittsburgh and the National Institutes of Health. She also consults with Hollywood, Health & Society.

ref. CPR on TV is often inaccurate – but watching characters jump to the rescue can still save real lives – https://theconversation.com/cpr-on-tv-is-often-inaccurate-but-watching-characters-jump-to-the-rescue-can-still-save-real-lives-273005

No es solo anisakis: parásitos que pueden llegar al plato (y cómo evitarlo)

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Pérez Caballero, Profesor de Parasitología y Enfermedades Parasitarias, Universidad de León

Recreación del protozoo parásito _Toxoplasma gondii_. Kateryna Kon/Shutterstock

El anisakis se ha convertido en el parásito más famoso por ser un riesgo asociado a comer pescado crudo. Sin embargo, no es el único que puede llegar a nuestro plato. Hay otras especies que también se transmiten a través de alimentos habituales como pescado, carne y verduras. El peligro depende, sobre todo, de cómo se preparan y cómo se consumen. Por ello, con buena información y unos pocos hábitos saludables ese riesgo puede casi desaparecer.

Anisakis: cuando el pescado se come crudo

Anisakis es un género de pequeños gusanos cuyas especies son marinas. Son parásitos que pueden aparecer en pescados y cefalópodos –como merluza, bacaladillas y calamares–. No siempre está presente, pero su detección es más frecuente hoy gracias a una mejor vigilancia.

Un informe reciente de AZTI, un centro científico y tecnológico especializado en el medio marino y la alimentación, ha encontrado Anisakis en el 100 % de las merluzas europeas analizadas (según 223 muestras tomadas del puerto de Burela, en Lugo, entre 2019 y 2021). También hallaron el parásito en el 20 % de las anchoas.

Anisakis detectados en un arenque.
Anisakis detectados en un arenque.
Wikimedia Commons, CC BY

Estos datos han generado titulares llamativos, pero no significan que toda merluza sea peligrosa. El riesgo surge cuando se come pescado crudo o poco hecho como sushi, ceviche y boquerones en vinagre.

Si el parásito sigue vivo puede provocar anisakiasis, una infección digestiva con dolor abdominal, náuseas y vómitos. En algunas personas también puede causar reacciones alérgicas, desde leves hasta más intensas.

Los casos son poco comunes, pero la prevención no admite dudas: cocinar el pescado o congelarlo antes de consumirlo crudo. En casa basta con congelarlo a –20 °C durante al menos cinco días. En bares y restaurantes esta medida es obligatoria por ley (Real Decreto 1420/2006).

Trichinella: la carne poco hecha también tiene riesgo

Trichinella spiralis provoca la triquinelosis o triquinosis. Este parásito puede estar en la carne de cerdo y, sobre todo, en animales de caza como el jabalí. A simple vista la carne parece normal, de modo que hace falta un análisis sanitario.

Varios ejemplares de _Trichinella spiralis_, vistos al microscopio.
Varios ejemplares de Trichinella spiralis, vistos al microscopio.
olgaru79/Shutterstock

La infección aparece al comer carne cruda o poco cocinada. Primero produce malestar digestivo y después fiebre, dolores musculares o cansancio. En casos graves puede afectar al corazón y al sistema nervioso.

La prevención es tan sencilla como eficaz: cocinar bien la carne elimina el parásito. También resulta importante evitar productos sin control veterinario, como embutidos caseros y carne de caza sin analizar. Gracias a estas medidas la triquinelosis es hoy poco frecuente en Europa.

Tenias: el riesgo de la carne poco cocinada

Las tenias (Taenia spp.) son parásitos planos que pueden llegar al ser humano a través de la carne de cerdo y de vacuno. Las especies más habituales son Taenia saginata (vinculada al vacuno) y Taenia solium (asociada al cerdo).

El contagio ocurre cuando se consume carne que no ha sido cocinada lo suficiente. Las formas larvarias (cisticercos) pueden sobrevivir si la temperatura interna del alimento no alcanza los niveles necesarios para destruirlas. Una vez ingeridas, se desarrollan en el intestino y pueden pasar desapercibidas durante semanas.

Los síntomas suelen ser leves y consisten en molestias digestivas, pérdida de apetito y adelgazamiento. Sin embargo, en el caso de Taenia solium, existe un riesgo añadido: si los huevos del parásito se ingieren accidentalmente, pueden dar lugar a cisticercosis. Se trata de una infección en la que las larvas se alojan en tejidos como el músculo o, en casos graves, el cerebro.

En este caso también, cocinar bien la carne de cerdo y de vacuno elimina el parásito. Adicionalmente, conviene evitar productos procedentes de animales sin control veterinario y mantener buenas prácticas de higiene durante la manipulación de los alimentos. En los países con controles sanitarios estrictos, la teniasis es cada vez menos frecuente. Aun así, sigue siendo importante conocer y aplicar las medidas básicas de seguridad alimentaria.

Toxoplasma: un riesgo invisible y extendido

Toxoplasma gondii es uno de los parásitos más comunes del mundo. Se calcula que una de cada tres personas ha estado en contacto con él.

Puede encontrarse en carne cruda o poco hecha. También en frutas o verduras contaminadas que no se han lavado bien.

En la mayoría de las personas la infección pasa desapercibida, pero en embarazadas e individuos con defensas bajas puede causar problemas graves. Durante el embarazo, el parásito puede transmitirse al feto y provocar daños en el desarrollo neurológico y visual.

Las medidas de prevención son igualmente simples: cocinar bien la carne (más de 70 ºC durante al menos dos minutos), lavar con cuidado frutas y verduras y limpiar los utensilios después de manipular alimentos crudos nos ayudará a evitar la infección.

Las mujeres embarazadas deberían, además, evitar el contacto con las heces de gato, otra fuente posible de contagio.

Un riesgo real, pero fácil de controlar

Que existan parásitos en los alimentos no significa que debamos alarmarnos. Los controles sanitarios actuales limitan al mínimo el riesgo de infección.

En la mayoría de los casos el contagio ocurre por malas prácticas en casa. Por ejemplo, cocinar poco la comida, conservarla a temperatura incorrecta o descuidar la limpieza. Cocinar bien, refrigerar adecuadamente y mantener una buena higiene son hábitos sencillos que marcan la diferencia.

Protegernos no exige renunciar al placer de comer. Basta con conocer los riesgos y actuar con sensatez. Las personas informadas toman decisiones más seguras. Entender cómo se previenen estas infecciones nos permite disfrutar del sushi, del jamón y del ceviche sin miedo, pero con conocimiento.

Comer bien también es una forma de cuidar la salud. Y, en definitiva, la buena alimentación también es ciencia.

The Conversation

Raúl Pérez Caballero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. No es solo anisakis: parásitos que pueden llegar al plato (y cómo evitarlo) – https://theconversation.com/no-es-solo-anisakis-parasitos-que-pueden-llegar-al-plato-y-como-evitarlo-272226

Así usamos la inteligencia artificial para devolver la voz a pacientes de ELA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Linares Pellicer, Dr. en informática y profesor en la Universitat Politècnica de València, Universitat Politècnica de València

Nuestra voz nos define. No es solo un instrumento para comunicar palabras: transmite nuestra personalidad, nuestra esencia. Una broma dicha con nuestra propia entonación tiene un significado diferente al de una voz sintética. Un “te quiero” susurrado con nuestro timbre único llega de una manera que ninguna voz robótica puede replicar.

Para los enfermos de esclerosis lateral amiotrófica (ELA), perder la voz significa perder una parte fundamental de su identidad. Esta enfermedad neurodegenerativa va despojando progresivamente a quienes la padecen de sus capacidades motoras, incluido el habla. Los sistemas de comunicación aumentativa les permiten seguir expresándose, pero a través de voces genéricas que no tienen nada que ver con quienes fueron.

En el grupo de investigación VertexLit, perteneciente al Instituto Valenciano de Investigación en Inteligencia Artificial (VRAIN) de la Universitat Politècnica de València, nos propusimos cambiar eso. Nuestro proyecto ha conseguido clonar la voz de Fran Vivó, un paciente de ELA, devolviéndole algo que parecía perdido para siempre.

Más allá de lo funcional

Este trabajo no pretendía resolver un problema estrictamente técnico. Los pacientes de ELA disponen ya de sistemas que les permiten comunicarse mediante texto o voces sintéticas predefinidas . Lo que nosotros buscábamos era diferente: devolver dignidad.

Cuando Fran puede volver a “hablar” con su propia voz, con su prosodia, su tono, sus particularidades, algo cambia profundamente en él y en sus familiares. No es una mejora práctica en sentido estricto, pero representa un aporte enorme a la calidad de vida emocional de los afectados. Es poder escuchar de nuevo a la persona que conocían, recordarla en algo tan propio como su manera de hablar.

El reto real no está en la tecnología en sí misma, sino en ajustarla a las fuentes disponibles. Porque cuando alguien pierde la voz, las grabaciones que conserva suelen ser escasas y de calidad variable: notas de audio en el móvil, vídeos familiares, quizás algún mensaje guardado por casualidad.

Inyectar emoción en las palabras

El proyecto ha implicado identificar las mejores herramientas y modelos disponibles, y realizar entrenamientos específicos que permitan no solo mantener las características originales de la voz, sino inyectar elementos de emoción y expresividad.

Los sistemas actuales de clonación de voz son capaces de replicar con notable fidelidad el tono y el timbre de una persona. Sin embargo, cuando hablamos no solo emitimos una señal acústica característica: también tenemos un ritmo particular, usamos muletillas, hacemos pausas en ciertos momentos y modulamos las frases de formas que nos identifican tanto como nuestra propia voz. Esta dimensión expresiva, lo que podríamos llamar nuestra “huella prosódica”, es precisamente lo que hemos querido capturar.

Para conseguirlo, utilizamos modelos de inteligencia artificial que analizan en profundidad las grabaciones disponibles del paciente. Estos modelos extraen patrones de entonación, variaciones dialectales, cadencias y otros rasgos que definen su manera única de expresarse. El resultado es un perfil detallado que va mucho más allá de las características puramente acústicas de la voz.

Con ese perfil, transformamos cualquier texto que se quiera generar antes de pasarlo al sistema de clonación. En lugar de sintetizar directamente las palabras escritas, las adaptamos para que reflejen cómo las diría realmente esa persona: con sus pausas, sus énfasis y sus giros característicos. De este modo, la voz generada no solo suena como el paciente, sino que habla como él.

Nuestra meta es crear una plataforma accesible que permita, sin tecnicismos, entrenar el sistema con grabaciones disponibles y generar nuevas locuciones. Queremos que tanto el enfermo como sus familiares puedan producir mensajes en un entorno de máxima privacidad, convirtiendo esta tecnología en un complemento humano a los sistemas de comunicación actuales.

Un puente entre el mundo y las personas

Vivimos un momento crucial para la inteligencia artificial. Por desgracia, recibe más atención por sus potenciales abusos que por los beneficios que ya está aportando en campos como la salud o la calidad de vida. Se habla mucho de regularla, y es importante distinguir: lo que hay que regular son sus aplicaciones, no la investigación ni la exploración de sus posibilidades.

Para quienes investigamos en este terreno, el sentido de la inteligencia artificial está en usarla como puente, como intermediario inteligente entre la complejidad del mundo y las personas, especialmente aquellas con necesidades especiales.

Este proyecto está ahora en proceso de escalado. Trabajamos para que pueda estar disponible a través de asociaciones y organismos, permitiendo que otros afectados realicen el proceso con autonomía. El objetivo es contemplar más posibilidades, no solo para enfermos de ELA, sino para todas las personas que ven afectada su comunicación.

Utilizar la inteligencia artificial como un elemento que nos asiste, nos complementa y se adapta a las características únicas de cada individuo. Eso, en definitiva, es lo que buscamos.

The Conversation

Jordi Linares Pellicer no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Así usamos la inteligencia artificial para devolver la voz a pacientes de ELA – https://theconversation.com/asi-usamos-la-inteligencia-artificial-para-devolver-la-voz-a-pacientes-de-ela-270897

No, un mono no podría haber pintado ese cuadro: lo que revela el arte abstracto sobre la mente humana

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Olvido Perea García, Profesor Distinguido especializado en investigaciones de Biología y Psicología Evolutiva, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

_Una visita al estudio del artista_, pintura de Gabriel von Max. Wikimedia Commons

Quien haya visitado una galería de arte abstracto habrá oído alguna vez el comentario de “esto lo hace mi perro”. La idea parece convincente: si una obra no representa nada reconocible, cualquiera podría producirla. Sin embargo, la investigación muestra que esa intuición es falsa. Cuando observamos con atención, somos capaces de distinguir si una obra abstracta fue creada por un ser humano o por un animal, incluso sin saber explicar cómo lo hacemos.

Esto plantea una pregunta interesante: ¿qué señales visuales nos permiten detectar intención en un conjunto de trazos, manchas o líneas? Y, sobre todo, ¿hay algo en la manera humana de dejar marcas que nos resulte reconocible incluso cuando el autor no es un artista profesional?

Sabemos qué pintó un ser humano

Nuestro reciente estudio aporta nuevas respuestas. Recogimos diez pinturas abstractas creadas por personas sin entrenamiento formal en artes plásticas y diez elaboradas por chimpancés, sacados de la colección Schretlen (cedida por el museo de historia natural NATURALIS, en Leiden, Países Bajos). Todas ellas se mostraron a voluntarios en una prueba en la que debían decidir si cada imagen procedía de una persona o de un chimpancé.

Algunas de las obras usadas en el estudio. A la izquierda, obras hechas por chimpancés, parte de la colección Schretlen. A la derecha, obras hechas por personas sin entrenamiento formal.
Larissa M. Straffon, Juan O. Perea-García, Tijmen den Blaauwen, Mariska E. Kret, CC BY

Las imágenes se presentaron en dos versiones: tal cual fueron creadas y también en una versión modificada digitalmente, en la que se igualaron color y textura. Así se eliminaban pistas superficiales para comprobar si la diferencia estaba realmente en la estructura de la composición. En ambos casos, los participantes acertaron por encima del azar: incluso tras manipular las imágenes, seguían distinguiendo autorías humanas de autorías animales.

Este resultado sugiere que existe algún tipo de “firma humana” reconocible incluso en obras no profesionales. Pero ¿qué aspectos concretos de una imagen evocan esa sensación de intención?

Buscando patrones

Para explorarlo, hicimos otro estudio. Un nuevo grupo de participantes evaluó las mismas veinte obras según varios criterios: intencionalidad, equilibrio, complejidad y organización. Además, debían indicar cuánto les gustaba cada pieza.

Las obras humanas recibieron puntuaciones más altas en todos los aspectos salvo en complejidad. Es decir, no eran necesariamente más recargadas, pero sí parecían más equilibradas y organizadas, y transmitían una mayor sensación de propósito. Cuando los autores analizaron cómo contribuían estas tres características (equilibrio, organización y complejidad) a las valoraciones de intencionalidad y preferencia, encontraron conexiones claras en todos los casos.

En otras palabras, cuando una composición reparte sus elementos de forma coherente y presenta un cierto orden interno, tendemos a interpretarla como producto deliberado de una mente humana. Esas claves, que percibimos de manera casi automática, parecen guiar nuestras decisiones incluso sin que podamos verbalizarlas.

¿Por qué presentamos esta tendencia? Como especie, no podemos evitar ver patrones. Nuestra visión parece estar especialmente afinada para detectar variaciones sutiles en distribución y organización. Esto hace que busquemos señales de intención en prácticamente cualquier disposición que nos rodea. Los lectores más veteranos recordarán el entusiasmo por lo que parecía ser una cara en la superficie de Marte. ¿Acaso no nos ha recordado alguna vez un enchufe a una cara humana?

A lo largo de la evolución, reconocer cuándo un patrón había sido producido por otro ser humano probablemente supuso una ventaja. Identificar rastros, señales o símbolos creados por nuestros semejantes habría facilitado la cooperación y la comunicación a través del espacio y el tiempo. Que funcionemos así incluso en un museo no es más que un eco moderno de una habilidad ancestral.

Dónde está la intención

Otro punto interesante del estudio es la relación entre intencionalidad y preferencia. Las obras que parecían más deliberadas también tendían a gustar más, lo que sugiere que quizá estemos predispuestos a prestar atención y a valorar positivamente los patrones que creemos generados por otros humanos.

Una foto en blanco y negro de un mono sujetando unos pinceles sentado sobre unos óleos.
A mediados del siglo pasado era bastante común experimentar con simios cautivos dejándoles pintar con óleos. En la foto aparece Peter, también conocido como Pierre Brassau, del zoo sueco Borås Djurpark.
Wikimedia Commons

En conjunto, estos resultados permiten desmontar una idea común: el arte abstracto no es un conjunto de manchas aleatorias, ni mucho menos algo indistinguible de los trazos de un animal. Aunque a primera vista pueda parecer caótico, contiene rasgos de equilibrio, estructura y organización que nuestro cerebro interpreta como señales de una mente detrás del gesto.

Esto tampoco significa que cualquier persona pueda replicar la obra de un gran artista. Los experimentos solo comparan obras de estudiantes con los dibujos espontáneos de chimpancés. Pero sí muestran que, incluso en niveles muy básicos de producción artística, hay un sello humano reconocible: un modo particular de distribuir las formas que transmite intención.

El hallazgo también ayuda a entender por qué seguimos debatiendo qué es arte y qué no lo es. Parte de ese debate surge porque tratamos de identificar intención en las imágenes. Cuando la percibimos, asignamos significado, valor o emoción. Cuando no la vemos, la atribuimos a un niño o un animal. Sin embargo, incluso sin darnos cuenta, nuestro cerebro detecta patrones formales propios de la acción humana.

En resumen, nuestro estudio muestra por primera vez de manera explícita que ciertos rasgos formales como el equilibrio, la complejidad u organización interactúan para generar la impresión de intencionalidad en una obra. Y esa impresión nos permite identificar correctamente qué piezas han sido creadas por personas, incluso cuando no son artistas y aunque la obra sea abstracta.

La próxima vez que alguien diga “esto lo pinta mi perro”, quizá valga la pena recordar que incluso los garabatos menos deliberados llevan la huella de una mano humana.


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The Conversation

Juan Olvido Perea García recibe fondos de NAWA-Ulam (Agencia de Intercambio Académico Polaca) y es Profesor Distinguido por una ayuda Beatriz Galindo del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

Larissa M Straffon recibe fondos del Consejo Noruego de Investigación a través de su Centro de Excelencia Centre for Early Sapiens Behaviour, SapienCE y del Consejo Europeo de Investigación a través del proyecto ‘Evolution of Cognitive Tools for Quantification’ (QUANTA). El estudio aquí reportado fue parcialmente financiado por la Universidad de Leiden, Países Bajos, y la Fundación John Templeton (beca no. 61403 a LMS).

ref. No, un mono no podría haber pintado ese cuadro: lo que revela el arte abstracto sobre la mente humana – https://theconversation.com/no-un-mono-no-podria-haber-pintado-ese-cuadro-lo-que-revela-el-arte-abstracto-sobre-la-mente-humana-270032

Mediciones del mar en los confines del mundo: la ciencia española en la Antártida

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Bismarck Jigena Antelo, Profesor Titular de Unversidad, Area de Ciencias y Técnicas de la Navegación y Ciencias Marinas, Universidad de Cádiz

Buque de investigación BIO Las Palmas, fondeado en la bahía de Puerto Foster (Isla Decepción), frente a la Base Antártica Española (BAE) Gabriel de Castilla.
Biskmarck, J. A. et al

En los confines más australes del planeta, donde convergen hielo, volcanes y océano, investigadores españoles han registrado con precisión las fluctuaciones del nivel del mar en las islas Decepción y Livingston, dos enclaves estratégicos de las islas Shetland del Sur. El océano refleja los cambios del clima global: almacena calor, recibe agua del deshielo y muestra sus efectos a través de las variaciones del nivel del mar. Más allá de los resultados, es también una historia de perseverancia y ciencia en un entorno extremo.

Caldera volcánica en isla Decepción.
Wikimedia Commons., CC BY

Trabajo de campo (helado)

En la Antártida se concentra cerca del 70 % del agua dulce del mundo; pequeñas variaciones en su masa de hielo influyen en las costas de todo el planeta. Además, como área protegida por el Tratado Antártico, la región constituye un laboratorio natural ideal para estudiar los efectos del cambio climático.

Nuestro proyecto combinó sensores oceanográficos modernos con un estricto control geodésico para establecer referencias precisas. Ampliamos mediciones previas de corta duración y generamos un registro continuo a largo plazo. Estos datos sirven de puente entre las observaciones de campo y la altimetría satelital, contribuyendo a mejorar la monitorización del nivel del mar en la Antártida.

Y es que, aunque los satélites proporcionan una visión global, las observaciones locales son indispensables para validar sus mediciones.

Medidas y georeferenciación de sensores llevadas a cabo por los autores.
Bismarck Jigena Antelo.

Con este objetivo, se establecieron dos estaciones cercanas a las bases españolas Gabriel de Castilla (Isla Decepción) y Juan Carlos I (Isla Livingston), puntos clave para obtener referencias fiables del nivel del mar y comprender la dinámica del océano Austral.

Laboratorio natural en el fin del mundo

La isla Decepción es una caldera volcánica activa inundada por el mar. Su bahía, llamada Puerto Foster, combina refugio natural con riesgos geológicos, lo que convierte la medición del nivel del mar en un desafío técnico. Livingston, en contraste, es una isla abierta al océano, moldeada por glaciares y sometida a condiciones marinas más dinámicas. Juntas representan dos escenarios distintos para estudiar el comportamiento del océano.

Estas islas han sido centros de referencia para el programa antártico español y acumula décadas de mediciones mareográficas. Nuestro proyecto se apoyó en ese legado científico, incorporando instrumentación avanzada para actualizar y ampliar los registros existentes.

Midiendo el pulso del océano

En 2011, se instalaron estaciones mareográficas y meteorológicas en ambas islas: DECMAR en Decepción y LIVMAR en Livingston. Cada estación incluía sensores de presión sumergidos para medir el peso de la columna de agua, junto con sondas CTD, instrumentos oceanográficos de alta precisión que miden la conductividad, la temperatura y la profundidad.

En tierra, las estaciones fueron conectadas a puntos geodésicos mediante nivelación de alta precisión –técnica topográfica para medir diferencias de altura entre puntos con exactitud milimétrica– y posicionamiento GNSS –Sistema Global de Navegación por Satélite–. Ello permitió que cada lectura se integrara en un marco de referencia internacional, un paso esencial para diferenciar los cambios oceánicos reales de los movimientos verticales del terreno.

Control altimétrico de los sensores de presión fondeados en isla Decepción.
Bismarck Jigena Antelo.

El sistema también registró presión atmosférica y otros parámetros necesarios para corregir las variaciones. Durante los inviernos antárticos, los equipos funcionaron de forma autónoma, resistiendo meses de tormentas, hielo y ausencia de mantenimiento. Al regresar en verano, los instrumentos se encontraban cubiertos de nieve, pero seguían operativos y registrando datos valiosos.

Dos años bajo el hielo

Durante más de dos años, se recopilaron datos de mareas, ciclos estacionales y marejadas provocadas por tormentas. A pesar de las condiciones extremas, la precisión alcanzada fue centimétrica.

La comparación entre estaciones reveló diferencias constantes: Decepción, situada en una caldera cerrada, mostró mayor dependencia de las condiciones atmosféricas y geotérmicas locales; Livingston, abierta al océano, registró señales representativas del comportamiento del océano Austral.

Conjuntamente, estos datos constituyen una de las referencias más fiables del nivel del mar en las Shetland del Sur y son fundamentales para la monitorización climática de la región.

Su significado para el planeta

Variaciones aparentemente pequeñas en el nivel del mar tienen grandes repercusiones en los modelos climáticos. Así, las mediciones locales ayudan a mejorar las predicciones sobre el futuro de las costas en un escenario de calentamiento. También sirven para calibrar misiones satelitales como CryoSat-2 y Sentinel-6, esenciales para garantizar la coherencia de las observaciones globales.

La misión de la Agencia Espacial Europea Sentinel lleva un radar altímetro para observar cambios en la superficie del mar con una precisión de centímetros.
ESA., CC BY

La Antártida experimenta, además, movimientos verticales del terreno debido a cambios en la carga de hielo. Las conexiones geodésicas establecidas permiten separar estos movimientos de las variaciones reales del nivel del mar, mejorando la interpretación de las señales a largo plazo.

Ciencia española en la frontera

Este proyecto, que integra geodesia, geofísica, oceanografía y climatología, forma parte de la sostenida contribución española a la investigación polar. Se hizo posible gracias a la colaboración entre universidades, programas nacionales, bases antárticas y buques de investigación.

Trabajar en la Antártida exige afrontar fallos de equipos, congelación de instrumentos y dificultades logísticas. Sin embargo, cada dato recuperado demuestra la resiliencia de los equipos y el valor científico del esfuerzo.

Las mediciones en Decepción y Livingston muestran que, incluso en los lugares más remotos, es posible observar con precisión los mecanismos del cambio global. Escuchar el pulso del océano es escuchar la transformación continua de nuestro planeta.

The Conversation

Los autores agradecen el apoyo del Ministerio de Ciencia e Innovación de España (proyectos CGL2007-28768-E/ANT, CTM2008-03113-E/ANT, CTM2009-07251/ANT) y la asistencia logística en las Campañas Antárticas Españolas (2009-2013) en las Bases Antárticas Españolas Gabriel de Castilla (Decepción) y Juan Carlos I (Livingston), así como a las tripulaciones de los Buques de Investigación BIO Las Palmas (A-52) y BIO Hespérides (A-33).
Agradecemos a la Agencia Española de Cooperación y Desarrollo (AECID) y a la Universidad de Cádiz, que financiaron los estudios de Doctorado del Dr. Bismarck Jigena Antelo, y cuyos resultados son materia del presente artículo.

Juan J. Muñoz y Juan Manuel Vidal Pérez no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Mediciones del mar en los confines del mundo: la ciencia española en la Antártida – https://theconversation.com/mediciones-del-mar-en-los-confines-del-mundo-la-ciencia-espanola-en-la-antartida-269828

España suspende en formación emprendedora: por qué es importante y cómo mejorar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pau Sendra Pons, Profesor de Contabilidad, Universitat de València

insta_photos/Shutterstock

Crear empleo, crecer económicamente, estimular la innovación, atraer inversión o aumentar la competitividad son objetivos comunes y recurrentes de cualquier economía mundial. Aunque las recetas para lograrlo varíen, hay un elemento que contribuye de manera significativa a conseguirlos: el emprendimiento, entendido como la puesta en marcha de proyectos empresariales basados en ideas innovadoras orientadas a la creación de valor.

Pero si preguntamos a cualquier niño o niña qué es lo que quieren ser de mayores, “emprendedor” o “emprendedora” no suele ser una respuesta habitual. Y sin embargo, es importante darles a conocer esta opción profesional y animarles a tenerla en cuenta.

Lo que se conoce como “formación emprendedora” –toda aquella que ayuda a una persona a convertir una idea de negocio innovadora en un proyecto empresarial real– pone al talento joven frente a un itinerario profesional que muchos aún no se habían planteado recorrer. En España, pese a los avances alcanzados en los últimos años, los jóvenes todavía no muestran una preferencia clara por emprender frente a otras alternativas de empleo por cuenta ajena.

Por otro lado, esta formación les dota de competencias y habilidades que, con independencia de que finalmente emprendan o no, favorecen una forma de trabajar ágil, resolutiva y alineada con las exigencias del entorno actual.

Suspensos en formación emprendedora

En España la formación emprendedora sigue siendo una asignatura pendiente: en una escala de 1 a 10, la educación y formación emprendedora en la etapa escolar apenas llega a un 2,6 según la valoración experta. Su evolución no está siendo muy prometedora: de un aprobado ajustado (5,1) en 2022 se descendió a un preocupante 2,1 en 2023, seguido del ligero avance citado.

En la etapa universitaria y de formación profesional, la puntuación alcanza un 5,2, una mejora notable respecto al 4,3 de 2023, y sigue una tendencia claramente ascendente. Pese a este avance, se sitúa lejos de niveles considerados sólidos. De hecho, el 68,4 % de los universitarios afirma no haber asistido a cursos de emprendimiento.

Valoración de los expertos (1-10) de la educación y formación emprendedora en la etapa escolar y postescolar.
Fuente: Informe Global Entrepreneurship Monitor: datos sobre España 2024-25.

Aun así, el emprendimiento ha ganado relevancia dentro de la educación superior en los últimos años: el 92 % de las universidades españolas desarrollan iniciativas para fomentarlo, más del 75 % de las universidades públicas cuentan con estructura propia en este ámbito y casi el 60 % dispone de recursos destinados específicamente a esas acciones.

Situación parecida en el resto del mundo

Los países de la Unión Europea obtienen resultados ligeramente superiores a los de España en la formación emprendedora escolar. En cambio, se sitúan por debajo en la formación postescolar: España alcanza un 5,2, frente al 4,5 de la media europea.

¿Y a escala mundial? Tanto en la etapa escolar como en la postescolar, los resultados son heterogéneos y en ningún caso superan el 6,5 en la valoración experta de la formación emprendedora escolar ni el 7,1 en la postescolar.

Formación y educación emprendedora escolar en el mundo según la National Expert Survey de GEM para 2024. Ilustración creada por el Banco Mundial.
GEM National Expert Survey (https://www.gemconsortium.org/data/key-nes).
Formación y educación emprendedora postescolar en el mundo según la National Expert Survey de GEM para 2024. Ilustración creada por el Banco Mundial.
GEM National Expert Survey (https://www.gemconsortium.org/data/key-nes)

Ahora bien, aunque la formación es relevante, no es el único condicionante: la infraestructura comercial de un país, su cultura, la facilidad en el acceso a financiación o la simplificación burocrática, entre otros aspectos, también influyen de forma notable y determinan que unos países presenten mayores tasas de emprendimiento que otros.




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¿Un talento innato?

La capacidad de emprender no es algo con lo que se nazca, pero tampoco depende solo de la formación que se reciba. Es el resultado de una combinación de predisposiciones personales, experiencias, aprendizajes y contexto.

La educación primaria, secundaria y superior tienen un papel destacado en dar a conocer el emprendimiento como vocación profesional y, a su vez, en dotar al estudiantado de las herramientas, los conocimientos y las destrezas para poder decantarse por esa opción.

Favorecer la formación emprendedora

Integrar la formación emprendedora en la educación escolar supone introducir desde etapas tempranas cuestiones clave como la innovación, la generación de valor compartido, la creatividad, el pensamiento crítico, la toma de decisiones en contextos de incertidumbre y la iniciativa personal. Existen varias formas de enseñar emprendimiento: de manera transversal, como asignatura obligatoria o como optativa. Integrarlo transversalmente en el currículum representa el enfoque más extendido en etapas tempranas a nivel europeo.




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En la educación superior, lo fundamental ahora es:

  • Consolidar buenas prácticas, reforzando e institucionalizando programas de formación y asesoramiento dirigidos al talento emprendedor universitario.

  • Dotar de mayores recursos, incrementando no solo la financiación, sino también la disponibilidad de espacios seguros de aprendizaje y de infraestructura tecnológica.

  • Comunicar bien lo que hay disponible, haciendo visible la estrategia emprendedora de los centros, su propósito y el alcance esperado de sus iniciativas. Este empeño requiere el compromiso del sector educativo, de los decisores políticos y, en definitiva, de la sociedad.

Todo ello desde un enfoque multidisciplinar, promoviendo equipos de trabajo en los que participe estudiantado de distintas áreas de conocimiento. A mayor diversidad de perfiles, mayor facilidad para identificar oportunidades de emprendimiento que resulten exitosas.

The Conversation

Pau Sendra Pons no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. España suspende en formación emprendedora: por qué es importante y cómo mejorar – https://theconversation.com/espana-suspende-en-formacion-emprendedora-por-que-es-importante-y-como-mejorar-272925

Violencia vicaria: ¿acaso son los niños “menos” víctimas que sus propias madres?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lourdes Gaitán Muñoz, Co-directora revista científica complutense Sociedad e Infancias, Universidad Complutense de Madrid

Oleksandra Naumenko/Shutterstock

La figura de Janusz Korckzak es reconocida como una de las más influyentes en lo que se refiere a la consideración de niños y niñas como seres humanos, merecedores de amor, atención, respeto y derechos.

Resulta difícil definir a Korczak en una sola dimensión: médico pediatra, pedagogo, activista, locutor de radio, escritor… Escribir para él era una costumbre en la que se inició desde la escuela y siguió practicando hasta la víspera de su muerte.

Sin embargo, muy poco de su extensa obra está traducido al español, lo que dificulta, pero no impide, que sus ecos lleguen a los ámbitos de la pedagogía y la educación de tiempo en tiempo.

Existe en especial un pequeño texto titulado El derecho del niño al respeto (1928) en el que el autor vuelca las ideas fundamentales que surgen de sus largos años dedicados a observar, cuidar y tratar de comprender a los niños. En este texto podemos encontrar reflexiones como la siguiente, referida a la manera en que las personas adultas perciben a las niñas y niños:

Es como si hubiera dos tipos de vida: una seria y respetada, otra tolerada y menos valorada. Decimos que son personas del futuro, futuros trabajadores, futuros ciudadanos. Que lo serán, que su vida empezará de verdad más tarde, que no es seria hasta el futuro. Permitimos con indulgencia que se entretengan, pero estamos más cómodos sin ellos.

Nos vienen estas frases a la memoria a propósito del anteproyecto de Ley Orgánica de medidas en materia de violencia vicaria. Presentado el pasado septiembre por el Ministerio de Igualdad de España, tipifica la violencia vicaria como delito en el marco de la protección contra la violencia de género. La creadora del término, Sonia Vaccaro, define esta violencia “como su nombre indica: una violencia secundaria a la víctima principal, que es la mujer”.

Víctimas principales y secundarias

Más allá de la dudosa división entre víctimas principales (las mujeres) y víctimas secundarias (las personas sobre quienes ejerce violencia el maltratador), este término ha encontrado fácil acomodo en la costumbre de encerrar fenómenos complejos en etiquetas de fácil repetición y recuerdo –tan apreciadas por la cultura mediática– y que rápidamente se instalan en el pensamiento colectivo, llegando a convertirse en fenómenos en sí mismos.

Siendo tan grave por sí toda forma de violencia infligida a las mujeres, no necesitaría desviar el foco de la gravedad de las personas que sufren en su propio ser y en su propia carne esa violencia, es decir, las hijas e hijos de la mujer a quien se desea causar el mayor daño posible.

La doctrina jurídica y el propio diccionario de la RAE ya contienen la definición de figuras que ponen nombre a los delitos cometidos contra los propios hijos, o contra otros niños, con resultado de muerte. Son conceptos como “filicidio”, “neonaticidio” o “infanticidio”, que cuentan con décadas de investigación empírica y perfiles criminológicos bien estudiados. Del mismo modo lo están los conceptos de abuso o maltrato psicológico o físico ejercidos sobre niños y niñas.

El pensamiento, las prácticas y las enseñanzas de Janusz Korczak fueron una de las fuentes de inspiración de la primera Declaración Universal de los Derechos del Niño –la conocida como Declaración de Ginebra, de 1924–, si bien él mismo la criticaba por su indefinición y falta de compromiso. Mas esta indefinición quedó superada por la Convención sobre los Derechos del Niño de las Naciones Unidas, de 1989, que establece sin dudas el “principio del superior interés”. Esta expresión debe interpretarse como que, ante cualquier situación, es prioritario velar por el bienestar y la protección del niño, niña o adolescente, por encima de cualquier otro interés.

Los derechos de los niños deben funcionar de manera independiente

Esto significa que los derechos de los niños deben tomarse en consideración de forma independiente, sin quedar subordinados a los derechos, necesidades o intereses de las personas adultas, sean estas madres, padres, autoridades o instituciones.

El derecho al propio nombre, a ser nombrado como protagonista de la muerte propia, es un derecho que no puede ser negado a los niños cuando son víctimas de asesinato o maltrato. Son víctimas directas de esa agresión mortal, como lo son de otras formas de abuso y maltrato que hace tiempo fueron reconocidas por las leyes como tales.

Empatizar con el terrible dolor que sufre una madre a la que le arrebatan a sus hijos de manera trágica, no justifica que se desvíe la atención sobre la gravedad de un hecho, el infanticidio, que nunca es menos terrible que el feminicidio. Tristemente, la utilización del término “violencia vicaria” parece hacerle el juego al victimario, en cuanto que se reafirma la subordinación de la infancia, a la que se considera como un medio y no como un fin en sí misma, en el estricto sentido de la ética kantiana.

La asimilación de un término como “violencia vicaria” por parte de una sociedad bien intencionada y sensible frente a la violencia contra las mujeres no deja de representar la manifestación de un adultismo rampante; ese que considera a la persona adulta como superior, como medida de todas las cosas, mientras los niños y niñas son vistos como cargas que se acarrean, propiedades que se reclaman o daños colaterales que conlleva la violencia en las relaciones entre personas adultas.

Es consecuencia de admitir que, como decía Korczak, habría dos formas de vida: una seria y respetada (la de las mujeres adultas) y otra tolerada y menos valorada (la de los niños y niñas).

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Violencia vicaria: ¿acaso son los niños “menos” víctimas que sus propias madres? – https://theconversation.com/violencia-vicaria-acaso-son-los-ninos-menos-victimas-que-sus-propias-madres-270546

Doscientos días de verano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armand Hernández, Investigador Ramón y Cajal en Ciencias de la Tierra y del Agua, Centro Interdiscilplinar de Química e Bioloxía (CICA), Universidade da Coruña

Massimo Todaro/Shutterstock

Seguramente todos hemos comentado lo caluroso y largo que fue el pasado verano. En el ascensor, en la cola del supermercado, en una sala de espera o mientras aguardamos a que nuestros hijos salgan del colegio; el “verano eterno” ha sido el tema estrella de muchas conversaciones cotidianas.

En Europa se empieza a sentir que el verano no termina. Las primaveras se acortan, los otoños llegan tarde y el frío del invierno, aunque puede ser extremo, dura poco. No es una impresión pasajera: la comunidad científica lleva tiempo observándolo, y ahora sabemos que el Viejo Continente se encamina hacia un cambio estacional sin precedentes en la historia humana.

En un estudio reciente, analizamos la evolución del verano durante los últimos 10 000 años y mostramos que, hace unos 6 000 años, esta estación llegó a extenderse durante casi 200 días. Entonces, las causas fueron naturales. Hoy el escenario es parecido, pero con una diferencia fundamental: el calentamiento actual tiene origen antropogénico y avanza a un ritmo muy superior al de aquel periodo.

Un archivo climático en el fondo de los lagos

Para reconstruir esta evolución, estudiamos las llamadas varvas, láminas de sedimento depositadas estacionalmente en algunos lagos. Cada varva suele incluir dos capas, una asociada al verano y otra al invierno. Midiendo su grosor es posible reconstruir, año a año, la duración e intensidad de cada estación.

El estudio de estas laminaciones en lagos europeos revela un patrón claro: los veranos del Holoceno medio (hace entre 8 000 y 4 000 años aproximadamente) duraban de media 200 días, casi un mes más que a principios del siglo XX.

¿Qué provocó esos veranos tan largos? La explicación principal está en el gradiente latitudinal de temperatura, la diferencia térmica entre el ecuador y el Ártico.

Cuando el Ártico se calienta más rápido que las zonas tropicales, ese gradiente se debilita y la circulación atmosférica se ralentiza. El chorro polar, la corriente de vientos rápidos que rodea el hemisferio norte, pierde intensidad y comienza a ondularse. Esta configuración favorece los llamados bloqueos atmosféricos: situaciones en las que un anticiclón estacionario permanece sobre Europa durante semanas, desviando las borrascas atlánticas y exponiendo al continente a aire cálido sostenido.




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Las consecuencias son veranos más largos y episodios más frecuentes de olas de calor, sequías y lluvias torrenciales al inicio del otoño. Según nuestra investigación, existe una relación estadística sólida entre la duración del verano y la intensidad del gradiente térmico: cerca de dos tercios de la variabilidad estacional del Holoceno se explica por cambios en este gradiente. Por cada grado de debilitamiento, Europa suma unos seis días adicionales de verano.

Lecciones del pasado

Lo preocupante es que este mecanismo está reactivándose hoy en día. La comparación con el pasado aporta perspectiva, pero también urgencia. Durante el Holoceno, las modificaciones del gradiente se debieron a variaciones orbitales o al retroceso de grandes masas de hielo, procesos lentos y graduales. Hoy, el motor del cambio es el calentamiento global inducido por la actividad humana, y la atmósfera responde con rapidez.

El Ártico se calienta unas cuatro veces más rápido que el resto del planeta, un fenómeno conocido como “amplificación ártica”, lo que reduce el gradiente térmico a una velocidad sin precedentes en los últimos diez milenios.




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Desde los años ochenta, los veranos europeos muestran una clara tendencia a alargarse, confirmada por los registros meteorológicos. También lo reflejan los sistemas naturales: plantas que florecen antes, insectos que aparecen antes de lo habitual y aves migratorias que adelantan sus desplazamientos. El reloj climático de Europa está cambiando, y la diferencia principal respecto al pasado es la velocidad a la que ocurre.

Si las emisiones continúan al ritmo actual, Europa podría sumar hasta 42 días más de verano para el año 2100. Esto supondría veranos fuera de los umbrales naturales bajo los que se ha desarrollado la humanidad. En escenarios más optimistas, el aumento sería menor, pero aun así relevante: unos 13 días adicionales.

Aunque estas cifras puedan parecer pequeñas, dos semanas extra de verano extremo tienen consecuencias directas: mayor mortalidad por calor, estrés hídrico en cultivos, incendios más frecuentes, alteraciones en ecosistemas sensibles y presión añadida sobre las infraestructuras energéticas. A ello se suma el impacto en los inviernos que, aunque cada vez con más eventos extremos, duran poco, lo que afecta a la acumulación de nieve y la recarga de acuíferos, generando procesos de retroalimentación.

Una ventana al mañana

Aunque no existan predicciones exactas del futuro, aún es posible influir en su trayectoria. Cada decisión para reducir nuestras emisiones, cada avance tecnológico, cada política climática orientada a la neutralidad en carbono contribuye a frenar esta tendencia.

Contamos con herramientas científicas sólidas, sociedades más conscientes y una innovación climática en pleno desarrollo. El mismo conocimiento que permite reconstruir los veranos del Holoceno ayuda hoy a anticipar riesgos, transformar sistemas energéticos, restaurar ecosistemas y diseñar soluciones que hace poco parecían inalcanzables. La historia climática nos advierte. Queda por ver si sabremos escucharla.

The Conversation

Armand Hernández recibe fondos del Ministerio de Ciencia e Innovación (España).

Celia Martin Puertas recibe fondos de UK Research and Innovation

ref. Doscientos días de verano – https://theconversation.com/doscientos-dias-de-verano-270363